• Inside #Lehman_Brothers. Une enquête inédite sur la chute d’une banque au-dessus de tout soupçon

    Dix ans après la faillite de la banque Lehman Brothers, #Jennifer_Deschamps met en lumière les mécanismes de sa chute. Une enquête rigoureuse, étayée par le témoignage de lanceurs d’alerte.

    Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers est officiellement déclarée en faillite. Lâchée par le gouvernement et sans repreneur, la vénérable banque d’investissement, fondée à New York en 1850, disparaît en laissant à ses créanciers une dette de plusieurs centaines de milliards de dollars. Lancée depuis plusieurs années dans une course folle au profit, cette grande institution financière, dirigée par Richard Fuld, a développé des prêts hypothécaires à risques, rapidement devenus emprunts toxiques. Accordés à des ménages modestes voire sans revenus, ces subprimes ont permis à des centaines de milliers d’Américains de devenir propriétaires de leur logement. Mais en 2007, lorsque la bulle immobilière éclate, la remontée de taux d’intérêts gonfle les traites que les emprunteurs ne peuvent plus rembourser. Une vague de saisies s’abat sur les États-Unis, et notamment sur la Californie…

    Autopsie méthodique
    Spécialisée dans les produits financiers, Lehman Brothers a voulu « faire de l’argent par tous les moyens ». Naviguant en « zone grise » – là où, au minimum, tout ce qui n’est pas illégal peut être considéré comme légal –, la banque et ses filiales ont maquillé les bilans, poussé les équipes commerciales à truquer leurs dossiers pour atteindre des objectifs de plus en plus exigeants, et engranger des dollars par milliards. Le tout grâce à la complicité, l’incompétence ou l’aveuglement des organismes de contrôle et des agences de notation. Pour raconter, dix ans plus tard, un cataclysme dont les répercussions ont ébranlé les places boursières et les économies du monde entier, Jennifer Deschamps se place à hauteur d’hommes. Enrichie d’archives, son enquête, documentée et rigoureuse, réunit les témoignages inédits d’anciens collaborateurs de Lehman, qui ont tous eu un accès privilégié aux mécanismes délirants ayant mené au désastre : trois ex-employées de la BNC, une filiale spécialisée dans les prêts immobiliers, et « lanceuses d’alerte » (Linda Weekes, Sylvia Vega-Sutfin et Cheryl McNeil), et leur avocat (Gary Gwilliam) ; un ancien vice-président de Lehman (Matthew Lee), licencié après avoir refusé de cautionner une manœuvre comptable frauduleuse ; un ancien juriste de la banque (Oliver Budde) ainsi que l’ancien procureur de l’Illinois (Anton Valukas), mandaté en 2008 par le gouvernement américain pour enquêter sur les causes de la faillite. Autopsie méthodique d’un système malade, Inside Lehman Brothers se fait aussi mise en garde contre une déflagration qui pourrait bien, dans un futur proche, se rééditer.


    https://www.arte.tv/fr/videos/080155-000-A/inside-lehman-brothers
    #banque #finance #économie #subprimes #marché_immobilier #cupidité #argent #fraude #effondrement #crise_financière #prêts_hypothécaires #film #documentaire #Wall_Street #bulle_immobilière #lanceurs_d'alerte #culture_du_silence #travail #burn-out #faillite #banques_d'investissement #limites_juridiques #légalité #illégalité #courtiers #Richard_Fuld #harcèlement_sexuel #intimidation #femmes #BNC #SDF #sans-abris #Repo_105 #prêts_alternatifs #prêts_non-conventionnels


  • Pourquoi il faudrait raser les écoles de commerce par #Martin_Parker - 27 avril 2018 - © The Guardia https://www.theguardian.com/news/2018/apr/27/bulldoze-the-business-school?CMP=share_btn_tw
    Un article du Guardian. Merci à Frédéric Durand pour la traduction !
    https://www.pauljorion.com/blog/2018/05/07/pourquoi-il-faudrait-raser-les-ecoles-de-commerce-par-martin-parker

    Il existe 13.000 écoles de commerce dans le monde, c’est 13.000 de trop. Je sais de quoi je parle puisque j’ai enseigné dans ces écoles pendant 20 ans.

    Si vous vous rendez sur le campus d’une #université ordinaire il y a des chances que le bâtiment le plus récent et le plus tape à l’œil soit l’#école-de-commerce. C’est elle qui occupe le meilleur bâtiment parce qu’elle dégage les plus gros profits (par euphémisme « contribution » ou « surplus ») ce qui n’est pas surprenant de la part d’une forme de savoir qui enseigne à réaliser des bénéfices.

    Les écoles de commerces exercent une grande influence mais elles sont aussi considérées par beaucoup comme étant des lieux où la #supercherie intellectuelle règne, encourageant la culture du court-termisme et la #cupidité. (On trouve un tas de blague sur la réelle signification de Maîtrise en administration des entreprises-MBA en anglais- : « #Médiocre et #arrogant », Maitrise et accidents », « Mauvais avis et #duperies », « Maîtrise en #art_foireux » et ainsi de suite. Les critiques des écoles de commerces, sous toutes ses formes, ne manquent pas : les employeurs déplorent le manque d’expérience des diplômés, les conservateurs raillent les #arrivistes, les européens se plaignent de l’américanisation, les radicaux protestent contre la concentration du pouvoir entre les mains des tenants du capitalisme de meute. Beaucoup depuis 2008 ont avancé l’idée selon laquelle les écoles de commerces sont responsables dans l’avènement de la crise.

    Pour avoir enseigné pendant 20 ans dans les écoles de commerce j’en suis venu à la conclusion que la meilleure solution pour faire face à ces problèmes consiste à fermer définitivement ces écoles, une position peu répandue parmi mes collègues. Toutefois depuis ces dix dernières années il est remarquable de constater que la masse de critiques formulées à l’encontre des écoles de commerces proviennent de ces écoles mêmes. De nombreux professeurs des écoles de commerce, notamment en Amérique du Nord, affirment que leurs établissements se sont terriblement détournée du droit chemin. Selon eux les écoles de commerce sont corrompues par les #doyens guidés par l’argent, les #professeurs qui se plient aux attentes des clients, des chercheurs qui débitent des #poncifs dans des revues que personne ne lit et des étudiants qui espèrent obtenir un diplôme à la hauteur de leur investissement (ou plutôt celui de leurs parents). A la fin des fins la plupart des diplômés de toute manière ne deviendront pas des cadres de haut niveau mais occuperons des postes #précaires de petits soldats travaillant dans des boxes à l’intérieur d’une tour aseptisée.

