• Un mineur de 13 ans éborgné par la police lors de la finale du PSG - Les autorités veulent un pays sans peuple
    https://ricochets.cc/Un-mineur-de-13-ans-eborgne-par-la-police-lors-de-la-finale-du-PSG-Les-aut

    Le régime policier rend impossible l’existence de moments collectifs échappant aux logiques de marchandisation Pour les pouvoirs, les peuples sont par définition dangereux, indisciplinés, non éduqués, inaptes à la démocratie réelle. Alors quand des classes populaires veulent faire la fête, surtout quand elles sont jeunes et racisées, elles sont impitoyablement réprimées, verbalement, policièrement et judiciairement. Un jeune de 13 ans s’est fait éborgner par un flic (voir plus bas), son (...) #Les_Articles

    / #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire, Autoritarisme, régime policier, démocrature...

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://contre-attaque.net/2026/04/01/ripost-artistes-pas-terroristes
    https://contre-attaque.net/2022/05/29/welcome-in-france-la-presse-anglaise-choquee-par-la-police-francaise
    https://www.revolutionpermanente.fr/Violences-policieres-un-adolescent-de-13-ans-eborgne-par-un-tir
    https://lundi.am/Victoire-du-PSG-liesse-populaire-et-joie-emeutiere
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/sacre-du-psg-a-paris-un-policier-hors-service-condamne-a-14-mois-de-priso
    https://www.humanite.fr/societe/football/interpelle-frappe-et-menace-un-jeune-de-14-ans-denonce-des-violences-polici
    https://contre-attaque.net/2026/05/29/dechainement-repressif-contre-une-free-party-en-bretagne-les-gendarm
    https://contre-attaque.net/2026/05/30/neuf-jours-apres-la-descente-neonazie-au-coeur-de-paris-toujours-auc

  • « C’est bon ça la pêche aux bicots » : une équipe de la #BAC de #Nice accusée de #racisme

    Après un an de calvaire au sein d’un groupe de la brigade anti-criminalité de Nice, où elle était la seule fonctionnaire d’origine maghrébine, la policière Chaïma a porté #plainte pour #harcèlement_moral et #discrimination.

    Une semaine avant sa prise de poste sur la Côte d’Azur, le 6 septembre 2024, la brigadière-cheffe Chaïma (1) aurait reçu un appel de mauvais augure. À l’autre bout du fil, son futur supérieur hiérarchique : « Je suppose que tu es musulmane ? », « tu fais la prière ? », « tu fais le ramadan ? » Et le chef de groupe Éric C. de souffler à chaque réponse positive. La policière originaire de la région lilloise a beau le rassurer, en lui précisant que cela n’aura aucun impact sur son travail, il lui aurait expliqué que ses gars « s’inquiètent ». « Ils ne pourront plus s’exprimer librement dans la voiture. » Quelques heures plus tôt, son mari, lui aussi policier à Nice, aurait vécu le même appel sous forme d’interrogatoire. Il confirme via son avocat la teneur des questions de l’agent niçois sur les pratiques religieuses de sa femme.

    Les inquiétudes de Chaïma se seraient vérifiées sur place. De septembre 2024 à août 2025, la policière, témoin de nombreux propos racistes, aurait vécu humiliations racistes et sexistes, pressions et ostracisation au sein d’une équipe de la brigade anti-criminalité (BAC) de Nice (06). La fonctionnaire dénonce également les violences et d’autres actes illégaux commis par ses collègues, comme révélé dans le premier épisode de cette enquête. Après un an de calvaire, elle lance l’alerte. Elle a porté plainte contre X ce 5 février auprès du tribunal judiciaire de Nice pour « harcèlement moral, discrimination, faux en écriture publique et usage de faux, violences volontaires sur mineur, atteinte à la liberté individuelle, menaces et abus d’autorité et violation de domicile par personne dépositaire de l’autorité publique ». Le parquet de Nice a informé StreetPress de l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Contactés, ni la Direction générale de la police nationale ni les responsables hiérarchiques et les agents de la BAC de Nice concernés n’ont souhaité nous répondre.

    « Comme c’est le cas dans la plupart des affaires où des policiers dénoncent par les voies traditionnelles les actes illégaux au sein de la police, la hiérarchie tente de les faire taire en les marginalisant et en les sanctionnant », estime Maître Arié Alimi, l’avocat de Chaïma. Si la plaignante n’a pas souhaité s’exprimer, StreetPress a pu consulter de nombreux documents et échanger avec son avocat. Malgré une enquête administrative qui, selon nos informations, aurait reconnu des propos discriminatoires et entraîné le départ de son chef de groupe en mars 2025, le harcèlement de la policière, actuellement en arrêt maladie, n’aurait pas cessé. Devenu délégué départemental du puissant syndicat Unité-SGP, il n’a pas été sanctionné et a été décoré quatre mois après sa nomination en tant que délégué syndical.

    Racisme décomplexé de la « BAC JB »

    Dans la ville qui vient d’élire le maire d’extrême droite Éric Ciotti, toutes les équipes de la BAC ne se valent pas. Elles sont divisées en quatre, deux de jour, deux de nuit. L’une d’entre elles, la BAC « JB », pour « Jour B », est connue pour son turn-over important et la relative jeunesse de ses effectifs. C’est là qu’atterrit Chaïma, unique agent d’origine maghrébine dans un groupe de douze composé de dix hommes. Elle découvre que certains de ses collègues appellent les arabes « les bougnoules » et les noirs « les macaques », détaille-t-elle dans sa plainte, que StreetPress a pu consulter. Parmi les expressions racistes que lanceraient ses collègues : « Le macaque, je vais le faire descendre de son arbre. » Une autre habitude des policiers de la BAC JB serait d’ironiser : « de toute façon t’es coupable ! » ou de répéter « coupable, coupable, coupable » lors de contrôles de personnes racisées, surtout lorsqu’elles ne parlent pas français.

    Dans une capture d’écran de conversation WhatsApp datant du 7 janvier 2025, que StreetPress a pu consulter, un gardien de la paix indique l’horaire et la teneur d’une grosse intervention à venir, en concluant par « pêche au » suivi de l’émoji canard. Le gardien de la paix Nicolas F. lui répond : « C’est bon ça la pêche aux bicôts. » Le chef de groupe Éric C. et son adjoint Fabrice L. auraient assisté à l’échange numérique sans intervenir.
    L’enfer de Chaïma, de Tourcoing à Nice

    La policière de 38 ans Chaïma a vécu dix-neuf ans de carrière sans remous au sein de la gendarmerie puis de la police, jusqu’à obtenir le concours de brigadière-cheffe. Ses problèmes commencent en mars 2024, lorsqu’elle rejoint la police-secours de nuit de Tourcoing (59), dans le Nord de la France. Pour la première fois, un supérieur, l’adjoint du chef de groupe, lui fait sentir sa différence. « T’aurais pas pu t’appeler Virginie ou Elodie ? Ça serait plus simple », se serait moqué Stéphane H., lors de l’appel dès sa première soirée de service.

    Quelques heures plus tard, pendant une pause bavardage au commissariat sur le thème du football, le même aurait évoqué devant elle les « gènes de fils de pute » de Karim Benzema. Dans la même nuit, il lui aurait fait remarquer que les chiens sont arrivés avant les femmes dans la police. Des scènes confirmées auprès de StreetPress par plusieurs sources policières tourquennoises. Dès le lendemain, Chaïma décide d’alerter sa hiérarchie, qui lui aurait recommandé de prendre sur elle et de ne pas faire de vagues. Pendant l’été 2024, décidée à s’éloigner de ce climat hostile, Chaïma obtient l’oral de la BAC et postule à Nice, rassurée par les promesses d’un quotidien ensoleillé et réparateur avec son mari et ses deux enfants.

    Peine perdue. Dans l’institution policière, les réputations de mouton noir se transmettent parfois de service en service. « Deux chefs ont répété devant plusieurs personnes qu’ils connaissaient du monde à Nice et qu’ils allaient lui mettre des bâtons dans les roues. Elle est arrivée dans le Sud avec une étiquette », confie un policier des Hauts-de-France, sous couvert d’anonymat. Leur connaissance était-elle Éric C. ? Chaïma en est persuadée. Elle assure dans sa plainte que ce dernier l’aurait questionnée sur ses mésaventures à Tourcoing lors de son interrogatoire téléphonique. Le policier niçois semble pour le moins partager les idées rances de son homologue du Nord. Sur sa page Facebook, entre une photo de profil des Templiers — ces chevaliers de l’époque des croisades — et le partage du site d’extrême droite Damoclès, le fonctionnaire postait en 2020 l’image d’un guerrier en armure enfonçant sa lance dans un corps sans vie accompagnée de la phrase « non à l’islamisation de la France ». En 2025, il récidive en partageant les phrases xénophobes « ici c’est la France, pas le bled » ou « l’arrêt de l’immigration massive, c’est 70 milliards d’euros d’économie et le retour d’une France paisible ».

    Lorsque Chaïma débarque au sein de la BAC JB, Éric C. s’arrangerait pour l’avoir systématiquement au sein de son équipe. Admiré par ses troupes, le chef répèterait à qui veut l’entendre qu’il la soupçonne d’être une infiltrée qui les enregistre avec une oreillette pour les « balancer » à l’IGPN. Il lui interdirait de parler en arabe auprès des victimes ou des mises en cause, sauf avec son autorisation. Quand elle n’est pas avec lui, il l’appellerait des dizaines de fois d’affilée pour connaître ses faits et gestes. Quand la fonctionnaire demande à poser des congés pendant les fêtes de fin d’année, son supérieur lui aurait refusé sous prétexte qu’elle est la dernière arrivée avant de lui glisser, d’après son témoignage, qu’elle n’est pas catholique et n’aurait donc pas besoin de fêter Noël.
    Enquête administrative et vengeance

    Six mois après l’installation douloureuse de Chaïma dans les Alpes-Maritimes, un rapport du chef de la BAC de Nice, le capitaine R., enclenche une enquête interne. Selon nos informations, cette enquête administrative ouverte en février 2025 retient l’existence de propos sexistes et discriminatoires imputables au brigadier-chef Éric C. La qualification de harcèlement moral n’est pas retenue, ce que contestent Chaïma et son avocat. Le chef de groupe, contre lequel aucune sanction disciplinaire n’est prononcée, quitte en avril 2025 les effectifs de la BAC pour occuper un poste de délégué syndical chez Unité-SGP à Nice, tout en restant affecté à la BAC. Un détachement qui lui permet de bénéficier d’une protection liée au statut syndical. Auprès de StreetPress, une source policière niçoise s’indigne :

    « Comment un policier qui a tenu des propos discriminatoires, reconnus par une enquête administrative, peut être nommé par un syndicat pour défendre les agents ? C’est lunaire. »

    Quelques mois plus tard, le 8 juillet 2025, l’agent Éric C., à l’origine du harcèlement de Chaïma à Nice, a reçu en présence du préfet la « médaille d’honneur de la Police nationale échelon Or » pour l’ensemble de son œuvre. Mais, sur le terrain, le cauchemar de Chaïma aurait continué. Avant son départ, dans un groupe WhatsApp qui réunit des agents de la BAC JB, le chef de groupe envoie le 16 mars 2025 :

    « Le vieux lion est gravement blessé mais pas encore totalement mort, sa vengeance sera terrible. Ça marche bien les cachets lol. »

    Informée de cet avertissement écrit par une collègue, la policière Chaïma l’interprète comme une menace de l’empoisonner. Elle prévient le capitaine R., chef de la BAC, qui ne lui répond pas. Terrorisée, elle se met à vérifier ses boissons. L’ancien adjoint Fabrice L., devenu chef de groupe et la majorité de l’équipage, aurait pris le parti de leur ancien supérieur, qui viendrait souvent leur rendre visite. Ils auraient mis à exécution sa « vengeance ».
    Syndrome de stress post-traumatique

    L’exclusion de Chaïma serait montée d’un cran. Elle apprend que des informations sont échangées dans un groupe WhatsApp de travail auquel elle n’a pas accès. Lors d’interventions dans des quartiers populaires de Nice, la policière aurait régulièrement pour ordre de rester dans le véhicule : elle y serait « trop visible ». Dans un SMS consulté par StreetPress, un policier de la BAC de Nice compatit :

    « Je n’ai jamais vu un accueil pareil et une tournure aussi pourrie pour un collègue. »

    C’est quatre jours après avoir refusé de couvrir les violences de ses collègues sur un mineur isolé — détaillées dans un premier article — que la policière aurait été convoquée par sa hiérarchie. En guise de porte de sortie, le capitaine R. — le même qui avait été à l’initiative du rapport sur les discriminations qu’elle subissait —, son chef de groupe Fabrice L. et un major lui proposent de demander une mutation. Elle refuse, estimant que ce n’est pas à elle de partir. Chaïma prétend que ces derniers l’auraient ensuite menacée de transmettre eux-mêmes à la direction départementale des rapports antidatés pour justifier son éviction. Depuis le 29 juillet, la Lilloise est en arrêt de travail pour syndrome de stress post-traumatique. Son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des somnifères.

    Selon l’avocat Arié Alimi, qui défend Chaïma, cette affaire révèle que « le processus d’impunité et de harcèlement des policiers qui dénoncent se fait en lien entre la hiérarchie policière, le ministère public et les syndicats de police ».

    (1) Le prénom a été modifié pour protéger l’identité du témoin.

    #forces_d'ordre #islamophobie #travail
    –-

    ajouté à la métaliste, mais pour l’instant tout à fait incomplète, de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas :
    https://seenthis.net/messages/723573

  • « Je pensais que l’affaire était aux oubliettes » : sept ans après, neuf #CRS jugés pour des #violences contre des « #gilets_jaunes » dans un #Burger_King à #Paris
    https://www.franceinfo.fr/faits-divers/police/violences-policieres/je-pensais-que-l-affaire-etait-aux-oubliettes-sept-ans-apres-neuf-crs-jug

    Les images montrant des membres des #forces_de_l'ordre frappant des #manifestants dans un fast-food, le 1ᵉʳ décembre 2018, ont marqué les esprits. Leur #procès s’ouvre lundi à Paris, plus de sept ans après, un « délai insatisfaisant », selon le ministère de la Justice.

    Je crois que Darmanin a souhaité se foutre ouvertement de nos gueules cassées.

  • Dans mes 1500 onglets ouverts, je retrouve un brouillon seenthis laissé en suspens dont Firefox n’a pas supprimé le texte pendant plus de 2 ans. C’était donc en 2023, pendant les manifestations contre la réforme des retraites.

    Mon papy est mort cette semaine, et dans le lot de ses centaines de tableaux, parmi ceux pourtant bien en vue depuis des années dans l’appart, je tilte seulement sur cette toile de… 1995, toujours d’actualité donc.

    L’histoire se répète un peu…

    #2023 #1995 #manifestation #retraite #réforme_des_retraites #mouvement_social #police #CRS #histoire #papy #peinture

  • Ces policiers et gendarmes qui démissionnent : « J’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? »

    Ils ont quitté des institutions auxquelles tous disent avoir cru. Leurs parcours racontent souvent les mêmes histoires, entre lourdeurs administratives, dysfonctionnements et culture du silence.

    En apprenant qu’il comptait rejoindre la police, la famille « plutôt très aisée, assez bobo parisienne » n’a pas tout à fait compris le choix de Florent Gensollen. Une maîtrise de droit en poche, en janvier 2010, le jeune homme décroche le concours d’officier avec l’ambition, « peut-être un peu romantique », dit-il, de « servir le public, protéger les institutions, être utile ». Dès sa scolarité, c’est la douche froide, entre « plaisanteries » plus ou moins appuyées sur les « gauchistes » et saillies racistes.
    Il se convainc d’être « tombé sur la promo de fous » et sort 51e sur 100 avant d’être affecté dans un service consacré au traitement des viols et des vols avec violence. Quoique bien noté, il se heurte assez rapidement à des pratiques qu’il « ne cautionne pas » avant d’être muté à la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis. Au cours d’une enquête, il est témoin de violences en garde à vue, assure avoir « fait un scandale pendant que tout le monde regardait le plafond ». Il découvre, aussi, des « collègues en grande souffrance, déprimés par un management vertical assez brutal », les méfiances entre les différents corps, gardiens de la paix, officiers, commissaires.
    Ses convictions se fissurent peu à peu mais il tient bon, accroché à son souhait de « servir ». La répression des manifestations contre la « loi travail », en 2016, achève de le dessiller : « On en discutait beaucoup entre nous et j’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? » En juillet 2017, il annonce à son supérieur qu’il souhaite démissionner. Réponse du commissaire, après quelques secondes de réflexion : « Faites-moi votre rapport, que je puisse demander un remplaçant au plus vite. »
    « Faire taire »
    A huit années de distance, en se montrant « fier de ce qu[’il a] pu faire, comme traiter des viols et aider des victimes », Florent Gensollen s’interroge sur le fonctionnement d’un « corps finalement assez coupé de la population, qui vit dans l’entre-soi et où l’on finit par voir le monde en noir et blanc ». « Quand on est policier, explique-t-il, on change d’état d’esprit. Je quittais le service et je classais les gens croisés dans la rue en deux catégories : les victimes et les délinquants. A la fin, on ne se reconnaît plus. » Après un passage par les Beaux-Arts d’Angoulême, le jeune homme est devenu éducateur et illustrateur, et espère vivre un jour de sa passion pour la bande dessinée.
    Dans la police, dénoncer les dysfonctionnements paie rarement. Question de codes, de pratiques, de culture. Et les lanceurs d’alerte sont généralement considérés comme des aigris, des éléments perturbateurs animés de la seule volonté de nuire. « Quand on dénonce un problème dans la police, on devient le problème », résume Jean-François (qui n’a pas souhaité donner son nom). En 2019, lorsqu’il s’étonne que certains délégués syndicaux et chefs de groupe de son service perçoivent une prime à laquelle ils ne peuvent prétendre, sa hiérarchie n’accepte pas qu’il dénonce en interne « ce dysfonctionnement ». Une enquête administrative est aussitôt diligentée contre lui, « une procédure-bâillon » destinée à le « faire taire », assure-t-il.
    C’est le début d’une longue suite d’avertissements, de rappels à la règle, d’« exclusion de réunions de groupe », jusqu’à l’isolement total. En mars 2021, il est sanctionné pour avoir « contesté de manière inappropriée » l’attribution de la prime qu’il estime indue. Suivent quatre années entrecoupées d’arrêts de travail et d’enquêtes administratives menées, selon lui, exclusivement « à charge », et un « harcèlement moral » encore aggravé lorsqu’il s’inquiète de l’ordre que ses collègues et lui ont reçu : partager des données sensibles par la messagerie chiffrée Signal.
    Les rapports favorables de certains collègues n’y feront rien. En avril 2025, après des postes à la PJ et dans le contre-terrorisme, il est affecté au service des plaintes en ligne. Un mois plus tard, il signe une rupture conventionnelle après des « crises d’angoisse » et un « burn-out » qui l’ont décidé à quitter la police pour s’inscrire, au mois de septembre, à un CAP de menuiserie. Non sans amertume, après avoir multiplié les démarches devant la justice avec son avocat, Arié Alimi, pour faire reconnaître ses droits. « Lutter contre l’injustice dans l’administration a un coût et l’épuisement cherché pour nous faire plier passe aussi par un épuisement financier, dit-il. La technique est bien rodée. » Si la Maison des lanceurs d’alerte lui a accordé le statut de lanceur d’alerte, son dossier est toujours à l’étude par la Défenseure des droits depuis le mois de juin.
    « Brebis galeuses »
    Alfred (son prénom a été changé) a également fait les frais des réticences de l’institution à admettre la défaillance de certains de ses agents, en particulier lorsqu’ils sont cadres. En 2015, alors en deuxième année de licence d’histoire, il plaque ses études après l’attentat de Charlie Hebdo pour rejoindre la police et se sentir « utile ». Deux ans plus tard, dès sa sortie d’école de gardiens de la paix, il est affecté dans un service d’enquête d’un commissariat de la banlieue nord de Paris, où il travaille avec « des gens extraordinaires, à tous les niveaux de la hiérarchie ».

