• Fugue en si mineur
    https://infokiosques.net/spip.php?article1722

    Depuis le 19ème siècle, le regard de la société sur la jeunesse s’est transformé. Quelles que soient les stratégies employées par les dirigeants successifs, la logique est restée la même : préserver les intérêts des classes possédantes. Ce texte a été publié à l’origine en février 2006 sur Nantes indymedia à l’occasion d’une occupation de chantier de construction de la nouvelle prison pour mineur-e-s, à Orvault (banlieue nantaise). Cette prison pour mineur entre en fonctionnement en septembre 2008, et enferme actuellement 30 personnes. Le 27 septembre 2018 un rapport d’une mission sénatorial demande l’ouverture de nouveaux établissements pour mineur.es (EPM), actuellement au nombre du 6. F

    / #Antipsychiatrie, Critiques de l’âgisme et de l’éducation & mineur·e·s en lutte, Infokiosque fantôme (...)

    #Critiques_de_l'âgisme_et_de_l'éducation_&_mineur·e·s_en_lutte #Infokiosque_fantôme_partout_
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/fugue_en_si_mineur-8p-fil-2006.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/fugue_en_si_mineur-8p-cahier-2006.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/fuga_in_si_minora-8p-It-fil.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/fuga_in_si_minora-8p-It-cahier.pdf

  • Etcétera (Barcelone, 1976-2019)
    Un itinéraire collectif

    Colectivo Etcétera

    https://lavoiedujaguar.net/Etcetera-Barcelone-1976-2019-Un-itineraire-collectif

    Depuis les lointaines années soixante du siècle dernier, notre collectif a voulu être, et a été, un lieu de rencontre par où de nombreux compagnons de route sont passés. Certains nous ont laissés, d’autres ont suivi différents parcours bien que leurs empreintes soient restées présentes dans notre devenir et d’autres encore continuent dans cet espace à s’interroger et à dénoncer les structures de pouvoir capitaliste. À un moment donné, dans la seconde partie de 1983, on a envisagé d’élaborer ce bulletin pour disposer d’un instrument de communication avec des compagnons proches de nous ou d’autres horizons avec lesquels nous partagions et avec lesquels nous partageons les mêmes préoccupations concernant les relations de domination capitaliste, et ainsi commencer une « correspondance de la guerre sociale ».

    Notre parcours a été long, notre réflexion a eu la volonté d’être rigoureuse et partagée sans avoir été exhaustive car, en effet, nous sommes conscients que certains thèmes importants sont restés à quai. Nos réflexions et interrogations, sans dépendre de l’actualité passagère, source de pertinence des médias qui marquent l’agenda, ne pouvaient toutefois se soustraire aux « guerres » qui nous environnaient, certaines belliqueuses, et d’autres, sociales.

    Aujourd’hui nous mettons une parenthèse, rien de définitif, car nous désirons suivre notre réflexion, nos critiques et notre communication avec tous ceux qui partagent nos questionnements et nos inquiétudes de lutte pour une relation sociale distincte de celle du Capital. (...)

    #collectif #Barcelone #franquisme #bilan #parcours #réflexion #critique #politique #luttes_ouvrières #prison #Rubel #Marx #La_Boétie #Mumford #Anders #Korsch #anticapitalisme #État #communisme #anarchisme #technique #médias #Occident #patriarcat

  • Etcétera (Barcelone, 1976-2019)
    Un itinéraire collectif

    Colectivo Etcétera

    https://lavoiedujaguar.net/Etcetera-Barcelone-1976-2019-Un-itineraire-collectif

    Depuis les lointaines années soixante du siècle dernier, notre collectif a voulu être, et a été, un lieu de rencontre par où de nombreux compagnons de route sont passés. Certains nous ont laissés, d’autres ont suivi différents parcours bien que leurs empreintes soient restées présentes dans notre devenir et d’autres encore continuent dans cet espace à s’interroger et à dénoncer les structures de pouvoir capitaliste. À un moment donné, dans la seconde partie de 1983, on a envisagé d’élaborer ce bulletin pour disposer d’un instrument de communication avec des compagnons proches de nous ou d’autres horizons avec lesquels nous partagions et avec lesquels nous partageons les mêmes préoccupations concernant les relations de domination capitaliste, et ainsi commencer une « correspondance de la guerre sociale ».

    Notre parcours a été long, notre réflexion a eu la volonté d’être rigoureuse et partagée sans avoir été exhaustive car, en effet, nous sommes conscients que certains thèmes importants sont restés à quai. Nos réflexions et interrogations, sans dépendre de l’actualité passagère, source de pertinence des médias qui marquent l’agenda, ne pouvaient toutefois se soustraire aux « guerres » qui nous environnaient, certaines belliqueuses, et d’autres, sociales.

    Aujourd’hui nous mettons une parenthèse, rien de définitif, car nous désirons suivre notre réflexion, nos critiques et notre communication avec tous ceux qui partagent nos questionnements et nos inquiétudes de lutte pour une relation sociale distincte de celle du Capital. (...)

    #collectif #Barcelone #franquisme #bilan #parcours #réflexion #critique #politique #luttes_ouvrières #prison #Rubel #Marx #La_Boétie #Mumford #Anders #Korsch #anticapitalisme #communisme #anarchisme #technique #médias #Occident #patriarcat

  • Matthieu Amiech, Notre libre-arbitre est aspiré par Internet, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2020/02/08/amiech-coma

    Est-ce qu’on prend la mesure de cette somme de petits basculements ? De la portée politique, écologique et anthropologique de cette véritable délocalisation de la vie sur le réseau ? Nous pensons d’une part que la question sociale aujourd’hui se joue là, car c’est de cette « délocalisation » que le capitalisme et l’oligarchie tirent une partie de leur pouvoir, de leur capacité assez inédite à réduire les peuples à l’impuissance, quelle que soit la colère qui couve ou explose. Mais nous pensons aussi que ces évolutions n’ont rien de naturel ou d’inéluctable : elles sont le fruit de décisions technocratiques auxquelles il est possible de s’opposer.

    Encore faut-il pour cela identifier collectivement leur importance. Or, jusqu’ici, le lien est trop rarement fait entre asservissement économique et usage intensif du numérique, entre régression démocratique et informatisation galopante. Ces questions sont maintenues à la périphérie des discussions politiques. Tel est l’enjeu de notre livre : faire entrer la technologie dans le champ de la délibération politique ; montrer que son développement permanent et programmé est un outil de choix dans l’arsenal des couches dirigeantes, pour réduire à néant les formes de solidarité et de justice sociales existantes, les liens directs entre les gens, les capacités populaires de résistance ; et qu’il est donc possible et indispensable de s’opposer à ce développement – sans être réactionnaire, au contraire.

