#cyberharcèlement

  • Les députés votent un nouveau délit de harcèlement scolaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/12/02/les-deputes-votent-un-nouveau-delit-de-harcelement-scolaire_6104387_3224.htm

    Les députés ont voté en première lecture, mercredi 1er décembre, une proposition de loi qui crée un nouveau délit de harcèlement scolaire. Ce texte, soutenu par le gouvernement, a été adopté à l’unanimité des suffrages exprimés, soit 69 voix. Cinq députés de gauche se sont abstenus.

    « En se proposant de légiférer sur une telle question, les représentants de la nation envoient un message d’une grande puissance », a estimé le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour qui la lutte contre le harcèlement scolaire « nécessite la mobilisation de la société tout entière ». Près d’un élève sur dix serait concerné par ce fléau, amplifié par les réseaux sociaux. Un programme de lutte contre le harcèlement scolaire, baptisé Phare et expérimenté par six académies depuis deux ans, est en cours de déploiement au sein de toute l’éducation nationale.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés « J’ai peur d’y retourner » : le sombre quotidien des élèves victimes de harcèlement scolaire

    Ce nouveau délit vise à compléter d’un point de vue pénal les outils déjà disponibles. Il pourra concerner les élèves comme les adultes travaillant dans les établissements scolaires et universitaires, publics ou privés. Le texte prévoit des peines allant de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, lorsque les faits auront causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours, à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende lorsqu’ils auront conduit la victime à se suicider ou tenter de se suicider.
    « Surenchère pénale »

    Sur le terrain, les acteurs associatifs n’étaient pas demandeurs d’un tel délit. Le directeur du Centre de ressources et d’études systémiques contre les intimidations scolaires (Resis), Jean-Pierre Bellon, ou la fondatrice de l’association Marion la main tendue, Nora Fraisse, jugent ainsi le texte trop répressif : « Aucune loi pénalisant les élèves harceleurs n’aura le moindre effet sur l’existence des effets de groupe » propres au harcèlement scolaire, estiment-ils dans un texte commun.

    Dans l’hémicycle, la création de cette nouvelle infraction, alors que ces agissements peuvent déjà être sanctionnés aujourd’hui par le biais du délit de harcèlement moral, a suscité des débats. Cette proposition de loi participe à « un plan de communication » et à une « surenchère pénale », a ainsi déclaré la députée Sabine Rubin (La France insoumise, Seine-Saint-Denis). « Le réflexe répressif vis-à-vis d’enfants n’est pas la bonne voie », a rebondi Elsa Faucillon (Parti communiste, Hauts-de-Seine). La députée craint une judiciarisation accrue : « Des parents iront porter plainte avant même d’en parler au chef d’établissement », alors qu’« il y a besoin de plus d’éducatif ». Favorable au texte et au fait de « casser un tabou », le député Grégory Labille (Union des démocrates, radicaux et libéraux, Somme) n’en a pas moins jugé que « les peines prévues sont totalement disproportionnées en comparaison avec le droit existant ».

    « Je souhaite avant tout utiliser la fonction expressive du code pénal pour poser un interdit clair, susceptible de fonder une action pédagogique de prévention », se défend Erwan Balanant, le député MoDem à l’origine de ce texte. « Il ne s’agit pas d’envoyer les enfants en prison. La justice des mineurs existe. Elle prend en compte l’âge et le discernement de l’auteur. Mais le code pénal édicte le système de valeurs d’une société », ajoute l’élu du Finistère.

    Un stage de « sensibilisation aux risques liés au harcèlement » pourra être proposé aux élèves harceleurs comme mesure alternative aux poursuites. Le texte prévoit aussi d’obliger les réseaux sociaux à modérer les contenus de harcèlement scolaire. Une disposition qui laisse sceptiques nombre de députés présents quant à sa portée réelle.
    « Tigre de papier »

    Outre ce volet pénal, le texte égrène des mesures de prévention comme la formation des personnels, une information annuelle des parents d’élèves ou l’obligation pour chaque établissement de définir un protocole de traitement des faits de harcèlement. Des dispositions qui resteront un « vœu pieux » si elles ne sont pas associées à des moyens supplémentaires, notamment pour la médecine scolaire, ont souligné plusieurs députés.

    Au tour des sénateurs d’examiner, début 2022, cette proposition de loi, qui bénéficie d’une procédure accélérée. Une mission sénatoriale sur le harcèlement scolaire se montrait dernièrement encore peu convaincue par la création d’un tel délit spécifique. « Au-delà de réaffirmer un interdit social, cette solution risque de n’être qu’un tigre de papier et n’aura pas ou très peu d’effet. Elle risquerait même de créer un sentiment de bonne conscience et de nuire à la nécessaire mobilisation générale », estimait-elle dans son rapport fin septembre.

    #Education #Harcèlement #Cyberharcèlement

  • SAVOIE. Chambéry : « Avec le cyberharcèlement, les victimes ne disent souvent rien »
    https://www.ledauphine.com/societe/2020/02/20/chambery-avec-le-cyberharcelement-les-victimes-ne-disent-souvent-rien

    Maître de conférences à l’université de Lorraine et spécialiste des questions de cyberharcèlement, Bérengère Stassin était au Manège ce mercredi. Elle y intervenait dans le cadre d’une journée dédiée à cette question sensible. Explications avec elle sur les formes que prend ce harcèlement 2.0 et sur les façons de le combattre.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Conférence > Sexisme et violence sexuelle en contexte numérique : quel état des lieux ? | L’aire d’u
    https://www.lairedu.fr/media/video/conference/sexisme-et-violence-sexuelle-en-contexte-numerique-quel-etat-des-lieux

    Bérengère Stassin, maîtresse de conférences en Sciences de l’information et de la communication, Centre de recherche sur les médiations, Université de Lorraine.

    Cette conférence a pour objectif de présenter les caractéristiques du sexisme et de la violence sexuelle exercés à l’encontre des femmes en contexte numérique, et plus globalement, du cyberharcèlement. Ce dernier prend différentes formes : moqueries, insultes, dénigrement, menaces de viol ou de meurtre, ou encore pornodivulgation (publication d’images intimes sans le consentement de la personne qu’elles représentent, de photos volées ou truquées, de vidéos à caractère sexuel réalisées parfois sous la contrainte, etc.).

    Ces violences frappent partout, à tout âge et dans tous les milieux : à l’école, à l’université, dans le monde du travail, dans celui des médias et du cinéma – comme en témoigne le mouvement #metoo – en politique, dans le sport de haut niveau, mais aussi dans la sphère privée et conjugale. Les victimes sont donc aussi bien des collégiennes (cf. l’affaire Mila) que des enseignantes (cf. Stéphanie de Vanssay), des militantes féministes (cf. Marion Seclin), des journalistes (cf. Nadia Daam) ou des célébrités (cf. Adele). Les moyens de prévenir ces violences se multiplient, les langues se délient, des plaintes sont déposées, des procès ont lieu. Mais cette violence « en ligne » fait autant de dommages que la violence « hors ligne ». Elle laisse des traces qui ne sont pas seulement numériques et qui impactent durablement la vie des victimes.

    #Bérengère_Stassin #Féminisme #Cyberharcèlement

  • « J’ai peur d’y retourner » : le sombre quotidien des élèves victimes de harcèlement scolaire
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/11/17/j-ai-peur-d-y-retourner-temoignages-d-eleves-harceles_6102380_3224.html

    Des témoignages qui rendent plus que triste.

    Et une question lancinante : pourquoi n’y a -t-il aucune prise en compte d’un besoin de penser l’école autrement qu’au travers du seul prisme du "transfert de connaissances" et de penser que c’est un lieu de vie... qui a donc besoin d’un personnel nombreux et qualifié pour apprendre le "savoir-être" aux jeunes générations. Pas le rôle des prof, mais bien des CPE. Qu’on en multiplie le nombre, qu’on les accompagnent d’infirmier.es et de psychologues, et on fera sacrément avancer la société. Sur le long terme, autant que pour prendre en compte/charge les dérives présentées dans cet article.

    En France, un enfant sur dix serait concerné par des violences verbales ou physiques dans le cadre scolaire. A l’occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, des victimes et leurs parents racontent leur histoire au « Monde ».

    On a publié trois livres sur ces questions que l’on estime vraiment importantes :
    – (Cyber)harcèlement de Bérengère Stassin
    https://cfeditions.com/cyberharcelement

    – L’Ecole sans école. Ce que le confinement nous dit de l’éducation
    https://cfeditions.com/sans-ecole

    – Le désir de détruire de Daniel Oppenheim
    https://cfeditions.com/destructivite

    #Cyberharcèlement #Harcèlement_scolaire

  • « Trouver des alternatives aux réseaux qui favorisent les clashs et les altercations stériles : pas si simple ! En ce sens, Polemix est sûrement une proposition extrêmement intéressante. Son but ? Créer un lieu de débat sans désinformation ni haine, en invitant un cercle de jeunes à s’exprimer. »

    https://www.ladn.eu/media-mutants/polemix-reseau-social-debat-intelligent

    #Débat #ReseauSocial #Cyberharcèlement #SNT

  • Combattre le cybersexisme et son invisibilité | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/08/11/combattre-le-cybersexisme-et-son-invisibilite

    « A travers les outils numériques, les violences sexistes et sexuelles se trouvent à la fois démultipliées via la dissémination permise par ces technologies, et favorisées voire encouragées par l’anonymat conférant aux agresseurs et agresseuses un sentiment d’impunité, amplifié par le fait que ces agissements sont soustraits au regard des adultes ».

