• Culture numérique pour milliardaires dégénérés, par Evgeny Morozov (Les blogs du Diplo, 13 septembre 2019)
    https://blog.mondediplo.net/culture-numerique-pour-milliardaires-degeneres

    Pourtant les choses auraient pu se passer différemment. En 1991, John Brockman, l’agent littéraire le plus en vue dans le domaine du numérique, et dont j’étais le client jusqu’à peu, annonçait l’émergence d’une « tierce culture » qui substituerait enfin aux intellectuels littéraires technophobes des intellectuels issus du monde de la science et de la technologie. « L’émergence d’une “tierce-culture” introduit de nouveaux modes de discours intellectuel et réaffirme la prééminence des États-Unis dans le monde des idées », écrivait-il dans un essai controversé.

    Les « nouveaux modes de discours intellectuel » chers à M. Brockman résultaient en fait principalement d’une mutation commerciale, les entreprises technologiques passant de contrats militaires sans âme pendant la guerre froide au monde branché de l’informatique personnelle. L’entreprise Apple, portée par un Steve Jobs considéré comme un apôtre de la contre-culture, avait besoin de la mystique consumériste de la « tierce culture », contrairement à IBM et Hewlett-Packard, bloqués dans la mentalité des années 1950. De même, la « prééminence des États-Unis dans le monde des idées » n’était que le résultat de sa domination économique et militaire, qui empêchait d’autres pays de créer des alternatives dynamiques à Hollywood ou à la Silicon Valley.

    Si la « tierce-culture » est aussi avancée que la culture classique, comment se fait-il que la plupart de ses membres officiels, des scientifiques connus devenus des noms de marque grâce à l’empire Brockman, soient impliqués dans l’affaire Epstein ? Il n’est pas rare que les intellectuels servent d’idiots utiles aux puissants de ce monde, mais dans le cadre de la tierce-culture, c’est presque dans leur fiche de poste.
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    Lire aussi Ingrid Carlander, « Le Media Lab aux avant-postes du cybermonde », Le Monde diplomatique, août 1996. "

    Cette culture qui implique la prostitution de l’activité intellectuelle lors de « dîners de milliardaires » en vaut-elle la peine ? Peut-on faire confiance à ce que les intellectuels de la « tierce-culture » ont à dire, compte tenu de ce qu’ils ont à vendre ?

    Les réponses à ces questions vont de soi. Néanmoins, s’il est aisé de s’en prendre aux brebis galeuses comme Joi Ito ou Nicholas Negroponte, une transformation radicale passera par des mesures de plus grande envergure : fermer le Media Lab du MIT, mettre un terme aux conférences TED, refuser l’argent des milliardaires de la technologie et boycotter les agents comme John Brockman. Sans ces changements drastiques, le puissant complexe industrialo-de-mes-deux qu’est la « tierce-culture » restera intact et pourra servir de couverture au prochain Epstein.

    Evgeny Morozov

    #Culture_numérique #Silicon_Valley #MIT #TED #John_Brockman

  • Opinion | There Is No Tech Backlash - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/09/14/opinion/tech-backlash.html

    It’s fun, and increasingly fashionable, to complain about technology. Our own devices distract us, others’ devices spy on us, social media companies poison public discourse, new wired objects violate our privacy, and all of this contributes to a general sense of runaway change careening beyond our control. No wonder there’s a tech backlash.

    But, really, is there? There certainly has been talk of a backlash, for a couple of years now. Politicians have discussed regulating big tech companies more tightly. Fines have been issued, breakups called for. A tech press once dedicated almost exclusively to gadget lust and organizing conferences that trot out tech lords for the rest of us to worship has taken on a more critical tone; a drumbeat of exposés reveal ethically and legally dubious corporate behavior. Novels and movies paint a skeptical or even dystopian picture of where tech is taking us. We all know people who have theatrically quit this or that social media service, or announced digital sabbaticals. And, of course, everybody kvetches, all the time.

    However, there is the matter of our actual behavior in the real-world marketplace. The evidence there suggests that, in fact, we love our devices as much as ever. There is no tech backlash.

    Take smart speakers — the kind that respond to vocal prompts and questions — as an example. It’s exactly the sort of technology that gives people pause. Is this thing listening to me all the time? What about these weird stories of smart speakers laughing or cursing, or randomly recording a conversation and sending it to the owners’ contacts? The tech press has gotten better and better at chronicling the latest troubling answers — for instance, people may in fact listen to your voice activations as part of the process of refining the device’s functionality — and detailing what, if anything, you can do about it.

    Nevertheless: As of last year, a little more than a quarter of American households owned a smart speaker, according to one estimate. The category leader is the Amazon Echo, equipped with the Alexa voice-recognition software; Amazon says it has sold more than 100 million Alexa devices.

    So if there is no tech backlash, why is that? Probably a combination of factors. For starters, technology can be complicated, and most of us don’t bother to read terms-of-service agreements, let alone try to understand how something like Alexa, or even Facebook, really works. By and large, tech companies prefer it this way, and they either actively obscure the way their algorithms make decisions or passively encourage you to focus on the post-user-manual idea that technology “just works,” and you don’t need to worry about whys or (especially) hows.

    #Culture_numérique #Usages #Dystopie #Marché

  • Sco pa tu manaa, le premier « mème de l’été » que personne ne comprend
    https://www.marianne.net/societe/sco-pa-tu-manaa-le-premier-meme-de-l-ete-que-personne-ne-comprend

    Depuis quelques semaines, la phrase obscure « sco pa tu manaa » rencontre un grand succès sur les réseaux sociaux. Une exaltation de la contre-culture internet, qui aime le second degré et l’absurde, explique à « Marianne » l’universitaire Albin Wagener.

    Personne n’y comprend rien... et c’est fait exprès. Depuis quelques jours, une phrase en langue lointaine rencontre un succès fracassant sur le réseau social Twitter. « Sco pa tu manaa » répètent de nombreux internautes facétieux, à l’appui d’une photo, d’une vidéo ou d’un court texte. Ce mercredi 7 août, le club de football des Girondins de Bordeaux l’a même utilisée pour annoncer l’arrivée en son sein du défenseur international Laurent Koscielny. En Espagne, l’Atletico Madrid a fait de même.

    Marianne : « Sco pa tu manaa », ça veut dire quoi, en fait ?

    Albin Wagener : Personne ne comprend ce que ça veut dire, et c’est ce qui est à première vue hyper étonnant dans le succès de ce mème (un phénomène repris en masse sur internet, ndlr.), qui est devenu viral. Mais en fait, c’est justement parce que personne ne comprend, parce que c’est absurde, que ça devient un jeu, comme une énigme, et que la phrase est partagée. On affirme par là son appartenance à la contre-culture internet, à une communauté spécifique, où le second degré, l’humour est incontournable. Un peu comme le langage jeune marque l’appartenance à une tranche d’âge.

    Et sur le fond, que veut signifier l’internaute qui partage une photo avec l’expression « sco pa tu manaa » ?

    Chacun y met un peu ce qu’il veut, mais je comprends ça comme un moyen d’attirer l’attention de ses suiveurs sur quelque chose. C’est une invitation au questionnement, parfois au troisième ou quatrième degré. Chacun peut mettre son grain de sel, ça met du lien, sans se prendre au sérieux, et c’est ça qui fait du bien.

    #Mème #Culture_numérique

    • Il me semble que le principe est de sous titrer l’image qui va immanquablement avec ce machin et que c’est ça l’enjeu, mais juste de diffuser des images gratuitement.

  • Kéké, la star de Flipnote, le logiciel d’animation de Nintendo
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/08/14/keke-la-star-de-flipnote-le-logiciel-d-animation-de-nintendo_5499311_4408996

    epuis dix ans, l’animateur français Kévin Gemin se sert d’outils peu conventionnels : le stylet et les écrans d’une Nintendo DS. Ses pigeons rondouillards sont devenus des stars sur les réseaux sociaux.

    C’est un petit logiciel de dessin sorti en Europe il y a dix ans aujourd’hui. Un programme gratuit, Flipnote Studio, qui permettait alors de gribouiller quelques dessins sur les minuscules écrans de la très populaire Nintendo DS. Bien malin celui qui savait s’en servir pour animer autre chose que des crobards monochromes : il y a fort à parier que la plupart des joueurs ne s’y sont essayés que quelques minutes, avant de retourner finir leur partie de Zelda : Spirit Tracks.

    Dix ans après, qui se souvient de Flipnote Studio ? Pas grand monde. Un grand nombre d’internautes a en revanche déjà vu passer les œuvres de Kévin « Kéké » Gemin, dessinateur et animateur français aux 27 printemps et 400 000 abonnés YouTube. Stars des réseaux sociaux, ses pigeons rebondissants et autres animaux rondouillards sont systématiquement partagés des dizaines de milliers de fois sur Tumblr ou Twitter.

