• #Développement_humain (2020)

    - L´#indice_de_développement_humain et ses composantes
    – L´évolution de l´indice de développement humain
    – L´indice de développement humain ajusté aux #inégalités
    – L´indice de développement de #genre
    – L´indice d´#inégalités_de_genre
    – Indice de #pauvreté multidimensionnelle : pays en développement
    – Tendances démographiques
    #Santé
    – Niveaux d´#instruction
    #Revenu_national et composition des ressources
    #Travail et #emploi
    #Sécurité_humaine
    #Mobilité humaine et flux de capitaux
    – Qualité du développement humain
    – Inégalités femmes-hommes sur le cycle de vie
    – Autonomisation des #femmes
    #Durabilité_environnementale
    – Viabilité socio-économique

    http://www.cartostat.eu/dr=2020_developpement_humain/F/TABLEAU.html

    #cartothèque #cartes #visualisations #développement_humain
    #ressources_pédagogiques #statistiques #chiffres #monde
    #inégalités #démographie #éducation #mobilité_humaine #dette #tourisme #migrations #téléphone #téléphone_mobile #mortalité_infantile #paludisme #tuberculeuse #VIH #HIV #scolarisation #alphabétisation #PIB #chômage #réfugiés #IDPs #déplacés_internes #suicide #suicides #violence_domestique #violence_conjugale #alimentation #déficit_alimentaire #espérance_de_vie #lits_d'hôpitaux #soins #médecin #PISA #électricité #eau_potable #assainissement #travail_domestique #accouchement #contraception #congé_maternité #combustibles_fossiles #CO2 #émissions_de_CO2 #forêt #engrais #industrie_agro-alimentaire #pollution #pollution_atmosphérique #hygiène #dépenses_militaires #armée #pauvreté

    ping @reka

  • Tous chasseurs cueilleurs !
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-08-juin-2019

    Quand la civilisation menace l’#environnement... retour à la chasse et la cueillette. Entretien avec James C. Scott autour de son livre "#HomoDomesticus, une histoire profonde des premiers Etats".

    On a tous en tête des souvenirs d’école sur les débuts de l’Histoire avec un grand H. Quelque part entre le Tigre et l’Euphrate il y a 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs se sont peu à peu sédentarisés en domestiquant les plantes et les animaux, inventant dans la foulée l’#agriculture, l’écriture et les premiers Etats. C’était l’aube de la #civilisation et le début de la marche forcée vers le #progrès.

    Cette histoire, #JamesScott, anthropologue anarchiste et professeur de sciences politiques, l’a enseignée pendant des années à ses élèves de l’Université de Yale. Mais les découvertes archéologiques dans l’actuel Irak des dernières années l’ont amené à réviser complètement ce « storytelling » du commencement des sociétés humaines, et par là même remettre en question notre rapport au monde dans son dernier livre : Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats (Ed. La Découverte).

    Alors même que climat et biodiversité sont aujourd’hui plus que jamais menacés par les activités humaines, James C. Scott propose de réévaluer l’intérêt des sociétés d’avant l’Etat et l’agriculture. Car ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps résisté face aux civilisations agraires, basées sur les céréales et qui, en domestiquant le monde, se sont domestiqués eux-mêmes, en appauvrissant leur connaissance du monde.

    Un reportage de Giv Anquetil.
    Les liens

    James C. Scott : « Le monde des chasseurs-cueilleurs était un monde enchanté » (Le grand entretien) par Jean-Christophe Cavallin, Diakritik

    Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux, Editions Libertalia

    "Amador Rojas invite Karime Amaya" Chapiteau du Cirque Romanès - Paris 16, Paris. Prochaine séance le vendredi 14 juin à 20h.

    Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats, James C. Scott (Editions La Découverte)

    Eloge des chasseurs-cueilleurs, revue Books (mai 2019).

    HOMO DOMESTICUS - JAMES C. SCOTT Une Histoire profonde des premiers États [Fiche de lecture], Lundi matin

    Bibliographie de l’association Deep Green Resistance
    Programmation musicale

    "Mesopotamia"- B52’s

    "Cholera" - El Rego et ses commandos

    #podcast @cdb_77

    • Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États

      Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
      C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire #Homo_domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’#État antique comme étape cruciale de la « #civilisation » humaine.
      Ce faisant, il nous offre une véritable #écologie_politique des formes primitives d’#aménagement_du_territoire, de l’« #autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la #sédentarisation et des logiques de la #servitude et de la #guerre dans le monde antique.
      Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».


      https://www.editionsladecouverte.fr/homo_domesticus-9782707199232

      #James_Scott #livre #démographie #épidémiologie #évolution #humanité #histoire #inégalité #inégalités #Etat #écologie #anthropologie #ressources_pédagogiques #auto-domestication

    • Fiche de lecture: Homo Domesticus - James C. Scott

      Un fidèle lecteur de lundimatin nous a transmis cette fiche de lecture du dernier ouvrage de James C. Scott, (on peut la retrouver sur le blog de la bibliothèque fahrenheit) qui peut s’avérer utile au moment l’institution étatique semble si forte et fragile à la fois.
      « L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres »
      À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands #récits_civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la #domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du #nomadisme ni engendré l’#agriculture_sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des #chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».
      Dans la continuité de #Pierre_Clastres et de #David_Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      La première domestication, celle du #feu, est responsable de la première #concentration_de_population. La construction de niche de #biodiversité par le biais d’une #horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirable à l’intérieur d’un cercle restreint autour des #campements. La #cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de #digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des #céréales et des #légumineuses, à domestiquer des #chèvres, des #moutons, des #porcs, des #bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. Les premiers grands établissements sédentaires sont apparus en #zones_humides et non en milieu aride comme l’affirment les récits traditionnels, dans des plaines alluviales à la lisière de plusieurs écosystèmes (#Mésopotamie, #vallée_du_Nil, #fleuve_Indus, #baie_de_Hangzhou, #lac_Titicata, site de #Teotihuacan) reposant sur des modes de subsistance hautement diversifiés (sauvages, semi-apprivoisés et entièrement domestiqués) défiant toute forme de comptabilité centralisée. Des sous-groupes pouvaient se consacrer plus spécifiquement à une stratégie au sein d’un économie unifiée et des variations climatiques entraînaient mobilité et adaptation « technologique ». La #sécurité_alimentaire était donc incompatible avec une #spécialisation étroite sur une seule forme de #culture ou d’#élevage, requérant qui plus est un travail intensif. L’#agriculture_de_décrue fut la première à apparaître, n’impliquant que peu d’efforts humains.
      Les #plantes complètement domestiquées sont des « anomalies hyperspécialisées » puisque le cultivateur doit contre-sélectionner les traits sélectionnés à l’état sauvage (petite taille des graines, nombreux appendices, etc). De même les #animaux_domestiqués échappent à de nombreuses pressions sélectives (prédation, rivalité alimentaire ou sexuelle) tout en étant soumis à de nouvelles contraintes, par exemple leur moins grande réactivité aux stimuli externes va entraîner une évolution comportementale et provoquer la #sélection des plus dociles. On peut dire que l’espèce humaine elle-même a été domestiquée, enchaînée à un ensemble de routines. Les chasseurs-cueilleurs maîtrisaient une immense variété de techniques, basées sur une connaissance encyclopédique conservée dans la mémoire collective et transmise par #tradition_orale. « Une fois qu’#Homo_sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées. » James C. Scott considère la #révolution_néolithique récente comme « un cas de #déqualification massive », suscitant un #appauvrissement du #régime_alimentaire, une contraction de l’espace vital.
      Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’elles exigeaient. Ils ont peut-être été contraints d’essayer d’extraire plus de #ressources de leur environnement, au prix d’efforts plus intenses, à cause d’une pénurie de #gros_gibier.
      La population mondiale en 10 000 avant notre ère était sans doute de quatre millions de personnes. En 5 000, elle avait augmenté de cinq millions. Au cours des cinq mille ans qui suivront, elle sera multipliée par vingt pour atteindre cent millions. La stagnation démographique du #néolithique, contrastant avec le progrès apparent des #techniques_de_subsistance, permet de supposer que cette période fut la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité sur le plan épidémiologique. La sédentarisation créa des conditions de #concentration_démographique agissant comme de véritables « parcs d’engraissement » d’#agents_pathogènes affectant aussi bien les animaux, les plantes que les humains. Nombre de #maladies_infectieuses constituent un « #effet_civilisationnel » et un premier franchissement massif de la barrière des espèces par un groupe pathogènes.
      Le #régime_alimentaire_céréalier, déficient en #acides_gras essentiels, inhibe l’assimilation du #fer et affecte en premier lieu les #femmes. Malgré une #santé fragile, une #mortalité infantile et maternelle élevée par rapport aux chasseurs-cueilleurs, les agriculteurs sédentaires connaissaient des #taux_de_reproduction sans précédent, du fait de la combinaison d’une activité physique intense avec un régime riche en #glucides, provoquant une #puberté plus précoce, une #ovulation plus régulière et une #ménopause plus tardive.

      Les populations sédentaires cultivant des #céréales domestiquées, pratiquant le commerce par voie fluviale ou maritime, organisées en « #complexe_proto-urbain », étaient en place au néolithique, deux millénaires avant l’apparition des premiers États. Cette « plateforme » pouvait alors être « capturée », « parasitée » pour constituer une solide base de #pouvoir et de #privilèges politiques. Un #impôt sur les céréales, sans doute pas inférieur au cinquième de la récolte, fournissait une rente aux élites. « L’État archaïque était comme les aléas climatiques : une menace supplémentaire plus qu’un bienfaiteur. » Seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt, de part leur visibilité, leur divisibilité, leur « évaluabilité », leur « stockabilité », leur transportabilité et leur « rationabilité ». Au détour d’un note James C. Scott réfute l’hypothèse selon laquelle des élites bienveillantes ont créé l’État essentiellement pour défendre les #stocks_de_céréales et affirme au contraire que « l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres ». La majeure partie du monde et de sa population a longtemps existé en dehors du périmètre des premiers États céréaliers qui n’occupaient que des niches écologiques étroites favorisant l’#agriculture_intensive, les #plaines_alluviales. Les populations non-céréalières n’étaient pas isolées et autarciques mais s’adonnaient à l’#échange et au #commerce entre elles.
      Nombre de #villes de #Basse_Mésopotamie du milieu du troisième millénaire avant notre ère, étaient entourées de murailles, indicateurs infaillibles de la présence d’une agriculture sédentaire et de stocks d’aliments. De même que les grandes #murailles en Chine, ces #murs d’enceinte étaient érigés autant dans un but défensif que dans le but de confiner les paysans contribuables et de les empêcher de se soustraire.
      L’apparition des premiers systèmes scripturaux coïncide avec l’émergence des premiers États. Comme l’expliquait #Proudhon, « être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé ». L’#administration_étatique s’occupait de l’#inventaire des ressources disponibles, de #statistiques et de l’#uniformisation des #monnaies et des #unités_de_poids, de distance et de volume. En Mésopotamie l’#écriture a été utilisée à des fins de #comptabilité pendant cinq siècle avant de commencer à refléter les gloires civilisationnelles. Ces efforts de façonnage radical de la société ont entraîné la perte des États les plus ambitieux : la Troisième Dynastie d’#Ur (vers 2100 avant J.-C.) ne dura qu’à peine un siècle et la fameuse dynastie #Qin (221-206 avant J.-C.) seulement quinze ans. Les populations de la périphérie auraient rejeté l’usage de l’écriture, associée à l’État et à l’#impôt.

      La #paysannerie ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites non productrices et devait être contrainte par le biais de #travail_forcé (#corvées, réquisitions de céréales, #servitude pour dettes, #servage, #asservissement_collectif ou paiement d’un tribu, #esclavage). L’État devait respecter un équilibre entre maximisation de l’excédent et risque de provoquer un exode massif. Les premiers codes juridiques témoignent des efforts en vue de décourager et punir l’#immigration même si l’État archaïque n’avait pas les moyens d’empêcher un certain degré de déperdition démographique. Comme pour la sédentarité et la domestication des céréales, il n’a cependant fait que développer et consolider l’esclavage, pratiqué antérieurement par les peuples sans État. Égypte, Mésopotamie, Grèce, Sparte, Rome impériale, Chine, « sans esclavage, pas d’État. » L’asservissement des #prisonniers_de_guerre constituait un prélèvement sauvage de main d’œuvre immédiatement productive et compétente. Disposer d’un #prolétariat corvéable épargnait aux sujets les travaux les plus dégradants et prévenait les tensions insurrectionnelles tout en satisfaisant les ambitions militaires et monumentales.

      La disparition périodique de la plupart de ces entités politiques était « surdéterminée » en raison de leur dépendance à une seule récolte annuelle d’une ou deux céréales de base, de la concentration démographique qui rendait la population et le bétail vulnérables aux maladies infectieuses. La vaste expansion de la sphère commerciale eut pour effet d’étendre le domaine des maladies transmissibles. L’appétit dévorant de #bois des États archaïques pour le #chauffage, la cuisson et la #construction, est responsable de la #déforestation et de la #salinisation_des_sols. Des #conflits incessants et la rivalité autour du contrôle de la #main-d’œuvre locale ont également contribué à la fragilité des premiers États. Ce que l’histoire interprète comme un « effondrement » pouvait aussi être provoqué par une fuite des sujets de la région centrale et vécu comme une #émancipation. James C. Scott conteste le #préjugé selon lequel « la concentration de la population au cœur des centres étatiques constituerait une grande conquête de la civilisation, tandis que la décentralisation à travers des unités politiques de taille inférieure traduirait une rupture ou un échec de l’ordre politique ». De même, les « âges sombres » qui suivaient, peuvent être interprétés comme des moments de résistance, de retours à des #économies_mixtes, plus à même de composer avec son environnement, préservé des effets négatifs de la concentration et des fardeaux imposés par l’État.

      Jusqu’en 1600 de notre ère, en dehors de quelques centres étatiques, la population mondiale occupait en majorité des territoires non gouvernés, constituant soit des « #barbares », c’est-à-dire des « populations pastorales hostiles qui constituaient une menace militaire » pour l’État, soit des « #sauvages », impropres à servir de matière première à la #civilisation. La menace des barbares limitait la croissance des États et ceux-ci constituaient des cibles de pillages et de prélèvement de tribut. James C. Scott considère la période qui s’étend entre l’émergence initiale de l’État jusqu’à sa conquête de l’hégémonie sur les peuples sans État, comme une sorte d’ « âge d’or des barbares ». Les notions de #tribu ou de peuple sont des « #fictions_administratives » inventées en tant qu’instrument de #domination, pour désigner des #réfugiés politiques ou économiques ayant fuit vers la périphérie. « Avec le recul, on peut percevoir les relations entre les barbares et l’État comme une compétition pour le droit de s’approprier l’excédent du module sédentaire « céréales/main-d’œuvre ». » Si les chasseurs-cueilleurs itinérants grappillaient quelques miettes de la richesse étatique, de grandes confédérations politiques, notamment les peuples équestres, véritables « proto-États » ou « Empires fantômes » comme l’État itinérant de #Gengis_Kahn ou l’#Empire_Comanche, constituaient des concurrents redoutables. Les milices barbares, en reconstituant les réserves de main d’œuvre de l’État et en mettant leur savoir faire militaire au service de sa protection et de son expansion, ont creusé leur propre tombe.

      Dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une #anomalie et une #contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      https://lundi.am/HOMO-DOMESTICUS-Une-Histoire-profonde-des-premiers-Etats
      #historicisation

  • The Danger of Anti-Immigrant Extremism Posing as Environmentalism—and Who Funds It

    With President Joe Biden in the White House and Vice President Kamala Harris providing the deciding vote in the Senate, a range of long-sought Democratic policy goals are back in play, albeit just barely. That includes ambitious agendas on immigration and the environment.

    Could this be the administration that pushes through comprehensive immigration reform after decades of failed attempts? Will youth activists and the burgeoning movement for a Green New Deal provide a pathway to major climate legislation? If so, advocates and their funders alike face a tough road ahead, including an obstructionist congressional minority and opponents on both fronts that will look to appeal to the public’s darkest impulses to build opposition.

