• #Violences_policières : « On est dans le #mensonge_d’Etat »

    Pour #David_Dufresne (@davduf), spécialiste de la question du #maintien_de_l’ordre, la #répression menée contre les « #gilets_jaunes » « laissera des traces dans toute une génération ».

    Hémorragie cérébrale d’un homme de 47 ans à Bordeaux, traumatisme facial d’un manifestant à Toulouse, fracture au front d’un lycéen à Orléans… L’écrivain et documentariste David Dufresne, auteur de l’enquête Maintien de l’ordre (Fayard, 2013), recense et signale les bavures policières observées lors des manifestations des « gilets jaunes ». Il dénonce le « déni politique et médiatique » de ces violences, selon lui profondément « antirépublicain ».

    Quelle est la particularité de la gestion du maintien de l’ordre en #France ?

    David Dufresne : Pendant longtemps, la France a été considérée comme la championne du maintien de l’ordre, pour une raison simple : face à des manifestations particulièrement nombreuses dans le pays, la police est entraînée. Sauf que c’est aujourd’hui un #mythe, qui s’est écroulé sous nos yeux. Le maintien de l’ordre est devenu depuis une dizaine d’années extrêmement offensif, brutal, avec des policiers qui vont au contact. Jusqu’ici, la clé était de montrer sa #force pour ne pas s’en servir.

    En Allemagne, en Angleterre, les forces de maintien de l’ordre ont mis en place tout un processus de dialogue avec les manifestants, et de #désescalade. La France a fait le choix inverse, dont découlent ces drames : environ 2 000 manifestants blessés depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », à la mi-novembre.

    La France utilise par exemple des #armes proscrites ailleurs en Europe pour ce type d’interventions, et considérées par certains fabricants comme des armes de guerre : les# lanceurs_de_balles_de_défense [les « #Flash-Ball » font partie de cette famille, mais ne sont plus utilisés que par certains policiers municipaux], les grenades #GLI-F4, qui contiennent une petite dose de #TNT et arrachent des mains. Celles-ci sont d’autant plus dangereuses qu’elles ne sont pas létales et donc utilisées de manière massive par des policiers qui pensent, de bonne foi, qu’ils ne vont pas tuer. Mais l’on assiste à des #mutilations en série, qui font le déshonneur du maintien de l’ordre à la française. Le mythe, sur lequel les politiques continuent de surfer, ne résiste pas aux faits.

    Vous effectuez un comptage des #blessés, quel est votre objectif ?

    Ce #recensement est parti d’un effet de sidération devant les violences policières exercées et devant le #silence politique et médiatique. C’est une démarche de documentariste, d’observateur de la police et de lanceur d’alerte. J’essaie de contextualiser au mieux les images que je repère. De plus en plus, les victimes ou leur famille m’envoient directement des informations. Je signale au ministère de l’intérieur les #violences, mais aussi les manquements à la #déontologie_policière. Tous ceux qui sont blessés au visage peuvent porter #plainte, car, comme l’expliquent les manuels de maintien de l’ordre, il est interdit de viser la tête.

    Sur les 300 signalements recensés [sur son compte Twitter], je compte au moins 100 #blessés_graves, dont une quinzaine de personnes éborgnées et plusieurs mains arrachées, mais aussi des #insultes et #menaces lancées par des policiers ou encore des destructions de téléphones portables. Les émeutes de 2005 se sont déroulées tous les jours, toutes les nuits, trois semaines durant, et elles ont engendré moins de débordements que lors des manifestations hebdomadaires des « gilets jaunes ».

    Que retenez-vous de ce silence autour des violences policières ?

    Aujourd’hui, ce n’est plus du silence, c’est du #déni. M. #Castaner lui-même [le ministre de l’intérieur], lundi soir, nous explique qu’il ne connaît « aucun policier qui ait attaqué un “gilet jaune” » : on est dans le mensonge d’Etat. Il y a bien des violences policières, elles sont gravissimes. Il faut remonter à octobre 1961 pour arriver à un tel déchaînement – sans comparer la situation actuelle avec les morts de la répression au métro Charonne et les Algériens jetés dans la Seine.

    La police républicaine ne peut pas tirer sur la foule sans avoir de comptes à rendre. Mais j’ai reçu quelques procès-verbaux d’audition à l’#IGPN [inspection générale de la police nationale] : elle va faire son travail d’étouffoir. Pourtant, 78 plaintes sont instruites, beaucoup plus que lors des manifestations contre la loi travail ou les émeutes de 2005, ce qui montre l’étendue des dégâts. Il y a une gêne de la police.

    Le silence médiatique fait aussi partie de la violence exercée, c’est ce qui remonte des témoignages que j’ai reçus. La police s’autorise aussi ces coups parce qu’il n’y a pas de répercussion médiatique. Ce déni politique et médiatique est antirépublicain.

    Quel est le lien entre politique et maintien de l’ordre ?

    Ce lien s’explique par l’histoire. La France est un pays de contestation. La fête nationale, c’est la prise de la Bastille, une émeute. Pour le maintien de l’ordre, la police agit sur ordre politique. Les préfets, donc l’Etat, et non pas les commissaires, décident du déploiement des forces. Ceux-ci prennent leurs ordres auprès du ministère de l’intérieur, qui les prend à l’Elysée.

    Répondre massivement aux manifestations des « gilets jaunes » est donc un #choix_politique. L’Etat fait appel à des policiers qui ne sont pas formés au maintien de l’ordre : de la #BAC [#brigade_anticriminalité], de la #BRI [#brigades_de_recherche_et_d’intervention], des #gardiens_de_la_paix… Ils ont l’habitude d’être face à des délinquants, pas des manifestants. Pour eux, la #foule est délinquante. C’est un point clé pour comprendre la centaine de blessés graves.

    Comment la doctrine a-t-elle évolué avec la crise des « gilets jaunes » ?

    J’observe que les forces de l’ordre visent de plus en plus les journalistes, empêchent les secouristes volontaires d’agir, et cassent volontiers des #téléphones_portables de personnes qui filment, comme dans une volonté d’empêcher toute #documentation des événements.

    C’est une doctrine qui va vers l’#affrontement, et donc extrêmement dangereuse. Elle laissera des traces dans toute une génération. Tous ceux qui manifestent aujourd’hui se souviendront de cette #répression_policière, qui est terrifiante.

    L’appel à des policiers non formés, le recours à des armes dangereuses, des crispations et une fatigue des forces de l’ordre, des discours martiaux du politique et un déni par Castaner de ce qui se passe – c’est un cocktail explosif. On a complètement changé d’échelle : le nombre d’interpellations, de gardes à vue, de tirs, de policiers mobilisés…

    La sortie se fera par le politique, pas par la répression, c’est évident. Tous les samedis, des gens partent manifester en sachant qu’ils peuvent perdre un œil. Tout est fait pour les dissuader de venir, ils viennent quand même.


    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/16/violences-policieres-on-est-dans-le-mensonge-d-etat_5409824_3224.html
    #bavures_policières #déni_politique #déni_médiatique


  • Maintien de l’ordre : le Défenseur des droits instruit plusieurs saisines relatives à la déontologie de la sécurité. | Défenseur des Droits
    https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2018/12/maintien-de-lordre-le-defenseur-des-droits-instruit-plusieurs-sai

    Communiqué du 7 décembre 2018

    Le Défenseur des droits, autorité constitutionnelle indépendante chargée de défendre les droits et libertés, a notamment pour mission de veiller au respect de la déontologie des professionnels de la sécurité et de défendre et de promouvoir l’intérêt supérieur de l’enfant.

