• #Nucléaire : un cadre de la centrale du Tricastin dénonce une « politique de dissimulation » d’incidents de sûreté
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/12/nucleaire-un-cadre-de-la-centrale-du-tricastin-denonce-une-politique-de-diss
    #criirad

    L’accusation n’émane ni d’une organisation #antinucléaire ni d’une association de défense de l’#environnement. Pour la première fois, c’est un cadre d’EDF, ancien membre de la direction d’une centrale nucléaire française, celle du Tricastin (Drôme), qui a décidé de briser le silence et de saisir la justice pour dénoncer ce qui, selon lui, s’apparente à une « politique de dissimulation » d’incidents et d’écarts en matière de sûreté. Une démarche inédite dans un milieu tenu au secret. Selon les informations du Monde, une plainte a été déposée au début d’octobre devant le #tribunal_judiciaire de Paris. Elle vise #EDF et la direction de la centrale du Tricastin aux chefs de « mise en danger de la vie d’autrui », « #infractions au code pénal, au code de l’environnement, au code du travail et à la #réglementation relative aux installations nucléaires » et « harcèlement ».

    Le plaignant espère que la justice reconnaîtra son statut de #lanceur_d’alerte. En attendant, toujours #salarié d’EDF, il souhaite garder l’anonymat – nous l’appellerons Hugo. Le Monde a pu le rencontrer, à plusieurs reprises. D’emblée, et malgré la gravité des faits qu’il dénonce, Hugo se présente comme « un amoureux du nucléaire ». Mais un amoureux aujourd’hui « tiraillé », « déchiré », qui tente de cacher sa nervosité derrière un large sourire. Cet homme d’une quarantaine d’années apparaît profondément éprouvé par les événements dont il a été témoin, puis #victime : il affirme, en effet, avoir subi un #harcèlement pendant plusieurs années en raison, notamment, de son refus de « couvrir » certaines tentatives de dissimulation.

    Sa plainte fait figure de dernier recours après qu’il a essayé, en vain, de parvenir à une solution en interne, en alertant la direction de la centrale, celle du groupe ainsi que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Contactés par Le Monde, EDF explique ne pas « faire de commentaires s’agissant des propos rapportés par un salarié » et l’ASN conteste toute dissimulation. La direction de la centrale du Tricastin n’a pas souhaité réagir.

    « Cette plainte rappelle que le lanceur d’alerte est une #vigie_démocratique plus que jamais indispensable lorsque l’opacité qui règne dans le nucléaire sert d’alibi pour dissimuler des graves atteintes à l’intérêt général et à l’environnement », expliquent les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, qui accompagnent Hugo dans sa démarche avec l’association franco-américaine de soutien aux lanceurs d’alerte The Signals Network.

    Le parcours d’Hugo est celui d’un pur produit du nucléaire français. Entré chez EDF au début des années 2000, il gravit très vite les échelons jusqu’à prendre, à moins de 35 ans, la tête du service sûreté de l’une des dix-huit centrales du pays. Preuve de la reconnaissance de ses qualités professionnelles, c’est lui qu’on envoie représenter l’entreprise lors de réunions de l’Agence internationale de l’énergie atomique ou de salons internationaux. Fin 2016, bardé d’états de service élogieux, il est nommé au sein de la direction de la centrale du Tricastin.

    Cette centrale, mise en service en 1980, est l’une des plus vieilles de France. Se profile alors la quatrième visite décennale du réacteur numéro un, programmée en 2019. L’enjeu est de taille pour EDF : ce réacteur est le premier des trente-deux réacteurs de 900 mégawatts (MW) du parc à passer sa « visite des 40 ans », qui doit permettre de prolonger son activité de dix ans – si la réglementation française ne prévoit pas de durée de vie maximale des réacteurs, une partie des équipements a été conçue, à l’origine, selon une hypothèse de quarante ans de fonctionnement.
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    Pour EDF, rappelle Hugo, il est « inenvisageable » de rater ce rendez-vous, qui s’accompagne d’une enquête publique. Or, la centrale du Tricastin est dans le collimateur de l’ASN depuis quelques années en raison de la multiplication d’incidents, au point d’avoir été placée sous « surveillance renforcée » en 2017. Chaque centrale est, en effet, classée en fonction de ses résultats en matière de sûreté, d’environnement, de radioprotection, d’accidentologie et de production : celle du Tricastin est dans les dernières places. Au premier trimestre 2017, un nouveau directeur arrive avec pour mission de redresser la barre. « La pression était maximale, dit Hugo. Il a fallu mettre en œuvre tous les moyens pour améliorer les résultats en vue de la validation de la visite du réacteur numéro un. » Quitte à passer sous silence ou à minimiser certains incidents au mépris des règles fondamentales de sûreté.

    Volonté de la direction

    De nombreux documents, que Le Monde a pu consulter, témoignent de la volonté de la direction de dissimuler à l’ASN des événements, ou en tout cas d’atténuer leur ampleur, ou de les déclarer avec retard – comme l’avait révélé en partie Mediapart en 2019. L’exemple le plus spectaculaire date de l’été 2018. Dans la nuit du 29 au 30 août, le chef d’exploitation fait état, dans un e-mail, d’une « inondation interne dans plusieurs locaux et sur trois niveaux » survenue dans l’un des bâtiments électriques de la centrale, et atteignant 10 centimètres d’eau. Il explique que les prélèvements réalisés ne contiennent pas d’activité radioactive, « sauf dans un local », et que « du matériel sensible au niveau sûreté est présent ». Il s’agit notamment de vannes de l’alimentation de secours des générateurs de vapeur, l’un des systèmes de sauvegarde les plus importants en cas d’accident. Selon son compte rendu, l’incident n’est « toujours pas soldé vingt-quatre heures après sa découverte » et « les moyens humains et surtout matériels ne sont pas à la hauteur de l’enjeu », ce qu’il juge « inacceptable ». C’est avec de simples raclettes et un aspirateur emprunté à un prestataire de nettoyage que les agents d’EDF tentent de résorber l’inondation.