    Ces critiques ne proviennent pas de professeurs de sociologie, de responsables politiques ou même d’activistes anticapitalistes indignés mais de livres écrits par des gens bien informés, des employés d’école de commerce qui eux même ressentent un malaise voire du dégout par rapport à ce qu’ils font. Bien sur ces vues divergentes appartiennent à une minorité. La plupart des écoles de commerce restent complètement indifférentes aux manifestations de doutes, les acteurs étant trop occupés à huiler les rouages pour s’inquiéter de la direction que prend la locomotive. Malgré tout la critique interne résonne de manière importante.

    Le problème c’est que cette contestation des initiés est tellement institutionnalisée dans l’épais velours des couloirs qu’elle passe désormais inaperçue comme simple contrepoint au « #business as usual ». Certains par le truchement de livres ou de journaux font carrière en déplorant vigoureusement les problèmes liés aux écoles de commerce. Deux personnes appartenant au milieu ont décrit l’école de commerce comme « une machine cancérigène produisant des #déchets inutiles et toxiques ». Même des titres tels que : Contre le management, #Management-de-merde et Le guide des salauds #cupides pour les affaires, ne semblent pas exposer leurs auteurs à quelque problème que ce soit. J’en sais quelque chose puisque je suis l’auteur des deux premiers. Franchement qu’on m’ait laissé écrire cela en toute impunité en dit long sur la totale innocuité de ce genre de critiques. En vérité c’est gratifiant car le fait de publier est plus important que ce qui est publié.

    Dans la réponse aux problèmes posées par les écoles de commerce on évite d’avoir recours à des restructurations radicales pour leur préférer un retour à de prétendues pratiques commerciales plus traditionnelles ou alors à une forme de réarmement moral enjolivé de termes comme « #responsabilité » ou « #éthique ». Toutes ces idées n’abordent pas le vrai problème à savoir que les écoles de commerce n’enseignent qu’une forme d’organisation : l’encadrement gestionnaire du marché.

    C’est pourquoi je pense que l’on devrait en appeler aux bulldozers et exiger une toute autre manière de penser le management, les affaires et les marchés. Si nous voulons que les gens du pouvoir deviennent plus responsables alors nous devons arrêter d’apprendre aux étudiants que les dirigeant héroïques dédiés aux œuvres de la transformation sont la réponse à tous les problèmes ou que le but de connaître la #fiscalité est d’échapper à l’impôts ou que la visée de la #stratégie_commerciale est de créer des nouveaux désirs Dans tous les cas l’école de commerce agit par la #propagande en vendant une #idéologie sous les habits de la #science.

    Les universités existent depuis un millénaire mais la grande majorité des écoles de commerce n’est apparue qu’au siècle précédent de commerce. En dépit de la vive et persistante affirmation qu’elles ont été inventé par les Etats-Unis il semble que la première fut L’Ecole Supérieure de Commerce créée en 1819 afin de tenter de façonner une grande école commerciale financée par des fonds privés. Un siècle plus tard des centaines d’écoles de commerces ont émergé dans toute l’Europe et les Etats-Unis pour se répandre rapidement partout ailleurs à partir de 1950.

    En 2011 « Association to Advance Collegiate Schools of Business » estimait à 13000 le nombre d’écoles de commerce dans le monde. L’#Inde à elle seule compterait 3000 écoles de commerces privées. Arrêtons-nous un moment pour se pencher sur ce chiffre. Imaginez le nombre considérable de personnes employées par ces établissements, l’armée de jeunes qui en sortent avec un diplôme en commerce, des sommes gigantesques qui circulent au nom de l’enseignement du monde des affaires. (En 2013, les vingt meilleures écoles de commerce coûtaient an moins 100 000$ (80 000€). En ce moment la #London_Business_School fait campagne en proposant une inscription à 84 5000£ (96 000€) pour son #MBA Pas étonnant dans ces conditions que la tendance continue à gagner du terrain.

    La plupart des écoles de commerces adopte des formes identiques. L’#architecture est moderne sans originalité composée de verre, de panneaux et de briques. A l’extérieur on trouve un affichage dispendieux présentant un #logo anodin, il y a des chances qu’il soit bleu et qu’il comporte un carré. Les portes sont automatiques, à l’intérieur on trouve une réceptionniste bien mise dans un code habit de bureau. Quelques créations d’art abstrait sont accrochées aux murs et il y a un bandeau comportant un ou deux slogans au contenu prometteur “We mean business”, “Teaching and Research for Impact.” On trouvera quelque part au-dessus du hall d’entrée un grand écran diffusant un téléscripteur #Bloomberg, la promotion de conférenciers de passage et des discussions sur la manière de bien formuler son #CV. Des dépliants publicitaires en papier glacé sont à disposition sur des présentoirs, on y voit sur la couverture toutes sorte de visages innocents d’étudiants. Shiny marketing leaflets sit in dispensing racks, with images of a diverse tableau of open-faced students on the cover. Sur les prospectus on trouve la liste des diplômes : MBA, MSc Management, MSc Accounting, MSc Management and Accounting, MSc Marketing, MSc International Business, MSc Operations Management.

    On y trouvera une somptueuse salle de conférence à la moquette épaisse, qui tirera peut-être son nom d’une société ou de donateurs privés. De fait on retrouve empreinte du logo imprimé presque partout comme quelqu’un qui marquerait de son nom ses affaires de peur qu’elles soient volées. Contrairement aux bâtiments défraichis des autres parties de l’université l’école de commerce s’efforce de donner une image d’efficacité et de confiance. L’école de commerce sait ce qu’elle fait et son visage bien poli est fermement tournée vers le futur plein de promesse. Il lui importe de savoir ce que les gens pensent d’elle.

    Même si la réalité n’est pas toujours aussi reluisante, un toit qui fuit des toilettes bloquées, c’est ce que les doyens aiment à penser à quoi ressemble leur école ou telle qu’ils voudraient qu’elle soit. Une rutilante machine qui transforme l’argent des étudiants en bénéfices.

    Mais qu’enseignent réellement les écoles de commerce ? C’est une question plus compliquée qu’il n’y parait. On a beaucoup écrit sur la façon dont « un programme dissimulée » serait dispensé aux étudiants de manière implicite. A partir des années 70 les chercheurs ont étudié la manière dont les catégories comme la classe sociale, le genre, les origines ethniques, la sexualité et d’autres encore étaient enseignées implicitement dans les salles de classes. Cela peut se traduire par la différenciation des étudiants comme mettre les #filles à l’économie domestique et les garçons à la métallurgie d’où découle par la suite une #norme qui’ s’impose aux différents groupes de la population. Ce programme dissimulé peut être aussi dispensé par d’autres manières, par la façon d’enseigner et d’évaluer ou par le contenu même du programme. Il nous dit également ce qui importe, quelles sont les #personnalités importantes, quels sont les lieux les plus influents et quels sont les sujets qui peuvent être écartés.

