• Devenons mauvaises !


    La bande annonce sous-titrée en français de Sedmikrásky - Les petites Marguerites_ - de Věra Chytilová, 1965 :
    http://www.art-days.com/les-petites-marguerites-vera-chytilova-1965
    Extrait d’une petite recension sur Gai Dao, p. 11-12 :
    https://fda-ifa.org/wp-content/uploads/2018/01/Gaidao85_web.pdf
    « Sedmikrasky » ou « Daisies », considérée comme l’œuvre principale de la « Nouvelle vague tchèque », a été interdite immédiatement après sa sortie et sa réalisatrice Věra Chytilová, qui s’est ouvertement opposée à toute censure, a été interdite de publication jusqu’en 1975. Au début, dans la première scène, nous voyons les deux jeunes protagonistes, toutes deux nommées Marie. Elles sont piégées dans une sorte de rigidité mécanique, tout comme le système dans lequel elles vivent est sclérosé. Le monde dans lequel elles vivent est corrompu et ruiné, constatent-elles. Puisqu’il en est ainsi, elles décident, d’être mauvaises elles aussi - ou plutôt, d’être de plus en plus mauvaises. Dès lors, une sorte de compétition se développe entre les deux pour voir qui peut les mener le plus loin vers la déchéance. Elles se retrouvent dans une prairie, sautant et se promenant autour d’un pommier. Les pommes continuent à jouer un rôle [dans le film] et il n’y a pas de doute sur la référence à l’arbre biblique de la connaissance - après en avoir mangé, les gens sont expulsés du paradis et envoyés dans le monde en perdition. […]

    Film mentionné ici il y a deux ans : https://seenthis.net/messages/812855

    # Věra_Chytilová # Les_deux_Marguerites #film #critique_sociale #nouvelle_vague_ tchécoslovaque

  • Appel à soutien
    Alerte rouge ! On a les crocs !

    https://lavoiedujaguar.net/Appel-a-soutien-Alerte-rouge-On-a-les-crocs

    La situation : le Chien Rouge a besoin de thunes. La solution : abonnez-vous, morbleu ! Une certitude : il n’existe pas de meilleur cadeau de Noël qu’un abonnement à CQFD, mensuel indépendant s’il en est.

    On va pas se mentir, ça rutile pas des masses dans la niche vermoulue du Chien Rouge. C’est pas pour la jouer alarmiste, mais en l’état actuel des choses, CQFD ne passera clairement pas l’été. Après avoir raclé les fonds de tiroir, troqué nos boutanches de château-margaux pour des cépages douteux et proposé un coin de notre local à la location sur AirBnb, on finit par faire appel à vous, doux lecteurs chéris. Encore.

    On vous entend renâcler d’ici : « Ouais mais vous nous avez déjà fait le coup il y a deux ans, nous aussi on n’a plus un kopeck. » On vous croit sur parole, camarades. Mais on n’a pas le choix. Si la vague d’abonnements générée par notre dernier appel à soutien avait impulsé un second souffle en 2017, on clapote de nouveau dans le rouge. Parce que, mine de rien, ça coûte du flouze de sortir un mensuel de 24 pages. Déjà, il faut rétribuer notre maquettiste de talent qui se décarcasse pour que le canard ait chaque mois une dégaine de compét’. Et puis il y a le salaire de notre pétillant secrétaire de rédaction sans qui le journal serait un champ de mine orthographique aussi mal écrit qu’un essai de Bernard Guetta. (...)

    #appel #CQFD #abonnement #soutien #critique_sociale

    • Les bonnes nouvelles du mois par cqfd

      Cagnotte en toc
      Titi et Nine ont le seum. Titi et Nine ? Jeanine et Yvon, duo de militants retraités, fondateurs de l’ASPB, l’association de soutien à Patrick Balkany, qui défend l’ancien maire de Levallois-Perret incarcéré à la Santé. Las, la cagnotte lancée pour payer la caution de la star de la fraude fiscale n’a pas atteint la somme escomptée. Sur les 500 000 € nécessaires à la libération de l’édile, « seuls » 50 000 ont été récoltés. Tristesse. Patrick : « On n’a plus un rond. Je crains que malgré la brillante plaidoirie de mon avocat [lequel a depuis été remplacé par un certain Mᵉ Dieudonné… on n’a pas fini de se marrer], je sois obligé de rester au trou, car je ne vois pas comment réunir cet argent. »
      la bonne nouvelle, c’est que l’abonnement à CQFD est gratuit pour les détenu.e.s.
      Alors Patrick, heureux ?

      http://cqfd-journal.org/Abonnement
      http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no182-en-kiosque

  • Gustav Landauer, Appel au socialisme , 1911

    Au sein de la tradition libertaire, #Gustav_Landauer (1870-1919), qui se décrivait lui-même comme « anarchiste-socialiste » est peut-être l’auteur dont la pensée se prête le plus à des tentatives d’actualisation, et cela en raison de quelques caractéristiques de son idéal social, exposé dans son Appel au socialisme (1911).
    Il s’agit d’abord d’un socialisme culturel, associé à une critique de la modernité capitaliste qui dénonce non seulement l’État et l’exploitation du travail, mais aussi la foi en le Progrès et la technique, ainsi que la disparition des formes de vie partagée. Il s’agit ensuite d’un socialisme critique à l’égard du marxisme, qui récuse sa croyance en un déterminisme historique implacable et son matérialisme étroit, qui refuse d’accorder au prolétariat en tant que tel le rôle de sujet révolutionnaire et qui réhabilite les activités de subsistance pour penser la transformation sociale. Il s’agit enfin d’un socialisme communautaire, qui revalorise les formes héritées du passé tout en prônant la constitution de nouvelles communautés, considérées comme des commencements, ici et maintenant, de la future société socialiste.
    Associée à la dénonciation des faux besoins et du déclin du monde engendré par le développement capitaliste, cette insistance sur l’expérimentation sociale, qui ne renonce pas pour autant à la révolution, est sans doute ce qui peut continuer à faire de l’ Appel au socialisme une source d’inspiration pour le présent.

    https://sniadecki.wordpress.com/2019/11/14/landauer-socialisme

    #socialisme, #anarchisme, #révolution, #critique_sociale, #marxisme, #réaproppriation, #subsistance et #communauté.

    Bonne lecture !

