• « La course à la productivité et la sape de la production de valeur », par Norbert Trenkle
    http://www.palim-psao.fr/2017/05/la-course-a-la-productivite-et-la-sape-de-la-production-de-valeur-par-nor
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20170520/ob_f14966_usine12.jpg

    Encore et toujours, quelques rappels de ce qu’est le capitalisme, le travail, la valeur.

    Pour le dire autrement : la valeur d’une marchandise n’est pas définie par le temps de travail individuel qu’un individu ou une certaine entreprise emploie pour sa fabrication, mais par le temps de travail socialement nécessaire , c’est-à-dire par le temps de travail qui correspond au niveau actuel de productivité de la société. Un travail n’est socialement valide que dans la mesure où il est dépensé à ce niveau.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #travail #capitalisme #Norbert_Trenkle

    • Il est ainsi démontré que le capitalisme, poussé par sa propre dynamique interne, doit, tôt ou tard, buter sur sa limite historique absolue. [...] Cependant, la nature de l’autocontradiction capitaliste veut également que les limites de la valorisation du capital ne soient pas figées, mais soient repoussées au cours de son déploiement historique, aussi longtemps que l’autocontradiction capitaliste parvient à compenser au total, à travers une expansion accélérée de la production de marchandises...

      Traduction : Nous allons droit dans le mur... mais le mur recule !

      Bah, toujours la même rengaine de la part de gens qui n’ont toujours pas compris que la consommation est un travail à part entière...

      #impasse


  • « Par-delà sionisme et antisionisme. Pour une critique globale de l’idéologie nationale-étatique moderne », par Benoit Bohy-Bunel
    http://www.palim-psao.fr/2017/04/par-dela-sionisme-et-antisionisme.pour-une-critique-globale-de-l-ideologi
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20170416/ob_6ab2fc_hannah-arendt-hannah-e1370541803454.jpg

    1.) Antisionismes modernes
    a) Deux critiques concurrentes du « sionisme » moderne
    b) Antisionisme et antisémitisme
    2.) Une critique structurelle des Etats-nations totalitaires modernes, par-delà « sionisme » acritique, et « antisionisme » fétichiste
    a) Le « sionisme » devenu « idéologie »
    b) L’idéologie chez Arendt
    c) Idéologie moderne et capitalisme
    d) Capitalisme et Etats-nations
    3.) L’antisionisme obsessionnel : une « critique » fétichiste et spectaculaire de l’Etat-nation moderne
    4.) Critiquer la forme nationale-étatique moderne pour défendre les individus qu’elle « représente », et qu’elle met ainsi en danger.
    5.) Toute dynamique guerrière ou meurtrière entretient le désastre
    6.) Un certain « antisionisme » fétichiste, confusionniste, et trop présent aujourd’hui
    7.) Une certaine « extrême gauche » cloisonnée qui s’inscrit dans une dynamique dangereuse
    8.) Lutter contre le nationalisme étatique
    9.) Ouvertures messianiques, non obsessionnelles, et non téléologiques
    10.) L’abrahamisme face aux Etats-nations modernes
    11.) Perspectives plurielles

    #Benoit_Bohy-Bunel #Hannah_Arendt #Arendt #antisémitisme #sionisme #antisionisme #capitalisme #anticapitalisme #philosophie #critique_de_la_valeur #wertkritik #État-Nation


  • Le capitalocène. Conférence filmée avec Armand Paris et Anselm Jappe
    http://www.palim-psao.fr/2016/07/le-capitalocene-conference-filmee-avec-armel-campagne-et-anselm-jappe.htm
    http://md1.libe.com/photo/876153-capitalismeclimatjpg.jpg?modified_at=1463157319&width=960

    Avec un rappel historique de la révolution industrielle pour commencer.

    Le capitalocène. La dynamique environnementale du capitalisme et son histoire

    Conférence filmée avec Armand Paris et Anselm Jappe au Lieu-dit le 8 juin 2016.

    Nous sommes entrés dans « l’Anthropocène », nous serions collectivement, en tant qu’espèce humaine, responsables du dérèglement climatique, d’une extinction massive des espèces, d’une déforestation tropicale et d’une destruction des environnements sans précédents, d’une pollution et d’une érosion historiquement inédites. Peut-on vraiment incriminer un Anthropos indifférencié, une espèce complète, et en appeler à un « bon Anthropocène » techno-scientifique et à un capitalisme « vert » ? Et s’il s’agissait plutôt, comme l’affirment Andreas Malm, Jason Moore, John Bellamy Foster et des auteurs issus du courant dit de « critique de la valeur », d’un Capitalocène, d’une dynamique socio-historiquement spécifique aux conséquences écologiques également spécifiques, celle du capitalisme, et appelant donc à une sortie conjointe de « l’Anthropocène » et du capitalisme ? C’est cette hypothèse que développeront Armand Paris et Anselm Jappe.

    https://www.youtube.com/watch?v=xWRhgBWlmSQ

    #histoire #anthropocène (non) VS #capitalocène (oui) #révolution_industrielle #luddisme #luddites #capitalisme #critique_de_la_valeur #Anselm_Jappe


  • « Le "côté obscur" de la valeur et le don », par Anselm Jappe, revue du MAUSS, 2009
    http://www.palim-psao.fr/article-le-cote-obscur-de-la-valeur-et-le-don-par-anselm-jappe-55452605.h
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20170228/ob_ebbc9b_logique-de-la-valeur.JPG

    Un article de 2009 d’Anselm Jappe dans la revue du MAUSS tentant de connecter la théorie du don et la critique de la valeur.
    Aussi publié sur le site du Cairn :
    http://www.cairn.info/revue-du-mauss-2009-2-page-96.htm

    J’ai publié en 2003 un livre, intitulé Les Aventures de la marchandise, qui apparemment ne serait pas « marxiste » – en effet, il s’est attiré les foudres de différents tenants de ce qui passe actuellement pour marxisme – mais qui développe les conséquences de certaines catégories de Marx. Je n’y ai pas mêlé trop d’autres apports théoriques ; mais vers la fin, j’ai pu relever qu’on trouve chez Polanyi, chez Mauss et chez les penseurs du don des observations qui vont dans le même sens que la critique marxienne telle que je l’avais reconstruite. Ainsi j’ai suggéré que ces penseurs non marxistes serraient peut-être plus proches de l’héritage de Marx que la majeure partie de ce qui s’appelle aujourd’hui « marxisme » [Jappe 2003, p. 246-250]

    Dans ce qui suit, il ne s’agit pas d’affirmer que le paradigme du don et la pensée de Marx coïncident point par point, mais qu’une certaine relecture de Marx, celle qui est faite par la « critique de la valeur », permet de tirer des conclusions qui recoupent partiellement celles de la théorie du don.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #don #théorie_du_don #MAUSS #Anselm_Jappe #économie #philosophie #anthropologie #capitalisme



  • Anselm Jappe : « Michéa compte parmi les figures du “populisme transversal” »
    http://www.palim-psao.fr/2017/01/anselm-jappe-michea-compte-parmi-les-figures-du-populisme-transversal-le-

    Rapide tribune de critique de Michéa par Anselm Jappe la semaine dernière, mais au passage en prenant cet excuse pour faire passer un peu de critique de la valeur dans Le Monde, ai-je l’impression…

    Michéa, qui ne dispose d’aucune position de pouvoir dans les institutions du savoir ou dans les médias et qui n’est appuyé par aucune organisation ou mouvement structuré, vient des marges du champ du débat en France. Il a cependant réussi à susciter des débats souvent passionnés, et très polarisés, autour de ses idées. Il ne doit cet écho qu’à la qualité intrinsèque de ses thèses : proposées avec une écriture claire et simple, mais riches de détails et de développements souvent éclairants, elles cueillent des aspects du présent qui semblent avoir échappé à presque tous les autres participants au débat. Malheureusement, il doit aussi son succès croissant au fait de compter parmi les figures tutélaires du nouveau « populisme transversal » et de s’y prêter de plus en plus volontairement.

    #Anselm_Jappe #Jean-Claude_Michéa #critique_de_la_valeur #wertkritik #populisme

    • mais au passage en prenant cet excuse pour faire passer un peu de critique de la valeur dans Le Monde, ai-je l’impression…

      Du coup, il aurait sûrement gagné son temps en optant directement pour l’arrière des paquets de céréales... :D


  • The treadmill effect of capitalism : Karl Marx, Moishe Postone et la dynamique immanente au capitalisme dans sa détermination initiale [Dossier et schémas]
    http://www.palim-psao.fr/2017/01/the-treadmill-effect-of-capitalism-la-dynamique-immanente-au-capitalisme-
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20170115/ob_8f7e76_treadmill-prison-6.jpg

    La norme sociale temporelle de la productivité en un temps (t), apparaît en face de chaque producteur particulier comme une dictature absolue, qui prend ici un caractère anonyme. Il n’y a pas là, à ce niveau, un contremaître qui dit que tu dois faire 40 mètres de toile en une heure. C’est, si on ne fait pas 40 mètres en une heure que l’on est éliminé par la concurrence, parce que la cristallisation de la valeur dans nos 20 mètres de toile que nous aurons seulement réussi à fabriquer en une heure, sera la moitié de la valeur d’une heure, si par exemple le nouveau standard de productivité social est de fabriquer 40 mètres de toile en une heure.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #Moishe_Postone #Marx #économie #productivité #schémas


  • « Du malaise dans la théorie. A propos de la nécessité d’autonomie de la Théorie critique envers la "praxis" », par Robert Kurz

    http://www.palim-psao.fr/2016/09/du-malaise-dans-la-theorie-a-propos-de-la-necessite-d-autonomie-de-la-the

    Ou comment admettre la nécessité d’un « programme » est déjà en soi une faillite.

    La théorie critique s’attache toujours à la totalité, c’est-à-dire la totalité sociale. La pratique mouvementiste, par contre, a en premier lieu affaire avec certains aspects partiaux et phénomènes particuliers, par exemple des mesures antisociales prises par l’administration capitaliste de crise, des fermetures d’usine, des coûts trop élevés pour les études, des destructions écologiques, ou encore le racisme et autres phénomènes analogues. Nombreux sont ceux qui ont évoqué cette parcellisation des luttes. Et l’une des tâches de la théorie consiste d’après moi, au travers des mouvements particuliers, des luttes, des problématiques ou revendications, à garder à l’esprit la totalité négative que représente le contexte formel capitaliste, afin de ne pas laisser tomber aux oubliettes le but qui est de transformer l’ensemble de la société.

    Dans la pratique, naturellement, on ne pourra atteindre ce but qu’au travers d’un long processus de médiation. Mais par médiation je ne veux pas dire ici théorie de la communication dans le sens bourgeois, un genre de « Comment j’explique ça à mon gamin » de la manière la plus simple possible, pour que le consommateur lambda comprenne tout de suite – médiation signifie au contraire un processus difficile d’influence réciproque entre pratique théorique entendue ainsi et pratique sociale mouvementiste.

    #Robert_Kurz #critique_de_la_valeur #théorie_critique


  • Discussion autour de « Libérons-nous du travail. En partant du printemps 2016 », avec des membres du Comité érotique révolutionnaire [5 janvier, Paris, ENS] - Critique de la valeur-dissociation. Repenser une théorie critique du capitalisme
    http://www.palim-psao.fr/2017/01/discussion-autour-de-liberons-nous-du-travail.en-partant-du-printemps-201
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20170101/ob_e9f7b7_n-abolition-du-travail-large570.jpg
    Discussion autour de Libérons-nous du travail. En partant du printemps 2016 avec des membres du Comité Erotique Révolutionnaire - 5 janvier 2017, Paris.

    Le mouvement d’opposition au projet de #loi-travail du Printemps 2016, s’il n’a pas vaincu, donna lieu à une série de décalages vis-à-vis des formes habituelles de contestation. S’il s’agissait évidemment de se battre contre une loi rétrograde, ce que l’on a pu sentir au sein des cortèges, des occupations ou des blocages, c’est surtout une colère grandissante vis-à-vis de ce monde et son travail. Le « travail », pourtant affirmé comme l’horizon indépassable de notre temps, n’y a pas moins été critiqué comme une souffrance intolérable, comme toujours plus précaire, et en aucun cas désirable. Il s’agit précisément d’un approfondissement théorique de cette critique dans ce texte du #Comité_érotique_révolutionnaire

    5/01/2017 - Salle Weil - ENS, 45 Rue d’Ulm - 19h30
    http://www.palim-psao.fr/article-groupe-krisis-manifeste-contre-le-travail-en-integralite-sous-for
    http://www.krisis.org/2004/critique-du-travail-et-emancipation-sociale
    http://www.palim-psao.fr/2016/12/projection-debat-autour-du-travail-et-sa-crise-trepalium-11-octobre-pres-
    #Krisis #Wertkritik #manifeste_contre_le_travail #critique_de_la_valeur
    http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/manifeste_contre_le_travail-brochure.pdf

    • https://cibul.s3.amazonaws.com/event_la-loi-travail-et-son-monde-presentation-rencontre_254668.jpg

      Contre La loi travail et son monde Présentation/Rencontre
      Discussion autour du livre de Davide Gallo Lassere publié aux éditions Eterotopia

      Café librairie Michèle Firk
      9 rue françois debergue 93100 Montreuil

      Samedi 14 janvier 2017 / 19:30 - 23:00

      http://www.michelefirk.org/?oaq%5Buid%5D=45411963

      « Onze ans après les émeutes des banlieues, dix ans après la lutte contre le CPE, six ans après les protestations contre la réforme des retraites, l’ensemble du territoire français est finalement réinvesti par une vague de contestation politique qui libère l’atmosphère de toutes les passions tristes qui ont pourri nos existences pendant cette année terrible qui a été le 2015. » L’ouvrage : Après une année marquée par les tueries de janvier et de novembre et par l’imposition de l’état d’urgence, la mobilisation contre la Loi Travail du printemps 2016, avec ses blocages de lycées et d’universités, ses cortèges de manifestants, ses Nuits debout et ses grèves syndicales, change le climat politique. Cet ouvrage parcourt les moments topiques qui ont scandé la mobilisation, en montrant comme le « long mars français » puise ses racines dans une histoire récente qui le précède et qui le dépasse. Les événements du printemps 2016 doivent ainsi être situés dans une perspective transnationale qui va de 1968 jusqu’aux luttes globales de 2011, en passant par le déclenchement de la crise en 2007-2008. Cette approche permet à l’auteur d’élaborer une vision d’ensemble de la crise en cours et des protestations qui l’ont accompagnée en mettant en lumière l’articulation entre le plan national français et celui de la gouvernance européenne. Les réformes néolibérales opérées par les gouvernements socialistes entrent en effet en forte résonance avec les normes en vigueur dans les différents contextes nationaux, même si les formes d’opposition et de résistance mises en place reflètent les spécificités françaises. Attentif à la composition subjective de la contestation, l’essai avance enfin une proposition passible d’alimenter le débat politique dans les mois à venir : la socialisation du revenu et son lien avec les luttes antiraciales

      .


  • « Dénaturaliser la valeur avec Marx. Critique brève de l’intention générale de certains rouges-bruns : critique du mythe de l’âge d’or », par Benoit Bohy-Bunel
    http://www.palim-psao.fr/2016/12/denaturaliser-la-valeur-avec-marx.critique-breve-de-l-intention-generale-
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20161212/ob_1eab3d_leapoffaith.jpg

    Dénaturaliser la valeur avec Marx
    Critique brève de l’intention générale de certains rouges-bruns : critique du mythe de l’âge d’or

    Dénaturaliser la valeur

    Les enjeux critiques de la dénaturalisation des catégories capitalistes
    La socialité des activités productives dans les sociétés précapitalistes n’est pas la socialité du travail dans les sociétés capitalistes
    Tentative d’explication de notre tendance à naturaliser la structure marchande, et critique de cette tendance
    Un autre argument décisif pour dénaturaliser les catégories capitalistes
    Les enjeux pratiques de cette dénaturalisation des catégories pour la lutte anticapitaliste

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #Marx #capitalisme #rouges-bruns #âge_d'or


  • La discipline du temps. L’application de la mesure temporelle au procès productif et la discipline du travail (XVIIIe-XXe siècles) [Séminaire Anselm Jappe, séance du 5 décembre]
    http://www.palim-psao.fr/2016/12/l-application-de-la-mesure-temporelle-au-proces-productif-et-la-disciplin

    Il s’agit de la séance du 5 décembre 2016 du séminaire d’Anselm Jappe, qui traite du thème indiqué, du taylorisme (avec ses grands admirateurs que seront Gramsci et Lénine) et des cultures temporelles capitaliste et prémoderne.

    Parmi de nombreux matériaux, que nous ne pouvons résumer ici, on trouvera notamment un ensemble de remarques critiques des vues intéressantes mais souvent trop limitées de Edward P. Thompson dans son Temps, discipline du travail et capitalisme industriel, qui naturalise le travail et n’a pas vraiment de recul critique vis-à-vis de la proto-industrie déjà capitaliste, qu’il idéalise. Thompson se centre sur une critique assez limitée du temps abstrait et de la transition de l’ancienne culture temporelle à la nouvelle, au travers de l’opposition entre la mesure du temps « orienté par la tâche » (task-oriented) et celle évaluée, dans le factory system, en unité de temps (timed labour).

