• Le féminisme US par-delà le rien et le mâle
    http://www.dedefensa.org/article/le-feminisme-us-par-dela-le-rien-et-le-male

    Le féminisme US par-delà le rien et le mâle

    Les médias expliquent qu’on demande, qu’on exige une présidente féministe en Amérique… Ah, ces élues du congrès en blanc, comme elles les auront émus, ces médias…

    Je n’étonnerai personne en écrivant que 90% des antisystèmes sont des hommes, et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antisystèmes, c’est essentiellement par islamophobie. Ceci concédé, notre monde aux affaires repose sur les valeurs féminines : « pleurnicherie humanitaire » (Muray), hystérie belliciste, autoritarisme tortueux (Merkel, Clinton…). Sans oublier la haine du sexe et de la reproduction, qui sont devenues des valeurs féministes. Dans l’Espagne féministe-socialiste de Sanchez, le sexe doit se faire avec notaire.

    Le Deep State et l’empire nous préparent un après-Trump (je laisse de côté le (...)

    • Je n’étonnerai personne en écrivant que 90% des antisystèmes sont des hommes, et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antisystèmes, c’est essentiellement par islamophobie.

      Ici antisystème = antiégalité
      et je ne suis alors plus étonné de lire que 90% des antiégalitariste sont des hommes et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antiégalitaristes c’est essentiellement par islamophobie.

      Ceci concédé, notre monde aux affaires repose sur les valeurs féminines : « pleurnicherie humanitaire » (Muray), hystérie belliciste, autoritarisme tortueux (Merkel, Clinton…). Sans oublier la haine du sexe et de la reproduction, qui sont devenues des valeurs féministes. Dans l’Espagne féministe-socialiste de Sanchez, le sexe doit se faire avec notaire.

      Ceci concédé, le monde de Nicolas Bonnal repose sur des valeurs misogynes et une enfilade de clichés virilistes. Il n’oublie pas de précisé que les femmes sont avant toute chose un sexe et surtout une matrice et qu’elles ont l’obligation absolue d’aimer le sexe hétéro et la reproduction. Il enchaine sur une défense du non consentement, avec la veille blague du notaire, comme si les agresseurs sexuels n’étaient que de maladroits incompris.

      #masculinisme #haine #domination_masculine #culture_du_viol #hommerie #hommanisme


  • #images et #pouvoirs : #Berlusconi et les « #veline ». Entretien avec #Francesca_Martinez_Tagliavia

    Quels sont les effets de la #culture_visuelle sur la construction du pouvoir politique ? Loin d’une vision instrumentale qui ne verrait dans les images que des moyens neutres utilisés par les chefs et leur entourage pour asseoir leur pouvoir, Francesca Martinez Tagliavia pense leur signification politique à partir de la manière dont elles sont produites, tant par les acteur-ices que par les spectateurs·ices. En étudiant le rôle et l’histoire des veline, ces femmes qui accompagnaient Silvio Berlusconi sur les plateaux de télévision, l’autrice propose de déconstruire le pouvoir d’un chef à partir du discours de celles qui ont contribué, par leur image, à produire son charisme. C’est par une critique venue des marges du pouvoir qu’on peut, selon elle, élaborer un discours à la hauteur de nos exigences politiques.


    https://vacarme.org/article3078.html
    #velina #télévision #femmes #patriarcat #publicité #corps #image #pouvoir

    • Faire des corps avec les images : La contribution visuelle de la velina au charisme de Berlusconi

      À la fin des années 2000, l’image de la velina – soubrette hyper-érotisée de la télévision italienne – endosse dans les discours de la critique anti-berlusconienne le rôle de symbole de la marchandisation des corps féminins et de la subalternité féminine dans l’espace public, qui caractérise le ventennio berlusconien. Puisant ses outils dans l’épistémologie des Visual Studies anglo-saxons et dans la culture visuelle italienne contemporaine, la thèse vise d’abord à analyser les manières dont les images font le corps de la velina. La généalogie de la velina rassemble des images emblématiques et opposées de la féminité comme les Jeunes Italiennes fascistes, les Tiller Girls américaines et les héroïnes du cinéma softcore italien des années soixante-dix, pour se cristalliser ensuite dans cette image, au moment où elle fait irruption dans l’émission télévisuelle Striscia la notizia (Mediaset, groupe Berlusconi) en 1989. Par l’analyse d’une étude de cas spécifique – les pratiques et les micropolitiques quotidiennes de l’image de Giulia Calcaterra, velina de l’édition 2012-2013 de Striscia la notizia – on déconstruit ensuite le point crucial des argumentaires excluant les veline du savoir et de la politique. Selon la critique mainstream, la velina serait un sujet aliéné, ornement passif du Spectacle. À partir de sa propre parole au sujet de son action, elle émerge au contraire comme un sujet autoréflexif et intelligent, et comme une actrice privilégiée de l’économie esthétique et culturelle, sur la base de laquelle Silvio Berlusconi a construit son consensus politique à partir de la fin des années soixante-dix. La thèse se concentre ensuite sur le rapport entre l’image de la velina et l’image de Berlusconi, par l’analyse d’images qui connectent la velina au « chef » Berlusconi. Le « charisme » de Berlusconi est visuellement construit par Berlusconi lui-même, par les intermédiaires culturels de son parti, la presse anti-berlusconienne, le cinéma et d’autres productions visuelles, en connexion avec l’image de la velina. On retrace différents moments-clés de l’exercice d’une propagande politique fondée sur des politiques et des pratiques visuelles qui s’entrelacent à des pratiques discursives et à d’autres types de pratiques politiques, scientifiques, techniques et sociales visant à susciter dans l’électorat un « amour de la domination », à travers une « domination de l’amour ». Si l’image de la velina contribue activement au « charisme » de Berlusconi, c’est parce qu’elle attribue au chef le pouvoir érotique nécessaire pour que celui-ci inspire du désir pour sa domination.

      https://journals.openedition.org/acrh/7103
      #thèse_de_doctorat


  • Le silence sur la pédophilie est un « pêché collectif » pour le patron des évêques de France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/17/le-silence-sur-la-pedophilie-est-un-peche-collectif-pour-le-patron-des-evequ

    « Nous devons travailler tous ensemble contre la pédophilie. La hiérarchie (religieuse, ndlr) n’est pas la seule coupable. Dans certaines familles, des parents très chrétiens ont empêché leur enfant de parler. C’est un péché collectif."

    « Il y a quelque chose de systémique dans la négligence, le poids et la défense des institutions par rapport aux personnes victimes », dit-il, assurant que l’Église doit prendre ses responsabilités. « On ne peut plus rejeter la faute, dire que ce sont les médias ou le monde extérieur qui en voudraient à l’Église », ajoute Mgr Pontier.

    Mais on peu dire que c’est "des parents très chrétiens qui ont empêché leur enfant de parler" et que la faute est collective et non la responsabilité d’évêques, nous dit l’évêque.

    Le péché est collectif et surtout la faute des parents très chrétiens, par contre les violeurs d’enfants et leurs évêques qui organisent la récidive et l’impunité et les déplaces pour pouvoir bénéficié de la prescription sont présumés innocents.

    « Si des actes ont été commis qui auraient traumatisé profondément quelqu’un, ce serait bien sûr choquant. Je connais bien Mgr Ventura, et pour le moment je le présume innocent », dit Mgr Pontier.

    –----

    Accusé d’abus sexuels, l’ex-cardinal McCarrick défroqué par le Vatican, une première

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/16/l-ex-cardinal-mccarrick-accuse-d-abus-sexuels-defroque-par-le-vatican_542429

    C’est la première fois dans la longue histoire de l’Eglise catholique qu’un cardinal est défroqué pour des motifs d’abus sexuels.

    Le pape a reconnu comme définitive une sentence en ce sens de la Congrégation pour la doctrine de la foi, institution du Vatican qui veille au respect du dogme catholique, a précisé le Saint-Siège. L’ancien cardinal a été reconnu coupable d’avoir enfreint l’un des commandements divins « avec la circonstance aggravante de l’abus de pouvoir », selon ce texte. Le pape François a envoyé un « signal clair » sur le fait que les abus sexuels ne seraient plus tolérés au sein de l’Eglise catholique, a réagi samedi le président de la conférence des évêques américains.

    Toujours cette manière sournoise de ne pas nommer les agressions sexuelles correctement. Une agression sexuelle n’est pas un ABUS, un abus c’est quant on use avec excès de son droit . Utilisé cette expression "abus sexuels" et "abus de pouvoir" ca indique que les prêtres ont le droit au sexe des gosses, mais qu’ils ont été seulement un peu excessif avec leur usage du sexe des enfants.