    En conséquence, le Défenseur des droits a décidé d’ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées des interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie. Il mettra en œuvre ses pouvoirs d’investigation pour instruire ce dossier dans le respect du contradictoire, comme il le fera également dans plusieurs saisines qui lui ont déjà été adressées suite aux manifestations récentes.

    Dans ce contexte, le Défenseur des droits rappelle qu’il avait, en décembre 2017, à la demande du Président de l’Assemblée nationale, fait un rapport général sur le maintien de l’ordre qui contenait plusieurs recommandations parmi lesquelles :

    le retrait des lanceurs de balles de défense de la dotation des forces chargées du maintien de l’ordre au cours des manifestations ;

    la réalisation d’une expertise sur les armes dites de force intermédiaire, notamment la #GLI-F4, visant à mieux encadrer leur usage ;

    le renforcement de la communication et du dialogue dans la gestion de l’ordre public, avant et pendant le déroulement des manifestations, afin notamment de rendre plus compréhensible l’action des forces de sécurité ;

    la conduite d’une étude sur la mise en œuvre en France de la doctrine dite de la « désescalade de la violence ».

    #maintien_de_l'ordre


  • Magouilles, nazisme et violence : un #policier repenti se livre - Page 2 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211218/magouilles-nazisme-et-violence-un-policier-repenti-se-livre?page_article=2

    Nicolas se souvient que dans les communications radio, on employait surtout « Nord-Africain » et « Africain ». Ces dispositifs de profilage racial amorcent une chaîne de pratiques de surveillance et de contrôle, de brimades et de coercitions marquant les corps reconnus comme « Africains » et « Nord-Africains » par les policiers.

    « Ce qui était ciblé, ce n’était pas forcément une couleur mais plus une attitude où on sentait de la méfiance chez la personne », assure l’ex-policier. Cette focalisation détermine le ciblage de corps « méfiants » parce que régulièrement confrontés aux #violences_policières et aux discriminations. Cette disposition de la pensée policière à repérer ce qui se méfie d’elle détermine des pratiques de ségrégation et de prédation, ainsi qu’une prétention à soumettre tout ce qui se sent menacé par l’ordre social et le pouvoir policier.

    Après une courte réflexion, Nicolas Garnier se souvient d’ailleurs : « Pendant la #formation, on nous a dit qu’effectivement, si la personne ne se laissait pas faire, il était possible d’appuyer sur ses menottes pour créer des douleurs au poignet, ça c’était officiel aussi, et qu’une fois que la douleur avait été créée, la personne avait plus tendance à se laisser faire. »

    S’il insiste pour rappeler que « l’idée principale c’est tout de même d’infliger le moins de douleur possible », l’ancien policier explique qu’on lui a pourtant bien enseigné « des clefs de bras, des coups de poing et coups de pieds, type boxe française, des points de pression ». « Même si on nous disait qu’il ne fallait pas mettre de coups, donc je ne sais pas pourquoi on nous l’enseignait, mais on nous apprenait tout de même à mettre des coups. »

    Le monopole de la violence légale
    Tout comme cette « brigade un peu spéciale », les violences policières s’intègrent sans difficulté dans les dispositifs législatifs et judiciaires chargés de les contrôler. Si l’État revendique effectivement le monopole légitime de la violence, il dispose surtout de son monopole légal.

    Durant la formation aux cadres juridiques d’emploi de la force, on présente aux élèves policiers le « code de #déontologie », on distribue des livrets informatifs sur « la démocratie », « les libertés individuelles et collectives » qui permettent de légitimer l’existence d’un cadre éthique, moral, légal. Ce rituel autorise l’entrée dans un champ où les pratiques réelles peuvent prendre des formes très éloignées des principes mis au fronton de l’institution.

    C’est ainsi que durant sa formation aux GTPI, Nicolas Garnier apprend à mettre des menottes. On lui indique les zones du poignet qui peuvent être douloureuses, en expliquant qu’il faut « essayer de ne pas faire mal ». Ce qui rend possible la diffusion de pratiques de coercition d’autant plus facilement qu’on vient d’enseigner les zones douloureuses.

    Après une courte réflexion, Nicolas Garnier se souvient d’ailleurs : « Pendant la formation, on nous a dit qu’effectivement, si la personne ne se laissait pas faire, il était possible d’appuyer sur ses menottes pour créer des douleurs au poignet, ça c’était officiel aussi, et qu’une fois que la douleur avait été créée, la personne avait plus tendance à se laisser faire. »

    S’il insiste pour rappeler que « l’idée principale c’est tout de même d’infliger le moins de douleur possible », l’ancien policier explique qu’on lui a pourtant bien enseigné « des clefs de bras, des coups de poing et coups de pieds, type boxe française, des points de pression ». « Même si on nous disait qu’il ne fallait pas mettre de coups, donc je ne sais pas pourquoi on nous l’enseignait, mais on nous apprenait tout de même à mettre des coups. »

    Une interpellation lors d’une manifestation contre les violences policières, à Paris, le 23 février 2017. © Reuters
    Une interpellation lors d’une manifestation contre les violences policières, à Paris, le 23 février 2017. © Reuters
    Les violences policières les plus quotidiennes n’entrent pas en conflit avec le cadre judiciaire. Nicolas Garnier se souvient ainsi d’un contrôle d’identité « sur un type, sans raison ». L’homme s’enfuit en courant mais les policiers réussissent à le rattraper. Il est alors coincé dans un local et ne peut s’enfuir. « Et là, je sens chez mes collègues qu’il y a une montée, chez moi aussi, de violence et d’agressivité, qu’ils ont déchargé sur ce type en usant de la force qui était complètement disproportionnée. » « Il n’y avait pas nécessité de l’écraser par terre, de lui mettre les menottes extrêmement fortes. » Mais « au niveau de la loi, ils arrivent encore à se couvrir, ça peut passer », reconnaît Nicolas Garnier.

    L’impunité judiciaire quasi totale dont bénéficient les crimes policiers est assez bien connue. Mais les violences quotidiennes sont elles aussi couvertes par la collaboration de l’institution judiciaire. L’ex-agent de police se souvient qu’un de ses collègues avait mis un coup de genou dans le ventre d’« un minot de 14 ans qui faisait vraiment chier en insultant », « pour le faire taire ». L’adolescent avait ensuite été interpellé et emmené au poste.

    Dans son procès-verbal (P.-V.), le collègue ment et écrit que le petit a tenté de lui mettre « un coup de boule ». Au tribunal, un magistrat vient voir le policier en question et le félicite : « Bravo pour votre interpellation. On a revu les caméras et effectivement on a bien vu le coup de boule qu’il a essayé de vous mettre. » Nicolas considère qu’on peut parler d’une forme de « collusion dans le mensonge entre la justice et la police ».

    Les compétences en droit des officiers de police judiciaire permettent de faire entrer la réalité des pratiques dans les cadres de la loi. L’ancien policier se souvient ainsi de techniques consistant pour l’officier à faire reprendre les P.-V. par les agents lorsque ce qu’ils avaient déclaré ne permettait pas de « prendre l’affaire » parce que le parquet l’aurait refusée. Au sujet d’un pseudo-fraudeur, Nicolas Garnier confie : « Donc on a changé la réalité, on l’a mis à la poubelle, on a refait un P.-V., on a menti sur le procès-verbal et on a dit qu’il avait effectivement fraudé. » Il arrivait aussi « qu’on invente des insultes ».