    Dans « Américanisme et fordisme » (Cahiers de prison 22), Antonio Gramsci, marxiste traditionnel forgeant les bases d’un anticapitalisme tronqué glissant vers des parallèles avec les catégories d’extrême-droite de « capital rapace » etc. (depuis longtemps, l’ultra-Droite en Italie et ailleurs fait référence positivement à Gramsci), passé par ailleurs des conseils ouvriers au parti communiste aux ordres de Moscou, fait également l’éloge du travail et de la disciplinarisation du matériel humain (lutte contre alcoolisme, le libertinage, les oisifs parasites, l’élimination de ceux qui ne voudront pas se soumettre, etc.) sur la chaîne de montage taylorisé, pour le bien de la production. La chaîne taylorisée libérant évidemment le travailleur pour Gramsci... comme bien sûr pour le marxisme traditionnel et ses expériences historiques de capitalisme d’Etat. Trotski voulait quant à lui organiser des "armées de travail", à l’image du culte du travail que l’on retrouve également chez certains anarchistes (voir aussi l’anecdote sur Durruti à propos de la mise au travail des Gitans), les conseillistes et dans l’ensemble du mouvement ouvrier qui voulait lever, comme dans le procès de travail capitaliste, tous les obstacles au développement des forces productives naturalisées comme extérieures à la synthèse sociale capitaliste.

    #Anselm_Jappe #temps #travail #critique_du_travail #capitalisme #Histoire #critique_de_la_valeur #Gramsci


  • Débat (audio) entre Anselm Jappe et Bernard Friot.

    http://www.palim-psao.fr/article-apres-l-economie-de-marche-debat-contradictoire-entre-anselm-japp

    Voilà qui illustre bien les oppositions de fond dont il était question ici :

    https://seenthis.net/messages/530334

    Personnellement, je ne comprends pas comment magiquement passer le secteur marchand sous le régime des fonctionnaires devrait préserver de la logique marchande. Il n’y a qu’à voir dans les petits bleds où les secrétariat municipaux « volent » entre deux trois communes, sans qu’il soit besoin pour cela de rien toucher au statut des agents territoriaux.

    Friot semble aussi oublier qu’une économie marchande ne peut guère se couper du reste du monde, du fait du niveau de productivité colossal de nos systèmes de production. Or je vois mal son modèle (très occidental, comme le pointe une spectatrice) se transposer facilement à toutes les nations du monde. D’où sa société idéale devra de toute manière s’adapter au niveau de productivité mondial, qui risque de rapidement revoir à la baisse le niveau de salaire (même sans « parasites » pour capter la sur-valeur).

    #altercapitalisme #Bernard_Friot #Anselm_Jappe #critique_de_la_valeur


  • Parution de « Libérons-nous du travail », le manifeste du Comité érotique révolutionnaire (éditions Divergences)
    http://www.palim-psao.fr/2016/12/parution-de-liberons-nous-du-travail-le-manifeste-du-comite-erotique-revo
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20161203/ob_3477f4_15271838-172184353249628-8479277623168.jpg

    Lors du printemps dernier, le mouvement social contre la loi El Khomri a soulevé nombre de débats sur la notion du travail, ainsi que de sa critique la plus radicale. Mais qu’est que le travail dans notre société ? Quel est son rôle et surtout comment permet-il au capitalisme de se maintenir ? Le comité érotique révolutionnaire propose une ébauche de réponse, rédigé dans un style accessible et précis, nous vous conseillons vivement de vous le procurer !

    Libérons-nous du travail ne sera disponible en librairie qu’au mois d’avril 2017. En attendant, nous faisons une première diffusion dans les milieux militants. Il sera présent dans les prochains jours dans un certain nombre de lieux (librairies militantes, espaces occupés...) un peu partout en France. On publiera dans peu de temps une liste des lieux où se le procurer. Il est aussi possible de nous faire des commandes groupées du livre (5 exemplaires ou plus) soit via cette page soit sur le mail : editions.divergences@laposte.net

    #livre #travail #critique_du_travail #critique_de_la_valeur #wertkritik #Comité_érotique_révolutionnaire

    • Et alors on vie comment après ? Il ne faut pas rêver l’homme/femme a besoin d’une activité utile au delà du fait qu’il doit gagner sa vie ! Il/elle peux aimer son métier, sa vie même si il n’a pas vraiment choisi cela au départ, et que proposez vous à la place ?. C’est bien beau ces gens "soit disant « anarchistes » ou autre qui nous propose un « salaire minimum a vie » (RSA est déjà un salaire minimum a vie), tout comme les politiciens d’ailleurs qui voudraient bien voir vivre le peuple vivre avec « trois francs six sous ». Le travail en lui même n’est pas le problème, mais ce sont ceux qui dominent décideurs patrons, banquiers qui peuvent décider de votre vie avec « l’ esclavage dans le travail ». Ils décident de dévaluer le travail en salaire, les diplômes obtenus n’ayant plus la cote Non nous sommes fait pour travailler (ou avoir son jardin, ces bêtes) et être rémunérer en fonction de nos qualités, dureté du travail, je ne comprends pas du tout cette notion de « vie sans travail » si ce n’est que c’est une création contre le salariat déjà mis a mal par ces mêmes décideurs politiques.

    • Le travail est une spécificité du mode de vie capitaliste, aucun rapport avec le fait d’avoir une ou plusieurs activités, et donc sa critique n’a aucun rapport avec l’apologie de la paresse (même si c’est bien aussi dans une certaine mesure).

      Tu devrais prendre un peu de temps pour parcourir Palim Psao, il y a quantité d’articles (plus ou moins complexes ou vulgarisés suivant les cas) qui expliquent cette distinction (mais aussi un certain nombre de conversations ici sur seenthis en suivant les tags critique de la valeur, wertkritik, critique du travail…).

      La critique de quelques « grands méchants », et la mise en valeur du salariat est une critique du point de vue du Travail, qui aménage les choses, qui ne changent rien au mode de vie globale, au productivisme. Au mieux ça fait un capitalisme d’État ou un capitalisme « autogéré ».

      Si tu préfères l’audio à la lecture il y a cette vulgarisation pas mal du tout :
      https://seenthis.net/messages/506283

    • Ok je vais tenter d’y voir clair, car je crains que certains profitent de ce salaire minimum a vie pour renforcer le NAIRU ou créer des bantoustan de « travailleurs » ou esclaves modernes corvéables à merci .....

    • Oui, pour le coup j’abonde dans le sens de @rastapopoulos [edit : dans son message d’encore avant] : l’organisation actuelle du travail est un fait historique qui a peu de choses à voir avec le fait de trouver sa subsistance ou de faire œuvre. (Si moi aussi je défends le travail et les critiques trop faciles à son encontre, c’est que, de manière très pragmatique, le point où on en est fait que les formes alternatives au travail salarié - chômage ou bénévolat - sont encore moins désirables et ce n’est pas une question de revenu.)

      Et le #revenu_garanti (inconditionnel, d’un montant décent et accordé à tout le monde) n’a rien à voir avec le RSA (d’un montant indécent, sous conditions de ressources et d’"insertion", voire d’activité, avec les menaces de couper le robinet chaque trimestre - quand bien même plein de gens vivraient avec pendant des décennies, la menace n’est pas confortable). Ceux et celles qui lorgnent sur cette idée avec le but d’en faire un « solde de tout compte » (D. Méda) qui contribue à foutre en l’air la protection sociale sont des raclures.

    • L’abolition de la valeur, écrit Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale ne permettrait pas seulement de se délivrer de l’astreinte à la production pour la production, de donner au travail une structure différente et d’instaurer « une relation nouvelle du travail aux autres domaines de la vie » ; elle permettrait aussi d’acquérir « un plus haut degré de maîtrise, par les hommes [et les femmes] de leurs propres vies et une relation à l’environnement naturel plus consciente et maîtrisée »...
      L’écologie politique permet donc de mener une critique radicale de la richesse, des besoins et du travail, et de renouveler ainsi ce qu’il y a lieu d’entendre par « valeur d’usage »...
      On parvient ainsi à une conception anticonsumériste et antiproductiviste, où la technologie et les « forces productives » sont au centre de la critique.

      Fabrice Flipo : Moishe Postone, un marxisme antiproductiviste
      Radicalité 20 penseurs vraiment critiques Edition L’échappée

      Fabrice Flipo est maître de conférence en philosophie , contributeur régulier à la Revue du MAUSS et à Contre-Temps , auteur notamment de La décroissance : dix questions pour comprendre et débattre
      @rastapopoulos @aude_v @elihanah @vanderling

    • merci @marielle je vais me pencher un peu plus sur
      #Moishe_Postone ( d’autant plus que j’ai ce bouquin de l’échappée ) voici 2 liens de Contretemps à propos de
      Temps, travail, domination sociale… et destruction écologique. Retour sur Moishe Postone.
      http://www.contretemps.eu/postone-capital-nature
      http://www.contretemps.eu/lactualite-theorie-valeur-marx-propos-moishe-postone-temps-travail-domin
      à propos de Radicalité, 20 penseurs vraiment critiques selon les #éditions_l'échappée

      La liste ressemble un peu à un inventaire à la Prévert : Gunther Anders, Zygmunt Bauman, Cornelius Castoriadis, Bernard Charbonneau, Dany-Robert Dufour, Jacques Ellul, Ivan Illich, Christopher Lasch, Herbert Marcuse, Michela Marzano (députée du Parti démocrate italien !!!), Jean-Claude Michéa, Lewis Mumford, Georges Orwell, François Partant, Pier Paolo Pasolini, Moishe Postone, Richard Sennet, Lucien Sfez, Vandana Shiva, Simone Weil. Si l’on veut absolument trouver un point commun (très schématique) entre la majorité de ces intellectuels, ce serait leur sympathie pour l’écologie et leur critique de la société industrielle et de la technocratie – ce qui n’entraîne pas forcément une critique des fondements réels du capitalisme ni la volonté de s’y attaquer de façon « radicale »... On notera aussi que :

      – la majorité de ces auteurs sont des philosophes (discipline où l’on peut affirmer beaucoup de choses sans avoir à s’appuyer sur l’histoire et la politique concrètes) ;

      – quatre d’entre eux (Ellul, Charbonneau, Illich et Lasch) appartiennent à une mouvance chrétienne généralement modérée sur le plan politique. Ellul fut à la fois un théologien protestant et l’animateur d’une paroisse ; quant à Illich, il était prêtre de l’Eglise catholique, il est vrai proche des « pauvres » et non de sa hiérarchie ! Mais les fonctions ecclésiastiques prédisposent rarement à la « radicalité ». Ellul et Charbonneau appartenaient tous deux au courant personnaliste chrétien dont Emmanuel Mounier, le représentant le plus connu, et plusieurs de ses disciples, fréquentèrent l’Ecole des cadres d’Uriage sous... Pétain. C. Lasch fit profil bas sur les conséquences politiques de ses convictions religieuses mais il est reconnu, surtout depuis sa mort, comme l’un des maîtres à penser des conservateurs anglo-saxons. On ne s’étonnera pas que ce quatuor de croyants soient des adversaires de la Raison et de la critique matérialiste antireligieuse inaugurée par les Lumières ;

      – le seul auteur qui ait une activité politique traditionnelle actuellement (Michela Marzano) représente au Parlement un parti du centre gauche, qui n’a jamais été ni « radical » ni « vraiment critique » vis-à-vis du capitalisme et n’est même pas un parti réformiste combatif ;

      – et enfin que Zygmunt Bauman, fut commissaire politique, major dans le Corps de sécurité intérieure (les renseignements militaires) et membre du Parti polonais stalinien de 1944 à 1968 avant d’être chassé de Pologne à la suite d’une campagne menée par le Parti « communiste » contre les Juifs. Un tel long parcours au sein de l’appareil militaire puis politique d’un Etat totalitaire n’est pas vraiment un témoignage de « radicalité »....

      Bref sur ces vingt prétendus penseurs de la « radicalité », un tiers ont vraiment mouillé leur chemise à un moment ou un autre de leur existence (même si certains se sont bien assagis par la suite), voire ont risqué leur vie ou la prison pour leurs idées. Les deux autres tiers sont formés de braves universitaires dont la « radicalité » n’a jamais pris le chemin d’une pratique concrète anticapitaliste... Il ne s’agit pas de le leur reprocher (tout le monde n’a pas le goût à militer aux côtés des exploités) mais je vois mal comment une perspective libertaire « vraiment critique » pourrait s’élaborer seulement dans les facs ou les cénacles intellectuels, en dehors de toute participation à des luttes de masse.

      source : http://www.mondialisme.org/spip.php?article1990

      (Ajout du 22/12/2013 : D’ailleurs, manque de pot pour les libertaires de l’Echappée, #Olivier_Rey, auteur de l’article consacré à #Pasolini dans leur livre, a accordé une interview à la revue Conférence sur « l’usage social des sciences » dont le texte a été reproduit (probablement avec son autorisation) dans Krisis n° 39 de septembre 2013, la revue du fasciste mondain #Alain_de_Benoist. Signalons au passage que Rey est aussi l’auteur dans Etudes, la revue des jésuites, d’un article au titre évocateur : « L’homme originaire ne descend pas du singe »... Il a également donné une petite conférence à Notre-Dame-de-Paris, en compagnie d’un théologien pour gloser sur la « querelle du genre » (« Homme-femme : heureuse différence ou guerre des sexes ? », conférence que l’on peut voir et écouter sur la chaîne catholique KTO :

      http://leblogjeancalvin.hautetfort.com/tag/olivier+rey
      http://www.paris.catholique.fr/Texte-des-Conferences-de-Careme,15767.html

      Décidément les amis de l’Echappée nous réservent bien des surprises !...)
      https://youtu.be/JSmRVNBCAiM

      Cette maison d’édition officiellement libertaire a donc pondu un communiqué pour appeler à la « vigilance », communiqué sidérant par son absence de contenu politique. En effet le problème résiderait simplement, selon l’Echappée, dans une petite erreur de casting (on n’a pas vérifié sur Google, quelqu’un de fiable nous l’a recommandé, et autres excuses d’amateur)mais pas dans le choix stupéfiant de #Jean-Claude_Michéa comme auteur « vraiment critique » et « radical ».

    • Le travail en lui même n’est pas le problème, mais ce sont ceux qui dominent décideurs patrons, banquiers qui peuvent décider de votre vie avec « l’ esclavage dans le travail ».

      Justement si. En régime capitaliste le travail n’est pas ce qui permet de vivre, il est ce qui produit de la valeur à l’infini (sous forme d’argent, soit du temps de travail chosifié, c’est à dire que le travail vise en fait la poursuite du travail) et donc nécessite que les travailleurs vivent (aux sens propre et figuré) pour ça. Le scandale fondamental est le mode d’organisation lui-même, qui fait de la vie quelque chose de secondaire et instrumentalisé, pas le manque de vertu de ceux qui le supervisent.


    • Comment expliquer un tel comportement ? Personne ne veut prendre de responsabilité. Personne ne veut faire quelque chose de travers. Sauter soi-même dans la brèche et porter secours a manifestement été effacé de la panoplie de nos comportements. N’avons-nous pas pour ces cas-là des personnes formées ?, disent les gens. Les experts, à l’origine appelés à compenser des insuffisances sociales, contribuent, lorsque qu’ils se sont établis comme une profession, à affaiblir le système immunitaire social en le dépossédant de ses compétences. Au bout d’un moment les gens se disent : plutôt que de faire une bêtise en voulant apporter mon aide, je laisse faire les spécialistes et je m’abstiens.

      Belle illustration de ce que décrivait #Ivan_Illich dans Une société sans école : un fois qu’une valeur est institutionnalisée, la méthode (l’école, l’hôpital, ...) se confond avec l’objectif (s’éduquer, se soigner, ...), dont elle devient bientôt le synonyme. Le seul horizon est dès lors de développer encore et toujours l’institution au détriment de l’autonomie des individus, ravalés au rang de simples consommateurs de celle-ci (l’école étant à la fois le modèle et la porte d’entrée obligatoire de ce monde de mise sous tutelle généralisée).

      Avec l’universalisation de la forme marchandise qui s’opère actuellement, l’indifférence et la froideur s’incrustent dans toutes les couches de la construction sociale et pénètrent dans les dernières pores de la vie quotidienne et dans l’intimité des mondes intérieurs. Sous nos yeux, naît un type humain de part en part capitaliste incapable de se mettre dans la peau d’autres et dont le monde intérieur est un paysage glaciaire. Ce qui est aujourd’hui encore diagnostiqué comme une pathologie de psychopathie menace de devenir, dans un avenir proche, si rien ne change, la norme et le caractère social hégémonique.