    At this inflection point, a report this month from the Center for American Progress, “The Extremist Campaign to Blame Immigrants for U.S. Environmental Problems,” offers a timely overview of the history of how opponents of immigration falsely portray it as a threat to the natural world—a strategy we’re likely to see more of in the months ahead. The report offers a valuable review of these efforts, ranging from the past anti-immigrant stances of some of the nation’s best-known environmental groups to the funders that have bankrolled the nation’s largest anti-immigration groups.

    Four years of an administration defined by its opposition to immigration, plus growing attention to climate change, breathed new life into the toxic and racist narrative of immigrants as a cause of environmental degradation. As the report lays out, this argument—often part of a right-wing, white supremacist ideology known as ecofascism, though CAP’s report does not use the term—found allies in the top echelons of government and media, including a former head of the U.S. Bureau of Land Management and conservative commentators like Ann Coulter and Fox News host Tucker Carlson.

    In contemporary politics, this strategy is mainly seen as a right-wing phenomenon or an artifact of the racist and Eurocentric early history of conservation. Yet the fact that anti-immigrant sentiment found a home within top environmental groups, including Earthfirst! and the Sierra Club, which had a major faction in support of these ideas as late as 2004, is a reminder that it has found fertile soil in a variety of political camps. That makes the narrative all the more dangerous, and one against which funders working in both immigration and the environment ought to take a firm and vocal stance.

    Who’s funding anti-immigration work in the name of the environment?

    Although not comprehensive, the report highlights three funders as key backers of anti-immigration groups: Colcom Foundation, Weeden Foundation and Foundation for the Carolinas. The first two are, in their branding and language, environmental funders—and make those grants in the name of preventing further damage to the natural world.

    Colcom, founded by Mellon Bank heir Cordelia Scaife May, is far and away the largest funder. With a roughly $500 million endowment, it has provided a large share of the support for a network of groups founded by John Tanton, a Sierra Club official in the 1980s, whom the Southern Poverty Law Center (SPLC) calls “the racist architect of the modern anti-immigrant movement.”

    Recipients include NumbersUSA, Federation for American Immigration Reform (FAIR), and the Center for Immigration Studies, which we once called “Trump’s favorite immigration think tank.” The latter two are classified as hate groups by the SPLC, a designation the organizations reject.

    In keeping with the bending of reflexive political categories, it’s worth noting that May—who died in 2005—was also a substantial funder of Planned Parenthood due to her prioritization of “population control” as a means of achieving conservation. In 2019, the New York Times documented May’s dark journey to becoming a leading funder of the modern anti-immigrant movement, and the millions her foundation continued to move, long after her death, in support of ideas that gained a receptive audience in a nativist Trump administration. May’s wealth came from the Mellon-Scaife family fortune, which yielded several philanthropists, including another prominent conservative donor, Richard Mellon Scaife.

    Weeden, led by Don Weeden, has funded a similar who’s who of top anti-immigration groups, as well as lower-profile or regional groups like Californians for Population Stabilization, Progressives for Immigration Reform—which CAP calls the “most central organization in the anti-immigrant greenwashing universe”—and the Rewilding Institute.

    Both Weeden and Colcom, as well as the groups they fund, generally say they are neither anti-immigrant nor anti-immigration. Aside from restrictionist policy positions and racist comments by former leaders, it is revealing that the groups they fund are the favored information sources for some of the most virulently anti-immigrant politicians, both historically and among those who rose prominence during the Trump administration. For a deeper dive on Weeden and Colcom, see my colleague Philip Rojc’s excellent 2019 piece on these grantmakers.

    Finally, there is the Foundation for the Carolinas, which in many ways is a typical community foundation, with initiatives on topics from COVID-19 relief to local arts. But it also hosts a donor-advised fund that has supported several anti-immigration groups, including Center for Immigration Studies, FAIR and NumbersUSA. That fund channeled nearly $21 million to nine such groups between 2006 and 2018, according to the report.

    There’s a connection here to a larger problem of private foundations and DAFs, some of which are housed at community foundations, supporting 501(c)(3) nonprofits identified as hate groups, according to a recent analysis from the Chronicle of Philanthropy. Foundation for the Carolinas also made its list of top donors to these groups.

    An ideology funders must fight against

    As the debates over both immigration and climate policies move forward under this new administration, and the opposition marshals efforts to defeat them, this report offers a helpful guide to this enduring and noxious myth. It’s also an important reminder that if these ideas are not called actively combated, they can take root within well-intentioned efforts. Though it seems only a small number of foundations directly fund groups advancing these ideas, anti-immigrant sentiment is insidious.

    For example, while some commentators are suggesting that acceding to Trump-fueled demands for a border wall is how Congress could reach bipartisan action on immigration reform, the report notes how the existing sections of wall are ineffective against furtive crossings, disruptive to species migration, and in violation of Indigenous sacred sites. These facts—and more broadly, the connection to white supremacist and fascist movements—should put foundations on guard, whether they support grantees pushing for immigration reform, action on climate or both.

    With the United States and other nations facing greater and greater pressures from climate change—particularly as it forces migration from regions like Latin America and the Middle East—philanthropy would do well to be proactive now and draw a bright line in countering this ideology’s propagation.

    https://www.insidephilanthropy.com/home/2021/2/24/anti-immigrant-environmentalism-is-resurgent-new-report-looks-at
    #extrême_droite #anti-migrants #USA #Etats-Unis #environnementalisme #environnement #migrations #nature #dégradation_environnementale #écofascisme #éco-fascisme #suprématisme_blanc #extrême_droite #Ann_Coulte #Tucker_Carlson #racisme #Earthfirst #Sierra_Club #deep_ecology #fondations #Colcom_Foundation #Weeden_Foundation #Foundation_for_the_Carolinas #Mellon_Bank #Cordelia_Scaife_May #mécénat #John_Tanton #NumbersUSA #Federation_for_American_Immigration_Reform (#FAIR) #Center_for_Immigration_Studies #Planned_Parenthood #démographie #contrôle_démographique #néo-malthusianisme #néomalthusianisme #protection_de_l'environnement #philanthropie #Richard_Mellon_Scaife #Weeden #Don_Weeden #Californians_for_Population_Stabilization #Progressives_for_Immigration_Reform #Rewilding_Institute

    • The Extremist Campaign to Blame Immigrants for U.S. Environmental Problems

      With growing frequency over the past four years, right-wing pundits, policymakers, and political operatives have fiercely and furiously blamed immigrants for the degradation and decline of nature in the United States. William Perry Pendley, who temporarily ran the U.S. Bureau of Land Management under former President Donald Trump, saw “immigration as one of the biggest threats to public lands,” according to an agency spokesperson.1 A handful of right-wing anti-immigration zealots, including Joe Guzzardi, have repeatedly misused data published by the Center for American Progress on nature loss to make xenophobic arguments for anti-immigration policies.2 This so-called “greening of hate”—a term explored by Guardian reporter Susie Cagle—is a common refrain in a wide range of conservative and white supremacist arguments, including those of Ann Coulter, Fox News host Tucker Carlson, neo-Nazi Richard Spencer, and the manifestos of more than one mass shooter.3

      The claim that immigration is to blame for America’s environmental problems is so absurd, racist, and out of the mainstream that it is easily debunked and tempting to ignore. The scientific community, and the little research that has been conducted in this area, resoundingly refutes the premise. Consider, for example, the environmental damage caused by weak and inadequate regulation of polluting industries; the destruction of wildlife habitat to accommodate wealthy exurbs and second homes; the design and propagation of policies that concentrate toxic poisons and environmental destruction near communities of color and low-income communities; the continued subsidization of fossil fuel extraction and trampling of Indigenous rights to accommodate drilling and mining projects; and the propagation of a throw-away culture by industrial powerhouses. All of these factors and others cause exponentially more severe environmental harm than a family that is fleeing violence, poverty, or suffering to seek a new life in the United States.

      The extremist effort to blame immigrants for the nation’s environmental problems deserves scrutiny—and not merely for the purpose of disproving its xenophobic and outlandish claims. The contours, origins, funding sources, and goals of this right-wing effort must be understood in order to effectively combat it and ensure that the extremists pushing it have no place in the conservation movement. The individuals and organizations that are most fervently propagating this argument come largely from well-funded hate groups that are abusing discredited ideologies that were prevalent in the 19th-century American conservation movement in an attempt to make their racist rhetoric more palatable to a public concerned about the health of their environment.

      While leaders of the contemporary, mainstream environmental movement in the United States have disavowed this strain of thought and are working to confront the legacies of colonialism and racism in environmental organizations and policies, a small set of right-wing political operatives are trying to magnify overtly xenophobic and false environmental arguments to achieve specific political objectives. In particular, these right-wing political operatives and their deep-pocketed funders are seeking to broaden the appeal of their anti-immigration zealotry by greenwashing their movement and supplying their right-wing base with alternative explanations for environmental decline that sidestep the culpability of the conservative anti-regulatory agenda. In their refusal to confront the true reasons for environmental decline, they are hurting the people—immigrants, Indigenous peoples, and people of color—who bear a disproportionate burden of environmental consequences and are increasingly the base of the climate justice and conservation movements.

      (...)

      https://www.americanprogress.org/issues/green/reports/2021/02/01/495228/extremist-campaign-blame-immigrants-u-s-environmental-problems

  • Where did all the migrants go? Migration data during the pandemic

    The effects of the Covid-19 pandemic are visible across the whole of society, and migration is no exception. From late March 2020, restrictions on travel, the closure of visa centres, and economic turmoil have had huge impacts on the immigration system. Following a large decline in international travel after the first UK lockdown, passenger numbers remained well below recent averages throughout the year. Grants of visas in categories across the immigration system also dropped in 2020.

    One of the major questions facing migration researchers and policymakers currently is what this all means for migration patterns overall. How much lower is migration because of the pandemic? Who is still coming to the UK and who is not? Who is leaving? Is the migrant population declining?

    The main source of data used to measure immigration and emigration flows—the International Passenger Survey—has been suspended due to the pandemic. As a result, recent attempts to examine how the migrant population is changing have used population survey data, which does not give a direct measure migration flows but does give some insight into the migrant population and how it is changing.

    This commentary examines what we know from currently available data about how the total size of the migrant population has changed in 2020, and concludes:

    - Headline data from the Labour Force Survey (LFS) suggest that the number of migrants living in the UK fell in 2020. In Q3 2020, the estimated foreign-born population was 8.3 million, down from 9.2 million in the same quarter a year earlier. This is a decline of 894,000 or 10%. However, there is enormous uncertainty about these estimates and compelling reasons to believe that they are not accurate.
    - Estimates of the migrant population are based on pre-pandemic projections of the total UK population that are likely to be too high. During the pandemic, the UK population may have declined, but this is not factored in to estimates of the migrant population. All else equal, this would mean that the official figures underestimated the decline in the foreign-born population. But all else is not equal.
    – When the pandemic hit, ONS switched to a socially distanced method of recruiting people into statistical surveys, and this appears to have disproportionately affected migrants’ participation. If migrants are less likely to participate than non-migrants with the new method of data collection, this means their numbers will be underestimated.
    - When we look at data on people recruited into the survey before the pandemic but surveyed in mid-2020, there is still a considerable decline in the migrant share of the UK’s population (e.g. due to emigration), particularly in London. But it is smaller than the headline figures suggest.
    - All this creates significant uncertainty and means that we should be cautious when comparing data from 2019 and 2020. Some of the changes we see will be real but some will be due to new biases in the data caused by the pandemic.

    The demise of the data

    Covid-19 has seriously affected migration data. This means that many of the key questions that we are accustomed to being able to answer about the nature and scale of migration to the UK are now more uncertain.

    First, the International Passenger Survey, which the Office for National Statistics (ONS) previously used to examine immigration, emigration and net migration, was suspended in March 2020 because of the difficulty collecting data through face-to-face interactions at ports and airports during the pandemic. While this survey had many flaws (including a likely overestimate of non-EU net migration and an underestimate of EU net migration), its disappearance leaves us without an alternative set of data measuring overall UK migration flows. ONS had already planned to move away from the IPS when measuring migration, and is currently working on a replacement data source that will draw on administrative records (e.g. tax and benefits payments) instead, but this will not be ready until later this year at the earliest.

    Before the pandemic, National Insurance Number (NINo) registration data also used to provide some insight into migration patterns. (Again, there were many limitations, including the fact that people who are not working will not necessarily apply for a NINo, and that some migrants entering the country live here for much longer than others before applying.) However, this data source also became much less useful in 2020, because the issuance of NINos was disrupted by Covid and new registrations for EU citizens have been suspended.
    Population data from the Labour Force Survey

    In the meantime, we do still have another data source that is often used for examining the migrant population: the Labour Force Survey. This ONS survey continues to collect data from households around the UK about the composition of the current population. A variant of the dataset with some additional respondents (known as the Annual Population Survey [APS]) is used to produce regular estimates of the total migrant population of the UK, by country of birth and nationality. Historically, the LFS/APS has been one of the most important sources of data for research on migration, though it has limitations too.

    In theory, the data can be used to track rises or falls in the migrant population over time. It does not provide a direct measure of migration and excludes people in communal establishments, which are not included in the survey, and has also underrepresented newly arrived migrants. However, over the long run it should give some insight into the impact of migration on the migrant population. If, for example, Covid-19 caused a big decrease in immigration and an increase in emigration, we should expect to see changes in the migrant population living in the UK too.

    Headline LFS data for the first three quarters of 2020 do in fact show a big decline in the estimated migrant population in 2020. In Q3 2020, the estimated foreign-born population was 8.3 million, down from 9.2 million in the same quarter a year earlier. This is a decline of 894,000 or 10%.

    So have close to one million migrants really emigrated? Unfortunately, it is very difficult to say.

    This is because we know that the pandemic caused serious problems in the collection of data, and it is possible that these have particularly affected data on migrants.

    There are two main ingredients in the estimate of the migrant population, both of which are creating uncertainty:

    – The LFS/APS data: this is used to calculate the share of the population that is foreign born or UK born.
    – ONS projections for the size of the population: these are needed to translate information on characteristics of people in the LFS/APS into absolute numbers of people.

    Uncertainty about the size of the UK’s population

    The LFS only tells us the share of the population that has a particular characteristic, like being born abroad. It does not tell us how big the population is. Usually, assumptions about the total population are based on population projections, which are set out in advance and do not account for short-term shocks like a pandemic. The LFS methodology assumes that the total population of the UK increased by around 370,000 in the year ending Q3 2020. This is based on the annual population growth estimated by the ONS, which is accurate under normal circumstances. However, if the total population had changed – e.g. due to large-scale emigration or excess deaths – this would not be reflected in the figures. In other words, the LFS-based estimates are based on the (surely incorrect) assumption that the UK’s population continued to grow in 2020 in the same way it had done in previous years.

    A consequence of this is that when the estimated share of the UK population that was born abroad declined in 2020, this mechanically led to an estimated 1.25m increase in the estimated number of UK-born people living in the UK (Figure 2). In practice, this is not plausible. It cannot be explained by births and deaths (births are relatively constant over time and deaths went up in 2020). It is unlikely to be explained by overseas-resident Brits returning home: LFS data suggest that, at least in Q2 2020, the number of Brits who had been living overseas a year earlier was only 79,000 – similar to the figure in previous years.

    As Jonathan Portes and Michael O’Connor have pointed out in separate analysis, we can adjust the data so that the UK-born population is held at a plausible level and the total estimated UK population is adjusted downwards to account for likely emigration. Doing this means that the estimated decline in the migrant population is even larger than 894,000. Their calculations put the adjusted figure at just under 1.3m.

    However, there is something else going on in the data that changes the picture, and works in the opposite direction.
    Changes in data collection methods may disproportionately affect migrants

    As a result of the pandemic, ONS changed the way it contacts people to participate in the LFS. Both pre- and post-pandemic, respondents were sent letters telling them they had been selected into the sample. Where previously interviewers would knock on the door in person for a face-to-face first interview (there are five interviews in total), instead respondents had to get in touch to provide their phone number. If they did not, ONS could chase them up if they could obtain their phone number from other sources, but in many cases this is not possible.

