• 1 Relaxe pour les 3+4+2 de Briançon

    Le printemps 2021 sera marqué par deux procès politiques, criminalisant la solidarité avec les exilé-es et les sans papiers.

    Le 22 avril au tribunal de Gap jugement de deux solidaires en première instance pour « aide à l’entrée et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière »

    Ils ont été interpellé le 19 novembre alors qu’ils étaient en train de porter secours à une famille Afghane sur le territoire français .

    Le 27 mai jugement en appel des "7 de Briançon"suite à la condamnation prononcée le 13 décembre 2018.

    Ils ont été condamnés en première instance à des peines allant jusqu’à quatre mois de prison fermes et huit mois avec sursis pour avoir participer le 22 avril 2018 à une manifestation antifasciste.

    Cette manifestation spontanée visait à dénoncer l’action du groupe fascisant Génération Identitaire présent la veille au col de l’Echelle ( Hautes Alpes) et la militarisation de la frontière qui met des vies en danger.

    Depuis 5 ans , l’Etat mène une chasse à celles et ceux qu’il considère comme indésirables et procède à des refoulements illégaux quotidiens en contrevenant à ses propres lois .

    Depuis 5 ans , des milliers de solidaires , des dizaines de soignants se relayent au nom du principe de fraternité pour porter assistance à des exilé-es déterminé-es à venir chercher chez nous un peu de paix.

    Les violences policière sont avérées https://www.bastamag.net/police-racke...​ mise en danger des exilé-es qui une fois sur le territoire français tentent d’échapper à leur interpellation et les courses poursuites meurtrières aussi https://www.liberation.fr/france/2019...​.

    Il ne s’agit plus de bavures policières isolées mais d’une répétition d’actes systématiques de violence et de graves atteintes aux droits fondamentaux qui témoignent d’un racisme systémique à l’oeuvre aux frontières françaises et européennes.

    Cette politique du gouvernement français a conduit à la mort de 5 personnes en exil à Montgenèvre.

    Pour les mêmes raisons , plusieurs centaines de blessés sont déjà à déplorer et le ton sécuritaire continue de monter.Le 16 novembre , les effectifs de police ont été doublés à Montgenèvre, avec de plus le renfort des forces dites sentinelles .

    Par ces décisions , le gouvernement veut faire croire qu’une Europe -forteresse est possible et vaut mieux que des vies humaines .

    Les milliers de cadavres aux frontières de l’Europe, la violence et les dénis de droits aux frontières intérieures des pays européens ne semble pas le gêner.

    POUR NOUS ,SOLIDAIRES , il n’est pas question que le scénario se répète inlassablement à la fontière briançonnaise .

    La militarisation de la montagne n’est qu’un geste vain de l’Etat qui pousse les exilé-es à prendre plus de risques.

    Nous voulons faire de nos procès une nouvelle occasion de mettre en lumière la répression, l’injustice et la violence invisibilisées qui s’excercent chaque jour sur les personnes en exil.

    « Les gens qui meurent sur les plages , si c’étaient des blancs , la terre entière serait en train de trember » Fatou Diome

    https://www.youtube.com/watch?v=75yELKZGlXI

    #vidéo #asile #migrations #réfugiés #frontières #7_de_Briançon #Hautes-Alpes #Briançonnais #frontières_sud-alpine #solidarité #fraternité #justice #appel #27_mai_2021 #tribunal_de_Grenoble #Alpes #montagne #délit_de_solidarité #tribunal_de_Gap #22_avril_2021 #Montgenèvre #col_de_l'Echelle

    –—

    ajouté au fil de discussion sur le « #procès des 7 de Briançon » :
    https://seenthis.net/messages/734863

    qui, lui-même, a été ajouté dans la métaliste sur les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/733721

    ping @karine4 @isskein

    • La solidarité réprimée… jusque dans les Alpes !

      Un membre du comité de Solidarité Tattes s’est rendu récemment à la frontière franco-italienne et nous ramène des informations fraîches sur les actions de solidarité et la répression :

      Une population solidaire face à une frontière militarisée

      Dans les Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne, le printemps 2021 sera marqué par deux procès politiques, criminalisant une fois de plus la solidarité avec les personnes en exil. Ces procès interviennent suite à l’intensification des passages de personnes dans cette zone transfrontalière qui, plus précisément, comprend le Val de Suse côté italien, et le Briançonnais côté français.

      Alors que la France devrait autoriser les personnes en exil se présentant à sa frontière à rallier la prochaine ville où il est possible de déposer une demande d’asile, la PAF (Police aux frontières) refoule systématiquement les personnes migrantes se présentant à la douane du Montgenèvre, située à près de 2’000 mètres d’altitude, et empêche ainsi les migrant.e.s de déposer leur demande d’asile.

      Pire, la PAF se livre à une véritable traque des personnes tentant, malgré le dispositif policier en place qui a été doublé en novembre 2020, de traverser cette frontière montagneuse. Blessing, Nigériane de 20 ans morte le 7 mai 2018 en tentant de traverser la frontière, est décédée alors même qu’elle cherchait à échapper à la police. Tombée dans un ruisseau, son corps avait été repêché 10 jours plus tard en amont d’un barrage.

      Des deux côtés de la frontière, une frange importante de la population s’est mobilisée depuis l’afflux de migrant.e.s dans la région et a fait preuve de solidarité. Que ce soit pour « ouvrir » des refuges destinés à accueillir les personnes en exil le temps qu’elle se préparent ou se remettent de la traversée du col, dénoncer publiquement la violence de cette frontière, effectuer des « maraudes » nocturnes (activité consistant à quadriller la zone frontalière de nuit afin de venir en aide aux migrant.e.s en difficulté).

      Dans la région, la criminalisation des personnes solidaires s’est érigée en norme et la répression se manifeste de façon brutale. Le dernier exemple est l’expulsion du refuge autogéré d’Oulx en Italie le 23 mars dernier. Ce refuge, ouvert depuis 2 ans et demi, accueillait les candidat.e.s au passage de la frontière. Le matin de l’expulsion, plus de 60 personnes se trouvaient à l’intérieur lorsque la police a donné l’assaut, parmi lesquelles des familles avec des enfants en bas âge. Là encore, la répression frappera durement les militant.e.s solidaires. En effet, un procès pour occupation illégale a débuté ironiquement le matin de l’expulsion et concerne 24 personnes inculpé.e.s dans l’« ouverture » du refuge d’Oulx. Au moment de l’expulsion, 13 militant.e.s étaient présent.e.s à l’intérieur et seront également poursuivis.

      La répression coûte cher !

      Du côté français de la frontière, deux personnes seront jugées pour « aide à l’entrée et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière ». Elles avaient été interpellées fin 2020 alors qu’elles tentaient de porter secours à une famille afghane sur territoire français. Le 27 mai aura lieu le jugement en appel des « 7 de Briançon » (parmi lesquel.le.s deux Genevois), suite à la condamnation qui avait été prononcée à leur égard le 13 décembre 2018. Condamné.e.s en première instance à des peines allant jusqu’à quatre mois de prison ferme et huit mois avec sursis pour avoir participé le 22 avril 2018 à une manifestation antifasciste. Pour rappel, cette manifestation spontanée visait à dénoncer l’action du groupe fasciste Génération Identitaire présent en nombre la veille au col de l’Échelle (Hautes-Alpes) ainsi que la militarisation de la frontière.

      Les collectifs solidaires ont besoin de soutien financier pour faire face aux frais de justice et pour continuer à apporter l’aide d’urgence (nourriture, habits chauds, couvertures) dans les lieux d’accueil. Dans cette optique et afin de soutenir la lutte dans la vallée, une cagnotte a été ouverte :

      https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/appel-a-soutien-3-4-2-de-briancon

      Pour plus d’infos

      https://www.bastamag.net/police-racket-violence-sur-mineur-detournement-de-fonds-publics-refugies-p

      https://www.liberation.fr/france/2019/05/08/sur-les-traces-de-blessing-matthew-migrante-nigeriane-noyee-dans-la-duran

      https://www.liberation.fr/debats/2017/12/14/charles-heller-et-cristina-del-biaggio-en-montagne-comme-en-mer-la-fronti

      https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2021/04/03/hautes-alpes-aide-a-l-entree-de-personnes-irregulieres-deux-proces-deux-

      Reçu via la mailing-list Solidarité Tattes, le 19.04.2021

  • LES ENFANTS DE LA CLARÉE

    #Raphaël_Krafft part à la rencontre de ceux qui accueillent et de ceux qui s’exilent. Un reportage littéraire et humain.

    En novembre 2017, Raphaël Krafft part en reportage dans les Alpes à la frontière franco-italienne. Il accompagne un habitant de la région parti en maraude à la rencontre d’éventuels migrants perdus dans la montagne. Les premières neiges viennent de tomber. Ce soir-là, ils découvrent cachés dans un bosquet quatre #mineurs . Alors qu’ils les emmènent dans un lieu dédié à l’accueil des personnes migrantes, la gendarmerie les arrête avant d’abandonner les adolescents dans la montagne au niveau de la borne frontière. Trois d’entre eux sont guinéens, comme la majorité des jeunes migrants qui passent par ce col.

    Marqué par cette expérience, Raphaël Krafft se lie d’amitié avec les habitants du village de #Névache situé juste en dessous du col et propose aux enfants de l’école communale de partir en Guinée réaliser des reportages et les aider ainsi à comprendre pourquoi tant de jeunes décident de quitter leur foyer. Là-bas, il découvre un pays démuni, marqué par des années de dictature.

    https://editions-marchialy.fr/livre/les-enfants-de-la-claree

    #asile #migrations #réfugiés #Hautes-Alpes #Briançonnais #France #sauvetage #montagne #Alpes #frontières

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    Un reportage de Raphaël Krafft, passé sur France Culture en 2017 :
    Quand les mineurs africains sont abandonnés dans la montagne
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/quand-les-mineurs-africains-sont-abandonnes-dans-la-montagne

    Et signalé sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/642301#message645671
    https://seenthis.net/messages/645699

    • Raphaël Krafft part à la rencontre de ceux qui accueillent et de ceux qui s’exilent

      En novembre 2017, Raphaël Krafft part en reportage dans les Alpes à la frontière franco-italienne. Il accompagne un habitant de la région parti en maraude à la rencontre d’éventuels migrants perdus dans la montagne. Les 1ères neiges viennent de tomber. Ce soir-là, ils découvrent ,cachés dans un bosquet, 4 mineurs....

      Disparu durant l’été 2018, Bernard Liger était un personnage respecté du village de Névache, près de la frontière italienne. Ancien officier d’active, installé dans les Hautes Alpes à sa retraite, il avait mis en place ces dernières années un véritable réseau d’aide aux migrants tentant de passer en France par le #Col_de_l’Echelle. Exactement comme les marins sur les océans, les #montagnards ne peuvent en effet pas imaginer ne pas porter #secours à des humains mourant de froid dans leurs montagnes. Guides, pompiers, médecins ou simples citoyens, ceux qui recueillent, réchauffent, nourrissent et tentent d’amener à Briançon les réfugiés désireux de demander asile en France, savent qu’ils s’exposent aux tracasseries des forces de police qui traquent les clandestins et les Français accusés de #délit_de_solidarité.

      En 2017 Raphaël Krafft, grand reporter, dont l’on entend souvent les documentaires sur les ondes de France Culture, se fera lui-même arrêter par la gendarmerie après avoir participé au sauvetage en montagne de quatre mineurs africains, dont trois guinéens. Choqué d’apprendre que les policiers les avaient ramené la nuit même en Italie par le col de l’Echelle, sans prendre en considération leur statut de mineur isolé, Raphaël Krafft va raconter l’histoire et enquêter jusqu’en Guinée pour tenter de comprendre ce qui pousse ces enfants à entreprendre une telle odyssée. Ses reportages sont à écouter en ligne sur le site de France Culture et de France Inter et son livre, Les enfants de La Clarée, vient de paraître aux éditions Marchialy.

      https://www.franceinter.fr/emissions/l-humeur-vagabonde/l-humeur-vagabonde-27-fevrier-2021
      #solidarité #accueil #religion #catholicisme #dissuasion #politique_de_dissuasion

    • Un autre livre de Raphaël Krafft, à la frontière dite « basse » (#Alpes-Maritimes, #Vintimille, #Menton)

      Passeur

      Automne 2015. Raphaël Krafft, journaliste indépendant, est à la frontière franco-italienne des Alpes-Maritimes, entre Menton et Vintimille. Il réalise un reportage sur les exilés bloqués là dans l’attente de passer en France pour demander l’asile ou de continuer vers un autre pays.

      Il rencontre tour à tour des militants, des policiers, des fonctionnaires, une avocate spécialiste des Droits de l’homme pour constater le drame de la situation. Et décide, par un acte de désobéissance civile, d’aider deux Soudanais, « Satellite » et Adeel, à franchir la frontière.

      À pied, Raphaël Krafft, son ami Thomas et les deux réfugiés entreprennent une ascension dans le #parc_du_Mercantour, jusqu’au #col_de_Fenestre, qui culmine à 2 474 mètres, pour atteindre la France.

      http://www.buchetchastel.fr/passeur-raphael-krafft-9782283029572

  • Dans les Alpes, migrants et bénévoles face à une police aux frontières renforcée

    En novembre, Emmanuel Macron a doublé les effectifs de la police aux frontières "contre la menace terroriste". Des renforts auxquels se heurtent quotidiennement associations et exilés.

    C’est pour notre “protection commune”, assure Emmanuel Macron. Dans la foulée des attentats terroristes de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice, le président de la République annonçait le 5 novembre rien de moins qu’un doublement des effectifs de la police aux frontières.

    À Montgenèvre (Hautes-Alpes), par exemple, une soixantaine de policiers, de gendarmes réservistes et même de militaires de l’opération Sentinelle sont arrivés en renfort ces dernières semaines, selon la préfecture.

    Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo ci-dessus, cette forte présence policière n’est pas sans conséquence sur les dizaines d’exilés, dont de nombreux demandeurs d’asile, qui tentent chaque jour de franchir au péril de leur vie ce point montagneux de la frontière franco-italienne, ni sur les associations qui leur portent assistance.

    Samedi 5 décembre, notre caméra a pu suivre sur le terrain l’association Tous migrants, dont deux bénévoles ont récemment été interpellés lors d’une maraude et convoqués devant le tribunal de Gap pour “aide à l’entrée” d’un couple d’Afghans.

    "On sait que des policiers ont bien conscience que ce qu’on leur demande de faire est inhumain."
    #Michel_Rousseau, association Tous migrants

    Signe supplémentaire que ce “#délit_de_solidarité” persiste, deux bénévoles ont une fois de plus été interpellés lors de notre reportage, alors qu’ils portaient assistance à une dizaine de migrants afghans, iraniens et maliens côté français. Soupçonnés “d’aide à l’entrée sur le territoire de personne en situation irrégulière”, ils ont reçu une convocation pour une audition libre 48 heures plus tard.

    Selon nos informations, les deux maraudeurs n’ont finalement fait l’objet d’aucune poursuite, mais ont vu leurs empreintes et photos récoltées par les autorités. Depuis notre tournage, quatre autres maraudeurs ont encore été convoqués par la police, pour un total de six bénévoles auditionnés en à peine une semaine.
    Des rétentions au cadre légal flou

    Avant leur renvoi aux autorités italiennes, les migrants interpellés en montagne sont emmenés dans des bâtiments préfabriqués (type Algeco) situés derrière le poste-frontière de Montgenèvre, comme vous pouvez le voir également dans notre reportage en tête d’article.

    Utilisé aussi à Menton, ce type de lieu de rétention sans cadre légal précis est dénoncé en justice par des associations et ONG. Ces derniers y réclament le droit de pouvoir y accéder pour porter une assistance aux demandeurs d’asile, comme dans les centres de rétention ou les zones d’attente (ZA) des aéroports internationaux.

    “On est dans un État de droit. Quand il y a privation de libertés, il y a une base légale et les gens maintenus ont des droits prévus par la loi. Et là, il n’y a rien”, regrette Gérard Sadik, responsable de la commission Asile de La Cimade.

    En ce qui concerne Menton, le tribunal administratif de Nice a d’ailleurs suspendu le 30 novembre dernier une décision du préfet des Alpes-Maritimes “refusant l’accès aux constructions modulaires attenantes au poste de la police aux frontières aux représentantes de l’association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) et de l’association Médecins du Monde”. En outre, la justice évoque plusieurs manquements aux droits des demandeurs d’asile :

    “Le juge relève que quotidiennement, de nombreuses personnes sont retenues dans ces locaux munis de système de fermeture et de surveillance vidéo, dans des conditions précaires, pour de nombreuses heures, notamment la nuit lorsque le poste de police italien est fermé, qu’elles sont mises dans l’impossibilité de partir librement de ces locaux et d’obtenir au cours de la période de ‘maintien’ une assistance médicale, juridique ou administrative des associations.”

    Une “fabrique des indésirables”

    Contactée par Le HuffPost, la préfecture des Hautes-Alpes évoque sobrement des “locaux de mise à l’abri proposés sans contrainte”, le temps de procéder à des “vérifications” et “aménagés dans l’unique objectif de préserver tant leur dignité, en proposant un lieu de repos (avec chauffage, couvertures, mobiliers, nourriture), que leur vie, afin de ne pas soumettre ces personnes non admises à un retour par leurs propres moyens”.

    À notre micro, Michel Rousseau, Briançonnais et bénévole de la première heure de Tous migrants, y voit plutôt une “fabrique des indésirables”. Tout en ajoutant : “Mais on ne veut pas être dans la caricature. On sait que des policiers ont bien conscience que ce qu’on leur demande de faire est inhumain. On compte sur eux pour que les droits fondamentaux triomphent”.

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/dans-les-alpes-migrants-et-benevoles-face-a-une-police-aux-frontieres
    #vidéo #Tous_Migrants #maraudes #asile #migrations #réfugiés #Hautes-Alpes #Briançon #France #Italie #frontières #militarisation_des_frontières #solidarité #maraudes_solidaires #hiver #vidéo

    • (reportage de 2018, je mets ici pour archivage)

      Migrants, l’odyssée des marcheurs de l’extrême – Episode 1 : Mamadou

      Face à l’afflux des passages de la frontière, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais. Le but ? Secourir les migrants en difficulté. Radio Parleur vous propose une série de cinq reportages dédiés au passage des migrants à travers les Hautes-Alpes. Dans ce premier épisode, place à l’histoire de Mamadou, qui a traversé la frontière italo-française en passant par le col de l’Échelle, un soir de mars.

      Depuis le début de l’année, près de 2 000 réfugiés ou exilés, migrants, seraient arrivés en France, en traversant la frontière avec l’Italie. En passant par les Alpes, les cols alentours, et dans des conditions extrêmes, au péril de leur vie. Mamadou commence son odyssée en 2010, loin, très loin des Alpes. Fils d’un père boucher, il quitte son pays, le Mali, suite aux attaques menées par les touaregs qui combattent pour le contrôle du nord du pays.
      Du Mali à la Place des Fêtes, à Paris

      En 2011, alors que plusieurs de ses amis viennent de mourir dans un attentat sur un marché, il prend la décision de fuir. Passé par l’Algérie, il arrive finalement en Libye et monte dans un canot pneumatique à Tripoli. Sauvé de la noyade par les gardes-côtes italiens, on lui délivre à Naples un titre de séjour et un passeport Schengen.

      Il décide alors de rejoindre son oncle, qui travaille à Paris. Les petits boulots s’enchainent : boucher durant deux ans, puis vendeur pendant un an sur les marchés de Place des Fêtes et de Daumesnil, dans les 20ème et 12ème arrondissements parisiens.
      Repasser par l’Italie pour faire renouveler son titre de séjour

      A l’hiver 2016, Mamadou est obligé de retourner en Italie pour faire renouveler ses titres de séjour. On lui en accorde un, d’une durée de cinq ans, mais son passeport, lui, n’est pas encore prêt. À cause de son travail, Mamadou doit pourtant rentrer à Paris et ne peut attendre. Il décide de prendre le train à Milan, avant de se faire contrôler en gare de Modane, dix kilomètres après la frontière.

      Là, les policiers français lui expliquent que, sans son passeport, ils sont obligés de lui refuser l’entrée en France. Mamadou a beau leur assurer que sa demande est en cours et qu’il doit retourner travailler à Paris, d’où il vient, les agents lui répondent que ce n’est pas leur problème. Il est arrêté, ainsi qu’Ousmane, un autre exilé de 17 ans qui l’accompagne. Les deux garçons, migrants à ce moment-là, sont reconduits, en traversant la frontière, en Italie.
      Migrants : l’odyssée dramatique des marcheurs de l’extrême – Episode 1

      « Je ne savais pas que la neige pouvait brûler »

      À la gare de Bardonecchia, les deux jeunes gens ne connaissent personne. Mais ils sont déterminés à passer la frontière, comme d’autres migrants. Mamadou se renseigne sur l’itinéraire à prendre pour rejoindre la France auprès d’un italien. Celui-ci lui indique une route qui passe par le col de l’Échelle. Celui-ci culmine à 1762 mètres d’altitude.

      Le col de l’Échelle est fermé à la circulation l’hiver. En fonction de l’enneigement, cette fermeture peut durer de décembre jusqu’à mai. Nous sommes le 5 mars, il est 16h : il fait froid et il neige. Bien que peu couverts, en jean et en baskets, les deux jeunes décident néanmoins de franchir la montagne à pied.

      https://radioparleur.net/2018/06/04/migrants-solidaires-frontiere-episode-1

      #audio #son #podcast

    • Migrants, l’odyssée des marcheurs de l’extrême – Épisode 2 : Une #solidarité en actes

      Des milliers de réfugié·es ou d’exilé·es arrivent en France en provenance d’Italie. Ils et elles traversent la frontière par les cols des Alpes, dans des conditions extrêmes, avec un risque mortel. Face à cet afflux et à ces dangers, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais dans le but de secourir les migrant·es en difficulté. Dans ce deuxième épisode, Radio Parleur vous propose de découvrir trois portraits d’accueillant·es : un membre d’association, un pisteur en montagne ou une simple habitante de la #vallée_de_la_Clarée.

      Face aux risques que courent les migrants pour traverser la frontière, des habitant·es du Briançonnais, de #Névache et de #Montgenèvre se mobilisent par solidarité. Tout·es craignent de retrouver des cadavres au printemps et de voir la montagne se transformer en un gigantesque cimetière à ciel ouvert avec la fonte des neiges. Le 25 mai 2019, du côté italien du col de l’Échelle, un promeneur a découvert le corps d’« un homme à la peau sombre » inanimé, près d’un torrent. Le corps, en état de décomposition avancée, n’a pas pu être identifié, selon le journal italien La Stampa.

      Secourir les migrant·es en difficulté, par solidarité

      Bravant le froid et les contrôles accrus de la PAF (Police Aux Frontières), les bénévoles continuent. Épuisé·es et en colère face à un État qui, selon elleux, les laisse seul·es gérer l’urgence. C’est une armée de volontaires : ancien·nes militant·es, syndicalistes, anarchistes et libertaires, catholiques à la fibre sociale, mais aussi simples habitant·es de la vallée. Certain·es ne s’étaient jamais engagé·es par solidarité jusque-là. Mais tous et toutes ont prit le relais d’un État jugé déficient.