    Mais à son arrivée dans une prestigieuse brigade de la PJ parisienne en 2023, il déchante. Pendant des mois, il documente des faits de harcèlement, des « blagues » à caractère sexuel jusqu’aux insultes. Avisée, la hiérarchie n’y voit que les marques d’un humour potache. « Il était capitaine, dit-il en évoquant son tourmenteur, ce n’était pas lui qu’on allait virer, mais moi. » Pressenti pour passer l’examen d’officier de police judiciaire, on lui propose à la place d’être affecté à l’ouverture du garage du siège de la PJ parisienne. Après de longs mois de procédure, lorsqu’il retrouve un poste, c’est dans un placard.
    De guerre lasse, il jette l’éponge en février 2025 et suit une procédure de reconversion professionnelle pour devenir journaliste et mettre à profit ce qu’il a appris dans la police, « le traitement de sources et une méthodologie d’enquête ». Comme beaucoup de démissionnaires, il ne regrette pas ses années dans l’institution, « où on trouve aussi des gens incroyables et utiles à la société ». Mais s’interroge : « Une institution où l’on couvre presque toujours les brebis galeuses peut-elle fonctionner longtemps comme ça ? »
    Rencontrés dans une brasserie parisienne, Elvis et Franck (leurs prénoms ont été modifiés à leur demande) s’apprêtent à quitter la gendarmerie dans quelques mois en dépit d’un parcours professionnel jalonné de postes exigeants et valorisés. Les deux quadragénaires évoquent pourtant une « lassitude » face à la « rigidité en matière de gestion des ressources humaines, où il suffit d’être spécialisé dans un domaine pour être affecté dans un autre, au risque de fragiliser les relations de confiance établies avec les partenaires, magistrats en premier lieu ».
    Démotivation
    Chacun évoque le passage obligatoire à la « DG » , la direction générale de la gendarmerie nationale, comme « le tournant de la désillusion ». « On se trouve jusque-là en situation de responsabilité, à commander des professionnels conformément à ce qu’on nous a enseigné et, d’un coup, on devient la dernière roue du carrosse parmi des centaines d’officiers, dans un endroit où tout doit être validé et survalidé », avance Elvis. Au sein des personnels affectés à la « DG » , on plaisante volontiers sur les « CAC », les « commandes à la con » passées par les étages supérieurs de la hiérarchie.

    Selon ces deux officiers, « fiers d’avoir servi leur pays » et prêts à s’engager dans la réserve, « il ne faut pas regarder le volume des départs, mais le type de profils qui prennent la porte », des sous-officiers experts dans des techniques de pointe ou « des officiers qualifiés, parfois à des grades assez élevés ». Et de citer un colonel, ancien commandant de l’antenne du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) de Guyane, diplômé de l’école de guerre et conseiller du directeur général de la gendarmerie, qui a pris, en août 2023, la direction de la sûreté d’une multinationale de l’événementiel, ou l’ancienne porte-parole de la gendarmerie, qui a gravi un à un les échelons hiérarchiques jusqu’au grade de colonelle et remplit désormais les fonctions de secrétaire générale du Crédit agricole Centre France, qui totalise 2 500 salariés.
    Ces départs ne sont parfois que des « mises en disponibilité » autorisées à raison de périodes de deux ans renouvelables quatre fois – soit dix ans au total – avant un retour dans l’institution. Mais « opter pour ce dispositif à ce niveau de grade, insistent les deux officiers, constitue une nouveauté ».
    De longue date, le secteur privé n’hésite pas à débaucher d’anciens policiers, militaires ou gendarmes, réputés pour leur fiabilité et leur aptitude au commandement. Mais, selon Elvis et Franck, les départs enregistrés ces dernières années témoignent surtout d’une certaine forme de démotivation éprouvée face aux « lourdeurs administratives », aux coteries susceptibles de décider de l’orientation d’une carrière. Toutes les personnes interrogées soulignent pourtant les difficultés à tourner la page. « Servir l’Etat et l’Etat de droit manque parfois, représenter et incarner les valeurs républicaines manque souvent, résume Jean-François, le policier devenu menuisier. On ne quitte pas en quelques mois un uniforme porté pendant vingt ans. »

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/25/ces-policiers-et-gendarmes-qui-demissionnent-j-ai-fini-par-me-poser-la-quest
    #résistance #démission #abandon #travail #métier #culture_du_silence #dysfonctionnement

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    ajouté à la métaliste, mais pour l’instant tout à fait incomplète, de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas :
    https://seenthis.net/messages/723573

  • The truth about the #small_boats crisis. What Nigel Farage won’t tell you

    After the #Calais Jungle burned, the only migrants that remained were the birds. The square mile, where thousands of questing men looked north, has been rewilded with marsh flowers and rugged grass. There are no more celebrity visits, no Banksy murals, no Tom Stoppard theatre workshops; just a few early morning duck hunters, a birdwatching observatory and, occasionally visible across the sea, England.

    A decade ago, this stretch beyond the N216 motorway housed almost 10,000 people. There were radio stations, churches, mosques, a market street, even a nightclub. But in the end governmental consensus couldn’t abide the Jungle – it became too unstable, unsanitary and unsafe. When night came, some of its inhabitants would obstruct the motorways and crowd on to halted trucks. Many of them died this way, others attacked drivers in their desperation. People began to fear the Jungle; even the volunteers who helped build it grew exhausted by its terrible complexity. When the demolition crews arrived in 2016, it was set alight and those same volunteers gathered on a hill, watching the flames.

    That year, the French tried formalising another camp further east but its inhabitants attacked each other, then it burned too. It was decided nothing like the Jungle should ever grow back. Port security was tightened and migrants were prohibited from establishing permanent settlements. Tailed by police, the migrants became vagabonds along the coastline, forced into the margins of canals and ghettoised into areas of eerie woodland. But world events kept pushing more people towards France. When the lorries became difficult to penetrate, a new, deadlier route was opened: boats began to arrive in Kent.

    These boats unearthed a buried fear in Britain. It had to be Calais – our old possession, close to the launch sites of foiled invasions from Napoleon and Hitler. British politics has been quick to seize on this fear. Gradually, the migrants metamorphosed from unwitting fragments forced into motion by humanitarian crisis to an invasive force of criminals and sexual predators. Politicians and agitators insist they are a threat to British schoolgirls – “our girls” – a sentiment that spread across the country over the summer.

    In our reporting, we have spent time in camps across northern France and spoken at length to the migrants who passed through. We’ve approached aid workers, politicians, locals, policemen and town planners. The picture that emerges pertains not just to a failure of policy, but a failure of humanity. Beneath the political slogans and misapprehension, there is a terrifying, neglected reality. No one who arrives at the border is quite the same when they leave.

    It’s late August, the tail end of the crossing season. Due to rough seas, no boats are expected this week. So, on a rubbish-strewn towpath, some dozen Arab men lounge around a makeshift firepit. September is coming, and soon the crossing will be more dangerous. They’re running out of time.

    The raggedy tents are erected between stone boulders installed by the French authorities to deter encampments. This particular congregation, like virtually every other we visit around here, is defined by a common ethnicity and culture that provides a kinship with which to mitigate the misery.

    The most forthcoming are Maahir from Syria, Mahmoud from Gaza, Yousef from Egypt and Abdullah from Kuwait. How did they all meet?

    “When I first arrived in Calais,” explains Yousef, who comes from a village near Alexandria, “I met a Sudanese guy, he gave me a cigarette and said, ‘Egyptians stay over there.’” Most of Calais’s Sudanese population live in a hangar on the outskirts of the town. The Eritreans are somewhere else. “You meet people… then you meet your people,” we were told within days of our arrival.

    The living conditions are appalling. Many wear worn-down sliders and broken Crocs. Rashes resembling scabies are visible on bandaged hands. The group watches over an infant girl. She’s coughing profusely; one of them brings her a cookie. Mahmoud removes his right slipper to display a missing toe, blown off, he says, in an Israeli strike in southern Gaza. Others endure wounds inflicted by government security forces and gangs along the road to northern France.

    Abdullah stretches out his mangled wrist. “From the king of Kuwait,” he explains, the result of torture for taking part in anti-government protests. Abdullah, a former shepherd, is a unique member of the gathering; he was granted asylum in the UK five years ago and lives in Liverpool, servicing cars. He only returned to northern France to help bring his ageing mother across. He has enough money to get her into a lorry instead of a boat. This option is expensive, but considered safer and more reliable. From the perspective of the British government, Abdullah is a people smuggler.

    Nearly every story begins with an escape. Mahmoud escaped the Israel Defence Forces; Hassan, a baby-faced 20-year-old Iraqi, escaped three times, first from the Islamic State, then family persecution, then a detention centre in Bulgaria; Maahir fled Damascus after the fall of the Assad regime last December. Having been a poster-boy junior athlete during his national service, Maahir fears reprisals by the new Islamist regime. The trained lifeguard and semi-professional distance runner speaks conversational English. He hopes to be reunited in Birmingham with his sister, who has been diagnosed with cancer. He wants to become an NHS nurse.

    Maahir lists off defining European experiences: arrested three times in France, beaten and racially abused in Greece, chased by dogs through the forests south of Calais. “I expected French society to be better,” he says. “It’s the graveyard of dreams.” Several of his comrades grunt in agreement before piling in. Mahmoud was robbed not long after arriving in Greece. A Palestinian man on crutches tells us that, contrary to his expectations, Europe has “no respect”. Here, it’s widely accepted that the continent west of the Ural Mountains is made up of two distinct entities: Europe and Britain.

    The police, inevitably, move in and shepherd the men away. The migrants knew this was coming; they were warned ahead of time by the aid workers, but the frustration is palpable. Tents are packed by muscle memory, some men leave them by the canal. According to Human Rights Observers (HRO), a non-profit that documents police activity, there were at least 44 evictions in the Calais area last month. Abdullah can’t understand why the French aid groups and the French state want different things. “Can you see the contradiction?” he asks.

    The defining post-Jungle French policy is called “zero fixation”. It ensures the migrants cannot settle. A police union spokesperson said it also disrupts people smugglers. Regardless, it is unrelenting. Last year, the police evicted 14,729 people from the area. Private cleaning teams, contracted by the public authorities, seized 1,685 tents, 189 tarpaulins and roughly 100 mattresses. What happens to these items is unclear.

    Tents come and go. If you can’t buy one and the aid groups are running low on stock, you have to find – or steal – one. The Palestinian on crutches demonstrates his technique, honed to a single fluid motion. When the tent is taken, your passports, phones or asthma inhalers can be taken with it. According to HRO’s annual report, the equivalent of two and a half articulated lorries of personal belongings were confiscated last year.

    Evictions often take place deliberately early, and the Calais migrants need sleep. You can see the effects of the zero fixation policy in their eyes; sometimes they talk to you like they’re dreaming. The policy is also costly to administer. At times, Calais feels like an expo for French cops: the French National Police, the Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS – the ones who make the news for seriously injuring protesters), the French Border Police and the local bobbies are all here.

    The various police forces in Calais have a wealth of technology. They peer through infrared binoculars, intercept migrants using heat scanners and carbon dioxide and heartbeat detectors. An aerial net of drones has been cast in the sky. The French have reportedly been reluctant to accept British technology, but they seem happy to accept British money. In 2023, the UK government roughly doubled the sum it allocates to France to mitigate the migration issue, earmarking almost half a billion pounds over the next three years. The Home Office did not respond to the New Statesman’s request for comment.

    In 2003, the UK moved its border with France to Calais. The port city was transformed; the dock became a labyrinth of electric fences and security cameras. The border has affected the politics of Calais, too. From 1971 to 2008, the mayoralty belonged to the French Communist Party before swinging to the centre right. We attempted to interview the mayor, Natacha Bouchart, but all we got was her deputy. Philippe Mignonet met us at the reception of the town hall, only to explain that he doesn’t speak with British media. “I’ve done thousands of interviews for tourism, for industry, for whatever. Everything goes back [to] immigration. So I don’t answer any more… the door is there.”

    There is money in Calais and it’s not just being spent on the police. You can see it in the city’s expensive-looking tourism drive. Most readily in the 12m-high, animatronic “Calais Dragon” – surely one of the worst tourist attractions in Europe, possibly the world – built in 2019 as part of a €46m “Calaisfornia” renovation of the seafront. For some reason, a million people come to see the dragon every year. On our visit, a gaggle of holidaymakers stare blankly at it through their cameraphones.

    In comparison, Calais’s volunteers have shallow pockets. There are hundreds of them. NGOs like Oxfam, the Red Cross and Médecins sans Frontières don’t appear to be a dominant presence. More noticeable is a constellation of smaller organisations and groups that do what they can with limited resources.

    GB News recently sent the journalist Patrick Christys to northern France. He spent a portion of his trip interviewing Sudanese migrants, suggesting that they “try another country”, before commenting on how badly their living conditions smelled. Christys’ reporting saddled us with significant difficulties as no Sudanese migrants wanted to be interviewed after their interaction with “that British journalist”. He has also called Calais charity workers “borderline national traitors”.

    The worst thing you could say about these volunteers is that spending time with them sometimes feels like revisiting your old student union. Some organisations run via collective decision-making (lots of talking) and feel strongly about semantics. Some say “migrants” should be referred to as “people on the move”, and a more sympathetic term for “camps” are “living spaces”. Every migrant we spoke to called them “camps”.

    That said, much of their work is indispensable. Calais Food Collective administers the majority of water drops (8,000 litres per day) in the area on a budget of roughly €100,000 a year. The Maria Skobtsova House provides a vital haven for women and children. Others facilitate rare, joyous moments. Twice a week in a warehouse compound near a local church, Secours Catholique, a French non-profit, runs a drop-in centre where people on the move can briefly find dignity and normality.

    Secours Catholique has crafted an area for people of different nationalities to attend, offering cigarettes, bottomless tea and coffee, football, phone-charging stations and barbers. The young men who come are not dissimilar to British lads, only they appear to drink less. A keepy-up circle forms. The ball falls with a sense of fate and people are gradually eliminated. Next door, there’s a separate space for women and children. The border has taught the children a new game: they check each other’s passports.

    In the UK, a number of questions and assumptions have been voiced concerning migrants and immigration policy, some more cynical than others. The loudest assumption is that a large proportion of the migrants of northern France are “economic migrants”. Of everyone we spoke to, only one stated that he had left because of the job market. The rest recalled genocidal militias, air strikes, repressive regimes, religious persecution, torture, mutilation and death.

    But the “economic migrants” critique obscures the obvious reality that a person can be both in need of work and fleeing for their life. This is true of Maahir, who wants to become a nurse, and Mahmoud, the Palestinian who wants to become a lawyer. Safety and prosperity are not mutually exclusive.

    Another question asked is why don’t migrants choose to claim asylum in the first “safe” country they reach? Well, many already do – both Spain and Italy received more asylum claims than the UK last year. And following the question’s logic, if everyone settled immediately, they would all simply bottleneck in Europe’s border countries (some of which, according to rights groups, are not safe for migrants). Migrants also don’t always enjoy the luxury of choice. Maahir was denied asylum in Germany and handed a deportation order. Hope, an Ethiopian single mother, was halfway across the Channel with her son when the boat’s engine cut out, and the Maritime Gendarmerie towed it all the way back. She’s now considering staying in France, though speaks fluent English.

    Why do migrants want to come to the UK? This one’s complicated, as many don’t. The demography of successful asylum applications in France leans towards Francophone African countries (as well as Ukraine and Afghanistan). Likewise, the majority of migrants we spoke with cited culture, language and decency as key reasons for choosing the UK. Usually there are historical ties.

    “Don’t forget that Britain was an integral part of Libya,” noted Rami, a former journalist who fled Benghazi after a militia began threatening his family. Many of these migrants are headed for England in part because they believe it can’t be worse than their experiences in France, Spain or Italy. But that’s an assumption; they can’t be certain.