  • La Recomposition des mondes
    Trois questions à Alessandro Pignocchi

    Ernest London, Alessandro Pignocchi

    https://lavoiedujaguar.net/La-Recomposition-des-mondes-Trois-questions-a-Alessandro-Pignocchi

    Considérant que le concept de « nature » est une récente création occidentale qui permet d’organiser le monde en la considérant comme ressource ou sanctuaire, Alessandro Pignocchi lui oppose la plupart des autres peuples qui ne la distinguent pas de la culture. Les Indiens d’Amazonie, par exemple, développent des relations sociales avec les plantes et les animaux, identiques à celles entretenues avec les humains. « Au prisme de l’anthropologie, la protection de la nature apparaît comme le prolongement, indissociable, de l’exploitation. » « Notre concept de nature favorise cette relation de sujet à objet (qui se focalise sur l’utilisation) et occulte les riches relations de sujet à sujet (fondées sur la prise en compte empathique de l’autre) que nous pourrions nouer avec les non-humains. » Découvrant qu’existent en France des endroits où cette « révolution cosmologique est déjà en cours », il décide de se rendre sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et raconte sa rencontre avec « des gens qui ont conscience d’habiter un territoire commun, un territoire qu’ils cherchent à partager au mieux, entre humains et non-humains ». (...)

    #bande_dessinée #anthropologie #critique_sociale #Notre-Dame-des-Landes #ZAD #territoire #nature #culture #gilets_jaunes

  • Une révolution à ne pas oublier
    2018 : centenaire de la République des conseils en Allemagne

    Par Paul Mattick Jr

    http://jefklak.org/une-revolution-a-ne-pas-oublier

    À présent que sont terminées les commémorations en grandes et funestes pompes pour le centenaire de la boucherie de 14-18, on lira ici un autre souvenir, plus engageant. Car à la toute fin de cette guerre des puissances européennes commence une autre histoire, celle de la Novemberrevolution en Allemagne. Dès octobre 1918, les mutineries s’enchaînent, notamment chez les matelots qui refusent de continuer les massacres qu’on leur ordonne. Des soldats, paysan·nes et ouvrier·es se réunissent alors autour de structures de décision autonomes de tout pouvoir extérieur et s’auto-organisent en conseils – le tout en activant la grève générale. La monarchie et la bourgeoisie sont attaquées, la République socialiste de Bavière est proclamée… Mais laissons Paul Mattick Jr nous raconter cette histoire : sans en tirer de leçons définitives, et sans comparer l’incomparable, son éclairage donne un peu plus de prise et d’outils face aux crises politiques que nous vivons aujourd’hui.

    Traduction de l’anglais (États-Unis) par Émilien Bernard

    Texte original : « A Revolution to Remember », Commune , no 1 – Automne 2018.

    Commune est un site web et un magazine papier semestriel qui vient de se créer, pour le plaisir de tout·es nos lecteurs et lectrices anglophones. Longue vie !

    Paul Mattick Jr est auteur d’essais et responsable de « Field Notes », pages politiques du journal The Brooklyn Rail à New York.

  • Appel à soutien du journal CQFD
    SOS d’un canin en détresse

    http://lavoiedujaguar.net/Appel-a-soutien-du-journal-CQFD

    On le sait : les appels à soutien, c’est triste comme un jour sans vin. Et par les temps qui courent, c’est un peu trop tous les jours. Si on en est réduit, contraint et forcé, à cette extrémité, ce n’est pas par plaisir de la jouer lacrymal. Mais parce qu’il y a danger mortel pour le Chien rouge. Car oui : CQFD ne va pas bien. Du tout.

    Il nous faut, au minimum, 1 000 abonnés supplémentaires pour nous maintenir sur notre frêle esquif. Alors, hardi, abonnez-vous et abonnez largement autour de vous ! Mais vous pouvez faire encore plus ! Faites connaître CQFD, donnez vos vieux numéros, affichez vos unes ou posters préférés, twittez à qui mieux-mieux, inondez les réseaux sociaux autant que les bistros, les radios, les squats ou les locaux associatifs…

    #presse #critique_sociale #appel

  • Souvenir de Luis Bredlow

    Anselm Jappe

    http://lavoiedujaguar.net/Souvenir-de-Luis-Bredlow

    Luis Bredlow est mort le 8 septembre 2017, à l’âge de seulement cinquante-neuf ans, dans un hôpital de Terrassa, près de Barcelone, des suites d’un cancer contre lequel il luttait depuis six mois. Avec lui s’est éteint un esprit brillant et profond, qui a contribué autant à la critique sociale qu’à l’étude de la philosophie classique et antique.

    Il était né le 3 août 1958, avec le prénom de Lutz, dans la ville allemande d’Augsbourg. Il était le fils unique de parents aux origines slaves. Il fréquenta ensuite les écoles de Cologne, où je fis sa connaissance en 1976. Influencé par le climat post-68, il commença très jeune à s’intéresser au marxisme et à l’anarchisme, à la recherche autant d’une critique sociale radicale, loin des dogmes du gauchisme ambiant, que d’une pratique radicale de vie antibourgeoise. (...)

    #théorie #poésie #Allemagne #Espagne #critique_sociale #philosophie

  • Livre zine RETOUR A MIAMI Erick Lyle
    http://www.la-petroleuse.com/livres-critique-sociale/3336-retour-a-miami-une-ville-a-l-ere-d-art-basel.html?search_query=E

    Traduction en français d’extraits du #fanzine US d’Erick Lyle « Scam ».
    En 2010, le San Francisco Bay Guardian envoie #Erick_Lyle couvrir la neuvième édition d’Art Basel à #Miami. C’est l’occasion pour lui de revenir dans sa ville natale et d’observer les transformations provoquées par la plus prestigieuse #foire_d’art_contemporain au monde. Alors que les amateurs d’art se pressent par milliers et que les promoteurs immobiliers investissent massivement, Miami reste une des villes les plus pauvres des Etats-Unis ; les défilés de célébrités côtoient les ouvertures de squats ; le clinquant tente de chasser les populations les plus pauvres. Dans Retour à Miami, Lyle dresse un portrait du monde de l’art et de son hypocrisie, évoquant tour à tour les liens entre le marché de l’art et celui de l’immobilier, entre la culture et l’économie, la difficulté d’articuler des critiques de ce milieu ou la récupération du street art (avec une interview cinglante de Shepard Fairey). Une analyse au vitriol complétée par le portrait d’une ville à part et des nouvelles formes de résistance nées, sur fond de crise économique, dans le sillon d’Art Basel.