      #barbarisation_du_capitalisme #critique_de_la_valeur


  • A propos du « Nouveau FN. Les vieux habits du populisme » de Grégoire Kauffmann
    http://www.palim-psao.fr/2016/11/a-propos-du-nouveau-fn.les-vieux-habits-du-populisme-de-gregoire-kauffman
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20161123/ob_1d831e_130027-couverture-hres-0.jpg

    Depuis 2011, l’anticapitalisme tronqué de la gauche n’a voulu voir dans la nouvelle orientation antilibérale du FN qu’un leurre, et n’a pas du tout pris au sérieux le problème de ce nouveau creuset où viennent fusionner de nombreux contenus idéologiques de la « gauche de la gauche », c’est-à-dire pour parler clairement, son anticapitalisme tronqué. A gauche, toutes les positions ont été de dire qu’il n’y avait là que l’éternel retour du même, que notre contexte du début de XXIe siècle n’était que le retour des années 1930, autrement dit, on n’a fait que plaquer le vieil antifascisme sur ce « nouveau FN », et selon l’auteur, c’est en partie anachronique.

    […]

    Comme on l’a vu, l’auteur n’est pas un adversaire de la thèse sur les « vieux habits ». Il semble dire seulement qu’il ne faut pas se tromper de « vieux habits ».

    Ce sont moins ceux des ligues fascistes des années 1930, qu’un patchwork d’autres vieux habits tirés :

    – du social-chauvinisme de gauche prémarxiste,
    – du boulangisme,
    – de thèmes maurrassiens,
    – du « nationalisme révolutionnaire » d’Ordre nouveau/GUD,
    – du différentialisme culturel issu de la Nouvelle extrême-droite d’Alain de Benoist
    – des thèmes de Mégret sur l’ « islamisation ».
    – des thèses « grand remplacistes » déjà développées par Drumont et Barrès

    Le livre a cependant tous les défauts des réflexions d’un historien coupé de toute réflexion théorique sur son objet et sur le contexte-forme (la totalité sociale sous-jacente) où existe celui-ci, c’est-à-dire sur la formation sociale capitaliste qu’il nous faut toujours comprendre comme une contradiction en mouvement.

    #FN #Front_National #Grégoire_Kauffmann #histoire #politique #anticapitalisme #critique_de_la_valeur


  • Anselm Jappe, « La princesse de Clèves, aujourd’hui ». Réflexions sur ce que doit réaliser une révolution véritablement émancipatrice.

    http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=transnationales&index=5&posnr=148&backtext1=text1.

    ils [les sujets] sont le produit des rapports capitalistes qu’ils produisent en retour. Les ouvriers, les paysans, les étudiants, les femmes, les marginaux, les immigrés, les peuples du Sud du monde, les travailleurs immatériels, les précarisés, dont la forme-sujet, avec toute sa façon de vivre, ses mentalités, ses idéologies, etc., est créée ou transformée par la socialisation marchande, ne peuvent pas être mobilisés, en tant que tels, contre le capitalisme. De conséquence, il ne peut pas y avoir de révolutions ouvrières, paysannes ou des précarisés, mais seulement des révolutions de ceux qui veulent rompre avec le capitalisme et avec la forme-sujet même qu’il impose et que chacun retrouve en soi-même. Voilà pourquoi aucune révolution, au sens large, ne peut aujourd’hui consister dans une valorisation positive de ce qu’on est déjà et qui aurait seulement besoin d’être libéré des chaînes qu’on lui a mises. Pourtant, des concepts actuellement très en vogue comme celui – bien démocratique – de « multitude » consistent précisément en cet encensement des sujets dans leur existence empirique et immédiate. On s’épargne alors l’effort de rompre soi-même avec sa propre forme-sujet qui n’est pas simplement imposée par l’extérieur, mais qui structure sa propre personnalité dans les profondeurs, par exemple dans la présence presque universelle de l’esprit de concurrence. Malheureusement, l’aggravation générale des conditions de vie dans le capitalisme ne rend pas les sujets plus aptes à les renverser, mais toujours moins, parce que la totalisation de la forme-marchandise engendre de plus en plus des sujets totalement identiques au système qui les contient. Et même lorsque ceux-ci développent une insatisfaction qui va au-delà du fait de se déclarer mal servis, ils sont incapables de trouver en eux-mêmes des ressources pour une vie différente, ou seulement des idées différentes, parce qu’ils n’ont jamais connu rien d’autre. Au lieu de nous demander, comme font les écologistes : quel monde laisserons-nous à nos enfants ? nous devrions nous demander : à quels enfants laisserons-nous ce monde ? (Jaime Semprun).

    [...]

    D’une manière ou d’une autre, chacun a l’impression que le terrain est en train de se dérober sous ses pieds, et c’est cette lutte autour d’un gâteau toujours plus petit qui pousse à la barbarie – à tous les niveaux. Le « Seigneur de la guerre » ou le gros manager en font partie autant que le chômeur raciste ou le voleur du bidonville : ils sont tous en compétition pour les bribes qui restent de la société marchande. Dans ce contexte, des idéologies nationalistes, racistes, antisémites ou autrement « de l’exclusion » se diffusent facilement, et surtout dans les couches « basses » de la société. La société mondiale du travail s’autodétruit après avoir détruit toutes les anciennes formes de solidarité, ou presque – ils ne restent, virtuellement, que des sujets complètement acquis au principe de la concurrence à tout prix, que ce soit en tant qu’individus ou dans des corporations telles que la nation, l’ethnie, la famille, la mafia, la gang. L’humanité est décidemment mal préparée pour affronter la dissolution généralisée des liens sociaux et de leurs bases productives.

    [...]

    Le capitalisme fait beaucoup plus contre lui-même que ce que tous ses adversaires réunis ont pu faire. Mais cette bonne nouvelle ne l’est qu’à moitié. Cet effondrement n’a aucun rapport de nécessité avec l’émergence d’une société mieux organisée : d’abord, parce qu’il est la conséquence de l’action de forces aveugles qui en tant que telles sont déjà destructrices. Ensuite, parce que le capitalisme a eu assez de temps pour écraser les autres formes de vie sociale, de production et de reproduction qui auraient pu constituer un point de départ pour la construction d’une société post-capitaliste. Après sa fin, il ne reste qu’une terre brûlée où les survivants se disputent les débris de la « civilisation » capitaliste. C’est déjà la réalité quotidienne dans une grande partie du « Sud du monde », et même dans une partie grandissante des pays « développés », jusqu’aux banlieues des capitales du monde. Laissé à son propre dynamisme, le capitalisme ne débouche pas sur le socialisme, mais sur des ruines. S’il était capable d’avoir des intentions, on pourrait lui prêter celle d’être le dernier mot de l’humanité.

    [...]

    Une société émancipée, ou au moins meilleure que ce que nous avons connu dans les derniers siècles, reste toujours possible. Mais il faut la construire sur les décombres de la société capitaliste. Pour y arriver, il y a surtout besoin d’un grand effort de clarification théorique qui rende compte jusqu’à quel point les conditions du projet d’émancipation ont changé. Les lignes du front se sont complètement embrouillées ; ne pas reconnaître ce changement, s’obstiner à suivre les mêmes pistes qu’il y a cinquante ou cent ans est ce qui empêche à tant des gens de bonne volonté de comprendre le monde actuel – dont ils sentent pourtant vivement les tares – et d’agir de conséquence.

    [...] Pendant quelques décennies, l’attitude transgressive dans les champs de l’art, des mœurs et de la vie quotidienne pouvait se concevoir elle-même comme une « subversion symbolique » qui attaquait les bases de la société bourgeoise avec, au moins, autant d’efficacité que les luttes sociales : elle pouvait même penser que, par exemple, la contestation de la morale sexuelle pouvait être le levier d’une transformation totale. Il apparaît rétrospectivement que dans la plupart des cas, la contestation culturelle prenait pour des traits essentiels de la société capitaliste ce qui était plutôt des éléments archaïques et anachroniques hérités de ses phases antérieures. Après 1968, le capitalisme, dans son « nouvel esprit », n’a pas seulement fait des « concessions » dans ce domaine pour calmer les esprits, mais il a saisi l’occasion de lâcher du lest et de se libérer de nombreuses superstructures devenues des obstacles pour son propre développement. Il n’est pas nécessaire de rappeler que le capitalisme postmoderne ne pourrait jamais exister avec, disons, des jeunes qui vivent dans l’austérité, la chasteté et l’épargne. Mais la majorité des milieux « progressistes » n’a pas voulu prendre acte de ce changement de paradigme et continue infatigablement dans la « transgression », en tuant chaque jour à nouveau des chiens écrasés, en enfonçant des portes ouvertes et en s’empressant avec jubilation d’aider la société à se débarrasser de sa ferraille humaniste et classique, si nocive au progrès et à l’égalité républicaine devant le marché du travail.

    [...]
    Depuis longtemps, le système capitaliste n’est plus le « parti de l’ordre ». Il a grandement tiré profit des contestations « artistes » pour rebâtir une société chaotique qui sert ses desseins. La dissolution de la famille, l’éducation « libre » à l’école, l’apparente égalité entre hommes et femmes, la disparition des notions telles que la « morale » – tout tourne à son avantage, une fois que ces évolutions sont déconnectées d’un projet d’émancipation globale et traduites dans une forme marchande.

    [...]
    Ces considérations peuvent sembler peu encourageantes. C’est sûr qu’elles n’apportent pas d’eau au moulin du militantisme actuel et qu’elles se prêtent mal à être traduites dans une stratégie « politique » immédiate. Mais depuis un siècle et demi, maintes propositions « concrètes » et tentatives « pratiques » ont abouti à des conséquences opposées aux intentions originales. Mieux vaut alors, peut-être, un simple progrès théorique, une simple prise de conscience qui va dans la bonne direction : la seule chance est celle de sortir du capitalisme industriel et de ses fondements, c’est-à-dire de la marchandise et de son fétichisme, de la valeur, de l’argent, du marché, de l’État, de la concurrence, de la Nation, du patriarcat, du travail et du narcissisme, au lieu de les aménager, de s’en emparer, de les améliorer ou de s’en servir. Si ces vingt dernières années, pour le reste si peu reluisantes, ont servi à faire comprendre à quelques-uns cette nécessité historique, elles n’ont pas été complètement inutiles.

    #critique_de_la_valeur #Anselm_Jappe #barbarisation_du_capitalisme #revue_exit


  • « Le côté obscur du capital », présentation du concept de dissociation-valeur, développé par Roswitha Scholz.

    http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=transnationales&index=5&posnr=153&backtext1=text1.

    Dans la modernité, l’être humain se trouve partagé entre une sphère publique, caractérisée par l’affrontement permanent entre concurrents, et une sphère privée, domestique et bornée qui « reproduit », soigne, répare, et fournit le repos du « guerrier ». Le mâle est appelé à s’occuper de la communauté, de l’universel, de l’abstrait, et la femme du particulier et du sensible. Dans les domaines structurellement masculins de la science, de l’économie et de la politique prévaut une pensée de classification qui ne peut prendre en considération la qualité particulière, dont la préoccupation est reléguée dans le « privé », voire dans la « nature », et qui n’accède pas aux honneurs de la Raison.

    « Dans l’ordre symbolique du patriarcat producteur de marchandises, politique et économie sont attribuées au mâle ; la sexualité masculine, par exemple, est définie comme subjective, agressive, violente ; les femmes par contre sont définies en tant qu’objets ou même comme simples corps. L’homme est ainsi vu comme l’Humain, homme d’esprit, triomphant du corps et le dépassant, la femme par contre comme non-humaine, comme un corps. La guerre est de connotation masculine, les femmes par contre passent pour pacifiques, passives, dépourvues de volonté et d’esprit. Les hommes doivent aspirer à la gloire, à la bravoure et à des “œuvres immortelles”. La question centrale est toujours celle du triomphe sur la mort. Aux femmes incombe le souci de l’individu particulier et de la reproduction de l’espèce. Leurs actes sont toujours socialement sous-valorisés et évacués de la formation théorique, car la soumission de la femme à l’homme est fondée par sa sexualisation et sa marginalisation sociale. L’homme est pensé comme héros, comme actif, comme celui qui œuvre. Cela implique l’exploitation et la domination productives de la nature. L’homme est constamment en compétition avec d’autres »11.

    Là où dans la sphère publique règne une « économie du temps », dans le privé prévaut une « logique de la dépense du temps ». Affection, amour, éducation des enfants, etc., ne peuvent jamais être rationalisés à l’instar du processus de production et de valorisation, car il y subsiste toujours une priorité au sensible, lequel au contraire est dans l’économie réduit au minimum.

    [...]
    L’autre côté de la valeur et de son monde, ce qui est dissocié et projeté dans la féminité, ne peut plus être considéré comme un dérivé – un sous-produit – du rapport de la valeur et de ses catégories. Il s’impose donc un nouveau concept de la société moderne pour pouvoir en rendre compte dans sa « totalité brisée ». L’homme, coincé dans sa forme-sujet, n’est pas imaginable sans cette partie dissociée qui se crée avec lui, le produit, le reproduit et est produite par lui et qui est incarnée par la femme. La « féminité » n’est pas un sous-produit de la « masculinité », mais les deux se conditionnent et se déterminent réciproquement. Le règne absolu de la valeur, en tant qu’abstraction, n’est pas possible et il a toujours besoin de son contraire, méprisé mais nécessaire, qui constitue sa face cachée, son côté obscur.

    [...]
    L’univers masculin, économique, politique, scientifique tend bien sûr à la domination absolue, il ne sait que faire de ce qui est en dehors de lui. Cependant, sa réalisation complète serait immédiatement identique au néant. Si l’« abstraction réelle » devenait l’unique réalité, il adviendrait une « réalité abstraite ». Cette dépendance de son contraire et de la honte qu’elle inspire, qui se transforme aisément en mépris et en haine, s’articule dans des actes violents contre des femmes réelles, sous forme de harcèlement, de violence domestique, de viol, etc., et conditionne aussi l’identité féminine dans la soumission, la passivité, la sensibilité, etc.

    Ainsi compris, le sexisme, loin d’être un réflexe archaïque contraire à la civilisation, peut être défini, dans ses multiples formes d’apparences, comme consubstantiel du mode de vie et du psychisme modernes.

    C’est la double constitution de ce modèle de civilisation, avec d’un côté le règne de la rationalité marchande et de ses catégories en tant que « masculinité » et de l’autre le côté obscur et « honteux » de la féminité, que Roswitha Scholz a désignée comme la « dissociation-valeur ».

    #dissociation-valeur #critique_de_la_valeur #Roswitha_Scholz #revue_exit #barbarisation_du_capitalisme


  • « Contre le mythe autogestionnaire », retour et analyse concernant les expériences espagnole (1936), « Lip » (1973) et argentine (2001), qui ont échoué à sortir du système marchand et l’ont finalement reproduit.

    http://www.lesenrages.antifa-net.fr/contre-le-mythe-autogestionnaire

    Ce que ces autogestionnaires ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre c’est que toucher un salaire implique un échange : ma force de travail contre le fric sans lequel je peux crever dans ce monde où l’argent est roi. Le salaire est infamant de par son existence même, il veut dire que nous sommes en train de vendre notre vitalité humaine, de la broyer dans une vie étriquée, enfermée entre quatre murs, à produire pour le marché qui impose sa dictature. C’est se laisser totalement dominer par le processus infernal de la valorisation. Ce qui est absent de tout le verbiage de ces autogestionnaires c’est l’abolition du salariat. Ils font comme si le salariat était une donnée valable de tout temps, comme s’il n’était qu’une simple somme d’argent, neutre, seulement utile pour se procurer d’autres objets. Les prolétaires de l’AIT préconisaient l’abolition du salariat et voulaient en conséquence la suppression de l’exploitation. Nous en sommes encore loin aujourd’hui, personne ou presque ne revendique ce mot d’ordre. La revendication portée par les autogestionnaires en reste au mot d’ordre conservateur dont parle Marx [31] : « Au lieu du mot d’ordre conservateur “un salaire équitable pour une journée de travail équitable” , ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : “Abolition du salariat“ » . Aujourd’hui, sous sa forme moderne, ce mot d’ordre conservateur est « le partage des richesses » . C’est bien pourquoi l’autogestion ne peut qu’être un mythe dangereux : le salariat sans autre perspective qu’un meilleur salaire et une soi-disant dignité retrouvée.