      Bruno Jonnard habite à Névache, la plus haute commune de la vallée de la Clarée, depuis maintenant quinze ans. Artisan l’été, il travaille comme dameur et pisteur l’hiver. Il assure des interventions comme pompier volontaire. Avec ses 361 habitant·es, Névache est le village le plus proche du col de l’Échelle. Un col dangereux et difficile d’accès par où passent les migrant·es qui franchissent la frontière franco-italienne.

      Murielle* habite à Montgenèvre où elle dirige un commerce. A quelques centaines de mètre, le col du même nom, et surtout la frontière franco-italienne. Mais aussi le poste de la Police Aux Frontières (PAF) d’où partent les patrouilles qui surveillent ce second point de passage pour les migrant·es.

      Michel Rousseau habite à Briançon. Ancien syndicaliste aujourd’hui à la retraite, il est le porte-parole de l’association Tous Migrants. L’association, sans étiquette politique, religieuse ou institutionnelle, créée en 2015, exprime l’indignation collective face au drame humanitaire vécu par les migrants en Europe. C’est aussi dans le chef-lieu de la vallée de la Clarée, que se situe le refuge solidaire de l’association pour les migrant·es.

      https://radioparleur.net/2018/06/05/montagnes-solidarite-migrants-marcheurs-odyssee-episode-2

    • Migrants, l’odyssée des marcheurs de l’extrême – Episode 3 : #Maraude en montagne

      Face à l’afflux des passages de la frontière, une solidarité montagnarde s’est installée dans le Briançonnais. Le but ? Secourir les migrants en difficulté. Radio Parleur vous propose une série de cinq reportages dédiés au passage des migrants à travers les Hautes-Alpes. Dans ce troisième épisode, Radio Parleur vous propose de partir au cœur d’une maraude en haute-montagne, avec Vincent et Emily*, bénévoles à l’association #Tous_Migrants.

      Dans les Hautes-Alpes, les migrants qui souhaitent rejoindre la France traversent régulièrement la frontière franco-italienne par la montagne. Ils passent par les cols de l’Echelle, à 1762 mètres d’altitude, et de Montgenèvre, à 1850 mètres d’altitude. Les conditions y sont extrêmement difficiles : températures qui descendent parfois en dessous de moins 20 degrés, passages par des zones difficiles d’accès et le plus souvent de nuit, avec les patrouilles de la #Police_Aux_Frontières (#PAF) et de la #Police_Nationale.

      Secourir les migrants en difficulté dans la montagne

      C’est pourquoi des professionnels de la montagne, des bénévoles, ou parfois de simples habitants de la région, s’organisent. Ils effectuent chaque soir des maraudes en altitude pour secourir les migrants en difficulté. Commençant autour de 21h, elles finissent tard dans la nuit. « Ça fait partie de la culture montagnarde : on ne laisse personne en difficulté sur le côté du chemin, là-haut », assure Vincent, habitant et pizzaiolo qui participe à la maraude.

      Parfois, ce sont jusqu’à douze ou quinze personnes par soir, qui tentent de passer. Il faut ensuite redescendre et parvenir jusqu’au #Refuge_Solidaire installé à Briançon. Là, suite à un accord avec la communauté de communes et la gendarmerie nationale, les migrant·e·s ne sont pas inquiété·e·s tant qu’ils ne s’éloignent pas du refuge installé dans une ancienne caserne de #CRS.

      https://radioparleur.net/2018/06/08/episode-3-maraude-montagne-migrants-detresse-solidaires

      Pour écouter le #podcast :
      https://podcast.ausha.co/radio-parleur/migrants-l-odyssee-des-marcheurs-de-l-extreme-episode-3-maraude-en-mon

      #maraudes

    • Dans les Alpes, les associations d’aide aux migrants se disent « harcelées » par la Police aux frontières

      L’association Tous Migrants qui vient en aide aux exilés qui traversent les Alpes pour rejoindre la France, s’inquiète du #harcèlement_policier dont elle se dit victime. Arrêtés pendant les #maraudes en montagne, à Briançon, les membres de l’association se plaignent des très nombreuses #amendes qu’ils reçoivent, disent-ils, pour non-respect du couvre-feu. Et s’inquiètent du sort des migrants interceptés par la Police aux frontières.

      « La situation est ubuesque ». C’est avec ces mots qu’Agnès Antoine, membre de Tous migrants, dans la ville de Briançon, au pied des Alpes françaises, évoque les maraudes de son association. « Il fait -15 degrés, les exilés risquent leur vie pour traverser la montagne et arriver en France et au lieu de les aider, nous sommes harcelés ». L’association reproche aux forces de l’ordre et aux membres de la Police aux frontières (PAF) de les entraver dans leur #aide_humanitaire.

      « Depuis le 6 janvier, nous avons déjà récolté une trentaine d’amendes pendant nos maraudes de soirées pour non-respect du #couvre-feu », explique-t-elle. Les associations sont pourtant autorisées à prolonger leurs activités au-delà de 20h avec une #attestation. Les bénévoles assurent que les forces de l’ordre n’en ont que faire.


      https://twitter.com/LoupBureau/status/1351629698565103625
      « Respect des règles »

      « Les #contrôles_arbitraires, notifications d’amendes, #auditions_libres et autres pressions envers les citoyens et citoyennes qui chaque soir essaient de porter assistance aux exilé(e)s se sont multipliés », peut-on lire dans un communiqué publié par Tous Migrants et Médecins du monde. « La nuit du 8 janvier 2021, j’ai été contrôlé quatre fois par deux équipes de gendarmes alors que je maraudais dans Montgenèvre. Cette même soirée, j’ai été notifié de trois amendes alors que j’étais en possession de mon ordre de mission et de mon attestation dérogatoire de déplacement délivrés par l’association Tous Migrants », ajoutent les auteurs du texte.

      Contactée par InfoMigrants, la préfecture des Hautes-Alpes se défend de harcèlement et de contrôles abusifs. « Les services chargés du contrôle aux frontières agissent dans le respect des règles de droit et des personnes qu’elles contrôlent », explique-t-elle dans un communiqué. « Concernant les maraudes exercées pendant le couvre-feu, les salariés et bénévoles peuvent se déplacer entre 18h et 6h pour l’aide aux personnes précaires en présentant une attestation professionnelle fournie par l’association. Il appartient à l’autorité de police verbalisatrice d’apprécier la validité des documents qui lui sont présentés. »


      https://twitter.com/DamienCAREME/status/1337458498146222082

      « La PAF nous demande de venir chercher des migrants dans leurs locaux »

      Pour Agnès Antoine, le comportement de la police est surtout incompréhensible. « Ils nous harcèlent et dans le même temps, ils nous demandent de les aider, de venir chercher des migrants quand ils sont dans les locaux de la PAF. Parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’eux. C’est vraiment dingue ».

      Dernier exemple en date, dans la nuit du vendredi 15 janvier au samedi 16 janvier. Vingt-deux migrants, Iraniens et Afghans, dont des enfants et un nouveau-né, sont interceptés par la police dans la montagne puis emmenés dans les locaux de la PAF. Selon Tous Migrants, « toutes les personnes arrêtées ont reçu des OQTF et des IRTF délivrées par la préfète ». Après les avoir interrogés, la PAF a appelé l’association. « Ils nous ont demandé de venir pour nous en occuper », soupire-t-elle.
      De plus en plus de familles parmi les exilés

      L’association reproche également aux forces de l’ordre de bafouer les droits des migrants. « L’État militarise la frontière, traque les exilé(e)s et les reconduit quasi systématiquement en Italie sans même vérifier s’ils souhaitent demander l’asile en France », écrivent-ils encore dans leur communiqué.

      Selon Tous Migrants, le profil des exilés traversant les Alpes a changé ces derniers mois. Auparavant, les personnes secourues étaient majoritairement des hommes, en provenance d’Afrique de l’Ouest « qui remontaient l’Italie depuis le sud avant de traverser les Alpes ». Aujourd’hui, les migrants sont davantage des familles venues du Moyen-Orient. « Elles arrivent de Slovénie, passent par Trieste (dans le nord de l’Italie), et arrivent aux Alpes », explique Agnès Antoine. « Ce sont beaucoup de familles avec des femmes enceintes, des enfants et même des bébés en bas âge ».

      Depuis le mois de septembre 2020, les maraudes ont permis de porter assistance à 196 personnes, écrivent les bénévoles de l’association.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/29725/dans-les-alpes-les-associations-d-aide-aux-migrants-se-disent-harcelee

    • « A la frontière franco-italienne, l’Etat commet des violations quotidiennes des droits humains »

      Au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, la #militarisation_de_la_montagne n’est qu’un geste vain de l’Etat, alertent l’anthropologue #Didier_Fassin et le médecin #Alfred_Spira.

      Tribune. Toutes les #nuits, dans les Hautes-Alpes, au col de Montgenèvre, des hommes, des femmes et des enfants en provenance du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne ou du Maghreb tentent de passer à pied d’Italie en France, dans la neige et le froid. Toutes les nuits, puissamment équipés, des agents de la police aux frontières et des gendarmes dépêchés sur place s’efforcent de les en empêcher et de les reconduire de l’autre côté de la frontière. Toutes les nuits, des bénévoles font des #maraudes pour porter assistance à ceux qui, une fois sur le territoire français, essaient d’échapper à leur arrestation.

      Cette étrange dramaturgie se reproduit depuis quatre ans, et, si les hivers sont particulièrement dangereux, certains des accidents les plus tragiques se sont produits en #été : il n’est pas de période sûre pour les exilés qui se perdent ou se blessent dans cette voie par laquelle ils espèrent obtenir la protection de la France ou poursuivre plus loin leur périple. Ajoutons à ce tableau la présence de deux compagnies de policiers et de gendarmes chargés du secours en haute montagne qui, en conformité avec leur noble mission, sont parfois paradoxalement conduits à intervenir pour aider des exilés qui fuient leurs collègues.

      Leur action se fait au nom du contrôle de l’immigration, et le président de la République a récemment ordonné un doublement des forces de l’ordre qui gardent les frontières.

      Mais cette impressionnante mobilisation se révèle à la fois disproportionnée et inefficace, comme le reconnaît un haut fonctionnaire préfectoral. Disproportionnée, car elle ne concerne que 2 000 à 3 000 passages par an. Inefficace, car celles et ceux qui sont reconduits retentent inlassablement leur chance jusqu’à ce qu’ils réussissent.

      La véritable conséquence du déploiement de ce dispositif est de contraindre les exilés à emprunter des chemins de plus en plus périlleux, sources de #chutes, de #blessures et de #gelures. Plusieurs #décès ont été enregistrés, des #amputations ont dû être réalisées. La militarisation de la montagne n’est ainsi qu’un geste vain de l’Etat, dont le principal résultat est la #mise_en_danger des exilés, souvent des familles.

      « #Délit_de_solidarité »

      Geste d’ailleurs d’autant plus vain qu’il est difficile d’imaginer que des personnes qui ont quitté un pays où ils n’étaient pas en sécurité pourraient y retourner. Les uns ont fait des milliers de kilomètres sur la route des Balkans, y ont été enfermés dans des camps infâmes sur des îles grecques ou ont subi les violences des policiers et des miliciens croates.

      Les autres ont franchi le Sahara où ils ont été dépouillés de leurs biens par des gangs avant d’arriver en Libye, où ils ont été détenus, torturés et libérés contre rançon, puis de traverser la Méditerranée sur des embarcations précaires et surchargées. Il est difficile d’imaginer que ces exilés puissent renoncer à cet ultime obstacle, fût-il rendu hasardeux par l’action de la police et de la gendarmerie.

      C’est pourquoi l’activité des maraudeurs est cruciale. Les premiers d’entre eux, il y a quatre ans, étaient des habitants de la région pour lesquels il était impensable de laisser des personnes mourir en montagne sans assistance. « #Pas_en_notre_nom » était leur cri de ralliement et l’intitulé de leur association, qui est devenue un peu plus tard Tous Migrants, récompensée en 2019 par un prix des droits de l’homme remis par la garde des sceaux. Très vite, ils ont été rejoints par des #bénévoles venus de toute la France et même de plus loin, certains étant des professionnels de santé intervenant au nom de #Médecins_du_monde.

      Ces maraudeurs qui essaient de mettre à l’#abri les exilés ayant franchi la frontière dans des conditions extrêmes ont à leur tour été réprimés. Bien que censuré par le Conseil constitutionnel en 2018, au nom du principe supérieur de fraternité, le « délit de solidarité » continue à donner lieu à des #interpellations et parfois à des #poursuites.

      Nous avons nous-mêmes récemment été, en tant que médecins, les témoins de ces pratiques. L’un de nous a fait l’objet, avec son accompagnateur, d’un long contrôle d’identité et de véhicule qui les a empêchés de porter secours, quelques mètres plus loin, à une dizaine de personnes transies, dont une femme âgée qui paraissait présenter des troubles cardiaques. Alors qu’ils insistaient devant le poste de police sur les risques encourus par cette personne et rappelaient la condamnation de la police aux frontières pour refus de laisser les organisations humanitaires pénétrer leurs locaux pour dispenser une assistance médicale et juridique, ils se sont fait vigoureusement éconduire.

      Double contradiction

      Un autre a pu, quelques jours plus tard, mettre à l’abri deux adultes avec quatre enfants qui venaient de franchir la frontière par − 15 °C ; il s’est alors rendu compte que deux fillettes étaient sans leurs parents qui avaient, eux, été interpellés ; revenu au poste-frontière pour solliciter la libération du père et de la mère au nom de l’#intérêt_supérieur_des_enfants de ne pas être séparés de leur famille, il n’a obtenu celle-ci qu’au prix d’une audition par un officier de police judiciaire, après avoir été fallacieusement accusé d’#aide_à_l’entrée_irrégulière_sur_le_territoire, #délit puni de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

      Dans les jours qui ont suivi ces deux épisodes, tous les maraudeurs ont fait l’objet d’un #harcèlement non justifié des #forces_de_l’ordre, avec jusqu’à six contrôles et trois #contraventions par personne certains soirs.

      Tous les policiers et les gendarmes n’adhèrent pas à ces pratiques. Certains vont jusqu’à féliciter les maraudeurs pour leurs actions. Ils sont d’autant plus légitimes à le faire qu’au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière le gouvernement viole les #droits_humains, lorsque ses agents insultent, volent et frappent des exilés, comme des décisions judiciaires l’ont établi, et qu’il enfreint la législation lorsque les exilés ne sont pas autorisés à demander l’asile à la frontière. Parfois, les mineurs non accompagnés se voient refoulés, ce que condamne la justice.

      On aboutit à cette double contradiction : garant de la loi, l’Etat y contrevient au moment même où il sanctionne celles et ceux venus lui demander sa protection ; promoteur des valeurs de la République, il punit celles et ceux qui se réclament de la fraternité. Ces violations des droits humains et ces infractions à la législation contribuent à la crise humanitaire, sécuritaire et sanitaire, contre laquelle le devoir éthique de tout citoyen est d’agir, comme nous le faisons, pacifiquement et dans le strict respect de la loi.

      Didier Fassin est professeur à l’Institut d’études avancées de Princeton et titulaire de la chaire annuelle « santé publique » au Collège de France ; Alfred Spira est professeur honoraire de santé publique à la faculté de médecine de Paris-Saclay et membre de l’Académie nationale de médecine. Tous deux sont occasionnellement maraudeurs bénévoles pour l’association Médecins du monde.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/28/a-la-frontiere-franco-italienne-l-etat-commet-des-violations-quotidiennes-de
      #nuit #hiver #efficacité #proportionnalité #inefficacité

  • Face à la haine et aux amalgames : « Redonner ses lettres de noblesse à la solidarité et à l’#hospitalité française »

    Elle appelle cela « l’#hospitalité_citoyenne ». #Julia_Montfort, journaliste et réalisatrice, a accueilli, comme beaucoup d’autres Français, un « migrant », Abdelhaq, originaire du Tchad. Elle raconte cette rencontre à Basta !, rencontre dont elle a tiré une web-série, #Carnets_de_solidarité. Son histoire nous rappelle que, loin des scènes indignes de harcèlement policier ou de commentaires racistes, des dizaines de milliers de citoyens font preuve de solidarité.

    Julia Montfort appelle cela « l’hospitalité citoyenne ». Comme beaucoup d’autres personnes en France, elle a ouvert sa porte pour accueillir un « migrant », Abdelhaq. Il avait alors 21 ans et ne devait rester que quelques jours. Il aura finalement vécu un an et demi chez Julia et Cédric, son mari. De cette expérience personnelle est alors née l’envie de raconter ce mouvement de #solidarité qui a gagné de nombreux foyers français – une réalité trop souvent invisibilisée – pendant que les politiques en œuvre choisissent trop souvent de harceler, humilier, reléguer dans la rue les exilés en quête d’accueil, ne serait-ce que temporaire. Réalisatrice, elle en a tiré une web-série passionnante, Carnets de Solidarité, qui offre la meilleure des réponses, en actes, à tous les préjugés, tous les cynismes ou toutes les haines qui s’accumulent sur ce sujet.

    Basta ! : Le point de départ de votre travail, c’est le #récit_intime de l’accueil d’Abdelhaq, chez vous, dans votre appartement. Avec le recul, qu’avez-vous appris de cette expérience d’hospitalité ?

    Julia Montfort [1] : Beaucoup de choses. Nous n’avons pas accueilli un citoyen français avec des références culturelles partagées : Abdelhaq est le fils d’un berger nomade, dans le sud du Tchad, qui parle un dialecte dérivé de l’arabe – le kebet – dont la vie consistait à garder les chèvres de son père ou à aller récolter du miel, autant dire une vie diamétralement opposée à la mienne. Tout nous séparait, et nous avons appris à trouver des #liens, à construire des ponts entre nos deux cultures.

    J’ai réalisé la portée de ce geste dès que j’ai ouvert ma porte devant ce grand gaillard de plus d’1 m 90, et que j’ai compris que le #langage ne nous permettrait pas de communiquer. Il apprenait les rudiments du français, mais il ne faisait pas de phrases, je ne parvenais même pas à savoir s’il aimait les pâtes. De fait, ce genre de situation permet aussi d’en apprendre beaucoup sur soi-même et sur notre rapport à l’autre. Cela m’offre aujourd’hui un ancrage très différent dans le présent.

    Il y a cette anecdote significative, lorsque vous racontez que vous hésitez plusieurs jours avant de lui signaler qu’il ne priait pas dans la bonne direction…

    Il se tournait exactement à l’opposé de la Mecque, nous ne savions pas comment lui annoncer, cela nous pesait, alors qu’au final, Abdelhaq a juste explosé de rire lorsque nous lui avons montré la boussole ! Une partie de notre complicité est née ce jour-là… Abdelhaq a une pratique très ouverte de sa religion, c’est notamment une façon de maintenir un lien avec son pays. Quand il est arrivé à Paris, son premier réflexe a été d’aller dans une mosquée, où il a pu être hébergé. C’est un peu son repère, son cadre. Mais depuis, on a constaté qu’il s’intéressait beaucoup aux autres religions.
    De notre côté, nous sommes parfaitement athées, et c’est probablement la première fois que j’ai côtoyé quelqu’un de religieux aussi longtemps, et aussi intimement. La probabilité que je puisse, à Paris, me retrouver directement confrontée à la réalité de la vie d’Abdelhaq était tout de même très faible, jusqu’à présent. Cela cultive une certaine #ouverture_d’esprit, et cela a généré aussi beaucoup de #respect entre nous.

    Pour autant, vous ne faites pas l’impasse sur les difficultés qui se présentent, aussi, à travers cette expérience. « L’hospitalité n’est pas un geste naturel, c’est une #épreuve », dites-vous.

    Il ne faut pas enjoliver cette expérience par principe, cela n’a rien de simple d’accueillir un étranger chez soi. Il faut s’ouvrir à lui, accepter qu’il entre dans notre #intimité, c’est une relation qui demande beaucoup d’énergie. Faire entrer l’exil à la maison, c’est aussi faire entrer des vies brisées et tous les problèmes qui accompagnent ces parcours du combattant… Et c’est compliqué quand, au petit-déjeuner, vous devez affronter son regard dans le vide, que vous voyez qu’il n’est pas bien. Tout paraît assez futile. J’ai parfois eu l’impression de plonger avec Abdelhaq. C’est le principe même de l’empathie, partager l’#émotion de l’autre. Mais quand c’est sous votre toit, il n’y a pas d’échappatoire, c’est au quotidien face à vous.

    Dans votre récit, vous utilisez très souvent les termes de « #générosité », de « #bienveillance », d’ « #humanité », comme si vous cherchiez à leur redonner une importance qu’ils ne semblent plus vraiment avoir, dans la société. Faut-il travailler à repolitiser ces valeurs, selon vous ?

    On pense toujours que la solidarité, l’#altruisme, l’#entraide, tout ça n’est que l’apanage des faibles. Ce seraient des vertus désuètes, bonnes pour les « bisounours ». Il a en effet fallu que j’assume, à l’écriture, de redonner des lettres de noblesse à ces mots-là. Car on a bien vu que tous ces petits #gestes, cette empathie, ces regards, ce n’était pas anodin pour Abdelhaq. On a vu comment cette solidarité qui s’est organisée avec les voisins l’a porté, lui a permis de se regarder autrement, de retrouver des prises sur le réel. Petit à petit, on l’a vu changer, reprendre pied. Et ça, c’est considérable.
    Et partant de là, on peut aussi se demander ce qui nous empêche d’appliquer cela à toutes nos relations – personnellement, j’essaye désormais d’être plus attentive à cette forme de #bienveillance dans mes échanges avec mes voisins ou mes amis, au travail. Cela semble toujours une évidence un peu simple à rappeler, mais c’est vertueux. C’est même l’un des principaux enseignements que nous avons tiré de notre expérience, à notre échelle : au-delà des difficultés, cela fait du bien de faire du bien. Diverses études documentent les bienfaits pour la santé de ces #émotions positives ressenties, cela porte même un nom – le « #helper’s_high », l’euphorie de celui qui aide. Donc oui, la solidarité fait du bien, et il faut en parler.

    De fait, votre initiative a rapidement fait la preuve de son effet multiplicateur auprès du voisinage, c’est ce que vous appelez la « #contagion_solidaire ».

    C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit qu’il y avait quelque chose à raconter de cette expérience personnelle. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, le discours sur « l’invasion » battait son plein. En 2017-2018, on est en plein dans la séquence où l’on entend partout que les migrants sont trop nombreux, qu’ils sont dangereux, qu’ils vont nous voler notre pain, notre travail et notre identité. Or à mon échelle, à Bagnolet, au contact de différentes classes sociales, j’ai vu le regard des gens changer et ce mouvement de solidarité se mettre en place, autour de nous. Et c’était d’autant plus significatif que nous étions officiellement devenus « hors-la-loi » puisque nous n’avions pas le droit d’héberger un sans-papier… De fait, lorsqu’on a reçu une enveloppe avec de l’argent pour payer le pass Navigo d’Abdelhaq, nous avons compris que nous étions plusieurs à accepter de transgresser cette règle absurde. Et à entrer ensemble dans l’absurdité du « #délit_de_solidarité ».