    In the camps around Calais, migrants cling to an idealised Britain – a country few of them have ever been to. “You are treated as a human being… you are not defined by your religion or nationality,” says Rami, whose belief is based on previous interactions with British people. Time and again, Britain is painted as a country of minimal racism and unparalleled societal integration. It is an idea largely intuited, much like Britons’ assumptions about migrants: on both sides of the Channel people chat with friends, they watch the Premier League, they scroll through TikTok and Instagram. It’s possible Nigel Farage will win the next election, and turn Britain into a country of mass detention and deportation – a place where asylum is banned. Perhaps then migrants will think about the UK differently. Perhaps we all will.

    There are many questions that are not asked of our immigration system but should be. Why, for instance, does the UK continue with policies of deterrence that, when they aren’t coupled with diplomacy, have repeatedly failed to deter?

    Irregular migration (a legal term for what some call “illegal” crossings) has more than doubled since 2018, peaking at almost 50,000 in 2022. The Tories passed various restrictive laws in order to drive down this number. The most successful migration deal seemed to be the one they reached with the Albanian government in 2022, which allowed for Albanians arriving on small boats to be returned. The following year, irregular crossings by Albanians fell by almost 93 per cent.

    Other legislation proved fruitless, such as the 2022 Nationality and Borders Act, which stated that any migrant coming via a “safe” country, such as France, would have their claims deemed “inadmissible”. This didn’t mean applications were rejected, only that they would not be processed. But people kept coming.

    A year later, the Conservatives passed the Illegal Migration Act, widening the “inadmissibility” category while placing a duty on the Home Office to remove unauthorised arrivals. But to where? The United Kingdom had no deportation agreement with Afghanistan, Iran, Syria, Eritrea or Sudan – the five most common nationalities that make irregular crossings. Neither did it have one with France. Brexit took the UK out of the Dublin Regulation, which enables EU countries to deport asylum seekers to the first EU country they entered. Even the Tory’s flagship deterrent, the Rwanda plan, proved an expensive failure.

    Under a Labour government, the UK has tried a new approach, announcing its “one in, one out” policy, which essentially states that for every migrant the UK sends back to France, we take another in return. This policy has barely been trialled at scale, and is, ironically, dependent on irregular crossings. Only two of the migrants we spoke to, Hope and Hassan, were aware of it. Yet Hassan, who fears being forcibly returned to a Bulgarian detention centre, could explain the legal intricacies of the Dublin Regulation and why the UK’s withdrawal was to his advantage. “The main reason I am coming to Britain is because of protection from deportation, because of Dublin.”

    The biggest question is how, in a country like France, the misery of these camps is allowed to persist.

    Loon-Plage, a dusty clearing of grass and plastic sandwiched between an A-road and a Total diesel refinery, is the closest thing to the old Jungle that survives today. It’s named after the local parish. No one knows exactly what to call it.

    The sunrise bleeds gold on to the aid distribution point at Loon-Plage. One man prostrates himself for the morning prayer, another emerges from the bushes fastening his trousers. Thousands of displaced people are asleep, hidden in the surrounding woodland. There are no toilets. No kitchens. No showers.

    A few miles away, dozens of CRS officers are completing their morning routine at a hotel that has been booked out exclusively for them by the French government. They are about to mobilise for a mass eviction operation. Commander Obry, a middle-aged bruiser with the strut of a wartime colonel, completes his uniform with a pair of aviators. All the volunteers who work in Loon-Plage seem to know about Commander Obry.

    Two young women from HRO are on their daily eviction patrol. They follow a planned circuit documenting evictions for potential legal evidence. Police activity has been quiet over the past few days; they assume today will be the same. A couple of weeks ago, one of them was at the distribution point when a masked man pulled out a handgun and emptied a magazine into a refugee’s leg. These shootings are becoming more regular.

    When they pass the hotel there are no police vans at the car park. They drive on before arriving at a lay-by in the woods. Neither of the 24-year-olds have seen a mobilisation on this scale before. Speeding back to warn the camp residents, they turn on Spotify. French hip-hop blares from a small, portable speaker. “Fuck le 17!” they sing along.

    The migrants of Loon-Plage are waking now, stretching their legs among rats, litter and human faeces. One mile away, a group of private contractors are stuffing confiscated tents into the back of a van while Obry marches through the woods. They say they don’t know where the van is going, but they have to clear the area. One of them finishes a Red Bull and hurls it into the bush.

    Back at the camp, five young Kurdish teenagers decide whether or not to call an ambulance for their friend who can hardly stand. He can’t swallow either and has been vomiting for the past 24 hours: a consequence, they suspect, of having slept without a tent or a blanket for days. The emergency helpline operator doesn’t know when an ambulance will arrive. One of the boys passes the time by scrolling through images of Iceland on his phone. Maybe, one day, he’ll get there.

    In the past, people have located purgatory in various corners of the world: down a pit in Donegal or inside Mount Etna. Loon-Plage is nowhere. The locals avoid it, NGOs struggle to penetrate it, the French authorities are failing to police it. Occasionally, this place tricks you with its beauty – there are moments when the branches refract the light and a breeze comes through. Its clearings are punctuated with tents and discarded objects. If you squint, it almost resembles the shabby reaches of a music festival.

    In this place, reality disappears. There is no certainty in Loon-Plage. You are never sure of what you see or hear. One man from Afghanistan says he was granted asylum in the UK but left to go to a wedding in France and someone stole his documentation. Now he’s here. Past bushes and railway tracks, a Kurdish-Syrian shepherd carries a set of DVDs labelled “liver one”, “liver two”, “liver three”. He was shot in the abdomen and underwent a botched operation. Part of the bullet remains lodged inside him. These CDs, he explains, are footage of the surgery. He hopes to present them to the NHS if he crosses the Channel.

    Deeper inside the woods, a man holds a young boy somewhere between a hug and a headlock. The man is not the boy’s father. “He lost his parents!” the man says. The child looks terrified, like he’s suppressing the urge to cry. Suddenly they run away. The volunteers have seen that man before. He’s been here for months. They think he’s a people smuggler.

    Finding a smuggler here is easy. Either someone provides a contact, or you wait until the evening and meet them as they move from tent to tent offering their services. The dinghy fare averages between £1,000 and £2,000 and the migrants say a competitive market has emerged. Some have the cash up front, others rely on relatives to wire the funds, or parts of it. An excitable Yemeni man, who only really wants to talk about gangster films and sports cars, says he had no money at all. The smugglers accept cash or bank transfers.

    A significant number of women and children live in Loon-Plage. Hope, 34, broke into tears when recalling the month she spent there. Her tears are words. Sometimes she’d be able to get on a bus and shower at one of the hotels allocated for migrants in France. But these hotels are far away and the journey back to the sea is costly. In Loon-Plage, Hope would fall asleep with her young boy. Sometimes there would be gunshots, which would remind Hope of the armed men who occasionally tried to hit on her.

    By midday, there are hundreds of people at the distribution point. When the two HRO volunteers pull up in their car, dozens form a frantic queue believing food has arrived. The Red Cross drops off meals here twice per day. There are also several makeshift shops where migrants sell snacks to those with change. Usually a medical team comes in the afternoon to run a clinic, but today it is staying away until the police have finished the eviction.

    The closest shop is an Esso petrol station. Its owner, a portly middle-aged man, has a dangerous predicament. Several weeks ago, the police came in and demanded he sign an official decree prohibiting him from selling fuel to migrants. He was reluctant, because the men who buy it can be intimidating. But he doesn’t want to upset the police and the officers weren’t there to negotiate. They hovered over the till, blocking off customers until he complied. “I’m not able to put this decree into practice,” he says. He wrote in brackets above his signature, “I am afraid for my life!”

    Returning from far-removed tents, the volunteers discover their route back to the car has been blocked by police. They have to take a new route back, which takes them over a bridge made of crushed trolleys and into a clearing guarded by a man sat in a chair checking his phone.

    “What you doing here?” he demands. It’s as if they’ve stepped out of France and into a new jurisdiction. He waves, beckoning another man who is nursing a beer. He has piercing green eyes and a scarf hanging from his head like a trap star. He walks right up to their faces and stares them down. This feels like a checkpoint. “You go there,” he says, signalling left, “never there.” The volunteers oblige.

    Around midday the police descend on the distribution point. Everyone runs. When the volunteers reach the police line, a Kurdish man with a London accent is cursing the cops. He says they’ve confiscated his friend’s passport, pointing to one of the men that flank him. “Tell them everyone here has a fucking gun,” he insists. “If [the police] come here, everyone is going to fucking die.”

    For a minute, there’s a stand-off. But the tension is broken when an Eritrean woman walks between the factions and asks the police to return her daughter’s glasses. Commander Obry strides up to the line. He’s having none of it. All anyone can do is watch as the bulldozers raze the camp’s basic infrastructure. When the police finally disperse, there is only rubble. The migrants rebuild their world.

    After Loon-Plage, there’s the sea. People wonder why the migrants risk their lives crossing the Channel; 82 of them died in it last year. But beyond it lies a sister in Birmingham, the prospect of a job in Liverpool, a room with a bed perhaps and no more police harassment. Across it lies another life. First, though, they have to traverse it successfully. Many attempt the crossing several times.

    People change on the long walk to the beach. When the water comes into view, the solidarity and affection that’s been growing between the migrants melts away and panic makes most selfish. Some act virtuously. Maahir’s tenth attempt was unsuccessful because he helped a pregnant woman on to a boat. At the time of writing, the last woman to die with her child in the Channel was a Turkish mother and her son who drowned off the coast of Gravelines. The boy is thought to have been eight years old.

    On the way to the boats, the drones come. This adds to the panic. The migrants have seen drones before, buzzing in the skies above Gaza and Sudan. To minimise injuries, the French police currently do not enter the water unless they are asked to do so by the migrants, though the French government is reviewing this approach. Migrants often wait waist-high in the sea without lifejackets to escape the police before they board.

    At least two migrants we spoke with have since made it to the UK. Rami’s voyage began at 7am and took 11 hours. Halfway across, the engine failed and the overcrowded 9m raft ferrying some 90 people, including pregnant women and children, drifted with the current. Hours later, the inflatable tubing started to leak air and the boat began taking on water. People started to faint.

    All the passengers were saved by the UK’s coastguard, just after 5pm. The rescue marked the end of Rami’s odyssey. He’s now in an asylum hotel in the north of England and can finally get some sleep. But his wife suffers recurring nightmares about their journey – what they call “the journey of death” – their days in northern France, the smugglers, the chaos. “Everything was like a bad dream.”

    But there are bad dreams in Britain too. A week after returning from northern France, we attend a protest outside an asylum hotel in Epping, Essex. A few hundred people have gathered. An Ethiopian asylum seeker had been convicted of sexual assault against a 14-year-old girl. The crowd consists of seething men, excitable boys and outraged middle-aged mums. “Fucking bomb the place,” a man tells us. A small blonde child – presumably his – sits on his shoulders.

    Again, reality disappears. One man wearing a St George’s flag like a cape recounts a recent incident involving two Muslims “hiding in a bush outside a primary school with a bag full of children’s clothes, a pair of scissors and wigs”. He thinks they were waiting to kidnap local kids. His source is Facebook. We think about Maahir and the “graveyard of dreams”. In reporting this story one increasingly realises there is no such thing as clarity, only a murky chaos enveloping hundreds of thousands of lives, reconstituting government policy, redefining what society means. And it never ends.

    https://www.newstatesman.com/politics/uk-politics/2025/10/the-truth-about-the-small-boats-crisis
    #frontières #Manche #La_Manche #migrations #réfugiés #France #Angleterre #UK #CRS #drones #technologie #militarisation_des_frontières #tourisme #solidarité #Loon-Plage

  • "#Gardes-frontières, pas tortionnaires" : quand les douaniers dénoncent des ordres dangereux pour les migrants qui traversent la Manche

    Le #syndicat #Solidaires_Douanes a adressé une #lettre_ouverte à son directeur national ce lundi 23 juin, dans laquelle il dénonce certaines #consignes données sur le #littoral du #Pas-de-Calais, pour surveiller des embarcations de personnes migrantes. Des #ordres qui « les détournent de leur #mission initiale » et insécurisent les exilés qui prennent la mer.

    C’est une lettre ouverte salée, que le syndicat Solidaires Douanes a fait parvenir aux oreilles du directeur national garde-côtes des douanes, ce lundi 23 juin 2025. « Gardes-frontières, pas tortionnaires », le ton est donné dès les premiers mots.

    Dans ce communiqué, les douaniers s’insurgent contre un évènement survenu dans la matinée du jeudi 19 juin, il y a presque une semaine, au large du #Touquet (Pas-de-Calais). Une embarcation contenant plusieurs personnes migrantes se trouvait alors en difficulté, maintenue sous la surveillance du patrouilleur garde-côtes « #Kermovan ». Les douaniers, chargés d’assurer la sécurité des exilés vers les eaux britanniques ou de les récupérer en cas de sinistre, reçoivent alors une #consigne du #Centre_régional_opérationnel_de_surveillance_et_de_sauvetage (#CROSS) Gris-Nez.

    Le Kermovan reçoit pour ordre « de signaler tout changement de cap indiquant que le pneumatique ferait route vers la plage pour embarquer à son bord des personnes supplémentaires. » En cas d’opération de secours, le CROSS, qui coordonne les opérations, peut être amené à donner des consignes aux #garde-côtes. Mais dans l’ordre donné ce 19 juin, quelque chose fait tiquer les douanes. Rémi Vandeplanque, représentant Solidaires Douanes, soupçonne qu’il « s’agissait de faciliter l’intervention des forces de l’ordre pour faire obstacle à l’embarquement de personnes supplémentaires. »

    Selon Rémi Vandeplanque, l’embarcation que les douaniers sécurisaient s’est finalement échouée sur la plage de Sainte-Cécile vers 10 heures « de mémoire », visiblement après avoir crevé en heurtant un bouchot, « apparu à la faveur de la marée descendante ».

    Les garde-côtes, détournés de leur mission ?

    Solidaires Douanes dénonce un détournement de la mission initiale des agents, et une consigne dangereuse pour les personnes migrantes, des civils en situation précaire, sur une embarcation de fortune au beau milieu du détroit du Pas-de-Calais. Celle-ci « ne relève pas de la fonction du patrouilleur Kermovan » et « a pour objectif de permettre une intervention de police en mer (de facto dangereuse). » Car, rappelons que les forces de l’ordre n’ont plus le droit d’interpeller les personnes migrantes lorsqu’elles se trouvent déjà dans leur embarcation, posée sur l’eau. Ils doivent donc attendre leur retour sur la terre ferme pour procéder à des #interpellations.

    Le syndicat dénonce justement « un contexte de #maltraitance_institutionnelle croissante, à l’encontre des personnes en exil », lors des tentatives de traversée notamment, et « de mise sous pression de la France par le Royaume-Uni qui attend que toutes les mesures possibles soient prises par le ministère de l’Intérieur afin d’empêcher les traversées de la Manche ».

    Au moment où cet article est publié, la Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar) n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/touquet/gardes-frontieres-pas-tortionnaires-quand-les-douaniers-d
    #migrations #réfugiés #frontières #France #GB #Angleterre #résistance

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    voir aussi :
    Récit « Je n’avais jamais vu ça de la part de la police » : près de #Dunkerque, des migrants interceptés dans l’eau à coups de #bombes_lacrymogènes
    https://seenthis.net/messages/1121815

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    ajouté à la métaliste, mais pour l’instant tout à fait incomplète, de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas :
    https://seenthis.net/messages/723573

  • Les désillusions d’un jeune policier prometteur confronté aux #dérives de sa brigade

    Fils de policier, major de sa promotion, Evan L. était promis au plus bel avenir. Jusqu’à ce qu’il découvre les excès et les méthodes quotidiennes de ses collègues, parfois au mépris de la loi.

    Tout avait si bien commencé. Evan L., fils de policier, rêvait d’exercer le même métier que son père. Au printemps 2023, il sort major national de sa promotion de gardiens de la paix. Premier sur 530. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin se déplace en personne jusqu’à Nîmes pour le féliciter. À la fin de la cérémonie, Evan L. s’agenouille devant sa petite amie et la demande en mariage.

    L’avenir s’annonce radieux pour ce jeune policier de 21 ans. En tant que major national, il bénéficie d’une création de poste où il le souhaite. Ce sera l’unité de lutte contre l’économie souterraine et le trafic de stupéfiants (Uses), au commissariat du Havre, où il a fait un stage pendant sa scolarité. « Il y a des sacrifices à faire et je suis prêt à les faire », disait-il alors, « conscient des risques et des difficultés de [son] métier ».

    Deux ans de désillusions plus tard, Evan L. hésite à quitter la police. « Mis à l’écart » dans son groupe en quelques mois, il a changé de brigade et s’est vu imposer le redoublement de son année de stage, une décision qu’il conteste aujourd’hui devant le tribunal administratif.

    Début avril, il a également adressé un signalement au parquet du Havre, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, pour dénoncer les pratiques « illégales » de ses anciens collègues des « stups ». Contactée par Mediapart, la procureure Soizic Guillaume indique avoir ouvert une enquête, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Evan L. a été entendu comme témoin par les enquêteurs de la délégation rennaise, mardi 22 avril.

    La liste de ses reproches est longue : des « blagues » à caractère raciste, homophobe et sexiste dans le groupe WhatsApp de l’unité ; le partage d’informations touchant à la vie privée des suspects, sans lien avec les enquêtes ; l’usage de techniques « limites », voire interdites : réquisitions téléphoniques sans autorisation du magistrat, perquisitions « mexicaines » (sans témoin), faux « marquages positifs » du chien spécialisé en détection de drogues.

    Sollicité par Mediapart, le service de communication de la police nationale n’a souhaité faire aucun commentaire, invoquant l’enquête judiciaire en cours.
    Messages racistes, sexistes, homophobes…

    Dans le groupe WhatsApp de l’Uses, une dizaine de policiers s’envoient quotidiennement des messages à caractère professionnel : ils s’échangent en temps réel des informations sur les affaires en cours, se coordonnent pendant les filatures, demandent des volontaires pour une vérification ou une perquisition matinale. Le ton est volontiers convivial. Il leur arrive aussi de se souhaiter un bon anniversaire ou de s’inviter à un apéro.

