• L’OIM et Harvard lancent une étude sur les flux migratoires en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/loim-et-harvard-lancent-une-etude-sur-les-flux-migratoires-en-afrique-de-louest

    Genève - En collaboration avec le Centre François-Xavier Bagnoud pour la santé et les droits de l’homme de l’Université de Harvard, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) lance une étude conjointe intitulée « See migration like water : An Analysis of IOM Flow Monitoring Survey Data on Migration Flows in West and Central Africa ». Le rapport analyse les flux migratoires et les vulnérabilités des migrants lors de leurs périples à l’intérieur et au départ de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.
    La région de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale offre de nombreux exemples de schémas migratoires dynamiques, notamment une longue histoire de flux migratoires infrarégionaux et interrégionaux divers. La complexité et l’évolution rapide des caractéristiques de la mobilité dans la région, associées à l’émergence de nouveaux défis et risques, comme la COVID-19, aggravent les risques le long des itinéraires migratoires et laissent de nombreux migrants sans protection.
    Le rapport appelle à une compréhension globale et contextualisée des vulnérabilités des migrants à travers les itinéraires migratoires les plus populaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale - en examinant les facteurs de risque et de protection aux niveaux individuel, familial, communautaire et structurel.L’étude est fondée sur les données du suivi des flux de la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM recueillies auprès de plus de 110 000 migrants, à travers 38 points de transit dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. En outre, des données qualitatives issues d’entretiens avec des experts menés en 2020 éclairent l’impact de la COVID-19 sur les périples des migrants et leur bien-être.
    Cette étude conjointe s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large de l’OIM pour recueillir et diffuser des données empiriques solides sur les dynamiques et les vulnérabilités migratoires afin de soutenir les progrès vers le renforcement de la migration sûre, notamment pour soutenir la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et réaliser les Objectifs et cibles de développement durable (ODD) liés à la migration.

    #Covid-19#migrant#migration#OIM#harvard#recherche#fluxmigratoire#sante#crisesanitaire#afriquedelouest#afriquecentrale#transit#pactemondial#bienetre#vulnerabilite

  • Des migrants éthiopiens rentrent du Yémen avec l’aide de l’OIM après le tragique naufrage de leur bateau | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/des-migrants-ethiopiens-rentrent-du-yemen-avec-laide-de-loim-apres-le-tragique-

    Aden/Addis-Abeba - Cent soixante migrants éthiopiens sont rentrés sains et saufs du Yémen aujourd’hui avec l’aide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), un jour seulement après qu’un dangereux périple à travers le Golfe d’Aden a coûté la vie à des dizaines de personnes, dont au moins 16 enfants.Plus de 32 000 migrants, principalement originaires d’Éthiopie, sont toujours bloqués au Yémen dans des conditions désastreuses et souvent mortelles.« La situation des migrants bloqués au Yémen est devenue si tragiques que beaucoup d’entre eux pensent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de s’en remettre aux passeurs pour rentrer chez eux », a déclaré Jeffrey Labovitz, directeur des opérations d’urgence de l’OIM.
    Au moins 42 personnes de retour du Yémen seraient mortes lundi lorsque leur embarcation a sombré au large de Djibouti. Le mois dernier, au moins 20 personnes s’étaient également noyées sur le même itinéraire selon les survivants. L’OIM estime que, depuis mai 2020, plus de 11 000 migrants sont retournés dans la Corne de l’Afrique lors de dangereuses traversées en bateau, aidés par des passeurs sans scrupules.« Notre programme de retour humanitaire volontaire constitue une bouée de sauvetage pour les personnes bloquées dans un pays qui est aujourd’hui dans sa septième année de conflit et de crise. Nous appelons tous les gouvernements situés le long de l’itinéraire à s’unir et à soutenir nos efforts pour permettre aux migrants de rentrer chez eux en toute sécurité et dans la dignité », a ajouté M. Labovitz.La COVID-19 a eu un impact majeur sur les migrations dans le monde. L’itinéraire de la Corne de l’Afrique vers les pays du Golfe a été particulièrement touché. Des dizaines de milliers de migrants, qui espéraient travailler au Royaume d’Arabie saoudite, se trouvent désormais dans l’impossibilité de terminer leur périple, bloqués à Djibouti, en Somalie et au Yémen.Si la pandémie a également entraîné une diminution du nombre de migrants arrivant au Yémen, passant de 138 000 en 2019 à un peu plus de 37 500 en 2020, les risques auxquels ils sont confrontés continuent d’augmenter. Beaucoup de ces migrants sont bloqués dans des situations précaires, dormant dans la rue sans abri ni accès aux services. Beaucoup d’autres sont en détention ou retenus par des passeurs.« Nous ne trouvons ni travail ni nourriture ici ; le Yémen est un problème pour nous », a déclaré Gamal, un migrant de 22 ans qui est rentré grâce au vol de retour humanitaire volontaire. « Je dormais dans la rue sur des cartons. Je ne mangeais que grâce à la charité des passants et parfois on nous donnait des restes de restaurants. Je n’avais jamais grand-chose à manger »
    Depuis octobre 2020, rien qu’à Aden, l’OIM a enregistré plus de 6 000 migrants qui ont besoin d’aide pour rentrer chez eux en toute sécurité. Le vol d’aujourd’hui à destination d’Addis-Abeba était le deuxième transportant un premier groupe de 1 100 Éthiopiens qui ont été approuvés pour un retour humanitaire volontaire vers l’Éthiopie. Des milliers d’autres migrants irréguliers attendent que leur nationalité soit vérifiée et que des documents de voyage leur soient fournis.Avant le départ du vol, l’OIM a effectué des examens médicaux et de protection pour s’assurer que les migrants de retour sont aptes à voyager et qu’ils consentent volontairement à rentrer. Les personnes ayant des besoins particuliers sont identifiées et reçoivent des conseils et un soutien spécialisés.En Ethiopie, l’OIM soutient les installations de quarantaine contre la COVID-19 gérées par le gouvernement afin d’accueillir les migrants de retour à leur arrivée et leur fournit une aide en espèces, des articles essentiels et un transport ultérieur chez eux. L’Organisation soutient également la recherche des familles pour les enfants migrants non accompagnés.Dans toute la Corne de l’Afrique et au Yémen, l’OIM apporte un soutien vital aux migrants en leur fournissant, entre autres, des soins de santé, de la nourriture et de l’eau.
    Le vol d’aujourd’hui a été financé par le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations (PRM) du Département d’Etat américain. L’assistance après l’arrivée à Addis-Abeba est soutenue par l’aide humanitaire de l’UE et le PRM.

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  • Des députés réclament la création d’une commission d’enquête sur les questions migratoires à l’Assemblée nationale
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/14/des-deputes-reclament-la-creation-d-une-commission-d-enquete-sur-les-questio

    Des députés réclament la création d’une commission d’enquête sur les questions migratoires à l’Assemblée nationale. La proposition de résolution, lancée par le groupe Libertés et territoires, a pour objectif de remettre au centre du débat une réflexion sur les conditions de vie et d’accueil des migrants en France, qui se sont encore dégradées pendant la crise sanitaire.
    A un an de l’élection présidentielle, l’initiative est présentée comme un travail de fond autant qu’une offensive politique. Mardi 13 avril, lors d’une conférence de presse, le président du groupe parlementaire Libertés et territoires, Bertrand Pancher (Meuse, 1re circonscription) a annoncé avoir demandé la création d’une commission d’enquête sur « les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès aux droits des migrants, réfugiés et apatrides en regard des engagements internationaux de la France ». Une proposition de résolution en ce sens a été enregistrée le 6 avril par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale. Sa recevabilité sera examinée par la commission des affaires étrangères le 5 mai.
    Le président du groupe Libertés et territoires – qui réunit une quinzaine d’indépendants de différents bords, à la fois d’anciens membres de La République en marche (LRM), des centristes, des radicaux, des nationalistes corses et des écologistes – a fait usage de son « droit de tirage », en vertu duquel chaque groupe d’opposition ou minoritaire peut demander la création d’une commission d’enquête une fois par session ordinaire. Leur constat de départ est le suivant : « La situation des personnes migrantes sur notre territoire est particulièrement désastreuse et elle s’est considérablement dégradée pendant la crise sanitaire », déclare Bertrand Pancher.Le programme envisagé est vaste, allant des conditions d’accueil des migrants en France à l’action des autorités françaises et de l’Union européenne sur les routes migratoires et dans les pays d’origine. « Les migrations et les conditions de vie des migrants renvoient immanquablement au respect du droit (…). Et il y a peu de domaines où le sentiment d’un écart entre les textes et la réalité vécue n’est aussi grand », peut-on lire dans la proposition de résolution. « Quand on voit, à Calais, des migrants qui dorment dans une tente et les pelleteuses qui viennent à 4 heures du matin pour les détruire, on est en droit de s’interroger », plaide Sébastien Nadot (Haute-Garonne, 10e circonscription), le député qui doit présider cette commission d’enquête.En creux, c’est la politique du gouvernement qui est visée. La loi pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie, votée en 2018, « se voulait équilibrée, on avait tout pesé pour qu’elle le soit, mais il faut que ce soit suivi d’effets derrière », insiste Frédérique Dumas, députée des Hauts-de-Seine (ex-LRM). Si la demande tendant à la création de cette commission d’enquête est déclarée recevable, les travaux débuteraient dès le 11 mai et un rapport sera rendu six mois plus tard. « Des propositions seront faites et s’inscriront dans le débat à la présidentielle », espère Sébastien Nadot.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#crisesanitaire#politiquemigratoire#immigration#asile#accueil

