• « La thèse du ruissellement, selon laquelle plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous est illusoire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/26/la-these-du-ruissellement-selon-laquelle-plus-l-offre-culturelle-sera-riche-

    Les milliards investis dans les équipement de l’Etat ou l’offre numérique croissante n’y font rien : ce sont surtout les milieux aisés et cultivés qui en profitent.
    LE MONDE | 26.10.2018 à 06h37 • Mis à jour le 26.10.2018 à 09h47 | Par Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)

    Chronique. Olivier Donnat est sociologue au ministère de la #culture. Il est un loup dans la bergerie, l’ennemi de l’intérieur, le gars qui casse le moral, fait tomber les illusions. Et les deux études qu’il vient de publier, sur le livre et la musique, ne vont pas arranger sa réputation. Le problème est que ce qu’il écrit depuis trente ans est exact. Ce qu’il a prophétisé s’est vérifié. Ce qu’il annonce est inquiétant.
    En spécialiste des pratiques culturelles, il a montré que les milliards investis par l’Etat pour construire musées, opéras, théâtres, salles de spectacle ou bibliothèques, n’ont servi qu’à un Français sur deux – aisé, diplômé, Parisien, issu d’un milieu cultivé. Ceux qui restent à la porte, souvent aux revenus modestes, s’en fichent ou pensent que cette culture axée sur les traditionnels « beaux-arts » est déconnectée de leurs envies.
    « L’excellence conduit à privilégier des créations exigeantes auxquelles les personnes les plus éloignées de la culture ne sont pas préparées »
    Ce constat, on le lit dans l’enquête sur les pratiques culturelles des Français que le ministère publie tous les dix ans. Olivier Donnat a piloté celles de 1989, 1997 et 2008. La prochaine est pour 2019, qui se fera sans lui – il part à la retraite dans deux mois.

    Le fossé se creuse
    Elle devrait être tout autant déprimante. Car ce qu’a montré notre sociologue, c’est que le fossé se creuse. La construction frénétique de musées ou de théâtres en trente ans a provoqué une forte augmentation de la fréquentation, mais ce sont les aficionados qui y vont plusieurs fois, tandis que les ouvriers et les jeunes de banlieue y vont moins.
    C’est dur à entendre, car l’Etat culturel s’est construit sur l’illusoire thèse du ruissellement : plus l’offre culturelle sera riche, plus elle sera partagée par tous. Aussi le ministère et les créateurs ont longtemps nié cette étude. « Il y a eu des tensions, se souvient Olivier Donnat. J’ai été vu comme un rabat-joie, on me disait que j’avais tort. »
    Aujourd’hui, cette dure réalité est acceptée puisque les cinq derniers ministres de la culture ont fait du combat pour la diversité des publics leur priorité. Mais Olivier Donnat a montré que dans les faits, rien n’a bougé. D’abord parce que ça se joue ailleurs, dans la cellule familiale, à l’école aussi – deux foyers d’inégalités. Mais un obstacle se trouve aussi au sein même du ministère de la culture, armé pour soutenir son offre prestigieuse, très peu pour capter un public modeste.

