• Le gouvernement a créé une #cellule_militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie

    Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’#agriculture_industrielle », dénoncent de multiples défenseurs de l’#agriculture_paysanne et biologique, réunis dans cette tribune. Ils s’inquiètent fortement de la création de la #cellule_de_renseignement #Demeter, lancée fin octobre, soi-disant destinée à lutter contre l’« #agribashing ».

    Il y aura un avant et un après Demeter. Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur de la République française Christophe #Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la #FNSEA #Christiane_Lambert. Dans le cadre d’une #convention signée entre son ministère et ce #syndicat_agricole. Cette première anomalie démocratique — depuis quand la #police républicaine est-elle aux ordres d’une structure privée ? — n’est pas la dernière, de loin.

    En effet, ce voyage avait pour but principal de lancer une cellule de la #gendarmerie_nationale appelée Demeter, la déesse grecque des moissons. Et marque reconnue, depuis des lustres, de l’agriculture sans pesticides. Quel en est le but affiché ? La lutte contre « l’agribashing ». Ce terme est une invention des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en #France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques.

    Le ministre, confronté avec son gouvernement à une situation politique difficile, a donc décidé de jouer ce rôle dangereux, affirmant par exemple : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. »

    Empêtré dans cette imprudente déclaration, le ministre démontre dans le même texte qu’il est incapable de prouver par le moindre fait la réalité de ce phénomène. Les #chiffres qu’il cite pour 2019 parlent d’eux-mêmes : sur la base de 440.000 exploitations agricoles, les plaintes portent sur 314 tracteurs volés, 24 vols avec violence, 657 voitures dérobées.

    Encore faut-il préciser que les vols avec violences ont diminué en un an de 31,4 %. La plupart des centres urbains se damneraient pour de telles #statistiques. Il est visiblement plus simple de mobiliser la police que de régler la situation dramatique de la #paysannerie française.

    Il y a encore plus grave. Volontairement, n’en doutons pas, M. Castaner mélange dans un stupéfiant gloubi-boulga la #délinquance vile — cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations —, les #occupations_de_terres_agricoles par des #gens_du_voyage, les actions antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique.

    Il y a encore plus grave. M.Castaner entend s’attaquer dans le cadre de Demeter, ainsi qu’il l’écrit, aux « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples #actions_symboliques de #dénigrement du milieu agricole ou d’#actions_dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette fois, on aura compris : il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien.

    La #démocratie, ce n’est pas pactiser avec les #lobbies dans le dos de la société

    Qui mène « des actions symboliques » contre ce système ? Le mouvement des #Coquelicots, qui réclame la fin des #pesticides, soutenu par un million de citoyens. Les #maires qui prennent des arrêtés contre ces poisons chimiques. Des dizaines de milliers de paysans qui ont déjà choisi l’agriculture biologique. Beaucoup d’autres, qui défendent le modèle de l’agriculture paysanne contre les projets délirants d’usines à vaches, à cochons ou à poulets. Et au total des centaines de milliers de citoyens engagés contre l’importation massive de #soja_transgénique et donc l’#élevage_industriel, contre la mort des oiseaux et des insectes, pour des rivières débarrassées de la pollution et des rivages sans algues vertes, enfin pour une #alimentation de haute qualité.

    Il ne fait aucun doute, à nos yeux, qu’une ligne a été franchie. La démocratie, ce n’est pas pactiser avec les lobbies dans le dos de la société. Et quand le ministre parle « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », chacun comprend ce que cela veut dire. Cela signifie l’#intimidation accrue de tous les adversaires décidés de la FNSEA, qui passe nécessairement par la #surveillance_électronique et informatique, d’éventuelles #écoutes_téléphoniques, voire des #filatures, des #infiltrations, ou pire encore, la #délation.

    Nous prévenons solennellement le gouvernement que nous refusons cette #criminalisation et que nous demandons le démantèlement de la cellule Demeter. Notre contestation de l’agriculture industrielle, non-violente, se fait et se fera au grand jour, dans la conviction d’exprimer la volonté majoritaire de la société française. Nous voulons beaucoup de paysans, beaucoup plus de paysans, heureux et fiers de leur métier, enfin payés au prix convenable pour leur participation au bien commun. C’est en effet un autre monde que celui de la FNSEA.

    https://m.reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposan
    #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #agriculture_biologique

    ping @davduf @odilon @fil @etraces
    @mathieup @daphne @albertocampiphoto

    • Présentation de « DEMETER », la cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole

      Edito

      Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. Des individus s’introduisent dans leurs exploitations agricoles et les bloquent. Ils font des films aux commentaires orduriers, avant de jeter les exploitants en pâture sur les réseaux sociaux. Parfois même, les intrus dégradent, cassent et volent.

      En se multipliant, certains actes confinent à l’absurde. Je pense à ces militants animalistes responsables de la mort de plus de 1 400 animaux dans l’Eure pour leur avoir fait peur en s’introduisant dans un élevage de dindes.

      Ces phénomènes, nous devons les prendre très au sérieux : ils gâchent la vie des agriculteurs, inquiets chaque jour de savoir ce qui peut leur arriver. Ils nourrissent l’agribashing, la défiance et l’hostilité.

      Comme élu des Alpes-de-Haute-Provence, terre d’élevage, j’ai vu tous les sacrifices que doivent accepter nos agriculteurs, toute la passion qu’ils mettent dans leur métier et le soin qu’ils donnent à leurs animaux.

      La réalité, c’est que nos agriculteurs font un travail difficile, exigeant, essentiel. Ils ne connaissent pas de repos, font une partie de la renommée de la France et nous permettent de bénéficier de produits de qualité exceptionnelle. Ils se soumettent à des contrôles stricts et réguliers, s’investissent pour améliorer le bien-être animal. La loi est particulièrement vigilante, c’est elle seule qui doit s’appliquer, et l’État est là pour y veiller. Rien ne justifie une quelconque intimidation.

      Nous devons assurer la sécurité des agriculteurs et les défendre, impérativement.

      J’ai donc décidé d’une série d’actions pour mieux protéger nos agriculteurs et c’est l’objet, notamment, de la Cellule Demeter. Créée au sein de la Gendarmerie nationale, la cellule Demeter va permettre :

      d’améliorer notre coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements ;
      de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ;
      de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées.

      Cette cellule est un signal fort envoyé aux agriculteurs : les forces de l’ordre se tiennent à leur côté et sont là pour les aider.
      La création de la cellule est également une étape dans un plan plus vaste encore pour la sécurité du monde agricole. Ainsi, par la signature d’une convention entre le ministère de l’Intérieur, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs :

      nous nous assurons que des échanges d’information réguliers se fassent entre agriculteurs et forces de l’ordre ;
      nous renforçons la prévention en garantissant des diagnostics de sécurité pour les exploitations ;
      nous nous engageons à donner priorité aux interventions pour les agriculteurs victimes d’actions violentes.

      Cette convention, tout comme la Cellule Demeter, ce sont des actes forts et concrets. Ils s’inscrivent pleinement dans la stratégie déployée par le Gouvernement en faveur du monde agricole et le ministère de l’Intérieur participe ainsi à la mise en place des Observatoires de l’agribashing créés à l’initiative du ministère de l’agriculture.

      Avec Laurent Nuñez, nous sommes déterminés à combattre de toutes nos forces les atteintes contre les agriculteurs et leurs exploitations. Nous sommes déterminés à ce que chacun puisse exercer sa profession librement. Nous sommes résolus à protéger notre agriculture.

      Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur
      Les objectifs de la cellule DEMETER :

      Créée début octobre 2019 par la direction générale de la gendarmerie nationale, la « Cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » (cellule DEMETER) est destinée à apporter une réponse globale et coordonnée à l’ensemble des problématiques qui touchent le monde agricole en menant collégialement les actions dans les 4 domaines :

      de la prévention et de l’accompagnement des professionnels du milieu agricole par des actions de sensibilisation et de conseils destinées à prévenir la commission d’actes délictueux, en lien avec les organismes de représentation du monde agricole (SDSPSR) ;
      de la recherche et de l’analyse du renseignement en vue de réaliser une cartographie évolutive de la menace et détecter l’émergence de nouveaux phénomènes et/ou groupuscules (SDAO en coordination avec SDPJ) ;
      du traitement judiciaire des atteintes visant le monde agricole par une exploitation centralisée du renseignement judiciaire, un partage ciblé de l’information et une coordination des investigations le nécessitant (SDPJ) ;
      de la communication, en valorisant opportunément toutes les actions menées dans ces différents domaines par la gendarmerie au nom de la cellule DEMETER et par des actions ciblées destinées à rassurer le monde agricole par la prise en compte de ses problématiques par les forces de l’ordre (SIRPA).

      Le périmètre de compétence de la cellule DEMETER :

      La nécessité d’appréhender la globalité du phénomène des atteintes au milieu agricole implique que le périmètre de compétence de la Cellule DEMETER englobe la prévention et le suivi :

      des actes crapuleux, qu’il s’agisse d’une délinquance de proximité et d’opportunité (ex : vol isolé de gasoil ou d’outillage,etc.) ou d’une criminalité organisée voire internationale (ex : filière de vol de GPS agricole, etc.) ;
      des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques.