  • Covid-19 : malgré une vaccination massive, l’épidémie est hors de contrôle au Chili
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/11/au-chili-l-epidemie-est-hors-de-controle-malgre-une-vaccination-massive_6076

    Selon une récente étude réalisée par l’université du Chili, la vaccination affiche, dans le pays, 56,5 % d’efficacité face aux nouvelles contaminations, deux semaines après l’administration de la seconde dose. Après l’injection de la première dose, l’efficacité se révèle quasiment nulle : 3 %. Or, moins d’un quart de la population a tendu le bras aux deux injections. La vaccination n’est, cependant, pas un mirage. « Les courbes de personnes âgées malades ont baissé, ce sont maintenant les 50-70 ans, qui n’ont pas encore complété leur schéma vaccinal, qui sont plus gravement malades », souligne Gabriel Cavada. La tendance est reflétée au sein des hospitalisations, et ces plus jeunes patients, davantage résistants, occupent plus longtemps les soins intensifs. Cette donnée démographique explique la tension vécue actuellement par les hôpitaux, mais aussi, peut-être en partie, le nombre de morts, réduits de moitié en moyenne durant la première semaine d’avril, en comparaison du pic du mois de juin 2020. Au Chili, près de 24 000 personnes sont mortes après avoir contracté le Covid-19.
    « On peut par ailleurs estimer qu’il existe une circulation du variant brésilien, beaucoup plus contagieux », déclare Gabriel Cavada, en l’absence d’un séquençage officiel qui permette d’établir précisément la prévalence de cette mutation. Certains experts ont émis l’hypothèse d’une mutation chilienne du virus, non établie pour l’instant. « Ce qui est certain, c’est que le pays a trop tardé à [suspendre ses vols] avec le Brésil », déplore l’épidémiologiste, relevant comment le désastre sanitaire brésilien devient un fardeau régional. Sans les restrictions nécessaires, le virus s’y réplique avec une plus grande rapidité, augmentant ses chances de muter, avant de s’immiscer dans les pays voisins.

    #Covid-19#migrant#migration#chili#bresil#vaccination#variant#restrictionsanitaire#crisesanitaire#circulation#frontiere

  • Algérie : soigné à Berlin depuis un mois, le président Tebboune remercie son homologue allemand
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/02/12/algerie-soigne-a-berlin-depuis-un-mois-le-president-tebboune-remercie-son-ho

    Hospitalisé depuis un mois à Berlin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a appelé jeudi 11 février son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier pour le remercier des soins médicaux qu’il reçoit en Allemagne, selon un communiqué de la présidence algérienne. Il s’agit des premières nouvelles publiques de M. Tebboune depuis le 27 janvier quand ce dernier avait téléphoné au président tunisien Kaïs Saïed.Le bref communiqué ne livre pas d’information sur l’état de santé du chef de l’Etat ni la date de son retour à Alger. Aucune photo récente n’accompagne le texte. « Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a (…) fait part au président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, de ses remerciements et de sa gratitude pour la prise en charge médicale dont il a bénéficié depuis son arrivée en Allemagne », est-il indiqué.
    (...-Pris en charge pendant deux mois en Allemagne après avoir contracté le Covid-19 à Alger, le président algérien, 75 ans, a dû retourner le 10 janvier se faire opérer à Berlin à la suite de « complications » au pied droit. La nature de ces « complications » n’a jamais été précisée. Les séjours prolongés de M. Tebboune à l’étranger, trois mois en tout depuis le 28 octobre alors que l’Algérie traverse une crise sanitaire, politique et socio-économique, n’ont pas manqué de susciter des inquiétudes sur une éventuelle vacance du pouvoir.

    #covid-19#migrant#migration#algerie#allemagne#sante#ciculationtherapeutique#elite#politique#crisesanitaire

  • « Mon combat, c’est d’être régularisé » : Moussa, victime collatérale de l’ouverture illégale d’un restaurant à Nice
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/30/mon-combat-c-est-d-etre-regularise-moussa-victime-collaterale-de-l-ouverture

    De son côté, le patron du Poppies a été placé en garde à vue pour recours au travail d’un étranger sans titre, puis « convoqué pour rappel à la loi devant un délégué du procureur », rapporte au Monde Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice. « S’agissant des infractions susceptibles d’être encore relevées à son encontre à raison de l’ouverture de son établissement en contravention aux règles prescrites dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, nous sommes dans l’attente des éléments de l’enquête diligentée distinctement par les services de la police nationale et, le cas échéant, de ceux qui résulteront de son audition ultérieure », ajoute le procureur. Une procédure relative à la fermeture administrative de son établissement est actuellement en cours d’instruction, précise par ailleurs la préfecture des Alpes-Maritimes.
    Moussa, lui, a en principe trente jours pour quitter la France. « Mon combat, c’est d’être régularisé », appuie-t-il, accompagné dans ses démarches par la CGT. « Toute ma vie est ici », dit le cuisinier. Vendredi, Gérard Ré, secrétaire général de l’union départementale du syndicat, a adressé un courrier au préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez, lui demandant une entrevue. Le ministère de l’intérieur a aussi été sollicité pour faire avancer son dossier. Le travailleur envisage enfin de contester son obligation de quitter le territoire devant le tribunal administratif.Moussa raconte qu’il ne savait pas ce qui l’attendait en allant travailler, ce mercredi midi. « J’ai reçu un appel le lundi me demandant de venir. Si mon patron m’appelle, je viens, je ne peux pas dire non », livre-t-il. Sur place, plusieurs dizaines de clients attablés, souvent sans masque, sont venues soutenir le gérant du Poppies, qui entendait protester contre les mesures de fermeture imposées par le gouvernement, le 29 octobre 2020. « Il y avait beaucoup de journalistes et la police. On m’a demandé mes papiers. C’est là que j’ai été emmené. Depuis dix ans, je n’ai jamais été contrôlé, même pas pour mon titre de transport. C’est la première fois que j’avais affaire à la police, j’étais stressé », dit-il.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#droit#travailleurmigrant#politiquemigratoire#crisesanitaire