    #critique_sociale #Art #anticapitalisme
    https://www.artbasel.com

  • L’Échaudée n°6 est sortie !
    Au sommaire :

    - Paul Mattick , Le dépérissement de l’État
    – Chantal Montellier, Je suis Berglund
    – Collectif Archives autonomie, Fragments d’histoire de la gauche radicale
    – Barthélémy Schwartz, Benjamin Péret l’astre noir du surréalisme (bonnes feuilles)
    – Benjamin Péret, Pour que M. Thiers ne crève pas tout à fait / Vie de l’assassin Foch / On sonne
    – Eve Mairot, aquarelle
    – Alain Joubert, Le chant de la prairie
    – George Catlin, Les Indiens de la prairie
    – George Catlin, dessins, huiles
    – Charles Baudelaire, George Catlin, le cornac des sauvages
    – Reinaldo, sculpture
    – Alfredo Fernandes, Mes 12 prophéties
    – Ramon Gomez de la SERNAM, Fadaises – Devoir de vacances
    – Julien Bal, Enverssoi
    – Manuel Anceau, Lieuve
    – Cornelia Eichhorn, dessins
    – Jean-Luc Sahagian, Quand il eut passé le pont…
    – Vardhui Sahagian, dessins
    – Claude Guillon, Les petits métiers
    – Joël Gayraud, Visionnaires de Taïwan
    – Rachel Deville, La nature
    – Rachel Deville, Le grand Je
    – LL de Mars, Les éditeurs
    – Stéphane Goarnisson, Histoires en deux images
    – Yves Labbé, Pierre Leroux : la voix étroite d’un socialisme humanitaire et fraternel
    – Anne Van der Linden, dessins et huiles


    https://abiratoeditions.wordpress.com
    http://www.hobo-diffusion.com
    http://www.makassar-diffusion.com
    #critique_sociale #poésie #utopie #éditions #dessins

  • http://www.perceoreilles.net
    Le #perce-oreilles est une #bestiole_curieuse, qui se faufile dans les #arcanes_du_web pour aller dénicher des #sons : il prend le temps de les écouter ou de connaître les #émissions avant de les ramener au jour, c’est pourquoi il faut une certaine patience avec lui.

    C’est un #animal_collectif, son milieu naturel est celui des
    #radios_libres, c’est là-dedans qu’il a grandi et c’est là qu’il se sent bien - pour autant, il n’est pas sectaire et il pousse vaillamment ses expéditions dans les espaces plus confinés : il y trouve de temps en temps quelques #bonnes_ondes qui émoustillent ses #antennes - de temps en temps seulement, parce qu’il trouve que les grosses machines n’ont pas besoin de lui pour se faire connaître.

    Dès qu’il s’agit de #copyleft ou de #licences_libres, on ne l’arrête plus, il ne sait pas où donner de la tête et il écume le site de fond en comble. Par contre, il faut que tu saches, il a développé une violente allergie aux sites commerciaux et au bizness culturel, alors il trace ses chemins en dehors de ces coins-là.

    Le perce-oreilles a un certain goût pour la #critique_sociale, les #émissions_déjantées, les #cultures_minoritaires ou les sons qui aiguisent les oreilles - il aime aussi beaucoup la musique mais il considère qu’il y a déjà plein d’insectes qui s’activent sur ce terrain, alors il concentre ses explorations sur la parlotte, le documentaire, la #création_sonore, et tout ce qui s’en approche.

  • Sur le post-modernisme

    Jordi Vidal a abordé un sujet mal connu du grand public mais d’une importance capitale, puisqu’il s’agit de l’idéologie dominante de la société mondialisée du XXI° siècle, le postmodernisme, un courant qui ne se caractérise pas tant par ce qu’il revendique que par ce qu’il dénigre.

    Nous sommes, désormais, de plain-pied dans l’époque de la falsification. Non pas que tout soit faux, mais tout n’étant donné que comme discours et interprétation, le vrai n’existerait pas ; c’est ce qui confirmerait qu’il n’y a pas de vérité absolue.

    Partant d’un tel sophisme, l’idéologie postmoderne a beau jeu de relativiser à outrance et de permettre l’émergence de toutes les idées farfelues, mais aussi de faciliter le retour d’idées beaucoup moins anodines et aux effets bien plus dramatiques. Le retour de l’obscurantisme religieux [1], le fatalisme de la misère économique et sociale sur fond de crise, le plébiscite de l’esprit sécuritariste avec la reprise des affaires militaro-industrielles, le retour des lois scélérates… nous en apportent des preuves tous les jours. Cette série de falsifications est portée par ce que J. Vidal nomme « un flux médiatique constant » où l’émoi provoqué par la dernière information reçue s’efface pour, aussitôt, être remplacé par l’émotion suivante ; tout cela dans le flux exalté d’une image qui chasse l’autre. Ce flux a pour vocation d’empêcher toute prise de recul et, de ce fait, il échappe à la raison logique. Cette trame de l’aliénation contribue à une démission généralisée au sein d’une société dorénavant mondialisée. Le flux médiatique remplace la connaissance ; et ce qui en tient lieu méconnaît que c’est l’ignorance de masse qui se développe et que celle-ci est l’arme véritable du pouvoir temporel

    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article760

    #postmodernisme #genre #féminisme #laïcité #art #critique_sociale

  • Sur le post-modernisme
    http://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article760

    #Jordi_Vidal a abordé un sujet mal connu du grand public mais d’une importance capitale, puisqu’il s’agit de l’idéologie dominante de la société mondialisée du XXI° siècle, le #postmodernisme, un courant qui ne se caractérise pas tant par ce qu’il revendique que par ce qu’il dénigre.

    Nous sommes, désormais, de plain-pied dans l’époque de la falsification. Non pas que tout soit faux, mais tout n’étant donné que comme discours et interprétation, le vrai n’existerait pas ; c’est ce qui confirmerait qu’il n’y a pas de vérité absolue.

    Partant d’un tel sophisme, l’idéologie postmoderne a beau jeu de relativiser à outrance et de permettre l’émergence de toutes les idées farfelues, mais aussi de faciliter le retour d’idées beaucoup moins anodines et aux effets bien plus dramatiques. Le retour de l’obscurantisme religieux [1], le fatalisme de la misère économique et sociale sur fond de crise, le plébiscite de l’esprit sécuritariste avec la reprise des affaires militaro-industrielles, le retour des lois scélérates… nous en apportent des preuves tous les jours. Cette série de falsifications est portée par ce que J. Vidal nomme « un flux médiatique constant » où l’émoi provoqué par la dernière information reçue s’efface pour, aussitôt, être remplacé par l’émotion suivante ; tout cela dans le flux exalté d’une image qui chasse l’autre. Ce flux a pour vocation d’empêcher toute prise de recul et, de ce fait, il échappe à la raison logique. Cette trame de l’aliénation contribue à une démission généralisée au sein d’une société dorénavant mondialisée. Le flux médiatique remplace la connaissance ; et ce qui en tient lieu méconnaît que c’est l’ignorance de masse qui se développe et que celle-ci est l’arme véritable du pouvoir temporel.

    Le postmodernisme, comme idéologie dominante de nos sociétés, fait la part belle aux révisionnismes et a même réussi à contaminer les milieux libertaires avec une assez grande facilité. Cette idéologie pseudo-critique s’est substituée à la critique radicale afin de mieux évincer ce qui en était le centre ; à savoir la démocratie et l’égalité.