    #Matthieu_Amiech #informatisation #internet #critique_techno #Écran_total

  • Matthieu Amiech, Comme le nez au milieu de la figure, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2020/02/09/amiech-sud-ouest

    Comment en est-on arrivé là ? Comment une ville longtemps caractérisée par son faible dynamisme industriel est-elle ainsi parvenue à la pointe de l’hypermodernité et du capitalisme français ? L’aménagement volontariste du territoire par un Etat central soucieux de compenser des déséquilibres économiques structurels a joué un rôle important. Mais il faut souligner que l’effort de décentralisation a fonctionné à ce point parce qu’il a porté sur des domaines liés à l’armement, au(x) militaire(s), à la guerre. C’est le secret de famille de Toulouse – secret de polichinelle, mais la discrétion à ce sujet a des effets : la prospérité et le dynamisme de la ville et de l’ensemble de la région reposent sur un véritable complexe militaro-industriel, dont je vais brièvement ici retracer la formation.

    Je vais m’appuyer largement, pour cela, sur l’ouvrage (dont les auteurs ont préféré garder l’anonymat) Toulouse nécropole, publié en 2014 et qui a un peu circulé depuis. Ensuite, j’ébaucherai une cartographie du complexe techno-militaro-industriel toulousain à partir de recherches plus personnelles.

    #Toulouse #critique_techno #complexe_militaro-industriel #Matthieu_Amiech #armement #aéronautique #capitalisme

  • « Le terme IA est tellement sexy qu’il fait prendre des calculs pour de l’intelligence »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/07/le-terme-ia-est-tellement-sexy-qu-il-fait-prendre-des-calculs-pour-de-l-inte

    Croire que l’intelligence artificielle ait quelque chose à voir avec l’intelligence humaine est une illusion, détaille l’informaticien Vincent Bérenger dans une tribune au « Monde ». Tribune. C’est une éminente figure de l’intelligence artificielle (IA), Yann Le Cun, qui souligne que les prouesses de l’IA démontrent bien plus les limites intellectuelles humaines que l’intelligence de ses réalisations. Nous sommes de mauvais calculateurs, nous ne savons pas brasser de grandes quantités d’informations, (...)

    #algorithme #technologisme

  • Miguel Amorós, Minuit dans le siècle, 2012
    Notes contre le Progrès

    Récapitulons. Dans un premier temps, le concept moderne de Progrès a été le fruit de la défaite de la religion par la Raison. Cependant, la victoire de la Raison n’était qu’apparente, c’est à dire qu’elle n’était pas la victoire de l’humanisation. Nous avons déjà parlé de la dégradation de la Raison en un instrument de pouvoir. Maintenant, nous allons parler des conséquences de cette dégénérescence pour la nature. [...]

    La nouvelle conscience écologique des dirigeants vient rentabiliser la destruction elle-même, qui est inévitable, puisqu’elle s’inscrit dans le mode de production et de consommation dominant. Aujourd’hui, le Progrès est repeint en vert pour transformer ses nuisances en nouveaux marchés ; il ne peut revêtir d’autre costume puisque les nécessités incontournables de son fonctionnement l’obligent à une surexploitation ressources terrestres. Au royaume de la marchandise, tout a un prix, de l’air que nous respirons aux paysages que nous visitons ; mais désormais le prix doit être écologique. Les dirigeants convertis à l’écologie doivent intégrer le coût de quelques dommages collatéraux de la catastrophe dans le prix final si l’on ne veut pas altérer les fondements de la société industrielle. Si cela devait arriver, pour eux, ce serait la fin du Progrès, mais pour nous, le Progrès est la fin.

    Une traduction inédite et un texte disponible également en anglais et en espagnol.

    https://sniadecki.wordpress.com/2020/02/01/amoros-minuit-fr

    #Miguel_Amorós #progrès #critique_techno #écologie #scientisme

    • Après qu’un certain niveau de ce Progrès vénéré a été atteint – ce qui a conduit à la première guerre mondiale et la montée du nazisme –, ses effets négatifs ont à ce point dépassé ses effets positifs qu’il constitue une menace pour la survie de l’espèce humaine : dans l’étape ultérieure du développement, la finalité ultime de ce Progrès s’est révélée être la fin de l’humanité ; d’abord matérialisée par les armes nucléaires, l’État policier et l’industrialisation de la vie, et enfin par la pollution et le réchauffement climatique. Si l’histoire se poursuit le long de la route tracée par l’hybris progressiste dans toutes ses variantes, l’aboutissement en sera la désolation, pas l’Eden du consommateur heureux ni le paradis communiste.

      #progressisme #hybris #Histoire

      Dans un monde quantitatif, la raison technique place les actes réflexes au-dessus de l’intelligence, la performance au-dessus du sens et le calcul au-dessus de la vérité ; de sorte que lorsqu’on parle d’ « intelligence artificielle », ce n’est pas parce que les artefacts sont devenus capables de penser, mais parce que la pensée humaine est devenue mécanique.

      […]

      Le rejet d’une histoire téléologique ne signifie pas non plus le rejet de l’histoire. La contestation de l’éthique scientifique n’implique pas de remettre en cause la science en tant que telle, pas plus que l’inanité du système éducatif n’exclut la nécessité de l’instruction. C’est simplement le constat que l’histoire n’est écrite nulle part et n’est pas orientée vers un but, que les lois historiques ne sont pas figées puisque l’histoire de l’humanité est un processus de devenir plus que de consommation

      Difficile d’être moins messianique :p
      #sens_de_l'Histoire (ou pas) #téléologie

  • Reconnaissance faciale, 5G : les choix technologiques ne doivent plus échapper aux citoyens - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/01/30/reconnaissance-faciale-5g-les-choix-technologiques-ne-doivent-plus-echapp

    Les controverses liées au numérique se multiplient. Cependant, prises unes à unes, elles ne permettent pas de voir un enjeu plus global : le cruel manque de démocratie dans ces décisions. Tribune. Pas une semaine ne passe sans qu’un scandale lié aux nouvelles technologies n’éclate. A peine voit-on les dégâts qu’a produit la numérisation à marche forcée de certains services de l’Etat que nous voilà rattrapés par le débat à propos de la reconnaissance faciale, talonné de près par le procès à venir de la 5G. (...)

    #algorithme #5G #biométrie #technologisme #domination #facial #reconnaissance #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #CNIL (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##LaQuadratureduNet

  • La nouvelle phase « verte » du capitalisme et son avant-garde
    "écologique et citoyenne"...