    « Aucun évêque, aussi influent soit-il, n’est au-dessus de la loi de l’Eglise », a ajouté le cardinal Daniel DiNardo, archevêque de Galveston-Houston.

    Ce qui sous-entend qu’ils sont au dessus des lois humaines.

    #catholicisme #culture_du_viol #culte_du_viol


  • Le représentant du pape en France visé par une enquête pour « agressions sexuelles »
    https://www.liberation.fr/france/2019/02/15/le-representant-du-pape-en-france-vise-par-une-enquete-pour-agressions-se

    Des « mains aux fesses assez poussées » lors d’une cérémonie des voeux à l’Hôtel de ville de Paris : le nonce apostolique - l’ambassadeur du pape - en France, Mgr Luigi Ventura, est l’objet d’une enquête pour « agressions sexuelles ». La révélation de cette affaire intervient alors que l’Eglise catholique est touchée, dans de nombreux pays du monde, par de multiples scandales d’abus sexuels entachant sa crédibilité.

    A lire aussi :Prêtres pédophies : en Pennsylvanie, un long silence et des vies brisées

    L’enquête a été ouverte le 24 janvier par le parquet de Paris, a-t-on appris vendredi de source judiciaire, confirmant une information du Monde.

    La mairie de Paris avait signalé la veille au parquet, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale, qu’un jeune cadre municipal s’était plaint d’attouchements répétés de Mgr Luigi Ventura, un prélat italien de 74 ans, lors de la cérémonie des vœux à l’Hôtel de Ville le 17 janvier, selon des sources concordantes. « Il y a eu un incident lors des vœux aux autorités diplomatiques et rapidement la décision a été prise de le signaler au procureur de la République », a déclaré Me Patrick Klugman, maire adjoint chargé des relations internationales.

    « Lors de ces vœux, un agent de la ville a été victime de manière répétée, par trois fois, d’attouchements sexuels, de mains aux fesses assez poussées, dont une fois devant témoin », a appris l’AFP dans l’entourage de la mairie. Le jeune homme d’une trentaine d’années en a fait part à sa hiérarchie. Il travaille à la délégation générale aux relations internationales (DGRI) de la mairie.

    D’autres médias, comme le quotidien La Croix et le magazine Têtu, citent les témoignages d’autres victimes présumées du prélat.

    Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura est en poste depuis 2009 à Paris, chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d’une part et avec les évêques de France d’autre part. « La nonciature n’a rien à confirmer », a-t-elle fait savoir à l’AFP.

    A Rome, le Saint-Siège a fait savoir qu’il avait appris l’ouverture de l’enquête. Il « attend les conclusions de l’enquête », a déclaré le porte-parole du Vatican Alessandro Gisotti. Compte tenu de ses fonctions, Mgr Ventura bénéficie de l’immunité diplomatique.
    Réunion cruciale

    Ce docteur en lettres modernes et licencié en droit canonique (Université pontificale du Latran) est entré au service diplomatique du Saint-Siège en 1978. Il a été affecté au service diplomatique aux nonciatures du Brésil, de Bolivie, de Grande-Bretagne. Puis est devenu conseiller à la secrétairerie d’Etat, à la section pour les relations du Saint-Siège avec les États, en 1995. Il est ensuite envoyé par Jean Paul II comme nonce apostolique en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Niger (1995), puis au Chili (1999) et ensuite au Canada (2001), avant d’être nommé dans la capitale française.

    La révélation en 2018 d’énormes scandales de pédophilie aux Etats-Unis, au Chili ou encore en Allemagne, ont gravement entaché la crédibilité de l’Eglise catholique. Le pape François, qui entend appliquer sa promesse de « tolérance zéro », a promis ces derniers mois qu’il serait intransigeant avec la haute hiérarchie ecclésiastique. Il a convoqué une réunion cruciale, rassemblant la semaine prochaine, du 21 au 24 février les présidents des conférences épiscopales du monde entier au Vatican, où ils plancheront notamment sur la lutte contre la pédocriminalité commise par des clercs.

    Tout porte à pensé que Jesus était moins charpentier que proxénète. Marie Madelaine tapinais certainement au profit de Jesus et peut être aussi Marie, en tout cas les apotres disent que Jesus faisait bosser les femmes gratuitement, leur piquait leur fric, leur faisait faire les corvées de ménage tout en se lavant les pieds avec leurs cheveux comme le premier bitard de base de l’époque. https://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/luc/7.36-8.3

    Marie Madeleine devait avoir des poux le jour du gag du faux dernier repas (le jour avant son miracle du pote qui se faire crucifier à sa place). Dans son boy’s club d’apotres Jesus n’a pas toléré une seule femme et ses miracles ont consisté surtout à inonder ses copains de gros pinard qui tâche et d’écoulé des stock de vieux poissons invendus ou de miches rancies qu’il devait "multiplié" en les mettant dans l’eau.

    Dans Mattieu 19 il discute avec ses potes apotres masculinistes de l’art de répudié les femmes quant elles sont infidèles (mais jamais il pense ni ne parle des femmes qui voudraient répudier leur marie adultère qui leur a offert la chtouille au retour du bordel).

    Il s’est pas cassé à faire des miracles pour les femmes. A part l’immaculé conception qui fait de toute femmes des salopes éternelles sauf la mère à Jesus, voila le message d’amour qu’il nous porte à travers deux millénaires.

    Après lui, les croyances chrétiennes sont un viol de la raison et leurs prêtres violent les âmes des bébés en les baptisant de force sans leurs consentement. Ils organisent aussi la persécution des victimes de viol, en leur interdisant l’IVG et la contraception, trop contents d’avoir des gosses à violer pour les siècles des siècles. Incroyable qu’aujourd’hui encor il y ai tant de gens prêts à se rendre à ces horribles cérémonie de culte du viol conjugale, culte du viol symboliques d’âmes de nourrissons, ainsi que culte du viol mémoriel pour les enterrements car ils mettent aussi leurs sale pattes d’agresseurs sexuels sur les cadavres mais cette fois surtout pour leur faire les poches.
    A bas la calotte !
    #catholicisme #culture_du_viol


  • « Ce barbu aux épaules larges » - Les mots sont importants (lmsi.net)

    http://lmsi.net/Ce-barbu-aux-epaules-larges

    L’affaire de la #Ligue_du_LOL a mis au grand jour cette réalité cruelle pour les hommes de gauche, occultée par des années de féminisme d’Etat : le sexisme est présent et prospère dans les quartiers de centre-ville, au sein des élites cultivées, chez les mecs cool. Nous n’avons pas fini de prendre la mesure de la haine profonde des femmes qui règne dans les milieux prétendûment progressistes – et, nous voudrions le rappeler, y compris chez les notables de cette gauche radicale, intellectuelle, éditoriale, qui peut dénoncer vertueusement la culture du viol, mais sans se départir de son virilisme. Les lignes qui suivent leur sont dédiées.

    #sexisme #harcèlement #harcèlement #culture_du_viol


  • Geneviève Fraisse, philosophe de la pensée féministe

    https://www.youtube.com/watch?v=1m3zQkotlko&ut=

    Qui parle de sexisme, de s’assurer que le pouvoir symbolique rste bien masculin, de l’importance symbolique du pouvoir et donc de la gravité des actes des membres de la ligue du LOL et assimilé.

    « Complètement sidérée » par l’affaire de la #Ligue_du_LOL, Geneviève Fraisse estime qu’avec #MeToo, les femmes ont eu les moyens de porter leurs témoignages par leurs capacités économiques et sociales, ce qui n’était pas le cas de celles harcelées par ce groupe de journalistes et communicants. Philosophe de la pensée féministe, Geneviève Fraisse était vendredi l’invitée du grand entretien de Nicolas Demorand à 8h20. Retrouvez tous les entretiens de 8h20 sur https://www.franceinter.fr/emissions...

    #sexisme #harcèlement #harcèlement #culture_du_viol


  • L’étouffante homogénéité – johannaluyssen – Medium

    https://medium.com/@johannaluyssen/l%C3%A9touffante-homog%C3%A9n%C3%A9it%C3%A9-fc0bbe3285a4

    Depuis les révélations des infâmes pratiques de la « #Ligue_du_LOL », ce boys’ club ayant harcelé pendant des années principalement des femmes, des personnes LGBT ou des personnes racisées, je me pose des questions.
    La première concerne mon statut d’expatriée : la « Ligue du LOL » pourrait-elle exister en Allemagne ?

    Il me semble que non.

    Le harcèlement et le sexisme existent ici aussi, évidemment.

    Seulement, l’écosystème dans lequel cette histoire s’est déroulée est très français.