    Puis il décrit un fait moins connu. « Quand on se fait insulter par quelqu’un, on rajoute des insultes au magistrat dans la plainte. Exemple : le type nous dit “sale flic de merde” et on rajoute “les juges je me les fous au cul, jamais j’aurais quoi que ce soit”. Il y a une sorte de mépris de la justice dans le corps policier. On dit qu’ils sont laxistes, que les délinquants se sentent en liberté. »

    Les #policiers savent aussi s’arranger avec la loi. Nicolas Garnier confirme un fait déjà connu de l’inspection générale de l’administration. « Ça se fait, une ou deux fois par mois de se mettre un “outrage à agent”, c’est, je ne sais plus, entre 200 et 500 euros, qui tombent, grâce au service d’aide aux victimes et ils touchent leur cachet même si la personne est insolvable. Et dans ce cas, on n’invente pas des insultes, on provoque, on cherche la personne. »

    [...]

    Une brigade néonazie s’intègre bien dans les cadres du pouvoir policier parce que la #violence et les #discriminations, légales et illégales, font partie intégrante des répertoires réels du maintien de l’ordre social. Ce ne sont pas des accidents, pas des dysfonctionnements, ce sont les productions d’une machinerie institutionnelle qui remplissent des fonctions rationnelles pour la reproduction d’une #société_inégalitaire.


  • L’étonnant #pantouflage du mari de Fleur Pellerin
    Par Vincent Jauvert - Publié le 13 septembre 2018
    https://www.nouvelobs.com/economie/20180913.OBS2341/l-etonnant-pantouflage-du-mari-de-fleur-pellerin.html

    C’est l’un des « pantouflages » les plus problématiques de l’ère Macron. Condisciple de Bruno Le Maire à l’ENA, époux de l’ex-ministre de la Culture Fleur Pellerin, Laurent Olléon est un haut fonctionnaire très en vue dans le cercle du pouvoir - surtout de gauche. Durant le quinquennat de François Hollande, ce conseiller d’Etat de 49 ans a été directeur de cabinet de plusieurs ministres, il a même été pressenti, en 2016, pour prendre la tête du cabinet du président de la République.

    Il a passé le reste de sa carrière au Conseil d’Etat, essentiellement dans le domaine fiscal - si sensible. Jusqu’en août dernier, il était assesseur à la section à la neuvième chambre du contentieux, chargée entre autres de fiscalité. Mieux : depuis plus de trois ans, il présidait (en tant que suppléant) la commission des infractions fiscales. Cette autorité indépendante est obligatoirement saisie par Bercy pour l’engagement de poursuite contre des fraudeurs. C’est dire son pouvoir. Voilà pourquoi un grand cabinet d’avocats d’affaires vient de recruter Laurent Olléon comme associé dans sa branche « Tax » - pour, admet-il, le plus grand bénéfice des clients de la firme, de grands groupes privés. (...)

    #fraudesfiscales


  • Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la #vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour #diffamation  ; la postérité portera plainte ­contre vous pour #infamie."

    dixit #Yann_Moix
    « Monsieur le Président, vous avez instauré à Calais un protocole de la bavure »

    L’écrivain Yann Moix fustige dans une #lettre_ouverte adressée à Emmanuel Macron la politique migratoire de la France, et plus particulièrement le traitement infligé aux migrants à Calais. Vidéo à l’appui, il affirme avoir filmé sur place des « actes de barbarie ».


    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/21/monsieur-le-president-vous-avez-instaure-a-calais-un-protocole-de-la-bavu
    #Calais #asile #migrations #EnMarcheVersLeFN (c’était cela le tag ?) #réfugiés #humiliation #espoir

    Et sur la question de la #terminologie (#mots #vocabulaire) :

    Vous les nommez « migrants » : ce sont des #exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un #destin.

    ping @reka @sinehebdo

    Ici le texte complet, pour ne pas le perdre :

    Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez « migrants » : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.
    Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que « ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires. » Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.

    Je ne suis pas, comme vous dites, un « commentateur du verbe » : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

    J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la #détresse et le #dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    J’affirme, M. le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux #droits_fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    Ces actes de #barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction  ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici  ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

    « Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques », avez-vous dit. Ajoutant  : « Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné ». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent ­votre politique  ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.

    Journalistes, policiers  : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

    Soit les forces de l’ordre obéissent à des ­#ordres précis, et vous êtes impardonnable  ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez  ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.

    Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une #bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un #protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un #protocole_de_la_bavure.

    Quand une #police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces ­actions souillant la #dignité de l’homme   ? Vous y avez répondu vous-même  : « Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement. »

    L’histoire a montré qu’on peut parfois ­reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit ­toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les #violences_policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui ­donner de tels ordres, c’est justement ­porter atteinte à son honneur.

    « La situation est ce qu’elle est par la #brutalité du monde qui est le nôtre », dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit ­démêlée par une pensée aussi simpliste  ? Que des décisions si lourdes soient ­compatibles avec des propos si légers  ? On attendait Bonaparte, arrive Lapalisse.

    Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion   ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.

    Vous avez osé dire  : « Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui ­apportent l’humanité durable dans la ­République. » Au vu de ce qui semblerait être votre ­conception de « l’#humanité », les associations préfèrent l’aide que vous leur avez ­refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.

    Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse  : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberration.

    La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un « crime contre l’humanité ». Ne prenez pas la peine de vous ­rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

    Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’#ignominie. La décision est difficile à prendre  ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.

    Saccages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne ­connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas  : c’était un Calais pipé  ; c’était ­un Calais imaginaire et vide  ; c’était un ­Calais sans « migrants ». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

    Le Défenseur des droits a dénoncé, lui aussi, le « caractère exceptionnellement grave de la situation », qu’il n’hésite pas à décrire comme étant « de nature inédite dans l’histoire calaisienne ». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous ­donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

    Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un #crime.

    Je citerai enfin les conclusions de la « mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois » d’octobre 2017 – mission qui dépend du ministère de l’Intérieur  : « L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de #preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la #déontologie_policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage ­disproportionné des aérosols lacrymogènes, la ­destruction d’affaires appartenant aux ­migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation]. »

    Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non-policier  : « Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ­ministre de l’Intérieur, qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants. »

    Vous dites  : « Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la #violence. » Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?

    A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une « fake news », vous nous rappelez de manière ­salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, ­arrive Pinocchio.

    Je ne sais pas exactement de quoi vous êtes responsable  ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu.

    Surtout à Calais, où tout est fait pour ­rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire   ? Attendre qu’on leur brûle la rétine  ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée  ?

    Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos #valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

    Le préfet du Pas-de-Calais m’a appelé, ­furieux, osant se réclamer de Jean Moulin  ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix  ; cesse de faire la guerre aux martyrs vivants.

    #Jean_Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la ­Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

    Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour ­diffamation  ; la postérité portera plainte ­contre vous pour infamie.

    #responsabilité

    • À chaque chose, une place. Que ne fait on pas pour un petit rôle ? Faire partie de la bande à BHL et avoir fricoté avec quelques antisémites, être pro israélien et blablater à la tévé, faire le romancier et le réalisateur, même en période d’imbécilité soutenue, ça ne suffit pas à faire un #intellectuel selon le canon français. L’hagiographie de Macron a déjà été écrite par Emmanuel Carrère et étayée par un livre de François Dosse, alors on rédige un J’accuse de saison, et qui prend soin de défendre l’honneur de la police...
      Au moins 600 manifestants à Ouistreham contre les « traques » de migrants
      http://www.europe1.fr/societe/au-moins-600-manifestants-a-ouistreham-contre-les-traques-de-migrants-355139
      #placement #relooking #Ration

    • @touti, dénoncer, je sais pas. Je voulais juste rappeler de quelle étoffe est notre héros ("faites moi un procès, président !) de circonstances. La triste réalité c’est que pour moi aussi l’écho donné à ce texte, son existence même, peut malgré tout tenir lieu de bonne nouvelle, façon fragmentation de la domination (parmi les dominants et leurs alliés)... sur fond d’occupations d’écoles, d’aide au passage des Alpes, d’ouverture de squat ou de manif significative, comme à Ouistreham.