    Hugo découvre cet e-mail, ainsi que des photos et vidéos prises pendant la nuit, le lendemain matin. « Mon supérieur vient me voir et me dit : “Mais c’est quoi ce con de chef d’exploitation qui envoie un e-mail à la Terre entière ?” », rapporte-t-il. Le 31 août a lieu une inspection de l’ASN, prévue de longue date. Alors qu’Hugo s’apprête à expliquer ce qui s’est passé, son chef lui demande de quitter la réunion. Il découvrira seulement plus tard ce qui a été dit aux inspecteurs, en lisant le compte rendu de l’Autorité de sûreté nucléaire daté du 16 octobre : celui-ci fait état non pas d’une inondation mais de « quelques écoulements » qui ont été « immédiatement arrêtés ». Pour Hugo, il est clair, à la lecture de cette version, que la durée de l’événement, sa gravité et le manque de moyens pour y faire face ont été largement minimisés.

    « Le compte rendu du chef d’exploitation a été écrit à chaud dans la nuit, explique aujourd’hui Christophe Quintin, inspecteur en chef à l’ASN. Si j’enlève le facteur [de son] “énervement”, les présentations qui sont faites de l’événement sont cohérentes. » En 2019, l’ASN avait toutefois reconnu que le « manque de moyens de nettoyage n’avait pas été évoqué lors de l’inspection ». Depuis 2017, le « gendarme du nucléaire » avait également demandé à deux reprises à EDF de résoudre le problème de l’étanchéité des joints entre les bâtiments, considérant ces derniers comme « importants pour la protection de l’environnement afin d’éviter toute dispersion d’effluents et de produits dangereux ». En vain.
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    Non-respect des #procédures généralisé

    Deux semaines après la fuite, un autre incident intervient, lié à la non-fermeture d’une vanne. Ce jour-là, comme le veut la procédure, le chef d’exploitation de permanence et l’ingénieur de sûreté, une sorte de « gendarme du nucléaire » local, confrontent leurs analyses : tous deux conviennent qu’il s’agit d’un « événement significatif de sûreté », qui doit donc être déclaré automatiquement. Malgré leur accord, la direction demande une deuxième « confrontation », contrevenant ainsi aux règles. Les deux responsables maintiennent leur position, mais les directeurs persistent et ne déclareront pas l’incident. L’ASN affirme ne pas avoir retrouvé de traces d’échanges avec EDF concernant cet événement. « Si on n’a rien trouvé, c’est qu’on ne l’a pas vu en inspection », commente Christophe Quintin.

    Ce non-respect des procédures semble relever de pratiques généralisées, plutôt que de situations isolées. Un responsable des ingénieurs sûreté s’inquiète auprès d’Hugo des pressions de la direction : « Les ingénieurs sûreté en ont marre que les chefs d’exploitation baissent leur pantalon pour éviter [de déclarer] des événements significatifs de sûreté. » Ainsi, en décembre 2017, le repli d’un réacteur – la pression et la température de son circuit primaire sont abaissées en raison de l’indisponibilité d’une pompe – n’est pas déclaré. L’ASN a toutefois la possibilité, a posteriori, de revenir sur la caractérisation des incidents : en mars 2018, elle affirme ainsi que ce repli aurait dû être déclaré « sans ambiguïté » et demande à l’exploitant de le faire « dans les plus brefs délais ». S’il paraît anodin, ce retard de déclaration de quelques mois ne l’est pas : signalé en 2018, il n’apparaît pas dans le bilan annuel 2017 du #Tricastin. Dans la même note, l’ASN s’interroge officiellement sur « l’écoute de la filière indépendante de sûreté par les représentants de la direction lorsque ceux-ci doivent arbitrer le caractère déclaratif ou non de certains événements ».

    Un autre exemple, encore. Le 15 juin 2017, le réacteur numéro un fonctionne au-delà de la puissance maximale autorisée pendant quarante-cinq minutes. Une situation qui aurait dû être signalée dans les quarante-huit heures – c’est le cas dès que la surpuissance excède six minutes. Elle ne sera déclarée que le 2 août. Pourtant, la direction de la centrale du Tricastin connaît bien le problème : alors que les cas de surpuissance sont rares à l’échelle du parc français, la centrale en a déjà connu deux cette année-là, le précédent ayant même duré six heures. En cas de répétition d’un même événement significatif, l’exploitant peut être amené à déclarer ce dernier en niveau 2 sur l’échelle INES, graduée de 0 à 7 en fonction de la #gravité. Les événements de #niveau_2 sont très rares.

    « Quand il y a un nouvel événement de surpuissance le 15 juin, ce n’est même plus qu’on serre les fesses, se remémore Hugo. La direction nous dit clairement qu’il est hors de question qu’on ait un incident de niveau 2. » Le Monde a pu consulter un SMS envoyé par un supérieur d’Hugo, le 3 juillet. La consigne ne laisse pas de place à interprétation : « Il faut démonter ce qui s’est passé ce jour-là en mesurant sans prendre l’EC [soit la valeur du capteur utilisé dans le calcul de puissance thermique] pour démontrer que moins de six minutes. »
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    Recours à l’intimidation

    Pour tenter de minimiser les écarts de #sûreté, la direction de la centrale du Tricastin peut également avoir recours à l’intimidation, rapporte Hugo. En juillet 2018 a lieu une visite de l’inspection nucléaire (IN), une unité spécifique chargée d’évaluer le niveau de sûreté des centrales, tous les trois ans environ, par le biais d’un audit d’envergure appelé « évaluation globale d’excellence » et pouvant durer plusieurs semaines. Ordre aurait alors été donné de mettre toute la pression possible sur l’un des inspecteurs pour le « pousser à bout et le dégager », raconte Hugo. Il reconnaît d’ailleurs avoir « participé au jeu » : un soir, le rendez-vous avec l’inspecteur s’éternise au lieu d’être expédié en une demi-heure.