    [...]
    Il y aurait la bonne volonté du prolétariat opposée à la volonté maligne des patrons, ou actionnaires… une sorte de méchanceté dickensienne qui serait cause de notre malheur. On confond le processus avec les humains qui l’incarnent. Or critiquer la prétendue (et surtout aléatoire) méchanceté des humains empêche de saisir l’essence fondamentalement inhumaine de leur fonction sociale. D’où une croyance mystique qu’en remplaçant ces viles personnes par une nouvelle direction composée de sympathiques délégués, voire des assemblées plénières, l’exploitation de la force de travail disparaîtrait comme par enchantement, que l’on ne produirait plus que des produits utiles et non, encore et toujours, des marchandises. C’est ne pas comprendre que le développement du capital suppose précisément l’existence d’unités productrices de valeur, qu’elles soient réduites à une seule personne ou qu’elle soit de la taille d’une multinationale, et surtout qu’elles soient autonomes. Ce qui compte est que ces unités soient compétitives, l’économie se fout éperdument de savoir si telle ou telle unité est une usine employant des gosses de cinq ans quinze heures par jour ou une coopérative de babas cool à dreadlocks : Les fondements mêmes du capitalisme sont toujours en place ; la loi de la valeur continue à sévir. Tout le bla-bla que nous assène cette idéologie qui parle de « respect mutuel dans l’échange, d’une relation d’égal à égal, sans s’arnaquer, sans se faire concurrence » n’est au mieux que naïveté moraliste, en tout cas défense inconsciente des lois du Capital. Si l’entreprise veut être viable, il n’y a pas à tortiller du cul : elle doit réaliser une valeur qui ne soit pas plus basse que la valeur mondiale de telle ou telle marchandise, sinon elle vend à perte, donc à un moment donné ou à un autre, elle ne peut plus payer les salaires, les matières premières. Dans ce cas il lui reste deux possibilités bien connues de tous les prolétaires du monde : soit elle réorganise sa production, introduit de nouvelles machines plus productives, augmente les cadences de travail, baisse les salaires, allonge la journée de travail ; soit elle vend plus cher au client en faisant miroiter une valeur ajoutée quelconque (biologique, équitable, fait par des travailleurs autogérés, etc.), passant ainsi dans une gamme plus luxueuse. Dans tous les cas de figure l’exploitation de la force de travail demeure ou se trouve renforcée.

    [...]
    Si la contre-révolution l’emporte pour l’instant, c’est en partie dû à cette insuffisance de la critique radicale du monde capitaliste. Les illusions (que l’on retrouve un peu partout dans le monde) sur l’économie alternative et l’autogestion montrent que la critique de l’économie marchande est beaucoup trop partielle. Aujourd’hui il est navrant de constater que les vieilles merdes sociales-démocrates reviennent en force et que leurs représentants peuvent parader sans avoir de problèmes. La perspective insurrectionnelle est perçue comme impossible (et rejetée), le changement personnel et la contre-culture se présentent comme les seuls modes d’action tenables, l’horizon capitaliste se décrit lui-même comme paradigme indiscutable et surtout indépassable.

    #autogestion #critique_de_la_valeur #altercapitalisme #lip #espagne_1936 #argentine_2001


  • « La critique radicale du travail, et son incompatibilité structurelle avec le principe spectaculaire », par Benoit Bohy-Bunel
    http://www.palim-psao.fr/2016/10/la-critique-radicale-du-travail-et-son-incompatibilite-structurelle-avec-
    https://img.over-blog-kiwi.com/1/48/88/48/20161022/ob_32f27a_hans-baluschek-arbeiterstadt-2c-1920.jpg

    Nouvel article tentant d’expliquer par trop compliqué je trouve…

    la marchandise est, d’une part, valeur d’usage, concrète, elle possède, comme chose matérielle, une utilité concrète dans la vie de tous les jours, et elle est, d’autre part, valeur, abstraite, elle contient, de façon idéale, non matérielle, la substance commune des marchandises qui les rend commensurables, et, de là, échangeables entre elles. Une telle dualité dans la façon d’envisager les produits du travail implique une autre dualité, concernant le travail lui-même : la marchandise comme valeur d’usage est produite par du travail concret, par du travail particulier et individuel, renvoyant à une activité qualitative déterminée, avec ses gestes et ses tâches spécifiques, et le fait que la marchandise possède une « valeur », au sens économique, dépend de la faculté du travail à être rendu abstrait, à devenir une pure durée quantitativement déterminée, dépourvue de toute qualité et de toute spécificité ; on parlera de « temps de travail socialement nécessaire », ou de standard de productivité moyen, qui sera donc, comme norme idéale, à la source de la « valeur » des biens et services marchands. Il y a donc une opposition interne au travail producteur de marchandises lui-même, puisqu’il se dédouble en travail concret et en travail abstrait, opposition qui dérive de cette autre opposition primordiale : opposition entre valeur d’usage et « valeur » (économique) des marchandises.

    #critique_de_la_valeur #wertkritik #valeur #capitalisme #philosophie #économie #radicalisme


  • Une résidence étudiante hors du commun | AlterEco+ Alterecoplus
    http://www.alterecoplus.fr/une-residence-etudiante-commun/00012345
    http://www.alterecoplus.fr/sites/default/files/public/styles/for_social_networks/public/field/image/etudiante.jpg?itok=Ae7bOTK8

    « Cette réhabilitation représente un véritable renversement de la symbolique. A l’emprisonnement succède l’ouverture par le savoir », analyse Bernard Devert, le fondateur de l’association. Créée en 1985, Habitat et humanisme permet aux personnes et aux familles en difficulté d’accéder à des logements à prix très modérés, dans des quartiers plutôt privilégiés et de manière à favoriser une certaine mixité sociale. A la résidence Emmanuel-Mounier, les jeunes déboursent entre 250 euros par mois pour une chambre dans une colocation et 375 euros pour un T1, toutes charges comprises. Des prix inférieurs de 20 % à 30 % à ceux du parc privé pour étudiants à Lyon. En « échange », ils doivent effectuer deux heures de travail non rémunéré par semaine, soit auprès des convalescents - qui louent, quant à eux, leurs T1bis environ 450 euros -, soit dans une autre structure d’Habitat et humanisme.

    • Je suis dubitative sur les questions de « meilleur marché » contre travail non rémunéré.
      Au lieu de remettre la notion de travail/argent sur le tapis, on l’alimente en faisant croire que c’est une affaire pour le travailleur, dont le travail n’est ni reconnu, ni ne compte pour sa vie (assurances, retraites, SS, etc.).
      Il me semble qu’on est toujours dans l’infantilisation/esclavage, présenté sous un jour favorisant, pour les travailleurs évidemment.
      Je ne trouve pas que ce soit un renversement symbolique mais, au contraire, du travail forcé présenté avec de bons arguments marketing : financier pour celui qui le subit, humains pour le public.
      Entuber les gens sous des jolis mots et des concepts que les psychologues ont défriché pour que ça plaise au public c’est une grande avancée de nos pays...

    • Si on fait le calcul, 50 € pour 2 heures de travail, ce n’est pas trop mal rémunéré. Je m’interroge davantage sur la notion de « travail dissimulé » que l’on pourrait probablement appliquer à ce type de dispositifs. Pourquoi ne pas faire payer un loyer au prix du marché et rémunérer les locataires qui s’engagent dans l’activité demandée ?

    • C’est compliqué :-)
      – d’un côté on a l’approche libérale, la valorisation de prestations impersonnelles qui s’échangent via la monnaie, conformément à la loi du profit, et qui alimentent le système de protection sociale (cotisations, charges, etc..)
      – d’un autre côté, une approche plus alternative, plus basée sur le lien social, la proximité, le troc, le sentiment d’utilité, le communautarisme, voire potentiellement l’utilitarisme aussi..

      Qu’en pensent les promoteurs de la #critique_de_la_valeur ?


  • La faim du #travail #DATAGUEULE 62 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=4n2tWyIuA8g


    Le problème n’est pas le #chômage, mais l’#organisation de la #répartition de la valeur !

    Le chômage va être l’un des thèmes de la campagne présidentielle à venir. Comme il l’était lors de la campagne précédente. Et pour celle d’avant. En fait, cela fait des décennies que le chômage augmente sans que rien ni personne ne parvienne à l’enrayer
    sur le long terme. Et si l’on sortait la tête du guidon pour chercher un peu de recul ? Cette augmentation progressive du chômage raconte surtout une modification en profondeur du marché de l’emploi qui a commencé il y a plus d’un siècle avec le Taylorisme, notamment. Nous approchons sans doute d’un point de bascule : celui où les employé/es ne seront plus nécessaires car les robots et l’intelligence artificielle seront devenus plus efficaces.
    Quel nouveaux mécanismes imaginer alors pour redistribuer les richesses et inventer un nouveau contrat social ?

    • @petit_ecran_de_fumee : sois rassuré : cela fait quelques années que je m’intéresse à cette thématique (enfin, sans trop me forcer non plus) et ce n’est toujours pas très clair dans ma tête. J’ai tenté de relire (sérieusement cette fois) le Capital mais j’ai pas mal butté sur des notions comme celle de la valeur d’échange par rapport à la valeur d’usage.
      Donc, comme ici, on va s’entre-aider en nous fournissant des liens vers des articles qu’on a du mal à lire soi-même (avec une bonne « intelligence » du contenu, j’entends), voici (peut-être) quelques textes fondateurs sur le site « palim-psao » site qui fait autorité en la matière.

      http://www.palim-psao.fr/tag/presentation%20de%20la%20critique%20de%20la%20valeur

      Anselm Jappe est assez abordable également. J’avais lu « Crédit à mort » et, en parcourant le Net, je viens de trouver une sorte d’exégèse de l’opus de Jappe par un certain Clément Homs auteur dans la revue « Variations »
      https://variations.revues.org/107
      où voici ce qu’il écrit :

      Le livre étant sous-titré « la décomposition du capitalisme et ses critiques », ces dernières sont vivement prises à parti dans les divers articles afin de dégager ce qui paraît valable chez elles et ce qui leur échappe pour saisir la réalité de la crise contemporaine du capitalisme. Car pour l’auteur, plusieurs de ces critiques ont trop longtemps pensé que le caractère capitaliste de la production apparaissait extérieurement au procès de travail, travail qui en lui-même d’après ces théorisations devait être complètement naturalisé en tant que créateur « en soi » de toute richesse et comme simple activité instrumentale, comme si le travail était en quelque sorte l’essence générique de l’homme captée extérieurement par le capital. Comme l’a montré Postone, le capitalisme est ainsi défini par le « marxisme ricardien » (selon l’expression de Hans-Georg Backhaus2) comme un mode de distribution critiqué « du point de vue du travail ». Autrement dit, le marxisme traditionnel a considéré la notion de travail mobilisée par Marx comme la forme transhistorique du métabolisme avec la nature alors que l’analyse que le Marx de la maturité fait du travail concerne le travail sous le capitalisme. Ces visions du « marxisme traditionnel » ont alors mis seulement au centre de leur réflexion la théorie de l’exploitation du surtravail et celle de l’appropriation privée du surproduit social par la classe capitaliste, proposant pour seule critique du capitalisme, un changement du mode de distribution de la valeur qui se voit de par la naturalisation de son contenu – le travail – complètement acceptée3. À propos des luttes contre les licenciements (comme pour les « récupérations » d’usine) ou des gens inquiets de perdre leur travail, Jappe estime ainsi, à rebours de la gauche, que leur colère « n’a rien d’émancipateur en tant que tel ». C’est que pour les thuriféraires du capitalisme comme pour sa critique marxiste (critique qui est restée immanente aux formes sociales capitalistes),

      4 Anselm Jappe, Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël, 200 (...)

      « la marchandise, l’argent, et la valeur sont des choses qui ‘‘ vont de soi ’’ et qu’on trouve dans presque toutes les formes connues de vie sociale à partir de la Préhistoire. Les mettre en discussion semble aussi peu sensé que contester la force de gravitation. Une discussion n’est plus possible que pour ce qui regarde le capital et la plus-value, les investissements et les salaires, les prix et les classes, donc lorsqu’il s’agit de déterminer la distribution de ces catégories universelles qui règlent les échanges entre les hommes. C’est là le terrain où peuvent se manifester les différentes conceptions théoriques et sociales4 ».

      5 Groupe Krisis, Manifeste contre le travail, UGE, 10/18, 2001 (1999).

      3À l’inverse de ces visions, la critique de la valeur et du fétichisme de la marchandise soutient que le capitalisme doit être saisi par une analyse plus profonde, en tant que forme particulière et inédite de vie et de socialisation, comme forme radicalement différente de médiation sociale constituée par le travail sous le capitalisme, un travail qui n’a rien d’une essence sociale transhistorique (d’où le Manifeste contre le travail du groupe Krisis auquel Jappe a appartenu5). L’auteur égratigne ainsi à plusieurs reprises les théoriciens les plus connus de cette gauche radicale, altermondialiste ou marxiste. Negri, Badiou, Zizek ou l’Insurrection qui vient en prennent chacun à leur tour pour leur grade et le chapitre consacré à la violence politique est une mise en garde sans détour à Julien Coupat et ses amis :

      « si la guerre civile – la vraie – éclatait, il ne serait pas difficile d’imaginer qui seraient les premiers à se trouver réveillés en pleine nuit et collés au mur sans façon, tandis qu’on viole les femmes et qu’on tire sur les enfants… » (p. 90).

      6 « D’un côté note Postone, c’est un type de travail spécifique qui produit des biens particuliers po (...)
      7 Voir la critique que fait A. Jappe à A. Sohn-Rethel, dans sa préface au recueil d’articles de ce de (...)

      4Quelle est alors la spécificité de cette saisie des bases sociales de la production capitaliste dont Anselm Jappe se réclame ? Prenons seulement un angle précis. Dans la société déterminée par la marchandise, c’est-à-dire sous le capitalisme, le travail quel qu’il soit, a toujours une double face avait-il montré dans son livre précédent. À première vue, le travail semble être seulement concret, et détermine la face d’usage d’une marchandise. Mais il possède aussi une autre face de par sa situation, une face abstraite, qui dérive de la fonction socialement médiatisante que possède le travail6. C’est là un caractère social historiquement spécifique du travail sous le capitalisme. Cette face abstraite de tout travail (qui est appelée le « travail abstrait ») est comme un « objet fantomatique » (R. Kurz), c’est-à-dire invisible, mais constitue pour autant l’essence sociale de la société capitaliste-marchande car il y opère sa « synthèse sociale ». C’est cette face abstraite – socialement médiatisante – du travail qui va être le contenu de la valeur et donc du capital (de la valeur qui se valorise au travers d’un processus social de dépense tautologique du travail). Ce n’est pas l’objectivation de la dépense de travail en soi qui constitue la valeur. La valeur est plutôt l’objectivation de cette fonction sociale particulière du travail sous le capitalisme. La substance sociale de la valeur, qui est donc aussi l’essence déterminante de la société capitaliste, est donc le travail dans sa fonction historiquement déterminée d’activité socialement médiatisante. La valeur est alors forme temporellement déterminée de richesse sociale et de médiation sociale objectivée, propre à la seule formation sociale capitaliste où les rapports sociaux sont constitués pour la première fois par le travail. C’est alors le travail – et non pas la séparation entre l’acte d’usage et l’acte d’échange comme le pensait encore Alfred Sohn-Rethel7 – qui rend possible qu’une abstraction réelle conduise la société. Ici la valeur n’est plus une catégorie transhistorique comme dans sa compréhension par le « marxisme ricardien ». Avant même de critiquer la distribution de la valeur et la formation de la survaleur, une critique anticapitaliste doit saisir selon lui que derrière la valeur se cache déjà un rapport social de production particulier, que l’on doit comprendre comme un lien social objectivé, une forme de vie sociale historiquement inédite car propre à l’interdépendance sociale sous le capitalisme constituée par le travail. Critiquer ainsi le capitalisme au niveau de ses structures profondes, c’est donc d’abord critiquer cette forme sociale, la valeur.

      on pourra aussi télécharger le PDF pour lire tout ça peinard ...

      Lien vers « Crédit à mort »
      https://dl.dropboxusercontent.com/u/30351232/Anselm_Jappe_-_Cr-dit_-_mort.pdf

      Excuse-moi d’avoir été long (et peut-être ennuyeux) mais ce n’est pas un sujet facile à digérer ... :)

    • Je ne vois pas la différence entre des richesses créées par le travail et celles créées par la mécanisation. C’est un monde différent, plus laid, qui redistribue moins, mais la création de richesses est toujours là et elle se concentre toujours plus vite et exclut toujours plus de monde. Après, on peut se branler la nouille avec le concept de valeur, peut être que c’est passionnant mais si ça ne permet plus de constater cette accumulation de pognon, je ne vois pas l’intérêt.

    • Désolée si cette intervention fait de moi la 2e personne la plus bourrine de Seenthis, l’imbécile de service qui dérange dans la conversation. Mais ce truc de « ah non c’est une notion très compliquée » alors que @monolecte a posté un truc plutôt simple... je sais pas.

    • Après, on peut se branler la nouille avec le concept de valeur, peut être que c’est passionnant mais si ça ne permet plus de constater cette accumulation de pognon, je ne vois pas l’intérêt.

