• Liberté pour Mahmoud Nawajaa, coordinateur de la campagne BDS en Palestine
    Solidaires, le 6 août 2020

    L’État israélien vient d’arrêter en pleine nuit, les yeux bandés, avec des dizaines de militaires et sans aucun motif d’inculpation, le coordinateur actuel de la campagne BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) en Palestine, Mahmoud Nawajaa, 34 ans. Loin d’arrêter le boycott, ce type d’action ne fera que le renforcer...

    La campagne BDS exhorte les individus, associations, syndicats, partis etc. à faire pression sur leurs chancelleries pour qu’elles obtiennent la libération de ce militant pacifiste.

    L’Union syndicale Solidaires a envoyé le courrier suivant au Ministre des affaires étrangères :

    #Palestine #BDS #Mahmoud_Nawajaa #prison #injustice #criminalisation_des_militants #Solidaires #syndicat #France #Affaires_étrangères

  • VICTOIRE DE LA CAMPAGNE BDS SUR LE BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS : LA FRANCE CONDAMNEE PAR LA CEDH
    La Campagne BDS France, le 11 juin 2020
    https://www.bdsfrance.org/victoire-de-la-campagne-bds-sur-le-boycott-des-produits-israeliens-la-fra

    Condamnation des autorités françaises : selon la CEDH, l’appel au boycott des produits israéliens est protégé par la liberté d’expression.

    La campagne BDS France se réjouit de l’arrêt de la Cour européenne des droits humains (affaire Baldassi et autres c. France, requêtes n°15271/16 et autres) rendu le 11 juin 2020 qui condamne la France pour avoir violé le droit à la liberté d’expression de militant-e-s associatif-ve ayant appelé au boycott de produits israéliens dans des magasins.

    L’article 10 protège la liberté d’expression, qui peut être restreinte à certaines conditions. Les militant-e-s BDS affirmaient que ces conditions n’étaient pas remplies et que leur liberté d’expression avait été bafouée par la France. A l’unanimité, la CEDH dit que la France a violé l’article 10 de la Convention.

    La France est donc condamnée pour violation de l’article 10 de la CEDH (qui protège la liberté d’expression) : elle doit verser dans les trois mois 7 380 euros personnellement à chaque militant et 20 000 euros en plus à eux tous en commun.

    La campagne BDS France relève également que la Cour a bien pris en compte les spécificités des appels au boycott des produits israéliens lancés par les militant-e-s associatif-ve-s engagé-e-s contre l’apartheid israélien. L’arrêt énonce que « les propos reprochés aux requérants concernaient un sujet d’intérêt général, celui du respect du droit international public par l’État d’Israël et de la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, et s’inscrivaient dans un débat contemporain, ouvert en France comme dans toute la communauté internationale » (§78).

    Ces propos relèvent de la liberté d’expression dans un régime démocratique et sont ainsi protégés. L’appel au boycott des produits d’un régime d’apartheid est bien un droit pour les mouvements mobilisés en faveur du respect du droit international, droit qui avait été exercé par les mouvements pacifiques qui ont lutté en Inde, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud contre le colonialisme et la discrimination.

    L’arrêt de la Cour européenne des droits humains prouve, comme nous l’avons toujours dit, que les autorités françaises ont eu tort de vouloir criminaliser un mouvement non violent et responsable comme le nôtre, qui, tout en condamnant toute forme de racisme dont l’antisémitisme, réclame des mesures de boycott contre le régime israélien, ses entreprises et ses institutions, tant que cet Etat ne respecte pas le droit international. Cet arrêt met en lumière le caractère faux et malhonnête des tentatives de diffamation menées contre la campagne BDS, tentatives visant à museler celles et ceux qui demandent à agir contre l’apartheid israélien.

    Conséquemment à l’arrêt de la CEDH, nous demandons aux autorités françaises d’abroger immédiatement les circulaires Alliot-Marie et Mercier afin de reconnaître la légalité et la légitimité de nos modes d’actions non violents et d’entamer un dialogue avec nous afin de contribuer ensemble à exercer une pression sur l’Etat d’Israël en vue d’obtenir que le droit international soit respecté.

    Nous invitons les entreprises françaises à désinvestir d’Israël et aux institutions françaises à cesser toute collaboration avec les institutions publiques israéliennes.

    Nous sommes déterminé-e-s à continuer les actions de boycott des produits israéliens et des entreprises internationales complices de l’apartheid israélien. Nous réclamons également un boycott des universités et des institutions israéliennes complices, ainsi que des manifestations culturelles et sportives faisant la promotion de l’apartheid israélien.

    Israël, pays de l’apartheid, ne pourra pas indéfiniment empêcher la justice et la liberté pour le peuple palestinien de triompher !

    Nous invitons tou-te-s les citoyen-ne-s de bonne volonté et toutes les mouvements attachés au respect des droits humains et de la légalité internationale à rejoindre la campagne BDS. Notre mobilisation est plus que jamais légitime et indispensable au moment où les autorités israéliennes envisagent, en violation du droit international, d’annexer une partie de la Cisjordanie, poursuivant ainsi la dépossession du peuple autochtone palestinien, entérinée par le plan Trump.

    BDS pour la justice, la dignité et l’égalité !

    #France #BDS #Boycott #Palestine #Justice #Criminalisation_des_militants #Liberté_d'expression #CEDH #Cour_européenne_des_droits_humains

  • Le temps des ouvriers. Le temps de l’#usine (1/4)

    Du début du XVIIIe siècle à nos jours, Stan Neumann déroule sur plus de trois siècles l’histoire du monde ouvrier européen, rappelant en une synthèse éblouissante ce que nos sociétés doivent aux luttes des « damnés de la terre ».

    Dès le début du XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne, une nouvelle économie « industrielle et commerciale », portée par le textile, chasse des campagnes les petits paysans et les tisserands indépendants. Pour survivre, ils doivent désormais travailler contre salaire dans des fabriques (factories) qui rassemblent plusieurs milliers d’ouvriers, sur des métiers appartenant à des marchands devenus industriels. C’est la naissance de la classe ouvrière anglaise. Le travail en usine, le Factory System, où seul compte le profit, impose aux déracinés une discipline et une conception du temps radicalement nouvelles. Avec la révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle, ils subissent un dressage plus violent encore, sous la loi de machines qui réduisent l’ouvrier à un simple rouage.
    Surexploitée et inorganisée, cette classe ouvrière primitive, qui oppose à la main de fer de l’industrie naissante des révoltes spontanées et sporadiques, va mettre plusieurs générations à inventer ses propres formes de lutte, dans une alliance parfois malaisée avec les républicains anglais, inspirés par la Révolution française de 1789. Ses revendications sont sociales et politiques : réglementation du travail des enfants, salaires, durée du temps de travail, liberté syndicale, droit de grève, suffrage universel... Dans les années 1820, après des décennies de combats perdus, une classe ouvrière anglaise puissante et combative semble en mesure de faire la révolution.

    Temps complet
    La classe ouvrière a-t-elle disparu, ou simplement changé de forme, de nom, de rêve ? Conciliant l’audace et la rigueur historique, l’humour et l’émotion, le détail signifiant et le souffle épique, Stan Neumann (Austerlitz, Lénine, Gorki – La révolution à contre-temps) livre une éblouissante relecture de trois cents ans d’histoire. Faisant vibrer la mémoire des lieux et la beauté des archives, célébrissimes ou méconnues, il parvient à synthétiser avec fluidité une étonnante quantité d’informations. Les séquences d’animation, ludiques et inventives, et un commentaire dit par la voix à la fois présente et discrète de Bernard Lavilliers permettent de passer sans se perdre d’un temps à l’autre : celui du travail, compté hier comme aujourd’hui minute par minute, celui des grands événements historiques, et celui, enfin, des changements sociaux ou techniques étalés parfois sur plusieurs décennies, comme le processus de légalisation des syndicats ou du travail à la chaîne. En parallèle, le réalisateur donne la parole à des ouvriers et ouvrières d’aujourd’hui et à une douzaine d’historiens et philosophes, hommes et femmes, « personnages » à part entière dont la passion communicative rythme le récit. On peut citer Jacques Rancière, Marion Fontaine, Alessandro Portelli, Arthur McIvor, Stefan Berger, avec Xavier Vigna comme conseiller scientifique de l’ensemble des épisodes. Cette série documentaire virtuose, où l’expérience intime coexiste avec la mémoire collective, au risque parfois de la contredire, révèle ainsi combien nos sociétés contemporaines ont été façonnées par l’histoire des ouvriers.

    https://www.arte.tv/fr/videos/082189-001-A/le-temps-des-ouvriers-1-4

    #documentaire #film_documentaire #film
    #agriculture #cleasning #nettoyage #industrie #industrie_textile #industrialisation #expulsions_forcées #histoire #Ecosse #UK #exode_rural #déplacés_internes #IDPs #histoire #force_de_travail #classe_ouvrière #Highlands #désindustrialisation #compétition #factory_system #esclavage #Crowley #temps #contrôle_du_temps #salaires #profit #filatures #travail_d'enfants #enfants #femmes #New_Lanark #Robert_Owen #silent_monitor #école #Institut_pour_la_formation_du_caractère #paternalisme #contrôle #tyrannie #liberté_de_commerce #grève #émeute #insécurité_sociale #pauvreté #workhouse #criminalisation_de_la_pauvreté #résistance #Enoch #Great_Enoch #John_Ludd #général_Ludd #luddisme #luttes #insurrection #cadence #progrès_technique #accidents_de_travail #Angleterre #insurrection_luddite #massacre_de_Peterloo #odeur #intercheangeabilité

    Sur le silent monitor :

    This small four-sided wooden block was known as a ’silent monitor’ and was used by Robert Owen as a means of imposing discipline at his #New_Lanark_Mills.

    Robert Owen was strongly opposed to the use of corporal punishment, so in order to keep discipline at the New Lanark Mills, he devised his own unique system. The ’silent monitors’ were hung next to each worker in the mills, with each side displaying a different colour. ’Bad’ behaviour was represented by the colour black; ’indifferent’ was represented by blue; ’good’ by yellow; and ’excellent’ by white. The superintendent was responsible for turning the monitors every day, according to how well or badly the worker had behaved. A daily note was then made of the conduct of the workers in the ’books of character’ which were provided for each department in the mills.


    https://www.peoplescollection.wales/items/10456

    New Lanark :

  • Pour des banderoles au balcon, la police à domicile - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160420/pour-des-banderoles-au-balcon-la-police-domicile?onglet=full

    Paris, Marseille et Caen, des habitants confinés ont reçu la visite de policiers parce qu’une banderole à connotation politique décorait leur fenêtre. Selon les cas, ils ont exigé son retrait ou demandé des précisions sur leurs « revendications ».

