#cyberharcèlement

  • Montenegrin Coronavirus Patients’ Identities Exposed Online | Balkan Insight
    https://balkaninsight.com/2020/03/18/montenegrin-coronavirus-patients-identities-exposed-online

    Un cyberharcèlement d’un nouveau genre. Cette réaction doit nous inquiéter très fortement sur les fractures qui vont intervenir dans la société, la désignation de « l’autre » comme vecteur du mal. On a déjà connu ça. Il faut stopper maintenant. J’espère que les gens qui ont posté les photo sur les médias sociaux sont en prison... mais je pense qu’il ne le sont pas, les « médiateurs » n’ont certainement pas fait le suivi, ne peuvent pas donner les suagers,... alors ça continuera. C’est comme ça que les trolls de l’armé birmane ont provoqué le massacre des Rohyngas... On est malbarre, et on va découvrir autant le côté utile des médias sociaux (garder le contact, se distraire, socialiser) que la face noire de la façon dont ceux qui existent ont été organisés pour laisser le pire provoquer de « l’engagement ».

    After Montenegrin Prime Minister Dusko Markovic announced on Tuesday evening that the country had its first two coronavirus cases, the patients’ identities were published by social media users.

    Photos of one of the patients and her family were also posted online.

    The ethnicities and religious beliefs of the patients were then targeted with hate-speech comments by some people on social networks.

    The Montenegrin Association against AIDS, CAZAS, said that that every patient has the right to privacy and medical confidentiality.

    “If you share photos of people who are infected on social networks and spread information about their health, you are directly violating [their] privacy and patient’s rights. There can be legal consequences for doing that,” CAZAS said in a press release.

    President of the NGO Civic Alliance, Boris Raonic, warned about the danger of intolerance spreading in country as a result of the coronavirus.

    “The stigmatisation of the infected and their families is a great danger in the coming period,” Raonic wrote on Twitter.

    The first two coronavirus patients in the country had both recently returned to Montenegro, from Spain and from the US. One patient is from the city of Ulcinj and the other from the capital Podgorica.

    Montenegro is a multi-ethnic state and is highly unusual in having no overwhelming community that makes up over half of its population.

    About 45 per cent of the population identify as Montenegrins and about 29 per cent as Serbs. Albanians make up about 5 per cent of the population.

    #Cyberharcèlement #Coronavirus

  • « Bien souvent, le sexting relève plus du charme que de la pornographie »
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/03/13/bien-souvent-le-sexting-releve-plus-du-charme-que-de-la-pornographie_6033030

    Revenir à une approche un peu plus positive de la pratique du sexting, ne pas seulement se focaliser sur ses dérives et les scandales (comme celui qui a valu à Benjamin Griveaux d’abandonner mi-février la course à la Mairie de Paris). Voici le point de départ de la thèse sur le sexting chez les jeunes, menée par la criminologue suisse Yara Barrense-Dias entre 2016 et 2019. Une manière de mieux appréhender le phénomène pour une prévention plus efficace, notamment dans les écoles, selon elle.

    Désormais responsable de recherche à Unisanté, à Lausanne (un centre universitaire de médecine générale et santé publique), la chercheuse a mené entre autres deux recherches exploratoires auprès de quatre-vingts jeunes de 11 à 21 ans, lancé une enquête nationale auprès de cinq mille jeunes Suisses et échangé avec les parents et le corps enseignant.

    Ses résultats mettent en lumière une pratique générationnelle, ludique et relativement consciente des dangers.
    Qu’est-ce que le sexting, et depuis quand cela existe ?

    La première étude sur le sujet remonte à 2008, aux Etats-Unis. En Europe, c’est arrivé un peu plus tard. La définition du sexting est justement l’une de mes questions de recherche puisqu’une multitude de définitions cohabitaient.

    Au terme de ma thèse, la définition que j’ai retenue est que le sexting est un échange électronique de contenus à caractère sexuel (image, texte, audio, etc.) entre deux personnes consentantes. La notion de consentement est importante, car quand il n’y a plus de consentement, on ne parle plus de la même chose. On tombe dans les dérives, dans ce qu’on regroupe souvent sous le terme de « revenge porn ».
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le « revenge porn », pratique « banale » et hors de contrôle chez les élèves
    Qui pratique le sexting ? N’est-il que l’apanage des jeunes, qui sont au cœur des enquêtes sur le sujet ?

    L’appli Snapchat sortie en 2011 a été un véritable tournant dans la pratique. Comme elle est largement utilisée par des plus jeunes, cela peut expliquer le fait qu’on parle plus du sexting chez les adolescents. En période de découverte sexuelle comme ils le sont, et avec la facilité de communication que représentent pour eux les réseaux sociaux, cela peut aussi amener un contexte favorable, surtout pour des individus qui vivent chez leurs parents ou sont parfois éloignés de leur partenaire.

    Je n’ai pas de chiffre à vous donner sur la population globale des adultes, mais dans mes recherches j’ai étudié une catégorie d’âge assez large, entre 11 et 26 ans. Dans mon enquête nationale auprès de cinq mille jeunes adultes de 24 à 26 ans, une personne sur deux disait avoir déjà envoyé une photographie d’elle-même à caractère sexuel.

    On pourrait donc être étonné de la proportion globale de personnes qui recourent au sexting. Après, il y a peut-être moins de cas de diffusion publique de contenus chez les adultes, ce qui expliquerait qu’on en parle moins.
    Est-ce que ce terme de sexting est employé par ceux qui le pratiquent ? Est-ce que ça leur parle ?

    Dans mes recherches, les jeunes savent très bien de quoi il s’agit, mais ne l’utilisent pas du tout. C’est un terme scientifique, journalistique même, apparu en 2005, dans la petite rubrique fictive d’un journal australien, il me semble [The Daily Telegraph]. Ensuite il a été repris par la recherche et la prévention. Les jeunes, eux, préfèrent parler de « nudes » ou expliciter la pratique directement.
    Quelles formes le sexting prend-il aujourd’hui ? On imagine qu’il s’agit toujours de photo ou de vidéo…

    En 2016, lorsque j’ai fait une étude de groupe, les sujets m’expliquaient tout ce qu’il était possible de faire en matière de sexting. L’image y était majoritaire, mais il y avait aussi une forte proportion d’échanges de messages texte.

    J’ai refait une étude similaire en 2018, et il y a eu un changement significatif : là où les messages écrits sont passés au second plan, l’échange de messages audio est apparu. Les jeunes s’écrivent moins mais s’échangent de plus en plus de messages vocaux.

    En trois ans de thèse, j’ai aussi observé un éventail de contenus sexuels partagés allant de photos de personnes habillées posant de façon suggestive à des sujets nus dans des actes explicites. J’ai noté que les filles restaient plus souvent dans les contenus suggestifs tandis que les garçons étaient enclins à aller plus facilement droit au but, envoyaient des photos de leur pénis par exemple. Je ne suis pas allée plus loin sur le sujet des « dick pics » [photos de pénis partagées en ligne] parce que c’est une pratique qui se fait souvent sans consentement, mais il ressortait beaucoup dans les discussions que de nombreuses internautes recevaient ces photographies de pénis non consenties.
    L’application Snapchat est-elle populaire en matière de sexting parce que ses messages sont censés être éphémères ?

    Effectivement, Snapchat est considérée comme une appli plus sûre parce que les messages s’effacent. La confiance est un argument largement mis en avant par les sujets de mon enquête. Toutefois, ils sont bien conscients que rien ne disparaît vraiment sur Internet, qu’il existe des moyens et astuces pour conserver les photos ou faire des captures d’écran du téléphone en toute discrétion.

    De façon générale, il apparaissait que Snapchat était vraiment utilisé chez les 11-15 ans. Chez les 16-20 ans, on parlait un peu moins de cette messagerie au profit d’Instagram ou de WhatsApp.
    Qu’est ce qui pousse les gens à « sexter » ?

    La majorité d’entre eux nous expliquaient qu’ils s’y adonnaient dans le cadre d’une relation de couple, quand ils avaient confiance en la personne. Quelques-uns en faisaient mention juste avant la formation du couple, pour flirter.

    Mais si les gens recourent autant à la photo dans le sexting, c’est qu’elle permet la mise en scène, de se mettre en valeur vis-à-vis de l’autre personne. Bien souvent, cela relève plus du charme que de la pornographie.
    On aborde souvent la question du sexting par ses dérives : les scandales de harcèlement et de diffusion de documents privés à caractère sexuel. Toutes les expériences de sexting sont-elles vouées à mal tourner ?

    Non, dans la majeure partie des cas cela se passe bien, même si les cas de diffusion sans consentement sont souvent violents et font beaucoup de bruit. Sur les cinq mille adultes interrogés dans l’enquête nationale, 15 % – en majorité des garçons – disaient avoir déjà partagé une photographie intime d’une tierce personne.

    Ce qui pose problème dans le sexting c’est la diffusion, le partage public de photographies intimes de tiers. Or, la quasi-unanimité des campagnes de prévention s’adresse non pas aux auteurs, complices et témoins de partages non désirés mais aux victimes potentielles. Et elles invitent plutôt à stopper le sexting pour éviter toute dérive.