  • Brexit et Covid-19 provoquent l’exode des expatriés européens du Royaume-Uni
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/28/au-royaume-uni-brexit-et-covid-19-provoquent-l-exode-des-expatries-europeens

    en mal de données migratoires fiables (l’ONS ayant stoppé sa collecte des mouvements aux frontières en raison de la pandémie), ils ont l’idée d’éplucher les chiffres du « Labor Force Survey », le marché du travail au Royaume-Uni. Et ils font une découverte étonnante : « En un an, entre l’été 2019 et l’été 2020, le nombre de travailleurs non-natifs du Royaume-Uni a chuté de plus d’un demi-million. » Pour autant, constatent-ils, les chiffres du chômage n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions et parallèlement, « le nombre de natifs du Royaume-Uni avec un emploi vivant à Londres a bondi de presque un quart de million ». Les statisticiens en déduisent que les non-natifs du pays ont dû quitter le territoire « Les migrants, spécialement européens, ont une probabilité disproportionnée de travailler dans le secteur hôtelier, et ont plus de risques d’avoir été mis en chômage partiel ou d’avoir perdu leur emploi. Avec les universités basculant leurs cours en ligne, beaucoup d’étudiants étrangers ont aussi pu décider de ne pas venir ou de rentrer chez eux. (…) Mais surtout, le Royaume-Uni a mal géré la première vague épidémique, tant du point de vue sanitaire qu’économique. Pour beaucoup de migrants, arrivés récemment, sans famille, le choix était de rester sans travail et avec peu d’argent, ou de rentrer au pays, avec moins de risques d’attraper le coronavirus », expliquent les auteurs de l’étude.Fabrice Boraschi était un pilier de la communauté française de Londres avant le confinement, il organisait des rendez-vous de « réseautage » mensuels dans le centre de Londres – ils ont bien sûr été suspendus. Lui aussi a vu passer ce billet de blog : « Ça ne m’étonne pas. Quand tu perds ton travail ici, tu ne peux tout simplement pas vivre, tu pars. » ll assure connaître « plein de gens qui sont partis. Il y a ceux qui sont partis après le référendum sur le Brexit [2016], par conviction. Ils ne reviendront probablement pas. Et il y a ceux qui sont partis à cause du Covid ou de leur emploi, eux reviendront peut-être ».Quoique… Les lois migratoires ont été sérieusement durcies depuis le Brexit. Il faut désormais justifier d’un emploi rémunéré au moins 25 600 livres sterling par an (29 000 euros) pour décrocher un visa de travail.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#brexit#emigration#sante#pandemie#crisesanitaire

  • Le Conseil d’Etat suspend la décision de geler la délivrance de visas pour rapprochement familial [Actions collectives] ⋅ GISTI
    https://www.gisti.org/spip.php?article6547

    Le Conseil d’Etat suspend la décision de geler la délivrance de visas pour rapprochement familial.Nos organisations et des personnes étrangères ont saisi le 16 décembre 2020 le juge des référés du Conseil d’Etat de requêtes en annulation, assorties de référés suspension, pour qu’il suspende le gel des visas de regroupement et de réunification familiaux. Par une ordonnance rendue le 21 janvier, le Conseil d’État a suspendu la décision de geler la délivrance des visas. Il a considéré que l’administration ne démontrait pas que le flux - limité - d’arrivées des familles pouvait contribuer de manière significative à une augmentation du risque de propagation du Covid-19, alors que des mesures de dépistages et d’isolement pouvaient au demeurant être imposées aux personnes autorisées à entrer sur le territoire. Il en a déduit que la mesure attaquée portait une atteinte grave au droit à la vie familiale normale des intéressés et à l’intérêt supérieur des enfants en cause et que l’existence d’un doute sérieux quant à sa légalité justifiait qu’elle soit suspendue. En statuant ainsi, le juge sanctionne une mesure discriminatoire qui, en prenant prétexte de contraintes sanitaires, prive arbitrairement certaines catégories d’étranger·es, implicitement considéré·es comme indésirables, du droit de rejoindre leurs proches. Depuis le 16 mars, des centaines de familles étrangères ont en effet été privées du droit de retrouver leurs proches résidant en France alors qu’elles en ont reçu l’autorisation à l’issue d’une longue instruction de leur dossier dans le cadre du regroupement familial ou, s’agissant de famille de personnes réfugiées en France, de la réunification familiale. Vivant dans des pays classés par la France comme « zones actives de circulation du coronavirus », les membres de ces familles se heurtent toujours au mur des ambassades et consulats, refusant d’enregistrer et d’instruire leur demande de visas, ou encore de les leur délivrer. Les organisations requérantes se réjouissent de voir reconnue l’illégalité du comportement de l’administration depuis de nombreux mois, conduisant à une séparation illégitime et douloureuse de familles. Elles resteront attentives aux mesures qui doivent être prises le plus rapidement possible par les autorités pour y mettre fin. Ce n’est pas encore le cas puisque l’attestation de voyage téléchargeable sur le site du ministère de l’intérieur ne mentionne toujours pas le cas de ces personnes comme pouvant voyager vers la France.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#crisesanitaire#droit#regroupementfamilial#visas#circulation#politiquemigratoire

  • Chiffres de l’immigration en 2020 : demandes d’asile et mesures d’éloignement en baisse
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/22/chiffres-de-l-immigration-en-2020-demandes-d-asile-et-mesures-d-eloignement-

    La crise sanitaire due au Covid-19 a rendu imprévisible un sujet que le gouvernement veut pourtant maîtriser fermement : l’immigration. Jeudi 21 janvier, le ministère de l’intérieur a rendu publics les chiffres de l’année 2020 sur la question. Bien que ceux-ci soient provisoires, une tendance non équivoque se dégage : une écrasante majorité des indicateurs sont à la baisse. « 2020 : une année totalement atypique, de rupture », souligne-t-on place Beauvau. Parmi les sujets politiquement sensibles pour le gouvernement : celui de la demande d’asile. Jusqu’en 2019, elle continuait d’augmenter en France et les autorités ne cachaient pas leur volonté d’enrayer la tendance. En 2020, sous l’effet de la crise sanitaire, qui a limité les passages aux frontières et provoqué le ralentissement, voire l’arrêt, de certains services de l’Etat lors du premier confinement, la demande d’asile a fortement chuté. Une situation semblable à celle du reste de l’Union européenne (UE).
    En France, 81 669 nouvelles demandes de protection ont été introduites en préfecture dans les guichets uniques des demandeurs d’asile, contre 138 420 en 2019 (- 41 %). Côté ministère de l’intérieur, on reste prudent sur les évolutions futures de cette tendance : « Le Covid peut avoir un effet de ralentissement des déplacements ou provoquer au contraire une fuite » des pays. De leur côté, les services de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), chargés d’examiner les demandes, ont enregistré 95 600 dossiers en 2020 et concluent à une baisse de 28 % par rapport à 2019. Cette différence de chiffres tient principalement au fait que l’Ofpra prend en compte dans ses statistiques les cas dits des « réadmissions éteintes ». Il s’agit des personnes dont la demande d’asile relevait, en 2019, d’un autre Etat membre de l’UE au titre du règlement de Dublin, mais dont la France est devenue responsable, en 2020, dès lors qu’aucun renvoi vers le pays en question n’est intervenu entre six et dix-huit mois après leur arrivée.
    Alors que le débat sur les conditions d’accueil des demandeurs d’asile a été prégnant ces dernières semaines et que les campements se reconstituent inlassablement depuis 2015, ce ralentissement n’a pas permis de rectifier le tir. A ce jour, seul un demandeur d’asile sur deux est hébergé le temps que son dossier soit étudié, le dispositif national d’accueil (DNA) étant saturé – 4 500 places supplémentaires doivent être créées en 2021. Pour Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, c’est également sur l’intégration qu’il faut travailler, justifiant la situation par « une forte présence indue de réfugiés dans le DNA ».Depuis plusieurs années, le gouvernement tente de fluidifier la prise en charge des demandeurs d’asile en accélérant le délai de traitement des dossiers. La crise sanitaire a largement freiné le processus : le délai moyen d’examen des demandes devant l’Ofpra est passé de 161 jours en 2019 à 262 jours en 2020. En cause : une « diminution de l’activité décisionnelle de l’ordre d’un quart puisque, en raison principalement de l’interruption des entretiens d’asile durant le premier confinement, on a rendu environ 90 000 décisions en 2020, contre plus de 120 000 en 2019, explique Julien Boucher, directeur de l’Ofpra. Le mouvement que nous engageons pour diminuer les stocks de demandes en instance va permettre de reprendre la trajectoire de baisse des délais d’instruction. »En 2020, comme en 2019, les demandeurs d’asile proviennent en premier lieu d’Afghanistan (8 886 demandes) puis du Bangladesh (4 345). Le Pakistan s’est placé en troisième position avec 3 426 demandes. L’Albanie et la Géorgie, qui occupaient le haut du tableau ces dernières années, disparaissent des dix premières nationalités qui demandent l’asile. Place Beauvau, on veut y voir « le résultat d’un effort politique lié à la grande qualité de la coopération » avec ces Etats, considérés comme des pays d’origine sûrs, et pour lesquels la France voulait réduire les arrivées.
    En tête des demandes de protection depuis 2018, les autorités scrutent particulièrement la demande afghane. En 2020, « elle ne baisse que de 15 %, les Afghans continuent de venir en France après avoir été déboutés dans d’autres pays européens », note Didier Leschi. Parmi les demandeurs d’asile primo-arrivants, la part des personnes relevant du règlement de Dublin – soit celles dont la demande d’asile relève d’un autre Etat de l’UE – reste stable. Elle était de 25 % en 2019 et baisse légèrement à 21 % en 2020, d’après les chiffres du ministère. En revanche, « l’effet de la crise a augmenté le nombre de cas Dublin qui sont retombés dans la procédure de droit commun [passant sous la responsabilité de la France] », précise-t-on au ministère.Au total, 24 118 personnes ont bénéficié d’une protection (décisions de l’Ofpra et de la Cour nationale du droit d’asile confondues), soit un taux de réponses positives de 24 %. En 2019, elles étaient plus de 36 000 à se voir octroyer le statut de réfugié ou la protection subsidiaire, soit une baisse de 33,5 % entre les deux années.Un autre effet imprévu du Covid-19 sur les chiffres de l’immigration risque d’inquiéter le gouvernement et en premier lieu le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui revendique une ligne stricte : celui du départ des étrangers en situation irrégulière. A cet égard, les retours forcés ont drastiquement chuté, passant de 18 906 en 2019 à 9 111 en 2020 (- 52 %). Parmi tous les renvois, ce sont ceux vers les pays tiers (hors UE) qui diminuent le plus, avec une baisse de 62 %. Dans l’entourage du ministre, on tient à insister sur « une augmentation des interpellations de personnes en situation irrégulière depuis cet été ». Différentes justifications liées à la crise sanitaire sont évoquées : des centres de rétention administrative – dont l’activité a été drastiquement réduite pendant le premier confinement – qui tournent au ralenti, un trafic aérien perturbé, les difficultés à obtenir un laissez-passer consulaire avec les autorités des pays tiers… Le ministre a notamment multiplié les visites au Maroc et en Tunisie pour mettre en œuvre sa ligne de fermeté.