    Pour illustrer son propos, J. Vidal prend comme exemple la question du féminisme tant elle est significative des dérives postmodernes. Il avance que quand on pose la question du «  genre  » en lieu et place du «  sujet homme  » et du «  sujet femme  », on soustrait du champ du réel ce qui en fait son objet, c’est-à-dire la domination de l’un sur l’autre. Le féminisme s’est, en effet, construit sur une critique de la domination masculine et, non pas, sur une prétendue domination hétérosexuelle. Le glissement sémantique que le postmodernisme a opéré en déplaçant la domination masculine vers la domination hétérosexuelle, fixe l’identité sexuelle comme un préalable à toute réflexion critique et évacue, du même coup, un siècle de luttes féministes.

    Cet exemple montre que le but de cette pseudo-critique est le détournement de l’histoire, qui est celle des luttes contre l’oppression et l’exploitation, en procédant à une révision sémantique et systématique pour effacer de la mémoire des hommes et des femmes toute trace des combats émancipateurs du passé. A l’inverse, elle tente toujours de développer le culte d’un passé victimiste.

    #Art, #représentation & #pensée_critique

    Pour J. Vidal, l’art est indissociable et indispensable à la pensée critique et il n’y aura pas un « réveil » de la raison sans une ré-appropriation de la représentation, qui est la raison d’être de l’art lui-même ; pas de révolution sans la représentation d’une perspective révolutionnaire et sans la pensée critique créatrice. Cette dernière n’est pas abstraite, car cela la ferait tomber dans le travers de l’idéologie dominante ; elle ne peut, donc, être que pratique, c’est-à-dire fondée sur les faits et leur réalité. Elle s’oppose aux déclarations abstracto-stériles des agents du postmodernisme qui, en déclarant qu’il n’y a pas de vérité absolue, oublient de rappeler que les faits sont là et qu’ils sont les seuls à pouvoir fournir la substance de notre réflexion. C’est, donc, à partir de la question de l’art et de la représentation, ainsi que de la pensée critique, que doit se faire l’analyse et la critique du postmodernisme.

    L’essentiel est d’envisager tout examen dans un rapport dialectique sous peine de tomber dans la complaisance ou dans une description indulgente qui révélerait la négation d’une autocritique. Si nous ne produisons pas nous-mêmes notre pensée critique et nos propres images et représentations, d’autres le font à notre place, et c’est comme cela que notre avenir, mais aussi notre présent, nous est confisqué.

    La présence de l’art dans le champ révolutionnaire n’est pas affective mais, rationnelle et pragmatique, elle nous sert de «  guide  ». C’est à ce titre qu’il convient de nous poser la question de ce qui nous représente et de comment on peut se représenter, de ce que l’on peut donner à voir de nous, de ce que nous sommes ; et surtout, de comment nous pouvons le communiquer à l’autre.

    Aucune théorie critique ne peut exister si elle ne pose pas le préalable de la représentation car, d’un point de vue politique, cette représentation fournit un certain nombre de clefs. Au-delà, il y a des représentations plastiques, de formes, qui sont la manifestation d’un inconscient d’époque et du comment une époque se pense elle-même - la représentation télévisuelle par exemple (le flux et la façon dont celui-ci interagit avec nous). universalisme.

    Contre la démocratie directe, meilleure forme rationnelle d’organisation des êtres humains, les médias plébiscitent l’idéologie pseudo-critique de substitution (le postmodernisme), rejetant toute solution rationnelle qui partirait du terrain de l’expérimentation. On comprend pourquoi le postmodernisme fait de la pensée des Lumières, qui s’épanouit dans le champ du concret, son principal ennemi. L’universalisme abstrait, dont se revendiquent dirigeants et intellectuels aux ordres, est une trahison car il se pose comme la nouvelle forme religieuse où le fétichisme marchand transcende et règne sans partage, mais sans jamais résoudre aucun conflit ; restant du même coup une vue de l’esprit sans aucune «  prise  » sur le réel.

    Le concept de laïcité permet d’illustrer ce propos. A l’instar du féminisme, le concept de «  laïcité  » tel qu’il est diffusé par le pouvoir est une coquille vide. Il n’est qu’un leurre de plus. Cette nouvelle laïcité, sans jamais se remettre en cause, se limite à reconduire des signifiants qui font la guerre pour leur propre compte sans jamais se rapporter à un signifié, sans jamais tenir compte de la liberté, pour l’individu, d’avoir la possibilité de faire ses propres choix en connaissance de cause. En effet, elle ne part plus du préalable qui est le sien, celui de la réalité formelle et pratique de ce qu’est une éducation, de ce qu’est la liberté éducative et des formes rationnelles qu’elle doit prendre ; elle ne fait que cautionner l’endoctrinement et l’aveuglement.

    #Critique_sociale et #critique_de_la_vie_quotidienne

    C’est avec un regard lucide que J. Vidal aborde un autre aspect de la question en faisant une critique du mouvement libertaire espagnol de 1936-39 (sans nier le bien-fondé de son legs) en soulignant son incapacité à se détacher d’une abstraction critique au profit d’une vraie critique de la vie quotidienne - le cas de « mujeres libres » (Femmes libres) illustre cette incapacité puisqu’elles restèrent très minoritaires dans les milieux libertaires espagnols de l’époque.

    Cette réflexion le conduit à nous rappeler que la critique sociale du monde, sans une critique de la vie quotidienne, enlève toute sa force à une théorie critique.

    C’est à cette conclusion que l’amena sa rencontre avec le courant artistique surréaliste et son prolongement situationniste ; celui d’un nécessaire retour de la pensée théorique et de la pensée critique. En effet, quand une pensée critique synthétise le ressenti subjectif et formule, en même temps et avec un nouvel appareillage critique, le réel dans lequel l’individu se trouve, ce dernier subit un changement complet de son rapport au réel et au monde.

    En termes de représentation, il rappelle ce qui se disait à la fin des années soixante : «  Que nous importe un monde où la certitude de ne plus mourir de faim s’échange contre celle de mourir d’ennui  ». Cette formule décisive a bercé toute une génération. J.Vidal affirme le lien entre IS (Internationale situationniste) et sensibilité surréaliste. Il n’oublie, cependant, pas de rappeler que l’IS n’était pas un mouvement libertaire, mais était, malgré certains apports intéressants, un courant politique autoritaire et sectaire d’où furent exclus, en premier lieu, des artistes. Si certaines conclusions des analyses situationnistes ne sont plus d’actualité, «  la société du spectacle n’est plus, elle s’est métamorphosée en société du chaos  » ; d’autres restent encore, en partie, valables. Guy Debord écrivait : «  Dans le monde du faux, le vrai n’est qu’un moment du faux  », posant ainsi et de façon pertinente, le préalable d’un monde du faux, mais aussi celui d’un monde du vrai. Pour les postmodernes, en revanche, la validation (ou non) d’une information, de sa véracité, n’a strictement plus aucune importance puisque ce qui importe aujourd’hui, c’est le flux médiatique dont la vitesse de rotation agit par atomisation. Cet état décalé, de «  non-conscience  », permet à la post-logique de faire accepter l’impensable, du plus farfelu au plus barbare, sans plus établir de priorité.