    Les autrices présentent l’étude et son contexte, le cadre législatif et institutionnel, d’autres enquêtes sur le même sujet. Elles abordent, entre autres, le climat scolaire, la violence et la cyberviolence, les usages et les pratiques du numérique des adolescent·es, la tendance à l’hyper-connexion, les modes de communication et ce qu’ils permettent, « Ces modes de communication permettent donc le partage et les échanges avec autrui, le maintien (ou la construction) d’un lien social avec des ami-e-s, des connaissances, voire des inconnu-e-s », la fréquentation des réseaux sociaux, « La fréquentation des réseaux sociaux va également dans le sens d’une expression de soi, de l’occupation de l’espace virtuel pour une mise en scène de soi autonome, indépendante et créative », les visées de renommée ou de popularité, la définition de la cyberviolence, « l’usage des différents outils de connexion en ligne ou par téléphone mobile dans le but d’insulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs, ostraciser, exercer une coercition externe sur un individu qui ne peut pas facilement se défendre seul ou qui subit une domination », l’anonymat et ce qu’il permet, l’engendrement de formes de désinhibition, le sentiment d’insécurité et d’isolement, l’« auto-culpabilisation », les liens entre cyberviolences et violences en présentiel, les relations contextuelles et relationnelles de genre, « Cette orientation qui s’attache aux manifestations sexistes et sexuelles, est notre voie de questionnement pour explorer les cyberviolences, avec l’ambition de pallier modestement les lacunes exposées précédemment », la nécessité d’une analyse genrée des violences entre pairs…

    #Cybersexisme #Sexisme #Cyberviolence #Cyberharcèlement #Médias_sociaux #Rayon_numérique

  • Bérangère Stassin : (cyber)harcèlement, sortir de la violence à l’école et sur les écrans – Des avenues et des fleurs
    https://blogs.letemps.ch/dunia-miralles/2021/06/24/berangere-stassin-cyberharcelement-sortir-de-la-violence-a-lecole-et-sur-les-ecrans/amp

    Dans son livre (Cyber)harcèlement, sortir de la violence à l’école et sur les écrans, paru chez C&F Editions, Bérengère Stassin explique et décortique, d’une manière accessible à chacun, les mécanismes des différents types de violences tout en nous en donnant les définitions. Elle explique également les conséquences physiques et psychologiques qu’engendrent ces agressions sur le court et le long terme. Ce livre a été pensé comme un ouvrage de synthèse, une revue des faits d’actualités qui dès lors qu’on les analyse, se montrent éclairants sur le mécanisme des phénomènes de violence et de harcèlement et de la manière dont cela continue hors de l’école. Il est aussi question des actions préventives et éducatives menées au sein de différents établissements scolaires.

    Ce livre vous permettra de reconnaître les exactions que votre enfant subit peut-être à l’école ou que vous pouvez subir vous-même dans le cadre d’une association, de votre travail, d’une activité sportive ou autre… L’ouvrage, édité en France, donne des adresses valables pour l’Hexagone mais, à la fin de cet article, j’insérerai quelques liens d’associations qui apportent un soutien aux victimes, surtout aux plus jeunes, qui sont confrontées à ce problème, hélas, en expansion.

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin

  • #SalePute

    Loin d’être un phénomène isolé, le #cyberharcèlement touche en majorité les #femmes. Une enquête édifiante sur ce déferlement de #haine virtuelle, aux conséquences bien réelles. Avec le #témoignage d’une dizaine de femmes, de tous profils et de tous pays, et de spécialistes de la question, qui en décryptent les dimensions sociologiques, juridiques et sociétales.

    Les femmes sont vingt-sept fois plus susceptibles que les hommes d’être harcelées via #Internet et les #réseaux_sociaux. Ce constat, dressé par l’European Women’s Lobby en 2017, prouve que les #cyberviolences envers les femmes ne sont pas une addition d’actes isolés, mais un fléau systémique. Plusieurs études sociologiques ont montré qu’il était, en majorité, le fait d’hommes, qui, contrairement aux idées reçues, appartiendraient à des milieux plutôt socio-économiques plutôt favorisés. Se sentant protégés par le caractère virtuel de leurs actions, les auteurs de ces violences s’organisent et mènent parfois des « #raids_numériques », ou #harcèlement_en_meute, aux conséquences, à la fois personnelles et professionnelles, terribles pour les victimes. Celles-ci, lorsqu’elles portent plainte, n’obtiennent que rarement #justice puisqu’elles font face à une administration peu formée sur le sujet, à une législation inadaptée et à une jurisprudence quasi inexistante. Les plates-formes numériques, quant à elles, sont encore très peu régulées et luttent insuffisamment contre le harcèlement. Pour Anna-Lena von Hodenberg, directrice d’une association allemande d’aide aux victimes de cyberharcèlement, le phénomène est une menace directe à la #démocratie : « Si nous continuons de tolérer que beaucoup de voix se fassent écarter de cet #espace_public [Internet, NDLR] et disparaissent, alors nous n’aurons plus de #débat_démocratique, il ne restera plus que les gens qui crient le plus fort ».

    Acharnement haineux
    #Florence_Hainaut et #Myriam_Leroy, deux journalistes belges cyberharcelées, recueillent les témoignages d’une dizaine de femmes, de tous profils et de tous pays, (dont la chroniqueuse de 28 minutes #Nadia_Daam, l’humoriste #Florence_Mendez ou encore l’auteure #Pauline_Harmange), elles aussi insultées et menacées sur le Net. En partant des messages malveillants reçus par ces dernières, le duo de réalisatrices enquête sur la prolifération de la haine en ligne auprès de différents spécialistes de la question, qui décryptent les aspects sociologiques, juridiques ou encore sociétaux du cyberharcèlement.

    https://www.arte.tv/fr/videos/098404-000-A/salepute

    –-> déjà signalé sur seenthis (https://seenthis.net/messages/919957 et https://seenthis.net/messages/920100), mais je voulais y ajouter des mots-clé et citations...

    #Renaud_Maes, sociologue (à partir de la min 16’30)

    « Généralement c’est plutôt des hommes qui agressent sur internet et c’est plutôt des gens qui viennent de milieux socio-économiques plus favorisés (...), des gens qui viennent de la classe moyenne, voire de la classe moyenne supérieure. Cela permet de révéler quelque chose qu’on croit relativement absent : il existe une violence structurelle dans nos société, il existe une domination structurelle et on s’en est pas débarrassés. Clairement, encore aujourd’hui, c’est pas facile d’être un homosexuel, c’est pas facile d’être une femme, c’est pas facile d’être une personne racisée, c’est encore moins facile si on commence à avoir plusieurs attributs au même temps. C’est quelque chose qui parfait ne transparaît pas dans le monde social, parce qu’on a plus de self-control. Avec internet on voit bien que le problème est bien là et que dès qu’on a eu l’occasion d’enlever un peu de #contrôle_social, d’avoir, ne fut-ce que l’illusion, car ce n’est pas forcément vrai, moins de conséquences immédiatement les choses sont mises à nu. Et on voit qu’il y a de la violence, il y a du #rejet des personnes homosexuelles, il y a de la misogynie, il y a du racisme. »

    #Ketsia_Mutombo, co-fondatrice du collectif « Féministes contre le harcèlement » (à partir de la min 22’30) :

    « On est encore dans des sociétés où la parole publique ou l’espace public n’est pas fait pour les femmes, n’est pas fait pour les groupes minorés. On est pensé comme des personnes qui doivent rester dans l’espace domestique, s’acquitter du travail domestique, familial, relationnel, mais ne pas prendre la place. »

    #Laurence_Rosier, linguiste (à partir de la min 22’45) :

    "Les femmes qui s’expriment, elles s’expriment dans la place publique. (...) Et à partir du moment où ’elles l’ouvrent’, elles se mettent en #danger parce qu’elles vont en général tenir une parole qui n’est pas la parole nécessairement attendue. C’est quoi une parole attendue depuis des lustres ? C’est que la femme au départ elle doit respecter les #convenances, donc elle doit être polie, c’est elle qui fait l’éducation à la politesse des enfants, elle doit être mesurée, en retenue, pas violente. Et dès qu’elle adopte un ton qui n’est pas celui-là, qui est véhément, qui est agressif, qui est trivial, sexuel... et bien, on va lui faire sentir que justement elle sort des codes établis et elle va être punie

    #Lauren_Bastide (à partir de la minute 22’18) :

    « Je trouve que le cyberhacèlement a beaucoup de résonance avec le #viol et la #culture_du_viol, qu’il y a ce continuum de la simple interpellation dans la rue au viol. Pour moi c’est pareil, il y a le petit mot écrit, le petit commentaire un peu haineux sous ta photo et puis le raid qui fout ta vie par terre. Il y a cette espèce de #tolérance de la société pour ça... ’c’est le tarif en fait... il ne fallait pas sortir la nuit, il ne fallait pas te mettre en jupe’. ’Bhein, oui, c’est le tarif, t’avais qu’à pas avoir d’opinion politique, t’avais qu’à pas avoir un métier visible. Les conséquences qu’il peut y avoir c’est que les femmes sont moins prêtes à parler, c’est plus difficile pour elles. Prendre la parole dans l’espace public quand on est une femme c’est l’#enfer. Il faut vraiment être très blindée, très sure de soi pour avoir la force d’y aller. Surtout quand on va exprimer une opinion politique »

    #Anna-Lena_von_Hodenberg, Hate aid (à partir de la minute 33’48) :

    « Nous devons réaliser qu’internet c’est l’espace public au même titre que la vie physique. »

    #Emma_Jane, autrice du livre Misogyny Online (à partir de la minute 35’30), en se référant au fait que le sujet n’est pas vraiment traité sérieusement...

    "La plupart des politiciens sont de vieux hommes blancs, ils ne reçoivent pas d’insulte raciste, ils ne reçoivent pas d’insultes sexistes, ils n’ont pas grandi avec internet.