      Non seulement ça permet de constater une immense accumulation de richesses par une minorité de privilégiés mais aussi de dénoncer le fétichisme de la marchandise et, partant, le fétichisme du « travail » humain, lequel va intrinsèquement produire une plus-value socialement admise pour cette même marchandise (au sens large du terme, que ce soit un objet, un service, etc ...). Le « fétiche » dans notre cas est une valeur morale communément admise, une sorte de dogme religieux qu’on ne saurait remettre en cause. Pas de « marchandise » sans « travail » et inversement pas de" travail" sans « marchandise ». Il n’y a là aucune relation de cause à effet et c’est bien contre cette « pensée magique » que la « critique de la valeur » (#Wertkritik) s’est élevée. Si on brise ces deux idoles, on voit que le chômage fait aussi partie des fétiches de nos sociétés capitalistes.
      Dans d’autres communautés humaines, les produits de la chasse, de la pêche, de la cueillette ou de la récolte sont partagés entre tous leurs membres. Lorsqu’il y a abondance en un moment donné, on fait un un festin.
      D’autre part, pour rebondir sur cette idée de la robotisation ou mécanisation, même les plus perfectionnés des robots (ceux qui s’auto-réparent) ont besoin de matériaux issus de minerais qu’il faut aller extraire dans les profondeurs des mines et ensuite qu’il faut transformer. Le recyclage de l’existant pose trop de problèmes techniques pour pouvoir se substituer à l’extraction. Se posera fatalement tôt ou tard la question de l’épuisement des ressources. Sans compter celui de l’atteinte à l’environnement causé par l’exploitation minière, le transport du minerai et la transformation de celui-ci.
      #Se_branler_la_nouille, je serais plutôt pour si cela permet de mettre en commun nos « intelligences » (capacités à comprendre le monde, la société, l’environnement) pour #se_sortir_les_doigts_du_cul.
      Et non, je ne pense pas que mon intervention ni celle de @rastapopoulos étaient à charge contre @monolecte.

    • Ça ne m’a pas effleurée, encore moins de la part de @rastapopoulos que je commence à connaître. Mais bon, comme de toute façon on ne sert à rien, autant se branler la nouille, vous avez raison, c’est très satisfaisant. Pour ma part, je lâche la cyprine sur des trucs plus concrets.

    • Le « fétiche » dans notre cas est une valeur morale communément admise, une sorte de dogme religieux qu’on ne saurait remettre en cause.

      J’ai oublié d’ajouter : « et où se jouent des rapports de dominations entre classes » ... And that’s a fuckin’ tangible problem
      Désolé si je m’absente du débat pour le week-end mais j’ai un autre problème concret à résoudre : empiler quelques stères de bois dans ma grange pour l’hiver. Mis à part un peu de transpiration, je ne vois pas ce que je pourrais lâcher d’autre.
      See you soon, seenthis people ...

    • Je ne vois pas la différence entre des richesses créées par le travail et celles créées par la mécanisation.

      Parce qu’il y a richesses et richesses. Deux siècles de socialisation dans le capitalisme (et certainement juste quelques décennies pour une portion non négligeable de l’humanité) nous ont bien appris à ne pas voir la différence, ou tout du moins à ne pas envisager que leur nécessaire distinction soit bien plus qu’un « branlage de nouille »

      Richesses peut désigner (et cela semble être le cas spontanément dans cette citation) des « biens », qu’ils soient matériels ou immatériels. Ils représentent une forme d’utilité pour ceux qui sont amener à les consommer. C’est la part « concrète » de ces richesses. Et dans ce cas, effectivement, que le « travail » nécessaire soit accompli par un travailleur ou une machine ne présente pas d’autres différences que le niveau de productivité concrète qui peut être atteint.

      Mais ceux qui produisent ces richesses n’ont que faire que la part concrète, à part le fait qu’ils doivent la présupposer. Son contenu n’est pas déterminant pour qu’un producteur décide d’engager sa production. Ce que le producteur vise, c’est l’autre face de la richesse, sa part abstraite, celle qui se traduit en quantité monétaire et qui définit leur rentabilité, seul critère décisif en dernier ressort. Et cette part abstraite, qui unifie toutes les richesses produites dans le capitalisme, c’est leur valeur : la valeur des marchandises comme dimension commune universelle. Et la valeur n’a pas d’autre contenu qu’un aspect bien particulier du travail sous le capitalisme, c’est-à-dire le fait que l’on unifie les activités productrices sous l’angle du temps que des êtres humains doivent y consacrer. Pourquoi alors seulement le temps de travail humain ? Parce que c’est par la répartition de ce temps que s’organise le lien social entre les travailleurs dans le capitalisme, de façon inconsciente et à la manière d’un automate alors même qu’ils en sont la source : il s’agit bien là des propriétés d’un fétiche.

      Ainsi, les richesses créées en régime capitalisme ne sont pas n’importe quelles richesses : il s’agit d’une « immense accumulation de marchandises » comme le constate empiriquement Marx dès les premières lignes du Capital, constat à partir duquel il va tirer toute sa réflexion sur la distinction bien comprise entre part concrète et part abstraite de ces marchandises et du travail qui les produit. L’interaction entre ces deux faces induit par ailleurs tout un tas de phénomènes, comme des nuisances que l’on dénonce, mais aussi des (fausses) évidences que nous prenons pour une réalité première et intangible (à commencer par le travail)

      Une dernière remarque : la distinction entre face concrète et face abstraite dans la marchandise et le travail qui la produit ne doit pas amener à faire la promotion d’un pôle qui serait émancipateur (le concret) contre l’autre qui serait aliénant (l’abstrait). Car le problème du capitalisme, c’est bien d’ériger ces deux pôles à la fois distincts mais indissociables dans tout ce que nous produisons et sur quoi nous appuyons la reproduction de la société capitaliste toute entière. Défendre le concret contre l’abstrait est une posture totalement intégrée au mode de production capitaliste et qui ne vise donc pas un au-delà de ce mode de synthèse sociale qui serait la dissolution de ce caractère bifide. Pire même, il peut parfois être la base d’une dichotomie opérée entre ceux qui seraient les représentants du concret (les « honnêtes travailleurs ») et les représentants de l’abstrait (les vampires inféodés à l’argent) dont l’Histoire montre bien le potentiel de barbarie.

    • Oui voilà, les richesses au sens matériel, les objets produits etc, cela ne correspond pas (dans le vocabulaire de Marx, des marxiens, etc), à la « valeur ». Pour très très résumer, la valeur est donnée par la quantité de travail humain incorporée à la marchandise. C’est cette valeur qui permet de tout comparer sur un pied d’égalité (pour le mode de pensée capitaliste) pour échanger et donc aboutir au mode de vie que l’on a actuellement.

      Les robots, l’informatique, etc, génèrent des objets ou des services, mais ne génèrent pas de nouvelle valeur mise en circulation dans la société ensuite.

      Et du coup pour la partie « concret » de ce branlage de mouche, c’est cela qui fait que la dette augmente indéfiniment (cf « La grande dévalorisation » de Lohoff/Trenkle [1]), et c’est cela qui fait que le capitalisme à tous les étages (et pas seulement tel ou tel « grand méchant » !) a un besoin permanent de trouver de nouveaux marchés, avec les conséquences que l’on connait…
      (C’est pas trop à la masse @ktche ? Tu peux compléter avec d’autres conséquences concrètes si tu veux… pour comprendre en quoi cela peut être utile de s’intéresser à la critique de la valeur.)

      La critique de la valeur est donc un « aiguillage » qui permet de ne pas se diriger vers de mauvaises critiques du capitalisme, et donc des mauvaises solutions. Ça ne donne pas LA solution, mais cela permet de faire le tri, un peu comme le dernier numéro de l’An 02 critiquait (pas forcément pour les mêmes raisons) une série d’alternatives qui restaient dans le cadre capitaliste/industriel et qui continuaient donc de poser plein de problèmes.

      En tout cas c’est comme cela que je le vois.

      [1] http://www.post-editions.fr/LA-GRANDE-DEVALORISATION.html

    • Et dans ce cas, effectivement, que le « travail » nécessaire soit accompli par un travailleur ou une machine ne présente pas d’autres différences que le niveau de productivité concrète qui peut être atteint.

      Oui, c’est mon propos, je vois bien le monde dont sont porteurs les deux modèles de production. Mais pour moi le plus évident, dans le cas des machines, c’est qu’il y a un emballement de la productivité dans lequel le travail d’innovation, l’extraction et le reste se concentrent dans un geste qui n’est pas du travail mais produit quand même pour celui ou celle qui les fait tourner ces richesses qu’elle pourra échanger contre des biens et des services... lesquels bien ou services pourront être produits assez indifféremment par des personnes ou par des machines. Vu le monde qui préfère le guichet électronique au guichet humain, l’indifférence semble flagrante. Quant à cet emballement, qu’il soit dû à un afflux de métaux précieux (qui sont les fétiches les plus évidents) ou à la colonisation ou à la mécanisation... c’est un emballement dont je ne vois pas trop la spécificité. Quand j’étais gamine je pensais qu’il avait fallu attendre le capitalisme et le mode de production industriel pour que les crises économiques adviennent et je crois qu’on en est toujours au stade où on pense que notre économie est en totale rupture avec les autres alors qu’elle en reproduit les figures (avec une violence inédite).

    • Par ailleurs pour reprendre l’interrogation du début, il y a sur PalimPsao quelques articles beaucoup plus simples à lire que celui cité plus haut. :)

      Par exemple celui là je le trouve plutôt bien fait :
      Qu’est-ce que la valeur ? Une introduction
      http://www.palim-psao.fr/article-35929096.html

      Marx a explicitement distingué valeur et richesse matérielle, et il a lié ces deux formes distinctes de richesse à la dualité du travail sous le capitalisme. La richesse matérielle est déterminée par la quantité de biens produite et elle dépend de nombreux facteurs, tels que le savoir, l’organisation sociale et les conditions naturelles, en plus du travail. La valeur, selon Marx, n’est constituée que par la dépense de temps de travail humain et elle est la forme dominante de richesse sous le capitalisme.

      Et du coup il y a bien une spécificité capitaliste, par rapport aux autres modes de vie (passés et quelques uns encore présents) :

      Même si la majorité des sociologues et des historiens bourgeois partent du point de vue qu’échanger fait partie de la nature humaine, l’échange de marchandises dans les sociétés prémodernes n’était pas le principe de socialisation. Là où il y avait de l’échange, il s’agissait d’un phénomène marginal. Les sociétés prémodernes étaient des sociétés basées sur l’économie de subsistance et disposaient de différentes formes de distribution des produits, comme par exemple des liens de dépendance, de pouvoir ou personnels. C’est une caractéristique des sociétés capitalistes que l’échange soit devenu le seul principe du « métabolisme de l’homme avec la nature ». Historiquement, l’échange est resté un phénomène marginal aussi longtemps que les gens disposaient de moyens propres, ou en commun, pour parvenir à la satisfaction de leurs besoins. C’est seulement la séparation violente entre l’homme et ses moyens de subsistance qui rendit possible le capitalisme et généralisa le principe de l’échange. C’est seulement dans le capital que s’accomplit la logique de l’échange.

    • Je ne vois pas la différence entre des richesses créées par le travail et celles créées par la mécanisation.

      dis-tu @aude_v

      il y en a une et majeur à mon sens, c’est que les machines ne sont plus au service des travailleurs.ses mais que ceux.lles-ci sont asservies à ces machines, à leur service 24/24.
      le blog http://www.palim-psao.fr est une référence incontournable pour comprendre ou du moins essayer de comprendre (selon ses moyens) ces problèmes.
      Un autre site s’y emploie (pas moins complexe) http://vosstanie.blogspot.fr/2016/10/division-du-travail-et-conscience-de.html

      Travail productif et travail improductif

      Ces derniers temps, la question de la conscience de classe a été posée de façon nouvelle, en connexion avec les concepts marxiens de travail productif et de travail improductif, et soumise ainsi à la discussion (1). Bien que Marx se soit longuement exprime au sujet de ce problème (2), soulevé par les physiocrates et les économistes classiques, il est aisé de résumer ce qu’il en pensait.
      Pour savoir ce qui distingue le premier du second, Marx interroge uniquement le mode de #production_capitaliste. « Dans son esprit borné, dit-il, le bourgeois confère un caractère absolu à la forme capitaliste de la production, la considérant donc comme la forme éternelle de la production. Il confond la question du travail productif, telle qu’elle se pose du point de vue du capital, avec la question de savoir quel travail est productif en général ou ce qu’est le travail productif en général. Et de jouer à ce propos les esprits forts en répondant que tout travail qui produit quelque chose, aboutit à un résultat quelconque, est eo ipso un travail productif »

      #paul_mattick #division_du_travail #conscience_de_classe
      http://www.librairie-quilombo.org/IMG/arton4392.gif?1328273959

      Œuvre posthume de Paul Mattick (1904-1981), Marxisme, dernier refuge de la bourgeoisie ? fut la dernière expression de toute une vie de réflexion sur la #société_capitaliste et l’opposition révolutionnaire.
      Connu surtout comme théoricien des crises économiques et partisan des #conseils_ouvriers, Paul Mattickfut aussi un acteur engagé dans les événements révolutionnaires qui secouèrent l’Europe et les organisations du mouvement ouvrier au cours de la première moitié du XXe siècle. A l’âge de 14 ans, il adhéra à l’organisation de jeunesse du mouvement spartakiste. Elu au conseil ouvrier des apprentis chez Siemens, Paul Mattick participa à la Révolution allemande.
      Arrêté à plusieurs reprises, il manque d’être exécuté deux fois. Installé à Cologne à partir de 1923, il se lie avec les dadaïstes. En 1926 il décide d’émigrer aux Etats-Unis. L’ouvrage présent est organisé autour de deux grands thèmes. Poursuivant son travail de critique de l’économie capitaliste contemporaine (Marx et Keynes, les limites de l’économie mixte, Gallimard, rééd. 2011), Paul Mattick revient sur les contradictions inhérentes au mode de production capitaliste.
      S’ensuit un réquisitoire contre l’intégration du mouvement ouvrier qui, en adoptant les principes de la politique bourgeoise, a abandonné définitivement toute possibilité de dépassement du capitalisme. Un texte éclairant pour une période où la crise dévoile la nature instable et socialement dangereuse du capitalisme.

    • Quant à cet emballement, qu’il soit dû à un afflux de métaux précieux (qui sont les fétiches les plus évidents) ou à la colonisation ou à la mécanisation... c’est un emballement dont je ne vois pas trop la spécificité.

      Et pourtant, c’est bien à la spécificité de l’emballement en régime capitaliste qu’il faut s’intéresser, parce qu’il explique entre autres des phénomènes induits comme la colonisation ou la mécanisation telles que nous la connaissons depuis environ deux siècles.

      Cette spécificité, c’est justement l’interaction entre la face concrète et la face abstraite des produits et des activités réalisés dans un monde où la marchandise et le travail se sont généralisés. Cela n’induit pas seulement des effets dans la sphère « économique », mais aussi dans les modes de pensée qui s’appuient sur des catégories « naturalisées » alors même qu’elles sont le produit spécifique de l’histoire du capitalisme et de lui seul.

    • Euh et à part dire que tu ne comprends pas, est-ce qu’il y a un truc spécifique que tu n’as pas compris, par exemple dans mon commentaire ?
      https://seenthis.net/messages/530334#message533482

      Personnellement je n’y comprens pas grand chose en économie ou en philosophie donc c’est assez laborieux pour moi aussi, ça me demande pas mal de temps. Mais par exemple le seul lien que j’ai mis dans ce fil, l’as-tu lu ? Il n’est pas très long (si tu trouves 15-20min à un moment) et il me parait plutôt très clair dès le départ, avec la bière et le marteau :
      http://www.palim-psao.fr/article-35929096.html

      Pour garder cet exemple, comment échanger un marteau contre une bouteille de bière ? Bière et marteau sont deux objets totalement différents qui ne servent pas à satisfaire le même besoin. Leur différence peut être d’importance pour celui qui veut boire une bière ou celui qui veut planter un clou dans un mur. Mais pour l’échange, en tant qu’opération logique, leur utilité concrète n’est pas pertinente. Dans l’acte d’échange, il s’agit d’échanger des choses égales ou des équivalents. Si ce n’était pas le cas, on échangerait sans hésiter un morceau de beurre contre une voiture. Mais tout enfant sait qu’une voiture a plus de valeur. Manifestement ce n’est donc pas l’attribut qualitatif d’une marchandise (sa nature concrète ou sensible) qui rend l’échange possible. Bière, marteau et voiture doivent donc posséder quelque chose qui les rend semblables et ainsi comparables.

      => C’est la valeur. Et celle-ci n’a rien à voir avec la matérialité des biens produits, mais avec le temps humain passé à les produire.

      => Plus il y a de robots, d’informatique, moins il y a de nouvelle valeur créé et mise en circulation dans le monde. Et donc plus il y a de problèmes (puisque les capitalistes veulent toujours plus de valeurs, sauf qu’il n’y en a pas plus, et donc soit création de nouveaux marchés qui pètent la société et la planète, soit endettement massif, soit création financière purement fictive, et plein d’autres problèmes dont la toute première base est le problème de la valeur).

    • Pourquoi le temps humain passé à les produire ? Pourquoi pas les ressources naturelles utilisées pour les produire ? Et pourquoi la valeur d’échange ne serait qu’une saloperie capitalistique et pas la conséquence de ce fait selon lequel tu peux dédaigner un objet un jour et lui accorder plus de valeur le lendemain ? Et le temps passé à produire quelque chose varie selon l’expérience et la technique (humaine, outil) utilisée.