    Miquel Amorós est un intellectuel écolibertaire espagnol connu entre
    autres pour ses analyses mettant en lumière les contradictions et la
    fausse radicalité parmi les militants écologistes et d’extrème gauche
    (y compris anarchistes).

    Un très grand nombre de listes candidates aux élections municipales se
    disent "écologistes et citoyennes".

    Leurs candidat(e)s ainsi que leurs supporters (et trices) devraient lire ce texte ;-)

    https://lepasdecote.video.blog/2020/01/31/les-nouveaux-habits-du-developpementalisme-capitaliste

    • Le texte est bien écrit mais c’est une opposition somme toute classique entre réforme et révolution avec un côté assez (de façon caricaturale) marxiste : la révolution viendra toute seule suite aux contradictions du capitalisme qui le feront s’écrouler.

    • Encore une lecture de travers, que ce soit du courant anti-industriel ou de la critique de la valeur etc : à aucun moment ni les uns ni les autres ne disent que la révolution viendra toute seule, mais que les insurrections, le bordel, etc, va arriver tellement ce sera dur de continuer à vivre sous ce mode de vie (et c’est déjà largement le cas, un peu partout dans le monde, ce n’est pas du tout « dans le futur »).

      Mais cela n’implique en rien du tout que ça va être mieux ensuite, puisque ça peut parfaitement aboutir à un monde plus barbare, ou à mettre au pouvoir une autre caste de sauveurs à la place de l’ancienne, plutôt que de chercher à vivre plus libres, plus autonomes, aussi bien matériellement que politiquement.

      Et pour ce texte précisément, la conclusion est très claire : « Si la société civile parvient à s’organiser en dehors des institutions et des bureaucraties ». Sinon non. Donc aucune super révolution obligatoire mécaniquement.

    • #Green_New_Deal
      Voir peut-être aussi : https://seenthis.net/messages/814673

      [edit]
      A propos de « XR », un collectif appelé « the Wretched of the Earth » (les Damné·es de la Terre) avait publié une lettre ouverte adressée à la soit disant « rebellion » :

      https://www.redpepper.org.uk/an-open-letter-to-extinction-rebellion

      @val_k en avait fait une traduction écrite et audio en français et l’avait publiée sur archive.org. Mais comme je suis infoutu d’en retrouver le lien, je pose son texte ici :

      Lettre ouverte à Extinction Rebellion
      "La lutte pour la justice climatique est le combat de nos vies, et nous devons le faire correctement."

      Lettre des collectifs formant Les Damnés de la Terre (Wretched of The Earth) publié sur le site du magazine Red Pepper le 3 mai 2019.
      Wretched of The Earth est un collectif communautaire anglais pour les groupes et les peuples indigènes, noirs, métisses et de la diaspora qui réclament la justice climatique et qui agissent en solidarité, tant au Royaume-Uni que dans le Sud.
      Cette lettre a été écrite en collaboration avec des dizaines de groupes alliés. Alors que s’achevaient les semaines d’action appelées par Extinction Rebellion, nos groupes se sont réunis pour réfléchir sur le récit, les stratégies, les tactiques et les revendications d’un mouvement climatique revigoré au Royaume-Uni. Dans cette lettre, nous formulons un ensemble de principes et de demandes fondamentaux enracinés dans la justice et nous considérons comme crucial que le mouvement tout entier en tienne compte alors que nous continuons à élaborer une réponse à "l’urgence climatique".

      Cher Extinction Rebellion,

      L’émergence d’un mouvement de masse comme Extinction Rebellion (XR) est le signe encourageant que nous avons atteint un moment propice dans lequel il existe à la fois une conscience collective de l’immense danger qui nous attend et une volonté collective de le combattre. Une masse critique est d’accord avec la lettre ouverte qui lance XR quand elle déclare : « Si nous continuons sur notre voie, l’avenir de notre espèce est sombre. »

      Dans le même temps, pour construire un avenir différent, voire même pour l’imaginer, nous devons comprendre ce qu’est cette « voie » et comment nous en sommes arrivés a un monde tel que nous le connaissons maintenant. « La Vérité » de la crise écologique est que nous ne sommes pas arrivés ici par une série de petites erreurs, mais que nous avons été poussés par des forces puissantes qui ont conduit la répartition des ressources de la planète entière et la structuration de nos sociétés. Les structures économiques qui nous dominent ont été créées par des projets coloniaux dont le seul but est la poursuite de la domination et du profit. Pendant des siècles, le racisme, le sexisme et le classisme ont été nécessaires pour que ce système soit maintenu et ont façonné les conditions dans lesquelles nous nous trouvons.

      Une autre vérité est que pour beaucoup, l’austérité n’appartient pas à « l’avenir ». Pour ceux d’entre nous qui sont indigènes, de la classe ouvrière, noirs, métisses, queer, trans ou handicapés, l’expérience de la violence structurelle est une partie intégrante de notre droit de naissance. Greta Thunberg appelle les dirigeants mondiaux à agir en leur rappelant que « notre maison est en feu ». Pour beaucoup d’entre nous, la maison est en feu depuis longtemps : chaque fois que la vague de violence écologique monte, nos communautés, en particulier dans les pays du Sud, sont toujours les premières touchées. Nous sommes les premiers à faire face à une mauvaise qualité de l’air, à la faim, aux crises de santé publique, à la sécheresse, aux inondations et aux déplacements.

      XR déclare que « la science est claire : il est entendu que nous sommes confrontés à une urgence mondiale sans précédent. Nous nous trouvons dans une situation de vie ou de mort. Nous devons agir maintenant. » Vous ne réaliserez peut-être pas que lorsque vous vous concentrez sur la science, vous passez souvent à côté du feu et de nous - vous passez à côté de nos histoires de lutte, de dignité, de victoire et de résilience. Et vous passez à côté de la vaste connaissance intergénérationnelle de l’unité avec la nature qu’ont nos peuples. Les communautés indigènes nous rappellent que nous ne sommes pas séparés de la nature et que protéger l’environnement, c’est aussi nous protéger. Pour survivre, les communautés des pays du Sud continuent à projeter la vision et la construction de nouveaux mondes libres de la violence du capitalisme. Nous devons à la fois nous concentrer sur ces expériences et reconnaître ces savoirs là.

      Nos communautés sont en feu depuis longtemps et ces flammes sont attisées par notre exclusion et notre silenciation. Sans intégration de nos expériences, toute réponse à cette catastrophe ne changera pas la manière complexe dont les systèmes sociaux, économiques et politiques façonnent nos vies - offrant à certains un passage facile dans la vie en en faisant supporter le coût à d’autres. Pour envisager un avenir dans lequel nous serons tous libérés des causes profondes de la crise climatique - capitalisme, extractivisme, racisme, sexisme, classisme, capacitisme et autres systèmes d’oppression - le mouvement pour le climat doit refléter les réalités complexes de la vie de chacun dans leur narration.