    Comme dans beaucoup de groupes d’enquête en France, les policiers postent aussi des photos de leurs suspects, des extraits des fichiers TAJ (Traitement d’antécédents judiciaires, plus grand fichier de police de France) et des immatriculations de véhicules. Une pratique très répandue, bien qu’elle pose de gros problèmes de confidentialité.

    Ce qu’Evan L. reproche à ses collègues, c’est surtout leur « humour raciste, sexiste, homophobe et humiliant », qu’il juge « en dehors de la déontologie policière ». Dans ces messages consultés par Mediapart, un suspect est appelé « le négro ». La photo d’une femme, tirée du TAJ, suscite le commentaire suivant : « la tête de pute ».

    « Quelqu’un le reconnaît ? », demande aussi un policier en avril 2023, en postant la photo d’un homme noir qui porte un bonnet. L’un de ses collègues lui répond par l’image d’une pâtisserie recouverte de copeaux de chocolat. C’est l’un des mis en cause d’une affaire baptisée « Girafe » par les enquêteurs. Une autre photo de son visage, prise lors d’une filature, est partagée dans le groupe. Un commandant commente : « La girafe ressemble quand même à un [émoji singe]. »

    Ce commandant, qui dirigeait le groupe et a quitté Le Havre depuis, est décrit par Evan L. comme celui qui tenait les propos les plus « provocateurs », « racistes » et « homophobes », employant « volontairement des mots choquants, comme “nègre” ». Sur le fil, il multiplie les « plaisanteries ». « Mohamed Mallow… substitut général… Ça ressemble à une blague quand même », commente-t-il au sujet d’un magistrat.

    Le même policier partage une image de King Kong perché sur un immeuble, avec le commentaire suivant : « F. [le nom d’un suspect noir] sur l’église Saint-Joseph [une église du Havre – ndlr]. » Ou qualifie de « propagande » une affiche de l’association Flag ! contre les LGBTphobies.

    À l’occasion d’un déplacement en Israël, le commandant envoie à ses collègues la photo d’une jeune militaire endormie. « Ma voisine de bus vers Jérusalem (18 ans, en uniforme, seule avec un fusil mitrailleur) me dit : félicitations à l’USES, ça fait quelques arabes de moins… [émoji clin d’œil] Ensuite elle a fait une petite sieste… » Cinq membres du groupe réagissent par des émojis rires et cœurs dans les yeux. « À partir du moment où il est parti, ça s’est calmé, commente aujourd’hui Evan L. Certaines personnes du groupe adhéraient mais l’exprimaient surtout quand il était là. »

    Plus largement, le policier considère que ses collègues n’avaient « aucune considération pour les gens placés en garde à vue », traités couramment de « pouilleux » et de « bâtards », vus comme « des nuisibles de la société, irrécupérables » : « Pour eux, c’étaient tous des coupables. Le but, c’était de les détruire pénalement, de les pourrir. »

    « Ce n’est pas la première fois que des propos inadmissibles et qui tombent sous le coup de la loi pénale, notamment racistes, sont tenus dans des groupes de discussion entre policiers », rappelle Yaël Godefroy, l’avocate d’Evan L., regrettant que « malgré des précédents ayant donné lieu à des procédures pénales, des condamnations et des révocations, ces pratiques et les idées persistent ».
    Vidéos intimes

    D’autres messages WhatsApp relèvent clairement d’une violation de la vie privée : on y voit l’intérieur des domiciles perquisitionnés, un interpellé en caleçon, un enfant en bas âge sur un lit, la photo d’une passante en brassière immortalisée par un dispositif de surveillance. Un policier partage même dans le groupe une vidéo intime d’une jeune femme.

    Selon Evan L., ces images ont été extraites du téléphone d’une suspecte, finalement relâchée sans poursuites à l’issue de sa garde à vue en juillet 2023. Il rapporte qu’au moment où elle patientait dans les locaux, juste avant d’être libérée, les fonctionnaires s’amusaient à diffuser tout fort et en sa présence la chanson utilisée comme musique de fond dans sa propre vidéo intime, « sans qu’elle comprenne parce qu’elle ne voyait pas l’image ».

    Une autre vidéo partagée sur le fil WhatsApp montre un commandant de police dans son bureau, face à un ordinateur, en train de regarder des images pornographiques tirées du téléphone d’un autre suspect.

    « Ces personnes ne sont pas au courant que leur vie privée a été partagée dans un groupe à une dizaine de personnes, et on ne sait pas où ces images peuvent finir », commente Evan L. D’après lui, ces vidéos ont été récupérées par ses collègues à l’insu des mis en cause, parce que l’exploitation de leur téléphone portable est en partie réalisée sans qu’ils y assistent, pour gagner du temps, et ce au mépris des règles de procédure, qui imposent pourtant leur présence pour cet acte d’enquête assimilé à une perquisition.

    En réponse à certains messages problématiques, il arrive qu’un policier poste le logo de l’IGPN. « Signe que la violation des règles a minima déontologiques et parfois pénales était parfaitement connue », estime l’avocate d’Evan L. dans son signalement au parquet. Le jeune policier compare cet usage de WhatsApp à « une maladie au sein du service » et rappelle qu’au groupe d’atteinte aux biens, qu’il a rejoint par la suite, « il n’y a aucun groupe WhatsApp ».

    Pour Yaël Godefroy, ces pratiques « sont très inquiétantes ». « La loi et la jurisprudence sanctionnent sévèrement le refus pour un mis en cause de donner son code de déverrouillage, s’interroge-t-elle. Comment rester sur cette ligne et accepter que des enquêteurs aient de plus en plus accès à des données personnelles, voire intimes (téléphones portables, drones…) quand on voit le détournement que certains en font ? »
    Perquisitions « fantômes »

    Outre ces messages, le signalement d’Evan L. au procureur s’attarde sur des méthodes de travail potentiellement illégales, consistant à effectuer certains actes d’enquête hors procédure et à les régulariser seulement a posteriori, s’ils donnent un résultat positif.

    Il affirme ainsi que de nombreuses réquisitions sont faites auprès des opérateurs téléphoniques, sans autorisation préalable du magistrat, pour obtenir les factures détaillées (fadettes) de suspects. Si le résultat intéresse les enquêteurs, le magistrat est alors sollicité a posteriori et une nouvelle réquisition envoyée aux opérateurs, pour que la date colle.

    « Un collègue m’a formé à “travailler à l’envers” sur les fadettes, explique Evan L. Il m’a dit : “Tu vérifies avant, et si c’est probant, tu fais la demande et tu mentionnes en procédure.” » Dans les cas où la recherche est infructueuse, elle n’apparaît jamais dans l’enquête, bien qu’elle ait été effectuée par les policiers et facturée à l’administration. Le parquet a accès à ces requêtes, mais son contrôle reste la plupart du temps théorique.

    Dans le même esprit, le jeune policier dénonce des perquisitions « mexicaines », c’est-à-dire illégales car effectuées hors de la présence du mis en cause (généralement placé en garde à vue) ou de deux témoins, contrairement à ce qu’exige la loi. Il indique avoir personnellement participé à l’une de ces perquisitions « officieuses » pour fouiller la chambre d’hôtel louée par « un petit trafiquant » près de la gare du Havre, à l’initiative et en la seule présence de son supérieur hiérarchique.

    Selon Evan L., son chef « ne voulait pas se galérer à faire un aller-retour » aux heures de pointe pour « prendre le mec et revenir ». « On est rentrés dans l’hôtel, on a dit bonjour de loin à la dame à l’accueil, on a pris l’ascenseur et on est rentrés directement dans sa chambre avec la clé. On a fouillé dans ses affaires. C’était très rapide, dix, quinze minutes au total. »

    Cette recherche étant restée infructueuse, il aurait été décidé de ne pas la faire apparaître en procédure. Dans le cas contraire, explique Evan L., les policiers seraient retournés dans la chambre de manière « officielle », en compagnie du suspect. Celui-ci n’a jamais su que des policiers avaient fouillé ses affaires. Si une telle façon de faire est interdite, c’est parce qu’elle permet toutes les irrégularités : quand ils étaient seuls dans sa chambre, les policiers auraient pu faire disparaître certains objets ou en déposer.

    « Rien n’a été volé, déposé, modifié ou altéré », assure cependant le gardien de la paix. « J’avais cinq mois de boîte et je ne voulais pas aller à l’encontre du chef, donc je l’ai fait, dit Evan L. J’ai quand même dit après coup que je n’étais pas d’accord. C’est quand j’ai commencé à contester qu’ils ont vu que je n’allais pas tout accepter. »
    Le « coup du chien »

    Evan L. décrit une autre méthode contestable, surnommée « le coup du chien ». Il raconte que lorsque des informateurs renseignent les policiers sur un potentiel vendeur de drogues, ils doivent ouvrir une enquête préliminaire qui limite leurs pouvoirs coercitifs. Il existe toutefois une parade : lorsqu’un chien policier, dressé à détecter les stupéfiants, « marque » devant une porte fermée, la procédure bascule en flagrant délit. Les agents peuvent alors perquisitionner le logement sans le consentement de l’occupant des lieux.

    Selon le récit d’Evan L., quand les policiers de l’Uses sont déterminés à franchir une porte, ils écrivent donc sur procès-verbal que le chien a « marqué », même quand ce n’est pas le cas. D’après des fonctionnaires exerçant en police judiciaire consultés par Mediapart, cette pratique mensongère est assez répandue dans les services d’investigation.

    Le jeune policier dit en avoir été témoin à trois reprises pendant ses quelques mois à l’Uses. L’un de ces épisodes l’a particulièrement marqué. Il s’est produit « à la campagne, aux abords de Gonfreville-l’Orcher ». « Mes collègues ont écrit que le chien avait marqué alors qu’il y avait un portail extérieur, la maison était à 20 ou 25 mètres, raconte-t-il. C’était impossible pour lui de sentir à une telle distance. On a frappé à la porte en disant : “Bonjour madame, le chien a marqué, est-ce que vous avez des armes, des stups, de l’argent ?” Tout de suite elle nous a dit oui, dans le garage. »

    Il poursuit : « C’était un couple de quinquagénaires qui cultivait du cannabis parce qu’ils avaient eu un accident de voiture. Ils étaient tous les deux très marqués par la douleur. Ils avaient un plant dans une cachette, derrière une plaque fixée au mur. Je me souviens qu’il y a eu une réponse pénale, mais je ne pourrais pas vous dire laquelle. La consommation personnelle est illégale, certes, mais ce n’étaient pas des criminels. Atteindre des gens comme ça avec des moyens de triche, c’est dégueulasse. »
    La peur d’être « blacklisté »

    Avec quelques mois de recul, Evan L. raconte avoir subi une « placardisation » progressive, qu’il attribue à ses désaccords sur « la façon de travailler » de ses collègues. Il s’inquiète aujourd’hui de savoir s’ils « vont tous rester unis » ou se désolidariser les uns des autres.

    Selon son récit, moins de six mois après son arrivée, ses chefs commencent à lui reprocher son « manque d’intégration » et « d’implication » dans le groupe, sans pour autant critiquer la qualité de son travail, sur laquelle il soutient être « très pointilleux ». « Je n’ai pas adhéré du tout à leurs techniques d’enquête, à leurs blagues, leur façon de penser et de dire les choses, dit-il. Mais je suis resté professionnel de A à Z, même quand ça se passait mal. »

    Tout au long de son année de stage, il reçoit d’ailleurs plusieurs lettres de félicitations, et ses notes sont bonnes. Les échanges WhatsApp montrent qu’il se porte régulièrement volontaire pour diverses missions.

    Au fil du temps et de ses « contestations » sur les méthodes employées dans les enquêtes, Evan L. estime pourtant avoir été « mis à l’écart », jusqu’à être assigné à des tâches répétitives et rébarbatives, une manœuvre qui confine au « harcèlement ». Sa mère dit l’avoir vu « dépérir » et « s’éteindre » petit à petit, alors qu’il était entré dans la police « motivé, plein d’envie et d’entrain ».

    « Evan a des valeurs, explique-t-elle. Moralement il ne se sentait pas bien. Il a arrêté le sport, s’est mis à prendre du poids, ça n’allait plus avec sa conjointe. Il a alerté sa hiérarchie et rien ne s’est passé. Ils ont tout fait pour foutre en l’air sa carrière. » L’un de ses anciens collègues, qui a souhaité garder l’anonymat, le qualifie de fonctionnaire « droit » et « courageux ». En avril 2024, moins d’un an après son arrivée, Evan L. demande à changer de groupe et rejoint la brigade d’atteinte aux biens du même commissariat, un service où il se dit « rassuré » de n’avoir rencontré « aucun problème similaire ».

    Les reproches « officiels », c’est-à-dire couchés sur papier, n’ont pourtant commencé qu’après ce changement de service. Alors que sa titularisation se fait attendre, Evan L. apprend qu’il va devoir redoubler son année de stage. Ses supérieurs hiérarchiques multiplient alors les écrits sur son « manque d’implication », son « dilettantisme ». Ses « carences » professionnelles lui valent même un « rappel à la règle » à la suite d’une erreur de date sur un formulaire officiel.

    Après l’échec de ses recours amiables, le jeune policier a récemment saisi le tribunal administratif pour contester son redoublement, qu’il interprète comme des représailles. Aujourd’hui, il a « peur d’être blacklisté un peu partout ». « Quand j’ai voulu rejoindre la police, c’était pour être dehors, aider les gens et me sentir utile auprès de la population, dit-il. Forcément, ça m’amène à réfléchir : est-ce que j’arrête, est-ce que je continue ? Mais je ne veux pas accabler la police dans son ensemble. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/230425/les-desillusions-d-un-jeune-policier-prometteur-confronte-aux-derives-de-s
    #désillusion #police #métier #résistance

    –-

    ajouté à la métaliste, mais pour l’instant tout à fait incomplète, de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas :
    https://seenthis.net/messages/723573

  • Ce que cache #Périclès, le projet politique réactionnaire du milliardaire #Pierre-Edouard_Stérin

    Après avoir fait fortune dans les affaires, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin assume désormais vouloir financer les projets « #métapolitiques » susceptibles de faire gagner la droite et l’extrême droite. Une première liste de ces initiatives vient d’être mise en ligne. Selon nos informations, elle pourrait ne constituer que la partie émergée de l’iceberg.

    Un média, une chaîne Youtube, des associations catholiques ou libérales, des think tanks destinés au lobbying politique... La première liste des projets soutenus par « Périclès » - mise en ligne il y a quelques jours sur son site internet - n’est pas bien longue mais permet déjà de lever toute équivoque sur les intentions de l’homme à l’origine du projet, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Après avoir fait fortune dans les affaires, cet exilé fiscal de 51 ans - il a fui en Belgique après l’élection de François Hollande en 2012 - ambitionne de faire gagner la droite et l’extrême droite en mettant à contribution son compte en banque. Soit un investissement de 250 millions d’euros annoncé en dix ans. Du jamais vu.

    Cette initiative, baptisée donc « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes »), devait, à l’origine, rester discrète mais elle avait été dévoilée en juillet dernier par nos confrères de « l’Humanité ». Lesquels, documents confidentiels à l’appui, ont détaillé le plan de « #bataille_culturelle » imaginé par Stérin et ses équipes pour « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » de ses idées et de ses valeurs. Parmi elles, « la #famille, base de la société », la « #préférence_nationale », le « #christianisme ». Au programme également : la promesse de mener une « #guerilla_juridique » et « médiatique » face au « #socialisme », au « #wokisme » ou à « l’#islamisme ». Surtout, ces documents énuméraient des objectifs politiques précis, dont une aide concrète à apporter au #Rassemblement_national de Marine Le Pen pour remporter le plus grand nombre de victoires lors des prochaines #élections municipales en 2026.

    Offensive sur tous les fronts

    En l’état, au moins 24 projets auraient déjà bénéficié de la générosité de l’homme d’affaires l’année dernière, selon le site flambant neuf de Périclès. L’ensemble confirme sa volonté de mener son #offensive par petites touches et sur tous les fronts. On y retrouve sans surprise ses obsessions libérales avec la promotion des idées antiétatistes et anti-taxes, incarné par son soutien à des think tanks comme le #Cercle_Entreprises et #Libertés, de l’ex-patron d’#Elf_Loïk_Le_Floch-Prigent ; ou encore #Ethic, le syndicat patronal de #Sophie_de_Menthon (une des rares à assumer dialoguer avec Marine Le Pen), qui a reçu, selon nos informations, 3 000 euros pour l’organisation d’une conférence. Des cercles de juristes, comme #Justitia, le collectif d’avocats de l’#Institut_Thomas_More, qui propose d’offrir « une réponse juridique aux nouvelles intolérances » ou le #Cercle_Droit_et_Liberté, qui prétend lutter contre le « #politiquement_correct » de l’Université et du monde juridique, sont également cités. Sans oublier, les enjeux migratoires et sécuritaires, via le #Centre_de_Réflexion_sur_la_Sécurité_intérieure (#CRSI), présidé par l’avocat connu des réseaux de droite dure #Thibault_de_Montbrial. Présents également, la marque #Terre_de_France, chouchou des influenceurs #identitaires ; #Eclats_de_femme, l’association fondée par #Claire_Geronimi, victime de viol par un homme visé par une OQTF en 2023, depuis proche du collectif identitaire #Némésis (elle vient d’être nommée vice-présidente de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, ce dimanche 9 février), ou encore l’association #Léa, en croisade contre le « #racisme_anti-Blanc ». Idem pour le mensuel « #l'Incorrect » - lancé en 2017 par des proches de #Marion_Maréchal - ou #Les_Films_à_l'arrache, une chaîne Youtube humoristique moquant - entre autres - l’antiracisme et le féminisme...