      Peuvent ainsi être citées, de manière non exhaustive :

      les vols (d’engins, de matériels, de production, etc.) visant les exploitations agricoles de tous types (élevage, pisciculture, culture, viticulture) ;
      les dégradations (incendies, sabotage de matériel, etc.) commises à l’encontre des exploitations agricoles de tous types ;
      les cambriolages commis aux seins des exploitations agricoles (hangars, etc.) ou aux domiciles des agriculteurs ;
      les violations de domiciles ou intrusions visant des exploitations agricoles ou des professionnels de l’agro-alimentaire aux fins d’y mener des actions symboliques (libération d’animaux, tournage de vidéos clandestines,etc.) ;
      les occupations illégales de terrains agricoles aux fins d’installation temporaire par des groupes
      constitués de gens du voyage ou d’organisation d’événements festifs non autorisés (free-parties) ;
      les dégradations commises à l’encontre de certains professionnels liés aux milieu agricole ou agro-
      alimentaire (boucheries, abattoirs, activités de transport d’animaux d’élevage, etc.) ;
      les actions anti-fourrure liées à des élevages spécifiques ;
      les actions menées par certains groupes antispécistes vis-à-vis du monde de la chasse, intimement
      lié au monde agricole (impact de la régulation cynégétique sur la protection des cultures, identité
      rurale, etc.) peuvent être intégrées à la cellule DEMETER en fonction des circonstances.

      L’organisation de la cellule DEMETER :

      Destinée à garantir une approche transverse et globale, la Cellule DEMETER implique, au niveau central, la participation prioritaire et permanente :

      de la SDSPSR au titre des diverses actions de prévention et de suivi de la convention de partenariat entre la DGGN et la FNSEA/JA ;
      de la SDAO au titre du recueil et de l’exploitation du renseignement et de l’analyse de la menace ;
      de la SDPJ, du SCRC et de l’OCLDI, au titre de l’analyse des phénomènes de délinquance et du suivi et de la coordination des affaires judiciaires ;
      du SIRPA au titre de l’accompagnement médiatique du dispositif.

      À cet effet, la Cellule DEMETER est une structure :

      fonctionnelle, n’imposant pas de mise à disposition co-localisée des personnels des entités impliquées ;
      permanente afin d’assurer néanmoins un suivi constant de la problématique.

      Elle est un réseau de référents (titulaire/suppléant) spécifiquement chargés, au sein de leurs sous-directions ou services, de la centralisation et de l’analyse des informations.
      Signature d’une convention avec la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et jeunes agriculteurs

      La signature d’une convention tripartite entre la FNSEA, les JA et le ministère de l’intérieur est destinée à :

      instaurer un échange réciproque et régulier avec la profession
      généraliser les dispositifs de prévention technique de la malveillance (diagnostics de sureté des exploitations)
      à prioriser l’intervention au profit des agriculteurs confrontés à des infractions violentes

      Les atteintes au milieu agricole (Données GN - Actualisation au 30 novembre 2019)

      Les tensions pesant sur le monde agricole ont conduit à la mise en place, le 3 octobre 2019, de la cellule « Demeter », au sein de la GN. Depuis le 1er janvier 2019, les atteintes à l’encontre du milieu agricole sont en hausse (+1,5%). Une étude plus approfondie fait apparaître des disparités géographiques importantes et révèle l’émergence de phénomènes ciblés (vols de matériels agricoles). Le regain d’attention des professionnels du secteur sur les risques auxquels ils sont exposés s’amplifie au regard de la hausse des audits et consultations de sûreté réalisés (+22,4 % soit 333 audits et consultations). Ces actions se poursuivent pour répondre aux inquiétudes des 440.000 exploitants de métropole.
      Un bilan en voie d’amélioration

      Le bilan 2019 des atteintes aux biens commises au préjudice du monde agricole affiche une hausse de +1,5 % (+216 faits) pour un total de 14 498 faits enregistrés (2 atteintes chaque
      heure). Deux tiers d’entre-elles (64,5%) sont constituées de vols simples (sur ou hors exploitations agricoles), en baisse de -2,2 %.

      Dans le détail, les vols avec violences (24 faits) comme les vols dans ou sur véhicules (1 310 faits) reculent respectivement de -31,4 % et -10,1 %. A contrario, on assiste à une recrudescence des destructions et dégradations (+23,3 % pour un total de 1 675 faits), des cambriolages et vols par ruse (+16,2 % pour un total de 1 484 faits) et des vols de véhicules (+10,2 % pour un total de 657 faits). Les crimes et délits dont sont victimes les agriculteurs se caractérisent par une forte logique saisonnière, connaissant leurs pics au printemps et en été. Après un début d’année marqué par la hausse continue de ces actes à l’encontre du monde agricole, une inversion de tendance s’observe à compter du mois d’août 2019, comparé aux mêmes mois 2018. L’étude géographique de l’évolution des AAB dans le milieu agricole témoigne de situations contrastées selon les territoires d’outre-mer ou de métropole. On enregistre en moyenne 133 faits de délinquance/an par département.

      La cartographie des départements les plus impactés par les atteintes dans les exploitations agricoles trouve une certaine cohérence avec celle des grandes zones de culture et d’élevage. Les régions à dominante céréalière sont notamment très concernées. Ce phénomène peut notamment s’expliquer par la présence de nombreux engins agricoles qui sont l’objet de trafics.
      Des vols de matériels agricoles à haute valeur ajoutée en augmentation

      Depuis le 1er janvier, 314 tracteurs et 307 accessoires agricoles ont fait l’objet d’une inscription pour vol dans le FOVES, en hausse par rapport à l’année 2018. Cela représente près d’1 tracteur volé chaque jour. Les préjudices qui résultent de ces vols peuvent s’avérer particulièrement élevés. Selon l’indice mensuel des prix d’achat des moyens de production agricole (Ipampa), publié chaque fin de mois par l’Insee, le prix moyen des tracteurs agricoles a ainsi progressé de +20,8% en 10 ans (2008 à 2018), soit une moyenne de 2% par an.
      Une sensibilisation en hausse

      Depuis le 1er janvier 2019, 264 exploitations agricoles (+24,5%) et 69 (+15%) concessionnaires agricoles ont fait l’objet d’un audit ou d’une consultation de sûreté. L’implication des référents et consultants sûreté est à souligner mais l’effort doit se poursuivre au regard des 440 000 exploitations agricoles installées en métropole.

      https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Dossiers-de-presse/Presentation-de-DEMETER-la-cellule-nationale-de-suivi-des-atteintes-a

  • Le Triomphe de l’#injustice. #Richesse, #évasion_fiscale et #démocratie

    Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les milliardaires américains paient moins d’impôts, en proportion de leurs #revenus, que chacun des autres groupes sociaux.

    Écrit par deux économistes qui ont révolutionné l’étude des inégalités, ce livre présente une analyse au scalpel de cette grande transformation.

    Mêlant récit historique et analyse économique, #Emmanuel_Saez et #Gabriel_Zucman analysent les choix (et non-choix) qui ont conduit au triomphe de cette #injustice_fiscale, de l’exonération progressive des revenus du #capital au développement d’une nouvelle #industrie_de_l’évasion_fiscale, en passant par l’engrenage de la #concurrence_fiscale internationale. Avec clarté et concision, ils expliquent comment l’Amérique, qui a été à la pointe du combat pour la #justice_fiscale pendant la moitié du xxe siècle, a tourné le dos à sa propre tradition.

    Si l’on veut éviter que l’#Europe ne s’enfonce dans la dérive inégalitaire et oligarchique qui a amené Donald Trump au pouvoir, il y a urgence à tirer les leçons de cette histoire. Car même si ce phénomène a été extrême de l’autre côté de l’Atlantique, le déclin de la #progressivité_fiscale dans un contexte de montée des inégalités n‘est en rien spécifique aux États-Unis, et appelle des solutions globales.

    Le Triomphe de l’injustice propose une refondation de l’#impôt à la fois visionnaire et pragmatique, à même d’apporter des solutions concrètes aux défis inégalitaires contemporains et de réconcilier la #mondialisation et la #justice_économique.

    https://www.seuil.com/ouvrage/le-triomphe-de-l-injustice-emmanuel-saez/9782021412123
    #livre #économie #fiscalité #Etats-Unis #USA

  • Arié Alimi : « Il ne reste plus à ce pouvoir que la violence »
    https://www.revue-ballast.fr/arie-alimi-il-ne-reste-plus-a-ce-pouvoir-que-la-violence

    Aux oppo­sants à ses contre-réformes libé­rales, Emmanuel Macron rétorque qu’ils n’ont qu’à « essayer la dic­ta­ture ». De l’Élysée à la place Beauvau, on exalte l’usage « légi­time » de la vio­lence contre les mani­fes­tants et l’on nie vigou­reu­se­ment le carac­tère sys­té­mique des vio­lences poli­cières. Pendant ce temps, les avo­cats jettent leurs robes dans les tri­bu­naux, aux pieds de la garde des Sceaux. Arié Alimi n’a pas choi­si le droit par voca­tion : cet avo­cat de 42 ans s’est pour­tant impo­sé comme une figure de la défense des liber­tés publiques et du com­bat contre l’impunité des auteurs de vio­lences poli­cières. C’est ain­si qu’il a défen­du la famille de l’é­tu­diant éco­lo­giste Rémi Fraisse — tué en 2014 par un tir de gre­nade —, les lycéens moles­tés durant la loi Travail, une ving­taine de gilets (...)

  • (1) Minima sociaux : les personnes handicapées mises à l’écart - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/02/04/minima-sociaux-les-personnes-handicapees-mises-a-l-ecart_1776933

    Nos associations en ont assez. Assez de se faire enfermer dans des salles pour entendre des approximations et des propos politiques contradictoires. Assez de prendre la parole sans être écoutées. Assez de participer à une soi-disant #concertation alors même que nos ministres semblent avoir déjà pris leurs arbitrages et s’engagent d’ores-et-déjà ouvertement vers des décisions qui ne respectent pas la majorité des voix exprimées. Rappelons que dans le cadre de la consultation citoyenne, 61% des votes sont défavorables à l’intégration de l’AAH dans le RUA. Les citoyens sont-ils écoutés ou bien juste embarqués dans un semblant de #démocratie_participative ?

