• Jaunes de colère : de la trahison macroniste à la révolte populaire, entretien avec Samuel Hayat
    https://grozeille.co/jaunes-de-colere-samuel-hayat

    La #mobilisation peut se faire à deux conditions. D’abord il faut un conflit entre des #principes_moraux différents, ce qui suppose donc qu’un autre principe vienne s’opposer à celui que l’on défend. A propos du XVIIIe siècle, Thompson parle de conflit entre #économie_morale et #économie_politique. L’époque est travaillée par l’apparition des nouveaux principes de l’économie politique : le libre-échange, notamment le libre échange des grains. C’est lorsqu’il y a une confrontation entre les principes de l’économie morale et ceux de l’économie politique que naît la contestation.

    Deuxième chose : il faut qu’on ait l’impression que l’autorité, normalement garante des principes de #justice, les a trahis et a pris parti pour ceux qui s’opposent à ces principes. C’est ce qui se passe aujourd’hui : on a un Président de la République qui met en avant son adhésion à des principes de justice qui ne sont pas du tout ceux des gilets jaunes. Il soutient des principes de justice capitalistes selon lesquels les gagnants doivent gagner encore plus de telle sorte qu’ils tireront tout le monde vers le haut. Selon lesquels, aussi, les #pauvres sont responsables de leur pauvreté puisqu’ils n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un travail, qu’à travailler pour s’acheter une chemise et qu’à s’en prendre à eux-mêmes si le monde des gagnants ne leur est pas accessible.

    Macron a d’emblée pris position contre les principes de l’économie morale des classes populaires. Et le fait qu’il ait été aussi ouvert et explicite, surtout dans sa moquerie des principes de l’économie morale, a clairement été perçu comme une trahison. Trahison qui a rendu possible le mouvement, ou en tout cas l’a focalisé sur les principes moraux dont nous parlions.

    A côté de ces deux éléments qui me semblent nécessaires à une mobilisation sur le fondement de l’économie morale, il y a évidemment d’autres choses, plus spécifiques au mouvement actuel. Il y a bien sûr une cause plus structurelle qui tient aux quarante années de politiques néolibérales que nous venons de vivre. Enfin, et c’est sûrement ce qui fait que la mobilisation s’est faite autour des taxes sur le carburant et pas autre chose, il y a le discours soi-disant écologiste des gouvernants qui consiste à dire à toute une série de personnes que leur mode de vie est dangereux pour la planète. Il faudrait le vérifier par une véritable enquête, mais il me semble qu’il y a quelque chose d’inédit dans ce discours de responsabilisation écologique individuelle , quand bien même il serait fondé scientifiquement et politiquement. En gros, avec cette augmentation des taxes sur le carburant, on voit le chef de l’Etat rejoindre la mise en accusation écologique généralisée pour déclarer que non seulement les gens doivent payer plus, mais qu’ils ont intérêt à se taire et à dire merci, parce qu’on les fait payer plus du fait qu’ils sont en train de détruire la planète, ces salauds, et que c’est au nom de la transition écologique qu’on les fait payer plus. Tandis qu’à côté de ça, le gouvernement recule sur le glyphosate, ne taxe pas les gros pollueurs, etc.

    Il faut bien saisir l’ampleur de la trahison que cela représente et l’hypersensibilité que ça peut créer chez les gens : le modèle qu’on nous a vendu depuis un siècle, celui de l’#individu qui s’accomplit en étant propriétaire de sa maison et de sa voiture, qui a un #travail décent et qui vit bien sa vie en se levant tous les matins pour aller bosser, ce modèle-là sur lequel Nicolas Sarkozy a beaucoup surfé avec sa France des gens qui se lèvent tôt et sa politique d’accession à la propriété, tout ce modèle-là on déclare tout à coup qu’il n’est plus possible économiquement et qu’il est dangereux écologiquement, qu’il faut donc se sentir coupable d’être à ce point écologiquement irresponsable, d’avoir suivi des décennies d’incitation à suivre ce modèle. Vrai ou pas vrai, l’effet de ce discours est terrible.

    Je pense néanmoins qu’entre toutes ces raisons, le point fondamental reste la trahison. C’est en cela qu’Emmanuel Macron est complètement différent de Nicolas Sarkozy et François Hollande. La délectation naïve avec laquelle il trahit tous les codes moraux habituels de fonctionnement d’une société inégalitaire est une raison essentielle de la haine dont il est l’objet. Les #sociétés_inégalitaires ont besoin d’être tenues ensemble, soudées, justifiées par autre chose que la pure économie, quelque chose qui donne le sentiment que les gagnants ont une certaine #légitimité à être les gagnants, que les perdants ne sont pas complètement laissés en-dehors de la société, que les gagnants doivent payer leur impôts et que l’#Etat joue un rôle un peu neutre dans tout ce système. Or voir un Président afficher de manière aussi ostensible la culpabilisation de ceux qui ne réussissent pas, c’est une #violence extrême dont les gouvernants ne se rendent visiblement pas compte.

    #gilets_jaunes #écologie #écologie_punitive #culpabilisation #responsabilité_individuelle

    • G – Peut-on voir ce rejet du politique, ni droite ni gauche comme le miroir inversé de ce que propose la vision macroniste d’un contrôle technicien qui ne serait pas politique, mais strictement expert ?

      H – Ces mouvements citoyens ne sont en effet possibles que parce qu’ils viennent répondre comme en miroir à ce processus de dépolitisation de la politique. Cette dépolitisation experte et technicienne appropriée par les forces néolibérales, Macron en est une sorte de symbole. Macron est celui qui trahit le pacte mais c’est aussi celui qui rejette la politique, qui rejette l’idéologisation de la politique. Et en ce sens-là il y a une affinité très forte entre ces mouvements et le monde de Macron dans lequel il y a simplement des citoyens et l’Etat, mais plus aucun des dispositifs de médiation conflictuelle qui existaient et étaient légitimes jusque-là. Dans lequel il n’y a donc plus aucun affrontement partisan qui viendrait diviser le social. Le clivage se fait entre d’un côté les forces de la modernité technicienne et de l’autre les ringards, les Gaulois réfractaires.❞


  • Les limites de la déGAFAisation individuelle (Blog Stéphane Bortzmeyer)
    https://www.bortzmeyer.org/degafaisation-individuelle.html

    Il y a aujourd’hui une certaine prise de conscience des dangers divers associés à l’utilisation trop exclusive des GAFA. (Si vous ne la partagez pas, je vous conseille le livre de Tristan Nitot, surveillance ://.) Cette prise de conscience a comme résultat l’apparition de nombreux articles donnant des conseils de déGAFAisation, « faites ceci », « ne faites pas cela », conseils sur les logiciels et les services à utiliser… Même le gouvernement français s’y met. C’est une excellente chose et je m’en félicite. Mais, en même temps, il faut être conscient des limites de cette approche individuelle.


  • Aïda et l’éternelle faute des femmes

    C’est un prénom d’emprunt qui pourrait bien devenir un symbole. Rapportée par le Maine libre jeudi, l’histoire d’#Aïda a suscité une vague d’indignation jusqu’au secrétariat d’Etat de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Victime de violences conjugales régulières, Aïda, 30 ans aujourd’hui, est paraplégique depuis ce soir d’août 2013, lorsque son mari l’a poussée par la fenêtre du deuxième étage. Ce soir-là, les policiers interviennent au domicile du couple pour une altercation entre le compagnon de la jeune femme et l’un de ses amis. Il est conseillé à Aïda de quitter cet appartement, ce qu’elle fait dans la nuit. Elle alerte le Samu social et quelques amis. En vain. Et il est trop tard pour prendre un train et rallier Alençon où elle a de la famille. Alors, faute de solution d’hébergement, elle retourne chez elle.