    « La chronique des actions en faveur de l’accueil des migrants montre une évolution au sein des sociétés européennes. Par leur ampleur et l’engagement qui les sous-tend, les formes de solidarité et d’hospitalité que l’on y observe s’apparentent de plus en plus à un mouvement social » affirme l’anthropologue Michel Agier, que vous citez dans votre livre. De fait, à l’échelle de la France, votre enquête tend à montrer que les démarches d’#accueil sont bien plus nombreuses et conséquentes qu’on ne le laisse souvent croire, vous parlez même d’une « #révolution_silencieuse ». Peut-on dresser une sociologie de ce mouvement social émergent ?

    C’est encore un peu tôt, on n’a pas assez de recul, on manque de chiffres. De nombreux chercheurs travaillent là-dessus, mais c’est un mouvement encore difficile à évaluer et à analyser. La plupart des gens restent discrets, par crainte de l’illégalité mais aussi par humilité, souvent. Mais lorsque j’ai présenté la bande-annonce avec l’objet de mon travail, j’ai été submergé de messages en retour, sur internet. Et de toute la France. J’ai réalisé qu’il y avait un défaut de #narration, et un défaut de connexion les uns avec les autres. La plupart agisse, chacun de leur côté, sans s’organiser de manière collective. Des mouvements et des plateformes se sont créés, sur internet, mais cette solidarité reste encore très « électron libre ». Il n’y a pas véritablement de #réseau_citoyen, par exemple.

    Pour ma part, ce que j’ai vu, c’est une France particulièrement bigarrée. J’ai vu des gens de tous les milieux, pas nécessairement militants, et beaucoup de #familles. En général, ils racontent avoir eu un déclic fort, comme par exemple avec la photo du petit #Aylan. Ce sont des gens qui ressentent une #urgence de faire quelque chose, qui se disent qu’ils « ne-peuvent-pas-ne-rien-faire ». La certitude, c’est qu’il y a énormément de #femmes. L’impulsion est souvent féminine, ce sont souvent elles qui tendent en premier la main.

    Ce #mouvement_citoyen est aussi, malheureusement, le reflet de l’#inaction_politique sur le sujet. Cette dynamique peut-elle continuer longtemps à se substituer aux institutions ?

    Il y a un #burn-out qui guette, et qui est largement sous-estimé, chez ces citoyens accueillants. Ils s’épuisent à « l’attache ». À l’origine, cette solidarité a vraiment été bricolé, avec les moyens du bord, et dans la précipitation. Et même si elle remplit un rôle fondamental, ça reste du #bricolage. Or ce n’est pas aux citoyens de pallier à ce point les défaillances de l’#État, ce n’est pas normal que nous ayons à héberger un demandeur d’asile qui se retrouve à la rue… La réalité, c’est qu’aujourd’hui, très régulièrement en France, on ne notifie pas leurs droits aux gens qui arrivent. Or toute personne qui pose le pied en France a le droit de demander l’asile, c’est une liberté fondamentale. Commençons donc, déjà, par respecter le #droit_d’asile !

    Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de ce qui se passe, parce que cela se joue dans des zones de frontières, loin de Paris, donc cela reste assez discret. Mais on est face à quelque chose d’assez considérable en termes de violations de #droits_humains, en France, actuellement : à la fois dans le fait de bafouer ces droits fondamentaux, mais aussi dans le fait de criminaliser les personnes qui leur viennent en aide… Et pendant ce temps-là, on remet la légion d’honneur à Nathalie Bouchart, la maire de Calais, qui avait interdit les distributions d’eau pour les exilés ? Il y a quand même quelque chose qui cloche, dans ce pays.

    Cela n’a pas toujours été comme ça, rappelez-vous, en évoquant notamment l’exemple des « #Boat_People » (en 1979, l’accueil de 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens avaient obtenu un large consensus national, ndlr). Qu’est-il arrivé à cette grande « tradition française d’hospitalité », depuis ?

    Le contexte est très différent, par rapport aux Boat people. À l’époque, cela semblait sûrement circonscrit, tant dans le nombre que dans le temps. Aujourd’hui, la multiplication des conflits, un peu partout dans le monde, alimente cette idée que c’est un puits sans fond, qu’on va être submergé si on commence à accueillir trop largement… Plus fondamentalement, on le sait bien, une certaine #rhétorique s’est imposée dans les discours, sur ces questions : on parle de « flux », de « pompe aspirante », et tout ce vocable n’est plus l’apanage de l’extrême droite, on le retrouve dans la bouche des gouvernants. Tout ça insinue et conforte l’horrible mythe de « l’#appel_d’air ». Je crois qu’on oublie parfois combien les #discours_politiques contribuent à forger un cadre de pensée. Et en face, il y a un véritable défaut de pédagogie, on ne traite jamais de ces sujets à l’école, on ne produit pas de #contre-discours. Donc effectivement, c’est important de le rappeler : on a su accueillir, en France.

    Après l’assassinat terroriste du professeur Samuel Paty, vendredi 16 octobre, le débat public a pris des airs de course aux amalgames, avec une tendance à peine cachée à essentialiser toute une catégorie de population (demandeur d’asile, mineurs isolés...) comme de potentiels terroristes. Qu’est-ce que cela vous inspire, en tant qu’accueillante ?

    La #peur légitime et le #danger, bien réel, du #terrorisme ne doivent pas nous faire plonger dans une grande #confusion, en bonne partie entretenue par ma propre profession. Les journalistes ont une part de #responsabilité en entretenant ce lien dangereux, insufflé par nos gouvernants, qui envisagent la migration sous le spectre uniquement sécuritaire depuis les attentats terroristes de 2015. Nous avons besoin de #recul, et de #nuances, pour ne pas tomber dans la #stigmatisation à tout-va de tout un pan de la population, et éviter les #amalgames simplistes du type "immigration = terrorisme". Ce pur discours d’extrême droite n’est basé sur aucune étude formelle, et pourtant il s’est installé dans les esprits au point que ces femmes et ces hommes sont victimes d’un changement de perception. Hier considérés comme des personnes en détresse, ils sont désormais vus dans leur ensemble comme de potentiels terroristes car un assassin – ayant commis un acte effroyable – a préalablement été demandeur d’asile et a obtenu son statut de réfugié... Il s’agit d’un itinéraire meurtrier individuel. Les demandeurs d’asile, les mineurs isolés, les réfugiés sont les premiers à pâtir de ces amalgames. Les entend-on ? Très rarement. Leur #parole est souvent confisquée, ou bien nous parlons à leur place.

    Alors, il faut le rappeler : ces personnes exilées et arrivées en France aspirent simplement à s’intégrer et à mener une vie « normale », si tant est qu’elle puisse vraiment l’être après tout ce qu’elles ont traversé, et avec la douleur du #déracinement. Et ces étrangers, nous les côtoyons au quotidien sans même le savoir : ils livrent nos repas à domicile, se forment à des métiers dans des secteurs en tension où la main d’œuvre manque, ils changent les draps dans les hôtels. Nombre de médecins réfugiés furent en première ligne pendant le confinement... Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est justement de ramener de la mesure dans ce débat toxique et dangereux en humanisant ces destins individuels.

    https://www.bastamag.net/Redonner-ses-lettres-de-noblesse-a-la-solidarite-et-a-l-hospitalite-franca

    ping @isskein @karine4

  • « Délit de solidarité » : Cassation de la condamnation d’un militant solidaire à la frontière franco-italienne

    Le 14 octobre 2020, la #Cour_de_cassation a sanctionné une nouvelle fois la #cour_d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre d’un nouveau #procès pour « délit de solidarité ».

    Relaxé par le tribunal correctionnel de Nice en 2018, #Loïc_Le_Dall a été condamné le 1er avril 2019 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en situation irrégulière en France ».

    Trop pressée de sanctionner une nouvelle fois un militant solidaire des personnes exilées à la frontière franco-italienne, la cour d’appel avait refusé d’examiner les moyens de procédures soulevés par l’avocat de Loïc Le Dall, lequel avait alors formé un pourvoi en #cassation. Début septembre 2020, la Cour de cassation s’est penchée sur l’affaire. Elle a cassé la décision de la cour d’appel et a renvoyé devant ladite cour, dans une nouvelle composition, pour un nouvel examen de l’affaire.

    « Je suis très heureux que la Cour de cassation ait rendu une décision en ce sens. Cependant, le fond du débat n’a pas été tranché et une prochaine audience pourra sans doute permettre de me relaxer définitivement, mon objectif ayant toujours été la défense des droits des personnes à la frontière franco-italienne », déclare Loïc Le Dall à l’annonce de la décision de la Cour de cassation.

    « La Cour de cassation sanctionne la cour d’appel pour ne pas s’être prononcée sur les moyens de nullité de procédure pourtant régulièrement soulevés in limine litis (avant toute défense au fond). Ce faisant, la Cour souligne l’office du juge, même lorsqu’il doit se prononcer sur des infractions à dimension fortement politique. Cette décision est néanmoins frustrante car le fond sur ce qui est appelé le « délit de solidarité » ou la liberté d’aider autrui n’a pas été évoqué malgré un avis favorable de l’avocat général. L’audience de renvoi revêtira donc un enjeu particulièrement important dans les prochains mois pour tous les militants solidaires. Je garde l’espoir que, dans sa nouvelle composition, la cour d’appel changera sa position en tirant les conséquences des évolutions jurisprudentielles intervenues depuis la décision du Conseil constitutionnel consacrant le principe de fraternité », déclare Zia Oloumi, avocat de Loïc Le Dall.

    Pour l’Anafé et Emmaüs France, engagées dans le soutien des défenseurs des droits humains poursuivis pour « délit de solidarité », le débat à venir devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre du procès de Loïc Le Dall permettra sans doute de mettre un terme aux poursuites pour aide à l’entrée sur le territoire des militants solidaires.

    A l’heure où la Commission européenne envisage, dans le pacte européen sur les migrations, de mettre un terme aux poursuites des militants lors des sauvetages en mer, nos associations demandent à ce que la loi française soit modifiée pour que les personnes solidaires en France ne soient plus inquiétées, poursuivies et condamnées pour leurs actions de fraternité à l’égard des personnes en migration.

    La défense des droits des personnes étrangères aux frontières et de la solidarité, que ce soit en mer, en montagne ou dans les plaines, ne doit plus être réprimée.

    Complément d’information

    Le 18 janvier 2018 Loïc Le Dall est arrêté lors d’un contrôle d’identité au péage de #La_Turbie dans le sens Italie-France. À bord de son véhicule, il y avait un ressortissant éthiopien. Ils ont tous les deux été arrêtés. Loïc Le Dall a reconnu avoir aidé cette personne dans son parcours migratoire pour des #motifs_humanitaires. Quelques jours avant, un homme avait été retrouvé mort sur le toit du train en provenance de Vintimille – il avait été électrocuté. Le ressortissant éthiopien a été immédiatement renvoyé en Italie.

    À l’issue de sa garde à vue, Loïc Le Dall a été présenté au tribunal correctionnel de Nice en comparution immédiate. L’audience a été reportée au 14 mars. Pendant cette période, il avait l’interdiction de sortir du département des Alpes-Maritimes et devait se présenter une fois par semaine au commissariat.

    Le 14 mars 2018, le tribunal correctionnel de Nice a relaxé Loïc Le Dall en raison notamment de l’absence d’audition du ressortissant éthiopien dans la procédure pénale et de l’absence de procédure relative à la situation administrative de cette personne sur le territoire français. Le tribunal avait en effet estimé que « la culpabilité ne peut être retenue sur la seule base de l’auto-incrimination, le délit poursuivi n’apparaît pas suffisamment caractérisé en l’absence d’enquête sur la situation administrative de l’étranger visé à la procédure ».

    Le parquet avait alors fait appel de la décision. L’audience en appel s’est tenue le 20 mars 2019 à la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Le 1er avril 2019, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné Loïc Le Dall à 3 000 euros d’amende avec sursis pour « aide à l’entrée d’un étranger en France ». Loïc Le Dall a alors formé un pourvoi en cassation. L’audience devant la Cour de cassation s’est tenue le 2 septembre 2020.

    Loïc Le Dall est observateur aux frontières intérieures terrestres et membre de l’Anafé depuis janvier 2018. Il a rejoint le mouvement Emmaüs et est président d’Emmaüs Roya depuis août 2019.

    http://www.anafe.org/spip.php?article580
    #délit_de_solidarité #justice #asile #migrations #réfugiés #France #frontières #frontière_sud-alpine #solidarité

  • Lesbos en quarantaine, la situation des réfugiés

    Dans le camp de Mória sur l’île de Lesbos, des travailleurs humanitaires apportent leur soutien à des dizaines de milliers de migrants malgré le confinement et les conditions sanitaires catastrophiques. « ARTE Regards » lève le voile sur la situation désespérée dans ce site surpeuplé, considéré comme l’un des plus dangereux d’Europe.

    Leurs histoires ne font pas la une mais elles émeuvent, surprennent et donnent à réfléchir. En prise avec un thème d’actualité, les reportages choisis par ARTE Regards vont à la rencontre de citoyens européens et proposent une plongée inédite dans leurs réalités quotidiennes.

    https://www.arte.tv/fr/videos/090637-059-A/arte-regards-lesbos-en-quarantaine-la-situation-des-refugies
    #Moria #Lesbos #asile #migrations #réfugiés #distanciation_sociale #camps_de_réfugiés #coronavirus #covid-19 #Team_Humanity #humanitaire #solidarité #Grèce #délit_de_solidarité #dissuasion
    #film #vidéo #documentaire #campement #bagarres #agressions #queue #déchets #liberté_de_mouvement #hygiène #eau #accès_à_l'eau #eaux_usées #sécurité #insécurité #toilettes #résistance #relocalisation #
    ping @luciebacon

  • La justice relaxe Cédric Herrou, symbole de l’aide citoyenne aux migrants
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2020 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/24730/la-justice-relaxe-cedric-herrou-symbole-de-l-aide-citoyenne-aux-migran

    L’agriculteur militant Cédric Herrou a été relaxé de « toutes les poursuites » à son encontre, mercredi, par la Cour d’appel de Lyon. Il était notamment poursuivi pour avoir favorisé « l’entrée illégale » de migrants en France.

    « Je suis relaxé ! La solidarité n’est pas un délit et ne le sera jamais ! » C’est avec ce cri du coeur publié sur sa page Facebook que le militant Cédric Herrou a annoncé sa victoire en justice, mercredi 13 mai. Le militant, symbole de l’aide citoyenne aux migrants, a été « renvoyé de toutes les poursuites » à son encontre par la Cour d’appel de Lyon. Celle-ci le rejugeait après une décision historique en 2018 du Conseil constitutionnel, validant le « principe de fraternité » et censurant partiellement le « délit de solidarité ». (...)

    #solidarité #migrants

  • Ettore Castiglioni - Rai Radio 3 - RaiPlay Radio
    https://www.raiplayradio.it/audio/2019/05/WIKIRADIO-782ee5c2-5ed2-489c-9f41-0d859dbacd1d.html

    Ettore Castiglioni raccontato da Gian Luca Favetto
    Il 5 giugno 1944, nei pressi del passo del Forno, in provincia di Sondrio, viene ritrovato il corpo senza vita di Ettore Castiglioni

    con Gian Luca Favetto

    Repertorio:

    – Letture tratte da Il giorno delle Mésules. Diari di un alpinista antifascista di E. Castiglioni - Curatore: Marco Albino Ferrari - Editore: CDA & VIVALDA- voce di Claudio De Pasqualis,

    – Frammenti dal trailer Oltre il confine. La storia di Ettore Castiglioni , docufilm italo-svizzero (regia di Andrea Azzetti e Federico Massa) che ripercorre le vicende e la vita dello scalatore Ettore Castiglioni (1908-1944), attraverso le parole del suo diario. Produzione: Villi Hermann, Federico Massa, Giuliano Torghele, GIUMA PRODUZIONI, GOOLIVER, IMAGO FILM LUGANO, in coproduzione con RSI, 2015

    – Francesco De Gregori - Stelutis Alpinis

    #wikiradio #podcast #ettoreCastiglioni #alpinisme #CAI

  • Corona Chroniques, #Jour47 - davduf.net
    http://www.davduf.net/corona-chroniques-jour47

    12h, une poignée de volontaires des #Brigades_de_Solidarité_Populaire gagne la place du marché Croix de Chavaux à #Montreuil. Dans leurs cageots, des invendus de Rungis, qu’ils sont allés chercher hier, des fruits qu’ils ont triés, et des légumes qu’ils distribuent à une centaine de pauvres parmi les pauvres, les confinés de TOUT ; geste simple et magnifique, geste barrière suprême, « élan solidaire et autogestionnaire », comme ils disent ; une solidarité pensée, qui doit plus à l’Après qu’à l’Avant, à l’autodéfense qu’à la charité. Depuis le #Corona, le camion des BSP (création italienne, depuis internationale) maraude dans les quartiers populaires, un camion fait des tournées en continu, deux cantines mitonnent des repas prêts pour ceux qui n’ont même pas de cuisine.

    Mais 13h20, les voitures de police qui pimponnent. Mais 13h20, les motos des voltigeurs qui débarquent. Mais 13h20, #Lallement qui fait sonner la troupe. C’est brigades contre brigades, braves contre #BRAV (Brigades de Répression de l’Action Violente Motorisées). La distribution gratuite de denrées est interrompue. On nasse, on verbalise, pour manifestation non déclarée. Aux Brigadistes de rue — gantés, masqués, gelés — qui se plaignent d’être contrôlés comme Avant, sans précautions sanitaires ni distance d’aucune sorte, les Brigadistes de #préfecture rétorquent comme dans un aveu de l’Ordre imbécile : « Vous n’avez rien à dire, vos masques ne sont pas aux normes. »

    • Outre le suivi de la journée par Paris luttes ci-dessus. Des aperçus (avec photos et vidéo) de ce qui s’est passé à #Montreuil où la journée a commencée vers 13H30 par l’intervention d’une quarantaine de « BRAV » (voltigeurs de la police) pour mettre fin à une distribution de nourriture à Croix de Chavaux.

      1/ La Halle du marché, c’est un peu comme la vie
      https://twitter.com/Paroleerrante/status/1256184386824921088

      Ce matin un marché rouge était organisé, avec distribution de nourriture et tracts des #Brigades_de_solidarité_populaire. Une cinquantaine de personnes ont été nassées par la police (les « BRAV » voltigeurs) ss la halle du marché Croix de Chavaux, solidarité !!

      #délit_de_solidarité : Distribution de légumes à +ou-100 personnes, chorale, banderoles. Puis la milice du capital arnachée comme pas 2 vient nasser et distribue une cinquantaine de PV, y compris à des personnes simplement venues récupérer de quoi manger

      Le poulet au légumes du #PremierMai, nature morte, 2020.

      2/ Haut Montreuil
      https://twitter.com/Paroleerrante/status/1256208489766105088

      Après la nasse de Croix de Chavaux, avec la pullulation policière qui continue à la mairie

      En ce moment : une petite manif qui descend de la Boissière vers Mairie en occupant la route !

      3/ dernier fil, à la lecture du Parisien libéré
      https://twitter.com/Paroleerrante/status/1256288161673740288

      ce vendredi, les signes avant coureur de l’agitation à venir se faisaient sentir dans le centre-ville de Montreuil : une vingtaine de cars de CRS Le Parichien empêtré

      Mairie

      Un des lieux de retrouvailles, repos et de débriefing :)
      Si pas de muguet de Mai, dansons la capucine.

    • Pour les oubliés du confinement - Son, chant, images, hier au marché à Croix de chavaux, avant l’arrivée des BRAV

      Montreuil, place du Marché. 1er mai. Autodéfense populaire. Distribution de fruits & légumes avec une #chorale. Là où l’État n’est présent que par sa police, nous nous organisons pour répondre à des besoins nécessaire et vitaux.

      https://twitter.com/carlier_anna/status/1256555127139377152

    • 1er mai à Montreuil : la Boissière deter et révolutionnaire !
      https://paris-luttes.info/1er-mai-a-montreuil-la-boissiere-13931

      Nous vous livrons un petit CR à chaud et euphorique de la manif de la Boissière à Montreuil (93). Pour résumer rapidement : nous avons pu mener une manif sauvage de 1h30 entre le carrefour bd de la Boissière / bd Aristide Briand jusqu‘à Paul Signac puis jusqu‘à la lisière de la mairie de Montreuil, et retour par la rue de Romainville aux Trois Communes pour finir devant l‘hôpital André Grégoire. On voulait rejoindre la mairie, mais on a préféré éviter la nasse géante.

      Plein de gens aux fenêtres nous ont salué·e·s, acclamé·e·s et quelques voisin·e·s sont carrément descendu·e·s pour manifester avec nous ! Big up aux automobilistes qui ont voulu aller se garer pour nous rejoindre, à celleux qui ont mis l‘Internationale à fond dans leur appart pour qu‘on l‘entende, celleux qui nous ont offert un miniconcert à leur fenêtre avec tambour et accordéon, aux deux qui ont brandi un drapeau rouge à faucille et marteau à notre passage, à cette maman qui est descendue nous faire un coucou avec ses deux enfants déguisées en princesses, à ce gars en voiture qui nous a demandé quelles étaient nos revendications et a levé le pouce quand on lui a dit : « LA RÉVOLUTION ! ».

      Nous avons pu nous lâcher sur les slogans et la bonne humeur en n‘étant presque pas dérangé·e·s par les keufs (ni par la pluie !) : on a compté un camion de flics qui a fait demi-tour en nous voyant arriver, et une voiture de la police municipale devant l‘hôpital, peu avant le point de dispersion. Les deux municipaleux étaient totalement démunis, ont essayé de nous suivre, de faire demi-tour, l‘un d‘eux a même contrôlé au pif un pauvre automobiliste qui passait par là pour se donner de la contenance, et avant que leurs renforts n‘arrivent, tout le monde était dispersé et en sécurité (a priori).

      On était armé·e·s d‘attestations en bonne et due forme, de masques, de gestes barrière et surtout de 2 banderoles de ouf (qui sont elles aussi en sécurité) : une « Fermez les CRA » et une « Contre le Macronavirus, la Boissière révolutionnaire » avec un serpent magnifiquement vénère.

      On est encore tout.es retourné·e·s de la réaction des voisin.es aux balcons, aux fenêtres et dans la rue, l‘ambiance était si chaleureuse et solidaire ! C‘était en soi une sauvage toute tranquille avec des enfants et des petits moments de danse, mais c‘est surtout une manif du 1er mai 2020 qui s‘est déroulée sans accroc, dans un quartier particulièrement touché par le harcèlement policier et les violences policières, et ça c‘est ouf et ça fait du bien.

      Stratégiquement, on peut en déduire qu‘effectivement, surprendre les keufs et compagnies en manifestant dans des endroits inattendus, de manière mobile, spontanée et décentralisée, ça marche bien. Nous n‘étions qu‘un petit groupe, une vingtaine qui est devenue une trentaine, et on n‘a pas pu inviter et mobiliser toutes les personnes avec qui on aurait aimé manifester. Depuis le début du confinement, on s’organise dans notre quartier, on en est fier·ère·s et on va pas s’arrêter là. Aujourd’hui, c‘était un modèle de manif de quartier, avec ses avantages et ses inconvénients, qui nous a fait grave plaisir et nous a permis de montrer aux compas et au quartier que le confinement ne signifie pas la fin de la rébellion et des luttes !