    Il y a eu de nombreux travaux sur ces sujets dans beaucoup de pays. La documentation est désormais très répandue sur l’histoire des noirs, la place de la femme dans le monde scientifique ou de la chanson populaire et la poésie. Cela ne signifie pas que le programme dissimulé ne pose plus de problème mais qu’au moins dans les systèmes d’éducation les plus progressistes il est communément admis qu’il existe un récit, un groupe d’acteurs, une manière de raconter l’histoire.

    Mais dans les écoles de commerce le programme implicite et explicite ne font qu’un. Le contenu et la forme des enseignements sont telles qu’ils riment avec la #pensée qui tient pour acquis que les vertus de l’encadrement du marché capitaliste représentent la seule vision du monde possible.

    Si l’on enseigne à nos étudiants que le caractère prédateur du #capitalisme est incontournable il ne faut pas s’étonner que l’on finisse par justifier les #salaires démesurés de ceux qui prennent des risques importants avec l’argent des autres. Si l’on enseigne que seul le résultat compte alors des notions comme la viabilité, la #diversité, la responsabilité et autres ne deviennent plus que de simples ornements. Le message souvent dispensé par la recherche en management et l’enseignement sous-tend que le capitalisme soit incontournable et que les techniques financières et légales qui dirigent le capitalisme fassent parties d’une science. Cette conjonction d’idéologie et de technocratie explique le fait que l’école de commerce soit devenue une institution si efficace et dangereuse.

    On peut analyser son fonctionnement en s’intéressant de près à son programme et la façon dont il est enseigné. Prenons la finance par exemple, ce champ qui s’intéresse à la manière dont les gens qui ont du capital investissent leur argent. Elle repose sur le principe que les détenteurs d’argent ou de capitaux peuvent être utilisés comme garantie et suppose donc des différences importantes de revenus ou de richesses. Plus les #inégalités sont importantes dans un pays donné plus les #opportunités s’ouvrent pour la finance comme pour le marché de luxe des yachts. Les universitaires enseignant la finance considèrent que le retour sur le capital (sans se soucier de son acquisition) est une activité légitime et même louable au point d’aduler les investisseurs pour leurs compétences techniques et succès. La forme de ce savoir consiste à maximiser la #rente d’un capital, le plus souvent en développant les mathématiques ou des mécanismes légaux qui permettent de le multiplier. Les stratégies performantes en finances sont celles qui fournissent un retour maximal sur investissement en un temps le plus court, et qui du même coup aggrave d’autant plus les inégalités qui les rendaient au préalable possibles.

    Ou penchons-nous sur le management des #ressources_humains. Ce champ met en mouvement les théories de l’égoïsme rationnel- c’est-à-dire en gros l’idée selon laquelle les hommes agissent en fonction de calculs rationnels qui maximiseront leurs propres intérêts- pour l’appliquer à l’organisation des êtres humains. Le nom de ce champ est en lui-même révélateur en ce sens qu’il laisse entendre que les êtres humains sont semblables à des ressources technologiques ou financières dans la mesure où ils sont utilisés en tant que paramètre par le mangement dans le but de produire une organisation efficace. Malgré l’utilisation du mot humain, les ressources humaines font très peu de cas de ce que signifie être humain. Son intérêt se fixe sur les catégories comme les femmes, les minorités ethniques, les employés qui n’atteignent pas les objectifs, et leur rapport avec le fonctionnement de l’organisation. Cela rentre souvent dans les attributions des écoles de commerces que de s’intéresser aux formes d’organisations, incarnées habituellement par les syndicats, qui s’opposent aux stratégies du management. Et s’il était nécessaire de le rappeler le management des ressources humaines n’est pas du côté des syndicats, ce serait être partisan. Sa fonction, sous sa manifestation la plus ambitieuse, cherche à être stratégique dans le but d’aider les responsables du management à l’élaboration de l’ouverture d’une usine ici ou de la fermeture d’un bureau là.

    On pourrait appliquer la même analyse sur les autres modules d’enseignement que l’on trouve dans la plupart des écoles de commerce, la comptabilité, la mercatique, le commerce international, l’#innovation, la #logistique. Mais je finirai par l’éthique dans les affaires et la responsabilité social de l’entreprise, ce sont pratiquement les seuls domaines dans lesquels s’est développé une critique constante des conséquences de l’enseignement du management et de ses pratiques. Ces domaines se targuent d’être la mouche du coche des écoles de commerce et insistent sur la nécessité à réformer les formes dominantes de l’enseignement et de la recherche. Les griefs qui motivent les écrits et les enseignements de ces spécialités sont prévisibles mais n’en demeurent pas moins importantes, il s’agit du développement durable, les inégalités, la fabrique d’étudiants à qui l’on enseigne que la cupidité est bénéfique.

    Le problème c’est que l’éthique des affaires et la responsabilité sont des sujets de façades pour la promotion des écoles de commerce semblable à une feuille de figuier qui recouvrerait la conscience du doyen de l’école de commerce, comme si évoquer l’éthique et la responsabilité équivalait à agir. Ils ne s’attaquent pratiquement jamais à la simple idée que si les relations économiques et sociales actuelles produisent les problèmes qui sont traités par les cours d’éthique et de responsabilités sociale des entreprises alors ce sont ces mêmes relations sociales et économiques qui doivent être changées.

    Vous pourriez penser que chacune de ces spécialités d’enseignement et de recherche sont en elles même inoffensives et qu’ensemble ils ne font que traiter des différents aspects du monde des affaires, de l’argent, de la population, de la technologie, du transport, de la vente et ainsi de suite. Mais il est indispensable d’exposer les présupposés partagés par chacun des sujets étudiés en école de commerce.

    Tous ces champs partagent d’abord l’idée profondément ancrée que les formes managériales du marché qui organisent l’ordre sociale sont requises. L’accélération de commerce mondialisé, l’utilisation des mécanismes de marché et des techniques managériales, le développement des technologies comme dans la comptabilité, la finances et son fonctionnement ne sont jamais remis en cause. Il s’agit du récit progressif du monde moderne fondé sur la promesse technologique, le choix, l’opulence et la richesse.