    This change in recruitment method was followed by a big drop in response rates, particularly among people living in rented accommodation (rather than owner-occupied homes). This is a problem because it introduces new bias into the estimates (e.g. if renters are less likely to participate, we will underestimate the number of renters in the UK). To address this, ONS adjusted the weights that are used to analyse the data, so that the share of the population living in different accommodation types remained constant. As ONS has pointed out, this is a temporary and imperfect solution to the problem and does not address the risk of bias resulting from other groups of people who might have become less likely to respond to the survey, including migrants.

    It is possible that migrants were disproportionately affected by the change in the way survey respondents were recruited (the move to telephone contact) and therefore that some of what we saw in 2020 is an increase in migrants not participating in the survey, rather than just emigration.

    Existing research shows that survey response rates are often lower for migrants, and are affected by factors like language proficiency, trust and survey data collection methods. In the UK case, migrants may have been less likely to get in touch with ONS to participate in the survey, or less likely to have a landline allowing ONS to chase up non-responders.

    Without another data source to check the figures against, there is no hard and fast way to identify how much of the apparent decrease in the foreign-born population is due to emigration and how much is due to migrants not responding to the survey. However, there are some clues in the data that suggest that some of what we are seeing is a statistical rather than a real change.
    Some indications that the drop in the migrant population may be smaller than the headline figures suggest

    Survey participants remain in the LFS for five quarters, unless they move house, emigrate or decide to drop out. In the summer of 2020 (Q3), some of the LFS respondents were people who were recruited into the survey before the pandemic, under the old, face-to-face method; some were people who had been selected under the new, socially distanced method.

    Figure 3 shows the estimated share of the population from 2018 to 2020 based on different groups of respondents. The purple line shows only those who are in their third, fourth or fifth wave of the survey; the large majority of these people will not have been affected by the change in selection method in 2020, because they were recruited by the end of March 2020. The blue line shows the share estimated using only the first and second waves of the survey. By Q3 2020, all of this group would have been recruited using the new method.

    The figures are presented as percentages rather than absolute numbers, to avoid the problem that we do not have a reliable estimate for the UK population in 2020.

    Normally, the estimated migrant share of the population is quite similar regardless of whether we look at waves 1-2 or waves 3-5. (In recent years it has actually been slightly higher on average for waves 3-5, with UK-born respondents more likely to drop out of the survey between waves.) However, the two lines diverge substantially in 2020. In other words, the recent decline in the estimated foreign-born population share is larger among people recruited under the new method.

    When we look at all waves of data, the foreign-born share of the population falls by 1.4 percentage points from Q3 2019 to Q3 2020, from 13.9% to 12.5%. For respondents recruited under the new system, however, the estimated migrant share fell from 13.5% to 11.2% (2.3 percentage points). Among people recruited under the old method, the decline was smaller: 14.3% to 13.7% or 0.7 percentage points.

    The potential impact of migrant non-response outweighs the effect of uncertainty about the population discussed above. As a back-of-the envelope calculation, Table 1 shows what happens if we assume that the migrant share of the population only declined by the amount the waves 3-5 data suggests, i.e. that it was 14.3% in Q3 2019 and 13.7% in Q3 2020. It then multiplies these percentages by various different options for the total UK population size. The data suggest that even if the UK’s population had declined by 1 million, the total decline in the migrant population would be “only” around 580,000.

    These figures are not at all conclusive, and are not intended to be a ‘better’ estimate of the decline in the migrant population. Estimates from the LFS are often volatile, and data from a single quarter often change more than one would expect as a result of sampling variation alone. It is usually therefore not a good idea to draw strong conclusions from just a couple of quarters of data. People who participate in waves 3-5 of the LFS may also be different to the ones who only participate in the first 1-2 interviews. The figures are therefore simply designed to illustrate the uncertainty we currently face when comparing pre- and post-pandemic figures over time.

    However, with these caveats in mind we can reasonably draw three conclusions. First, a decline in the migrant population does appear to have taken place in 2020, at least from the data that is available to us at present. Second, migrant non-response has probably amplified the estimated decline in the migrant population, which could be considerably smaller than headline figures suggest. And third, a change in the data collection method means we should be cautious about comparing figures from before and after the change in recruitment method.
    How has the profile of migrant respondents changed?

    In theory, we should expect groups of migrants who are less ‘established’ in the UK to be more likely to leave – for example, people who have recently arrived and who do not have family here. However, these may be some of the same groups who could be more likely not to participate due to the new sampling method (e.g. recently arrived people with language difficulties), making it difficult to disentangle the two.

    When we look in more detail at the groups that have seen the largest declines in the estimated migrant population in the all-wave data, some changes seem plausible given our theoretical expectations about what might have happened during the pandemic, while others are less so.

    Decreases in the estimated migrant population are highest among those who arrived recently, as one might expect, whether the reason is emigration or non-response (Table 3). Recently arrived migrants may be more likely to leave the country, but they could also be more likely not to respond to surveys under the new recruitment method, for example if they are less confident speaking English.

    Similarly, we should expect young people to be more likely to leave the UK than older people, who are more likely to be settled with multiple attachments keeping them in the country. We do indeed see the largest decline in the estimated number of migrants appears among those in their 20s (Table 3), although there are also declines in older age groups too. (Some of these are relatively small and within the bounds of normal sampling variation in the LFS.)

    Surprisingly, however, most of the decline between Q3 2019 and Q3 2020 was driven by families that included dependent children (Table 4) (note that these dependent children may themselves be either UK or foreign born). It would be surprising to see large-scale emigration in this group given that it can be difficult for people with school-age children to move. In principle, we should on the contrary expect single people with fewer attachments to be the most likely to leave the UK.

    Therefore seems likely that people with dependent children have simply become less likely to respond to the survey. Indeed, among the UK-born there is also a decrease in the share of survey respondents with dependent children in the family (data not shown), suggesting higher non-response in these types of families across the board. Since people in families with dependent children make up over half of the decline in the estimated migrant population, this creates another reason to doubt the narrative that emigration alone is driving the change.

    What is happening in London?

    One of the most striking changes in the data is in the geographic distribution of the migrant population. Figure 4 shows the estimated change in the foreign-born share of the population from Q3 2019 to Q3 2020. The first panel uses all the LFS data, and the second panel uses only waves 3-5, i.e. those not affected by the change in data recruitment method.

    The largest decline in the estimated foreign-born share of the population is seen in London (Figure 4). This appears regardless of whether we restrict the analysis to waves 3-5. The all-wave data suggest that the foreign-born share of the population fell by 4.3 percentage points, from 36.0% in Q3 2019 to 31.7% in Q3 2020. (This translates into a decline of over 360,000 people using the [problematic] assumptions about the total population discussed above.) The wave 3-5 data suggest it fell by 3.6 percentage points, from 36.8% to 33.2%. Either way, these are significant changes.

    Which countries of origin are driving the change?

    The change in the migrant share of the population for the UK as a whole appears for both EU and non-EU born groups. The full LFS data show a 0.9 percentage point decline in the non-EU born population share and a 0.5 percentage point decline for EU citizens. The wave 3-5 figures show a 0.5 percentage point decline in the population share for non-EU born and 0.2 percentage point decline for EU. In London, however, both methods suggest that the decline in the migrant share is driven primarily by the non-EU born (Figure 5).

    How can the uncertainty be resolved?

    To understand what has really happened to the UK’s migrant population, we would ideally consult a different data source not affected by the problems discussed here.

    One option is the Census. This will be conducted on 21 March 2021 in most of the UK (the Scottish Census has been postponed to 2022 due to the pandemic). The data are due to become available starting from around 12 months after the Census date. This will not resolve questions about changes over the past year, since it is only conducted every 10 years, but it will at least provide a more accurate figure for most of the UK in 2021.

    Another option is administrative data, such as HMRC and DWP records or visa data. Over the course of 2021 and early 2022 the Home Office will start to publish data on grants of visas under the new immigration system. This now covers both EU and non-EU citizens (unlike in 2020 when EU citizens still had free movement rights) and will give good insight into new arrivals but not the numbers of people living in the country or the numbers leaving.

    The ONS is already in the process of moving towards using administrative data to produce broader migration estimates that will be more similar to previous immigration and emigration figures that were published for 2019 and previous years. However, it may be some time before new statistical publications are regularly available using the data.

    https://migrationobservatory.ox.ac.uk/resources/commentaries/where-did-all-the-migrants-go-migration-data-during-the-p
    #données #fiabilité #migrations #UK #Angleterre #chiffres #statistiques #pandémie #covid-19 #coronavirus #démographie #étrangers #population_étrangère #Londres

    ping @simplicissimus

  • Les frontières se ferment donc la population étrangère augmente…

    À fin décembre 2020, 2’151’854 ressortissants étrangers résidaient en #Suisse. Le Secrétariat d’Etat aux migrations vient de révéler à ce sujet un drôle de paradoxe : alors qu’en 2020, l’#immigration a diminué de 2,6 % par rapport à 2019, la #population_étrangère a augmenté nettement plus rapidement qu’auparavant : +40’442 [+1.9%] en 2020 contre +30’243 [+1.5%] en 2019.

    Si la diminution de l’immigration durant cette année « COVID » s’explique aisément par les restrictions d’entrée mises en place par la Suisse et surtout par le manque de perspectives économiques liées à la pandémie, comment expliquer la croissance accélérée de la population étrangère ? La réponse est simple : de nombreuses personnes déjà présentes en Suisse ont renoncé à quitter le pays, tant et si bien que l’#émigration (les départs) a fortement diminué (-12.1%)[1]. On peut grosso modo considérer que 10’000 personnes étrangères ont ainsi décidé (ou été contraintes) de rester en Suisse l’an passé alors qu’elles seraient parties en temps normal. L’inquiétude de ne pouvoir revenir a joué un rôle, de même que les incertitudes sur les perspectives à l’étranger[2].

    Le solde migratoire de la Suisse (arrivées moins départs) a donc augmenté malgré les restrictions d’entrée !

    S’il surprend à première vue, ce paradoxe est bien connu des géographes et autres migratologues sous le nom de « #net_migration_bounce » (#rebond_du_solde_migratoire). Il avait été mis en évidence de manière spectaculaire il y quelques années par une étude sur les politiques de #visas de 34 pays. Il en ressortait que lorsqu’un pays d’immigration se montre très restrictif en matière d’entrées, ces dernières diminuent, certes, mais les personnes qui parviennent à obtenir le précieux sésame ne repartent plus, de peur de ne pas pouvoir entrer à nouveau[3]. Un résultat similaire ressort d’une étude sur les politiques d’immigration de la France, de l’Italie et de l’Espagne vis-à-vis des Sénégalais entre 1960 et 2010[4]. Ces derniers se sont avérés d’autant plus enclins à retourner au Sénégal que les politiques d’entrée en Europe ont été ouvertes. A l’inverse, le resserrement des conditions d’entrée a poussé les expatriés à le rester.

    L’année 2020 reste exceptionnelle, mais la leçon générale à tirer du paradoxe de la fermeture des frontières est que loin d’être statique, la population issue de la migration est – tout au moins pour partie – en constant mouvement. Il est loin le temps où une migration se faisait de manière définitive et pour toute une vie[5]. Beaucoup de gens arrivent, beaucoup de gens partent, et parfois reviennent ! C’est aussi cette réalité que les politiques d’accueil doivent prendre en compte.

    [1] Pour être complet, il y a lieu de tenir compte aussi des naturalisations et des décès (qui font diminuer la population étrangère) et des naissances (qui la font augmenter). L’évolution de ces facteurs a toutefois joué un rôle plus faible que le solde migratoire dans l’évolution de 2020.

    [2] Après le relâchement des contraintes de mobilité de la deuxième moitié 2020, le quatrième trimestre de l’année a d’ailleurs vu l’émigration reprendre son rythme habituel.

    [3] Czaika, M., and H. de Haas. 2017. The Effect of Visas on Migration Processes. International Migration Review 51 (4):893-926.

    [4] Flahaux, M.-L. 2017. The Role of Migration Policy Changes in Europe for Return Migration to Senegal. International Migration Review 51 (4):868-892.

    [5] On notera que dans des pays plus marqués par des migrations « traditionnelles » de longue durée et par moins de mobilité, le paradoxe que nous venons de relever pour la Suisse ne semble pas s’être manifesté. On peut faire l’hypothèses que ce soit le cas du Canada https://www.bnnbloomberg.ca/closed-borders-halt-canada-s-population-growth-during-pandemic-1.150097

    https://blogs.letemps.ch/etienne-piguet/2021/02/05/les-frontieres-se-ferment-donc-la-population-etrangere-augmente

    #fermeture_des_frontières #migrations #démographie #paradoxe #solde_migratoire #frontières

    ping @isskein @karine4

  • Vers un #tournant_rural en #France ?

    En France, la seconde moitié du XXe siècle marque une accélération : c’est durant cette période que la population urbaine progresse le plus fortement pour devenir bien plus importante que la population rurale. À l’équilibre jusqu’à l’après-guerre, la part des urbains explose durant les « trente glorieuses » (1945-1973).

    Dans les analyses de l’occupation humaine du territoire national, l’#exode_rural – ce phénomène qui désigne l’abandon des campagnes au profit des centres urbains – a marqué l’histoire de France et de ses territoires. En témoigne nombre de récits et d’études, à l’image des travaux de Pierre Merlin dans les années 1970 et, plus proches de nous, ceux de Bertrand Hervieu.

    Ce long déclin des campagnes est documenté, pointé, par moment combattu. Mais depuis 1975, et surtout après 1990, des phénomènes migratoires nouveaux marquent un renversement. Le #rural redevient accueillant. La #périurbanisation, puis la #rurbanisation ont enclenché le processus.

    La période actuelle marquée par un contexte sanitaire inédit questionne encore plus largement. N’assisterait-on pas à un #renversement_spatial ? La crise en cours semble en tous cas accélérer le phénomène et faire émerger une « #transition_rurale ».

    Si cette hypothèse peut être débattue au niveau démographique, politique, économique et culturel, elle nous pousse surtout à faire émerger un nouveau référentiel d’analyse, non plus pensé depuis l’#urbanité, mais depuis la #ruralité.


    https://twitter.com/afpfr/status/1078546339133353989

    De l’exode rural…

    Dans la mythologie moderne française, l’exode rural a une place reconnue. Les #campagnes, qui accueillent jusque dans les années 1930 une majorité de Français, apparaissent comme le réservoir de main-d’œuvre dont l’industrie, majoritairement présente dans les villes a alors cruellement besoin. Il faut ainsi se rappeler qu’à cette époque, la pluriactivité est répandue et que les manufactures ne font pas toujours le plein à l’heure de l’embauche en période de travaux dans les champs.

    Il faudra attendre l’après-Seconde Guerre mondiale, alors que le mouvement se généralise, pour que la sociologie rurale s’en empare et prenne la mesure sociale des conséquences, jusqu’à proclamer, en 1967 avec #Henri_Mendras, « la #fin_des_paysans ».

    L’#urbanisation constitue le pendant de ce phénomène et structure depuis la géographie nationale. Dans ce contexte, la concentration des populations à l’œuvre avait déjà alerté, comme en témoigne le retentissement de l’ouvrage de Jean‑François Gravier Paris et le désert français (1947). Quelques années plus tard, une politique d’#aménagement_du_territoire redistributive sera impulsée ; elle propose une #délocalisation volontaire des emplois de l’#Ile-de-France vers la « #province », mais sans véritablement peser sur l’avenir des campagnes. Le temps était alors surtout aux métropoles d’équilibre et aux grands aménagements (ville nouvelle – TGV – création portuaire).

    https://www.youtube.com/watch?v=JEC0rgDjpeE&feature=emb_logo

    Pour la France des campagnes, l’exode rural se traduisit par un déplacement massif de population, mais aussi, et surtout, par une perte d’#identité_culturelle et une remise en cause de ses fondements et de ses #valeurs.

    Le virage de la #modernité, avec sa recherche de rationalité, de productivité et d’efficacité, ne fut pas négocié de la même manière. Les campagnes reculées, où se pratique une agriculture peu mécanisable, subirent de plein fouet le « progrès » ; tandis que d’autres milieux agricoles du centre et de l’ouest de la France s’en tirèrent mieux. L’#exploitant_agricole remplace désormais le #paysan ; des industries de transformation, notamment agroalimentaires, émergent. Mais globalement, le rural quitta sa dominante agricole et avec elle ses spécificités. La campagne, c’était la ville en moins bien.