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#sante#crisesanitaire#asile#retention#retour

  • Paris : des migrants « à bout » incendient un bâtiment du CRA du Mesnil-Amelot - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29776/paris-des-migrants-a-bout-incendient-un-batiment-du-cra-du-mesnil-amel

    Mercredi 20 janvier, vers 11h15, deux bâtiments du centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, en région parisienne, ont été incendiés par plusieurs migrants. Les dégâts sont importants puisque plusieurs chambres et espaces de vie sont inutilisables mais les pompiers sont intervenus très rapidement. Aucun blessé grave n’est à déplorer. (...) Le mobile de l’incendie n’a pas été encore formellement identifié mais la situation est « très tendue » depuis plusieurs mois, rappelle la Cimade. Le CRA du Mesnil-Amelot tourne à plein régime avec 70 personnes dans ses locaux (la capacité maximale en temps de coronavirus).
    Et la crise sanitaire n’a rien arrangé. « En raison de la fermeture des frontières et de l’absence de vols aériens, les personnes restent en CRA. Ils vont même jusqu’au bout de la durée maximale d’enfermement, trois mois [90 jours, ndlr] ! Et une fois ce temps écoulé, ceux qui sortent, passent en comparution immédiate, se voient confirmer la mesure d’éloignement et retournent en CRA dès le lendemain… pour 90 jours à nouveau ! », détaille Mathilde Godoy. « Comment voulez-vous que les gens restent calmes ? Les voisins de chambre voient les mêmes personnes sortir et revenir à nouveau. Ils deviennent fous ».Exaspérés par une expulsion qui n’arrive jamais et par la perspective d’un enfermement sans fin, les sans-papiers sont donc « à bout ». « Ils sont enfermés pour rien ! 90 jours, c’est suffisamment long pour perdre le boulot qu’on avait trouvé, pour perdre le logement qu’on avait loué ! Les passages en CRA, ce sont comme des courtes peines de prison, à la fin, on n’a plus rien ! Sauf qu’eux, ils n’ont rien fait. Ils sont là parce qu’ils n’ont pas de papiers, pas parce qu’ils ont un commis un délit ».
    Autre élément qui a mis le feu aux poudres : les tests PCR (pour savoir si une personne est atteinte du coronavirus). Ces tests sont réclamés par plusieurs États pour s’assurer que les voyageurs entrant dans le pays sont « négatifs au coronavirus ». Pas d’exception pour les personnes en situation irrégulière. « Plusieurs sans-papiers ont refusé de se soumettre aux tests. Et refuser est un droit », rappelle Mathilde Godoy. « Pourtant, ils sont intimidés, quand ils refusent de s’y soumettre, ils peuvent être condamnés. Une personne a récemment pris quatre mois de prison ferme à cause d’un refus de test PCR ! » Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, les conditions de vie dans les CRA français sont régulièrement dénoncées par les collectifs d’aide aux sans-papiers. InfoMigrants a écrit de nombreux articles sur les suicides, les tentatives de suicide, les cas d’automutilation et les grèves de la faim qui s’y déroulent

    #Covid-19#migrant#migration#france#cra#sante#santementale#test#crisesanitaire#retention#delit#expulsion

  • Gel des visas : des centaines de résidents étrangers en France dans l’attente de leurs familles - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29377/gel-des-visas-des-centaines-de-residents-etrangers-en-france-dans-l-at

    Depuis mars, la crise sanitaire a entraîné le gel de certaines demandes de visa pour la France, dont celles émanant des familles d’étrangers résidant légalement dans l’Hexagone. Les intéressés jugent cette mesure « discriminatoire ». En France depuis 17 ans, Mustapha Belhadj ne s’était jamais vu comme « différent » dans ce pays. Cet Algérien de 50 ans en situation régulière, amateur de course à pied, est investi dans des associations et travaille comme conseiller auprès des éleveurs de volaille. « Dans mon esprit, je ne me considère même pas comme un étranger », dit ce résident d’Ancenis, en Loire-Atlantique. Ces derniers mois, pourtant, Mustapha Belhadj a constaté une différence de traitement. Marié depuis avril 2019 avec une Algérienne, il ne parvient pas, depuis août, à faire venir en France son épouse. Cette dernière est dans l’incapacité d’obtenir un visa auprès du consulat français malgré la validation de leur demande de regroupement familial à l’issue de l’instruction de leur dossier.
    Crise sanitaire due au Covid-19 oblige, certaines procédures de demandes de visas pour la France venant de zones où la circulation du virus est considérée comme active ont été bloquées en mars. Mais depuis l’été, à la faveur de la réouverture des frontières, quelques-unes ont pu reprendre, concernant des catégories de personnes précises, dont les conjoints et enfants de ressortissants français, les étudiants, les enseignants et certains salariés étrangers, comme les saisonniers. Les demandes déposées par les familles de résidents étrangers installés légalement en France restent, elles, bloquées par les administrations. Des centaines de personnes sont actuellement dans ce cas.

    #Covid-19#migrant#migration#france#residentetranger#visa#procedure#regroupementfamilial#sante#crisesanitaire

  • Sous perfusion humanitaire, Gaza s’alarme d’une flambée de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/12/28/sous-perfusion-humanitaire-gaza-s-alarme-d-une-flambee-du-covid-19_6064654_3