    #Renate_Künast, députée écologiste allemande (à partir de la minute 39’20) :

    « Ce qui est choquant ce n’est pas seulement la haine dont j’ai été la cible, mais le fait que beaucoup de femmes sont visées par ce type de violence sexualisée. (...) On se sent personnellement visé, mais il s’agit d’un problème systémique, c’est caractéristique de l’extrême droite qui ne supporte pas que les femmes soient autre chose que des femmes au foyer et qu’elles jouent un rôle actif dans la société. (...) Il ne s’agissait pas d’une phrase, mais de milliers de messages qui ne disparaîtraient jamais. Pour toutes ces raisons j’ai porté plainte. Et j’ai été stupéfaite quand la réponse, se basant selon moi sur une mauvaise interprétation de la jurisprudence a été qu’en tant que femme politique je devais accepter ce genre de messages. (...) ’Détritus de chatte’, pour les juges en Allemagne, c’était de la liberté d’expression’. »

    #Laurence_Rosier (à partir de la minute 41’35) :

    « La liberté d’expression est invoquée aujourd’hui, pas dans tous les cas, mais dans beaucoup de cas, pour justifier des discours de haine. Et les discours de haine c’est pas soudain que la haine sort, c’est parce que ça a été permis et favorisé par ’oh, une petite blague sexiste, une petite tape sur l’épaule, un petit mot d’abord gentil’ et que progressivement on libère le niveau du caniveau. »

    #Florence_Mendez, humoriste (à partir de la minute 43’01) :

    « Le sexisme que même pour moi était acceptable avant, parce qu’on a toutes nagé dans cette mer en ce disant ’ça va, l’eau n’est pas si salée, je peux en boire encore un peu !’... On a toutes laissé passé ça. Et maintenant il y a des choses qui sont juste insupportables. (...) Je ne laisse plus rien passer du tout, rien passer du tout dans ma vie de tous les jours. »

    #Renate_Künast, députée écologiste allemande (à partir de la minute 43’25) :

    « ça me rappelle ce slogan des mouvements féministes des années 1970 : ’Le pouvoir des hommes est la patience des femmes’. Il faut juste qu’on arrête d’être patientes. »

    Anna-Lena von Hodenberg (à partir de la minute 47’32) :

    « Si on laisse courir les choses, sans régulation, sans poursuites judiciaires, si en tant que société on continue à rester des témoins passifs, alors ça aura des conséquences massives sur nos démocraties. Nous voyons déjà maintenant aux Etats-Unis : la polarisation. Nous l’avons vu en Grande-Bretagne pendant le Brexit. Et ça, c’est juste un avant-goût. Le net est l’espace public le plus important que nous avons, si nous continuons de tolérer que beaucoup de voix se font écarter de cet espace public, qu’elles disparaissent, alors nous n’avons plus de débat démocratique, alors il ne restera plus que les gens qui crient le plus fort et par conséquent, dans le débat public, régnera la loi du plus fort. Et ça, dans nos cultures démocratiques, nous ne pouvons pas l’accepter. »

    Voix off (à partir de la minute 52’40) :

    « ’Fermer sa gueule’, c’est déserter les réseaux, c’est changer de métier, adopter un ton très polissé, c’est refuser des opportunités quand elles sont trop exposées. Et serrer les dents quand on est attaqué, ne surtout pas donner l’impression de se plaindre. »

    #Florence_Mendez (à partir de la minute 53’40) :

    «C’est la fin de la tranquillité.»

    #fait_de_société #cyber-harcèlement #menaces #santé_mentale #violence_structurelle #domination_structurelle #misogynie #racisme #sexisme #intersectionnalité #insulte #espace_numérique #punition #code_établi #plainte #impunité #extrême_droite #fachosphère #liberté_d'expression #polarisation #démocratie #invisibilisation #silenciation #principe_de_la_nasse #nasse
    #documentaire #film_documentaire

    ping @isskein @_kg_ @karine4 @cede

  • #SalePute - #documentaire | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/098404-000-A/salepute

    Loin d’être un phénomène isolé, le #cyberharcèlement touche en majorité les #femmes. Une enquête édifiante sur ce déferlement de haine virtuelle, aux conséquences bien réelles. Avec le témoignage d’une dizaine de femmes, de tous profils et de tous pays, et de spécialistes de la question, qui en décryptent les dimensions sociologiques, juridiques et sociétales.

  • Cyberharcèlement – Publictionnaire
    http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/cyberharcelement

    Un article de Bérengère Stassin dans Le Publictionnaire sur le Cyberharcèlement.

    Selon le dictionnaire Le Robert, le cyberharcèlement est un « harcèlement pratiqué par voie électronique, notamment sur les réseaux sociaux ». Le phénomène est lié au développement de l’Internet et à la démocratisation de l’équipement informatique, mais connaît véritablement un essor avec l’arrivée du web 2.0 et des téléphones portables dotés de caméra et d’appareil photo au début des années 2000. À cette époque, les premiers travaux académiques cherchant à comprendre et caractériser cette nouvelle forme de violence se développent également. Ils placent surtout la focale sur les adolescents, car si les médias sociaux et les smartphones leur permettent de poursuivre, le soir, les échanges et les jeux initiés dans la cour de récréation, ils leur permettent aussi de poursuivre les brimades exercées à l’encontre d’un·e camarade. Des élèves victimes de harcèlement scolaire se retrouvent alors victimes de cyberharcèlement. Le harcèlement, qu’il ait lieu en contexte scolaire, familial ou professionnel, renvoie à des violences verbales, psychologiques, physiques ou sexuelles qui sont exercées de manière répétée à l’encontre d’une personne dans une configuration où les forces sont déséquilibrées et l’intention de nuire est avérée. En procédant par analogie, il est possible d’avancer que le cyberharcèlement se fonde sur des cyberviolences répétées à l’encontre d’une personne dans une configuration similaire. Cela invite alors à s’interroger sur la nature de ces cyberviolences, mais également sur la dimension répétitive et intentionnelle d’un harcèlement en ligne. La répétition des violences et l’intention de nuire ne s’appréhendent pas toujours facilement en contexte numérique et peuvent être provoquées par le fonctionnement intrinsèque au web et par les publics tantôt captifs, tantôt ciblés, tantôt opportunistes des sites et des médias sociaux qui se font le théâtre des violences.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Covid-19 : des médecins lorrains pro-vaccins, victimes de cyberharcèlement
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/vosges/epinal/covid-19-medecins-lorrains-pro-vaccins-victimes-cyberha
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/T1BxDg4EH9WsPK-ZmOglBbdVsrk/930x620/regions/2021/01/06/5ff5d09ebc11c_tete_de_mort-5145216.jpg

    La chercheuse Bérengère Stassin, maîtresse de conférence à l’Université de Lorraine est spécialisée dans le cyber-harcèlement.
    Elle a publié un ouvrage consacré à ce phénomène dans le milieu scolaire. Le déferlement de violence verbale sur une cible s’appelle le flaming que l’on pourrait traduire par : salve d’insultes. Le but est de saturer la zone de commentaire d’un blog afin de créer une controverse interminable jusqu’à rendre toute discussion impossible.

    Bérengère Stassin pointe aussi du doigt la logique des algorithmes qui, à partir d’une image consultée, d’un mot-clé ou de la visite d’un site, enferment l’internaute dans ses convictions et abolissent tout esprit critique en lui faisant des propositions identiques dans le même champ d’intérêt.
    Une minorité active

    Pour le médecin attaqué, les complotistes et autres harceleurs sont l’arbre qui cache la forêt.
    La majorité des internautes lit ses messages mais reste silencieuse pour éviter d’alimenter la machine haineuse. Ce que confirme la chercheuse.

    Le contenu du web est produit par 10% des internautes, 90% se contentent de consommer.

    Bérengère Stassin, maîtresse de conférence. Université de Lorraine

    Education et empathie

    Les discours de haine sont punis par la loi mais la chercheuse estime que la solution passe par l’éducation aux médias.
    Un esprit critique cela se construit dès le plus jeune âge et s’entretient. Le rôle de l’institution scolaire est à ce titre indispensable. Elle prône aussi une culture de l’empathie. De son côté le médecin harcelé partage avec ses confrères la même conviction : cette tempête s’éteindra d’elle-même avec les effets de la vaccination et la disparition du virus de la Covid-19.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Violences scolaires : où le harcèlement commence‑t‑il ?
    https://www.paris-normandie.fr/id172537/article/2021-03-10/violences-scolaires-ou-le-harcelement-commence-t-il

    Bérengère Stassin, Université de Lorraine

    Bousculades, insultes, détérioration de matériel, crachats dans l’assiette à la cantine, publication de photos intimes sur les réseaux sociaux, telles sont les brimades que subissent de manière répétée 700 000 enfants et adolescents. Touchant environ 10 % des élèves en France, le harcèlement scolaire peut avoir d’importantes conséquences sur ses victimes, des troubles du sommeil à la phobie sociale, en passant par l’anxiété et la dépression, voire, chez les plus fragiles, des conduites suicidaires.

    Alors que la plupart des pays européens ont mis en place depuis plusieurs décennies des actions de prévention, notre Éducation nationale ne s’est véritablement penchée sur ce problème qu’au début des années 2010. Suite à la quatrième journée de mobilisation nationale début novembre, retour sur la prise de conscience de ce problème.
    Un processus de répétition

    Les premières définitions du harcèlement scolaire sont proposées dans les années 1970 par deux psychologues scandinaves : Anatol Pikas et Dan Olweus. Le premier qualifie cette forme de violence entre pairs de mobbing, terme anglais formé à partir du verbe to mob (attaquer, assaillir) et renvoyant à the mob (la foule), alors que le second choisit le terme bullying, formé à partir du verbe to bully (maltraiter, tyranniser) et renvoyant à la figure du bully (la brute, le tyran).