      Un dernier mot : toute notre solidarité à celleux qui ont pris des amendes aujourd‘hui ou les jours précédents, ailleurs à Montreuil ou Paris. À la Boissière, les flics nous alignent pour rien, du coup notre petite balade sonnait comme une minirevanche. On va essayer de s‘organiser pour que les amendes soient prises en charge collectivement et on vous invite à faire de même !

      La Boissière, déter, et révolutionnaire !

      [...]
      _Suit une liste de #slogans_

  • La lutte pour l’abolition du « délit de solidarité » continue

    Le #Conseil_national a rejeté aujourd’hui l’initiative parlementaire "En finir avec le délit de solidarité" de #Lisa_Mazzone.

    En rejetant l’initiative « En finir avec le délit de solidarité » (https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20180461), le Conseil national a raté l’opportunité de faire honneur à la tradition humanitaire de la Suisse. Mais la lutte ne s’arrêtera pas là ! Solidarité sans frontières continuera de soutenir les personnes condamnées dans les cas de recours, de faire connaître leurs histoires et de s’engager pour faire changer cette loi qui est non seulement inhumaine, mais est aussi une aberration juridique. Solidarité sans frontières tient aussi à rappeler que les juges ont une grande marge de manœuvre et peuvent décider d’abandonner les charges ou d’acquitter les peines. Plusieurs jugements étant actuellement en cours (#Anni_Lanz, #Lisa_Bosia und #Norbert_Valley notamment), nous encourageons les juges à abandonner les charges contre ces personnes qui ont agi de manière désintéressée.

    https://www.sosf.ch/fr/sujets/divers/informations-articles/rejet-initiative-parlementaire-mazzone.html

    #délit_de_solidarité #asile #migrations #réfugiés #frontières #Suisse #vote

  • La militante de #RESF #Vaucluse condamnée en appel pour avoir scolarisé un jeune migrant isolé

    La Cour d’Appel de Nîmes condamne ce jeudi #Chantal_Raffanel à 500 euros d’amende pour avoir scolarisé un jeune migrant à Vedène. La militante de RESF Vaucluse avait été relaxée en première instance mais le parquet avait fait appel.


    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-militante-de-resf-vaucluse-condamnee-pour-avoir-scolarise-un-jeune-mig
    #droit_à_l'éducation #enfants #scolarisation #enfance #école #condamnation #délit_de_solidarité #MNA #mineur_non_accompagné #justice (well...) #it_has_begun
    signalé par @reka sur FB

  • #Conférence_de_presse « La solidarité n’est pas un crime »
    https://www.facebook.com/sosf.fanpage/videos/786198595185108/?hc_location=ufi
    #délit_de_solidarité #statistiques #chiffres #asile #migrations #réfugiés #frontières #Suisse

    Pétition
    La solidarité n’est pas un crime ! Pour une modification de l’article 116 de la Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration

    Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

    De plus en plus, des individus venant en aide à des personnes en situation de très grande détresse se retrouvent face à un tribunal, parce qu’ils n’ont pas respecté l’article 116 de la Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI) qui interdit l’aide à l’entrée, à la sortie et au séjour illégaux. Lisa Bosia, Norbert Valley ou encore Anni Lanz sont des exemples emblématiques de l’acharnement des autorités à casser l’élan de solidarité envers les réfugié·e·s qui grandit au sein de la population. Au lieu de rendre des comptes à propos de leur pratique de renvoi plus que discutable, elles se servent du droit pénal pour s’attaquer aux personnes qui agissent de manière critique.

    La solidarité n’est pas un crime. Elle doit être encouragée et non réprimée. Alors que toujours davantage d’exilé·e·s se retrouvent dans une grande précarité en raison des politiques xénophobes des gouvernements européens, l’assistance à autrui doit aller de soi, peu importe les papiers.

    Mesdames et Messieurs les Parlementaires, vous aurez bientôt une occasion de faire honneur à la tradition humanitaire de la Suisse et à des personnages dont nous pouvons être fiers comme Paul Grüninger ou Carl Lutz : soutenez l’initiative parlementaire 18.461 « En finir avec le délit de solidarité », qui vise à modifier l’article 116 de la LEI « pour ne plus criminaliser des individus prêtant assistance, dès lors que l’acte est désintéressé et que ces personnes n’en retirent aucun profit personnel ».


    http://article116.mystrikingly.com

    Pour télécharger la pétition en pdf :


    https://www.sosf.ch/cms/upload/pdf/Petition_Article116_Nouveau.pdf

    #Anni_Lanz #Solidarité_sans_frontières

    ping @isskein @karine4

    • Ouvrons les fenêtres

      La solidarité n’est pas un crime. Quelque 30’000 signatures ont été déposées mercredi pour que les amendes frappant des personnes venant en aide aux migrants cessent. L’an passé 972 personnes se sont retrouvées devant la justice… pour avoir fait preuve de générosité !

      La logique voudrait que soient condamnés des malhonnêtes qui exploitent la misère du monde : les passeurs, les usuriers, les marchands de sommeil. Mais, aujourd’hui, sous-louer à prix coûtant une chambre à une personne en détresse, aider un proche ou une personne frappée de non entrée en matière vous exposent à subir le marteau de la loi.

      Notre monde crève de son manque d’humanité ; mais il semble plus urgent à certains de combattre celles et ceux qui ne se résignent pas à vivre dans un monde sans cœur… Il est indispensable de biffer de la loi sur les étrangers et l’intégration ces dispositions liberticides.

      D’autant plus que, juridiquement, on ne comprend pas très bien à quoi correspond cette volonté de criminaliser des personnes qui n’ont rien fait de mal, à part écouter leur conscience. Ou plutôt, si on suit la logique profonde de cette législation, il semble urgent à d’aucuns de protéger la société contre l’aide désintéressée. Dans un monde fondé seulement sur le fric et le pouvoir, une démarche altruiste est en effet hautement suspecte et dangereuse pour l’ordre établi.

      Une initiative parlementaire demandant qu’il soit mis fin à ce dispositif légal va être débattue au printemps. Une nouvelle majorité est sortie des urnes cet automne. Il suffirait qu’une douzaine de députés de droite se rallient à ce texte pour faire bouger les lignes de crête. Ce serait là une belle occasion de montrer qu’un climat nouveau s’est effectivement installé au Palais fédéral.


      https://lecourrier.ch/2019/12/04/ouvrons-les-fenetres

  • As #Scott_Warren retrial nears, judge orders lawyer for volunteer nurse in migrant harboring case

    As Scott Warren — a No More Deaths volunteer charged with two counts of human smuggling — again faces trial, the judge has assigned a lawyer for a volunteer nurse who works with the humanitarian group, in one of several rulings issued Monday morning.

    Warren, a 36-year-old geography professor, faced trial in May on three felony charges, including one count of criminal conspiracy to transport and harbor illegal aliens, and two counts of harboring, stemming from his January 2018 arrest by U.S. Border Patrol agents in Ajo, Ariz.

    In early June, after days of deliberation, a jury refused to convict Warren, but did not find him not guilty. The judge declared a mistrial because of the hung jury.

    Undaunted by the jury’s non-decision, federal prosecutors announced in July that they would seek a new trial, but dropped the conspiracy charge against Warren. They also announced a possible plea deal for Warren, which he did not accept by the prosecution’s deadline.

    As the case has moved toward a second trial, federal prosecutors and Warren’s defense team have issued a flurry of motions and counter-motions that will set the stage for the new court proceeding, slated to begin November 12.

    Among these motions was a request that Susannah Brown, a nurse who regularly provides medical aid to migrants crossing the desert, be assigned a lawyer. Federal prosecutors Nathaniel Walters and Anna Wright argued that Brown should retain a lawyer because “as the government argued in closing” her testimony “demonstrated that she conspired with the defendant to harbor” two men at a ramshackle building used as a staging area for humanitarian organizations, called “the Barn” in Ajo.

    Along with Warren, BP agents arrested Kristian Perez-Villanueva, a 23-year-old man from El Salvador, and Jose Arnaldo Sacaria-Goday, a 21-year-old man from Honduras. The men arrived together and stayed for four days and three nights at the Barn after crossing the desert days earlier, ending up at a gas station in Why, Ariz., in the desert west of Tucson.

    During the trial, Brown became a surprising target for federal prosecutors who tried to show that Warren was involved in a “plan,” along Brown, and an organizer of shelters in Mexico — Irineo Mujica — to smuggle the two men into the United States.

    While Brown sat in the courtroom looking shocked, federal prosecutors essentially accused her of a felony, and showed as part of their evidence video from Perez-Villanueva’s phone. In the video, Brown briefly spoke with the Salvadorian during a Christmas Day celebration at the shelter in Sonoyta, Sonora. In the video, Perez-Villanueva asks Brown her name, and she responds with the same question.

    As Perez-Villanueva turns his camera, Mujica comes into view and tells the man to put the phone down. Mujica and Warren had repeatedly emailed about the shelter and its needs, according to documents shown during the trial. This included a plan to arrange a Jan. 12 visit to the shelter, and that a group of No More Deaths volunteers went to Mexico to bring water and operate a temporary medical clinic. The next day, Perez-Villanueva and Sacaria-Goday began their journey by climbing over the fence that separates the U.S. and Mexico.

    In motions, Warren’s lawyers told the court that Brown could invoke her 5th Amendment rights during a retrial “given the accusations” made against her.

    Collins also considered a motion filed by Greg Kuykendall and Amy Knight, who argued that they should be able to submit evidence that shows Border Patrol agents may “hold biases or prejudices against No More Deaths in general and Dr. Warren in particular.”

    In their motion, Kuykendall and Knight, argued that the jury should be shown evidence that the two agents who arrested Warren—Border Patrol agents Brendan Burns and John Marquez—might have had reasons to “perceive Dr. Warren in a negative light and/or shade their testimony against him.”

    During the trial, the two Border Patrol agents said they set up an observation post about 200-300 yards from the Barn, just across from a rural road on a patch of federally owned land.

    As part of an anti-smuggling unit called the “disrupt unit,” the agents said they worked to break up smuggling organizations, but on Jan. 17—the same day that No More Deaths published a report that was highly critical of the agency, including videos of Border Patrol agents destroying water drops that immediately went viral—the two plain-clothes agents parked themselves near the Barn, and using a spotting scope, zeroed in on Warren “gesturing” to the mountains with two men they believed to be illegally in the U.S.

    Kuykendall and Knight argued that “the government depended heavily on these agents’ subjective impressions and intentions.”

    “This case was essentially a credibility contest—the agents’ interpretation set against the NMD volunteers’ explanations for their actions. The government argued that everything the defense had described was a cover-up engineered to avoid criminal liability,” Warren’s attorneys wrote. “In this context, it is crucial for jurors to understand the various possible reasons the agents may portrayed Dr. Warren as they did.”

    They also argued that Warren’s arrest was part of campaign of selective enforcement carried out by Border Patrol because the agents were upset that NMD had “that very morning, released a humiliating report and accompanying video footage exposing the Border Patrol’s gleeful destruction of humanitarian aid supplies, giving them a specific reason to resent NMD and the people associated with it.”

    Reporter profile
    More by Paul Ingram

    Posted Oct 21, 2019, 1:59 pm

    Paul Ingram TucsonSentinel.com

    As Scott Warren — a No More Deaths volunteer charged with two counts of human smuggling — again faces trial, the judge has assigned a lawyer for a volunteer nurse who works with the humanitarian group, in one of several rulings issued Monday morning.

    Warren, a 36-year-old geography professor, faced trial in May on three felony charges, including one count of criminal conspiracy to transport and harbor illegal aliens, and two counts of harboring, stemming from his January 2018 arrest by U.S. Border Patrol agents in Ajo, Ariz.

    In early June, after days of deliberation, a jury refused to convict Warren, but did not find him not guilty. The judge declared a mistrial because of the hung jury.

    Undaunted by the jury’s non-decision, federal prosecutors announced in July that they would seek a new trial, but dropped the conspiracy charge against Warren. They also announced a possible plea deal for Warren, which he did not accept by the prosecution’s deadline.

    As the case has moved toward a second trial, federal prosecutors and Warren’s defense team have issued a flurry of motions and counter-motions that will set the stage for the new court proceeding, slated to begin November 12.

    Among these motions was a request that Susannah Brown, a nurse who regularly provides medical aid to migrants crossing the desert, be assigned a lawyer. Federal prosecutors Nathaniel Walters and Anna Wright argued that Brown should retain a lawyer because “as the government argued in closing” her testimony “demonstrated that she conspired with the defendant to harbor” two men at a ramshackle building used as a staging area for humanitarian organizations, called “the Barn” in Ajo.

    Along with Warren, BP agents arrested Kristian Perez-Villanueva, a 23-year-old man from El Salvador, and Jose Arnaldo Sacaria-Goday, a 21-year-old man from Honduras. The men arrived together and stayed for four days and three nights at the Barn after crossing the desert days earlier, ending up at a gas station in Why, Ariz., in the desert west of Tucson.

    During the trial, Brown became a surprising target for federal prosecutors who tried to show that Warren was involved in a “plan,” along Brown, and an organizer of shelters in Mexico — Irineo Mujica — to smuggle the two men into the United States.

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    While Brown sat in the courtroom looking shocked, federal prosecutors essentially accused her of a felony, and showed as part of their evidence video from Perez-Villanueva’s phone. In the video, Brown briefly spoke with the Salvadorian during a Christmas Day celebration at the shelter in Sonoyta, Sonora. In the video, Perez-Villanueva asks Brown her name, and she responds with the same question.

    As Perez-Villanueva turns his camera, Mujica comes into view and tells the man to put the phone down. Mujica and Warren had repeatedly emailed about the shelter and its needs, according to documents shown during the trial. This included a plan to arrange a Jan. 12 visit to the shelter, and that a group of No More Deaths volunteers went to Mexico to bring water and operate a temporary medical clinic. The next day, Perez-Villanueva and Sacaria-Goday began their journey by climbing over the fence that separates the U.S. and Mexico.

    In motions, Warren’s lawyers told the court that Brown could invoke her 5th Amendment rights during a retrial “given the accusations” made against her.

    Collins also considered a motion filed by Greg Kuykendall and Amy Knight, who argued that they should be able to submit evidence that shows Border Patrol agents may “hold biases or prejudices against No More Deaths in general and Dr. Warren in particular.”

    In their motion, Kuykendall and Knight, argued that the jury should be shown evidence that the two agents who arrested Warren—Border Patrol agents Brendan Burns and John Marquez—might have had reasons to “perceive Dr. Warren in a negative light and/or shade their testimony against him.”

    During the trial, the two Border Patrol agents said they set up an observation post about 200-300 yards from the Barn, just across from a rural road on a patch of federally owned land.

    As part of an anti-smuggling unit called the “disrupt unit,” the agents said they worked to break up smuggling organizations, but on Jan. 17—the same day that No More Deaths published a report that was highly critical of the agency, including videos of Border Patrol agents destroying water drops that immediately went viral—the two plain-clothes agents parked themselves near the Barn, and using a spotting scope, zeroed in on Warren “gesturing” to the mountains with two men they believed to be illegally in the U.S.

    Kuykendall and Knight argued that “the government depended heavily on these agents’ subjective impressions and intentions.”

    “This case was essentially a credibility contest—the agents’ interpretation set against the NMD volunteers’ explanations for their actions. The government argued that everything the defense had described was a cover-up engineered to avoid criminal liability,” Warren’s attorneys wrote. “In this context, it is crucial for jurors to understand the various possible reasons the agents may portrayed Dr. Warren as they did.”

    They also argued that Warren’s arrest was part of campaign of selective enforcement carried out by Border Patrol because the agents were upset that NMD had “that very morning, released a humiliating report and accompanying video footage exposing the Border Patrol’s gleeful destruction of humanitarian aid supplies, giving them a specific reason to resent NMD and the people associated with it.”

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    Collins accepted their argument in part, ruling that “the defense will be able to inquire as to the possible bias or prejudice of the government witnesses.” However, Collins ruled that a document released by No More Deaths itself “will not come into evidence and will not go to the jury.”

    Collins also denied and granted in part a motion filed by Warren’s lawyers to withhold the description of Perez-Villanueva and Sacaria-Goday’s journey in the United States. “The telling of the journey from Mexico to the United States is no longer relevant,” Collins wrote. However, what the two men said to Warren “is relevant and that can come in.”

    Collins also ruled that video from the Why-Not gas station could be played because the video shows the men moving around, buying sports drinks and food before they later received a ride to Ajo.

    “The Court will also allow the playing of the video at the gas station since the extent of the migrants’ injury is still an issue in the case,” Collins wrote.

    Along with this, Collins also will allow testimony that Warren made during a separate trial for misdemeanor charges that he was hit with for entering the Cabeza Prieta National Wildlife Refuge and leaving food and water.

    Collins did accept a motion to allow the defense to submit testimony made during the first trial by Ed McCullough, who showed maps describing where people have died attempting to cross the desert, but was unavailable to testify a second time.

    He also rejected a motion filed by prosecutors that would have kept Warren’s defense team from arguing that NMD had legal “protocols” that were established through consultation with Professor Andrew Silverman and that Warren was acting under the advice of counsel when he brought the two men into the Barn and gave them food, water, and medical care.

    During the first trial, Silverman told the jury that Warren was working under legal protocols that he had helped write, however, federal prosecutors had asked Collins to preclude the defense from “introducing evidence in support of an advice of counsel defense, including evidence pertaining to No More Deaths’ protocols and volunteer training.”

    “Such testimony is irrelevant, improper, and likely to confuse the jury about a material issue in this case,” they argued. Warren and his lawyers had “failed to establish any of the elements of an advice of counsel defense,” because they “did not offer any evidence that [Warren] consulted directly with any attorney and, in fact, objected to disclosing this information to the government.”

    “The defendant’s alleged compliance with the No More Deaths’ protocols also cannot satisfy the elements of the advice of counsel defense,” they wrote.
    First trial ended in jury deadlock

    Warren’s first felony trial began on May 29, and after a seven-day trial, jurors deliberated for about 11 hours over two days before they told the court they were struggling to reach a decision. Collins told the jurors to continue their deliberations, and issued an “Allen charge” instructing jurors to try to reach an unanimous verdict. Among the instructions read by Collins in court, jurors were told to "reexamine their own views, but not to change “an honest belief” because of the opinions of fellow jurors or “for the mere purpose of returning a verdict.”

    But,the next day, the third of deliberations, it became clear that the jury could not reach an unanimous verdict, and Collins declared a hung jury. Following the announcement, Collins set a new hearing for July 2, giving prosecutors time to consider whether they would pursue a retrial.

    During the trial, prosecutors argued that Warren “harbored and shielded from detection” two men in the country illegally at the Barn, and that he was at “hub” of a plan to transport and protect the two men after they illegally crossed the border by climbing over the border fence somewhere near Sonoyta, a Mexican border town.

    Warren, along with two men in the country without authorization, was arrested during at raid by several Border Patrol agents at “the Barn,” a ramshackle building on the town’s outskirts regularly used as a staging point for volunteers who have been working to stem an increasing number of deaths in the remote wildlife refuges west of the unincorporated town.

    As the trial loomed, Warren’s prosecution took on national and international importance, and humanitarian volunteers lead by No More Deaths collected more than 120,000 signatures and submitted them to the U.S. Attorney’s Office in Tucson just days before the trial began, asking for them to drop the charges.

    Warren’s prosecution also came to the attention of human rights experts from the United Nations, who wrote that “providing humanitarian aid is not a crime. We urge the U.S. authorities to immediately drop all charges against Scott Warren.”

    In a letter written by Michael Forst, a special rapporteur on the situation of human rights defenders, the UN body said that Warren’’s work is “vital and legitimate,” and said that No More Deaths" upholds the right to life and prevents the deaths of migrants and asylum seekers at the US-Mexican border."

    “The prosecution of Scott Warren represents an unacceptable escalation of existing patterns criminalising migrant rights defenders along the migrant caravan routes,” they said.

    Forst also noted that Warren’s arrest came “hours after the release of a report” by No More Deaths which linked Border Patrol agents to the “systematic destruction of humanitarian supplies, including water stores, and denounced a pattern of harassment, intimidation and surveillance against humanitarian aid workers.”

    The decision to retry Warren will be the first high-profile test for U.S. Attorney Michael Bailey, who was nominated by President Trump in February and just confirmed by the Senate on May 23. Bailey replaced Elizabeth Strange, who served as the acting U.S. attorney for more than two years after John S. Leonardo stepped down from the position in January 2017.

    Warren’s case is one of three high-profile prosecutions launched against No More Deaths volunteers, including two misdemeanor trials — one also involving Warren — for the group’s efforts to leave food, water, medicine, and other aid in the Cabeza Prieta National Wildlife Refuge.

    Warren’s trial in the misdemeanor charges concluded in May, but Collins has not rendered a verdict in the bench trial, leaving Warren’s fate in those charges also up in the air.

    After the announcement, Warren thanked supporters supporters and castigated the government for bringing charges against him.

    “In the time since I was arrested in January 2018, no fewer than 88 bodies were recovered from the Arizona desert,” Warren said. “The government’s plan in the midst of this humanitarian crisis? Policies to target undocumented people, refugees, and their families. Prosecutions to criminalize humanitarian aid, kindness, and solidarity. And now, the revelation that they will build an enormous and expensive wall across a vast stretch of southwestern Arizona’s unbroken Sonoran Desert.”
    Re-trial would be complete re-do of case

    With the jury deadlocked and the proceedings declared a mistrial, Collins scheduled a hearing for July 2 to review the felony case. Prosecutors may attempt to re-try Warren on the charges, as the jury did not render a verdict. If they do so, the second trial would be a complete re-do, including the selection of a new jury.

    During final arguments, prosecutors argued that Warren “harbored and shielded from detection” two men in the country illegally at “the Barn,” a ramshackle house used as a staging point for aid organizations trying to stem what volunteers like Warren have called a “humanitarian crisis” in the deserts west and south of Ajo, an unincorporated town about 110 miles west of Tucson. Prosecutors said he was at “hub” of a plan to transport and protect the two men after they illegally crossed the border by climbing over the border fence somewhere near Sonoyta, a Mexican border town.

    Warren testified in his own defense telling jurors that his spiritual values compel him to help those who “stumble” out of the desert into the neighborhoods of Ajo, Ariz., and that doing so is “good and right, especially in a place that feels like a low-intensity conflict.”

    No More Deaths has maintained that the arrests of Warren and others were retribution for the release that same day of a report by the humanitarian aid group, documenting claims that Border Patrol agents vandalized water caches placed for migrants crossing the desert.

    After the trial closed, Warren noted that “the other men arrested with me that day Jose Sacaria-Goday and Kristian Perez-Villanueva, have not received the attention and outpouring of support that I have. I do not know how they are doing now, but I do hope they are safe.”

    Warren and other volunteers testified that the men needed medical care, as they were suffering from blisters on their feet, a minor cold, and injuries from being in the desert. However, prosecutors said that this was a “smokescreen,” and repeatedly referred to selfie photos captured from Perez-Villanueva’s cellphone and surveillance video from the Why-Not gas station in Why, Arizona to show that the men were not injured or sick.