    Longtemps, la bande de Gaza a été épargnée. Le blocus israélien, qui l’isole du monde depuis 2006, avait retardé l’arrivée de l’épidémie de Covid-19, et les autorités avaient mis en place un système de quarantaine draconien pour tout voyageur de retour dans l’enclave palestinienne. Mais rien n’est parfaitement étanche. En août, les premiers cas ont été détectés parmi ses 2 millions d’habitants et si, pendant quelques mois, les autorités ont réussi à circonscrire l’épidémie, les compteurs s’affolent ces dernières semaines. Un tiers des tests de dépistage réalisés sont désormais positifs, et le nombre de décès liés au coronavirus a doublé en trois semaines, pour atteindre plus de 300 morts, dimanche 27 décembre.
    Après des années de blocus, « le système de santé à Gaza est sous pression, les ressources sont très limitées », s’inquiète Bassem Naïm, ancien ministre de la santé, à la tête du comité des relations internationales du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige l’enclave. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les unités consacrées au Covid-19 sont occupées à 80 %. « Nous ne pouvons pas ouvrir d’autres lits, car les hôpitaux doivent continuer à soigner les patients hors Covid-19 », poursuit M. Naïm.
    L’enclave navigue à vue, tentant de pourvoir aux besoins les plus pressants avec une aide internationale délivrée au compte-gouttes. « Nous manquons de tout : des tests, des équipements de protection (PPE)… Ce que nous avons reçu, via des donations, bien sûr, ne suffit que pour quelques jours. La plupart de notre personnel médical ne dispose pas de PPE qui les protège efficacement pour travailler », explique l’ex-ministre du Hamas. Début décembre, un confinement partiel a été mis en place : couvre-feu à partir de 18h30 et fermeture totale les week-ends (vendredi et samedi). Mais rien n’y fait, l’épidémie s’infiltre partout dans les camps surpeuplés et les appartements minuscules. « C’est compliqué de faire respecter toutes les mesures. Même quand les gens sont confinés, les familles sont nombreuses : en général, quarante à cinquante personnes qui s’entassent dans une même maison », décrit Ziad Medoukh, responsable du département de français à l’université Al-Aqsa.
    L’option d’un reconfinement « est toujours sur la table », assure Bassem Naïm. Mais Gaza n’est pas certaine de pouvoir se permettre une mise à l’arrêt totale. Des milliers de travailleurs journaliers ont déjà perdu leur gagne-pain à cause des diverses fermetures. Avant la crise sanitaire, quelque 80 % des habitants survivaient grâce à l’aide humanitaire ; certains pourraient désormais se retrouver le vendre vide. Sans espoir d’acquérir un vaccin rapidement, Gaza comme la Cisjordanie jonglent entre les restrictions tout en tentant de préserver leur très fragile économie. L’OMS espère pouvoir acheminer les premières injections dans les territoires palestiniens « début ou milieu 2021 » – dans les faits, probablement pas avant le mois de mars. « Nous ne savons pas exactement quand les vaccins seront disponibles pour être distribués, car de nombreux vaccins potentiels sont à l’étude et plusieurs essais cliniques sont en cours », a précisé Gerald Rockenschaub, directeur de l’OMS dans les territoires palestiniens occupés.

    #Covid-19#migrant#migration#gaza#israel#cisjordanie#confinement#fermeture#blocaus#camp#sante#confinement#travailleurjournalier#crisesanitaire

  • « En première ligne » durant la pandémie de Covid-19, près de 700 travailleurs étrangers vont être naturalisés
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/23/en-premiere-ligne-durant-la-pandemie-de-covid-19-pres-de-700-travailleurs-et

    « Professionnels de santé, femmes de ménage, gardes d’enfants, caissiers… Ils ont prouvé leur attachement à la nation ; c’est désormais à la République de faire un pas vers eux ». Près de 700 travailleurs étrangers qui ont été en « première ligne » durant l’épidémie de coronavirus et ont « montré leur attachement à la nation » vont être naturalisés français, a annoncé mardi 22 décembre le cabinet de Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté. Mi-septembre, Mme Schiappa avait donné instruction aux préfets d’« accélérer » et de « faciliter » cet accès à la nationalité française pour les personnes qui avaient « contribué activement » à la lutte contre le Covid-19. Les préfets peuvent utiliser la notion de « services rendus importants » pour réduire à deux ans au lieu de cinq la durée minimale de résidence en France exigée. En trois mois, 2 890 demandes ont été enregistrées par les préfectures pour ce motif. A l’heure actuelle, 693 personnes sont « en passe d’obtenir [la naturalisation] et 74 l’ont déjà obtenue », a détaillé dans un communiqué le cabinet de Mme Schiappa, chargé notamment des questions liées aux réfugiés et à l’intégration. En 2019, plus de 112 000 personnes ont acquis la nationalité française, dont plus de 48 000 par naturalisation – une procédure en net recul (-10 %) par rapport à 2018.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#travailleurmigrant#enpremiereligne#naturalisation#nation#crisesanitaire

  • 2021 Travel Guide: Covid Restrictions, Vaccine, Flight Cancellations, Cruises and More - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/12/22/travel/flight-cancellations-cruise-ships-covid-vaccine.html

    The travel world has been on a roller coaster in 2020. Even as vaccination campaigns started in the United States and Europe, countries slammed shut their borders to visitors from the United Kingdom, because of a new strain of the coronavirus. And while the number of people flying in the United States is again on the rise — topping 1 million a day on the weekend before Christmas — a patchwork of quarantine and testing regulations remains in place in many parts of the country. Worldwide, Covid-19 has killed more than 1.5 million people, sickened millions more and short-circuited economies. Of all the industries reeling from its destructive impact, the travel industry was upended like no other.

    Travel has been changed by past calamities. Safety measures instituted after the 9/11 attacks are now just part of the travel experience. It’s unclear just which changes to the travel landscape will be in place a year from now — or 10 years on — but some answers are starting to come into focus. On the brink of the new year, we looked at nine of the most pressing queries facing the travel industry and individual travelers — here are the answers.
    In November, Qantas Airlines announced that once a coronavirus vaccine was available, passengers hoping to fly on the airline would need to prove that they had taken it. Alan Joyce, the airline’s chief executive, described the need for proof of vaccination as “a necessity.” “I think that’s going to be a common thing talking to my colleagues in other airlines around the globe,” he said.
    Indeed, many airlines are currently testing technology to streamline the health documentation process, including mobile health apps like CommonPass, ICC AOKpass and VeriFLY to ensure travelers can present their health data in a secure, verifiable way. It’s not known yet whether some kind of universal health form or certificate will be required to travel because that would require participation from various countries and organizations, but that’s happened before. The International Certificate of Vaccination or Prophylaxis, known to many as the carte jaune or yellow card, was originally created in the mid 1930s by the World Health Organization. Versions were used as proof for vaccination against diseases including yellow fever, typhus and smallpox, and many countries still require proof of certain vaccinations when traveling. For those travelers who have relocated to foreign countries over the years, the possibility of sharing personal health information isn’t unusual, as many visa and residency applications call for medical exams.
    Today’s apps have to address a host of issues around carrying health data, including privacy and standardization. For one, nobody wants to carry around a printed health record that could contain sensitive information in addition to proof of testing or vaccination. For another, such records could be forged with image-editing tools. And in this increasingly global world, a traveler’s health documents could be written in a language that is unfamiliar to an airport official. The Commons Project, the nonprofit that is developing the CommonPass, said its app connects with websites for medical facilities, and those sites then load verification of completed test or vaccine record inside the app, limiting the amount of private information that is shared. Others are taking a similar approach.A common request from people across the industry is for governments to work together to standardize testing and vaccination requirements. For example, travelers who are vaccinated in the United States should know that their vaccination and documentation is valid in Thailand and vice versa.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#frontiere#circulation#passeport#vaccination#crisesanitaire#globalisation

  • Covid News: Live Updates - The New York Times
    https://www.nytimes.com/live/2020/12/22/world/covid-19-coronavirus

    Some 700 foreigners in France who were exposed to the coronavirus through their work will be put on a fast track for naturalization as a reward for their commitment during the pandemic, the junior minister for citizenship said on Tuesday.The beneficiaries, whom the ministry called “frontline foreign workers in the face of the health crisis,” include health care workers, child care professionals, housekeepers and cashiers.“They have proved their commitment to the nation,” a statement from the office of the minister, Marlène Schiappa, said. “It is now up to the Republic to take a step toward them.”In September, the French Interior Ministry asked regional officials to identify foreign workers who had “actively contributed” to the fight against the coronavirus and facilitate their application for fast naturalization.“Some foreigners swung into action and were particularly exposed in the fight against the Covid-19 pandemic,” Ms. Schiappa wrote in a letter sent in September to regional authorities. “They actively participated in the national effort, with dedication and courage.”More than 70 applicants have since then obtained citizenship and 693 more are in the final stage of the process, Ms. Schiappa’s office said in the statement on Tuesday. The authorities have also been ordered to reduce the residency period in France required to obtain citizenship to two years from the usual five in the case of “great services rendered.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#france#naturalisation#crisesanitaire#politique#nation