    La concertation, une tactique pour faire perdre son temps au peuple organisé, perçu comme ennemi ? « Soi-disant » et « semblant » sont de trop ! Je note au passage qu’on ne leur a même pas donné d’interlocuteurs compétentes...
    #handicap #revenu_garanti

    Ça rejoint le propos de Grégoire Chamayou dans La Société ingouvernable. Il y a raconte comment les ONG, trop bruyantes, ont été invitées à perdre leur temps et leurs ressources humaines dans des réunions dont la seule utilité était de renseigner les entreprises qui voulaient mieux savoir ce qu’elles faisaient, retourner les moins exigeant·es et enfumer les autres.

  • Des #lycéens interdits de se présenter à une épreuve de contrôle continu du bac pour avoir manifesté

    Dix-sept élèves d’un #lycée de #La_Rochelle n’ont pas eu le droit de participer à une épreuve de #rattrapage en histoire-géo, après avoir manifesté et tenté de bloquer leur lycée le 20 janvier.


    https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/31/des-lyceens-interdits-de-se-presenter-a-une-epreuve-de-controle-continu-d

    #résistance #répression #blocage #enseignement #éducation

    • « Pour faire suite à votre demande en date du 22 janvier 2020 par laquelle vous souhaitez que votre enfant soit autorisé à se présenter à l’épreuve de rattrapage en histoire-géographie, j’ai le regret de vous faire savoir que je ne peux pas donner une suite favorable », peut-on lire dans ce courrier.

      De fait, après des manifestations le 20 janvier devant l’établissement, auxquelles avaient pris part certains lycées, un grand nombre d’élèves n’avaient pu participer à cet examen. Une épreuve de rattrapage a été organisée dix jours plus tard. Mais, parmi les élèves n’ayant pu participer à l’examen d’origine, 17, se sont vus refuser le droit de participer au rattrapage. Sanctionnés pour avoir manifesté, participé au blocage du lycée...ou s’être abonnés à un compte Instagram appelant au blocage du lycée.

      Tout commence donc le lundi 20 janvier au matin, devant le lycée Valin, où des barricades avaient été installées devant l’établissement en signe de protestation contre la tenue des nouvelles épreuves communes de contrôle continu, les E3C, comme le raconte le quotidien régional Sud-Ouest. Même si le passage n’était pas totalement bloqué, la tenue de l’épreuve d’histoire-géographie a été fortement perturbée. « L’établissement a maintenu l’épreuve alors que les conditions d’accès n’étaient pas assurées, donc il y a eu beaucoup d’absences », observe un parent d’élève. « Le proviseur nous a envoyé un courriel en nous disant que les conditions d’accès seraient garanties et que notre enfant devait être présent à l’épreuve. Si ce n’est pas le cas, c’est un zéro assuré sans recours possible au rectorat. Ce matin, il est venu dire qu’il fallait entrer à tout prix. Je ne vais pas envoyer ma fille sur les barricades », expliquait ainsi une maman d’élève à Sud-Ouest.

      De fait, le proviseur Fabrice Pelletier avait envoyé un mail à l’attention des élèves concernés, avertissant des sanctions en cas d’absence : « Depuis le début de la semaine, nous observons quelques manifestations de protestation et notamment un appel à bloquer l’établissement lundi matin. Les E3C sont programmées et vont bien se dérouler comme prévu. Les absents se verront réglementairement attribuer la note de zéro. Aucun recours au rectorat ne pourra modifier cette règle. »

      Le lendemain, 19 minutes avant le début des épreuves, le proviseur réitère son avertissement : « Nous sommes à une demi-heure des épreuves, je vous rappelle que tous les élèves absents aux épreuves E3C sans justificatif valable ne seront pas admis à la session de rattrapage. Je vous invite à rejoindre maintenant les salles d’examen. » Sur une photo prise par Xavier Léotye et publiée dans Sud-Ouest, on aperçoit Fabrice Pelletier au milieu des élèves mobilisés en train d’aider une jeune fille à passer par dessus la grille. « Il a réussi à en faire passer quelques-uns », remarque le photographe.

      17 élèves non autorisés à participer au rattrapage
      Au total, sur les 450 élèves convoqués ce jour-là, 27% d’entre eux ont été absents à l’examen, soit environ 120 élèves. D’où la tenue d’une épreuve de rattrapage en histoire-géographie, qui avait lieu ce jeudi. A laquelle 17 élèves se sont donc vu refuser par courrier le droit de se présenter.

      Pour justifier cette décision, le proviseur s’appuie sur l’article 12 de l’arrêté du 16 juillet 2018 relatif aux modalités d’organisation du contrôle continu, qui précise : « En cas d’absence pour cause de force majeure dûment constatée à une épreuve commune de contrôle continu, le candidat est convoqué à une épreuve de remplacement dans les conditions fixées à l’article 4. »

      Dans 17 cas, le proviseur a donc estimé que l’absence lors de la première épreuve n’était pas motivée par une raison de « force majeure ». Parmi les arguments invoqués pour justifier cette décision, expliqués dans les différents courriers envoyés : le fait d’avoir participé aux manifestations ou/et au blocage du lycée. Mais aussi, de façon plus surprenante, le fait de s’être abonné au compte Instagram @BlocusValin, toujours en ligne à l’heure où nous écrivons ces lignes et qui appelait au blocage du lycée Valin il y a déjà deux semaines.

      « Par ailleurs, son profil Instagram s’est abonné ce jour-là au compte @BlocusValin. Ainsi, le caractère imprévisible n’est pas démontré », écrit dans plusieurs courriers envoyés le proviseur du lycée, en s’appuyant sur les trois critères prouvant qu’une absence relève d’un cas de force majeure : elle doit être « extérieure », « irrésistible » et « imprévisible ».

      Les 17 courriers envoyés se terminent de la même façon : « Il convient dès lors d’appliquer le dernier alinéa de l’article 12 de l’arrêté du 16 juillet 2018 », qui explique que l’absence ne relève pas d’un cas de force majeur, « la note zéro est attribuée au candidat pour l’épreuve auquel il n’a pas assisté ».

      Contacté par CheckNews, un parent d’élève explique : « Ils ont décidé de faire un tri entre les élèves qui ont participé et ceux qui ont subi. Parmi les élèves qu’ils ont reconnus comme bloqueurs, le fait qu’ils soient membres du groupe Instagram a été perçu comme une circonstance aggravante. »

      Plusieurs élèves interrogés par CheckNews ne comprennent pas non plus comment le choix a été fait parmi les manifestants, entre ceux qui sont autorisés à participer au rattrapage et ceux qui ne le sont pas. « Moi, par exemple, j’étais abonné au compte Instagram, mais on ne me l’a pas reproché », dit l’un, qui explique également s’être présenté ce jeudi matin à l’examen de rattrapage, mais s’être vu refuser l’accès car non inscrit sur les listes. « Nous, on manifestait pour avoir des examens plus justes. Et on nous répond avec plus d’injustice encore. Je savais que je risquais un zéro, mais je ne comprends pas pourquoi seulement une vingtaine d’élèves ont été pénalisés. J’ai l’impression qu’ils ont choisi un peu au pif », estime une autre élève de première, qui n’a pas non plus pu participer au rattrapage.

      Joint par CheckNews, le proviseur du lycée nous a redirigés vers le rectorat de Poitiers. Qui n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.

    • Répression policière contre des lycéens à Strasbourg

      200 lycéens et des enseignants, soutenus par des gilets jaunes et des militants CGT, bloquaient le lycée Marie-Curie ce matin vers 7h pour protester contre le nouveau bac. La police est intervenue violemment et a interpellé trois jeunes.
      Pendant ce temps, le ministre Blanquer, attendu à Strasbourg ce jeudi, décommandait sa venue. Courageux mais pas téméraire, d’autant que cet après-midi à 14 h rendez-vous avait été donné pour une nouvelle manifestation intersyndicale et Gilets jaunes, place de la Bourse. L’occasion de crier notre refus de la casse des retraites solidaires et de protester contre la répression policière.

      https://la-feuille-de-chou.fr/archives/104338

      #Strasbourg #répression_policière

  • Opinion | Reporters Face New Threats From the Governments They Cover - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/01/26/opinion/greenwald-brazil-reporter.html

    Greenwald après Assange,

    Both cases are based in part on a new prosecutorial concept — that journalism can be proved to be a crime through a focus on interactions between reporters and their sources. Prosecutors are now scrutinizing the processes by which #sources obtain classified or private information and then provide it to journalists. Since those interactions today are largely electronic, prosecutors are seeking to criminalize journalism by turning to anti-#hacking laws to implicate reporters in the purported criminal activity of their sources in gaining access to data on computers or cellphones without authorization.

    #journalisme #répression #tests #démocratie #whistleblower #lanceur_d’alerte

  • La violence aveugle | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/250120/la-violence-aveugle

    Tout se passe comme si, pour Emmanuel Macron et son gouvernement, la légitimité de l’élection présidentielle rendait légitime toute action du président. La monarchie républicaine l’autorise à contourner le débat parlementaire pour faire passer ses réformes, mais aussi à réprimer violemment la contestation dans la rue, en même temps qu’à vouloir brutalement mettre au pas les médias : la République ne s’encombre guère de démocratie. C’est ainsi que le pouvoir actuel peut s’aveugler, ou du moins chercher à nous aveugler, à l’aveuglante évidence des violences perpétrées par sa police.

    Reste à s’interroger : Emmanuel Macron n’est-il pas en retour aveuglé lui-même par les violences gouvernementales qu’il autorise tout en les déniant ? Il n’a pas été élu pour mener la France, à marche forcée, vers le capitalisme des fonds de pension : sondages et mobilisations contre la réforme des retraites le confirment. Les Français n’ont pas voté pour BlackRock, mais contre le Rassemblement national. Emmanuel Macron l’a emporté, non pour son néolibéralisme (économique), mais au nom du libéralisme (politique) : c’était pour faire barrage à la « démocratie illibérale », à la manière du Hongrois Viktor Orban, qu’incarne en France Marine Le Pen. Mais ce régime, qui ne tient aucun compte des avertissements répétés de son Défenseur des droits, et de toutes les institutions, en France et à l’étranger, qui s’inquiètent de ses dérives violentes, n’est-il pas en train de sombrer dans l’illibéralisme dont il prétend nous protéger ? Le président de la République ne fait-il pas le lit du Rassemblement national ? L’extrême droite au pouvoir ne pourrait-elle pas se contenter de marcher sur ses traces ?