    Objectifs politiques

    Au-delà de ces combats marqués à l’extrême droite, Périclès a également investi dans le combat contre le « #wokisme_à_la_fac », via l’#Observatoire_du_décolonialisme, ainsi que le champ de la #laïcité au travers de #Défense_des_serviteurs_de_la_République, dont le comité d’honneur compte #David_Lisnard, le maire Les Républicains de Cannes et #Astrid_Panosyan-Bouvet, l’actuelle ministre du Travail et de l’Emploi - laquelle ignorait le lien avec Stérin, nous assure son cabinet. D’autres structures présentées par le site de Périclès font plus directement référence à l’objectif politique du projet. C’est le cas de #Data_Realis_Conseil, une société spécialisée dans la #cartographie_électorale rappelle la « #Lettre », ou de l’#Institut_de_Formation_Politique (#IFP), qui ambitionne de doter les militants de toutes les droites du bagage nécessaire pour garnir les rangs des formations politiques, des Républicains aux RN. En bonne place, enfin, #Politicae, l’école de formation au mandat de maire, destinée à faire élire « le maximum de candidats pour les prochaines élections municipales », que Stérin a confié à #Antoine_Valentin, édile LR de Haute-Savoie et candidat d’#Eric_Ciotti lors des dernières législatives. Auprès du « Nouvel Obs », ce dernier ne souhaite pas communiquer le montant du financement consenti par son mécène mais indique que l’effort financier pourrait atteindre « plusieurs centaines de milliers d’euros », d’ici au scrutin de 2026.

    Des projets plus discrets

    Cette liste pourrait, selon nos informations, ne constituer que la partie émergée de l’iceberg Stérin. Les sites internets de plusieurs structures citées plus haut semblent avoir été montés de toutes pièces et sur le même modèle... Surtout, la plupart de ces initiatives n’auraient en réalité reçu que de maigres sommes. Moins de 5 000 euros par exemple pour l’association #Les_Eveilleurs, proche de #La_Manif_pour_Tous, à l’occasion d’un peu rentable concert de #Jean-Pax_Méfret, chanteur des nostalgiques de l’Algérie française. Idem au #Cérif (#Centre_européen_de_Recherche_et_d'Information_sur_le_Frérisme), où la chercheuse au CNRS #Florence_Bergeaud-Blackler jure ne pas avoir touché plus de 10 000 euros. Très loin des 10 millions d’euros que Périclès claironne avoir investi au total en 2024. De quoi nourrir les soupçons sur la réalité de ce montant : est-elle artificiellement gonflée ? Ou, plus probable, l’essentiel de cet argent passe-t-il dans des projets tenus secrets ?

    « Nous nous gardons le droit d’être discrets sur nos investissements », élude #Arnaud_Rérolle, président de Périclès et ancien du #Fonds_du_Bien_Commun, la branche philanthropique des activités de Pierre-Edouard Stérin. Un paravent caritatif - Stérin y finançait aussi des associations au diapason de ses idées réactionnaires - dont est également issu #Thibault_Cambournac, le nouveau « responsable stratégie » de Périclès. L’équipe compte aussi dans ses rangs #Marguerite_Frison-Roche, ancienne petite main de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour. Quant au « senior advisor » de Périclès, #Philippe_de_Gestas, c’est l’ancien secrétaire général du #Mouvement_Conservateur, allié à #Reconquête. Pour 2025, le #budget de Périclès est annoncé autour des 20 millions d’euros. L’achat ou la création d’un institut de sondage fait déjà figure d’objectif prioritaire.

    https://www.nouvelobs.com/politique/20250209.OBS100069/ce-que-cache-pericles-le-projet-politique-reactionnaire-du-milliardaire-p
    #Stérin #extrême_droite #réseau

    ping @karine4 @reka @fil @isskein

  • Six ans après la mort de Zineb Redouane, percutée par une grenade en plein visage, un CRS mis en examen pour « homicide involontaire »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/11/28/six-ans-apres-la-mort-de-zineb-redouane-percutee-par-une-grenade-en-plein-vi


    A Marseille, le 5 décembre 2020. NICOLAS TUCAT/AFP

    Le 1ᵉʳ décembre 2018, lors d’une manifestation des « gilets jaunes » à Marseille, un policier avait tiré une grenade lacrymogène atteignant « Mama Zina », une Algérienne de 80 ans qui se trouvait alors à la fenêtre de son appartement.
    Par Mustapha Kessous

    Le 2 décembre 2018, #Zineb_Redouane mourait sur une table d’opération de l’hôpital de la Conception, à #Marseille. La veille au soir, cette Algérienne de 80 ans avait reçu une #grenade_lacrymogène en plein visage, tirée par un #CRS lors d’une #manifestation des « #gilets_jaunes », alors qu’elle était en train de fermer les fenêtres de son appartement situé au quatrième étage, rue des Feuillants, non loin du Vieux-Port. Cette manifestation s’était terminée en violents affrontements tout près de son domicile, dans une atmosphère saturée de gaz lacrymogènes : 200 grenades avaient été tirées.

    Six ans après le décès de « Mama Zina », comme elle était surnommée par ses enfants, le policier à l’origine du tir a été mis en examen, le 12 septembre, pour « homicide involontaire », a appris Le Monde. « Il est regrettable d’avoir dû attendre autant d’années pour obtenir la mise en examen du policier », déplore Yassine Bouzrou, l’avocat des enfants de la victime. Le gardien de la paix mis en cause a choisi de garder le silence lors de son audition de première comparution devant les deux juges chargées de l’instruction au tribunal judiciaire de Lyon. Thibault de Montbrial, le conseil du policier, n’a pas souhaité faire de commentaire.

    Cette première mise en examen marque une étape, au terme d’années de procédures. Une enquête préliminaire a été ouverte le 4 décembre 2018. Il a fallu d’abord dix-huit mois et un rapport balistique pour identifier le CRS, sa position et l’heure exacte du tir : le rapport estimait que le tireur se situait « entre les deux rails sur la voie du tramway (…) son buste orienté en direction de la rue des Feuillants », et identifiait un tir, à 19 h 04, qui « semble être celui qui est à l’origine des lésions corporelles de Mme Redouane ».

    Ce soir de 2018, sur les 70 agents que comptaient les rangs de la CRS 50, dépêchée depuis Nice pour sécuriser les manifestations, cinq étaient équipés de lance-grenades Cougar. Mais aucun n’avait avoué être l’auteur du coup de feu, tous disant ne plus vraiment se souvenir des événements. Ce n’est qu’en avril 2021 – dans le rapport de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) –, que son nom avait été dévoilé.

    Pour l’identifier, les enquêteurs avaient dû procéder par élimination : après avoir analysé la vidéo d’un manifestant postée sur YouTube, les échanges radio entre les agents, les auditions administratives, la modélisation 3D du média #Disclose – qui avait reconstitué la scène du tir –, et en s’appuyant sur les clichés du rapport balistique, l’IGPN avait pu écarter quatre des policiers.

    « Manquement professionnel »

    « Le gardien de la paix [soupçonné] admettait que le porteur de Cougar (…) à l’arrière de la colonne vers 19 h 00, ne pouvait être que lui. Mais il déclarait n’avoir gardé aucun souvenir ni des lieux, ni de la situation (…), pouvait-on lire dans le rapport. Il prétendait ignorer s’il était l’auteur du tir (…) sans toutefois le contester formellement. » L’IGPN avait « mis en lumière un manquement professionnel et un comportement contraire à la déontologie policière » concernant ce CRS, mais aussi son #superviseur, chargé de donner l’ordre de tirer une fois qu’il est assuré que les conditions légales d’emploi de l’arme sont réunies. L’inspection estimait que tous deux avaient « manqué à l’obligation de discernement », et avait demandé leur « renvoi en conseil de discipline ».

    Une observation qui n’avait pas été suivie d’effet : Frédéric Veaux, alors directeur général de la police nationale, avait décidé, en octobre 2021, de ne pas suivre l’avis de l’IGPN. Un choix qui « n’a aucune incidence sur la procédure pénale », se félicite Yassine Bouzrou, qui souhaite désormais « demander la mise en examen du CRS superviseur qui a autorisé le tir », ainsi que la requalification du chef d’inculpation en « violence volontaire ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner », dans la mesure où « il n’y a aucun doute sur le fait que le tir est volontaire et vise un immeuble d’habitation », selon lui.

    Au printemps 2023, les juges d’instruction ont mandaté deux médecins afin qu’ils déterminent une éventuelle « responsabilité médicale » des pompiers et de l’hôpital de la Conception dans la prise en charge de Mme Redouane, à la santé déjà fragile. L’enjeu est de déterminer si c’est bien la grenade – d’un poids de 384,5 grammes, qui a provoqué de lourdes blessures (un fracas de l’ensemble de l’hémiface droite) – qui a bien causé son décès, et non les conditions de sa prise en charge hospitalière, comme le soutenait, au lendemain de sa mort, le procureur de Marseille. « Une thèse ridicule », balaie Me Bouzrou, qui ajoute : « Même s’il y a eu un problème dans la prise en charge médicale, cela n’aurait aucune incidence d’un point de vue juridique, car, sans le tir, Mme Redouane n’aurait jamais été aux urgences. » Les conclusions de cette expertise ne sont pas encore connues.

    #DGPN

  • « Ce que ferait le RN au pouvoir ? Les médias ne lui posent pas assez la question » | A l’air libre | 15.10.24

    Ne pas rester « sidérés » face à l’extrême droite, comprendre les ressorts profonds de sa « dédiabolisation » en trompe-l’œil. C’est le message du livre « Une étrange victoire », qui sort le 18 octobre. L’un de ses auteurs, le politiste Étienne Ollion, est l’invité d’ « À l’air libre ».

    L’extrême droite « à gagné » ? Sur l’immigration, oui, et la Macronie l’a validé dans la loi.

    Mais sur le reste ? C’est moins évident. Et où aurait-elle gagné ? Et comment.

    Glissement de la stratégie du RN : leur combat n’est plus sur les principes (généraux) mais sur les valeurs (individuel). Destruction de la dichotomie gauche/droite (par Macron en particulier) qui crée de la confusion (volontairement ?) et empêche la compréhension ou la lecture du paysage politique. On ne sait plus placer les partis et leurs discours.

    Accaparement du "concept" de "bon sens" par le RN. Ce qui a l’avantage de ne pas produire d’argumentaire (le bon sens, c’est évident). Et par ailleurs, bon sens basé sur les expériences personnelles, basé sur le passé, techniquement "néophobes" i.e. conservatrices.

    Rôle des "médias", essentiellement dû au déplacement du traitement (média) de la politique de l’approche "débat d’idée / principes" à l’approche "course de petits chevaux".

    Guerre aux universitaires / monde intellectuel (assimilés à "gauchistes").

    Recommendation : que la gauche se mette a travailler ensemble et produise un programme ( :-) ) et qu’elle se batte sur les principes (terrain abandonné par le RN) et non pas sur une "morale" (choix du RN, qui empêche de lire les intentions réelles).

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/151024/ce-que-ferait-le-rn-au-pouvoir-les-medias-ne-lui-posent-pas-assez-la-quest

    • CRS = SS
      https://secoursrouge.org/france-les-crs-chargent-une-manifestation-antifasciste-pres-de-nantes

      Deux cents manifestant-es s’étaient rassemblés ce samedi à Vertou, près de #Nantes, pour marcher vers la salle qui devait accueillir le député #RN Sébastien Chenu. L’endroit avait été recouvert de slogans #antifascistes la veille. A peine une minute après le début de la marche, les #CRS ont chargé, matraqué et gazé. Trois personnes ont été blessées dont une à la tête dès les premières minutes. Les trois banderoles du cortège ont été saisies. Malgré un rapport de force très déséquilibré, le cortège, survolé par un héllicoptère de la gendarmerie, est passé par les champs et les petites rues, et tentera d’atteindre la salle, montant des barricades enflammées en chemin jusqu’à 20h. Au total, 10 personnes ont été arrêtées. Huit d’entre elles sont sorties libres et sans poursuites de la gendarmerie. Deux étaient toujours en garde à vue hier lundi, dans l’optique d’un probable défèrement.

    • Toujours à Nantes ce mois d’octobre
      https://visa-isa.org/article/visa-44-le-groupuscule-collaborationiste-dit-parti-national-breton-na-sa-p

      Ce samedi 12 octobre, lors d’une manifestation pour la réunification de la Bretagne, l’association “Bretagne réunie” a laissé flotter en son sein les drapeaux du P.N.B., le Parti National Breton. Créé en 1931, ce parti opère rapidement un virage idéologique clair vers le nazisme et commet de nombreuses exactions contre les résistant·es du maquis breton au côté de la SS. Officiellement dissout à la Libération, cette organisation ne disparaît jamais vraiment du paysage local subsistant grâce à quelques nostalgiques du IIIe Reich. C’est en 2022 que le PNB refait surface avec une idéologie mêlant #nationalisme_breton, #antisémitisme et #racisme. Le parti définit la nationalité bretonne « selon le droit exclusif du sang » et revendique un programme islamophobe visant à déporter les « étrangers inassimilables » vers la France. L’idéologie qui transpire de cette organisation est bien celle que nous combattons farouchement. A Nantes, comme ailleurs, la place de ces banderoles et drapeaux ne peut être que dans les musées, pour témoigner de l’infamie dont ses membres ont fait preuve. Les luttes bretonnes ne peuvent être assimilées aux idées abjectes du P.N.B.

      De plus, Ouest-France nous rapporte qu’un élu de la métropole, Florian le Teuff, s’étant opposé au défilé du parti néo-nazi, aurait alors reçu plusieurs coups de poing puis porté plainte. A ce titre, nous lui apportons bien évidemment notre soutien. Alors qu’on aurait pu attendre à minima la même démarche de la part de Bretagne Réunie, organisatrice de l’évènement, nous avons découvert les propos suivants du coprésident de l’association Alain Peigné.

      Selon ses mots, ne pas vouloir défiler avec des néo-nazis, serait « excessif » et c’est finalement l’élu agressé qui se trouve être « l’extrémiste qui cherche à empêcher les autres de s’exprimer », alors que ces petits nazillons « étaient assez pacifiques » arborant simplement des triskelles oranges, symboles collaborationnistes. Il se félicite même que ces hommes reviendront, mais « plus jamais avec des banderoles ». Pour lui, l’élu a fait « tout un foin » alors que nous lui trouvons, nous, la qualité d’avoir remué l’eau trouble de Bretagne Réunie. Et au vu des propos d’Alain Peigné dans Ouest-France, c’est avec de la boue que l’association s’est teintée de brun. Un néo-nazi sans banderole reste un néo-nazi et il n’a pas sa place dans un évènement démocratique.Bretagne Réunie participe à la mise en place de la stratégie de « dégroupuscularisation » du P.N.B. annoncée par son président début août sur sa chaîne Youtube, souhaitant créer un parti éligible de néo-nazis « en col blanc ».
      Cette stratégie adoptée par de nombreux groupuscules violents d’extrême droite ne trompe personne. VISA 44 continuera de dénoncer tout péril fasciste ainsi que leurs complices, même ceux qui tenteraient de se masquer sous un déguisement grotesque « d’extrêmement modéré”.

  • Racisme et antisémitisme : les messages d’une unité de CRS sur WhatsApp révélés par le « Canard enchaîné »
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/racisme-et-antisemitisme-les-messages-dune-unite-de-crs-sur-whatsapp-reve

    Une enquête de l’IGPN aurait bien été ouverte. En revanche, elle ne vise pas cette boucle WhatsApp bien connue de la police des polices, mais le commandant de l’unité qui s’était senti obligé de rappeler à son escadron « les bases de la neutralité républicaine ». Il aurait été présenté dans une lettre anonyme comme un « franc-maçon influent » – ce que n’a pas pu prouver le procureur de Meaux… Le manque de considération de l’IGPN pour les faits de racisme et d’antisémitisme n’étonne pas le Canard enchaîné : « Pas question, pour la Place Beauvau, de lancer une chasse aux sorcières brunes dans des unités de force mobile qui ont sauvé la macronie au moment des manifs des gilets jaunes et se trouveront en première ligne lors des JO. » Depuis que le commandant L. a été « mis sur la touche » [évincé pour avoir tenté de rapporter à sa hiérarchie ces dérives fascistes], plusieurs plaintes auraient été déposées par des policiers antillais ou d’origine étrangère, « victimes d’un déchaînement raciste », poursuit l’hebdomadaire. Le grand gagnant dans cette affaire reste le capitaine L. B. [qui ne cachait pas sa nostalgie du IIIe Reich et son amour pour Jean-Marie Le Pen], affecté à une autre unité… et promu.

  • Les #forces_mobiles

    Historiquement créées pour gérer les troubles à l’ordre public résultant de manifestations ou de mouvements de foule, les 64 #compagnies_républicaines_de_sécurité (#CRS) et les 116 escadrons de #gendarmes_mobiles (#EGM) constituent une réserve nationale employable sur l’ensemble du territoire pour des missions de maintien de l’ordre ou de sécurisation. Ces unités sont fortement polyvalentes, et très mobiles, afin de répondre aux besoins exprimés sur l’ensemble du territoire métropolitain, ainsi qu’en Outre-mer. En 2022, les effectifs de CRS étaient de 11 164 agents et ceux de gendarmes mobiles de 12 502, stables au cours des dix dernières années. Dans une insertion au rapport public annuel de 2017, la Cour des comptes faisait le constat d’un emploi croissant de ces forces. Cette hausse des missions était associée à une baisse des effectifs des unités de forces mobiles au début des années 2010. Ils ont depuis connu un rebond, sans pour autant permettre de recompléter toutes les unités. Les constats effectués à l’époque sont pour la plupart réitérés dans ce rapport, et les pistes d’amélioration explorées en 2017 ont souvent été mises à mal par la succession de crises sur la période couverte 2017-2023. Ce rapport vise donc à confronter les constats et recommandations de 2017 à un contexte évolutif, notamment concernant l’emploi de ces unités.

    https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-forces-mobiles
    #gendarmerie_mobile #France #maintien_de_l'ordre #cour_des_comptes #rapport #forces_de_l'ordre

  • #Wauquiez veut surveiller les #trains et #lycées régionaux avec l’#intelligence_artificielle

    #Laurent_Wauquiez a fait voter le déploiement de la #vidéosurveillance_algorithmique dans tous les lycées et trains d’#Auvergne-Rhône-Alpes, profitant de l’#expérimentation accordée aux #Jeux_olympiques de Paris.