  • « Je suis arrivé à Paris avec rien » : Oscar, ou les tribulations d’un étudiant vénézuélien dans la France sous cloche
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/11/19/je-suis-arrive-a-paris-avec-rien-oscar-ou-les-tribulations-d-un-etudiant-ven

    Pour ses premières nuits à Paris, il se fait héberger chez une amie vénézuélienne, étudiante. Avec ses 80 euros, il ouvre un compte bancaire, ce qui lui permet de voir la somme abondée du même montant. Le futur ingénieur trouve rapidement un boulot d’extra dans un restaurant parisien. Il y travaille quatre jours. « J’avais alors suffisamment pour payer les 581 euros de loyer pour une chambre dans la maison des provinces de France », à la cité universitaire de Paris. Oscar peut enfin poser sa valise. Aidé par le bureau des étudiants de son école d’ingénieurs, le jeune Vénézuélien prend contact avec divers organismes qui lui donneront un coup de pouce : 200 euros d’aide au logement de la caisse d’allocations familiales, 300 euros du Crous, une aide vestimentaire de la Croix-Rouge, l’aide alimentaire des Restos du cœur en lien avec l’aide sociale de la cité universitaire… « Depuis le début de cette aventure, j’ai trouvé des anges gardiens », remercie l’étudiant. Il a trouvé un boulot aussi : employé polyvalent dans un fast-food de Neuilly-sur-Seine. Il y travaille de nuit, rentre à 3 heures du matin… Et étudie le jour, en ligne.« Je suis arrivé à Paris avec rien. J’ai maintenant un ordinateur, une très belle chambre, un travail et je reçois un enseignement qui me permettra de réaliser un autre objectif, devenir ingénieur aérospatial, se félicite Oscar. Je me sens tellement bien ici. Partout où il y a des crises, il y a des opportunités.

    #Covid-19#migrant#migration#france#venezuela#sante#etudiant#precarite#economie#sante#crisesanitaire#confinement

  • A Rennes, des parrains et marraines au chevet d’étudiants sans ressources
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2020/11/18/a-rennes-des-parrains-et-marraines-au-chevet-d-etudiants-sans-ressources_606

    Créé lors du premier confinement, le projet a « tout de suite fait l’objet d’un fort engouement de la part des parrains comme des filleuls », explique Alan Guillemin. Et pour cause : selon une vaste enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante, et menée auprès de 6 000 jeunes, la situation financière de nombreux étudiants s’est aggravée. Un tiers de ceux interrogés ont rencontré des difficultés financières pendant le premier confinement, 19 % ont dû se restreindre pour des achats de première nécessité. Parmi les étudiants étrangers, 23 % déclarent « ne pas avoir mangé à leur faim ».Une fragilité qui n’a fait que se confirmer avec le deuxième confinement, avec un nombre de demandes d’étudiants à la hausse, souligne Alan Guillemin. En raison de l’éloignement de leur famille, et de leur moindre accès à des aides sociales, les étrangers sont les plus affectés par ces situations de précarité. Ces derniers sont majoritaires dans les tandems solidaires proposés par l’association rennaise. « Ce sont des jeunes dont la bourse versée par leur pays d’origine a été dévaluée, qui ont perdu leurs jobs alimentaires ou dont les parents ne peuvent plus les aider à cause du contexte sanitaire », explique Alan Guillemin. Les parrains et marraines sont donc souvent sollicités pour fournir des paniers alimentaires, payer des factures, apporter un soutien moral à distance… Les deux cents volontaires inscrits à ce jour ont le choix du type d’engagement qu’ils souhaitent offrir à leur filleul.

    #Covid-19#migrant#migration#france#rennes#sante#etudiant#precarité#aliementaion#crisesanitaire

  • HCR - Un premier groupe de réfugiés centrafricains rentre de RDC depuis la pandémie de Covid-19
    https://www.unhcr.org/fr/news/press/2020/11/5fb268c2a/premier-groupe-refugies-centrafricains-rentre-rdc-pandemie-covid-19.html

    Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés en République démocratique du Congo (RDC), a récemment aidé des centaines de réfugiés originaires de la République centrafricaine (RCA) à rentrer dans leur pays. C’est la première opération de ce type depuis que la pandémie de Covid-19 avait forcé des pays à la fermeture de leurs frontières. L’opération de rapatriement librement consenti des réfugiés centrafricains avait commencé en novembre 2019 mais elle a été suspendue en mars 2020, les deux pays ayant fermé leurs frontières pour empêcher la propagation du coronavirus. La fermeture des frontières a été levée pour faciliter les retours volontaires, que le HCR espère voir se poursuivre. Quelque 474 réfugiés ont quitté le camp de Mole pour se rendre à Zongo, dans la province du Sud-Oubangui, au nord de la RDC, dans deux convois de 20 véhicules dont six camions et trois cars depuis le 10 novembre. Ils ont poursuivi leur voyage en bateau avec une traversée de 20 minutes sur le fleuve Ubangi jusqu’à Bangui, la capitale de la République centrafricaine. « La pandémie de coronavirus a mis fin aux rêves des réfugiés de rentrer chez eux, comme à beaucoup d’autres aspirations humaines », a déclaré le représentant adjoint du HCR en RDC, Pierre Atchom. « Cette reprise des retours de réfugiés marque un nouveau chapitre dans la vie de nombreux réfugiés. Ils peuvent rentrer chez eux, retrouver leur pays - laissant derrière eux leur vie d’exilé. »

    #Covid-19#migrant#migration#centrafrique#sante#pandemie#retour#crisesanitaire#refugie

  • Les Canaries, débordées par l’afflux de migrants : « Ces citoyens dorment au milieu des rats »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/16/les-canaries-debordees-par-l-afflux-de-migrants-ces-citoyens-dorment-au-mili