      Et cette complexité doit également être répercutée dans les stratégies. Beaucoup d’entre nous sont exposés au risque d’arrestation et de criminalisation. Nous devons peser avec soin les coûts qui peuvent être infligés à nous et à nos communautés par un État qui est déterminé à cibler ceux qui sont racialisés avant ceux qui sont blancs. La stratégie de XR, avec comme tactique première d’être arrêté, est valable - mais elle doit être soutendue par une analyse continue de son privilège ainsi que de la réalité de la violence de la police et de l’État. Les participants XR devraient utiliser leur privilège de pouvoir risquer une arrestation tout en soulignant la nature racialisée du maintien de l’ordre. Bien qu’une partie de cette analyse ait commencé à être réalisée, tant qu’elle n’est pas au cœur de l’organisation de XR, ce n’est pas suffisant. Pour faire face au changement climatique et à ses racines dans les inégalités et la domination, il faudra une diversité et une pluralité de tactiques et de communautés afin de co-créer le changement transformateur nécessaire.

      Nous saluons l’énergie et l’enthousiasme que XR a apporté au mouvement écologiste, et cela nous donne l’espoir de voir autant de personnes prêtes à agir. Mais comme nous l’avons souligné ici, nous estimons que certains aspects essentiels de leur approche doivent évoluer. Cette lettre appelle XR à faire davantage dans l’esprit de ses principes, qui disent qu’ils « travaillent à la construction d’un mouvement participatif, décentralisé et inclusif ». Nous savons que XR a déjà organisé divers exercices d’écoute et a reconnu certaines des lacunes de son approche. Nous espérons donc que XR et ses membres apprécieront notre contribution.

      Alors que XR achève cette période d’actions, nous espérons que notre lettre propose quelques réflexions utiles pour la suite des choses. La liste des demandes que nous présentons ci-dessous ne prétend pas être exhaustive, mais offrir un point de départ qui souligne les conversations dont nous avons un besoin urgent.

      Les Damnés de la Terre (Wretched of the Earth) ainsi que de nombreux autres groupes, considèrent les revendications suivantes comme cruciales pour la rébellion de justice climatique :

       Mettre en œuvre une transition axée sur la justice afin de réduire à zéro les émissions de carbone du Royaume-Uni d’ici 2030, dans le cadre de sa juste part pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 ° C ; cela comprend l’arrêt de tous les projets de fracturation, la gratuité des solutions de transport et du logement décent, la réglementation et la démocratisation des entreprises et la restauration des écosystèmes.

       Passer un Nouveau Pacte Vert Mondial pour assurer le financement et la technologie des pays du Sud grâce à la coopération internationale. La justice climatique doit inclure les réparations et la redistribution ; une économie plus verte en Grande-Bretagne obtiendra très peu de résultats si le gouvernement continue d’empêcher les pays vulnérables de faire de même avec une dette écrasante, des accords commerciaux inéquitables et l’exportation de ses propres industries extractivistes mortelles. Ce "Green New Deal" inclurait également la fin du commerce des armes. Les guerres ont été créées pour servir les intérêts des entreprises - les plus grandes transactions d’armes ont livré du pétrole ; tandis que les plus grandes armées du monde sont les plus grandes consommatrices d’essence.

       Tenir les sociétés transnationales pour responsables de leurs actes en créant un système qui les réglemente et les empêche de pratiquer la destruction mondiale. Cela impliquerait de se débarrasser de nombreux accords de commerce et d’investissement existants qui consacrent la volonté de ces sociétés transnationales.

       Retirer la planète des marchés boursiers en restructurant le secteur financier pour le rendre transparent, démocratisé et durable, tout en décourageant les investissements dans les industries extractives et en subventionnant les programmes relatifs aux énergies renouvelables, la justice écologique et les programmes de régénération.

       Mettre fin à l’environnement hostile des murs et des clôtures, des centres de détention et des prisons utilisés contre les communautés racialisées, migrantes et réfugiées. Au lieu de cela, le Royaume-Uni devrait reconnaître ses responsabilités historiques et actuelles dans la conduite du déplacement des peuples et des communautés et honorer ses obligations à leur égard.

       Garantir des communautés florissantes dans les pays du Nord et du Sud dans lesquelles tout le monde a droit à une éducation gratuite, à un revenu suffisant, qu’il soit au travail ou non, à des soins de santé universels, y compris un soutien au bien-être mental, des transports abordables, une alimentation saine à prix abordable, un emploi et logement digne, une participation politique significative, un système de justice transformatrice, les libertés liées au genre et à la sexualité et, pour les personnes handicapées et les personnes âgées, de vivre de manière autonome dans la communauté.

      La lutte pour la justice climatique est la lutte de nos vies et nous devons la mener correctement. Nous partageons cette réflexion d’un lieu d’amour et de solidarité, de groupes et de réseaux travaillant avec des communautés en première ligne, unis dans l’esprit de construire un mouvement pour la justice climatique qui ne fasse pas payer les plus pauvres des pays riches pour faire face à la crise climatique, et refuse de sacrifier les peuples du Sud pour protéger les citoyens du Nord. Il est essentiel que nous restions responsables devant nos communautés et envers tous ceux qui n’ont pas accès aux centres de pouvoir.
      Sans cette responsabilité, l’appel à la justice climatique est vide.

      Les Damnés de la Terre (Wretched of the Earth).

    • @rastapopoulos
      Tu cites la dernière phrase qui effectivement commence par un conditionnel précautionneux mais juste avant voilà ce qui est écrit :

      Le jour où le système techno-industriel — géré par les marchés ou par l’État —, cessera de répondre aux besoins d’une partie importante de la population ou, en d’autres termes, lorsque les conditions météorologiques ou quelque autre facteur enrayera l’approvisionnement, viendra le temps des insurrections. Un système défaillant, qui entrave la mobilité de ses sujets et les menace de mort par inanition n’a pas d’avenir. Il est probable que, dans le feu de l’action, des structures communautaires — fondamentales pour assurer l’autonomie des révoltes — seront reconstruites.