    Un SMS témoigne du fait que la direction a donné rendez-vous à Hugo pour « traiter son cas au gars de l’IN ». « On te donne un ordre, tu le fais. Le fonctionnement d’une centrale, c’est très militaire, le directeur est le seul maître à bord. J’ai dû me montrer dur avec quelqu’un qui faisait juste son boulot », regrette Hugo.

    Au-delà de la gravité potentielle des différents incidents, ces pratiques remettent en cause le principe même de la sûreté. Le « gendarme » du nucléaire n’étant pas présent en permanence dans les centrales, le système est fondé sur le processus de déclaration par EDF et sur la transparence. « La sûreté, ce n’est pas qu’une question d’événements ou de valeurs qu’on dépasse, insiste Hugo, c’est une culture. On a tellement bien dissimulé certains incidents que l’ASN ne les a pas vus, c’est très grave. »

    L’ASN, de son côté, conteste cette analyse. « Il est normal qu’il y ait, à certaines périodes, des écarts d’appréciation entre l’ASN et l’exploitant, assure Christophe Quintin. Au Tricastin, il y a effectivement eu en 2017 et 2018 pas mal de divergences, mais elles ont été portées à la connaissance de l’ASN et n’ont pas été mises sous le tapis. Pour tous les événements qui n’avaient pas été déclarés, l’exploitant avait des explications rationnelles. » Egalement contacté par Le Monde, EDF se contente de rappeler que la sûreté des centrales est « la priorité » du groupe et que « la transparence et le respect de la réglementation sont scrupuleusement appliqués et respectés sur tous les sites ».

    Concernant plus particulièrement le Tricastin, l’entreprise souligne que le nombre d’événements significatifs déclarés par la centrale est « stable depuis plusieurs années » et que les bilans sûreté réalisés par l’ASN « ne font aucun état de non-respect du principe de transparence ».
    Entretien avec le physicien Bernard Laponche : Article réservé à nos abonnés « L’état du parc nucléaire français est préoccupant »
    Accidents de travail avec arrêt non transmis

    Un autre aspect de ce que Hugo qualifie de stratégie de dissimulation repose sur la non-déclaration des accidents de travail avec arrêt. Le mode opératoire est souvent le même : si un salarié se voit remettre une déclaration d’accident avec arrêt, signifiant que son état de santé ne permet pas une reprise du travail, la direction met la pression sur ses chefs pour que l’arrêt ne soit pas transmis. Il est alors demandé au salarié de rester chez lui le nombre de jours prévus par le médecin. En cas de suspicion par l’inspection du travail, la direction a la parade : elle explique que le salarié a accepté un « aménagement de poste ».

    L’aménagement de poste sous-entend que celui-ci soit prévu en amont de la délivrance d’un accident du travail avec arrêt, que les conditions dudit poste soient validées par un médecin et, bien entendu, que le poste en question ne soit pas fictif. Hugo indique avoir été témoin d’événements fréquents pour lesquels ces conditions n’étaient pas respectées.

    Ces derniers s’intensifient avant la visite décennale. Le samedi 9 juin 2018, un technicien est victime d’un malaise alors qu’il intervient en salle des machines. Sa tenue vapeur est insuffisamment ventilée pour faire face aux très fortes températures. Selon le médecin qui l’examine, le diagnostic vital aurait pu être engagé : la température corporelle du salarié a atteint 41 °C. Il lui remet un certificat d’accident du travail avec arrêt. Pourtant, deux jours plus tard, la direction déclare l’accident auprès de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) sans arrêt de travail et explique que le salarié a été mis au repos le dimanche avant de reprendre son activité le lendemain.

    Le 18 septembre, un autre accident se produit au sein de la même équipe. Un salarié heurte violemment une vis qui dépasse d’une vanne et est amené aux urgences avec une plaie à la jambe. « Peux-tu suivre avec attention le blessé sur cette fin d’après-midi ? Je suis persuadé que dans le pire des cas un maintien dans l’emploi peut répondre à la situation », demande par SMS un membre de la direction, alors que l’agent n’a pas encore été examiné. Nouveau SMS en fin de journée du supérieur hiérarchique d’Hugo : « L’agent est sorti de l’hôpital sans déchirure grave. Huit jours d’arrêt. La balle est dans votre camp pour le poste aménagé, pas de problème pour tout aménagement. » Le lendemain, la direction transmet à la CPAM une déclaration d’accident du travail sans arrêt.

    Parfois, la stratégie échoue. Le 11 janvier 2018, une chute, un séjour à l’hôpital, un arrêt de travail d’une semaine. Mais le salarié a aussitôt transmis l’arrêt au médecin-conseil. La pression est mise sur les équipes pour rattraper le coup. « On a essayé de faire modifier au médecin de l’hôpital la déclaration, mais il refuse pour question de déontologie. J’ai fait tout ce que l’ai pu », commente, contrit, un adjoint du service d’Hugo dans un échange de SMS. « On va se faire allumer ! », répond un autre. « Attention, un jour, cela apparaîtra que la pression pour ne pas déclarer est démesurée. Il faudra assumer », ajoute un chef de service délégué.

    Cette stratégie de non-déclaration répond à un objectif : l’accidentologie, et plus précisément le taux de fréquence des accidents du travail avec au moins un jour d’incapacité de travail, est un paramètre pris en compte, avec une pondération importante, dans le classement des centrales. Un classement à soigner pour réussir la visite décennale. En 2018, le taux de fréquence du Tricastin est particulièrement bas : 2,7. Plus de deux fois moins que celui d’un secteur comme la banque et l’assurance (6,8), pourtant beaucoup moins à risque.
    Mise à l’écart brutale

    Le refus d’Hugo de « collaborer » à l’ensemble de ces dissimulations va entraîner, selon lui, sa mise à l’écart brutale. Le 25 septembre 2018, peu après l’inondation, il est convoqué par son supérieur, qui lui demande de rédiger un e-mail expliquant qu’il quitte ses fonctions pour raisons personnelles. Hugo refuse, mais, le lendemain matin, son départ est annoncé publiquement devant le personnel. Progressivement, Hugo n’est plus invité aux réunions, disparaît de l’organigramme de la direction, est retiré des listes de diffusion des chefs de service… A bout, il est victime d’une crise de spasmophilie dans son bureau, le 4 octobre, et mis en arrêt de travail. Le premier d’une longue série. « Là, j’ai compris qu’ils allaient me faire taire, dit aujourd’hui Hugo, les nerfs toujours à vif. On a voulu me détruire. »