    Cela entraîne une fragmentation par juxtaposition de courants aux intérêts incompatibles et concurrents qui élargissent le spectre des contestations multiples, toujours minoritaires. Elles entretiennent la mise en scène, mais empêchent, pour l’heure, d’organiser efficacement une résistance critique et théorique. Cette fragmentation détermine, aussi, un processus de dé-réalisation puisque dès que l’on s’écarte du discours, on se retrouve hors-sujet et exclu. Cette dépendance très forte vis-à-vis du cadre imposé (communautaire, littéraire, méthodologique, ou autre) dissimule mal le côté autoritaire et totalitaire de la société du chaos qui, tout en semblant laisser une liberté de choix, ne laisse au final, et en désespoir de cause, aucun autre choix que de se soumettre à l’ordre établi.

    La partie la plus subtile de la classe dirigeante (et la plus attachée à une «  bonne  » transmission du pouvoir) semble s’apercevoir de l’impasse puisqu’elle commence à prendre des mesures pour éviter de ne pas pouvoir reproduire ses propres élites (ce qui dans son esprit représente l’élite !). Brièvement, nous rapporterons que dans la Silicon Valley, «  l’élite  » en revient, pour sa progéniture en tout cas, à des méthodes d’éducation excluant les écrans et réhabilitant des moyens moins sophistiqués.

    Réintroduire de la cohérence & de la logique

    L’axe central du postmodernisme nous semble se situer au niveau du langage, de la narration. En tant que support des idées, ils font l’objet d’un travail de sape permanent par les agents-relais du postmodernisme qui visent, tour à tour, à diluer, à parasiter ou à brouiller l’information et à vider tous les discours subversifs de leur substance. Dans cette époque où l’on ne peut plus rien nommer – ce qui produit une autocensure qui est, en toute certitude, l’obstacle d’envergure à la liberté d’expression – il nous faut maintenant, réintroduire de la cohérence et de la logique.

    [1] Alors que la critique de la religion semblait chose achevée en Mai-68, le retour de l’obscurantisme doit nous rappeler qu’aucune victoire n’est jamais acquise.

    #journées_iconoclastes

    @anarchosyndicalisme ! n°145
    http://seenthis.net/messages/387250

  • Pourquoi l’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion, par Norbert Trenkle
    http://www.palim-psao.fr/2015/05/pourquoi-l-islamisme-ne-peut-pas-etre-explique-a-partir-de-la-religion-pa

    Face à la terreur islamiste, il faut donc se poser la question, non pas de ce que cela à voir avec « l’islam », mais de savoir pourquoi, parmi tous les religionnismes qui ont éclos et grandi au cours des dernières décennies, l’islamisme a pris la forme particulièrement agressive face aux dites valeurs occidentales et pourquoi il a fait émerger une aile terroriste aussi puissante. On ne pourra trouver une réponse à cette question que si nous l’arrachons au ciel des spéculations théologiques fumeuses pour la ramener sur le terrain de l’analyse et de la critique sociale, et si nous étudions de plus près les conditions politiques et sociales spécifiques qui ont favorisé la naissance et le déploiement de l’islamisme.

    #religion #religionnisme #islamisme #islam #identité #capitalisme #critique_sociale #Krisis #Norbert_Trenkle

  • #black_mirror:Saison 2, épisode 9 : Early Reggae, #rude_boys et politricks
    http://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2015/04/23/black-mirrorsaison-2-episode-9-early-reggae-rude-boys-et

    Le mot “Reggay” apparaît pour la première fois en 1968 dans un morceau des Maytals, comme une réponse au“Rocksteady” d’Alton Ellis deux ans plus tôt. Le Rocksteady aura été la musique des Rude Boys, ces petites frappes du ghetto dont … Continue reading →

    #LIVRES #émission #critique_sociale #jamaique #n_reggae #politique #radio #rasta #roots

  • Des films en immersion sur le monde du travail
    http://www.autourdu1ermai.fr/fiches/real/fiche-real-2645.html

    #Nina_Faure utilise le pseudonyme #Juliette_Guibaud lorsqu’elle réalise des #films en #immersion sur le monde du #travail.

    C’est le cas pour les films Dans la boîte, Rien à foutre et La Dépêche du midi.

    Plusieurs de ces films sont visibles en ligne, à voir et recommander. On peut commencer par Rien à foutre, franchement joyeux.

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=RQSn3AyLnWU

    #humour #critique_sociale #salariat #précarité

    • simplicissimus cite un passage croustillant de la vidéo ; quant à moi je suis content car il y a de nouvelles vidéos sur la chaîne youtube de Nina/Juliette (je connaissais celle-ci mais pas les nouvelles)

    • Mouais... « Rien à foutre » me laisse une impression « très » mitigée. Comme toujours avec cette équipe, qui met en scène des sujets vrais et importants, mais toujours sur un mode que je trouve perso complètement affligeant et destructif (compte tenu du fait que l’exploitation au travail est déjà assez destructive comme ça, il y a d’autres moyens de se battre). J’aime bien son « journées des mortes » et quelques un de ses articles utiles, mais...

      je n’avais pas réalisé que nina/juliette participe aussi à un film tout à fait indigne réalisé pour le compte du diplo sur le DIplo,
      https://www.youtube.com/watch?v=1xPHLaAdx3o

      film aussi totalement affligeant de bassesse. Il y avait d’autres moyens de parler de ce journal, d’autre chose à dire, là c’est très très petit.

    • Ce n’est pas petit, c’est de l’humour méchant. L’humour n’est pas forcément gentil et mignon. Et on est pas obligé d’être toujours gentil (ou d’ignorer) les gens qui sont pour une bonne partie de belles raclures.

      C’est comme sur une ZAD, si on veut : c’est bien de construire des cabanes et d’argumenter et de monter des dossiers intelligents, il faut le faire. Mais il faut aussi détruire les machines de l’ennemi car il continue d’avancer (et se moquer de lui au passage, car ça fait du bien). Une seule stratégie gentille et constructive n’est pas suffisante. Il faut multiplier les angles d’attaques.

    • Moi j’aime bien le film de promo du Monde Diplo. Même si
      moi aussi je ne lis qu’épisodiquement le Monde Diplo et si je ne suis pas absolument toujours d’accord avec (d’ailleurs je lis aussi le Figaro et pareil je ne suis pas toujours d’accord avec).