      Si c’est pas du messianisme révolutionnaire ça, alors c’est que je ne sais vraiment pas lire. Ce qui me frappe vraiment dans ce genre de littérature, c’est qu’à part conchier les trucs réformistes (certes souvent avec des raisons valables) rien n’est vraiment construit ce qui fait qu’au final on a juste l’impression que l’unique but est donc vraiment de conchier les trucs réformistes (et pour se justifier on dit qu’un jour y aura l’insurrection... et voilà). La présentation de l’auteur et du texte fait par @marclaime ne dit pas autre chose. On a déjà vu ça dans le militantisme trotskiste (et sûrement d’autres courants) qui passait son temps à décrier les autres sectes du même acabit qu’eux même, ce serait bien de ne pas recommencer (ou continuer)...

    • J’insiste : si tu confonds « insurrection » et « révolution », ya clairement un problème de lecture important… :)

      Il n’y a aucun messianisme dans ta citation, c’est un fait établi qu’il y a déjà des insurrections un peu partout, dès que les gens ont faim, n’arrivent plus à joindre les deux bouts, n’arrivent plus à vivre la vie que nous fait mener le capitalisme. La question c’est une fois qu’on s’est insurgé, qu’est-ce qui advient ? Et là il n’y a aucune assurance que ça aboutisse à quelque chose de positif, d’émancipateur, et cela dépend de la condition que j’ai cité plus haut.

      1) Vie tellement pourrie qu’on n’arrive même plus à subvenir aux besoins de base (manger, habiter, etc) => insurrection.
      2) Si on parvient à s’organiser de manière autonome (aussi bien politiquement : anarchisme, que matériellement : sans être dépendants d’industries énormes) => révolution.

      L’un est totalement sûr et déjà le cas un peu partout dans le monde, l’autre est totalement incertain et ça peut parfaitement aboutir à plus de barbarie (daesh, régimes autoritaires, etc).

    • C’est sûrement une question de vocabulaire mais cela dit je ne déclarerais pas que c’est « totalement sûr » que les insurrections adviendront de façon systématique. Pour parler de ce qui se passe chez nous, cela dépend par exemple si on considère que le mouvement des gilets jaunes est une insurrection ou une simple révolte d’une petite fraction de la population. Je dis ça car je travaille dans une petite entreprise et c’est tout simplement incroyable de constater la veulerie dont peuvent faire preuve la plupart de mes collègues (tous méprisants envers les gilets jaunes, ricanant quand les manifestations contre la réforme des retraites passent devant l’entreprise... Et j’ai vu ça dans d’autres emplois, généralement au mieux on a le droit à de l’indifférence). Bref, on peut très bien passer directement à la case dictature sans passer par la case insurrection/révolution, c’était le sens de mon commentaire précédent.

  • L’anticapitalisme aujourd’hui, c’est quoi ? De l’anticapitalisme tronqué à une nouvelle critique sociale à gauche, par Clément Homs (Mas de Granier, 2019)
    http://www.palim-psao.fr/2020/01/l-anticapitalisme-aujourd-hui-c-est-quoi-de-l-anticapitalisme-tronque-a-u

    Comme l’a remarqué récemment Jérôme Baschet auquel je reprends ici ses mots, « on assiste, depuis la crise de 2008, à une sorte de banalisation de la dénonciation du "capitalisme déchaîné", et même de l’idée de post-capitalisme – une situation bien étonnante, si l’on se souvient que le mot paraissait, il y a quinze ans encore, une obscénité imprononçable » (entretien sur lundi.am, nov. 2019). Pourtant « capitalisme » ne doit pas être un mot-magique qui permettrait de croire que l’on a tout résolu une fois qu’on l’a prononcé. En réalité remarque encore J. Baschet, « le mot "capitalisme" ouvre plus de difficultés et de questions qu’il n’en résout : il est souvent utilisé sans qu’on sache très bien à quoi on se réfère exactement, d’autant que la façon de le comprendre », dans ses logiques fondamentales comme dans ses dynamiques les plus récentes, ne fait l’objet d’aucun consensus parmi les « anticapitalistes ». À creuser un peu, on découvre même assez rapidement derrière cet anticapitalisme une sorte d’« anticapitalisme tronqué » ou d’altercapitalisme qu’il faudrait qualifier d’utopique, dans le mauvais sens du terme.

    […]

    Ce qui est visé dans la critique ne sont pas, et loin de là, les catégories de l’économie politique analysées jadis par Marx – marchandise, travail, valeur, capital – et les catégories du ressort de l’État correspondantes – politique, démocratie, droit – mais de façon générale et quasiment unanime les « puissances de l’argent », perçues toujours comme extérieures à nous et à la forme de vie sociale dans laquelle nous existons concrètement. On associe encore le capitalisme au seul « néolibéralisme », c’est-à-dire le capitalisme dérégulé et ce que l’on qualifie de main mise par « la finance ». Bien souvent, la critique hégémonique à gauche, ne fait que dénoncer la phase néolibérale du capitalisme, au nom d’une nostalgie pour sa phase fordiste-keynésienne liée à l’État-Providence durant les « Trente Glorieuses ». On ne critique plus le capitalisme en tant que tel, comme une forme de vie sociale historiquement spécifique et quelles que soient ses phases et sa configuration historique, mais simplement une seule phase du capitalisme (le néolibéralisme), pour lui opposer positivement une autre phase plus régulée du capitalisme et pourquoi pas en France, le programme du Conseil National de la Résistance de 1944. Finalement l’antinéolibéralisme de la gauche pseudo-critique n’est qu’une forme d’altercapitalisme.

    […]

    Cette représentation « classiste » est discutable et détermine une vue erronée de l’émancipation :
    – Cette représentation « classiste » à gauche, rivée à une ontologisation de la valeur et du travail, de la marchandise et de l’argent, appelle donc à reconnaître la véritable source de la valeur dans le travail et à redistribuer cette valeur à ceux à qui elle revient réellement, au travers d’un mode de distribution direct médiatisé par l’Etat et sa planification.
    – Tout la critique de gauche, va ainsi se focaliser depuis le XIXe siècle sur une résolution tronquée de la « question sociale » en la ramenant à la question simplement redistributrice, c’est-à-dire à une simple « justice sociale » à l’intérieur de l’affirmation des formes de base capitalistes qui restent présupposées.

    […]

    Marx appelle toujours les capitalistes les « officiers » du capital et les décrit comme « personnification de catégories économiques » et « masques de caractère », ce qu’il ne fait pas dans sa période de jeunesse quand il a encore une vue inaboutie du capitalisme. Les classes profitantes (dites « dominantes ») ont effectivement une certaine marge de manœuvre et, par conséquent, une certaine responsabilité morale. Mais pour l’essentiel, ce ne sont pas elles qui ont créé ou qui gouvernent la logique de la valeur : elles doivent leur pouvoir à leur capacité d’en suivre la logique.