    Mardi midi, la sonnette retentit chez Thomas et Simon, dans le XIXe arrondissement de Paris. À travers la porte, Thomas demande qui c’est. « La police », lui répond-on de l’autre côté, « à propos de la banderole ». Depuis deux semaines environ, elle orne la fenêtre de leur appartement, au deuxième étage : « Macron, on t’attend à la sortie !! » En noir sur fond blanc, bien visible depuis la rue. Certains passants la prennent en photo.

    Thomas ouvre la porte. Ce metteur en scène de théâtre, âgé de 40 ans, dit s’être retrouvé face à « deux policiers en civil, dont l’un portait un masque de protection et l’autre non. Ils avaient des sortes de pendentifs avec “police” écrit en orange sur la poitrine ». Ils n’auraient pas précisé de quel commissariat ils venaient. Thomas rapporte leur dialogue.

    « C’est bien vous qui avez mis la banderole ?

    -- Oui.

    -- On est montés parce que votre banderole ne plaît pas à tout le monde. Il serait bon de la retirer. » 

    Selon son récit, les policiers estiment que l’expression « on t’attend à la sortie » pourrait constituer « une menace », voire un « outrage à magistrat ». Thomas explique avoir clarifié ses intentions et celles de son compagnon, âgé de 34 ans. « On peut attendre quelqu’un à la sortie pour discuter, pour s’expliquer. C’est le but. On veut des réponses sur le manque de masques, de tests, demander des comptes sur la gestion de la crise. Pacifiquement. »


    La banderole de Thomas et Simon, à Paris, après le passage de la police. © DR

    À la demande des policiers, Thomas va chercher sa pièce d’identité, pendant que Simon continue à argumenter sur le fond auprès des fonctionnaires. Ceux-ci leur annoncent qu’une « une main courante va être déposée au commissariat » et répètent que la banderole « ne plaît pas à tout le monde ».

    Après avoir relevé l’identité de Thomas et pris son numéro de téléphone, les agents demandent au couple s’ils vont « retirer » la banderole de leur fenêtre. « On va réfléchir », répondent-ils. Sitôt les policiers partis, ils l’enlèvent, par « peur » d’avoir commis un acte répréhensible qui pourrait les conduire « en garde à vue ou même en comparution immédiate ». Dans la foulée, ils se renseignent auprès d’un avocat et racontent leur mésaventure sur Facebook. 

    Contactée par Mediapart pour préciser le cadre légal de cette intervention et le service auquel sont rattachés ces policiers, la préfecture de police n’a répondu à aucune de nos questions depuis mardi.

    À Marseille, une autre banderole provoque depuis quelques jours une succession d’efforts policiers. R., 28 ans, vit avec des amis dans un squat, près de la gare Saint-Charles. Pas un lieu de réunion qui aurait pignon sur rue, mais un simple immeuble d’habitation où vivent quelques personnes. Assignés par le propriétaire, R. et ses amis sont en instance d’expulsion, avec une date d’audience prévue dans plusieurs mois. Certains d’entre eux font partie d’un collectif qui organise des distributions de nourriture pour les plus démunis.

    Au début du mois d’avril, les occupants de l’immeuble ont apposé une banderole à leur fenêtre : « Tu veux savoir si t’as le corona ? Crache sur un bourgeois et attends ses résultats. Solidarité avec les travailleuses. » Cette phrase à la tonalité satirique fait écho au tweet d’un humoriste américain qui dénonçait, le 20 mars, l’inégalité d’accès aux tests : « Pour un Américain moyen, la meilleure manière de savoir si vous avez le Covid-19, c’est de tousser au visage d’un riche et d’attendre ses résultats. » Un mot d’esprit partagé 188 000 fois sur Twitter et largement repris par des anonymes.

    R. raconte qu’en une semaine, l’immeuble a reçu cinq visites de la police. Le 9 avril, les habitants entendent « de grands coups dans la porte » de chez eux, qui donne directement sur la rue. Ils tombent sur des fonctionnaires qui disent avoir été « appelés pour la banderole », veulent entrer et relever leur identité. Face à des occupants qui refusent d’ouvrir, ils repartent bredouille. 

    Deux jours plus tard, poursuit R. « plusieurs policiers profitent que quelqu’un monte chez [eux] pour forcer le passage et monter dans les escaliers, gazeuse à la main ». Là encore, ils sont éconduits. « On les a invités à descendre en disant qu’on ne parlerait pas avec eux et qu’ils n’étaient pas autorisés à faire ça. Ils ont à nouveau demandé notre identité et que nous enlevions la banderole. Ils ont parlé d’incitation à la violence, prononcé le mot “haine”. » De leur fenêtre, les occupants voient « quatre voitures de police » arriver en bas. Ils décident de retirer la banderole pour avoir la paix et racontent l’épisode sur le site militant Marseille infos autonomes.

    Le lendemain, « deux OPJ sont venus, un homme et une femme », rapporte R. « Ils nous ont dit qu’ils voulaient vérifier le nombre d’habitants, procéder à des contrôles d’identité et récupérer la banderole si elle [était] toujours là. » Quatre personnes acceptent de se plier au contrôle d’identité, sans remettre la banderole.

    Ce mercredi, à 9 heures du matin, deux policiers sonnent à la porte et remettent une convocation à ces quatre occupants, pour une audition libre l’après-midi même au commissariat de Noailles. Le motif n’est pas précisé. Laurence Henry, l’avocate qui les assiste dans leur procédure d’expulsion, appelle le commissariat pour en savoir plus. « Affichage sauvage », s’entend-elle répondre.


    La banderole de R. et de ses amis à Marseille. © DR

    « L’affichage est effectivement soumis à autorisation préalable, ou réservé à des endroits dédiés », rappelle l’avocate, qui s’étonne quand même du traitement réservé à ses clients : « Quand des gens mettent à leur fenêtre des banderoles de soutien au personnel soignant, on ne les convoque pas. L’OPJ m’a aussi parlé “d’incitation à la haine”, mais, que je sache, “les bourgeois” ne sont pas une catégorie protégée. On n’est pas là pour faire de la morale, on fait du droit. »

    Deux des personnes convoquées se rendent à leur audition, qui dure deux heures. R. se souvient que les policiers ont posé quelques questions sur leurs fréquentations et leurs activités militantes, mais qu’ils n’ont accepté de répondre que sur la banderole. « Les policiers en ont profité pour prendre leurs empreintes en les menaçant de garde à vue s’ils refusaient », précise Laurence Henry. 

    R. raconte une nouvelle intervention de police « ubuesque » à domicile, mercredi soir : « Ils ont forcé notre porte pour venir “expulser et fouiller les lieux”. Puis, face à nos protestations, ils ont sauté dans leur voiture et sont partis. »

    Contactée jeudi, la préfecture de police de Marseille ne confirme que deux interventions de police : celles du 11 et du 15 avril. La préfecture explique que la première a eu lieu quand « une patrouille a repéré cette grande banderole de quatre mètres sur deux aux fenêtres d’un appartement, mais les policiers n’ont pas pu entrer ». La deuxième aurait eu pour objectif de « convoquer les occupants » au commissariat de Noailles. La préfecture n’a livré aucune explication sur les trois autres visites rapportées par les occupants.

    Selon la préfecture, l’enquête n’a pas été ouverte pour « affichage sauvage » mais vise plutôt « le message inacceptable » écrit sur la banderole : « La nature de ces propos peut constituer une incitation à la haine, voire une mise en danger d’autrui en incitant à contaminer volontairement quelqu’un en lui crachant dessus en période d’épidémie. » Elle ajoute qu’après les auditions, « la procédure a été transmise au parquet pour étude ».

    Un troisième témoignage est parvenu à Mediapart. L’histoire est racontée par Victor, doctorant en histoire âgé de 23 ans. Au début du confinement, il a accroché une banderole « assez soft » à son balcon du premier étage, en plein centre-ville de Caen : « Il y en a de l’argent magique : du fric pour le service public ! »

    Le 8 avril, Victor est réveillé par la sonnette. « Deux policiers municipaux en uniforme, équipés de masques et de gants, se présentent en restant à distance de ma porte d’entrée. » À leur demande, il confirme que la banderole est bien à lui. « Ils m’ont dit que ma banderole “interpelle” – eux ou les voisins, je ne sais pas – et qu’ils aimeraient “connaître mes revendications”. Ils m’ont demandé si je “faisais ça souvent”. C’était lunaire. Je leur ai répondu que le message était assez limpide, pour la défense du service public, et que même si j’ai manifesté contre la réforme des retraites, c’est effectivement ma première banderole. »


    La banderole de Victor, à Caen. © DR

    D’après son récit, les policiers municipaux poursuivent la discussion sur un ton « aimable et cordial ». « Ils m’ont demandé ce que je pensais de la politique locale. J’ai répondu que j’étais en désaccord avec notre maire [Joël Bruneau, ex-LR désormais LREM – ndlr] mais que la banderole portait plutôt sur la politique nationale. Ils m’ont alors demandé si je voulais rencontrer le maire. Là, j’ai pas du tout compris le projet. »

    Les policiers municipaux demandent à Victor son nom, sa profession et ses coordonnées (numéro de téléphone et adresse mail). Il accepte de les donner. Contrairement à Thomas et R., Victor n’a pas fait l’objet d’un contrôle d’identité et les agents ne lui ont à aucun moment demandé de retirer sa banderole de la fenêtre.

    Au service communication de la mairie de Caen, on confirme que « la police municipale est passée et lui a proposé de rencontrer le maire, qui continue à échanger avec les habitants quelles que soient leurs demandes, malgré le confinement ». Interrogée sur l’opportunité d’initier de tels « échanges » en envoyant la police municipale au domicile d’un particulier, la mairie de Caen ne s’est pas prononcée pour l’instant.