    #Culture_numérique #Dessin #Flipnote

  • The Secret History of ‘Easter Eggs’ - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/08/08/technology/easter-eggs-tesla-google.html

    Every car can accelerate, brake and turn. But only the Tesla Model X can put on a three-minute dance performance.

    The windows open, the speakers blast a holiday carol, the exterior lights flash in sequence, the front doors open and close, and the gull-wing doors rise, arch and flap to the music.

    That roboshow is an Easter egg: an undocumented feature in a tech product, set in motion by a sequence of commands that nobody would hit accidentally.

    Over the years, Easter eggs in tech products have largely disappeared (except in video games). Like any other software, Easter eggs, so named for the hunt to find them, cost time and money to design, build and debug. Why would a tech company develop features it can’t advertise or even reveal?

    Google’s Mario maps

    At Google, there is a long tradition of Easter eggs, which have the full support of the company.

    “It helps establish software as an art form, following in the footsteps of painters and musicians and craftspeople sneaking little jokes and references into their work for literally centuries,” said Dan Sandler, who works on the Android smartphone software.

    Mr. Sandler has built an eggy surprise into every version of Android since 2011. For the current version — Android P — he created a secret painting app.

    “One of the themes in the P release was ‘digital well being,’ the idea that you should be able to choose a balance of screen time and non-screen time,” he said. “In my paint app, over time, the strokes you draw fade away to nothing, like a Zen drawing board.” (He notes that you can tap the hourglass to pause the timer, “if you must.”)

    There’s no Save command, either. “This is another Zen thing: Don’t cling to your creations,” he said.

    In the Google Maps division, the best-known Easter egg appeared on March 10, 2018. It was International Mario Day (Mar10, get it?), celebrating the goofy Italian plumber from Nintendo’s video games.

    #Culture_numérique

  • Bank of Canada urges ‘Star Trek’ fans to stop ‘Spocking’ their fivers | Dangerous Minds
    https://dangerousminds.net/comments/bank_of_canada_urges_star_trek_fans_to_stop_spocking_their_fivers

    Bank of Canada is pleading with Star Trek fans to stop “Spocking” its five dollar bills. Since Leonard Nimoy’s death, Canadian folks have been “Spocking” the hell out of the five dollar bill that features a portrait of Canada’s seventh prime minister Sir Wilfrid Laurier.

    Sir Wilfrid now sports, on certain bills at least, pointy ears, the signature Vulcan haircut and eyebrows and Spock’s mantra “Live long and prosper.”

    According to Bank of Canada it’s not illegal to do this but:

    “...However, there are important reasons why it should not be done. Writing on a bank note may interfere with the security features and reduces its lifespan. Markings on a note may also prevent it from being accepted in a transaction. Furthermore, the Bank of Canada feels that writing and markings on bank notes are inappropriate as they are a symbol of our country and a source of national pride.”

    I say Spock the hell out of ‘em if it ain’t illegal. Sir Wilfrid Laurier’s face wasn’t that interesting, anyway. In fact, let’s just make this a permanent improvement to the Canadian five dollar bill.

    #Meme_culture #Culture_numérique #Humour #Fan

  • Google : la tendance « Zéro clic » se confirme, 49% des recherches s’arrêtent à la lecture des résultats - BDM
    https://www.blogdumoderateur.com/google-zero-clic-2019

    Les internautes considèrent qu’ils n’ont plus besoin de cliquer sur Google

    Cette étude montre qu’une partie non-négligeable du trafic est transmise aux sites Google (6%). Mais elle prouve surtout une tendance de fond, problématique pour les éditeurs de sites internet : près d’un internaute sur deux s’arrête à la page de résultats Google et n’accède pas aux sites web référencés sur cette page.

    On peut identifier au moins deux raisons : dans certains cas, les résultats proposés à l’internaute ne correspondent pas à son intention. Il n’a pas besoin de cliquer sur les résultats : les titres des pages référencées suffisent, il comprend qu’il doit procéder à un nouvelle requête. L’algorithme de Google n’est pas parfait, il n’est pas toujours en mesure de comprendre précisément les souhaits des internautes.

    L’autre raison est évidente et beaucoup plus gênante pour les éditeurs : Google, via le knowledge graph, les featured snippets et d’autres données structurées, devient de plus en plus un moteur de réponse. L’objectif de Google n’est pas de diriger le trafic vers les sites les plus pertinents, son but est de servir directement la réponse à l’internaute.

    C’est un vrai risque pour les éditeurs de sites internet, mais aussi pour la culture des internautes, qui ne vont plus sur les sites web pour s’informer précisément sur les sujets. Ils ont une confiance aveugle en Google : le moteur de recherche leur délivre forcément la bonne réponse, la seule vérité qui compte, il devient inutile d’aller plus loin.
    Sur mobile, 61% des requêtes Google s’arrêtent à la page de résultats

    La situation est moins marquée sur PC que sur mobile :

    3,88 % des internautes cliquent sur un résultat payant
    61,4 % cliquent sur un résultat naturel
    34,7% ne font aucun clic

    #Google #Moteur_recherche #Culture_numérique #Recherche_information

  • 44 intellectuels pour penser le numérique
    https://www.franceculture.fr/numerique/44-intellectuels-pour-penser-le-numerique

    Making-of – en 2015, Soft Power consacrait une émission aux penseurs du numérique. Quatre ans plus tard, une mise à jour s’imposait tant les débats et réflexions se poursuivent. Voici la sélection de toute l’équipe et de ses chroniqueurs, sans oublier quelques recommandations faites sur les réseaux sociaux.

    Qui sont ces intellectuels, ces historiens, ces chercheurs ou sociologues, mais aussi ces ingénieurs ou ces iconoclastes, qui ont inventé ou décrypté le Web ? Inventaire à la Prévert, me direz-vous, certes, mais occasion aussi pour faire le point sur l’état de la pensée du Web – et mettre en avant quelques grands noms ou idées fortes avec lesquelles nous vivons désormais chaque jour.

    #Internet #Culture_numérique #Fred_Turner #danah_boyd

  • YouTube Algorithms: How To Avoid the Rabbit Hole - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=CuFKYSSZtpo&t=4s

    Une vidéo de la série “Above the noise”, de vidéos pédagogiques subventionnée par Stat & Society (think-tank fondé par danah boyd).

    We all know how easy it is to spend hours watching videos on YouTube. Why do we go down that rabbit hole? Mostly because of a combination of computer programming and marketing know-how called ALGORITHMS. *What are algorithms? Algorithms are sets of instructions (created by people) that decide what content you see, and the order it’s listed, when you search online. **How do recommendation algorithms work on YouTube? YouTube’s algorithm captures data about videos you watch, including how long you watch. They recommend other videos based on that viewing history. They optimize advertising by selling this data to companies so they can better target you for their products. * How do these algorithms play a role in spreading misinformation? Digital platforms like YouTube are the gatekeepers of information, whether they intended to be or not. And media-savvy con artists and extremists groups—like conspiracy theorists and white supremacists—can take advantage of YouTube’s algorithms to push their agendas. *What are data voids? Propagandists often take advantage of a lack of content on a certain topic—a “data void.” This happens a lot with breaking news. It takes time for legit media outlets to fact-check and verify events and create content. Until then, Youtube will often only have false or misleading information. * What can I do to avoid falling for misinformation? The more precise you are with search keywords, the more likely you are to get relevant information. If your results look suspicious or click-baity, you might be in a data void. YouTube can be a good place to start your research, but you should use a wider range of sources.

    #YouTube #Algorithmes #Data_Society #Culture_numérique

  • Jeu de 7 familles de l’informatique
    https://interstices.info/jeu-de-7-familles-de-linformatique

    La première famille s’intéresse à « Algorithmes & programmation », concepts à la base de la pensée informatique. La seconde famille présente le lien avec les mathématiques, « Mathématiques & informatique » étant des disciplines intrinsèquement liées. L’informatique, c’est aussi la protection de l’information avec la troisième famille « Sécurité & confidentialité », ainsi que la construction de l’information et sa diffusion, représentées par la quatrième famille « Systèmes & réseaux ». L’informatique n’existe pas sans les machines qui réalisent les calculs, machines que l’on retrouve dans la cinquième famille « Machines & Composants ». Par ailleurs, développer des solutions automatiques en s’inspirant de l’humain, c’est le défi relevé par la sixième famille « Intelligence Artificielle ». Enfin, pour faire de l’informatique, des interfaces facilitant l’accès sont nécessaires, c’est ce qui intéresse la septième famille « Interaction Homme-Machine ».