    Le harcèlement que Hugo évoque passe aussi par des « intimidations » (« une connerie et t’es tondu », envoyé par SMS en pleine réunion) et des « insultes » répétées (« petite nature », « triple nul »). Hugo informe sa direction de la situation. « Ne te mets pas une pression démesurée. Tu n’es pas harcelé », tranche celle-ci, dans un SMS. Il informe les syndicats, saisit l’inspection du travail. Dans le nucléaire, les inspecteurs du travail sont les inspecteurs de l’ASN. Une enquête est diligentée. Elle conclura, en mars 2019, à l’issue d’une soixantaine d’entretiens, que « la pratique de harcèlement moral (…) n’a pas été établie », tout en pointant « des dysfonctionnements au niveau collectif ». « Ces situations sont traitées avec attention, car il n’y a jamais de fumée sans feu et les torts sont toujours partagés, assure Christophe Quintin. L’ASN a proposé un certain nombre d’actions de management à la direction de la centrale au terme de son enquête. »

    Trois jours avant sa date de reprise prévue le 10 décembre, Hugo apprend par un SMS que la direction a l’intention de lui proposer une autre « mission » : un poste de « chef de projet senior ». Il conteste, veut retrouver son poste. Las. Les syndicats l’informent que la direction envisage désormais une « mutation d’office ». L’argument ? « Protéger » sa santé. L’état physique et mental d’Hugo se dégrade. Il est de nouveau arrêté, mais toujours déterminé à retrouver son poste. Le 2 avril 2019, le médecin-conseil de l’Assurance-maladie valide sa reprise du travail. Lorsqu’il se présente, le 4 avril, à la centrale, son employeur le redirige vers le médecin du travail. Ce dernier confirme l’aptitude, mais dans un « contexte professionnel » hors de son service. Depuis, Hugo, qui a contesté en vain ledit certificat médical devant les prud’hommes, attend toujours de reprendre le travail.

    Que savait la direction d’EDF de la situation au Tricastin ? En octobre 2018, Hugo obtient un rendez-vous avec la direction du parc nucléaire. Il expose, une nouvelle fois, les « pratiques dangereuses » qu’il avait déjà relatées par e-mail et SMS. « Tout serait tellement plus simple, et probablement moins douloureux, si tu acceptais un autre poste », lui rétorque-t-on par SMS. Le 23 mai 2019, son avocat alerte le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le courrier est clair : il mentionne des manquements graves au principe de sûreté nucléaire, de transparence nucléaire ou au regard des normes environnementales, la volonté de la direction de la centrale du Tricastin de cacher certains événements et la situation de harcèlement moral dont est victime son client. La réponse parvient le 8 juillet 2019 : pour la direction du groupe, « aucun début d’éléments » ne permet de « caractériser l’existence » des faits dénoncés.

    En désaccord total, Hugo s’interroge quant à son avenir, qu’il continue malgré tout à imaginer dans le nucléaire. Le futur du #parc français est, lui aussi, en pleine redéfinition. Le président, Emmanuel Macron, a confirmé mardi 9 novembre vouloir lancer la construction de nouveaux réacteurs. En février, l’ASN a également ouvert la voie à la poursuite de l’exploitation des réacteurs les plus anciens au-delà de quarante ans. Cet avis générique doit être complété par des réexamens au cas par cas de chacun des trente-deux réacteurs, qui ont commencé en 2019 et doivent se poursuivre jusqu’en 2031. La quatrième visite décennale du #réacteur numéro un du Tricastin, qui a mobilisé près de 5 000 intervenants pendant six mois, a été jugée « assez satisfaisante » par le « gendarme du nucléaire ». Une nouvelle enquête publique doit avoir lieu au premier trimestre 2022 à propos de sa prolongation, avant que celle-ci ne soit validée officiellement.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Emmanuel Macron acte son choix en faveur du nucléaire à cinq mois de la présidentielle

    Stéphane Mandard et Perrine Mouterde

  • À Fukushima, l’eau contaminée va bientôt être rejetée en mer
    https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/a-fukushima-l-eau-contaminee-va-bientot-etre-rejetee-en-mer-149122.html

    Le #tritium est dangereux à très haute dose par ingestion ou inhalation. Mais sa durée de demi-vie - le temps qu’il faut pour baisser la #radioactivité de 50 % - est relativement courte (12,3 ans, contre par exemple 30 ans pour le Césium 137). De plus, sa nocivité est relative. Le tritium a ainsi été utilisé pendant des années, par exemple, pour rendre lumineuses les aiguilles des montres de poignets. Il n’empêche que les habitants sont inquiets. Les agriculteurs et les pêcheurs craignent que cela n’entache l’attrait pour leurs produits. La Corée du Sud exprime également de vives réserves et interdit toujours l’importation de produits de la mer issus de la région.

    10 ans après Fukushima : cinq photos pour comprendre les conséquences de la catastrophe.
    https://www.novethic.fr/actualite/economie/isr-rse/10-ans-apres-fukushima-cinq-photos-pour-comprendre-les-consequences-de-la-c

    [Les monstres des abysses] Quand l’humanité noyait ses déchets nucléaires au fond de l’océan.
    https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/les-monstres-des-abysses-quand-l-humanite-noyait-ses-dechets-nucleaires-au-

    La gestion des déchets nucléaires est un vrai casse-tête. Lors du déploiement de l’atome civil sur la planète, la solution de l’immersion de déchets en mer a été employée par plus d’une dizaine du pays. Ce sont des milliers de tonnes de ces bombes à retardement qui reposent aujourd’hui sur le plancher océanique et souffrent peu à peu de la corrosion. Toute la semaine, Novethic sillonne les abysses à la recherche de ces monstres marins créés par les humains.

    https://youtu.be/rUDwK5IEaGw

    #Fukushima #Tepco #nucléaire

    • Après Fukushima, les « travaux en France ne nous mettent pas à l’abri d’une catastrophe », dit la #CRIIRAD
      https://twitter.com/CRIIRAD/status/1370676008437878784

      Selon Bruno Chareyron, les opérations de décontamination ont généré entre 10 et 20 millions de tonnes de sacs de terre radioactive « dont les autorités ne savent pas quoi faire ». Il ajoute : « Les autorités japonaises font tout pour banaliser la catastrophe pour faire croire que c’est réglé et organiser les Jeux Olympiques alors que rien n’est réglé. Il y a plus de 1,2 million de tonnes d’eau contaminée qui s’accumule dans les réservoirs et qu’on voudrait rejeter en mer, ce qui n’est pas légal ».