    #culture_du_viol #harcèlement #harcèlement_sexuel


  • A Tribute to the Iconic American #Motel – Member Feature Stories – Medium

    https://medium.com/s/story/motel-69-206e71590771

    here is no setting more evocative in American storytelling than the motel. It is transitory, interchangeable, rife with cultural connotations. It appears locked in an eternal time warp somewhere between 1949 and 1999. Its definitive literary archetype, the Bates Motel in Robert Bloch’s Psycho (later the iconic Hitchcock film), is shorthand for everything from shabbiness to deviance, provincialism, and murder.

    The motel’s range as a narrative device is vast: it provided the small-town hot-sheet hideout in The Last Picture Show, where Jacy Farrow loses her virginity on the second try; the diversion where Thelma and Louise are robbed by a one night stand; and the trap where the sinister villain of Cormac McCarthy’s No Country for Old Men exacts final revenge on imperfect hero Llewelyn Moss. The motel—smoky, neon, forlorn—can be anything you want.

    #route_66 #road_movie #états-unis #landmark #motel #culture_de_la_voiture


  • « La Saint-Valentin fut longtemps une fête des célibataires et de la rencontre », Jean-Claude Kaufmann, auteur de « Saint-Valentin, mon amour ! », (Les Liens qui Libèrent, 2017)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/02/12/jean-claude-kaufmann-nous-maintenons-dans-l-oubli-l-histoire-meconnue-de-la-

    Dans une tribune au « Monde », le sociologue Jean-Claude Kaufmann revient sur l’histoire méconnue de la fête des amoureux de février.

    Tribune. Tout événement a désormais son image, parfois très éloignée des faits réels. Celle de la Saint-Valentin est devenue de plus en plus négative ces dernières années, construisant un mur d’indifférence voire de mépris dans les milieux que l’on dit porteurs de tendances. Elle serait devenue ringarde et conformiste, mièvre et sans saveur, sans intérêt. Trois critiques se font particulièrement incisives.

    Elle serait normative, célébrant le #couple comme modèle, donc stigmatisante pour les #célibataires, rejetés des alignements de tables pour deux dans les restaurants, et contraints à raser les murs ce jour-là. C’est tout à fait vrai.

    Mais l’histoire de la Saint-Valentin nous enseigne que pendant deux mille ans, elle fut au contraire une fête des célibataires et de la rencontre, que la célébration des couples mariés n’a commencé qu’à la fin des années 1950, et que cette forme particulière est une spécificité européenne. La fête n’est donc pas condamnée à cette normativité, rien n’interdirait qu’elle retrouve ce qui a fait son esprit à travers les siècles et aux quatre coins de la planète : fêter l’amour sous toutes ses formes.

    Elle serait répétitive et conventionnelle, pour tout dire, ennuyeuse. Peut-être, mais seulement ici. Car dans tous les pays qui la fêtent depuis peu, en Afrique, en Asie, elle déborde au contraire d’inventivité joyeuse, au point que nombre d’autorités politiques, morales et religieuses s’en inquiètent.

    Dans une trentaine de pays environ, la Saint-Valentin est désormais interdite, ou menacée par des groupes violents, le moindre petit cœur, la couleur rouge ou les couples se tenant par la main sont traqués le 14 février. Ou les ours en peluche au Moyen-Orient ; les nounours sont interdits en public ce jour-là. La jeunesse s’insurge bien sûr, au nom de l’amour. Au nom d’une sexualité plus libre et de l’expression des sentiments. Mille stratagèmes ingénieux sont développés pour contourner la censure.

    Adoucir les mœurs

    La critique des critiques enfin : elle serait devenue une fête purement commerciale, dominée par l’argent, et n’aurait donc plus aucun sens. L’emprise commerciale est en effet très forte sur la fête. Elle résulte d’un moment historique particulier : entre 1840 et 1850, les Etats-Unis, qui jusqu’alors ne connaissaient rien des deux mille ans d’histoire de la Saint-Valentin, ont eu l’impression de l’inventer.

    La Saint-Valentin est le premier « événement » commercial créé de toutes pièces, ou plutôt, que les Américains ont cru avoir créé de toutes pièces. Mais bien d’autres « événements » ainsi créés n’ont pas perduré. Car pour qu’une fête s’installe et se développe, même dominée par le commerce, il faut qu’elle exprime quelque chose et corresponde à un désir. L’idée de famille pour Noël. Le rêve d’amour pour la Saint-Valentin.

    Dire que la fête est commerciale n’est pas un argument suffisant, et ne révèle pas grand-chose des relations souvent très complexes et subtiles qui s’établissent entre argent et sentiments. Comment un bouquet de fleurs est-il offert ? S’en débarrasse-t-on (« Tiens voilà ton cadeau »), pour solde de tout compte sentimental ? Ou bien n’est-il qu’un instrument permettant d’exprimer un peu mieux et plus fort ce que l’on a souvent du mal à dire.

    Car, contrairement à une autre critique fréquente, fêter le 14 février n’est nullement incompatible avec l’amour tout au long de l’année ; ce n’est pas ou l’un ou l’autre. Dans les pays d’Afrique et d’Asie où la Saint-Valentin est récente, la pacotille amoureuse (petits cœurs fabriqués en séries industrielles) n’a pas été un frein à l’expression des sentiments. A l’inverse, elle en a été le vecteur. Car tout dépend de l’intensité du désir sentimental pour que l’emprise du commerce ne vide pas la fête de sa substance.

    En ce mois de février 2018, certains pourront dire que la Saint-Valentin apparaît encore plus désuète en regard de l’immense mouvement de révolte des femmes contre le harcèlement. Ce serait là encore ignorer la véritable histoire de la Saint-Valentin, qui pourrait se résumer ainsi : pendant plus de deux mille ans, les hommes ont progressivement appris, à travers les festivités amoureuses de février, à adoucir leurs mœurs et à respecter les femmes.

    A l’origine en effet, leur très rude brutalité sexuelle est tolérée par la société, presque reconnue comme légitime. L’historien Jean-Louis Flandrin rappelle qu’environ un jeune homme sur deux participe à des #viols_collectifs sans être jamais sanctionné à la fin du Moyen Age. La culture du viol dont on parle aujourd’hui est un héritage direct de ce passé.

    Tournant poétique

    Les fêtes de l’ours (en février les hommes se déguisaient en ours pour « attraper » des femmes), premières formes d’une Saint-Valentin qui ne s’appelait pas encore ainsi, peuvent déjà être considérées comme un léger changement. Même si, elles débouchent encore parfois sur des viols.

    Ensuite toute l’histoire de la Saint-Valentin sera celle de l’apprentissage par les hommes de la galanterie (le mot Valentin vient de galantin), des rituels de la séduction et des mots doux, de la communication intime, de la perception du #consentement chez la partenaire, du respect de la femme. Avec un moment fort, ce que j’ai appelé le tournant poétique, au XVe siècle (moment qui commence donc alors que la #culture_du_viol était encore dominante), initié en France puis qui se développa en Angleterre, héritier de l’amour courtois et qui annonce déjà le romantisme. Les hommes non seulement se font plus respectueux mais, poètes, musiciens ou peintres, ils apprennent à devenir des artistes de l’amour pour leur femme adorée.

    A l’heure de #balancetonporc et de #meToo, il est très étrange que nous maintenions dans l’oubli toute cette histoire méconnue de la Saint-Valentin au prétexte qu’aujourd’hui la fête nous déçoit, que nous jetions tout cela au panier, que nous nous refusions même à l’évoquer.

    Car au-delà de la dénonciation des abus et des crimes, du harcèlement et du viol, nous allons devoir inventer un nouveau monde amoureux, femmes et hommes ensemble, imaginer tout un univers de relations libres, respectueuses et créatives. Or nous ne partons pas de rien. Le passé de la Saint-Valentin nous éclaire à la fois sur le pire, la culture du viol, et sur le meilleur, la magie amoureuse qui ensorcelle, dans la communion intime et le consentement mutuel.


  • Si des psychanalystes s’allongeaient sur notre divan pour nous parler de leur vision de la sexualité et des rapports hommes femmes, que nous diraient-ils ?

    Sophie ROBERT a interrogé 18 psychanalystes freudiens et lacaniens orthodoxes pour décortiquer avec eux la théorie sexuelle, en leur demandant d’assumer la dimension politiquement très incorrecte de leurs théories. Ils se sont prêtés au jeu avec une gourmandise visible. Le résultat est stupéfiant :

    La femme n’existe pas / la femme c’est un trou / il n’y a que du masculin dans l’inconscient / il n’y a pas de rapport sexuel possible entre un homme et une femme / les homosexuels sont des psychotiques qui s’ignorent / les enfants ont des pulsions sexuelles /seule la perversion permet le rapport sexuel / l’inceste ça ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles.

    Ces hommes et ces femmes sont tous des références dans leur domaine. Ces psychanalystes sont également enseignants formateurs dans les UFR de psychologie et les cursus de psychiatrie. La plupart interviennent dans des instituts accueillant des enfants autistes.