    #jeu #EMI #programmation #informatque #culture_numérique #IA

  • How Tea Accounts Fuel the James Charles YouTube Feud - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/technology/archive/2019/05/how-tea-channels-feed-youtube-feuds/589618

    The saga began when a 37-year-old beauty vlogger named Tati Westbrook, whom Charles considered a mentor and mother figure, posted a 44-minute takedown of him, declaring him officially “canceled.” Within a matter of days, Charles had lost nearly 3 million followers. His entire career seemed to be in jeopardy.

    Westbrook’s beef with Charles began over something seemingly trivial. Westbrook owns a nutritional-supplement brand called Halo Beauty. Its main competitor is a popular brand called SugarBearHair. Charles posted an ad for SugarBearHair sleep gummies to his Instagram Story at Coachella last month, claiming that it was a last-minute favor after the brand offered him security on-site. Westbrook was livid that Charles would advertise SugarBearHair’s products and not her own, and claimed that there was no way the ad could have been a last-minute favor. Charles posted a tearful apology video to Westbrook later that day.

    If this all seems minor and petty, it is. But that’s the appeal.

    Westbrook argues in her video that Charles wouldn’t be anywhere without her. She says that she and her husband, a former entertainment executive, negotiated higher rates for Charles’s brand deals and leveraged their connections to get him on the radar of Hollywood power players. Westbrook also remained fiercely loyal to Charles in the wake of previous scandals, such as when he joked about getting Ebola on a school trip to Africa and made transphobic comments on video, writing off his behavior as youthful indiscretions.

    But Westbrook said this new betrayal wasn’t the only reason fans should hate Charles. For years, she claimed, she had overlooked Charles’s problematic behavior. She claims that Charles, who is gay, sexually harassed straight men. Westbrook said Charles attempted to “trick a straight man into thinking he’s gay, yet again,” at her recent birthday party. (Charles did not immediately respond to a request for comment and has not addressed the allegations publicly.)

    No one other than Westbrook cared about the gummy vitamins, but this last accusation seemed to stick. And as Charles began hemorrhaging followers and Westbrook began gaining them, influential channels exploited the situation. These drama channels, often called tea accounts, painstakingly documented every incremental update on the feud and shared them live, around the clock, on social media until they became too big to ignore.

    Tea accounts, so called because the word tea is slang for juicy information, are like online gossip magazines on steroids. They are networks of Instagram pages, YouTube channels, Twitter handles, and Facebook groups, many of them run by young fans and observers, though some tea-account admins are in their 30s or even 40s. They have names such as Shook, Spill, What’s the Tea?, and Tea by Ali and serve as real-time news sources for millions. “My channel is Investigations all through the week. Some more serious, some more fun,” the bio of one tea account reads. Many tea accounts are monetized, and Social Blade, a social-analytics platform, estimates that Tea Spill alone is earning up to $65,000 a month. Running a successful channel is also a fast track to clout in the influencer world. Successful tea channels can amass tens of thousands of followers overnight.

    Young people are desperate for news about influencers, a category of people the mainstream press often ignores or patronizes. They also want that news delivered 24/7 through social-media channels.

    For those who aspire to create a tea account, the barrier to entry is incredibly low. In fact, it’s mostly teenagers who run them. “They’re aggregating Insta stories, Snapchats, likes on tweets, monitoring who unfollows who,” says Josh Cohen, the founder and CEO of Tubefilter, a website covering YouTube.

    Influencers such as Westbrook and Charles don’t just follow tea accounts. They interact with them on a regular basis by feeding them stories, granting interviews, and attempting to shape their own narratives. Westbrook says she spoke with two tea accounts, Tea Spill and Here for the Tea, after becoming angry with Charles, only to discover that Charles himself had spoken with them first.

    #Influencers #Beauté #Meme_culture #Tea #Culture_numérique

  • James Charles, Tati Westbrook, and the Future of Beauty YouTube | WIRED
    https://www.wired.com/story/james-charles-tati-westbrook-youtube-loyalty

    Over the past week, beauty YouTuber James Charles has been accused of betrayal, Coachella-based snobbery, and promotion of the wrong hair vitamin. He has been pronounced “canceled” by a jury of YouTube gossip channels, the shady Snapchat comments of his beauty guru peers, and, bluntly, by the hashtag #jamescharlesiscanceled. As punishment, culture-conscious former fans are setting their James Charles-branded makeup on fire. In the court of internet culture, destruction of property is a sentence—not a crime.

    On TikTok, the preferred social media platform of many Youths, setting James Charles’ merchandize ablaze has become its own meme, in much the same way destroying Gillette razors and Nike sneakers became online phenomenons when customers became disgruntled with those companies’ actions. From a strictly monetary point of view, it’s a rather poor form of protest—the only wallet they’re hurting is their own, and often the meme just becomes a form of free advertising for the person or organization they’re attempting to smear. But while these scandals and the memes they’ve spawned are deeply embroiled in internet capitalism, they’re not actually about money.

    Loyalty politics have consumed influencer culture. The spark of this scandal—the end of Charles’ friendship with Westbrook—is ultimately a matter of betrayal, and many fans are reacting as though Charles’ alleged misconduct is a betrayal of them personally. Part of that is the result of internet capitalism: young, savvy fans like Charles’ know that their loyal viewership is ultimately what gives Charles his influence and therefore pays his bills. Just like Westbrook, fans have given Charles both money and (money-making) time, and he hasn’t upheld his side of the contract.

    What’s curious, though, is how little that contract has to do with what Charles is actually selling: makeup and beauty advice. These days, subscribing to James Charles doesn’t just mean you like his makeup looks, it means you endorse him as a person and condone his behavior online and off. People take the influencers you follow as a kind of character reference, and an indicator of your politics. For other influencers, failure to sever ties after a cancellation is an internet culture faux pas that can create a scandal of its own, which is why influencers from Jeffree Star to the Kardashians have unfollowed Charles on social media, and why internet sleuths bothered to check whether they had in the first place. That anxiousness has bled over to fans. It’s not enough to quietly unsubscribe. You have to publicly set any evidence of your former allegiances aflame.

    #Influenceurs #Beauté #Culture_numérique #Meme_culture

  • James Charles and the Odd Fascination of the YouTube Beauty Wars | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/culture/culture-desk/the-odd-fascination-of-the-youtube-beauty-wars

    Watching Westbrook’s video, I might have felt boredom (forty-three minutes?), but, instead, I felt the excitement that must overwhelm an anthropologist discovering a lost culture, obscure but oddly fascinating, with its own dramas, alliances, and enmities. Added to this effect was the comedy of the gaping chasm between the flimsiness of the conflict and its melodramatic presentation. Speaking directly to the camera, her hair and skin smooth and gleaming and her legs drawn up to her chest, Westbrook’s tone often seems more appropriate for a bereavement support group than a skirmish kindled by a supplement sponsorship. At one point, she claims that she feels betrayed because she and her husband helped Charles with business decisions for years, without expecting payment in return. “Life will never stop being painful,” she says. “No matter where in the world you are, no matter your circumstances, you are always going to experience heartbreak, and that’s part of being human.” Viewers responded enthusiastically. “Tati is no longer a beauty guru… she’s a freaking legendary life guru,” a fan wrote, in a comment that received a hundred and seventy-four thousand likes. In response, Charles came out with his own YouTube statement, in which he appears weepy and makeup-less, apologizes in vague terms to Westbrook and her husband for “everything I have put you through over the last few weeks,” and promises, in possibly even vaguer terms, to “continue to learn and grow every single day.” (He also said that he didn’t receive any payment for his SugarBearHair promotion and instead did it as a favor to the company; SugarBearHair, he said, had recently given him an artist pass when he felt “unsafe” in the less secure V.I.P. area at the Coachella music festival—the traditional ground zero for influencer drama.)

    In an Instagram post from the Met Gala earlier in the week, Charles had written, “Being invited to such an important event like the ball is such an honor and a step forward in the right direction for influencer representation in the media and I am so excited to be a catalyst.” His suggestion that influencers are a marginalized group that deserves affirmative-action-style media attention was justifiably met with derision, but it did evoke the strange, liminal position that they occupy. On the one hand, people like Charles and Westbrook—so-called civilians who have amassed millions of followers through a combination of relentless vlogging and a savvily fashioned persona—now wield enormous financial power by using their accounts to promote brands. (One report predicts that the influencer economy will be worth ten billion dollars by 2020; Instagram recently partnered with several prominent influencers to test out a program that would enable direct sales on the social-media platform.) On the other hand, influencers’ power relies on their relatability. (“I want to show you guys that, no matter who you are, you can make it,” Westbrook says, feelingly, toward the end of her “Bye sister . . .” video. “I had freaking nothing, nothing, when I started out.”) Traditional celebrities serve as powerful marketing tools precisely because, though we are enticed by the fantasy that they offer, we understand that we could never really be like them. With influencers, conversely, it feels like, with a little help and a little of their product, we could be. Influencers: they’re just like us.