    Evidence of a humanitarian crisis, and the loss of lives in the desert didn’t matter , because border crossers haven’t died in Ajo. “That’s not this case, that’s a smokescreen and a distraction for this case,” assistant U.S. Attorney Anna Wright said during her closing arguments.

    As the case went to the jury, the Border Patrol said that it recovered the body of a Guatemalan woman who died trying to cross the Barry M. Goldwater bombing range, which sits just to the north of Ajo and straddles Highway 85.

    Wright said that after Perez-Villanueva and Sacaria-Goday arrived at the barn, Warren called Brown, a registered nurse who volunteers for No More Deaths, not in an effort to get the men medical attention, but rather because she was involved in the “plan” to smuggle the men.

    Brown sat in the courtroom and appeared shocked when she heard the federal prosecutor implicate her in a felony.

    Perez-Villanueva’s phone remained a linchpin to the prosecutor’s case, and Wright highlighted as much saying that while other people who testified might have a bias, the photos and video were evidence that “doesn’t lie.”

    As the trial began, assistant U.S. Attorney Nathaniel Walters told the jury that federal authorities are not targeting humanitarian aid along the border with Mexico.

    “No More Deaths is not on trial,” Walters told the jury. “Scott Warren is.”

    But during the trial, prosecutors argued that these calls and the visit was part of a plan to illegally aid migrants, and noted later that night, Perez-Villanueva and Sacaria-Goday decided to cross the border.

    This brief interaction was enough to show a nexus of relationships between Warren, Mujica, Perez-Villanueva and Brown that could not be a coincidence, Wright argued.

    While Warren testified Wednesday, Mujica was arrested in Sonoyta by Mexican authorities.

    Mujica was later released, and the case against Mujica later collapsed, although there are signs that Mexican officials could once agains launch a case against the organizer, even as he now moves freely from Sonora to areas where there are large numbers of African and Cuban migrants seeking asylum in Tapachula.

    Questions about the timing of Mujica’s arrest and the Mexican government’s case remain.

    During the trial, a Border Patrol agent testified that he reviewed 14,000 pages of data from Warren’s phone, and from those thousands of pages the agent produced a one-page report. “They were not interested in innocence,” Kuykendall said.

    Defense attorney Greg Kuykendall said during his closing argument that it was “frankly terrifying, just terrifying” that his client was charged with a “total lack of evidence.”

    “It’s just supposition,” he said.

    In his opening statement two weeks ago, Kuykendall said Warren did not intend to break the law when he came across two undocumented immigrants early last year.

    “Scott intended to perform basic human kindness,” he told jurors, and was acting in accordance with his Christian faith.

    After the jury said it was deadlocked, Kuykendall was asked if “humanitarian aid being targeted by the federal government?,” Kuykendall responded, “you should ask the federal government. And use your own common sense.”

    Kuykendall also told the court last week that emails between Mujica and Warren, along with others showed that Warren was working on search and rescue and recovery efforts, and that when volunteers went to help the “Hope Shelter” there, they should contact Mujica.

    The U.S. government, he said, had all the power and resources to direct the agent to investigate and present all the evidence to the jury, he said. He also argued that the government failed to interview Mujica, noting that as one of the agents, Burns, who arrested Warren testified, he was called to a checkpoint after Mujica was held in a secondary inspection area, and yet he did not “interrogate” the man who might be at the center of the conspiracy.

    Photos from Perez-Villanueva’s phone shows the two men inside a van, after apparently leaving a gas station in Ajo. In the warrant for Warren’s phone, another agent noted that in Mujica’s vehicle Burns found black water bottles, a notebook containing a “detailed account” of travel through Mexico, and identity cards of men who were later apprehended by Border Patrol. However, Mujica wasn’t arrested by Burns, and weeks later, a passenger in his van was apprehended for being in the country illegally, leaving questions about Mujica’s role in Warren’s case.

    During opening arguments, assistant U.S. Attorney Nathaniel Walters tried to downplay the case’s consequences for humanitarian aid in the borderlands. While Warren is a “high-ranking member” of No More Deaths, the group was not on trial, rather Warren is “on trial,” Walters said.

    “This case is not about humanitarian aid or anyone in medical distress,” Walters said. “But, rather, this is about an attempt to shield two illegal aliens for several days,” from law enforcement, he said.

    However, during her closing arguments, Wright focused on the idea that Warren was a “high-ranking member” of No More Deaths, and she admitted that Warren did not receive a financial benefit, but said that instead, Warren “gets to further the goals of the organization” and “thwart the Border Patrol at every turn.”

    During the trial, the two Border Patrol agents— Burns and John Marquez —said they set up an observation post about 200-300 yards from the Barn, just across from a rural road on a patch of federally owned land.

    As part of an anti-smuggling unit called the “disrupt unit,” the agents said they worked to break up smuggling organizations, but on Jan. 17—the same day that No More Deaths published a report that was highly critical of the agency, including videos of Border Patrol agents destroying water drops that immediately went viral—the two plain-clothes agents parked themselves near the Barn, and using a spotting scope, zeroed in on Warren “gesturing” to the mountains with two men they believed to be illegally in the U.S.

    Warren said during the trial that he was trying to “orient” the men, who were preparing to head north, and that he was telling them to stay inside a valley between Child’s Mountain and Hat Peak, where they “if they got in trouble” they could head to Highway 85 and seek help. Prosecutors said that Warren was telling the men how to bypass a Border Patrol checkpoint on the highway and that Warren was giving them a pathway to follow from Ajo toward Interstate 8.

    Warren said that he stayed outside and was working on building a fire in preparation for students from a high-school in Flagstaff to come the Barn, when he saw a “convoy” of vehicles heading his way. Once agents came up to the barn, Warren said during testimony that he was handcuffed within two minutes, but that he offered to walk into the Barn with the agents.

    Burns and Marquez arrived moments later, and went around to the back where Perez-Villanueva was sitting on the threshold in the bathroom door. Inside, Sacaria-Goday was hiding behind the shower curtain.

    Wright attacked Warren’s credibility, saying that by seeking “context” he was actually trying to “distract” from the central issue and that Warren use of the word “orientation” was just a “fancy word for giving people directions.” When he was outside and spotted by Border Patrol agents, he was giving the men information so they could go “from point A, Ajo, to point B, Interstate 8.” These directions gave the men a “path” to follow away from the Border Patrol checkpoint allowing them to “further their journey,” she said.
    Warren: ’Haunting crisis’

    During his testimony, Warren said that he went to Ajo in order to work on his dissertation as a doctoral candidate at Arizona State University. He became increasingly interested in issues in Ajo and met with members of the Ajo Samaritans after he attended one of the Border Patrol’s citizen academies, a six-week course designed to inform the public about the agency’s mission.

    He said that as he stayed in Ajo, his eyes were “really opened” to the humanitarian crisis in the desert surrounding the small desert town, and that he became heavily involved in the community, becoming an elected member of the West Pima County Community Council. “It’s an elected position, but everyone runs unopposed,” Warren quipped.

    As he lived in Ajo, it became clear that everyday migrants “are stumbling” out of the wilderness aching for food, water and shelter, and that helping them is a “ubiquitous experience,” for residents in the town. After months in Ajo, Warren found himself part of an effort to recover the remains of a migrant who had perished in the nearby Barry M. Goldwater Bombing Range, and the experience of finding human bones in the desert, “felt like a big transition for me,” Warren testified.

    “This crisis became real to me, in a haunting kind of way,” Warren said. He was used to finding animal bones in the desert, but the bones from a human being who had died “not long before,” stuck with him, he said.

    After finding the bones, he found that when he saw someone come out of the desert, he again saw the decaying bones at the “same time, almost like a split-screen,” and that he was struck by the “disturbing reality of how people who are living can be disappeared and lost to the desert,” he said.

    Warren testified that he has helped find and recover 18 sets of human remains in the desert around Ajo, and that the work is a “deeply profound effort.”

    During the hearing, Warren’s lawyer Kuykendall asked him, “what are you doing, spending your whole life helping strangers?”

    “It feels choice-less,” Warren said. “How could you not do that when there are people dying around you?” he asked. “How could you not respond?”

    “Everyone who enters that desert will suffer,” he said. Migrants attempt to cross the desert will have to walk a “long, long way” to cross the desert, and they’ll witness death, either of other migrants or their companions, along the way.

    “It’s an epic undertaking, you have to put everything you’ve got on the line in order to make it,” Warren said, telling the jury that migrants often have already faced danger and deprivation in Mexico before they even attempt “the hardest thing they’ve ever done in their lives.”

    Nonetheless, Warren testified that he felt it was important to follow the law, in part to protect the students and volunteers who came to the Barn.

    “Why would you want to understand the legal limits,” asked Kuykendall.

    “I want to work within the border of the law, and not be doing something illegal and put students in a situation where they’re doing something illegal,” Warren said.
    Payback?

    On the day Warren was arrested, NMD released a report that said that from 2012 to 2015, 415 caches of water left for crossers in the 800-square-mile corridor near Arivaca were vandalized, spilling nearly 3,600 gallons of water into the desert.

    During this same time period, the bodies of 1,026 people were found in the Sonoran Desert, according to records from the Pima County Office of the Medical Examiner.

    Using statistical analysis, including land-use patterns, as well as video from trail cameras, and personal experiences to support their claims, the group said that U.S. Border Patrol agents “are responsible for the widespread interference with essential humanitarian efforts.”

    As part of the report’s release, NMD also published videos of Border Patrol agents intentionally destroying water bottles, including a video in which a female Border Patrol agent systematically kicks a half-dozen water bottles, spilling their contents, and a 2017 video in which an agent punctures a water bottle with a knife.

    This report embarrassed and infuriated agents, prompting one to say that NMD had “gone too far” and “messed with the wrong guy,” according to a motion filed by Warren’s defense lawyers in March.

    Previous prosecutions
    Federal officials have attempted to prosecute humanitarian volunteers before, though after two high-profile cases in 2005 and 2008, the government avoided formal prosecutions until 2017, when nine No More Deaths volunteers–including Warren—were charged with entering a wildlife refuge without a permit and leaving food, water, and other supplies on the Cabeza Prieta National Wildlife Refuge, a 800,000-acre wilderness, west of Ajo.

    In 2005, agents arrested Shanti A. Sellz and Daniel M. Strauss after they stopped the two volunteers, and found three people in the country without authorization in their car. However, that indictment was tossed by U.S. District Judge Raner Collins—the same judge who is overseeing Warren’s case.

    In 2008, U.S. Fish and Wildlife officers cited volunteer Dan Millis for littering on the Buenos Aires National Wildlife Refugee after he left water jugs there, however, the Ninth Circuit Court of Appeals overturned his conviction.

    But, after eight years, a detente between the group and Border Patrol began to collapse, beginning with surveillance of the group’s camp on private land south of Arivaca in 2016, and followed by a June 2017 incident when, with a warrant in hand, Border Patrol agents raided the camp and arrested four men, all migrants suspected of being in the country illegally.

    That raid followed an announcement by then-Attorney General Jeff Sessions who told reporters during a press conference in Nogales on April 11, 2017 that federal prosecutors “are now required to consider for prosecution” the “transportation or harboring of aliens.”

    Sessions announcement was part of the Trump administrations “zero tolerance” policies as part of a hard-nosed crackdown on border and immigrant communities, and just nine months later, prosecutors in Tucson sought an indictment against Warren.

    Kuykendall also questioned the credibility of the agents, noting their use in messages in a group chat of the word “tonc.”

    The term “tonc” or “tonk” is widely used by agents to refer to border-crossers, but the term’s origin is unclear. Some have argued that the term refers to the sound of a metal flashlight hitting a skull, while others have said that it stands for “temporarily outside naturalized country,” or “true origin not known.”

    And, Kuykendall said that Burns did not know that the Barn remained unlocked and unsecured. After Warren’s arrest on Jan. 17, 2018, Border Patrol agents waited until Jan. 22 to execute a warrant and search the property. Burns appeared to not know that detail until he was told so by Kuykendall in court.

    “What kind of investigation is this, that leaves the building unsecured for 120 hours?,” the attorney rhetorically asked the jury.

    Kuykendall also argued that the two men who also arrested with Warren were given immunity from immigration charges so they would testify in a video deposition shown to the jury on Monday.

    “They are the government’s own witnesses” and yet they disputed some of Wright’s arguments. “This is the best the government can come up with?” he asked.

    Kuykendall said that government’s lack of evidence, “if it weren’t so scary, it would be laughable.”

    No More Deaths vows to continue aiding migrants
    “A hung jury means the government could not prove its case,” Warren defense attorney Amy Knight said. “Scott remains innocent and admirable.”

    Chris Fleischman, a volunteer with No More Deaths, said the organization plans to continue its humanitarian aid work following the announcement.

    “It’s still good to know that the Trump administration’s attempt to criminalize humanitarian aid has failed,” he said. “But we will still be working to end death and suffering in the borderlands.”

    It wasn’t immediately clear after the trial whether the government will seek a new case against Warren.

    “I would think that they wouldn’t waste their effort to do that,” Fleischman said, adding, “We’re concerned for his freedom. That he could be prosecuted for doing what we all had thought is legal anyway.”

    http://www.tucsonsentinel.com/local/report/102119_warren_trial/as-scott-warren-retrial-nears-judge-orders-lawyer-volunteer-nurse-mi

    #procès #justice #asile #migrations #réfugiés #délit_de_solidarité #solidarité #frontières #USA #Etats-Unis #USA

    Plus sur Scott Warren ici:
    https://seenthis.net/messages/784076

    ping @isskein

    • *Government Doesn’t Want Trump or His Immigration Policies

      Mentioned in Retrial of Border Aid Worker Scott Warren*


      As they prepare to make their second attempt at sending a border-based humanitarian volunteer to prison, federal prosecutors in Arizona are worried that the politics behind the policies they enforce might creep into the courtroom.

      In a late-stage motion, government lawyers have urged an Arizona judge to bar any mention of President Donald Trump or his immigration policies from the upcoming retrial of Scott Warren, a 36-year-old geographer who was indicted on felony harboring and conspiracy charges for giving two young migrants crossing a deadly stretch of desert food, water, and a place to sleep for three days in 2018. Warren is one of nine volunteers with the faith-based organization No More Deaths that the administration has charged with federal crimes for their work in the Arizona desert since Trump’s inauguration.

      The prosecutors’ concerns that Warren’s trial could become a referendum on Trump’s policies — specifically those that involve pressing charges against people for providing humanitarian aid — are not entirely misplaced. According to new research examining public opinion around the president’s hard-line border enforcement measures, Americans, regardless of political affiliation, overwhelmingly reject the notion that providing lifesaving care to people in the desert should be criminalized, suggesting that the government’s crackdown in the borderlands is well outside the bounds of what most people expect or demand from law enforcement.

      A national survey conducted in August by Chris Zepeda-Millán, an associate professor of public policy at UCLA, and Sophia Jordán Wallace, an associate professor of political science at the University of Washington, posed the question: “Do you agree or disagree that it should be a crime for people to offer humanitarian aid, such as water or first-aid, to undocumented immigrants crossing the desert along the U.S.-Mexico border?” To the researchers’ surprise, nearly 87 percent of the 1,500 American adults surveyed disagreed. When the results were broken down along party lines, the survey became even more interesting: Nearly 70 percent of Republicans said they disagreed with criminal prosecution for the provision of humanitarian aid, and nearly 38 percent said they “strongly disagreed” with the idea.

      “The findings suggest that the vast majority of Americans, including the vast majority of Republicans, do not support the criminalization of the type of work that No More Deaths and Scott Warren were doing,” Zepeda-Millán told The Intercept.

      The survey was conducted for a forthcoming book and paper looking at public opinion around Trump’s most aggressive immigration and border policies. And while there’s still work to be done on that broader project, the researchers chose to share their findings on the humanitarian aid question in advance of Warren’s retrial — he returns to court on Tuesday and faces a decade behind bars if convicted and sentenced to consecutive terms — in part because of how striking they are.

      Students of U.S. immigration enforcement history tend to agree that the Trump administration’s approach did not suddenly materialize out of nowhere, but is instead the extension of a multidecade trajectory of increased criminalization of immigration offenses and an unprecedented build-up in border security infrastructure, now infused with the hard-right rhetoric of authoritarian regimes around the world. There is one area, however, in which the current administration has distinguished itself from its White House predecessors, Zepeda-Millán noted: the targeting of immigrant rights activists. While it keeps thousands of asylum-seekers in legal limbo in some of Mexico’s most dangerous border cities, the administration is simultaneously criminalizing — and in some cases arresting and deporting — those who challenge Trump’s policies, he noted.

      It’s a pattern of “anti-movement state repression,” Zepeda-Millán argued, and it’s why understanding public opinion on these policies is so critical. Traditionally, the best indicator of a person’s stance on a given immigration policy issue is their party affiliation, he explained. “When it comes to immigration, there’s usually a really strict and stable partisan divide,” he said. “As long as we know what your political party is, we can pretty much guess what your opinion is going to be on deportation, on the wall, etc.”

      The survey results bucked that trend in a major way, reflecting a rare thing in American politics: strong, bipartisan consensus on a matter of immigration-related policy in the era of Trump.

      The same Trumpian politics and policies that Zepeda-Millán and Wallace examined, and that prosecutors have sought to banish from Warren’s trial, have served as the backdrop for the government’s criminalization campaign in southern Arizona from the beginning.

      It started in the run-up to the 2016 election, with Border Patrol agents parking their vehicles outside the humanitarian aid camp that No More Deaths has used for years and urging the volunteers to “Vote Trump!” by megaphone. Shortly after Trump’s election, then-Attorney General Jeff Sessions flew to Arizona, where he encouraged his prosecutors to bring more cases like the one against Warren. “This is the Trump era,” Sessions said at the time.

      Not long after the visit, the Border Patrol raided No More Deaths’ camp in a show of force that involved a helicopter and roughly 20 agents, some carrying rifles, deployed to arrest four undocumented migrants who had crossed the desert and were receiving medical aid. Six days later, a senior Border Patrol agent in the Tucson sector told a world-renowned forensic anthropologist, who works on the issue of migrant deaths in the desert, that the humanitarian aid group had “messed with the wrong guy.” The anthropologist, in a sworn court declaration, said the agent told her his agency intended to “shut them down.”

      Throughout the summer of 2017, the Border Patrol and senior officials at U.S. Fish and Wildlife Service worked together to monitor the activity of No More Deaths volunteers who were leaving food and jugs of water on the Cabeza Prieta National Wildlife Refuge, a profoundly remote and extraordinarily deadly stretch of the Sonoran Desert. They compiled blacklists of volunteers and kept tabs on Warren’s movements in the tiny border community of Ajo, where he lives and works. As summer turned to fall, prosecutors filed federal misdemeanor charges — for littering and trespassing — against Warren and eight other No More Deaths volunteers for driving on designated wilderness and leaving humanitarian aid supplies on the wildlife refuge.

      On the morning of January 18, 2018, No More Deaths published a scathing report implicating the Border Patrol in the destruction of thousands of gallons of water, left in jugs for migrants crossing the desert. The report, which included video evidence that soon went viral, was shared with the patrol agent in charge of the Ajo Border Patrol station. Agents from the station then set up surveillance on a building known as “the Barn,” which serves as a base for Warren, No More Deaths, and other border aid groups. Late in the afternoon, the agents spotted Warren with two young men who they suspected to be undocumented. A raiding party composed of most of Ajo’s law enforcement community was quickly organized.

      Warren and the two young men were placed under arrest. Their names were Kristian Perez-Villanueva and Jose Arnaldo Sacaria-Godoy. They had fled El Salvador and Honduras, respectively, and crossed the desert by foot, where they were chased by immigration agents and lost the food they had brought with them. In the depositions they later gave, they described how a man in Ajo dropped them off at the Barn and they let themselves inside. Warren showed up not long after. They asked him for food and water, and he welcomed them to both. Warren came and went in the days that followed, the migrants said, along with a number of other humanitarian aid volunteers using the space at the time.

      Warren was indicted a month later on two charges of harboring and one count of conspiracy, bring the total time he faced in prison to 20 years. His trial, which began in late May, ended in a hung jury.

      With Warren’s retrial approaching, the prosecution and the defense have filed several motions in recent weeks, perhaps none so unusual as the one the government’s attorneys submitted on October 29. “For the first time, the United States learned the defense might mention the President of the United States, Donald Trump, his administration, or his administration’s policies,” the motion read.

      Such references, the prosecutors argued, “would be irrelevant and unfairly prejudicial.”

      The idea that Warren’s actions should now be divorced from the politics of the world at large is a new direction for Assistant U.S. Attorneys Anna Wright and Nathaniel J. Walters — though given the events during the last trial, that is perhaps understandable.

      While Walters, in his opening statement at Warren’s trial over the summer, insisted that the prosecution was not about No More Deaths, and that the government’s concern was Warren’s actions alone, the nature of the prosecution’s case was something else entirely. Throughout the eight-day trial, Walters and Wright argued that Warren was the lynchpin in a shadowy criminal conspiracy to move people into the country illegally for political purposes. According to the prosecutors, the goal was not to make a profit, unlike most other criminal operations, but to undermine the Border Patrol and further No More Deaths’ political aim of establishing a borderless world. Over and over, both at the trial and pretrial hearings, the prosecutors asked No More Deaths volunteers if they supported the abolishment of Immigration and Customs Enforcement, a policy proposal born in the midst of Trump’s immigration crackdown.

      Central to the government’s narrative was a characterization of Warren as a deceptive and “high-ranking leader” of No More Deaths who could not be trusted. In an effort to underscore this idea, Walters at one point entered into evidence an article Warren wrote for the Washington Post on the eve of his trial. The bungled and baffling attempt to draw some damning revelation from Warren’s own assessment of the case backfired spectacularly. On cross-examination, Warren’s attorney, Greg Kuykendall, argued that if Walters was going to cherry-pick details from the op-ed, the jury should hear the rest of what was written. District Judge Raner Collins directed Warren to read the piece out loud and, with that, Warren linked his case directly to Trump’s most infamous immigration enforcement policies, from the crackdown on humanitarian aid to the separation of families at the border to a pattern of potentially preventable deaths in the desert.

      For Warren’s friends and supporters, the introduction of the politics and policies that surround Warren’s prosecution into the official record felt like a turning point, a moment when the people deciding his fate were permitted to see what his case was really all about. In the end, eight jurors chose to oppose Warren’s conviction, while four supported it. In July, when the U.S. Attorney’s Office announced that it would be retry the case, it dropped the conspiracy charge.

      Any efforts to prohibit mention of Trump or his policies would violate Warren’s First, Fifth, and Fourteenth Amendment rights under the U.S. Constitution, defense attorney Amy Knight wrote in a motion responding to the government’s request last week. Knight argued that the motion amounted to a request for an “extraordinary ban” with zero “explanation whatsoever of the prejudice” that would result from “daring to mention the President, a man who maintains ultimate authority over this prosecution (notably, the same man who appointed both the United States Attorney General and the United States Attorney for the District of Arizona).” Not only that, she noted, “the government itself introduced the only mention of President Trump into the previous trial, when, while questioning Dr. Warren, it brought up an article he had written expressing some of his views.”

      Paige Corich-Kleim, a longtime volunteer with No More Deaths, said in a statement to The Intercept that the organization worked “to expose government misconduct and intervene in the border crisis.”