    Quelles sont les conséquences de ces théories sur les patients(e)s victimes d’abus sexuels ?

    https://www.lephallusetleneant.com

    Un film de Sophie Robert
    #documentaire #psychanalyse #autisme #inceste #misogynie #culture_du_viol


  • Spotify. It’s Not Just for Music Anymore. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/02/06/business/dealbook/spotify-gimlet-anchor-podcasts.html

    No longer does it aim to be a go-to destination for just music fans. It now sees itself as a provider of online audio, period.

    The company’s chief executive, Daniel Ek, emphasized the shift in direction in a blog post on Wednesday. “I’m proud of what we’ve accomplished, but what I didn’t know when we launched to consumers in 2008 was that audio — not just music — would be the future of Spotify,” he wrote.

    With the acquisitions, Spotify becomes the latest player to invest in a medium once considered a low-stakes sandbox in the larger media environment. Now that podcasts have become part of the listening routine for millions of people, major companies have recognized them as an important — but still relatively cheap — source of content.

    In September, the radio giant iHeartMedia bought Stuff Media, another influential producer, and recently Hollywood has begun buying up rights to popular podcasts. “Homecoming,” an Amazon series starring Julia Roberts, is based on a fictional podcast from Gimlet.

    “I don’t think Spotify woke up one day and realized that audio storytelling has some incredible emotional place in the life of their brand,” said Owen Grover, the chief executive of Pocket Casts, a podcast app. “Strategically, if they can get their users to listen to podcasts in place of music, it improves their margins.”

    While podcasts are hardly a new invention — they became part of Apple’s iTunes in 2005 — their popularity has surged in recent years. By some estimates, more than 600,000 podcasts are available through Apple, a number that does not include shows that are exclusive to other providers, like Spotify.

    But while it may seem as if every other person on earth is either a podcast listener or a podcast host, the money thrown off by the boomlet has been relatively modest. According to a study by the Interactive Advertising Bureau and PwC, the podcast industry as a whole generated $314 million in 2017, though that survey also predicts that by 2020 the number will more than double, to $659 million.

    Spotify, which went public in April, announced on Wednesday that it ended 2018 with 207 million active users around the world, 96 million of whom paid for monthly subscriptions. Its revenue for the year was 5.3 billion euros, about $6 billion, an increase of 29 percent from 2017.

    And while in 2018 the company lost €78 million, about $89 million, it had a net income of €442 million, or about $502 million, in its fourth quarter. Spotify’s gross profit margin also grew in that quarter, to 26.7 percent, from 25.3 percent in the previous three months.

    Despite Spotify’s dominance among music listeners (its chief rival, Apple Music, has 50 million paying subscribers), Mr. Ek, the company’s chief executive, predicted that “over time,” about 20 percent of all Spotify listening would involve something other than music.

    #Culture_numérique #Podcast #Spotify


  • Lutter contre le réchauffement médiatique | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/050219/lutter-contre-le-rechauffement-mediatique

    par Dominique Boullier

    La propagation rapide de contenus falsifiés, choquants ou illégaux, ne s’explique pas seulement par la vérité/fausseté intrinsèque de ces messages ni par les stratégies des diffuseurs patentés de ces infox. Les « machines à réplications » que sont devenues les plates-formes numériques jouent un rôle d’accélération qu’il faut prendre en compte. Comme une étude publiée dans Science (Vosoughi et al., 2018) l’a montré, les fake news se propagent d’autant mieux qu’elles ont un « score de nouveauté » élevé. Il existe une prime au choquant, au radicalement nouveau, aussi aberrant soit-il, qui va favoriser la captation de l’attention, un effet de « priming » (amorçage) dit-on en sciences cognitives qui fait « passer devant » tout type de signal présentant cette caractéristique. La nouveauté et certaines saillances sont les sources de la distraction et de l’interférence avec nos buts (Gazzaley and Rosen, 2016. Ce modèle est typique d’un régime d’attention que j’ai appelé « l’alerte » (Boullier, 201e4, 2016) qui pousse à être aux aguets en permanence au détriment de la fidélité à des habitudes ou de la projection dans un effort cognitif de longue durée. Les machines à réplications sont en effet totalement prises dans l’économie de l’attention qu’il vaudrait mieux appeler d’ailleurs désormais « la guerre de l’attention », tant l’offre est abondante et tous les coups permis. Cela n’invalide pas la traque des sites et comptes organisés pour la publication délibérée de fake news : durant la campagne électorale américaine de 2016, seulement 10 de ces comptes généraient la propagation de 65% des tweets de fake news (Hindman et Barash, 2018). Signalons cependant que cette approche ne permet pas de traiter le mécanisme amplificateur propre aux plates-formes.

    Alors qu’il fallait recopier un tweet dans un autre tweet auparavant, et donc prendre du temps, voire même en profiter pour placer un commentaire sur le tweet republié, il suffit désormais de réagir, de saisir au vol dans un tweet un indice, une « saillance » qui choque, qui marque et qui suffit à déclencher le retweet. Chacun des utilisateurs se fait ainsi complice de la surcharge cognitive générale, puisque tous ses contacts seront alertés. La viralité est le bon terme ici puisqu’il s’agit bien d’une intoxication mentale collective activée par chaque transmetteur et pourtant équipée et amplifiée par les plates-formes.

    Le choc émotionnel contribue à la viralité d’autant plus que les plates-formes facilitent la réplication systématique. Cependant, à un moment du cycle attentionnel de la crise, ce sont les messages de compassion, tout aussi émotionnels, qui vont reprendre le dessus et parmi eux, certains qui sont plus informatifs, qui aident à coordonner les secours, les aides et des informations pour les familles à distance par exemple. Or, rien dans les « affordances » des plates-formes n’empêche de cliquer vingt fois par jour sur des vidéos de frayeur qui se propageront à bien plus grande vitesse que les vidéos de recommandations qui rassurent. Les infrastructures mentales que sont les plates-formes deviennent ainsi des enjeux essentiels pour la gestion de crise et le climat attentionnel et informationnel. La mise en place d’un service de crise comportant notamment le « safety check » sur Facebook n’est qu’un début pour rendre effective la responsabilité des plates-formes en matière de communication. Ces réseaux deviennent en effet quasiment les référents spontanés, parfois même à la place des médias traditionnels et des services publics.

    N’oublions pas que cet « engagement » des membres du réseau est désormais encouragé dans les nouvelles versions de l’algorithme de Edge Rank. Cela permettra de valoriser toujours plus la transmission des données personnelles aux « partenaires » que sont les marques pour qu’elles placent leur publicité de façon toujours plus intrusive et fine dans le newsfeed personnel. La conséquence immédiate de ce réchauffement en est, pour filer la métaphore, « la fonte généralisée de la calotte d’esprit critique » qui refroidissait tout l’espace public. Cependant, Whatsapp, propriété de Facebook et mis en cause en Inde par les rumeurs diffusées en ligne et à l’origine de lynchages, va réduire l’effet de propagation de ses groupes en limitant le transfert de messages à 5 destinataires. Comme on le voit, divers acteurs commencent à envisager sérieusement que les architectures de réplications qu’ils ont eux-mêmes créées deviennent toxiques pour la vie publique, sans se contenter de rejeter la faute sur les utilisateurs irresponsables ou sur des émetteurs mal intentionnés. Parmi les choix d’architecture, celui qui a systématisé le principe des notifications n’est pas pour rien dans la réactivité qu’il suscite chez les utilisateurs de smartphones (mais aussi de PC) et dans l’encouragement à une multiactivité qui permet de ne rien rater (comme le veut le slogan Fear of Missing Out, peur de rater quelque chose). Les ressorts cognitifs de l’attention et de sa rareté sont certes individuels, les tendances lourdes à la vitesse et à la réputation sont certes culturelles, mais les dispositifs techniques amplifient les réplications à haute fréquence au détriment des autres régimes d’attention, puisqu’ils sont en concurrence.

    Tout l’espace public est affecté : publications, publicité, débat public et publications scientifiques

    Au-delà de la communication interpersonnelle, tous les régimes de publication sont affectés. L’espace public conçu avec les révolutions anglaise, américaine et française est désormais remis en cause, et les cyclones, les incendies et les inondations attentionnelles occupent entièrement notre « temps de cerveau disponible ». C’est vrai pour les médias traditionnels aussi, qui constituaient les régulateurs de ce climat, de cette « chambre intérieure collective » (Sloterdijk, 2003), de « l’esprit du temps ».