    Son compagnon la brutalise et finit par la défenestrer. Il écope pour cela de 15 ans de prison. La cour d’assises fixe en outre la provision pour l’indemnisation de la victime à 90 000 euros. Et c’est là que tout se corse : les avocats de la jeune femme saisissent la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi) pour que l’Etat, via le Fonds de garantie des victimes (FGTI), verse cette provision. Mais l’organisme ne propose qu’une indemnisation partielle, estimant qu’Aïda a commis une faute civile en retournant à son domicile. Les conseils de la jeune femme contestent cette décision et en appellent à la Civi. Même réponse : arguant d’un partage de responsabilité, elle propose 67 500 euros en février dernier. Un appel sera examiné en mai. L’outrage ne réside pas tant dans la somme (intégralement réglée à Aïda) que dans l’argumentaire avancé. Interpellé sur Twitter, le fonds de garantie a souligné que « la loi prévoit que la victime qui contribue, par sa faute, à son dommage peut voir son droit à l’indemnisation réduit ». « Par sa faute » ? Cette position n’est pas sans rappeler une question absurde sans cesse renvoyée aux victimes : pourquoi ne pas quitter ce bourreau ? La poser, c’est d’abord faire abstraction des mécanismes à l’œuvre dans l’immense majorité des cas de violences conjugales : emprise psychologique, isolement, perte de confiance en soi, honte…

    C’est surtout culpabiliser une fois de plus la victime d’un processus de domination sexiste profondément ancré qui conduit à banaliser bien des violences dont les femmes sont la cible première. Combien de victimes de viol se voient questionner sur leur attitude ou leur tenue vestimentaire ? En mars 2016, un sondage réalisé par l’Ipsos pour l’association Mémoire traumatique et victimologie montrait qu’il se trouve encore 27 % des Français pour juger qu’une femme victime de viol est en partie responsable de ce qui lui arrive si elle a flirté, s’est montrée séductrice ou a accepté de se rendre chez un inconnu. Depuis, certes, il y a eu #MeToo. Mais le cas d’Aïda prouve que la honte n’a pas forcément changé de camp.


    https://www.liberation.fr/france/2019/01/04/aida-et-l-eternelle-faute-des-femmes_1701105
    #femmes #viol #viols #responsabilité #culpabilisation #domination #violence_sexuelle #sexisme #domination_masculine #tenue_vestimentaire #habits


  • En #Bosnie, Ajnas se bat pour les #enfants de la #honte

    En #Bosnie-Herzégovine, on les appelle les « #enfants_invisibles ». Ce sont les bébés nés de viols commis pendant la guerre de Yougoslavie – par des soldats ennemis, mais aussi par des Casques bleus. Ajna Jusic est l’un de ces enfants de la honte, qui seraient entre 2 000 et 4 000 dans le pays...

    La jeune femme, à qui la mère a longtemps caché sa véritable histoire, lutte aujourd’hui pour faire reconnaître ces personnes, discriminées par la société, comme victimes de guerre officielles.

    https://www.arte.tv/fr/videos/079474-003-A/arte-regards
    #guerre #histoire #ex-Yougoslavie #viols #viols_de_guerre #femmes #invisibilité #discriminations #égalité_de_traitement #victimes_de_guerre #préjugés #rejet #insultes #adoption #exclusion #traumatisme #culpabilisation #stigmatisation #santé_mentale #reportage #documentaire #film

    Les mots très forts de Ajna Jusic :

    « Les dégâts causés par la guerre n’ont pas de nationalité, ni d’ethnie. Le viol n’a rien à voir avec la nationalité, c’est une expérience traumatisante et c’est comme tel qu’il faut le traiter »

    #nationalisme


  • Les copines du #patriarcat – Egalitaria
    https://egalitaria.fr/2018/06/09/les-copines-du-patriarcat

    Qu’est-ce qui justifie alors, de nos jours, la pérennisation d’un système patriarcal archaïque ? A quoi donc est due la soumission consentie de certaines femmes ?

    Plusieurs raisons peuvent ici être soulevées :

    La peur, en premier lieu. Primaire. Instinctive. Ce n’est pas forcément une peur consciente, mais la personne opprimée sait au fond d’elle-même qu’en se rangeant du côté de l’oppresseur, du discours dominant, elle se protège de contingences qui pourraient lui être défavorables (= être a minima méprisée, rabaissée, déconsidérée, et a maxima courir le risque d’être exhortée au silence, battue, agressée, violée). La complicité avec l’oppresseur est un mécanisme de protection classique.
    L’intériorisation du système sexiste. C’est le même mécanisme psychologique qui se retrouve chez les individus membres d’une secte : endoctrinement (dans le cas qui nous intéresse, il commence dès la naissance et s’en trouve donc d’autant plus fort), contrôle de la pensée, pressions, et, dans certains cas, mise sous dépendance. Tout en effet concourt, dès notre naissance, à nous persuader que le primat du masculin sur le féminin est une donnée naturelle. Ce sont les représentations sociales et culturelles, les normes de genre, les codes sociaux, l’éducation genrée, la pop culture, les attitudes individuelles et collectives. Ces femmes ont intériorisé non pas nécessairement leur supposée infériorité, mais le fait qu’il existe des caractéristiques propres à chaque sexe, et donc un rôle prédéfini pour les femmes et les hommes. Exemple : les hommes sont naturellement plus violents et ont des besoins sexuels pulsionnels, les femmes ont une inclination naturelle pour le care et la sphère privée, etc. Si vous lisez ce blog, vous êtes probablement déjà sensibilisé-e au féminisme. Mais rappelez vous que cela n’a probablement pas toujours été le cas. Peut-être avez-vous déjà eu, avant de vous renseigner sur le sujet et de voir votre structure de pensée se modifier lentement, des pensées, des idées, des convictions sexistes. Peut-être pensiez-vous que certaines femmes victimes de viol l’ont bien cherché. Peut-être pensiez-vous que les hommes sont naturellement plus autoritaires, plus courageux, plus ambitieux que les femmes. Peut-être trouviez-vous normal le fait que les femmes soient en charge de la majorité des tâches ménagères. C’était, à l’époque, votre vérité. Votre réalité. Celle dans laquelle vous aviez grandi. Et puis, un jour, vous avez ouvert les yeux. Pour les femmes sexistes, en revanche, la prise de conscience n’a jamais eu lieu, pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle et leur histoire.
    La volonté, consciente ou inconsciente, de se protéger du système patriarcal. Les femmes sexistes savent qu’en se montrant complices de ce système, elles assurent leurs arrières, et seront plus à même de recevoir des « récompenses » de la part des hommes. Cette récompense peut être le simple fait de ne pas être importunée par eux, ou bien simplement d’être considérée avec respect (ce qui ne va pas de soi, l’élément féminin étant socialement dévalorisé voire méprisé), mais elle peut aussi résider dans l’octroi d’une protection matérielle et financière. Les femmes étant discriminées sur le marché du travail et ayant généralement des salaires moindres, cette stratégie est on ne peut plus rationnelle.
    La frustration et la jalousie, sentiments malheureusement naturels. Certaines femmes ayant vécu des oppressions particulièrement difficiles peuvent transmettre, par résignation et frustration, la mécanique d’un système inégalitaire à leurs propres enfants. Parce qu’elles veulent que leurs propres filles expérimentent ce qu’elles-mêmes ont vécu, parce qu’elles refusent que d’autres femmes vivent plus facilement qu’elles-mêmes n’ont vécu, ou accèdent à des privilèges qui leur ont été refusés toute leur vie. Parce qu’il s’agit d’un « juste retour des choses ».
    Enfin, le sexisme des femmes peut également s’expliquer par leur refus de prendre conscience de la stigmatisation dont elles font l’objet. Là encore, il s’agit d’un mécanisme de protection classique et rationnel : on ferme les yeux pour ne pas voir une réalité qui nous dérange. Qui a envie de regarder en face sa propre infériorité sociale ? Qui a envie de se considérer comme une personne opprimée ? Par orgueil et confort mental, les copines du patriarcat préfèrent croire qu’elles vivent dans un monde égalitaire, ce qui leur permet ensuite de disqualifier le féminisme contemporain (« c’est devenu n’importe quoi ; elles exagèrent ; elles se victimisent ; il y a des luttes plus importantes »).