    • #Yann_Moix, comment dire... Je viens de parcourir l’article de Wikipédia à son sujet. J’y ai relevé quelques passages principalement dans le paragraphe « sujets polémiques » :

      1) Cinéma Utopia (2009)

      Dans Le Figaro du 10 août 200948, Yann Moix s’indigne d’un tract des cinémas Utopia présentant le film Le Temps qu’il reste. Il reproche notamment à ce tract de débuter par : « Les tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen », puis il relève ceci : « Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives » et s’indigne de la formule « milices juives » qui, selon lui, « évacue Auschwitz d’un coup d’adjectif non seulement mal placé mais déplacé, un concept qui donnerait aussitôt vie, dans la foulée, à de jolis avatars, comme des nazis juifs, des fascistes juifs, des hitlériens juifs ». Il est aussi particulièrement frappé par cet autre extrait du tract : « Elia Suleiman revient sur son enfance dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train... ». Il compare l’auteur du tract à Robert Brasillach et avance que les gérants des cinémas Utopia ont « la haine des juifs » et seraient « le visage nouveau de l’antisémitisme contemporain », comparant leur gazette à Je suis partout, journal collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale. La revue La Règle du jeu (fondée en 1990 par Bernard-Henri Lévy) lui apporte son soutien.
      Les cinémas d’art et d’essai du réseau Utopia portent plainte pour injure, et Yann Moix, ainsi que Le Figaro, défendu par Patrick Klugman, sont condamnés en 2010 pour « délit d’injure envers particuliers » le 19 octobre 2010. David Caviglioli, journaliste de L’Obs, relève que le jugement précise que le tract a été écrit avec « une tonalité militante et abrupte », et lui-même soupçonne un antisémitisme sous-jacent à ce tract, relevant par exemple que le sionisme y est décrit comme le « rêve fou d’un état religieux juif ».

      #sionisme

      2) Polanski et la Suisse

      Yann Moix crée la polémique le 1er février 2010 en publiant un extrait de son prochain livre La Meute dans La Règle du jeu sous le titre « J’aime Polanski et je hais la Suisse ». Selon Le Parisien, Yann Moix prend « prétexte » de l’assignation à résidence du cinéaste juif Roman Polanski par la Suisse, pour attaquer cette dernière en la traitant de « pute », de « Gestapoland » et de « pays inutile », « nul » et « fondamentalement antisémite », puis un jour plus tard dans le journal Le Matin ses citoyens de « mous salauds ». En date du 2 février 2010, le texte est retiré du site à la demande de l’auteur. La presse francophone de Belgique et de France commence à relater l’information et l’ambassade de France en Suisse diffuse un communiqué de presse se désolidarisant de l’auteur en estimant à propos de l’ouvrage : « […] on peut à bon droit penser qu’il eût mieux valu qu’il ne parût point ».

      #culture_du_viol

      3) Loi Gayssot (2010) :

      Fin 2010, il apparaît comme un des signataires d’une pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot aux côtés de Robert Faurisson, Dieudonné et de militants d’extrême droite, initiative également soutenue par Noam Chomsky. Opposé à cette loi mémorielle, il se rétracte cependant après avoir découvert qu’un des signataires n’était pas Robert Badinter comme il le croyait, mais Robert Faurisson ), et il refuse que son nom soit associé à ce dernier. Paul-Éric Blanrue se déclare déçu de l’attitude de Yann Moix, qui avait préfacé son livre Le Monde contre soi : anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, jugeant « important de montrer que même les plus grands penseurs se sont trompés » ; les deux hommes, amis jusqu’ici et qui n’avaient « jamais parlé des Juifs ensemble » d’après Yann Moix, se séparent à cette occasion. Le blog du Monde.fr des droites extrêmes émet des doutes sur l’explication de Yann Moix, ayant relevé que l’explication initiale de Yann Moix quant à son soutien comportait la mention suivante, effacée par la suite : « J’ai signé une pétition en ce sens, sur laquelle figurent évidemment, figurent logiquement, mes pires ennemis et les ordures les plus avérées ».
      Selon le journaliste Nicolas d’Estienne d’Orves, Yann Moix est « un philosémite exacerbé, il a même appris l’hébreu ».

      #baltringue du #révisionisme

      Entre temps, Monsieur a eu le temps d’"être Charlie" :
      https://laregledujeu.org/2015/01/09/18656/le-pantheon-pour-charlie

      Monsieur le Président,
      Le Panthéon n’est pas un monument mort. Ce n’est pas, non plus, un monument aux morts : c’est le monument vivant de ceux qui ont rendu possibles la dignité et la pérennité de la République.
      Charb, Cabu, Wolinski et leurs camarades sont morts pour cette République, comme Jaurès en son temps. Et, comme Jean Moulin, ils ont été les héros d’une Résistance nouvelle : la Résistance à cette barbarie qu’est l’islamisme, ce fascisme du vingt-et-unième siècle. Ils sont les héritiers des Lumières. Le Panthéon fut inventé pour les accueillir, et, ainsi, souder la nation autour de ce qu’elle a d’essentiel : la liberté.
      Aussi, je vous demande, et au nom de tous les Français sans exception, de bien vouloir étudier ma demande : celle de faire entrer Charlie Hebdo au Panthéon.
      Yann Moix

      Je suis un charlot ...

      4) Accueil des migrants 2018 :

      Yann Moix le 6 janvier 2018, accuse les CRS d’exactions vis-à-vis des migrants de la Jungle de Calais. La préfecture du Pas-de-Calais dénonce, quant à elle, des informations erronées

      ... mais je continue de me rattraper aux branches.

    • « Il y a, parmi les afghans de Calais, des gens qui connaissent Victor Hugo sur le bout des doigts, ils arrivent en France et on les frappe ! » dit un Moix aussi élitiste que les récentes déclarations d’Aznavour (trier les meilleurs) avec sa confiance surjouée dans "la culture". Il utilisait il y a peu le faux argument de l’"appel d’air"... ; de plus :
      https://seenthis.net/messages/646690
      https://seenthis.net/messages/634053
      https://seenthis.net/messages/331825

    • @rastapopoulos oui c’était un peu provoc mais voir tant de monde sortir le CV de ce type (qui n’est qu’un dandy désinvolte aux convictions à mon avis peu profondes) comme s’il fallait à tout prix décrédibiliser ce qu’il dit, alors que pour une fois c’est assez pertinent, je trouve ça un peu désespérant (je lis même sur mondialisme.org que les gens qui reproduisent sa prose font le jeu de l’extrême droite car il a côtoyé des gens d’extrême droite... hum, j’ai hâte de voir Marine Le Pen ou des gudards soutenir le contenu de cette lettre). Finalement on lui donne peut-être encore plus d’importance qu’il n’en a.