      Tous ces Califes qui monopolisent les canaux dominants d’information, il faudrait vraiment les enduire de plumes et de goudron.
      Le libéralisme ce devrait être la concurrence des idées et pas toujours le même tout petit quarteron d’autoproclamés experts, tout le temps et partout, Monsieur Reynié !
      D’ailleurs ils ont l’air d’être presque tous réac à Science Po Paris ? Pourquoi ?

    • @reka, à l’inverse de ce que tu dis, je trouve salubre que le management, l’exploitation, la précarité, l’emprise des normes, la culture d’entreprise, la concurrence en prennent pour leur grade, comme c’est le cas dans Rien à foutre avant de se faire virer. C’est plus que nécessaire, vital, en l’occurrence. Parce qu’il peut être joyeux de #détruire_ce_qui_nous_détruit. Et si il y a bien d’autres moyens de se battre, cela passe le plus souvent là aussi par des formes de renversement de l’ordre des choses (la grève n’est pas pour rien un arrêt du travail, la coalition, une échappée hors de la séparation, etc.). Il s’agit d’être en mesure de porter tort.

      Quant au film Réponses diplomatiques, même quand comme moi on aime pas le MD (étatiste, tiers mondiste, mais... oui, il m’arrive d’en lire des morceaux), on peut apprécier de voir mis en lumière la veulerie des chiens de garde (l’expression n’est pas récente, c’était le titre d’un livre de Nizan en 1932).

      Est-il besoin d’avoir été interdit bancaire pour se marrer en voyant ça ?

  • #Surplus : Terrorized into Being Consumers (2003) Full

    Surplus: Terrorized Into Being Consumers is an award winning Swedish documentary film on consumerism and globalization, created by director Erik Gandini and editor Johan Söderberg.

    It looks at the arguments for capitalism and technology, such as greater efficiency, more time and less work, and argues that these are not being fulfilled, and they never will be.

    The film is about our world, the modern civilisation that eats more than needed. It’s not very much information that is physicly showed, its the pictures in symbios with music that is the real strength in this flick.

    The film leans towards anarcho-primitivist ideology and argues for a simple and fulfilling life.

    https://www.youtube.com/watch?v=bXmuWecIQos

    #consommation #documentaire #film #consommateurs #crise #environnement #capitalisme #technologie #société_de_consommation #critique_sociale

  • Depuis 24 heures, grosse #polémique dans le petit monde de la #sociologie universitaire française, avec un clash sur #facebook entre Didier #Eribon (qui a l’air d’avoir un sacré melon) et Jean-Louis #Fabiani, qui prenait la défense de #Boltanski accusé par Eribon d’être un « idéologue catholique ».
    Gros #bordel, mais il n’est pas inintéressant de voir jusqu’où mène l’appropriation (pas si ancienne que ça dans les sciences sociales) par des #universitaires des réseaux sociaux : vers une publicité des clashs et des invectives qui restaient jusque là dans les salles de séminaires.

    REMARQUES SUR LA PENSÉE RÉACTIONNAIRE ET SUR LES OPÉRATIONS DE RECHRISTIANISATION DE LA VIE INTELLECTUELLE
    http://didiereribon.blogspot.fr/2014/01/remarques-sur-la-pensee-reactionnaire.html

    On me raconte que, pour défendre son maître Boltanski, un certain Jean-Louis Fabiani (?) m’attaque sur sa page Facebook en me reprochant de n’avoir « jamais fait » de sociologie. Il s’indigne même qu’on ait pu me donner une « chaire » dans l’université française !
    Est-ce le même Fabiani que celui qui a publié un livre pathétiquement mauvais sur l’histoire de la philosophie en France, il y a quelque chose comme 25 ans, et qui, sans doute devenu conscient de ses limites après cela, n’a plus jamais rien fait depuis ?
    Et qui, bien sûr, siège (il a tout le temps pour ça) dans toutes les instances de contrôle (le CNU) de ce qu’il considère comme « sa » discipline ?
    Si c’est le cas, je suis fier de n’avoir jamais fait de « sociologie » au sens où il l’entend, et l’on comprendra aisément pourquoi je suis favorable à la suppression du CNU : pour que de telles nullités intellectuelles ne soient plus en mesure d’exercer leur faculté de nuisance et de reproduction éternelle de leur médiocrité.

    Jean-Louis Fabiani
    https://www.facebook.com/jeanlouis.fabiani?fref=ts

    Je voudrais rappeler à ceux qui, honte à eux, osent me traiter d’homophobe que je suis le seul universitaire français à avoir accepté de diriger la thèse de Geoffroy Daniel de Lagasnerie, au nom de la liberté d’expression, sans partager un seul de ses points de vue ?

    • D’ailleurs, comme lien vers les articles ou commentaires, il faudrait essayer de trouver les vrais liens y amenant directement et non le flux général, car une semaine, une mois, un an plus tard, ce ne sera plus pareil. Souvent ces liens sont sur les dates ou horaires (twitter, facebook, seenthis, etc). Par exemple là le vrai lien c’est :
      https://www.facebook.com/jeanlouis.fabiani/posts/10152112650029651

    • C’est vrai, mais la solution supérieure serait sans doute de réussir à intégrer le message lui-même dans le corps du billet, ce qui faciliterait la lecture et permettrait de le conserver même s’il est effacé.
      Je pense notamment au système des articles sur lemonde.fr, qui réussit à intégrer le post facebook ou twitter et sa mise en forme au corps de l’article. Mais j’avoue que je n’ai aucune idée de comment ils font…

    • C’est avec #Oembed, de la même manière que pour les vidéos ou images ici : on donne l’URL uniquement, et le système sait afficher le contenu distant en interne.

      Pour Twitter, ça pourrait être ajouté à @seenthis, car on sait que c’est court, mais si chaque lien FB (je parle du vrai lien du post) était intégré en entier, ça pourrait être énorme (sans parler des droits), sauf si on force la citation en n’affichant que les premiers N caractères.

    • J’ai une petite question, je ne suis pas sur moi même : pensez-vous qu’il st intéressant de donner autant de visibilité à ces querelles microcosmique ? Je n’ai pas trop l’impression ici qu’on soit dans une critique constructive utile, qui fait avancer le schmilblick (si je puis dire), mais je m trompe peut-être, l’alternative est que ce soit un stupide règlement de compte auquel cas l’intérêt pour le public est à peu près proche de zéro.

      Mais bon, je ne sais pas trop comment interpréter cela.