    #police #banderole #affichage_sauvage #contrôle_d’identité

  • Des trajectoires immobilisées : #protection et #criminalisation des migrations au #Niger

    Le 6 janvier dernier, un camp du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) situé à une quinzaine de kilomètres de la ville nigérienne d’Agadez est incendié. À partir d’une brève présentation des mobilités régionales, l’article revient sur les contraintes et les tentatives de blocage des trajectoires migratoires dans ce pays saharo-sahélien. Depuis 2015, les projets européens se multiplient afin de lutter contre « les causes profondes de la migration irrégulière ». La Belgique est un des contributeurs du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique (FFUE) et l’agence #Enabel met en place des projets visant la #stabilisation des communautés au Niger

    http://www.liguedh.be/wp-content/uploads/2020/04/Chronique_LDH_190_voies-sures-et-legales.pdf
    #immobilité #asile #migrations #réfugiés #Agadez #migrations #asile #réfugiés #root_causes #causes_profondes #Fonds_fiduciaire #mécanisme_de_transit_d’urgence #Fonds_fiduciaire_d’urgence_pour_l’Afrique #transit_d'urgence #OIM #temporaire #réinstallation #accueil_temporaire #Libye #IOM #expulsions_sud-sud #UE #EU #Union_européenne #mise_à_l'abri #évacuation #Italie #pays_de_transit #transit #mixed_migrations #migrations_mixtes #Convention_des_Nations_Unies_contre_la_criminalité_transnationale_organisée #fermeture_des_frontières #criminalisation #militarisation_des_frontières #France #Belgique #Espagne #passeurs #catégorisation #catégories #frontières #HCR #appel_d'air #incendie #trafic_illicite_de_migrants #trafiquants

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    Sur l’incendie de janvier 2020, voir :
    https://seenthis.net/messages/816450

    ping @karine4 @isskein :
    Cette doctorante et membre de Migreurop, Alizée Dauchy, a réussi un super défi : résumé en 3 pages la situation dans laquelle se trouve le Niger...

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    Pour @sinehebdo, un nouveau mot : l’#exodant
    –-> #vocabulaire #terminologie #mots

    Les origine de ce terme :

    Sur l’origine et l’emploi du terme « exodant » au Niger, voir Bernus (1999), Bonkano et Boubakar (1996), Boyer (2005a). Les termes #passagers, #rakab (de la racine arabe rakib désignant « ceux qui prennent un moyen de trans-port »), et #yan_tafia (« ceux qui partent » en haoussa) sont également utilisés.

    https://www.reseau-terra.eu/IMG/pdf/mts.pdf

  • Le FBI a enquêté sur des Américains soutenant les droits des Palestiniens
    Ali Abunimah, 6 avril 2020 | The Electronic Intifada | Traduction : Jean-Marie Flémal
    https://charleroi-pourlapalestine.be/index.php/2020/04/09/le-fbi-a-enquete-sur-des-americains-soutenant-les-droits-d

    Le FBI a mené des enquêtes « antiterroristes » autour de citoyens américains parce qu’ils soutenaient les droits des Palestiniens, révèlent des documents entrés en possession de The Intercept.

    Initiées en 2004, ces enquêtes se sont concentrées sur des activistes engagés au sein du International Solidarity Movement (ISM) à Saint-Louis (Missouri) et à Los Angeles.

    Certaines indications révèlent que, un peu partout dans le pays, des bureaux du FBI ont été impliqués dans la surveillance de citoyens américains uniquement sur base des opinions politiques de ces derniers.

    Il ressort également que, selon toute apparence, ces enquêtes ont été coordonnées ou effectuées pour le compte d’Israël.

    #USAIsrael

  • La sécurité intérieure a refusé l’entrée aux Etats-Unis du directeur de Forensic Architecture
    Hakim Bishara, Hyperallergic, le 19 février 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/02/23/19784

    Organisée par Sophie Landres, l’exposition actuelle au MOAD met en lumière plus d’une douzaine d’enquêtes percutantes de Forensic Architecture. Elles incluent une enquête sur une frappe de drone par la CIA au Pakistan ; une analyse de l’assassinat d’un barbier par la police de Chicago qui a conduit à une investigation par le maire et le département de police de la ville ; une enquête sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien ; et une enquête sur le bombardement israélien de la ville palestinienne de Rafah qui a forgé la décision récente de la Cour pénale internationale d’ouvrir une investigation sur la possibilité de crimes de guerre israéliens.

    Le groupe a fait du bruit à la Biennale Whitney en 2019 avec une vidéo — Triple-Chaser (2019) — qui reliait le groupe Safariland, une compagnie dirigée par l’ancien vice-président du musée Whitney Warren Kanders, à des crimes de guerre à Gaza. La vidéo a provoqué une action juridique contre Safariland par le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains. Le groupe a plus tard demandé que son travail soit retiré de l’exposition, peu avant que Kanders n’annonce sa démission.

    En conjonction avec l’exposition du MOAD, Forensic Architecture lance une enquête jointe avec des groupes locaux sur les violations des droits humains dans le centre de détention de Homestead en Floride, où les enfants migrants auraient été detenus dans des conditions inhumaines. True to Scale ouvre au public demain, le 20 février.

    Les Etats-Unis bloquent l’entrée d’un chercheur qui expose les violations israéliennes des droits humains
    Maureen Clare Murphy, Electronic Intifada, le 21 février 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/02/23/les-etats-unis-bloquent-lentree-dun-chercheur-qui-expose-les-vi

    Quand Weizman s’est rendu à l’ambassade américaine à Londres pour réitérer sa demande de visa, un employé lui a demandé de fournir des informations détaillées sur ses voyages des quinze dernières années. Il lui a aussi demandé de nommer tous ses contacts qui auraient pu déclencher l’algorithme, a dit Weizman aux médias..

    Weizman a dit qu’il avait refusé de fournir des informations supplémentaires à l’ambassade parce que le faire « aurait pu faire courir des risques aux personnes dont il aurait donné les noms » .

    L’année dernière, les Etats-Unis ont interdit l’entrée du pays à Omar Barghouti, un militant palestinien des droits humains, co-fondateur du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions.

    L’administration de Trump a aussi révoqué le visa de la procureure générale de la Cour pénale internationale à cause de ses efforts d’ailleurs frustrés pour poursuivre des investigations sur des crimes de guerre qui auraient été perpétués par les forces américaines en Afghanistan.

    Les fonctionnaires américains ont aussi menacé d’imposer des sanctions ou de chercher à poursuivre pénalement des responsables de la Cour pénale internationale s’ils poursuivaient leurs investigations dans des crimes de guerre qui auraient été commis par Israël.

    Voir aussi ici :
    https://seenthis.net/messages/826651

    Et sur ce sujet, une liste d’expulsions aux frontières israéliennes ici :
    https://seenthis.net/messages/364741

    #Palestine #USA #Eyal_Weizman #Forensic_Architecture #censure #criminalisation_des_militants #criminalisation_des_universitaires #criminalisation_des_artistes #maccarthysme #Expulsion #Frontière

  • L’#université_de_Paris prévoit-elle des mesures « liberticides » contre le #droit_de_réunion des #étudiants ?

    Des articles présentés comme les extraits du potentiel nouveau #règlement de l’université de Paris inquiètent des étudiants et des professeurs.

    La liberté de réunion des étudiants et des personnels de l’université de Paris va-t-elle bientôt être remise en cause par son nouveau règlement intérieur ?
    C’est ce qu’affirme le site militant « Révolution permanente » en diffusant certains articles, particulièrement restrictifs, censés émaner de ce projet de nouveau règlement.
    La direction de l’Université confirme à « 20 Minutes » l’authenticité de ce « document de travail », dont la version finale doit encore être votée.

    « Un projet liberticide », « une atteinte sans précédent à la liberté de se réunir à la fac »… Le site militant « Révolution permanente » ne mâche pas ses mots pour dénoncer les changements qui attendraient les étudiants et le personnel de l’Université de Paris, l’entité qui regroupe, depuis le 1er janvier 2020, les universités Paris Diderot (Paris 7) et Paris Descartes.

    Dans un article intitulé « L’Université de Paris veut faire contrôler les réunions étudiantes par la préfecture », la plateforme du « courant communiste révolutionnaire du [Nouveau parti anticapitaliste] » dénonce ainsi certaines dispositions du projet de nouveau règlement intérieur, extraits du document en question – marqués de la mention « confidentiel » – à l’appui.

    L’article 2 de ce projet de règlement intérieur daté du 4 février 2020 oblige par exemple les « organisateurs d’une réunion publique au sein de l’université » à « présenter, deux mois à l’avance, une demande d’affectation d’un local, auprès du président de l’université ». Celle-ci doit en outre être « déposée sous forme d’un dossier "manifestation" » devant « obligatoirement contenir la déclaration préalable faite en préfecture et le récépissé remis aux déclarants. »

    https://twitter.com/UnivOuverte/status/1230060835877347329?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

    FAKE OFF

    Contactée par 20 Minutes, Philomène, l’autrice de l’article – et étudiante à l’université Paris Diderot, où ont lieu de nombreuses assemblées générales (AG) et autres mobilisations depuis décembre 2019 –, nous explique comment elle a mis la main sur ce document : « On l’a découvert jeudi [13 février] grâce à des professeurs mobilisés [contre la réforme de l’enseignement supérieur et la réforme des retraites], qui nous ont expliqué que le projet de nouveau règlement intérieur avait fuité. Je n’ai pas eu accès au document intégral mais des extraits ont été partagés, et c’est comme ça que nous avons pu les diffuser sur "Révolution permanente" ».

    L’université de Paris nous confirme pour sa part l’authenticité de ces articles, tout en précisant qu’il s’agit d’un « document de travail », d’un « texte non abouti, qui s’appuie essentiellement sur des textes réglementaires en vigueur » dont la « version finale sera soumise au vote des instances de l’université ».

    Certains éléments prévus dans ce projet – que 20 Minutes a pu consulter en intégralité – existent en effet déjà dans les règlements de l’université Paris Diderot, comme le reconnaît lui-même un collectif de personnels et d’étudiants mobilisés de Paris 7 : « L’accès extrêmement réglementé aux espaces universitaires, qui est réservé aux "usagers" officiels de l’établissement et oblige donc à présenter sa carte d’identité lors du contrôle sous peine d’être exclu, ou expose à des procédures disciplinaires si on refuse de présenter sa carte ou si on la prête à autrui, n’est pas nouveau, mais il est contraire à l’idée qu’on se fait d’une université libre. »

    L’article 24-2 du règlement de l’établissement dispose par exemple que cette carte « doit être présentée aux autorités universitaires ou aux agents désignés par elles chaque fois que ceux-ci le demandent » et que « tout refus de présentation expose l’étudiant à une procédure disciplinaire ».
    « Toute réunion serait soumise aux mêmes règles que l’organisation d’une manifestation »

    En revanche, les strictes conditions d’organisation d’une réunion au sein des locaux envisagées par le nouveau projet de règlement intérieur sont, elles, bien nouvelles. « Non seulement il faudrait faire une déclaration préalable de réunion en préfecture et demander un local à la direction de l’université deux mois avant – alors que ce type d’assemblée générale s’organise généralement quelques jours avant –, mais cette demande doit être signée par au moins une personne résidant dans la commune du lieu de la réunion, alors que de nombreux professeurs et étudiants n’habitent pas à Paris », poursuit le collectif.