    Derrière cette simple différence terminologique se cachent deux approches d’un même phénomène :

    une approche contextuelle et groupale pour Pikas qui considère que c’est la pression que le groupe de pairs exerce sur ses différents membres qui les pousse à s’en prendre violemment à un camarade ;

    une approche individualisante et psychologisante pour Olweus qui considère que c’est l’impulsivité, l’agressivité, voire la perversité, d’un individu qui le conduit, seul ou en groupe, à la violence.

    C’est le terme bullying – et plus particulièrement school bullying – qui s’est imposé dans la plupart des pays anglo-saxons et qui a été traduit en France par « harcèlement scolaire ». Au Québec, on parle plutôt d’« intimidation », réservant le terme « harcèlement » à la violence entre adultes (Bellon, Gardette, 2018).

    La définition olweusienne fait aujourd’hui consensus :

    « Un élève est victime de harcèlement lorsqu’il est soumis de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le blesser ou le mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. Il s’agit d’une situation intentionnellement agressive, induisant une relation d’asservissement psychologique, qui se répète régulièrement. »

    Pour que l’on puisse parler de harcèlement, la violence doit donc relever d’une intention de nuire, s’inscrire dans un processus de répétition (un acte isolé et ponctuel ne peut être considéré comme du harcèlement) et dans une relation asymétrique (l’agresseur exerce une domination physique ou psychologique). Elle doit aussi provoquer chez la victime un sentiment d’insécurité et une blessure psychique.
    Le poids du groupe

    La répétition est cependant une question délicate, car tout dépend du « seuil de tolérance » qui varie d’une personne à l’autre. Les conséquences peuvent être plus importantes chez un élève harcelé au cours d’un seul trimestre que chez un élève ayant subi des brimades tout au long d’une année, voire durant toute sa scolarité.

    Concernant la « relation asymétrique », si elle peut être rendue possible par le tandem harceleur-harcelé, elle résulte tout de même le plus souvent d’un phénomène de groupe : un élève est ciblé par un groupe composé d’un meneur et de suiveurs. Il peut parfois recevoir de l’aide ou du soutien de la part d’un défenseur, mais, sous la pression du groupe, ce dernier peut se désolidariser.

    De même, il existe un certain nombre d’observateurs extérieurs qui « voient mais ne disent rien », généralement par peur des représailles. L’élève cible se retrouve donc seul contre tous et devient un véritable bouc émissaire sur lequel les autres se défoulent.

    S’il y a quelques années encore, les victimes trouvaient un peu de répit une fois qu’elles sortaient de l’école, il n’est pas rare aujourd’hui que leurs agresseurs les poursuivent en dehors des temps et des lieux scolaires, par le biais des smartphones et des réseaux sociaux.
    Du harcèlement au cyberharcèlement

    Tout comme la violence « hors ligne », la violence « en ligne » prend différentes formes : usurpation d’identité, violence verbale (insultes, moqueries), violence sexuelle (envoi de photos choquantes ou diffusion non consentie de photos intimes), agressions physiques filmées et partagées sur les réseaux sociaux.

    Bien que la continuité entre harcèlement scolaire et cyberharcèlement ne soit pas toujours systématique, les agresseurs et les victimes sont tout de même souvent impliqués « hors ligne » et « en ligne » (dans 30 à 70 % des cas, selon les études).

    En contexte numérique, on retrouve les « suiveurs » qui participent aux méfaits en likant, partageant ou commentant les contenus, ainsi que les « témoins passifs », qui en prennent connaissance, mais restent silencieux. D’autres parties prenantes font également leur apparition, rendant l’analyse du phénomène plus complexe (Bellon, Gardette, 2017) :

    des élèves harcelés qui se servent de leurs compétences informatiques pour se venger de leurs harceleurs alors qu’ils ne riposteraient jamais « hors ligne » ;

    des élèves qui ne sont pas harcelés mais qui se servent de leurs compétences informatiques pour venger les victimes et punir les harceleurs ;

    des élèves qui se désinhibent et se métamorphosent derrière leur écran et se livrent à des actions qu’ils s’interdiraient totalement par ailleurs ;

    tous ceux qui publient ou relayent un contenu par mégarde, par inadvertance, ou sur le feu de l’action, sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences de leur « clic » (« liker, c’est déjà harceler », comme le soulignait le slogan de la deuxième journée de mobilisation nationale contre le harcèlement scolaire).

    À ces quatre « profils » s’ajoutent aussi des personnes qui participent aux attaques – en relayant ou commentant les contenus – mais qui sont pourtant totalement extérieures à l’établissement scolaire de la victime et de ses agresseurs, voire qui ne les connaissent même pas. Cependant, de manière générale, la cyberviolence est avant tout une violence de proximité, exercée par des camarades de classe, par des ami·e·s ou par des ex petit·e·s-ami·e·s de la victime.
    Une prise de conscience récente

    Le harcèlement scolaire est longtemps resté englobé dans les débats sur la violence scolaire en général. Ce n’est qu’au début des années 2010, suite aux enquêtes de victimation réalisées par Éric Debarbieux et révélant que 10 % des élèves sont victimes de violences répétées de la part de leurs pairs, que les pouvoirs publics prennent conscience de la nécessité d’agir.

    Différentes actions sont dès lors mises en place : organisation des premières assises sur la prévention du harcèlement en mai 2011 ; lancement de la première campagne d’information et mise en place d’une ligne d’écoute téléphonique nationale et gratuite (3020) en 2012 ; création d’un site Internet ministériel proposant des ressources aux enseignants et aux parents ; lancement du concours académique « Non au harcèlement » en 2013.

    La lutte contre le harcèlement scolaire est inscrite dans la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République :

    « la lutte contre toutes les formes de harcèlement sera une priorité pour chaque établissement d’enseignement scolaire. Elle fera l’objet d’un programme d’actions élaboré avec l’ensemble de la communauté éducative, adopté par le conseil d’école pour le premier degré et par le conseil d’administration dans les établissements publics locaux d’enseignement (EPLE). Ce programme d’actions sera régulièrement évalué, pour être amendé si nécessaire ».

    Des campagnes de prévention

    En 2015, le dispositif « Ambassadeurs Lycéens », plaçant les élèves au cœur de la prévention, est créé et une journée de mobilisation nationale est instaurée. Sa quatrième édition s’est donc tenue le jeudi 8 novembre 2018 et avait pour slogan « Une photo c’est perso, la partager c’est harceler ». Elle sensibilisait, cette année, au revenge porn et à la diffusion non consentie de photos intimes.

    Différentes actions de prévention peuvent bien sûr être réalisées par les établissements scolaires et plus particulièrement par le Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Ce dernier peut s’appuyer sur différents partenaires extérieurs, comme les associations, la police et la gendarmerie, les travailleurs sociaux, les parents d’élèves.

    Cependant, la prévention ne peut à elle seule endiguer le phénomène, car il ne suffit pas d’être informé d’un risque pour l’éviter ou de dénoncer un comportement pour qu’il soit abonné. L’éducation à l’esprit critique, l’éducation aux médias sociaux, l’éducation à l’empathie, le développement des compétences émotionnelles et psychosociales des élèves, le renforcement de l’estime de soi ou encore l’autodéfense sont aussi des armes efficaces pour lutter contre le harcèlement scolaire et son prolongement numérique.

    Enfin, des études ont montré que le climat scolaire et l’atmosphère générale qui règnent au sein d’une classe ou d’un établissement influencent la qualité des relations entre élèves. Une classe qui se caractérise par un mauvais climat a plus de chance de voir émerger en son sein des situations de harcèlement et de cyberharcèlement. L’amélioration du climat scolaire est donc également un levier d’action pour réduire ces formes de violence.The Conversation

    Bérengère Stassin, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, membre du CREM, Université de Lorraine

    Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

    #Bérengère_Stassin #Cyberharcèlement

  • Timnit Gebru was fired from Google — then the harassers arrived - The Verge
    https://www.theverge.com/22309962/timnit-gebru-google-harassment-campaign-jeff-dean

    TimnitTimnit Gebru had expected her colleagues to rally around her when she was abruptly fired from Google on December 2nd. She was a well-respected AI ethics researcher, her termination as controversial as it was sudden. What she hadn’t anticipated was becoming a catalyst for labor activism in Silicon Valley — or the subject of a harassment campaign that surfaced alongside her supporters.

    Her firing came weeks after Google managers asked her to retract a paper on the dangers of large language models, like the ones that power the company’s search engine. Gebru pushed back, saying the company needed to be more transparent about the publication process. Employees saw the termination as a blatant act of retaliation, and thousands of workers, researchers, and academics signed an open letter demanding an explanation.

    In early December, as media attention mounted and tech workers across the country came to her defense, Gebru waited to see how Google would respond. What is this company capable of? she asked herself. She didn’t have to wait long to find out.
    “Twitter enabled Gebru’s colleagues to stand up for her; it also made her vulnerable to a small but very active group of harassers”

    On December 4th, Jeff Dean, Google’s head of AI, published his views on Gebru’s dismissal. He said she had resigned — a fact she openly disputed — and that her paper hadn’t met the bar for publication. His words lay the groundwork for a very different type of campaign, one which used the groundswell of support surrounding Gebru’s firing as a stand-in for the ills of cancel culture. Twitter enabled Gebru’s colleagues to stand up for her; it also made her vulnerable to a small but very active group of harassers.

    Over the next two months, Pedro Domingos, a professor emeritus at the University of Washington, and Michael Lissack, a Wall Street whistleblower turned admitted harasser, promoted the narrative that Gebru’s work was “advocacy disguised as science.” They said she’d created a toxic environment at Google and was “obsessed with being a victim.” They wrote off her supporters as sycophants and “deranged activists.”