    […]

    L’idée est de dire qu’on ne peut réellement se heurter à ceux qui jouissent de cette logique de rapports sociaux (et surtout aux souffrance sociales de toutes sortes que nous vivons), qu’en s’en prenant à travers eux à ce qu’ils personnifient, comme à ce que nous personnifions dans la logique de la valorisation, qui n’est pas représentée que par les capitalistes : le travail, la valeur, l’argent, la marchandise, l’Etat, la dissociation sexuelle, etc. Le capitalisme n’est pas simplement identifiable à l’existence de « capitalistes » comme personnes physiques. Pour renverser la forme de vie présente, ce sont à l’ensemble des masques de caractères et enveloppes sociales (classes) que nous devons nous heurter, c’est-à-dire aux capitalistes comme à nous mêmes dans ce que nous sommes dans notre vie quotidienne comme autres masques de caractères de la logique de valorisation (nous sommes aussi le capitalisme, cette forme de vie n’est pas extérieure à nous, mais nous en profitons beaucoup moins que certains et nous en souffrons beaucoup plus que d’autres). L’abolition du capitalisme est l’abolition de l’ensemble des classes de fonction, des masques de caractères et des rôles sociaux fonctionnels, à la condition que celle-ci soit l’abolition réelle du rapport social que personnifient les classes, les masques de caractères, les rôles sociaux et de manière générale le sujet moderne. L’abolition du rapport social est ainsi tout autant l’abolition des capitalistes que l’abolition des travailleurs, et l’abolition plus générale et fondamentale du sujet moderne au double visage, celui de l’homo oeconomicus et de l’homo politicus.

    #Clément_Homs #critique_de_la_valeur #wertkritik #capitalisme #anticapitalisme #altercapitalisme

    • You should actively support gay rights, animal rights, anti-semitism, anti-patriarchy, veganism etc. If you don’t – not because you are against it, but because it is not your priority – then you are a bad activist.

      […]

      Crenshaw opened the door to bring in all kind of oppression under one umbrella.

      […]

      An oppressed person will need a PhD degree to understand his or her oppression.

      […]

      The third critique is that intersectionality levels all oppressions. One experience can not be valued higher or lower than another experience of oppression. In the case of slavery the patriarchal oppression of black women is not different from the patriarchal oppression of white women. The difference between black and white women is not in patriarchal oppression but in the experience of racism, which white women don’t experience. Is a white women with the power to sell a black man or woman on the same road of patriarchy as the black women? This is clearly ridiculous. The oppression of black people during slavery is not at the same level as the oppression of white women by white men. Intersectionality levels these oppressions and can not make a distinction in the hierarchy of human suffering.

      […]

      We have an age-old alternative for the concept of intersectionality that captures the sentiment of unity and that is the concept of solidarity. It is not based on the intersection of oppression but on the empathy, sympathy and love for people who are struggling for peace, justice, dignity and welfare.

      Complément pour le fait que ce soit flou, pas clair :
      https://seenthis.net/messages/821375

      https://www.youtube.com/watch?v=FMEhyKqMWmA

      #intersectionnalité #décolonial #féminisme #individualisme #philosophie #sociologie #critique

  • How the CIA made Google - INSURGE intelligence - Medium
    https://medium.com/insurge-intelligence/how-the-cia-made-google-e836451a959e

    INSURGE INTELLIGENCE, a new crowd-funded investigative journalism project, breaks the exclusive story of how the United States intelligence community funded, nurtured and incubated Google as part of a drive to dominate the world through control of information. Seed-funded by the NSA and CIA, Google was merely the first among a plethora of private sector start-ups co-opted by US intelligence to retain ‘information superiority.’ The origins of this ingenious strategy trace back to a secret (...)

    #Google #CIA #NSA #USDepartmentofDefense-DoD #anti-terrorisme #surveillance

  • Faut-il faire la 5G ? – Jean-Marc Jancovici
    https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/faut-il-faire-la-5g

    Tribune de Hugues Ferreboeuf, Directeur du projet « sobriété numérique » au Shift Project, et votre serviteur, parue en ligne sur lemonde.fr le 9 janvier 2020

    Cela fait maintenant quelques semaines que le processus d’attribution des fréquences nécessaires aux réseaux 5G est lancé. Comme pour beaucoup d’autres sujets « tech », ce déploiement semble aller de soi, sur la seule base de l’affirmation maintes fois entendue qu’il s’agit d’un enjeu stratégique et un projet industriel majeur.

    Mais, ce faisant, ne sommes nous pas en train de confondre, comme un gamin excité à la veille de Noel, ce qui est nouveau et ce qui est utile, ce qui semble urgent avec ce qui est important ? Est-il normal, maintenant que la décarbonation est dans tous les esprits, que la mise en place de la 5G ne s’accompagne en France d’aucune évaluation mettant en balance le supplément de service rendu avec les inconvénients environnementaux additionnels – car il y en a ? Et, alors que les effets négatifs de la « prolifération numérique » sur le bien-être personnel – notamment des enfants – et le bien-vivre collectif commencent à être bien documentés, devons nous en rajouter sans même prendre le temps de savoir dans quoi nous nous lançons ?

    Au final, avec ce déploiement la consommation d’énergie des opérateurs mobiles serait multipliée par 2,5 à 3 dans les 5 ans à venir, ce qui est cohérent avec le constat des opérateurs chinois ayant déployé 80.000 sites 5G depuis un an.

    Cet impact n’a rien d’anecdotique puisqu’il représenterait environ 10 TWh supplémentaires, soit une augmentation de 2% de la consommation d’électricité du pays. A cela il faudra rajouter l’énergie nécessaire à la fabrication des éléments de réseau, et surtout à la production des milliards de terminaux et d’objets connectés que nous souhaiterons relier via ce réseau (dans le monde, l’énergie de fabrication des terminaux, serveurs, et éléments de réseau représente 3 fois l’énergie de fonctionnement des réseaux, hors data centers).

    #énergie #technocritique #critique_tecnho @rastapopoulos !

  • Fabrice Flipo, Démocratie des crédules ou arrogance des clercs ?, 2014 | Et vous n’avez encore rien vu...
    https://sniadecki.wordpress.com/2020/01/12/scientisme-bronner

    Le problème est qu’on ne sait pas précisément qui sont ces « militants » ni quels sont leurs arguments, ni s’ils ont effectivement le pouvoir que Bronner leur prête. Les « militants » de l’astrologie sont mis dans le même sac que celui des « militants » anti-OGM ou des « militants » de l’homéopathie. Sociologiquement, cela n’a guère de sens. Les travaux sur l’écologisme montrent par exemple que ce courant politique est plutôt plus rationaliste que la moyenne, et moins « croyant » [4]. L’ensemble fait donc un peu théorie du complot. Il y aurait le vertueux citoyen, qui doute, et le militant aveugle qui s’apprête à l’assaillir.