  • Campagne « Une fois par an » : et si vous laissiez nos chattes un peu tranquilles ? | Sophie Gourion
    http://www.toutalego.com/2018/05/campagne-une-fois-par-et-si-vous.html

    Infantilisantes, sexualisées et sexistes (car associant souvent nudité et couleur rose bonbon), ces campagnes n’informent pas les femmes en toute objectivité, se contentant de jouer sur le ressort de la culpabilité. Comme l’explique très bien cet article de France Inter « Si quelques femmes sont réellement sauvées par une mammographie systématique après 50 ans, d’autres, plus nombreuses, sont traitées lourdement pour des tumeurs qui n’auraient jamais évolué. Les femmes ignorent souvent que les petits cancers détectés à la mammographie et confirmés par les biopsies disparaissent souvent sans traitement ou n’évoluent jamais. Source : Tout à (...)

    • Toutefois, plusieurs choses m’ont fait tiquer lors du visionnage de ce spot, tant sur le fond que sur la forme :

      – Le ton autoritaire et infantilisant (on est à la limite du « une fois par an, rentre-toi bien ça dans la tête »), faussement cool « c’est l’anniversaire de ta chatte » (dirait-on c’est l’anniversaire de ton zguegue pour le dépistage du cancer de la prostate ?)

      – L’absence totale de source quant à la nécessité d’aller consulter son gynécologue une fois par en l’absence de questions ou de symptômes.

      #sexisme #paternalisme #culpabilisation #infantilisation #femmes #gynecologie #discriminations


  • On a coupé les enfants de la nature

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/05/04/on-a-coupe-les-enfants-de-la-nature_5294128_3232.html

    Ecrans, emploi du temps surchargé, peur de l’insécurité… tout retient la nouvelle génération à l’intérieur. Un constat inquiétant, tant jouer dans la nature est essentiel au développement humain.

    Un matin d’été, dans un centre de vacances de Montreuil (Hautes-Alpes), non loin de Grenoble, ­Caroline Guy entame un atelier de relaxation dans la nature avec un petit groupe de filles de 11 ans. Pour ­commencer, elle leur demande de se déchausser dans l’herbe. La réaction est unanime : « Quoi ? Pieds nus dans l’herbe ? Ça va pas la tête ! C’est dégoûtant. Il y a des bêtes… » Impossible. Inimaginable. Une seule ose ­finalement tenter l’expérience.

    « Elle n’avait jamais marché pieds nus dans l’herbe et a trouvé ça génial, ­raconte Caroline Guy, trois ans plus tard. Dans un monde normal, on ­découvre ça dès qu’on commence à marcher, vers 1 an. » L’expérience a tant marqué cette éducatrice autodidacte que, après un passage dans des écoles classiques, elle a décidé d’ouvrir à la rentrée prochaine une école dans la forêt, dans le sud de la France, avec pour ­modèle les skovbornehaven ­danois, des maternelles où les enfants passent la majeure partie de la journée dehors.

    Y a-t-il beaucoup d’enfants qui n’ont jamais touché de l’herbe ? Cela semble en passe de ­ devenir la norme. Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 à 10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine, selon un rapport publié en 2015 par l’Institut de veille sanitaire (INVS). Et les petits Franciliens sortent encore moins. « Le jeu en plein air a été éliminé de l’emploi du temps des enfants », résume Julie Delalande, anthropologue de l’enfance.

    Les chances de s’émerveiller

    En l’espace d’une génération, ils sont rentrés dans les maisons. Dans son ouvrage Last Child in the Woods (« Dernier enfant dans les bois », Algonquin Books, 2005, non traduit), le journaliste américain Richard Louv cite deux études. Selon l’une, issue du Manhattan College, à New York, si 71 % des mères jouaient dehors chaque jour quand elles étaient petites, seuls 26 % de leurs propres enfants en font autant. Soit quasiment trois fois moins. Selon la ­seconde étude, de l’université du Maryland, le temps ­libre dont jouissent les enfants chaque semaine a diminué de neuf heures en vingt-cinq ans.

    Quand on arrête de grimper aux arbres et de jouer dans l’herbe, on se coupe de la nature et « on se déconnecte aussi de tout contact avec le sensible, notre odorat, notre toucher… Il ne reste que le visuel, regrette Julie Delalande. ­Développer ses cinq sens est nécessaire pour l’équilibre de tout individu. L’impact est évident sur l’équilibre mental et psychique ».

    Louis ­Espinassous, auteur, conteur, ethnologue et éducateur nature, accompagne depuis des ­dizaines d’années enfants et adultes dans la montagne. Il habite dans la vallée d’Ossau, dans les Pyrénées, loin de l’agitation des villes. L’anecdote de Caroline Guy ne l’étonne pas. Il en a de semblables « à la pelle », comme cette petite fille de 10 ans en classe découverte qui, regardant la nuit par la fenêtre, assurait que les étoiles, « c’est que dans les films ». Il fait remarquer qu’en privant les enfants de ­contact avec la nature, on leur enlève également des espaces et des moments pour profiter de leurs sens. La construction du rapport au corps est malmenée. Sans parler des chances manquées de s’émerveiller.

    Quête du risque zéro

    Ce constat ne contredit pas ceux répétés ­depuis quelques années : les enfants trop sédentaires souffrent de surpoids et sont de plus en plus touchés par le stress, la dépression… En outre, la myopie est plus fréquente, notamment par manque d’exposition à la ­lumière naturelle. « Aujourd’hui, les enfants vont mal, des études le montrent. Et la ­ situation empire », constate Béatrice Millêtre, ­docteure en psychologie et auteure du livre Le Burn-out des enfants (Payot, 2016).

    Tout ­retient les enfants à intérieur : l’attrait des écrans, l’urbanisation, les assurances, la peur de procès… On accuse également les parents, trop protecteurs. On recommande donc de limiter le temps devant les écrans, mais une piste n’est pas explorée : encourager les ­enfants à jouer dehors. « Il est plus économique, plus sécurisé d’enfermer les enfants plutôt que de les mettre dehors. Parce que l’intérieur est simple, explique Louis Espinassous. Pourtant, on connaît l’importance d’un environnement riche pour le développement de l’enfant depuis les recherches de pédagogues comme Célestin Freinet et Maria Montessori. »

    Dans Pour une éducation buissonnière (Hesse, 2010), Louis Espinassous relève une quête du risque zéro, depuis les années 1970, à l’école et dans les loisirs collectifs. Or, cette évolution des pratiques mène à une « double impasse » : en soustrayant l’enfant à toute fréquentation du danger en milieu naturel, on le prive d’une éducation à la prise de risque ; de plus, on enlève tout attrait à ce type d’activités et on en vient, logiquement, à les supprimer.

    Cette tendance prive l’enfant de la possibilité de tester ses limites, de tomber et de recommencer. Cela l’empêche également de prendre confiance en lui, note Béatrice Millêtre : « Si on explique à un enfant que tout est dangereux, cela revient à dire que rien n’est faisable pour lui. » C’est peu rassurant sur ses capacités.