    An influencer is, by definition, a creature of commerce. Unlike with a traditional celebrity, there is no creative project necessary to back up the shilling of products (say, a movie franchise used to promote merchandise)—the shilling is the project. But, paradoxically, the commercial sway that influencers hold over their fans depends on their distinctive authenticity: the sense that they are just ordinary people who happen to be recommending a product that they enjoy . Charles’s sin, according to Westbrook, was trading their friendship for lucre (or at least a Coachella pass). “My relationship with James Charles is not transactional,” Westbrook says in her video. “I have not asked him for a penny, I have never been on his Instagram.” Railing against Charles’s SugarBearHair sponsored post, she continues, “You say you don’t like the brand. You say that you’re the realest, that you can’t be bought. Well, you just were.” Later in the video, she takes on a Holden Caulfield-like tone: “You should have walked away. You should have held on to your integrity. You’re a phony.” She, herself, she claims, would never pay anyone to promote her beauty supplement in a sponsored post: “My product is good enough on its own. We’re selling like hot cakes.” Indeed, one shouldn’t underestimate the value that authenticity, or at least a performance of it, carries in the influencer marketplace. Since “Bye sister . . .” was posted, it has been viewed a staggering forty-three million times, and Westbrook has gained three million subscribers. Charles has lost roughly the same number.

    #Culture_numérique #Influenceurs

  • Pour une éducation populaire au numérique ouverte sur les pratiques des jeunes | ECHOSCIENCES - Normandie
    https://www.echosciences-normandie.fr/articles/pour-une-education-populaire-au-numerique-ouverte-sur-les-pra

    L’éducation populaire au numérique partage de nombreux objectifs avec la médiation numérique, notamment celui de l’appropriation par tous de la culture numérique. Elle plébiscite ses méthodes d’apprentissage « par le faire » ou « par les pairs », basées sur le bidouillage, l’essai-erreur, l’expérimentation.

    Elle s’en distingue peut-être en en ce qu’elle n’émane pas du même côté de la technicité. Elle doit pouvoir être mise en œuvre par des animateurs qui interviennent dans le champ de l’éducation populaire ou de l’animation socioculturelle et maîtrisent des techniques d’animation mais n’ont la plupart du temps aucune compétences techniques en matière de numérique. Cela ne les empêche pas de construire des projets pédagogiques qui visent à étayer la culture numérique des jeunes et à favoriser les usages numériques qui sont sources d’autres apprentissages. Elle est en effet moins centrée sur la transmission des usages en eux-mêmes que sur les apprentissages informels qu’ils peuvent favoriser, notamment ceux qui visent à permettre aux jeunes de se construire, de mieux comprendre le monde qui les entoure, d’y agir en citoyens éclairés, de s’exprimer et de créer.

    Si les pratiques ludiques et relationnelles dominent largement le spectre des usages développés spontanément par les jeunes, ils s’adonnent à la marge, en fonction de leur environnement, de leur personnalité, de leurs goûts, de leurs hobbies, à des activités dont on peut supposer qu’elles favorisent des apprentissages variés.

    On peut faire l’hypothèse que ces différentes modalités d’appropriation sont à même d’alimenter des parcours singuliers dans la culture numérique, à la marge des pratiques les plus massives et les plus conformistes. Ces parcours restent à étudier.

    Les jeunes ne sont pas sans développer un arsenal critique qui naît en partie de leur expérience et de leurs échanges entre pairs au sujet des questions de vie privée et de vie publique, d’information et de désinformation, d’e-réputation, de harcèlement, etc. Le regard critique qu’ils peuvent porter sur leurs propres usages a cependant besoin d’être étayé par un dialogue régulier avec des éducateurs et par l’apport de points de repères et de connaissances précises notamment en matière juridique (droit à l’oubli, droit au respect de la vie privée, etc.). Il s’agit d’interroger les facettes d’un vivre-ensemble qui possède ses propres codes, en raison des spécificités de la communication en ligne, sa viralité, les traces qu’elle laisse, les données personnelles qu’elle véhicule, etc.. Avec les plus âgés, on peut également commencer à débrouiller l’écheveau de questions qui laissent perplexes plus d’un internaute adulte : l’information à l’heure des fake-news certes mais aussi médias alternatifs, des lanceurs d’alertes et des leaks, le pillage des données personnelles certes mais aussi l’ouverture des données publiques et leur utilisation par les citoyens, etc. Il s’agit de faire saisir des enjeux, de susciter des questionnements qui dépassent la sphère de leurs seuls usages, c’est l’appropriation critique.

    Traduire les paroles d’une chanson, critiquer un film, publier ou lire une fan-fiction, se filmer exécutant une chorégraphie, détourner une bande-annonce, sont des formes émergentes de pratiques culturelles en amateur dont Patrice Flichy, souligne qu’elles consistent à « circuler librement dans ses passions ». Or, le web 2.0, favorise tout particulièrement cette circulation chez les jeunes, dans un échange constant entre réception et partage des propositions des autres, production et partage de ses propres propositions.
    Ces pratiques en ligne très nombreuses peuvent très facilement être encouragées, intensifiées et donner lieu à une socialisation sur les territoires physiques par la mise en place de festivals (de jeux vidéos), de concours (de films pocket, de fan-fictions, de films suédés), etc. L’éducation à l’image permet d’initier les jeunes au langage et à la grammaire qui transformeront leur regard et peut-être aussi leur production spontanée. La fabrication numérique offre aussi des pistes d’expressivité avec des nouvelles pratiques comme celles de la broderie ou de la lutherie numériques ou comme le détournement d’objets à des fins de création sonore, etc. Enfin, hors ligne, les outils numériques et notamment le premier d’entre eux, le téléphone portable, permet toutes sortes de capture de sons, d’images fixes ou animées à valoriser dans des productions créatives. C’est l’appropriation expressive et créative.

    #Culture_numérique

  • Aux USA, un tribunal a dû décider si un costume de banane pouvait être protégé par le copyright - Pop culture - Numerama
    https://www.numerama.com/pop-culture/510459-aux-usa-un-tribunal-a-du-decider-si-un-costume-de-banane-pouvait-et

    Ingratitude. Il y a des fans hardcore qui se lancent parfois des défis improbables. Le Commodore Computer Club est un groupe de joueurs qui met beaucoup d’énergie dans des projets consistant à modifier des jeux célèbres pour les faire tourner sur le Commodore 64 sorti en 1982. L’une de leurs tentatives portait sur le jeu mythique Super Mario Bros et il leur a fallu pas moins de sept ans pour arriver à porter les aventures du plombier bondissant sur la vénérable machine. Mais la firme Nintendo, réputée pour son agressivité dans la défense de ses droits, a réagi dès l’annonce de ce succès en envoyant une volée de demandes de retrait afin que le programme modifié disparaisse d’Internet. Ces fans ne lui faisaient pourtant aucune concurrence commerciale, mais là où les amoureux de Mario disent hommage, les juristes de ces firmes entendent dommages…

    #Super_Mario #Culture_numérique #Propriété_intellectuelle

    • Les Australiens aiment manger du beurre de cacahuète au petit déjeuner et leur marque préférée s’appelle Bega. Cette entreprise utilise un pot à bandes jaunes pour distribuer son produit. Problème : celui-ci ressemble à s’y tromper à celui de la firme américaine Kraft, qui a fini par s’en plaindre en justice. L’affaire a traîné plusieurs années, mais les juges ont pu constater que la situation a changé. Car la compagnie Kraft a été rachetée par Heinz, puis par la société Mondelez qui a fini par être acquise par… Bega ! Au final, le tribunal a prononcé un non-lieu puisque la firme… s’attaquait elle-même !

  • Dominique Cardon, Culture numérique
    https://journals.openedition.org/lectures/32737

    Sont ainsi mobilisés de nombreux savoirs associés au numérique, à ses outils, et aux services informatiques. Autour d’un objet trop rarement saisi dans sa globalité, Cardon mûrit une analyse qui croise la sociologie, la science politique, l’économie, ou encore les sciences de l’information et de la communication. Les ruptures que l’informatique a pu induire en termes de pratiques de communication, de consommation et de production y sont décrites avec précision. Bien souvent, l’auteur prend appui sur les protagonistes de ces ruptures – ingénieurs, manageurs, scientifiques, politiques – pour dynamiser son propos et restituer les rôles de grandes figures souvent méconnues. In fine, Culture numérique aborde successivement : la généalogie d’internet ; le web comme bien commun ; la culture participative et les réseaux sociaux ; l’espace public numérique ; l’économie des plateformes ; le big data et les algorithmes.