    Contradiction
    Olivier Donnat pointe aussi une contradiction. « Nos grands lieux culturels visent logiquement l’excellence. Sauf que l’excellence conduit à privilégier des créations exigeantes auxquelles les personnes les plus éloignées de la culture ne sont pas préparées. Parler à ces personnes est très compliqué. La Philharmonie de Paris y parvient en décloisonnant les genres musicaux. »
    Prenons le contre-pied. La France se doit d’avoir les meilleurs musées, opéras ou théâtres, tant mieux pour ceux qui aiment, et tant pis pour les autres. On ne va pas fermer ces lieux qui contribuent au prestige de la nation et dopent le tourisme. Et puis sans ces équipements, la situation serait sans doute pire. Enfin, pourquoi vouloir qu’une pièce novatrice, un film expérimental et un art contemporain pointu plaisent à tous ?
    Sauf que cette offre est financée avec de l’argent public et qu’au moment où les fractures sociales n’ont jamais été aussi fortes, une telle posture est jugée élitiste et a du mal à passer. Ajoutons qu’il existait, dans les années 1960 à 1980, un riche tissu culturel local (MJC, associations) qui, en trente ans, a été broyé sans que l’Etat bouge le petit doigt au motif qu’il n’est pas de son ressort, alors qu’en fait il le méprise. Ce réseau avait pourtant l’avantage d’offrir aux jeunes un premier contact avec la culture.
    Pour Olivier Donnat, l’avenir s’annonce noir pour le théâtre classique ou contemporain, les films français d’auteurs ou la lecture de romans
    En pot de départ, Olivier Donnat nous confie que le pire est à venir. Car les plus gros consommateurs de notre culture d’Etat sont les baby-boomers – ils ont du temps, de l’argent, lisent beaucoup, vont intensément au spectacle. Sauf qu’ils ont 60 ans et plus. « Dans dix ou vingt ans, ils ne seront plus là, et nos études montrent qu’ils ne seront pas remplacés », dit Olivier Donnat, qui annonce un avenir noir pour le #théâtre classique ou contemporain, les films français d’#auteurs ou la lecture de romans.
    Le numérique, dont les jeunes sont familiers, peut-il favoriser la #démocratisation culturelle ? Eh bien non, répond Olivier Donnat avec ses ultimes études sur « l’évolution de la diversité consommée » dans le livre et la musique (à télécharger sur le site du ministère de la culture ou sur cairn.info).
    « Le numérique produit les mêmes effets »
    L’offre en livres et en musiques a pourtant considérablement augmenté en vingt-cinq ans. Mais les ventes baissent. Et puis, qui en profite ? « Le numérique, porté par les algorithmes et les réseaux sociaux, ouvre le goût de ceux qui ont une appétence à la culture, mais ferme le goût des autres, qui, par exemple, ne regardent que des films blockbusters », explique Olivier Donnat, qui en conclut : « Le numérique produit les mêmes effets que les équipements proposés par l’Etat : ce sont les milieux aisés et cultivés qui en profitent. »
    Olivier Donnat prolonge la déprime en décryptant les ventes de livres et de musiques. Tout en haut, les heureux élus sont moins nombreux et à la qualité incertaine – best-sellers pour les livres, compilations pour les CD. Tout en bas, et c’est récent, le sociologue constate une hausse phénoménale de #livres et musiques pointus, vendus à moins de cent exemplaires ou à moins de dix exemplaires.
    Et au milieu, il y a quoi ? Des paquets d’œuvres souvent de qualité, dont les ventes sont également en baisse, noyées dans la #surproduction. Ces œuvres du « milieu » font penser aux films « du milieu », ainsi nommés quand ils étaient fragilisés, coincés entre les blockbusters et les films marginaux. Les œuvres du milieu, qui définissent une « qualité française », forment justement le cœur de cible du ministère de la culture. Elles seront demain les plus menacées. Déprimant, on vous dit.



  • Inégalités : comment expliquer l’hypocrisie de la gauche ? (Louis Maurin, Observatoire des Inégalités)
    https://www.inegalites.fr/Inegalites-comment-expliquer-l-hypocrisie-de-la-gauche

    Le débat sur les #inégalités en France est marqué par une profonde hypocrisie. Les grandes envolées lyriques, souvent à gauche de l’échiquier politique, cachent mal une indifférence au sort des #catégories_populaires.
    […]
    Si l’hypocrisie existe en matière d’#inégalités_sociales, elle vient donc de la gauche, et plus précisément d’une forme de « #bourgeoisie_culturelle ». Diplômée, elle occupe les centres de pouvoir au niveau national comme au niveau local, dans l’univers politique, médiatique, associatif ou professionnel. […] Mais tout en tenant un discours très virulent contre les inégalités, elle s’intéresse surtout à l’école de ses enfants (la #reproduction des inégalités dans le temps), à ses loisirs (la maîtrise de son temps) ou à son environnement (bien manger, bien respirer, etc.). Le sort des ouvriers qui travaillent à la chaîne ou des caissières n’est pas vraiment son problème. Elle célèbre la « #mixité » (sociale, ethnoculturelle, etc.) tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers.