    On Twitter, the campaign gained momentum with the help of anonymous accounts. Gebru suspected they were sock puppets, fake profiles created for the sole purpose of harassment, since many had popped up around her firing. Some claimed to work in tech, using phrases like “pro-DEI minority,” “She/them,” and “LBGTQ Latinx” in their bios. When Emily M. Bender, a computational linguistics professor at the University of Washington and Gebru’s co-author on the paper, reported one of these accounts for harassment, Domingos implied she was being prejudiced.
    ““He enables these people, and gets to distance himself because he’s not the one saying ‘go back to Africa’””

    To Gebru, the harassment wouldn’t be possible without Jeff Dean, who stayed quiet about the campaign for months, despite being tagged in numerous posts. “He enables these people, and gets to distance himself because he’s not the one saying ‘go back to Africa,’” she says. “Pedro [Domingos] is smart enough not to say these types of things, too. They hide behind civility and enable the trolls. That’s how they get away with it.”

    #Timnit_Gebru #Cyberharcèlement #Ethique #Intelligence_artificielle

  • Covid-19 : des médecins lorrains pro-vaccins, victimes de cyberharcèlement
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/vosges/epinal/covid-19-medecins-lorrains-pro-vaccins-victimes-cyberha
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/image/T1BxDg4EH9WsPK-ZmOglBbdVsrk/930x620/regions/2021/01/06/5ff5d09ebc11c_tete_de_mort-5145216.jpg

    La chercheuse Bérengère Stassin, maîtresse de conférence à l’Université de Lorraine est spécialisée dans le cyber-harcèlement.
    Elle a publié un ouvrage consacré à ce phénomène dans le milieu scolaire. Le déferlement de violence verbale sur une cible s’appelle le flaming que l’on pourrait traduire par : salve d’insultes. Le but est de saturer la zone de commentaire d’un blog afin de créer une controverse interminable jusqu’à rendre toute discussion impossible.

    Pour la chercheuse, cette technique est favorisée par l’anonymat des internautes. Il engendre le passage à l’acte car il est donne un sentiment d’impunité. La bonne foi ne protège pas des violences verbales et les réseaux sociaux sont parfois pavés de mauvaises intentions.

    Il y a bien un discours de haine présent sur internet comme d’ailleurs dans le PMU du coin.

    Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information et de la communication

    Bérengère Stassin pointe aussi du doigt la logique des algorithmes qui, à partir d’une image consultée, d’un mot-clé ou de la visite d’un site, enferment l’internaute dans ses convictions et abolissent tout esprit critique en lui faisant des propositions identiques dans le même champ d’intérêt.
    Une minorité active

    Pour le médecin attaqué, les complotistes et autres harceleurs sont l’arbre qui cache la forêt.
    La majorité des internautes lit ses messages mais reste silencieuse pour éviter d’alimenter la machine haineuse. Ce que confirme la chercheuse.

    Le contenu du web est produit par 10% des internautes, 90% se contentent de consommer.

    Bérengère Stassin, maîtresse de conférence. Université de Lorraine

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin #Vaccins

  • République souveraine, antisémitisme et politique mémorielle, MÉRÔME JARDIN
    https://blogs.mediapart.fr/merome-jardin/blog/231220/republique-souveraine-antisemitisme-et-politique-memorielle

    Alors que Mediapart nous informe qu’un responsable du mouvement République souveraine s’occupe de politique mémorielle pour le gouvernement, il faut s’interroger sur les positions que défend ce mouvement quand on voit qu’ils ont promu à un poste de responsabilité un usager des réseaux sociaux connu pour des tweets particulièrement problématiques sur la Shoah et les juifs.

    La Shoah ? Un « joker ’6 millions’ pour faire pleurer dans les chaumières avec un point Godwin en cas de besoin ». Auschwitz ? « Un endroit éco-responsable : récupération des cheveux et des graisses pour faire des produits ; utilisation des transports en commun (trains) ; pas de gaspillage alimentaire (+régime amincissant » ; pas de lumière la nuit, c’est pas Versailles ici. » Le négationnisme ? Intéressant sur le plan historiographique : « On pourrait se poser la question de faire la chasse aux négationnistes car pendant longtemps, on a cru qu’il y avait eu 9 millions de victimes du génocide. Finalement il y en a eu 6 millions. »

    Ces messages, et tant d’autres de la même veine, parfois sous l’alibi de l’humour, parfois très sérieux, ont été écrits par Tanguy Lacroix, qui vient d’être nommé à la tête d’un Comité Jeunesse du mouvement République Souveraine. Alors que la journaliste Ellen Salvi nous apprend sur Mediapart qu’un autre responsable de ce mouvement, Benjamin Foissey, est en charge de la politique mémorielle auprès du ministère délégué aux Anciens Combattants, il est urgent de s’interroger sur ce qu’autorise République Souveraine en matière d’antisémitisme, de galvaudage de la Shoah et le modèle d’engagement qu’elle propose aux jeunes en matière de mémoire des crimes contre l’humanité.

    Plus connu sur Twitter sous le surnom de « Camarade Charles », #Tanguy_Lacroix bénéficiait sur ce réseau social d’une visibilité indéniable, avec près de 13 000 followers. Son compte principal a été récemment suspendu. Il en dispose d’autres. Ce sont même ces multiples comptes qui sont à l’origine des Charles, la communauté qu’il a créée : « J’avais fait quelques comptes secondaires pour pouvoir répondre aux gens qui parlaient de moi en m’ayant bloqué et ainsi avoir un droit de réponse qui me semble légitime. Sauf que ça s’est vu et des SJW [=Social Justice Warrior, guerriers de la justice sociale, terme méprisant véhiculé par les conservateurs américains pour parler des antiracistes, des féministes, etc.] ont voulu faire la liste des mes comptes pour les bloquer d’avance. Un de mes amis s’est fait passer pour un de mes comptes secondaires et a encouragé d’autres gens à le faire. Moi même j’ai aussi encouragé l’initiative sur mon serveur Discord et ce fut très drôle car ces SJW pensaient que j’avais fait une trentaine de comptes secondaires. », écrit-il dans un billet de blog présentant sa communauté. C’est donc bien sur le piétinement du consentement et le contournement de blocages sur Twitter, pour imposer sa présence non souhaitée, qu’il crée ce groupe.

    « Les Charles » pratiquent le #cyberharcèlement, qualifié par euphémisme de « raids ». (...)

    #République_souveraine #antisémitisme #gouvernement_français

  • Proposition de loi #Sécurité_globale : la liberté d’informer attaquée !
    https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/proposition-de-loi-securite-globale-la-liberte-d-informer-attaquee-862766.

    Ainsi, des atteintes à la liberté d’informer ont été commises par des membres des forces de l’ordre en fin de rassemblement à Paris. Un policier a donné l’ordre de quitter les lieux à des journalistes sous peine de les arrêter pour participation à un attroupement (1).

    Tangi Kermarrec, journaliste à France 3 Ile-de-France, et Hannah Nelson, journaliste pigiste au média Taranis News, ont été interpellés, violemment pour cette dernière, et placés en garde-à-vue pour participation à un attroupement après sommation et dissimulation du visage ! En pleine pandémie de Covid et alors qu’un tel délit est contraire au droit international !

    Au moins six reporters d’image ont également été pris pour cible. Trois d’entre eux ont subi des violences, notamment des coups de matraque. Deux autres ont été menacés d’interpellation et empêchés de faire leur travail d’information, sous prétexte selon le ministre de l’Intérieur, #Gérald_Darmanin, qu’ils ne se seraient pas accrédités auprès de la préfecture avant de couvrir une manifestation sur la voie publique. Deux observateurs de l’Observatoire parisien des libertés publiques (portant une chasuble Ligue des droits de l’Homme et un casque siglé LDH et SAF) ont également reçu des coups.
    ... et en régions

    A Bayonne, un photojournaliste de Mediabask a été menacé par des forces de l’ordre alors qu’il couvrait une manifestation contre la PPL Sécurité globale. A Toulouse, un journaliste a également été pris à partie par un CRS alors qu’il lui montrait sa carte de presse.

    La dispersion du rassemblement de Paris été décidée en vertu du nouveau Schéma national de maintien de l’ordre (SNMO), qui s’appuie sur la loi contre les attroupements de 2012. Pour le SNMO, les requérants (des syndicats de journalistes et la LDH), dont le juge des référés n’a pas estimé l’urgence, vont au fond devant le Conseil d’Etat pour le contester.

    Dans le même temps, certains syndicats de policiers ont mené des attaques de #cyberharcèlement sur les réseaux sociaux contre plusieurs journalistes.

    #violences_policières

  • Les « stories » de Twitter risquent-elles de devenir un nouvel outil de cyberharcèlement ?
    https://www.20minutes.fr/high-tech/2911319-20201119-stories-twitter-risquent-elles-devenir-nouvel-outil-cyber

    Voici pour moi un cas d’école :
    – est-ce que les menaces soulevées de cyberharcèlement sont bien réelles ?
    – ou bien s’agit-il d’une nième "panique morale" : à chaque fois qu’une nouvelle techno se met en place, les gens voient le pire en découler.

    Seul le temps nous dira... mais c’est quand même surprenant d’avoir un article sur les menaces avant que ces mêmes menaces aient eu lieu. Mais c’est dans la logique actuelle : les menaces sont partout, les solutions nulle part. Il va falloir sortir de cette spiirale mortifère.

    Une nouvelle fonctionnalité sur Twitter permet aux utilisateurs de publier pour une durée de 24 heures, des photos, des vidéos, des textes ou encore les tweets d’un autre compte.
    Un outil qui, pour certains, pourrait faciliter le cyberharcèlement.
    La disparition des preuves, les problèmes de blocage de compte ou encore les délais trop courts pour signaler les posts sont notamment pointés par les utilisateurs.
    C’est non sans enthousiasme que Twitter a annoncé ce mardi le déploiement progressif d’une toute nouvelle option sur sa plateforme : les « fleets ». Rien de particulièrement innovant puisque cette option ressemble de loin comme de près aux stories Instagram. En cliquant sur le « + » sur la vignette de son compte, un utilisateur peut désormais publier des photos, des vidéos, des textes ou encore les tweets d’un autre compte. Ces posts ne resteront visibles que 24 heures (oui, tout pareil que sur Instagram, on vous dit !).