    Il dénonce aussi le « flou » entourant les notions de « réunion » des « agents et usagers » – possible à condition d’en demander l’accord huit jours avant au président de l’établissement – et de « réunion publique », ouverte à tous, y compris aux personnes extérieures à l’université, soumise aux critères restrictifs évoqués plus haut : « En pratique, toute réunion serait en réalité publique et donc soumise aux mêmes règles que l’organisation d’une manifestation. Ces points de règlement ne seront évidemment pas appliqués à chaque fois, mais ce qui est créé ici, ce sont les outils répressifs nécessaires pour faire annuler ces réunions ou poursuivre leurs organisateurs. »

    Enfin, les étudiants et personnels mobilisés s’inquiètent de potentielles restrictions en matière de liberté d’expression, un article de ce projet prévoyant certaines limites à son « exercice », qui ne doit par exemple pas « porter atteinte au respect des personnes et à l’image de l’université » : « C’est un élément extrêmement subjectif, et il y a un vrai danger pour la liberté d’expression si on ne peut plus exprimer de critiques vis-à-vis de l’université. »

    Selon nos informations, le vote de ce projet de nouveau règlement intérieur est prévu le 13 mars, lors d’un conseil d’administration de l’université de Paris.

    https://www.20minutes.fr/societe/2723171-20200220-universite-paris-prevoit-mesures-liberticides-contre-droi

    • « Liberté de réunion ». Une COMUE attaque les #libertés_universitaires

      À l’occasion de la fusion des facs de Paris 5 et Paris 7 la présidence de la fac a rédigé un projet de nouveau #règlement_intérieur classé confidentiel. Les documents ont fuité révélant un projet liberticide, une atteinte sans précédent à la liberté de se réunir à la fac alors même que les personnels et étudiants se mobilisent actuellement contre les réformes de l’enseignement supérieur. La moindre #réunion serait désormais soumise à une déclaration préalable en préfecture et à une validation par la présidence.

      Depuis le début du mois de décembre le mouvement contre la réforme des retraites s’est lancé sur l’université de Paris Diderot -Paris 7- et les assemblées générales -AG- se sont multipliées, rassemblant plusieurs centaines de personnes. À la rentrée les profs sont rentrés dans le mouvement, marquant leur refus de voir passer une nouvelle attaque contre l’université, la LPPR — Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche. C’est dans ce contexte électrique sur la fac que les vigiles ont commencé à fermer les grilles et contrôler les cartes à l’entrée, une heure avant chaque assemblée générale, avant de se décider finalement à filtrer toutes les entrées 24h/24, 7j/7. « Puis récemment ils ont essayé de faire annuler des AG, en niant des réservations d’amphi à Descartes par exemple, ou en interdisant l’accès au matériel sonore ! », nous relate une professeure en sociologie sur Diderot.

      C’est au milieu de cette effervescence que le 1er janvier est arrivé, et avec lui la mise en place effective de la fusion décidée en 2017. Elle devait initialement regrouper Paris 3, 5 et 7, mais la mobilisation à l’époque dans les trois facs et celle particulièrement importante sur Paris 3 a permis à l’université cette dernière de sortir du projet. C’est donc un processus de fusion entre Paris 7 et Paris 5 qui a abouti il y a un peu plus d’un mois. La #fusion des universités permet d’en faire des pôles compétitifs intégrés au marché économique, en poursuivant la dualisation des cycles (licence / master-doctorat), en faisant des premières années d’études supérieures une simple extension des études secondaires, reportant le travail de recherche au moment du master. Dans le même temps, avec l’intégration toujours plus massive de représentants du #patronat dans les #conseils_centraux, la #recherche est peu à peu orientée en fonction des besoins des grandes entreprises. Ce sont ces mêmes cadres anti-démocratiques qui sont entrain de décider du règlement intérieur pour la nouvelle Université de Paris.

      Les documents ont fuité jeudi dernier : la présidence espère faire voter la semaine prochaine l’application d’un tout nouveau règlement intérieur, grâce auxquelles toutes tentatives de se réunir au sein de l’établissement seront rendues impossibles.

      Il est indiqué que toutes les réunions publiques devront désormais être déclarées en #préfecture, en échange d’un récépissé. Les organisateurs de cette réunion devront également constituer un dossier pour émettre une demande de réservation à la présidence de l’université au moins deux mois à l’avance, après présentation du récépissé de la préfecture. Cette demande ne sera acceptée que si : l’objet et la nature de la réunion sont validés par la présidence, et si les organisateurs prévoient « d’assurer le #bon_ordre » de cette réunion, nécessitant la mise en place peut être d’une #sécurité ?
      Finalement, pour organiser une quelconque assemblée générale ou autre réunion de tout type, entre la demande en préfecture et celle à la présidence, il faudra s’y prendre au moins 10 semaines à l’avance. Pour donner un exemple avec ces nouvelles conditions, si l’on voulait réserver un amphi cette semaine pour discuter et décider de l’organisation de la journée du 5 mars dans l’enseignement supérieur, il aurait fallut s’y prendre aux alentours du 5 décembre… avant même le début de la grève. On comprend bien que ces nouvelles mesures, en apparence purement administratives, rendent impossible toutes perspectives de mobilisation solide et réactive au sein de ces deux #facs. Une attaque très forte contre le droit de réunion, qui s’inscrit dans une démarche de #criminalisation du #militantisme à la fac, qui vise à empêcher l’émergence de mouvements, ou de la moindre réunion contestataire au sein de l’université .

      Et la présidence est bien consciente du caractère extrêmement liberticide de ces mesures. C’est pour cette raison qu’elle essaye à tout prix de dissimuler l’affaire, en faisant d’abord pression sur tous ceux à qui elle a fourni ces documents, notamment avec « PROJET CONFIDENTIEL » imprimé en filigrane. Puis en omettant purement et simplement d’informer de l’existence même de ce projet de règlement intérieur les instances censées étudier de tels projets comme le sénat académique de l’université de Paris qui se réunit pourtant chaque mois. Si bien que la première fois que des informations sont sorties du cercle très restreint des personnes informées du projet, ce n’est qu’une dizaine de jours avant le 24 février, la date de sa mise au vote. La présidence avait clairement l’intention que le moins de monde possible ne découvre ce qui se manigance pour empêcher un scandale avant le vote . La présidence s’est aussi donnée le droit, nouveau, de déclarer un état d’urgence universitaire, en cas de « circonstances exceptionnelles », lui permettant de s’auto-octroyer les pleins pouvoirs au sein des facs fusionnées.

      Face à ces attaques liberticides et à cette tentative de criminaliser les étudiants et professeurs qui souhaiteront se réunir, se rencontrer ou se mobiliser à l’avenir, il est nécessaire de s’organiser, et d’empêcher que ce nouveau règlement intérieur ne passe. La solidarité des autres facs mobilisées en ce moment contre la réforme des retraites ou la LPPR, va être également nécessaire pour que cette décision ne fasse pas jurisprudence et ne serve à réprimer dans les autres universités.

      https://academia.hypotheses.org/15905

      #université #fac

  • Eyal Weizman barred from U.S. ahead of #Forensic_Architecture retrospective - Archpaper.com

    https://archpaper.com/2020/02/eyal-weizman-barred-from-us

    Cette histoire est proprement invraisemblable, mais authentique. C’est un authentique cauchemar.

    #Eyal_Weizman was preparing to fly to Miami from his home of London for the opening, he received an email from the U.S. Embassy informing him that his visa had been revoked and he would not be allowed to travel to the United States.
    When Weizman went to apply for another visa, an interviewer at the Embassy told him that an “algorithm” had identified him as a security threat due to people he had interacted with, places he had traveled recently, or an unidentified combination of the two. When given the opportunity to “speed up the process” by giving names he felt might have been the cause for setting off alarms, Weizman refused.

  • La Police rennaise est dans les clous, et même, elle les enfonce !
    https://expansive.info/La-Police-rennaise-est-dans-les-clous-et-meme-elle-les-enfonce-2061

    L’insécurité policière à #Rennes, un bilan non exhaustif des années récentes. Article présent dans le trentième numéro du journal Harz-Labour. #Analyses

    / #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Répression_-_Justice_-_Prison, #Antiracismes_-_colonialismes, Rennes, #Information_-_médias, Vérité & Justice, #Criminalisation_du_mouvement_social, #HarzLabour

    #Vérité_&_Justice

  • Le gouvernement a créé une #cellule_militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie

    Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’#agriculture_industrielle », dénoncent de multiples défenseurs de l’#agriculture_paysanne et biologique, réunis dans cette tribune. Ils s’inquiètent fortement de la création de la #cellule_de_renseignement #Demeter, lancée fin octobre, soi-disant destinée à lutter contre l’« #agribashing ».

    Il y aura un avant et un après Demeter. Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur de la République française Christophe #Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la #FNSEA #Christiane_Lambert. Dans le cadre d’une #convention signée entre son ministère et ce #syndicat_agricole. Cette première anomalie démocratique — depuis quand la #police républicaine est-elle aux ordres d’une structure privée ? — n’est pas la dernière, de loin.

    En effet, ce voyage avait pour but principal de lancer une cellule de la #gendarmerie_nationale appelée Demeter, la déesse grecque des moissons. Et marque reconnue, depuis des lustres, de l’agriculture sans pesticides. Quel en est le but affiché ? La lutte contre « l’agribashing ». Ce terme est une invention des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en #France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques.

    Le ministre, confronté avec son gouvernement à une situation politique difficile, a donc décidé de jouer ce rôle dangereux, affirmant par exemple : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. »

    Empêtré dans cette imprudente déclaration, le ministre démontre dans le même texte qu’il est incapable de prouver par le moindre fait la réalité de ce phénomène. Les #chiffres qu’il cite pour 2019 parlent d’eux-mêmes : sur la base de 440.000 exploitations agricoles, les plaintes portent sur 314 tracteurs volés, 24 vols avec violence, 657 voitures dérobées.

    Encore faut-il préciser que les vols avec violences ont diminué en un an de 31,4 %. La plupart des centres urbains se damneraient pour de telles #statistiques. Il est visiblement plus simple de mobiliser la police que de régler la situation dramatique de la #paysannerie française.

    Il y a encore plus grave. Volontairement, n’en doutons pas, M. Castaner mélange dans un stupéfiant gloubi-boulga la #délinquance vile — cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations —, les #occupations_de_terres_agricoles par des #gens_du_voyage, les actions antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique.

    Il y a encore plus grave. M.Castaner entend s’attaquer dans le cadre de Demeter, ainsi qu’il l’écrit, aux « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples #actions_symboliques de #dénigrement du milieu agricole ou d’#actions_dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette fois, on aura compris : il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien.