    Le président croit-il vraiment, par la manière forte, nous préserver du Rassemblement national – et sous cette menace, sauver son régime ? Contre les mouvements sociaux, Emmanuel Macron s’enivre d’aller de victoire en victoire ; ce pourrait bien être jusqu’à la défaite finale dans les urnes. Il paraît que les dieux aveuglent ceux qu’ils veulent perdre. Au royaume des aveugles, la lucidité est plutôt du côté des éborgnés.

    Sur le lien entre #répression et vision étriquée de la #démocratie. Bref, #macronisme.

    @val_k, ne t’arrête pas à

    Certes, le gouvernement vient d’infléchir son discours.

    qui risque de t’énerver !

    • Non, Monsieur Macron, nous ne sommes plus en démocratie

      On connaît la formule : « la dictature, c’est ferme ta gueule » ; « la démocratie, c’est cause toujours ». Normalement, ce devrait être pour rire. Le problème, depuis longtemps déjà, c’est que beaucoup de supposés « démocrates » se contentent très bien de la formule : causez toujours. Et c’est vrai : trente ans que « ça cause » – dans le vide : aux gouvernements successifs, tous différents paraît-il, mais qui font tous la même chose. Et tous d’aller de stupéfaction en stupéfaction : TCE 2005, FN 2002 et 2017, Gilets Jaunes. Pour tous ces prétendus médiateurs, les alarmes n’auront pourtant pas manqué depuis vingt ans. Qu’ils s’examinent et s’interrogent : « quel compte réel en aurons-nous tenu ? » Et la réponse à la question éclairera aussitôt le présent politique et ses formes.
      Du côté des pouvoirs, ce ne sont à l’évidence plus celles de la démocratie. Car il n’y a plus de démocratie là où plus rien de ce qui monte de la population n’est écouté. Il n’y a plus de démocratie quand un projet de loi dont tout atteste qu’il est refusé par une écrasante majorité est maintenu envers et contre tout. Il n’y en a plus quand le gros de la population est voué à l’enfoncement dans la précarité. Quand, les uns après les autres, tous les corps de métier se révoltent contre la destruction de leurs conditions d’exercice, et, pour toute réponse, n’obtiennent que les regards vides de leurs directeurs et la continuation de la destruction sans le moindre temps mort.
      C’est pourquoi Emmanuel Macron s’enfonce un peu plus chaque fois qu’il répète que « la démocratie, c’est la parole, pas la violence », quand toute sa pratique du pouvoir atteste que la parole ne sert à rien – et qu’au lieu de son écoute il fait donner la police. Le pays entier gronde, et le pouvoir est sourd – on devrait dire plus exactement : et le pouvoir s’en fout. Ce serait même une définition possible, sinon de la dictature, du moins de la sortie de la démocratie : quand le pouvoir s’en fout.

      C’est ce que les Gilets jaunes ont compris : quand toutes les voies de recours offertes à la parole de la population ont été tentées, depuis si longtemps et en vain, alors il ne reste plus d’autre solution que de faire autre chose. Il n’y a pas de violence politique de rue sans une faillite antécédente, abyssale, de la médiation institutionnelle. De la « démocratie », il ne reste alors plus que la forme vide de l’élection, ultime argument des gouvernants sécessionnistes qui ne veulent plus rien avoir à connaître des gouvernés. « Il a été élu régulièrement », « il est légitime ». Formules creuses d’un pouvoir séparé, qui pensait que « ne pas écouter » suffirait, que l’inertie ferait le reste, mais découvre que non, et n’a plus comme réflexe que de constituer ses opposants en « ennemis de l’Etat », pour leur appliquer une violence policière sans précédent depuis 70 ans, et les dispositions de l’anti-terrorisme. Au reste, tout le monde le sait : du moment où la police mettrait casque à terre, ce pouvoir n’aurait pas une semaine d’espérance de vie, et c’est bien à ce genre d’expérience de pensée qu’on connaît la nature réelle d’un régime politique.

      C’est que le « cause toujours » a, ces derniers temps, beaucoup reçu le renfort du « ferme ta gueule ». Oui, les gueules ont été fermées à coups de LBD, de grenades et de matraques. Mais aussi d’interpellations préventives, de directives aux parquets, de surveillance électronique, de versement de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, et pour bientôt : de reconnaissance faciale et de lois de censure numérique. Tout ça mis ensemble commence à faire un tableau. « Essayez donc la dictature », nous enjoint par défi Emmanuel Macron. Comment dire… c’est bien, pour notre malheur, ce qu’on nous fait « essayer » en ce moment. Si une part si importante de la population est dans un tel état de rage, c’est d’abord par les agressions répétées qui lui sont faites, mais aussi parce que, précisément, après tant d’années à avoir été réduite à l’inexistence politique, elle aimerait bien « essayer la démocratie ».

      https://www.humanite.fr/non-monsieur-macron-nous-ne-sommes-plus-en-democratie-683764

  • Réforme des retraites : remarques sur un projet de loi dangereux

    La réforme des retraites étatise et centralise le système des retraites. Elle se traduirait par une forte baisse du #niveau_de_vie relatif des retraités et à un recul forcé de l’âge de départ. Nous dénonçons ici un projet de loi dangereux, mal pensé, qui porte atteinte à la #démocratie_sociale et à la #démocratie_parlementaire.

    https://blogs.mediapart.fr/henri-sterdyniak/blog/260120/reforme-des-retraites-remarques-sur-un-projet-de-loi-dangereux
    #retraite #retraites #réforme #France #Henri_Sterdyniak

  • Quand la France se rebelle : une cartographie des mouvements sociaux en cours
    https://www.bastamag.net/Education-sante-justice-retraites-cartographie-des-mouvements-sociaux-en-c

    L’ampleur de la contestation impressionne. Un collectif de géographes vient de de cartographier les mouvements sociaux en cours : santé, éducation, justice, culture, transports, industrie ou énergie sont concernés. Une carte participative utile à celels et ceux, isolés, qui veulent s’impliquer. Nous relayons leur appel. « Nous, Géographes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ne nous résignons pas face à la casse du service public de l’enseignement et de la recherche, constante et organisée (...) ça bouge !

    / #Retraites, #Luttes_sociales, Démocratie !

    #ça_bouge_ ! #Démocratie_ !

  • Caroline Lequesne Roth : « L’encadrement des technologies de surveillance est une condition de la démocratie »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/22/caroline-lequesne-roth-l-encadrement-des-technologies-de-surveillance-est-un

    La généralisation de la reconnaissance faciale à des fins de surveillance serait attentatoire aux libertés, estime, dans une tribune au « Monde », la juriste Caroline Lequesne Roth, qui plaide pour un large débat public afin de distinguer les usages acceptables ou non. Tribune. A l’ère des technologies de surveillance, où les scénarios dystopiques prennent forme dans l’espace public, l’actualité place la reconnaissance faciale au cœur des débats. Le déploiement accéléré de cette technologie constitue un (...)

    #Alicem #biométrie #éthique #facial #législation #reconnaissance #vidéo-surveillance #étudiants #Islam #surveillance (...)

    ##CNIL

    • Le gouvernement brésilien de Bolsonaro accuse le journaliste Glenn Greenwald de « cybercrimes » - World Socialist Web Site
      https://www.wsws.org/fr/articles/2020/01/23/braz-j23.html

      La Fédération nationale des #journalistes du Brésil (Fenaj) a dénoncé les accusations portées contre Greenwald et a mis en garde contre « la menace de restrictions à la liberté de la presse, principalement lorsqu’elles sont en conflit avec les autorités constituées ». Elle a accusé le bureau du procureur général de se livrer à « une forme d’intimidation du journaliste et de menace contre l’activité journalistique. »
      La fédération a insisté sur le fait qu’il n’appartient pas aux journalistes de déterminer la légalité de la manière dont les informations qu’ils reçoivent ont été obtenues, mais de vérifier leur exactitude avant de les rendre publiques. « L’intérêt public et la recherche d’une information vraie sont les moteurs du #journalisme, et aucun professionnel ne peut être dénoncé comme suspect d’avoir commis un crime juste parce qu’il honore l’engagement de sa profession. »
      L’organisation d’avocats Prerrogativas, qui regroupe les plus éminents avocats de la défense en matière pénale du pays, a publié une déclaration exprimant son « indignation » face aux accusations, mettant en garde : « Cette accusation porte violemment atteinte à la liberté de la #presse en cherchant à imposer une responsabilité pénale à un journaliste pour son activité professionnelle. Cette accusation constitue une dangereuse escalade dans la montée de l’autoritarisme, ainsi qu’une consécration de l’utilisation politique du processus pénal et de la fragilité de notre #démocratie. »

  • Violences policières : une autre police est-elle possible ?
    https://usbeketrica.com/article/violences-policieres-une-autre-police-est-elle-possible