    Au sein de l’école de commerce, le capitalisme est considéré comme marquant la fin de l’histoire, un modèle économique qui a pris le pas sur tous les autres, et qui est maintenant enseigné en tant que science, plutôt que comme une idéologie.

    La seconde est l’hypothèse selon laquelle le comportement humain, des employés, des clients, des gestionnaires et ainsi de suite, est mieux compris si nous considérons que nous sommes tous des égoïstes rationnels. Cela fournit un ensemble d’hypothèses de base qui permettent de développer des modèles qui conçoivent la façon dont les êtres humains pourraient être dirigés dans l’intérêt de l’organisation de l’entreprise. Motiver les employés, corriger les défaillances du marché, concevoir des systèmes de gestion allégée ou persuader les consommateurs de dépenser de l’argent sont tous des cas qui font partie de la même problématique. L’intérêt majeur réside ici pour celui qui cherche le contrôle, et ceux qui sont objets de cet intérêt, deviennent alors des personnes qui peuvent être manipulées.

    La dernière similitude que je voudrais souligner concerne la nature des connaissances produites et diffusées par l’école de commerce elle-même. Parce qu’il emprunte la robe et le mortier de l’université, et qu’il cache ses connaissances dans l’attirail de la science – revues, professeurs, jargon – il est relativement facile d’imaginer que le savoir prôné par l’école de commerce et la façon dont elle le vend apparaît en quelque sorte moins vulgaire et stupide qu’il ne l’est réellement

    Pour résumer simplement ce qui précède, et qui permettrait à la plupart des gens de comprendre ce qui se passe à l’école de commerce, c’est de les appréhender comme des lieux qui enseignent les méthodes pour prendre de l’argent aux gens ordinaires et de le s’approprier. Dans un certain sens, c’est une description du capitalisme, mais il y a aussi le sentiment que les écoles de commerce enseignent que « l’avidité est bonne ». Comme Joel M Podolny, ancien doyen de la Yale School of Management, a pu déclarer un jour : « La façon dont les écoles de commerce sont aujourd’hui en concurrence amène les étudiants à se demander : » Que puis-je faire pour gagner le plus d’argent ? et la forme de l’enseignement prodigué par les professeurs conduit les étudiants à ne considérer qu’après coup les conséquences morales de leurs actions.

    Cette image est, dans une certaine mesure, étayée par la #recherche, bien qu’une partie soit d’une qualité douteuse. Il existe diverses enquêtes auprès des étudiants des écoles de commerce qui suggèrent qu’ils ont une approche instrumentale de l’éducation, c’est-à-dire qu’ils veulent ce que le marketing et le #branding leur disent qu’ils veulent. En ce qui concerne les cours, ils attendent de l’enseignement des concepts et des outils simples et pratiques qu’ils jugent utiles pour leur future carrière. La philosophie c’est pour les imbéciles.

    Comme j’ai enseigné dans des écoles de commerce pendant des décennies, ce genre de constatation ne me surprend pas, bien que d’autres proposent des constats plus virulents. Une enquête américaine a comparé des étudiants en MBA à des personnes emprisonnées dans des prisons de basse sécurité et a constaté que ces dernières étaient plus éthiques. Un autre a laissé entendre que la probabilité de commettre une forme quelconque de délit d’entreprise augmentait si la personne concernée avait fait des études supérieures en administration des affaires ou si elle avait servi dans l’armée. (Les deux carrières impliquent probablement la dissolution de la responsabilité au sein d’une organisation). D’autres sondages montrent que les étudiants arrivent en croyant au bien-être des employés et à la satisfaction de la clientèle et qu’ils partent en pensant que la valeur actionnariale est la question la plus importante, et également que les étudiants des écoles de commerce sont plus susceptibles de tricher que les étudiants des autres disciplines.

    Je doute que les causes et les effets (ou même les résultats) soient aussi nets que le suggèrent des enquêtes comme celle-ci, mais il serait tout aussi stupide de suggérer que l’école de commerce n’a pas d’effet sur ses diplômés. Avoir un MBA peut ne pas rendre un étudiant cupide, impatient ou contraire à l’éthique, mais les programmes explicites et cachés de l’école de commerce enseignent des leçons. Non pas que ces leçons sont reconnues quand quelque chose ne va pas bien, parce qu’alors l’école de commerce nie habituellement toute responsabilité. C’est une position délicate, car, comme le dit un éditorial d’Economist de 2009, » Vous ne pouvez pas prétendre que votre mission est d’éduquer les leaders qui changent le monde » et de vous laver les mains des actes de vos anciens élèves lorsque leur changement a un impact nuisible. »

    Après la crise de 2007, il y avait comme un jeu à se renvoyer la balle, Il n’est donc pas surprenant que la plupart des doyens des écoles de commerce essayaient aussi de blâmer les consommateurs d’avoir trop emprunté, les banquiers d’avoir un comportement si risqué, les #brebis_galeuses d’être si mauvaises et le système d’être, eh bien, le système. Qui, après tout, voudrait prétendre qu’ils n’ont fait qu’enseigner la cupidité ?

    Dans les universités les sortes de portes qui ouvrent sur le savoir sont basées sur des exclusions. Un sujet est constitué par l’enseignement de ceci et non pas de cela, de l’espace (géographie) et non du temps (histoire), des collectifs (sociologie) et non des individus (psychologie), etc. Bien sûr, il y a des fuites et c’est souvent là que se produisent les pensées les plus intéressantes, mais cette partition du monde est constitutive de toute discipline universitaire. On ne peut pas tout étudier, tout le temps, c’est pourquoi il y a des noms de départements au-dessus des portes des immeubles et des couloirs.

    Cependant, l’école de commerce est un cas encore plus extrême. Elle est bâtie sur le principe qui isole la vie commerciale du reste de la vie, mais subit ensuite une spécialisation supplémentaire. L’école de commerce assume le capitalisme, les entreprises et les managers comme forme d’organisation par défaut, et tout le reste comme histoire, anomalie, exception, alternative. Du point de vue du programmes d’études et de recherche, tout le reste est périphérique.

    La plupart des écoles de commerce sont intégrées dans des universités, et celles-ci sont généralement appréhendées comme des institutions ayant des responsabilités envers les sociétés qu’elles servent. Pourquoi, dans ce cas, supposons-nous que les filières d’études commerciales ne devraient enseigner qu’une seule forme d’organisation – le capitalisme – comme si c’était la seule façon d’organiser la vie humaine ?

