• Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/crise-de-ceuta-en-espagne-debut-des-controles-aux-frontieres-pour-les-voyage

    Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    Le Monde avec AFP
    L’Espagne a commencé, samedi 8 août, à effectuer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Il s’agit de la première journée d’application de cette décision annoncée la veille, en réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l’afflux massif de migrants à Ceuta. Les autorités effectueront ces contrôles sur les liaisons aériennes et maritimes « de manière aléatoire » jusqu’au 7 septembre, en se concentrant particulièrement « sur les passagers qui sont ressortissants de pays tiers, afin de vérifier le respect des exigences prévues par le code frontières Schengen », a précisé, samedi, le ministère de l’intérieur. Lors des vols contrôlés, les agents effectuent les vérifications à la sortie de la passerelle menant hors de l’avion, a-t-il ajouté.Cette rare brouille entre deux alliés de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN intervient après que 72 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière, lors d’un mouvement d’une ampleur sans précédent, au cours duquel au moins 77 d’entre elles sont mortes.
    Des scènes vivement critiquées par d’autres pays de l’UE, partisans d’une ligne intransigeante sur l’immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures du bloc, parmi lesquels la première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni.
    Une mesure « contraire aux intérêts de l’UE »Rome a assuré, vendredi, n’avoir « en aucun cas l’intention de revenir sur la décision de suspendre l’application de l’accord de Schengen [de libre circulation des personnes] aux ressortissants de pays tiers en provenance d’Espagne, au moins jusqu’au 15 août ». Le gouvernement espagnol a fustigé cette mesure, qu’il a qualifiée « d’inéquitable, contraire aux intérêts de l’UE et discriminatoire pour la population espagnole ». « Les autorités espagnoles suivent avec attention l’évolution de la situation migratoire dans l’espace Schengen et, en particulier, la pression migratoire constatée sur la route de la Méditerranée centrale qui affecte la République italienne et ses effets sur différents Etats membres », a affirmé samedi le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska.
    Magnus Brunner, commissaire de l’Union européenne aux affaires intérieures et aux migrations, a confirmé avoir été en contact, samedi, avec les ministres de l’intérieur espagnol et italien. « Tous deux ont confirmé que les contrôles aux frontières intérieures étaient temporaires », a-t-il affirmé.« J’ai souligné les progrès que nous avons accomplis dans la lutte contre l’immigration clandestine et le fait que la confiance entre les États membres est notre atout le plus précieux », a écrit M. Brunner sur X. Il a également souligné que les autorités espagnoles avaient donné l’assurance que les événements de Ceuta « n’auraient pas d’effet durable sur l’espace Schengen ». « L’Italie laisse entendre que les contrôles pourraient être levés prochainement », a-t-il soutenu, se disant confiant.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#italie#ceuta#UE#schengen#frontiere#crisemigratoire#sante#politiquemigratoire

  • Sanctions américaines : l’Inde menacée pour ses achats de pétrole russe
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4980

    Nouveau projet de loi américain : sanctions contre l’Inde pour ses importations de brut russe. Trump vs Congrès, sécurité énergétique et rapport de force mondial. L’hégémonie américaine frappe encore : face aux achats massifs de pétrole russe par l’Inde, le Sénat des États-Unis menace New Delhi de droits de douane punitifs. Décryptage d’une guerre économique où se confrontent la stratégie de Trump et l’intransigeance du Congrès. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

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    #Grands_événements_:_Gigantisme_de_l’inattendu. #économie_

  • « Les musulmans de l’enclave sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols » : Ceuta à l’épreuve d’une crise migratoire sans précédent
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/07/ceuta-bastion-multiculturel-fragile-a-l-epreuve-d-une-crise-migratoire-sans-

    « Les musulmans de l’enclave sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols » : Ceuta à l’épreuve d’une crise migratoire sans précédent
    Par Mustapha Kessous (Ceuta [Espagne], envoyé spécial)
    L’irruption dans l’enclave espagnole de 72 000 personnes venues du Maroc, entre le 30 et le 31 juillet, a mis en lumière les fêlures et les solidarités qui traversent cette ville où coexistent depuis des siècles chrétiens et musulmans.La file s’étire le long de l’avenue Alcalde José Victori Goñalons, dans le centre de Ceuta. Elle part de la boutique Ria, spécialisée dans le transfert d’argent, devenue un point de repère pour de nombreux migrants qui y retirent les quelques sous envoyés par leurs familles pour survivre dans l’enclave espagnole, coincée entre la Méditerranée et le Maroc. A côté, un porche mène à un marché couvert aux murs bleus. Sangria, tapas et éclats de rire. Dans ce décorum néomauresque, les vacanciers, écrasé de soleil, jouissent d’une quiétude tout andalouse. Sur les mêmes places où, une semaine plus tôt, militaires et policiers ont dispersé, traqués et parfois violemment chassé – certains ont eu des gestes de compassion –, ces exilés.
    La cité européenne en terre africaine vient de vivre ce que ses habitants, policiers et responsables politiques décrivent comme un « drame humanitaire » sans précédent. En quelques heures, 72 000 personnes, selon le ministère de l’intérieur espagnol, essentiellement des Marocains, se sont précipitées vers ce confetti aux 83 000 résidents. Entre le 30 et le 31 juillet, ils ont franchi la frontière, souvent à la nage, après avoir convergé vers Fnideq, la ville marocaine voisine.Dès le 31 juillet dans l’après-midi, la très grande majorité – 70 000 personnes, selon Madrid – a rebroussé chemin vers le Maroc. Dans l’enclave, ils n’ont trouvé ni refuge ni avenir : seulement des commerces fermés, le manque de sommeil, la faim et l’hostilité d’une partie des habitants. « Nous avons eu le sentiment d’être envahis, raconte Guillermo Martinez Arcas, secrétaire général du Parti populaire (PP, droite) à Ceuta et proche collaborateur du président de la ville autonome. Nous nous sommes même demandé si ce n’était pas la fin de Ceuta en tant que ville espagnole. »
    Ce jour-là, la cité s’est figée face au chaos : les commerces ont baissé leurs rideaux, les bureaux ont fermé. Les habitants se sont confinés chez eux. Sans qu’aucune consigne n’ait été donnée, assure le représentant politique. « Il n’y avait pas de commandement unique pour organiser l’ensemble des opérations. Pendant vingt-quatre heures, avant l’arrivée des renforts militaires et de policiers, c’était l’anarchie la plus totale », rapporte-t-il.
    En apparence, la crise semble aujourd’hui terminée, mais « le traumatisme est bien présent », pointe-t-il. Les militaires déployés massivement pour sécuriser le poste-frontière ont quitté Tarajal ; ils sont moins visibles en ville, même s’ils continuent de surveiller l’entrée des centres commerciaux. Des parents refusent de laisser leurs enfants sortir seuls. Il reste encore des milliers de migrants, notamment subsahariens, qui attendent une solution d’hébergement ou d’asile. Certains se sont regroupés sur la plage Benitez, tout près du centre d’accueil temporaire pour migrants, où ils vivent dans des conditions déplorables. Les associations sont débordées.
    Des centaines de très jeunes gens sont aussi à la rue. Le taux d’occupation des centres pour mineurs atteint les « 2 600 % au-dessus de leur capacité critique », a indiqué Juan Jesus Vivas, le président (PP) de la ville autonome. Seuls ou en famille, ils ont trouvé refuge dans une zone industrielle. Un centre de mineurs y est installé mais affiche complet. Ironie de la situation, cette zone jouxte la frontière. Des gamins, derrière les grillages, demandent quelques euros aux Marocains qui viennent de franchir le contrôle des passeports, côté espagnol.Sahra, 5 ans, empêche sa mère de dormir. « Elle a cru que j’allais me noyer lors de la traversée, raconte Assia Ezzaouaq, 33 ans. Quand je ferme les yeux, elle me dit : “Non maman, je ne veux pas que tu meures. Ouvre les yeux, maman, reste avec moi.” » D’autres vont se laver dans le cimetière musulman Sidi Embarek, où sont enterrés tant de migrants sans noms. Dans les rues du centre-ville, quelques jeunes implorent quelque chose à manger ou demandent conseils aux « Espagnols-Marocains ».
    Au cours de cet événement hors norme, deux récits se sont écrits simultanément : la joie indescriptible des migrants convaincus d’approcher leur rêve fou – changer de vie en Europe – et la peur des habitants qui regardaient « déferler », depuis leurs fenêtres, une telle foule. Les Espagnols, eux, ont repris une vie normale, faite de plages et de terrasses, tout en s’habituant à côtoyer ces damnés de l’exil. Et en ayant peur d’assister à une nouvelle tentative. Ils continuent à se méfier des autorités marocaines qui lorgnent depuis des années sur ce territoire de 18,5 kilomètres carrés.
    A Ceuta, la frontière ne sépare pas seulement l’Espagne du Maroc. Elle traverse aussi la ville, ses quartiers et les consciences. Certains la franchissent pour entrer en Europe ; d’autres vivent depuis des générations du côté espagnol, tout en étant encore sommés de prouver qu’ils en font partie. « On nous appelle, nous les Espagnols d’origine marocaine, les “musulmans”. Ceuta est une ville très particulière », explique Abdeslam Mohamed, 66 ans, le président d’Alas Protectoras (« ailes protectrices »), une association d’aide aux migrants. Près de la moitié de la population est musulmane. A Ceuta, l’arabe côtoie l’espagnol depuis plusieurs générations. Chauffeurs de bus ou de taxi, serveurs, commerçants, barbiers, agents municipaux, policiers, enseignants, élus… Parmi eux, de nombreux Espagnols d’origine marocaine passent sans cesse du castillan au darija. Il n’est pas rare d’entendre des résidents qui n’ont pas d’origine nord-africaine terminer une phrase par quelques mots d’arabe dialectal. « C’est parfaitement naturel chez nous », explique Julia Ferreras Guerra, députée de l’Assemblée de la ville (Ceuta Ya !, gauche). Le réseau téléphonique marocain est même, de temps à autre, capté jusqu’au cœur de la ville, plaza de Africa.« Mais dès qu’il y a une crise avec le Maroc ou une arrivée massive de migrants, on nous regarde comme si nous étions des étrangers ou des responsables de ce qui se passe de l’autre côté de la frontière », confie Abdeslam Mohamed, qui a dédié sa vie aux autres. Le 30 juillet et les jours suivants, il n’a pas ménagé sa peine pour apporter son aide « aux victimes », comme il appelle ces migrants. « C’est injuste. Les musulmans de Ceuta ont eu peur comme tous les autres habitants, argue-t-il. Ils ont fermé leurs commerces, protégé leurs familles et aidé les personnes qui arrivaient. Ils ont vécu cette crise en tant qu’habitants de Ceuta. » « II existe une profonde inégalité entre le centre [à majorité chrétienne] et la périphérie [à majorité musulmane]. Alors que les habitants du premier disposent de revenus parmi les plus élevés d’Espagne, ceux de la seconde figurent parmi les plus faibles », explique le politologue Julio Basurco Diaz, proche de la gauche. Ces deux mondes sont reliés par le bus 7, dont le ticket s’élève à 85 centimes d’euros le trajet.
    La crise migratoire a fait apparaître une crainte, plus diffuse : une mise à mal de la coexistence entre chrétiens et musulmans, mais aussi, dans une plus faible proportion, juifs et hindous. Ces deux derniers groupes se sont installés lorsque Ceuta a bénéficié (tout comme Melilla) d’un statut de port franc en 1863, dopant le commerce. Les juifs étaient des séfarades présents dans le nord du Maroc depuis leur expulsion d’Andalousie par la Reconquista catholique de la fin du XVe siècle. Quant aux hindous, ils sont arrivés du territoire britannique de Gilbratar après 1905. « Cette coexistence est notre singularité. Et personne ne veut la perdre, elle fait partie de notre identité et nous en sommes fiers », affirme Guillermo Martinez Arcas.
    Souvent célébrée comme une particularité de Ceuta, cette cohabitation se vit plus durement dans les quartiers populaires. Depuis sa terrasse, Ahmed Atché, un ouvrier d’une quarantaine d’années, contemple une Méditerranée d’un bleu éclatant. Ainsi que la frontière métallique qui lacère le paysage. Le Maroc est juste en face, à quelques pas. Depuis la crise, une barrière flottante orange de 500 mètres de long, installée par les autorités espagnoles, prolonge désormais la frontière jusque dans la mer. Cet homme aux lunettes rondes vit à Principe, un quartier qui domine le poste-frontière, sans doute le plus marocain de la ville. Un labyrinthe de ruelles abruptes, d’impasses ci et là, de façades colorées, comme une médina qui refuserait de dire son nom, et de hanout (« boutiques ») où l’on paie encore en dirhams. Ici, l’appel à la prière rythme la journée et on parle le « darija de Ceuta », un arabe traversé de mots espagnols. « Les familles sont très attachées à leur culture. L’école finissant en début d’après-midi, les enfants apprennent l’arabe », explique le responsable d’un centre islamique qui souhaite rester anonyme « pour ne pas avoir de problème au Maroc ».Pauvre, isolé et malfamé en raison du trafic de drogue – le chômage y serait trois fois supérieur à celui de l’ensemble de la ville –, Principe a aussi servi de décor à une série policière du même nom. C’est dans ce quartier que de nombreux harraga – nom donné aux « brûleurs de frontières », qui quittent leur pays par la mer, sans passeport ni visa – ont trouvé certains de leurs premiers soutiens. Les habitants ont donné couvertures, jouets, habits aux tout-petits et aux mères qui dorment en contrebas. « La solidarité est très forte. Ça m’a rendu malade et triste de voir tous ces jeunes », confie Ahmed Atché.
    Lui a ouvert sa modeste maison à 13 jeunes migrants, dont deux jeunes filles de 17 ans. « Il fallait bien les aider. Voir cette détresse, ces morts [ils sont 77, selon Madrid], ça me fait mal au cœur », dit-il simplement. Ces personnes recueillies viennent de Casablanca, de Tétouan ou de Tanger. Elles ne doivent leur présence à Ceuta qu’à une rumeur, dont personne ne connaît vraiment encore l’origine. Sur TikTok et Instagram circulait la même information : la frontière était ouverte. Ils ont alors foncé à Fnideq sans réfléchir, y voyant l’opportunité d’une vie. En un claquement de doigts, ils ont tourné le dos à leur pays. Ils n’attendent qu’une chose : que le portail de Tarajal qui mène au Maroc, encore ouvert aux retours volontaires, se referme définitivement. Ces réfractaires continueront à se cacher, pour ne pas se faire expulser. Ils ont été marqués par leur première nuit dehors : la peur de se faire coincer par la police, se faire repérer par des drones et chasser par certains jeunes du quartier, surnommés les « fils de Sebta ». Le 31 juillet, des adolescents, visages cagoulés, ont lancé des pierres pour empêcher des groupes de migrants d’approcher. « Ça se comprend. Le quartier était sans protection et il n’y avait pas d’autorités pour le défendre, se souvient Ahmed Atché. Certains voulaient rentrer dans les maisons, se cacher, voler, manger. Mais, heureusement, ça s’est vite calmé. » De retour au Maroc, les éphémères exilés n’ont cessé de raconter que leurs « frères de Sebta » ne voulaient pas d’eux. Certains ont assuré qu’ils ont été visés par des tirs de pistolets.
    Le 1er août, des leaders d’extrême droite sont venus à Ceuta dans une tentative de récupération de ce « traumatisme ». Mais ils ont trouvé face à eux les Espagnols des quartiers populaires qui leur ont dit de « dégager » en scandant : « Ceuta unie, pas divisée ». « On présente souvent Ceuta comme la ville des quatre cultures, c’est une image séduisante, souligne Mohamed Mustafa, député de l’Assemblée de Ceuta (Ceuta Ya !). Mais elle masque une réalité beaucoup plus dure : malheureusement les musulmans de Ceuta sont constamment sommés de prouver qu’ils sont de vrais Espagnols. Leur hispanité est toujours suspectée. » Surtout face à une extrême droite qui a dépassé les 20 % des voix au dernier scrutin local de 2023. « Ceuta n’a jamais été une colonie espagnole, elle appartient depuis des siècles à la couronne », relève Mohamed Mustafa. De fait, le territoire a été rattaché à Madrid en 1580 – après avoir été portugais à partir de 1415 – tandis que sa « sœur », Melilla, située 225 kilomètres plus à l’Est, était espagnole à partir de 1497.
    Cet homme affable de 47 ans résume à lui seul l’histoire de cette enclave. Lorsqu’il y naît, en 1978, il n’est pas Espagnol. Pourtant, son père, son grand-père et son arrière-grand-père sont originaires de Ceuta. Jusqu’au milieu des années 1980, une grande partie de la population musulmane de Ceuta ne disposait pas de la nationalité espagnole ni des mêmes droits, vivant dans une sorte de vide juridique.Une mobilisation, parfois réprimée, ainsi que l’entrée de l’Espagne dans la Communauté économique européenne en 1986 ont finalement obligé l’Etat, dans les années suivantes, à régulariser la situation et accorder la citoyenneté à une grande partie de cette population. « Nous sommes profondément ancrés à Ceuta, c’est un combat permanent. L’extrême droite tentera de transformer cette crise en preuve que Ceuta est menacée par les Marocains et par les musulmans », pense-t-il.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#crisemigratoire#subsahariens#sante#frontiere

  • Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72948/rome-et-kigali-discutent-dune-possible-externalisation-au-rwanda-des-p

    Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie
    Par RFI Publié le : 07/08/2026
    Deux jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de financer une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des 27 sur Ceuta, la porte-parole du gouvernement rwandais a confirmé qu’un tel projet était à l’étude entre l’Italie et le Rwanda.
    Quelques jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de mettre en place une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne (UE) à travers le développement d’un réseau européen de « hubs de retour » dans des pays tiers financés par l’UE, le Rwanda a affirmé, jeudi 6 août, être en discussion avec l’Italie à ce propos.
    « Nous sommes toujours en discussion », a ainsi affirmé la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, sur les antennes de la radio nationale Royal FM. Selon elle, les points à l’étude concernent notamment l’expérience acquise par Kigali en la matière, notamment grâce au mécanisme de transit d’urgence de Gashora - un programme mis en place en 2019 dans le cadre duquel le Rwanda accueille des migrants évacués de Libye -, le délai d’examen de leur dossier d’asile, ainsi que celui de leur départ vers d’autres pays.
    Le 4 août dernier lors une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’UE en visioconférence pour évoquer la crise migratoire de Ceuta, Rome avait effectivement appelé Bruxelles à financer des centres migratoires externalisés, situés hors de l’espace Schengen, où seraient délocalisées les procédures d’asile et de retours de migrants.S’inspirant d’un accord de ce type déjà passé par l’Italie avec l’Albanie, la proposition envisageait d’en conclure d’autres avec plusieurs pays africains dont l’Ouganda, le Ghana et le Rwanda.
    Si le projet entre les deux pays devait se concrétiser, il viendrait s’ajouter aux différents accords migratoires déjà conclus par Kigali, notamment avec le Royaume-Uni en 2022 - avant que Londres ne l’abandonne deux ans plus tard - et avec les États-Unis, en 2025, en vue de l’accueil temporaire de personnes expulsées par Washington

    #Covid-19#migrant#migration#italie#rwanda#UE#externalisation#asile#politiquemigratoire#sante#droit#crisemigratoire

  • La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/la-crise-de-ceuta-un-revelateur-des-divisions-de-l-union-europeenne-sur-la-q