    Par rapport à ses voisins européens, l’Hexagone met d’ailleurs à disposition de ses policiers un stock d’armes extrêmement important. Enclenchant ainsi, d’après Aline Daillère, une forme d’escalade de la violence lors des manifestations (...) C’est une refonte complète des techniques d’interpellation et de maintien de l’ordre qui apparaît nécessaire au regard de l’ampleur des violences commises. Le journaliste David Dufresne, qui recense les violences policières depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », avait répertorié plus de 800 signalements entre novembre 2018 et décembre 2019 dont deux personnes décédées et cinq ayant perdu leur main (...) D’après un décompte publié par le collectif Désarmons-les, entre 1999 et 2019, 65 personnes ont perdu un œil du fait de l’usage d’un LBD ou d’une grenade de désencerclement par la police, dont 16 pour la seule année 2019 (...) Aline Daillère : « Si on décidait de retirer ne serait-ce que le LBD, la police se soulèverait. » Difficile de ne pas reconnaître, en effet, que la logique d’un armement de plus en plus important s’étend, en ce moment, jusque dans les commissariats locaux. Sans revenir dans le détail sur les cas de certaines villes suréquipées, notons que, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur, jamais les policiers municipaux n’ont autant été armés : depuis 2018, près de la moitié des 21 000 agents sont équipés d’une arme à feu.

    le candidat du NPA à la dernière élection présidentielle Philippe Poutou proposait de… désarmer complètement la police. Une idée beaucoup moins inédite qu’elle n’y paraît puisqu’elle est appliquée outre-Manche depuis de nombreuses années (à quelques exceptions près, comme le relevait Libération à l’époque, en 2017). Ce choix semble même y faire consensus, que ce soit au sein de la population ou au sein de la profession. Dans un sondage datant de 2006 cité par la BBC, 82% des policiers du Royaume-Uni déclaraient qu’ils ne souhaitaient pas être systématiquement armés en service. En 2016, le Washington Post montrait que les armes sont en réalité loin de protéger systématiquement les policiers qui les portent. L’enquête du média américain revenait notamment sur les cas de l’Irlande, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande, où les forces de l’ordre sont également très peu armées. Résultat : en Nouvelle-Zélande, par exemple, de 1886 à 2009, 29 policiers seulement ont trouvé la mort dans l’exercice de leur fonction. D’un point de vue purement statistique, John Buttle, l’auteur de l’étude, en concluait ironiquement qu’« en Nouvelle–Zélande il est plus dangereux d’être fermier que policier ».

    #violences-policières #manifestations #démocratie #luttes #désarmement

  • Annonces d’Edouard Philippe sur l’#âge_pivot : recul ou déni de #démocratie ?

    Malgré une habile mise en scène, les annonces d’Édouard Philippe ne changent rien ni au contenu, ni au calendrier de la réforme. Les personnes nées avant 1975 restent concernées par un coup de rabot de 12 milliards d’euros sur leurs pensions. Seul change un flou entretenu et un passage en force annoncé, au mépris du Parlement.

    1. Sur le contenu de la réforme : rien ne change

    Qu’est-ce qui était prévu en décembre ?
    Des mesures de baisse des pensions dès 2022, dans le cadre du système actuel de retraites, en mettant en place un âge pivot pour les personnes nées entre 1960 et 1975. L’objectif ? Trouver 12 milliards d’euros d’économies en 2027, sur les personnes partant alors à la retraite.
    Et la mise en place d’un système à points avec un âge d’équilibre qui augmente automatiquement avec l’espérance de vie, pour toutes les personnes nées après 1975.

    Et maintenant, que propose Édouard Philippe ?
    Pour les générations nées après 1975, strictement la même chose : un âge d’équilibre qui augmente automatiquement avec l’espérance de vie.
    Pour les générations nées avant 1975, exactement le même objectif : 12 milliards d’euros d’économies en 2027 - la trajectoire établie par le Conseil d’orientation des retraites en novembre, dans le cadre du système actuel. Sans hausse de cotisations sociales, donc uniquement par des baisses de pensions. Par un âge pivot ou par toute autre mesure qui produise les mêmes baisses de pensions.

    recap-post-11-janvier

    2. Quelles options alternatives à l’âge pivot pour quelles conséquences ?

    Dans sa lettre du 11 janvier aux partenaires sociaux, le Premier ministre demande de “rétablir l’équilibre” (c’est à dire faire 12 milliards d’euros d’économies d’ici 2027), et écarte (comme déjà à plusieurs reprises) l’option d’augmenter les cotisations - et de baisser les pensions des actuel·le·s retraité·e·s Les économies seront donc concentrées sur les personnes qui sont aujourd’hui à deux ans de la retraite ou plus. Elles pourraient prendre plusieurs formes, listées notamment par le rapport du COR de novembre 2019 : âge pivot (“âge minimal du taux plein”), allongement de la durée de cotisation, report de l’âge légal (demandé par une partie du patronat)… Toutes ces options sont strictement équivalentes, puisqu’elles rabotent toutes 12 milliards d’euros sur nos pensions dès 2027.

    Dans un dossier publié en décembre, nous avions illustré les effets de ces différentes options :
    L’une des options alternatives à l’âge pivot pourrait être d’augmenter la durée de cotisation (retrouvez les chiffrages de ces différentes options dans notre dossier) L’une des options alternatives à l’âge pivot pourrait être d’augmenter la durée de cotisation (retrouvez les chiffrages de ces différentes options dans notre dossier)

    3. Sur la méthode : le gouvernement se prépare à passer en force

    Sur le calendrier : rien n’a changé non plus. Dès son discours de décembre, Édouard Philippe proposait :

    de voter d’abord la mise en place du système à point.
    puis de discuter (une fois la réforme votée), de la forme des baisses de pensions à mettre en oeuvre dès 2022.
    Tout en disant que si aucun accord n’est trouvé, ces mesures d’économies prendront la forme d’un âge pivot dès 2022.

    C’est ce qui était dit en décembre et c’est encore ce qui est dit aujourd’hui. À un point près : plutôt que d’être directement votées par le Parlement, ces décisions passeraient…par ordonnances. Donc sans contrôle démocratique, potentiellement sous la seule signature du gouvernement. Et les parlementaires, votant la loi, ne sauraient même pas à quoi s’en tenir.

    En clair, ce qui change, ce n’est pas le contenu du projet, qui vise toujours à économiser 12 milliards d’euros en 2027, puis à bloquer les cotisations à (maximum) 14% du PIB. En revanche, le gouvernement accroît encore le flou sur les modalités de son projet, en espérant le vote d’un chèque en blanc par les parlementaires.

    https://blogs.mediapart.fr/collectif-nos-retraites/blog/120120/annonces-d-edouard-philippe-sur-l-age-pivot-recul-ou-deni-de-democra

    #retraites #retraite #réforme #France

  • Où sont les casseuses ? – Binge Audio
    https://www.binge.audio/ou-sont-les-casseuses

    La violence extrême, elle est ici, dans le déni absolu des personnes qui ont été mises au pouvoir par le peuple sont dans une indifférence absolue aux conditions matérielles dans lesquelles ils mettent eux-mêmes leur population.

    Gilets jaunes, violence et #femmes.

    #Elsa_Dorlin #violence #non-violence #auto-défense #légitimité #démocratie #représentation #audio

  • Snowden, Constant et le sens de la liberté à l’heure du désastre | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/12/20/snowden-constant-et-le-sens-de-la-liberte-a-lheure-du-desastre

    Aurélien Berlan

    Les géants du numériques ont aboli la « vie privée », face visible de la liberté des Modernes. C’est au contraire à l’autre versant de cette conception de la liberté qu’il faudrait renoncer : être délivrés des nécessités de la vie, rendue possible par l’instauration de dispositifs lointains et aliénants. Il s’agit alors de reconquérir la liberté de subvenir à nos vies.

    A propos d’Edward Snowden, Mémoires vives, Seuil, Paris, 2019.

    Les appels à décréter « l’état d’urgence écologique » qui foisonnent aujourd’hui à l’adresse des Etats sont le dernier avatar d’une idée qui hante une partie du mouvement écologiste depuis longtemps. Compte tenu des liens historiques entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception occidentale moderne de la liberté, enrayer l’aggravation des nuisances et la multiplication des catastrophes que ces sociétés provoquent supposerait d’engager une politique étatique volontariste, voire dirigiste, supposant de restreindre les libertés, que ce soit sous la forme d’un renouveau républicain ou d’une dictature verte1. Entre la nature et la liberté, il faudrait choisir – et vu le degré de dégradation environnementale déjà atteint, manifeste dans la brutalité de l’effondrement en cours du vivant, on n’aurait en réalité pas le choix.

    Sur les terrains de lutte ayant une dimension écologiste, là où des gens se mettent en danger pour empêcher tel ou tel projet désastreux de se réaliser, qu’il s’agisse d’un méga-transformateur électrique pour exporter de l’énergie prétendument verte (comme en Aveyron où l’Amassada vient d’être expulsée manu militari), d’une mine de lignite (à Hambach en Allemagne où l’intervention de la police a provoqué un mort) ou d’une poubelle nucléaire (à Bure où les militants font l’objet d’une répression judiciaire acharnée), c’est un autre son de cloche que l’on entend en général. Les militant-es ne se battent pas pour que les prérogatives de l’Etat soient encore renforcées après deux décennies de lois « antiterroristes » (utilisées contre la contestation écologiste lors de la COP 21) et cinquante ans de politiques « sécuritaires », mais pour reconquérir une liberté que le capitalisme industriel, avec la complicité des Etats, nous a selon eux ravie.

    Dans les deux cas, il ne s’agit bien sûr pas de la même liberté – notion dont on sait à quel point elle est polysémique. Dans le premier discours, c’est la conception (néo)libérale de la liberté qui est en ligne de mire, c’est-à-dire la liberté d’échanger et de faire des affaires sans entraves (« laisser faire, laisser passer »), sur les deux plans individuel (« je fais ce que je veux ») et entrepreneurial (« dérégulation des marchés ») – et l’on retombe dans les vieilles ornières du débat opposant les libéraux aux interventionnistes, qu’ils se disent socialistes, républicains ou écologistes. Dans le second discours, c’est une autre idée de la liberté qui est en jeu, que les militant-es désignent en général par la notion d’autonomie en un sens qui ne se réduit pas au fait de « se donner ses propres lois » (l’autonomie politique, au sens étymologique), mais implique aussi de pourvoir à ses propres besoins – c’est de cela dont il est question quand on parle d’autonomie matérielle en général, et en particulier d’autonomie énergétique, alimentaire, médicinale, etc.❞

    • Excellent article !