    Les deux chapitres suivants traitent de la participation numérique aux débats publics et des nouveaux procédés de communication associés au numérique – ceci en prise avec les précédents travaux de l’auteur1. Notamment, il s’agit de décrire et classer les réseaux sociaux selon une typologie qui tient compte de la visibilité des acteurs et de leurs modalités de prise de parole : Cardon y distingue d’une part l’identité en ligne réelle de l’identité projetée, afin d’envisager sa fidélité à la réalité ; d’autre part, il s’agit de tenir compte, en termes d’identité acquise ou active, de la tendance des internautes à montrer qui ils sont ou ce qu’ils font. En découlent de nombreuses classifications – l’identité civile renvoyant par exemple à la subjectivation des individus qui publicisent leurs caractéristiques réelles sur des réseaux sociaux tandis que l’identité narrative résulterait d’un processus de théâtralisation des informations mises en ligne. Ainsi, ces types d’identité déterminent plusieurs formes de visibilité des acteurs sur les plateformes : montrer en étant caché, tout montrer et tout voir, etc. Les réseaux sociaux comportent en effet des systèmes relationnels spécifiques, solidaires du déploiement d’identités parfois exclusivement numériques. Ils permettent à chacun de choisir ce qu’il diffuse et démocratisent des pratiques créatives telles qu’entre autres la musique ou l’écriture – même s’ils consacrent en retour un certain conformisme2 et posent des enjeux de régulation très clairs3.

    #Culture_numérique #Dominique_Cardon

  • Spotify. It’s Not Just for Music Anymore. - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2019/02/06/business/dealbook/spotify-gimlet-anchor-podcasts.html

    No longer does it aim to be a go-to destination for just music fans. It now sees itself as a provider of online audio, period.

    The company’s chief executive, Daniel Ek, emphasized the shift in direction in a blog post on Wednesday. “I’m proud of what we’ve accomplished, but what I didn’t know when we launched to consumers in 2008 was that audio — not just music — would be the future of Spotify,” he wrote.

    With the acquisitions, Spotify becomes the latest player to invest in a medium once considered a low-stakes sandbox in the larger media environment. Now that podcasts have become part of the listening routine for millions of people, major companies have recognized them as an important — but still relatively cheap — source of content.

    In September, the radio giant iHeartMedia bought Stuff Media, another influential producer, and recently Hollywood has begun buying up rights to popular podcasts. “Homecoming,” an Amazon series starring Julia Roberts, is based on a fictional podcast from Gimlet.

    “I don’t think Spotify woke up one day and realized that audio storytelling has some incredible emotional place in the life of their brand,” said Owen Grover, the chief executive of Pocket Casts, a podcast app. “Strategically, if they can get their users to listen to podcasts in place of music, it improves their margins.”

    While podcasts are hardly a new invention — they became part of Apple’s iTunes in 2005 — their popularity has surged in recent years. By some estimates, more than 600,000 podcasts are available through Apple, a number that does not include shows that are exclusive to other providers, like Spotify.

    But while it may seem as if every other person on earth is either a podcast listener or a podcast host, the money thrown off by the boomlet has been relatively modest. According to a study by the Interactive Advertising Bureau and PwC, the podcast industry as a whole generated $314 million in 2017, though that survey also predicts that by 2020 the number will more than double, to $659 million.

    Spotify, which went public in April, announced on Wednesday that it ended 2018 with 207 million active users around the world, 96 million of whom paid for monthly subscriptions. Its revenue for the year was 5.3 billion euros, about $6 billion, an increase of 29 percent from 2017.

    And while in 2018 the company lost €78 million, about $89 million, it had a net income of €442 million, or about $502 million, in its fourth quarter. Spotify’s gross profit margin also grew in that quarter, to 26.7 percent, from 25.3 percent in the previous three months.

    Despite Spotify’s dominance among music listeners (its chief rival, Apple Music, has 50 million paying subscribers), Mr. Ek, the company’s chief executive, predicted that “over time,” about 20 percent of all Spotify listening would involve something other than music.

    #Culture_numérique #Podcast #Spotify

  • Lutter contre le réchauffement médiatique | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/050219/lutter-contre-le-rechauffement-mediatique

    par Dominique Boullier

    La propagation rapide de contenus falsifiés, choquants ou illégaux, ne s’explique pas seulement par la vérité/fausseté intrinsèque de ces messages ni par les stratégies des diffuseurs patentés de ces infox. Les « machines à réplications » que sont devenues les plates-formes numériques jouent un rôle d’accélération qu’il faut prendre en compte. Comme une étude publiée dans Science (Vosoughi et al., 2018) l’a montré, les fake news se propagent d’autant mieux qu’elles ont un « score de nouveauté » élevé. Il existe une prime au choquant, au radicalement nouveau, aussi aberrant soit-il, qui va favoriser la captation de l’attention, un effet de « priming » (amorçage) dit-on en sciences cognitives qui fait « passer devant » tout type de signal présentant cette caractéristique. La nouveauté et certaines saillances sont les sources de la distraction et de l’interférence avec nos buts (Gazzaley and Rosen, 2016. Ce modèle est typique d’un régime d’attention que j’ai appelé « l’alerte » (Boullier, 201e4, 2016) qui pousse à être aux aguets en permanence au détriment de la fidélité à des habitudes ou de la projection dans un effort cognitif de longue durée. Les machines à réplications sont en effet totalement prises dans l’économie de l’attention qu’il vaudrait mieux appeler d’ailleurs désormais « la guerre de l’attention », tant l’offre est abondante et tous les coups permis. Cela n’invalide pas la traque des sites et comptes organisés pour la publication délibérée de fake news : durant la campagne électorale américaine de 2016, seulement 10 de ces comptes généraient la propagation de 65% des tweets de fake news (Hindman et Barash, 2018). Signalons cependant que cette approche ne permet pas de traiter le mécanisme amplificateur propre aux plates-formes.

    Alors qu’il fallait recopier un tweet dans un autre tweet auparavant, et donc prendre du temps, voire même en profiter pour placer un commentaire sur le tweet republié, il suffit désormais de réagir, de saisir au vol dans un tweet un indice, une « saillance » qui choque, qui marque et qui suffit à déclencher le retweet. Chacun des utilisateurs se fait ainsi complice de la surcharge cognitive générale, puisque tous ses contacts seront alertés. La viralité est le bon terme ici puisqu’il s’agit bien d’une intoxication mentale collective activée par chaque transmetteur et pourtant équipée et amplifiée par les plates-formes.

    Le choc émotionnel contribue à la viralité d’autant plus que les plates-formes facilitent la réplication systématique. Cependant, à un moment du cycle attentionnel de la crise, ce sont les messages de compassion, tout aussi émotionnels, qui vont reprendre le dessus et parmi eux, certains qui sont plus informatifs, qui aident à coordonner les secours, les aides et des informations pour les familles à distance par exemple. Or, rien dans les « affordances » des plates-formes n’empêche de cliquer vingt fois par jour sur des vidéos de frayeur qui se propageront à bien plus grande vitesse que les vidéos de recommandations qui rassurent. Les infrastructures mentales que sont les plates-formes deviennent ainsi des enjeux essentiels pour la gestion de crise et le climat attentionnel et informationnel. La mise en place d’un service de crise comportant notamment le « safety check » sur Facebook n’est qu’un début pour rendre effective la responsabilité des plates-formes en matière de communication. Ces réseaux deviennent en effet quasiment les référents spontanés, parfois même à la place des médias traditionnels et des services publics.

    N’oublions pas que cet « engagement » des membres du réseau est désormais encouragé dans les nouvelles versions de l’algorithme de Edge Rank. Cela permettra de valoriser toujours plus la transmission des données personnelles aux « partenaires » que sont les marques pour qu’elles placent leur publicité de façon toujours plus intrusive et fine dans le newsfeed personnel. La conséquence immédiate de ce réchauffement en est, pour filer la métaphore, « la fonte généralisée de la calotte d’esprit critique » qui refroidissait tout l’espace public. Cependant, Whatsapp, propriété de Facebook et mis en cause en Inde par les rumeurs diffusées en ligne et à l’origine de lynchages, va réduire l’effet de propagation de ses groupes en limitant le transfert de messages à 5 destinataires. Comme on le voit, divers acteurs commencent à envisager sérieusement que les architectures de réplications qu’ils ont eux-mêmes créées deviennent toxiques pour la vie publique, sans se contenter de rejeter la faute sur les utilisateurs irresponsables ou sur des émetteurs mal intentionnés. Parmi les choix d’architecture, celui qui a systématisé le principe des notifications n’est pas pour rien dans la réactivité qu’il suscite chez les utilisateurs de smartphones (mais aussi de PC) et dans l’encouragement à une multiactivité qui permet de ne rien rater (comme le veut le slogan Fear of Missing Out, peur de rater quelque chose). Les ressorts cognitifs de l’attention et de sa rareté sont certes individuels, les tendances lourdes à la vitesse et à la réputation sont certes culturelles, mais les dispositifs techniques amplifient les réplications à haute fréquence au détriment des autres régimes d’attention, puisqu’ils sont en concurrence.