    La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    Par Anna Joubinet (Bruxelles, correspondance )
    A Bruxelles, interrompre ses vacances pour des réunions en ligne à 27 est presque devenu un rituel estival pour nombre de diplomates et de ministres. Samedi 1er août, l’Irlande, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), a convoqué les ministres de l’intérieur des Etats membres pour une visioconférence impromptue, mardi 4 août, en milieu de matinée.
    Objectif officiel : tirer des leçons de la crise éclair du 30 juillet, qui a vu près de 50 000 migrants venus du Maroc entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, avant que la plupart ne fassent demi-tour dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Au moins 72 personnes sont mortes, notamment par noyade, selon les autorités locales. Dublin y voit aussi une occasion d’exprimer la solidarité de l’UE avec l’Espagne.
    Il faut dire que celle-ci n’était pas franchement de mise ces derniers jours. Samedi, 22 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE – majoritairement issus de la droite – ont accusé le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’UE.
    Dans leur lettre aux dirigeants des institutions européennes, ces 22 Etats – dont l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, mais aussi le Danemark, dirigé par la sociale-démocrate Mette Frederiksen – dénoncent les « politiques susceptibles de créer un effet d’appel », faisant allusion au vaste plan de régularisation de sans-papiers lancé en avril par Pedro Sanchez – lequel ne concerne que des personnes vivant déjà en Espagne.Le même jour, le premier ministre espagnol écrivait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour déplorer « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens après la crise à Ceuta.
    Ces deux courriers, envoyés à quelques heures d’intervalle, réclamaient une rencontre ministérielle pour faire le bilan de l’épisode. La France aussi, même si Paris n’a pas signé la lettre accusatrice des 22. « Elle n’apportait aucune solidarité concrète à l’Espagne et visait avant tout à instrumentaliser la poussée migratoire à Ceuta », explique l’Elysée. Même constat du côté du Luxembourg et du Portugal, qui ne figurent pas parmi les signataires. Tout comme l’Irlande, même si, dans son cas, son rôle de présidente du Conseil de l’UE lui impose d’afficher une forme de neutralité.
    Lundi, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE ont longuement préparé la visioconférence ministérielle du lendemain. Mais ils ne s’attendent pas à ce que des décisions majeures y soient prises. « La réunion sera utilisée par les ministres à des fins de politique intérieure », confie aussi une de ces sources diplomatiques. Elle leur permettra « d’adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Ces dernières années en effet, les gouvernements européens, dont plusieurs ont basculé à droite, ont durci leur position sur l’immigration pour donner des gages à un électorat de plus en plus séduit par l’extrême droite.
    La virulence des critiques formulées à l’égard de Pedro Sanchez n’est que le dernier épisode de cette évolution, à laquelle seule une poignée d’Etats européens s’oppose désormais. Lors du dernier sommet des Vingt-Sept, en juin, à Bruxelles, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui s’étaient déjà alliées en 2025 pour réclamer une révision de la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’homme concernant les droits des migrants, ont pris à partie le dirigeant espagnol. Lors de ce sommet, 19 Etats avaient signé une lettre réclamant davantage de soutien de la Commission pour lutter contre l’immigration illégale.
    A l’époque, le chancelier allemand, Friedrich Merz, n’avait pas signé. Samedi, en revanche, il comptait parmi les 22 qui se sont dits prêts à renforcer les contrôles à leurs frontières intérieures. Devancés de 3 à 7 points par le parti d’extrême droite AfD dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais aussi dans deux des trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est où se tiendront des élections régionales en septembre, les conservateurs allemands ne veulent pas laisser à l’AfD le monopole de la fermeté sur les questions migratoires.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2025, Friedrich Merz a d’ailleurs activé une clause dérogatoire européenne permettant aux Etats de rétablir les contrôles aléatoires à leurs frontières intérieures. La France fait de même depuis 2015, alors que ces dérogations à l’accord de Schengen sont censées n’être que temporaires.
    En matière d’immigration, l’Italienne Giorgia Meloni, à la tête d’une famille politique issue du fascisme, est, elle aussi, concurrencée à sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. Et au Danemark, le parti social-démocrate de Mette Frederiksen a adopté une ligne migratoire très stricte dès 2015, là encore pour endiguer la poussée de l’extrême droite.
    L’évolution vient de loin. Depuis la crise dite « des réfugiés », en 2015-2016, l’UE a revu structurellement sa politique migratoire, sur fond de droitisation du Conseil de l’UE et du Parlement européen. En adoptant en 2024 un ensemble de textes sous la bannière du « pacte sur la migration et l’asile », les Vingt-Sept pensaient pourtant avoir enfin trouvé un compromis.Mais à peine le pacte adopté, plusieurs Etats membres ont voulu aller plus loin, en renforçant l’externalisation de la gestion des migrants. Le développement de « centres de retour » à l’extérieur de l’UE est ainsi devenu un moyen d’éviter les débats épineux sur les relocalisations de réfugiés à l’intérieur de celle-ci. Paradoxalement, si le discours des Européens sur l’immigration se durcit, les flux vers l’UE, eux, diminuent. Le « nombre d’arrivées illégales est en chute de 55 % au cours des deux dernières années, et de 37 % depuis le début 2026 », rappelle Ursula von der Leyen dans un courrier adressé, lundi, à Pedro Sanchez, que Le Monde a pu consulter. « Quand on regarde les chiffres, on peine à expliquer certaines politiques », constate Alberto-Horst Neidhardt, responsable migration du think tank European Policy Centre. Le signe, selon lui, que la politique migratoire « est davantage dictée par les émotions que par les faits ».

    Pour l’eurodéputée conservatrice allemande Lena Düpont (CDU), ces chiffres relativement « favorables » offrent, au contraire, « une fenêtre d’opportunité pour agir » hors de tout cadre d’urgence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur la dimension externe des politiques migratoires », affirme la coordinatrice du groupe PPE (droite) à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen. A gauche, miser sur les pays tiers est plutôt considéré comme un facteur de vulnérabilité. Les crises comme celle de Ceuta sont « le résultat de l’externalisation, plébiscitée par la droite et l’extrême droite, qui nous rend dépendants de la volonté de régimes autoritaires tiers », déplore Mélissa Camara, négociatrice de textes migratoires pour le groupe des Verts au Parlement européen. Les eurodéputés de la commission LIBE tiendront jeudi une session extraordinaire sur la crise du week-end à Ceuta, selon les informations du Monde. Mais c’est plus probablement lors du sommet européen d’octobre que l’on saura si les événements survenus le 30 juillet dans l’enclave espagnole déboucheront sur des décisions et des réformes concrètes.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#crisemigratoire#migrationirreguliere#politiquemigratoire#frontiere#sante#extremedroite

  • En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/en-allemagne-l-afd-exploite-la-crise-migratoire-de-ceuta-dans-l-espoir-de-pe

    En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    Par Gwénaëlle Deboutte (Francfort, correspondance)
    Au cœur de l’été, les images de l’arrivée d’environ 50 000 migrants à Ceuta, enclave espagnole au Maroc, ont offert au parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) des images lui permettant de marteler son discours anti-immigration. Alors que des élections ont lieu en septembre dans Berlin et dans deux autres Länder de l’est de l’Allemagne, l’AfD s’est immédiatement emparée de l’événement pour mettre en cause la capacité de l’Union européenne et du gouvernement fédéral allemand à contrôler les flux migratoires.
    La salve a débuté dès vendredi 31 juillet, soit au lendemain du début de l’arrivée des migrants à Ceuta, avec un communiqué de la coprésidente du parti, Alice Weidel : « L’Allemagne doit empêcher à tout prix que d’autres migrants, en partie enclins à la violence et peu instruits, atterrissent dans nos systèmes sociaux. Les événements à Ceuta montrent combien la protection commune des frontières européennes est toujours aussi inefficace. » Le choix des mots révèle une volonté de dramatisation et illustre une rhétorique classique de l’AfD sur les questions migratoires : un événement ponctuel devient la preuve d’un dysfonctionnement structurel.
    Mais le véritable amplificateur de communication s’est joué quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram et Telegram. Depuis des années, l’AfD est le parti politique allemand le plus actif sur ces plateformes, où il exploite des contenus émotionnels et clivants, mis en avant par des algorithmes. Ainsi du compte Instagram de la fédération AfD du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où le parti est crédité de 36 % des intentions de vote aux régionales de septembre.
    Sur fond de vidéos montrant une foule de jeunes hommes exultant, Jan-Phillip Tadsen, spécialiste des questions migratoires à l’AfD, interroge, face caméra : « Voulons-nous continuer à accepter l’inaction de l’Europe ? Ou voulons-nous enfin mener une vraie politique qui empêche cela de manière cohérente et qui mette fin aux morts qui ont eu lieu à Trèves, à Berlin et si souvent dans nos rues ? » Une référence à des attaques perpétrées par des ressortissants étrangers vivant sur le sol allemand, comme à Berlin, en 2016, ou à Trèves, le 15 juillet, où un Afghan de 22 ans a poignardé un étudiant. A chaque événement de ce type, l’AfD se montre particulièrement réactive, en profitant pour marteler son argumentaire associant immigration et insécurité.
    En Saxe-Anhalt, où l’AfD est créditée de 41 % des intentions de vote aux élections du 6 septembre, au point de rêver à participer pour la première fois à un exécutif régional, le parti a également très vite réagi aux événements de Ceuta. Alors que sa campagne est sur le contrôle de l’immigration et l’accélération des expulsions, sa tête de liste, Ulrich Siegmund, qui s’est fait connaître par une communication très active sur les réseaux sociaux auprès d’un public jeune, n’a pas hésité à employer le terme d’« invasion » pour qualifier l’afflux de migrants à Ceuta. Au niveau national, l’affaire de Ceuta a donné à l’AfD l’occasion d’attaquer le chancelier Friedrich Merz. Après avoir prospéré sur la dénonciation de la politique migratoire d’Angela Merkel, jugée trop laxiste lors de la crise migratoire de 2015-2016, la formation accuse le gouvernement actuel de ne pas aller assez loin dans la protection des frontières, alors même que M. Merz a pris ses distances avec la politique de sa prédécesseure, pourtant du même parti que lui, en durcissant les contrôles aux frontières, en limitant le regroupement familial, en restreignant l’accès d’une partie des immigrés aux prestations sociales et en augmentant le nombre d’expulsions.
    Une passe d’armes sur Instagram, samedi, a illustré cette stratégie de l’AfD, consistant à ne pas laisser M. Merz se targuer de mener une politique de fermeté en matière migratoire. Alors que le chancelier venait d’affirmer qu’il soutenait la position espagnole visant à empêcher les migrants irréguliers d’accéder au continent européen, Alice Weidel lui a répondu : « Le chancelier ne dit rien sur la manière dont il entend protéger les frontières allemandes ; il ne se prononce pas non plus sur une suspension de l’espace Schengen », a affirmé la coprésidente de l’AfD, avec un objectif clair : transformer un événement ayant lieu à plusieurs milliers de kilomètres de l’Allemagne en enjeu électoral.

    #migration#migrant#Covid-19#allemagne#UE#espagne#crisemigratoire#migrationirreguliere#frontiere#politiquemigratoire#sante#extremedroite

  • Crise de Ceuta : Ursula von der Leyen appelle à une « réponse européenne commune » pour « renforcer les frontières »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/03/crise-de-ceuta-ursula-von-der-leyen-appelle-a-une-reponse-europeenne-commune

    Crise de Ceuta : Ursula von der Leyen appelle à une « réponse européenne commune » pour « renforcer les frontières »
    Le Monde avec AFP
    « Cet épisode montre clairement que nous devons aller plus loin pour renforcer nos frontières aux points les plus sensibles », a-t-elle écrit dans une missive adressée au premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et consultée par l’Agence France-Presse.Parmi les pistes évoquées, « une surveillance accrue et, lorsque cela est nécessaire, l’utilisation de barrières physiques ». La cheffe de l’exécutif européen souligne toutefois que « la protection de l’ensemble de nos frontières extérieures constitue une responsabilité européenne partagée ». L’afflux inédit de migrants, entrant de force dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, a en effet provoqué de très vives tensions entre les 27 pays de l’Union européenne (UE). Face aux images de dizaines de milliers de personnes gagnant illégalement ce territoire à partir du Maroc, plusieurs Etats membres, Italie et Danemark en tête, ont rapidement appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen.
    Une demande politiquement explosive, juridiquement impossible au regard du droit européen, qui a suscité la colère de Madrid. Dénonçant l’attitude « égoïste » de plusieurs pays, l’Espagne a réclamé l’organisation d’une réunion entre ministres de l’intérieur de l’UE. Cet échange, par visioconférence, doit avoir lieu mardi.
    Il permettra de « tirer les enseignements » de l’épisode de Ceuta et de plancher sur une « réponse européenne commune » aux défis liés à l’immigration clandestine, s’est félicitée Ursula von der Leyen, évoquant plusieurs axes de réflexion.Au cours des derniers mois, Bruxelles a déjà nettement durci ses règles migratoires, autorisant notamment les Etats membres à envoyer des déboutés d’asile dans des centres en dehors des frontières de l’UE, les fameux « hubs de retour ».
    « Le fait que Ceuta et Melilla fassent partie intégrante du territoire espagnol est incontestable, aux yeux du monde entier », a stipulé lundi le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, lors d’une intervention télévisée. Selon Madrid, la « quasi-totalité » des quelque 50 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière jeudi et vendredi ont depuis été renvoyées au Maroc.
    Le délégué du gouvernement local de Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, a déclaré lundi que le nombre de personnes se trouvant encore à Ceuta était estimé à 2 500. Le plus haut responsable de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a quant à lui estimé que ce chiffre était compris entre 3 000 et 5 000. Près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Au moins 72 personnes sont mortes en voulant rejoindre illégalement l’enclave espagnole de Ceuta sur la côte nord du Maroc où des dizaines de milliers d’émigrants, majoritairement des jeunes Marocains, ont contourné le poste-frontière marocain, selon les autorités locales

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  • La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/la-crise-de-ceuta-un-revelateur-des-divisions-de-l-union-europeenne-sur-la-q

    La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    Par Anna Joubinet (Bruxelles, correspondance )
    A Bruxelles, interrompre ses vacances pour des réunions en ligne à 27 est presque devenu un rituel estival pour nombre de diplomates et de ministres. Samedi 1er août, l’Irlande, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), a convoqué les ministres de l’intérieur des Etats membres pour une visioconférence impromptue, mardi 4 août, en milieu de matinée.
    Objectif officiel : tirer des leçons de la crise éclair du 30 juillet, qui a vu près de 50 000 migrants venus du Maroc entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, avant que la plupart ne fassent demi-tour dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Au moins 72 personnes sont mortes, notamment par noyade, selon les autorités locales. Dublin y voit aussi une occasion d’exprimer la solidarité de l’UE avec l’Espagne.Il faut dire que celle-ci n’était pas franchement de mise ces derniers jours. Samedi, 22 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE – majoritairement issus de la droite – ont accusé le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’UE.
    Dans leur lettre aux dirigeants des institutions européennes, ces 22 Etats – dont l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, mais aussi le Danemark, dirigé par la sociale-démocrate Mette Frederiksen – dénoncent les « politiques susceptibles de créer un effet d’appel », faisant allusion au vaste plan de régularisation de sans-papiers lancé en avril par Pedro Sanchez – lequel ne concerne que des personnes vivant déjà en Espagne.Le même jour, le premier ministre espagnol écrivait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour déplorer « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens après la crise à Ceuta.
    Ces deux courriers, envoyés à quelques heures d’intervalle, réclamaient une rencontre ministérielle pour faire le bilan de l’épisode. La France aussi, même si Paris n’a pas signé la lettre accusatrice des 22. « Elle n’apportait aucune solidarité concrète à l’Espagne et visait avant tout à instrumentaliser la poussée migratoire à Ceuta », explique l’Elysée. Même constat du côté du Luxembourg et du Portugal, qui ne figurent pas parmi les signataires. Tout comme l’Irlande, même si, dans son cas, son rôle de présidente du Conseil de l’UE lui impose d’afficher une forme de neutralité.
    Lundi, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE ont longuement préparé la visioconférence ministérielle du lendemain. Mais ils ne s’attendent pas à ce que des décisions majeures y soient prises. « La réunion sera utilisée par les ministres à des fins de politique intérieure », confie aussi une de ces sources diplomatiques. Elle leur permettra « d’adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Ces dernières années en effet, les gouvernements européens, dont plusieurs ont basculé à droite, ont durci leur position sur l’immigration pour donner des gages à un électorat de plus en plus séduit par l’extrême droite.
    La virulence des critiques formulées à l’égard de Pedro Sanchez n’est que le dernier épisode de cette évolution, à laquelle seule une poignée d’Etats européens s’oppose désormais. Lors du dernier sommet des Vingt-Sept, en juin, à Bruxelles, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui s’étaient déjà alliées en 2025 pour réclamer une révision de la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’homme concernant les droits des migrants, ont pris à partie le dirigeant espagnol. Lors de ce sommet, 19 Etats avaient signé une lettre réclamant davantage de soutien de la Commission pour lutter contre l’immigration illégale.
    A l’époque, le chancelier allemand, Friedrich Merz, n’avait pas signé. Samedi, en revanche, il comptait parmi les 22 qui se sont dits prêts à renforcer les contrôles à leurs frontières intérieures. Devancés de 3 à 7 points par le parti d’extrême droite AfD dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais aussi dans deux des trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est où se tiendront des élections régionales en septembre, les conservateurs allemands ne veulent pas laisser à l’AfD le monopole de la fermeté sur les questions migratoires.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2025, Friedrich Merz a d’ailleurs activé une clause dérogatoire européenne permettant aux Etats de rétablir les contrôles aléatoires à leurs frontières intérieures. La France fait de même depuis 2015, alors que ces dérogations à l’accord de Schengen sont censées n’être que temporaires.En matière d’immigration, l’Italienne Giorgia Meloni, à la tête d’une famille politique issue du fascisme, est, elle aussi, concurrencée à sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. Et au Danemark, le parti social-démocrate de Mette Frederiksen a adopté une ligne migratoire très stricte dès 2015, là encore pour endiguer la poussée de l’extrême droite.
    L’évolution vient de loin. Depuis la crise dite « des réfugiés », en 2015-2016, l’UE a revu structurellement sa politique migratoire, sur fond de droitisation du Conseil de l’UE et du Parlement européen. En adoptant en 2024 un ensemble de textes sous la bannière du « pacte sur la migration et l’asile », les Vingt-Sept pensaient pourtant avoir enfin trouvé un compromis.Mais à peine le pacte adopté, plusieurs Etats membres ont voulu aller plus loin, en renforçant l’externalisation de la gestion des migrants. Le développement de « centres de retour » à l’extérieur de l’UE est ainsi devenu un moyen d’éviter les débats épineux sur les relocalisations de réfugiés à l’intérieur de celle-ci.Paradoxalement, si le discours des Européens sur l’immigration se durcit, les flux vers l’UE, eux, diminuent. Le « nombre d’arrivées illégales est en chute de 55 % au cours des deux dernières années, et de 37 % depuis le début 2026 », rappelle Ursula von der Leyen dans un courrier adressé, lundi, à Pedro Sanchez, que Le Monde a pu consulter. « Quand on regarde les chiffres, on peine à expliquer certaines politiques », constate Alberto-Horst Neidhardt, responsable migration du think tank European Policy Centre. Le signe, selon lui, que la politique migratoire « est davantage dictée par les émotions que par les faits ».
    Pour l’eurodéputée conservatrice allemande Lena Düpont (CDU), ces chiffres relativement « favorables » offrent, au contraire, « une fenêtre d’opportunité pour agir » hors de tout cadre d’urgence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur la dimension externe des politiques migratoires », affirme la coordinatrice du groupe PPE (droite) à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen.A gauche, miser sur les pays tiers est plutôt considéré comme un facteur de vulnérabilité. Les crises comme celle de Ceuta sont « le résultat de l’externalisation, plébiscitée par la droite et l’extrême droite, qui nous rend dépendants de la volonté de régimes autoritaires tiers », déplore Mélissa Camara, négociatrice de textes migratoires pour le groupe des Verts au Parlement européen.Les eurodéputés de la commission LIBE tiendront jeudi une session extraordinaire sur la crise du week-end à Ceuta, selon les informations du Monde. Mais c’est plus probablement lors du sommet européen d’octobre que l’on saura si les événements survenus le 30 juillet dans l’enclave espagnole déboucheront sur des décisions et des réformes concrètes.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#maroc#ceuta#UE#politiquemigratoire#crisemigratoire#externalisation#sante

  • Catherine Wihtol de Wenden, politiste : « Le Maroc a pris conscience depuis longtemps de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/catherine-wihtol-de-wenden-politiste-le-maroc-a-pris-conscience-de-la-place-

    Catherine Wihtol de Wenden, politiste : « Le Maroc a pris conscience depuis longtemps de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations »
    Tribune Catherine Wihtol de Wenden Directrice de recherche émérite au CNRS