    Or, pour moi, une prévention efficace reviendrait à ne pas lutter contre une pratique dans l’air du temps mais plutôt à sensibiliser les destinataires de photos à ne pas les partager, à respecter le consentement. Vouloir stopper le sexting pour éviter les dérives, c’est comme vouloir interdire les relations sexuelles pour éviter le viol.
    Avez-vous d’ores et déjà constaté une meilleure efficacité à changer de braquet sur la prévention ?

    Oui, il y a matière à optimisme. Tout au long de ma thèse, en Suisse, j’ai pu travailler avec le corps enseignant, les éducateurs sexuels ainsi qu’avec la police qui menait des campagnes de prévention, afin de réorienter le message pour s’adresser aux auteurs et aux témoins à qui on explique qu’ils sont tous tout aussi coupables.
    Lire aussi Le « sexting » ou l’art de la conversation érotique

    Une fois la gravité du geste expliquée, une fois qu’on raconte qu’une simple image suggestive partagée peut causer beaucoup de tort à la personne qui s’est prise en photo, ils se rendent généralement compte du mal fait.

    Dans l’enquête, nous leur avions aussi demandé la raison pour laquelle ils partageaient. Nous, adultes, on a en tête le revenge porn, sauf que les plus jeunes ne le font pas initialement dans une volonté de nuire. C’est avant tout pour rire, hélas. Comme pour le harcèlement, il y a un manque de conscience du geste.

    Pauline Croquet

    #Sexting #Culture_numérique #Cyberharcèlement

  • Cyberharcèlement, revenge porn, discrimination… Internet « ne marche pas pour les femmes », dénonce le fondateur du Web
    https://1001infos.net/france/cyberharcelement-revenge-porn-discrimination-internet-ne-marche-pas-pour-

    par Tim Berners-Lee

    Il appelle à prendre des mesures en urgence… Internet « ne marche pas pour les femmes et pour les filles », qui y sont discriminées et sujettes à de nombreux abus, a mis en garde l’inventeur du World Wide Web, le Britannique Tim Berners-Lee, dans un texte publié sur le site Internet de la World Wide Web Foundation, un organisme basé à Genève qui milite pour l’égalité numérique.

    « Le monde a fait d’important progrès en matière d’égalité des sexes », note le fondateur du Web. « Mais je m’inquiète particulièrement que ces progrès puissent être menacés par les nuisances auxquelles sont confrontées les femmes et les filles en ligne, surtout celles de couleur, des communautés LGBTQ + et d’autres groupes marginalisés. »
    « Le harcèlement incessant réduit les femmes au silence »

    « Plus de la moitié des jeunes femmes interrogées ont été confrontées à des violences en ligne », notamment du harcèlement sexuel, des messages menaçants ou la diffusion d’images privées sans leur consentement​, a-t-il indiqué en citant une étude co-réalisée par sa fondation. « De tels abus poussent les femmes à quitter leur emploi ou les filles à arrêter l’école », a-t-il regretté. « Le harcèlement incessant réduit les femmes au silence et prive le monde de leurs opinions et idées. »

    En outre, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à accéder à Internet, parce qu’elles n’en ont pas les moyens ou les compétences, ce qui « renforce les inégalités existantes ». Selon une étude de sa fondation, les hommes ont une probabilité d’être en ligne de plus de 21 % supérieure à celle des femmes, un écart qui atteint 52 % dans les pays les moins développés. Les gouvernements et les entreprises ont été trop lents à agir, a estimé Tim Berners-Lee.

    #Cyberharcèlement #Tim_Berners_Lee

  • Edition Briey | Cyberharcèlement : « On peut tous un jour en être témoin »
    https://www.republicain-lorrain.fr/edition-briey/2020/03/12/cyberharcelement-on-peut-tous-un-jour-en-etre-temoin

    Dans le cadre de ses actions sur la parentalité, la MJC de Jœuf organise la conférence « Cyberharcèlement à l’école, comment le combattre ? ». Bérengère Stassin, maître de conférences à l’Université de Nancy, donnera notamment des conseils pour éviter d’être, un jour, victime de ces attaques.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Quand quelques groupuscules complotistes et ultra-droitistes mènent une « cyber-guerre » de propagande haineuse. Propagande cautionnée et relayée par des personnalités politiques « conventionnelles » qui entrainent dans leur « shitstorm » des hordes de rageux.

    « Grosse pute », « Dégénérée » : témoignage de Marie Peltier, harcelée sur les réseaux sociaux
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_grosse-pute-degeneree-temoignage-de-marie-peltier-harcelee-sur-les-resea

    Ces insultes et ces attaques, vous savez de qui elles viennent ? Les personnes derrière ces attaques sont identifiables ?

    « Comme je travaille sur les questions d’information et de désinformation, j’ai des outils de recherche. Avec d’autres personnes, on a collecté des données pour essayer de remonter l’information afin d’essayer de savoir qui avait attaqué. A la base, ce sont presque toujours des raids numériques lancés par l’extrême-droite et par les réseaux masculinistes particulièrement : c’est une extrême-droite qui s’exprime beaucoup contre les féministes. Dans mon cas par exemple, ce sont eux qui ont lancé l’angle ’tu es moche, tu es laide’. C’était leur angle privilégié (...)

    Ce qui est intéressant dans le cyber-harcèlement, c’est que c’est initié par des groupes extrémistes, puis ensuite c’est repris plus largement dans le débat public. C’est repris par des gens qui n’ont certes pas de sympathie pour les féministes, mais qu’on ne peut pas non plus qualifier d’extrême-droite. Malheureusement ces personnes reprennent l’argumentaire et les informations de l’extrême-droite. C’est inquiétant car on voit dans ce genre d’épisode qu’il y a une porosité entre les sphères d’extrême-droite et les sphères politiques dites normales. »

    Ce sont donc des comptes cachés qui vous attaquent ?

    « Ce sont souvent des comptes sous pseudo qui lancent d’abord les attaques, et dont on pourrait demander l’identité à Twitter . Mais c’est une question encore très sensible. Ensuite, quand l’attaque est lancée, des personnalités publiques ne se gênent pas pour reprendre ces informations d’extrême-droite et attaquer sous le même angle. Cela m’a beaucoup frappée dans ce qui m’est arrivé. »

    #touit'zob #propagandavirus

    • Pas étonnant que le grand publique prenne le relai des extremistes-masculinistes, le grand publique est extremiste-masculiniste.

      C’est la position de toute personne qui n’est pas féministe car l’égalité c’est une notion qu’on ne peu pas fragmenter. Sois tu pense que les femmes sont les égales des hommes et ca fait de toi un ou une féministe - sois tu pense pas que les femmes sont les égales des hommes alors tu est un ou une extremiste-masculiniste. Tu ne peu pas penser que les femmes sont égales au 3/4 ou un peu égales mais pas trop, l’égalité c’est binaire, tu l’as ou tu l’as pas.

      Le grand publique il met son mouchoir sur l’inceste et quant une affaire fini par sortir « tout le monde savait au village/au boulot/dans la famille.... » et quant les victimes parlent, que ca soit aux césars ou à noel en famille, c’est la victime qui se fait défoncé dans 99% des cas en France puisqu’il n’y a qu’1% de condamnation des viols dans se pays.

      –—

      Selon une récente étude des nations unies en France il y a 59% de masculinistes-extrèmistes ce qui fait une large majorité :

      Près de 90% de la population mondiale, tous sexes confondus, a des préjugés envers les femmes, montre une étude publiée mercredi par le Programme des Nations unies pour le développement à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes.

      Les hommes font de meilleurs dirigeants politiques ou d’entreprises que les femmes. Aller à l’université est plus important pour un homme que pour une femme. Les hommes devraient être prioritaires sur le marché de l’emploi lorsque les offres sont rares.

      Neuf personnes sur dix dans le monde - femmes comprises - nourrissent au moins un préjugé de ce genre, conclut l’agence onusienne sur la base de données provenant de 75 pays représentant plus de 80% de la population mondiale. La proportion est la plus forte au Pakistan (99,81%), devant le Qatar (99,73%) et le Nigeria (99,73%).

      L’Andorre (27,01%), la Suède (30,01%) et les Pays-Bas (39,75%) mènent le wagon des « bons élèves », que la France accroche tant bien que mal, avec plus d’une personne sur d’eux ayant au moins un préjugé sexiste (56%) .

      https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Les-prejuges-envers-les-femmes-ont-la-vie-dure-21892051

      #misogynie #masculinisme #sexisme #backlash #domination_masculine #harcèlement

    • Comment s’appelle déjà l’effet qui provoque une sorte d’aveuglement à la réalité et qui s’auto-entretient par une fréquentation exagérée des réseaux sociaux et de l’Internet en général ? J’ai l’expression sur le bout de la langue (parce que je me dis que fondamentalement, je dois être un gros naïf). je crois que c’est le « filter bubble » mais il y a une autre expression en français avec le mot « cognitif » dedans.

    • @mad_meg non, ce n’est pas « biais » mais l’expression à laquelle je pensais décrirait plutôt une sorte d’enfermement de mon propre système de pensée qui ferait que j’appréhenderais la société à la lumière des gens que je fréquente « virtuellement ». C’est à dire que cela m’induit à penser que la société a évolué en ce qui concerne la place et le rôle des femmes. Or les faits rapportés dans l’article de la RTBF me rappelle à la dure réalité. C’est pourquoi je me qualifie de « gros naïf »...
      Et sinon merci de m’avoir fait découvrir la théorie de la valence des sexes de Françoise Héritier que je ne connaissais pas.
      Et force est de constater que nous sommes dans une période de totale régression à tout point de vue.