    Ce n’est pas un monde agréable celui qui est produit par la gestion de marché et que l’école de commerce professe. C’est une sorte d’#utopie pour les riches et les puissants, un groupe que les étudiants sont encouragés à s’imaginer rejoindre, mais ce privilège est acheté à un coût très élevé, entraînant des catastrophes environnementales, des #guerres de ressources et des migrations forcées, des inégalités à l’intérieur et entre les pays, l’encouragement de l’#hyperconsommation ainsi que des pratiques #antidémocratiques persistantes au travail.

    Promouvoir l’école de commerce fonctionne en passant outre de ces problèmes, ou en les mentionnant comme des défis et ne pas les prendre en considération ensuite dans les pratiques d’enseignement et de recherche. Si nous voulons être capables de répondre aux défis auxquels est confrontée la vie humaine sur cette planète, nous devons faire des recherches et enseigner autant de formes d’organisation différentes que nous sommes capables d’imaginer collectivement. Pour nous, supposer que le capitalisme mondial peut continuer tel qu’il est c’est prendre la responsabilité d’emprunter la voie qui mène à la destruction. Donc, si nous voulons nous écarter du business as usual, nous devons également ré-imaginer radicalement l’école de commerce telle qu’elle est. Et cela signifie plus que des murmures pieux sur la responsabilité sociale des entreprises. Cela signifie en finir avec ce que nous avons érigé, et reconstruire.


  • Anticancéreux périmés pour enfants : histoire d’une catastrophe industrielle - Le Point
    http://www.lepoint.fr/justice/anticancereux-perimes-pour-enfants-histoire-d-une-catastrophe-industrielle-0


    En fait, je ne crois pas que la #cupidité soit la motivation idéale pour rendre le monde meilleur pour tous.

    C’est un règlement de comptes dans l’industrie pharmaceutique, sur fond de scandale sanitaire. À 54 ans, Valéry Monin, un financier parisien, a tout perdu : son entreprise, sa fortune et, surtout, sa réputation. En 2011, le laboratoire allemand Riemser, qui produit le Thiotépa, un anticancéreux utilisé à l’époque par 30 000 patients en Europe, dont de nombreux enfants, déclare aux autorités qu’une version périmée de son produit circule sur le marché. L’information suscite l’effroi. Riemser annonce publiquement porter plainte contre Genopharm, la société de Valéry Monin qui distribue le Thiotépa en France. La justice est saisie. Des lots entiers du médicament sont retirés du marché par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ( Afssaps ).

    Plus grave encore, les autorités constatent également un « sous-dosage » de certains produits. « Si c’est avéré, c’est gravissime », s’alarme le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Qui ajoute suivre le dossier de près : « Je veux savoir s’il n’y a pas eu la moindre perte de chance pour les enfants concernés. » L’hypothèse sera heureusement écartée, quelques mois plus tard, par les experts scientifiques. Reste que les conditions dans lesquelles un médicament utilisé par des enfants s’est retrouvé sur le marché alors qu’il était périmé et sous-dosé doivent être éclaircies…


  • Nouvelles mesures fiscales : la redistribution à l’envers
    http://www.regards.fr/mauvais-esprit-par-guillaume-liegard/article/nouvelles-mesures-fiscales-la-redistribution-a-l-envers


    #guerre_aux_pauvres #spoliation

    D’abord avec un constat : les #inégalités n’ont jamais été aussi fortes en France. « En 2016, les 10% des Français les plus riches détiennent plus de 56% des richesses quand les 50% les plus pauvres se partagent à peine moins de 5% du gâteau. » Dit de manière crue : « 21 milliardaires français possèdent autant que les 40% les plus pauvres de la population ». Et pour tordre le cou définitivement au fameux "ruissellement", le rapport précise que « la fortune totale des dix plus grandes fortunes françaises a été multipliée par 12 pendant que le nombre de pauvres augmentait de 1,2 millions de personnes ».

    Le fameux attrait du nouveau président pour les milliardaires est donc bien la face agréable d’une machine à fabriquer de la #pauvreté. Mais la #cupidité des plus favorisés n’a pas de limite. Alors même que les chiffres ne traduisent pas, doux euphémisme, une situation des plus déplorables pour leur portefeuille, les ménages les plus aisés sont au summum de la fraude fiscale : les ménages français disposent ainsi de 300 milliards d’euros dans les paradis fiscaux dont, 140 milliards pour 3.520 ménagent soit 0,01% des foyers fiscaux (voir ici, par exemple).

    • Le budget des riches

      Déposé chaque année au début de l’automne par le gouvernement, le « projet de loi de finances » traduit dans le détail ce que sera la politique de l’État dans tous les domaines pour l’année suivante. Le budget qu’a préparé le gouvernement Philippe pour 2018 est plus libéral et austéritaire que tous les budgets des ères Sarkozy et Hollande. Jamais autant de cadeaux fiscaux n’avaient été accordés d’un seul coup aux plus riches, alors même que de nombreux secteurs d’intérêt général (logement, travail et même éducation et sécurité) sont amputés et que les plus pauvres sont sommés de faire de nouveaux sacrifices.

      L’ampleur et la sophistication des mesures en faveur des plus riches contribuables donne le tournis. Les moyens dégagés en faveur des actionnaires et des très hauts salaires dépassent les 15 milliards d’euros : exonération d’impôt sur la fortune pour le capital financier (85% de l’ISF disparaît ainsi !), baisse de l’impôt sur les bénéfices des entreprises, fin de la taxe sur les dividendes distribués aux actionnaires, et, encore plus symptomatique, suppression de la surtaxe qui visait jusqu’ici les plus hauts salaires de la banque et de l’assurance (supérieurs à 152 000 euros annuels !). Officiellement destinée à attirer en France des financiers après le Brexit, cette mesure montre surtout la portée oligarchique de ce budget : d’énormes moyens de la Nation seront mobilisés l’année prochaine pour un tout petit nombre de personnes dont le point commun est leur lien à la finance, sans autre préoccupation pour l’intérêt du pays.

      Pour financer ces mesures, ce budget se traduit à l’inverse par des économies aussi lourdes que mesquines sur le peuple en général et sur les plus pauvres en particulier. La baisse des aides au logement qui seront amputées de 5 euros par mois et même de 20 euros pour certains locataires du parc social. Mais aussi des coups de rabot sur les aides aux personnes en situation de handicap qui vivent en couple. Au nom de l’austérité, ce budget ampute aussi des secteurs fondamentaux pour l’avenir du pays. Les budgets du travail et de l’emploi perdent près de 2 milliards alors que le pays compte 5 millions de chômeurs. Et le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche va même diminuer en valeur réelle alors que les universités vont devoir accueillir 50 000 étudiants supplémentaires dans des conditions toujours plus chaotiques. Ce budget tourne aussi complètement le dos à l’avenir en matière écologique, en allant par exemple jusqu’à supprimer les aides au maintien de l’agriculture biologique ou à détaxer les plus-values sur les terrains constructibles ce qui va accélérer la disparition des terres agricoles. Exempt de tout sens de l’intérêt général, ce budget sera pour 2018 celui d’une République en marche arrière.