    La #démocratie, ce n’est pas pactiser avec les #lobbies dans le dos de la société

    Qui mène « des actions symboliques » contre ce système ? Le mouvement des #Coquelicots, qui réclame la fin des #pesticides, soutenu par un million de citoyens. Les #maires qui prennent des arrêtés contre ces poisons chimiques. Des dizaines de milliers de paysans qui ont déjà choisi l’agriculture biologique. Beaucoup d’autres, qui défendent le modèle de l’agriculture paysanne contre les projets délirants d’usines à vaches, à cochons ou à poulets. Et au total des centaines de milliers de citoyens engagés contre l’importation massive de #soja_transgénique et donc l’#élevage_industriel, contre la mort des oiseaux et des insectes, pour des rivières débarrassées de la pollution et des rivages sans algues vertes, enfin pour une #alimentation de haute qualité.

    Il ne fait aucun doute, à nos yeux, qu’une ligne a été franchie. La démocratie, ce n’est pas pactiser avec les lobbies dans le dos de la société. Et quand le ministre parle « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », chacun comprend ce que cela veut dire. Cela signifie l’#intimidation accrue de tous les adversaires décidés de la FNSEA, qui passe nécessairement par la #surveillance_électronique et informatique, d’éventuelles #écoutes_téléphoniques, voire des #filatures, des #infiltrations, ou pire encore, la #délation.

    Nous prévenons solennellement le gouvernement que nous refusons cette #criminalisation et que nous demandons le démantèlement de la cellule Demeter. Notre contestation de l’agriculture industrielle, non-violente, se fait et se fera au grand jour, dans la conviction d’exprimer la volonté majoritaire de la société française. Nous voulons beaucoup de paysans, beaucoup plus de paysans, heureux et fiers de leur métier, enfin payés au prix convenable pour leur participation au bien commun. C’est en effet un autre monde que celui de la FNSEA.

    https://m.reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposan
    #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #agriculture_biologique

    ping @davduf @odilon @fil @etraces
    @mathieup @daphne @albertocampiphoto

    • Présentation de « DEMETER », la cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole

      Edito

      Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent.

      En se multipliant, certains actes confinent à l’absurde. Je pense à ces militants animalistes responsables de la mort de plus de 1 400 animaux dans l’Eure pour leur avoir fait peur en s’introduisant dans un élevage de dindes.

      Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux : ils gâchent la vie des agriculteurs, inquiets chaque jour de savoir ce qui peut leur arriver. Ils nourrissent l’agribashing, la défiance et l’hostilité.

      Comme élu des Alpes-de-Haute-Provence, terre d’élevage, j’ai vu tous les sacrifices que doivent accepter nos agriculteurs, toute la passion qu’ils mettent dans leur métier et le soin qu’ils donnent à leurs animaux.

      La réalité, c’est que nos agriculteurs font un travail difficile, exigeant, essentiel. Ils ne connaissent pas de repos, font une partie de la renommée de la France et nous permettent de bénéficier de produits de qualité exceptionnelle. Ils se soumettent à des contrôles stricts et réguliers, s’investissent pour améliorer le bien-être animal. La loi est particulièrement vigilante, c’est elle seule qui doit s’appliquer, et l’État est là pour y veiller. Rien ne justifie une quelconque intimidation.

      Nous devons assurer la sécurité des agriculteurs et les défendre, impérativement.

      J’ai donc décidé d’une série d’actions pour mieux protéger nos agriculteurs et c’est l’objet, notamment, de la Cellule Demeter. Créée au sein de la Gendarmerie nationale, la cellule Demeter va permettre :

      d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements ;
      de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ;
      de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées.

      Cette cellule est un signal fort envoyé aux agriculteurs : les forces de l’ordre se tiennent à leur côté et sont là pour les aider.
      La création de la cellule est également une étape dans un plan plus vaste encore pour la sécurité du monde agricole. Ainsi, par la signature d’une convention entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs :

      nous nous assurons que des échanges d’information réguliers se fassent entre agriculteurs et forces de l’ordre ;
      nous renforçons la prévention en garantissant des diagnostics de sécurité pour les exploitations ;
      nous nous engageons à donner priorité aux interventions pour les agriculteurs victimes d’actions violentes.

      Cette convention, tout comme la Cellule Demeter, ce sont des actes forts et concrets. Ils s’inscrivent pleinement dans la stratégie déployée par le Gouvernement en faveur du monde agricole et le ministère de l’Intérieur participe ainsi à la mise en place des Observatoires de l’agribashing créés à l’initiative du ministère de l’agriculture.

      Avec Laurent Nuñez, nous sommes déterminés à combattre de toutes nos forces les atteintes contre les agriculteurs et leurs exploitations. Nous sommes déterminés à ce que chacun puisse exercer sa profession librement. Nous sommes résolus à protéger notre agriculture.

      Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur
      Les objectifs de la cellule DEMETER :

      Créée début octobre 2019 par la direction générale de la gendarmerie nationale, la « Cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » (cellule DEMETER) est destinée à apporter une réponse globale et coordonnée à l’ensemble des problématiques qui touchent le monde agricole en menant collégialement les actions dans les 4 domaines :

      de la prévention et de l’accompagnement des professionnels du milieu agricole par des actions de sensibilisation et de conseils destinées à prévenir la commission d’actes délictueux, en lien avec les organismes de représentation du monde agricole (SDSPSR) ;
      de la recherche et de l’analyse du renseignement en vue de réaliser une cartographie évolutive de la menace et détecter l’émergence de nouveaux phénomènes et/ou groupuscules (SDAO en coordination avec SDPJ) ;
      du traitement judiciaire des atteintes visant le monde agricole par une exploitation centralisée du renseignement judiciaire, un partage ciblé de l’information et une coordination des investigations le nécessitant (SDPJ) ;
      de la communication, en valorisant opportunément toutes les actions menées dans ces différents domaines par la gendarmerie au nom de la cellule DEMETER et par des actions ciblées destinées à rassurer le monde agricole par la prise en compte de ses problématiques par les forces de l’ordre (SIRPA).

      Le périmètre de compétence de la cellule DEMETER :

      La nécessité d’appréhender la globalité du phénomène des atteintes au milieu agricole implique que le périmètre de compétence de la Cellule DEMETER englobe la prévention et le suivi :

      des actes crapuleux, qu’il s’agisse d’une délinquance de proximité et d’opportunité (ex : vol isolé de gasoil ou d’outillage,etc.) ou d’une criminalité organisée voire internationale (ex : filière de vol de GPS agricole, etc.) ;
      des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques.

      Peuvent ainsi être citées, de manière non exhaustive :

      les vols (d’engins, de matériels, de production, etc.) visant les exploitations agricoles de tous types (élevage, pisciculture, culture, viticulture) ;
      les dégradations (incendies, sabotage de matériel, etc.) commises à l’encontre des exploitations agricoles de tous types ;
      les cambriolages commis aux seins des exploitations agricoles (hangars, etc.) ou aux domiciles des agriculteurs ;
      les violations de domiciles ou intrusions visant des exploitations agricoles ou des professionnels de l’agro-alimentaire aux fins d’y mener des actions symboliques (libération d’animaux, tournage de vidéos clandestines,etc.) ;
      les occupations illégales de terrains agricoles aux fins d’installation temporaire par des groupes
      constitués de gens du voyage ou d’organisation d’événements festifs non autorisés (free-parties) ;
      les dégradations commises à l’encontre de certains professionnels liés aux milieu agricole ou agro-
      alimentaire (boucheries, abattoirs, activités de transport d’animaux d’élevage, etc.) ;
      les actions anti-fourrure liées à des élevages spécifiques ;
      les actions menées par certains groupes antispécistes vis-à-vis du monde de la chasse, intimement
      lié au monde agricole (impact de la régulation cynégétique sur la protection des cultures, identité
      rurale, etc.) peuvent être intégrées à la cellule DEMETER en fonction des circonstances.

      L’organisation de la cellule DEMETER :

      Destinée à garantir une approche transverse et globale, la Cellule DEMETER implique, au niveau central, la participation prioritaire et permanente :

      de la SDSPSR au titre des diverses actions de prévention et de suivi de la convention de partenariat entre la DGGN et la FNSEA/JA ;
      de la SDAO au titre du recueil et de l’exploitation du renseignement et de l’analyse de la menace ;
      de la SDPJ, du SCRC et de l’OCLDI, au titre de l’analyse des phénomènes de délinquance et du suivi et de la coordination des affaires judiciaires ;
      du SIRPA au titre de l’accompagnement médiatique du dispositif.

      À cet effet, la Cellule DEMETER est une structure :

      fonctionnelle, n’imposant pas de mise à disposition co-localisée des personnels des entités impliquées ;
      permanente afin d’assurer néanmoins un suivi constant de la problématique.

      Elle est un réseau de référents (titulaire/suppléant) spécifiquement chargés, au sein de leurs sous-directions ou services, de la centralisation et de l’analyse des informations.
      Signature d’une convention avec la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et jeunes agriculteurs

      La signature d’une convention tripartite entre la FNSEA, les JA et le ministère de l’intérieur est destinée à :

      instaurer un échange réciproque et régulier avec la profession
      généraliser les dispositifs de prévention technique de la malveillance (diagnostics de sureté des exploitations)
      à prioriser l’intervention au profit des agriculteurs confrontés à des infractions violentes

      Les atteintes au milieu agricole (Données GN - Actualisation au 30 novembre 2019)

      Les tensions pesant sur le monde agricole ont conduit à la mise en place, le 3 octobre 2019, de la cellule « Demeter », au sein de la GN. Depuis le 1er janvier 2019, les atteintes à l’encontre du milieu agricole sont en hausse (+1,5%). Une étude plus approfondie fait apparaître des disparités géographiques importantes et révèle l’émergence de phénomènes ciblés (vols de matériels agricoles). Le regain d’attention des professionnels du secteur sur les risques auxquels ils sont exposés s’amplifie au regard de la hausse des audits et consultations de sûreté réalisés (+22,4 % soit 333 audits et consultations). Ces actions se poursuivent pour répondre aux inquiétudes des 440.000 exploitants de métropole.
      Un bilan en voie d’amélioration

      Le bilan 2019 des atteintes aux biens commises au préjudice du monde agricole affiche une hausse de +1,5 % (+216 faits) pour un total de 14 498 faits enregistrés (2 atteintes chaque
      heure). Deux tiers d’entre-elles (64,5%) sont constituées de vols simples (sur ou hors exploitations agricoles), en baisse de -2,2 %.