    • @sombre, le paragraphe de WP dit que les mécanismes décrits par la psycho sociale sont plus importants que des fonctionnements techniques. La peur du jugement des pairs et le renforcement par eux, le panurgisme, tout ça sont des logiques qu’on voit bien opérer sur plein de sujets où des militant·es ne font plus fonctionner leur cerveau et préfèrent répéter la doxa...

    • @antonin1

      tout ça sont des logiques qu’on voit bien opérer sur plein de sujets où des militant·es ne font plus fonctionner leur cerveau et préfèrent répéter la doxa...

      et je rajouterais : par pur confort intellectuel, ce qui constitue également une stratégie « d’économies d’énergie » car mener une réflexion en profondeur nécessite beaucoup d’effort. Et partant, peut-on en vouloir à certain·es militant·es de faire parfois (souvent ?) cette économie ?
      Réponse : oui, si leur seul et inavouable but est de salir la réputation des personnes un tant soit peu « hétérodoxes ». Mais bon ...

      Pour mon affaire de mémoire, je définirais bien ça comme un « enfermement cognitif ». Je me souviens en avoir fait mention chez twitt’cake mais je suis infoutu de retrouver de mémoire l’expression exacte. Et quant à retrouver une info sur ce bouzin, même dans dans ton propre fil de discussion, autant chercher une aiguille dans une fosse à purin. Mais c’est pas très grave.

  • Greta Thunberg’s Online Attackers Reveal a Grim Pattern | WIRED
    https://www.wired.com/story/greta-thunberg-online-harassment

    Swedish climate activist Greta Thunberg is 17 years old, legally a minor. Despite her age, in the past week, numerous actual adults have made her the subject of many forms of online harassment. Some say she ought to be “burnt at the stake”; others have circulated images of a sex doll that resembles Thunberg and purportedly “speaks” using recordings of her voice; still others created and distributed a cartoon that appears to depict the activist being sexually assaulted.

    The internet didn’t create this problem, but it does amplify it. The same forces that have allowed Thunberg and her message to climb to global virality are, in the hands of those who wish to discredit the teenager, the best weapon to use against her. While these smears are especially troubling in Thunberg’s case because of her age, they mirror the kinds of targeted online harassment employed against many people and groups by those who wish to silence them. The behavior is shocking, but not a shock.

    To begin with, Thunberg is a woman on the internet. While there is debate about whether men or women experience more harassment online, studies have shown the harassment women experience tends to be more personal, more gendered, more sexual, and more likely to be intense enough to drive them off of the social media platform where they’re being harassed. “The saddest thing that has emerged from my research is that young women aged 18 to 30 have accepted harassment as part and parcel of being online,” says Jessica Vitak, who studies online privacy and security at the University of Maryland. “They have various ways of dealing with it, but they don’t include thinking, ‘This shouldn’t be happening, and I should be fighting to make it stop.’” Harassment of women online has become a norm.

    The harassment is only heightened when the woman in question is, like Thunberg, a public figure. The Inter-Parliamentary Union, a global organization including the parliaments of 179 member countries, found that more than 80 percent of female parliamentarians had experienced psychological violence, the most common form being online harassment. According to Mona Lena Krook, who studies women in politics at Rutgers University, women activists like Thunberg have very similar experiences, and often in the exact form that Thunberg has been experiencing this week. “The first place people go are gender-based slurs or sexualizing tactics,” Krook says. “Photoshopped sexual images are really common. When you sexually objectify somebody, your perception of their competence and humanity changes. It’s about delegitimizing them to a broader audience.” Politicians and activists from Hillary Clinton to US representative Alexandria Ocasio-Cortez to Malala Yousafzai are frequently pornified by their critics.

    #Cyberharcèlement #Politique #Culture_du_viol #Greta_Thunberg

  • Rebecca Black victime de cyber-harcèlement après « Friday » : son message bouleversant - Purebreak
    https://www.purebreak.com/news/rebecca-black-victime-de-cyber-harcelement-apres-friday-son-message-bouleversant/190393

    Il y a 9 ans, Rebecca Black dévoilait « Friday », qui deviendra vite aux yeux de certains la « pire chanson du monde ». Pire, elle reçevait en retour de nombreuses critiques, insultes et menaces de mort. Neuf ans plus tard, la chanteuse qui a été victime de cyber-harcèlement a tenu à adresser un message bouleversant à la petite fille de 13 ans qu’elle était à l’époque.

    #Cyberharcèlement

  • « Ligue du LOL » : « La vérité n’a jamais été faite sur cette affaire », explique l’ancienne journaliste Iris Gaudin
    https://www.20minutes.fr/high-tech/2698195-20200207-ligue-lol-verite-jamais-faite-affaire-explique-ancienne-j

    L’affaire avait ébranlé le monde des médias. Il y a tout juste un an, Checknews, le service de fact-checking de Libération, révélait au grand public l’existence de la « Ligue du LOL », un groupe Facebook privé réunissant une trentaine de journalistes accusés d’avoir mené, de 2009 à 2013, des campagnes de cyber-harcèlement à l’encontre de plusieurs femmes. 20 Minutes revient sur cette affaire avec l’ancienne journaliste Iris Gaudin, qui publie Face à la Ligue du LOL (éditions Massot), le premier livre sur le sujet, dans lequel elle raconte le harcèlement qu’elle a subi pendant de longs mois sur Twitter.

    Elle y décrit notamment les mécanismes du cyberharcèlement et analyse sa descente aux enfers. « C’est un témoignage basé sur des preuves, des e-mails, et qui ne vise ni à déclarer la guerre ni à prendre une revanche, mais à une prise de conscience », explique la jeune femme. Au-delà de son histoire personnelle, Iris Gaudin dénonce dans son livre « un sexisme » qui prend racine au sein même des écoles de journalisme, où l’on apprend à rabaisser son interlocuteur pour « faire le buzz » au mépris des règles déontologiques du métier.

    #Cyberharcèlement #Ligue_du_LOL

  • [3 questions à] Bérengère Stassin : lauréate du prix du livre FIC 2020 | Factuel
    http://factuel.univ-lorraine.fr/node/13489

    Bérengère Stassin est maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT Nancy-Charlemagne de l’Université de Lorraine et co-responsable de l’équipe Pixel du Crem. Ses travaux portent principalement sur les communautés de savoir en ligne et le cyberharcèlement et elle anime le carnet de recherche en accès libre Cyberviolence & Cyberharcèlement. En 2019, elle est l’auteure d’un ouvrage remarqué, (cyber)harcèlement. Sortir de la violence, à l’école et sur les écrans (C&F Éd.) ; en 2020, elle obtient le prix du Livre cyber dans la catégorie Cybercriminalité décerné par le Forum international de la cybersécurité (FIC), qui lui a été remis le 29 janvier 2020 à la Chambre de commerce de Lille par Corinne Thiérache, avocate et présidente du jury.

    En outre, j’ai à cœur de poursuivre mes activités de diffusion auprès d’un public plus large que je mène sur mon blog, Cyberviolence & Cyberharcèlement, et par le biais du média en ligne The Conversation France. Je travaille aussi à la rédaction d’une notice sur le cyberharcèlement qui sera publiée en libre accès sur le Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics.

    Mais, pour le moment, j’espère surtout que le prix du FIC contribuera à mieux faire connaître aux éducateurs, aux parents et au grand public ce phénomène d’envergure et les actions à mettre en œuvre pour lutter contre. C’est la raison pour laquelle je fais mon possible pour répondre aux sollicitations – qu’elles proviennent des médias, du milieu éducatif ou d’ailleurs – pour partager mes connaissances sur le sujet.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Video Games and Online Chats Are ‘Hunting Grounds’ for Sexual Predators - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2019/12/07/us/video-games-child-sex-abuse.html?nl=todaysheadlines&emc=edit_th_191208?camp

    Six years ago, a little over 50 reports of the crimes, commonly known as “sextortion,” were referred to the federally designated clearinghouse in suburban Washington that tracks online child sexual abuse. Last year, the center received over 1,500. And the authorities believe that the vast majority of sextortion cases are never reported.

    There has been some success in catching perpetrators. In May, a California man was sentenced to 14 years in prison for coercing an 11-year-old girl “into producing child pornography” after meeting her through the online game Clash of Clans. A man in suburban Seattle got a 15-year sentence in 2015 for soliciting explicit imagery from three boys after posing as a teenager while playing Minecraft and League of Legends. An Illinois man received a 15-year sentence in 2017 after threatening to rape two boys in Massachusetts — adding that he would kill one of them — whom he had met over Xbox Live.

    “The first threat is, ‘If you don’t do it, I’m going to post on social media, and by the way, I’ve got a list of your family members and I’m going to send it all to them,’” said Matt Wright, a special agent with the Department of Homeland Security. “If they don’t send another picture, they’ll say: ‘Here’s your address — I know where you live. I’m going to come kill your family.’”