    La ­nature apaise et favorise l’attention

    Dans son ouvrage Comment élever un enfant sauvage en ville (Les Arènes, 2016), le bio­logiste canadien Scott Sampson explique comment s’établit cette connexion à la ­nature : quand un enfant joue dehors, la ­nature lui offre des défis variés, il a l’occasion de prendre des décisions, de résoudre des problèmes. Il finira par avoir moins peur de faire des erreurs, ce qui fera de lui un meilleur ­apprenant.

    Les activités physiques en plein air ­contribuent également au développement des aptitudes sociales des enfants et favorisent le travail en équipe. Chacun sait que la ­nature apaise, mais on sait moins qu’elle favorise aussi l’attention.

    Une étude concluait ainsi que quand un cours est donné dehors, à côté d’un arbre, les élèves sont plus concentrés et l’enseignant plus calme. Alexandre Dumas le formulait déjà parfaitement au XIXe siècle : « Les enfants devraient vivre au grand air, face à face avec la nature qui fortifie le corps, qui poétise l’âme et éveille en elle une curiosité plus précieuse pour l’éducation que toutes les grammaires du monde. »

    L’éducation à l’environnement a commencé dans les écoles dès 1977 mais, quarante-cinq circulaires plus tard, on ne parle que d’éducation au développement durable (EDD) ; le mot « environnement » a disparu de l’intitulé. Quant à la ­nature elle-même, on n’en trouve pas trace dans les programmes de maternelle. Au ­ministère, cela semble loin d’être prioritaire. A tel point qu’il a été impossible d’y trouver un interlocuteur pour répondre à nos questions sur le sujet, ni sur les classes vertes, en voie de disparition faute de financements.

    « Explorer sans contrainte, sentir, toucher »

    Bien sûr, certaines équipes pédagogiques prennent des initiatives : faire sortir les ­enfants, apporter la nature dans l’école, ­installer un ­potager, un poulailler… « Mais c’est toujours à leurs risques et périls », note ­Julie Delalande. Louis ­Espinassous est pourtant catégorique : « Les ­enfants dans nos ­sociétés seront sauvés par l’action complexe dans un milieu complexe. Il faut absolument les mettre ­dehors. »

    Depuis une cinquantaine d’années, les réserves naturelles se sont multipliées, mais cela ne suffit pas pour sauvegarder la nature. ­Anne-Caroline Prévot, écologue, chercheuse CNRS au Muséum d’histoire naturelle, ­explique : « Il faut que les enfants jouent dans la nature : explorer de façon libre, sans contrainte, sentir, toucher… C’est indispensable pour que la nature entre dans leur identité personnelle. Ces expériences précoces sont aussi fondamentales que les connaissances. On ne protège que ce qu’on aime. Sans ça, la théorie ne sert à rien. »

    • #culpabilisation des #femmes #sexisme #instrumentalisation des #enfants #pseudo-écolos-vrais-machos #sexisme-vert #eco-sexisme
      Le texte parle des mères qui ne font pas assez sortir leurs enfants (cf etude de New York cité dans l’article) et pas un mot sur leur double-triple journées de travail et l’augmentation de la pression faite sur elles pour l’éducation des enfants.
      Ca me fait pensé au texte sur le gaspillage textile qui culpabilise la aussî les femmes. J’inaugure le tag #eco-misogynie pour ces discours écolos qui s’en prennent uniquement aux femmes et qui sous couvert de protection des enfants ou de la nature font le reproche aux femmes de leurs émancipation. Si les femmes ne laissent pas les enfants seuls dans la nature c’est parceque elles sont seuls pour s’occuper des enfants et que dans la nature est pleine d’hommes dangereux avec leurs grosses voitures qui puent et qui tuent (je sais qu’il y a des femmes qui conduisent aussî mais ce sont les hommes qui tuent avec les voitures) et leurs grosses habitudes de harcèleurs sexuels et violeurs. Sans parlé du fait que les espaces publiques urbains ont été bétonnés, goudronnés, sablés et plastiqués pour leur parkings, terrain de foot, basket, skate, pétanque... Lieux ou filles et femmes sont à peine tolérées. Et si il y a quelques espaces verts en ville ils sont couverts de pisse et c’est pas celle des chiens ni celle des mères . Alors oui les mères ne laissent pas les enfants seuls dans la nature est c’est uniquement à cause des hommes (de leur violence sexuelle et routiere). Si l’objectif de ces pretendu écolos c’est l’épanouissement des enfants c’est des hommes qu’il faut exiger un changement de comportement.


  • Le #travail, trop rarement incriminé dans les #cancers
    https://theconversation.com/le-travail-trop-rarement-incrimine-dans-les-cancers-84822

    Enfin, le regard posé par les médecins sur les #corps #ouvriers abîmés hérite d’une longue tradition hygiéniste où les facteurs individuels du cancer comme le tabagisme ou l’alcool sont davantage pris en compte que les conditions de travail. Ainsi, aux yeux d’un certain nombre de médecins, l’ouvrier serait davantage responsable de sa maladie que victime, selon les témoignages de salariés recueillis lors de nos enquêtes. En revendiquant une reconnaissance en #maladie professionnelle, il provoque parfois chez son médecin la suspicion d’une démarche vénale, voire d’une tentative de fraude.

    Il peut s’y ajouter une tentative de #culpabilisation, avec une accusation de mise en péril de l’équilibre économique de l’entreprise. Monsieur T., par exemple, est un ancien ouvrier d’une entreprise de pneumatiques atteint d’un cancer broncho-pulmonaire. Il informe son généraliste de la déclaration en maladie professionnelle qu’il va réaliser avec l’aide d’une association. Réponse du médecin : « La maladie de l’amiante, c’est très bien, mais avec tous ces gens qui font des déclarations, ça peut couler des boites ».


  • Psychanalyse et violophilie :

    Point de vue
    Harcèlement sexuel : « L’homme n’a jamais totalement domestiqué sa pulsionnalité »

    Dans une tribune au « Monde », le psychanalyste André Ciavaldini explique que la pulsion sexuelle chez l’être humain ne connaît pas de limites. Certains tabous culturels arrivent à y faire obstacle, mais les hommes restent cependant aux prises avec un désir qui cherche à s’assouvir.
    André Ciavaldini (psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris)

    voila un professionnel qui massacre les victimes depuis qu’il exerce et qui s’est mis au rendement industriel depuis l’affaire Weinstein grace au soutiens du e-monde.fr

    #culpabilisation #inversion_patriarcale #psychose #violophilie


  • « Veiller sur mes parents » : faire payer la relation humaine rend les facteurs mal à l’aise
    https://www.bastamag.net/Veiller-sur-mes-parents-faire-payer-la-relation-humaine-rend-les-facteurs-

    La Poste a lancé le service « Veiller sur mes parents » le 22 mai 2017 à grand renfort de publicité. Elle propose un ou plusieurs passages par semaine du facteur au domicile de personnes âgées, suivi d’un compte rendu de la visite par le biais d’une application sur smartphone. Un service payant pour se positionner sur le marché du vieillissement de la population, alors que les politiques publiques tardent à répondre à cet enjeu démographique. « Tu te rends compte qu’avant ils gardaient les parents à la (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Retraites, #Services_publics, Santé

    #Santé_


  • #Cancer : à qui la faute ? | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/salvatore-palidda/blog/160617/cancer-qui-la-faute

    4) Tout en sachant que les causes des cancers relèvent d’une complexité extrême, force est de constater que les grandes institutions et associations qui s’occupent de cancers n’arrêtent pas de mettre l’accent sur les mauvais, malsains ou dangereux attitudes et comportements des individus (ils s’alimentent mal, ils boivent trop, ils fument trop, ils n’ont aucun souci pour eux-mêmes, pour les autres et pour l’environnement, ils ne consomment pas bio...).