  • Des #chercheurs sur le #nucléaire s’inquiètent après le #licenciement d’une spécialiste de Fukushima
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/06/nucleaire-des-chercheurs-s-inquietent-apres-le-licenciement-d-une-specialist

    "Spécialiste de la catastrophe de #Fukushima, Christine Fassert a été renvoyée pour faute en juin 2020, au motif d’une « insubordination récurrente » et d’un « comportement inadapté », comme l’a révélé en septembre Le Canard enchaîné. Elle affirme que le conflit avec sa hiérarchie est lié aux résultats de ses travaux de recherche, ce que l’IRSN, l’expert public des risques nucléaires et radiologiques, bras technique de l’Autorité de sûreté nucléaire, conteste fermement.

    Socio-anthropologue, Christine Fassert est embauchée en 2012 par l’IRSN, qui vient alors de créer un #laboratoire des #sciences_humaines_et_sociales. Le projet Shinrai – « confiance », en japonais –, lancé en partenariat avec Sciences Po Paris et l’université japonaise Tokyo Tech, vise à étudier les conséquences sociales et politiques de l’accident de la centrale de Fukushima de mars 2011. En cinq ans, Christine Fassert et Reiko Hasegawa, chercheuse anciennement rattachée à Sciences Po, réalisent près de 130 entretiens au #Japon auprès des évacués rentrés ou non chez eux, de représentants du gouvernement ou d’associations.

    Dès la #publication des premiers articles, Christine Fassert affirme avoir subi des tentatives d’obstruction de sa hiérarchie, qui demande des modifications ou l’empêche de participer à plusieurs colloques. « Quand nos analyses ne correspondaient pas à ce que l’IRSN voulait entendre, ils essayaient de nous imposer des changements, assure Reiko Hasegawa. Ils nous demandaient d’enlever des phrases entières, c’était des pratiques totalement inhabituelles dans le milieu de la recherche. »

    Selon les deux chercheuses, un passage indiquant que la population japonaise a perdu confiance envers les autorités, par exemple, devait être modifié. Impossible également d’écrire que, à la suite de l’accident, les Japonais se sont prononcés lors d’un débat public en faveur de la sortie du nucléaire, et que le résultat est le même à chaque fois que les populations sont consultées à travers le monde. Parmi les sujets sensibles figureraient aussi la question du retour des évacués et celle de la dangerosité de l’exposition à de faibles doses de radioactivité, qui suscite une importante controverse scientifique. Après l’accident de Fukushima, le gouvernement japonais a fait passer la dose limite pour le public de 1 millisievert (mSv) par an au niveau du seuil de référence maximum, soit 20 mSv/an, la politique de retour dans les zones évacuées étant établie sur cette limite.

    En 2019, la publication de deux #articles de Christine Fassert est refusée. L’un porte sur la gouvernance des risques et repose sur des entretiens avec des #experts critiques du nucléaire et sur le rapport dit « Pompili », sur les fragilités du parc nucléaire français ; le second démontre que les citoyens japonais font davantage confiance à l’expertise associative qu’à l’expertise institutionnelle. « Est-ce que, en cas d’#accident en France, les citoyens feront plus confiance à la Commission de #recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (#Criirad) et à l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), ou à l’IRSN ? La question n’est peut-être pas agréable à entendre, mais elle est réelle », assure Christine Fassert."

  • https://balises.criirad.org/pdf/CP_CRIIRAD_200123_tritium_Tricastin.pdf
    #Tricastin #criirad
    1 / Le niveau de #contamination en tritium de 5 300 Bq/l annoncé par EDF est plus de 2 000 fois supérieur au niveau de tritium « normal » que l’on mesure en France dans les #nappes non contaminées.
    2 / La nappe située sous la centrale fait intégralement partie de l’environnement. Or, en #France, le rejet direct de #substances_radioactives dans les #eaux_souterraines est interdit.


  • Colloque régional Mines d’Uranium / Radon – Vannes 28 avril 2018 | Fédération Antinucléaire Bretagne
    http://fan-bretagne.org/colloque-regional-mines-duranium-radon-vannes-28-avril-2018/#more-2061

    Si la situation des #terres_contaminées suite aux catastrophes nucléaires de Fukushima (11 mars 2011) et Tchernobyl (26 avril 1986) est globalement connue du grand public, il n’en est pas de même des contaminations radioactives laissées par l’exploitation de plus de 250 mines d’uranium en France. Elle lègue plus de 200 millions de tonnes de #déchets_radioactifs dont 50 millions de résidus. 11 millions d’entre eux sont stockés sur l’ancien site de l’usine de l’Ecarpière à proximité de Clisson en Loire-Atlantique. En Bretagne et ailleurs, des prés, jardins, bois, cours, terrains de jeux, parkings, sentiers de randonnée présentent de fortes anomalies radioactives. La Fédération anti-nucléaire Bretagne dénonçait déjà cette situation intolérable dans son communiqué du 5 juin 2014* intitulé « Uranium, la Bretagne contaminée »

    #gaz_radioactif #radon #Criirad #uranium #mines
    source : http://alternatives-projetsminiers.org/terres-contaminees-a-fukushima-tchernobyl-la-bretagne-a

    http://www.stocamine.com/media/891
    Stocamine, Cigéo… Cachez ces déchets que nous ne saurions voir