    The trauma can be overwhelming for the young victims. An F.B.I. study reviewing a sample of sextortion cases found that more than a quarter of them led to suicide or attempted suicide. In 2016, a Justice Department report identified sextortion as “by far the most significantly growing threat to children.”

    It makes sense the gaming world is where many predators would go: It’s where the children are. Almost every single teenage boy in America — 97 percent — plays video games, while about 83 percent of girls do, according to the Pew Research Center.

    One platform frequently used by predators is the video chat site Omegle — users need look no further than the site’s home page to find that out. “Predators have been known to use Omegle, so please be careful,” the site advises under a banner that exclaims, “Talk to strangers!” Omegle did not respond to requests for comment.

    This fall, the F.B.I. rolled out an awareness campaign in middle and high schools to encourage children to seek help when caught in an exploitive sexual situation. “Even if you accepted money or a game credit or something else, you are not the one who is in trouble,” material from the campaign explains.

    The authorities did it again, this time in Bergen County, a suburb close to New York City. They made 17 arrests. And they did it once more, in Somerset County, toward the center of the state, arresting 19. One defendant was sentenced to prison, while the other cases are still being prosecuted.

    After the sting, the officials hoped to uncover a pattern that could help in future investigations. But they found none — those arrested came from all walks of life. Among them were a police officer, a teacher, a minister, a nurse, a bank manager, a mechanic, a waiter, a dental hygienist, a college student and a deliveryman.

    “It cuts across all social and racial lines, across class lines — it cuts across every line,” Ms. Hoffman said. “There is no profile.”

    When announcing the arrests, the authorities highlighted Fortnite, Minecraft and Roblox as platforms where suspects began conversations before moving to chat apps. Nearly all those arrested had made arrangements to meet in person.

    In a separate case in Ohio, the digital abuse of a young boy led to his physical abuse. The offender, Jason Gmoser, would encourage boys to show their genitals while on PlayStation, according to court records. Mr. Gmoser, who was found with over 500 videos recorded while gaming with boys, often offered gift cards that could be used on the network.

    He told detectives in 2014 that he spent years interacting with an 8-year-old who had appeared in several of the videos, including one in which the boy exposed himself and said he would “do anything” for a $20 gift card.

    There are a few seemingly simple protections against online predators, but logistics, gaming culture and financial concerns present obstacles.

    Companies could require identification and parental approvals to ensure games are played by people of the same age. But even as some platforms have experimented with programs like Real ID, a verification effort, gamers have resisted giving up anonymity.

    “There’s been community-layer rejection of those systems because people like to be able to be anybody,” said Todd Harris, who co-founded Hi-Rez, a game development studio based in Atlanta.

    While Facebook has algorithms that can detect some text-based grooming, many gamers use audio and video chat. And eliminating audio and video interactions would be a death sentence for a gaming company fighting for customers. “You can’t seriously compete without talking,” Mr. Harris said. “The team with the best communication will win.”

    Instagram, owned by Facebook, does not have the same restrictions. Until this past week, it had allowed users to send private messages to anyone, and a Times reporter was able to contact and video-chat with a 13-year-old girl who had a private account (the girl and her parents gave permission to conduct the test). After The Times asked about the policy, Instagram announced new features on Wednesday that allow users to block messages from people they do not follow. The company said it would also require users to enter their age when signing up.

    #Cyberharcèlement #Sextorsion #Prédateurs

  • Bérengère STASSIN, enseignante chercheuse : Journée nationale de lutte contre le harcélement scolaire
    https://www.francebleu.fr/emissions/les-experts-de-france-bleu-lorraine/sud-lorraine/thematique-expert-du-jour-24

    Podcast de France Bleue Lorraine avec Bérengère Stassin

    En France, 700 000 enfants scolarisés dans le primaire, au collège ou au lycée sont victimes de harcèlement. Nous en parlons avec Bérengère Stassin, Maître de Conférence à l’Université de Lorraine.

    Le harcèlement, d’une certaine manière, a toujours existé. Je pense même qu’il existe depuis que l’école existe. Ce qui change aujourd’hui, en 2019, c’est la question du cyberharcèlement. C’est le fait que les violences qui sont exercées dans la cour de récré, pendant les cours ou pendant les temps scolaire, poursuivent désormais les victimes à la maison.

    Avant on était protégé une fois sorti de l’école, une fois rentré à la maison. Aujourd’hui, à partir du moment où les enfants sont dotés d’un smartphone, il n’est pas rare que les brimade se poursuivent par SMS et surtout via les réseaux sociaux

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Violences_scolaires #Podcast

  • Bérengère Stassin, (Cyber)harcèlement
    https://journals.openedition.org/lectures/38358

    La réflexion de l’autrice pour « sortir de la violence, à l’école et à l’écran » s’articule autour de quatre chapitres dans lesquels elle décrit les phénomènes de harcèlement scolaire, de cyberviolence, de cyberharcèlement puis analyse les moyens de lutte contre ces fléaux à l’école. De grandes questions structurent le propos : harcèlement et cyberharcèlement sont-ils toujours liés ? Existe-t-il un profil type des agresseur/se·s et des victimes ? Quelles conséquences la cyberviolence a-t-elle sur les harcelé·e·s et leur(s) harceleur/se(s) ? De quels moyens dispose l’école pour endiguer ces violences ?

    Grâce à de nombreuses citations de chercheur/se·s, Bérengère Stassin montre que la définition du cyberharcèlement ne fait pas consensus dans la littérature scientifique : il est parfois défini comme l’envoi numérique de contenus violents, d’autres fois ce sont les critères propres au harcèlement appliqué à l’espace numérique qui sont mis en avant (p. 93). En prenant appui sur le slogan « Liker, c’est déjà harceler »10, l’autrice explique qu’en ligne, la fragmentation des actions peut conduire à la répétition : un contenu est posté, liké par d’autres jeunes, partagé et commenté à de multiples reprises. Même si chaque internaute n’a effectué qu’une seule action, chacune est un nouveau coup pour la victime. La répétition peut naître de l’exhumation de publications anciennes, qui sont autant d’éléments constitutifs de l’identité numérique d’un individu. L’exemple de Mennel lors de son passage dans The Voice atteste que la pérennité des contenus et des traces numériques peut aboutir, des mois plus tard, à des situations de cyberviolence ou de cyberharcèlement, et compromettre des ambitions personnelles11.

    Les compétences émotionnelles sont nécessaires à la socialisation d’un individu et lui permettent de s’adapter à son environnement et de développer sa sensibilité aux autres. Dans les situations de harcèlement les émotions jouent un rôle, aussi bien pour l’agresseur/se, les suiveur/se·s, la victime que les témoins. Éduquer à l’empathie, travail de fond qui doit être répété en classe et à la maison, permet de développer une bonne estime de soi et un goût pour les autres. À l’étranger, ces méthodes ont déjà fait la preuve de leur efficacité18.

    L’EMI, quant à elle, permet d’éveiller l’esprit critique, de former les élèves aux différentes sources d’information, de maîtriser leur identité numérique, de les amener à être des protagonistes réfléchi·e·s de l’usage du numérique (notamment en termes de publication). L’EMI est préconisée par le ministère de l’Éducation nationale pour faire des élèves des acteurs/trices responsables du web et de la lutte contre les cyberviolences.

    Bérengère Stassin propose ici une synthèse accessible à tous/toutes. Dans le cadre plus spécifique de l’école, c’est un livre qui trouvera toute sa place dans les CDI et qui peut, au travers des nombreux exemples actuels, servir de base à des activités pédagogiques pour parler, décortiquer et lutter contre le fléau du (cyber)harcèlement.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Violences_scolaires #C&F_éditions

  • Les émotions, une clé de la lutte contre le harcèlement scolaire
    https://theconversation.com/les-emotions-une-cle-de-la-lutte-contre-le-harcelement-scolaire-122

    Qu’il prenne la forme de moqueries, de gestes menaçants ou d’humiliations en ligne, le harcèlement scolaire se caractérise par des intentions agressives et une récurrence des violences. Il s’agit avant tout d’un phénomène de groupe : un « meneur » s’en prend à une cible à l’aide des « suiveurs » qu’il a réussi à fédérer, le plus souvent sous le regard de témoins « passifs » qui renforcent son sentiment de toute-puissance et d’impunité.

    Des travaux de psychologues et de pédopsychiatres montrent que les émotions jouent un rôle prépondérant dans cette dynamique. Chaque partie prenante du harcèlement est traversée par un état émotionnel particulier.

    On observe en général un manque d’empathie du côté du harceleur meneur, qui parfois n’éprouve ni remords ni culpabilité. La personne harcelée peut souffrir de difficultés à identifier ou exprimer ses émotions (alexithymie) et donc à réagir. Cela conforte alors le harceleur dans son idée qu’il a affaire à un être faible et le pousse à réitérer les attaques. Les suiveurs, eux, ont peur d’être exclus du groupe de pairs et les témoins passifs craignent des représailles.

    Alors que le ministère de l’Éducation nationale a fait de la lutte contre le harcèlement scolaire une priorité de la rentrée 2019, prévoyant la diffusion de bonnes pratiques auprès des personnels ainsi qu’une information des élèves, il est important de considérer ce facteur émotionnel, au-delà du contexte socio-économique et du climat scolaire.