    Ce référentiel, subi par les populations « restantes », structurait la #vision_nationale et avec elle les logiques d’action de l’État. Cette histoire se poursuivit, comme en témoignent les politiques actuelles de soutien à la #métropolisation, heureusement questionnées par quelques-uns.

    … à l’exode urbain !

    Le recensement de 1975 marque un basculement. Pour la première fois, la population rurale se stabilise et des migrations de la ville vers ses #périphéries sont à l’œuvre.

    Le mouvement qualifié de « périurbanisation » puis de « rurbanisation » marquait une continuité, toujours relative et fixée par rapport à la ville. La « périurbanisation » exprimait les migrations en périphéries, un desserrement urbain. La « rurbanisation », la généralisation du mode de vie urbain, même loin d’elle. Le processus n’est pas homogène et il explique pour une grande part la #fragmentation contemporaine de l’#espace_rural en y conférant des fonctions résidentielles ou récréatives, sur fond d’emplois agricoles devenus minoritaires. Ainsi, la banlieue lyonnaise, l’arrière-pays vauclusien et la campagne picarde offrent différents visages de la ruralité contemporaine.

    Parallèlement, dans les territoires les plus délaissés (en Ardèche, dans l’Ariège, dans les Alpes-de-Haute-Provence par exemple), un « #retour_à_la_terre » s’opère. Si le grand public connaît ces nouveaux résidents sous l’appellation de « #néo-ruraux », des moments successifs peuvent être distingués.

    La chercheuse Catherine Rouvière s’intéressa à ce phénomène en Ardèche ; elle le décrypte en 5 moments.

    Les premiers, avec les « #hippies » (1969-1973), marquèrent culturellement le mouvement, mais peu l’espace, à l’inverse des « néo-ruraux proprement dits » (1975-1985) qui réussirent plus largement leur installation. Plus tard, les « #travailleurs_à_la_campagne » (1985-1995) furent les premiers à faire le choix d’exercer leur métier ailleurs qu’en ville. Enfin, les politiques néolibérales engagèrent dans ce mouvement les « personnes fragiles fuyant la ville » (1995-2005) et mirent en action les « #altermondialistes » (2005-2010). Le départ de la ville est donc ancien.

    https://www.youtube.com/watch?v=NcOiHbvsoA0&feature=emb_logo

    Jean‑Paul Guérin, voit déjà en 1983 dans ce phénomène d’exode urbain une opportunité pour les territoires déshérités de retrouver une élite. Ce qu’on qualifie aujourd’hui d’émigration massive avait ainsi été repéré depuis près de 30 ans, même si l’Insee l’a toujours méthodiquement minoré.

    Vers une transition rurale ?

    Présenter ainsi l’histoire contemporaine des migrations françaises de manière symétrique et binaire est pourtant trompeur.

    Tout comme l’exode rural est à nuancer, l’exode urbain engagé il y a des décennies mérite de l’être aussi. Les relations ville-campagne sont bien connues, la ruralité se décline dorénavant au pluriel et de nouveaux équilibres sont souvent recherchés. Malgré cela, la période actuelle nous oblige à poser un regard différent sur cette histoire géographique au long cours. La crise de la #Covid-19 marque une accélération des mouvements.

    Aujourd’hui, quelques auteurs s’interrogent et proposent des ajustements. En appelant à une Plouc Pride, une marche des fiertés des campagnes, Valérie Jousseaume nous invite ainsi collectivement à nous questionner sur la nouvelle place de la ruralité.

    https://www.youtube.com/watch?v=agAuOcgcOUQ&feature=emb_logo

    Et si, au fond, cette tendance témoignait d’un basculement, d’une transition, d’un tournant rural, démographique, mais aussi et surtout culturel ?

    La période rend en effet visible « des #exilés_de_l’urbain » qui s’inscrivent clairement dans un autre référentiel de valeurs, dans la continuité de ce qui fut appelé les migrations d’agrément. Celles-ci, repérées initialement en Amérique du Nord dans les années 1980 puis en France dans les années 2000, fonctionnent sur une logique de rapprochement des individus à leurs lieux de loisirs et non plus de travail.

    L’enjeu pour ces personnes consiste à renoncer à la ville et non plus de continuer à en dépendre. Dans la ruralité, de nombreux territoires conscients de ce changement tentent de s’affirmer, comme la Bretagne ou le Pays basque.

    Pourtant ils versent souvent, à l’image des métropoles, dans les politiques classiques de #compétitivité et d’#attractivité (#marketing_territorial, politique culturelle, territoire écologique, créatif, innovant visant à attirer entrepreneurs urbains et classes supérieures) et peu s’autorisent des politiques non conventionnelles. Ce phénomène mimétique nous semble d’autant plus risqué que dès 1978, Michel Marié et Jean Viard nous alertaient en affirmant que « les villes n’ont pas les concepts qu’il faut pour penser le monde rural ». Mais alors, comment penser depuis la ruralité ?

    https://www.youtube.com/watch?v=YOEyqkK2hTQ&feature=emb_logo

    Il s’agit d’ouvrir un autre référentiel qui pourrait à son tour servir à relire les dynamiques contemporaines. Le référentiel urbain moderne a construit un monde essentiellement social, prédictif et rangé. Ses formes spatiales correspondent à des zonages, des voies de circulation rapides et de l’empilement. Ici, l’#artificialité se conjugue avec la #densité.

    Le rural accueille, en coprésence, une diversité de réalités. Ainsi, la #naturalité se vit dans la #proximité. Ce phénomène n’est pas exclusif aux territoires peu denses, la naturalisation des villes est d’ailleurs largement engagée. Mais l’enjeu de l’intégration de nouveaux habitants dans le rural est d’autant plus fort, qu’en plus de toucher la vie des communautés locales, il se doit de concerner ici plus encore qu’ailleurs les milieux écologiques.

    Le trait n’est plus alors celui qui sépare (la #frontière), mais devient celui qui fait #lien (la #connexion). La carte, objet du géographe, doit aussi s’adapter à ce nouvel horizon. Et la période qui s’ouvre accélère tous ces questionnements !

    L’histoire de la civilisation humaine est née dans les campagnes, premiers lieux défrichés pour faire exister le monde. La ville n’est venue que plus tard. Son efficacité a par contre repoussé la limite jusqu’à dissoudre la campagne prise entre urbanité diffuse et espace naturel. Mais face aux changements en cours, à un nouvel âge de la #dispersion, la question qui se pose apparaît de plus en plus : pour quoi a-t-on encore besoin des villes ?

    https://theconversation.com/vers-un-tournant-rural-en-france-151490
    #villes #campagne #démographie #coronavirus #pandémie

  • Decree bans new Syrian refugees from settling in #Chlorakas

    The interior ministry quietly issued a decree disallowing any more Syrian refugees from settling in the coastal village of Chlorakas in Paphos, as numbers were causing a huge shift in demographics and creating ‘ghettos’, according to the local community leader.

    “The minister of the interior stopped the settlement of Syrian refugees in Chlorakas a number of weeks ago, but it has only been reported in the media now. This is an important move as we can’t cope with the large number of refugees and we had a number of ghettos which is not acceptable,” Nikolas Liasides, the community leader of Chlorakas said, speaking to the Cyprus Mail on Friday.

    The demographic of the area changed to quickly and the authorities were unable to keep up, he stressed, adding that around 20 per cent of the population is now Syrian.

    Close to 7,000 people reside in Chlorakas, made up of 4,300 Cypriots and other Europeans and around 1,400 Syrian refugees, many from the same area in Syria. He said this number is too large and was mushrooming out of control.

    “We should have around 4 per cent of refugees here and not 20 per cent. We had many problems last summer with criminality and the residents and the community board wanted to do something to stop this from getting worse and so we appealed to the authorities to help,” he added.

    However, on Friday main opposition Akel issued a statement decrying the move as an ‘unprecedented action,’ requesting the government revoke it immediately.

    They said that the decree,” violates the European Directive on the basis of which our national legislation guarantees the right of free movement, establishment and residence of asylum seekers.”

    They also noted that the decree is against the spirit of the Charter of Fundamental Rights, which notes that we must first and foremost respect and safeguard.

    “Akel calls on the government to immediately withdraw this decree and to manage the refugee issue through a human-centered approach, by taking measures in the framework of international and European law and with respect for human rights.”

    But it appears that the move may be constitutionally sound, prominent human rights lawyer Achilleas Demetriades said on Twitter.

    “Article 9Ea, unfortunately, grants the right to the minister to issue such a decree IF it is directed towards the public good. The question is whether such a demographic change is within the public good and to what extent it is against A14 of the constitution,” Demetriades said on Friday.

    Liasides said that the decree was necessary as the large numbers of refugees in the area was causing a number of different issues.

    “There were problems with the old houses they were staying in and also the schools were encountering issues; teachers were finding it almost impossible to teach classes due to the different languages. In a class of 20 kids, 8 would be from Syria, 6 Europeans and 5 Cypriots, it was a difficult situation.”

    Liasides noted that companies can no longer draw up a contract to rent to a property in Chlorakas to a Syrian refugee: “It’s not allowed, and it is also illegal for owners to rent to Syrian refugees. If they did, they would be in trouble,” he said.

    The controversial decree has meant that the number of refugees has stayed the same without increasing, which is helping to make the situation better, he said.

    The community leader also noted that help is being given to Chlorakas by the ministry of education, in the form of special programme for school and social practices “We are very happy about that,” he said.

    “This includes lessons for refugees to learn the Greek language to prepare them to go to class, they also learn music and other things, it’s to help them to more easily integrate into the school. We don’t want them not to go to school,” he said.

    Last year, a growing crime rate and the murder of a Syrian man in Chlorakas spread fear among residents and forced Liasides to appeal for state help over groups of young, armed, single men, Liasides said. The situation spread serious concerns in the wider community, including among long-term Syrian residents who were in fear of the newer arrivals.

    “Things are getting better. We do still have problems with criminality, but now there is a police unit that was placed here last year because of the dire situation, we are going the right way.”

    He also stressed: “We are not racists. We love Syrians in Chlorakas and we want to be in a position to help them. We have had refugees here since the 1990’s and they are good people and a good, hard working nation and they are family people too. But we can’t handle the big numbers, it just isn’t viable.”

    https://cyprus-mail.com/2021/01/15/decree-bans-new-syrian-refugees-from-settling-in-chlorakas

    #Chypre #réfugiés #réfugiés_syriens #asile #migrations #réfugiés #decret #Paphos #ghetto #liberté_d'établissement #liberté_de_mouvement #liberté_de_circulation #loi #bien_public #démographie #constitution #constitutionnalité #écoles #logement #criminalité

  • Webinaire 28 / La démographie des Palestiniens dans le monde : un recours contre l’invisibilisation - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=klbU61V0Kgo

    Dans le cadre des Webinaires du CAREP Paris, le 28e épisode avec Youssef Courbage, modéré par Isabel Ruck, porte sur le thème :

    [La démographie des Palestiniens dans le monde : un recours contre l’invisibilisation ?]

    Avec : Youssef Courbage, démographe, sociologue, économiste et urbaniste a commencé sa carrière comme enseignant et chercheur au Liban puis comme expert des Nations unies en Égypte, au Cameroun, en Haïti et au Maroc. Il devint ensuite directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques de Paris (INED). Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur le monde arabe, notamment sur la Palestine, mettant en exergue le rôle de la démographie dans le sort de ce pays.

    #démographie #palestiniens

  • Les Canaries ont le blues du tourisme de masse
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/12/03/les-canaries-ont-le-blues-du-tourisme-de-masse_6061982_3210.html

    Avec ses plages bétonnées, ses centres commerciaux avec discothèques en sous-sol, ses villes entières qui n’existent que pour les touristes, l’île de Grande Canarie, en particulier, peut de toute façon difficilement espérer la transformation d’une industrie basée sur le nombre. Car l’archipel accueille normalement seize millions de touristes par an, dont près de 50 % viennent par l’intermédiaire de tour-opérateurs ; lesquels ont même des noms de rues à Maspalomas : « avenida Touroperador Tui », « avenida Touroperador Vingresor », « Ols Wings », « Cosmos », etc.José Maria Mañaricua, le président de la Fédération des entrepreneurs de l’hôtellerie et du tourisme (FEHT), ne croit donc pas lui non plus en un changement de modèle. Au contraire. « L’Union européenne est vieillissante, le tourisme augmente de 2 % par an, de nouveaux pays instaurent des droits sociaux qui permettent à leurs habitants de partir en vacances, et des nations émergentes voient leur classe moyenne grossir, dit-il. Nous sommes un pays de services et les bien-pensants qui parlent de changer de modèle ne se souviennent-ils pas quand, au début du siècle, seuls les riches partaient en vacances ? La grandeur du tourisme de masse est que presque tous les gens peuvent venir aux Canaries, profiter du soleil et de la plage, et nous n’allons pas renoncer à cela. »
    Plus modéré, le président du gouvernement régional canarien, le socialiste Angel Victor Torres, convient que « l’Europe doit profiter de la crise pour générer des modèles de développement différents, durables, un tourisme soutenable, éthique, car c’est le bon chemin ». Cependant, à court terme, les Canaries ne peuvent pas se le permettre, laisse-t-il entendre. « Nous devons aider ceux qui n’ont plus de revenus, le taux de chômage a beaucoup augmenté, nous avons dépassé les 30 % et même les 60 % si on ajoute les dispositifs de chômage partiel. »
    Alors que la saison d’hiver, traditionnellement la plus haute de l’année, commence, c’est ainsi qu’aux Canaries, ces jours-ci, on attend les touristes comme la pluie dans le désert. A tel point que, pour ne pas risquer de les effrayer, la maire de Mogan, dans le sud de Grande Canarie, a exigé le démantèlement du camp de migrants du port d’Arguineguin, où étaient entassées près de 2 000 personnes arrivées dans des embarcations de fortune. Elle a aussi demandé que les dix-sept hôtels utilisés pour en loger des milliers d’autres récupèrent leur fonction touristique, ce qui n’est pas possible pour l’heure, faute d’autre solution.Si les Canaries ont beau multiplier les campagnes de communication, insister sur le relativement faible taux d’incidence du Covid-19 sur l’archipel et imposer des tests en pensant rassurer les touristes, rien, cependant, ne garantit leur retour à court terme

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#espagne#ue#sante#tourisme#economie#ccamp#vieillissement#demographie

  • « La France pourrait aller chercher au Sahel le personnel médical dont elle a besoin »
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/13/la-france-pourrait-aller-chercher-au-sahel-le-personnel-medical-dont-elle-a-

    En ces temps de Covid-19, l’hôpital est sous tension. On se focalise beaucoup sur les budgets trop serrés et on oublie trop souvent que le personnel aussi fait défaut pour pouvoir augmenter le nombre de lits. Et pas de manière seulement conjoncturelle, même si son manque est plus criant aujourd’hui qu’hier. Avant l’épidémie déjà, il manquait plus de 1 000 infirmières et aides-soignantes en Ile-de-France. Chaque année, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP) ferme des lits pour cette raison.
    Et pourtant, des infirmiers et infirmières formées pourraient les suppléer si on regardait vers le sud. Vers des pays d’Afrique subsaharienne, comme le Burkina Faso – que Res Publica, l’association que j’ai fondée il y a vingt ans, connaît très bien –, où plusieurs milliers de diplômés d’Etat attendent un emploi. Ils et elles ont réussi leur examen, à l’issue d’une formation suffisamment solide pour être capables d’ausculter, de faire un diagnostic et même d’établir l’ordonnance de patients qui ne verront jamais de médecin dans ce pays où ils font cruellement défaut. Ces jeunes professionnels attendent que l’Etat les recrute car, faute de couverture sociale, il n’existe évidemment pas de secteur libéral.Alors si d’un côté on manque de professionnels formés et si de l’autre ils sont trop nombreux pour avoir un travail, pourquoi ne pas accueillir ces renforts dans nos hôpitaux, après une formation complémentaire qui pourrait être mise en œuvre dans les nombreux dispensaires burkinabés ? Pourquoi ne pas accepter l’idée que nos infirmières sont au Sud ? D’ailleurs, ce questionnement pourrait être plus large, le confinement ayant montré que la main-d’œuvre ne manque pas seulement au sein du système médical. Au printemps, alors que 4 millions de personnes étaient au chômage et près de 8 millions au chômage technique en France, les agriculteurs n’ont pas trouvé suffisamment de monde pour ramasser toutes les fraises. Et plus récemment, début octobre, il a fallu organiser un pont aérien entre la Corse et le Maroc pour que la clémentine de Corse puisse être récoltée.
    On peut le regretter, mais c’est une réalité. Avec l’ouverture du marché du travail européen, la France, l’Allemagne et l’Italie ont pu compter sur la main-d’œuvre polonaise ou roumaine. Mais pour les mêmes raisons démographiques que dans le reste de l’Europe, cette main-d’œuvre n’est pas intarissable. Depuis une dizaine d’années, les entreprises technologiques de l’Union européenne (UE) se disputent les ingénieurs et informaticiens. L’Allemagne s’en sort pour l’heure en attirant les jeunes des pays méditerranéens : Portugal, Espagne, Italie, Grèce… Mais c’est plus au sud qu’est le véritable vivier.........