    Pour défendre leurs #privilèges, ces bourgeois culturels jouent sur plusieurs registres […]. Tout d’abord, ils mettent en avant les inégalités qui ne bousculent pas leur pouvoir en tant que groupe social : écarts entre les sexes, les générations, les inégalités territoriales et les #discriminations. Redécouvertes, ces « nouvelles inégalités » envahissent les discours et occupent le terrain pour faire paravent aux inégalités entre groupes sociaux. Ensuite, cette bourgeoisie de gauche joue les victimes. La dramatisation des discours qu’elle tient, autour de la #crise et de la #précarité, a une fonction. Si précarité, #déclassement, mauvaises #conditions_de_travail et #chômage touchent tout le monde, ils ne touchent plus personne en particulier. […] Enfin, une part croissante de ces privilégiés est sensible aux #discours_xénophobes sur l’incompatibilité culturelle d’une partie des #immigrés (les Arabes et les noirs, disons les choses clairement) et l’exprime plus ou moins ouvertement.
    […]
    L’#embourgeoisement des organisations qui représentaient le camp de l’égalité sociale est la première explication qui vient à l’esprit. […] Cette explication a une portée limitée. Elle idéalise le bon vieux temps de la politique alors que les instances dirigeantes des partis n’ont jamais été représentatives de la société. Surtout, elle débouche sur une question similaire : pourquoi ces organisations se sont-elles embourgeoisées ?
    […]
    Le transfuge récent d’une partie des élites de la gauche vers La République en marche constitue une forme de « coming out » qui réduit l’hypocrisie de cette composante de la bourgeoisie culturelle. Elle n’a plus besoin de faire semblant de s’opposer aux inégalités, elle est passée aux « premiers de cordée » qui doivent montrer l’exemple de la #réussite_individuelle. Une partie de la gauche est passée du camp social démocrate au camp libéral (au sens économique).

    L’hypocrisie actuelle repose également sur d’autres ressorts. Des facteurs idéologiques : si l’on met autant en avant les « nouvelles inégalités », c’est que la brutalité du raisonnement marxiste d’hier les a longtemps occultées. […] Toute une partie des inégalités, de genre ou liées à la couleur de peau notamment, était passée sous silence. Elles s’invitent d’autant plus fortement dans le débat. L’ampleur du mouvement actuel contre la domination masculine s’explique par la violence de cette #domination. […]

    C’est plus que cela. Les transformations sociales accélérées depuis les années 1970 ont débouché sur une grande confusion. […]

    Les catégories sociales les plus favorisées veulent profiter pleinement de l’avènement de la #société_de_consommation tout en la critiquant. Pour cela, elles ont notamment besoin du temps des autres, qu’elles achètent sous des formes très variées : femmes de ménage, gardes d’enfants, hôtellerie, restaurants, transports, commerces, etc. Elles profitent d’avoir une main d’œuvre #flexible et dont les temps sociaux sont désynchronisés, qui constitue le cœur des catégories populaires.
    […]
    En même temps, la stagnation de l’activité économique rend les choix de répartition des #revenus tendus. En période de progrès, on pouvait donner un peu plus aux plus démunis tant que sa propre part augmentait. Depuis 2008, le revenu global stagne et le combat pour récupérer sa part devient de plus en plus âpre. Quand il faut trancher, ce que l’un gagne, l’autre le perd. […]
    Un dernier facteur joue, plus rarement évoqué, celui du rôle de l’#école. […] Cette bourgeoisie culturelle fait tout ce qu’elle peut pour occulter le rôle du #capital_culturel en matière de domination sociale. […] On comprend que cette bourgeoisie culturelle bloque toute réforme scolaire d’ampleur. […] Son crédo est « l’#élitisme_républicain », qui n’a jamais été autre chose qu’un #élitisme_social accompagné de quelques figures méritantes bien mises en avant. […]

    […] De la lutte pour la #démocratisation de l’école au soutien aux populations migrantes en passant par le combat contre le mal-logement, la #résistance existe grâce à l’investissement d’une frange de cette bourgeoisie culturelle, souvent la moins favorisée. Des associations à l’enseignement, un grand nombre d’acteurs s’investissent tous les jours pour réduire les écarts entre les milieux populaires et les plus défavorisés, même si c’est rarement eux que l’on entend le plus. Enfin, une partie de la jeunesse est certes diplômée mais détient des titres dévalués sur le #marché_du_travail. Elle se trouve sévèrement déclassée et exprime sa #frustration.
    […]
    Méprisées, écartées pour partie du progrès des revenus et de l’école, les catégories populaires se manifestent de plus en plus en soutenant l’extrême droite, comme en témoigne la montée en puissance progressive du Front national. […]


  • La bibliothèque dans les quartiers populaires (Mondes Sociaux)
    http://sms.hypotheses.org/8718

    L’indifférence des habitants des quartiers populaires vis-à-vis des bibliothèques/médiathèques peut sembler un paradoxe. Depuis cinquante ans, les politiques de la culture tentent une démocratisation poussée du savoir et des œuvres littéraires et artistiques, et les bibliothèques, transformées en médiathèques, incarnent le fer de lance de cette volonté de démocratie culturelle. Or les ouvriers et les jeunes des quartiers populaires ne se sentent pas concernés par cette offre.