    Laurent Wauquiez savoure. « Nous avions pris position sur la vidéosurveillance pendant la campagne des régionales. Depuis, les esprits ont bougé », sourit le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en référence à l’expérimentation de la #vidéosurveillance algorithmique (#VSA) accordée dans le cadre des Jeux olympiques de Paris. Surfant sur l’opportunité, il a fait voter jeudi 21 mars en Conseil régional sa propre expérimentation de vidéosurveillance « intelligente » des lycées et des trains d’Auvergne-Rhône-Alpes.

    L’ancien patron des Républicains (LR) justifie cette avancée technosécuritaire par l’assassinat du professeur #Dominique_Bernard dans un lycée d’Arras en octobre. Pour l’élu, cette tragédie « confirme la nécessité de renforcer la #sécurité des lycées ».

    Reste que cette expérimentation n’est pour l’instant pas légale. Laurent Wauquiez va demander au Premier ministre, Gabriel Attal, la permission d’élargir la loi pour couvrir les lycées et les transports régionaux. « L’expérimentation des JO est faite pour tester ce qui sera appliqué. Il faut en profiter », défend Renaud Pfeffer, vice-président délégué à la sécurité de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

    Selon la délibération votée par le Conseil régional, cette #technologie qui combine vidéosurveillance et intelligence artificielle peut détecter huit types d’événements prédéterminés : « le non-respect du sens de circulation, le franchissement d’une zone interdite, la présence ou l’utilisation d’une arme, un départ de feu, un mouvement de foule, une personne au sol, une densité trop importante, un colis abandonné. » Les événements sont ensuite vérifiés par un agent, qui décide des mesures à prendre.

    L’expérimentation doit durer deux ans

    L’exécutif régional promet d’utiliser cette vidéosurveillance algorithmique « sans mettre en œuvre de reconnaissance faciale, ni d’identification de données biométriques [qui permettent d’identifier une personne]. » « On est sur du situationnel, pas sur de l’individu », insiste #Renaud_Pfeffer. Des promesses auxquelles ne croit pas Marne Strazielle, directrice de la communication de l’association de défense des droits et libertés sur internet La Quadrature du net. « En réalité, l’#algorithme identifie des actions qui peuvent être rattachées à son auteur », insiste-t-elle.

    Cette expérimentation est programmée pour durer deux ans dans les trains, #gares, lycées et #cars_scolaires. Les flux vidéos seront examinés au #Centre_régional_de_surveillance_des_transports (#CRST) aménagé en gare de Lyon Part-Dieu. « Les caméras sont prêtes », assure Renaud Pfeffer. Depuis son arrivée à la tête de la Région en 2016, Laurent Wauquiez l’a généreusement équipée en vidéosurveillance : 129 gares sont surveillées par 2 300 caméras, dont les images sont visionnées en temps réel au CRST. 285 lycées, 750 cars et la totalité des rames ferroviaires sont également équipés.

    « L’illusion d’avoir une approche pratique de l’insécurité »

    Pour défendre son projet, l’exécutif régional s’appuie sur la loi du 19 mai 2023, adoptée pour les Jeux olympiques de Paris et qui autorise l’expérimentation à grande échelle de la VSA par la police nationale jusqu’au 31 mars 2025. « On n’a le droit à la sécurité que pendant les Jeux olympiques et que à Paris ? On ne peut pas tester [la VSA] pour nos enfants, contre les problèmes de drogue ? », s’offusque Laurent Wauquiez.

    « Cette technologie permet aux décideurs politiques d’offrir l’illusion d’avoir une approche pratique de l’insécurité car ils mettent en place un dispositif, dénonce Marne Strazielle. Mais ce n’est pas parce qu’on enregistre et détecte une action dans l’espace public qu’elle va moins se produire. Souvent, cela ne fait que déplacer le problème. Il faut faire le travail de comprendre pourquoi elle s’est produite et comment la réduire. »

    La #Commission_nationale_de_l’informatique_et_des_libertés (#Cnil), qui n’a pas été consultée par l’équipe de Laurent Wauquiez, rappelle à Reporterre sa position de principe, qui « considère que la mise en œuvre de caméras augmentées conduit fréquemment à limiter les droits des personnes filmées ». Pour l’autorité administrative indépendante, « le déploiement de ces dispositifs dans les espaces publics, où s’exercent de nombreuses libertés individuelles (liberté d’aller et venir, d’expression, de réunion, droit de manifester, liberté de culte, etc.), présente incontestablement des risques pour les droits et libertés fondamentaux des personnes et la préservation de leur anonymat ».

    https://reporterre.net/Wauquiez-veut-surveiller-les-trains-et-lycees-regionaux-avec-l-intellige
    #surveillance #IA #AI #France #JO #JO_2024

    • La région #AURA vote le déploiement de la VSA dans les gares et les lycées

      Il en rêvait, il l’a fait. Un article de Reporterre nous apprend que Laurent Wauquiez a fait voter jeudi 21 mars en Conseil régional, le déploiement de la vidéosurveillance algorithmique dans tous les lycées et trains d’Auvergne-Rhône-Alpes, profitant de l’expérimentation accordée aux Jeux olympiques de Paris.

      Actuellement 129 gares seraient surveillées par 2 300 caméras, dont les images sont visionnées en temps réel au CRST. 285 lycées, 750 cars et la totalité des rames ferroviaires seraient également équipés.

      Selon la délibération votée par le Conseil régional, l’équipement de ces caméras avec la vidéosurveillance automatisée pourra détecter huit types d’événements prédéterminés : « le non-respect du sens de circulation, le franchissement d’une zone interdite, la présence ou l’utilisation d’une arme, un départ de feu, un mouvement de foule, une personne au sol, une densité trop importante, un colis abandonné. ». Les événements seront ensuite vérifiés par un agent, qui décidera des mesures à prendre.

      L’exécutif régional promet d’utiliser cette vidéosurveillance algorithmique « sans mettre en œuvre de reconnaissance faciale, ni d’identification de données biométriques [qui permettent d’identifier une personne]. » Cependant, comme l’a très bien démontré la Quadrature du Net, la VSA implique nécessairement une identification biométrique.

      La VSA et la reconnaissance faciale reposent sur les mêmes algorithmes d’analyse d’images, la seule différence est que la première isole et reconnaît des corps, des mouvements ou des objets, lorsque la seconde détecte un visage.

      La VSA est capable de s’intéresser à des « événements » (déplacements rapides, altercations, immobilité prolongée) ou aux traits distinctifs des personnes : une silhouette, un habillement, une démarche, grâce à quoi ils peuvent isoler une personne au sein d’une foule et la suivre tout le long de son déplacement dans la ville. La VSA identifie et analyse donc en permanence des données biométriques.

      « En réalité, l’algorithme identifie des actions qui peuvent être rattachées à son auteur » (Marne Strazielle, directrice de la communication de La Quadrature du net.)

      Ce sont généralement les mêmes entreprises qui développent ces deux technologies. Par exemple, la start-up française Two-I s’est d’abord lancé dans la détection d’émotion, a voulu la tester dans les tramways niçois, avant d’expérimenter la reconnaissance faciale sur des supporters de football à Metz. Finalement, l’entreprise semble se concentrer sur la VSA et en vendre à plusieurs communes de France. La VSA est une technologie biométrique intrinsèquement dangereuse, l’accepter c’est ouvrir la voie aux pires outils de surveillance.
      "Loi J.O. : refusons la surveillance biométrique", La Quadrature du Net

      Cela fait longtemps que M. Wauquiez projette d’équiper massivement cars scolaires et inter-urbains, gares et TER d’Auvergne-Rhône-Alpes en caméras et de connecter le tout à la reconnaissance faciale.

      En juin 2023, nous avions déjà sorti un article sur le sujet, au moment de la signature d’une convention entre la région Auvergne Rhône Alpes, le préfet et la SNCF, autorisant le transfert aux forces de sécurité, des images des caméras de vidéosurveillance de 129 gares sur les quelque 350 que compte la région AURA.

      Depuis fin 2023, il demande également d’utiliser à titre expérimental des "logiciels de reconnaissance faciale" aux abords des lycées pour pouvoir identifier des personnes "suivies pour radicalisation terroriste".

      Une mesure qui a déjà été reconnue comme illégale par la justice, comme l’a rappelé le media Reporterre. En 2019 un projet de mise en place de portiques de reconnaissance faciale à l’entrée de lycées à Nice et Marseille avait été contesté par La Quadrature du net et la LDH. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui avait déjà formulé des recommandations, a rendu à l’époque un avis qui jugeait le dispositif pas nécessaire et disproportionné.

      Mais cela qui n’arrêtera Laurent Wauquiez, celui-ci a déclaré qu’il allait demander au Premier ministre, Gabriel Attal, la permission d’élargir la loi pour couvrir les lycées et les transports régionaux...

      La CNIL, qui n’a pas été consultée par l’équipe de Laurent Wauquiez, a rappelé à Reporterre sa position de principe, qui « considère que la mise en œuvre de caméras augmentées conduit fréquemment à limiter les droits des personnes filmées ».

      Pour elle, « le déploiement de ces dispositifs dans les espaces publics, où s’exercent de nombreuses libertés individuelles (liberté d’aller et venir, d’expression, de réunion, droit de manifester, liberté de culte, etc.), présente incontestablement des risques pour les droits et libertés fondamentaux des personnes et la préservation de leur anonymat ».

      Des dizaines d’organisations, parmi lesquelles Human Rights Watch, ont adressé une lettre publique aux députés, les alertant sur le fait que les nouvelles dispositions créent un précédent inquiétant de surveillance injustifiée et disproportionnée dans les espaces publics, et menacent les droits fondamentaux, tels que le droit à la vie privée, la liberté de réunion et d’association, et le droit à la non-discrimination.

      Résistons à la #VSA et à la technopolice !


      https://halteaucontrolenumerique.fr/?p=5351

  • Piéton tué par la #BRAV-M : des policiers avaient alerté sur la #dangerosité des motards

    « Devons-nous attendre un accident mortel pour réagir ? » Deux mois avant la mort d’un piéton en décembre dernier à Paris, une quinzaine de policiers de cette unité décriée avaient dénoncé, en vain, la dangerosité de leurs #motards dans des rapports accablants. Depuis plusieurs années, les blessés s’accumulent.

    À la préfecture de police de Paris, l’annonce, le 12 décembre, de la mort d’un homme de 84 ans, percuté par une moto de la brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) alors qu’il traversait un passage piéton dans le XIXe arrondissement de Paris, n’a pas surpris tout le monde. Notamment dans les rangs des compagnies d’intervention (CI), mobilisées à tour de rôle pour grimper à l’arrière des motos au sein de ces équipages décriés pour leur violence depuis leur création, en 2019, en plein mouvement des « gilets jaunes ».

    Casque blanc à l’avant pour le pilote, noir à l’arrière pour son passager, vêtements sombres, motos de sport banalisées : les BRAV-M sont déployées au coup par coup pour des missions de maintien de l’ordre à Paris, et de « sécurisation » dans les quartiers réputés difficiles en banlieue.

    Le 7 octobre 2023, soit un peu plus de deux mois avant la mort du piéton − qui fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « homicide involontaire » −, une quinzaine de policiers passagers des BRAV-M avaient transmis à leur hiérarchie des rapports pointant du doigt la dangerosité et l’illégalité de la conduite de leurs collègues.

    Dans ces écrits, consignés au terme d’une journée particulièrement chaotique, ils signifiaient également leur refus de continuer de monter derrière des pilotes décrits comme hors de contrôle, évoquant une accumulation d’accidents et de blessés et des alertes émises auprès de responsables de la DOPC (direction de l’ordre public et de la circulation) de la préfecture de police depuis « des mois voire des années ». Vitesse folle, prise de risques inconsidérée et injustifiée, absence de contrôle hiérarchique : le contenu de ces rapports, consultés par Mediapart, est effarant.

    Ce samedi 7 octobre, des équipages de la BRAV-M, dont la devise est « Born to ride » (« Né pour rouler », en anglais), sont affectés à plusieurs missions de sécurisation un peu partout à Paris. Certaines motos sont stationnées au stade Charléty, dans le sud de la capitale, où le Paris Football Club doit affronter l’AJ Auxerre pour un match de ligue 2. D’autres patrouillent place de la Bastille ou boulevard Magenta, près de la place de la République.

    En fin d’après-midi, une des unités voit un scooter brûler un feu rouge rue de Bagnolet, dans l’Est parisien. Les policiers tentent d’interpeller le conducteur, qui ne s’arrête pas. L’annonce de ce « refus d’obtempérer » circule sur les ondes et, sans attendre aucun ordre, des motards, même ceux du stade Charléty (à une dizaine de kilomètres de là), décident de se joindre à la course-poursuite.

    Le scooter pris en chasse s’engage sur le périphérique saturé, puis sur l’autoroute, où il finit par chuter au niveau de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Pendant ce temps, les motos de la BRAV-M convergent d’un peu partout dans Paris, à très grande vitesse.
    Plus de 180 kilomètres-heure

    Dans leurs rapports, les policiers passagers racontent : « Les motards ont décidé de partir à très vive allure, roulant à plus de 100 km/h en ville et slalomant entre les véhicules. Ils ont continué leur progression en interfile à 145 km/h sur un périphérique saturé. C’est inadmissible. Les motards ne sont pas conscients des risques qu’ils prennent pour leur propre vie, celles de leurs passagers, et celles des citoyens. D’autant plus que le Code de la route est complètement bafoué », écrit l’un d’entre eux, qui conclut : « Devons-nous attendre qu’il y ait un accident mortel pour réagir ? »

    Un autre relate que le pilote « a dépassé les 180 km/h [...] après avoir pris tous les risques possibles tout en étant conscient qu’à tout moment la moindre collision s’avérerait mortelle ». « Nous arrivons bien évidemment après l’intervention », ajoute-t-il. « Certains pilotes sont partis tellement vite qu’ils ont laissé leur passager sur place, avec le casque d’un passager encore attaché à la moto », précise encore le rapport.

    L’un des policiers passagers, équipé pour les opérations de maintien de l’ordre, explique s’être senti particulièrement vulnérable alors que la moto « slalomait entre les différents véhicules à vive allure ». « Après avoir fait part à un motocycliste du danger que représente la prise au vent [d’]un bouclier à de telles vitesses, celui-ci me répondra qu’à ma place il l’aurait lâché », relate-t-il. Un des fonctionnaires explique aussi avoir perdu une grenade goupillée place de la Bastille, et que le pilote aurait refusé de s’arrêter pour qu’il la ramasse…

    Plus grave encore, les policiers passagers des BRAV-M insistent sur le fait que ces comportements, à l’origine de « nombreuses blessures », ont été signalés à la hiérarchie de la DOPC à plusieurs reprises, et ce depuis des années. Sans, visiblement, que les motards aient fait l’objet d’un rappel à l’ordre.

    « Il ne se passe pas une vacation sans qu’il n’y ait une chute fortuite, et malgré de nombreuses discussions, rien ne semble changer », se plaint un fonctionnaire. « Il existe depuis de longs mois voire des années des griefs par rapport à leur conduite », explique un autre, évoquant une réunion en juin 2023 provoquée par « des accidents à répétition ». « Malgré de nombreuses blessures en service ainsi que de multiples discussions, il semblerait que les problèmes de comportement persistent et que les risques encourus ne cessent d’augmenter semaine après semaine », dit un troisième.

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    Les BRAV-M, des unités uniques en France

    La première intervention officielle des BRAV-M (brigades de répression de l’action violente motorisées) dans les manifestations parisiennes date du 23 mars 2019, en plein mouvement des « gilets jaunes », sous la houlette du tout nouveau préfet de police de l’époque, Didier Lallement – remplacé par Laurent Nuñez à l’été 2022. Mais ces unités étaient déjà en gestation. Dès décembre 2018, sur décision du ministre de l’intérieur Christophe Castaner et du préfet Michel Delpuech, des binômes de policiers motorisés, interdits depuis la mort de Malik Oussekine en 1986, refont leur apparition dans les rues de Paris.

    Au départ, ce sont essentiellement des agents des brigades anticriminalité (BAC), non formés au maintien de l’ordre, qui sont mobilisés au sein de ces équipages. Car la particularité de la BRAV-M est qu’elle n’est pas une unité à proprement parler : depuis 2020, elle est composée d’agents appartenant aux compagnies d’intervention (CI) de la préfecture de police de Paris, mobilisés ponctuellement pour grimper à l’arrière des motos comme passagers. À l’avant, les motards, 150 policiers environ, appartiennent eux aussi à une compagnie d’intervention, « la 24 ».

    Déployées au coup par coup en fonction des événements prévus dans la capitale, les BRAV-M sont réparties en équipages de 18 motos organisées en trinômes. Elles sont devenues le symbole ambulant de ce que les manifestant·es reprochent aux forces de l’ordre françaises : une violence imprévisible, indiscriminée et gratuite.

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    Pourquoi ces alertes et ces rapports sont-ils restés sans suite pendant des mois ? Selon nos informations, les écrits envoyés par les policiers le 7 octobre n’ont pas été enregistrés par la hiérarchie de la DOPC dans le système de courrier de la préfecture de police, baptisé « Alice », comme le veut la procédure.

    Les fonctionnaires auteurs des rapports n’ont été convoqués qu’à la mi-janvier, soit plus de trois mois après les incidents signalés, dans le cadre d’une « procédure d’enquête administrative ». Des convocations tombées, donc, quelques semaines après l’accident qui a causé la mort du piéton dans le XIXe arrondissement.

    Selon les informations de Mediapart, les procès-verbaux de convocation à ces auditions sont en effet datés du mois d’octobre, mais ne comportent aucune référence « Alice », ce qui interroge sur la réalité de la temporalité de la procédure.
    Le préfet de police pas informé

    Un autre détail pose question : l’enquête administrative chargée de faire la lumière sur les incidents du 7 octobre a été confiée à Patrick Lunel, qui n’est autre que… le responsable des motards de la BRAV-M mise en cause par leurs collègues. Patrick Lunel est par ailleurs connu pour avoir été commandant de la CSI 93, la compagnie de sécurisation et d’intervention de la Seine-Saint-Denis, quand elle s’est retrouvée au cœur d’une retentissante série de scandales.