    Que faire des déchets ultimes que nous produisons ? Une question qui revient régulièrement sur le devant de la scène lorsqu’on évoque le projet #Cigéo à Bure, et la problématique plus générale de l’enfouissement des déchets, qu’ils soient radioactifs ou non.

    https://limprevu.fr/articles/18-04-2018/stocamine-cigeo-cachez-ces-dechets-que-nous-ne-saurions-voir
    http://www.stocamine.com/constitution.html

    Pour les militants écologistes, la question de la réversibilité est un « leurre » utilisé pour convaincre les détracteurs de ces projets d’enfouissement. « Dans la bouche du législateur, le mot réversibilité n’a pas la même définition que pour le commun des mortels », soutient Arnaud Schwartz, secrétaire national de France nature environnement (FNE). « Pour Cigéo, c’est réversible juste pendant cent ans ! Après on rebouche le trou pour l’éternité, donc ce n’est plus du tout réversible. Quant à StocaMine, il a été dit qu’à cause d’un incendie, on ne pouvait plus sortir les déchets, que c’était trop dangereux, que ça coûtait trop cher, etc. Dans un cas comme dans l’autre, la réversibilité est techniquement impossible. »

    #Stocamine #Bure #déchets_irréversibles

  • Les eaux radioactives du site #AREVA s’écoulent directement dans la rivière

    1,3 millions de tonnes de résidus radioactifs non confinés entreposés au fond d’un bassin artificiel. Les eaux radioactives de l’ancien site d’extraction d’uranium AREVA (#ORANO) des #Bois_Noirs (Loire) s’écoulent directement dans la rivière. La #CRIIRAD a mis en évidence la contamination des mousses aquatiques de la #vallée_de_la_Besbre sur plusieurs dizaines de kilomètres.


    https://blogs.mediapart.fr/association-criirad/blog/120418/les-eaux-radioactives-du-site-areva-secoulent-directement-dans-la-ri
    #pollution #nucléaire #radioactivité #eau

  • Au #Niger, la vie radioactive dans l’ombre des mines d’Areva
    https://www.mediapart.fr/journal/international/111017/au-niger-la-vie-radioactive-dans-lombre-des-mines-dareva

    L’uranium extrait avec de l’acide sulfurique à #Arlit en septembre 2013. © Reuters Depuis les années 1970, le groupe public exploite des mines d’uranium au Niger dans des conditions accablantes. Eau, air, sol, tout est pollué aux alentours de ses sites miniers. Les populations, ignorantes du danger, sont exposées à des taux de radioactivité dépassant toutes les limites légales, dénonce #Almoustapha_Alhacen, président de l’ONG nigérienne Aghirin’man.

    #International #Economie #Areva #Criirad #Greenpeace #nucléaire #radioactivité #Sherpa #uranium

  • Les autorités françaises s’apprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire.
    (source : Criirad)

    Elles ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase poste accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur (...) ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.
    Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !
    Participez à la consultation publique
    et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !

    Projet de décret relatif à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants et à la sécurité des sources de rayonnements ionisants contre les actes de malveillance. - Les consultations publiques du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer
    http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html

    Il vous faudra inscrire : un titre, un message, votre nom (ou pseudonyme) et votre adresse mail.

    Vous pouvez rédiger vos propres messages ou utiliser des extraits ci-après :

    Proposition de titre : « Accident nucléaire : des niveaux de référence inacceptables »
    Proposition de message :
    « Le projet de décret retient des niveaux de référence excessivement élevés pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles. Je demande qu’ils soient fixés à la borne inférieure et non pas supérieure de l’intervalle défini par la directive 2013/59/Euratom sur la base des recommandations de la CIPR :
    – 20 mSv et non pas 100 mSv pour la phase d’urgence
    – 1 mSv/an et non pas 20 mSv/an pour la phase post-accidentelle.
    Je demande également qu’une limite et non pas une simple référence soit établie pour la gestion des territoires contaminés et que des garanties spécifiques soient définies pour les enfants et les femmes enceintes.
    Je refuse d’être contraint de vivre et de laisser vivre mes enfants dans un environnement aussi dangereux pour notre santé. Si les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir un niveau de risque plus faible, il est impératif de mettre à l’arrêt les installations nucléaires susceptibles de conduire à cette situation. »

    Attention, vos commentaires doivent être déposés d’ici le 30 septembre !
    Merci de nous adresser un message une fois que vous aurez déposé votre commentaire sur le site du ministère à l’adresse : contact@criirad.org

    #criirad #nucléaire #contamination #tous_cobayes

  • Il y a 50 ans, le 2 juillet 1966, la France réalisait une première explosion nucléaire sur l’atoll de Moruroa en Polynésie. Entre 1966 et 1974, la France a réalisé 46 essais nucléaires atmosphériques à Moruroa et Fangataufa. Certains de ces essais ont entrainé des retombées radioactives très importantes sur des îles et atolls habités, à plusieurs centaines de kilomètres des lieux des tirs.
    Communiqué de presse de la Criirad :
    http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/CRIIRAD2016-07-01-polynesie-essais-nucleaires.pdf
    #nucléaire #Criirad #Polynésie

  • Les centrales françaises ne sont plus à l’abri d’un accident
    http://reporterre.net/Les-centrales-francaises-ne-sont-plus-a-l-abri-d-un-accident

    Alors que l’on marque, le 26 avril, le trentième anniversaire de l’accident de Tchernobyl, la revue de la situation en France montre une inquiétante dégradation de la sûreté nucléaire. L’hypothèse de l’accident grave est maintenant reconnue par l’autorité de sûreté. Le mauvais état financier d’EDF et d’Areva accroît le risque nucléaire. Source : Reporterre

  • « Combien de jours avant la catastrophe nucléaire en France ? »
    C’est la question que pose Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Criirad.