  • Au-delà des caricatures - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/141117/au-dela-des-caricatures

    Ces invectives ne pourraient être qu’un nouvel épisode d’un bashing médiatique récurrent, déjà illustré par les unes concomitantes de trois magazines en septembre. Elles constituent pourtant un piège risquant de se refermer non seulement sur les accusés de « complicité idéologique » avec le terrorisme, mais aussi sur tous les tenants d’un débat public honnête et nécessaire, de plus en plus difficile à tenir dans ce moment délétère du fonctionnement de l’opinion publique.

    Un très très bon papier de Joseph Confavreux sur les attaques contre Médiapart, mais surtout sur les règles déontologiques d’un débat démocratique... qui sont de moins en moins à l’oeuvre dans notre monde « au delà de la vérité ».

    Les conditions d’une éthique du débat public

    L’éthique du débat public tient en trois points. Le premier est résumé par ce qu’écrivait Hannah Arendt dans La Crise de la culture, en 1968 : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. » Cette simple exigence permettrait de dégonfler certains fantasmes sur le multiculturalisme et le communautarisme, sur lesquels surfent les polémiques récurrentes sur l’islam.

    Le deuxième point de cette éthique du débat public impose d’en finir avec les amalgames fondés sur des contiguïtés projetées ou supposées, à l’instar de la propagande accusant Mediapart d’avoir couvert, par prétendue solidarité idéologique, les crimes dont est accusé Tariq Ramadan. Il faut encore une fois rappeler qu’il n’a pas été davantage interviewé sur Mediapart que dans l’Obs, qui s’est pourtant fendu d’un article intitulé « Tariq Ramadan, ces intellos qui l’ont dédiabolisé », au premier rang desquels on trouve Edwy Plenel. Il faut relire cet édito écrit par Riss, dans Charlie Hebdo au lendemain des attentats de Bruxelles, qui traçait une continuité entre l’existence de femmes voilées ou de boulangers ne proposant plus de sandwich aux rillettes et les semeurs de haine et de sang.

    S’imposer une telle exigence visant à identifier ce qui relève ou ne relève pas de la complaisance, de la complicité, de la contiguïté ou de la coïncidence est sans doute le seul moyen de ne pas céder à une haine réciproque, un sentiment qui, comme l’écrivait récemment la philosophe allemande Caroline Emcke, fonctionne sur la construction d’entités aux contours mal délimités.

    « Il est, notait-elle en effet, difficile de haïr avec précision. Avec la précision, viendraient la tendresse, le regard ou l’écoute attentifs, avec la précision viendrait ce sens de la nuance qui reconnaît chaque personne, avec ses inclinations et ses qualités multiples et contradictoires, comme un être humain. Mais une fois les contours estompés, une fois les individus rendus méconnaissables comme tels, il ne reste que des collectifs flous pour destinataires de la haine. On peut dès lors diffamer et rabaisser, hurler et fulminer à l’envi contre les juifs, les femmes, les mécréants, les Noirs, les lesbiennes, les réfugiés, les musulmans, ou encore les États-Unis, les politiciens, l’Occident, les policiers, les médias, les intellectuels. »

    Autrement dit, soit on luttera contre toutes les haines en même temps et on élaborera les conditions de causes communes, soit on aboutira à « l’encampement » de la société. Frantz Fanon aimait rappeler la leçon donnée par son professeur de philosophie : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous… Un antisémite est forcément négrophobe. »

    #Médiapart #Déontologie #Médias #Racisme


  • [FranceCulture] Plaidoyer pour les libertés de Me Sureau, La Grande Table
    https://www.laquadrature.net/fr/node/10283

    Interview de maître François Sureau, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, par Olivia Gesbert dans l’émission La Grande Table diffusée sur France Culture le jeudi 31 août 2017. Libertés / sécurité : pourquoi nous ne devrions pas avoir à choisir ? Dans son avant-propos, François Sureau écrit : « Notre système des droits n’a pas été fait seulement pour les temps calmes, mais pour tous les temps. » Voilà pour l’idée directrice de cette réflexion. https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/plaid...

    Citation : « Après vingt ans, d’une expérience où je crois n’avoir refusé aucun des drames de l’époque, j’en suis venu à cette idée que la liberté était le plus haut et le plus sûr des biens. Non pas parce que cette valeur suffisait à créer les sociétés mais (...)

    #censure_et_filtrage_du_Net #déontologie #état_d'urgence #liberté_d'expression #Loi_de_programmation_militaire_LPM_ #Loi_surveillance #LOPPSI #PJL_Terrorisme #Surveillance #Vie_privée_-_Données_personnelles #audio



  • En préfecture, la #maltraitance institutionnalisée des étrangers - Délinquance, justice et autres questions de société
    http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2017/03/23/En-prefecture-la-maltraitance-institutionnalisee-des-etrangers

    De janvier à juin 2016, une quarantaine d’adhérent-e-s de la LDH de Toulouse et Colomiers, d’Amnesty International, de RESF 31 et d’autres associations, en lien avec des sociologues de l’Université Jean-Jaurès, ont interrogé les personnes qui faisaient la queue à la préfecture de Toulouse ainsi que des syndicalistes, avocat-e-s et travailleurs sociaux.
    Ce travail démontre comment, il y a maltraitance et mépris généralisés des étranger-e-s accueilli-e-s. Il révèle un traitement inégalitaire et aléatoire des dossiers, des pratiques sans #déontologie ni #éthique, une sous-formation du personnel d’accueil, des demandes abusives de pièces, des rendez-vous impossibles à prendre ou renvoyés à plus de 12 mois, des retards ou des procédures qui limitent le droit au travail et aux droits sociaux, un non-respect des droits aux soins des malades...

    #administration #exclusion
    http://ldh-midi-pyrenees.org/2017/03/telechargez-le-rapport-de-lobservatoire-de-laccueil-des-etranger-


  • Récit d’une lutte pour un arrêt de dialyse | article | Espace éthique/Ile-de-France
    http://www.espace-ethique.org/ressources/article/r%C3%A9cit-d%E2%80%99une-lutte-pour-un-arr%C3%AAt-de-dialyse

    Cette situation soulève des enjeux cruciaux, dans le contexte de la loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 sur le #droit des malades en fin de vie modifiée en 2016.

    Le premier, et peut-être le plus important, est celui du droit à l’#information. Cette famille est allée la chercher sur internet mais sans trouver toutes les réponses à leurs questions. L’arrêt de traitement était-il envisageable ? Quelle était la place des directives anticipées ? Comment être sûr qu’il ne souffre pas ? Qui solliciter ? Qui prend la décision ?
    Il est clair que les #médecins devraient être les meilleurs interlocuteurs des familles face à ces questions. Ici, qu’il s’agisse du médecin traitant plutôt passif devant la demande mais surtout ignorant de ces questions ou des néphrologues refusant la discussion, aucun d’entre eux n’a été en mesure de délivrer au patient « une information loyale, claire et appropriée » prévue par l’article 35 du code de #déontologie. En raison d’un déficit de formation ?
    Pour des raisons idéologiques ? Le débat sur la qualification de la #dialyse comme traitement ou comme soin se rapproche de celui mené pendant des années sur l’hydratation artificielle : il a fallu du temps et de la réflexion pour finalement l’inscrire dans la loi en tant que traitement pouvant par conséquent être arrêté contrairement au soin dont nul ne doit être privé. Il appartient sans doute, dans ce contexte, qu’une recherche de consensus soit menée.

    Enfin, et ce n’est pas le moindre enjeu, sont questionnés ici la place du sujet autonome dans la capacité d’expression de ses choix et le devoir du médecin de l’accompagner humainement dans une volonté de non-abandon. L’équipe de soins palliatifs, positionnée en tant que tiers, a pu réaliser cette exigence grâce à la collaboration avec d’autres équipes soignantes porteuses des mêmes valeurs du soin. Une vraie note d’espoir qui conclut ce récit dramatique.