    5) Par contre, on ne dit presque jamais rien sur la reproduction des éléments toxiques/cancérogènes de la part de nombre d’industries et différents activités tels les centrales nucléaires et même les bases militaires, nombre d’industries chimiques et même pharmaceutiques, la pétrochimie, la pollution atmosphérique, l’électromagnétisme, le traitement dangereux des déchets courants et de déchets toxiques, etc.

    6) Ainsi, la diffusion des cancers apparaît comme la faute des gens qui seraient irresponsables, incultivés, pollueurs, bref dangereux sinon criminels pour eux-mêmes et pour les autres ; le même genre de discours est souvent utilisé pour ce qui est des accidents de travail et les maladies professionnelles : c’est la faute aux travailleurs qui ne respectent pas les mesures de sécurité ou ont un train de vie dangereux.


  • Genre et jeux vidéo
    http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=55028cfe-e270-4297-ab8f-a147ecaf020f

    Femmes et jeux vidéo, sexisme et jeux vidéo, genre et jeux vidéo... Toutes ces questions font, depuis quelque temps, couler beaucoup d’encre, sur le net notamment, et sont loin d’être simples. Après un rappel en images de l’évolution des représentations masculines et féminines en vidéoludie seront évoquées les pratiques des joueurs et des joueuses ainsi que quelques « affaires » qui ont récemment secoué l’actualité. Après une rapide revue de la littérature scientifique traitant de ce double sujet seront présentées la problématique et la structure de l’ouvrage collectif Genre et jeux vidéo (2015).

    Page personnelle : (...)

    • Oui, ça m’a attristé également @mad_meg. Ceci dit, ce sont des jeunes étudiant·es, elles et ils apprennent et s’ouvrent à d’autres points de vues à travers ces conférences. C’est déjà bien que quelques un·es étaient dans la salle.

      Il manque peut être une mise en perspective plus détaillée ou visuelle du sexisme en terme de volume (pour 1 femme qui harcèle*, combien se font harceler…). La conférencière a tenté d’en parler sur la fin avec l’analogie des femmes violeuses… mais le message semble avoir du mal à passer.

      * Sur l’exemple de la femme dans un groupe de travail « qui met une mauvaise ambiance », si harceler c’est justement dénoncer un certain sexisme, effectivement on n’est pas sorti de l’auberge, et effectivement c’est souvent mal perçu. J’interprète peut être mal sa phrase ceci dit (j’imagine que le terme était peut être pour ça, mais c’est pas certain ; on sait pas trop à ce moment là ce que cette étudiante souhaitait exprimer à travers son propre exemple, ou quel était le non-dit).

    • Ce procès d’intention au début de la vidéo, ou alors c’est juste qu’elle ne connait pas PacMan.
      Ms PacMan est apparue parce que Namco ne voulait pas vendre les droits à Midway qui avait déjà réalisé illégalement le portage sur Atari. Alors, dans le flou juridique, ce concurrent a inventé Ms PacMan. C’est devenu un jeu officiel uniquement après, quand Namco a pris conscience du succès.

      La suite de son discours est moins truffé de raccourcis.

      PS : j’ai lu son livre et j’aime bien. Je n’aime juste pas trop les raccourcis historiques au profit d’un discours. Je préfère opter pour le révisionnisme.

    • @sandburg Heu, ça change quelque chose par rapport au « design » rouge à lèvre de Ms PacMan ? (je ne connais pas du tout l’histoire donc…). Mais ils auraient pu imaginer PacWoman du coup… si c’était un problème de droits… tant qu’à faire…

    • A mon avis ces jeunes qui bossent dans le jeu vidéo sont venu à cette conférence pour poser leur « questions » à la fin et n’ont rien écouté ni compris à la conférence. Le fait qu’illes ne comprennent pas que la conférencière parle de sexisme autour du genre est quant même énorme.
      Par rapport au prétendu harcèlement que ferraient les femmes qui portent des décolletés sur les platforme video de JV pour avoir de bonus c’est aussi un grand retournement. Perso en tant que gameuses, les seuls que j’ai vu faire ce genre de choses sont des hommes avec un avatar de femme et de toute façon si des femmes faisaient ca je verrai pas le problème. J’ai rien contre les prostituées, mon problème est avec ceux qui consomment de la prostitution. Les garçons et hommes qui vont sur ces vidéos de joueuses à grand décolleté viennent y chercher ces décolletés. Voire un décolleté quant on le recherche et qu’on est prêt à faire des cadeaux pour les voire, c’est pas subir du harcelement sexuel. A ce que je sache les vidéos de joueuses en décolletés plongeant ne viennent pas de force sur les écrans de ces joueurs. Mettre ca en symétrie aux agressions que subissent les joueuses qui veulent venir jouer tranquillement et qui se font traité de tous les noms pour pas un rond c’est pas possible. Personnellement que ca soit des jeunes ca me déprime encore plus. Heureusement la conclusion est donné à la mention du sexisme crasse du forum 15-25 ans de jeux-video.truc et c’est deja bien de pas finir sur cet étalage de #male_tears #putophobie, misogynie et slut-shaming.

      Il y a un intervention qui aurais du être plus develloppé, le joueur qui explique qu’on lui reproche toujours dans les jeux de mettre la mauvaise ambiance car il relève les remarques sexistes, homophobes, racistes...
      A mon avis la mauvaise ambiance que mettent les femmes c’est qu’elles ne disent pas merci quant on les traitent des salopes. Ca correspond en tout cas à mon expérience du jeu de role et des MMORPG.

    • Par rapport au prétendu harcèlement que ferraient les femmes qui portent des décolletés sur les platforme video de JV

      Ill·es parlaient de Twitch.tv et effectivement il y avait eu quelques ban de femmes pour quelque nichon montré. Cela dit je n’ai pas souvenir d’hommes qui se serait fait ban en se montraint torse nu… cela m’étonnerait… donc là encore… Maintenant il semblerait que Twich ait interdit les tenues torse nu ou « sexy » comme on interdirait à d’autres endroits le voile… Ces hommes se font provoquer pour un rien quand même !

    • A mon avis la mauvaise ambiance que mettent les femmes c’est qu’elles ne disent pas merci quant on les traitent des salopes.

      Oui, ou qu’elles ne rigolent pas aux blagues lourdes, ou ne font pas la bise en souriant à tout le monde le matin, … tant de raisons possibles de recevoir des quolibets.

    • @marcimat
      Oui, ils auraient pu l’appeler autrement.

      D’autant que le personnage s’appelle Ms PacMan dès le début, alors que dans l’histoire, elle n’est pas encore en relation avec Mr du même nom. (à moins d’y voir un mariage en famille)
      Je dirais qu’ils ont joué la carte du clone au titre le plus approchant. Pour piéger de client, titres sur le packaging plus proches.

    • Durant les questions, la femme qui évoque des nanas qui mettent la mauvaise ambiance et/ou profitent de privilèges… ça fait penser à un passage du livre de Natacha Henry, Les Mecs lourds ou le paternalisme lubrique.
      http://lille.cybertaria.org/biblio/spip.php?article3111
      Où une extrême minorité de femmes adaptées aux codes du paternalisme sexiste en jouent à souhait. Mais Natacha Henry dit bien que c’est une minorité de femmes de pouvoirs (bourgeoises voire grandes-bourgeoises), et que c’est un jeu difficile à tenir au quotidien.