    #Covid-19#migration#migrant#afrique#france#europe#sahel#migrationchoisie#sante#personnelmedical#migrationqualifie#economie#demographie

  • Liste provisoire des faits accomplis de Charia (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1024-Liste-provisoire-des-faits-de-Charia-1-2

    Texte extrait du bulletin de G. Fargette,« Le Crépuscule du XXe siècle », n°33-34, septembre 2017. Conformément aux principes de l’industrie du mensonge, invention social-historique centrale de la gauche fondamentale au XXe siècle, la cristallisation de constituants de charia se fait à chaque fois sous un nom d’emprunt et comme séparé des autres. Toute analyse osant généraliser et mettre en perspective cette ingénierie mortifère est sévèrement proscrite et constitue un délit #Politique extrêmement grave, (...) Fargette G.

    / Fargette G., Politique, #Prospective, #Islam, #Multiculturalisme, #Islamogauchisme, #Démographie, #Empire, #Article, #Féminisme, #Immigration, (...)

    #Fargette_G. #Totalitarisme
    http://www.pnas.org/content/early/2017/08/08/1705853114.short
    http://www.maz-online.de/Lokales/Brandenburg-Havel/Sex-mit-Gewalt-aber-keine-Vergewaltigung

  • Covid-19 : « Cette enquête déconstruit certains discours sur la surexposition des immigrés »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/09/covid-19-cette-enquete-deconstruit-certains-discours-sur-la-surexposition-de

    Josiane Warszawski, coresponsable de l’enquête, a eu l’idée de lancer cette enquête en population générale.
    Ce croisement des approches, qu’a-t-il apporté ?
    F.H. : Il a permis de mettre en perspective les différents indicateurs, en sortant qui plus est des catégories habituelles. Savoir par exemple que 21 % des agents de nettoyage vivent en logement surpeuplé, on n’en avait aucune idée précise. On comprend alors tout de suite que ces personnes cumulent deux risques de contamination.
    N.B. : C’est aussi grâce à ce croisement que l’on a pu mettre en évidence le caractère cumulatif des facteurs de vulnérabilité. On comprend alors la place de la question des origines dans ce paysage. Les données épidémiologiques constatent un gradient spectaculaire entre les immigrés de première génération non européenne, leurs enfants, puis les immigrés européens et leurs enfants. C’est très frappant. Le risque, c’est d’essentialiser ces résultats. Mais, si l’on tient compte de la structure professionnelle, des revenus, des conditions de logement, qui sont ici documentés, il n’y a plus d’effet immigré. D’autant que l’enquête a montré qu’ils respectent autant que les autres les gestes barrières (masque, gel, distanciation physique), comme globalement les catégories populaires, d’ailleurs…
    F.H. : On sait depuis longtemps que les immigrés qui arrivent en France ont en réalité été sélectionnés : ce sont ceux qui sont en meilleure santé. Mais, au cours de leurs premières années ici, leur situation se dégrade et leur état de santé devient nettement inférieur à celui de la population d’accueil. Dans cette enquête aussi, ce sont ces conditions de vie qui expliquent les écarts, pas l’Homo arabicus, l’Homo ottomanius, ou que sais-je… Toute chose égale par ailleurs, le Covid ne fait pas la différence. Mais pour démontrer que l’origine ne joue pas, encore faut-il disposer de la variable de l’origine.
    La statistique publique le permet-elle ?
    F.H. : Oui, sous le régime de la dérogation. Normalement, on ne peut traiter aucune donnée personnelle qui permette d’identifier toute sorte d’appartenance : les origines, l’apparence ethno-raciale mais aussi l’orientation sexuelle, l’état de santé, les positions politiques. Mais nous travaillons tous sous le régime de la dérogation, et la CNIL les accorde en fonction de la finalité de l’enquête, de l’anonymat, de la taille de l’échantillon, des conditions de protection des données, du consentement des personnes

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#enquete#epidemiologie#demographie#inegalite#appartenanceethnique#race

  • The evolution of land uses and population in #Psyrri district

    The Psyrri district is one of the oldest districts of Athens. It is bounded by the streets of Evripidou, Athinas, Ermou, Agion Asomaton, Pireos (PanagiTsaldari) and, despite its limited surface, has changed in recent years, to reflect typical transformations that exist in the wider center of Athens (Καιροφύλας 2000).

    In this text, we track the spatial and social transformations which took place in the Psyrri district via a comparison of land use maps drawn in 1996 and 2019. The land uses maps of 1996 are based on a study by Attiko Metro while the corresponding maps of 2019, are based on fieldwork by the author. During the fieldwork, the uses of ground floors, upper floors, as well as the buildable open spaces were mapped separately, to give a complete picture of the area’s land uses.

    The basemap for 1996, was designed with QGIS software, exactly as it was depicted in the map of Attiko Metro.

    At the same time, the cartographic background for the 2019 map, was provided by ELSTAT and was edited using QGIS software to show the ground floor and upper floor uses, separately. In particular, the outlines of the buildings were redesigned and their ground floors and upper floors were labelled. The ELSTAT basemap was drawn in 2001[1], so, in some cases, the building boundary lines had to be redrawn in order to bring the map up to date.

    From the first visit to the neighborhood of Psyrri, it became clear, that the area’s land use profile has changed significantly. Comparing the area’s land use maps of 1996 and 2019, one observes the changes that have occurred over a period of 23 years. These changes have significantly altered the district’s character


    https://www.athenssocialatlas.gr/en/article/psyrri-district
    #Athènes #démographie #cartographie #visualisation

  • ’We need people here’: the Spanish towns welcoming migrants

    Small towns look to bring back life and the sound of children after young Spaniards leave in search of work

    On the wall of a small flat in #Pareja, not far from the chemist, the plaza mayor and the 16th-century church, hangs a picture of a wooden farmhouse set among the palms and endless plains of western Venezuela.

    Were the painting bigger, it would show the mud-brick bread oven where Ángel Márquez and his family baked bread to sell, and the cows, the pigs and the horse they left behind when they finally decided enough was enough.

    In November last year, Márquez, his wife, Zaida Varillas, and three of the four children they have between them, abandoned their home in Venezuela’s Barinas province and came to Madrid. By then, their combined salaries as teachers had fallen to $10 a month and no longer covered the costs of food.

    After selling their pick-up truck, they joined the exodus in which more than 4 million Venezuelans have left their homeland as its economic and humanitarian crisis continues.

    Today, along with two other Venezuelan families, they live and work in Pareja, a hilltop town of 400 people in the central Spanish region of Castilla-La Mancha.

    Like many towns in what has come to be known as La España vaciada – “the hollowed-out Spain” – Pareja is picturesque, rich in history – and succumbing to depopulation.

    Younger people move away in search of work and opportunities, taking with them their labour, their skills and, perhaps most importantly, their children.

    Their absence upsets traditional demographic balances, condemning many small towns and villages to an ineluctable decline as shops and services shut down, schools close their doors because of a lack of pupils, and only the older people stay on.

    The statistics speak for themselves: 90% of Spain’s population – about 42 million people – is packed into 1,500 towns and cities that occupy 30% of the land. The other 10% (4.6 million people) occupy the remaining 70%, giving a population density of barely 14 inhabitants per square kilometre.

    Over the past decade, 80% of Spanish municipalities have experienced population falls – a figure that rises to 90% for towns, such as Pareja, that have fewer than 1,000 inhabitants.

    Spain’s Socialist-led coalition government has responded by creating a ministry for what it terms “the demographic challenge”.

    But the Venezuelan families are in Pareja thanks to a small new NGO, the Towns with a Future Association, which is working to match depopulated areas with migrants in search of a new life in rural Castilla-La Mancha.

    Established in January, the association is working with eight migrant families with children and about 35 individual migrants. While many of the migrants it helps are from Venezuela, it is also assisting people from Colombia, Peru, Honduras, Nicaragua, Guatemala, Ukraine, Mali and Nigeria.

    Márquez and his family, who spent seven long and hard months in Madrid before settling in Pareja in June, are enchanted by their new home.

    Both have renounced any benefits while they wait for their asylum application to go through and are working in the town, Márquez as a handyman for the council, and Varillas as a carer for some of Pareja’s elderly residents.

    “Life here is so much calmer than in Madrid,” says Márquez. “The people here have been really welcoming. They’re giving us shelter here and we’re going to stay here to help bring life back to these towns.”

    When the local school reopens in September, Márquez and Varillas’ two young sons, Sebastián and Santiago, will begin classes.

    The Towns with a Future Association hopes that others will follow the lead of Pareja’s mayor, Javier del Río, and open themselves to newcomers. As one of the association’s founders points out, the benefits are myriad and mutual.

    “The situation for migrants in Madrid – whether they have the papers they need or not – is really difficult,” says Dorys Castillo.

    “The scheme helps them because they stop living on benefits and that’s fundamental: they become independent economically. And the project has quite a big impact socially because it’s something that helps the families and the towns.”

    But Castillo is careful to stress the needs for a careful and well-planned matching process.

    “You can’t start bringing in more people than a town or village can accommodate, even if they’re depopulated,” she says.

    “You have to think about the town and the people there. But, bit by bit, people in these towns get to know the new people and see them as people, not as people from a particular country. They rub along very naturally and work together.”

    So far, the reaction in Pareja has been encouraging.

    Antonio Ridruejo, a retired truck driver who has lived in the town all his life, is pleased to see the newcomers – especially the youngest ones.

    “We need people here – young people – because there are hardly any children here,” he says as he looks out over the main square.

    “If there were no children, we’d have to close the schools and it would be a dead town. If you don’t have any young people, you have nothing.”

    Márquez is recuperating from appendicitis and peritonitis. As well as looking after his sons, he passes the time painting, writing nostalgic songs on his four-stringed Venezuelan cuatro guitar, and thinking about the land he has left behind and the land he has found.

    “I miss my country a lot – and my farm – but the mayor has lent us a little allotment here,” he says.

    “We’re growing corn, beans, coriander, spring onions and tomatoes. But no chillies yet. There’s a tiny little piece of Venezuela in Pareja.”

    https://www.theguardian.com/world/2020/aug/10/the-spanish-towns-welcoming-in-migrants

    #Espagne #accueil #solidarité #population #démographie #asile #migrations #réfugiés

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les villes-refuge:
    https://seenthis.net/messages/759145#message766825

  • Comment la gauche néo-marseillaise a éjecté la bourgeoisie locale | Fondation Jean-Jaurès
    https://jean-jaures.org/nos-productions/comment-la-gauche-neo-marseillaise-a-ejecte-la-bourgeoisie-locale

    Le 4 juillet 2020, Michèle Rubirola, médecin de soixante-trois ans et conseillère départementale écologiste, inconnue du grand public six mois plus tôt, était élue maire de #Marseille « au troisième tour », mettant fin à vingt-cinq ans de règne de Jean-Claude Gaudin et de la droite marseillaise. Par la grâce d’un profond renouvellement de casting et en apportant la promesse de changement sur le fond et dans la manière de faire de la politique, Michèle Rubirola et les listes du Printemps marseillais (PM), réunissant élus des partis de gauche et écologistes, membres de la société civile et de collectifs marseillais, sont passées de l’ombre à la lumière en une temporalité record. Comment expliquer qu’un scénario aussi inconcevable deux ans plus tôt soit devenu réalité ? — <a (...)

    #analyses #démographie #partage_collegues #quartiers #sociologie #élections

  • #Belmonte_Calabro, come studenti e migranti hanno contribuito a ripopolare un borgo della Calabria: “Noi ora lo chiamiamo #Belmondo

    A Belmonte Calabro l’aria ha lo stesso profumo di quella di Madaripur, in Bangladesh. Se ne è accorto Rajib Hossain, 20 anni e un lungo viaggio alle spalle. Ha lasciato il suo Paese quattro anni fa, è in Italia da febbraio 2017. La prima volta a Belmonte ancora se la ricorda: “Mi guardai intorno, osservando il mare, e pensai che quello era il posto perfetto per godersi bene il mondo. L’aria era più dolce. Ho sentito gli stessi profumi di casa mia. Non mi era mai successo, da quando me ne ero andato”, racconta a ilfattoquotidiano.it. Per capire il percorso che ha portato lì Rajib bisogna fare un passo indietro.

    https://www.youtube.com/watch?v=AU1dGl9dFik&feature=emb_logo

    Arroccato su una collina che guarda il mare, Belmonte conta poco più di mille abitanti. Nel 2016 il suo centro storico rischia lo spopolamento: i telefoni non prendono la linea e la gente del posto preferisce vivere vicino alla marina, dove si trova la ferrovia. Per le strade non c’è quasi nessuno. Sembra un luogo destinato a essere dimenticato. Eppure, c’è ancora chi se lo ricorda: nello stesso anno Rita Adamo sta studiando architettura alla London Metropolitan University. Originaria di Potenza, ha passato le estati della sua infanzia proprio a Belmonte. Racconta a compagni e professori londinesi l’isolamento in cui sta cadendo il borgo storico: “Quella stessa estate abbiamo deciso di passare qualche giorno lì. Io conoscevo l’ex Convento dei Cappuccini, ora gestito da operatori culturali, e sapevo che potevamo soggiornarci”, racconta. “Era il periodo dei grandi sbarchi sulle coste italiane. Ad #Amantea, poco distante, c’è un centro di accoglienza migranti. Ci siamo rivolti a loro per sapere se qualcuno fosse interessato a passare del tempo con noi. Hanno accettato in dieci. Non ci era ancora chiaro cosa volessimo fare: all’inizio pensavamo a conoscerci e a conoscere meglio il posto, riscoprendo luoghi considerati vecchi. Io stessa non andavo a Belmonte da molto tempo e quell’anno sono tornata con una nuova coscienza”.

    In quell’occasione Rita e altri studenti fondano La #Rivoluzione-delle_Seppie, che si occupa di riattivare le aree calabresi a rischio spopolamento. È un inizio. Poco dopo l’università di Londra organizza una classe di ricerca: ogni anno, in novembre, un gruppo di studenti va in visita a Belmonte Calabro. “Restano una settimana. Entrano in contatto con la comunità di migranti, conoscono meglio il contesto locale. Ognuno di loro, mentre è sul posto, sceglie il luogo che lo ha colpito di più. Poi progetta strutture o edifici utili a incoraggiare l’inclusione sociale e a contrastare lo spopolamento”, continua Rita. Sono opere di studio, non vengono realizzate, precisa. Ma spesso servono da spunto.

    Il tempo passa e nasce #Crossings, il festival estivo che unisce sotto lo stesso ombrello diverse realtà: La Rivoluzione delle Seppie, il collettivo di architettura #Orizzontale, l’associazione culturale Ex Convento, la #London_Metropolitan_University, l’#Università_Mediterranea_di_Reggio_Calabria e il Centro di solidarietà “Il Delfino”. Protagonista Belmonte Calabro, sottratto all’isolamento di anni prima. Partecipa anche l’amministrazione comunale, con il proprio patrocinio.