      On en reparlera peut être si je rends compte d’un bouquin que je lis sur les Batek de la péninsule malaise mais pas in abstracto et sur le mode « lis ça » parce que c’est incompréhensible et vous me faites penser à ça.
      http://www.alain-claverie.fr/fausses/tintin_lao-tseu.gif

    • Euh non mais mon « lis ça » il fait vraiment juste 2000 mots, 15min maxi à lire hein. Ça ne me parait pas du tout du même ressort que de dire « va lire ce livre de 400 pages et on en reparle », quand même… :(

      Pourquoi le temps humain passé à les produire ? Pourquoi pas les ressources naturelles utilisées pour les produire ?

      Les ressources naturelles sont des marchandises comme les autres et ont une valeur qui est… le temps humain pour les produire. Et ainsi de suite…

      Le temps varie mais c’est une moyenne. Un peu plus détaillé : il s’agit du temps humain passé pour produire les marchandises modulo l’état des lieux (aujourd’hui mondial) de la concurrence, le temps moyen de production de la même chose.

      Il paraît clair que le temps, dépensé en énergie humaine, nécessaire pour la fabrication d’une marchandise, joue un rôle. Mais là, il y a un problème : il ne viendrait pas à l’idée d’un fabricant d’automobile, par exemple, de travailler moins vite pour augmenter la valeur de son véhicule ; ce qui d’ailleurs ne marcherait pas. Il doit se confronter à la concurrence et au niveau technique et scientifique de production d’automobiles. On peut donc dire que la grandeur de la valeur est donnée par la quantité de travail abstrait, dépendant de la moyenne du niveau de productivité sociale.

    • @aude_v je ne sais pas si c’est génial d’être moi mais ce dont je suis sûr c’est que ça me ferais chier d’être quelqu’un d’autre.
      Je n’explique rien et ne pensais pas t’enluminer. Tout comme @rastapopoulos je ne comprends pas grand chose à l’économie et j’ai besoin de « béquilles » quand c’est trop ardu.
      Malgré ça, bien souvent, j’abandonne et retourne me branler la nouille comme tu dis. J’ai essayé de lire le livre I du Capital, l’analyse faite par Karl Marx du régime capitaliste - « ou ce ne sont pas les moyens de production qui sont au service du travailleur, mais bien le travailleur qui se trouve au service des moyens de production ».
      Je ne suis pas sûr d’avoir compris le peu que j’en ai lu. Par contre de la classe à laquelle j’appartiens, ça je l’ai bien compris et c’est même pour ça que je suis syndiqué. Et tant pis (ou tant mieux) si ce syndicat est minoritaire, c’est mieux que d’être tout seul.

      La plupart des braves gens, le populo ne comprends rien aux lois économiques, à la bourse... et heureusement car sinon ils se révolteraient.

      Je ne sais plus qui a dit ça ! Winston Churchill peut-être ?
      Un dernier lien à 7€ ( le prix d’un paquet de clopes ), vraiment pas cher comme enluminure, chez un éditeur que j’affectionne tout particulièrement http://www.insomniaqueediteur.org/publications/le-jour-de-laddition

      Tandis que les #circuits_financiers implosent, gestionnaires et gouvernants comptent bien faire payer l’addition aux pauvres. À contre-courant du discours économique ambiant, Paul Mattick souligne, dans ce bref rappel aux réalités, qu’une politique interventionniste ne suffira pas à résoudre les épineuses contradictions que la #panique_financière a révélées à tous. Car c’est la logique même de la quête du profit qui, de fuite en avant en fuite en avant, est arrivée à son point d’explosion. Tant que les êtres humains ne sauront pas la dépasser en actes, les aberrations du système s’aggraveront, ainsi que les calamités sociales, culturelles et environnementales.

      Celui ci écrit par Paul Mattick Jr (le fils de l’autre) en 2009.

      http://www.insomniaqueediteur.org/wp-content/blogs.dir/9/files/2012/02/facsimile-couv-jour-de-laddition--632x1024.jpg

      La ressource humaine ou le temps humain pour les capitalistes est aussi une ressource naturelle.
      Une autre citation, de Joseph Staline celle là :

      l’homme, ce capital le plus précieux

      à propos de la crise de 2008

      Ils ont rédigé le plus gros chèque en bois de l’histoire et se le sont encaissé eux-mêmes.

      #Norman_Spinrad

    • Les robots, l’informatique, etc, génèrent des objets ou des services, mais ne génèrent pas de nouvelle valeur mise en circulation dans la société ensuite.

      La valeur créée peut aussi apparaître dans la rémunération des salarié-e-s qui, en disposant d’argent, vont pouvoir acheter/consommer toutes les marchandises accumulées. Peut-on, sans trop se planter, dire que la rémunération du travail sous forme d’argent participe elle aussi à la création de valeur ? Et comme certaines marchandises sont trop chères pour être payées cash, le fait que les salarié-e-s vont devoir s’endetter en empruntant aux banques ne participerait-il pas également à la création de valeur dans le sens « capitalistique » du terme ?

    • Le salaire est payé en échange d’une portion de la valeur créée. Cette dernière prend aussi la forme de la part payée aux détenteurs du capital et de celle réinvestie comme capital supplémentaire. La logique du capital (qui cherche à maximiser sa rentabilité) est de diminuer la première et de privilégier la troisième (d’où le déferlement des techniques et de la machinerie). Mais effectivement, cette logique portée par chaque capital individuel sous l’effet de la concurrence a pour effet au niveau du capital global de diminuer la solvabilité de ceux qui achètent les marchandises et assurent le bouclage d’une création de valeur « réussie »

      Pendant longtemps, des tendances compensatrices permettaient de masquer cette logique (extension des marchés par la globalisation et la marchandisation), mais depuis que la productivité (notamment grâce à l’informatisation) a atteint un niveau tel que chaque nouveau marché ne représente que peu de travail producteur, alors la création de valeur auto-entretenue n’est plus possible.

      Pour payer les marchandises, il faut effectivement en passer de plus en plus par le crédit, c’est-à-dire non pas la dépense d’une valeur précédemment créée par un travail productif, mais un pari sur le futur selon lequel la valeur sera créée et permettra de rembourser. Cela vaut pour la consommation des foyers, mais aussi pour la rémunération et l’expansion du capital. Là aussi, le cycle ne tourne plus sur son propre élan mais nécessite une « simulation » d’augmentation de la valeur par l’intermédiaire des produits financiers. Il y a bien augmentation (simulée) de la valeur mais pas de création en tant que telle par une dépense préalable de temps de travail humain productif.

      Cette simulation est fondée sur des échéances dans le futur qu’il faut bien à un moment satisfaire. Comme cela n’est plus possible (la création de valeur ne s’est pas magiquement réamorcée entretemps) on accumule alors de nouveau des crédits et des produits financiers pour compenser. La montagne s’accroit, mais sa base se rétrécit. Jusque là, la finance a sauvé le capital (et donc le travail) en repoussant le moment où sa mort sera manifeste. Mais elle le fait en accumulant un poids de plus en plus lourd à tirer pour le zombie.

    • Bonsoir,

      Pour ma part, je ne comprends pas pourquoi vous voulez à tout prix convoquer la critique de la valeur pour expliquer que seul le travail humain crée de la valeur. Il me semble que la notion est déjà dans Marx et son interprétation « orthodoxe », à moins que j’aie mal compris moi-même, bien sûr…

      Le capital naît en faisant de x euros, x+n euros, n étant le plus grand possible. Pour cela le capitaliste utilise une partie de x à acquérir des matières premières et des moyens de production. Tant qu’il en reste à ce stade, il a toujours x euros (non plus seulement en argent mais aussi en marchandises, qui constituent le capital constant), voire moins (à cause de l’usure des outils et matières qui peut survenir même sans utilisation). C’est pour cela qu’il va avec ce qui lui reste employer un travailleur, parce que le travail est la seule marchandise dont la valeur d’usage est élastique. Il paye au travailleur ce qu’il faut pour reproduire sa force de travail pendant une journée (c’est la valeur d’échange équitable, je travaille une journée pour pouvoir vivre une journée), mais il va s’arranger pour qu’au cours de cette journée le travailleur produise plus de valeur que ce qui est nécessaire à l’entretien de sa force de travail (qu’on peut comprendre comme un standard de vie, pas forcément une gamelle de haricots), valeur qu’il va accaparer : c’est la survaleur. Pour ce faire, il a deux options : 1) allonger la durée de la journée de manière à augmenter le temps travaillé après lequel le travailleur ne produit plus ce qui est nécessaire à son entretien mais commence à produire de la survaleur, 2) augmenter l’intensité du travail, pour faire en sorte que le point précédent (l’entrée dans le surtravail) soit atteint plus tôt dans la journée.

      C’est dans ce dernier cas de figure qu’intervient la machine, qui permet de produire beaucoup plus en moins de temps et donc d’accroître la survaleur accumulée en proportion du temps gagné. Le problème de ce moyen, c’est que c’est un effet temporaire. À mesure que les concurrents du capitaliste acquièrent les mêmes moyens, l’offre croît, les prix baissent et la valeur de la production globale tend à redevenir à ce qu’on peut tirer du seul travail humain, mais désormais répartie sur un volume de marchandises plus gros (pour avoir le même profit qu’avant la machinisation, il faut désormais vendre un beaucoup plus grand nombre de produits, chacun équivalant in fine à très peu de travail humain).

      Si donc on arrive à un système complètement autonome (ce qui en fait n’arrivera jamais, car on aura toujours besoin d’un humain pour le surveiller en définitive, mais bon ça ne change rien à ce qui suit), une fois le modèle diffusé, les prix vont tendre vers la simple reconstitution du capital constant (renouvellement des machines/matières premières) rendant l’activité peu ou pas rentable (si je mets 100 au départ et que j’ai 100 et des poussières à l’arrivée, en tant que capitaliste je perds mon temps). Pour la critique de la valeur (enfin, la tendance Exit !), c’est là que c’est historiquement important : l’introduction de l’informatique dans les années 80 a ouvert la voie à une automatisation globale de l’économie et donc à terme à un effondrement global des profits, d’où financiarisation massive de l’économie, d’où crise, crise, et encore crise boursières (avec des conséquences très concrètes, cf. la Grèce) tant qu’on ne sera pas sortis du capitalisme. Si on accepte ce diagnostique, il est absolument vain de réclamer des réformes de type keynésien, de chercher à opposer la finance internationale à l’économie réelle, ou d’incriminer le cynisme (au demeurant réel) des 1% les plus riches. Tout cela est à côté de la plaque et ne fera jamais que s’attaquer aux symptômes du mal qui est le système lui-même. D’où c’est tout sauf se « branler la nouille ».

      J’ai rien compris ou bien ?

    • bête comme chou @phalene tes explications sont claires, dépouillées sans besoin de couper les cheveux en quatre.
      Attaquer le système, certes ; certains.es s’y appliquent sans jamais renoncer et avec une imagination débordante et contagieuse. Delà à le renverser, c’est une autre paire de manches. Dans l’absolu ce système est voué à disparaître, le hic c’est qu’il peut entraîner tout le monde et ne rien laisser derrière lui. Sur une terre brûlée, après lui...des luges !

    • Tant mieux si ça ne vous paraît pas à côté de la plaque ! :)

      C’est tout à fait le diagnostique de la critique de la valeur, @vanderling. Si nous ne sortons pas des rapports sociaux et environnementaux induits par la valeur, le capitalisme va tout emporter, au besoin en mutant 50.000 fois pour se recomposer. C’est tout le problème de nombre d’alternatives, elles sont souvent orientées contre une forme du capitalisme et non contre le capitalisme en tant que tel.

    • Merci à tous j’y vois plus clair.

      Si nous ne sortons pas des rapports sociaux et environnementaux induits par la valeur

      @phalene est-il possible de réussir à reformuler différemment cette phrase pour qu’on puisse justement réussir à mieux se faire entendre et avoir une chance de passer à l’acte ?

      Pour moi, ce n’est pas un problème de mécanique économique, il s’agit juste d’un problème moral.
      Il faudrait qu’on fasse accepter l’idée que jouer sur le savoir des uns et l’ignorance des autres, les compétences des uns et l’incompétence des autres, pour accumuler de la valeur et donc se constituer des privilèges au dépens des autres, tout cela devrait être considéré comme socialement honteux, et répréhensible, comme le fait de voler ou frauder. Et non être glorifié comme ça l’est aujourd’hui (un spéculateur qui a gagné ? on l’applaudit, c’est un VISIONNAIRE..)
      Au risque de vous choquer, le capitalisme je m’en fous un peu, c’est une mécanique "naturelle"d’anticipation économique, vieille comme l’apparition des formes d’intelligence, qui n’est pas intrinsèquement liée à une pulsion prédatrice.
      Le diable pour moi c’est la « spéculation », c’est cette stratégie qu’on déploie pour aller exploiter/parasiter/consommer tôt ou tard ses congénères. Pulsion prédatrice qui n’a pas besoin du capitalisme pour se concrétiser (cf les autres formes de dominations intra-humaines), et qui à mon avis survivra au capitalisme si on parvient à s’en débarrasser sur le plan technique, sans avoir réussi à faire évoluer notre culture sur le plan moral..

    • Sinon, pour en revenir à la base du débat

      Le problème n’est pas le #chômage, mais l’#organisation de la #répartition de la valeur !

      Ce que j’en retiens, amis de la critique de la valeur, c’est que si on entend plutôt dans cette phrase « organisation de la répartition des richesses produites », vous nous dites qu’à partir du moment où elles seront équitablement réparties et ne pourront plus être une source de profit pour les capitalistes, ces « richesses » ne seront plus des « richesses », et du coup les inégalités se déplaceront ailleurs, c’est cela ?

    • Merci à tous j’y vois plus clair.

      […]

      Au risque de vous choquer, le capitalisme je m’en fous un peu, c’est une mécanique "naturelle"d’anticipation économique, vieille comme l’apparition des formes d’intelligence, qui n’est pas intrinsèquement liée à une pulsion prédatrice.

      Bon, bah non, t’y vois pas plus clair :D
      C’est exactement l’inverse des explications de la critique de la valeur (et en fait avant ça, de Marx lui-même au passage hein) : le capitalisme est historique et non pas an-historique, ce n’est pas du tout un mode de fonctionnement ou de pensée « ayant toujours existé », etc. C’est une organisation sociale déjà… et c’est daté, avec un début de quelques centaines d’années à peine. Donc plus ou moins récent, tout de même. Ça c’est la base de la base du travail anthropo-économique de Marx : replacer le capitalisme dans une historicisation, pour en finir avec les « de tous temps… ».

    • Ce que j’en retiens, amis de la critique de la valeur, c’est que si on entend plutôt dans cette phrase « organisation de la répartition des richesses produites », vous nous dites qu’à partir du moment où elles seront équitablement réparties et ne pourront plus être une source de profit pour les capitalistes, ces « richesses » ne seront plus des « richesses », et du coup les inégalités se déplaceront ailleurs, c’est cela ?

      Non @petit_ecran_de_fumee , ce n’est ni l’approche marxiste traditionnelle, ni l’approche de la critique de la valeur. Pour le marxisme traditionnel, le problème vient de ce que les capitalistes s’approprient la survaleur des travailleurs, volant ainsi une partie du fruit de leur travail. La solution, c’est que les travailleurs prennent en charge tout le processus productif du début à la fin et bénéficient ainsi de toute la valeur produite. Il n’y a rien à négocier avec les capitalistes en terme de répartition, la seule juste répartition c’est de les mettre hors-jeu.

      Pour la critique de la valeur, c’est le processus productif lui-même qui est problèmatique, quiconque le gère. L’originalité historique du capitalisme, c’est qu’il instaure une économie qui est séparée de la société et n’a pas pour but la perpétuation de celle-ci. Le rapport est même l’inverse : c’est la société qui est organisée pour perpétuer l’économie. En fait, c’est comme si l’économie était un flipper, et que le but de la société, la finalité de son organisation, soit de faire le plus gros score possible, en le dépassant sans cesse. Bien sûr, à un moment dans cette organisation, il faut que soient produits de la nourriture, des vêtements, des logements, etc. tout ce qui permet à la société de perdurer, mais à la base c’est secondaire, si elle faut qu’elle perdure, c’est juste parce qu’il faut quelqu’un devant le flipper. C’est là qu’est la monstruosité du capitalisme, tout le monde ne cherche plus qu’à contribuer à l’augmentation du score parce que sa survie individuelle en dépend, mais au final seulement en tant que contributeur au score (qui est donc le rapport social fondamental de la société capitaliste). Le fait qu’aujourd’hui le flipper doivent être poussé de plus en plus fort et tilte de plus en plus souvent ne va pas amener d’inégalités réellement nouvelles mais va juste rendre ce rapport social (en soi invivable) de plus en plus cru et dur, tendant au rejet et à l’élimination pure et simple de tout ce qui ne contribue pas (c’est la #barbarisation_du_capitalisme).

      Pour moi, ce n’est pas un problème de mécanique économique, il s’agit juste d’un problème moral.

      La morale, c’est mal™. :)

      Plus sérieusement, ça finit toujours pareil : les gentils sont finalement méchants avec les méchants puisque ceux-ci refusent par définition de devenir gentils après qu’on leur a expliqué gentiment. Derrière il y a toujours l’idée fallacieuse de la juste, de la bonne tyrannie, qui tiendrait aux qualités respectives de ceux l’exercent et de ceux qui la subissent. C’est le rapport tyrannique lui-même qu’il faut abolir, peut importe qui est de chaque côté du manche.