    Près des bateaux de pêche amarrés sur le petit port d’Arguineguin, face aux restaurants et aux hôtels désertés par les touristes, près de 2 000 migrants, en majorité marocains et sénégalais, sont entassés sur un quai dans des conditions déplorables. C’est ici, au sud de l’île espagnole de Grande Canarie, que la Croix-Rouge a monté un campement en août afin de leur prodiguer les premiers soins et de les identifier. Mais il était alors prévu pour 400 personnes. Or, ils sont près de 17 000 à être arrivés sur les côtes des Canaries depuis le début de l’année, dont 5 300 en octobre et 1 400 durant la seule journée du 7 novembre. Du jamais-vu depuis la « crise des pirogues » de 2006 – des milliers de migrants rejoignaient l’archipel depuis l’Afrique.« Il faut transférer ce campement de la honte », exige Onalia Bueno, la maire de Mogan, commune dont dépend Arguineguin. « Ces citoyens dorment au milieu des rats, sur une couverture, ne peuvent se laver que tous les trois ou quatre jours. Et une quarantaine ont le Covid-19 », ajoute-t-elle, devant le port, interdit d’accès à la presse pour, selon le gouvernement espagnol, « préserver l’intimité des personnes ».
    Pour les ONG, l’explication de ce boom migratoire est double. D’une part, la fermeture de la route du détroit de Gibraltar par le Maroc, en 2019, a provoqué le report des flux sur la voie canarienne, beaucoup plus dangereuse. D’autre part, « la pandémie a augmenté le nombre de personnes parties du fait de la crise économique », résume Txema Santana, porte-parole de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR).
    « On ne peut plus gagner sa vie en Afrique. Il n’y a plus assez de poissons, les gros bateaux de Chine et d’Europe prennent tout », raconte Daouda, pêcheur sénégalais de 26 ans parti de Saint-Louis le 15 août pour un avenir meilleur pour lui et pour sa mère, restée là-bas, qui vend normalement ses poissons sur le marché. Comme lui, de nombreux pêcheurs africains ont fait la traversée récemment. « Les gens ne peuvent plus payer le prix, et les restaurants sont fermés… », explique Ahmed un autre pêcheur, marocain, parti de Dakhla, sur la côte du Sahara occidental.
    Non loin, devant l’Hôtel Vista Flor Bungalows de Maspalomas, charmant complexe de petites maisons accolées transformées en centre d’accueil pour 500 migrants, les accords mélancoliques de la kora et la voix du chanteur gambien Jaliba Kuyateh s’élèvent du téléphone de trois jeunes Subsahariens. Ils regardent passer les voitures, les yeux dans le vide.
    L’Hôtel Vista Flor Bungalows de Maspalomas a été transformé en centre d’accueil pour 500 migrants.
    Ce mardi 10 novembre, un avion a atterri sur l’île de Grande Canarie pour embarquer les 22 migrants détenus dans le centre d’internement des étrangers (CIE), direction Nouakchott, grâce à la réactivation des accords de rapatriement avec la Mauritanie annoncé quelques jours plus tôt par le gouvernement de gauche. Ce pays africain accepte le renvoi non seulement de ses ressortissants, mais aussi de tous ceux qui sont partis de ses côtes ou ont transité par la Mauritanie. Les Canaries n’ont jamais été le but de ces migrants : ils rêvent du continent européen. Et ils espèrent leur transfert sur la péninsule, comme cela se fait d’ordinaire pour soulager la pression sur les infrastructures de l’archipel.
    Daouda est tellement angoissé qu’il a dû être hospitalisé, pris de fortes douleurs dans le ventre, quand il a compris que le document remis par la police à son arrivée était un ordre d’expulsion. « Les migrants reçoivent des papiers qu’ils ne savent pas lire, des ordres d’expulsion qui peuvent faire l’objet d’un recours, et tous ne connaissent pas leurs droits à demander la protection internationale », assure le juge d’instruction Arcadio Diaz Tejera, qui s’est lui-même déplacé au port à trois reprises pour s’assurer que les Maliens, au moins, sont au courant du droit d’asile.
    Avec les femmes et les enfants, ce sont les seuls à être transférés presque automatiquement sur la péninsule, car « ils sont les plus susceptibles de voir aboutir leur demande de protection internationale », explique M. Santana. « De nuit, des hommes sont venus attaquer mon village, Kari, dans le nord du Mali, pour qu’on aille faire la guerre, raconte l’adolescent Adama, 15 ans, en français. Je suis malien, je ne peux pas tuer un autre Malien. J’ai couru pour m’enfuir et j’ai perdu ma famille. Je ne sais pas s’ils sont vivants ou morts… »
    « Nous sommes passés d’une centaine de places d’accueil à plus de 5 000, et qui plus est en pleine pandémie », souligne Anselmo Pestana, délégué du gouvernement aux Canaries. Lorsqu’ils débarquent, les migrants sont soumis à un test PCR. Les cas positifs sont envoyés en quatorzaine dans un ancien internat, isolé sur la plage volcanique du Cabron, les autres passent la quatorzaine dans des hôtels, où ils sont logés et nourris, dans l’attente d’une solution. Alors que certains observateurs craignent que l’archipel ne suive le chemin de Lesbos, en Grèce, ils soulignent que « le travail de sauvetage maritime que nous réalisons et notre prise en charge des migrants ne sont pas similaires », tout en demandant « l’implication d’autres pays : l’Union européenne ne peut pas laisser les pays frontaliers assumer seuls ce phénomène »

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#senegal#canaries#ue#sante#economie#crisesanitaire#crise#migrationirreguliere

  • « Dormir sous une tente, ça reste mieux qu’être là-bas » : à Lille, une soirée avec les Ivoiriens de la rue
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/14/dormir-sous-une-tente-ca-reste-mieux-qu-etre-la-bas-a-lille-une-soiree-avec-

    L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) rappelle que « parmi les demandes d’asile examinées ces dix-huit derniers mois, celles fondées sur les problématiques d’ordre sociétal ont été les plus nombreuses ». En 2019, seuls 21 % des demandeurs ont obtenu une protection de la France, selon l’Ofpra, qui souligne aussi que « les motifs politiques, bien que minoritaires, ont continué d’être invoqués et des demandeurs ont fait valoir des craintes de persécution en lien avec la recomposition de l’espace politique à l’approche des élections législatives et présidentielle de 2020 ».
    Au « village » lillois, Emmanuel, Kanté et Ali ont suivi de très loin le scrutin présidentiel du 31 octobre en Côte d’Ivoire. Les turbulences qui ont entouré la réélection d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat valident rétrospectivement leur choix de départ. « Que me serait-il arrivé si j’étais resté là-bas ?, se demande Kanté. Ce n’est pas agréable d’y penser. Les politiques sont les premiers responsables de notre malheur. » A plus de 7 000 km d’Abidjan, ces exilés regardent leur pays continuer de se déchirer pour des querelles politiques entre les pro-Ouattara et l’opposition, mais pas seulement. Quand on leur demande s’ils désirent retourner un jour chez eux, la réponse des Ivoiriens de Lille est unanime. « Jamais ! », martèle Ali, pourtant exténué à force de « vivre dans cette misère ». Lui comme les autres ont rayé leur pays de leurs projets. « Il n’y a plus d’avenir pour nous là-bas », argue Jimmy. Alors ils rêvent de papiers pour s’installer en France, fonder une famille. Mais parce qu’ils sont entrés en Europe par un autre pays, ils sont placés en procédure Dublin et risquent d’être renvoyés en Espagne ou en Italie, là où ils ont laissé leurs empreintes digitales. Et pourtant, francophones, c’est ici qu’ils veulent vivre, qu’ils ont des amis, aussi. « Je veux aider les générations futures de la France », dit même Jimmy. « Chaque jour j’aime plus ce pays, même si je suis à la rue. On a été bien accueillis par les Français », ajoute Emmanuel.
    Après plus de trois heures de cuisson, le dîner – du riz yassa – est prêt. Kanté, Gnégné, Emmanuel et Ali se retrouvent dans leur « salon », comme ils appellent l’une des tentes. Ils s’y assoient sur des canapés en skaï trouvés dans les rues voisines et ouvrent des sacs de pains et autres condiments accrochés en hauteur pour les tenir loin des souris. Des Guinéens, qui habitent de l’autre côté du camp, se joignent à eux.
    Ici, éclairé par la lampe d’un téléphone, on mange ensemble à la main, sans porter de masque. La crise sanitaire du Covid-19 semble appartenir à un autre monde. « On n’a rien eu au camp », assure Emmanuel. De toute manière, ces Ivoiriens espèrent bien ne pas s’éterniser au « village ». « Je dors avec quatre couvertures et tout habillé », précise Gnégné. « Moi je mets mes gants », ajoute Emmanuel en rigolant. Les associations qui les aident, comme Utopia56, ont demandé aux pouvoirs publics de les loger. Mais pour l’heure, pas de réponse

    #Covid-19#migrant#migration#france#coted'ivoire#sante#immigration#camp#crisesanitaire#crise#economie

  • Virus pushes twin cities El Paso and Juarez to the brink
    https://apnews.com/article/business-virus-outbreak-family-gatherings-north-america-mexico-e066bb7aaf4ad

    A record surge in coronavirus cases is pushing hospitals to the brink in the border cities of El Paso and Ciudad Juarez, confronting health officials in Texas and Mexico with twin disasters in the tightly knit metropolitan area of 3 million people. Health officials are blaming the spike on family gatherings, multiple generations living in the same household and younger people going out to shop or conduct business.
    The crisis — part of a deadly comeback by the virus across nearly the entire U.S. — has created one of the most desperate hot spots in North America and underscored how intricately connected the two cities are economically, geographically and culturally, with lots of people routinely going back and forth across the border to shop or visit with family.
    “We are like Siamese cities,” said Juarez resident Roberto Melgoza Ramos, whose son recovered from a bout of COVID-19 after taking a cocktail of homemade remedies and prescription drugs. “You can’t cut El Paso without cutting Juarez, and you can’t cut Juarez without cutting El Paso.”
    In El Paso, authorities have instructed residents to stay home for two weeks and imposed a 10 p.m. curfew, and they are setting up dozens of hospital beds at a convention center. Also, the University Medical Center of El Paso erected heated isolation tents to treat coronavirus patients. As of Tuesday, Ryan Mielke, director of public affairs, said the hospital had 195 COVID-19 patients, compared with fewer than three dozen less than a month ago, and “it continues to grow by the day, by the hour.” In Juarez, the Mexican government is sending mobile hospitals, ventilators and doctors, nurses and respiratory specialists. A hospital is being set up inside the gymnasium of the local university to help with the overflow. Juarez has reported more than 12,000 infections and over 1,100 deaths, but the real numbers are believed to be far higher, because COVID-19 testing is extremely limited. El Paso County recorded about 1,400 new cases Tuesday, just short of the previous day’s record of 1,443. The county had 853 patients hospitalized for the virus on Monday, up from 786 a day earlier.
    Even the mayor of Juarez hasn’t been spared. Armando Cabada was first diagnosed in May and appeared to have recovered, but then landed in the hospital last week with inflamed lungs.Last week, Chihuahua, which includes Juarez, became the only state in Mexico to return to its highest level health alert, or red, under which most nonessential services are shut down and people are encouraged to stay home. A curfew is also in effect in Juarez, but it has proved difficult to enforce in the sprawling city that is home to hundreds of factories that manufacture appliances, auto parts and other products around the clock.
    The U.S. and Mexico agreed months ago to restrict cross-border traffic to essential activity, but there has been little evidence Mexico has blocked anyone from entering. Other Mexican border cities have complained about people entering from U.S. cities that are suffering from virus outbreaks.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#mexique#frontiere#sante#circulationtransfrontaliere#crisesanitaire#politiquemigratoire