    A ogni edizione seminari e workshop diversi, che richiamano l’attenzione di esperti e professionisti. Studenti di Londra e migranti partecipano agli incontri fianco a fianco. In inverno invece c’è un’altra spedizione: “L’Università londinese prevede che gli studenti di architettura vadano nelle campagne inglesi, ospiti di fattorie, a sperimentare materiali nuovi. Costruiscono strutture che poi smontano a esperimento concluso. Abbiamo deciso di organizzare la stessa cosa a Belmonte. Qui gli studenti possono realizzare strutture che poi rimarranno nel tempo, aiutati dal collettivo di architetti Orizzontale”, racconta Rita.

    Nel 2019 nasce BelMondo, la comunità virtuale che vuole mantenere connessi tutti i partecipanti a Crossings. Il nome lo ha trovato Rajib, che quell’anno aveva partecipato a un workshop organizzato dal festival: “Ho scelto questo nome perché era simile al nome originario del posto, Belmonte, e perché il paese è un posto bellissimo dove vivere, soprattutto per la natura e i paesaggi”, racconta. “Il ricordo più bello che ho è la condivisione con gli studenti di Londra”. Fotografie, disegni, lavoro. Ma anche balli e chiacchiere: “Io non ho mai studiato, ma loro non mi hanno mai fatto sentire diverso perché migrante. Siamo diventati amici”. Rajib lavora a Cosenza come mediatore culturale. Aiuta i nuovi arrivati, che come lui non sanno cosa fare né dove andare. “Il progetto segue le fasi politiche: con il Decreto Sicurezza molti migranti sono stati costretti ad andarsene”, spiega Rita. “Ma tutti quelli che coinvolgiamo vogliono tornare anche gli anni successivi, perché a Belmonte hanno trovato una dimensione umana che manca nelle grandi città”.

    Tra i progetti più recenti c’è la ristrutturazione dell’ex Casa delle Monache, ora diventata Casa BelMondo. Sarà un punto di ritrovo e condivisione. Per ora sono stati rifatti i pavimenti di tre stanze: il programma originario prevedeva di proseguire i lavori quest’estate in occasione di Crossings 2020, ma non è stato possibile a causa della pandemia. L’edizione di quest’anno sarà quindi digitale e virtuale, come è successo per molti altri eventi.

    Il segnale di rete è ancora incerto per le vie del centro storico, a Belmonte Calabro. Ma non è più un’isola: “Molti ragazzi dei territori vicini, per esempio di Cosenza, hanno scelto di visitarlo. La comunità locale all’inizio ci guardava con un po’ di diffidenza, ma ora ci conosce e interagisce con noi, soprattutto nei momenti di convivialità”, spiega Rita. “Ora vogliamo pensare a come crescere per il futuro”. E poi ci sono i migranti, per i quali questo borgo storico calabrese è diventato una seconda casa, come dice Rajib: “Per me, c’è il mio paese natale. Subito dopo c’è BelMondo”.

    https://www.ilfattoquotidiano.it/2020/07/25/belmonte-calabro-come-studenti-e-migranti-hanno-contribuito-a-ripopolare-un-borgo-della-calabria-noi-ora-lo-chiamiamo-belmondo/5874467

    #migrations #asile #réfugiés #Calabre #Italie #accueil #étudiants #villes-refuge #dépeuplement #démographie #architecture #urbanisme #imaginaire

    –—

    Ajouté au fil de discussion "I paesi che rinascono grazie ai migranti":
    https://seenthis.net/messages/534262

  • Pourquoi les alliés d’Israël sont-ils subitement préoccupés par sa dernière annexion ?
    Par Joseph Massad 13 juillet 2020 – Source : Middle East Eye – Traduction : MR pour ISM
    http://www.ism-france.org/analyses/Pourquoi-les-allies-d-Israel-sont-ils-subitement-preoccupes-par-sa-derni

    (...) Au total, plutôt que de prendre 55 % de la Palestine, les sionistes en ont pris plus de 78 %. Cela a posé un problème lorsqu’Israël a présenté une demande d’adhésion à l’ONU au premier anniversaire de la résolution 181, alors qu’il occupait encore des territoires palestiniens et de l’ONU.

    Le Conseil de sécurité a examiné la demande et a adopté la résolution 69 en mars 1949, recommandant à l’Assemblée générale d’admettre Israël en tant qu’État « épris de paix ». Le vote a été favorable à 9 contre 1, l’Égypte s’y opposant. Le Royaume-Uni s’est abstenu, comme il l’avait fait pour la résolution 181 en 1947.

    Refus d’indemniser les réfugiés

    L’Assemblée générale était réticente à admettre Israël tant qu’il ne répondait pas aux questions des États membres sur ses violations de deux résolutions de l’ONU. Il s’agissait du refus d’Israël de déclarer des frontières officielles, de son occupation de la moitié du territoire alloué à l’État palestinien, de son occupation de Jérusalem-Ouest et de son refus de permettre aux réfugiés palestiniens de retourner dans leurs foyers à l’intérieur du territoire sur lequel Israël s’est établi, ainsi que de son refus d’indemniser ces réfugiés pour les biens perdus, comme le stipule la résolution 194, adoptée le 11 décembre 1948.

    La résolution 194 a également établi la Commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine, qui négociait à cette époque avec Israël sur la délimitation de ses frontières.

    L’ambassadeur d’Israël, Abba Eban, né en Afrique du Sud, a répondu à ces questions le 5 mai 1949. Il a assuré à l’Assemblée générale que la question des frontières pouvait être résolue par « un processus d’ajustement pacifique des dispositions territoriales prévues » dans la résolution 181, et que « l’ajustement devrait être effectué non par des modifications arbitraires imposées de l’extérieur, mais par des accords librement négociés par les gouvernements concernés ».

    En outre, Eban a insisté sur le fait que le « problème des réfugiés » ne pouvait pas être réglé avant que la question des frontières ne soit réglée par des négociations séparées avec chaque État arabe, et qu’Israël ne pourrait pas négocier efficacement sans devenir d’abord membre de l’ONU. (...)

  • Why are Black and Latin people in the US more affected by Covid-19?
    https://www.coronatimes.net/why-black-latin-us-more-affected-covid-19

    The public conversation on racial inequalities thus far has centred primarily on Black Americans. In contrast, the impact of Covid-19 on Latin people has received less attention. An important question then is if the emerging picture for Black American communities applies to Latin communities – who also face high levels of structural racism and everyday discrimination. A recent analysis by historian José Moya suggests that “Latinos have both the highest infection rates and the lowest mortality rates”. Moya’s numbers are compiled from data updated to 15 May from the Covid Racial Data Tracker. It is too early to provide a substantial analysis of why the mortality rates are lower so far – given the high proportion of undocumented immigrants in this population and the often incomplete death statistics that experience constant lags. If consolidated statistics in the future were to confirm this trend, it could have to do with what is known in the epidemiological literature as the “Hispanic Health Paradox”, which refers to the fact that, despite the discrimination and disadvantage they face, Latinos tend to have better health outcomes and behaviours than their white counterparts.
    It should also be noted that there are also significant differences in terms of demographics of Latino communities across the US, such as whether they are immigrants, and if so, which country they come from. This means that the Covid-19 outcomes, as the data compiled by Moya also shows, can be highly uneven. For instance, the same dataset from New York City we mentioned before shows that Latinos have a higher death rate than Black Americans: 237 deaths per 100,000 people are among Latin communities, while the Black American rate is 222 per 100,000 people.
    While an analysis of mortality rates will need more data and time, it is worth focusing on the convergent trend that sees both Black Americans and Latinos experiencing higher infection rates than the rest of the population. One prominent explanation that might account for the increased exposure to coronavirus of both groups is the higher presence of members of these communities in essential jobs.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#immigrant#communaute#surmortalite#inegalite#sante#demographie

  • La tentation écofasciste : migrations et écologie

    Pierre Madelin

    https://lavoiedujaguar.net/La-tentation-ecofasciste-migrations-et-ecologie

    En 2019, le nombre de migrants internationaux à l’échelle mondiale a atteint 272 millions selon l’ONU, soit une augmentation de 51 millions par rapport à 2010. Cette même année 2019, le jour du « dépassement écologique » mondial, soit la date à partir de laquelle l’humanité a consommé plus de ressources naturelles et émis plus de gaz à effet de serre que la Terre n’est capable d’en produire et d’en absorber au cours d’une année, a été atteint le 29 juillet. Quelques mois auparavant, le 25 avril, un rapport affirmait que 14 % des emplois des pays membres de l’OCDE allaient disparaître en raison de l’automatisation, et que 31,6 % des activités seraient quoi qu’il en soit transformées par celle-ci. Le 15 mars, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un homme répondant au nom de Brenton Tarrant, équipé d’armes de guerre, tuait dans plusieurs mosquées 51 personnes et en blessait 49 autres. Enfin, le 3 août, à El Paso, ville frontalière du Texas, Patrick Crusius attaquait à l’arme automatique un supermarché fréquenté par des latinos, tuant 22 personnes et en blessant 26. Quatre phénomènes apparemment étrangers, mais néanmoins reliés les uns aux autres par la dynamique du capitalisme, qui tend à épuiser « en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur » (Marx). (...)

    #fascisme #écologie #capitalisme #extrême_droite #écofascisme #Ugo_Palheta #carbo-fascisme #André_Gorz #Bernard_Charbonneau

    • Or cette raréfaction conjointe du travail et des ressources entraîne logiquement la multiplication d’êtres humains « inutiles » [6] ou « non rentables » du point de vue de l’accumulation du capital ; « Ce n’est plus, écrit le groupe Krisis dans son Manifeste contre le travail, la malédiction biblique, “tu mangeras ton pain à la sueur de ton front”, qui pèse sur les exclus, mais un nouveau jugement de damnation encore plus impitoyable : “Tu ne mangeras pas, parce que ta sueur est superflue et invendable”. [7] » Ces humains « inutiles » sont qui plus est « encombrants », dans la mesure où, n’ayant pas renoncé au désir de vivre et de survivre, ils souhaitent malgré tout pouvoir obtenir leur part de ressources et de richesse. La crise du capitalisme provoque donc aussi un accroissement de la compétition pour l’accès au travail et aux ressources, tant chez les individus qui sont privés de cet accès que chez les personnes qui en bénéficient tout en le jugeant menacé.

      #surnuméraires #travail #automatisation

      Les trois sens de l’écofascisme :

      1. Au début des années 1990, ce concept a été utilisé à des fins diffamatoires par des idéologues « libéraux », notamment en France, pour suggérer que toute critique écologiste radicale de la modernité industrielle et capitaliste favoriserait l’avènement de régimes autoritaires. « Sous l’amour de la nature, la haine des hommes », écrivait par exemple Marcel Gauchet dans un célèbre article, peu avant que Luc Ferry ne publie son pamphlet Le Nouvel Ordre écologique, qui exerça une influence délétère sur la réception de la pensée écologiste anglo-saxonne dans les milieux intellectuels français [12].

      2. Dès les années 1970, divers penseurs de l’écologie politique soutinrent que la détérioration des milieux et la raréfaction des ressources provoquées par la croissance capitaliste entraîneraient à terme une gestion de plus en plus autoritaire (voire totalitaire) des territoires et des populations. « Les divers responsables de la ruine de la Terre, écrivait Bernard Charbonneau dans Le Feu vert, organiseront le sauvetage du peu qui en restera, et après l’abondance géreront la pénurie et la survie [13] », tandis qu’André Gorz, dans un texte célèbre, s’inquiétait de l’émergence d’une ingénierie écologique chargée de « déterminer scientifiquement les techniques et les seuils de pollution écologiquement supportables, c’est-à-dire les conditions et les limites dans lesquelles le développement de la technosphère industrielle peut être poursuivi sans compromettre les capacités autorégénératrices de l’écosphère » [14].

      3. Enfin, à partir des années 1980, dans le monde anglo-saxon, divers auteurs s’inquiétèrent des conclusions politiques que certains pourraient être tentés de tirer des positions éthiques dites écocentrées. Ils craignaient notamment que ces éthiques, lorsqu’elles accordent davantage de valeur aux communautés et aux touts qu’aux individus et aux parties qui les composent, ne puissent être invoquées pour légitimer, fût-ce à leur corps défendant, le sacrifice de certaines personnes et de certains groupes humains au nom de la préservation des écosystèmes. C’est cela qu’ils nommèrent écofascisme : la tendance à considérer que des populations spécifiques, dont on estime qu’elles perturbent les équilibres de la biosphère par leurs pratiques ou par leur nombre, doivent être éliminées, et qu’il peut être nécessaire de s’en débarrasser au nom du « bien commun » [15].

      […]

      Je souhaite pour ma part suggérer que l’écofascisme au sens 2 et l’écofascisme au sens 3 pourraient fusionner, en montrant que la gestion autoritaire de la pénurie et de la survie n’affecterait pas l’ensemble des êtres humains de manière indifférenciée, un point sur lequel Gorz ou Charbonneau ne se sont guère attardés. Elle pourrait à terme conduire, au nom de « l’intérêt général » et de la préservation des équilibres de la biosphère ou des écosystèmes nationaux, au sacrifice des groupes placés en bas de l’échelle sociale, restreignant dans un premier temps drastiquement leur accès aux ressources et aux richesses, et remettant finalement en cause leur droit à l’existence. Par écofascisme, il faudrait alors entendre une politique désireuse de préserver les conditions de la vie sur Terre, mais au profit exclusif d’une minorité.

      […]

      À la différence d’une option que l’on pourrait dire éco-socialiste, qui se proposerait de limiter par un procédé démocratique l’appropriation de la nature qui est au fondement de l’accumulation du capital, ainsi que sa captation par des groupes privilégiés, l’option écofasciste entendrait limiter la population par des méthodes autoritaires pour que ces mêmes groupes, définis suivant des critères ethno-raciaux toujours plus exclusifs, puissent continuer à s’approprier la nature comme bon leur semble, mais de façon à ce que l’abondance dont cette appropriation leur permet de jouir continue à être viable d’un point de vue écologique.

      #ethno-différencialisme

      En intégrant peu à peu la question écologique, l’ethno-différentialisme s’est en effet progressivement doublé de ce que l’on pourrait appeler un « éco-différentialisme ». Sans remettre en cause le caractère spécifiquement culturel de l’identité du groupe, il s’est efforcé, via un raisonnement analogique, de montrer que cette identité était en dernière instance tributaire d’un support naturel : l’écosystème, le milieu, ou la bio-région. À chaque ensemble culturel correspondrait ainsi un territoire, et l’intégrité de l’un ne pourrait être respectée qu’à condition de respecter l’intégrité de l’autre. Tout comme la biodiversité, l’ethno-diversité devrait être protégée, et à l’image des écosystèmes, les cultures seraient des entités fragiles dont il faudrait préserver les équilibres lorsque ceux-ci sont menacés par des perturbations extérieures.