    Présentation de mises en situation permettant de développer l’empathie et les compétences émotionnelles des élèves pour lutter contre une violence qui fait environ chaque année 700 000 victimes.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Harcèlement_scolaire #Empathie #Emotions

  • Violences scolaires : où le harcèlement commence‑t‑il ?
    https://theconversation.com/violences-scolaires-ou-le-harcelement-commence-t-il-107074

    Différentes actions de prévention peuvent bien sûr être réalisées par les établissements scolaires et plus particulièrement par le Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Ce dernier peut s’appuyer sur différents partenaires extérieurs, comme les associations, la police et la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les parents d’élèves.

    Cependant, la prévention ne peut à elle seule endiguer le phénomène, car il ne suffit pas d’être informé d’un risque pour l’éviter ou de dénoncer un comportement pour qu’il soit abonné. L’éducation à l’esprit critique, l’éducation aux médias sociaux, l’éducation à l’empathie, le développement des compétences émotionnelles et psychosociales des élèves, le renforcement de l’estime de soi ou encore l’autodéfense sont aussi des armes efficaces pour lutter contre le harcèlement scolaire et son prolongement numérique.

    Enfin, des études ont montré que le climat scolaire et l’atmosphère générale qui règnent au sein d’une classe ou d’un établissement influencent la qualité des relations entre élèves. Une classe qui se caractérise par un mauvais climat a plus de chance de voir émerger en son sein des situations de harcèlement et de cyberharcèlement. L’amélioration du climat scolaire est donc également un levier d’action pour réduire ces formes de violence.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Harcèlement_scolaire

  • Hugo Martinez : « Le harcèlement m’a détruit, je me suis reconstruit par le harcèlement » - L’Etudiant
    https://www.letudiant.fr/lifestyle/Sante-mutuelle-et-assurance/hugo-martinez-le-harcelement-m-a-detruit-je-me-suis-reconstruit-par-le-har

    À 20 ans, Hugo Martinez est le président de l’association HUGO !, qui lutte contre le harcèlement scolaire. Une structure qu’il a lui-même créée, avec pour mot d’ordre, la reconstruction des jeunes par la pratique artistique et sportive. Une évolution logique pour ce jeune homme, lui-même victime de harcèlement de la primaire au lycée.

    S’il n’enchaînait pas les interviews et les coups de téléphone, Hugo Martinez serait un étudiant comme les autres. Mais ce jeune homme est aussi président fondateur d’HUGO  !, association qui lutte contre le harcèlement scolaire, dont il a lui-même été victime. Aujourd’hui très actif et médiatisé, ce jeune alternant dans le marketing événementiel n’oublie pas d’être ambitieux : il compte devenir assistant parlementaire, tout en gardant l’espoir d’être réalisateur de cinéma.

    L’Étudiant l’a rencontré dans un café du centre-ville de Lyon, son QG. « Tout le monde me connaît ici », sourit le jeune homme. L‘échange est fluide et le tutoiement facile. Interview sans filtre.
    Très jeune, tu as été victime de harcèlement scolaire. Comment s’est passée ta scolarité  ?

    Le harcèlement scolaire a commencé en CP. Je savais déjà lire et je louchais d’un œil. Ça a commencé avec des surnoms comme « le bigleux », « le binoclard », « l’intello de service ». La nourriture est devenu un refuge. En sport, on s’est moqué de moi parce que je ne voyais rien, parce que j’étais gros. Je ne me rendais pas compte que ces insultes quotidiennes s’étaient installées de manière naturelle.

    Au collège s’est ajouté une dimension « physique » : coups, bousculades, bagarres. À partir de la quatrième, il y a eu le cyberharcèlement. J’ai eu la « chance » de ne pas avoir à le subir plus tôt, car aujourd’hui, cela peut commencer sur les réseaux sociaux à partir du CE2, CM1.

    Lors d’un voyage scolaire en Espagne, je ronflait en dormant dans le car et on m’a filmé sans que je le sache. La vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux, mais je n’avais pas de compte, donc je ne le savais pas. Je ne comprenais pas pourquoi les gens rigolaient quand ils me voyaient.

    J’ai finalement découvert la vidéo et mes parents ont déposé une main courante. L’année suivante, j’ai changé d’établissement et mes parents m’ont inscrit dans une association qui accompagne les jeunes en situation d’obésité.

    Changer d’établissement a-t-il permis d’arranger certaines choses  ?

    Non. Les élèves de ma nouvelle classe me connaissaient déjà car ils avaient vu la vidéo. Le cyberharcèlement a pris une forme encore plus importante. J’ai été intégré à un groupe de conversation sur Facebook avec toute la classe, mais ils en avaient un autre de leur côté. Ils y préparaient des photo-montages qu’ils m’envoyaient pour se moquer. Je recevais aussi des menaces, parfois de mort. Psychologiquement, j’étais détruit, mes espérances étaient cassées.

    Comment es-tu arrivé jusqu’au bac  ?

    Une fois au lycée, c’était beaucoup plus insidieux, beaucoup moins en confrontation directe. Psychologiquement ça restait du harcèlement scolaire, parce qu’on cherchait toujours à m’humilier. J’ai tenu jusqu’en milieu de première S, puis j’ai été déscolarisé pour être accueilli dans un centre médical car j’étais en obésité morbide. On m’a identifié un diabète, causé par la prise de poids et les chocs psychologiques du harcèlement. J’ai passé mes épreuves de première et en terminale et j’ai décidé de rentrer dans un nouveau lycée, à Lyon.

    Là, je me suis rendu compte que se faire des amis dans un groupe qui s’est construit depuis la seconde est compliqué. Ils se connaissaient tous, j’étais le nouveau, j’étais fragile et je m’absentais souvent à cause de mon diabète. J’étais isolé. En décembre, j’ai dit stop. J’ai fini les six derniers mois de ma scolarité à distance et j’ai eu mon bac à 10,02/20, tout juste, alors que j’étais très bon élève au collège.

    Comment réagissaient les adultes face à tes soucis  ?

    J’ai croisé deux types de profs. Ceux qui ne voulaient pas voir, parce que signaler un cas de harcèlement scolaire est lourd en termes de démarche (le protocole de signalement fait 70 pages), et ceux qui ne pensaient pas que dans l’école, au sens large, ça pouvait exister. Et puis je pense que certains n’ont simplement rien vu du tout. Ni les profs, ni le personnel éducatif.

    Je me rappelle d’un jour, en seconde, où j’avais tout raconté à l’infirmière, qui m’a dit : « Mais Hugo, si tu te défendais un peu plus, si tu étais un peu plus débrouillard, on n’en serait pas là  ! »

    Comment a démarré ton engagement associatif  ?

    En mai 2017, mon diabétologue m’a annoncé des résultats catastrophiques. J’étais dégoûté. J’ai très mal pris cette annonce. Je suis rentré à l’hôpital et j’ai dit : « OK, faut que j’arrête ce cercle vicieux, que je devienne acteur, que je cesse d’être une victime ». Le harcèlement m’a détruit, je me suis reconstruit par le harcèlement.

    Chaque soir à l’hôpital, je faisais des live sur les réseaux sociaux avec des éléments de mon projet pour lutter contre le harcèlement. Les vues montaient, les likes montaient  ! J’avais trouvé mon chemin. Après ça, pendant six mois, j’ai eu plein d’idées et j’ai rencontré plein de monde. Et en janvier 2018, j’ai créé l’association officiellement.

    Dirais-tu que l’association t’a aidé à t’en sortir  ?

    C’est clair  ! En un an et demi, sans faire un seul effort de plus en termes de sport ou d’alimentation, j’ai perdu plus de 30 kilos  ! Avec l’association, ça va beaucoup mieux dans ma tête.

    Que veux-tu dire aux jeunes qui sont harcelés  ?

    Avec le harcèlement scolaire, on arrache son enfance à un jeune. Quelque chose qui est unique, qu’on ne peut vivre qu’une fois. Mon objectif, c’est de donner à ces jeunes victimes les clés, les armes pour qu’ils puissent s’en servir comme une force et se reconstruire par rapport à ça. Je leur adresse un message : il faut croire en ses rêves et ne pas les lâcher.

    Et à ceux qui harcèlent  ?

    L’erreur pourrait être de leur jeter la pierre. S’ils en viennent à harceler, c’est qu’ils ont eux-mêmes un complexe, quelque chose à cacher, et qu’ils préfèrent mettre quelqu’un d’autre en lumière. Je leur dis : « Plutôt que de venir t’attaquer à plus faible, essaie de te reconstruire toi-même ».

    Ils sont autant en souffrance que les harcelés. Il faut que les adultes avancent et mettent en place des dispositifs comme des cours d’empathie dès le plus jeune âge.

    Il reste donc du chemin à faire  ?

    On n’en est qu’au début du combat. Il reste des étapes-clés. La cause avancera le jour où tous les citoyens se sentiront impliqués. C’est aux adultes de contribuer à éviter le harcèlement scolaire.