      Laurent Maffeïs


  • Anatomie de l’incendie de la Tour Grenfell
    http://www.wsws.org/fr/articles/2017/sep2017/thom-s16.shtml
    Pour mémoire, on a un président qui se propose d’alléger les normes de construction, particulièrement pour les pauvres.

    Ce qui est essentiel, c’est la compréhension générale que cet #incendie est non seulement une tragédie, mais aussi un #crime.

    Il est le résultat des décisions que tous les acteurs impliqués savaient être potentiellement une mise en danger de la vie des personnes, mais qui ont quand même été réalisées, par #cupidité.

    Les circonstances qui ont abouti à Grenfell sont déjà connues de beaucoup. Si un avocat devait présenter l’affaire dans le cadre de poursuites judiciaires, ce serait le début d’un procès qui s’étendrait sur des mois et qui nécessiterait le soutien d’une équipe de collègues, d’experts et surtout, l’interrogatoire sous serment des accusés.

    Il est politiquement vital d’établir pourquoi cet événement, en lui-même, est un crime perpétré par le #capitalisme, par les grandes entreprises et les banques, par la classe dirigeante et ses politiciens et par la vaste machinerie d’État qu’ils contrôlent au détriment de la classe ouvrière et d’expliquer pourquoi nous avons déclaré que Grenfell était un assassinat social.

    • Oui c’est exactement ce que Macron et ses collombins marcheurs préparent. Dans la presse généraliste les articles sur le sujet sont rares et hallucinant.
      par exemple l’e-monde.fr :

      Troisième volet, le président veut « libérer » la construction dans le parc locatif privé grâce à « une réduction des exigences des normes environnementales et sociales » pour obtenir « une production massive » de logements neufs en quelques années.

      Dans le parc libre, « il faut construire davantage » car « on a besoin de plus de logements », a-t-il poursuivi. « Notre pays en construit trop peu car notre système est bloqué par la surréglementation », a-t-il estimé. Il faut « diminuer cette réglementation pour la rendre plus pragmatique, y compris sur des normes qui relèvent de très bons sentiments, quelques fois environnemental et social ».

      http://www.lemonde.fr/logement/article/2017/09/11/macron-veut-creer-50-000-places-supplementaires-pour-le-logement-d-urgence_5

      Je relève les guillemets à « libérer » qui deviennent « Dans le parc libre » au paragraphe suivant comme si de rien n’était.
      Encore du donnant-donnant à la Marcon, on te donne un clapier et toi tu donne ton râble.

    • v. aussi :
      The Tower

      The burnt skeleton of the #Grenfell tower stands empty and silent in the centre of Europe’s busiest city, a tragic reminder of the fire that occurred in the early hours of 14 June 2017, of the tiers, the screams, the rage, the faces of those who lost everything that night, and of those who are mourning for their family, friends and neighbours, of the questions that are still waiting an answer. The terrible last moments in the tower were captured in text messages and phone calls to family and loved ones. ‘Mamma, I think I’m going to die. Thank you for all you have done for me’, Gloria Trevisan’s apartment was on 23rd floor. She called her mum in Italy several times over the night, these are her last words as flames and smoke crept into their home.


      http://discoversociety.org/2017/08/02/the-tower


  • Report: Drug company faked cancer patients to sell drug - CNNPolitics
    http://www.cnn.com/2017/09/06/politics/insys-cancer-drug-company-faked-cancer-patients-to-sell-drug/index.html

    Insys got around this by finding calculated ways for its employees to create the impression on the phone calls that the answer was yes, they did have cancer, without explicitly saying so, according to the report.
    A recording of a such a call, obtained by McCaskill’s investigators and released Wednesday, shows the wordplay Insys employees engaged in.
    The call involves a New Jersey woman named Sarah Fuller, who did not have cancer but was nevertheless prescribed Subsys by her doctor. Fuller died last year of a Subsys overdose, and state authorities later petitioned to have her doctor’s license temporarily suspended.

    #cupidité_meurtrière #Etats-Unis


  • #Torture, American-Style: The Role of Money in Interrogations | Vanity Fair
    http://www.vanityfair.com/news/2015/07/torture-american-style-hoffman-report

    Why, exactly, did the United States end up torturing detainees during George W. Bush’s administration’s war on terror, when there was no scientific proof that coercive interrogations would yield valuable intelligence, and ample proof that it would harm our national security interests, elicit false information and spread unnecessary ill will throughout the Muslim world, possibly for generations to come?

    It’s a head scratcher, to say the least, but a blockbuster report issued last week suggests one answer: greed. Specifically, the greed of psychologists who hoped to receive, and in some cases did receive, financial benefits in exchange for providing the Pentagon with intellectual and moral cover for its torture of detainees.

    #Etats-Unis #psychologues #Cupidité


  • American Exceptionalism in the New Gilded Age » CounterPunch: Tells the Facts, Names the Names
    http://www.counterpunch.org/2015/04/10/reflections-on-american-exceptionalism

    The second meaning of “American exceptionalism” holds that the domestic United States “homeland” is a uniquely excellent and unmatched global role model of political and societal democracy, freedom, and opportunity. This is what US politicians mean when they customarily refer to the US as “the envy of the world” (a phrase Obama has used more than once), the “greatest nation on Earth,” the “leader of the free world,” and the like. It’s what Republican US Senator Kay Bailey Hutchinson (R-TX) meant when she called the US “the beacon to the world of the way life should be” – this during a speech given on the floor of the US Senate in support of Congress authorizing George W. Bush to invade Iraq if he wanted to.

    So what if the current “New Gilded Age” United States is now the most savagely unequal society is the industrialized world, an ever more openly plutocratic nation where the top 1% owns more than 90% of the wealth and a probably comparable share of the nation’s “democratically elected” officials?

    #exceptionnalisme #Etats-Unis #modèle #cupidité


  • Stream of Foreign Wealth Flows to #Elite New York Real Estate
    http://www.nytimes.com/2015/02/08/nyregion/stream-of-foreign-wealth-flows-to-time-warner-condos.html

    (...)

    Beaucoup de propriétaires représentent une partie des Américains riches : chefs d’entreprises et célébrités, médecins et avocats, entrepreneurs en technologie et traders de Wall Street.