    Une fâcheuse concordance des temps s’est invitée, une fois de plus, dans la gestion des migrations irrégulières entre l’Espagne et le Maroc entre le 30 et le 31 juillet, à Ceuta, conduisant à mêler la question migratoire à la diplomatie dans la région. Rappelons trois faits récents : au début du mois, la Cour suprême espagnole a rendu un arrêt interdisant le refoulement immédiat de migrants tentant d’atteindre les enclaves espagnoles du Maroc de Ceuta et Melilla par la mer. En avril, le gouvernement de Pedro Sanchez annonçait la régularisation de 500 000 sans-papiers jusqu’à la fin de l’année. Enfin, les mobilisations pour l’anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI, à la toute fin du mois de juillet, ont pu entraîner une baisse des effectifs déployés par le Maroc à la frontière espagnole.
    Ainsi ont eu lieu 50 000 entrées par la mer, d’après les estimations, après le franchissement forcé de la ligne de démarcation entre les faubourgs de la ville marocaine de Fnideq et la plage de Ceuta. Cette arrivée massive s’est aussi soldée par au moins 72 morts [selon les autorités espagnoles], déclenchant une crise politique et sécuritaire en Espagne et en Europe, car il s’agit du franchissement d’une frontière externe de l’Union européenne.
    Mais le décryptage de cette crise est peut-être ailleurs. Le gouvernement espagnol affiche avec fierté sa croissance économique. Le 20 juillet, fort de la victoire de l’Espagne au Mondial de football, le premier ministre s’est rendu en visite officielle en Algérie, son premier fournisseur de gaz, pour la première fois depuis 2020. Or, en 2022, Madrid était sorti de sa neutralité et avait soutenu le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, ce qui avait provoqué la colère d’Alger. Le conflit algéro-marocain autour du Sahara occidental demeure l’un des principaux points d’achoppement entre les deux pays, entre lesquels la frontière est fermée. Déjà, en 2021, alors qu’un dirigeant du Front Polisario (défenseur des Sahraouis, appuyé par l’Algérie) avait été accueilli en Espagne pour raisons médicales, le Maroc avait laissé passer par les enclaves espagnoles les candidats marocains à l’exil pour marquer son mécontentement. Environ 8 000 personnes étaient parvenues à entrer à Ceuta et le Maroc avait été accusé de faire pression sur l’Espagne dans le dossier du Sahara occidental.
    S’agit-il alors d’une nouvelle marque de mécontentement marocain face au rapprochement entre Madrid et Alger ? On a l’impression que le scénario de 2021 se reproduit à Ceuta, fragilisant le gouvernement espagnol dans sa politique intérieure, face aux partis sécuritaires et notamment Vox (extrême droite), bien que le gouvernement ait exclu de recourir à l’état d’urgence, considérant que les flux migratoires n’en étaient pas une. Face à l’Europe, au lendemain de l’adoption du Pacte européen sur l’immigration et l’asile entré en vigueur en juin 2026, l’Espagne est isolée avec une politique migratoire qui défend le bien-fondé d’une régularisation massive, en s’appuyant sur des arguments économiques, alors que l’essentiel du dispositif européen repose sur la dissuasion et la répression des flux irréguliers.
    En Italie, Giorgia Meloni a appelé à suspendre l’accord de Schengen avec l’Espagne, et le ministre des affaires étrangères espagnol a annoncé la convocation de l’ambassadeur d’Italie à Madrid pour protester contre cette prise de position. Rappelons qu’au printemps, Bruno Retailleau, chef de file du parti Les Républicains, avait appelé à fermer la frontière franco-espagnole quand l’Espagne avait annoncé la régularisation des sans-papiers, au motif que cette décision risquerait de provoquer un « appel d’air » de ces derniers vers la France. Mais pourquoi des travailleurs insérés sur le marché du travail espagnol auxquels on annonce une régularisation de leur statut iraient-ils tenter leur chance en France dans la précarité, alors qu’il s’agit surtout de Latino-Américains hispanophones ? Toute crise migratoire est bonne pour agiter des arguments sécuritaires.
    Depuis longtemps, le Maroc a pris conscience de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations. Seulement 13 kilomètres séparent Gibraltar de la côte marocaine et les villes d’Andalousie comptent beaucoup de sans-papiers, y compris des mineurs venus isolément dans les camions et par bateau : des associations à Cadix et à Grenade œuvrent à leur insertion scolaire et professionnelle sur le territoire espagnol. L’accord bilatéral de 2023 signé entre le Maroc et l’Espagne pour lutter contre l’immigration irrégulière a eu pour effet de diminuer les entrées irrégulières en Espagne en 2026. Faisant suite à une série d’accords entre ces deux pays, il résulte en une frontière qui n’est plus exclusivement située sur les points de passage, mais qui « s’épaissit » sur l’ensemble du territoire, avec des contrôles aléatoires à l’encontre des sans-papiers, subsahariens notamment.
    Ces « transmigrants » (selon l’expression du chercheur Mehdi Alioua) ont déjà pris d’assaut à plusieurs reprises les grillages séparant les enclaves espagnoles du territoire marocain. En revanche, le Maroc reste réticent à la signature d’accords multilatéraux avec l’ensemble des pays européens qui l’obligeraient à reprendre les sans-papiers ayant transité par son territoire car il veut conserver les meilleures relations auprès de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest qu’il a intégrée pour y jouer un rôle-clé. Il est donc pris en étau entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest sur la question migratoire mais cherche à en tirer le meilleur parti.
    En 2018, c’est au Maroc qu’a été signé le pacte sur l’immigration et l’asile, dit pacte de Marrakech, à l’initiative des Nations unies, le pays se faisant ainsi le porte-parole du multilatéralisme dans la gouvernance mondiale des migrations. Quelques années auparavant, il avait organisé un colloque sur la signature de la Convention des Nations unies de 1990 sur les droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, signée seulement par une soixantaine de pays, tous du Sud, car elle garantit certains droits aux sans-papiers.
    Cette stratégie rappelle celle de la Turquie, menée début 2020 vers l’Union européenne, quand le gouvernement d’Ankara, mécontent que l’Europe ne réponde pas à toutes ses revendications dans l’accord signé en 2016 avec l’Union européenne (facilitation des visas pour les Turcs et reprise des négociations sur la candidature turque), avait affrété des bus pour traverser la frontière grecque – le Covid-19 y avait mis fin. Un autre exemple, avec la Biélorussie, de la prise de conscience de la place géostratégique par un pays frontalier de l’Europe, utilisant les migrations comme enjeu de haute diplomatie.

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  • Crise de Ceuta : entre l’Espagne et le Maroc, trente ans de rapprochements stratégiques et beaucoup d’arrière-pensées
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/02/crise-de-ceuta-entre-l-espagne-et-le-maroc-trente-ans-de-rapprochements-stra

    Crise de Ceuta : entre l’Espagne et le Maroc, trente ans de rapprochements stratégiques et beaucoup d’arrière-pensées
    Par Guillaume Delacroix (Barcelone, correspondance)
    Publié aujourd’hui à 16h15, modifié à 18h09
    Il faudra du temps pour comprendre les ressorts de la crise qui a de nouveau enfiévré Ceuta, sur la côte nord-africaine, en face de Gibraltar, jeudi 30 et vendredi 31 juillet. Les raisons pour lesquelles environ 50 000 personnes arrivant de la ville marocaine de Fnideq ont tout à coup submergé l’enclave espagnole restent obscures, tout comme peut surprendre la rapidité avec laquelle la quasi-totalité de ces jeunes migrants ont été refoulés vers leur point de départ en moins de vingt-quatre heures. L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a appelé, samedi, à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire « toute la lumière » sur cette affaire qui s’est soldée par la mort d’au moins 72 migrants.
    Ce qui vient de se produire à Ceuta n’est qu’un épisode de plus dans une relation bilatérale tumultueuse depuis au moins trois décennies. Au début des années 1990, l’Espagne a cherché à faire du Maroc un partenaire privilégié dans la région. Un traité « d’amitié, de bon voisinage et de coopération » est signé entre les deux pays en 1991, ce qui n’empêche pas Madrid de s’en tenir à un « équilibre dynamique » vis-à-vis des pays du Maghreb, concept théorisé au sortir de la dictature franquiste par le premier ministre socialiste Felipe Gonzalez (1982-1996). « Ce dernier trouvait normal qu’il y ait des contentieux avec le Maroc, l’important étant de trouver des solutions », raconte un diplomate espagnol de haut rang requérant l’anonymat.
    Après l’arrivée au pouvoir de la droite, cette vision vole en éclats sous le gouvernement Aznar (2000-2004) avec la crise de Persil. En 2002, des militaires marocains occupent cet îlot inhabité au large de Ceuta et Madrid envoie son armée pour les en chasser, ce qui entraîne une rupture brutale avec Rabat. Deux ans plus tard, à la faveur d’une nouvelle alternance politique en Espagne, le dialogue est rétabli par le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011) avec le roi Mohammed VI. Les échanges commerciaux se développent malgré des épisodes de crispation à propos de Ceuta et Melilla. Madrid renoue avec une forme de neutralité entre le Maroc et l’Algérie.
    Sous le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy (2011-2018), le pragmatisme l’emporte, l’Espagne et le Maroc coopèrent sur la question migratoire tandis que de nombreuses entreprises hispaniques s’installent au royaume chérifien. Quand le socialiste Pedro Sanchez arrive au pouvoir en 2018, il déclare le Maroc « partenaire stratégique » de l’Espagne, sans pour autant renoncer à développer les échanges avec l’Algérie. Survient alors la crise de 2021 à Ceuta. Alors que Rabat s’indigne de l’hospitalisation en Espagne de Brahim Ghali, dirigeant du Front Polisario, l’organisation indépendantiste du Sahara occidental soutenue par l’Algérie, 10 000 personnes rejoignent l’enclave espagnole à la nage. « Quelques mois plus tard, l’Espagne change de position sur le Sahara occidental et décide d’ouvrir ses frontières avec le Maroc », rappelle Cristina Monge, professeure de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid.
    Un virage spectaculaire : en mars 2022 en effet, Pedro Sanchez qualifie le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental de base « la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le conflit avec le Front Polisario. Sur ce sujet jusqu’alors, Madrid tenait sa fameuse position d’équilibre entre les parties. L’Espagne s’attire les foudres d’Alger mais anticipe, ce faisant, un mouvement qui se généralisera en faveur de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ancien territoire colonisé que l’Espagne avait dû quitter en 1975 après la « marche verte » organisée sous le règne de Hassan II. En 2024, la France se ralliera à son tour à la position marocaine. « Chaque fois qu’un événement migratoire se produit, cela débouche inévitablement sur des négociations portant sur des questions stratégiques pour le Maroc. Nous ne savons pas encore ce qui s’est passé cette semaine, mais nous le saurons bientôt », estime Cristina Monge.
    Directeur de recherches à l’Institut royal Elcano de Madrid, Ignacio Molina pense, lui aussi, que la nouvelle arrivée massive de migrants à Ceuta révèle combien le Maroc « tient à montrer de temps à autre sa capacité à exercer une pression, même s’il y a de multiples causes à cette crise, non exclusives les unes des autres ». Parmi elles, la visite officielle de Pedro Sanchez à Alger, le 20 juillet, la première depuis 2020, mais surtout l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet interdisant la reconduite automatique à la frontière des migrants arrivant par la mer sans avoir à franchir d’obstacle physique, ce qui pourrait avoir créé un appel d’air au Maroc. Samedi matin, l’armée espagnole a déroulé une ligne de bouées et un filet de contention depuis le rivage vers le large, une barrière flottante qui rend inapplicable la récente décision de justice.
    Même si certains, comme l’association AMDH, tiennent l’Etat marocain responsable de la situation ayant conduit à l’afflux de migrants à Ceuta, Ignacio Molina note que Madrid s’est bien gardé ces derniers jours de dénoncer toute responsabilité présumée de Rabat : « L’idée actuelle du gouvernement espagnol est de dire que, vaille que vaille, il faut entretenir de bonnes relations avec le Maroc. C’est une position qui n’est pas tenable à long terme, tant les différends sont nombreux entre les deux pays. A court terme néanmoins, Madrid et Rabat se doivent d’afficher leur coordination sur la question migratoire jusqu’en 2030, date à laquelle ils organiseront la Coupe du monde de football, conjointement avec le Portugal. »
    Comme le souligne le diplomate espagnol, « depuis le rapprochement de 2022, le Maroc croit pouvoir exiger de l’Espagne qu’elle soutienne toutes ses prises de position à l’international, notamment à l’encontre de l’Algérie. Or le réchauffement en cours entre Madrid et Alger lui montre que la réalité n’est pas aussi simple ». Selon ce fin connaisseur de la région, l’affaire de Ceuta pourrait ainsi être liée à une autre actualité récente, à savoir l’entrée en vigueur, le 15 juillet, de l’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur la suppression des contrôles physiques à la frontière terrestre entre Gibraltar et l’Espagne, rapprochant de facto le rocher britannique de l’espace Schengen. Conséquence immédiate, le gouvernement de Gibraltar a annoncé la fin de la liaison maritime avec le Maroc.
    Rabat en aurait pris ombrage, le ferry en question ayant permis depuis une vingtaine d’années à la communauté marocaine de Gibraltar de maintenir des liens étroits avec le royaume. « Ce changement historique ne règle pas la question de la souveraineté de Gibraltar mais encourage certains à remettre sur la table l’avenir de Ceuta et Melilla », observe le diplomate. Connue pour ses positions anticolonialistes, l’AMDH a appelé, samedi, à « inscrire la revendication de la restitution » des deux enclaves espagnoles « à l’ordre du jour politique » marocain. En omettant de dire que si Ceuta et Melilla devenaient marocaines, Rabat perdrait son principal levier de pression sur l’Europe.

    #Covid-19#migrant#migration#maroc#espagne#ceuta#UE#frontiere#politiquemigratoire#crisemigratoire

  • Ceuta : les migrants quittent l’enclave et racontent le déchaînement de violence des derniers jours
    https://www.dakaractu.com/Ceuta-les-migrants-quittent-l-enclave-et-racontent-le-dechainement-de-vio

    Ceuta : les migrants quittent l’enclave et racontent le déchaînement de violence des derniers jours
    Samedi, à la tombée de la nuit, des migrants continuaient de quitter Ceuta. À raison de quelques dizaines de personnes par demi-heure. Le plus fort de la crise migratoire est passé, alors que 50 000 personnes ont franchi illégalement la frontière cette semaine. Du jamais vu dans l’histoire de l’enclave espagnole. De retour en territoire marocain, les candidats à l’émigration pointent la violence qu’ils ont subie sur place et qui a eu raison de leur rêve d’Europe.
    Un policier demande à un jeune homme où il veut aller. Des autocars attendent les migrants à leur sortie de Ceuta pour des rapatriements aux quatre coins du royaume. « Moi je vais à Tanger, je rentre chez moi », répond, soulagé, l’un de ceux qui viennent de franchir la frontière espagnole en sens inverse. « On est partis dans l’espoir de changer nos vies, on pensait trouver un pays meilleur. Ça, c’est la blessure laissée par un club de golf. Ce sont les gens de Ceuta qui m’ont fait ça », raconte un jeune homme qui montre une ecchymose sur son épaule.
    À côté de lui, Ilham, une vacancière originaire de Toulouse. « Je suis venue exprès pour voir ce qu’il se passe réellement. Moi, mon cœur il est serré, l’armée espagnole, ils ont regroupé des enfants pour les faire revenir au Maroc. Je vous jure, je les ai vus les frapper », raconte-elle. Mustapha a 17 ans. Il décrit des scènes de chasse à l’homme. Il a dû se réfugier dans une forêt pour fuir les militaires et des habitants de Ceuta. « On a vraiment souffert. Cette violence qu’on a subie, ça nous a atteints psychologiquement. C’est pour ça qu’on a quitté cet endroit », raconte-t-il. Les témoignages de migrants se recoupent et décrivent le déchaînement de violence qu’a connu Ceuta ces derniers jours.

    #covid-19#migrant#migration#maroc#espagne#ceuta#crisemigratoire#sante#santementale#violence

  • Ceuta : l’UE convoque une réunion d’urgence afin d’échanger sur la crise migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/01/ceuta-l-ue-convoque-une-reunion-d-urgence-afin-d-echanger-sur-la-crise-migra

    Ceuta : l’UE convoque une réunion d’urgence afin d’échanger sur la crise migratoire
    Le Monde avec AFP
    Les ministres de l’intérieur des pays de l’Union européenne (UE) se réuniront mardi en visioconférence afin d’échanger « sur les développements à Ceuta », a annoncé l’Irlande, qui assure la présidence tournante de l’UE, samedi 1er août. Des dizaines de milliers de migrants ont pénétré illégalement ces derniers jours dans l’enclave espagnole de Ceuta en provenance du Maroc. L’Espagne a affirmé, samedi, que la situation était « quasiment » revenue à la normale, la plupart des migrants étant rentrés au Maroc, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, dénonçant l’attitude « égoïste » de certains pays de l’UE. Au moins 67 personnes sont mortes, notamment de noyades, en essayant d’entrer à Ceuta, a annoncé le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, en donnant un nouveau bilan de ces « événements dramatiques ».
    Par missives interposées, l’Espagne, puis un groupe de 22 pays, dont l’Italie et le Danemark, ont tour à tour réclamé cette réunion afin d’échanger sur la crise migratoire dans cette enclave espagnole et les tensions diplomatiques qui ont suivi. « Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides donnent le sentiment qu’il est possible d’entrer illégalement dans l’Union européenne. Et qu’une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal », ont réagi les 22 signataires dans une lettre ouverte. « Les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée », ont-ils dit dans cette lettre adressée à la présidence irlandaise de l’UE, au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
    Elle a été initiée par la première ministre italienne, Giorgia Meloni, dont le pays a temporairement suspendu les règles de l’espace Schengen vis-à-vis de l’Espagne, et par son homologue danoise, Mette Frederiksen, qui a jugé, vendredi, que l’UE devrait envisager de suspendre la coopération Schengen avec l’Espagne. Parmi les autres signataires figurent le chancelier allemand, Friedrich Merz, et les premiers ministres hongrois, suédois et polonais, mais pas les dirigeants français et portugais, dont les pays sont voisins immédiats de l’Espagne.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#espagne#crisemigratoire#schengen#frontiere#migrationirreguliere#sante

  • A Fnideq, près de Ceuta, la désillusion des jeunes Marocains après une traversée éclair en Europe
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/02/a-fnideq-pres-de-ceuta-la-desillusion-des-jeunes-marocains-apres-une-travers