      #dubitatif

    • Le sociologue Luc Boltanski a écrit des pièces de théâtre en versets claudéliens, pas nulles d’ailleurs, mais qui rejoignent clairement des positions anti-IVG dans un style catholico-mystique assez fumeux. Vu le contexte ("Manif pour Tous", interdiction de l’avortement en Espagne, etc), Didier Eribon fait son boulot en le signalant. Non ?

    • @rastapopoulos, ok, merci beaucoup, mais quels problèmes de droits ça pourrait créer, si (comme en l’occurrence) le post est public ? Tu veux dire que c’est facebook que ça pourrait gêner ?
      @reka, Effectivement vu le tour que ça prend je suis en train d’être de plus en plus dubitatif moi-même. Cela dit, à la base, c’était plutôt parce que ça permet d’identifier un certain nombre de fractures et de chapelles différentes dans le milieu, ce qui n’est pas sans influence sur le contenu des travaux. Ce n’est pas vraiment le cas ici, mais en général je trouve que ça donne un arrière-texte intéressant à avoir en tête quand on lit certaines productions (notamment des articles ou des comptes-rendus critiques), que seuls quelques habitués des séminaires (dont je ne suis pas) peuvent vraiment contextualiser au sein du paysage universitaire.

    • En effet, pas simple, oui Irène et oui Alexandre. Je signale qu’en Norvège, puisqu’on parle de régression, la droite et l’extrême droite (coalition au pouvoir) proposent un projet de loi qui permettraient aux médecins de refuser de procéder à des avortements. La Norvège aussi, donc...

    • @cie813 Peut-être, mais pour le coup je n’ai pas l’impression que ça réponde à une grande nécessité du moment, et franchement (vu le ton) ça m’a plutôt l’air d’un réglement de comptes pour des motifs extérieurs de la part d’Eribon. Je n’ai pas particulièrement entendu Boltanski ces derniers temps, et je ne vois donc pas vraiment de raison de convoquer sa personne et ses écrits passés sur le débat, d’autant que c’est assez sévèrement ad hominem :

      ce pauvre Boltanski se situait du côté de la pensée critique quand ça lui semblait être payant (il était un disciple de Bourdieu), puis a dénoncé la pensée critique quand il est devenu payant de se rattacher à la révolution néo-conservatrice (rejoignant les cénacles chrétiens et insultant Bourdieu, et jusqu’au jour de sa mort), et il est fort probable qu’il cherche désormais à récupérer la « critique » qu’il a pratiquée puis dénoncée (ou de faire croire qu’il la récupère, tout en maintenant ses options idéologiques spiritualistes en assimilant notamment la sociologie critique à une théorie paranoïaque du complot - vieux discours de la droite, vieille rengaine de la pensée bourgeoise), puisque cela redevient peut-être payant...

      Enfin, je suis un poil sceptique sur la notion de « boulot » pour un sociologue dénonçant des sociologues, surtout qu’en l’occurrence l’ironie est qu’Eribon passe son temps à se lâcher sur « les flics de la pensée »

    • @alexandre, par défaut, sans licence explicitant autre chose, un texte appartient à son auteur, et seul lui peut décider où il veut le publier. Si tu le mets autre part, tu ne peux en mettre que des petits bouts : c’est le « droit de citation ». Mais pas plus. Un texte publié (donc public) ne veut pas dire qu’il est dans le « domaine public » !

      Avec tes références au « monde universitaire », j’eus cru que tu savais cela. :)

    • @rastapopoulos Je comprends, mais en l’occurrence c’est la notion de « texte » qui me paraît problématique : un post facebook aurait ce statut et pas un tweet ? Parce que lemonde.fr (pour y revenir) ne se gêne pas pour intégrer des tweets, y compris (me semble-t-il mais je ne suis plus certain tout à coup) anciens voire effacés par leurs auteurs.
      A partir de là, j’ai supposé (sans doute abusivement) que la différence était que la publicité du message sur twitter permettait de contourner ça.
      Donc par curiosité, tu sais si c’est la licence de twitter qui permet ça, ou si c’est juste le statut journalistique du monde.fr qui fait qu’ils ne s’encombrent pas de ça en disant qu’ils ne font que rapporter des infos ?

      Mais je suis loin d’être tout-terrain sur le « monde universitaire », d’autant que (comme on le voit un peu), quand il se transfère sur le numérique ça fait un beau bordel à tous points de vue ;)

    • C’est différent suivant plusieurs critères : la longueur du texte de base, et le but et l’auteur de la citation. Lorsqu’il s’agit pour un journal de « rendre compte de l’actualité », il peut être permis de citer un texte en entier, par exemple.

      De plus Twitter c’est une phrase ou fort peu de phrases, donc à mon avis ça revient à citer une parole de quelqu’un à l’oral, qu’il aurait prononcé à la radio ou à la télé. Quand ça devient un texte de plusieurs paragraphes, ce n’est pas forcément de la même nature.

    • @cie813, entendu dire (…) que Boltanski ayant changé de femme, il a moins de goût pour le catholicisme (réac), avec la réussite de sa carrière, cela irait jusqu’à "expliquer" son retour à des thèses plus critiques (?). Mais si on ne s’en tient pas qu’à cet aspect, on lira une recension critique de son livre phare Le Nouvel Esprit du Capitalisme dont le conservatisme des thèses de Boltanski ne sortent guère indemnes :

      La thèse qui court tout au long du « Le nouvel esprit du #capitalisme » est la suivante : la #critique_artiste (fondée sur, et revendiquant la liberté, l’autonomie et l’#authenticité) et la #critique_sociale (fondée sur, et revendiquant la solidarité, la sécurité et l’#égalité) « sont le plus souvent portées par des groupes distincts » et sont « incompatibles ».[1] Le flambeau de la critique artiste, transmis par les artistes aux étudiants de #mai_68, aurait été repris par la suite par les gens « branchés » qui travaillent dans les médias, la finance, le show business, la mode, Internet, etc., c’est-à-dire, les « créatifs » du « haut de la hiérarchie socioculturelle ». La critique sociale, par contre, portée par les ouvriers de 68, aurait été reprise par les petits gens, les subordonnés, les exclus du libéralisme. Critique artiste et critique sociale sont donc « largement incompatibles ».

      La « critique artiste » suscite un malaise chez les auteurs, voir un certain mépris, qu’ils ont du mal à cacher. De leur point de vue, cela se comprend aisément, puisque la « critique artiste […] n’est pas spontanément égalitaire ; elle court même toujours le risque d’être réinterprétée dans un sens aristocratique » et « non tempérée par les considérations d’égalité et de solidarité de la critique sociale peut très rapidement faire le jeu d’un libéralisme particulièrement destructeur comme nous l’ont montré les dernières années ». D’ailleurs, la critique artiste n’est « pas en soi nécessaire à la mise en cause efficace du capitalisme comme le montrent les succès antérieurs du mouvement ouvrier sans les renforts de la critique artiste. Mai 68 était, de ce point de vue, exceptionnel ». A la lecture, on sent aussi que le livre est parcouru par un ressentiment contre mai 68 qui, depuis quelques années, traverse les élites intellectuelles françaises, et dont font les frais, ici aussi, comme chez l’ancien ministre de l’Education Nationale, Michel #Foucault, Gilles #Deleuze et Félix #Guattari, qui, en tant que maîtres de la pensée 68, auraient déposés des germes de libéralisme dans les têtes de gens sans y prendre garde.