      Car le désir d’autonomie qui anime une partie du mouvement écologiste, et bien au-delà, invite à lire l’histoire autrement, à penser que si une conception de la liberté a triomphé, c’est l’aspiration à la délivrance – vieux rêve dont le transhumanisme incarne aujourd’hui la radicalisation high-tech : en promettant le dépassement de la mort et en faisant miroiter la colonisation de Mars aux riches qui s’inquiètent tout de même de leurs chances de survie sur la Terre dévastée, cette idéologie réactualise le fantasme d’être délivré des aspects négatifs de la condition terrestre. Or, ce fantasme s’est historiquement imposé contre les aspirations à l’autonomie des classes populaires qui, pendant des siècles, ne se sont pas battues pour être déchargées des nécessités de la vie, mais pour avoir libre accès aux moyens de subsistance, en premier lieu la terre, permettant de prendre en charge ces nécessités.

      […]

      En réalité, les révélations de Snowden n’en étaient que pour celles et ceux qui ne s’étaient jamais interrogés sur les tenants et aboutissants de l’informatisation de leurs activités, ou qui ne le voulaient pas. Pour les autres, elles ne faisaient qu’administrer les preuves irréfutables de ce qu’ils avaient déjà dénoncé, dans l’indifférence générale. Le rappeler, ce n’est pas amoindrir le mérite de Snowden, mais mettre en évidence sa véritable contribution au débat, absolument décisive : avoir permis de démasquer les béni-oui-oui de la High-tech, qui taxent toute critique de « conspirationniste » ou de « technophobe ». Grâce à Snowden, on sait désormais que les discours rassurants sur la révolution numérique sont le fait, au mieux de grands naïfs se voilant la face, au pire de marchands de sable cyniques que l’informatisation du monde renforce et enrichit.

      […]

      Si la sacralisation de la vie privée avait gardé de sa force, on aurait pu s’attendre – c’est ce qu’espérait Snowden – à ce que ses révélations provoquent une levée de boucliers de ce type. Il n’en fut rien. En France, la plupart des gens qui se disaient choqués n’envisageaient pas pour autant de modifier leurs pratiques de communication, comme s’il n’y avait rien d’essentiel à défendre ici, et donc aucune raison de se mobiliser ou de changer ses habitudes électroniques. Ce que l’affaire Snowden a révélé fut pour lui une cruelle désillusion : la liberté pour laquelle il avait pris tant de risques ne faisait plus vibrer grand monde11. Est-ce à dire que la liberté ne nous importe plus ? Ce n’est pas ce que suggère le matraquage idéologique persistant à vendre n’importe quelle réforme et n’importe quelle innovation dans l’emballage de la « liberté ». En réalité, l’indifférence suscitée par Snowden tient au fait que nous nous sentons toujours aussi « libres » qu’avant, comme si la violation de la vie privée n’affectait plus notre liberté. Mais alors, n’est-ce pas le mot liberté qui aurait changé de sens ? Si la véritable révélation de Snowden concerne la dissolution de la liberté des Modernes dans les réseaux de fibre optique, alors nous serions, comme Constant en son temps, à un tournant dans l’histoire du mot liberté, qu’il nous faudrait interroger à nouveau. Où en est-on dans l’histoire du sens de la liberté ?

      […]

      Nous pouvons dès lors reformuler le problème posé par Snowden. Si nous nous sentons toujours libres aujourd’hui, ce n’est peut-être pas que le sens de la liberté aurait fondamentalement changé, mais plus simplement que l’inviolabilité de la sphère privée n’était pas la seule chose qui faisait la valeur de la liberté aux yeux des Modernes, ou la chose principale qui faisait qu’ils se sentaient libres. Mais alors, quelle qualité constituait le cœur de la liberté bourgeoise ?

      […]

      Ce que signe l’affaire Snowden n’est donc pas tant la fin de la liberté des Modernes que celle de l’interprétation libérale qui la définissait par l’inviolabilité de la vie privée. En réalité, ce critère constitutionnel, effectivement bafoué aujourd’hui, masque le fait que les Modernes aspirent d’abord à autre chose, à la délivrance à l’égard des nécessités politiques et matérielles de la vie sur terre. C’est justement ce que suggère l’indifférence suscitée par les révélations de Snowden. C’est aussi ce que confirme une lecture attentive de Constant. Et c’est également ce qu’une histoire de la liberté moderne montrerait. Car face à la conception libérale de la liberté comme délivrance à l’égard des soucis matériels et politiques, le socialisme a souvent, dans ses tendances marxistes dominantes, surenchérit sur ce désir de délivrance en rêvant de surmonter le « règne de la nécessité » par le productivisme industriel et de dépasser la conflictualité sociale dans « l’administration des choses25 ».

      #Aurélien_Berlan #philosophie #liberté #libéralisme #démocratie #politique #capitalisme #anti-industriel #subsistance #autonomie #Edward_Snowden #Benjamin_Constant #vie_privée #privacy #Modernité #transhumanisme @antonin1

    • C’est un très beau texte, et bien écrit. Berlan reprend l’alternative de Constant sur les deux libertés, montre que la liberté individuelle ne peut exister sans liberté politique, collective, et qu’on nous vend la première, censée compenser la perte de la seconde, dans un contexte où celle-ci ne peut pas s’exercer. Et il étend la notion classique de liberté politique en liberté d’assurer et de contrôler ses conditions de vie matérielle, sa subsistance. Au final, c’est comme ça que je l’entends, nous avons accepté le « ou bien oui bien » de cette fausse alternative en prenant la seconde, dénuée de son sens et protégée par de bien maigres garde-fous et déclarations d’intention, parce qu’elle nous libère des nécessités de la vie en nous fourguant des biens et services bien « pratiques » (bagnole, télécom, bouffe produite par des spécialistes, objets à deux balles mais en nombre, la #poubelle_industrielle avec ses nuisances écologiques qu’on feindra de déplorer).

      Ce faisant, on comprendra pourquoi nous nous sentons toujours aussi « libres », en dépit des révélations de Snowden : parce que le système étatico-industriel, si liberticide soit-il, nous délivre toujours plus des limites et des contraintes liées à la vie humaine sur terre.

      Mais depuis, il est devenu clair que la liberté effective ne dépend pas seulement des droits fondamentaux et de l’agencement des institutions, mais aussi de conditions sociales et matérielles. Si l’on dépend d’une instance supérieure pour assurer ses besoins, on se retrouve « à sa merci » et donc potentiellement en situation d’impuissance et d’oppression

      Et si la quête de délivrance à l’égard des nécessités de la vie sur terre, le désir d’un allègement de nos conditions de vie jusqu’à l’apesanteur, jusqu’à l’idée de quitter la terre pour mener une vie extra-terrestre, a fait le lit du capitalisme industriel et du saccage de la planète, il faut rompre avec cet imaginaire et revaloriser l’autonomie comme une manière de revenir sur terre, de revenir à une vision terrestre de la liberté, compatible avec la préservation de nos conditions de vie sur notre planète fragile. En tout cas, c’est une perspective plus enthousiasmante que celle d’un état d’urgence écologique qui conduirait à une restriction draconienne du peu de libertés qui nous reste.

      Merci @rastapopoulos pour l’appel !

  • Les coupures politiques d’Internet deviennent de plus en plus fréquentes dans le monde
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-coupures-politique-d-internet-deviennent-de-plus-en-plus-frequentes-

    Les méthodes derrière une coupure d’Internet, en particulier une coupure complète, sont assez simples. Le gouvernement ordonne simplement aux fournisseurs de services Internet (FSI) d’interrompre leurs connexions avec le monde extérieur. Comme s’ils devaient éteindre un modem domestique, mais pour l’ensemble du pays.

    Lorsqu’une coupure complète est en place, il n’y a souvent aucun moyen de la contourner. Les outils anti-censure comme les VPN ne fonctionnent pas lorsqu’il n’y a pas de connexion Internet à utiliser.

    Les autres moyens de fournir un accès à #Internet en sont encore à leurs balbutiements. Les satellites qui émettent en large bande sont coûteux et dépendent de la volonté des entreprises privées de défier les gouvernements. Les réseaux « maillés », qui utilisent des connexions téléphoniques et des routeurs pour créer une chaîne de poste à poste d’une zone coupée à l’Internet ouvert, exigent un niveau de densité de population constant qui n’est pas nécessairement en place dans de nombreuses régions, comme le Cachemire, touchées par le black-out.

    #censure

  • Opinion | How Your Phone Betrays Democracy - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2019/12/21/opinion/location-data-democracy-protests.html

    In footage from drones hovering above, the nighttime streets of Hong Kong look almost incandescent, a constellation of tens of thousands of cellphone flashlights, swaying in unison. Each twinkle is a marker of attendance and a plea for freedom. The demonstrators, some clad in masks to thwart the government’s network of facial recognition cameras, find safety in numbers.

    But in addition to the bright lights, each phone is also emitting another beacon in the darkness — one that’s invisible to the human eye. This signal is captured and collected, sometimes many times per minute, not by a drone but by smartphone apps. The signal keeps broadcasting, long after the protesters turn off their camera lights, head to their homes and take off their masks.

    In the United States, and across the world, any protester who brings a phone to a public demonstration is tracked and that person’s presence at the event is duly recorded in commercial datasets. At the same time, political parties are beginning to collect and purchase phone location for voter persuasion.

    “Without question it’s sinister,” said Todd Gitlin, professor of journalism at Columbia University and former president of Students for a Democratic Society, a prominent activist group in the 1960s. “It will chill certain constitutionally permitted expressions. If people know they’ll be tracked, it will certainly make them think twice before linking themselves to a movement.”