    #mort #santé


  • Don de costumes de luxe à Fillon : pourquoi cela pose un problème déontologique
    http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170312.OBS6474/don-de-costumes-de-luxe-a-fillon-pourquoi-cela-pose-un-probleme

    « Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? »

    A quelques jours de sa convocation mercredi par les juges d’instruction en vue d’une possible mise en examen dans cette affaire, cette révélation sur ces cadeaux vestimentaires n’arrange pas les affaires du candidat. « Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? », a répondu François Fillon.

    « Le Journal du dimanche » affirme qu’un mécène, qui souhaite rester anonyme, a signé le 20 février un chèque de 13.000 euros pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics. A cela s’ajouteraient selon l’hebdomadaire près de 35.500 euros « réglés en liquide » pour de précédents achats au profit de François Fillon chez ce tailleur, pour un montant de près de 48.500 euros au total depuis 2012. Un « émissaire », une jeune femme, aurait livré les fonds au magasin selon l’hebdomadaire.

    Ces dons ont-il été déclarés ?

    Des députés socialistes se demandent dimanche soir si François Fillon, député de Paris, a bien déclaré ces dons. Une décision du bureau de l’Assemblée remontant à 2011 rend en effet « obligatoire la déclaration de tout don ou avantage d’une valeur supérieure à 150 euros ».

    Non content d’utiliser à fonds les deniers de l’état, il se fait encore offrir ses vêtements. Où est l’honneur et la dignité dans tout ça ?

    #déontologie #éthique

    • « Malgré les affaires, Fillon renfile son costume de père la rigueur »

      Ne pouvant plus jouer de l’image d’honnêteté et de probité, le candidat de droite martèle dorénavant son programme antisocial pour siphonner une partie de l’électorat potentiel d’Emmanuel Macron.

      L’Humanité


  • Le code de #déontologie qui inquiète les inspecteurs du travail
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/251216/le-code-de-deontologie-qui-inquiete-les-inspecteurs-du-travail

    Chahutée par ses agents depuis des années, et notamment depuis la réforme Sapin, la Direction générale du travail rappelle à l’ordre son inspection sous la forme d’un nouveau code de déontologie, inscrit in extremis dans la loi El Khomri. Le décret, qui doit être publié début janvier, inquiète les syndicats. Inspecteurs et agents de #contrôle plaident pour le respect de leur #indépendance.

    #Economie #DGT #inspection_du_travail #Laura_Pfieffer #réforme_de_l'inspection_du_travail #social #Tefal


  • Le code de #déontologie qui inquiète les inspecteurs du travail
    https://www.mediapart.fr/journal/france/251216/le-code-de-deontologie-qui-inquiete-les-inspecteurs-du-travail

    Chahutée par ses agents depuis des années, et notamment depuis la réforme Sapin, la Direction générale du travail rappelle à l’ordre son inspection sous la forme d’un nouveau code de déontologie, inscrit in extremis dans la loi El Khomri. Le décret, qui doit être publié début janvier, inquiète les syndicats. Inspecteurs et agents de #contrôle plaident pour le respect de leur #indépendance.

    #France #DGT #inspection_du_travail #Laura_Pfieffer #réforme_de_l'inspection_du_travail #social #Tefal


  • Le « gouvernement ouvert » à la française : un leurre ?
    https://www.laquadrature.net/fr/communique-pgo

    Paris, 5 décembre 2016 — Alors que la France s’apprête à accueillir le Sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, plusieurs associations pointent les contradictions du gouvernement. Certaines ne s’y rendront pas. Ce bilan du « gouvernement ouvert » à la française co-signé par les associations et collectifs suivants : April, BLOOM, DemocracyOS France, Fais ta loi, Framasoft, Ligue des Droits de l’Homme, Regards Citoyens, République citoyenne, SavoirsCom1, et La Quadrature du Net. Derrière un apparent « dialogue avec la société civile », la France est loin d’être une démocratie exemplaire Le « gouvernement ouvert » est une nouvelle manière de collaborer entre les acteurs publics et la société civile, pour trouver des solutions conjointes aux grands défis auxquels les démocraties font face (...)

    #censure_et_filtrage_du_Net #déontologie #droit_d'auteur #état_d'urgence #général #liberté_d'expression #Loi_surveillance #PJL_Terrorisme #Axelle_Lemaire #Bernard_Cazeneuve #François_Hollande #Manuel_Valls #communiqué


  • L’université aux abois
    http://www.laviedesidees.fr/L-universite-aux-abois.html

    En publiant On the Run, la sociologue Alice Goffman s’est attirée de nombreux éloges avant de susciter de plus en plus de controverses. Si la plupart des critiques ont mis en cause la précision de sa recherche ethnographique, elles ont éludé l’essentiel : l’intrusion de l’économie de marché dans le monde universitaire.

    Essais & débats

    / #ethnographie, #déontologie, #sociologie

    #Essais_&_débats


  • Dégonflement par Libé de la rumeur que le journal avait contribué à lancer et que @val_k avait fort bien démonté dans les commentaires ici
    http://seenthis.net/messages/497037

    « Manifestant blessé à Paris : le témoignage inédit des pompiers » : en résumé, se confirme ce que l’on pouvait déjà deviner, même sans grandes connaissances médicales, à savoir que la police a aggravé avec le #gaz_lacrymo l’état de la personne qu’elle avait au préalable très sérieusement blessé avec une #grenade
    http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/manifestant-blesse-a-paris-le-temoignage-inedit-des-pompiers_1458098

    « On est appelés en fin d’après-midi pour intervenir auprès d’un jeune homme blessé. Il est recueilli dans un état stable, il est conscient, et on le fait monter dans le véhicule des pompiers. Le premier rapport, à 19h25, fait état de secours apportés à un homme dans un état léger, mais qui peut évoluer. On décide de lui apporter les premiers soins à l’intérieur du véhicule, pour le stabiliser, évaluer la gravité de ses blessures afin de l’évacuer vers le bon hôpital. Mais au bout de dix minutes, le blessé est pris de convulsions. Dans son rapport, le chef d’agrès (le pompier responsable du véhicule) explique qu’il s’agit d’un homme épileptique qui fait une crise déclenchée par le dégagement de gaz lacrymogènes [quelques minutes auparavant, alors que Romain gisait au sol, les forces de l’ordre ont lancé des gaz autour du lieu de l’attroupement, ndlr]. C’est très clair : des lacrymogènes ont un effet néfaste sur un homme blessé.

    Nos deux secouristes à l’intérieur du véhicule se retrouvent débordés. Une crise d’épilepsie, c’est violent : il faut être costaud pour maintenir la personne, qui peut se blesser si elle ne contrôle plus ses nerfs. C’est pourquoi les secouristes ont appelé deux gendarmes mobiles à l’intérieur du véhicule pour les aider à maintenir les jambes du blessé. Il ne s’agissait que de cela. Cela nous a permis de le calmer et de lui refaire son pansement à la tête. Après cette intervention, le blessé avait retrouvé ses esprits, mais il était épuisé, quasiment endormi. On a ensuite demandé le concours de l’ambulance de réanimation qui se trouvait sur place lorsqu’il a perdu connaissance. Il a été décidé de l’évacuer vers l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière avec une escorte. A 19h48, le rapport des pompiers fait état d’une urgence absolue. »

    Décidément c’est super, Libé, ça fait tout : du buzz malsain autour de violences policières en exclu, et toujours en exclu une explication qui dit que le buzz c’était n’importe quoi. [Je parle bien ici du supposé tabassage dans le camion des pompiers, pas du tout avéré, et non de la grenade dans la tête, tout à fait réelle.] Ça ne semble pas leur être passé par la tête d’aller demander la version des pompiers (qui, elle, est conforme à la chronologie des évènements sur la vidéo, en plus d’être médicalement crédible) avant de publier un article sous-entendant qu’il s’était passé des choses pas claires dans leur camionnette. La #déontologie ça doit être moins vendeur qu’une petite #théorie_du_complot faite maison. Et à la fin, quand tout est bien embrouillé, on a simplement réussi à invisibiliser encore plus les dizaines de violences policières tout à fait réelles qui n’ont jamais fait le buzz.