      “The government’s attempts to erase the political nature of this retrial is part of their continued efforts to hide what is truly happening along the border and evade responsibility for the violence they have caused,” she added. “Deaths on the border are the predictable outcome of not just border militarization, but also U.S. intervention in Latin America. Their attempts to limit the scope of evidence are self serving.”

      Whether or not the government’s “he who shall not be named” efforts are successful, there are realities in Warren’s case that the prosecutors cannot escape.

      Since 2001, in Pima County alone, more than 3,000 people have lost their lives trying to cross the Sonoran Desert, a grim result of government policies that began two decades before Trump’s election. These deaths, predominantly resulting from dehydration and exposure to the desert sun, are horrifically agonizing and, as Zepeda-Millán and Wallace’s survey shows, most people oppose criminalizing efforts to stop them from happening. It’s a fact that Zepeda-Millán finds both heartening and deeply sad.

      “The good news is that despite Republican support for very punitive, draconian immigration policies, we seem to have found a limit or a threshold to their nativism,” he said. Though they consistently support a wall to keep undocumented immigrants out, and aggressive deportation measures to remove them once they are here, Zepeda-Millán added, “At the moment of life and death that migrants in the desert often find themselves in, Republicans seem to be willing to throw undocumented migrants at least a momentary lifesaver. That’s the good news.”

      “The bad news,” he said, “is that’s a pretty low bar.”

      https://theintercept.com/2019/11/11/immigration-aid-scott-warren-retrial

  • France : Des enfants migrants privés de protection
    Human Rights Watch

    Le rapport de 80 pages, intitulé « ‘Ça dépend de leur humeur’ : Traitement des enfants migrants non accompagnés dans les Hautes-#Alpes », montre que les évaluateurs, dont le travail consiste à certifier la minorité d’un enfant, c’est-à-dire qu’il a moins de 18 ans, ne se conforment pas aux normes internationales. Human Rights Watch a constaté que les évaluateurs utilisent diverses justifications pour refuser d’octroyer une protection aux enfants, telles que des erreurs minimes de dates, une réticence à aborder dans le détail des expériences particulièrement traumatisantes, des objectifs de vie jugées irréalistes, ou encore le fait d’avoir travaillé dans le pays d’origine ou au cours du parcours migratoire.



    Vidéo https://www.hrw.org/fr/news/2019/09/05/france-des-enfants-migrants-prives-de-protection
    et rapport https://www.hrw.org/fr/report/2019/09/05/ca-depend-de-leur-humeur/traitement-des-enfants-migrants-non-accompagnes-dans-les
    #mineurs #MNA #frontière #refoulement #France #Italie #âge #réfugiés #asile #migrations #frontière_sud-alpine

    ping @cdb_77 @cede @isskein

    • Hautes-Alpes : HRW pointe des violations des droits des enfants migrants

      L’ONG Human Rights Watch publie ce jeudi 5 septembre un rapport sur la situation des mineurs migrants non accompagnés dans le département des #Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne. Basé sur une enquête auprès d’une soixantaine d’enfants et adolescents, essentiellement originaires de l’Afrique de l’Ouest, ce rapport dénonce de multiples violations aussi bien du droit français que des normes internationales de protection des #droits_des_enfants.

      Ils ont entre 15 et 18 ans. Victimes d’abus dans leurs pays d’origine, ils ont traversé la Méditerranée pour chercher refuge en Europe. Mal accueillis en Italie, ils tentent de passer en France, au risque d’être refoulés par la police aux frontières.

      « D’après ce que les enfants que nous avons interviewé nous ont raconté, quand il y a des renvois, ils sont souvent arbitraires et reposent souvent sur le bon vouloir d’un ou des agents. La conséquence, c’est que de nombreux enfants -pour éviter une interpellation- passent la frontière à travers la montagne dans des conditions extrêmement difficiles », explique Bénédicte Jeannerod de Human Rights Watch (HRW).

      Et quand ils arrivent à passer en France, ils ne sont pas au bout de leurs obstacles. La reconnaissance de la #minorité leur est souvent refusée. « Les procédures, telles qu’elles sont mises en oeuvre dans le département des Hautes-Alpes, sont extrêmement défectueuses, souligne encore Bénédicte Jeannerod. Par exemple, dans son entretien d’évaluation, l’enfant va être accusé de mentir ; ou alors il va donner beaucoup de détails sur son parcours et on va lui dire que c’est un signe de (sa) majorité... Tous les éléments donnés par l’enfant sont retournés contre lui et aboutissent à des rejets de minorité #arbitraire. »

      Human Rights Watch rappelle que la France a l’obligation de protéger tout migrant mineur et de lui assurer l’accès à l’hébergement, à l’éducation et à la santé.

      Les personnes aidant les migrants également ciblées

      HRW dénonce aussi le harcèlement policier à l’encontre des bénévoles humanitaires qui participent aux opérations de recherches et de sauvetages des migrants en montagne. « Ce ne sont pas des associations en particulier, ce sont vraiment les personnes qui mènent ce travail d’assistance et de secours en montagne et qui subissent des contrôles d’identité injustifiés, qui sont poursuivies par la justice ou alors qui vont voir leur véhicule fouillé de manière abusive », poursuit Bénédicte Jeannerod.

      Ce sont des #pratiques_policières qui dissuadent ces opérations qui peuvent être des opérations vitales et qui s’opposent à la dernière décision du Conseil constitutionnel qui considère « qu’une aide apportée à des migrants, même en situation irrégulière, ne peut pas être criminalisée ou sanctionnée tant que cette aide s’effectue dans un objectif humanitaire et qu’elle ne bénéficie pas de contrepartie. »

      Le Conseil constitutionnel a consacré l’an passé la valeur constitutionnelle du « principe de fraternité » en réponse précisément à une requête de plusieurs associations et particuliers dont Cédric Herrou, un agriculteur devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya (Alpes Maritimes), l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/19312/hautes-alpes-hrw-pointe-des-violations-des-droits-des-enfants-migrants

      https://www.youtube.com/watch?v=lVQjCoUTzPs


      #frontières #enfants #enfance #PAF #solidarité #délit_de_solidarité #maraudes_solidaires

      Le rapport en pdf:
      https://www.hrw.org/sites/default/files/report_pdf/france0919fr_web.pdf

    • Les militants promigrants dans les Hautes-Alpes harcelés par la police, selon HRW

      Contrôles d’identité, contraventions pour un prétexte fallacieux… Human Rights Watch déplore, dans un rapport, les manœuvres des forces de l’ordre pour « entraver les activités humanitaires ».

      « #Harcèlement » et « #intimidation », tels sont les outils de la police française pour « entraver les activités humanitaires » des militants venant en aide aux migrants à la frontière franco-italienne, affirme, dans un rapport publié jeudi 5 septembre, l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch (HRW).

      La publication, qui intervient une semaine après la condamnation de trois dirigeants de l’organisation d’extrême droite Génération identitaire pour une opération menée dans cette même région en 2018, documente également les refoulements de « mineurs non accompagnés » vers l’Italie.

      Lors de leurs maraudes, les bénévoles et militants associatifs sont régulièrement ciblés par des contrôles d’identité « abusifs », souligne le rapport, qui se focalise sur la situation dans les Hautes-Alpes.

      « Dans de nombreux cas, la police semble recourir à ces procédures de façon sélective, à des fins d’intimidation et de harcèlement ou pour entraver les activités humanitaires », poursuit l’ONG de défense des droits humains qui réclame une enquête sur ces pratiques. L’objectif, « c’est de leur mettre des bâtons dans les roues » et de « gêner leurs actions », résume pour l’Agence France-Presse (AFP) Bénédicte Jeannerod, directrice France chez HRW.
      « Le délit de solidarité continue d’être utilisé »

      « Systématiquement, lorsqu’on part en maraude à Montgenèvre [commune limitrophe de l’Italie], il y a des contrôles (…), souvent plusieurs fois dans la soirée », raconte un bénévole cité dans le rapport, qui porte sur une enquête menée entre janvier et juillet 2019.

      Contraventions pour un balai d’essuie-glace défectueux, une absence d’autocollant signalant des pneus cloutés… « Le délit de solidarité continue d’être utilisé », déplore Mme Jeannerod.

      Même si le pic de la crise migratoire est passé, en matière de flux, « la pression sur les militants continue de s’accentuer », confirme Laure Palun, codirectrice de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui a publié en début d’année un rapport sur la situation à la frontière franco-italienne.

      Légalement, l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers en France est passible d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. En juillet 2018, le Conseil constitutionnel a jugé qu’un acte « humanitaire » ne pouvait pas faire l’objet de sanctions, sauf s’il est effectué dans le cadre d’une aide à l’entrée sur le territoire.

      Malgré cette décision, des poursuites continuent d’être engagées contre des personnes soutenant des migrants, déplore encore Human Rights Watch.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/05/les-militants-pro-migrants-dans-les-hautes-alpes-harceles-par-la-police-selo
      #mineurs_non_accompagnés

  • 4 #Arizona Women Convicted for Leaving Water for Migrants

    Four aid workers were convicted Friday on charges connected to their efforts to leave food and water for migrants in an Arizona wildlife refuge along the U.S.-Mexico border.

    The volunteers, who are members of the faith-based humanitarian aid group No More Deaths, were caught on Aug. 13, 2017, by a Federal Wildlife officer as they left water jugs, beans and other supplies for migrants in Cabeza Prieta National Wildlife Refuge, which shares a 50-mile border with Mexico. No More Deaths claims that 155 migrants have died in the refuge since 2001, and that the organization aims to save lives by providing basic supplies.

    The judge, United States Magistrate Bernardo P. Velasco, ruled that three of the volunteers – Oona Holcomb, Madeline Huse and Zaachila Orozco-McCormick – were convicted of entering a national wildlife refuge without a permit and abandoning personal property or possessions. A fourth volunteer, Natalie Hoffman, was convicted on an additional charge of operating a motor vehicle in a wilderness area. Each of the volunteers faces up to six months in prison.

    The decision is the first conviction against humanitarian aid volunteers in a decade, the Associated Press reported.

    Velasco wrote in his verdict that the women had failed to get permits for expanded access to the wildlife refuge, had gone off the roads where they are allowed to travel and left behind their belongings. The verdict said that their actions “[erode] the national decision to maintain the refuge in its pristine nature.”

    No More Deaths responded to Velasco’s verdict by claiming that the decision is part of a larger crisis of conscience in the U.S. Catherine Gaffney, a volunteer for the organization, said that the four volunteers were driven by moral principles.

    “This verdict challenges not only No More Deaths volunteers, but people of conscience throughout the country. If giving water to someone dying of thirst is illegal, what humanity is left in the law of this country?” Gaffney said.

    Five other humanitarian aid volunteers are also facing trial later this winter on similar charges, the nonprofit said.

    The judge rejected several defenses the volunteers used to explain their actions, including a defense that they had been acting on their “moral, ethical and spiritual belief to help other people in need.”

    He also rejected the claim that an Assistant United States Attorney had deliberately misled the organization by telling them that the Department of Justice did not plan to prosecute aid workers.

    Velasco went on to chastise the organization for misleading the volunteers about the legal risks they faced.

    “Each one acted on the mistaken belief that the worst that could happen was that they could be banned, debarred… or fined,” he wrote in his verdict. “No one in charge of No More Deaths ever informed them that their conduct could be prosecuted as a criminal offense nor did any of the Defendants make any independent inquiry into the legality or consequences of their activities.”

    In response to the verdict, No More Deaths announced that it would hold a vigil outside of Eloy Detention Center in Arizona on Saturday night.


    https://time.com/5508196/no-more-deaths-migrants-border
    #USA #solidarité #délit_de_solidarité #Etats-Unis #frontières #asile #migrations #réfugiés #condamnation

    –-------

    4 femmes, après le cas #Scott_Warren :
    https://seenthis.net/tag/scott_warren

  • Sicilian fishermen risk prison to rescue migrants: ‘No human would turn away’

    A father and son describe what it’s like to hear desperate cries on the sea at night as Italy hardens its stance against incomers.

    Captain #Carlo_Giarratano didn’t think twice when, late last month, during a night-time fishing expedition off the coast of Libya, he heard desperate cries of help from 50 migrants aboard a dinghy that had run out of fuel and was taking on water. The 36-year-old Sicilian lives by the law of the sea. He reached the migrants and offered them all the food and drink he had. While his father Gaspare coordinated the aid effort from land, Carlo waited almost 24 hours for an Italian coastguard ship that finally transferred the migrants to Sicily.

    News of that rescue spread around the world, because not only was it kind, it was brave. Ever since Italy’s far-right interior minister, Matteo Salvini, closed Italian ports to rescue ships, the Giarratanos have known that such an act could land them with a hefty fine or jail. But if confronted with the same situation again, they say they’d do it all over 1,000 times.

    “No seaman would ever return to port without the certainty of having saved those lives,” says Carlo, whose family has sailed the Mediterranean for four generations. “If I had ignored those cries for help, I wouldn’t have had the courage to face the sea again.”

    I meet the Giarratanos at the port of #Sciacca, a fishing village on the southwestern coast of Sicily. I know the town like the back of my hand, having been born and raised there among the low-rise, colourful homes built atop an enormous cliff overlooking the sea. I remember the Giarratanos from the days I’d skip school with my friends and secretly take to the sea aboard a small fishing boat. We’d stay near the pier and wait for the large vessels returning from several days of fishing along the Libyan coast.

    https://i.guim.co.uk/img/media/40f43502497ca769131cd927a804fd478c18bbc5/0_274_6720_4032/master/6720.jpg?width=880&quality=85&auto=format&fit=max&s=e0e5c05662b6fb682bf3a5

    Those men were our heroes, with their tired eyes, sunburnt skin and ships overflowing with fish. We wanted to be like them, because in my hometown those men – heroic and adventurous like Lord Jim, rough and fearless like Captain Ahab, stubborn and nostalgic like Hemingway’s “Old Man” Santiago – are not simply fishermen; they are demigods, mortals raised to a divine rank.

    Fishermen in Sciacca are the only ones authorised to carry, barefoot, the one-tonne statue of the Madonna del Soccorso during religious processions. Legend has it that the statue was found at sea and therefore the sea has a divine nature: ignoring its laws, for Sicilian people, means ignoring God. That’s why the fishing boats generally bear the names of saints and apostles – except for the Giarratanos’, which is called the Accursio Giarratano.

    “He was my son,” says Gaspare, his eyes swelling with tears. “He died in 2002 from a serious illness. He was 15. Now he guides me at sea. And since then, with every rescue, Accursio is present.”

    Having suffered such a loss themselves, they cannot bear the thought of other families, other parents, other brothers, enduring the same pain. So whenever they see people in need, they rescue them.

    “Last November we saved 149 migrants in the same area,” says Carlo. “But that rescue didn’t make news because the Italian government, which in any case had already closed the ports to rescue ships, still hadn’t passed the security decree.”

    In December 2018 the Italian government approved a security decree targeting asylum rights. The rules left hundreds in legal limbo by removing humanitarian protection for those not eligible for refugee status but otherwise unable to return home, and were applied by several Italian cities soon afterwards. Then, in June, Rome passed a new bill, once again drafted by Salvini, that punished non-governmental organisation rescue boats bringing migrants to Italy without permission with fines of up to €50,000 and possible imprisonment for crew members.

    “I’d be lying if I told you I didn’t think I might end up in prison when I saw that dinghy in distress,” says Carlo. “But I knew in my heart that a dirty conscience would have been worse than prison. I would have been haunted until my death, and maybe even beyond, by those desperate cries for help.” It was 3am when Giarratano and his crew located the dinghy in the waters between Malta and Libya, where the Giarratanos have cast their nets for scabbard fish for more than 50 years. The migrants had left Libya the previous day, but their dinghy had quickly run into difficulty.

    “We threw them a pail to empty the water,” says Carlo. “We had little food – just melba toast and water. But they needed it more than we did. Then I alerted the authorities. I told them I wouldn’t leave until the last migrant was safe. This is what we sailors do. If there are people in danger at sea, we save them, without asking where they come from or the colour of their skin.”

    https://i.guim.co.uk/img/media/fc15a50ae9797116761b7a8f379af4a644092435/0_224_6720_4032/master/6720.jpg?width=880&quality=85&auto=format&fit=max&s=2af0085ebcf8bf6634dedc

    Malta was the nearest EU country, but the Maltese coastguard appears not to have responded to the SOS. Hours passed and the heat became unbearable. From land, Gaspare asked Carlo to wait while he contacted the press. Weighing on his mind was not only the duty to rescue the people, but also, as a father, to protect his son.

    “I wonder if even one of our politicians has ever heard desperate cries for help at high sea in the black of night,” Gaspare says. “I wonder what they would have done. No human being – sailor or not – would have turned away.” The Italian coastguard patrol boat arrived after almost 24 hours and the migrants were transferred to Sicily, where they disembarked a few days later.

    “They had no life vests or food,” says Carlo. “They ran out of fuel and their dinghy would have lost air in a few hours. If you decide to cross the sea in those conditions, then you’re willing to die. It means that what you’re leaving behind is even worse, hell.”

    Carlo reached Sciacca the following day. He was given a hero’s welcome from the townspeople and Italian press. Gaspare was there, too, eager to embrace his son. Shy and reserved, Carlo answered their questions.

    He doesn’t want to be a hero, he says, he was just doing his duty.

    “When the migrants were safely aboard the coastguard ship, they all turned to us in a gesture of gratitude, hands on their hearts. That’s the image I’ll carry with me for the rest of my life, which will allow me to face the sea every day without regret.”

    https://www.theguardian.com/world/2019/aug/03/sicilian-fishermen-risk-prison-to-rescue-migrants-off-libya-italy-salvi
    #sauvetage #pêcheurs #Sicile #pêcheurs_siciliens #délit_de_solidarité #asile #migrations #réfugiés #Italie #Méditerranée #mer_Méditerranée #Gaspare_Giarratano #Giarratano #témoignage

  • La Tête haute, au cœur de la vallée de #la_Roya

    C’est l’histoire d’une vallée magnifique, paisible, en bordure de l’Italie. Et puis un jour, surgit l’inattendu. Des dizaines, bientôt des centaines de migrants, font irruption sur la route, sur les chemins. Une fois retombés les feux de l’actualité, que reste-t-il de cette aventure extraordinaire qui voit l’engagement des uns, les doutes des autres, la désobéissance civile des plus motivés, la sourde hostilité des silencieux ? Oui, qu’en reste-t-il ? C’est là que commence ce film.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/55120_1
    #film #documentaire #frontière #Roya #frontière_sud-alpine #asile #migrations #réfugiés #Alpes #don #contre-don #ça_nous_est_tombé_dessus #résistance #solidarité #misère #responsabilité #colonisation #Vintimille #France #Italie #Roya_citoyenne #marche #marche_solidaire #solidarité #Cédric_Herrou #justice #humanitaire #action_politique #incertitude #délit_de_solidarité #montagne

    #mémoriel #plaque_commémorative #morts #mourir_aux_frontières #décès :
    https://seenthis.net/messages/786000)

    • Quelques citations tirées du film...

      Chamberlain, réfugié :

      « Je dis à certaines personnes qui s’intéresse à savoir mon parcours : ’Si tu trouves cela pathétique, moi ça me vexe, parce que c’est ça qui m’a construit, c’est tout ça qui fait de moi ce que je suis’. »

    • René Dahon, habitant de la vallée:

      « Ma famille pendant la guerre a été déportée, parce qu’ici c’était une #ligne_de_front : derrière c’était l’Italie et sur #Sospel c’était la ligne de front français. Entre les deux, en 1943-45, ça a été une espèce de couloir, un no man’s land. #Saorge a été dans ce couloir. Et ma famille a été déportée en Italie. Donc, moi l’idée de la solidarité, je l’ai tout connement connue sur un truc de rien du tout. Ma grand-mère m’a dit ’Quand on a marché de Saorge à Turin à pied, quand on a traversé certains villages du Piémont, il y a des gens qui ont ouvert leurs portes et qui ont donné quelque chose. Et moi j’ai ça d’idée de la solidarité. Moi j’ai l’idée que dans la vallée derrière, c’était des solidaires »

      –----
      Toujours René Dahon:

      « ça fait 40 ans que je suis dans l’associatif. Je me bagarre dans plein de domaines, mais on voulait bien que je sois gauchiste et que je défende le train ou la poste et les écoles, ça pose pas de problèmes, mais défendre du Black, c’est ça le problème. C’est drôle ! Alors qu’ils en ont jamais vu à Tendre. TEndre n’a jamais été envahi par les Noirs »

    • Suzel PRIO :

      "La Roya terre d’accueil, la Roya solidaire c’est vraiment un cliché. Ça plait beaucoup ça, mais c’est beaucoup plus complexe que ça. Il y a aussi tous ces réflexes de #peur, des gens ici qui ne sont pas contents qu’on voit la Roya comme ça, qu’elle soit célèbre avec ces valeurs-là. Au début, il y avait des gens qui étaient vraiment sur l’humanitaire. Donc ce débat entre politique ou humanitaire, on l’a eu à plusieurs reprises. Certaines personnes souhaitant au début qu’on fasse que de l’#humanitaire et petit à petit d’autres personnes qui souhaitaient qu’on fasse que du #politique. Cela voulait dire, je ne sais pas... arrêter d’acheter des couvertures, arrêter de faire à manger et ne faire que des communiqués et des soirées... Au final, notre positionnement a été arrêté sur : ’C’est les deux. C’est simple, il faut les deux !’

  • 116 avocat-e-s contre le délit de solidarité

    Mesdames et Messieurs les journalistes,

    116 avocat-e-s de Suisse ont rejoint la #campagne en faveur de la modification de l’#article_116 de la loi sur les étrangers et l’intégration (LEI) et de la #dépénalisation de l’aide aux personnes en fuite lorsque le mobile est honorable. Dans la « Déclaration des avocat-e-s de Suisse sur le délit de solidarité », ils invitent le Pouvoir judiciaire des différents cantons à cesser de poursuivre et/ou à condamner des actes de solidarité.

    Les signataires de la #Déclaration, exerçant aux quatre coins de la Suisse, se sont engagés à défendre toute personne poursuivie pour avoir fait preuve de solidarité envers un être humain persécuté et dans le besoin. Paolo Bernasconi dr.h.c, avocat à Lugano et signataire de la déclaration, rappelle que « le Préambule de notre Constitution fédérale nous oblige à œuvrer dans un esprit de solidarité ».

    « Je ne veux pas uniquement appliquer la #loi, mais aussi la changer si son application ne va pas dans le sens de la #justice, comme c’est le cas de l’Art. #116 LEI. Punir quelqu’un parce qu’il a aidé des personnes en détresse ne peut en aucun cas être considéré comme juste », a déclaré l’avocate bernoise Melanie Aebli.

    Pour Olivier Peter, avocat à Genève et premier signataire de le Déclaration, l’article 116 est en contradiction avec la raison d’être du droit pénal. « La répression pénale doit être limitée aux infractions qui portent atteinte aux intérêts d’autrui ou aux intérêts publics. Comment concilier ce principe avec l’art. 116 LEI et son application aux cas de soutien apporté dans un but humanitaire ? Qu’y a-t-il de nuisible à soigner un malade, à héberger une femme enceinte ou un sans-abri, rajouter un couvert pour nourrir une personne affamée ? »

    Cette démarche s’inscrit dans une campagne plus large portée entre autres par la Conseillère nationale Lisa Mazzone (initiative parlementaire 18.461 « En finir avec le délit de solidarité » : https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20180461) et Solidarité sans frontières (pétition « La solidarité n’est pas un crime » : http://article116.strikingly.com).