      Dans le détail, les vols avec violences (24 faits) comme les vols dans ou sur véhicules (1 310 faits) reculent respectivement de -31,4 % et -10,1 %. A contrario, on assiste à une recrudescence des destructions et dégradations (+23,3 % pour un total de 1 675 faits), des cambriolages et vols par ruse (+16,2 % pour un total de 1 484 faits) et des vols de véhicules (+10,2 % pour un total de 657 faits). Les crimes et délits dont sont victimes les agriculteurs se caractérisent par une forte logique saisonnière, connaissant leurs pics au printemps et en été. Après un début d’année marqué par la hausse continue de ces actes à l’encontre du monde agricole, une inversion de tendance s’observe à compter du mois d’août 2019, comparé aux mêmes mois 2018. L’étude géographique de l’évolution des AAB dans le milieu agricole témoigne de situations contrastées selon les territoires d’outre-mer ou de métropole. On enregistre en moyenne 133 faits de délinquance/an par département.

      La cartographie des départements les plus impactés par les atteintes dans les exploitations agricoles trouve une certaine cohérence avec celle des grandes zones de culture et d’élevage. Les régions à dominante céréalière sont notamment très concernées. Ce phénomène peut notamment s’expliquer par la présence de nombreux engins agricoles qui sont l’objet de trafics.
      Des vols de matériels agricoles à haute valeur ajoutée en augmentation

      Depuis le 1er janvier, 314 tracteurs et 307 accessoires agricoles ont fait l’objet d’une inscription pour vol dans le FOVES, en hausse par rapport à l’année 2018. Cela représente près d’1 tracteur volé chaque jour. Les préjudices qui résultent de ces vols peuvent s’avérer particulièrement élevés. Selon l’indice mensuel des prix d’achat des moyens de production agricole (Ipampa), publié chaque fin de mois par l’Insee, le prix moyen des tracteurs agricoles a ainsi progressé de +20,8% en 10 ans (2008 à 2018), soit une moyenne de 2% par an.
      Une sensibilisation en hausse

      Depuis le 1er janvier 2019, 264 exploitations agricoles (+24,5%) et 69 (+15%) concessionnaires agricoles ont fait l’objet d’un audit ou d’une consultation de sûreté. L’implication des référents et consultants sûreté est à souligner mais l’effort doit se poursuivre au regard des 440 000 exploitations agricoles installées en métropole.

      https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Dossiers-de-presse/Presentation-de-DEMETER-la-cellule-nationale-de-suivi-des-atteintes-a

  • A la frontière serbo-hongroise... on emprisonne les réfugiés qui tentent de la passer... et sur lesquels les gardes-frontières avaient tiré...

    Refugees who were shot at by Hungarian police last week as they tried to cross the Hungarian border were convicted this Friday, 07.02.2020 (https://hungarytoday.hu/migrants-roszke-sentence-court). Four refugees, two Syrians and two Palestinians, were arrested last week while attempting to cross the #Reska border crossing. They were sentenced to one year in prison. A fifth man, who crossed the border independently, was sentenced to ten months in prison and expelled from the country for four years. On Thursday, some 300 refugees gathered in the cross-zone near the #Kelebija border crossing (https://www.blic.rs/vesti/drustvo/dosta-nam-je-svega-hocemo-u-madjarsku-oko-300-migranata-okupilo-se-u-meduzoni/m5qwk1p), protesting peacefully and seeking entry to Hungary. The next day, refugees were taken from Kelebija to reception centres in Serbia and the border crossing was reopened. (http://rs.n1info.com/Vesti/a567286/Migranti-sa-Kelebije-prebaceni-u-prihvatne-centre-otvoren-granicni-prelaz)

    #Hongrie #asile #migrations #réfugiés #frontières #criminalisation #arrestation #fermeture_des_frontières #Serbie #ouverture_des_frontières #résistance #protestation

    Reçu via la mailing-list Inicijativa Dobrodosli, mail du 11.02.2020

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    Pour rappel...

    Hongrie : des #tirs de sommation pour dissuader des dizaines de migrants à la frontière avec la #Serbie
    https://seenthis.net/messages/823626

    ping @karine4 @isskein

  • Epreuves du #bac perturbées : des menaces de sanctions contre les enseignants
    https://www.lemonde.fr/education/article/2020/02/03/epreuves-du-bac-perturbees-des-menaces-de-sanctions-contre-les-enseignants_6

    Ailleurs, les procédures laissent des traces, comme à Montbrison (Loire), où la proviseure du lycée Beauregard a porté plainte pour vol contre treize enseignants qui avaient organisé une « #rétention_de_copies » à l’issue des #E3C. La plainte a été classée sans suite, le 31 janvier, mais les professeurs sont sous le choc.

    « Vous imaginez, pour un enseignant, ce que ça signifie d’être accusé de vol ?, témoigne l’une d’entre eux, la gorge nouée. On a voulu marquer le coup, symboliquement, en gardant les copies quelques heures, justement pour ne pas pénaliser les élèves en faisant grève le jour de leurs épreuves. La réponse est disproportionnée. »

    Le rectorat de Lyon a confirmé qu’il étudiait pour sa part la possibilité de sanctions, avançant que la « rétention des copies est constitutive d’une faute professionnelle ».

    Dans un communiqué de presse publié le 28 janvier, une intersyndicale enseignante CGT-FO-SNES-SUD dénonce des « pressions » et des « menaces » à l’encontre des enseignants et lycéens opposés à la tenue des E3C, et souligne une « #criminalisation de l’#action_syndicale ».

    Ces différents rappels à l’ordre interviennent au moment où le ministère de l’éducation nationale confirme des retenues sur salaire pour 4 000 enseignants qui avaient participé à la « grève des notes » du bac 2019, en refusant, par exemple, de corriger les copies ou de faire remonter les notes. Une cinquantaine de blâmes et d’avertissements ont également été prononcés.

  • Thierry Schaffauser - Les mouvements « LGBT », la retraite, et les luttes sociales
    https://expansive.info/Thierry-Schaffauser-Les-mouvements-LGBT-la-retraite-et-les-luttes-social

    Harz-labour n°29 : Thierry Schaffauser, analyse l’évolution des mouvements LGBT, qui conduit la majorité des associations à se tenir à distance du mouvement social en cours, à ne rien dire des discriminations vécues par les retraités LGBTIQ, et même trois associations à porter plainte contre des grévistes de la RATP, pendant que ceux-ci sont menacés de révocation par leur direction. #Analyses

    / Une, #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Féminismes_-_Genres_-_Sexualités, #Répression_-_Justice_-_Prison, #Syndicalismes_-_Travail, #Rennes, #Paris, #Mouvements_sociaux, #Criminalisation_du_mouvement_social, Retraites (et le reste) 2019-2020, (...)

    #Retraites_et_le_reste_2019-2020 ##HarzLabour
    https://expansive.info/IMG/pdf/harz-labour_no29-3.pdf

  • Petit guide rapide des manifestant·es aux urgences
    https://expansive.info/Petit-guide-rapide-des-manifestant-es-aux-urgences-1976

    Un·e manifestant·e tarrivant aux urgences est, avant tout... un·e patient·e ! Vous à ce titre de tous les droits et garanties liées à cet état. Cette brochure a été écrite par Sud Santé Social Rennes en 2016 durant la lutte contre la loi travail mais reste d’une brûlante actualité #Guides_pratiques

    / #Politiques_sécuritaires_-_Surveillance, #Répression_-_Justice_-_Prison, #Soins_-_Santé_-_Psychiatrie_-_Médic, #Criminalisation_du_mouvement_social

  • #Mimmo_Lucano, nuovo avviso di garanzia per l’ex sindaco di Riace: “Rilasciò documenti di identità a immigrati senza permesso”

    L’ex sindaco di Riace, Mimmo Lucano, è stato raggiunto da un nuovo avviso di garanzia. L’accusa, rivela lo stesso ex primo cittadino, è quella di aver rilasciato dei documenti d’identità a una donna eritrea e al figlio di pochi mesi senza che questi fossero in possesso di regolare permesso di soggiorno. “Mi sembra tutto così assurdo, mi viene contestato un reato che avrei commesso nel settembre 2016 – spiega Lucano – per aver fatto due carte di identità a una donna eritrea e a suo figlio di pochi mesi che erano inseriti in un progetto di accoglienza al Cas a Riace”.

    Secondo quanto riferisce l’ex sindaco, “la prefettura ci aveva chiesto l’inserimento per la madre e il bambino e noi avevamo detto di sì perché c’era la disponibilità”. In seguito, continua, “fu fatta l’iscrizione al registro anagrafico e poi fu richiesta la carta d’identità perché il bambino aveva necessità di vedersi assegnato un pediatra“.

    L’ex primo cittadino, però, non si dice pentito della sua decisione: “Io lo rifarei”, sottolinea Lucano ricordando che “la Costituzione prevede il diritto alla salute, il diritto alla salute è inviolabile e fondamentale. La carta d’identità era legata ad esigenze sanitarie e per me è prioritario rispettare la dignità umana di un bambino di pochi mesi”.


    https://www.ilfattoquotidiano.it/2019/12/27/mimmo-lucano-nuovo-avviso-di-garanzia-per-lex-sindaco-di-riace-rilascio-documenti-di-identita-a-immigrati-senza-permesso/5640153
    #acharnement #Riace #asile #migrations #réfugiés #Lucano #Domenico_Lucano #solidarité #criminalisation

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    Ce n’est pas la première fois que Mimmo Lucano doit comparaître devant la justice, voir aussi:

    Octobre 2018, première #arrestation:
    https://seenthis.net/messages/726208

    Le #procès:
    https://seenthis.net/messages/786538
    https://seenthis.net/messages/812190

  • Migranti, sbarchi dimezzati in un anno. Meno delitti (non in famiglia)

    Commentaire de Salvatore Monni sur twitter:

    Un titolo dove si mettono insieme due notizie che non hanno nulla in comune tra loro ma che messe insieme fanno pensare che vi sia un nesso di casualità. Il @Corriere
    oggi ci è riuscito. Chi scrive su grandi giornali ha grandi responsabilità.

    https://twitter.com/salvatoremonni/status/1209890990682787841

    #médias #titre #journalisme #presse #migrations #criminalisation #préjugés #asile #réfugiés #statistiques #chiffres #arrivées #criminalité #crimes #délits

  • La Préfète de la Gironde crée l’Observatoire de “l’agribashing”

    Dans la foulée de l’accord récemment signé entre Edouard Philippe et
    la présidente de la FNSEA, la Préfecture de la Gironde a présenté le
    20 décembre les objectifs et l’étendue des missions du nouvel outil
    qu’elle vient de créer.