      Donc non seulement la critique artiste n’est pas nécessaire, sinon à « modérer le trop d’égalité de la critique sociale » qui risque de « faire fi à la liberté » (sic), mais en plus elle joue le cheval de Troie du libéralisme, à qui elle est apparenté par le goût aristocratique de la liberté, de l’autonomie et de l’authenticité que les artistes auraient transmis d’abord aux « étudiants », et qui aurait ensuite transité chez les « bobos ». Boltanski et Chiapello nous rejouent ici l’opposition de la liberté et de l’égalité , de l’autonomie et de la sécurité, d’une autre époque, sur laquelle d’ailleurs se sont cassés les dents aussi bien le socialisme et le communisme,.

      extrait de Les malheurs de la « critique artiste » et de l’emploi culturel
      http://eipcp.net/transversal/0207/lazzarato/fr

      @alexandre, quand même, Didier Eribon, entre son Retour à Reims et son D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, où les #socialistes sont de façon tout à fait argumentée vigoureusement étrillés, c’est un des rares académiques dont les travaux relèvent au moins pour partie de la question de l’émancipation, non ?

      #Maurizio_Lazzarato

    • @colporteur, pour être très honnête je n’ai pas lu Eribon, mais j’ai lu et entendu pas mal de choses intéressantes sur ces deux livres qui m’ont effectivement plutôt donné envie de me rattraper, encore qu’il me semble que tout cela n’a un rapport qu’assez lointain avec une démarche et une méthode sociologique. Ce n’est pas un mal, et peut-être qu’une lecture détaillée montrerait que je me trompe, mais puisque toute cette histoire est partie de là (et que c’est à cause de ça qu’Eribon a pris le bourdon)…

      Cela dit, ça n’était franchement pas mon propos (d’ailleurs je n’avais pas de propos à la base, je signalais juste le truc), mais simplement ça me paraît curieux cette mentalité mi-cour de récré, mi-ubu roi, où la situation au final c’est un type qui traite la terre entière (et notamment des universitaires qui ne sont pas tout à fait insignifiants) d’intégristes cathos, de nains de la pensée et de flics universitaires, et des réactions qui se centrent autour du fait qu’il écrit des bons bouquins à côté (ce qui me paraît un peu à côté du souci du moment).

      Au final, un propos qui a quand même fini par mûrir, c’est que voir comme ça les conflits d’égos éclater en place publique numérique, ça permet de mesurer la relativité d’une certaine pondération/nuance qu’on attend généralement des chercheurs, et de se rappeler qu’un bon paquet d’entre eux attendent essentiellement de s’engueuler comme des poissonniers (c’est juste qu’on le voit).
      Et, accessoirement, qu’il me paraît vraiment très discutable de convoquer des notions de « boulot » pour une sorte de veille documentaire intellectuelle des idées de la terre entière (btw, @cie813, Eribon a sauté dessus et a repris la chose sur sa page facebook) - mais c’est discutable, et ça peut faire partie de l’éthique d’engagement de certains. Je suis loin de supporter les anti-IVG et leurs soutiens idéologiques, mais enfin Boltanski a quand même le droit de penser et d’écrire ce qu’il veut (surtout quand c’est aussi dépourvu d’intention militante que ce qu’on convoque là) sans qu’on le rabatte sur un débat où il n’a pas voulu se pointer (à ma connaissance), pour lui faire porter une responsabilité indirecte sur une bande d’allumés.

  • Extrait de l’indispensable « A nous la liberté » de René Clair http://www.youtube.com/watch?v=PG7HnpD0fUc

    http://fr.wikipedia.org/wiki/À_nous_la_liberté

    À nous la liberté a été un #film #culte qui devint une sorte de slogan pour la #jeunesse #lettrée au cours des années 1930. Un contemporain écrira : « Combien de fois avons-nous vu Sous les toits de Paris et ce spectacle amer et enchanté, avec ses #Luna-Park où chantent les #oiseaux_mécaniques, sa #poésie de papier doré et de #romances, qu’est À nous la #liberté ? Je ne saurais le dire, mais c’était pour nous le symbole de ce temps heureux, où les dangers restaient l’#américanisme, la #surproduction, et non la #grève et la #misère, et où, pour finir, deux #vagabonds gagnaient en chantant, eux aussi, les routes joyeuses du destin. Ainsi l’écran nous donnait-il des nouvelles de l’univers. Ainsi apprenions-nous de #René_Clair à connaître Paris comme nous l’apprenions de Baudelaire, de Balzac1. »

    #Cinéma #politique #Ouvrier #prolétariat #usine #critique_sociale #Capitalisme

  • Où est passée la #critique_sociale ? | Mediapart
    http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/280612/ou-est-passee-la-critique-sociale

    Ce n’est encore qu’un premier sentiment, mais on a l’impression que la gauche revenue au pouvoir se contente déjà de mesures timorées, sans prendre en compte une critique sociale réelle. Cela s’explique-t-il d’abord par le comportement de cette gauche menée par un PS qui n’aurait pas profité de sa cure d’opposition pour renouveler son logiciel idéologique, ou plutôt par la faiblesse de la critique sociale aujourd’hui ?

    Cela se joue dans l’écart qui s’est constitué entre les trois piliers que sont le champ politique institutionnel, les mouvements sociaux et les milieux intellectuels. Le champ politique institutionnel a des liens de plus en plus en faibles avec les mouvements sociaux critiques, parce qu’il se situe dans un esprit plutôt gestionnaire. La gauche institutionnelle s’est aussi éloignée des secteurs intellectuels critiques et est dominée par une pensée technocratique de l’expertise. Elle cherche comment réparer des bouts de tuyaux des machineries qui nous dominent sans s’interroger sur les machineries elles-mêmes.

    Dans le même temps, les milieux intellectuels critiques ont été marqués par un mouvement de spécialisation des savoirs et d’enfermement universitaire qui éloigne de la cité. La pensée critique existe donc, mais elle apparaît moins connectée à la politique institutionnelle comme aux mouvements sociaux. Paradoxalement, la gauche arrive au pouvoir à un moment où elle est affaiblie sur le plan intellectuel, au sens où elle tend à circuler automatiquement sur des rails non réfléchis de manière globale.


    #Phillipe_Corcuff