    #Harcèlement_scolaire #Cyberharcèlement #Empathie

  • Blog Stéphane Bortzmeyer: Fiche (Cyber) harcèlement
    https://www.bortzmeyer.org/cyber-harcelement.html

    Auteur(s) du livre : Bérengère Stassin
    Éditeur : C&F Éditions
    978-2-915825-94-7
    Publié en 2019
    Première rédaction de cet article le 27 octobre 2019

    Le sujet du harcèlement dans l’enseignement est douloureux mais il est quand même nécessaire de l’étudier. Il ne se réduit pas au cyberharcèlement, et il n’est même pas sûr que le cyberharcèlement soit si différent que cela du harcèlement classique, comme l’indique le titre de ce livre, qui met « cyber » entre parenthèses. En outre, ce sujet se prête au sensationnalisme, et les articles sur quelques cas spectaculaires masquent souvent la réalité du phénomène. On peut donc féliciter l’auteure d’avoir abordé le sujet sous un angle plus scientifique, en s’appuyant sur des faits, et en étudiant le phénomène sous tous ses aspects, afin de mieux pouvoir le combattre.

    C’est d’autant plus important que les exagérations et les approximations qui sont fréquentes lorsqu’on parle du cyberharcèlement ont souvent des but cachés. Par exemple, les politiciens français dénoncent souvent l’anonymat sur l’Internet comme étant lié au harcèlement, et réclament son abolition, alors que Bérengère Stassin fait remarquer que, dans la plupart des affaires de harcèlement scolaire, la victime sait parfaitement qui sont ses harceleurs. Mais la vérité ne compte pas quand on veut faire passer une nouvelle loi.

    Et, si les médias et les autorités parlent si souvent du cyberharcèlement (et très peu du harcèlement tout court), c’est que cela sert aussi à diaboliser les outils de communication modernes, qui les concurrencent. On voit ainsi des campagnes de sensibilisation anxiogènes, qui ne présentent l’Internet que comme un outil de harcèlement.

    Revenons au livre. L’auteure commence par recadrer le problème dans l’ensemble des phénomènes de harcèlement à l’école, malheureusement fréquents. (Elle fait aussi remarquer que les cas les plus dramatiques, se terminant parfois par un suicide de la victime, font parfois oublier qu’il existe un harcèlement de masse, pas aussi grave mais beaucoup plus fréquent.) Le harcèlement scolaire a été étudié depuis longtemps par les spécialistes, même s’il n’existe évidemment pas de solution miracle. Le harcèlement massif est difficile à mesurer car il consiste en beaucoup de micro-agressions. Chaque agresseur a l’impression de ne pas avoir fait grand’chose, alors que c’est leur nombre qui fait la gravité du phénomène. Et le harcèlement est inégalement réparti entre les genres, les filles en étant plus souvent victimes.

    Comme toutes les activités humaines, le harcèlement s’est ensuite adapté à l’Internet et diverses formes de cyberharcèlement sont apparues, que l’auteure passe en revue en détail avec, pour chacune, ce que dit la loi. Mais la presse et les politiciens, toujours prêts à diaboliser le nouveau système de communication, ont rapidement entonné le discours « c’est la faute d’Internet et des écrans, les jeunes étaient mieux avant », quitte à inventer les faits, comme dans l’affaire du soi-disant Momo challenge. La réalité est pourtant bien assez grave comme cela, et plusieurs personnalités ont dénoncé publiquement le cyberharcèlement dirigé contre elles, par exemple Marion Seclin ou Nadia Daam. Ces trois premiers chapitres du livre sont difficiles à lire, car parlant de choses extrêmement douloureuses (même si les agresseurs les considèrent toujours avec légèreté) mais indispensables, pour avoir une idée claire du phénomène. Le livre détaille notamment les nombreuses études qui ont été faites, analysant les motivations des harceleurs (inutile de rappeler que comprendre, ce n’est pas excuser, n’est-ce pas ?)

    Une fois qu’on a étudié le harcèlement, reste à lutter contre lui. C’est l’objet du dernier chapitre. Au moins, maintenant, le problème est nommé et reconnu (ce n’était pas le cas il y a cent ans.) L’État s’en empare, le ministère fait des campagnes, et sensibilise, plusieurs associations sont actives (comme l’APHEE, Marion, la main tendue ou e-Enfance, cette dernière étant spécialisée dans la lutte contre le cyberharcèlement et, au passage, le livre contient énormément d’URL de ressources utiles pour lutter contre le harcèlement).

    Le livre ne fournit bien sûr pas de solution simple et magiquement efficace. Il liste de nombreuses initiatives, de nombreux endroit où trouver des informations et des idées. Les personnes impliquées dans la lutte contre le harcèlement, les enseignant·e·s par exemple, y trouveront des armes contre ces affreuses pratiques. Ne manquez pas également de visiter le blog de l’auteure.

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Stéphane_Bortzmeyer #Cyberharcèlement

  • (cyber)harcèlement - Doc pour docs
    http://docpourdocs.fr/spip.php?article643

    D’ailleurs, quel professeur(e) documentaliste n’a jamais été interpellé(e) par son ou sa chef d’établissement au sujet d’un problème de violence en ligne commis par un ou plusieurs élèves de l’établissement ? A qui n’a-t on jamais demandé, dans l’urgence, de prévoir une ou plusieurs interventions avec une classe pour armer les élèves à mieux vivre un problème semblable ?
    Pour réagir à toutes ces situations nous menons une veille régulière sur le sujet. Mais c’est un travail long… Et nous avons parfois besoin d’une bonne remise à niveau sur le sujet !
    Le livre de Bérengère Stassin, (cyber)harcèlement , est le livre idéal pour découvrir ou se remettre à jour sur toutes les questions de violence en ligne. Indispensable pour les professeurs documentalistes, il sera aussi utile pour les personnels de direction et les CPE concernés par ce sujet. Très accessible, il se lit avec facilité et permet de préciser et de structurer les concepts en lien avec la violence en ligne. Plus encore, le livre propose des pistes pédagogiques et éducatives en prévention des situations de harcèlement.

    Enfin, l’ouvrage offre de pistes institutionnelles et pédagogiques d’intervention et de prévention du cyberharcèlement. Le rôle des partenariats associatifs ainsi que des instances comme le CESC (comité d’éducation à la santé et la citoyenneté) sont précisés. L’auteure relève la nécessaire formation aux compétences psycho-sociales et notamment la formation aux émotions individuelles et collectives notamment dans le cadre du parcours éducatif de santé. Enfin elle souligne et développe le rôle de l’EMI pour renforcer les compétences numériques, informationnelles, médiatiques et communicationnelles des adolescents.
    (cyber)harcèlement est donc un ouvrage à la fois extrêmement précis, documenté et exhaustif sur le sujet des cyberviolences…. Une lecture indispensable !

    Pour vous faire une idée plus précise de son ouvrage, nous avons demandé à l’auteure de répondre à quelques questions. Nous la remercions d’avoir accepté...

    4. Comment pensez-vous que nous pouvons en tant qu’enseignants, et plus précisément professeurs documentalistes, prévenir cette violence ?

    Il faut envisager le harcèlement et le cyberharcèlement comme les deux faces d’une même pièce et les combattre par les mêmes dispositifs et notamment par des dispositifs éducatifs. Dans mon livre je parle de l’éducation à l’empathie, car les émotions jouent un rôle prépondérant dans ces phénomènes. Il faut apprendre aux élèves à verbaliser leurs émotions, mais aussi à reconnaître celles des autres, à se mettre à leur place. Je parle aussi de l’éducation aux médias et à l’information, qui vise, entre autres, à apprendre aux élèves à gérer leur présence en ligne, à comprendre le fonctionnement des médias sociaux, mais aussi à identifier la nature des messages et à faire preuve d’esprit critique. L’enjeu est de leur faire prendre conscience qu’une information compromettante circulant, en ligne ou hors ligne, à l’encontre de tel ou tel camarade n’est peut-être qu’une simple rumeur visant à lui nuire et qu’il n’est probablement pas nécessaire de la relayer ou de la « liker ». Le professeur documentaliste a bien évidemment un rôle clé à jouer dans ces éducations et notamment dans le renforcement de la culture informationnelle et numérique des élèves. En outre, pour travailler sur les émotions, la tolérance, la différence, certains documentalistes mettent en place des ateliers de bibliothérapie. C’est aussi une belle piste à creuser.

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin #C&F_éditions

  • De nouvelles formes de refus violent de l’égalité | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/13/de-nouvelles-formes-de-refus-violent-de-legalite

    « En France, sept cent mille élèves sont victimes de harcèlement scolaire… ». Il ne s’agit pas d’une somme de cas individuels ou de pratiques marginales. Des brimades nouvelles s’ajoutant à d’autres formes de subordination des enfants

    Bérengère Stassin aborde les conséquences du harcèlement scolaire, la nécessité à « reconnaître l’enfant harcelé comme une victime, à ne pas minimiser sa souffrance et encore moins à lui faire porter la responsabilité et à le culpabiliser », les stratégies d’adaptation négatives les conduites auto-agressives, l’enfermement dans le silence, l’isolement, le suicide…

    Elle parle aussi des affaires de sexting et de revenge porn auxquelles de jeunes filles sont confrontées, de la naissance des rumeurs. Elle conclut le chapitre par les stratégies d’adaptation positives comment passer de victime à acteur et actrice de la lutte contre le harcèlement et plus généralement dans la vie…

    Il ne faut pas oublier que les premières violences – dont les violences sexuelles – exercées sur les enfants le sont par des adultes du proche entourage, dont les parents.