    Mais le Times a également constaté une proportion croissante de riches étrangers, 16 d’entre eux au moins ayant fait l’objet d’enquêtes gouvernementales à travers le monde, soit personnellement, soit en tant que chefs d’entreprises. (...)

    (...)

    Ils ont été en mesure de faire ces achats de plusieurs millions de dollars sans que trop de questions ne soient posées grâce aux #lois des #États-Unis qui favorisent la circulation d’argent, en grande partie impossible à tracer, à travers des #sociétés_écrans.

    De grandes sommes s’écoulent sans surveillance partout dans le monde comme jamais auparavant - issues de la corruption, de l’évasion fiscale ou de stratégies d’investissement- et facilitées par une économie de plus en plus sans frontières et la prolifération des moyens de transfert et de dissimulation des actifs.

    (...)

    Le marché de l’immobilier haut de gamme est devenu de moins en moins transparent - et plus attrayant pour ceux qui à l’étranger possèdent des actifs qu’ils souhaitent garder secrets - alors même que les Etats-Unis poussent les autres nations à les aider à empêcher l’argent américain de sortir du pays pour éviter les impôts.

    (...)

    Les directives bancaires fédérales sont claires : « Les banques doivent prendre toutes les mesures raisonnables pour s’assurer qu’ils ne sont pas en train d’aider sciemment ou à leur insu à cacher ou transférer les produits de la corruption. » Cela signifie enquêter sur les clients pour déterminer s’ils sont « politiquement exposés »- fonctionnaires étrangers et leurs parents et associés - et émettre un « rapport de soupçon d’activité » si les clients transfèrent des sommes d’argent anormalement importantes.

    Mais ces contrôles ne sont pas nécessaires sur l’argent s’écoulant dans le pays a travers des sociétés fictives pour acheter de l’immobilier haut de gamme.

    (...)

    « Nous aimons l’argent », a déclaré Raymond Baker, le président de Global Financial Integrity, une organisation à but non lucratif de Washington qui surveille la circulation illicite d’#argent. "C’est aussi simple que cela. Nous aimons l’argent qui entre dans nos comptes et nous sommes loin de nous comporter comme nous le devrions à ce sujet".

    #blanchiment_d'argent #évasion_fiscale #cupidité


  • The war on ISIS already has a winner : The defense industry
    http://fortune.com/2014/09/13/defense-industry-winner-against-isis

    Et, dit l’industrie de la défense, avec tant de nuages noirs à l’horizon on peut voir l’avenir en rose,

    “Let’s paint a picture of the world right now,” Epstein says. “You’ve got the Europeans worried about what the Russians are doing in their backyard; we’ve got our hands full right now in Iraq; you’ve got the Israelis with their hands full in their region; and then you have the Chinese and Japanese in the South China Sea. As an investor, with this much regional conflict in the world, at least from a sentiment point of view, that can’t be bad.”

    #cupidité #perversité #mort #guerre


  • Behind the rise of #Boko_Haram - ecological disaster, oil crisis, spy games
    http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/may/09/behind-rise-nigeria-boko-haram-climate-disaster-peak-oil-depletion

    Instability in #Nigeria, however, has been growing steadily over the last decade - and one reason is climate change. In 2009, a UK Department for International Development (Dfid) study warned that climate change could contribute to increasing resource shortages in the country due to land scarcity from desertification, water shortages, and mounting crop failures.

    A more recent study by the Congressionally-funded US Institute for Peace confirmed a “basic causal mechanism” that “links climate change with violence in Nigeria.” The report concludes:

    ...poor responses to climatic shifts create shortages of resources such as land and water. Shortages are followed by negative secondary impacts, such as more sickness, hunger, and joblessness. Poor responses to these, in turn, open the door to conflict.

    Unfortunately, a business-as-usual scenario sees Nigeria’s climate undergoing “growing shifts in temperature, rainfall, storms, and sea levels throughout the twenty-first century. Poor adaptive responses to these shifts could help fuel violent conflict in some areas of the country.”

    According to the late Prof Sabo Bako of Ahmadu Bello University, the 1980s “forerunner” to Boko Haram was the Maitatsine sect in northern Nigeria, whose members included many victims of ecological disasters leaving them in “a chaotic state of absolute poverty and social dislocation in search of food, water, shelter, jobs, and means of livelihood.”

    A year after the USIP study, Africa Review reported that many Boko Haram foot soldiers happen to be people displaced by severe drought and food shortages in neighbouring Niger and Chad. Some 200,000 farmers and herdsman had lost their livelihoods and, facing starvation, crossed the border to Nigeria.

    (...)

    Keenan argues that the west’s oil and gas greed has caused our governments to turn a blind eye to the role of oil states like Algeria in fostering regional terrorism - instead exploiting the resulting chaos to legitimise efforts to consolidate access to remaining African energy reserves.

    If this analysis is correct, then the hundreds of innocent girls kidnapped in Nigeria are not just victims of Islamist fanaticism; they are also victims of failed foreign, economic and security policies tied to our infernal addiction to black gold.

    #climat #terrorisme #Algérie #Africom #hydrocarbures #cupidité #corruption


  • Je suis Didier Borgeaud (lanceur d’alerte en 1995 à Moussaron)

    Lettre ouverte aux dirigeants de cette famille, propriétaires, actionnaires et salariés de l’IME Moussaron.