      Prenez le révolutionnaire le plus radical et placez-le sur le trône de toutes les Russies ou conférez-lui un pouvoir dictatorial – avant un an, il sera devenu pire que le tsar.

      – Bakounine

    • Je ne sais pas ce que tu vois @petit_ecran_de_fumee . Je prends tes questions comme un petit brin de soleil et j’aime beaucoup la comparaison de @phalene du système_économique avec une partie de flipper. (Soit dit en passant, de plus en plus rare dans les bistrots. ) Si le flipper #tilt fréquemment et de façon compulsive, il donne aussi des parties gratuites, des extra-balles, multi-balles, #bonus... Pour arrêter tout ce #bling_bling ; suffit de débrancher la bécane. Mais le #système_économique n’est pas branché sur secteur (encore qu’en neutralisant la production d’énergie du système économique des sociétés capitalistes ; sans siffler la #fin_de_la_partie, cela le mettrait sérieusement à l’arrêt). A l’heure actuelle, ça reste utopique ou du #sabotage. Avec la #crise_écologique, ces producteurs d’énergie veillent sur leur turbines et autre raffineries comme le lait sur le feu. Tout en gérant et provoquant des #catastrophes_à_répétition, en somme une gestion « raisonnée » du désastre, désormais officiel, de la société industrielle intimement liée avec la société capitaliste.
      Pour rebondir avec la conclusion de @phalene et sa citation de #Bakounine, voici un court texte de ce révolutionnaire ( PDF de 4 pages ). http://science-societe.fr/bakounine/#identifier_1_1769

      Non, le dix-neuvième siècle n’a pas été que scientiste, et ses penseurs révolutionnaires n’ont pas tous été fascinés par le modèle scientifique. On comprendra en lisant les lignes suivantes de Michel Bakounine (Priamoukhino, 1814 – Berne 1876), pourquoi Marx l’a fait exclure en 1872 de la Première Internationale, et pourquoi sa pensée est si longtemps restée occultée. Comme l’écrit Michel Gayraud dans sa postface à une récente réédition des écrits de Bakounine (Dieu et l’État, Mille et une nuits, 1996) : « Si, comme les philosophes des Lumières, Bakounine voit dans la science une arme propre à dissiper les ténèbres de l’obscurantisme et du fanatisme, il se refuse à la sacraliser et nous met en garde contre la tentation positiviste d’un gouvernement de savants qui exerceraient une monstrueuse dictature sur la vie elle-même. Aujourd’hui où les délires d’une caste technocratique soutenue par des scientifiques sacrifiant à la religion de l’économie produisent de nouvelles maladies et font courir des risques mortels à l’écosystème planétaire, on ne peut qu’être frappé encore une fois de la puissance anticipatrice du révolutionnaire russe. »

      *Notons que l’intérêt de Bakounine pour la science n’a sans doute pas été sans effets sur sa descendance : de ses deux filles, qui naquirent et vécurent à Naples, l’une devint la première femme professeur de chimie à l’université et l’autre, mariée à un grand médecin, eut pour fils le remarquable mathématicien Renato Cacciopoli

      J’ai découvert le site http://science-societe.fr/complements-et-amelioration-de-la-collection-survivre-et-vivre à propos de Alexander Grothendieck et de #Survivre&vivre dans un précédent post référencé par @monolecte Plusieurs numéros de Survivre et vivre (en versions numérisés) sont disponibles sur ce site.

      http://science-societe.fr/wp-content/uploads/1882/05/Bakunin_by_Vallotton-289x300.jpg

    • Festival « Novembre libertaire » Débat autour de la critique de la valeur 15 novembre, 19 h #LYON

      Présentation et discussion sur la critique de la valeur. La théorie appelée #critique_de_la_valeur (Wertkritik en allemand) est une analyse radicale du capitalisme. Radicale parce qu’elle s’attaque aux catégories fondamentales du capitalisme : l’argent, la marchandise, l’État et le travail. Sans portée programmatique, elle peut néanmoins avoir l’intérêt de faire percevoir plus directement le monde qui nous entoure et nous construit malgré nous. Au moment où la contestation de la « Loi travail » reprend, la réponse que nous propose cette #théorie est peut-être : #pas_de_loi_ni_de_travail. Il ne semble pas non plus que l’économie, qu’elle se présente comme « circulaire », relocalisée, socialisée ou autogérée, ne puisse être autre chose qu’un redéploiement sans fin de ces mêmes catégories et de leurs contradictions mortifères.
      La lecture de quelques passages éclairant les points essentiels de la critique de la valeur nous servira de base à une discussion collective.

      Groupe Critique de la valeur/Lyon
      LIEU : CEDRATS, 27 montée Saint-Sébastien 69001, Lyon 1er Horaire : 19h.
      http://www.palim-psao.fr/2016/11/debat-autour-de-la-critique-de-la-valeur-15-novembre-lyon-festival-novemb

    • @rastapopoulos :

      Bon, bah non, t’y vois pas plus clair :D

      effectivement j’ai été approximatif dans mes propos. Cela ne signifie qu’on sera complètement d’accord à la fin, mais plus précisément les termes étaient mal choisis et je voulais plutôt exprimer ça
      "c’est une mécanique "intuitive"d’anticipation économique, vieille comme l’apparition des formes d’intelligence et d’organisation sociale"

      Dans « capitalisme » j’entends littéralement protocole social de capitalisation économique permettant d’investir, consolider, accumuler de l’expérience, savoir-faire et outils, de façon à se faciliter la vie et éventuellement celle des autres.
      La version plus récente du capitalisme effectivement serait « système dont la finalité consiste à s’octroyer des privilèges de rentes et des manoeuvres de plus values aux dépens de ses pairs », et là je suis d’accord y a rien à en tirer.

    • Merci @phalene et @vanderling pour vos réponses.
      @phalene, pour préciser mon propos je vais m’appuyer sur l’autre excellent texte que tu as posté ici
      https://seenthis.net/messages/539721
      J’adhère quasiment exhaustivement à l’analyse d’Anselm Jappe.
      La seule nuance que j’apporterai se situe dans la conclusion

      Mais depuis un siècle et demi, maintes propositions « concrètes » et tentatives « pratiques » ont abouti à des conséquences opposées aux intentions originales. Mieux vaut alors, peut-être, un simple progrès théorique, une simple prise de conscience qui va dans la bonne direction : la seule chance est celle de sortir du capitalisme industriel et de ses fondements, c’est-à-dire de la marchandise et de son fétichisme, de la valeur, de l’argent, du marché, de l’État, de la concurrence, de la Nation, du patriarcat, du travail et du narcissisme, au lieu de les aménager, de s’en emparer, de les améliorer ou de s’en servir.

      Ce que lui appelle

      un simple progrès théorique, une simple prise de conscience

      , moi j’appelle ça une révolution culturelle à engager sur le plan moral.
      « Une simple prise de conscience », je ne vois pas sur quoi ça peut déboucher.
      La simple prise de conscience du fait que « fumer, c’est mal » ne suffit pas à nous faire arrêter de fumer. Il faut infléchir les comportements. L’être humain n’est pas cablé pour suivre des conseils et encore moins des injonctions, mais pour suivre des exemples, atteindre des ambitions. Il ne change pas, il s’adapte à son environnement, il se « reprogramme » en fonction de ses influences sociales.
      Pour nous émanciper de nos dépendances matérielles, de nos addictions consuméristes, du fétichisme de la valeur et de la propriété privée, je mise sur la stimulation de cette part de « bon-sens » qu’on n’a pas su défendre dans le monde actuel et qui sommeille au fond de nous. Je cherche donc à faire réapparaitre la fonction sociale et sociétale des échanges économiques, qui pouvait prédominer avant que l’inversion capitaliste nous fasse plus voir qu’une fonction économique dans nos échanges sociaux.
      Et oui cela repasse à mes yeux par de nouvelles représentations morales. Pas pour culpabiliser les mauvais, mais pour redéfinir les normes comportementales socialement acceptables, viables, durables.
      Qui excluraient l’idée même de privilège de rente consubstantielle au capitalisme.

      Cette réhabilitation s’appelle à mes yeux RSE, responsabilité sociétale des entreprises, et si bcp voient là dedans juste un petit aménagement, un rafistolage trompeur, un vernis aménageur ou un saupoudrage compensatoire, pour ma part j’y vois la possibilité de tout remettre à l’endroit, en tous cas une opportunité précieuse d’amorcer ce mouvement de reconstruction dans le concret.
      Vouloir précipiter la destruction du capitalisme sans être dans la (re)construction, non pas de l’après, mais de ce que le capitalisme n’aurait jamais dû détruire, risque de mener à ce que décrit parfaitement Jappe (et que les US nous dessinent plus encore depuis hier) :

      Ensuite, parce que le capitalisme a eu assez de temps pour écraser les autres formes de vie sociale, de production et de reproduction qui auraient pu constituer un point de départ pour la construction d’une société post-capitaliste. Après sa fin, il ne reste qu’une terre brûlée où les survivants se disputent les débris de la « civilisation » capitaliste.

    • Le capitalisme, c’est le système qui fait de x euros, x+n euros, point. Tout le reste découle de ça et là est le problème. Une gentille entreprise devra faire des profits (extraire de la survaleur), et arrivera toujours le moment où sur le marché elle devra s’adapter pour continuer à être rentable (correspondre au standard de productivité moyen dans son secteur) ou disparaître. Tu peux mettre tous les labels que tu veux sur tes produits, il arrive toujours un moment où les gens disent « faut pas déconner » quand les écarts de prix deviennent trop grands, ce qui arrivera fatalement si tu ne t’adaptes pas au marché. Il n’y a aucun salut tant que les relations entre acteurs sont médiatisées par le marché, or c’est cela qui est actuellement en deçà de tout débat, comme si c’était aussi indiscutable que la gravité. C’est ici qu’est la « prise de conscience » de Jappe : commencer à faire réfléchir le sujet sur ce qui le structure en tant que sujet et qui l’amène à se penser, à formuler les problèmes qui se posent très concrètement à lui, avant tout comme un acteur (éthique, pratique, ..., tout ce que tu veux) sur le marché.

      Tu ne peux pas prendre les choses par la morale, @petit_ecran_de_fumee, parce que celle-ci n’existe qu’entre des individus qui sont déjà déterminés par les relations qu’ils entretiennent. Pour s’imposer le capitalisme n’a pas fait la morale aux gens mais a au premier chef brisé les relations qu’ils entretenaient pour les recomposer à son service en leur imposant concomitamment, et quasi-mécaniquement, une morale adaptée à ses besoins (sans contenu strictement défini note-bien, car bien évidemment nous ne sommes plus des individus du XVIIIe-XIXe siècles, mais toutes les révolutions dans ce domaine ont été digérées, intégrées dans le système capitaliste).

    • @petit_ecran_de_fumee
      Voici un lien qui peut répondre à certaines de tes questions, j’avais classé ce site dans mes favoris et je n’avais pas mis le doigt dessus depuis un moment.

      La loi du fric, c’est la seule que connaisse le capitalisme, tout le monde en conviendra. Mais comment les capitalistes font pour en gagner ? Comment fonctionne l’exploitation capitaliste ?
      Comme expliqué dans la notion salaire, les capitalistes n’achètent pas notre travail, mais notre force de travail : ils la louent, pour une durée déterminée. Durant cette période, on bosse pour le patron, les patrons, les actionnaires, voire l’entreprise collective, la coopérative, etc. Le capitalisme peut prendre un bon paquet de forme… Mais certaines choses ne changent pas : pour se reproduire, il doit extraire de la plus-value, et toujours plus, qui plus est… Mais c’est une autre histoire.
      Mais alors, la plus-value, c’est quoi ? Et surtout, qu’appelle ton extraire de la plus value ?
      Il s’agit de la part de la valeur crée par les prolos grâce à leur travail, qui ne leur revient pas en salaire, mais va au Capital.
      Prenons l’exemple de Dominique :
      Dominique travaille dans une usine. Avec ses camarades, ils produisent des montres de luxe.gaston-cadences
      Pour simplifier, on va considérer qu’il s’agit d’une usine a l’ancienne, c’est à dire dans laquelle le processus de production est effectué dans son ensemble. (C’est d’ailleurs souvent le cas dans l’industrie du luxe.)
      Le matin, lorsque Dominique se pointe au boulot, avec ses camarades ils ont devant eux un tas de matières, non encore transformés. Il y en a pour 1000 euros de ferraille et autres.
      Bim bam boum au bout du compte, a la fin de la journée de travail, ce tas de matières premières s’est transformés en 10 jolies pt’ites montres de luxes. Prêtes a briller de mille feux au poignets de tout ces types qui ont réussis leurs vies…
      Ces belles petites montres, le patron qu’on appellera Richard, va les vendre a un détaillant, pour 1100 euros pièces.
      Bref, pour 10 montres, Richard reçoit 11000 euros.
      Là dessus :
      1000 euros servent a payer les matières premières
      1500 euros serviront a payer les salaires des prolos,
      6000 euros serviront a rembourser la banque qui lui a prêté des thunes pour acheter des machines.
      Total : 7500 euros en tout. Il en reste 3500.
      Ils sont a partager entre Richard, et le proprio du terrain de l’usine ( a qui Richard paie un loyer). De quel droit ? Celui de la propriété privée, bein tient !
      Pourtant, ces 3500 euros, sont issus du travail des prolos, de Dominique et ses camarades : c’est eux qui l’ont produite, en transformant les matières premières en marchandises. Ils ont travaillé, mis en action les machines, etc. Mais au bout du compte, le fruit de leur travail est accaparé par Richard et le proprio du terrain : ceux ci ont extrait la plus value du travail des prolos.
      On dit alors que la partie du travail non payé qui donne la plus-value est du « surtravail », c’est à dire ce que le prolétaire fait en plus de ce qui permet de payer son salaire. C’est en ce sens que nous sommes exploités. D’ailleurs, le pourcentage de surtravail par rapport au travail total est appelé « taux d’exploitation »…
      Il y a deux différents types de plus-value : la plus-value absolue et la plus-value relative.

      http://www.tantquil.net/2011/12/19/quest-ce-que-cest-la-plus-value
      La page d’accueil de Tant qu’il y aura de l’argent ... http://www.tantquil.net/wp-content/uploads/2014/03/header-e1394549220886.jpg
      http://www.tantquil.net
      ...y’en aura pas pour tout le monde.

    • Sur la question du travail, ce matin il y avait un témoignage radiophonique d’une politicienne restituant une discussion récente avec un jeune immigré irakien habitant la banlieu parisienne. Il lui racontait se sentir sans présent après que sa ville natale aie été détruite par la guerre, et particulièrement qu’il se sentait discriminé socialement (#mort_sociale ?) ne trouvant pas de travail dans son pays d’accueil.

      La politicienne termine la restitution de cette échange en disant : « et il m’a dit une chose qui m’a fait froid dans le dos, il m’a dit que #Daech recrute plus que les entreprises françaises ».

      Si la mort sociale existe vraiment, alors que penser de ce témoignage ?

      Et cette vidéo aussi est pas mal :)

      Jiddu Krishnamurti - Most people are occupied with jobs
      https://www.youtube.com/watch?v=4FHU_friuis

      Après je conseille vraiment que vous regardiez le film « Schooling the world » qu’on peut trouver sur le site de @filmsforaction (http://www.filmsforaction.org) : très éclairant (sur la question du travail justement). Le film contient les soutitres pour une dizaine de langues, dont le français et l’arabe...

    • De : Collectif Stop TAFTA - Non au Grand Marché Transatlantique <
      contact@collectifstoptafta.org>
      Date : 14 novembre 2016 à 12:56
      Objet : CETA/TAFTA : Plus que jamais, la mobilisation doit s’amplifier !

      Chèr⋅e⋅s ami⋅e⋅s,

      Le dimanche 30 octobre, au mépris des principes élémentaires de la
      démocratie, les dirigeants de l’UE et du Canada ont signé en catastrophe le
      CETA. Désormais la bataille se poursuit donc au Parlement européen.

      Pour les inciter à rejeter le CETA, interpellez les euro-députés français(..)

      Après avoir reporté une première fois le sommet UE - Canada, le Conseil et
      la Commission de l’UE ont redoublé de pressions et de manœuvres pour
      parvenir à une signature au plus vite. Ils ne s’attendaient pas à avoir une
      opposition si importante : les trois parlements belges qui ont bloqué le
      processus pendant quelques jours reprenaient pourtant à leur compte les
      inquiétudes exprimées par des centaines de milliers de citoyens qui avaient
      défilé contre le TAFTA et le CETA les semaines précédentes en Belgique, en
      Allemagne, en France, en Espagne, en Pologne, etc.

      En France, 45 rassemblements ou manifestations ont eu lieu le samedi
      15 octobre. À Paris, cette journée s’est close à 20 h à la suite d’une
      grande Assemblée citoyenne sur la place de la République où nous avons
      réaffirmé notre détermination à lutter contre ces accords de libre-échange
      destructeurs d’emplois
      , et nocifs pour l’agriculture, l’environnement, le
      climat, la démocratie et les services publics.