    Within minutes, with no special training and a little bit of Google searching, Times Opinion was able to single out and identify individuals at public demonstrations large and small from coast to coast.

    By tracking specific devices, we followed demonstrators from the 2017 Women’s March back to their homes. We were able to identify individuals at the 2017 Inauguration Day Black Bloc protests. It was easy to follow them to their workplaces. In some instances — for example, a February clash between antifascists and far-right supporters of Milo Yiannopolous in Berkeley, Calif. — it took little effort to identify the homes of protesters and then their family members.

    Imagine the following nightmare scenarios: Governments using location data to identify political enemies at major protests. Prosecutors or the police using location information to intimidate criminal defendants into taking plea deals. A rogue employee at an ad-tech location company sharing raw data with a politically motivated group. A megadonor purchasing a location company to help bolster political targeting abilities for his party and using the information to dox protesters. A white supremacist group breaching the insecure servers of a small location startup and learning the home addresses of potential targets.

    Mr. Tsui, at the Chinese University of Hong Kong, argued that there are three current competing visions for the internet built by China, the United States and the European Union. China is moving fast and breaking things, including civil rights. The E.U., with its focus on privacy, is making a moral point around surveillance and consent. And the United States, with its powerful tech companies, is caught in the middle, trying to weigh ethical concerns while still pushing forward on innovation for fear of being left behind by China. If China pushes forward, skirting human rights via technology, and the United States follows, Mr. Tsui argued that America could see an uptick in using surveillance, data and artificial intelligence to manipulate and change behavior and direct outcomes. “I hope we don’t end up there,” he said.

    These are, of course, just the early days. Much of the political manipulation happening now looks no different from serving up a standard political ad at the right moment. The future, however, could get dark quickly. Political candidates rich in location data could combine it with financial information and other personally identifiable details to build deep psychographic profiles designed to manipulate and push voters in unseen directions. Would-be autocrats or despots could leverage this information to misinform or divide voters and keep political enemies from showing up to the polls on election day.

    Then, once in power, they could leverage their troves of data to intimidate activists and squash protests. Those brave enough to rebel might be tracked and followed to their homes. At the very least, their names could be put into registries.

    Public dissent could quickly become too risky a proposition, given that the record of one’s attendance at a rally could be held against them at a later date. Big Data, once the domain of marketers, could become a means to elevate dictators to power and then frustrate attempts to remove them.

    “It’s technologically possible to be anonymous, but it’s hard,” Mr. Tsui told us. “You can only protect privacy with tech right now, and so only those who have money and knowledge can do it. But privacy is not just for the rich or geeks. Privacy is for everyone.”

    The future for the world’s activists may look increasingly like Hong Kong. The leaderless protest movement of the past six months has been made possible by technology. The messageboard LIHKG and encrypted chat apps like Telegram have allowed for the kind of organization that has kept the protests going. But the movement has also been undermined by the very same technology. Protesters and journalists and even law enforcement have been doxxed (had their private information published) by the thousands. A real-time location tracking app used by protesters to identify the positions of law enforcement was taken down by Apple’s App Store — suggesting that governments will have a competitive advantage when it comes to the resource.

    #Géolocalisation #Surveillance #Démocratie

  • Opinion | How to Track President Trump - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2019/12/20/opinion/location-data-national-security.html

    The meticulous movements — down to a few feet — of the president’s entourage were recorded by a smartphone we believe belonged to a Secret Service agent, whose home was also clearly identifiable in the data. Connecting the home to public deeds revealed the person’s name, along with the name of the person’s spouse, exposing even more details about both families. We could also see other stops this person made, apparently more connected with his private life than his public duties. The Secret Service declined to comment on our findings or describe its policies regarding location data.

    The vulnerability of the person we tracked in Mr. Trump’s entourage is one that many if not all of us share: the apps (weather services, maps, perhaps even something as mundane as a coupon saver) collecting and sharing his location on his phone.

    Americans have grown eerily accustomed to being tracked throughout their digital lives. But it’s far from their fault. It’s a result of a system in which data surveillance practices are hidden from consumers and in which much of the collection of information is done without the full knowledge of the device holders.

    As a senior Defense Department official told Times Opinion, even the Pentagon has told employees to expect that their privacy is compromised:

    “We want our people to understand: They should make no assumptions about anonymity. You are not anonymous on this planet at this point in our existence. Everyone is trackable, traceable, discoverable to some degree.”

    We were able to track smartphones in nearly every major government building and facility in Washington. We could follow them back to homes and, ultimately, their owners’ true identities. Even a prominent senator’s national security adviser — someone for whom privacy and security are core to their every working day — was identified and tracked in the data.

    “Tech companies are profiting by spying on Americans — trampling on the right to privacy and risking our national security,” Senator Elizabeth Warren, a Democrat running for president, told us. “They are throwing around their power to undermine our democracy with zero consequences. This report is another alarming case for why we need to break up big tech, adopt serious privacy regulations and hold top executives of these companies personally responsible.”

    Despite the sensitivity of this information, it is put to everyday use. Packaged with millions of other data points, location information is turned into marketing analysis and sold to financial institutions, real estate investors, advertising companies and others. Companies say they vet partners carefully and tend to work with larger players that have a clear business case for receiving the data.

    Like all data, the vast location files are vulnerable to hacks, leaks or sale at any point along that process. The data we reviewed was provided to Times Opinion by sources who asked to remain anonymous because they were not authorized to share it and could face severe penalties for doing so.

    Multiple experts with ties to the United States’ national security agencies warned in interviews that foreign actors like Russia, North Korea, China and other adversaries may be working to steal, buy or otherwise obtain this kind of data. Only months ago, hackers working for the Chinese government allegedly targeted location data for people moving throughout Asia by breaking into telecom networks, according to a report by Reuters.

    “People literally go to work every day, sit down at a desk, check the sports, send an email or two to their girlfriend and then start looking for databases they can steal,” said James Dempsey, the executive director of the Berkeley Center for Law and Technology. “They just do that 9 to 5, every day.”

    The American government may conduct similar intelligence operations against its adversaries, experts said, though under stricter legal frameworks.

    he possibilities for blackmail are endless. Once stolen, details on sexual interests and extramarital affairs can provide opportunities for extortion. Targets could be coerced in ways large and small, compelled to make decisions or take actions for a foreign government. Or the locations themselves could provide valuable intelligence about security practices, contacts, schedules and the identities of people in prominent and sensitive posts, with access to state secrets or critical infrastructure.

    With no training and far more limited technical tools than those of a state intelligence service, we were able to use the location data — date, time and length of stay — to make basic inferences. By determining whether two people were in the same place at the same time, it was easy to zero in on spouses, co-workers or friends. Cataloguing their movements revealed even more associations, creating the map of a robust social network that would be nearly impossible to determine through traditional surveillance. In cases where it was difficult to identify an individual, associations offered more clues about workplaces and interests.

    Even just commuting to work can be risky for people in prominent positions. “The easiest way to figure out how to get to you is know you always have the same routine,” said Mr. Rasser, the former Central Intelligence Agency officer. He said he mixes up his own routine, partly because the C.I.A. emphasized such methods when he joined.

    Even areas once thought to be secure showed up in the data. Personal phones aren’t generally allowed inside the C.I.A. or the National Security Agency. But while no pings registered inside the C.I.A. headquarters, we found thousands of pings in the parking lots outside, with trails that led to the homes of likely employees.

    Agencies with a need for heightened security are left in a vulnerable position. Phones are ubiquitous, and so long as granular location tracking remains legal, even the Defense Department must play along. “We cannot stop our workforce of 3.6 million people from living their everyday lives,” a senior department official told us.

    Leaked location data may open the door to other cyber vulnerabilities. Foreign actors could learn movement details and infer meeting locations, which could be used to conduct a type of scam where targets receive fake emails — posing as a friend you just met with or a business you just visited — including a phony link meant to steal your password or install malware.

    “Location tracking data of individuals can be used to facilitate reconnaissance, recruitment, social engineering, extortion and in worst-case scenarios, things like kidnapping and assassination,” warned Kelli Vanderlee, manager of intelligence analysis at the cybersecurity company FireEye.

    Those are not theoretical threats. The phone of the Washington Post journalist Jamal Khashoggi, who was assassinated in 2018, was allegedly compromised, possibly allowing his location data to be used to follow him.

    Last year, Strava, a company that makes a fitness app, released a global map showing 700 million activities that clearly revealed American military bases abroad. The Department of Defense issued its recent guidance after discovering the problem. The data reviewed by Times Opinion revealed several points on domestic military bases as well, showing how some of the nation’s most secure armed sites can be exposed.

    The sources who provided the trove of location information to Times Opinion did so to press for regulation and increased scrutiny of the location data market. Some solutions exist that could help improve privacy while ensuring businesses can still perform some of the analysis they do today, like limiting the ability to identify individual paths, changing how long the information is stored and limiting how it’s sold.

    So far, Washington has done virtually nothing to address the threats, and location data companies have every reason to keep refining their tracking, sucking up more data and selling it to the highest bidders.

    #Géolocalisation #Sécurité #Surveillance #Démocratie_en_danger

  • Opinion | Twelve Million Phones, One Dataset, Zero Privacy - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2019/12/19/opinion/location-tracking-cell-phone.html

    very minute of every day, everywhere on the planet, dozens of companies — largely unregulated, little scrutinized — are logging the movements of tens of millions of people with mobile phones and storing the information in gigantic data files. The Times Privacy Project obtained one such file, by far the largest and most sensitive ever to be reviewed by journalists. It holds more than 50 billion location pings from the phones of more than 12 million Americans as they moved through several major cities, including Washington, New York, San Francisco and Los Angeles.