    Le débat public est lui aussi désormais totalement infesté par cette contrainte de la haute fréquence qui ne repose que sur la seule « petite phrase », déjà connue dans les anciens temps froids médiatiques (McLuhan, 1968). Cette petite phrase est amplifiée désormais par la viralité des tweets, dont Trump devient le centre de production à la chaine, le réacteur nucléaire qui irradie même toutes les traditions diplomatiques, pourtant fameuses pour leur lenteur. Quoi de mieux pour empêcher de débattre que de chasser un tweet choquant par un autre tweet insultant ou délirant ? Tous les followers, ces suiveurs (ni audience ni public) qui constituent une version numérique des rats ou des enfants du joueur de flute de Hamelin, se retrouvent sidérés et amplifient encore ces effets en republiant les tweets, que ce soit pour les soutenir, les critiquer ou les moquer. Ce réchauffement médiatique engendre une réactivité qui tue toute réflexivité. Or, tout l’espace public était supposé permettre de produire ce débat contradictoire argumenté qui, au bout du compte et idéalement, devait à la fois contribuer à la formation de l’opinion des citoyens et favoriser une meilleure décision, éclairée par les arguments.

    Pensons enfin à ce qu’est devenu le régime de publication scientifique qui a été au cœur de l’émergence des démocraties et du modernisme à la fois, ce débat institué entre pairs à travers la médiation des publications dans des revues. Désormais, le slogan « publish or perish » s’est imposé à toute l’économie cognitive collective et se traduit par une frénésie de la quantité, qui se traduit même dans l’inflation des citations ou dans la publication avant toute révision pour rester le premier sur une thématique. Ce stress généralisé est lui-même captée par quelques grands groupes éditoriaux qui ont mis en coupe réglée les bibliothèques publiques pour les obliger à payer des publications entièrement réalisées par leurs propres chercheurs sur des financements publics le plus souvent. L’Open Access tend cependant à contester cette hégémonie mais pourra-t-il contrecarrer cette autoréférence du nombre de publications que les institutions publiques de recherche elles-mêmes encouragent ? Le réchauffement médiatique gagne ainsi ceux qui devraient garder la tête froide et la priorité au temps long, les chercheurs eux-mêmes.

    Mais un « Fukushima des données personnelles » se profile à travers les fuites de données des grandes plates-formes comme Facebook mais aussi à travers une succession ininterrompue de hacks toujours plus fréquents et massifs. Ils peuvent désormais exploiter les failles de milliards d’objets connectés que l’on lance sur le marché sans inspection sérieuse et en toute irresponsabilité. Or, si la sécurité est autant délaissée sur le plan des investissements, c’est en particulier parce qu’elle exigerait un certain ralentissement de tout le réseau (on parle de secondes au maximum, cependant !). L’arbitrage entre sécurité et vitesse s’est toujours fait au profit de la vitesse, avantage perçu immédiatement par les clients-utilisateurs au détriment de la sécurité, dont la nécessité n’est perçue qu’après une catastrophe (et cela dans tous les domaines).

    N’oublions pas cependant que des armées de designers, d’analystes de données et de spécialistes de l’expérience utilisateur ont consacré des heures de conception et de tests pour s’assurer que les membres des réseaux sociaux resteraient toujours plus longtemps sur le réseau au point de ne plus le quitter (1 heure par jour en moyenne passée par les membres de Facebook en version mobile aux USA). Les affordances (Norman, 1988) et les nudges (Thaler et Sunstein, 2010) , toutes ces méthodes comportementales de suggestions rendues quasi incontournables grâce à leur design, sont alors conçus dans cet objectif de captation de l’attention. Il serait cependant possible d’exploiter les mêmes méthodes pour ralentir le rythme des applications et rendre perceptible l’amélioration apportée à l’expérience. Les revendications de liberté de choix dans les usages des réseaux sociaux ou de responsabilité individuelle sont légitimes mais pèsent peu face à des artifices de conception qui savent exploiter toutes les faiblesses de nos cerveaux et de nos passions et nous faire réagir sans vraiment prendre de décisions au sens délibératif.

    Ce qui vaut pour les publications élaborées (ou presque, car lorsqu’on duplique des contenus, l’effort est minime), doit aussi s’appliquer aux réactions les plus élémentaires installées dans les applications : un seul like par jour, un seul retweet par jour, une seule recommandation ou pouce en l’air sur un site de presse, etc. Tout cela réduirait considérablement la course aux scores qui est devenue une obsession du marketing comme des individus publiants. Et cela permettrait par la même occasion de tuer le business de l’astroturfing, des fermes à clic et des robots qui génèrent quasiment 8% des tweets, ce qui rend tous les scores « d’engagement » ou de « reach » totalement fantaisistes mais pourtant rassurants pour le marketing.

    La responsabilité des chaines d’information répétitives

    Revenons cependant sur les enjeux médiatiques de masse et sur les mesures qu’il est possible de prendre dans leur cas, car il serait simpliste de penser que les problèmes attentionnels ne sont dûs qu’aux réseaux sociaux. Les chaines d’information dite « continue » ont constitué d’une certaine façon la première alerte du réchauffement médiatique. La permanence n’est pas tant le problème que la répétition à laquelle elle contraint. Car les contenus ne sont pas suffisamment nouveaux pour justifier des alertes tous les quarts d’heure. Or, la fréquence des bulletins d’information exige un remplissage qui parfois se voit nettement, avec les images que l’on passe « en boucle », de même que les bandeaux d’information qui passent eux aussi « en boucle ». Cette figure de la boucle est délétère du point de vue de la réflexivité car elle entraine une sidération pour un message qui n’est plus nouveau ni d’ailleurs analysé : le cerveau humain se met « en boucle » lui-même et ressasse les images qui le captivent d’autant plus qu’elles sont spectaculaires, c’est-à-dire inédites ou choquantes (novelty and salience).

    #Médias_sociaux #Accélération #Culture_numérique


  • Nomophobie : les chiffres de l’utilisation du smartphone dans le couple
    https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/usages-par-generation/nomophobie-etude-utilisation-smartphone-couple

    Toujours vissé à la main, le smartphone devient une extension de nous-mêmes. Alors que le 6 février se déroule la Journée Mondiale sans téléphone portable, une étude Ipsos révèle les usages du téléphone au sein du couple chez les 18-35 ans. Et il y a de quoi prôner la digital detox.

    Alerte ! Le smartphone s’invite même dans les moments les plus intimes. Un jeune sur cinq avoue répondre à un appel ou à un message alors qu’il fait l’amour. Gênant... Moins intime mais tout aussi désagréable, 71% des millennials disent qu’il leur arrive de regarder leur téléphone pendant que l’autre parle.

    Selon l’étude réalisée par Ipsos pour Caprice des Dieux, 67% des 18-35 ans utilisent leur portable en pleine nuit. Consulter son smartphone est le premier geste du matin pour un quart des personnes interrogées. Un tiers des jeunes disent quand même bonjour à leur conjoint.e avant de se jeter sur leur feed Insta. Même constat au coucher, où près d’une personne interrogée sur 5 regarde ses notifications avant de s’endormir.

    Le smartphone est donc omniprésent dans la vie de couple. Et la vie tout court. Nomophobie – la peur d’être privé.e de son smartphone ou d’être dans l’incapacité de le consulter – a même été désigné « mot de l’année 2018 » par le Cambridge Dictionnary. De quoi prêcher pour la digital detox.

    #Culture_numérique #Comportement #Téléphone_mobile


  • ARTE Regards - Camgirls
    Le business du cyberporno en Europe de l’Est
    https://www.arte.tv/fr/videos/079475-013-A/arte-regards-camgirls

    À Budapest, Szandra gagne sa vie comme webcam-girl : elle se dévêt devant une caméra sous le regard d’internautes anonymes du monde entier, qui la payent pour réaliser en direct leurs fantasmes sexuels. Derrière l’illusion de l’argent facile, le prix à payer est élevé : sur chaque euro dépensé par ses clients, elle ne touche que 30 centimes. Sans compter les conséquences psychologiques...

    Selon la jeune femme de 25 ans, difficile de garder foi en l’humanité quand on exerce ce « métier ». Or, les bas salaires et la crise du marché du travail poussent de plus en plus de femmes d’Europe de l’est, souvent diplômées, à se lancer dans cette branche florissante de l’industrie du sexe, qui concurrence celle du #porno.

    #cyberporno

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=76&v=XHyd11BOvHg


    les deschiens : la brouette espagnole

    • Dernière page du n°173 de @cqfd un article de Tiphaine Guéret, illustré par Kalem.