    A Fnideq, près de Ceuta, la désillusion des jeunes Marocains après une traversée éclair en Europe
    Par Mustapha Kessous (Fnideq (Maroc), envoyé spécial)
    Cette fois, c’est fini. La fièvre a disparu. Fnideq est redevenue une cité balnéaire banale. Samedi 1er août, il n’y a plus de trace de la crise migratoire sans précédent qui a secoué ces derniers jours cette ville marocaine collée à l’enclave espagnole de Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Union européenne et le continent africain. Enfin, presque. Il y a des policiers partout : le long de la corniche, sur les buttes couleur terre cuite qui surplombent la Méditerranée, sur la mer et tout au long de la route menant vers le poste-frontière. Mais il est difficile d’imaginer qu’entre jeudi 30 et vendredi 31 juillet, quelque 50 000 personnes, selon le ministère de l’intérieur espagnol, se sont subitement ruées vers ce bout d’Europe, souvent à la nage.
    Dès le vendredi, ce mouvement inédit s’est inversé : la plupart ont fait marche arrière, épuisés par des jours d’errance, le manque de sommeil et la faim. A Ceuta, ils disent n’avoir trouvé que des forces de l’ordre, des rideaux de boutiques abaissés et des commerçants qui refusaient de les servir. La désillusion les a poussés à faire demi-tour.De l’autre côté des barbelés, Ceuta s’est vidée de ces exilés éphémères. Cette fois-ci, la porte qui mène vers cet autre monde a été condamnée. Il n’en reste plus qu’une d’ouverte : celle qui reconduit cette jeunesse dans un quotidien qu’elle dit vivre en apnée. Selon les autorités espagnoles, plus de 48 000 personnes sont retournées dans leur pays.Mais à Fnideq, l’errance a continué. Sans téléphone, sans argent, sans chaussures, beaucoup de ces jeunes se sont retrouvés à dormir sous les palmiers ou sur le bitume des trottoirs. Sans violence, et parfois avec compassion, les policiers les ont progressivement dispersés, leur répétant de rentrer à la maison. Certains ont attendu que des proches viennent les récupérer, d’autres ont fait de l’auto-stop. Ils peuvent oublier Ceuta et l’Europe.
    Quelque chose a désormais changé à Fnideq : les Espagnols viennent d’installer sur les flots de la Méditerranée une frontière flottante de 500 mètres de long. Cette barrière orangée défigure un peu plus encore un horizon coupé en deux.Sous ce soleil cuisant, l’après-midi semble s’éterniser. En face du portail grillagé, gardé par les forces auxiliaires, de nombreuses mères attendent leur enfant. Elles voient défiler des jeunes de tous les âges venus de plusieurs régions du royaume, minés par ce retour précipité. Certains sont pieds nus ou en chaussettes, d’autres torse nu.Ces mères sont inquiètes. Elles scannent chaque visage : est-ce leur enfant ? Elles arrêtent quelques garçons et leur montrent des photos : « Avez-vous vu mon fils ? » L’une d’elles est en pleurs. Sa fille Rania, 15 ans, s’est fait la belle avec sa cousine, il y a deux jours. « Je ne savais pas qu’elle voulait partir », raconte-t-elle. Depuis, elle est assise devant la porte du retour, espérant revoir la silhouette et les longs cheveux bouclés de sa fille. Cette dame d’une cinquantaine d’années à la gandoura à bas prix a dormi, la nuit de vendredi à samedi, près de l’immense rond-point à l’entrée de la ville, avec des centaines d’autres familles, et des jeunes qui espéraient encore se faufiler jusqu’à Ceuta.
    Mouad Hossni et Achraf Mimoun, deux militants de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), écoutent attentivement ces mères et tentent de les rassurer. Ils sont venus de Tétouan, la grande ville la plus proche, pour échanger avec ces candidats à l’exil dans le but de rédiger un rapport sur cette traversée éclair. « On peut se demander si cet événement est spontané ou organisé, explique M. Hossni. Mais la question la plus importante demeure : quelles sont les causes sociales qui poussent des jeunes à prendre, en l’espace de quelques minutes, la décision de risquer leur vie en mer, quelles que soient les circonstances dans lesquelles cet événement s’est produit ? »
    Les récits de ces migrants éphémères se ressemblent tous. Ces garçons – les jeunes femmes sont très rares – racontent leur traversée comme une aventure extraordinaire. Ils évoquent les réseaux sociaux qui les ont poussés à rejoindre l’enclave espagnole et leur déception de n’avoir pas pu démarrer une nouvelle vie là-bas.
    Dans un long communiqué, l’AMDH a condamné « le silence inquiétant des responsables et des institutions » du pays qui n’ont toujours pas réagi publiquement à la crise. L’organisation exige l’ouverture d’« une enquête sérieuse et indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances et les causes ayant conduit aux récentes vagues d’exode, et établir les responsabilités ». L’ONG fait état de « près de 130 victimes », alors que le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, avance le chiffre de 67 morts.
    Désormais, il faut apprivoiser la déception, et attendre la prochaine occasion. « De toute façon, Ceuta, ce n’est pas vraiment l’Europe, lâche un jeune homme. On y retournera. » En contrebas, sur la plage, un adolescent vient de se lancer à l’eau. Un militaire lui demande de remonter, le garçon se met à pleurer : « Pour l’amour de Dieu, laisse-moi y aller. » Il a dû renoncer. Les heures passent, la chaleur est moins intense. Puis, des cris. De joie. Rania vient de passer la porte du retour. Sa mère la serre si fort qu’elle pourrait lui briser les os. Sa fille l’embrasse comme si elles ne s’étaient pas vues depuis des mois. Pourquoi est-elle partie ? « Je ne peux pas l’expliquer, répond Rania. J’ai le cerveau en pause. »

    #Covid-19#migration#migrant#maroc#espagne#ceuta#crisemigratoire#politiquemigratoire#sante

  • Plus de 60.000 migrants entrent illégalement dans l’enclave de Ceuta, l’Italie suspend la libre circulation avec l’Espagne
    https://www.dakaractu.com/Plus-de-60-000-migrants-entrent-illegalement-dans-l-enclave-de-Ceuta-l-It

    Plus de 60.000 migrants entrent illégalement dans l’enclave de Ceuta, l’Italie suspend la libre circulation avec l’Espagne
    L’arrivée illégale de quelque 60.000 migrants en provenance du Maroc dans l’enclave espagnole de Ceuta, qualifiée par Madrid d’"attaque" contre son intégrité territoriale, a provoqué vendredi une crise d’une rare ampleur au sein de l’Union européenne, l’Italie ayant annoncé suspendre temporairement son espace de libre circulation avec l’Espagne."Environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville", a déclaré le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas lors d’une conférence de presse vendredi, soit « 70% de la population de Ceuta », et déplorant la mort de 34 migrants, dont beaucoup par noyades.
    La plupart de ces migrants - en très grande majorité des Marocains, et principalement des jeunes hommes et des adolescents - seraient cependant retournés au Maroc, selon les autorités espagnoles.
    Les images de cette crise ont déclenché une montée au créneau de la droite et de l’extrême droite européenne autour des contrôles aux frontières de l’espace Schengen.Plusieurs pays européens ont fermement réagi à cette crise migratoire brutale, a commencer par l’Italie, qui a annoncé la fermeture de l’espace Schengen à l’Espagne.
    Dès jeudi, Rome, soutenue par la Finlande et le Danemark, avait signifié son intention de suspendre l’accord de libre circulation avec l’Espagne."Nous sommes prêts à agir, y compris par des mesures exceptionnelles (...) comme la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne", a affirmé la cheffe du gouvernement d’extrême droite italienne Giorgia Meloni.Une proposition qualifiée de « démagogique » par l’Espagne, et dont la portée reste incertaine encore, des juristes consultés par l’AFP assurant qu’il est impossible de l’appliquer dans le cadre légal actuel.
    « C’est une mesure prévue par les traités et qui est devenue aujourd’hui inévitable », a toutefois soutenu le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani sur X.L’intégrité de l’espace Schengen de libre-circulation « est absolument garantie », a quant à lui affirmé le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares.
    Signe du chaos régnant à Ceuta, de nombreux migrants ont retraversé vendredi la frontière en sens inverse pour rentrer au Maroc : « il y a trop de monde ici, tout est plein » a expliqué l’un d’eux à l’AFP.Selon Jose Manuel Albares, « la quasi-totalité de ceux qui sont entrés à Ceuta sont déjà retournés au Maroc ».À Castillejos, une ville du Maroc proche de Ceuta, Abdelhakim a raconté à l’AFP avoir parcouru « 14 km à pied par les montagnes » pour atteindre le territoire espagnol, où il n’a finalement pas réussi à entrer.
    « On nous a dit de passer par la mer. Mais je me suis retrouvé complètement submergé et j’ai vu deux jeunes (…) mourir sous mes yeux », a-t-il expliqué, assurant être « revenu en arrière » en se rappelant avoir deux enfants."C’est catastrophique ! (...). C’est vrai qu’ils souffrent énormément dans leur pays, mais ce ne sont pas des manières d’entrer. Nous avons nos enfants ici, j’ai peur pour eux", a réagi un chauffeur de taxi de Ceuta, Mohamed, auprès de l’AFP.
    Venant de la ville marocaine de Fnideq, qui jouxte l’enclave espagnole, les migrants, sont arrivés toute la nuit par la terre et la mer, franchissant les hautes barrières de barbelés qui matérialisent la frontière, ou les contournant par la mer. Dix-huit d’entre eux se sont noyés, selon une source policière.
    Ceuta, petit territoire de 84.000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le Détroit de Gibraltar, forme l’une des deux frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe (avec l’autre enclave espagnole de Melilla). Vendredi, des milliers de jeunes migrants étaient réunis sur les plages, certains se réchauffant autour de feux, d’autres dormant, sous le regard des forces de l’ordre, en grand nombre. Des rumeurs d’ouverture de la frontière entre le Maroc et Ceuta, propagées sur les réseaux sociaux, ont provoqué cette ruée, selon des témoignages recueillis par l’AFP. A Madrid, plusieurs centaines de manifestants anti-migrants, pour beaucoup vêtus de noir, se sont rassemblés vendredi soir devant l’ambassade du Maroc à Madrid pour dénoncer « l’invasion » migratoire à Ceuta, scandant des slogans comme « L’Espagne, chrétienne et pas musulmane ! ».
    D’autres brandissaient une grande banderole « Remigration », le retour des personnes immigrées vers leur pays d’origine, concept promu par de nombreuses formations d’extrême droite en Europe.A Ceuta, des centaines d’habitants de l’enclave ont manifesté devant l’hôtel de ville, criant : « Ceuta unie ne sera jamais vaincue ! », et certains proférant des insultes contre le Premier ministre socialiste espagnol.
    Arrivé vendredi matin avec son ministre de l’Intérieur, Pedro Sánchez a évoqué « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne » et accusé des « mafias » d’être à l’origine de la rumeur d’ouverture de la frontière.Le ministère espagnol de l’Intérieur a annoncé l’envoi immédiat de plusieurs dizaines de membres de la Garde civile et policiers, parmi lesquels huit plongeurs, ainsi qu’un bateau et des drones.A Washington, le président américain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale une de ses priorités, a jugé que les images de l’enclave espagnole de Ceuta ressemblaient à « l’invasion d’un pays », accusant sur X l’Espagne de mener des « efforts délibérés » ayant favorisé cette immigration clandestine.La France et le Royaume-Uni se sont dits prêts à aider l’Espagne.Paris a toutefois annoncé multiplier par cinq le nombre de policiers et de gendarmes samedi à la frontière franco-espagnole, portant leur nombre à 334. Bruxelles a cependant indiqué vendredi n’avoir relevé aucun flux migratoire entre Ceuta et le continent européen."Ce n’est pas le moment de se diviser. C’est le moment de continuer à construire une Union européenne forte et unie", a réclamé Pedro Sanchez sur le réseau social X.Cette crise migratoire à Ceuta rappelle la précédente de 2021, lorsque des milliers de personnes avaient traversé la frontière à la faveur d’un assouplissement des contrôles par Rabat lors d’un différend diplomatique avec l’Espagne.

    #Covid-19#migration#migrant#maroc#ceuta#espagne#crisemigratoire#droit#sante#migrationirreguliere#frontiere

  • L’Espagne installe une barrière flottante à la frontière de Ceuta - Le bilan monte à 67 morts
    https://www.dakaractu.com/L-Espagne-installe-une-barriere-flottante-a-la-frontiere-de-Ceuta-Le-bila

    L’Espagne installe une barrière flottante à la frontière de Ceuta - Le bilan monte à 67 morts
    Les autorités espagnoles ont entamé samedi matin l’installation d’une barrière de contention sur la digue d’El Tarajal, à Ceuta, a annoncé le ministère espagnol de l’Intérieur. Le principal dispositif est une structure flottante de 500 mètres de long, qui s’élève de 30 à 70 centimètres au-dessus de l’eau et descend jusqu’à un mètre sous la surface. Cette installation est complétée par une première rangée de bouées ancrées, fournies par la marine espagnole. Un passage est maintenu entre les deux dispositifs afin de permettre aux embarcations de la Garde civile espagnole de surveiller en permanence la barrière flottante et d’assurer sa protection. Le nombre de personnes décédées lors de la crise migratoire à la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta est passé à 67, a annoncé le gouvernement espagnol. Ces derniers jours, des dizaines de milliers de migrants ont tenté de rejoindre l’enclave depuis le Maroc. Certains ont notamment traversé la mer à la nage. Plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie dans ces tentatives. L’Espagne a également annoncé samedi l’installation d’une barrière de protection le long de la digue qui s’avance dans la mer à Ceuta. La grande majorité des migrants sont désormais retournés au Maroc. Beaucoup d’entre eux sont de jeunes Marocains. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dénoncé samedi l’attitude « égoïste » de certains pays de l’Union euroéenne face à la crise migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta et réclamé une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur des 27. « Une telle attitude - motivée par les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques - est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l’encontre des intérêts à long terme de l’Europe », a-t-il écrit dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l’AFP. Des milliers de candidats à l’émigration, en large majorité marocains, refoulés de l’enclave espagnole de Ceuta et revenus dans la petite ville de Fnideq dans le nord du Maroc, continuent samedi matin à être embarqués dans des autocars pour être ramenés chez eux, selon des journalistes de l’AFP. Une source marocaine proche des opérations, qui ont débuté vendredi soir, a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat que les milliers de personnes renvoyées par l’Espagne allaient être acheminées chez elles « directement en autocar ou via la gare de Tanger », métropole portuaire et industrielle d’un million d’habitants située à 70 km de Fnideq. Selon cette source, le poste frontalier de Fnideq est désormais « totalement sécurisé » tout comme les collines qui le surplombent d’où des centaines de candidats à l’émigration, surtout des jeunes hommes marocains, avaient jeté des pierres sur les forces de l’ordre vendredi. Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi soir que la quasi totalité, au moins 48.000 des 60.000 migrants entrés illégalement ces derniers jours à Ceuta, seul territoire espagnol en Afrique avec Melilla, à 400 km plus à l’est, étaient déjà rentrés au Maroc. Tard vendredi, les journalistes de l’AFP ont vu partir une vingtaine d’autocars de chacun 54 places, soit une capacité d’un millier de personnes. Les autobus étaient à destination de Tanger, mais également Tetouan ou la capitale économique Casablanca, dotées d’installations ferroviaires pour réacheminer des gens venus parfois d’aussi loin que Marrakech, à plus de 500 km au sud.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#ceuta#maroc#crisemigratoire#migrationirreguliere#sante#frontiere

  • Un afflux massif de migrants à Ceuta ravive les tensions entre l’Espagne et le Maroc
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/31/un-afflux-massif-de-migrants-a-ceuta-ravive-les-tensions-entre-madrid-et-rab

    Un afflux massif de migrants à Ceuta ravive les tensions entre l’Espagne et le Maroc
    Par Guillaume Delacroix (Barcelone, correspondance) et Mustapha Kessous
    Ils ont fui vers l’Europe pieds nus, en slip ou en maillot de bain, certains à la nage, d’autres sur des bouées ressemblant à des pneus. Passé la digue qui sépare les faubourgs de la ville marocaine de Fnideq de la plage de Ceuta, ils ont couru vers le centre de l’enclave espagnole, levant les bras aux cris de « Viva España ! » Alors qu’environ 1 500 entrées illégales de migrants avaient été observées depuis une dizaine de jours à Ceuta, le flux s’est soudainement accéléré, jeudi 30 juillet, avec l’arrivée par la mer de milliers de personnes, de jeunes hommes et des adolescents dans leur immense majorité, Marocains pour la plupart.
    Les arrivées se sont poursuivies dans la nuit. Au moins 18 d’entre eux sont morts par noyade, a déclaré vendredi le ministère espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, évaluant à ​près de 50 000 le nombre de migrants ayant franchi la frontière au ‌cours des dernières 24 heures. Il s’est rendu sur place, vendredi matin, aux côtés du premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. Il s’agit de la plus importante arrivée de migrants depuis la grande crise de mai 2021, lors de laquelle plus de 10 000 personnes avaient réussi à passer en deux jours la seule frontière terrestre de l’Union européenne avec le continent africain avec Melilla, l’autre enclave espagnole en territoire marocain, où la frontière a été fermée.
    Du 1er janvier au 15 juillet, l’Espagne a enregistré une diminution de près de 25 % des arrivées sur son territoire. Cette baisse s’explique notamment par des accords signés avec le Maroc en février 2023 pour lutter contre la migration illégale. Le nombre de personnes empruntant la route vers les Canaries, par exemple, a chuté de 61 %. Toutefois, au gré de ces accords, les flux migratoires se sont déplacés. Ceuta est redevenue en 2026 l’une des portes privilégiées pour entrer en Europe avec une augmentation de plus de 149,4 % des passages par voie terrestre.
    Jeudi, Juan Jesus Vivas, le président (PP) de la ville autonome de Ceuta, a fait part de son inquiétude face à des centres d’accueil « débordés et saturés ». Au nom de toutes les formations politiques représentées au sein de l’exécutif local, parmi lesquels le Parti populaire (PP, droite) et Vox (extrême droite), mais aussi le Parti socialiste (PSOE), Juan Jesus Vivas a demandé au gouvernement espagnol la déclaration de « l’état d’urgence national ». A Madrid, le président du PP, Alberto Nuñez Feijoo, a exigé du gouvernement qu’il « reprenne le contrôle » de l’enclave tandis que la direction de
    Le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, a téléphoné à Juan Jesus Vivas pour tenter de le rassurer. « Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires (…) pour revenir à la normale dès que possible », a-t-il dit. En fin de journée, le déploiement de l’armée a été annoncé pour répondre à la gravité de la situation. Madrid a exclu, en revanche, de recourir à l’état d’urgence, les flux migratoires n’étant pas considérés comme un risque relevant du système national de protection civile.
    En Italie, la présidente du conseil d’extrême droite Giorgia Meloni s’est emparée de l’affaire, dénonçant les « images choquantes » de Ceuta et appelant à « des mesures exceptionnelles (…), comme la suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne ». Le ministre espagnol des affaires étrangères, José Luis Albares, a dénoncé dans la foulée la « démagogie » de Rome, annonçant la convocation vendredi de l’ambassadeur d’Italie à Madrid en signe de protestation.
    Pour le gouvernement espagnol, cette nouvelle poussée de fièvre s’explique par un arrêt rendu le 8 juillet par la Cour suprême espagnole qui aurait, selon lui, incité les réseaux de passeurs à redoubler d’activité. La haute juridiction se prononçait sur le cas d’un migrant originaire d’Algérie qui contestait sa remise aux autorités marocaines après avoir été intercepté en haute mer en novembre 2024 alors qu’il tentait, avec deux autres personnes, de rejoindre Ceuta à la nage. Elle a estimé que le refoulement immédiat de migrants tentant de rejoindre Ceuta ou Melilla par la mer n’était pas possible, alors qu’il l’est pour ceux qui passent illégalement la frontière par voie terrestre. « Cette décision de justice a encouragé les migrants à se diriger vers Ceuta par la mer, explique Jamila El Abboudi, militante à l’Association marocaine des droits humains (AMDH). La situation est catastrophique. »
    Au premier trimestre, le Maroc a affiché 4,6 % de croissance, mais le taux de chômage s’élève à 10,8 % de la population active et à 29,2 % chez les 15-24 ans, selon le Haut-Commissariat au plan marocain. « Un jeune qui part, parfois avec l’assentiment de ses parents, c’est une assurance qu’il enverra de l’argent à sa famille, souligne le sociologue Ali Zoubeidi. Le fait que le gouvernement espagnol annonce la régularisation de 500 000 sans-papiers [en avril] a aussi pu inciter des jeunes à tenter de rejoindre Ceuta. »
    A ce contexte espagnol s’ajoute un événement qui peut laisser penser que Rabat aurait délibérément lâché du lest aux portes de Ceuta. Le 20 juillet, au lendemain de la victoire de l’Espagne au Mondial de football, Pedro Sanchez s’est rendu à Alger en visite officielle pour apaiser les tensions avec son premier fournisseur de gaz, après la crise déclenchée en 2022 par le soudain soutien espagnol au plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, un territoire disputé par les indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Pour Abdullah Abaakil, vice-secrétaire du Parti socialiste unifié marocain, il n’y a aucun doute : « Les autorités marocaines ont clairement laissé passer, assure-t-il. Il y a une tendance douteuse à utiliser la migration et le désespoir des jeunes pour mettre dans l’embarras le gouvernement espagnol et lui dire quand les choses ne lui plaisent pas. » Jeudi, Madrid et Rabat ont assuré que les deux pays travaillaient « en coordination », pour assurer « dès que possible, le rapatriement de toutes les personnes entrées illégalement » à Ceuta ces derniers jours. « La situation est critique, estime Jamila El Abboudi de l’AMDH. Il y a des centaines de jeunes qui viennent de Kénitra, Casablanca ou El Jadida, qui se dirigent vers la frontière de Ceuta. Ce n’est pas terminé. » Mise à jour le 31 juillet 2026 à 9 h 55, avec l’arrivée du premier ministre et du ministre de l’intérieur et l’actualisation du nombre de morts par noyade et de personnes ayant rejoint l’enclave

    #Migrant#migration#maroc#espagne#ceuta#migrationirreguliere#crise#frontiere#droit#sante

  • Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/31/afflux-de-migrants-a-ceuta-la-droite-et-l-extreme-droite-francaises-mettent-

    Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    Par Marie Pouzadoux et Corentin Lesueur
    Il a suffi de quelques heures pour que les images inondent les réseaux sociaux et enflamment la droite et l’extrême droite françaises. Celles de dizaines de milliers de personnes traversant la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 juillet, après plusieurs jours d’arrivées en continu, ayant causé la mort d’au moins 34 personnes. Vendredi à 17 heures, plus de 37 500 migrants étaient déjà rentrés au Maroc, selon le gouvernement espagnol.
    Face à l’inflammabilité du sujet migratoire et une situation difficilement maîtrisable sur place, le gouvernement français a rapidement réagi vendredi. A l’instar des autres Etats membres de l’Union européenne (UE) redoutant des répercussions politiques et sécuritaires, Emmanuel Macron a déclaré avoir exigé le « renfort des contrôles à la frontière avec l’Espagne », peu après que le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé avoir « donné des instructions » en ce sens « dès [jeudi] soir ».Soucieux de se montrer en alerte sans s’avancer, pour l’heure, sur les causes de ces arrivées massives du Maroc, Emmanuel Macron a affiché la solidarité de la France envers l’Espagne. Se disant prête « à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », y compris au travers de l’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières (Frontex).
    La ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s’est aventurée plus loin. Interrogée au micro d’Europe 1 en début de matinée, elle a déploré des « autorités qui ne savent pas réguler et qui ont permis à ce flux massif [d’]arriver en Espagne », semblant cibler en creux le Maroc, comme la responsabilité des réseaux de passeurs clandestins. Mais elle a estimé que c’était aussi « la politique qui est menée par le gouvernement espagnol en matière migratoire » qui a conduit à cette situation. Dès vendredi matin, une partie de la droite ne s’est pas embarrassée de précautions pour accuser avec virulence le gouvernement espagnol d’être responsable de cet afflux migratoire, en raison de « ses choix laxistes ».
    Le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, est devenu à leurs yeux une figure honnie depuis son annonce, en avril, d’un plan de régularisation exceptionnel de 500 000 personnes pour soutenir l’économie du pays. « La décision (…) que j’avais dénoncée crée un formidable appel d’air qui menace de déstabiliser l’Europe entière », a ainsi conspué sur X le candidat à la présidentielle des Républicains (LR) Bruno Retailleau. L’ex-ministre de l’intérieur, qui avait prôné « la mise au ban de l’Espagne » lors de l’annonce de la mesure, a appelé vendredi à un « électrochoc » européen.
    Dès la diffusion des premières images, l’extrême droite française s’est précipitée pour dénoncer une « invasion migratoire », usant de champs lexicaux guerrier ou animalisant, ou de références à la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement ». L’eurodéputée Marion Maréchal a décrit des « hordes de jeunes Marocains », à qui le président de Reconquête ! Eric Zemmour, lui, a promis la « remigration, sinon nos peuples seront balayés par ce tsunami ». « Ils seront demain dans nos rues », a pour sa part alerté le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, sur X, déplorant une « submersion sans précédent ». En tant que président du groupe des Patriotes pour l’Europe (PFE), il a réclamé la tenue en urgence d’une session plénière exceptionnelle du Parlement européen.
    Plus que le rétablissement des contrôles à la frontière espagnole déjà annoncés, des responsables politiques de droite et d’extrême droite ont réclamé la suspension des règles de libre circulation dans l’espace Schengen, en soutien à la position de présidente du conseil italien, Giorgia Meloni. Quand bien même ces règles ne s’appliquent pas à l’enclave espagnole située au nord du continent africain.
    Dans un message posté sur X, la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, en a même profité pour rappeler sa promesse de réserver le libre passage des frontières aux seuls citoyens européens. De quoi faire réagir, de l’autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon : « Marine Le Pen voudrait présider une grande puissance européenne, mais ne sait pas que Ceuta (…) est déjà exclue de l’accord Schengen. » Le candidat de La France insoumise a plaidé a contrario pour que le France ne « laiss[e] pas [l’Espagne] seule face à l’épreuve » et « d’éventuelles manipulations », exigeant une « coordination européenne pour de l’aide humanitaire ».
    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi dénoncé « les mensonges », de « la droite et l’extrême droite [qui] se concurrencent chaque jour en matière de désinformation ». Il a témoigné de son soutien « aux autorités espagnoles pour lutter contre ce qui ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation de leur territoire », en pleines tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc. Au sein du bloc central, Edouard Philippe (Horizons), plus précautionneux dans son discours que Bruno Retailleau, a pressé la convocation d’une réunion en urgence des ministres de l’immigration des Vingt-Sept, tout comme le déploiement des forces de Frontex. Mais il a aussi incité l’UE à faire acte de plus de fermeté dans sa discussion avec les pays africains pour « prot[éger] ses frontières » et a renvoyé la balle à l’Espagne, jugeant qu’il « n’est pas acceptable qu’un pays [membre de l’UE] puisse seul décider de régularisations massives qui créent un appel d’air pour tout le continent ». Son concurrent dans la course à l’Elysée Gabriel Attal a lui aussi évoqué un « drame » qui « déstabilise tout un territoire », encourageant l’UE à « engage[r] un rapport de force inédit vis-à-vis des pays tiers et des réseaux criminels de passeurs qui sont à l’origine des événements ».

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  • Calabria, un #manifesto per «normalizzare #San_Luca»: esperti e cittadini immaginano insieme un presente diverso

    Su San Luca (Reggio Calabria), dalle cronache spesso associata alla ’ndrangheta, pesano gravi pregiudizi che emarginano i suoi cittadini e aumentano la sfiducia nello Stato. Anna Sergi e Francesco Donnici raccontano l’iniziativa del «Manifesto con San Luca», nata per coinvolgere abitanti, esperti e rappresentati della società civile in una riflessione collettiva che possa eliminare lo stigma e portare a un cambiamento

    San Luca (Reggio Calabria), cittadina di circa tremila abitanti ai piedi dell’Aspromonte, è nota ai più per le cronache che la associano alla storia di “mamma” ‘ndrangheta. Nei giorni scorsi, una delle voci autorevoli del paese, commentando l’ennesimo blitz di alcune emittenti televisive, scriveva: «Per anni San Luca è stata descritta come il luogo delle tenebre. Oggi gli stessi ambienti che hanno contribuito a costruire quell’immagine spiegano che bisogna superarla». Tale atteggiamento, in questa visione critica, viene descritto dalla stessa autorevole voce come sintomo di una «perfetta economia circolare della narrazione». Un’espressione che sintetizza il sentimento di una popolazione spesso illusa e delusa, quando non usata, dalle tante voci avvicendatesi, nel bene e nel male, in iniziative finalizzate a sconfiggere “mostri” alimentati per essere utilizzati a favor di telecamera.

    A San Luca è sorta un’iniziativa che mette al centro il dialogo con le persone; con i suoi cittadini: non per narrarli, ma per provare a essere cassa di risonanza di voci concepite come parte di un tutto più ampio. Ne è nato un documento politico intitolato “Manifesto con San Luca”. Il Manifesto non vuole dare risposte univoche, ma linee guida, spunti di riflessione e pratiche sociali per interpretare e reimmaginare il presente di queste realtà. Si vuole rivolgere principalmente ai cittadini di San Luca e della Locride, poi ai calabresi tutti. La classe politica e amministrativa locale e della regione Calabria è il target diretto, giornalisti, analisti e forze dell’ordine altrettanto.

    L’iniziativa, ancora in divenire, è presentata con la formula del “Manifesto” perché è una sintesi delle riflessioni raccolte tra cittadini, esperte, ricercatrici, docenti, ingegneri e quante più persone vivono e conoscono il territorio calabrese e si siano sentite di offrire con gratuità il proprio contributo alla costruzione di un testo che potesse essere preludio a una riflessione collettiva e condivisa. Il percorso del Manifesto è iniziato nei primi mesi del 2026 e si è servito dei metodi della ricerca sociale in ambito criminologico per iniziare a mettere su una massa critica di opinioni: individuati gli esperti (calabresi), si sono fatte delle brevi interviste con loro; visite al paese, spesso preannunciate sui social, e coadiuvate anche dalla Caritas locale, hanno permesso di interfacciarsi con la popolazione su alcuni punti di primario interesse.

    In altre parole, il “Manifesto con San Luca” aspira a incarnare un soggetto collettivo che apre a una riflessione più ampia sulle sorti delle “aree interne montane” e della Calabria, riconoscendo e non smentendo l’esistenza di taluni problemi, come può essere la presenza e operatività di storici clan di ‘ndrangheta originari del territorio. L’obiettivo, anche in questo caso, non è però quello di prestarsi a strumentali apologie di mafia, né di ridurre la ‘ndrangheta a semplice questione criminale da risolvere, bensì, è scritto, «di prendere coscienza di quali fattori, all’interno delle stesse comunità e delle istituzioni, facilitino il riprodursi e ripresentarsi della ‘ndrangheta»: l’assenza di uno Stato affidabile, la mancanza di opportunità, la marginalità geografica, la frammentazione sociale, la rassegnazione, il silenzio, l’ambiguità delle posizioni individuali, le narrazioni appiattite su certi stereotipi, sono solo alcuni esempi. San Luca viene chiamato in causa come “laboratorio” dell’esistente, non come oggetto di un esperimento, ma perché è una rappresentazione in piccolo di problemi riscontrabili anche altrove, spesso nemmeno reali, ma frutto di percezioni esterne, anche distorte.

    «Normalizzare San Luca»

    A settembre 2023, proprio in un’intervista pubblicata sulle pagine de lavialibera, Bruno Bartolo, ultimo sindaco eletto della cittadina prima del più recente commissariamento del Comune avvenuto circa un anno dopo, dichiarò che il suo obiettivo era quello di «normalizzare San Luca». Il paese, secondo il primo cittadino insediatosi il 27 maggio 2019 dopo una lunga stagione di scioglimenti e commissariamenti, veniva raccontato come un’anomalia e tale racconto rischiava di distrarre dai “normali” problemi che San Luca condivide con tante aree simili. Su tutti, mancanza di lavoro, di luoghi di incontro e confronto permanenti, di iniziative dello Stato che non siano solo un “mordi e fuggi” spesso tradotto in tanti progetti “non finiti” che affollano il panorama e gli archivi del municipio. «I sanluchesi sono in credito con lo Stato fin dall’alluvione che devastò il territorio nel 1973», diceva ancora Bartolo riassumendo un lunghissimo periodo di mancanze che hanno finito per scoraggiare anche i più volenterosi dall’assumersi il compito di rappresentare la “cosa pubblica” sul territorio.

    Cosa pubblica che nel frangente è diventata “cosa di nessuno”, tra l’incuria e l’assenza di progettazione. Di fatti, «la ‘normalizzazione’ del paese passa dai suoi servizi», come poteva essere la strada che porta al Santuario di Polsi, tanto impraticabile da inibire la celebrazione dello storico pellegrinaggio verso la Madonna della Montagna nel 2025, o l’istruzione, come l’ex sindaco aveva scritto (insieme agli omologhi di Platì, Africo e Careri) nella lettera inviata al ministro Giuseppe Valditara, per chiedere un intervento strutturale su scuola e lavoro, tale da togliere i giovani dalla strada incentivando un «comune percorso di antimafia legato a specifici progetti che fanno perno su una scuola qualificata e realmente formativa». Se fosse riuscito in quest’opera di “normalizzazione”, l’ex sindaco avrebbe valutato di ricandidarsi. Così non è stato e all’esito di una tornata elettorale senza liste e candidati, le sorti del Comune sono state affidate a una commissione straordinaria.

    Missioni e Fondazioni

    Nel mentre, a carico di Bartolo e altri è stata aperta un’indagine legata alla concessione dello stadio comunale e all’assegnazione degli spazi nell’area mercatale del Santuario di Polsi, che ha gettato nello sconforto una popolazione sentitasi accerchiata dagli organi inquirenti. Ma non è tutto. Nel giugno del 2024, la Commissione parlamentare antimafia guidata da Chiara Colosimo si era recata in missione a San Luca. Una visita che ha lasciato in dote soltanto una foto di dubbio gusto scattata dai parlamentari sotto il vecchio cartello d’ingresso al paese – non più esposto sulla pubblica via – forato dai colpi delle lupare e una relazione di 32 pagine «non esenti da retorica» come scritto da Pablo Petrasso su LaC news.

    Nel documento, al classico racconto sulla ‘ndrangheta e sulla cultura mafiosa che influenza i giovani, venivano accostate considerazioni sulle risorse di un territorio, solo per fare un esempio, dal grande potenziale turistico «limitato dal degrado ambientale dell’intera Locride e dalla mancanza di una cultura imprenditoriale adeguata». Sulla scorta di un tale complesso di riflessioni – per certi versi un po’ stantie, per altri un po’ distratte dalle reali dinamiche territoriali incarnate dalle diverse realtà sociali positive che operano in quella porzione della provincia di Reggio Calabria – l’organo concludeva dichiarandosi «disponibile a fornire spinta e testimonianza concreta a quelle comunità, con la candidatura diretta di propri membri» alle elezioni amministrative.

    Il terremoto si completa con la scossa data dallo scioglimento, disposto dalla prefettura di Reggio Calabria il 21 marzo 2025, del CdA della Fondazione culturale “Corrado Alvaro”, giornalista, antifascista, vincitore del premio Strega e autore del capolavoro “Gente in Aspromonte” oltre che figlio nobile di San Luca. Il provvedimento evidenziava criticità come la ridotta operatività della Fondazione o «un progressivo depauperamento del patrimonio e contestazioni relative alla composizione degli organi di governo, anche per la presenza di soggetti con parentele a famiglie riconducibili a contesti di criminalità organizzata». Una lettura che fin da subito ha destato perplessità, ma soprattutto polarizzato l’opinione pubblica tra coloro i quali sostengono la necessità di questo commissariamento, il primo per un soggetto culturale, e chi ritiene che questa sia l’ennesima – forse la più grave – cicatrice inferta all’identità del popolo sanluchese che vede infangato anche il nome dell’intellettuale a 130 anni dalla sua nascita.

    Dopo alcune proteste social, flashmob, la nomina di un Comitato scientifico, il rinnovo del CdA, lo scorso mese di giugno il Tribunale amministrativo regionale – accogliendo il ricorso presentato da Aldo Maria Morace, presidente del CdA sciolto, e dal vice Tonino Perna – ha ribaltato il provvedimento della prefettura. Tuttavia, la decisione del tribunale amministrativo di primo grado viene congelata a inizio luglio dal Consiglio di Stato. Al di là di quelli che saranno gli esiti del processo amministrativo, è evidente il grave disagio forse non considerato ma certamente arrecato alla popolazione di San Luca. Dinamiche che è impossibile disgiungere da quel pregiudizio di fondo derivato dall’abuso di una certa narrazione fatta nei confronti di un paese dove tutti, indistintamente, rischiano di cadere nel calderone della criminalizzazione, che diventa criminalizzazione della fragilità oltre che della devianza mafiosa.
    Sentenze e movimenti sociali

    Il referendum sulla giustizia del 22-23 marzo 2026 ha rappresentato un altro momento di frattura e incomprensione. L’82,39 per cento degli elettori di San Luca ha votato “Sì”. Percentuale simile a quella di altri comuni dell’area aspromontana e ionica. Tale risultato, complici alcuni spunti derivati dalla campagna referendaria, hanno fatto gridare all’endorsement mafioso. Una lettura superficiale e offensiva per chi, in quei territori, ha creduto – ingenuamente o disperatamente secondo chi scrive – che quella riforma potesse rappresentare una giustizia più equa, dove non si viene marchiati a vita per un cognome o per il luogo di nascita. Quel voto, per chi lo osserva conoscendo il territorio, non è stato un allineamento alla ’ndrangheta, ma un grido contro una magistratura percepita come unica presenza dello Stato: non quella che costruisce scuole o strade, ma quella che arriva con le manette e i titoli di giornale. Un voto di protesta che si è inserito perfettamente in quel solco di risentimento e frustrazione alimentato da decenni di abbandono istituzionale, trasformandosi in un messaggio politico urlato: quello di comunità stanche di sentirsi sospette per nascita e residenza, prima ancora che cittadini.

    A completare il quadro di sfiducia è arrivata, nel mese di giugno, la sentenza di appello del processo Gotha, con l’assoluzione, tra gli altri, del sacerdote di San Luca don Pino Strangio, accusato e condannato in primo grado di concorso esterno in associazione mafiosa. Il provvedimento è arrivato dopo dieci anni di processo, di ambiguità relazionali imposte all’intera comunità, di erosione ulteriore della fiducia nelle istituzioni. Come sempre, gli arresti e le prime condanne hanno riempito le prime pagine; le assoluzioni, quando arrivano, vengono relegate in trafiletti che non restituiscono dignità né riparano il danno. Dopo l’assoluzione si è formato un piccolo movimento sui social che chiede, pretende quasi, il ritorno a Polsi di don Pino Strangio come rettore del Santuario della Madonna della Montagna nel frangente riaperto ai fedeli – con accesso per ora solo a piedi – per l’estate 2026. A prescindere dalle considerazioni tecniche sulle nomine ecclesiastiche e a prescindere anche dalle valutazioni nel merito dell’assoluzione – come della precedente condanna – è necessario notare come questo coro social dimostri ancora una volta che la comunità sanluchese non solo c’è, ma quando si muove lo fa in maniera compatta. Se questa dinamica si osserva dalla prospettiva dei movimenti sociali diventa un’opportunità enorme per aprire a un possibile cambiamento. Tuttavia, se da un lato questa coesione è una risorsa potenziale per il cambiamento, dall’altro rischia di tradursi in vittimismo collettivo quando non si accompagna a un’assunzione di responsabilità e a un senso civico che vada oltre la difesa identitaria.

    Parole chiave

    https://www.youtube.com/watch?v=XPIbAULzTvo&t=187s

    Questa breve ricostruzione aiuta a comprendere il contesto all’interno del quale si è fatta strada l’idea del “Manifesto”. Il documento continua ad essere arricchito di spunti, alcuni dei quali arrivati dopo il primo lancio pubblico avvenuto lo scorso 18 giugno al festival “Trame” di Lamezia Terme. La riflessione emersa a quel tavolo è stata sintetizzata in un elenco di parole chiave suddivise in cinque macrocategorie:

    crisi del territorio, marginalità e abbandono;
    crisi della sfera pubblica e del bene comune:
    crisi morale e culturale;
    crisi della fiducia e delle relazioni;
    prospettive di cambiamento.

    Tra queste, si vogliono evidenziare due concetti che fin dall’inizio, dall’osservazione profonda del territorio di San Luca attraverso il metodo scientifico, hanno fatto da traino all’iniziativa: da un lato si parla di “isolamento e marginalità”, intesa «la condizione geografica e sociale che relega aree come San Luca ai margini delle politiche pubbliche e dell’attenzione collettiva»; dall’altro di “vittimismo come interiorizzazione dello stigma”, ovvero «il rischio che le comunità interiorizzino lo sguardo esterno stigmatizzante (in senso lato, criminalizzante), trasformandolo in rassegnazione e risentimento».

    Sullo sfondo, le aree interne

    Questa riflessione non deve essere concentrata esclusivamente su San Luca, ma da San Luca può trasporsi anche su altri livelli territoriali. Basti pensare al dibattito innescato dal Piano strategico nazionale per le aree interne (Psnai) 2021-2027 letto da alcuni come una condanna a morte nella parte in cui parla di accompagnamento dei territori in un «percorso di spopolamento irreversibile». Alcuni studiosi, tra cui l’antropologo Vito Teti, hanno definito il documento come parte di un lungo percorso di “eutanasia territoriale” che coinvolgerebbe diversi paesi, su più livelli, e non solo contesti come San Luca.

    Come hanno evidenziato i docenti Domenico Cersosimo e Rocco Sciarrone in un più recente contributo sulla rivista Dissonanze, «tutta la Calabria è ormai un’unica grande area interna». Secondo la struttura del “Manifesto con San Luca”, l’inciso potrebbe valere addirittura per l’intera Italia dove i dati Istat raccontano di un processo di spopolamento che coinvolge anche i grandi centri urbani. Per questo motivo, se non maneggiato con cautela, il dibattito sulla sorte delle aree interne rischia anch’esso di diventare fuorviante e scoraggiare le forze buone della popolazione. Servono politiche, servono «forme di resistenza» per dirla sempre con Cersosimo e Sciarrone, che incentivino le persone a restare superando l’idea romantica ma vuota di una “restanza” fine a se stessa, che, come tale, diventa solo un modo elegante per selezionare chi può restare e chi non può andarsene.