    Une vingtaine d’enquêtes judiciaires avaient été ouvertes en 2019 et 2020 par le parquet de Bobigny pour des faits de vols, violences et faux en écriture publique. La majorité ont été classées faute de preuves, selon une source judiciaire, mais plusieurs des policiers de la CSI 93 ont été renvoyés devant la justice, et certains condamnés à de la prison ferme.

    Sollicité via la préfecture de police, Patrick Lunel n’a pas répondu à nos questions.

    Interrogée sur le contenu de ces rapports et l’absence de suites, la préfecture de police nous a indiqué que « les rapports des agents, transmis par mail un dimanche, ont été portés sans délai à la connaissance de l’ensemble de la chaîne hiérarchique, l’absence d’enregistrement par numéro ALICE n’ayant aucune incidence sur la remontée et la prise en compte d’information ».

    « Le délai de trois mois entre le déclenchement de l’enquête administrative et les premières auditions se justifie par la nécessité d’instruire l’ensemble des rapports, les contraintes opérationnelles, et la programmation de plusieurs actes s’agissant d’une affaire dans laquelle aucun blessé n’est à déplorer et alors même que le préfet de police, dès le 11 octobre, avait reçu l’ensemble de l’encadrement de la BRAV-M pour rappeler les règles de déontologie, notamment la nécessité de circuler à allure normale hors cas d’intervention d’urgence », a-t-elle justifié.

    « Le préfet de police tient à préciser que toute la lumière sera faite sur cette enquête administrative sur des faits qui se déroulaient dans le cadre initial d’un refus d’obtempérer commis par un individu finalement interpellé dans un secteur sensible de Seine-Saint-Denis où ont eu lieu de nombreuses prises à partie d’effectifs et nécessitant l’envoi de renforts dans les meilleurs délais », nous a encore précisé la préfecture.

    La hiérarchie de la DOPC a-t-elle dissimulé au préfet la colère qui montait dans les rangs des BRAV-M ? « Le préfet de police a été informé des crispations liées à la vitesse (c’est à ce titre qu’il reçoit les encadrants le 11 octobre), sans être informé précisément du fait du 7 octobre », nous a-t-on répondu.

    Autre interrogation : alors que les rapports du 7 octobre font état de « nombreux blessés en service », combien de policiers ont été blessés dans des accidents causés par les motards de la BRAV-M ? « À ce jour, la direction de l’ordre public et de la circulation recense contre les pilotes de la BRAV-M quatre cas de faute lourde de pilotage, avec blessé. Des enquêtes ont été ouvertes pour chacun des cas », indique la préfecture.

    Au moins un de ces accidents a eu des conséquences dramatiques. Selon nos informations, une jeune gardienne de la paix affectée dans une compagnie d’intervention a été grièvement blessée en juin 2022 dans un carambolage sur le périphérique parisien au niveau de la porte de la Villette alors qu’elle était passagère dans un équipage de la BRAV-M, accident dont elle conserve de graves séquelles.

    À ce sujet, la préfecture de police nous a indiqué que cet accident a fait « l’objet d’une enquête administrative, dont les conclusions ont été rendues : un conseil de discipline doit avoir lieu en mars 2024 ». « Dans l’attente, l’agent en cause a changé d’affectation et n’exerce plus sur la voie publique. L’enquête judiciaire est toujours en cours, elle est effectuée par l’IGPN [Inspection générale de la police nationale – ndlr] », a-t-elle précisé.
    « Roues arrière sur le périph’ »

    « Le grave accident dont a été victime la jeune policière aurait pourtant dû susciter un électrochoc, souffle un commissaire de la préfecture de police de Paris. Mais ça n’a rien changé, les motards de la BRAV-M continuent de faire des roues arrière sur le périph’ ! » « Ils sortent leur béquille sur l’autoroute pour faire des étincelles. Ils font les kékés, ça les amuse », renchérit un policier, lui aussi en poste à la préfecture.

    « Au fil des années, à force d’une série de petits renoncements, un laisser-aller s’est installé, poursuit ce fonctionnaire. Les motards de la BRAV-M, c’est un État dans l’État, il y a un gros sentiment d’impunité. » « Beaucoup sont jeunes, manquent de maturité. Ils sont portés aux nues par leur hiérarchie, et se sentent autorisés à tout faire », confirme le commissaire.

    Ni l’accident de la jeune policière ni les rapports du 7 octobre n’ont donc changé quoi que ce soit : le 12 décembre, à proximité de la « base » des motards, porte de la Villette, un de leurs équipages a percuté un passant. Cet homme de 84 ans a été grièvement blessé, souffrant notamment d’un traumatisme crânien. Transporté aux urgences, il est mort le lendemain. Le parquet de Paris avait précisé que l’accident avait eu lieu « vers 16 heures » et que le piéton traversait « au feu vert pour les piétons » tandis que les deux motos de la BRAV-M franchissaient un feu rouge.

    Selon les éléments recueillis par Mediapart, la particularité des BRAV-M est qu’elles peuvent décider de leur mobilisation sans consulter les autorités hiérarchiques de la direction de l’ordre public de la préfecture, dont elles dépendent, comme le démontrent les récits relatés dans les rapports du 7 octobre. Avec un objectif assumé : interpeller.

    Depuis le déploiement de cette unité unique en France, créée en 2019 pour intervenir quand les conditions habituelles du maintien de l’ordre sont dépassées − les précédentes brigades motorisées ont été interdites après le décès de Malik Oussekine en 1986 −, la BRAV-M est régulièrement décriée pour ses actions violentes.

    Ces binômes de policiers motorisés sont visés par plusieurs enquêtes judiciaires, notamment pour avoir agressé gratuitement un étudiant de 22 ans, ou encore pour avoir, pendant le mouvement contre la réforme des retraites, en mars 2023, roué de coups un jeune homme, Souleymane, 23 ans, tout en proférant des insultes racistes à son égard. Dernière affaire en date : des violences exercées sur un jeune réfugié en décembre, qui font l’objet d’une enquête administrative ouverte par le préfet de police, Laurent Nuñez.

    Dans un rapport publié en avril 2023, l’Observatoire parisien des libertés publiques (OPLP), créé à l’initiative de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et du Syndicat des avocats de France (SAF), avait étrillé ces brigades, décrites comme « violentes et dangereuses, promptes à faire dégénérer les situations ». « La BRAV-M a développé un style qui puise dans les répertoires de la chasse, du film d’action, du virilisme et de l’intimidation », pouvait-on y lire.

    La mort du piéton en décembre et l’affaire des rapports sur la conduite « très accidentogène » des pilotes deux mois plus tôt viennent une nouvelle fois éclabousser la DOPC, chargée de la sécurisation de l’ensemble des événements et manifestations à Paris et en petite couronne. Elle sera donc sollicitée pour les cérémonies des Jeux olympiques de Paris, qui auront lieu dans six mois.

    La DOPC avait déjà été décapitée par l’affaire Benalla, qui avait emporté avec elle plusieurs des pontes de la préfecture. Jérôme Foucaud, un haut gradé sans expérience du maintien de l’ordre, avait alors été propulsé à la tête de cette direction. C’est lui qui avait été responsable du maintien de l’ordre pendant les manifestations des « gilets jaunes », et lui aussi qui avait signé le « télégramme » entérinant le dispositif de sécurisation de la finale de la Ligue des champions en mai 2022, restée dans les mémoires comme un fiasco d’ampleur internationale.

    Selon nos informations, le directeur de l’ordre public avait connaissance, depuis des mois, de la colère qui montait en interne contre les motards de la BRAV-M, sujet qui avait été évoqué au cours de plusieurs réunions. Interrogé à ce sujet via la préfecture de police, Jérôme Foucaud ne nous a pas répondu.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/310124/pieton-tue-par-la-brav-m-des-policiers-avaient-alerte-sur-la-dangerosite-d
    #forces_de_l'ordre #France #piétons #compagnies_d’intervention (#CI) #violence #violences_policières #banlieue #maintien_de_l'ordre #homicide_involontaire #rapport #Born_to_ride #vitesse #témoignage #DOPC #enquête_administrative #Patrick_Lunel #CSI_93 #vols #faux_en_écriture_publique #accidents #impunité

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    ajouté à la #métaliste de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas :
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  • Confessions d’un (ex) gendarme

    Il était gendarme, il a démissionné. Avec ces mots, publiés sur un blog de Mediapart : « Nous, policiers et gendarmes, participons à la criminalisation des classes populaires. Les collègues ne cachent pas leur xénophobie. Je pense toujours qu’il ne faut pas laisser ces métiers à des gens de droite. Mais j’ai envie de rejoindre la lutte face à ce système profondément injuste. Passer de l’autre côté de la barricade, comme diraient certains. » (https://blogs.mediapart.fr/gendarmedemissionnaire/blog/240323/la-demission-dun-gendarme)
    Ce matin, le dit gendarme était avec nous. Pour nous parler de son geste, de son expérience, de ses déconvenues, de sa colère, de l’esprit de caserne qui règne, et de l’omerta qui plombe. Du regard des gendarmes sur leurs “ennemis” et leurs administrés, du “racisme latent”, de la voie hiérarchique, des démissions en cascade et en catimini.

    Avant de le convoquer, on lui a demandé de montrer patte blanche. Fiches de paye, photo de lui en uniformes, il nous a tout montré. Il a quitté la maison pandore après quatre années de service. La causerie fut comme annoncée : passionnante.

    https://video.davduf.net/w/4GXZ49nrC6QPCAN8NstuJm?start=6m14s

    https://www.auposte.fr/confessions-dun-ex-gendarme

    #démission #France #gendarmes #témoignage #travail #métier #forces_de_l'ordre #gendarmerie

    voir aussi :
    https://seenthis.net/messages/1022115

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  • Pour lutter contre le trafic de drogues et toutes ses conséquences, la France doit repenser une stratégie symbole de déroute
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/09/25/face-aux-trafics-de-drogue-des-pistes-pour-sortir-de-l-echec-du-tout-repress


    Un graffiti indiquant les prix d’un point de deal dans le quartier de la Castellane, à Marseille, le 27 juin 2023. NICOLAS TUCAT / AFP

    La « guerre » contre la drogue menée depuis la fin du XXe siècle n’a pas su enrayer le développement du #narcotrafic, qui semble plus puissant que jamais. La France doit revoir sa doctrine, au risque de voir la situation dégénérer comme aux Etats-Unis, avec la crise des opioïdes.

    L’expression sonne comme une rengaine, la posture a un air de déjà-vu : contre les trafics de drogue, c’est « la guerre » qu’un vrai chef doit déclarer. Voilà plus de cinquante ans, en juin 1971, que Richard Nixon la convoqua aux Etats-Unis. Le 8 septembre, dans un entretien au Parisien, Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, a filé cette métaphore martiale en précisant qu’il entend désormais mener « la bataille de Stalingrad » (en référence au quartier parisien du même nom ) contre les trafiquants [et à un épisode aussi décisif qu’extrêmement meurtrier de la seconde GM..., ndc].

    Les victoires mises en avant par l’exécutif s’expriment au fil des résultats des #saisies, en hausse constante (plus de 150 tonnes en 2022 contre 115 tonnes l’année précédente), et des « points de deal » démantelés. Ces décomptes se veulent rassurants. Ils masquent une autre réalité : l’insolente santé du marché de la drogue, plus disponible que jamais, à un prix maîtrisé, malgré une doctrine immuable du tout-répressif.
    Face à des trafics se régénérant sans cesse, policiers et magistrats spécialisés convoquent à l’envi le mythe de Sisyphe poussant indéfiniment son rocher ; ou parlent de « l’océan vidé à la petite cuillère » lorsque, pour quelques barrettes de shit saisies et une poignée de « choufs » interpellés, ni la marchandise ni le personnel ne manquera le lendemain. Quant aux tribunaux, ils sont embolisés par les comparutions des « petites mains ». Des audiences où règne la loi du silence.

    La menace évolue sans cesse

    « Pilonner » les points de #deal n’a pas tari l’offre et encore moins pacifié des #quartiers où les luttes de territoire ont fait plus de soixante-dix victimes depuis le début de l’année. Une situation dénoncée dans une tribune au Monde par une cinquantaine de maires, jeudi 21 septembre, appelant à un « plan national et européen contre le trafic de drogue » notamment en « généralisant les enquêtes sur le #patrimoine » sans négliger les aspects sanitaires, en termes de prévention et de soins.
    Cette demande d’une réponse ambitieuse et globale a du sens, tandis que les déploiements de la #CRS_8 comme réplique immédiate aux violences liées aux trafics ainsi que l’annonce de la création d’une nouvelle unité d’investigation spécialisée peinent à convaincre les enquêteurs de terrain.

    La menace évolue sans cesse car, à la manière d’entreprises innovantes, les groupes criminels ont su se saisir de la révolution numérique, développer des offres multiproduits, et nouer des partenariats avec des fournisseurs et des brokers (« intermédiaires ») étrangers. Pour déstabiliser pareil ennemi, les politiques publiques doivent prendre en compte les différents niveaux du « spectre » criminel.

    Au sommet, d’abord, en améliorant la coopération policière et judiciaire avec les pays où les chefs de réseau vivent à l’abri des violences, à la manière de #rentiers_du_crime. Ensuite, en investissant dans les enquêtes au long cours visant les organisations françaises prêtes à monter en gamme et à déchaîner la violence : ce « milieu du spectre », fondamental dans la distribution. Enfin, en comprenant que, au bas de l’échelle, la #précarité économique et sociale précipite aussi le début des « carrières » dans le deal. C’est en proposant des projets alternatifs, d’autres horizons, que cette armée de réserve adolescente pourra se détourner d’un travail où elle risque sa vie à chaque « shift » (« relève »).

    Car l’éradication des filières illicites passe aussi par une politique sociale visant le bien-être quotidien des habitants des quartiers où s’organise la vente de drogue. Les victimes « collatérales » des fusillades le rappellent : la problématique de la lutte antistupéfiants dépasse le cercle des initiés, dealeurs et #clients. Elle touche les villes comme les campagnes. La société dans son ensemble.

    Le tabou de la #légalisation

    Mais l’emprise des groupes criminels organisés va plus loin. La procureure de Paris le rappelait, en novembre 2022, dans Le Monde : « Le niveau de la menace est tel que l’on détecte des risques de déstabilisation de notre Etat de droit », disait Laure Beccuau, préoccupée par les développements récents en Belgique et aux Pays-Bas. Intensifier la lutte contre le #blanchiment et la #criminalité_financière apparaît fondamental. Tout comme le fait de cibler aussi les « cols blancs », ces facilitateurs, ces prête-noms, ces complices nichés dans les administrations, essentiels pour la pérennisation du narcotrafic.

    Les rapports des services de renseignements le soulignent : la France tient une place à part dans la géographie des trafics de stupéfiants. Une position stratégique, comme pays de transit, au cœur de l’Europe occidentale… Mais aussi l’un des plus gros marchés du continent, avec 600 000 usagers de cocaïne et 5 millions de consommateurs de cannabis.

    La remise en question de la politique liée au cannabis semble aujourd’hui taboue. Ce n’était pas le cas pour le candidat Emmanuel Macron, le 4 septembre 2016, lorsqu’il annonçait, sur France Inter, que « la légalisation a une forme d’efficacité ». Avant de se raviser une fois élu. Ni la littérature scientifique ni les exemples étrangers (Canada, Portugal, Allemagne désormais…) n’entraînent de réflexion sur de nouvelles approches. Un rapport parlementaire transpartisan, remis en 2021, appelait à ouvrir le débat public sur un « modèle français de législation réglementée ». Un rapport du Conseil économique, social et environnemental, étayé, poursuivait en ce sens début 2023. Les deux sont restés dans les tiroirs.

    Au-delà de ce retard, l’ampleur des défis à venir rend urgente la mise en place d’une doctrine renouvelée. Particulièrement face à l’arrivée sur le marché de nouvelles substances de synthèse aux effets létaux surpuissants. Un demi-siècle après la déclaration de « guerre » de Richard Nixon, les Etats-Unis sont aujourd’hui incapables de se défendre face à la crise des opioïdes (environ 120 000 morts par overdose attendues en 2023). Si elle ne veut pas sombrer à son tour, la France doit repenser d’urgence une stratégie aujourd’hui symbole de déroute.

    aussi :
    « La légalisation du cannabis donnera les moyens d’agir plus efficacement pour protéger davantage nos concitoyens »
    analyse (2021) : A #Marseille, le trafic de #drogue prospère sur l’abandon de la #ville
    Comment la cocaïne arrive-t-elle jusque dans la poche des consommateurs ?

  • Élancourt : « C’est la voiture de police qui l’a percuté »
    https://contre-attaque.net/2023/09/08/elancourt-cest-la-voiture-de-police-qui-la-percute

    Très gravement blessé, [#Sefa S.] a été hospitalisé et se trouve en état de mort cérébrale. Deux policiers conducteurs ont été placés en garde à vue, avant d’être relâchés. En attendant, la violente compagnie #CRS8 a été déployée dans la ville, une violence supplémentaire.

    L’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, expliquait : « Nous avons la certitude que la voiture de police a percuté la moto ». https://seenthis.net/messages/1015892#message1016013 Un témoin direct confirmait à la presse : « J’ai vu que c’était la voiture de police qui l’a percuté ». Plusieurs caméras de surveillance sont sur les lieux. Les proches demandent à les consulter. Sont-elles « tombées en panne », comme cela arrive souvent en cas de violences policières ?

    Pour rappel, les policiers ne peuvent engager une #course-poursuite que pour les délits les plus graves. Et pas pour des #refus_d’obtempérer, qui sont exclus des consignes officielles. Les agents disent avoir poursuivi le jeune homme parce qu’il n’avait pas son casque. Justification encore plus absurde : on ne fonce pas sur une personne qui est particulièrement exposée car non protégée.

    Jeudi 13 avril à Paris, trois adolescents sur un scooter étaient percutés par une voiture de #police. Une jeune fille de 17 ans avait été placée dans le coma et un jeune de 14 ans était hospitalisé dans un état grave. Les policiers avaient ouvert leur portière pour déstabiliser le scooter. Grâce aux images, trois policiers avaient été mis à pied.