    #éducation #bibliothèque #médiathèque #lecture #démocratisation #massification #territoires #inégalités #culture


  • par marie-christine bordeauxPour la généralisation de l’éducation artistique et culturelle… par les #territoires
    http://www.nectart-revue.fr/nectart-4-marie-christine-bordeaux

    L’éducation artistique et culturelle est aujourd’hui, après plus de trente ans d’institutionnalisation et de développement, à l’âge de la maturité. Jusque-là, les priorités des politiques publiques portaient sur la manière de développer et de rendre accessibles au plus grand nombre d’élèves la rencontre avec l’art, la #pratique_artistique et l’appropriation des ressources culturelles. Aujourd’hui, l’enjeu est de poursuivre ce travail de démocratisation et de partage des démarches artistiques et culturelles, tout en mettant au premier plan la mise en place d’un service public de l’éducation artistique dans et avec les (...)

    #Enjeux_culturels #Nectart_#4 #démocratisation_culturelle #EAC #éducation #éducation_populaire



  • Tournesols taïwanais, parapluies hongkongais
    http://www.laviedesidees.fr/Tournesols-taiwanais-parapluies-hongkongais.html

    Les récentes élections à Taïwan et Hong Kong attestent de l’impact profond et durable qu’y ont eu les mouvements étudiants de 2014. Si l’expression d’une critique purement « identitaire » est impossible face à la Chine, les revendications démocratiques gagnent en revanche du terrain.

    #Revue

    / #démocratisation, #jeunesse


  • Le philosophe #Florent_Guénard interroge les conditions de diffusion de la #démocratie
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/150916/le-philosophe-florent-guenard-interroge-les-conditions-de-diffusion-de-la-

    L’échec du projet néoconservateur d’exportation de la démocratie pousse à repenser la possibilité de la #démocratisation. Comment se tenir à distance de l’exportation d’un modèle de normes occidentalocentrées sans faire le jeu d’un pur relativisme en matière de régimes politiques ? Le philosophe Florent Guénard tente de répondre à cette question à la fois ancienne et très actuelle.

    #Culture-Idées #Essais #néo-conservatisme #philosophie_politique #révolution #révolution_tunisienne


  • #Violence politique au #Burundi ou l’impossible #démocratisation

    Petit État de la région des grands lacs (environ 28 000 Km²), le Burundi est peu connu des Français et des Européens en général. Cette méconnaissance est même utilisée à des fins comiques : à la fin du film à succès « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu », Christian Clavier présente son acolyte, avec lequel il voyage en fraude dans un train de la SNCF, comme le ministre des finances burundais ! De façon moins « légère », les Occidentaux se souviennent que deux de ses principales composantes « ethniques », les Hutus et les Tutsis, se sont affrontés dans un génocide particulièrement meurtrier dans la première moitié des années 1990. Ils ont découvert plus récemment, et en même temps que les membres de la diaspora vivant sur le « Vieux Continent », le déclenchement d’une nouvelle crise politique, dont les origines semblent se trouver dans la réélection contestée de Pierre Nkurunziza, en 2015. L’objet de ce café géographique était donc de débattre et d’apporter, en toute modestie, quelques pistes d’interprétation de ce blocage politique. Deux questions ont guidé le propos de l’intervenant et structurent ce compte-rendu : Pourquoi le « pays des mille collines » fait-il face à un nouveau cycle de violence, après ceux de 1972 et 1993 ? Et quelles sont les perspectives d’accalmie à moyens termes ?


    http://cafe-geo.net/violence-politique-au-burundi-ou-l-impossible-democratisation
    #conflit
    via @ville_en


  • «Contrechamp»: La culture en friche
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/160516/contrechamp-la-culture-en-friche

    Des choix, des chiffres, des friches… Le parcours de #José-Manuel_Gonçalvès, aujourd’hui à la tête des 40 000 m2 du #CentQuatre, dans le XIXe arrondissement de Paris, permet de saisir ce qu’on peut attendre d’un lieu culturel ouvert, au-delà des slogans habituels sur la mixité, la diversité ou l’indisciplinarité.