    Les Fleets de Twitter - capture @Twitter
    Twitter présente cet outil comme un moyen de partager des pensées et des opinions sans engendrer de longs débats et des réactions agressives sur le réseau social. Une réponse positive, au premier abord, « pour permettre à tout le monde, notamment les militantes féministes ou LGBT+, de s’exprimer sans pour autant avoir le risque d’un déferlement des commentaires haineux en chaîne », commente le Centre Hubertine Auclert, qui lutte notamment contre les cyberviolence faites aux femmes. En effet, il n’est pas possible de partager le fleet, ce qui limite sa diffusion virale. Et si l’on peut y répondre par message privé, Twitter propose de masquer les commentaires des fleets.

    Perte des preuves en cas de cyberharcèlement
    La nouvelle fonctionnalité est pourtant loin de faire l’unanimité auprès des internautes. Jugés « inutiles » ou encore « anxiogènes », les fleets ont rapidement essuyé de vives critiques sur la plateforme. Des voix se sont élevées pour alerter sur le fait qu’ils pourraient devenir un outil très pratique pour les cyberharceleurs, les trolls et les comptes malveillants. « Vous avez créé une méthode que les gens peuvent utiliser pour des campagnes de harcèlement ciblé et dans lesquelles les preuves du harcèlement disparaissent », s’indigne une internaute.

    Car une photo ou un message malveillant avec une durée de vie de seulement 24 heures complique la défense des victimes pour diverses raisons. « Une capture d’écran suffit pour porter plainte, mais s’il y a un procès ensuite, il faut un constat d’huissier. Dans un délai aussi court, c’est quasiment impossible », souligne Stéphanie de Vanssay, professeure des écoles et conseillère nationale au syndicat enseignant de l’Unsa sur les questions numériques et éducation. « Cela accroît l’impunité de ceux qui voudraient diffuser un contenu haineux ou comportant des violences sexistes ou sexuelles », ajoute le Centre Hubertine Auclert.

    Signalement encore plus compliqué
    Stéphanie de Vanssay, autrice du livre Manuel d’autodéfense contre le harcèlement en ligne – #DompterLesTrolls, note également que les utilisateurs cités ou retweetés dans les fleets n’en sont pas notifiés. « On peut donc exposer quelqu’un sans qu’il le sache. » Un aspect qui complique sérieusement le processus de signalement. « C’est un point sur lequel nous travaillons », nous assure un porte-parole de Twitter, qui affirme que le réseau est « en permanence à l’écoute des retours » pour améliorer la sécurité de la plateforme.

    Parmi les nombreuses réactions à l’annonce de Twitter, un internaute interpelle le réseau en expliquant qu’avec les fleets, il est actuellement possible de mentionner une personne qui nous a bloqué. Là encore, le réseau social assure travailler en ce moment pour que la fonction « bloquer » s’applique également aux stories.

    La durée de vie des posts est également pointée du doigt, jugée assez longue pour faire du mal, mais trop courte pour réagir. « Par exemple, un fleet avec une vidéo volée et le nom de la jeune fille qui apparaît dessus. 24 heures, c’est suffisant pour que tout le monde voie bien ce contenu, mais pas assez pour le signaler par celle qui est directement concernée et qui l’apprend après coup », analyse le Centre Hubertine Auclert.

    Efficacité suffisante des signalements ?
    Concernant les signalements, le compte « Twitter Support », géré par le réseau social, indique que « n’importe quel fleet peut être signalé, tout comme les tweets ». « Si vous souhaitez nous signaler un fleet, appuyez sur la flèche en haut à droite et sélectionnez l’option "Signaler le fleet" », explique-t-il.

    Reste à voir si la modération de la plateforme sera assez rapide pour agir sur des messages visibles seulement 24 heures. Un engagement pris par Twitter : « Notre équipe Trust & Safety utilise son expertise et connaissance en matière de comportement observé sur la plateforme, ainsi que des études en continu pour adresser une réponse à toute infraction. » Le réseau n’a toutefois pas précisé s’il allait augmenter le nombre de modérateurs en prévision du plus grand nombre de posts à traiter avec les fleets.

    Régulièrement prise à partie sur Twitter, la militante pédagogique Stéphanie de Vanssay souligne que sur les nombreux signalements qu’elle a pu faire sur des tweets classiques ou des comptes, seuls 1 % ont été pris en compte et « jamais pour des cas de harcèlement ».

    « La violence reste la même pour les victimes »
    Malgré tout, l’éphémérité des fleets peut être un atout pour le droit à l’oubli. « Cela évite que des trolls aillent déterrer des vieux tweets, que vous aviez postés à une période de votre vie et que vous n’auriez pas publiés aujourd’hui », souligne Stéphanie de Vanssay, faisant notamment référence à l’affaire Mennel Ibtissem, dont d’anciens tweets avec lesquels elle n’était plus en phase avait été ressortis après sa participation à « The Voice ».

    Enfin, le Centre Hubertine Auclert appelle à ne pas minimiser l’impact d’un harcèlement, d’un message violent ou d’une photo malveillante qui serait visible « seulement » une journée. « Les conséquences d’un tweet au contenu insultant ou haineux sont toutes aussi importantes, même s’il disparaît. La violence reste la même pour les victimes. » Difficile de faire, pour l’heure, des prévisions sur la manière dont sera utilisé l’outil, qui sera accessible à tous d’ici les prochains jours.

    #Fllets #Cyberharcèlement #Modération #Panique_morale

    • De toute façon, cette prétendue « disparition » des fleets après 24h n’est-elle pas un leurre ? Ne disparaissent-ils pas pour tout le monde sauf la plateforme qui pourra toujours les déterrer ? Encore une asymétrie de pouvoir / d’accès au savoir...

  • Facebook et la reporterre philippine Maria Ressa : architecture toxique.
    https://link.wired.com/view/5cec29ba24c17c4c6465ed0bcpe69.322g/9be04645

    Earlier this week, I spoke to Maria Ressa. She is the CEO of Rappler, a publication in the Philippines that steadfastly reports the truth. This enterprise is made more difficult because the Filipino president, Rodrigo Duterte, actively opposes a free press, and Ressa in particular. (“Fake news!” he cries.) Aided by social media supporters, mainly on Facebook, the Duterte regime has harassed her, spread lies about her, and charged her with criminal behavior, including a spectacularly dubious charge of cyber-libel. (Rappler’s seemingly accurate reporting was published before the cyber-libel law even existed, and the arrest came after the paper corrected a typo.) On June 15, a Filipino court convicted her. There are also impending charges of tax evasion and possibly anti-terrorism. The total possible sentence could exceed 100 years. All for telling the truth.

    She now tells me that despite Facebook’s recent efforts, the platform is still what she calls a “behavioral modification system.” She explains: “It’s the way they have not paid attention to the influence operations. I think they take all of our data, and then they take our most vulnerable moments for a message, whether that is from an advertiser or a country, and they serve that to us, right? And then look at how we react and the algorithms adjust to that.”

    After her conviction, “the propaganda machine of the government went into high gear,” she says. “They went even further in terms of dehumanizing me, and that makes it more dangerous for me.” One meme superimposed her face on a scrotum. “It’s sexualized, it’s gendered,” she says. While Facebook did respond to her pleas to remove those, the question was why they ever appeared in the first place. “Sometimes it gets taken down, but it still gets up,” she says. Many of the posts, she says, simply misreport the facts about her. And consistent repetition of a falsehood can obliterate truth. “You repeat a million times that I’m a liar or a criminal, which one is real?” she says.

    Ressa’s plight has drawn attention. She, along with Jamal Khashoggi and a few other courageous journalists, was named Time Magazine’s Person of the Year in 2018. Her speaking appearances have brought crowds to their feet. She is an international symbol for free speech and resistance to authoritarianism. Yet Facebook, which sometimes likes to celebrate heroes who stand up to oppressive bullies (their faces are often on posters hanging on headquarters), had no official statement about Maria Ressa’s shameful prosecution. Speaking on his own, Facebook’s security head Nathan Gleitcher posted a tweet on the day of her conviction: “This is a dark day for press freedom. Maria Ressa is a fearless reporter and an inspiration.” But his remark stood alone: not a peep from Zuckerberg, Sandberg, or other top executives, many of whom have met with her previously and looked her in the eye.

    Facebook gave me a statement saying, “We believe strongly in press freedom and the rights of journalists to work without fear for their personal safety or other repercussions. We continue to support journalists and news organizations by removing any content that violates our policies, disrupting coordinated networks, and limiting the spread of misinformation.” (It also notes that Rappler is one of its fact-checking partners.) So why not speak up for a journalist who works in fear and has suffered repercussions? Facebook’s explanation is that it doesn’t normally single out free-speech heroes and that it did meet privately with Ressa after her conviction. The company has said repeatedly that it has taken measures to address the toxic organized misinformation campaigns boosted by its platform. But Ressa—and many critics—believe that those efforts fall short because they don’t address fundamental aspects of its platform that rewards provocative and even toxic content. “What does fixing it mean?” she says, “In the end, their business model is flawed. How will they still make money without killing democracy?”