      La motivation première avancée de mobilisation contre ce traité est donc la sauvegarde de l’emploi... Surprenant !

      D’un autre côté c’est surprenant de voir que la réflexion sur le travail se partage sur les réseaux sociaux, comme cet autre discours par ex, tout aussi limpide et qui fait même le lien entre travail et démocratie :

      https://www.youtube.com/watch?v=7eVfDa02nSY

      #LBD #Le_Stagirite #Elephant_dans_le_salon

    • Pas mal « Schooling the world », @la_taupe, ça m’a donné envie de relire « Une société sans école » (Deschooling Society) d’Ivan Illich. :)

      Pour le Stagirite, en revanche, bof. Il s’agit plus d’une critique des conditions de travail que du travail en lui-même. Je pense d’ailleurs que la présence de Franck Lepage, soutien de Bernard Friot, n’est pas anodine.

    • @phalene merci pour ton retour sur Schooling the world et la référence à Ivan Illich. Je crois que le terme anglais plus couramment utilisé pour dire déscolariser est « unschooling ».

      Ca m’intéresse de savoir ce que sous-tend ta remarque « Je pense d’ailleurs que la présence de Franck Lepage, soutien de Bernard Friot, n’est pas anodine », car je ne connais pas très bien le contexte.

      Stagirite c’est assez gentille ; c’était pour montrer le décalage étonnamment persistant entre d’une part les contre-discours au sujet de l’ emploi (boulots de merdes, ou boulots contraints) et d’autre part les appels récurrents à se mobiliser pour la sauvegarde de l’emploi, comme on peut lire dans l’appel à mobilisation contre le #CETA.

      Sinon la vidéo de Jiddu Krishnamurti - Most people are occupied with jobs est autrement plus radicale.

    • @la_taupe, il semble que ni unschooling ni deschooling ne soient dans le dico, donc je ne saurais dire… Mais pas de doute, le titre choisi par Illich est deschooling.

      Concernant Friot, c’est qu’il propose en fait un aménagement du capitalisme et pas une rupture avec lui. On reste à faire x+n euros avec x euros mais avec une autre répartition. La survaleur va dans une caisse commune et les salaires sont répartis en proportion de la compétence de chacun (en définitive le diplôme), touché qu’il ait ou non travaillé et quelque soit la contribution de son secteur à la production de survaleur (je te laisse imaginer ce qui va se produire quand on auditera des entreprises pour se rendre compte qu’elles sont peu ou pas rentables et plombent la compétitivité globale).

      Franck Lepage a consacré une conférence (assez marrante et sans cela instructive, au demeurant) autour de la théorie de Friot :

      https://www.youtube.com/watch?v=cqIcOaKAX4k

      @vanderling, très bon avec, si je ne m’abuse, en fond une image extraite de In girum imus nocte et consumimur igni de Debord. :)

    • Si tu le dis @phalene c’est fort possible que ce fond d’image provient du film de Debord. Comme tu le sais palim-psao est plus proche des situs que de marx, en particulier Anselm Jappe. Je n’ai pas encore visionné la vidéo de F.Lepage (j’suis à la bourre) .
      un p’tit dialogue absurde et hilarant :
      – « j’ai voulu m’inscrire au chômage ! »
      – « Et alors ? »
      – « On m’a demandé quels diplômes j’avais ! »

    • Merci @phalene pour ton explication sur Friot et son aménagement du capitalisme, c’est super clair.

      On reste à faire x+n euros avec x euros mais avec une autre répartition. La survaleur va dans une caisse commune et les salaires sont répartis en proportion de la compétence de chacun (en définitive le diplôme), touché qu’il ait ou non travaillé et quelque soit la contribution de son secteur à la production de survaleur

      Sinon, je trouve que les « situs » ont vraiment toute leur place dans ce billet, merci de les avoir pointés. Ils ont tout à fait raison d’insister sur l’idée que le peuple assujéti aurait tout à gagner à comprendre le spectacle léthargique dans lequel il est plongé et qui entretient la séparation entre langage (ce qu’il permet d’exprimer et de penser) et réalité (le concrétisable ; ce que le langage permettrait d’atteindre).

      Cf. Critique de la séparation :

      http://www.ubu.com/film/debord_critique.html


  • Entretien sur le Brésil avec Anselm Jappe (MD18, juillet 2016)
    http://www.palim-psao.fr/2016/09/entretien-sur-le-bresil-avec-anselm-jappe-md18-juillet-2016.html
    http://www.soirinfo.com/wp-content/uploads/2016/03/Crise-politique-Bre%CC%81sil.jpg

    Oui, cette chute était prévisible, parce que l’économie globale néo-libérale ne se base plus sur la seule source véritable de « rentabilité » au sens capitaliste qui est la transformation de travail vivant en valeur et son accumulation. Depuis que le remplacement du travail vivant par les technologies – qui ne créent pas de valeur économique – avait dépassé un certain seuil, autour des années 1970, l’économie mondiale ne faisait que simuler la croissance avec un recours toujours plus massif au crédit et à toutes les formes de capital fictif (bourses, valeurs immobilières, etc.). La crise de 2008 n’a été que le début de l’écroulement des valeurs irréelles créées par la finance, et rien d’autre n’est venu depuis lors pour relancer durablement l’économie mondiale – que des crédits et encore des crédits.

    Il était également prévisible que le déplacement de l’accumulation globale depuis les centres – imaginés comme vieux et fatigués – vers la périphérie – imaginée comme fraîche et plein de jeunesse – n’aurait pas lieu. Le capitalisme n’est pas une « recette » qui, si elle est « correctement appliquée », donne partout les mêmes résultats. Le capitalisme se base depuis le début sur le caractère « non-contemporain » des différentes économies et sur une « division des tâches », qui profite entièrement aux pays qui ont un niveau de productivité plus élevé – et ceux-là ont été fatalement toujours les mêmes, ceux qui ont su maintenir leur avantage initial (qui remonte au XIX siècle). La globalisation, à partir des années 1970, a détruit les dernières possibilités d’instaurer des économies nationales ou régionales, que ce soit en Union soviétique ou dans le cadre d’un « développementalisme ». Désormais, la seule intégration possible au marché mondial passait par la voie des exportations – le Brésil et la Russie l’ont fait avec les matières premières, la Chine avec des biens manufacturés que les Américains pouvaient pratiquement acheter gratuitement, grâce au rôle du dollar comme « monnaie mondiale ». Dans ce système, il y a donc nécessairement toujours des pays « arriérés » qui doivent vendre à bas prix soit leurs ressources, soit leur force de travail aux pays plus « productifs ». On peut, évidemment, combattre une telle inégalité mondiale – mais il faut alors combattre le système capitaliste tel quel. A partir du moment où on a accepté le capitalisme comme horizon indépassable, on a aussi accepté, qu’on le veuille ou non, le fait qu’il y a des gagnants et des perdants. Les politiques plus ou moins sages des gouvernements en charge ne peuvent y changer que des détails – on le voit tous les jours.

    […]

    Oui, voilà. Et pourquoi les vieux bourgeois soupiraient-ils en face de cela ? Ils n’avaient rien perdu de leurs biens matériels, mais ils pouvaient plus difficilement éprouver la jouissance abjecte de voir qu’on leur cire les chaussures. On voit que des questions d’ « identité » peuvent compter aussi fortement que les questions matérielles. Partout dans le monde, la crise a ressuscité les pires réflexes du passé, et surtout le racisme, l’antisémitisme et le mépris du pauvre. Et au Brésil, ce sont les attitudes héritées d’une société esclavagiste qui ont refait surface. Ce n’était pas le coût (assez modéré) de la bolsa-familia qui scandalisait, mais l’idée même que le pauvre puisse avoir des droits.

    #Anselm_Jappe #Brésil #interview #critique_de_la_valeur #wertkritik #capitalisme #crise


  • Lordon, altercapitalisme keynésien, national-étatisme, spinozisme | Sortir du capitalisme
    http://sortirducapitalisme.fr/159-lordon-altercapitalisme-keynesien-national-etatisme-spinozis

    Une émission d’analyse critique des théories de Lordon, avec, après une courte présentation de l’émission, une première partie de critique de l’altercapitalisme keynésien (qu’il incarne avec d’autres économistes atterrés - ou atterrants) et leurs analyses tronquées du capitalisme depuis 40 ans (1e partie – 1h40), une deuxième partie de critique de son national-étatisme au travers d’une critique rigoureuse d’Imperium (50 minutes), et une troisième partie de critique de Capitalisme, désir et servitude et sa lecture de Spinoza (25 minutes) – avec Benoît (théoricien critique, militant d’Alternative Libertaire, professeur de philosophie). Durée : 3h05. Source : Radio (...)

    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordoncomplete.mp3


  • Contre Frédéric Lordon. Analyse critique d’une position spinoziste, altercapitaliste keynésienne et nationale-étatiste [Emission « Sortir du capitalisme » du 12 sept. 2016]
    http://www.palim-psao.fr/2016/09/contre-frederic-lordon-analyse-critique-d-une-position-spinoziste-alterca

    Une émission d’analyse critique des théories de Frédéric Lordon, avec, après une courte présentation de l’émission, une première partie qui abordera l’altercapitalisme keynésien qu’incarne Lordon à côté d’autres économistes atterés - ou atterrants - et les analyses tronquées du capitalisme depuis 40 ans qui sont sous-jacentes à un tel point de vue (1ème partie – durée : 1h40). Dans une deuxième partie est abordé de manière critique le national-étatisme de Lordon au travers d’une critique rigoureuse de son ouvrage Imperium. Structures et affects des corps politiques en 2015 (durée : 50 minutes). Au travers enfin d’une troisième partie, on critiquera son ouvrage Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza paru en 2010 et tout particulièrement sa lecture de Spinoza (durée : 25 minutes) – avec Benoît Bohy-Bunel (théoricien critique, professeur de philosophie).

    PS : Il ne s’agit pas d’une critique ad hominem, mais plutôt des idées qu’entres autres Lordon véhicule.

    L’émission est divisée en trois axes :

    – Critique de l’altercapitalisme keynésien

    – Analyse critique du national-étatisme de Lordon

    – Critique du spinozisme de Lordon

    Émission complète
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordoncomplete.mp3

    Première partie - Présentation de l’émission, analyse critique de l’altercapitalisme keynésien (1h40)
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordon1.mp3

    Deuxième partie - Analyse critique du national-étatisme de Lordon (0h50)
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordon2.mp3

    Troisième partie - Analyse critique du spinozisme de Lordon (0h20)
    http://sortirducapitalisme.fr/media/com_podcastmanager/lordon3.mp3

    #audio #radio #radio_libertaire #sortir_du_capitalisme #théorie_critique #Frédéric_Lordon #capitalisme #altercapitalisme #Marx #Spinoza #keynésianisme #wertkritik #critique_de_la_valeur #économie #philosophie

    cc @reka hihi :D


    • C’est mieux avec un peu de texte. :)

      Lien entre le conspirationnisme et l’abstraction de la valeur, la montée du capitalisme et ensuite le masculinisme.

      Le contexte d’apparition d’un certain conspirationnisme spécifiquement moderne nous révèle son essence et sa raison d’être. En 1798, l’abbé Augustin Barruel dénonce un complot antichrétien à l’oeuvre dans le mouvement révolutionnaire français. C’est ainsi qu’émerge la première forme de théorie du complot au sens moderne, tandis que s’initie précisément la dynamique par laquelle le complot au sens traditionnel devient impossible. En effet, l’universalisme formel qui triomphe, en cette fin de siècle, sur le plan politique, se fait au profit d’une structuration juridique nouvelle des conditions socio-économiques, laquelle structuration se fonde sur l’abstraction de la valeur, l’impersonnalité du marché et la neutralité axiologique, par opposition à la personnalisation concrète et théologiquement orientée des rapports féodaux. Alors que le politique entérine une opacité inédite dans les rapports de classes, où les dominants sont eux-mêmes dominés par des abstractions vides sur lesquelles ils n’ont aucune prise, et où ils n’ont de ce fait aucune emprise réelle sur la société qu’ils sont censés régir, surgissent paradoxalement les premières tentatives d’élucidation du social misant sur la toute-puissance hyperconsciente quoique dissimulée d’une minorité bien précise. Cette contradiction apparente éclaire parfaitement la fonction intrinsèque du conspirationnisme, qui est une manière proprement moderne d’envisager le monde humain : celui-ci tend à réinjecter de la subjectivité, de la responsabilité, de la personnalité, du projet, là où ils font de plus en plus défaut.

      #conspirationnisme #confusionnisme #complotisme #subjectivité #abstraction #valeur #critique_de_la_valeur #wertkritik #capitalisme #antisémitisme #masculinisme #dissociation-valeur

    • et encore mieux avec une photo
      http://media.paperblog.fr/i/368/3682538/travailler-cul-L-1.jpeg
      http://www.palim-psao.fr/2016/07/qu-est-ce-que-le-travail-sous-le-regne-de-la-marchandise-cafe-rencontre-l

      « Il y a deux nouvelles. La bonne nouvelle est que notre vieil ennemi, le capitalisme, semble se trouver dans une crise gravissime. La mauvaise nouvelle est que pour le moment aucune forme d’émancipation sociale ne semble vraiment à portée de main et que rien ne garantit que la fin possible du capitalisme débouchera sur une société meilleure. C’est comme si l’on constatait que la prison où l’on est renfermé depuis longtemps a pris feu et que la panique se diffusait parmi les gardiens, mais que les portes restaient verrouillées… »

      http://www.palim-psao.fr/2015/05/la-bonne-et-la-mauvaise-nouvelle-par-anselm-jappe.html

    • C’est mieux avec un peu de texte.

      Oui, effectivement, j’ai poussé mon message, préparé des extraits à mettre à la suite, et là, paf... un troll de 11 mois s’est agrippé à ma jambe et m’a détourné de ma tache en cours :)

    • La post-modernité « déconstructionniste », la « théorie des genres », feraient violence à un bon sens élémentaire (« un homme et une femme, c’est pas la même chose »), et brouilleraient les significations établies. Sur un plan politique et économique, ceci serait la résultante d’un ultra-libéralisme débridé, dissolvant les rapports traditionnels familiers garantissant une société plus « stable », plus « harmonieuse », et plus « ordonnée ». (...) Ces pensées confuses et confusionnistes s’appuieront essentiellement sur des faits superficiels, empiriques, visibles dans une sphère spectaculaire inessentielle, et occulteront délibérément les bases objectives d’une domination patriarcale qui, dans le cadre d’une réalité capitaliste, fondée sur l’accumulation de la valeur, ne fait que confirmer toujours plus sa barbarie.

      #male_tears

      Agissant inconsciemment comme des dominants, sans pour autant se sentir responsables d’une « conspiration » intentionnelle qu’ils mèneraient, mais se sentant dominés en même temps par une logique objective supérieure à eux, ils chercheront à identifier des groupes humains différenciés comme coupables de cette « domination » objective qu’ils subiraient. Paradoxalement, ils considéreront que ce sont précisément ceux qu’ils dominent sans le savoir qui seraient responsables de leur soumission objective (occultant la dimension non-humaine de ce qui les soumet).

    • nous avons là affaire à des individus qui nous diront, sans sourciller, qu’un peuple d’esclaves millénaire, persécuté pendant des millénaires (les juifs), qu’une partie de la population dominée depuis la nuit des temps (les femmes) et qu’une minorité exclue et marginalisée à travers l’histoire (les gays) seraient les responsables de « notre » oppression universelle, alors qu’ils sont les plus éminents représentants, eux-mêmes, de toutes les figures de la dominations (hommes blancs hétérosexuels au capital culturel « élevé »). N’y aurait-il pas « quelque chose qui cloche » dans cette affaire ? Il ne devrait pas être si difficile de faire taire ces trépanés haineux.

    • Sur un plan psychologique, le succès de ces pensées mutilées et confuses, ennemies de la complexité et de la rigueur analytique, peut s’expliquer par la structuration cognitive inédite induite par l’utilisation systématisée et irréfléchie d’Internet : l’effet de mode, l’effet de récence et d’exposition, et surtout la tendance à compartimenter les savoirs pour les relier a posteriori de façon artificielle via la survalorisation d’un secteur de l’information censé éclairer tous les autres, sont autant de composantes de la pensée conspirationniste qui sont largement favorisées par le netsurfing errant. En outre, la multiplication, sur le web, des « savoirs » disponibles, et la diversification des modes d’exposition de ces « savoirs », effraient, et conditionnent un repli vers l’unification simpliste propre aux théories du complot (récurrence du ton, du thème et du schéma interprétatif), unification qui vient contredire la pluralité empirique.

      Est-ce qu’Internet est un media qui donne à penser autrement et en ça ouvre aux fafs des possibilités qu’ils n’avaient pas avant ? Je trouve cette idée intéressante, même si elle ne fait pas l’unanimité ici.

      Voir
      http://www.lan02.org/L-extreme-droite-est-elle-technocritique