    Cette technique nommée « #parechoquage », percuter une personne pour l’arrêter, est réclamée par les #syndicats_policiers. Eric Z. avait aussi déclaré : « Je suis favorable à ce que les Anglais font depuis quelques mois, c’est-à-dire ce qu’ils appellent le contact tactique ».

    mensonge(s) des policiers quant aux faits, mensonge du Parquet qui annonce la mort de Seba S., repris par les #média [D’après une source citée par le Parisien, « il aurait pu heurter la voiture d’un particulier ou autre. C’est une coïncidence totale. »]

    edit

    Deux policiers ont été placés en garde à vue. Il s’agit des conducteurs des deux véhicules impliqués dans l’accident, précise le parquet au Parisien. En fin d’après-midi ce jeudi 7 septembre, le parquet a annoncé la levée de ces gardes à vue (...) Yassine Bouzrou récuse la version policière. « Le véhicule de police a percuté le jeune S. sur sa moto et le véhicule de police intervenait suite à un refus d’obtempérer donc ce véhicule n’était pas là par hasard », souligne-t-il. Le conseil évoque ainsi des « traces du choc » visibles sur le véhicule et la moto. « D’après plusieurs témoins, il y aurait des caméras de surveillance donc nous demandons à ce qu’une enquête sérieuse soit réalisée en dehors du tribunal de #Versailles », poursuit-il.

    L’avocat met notamment en doute l’impartialité d’une #enquête_de_police qui serait menée dans les Yvelines sur des agents du même département. Ainsi que la compétence du parquet qui a, en première instance, annoncé à tort la mort du jeune homme. « Il est totalement irrespectueux à l’égard de la famille d’annoncer un décès alors que l’hôpital ne l’a pas annoncé à la famille. Donc encore une fois le parquet de Versailles a manqué une bonne occasion de faire preuve de respect vis à vis de la famille », condamne-t-il. Yassine Bouzrou révèle par ailleurs avoir déposé pour plainte pour « tentative d’homicide volontaire ». _Ration, le 6/9 avec 4 maj le 7/9 de 7h à 17h24]

    #justice #tentative_d’homicide_volontaire

  • Profession gendarme

    À l’origine de son engagement, il y a la foi dans le service public, l’envie de se rendre utile aux autres, d’améliorer le monde à son échelle. La #gendarmerie lui paraît alors le lieu où il pourrait s’épanouir. Bien vite, il déchante. #Témoignage d’un gendarme démissionnaire.

    Ex-syndicaliste, fervent défenseur des valeurs humanistes de gauche, notre futur gendarme entre à l’école la fleur au fusil, enthousiaste à l’idée de se fondre dans un collectif dédié à préserver le #bien_commun. Mais l’exaltation des débuts laisse vite place à l’inquiétude.

    Fréquenter l’intolérable dès la formation

    Les remarques racistes ou sexistes de certains camarades le choquent : “Très rapidement, je me suis senti un peu de côté. On m’a catégorisé comme le le gauchiste de la promotion et fait comprendre que je n’étais pas à ma place.” Outre l’#ambiance_nauséabonde, il faut ajouter les #lacunes d’une #formation qui favorisent toutes sortes d’#abus et de #falsifications dans les procédures : "Faut pas s’étonner de la qualité des #procédures_judiciaires, on nous forme pas. Chacun fait son #micmac”. Pour surmonter les doutes, il faut alors s’accrocher à l’espoir de voir les choses changer à la sortie d’école. Il n’en est rien.

    “J’ai été naïf de croire que je pourrais changer les choses” : de la #désillusion à la #démission

    Sur le terrain, c’est le même refrain. Non seulement les discours et réflexes problématiques prospèrent, pouvant atteindre des sommets : “un jour, [un collègue] a sorti : “Moi, vous me laissez une arme dans un quartier, je tire à vue, y a pas de souci”, mais quiconque ose les dénoncer se voit vite mis au ban de l’équipe : “Quand on essaie d’en parler avec eux, ils s’en foutent et répètent que c’est comme ça et pas autrement”. Ainsi, toute protestation se heurte au #silence d’une institution au sein de laquelle le racisme et la #violence restent des questions taboues.

    Face à cette #inertie, tout ce qu’il restait d’espoir dans la droiture des forces de l’ordre s’épuise. Les positions de notre témoin se radicalisent. Désormais anarchiste, comment rester flic ? “Défendre l’État et en même temps vouloir abolir l’État, c’est un peu compliqué”. Une seule solution : la démission.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/gendarme-8281224
    #racisme #sexisme

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  • « Police : se taire ou dégager – Quartier Interdit avec #Agnès_Naudin [BEST OF]

    La capitaine de police Agnès Naudin est révoquée de ses fonctions pour ses prises de positions : « Nous ne sommes plus une police républicaine, nous sommes désormais un bras armé du gouvernement »

    https://twitter.com/JLMTV_INFOS/status/1691420407545335809

    https://www.youtube.com/watch?v=ALuYkiSvFs0

    #police #témoignage

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  • « Aujourd’hui mes #idéaux comptent plus que ma carrière » : #CRS depuis 12 ans, #Laurent_Nguyen préférerait renoncer à son métier qu’à son #humanité

    "Je m’appelle Laurent Nguyen, j’ai 44 ans, #gardien_de_la_paix et affecté en CRS depuis 12 ans. Moi, j’ai pris la décision d’entrer dans la #police quand j’avais 30 ans. J’avais des idées assez proches de l’#extrême_droite, et pour moi, la #sécurité était la première des #libertés qu’on devait garantir. On a tendance à considérer que les #manifestants sont complices des #casseurs. Et puis c’est une manière de se protéger psychologiquement, de se dire : ’De toutes façons, ils n’avaient qu’à pas être là, il y a un ordre de dispersion, il y a des casseurs. Donc, le #droit_de_manifester, bon, ça fait partie de la loi, effectivement, mais à un moment donné, on ne peut pas avoir des manifs tout le temps. Il y a des gens qui sont élus, bah si vous n’êtes pas contents, c’est comme ça’. J’étais dans ce logiciel-là, ça m’allait très bien.
    J’ai été vite déçu en CRS, déjà de ne pas trouver la cohésion que j’espérais trouver. Quand vous arrivez, que vous pensez sauver la France, que vous êtes confrontés aussi au désespoir de certains collègues dans des commissariats qui travaillent dans des conditions abominables. C’est difficile à vivre en tant que policier, ce sentiment d’#impuissance.
    J’ai le souvenir d’une mission à #Calais. On intervient un matin très tôt pour évacuer des migrants qui dorment dans la forêt. Et j’ai en face de moi un garçon qui a trois ans, qui a l’âge de mon fils. Et moi, je pense à mon fils, et que tu laisse ton humanité ressortir, tu te dis : ’Quelle #injustice pour cet enfant d’être là, dormir dans une forêt boueuse de #Dunkerque.' C’est pas normal qu’on en arrive là. Moi, j’en suis arrivé à vivre une très profonde #dépression. Je suis passé pas loin de me foutre en l’air. Et donc moi, après avoir vécu cette période, où je prends le choix que mon fils ait un père, bah, qu’est-ce que je peux lui transmettre ?
    Au départ du mouvement des #gilets_jaunes, j’ai tout de suite éprouvé de la sympathie pour ces gens, parce que c’étaient des revendications qui semblaient tout à fait légitimes. Je pense que beaucoup de policiers ont ressenti aussi cette sympathie, cette proximité. Il y avait une gêne chez beaucoup de mes collègues, et quand on a eu les premières scènes de violence, qui ont été diffusées dans les médias, moi, j’ai eu le sentiment qu’il y avait une forme de soulagement chez certains policiers, parce que ça leur permettait de régler un petit peu ce #problème_de_conscience en désignant un #ennemi. Moi, qui avait pris parti publiquement au sein de ma compagnie en faveur des gilets jaunes, parce que je défendais leurs revendications qui selon moi étaient justes, j’ai commencé à voir des collègues qui m’ont pris à partie, en me reprochant de soutenir les gilets jaunes, parce que si tu soutiens les gilets jaunes, tu soutiens les casseurs. Vous avez des gens qui ne peuvent même plus offrir des cadeaux de Noël à leurs enfants, qui ne peuvent pas les emmener en vacances, qui perdent leur boulot, qui ne savent pas comment ils vont s’en sortir, qui n’ont plus d’espoir. Est-ce qu’on peut comprendre aussi qu’à un moment donné ils puissent péter les plombs ? Alors il y en a qui disent que #réfléchir, c’est #désobéir, ou alors qu’il ne faut pas avoir d’états d’âme. Mais moi, je ne veux pas me priver de mon #âme, je ne veux pas me priver de ma #conscience, et moi, on m’a souvent reproché d’être un #idéaliste, comme si c’était une tare. Mais aujourd’hui je le revendique. Oui, j’ai des idéaux et aujourd’hui oui, mais idéaux comptent plus que ma #carrière et comptent plus que mon avenir personnel. Si je dois perdre mon boulot, bah, je perdrai mon boulot. C’est trop précieux pour moi de m’être trouvé, d’avoir trouvé mon humanité pour courir le risque de la perdre.

    https://twitter.com/ARTEfr/status/1684820991116185600

    Source : le #film_documentaire diffusé sur arte :
    Au nom du #maintien_de_l'ordre


    https://www.arte.tv/fr/videos/101352-000-A/au-nom-du-maintien-de-l-ordre-1-2
    ... qui n’est plus disponible sur le site web d’arte (et que je n’a pas trouvé ailleurs en ligne)

    #travail #forces_de_l'ordre #témoignage #France #liberté #déception #conditions_de_travail

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    • #flic, formellement il ne l’est plus depuis deux ans je crois, ex syndicaliste policier, son discours est rodé de manière à présenter les policiers comme victimes de l’administration policière et de leurs supérieurs.

      edit lorsque je ne savais rien de lui, j’avais trouvé son témoignage émouvant, tiens un facho dont le travail ignoble fait évoluer les vues ? là, je vois ces choses comme un marketing qui vise à humaniser la police et me souviens que ces animaux de plateaux sont occupé à faire mentir un dicton adapté au cas ( « flic suicidé à moitié pardonné », winch means : il n’y a pas de pardon qui tienne) en venant se faire aimer. leur pub, c’est un peu comme si il fallait publier du Cantat une fois par semaine. y a un moment où la prise de conscience c’est de fermer sa gueule.
      #hochet_de_gauche #ouin_ouin

  • Dans la tête d’un flic

    Sept policiers sortent de leur devoir de réserve pour raconter leur quotidien, leurs attentes et leurs craintes. Un documentaire passionnant sur une parole rare et sans filtre, sans angélisme ni procès d’intention.

    D’un côté, la mort d’Adama Traoré, la blessure grave infligée à Théo L., les violences à l’encontre de citoyens lors des manifestations contre la « loi travail », les débordements, les bavures. De l’autre, les cocktails Molotov brûlant grièvement un policier, l’attentat de Magnanville et son couple de fonctionnaires assassinés à leur domicile et, au quotidien, les insultes, les crachats, la violence, la déconsidération, la hiérarchie qui, souvent, reste muette et le taux de suicide, de 36 % supérieur à la moyenne nationale... L’incompréhension grandissante entre les forces de l’ordre et les citoyens crée une fracture dangereuse pour l’État. Brisant le devoir de réserve que la fonction leur impose, de nombreux policiers battent régulièrement le pavé depuis 2016, pour manifester leur colère. Sept d’entre eux sortent du silence et se livrent à François Chilowicz.

    https://www.arte.tv/fr/videos/075214-000-A/dans-la-tete-d-un-flic

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/53717_0

    #documentaire #film #film_documentaire #police #témoignage #maintien_de_l'ordre #forces_de_l'ordre #France

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  • « Pour mémoire : le statut spécial revendiqué par les policiers existe déjà de facto. Ils demandent "seulement" de le légaliser pour que la présomption d’impunité soit officialisée. » Henri Maler

    Où l’on apprend que les cinq CRS présents sur les lieux ont refusé de désigner le tireur. Et que le directeur de la police nationale n’a pas suivi la préconisation de l’IGPN. Une honte et une insulte pour la famille de la victime.

    https://twitter.com/mbompard/status/1454775621809319938

    • ça existe mais ça demande du taf, beaucoup. il faut éviter que des éléments à charge soient exploités, et il y a trop d’impondérables (la demande d’anonymisation des flics vise à les limiter, on pourra peut-être s’en prendre à ceux qui filment en contournant l’avis négatifs du CC).

      Le Canard Enchaîné révèle que le capitaine des #CRS suspectés de la mort de Zineb Redouane a refusé de fournir les 5 lanceurs Cougar dont l’analyse balistique aurait permis d’identifier le tireur. L’#IGPN n’a pas insisté... https://seenthis.net/messages/1010932#message1011487

      l’article cité ci-dessus par Bompard est de 2021. depuis l’enquête a progressée puisque c’est à la « responsabilité médicale » de La Timone dans la mort de Zineb Redouane qu’elle cherche noise https://seenthis.net/messages/1010932

      #police

  • Mort de Zineb Redouane : l’enquête judiciaire s’interroge sur une « responsabilité médicale » des pompiers et de l’hôpital de la Conception, à Marseille


    Lors d’une #manifestation en hommage à Zineb Redouane, à Marseille, le 5 décembre 2020. NICOLAS TUCAT/AFP

    Depuis les faits, aucun policier n’a été mis en cause par la justice. Pourtant, dans son rapport détaillé d’avril 2021 que Le Monde a pu consulter, l’inspection générale de la police nationale (IGPN) avait « mis en lumière un manquement professionnel et un comportement contraire à la déontologie policière » concernant le CRS qui a tiré et son superviseur. Et l’IGPN de conclure que tous deux avaient « manqué à l’obligation de discernement » – le premier « par une action manifestement inadaptée », le second « par une décision manifestement inadaptée » – demandant « le renvoi en conseil de discipline de ces deux policiers ».

    Dans ce rapport, « la police des polices » avait reconstitué la soirée du 1er décembre 2018 et décrit un climat « insurrectionnel » autour du domicile de Zineb Redouane, dans une atmosphère saturée de gaz lacrymogènes (200 grenades lancées lors de la manifestation). Et avait noté, concernant le tir mis en cause, que la « fatigue, [le] manque de visibilité, [la] tension et [la] nécessité légalement établie à riposter ont probablement pesé dans la décision du superviseur de l’autoriser, et celle du tireur, de l’effectuer ». Pour autant, l’Inspection avait pointé qu’« en effectuant un tir au Cougar, d’une munition ayant une portée de 100 mètres, alors qu’il se trouvait à 33 mètres de la façade d’un immeuble d’habitation (…), et qu’avec ou sans visibilité, il ne pouvait imaginer disposer d’un espace suffisant pour tirer une telle munition sans prendre le risque d’un dommage non souhaité et/ou que ce tir soit inefficace ». D’autant que le tireur « disposait d’un temps de réflexion » avant de lancer sa grenade.

    Malgré ces remarques et conclusions, Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale, avait décidé, en octobre 2021, de ne pas suivre l’avis de l’IGPN. Sollicité pour expliciter son choix, M. Veaux n’a pas, pour le moment, répondu à la demande du Monde.
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/07/24/mort-de-zineb-redouane-l-enquete-judiciaire-s-interroge-sur-une-responsabili

    https://justpaste.it/272ci

    #Zineb_Redouane #police

    • Frédéric Veaux
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Veaux

      Par arrêté du 24 décembre 2009, Frédéric Veaux est nommé directeur central adjoint opérationnel du renseignement intérieur11 et devient de fait l’adjoint de Bernard Squarcini, directeur central du Renseignement intérieur (DCRI)3. À ce poste, il est cité dans l’« affaire des fadettes », où la DCRI est accusée d’avoir cherché à identifier les sources du Monde pour l’affaire Woerth-Bettencourt12,13,14,15. Aucune poursuite n’est retenue contre lui2.

      Après l’élection de François Hollande à la présidence de la République en 2012, il est limogé de la DCRI par le nouveau ministre de l’Intérieur Manuel Valls, en même temps que Bernard Squarcini16,3,17. Il retourne dans son service d’origine, la police judiciaire, dont il devient directeur central adjoint à partir du 3 juin 2013.

    • Le Canard Enchaîné révèle que le capitaine des #CRS suspectés de la mort de Zineb Redouane a refusé de fournir les 5 lanceurs Cougar dont l’analyse balistique aurait permis d’identifier le tireur. L’#IGPN n’a pas insisté...

      on préfère orienter l’enquête vers le système de soins et les soignants, tout comme il ya aujourd’hui des fafs bien racinés qui soulignent que ce n’est pas la police mais les chirurgiens qui ont ôté une partie de la boite crânienne d’Hedi (ça rame : le bobino Konbini a atteint 25 millions de vues).
      rappel : dans l’affaire Zekler, tabassé, les policiers ont affirmé que celui-ci avait cherché à se saisir de leur armes, avant qu’une vidéo vienne démentir leur intox (des pv qui doivent avoir valeur de preuve, ont-ils dit, comme si leurs mensonges ne pesaient pas déjà assez lourd)
      #criminels_en_bande_organisée #killing_an_arab

    • 2020 : IL DÉNONCE LA PROMOTION DU CRS IMPLIQUÉ DANS LA MORT DE ZINEB REDOUANE (@LeMediaTV)
      https://twitter.com/LeMediaTV/status/1301603370462052352

      La personne qui a pris le commandement de notre compagnie, c’est le capitaine Bruno Félix. Et c’est le capitaine qui dirigeait la compagnie à Marseille lors du décés de Zineb Redouane.

      comme dit ce flic (@LabasOfficiel

      https://twitter.com/LabasOfficiel/status/1685198515226722304

      « il a glissé, il est tombé la tête sur le carrelage, en fait il s’est fait tabasser au commissariat (...) on protège les plus violents parce que les plus violents c’est ceux qui rapporte le plus de chiffre » [arrestations, « affaires »]

      un superbe mix virilisme armé, productivisme, bureaucratie, omerta