    Personnes de contact :

    Melanie Aebli, Berne, tél. 0786178717, info@djs-jds.ch
    Paolo Bernasconi, Lugano, tél. 091 910 06 06, paolo.bernasconi@pblaw.ch
    Olivier Peter, Genève, tél. 022 328 10 10, olivier.peter@interdroit.ch

    Sur la campagne en général : Amanda Ioset, Solidarité sans frontières, 079 258 60 49, amanda.ioset@sosf.ch

    https://www.sosf.ch/fr/sujets/divers/informations-articles/116-avocat-e-s-de-suisse-contre-le-delit-de-solidarite.html
    #Suisse #délit_de_solidarité #solidarité #asile #migrations #réfugiés #réisistance #LETr

  • Délit de solidarité : le guide est là ! ⋅ GISTI
    https://www.gisti.org/spip.php?article6189

    Délit de solidarité : le guide est là !

    Le 6 juillet 2019 marquera le premier anniversaire de la décision du Conseil constitutionnel consacrant la fraternité comme principe à valeur constitutionnelle. Une année où les poursuites et intimidations à l’encontre des solidaires ont gagné en légitimité dans le discours politique, en dépit de la reconnaissance du principe de fraternité.

    Procès des « 7 de Briançon » accusés d’avoir aidé à « l’entrée irrégulière » en prenant part à une manifestation entre l’Italie et la France, intimidations répétées des maraudeurs dans les Alpes, condamnations sur divers motifs tels que la diffamation, dégradation de bien, faux et usage de faux… le délit de solidarité continue d’être d’une brûlante actualité en France. Mais également dans toute l’Europe où les solidarités sont attaquées, que ce soit en Méditerranée pour des actions de sauvetage mises en place par des ONG ou des pêcheurs, dans les aéroports pour des actions d’opposition à des expulsions, dans les maisons où les citoyens et citoyennes s’organisent pour accueillir dignement.

    C’est dans ce contexte que le collectif Délinquants solidaires rend public un nouvel outil intitulé « Délit de solidarité : le guide ». Il s’adresse à tout·es celles et ceux qui se mobilisent en solidarité avec les personnes exilées, migrantes, sans papiers en France. En partant des questions que peuvent se poser les personnes solidaires quand il s’agit d’hébergement, d’opposition à des expulsions, de transport, etc. cet outil propose des éléments pour comprendre le cadre légal et les enjeux soulevés ainsi que des conseils pratiques afin d’agir sans être intimidé·e.

    Bref, un vrai guide pour se mobiliser en solidarité ! A diffuser sans modération.

    https://seenthis.net/messages/558925
    https://lignesdeforce.wordpress.com/2019/07/04/guide-juridique-et-pratique-de-la-solidarite-avec-les-refug
    #immigration #solidarité #Gisti

  • #Refus_d’entrée : criminaliser la solidarité

    En France, deux petites victoires ont été remportées contre les tentatives du gouvernement Français de criminaliser la solidarité envers les migrant·e·s. Un tribunal administratif a annulé deux ordres de la police française d’interdire de territoire des citoyen·ne·s européen·ne·s en raison de leur soutien aux migrant·e·s à Calais. L’interdiction ordonnée par la police a été déclarée illégale. Cette victoire au tribunal pourrait affecter des dizaines d’autres personnes placées sur des listes d’interdiction et dans les bases de données de surveillance par la police française.

    La liste des #interdictions_de_territoire

    En mars 2017, D. était à la gare de St Pancras à Londres pour prendre l’Eurostar en direction de Calais. Il s’y rendait pour participer à une réunion publique sur le rôle des sociétés privées impliquées à hauteur de plusieurs millions d’euros dans la sécurisation de la frontière Franco-Anglaise. Mais avant de monter dans le train, il est arrêté au contrôle des passeports, puis emmené dans une petite pièce par la Police aux Frontières française (#PAF). Après un moment d’entretien au téléphone, les agent·e·s de la PAF impriment un “Refus d’entrée”, document officiel l’informant qu’il lui est interdit d’entrer en France.
    Ce type de traitement n’est que trop courant envers les voyageurs et voyageuses non-européen·ne·s. Mais D. est titulaire d’un passeport européen. Le document qui lui a été remis stipulait qu’il figurait dans une base de donnée de la police française regroupant les personnes fichées comme « Danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale ». En outre, la police lui annonce qu’il va également « avoir des problèmes » pour voyager dans d’autres pays, puisque son nom était dorénavant signalé sur la base de données du Système d’Information Schengen (SIS) utilisée par les polices aux frontières dans toute l’Europe.
    Le cas de D. n’est pas un incident isolé. Ainsi, en mars 2017 X. se rendait en Belgique en bus et a été arrêté·e par la PAF au port de Douvres. Après environ une heure d’attente, on informe X. que l’entrée en France lui est refusée et iel reçoit un papier notifiant simplement qu’iel est un « danger pour l’ordre public ou la sécurité nationale ».
    Ce n’était pas la première fois que X. a eu des problèmes pour entrer en France. En Octobre 2016, X. est arrêté·e à son arrivée à Calais et constate que les agent·e·s consultent une liste de trois pages avec des noms et des photographies. La police désigne à X. une photo d’iel prise en 2010 (date devinée grâce à la couleur de ses cheveux !) figurant en page 3 du document.
    On informe X. qu’en cas d’arrestation à Calais, iel serait interdit·e de présence sur le territoire français. Iel n’a pas été arrêté·e, malgré cela, l’entrée en France lui fut refusée la fois suivante.

    En examinant et recoupant l’enchaînement de ces incidents avec d’autres, il semble probable que la police ait établi une « liste de personnes interdites du territoire » juste avant l’expulsion de la jungle en octobre 2016.

    Nous savons que d’autres personnes ont reçu ces interdictions.
    D. et X., plutôt chanceux·se·s d’avoir pu le faire dans le délai imparti de deux mois, ont décidé de contester cette interdiction devant les tribunaux français. Iels ont été soutenu·e·s dans cette action par le réseau Calais Migrant Solidarity et par l’association française Anafé qui travaille avec les étrangers et étrangères empêché·e·s d’entrer en France. Nous pensons qu’il s’agit de l’une des premières fois qu’un refus d’entrée est contesté en France. La plupart des personnes à qui sont imposés ces refus d’entrée sont des migrant·e·s non-européen·ne·s, déporté·e·s loin de France et qui ont peu de chance de les contester.

    La #fiche_S

    Le ministère français de l’Intérieur a défendu l’interdiction devant la cour, arguant que D. et X. étaient bel et bien un “danger” pour la France. Mais de quel danger parle-t-on ? L’État français a tiré cet argument de son fichier consacré à D. et X. – une des tristement célèbres « fiche S » constituées par la police politique française sur de supposé·e·s fauteurs et fauteuses de troubles.

    Cette “fiche S” comportait deux parties. Tout d’abord, D. et X. sont identifié·e·s comme « membre de la mouvance anarcho-autonome d’ultra gauche (« no border ») susceptible de se livrer à des actions violentes dans les perspectives du démantèlement du camp de migrants de Calais ». L’État, dans ses pièces, ne mentionnait aucune violence de ce type, mais citait plutôt plusieurs articles de presse français traitant de la prétendue “violence” des “No Borders”.

    En fait, les assertions de ces médias étaient entièrement fondées sur des citations de sources policières, souvent anonymes. Ainsi, en un cercle parfait, la police a communiqué à la presse des affirmations sans fondements, puis a utilisé ces même citations de presse dans leurs propres “preuves”. Ni D., ni X., ni personne d’autre n’a jamais été poursuivi·e pour les prétendues “violences” mentionnées dans ces rapports, et encore moins reconnu·e coupable.

    La deuxième partie de la fiche S donne quelques exemples plus précis des activités de D. Par exemple, il est arrêté en 2010 dans une “occupation illégale” – c’est-à-dire qu’il était simplement présent dans l’Africa House, squat où habitaient environ 100 personnes venant principalement du Soudan, d’Érythrée et d’Éthiopie. Il a également été repéré par la police lors d’une manifestation de migrant·e·s à Calais en 2014. Le dossier de X. mentionnait que « du 5 au 7 février 2010, des activistes No Border, y compris X., ont illégalement occupé un hangar de la rue Kronstadt à Calais et ont accueilli des migrant·e·s, les forces de l’ordre devant expulser les lieux », et qu’en 2010, des activistes No Border, y compris X. ont déployé une banderole “solidarité avec les sans papiers” sur la façade du beffroi de la mairie de Calais.
    Comme l’a convenu la cour, tout ceci n’avait rien de bien sérieux, était inexact ou ancien, et que rien ne suggérait une menace imminente contre la nation française.

    Il y avait aussi des éléments issus de dossiers de la police britannique. Encore une fois, ceux-ci mentionnent simplement que D et X sont allé·e·s à des manifestations, et que X a été arrêté·e lors de l’une d’elle, mais jamais poursuivi·e.

    Ce que tout cela montre également est comment les polices britannique et française échangent de vagues « renseignements », des rumeurs policières et des soupçons, sur les personnes qu’ils identifient comme politiquement actives. Cette “intelligence” est ensuite utilisée comme une base pour bloquer les mouvements transfrontaliers des personnes, notamment en les ajoutant aux listes de surveillance internationales comme le Système d’Information Schengen.

    #No_Borders” : la menace fantôme

    En bref, la seule accusation réelle contre D et X était qu’iels appartenaient à une « violente » organisation « anarcho-autonome » appelée « No Borders ». Mais quelle est cette prétendue organisation ?

    Bien sûr, certaines personnes solidaires des migrant·e·s de Calais se considèrent anarchistes. Et certaines, anarchistes ou « ultra-gauchistes » ou non, s’identifient à l’idée de « No Borders ». Ces deux mots ont pu être compris différemment selon les personnes : un slogan, une demande, un défi, un rêve. En revanche ce qu’ils ne signifient absolument pas est l’appartenance à une organisation qui organiserait le soulèvement des migrant·e·s à Calais.

    C’est un fantôme créé par la police française et les journalistes qui alimentent des histoires en buvant quelques verres. Il n’existe tout simplement pas. Les journalistes des deux côtés de la Manche ont diffusé d’innombrables histoires de « No Borders » incitant à des émeutes, incendiant la jungle, alimentant des réseaux de passeurs, etc. Aucunes de ces affirmations n’ont jamais été étayées par des preuves ou des enquêtes, ni jamais justifiées devant un tribunal.

    Par ailleurs, les migrant·e·s à Calais sont généralement des personnes plutôt débrouillardes. Beaucoup ont vécu des guerres et des dictatures, des révolutions, traversé des mers et des déserts. Iels n’ont pas besoin d’aide pour être en colère, ni pour s’organiser pour franchir les frontières et passer à l’action.

    Lutter pour la solidarité

    Pour nous, cette contestation en justice ne concernait pas seulement deux individu·e·s . Il s’agissait de contester une arme largement utilisée par la police pour bloquer la libre circulation des personnes en toute impunité. C’était une petite participation à la résistance contre les gouvernements qui s’échinent à mettre fin aux mouvements de solidarité entre citoyen·ne·s et migrant·e·s.

    Au cours des dernières années, des milliers d’Européen·ne·s ont réagi au passage des réfugié·e·s avec soutien et solidarité, depuis les plages de Grèce en passant par les cols des Alpes jusqu’aux “Jungles” de Calais. Cela dérange les politicien·ne·s et les médias qui s’affairent à vouloir faire paniquer la population au sujet d’ « invasions de migrant·e·s ». Leur but est de semer la peur et la division, essayant d’empêcher les gens de s’unir contre les élites capitalistes qui sont nos ennemis communs. La solidarité concrète et pratique, quand les personnes avec et sans papiers résistent côte à côte, est une réelle menace pour leur projet de « diviser pour mieux régner ».

    C’est pourquoi les États répondent en diabolisant et en criminalisant la solidarité. À Lesbos ou à Lampedusa, des volontaires sont emprisonné·e·s ou harcelé·e·s pour avoir sauvé quelques-unes des milliers de personnes qui se noient en mer. A Calais, la police arrête et interdit de territoire arbitrairement quiconque qu’elle aura étiqueté comme « No Borders ». Iels espèrent ainsi effrayer les citoyen·ne·s et isoler les migrant·e·s. L’État et les médias peuvent ainsi discréditer et attaquer leurs boucs émissaires en toute liberté.

    Cette victoire judiciaire est une petite partie de la lutte contre cette guerre lancée contre la solidarité. Ce qui est primordial est que nous ne nous laissions pas effrayer et que nous continuions à combattre nos vrais ennemis qui traînent dans les halls de commerce et dans les lieux de pouvoir. Français·e·s ou Britanniques, Européen·ne·s ou Africain·e·s, nous avons les mêmes ennemis, ne les laissons pas nous diviser.

    #Calais #délit_de_solidarité #solidarité #asile #migrations #réfugiés #victoire #France

  • Procès de l’ex-maire d’une petite ville calabraise qui secourait les migrants
    10 juin 2019 - rts.ch
    https://www.rts.ch/info/monde/10498809-proces-de-l-ex-maire-d-une-petite-ville-calabraise-qui-secourait-les-mi

    Cinq ans environ après le terrible naufrage au large de Lampedusa, qui avait poussé le gouvernement italien à mettre sur pied l’opération « Mare Nostrum », s’ouvre le procès du maire de Riace, en Calabre, qui est très engagé pour la cause des migrants.

    Ce procès fait figure de symbole du virage opéré par l’Italie sur la question migratoire. Il se tient dès mardi à Locri, en Calabre.

    Le parquet a inculpé l’ex-maire, Domenico Lucano, pour deux chefs d’accusation. Le premier est celui de fraude aux dépens de l’Etat : Domenico Lucano se se serait passé d’appel d’offres pour attribuer la gestion des ordures de son village à des coopératives liées aux migrants.

    Il est par ailleurs soupçonné d’avoir favorisé des « mariages de convenance », afin d’aider des femmes déboutées du droit d’asile, à rester en Italie.

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    Italie : ouverture du procès de l’ex-maire de Riace qui accueillait des migrants
    Par RFI - Publié le 11-06-2019 - Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir
    http://www.rfi.fr/europe/20190610-italie-ouverture-proces-ex-maire-riace-accueillait-migrants-domenico-lu

    Le village calabrais de Riace (extrême sud de l’Italie), qui est administré par un maire de la Ligue de Salvini depuis les élections municipales du 26 mai, retourne sous le feu des projecteurs. C’est en effet ce mardi 11 juin que s’ouvre le procès contre l’ancien édile, Dominico Lucano, dit « Mimmo » et 25 autres personnes qui collaboraient avec lui. Mis en examen en octobre 2018, l’homme symbole de l’accueil des réfugiés à échelle humaine, est notamment accusé d’aide à l’immigration illégale.

    #DomenicoLucano #Riace

  • Italie : La capitaine Pia Klemp menacée de 20 ans de prison - Secours Rouge
    https://secoursrouge.org/Italie-La-capitaine-Pia-Klemp-menacee-de-20-ans-de-prison


    Pia Klemp

    Pia Klemp a participé au sauvetage de réfugiés dans la méditerranée avec l’association Sea-Watch. Elle est maintenant accusée par la justice italienne d’aide à l’immigration illégale. Le parquet exige une peine de prison de 20 ans. Pour ses investigations, le parquet a eu recourt à des écoutes téléphoniques et à des agents infiltrés. Dans le cadre de ses six missions en tant que capitaine des bateaux de sauvetage Sea-Watch 3 et Iuventa, Pia Klemp dit avoir pu sauver les vies de 5000 personnes.

    • German boat captain Pia Klemp faces prison in Italy for migrant rescues

      Pia Klemp stands accused of aiding illegal immigration after she saved people from drowning in the Mediterranean. The Bonn native has accused Italian authorities of organizing “a show trial.”

      Nearly 60,000 people had signed a petition by Saturday afternoon demanding that Italy drop criminal proceedings against German boat captain Pia Klemp and other crew members who have rescued thousands of migrants in the Mediterranean Sea.

      In an interview with the Basler Zeitung daily on Friday, Klemp said that a trial against her was due to begin soon after she and some of her compatriots were charged in Sicily with assisting in illegal immigration.

      She said that she was told by her Italian lawyer that she could be looking at “up to 20 years in prison and horrendous fines.”

      Klemp added, however, that she intended to fight the case up to the European Court of Human Rights in Strasbourg, France, if she had to.

      The 35-year-old Bonn native has been under investigation in Italy since her ship, the Iuventa, was impounded in the summer of 2017, and the government has moved to ban her from sailing around the Italian coast. According to German public broadcaster WDR, through the work on that ship and the Sea-Watch 3, Klemp has personally assisted in the rescue of more than 1,000 people at risk of drowning in unsafe dinghies as they attempted to cross to Europe in search of a better life.

      Read more: Italy’s Matteo Salvini wants hefty fines for migrant rescue vessels

      Salvini’s crackdown

      An already immigrant-unfriendly government in Rome became even more so in June 2018, when newly appointed Interior Minister and Deputy Prime Minister Matteo Salvini of the far-right League party promised a crackdown the likes of which modern Italy had never seen.

      Since assuming office, Salvini has sought to put a stop to migrant rescue ships docking on Italian shores and allowing refugees to disembark. In January, the nationalist leader made headlines with the forced evacuation of hundreds of asylum-seekers from Italy’s second-largest refugee center and his refusal to clarify where the people, many of whom had lived in Castelnuovo di Porto for years and become integrated into town life, were being taken.

      Shortly thereafter, Sicilian prosecutors ruled that Salvini could be charged with kidnapping more than 177 migrants left stranded on a ship he had ordered impounded.

      ’A yearslong show trial’

      What frustrates Klemp the most, she told the Basler Zeitung, is that the costs — amounting to hundreds of thousands of euros — that she has had to prepare to cover from her own savings and some new donations “for what is likely to be a yearslong show trial” require money that could have been spent on rescue missions.

      “But the worst has already come to pass,” she said. “Sea rescue missions have been criminalized.”

      For this, the captain blames not only the Italian government but what she sees as a failure of the European Union “to remember its avowed values: human rights, the right to life, to apply for asylum, and the duty of seafarers to rescue those in danger at sea.”

      Klemp added that “demagogues” such as Salvini, former Austrian Chancellor Sebastian Kurz and German Interior Minister Horst Seehofer were effectively allowing thousands to perish in the Mediterranean each year.

      She pushed back at criticism that rescue missions encouraged more people to attempt the highly dangerous crossing. “There are scientific studies that disprove the idea that sea rescues are a so-called pull factor,” she said. “The people come because, unfortunately, there are so many reasons to flee.” And if countries close their borders, “they come via the Mediterranean because there is no legal way to get here,” she added.

      To cover her potentially exorbitant legal costs, a bar in Bonn has announced a fundraising campaign to help Klemp. Cafe Bla has announced that for every patron who orders the “Pia beer,” 50 euro cents will be donated to their former waitress.


      https://www.dw.com/en/german-boat-captain-pia-klemp-faces-prison-in-italy-for-migrant-rescues/a-49112348?maca=en-Twitter-sharing

    • Mobilisation pour la capitaine d’un navire humanitaire

      L’ancienne capitaine du « #Iuventa », immobilisé depuis 2017, encourt vingt ans de prison en Italie. Accusée de complicité avec les passeurs, elle affirme n’avoir fait que respecter le droit international, qui impose de porter secours à toute personne en détresse.

      https://www.liberation.fr/planete/2019/06/11/mobilisation-pour-la-capitaine-d-un-navire-humanitaire_1732973

    • I Helped Save Thousands of Migrants from Drowning. Now I’m Facing 20 Years in Jail | Opinion

      In today’s Europe, people can be sentenced to prison for saving a migrant’s life. In the summer of 2017, I was the captain of the rescue ship Iuventa. I steered our ship through international waters along the Libyan coastline, where thousands of migrants drifted in overcrowded, unseaworthy dinghies, having risked their lives in search of safety. The Iuventa crew rescued over 14,000 people. Today, I and nine other members of the crew face up to twenty years in prison for having rescued those people and brought them to Europe. We are not alone. The criminalization of solidarity across Europe, at sea and on land, has demonstrated the lengths to which the European Union will go to make migrants’ lives expendable.

      Two years ago, Europe made renewed efforts to seal the Mediterranean migrant route by draining it of its own rescue assets and outsourcing migration control to the so-called “Libyan Coast Guard”, comprised of former militia members equipped by the EU and instructed to intercept and return all migrants braving the crossing to Europe. NGO ships like the Iuventa provided one of the last remaining lifelines for migrants seeking safety in Europe by sea. For European authorities, we were a critical hurdle to be overcome in their war against migration.

      In August 2017, the Iuventa was seized by the Italian authorities and the crew was investigated for “aiding and abetting illegal immigration.” Thus began an ongoing spate of judicial investigations into the operation of search and rescue vessels. Sailors like myself, who had rallied to the civil fleet when it seemed no European authority cared people were drowning at sea, were branded as criminals. The ensuing media and political campaign against us has gradually succeeded in removing almost all NGOs from the central Mediterranean, leaving migrants braving the sea crossing with little chance of survival.

      We sea-rescuers have been criminalized not only for what we do but for what we have witnessed. We have seen people jump overboard their frail dinghies on sighting the so-called Libyan Coast Guard, preferring death at sea over return to the slavery, torture, rape and starvation that awaits them in EU-funded Libyan detention centers. We have also seen what becomes of those who are found too late. For days, I steered our ship through international waters with a dead two-year-old boy in the freezer. No European country had wanted to save him when they had the chance. His mother lived, and after days of drifting in wait of an open port, our ship brought her to Europe—when it no longer mattered to her. We rescuers know that those who drown at Europe’s doorstep are not unlucky casualties of the elements. The transformation of the Mediterranean into a mass grave for migrants is a European political project.

      Over the past year, Italy’s interior minister Matteo Salvini has provided a useful alibi for centrist European political forces–those avowedly committed to “European values” of human rights. His persistent targeting of rescue NGOs and his decision to seal Italian ports to ships carrying rescued migrants has seen him cast as the “rotten egg” of an otherwise largely liberal European Union. But Matteo Salvini is neither the architect of Fortress Europe, nor its sole gatekeeper.

      Alongside Italy’s ostentatious prosecution of sea rescuers, other European nations have adopted shrewder, subtler tactics, revoking their flags or miring ships’ crews in unnecessary and lengthy bureaucratic procedures. When Salvini sealed Italian ports, other member states expressed righteous indignation—but not one of them offered its own ports as havens for later rescues. One of two remaining rescue ships, Sea-Watch 3, has since spent weeks motoring along the European coast line with hundreds of refugees on board, pleading for an open port, only to find that their “cargo” was not wanted anywhere in Europe.

      In the coming months, as the conflict in Libya intensifies, thousands more will be forced to brave the sea crossing. I know from experience that without rescue, the majority of them will die. Common sense tells me that with humanitarian vessels barred from saving lives and European commercial and military and Coast Guard ships instructed to avoid migrant routes, their chances of rescue are shrinking. I suspect European leaders share my common sense.