    L’incentivo è quello di produrre una forte spinta oltre le retoriche della “resilienza” che in questi anni pur si è vista, ma si è tradotta in un tirare a campare spesso disgiunto dai progetti a lungo termine. Viceversa, il dibattito va traslato sul campo dei servizi, dell’economia sociale legata a doppio filo alla valorizzazione dei territori, della loro storia, risorse e identità. Da poco, il commissariamento del Comune è stato prorogato di sei mesi, ma il prossimo anno le elezioni amministrative torneranno a bussare. Si voterà per dare a San Luca una nuova amministrazione. L’auspicio è che le campagne elettorali tengano conto dei reali bisogni dei cittadini e non siano solo spot. Che siano costruite “con”. In tal senso, questo disegno collettivo e condiviso, è a disposizione di chi saprà farne buon uso, per offrire spunti utili alla costruzione di una visione d’insieme.

    https://lavialibera.it/it-schede-2761-un_manifesto_per_normalizzare_san_luca
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    • La Calabria non è un altro mondo

      La Calabria non è «un altro mondo», ma una versione estrema di problemi che attraversano l’Italia: povertà, disuguaglianze, debolezza dei servizi pubblici, frammentazione sociale. La regione vive una forte dipendenza dalla spesa pubblica e una modernizzazione guidata dall’alto, con scarso protagonismo collettivo. La politica occupa un ruolo centrale, mentre la ’ndrangheta prospera nelle connessioni tra economia e potere. Accanto a rassegnazione ed emigrazione, esistono esperienze di resistenza e innovazione, ma ancora incapaci di produrre un cambiamento strutturale.

      «È certo la più strana tra le nostre regioni. [...] Si direbbe che qui siano franati insieme i detriti di diversi mondi; che una divinità arbitraria, dopo aver creato i continenti e le stagioni, si sia divertita a romperli per mescolarne i lucenti frantumi. Si deve a questo se i viaggiatori stranieri, in Calabria, rimangono disorientati. Non riescono a definirla. La trovano diversa, non solo dalle altre regioni italiane, ma da qualsiasi parte del mondo, e stentano a valutarne la civiltà». [Guido Piovene, Viaggio in Italia]

      La Calabria è una terra simbolo al negativo. Area estrema del nostro mondo, non un altro mondo. Una regione pervicacemente fuori squadra. Tra le ultime in Europa per reddito; la più povera tra le venti regioni italiane. Ma anche quella con la disuguaglianza economica interna più elevata tra tutte le regioni dell’Unione europea: il reddito del quinto dei calabresi più ricchi è 8,5 volte quello del quinto dei più poveri (attorno a 5 nell’Unione europea e in Italia), a testimonianza del fatto che i calabresi più ricchi sono relativamente meno ricchi degli italiani che abitano nelle regioni del Nord mentre i calabresi poveri sono molto più poveri dei poveri del Nord.

      Già questi pochi dati di sintesi mostrano l’utilità di guardare alla Calabria come a un’area in grado di rappresentare alcuni tra i più rilevanti problemi di cui si discute attualmente, e che in vario modo riguardano altre regioni, l’Italia e l’Europa. Un’utilità amplificata dal fatto che in Calabria questi problemi sembrano essere concentrati alla massima potenza. Lo stesso può dirsi degli interventi rivolti ad affrontarli.

      D’altra parte, il tessuto sociale e istituzionale della regione risulta frammentato e segmentato, strutturato secondo rigide logiche autoreferenziali, per silos verticali; mancano disegni intenzionali di connessioni funzionali; latitano infrastrutture di collegamento, raccordo, interazione. Di nuovo, una situazione ravvisabile anche in altri contesti, che segnala il progressivo sfilacciamento dei legami sociali, che ha però raggiunto qui livelli estremi.

      Da tempo la Calabria si colloca nelle retrovie delle graduatorie nazionali delle dotazioni e della qualità dell’offerta di servizi pubblici essenziali (sanità, scuola, servizi sociali e culturali, servizi per l’infanzia e gli anziani). I calabresi, di conseguenza, sono cittadini a bassa cittadinanza. L’intera regione, comprese le poche città, è assimilabile ad un’unica grande area interna, un’area lontana dai centri di servizi essenziali: spesso distanti fisicamente, inesistenti, di difficile accessibilità o mediamente scadenti.

      Un calabrese su due è a rischio di povertà o di esclusione sociale. Un picco scandalosamente alto, il più alto (e di molto) di tutta Europa. Un calabrese benestante convive con un calabrese povero/vulnerabile. Due società slegate.

      I benestanti godono di risorse adeguate per smarcarsi dal malconcio settore pubblico, mentre i poveri/vulnerabili si trovano in condizioni di gravi deprivazioni materiali quotidiane, di lavori poveri, di salari all’osso, di disconoscimento. I benestanti abitano una certa orizzontalità relazionale, potendo contare su reti di sostegno reciproco, di scambio, di potere, di affari. Reticoli che, seppure limitati alla cerchia sociale di riferimento, alimentano comunanze e vantaggi esclusivi, capitale sociale di club.

      I poveri/vulnerabili abitano invece un tessuto sociale disperso e atomizzato: senza adeguate infrastrutture politico-sindacali, spesso persino senza parrocchie di prossimità.

      Le classi alte trovano convenienze nello status quo; i poveri si rassegnano allo status quo perché senza risorse e «capitali» per immaginare un’altra vita, senza rappresentanza collettiva. Sta in ciò la spiegazione dell’enigma calabrese: una situazione estrema che non implica – non può implicare – un conflitto sociale altrettanto estremo, perché ne mancano i presupposti soggettivi e collettivi.

      Lo Stato, con la sua spesa pubblica, è il soggetto pressoché esclusivo della trasformazione post-bellica della Calabria. Una «modernizzazione passiva», eterodiretta, con una mobilitazione dal basso debole e discontinua. I grandi cambiamenti che hanno trasformato più intensamente la società tradizionale del passato sono tutti ideati e promossi dal centro: finanziamenti di opere pubbliche e riforme che, in un quadro di costante incompiutezza, hanno modificato nel profondo le condizioni di vita e dei comportamenti dei calabresi, caratterizzandoli progressivamente come italiani a tutto tondo per consumi e stili di vita.

      Il film diacronico mostra, dunque, una regione in movimento, disposta all’inseguimento, in tendenziale convergenza con il resto della Penisola, tutt’altro che ferma e ossificata nei suoi assetti sociali e civili. A contrario, l’osservazione sincronica palesa una distanza persistente con il resto del Paese, gravato da disparità diffuse non sanate.

      È la politica il «grande tutto» dei processi di mutamento economico e sociale, il fattore dei successi e degli insuccessi, la calamita attrattiva unica per benestanti e poveri, la determinante di allineamenti e scarti infra e inter-regionali.

      Oggi, la vita nuda della grande maggioranza dei calabresi è in larga parte dipendente, nel bene e nel male, dalla spesa pubblica: per i singoli cittadini e per le imprese, per gli agricoltori e per i costruttori, per le università e per le scuole, per la sanità pubblica e privata, per i sindaci e per le associazioni culturali.

      Massimizzare l’accesso ai contributi pubblici è l’assillo di una regione e di una parte consistente del terziario privato della mediazione (padronati, caf, associazioni varie, commercialisti, avvocati), specializzato nel drenaggio e nell’allocazione minuta di questi flussi di spesa. Ancor più ossessiva è l’intercettazione di risorse collettive e della loro torsione a proprio vantaggio da parte di ampi segmenti delle classi dirigenti (politici, imprenditori, agenzie), anche attraverso l’uso strumentale delle relazioni associative professionali e interprofessionali, legali e occulte.

      In filigrana si intravede una società ruminante, impegnata nella captazione e manipolazione di risorse pubbliche, con una speciale abilità a scovare e massimizzare l’accesso a contributi, incentivi, sostegni e sgravi di ogni tipo e a sfruttare le opportunità legate alla spesa pubblica in direzione di interessi particolaristici.

      La ’ndrangheta è tra gli attori economici più attrezzati nella conquista di questi flussi di risorse, spesso con un ruolo da protagonista negli appalti di opere infrastrutturali, nel campo sanitario, nel settore della raccolta e smaltimento dei rifiuti, configurandosi come uno dei soggetti rilevanti della Calabria espansiva.

      Da pericolosa realtà criminale, a lungo sottovalutata, la ’ndrangheta è diventata anche uno stigma culturale e sociale utilizzato per indicare l’intero territorio regionale e la sua popolazione. Prevalgono al riguardo letture riduttive, da quelle che incredibilmente insistono ancora sulle caratteristiche arcaiche di un popolo e della sua mentalità agro-pastorale a quelle che invece riducono il fenomeno a mero problema di ordine pubblico. Di conseguenza, diventa vago e sfumato il problema delle contiguità e delle collusioni che investono il funzionamento dell’economia e soprattutto il raccordo tra economia e politica, che da sempre costituiscono il vero punto di forza della ’ndrangheta.

      Più in generale, la Calabria può essere considerata un laboratorio per osservare le dinamiche di trasformazione della politica contemporanea, stretta nella morsa di spinte contrapposte tra de-politicizzazione e iper-politicizzazione. Una regione in cui la politica resta al centro della scena, anzi la occupa in modo preponderante. Anche se spesso è una politica senza politiche, che rifugge dalle responsabilità, che opera in via emergenziale attraverso deleghe e commissariamenti, condizionando in modo peculiare la configurazione e il funzionamento delle istituzioni e dei processi democratici.

      Nel quadro di netta prevalenza della regolazione politica, non si sono create le condizioni per favorire relazioni di mercato dotate di sufficiente autonomia ed efficacia, anche se sono emerse nel tempo diverse iniziative imprenditoriali «eccellenti» per innovazione e ampiezza dei circuiti economici ma che, tuttavia, non riescono a contaminare i contesti di insediamento.

      La manifattura è ormai un’attività marginale, tanto in termini di contributo al reddito regionale che di occupazione; l’agricoltura più dinamica e le attività complementari si sono sempre più concentrate nelle poche aree di «polpa»; il ciclo dell’edilizia tende a sovrapporsi a quello della congiuntura politica settoriale; le stesse strutture di ricerca sono sempre più orientate a incrociare flussi di spesa pubblica in modo indifferenziato, attraverso alleanze di scopo di breve periodo con imprese e soggetti privati che tuttavia non sortiscono effetti di lunga durata nell’economia e nella società locale.

      Il turismo, a dispetto dell’enfasi retorica corrente, soffre di congenite improvvisazioni, di despecializzazione e di un’infrastruttura organizzativa ancora rudimentale, nonostante l’emersione di un limitato numero di iniziative imprenditoriali di buona qualità, per lo più puntiformi ed esclusive, e talvolta inquinate da contaminazioni mafiose.

      In questo scenario prevalgono logiche di adattamento, da un lato i calabresi che difendono le posizioni di privilegio acquisite, dall’altro i calabresi che cercano di fronteggiare le diffuse condizioni di precarietà e vulnerabilità della loro vita quotidiana. Ancora oggi, come in passato, un’alternativa è quella della fuga, dell’exit: per scelta, quando possibile, o, spesso, per necessità.

      Tra chi resta non mancano i soggetti, in molti casi giovani, che praticano forme di resistenza, soprattutto tra coloro che cercano di percorrere vie di innovazione, faticando non poco a trovare spazi di visibilità e voice. Ci sono dunque i calabresi non rassegnati, che non si arrendono e pensano a un altro mondo possibile. Quelli che, ad esempio, testardamente avviano attività di impresa, sfidando a viso aperto un contesto ostile, ribellandosi persino alla ’ndrangheta. Come stanno facendo diverse donne che, per tutelare sé stesse e soprattutto i propri figli, hanno deciso di recidere i legami familiari per rinnegare ogni forma di appartenenza mafiosa.

      O ancora coloro che praticano azioni di solidarietà a sostegno delle fasce più povere e marginali della popolazione. Pensiamo anche all’esperienza di Mimmo Lucano, che ha contribuito a fare di Riace un luogo iconico globale per ospitalità e inclusione di migranti e rifugiati. Si tratta però di casi esemplari, delimitati, che non hanno la forza di innescare processi di cambiamento sistemici.

      Lo scenario delineato ha un significato che travalica la regione, rendendo evidenti, in modo radicale e amplificato, processi di più ampia portata. Da questo punto di vista, la Calabria può essere dunque considerata un benchmark negativo: una realtà sempre più sfilacciata, senza collante sociale, permeata da crescente sfiducia e incertezza, che non riesce a immaginare un futuro.

      Decifrare la sua patologia aiuta a spiegare la fisiologia. E, forse, come nel paradosso di Hirschman: nascondere un po’ di «negativo» può aiutare a non abbandonare la speranza, a fuggire la trappola della rassegnazione, lasciando spazio alla «passione per il possibile».

      https://rivistadissonanze.it/calabria/la-calabria-non-e-un-altro-mondo

  • Bonn : 60 von 75 Stadtbahn-Fahrzeugen aus Sicherheitsgründen kurzfristig aus dem Verkehr gezogen
    https://www.spiegel.de/mobilitaet/bonn-60-von-75-stadtbahn-fahrzeugen-aus-sicherheitsgruenden-kurzfristig-aus-

    Le déclin du capitslisme rhénan continue. L’ancienne capitale de facto ne peut faire fonctionner que 15 rames de tramway sur 75. Le matétiel roulant a jusqu’à 50 ans et n’a pas été entretenu comme il aurait fallu.

    21.7.2026 - Gerade erst musste in Bonn die wichtige Nordbrücke über den Rhein gesperrt werden. Nun wurde quasi über Nacht ein Großteil der Stadtbahn lahmgelegt. Ersatzfahrzeuge aus Köln sollen die Auswirkungen zumindest etwas begrenzen.

    Die Stadtwerke Bonn haben über Nacht kurzfristig einen Großteil der Stadtbahnwagen aus dem Verkehr gezogen. Betroffen sind 60 der insgesamt 75 Fahrzeuge. Routinemäßige Prüfungen hätten ergeben, »dass an einigen Bauteilen der Stadtbahnwagen eine frühzeitigere Materialermüdung« auftreten könne, teilten die Stadtwerke (SWB) mit. Um Sicherheitsrisiken auszuschließen, müssten die betroffenen Bahnen intensiver überprüft werden.

    Die Kölner Verkehrsbetriebe werden die gebeutelten Nachbarn demnach mit 20 Stadtbahnwagen unterstützen und dafür ihr eigenes Fahrplanangebot »in einem in der Urlaubszeit vertretbaren Maße« geringfügig ausdünnen.

    Zweite große Verkehrseinschränkung in wenigen Wochen

    Für Verkehrsteilnehmer in der Region Bonn ist es bereits die Hiobsbotschaft in kurzer Zeit. Zuvor war Anfang Juni bereits die wichtige Nordbrücke über den Rhein kurzfristig gesperrt worden. Das Bauwerk kann voraussichtlich mindestens für die kommenden zwei Jahre nicht genutzt werden. Grund für die Sperrung sind ebenfalls Sicherheitsbedenken. Der Zubringer für die Brücke soll nun abgerissen und neu gebaut werden.

    #Alkemagne #crise #Bonn #transport

  • Pig butchering : pourquoi l’argent volé reste introuvable ?
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4955

    Pourquoi les escrocs du pig butchering ne sont presque jamais rattrapés : enquête sur les failles structurelles — sociétés-écrans, paradis bancaires, lenteur judiciaire — qui protègent l’argent volé mieux que ses victimes. Les escrocs, cybercriminels et prédateurs n’épargnent ni les caisses publiques et encore des victimes ayant eu confiance en la protection de banques au service d’un banditisme bien servi de connivence de financiers véreux... Actualité, événement, opinion, intérêt général, information, scoop, primauté

    / #Data_-_Données, économie , fait divers, société, fléau, délinquance, religion , #Journalisme,_presse,_médias, #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse

    #Actualité,événement,_opinion,_intérêt_général,_information,_scoop,_primauté #économie_ #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion

  • Canicule : la France face au risque d’hécatombe
    https://www.off-investigation.fr/canicule-la-france-face-au-risque-hecatombe

    Un soignant pousse un brancard dans un couloir du service des urgences de l’hôpital universitaire Pellegrin, à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, lors d’un pic de chaleur, le 23 juin 2026. | Photographie PHILIPPE LOPEZ / AFP 23 ans après la canicule de 2003 qui #A tué 15 000 personnes, la France entre dans une crise sanitaire majeure après dix jours de chaleur hors-norme. Urgences saturées, SAMU débordés et établissements funéraires sursollicités, l’onde de choc de la vague de chaleur entamée ce 17 juin fait redouter le pire. OFF fait le point, chiffres à l’appui. « Je suis submergée d’appels […]Lire la suite : Canicule : la France face au risque d’hécatombe

    #Société

  • Opel-Werk in Thailand : Wie deutsches Steuergeld jetzt Chinas E-Autos antreibt
    https://www.telepolis.de/article/Opel-Werk-in-Thailand-Wie-deutsches-Steuergeld-jetzt-Chinas-E-Autos-antrei

    L’Europe perd les marchés sud-est asiatiques. Le succès de l’impérialisme occidental touche à sa fin

    22.6.2026 von Christoph Jehle -Ein mit deutschen Steuergeldern gefördertes Werk in Thailand baut keine Opel, sondern gehört heute einem chinesischen E-Auto-Rivalen.

    Deutschland hat bei der Elektromobilität sowie bei PV und Batteriespeicher gegen China schon verloren und ist auf dem besten Wege, auch seinen Vorsprung bei der Wärmepumpe zu verlieren.

    Das Reich der Mitte fokussiert sich längst auf andere erfolgversprechendere Märkte und setzt stark auf seine Nachbarländer in Südostasien. Dort bauen chinesische Unternehmen in mehreren Zukunftsbranchen vollständige Wertschöpfungsketten auf, die keine Zulieferungen aus Europa mehr brauchen.

    Die Reaktion der Deutschen, Klimaschutz-Vorgaben neuerdings vehement abzulehnen, hilft in diesem Wettbewerb wenig weiter.

    Der südostasiatische Markt ist verloren

    Weil Europa Südostasien in erster Linie als Nachfolger Chinas im Sinne einer verlängerten Werkbank betrachtet, ist man jetzt auf dem besten Weg, dort den gleichen Fehler wie in China zu machen.

    Über viele Jahrzehnte waren Länder wie Kambodscha, Laos, Malaysia, Myanmar, Philippinen, Singapur, Thailand und Vietnam für Deutsche höchstens als preiswerte Urlaubsländer von Interesse. Kaum jemand bemerkte, dass viele Fahrradmarken inzwischen in Kambodscha produzieren und fast alle Festplatten bekannter Marken aus Thailand kommen – oder aus den Philippinen.

    Festplattenwerke, wie das von IBM in Mainz, wurden 2003 geschlossen und mit Hitachi fusioniert, die den Bereich 2012 an Western Digital abgaben, welche heute wie Seagate ihre Produktion in Thailand konzentriert haben. Die Nachfrage der KI-Rechenzentren nach Festplatten geht somit an Europa vorbei.

    Zukunftsmarkt E-Mobilität

    Auch bei den E-Mobilen spielt Deutschland in Südostasien keine Rolle. Da hilft es auch nicht, dass der Aufbau eines Opel-Werkes für Verbrenner im thailändischen Rayong vom deutschen Steuerzahler maßgeblich unterstützt wurde. Heute gehört das Werk, das nie für die Marke Opel produzierte zu einem chinesischen Hersteller.

    „Südostasien bildet für mehrere Technologien ein neues geopolitisches Cluster“, betont Maria Maria Pastukhova von der Denkfabrik E3G gegenüber n-tv. Denn die Erneuerbaren sind infrastruktur- und kapitalintensive Energiesysteme. Daher seien solche Projekte – ob grenzüberschreitend oder nicht – unmittelbar mit den Machtstrukturen der südostasiatischen Nationen verwoben.

    Für die Energiewende braucht es Zugang zu Wertschöpfungsketten, zu Ressourcen, wie Solarpanels oder auch Wechselrichtern. Europa hat sich aus diesen Bereichen und ihrer Wertschöpfung weitestgehend verabschiedet und tritt da nur noch als Kunde auf.

    Europa nur noch Kunde

    Der Global EV Outlook der Internationalen Energieagentur zeigt, dass sich etwa die Verkäufe im Bereich der Elektromobilität in Südostasien im vergangenen Jahr mehr als verdoppelt haben. Der Anteil von E-Autos bei den Neuwagen lag bei knapp 20 Prozent. Das ist in etwa das Niveau, das Europa und Deutschland seit einigen Jahren halten.