    Reste qu’il ne faut négliger aucune des modifications possibles dans les procès d’éducation, permettant de construire l’empathie, la solidarité, l’autonomie, les compétences et les goûts – ici plus particulièrement du numérique – et d’encourager les expériences, les pratiques plus émancipatrices, tant au niveau collectif qu’au niveau individuel.

    De ce point de vue, le livre permet à la fois de connaître les formes prises par la cyberviolence, de comprendre ce phénomène, de nommer et de rendre public des éléments dont les victimes ne sont en rien responsables, d’agir sur des usages et des signes de « reconnaissance », de dégager des pistes de construction sociale de soi…

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Une journaliste de « l’Opinion » harcèle-t-elle un confrère de « Libé » derrière un faux compte Twitter ? - Libération
    https://www.liberation.fr/amphtml/france/2019/09/13/une-journaliste-de-l-opinion-harcele-t-elle-un-confrere-de-libe-derriere-

    Depuis quelques jours, un compte Twitter anonyme relaie des informations fausses et diffamatoires sur un des journalistes de CheckNews, annonçant notamment son possible licenciement de Libération.

    Le compte Twitter en question, @RaysonElla, a été créé le 14 juin 2019. Depuis le 4 septembre, il a posté une cinquantaine de tweets (d’autres ont été postés entre juin et septembre, mais ont été supprimés depuis). La quasi-totalité des tweets visent des journalistes ayant eu affaire d’une manière ou d’une autre à Emmanuelle Ducros, journaliste de l’Opinion, en charge des questions agricoles et au cœur de fréquents débats (souvent agités) à propos, notamment, du glyphosate. Certains tweets visent ainsi Daniel Schneidermann, fondateur d’Arrêt sur images. Mais aussi plusieurs hommes et femmes politiques comme Jean-Luc Mélenchon, Isabelle Saporta, Manon Aubry ou Cécile Duflot.

    Outre le scandale de cette pauvre "journaliste à la solde des lobbies" se livrant au cyberharcèlement, l’article est intéressant sur la manière de repérer les réels propriétaires des comptes Twitter.

    #Cyberharcèlement #Emmanuelle_Ducros #Twitter

  • Sciences sur la Place 2019 : Bérengère Stassin nous parle du (cyber)harcèlement. | Factuel
    https://factuel.univ-lorraine.fr/node/12147

    Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’IUT Nancy Charlemagne et membre du Centre de recherche sur les médiations (Crem), Bérengère Stassin nous raconte la genèse de son livre et préconise des solutions pour pallier les violences qui s’exercent par le biais des smartphones et des médias sociaux.
    Pourquoi j’ai écrit ce livre

    « J’ai écrit ce livre pour synthétiser les connaissances que nous avons aujourd’hui, grâce à la littérature scientifique, sur le phénomène de cyberharcèlement scolaire, pour montrer que cette nouvelle forme de violence impacte l’identité numérique des victimes, mais aussi des agresseurs, du fait des traces numériques laissées par les contenus publiés en ligne. J’ai également voulu présenter les différents acteurs de la lutte contre le (cyber)harcèlement et les dispositifs éducatifs qui peuvent être mobilisés dans le cadre de cette lutte ».
    De l’identité numérique aux actes malveillants

    « Ma thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication (en 2015) en est le point de départ. Intitulée « Médiations documentaires et médiations identitaires dans une communauté de savoir en ligne : le cas de la blogosphère infodoc », elle questionne la finalité de cet outil de médiation qu’est le blog : un partage d’expériences et de savoirs , des liens qui se tissent peu à peu entre les blogueurs qui finissent par former un tout dynamique, une communauté en ligne. Au sein de cette blogosphère, les acteurs valorisent leurs compétences et leur expertise, construisent leur identité et leur réputation numériques ».

    « Un jour, je suis intervenue dans un lycée pour parler de l’identité numérique et des réseaux sociaux. À l’issue de cette intervention et face aux problèmes exposés par les élèves (insultes en ligne, publication d’images compromettantes), l’idée m’est venue d’étudier les différentes formes de cyberviolence scolaire et donc d’étudier l’identité numérique au prisme de cette nouvelle violence. Je me suis appuyée sur de nombreux faits relatés par les médias et sur des témoignages de victimes publiés sur les médias sociaux. J’ai montré aussi que cette violence frappe partout et dans tous les milieux : à l’université, entre étudiants ou à l’encontre des enseignants, dans le monde professionnel, dans l’espace public et dans les relations conjugales.
    Les clés pour sortir de la (cyber)violence

    « Lorsque sexisme, discrimination physique, racisme, homophobie se révèlent au grand jour et conduisent à des situations dramatiques inacceptables, il est essentiel de mettre en place des solutions pour dépasser ces phénomènes. Aujourd’hui, différents dispositifs éducatifs sont développés au sein de l’école : l’éducation aux médias et à l’information, l’éducation à l’esprit critique, l’éducation à l’empathie. Les enjeux sont multiples : apprendre aux élèves à verbaliser leurs émotions, à mieux se connaître, à se mettre à la place de l’autre, à dépasser les stéréotypes et les préjugés, à réfléchir avant de publier ou de relayer un contenu, à prendre conscience que derrière l’écran, il n’y a pas qu’une machine, mais des êtres humains ».

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • De nouvelles formes de refus violent de l’égalité | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/08/13/de-nouvelles-formes-de-refus-violent-de-legalite

    Le cyberharcèlement, « la nouvelle bouteille que constituent Facebook, Twitter, Instagram et autre Snapchat ne donne-t-elle pas au vieux vin un nouvel arôme, un nouveau goût… ? ». Pour l’autrice c’est entre autres la « dimension répétitive » qui fait la différence entre le harcèlement traditionnel et le cyberharcèlement. Il convient d’interroger ce dernier « au prisme de la réputation et de l’identité numérique ». Bérengère Stassin indique qu’il n’y a pas de consensus sur la définition du cyberharcèlement, que la question de la répétition est difficile à appréhender. Elle parle d’abolition de frontières, « Cette abolition des frontières et la chambre d’écho que constituent les médias sociaux donnent au harcèlement une nouvelle audience… », de vitesse et de viralité, de pérennité des traces numériques, de banalisation des actes sous couvert de l’humour.

    Je souligne les paragraphes sur les question de « réputation », de nuisance à l’image et à la « réputation » de la victime, du cadre maintenu de la différence (de la double morale en particulier en matière de sexualité) qui s’attache aux filles et aux garçons, des gains de « popularité » au sein des médias sociaux (pour moi, une forme très fétichisée des relations sociales), de l’identité numérique et du rôle des algorithmes, de la construction volontaire d’une « meute », du rôle des « camarades de classe » et des réseaux « amicaux », de l’anonymat et de la désinhibition (le sentiment que l’on peut agir en toute impunité), des clichés liés au genre ou à la sexualité…

    Dans le dernier chapitre Bérengère Stassin propose des pistes pour lutter contre le harcèlement et le cyberharcelement à l’école. Elle insiste sur les dispositifs éducatifs que « sont l’« éducation à l’empathie » et l’« éducation aux médias et à l’« information » » et aborde les différent·es acteurs et actrices de la prévention. Elle parle, entre autres, d’empathie, de « compétences émotionnelles », de socialisation et de sensibilité aux autres, de conscience et d’inconscience, de dispositifs ludiques, du théâtre de l’opprimé d’Augusto Boal, du jeu des trois figures de Serge Tisseron, d’estime de soi, de parcours éducatif de santé, d’éducation aux médias et à l’information (voir chez le même éditeur, le récent livre de Marion Carbillet, Hélène Mulot : A l’école du partage Les communs dans l’enseignement : jecoute-mal-un-sot-qui-veut-que-je-craigne/ ), du fonctionnement des géants du web…

    « Le harcèlement et le cyberharcèlement ne forment bien souvent que les deux faces d’une même pièce. Ils doivent donc être appréhendés ensemble et peuvent être combattus par l’éducation à l’empathie, à l’esprit critique, à l’intelligence des traces, aux médias et à l’information, mais aussi par le développement des compétences psychosociales et émotionnelles : apprendre à exprimer ses émotions pour mieux reconnaître celles des autres, apprendre à se respecter soi-même pour mieux respecter l’autre ».

    Je ne pense pas que l’éducation suffise pour éradiquer les violences, à l’école comme ailleurs. Il faut s’attaquer aux conditions matérielles (et leurs dimensions idéelles) générant les dominations, la compétition, la méritocratie, l’inégalité, les carcans dans lesquels les adultes enferment les enfants et les violences qu’iels exercent directement sur elles et eux, les heurts entre individus soi-disant entrepreneurs/entrepreneuse de soi, l’absence de solidarité, l’individualisation égoïste différente des procès d’individuation, les hiérarchies sexuelles et/ou racistes, l’omniprésence des GAFAM (collecte de données et revente, dictature des algorithmes…), le fétichisme des outils, l’immédiateté opposée à la réflexion, le fantasme de reconnaissance (like)…

    Il ne faut pas oublier que les premières violences – dont les violences sexuelles – exercées sur les enfants le sont par des adultes du proche entourage, dont les parents.