      Pour moi, c’est aussi une adaptation au système machiste (adaptation subie). Les réponses qui arrivent ensuite sont adaptées. Et on pourrait rebondir aussi sur le Slut Shaming, qui démontre d’une morale de contrôle machiste. Là, en plus, c’est une femme qui fait du Slut Shaming, sans la juger, elle me semble sous emprise, et sûrement dans un questionnement inconscient (je ne suis pas dans sa tête). Ça relève de l’intégration dans son groupe de potes. Si la communauté était féminisée, pas sûr que les quelques décolletés, tétons, lèvres qui dépassent et autres pipes en live ne soient autant slut shamés…
      Twitch est a critiquer, mais dans son rôle. Ils ont intégré le slut banning dans leur règles pour se prémunir de procès. (Ils font pareil avec les insultes, violence physiques, etc…) C’est pas vraiment la règle de Twitch, mais la règle des utilisateurs de Twitch. Ces règles sont le reflet de la société.

      Mais on sent bien dans l’assistance une vague de fans qui trouve qu’on touche un peu trop à leur chasse gardée en venant observer leurs pratiques sous l’œil du genre.


  • #Italie. #Femmes, faites des #enfants, dit le gouvernement

    Pour lutter contre une dénatalité record, le gouvernement italien lance une campagne et une “journée de la #fertilité”. En appelant les femmes à “se secouer” avant qu’il ne soit trop tard, et en mettant de côté la situation précaire des femmes en âge de procréer.


    http://www.courrierinternational.com/article/italie-femmes-faites-des-enfants-dit-le-gouvernement
    #démographie #campagne #genre
    cc @albertocampiphoto @mad_meg


  • Du char au dortoir, les femmes à l’assaut de l’armée en Norvège
    http://information.tv5monde.com/terriennes/du-char-au-dortoir-les-femmes-l-assaut-de-l-armee-en-norvege-1

    Ne serait-ce pas tenter le diable que de confiner dans la même chambrée jeunes filles et garçons en pleine force de l’âge ?

    « On voit que la cohabitation accroît la tolérance, l’acceptation et la compréhension mutuelles », rétorque Nina Hellum, chercheuse à l’Institut de recherche de la Défense norvégienne. « Vous ne voulez pas fricoter et coucher avec quelqu’un de votre chambre ou de votre unité parce qu’après, ça plombe l’ambiance ».

    Une étude parue en 2014 tendait à montrer que les dortoirs unisexes aidaient à combattre le harcèlement sexuel grâce à un phénomène de « dégenrisation ». En polissant le comportement des garçons et en dissuadant les filles de badiner, ils permettent de tisser un esprit de camaraderie, voire une relation quasi fraternelle, affirmaient les auteurs.

    #mixité #armée

    • La presse norvégienne est nettement plus mesurée sur cette question. Le correspondant de l’AFP à Oslo est plus enthousiaste que ses consoeurs·frères norvégien·nesqui me semblent être un peu plus critiques sur l’initiative.

    • En polissant le comportement des garçons et en dissuadant les filles de badiner...

      On parle de viols et d’agressions sexuelle, de harcèlement et divers violences sexuelles commises par les hommes contre les femmes. Il me semble que c’est ca les problème de « comportement des garçons » à l’armée, et non un problème de « badinage des filles ». Cette phrase sent fort la #culture_du_viol la #culpabilisation_des_victimes et le #deni_masculin. Et l’utilisation de « filles » et « garçons » laissent imaginé qu’il s’agit de mineurs. L’article semble parlé d’une colonie de vacances avec des gosses et non des problèmes de viols et agressions sexuelles systématiques à l’encontre des femmes dans l’armée.

      Et dehors de ca le fait que cette théorie repose sur l’idée que

      « Vous ne voulez pas fricoter et coucher avec quelqu’un de votre chambre ou de votre unité parce qu’après, ça plombe l’ambiance ».

      me semble assez ahurissante. Pour avoir rencontré beaucoup trop d’agresseurs sexuels dans ma vie, je sais d’expérience que la bonne ambiance de camaraderie vis à vis des femmes, ils n’en ont rien à faire, et au contraire torturer une femme ou/et une fille, ca les amuse beaucoup et ils peuvent même s’y amusé en fraternité, dans une bonne ambiance de viril camaraderie.

    • La mixité, « ça fait qu’au niveau des performances physiques, je peux pousser mes limites et m’habituer à travailler davantage pour suivre le mouvement », affirme sa camarade de chambre, Gine Grimsbu. « D’un point de vue social, les garçons nous traitent avec respect. Il y en a certains qui n’ont pas trop l’habitude d’être avec des filles mais je pense que ça va aller ».

      Je pense que les côtés sexistes de l’article trahissent la culture dominante du journaliste. Les paroles des concerné⋅e⋅s me semblent bien plus édifiantes, comme cette allusion à la construction sociale des différences de performances physiques : entrainées avec les hommes, les femmes ont tendance à avoir les mêmes aptitudes qu’eux.

      18% disaient avoir été victimes de commentaires ou gestes déplacés

      Sous-déclaration ou réalité ? Parce que si c’est la réalité, c’est à comparer avec le vécu des femmes dans les sociétés semi-mixtes comme les nôtres ou les sociétés sexgrégationnistes. Cela induit assez logiquement que plus une société est réellement mixte, moins elle est sexiste.

    • On parle d’un contexte assez particulier. On va à l’armée pour tuer et pour se faire tuer, et on se soumet à un régime d’obéissance totale. La raison d’être des armées d’aujourd’hui est la protection des classes priviligiées par la soumission des populations, la défense du pays n’étant qu’un prétexte mensonger connu depuis une éternité. Qu’on nous épargne des réflexions sur le sort de ces criminels.

      Après s’être rendu compte du problème que constitue l’existence des armées il s’impose de réfléchir sur les arguments et actions susceptibles de convaincre ses membres de s’allier aux forces des peuples qui luttent pour la libération de l’exploitation économique et de la domination par les classes au pouvoir. Un reportage sur la situation des militaires féminins se justifie tant qu’il contribue à dévoiler l’ascpect antisocial et dangereux d’une armée. Sinon c’est du vent idéologique qui aide à vendre aux exploités la « normalité » de l’existence de ces associations de meurtriers.

      #militarisme #Norvège


  • La moitié du monde qui vit dans la peur | ploum.net
    https://ploum.net/la-moitie-du-monde-qui-vit-dans-la-peur

    Aujourd’hui, j’ai peur d’être ce que je suis, j’ai peur de perdre les droits pour lesquels les femmes se sont battues et, malgré tout, je dois cacher cette peur, être belle et forte pour avancer.

    Enfin, heureusement, je ne connais pas cette peur. Car je suis un homme.

    Mais, souvent, la honte m’étreint à l’idée de vivre dans un monde soi-disant libre où plus de la moitié de la population est forcée de vivre dans la peur de l’autre moitié.

    #peur



  • Une fille parmi les autres
    http://we-shout-0.tumblr.com/post/109031421116/une-fille-parmi-les-autres

    Je m’appelle Nine, j’ai 19 ans et je suis étudiante. Je fais mon jogging tous les soirs. Ca me fait du bien, ça me détend. Je ferais mieux de parler au passé, car un peu plus chaque jour mon sport se transforme en traque.

    Quand je cours, je ne ressemble pas exactement à un mannequin en train de défiler pour Victoria’s Secret. J’ai un legging noir, des baskets fluo, un pull de couleur vive, une grosse écharpe et mes écouteurs enfoncés dans les oreilles. Il se trouve que quand je cours, je transpire, je suis rouge, je suis bouffie. Au risque d’en surprendre plus d’un, je ne suis pas l’archétype du sex-symbol quand je fais du sport. Pourtant, pour une raison que j’ignore, je deviens une proie plus que jamais au moment où toute ma tenue indique que je suis dans un sale état et complètement indisponible. Après qu’on m’ai arrêtée un nombre incalculable de fois pour mon numéro de téléphone, qu’on m’ai reluquée comme un morceau de viande, qu’on m’ai suivie en camionnette sur plusieurs centaines de mètres jusqu’à trouver enfin une intersection à sens interdit, j’ai désormais peur de faire mon jogging. Je suis ceinture marron de karaté, je sais me défendre. Je suis une grande féministe, je connais toute les punchlines du monde pour clouer le bec de n’importe quel mec. Pourtant, en situation réelle, je n’ai plus aucune arme.