    Tout l’espace public est affecté : publications, publicité, débat public et publications scientifiques

    Au-delà de la communication interpersonnelle, tous les régimes de publication sont affectés. L’espace public conçu avec les révolutions anglaise, américaine et française est désormais remis en cause, et les cyclones, les incendies et les inondations attentionnelles occupent entièrement notre « temps de cerveau disponible ». C’est vrai pour les médias traditionnels aussi, qui constituaient les régulateurs de ce climat, de cette « chambre intérieure collective » (Sloterdijk, 2003), de « l’esprit du temps ».

    Le débat public est lui aussi désormais totalement infesté par cette contrainte de la haute fréquence qui ne repose que sur la seule « petite phrase », déjà connue dans les anciens temps froids médiatiques (McLuhan, 1968). Cette petite phrase est amplifiée désormais par la viralité des tweets, dont Trump devient le centre de production à la chaine, le réacteur nucléaire qui irradie même toutes les traditions diplomatiques, pourtant fameuses pour leur lenteur. Quoi de mieux pour empêcher de débattre que de chasser un tweet choquant par un autre tweet insultant ou délirant ? Tous les followers, ces suiveurs (ni audience ni public) qui constituent une version numérique des rats ou des enfants du joueur de flute de Hamelin, se retrouvent sidérés et amplifient encore ces effets en republiant les tweets, que ce soit pour les soutenir, les critiquer ou les moquer. Ce réchauffement médiatique engendre une réactivité qui tue toute réflexivité. Or, tout l’espace public était supposé permettre de produire ce débat contradictoire argumenté qui, au bout du compte et idéalement, devait à la fois contribuer à la formation de l’opinion des citoyens et favoriser une meilleure décision, éclairée par les arguments.

    Pensons enfin à ce qu’est devenu le régime de publication scientifique qui a été au cœur de l’émergence des démocraties et du modernisme à la fois, ce débat institué entre pairs à travers la médiation des publications dans des revues. Désormais, le slogan « publish or perish » s’est imposé à toute l’économie cognitive collective et se traduit par une frénésie de la quantité, qui se traduit même dans l’inflation des citations ou dans la publication avant toute révision pour rester le premier sur une thématique. Ce stress généralisé est lui-même captée par quelques grands groupes éditoriaux qui ont mis en coupe réglée les bibliothèques publiques pour les obliger à payer des publications entièrement réalisées par leurs propres chercheurs sur des financements publics le plus souvent. L’Open Access tend cependant à contester cette hégémonie mais pourra-t-il contrecarrer cette autoréférence du nombre de publications que les institutions publiques de recherche elles-mêmes encouragent ? Le réchauffement médiatique gagne ainsi ceux qui devraient garder la tête froide et la priorité au temps long, les chercheurs eux-mêmes.

    Mais un « Fukushima des données personnelles » se profile à travers les fuites de données des grandes plates-formes comme Facebook mais aussi à travers une succession ininterrompue de hacks toujours plus fréquents et massifs. Ils peuvent désormais exploiter les failles de milliards d’objets connectés que l’on lance sur le marché sans inspection sérieuse et en toute irresponsabilité. Or, si la sécurité est autant délaissée sur le plan des investissements, c’est en particulier parce qu’elle exigerait un certain ralentissement de tout le réseau (on parle de secondes au maximum, cependant !). L’arbitrage entre sécurité et vitesse s’est toujours fait au profit de la vitesse, avantage perçu immédiatement par les clients-utilisateurs au détriment de la sécurité, dont la nécessité n’est perçue qu’après une catastrophe (et cela dans tous les domaines).

    N’oublions pas cependant que des armées de designers, d’analystes de données et de spécialistes de l’expérience utilisateur ont consacré des heures de conception et de tests pour s’assurer que les membres des réseaux sociaux resteraient toujours plus longtemps sur le réseau au point de ne plus le quitter (1 heure par jour en moyenne passée par les membres de Facebook en version mobile aux USA). Les affordances (Norman, 1988) et les nudges (Thaler et Sunstein, 2010) , toutes ces méthodes comportementales de suggestions rendues quasi incontournables grâce à leur design, sont alors conçus dans cet objectif de captation de l’attention. Il serait cependant possible d’exploiter les mêmes méthodes pour ralentir le rythme des applications et rendre perceptible l’amélioration apportée à l’expérience. Les revendications de liberté de choix dans les usages des réseaux sociaux ou de responsabilité individuelle sont légitimes mais pèsent peu face à des artifices de conception qui savent exploiter toutes les faiblesses de nos cerveaux et de nos passions et nous faire réagir sans vraiment prendre de décisions au sens délibératif.

    Ce qui vaut pour les publications élaborées (ou presque, car lorsqu’on duplique des contenus, l’effort est minime), doit aussi s’appliquer aux réactions les plus élémentaires installées dans les applications : un seul like par jour, un seul retweet par jour, une seule recommandation ou pouce en l’air sur un site de presse, etc. Tout cela réduirait considérablement la course aux scores qui est devenue une obsession du marketing comme des individus publiants. Et cela permettrait par la même occasion de tuer le business de l’astroturfing, des fermes à clic et des robots qui génèrent quasiment 8% des tweets, ce qui rend tous les scores « d’engagement » ou de « reach » totalement fantaisistes mais pourtant rassurants pour le marketing.

    La responsabilité des chaines d’information répétitives

    Revenons cependant sur les enjeux médiatiques de masse et sur les mesures qu’il est possible de prendre dans leur cas, car il serait simpliste de penser que les problèmes attentionnels ne sont dûs qu’aux réseaux sociaux. Les chaines d’information dite « continue » ont constitué d’une certaine façon la première alerte du réchauffement médiatique. La permanence n’est pas tant le problème que la répétition à laquelle elle contraint. Car les contenus ne sont pas suffisamment nouveaux pour justifier des alertes tous les quarts d’heure. Or, la fréquence des bulletins d’information exige un remplissage qui parfois se voit nettement, avec les images que l’on passe « en boucle », de même que les bandeaux d’information qui passent eux aussi « en boucle ». Cette figure de la boucle est délétère du point de vue de la réflexivité car elle entraine une sidération pour un message qui n’est plus nouveau ni d’ailleurs analysé : le cerveau humain se met « en boucle » lui-même et ressasse les images qui le captivent d’autant plus qu’elles sont spectaculaires, c’est-à-dire inédites ou choquantes (novelty and salience).

    #Médias_sociaux #Accélération #Culture_numérique

  • Nomophobie : les chiffres de l’utilisation du smartphone dans le couple
    https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/usages-par-generation/nomophobie-etude-utilisation-smartphone-couple

    Toujours vissé à la main, le smartphone devient une extension de nous-mêmes. Alors que le 6 février se déroule la Journée Mondiale sans téléphone portable, une étude Ipsos révèle les usages du téléphone au sein du couple chez les 18-35 ans. Et il y a de quoi prôner la digital detox.

    Alerte ! Le smartphone s’invite même dans les moments les plus intimes. Un jeune sur cinq avoue répondre à un appel ou à un message alors qu’il fait l’amour. Gênant... Moins intime mais tout aussi désagréable, 71% des millennials disent qu’il leur arrive de regarder leur téléphone pendant que l’autre parle.

    Selon l’étude réalisée par Ipsos pour Caprice des Dieux, 67% des 18-35 ans utilisent leur portable en pleine nuit. Consulter son smartphone est le premier geste du matin pour un quart des personnes interrogées. Un tiers des jeunes disent quand même bonjour à leur conjoint.e avant de se jeter sur leur feed Insta. Même constat au coucher, où près d’une personne interrogée sur 5 regarde ses notifications avant de s’endormir.

    Le smartphone est donc omniprésent dans la vie de couple. Et la vie tout court. Nomophobie – la peur d’être privé.e de son smartphone ou d’être dans l’incapacité de le consulter – a même été désigné « mot de l’année 2018 » par le Cambridge Dictionnary. De quoi prêcher pour la digital detox.

    #Culture_numérique #Comportement #Téléphone_mobile

  • Violence, harcèlement, sexe : comment protéger ses enfants sur internet
    https://www.ladn.eu/media-mutants/violence-harcelement-sexe-comment-proteger-enfants-internet

    Selon l’étude Junior Connect’ 2018 menée par Ipsos, 84 % des 13-19 ans et 24 % des 7-12 possèdent un téléphone portable, et l’utilisent au moins deux heures par jour. Trois réseaux caracolent en tête : Snapchat, YouTube et Instagram. En marge, Tik Tok, Triller, Askip, Yubo et même Messenger Kids de Facebook...