    Each piece of information in this file represents the precise location of a single smartphone over a period of several months in 2016 and 2017. The data was provided to Times Opinion by sources who asked to remain anonymous because they were not authorized to share it and could face severe penalties for doing so. The sources of the information said they had grown alarmed about how it might be abused and urgently wanted to inform the public and lawmakers.

    If you lived in one of the cities the dataset covers and use apps that share your location — anything from weather apps to local news apps to coupon savers — you could be in there, too.

    If you could see the full trove, you might never use your phone the same way again.

    The Times and other news organizations have reported on smartphone tracking in the past. But never with a data set so large. Even still, this file represents just a small slice of what’s collected and sold every day by the location tracking industry — surveillance so omnipresent in our digital lives that it now seems impossible for anyone to avoid.

    It doesn’t take much imagination to conjure the powers such always-on surveillance can provide an authoritarian regime like China’s. Within America’s own representative democracy, citizens would surely rise up in outrage if the government attempted to mandate that every person above the age of 12 carry a tracking device that revealed their location 24 hours a day. Yet, in the decade since Apple’s App Store was created, Americans have, app by app, consented to just such a system run by private companies.

    Today, it’s perfectly legal to collect and sell all this information. In the United States, as in most of the world, no federal law limits what has become a vast and lucrative trade in human tracking.

    he companies that collect all this information on your movements justify their business on the basis of three claims: People consent to be tracked, the data is anonymous and the data is secure.

    None of those claims hold up, based on the file we’ve obtained and our review of company practices.

    Yes, the location data contains billions of data points with no identifiable information like names or email addresses. But it’s child’s play to connect real names to the dots that appear on the maps.

    n most cases, ascertaining a home location and an office location was enough to identify a person. Consider your daily commute: Would any other smartphone travel directly between your house and your office every day?

    Describing location data as anonymous is “a completely false claim” that has been debunked in multiple studies, Paul Ohm, a law professor and privacy researcher at the Georgetown University Law Center, told us. “Really precise, longitudinal geolocation information is absolutely impossible to anonymize.”

    “D.N.A.,” he added, “is probably the only thing that’s harder to anonymize than precise geolocation information.”

    Yet companies continue to claim that the data are anonymous. In marketing materials and at trade conferences, anonymity is a major selling point — key to allaying concerns over such invasive monitoring.

    The data set is large enough that it surely points to scandal and crime but our purpose wasn’t to dig up dirt. We wanted to document the risk of underregulated surveillance.

    Watching dots move across a map sometimes revealed hints of faltering marriages, evidence of drug addiction, records of visits to psychological facilities.

    Connecting a sanitized ping to an actual human in time and place could feel like reading someone else’s diary.

    Like many people we identified in the data, Ms. Millben said she was careful about limiting how she shared her location. Yet like many of them, she also couldn’t name the app that might have collected it. Our privacy is only as secure as the least secure app on our device.

    The inauguration weekend yielded a trove of personal stories and experiences: elite attendees at presidential ceremonies, religious observers at church services, supporters assembling across the National Mall — all surveilled and recorded permanently in rigorous detail.

    Protesters were tracked just as rigorously. After the pings of Trump supporters, basking in victory, vanished from the National Mall on Friday evening, they were replaced hours later by those of participants in the Women’s March, as a crowd of nearly half a million descended on the capital. Examining just a photo from the event, you might be hard-pressed to tie a face to a name. But in our data, pings at the protest connected to clear trails through the data, documenting the lives of protesters in the months before and after the protest, including where they lived and worked.

    Inauguration Day weekend was marked by other protests — and riots. Hundreds of protesters, some in black hoods and masks, gathered north of the National Mall that Friday, eventually setting fire to a limousine near Franklin Square. The data documented those rioters, too. Filtering the data to that precise time and location led us to the doorsteps of some who were there. Police were present as well, many with faces obscured by riot gear. The data led us to the homes of at least two police officers who had been at the scene.

    As revealing as our searches of Washington were, we were relying on just one slice of data, sourced from one company, focused on one city, covering less than one year. Location data companies collect orders of magnitude more information every day than the totality of what Times Opinion received.

    The companies are required to disclose very little about their data collection. By law, companies need only describe their practices in their privacy policies, which tend to be dense legal documents that few people read and even fewer can truly understand.

    We’re constantly shedding data, for example, by surfing the internet or making credit card purchases. But location data is different. Our precise locations are used fleetingly in the moment for a targeted ad or notification, but then repurposed indefinitely for much more profitable ends, like tying your purchases to billboard ads you drove past on the freeway. Many apps that use your location, like weather services, work perfectly well without your precise location — but collecting your location feeds a lucrative secondary business of analyzing, licensing and transferring that information to third parties.

    For many Americans, the only real risk they face from having their information exposed would be embarrassment or inconvenience. But for others, like survivors of abuse, the risks could be substantial. And who can say what practices or relationships any given individual might want to keep private, to withhold from friends, family, employers or the government? We found hundreds of pings in mosques and churches, abortion clinics, queer spaces and other sensitive areas.

    Large data companies like Foursquare — perhaps the most familiar name in the location data business — say they don’t sell detailed location data like the kind reviewed for this story but rather use it to inform analysis, such as measuring whether you entered a store after seeing an ad on your mobile phone.

    But a number of companies do sell the detailed data. Buyers are typically data brokers and advertising companies. But some of them have little to do with consumer advertising, including financial institutions, geospatial analysis companies and real estate investment firms that can process and analyze such large quantities of information. They might pay more than $1 million for a tranche of data, according to a former location data company employee who agreed to speak anonymously.

    f this information is so sensitive, why is it collected in the first place?

    For brands, following someone’s precise movements is key to understanding the “customer journey” — every step of the process from seeing an ad to buying a product. It’s the Holy Grail of advertising, one marketer said, the complete picture that connects all of our interests and online activity with our real-world actions.

    For individual consumers, the value of constant tracking is less tangible. And the lack of transparency from the advertising and tech industries raises still more concerns.

    Does a coupon app need to sell second-by-second location data to other companies to be profitable? Does that really justify allowing companies to track millions and potentially expose our private lives?

    Data companies say users consent to tracking when they agree to share their location. But those consent screens rarely make clear how the data is being packaged and sold. If companies were clearer about what they were doing with the data, would anyone agree to share it?

    #Surveillance #Géolocation #Vie_privée #Démocratie

  • En #Europe_centrale, une « #alliance des villes libres » contre le populisme

    Les maires de #Budapest, #Varsovie, #Prague et #Bratislava ont signé un #pacte contre les dérives des gouvernements du #groupe_de_Visegrad.

    Ils ont la quarantaine ou presque, sont de fervents défenseurs de la #démocratie_libérale et fermement proeuropéens. A l’occasion d’une journée hautement symbolique, les maires de Prague, Varsovie, Budapest et Bratislava ont célébré, lundi 16 décembre dans la capitale hongroise, la naissance d’une « #alliance_des_villes_libres » destinée à contrecarrer les tendances populistes de leurs gouvernements respectifs.

    Dans ce « groupe de Visegrad » constitué de la #Pologne, la #Hongrie, la #République_tchèque et la #Slovaquie, qui fait régulièrement l’actualité pour ses dérives en matière d’Etat de droit et de refus des #valeurs_européennes, l’initiative des élus des quatre capitales montre que la #résistance_locale est réelle, même si elle est souvent encore minoritaire au niveau national.

    « Ilots de #liberté »

    « Nous venons de différents partis politiques, mais nous avons les mêmes #valeurs. Nos villes sont libres, progressistes, tolérantes et surtout proeuropéennes », a vanté le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, largement élu en 2018 contre un candidat ultraconservateur du parti Droit et justice, qui gouverne la Pologne depuis 2015 en multipliant les atteintes à l’indépendance des médias et de la justice.

    Cette alliance a été rendue possible par la victoire historique d’un candidat de l’opposition à la mairie de Budapest le 13 octobre. Alors que la capitale hongroise était gouvernée depuis 2010 par le Fidesz, le parti du premier ministre nationaliste Viktor Orban, Gergely Karacsony, président d’un petit parti de centre gauche, a réussi à l’emporter avec 50,9 % des voix. Le Fidesz a aussi perdu à cette occasion le contrôle de six autres grandes villes du pays.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/12/17/en-europe-centrale-une-alliance-des-villes-libres-contre-le-populisme_602311
    #urban_matter #villes #résistance #populisme #pro-Europe #progressisme #tolérance

    ping @karine4

    via @mobileborders

  • Le populisme peut-il être démocratique ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/le-populisme-peut-il-etre-democratique

    Il reviendrait au sociologue de dissiper les malentendus en en livrant une « bonne » définition. Or c’est bien ce qui motive notre invité, Federico Tarragoni, qui dirige actuellement le Centre de recherches interdisciplinaires sur le politique (CRIPOLIS) de l’Université Paris 7-Denis Diderot. Replaçant le terme de populisme dans son historicité, en partant de sa première occurrence au XIXème pour décrire un courant socialiste tourné vers la paysannerie, narodnischestvo, et en passant par le « populism » appliqué au People’s Party, mouvement progressiste de fermiers étasuniens, il détache ce terme de tout jugement de valeur et tente de le faire parcourir le long chemin qui mène de la notion floue au concept rigoureux.

    #audio #populisme #démocratie

  • Vers une société contributive de #pair_à_pair – 4
    https://framablog.org/2019/12/16/vers-une-societe-contributive-de-pair-a-pair-4

    Et si le pair-à-pair devenait le modèle et le moteur d’une nouvelle organisation sociale ? – Nous avons un peu tardé à vous proposer ce dernier volet de la la réflexion de Michel #bauwens (si vous avez raté le début, c’est … Lire la suite­­

    #Contributopia #Internet_et_société #communautés #Contributeurs #Democratie #entrepreneurs #Institutions #P2P #P2P_Foundation #Traduction