      Le service public vous soutient – Quand Pôle emploi fricote avec l’industrie du sexe > Lorsque l’État décide de passer un coup de rabot sur les chiffres du chômage, il ne fait pas dans la dentelle. Et autorise même #Pôle_emploi à dénicher des recruteurs dans les salons de massages érotiques et autres bars à hôtesses. Une façon comme une autre de s’attaquer au chômage de masse.

      http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no173-en-kiosque

      Avec un renvoi vers un entretien de morgane Merteuil (2014) dans la revue Vacarme @vacarme
      https://vacarme.org/article2599.html#nh2-2

      On a accusé le #Strass de faire le jeu du libéralisme en étant contre l’abolition de la prostitution, de participer à une réification des corps et des désirs …

      C’est complètement idiot de croire que dans une société capitaliste néo-libérale, il y aurait des sphères qui pourraient lui échapper. Les relations sexuelles ont une valeur d’échange, elles participent directement des flux du capitalisme, et il faut le prendre en compte. Lutter contre ne passe pas par un décret ou une déclaration. Finalement, c’est refuser de le prendre en compte qui fait le jeu du libéralisme. Notre but est d’insérer les travailleurs du sexe dans le cadre de la législation, afin d’assurer la même protection à tous les travailleurs. Par exemple, il est très difficile pour une travailleuse du sexe de trouver un logement parce que son propriétaire sera considéré par la loi comme un proxénète. Donc elle se tournera vers le marché clandestin, et là c’est le libéralisme le plus fou qui règne. La question n’est pas morale, elle est économique.

      Conclusion du papier de T.Guéret dans ce n° 173 de CQFD ( en vente partout )

      Au regard du durcissement des mesures qui visent les chômeurs, le fait que Pôle emploi intègre à son panel d’offres celles qui proviennent de l’industrie du sexe a de quoi inquiéter. Un dilemme de plus pour ces chômeurs et chômeuses : se désaper ou être radié·e ?

      @tradfem
      #industrie_du_sexe


  • Les prêtres suisses devront présenter un extrait de leur casier judiciaire ats/gma - 31 Janvier 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10182576-les-pretres-suisses-devront-presenter-un-extrait-de-leur-casier-judicia

    Pour lutter contre les agressions sexuelles au sein de l’Eglise catholique, le personnel engagé devra présenter un extrait de son casier judiciaire. Le comité d’experts sur les abus dans le contexte ecclésial propose une motion en ce sens.
    La Conférence des évêques se prononcera sur cette motion lors de sa prochaine session ordinaire à la fin du mois de février, a annoncé jeudi le président du comité d’experts, Toni Brühlmann, dans l’émission HeuteMorgen de la radio alémanique SRF. Cela concerne aussi bien les candidats au ministère sacerdotal que les prêtres qui souhaitent changer d’emploi, a-t-il ajouté.

    Si les prêtres ou les nonnes changent de lieu de formation ou de communauté, l’évêque en charge devra rédiger une attestation écrite de moralité.

    Depuis de nombreuses années, il est reproché aux responsables d’effectuer des contrôles insuffisants et de ne pas communiquer en toute transparence, explique Toni Brühlmann. « Avec cette mesure, on souhaite désormais avoir un instrument pratique en main afin de prévenir ce genre d’incidents. »

    Directives renforcées en 2014
    L’idée n’est pas nouvelle : dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg une telle obligation est en vigueur depuis plusieurs années. Les nouveaux employés ainsi que tout agent pastoral en poste pour un remplacement sont tenus de présenter un extrait de leur casier judiciaire.

    La Conférence des évêques avait déjà renforcé les directives sur les agressions sexuelles en 2014. Elle écrivait à l’époque que « l’admission de séminaristes ou des candidats aux ordres ou aux communautés religieuses exigeait par exemple la présentation de l’extrait de casier judiciaire ».

    Par ailleurs, si les candidats à la prêtrise ou à la vie religieuse changent leur lieu de formation ou leur communauté, l’évêque en charge doit notamment rédiger une attestation écrite de moralité à l’intention du nouvel ordinaire.

    #pédophilie #église #église_catholique #Suisse #culture_du_viol #catholicisme #enfants #viols #eglise #pedocriminalité #religion #violences_sexuelles 


  • Violence, harcèlement, sexe : comment protéger ses enfants sur internet
    https://www.ladn.eu/media-mutants/violence-harcelement-sexe-comment-proteger-enfants-internet

    Selon l’étude Junior Connect’ 2018 menée par Ipsos, 84 % des 13-19 ans et 24 % des 7-12 possèdent un téléphone portable, et l’utilisent au moins deux heures par jour. Trois réseaux caracolent en tête : Snapchat, YouTube et Instagram. En marge, Tik Tok, Triller, Askip, Yubo et même Messenger Kids de Facebook...

    En 2018, une enquête menée par le Post a mis le doigt sur de très graves failles de sécurité dans l’application de playback Tik Tok. L’application dépasse largement Facebook avec 600 millions d’utilisateurs dans le monde (dont 2,5 en France). Elle est destinée aux ados de plus de 16 ans qui s’y filment en train de réaliser des chorégraphies, des danses de mains (ou de pieds) ou de changer de look dix fois dans la même vidéo.

    Les fonctionnalités ont été étudiées pour plaire aux millennials : les likes comme sur Insta et Facebook, les messages comme sur Messenger et les filtres pour améliorer son image comme sur Snapchat. D’où son succès.

    « Précocité mondialisée »

    Outre les accusations de pédopornographie, les reproches faits à Tik Tok concernent l’incitation pour les - très - jeunes filles, des mini-miss en quête de likes, de se mettre en scène dans des attitudes suggestives jusqu’à, parfois, simuler des actes sexuels. Une tendance synthétisée par l’expression de « précocité mondialisée » lancée par Sonia Devillers dans L’Édito M sur France Inter le 6 novembre 2018.

    Dans sa chronique, la journaliste raconte ce qu’elle a vu sur l’appli : « Glaçant. Plongée dans l’esthétique corporelle d’une jeunesse totalement clonée : toutes, les cheveux longs ; toutes, la poitrine très rehaussée ; toutes, le t-shirt coupé sous les seins ; toutes, le ventre ultra-plat, nombril dénudé ; toutes, les fesses rebondies ; toutes, quasi le même visage à la fois lisse et mutin. Elle concluait : c’est complètement flippant. »

    #Tik_Tok #Culture_numérique #Adolescents


  • Espace pédagogique : numérique et enseignement - Conférence « Culture numérique »
    https://www.pedagogie.ac-nantes.fr/numerique-et-enseignement/ran/2018-19/conference-culture-numerique--1158497.kjsp?RH=1543841327155

    La conférence Culture numérique d’Hervé Le Crosnier a été enregistrée le mercredi 7 novembre 2018 à l’Espé site Le Mans. La captation a été scindée en 9 capsules vidéo disponibles ci-dessous sous creative commons Diaporama support de la conférence téléchargeable en fin d’article. Le monde numérique se développe tout autour de nous, poussé par une industrie prospère, par l’image de modernité qu’elle véhicule... mais également par l’engouement des usagers, notamment les jeunes. Les formes et les méthodes issues de ces succès du numérique entrent en concurrence avec les formes traditionnelles de l’attention et du transfert de connaissances. Comment l’école peut-elle intervenir pour former des citoyennes et des citoyens capables de se mouvoir au mieux dans cette contradiction ? Transmettre des connaissances reste fondamental, mais doit et peut s’appuyer sur les outils numériques, tant spécifiques que les outils publics qui forment déjà l’univers des apprenants. Il s’agit pour l’école de procéder à une évaluation contemporaine des opportunités qui s’offrent à la jeunesse : réseaux relationnels, auto-formation, participation de groupe, apprentissage de la publication et de la gestion de son image publique.

    #Culture_numérique


  • Une #culture_du_viol à la française (Valérie Rey-Robert) // Les éditions Libertalia

    http://editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/une-culture-du-viol-a-la-francaise

    Du « troussage de domestique » à la « liberté d’importuner »

    « La culture du viol touche toutes les cultures, tous les pays. Elle présente cependant des particularités bien spécifiques selon le milieu dans lequel elle s’exprime et se développe. En France, chaque fois que la question des violences sexuelles est posée dans le débat public, les mêmes réticences s’expriment. Certains s’élèvent pour dénoncer l’horrible moralisme réactionnaire qui voudrait condamner la liberté sexuelle si chèrement acquise, nuire à l’identité amoureuse nationale en important le puritanisme au pays des libertés. Avec un vocable bien choisi et une certaine hypocrisie, on évoque l’amour à la française en termes de galanterie, de courtoisie ou de libertinage. On loue nos traditions, l’attention portée aux femmes et la sophistication de nos jeux de séduction. Derrière ce charmant vocabulaire, la réalité est beaucoup moins glamour. »

    Dans cet essai documenté et novateur, l’autrice analyse et définit les violences sexuelles, déboulonne toutes nos idées reçues et bat en brèche l’argumentaire déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les spécificités hexagonales du concept de « culture du viol », démythifie le patrimoine littéraire et artistique, et démontre, point par point, qu’il est possible de déconstruire les stéréotypes de genre et d’éduquer les hommes à ne pas violer.