    En 2018, une enquête menée par le Post a mis le doigt sur de très graves failles de sécurité dans l’application de playback Tik Tok. L’application dépasse largement Facebook avec 600 millions d’utilisateurs dans le monde (dont 2,5 en France). Elle est destinée aux ados de plus de 16 ans qui s’y filment en train de réaliser des chorégraphies, des danses de mains (ou de pieds) ou de changer de look dix fois dans la même vidéo.

    Les fonctionnalités ont été étudiées pour plaire aux millennials : les likes comme sur Insta et Facebook, les messages comme sur Messenger et les filtres pour améliorer son image comme sur Snapchat. D’où son succès.

    « Précocité mondialisée »

    Outre les accusations de pédopornographie, les reproches faits à Tik Tok concernent l’incitation pour les - très - jeunes filles, des mini-miss en quête de likes, de se mettre en scène dans des attitudes suggestives jusqu’à, parfois, simuler des actes sexuels. Une tendance synthétisée par l’expression de « précocité mondialisée » lancée par Sonia Devillers dans L’Édito M sur France Inter le 6 novembre 2018.

    Dans sa chronique, la journaliste raconte ce qu’elle a vu sur l’appli : « Glaçant. Plongée dans l’esthétique corporelle d’une jeunesse totalement clonée : toutes, les cheveux longs ; toutes, la poitrine très rehaussée ; toutes, le t-shirt coupé sous les seins ; toutes, le ventre ultra-plat, nombril dénudé ; toutes, les fesses rebondies ; toutes, quasi le même visage à la fois lisse et mutin. Elle concluait : c’est complètement flippant. »

    #Tik_Tok #Culture_numérique #Adolescents

  • Espace pédagogique : numérique et enseignement - Conférence « Culture numérique »
    https://www.pedagogie.ac-nantes.fr/numerique-et-enseignement/ran/2018-19/conference-culture-numerique--1158497.kjsp?RH=1543841327155

    La conférence Culture numérique d’Hervé Le Crosnier a été enregistrée le mercredi 7 novembre 2018 à l’Espé site Le Mans. La captation a été scindée en 9 capsules vidéo disponibles ci-dessous sous creative commons Diaporama support de la conférence téléchargeable en fin d’article. Le monde numérique se développe tout autour de nous, poussé par une industrie prospère, par l’image de modernité qu’elle véhicule... mais également par l’engouement des usagers, notamment les jeunes. Les formes et les méthodes issues de ces succès du numérique entrent en concurrence avec les formes traditionnelles de l’attention et du transfert de connaissances. Comment l’école peut-elle intervenir pour former des citoyennes et des citoyens capables de se mouvoir au mieux dans cette contradiction ? Transmettre des connaissances reste fondamental, mais doit et peut s’appuyer sur les outils numériques, tant spécifiques que les outils publics qui forment déjà l’univers des apprenants. Il s’agit pour l’école de procéder à une évaluation contemporaine des opportunités qui s’offrent à la jeunesse : réseaux relationnels, auto-formation, participation de groupe, apprentissage de la publication et de la gestion de son image publique.

    #Culture_numérique

  • Tik Tok, Askip, Yubo : quelles sont les applications préférées des ados ?
    https://www.ladn.eu/media-mutants/applications-preferees-ados

    Mais que font les jeunes toute la journée, les yeux rivés sur leur portable ? Ils vont sur leurs applications préférées évidemment. On vous dit lesquelles.

    #Culture_numérique #Apps #Adolescents

  • “The American Meme” Records the Angst of Social-Media Influencers | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/culture/culture-desk/the-american-meme-a-new-netflix-documentary-records-the-angst-of-social-m

    The new Netflix documentary “The American Meme,” directed by Bert Marcus, offers a chilling glimpse into the lives of social-media influencers, tracking their paths to online celebrity, their attempts to keep it, and their fear of losing it. Early on in the film, the pillowy-lipped model Emily Ratajkowski (twenty million Instagram followers and counting), who first became a viral sensation when, in 2013, she appeared bare-breasted in Robin Thicke’s “Blurred Lines” video, attempts to address a popular complaint raised against social-media celebrities. “There’s the attention argument,” she says, as images of her posing in lingerie and swimwear appear on the screen. “That we’re doing it just for attention . . . And I say, what’s wrong with attention?” “The American Meme” can be seen, at least partly, as a response to Ratajkowski’s question. It’s true that the model, with her superior bone structure, lush curves, and preternatural knack for packaging her God-given gifts into an enticingly consistent product, is presented to us in the limited capacity of a talking head, and so the illusion of a perfect influencer life—in which attention is easily attracted and never worried over—can be kept. (“Privacy is dead now,” Ratajkowski says, with the offhanded flippancy of someone who is only profiting from this new reality. “Get over it.”) But what is fascinating, and valuable, about “The American Meme” is its ability to reveal the desperation, loneliness, and sheer Sisyphean tedium of ceaselessly chasing what will most likely end up being an ever-diminishing share of the online-attention economy.

    Khaled, his neck weighted with ropes of gold and diamonds, is one of the lucky predators of the particular jungle we’re living in, but Bichutsky isn’t so sure whether he’s going to maintain his own alpha position. “I’m not going to last another year,” he moans, admitting that he’s been losing followers, and that “everyone gets old and ugly one day.” Even when you’re a success, like Khaled, the hustle is grindingly boring: most of it, in the end, consists of capturing Snaps of things like your tater-tot lunch as you shout, “We the best.” And, clearly, not everyone is as blessed as the social-media impresario. During one montage, viral figures like the “Damn, Daniel” boy, “Salt Bae,” and “Chewbacca Mask Lady” populate the screen, and Ratajkowski muses on these flash-in-the-pan meme sensations: “In three or four days, does anyone remember who that person is? I don’t know.”

    The idea of achieving some sort of longevity, or at least managing to cash in on one’s viral hit, is one that preoccupies the influencers featured in “The American Meme.” “I’m thirty; pray for me,” Furlan mutters, dryly, from her spot posing on her bare living-room floor. In that sense, Paris Hilton, an executive producer of the film and also one of its subjects, is the model everyone is looking to. Hilton has managed to continue playing the game by solidifying her brand—that of a ditsy, sexy, spoiled heiress. Rather than promoting others’ products, like most influencers, she has yoked her fame to merchandise of her own: a best-selling perfume line, pet products, clothes, a lucrative d.j. career, and on and on.

    #Influenceurs #Instagram #Culture_numérique

  • affordance.info : L’algorithme de la marque jaune.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/algorithme-marque-jaune.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef022ad37fa10e200c-600wi

    par Olivier Ertzscheid

    Ce qui sera visible sur votre mur sera donc (en plus des critères précédents) choisi en fonction de votre « intérêt » et de votre proximité avec la personne qui a posté un contenu ; en fonction de la « performance » du contenu en lui-même (sa viralité en gros) ; en fonction de la capacité de la personne qui a posté un contenu à poster des contenus en général très performants (ce qui explique la « prime » de visibilité et d’audience ainsi donnée à certains comptes dans le mouvement des Gilets Jaunes) ; en fonction du « type » de contenu (un post avec uniquement du texte sera moins partagé qu’un post avec des liens, qui lui-même sera moins viral qu’une bonne image qui elle-même l’est souvent moins qu’une très courte vidéo) ; et enfin en fonction de « l’actualité » du contenu, le fait qu’il soit récent et/ou qu’il renvoie à des événements récents (et donc toujours capables de mobiliser facilement notre attention).

    Si on regarde, par exemple, le fonctionnement de Google et de son algorithme Pagerank, le problème y semble assez évident et il peut être formulé comme suit :

    Dans une grande très quantité de pages indexées, comment trouver celles répondant le mieux à une requête donnée ? Réponse : les plus « pertinentes » seront les plus « populaires », et cette popularité sera déterminée par le nombre de liens hypertextes pointant vers elles.

    Simple. Basique.
    Et Facebook donc, quel problème cherche-t-il à résoudre ?

    Facebook cherche-t-il à trouver des contenus répondant le mieux à une requête ? Non puisque nous ne posons (presque) jamais de question à Facebook.

    Facebook cherche-t-il à déterminer la popularité et la pertinence d’un contenu ? Non plus. En tout cas pas fondamentalement.

    Fondamentalement, Facebook cherche à nous contraindre à interagir avec des contenus de la plateforme pour disposer de profils « qualifiés » (= décrits et caractérisés aussi finement que possible). Facebook appelle cela « l’engagement ». L’algorithme de Facebook cherche donc à résoudre le problème de l’engagement. Problème qui peut être décrit de la manière suivante :

    Comment inciter des gens à interagir avec des contenus qui ne les concernent pas et qu’ils ne recherchent pas ?