    #Culture-Idées #art #démocratisation_culturelle #Friches_culturelles #Lieux_culturels


  • « Exceptions consolantes » et « pics superbes nés du peuple ».... (Claude Lelièvre - Histoire et politiques scolaires)
    https://blogs.mediapart.fr/claude-lelievre/blog/210116/exceptions-consolantes-et-pics-superbes-nes-du-peuple

    Les bourses ne sont pas, dit-il [Ferdinand Buisson, en 1910], une solution à cette division structurelle mais constituent seulement des « exceptions consolantes ». Dans un texte paru en septembre 1921 dans le « Manuel de l’enseignement primaire », Ferdinand Buisson ajoute : « une telle différence nous devient insupportable. Nous avons, pour la masquer, imaginé le système des bourses […]. Mais ces demi-mesures ne sauveront pas la nation qui se prive chaque année de quelques milliers d’intelligences hors ligne pour réserver ses faveurs aux médiocrités de la classe riche. Elle sera bientôt dépassée par les nations qui sauront mettre en valeur la totalité de leur capital humain, le plus précieux de tous les capitaux. Il faut donc aujourd’hui, par l’unité et la gratuité de l’enseignement, ouvrir aux masses elles-mêmes l’accès de la haute culture »

    « Il semble que le professeur ait pour tâche de choisir une élite, et de décourager et rabattre tous les autres […]. Nous choisissons quelques génies et un certain nombre de talents supérieurs ; nous les estampillons, et nous faisons d’eux une aristocratie d’esprit qui s’allie à l’autre, et gouverne tyranniquement au nom de l’égalité ; admirable égalité, qui donne tout à ceux qui ont déjà beaucoup. Selon mon idée, il faudrait agir tout autrement [...].Tout l’effort des pouvoirs publics devrait s’employer à éclairer les masses par le dessous et par le dedans, au lieu de faire briller quelques pics superbes, quelques rois nés du peuple, et qui donnent un air de justice à l’inégalité. Mais qui pensent à ces choses ? Même les socialistes ne s’en font pas une idée nette . Je les vois empoisonnés de tyrannie et réclamant de bons rois. Il n’y a point de bons rois » (Alain, in « Les Cent un Propos », 1928)

    #éducation #école #collège #démocratisation #massification #élitisme


  • Les #droits_culturels en débatPour une approche des droits culturels bien tempérée
    http://www.nectart-revue.fr/nectart-2-abraham-bengio

    L’irruption des droits culturels dans le débat sur les #politiques_publiques de la culture a représenté une bouffée d’air frais, peut-être même un véritable changement de paradigme. Au cœur de la réflexion, à l’avant-garde du combat, on s’attendait à trouver les #artistes et les opérateurs culturels. Par un curieux paradoxe, ils en sont absents et tout se passe comme si les défenseurs des droits culturels se méfiaient d’eux et les tenaient pour responsables de l’échec de la #démocratisation_culturelle. Comme toujours, les torts sont partagés. Sous peine de voir les droits culturels n’accoucher que d’une gesticulation vide de sens et la création artistique s’épuiser en une stérile célébration de l’entre-soi, il est urgent de lever ce malentendu : on n’en finirait pas d’énumérer les chantiers passionnants qui (...)

    #Controverses #Enjeux_culturels #Nectart_#2 #armes_de_distraction_massive #crétaion #culture_populaire #démocratie_culturelle #dialogue_interculturel #droits_des_minorités #élitisme #loi_NOTRe #UNESCO


  • Les #droits_culturels en débatPour une approche des droits culturels bien tempérée
    http://www.nectart-revue.fr/pour-une-approche-des-droits-culturels-bien-temperee

    L’irruption des droits culturels dans le débat sur les #politiques_publiques de la culture a représenté une bouffée d’air frais, peut-être même un véritable changement de paradigme. Au cœur de la réflexion, à l’avant-garde du combat, on s’attendait à trouver les #artistes et les opérateurs culturels. Par un curieux paradoxe, ils en sont absents et tout se passe comme si les défenseurs des droits culturels se méfiaient d’eux et les tenaient pour responsables de l’échec de la #démocratisation_culturelle. Comme toujours, les torts sont partagés. Sous peine de voir les droits culturels n’accoucher que d’une gesticulation vide de sens et la création artistique s’épuiser en une stérile célébration de l’entre-soi, il est urgent de lever ce malentendu : on n’en finirait pas d’énumérer les chantiers passionnants qui (...)