    #Facebook #Cyberharcèlement #Philippines

  • Le courageux témoignage de Manon, 20 ans, streameuse victime de cyberharcèlement et de menaces de viol
    https://www.bellica.fr/le-courageux-temoignage-de-manon-20-ans-streameuse-victime-de-cyberharceleme

    Manon, jeune streameuse belge connue sous le pseudonyme Manonolita, a publié un témoignage vidéo courageux sur le cyberharcèlement qu’elle a subi pendant quatre mois. Le métier de cette jeune femme de 20 ans consiste à diffuser des vidéos de ses parties de jeux vidéos sur la plateforme Twitch. Les vidéos sont en direct et le public peut commenter. Un jour, un groupe de 200 à 300 personnes envahit son serveur Discord d’un coup, et se met à publier toutes sortes d’atrocités, notamment des photos de femmes et d’enfants décapités et démembrés. Manon panique et se met à pleurer, et les harceleurs la poussent à stopper son live. Puis s’ensuit une longue descente aux enfers, à base de menaces de mort et de viol, de chantage pour la pousser à se suicider, et de harcèlement à l’encontre de sa famille et de ses collègues.

    “Ces personnes ont fouillé tous mes réseaux sociaux, raconte Manon. Du coup, ils ont découvert que j’avais été abusée. Et ils en ont joué, en me disant que ça m’était arrivé une première fois, donc ça pouvait m’arriver une deuxième fois, qu’ils allaient me retrouver, me retracer, qu’ils allaient me violer à plusieurs, qu’ils allaient torturer mes parents pour que ceux-ci me voient en train de me faire violer devant eux, et qu’ils ne puissent rien faire.” Manon a également reçu des menaces en rapport avec son homosexualité. Les harceleurs lui ont envoyé “des drapeaux LGBT brûlés avec des croix gammées dessus” et des messages disant que comme elle était lesbienne “ce ne serait pas une grande perte“.

    Son témoignage est précieux, parce qu’il est important que les victimes ne se terrent pas dans le silence et parce que sa prise de parole aide à la prise de conscience de ce problème qui touche un nombre croissant de personnes, notamment les jeunes. Nous vous invitons à l’écouter dans son intégralité. Les deux vidéos sont accessibles sur son compte twitter :

    Mon harcèlement.

    J’ai accepté de témoigner pour vous montrer que le harcèlement n’est pas juste un mot, mais une situation que je ne souhaite à personne.

    Je vous demanderai juste de partager afin que ça ouvre les yeux à certaines personnes,

    Merci ♥ pic.twitter.com/9jsdYI5Ule

    — Mano (@Manonolita14) July 16, 2020

    La suite : pic.twitter.com/l04UhhG5cE

    — Mano (@Manonolita14) July 16, 2020

    De plus, dans son témoignage, Manon pointe plusieurs éléments particulièrement intéressants pour comprendre le fonctionnement du cyberharcèlement :
    L’ostracisation professionnelle

    Manon relate l’ostracisation professionnelle qu’elle a subi à cause du harcèlement. Les harceleurs s’en sont pris à son entourage, y compris à ses collègues, et ont fait du chantage à Manon : si elle voulait qu’ils cessent d’attaquer son entourage, elle devait se suicider, lui disaient-ils. Au lieu de la soutenir, un certain nombre de ses collègues se sont mis à l’ostraciser.
    L’injonction à la disparition

    Parce que son métier est un métier nouveau en lien avec les jeux vidéos, son activité professionnelle n’est pas prise au sérieux. La police a donc dit à Manon qu’elle devait tout simplement tout abandonner, disparaître des réseaux sociaux, incapables qu’ils étaient de comprendre que la présence publique de Manon sur les réseaux sociaux faisait partie intégrante de son métier, et que celle-ci a travaillé pendant quatre ans pour se bâtir une audience qui lui permet de vivre de son activité. Il s’agit là d’une injonction à la disparition : on dit à la victime que c’est à elle de se cacher. Cette injonction est récurrente en matière de harcèlement en ligne, et le pire, c’est qu’elle vient souvent des personnes censées aider les victimes (la police dans le cas de Manon, ou une association d’aide aux victimes de cyber-harcèlement dans le cas de Mila).
    Refuser le chantage

    L’importance de refuser le chantage. Même si la pression était énorme et qu’obéir au chantage des harceleurs peut être tentant lorsqu’on est desespéré, Manon a trouvé la force de ne pas obéir. Les harceleurs ne sont jamais rassasiés et quand on cède à leur chantage, ils s’empressent de tenter un nouveau chantage. Le but des harceleurs est d’obtenir le silence de leur victime afin d’éviter toute sanction.

    #Cyberharcèlement #Jeux_vidéo #Twitch #Gamergate #Neofachisme #Fachosphère

  • #BalanceTonTikTokeur : des adoelscentes témoignent de harcèlement sexuel sur TikTok
    https://www.madmoizelle.com/avec-balancetontiktokeur-des-ados-harcelees-sexuellement-temoignent-105

    Mercredi 17 juin 2020, une internaute lançait sur Twitter le hashtag #BalanceTonTiktokeur. Quasi instantanément, des milliers de tweets ont proliféré sur le sujet.

    Venez on lance le #Balancetontiktokeur pour dénoncer les tdc de ce réseau qui profite de leurs abonnés pour demander des nudes alors qu’elles sont mineurs

    — dilღ (@dilxgx) June 17, 2020

    Ces tweets contiennent des témoignages de femmes majoritairement mineures, accusant des influenceurs TikTok de harcèlement sexuel en ligne.

    Demandes de nudes, envois de dick pics non-consenties et de vidéos de masturbation…

    Léa, Audrey, Leïla, dont les prénoms ont été modifiés, âgées respectivement de 14, 13 et 13 ans au moment des faits, ont témoigné dans un article du HuffPost des agissements, répréhensibles par la loi, dont elles ont été victimes il y a quelques mois de ça.

    Je t’encourage à aller le lire !

    #BalanceTonTiktokeur : le harcèlement sexuel sur TikTok

    Suite aux nombreux témoignages de harcèlement sexuel en ligne partagés sur Twitter, la plateforme TikTok, fréquentée en majorité par des 13-26 ans, n’a pas réagi.

    Hier, mardi 30 juin 2020, la secrétaire d’État Marlène Schiappa réagissait avec colère à l’inaction du réseau social dans un article du HuffPost :

    « Je leur ai demandé ce qu’ils ont fait face à ces milliers de témoignages : ils n’ont rien fait.

    Je leur demande de bannir les personnes mises en causes de manière préventive, comme l’a fait Twitch, et de mettre les victimes en contact avec la justice ou des associations. »

    Suite aux milliers de témoignages via #balancetontiktokeur au sujet de pratiques de harcèlement sexuel sur de très jeunes filles, j’ai convoqué la direction de TikTok et exigé des mesures drastiques immédiates pour protéger nos enfants & ados.
    Détails 👇🏾https://t.co/QTrnlal798

    — 🇫🇷 MarleneSchiappa (@MarleneSchiappa) June 30, 2020

    Les échanges en question ayant souvent cours sur d’autres plateformes sur lesquelles les utilisateurs et utilisatrices échangent, TikTok France dit être impuissant dans ce même article du HuffPost :

    « Si sur notre plateforme un utilisateur enfreint les règles, il sera suspendu, mais sur une autre messagerie, non. »

    #Cyberharcèlement #TikTok

  • Elles dénoncent des comportements inappropriés et sont accusées de harcèlement - LINFO.re
    https://www.linfo.re/la-reunion/faits-divers/elles-denoncent-des-comportements-inappropries-et-sont-accusees-de-harcelement

    Un procès devait avoir lieu ce vendredi matin. Celui de plusieurs instagrammeuses qui ont diffusé sur les réseaux sociaux le nom d’un photographe de mode qu’elles accusent de pressions pour obtenir des photos partiellement dénudées d’adolescentes et jeunes femmes.

    Le tribunal de Saint-Denis a annulé la citation à comparaître de plusieurs jeunes femmes qui avaient dénoncé sur Instagram des comportements inappropriées d’un photographe auprès de jeunes femmes et d’adolescentes.

    Elles étaient appelées à se présenter pour répondre à leur tour d’accusations. Concrètement, elles ont été accusées par le photographe ciblé de harcèlement sur les réseaux sociaux et Internet. À noter que les plaintes déposées à l’encontre du professionnel n’ont pas encore mené à un procès.

    « Aujourd’hui, je suis traité comme un paria. J’ai été obligé de clôturer mon exercice. J’espère pouvoir rebondir parce que je suis innocent », assure le photographe.

    « Ces personnes-là ont une forte communauté. Cela a un impact sur nous », affirme un de ses proches. « Ce n’est pas la première fois. Elles continuent et c’est répétitif, de plus en plus », ajoute un autre de ses soutiens.

    Des vices de procédure a vu les juges rejeter en bloc la requête du plaignant. Le procès a donc été annulé. L’avocat de la partie civile déclare qu’une nouvelle procédure sera lancée : « En aucun cas le tribunal a dit qu’il n’y avait pas de cyberharcèlement. Bis repetita, on va relancer une citation », assure Sulliman Omarjee.
    Parler du fond de l’affaire

    L’avocat des instagrammeuses est lui serein après cette audience. « À partir du moment où l’on ne franchit pas l’appel à la violence, la ligne de l’appel au sang. On peut dire : ’Moi, je n’aime pas les photographes pervers’ », déclare Maître Jean-Jacques Morel.

    L’une des personnes citées à comparaître, Sarah, déclare : « On est quand même soulagé d’être relaxé. Mais on est à la fois un peu déçu parce qu’on aurait voulu en parler. Les faits sont là. »

    Une des jeunes femmes qui avait pris la parole pour dénoncer les agissements du photographe déclare : « Il m’a dit que pour ses techniques de retouches, je devais me mettre topless, donc seins nus. Ce n’était pas du tout convenu. J’ai dit non, il a longuement insisté et j’ai fini par céder. »

    Une de celles qui faisaient partie des premières à s’exprimer à ce sujet a réagi sur Instagram et demande à ce que « l’on aborde le fond du sujet, qu’on détermine qui sont les victimes et qui est le coupable, mais ça se fera ultérieurement. »

    #Cyberharcèlement #Metoo #Photographie #Instagram

  • CuriousCat : harcelées sur le réseau social, elles dénoncent une indifférence généralisée | Le HuffPost
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/curiouscat-harcelees-sur-le-reseau-social-elles-denoncent-une-indiffe

    Vers une action judiciaire commune

    Les jeunes femmes se disent “en colère contre CuriousCat et la police qui ne fait rien malgré les plaintes”. “J’ai envie qu’on retrouve cette ou ces personne(s) et que justice soit faite”, insiste Marjorie. D’après elles, sept plaintes ont été déposées à ce sujet. “Au commissariat, on m’a dit que ça ne mènerait nulle part”, confie Léa, l’une des victimes.