    Reste qu’il ne faut négliger aucune des modifications possibles dans les procès d’éducation, permettant de construire l’empathie, la solidarité, l’autonomie, les compétences et les goûts – ici plus particulièrement du numérique – et d’encourager les expériences, les pratiques plus émancipatrices, tant au niveau collectif qu’au niveau individuel.

    De ce point de vue, le livre permet à la fois de connaître les formes prises par la cyberviolence, de comprendre ce phénomène, de nommer et de rendre public des éléments dont les victimes ne sont en rien responsables, d’agir sur des usages et des signes de « reconnaissance », de dégager des pistes de construction sociale de soi…

    #C&F_éditions #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement #Violence_scolaire

  • Man Who Built The Retweet : “We Handed A Loaded Weapon To 4-Year-Olds”
    https://www.buzzfeednews.com/article/alexkantrowitz/how-the-retweet-ruined-the-internet

    Developer Chris Wetherell built Twitter’s retweet button. And he regrets what he did to this day.

    “We might have just handed a 4-year-old a loaded weapon,” Wetherell recalled thinking as he watched the first Twitter mob use the tool he created. “That’s what I think we actually did.”

    Wetherell, a veteran tech developer, led the Twitter team that built the retweet button in 2009. The button is now a fundamental feature of the platform, and has been for a decade — to the point of innocuousness. But as Wetherell, now cofounder of a yet-unannounced startup, made clear in a candid interview, it’s time to fix it. Because social media is broken. And the retweet is a big reason why.

    After the retweet button debuted, Wetherell was struck by how effectively it spread information. “It did a lot of what it was designed to do,” he said. “It had a force multiplier that other things didn’t have.”

    “We would talk about earthquakes,” Wetherell said. “We talked about these first response situations that were always a positive and showed where humanity was in its best light.”

    But the button also changed Twitter in a way Wetherell and his colleagues didn’t anticipate. Copying and pasting made people look at what they shared, and think about it, at least for a moment. When the retweet button debuted, that friction diminished. Impulse superseded the at-least-minimal degree of thoughtfulness once baked into sharing. Before the retweet, Twitter was largely a convivial place. After, all hell broke loose — and spread.

    In the early 2010s, Facebook’s leadership was looking for ways to drive up engagement. Having previously failed to acquire Twitter, they looked to its product for inspiration.

    The allure of going viral via the retweet had drawn publications, journalists, and politicians to Twitter en masse. And their presence shined most prominently during the 2012 election, a big moment for Twitter and a relative dud for Facebook. So Facebook, in a now all too familiar move copied Twitter, adding a trending column, hashtags, and a retweet clone.

    In 2014, Wetherell realized the retweet button was going to be a major problem when the phrase “ethics in game journalism” started pouring into a saved search for “journalism” he had on Twitter. The phrase was a rallying cry for Gamergate — a harassment campaign against women in the game industry — and Wetherell, after seeing that first batch of tweets, watched it closely.

    As Gamergate unfolded, Wetherell noticed its participants were using the retweet to “brigade,” or coordinate their attacks against their targets, disseminating misinformation and outrage at a pace that made it difficult to fight back. The retweet button propelled Gamergate, according to an analysis by the technologist and blogger Andy Baio. In his study of 316,669 Gamergate tweets sent over 72 hours, 217,384 were retweets, or about 69%.

    The game took another dark turn during the 2016 presidential campaign, when impulse-sparked sharing caused outrage and disinformation to flourish on both Twitter and Facebook. It’s one thing to copy and paste a link that says Hillary Clinton is running a pedophile ring in the basement of a pizza shop — and share it under your own name. It’s another to see someone else post it, remember that you don’t like Hillary Clinton, and impulsively hit the share or retweet button.

    “We have some evidence that people who are more likely to stop and think are better at telling true from false,” David Rand, an associate professor at MIT who studies misinformation, told BuzzFeed News. “Even for stuff that they are motivated to believe, people who stop and think more are less likely to believe the false stuff.”

    The benefits of creating such content accrued disproportionately to the fringe. When someone retweets something, they’re sharing the content with their followers, but also sending a signal to the person they’re amplifying, said Anil Dash, a blogger and tech entrepreneur. The more fringe the original tweeter, the more valuable the retweet.

    “If I retweet the New York Times, they don’t care,” Dash said. “But extreme content comes from people who are trying to be voices, who are trying to be influential in culture, and so it has meaning to them, and so it earns me status with them.”

    The pursuit of that status has driven many Twitter users to write outrageous tweets in the hope of being retweeted by fringe power users. And when they do get retweeted, it sometimes lends a certain credibility to their radical positions.

    The retweet and share, in other words, incentivize extreme, polarizing, and outrage-inducing content.

    A full rollback of the share and retweet buttons is unrealistic, and Wetherell doesn’t believe it’s a good idea. Were these buttons universally disabled, he said, people could pay users with large audiences to get their message out, giving them disproportionate power.
    "Oh no, we put power into the hands of people.”

    To rein in the excesses of the retweet, Wetherell suggested the social media companies turn their attention toward audiences. When thousands of people retweet or share the same tweet or post, they become part of an audience. A platform could revoke or suspend the retweet ability from audiences that regularly amplify awful posts, said Wetherell. “Curation of individuals is way too hard, as YouTube could attest,” Wetherell said. “But curation of audiences is a lot easier.”

    Another solution might be to limit on the number of times a tweet can be retweeted. Facebook is experimenting with an approach of this nature, although not in its main product. Earlier this year, WhatsApp, which is owned by Facebook, limited the number of people to which a message could be forwarded to five at a time, in response to quick-spreading rumors and disinformation. “The forward limit significantly reduced forwarded messages around the world,” WhatsApp said in a blog post. “We’ll continue to listen to user feedback about their experience, and over time, look for new ways of addressing viral content.”

    MIT’s Rand suggested another idea: preventing people from retweeting an article if they haven’t clicked on the link. “That could make people slow down,” he said. “But even more than that, it could make people realize the problematic nature of sharing content without having actually read it.”

    Whatever the solution, Wetherell looks at the retweet very differently than he once did — a lesson that he thinks has broader implications. “I remember specifically one day thinking of that phrase: We put power in the hands of people,” he said. “But now, what if you just say it slightly differently: Oh no, we put power into the hands of people.”

    #Twitter #Retweet #Médias_sociaux #Viralité #Fake_news #Cyberharcèlement

  • Logiciel espion, détournement de webcam : l’effrayant constat des cyberviolences conjugales - Tech - Numerama
    https://www.numerama.com/tech/525639-espionnage-de-google-agenda-webcam-app-de-suivi-menstruel-quand-la-

    « J’ai eu le cas d’une femme qui pensait que son ex-conjoint la suivait car il lui envoyait des messages indiquant où elle se trouvait, se souvient Léa Bages. Elle ne se sentait pas en sécurité. On a fini par comprendre que l’ex-conjoint avait offert une tablette à son fils. Il y avait activé la géolocalisation et comme son fils était un peu accro aux écrans, il suivait tous les déplacements de la famille avec. »

    L‘ex-conjoint avait offert une tablette à son fils

    D’autres cas témoignent de l’imagination débordante que développent des prédateurs. La formatrice nous raconte ainsi des cas de cyberviolence économique ou administrative, devenus très courants, comme l’histoire d’un conjoint qui avait les codes du compte de la CAF (caisse d’allocations familiales) de son ex-femme. Il s’était connecté et avait remplacé le RIB par le sien. Il touchait ainsi tout l’argent directement sur son compte à lui. Une victime a également été inscrite contre son gré à une sécurité sociale qui n’était pas la sienne, ce qui l’empêchait de recevoir les remboursements de ses dépenses de santé.

    « On voit aussi des personnes qui font de fausses actualisations auprès de Pôle Emploi car ils ont les codes pour se connecter au compte. Ils disent que leur ex a trouvé un emploi pour qu’il ou elle ne reçoive plus d’indemnités », détaille Léa Bages, avant d’évoquer le problème des comptes communs pour les impôts.
    La prévention à revoir ?

    La diversité des situations donne du fil à retordre aux administrations. Selon la formatrice, elles seraient « conscientes du problème » et feraient des efforts pour améliorer la prise en charge des victimes. Mais souvent, rétablir la vérité demande du courage, du temps, et ne paye pas toujours. La Française qui a été inscrite deux fois à une seconde sécurité sociale a porté plainte, mais la police a ensuite « perdu son dossier ». Pendant longtemps, elle n’a plus perçu de remboursements, ce qui aurait pu la mettre dans une situation précaire au moindre soucis de santé. « C’est toujours très difficile à prouver et il y a globalement un manque de formation et un manque de coopération entre les différentes administrations », regrette Léa Bages.

    #coupe #violence #cyberharcelement #cybersurveillance #domination_masculine

  • Cauchemars, épuisement, manque de moyens : pourquoi des cybermilitantes jettent l’éponge - Politique - Numerama
    https://www.numerama.com/politique/532975-cauchemars-epuisement-manque-de-moyens-pourquoi-des-cybermilitantes

    Après Anaïs Bourdet, la créatrice du #Tumblr Paye ta schnek, c’est au tour de l’association Féministes contre le #cyberharcèlement d’annoncer qu’elle doit restreindre ses activités. Le manque de moyens et l’épuisement sont venus à bout de ces cybermiltantes qui luttent contre les violences faites aux femmes.

    #haine