    Une photo ne peut donner la vérité d’une #institution. Pour rendre visible une institution, il faut absolument photographier toutes ses strates, dans sa complexité, les différentes parties ne s’opposent pas. Les photos ou la vidéo à charge de 99 et des 2013 n’effacent pas la réalité des moments de joie des enfants et même des personnels. Pas plus d’ailleurs que les photos des petits bonheurs quotidiens (qu’à ma connaissance personne ne nie) ne peuvent faire oublier les moments indignes dont nous avons tous été témoins à nos différentes époques.
    La sincérité du discours sur le désir de bien faire, ne rend pas inopérante l’impossibilité de le faire dans des conditions matérielles indignes et déplorables… Simplement il y’a ceux et celles qui préfèrent ne voir que le bon côté (qui existe évidemment) et qui sont dans le déni quant à la #maltraitance et aux violences et il y a les autres, toujours moins nombreux, qui, malgré les bons côtés, ne peuvent fermer les yeux sur l’#indignité du traitement infligé et qui décident que l’un n’efface ni n’excuse l’autre. Il y a eu durant des décennies des enfants maltraités dans cette institution, pas tous, pas tout le temps, mais beaucoup et quotidiennement. Dire le contraire c’est mentir, il faut qu’il y ait sanctions, il faut que la justice passe, il faut que les Doazan, comme directeurs, assument la responsabilité des dérapages lourds parce que le poste et la fonction impliquent des obligations. C’est comme après l’apartheid, c’est dur, mais pour qu’il y ait pardon, il faut qu’il y ait reconnaissance et aveux. Pour que les familles pardonnent, il faudrait avoir conscience d’avoir échoué et sentir l’impérieux besoin de le reconnaitre, pour que je vous pardonne de m’avoir trainé dans la boue, il faudrait que vous ayez conscience que ce que vous m’avez fait était totalement injuste et pareil pour l’ensemble des lanceurs d’alertes. Faire ce chemin vous prendra du temps, vous préfèrerez sans doute rester dans le déni, mais c’est le seul chemin qui vaille pour que vous puissiez de nouveau vous sentir un homme qui assume. Voilà Monsieur Doazan je n’ai pas de haine, aucune, même du temps ou je travaillais pour vous, je vous trouvais plutôt agréable et de bonne compagnie. Il se trouve juste que, par faiblesse, par #cupidité, par aveuglement ou je ne sais pourquoi, vous avez imperceptiblement glissé vers un sentiment de toute-puissance, vous pensez peut être encore un peu que vous avez toujours eu raison, vous justifiez peut être encore un peu l’injustifiable. Vous savez que vous vous mentez à vous même. Il ne vous reste qu’une poignée de laquais qui ont peur de perdre leurs émoluments, quelques hypocrites qui ne savent pas encore où la balance penchera et d’autres qui comme vous se mentent en se concentrant sur les seuls bons moments.


  • Or gris, Silver Economy... Le capitalisme veut faire les poches à nos vieux..

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/07/05/l-or-gris-de-l-economie-du-vieillissement-attire-les-convoitises_3442537_323

    Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a observé qu’à partir de 65 ans, la consommation connaît un brutal repli, mais que les revenus baissent à un rythme bien plus lent. Du coup, la part de revenus non consommés croît dans des proportions étonnantes (3 400 euros par an entre 60 et 69 ans, 6 100 entre 70 et 79 ans et 7 400 en moyenne après 80 ans). En d’autres termes, les seniors pourraient consommer beaucoup plus... et participer à la croissance.

    Ca me met mal à l’aise, j’évoquais ici l’intérêt social et économique de la mise en place d’une plus grande solidarité intergénérationnelle, dans les services à la personne.
    http://seenthis.net/messages/151235
    Je disais en substance que les vieux sont l’avenir des jeunes. Là ça revient un peu à ça.

    Mais pourquoi notre religion économique transforme le bon sens des êtres humains en un champ lexical dédié à la convoitise de proies vulnérables, à la ruée vers l’or, à la cupidité prédatrice ?

    Quoi de mieux pour illustrer cela que le second degré acide d’une chanson d’Alexis HK, Renan Luce et Benoit Dorémus ?
    http://www.deezer.com/track/4274081

    Sais-tu combien Grand-père
    Nous coûtent tes soins
    Dentaires ?
    Et tout ce fatras
    Tous ces tuyaux
    Ça nous coûte un bras
    Pour un p’tit caillot

    On te tient vieil homme
    Râpeux
    Pour qu’tu crayonnes
    Un peu
    Ton testament
    Derniers bla-bla
    Fais comme si vraiment
    On n’était pas là

    Papy gâteau
    On t’appelait toujours comme ça
    A cause de je n’sais plus quoi
    Papy gâteau
    Maintenant que t’as atteint cet âge
    Va bien falloir que tu l’partages

    On met notre doigt
    Comme repère
    Là où tu dois
    Grand-père
    Maint’nant signer
    Juste au-dessus
    Sois résigné
    Y a pas d’issue

    Et sois pas maussade
    Ou sinistre
    Faut bien qu’on t’ad-
    Ministre
    Ce p’tit flacon
    Barré d’une croix
    Jurons, crachons
    C’est rien, je crois

    Papy gâteau
    On t’appelait toujours comme ça
    A cause de je n’sais plus quoi
    Papy gâteau
    Maintenant que t’as atteint cet âge
    Va bien falloir que tu l’partages

    #retraite #vieillesse #cupidité #marché #capitalisme #prédation


  • Ministres... et cumulards d’indemnités ! - Le Nouvel Observateur
    http://tempsreel.nouvelobs.com/cumul-des-mandats/20121219.OBS2980/ministres-et-cumulards-d-indemnites.html

    Comme souvent, le diable se niche cependant dans les détails. Si les ministres doivent renoncer à leurs mandats exécutifs locaux, c’est qu’ils peuvent conserver une ou plusieurs fonctions non exécutives dans leur fief. Un message subliminal entendu par 25 des 39 membres du gouvernement, à l’image de ces trois mêmes barons roses, demeurés simples conseillers au sein de leur assemblée municipale ou départementale. Neuf ministres n’étaient, eux, que parlementaires et une n’avait aucun mandat (Fleur Pellerin par exemple).

    Seules trois femmes ont démissionné de toutes leurs fonctions locales : Cécile Duflot au conseil régional d’Ile-de-France, Dominique Bertinotti à la mairie du 4e arrondissement de Paris et Michèle Delaunay au conseil général de Gironde. Elles ont estimé leur charge ministérielle trop prenante.

    #cumul_des_mandats #cupidité #socialisme


  • #OGM, Monsanto, Roundup & Co : comment notre société produit des malades - le Plus
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/628025-ogm-monsanto-roundup-co-comment-notre-societe-produit-des-m

    Je suis médecin libéral et consulte depuis près de 30 ans. Je n’ai jamais accepté de voir arriver dans mon cabinet des patients en souffrance, qui ne devraient pas être malades si les conditions environnementales étaient favorables à leur épanouissement. En effet, avec l’arrivée de l’hygiène bactérienne grâce à Pasteur, des antibiotiques et du développement extraordinaire des techniques médicales et chirurgicales nous avions largement diminué les causes de mort des siècles passés. Plutôt qu’une amélioration de notre état de #santé, que constatons-nous ?
     
    Une augmentation importante des cancers, des maladies neuro dégénératives, métaboliques, immunitaires, des stérilités, des malformations néonatales, une baisse de 50% des spermatozoïdes en 50 ans et en parallèle une diminution importante de la biodiversité ! Nous pouvons ajouter à cela les 8.000 maladies orphelines pour la plupart métaboliques et pour lesquelles nous constatons les troubles mais que nous sommes incapables de soigner.