      #éco-différentialisme #bio-région #nouvelle_droite #Alain_de_Benoist

      Si la décroissance et l’abolition des rapports sociaux capitalistes doivent demeurer des objectifs prioritaires, il serait donc malencontreux d’abandonner la question démographique aux idéologues d’extrême droite, qui en feront toujours un usage nauséabond et l’inscriront systématiquement dans le cadre de politiques autoritaires, eugénistes et racistes allant de la stérilisation forcée des femmes issues des populations subalternes à leur élimination pure et simple. Il vaudrait au contraire la peine de se demander dans quelles conditions une politique de décroissance démographique pourrait s’articuler à une visée émancipatrice. De ce point de vue, la pionnière française de l’éco-féminisme, Françoise d’Eaubonne, offre des perspectives intéressantes [34]. Dès la fin des années 1970, cette théoricienne avait en effet proposé d’articuler une politique de décroissance démographique, qu’elle jugeait indispensable, à la lutte des femmes contre le contrôle physique et juridique exercé par le patriarcat sur leurs capacités reproductives, et tout simplement contre leur assignation à une pure fonction reproductrice. En garantissant un accès universel aux moyens de contraception et au droit à l’avortement (aujourd’hui encore un enjeu majeur pour les mouvements féministes dans les pays du Sud, par exemple en Amérique latine), il était selon elle possible de faire coup double : promouvoir la liberté des femmes tout en réduisant les taux de natalité sans soulever le spectre de mesures coercitives (remarquons que ce principe est également au fondement des programmes de contrôle de la population des Nations unies). Dans cette perspective, il s’agirait en quelque sorte de dénaturaliser la croissance démographique et de montrer que celle-ci, loin d’être un phénomène purement biologique, est également la résultante du pouvoir exercé sur le corps des femmes par diverses institutions : la famille, l’Église ou encore l’État

      #démographie #femmes #contrôle_des_naissances #contraception

      et ping @antonin1 @monolecte @rezo un texte clair, bon résumé, très accessible

  • Penser la famille aux temps du Covid-19
    http://mouvements.info/penser-la-famille-aux-temps-du-covid-19

    Par Céline Bessière, Emilie Biland, Sibylle Gollac, Pascal Marichalar et Julie Minoc

    Le raisonnement épidémiologique par ménage ne pose pas seulement problème du fait de son arrimage à la moyenne ; il est aussi problématique parce que toute la population ne vit pas « en famille » dans un domicile indépendant et que, là encore, les modes de vie ne se distribuent pas au hasard. Selon le recensement mené en 2016, 1,3 million d’adultes, soit 2 % de la population française, vivent « hors ménage » dans ce que l’INSEE appelle des « communautés ». Il s’agit de résidences universitaires, de foyers de travailleur·ses, de prisons, de communautés religieuses, de casernes militaires, etc.

    Ces formes collectives de logement, particulièrement propices à la propagation des épidémies, concernent des populations fragiles. Elles ont été les grandes oubliées des politiques de confinement mises en place. Ceci est d’autant plus malheureux que, comme on l’a appris depuis, le virus Sars-Cov-2 se caractérise par la faiblesse de son facteur de dispersion k : en d’autres termes, une minorité de clusters seraient responsables de la majorité des transmissions du virus28.

    Les prisons, où les personnes incarcérées sont en moins bonne santé que la population générale et où la promiscuité est la règle, sont devenues des « nids d’épidémies »29. Début mai aux États-Unis, près de 70 % des détenus de l’Établissement correctionnel de Lompoc, aux Etats-Unis, soit 792 personnes, ont ainsi été testées positives, avec une multiplication de cas en quelques jours30.

    Quantitativement, les maisons de retraite (dont les Ehpad) sont en France les structures de logement collectif les plus importantes, regroupant plus de la moitié des personnes vivant en « communautés » (environ 700 000)31. À la fin mai, un tiers des décès du Covid-19 comptabilisés avaient eu lieu dans les EHPAD et les établissements médico-sociaux.

    À partir du constat que l’épidémie a été plus grave là où les familles sont les plus étendues (voir #Seine-Saint-Denis), intéressante réflexion sur la famille.

    #violences_familiales #violences_conjugales #LGBTphobie #Ehpad #prison #confinement #démographie

    PS : Encore Covid = Asiatiques, en passant... On n’a pas encore de photo de Blanc·hes portant des masques ?

  • #Covid-19 : les campagnes moins touchées que les villes ?

    La pandémie de Covid-19 touche-t-elle moins les campagnes que les grandes villes ? En croisant plusieurs ressources cartographiques et statistiques, l’urbaniste Clément Payet formule de premières hypothèses.

    Dans le cadre de la lutte contre la pandémie en cours, le confinement de la population permet de ralentir la propagation du virus et d’éviter une saturation des hôpitaux. Cette mesure qui affecte tant la vie socio-économique fournit aussi l’occasion de formuler, à partir d’une observation statistique et cartographique, quelques pistes de réflexion quant à la propagation du virus dans les territoires. L’esquisse d’analyse qui suit ne prétend pas déduire, réaffirmer, confirmer ou contredire les données scientifiques existantes, ni de se positionner sur les relations entre villes et campagnes. Les observations et chiffres cités devront être affinés en prenant en compte les personnes testées ou non, asymptomatiques, isolées, les capacités des hôpitaux, le nombre de transferts de patients effectués entre structures de soins et territoires, le temps de propagation à long terme du virus, les mobilités entre métropoles, campagnes urbaines, villes moyennes ou campagnes éloignées, le taux de pollution, etc. Le temps venu, il conviendra de changer d’échelle d’observation afin d’affiner cette première analyse [1].

    D’après les premières informations rendues disponibles par les épidémiologistes et notamment par Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’École des hautes études en santé publique à Rennes [2], le virus s’est répandu dans quasiment toutes les régions depuis le début du mois de mars, soit une dizaine de jours avant le début du confinement (17 mars). Mais les campagnes seraient-elles plus épargnées par ce virus que les grandes villes ?

    Cet article s’appuie sur les cartes du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et notamment sur celle illustrant les « Campagnes des villes, du littoral et des vallées urbanisées », afin de distinguer les espaces urbanisés de différents espaces ruraux. Les campagnes désignent les territoires ruraux, c’est-à-dire ceux qui sont peu densément peuplés, avec un nombre d’habitants au kilomètre carré relativement moyen ou faible (entre 10 et 40 hab./km²). Les villes, quant à elles, sont ici pour l’essentiel les métropoles (Paris, Lyon, Strasbourg, Marseille, Bordeaux, Toulouse, etc.) et leur périphérie (villes et villages sous influence urbaine). Ce sont des territoires densément peuplés (entre 113 et 3 000 hab/km²). L’utilisation des outils et données cartographiques semble être un atout pour comprendre la dynamique de propagation du virus dans ces territoires et l’interrelation indiscutable entre ces derniers. Les éléments ci-dessous apportent donc une observation géographique à la compréhension de la propagation du virus sur le territoire français en s’intéressant à l’occupation de l’espace, aux enjeux de la densification des espaces urbanisés, ainsi qu’à la typologie des lieux urbanisés et ruraux et aux mobilités quotidiennes.
    Typologie et cartographie

    Pour développer de premières hypothèses, la démarche a consisté à croiser plusieurs données cartographiques permettant de disposer d’une typologie des territoires :
    – les cartes du Commissariat général à l’égalité des territoires, ou Agence nationale pour la cohésion des territoires (CGET-ANCT), qui catégorisent les campagnes françaises, identifient la part des personnes âgées dans les territoires et l’accès aux soins ;
    – les cartes du gouvernement et de l’Environmental systems research institute (ESRI-France), basées sur les données de Santé publique France relatives au Covid-19 et montrant les cas hospitalisés, les décès et le nombre de lits en réanimation disponibles par département ;
    – celles de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) sur les déplacements de population avant le confinement.

    En simplifiant, les villes et leurs périphéries sont représentées en blanc sur cette carte du CGET-ANCT « Campagnes des villes, du littoral et des vallées urbanisées » (figure 2), et les campagnes en gris, en orange et en rouge. Ainsi, c’est presque tout le territoire français qui est considéré comme peu dense. Les départements « ruraux » sont avant tout ceux situés en altitude (Pyrénées, Alpes, Cévennes, Massif central). Alternant les couleurs rouge et orange, nombre d’entre eux sont répartis des Pyrénées aux Vosges en passant par la Nièvre, le Cantal, le Gers, etc. Les autres se trouvent autour de Paris jusqu’à la pointe bretonne et la pointe nord du territoire.

    Davantage d’hospitalisations dans les espaces urbanisés

    En superposant les données de Santé publique France à celles des cartes du gouvernement et de l’ESRI-France, nous observons plusieurs tendances. Les effectifs hospitalisés (rond rouge, figure 3) sont plus élevés dans les départements des grandes villes que dans les départements peu denses (rouge-orange, figure 2). Ceci s’explique en partie par le fait qu’une population plus importante dans les territoires denses augmente le risque de contamination et d’hospitalisation, mais aussi par un nombre important de services de soins et d’équipes médicales dans ces territoires, prenant en charge davantage de patients que dans d’autres moins peuplés. Autre supposition, complémentaire : le nombre de patients hospitalisés serait plus important dans les territoires urbanisés en raison des transferts de patients depuis les secteurs peu denses et moins équipés en services, moyens humains et matériels, vers les territoires denses et mieux équipés.

    On peut supposer également que les transferts de patients par l’armée ou par les trains ne se sont produits qu’entre grandes villes, et que les cas infectés dans chaque département sont pris en charge localement. De ce point de vue, en prenant le ratio (nombre d’hospitalisés pour 100 000 habitants) représenté par les couleurs jaune-orange, orange foncé et rouge (ESRI-France), il semble que les territoires les moins densément peuplés, figurés en jaune clair, jaune orangé et orange (figure 2), soient moins touchés, avec moins d’hospitalisations que les départements des grandes villes (rouge foncé, figure 3).
    Répartition spatiale : exceptions « rurales » et corridors urbanisés

    Une exception se dégage toutefois. Les départements les moins peuplés (figure 2) entre Paris et Strasbourg comptent énormément d’hospitalisations : Aube, Haute-Marne, Marne, Meuse, Vosges apparaissent en rouge (figure 3). Ici, nous supposons qu’il faudrait aussi prendre en compte les flux, c’est-à-dire les déplacements. C’est ce qui a justifié la mesure du confinement général de la population : plus de déplacements = plus de probabilité de contamination = plus de cas = plus d’hospitalisations = plus de décès éventuels. Cette zone géographique inclut notamment un axe passant et économique entre deux grandes métropoles, densément peuplées. Des personnes infectées auraient pu ainsi effectuer des déplacements domicile-travail, professionnels ou autres vers ces territoires moins denses, propageant le virus dans ces départements globalement « ruraux ».

    D’autre part, cette situation pourrait encore s’expliquer par le nombre de personnes infectées, admises et soignées dans un hôpital autre que celui de leur département d’origine. Ces départements « ruraux » verraient ainsi leur nombre d’hospitalisations augmenter avec des patients venant d’autres territoires plus urbanisés. Enfin, il conviendra de s’interroger plus en détail sur les territoires de montagnes proches de l’Italie.

    Le nombre de décès rapporté est important sur un autre axe Strasbourg-Lyon-Marseille. Assez fréquentés en termes de trafic et de transferts, de tels axes sont aussi plus denses et urbanisés que les autres départements et desservent de nombreuses villes (corridor de couleur verte sur la figure 2). La question des flux, facteur de circulation du virus, se pose ici sans aucun doute. Le nombre important d’hospitalisations et de décès s’expliquerait dans les campagnes sous influence de ces grandes villes (Ardèche, Vosges, etc.).
    Des déplacements vers des territoires « urbains et ruraux »

    Sur la carte de l’INSEE effectuée à partir des données de l’opérateur de téléphonie mobile Orange pour représenter les déplacements de personnes depuis Paris vers les « campagnes » (17 % de Parisiens en déplacement juste avant le début du confinement), et en supposant que certaines de ces personnes étaient porteuses du Covid-19, on peut faire l’hypothèse que ces dernières seraient essentiellement allées vers l’est et le sud-est de la France, et notamment le long d’un axe Strasbourg (plutôt Vosges et Ardennes)-Lyon-Marseille. Ainsi, les départements les plus touchés en termes d’hospitalisations et de décès sont aussi ceux où un nombre important de personnes sont présentes en nuitée, selon la carte de l’INSEE [3]. Les départements « ruraux » comme « urbains » sont touchés sur cet axe.

    Certains départements « ruraux » font exception

    L’Ardèche et la Drôme, relativement peu denses (figure 2), ont vu leur taux de nuitée augmenter de plus de 4 % ; or, les cas hospitalisés et les décès sont également importants dans ces deux départements. Certes, ce ne sont là que des observations cartographiques basées sur des statistiques, et qui devront être étoffées et affinées. À titre de contre-exemple, le Gers a connu une arrivée importante de personnes en provenance de Paris mais, avec des cas d’infection ayant conduit à une hospitalisation et des cas de décès moins nombreux que d’autres territoires (bien que le département soit plus touché que ceux situés à proximité).

    Les cas de la Meuse, Aisne, Vosges (rouge, figure 3), territoires « ruraux », nous interrogent. Dans ces territoires peu densément peuplés, le nombre de décès est assez important en termes de ratio ou d’effectif. Ceci pourrait s’expliquer par l’arrivée de patients hospitalisés issus d’autres départements, venus gonfler les effectifs dans ces trois départements (à quoi il faut ajouter le facteur des déplacements mentionnés plus haut).

    Enfin, l’Indre et l’Aude ressortent en orange foncé (figure 3) en termes d’hospitalisation et de décès par rapport aux autres départements situés à proximité (jaune clair ou jaune orangé). Cela est-il dû aux déplacements avant le confinement ? Ou bien le fait de disposer d’axes et de liaisons (aériens, ferroviaires, routiers) moins importants et moins nombreux réduirait-il la circulation du virus dans les départements limitrophes ?

    Certains territoires dits « ruraux » ou moins denses sont donc également touchés par rapport aux territoires plus densifiés, avec un nombre important de cas infectés ou de décès : ceci peut s’expliquer par leur situation géographique (proximité d’aires urbaines importantes, d’axes de communication fréquentés) ou (de manière non exclusive) par une augmentation de personnes infectées due aux déplacements effectués avant le confinement de la région parisienne vers ces territoires.
    Des hôpitaux saturés et des services publics quotidiens au ralenti en milieu rural

    Au-delà d’une opposition typologique entre villes et campagnes (dont le confinement fait observer l’interdépendance : soutien de la population aux producteurs locaux, incitation ministérielle à aider les agriculteurs, renforcement des circuits courts, augmentation du nombre d’habitants dans certaines communes profitant aux commerces locaux, etc.), en termes d’accès aux services publics dans les lieux habités des territoires peu denses, le confinement pourrait être un inconvénient socio-économique pour les territoires ruraux. Des services publics – ou ayant récemment perdu leur statut public – sont fermés ou tournent au ralenti, comme les postes. Les maires de nombreux villages ou bourgs s’opposent à la fermeture de ces établissements nécessaires à la vie quotidienne des populations, en particulier vieillissantes (et à risques).

    Dans les hôpitaux, le nombre de lits des services de réanimation varie selon les territoires, en fonction du nombre d’habitants. Selon la carte de l’ESRI-France et du gouvernement, certains territoires ruraux seraient en « surcapacité » – c’est-à-dire en surcharge ou en saturation : les lits de réanimation disponibles et occupés étant en insuffisance par rapport au nombre de patients. L’Ardèche, département « rural », est à 313 % de surcapacité avec 25 patients en réanimation pour 8 lits ; les Vosges sont à 363 % (29 patients pour 8 lits), la Creuse à 188 % (15 patients pour 8 lits), la Seine-et-Marne à 269 % (207 patients pour 77 lits).

    En Seine-et-Marne, la population proche de Paris est plus importante, ce qui peut expliquer un nombre important de patients hospitalisés, en plus des transferts supposés inter-hôpitaux au sein de l’Île-de-France. Une « surcapacité » des lits disponibles et occupés s’observe de manière globale sur la partie est de la France : du Vaucluse au Pas-de-Calais en passant par le Loir-et-Cher et de nombreux territoires ruraux. Là aussi, il faudrait comptabiliser, s’il y a lieu, les cas autochtones traités dans le département d’origine ou bien les transferts de patients effectués. Par rapport au nombre d’habitants et aux capacités des hôpitaux en temps normal, les territoires ruraux de l’Ardèche au Pas-de-Calais sont en « surcapacité » par rapport aux territoires plus denses alors que, globalement, ces territoires sont moins touchés par le virus. Ces observations retrouvent néanmoins l’axe fortement urbanisé Marseille-Lyon-Nord-Strasbourg.

    Distanciation spatiale

    L’utilisation des outils et données cartographiques permet d’observer de nombreuses dynamiques en lien avec l’occupation de l’espace, la typologie des lieux urbanisés et ruraux et les moyens utilisés par la population afin d’occuper ces espaces. De manière globale, plus nous nous dirigeons vers l’ouest et le sud-ouest de la France, moins les cas infectés et les décès sont nombreux. Des territoires ruraux sont plus touchés que d’autres. Inversement, plus nous nous dirigeons vers le nord-est et l’est et plus le nombre de territoires touchés augmente.