    Contacté par Le HuffPost, le Service d’information et de communication de la police nationale (Sicop) précise que “la police judiciaire a été destinataire de 15 signalements concernant CuriousCat depuis le mois de janvier, ce qui est peu par rapport au flux reçu quotidiennement via la plateforme spécialisée Pharos” du ministère de l’Intérieur. Le Sicop conseille dans ce cas d’engager “une action commune auprès du procureur de la République”, ce que les jeunes femmes entendent faire. “Même si l’hébergeur sud-coréen refuse le retrait des messages, une fois que la personne est interpellée et son matériel saisi, le contenu sera effacé à la demande du magistrat”, indique-t-on.

    De son côté, CuriousCat se dit “terriblement désolé de la situation négative que ces femmes vivent collectivement”. “Pour des raisons légales qui dépassent notre contrôle, nous ne pouvons simplement communiquer des données personnelles à nos utilisateurs, aussi injuste que cela puisse être”, poursuit le message envoyé au HuffPost. “Nous avons toujours entièrement coopéré avec les forces de l’ordre et le ferons toujours lorsqu’elles se tournent vers nous”, assure encore le réseau social.

    Me Éric Morain, avocat de plusieurs victimes de cyberharcèlement, a lui-même interpellé CuriousCat sur Twitter. Le harcèlement sexuel en ligne est puni de deux ans d’emprisonnement, voire trois lorsqu’il est commis par plusieurs personnes. Les injures à caractère sexiste ou raciste peuvent être punies de six mois de prison.

    #Cyberharcèlement #Curious_Cat #Agression_sexuelle #Silence_policier

  • Crypto-porno, « ficha », sextorsion… Le nouveau visage du cyberharcèlement en confinement
    https://fr.aleteia.org/2020/04/30/crypto-porno-comptes-ficha-sextorsion-le-nouveau-visage-du-cyberharcelem
    https://aleteiafrench.files.wordpress.com/2020/04/shutterstock_627623021.jpg?quality=100&strip=all&w=12

    Revenge porn et comptes « ficha »

    Hébergés sur les réseaux sociaux comme Instagram, Twitter, Telegram, Hangouts ou Snapchat, les comptes « ficha », pour « affiche » en verlan, explosent depuis le début du confinement. Le but étant d’« afficher » des jeunes filles, ou, plus rarement, des homosexuels, sur la place publique virtuelle. Ils sont l’outil de prédilection de jeunes hommes qui se vengent d’une ex-petite amie en diffusant des photos ou vidéos compromettantes datant de leur relation, notamment des photos d’adolescentes dénudées appelées nude. Des contenus que l’on publie sur le compte « ficha » du lycée, de la ville ou du département. Un compte « ficha » a cette particularité de regrouper des utilisateurs d’une même entité géographique. De cette manière, les abonnés augmentent leurs chances de reconnaître une victime. Un outil au service du « revenge porn », revanche par le porno, et du « slut-shaming », humiliations publiques massives.

    Si cette pratique était déjà apparue en 2018 en Normandie, elle avait quasiment disparu en raison des plaintes déposées à l’époque. Mais ces dernières semaines, des dizaines de nouveaux comptes ont resurgi : « Nous avons très nettement vu cette thématique resurgir depuis le confinement, explique Justine Atlan. C’est très clair, et ça n’est pas spécifique à une zone géographique, même si ça touche davantage les grands centres urbains. » Un phénomène à prendre en considération afin de dissuader son adolescent d’envoyer des photos ou vidéos intimes à qui que ce soit, et de le sensibiliser à toujours dénoncer ce genre de pratique.

    #Cyberharcèlement

    • Le but étant d’« afficher » des jeunes filles, ou, plus rarement, des homosexuels, sur la place publique virtuelle.

      Donc c’est bien un comportement sexiste qui vise à dévaloriser la sexualité de tout ce qui n’est pas mec hétéro.

      Un phénomène à prendre en considération afin de dissuader son adolescent d’envoyer des photos ou vidéos intimes à qui que ce soit, et de le sensibiliser à toujours dénoncer ce genre de pratique.

      #victim_blaming
      (Je suis en train de regarder Unbelievable, cas d’école de plainte pour viol qui finit mal pour la victime, et vraiment, la seule chose qui peut « sensibiliser » les personnes victimes d’attaques sexistes ou sexuelles à porter plainte, c’est que ces dénonciations soient suivies d’effet et qu’elles n’en payent pas le prix...)

  • Bérengère Stassin, (cyber)harcèlement. Sortir de la violence, à l’école et sur les écrans
    https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/22022

    En France, 5 à 6 % des élèves du premier et du second degré sont victimes de harcèlement scolaire. C’est par ce chiffre éloquent que débute l’ouvrage de Bérengère Stassin, où l’auteure investigue les transformations du phénomène en lien avec l’émergence du cyberharcèlement. Elle apporte une contribution essentielle aux réflexions dans ce domaine, en nous livrant tout d’abord une synthèse de la littérature existante sur le sujet de la violence entre enfants, longtemps invisibilisé, ainsi qu’une définition précieuse du harcèlement scolaire, de la cyberviolence et du cyberharcèlement – dont elle étudie l’ensemble des manifestations. Si le harcèlement scolaire commence à faire l’objet de recherches en sciences humaines et sociales dans les années 1970, ce n’est qu’à l’aube des années 2010 qu’il devient un problème public. En effet, son prolongement via les médias sociaux attire l’attention des pouvoirs publics tandis que l’on découvre les chiffres des premières enquêtes de victimation. Par la richesse des exemples mentionnés, les chapitres I à III balayent un certain nombre de mythes et apportent un lot de résultats marquants. Non, le harcèlement et la cyberviolence ne sont pas qu’une affaire de jeunes, qui prendrait magiquement fin à l’issue du lycée : la violence se poursuit dans l’enseignement supérieur et dans le monde professionnel. Et elle n’affecte pas de la même manière les différents groupes sociaux, se colorant notamment d’une dimension genrée et d’une homophobie qu’il convient de prendre en compte. Une fois ces constats dressés, une partie conséquente du livre (chapitre IV) se consacre à un inventaire des moyens de lutte à disposition des acteurs de la prévention. S’appuyant sur les outils de l’éducation aux médias et à l’empathie, l’auteure montre la nécessité d’impliquer directement les jeunes dans ce processus, nous invitant aussi à dépasser les discours technicistes et catastrophistes en rappelant la richesse et la diversité de leurs activités en ligne.

    Cherchant à établir si les violences en ligne ne sont « qu’un “vieux vin […] dans une nouvelle bouteille” » (p. 91), l’auteure de l’ouvrage astucieusement nommé (cyber)harcèlement, situe à la fois le phénomène dans une logique de rupture et de continuité avec le harcèlement scolaire. D’un côté, les cyberviolences apparaissent comme le prolongement logique de rapports de sociabilité préexistants, constituant la trace d’une violence entre jeunes que personne ne voulait voir. Mais par les canaux de diffusion originaux qu’elle emprunte (smartphones, médias sociaux…), cette violence se prolonge en dehors du temps scolaire et pénètre le lieu du foyer, qui pouvait autrefois constituer un espace de répit et de repos. Reprenant à son compte le concept de chambre d’écho, Bérengère Stassin montre aussi très bien et à travers plusieurs cas concrets l’amplification démesurée des phénomènes violents que le web peut parfois induire.

    Pour lutter contre le harcèlement et le cyberharcèlement à l’école, Bérengère Stassin passe en revue les outils de l’éducation à l’empathie, couplés à ceux de l’éducation aux médias et à l’information. S’attachant à décrypter le rôle des émotions dans le déclenchement des violences, elle déconstruit l’image de tyran tout-puissant associée à la figure du bully (p. 136) : « Bien qu’il renvoie l’image de quelqu’un de fort et sûr de lui, le meneur souffre souvent, de par son histoire personnelle, d’une faille narcissique et d’une faible estime de lui-même ». Ses agissements sont liés à son incapacité de se mettre à la place d’autrui, et ceux des suiveurs, motivés par la peur des sanctions normatives exercées par le groupe. C’est dans le cas de ces derniers que la marge de manœuvre des équipes éducatives est la plus grande, certains d’entre eux pouvant changer de comportement une fois repérés. Le choix de conclure son ouvrage par un volet consacré à l’éducation aux médias dénote le caractère engagé et émancipatoire des recherches conduites par Bérengère Stassin, qui mobilise une approche compréhensive des cultures juvéniles. Après avoir souligné les nombreux risques des médias sociaux, elle rappelle la richesse des usages développés par les jeunes en ligne : le prolongement d’une sociabilité entre pairs et l’acquisition d’une forme d’autonomie, la recherche d’informations et d’apprentissages, la prescription et la création culturelles, ou encore la construction identitaire via l’appartenance à des communautés etc. Pour la chercheuse, « il ne s’agit donc pas de condamner les pratiques des adolescents ou le manque de recul que certains peuvent avoir, mais de renforcer leurs compétences numériques et de leur apprendre à publier et à partager de l’information de manière réfléchie et responsable » (p. 150).

    #Cyberharcèlement #Bérengère_Stassin #C&F_éditions