  • Covid-19 : « Les habits neufs de la mondialisation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/22/covid-19-les-habits-neufs-de-la-mondialisation_6056951_3232.html

    Un mouvement inverse est en cours : la reconquête de la souveraineté économique dans certains secteurs, quitte à en assumer les surcoûts. Cette évolution ne mettra pas un terme à la mondialisation. Intimement liée à la technologie, l’internationalisation des échanges va se poursuivre. Mais elle sera peut-être plus régionale que globale. Peut-on parler d’une mondialisation de proximité ? Voilà dix ans déjà que Jean-Louis Guigou, le président de l’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen), parle de trois « zones d’influence privilégiée » appelées à former les grands espaces d’intégration économique de demain : le bloc américain ; les Asies ; enfin, un axe Europe-Afrique.
    Les deux premiers cités, observe Guigou, économiste et ancien haut fonctionnaire, sont dotés des instruments d’une telle évolution : centres de réflexion économiques communs ; banques régionales ad hoc ; organisations politiques multilatérales (qu’il s’agisse de l’Organisation des Etats américains ou de l’Association des nations d’Asie du sud-est).
    La guerre tarifaire que Donald Trump a déclarée à la Chine est un échec. Elle n’a produit aucune relocalisation aux Etats-Unis d’entreprises américaines installées en Chine. Elle n’a en rien amélioré le sort des travailleurs américains. En revanche, la renégociation par Trump du marché commun nord-américain (ex-Aléna, devenu AEUMC) entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis est un bon exemple des évolutions en cours de la mondialisation Elle protège cette zone : les biens y circulent libres de droits dès lors qu’ils sont largement fabriqués dans cet espace. Elle protège les travailleurs : dans l’automobile, un Mexicain ne peut gagner moins de 70 % de ce qu’il gagnerait à Detroit. L’intégration commerciale passe par l’harmonisation progressive des normes – salariales, environnementales et autres.
    Jean-Louis Guigou regarde ses cartes de géographie : « L’Afrique du Nord, ce devrait être le Mexique de l’Union européenne. » Le développement de demain, ce n’est pas l’échange d’hier (matières premières contre biens à forte plus-value), mais la coproduction. La Méditerranée, dit-il encore, « ce nest pas un obstacle, mais un trait d’union entre l’Europe et l’ensemble du continent africain ». Au « manque de vision, d’anticipation, de passion » qui caractériserait le Vieux Continent, Guigou oppose l’ambition d’une « Verticale Afrique-Méditerranée-Europe ».

    #Covid-19#migrant#migration#mondialisation#europe#afrique#mediterranee#sante#crisesanitaire#circulation#echange

  • « On n’a plus rien à vendre » : au Maroc, la crise sanitaire met un coup d’arrêt à la contrebande
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/20/on-n-a-plus-rien-a-vendre-au-maroc-la-crise-sanitaire-met-un-coup-d-arret-a-

    Les commerçants du souk Joutia, dans le quartier de Derb Ghallef, à Casablanca, affichent une mine dépitée. L’endroit, réputé pour son marché informel et ses contrefaçons, a beau grouiller de monde, Mohamed est inquiet : « Au début de la crise sanitaire, nous avons écoulé les stocks qui nous restaient, confie-t-il devant son échoppe de matériel électronique. Puis nous avons augmenté les prix sur certaines marques qu’on ne trouve pas dans le circuit formel. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien à vendre. »
    Avec la fermeture des frontières marocaines, le 13 mars, à cause de la pandémie de Covid-19, le transport de marchandises non déclarées s’est brutalement arrêté. Comme seules les lignes commerçantes officielles ont pu continuer d’opérer, les produits de contrebande ont petit à petit disparu des étalages des commerçants. Une absence qui a révélé, en creux, l’ampleur considérable d’un trafic qui pèse 20 milliards de dirhams par an (environ 1,8 milliard d’euros), selon les douanes marocaines.
    Pendant des années, les marchandises de contrebande qui passaient par les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, ont inondé les marchés : agroalimentaire, textile, produits d’hygiène, matériel électronique, pièces automobiles… Des épiceries aux grandes surfaces en passant par les ateliers automobiles et les salons de beauté, on en trouvait partout.
    « Je faisais venir mes produits d’Europe et de Turquie via des transporteurs informels. Soyons honnêtes : la contrebande est au cœur du système. Le Covid-19 nous a montré à quel point tous les commerces en étaient dépendants », reconnaît la patronne d’un salon de coiffure à Casablanca, où une grande partie des produits en vente sont « en rupture de stock ». Si la plupart des entreprises agroalimentaires se sont tournées vers des producteurs locaux ou des sociétés d’importation officielles, beaucoup de commerçants ne parviennent pas à réformer leur modèle d’approvisionnement. « Je serai obligée d’augmenter le tarif de certaines prestations, explique la cheffe d’entreprise. Sans parler des produits qu’on ne trouve pas en dehors du marché noir. On ne sait pas si la situation est définitive ou non, on attend. »
    A Rabat, l’administration des douanes avait pourtant promis de mettre définitivement fin au trafic. En octobre 2019, le pays avait décidé pour la première fois de fermer Bab Sebta, un des deux points de passage frontalier qui séparent les enclaves espagnoles du Maroc. C’est là que s’opère le « commerce atypique », selon la terminologie officielle : Rabat ne reconnaissant pas la souveraineté de l’Espagne sur ces entités, il n’existe pas de douane commerciale entre les deux territoires et le sol marocain. Les marchandises venues d’Europe par voie maritime passent de l’Espagne au royaume chérifien sans contrôle, exemptées de taxes à payer, le plus souvent par l’intermédiaire de « femmes mulets » portant sur leur dos les marchandises, parfois au péril de leur vie. Ce trafic, juteux, est né il y a plusieurs décennies. « Une poignée de mafieux ont exploité le filon et organisé un réseau de transport de marchandises au noir », raconte le directeur général de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), Nabyl Lakhdar, à Rabat : « Au début, les produits étaient essentiellement vendus localement, dans les régions du nord. Petit à petit, les contrebandiers ont réussi à les faire descendre. Evidemment, le trafic a attiré dans la région beaucoup de gens qui cherchaient un travail pour survivre. »

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  • Growing Scenes for London Artists: Towns and Suburbs - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/10/21/arts/design/artists-hastings-luton-croydon.html

    The pandemic has accelerated a creative exodus.
    LUTON, England — “People shooting up in the alleyway here. Lovely. Welcome to Luton,” the artist Dominic Allan said on a recent afternoon as he passed two drug users in the town’s rundown former hat-making district.
    Luton, about 30 miles north of London, was once famed for its hat industry, but those factories closed long ago. Its current most prominent businesses, an auto plant and an airport, have both been hit hard by the coronavirus pandemic. And in 2004, it was voted the worst place to live in Britain, according to an unscientific but much-publicized survey.
    Yet such towns are exactly the sort of places where hard-up contemporary artists have been gravitating in recent years as unaffordable rents have forced them out of London.
    Now, the pandemic is prompting a wider exodus from the British capital, pushing up real estate values in outlying regions. Months of remote working have made city dwellers reassess their housing priorities. And like many office workers, contemporary artists such as Mr. Allan — who makes art under the moniker “Dominic from Luton” — are also finding that they no longer need to be in a big city.

    #Covid-19#migrant#migration#angleterre#sante#art#exoderural#banlieue#migrationinterne#crisesanitaire#economie#bienetre