    #Controverses #Enjeux_culturels #Nectart_#2 #armes_de_distraction_massive #crétaion #culture_populaire #démocratie_culturelle #dialogue_interculturel #droits_des_minorités #élitisme #loi_NOTRe #UNESCO


  • L’école française, démocratique ou élitiste ?
    http://www.laviedesidees.fr/L-ecole-francaise-democratique-ou-elitiste.html

    Alors que la plupart des pays européens ont entrepris des réformes en profondeur de leurs systèmes éducatifs en vue de les démocratiser, l’école française reste une des plus élitistes. Pierre Merle revient sur la mesure des #inégalités scolaires et les réformes nécessaires.

    Essais & débats

    / #école, inégalités, #élites, #démocratisation, #indicateurs

    #Essais_&_débats


  • Le site de rencontres adultères Ashley Madison piraté

    http://www.lepoint.fr/monde/le-site-de-rencontres-adulteres-ashley-madison-pirate-21-07-2015-1950288_24.

    Des millions de personnes, des Américains et des Canadiens pour la plupart, craignent de voir leurs relations extraconjugales dévoilées au grand jour.

    Pourquoi ?

    Le combat des hackers n’est pas seulement moral, il vise également à dénoncer les pratiques d’ALM [Avid Life Media], peu respectueuses de la vie privée. ALM promet en effet de détruire toutes les données personnelles et l’historique du client moyennant 19 dollars. Une pure escroquerie, clament les hackers. Les données restent en fait dans les serveurs de l’entreprise.

    Previously, on Where is my data?:

    Cette attaque se produit moins de deux mois après que des hackers se sont emparés des informations confidentielles de plus de 3,5 millions de clients d’un autre site de rencontres, AdultFriendFinder. Il faut dire que les bases de données de ce genre de site sont une proie rêvée pour les cyberpirates, qui peuvent les utiliser comme moyen de chantage.

    Krebs on Security

    https://krebsonsecurity.com/2015/07/online-cheating-site-ashleymadison-hacked

    Ashley Madison Breach Could Expose Privates Of 37 Million Cheaters

    http://www.forbes.com/sites/thomasbrewster/2015/07/20/ashley-madison-attack

    In the meantime, the site is temporarily offering users the ability to fully delete their account from the site free of charge. They assert the hacker’s claim is false:

    http://www.theguardian.com/technology/2015/jul/21/hacked-infidelity-site-ashley-madison-free-profile-deletion

    “Contrary to current media reports, and based on accusations posted online by a cyber criminal, the “paid-delete” option offered by AshleyMadison.com does in fact remove all information related to a member’s profile and communications activity.

    #privacy #vie_privée
    #data_breach

    #démocratisation_de_la_morale


  • L’école, une jungle ultralibérale ? (NouvelObs.com)
    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20140905.OBS8335/l-ecole-une-jungle-ultraliberale.html

    Le système scolaire est le lieu des paradoxes français les plus extraordinaires. Voilà en effet l’espace social où sont invoquées, avec une vigueur et une constance qu’on ne trouve plus ailleurs, les notions d’égalité des chances" et de « #méritocratie » que tout, dans les faits, contribue à démentir.

    Un espace où les « valeurs de la République », du « progrès social » et du « vivre-ensemble » sont martelées à l’excès, alors que la réalité repose sur une loi du plus fort digne des sociétés ultralibérales.

    […]

    Le problème (explicité dans cet ouvrage), c’est que le grand public confond souvent deux notions : « #massification » et « #démocratisation ». Oui, de plus en plus d’enfants des milieux populaires se lancent dans des études longues - cela, c’est la massification.

    Mais cet accès ne signifie nullement que la réussite est davantage ouverte à tous. Car les élèves issus des milieux qui connaissent moins l’Education nationale (les modestes, donc) n’intègrent pas les mêmes filières que leurs camarades des « bonnes » familles. Du coup, le bon grain reste pour ces derniers, l’ivraie pour les autres.