    « Un parc nucléaire vieillissant, des agents et sous-traitants inquiets et sous pression, des industriels en grande difficulté économique, une perte de savoir faire et de compétences technique de la part des industriels etc. La situation actuelle du nucléaire en France est terriblement inquiétante. »
    Même le président de l’ASN alerte : « dans le contexte actuel les enjeux de la sureté nucléaire et de la radioprotection sont préoccupants. »
    Source : Criirad, Trait d’union n°69, 02/2016.
    Pas de lien direct vers l’article, désolé c’est une publication papier !
    Pour tout savoir, je vous encourage vivement à adhérer, l’indépendance a un prix : à partir de 19€ pour les revenus modestes ou 45€ si tu es plus à l’aise.
    http://www.criirad.org/soutenir/adhesion.html
    A lire également le dossier du magazine S !lence (n°443, mars 2016) :" Faut-il que ça pète pour qu’on l’arrête ?"
    http://www.revuesilence.net
    #nucléaire #criirad

  • Fort de Vaujours
    http://www.vivelasociale.org/les-emissions-recentes/76-fort-de-vaujours

    Christophe Nedelec, un des porte-parole du collectif Sauvons la Dhuis, explique comment celui-ci a été amené, dans la foulée de son combat pour la préservation du site de l’aqueduc de la Dhuis, à tenter de voir de près dans quel état de contamination se trouve le fort de Vaujours. Situé à 27 km à l’est de Paris, ce fort a en effet abrité, de 1951 à 1997, le centre de recherche et d’expérimentation sur les détonateurs des armes nucléaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Durée : 1h17. Source : Fréquence Paris Plurielle

    http://www.vivelasociale.org/images/emission-radio-vive-la-sociale/2016/15-11-19-vls-vaujours-2.mp3

  • ACCIDENT NUCLEAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !

    Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire. Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.

    NMA - ALIMENTS - ACCIDENT NUCLEAIRE
    http://www.criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/sommaire.html

    La pétition est toujours en cours ...
    Le combat contre l’#opacité aussi .

    #nucléaire #contamination #alimentation #criirad

  • La Criirad recherche des traducteurs : Norvégien, Finnois, Grec, Hongrois, , Roumain, Slovaque, Tchèque etc… pour le dossier

    Niveaux Maximaux Admissibles de contamination radioactive dans les aliments en cas d’accident nucléaire

    NMA - ALIMENTS - ACCIDENT NUCLEAIRE
    http://criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/sommaire.html

    Nous avons également besoin d’identifier les associations de tous les pays Européens qui militent dans le domaine de l’alimentation, de l’environnement et de la santé. Merci de nous mettre en relation si vous disposez de tels contact, ou de leur faire passer l’information et en leur demandant de la relayer.

    #nucléaire #contamination #alimentation #criirad

  • CONTAMINATION LEGALE DES ALIMENTS EN CAS D’ACCIDENT NUCLEAIRE

    La CRIIRAD dénonce le travail scandaleux des experts Euratom et appelle à une mobilisation massive contre le projet de la Commission européenne !

    Le projet de règlement européen
    La Commission européenne a élaboré un projet de règlement fixant les Niveaux Maximaux Admissibles (NMA) de contamination radioactive qui seront appliqués aux aliments en cas d’accident nucléaire. Ce projet est en cours d’examen par le Parlement (pour avis) et par le Conseil de l’Union européenne (pour décision). Les limites sont fixées pour 4 groupes de radionucléides et 5 catégories d’aliments, eau potable incluse. Aucune modification n’a été apportée aux valeurs établies en 1987-1989. Si les niveaux de contamination mesurés dans les aliments n’excèdent pas les NMA, ils pourront être librement commercialisés au sein de l’UE ou à partir de pays tiers.
    Des niveaux de risque inacceptables
    Si l’on en croit la Commission européenne, le projet garantit le respect de la limite maximale de dose efficace de 1 mSv/an (une limite qui correspond à un niveau de risque déjà élevé). Cette affirmation est totalement fausse. Les vérifications conduites par la CRIIRAD font apparaître des doses de l’ordre de 10 fois supérieures (et jusqu’à 100 fois pour des scénarios pénalisants) et montrent que les enfants paieront le tribut le plus élevé.
    Une accumulation d’anomalies gravissimes et orientées
    La CRIIRAD a procédé à l’analyse du rapport scientifique qui valide le choix de Niveaux Maximaux Admissibles de contamination radioactive. Daté de 1998, ce document a été rédigé par les experts officiels de la Commission (experts dits Euratom car membre du groupe d’experts établi en application de l’article 31 du traité Euratom).
    L’analyse critique a permis à la CRIIRAD d’identifier toute une série d’erreurs, d’incohérences et d’irrégularités. Elles sont graves et vont TOUTES dans le même sens : minimiser les risques et aboutir à la fixation de limites de contamination excessivement élevées. Les dysfonctionnements les plus marquants sont détaillés dans la version longue du communiqué. Un seul exemple est développé ci-après mais il s’agit d’une incohérence majeure, rédhibitoire, entre la conception des limites et le champ d’application du règlement qui les édicte.
    En effet, de l’aveu même des experts, les Niveaux Maximaux Admissibles du règlement européen ont été définis pour l’impact d’un accident lointain, survenant à plus de 1 000 km des frontières de l’Union européenne. Partant de ce postulat, les experts ont considéré que la contamination ne toucherait qu’une faible part de la ration alimentaire des consommateurs européens (10% des aliments solides, 1% de l’eau potable). Problème : le règlement s’applique à tous les accidents nucléaires majeurs et en premier lieu à ceux qui surviendraient en Europe ! Mais dans ce cas, les hypothèses de calcul ne tiennent plus : le pourcentage d’aliments contaminés serait bien plus élevé ce qui impose des limites beaucoup plus basses ! Il faut : soit revoir à la baisse, et de façon drastique, les NMA ; soit rédiger un second règlement applicable aux accidents susceptibles d’affecter fortement les Etats membres de l’UE. C’est urgent : plus de 42% des 438 réacteurs électronucléaires en fonctionnement dans le monde sont implantés en Europe. La probabilité que le prochain accident nous concerne est donc très élevée.
    Vu le nombre et la gravité des anomalies identifiées, il importe que toutes les responsabilités soient établies, tant au niveau des experts, que de la Commission, tant au niveau des élus que des Etats membres. Un courrier a été adressé au Commissaire européen en charge de la santé publique et de la sécurité alimentaire, afin d’obtenir communication des coordonnées des experts Euratom à l’origine de l’expertise de 1998 et de l’avis favorable de 2012. Diverses actions sont également en préparation, en premier lieu en direction du Parlement européen, le vote de la commission ENVI devant intervenir le 26 mai prochain.
    Appel à mobilisation
    La CRIIRAD appelle tous les citoyens européens à se mobiliser pour défendre leur santé et celle de leurs enfants. Elle les invite à s’informer et à signer, et diffuser, la pétition demandant une refonte complète, transparente et démocratique de la réglementation applicable en cas d’accident.