    Je répète : le problème de l’algorithme de Facebook est de savoir comment inciter des gens à interagir avec des contenus qui ne les concernent pas et qu’ils ne recherchent pas.

    Et comme il a mis en place plein d’outils pour y parvenir (souvenez-vous que ses ingénieurs ont suivi des cours de persuasion technologique), pour peu que des contenus nous concernent, même un peu, même de loin, ou que nous les recherchions, même secondairement, même anecdotiquement, le volume d’interaction monte en flèche. Et le chiffre d’affaire de Facebook avec.

    Je le répète donc une troisième (et dernière) fois, le problème de l’algorithme de Facebook est de savoir comment inciter des gens à interagir avec des contenus qui ne les concernent pas et qu’ils ne recherchent pas.

    C’est cela, le problème de Facebook. Juste cela. Et c’est parce que c’est cela le problème de Facebook que nous avons collectivement un problème avec Facebook et que Facebook a également tout un tas de nouveaux problèmes dont il faudra bien qu’il finisse par répondre devant la justice et peut-être pas uniquement devant la justice fiscale. Et si l’algorithme de Facebook cherche à résoudre ce problème particulier c’est à la fois pour entretenir son propre modèle économique et pour pallier son incapacité à produire une forme de désir de questionnement

    Et dans le cadre de ce problème, la question de la « vérité » ou même de la « véracité » est entièrement escamotée au seul profit de l’engagement :

    "Facebook est une machine à produire de l’engagement. Google est une machine à produire de la popularité. Ce qui veut dire que le régime de vérité de Google est celui de la popularité. Est « vrai » dans l’écosystème Google, au regard des critères de l’algorithme de Google, ce qui est populaire. (...) Est « vrai » dans l’écosystème Facebook ce qui permet de produire de l’engagement, d’être « atteint » (le fameux « reach ») et, par effet de bord, de « porter atteinte ». Peu importe que cela soit « vérifiable », peu importe que cela soit « populaire » (effet de l’illusion de la majorité), il suffit, dans le régime de vérité de Facebook, que cela produise de l’engagement."

    Cette vidéo et ces images sont bien sûr tout à fait authentiques. Et cette scène et ce qui a suivi c’est ... Bref. « Ces images terribles sont la preuve à charge d’un dérapage, qui tutoie les procédés de vengeance vidéo, ou revenge porn, plus proches de la loi du talion que du maintien de l’ordre », écrit André Gunthert. Mais là n’est pas mon sujet.

    Dès que cette vidéo est « sortie » (c’était en fin de matinée hier), je l’ai vue rediffusée ("partagée") par un très grand nombre de mes « amis » ou « amis d’amis » Facebook sans qu’ils aient matériellement ou intellectuellement pu prendre le temps d’en vérifier l’authenticité. Sur le coup beaucoup de titres de presse ont bien sûr immédiatement fait des « papiers » pour générer de l’audience mais l’essentiel de ces « papiers » ne comportaient aucun élément factuel sur l’authenticité, de la vidéo, sur sa date de tournage, sur son auteur, etc. Rien. A ce moment là, et « à ce moment là » est le point important de cette phrase, à ce moment là rien ne permettait d’indiquer que cette vidéo et ces images n’étaient pas fausses ou décontextualisées ou montées ou filmées dans d’autres manifestations dans d’autres contextes.

    Et pourtant des gens qui n’ont sociologiquement rien de « Gilets Jaunes », des gens qui sont par ailleurs à peu près parfaitement éduqués à l’image et à son analyse, des gens qui ne se méfient pas « des médias » ou qui n’y voient pas un ennemi, des gens parmi mes amis et mes « amis d’amis » ont instantanément partagé cette vidéo sans jamais se poser la question de son authenticité au moment où ils lui servaient de caisse de résonance. Exactement de la même manière que chez « les Gilets Jaunes », plein de gens rediffusent et partagent exactement de la même manière des vidéos et des images sans jamais se poser la question de leur authenticité au moment où ils les partagent.

    Ma démonstration s’arrête là puisqu’elle n’avait pour objet que d’essayer de vous convaincre que la question des Fake News n’est pas simplement une question « d’éducation aux médias », qu’elle n’est pas non plus une question « de classe » (sociale), mais qu’elle n’est qu’une question de biais cognitif et d’architecture technique toxique. Comme je l’avais déjà analysé ici.

    L’AFP Factuel et d’autres comptes de médias ont ensuite plus tard dans l’après-midi attesté que la vidéo était authentique et ont produit tous les éléments de contexte nécessaires. Mais même si ce temps de Fact-Checking fut très rapide (bravo d’ailleurs aux différents médias), il fut une éternité à l’échelle de la temporalité « virale ».

    #Facebook #Viralité #Culture_numérique #Algorithmes

  • (16) Dominique Pasquier : « Les usages avancés du Net restent élitistes » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/21/dominique-pasquier-les-usages-avances-du-net-restent-elitistes_1693457

    Avec les smartphones, Internet est entré dans les usages quotidiens des familles modestes. Mais il s’agit avant tout d’une version simplifiée et servicielle.

    Une de vos constatations, c’est qu’Internet s’est intégré à la vie quotidienne…

    C’est ce qui m’a frappé quand j’ai commencé les entretiens : non seulement Internet est là, mais c’est comme s’il avait toujours été là ! C’est très frappant. Les femmes m’ont raconté : « Le matin, je me lève, je prends mon café et je lis mes notifications Facebook. » C’est déjà ritualisé alors que c’est très récent. Je pensais que ça continuait à être vécu comme quelque chose de compliqué. Mais en fait, c’est totalement fluide. L’adoption d’Internet est aussi allée très vite car, si elles se sont équipées tard, ces familles en avaient beaucoup entendu parler. Ce devait être un sentiment d’exclusion très fort, d’être en dehors de cet univers.
    Ces familles accèdent-elles aussi à Internet avec un ordinateur ?

    Non, ces familles ne se sont jamais vraiment approprié l’ordinateur. Les tablettes et téléphones, avec leur interface tactile, suppriment l’obstacle du clavier et de la souris. C’est ce qui a boosté l’équipement et la connexion.
    L’Internet de ces familles est donc une version simplifiée, tactile et servicielle…

    Oui, Internet a avant tout pour elles un usage utile, qui s’intègre parfaitement dans le quotidien. Ce que je retiens, c’est que les personnes que j’ai rencontrées ont pris ce qui était important pour elles. Mais ce qui a encore du mal à passer aujourd’hui, c’est la dématérialisation des services administratifs. Ce sont des personnes qui se promènent sur le Bon Coin avec une grande aisance, elles n’y ont aucun problème d’interface, et dès qu’elles se retrouvent sur le site de Pôle Emploi ou de la CAF, c’est l’horreur. Ce sont d’énormes problèmes d’ergonomie, et il y a une grosse responsabilité de la part des pouvoirs publics.

    Vous avez aussi enquêté à partir de comptes Facebook…

    J’ai récupéré ces accès grâce à une autre enquête, Algopol, qui avait aspiré, avec le consentement des gens bien sûr, le contenu de comptes depuis leur création. C’est un autre univers. Quand on rencontre les gens, il y a un certain rapport qui s’installe, les gens affirment ne pas se dévoiler sur Internet. J’ai sélectionné des comptes avec le même profil que les personnes que j’ai rencontrées : elles habitent à la campagne, elles ont entre 30 ans et 50 ans, employées des services à la personne ou ouvrières. Eh bien on voit que ça peut aller assez loin dans le dévoilement de l’intimité.

    C’était un travail compliqué. Il n’y avait pas de méthode. J’ai passé presque un an à lire tous les jours pour essayer de comprendre quel statut il fallait donner à ce contenu. On comprend assez vite que les interactions en ligne sont des échanges qui restent dans l’entre-soi social. Avec quelques spécificités. Par exemple, on échange très peu sur son activité professionnelle, contrairement aux classes moyennes et supérieures.
    Et on partage beaucoup de citations…

    J’ai découvert cette pratique que j’ai trouvée fascinante : les envois de citations sur la vie, ces « panneaux » qui sont énormément partagés. Ça se finit toujours par « Poste-le sur ton mur si tu es d’accord ». On voit qu’il y a une morale qui circule à toute vitesse et qui contient toujours les mêmes messages : être authentique, être soi-même, aimer sa famille, ne pas trahir, ne pas faire attention aux apparences, etc. C’est-à-dire exactement l’inverse de ce qu’on raconte du monde politique, qui est faux, fourbe, voleur, etc.

    Cette circulation de citations mais aussi de caricatures, c’est une manière de tester l’accord de son entourage. C’est une recherche de consensus avec un objectif de réassurance sur la morale commune. Et il faut condamner les gens contraires aux normes.

    #Dominique_Pasquier #Internet #Sociologie_usages #Usages #Culture_numérique