    Angeführt wird die Verbreitung von Ländern wie Vietnam, Indonesien und Thailand, drei Länder, die die europäische Politik aus lauter Angst vor China bislang gar nicht im Fokus hatte. Auch als Folge des Iran-Krieges wächst die E-Mobilität in vielen asiatischen Ländern in jüngster Zeit rasant und die Elektroinfrastruktur wird zügigst ausgebaut.

    In Vietnam waren vergangenes Jahr fast 40 Prozent der neu verkauften Autos elektrisch. Mit Vinfast hat Vietnam mittlerweile auch einen eigenen Hersteller von Stromern. In Thailand, das bereits an zehnter Stelle bei der Automobilproduktion weltweit steht, erreichen die E-Mobil-Zulassungszahlen inzwischen 25 Prozent und sind damit nahe am europäischen Niveau.

    Asean-Freihandelszone mit China

    In diesen Ländern, wo ein beträchtlicher Teil der Wirtschaft in den Händen von sogenannten Second-Generation Zuwanderern aus China liegt, hat die Erweiterung und Vertiefung des Freihandelsabkommens die Position Chinas deutlich verbessert.

    Made in China hat beim Ruf gegen das alte Made in Germany nicht nur aufgeholt, sondern inzwischen überholt. Spricht man das Thema etwa in Bangkok an, bekommt man zu hören, dass ein Produkt aus Deutschland zum gleichen Preis deutlich schlechter sein muss als das chinesische Pendant, weil die Kosten in Deutschland ja viel höher seien.

    Weder die EU noch Deutschland konnten sich zu Freihandelsabkommen mit den Asean-Staaten durchringen.
    China und die Asean vertiefen ihre Beziehungen weiter

    Im vergangenen Jahr schlossen die Handelsminister aus China und den Asean-Staaten (Brunei-Darussalam, Indonesien, Kambodscha, Laos, Malaysia, Myanmar, Philippinen, Singapur, Thailand und Vietnam) bereits ihre Verhandlungen über eine Vertiefung ihres Freihandelsabkommens ab.

    Auf Initiative Chinas haben sich die wirtschaftlich aufstrebenden Staaten in zahlreichen Bereichen auf Rahmenbedingungen geeinigt, in welchen sich die EU bislang als führend eingeschätzt hat und die in den kommenden Jahren immer wichtiger werden.

    Das sind vor allem die digitale und die grüne Wirtschaft, Konnektivität in der Lieferkette, Normen und technische Vorschriften, Konformitätsbewertungsverfahren, gesundheitspolizeiliche und pflanzenschutzrechtliche Maßnahmen, Zollverfahren und Handelserleichterungen, Wettbewerb und Verbraucherschutz, die Förderung mittlerer, kleiner, und kleinster Unternehmen sowie wirtschaftliche und technische Zusammenarbeit.

    #Europe #impérialisme #Asie #crise

  • Emmanuel Todd – Front Nord, Front Sud : le point sur la Troisième Guerre mondiale

    https://diaspora.psyco.fr/p/12532040

    https://www.youtube.com/watch?v=lC5jJtw5Baw


    2026-06-11 — 1,5 h

    par Fréquence Populaire Média

    Alors que les regards restent tournés vers l’Ukraine, le Moyen-Orient et les tensions internationales, Emmanuel Todd estime que nous sommes en réalité confrontés à des transformations beaucoup plus profondes que les seuls événements du moment.

    Dans ce nouvel entretien animé par Diane Lagrange et enregistré le 10 juin 2026, l’historien, anthropologue et démographe revient d’abord sur son nouveau projet intellectuel. Après plusieurs décennies consacrées à l’étude des structures familiales et à leur influence sur les systèmes politiques, religieux et sociaux, Emmanuel Todd explique pourquoi il réévalue aujourd’hui certains aspects de son travail et pourquoi il redécouvre l’intérêt du matérialisme historique de Marx et Engels pour comprendre les grandes évolutions de l’humanité.

    Mais très vite, la discussion bascule vers les grands foyers de tension contemporains.

    #Ukraine, #Russie, #UE / #EU Union européenne, #OTAN, #Iran, #États-Unis, #Allemagne, #démographie, #crise économique, #retraites, #immigration, vieillissement des sociétés occidentales, #désindustrialisation, #souveraineté énergétique, #déclin européen… aucun sujet n’est évité.

    Pour Emmanuel Todd, les événements que nous observons ne peuvent être compris qu’en prenant du recul sur les dynamiques historiques longues. Il analyse la guerre en Ukraine comme l’expression d’un affrontement plus vaste entre un #Occident en difficulté et des puissances émergentes qui raisonnent désormais sur plusieurs décennies.

    L’entretien aborde également le rôle croissant de l’Allemagne dans le financement de l’effort de guerre européen, les conséquences de la crise énergétique mondiale, l’évolution de la stratégie russe, le rapprochement entre Moscou, Téhéran et Pékin, ainsi que les risques que ferait peser une poursuite de l’escalade sur l’ensemble du continent européen.

    La situation de l’Iran fait l’objet d’une analyse particulièrement approfondie. Emmanuel Todd revient sur la transformation spectaculaire de la société iranienne, son niveau de formation scientifique, sa capacité de résistance face aux sanctions et aux conflits, ainsi que sur la chute extrêmement rapide de sa fécondité qui rapproche désormais le pays des standards démographiques des sociétés les plus développées.

    La France occupe également une place centrale dans la discussion.

    À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Todd s’interroge sur la capacité du système politique français à répondre aux défis réels du pays. Il revient longuement sur le vieillissement accéléré de la population, la crise des retraites, l’effondrement de la fécondité, les difficultés d’assimilation, la dépendance économique croissante du pays et les limites du débat politique actuel.

    L’entretien se conclut sur une réflexion plus large concernant l’avenir de l’Europe, le déclin démographique mondial, l’évolution des rapports de puissance et les conséquences possibles des choix politiques effectués aujourd’hui.

  • Réarmement européen : à qui profite vraiment l’effort ?
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4906

    Les dépenses militaires européennes atteignent des sommets historiques. Une étude scientifique valide-t-elle vraiment ce choix — ou sert-elle surtout à l’habiller ? Alors que l’Europe s’engage dans son plus vaste réarmement depuis 1945 — 381 milliards d’euros de dépenses militaires attendus en 2025 —, une étude publiée dans Science relance le débat : la recherche à double usage civil-militaire serait plus influente scientifiquement. Un argument commode. Mais pendant ce temps, l’aide humanitaire mondiale a chuté de 40 %, et l’ONU tire la sonnette d’alarme. international, suivi, grand événement, internationaux, monde, continent, Etats, conflits, paix,

    / #UE_-_Union_Européenne, #edito, économie , Sciences & Savoir, #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, diplomatie, sécurité, (…)

    #international,_suivi,_grand_événement,_internationaux,_monde,_continent,_Etats,_conflits,_paix, #économie_ #Sciences_&_Savoir #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale

  • Capitalism Won’t Collapse on Its Own -Interview with Vivek Chibber
    https://jacobin.com/2026/05/capitalism-crisis-collapse-socialism-determinism

    Red Dawn, 1984

    Je vous ai toujours dit que j’étais content si « la révolution » n’arrivait pas de mon vivant ;-)

    Voilà pourquoi.

    31.5.2026 by Melissa Naschek - Socialists have long predicted capitalism’s overthrow and replacement by a better system. But do we have any reason to believe capitalism must come to an end?

    On the latest episode of the Jacobin Radio podcast Confronting Capitalism, Melissa Naschek and Vivek Chibber discuss the role of economic and ecological crises in capitalism’s possible demise. Just as it is a mistake to think that capitalism will last forever, it’s also unrealistic to think that it is destined to collapse.

    Confronting Capitalism with Vivek Chibber is produced by Catalyst: A Journal of Theory and Strategy and published by Jacobin. You can listen to the full episode here.

    Melissa Naschek

    When I was coming up on the Left, I heard a lot about Francis Fukuyama’s declaration of “the end of history.” By this, he meant that capitalism was here to stay, and there was nothing anybody could do about it. But I think that changed in the post–Bernie 2016 moment because suddenly there was hope where there hadn’t really been much before. And that brought into play all these other theories that argue the exact opposite: that not only will capitalism end, it actually has to end, that some sort of break is inevitable within capitalism.

    Vivek Chibber

    When Fukuyama wrote his book, there was a sense that “There is no alternative.” That the Soviet Union is gone and the only existing alternative to capitalism, at least in real life, was no longer there. And it looked like there was no other economic system that was possible.

    But we are in a different world today, because even if capitalism’s end is not on the horizon, the form in which capitalism has existed for the last forty years, which is neoliberalism, is in absolute crisis. And certainly once you see that some aspects of the society around you, which seemed unshakable a few years ago, are suddenly up for grabs, and they’re melting and crumbling, it does raise the possibility in your mind that maybe you could be even more ambitious; that maybe you could actually start to think about bringing down capitalism itself.

    Melissa Naschek

    There’s been a consistent strain within Marxism predicting that the end of capitalism is either just around the corner or is destined by “the laws of historical motion” to end. And Karl Marx has tons of quotes that are often used to support this view, one of them being that capitalism creates “its own gravediggers” in the working class.

    Vivek Chibber

    Right. And he also said that there’s a kind of a sequence in history where economic systems come and go. And they fall apart and implode when they start impeding technological progress. So in his language, when the class structure, or the relations of production as he called it, become fetters on the forces of production or in technology, at that moment, these economic systems become unstable.

    Melissa Naschek

    So why do we have any reason to think capitalism might ever come to an end?

    Vivek Chibber

    Karl Marx and Friedrich Engels developed this idea that it’s not just that capitalism will someday come to an end, but that capitalism is merely the latest economic system in a list of systems that have come to an end. And that there’s a pattern across different economic systems such that when they do fall apart and are followed by a new one, it’s always governed by the same principles. It’s a very powerful theory, right or wrong. It’s one of the most elegant theories social science has ever produced.

    What the theory of historical materialism basically said was that, across history, you have not just one economic system. . . Capitalism hasn’t always existed. It’s a very recent economic system. It really came about in the 1500s and 1600s.

    Melissa Naschek

    Right. And this is an important part of Marx’s theory itself, the fact that capitalism actually has a distinct beginning.

    Vivek Chibber

    Yeah. The idea is it has a birth date and it has an end date as well. And that is an incredibly bracing idea — that it isn’t inevitable. It’s the opposite of Fukuyama. Fukuyama says, “Well, now we are in it for the long run. There was this illusion that there was some alternative to it, but that’s over.”

    What Marx and Engels were saying is that, in fact, every system has a time stamp on it and it’s going to come to an end. Roman slavery came to an end, feudalism came to an end, and capitalism, like them, will come to an end. But they also argue that not only will it come to an end, it’ll do so for the same reasons that slavery ended and that feudalism ended.

    Melissa Naschek

    What does that mean?

    Vivek Chibber

    The theory of historical materialism argues that there is a logic that governs the ebb and flow of economic history.

    So the idea is that there is a continuity in human history, which is that human beings continually develop their technological and economic efficiency. And they do it because it frees them up from labor. It gives them a higher standard of living; they appreciate that higher standard of living, and they appreciate having to work less. Marx and Engels thought this was an inbuilt drive in human nature.

    Now, in any given economic system, the institutions of the economy — such as the class structure, the ways in which commerce is carried out, the ways in which banking or money is organized — all of it is governed by this logic: People will abide by an existing set of institutions as long as it feeds their desire to continue to improve their standards of living.

    And when it ceases to do so, it unleashes a series of crises in that society because people start pushing against the barriers of the existing institutions saying, “This isn’t really working for us anymore.” So slavery at some point became — Marx is ambiguous on this — either unproductive or not sufficiently productive to make people happy.

    Melissa Naschek

    This is the notion of fetters. It’s that barrier that you’re describing.

    Vivek Chibber

    Exactly. And what happens is that because economic institutions are no longer promoting growth, the battle between classes intensifies, because the economic pie isn’t expanding. And because the battle now intensifies, during the course of that battle, people start reaching for alternative ways of organizing institutions. And through some mysterious process, maybe trial and error or maybe through warfare, a new economic system comes about that people find is more congenial to their material interests, to their desires. And that creates a stability.

    How does it make it stable? Well, the ascendant economic system reduces the amount of conflict in society because the new ruling class can now preside over more productive economies and can, through its exploitation of people, also raise their standards of living.

    Melissa Naschek

    Yeah. It sounds like a natural selection argument in that there’s this assumption that people want a better, more productive economy because it’s going to provide them with a higher standard of living. Therefore, the institutions that continue to promote that increasing level of quality of life are going to be selected for.

    Vivek Chibber

    Yeah. And Marx had to marry that to his other proposition, which is that “the history of all hitherto existing society is the history of class struggles.” So if classes and class struggle are the engine that drives this stuff, but at the same time, it’s this individual desire for improved standards of living, how do the two come together?

    The way they come together is that the new class that comes into power — let’s say, the feudal nobility which came into power after Roman slavery — that new class is going to exploit peasants, just the way the Roman slave owners exploited slaves. But because the economic pie is now expanding faster than it did during Roman times, the peasants and the laboring classes, even though they’re still being exploited, are going to have higher standards of living than the people of the laboring classes had in the preceding mode of production.

    So while exploitation is still going on, the class struggle, through some kind of selectional process, put into place an economic system in which the level of conflict is now reduced. And so you get economic stability. And now this economic system goes on for centuries and centuries until it also starts becoming a kind of a block to further development that unleashes a new intensified cycle of class conflict, at the end of which you stumble into, in some way, a new economic system. And now you have capitalism.

    The claim is, at some point, capitalism will also become a system in which class relations, capital and labor, become obstacles to technological progress and economic growth. And that will unleash class struggle. And through that, you will get the onset of, hopefully, socialism. That was Marx’s idea.

    So the same logic is governing the transversal from one economic system to another across history. And that, Marx said, makes it inevitable. Because every economic system, at some point, is going to become something that is not developing sufficiently fast to abate and to limit conflict. And when it’s unleashed, you get the conditions for a new economic system coming up.

    The generation of Marxists in Marx’s time, in Vladimir Lenin’s time, all the way into the 1940s and ’50s, at least give lip service to the idea that they are aligned with the forward march of history, and therefore they are helping push history faster along these grooves in which it’s already set. That was the idea.

    Melissa Naschek

    So do you think that this theory actually motivated political action by figures like Lenin and other people who were invested in and researching this theory? Does it relate at all to the Russian Revolution or anything like that?

    Vivek Chibber

    Well, it’s a funny thing. When you read deeply into the debates they’re having in the early 1900s and going all the way up until 1917, it doesn’t come up very much.

    Let’s take a caricatured view of this. Suppose Lenin and [Leon] Trotsky are sitting around and they say, “Look, are we going to have this revolution or not?”

    Melissa Naschek

    Lenin and Trotsky have a podcast.

    Vivek Chibber

    Right, so they’re sipping their vodka over the Volga. And in the discussion, Lenin says, “So, Lev, what do you think? Are we going to have this revolution?” And Trotsky says, “I don’t know, sooner or later. I mean, we know it’s going to happen. So why bother so hard? Why do we have to work so hard?”

    But when you look at their debates from 1902 onwards, when the Bolshevik faction is formed and they’re debating the Mensheviks and they’re having all these arguments, it’s all in this context of feeling that, if we get this wrong, we won’t recover. If we don’t build the right party, it won’t work. If we don’t have the right strategy, the right tactics, we’ll be decimated. And once we’re decimated, we won’t get this chance again.

    You don’t get the sense that anybody’s working with a sense of inevitability, right? So in that sense, you don’t see it very much.

    And in fact, what they’re imbued with, I think, is something that’s quite the opposite, which is that here in Russia, we might have a revolution way before we’re supposed to.

    Marx’s theory said that revolutions should occur in the more advanced capitalist countries that are ready economically, with an economic foundation that could be the basis for a viable socialism. Russia was in many ways the last country where that should have happened because it was the most backward country in Europe.

    Now, Marx understood this in his last years and he tried to figure out how the Russian socialists and the anarchists might be able to build on the institutions of a backward Russia, but he never for a moment thought it would be a cakewalk. He knew that the backwardness of the country would be an obstacle.

    What I think was really worrying the Russian Marxists was that, far from being inevitable, they were in a situation where the revolution shouldn’t have happened at all. So if you’re working with a theory of history that says that events are going to move along as predicted, Russia shouldn’t have been in a revolutionary situation to begin with.

    Now, they came up with their theories to explain why that was happening. But for our purposes, were they motivated by this sense of inevitability? I don’t see it. I can’t see it.

    On the other hand, I do think it mattered in one respect, which is that I think that for the leadership of the party, feeling that even while this or that country at this or that moment might be an exception — like Russia was an exception — and that revolutions might occur out of sequence, they could see these as momentary perturbations. That, in the end, Marx basically had it right; that there is going to be this arc in which all the countries fall into line, but he might have gotten the sequence wrong.

    I think that did matter for them to some extent. It didn’t matter in 1917–18. It didn’t matter in 1905, when they were in the throes of revolutions, but it probably mattered to them in between the revolutions.

    There was this period from say 1907 to the 1910s when things looked really bleak in Russia. They’d been defeated in the 1905 revolution. They were discouraged. And, I don’t have direct evidence of this, but you get the sense when you read their letters and their correspondence that they’re feeling, “Yeah, things are bad now. It’s bleak, it’s bad, but we are on the side of history, or history is with us and we just have to hang on. We have to marshal our forces because sooner or later things will come back in line again.”

    Ironically and oddly, I don’t think it mattered to them much in the revolutionary moments when they’re actually organizing themselves. At that moment, they’re overtaken with minutiae — tactical issues, strategic issues, military issues. I think it did matter in between when they were demoralized and you need something to hang on to.

    That, I think, is where a feeling of inevitability to history did have some motivational force for them and probably played a role in their being able to survive through very hard times.

    Melissa Naschek

    You described the theory as “elegant,” but you’ve also expressed some skepticism about it. What are the components of the theory that you think are strong and then where are your criticisms of it?

    Vivek Chibber

    Well, if you just take the theory at its most basic level, I think there’s a plausibility to it.

    At a very basic level, it’s saying human beings are motivated by their material interests, that once they achieve a certain level of development, they’re going to tend to hang on to it, even with classes and class struggle and all that sort of stuff, that therefore there’s a kind of a direction to history.
    Graph representation of total output of the world economy in logarithmic scale.
    Total output of the world economy in logarithmic scale. Data sources: Eurostat, OECD, IMF, and World Bank (2026); Bolt and van Zanden — Maddison Project Database 2023; Maddison Database 2010 — with major processing by Our World in Data.

    If you played human history over again a hundred times, each time the slope of technological development would be positive. It wouldn’t be this loop the loop or a random walk where it develops and it falls back, then it develops and it goes back to zero, things like that. There might be short periods of decline, like there was after the fall of the Roman Empire, but it picks up again and it starts moving forward again. I think that makes sense.

    That’s a very weak thesis, not trivial by any means. But it’s a weak thesis.

    On top of that is a stronger thesis, which is that not only that history moves along a kind of a directional line, but that economic systems come and go precisely when they become unable to keep technological dynamism moving at a certain rate.

    Melissa Naschek

    Right, and this is the part of the theory that really leads to this conclusion that capitalism must have a breaking point.

    Vivek Chibber

    For that to happen, you need two things. Firstly, you need to have empirical evidence that when the Roman Empire fell, it was for this reason, that when feudalism came to an end, it was for this reason. Secondly, you have to show that whatever replaced it, replaced it for that reason. You have to show that it replaced it because of some role that class and class struggle played in it.

    There’s a lot of debate around this. My view is that the evidence for this is very, very weak. I think it’s very hard to show that the Roman Empire fell because it was no longer moving technology forward, or that feudalism fell because it was no longer moving technology forward. It’s also very hard to show that the class conflict that was unleashed at the end of these things was in any way preordained to result in the way that it did. I think it’s perfectly feasible that what replaced the Roman Empire could have been something that kept the same level of economic development for centuries onward.

    So among Marxists and non-Marxists who have paid attention to this theory, myself included, the general idea has been that the strict version of Marx’s account of historical change and historical development is probably not sustainable.

    Now, when we come to the idea of capitalism breaking down, and socialism replacing it, there’s a particular difficulty, which is: Within this idea that capitalism will come to an end when it’s becoming obsolete or when it’s becoming, as Marx said, a fetter on technological development, what is the mechanism by which it’s going to break down, or by which it’s going to be replaced by socialism?