    Jeudi soir, je sors courir. Rue de Vaugirard, un homme de l’âge de mon père m’arrête.

    – J’ai deux questions pour vous.

    – (Laisse-moi deviner, la première ça va être “ou est tel endroit” et la deuxième “vous pouvez me donner votre numéro de téléphone ?”)

    – Ou est-ce que je peux trouver le prochain métro ?

    – Tout droit. (bingo)

    – Et vous êtes vraiment magnifique, vous voulez venir chez moi prendre un verre ?

    PAUSE

    Je fais mon jogging, je suis sale, dégoulinante même. Est-ce que j’ai l’air une demi-seconde disponible pour aller chez un vieux mec prendre un verre ?

    ON REPREND

    – Non je dois rentrer chez moi.

    – Je peux prendre votre numéro au moins ?

    – Non.

    – Pourquoi ?

    – Je ne donne pas mon numéro aux inconnus.

    – Mais je ne suis plus un inconnu, ça fait 5 minutes qu’on se parle et je t’ai même proposé de venir chez moi. Je te fais peur ?

    #harcèlement #Peur #domination #oppression #culpabilisation

    • Sachez, cher lecteur, que vous n’avez pas besoin de me culpabiliser, je le fais assez. Je le fais tous les jours. Quand je m’habille chez moi le samedi soir, que je me trouve jolie et que je suis contente de ma tenue, et quand 5 minutes plus tard dans la rue, je tire sur ma jupe et regrette d’avoir mis du rouge à lèvres. J’ai lu les articles sur “comment ne pas se faire violer” et je n’ai jamais vu mon frère en lire un. Je développe toutes les stratégies dans la rue pour ne pas être perçue comme une proie, mais mes amis ne font rien pour ne pas être perçus comme des prédateurs. Pour tout ceux autour de moi qui continueraient à se voiler la face, à prétendre que la culture du viol n’existe pas, vous aussi vous n’entendez pas mes paroles. J’ai peur, et vous devez le savoir. Tant que mes amies et moi n’auront plus peur d’être une femme dans la rue, je continuerais à revendiquer cette cause qui apparemment “n’est pas d’une importance primordiale” (un garçon de mon âge en soirée). Pour ces raisons, je refuse que l’homme de ma vie grandisse avec cette mentalité, je refuse que mon frère devienne un homme dans ces conditions, je refuse d’élever mes futurs enfants dans un monde qui ne tourne pas rond.


  • Rock’n’viol.
    http://www.terrafemina.com/article/rock-viols-les-festivals-de-rock-anglais-souilles-par-une-epidemie-d-agressions_a284390/1

    Problème : lorsque les festivals s’emparent enfin de la question, le message est ambigu voire dévastateur.
    Ainsi, le site internet du festival Latitude, où deux cas de viols avaient été signalés en 2010, délivre une poignée de conseils de sécurité en prenant bien soin de ne jamais citer les mots « viol » ou « agression sexuelle » : « Gardez vos esprits- ne buvez pas trop et ne prenez pas de drogue », « Soyez vraiment clair à propos de ce pour quoi vous dites ’oui’ ou ’non’ », « Si vous rencontrez quelqu’un que vous ne connaissez pas, prenez une photo de cette personne avec votre portable et envoyez-la par SMS à un ami ».

    #culture_du_viol #viol #victim_blaming #culpabilisation


    • Cette asso a une page fesse-bouc et il y a peu de réactions sur cette campagne. Trois personnes font remarqué que c’est culpabilisant pour les victimes mais l’asso ne répond pas. La (ou les) personne qui anime la page parle de « la femme » et de « nos braves femmes » et il y a d’autres messages culpabilisants ainsi que des images misogynes dans les commentaires qui n’ont pas l’air d’être moderés. Je pourrais croire à une asso #bravepatriote mais je ne pense pas que ça soit un canular.

    • Je ne sais pas mais la personne qui s’occupe du fesse-bouc indique qu’elle est en Algérie.
      https://www.facebook.com/pages/SOS-FEMMES-BATTUES/325005639870?sk=info&tab=page_info
      https://fr-fr.facebook.com/pages/SOS-FEMMES-BATTUES/325005639870
      mais le contenu de la page à l’air de s’adresser à des femmes vivant en France car les adresses indiqué sont en France et non en Algerie et la communication est en français.

      sur la page « présentation de l’entreprise » il y a ceci :

      Le ruban blanc est le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes.
      Porter un ruban blanc, c’est s’engager publiquement à :
      – ne jamais se rendre coupable de violence à l’égard des femmes,
      – ne jamais fermer les yeux ou cautionner cette violence,
      – ne pas chercher d’excuses aux agresseurs,
      ne jamais dire « les femmes l’ont bien cherché .

      Notre objectif est de venir en aide très rapidement à ces femmes qui subissent des violences conjugales.

      qui me semble très contradictoire avec leur campagne « faites vous respecter », « respecte toi en te faisant respecter » et « Vous devez apprendre à se lever de la table lorsque l’amour n’est plus servi » qu’on trouve sur la page de cette « entreprise »

      A part cette page fesse-bouc je ne trouve rien sur cette asso. Pas de site, pas d’adresse, pas de contact à part le fesse-bouc auquel je n’ai pas acces car je n ’ai pas de compte chez Zukerbeurk. Le compte est peu mis à jour et les personnes qui demandent de l’aide sur la page ne reçoivent pas de réponse. L’affiche que j’ai mis au début date de décembre 2014 et les premières réaction qui font part du message culpabilisant datent du 24 aout 2015 et n’ont fait l’objet d’aucun commentaire de l’asso.

      #facebook


  • Hartz IV, la clef controversée du miracle allemand, Enquête
    http://www.lesechos.fr/journal20150202/lec1_enquete/0204118521410-hartz-iv-la-clef-controversee-du-miracle-allemand-1089129.php

    « Au fond, on a détricoté le filet de sécurité tout en introduisant Hartz IV, reconnaît Kay Senius. Cela a créé une pression d’autant plus forte sur les #chômeurs, mais aussi des angoisses existentielles. » « Hartz IV rend malade », affirme Tanja Wiebusch, qui a souffert de dépression, comme un tiers des bénéficiaires. Autre critique récurrente : un tiers des #allocataires aptes à travailler ont effectivement un #emploi. Depuis que le dispositif existe, l’Etat a ainsi accordé 75 milliards d’euros de subventions à des entreprises qui paient leurs employés des salaires de misère,

    En complément sur ce qui tient lieu de « modèle » ici
    http://seenthis.net/sites/110400

    #précarisation #travail #Hartz_IV #Allemagne #angoisse #culpabilisation #gouvernement


  • Il est revenu
    Alléluia !!!!!!!!!!

    C’est l’Allemagne qui apporte aux financiers, la certitude que la France ne craquera pas. Quoi que l’on dise de l’Europe, il existe une solidarité à toute épreuve. Jusqu‘au jour où l’opinion publique allemande ne l’acceptera pas et demandera à ses gouvernants de nous laisser tomber.

    Pour quelles raisons, les ouvriers de Stuttgart, accepteraient-ils de travailler 8 heures par jour jusqu’à 65 ans alors que leurs cousins de France font les 35 heures et partent en retraite à 60 ans ? Pour quelles raisons les fonctionnaires allemands devraient assumer un statut de concurrence alors que leurs collègues Français sont protégés à vie par un statut en béton armé ? Pour quelles raisons les pilotes de Lufthansa travailleraient-ils aux conditions allemandes alors que les pilotes d’Air France vivent comme des nababs de l’aérien ?