    #médias #critique_des_médias « #armes_non_létales » #violences_policières


  • Nantes Révoltée - Exclusif : notre #enquête sur le #journalisme...
    https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/photos/a.336512019718311.70910.294803323889181/1011968875505952/?type=3

    Exclusif : notre enquête sur le journalisme policier

    Tu as peut-être vu passer dans Ouest France, quotidien local de référence, un article sur Nantes Révoltée. Ta page préférée y était accusée – sans rire ! – d’être un groupuscule paramilitaire composé de « lieutenants » appartenant au « bras armé de l’ultra gauche qui tire les ficelles » des manifestations. Rien que ça ! Dans le registre des flatteries, la page est également présentée comme donnant « le ton » des jolies #manifestations qui secouent la ville depuis deux mois.

    Ne te méprends pas, il ne s’agit pas d’une #interview naïvement accordée à la presse dominante mais un test. Une #expérience sociale et politique menée par les petits filous de l’équipe de Nantes Révoltée. En effet, Ouest France est régulièrement accusé d’être un journal au service de la #police. N’écoutant que notre courage, nous avons voulu obtenir une (nouvelle) confirmation. Voici notre enquête.

    Pendant deux semaines, Laura Jarry, journaliste chez Ouest France encombre la messagerie de Nantes Révoltée en ces termes : « je souhaite réaliser un papier sur les pages nantaises en ligne de lutte et #résistance », elle ne reçoit pour seule réponse qu’un silence gêné.
    Presque quotidiennement, alors qu’elle n’obtient aucun retour, la journaliste harcèle notre équipe avec des messages mielleux de ce type : « Nous tenons véritablement à avoir une discussion avec vous : votre présence en ligne est plus qu’importante aux yeux des Nantais, notamment de la jeune génération ». Après une série d’échecs, la même journaliste joue la carte de la pluralité : « Je me permets d’insister. Souhaitant donner la parole à tous, je me suis adressée à un certain nombre de groupes actifs sur Nantes » et insiste sur son « #éthique et [sa] volonté de donner la parole à chacun. »

    En guise de test, nous réclamons un droit de regard sur ce qui sera publié, et l’anonymat des témoignages. Malgré ses promesses, la journaliste piétinera immédiatement ces conditions en tentant lourdement et sans succès d’obtenir des noms (pourquoi ?), et en refusant toute relecture de son article. « Justice et vérité », tel est la devise figurant quotidiennement en « une » du journal.

    Le rendu final est donc édifiant. Au delà des attentes. Nantes Révoltée, qui rappelons le n’est qu’un média relayant les luttes locales, est transformé artificiellement en secte armée « attisant les tensions », manipulant les lycéens et « organisant » les émeutes. Comme si la jeunesse de Nantes n’était pas capable de se révolter toute seule !

    Bien entendu, à aucun moment la question des #violences policières (toujours mises entre guillemets) ou de l’#injustice sociale – à l’origine de toutes les confrontations – n’est posée. Nous sommes plus proches de la farce que de « l’investigation ». La journaliste, prise dans on ne sait quel délire malsain, va jusqu’à accuser les rédacteurs de Nantes Révoltée de rester « trois rangs derrière » dans les cortèges et de « contrôler l’ensemble » des manifestants ! Un tel niveau de #mythomanie est vertigineux ! On ne sait s’il faut rire ou pleurer. Faut-il expliquer aux journalistes qu’une manifestation ne fonctionnera jamais comme les escadrons hiérarchisés et casqués de leurs amis policiers ?

    Dans cet article d’une insondable médiocrité, rien ou presque ne reste de la longue interview gracieusement offerte à cette journaliste à la #déontologie impeccable. Toutes les citations, ou presque, sont tronquées. Pire, la majorité de l’article relaie, sans aucun recul, la parole d’un policier anonyme qui peut déballer ses fantasmes délirants, à base de « lieutenants » qui enverraient des lycéens « en première ligne face aux forces de l’ordre ». L’affaire est entendue, il ne s’agit donc pas d’un article sur les « pages de lutte et de résistance » mais bien d’un dossier à charge, dicté par la police de Nantes.

    Pire encore, sur la même page, un groupuscule néo-nazi – Défend Naoned – composé d’une dizaine de vendéens et de supporters racistes se voit offrir une tribune complète sans aucun recul critique. Ainsi, la page d’extrême droite se voit attribuer un article rien qu’à lui : plus de 925 caractères de citations – contre 576 caractères pour Nantes Révoltée – , sans aucune contradiction apportée à son discours. Complaisance totale. Salir celles et ceux qui luttent, privilégier l’extrême droite : la ligne éditoriale du journal est on ne peut plus claire.

    Cette expérimentation politique et sociale sur le journalisme nantais s’est donc révélée concluante, et confirme une vieille leçon : ne jamais répondre à la presse policière. Merci quand même à Laura Jarry : on a bien rigolé !

    Heureusement, la vraie vie est loin des colonnes de Ouest-France. Développons nos propres #médias, construisons des luttes autonomes !

    –—

    Juste pour rire, l’article complet ici : http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-comment-nantes-revoltee-donne-le-ton-des-manifs_fil-2972256

    #mensonge #manipulation #Les_Affabulateurs #propagande #diffamation



  • Pas de Snowden dans la #fonction_publique_territoriale - Lagazette.fr
    http://www.lagazettedescommunes.com/436649/pas-de-snowden-dans-la-fonction-publique-territoriale

    Le projet de loi relatif à la #déontologie et aux droits et obligations des #fonctionnaires, en cours d’adoption définitive au parlement, élargit la protection du #lanceur_d’alerte aux agents territoriaux qui auraient connaissance d’un #conflit_d’intérêt. Une avancée. Mais une avancée contrebalancée par le nouvel encadrement de ces fonctionnaires dénonciateurs.


  • Behind Steve McCurry’s Valentino Ad Campaign

    Valentino’s Spring/Summer 2016 women’s ready-to-wear collection, unveiled last October, references African culture, sporting prints and motifs commonly seen across the continent. So when the fashion house looked to create the collection’s visual campaign, the co-creative directors #Maria_Grazia_Chiuri and #Pierpaolo_Piccioli called upon photographer Steve McCurry, who has made his reputation, over more than 30 years, documenting ancient cultures and traditions.


    The campaign, which was shot over three days last November and first appeared in the February issue of W magazine, was set against the backdrop of Amboseli National Park in #Kenya and included local #Maasai people.

    McCurry, whose repertoire of commercial assignments includes a 2011 Louis Vuitton campaign and the 2013 Pirelli Calendar, says he is solicited for commercial jobs “now and then.” His rationale for taking on this assignment was clear: “It’s always fun to work with the best people on the best projects,” he tells TIME. “This is one of the top fashion houses in the world.”