  • Tik Tok, Askip, Yubo : quelles sont les applications préférées des ados ?
    https://www.ladn.eu/media-mutants/applications-preferees-ados

    Mais que font les jeunes toute la journée, les yeux rivés sur leur portable ? Ils vont sur leurs applications préférées évidemment. On vous dit lesquelles.

    #Culture_numérique #Apps #Adolescents


  • Le projet de loi justice, une bombe antidémocratique
    https://www.liberation.fr/debats/2019/01/21/le-projet-de-loi-justice-une-bombe-antidemocratique_1704396

    Le 15 janvier, les avocats, rejoints par l’ensemble des professionnels du domaine, ont de nouveau manifesté contre le projet de loi réformant la justice adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Loin d’être un combat corporatiste, cette manifestation, comme tant d’autres, permet de faire entendre des voix qui n’ont pas été écoutées dans le cadre d‘une réforme qui vient une fois de plus ébranler notre pacte social.

    Ce droit de manifester, garanti dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, subit pourtant depuis de nombreuses années des attaques régulières des pouvoirs publics. En rétablissant une loi anticasseurs datant de 1970, le gouvernement actuel contribue à une longue liste d’atteintes que l’on considère, à juste titre, comme l’une des garanties fondamentales des libertés publiques. Ainsi,

    – la loi du 2 mars 2010 renforçant la lutte contre les violences de groupe permet aujourd’hui les interventions préventives et les placements en garde à vue des manifestants à l’occasion des différents actes qui rythment nos samedis depuis dix semaines ;

    – La loi renseignement du 24 juillet 2015 étend la collecte des données non seulement aux affaires de terrorisme et de criminalité organisée, mais également aux « violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique », donc potentiellement à de simples manifestations ;

    – La loi relative à la sécurité publique du 28 février 2017 renforce les pouvoirs des forces de l’ordre notamment en aggravant les sanctions pour les faits de rébellion ou de refus d’obtempérer.

    Ces réformes permettent de confondre militants, manifestants, casseurs, criminels, terroristes, et d’utiliser les moyens d’enquête et d’investigation les plus intrusifs : c’est par ces atteintes aux libertés individuelles que les pouvoirs publics répriment aujourd’hui le mouvement social.
    L’état d’urgence dans la loi ordinaire

    Il en est de même des lois de juin 2016 et d’octobre 2017 qui intègrent les principales dispositions de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, qui donnent lieu à des assignations à résidence, des perquisitions sous l’autorité administrative et non plus judiciaire, ce y compris pour des militants sans aucun lien avec le terrorisme pour peu que le ministre de l’Intérieur estime qu’il « existe des raisons sérieuses de penser que le comportement d’un individu constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre public ».

    A lire aussi : Manifestations : les libertés passent par la casse fichier

    Autrement dit : ces réformes sont autant de manières de rendre inopérants les garde-fous imposés à l’exercice d’un pouvoir qui depuis dix semaines semble plus enclin à répondre de manière guerrière plutôt que politique aux revendications du peuple. Peut-on en effet encore dire que les récents blessés à l’occasion de l’usage d’armes par les forces de l’ordre ont eu droit à une réponse proportionnée, principe de base de notre justice, à leur présence sur les lieux ?

    Alors que les luttes sociales et politiques convergent, il est urgent que l’opinion publique mesure ce que cette énième réforme de la justice a d’attentatoire aux libertés publiques, et en quoi elle nous concerne tous, justiciables, avocats mais surtout citoyens, car nous sommes tous susceptibles un jour de répondre de nos actes devant des juges :

    – Les écoutes téléphoniques et les mesures de géolocalisation seront désormais possibles pour la plupart des délits ;

    – Ces mesures pourront désormais être prises sous la seule autorisation du procureur de la République en cas d’urgence ;

    – Les techniques spéciales d’enquêtes pour la plupart des délits seront généralisées et étendues, alors qu’elles étaient jusque-là réservées aux menaces terroristes ou à la criminalité organisée ;

    – Le gardé à vue ne sera présenté que de manière facultative au procureur de la République lors de la prolongation de la garde à vue ;

    – La notification des droits du gardé à vue se fera sous forme d’enregistrement sonore et non plus par écrit, rendant la vérification des formalités essentielles de privation de liberté difficiles ;

    – Une Cour criminelle départementale sera créée pour juger principalement des viols, ce qui tend à considérer le viol comme un crime de seconde zone, en contradiction avec la prétendue sensibilisation du gouvernement sur les atteintes faites aux femmes ;

    – Il pourra être imposé aux victimes de déposer leur plainte de manière électronique, les privant ainsi de l’accueil humain, accroissant les possibilités de détresse et de solitude.

    Ces principales mesures qui concernent le domaine pénal ne sont pas les seules à être critiquées par les professionnels de la justice et du droit, puisque le gouvernement s’est également attaché à modifier les conditions d’accès à la procédure civile, la rendant :

    – plus coûteuse : recours obligatoire à des mesures préalables de médiations payantes pour les « petits litiges » ;

    – plus lointaine : la fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance ;

    – moins humaine : les décisions pour les injonctions de payer seront rendues par des algorithmes.

    Le gouvernement actuel, qui prétend tenir sa légitimité d’une défense de la démocratie, participe à déconstruire l’un de ses piliers historiques. A l’heure où les citoyens veulent agir, redevenir maîtres de leur destin, lutter contre les injustices sociales et s’emparer d’une démocratie qui, par un paradoxe fou, ne leur appartient plus, ils doivent prendre la mesure de ces nouvelles régressions des droits et des libertés pour défendre l’un des biens les plus précieux de notre démocratie : la justice !

    #justice #injustice #culture_du_viol #domination_masculine

    • Malgré un article qui dénonce la direction fasciste que prend la justice, je supporte difficilement le saupoudrage de nous et de notre. On parle du réel des libertés mais le journaliste nous enferme avec lui dans un nous qui n’existe pas et ressemble à un nationalisme de mauvais aloi.



  • « Gilets jaunes » : Un niveau jamais atteint de violences policières | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040119/gilets-jaunes-le-gouvernement-est-determine-en-finir

    Un niveau jamais atteint de violences policières

    L’usage de la force comme le niveau, jamais atteint jusqu’alors, des violences policières sont parfaitement assumés par le pouvoir. Selon les chiffres officiels, 1 407 manifestants ont été blessés, dont 46 grièvement, de la mi-novembre à la mi-décembre. 717 policiers, gendarmes et pompiers ont aussi souffert de violences durant cette période. Des dizaines de personnes ont été gravement blessées, mutilées parfois, par des tirs de flashball (ou LBD40) et de grenades GLI-F4 contenant de l’explosif.

    Dans un rapport publié le 17 décembre, Amnesty International dénonce une telle escalade de violence et « de nombreux cas de recours excessifs à la force par des policiers ».

    « Les forces de l’ordre ont utilisé des flashball, des grenades de désencerclement et des gaz lacrymogènes contre des manifestants majoritairement pacifiques », ajoute l’ONG, qui demande des « enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces ». Amnesty avait déjà enquêté, en 2017 et en 2015, sur les nombreuses restrictions apportées au droit de manifester et sur l’augmentation de violences policières. « L’application de l’état d’urgence et un usage disproportionné de la force ont restreint ce droit fondamental de manière préoccupante dans ce pays », notait l’organisation.

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    Une autre association, l’ACAT (Association chrétienne contre la torture et la peine de mort), a rappelé qu’elle alertait depuis 2017 « les autorités françaises sur la dangerosité des armes dont elle se dote et sur le caractère contre-productif et possiblement contraire au droit international du recours à ces armes ». « Notre police est surarmée. Ces armes sont-elles vraiment adaptées au maintien de l’ordre lors de manifestations ? Sont-elles indispensables ? »

    À l’occasion des manifestations des gilets jaunes, l’association a rappelé ses recommandations et publié le catalogue des armes aujourd’hui utilisées en maintien de l’ordre (à voir ici) :

    la création d’un organe d’enquête indépendant ;
    l’interdiction des lanceurs de balles de défense ;
    la publication annuelle de chiffres relatifs à l’usage de la force par les policiers et gendarmes : sur les utilisations d’armes, les sanctions disciplinaires pour des faits de violences et le nombre de personnes blessées ou tuées dans le cadre d’opérations de police ou de gendarmerie.