    #éducation #système_scolaire #ségrégation_sociale #inégalités #égalité_des_chances


  • « Partage de la technologie et gratuité pour tous : c’était le credo des collectifs Wireless, qui court-circuitaient les réseaux "classiques" du Net grâce aux communications sans fil. Sauf qu’à l’époque, tout restait à inventer, le Wi-Fi tel qu’on le connaît aujourd’hui n’était encore qu’un projet…

    Et pour arriver à leurs fins, ces bidouilleurs pirates transféraient des données à des distances de plusieurs dizaines de kilomètres grâce à des antennes bricolées, à base de boîtes de cassoulet et de grillage de poulailler ! Avec, en plus, le risque de se faire pincer pour l’utilisation de fréquences radio réservées à l’usage militaire…

    Tracks avait rencontré la section nantaise de cette grande famille de "Wi-Fistes", qui a donné des sueurs froides aux plus grands groupes de télécom… »

    http://www.arte.tv/fr/des-antennes-wi-fi-avec-des-bo-tes-de-cassoulet/7779342,CmC=7889354.html

    #cccp


  • La douloureuse #démocratisation de l’Espagne
    http://www.laviedesidees.fr/La-douloureuse-democratisation-de.html

    Alors que la crise économique dégénère en crise de régime en Espagne, le livre de Sophie Baby vient à point en rappeler l’histoire. En dévoilant les violences d’une transition démocratique trop longtemps idéalisée et aujourd’hui remise en cause, sa réflexion fait écho à d’autres situations de pacification nationale conduites à marche forcée.

    Livres & études

    / démocratisation, #violence, #politique_de_mémoire, #mémoire

    #Livres_&_études


  • Démocratisation culturelle : une histoire sans fin ?...

    http://www.scoop.it/t/artpol/p/4009572857/democratisation-culturelle-une-histoire-sans-fin?hash=62747e32-d3d4-4336-8fff-

    « Le Comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication communique (ce qui somme toute est assez logique) :

    le séminaire “La démocratisation culturelle au fil de l’histoire contemporaine”, ouvert en octobre 2012 et qui s’est poursuivi tout au long du premier semestre de cette année va reprendre durant cette année universitaire. (...) »

    #culture #démocratisation #communication #politique #propagande #bonnes_intentions #histoire #normalisation #info #intox #Artpol #vangauguin


  • La ronde des révolutions - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/La-ronde-des-revolutions.html

    Pourquoi la révolution tunisienne de 2011 a-t-elle été perçue en France comme une réédition de 1789 ? Pourquoi les révolutionnaires tunisiens se sont-ils reconnus dans un « printemps arabe », hommage aux révolutions de 1848 ? L’historien Guillaume Mazeau enquête sur ces constructions en miroir et sur nos rapports aux temporalités révolutionnaires.


    #démocratisation #historiographie #Révolution_française #révolution #Tunisie


  • La rentrée des classes (La vie des idées)
    http://www.laviedesidees.fr/La-rentree-des-classes.html
    Du désordre dans l’école à la reproduction sociale