    Melissa Naschek

    And, like you said, this theory provides a very logical flowing answer, which is that it will break down when the institutions that support it are no longer promoting technological development.

    Vivek Chibber

    Right. So now, this is a little bit technical, but let me just lay it out.

    Marx and Marxists say that the economic system will become unstable when the existing property relations — the class structure — become blocks on its further development. The language they use is “fettering,” as in when the relations of production fetter the further development of technology and the productive forces.

    Now, there are a couple of ways in which you can understand what it means for the economic institutions to fetter the further development of technology. One is an absolute sense and one is a relative sense.

    In the absolute sense, technological growth will just stop. This would mean capitalism just kind of breaks down like a car engine breaks down. And when the car engine breaks down, you’ve got no choice but to replace it or rebuild it with something better.

    Now, the other way in which you can understand fettering is a relative sense, which is that there is still positive economic growth and technological development, but an alternative system might be able to do it better.

    Melissa Naschek

    This is sort of like opportunity costs.

    Vivek Chibber

    Yes, exactly. There’s something better that you could have. The grass is greener on the other side. And so that other system becomes attractive.

    Let’s just examine both of these.

    If we look at the first one, which is the idea that capitalism will come to an end because economic growth will stop, not only is there no evidence that that’s ever going to happen, we can’t even devise an economic model that would tell us what that might be.

    There have been, in Marxist economics, some attempts to build a model that would show this breakdown of capitalism. And ironically, they’re called breakdown theories of capitalism.

    A very famous proponent in the 1930s was a guy named Henryk Grossman. And the basic idea was that, for reasons that we don’t have to go into, the amount of surplus and surplus value that economic firms are producing starts being squeezed to the point where the profits that are coming out of production are no longer sufficient to even be reinvestable. And so, capitalists run out of money to reinvest in their production, and at that point, you have the engine breaking down. And workers will essentially say, “Well, listen, the only way to keep this thing going is to, we keep the factories, but under entirely different rules. The rule now is no private property. We’re going to run them under what you might call socialism.”

    Very interesting theory, but the model can easily be shown to be based on outlandishly unreasonable assumptions. And so it didn’t really find much traction.

    And in our historical experience, we’ve also seen that it’s never happened that an economic crisis leads to freezing of economic growth, zero growth.

    In fact, what happens is there are lots of economic crises in capitalism, and those crises are generated by the internal dynamics of capitalism itself. They’re not just accidents. They’re not just exogenous shocks. They’re internal to capitalism.

    But Marx was at pains to show, and there are lots of contemporary economic models that also show, that the crisis is like a virus. It’s not a terminal virus. It doesn’t kill the system. What the crisis does is it roots out all the weak elements in the system. And, like a virus, it has an end date out of which the system emerges stronger and at least viable. So crises come and go. And after each crisis, economic accumulation and profitability and economic growth starts again. It commences again.

    Melissa Naschek

    But listening to you describe this, it does raise the question of why, if capitalism is just going to collapse in on itself, does that mean that it would be replaced by socialism specifically?

    Vivek Chibber

    That’s a separate question. And we can say that that is a further challenge to the theory. And Lenin and Rosa Luxemburg used to say that in these moments of crisis, you shouldn’t assume that it’s going to be replaced by socialism. It could also be replaced by something worse. Their slogan was “socialism or barbarism,” right? But we haven’t even gotten there yet.

    The first question is, is there any reason to think that the system will come to a screeching halt and break down on its own so that you basically are left with an open door to coming up with a new system? And there really isn’t.

    Now, let’s look at a second alternative, which is this relative fettering. That’s certainly feasible. It’s certainly feasible that capitalism can keep chugging along crisis after crisis, but growth can be slow — positive, but slow. And if growth is positive, but slow, you can think of an alternative way of organizing your economy where it will be positive, but fast. So it’ll be preferable to capitalism. That kind of fettering is easily imaginable.

    Now, does that save the idea that the end of capitalism is inevitable?

    I don’t think it does for the following reason: Even if you can imagine a better system, the transition to that system may not be costless.

    So suppose when capitalism is chugging along, but at a slow pace, we talk to all the workers in the general population and we say, “Hey, look, a better system is possible.” And that might be attractive to them. But to get to that other system requires decades of bloodshed, huge military battles, failed revolutions, try and try and try again. Sure, the theory says, at the end of all that, you might end up with socialism, but for a rational person, they might say, “Hey, this could involve three generations of conflict or one generation of very bloody conflict, and I might not make it. Or my family may not make it.” So unless you know that you will be among the winners, why would you undertake all these risks?

    To give you an example, you could say that under Salvador Allende in Chile in 1973–74, they conceived of socialism as an alternative, but they were beaten by a very bloody counterrevolution organized by the CIA and by Augusto Pinochet. And that was enough to actually demoralize and dissuade two generations of Latin American revolutionaries and socialists, that this is not something we can win.

    So even if you can imagine a better system, even if you know that it might be a preferable system, it is by no means clear that the costs of getting there will be such that you’ll find it feasible to take on those costs and to take all those risks. And so there might be this kind of moat that separates your economic system from the alternative one. And you might find that you’re much better off with the certainty of fixing this system, of getting the engine going again, even though it’s not ideal, because at least you’re making ends meet, and at least you’re doing okay for yourself as opposed to being slaughtered or executed or wiped out in a counterrevolutionary coup.

    If that’s the case, the mere possibility of an alternative system does not guarantee that you will end up in that alternative system. It comes down to the organizing, the agency, the strategic vision, and the degree of confidence you’ll have that you can actually achieve it with acceptable costs, with costs that you can actually absorb.

    And if that’s the case, I don’t think there’s much of an argument for the inevitability of socialism or for the inevitability of capitalism’s end.

    All you can say is capitalism becomes vulnerable at certain moments. A door might open up at certain moments, but your ability to take advantage of that vulnerability, your ability to take advantage of the opportunity entirely depends on the balance of forces, on your strategic capacity, on the resources you have available to you. And more often than not, it’s going to be lined up in such a way that it makes more sense not to do it.

    Melissa Naschek

    You mentioned crisis theory and this kind of subsection of the theory called breakdown theory, which predicted the eventual arrival of a crisis so massive that it will end capitalism as the historic mode of production.

    But one of the most important contributions that Marxists have made to political theory is this idea that capitalism is a system that is characterized by recurrent, unavoidable crises. So if we’re rejecting this inevitability thesis about capitalism’s end, are we also challenging that aspect of crisis theory as well?

    Vivek Chibber

    No, and it’s a very good point. What I’m skeptical about is what’s called breakdown theory. And that had a very specific mechanism that we don’t need to get into. It had to do with the rate of profit falling to the point where it doesn’t generate enough revenue, enough surplus value to even be able to fund capital accumulation. We have to separate the fact of crisis from explanations for why it happens.

    One of the great insights that Marxist economics had — and there are versions of Keynesianism and even some versions of mainstream theory that will say this — was to recognize the empirical fact that capitalism systematically has this recurrent vulnerability to economic slowdowns and what we call depressions.

    When Marxists talk about crises, what they really mean is what in everyday parlance we call an economic depression. And capitalism has had economic depressions every few decades for all of its history.

    So when something happens in a recurrent fashion, and we’ve had seven or eight of these in a three hundred year period, it’s a pretty good indication that there is an internal engine to the system that is propelling it into crises at a regular rhythm. That’s an empirical fact.

    Then the question is: Why does it happen? For our purposes in this conversation, we don’t have to land on a particular theory of why it’s happening. What we need to probe is, if it is the case that capitalism does have this tendency toward recurring economic crises, toward depressions, what does it mean for our desire or our ambition toward building socialism?

    There’s this tendency among Marxists and among socialists generally to run together two distinct things, which are economic crises and political crises. The idea is that once you have an economic crisis, it unleashes the political crisis. By political crisis, we mean the breakdown of state order, the breakdown of the army, the breakdown of class rule, and the opening of the door to something new: a new political system, a new form of state, a new form of rule.

    And what I’m saying is that, not only is breakdown theory wrong, we should also be skeptical that the mere fact that there’s going to be an economic depression is going to lead to an alternative political system like socialism or something like that.

    What we’ve seen over the course of capitalist history are two things. Firstly, you’ve had lots and lots of economic crises, and almost never has the economic crisis turned into a deep political crisis. Why? The basic reason is that the crises are always temporary. They last a few years. The longest one has lasted about fifteen years, and that was at the end of the nineteenth century.

    Secondly, because capitalism has the resources for recovery from these crises, it gives people two alternatives. One alternative is you take all those huge risks, leap into the dark, and try to overthrow the system. And we already said how that could actually result in catastrophe for them. The other alternative is you try to cobble together a revived capitalism out of the crisis that allows you to get a job again, that allows you to have housing again, that allows you to get some kind of decent life for yourself again. That’s a much less risky proposition than trying to overthrow capitalism.

    Because of that, ruling classes find that they are able to ride out the crisis and consolidate a new cycle of growth and accumulation inside the same economic and political system. So the economic crisis occurs, but it doesn’t typically unleash a political crisis.

    Well, then what’s the point of having an understanding or recognition of economic crises? Even though the crises don’t automatically open the door to socialism, they do open a door. They do unleash the possibility of intensified conflict, intensified strife. Why? Think of the Great Depression. What happened in the Great Depression? Well, you didn’t really get socialism out of it. What you did get, though, was social democracy.

    All across the developed world, the Great Depression led to huge strikes, huge labor mobilization. That labor mobilization a lot of times had the aspirations of socialism, but states didn’t break down. Remember from our discussion of revolutions, I said, you can’t just make a revolution. Largely revolutionary openings happen. And the classes or the political parties that are organized well enough can take advantage of it.

    Economic crises don’t even create revolutionary situations. They just create political instability. That political instability though, does create an opening for things to happen.

    Typically what’ll happen is you’ll be able to get some kind of advantages for yourself, your labor movement. You’ve been able to set up welfare states. You can set up social democracy, build more unions because people are agitated, they’re angry, and you’re able to take advantage of it. There have been occasions when it went further, like during World War I: there was a deep economic crisis coming out of it, and that did create revolutionary openings.

    The point is there’s a common thread here. Economic crises do create political opportunities. What I’m saying is they don’t have to be revolutionary opportunities, but they are opportunities for other things, like building trade unions, like building the welfare state.

    So when you compare economic tranquility and lots of growth with economic breakdown and economic crisis, that crisis situation is still important for making political gains for the Left, if it’s organized well enough to take advantage of the situation.

    That means that if you’re trying to devise a political theory for yourself, a long-term political strategy, it makes sense to know that there are moments in capitalism’s history when it’s politically weak, and that political weakness arises out of economic weakness. That economic weakness is expressed in moments of crisis.

    So having a theory of crisis, or at least having the expectation of crisis, even though you don’t know what’s driving them, knowing that they occur, gives you a motivation to organize yourself politically so that when that opportunity arises, you can take advantage of it. And for that, it turns out crises are important. A recognition of them is important, even though you reject the idea of an ultimate breakdown of capitalism through the crisis.

    Melissa Naschek

    Has the Left always benefited from economic crises?

    Vivek Chibber

    No, and this is why I raised the point of organization. I’m glad you brought this up.

    Crises create opportunities to change things. Economic crises create opportunities to change things politically. Whoever changes it, though, will be the party, the class, the social force that’s better positioned to do so.

    So if the Left and the trade unions are not well organized, in moments of economic crisis, it’s a huge opportunity for the Right. It’s a huge opportunity for capital. Rahm Emanuel famously said, “You never want a serious crisis to go to waste.” Now, he wasn’t a socialist. He wasn’t saying it from the standpoint of socialism. He was saying it as a representative of the ruling order.

    When a crisis comes, for them, it means they can take more away from unions, from redistributive programs, from social programs. They can actually cut them down saying, “Hey, we don’t have the money for anything.”

    Melissa Naschek

    Right, because as much as it’s a political opportunity, it’s a political opportunity for both sides.

    Vivek Chibber

    Exactly, for both sides. That’s why for the Left, it’s a bad sign if the crisis is the first time you’ve noticed that we should get our act together, because by that time, it’s too late. What you have to be doing is building your organizational capacity in between the crises.

    This is why we’ve been saying, and the current Bernie left has been saying, nothing is going to move forward until you have a well-organized working class, a well-organized labor movement, because those are your cavalry. Those are the forces that are actually going to be able to take advantage of economic opportunities when they present themselves, and if you don’t do it, the other side will.

    Melissa Naschek

    You’re arguing that crises do not automatically mean the end of capitalism, but for the most part, we’re talking about economic crises. There’s a whole other realm of crisis that we haven’t talked about, which is environmental crisis and the current climate apocalypse that’s hanging over us. Doesn’t that mean that capitalism will have to end in order to stave off the climate crisis?

    Vivek Chibber

    I don’t think so. I wish. I would like to be able to say that the impending climate crisis will motivate people to reach for another system or to say we’ve had it with capitalism, because capitalism might actually end up undermining humanity itself.

    Melissa Naschek

    I think there are people who have been radicalized basically on those grounds.

    Vivek Chibber

    There’s no doubt about it. And let me just say, I think they’re right that capitalism is running humanity into the ground, and it is destroying the environment, and it is generating climate change. But the basic problem still remains. And in many ways, it’s even worse when it comes to the climate crisis.

    The first problem is this: If you’re actually going to say, “The climate crisis is so bad that I want to now fight for a different system,” the issue is that it’s a question of time horizons.

    Even at its worst, the climate crisis is going to unfold over the course of decades, but a revolutionary upsurge to try to end capitalism will unfold over the course of a few months and years. Now, remember all the costs, all the risks, all the bloodshed that could come with that.

    So if you’re going to say, “Well, the climate crisis is the reason I’m going to fight for socialism,” most people are going to say, “Look, if I fight for that socialism now, I’m going to end up dead now. Whereas I know that even if climate change keeps unfolding, it’s going to be generation, two generations, three generations.”

    Even if you think it’s just a couple of decades away, it still doesn’t change anything. The one process is unfolding at a much slower pace than the other process — the second process being trying to overthrow capitalism. And so there are two costs. One cost, which is incremental, slow, and potentially absorbable. The other cost that’s immediate and catastrophic. A reasonable person is going to say, “I will opt for the longer, safer route.”

    Now comes a second point, which is that even while capitalism is destroying the environment, it is also generating technological change internally that is slowing down the pace of climate change. Or if it’s not now, it could.

    Suppose you have something like the green transition. The green transition is not a socialist program. It is a social democratic program that keeps private property intact. But if it’s actually a transition, meaning there’s going to be a transition to an environmentally sustainable capitalism. Well, then there’s even less reason to want socialism.

    Consider that people will already say, “I’m not going to put my life at risk or my well-being at risk right now for something like the fight for socialism when the alternative to it involves much slower, absorbable costs.” And then, when you say to them, “Within eight or ten years, we might actually be able to reform capitalism to the point where it becomes environmentally sustainable,” now there’s even less reason for them to opt for the fight for socialism.

    Melissa Naschek

    I imagine that even if there are capitalists who don’t support any changes [toward a green transition], in theory, everybody would like to be on a habitable planet, right?

    Vivek Chibber

    Well, capitalists just want to make a profit. And if they can make profits through environmentally sustainable enterprises, they have no problem with that. So the only question is, can capitalist technological change generate the sorts of technologies that will be less destructive of the environment or even neutral with respect to the environment? We don’t know. We honestly don’t know.

    And this is why a lot of climate catastrophism turns people off because it’s telling them, “There’s nothing you can do. You’re going to die,” which people kind of shrug and go, “Well, what’s the point then?” They throw up their hands, and say, “Well what can I do?”

    And the other thing is that, before our eyes, there are enormous technological changes taking place that are having an effect in slowing down the rate and the pace of climate destruction. And that is going to have an effect on people’s willingness to take up these enormously costly political ventures, like trying to bring about socialism.

    So that means then, that I think climate change should be one of the things that goes into a socialist program, but it is not going to be a magic wand. It’s not going to be something that you say, “Look, dude, unless you do this right now, we’re all going to die,” because that catastrophist version of climate change is paralyzing.

    Melissa Naschek

    Yeah. I think it also ignores a key component of what the Marxist argument has always been for socialism, which is that the reason that a socialist argument can be persuasive in the first place is because people’s daily experience is of being exploited and oppressed, and of their quality of life and their freedom basically being taken away by their boss. So it’s not like you need to add on this other element of, “Oh, by the way, you’re probably going to die in thirty years.” The point is that people are suffering under the system now. People are already in pain now. And so that is the basis for organizing.

    Vivek Chibber

    One hundred percent. I agree. I don’t think they need an additional motivation. What we need is to take the level of unhappiness and frustration and anxiety they have now already without climate change considerations and turn it into a material force for them.

    But my point is, I think climate change . . . of course, we all agree it’s very important. And we probably have to acknowledge that it is motivating a lot of people to become politically active, but it is not going to be this elixir that induces people or persuades them to take the sorts of risks or incur the kinds of costs that normally they would be unwilling to do. And in fact, I really think that because of the pace at which it’s unfolding, everybody’s automatic reaction is, ‘Well, that’s down the road. What I’ve got to worry about is the here and now.’

    All of which means that the hard, everyday work of organizing people, getting them together, getting them into unions, getting them to a political party, making them more inclined to fight is something that’ll be aided and abetted by the anxieties around climate change, but it won’t give us a trump card where we can dispense with all this hard work.

    Melissa Naschek

    I think you’ve put a pretty good nail in the coffin for these “inevitablist” arguments about capitalism. Do you think that this will serve as a call to action or do you think that potentially it’s a bit discouraging to hear that there’s nothing in the system that will end capitalism for us?

    Vivek Chibber

    Let me go back to what I said about the Russian revolutionaries, although it equally applies the Vietnamese and the Chinese, which is that, when you go back and you look at them in the historical record, you don’t find much evidence that this inevitablist, deterministic account of history really is what kept them going. In moments of despair, I think it did have something for them, as I said earlier, but really what it was, was peasants wanting lower rents, sharecroppers wanting better deals for themselves, workers wanting to take over their factories and lead better lives for themselves. It had to do with the everyday experiences of being exploited, the everyday experiences of being oppressed.

    Now, I think for the leadership and the cadre that sit around and think in big ideas and big terms and try to devise strategy, it was there, it was somewhere. But suppose you took it all away and you told them what Marx said in the manifesto: history is just a history of class struggle. That’s all. It’s just class struggle and there’s no guarantees. Maybe you’ll win, maybe you’ll lose. Would that have had the effect of making them go, “Well, now I don’t want to be part of this?” Absolutely not. There’s no reason for that.

    So my view is that if you take away the sense of inevitability, the determinism, it probably has an effect around the edges for some people, no doubt about it. But it was always massively outweighed by other considerations anyway, if we’re talking about people’s motivations.

    If we’re worried about people losing force, losing their motivation to struggle, if you tell them, “Hey, it’s not guaranteed,” I don’t think that’s much of a concern because when you’re actually in the thick of a social movement, you’re not ever going to say, “I’m immortal. I’m not going to die. I’m going to walk into these bullets because I’m going to win anyway.” You fight the way you fight.

    So is it possible that capitalism could go on forever? Well, I don’t know about forever. That’s a long time. But for the next few generations, absolutely.

    Capitalism has shown itself to be an incredibly resilient system. There’s no sign whatsoever that it’s losing its dynamism per se. It’s still the most dynamic system we’ve ever seen. It goes through ups and downs. We’ve gone through a particularly sluggish couple of decades recently, but that’s “sluggishness” compared to the previous decades. That sluggishness has still allowed standards of living to still generally go up even though the distribution has been bad. There’s no reason to think that’s going to end anytime soon.

    That means that fighting for a transition to socialism is up to us. It comes down to: Can you take advantage of openings? Will you be well-organized when the economic crisis comes? Will you be able to draw people to your program? Will you be able to inspire them and give them a sense that we could win without having these backroom guarantees that the inevitability theories provided?

    If you can do that work, if you can organize well enough, if you can inspire people, if you can give them a model of socialism that they find appealing, and you can develop a strategy that they think is a winnable strategy so they won’t all get decimated, then yeah, I think you could win. And I don’t think you need a theory of inevitability to come out on the other end of it.

    Melissa Naschek

    So what you’re saying is there’s no guarantees?

    Vivek Chibber

    Exactly. I think what we have is a “Marxism without guarantees” or a “socialism without guarantees.” And that’s fine. That’s what history is.

    #capitalisme #crise #économie #marxisme #révolution