    Aucun argument sociologique ne vient à l’appui de cette thèse selon laquelle « les militants » sont animés par des croyances, aveugles et irrationnelles, plutôt que des raisons. Chacun constatera pourtant, en s’intéressant aux écrits desdits « militants », qu’il y a lieu d’être plus nuancé que cela, et que si tout n’est pas bon à prendre, tout n’est pas à jeter non plus. Parler de « convictions » au lieu de « croyances », pour traduire belief, au sens de Rawls, pour qui la pierre de touche en matière de jugement est « nos convictions bien pesées » [5], aurait permis d’être un peu moins excessif.

    […]

    Bronner confond science et technique, il confond ce que Bourg et Whiteside distinguent comme « science éclairante » et « science agissante » [6], ce qui lui permet par la même occasion de « démontrer » l’inanité de tous les processus de type « conférence de citoyens », au motif qu’il serait évidemment absurde de débattre de la science, puisqu’il n’y a qu’une vérité (p. 206).

    L’auteur est mal informé sur le contenu de ces processus, qui n’ont jamais cherché à remplacer les scientifiques mais à ouvrir les possibles techniques, ce qui est bien différent. Il est mal informé sur l’usage que les militants font de la science : leur posture minoritaire les conduit au contraire à devoir asseoir plus fermement leurs arguments – ce qui ne veut pas dire avaliser les solutions qu’ils préconisent. Ils ne contestent pas la science en général, puisqu’ils y ont massivement recours. Confondant science et technique, il est amené à s’inscrire dans une posture platonicienne, peu compatible avec la démocratie, récusant comme « populiste » toute intrusion des citoyens dans la gestion des affaires publiques, mis à part les moments électoraux.

    […]

    On peut sans doute suivre l’auteur dans sa mise en cause de l’astrologie ou dans sa critique du droit de telle ou telle conviction « militante » à s’imposer, sans débat. On ne peut le suivre quand il s’en remet aveuglément aux rapports officiels, ou qu’il se refuse à poser la question des procédures de l’expertise, commettant des confusions grossières entre science et technique, science et expertise. Tout porte à croire dans ces conditions que l’accusation de « militantisme », n’étant pas étayée, est utilisée d’une manière purement rhétorique, destinée à disqualifier les parti-pris politiques qui ne sont pas ceux de l’auteur. L’accusation de « militantisme » peut alors être retournée, car il y a aussi un militantisme de l’ordre établi. Bronner s’inscrirait ainsi dans une entreprise de défense de l’ordre moral, à la manière d’un Luc Ferry [12].

    #recension #critique #Gérald_Bronner #Fabrice_Flipo

  • Vive la barbarie sur France Télévision !
    http://carfree.fr/index.php/2020/01/08/vive-la-barbarie-sur-france-television

    Certains commentateurs s’offusquent actuellement du déroulement du « Dakar » en Arabie-Saoudite du 5 janvier au 17 janvier 2020. Selon eux, il s’agirait même du « Dakar de la honte » au prétexte que Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #anti_dakar #arabie_saoudite #critique #dakar #pollution #rallyes #sport_automobile #violence

  • #trafic (Jacques Tati, cinéaste vélorutionnaire, partie 5/5)
    http://carfree.fr/index.php/2020/01/07/trafic-jacques-tati-cineaste-velorutionnaire-partie-5-5

    Dernier volet de la série Tati : Trafic (1972) est un chef-d’oeuvre vélorutionnaire qui déboulonne parfaitement la déesse sur quatre roues. Sur la chaîne, les ouvriers s’échinent à faire des Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #cinéma #critique #films #modernité #vélorution

  • Miguel Benasayag : « Penser un monde géré par une raison calculante est la pire des folies »
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-reveil-culturel/miguel-benasayag-quand-les-big-data-decident-des-orientations-du-monde

    Rencontre avec le philosophe, psychanalyste, qui fait paraître « La tyrannie des algorithmes », aux éditions Textuel Tewfik Hakem s’entretient avec Miguel Benasayag, psychanalyste, essayiste, chercheur en épistémologie, auteur de La tyrannie des algorithmes, paru aux éditions Textuel. "(...) C’est au quotidien que la vie collective est insidieusement « prise en charge » par les machines : logiciels de surveillance couplés à des caméras, justice prédictive, suivi marketing de nos moindres faits et (...)

    #algorithme #robotique #CCTV #GPS #technologisme #justice #prédiction #vidéo-surveillance #BigData #marketing #profiling #surveillance (...)

    ##SocialCreditSystem

  • Du blocage de l’économie à la construction de l’autonomie
    https://infokiosques.net/spip.php?article1712

    Cette brochure propose #D'abord un aperçu historique de l’évolution du mouvement piquetero en Argentine depuis la seconde moitié des années 1990 jusqu’à 2017, puis deux entretiens avec des compagnons piqueteros, militants au sein de deux structures du Mouvement des Travailleurs Désoccupés (MTD), à propos des différentes tendances du mouvement piquetero, de l’autogestion, des rapports entre les organisations piqueteras et l’État notamment sur les questions du travail et de l’argent, etc. Sommaire : - Introduction Entretien avec Fabrice, militant de la Fédération d’Organisations de Base (FOB) Entretien avec Fernando, militant de la Fédération d’Organisations en Lutte (FOL) Annexe D

    / #Critiques_du_travail, Infokiosque fantôme (partout), Mouvements (...)

    #Infokiosque_fantôme_partout_ #Mouvements_sociaux
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/du_blocage_de_l_economie_a_la_construction_de_l_autonomie-cahierA3.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/du_blocage_de_l_economie_a_la_construction_de_l_autonomie-pageparpage.

  • Patrick Chastenet : « Jacques Ellul était un lanceur d’alerte »
    https://podcasts.usbeketrica.com/article/patrick-chastenet-jacques-ellul-etait-lanceur-alerte

    Relire Jacques Ellul aujourd’hui a quelque chose de vertigineux, tant l’histoire semble avoir donné raison à ses écrits. Auteur prolifique, qui a enfanté une soixantaine d’ouvrages et de plus d’un millier d’articles, Ellul a exploré de nombreuses questions de société, de l’écologie à la révolution, en passant par les failles de la démocratie représentative et l’histoire de la propagande.