      Meanwhile, we sea rescuers are not alone in facing charges for “crimes of solidarity.” On land across Europe, hundreds of men and women stand trial for having offered food, shelter or clothing to migrants. Among us are countless migrants criminalized for having helped other migrants in need, whose faces will likely not appear in esteemed publications.

      None of us has been prosecuted for helping white Europeans. The simple truth is that in intimidating and punishing those of us who have offered their solidarity to migrants, Europe has worked systematically and with precision to segregate, humiliate and isolate its weakest members—if not based on race and ethnicity de jure, then certainly de facto.

      None of us facing charges for solidarity is a villain, but neither are we heroes. If it is alarming that acts of basic human decency are now criminalized, it is no less telling that we have sometimes been lauded by well-intentioned supporters as saints. But those of us who have stood in solidarity with migrants have not acted out of some exceptional reserve of bravery or selfless compassion for others. We acted in the knowledge that the way our rulers treat migrants offers a clue about how they would treat the rest of us if they thought they could get away with it. Politicians who target, scapegoat and exploit migrants, do so to shore up a violent, unequal world—a world in which we, too, have to live and by which we, too, may be disempowered.

      The criminalization of solidarity today is not only about stripping Europe’s most precarious of their means of survival. It is also an effort at foreclosing the forms of political organization that alliances between Europeans and migrants might engender; of barring the realization that in today’s Europe of rising xenophobia, racism, homophobia and austerity, the things that migrants seek—safety, comfort, dignity—are increasingly foreclosed to us Europeans as well.

      And in hounding migrants and those standing in solidarity with them, Europe is not only waging a brutal battle of suppression. It is also belying its fear of what might happen if we Europeans and migrants made common cause against Fortress Europe, and expose it for what it is: a system that would pick us off one by one, European and migrant alike, robbing each of us in turn of our freedoms, security and rights. We should show them that they are right to be afraid.

      Captain Pia Klemp is a vegan nature-lover, animal-rights and human-rights activist. Before joining search and rescue missions, Captain Pia Klemp was an activist for maritime conservation with Sea-Shepherd. Chloe Haralambous, a researcher and fellow rescue crew member, contributed to this op-ed.

      The views expressed in this article are the author’s own.​​​​​

      https://www.newsweek.com/refugees-mediterranean-sea-rescue-criminalization-solidarity-1444618

  • Hundreds of Europeans ‘criminalised’ for helping migrants – as far right aims to win big in European elections

    Elderly women, priests and firefighters among those arrested, charged or ‘harassed’ by police for supporting migrants, with numbers soaring in the past 18 months.

    These cases – compiled from news reports and other records from researchers, NGOs and activist groups, as well as new interviews across Europe – suggest a sharp increase in the number of people targeted since the start of 2018. At least 100 people were arrested, charged or investigated last year (a doubling of that figure for the preceding year).


    https://www.opendemocracy.net/en/5050/hundreds-of-europeans-criminalised-for-helping-migrants-new-data-show
    #délit_de_solidarité #solidarité #asile #migrations #réfugiés #Europe
    #Allemagne #criminalisation #statistiques #chiffres #Suisse #Danemark #Espagne #France #journalisme #journalistes #presse #Grèce #Calais

    #Norbert_Valley #Christian_Hartung #Miguel_Roldan #Lise_Ramslog #Claire_Marsol #Anouk_Van_Gestel #Lisbeth_Zornig_Andersen #Daphne_Vloumidi #Mikael_Lindholm #Fernand_Bosson #Benoit_Duclois #Mussie_Zerai #Manuel_Blanco #Tom_Ciotkowski #Rob_Lawrie

    ping @isskein @karine4

    • The creeping criminalisation of humanitarian aid

      At the heart of the trial of a volunteer with American migrant aid group No More Deaths that began in Arizona last week lies the question of when humanitarian aid crosses the line and becomes a criminal offence.

      Scott Warren, 37, faces three felony charges after he helped two undocumented migrants by providing them food, shelter, and transportation over three days in January 2018 – his crime, prosecutors say, wasn’t helping people but hiding them from law enforcement officers.

      Whichever way the case goes, humanitarian work appears to be under growing threat of criminalisation by certain governments.

      Aid organisations have long faced suspensions in difficult operating environments due to geopolitical or domestic political concerns – from Pakistan to Sudan to Burundi – but they now face a new criminalisation challenge from Western governments, whether it’s rescue missions in the Mediterranean or toeing the US counter-terror line in the Middle East.

      As aid workers increasingly find themselves in the legal crosshairs, here’s a collection of our reporting to draw attention to this emerging trend.

      http://www.thenewhumanitarian.org/news/2019/06/07/creeping-criminalisation-humanitarian-aid

      Dans l’article une liste d’articles poubliés dans The New Humanitarian sur le délit de solidarité un peu partout dans le #monde...

    • European activists fight back against ‘criminalisation’ of aid for migrants and refugees

      More and more people are being arrested across Europe for helping migrants and refugees. Now, civil society groups are fighting back against the 17-year-old EU policy they say lies at the root of what activists and NGOs have dubbed the “criminalisation of solidarity”.

      http://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2019/06/20/european-activists-fight-criminalisation-aid-migrants-refugees

      Et le #rapport:
      Crackdown on NGOs and volunteers helping refugees and other migrants


      http://www.resoma.eu/sites/resoma/resoma/files/policy_brief/pdf/Final%20Synthetic%20Report%20-%20Crackdown%20on%20NGOs%20and%20volunteers%20h

    • Documentan incremento de amenazas contra defensores de migrantes tras acuerdo con EU

      Tras el acuerdo migratorio que México y los Estados Unidos firmaron el pasado junio, se han incrementado los riesgos y amenazas que sufren las y los activistas que defienden a migrantes en Centroamérica, México y Estados Unidos. Esa es la conclusión del informe “Defensores sin muros: personas defensoras de Derechos Humanos criminalizadas en Centroamérica, México y Estados Unidos”, elaborado por la ONG Frontline Defenders, el Programa de Asuntos Migratorios de la Universidad Iberoamericana y la Red Nacional de Organismos Civiles Todos los Derechos para Todas y Todos. El documento identifica 69 eventos de detención, amenazas, acoso, difamación, agresión, deportación, vigilancia o negación de entrada a un país. La mayoría de ellos, 41, tuvieron lugar durante 2019, según un listado que acompaña al informe. Uno de los grandes hallazgos: la existencia de colaboración entre México y Estados Unidos para cerrar el paso a los migrantes y perseguir a los activistas. “Los gobiernos tienen relaciones tensas, difíciles, complicadas. México y Estados Unidos están pasando por uno de sus peores momentos en bilaterales, pero cuando se trata de cooperar para restringir Derechos Humanos hay colaboración absoluta”, dijo Carolina Jiménez, de Amnistía Internacional. Entre estas colaboraciones destaca un trabajo conjunto de ambos países para identificar a activistas y periodistas que quedaron fichados en un registro secreto. El informe se presentó ayer en la Ciudad de México, al mismo tiempo en el que el presidente estadounidense, Donald Trump, habló ante la asamblea general de las Naciones Unidas, agradeciendo al presidente Andrés Manuel López Obrador “por la gran cooperación que estamos recibiendo y por poner a 27 mil soldados en nuestra frontera sur”.

      https://www.educaoaxaca.org/documentan-incremento-de-amenazas-contra-defensores-de-migrantes-tras-a
      #Amérique_centrale #Mexique

    • Migration and the Shrinking Humanitarian Space in Europe

      As of October 10th, 1071 deaths of migrants were recorded in the Mediterranean in 2019.[1] In their attempt to save lives, civilian maritime search and rescue organisations like Sea Watch or Proactive Open Arms have gained high levels of media attention over the last years. Cases such as the arrest of the captain of the Sea Watch 3, Carola Rackete, in June 2019 or the three weeks odyssey of Open Arms in August 2019 dominate the media and public discourse in Europe. The closing of ports in Italy, Spain and Malta, the confiscation of vessels, legal proceedings against crew members alongside tight migration policies and anti-trafficking laws have led to a shrinking space for principled humanitarian action in Europe. While maritime search and rescue (SAR) activities receive most of the attention, focusing solely on them prevents one from seeing the bigger picture: a general shrinking of humanitarian space in Europe. In the following, the analysis will shed some light on patterns in which the space for assisting and protecting people on the move is shrinking both on land and at sea.
      Migration and Humanitarian Action

      Migration is not a new phenomenon. Throughout history people have left their homes to seek safety and pursue a better life. Yet, due to increasing human mobility and mounting crisis migration the number of people on the move is consistently rising (Martin, Weerasinghe, and Taylor 2014). In 2019, The International Organisation for Migration (IOM) documents more than 258 million international migrants worldwide, compared to 214 million in 2009.[2]

      This number is composed of a variety of different migrant groups, such as students, international labour migrants or registered refugees. Based on a distinction between voluntary and involuntary migration, not all these groups are considered people in need of international protection and humanitarian assistance (Léon 2018). Accordingly, unlike refugees or internally displaced persons (IDPs) migrants generally fall out of the humanitarian architecture.[3] Yet, notwithstanding the reasons for migrating, people on the move can become vulnerable to human trafficking, sexual exploitation and other forms of abuse during their journey. They strand at borders and live in deplorable conditions (Léon 2018).

      The UN Secretary General’s Agenda for Humanity therefore stresses the importance of addressing the vulnerabilities of migrants. This entails providing more regular and legal pathways for migration but also requires “a collective and comprehensive response to displacement, migration and mobility”, including the provision of humanitarian visas and protection for people on the move who do not fall under the narrow confines of the 1951 Refugee Convention.[4] The view that specific vulnerabilities of migrants are to be integrated into humanitarian response plans is reflected in the International Red Cross and Red Crescent Movement’s approach to migration, which is strictly humanitarian and focuses on the needs and vulnerabilities of migrants irrespective of their legal status, type, or category (Linde 2009).

      Thereby, the term ‘migrant’ is deliberately kept broad to include the needs of labour migrants, vulnerabilities due to statelessness or being considered irregular by public authorities (ibid.). Despite this clear commitment to the protection of people on the move, migrants remain a vulnerable group with a high number losing their lives on migratory routes or going missing. Home to three main migratory routes, the Mediterranean is considered one of the world’s deadliest migration routes.[5]

      When in 2015 an unprecedented number of people made their way into Europe this exposed the unpreparedness of the EU and its member states in reacting quickly and effectively to the needs of people on the move. A report by the Overseas Development Institute (ODI) on refugees and vulnerable migrants in Europe concludes that “Europe’s actual humanitarian response must be judged a failure in many respects; basic needs have not been met and vulnerable people have not been protected” (De Largy 2016).

      For humanitarian organisations with experience in setting up and managing camps in countries of the Global South, managing the humanitarian response in their own backyard seems to have posed significant challenges. When more than one million people arrived in 2015, most international humanitarian organisations had no operational agreement with European states, no presences in affected areas, no funding lines for European activities and no established channels to mobilise resources (ibid.). This has led to protection gaps in the humanitarian response, which, in many cases, have been filled by activists, volunteers and civil society actors. Despite a number of factors, including the EU-Turkey deal, arrangements with Libya and toughening border controls, have since lead to a decline in the number of people arriving in Europe, sustained humanitarian action is needed and these actors continue to provide essential services to refugees and vulnerable migrants. However, with hostile attitudes towards migrants on the rise, and the marked effects of several successful smear campaigns, a number of organisations and civil society actors have taken it upon themselves to bring much needed attention to the shrinking space for civil society.
      Shrinking Humanitarian Space in Europe

      The shrinking space for civil society action is also impacting on the space for principled humanitarian action in Europe. While no agreed upon definition of humanitarian space[6] exists, the concept is used in reference to the physical access that humanitarian organisations have to the affected population, the nature of the operating environment for the humanitarian response including security conditions, and the ability of humanitarian actors to adhere to the core principles of humanitarian action (Collinson and Elhawary 2012: 2). Moreover, the concept includes the ability of affected people to reach lifesaving assistance and protection. The independence of humanitarian action from politics is central to this definition of humanitarian space, emphasising the need to adhere to the principles of humanity, neutrality, impartiality and independence as well as to maintain a clear distinction between the roles and functions of humanitarian in contrast to those of military and political actors (OCHA, 2003). Humanitarian actors within this space strive to achieve their mission of saving lives and alleviating suffering by seeking ongoing access to the affected population.

      Though the many organisations, volunteers and individuals that work on migration issues in Europe would not all self-identify or be considered purely humanitarian organisations, many of them provide life-saving services to people on the move. Thus, the humanitarian space is occupied by a diversity of actors, including human rights organisations, solidarity networks, and concerned individuals alongside more traditional humanitarian actors (Léon 2018).

      Referring to the limited room for agency and restricted access to the affected population, the shrinking humanitarian space in Europe has been linked to the spreading of populism, restrictive migration policies, the securitisation of migration and the criminalisation of humanitarian action (Hammerl 2019). These developments are by no means limited to Europe. Other regions of the world witness a similar shrinking of the humanitarian space for assisting people on the move. In Europe and elsewhere migration and asylum policies have to a great extent determined the humanitarian space. Indeed, EU migration policies have negatively affected the ways in which humanitarian actors are able to carry out their work along the migration routes, limiting the space for principled humanitarian action (Atger 2019). These policies are primarily directed at combatting human trafficking and smuggling, protecting European borders and national security interests. Through prioritising security over humanitarian action, they have contributed to the criminalisation of individuals and organisations that work with people on the move (ibid.). As has been particularly visible in the context of civilian maritime SAR activities, the criminalisation of humanitarian action, bureaucratic hurdles, and attacks on and harassment of aid workers and volunteers have limited the access to the affected population in Europe.
      Criminalisation

      The criminalisation of migration that has limited the space for principled humanitarian action is a process that occurs along three interrelated lines: first, the discursive criminalisation of migration; second, the interweaving of criminal law and policing for migration management purposes; and finally, the use of detention as a way of controlling people on the move (Hammerl 2019, citing Parkin). With media and public discourse asserting that migrants are ‘illegal’, people assisting them have been prosecuted on the grounds of facilitating illegal entry, human trafficking and smuggling.

      Already back in 2002, the Cypriot NGO Action for Equality, Support and Anti-Racism (KISA) was prosecuted under criminal law after it had launched a financial appeal to cover healthcare costs for a migrant worker (Fekete 2009). This is just been one of six cases in which the Director of an organisation has been arrested for his work with migrants.[7] While KISA takes a clear human rights stance, these trends are also observable for humanitarian activities such as providing food or shelter. Individuals and organisations providing assistance and transportation to migrants have faced legal prosecution in France and Belgium for human smuggling in 2018. Offering shelter to migrants in transit has led to arrests of individuals accused of human trafficking (Atger 2019).[8] The criminalisation of civilian maritime SAR activities has led to the arrest and prosecution of crew members and the seizing of rescue vessels.

      The tension between anti-smuggling and anti-trafficking laws and humanitarian action is a result of the European ‘Facilitators’ Package’ from 2002 that defines the facilitation of unauthorised entry, transit and residence.[9] Though the Directive and its implementation in national legislatures foresees humanitarian exemptions[10], the impact of these laws and regulations on the humanitarian space has been critical. Lacking clarity, these laws have been implemented differently by EU member states and created a sense of uncertainty for individuals and organisations assisting migrants, who now risk criminal prosecution (Carrera et al. 2018). In several EU member states with humanitarian exemptions, humanitarian actors were reportedly prosecuted (ibid.). A case in point is Greece, which has a specific humanitarian exemption applying to maritime SAR activities and the facilitation of entry for asylum seekers rescued at sea. Despite sounding promising at first, this has not prevented the prosecution of volunteer crew members of the Emergency Response Centre International (ERCI) due to the existence of two legal loopholes. The first of these works on the basis that rescuers are not able to identify who is in need of international protection, and second, the legal framework contains an exemption from punishment, but not prosecution.[11]
      Bureaucratic Hurdles

      Besides the criminalisation of humanitarian activities, across Europe – predominantly at borders – administrative decisions and rules have narrowed the space for humanitarian action (Atger 2019). In countries such as France, Germany, Hungary, Spain and Italy, laws and regulations prevent organisations from accessing reception centres or transit zones between borders (Hammerl 2019, Amnesty 2019). A reduction of financial support and tighter legal requirements for operation further hinder organisations to assist people on the move (Atger 2019). In the case of maritime SAR operations, NGOs had to stop their operations due to de-flagging of rescue ships as ordered by EU member state authorities.[12]

      Access to people on the move is obstructed in manifold ways and organisations face a mix of intimidations strategies and bureaucratic obstacles in their mission to deliver aid (Léon 2018). In Germany, new asylum policies in 2015 changed the provision of the previous cash-based assistance to in-kind aid.[13] This is inconsistent with German humanitarian policy in other migrant and refugee hosting countries, where the German Foreign Ministry promotes cash-based programming as an efficient, effective and dignified way of assisting people in need.

      Apart from instructions and orders by public authorities and law enforcement entities, other tactics range from frequent ID checks, parking fines to threats of arrest (Amnesty 2019). In Calais, humanitarian action was obstructed when the municipality of Calais prohibited the distribution of food as well as the delivery of temporary showers to the site by a local charity with two municipal orders in March 2017 (Amnesty 2019). In 2017, the Hungarian Parliament passed the so-called LEX NGO. Like the foreign agent law in Russia, it includes provisions for NGOs that receive more than EUR 23 000 per year from abroad (including EU member states) to register as “organisations receiving foreign funding”. Coupled with a draft bill of a new Tax Law that establishes a 25% punitive tax to be paid for “propaganda activities that indicate positive aspects of migration”, these attempts to curtail work with migrants has a chilling effect both on NGOs and donors. As the punitive tax is to be paid by the donor organisation, or by the NGO itself in case the donor fails to do so, organisations risk bankruptcy.[14]
      Policing Humanitarianism[15]

      An increasingly hostile environment towards migration, fuelled by anti-immigrant sentiments and public discourse, has led to suspicion, intimidation and harassment of individuals and organisations working to assist and protect them. The securitisation of migration (Lazaridis and Wadia 2015), in which migrants are constructed as a potential security threat and a general atmosphere of fear is created, has given impetus to a general policing of humanitarian action. Even when not criminalised, humanitarian actors have been hindered in their work by a whole range of dissuasion and intimidation strategies. Civilian maritime SAR organisations in particular have been targets of defamation and anti-immigration rhetoric. Though analyses of migratory trends have proved that a correlation between SAR operations and an increase of migrant crossings was indeed erroneous (Cusumano and Pattison, Crawley et al. 2016, Cummings et al. 2015), organisations are still being accused of both constituting a pull-factor for migration (Fekete 2018) and of working together with human traffickers. In some instances, this has led to them being labelled as taxis for ‘illegal’ migrants (Hammerl 2019). In Greece, and elsewhere, volunteers assisting migrants have been subject to police harassment. Smear campaigns, especially in the context of SAR operations in the Mediterranean, have affected the humanitarian sector as a whole “by creating suspicion towards the work of humanitarians” (Atger 2019). Consequently, organisations have encountered difficulties in recruiting volunteers and seen a decline in donations. This prevented some organisations from publicly announcing their participation in maritime SAR or their work with migrants.[16] In severe cases, humanitarian actors suffered physical threats by security personnel or “self-proclaimed vigilante groups” (Hammerl 2019).

      Moreover, having to work alongside security forces and within a policy framework that primarily aims at border policing and migration deterrence (justified on humanitarian grounds), humanitarian actors risk being associated with migration control techniques in the management of ‘humanitarian borders’ (Moreno-Lax 2018, Pallister-Wilkins 2018). When Italy in 2017 urged search and rescue organisations to sign a controversial Code of Conduct in order to continue disembarkation at Italian ports, some organisations refused to do so. The Code of Conduct endangered humanitarian principles by making life-saving activities conditional on collaborating in the fight against smugglers and the presence of law enforcement personnel on board (Cusumano 2019).

      Beyond the maritime space, the politicisation of EU aid jeopardises the neutrality of humanitarian actors, forcing them to either disengage or be associated with a political agenda of migration deterrence. Humanitarian organisations are increasingly requested to grant immigration authorities access to their premises, services and data (Atger 2019). In Greece, a legislation was introduced in 2016 which entailed the close monitoring of, and restrictive access for, volunteers and NGOs assisting asylum seekers, thereby placing humanitarian action under the supervision of security forces (Hammerl 2019). As a consequence of the EU-Turkey Deal in 2016, MSF announced[17] that it would no longer accept funding by EU states and institutions “only to treat the victims of their policies” (Atger 2019).
      The Way Ahead

      The shrinking space poses a fundamental challenge for principled humanitarian action in Europe. The shrinking humanitarian space can only be understood against the backdrop of a general shrinking civil space in Europe (Strachwitz 2019, Wachsmann and Bouchet 2019). However, the ways in which the shrinking space affects humanitarian action in Europe has so far received little attention in the humanitarian sector. The problem goes well beyond the widely discussed obstacles to civilian maritime SAR operations.

      Humanitarian organisations across Europe assist people arriving at ports, staying in official or unofficial camps or being in transit. An increasingly hostile environment that is fuelled by populist and securitisation discourses limits access to, and protection of, people on the move both on land and at sea. The criminalisation of aid, bureaucratic hurdles and harassment of individuals and organisations assisting migrants are just some of the ways in which humanitarian access is obstructed in Europe.

      A defining feature of humanitarian action in Europe has been the important and essential role of volunteers, civil society organisations and solidarity networks both at the grassroots’ level and across national borders. Large humanitarian actors, on the other hand, took time to position themselves (Léon 2018) or have shied away from a situation that is unfamiliar and could also jeopardize the financial support of their main donors – EU member states.

      Since then, the humanitarian space has been encroached upon in many ways and it has become increasingly difficult for volunteers or (small) humanitarian organisations to assist and protect people on the move. The criminalisation of humanitarian action is particularly visible in the context of civilian maritime SAR activities in the Mediterranean, but also bureaucratic hurdles and the co-optation of the humanitarian response into other political objectives have limited the space for principled humanitarian action. In order to protect people on the move, national, regional and international responses are needed to offer protection and assistance to migrants in countries of origin, transit and destination. Thereby, the humanitarian response needs to be in line with the principles of impartiality, neutrality, and independence to ensure access to the affected population. While the interests of states to counter organised crime, including human trafficking, is legitimate, this should not restrict humanitarian access to vulnerable migrants and refugees.

      In Europe, the biggest obstacle for effective humanitarian action is a lacking political will and the inability of the EU to achieve consensus on migration policies (DeLargy 2016). The Malta Agreement, a result of the latest EU Summit of Home Affairs Ministers in September 2019 and subsequent negotiations in Luxembourg in October of the same year, has failed to address the shortcomings of current migration policies and to remove the obstacles standing in the way of principled humanitarian action in the Mediterranean. For this, new alliances are warranted between humanitarian, human rights and migration focussed organizations to defend the humanitarian space for principled action to provide crucial support to people on the move both on land and at sea.

      http://chaberlin.org/en/publications/migration-and-the-shrinking-humanitarian-space-in-europe-2

      Pour télécharger le rapport:
      http://chaberlin.org/wp-content/uploads/2019/10/2019-10-debattenbeitrag-migration-shrinking-humanitarian-space-roepstorff
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