    Signature en ligne à : http://criirad-protegeonsnotrealimentation.wesign.it/fr

    Le dosier complet sur le site de la Criirad :
    http://www.criirad.org/aliments-nma-accidentnucleaire/sommaire.html

    #nucléaire #alimentation #contamination #réglementation #CRIIRAD

  • Le site de la #Criirad existe-t-il ?
    Le site de la criirad a été refait, malheureusement tout môche et surtout d’une approche difficilement compréhensible. On se demande à quoi sert le travail des ergonomes et passioné·e·s du web accessible à tous.
    http://www.criirad.org
    Dommage @jacotte, on aurait fait mieux sans difficulté :( hein… et sans google analytics ce qui est fort de cochon.
    Mais il ne semble surtout pas correspondre au critères du site http://www.slinqs.com, qui est un site japonais.
    À vous les amis geeks de nous dire si il est réellement accessible au japon !

    this-domain-entered-does-not-exists.com
    http://www.slinqs.com/ja/site/this-domain-entered-does-not-exists.com

    #nucléaire #japon

    • D’un point de vue graphique, l’accueil du site est une mise en abîme : le cadre dans le cartouche dans l’onglet... Le cadre, ça cadre, c’est rassurant.
      Pourquoi du texte violet moyen sur fond gris ? Sans doute parce que la radioactivité est invisible...
      Des articles à justifications de plus de 100 signes, je perds la ligne...
      Dommage qu’un contenu si important soit ainsi maltraité.

    • #nucléaire #Criirad #NTW
      Prenons notre temps, il ne faut pas dire arrêtons le nucléaire car ce n’est pas très diplomate pour tous les investisseurs, mais rendons transparent le nucléaire.
      Les tumeurs de Solenn, Alain, Robert, vont être contentes.

  • Suite au seen sur les #parasurtenseur(s) http://seenthis.net/messages/105563 et en sous-produit de la recherche sur la source de l’estimation de coût d’un accident nucléaire : l’IRSN vient de mettre en ligne (14/01/13) son rapport d’Évaluation par l’IRSN des risques pour les personnels de France-Télécom associés aux parasurtenseurs contenant des radioéléments http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/radioprotection-homme/Pages/Rapport-Evaluation-IRSN-risques-personnels-France-Telecom-parasurtenseurs.aspx. dont les conclusions ont été présentées au CHS-CT de France Telecom du 30/03/10.

    En gros, il n’y a pas de problème, les doses reçues sont minimes (au maximum, un peu moins que la limite fixée pour le public) mais il faudra faire attention lors de la dépose systématique et ne pas oublier de bien ventiler les emplacements de stockage.

    Au passage, un petit coup de chapeau de l’#IRSN à la #CRIIRAD

    Il est à noter que certaines informations ont par ailleurs été trouvées dans le rapport n°10-08 de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD), publié le 15 mars 2010 sur son site Internet.

    http://www.criirad.org/actualites/dossier2010/francetelecom/rapportCRIIRAD.pdf

  • Alertes sanitaires : ces #associations qui dérangent un peu trop - Santé et environnement - Basta !
    http://www.bastamag.net/article2039.html

    ❝« Les associations, ça commence à bien faire... »

    Aux coupes budgétaires et aux menaces pesant sur les outils de veille, est venue s’ajouter la parution d’un décret, en juillet 2011, menaçant de condamner au silence les associations de défense de l’environnement [6]. Pour être reconnues d’utilité publique, ces associations devront désormais compter au moins 2 000 adhérents, exercer leur action sur la moitié des régions, et disposer d’un minimum de 5 000 donateurs. « On ferme la porte à toutes les petites structures locales qui font un travail extraordinaire en s’appuyant sur des associations nationales », note Roland Desbordes, de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la #radioactivité (#Criirad). « Si ces associations n’existaient pas, nous n’aurions pas la même action car ce sont elles qui font remonter l’information », précise-t-il. L’État chercherait-il à choisir, parmi les associations pouvant siéger dans les instances consultatives, celles qui ne sont pas trop dérangeantes ?#nucleaire

  • #Tchernobyl bis repetita ?

    La #CRIIRAD publie ce jour la carte qui prouve que la #France a été contaminée dès le 22 mars 2011 :

    1/ Les masses d’air contaminé par les rejets #radioactifs de la centrale nucléaire de #Fukushima Daiichi sont arrivées 2 jours avant la date indiquée par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (#IRSN) ;

    2/ Elles ont affecté les trois quarts de la France (et non pas le seul sommet du Puy-de-Dôme) ;

    3/ L’activité de l’#iode 131 particulaire était plus de 20 fois supérieure à celle annoncée pour le 24 mars. Ni l’IRSN, ni les grands exploitants du #nucléaire, ne pouvaient l’ignorer. Omission involontaire (mais invraisemblable) ou délibérée… mais dans quel but ?

    Source : CRIIRAD (http://www.criirad.org)
    Dossier spécial Japon : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html
    Carte de France de la #contamination de l’#air par l’iode 131 particulaire le 22 mars 2011 :
    http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/irsn/iode_particulaire.pdf