    Jacques Chirac en aurait rêvé, Emmanuel Macron l’a fait…

    Le dispositif de surveillance et de lutte contre “l’agri-bashing”,
    mot-valise inventé par les communicants et stratèges de la FNSEA ne
    vise pas seulement à prévenir l’activisme des défenseurs de la cause
    animale, à l’image des incursions des militants de L 124 dans des
    élevages.

    Ecoutes téléphoniques, renseignement, surveillance des réseaux sociaux pourront également désormais s’appliquer à toutes les organisations et individus qui s’avisent de remettre en cause, de quelques manière, les dérives de l’agriculture productiviste et leur impact sur l’environnement !

    Car “en Gironde comme en France, la stigmatisation des activités
    agricoles, d’élevage et de vente de produits issus de ce secteur
    communément appelée “agribashing”, conduit à une multiplication des actes d’incivilté, d’intimidation voire de violence envers les
    professionnels en lien avec l’agriculture, notamment sous l’action de
    groupuscules parfois radicaux et violents.

    (…)

    L’Observatoire veillera en priorité à détecter les menaces, évaluer
    leur intensité et leur évolution potentielle. Un dialogue constant
    avec les syndicates agricoles et professionnels, la veille des réseaux
    sociaux et le suivi des groupes rédicaux, lorsqu’il y en a,
    permettront de mieux anticiper les menaces.”

    Les Khmers Verts n’ont qu’à bien se tenir… Il ne faudra pas attendre
    longtemps avant que ces nouvelles orientations ne dévoilent les
    entraves au libre débat démocratique dont elles sont porteuses.

    http://www.eauxglacees.com/La-Prefete-de-la-Gironde-cree-l

  • Des #pêcheurs pris dans un étau

    « La mer c’est la liberté. Aujourd’hui nous sommes emprisonnés à même l’eau » déplore Slah Eddine Mcharek, président de l’Association Le Pêcheur pour le développement et l’environnement[1] à #Zarzis. Leurs projets sont ambitieux : protection des ressources aquatiques, développement d’une pêche durable et responsable et défense de la pêche artisanale. Mais les obstacles sont de taille : pris entre la raréfaction des ressources halieutiques, les menaces à leur sécurité, la réduction de leur zone de pêche et la criminalisation du sauvetage des migrants en mer, les pêcheurs se retrouvent enserrés dans un véritable étau.

    Au-delà de la petite ville de Zarzis et de ses plages où se côtoient hôtels de luxe, corps de naufragés et pêcheurs en lutte, le récit de Slah Eddine rappelle l’importance de la justice migratoire et environnementale.

    La mer, déchetterie nationale

    Depuis quelques années, un phénomène prend de l’ampleur : les rejets de déchets plastiques envahissent les rives et encombrent les zones où travaillent les pêcheurs. Faute d’un système opérationnel de collecte des ordures ménagères et de sensibilisation aux risques liés à la pollution des eaux par le plastique, ces déchets s’entassent dans les canaux de la ville avant de se disperser dans la mer, au point que les pêcheurs réclament l’interdiction des sacs plastiques.

    Aux déchets ménagers s’ajoute le problème des rejets industriels. Slah Eddine déploie une carte du bassin méditerranéen et pointe du doigt le sebkhet el melah (marais salant) des côtes de Zarzis. Le salin appartient à Cotusal, vestige colonial d’une filiale française qui a exploité pendant longtemps les ressources salines de la Tunisie, dans le cadre de concessions avantageuses qui n’ont pas été renégociées depuis l’indépendance[2]. L’exploitation du sel dans cette région, en plus de saliniser les terres agricoles, rejette des produits de traitement du sel dans la mer. Surtout, les eaux zarzisiennes sont polluées par les rejets du Groupe Chimique Tunisien, notamment le phosphogypse, et par les eaux usées non traitées par l’ONAS (Office National de l’Assainissement). Cette dernière ne remplit pas sa mission de traitement des eaux industrielles et ménagères, notamment sur l’île de Djerba. Une partie des eaux est traitée de manière inefficace et insuffisante, l’autre non traitée du tout.

    Un équilibre écologique rompu

    Pour les êtres vivants qui habitent ces eaux, les rejets industriels mêlés aux déchets et eaux usées ne peuvent faire que mauvais mélange. « La mer est devenue des toilettes à ciel ouvert » s’indigne Slah Eddine, pointant cette fois du doigt deux poissons dessinés sur une affiche. L’un est le loup de mer et l’autre la dorade. « Là où les usines rejettent leurs eaux, ces poissons n’y vivent plus » explique-t-il. La contamination de ces eaux rompt un équilibre essentiel à la survie de la faune et la flore maritimes.

    Dans ces eaux, la reproduction marine est difficile sinon impossible, entraînant la disparition de plusieurs espèces de poissons et notamment les espèces cartilagineuses. Les éponges souffrent quant à elles du réchauffement climatique et présentent depuis quelques années des signes de maladies, au désespoir des familles qui vivent de leur commerce. Ainsi, en 2017, suite à la montée des températures (24°C à 67m de profondeur !), de nombreuses éponges sont mortes, par leur fragilité aux changements du milieu ou par une épidémie favorisée par cette augmentation de température[3].

    L’accumulation des pollutions a fini par asphyxier toute forme de vie dans les eaux proches de Djerba et Zarzis et notamment dans le golfe quasi fermé de Boughrara. Les pêcheurs estiment que 90 % des poissons et mollusques auraient disparu en dix ou vingt ans, privant beaucoup de personnes, notamment des jeunes et des femmes, d’un revenu stable. Mais alors que les pêcheurs de Gabès reçoivent des compensations à cause de la pollution et viennent pêcher sur les côtes de Zarzis, les pêcheurs zarzisiens ne reçoivent rien alors qu’ils sont aussi affectés.

    Plus au nord, sur les côtes sfaxiennes, c’est un autre phénomène qui s’est produit deux fois cette année, en juin puis en novembre, notamment à Jbeniana : la mer est devenue rouge, entrainant une forte mortalité de poissons. Le phénomène a été expliqué par la présence de microalgues eutrophisant la mer, c’est-à-dire la privant de son oxygène. Mais la version officielle s’arrête là[4], la prolifération de ces microalgues n’a pas été expliquée. Or, des phénomènes similaires sont connus à d’autres endroits de la planète, notamment dans le golfe du Mexique où la prolifération des algues est due à l’excès d’engrais phosphaté et azoté qui se retrouve dans la mer, ou du rejet d’eaux usées, qui produisent des concentrations trop importantes de matières organiques[5]. Il est donc fort probable que les rejets concentrés en phosphate du Groupe Chimique Tunisien à Gabès et Sfax, d’autres rejets industriels et ménagers et/ou des rejets d’engrais agricoles par les oueds soient à l’origine du phénomène.

    Le coût de Daesh

    Alors que certaines espèces disparaissent, d’autres se multiplient en trop grand nombre. Le crabe bleu, surnommé « Daesh » par les pêcheurs de la région du fait de son potentiel invasif et destructeur, en est le meilleur exemple. Cette espèce, apparue fin 2014 dans le golfe de Gabès[6], a rapidement proliféré au large des côtes, se nourrissant des poissons qui jusque-là constituaient le gagne-pain des pêcheurs du coin. « Daesh détruit tout : les dorades, les crevettes, les seiches …. Tous les bons poissons ! » s’exclame-t-il. La voracité du crabe bleu a aggravé les problèmes économiques de bien des pêcheurs. Si la chair de cette espèce invasive fait le bonheur de certains palais et qu’un marché à l’export est en plein développement en direction de l’Asie et du Golfe, les habitants de Zarzis qui vivent de la pêche artisanale, eux, ne s’y retrouvent pas. « Un kilo de loup ou de dorade se vend 40 dinars. Un kilo de crabe bleu, c’est seulement 2 dinars ! » affirme un pêcheur de l’association.

    Le calcul est vite fait, d’autant plus que les crabes bleus font assumer aux pêcheurs un coût du renouvellement du matériel beaucoup plus important, leurs pinces ayant tendance à cisailler les filets. « Avant l’arrivée de Daesh, nous changions les filets environ deux fois par an, maintenant c’est quatre à cinq fois par ans ! » se désole l’un d’entre eux.

    Bloqués dans un Sahara marin

    Comme le martèlent les pêcheurs, « la zone de pêche de Zarzis est devenue un Sahara, un véritable désert ». Suite au partage international de la Méditerranée, les pêcheurs zarzisiens sont cantonnés dans des eaux côtières, qui se vident de poisson suite aux désastres écologiques et à la surpêche.

    « Avant 2005 et le dialogue 5+5[7] on pouvait accéder à des zones de pêche intéressantes, mais depuis les autres pays ont agrandi leur territoire marin ». En effet, c’est en 2005 que la Libye met en place sa zone de pêche exclusive, interdisant ainsi l’accès aux pêcheurs tunisiens. La Tunisie met elle aussi en place sa zone économique exclusive[8], mais, à la différence de la zone libyenne[9], elle autorise des navires étrangers à y pêcher. Les chalutiers égyptiens sont particulièrement présents, et s’ajoutent aux chalutiers tunisiens (de Sfax notamment) qui ne peuvent plus pêcher dans les eaux poissonneuses libyennes. Il arrive même que ces chalutiers pénètrent dans les eaux territoriales, en toute impunité. En plus des désastres écologiques, les eaux du sud tunisien se vident ainsi de leurs poissons à cause de la surpêche.

    Limites des différentes zones maritimes tunisiennes[10] :

    Or, les frontières officielles ne semblent pas délimiter la zone où les pêcheurs tunisiens peuvent réellement travailler, cette dernière étant manifestement beaucoup plus restreinte et empiétée par la zone libyenne. Sur la carte maritime qu’il a déployée devant lui, Slah Eddine matérialise la zone où les pêcheurs de Zarzis peuvent pêcher de manière effective et montre en resserrant ses doigts l’évolution de la zone de pêche libyenne au détriment de la zone tunisienne. Mais alors, pourquoi ce déplacement de frontière maritime n’apparaît dans aucun texte ou accord international[11] ? Y a-t-il des accords cachés ? Les garde-côtes libyens s’arrogent-ils le droit de pénétrer les eaux tunisiennes ? Ou les pêcheurs tunisiens auraient-ils intégré l’obligation de ne pas pénétrer une zone tampon pour ne pas craindre pour leur sécurité ?

    Les pêcheurs sous les feux des groupes armés libyens

    Au-delà des problèmes économiques auxquels ils doivent faire face, les pêcheurs de Zarzis sont confrontés à de graves problèmes de sécurité dans les eaux où ils naviguent. Alors que les bateaux de pêche libyens ne se gênent pas, selon Slah Eddine, pour venir exploiter les eaux tunisiennes, il n’existe aucune tolérance pour les pêcheurs tunisiens qui s’aventurent en dehors de leur zone. Ces dernières années, le pêcheur ne compte plus les cas d’agressions, de saisies de bateaux, de menaces et prises d’otages, par les groupes armés, et parmi eux les gardes côtes officiels libyens, équipés par les programmes européens de lutte contre la migration non réglementaire.