    Pour quelles raisons surtout accepteraient-ils de leur gouvernement à Berlin que l’Allemagne paie pour que l’Europe du Sud fasse la fête et que les Français vivent à crédit ?

    http://www.atlantico.fr/decryptage/france-peut-faire-faillite-mais-pas-pour-raisons-que-on-croit-atlantico-bu

    #jean-marc-sylvestre
    #culpabilisation
    #clichés
    #lol


    • Ces vacances d’emploi sont « mal définies et mal évaluées » selon une étude du Centre d’études de l’#emploi. Yannick Fondeur et Jean-Louis Zanda, les deux auteurs, écrivent ainsi que « les vacances d’emploi correspondent […] à la photographie d’un stock d’emplois à pourvoir. […] Comme en France une trentaine de millions de nouveaux contrats de travail sont conclus chaque année, il est naturel qu’on observe à un instant donné un grand nombre d’emplois vacants. »

      (...) Le taux d’emplois vacants (c’est-à-dire le nombre d’emplois vacants rapporté au nombre d’emplois total) au premier trimestre 2014 en France était bien inférieur à la moyenne européenne. Autrement dit, si le taux de chômage est si élevé dans l’Hexagone, c’est parce qu’il n’y a pas d’emplois à occuper, et non parce que les chômeurs n’en cherchent pas . Le Portugal, l’Italie, l’Espagne et la Grèce sont dans la même situation. A l’inverse, l’Allemagne a, logiquement, le taux d’emplois vacants le plus élevé d’Europe.

      #CDD #précarité #culpabilisation #chômeurs


  • Périphériques #mobiles : deux reportages grands publics (télévision) sur l’exploitation des congolais dans les mines de #Coltan et les guerres civiles que cela provoque ou contribue à provoquer.

    Votre goinfrerie de gadgets dispensables est une des causes principales de guerres ayant fait des millions de morts (j’anticipe : #culpabilisation).

    Pendant ce temps, la 4G arrive, et « on » est content.

    Le sang Congolais dans nos #portables " Blood of Congolese in our handset"1
    http://www.youtube.com/watch?v=6A5TKyk24r4

    Le sang Congolais dans nos portables " Blood of Congolese in our handset"2
    http://www.youtube.com/watch?v=53Jh32CmEy4

    #Congo #téléphone #téléphonie #téléphone-portable #milice #guerre #guerre-civile #matières-premières #responsabilité : qui sera jugé pour ça ?



  • Générations futures des césariennes
    http://www.lucperino.com/blogs/cesariennes_obesite.php

    L’épidémie mondiale d’#obésité est donc partiellement due à l’augmentation du nombre d’accouchements par césariennes. Il y a évidemment bien d’autres facteurs de risques, mais celui-ci doit être considéré avec attention, car il est l’un des rares, avec l’augmentation de la consommation de sucres, dont la preuve est désormais établie.

    • La césarienne, comme toute technique intrusive, n’est pas sans danger pour la patiente et sa progéniture. C’est un acte chirurgical qui doit intervenir lorsqu’une nécessité médicale l’impose, ni plus, ni moins. Je ne trouve pas que de m’ouvrir le bide et l’utérus avec un scalpel soit un acte anodin ou une alternative naturelle à l’accouchement pas voie basse.
      Le problème, c’est que le recours quasi systématique à la césarienne se fait rarement dans l’intérêt de la patiente. dans les proportions évoquées, il s’agit au contraire d’une nouvelle violence contre les femmes, du confort du personnel médical, de la rotation plus rapide des plateaux techniques, d’une meilleure productivité de la ponte, avec, à la clé, des tarifications à l’acte plus avantageuses pour l’établissement et l’obstétricien.
      Un peu comme l’explosion des épisiotomies, avec tous les effets secondaires pour la femme ou la standardisation des accouchements médicalisés et l’interdiction financière des accouchements à la maison.

      La femme est rarement au cœur des préoccupations de l’industrie obstétrique actuelle !

    • @mad_meg, ce n’est pas parce que des injonctions religieuses ont dit ça que ce n’est pas vrai. Souvent les trucs religieux viennent d’une description d’une réalité, qui est transformé en injonction pour faire croire que c’est une entité divine qui l’a imposé. Ici, ça fait mal de sortir un enfant par voie basse, on transforme ça en « tu DOIS accoucher dans la douleur ».

      Alors ensuite c’est une réalité qui peut être transformé car l’humain modifie son environnement, mais cela peut aussi avoir des conséquences négatives. Et qui parfois sont encore plus négatives que ce qu’on pensait corriger au départ (sans que ce soit toujours le cas, cela arrive très souvent).

      C’est peut-être le cas avec la césarienne qui ne devrait être utilisée qu’en tout dernier recours. Mais c’est aussi le cas avec la péridurale.

      En effet, sans dire que la douleur est prévue exprès (par Dieu haha), elle a pourtant un effet notoire sur la puissance avec laquelle la femme pousse et extrait l’enfant de son bassin. Or la péridurale, sans empêcher complètement cela, le freine énormément. Par enchaînement, les humains ont donc trouvé comme solution de donner un autre traitement en même temps qui provoque des contractions forcées et plus violentes. La conséquence de tout cela, c’est que désormais pour les accouchements sous péridurale, il y a statistiquement énormément plus d’aide extérieur à « l’extraction » (avec des spatules par exemple) par les médecins, et énormément plus d’épisiotomies, qui est loin d’être une coupure anodine.

      Alors je ne dis pas qu’un jour prochain, peut-être, on trouvera encore autre chose, qui réduira les douleurs SANS empêcher de pousser soi-même. C’est possible et ce serait très bien.

      Mais en attendant, ni la césarienne ni la péridurale ne sont des solutions super-cool-géniales.

    • Question #obésité, on a pas encore fait de tests sur l’impact des doses d’hormones que les femmes se bouffent toute leur vie.
      Entre contraception courante, pilule du lendemain, RU pour avorter, hormones pour passer la ménopause, si vous n’avez pas encore perdu vos dents et ne prenez pas 20 kilos ben… vous avez de la chance.

    • Quant à l’explication physiologique, elle commence à être également bien comprise. L’accouchement par césarienne empêche le nouveau-né d’avoir un contact initial avec la flore de la muqueuse de la filière pelvi-génitale de sa mère (microbiote vaginal). Ce premier contact a d’importantes répercussions sur la constitution de la flore intestinale initiale du nourrisson. Nous savons par ailleurs que le déséquilibre de cette flore, notamment l’inversion du rapport firmicutes/bactéroïdètes est une cause importante d’obésité.

      Si l’hypothèse scientifique est avérée, elle est à classer parmi les trucs les phénomènes les plus bizarres que je connaisse parmi la collection des improbables relations de cause à effet...

      Mais au fond cela pourrait converger vers ce que dit Didier Raoult au delà de la « porosité » inter-espèces de la génétique, sur l’influence des virus et bactéries qui viennent compléter/infléchir le rôle de notre patrimoine génétique dans la construction et l’évolution de notre corps :

      Avec la révolution génomique, nous vivons les débuts de la biologie. On découvre que l’homme est un écosystème à lui tout seul, un monde dans lequel cohabitent des millions de micro-organismes. Cet écosystème ambulant évolue dans d’autres écosystèmes qu’il modifie et qui le modifient. Tous les êtres vivants passent leur temps à s’échanger des gènes. Pas uniquement par la reproduction, mais aussi par les virus et les bactéries. Le monde du vivant est une immense orgie collective. On sait aujourd’hui que 8 % de l’ADN humain est constitué de vestiges de gènes qui nous ont été transmis par des virus.

      http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/et-si-darwin-s-etait-trompe-12-12-2011-1406407_326.php