    L’influence des territoires fortement urbanisés et densifiés se traduit ici dans la propagation des territoires ruraux limitrophes. L’axe nord-sud, du Pas-de-Calais aux Bouches-du-Rhône, est le plus touché. Enfin, le nombre de décès est important dans les départements limitrophes de Paris. Il sera intéressant, en changeant d’échelle, de voir si à mesure qu’on s’éloigne de Paris (ou d’autres métropoles, dans le corridor peu dense – « campagne urbaine » –, par exemple Clermont-Ferrand), le nombre de personnes infectées diminue.

    D’un côté, la distanciation spatiale par les reliefs et les grands espaces, les infrastructures de communication et l’utilisation de la voiture, jouent un rôle de barrière entre territoires plus impactés par le virus et territoires relativement épargnés. De l’autre, cette analyse cartographique permet d’observer une véritable interrelation entre les territoires (campagne sous influence urbaine), et pose ainsi la question de la densité dans les villes comme un indicateur à réinterroger dans le cadre d’un urbanisme plus durable et plus sain.

    Le confinement et l’éloignement géographique entre territoires seraient donc des indicateurs permettant de mesurer le taux de propagation du virus. Les « campagnes » apparaissent relativement moins touchées. Mais les déplacements avant le confinement vers ces « campagnes », les déplacements ponctuels (achats, aides, etc.) pourraient être d’autres facteurs de circulation du virus dans les territoires ruraux.

    Cette première observation spatiale du Covid-19 entre territoires dense et peu dense, entre villes et campagnes, devra être affinée et confrontée à d’autres indicateurs et échelles cartographiques. Les tests à grande échelle, le nombre de cas par commune et le nombre de transferts permettront sans doute d’y voir plus clair. Le facteur temporel de propagation du virus le long d’un axe allant du nord-est au sud-ouest du territoire devra être observé à moyen et à long terme. Le taux de pollution devra être pris en compte car, selon certaines études scientifiques, il y aurait un lien entre pollution et nombre de décès du Covid-19 [4]. Cet indicateur rapporté aux territoires et au nombre de décès du virus renvoie à la question des territoires urbanisés soumis à un taux de pollution plus élevé que les territoires peu denses (même si d’autres types de pollution existent dans les campagnes).

    Il faudra aller au-delà de l’observation est/ouest de la France, car des exceptions géographiques territoriales existent ; certains territoires fortement « métropolisés » (comme la Haute-Garonne) sont moins touchés par le virus que d’autres. Des territoires ruraux situés à proximité de « clusters » (Oise, Alsace) sont touchés également. En outre, comme indiqué plus haut, il faudra affiner les observations entre métropoles et villes moyennes, campagnes urbaines et éloignées, etc. Et les villes moyennes semblent plus fortement touchées [5]. Enfin, les flux migratoires de Paris vers les territoires littoraux seraient à étudier en détail.

    La campagne serait-elle une zone de refuge face aux virus ? Faut-il s’attendre à un regain de population dans les campagnes ? Oui et non. Beaucoup d’entre elles, à proximité de nombreux services et sous influence urbaine, sont touchées par le virus. La ville, comme la campagne, a des avantages et des inconvénients. Mais ces premières observations géographiques ouvrent d’autres questions problématiques : l’influence des espaces urbanisés sur les campagnes, les axes de communication nécessaires au bon fonctionnement des territoires ruraux, le rapport avec l’espace qui nous entoure, le sentiment d’éloignement dans certains territoires, une progression de l’étalement urbain, le développement de services dans les campagnes pour assurer les besoins des nouveaux arrivants… Un autre enjeu à prendre en compte est que les villes pourraient rester prioritairement alimentées et sécurisées (services, soins, etc.) lors de nouvelles pandémies [6].

    https://www.metropolitiques.eu/Covid-19-les-campagnes-moins-touchees-que-les-villes.html
    #coronavirus #cartographie #visualisation #données #campagnes #villes #distanciation_sociale #hospitalisation #épidémiologie #propagation #corridors_urbanisés #répartition_spatiale #démographie #structure_démographique #âge

    ping @reka @simplicissimus

  • La Nation de l’enfant unique

    Portée par une propagande massive, la politique de l’enfant unique en Chine a été appliquée de 1979 à 2015 avec intransigeance. Terrifiant les parents pendant plus de trois décennies, les sanctions et les punitions ont eu un impact désastreux sur le taux de natalité. Rompant le silence, les réalisatrices américaines Nanfu Wang et Jialing Zhang dévoilent le sort de dizaines de milliers d’enfants tués, abandonnés ou enlevés, ainsi que l’ampleur du traumatisme.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/56894_1

    #Chine #propagande #politique_de_l'enfant_unique #représentation #stérilisation_forcée #planning_familial #théâtre #art #avortement_forcé #violence #guerre_démographique #démographie #endoctrinement #déchets_médicaux #brutalité #sexisme #abandon #trafic_d'enfants #trafic_d'êtres_humains #orphelinat #adoption #programme_d'adoption_internationale #infanticide #patriotisme #nationalisme #impuissance #responsabilité #planification_familiale
    #film #film_documentaire #documentaire
    « Nous menons une #guerre_démographique » —> #Peng_Wang, artiste

    • "The Orphans of #Shao"

      The story started as a small notice on a remote Hunan government website detailing a lawsuit filed by families in a small Hunan village against the Family Planning Bureau in their area. While researching the Hunan scandal, we discovered this story of Family Planning confiscations in #Gaoping Village, #Shaoyang_City. After writing about the story in 2006 in the context of the Hunan scandal, we were contacted to cooperate on a Dutch documentary in 2008 about twelve families that lost their children to Family Planning officials. These children were sent to the Shaoyang orphanage, renamed “Shao” and adopted internationally.

      Now, the Chinese journalist that first broadcast the story inside China has published an in-depth book on the event, providing valuable background context to a story that has deep and profound implications to China’s international adoption program. “The Orphans of Shao” "consists of case studies that exemplify more than 35-year long-lasting policy in China, the One-Child Policy. Due to the effect that the National Law has created, Mr. Pang exposed the corrupted adoption system in China. The farmers in many villages are forced to fines that they cannot afford to pay so the officials take their children away. The officials then sell the children for a low price to government orphanages. The orphanages then put these children up for international adoptions and collect the high prices fees for these adoptions. The international adoptions are usually in Europe and in the United States. These families that adopted these children truly believe that the children are orphans. After their children were kidnapped by the officials, the parents embarked on a long and draining odyssey to recover them. After searching fruitlessly for many years, the heartbroken and desperate parents were on the verge of losing all hope."

      These stories must be heard, as painful as they are for most to read. Purchase of the book benefits “Women’s Rights in China,” an NGO dedicated to prevent such stories from happening again.


      http://research-china.blogspot.com/2014/10/the-orphans-of-shao.html
      #livre #Pang_Jiaoming

    • The Consequences Of One Child Nation

      The new documentary ONE CHILD NATION is Chinese-born filmmakers Nanfu Wang (HOOLIGAN SPARROW) and Jialing Zhang’s investigation into the human consequences of China’s One-Child Policy, and the hidden economic incentives that helped to fuel it. The One-Child Policy was written into China’s constitution in 1982 and was in effect until 2015. We spoke with director Nanfu Wang–who also served as the film’s producer, cinematographer, editor, and subject–in New York on July 24. ONE CHILD NATION, which won the U.S. Grand Jury Prize at the 2019 Sundance Film Festival, is now in theaters.

      Science & Film: In your film, you show how government propaganda encouraged people to adhere to the One-Child Policy for the good of the country. Why do you think that was such a persuasive argument?

      Nanfu Wang: For any people, any country, “Make America Great”… collectivism and altruism are ways of getting people to do things–patriotism especially. That’s the way a government makes people forget about their rights, forget about their individuality, and follow the national agenda.

      S&F: One of the shocking parts of ONE CHILD NATION is the revelation of how Chinese adoption agencies took advantage of the One-Child Policy. When and how did you learn about that?

      NW: I learned as we were making the film that something was happening around adoption and that children were being confiscated. Someone introduced me to journalist Jiaoming Pang’s book, The Orphans of Shao, which is about that. It was shocking. I didn’t know any of those things were happening in China. I think because the book was self-published by a very small non-profit organization there wasn’t much readership—even I hadn’t read it before I was making the film. What was even more shocking were the details. For example, there was a family whose first-born child was confiscated and adopted by an American family. There was no violation of the one-child policy [by the family]. The reason that they confiscated the first-born child goes back to when in rural areas when people get married they don’t register for marriage in the courthouse. For thousands of years, the Chinese tradition is that when you get married you have a banquet, two families in the village eat together, celebrate, and then you are officially married. Marriage law was new in the 1940s when the new China was established. In rural areas, a lot of people still don’t get a marriage certificate. So this couple got married that way: the whole village ate together, and they had their first son. Then the government came and said, you don’t have your official marriage certificate, your marriage is illegal, and therefore we are taking your child. That’s how their child was taken away and eventually got adopted here [in America].

      S&F: Do you think there was an economic incentive from the government to confiscate children?

      NW: All orphanages were state owned. When we met the [child] trafficker, he told us how the orphanages hired him. For the international adoption program to work there are several legal steps. Each adoptive family has to get a certificate saying this child was abandoned and is an official orphan. This certificate has to be stamped by the police. The trafficker told us that when he was hired he would get a stack of already stamped blank certificates which left the location out and the name blank; it was all blank paperwork that they made up and submitted.

      S&F: You interviewed one of the women who performed abortions. She said that even in retrospect she would probably do the same thing again. What was that interview like for you?

      NW: My co-director and I watched that and we both felt a lot of empathy towards her because we don’t see her as an evil person–the opposite. We wanted to make it clear that there is no perpetrator in this story; everyone is a victim. We wanted to make it clear the sympathy and empathy we felt for her. We also asked ourselves, what if we were her? What choices would we have made? When I was living in China before I left for the U.S., the last job I had was working at a university as a staffer and one aspect of my job was writing propaganda articles for the university. I aspired to be a good staffer. I aspired to be a good writer. I aspired to be seen as useful and a good worker, so that made me work really hard and be creative. If you are in the position of working for the government and you just want to be a good worker, very likely the person would do the work that is against their own morality simply because that was what they were told was the right thing to do. For someone who grew up in a country and educational system that taught that the collective is always above the individual, you believe that you can’t be selfish. So thinking about that, it’s likely that if I were her I would have made the same decisions. That was scary but definitely made us much more empathetic towards her.

      S&F: This makes me think about the Nazis and soldiers during World War II.

      NW: Similar. The ideology and mindset of following orders is all about how you make a good person do evil things.

      S&F: What do you think about the way that other countries are now talking about population control because of climate change?

      NW: It’s ironic. A lot of countries right now are saying that we have an overpopulation problem, which is true, but they are saying we should do a similar policy to China’s One-Child Policy. [In the film,] we wanted to show that the policy had huge consequences. It’s not up to the government to control how many children one can have. That’s basic human rights.

      I believe the Chinese leaders who initiated the policy thought, yeah let’s do this, this is a great policy. There were direct consequences: they knew that in order to enforce the policy they would have to use violence. But there were also indirect consequences. All of the consequences they hadn’t foreseen are showing up [now]: the aging society, the gender imbalance, and even the psychological trauma that generations are experiencing including the adopted children who are growing up and are going to become parents. That’s when they will truly reflect and want to know the answers to their own life stories.

      S&F: Have any government officials in China seen the film?

      NW: No, I don’t think they have.

      We showed the film in Hong Kong and it will be shown in Taiwan soon and some other Asian countries. In China, there was interest from an underground festival but we haven’t [pursued that] for a few reasons. We want to wait until the release is done here and see what we want to do.

      https://www.youtube.com/watch?v=gMcJVoLwyD0&feature=emb_logo


      http://www.scienceandfilm.org/articles/3240/the-consequences-of-one-child-nation

    • Dans le film documentaire, le travail artistique de Peng Wang est présenté... mais je ne trouve pas beaucoup d’informations sur internet.
      Voici ce que j’ai trouvé :

      “One Child Nation,” Reviewed : A Powerful Investigation of a Chinese Policy’s Personal Toll

      Wang interviews an artist, #Peng_Wang, who, two decades ago, was working on a project that involved garbage, and, as he rummaged through an alley where it was dumped, he found the discarded body of a female baby. He then looked at other dumping grounds and found many fetuses; he photographed them, and in some cases even brought them home and preserved them. As he described one corpse, an infant that seemed to be smiling, he imagined the meaning of that smile: “It’s as if he knew it’d be miserable to be alive in China, and he was happy to have avoided it.” For that matter, Wang interviews her own aunt and uncle, who describe in detail their abandonment of their own newborn daughter, nearly thirty years ago; the baby died in two days. (Wang also likens China’s policy of forced abortion to American restrictions on abortion—assimilating both countries’ policies to “the control of a woman’s body.”)

      Source https://www.newyorker.com/culture/the-front-row/one-child-nation-reviewed-a-powerful-investigation-of-a-chinese-policys-p

      –----------

      So it was that in Wild Field, Wang Peng’s Ruins (2010) and Grove Monument (2014) attracted the attention of the censors, as they counter-memorialised the aborted 400 million foetuses resulting from the One Child Policy. This was mainly directed at Han couples, who after 1978 were only allowed to have one child if the couple were residing in the countryside. This rule applied unless they had a girl who had reached seven years of age, in which case the couple were permitted to have another child. The One Child Policy was brutal, cruel and bloody. If the authorities discovered a pregnant woman who already had one or more children the government forced her to have an abortion, no matter what stage of the pregnancy, and had her permanently sterilised. The most cruel moment in the history of the One Child Policy was probably Zeng Zhaoqi’s “No children within 100 days (白日无孩运动)” policy, that is also known as the “Lambs Massacre.” This took place in the Guan and Shen counties of ShanDong province in 1991. No children were allowed to be born for 100 days (from 1 May to 10 August) and during that period any child, whether first or second in the family, was to be aborted.

      After some negotiation, Wang’s works were permitted but had to change their name to Life. The work originally named Grove Monument also had to be covered in fabric, because it was carved with the impacting words, “the spiritual monument of the children who died from the One Child Policy.” On the opening day of the exhibition the officials went one step further, forcing the gallery to remove the monument, leaving just the base. Ruins, a series of photographs of aborted foetuses left on rubbish dumps, were also removed and replaced by colourful scenery. While the Western artworld has become jaded with political art, incorporating risk into its own modes of art consumption, Chinese artists are working in a very different situation. Wang, one of the student protestors at Tiananmen Square, made these works because he had seen foetuses in a hospital rubbish bin during the time of the One Child Policy. His artist’s statement gives some sense of the mood with which many Chinese artists make work: “During the enforcement of 37 years One Child Policy, the distorted system has revealed the cruelty and ignorance of humanity, plus the long-term brain-washing education that make me feel nihilistic to life. The nihilistic feeling made me question the meaning of lives.”[10]

      Source : https://www.artlink.com.au/articles/4700/inhuman-flow-censorship-and-art-in-the-two-chinas

      #art #art_et_politique

    • « Jeune paysanne née au coeur de la Chine rurale, Meili est mariée à Kongzi, l’instituteur du village, lointain descendant de Confucius. Ensemble, ils ont une fille, mais Kongzi, qui veut à tout prix un fils pour poursuivre la lignée de sa célèbre famille, met à nouveau Meili enceinte, sans attendre la permission légale. Lorsque les agents de contrôle des naissances envahissent le village pour arrêter ceux qui ont transgressé les règles, père, mère et fille fuient vers le fleuve Yangtze. Ils commencent alors une longue cavale vers le Sud, à travers les paysages dévastés de la Chine, trouvant de menus travaux au passage, parfois réduits à mendier et obligés de se cacher des forces de l’ordre. Alors que le corps de Meili continue d’être pris d’assaut par son mari et que l’État cherche à le contrôler, elle se bat pour reprendre en main sa vie et celle de l’enfant à naître.
      Avec La route sombre, Ma Jian, célèbre dissident chinois, signe un roman bouleversant où la violence du contrôle social vous saisit de plein fouet. »