    Les ONG ne sont pas seules à s’inquiéter de la violence disproportionnée des forces de l’ordre. Le Défenseur des droits, autorité indépendante présidée par Jacques Toubon, a choisi d’ouvrir plusieurs enquêtes sur des cas de violences (en particulier les interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie en décembre). L’autorité rappelle, elle aussi, qu’elle demande depuis 2017 :

    le retrait des lanceurs de balles de défense de la dotation des forces chargées du maintien de l’ordre au cours des manifestations ;
    la réalisation d’une expertise sur les armes dites de force intermédiaire, notamment la GLI-F4, visant à mieux encadrer leur usage ;
    le renforcement de la communication et du dialogue dans la gestion de l’ordre public, avant et pendant le déroulement des manifestations ;
    la conduite d’une étude sur la mise en œuvre en France de la doctrine dite de la « désescalade de la violence ».

    L’arme qui suscite les plus vives critiques est le LDB40, qui a succédé en 2015 au Flash-Ball. Interrogé par Le Parisien, son fabricant Jean-Verney Carron reconnaît que cette arme tire des balles en caoutchouc « d’un calibre de 40 mm… c’est beaucoup plus dangereux que le Flash-ball. C’est un calibre de guerre ». Sur de courtes distances, le risque existe de traumatismes graves, voire de décès dans des cas exceptionnels.

    Car le fameux maintien de l’ordre « à la française » est de plus en plus critiqué. « Il est largement perçu comme contre-productif. Bien loin d’apaiser les tensions et de maintenir l’ordre, le recours conséquent à la force publique génère une escalade de la violence. Une autre approche, basée sur le dialogue et la désescalade, se développe chez nos voisins européens », note Aline Daillère, l’une des responsables de l’ACAT (texte à lire ici).

    Dès le mois de mai 2016, deux des meilleurs spécialistes universitaires des stratégies de maintien de l’ordre, Fabien Jobard et Olivier Fillieule, notaient « le splendide isolement » de la France. « En Allemagne, en Suède, en Suisse, l’interaction entre police et manifestants se distingue par la maîtrise et le dialogue. La police française résiste aux nouveaux modèles de maintien de l’ordre, articulés autour de la notion de désescalade », écrivent-ils dans ce texte.

    Autre spécialiste de la police et du maintien de l’ordre, Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, notait récemment que dans le contexte du mouvement des gilets jaunes, « la moindre des choses semble d’essayer d’apaiser la colère plutôt que de l’exacerber ». « Le pouvoir politique, ajoute-t-il, serait bien avisé de donner à ses forces de maintien de l’ordre les mêmes consignes claires de retenue et de stratégie de désescalade que celles qu’il a manifestement données aux forces locales de police et de gendarmerie par le biais des préfectures. »

    Le journaliste David Dufresne, auteur du livre Maintien de l’ordre, tient depuis le 4 décembre une chronique méticuleuse de ces violences policières sur Twitter et sur Seenthis. Les vidéos, témoignages et situations décrites sont accablantes pour le pouvoir et le ministre de l’intérieur, qui n’a à aucun moment rappelé aux forces de sécurité les règles basiques de déontologie, d’engagement et de proportionnalité des réponses.

    Les « factieux », selon Castaner, les « insurrectionnels », selon Griveaux, mettent aujourd’hui en tête de leurs revendications le respect du droit de manifester, l’arrêt des violences et de l’impunité policière. « La répression que vous menez sans aucune retenue sur l’ensemble des lanceurs d’alerte et des citoyens de ce pays est une déclaration de guerre sans cesse renouvelée », écrivent les auteurs des « vœux » au chef de l’État. L’escalade est en route. Le gouvernement le sait et mise à nouveau sur cette stratégie du pire pour tenter d’en finir avec les gilets jaunes.

    #maintien_de_l'ordre


  • Lyon : comment le diocèse se prépare aux retombées médiatiques du procès Barbarin Ph. Bette avec Sylvie Cozzolino - 2 Janvier 2019 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/lyon-comment-diocese-se-prepare-aux-retombees-mediatiqu

    Le diocèse de Lyon a convoqué le 20 décembre 2018 une réunion pour préparer le procès du cardinal Barbarin, cité à comparaître pour « non dénonciation d’actes pédophiles ». Inquiet des retombées médiatiques, l’Eglise recommande « la réserve » aux paroissiens approchés par les journalistes. 

    Le diocèse de Lyon se prépare aux retombées médiatiques du procès du cardinal Barbarin, cité à comparaître devant le tribunal correctionnel les 7, 8 et 9 janvier prochains pour « non dénonciation d’actes pédophiles » et « mise en péril » . Mgr Emmanuel Gobillard, évêque auxiliaire de Lyon, a présidé une réunion le 20 décembre 2018 à la paroisse Ste Blandine en présence de l’un des prêtres mis en cause en même temps que l’archevêque .Les questions de procédure ont été évoquées à cette occasion ainsi que la façon d’aborder le procès en présence des journalistes. 

    Nous sommes la veille de Noël. Devant les paroissiens de Ste Blandine, l’évêque auxiliaire de Lyon évoque le contexte d’un procès qui s’annonce très médiatique. Il livre sa propre approche  : « Nous sommes tous un diocèse, une famille. On a une attention particulière pour ceux qui en ont le plus besoin, les victimes qui sont des chrétiens, des catholiques qui font partie du diocèse. Dans la famille, il y a aussi le père Preynat, dont nous croyons qu’il a besoin de changer son coeur (...) Son bien, c’est qu’il passe par la justice. La miséricorde ne peut passer indépendamment de la justice ».
      

    Des carnets intimes livrés à la justice 
    Mgr Gobillard rappelle la plainte contre le cardinal Barbarin déposée en 2016 par quelques-unes des victimes du père Preynat. Tout en précisant que si l’on dénombre ici 60 à 70 victimes de pédophilie, il y en a beaucoup, parmi elles, qui ne veulent pas apparaître au procès contre l’Eglise, ni dans les associations, ni dans les media.

    Il y a eu, dit-il aussi, "une enquête assez fouillée". Soulignant le souci de transparence de Mgr Barbarin : « Le cardinal a livré de lui-même à la police ses carnets intimes écrits au jour le jour, dont aucune page ne manque ». Une plainte classée sans suite par la justice « parce qu’il n’y avait pas d’#infraction ». 
     

    Méfiance vis à vis des journalistes
    Le diocèse semble néanmoins redouter les questions « de journalistes qui peuvent parfois se montrer pour certains agressifs, parfois insistants ». Laure Robin, chargée de communication, vient donc à la rescousse de paroissiens qui pourraient se laisser piéger par des questions « anodines » en marge du procès : « Pendant ces trois jours, ne pas commenter, garder mesure, ou en tout cas avoir une certaine réserve quant au développement de ces questions ». Parmi les recommandations, « fermer la conversation » face à un questionnement qui pourrait mettre mal à l’aise : « Faites en sorte d’être relativement fermes tout en restant polis » conseille-t-elle à tous ceux qui pourraient être approchés par une caméra.   

    Des réponses aux questions courantes sur l’affaire Preynat sont aussi disponibles sur le site internet du diocèse. Autant d’éléments de langage disponibles en kit et qui pourront délivrer la version officielle du diocèse de Lyon sur toutes « ces questions un peu délicates ». 

    Interviewés à la sortie de la messe du nouvel an, les fidèles de la Basilique de Fourvière affichent des positions contrastées sur ce qui est maintenant devenue l’affaire Barbarin. 
          
     Le reportage de Sylvie Cozzolino et Daniel Pajonk : 
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=uaohjiNG-Ec

    #pédophilie institutionnalisée #barbarin #pétition #pédophilie_dans_l'eglise #culture_du_viol #cardinal_barbarin #catholicisme #violences_sexuelles #viols#Lyon, la ville dont #gérard_collomb était le #maire #catholicisme #viol #violophilie #pedocriminalité


  • Que répondre à votre beau-frère qui dira à Noël qu’on traverse une « grave crise de la masculinité » ?
    https://www.nouvelobs.com/notre-epoque/20181223.OBS10293/que-repondre-a-votre-beau-frere-qui-dira-a-noel-qu-on-traverse-une-grave-

    Dans son dernier ouvrage, Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique, déconstruit le « mythe tenace » qui voudrait que les hommes aillent mal.

    Difficultés scolaires, incapacité à draguer, taux de suicide élevé, impuissance… On l’entend chez des partisans de tous bords et pas seulement depuis #metoo : les hommes iraient mal. La masculinité serait en crise.

    Dans « La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace » (éditions du remue-ménage), qui sortira en France le 24 janvier 2019, le québécois Francis Dupuis-Déri déconstruit ce qui n’est pas une crise mais un discours de crise. Une rhétorique antiféministe dont on retrouve trace… dès l’antiquité.

    Le professeur de science politique, qui signe également des ouvrages sur les mouvements sociaux, travaille sur le masculinisme depuis les années 90. « Les femmes sont loin d’avoir atteint l’égalité alors ce discours m’a toujours énervé. » Entretien.