  • Matthieu Amiech : « Le numérique devient le cœur de la catastrophe écologique »
    https://reporterre.net/Matthieu-Amiech-le-Numerique-devient-le-coeur-de-la-catastrophe-ecologiq

    On perturbait également le milieu universitaire et le mouvement de scientifiques Sauvons la recherche. On leur demandait s’il était décent d’avoir un mot d’ordre de sauvetage de la recherche scientifique au vu de sa contribution à l’ordre social existant, au vu des sommes déjà dépensées dans les nanotechnologies, le nucléaire, les OGM… On avait par exemple bloqué la fête de la science à Orsay, en faisant sortir le directeur du campus. On s’était déguisés en Indiens, avec des plumes et des arcs, et on avait attaqué le petit train de la science en leur demandant de quitter la terre de nos ancêtres. On s’amusait en faisant des choses sérieuses.

    […]

    N’y aurait-il pas eu du sens de mener cette réflexion et ces luttes au sein du système ?

    Si, mais j’étais attiré par la possibilité de me consacrer à des tâches plus matérielles ; et touché par le fait que nous n’arrivions pas à susciter une remise en cause des chercheurs et des universitaires, dans les années 2000. À ce moment-là, notre réflexion sur l’impasse de la société industrielle et capitaliste n’intéressait pas grand-monde. Certains d’entre nous sont quand même restés enseignants, et ils font des choses très bien. Le contexte à l’université a un peu changé. À partir de 2010, il y a eu les travaux menés par François Jarrige, Jean-Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil ; plus récemment, l’émergence de l’Atelier d’Écologie politique à Toulouse. Les lignes bougent, même si c’est encore largement insuffisant.

    […]

    Nous suivons un fil rouge : le divorce entre le progrès technique et le progrès humain. Le progrès technique a pendant longtemps semblé en tant que tel porteur de justice sociale et de liberté. Nous pensons que c’était déjà en bonne partie une illusion aux XIXe siècle, mais, au fil du XXe, on observe carrément un divorce : les outils de la technologie ont facilité le démontage des droits sociaux, des solidarités et considérablement restreint la liberté. Les livres de La Lenteur documentent, de manière assez variée je crois, ce divorce.

    #Matthieu_Amiech #critique_techno #informatisation #numérisation #écologie #science

  • Tolkien, technocritique et héraut d’une écologie de combat
    https://reporterre.net/Tolkien-technocritique-et-heraut-d-une-ecologie-de-combat

    J.R.R. Tolkien, le célèbre auteur du « Seigneur des anneaux », était un ardent défenseur de la nature contre les ravages de l’industrialisation. À l’occasion de l’exposition « Tolkien, voyage en Terre du Milieu », Reporterre vous emmène à la découverte d’un pan méconnu de la personnalité de cet écrivain à l’imaginaire foisonnant.

    […]

    Devenu professeur à Oxford, Tolkien voit dans la Seconde Guerre mondiale la confirmation que le monde moderne et industriel court à sa perte. « Il y a seulement un point positif : l’habitude grandissante qu’ont les hommes mécontents de dynamiter les usines et les centrales électriques ; j’espère que cela, maintenant que c’est encouragé comme un acte de “patriotisme”, pourra rester une habitude ! Mais cela ne sera aucunement profitable si ce n’est pas universel », écrivit-il le 29 octobre 1943 à son fils Christopher, lui-même engagé dans la Seconde Guerre mondiale. « Donc, la Première Guerre des Machines semble toucher à son dernier chapitre, sans conclusion — en laissant, hélas, tout le monde plus pauvre, beaucoup dans le deuil ou blessé, et des millions, morts ; et une seule chose qui triomphe : les Machines. Puisque les serviteurs des machines deviennent une classe privilégiée, les Machines vont être infiniment plus puissantes. Que vont-elles faire ensuite »

    #Tolkien #écologie #critique_techno #industrialisation #Le_seigneur_des_anneaux #William_Morris (influence de)

  • Les gouvernements font partie du problème écologique, pas de la solution
    https://reporterre.net/Les-gouvernements-font-partie-du-probleme-ecologique-pas-de-la-solution

    Les couches dirigeantes, coupables d’inaction climatique ? C’est pire. Elles sont coupables et responsables de politiques farouchement volontaristes qui aggravent la crise. Il n’y a pas lieu de les implorer d’en faire plus, avertit l’auteur de cette tribune. Nous devons plutôt commencer, à la base de la société, à redéfinir nos modes de vie et nos besoins.

    #Matthieu_Amiech #critique_techno #transport #informatique #numérisation #internet #écologie #État #étatisme

  • « Une critique du capitalisme pour le XXIe siècle. Avec Marx, au-delà de Marx : le projet théorique d’Exit ! », par le groupe Exit ! (2004)
    http://www.palim-psao.fr/2018/07/une-critique-du-capitalisme-pour-le-xxie-siecle.avec-marx-au-dela-de-marx

    Introduction au groupe Exit ! dans le numéro 1 de leur revue en 2004.

    Le fait d’intégrer dans la réflexion cette dimension profonde de la modernité toute entière mène à comprendre les catégories de base du système moderne de la production marchande non plus comme des objets ontologiques positifs, à l’instar du marxisme traditionnel, mais à les critiquer radicalement comme des objets négatifs et historiques. Cela vaut d’abord pour les catégories économiques au sens strict, c’est à dire la rationalité économique (d’entreprise), le « travail abstrait » (Marx) et leurs formes apparentes : la valeur, la marchandise, l’argent et le marché. On ne peut penser la libération qu’au-delà de ces mêmes catégories : ni « dans », ni « avec » celles-ci. Le marxisme traditionnel entendait ne pas dépasser les catégories du système de la production marchande mais seulement les « politiser ». Mais la politique et ses formes d’existence institutionnelle : l’Etat, la démocratie et la nation, ne forment que l’autre pôle du système moderne des fétiches, pôle qui est constitué par la forme juridique des sujets bourgeois. Les catégories économiques et juridico-politiques sont les deux faces de la même médaille. Dans toutes les classes, le sujet moderne est un sujet schizoïde, divisé entre homo oeconomicus et homo politicus, en bourgeois et en citoyen. Depuis toujours, la gauche a voulu seulement dompter le bourgeois à l’aide du citoyen, diriger le marché à l’aide de l’Etat, réguler l’économie du « travail abstrait » à l’aide de la politique, mettre en formation les sujets de l’argent à l’aide de la Nation. Mais ce qu’il faut, c’est abolir les deux faces du fétichisme moderne à la fois, au lieu de toujours jouer l’une des faces contre l’autre.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #Exit #Robert_Kurz #Roswitha_Scholz #capitalisme