    En 2012, un pêcheur tunisien mourrait ainsi sous les balles tirées d’une vedette côtière libyenne tandis que les 18 autres membres de l’équipage étaient faits prisonniers à Tripoli[12]. En 2015, quatre bateaux de pêche tunisiens qui avaient pénétré les eaux libyennes étaient également pris en otage par des groupes armés libyens et acheminés au port d’El Zaouira[13]. Les attaques ont eu lieu jusque dans les eaux tunisiennes, comme en février 2016 lorsque treize chalutiers tunisiens avec soixante-dix marins à bord ont été arraisonnés et emmenés dans le même port, la partie libyenne exigeant alors une rançon contre leur libération[14]. L’année suivante, en 2017, des pêcheurs libyens de Zaouira menaçaient de kidnapper tous les marins tunisiens qu’ils rencontreraient en mer en représailles au contrôle d’un chalutier libyen dans le port de Sfax par la garde maritime tunisienne. Depuis, les prises d’otage se multiplient. Enième épisode d’une saga sans fin, la dernière attaque libyenne date de septembre dernier.

    L’insécurité ne touche pas que les pêcheurs de Zarzis, mais tous les pêcheurs tunisiens qui naviguent à proximité des zones frontalières : au Sud-Est, ce sont les feux des groupes libyens qui les menacent ; au Nord-Ouest, ceux de la garde côtière algérienne. Le 31 janvier de cette année, un pêcheur originaire de Tabarka et âgé de 33 ans a été tué par les autorités algériennes alors que son bateau avait pénétré les eaux territoriales de l’Algérie[15]. « Le danger est partout ! », « on se fait tirer dessus ! », s’exclament les pêcheurs de l’Association. Entre deuil et colère, ils dénoncent l’absence de réponse ferme des autorités tunisiennes contre ces agressions et se font difficilement à l’idée qu’à chaque départ en mer leur vie puisse être menacée.

    Les autres damnés de la mer

    Comme tout marin, les pêcheurs de Zarzis doivent porter assistance aux bateaux en détresse qu’ils croisent sur leur chemin. Et des bateaux en détresse, ce n’est pas ce qui manque au large de Zarzis. Le hasard a fait que leur zone de pêche se trouve sur la route des migrants qui fuient la Libye sur des embarcations de fortune et les accidents sont fréquents dans ces eaux dangereuses. Porter secours aux survivants, prendre contact avec le Centre de Coordination des Sauvetages en Mer, ramener les corps de ceux pour lesquels ils arrivent trop tard afin de leur offrir une sépulture digne, c’est aussi cela, le quotidien des pêcheurs de Zarzis. L’effroi et la colère de l’impuissance lorsque des cadavres se prennent dans les filets pêche, l’inquiétude et le soulagement lorsque le pire est évité et que tout le monde arrive à bon port.

    Sauver des vies lorsqu’il est encore temps, c’est avant tout un devoir d’humanité pour ces hommes et ces femmes de la mer. La question ne se pose même pas, malgré les heures de travail et l’argent perdus. Pour être plus efficaces dans leurs gestes et secourir le plus grand nombre, plus d’une centaine de pêcheurs de Zarzis ont suivi en 2015 une formation de 6 jours sur le secours en mer organisée par Médecins sans frontières[16]. Alors que les politiques européennes de criminalisation des ONG menant des opérations de recherche et de secours en mer ont laissé un grand vide en Méditerranée, les pêcheurs tunisiens se retrouvent en première ligne pour les opérations de sauvetage. Aussi, quand ils partent en mer, prévoient-ils toujours de l’eau et de la nourriture en plus, des fois qu’un bateau à la dérive croise leur chemin.

    Des sauveurs que l’Europe veut faire passer pour des criminels

    Au-delà d’un devoir d’humanité, porter secours aux embarcations en détresse est une obligation inscrite dans le droit international maritime et en particulier dans la Convention internationale sur la Sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS), qui s’applique à tous les navires. Le texte prévoit l’obligation pour tous les Etats de coordonner leurs secours et de coopérer pour acheminer les personnes dans un lieu sûr[17], où la vie des survivants n’est plus menacée et où l’on peut subvenir à leurs besoins fondamentaux.

    Aussi, lorsque l’équipage de Chameseddine Bourrasine croise lors l’été 2018 une embarcation avec 14 migrants à la dérive, c’est sans hésitation qu’il décide de leur porter secours. Mais alors que les rescapés menacent de se suicider s’ils sont ramenés en Tunisie et qu’il ne saurait être question de les livrer aux garde-côtes de Libye où c’est l’enfer des geôles qui les attend, le capitaine décide d’appeler la garde côtière du pays sûr le plus proche, à savoir l’Italie. Après plusieurs tentatives de contact restées sans réponse, il décide alors de remorquer le bateau vers l’Italie pour débarquer les migrants dans un lieu où ils seront en sécurité[18]. Accusé avec son équipage de s’être rendu coupable d’aide à l’immigration dite « clandestine », ce sauvetage coûtera aux 7 marins-pêcheurs 22 jours d’incarcération en Sicile.

    Si le procès s’est résolu par un non-lieu, les pêcheurs de Zarzis restent dans le collimateur des autorités italiennes. « Nous les pêcheurs tunisiens, l’Italie voudrait nous contrôler et encore limiter la zone dans laquelle nous pouvons pêcher » se désole Slah Eddine, « les Italiens nous surveillent ! ». Il évoque aussi la surveillance d’EUNAVFOR Med, également appelée Sophia, opération militaire lancée par l’Union européenne en 2015 en Méditerranée pour, selon les mots de la Commission « démanteler le modèle économique des passeurs et des trafiquants d’êtres humains »[19]. Si l’opération militaire les surveille de près lorsqu’il s’agit du secours en mer, lorsqu’il est question d’attaques par des milices libyennes, Sophia détourne le regard et abandonne les pêcheurs tunisiens à leur sort.

    Les harraga de demain ? [20]

    « On ne peut plus, ce n’est plus possible, il n’y a plus rien », répètent les pêcheurs, acquiesçant les paroles par lesquelles Slah Eddine vient de présenter leur situation. Entre les eaux polluées, les problèmes économiques, le fléau de Daesh, les poissons qui ne se reproduisent plus, les éponges malades, les attaques libyennes, les pressions italiennes et européennes, être un pêcheur en Tunisie, « ce n’est plus une vie ». Leurs fils à eux sont partis pour la plupart, en Europe, après avoir « brûlé » la mer. Ils savent que dans cette région qui vit surtout de la pêche, il n’y a pas d’avenir pour eux.

    Et puis il y a ceux qui, privés de toute autre source de revenus, sont contraints à se reconvertir dans des activités de passeurs. Nés dans des familles où la pêche se transmet de père en fils, ils connaissent la mer, ses vents, tempêtes, marées et courants. Ils savent où se procurer des bateaux. Lorsque ces loups de mer sont à la barre, le voyage est plus sûr pour celles et ceux risquent la traversée vers l’Europe à bord d’un rafiot. Alors que les harragas tunisiens sont de plus en plus systématiquement déportés lorsqu’ils sont arrêtés par les autorités italiennes[21], certains passeurs ont troqué leur clientèle tunisienne pour une clientèle subsaharienne, de plus en plus nombreuse à mesure que leur situation en Libye se dégrade. Faute de voies régulières pour les migrants, la demande de passage vers l’Europe augmente. Et faute de ressources alternatives pour les pêcheurs, l’offre se développe.

    Or ce n’est ni la « main invisible » ni une quelconque fatalité qui poussent ces pêcheurs au départ ou à la diversification de leurs activités, mais le mélange entre le modèle de développement polluant et incontrôlé, l’inaction des autorités tunisiennes en matière de protection de l’environnement, et le cynisme des politiques migratoires sécuritaires et meurtrières de l’Union européenne.

    https://ftdes.net/des-pecheurs-pris-dans-un-etau
    #environnement #sauvetage #Méditerranée #pêche #développement #émigration #Cotusal #pollution #plastique #colonialisme #sel #salines #phosphogypse #Groupe_Chimique_Tunisien #eaux_usées #reproduction_marine #poissons #éponges #Djerba #mollusques #Gabès #Jbeniana #microalgues #phosphate #crabe_bleu #Libye #différend_territorial #zone_économique_exclusive #surpêche #asile #migrations #réfugiés #criminalisation #Chameseddine_Bourrasine #EUNAVFOR_Med #Operation_Sophia #harraga

    #ressources_pédagogiques #dynamiques_des_suds

  • Madame M retrouvée morte dans sa cellule
    Ronald Martel, La Tribune, le 6 novembre 2019
    https://www.latribune.ca/actualites/madame-m-retrouvee-morte-dans-sa-cellule-48e5bade26f593798ccc9e63bb1156c6

    Rappelons qu’à l’automne 2009, Madame M a reçu un appel de ses enfants en pleurs qui, cachés dans un hangar désaffecté, l’exhortaient à venir les chercher, car leur père les violentait moralement et physiquement et ils désiraient venir vivre avec elle. La femme avait alors décidé d’emmener ses enfants dans sa fuite jusqu’au Canada, d’où elle est originaire.

    Mais la justice américaine a le bras long. Elle avait accordé le droit de garde des enfants à leur père. C’est la base sur laquelle repose toute l’histoire, car malgré la violence du père qui a été prouvée même par une vidéo, le principe est demeuré intact.

    Plusieurs procédures judiciaires en Cour supérieure, en Cour d’appel, même jusqu’en Cour suprême, ont été menées par cette mère dans sa quête de justice.

    #Migrants #Extradition #Suicide #Torture #Assassinat #Prison #Injustice #Criminalisation_des_migrants #Sexisme #violence_sexiste #solidarité_masculine #USA #Canada

  • La fabrique des « #indésirables », dans les sociétés européennes hier et aujourd’hui

    Le 80e anniversaire des décrets-lois Daladier a servi de prétexte au comité scientifique des Voix d’exils pour engager une réflexion collective sur la fabrique des « #étrangers_indésirables » hier et aujourd’hui, manière de s’interroger sur le processus de #criminalisation des personnes migrantes par les autorités des différents états européens.

    https://lecpa.hypotheses.org/1103

    Pour télécharger le numéro de la revue en pdf :
    https://lecpa.hypotheses.org/files/2019/11/saufconduit_n1-novembre-2019.pdf

    #catégorisation #asile #migrations #réfugiés