    Les inégalités sociales de scolarisation étaient au cœur des débats et des analyses dans les années 1970, lorsque l’élargissement de la scolarisation dans le secondaire (trop précipitamment qualifié de démocratisation scolaire, disait Bourdieu) révélait que l’égalité formelle affichée par une école plus ouverte aux enfants des différentes classes sociales ne produisait pas l’égalisation sociale attendue des réformes scolaires. Alors que ce constat conduisait à la production de grands modèles théoriques d’analyse centrés sur la manière dont l’école remplit une fonction de reproduction sociale, Willis déplaçait le regard et l’angle d’analyse du système scolaire et de son fonctionnement vers la boîte noire de l’école qu’il aborde par les pratiques et la culture des élèves de familles ouvrières. Pour paraphraser le sous-titre du livre, la question que pose Willis est la suivante : comment les enfants d’ouvriers scolarisés dans une école qui leur ouvre plus largement l’accès au secondaire en viennent à obtenir et, davantage, à accepter des emplois d’ouvriers non qualifiés en usine ?
    […]
    Selon la thèse soutenue dans le livre, l’orientation des enfants d’ouvriers vers les voies de relégation scolaire et vers la sortie de l’école sans qualification ne procède pas seulement d’un mécanisme d’exclusion qui les contraint, mais est aussi un effet de la manière dont ils s’approprient, avec créativité, l’école, et affirment leur appartenance à un autre monde que celui de l’institution scolaire. Parlant d’une « auto-damnation » de ces fils d’ouvriers, Willis montre qu’ils participent activement, par leur opposition et leurs résistances aux exigences et à l’ordre scolaires, à la reproduction des positions sociales familiales et à leur orientation vers des emplois industriels socialement peu valorisés, mais qu’ils valorisent.
    […]
    Il montre ainsi que l’expérience scolaire des gars les conduit à une perception ou une prise de conscience (qu’il nomme pénétration culturelle) que l’école leur propose un marché de dupes : acceptez de renoncer aux formes culturelles de votre existence, aux plaisirs de la sociabilité juvénile et ouvrière masculine pour sortir de votre condition, alors que « la possibilité d’une véritable mobilité vers le haut semble si éloignée, qu’elle en devient utopique » (p. 59). En quelque sorte, la résistance des gars à l’école ne serait pas sans rationalité si on considère ce qu’ils perdent et les chances de gagner en acceptant de jouer le jeu scolaire et d’être des élèves « conformistes ».
    […]
    Ce n’est pas un moindre apport du livre que nous rappeler que les phénomènes qui sont constitués en problèmes sociaux contemporains sont vieux comme la massification scolaire amorcée dans les années 1960-1970 et amplifiée après les années 1980 ; une massification qui a introduit au sein de l’école les contradictions de nos sociétés inégalitaires et que manifestement l’institution scolaire n’a pas réussi à résoudre ou à réduire.

    #éducation #inégalités #échec_scolaire #démocratisation_scolaire #reproduction_sociale #orientation #classes_sociales


  • Pour une école vraiment démocratique (LeMonde.fr)
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/01/pour-une-ecole-vraiment-democratique_1596758_3232.html

    Or s’il est peu contestable que les dix dernières années ont vu la situation de l’école française se dégrader, ses problèmes, ses difficultés et ses lacunes ne datent ni d’hier ni même d’avant-hier. Comparée à ses consœurs des pays proches, l’école française présente deux caractéristiques […] : les inégalités scolaires y sont beaucoup plus fortes que ce que supposerait l’amplitude des seules inégalités sociales ; le climat scolaire et la confiance dans l’école y sont moins positifs que dans bien d’autres pays plus libéraux ou plus sociaux-démocrates que le nôtre.
    Bien sûr, l’école française n’est pas la plus « mauvaise » qu’il soit, mais on ne plus s’accommoder du nombre exorbitant d’élèves en échec, de l’autorecrutement des élites et du décrochage et de l’hostilité de tous ces jeunes qui croient de moins en moins que l’école peut les éduquer et les préparer à la vie active.

     

    En effet, si les moyens consistent à continuer en plus grand ce qui ne fonctionne déjà pas, ils seront inutiles et un nouveau prétexte à désespérer de l’école. A quoi sert-il de mettre plus de moyens dans les zones sensibles alors que l’on ne parvient pas à y stabiliser les équipes éducatives ? A quoi sert-il de diminuer le nombre des élèves par classe si c’est pour y utiliser plus intensément des méthodes qui ne fonctionnent guère ? A quoi sert-il de mettre des moyens supplémentaires s’ils servent d’abord à alimenter la machine à détecter et à orienter les élèves « à problèmes » devant lesquels renonce la pédagogie « normale » ?
    A quoi sert-il de mettre des moyens supplémentaires s’ils ne réduisent pas le déséquilibre des ressources allouées au cycle primaire et au lycée, et si les ruptures pédagogiques entre la petite école et le collège ne sont pas atténuées ? A quoi sert-il de mettre des moyens si les enseignants ne sont pas formés à leur métier ?

     

    Durant plus de trente ans, l’école française s’est massifiée sans se démocratiser et sans accepter réellement ce que la massification exigeait. Aujourd’hui, tant dans le public que dans le privé, la concurrence devient la règle et, si nous n’y prenons pas garde, l’école républicaine ne sera bientôt plus qu’un mot et un décor.

    #éducation #réforme #financement #démocratisation