    Location is usually a key factor for the photographer. “It’s one of the great locations in the world,” he says of Amboseli, “and you have the Maasai, which are amazing people.”

    Fashion photography and photojournalism are seemingly at odds, not only for the content but also the practice. Most photojournalists travel alone on assignment, potentially with the help of a guide or translator, but a fashion shoot is “a different animal,” as McCurry puts it, with a large crew involving models, hair and makeup artists and wardrobe stylists. He described the experience as both challenging and stimulating. “You’re presented with the models, the clothes, the location and you have to find a solution to make it work.”

    But while the client is typically a guiding influence in the creative direction for ad campaigns, Chiuri and Piccioli handed the reins to McCurry to achieve a more authentic approach. “Our idea was to find not a fashion photographer but somebody that could help to tell a story,” Chirui tells TIME.....

    http://time.com/4224900/steve-mccurry-valentino-ad-campaign

    #Steve_McCurry #photographie #valentino #fashion #étique #déontologie #money #argent "publicité


  • Autorité pour la #Transparence : combien de politiques redressés, démissionnés, signalés ?
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100216/autorite-pour-la-transparence-combien-de-politiques-redresses-demissionnes

    La Haute Autorité pour la transparence, née de l’affaire Cahuzac, dresse son premier bilan. Elle réclame surtout des outils supplémentaires pour gagner en efficacité, notamment un accès direct à certains fichiers du fisc.

    #France #conflits_d'intérêts #déontologie #Gilles_Carez #HATVP #Jean-Louis_Nadal #Jérôme_Cahuzac #Thomas_Thévenoud


  • Autorité de la #Transparence : combien de politiques redressés, démissionnés, signalés ?
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100216/autorite-de-la-transparence-combien-de-politiques-redresses-demissionnes-s

    Après deux ans d’activité, la Haute autorité pour la transparence, née de l’affaire Cahuzac, dresse son premier bilan. Elle réclame surtout des outils supplémentaires pour gagner en efficacité, notamment un accès direct à certains fichiers du fisc. Les parlementaires renâclent.

    #France #conflits_d'intérêts #déontologie #Gilles_Carez #HATVP #Jean-Louis_Nadal #Jérôme_Cahuzac #Thomas_Thévenoud


  • US college ’forced’ medical students to have vaginal examinations - Health News - Health & Families - The Independent
    http://www.independent.co.uk/life-style/health-and-families/health-news/us-college-forced-medical-students-to-have-vaginal-examinations-10262

    Two US medical students were forced to undergo almost weekly vaginal probes in front of students and instructors despite protesting against the procedure, and were threatened with being “blacklisted” from finding jobs at local hospitals if they did not comply, it has been alleged.

    The students from Valencia College in Orlando, Florida, are suing the university for violating their rights, alleging they had been told the sonograms performed by fellow students would be voluntary, though in practice this was not the case.

    The procedure involved a transvaginal ultrasound probe in which a technician inserts a lubricated probe to detect problems with fertility or other issues, according to the lawsuit, which describes the probe as large and not recommended for women who have not had sexual intercourse.

    je sais pas, ça ressemble à du #viol


  • l’An 2000 - Pourquoi les informations sur la Corée du Nord sont-elles traitées avec tant de légèreté ? - Libération.fr
    http://an-2000.blogs.liberation.fr/2015/05/20/le-top-5-des-articles-les-plus-lol-sur-la-coree-du-nord

    Il y a comme un malaise : derrière l’insolite, le lol et le pittoresque, il y a un régime totalement fermé sur l’extérieur, qui torture ses opposants, détient l’arme nucléaire et reste en guerre latente avec la Corée du Sud. Le démenti des services secrets sud-coréens, obligeant à corriger l’info sur l’exécution du ministre de la Défense, semble avoir été un petit électrochoc dans la presse. France24 a publié un mea cupla sur son site :

    « C’est une sorte une règle journalistique tacite qui ne s’applique qu’à la Corée du Nord. Presque tous les médias occidentaux – et France24 ne fait pas exception – la respectent scrupuleusement : ignorer l’un des fondamentaux de la profession, la vérification de l’information. Ainsi se retrouvent-ils à relayer les rumeurs (exotiques, cruelles ou insolites) concernant la dictature du leader nord-coréen Kim Jong-un. »

    Mais d’où vient cette « règle journalistique tacite », comme l’écrit France 24 ? Sans doute de la rubrique dans laquelle est reléguée l’information sur la Corée du Nord : l’info buzz.

    Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed

    En dépit de l’impitoyable dictature qui y règne, la Corée du Nord est souvent traitée dans les pages buzz des sites web, et non dans les pages International. Le pays rentre dans ce champ indifférenciant qu’est l’info buzz, où des lamas dans le tramway de Bordeaux ou dans les rues de Phoenix et des controverses sur des robes bleues ou blanches côtoient des exécutions sommaires d’opposants politiques, le tout dans un grand rire général. Le spécialiste de la Corée du Nord, c’est Buzzfeed et pas Le Monde Diplomatique.

    L’exemple le plus frappant se trouve sur le très respectable Monde.fr. Big Browser, le blog consacré aux contenus viraux, et seul lieu du site pouvant héberger une polémique sur la couleur d’une robe, s’est fait une spécialité des sujets sur la Corée du Nord.

    Big Browser a publié pas moins d’une cinquantaine d’articles sur la Corée du Nord, traité le plus souvent avec une légèreté inhabituelle pour le quotidien du soir : « Kim Jong-un vous manque, et tout est dépeuplé », « La guerre du sapin de Noël aura-t-elle lieu ? », « Comment Björn Borg a fait bombarder Pyongyang de caleçons roses ». Même les sujets sur la famine y sont traités sous un angle « insolite ». Contacté par mail, Vincent Fagot, rédacteur en chef du Monde.fr, tient à rappeler que la Corée du Nord est davantage traitée par Le Monde en rubrique International.

    Une info qui confirme nos fantasmes

    La particularité de l’info buzz — qui explique le traitement réservé à la Corée du Nord — est qu’elle circule le plus souvent sur le mode du bouche à oreille, avec des critères de vérification très limités et un contenu altéré au fil des reprises et des traductions. Ce type de format journalistique ne cherche pas à dire le vrai. La vérité de l’info buzz est celle qu’on veut bien entendre. C’est une info qui se conforme a nos attentes, qui confirme nos fantasmes et nos bonnes blagues.

    Les articles sur la Corée du Nord ne nous disent pas “Le monde est dangereux” comme souvent les articles des pages International, mais plutôt « Le monde est fou ». La Corée du Nord est une dictature acidulée, où s’épanouissent un dictateur à la coupe de hipster et de charmantes licornes. Chaque nouvel article doit nous renforcer dans cette vision du « royaume de l’absurde ».

    #Corée_du_nord #info #journalisme #Kim_Jong_Un #déontologie


  • Les avocats ont-ils un sens moral?
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-avocats-ont-ils-un-sens-moral

    Comment les avocats pénalistes vivent-ils leur métier au quotidien ? À quelles questions éthiques et déontologiques sont-ils confrontés lorsqu’ils doivent assurer la défense de causes qui pourraient paraître indéfendables ? Entretien avec la juriste Edwige Rude-Antoine, auteure d’une étude sur le sujet.

    • Les avocats disent tous qu’il leur arrive de se trouver en face de clients qui ont commis des faits qui leur apparaissent plus immoraux que d’autres, voire monstrueux. Tous soulignent qu’ils sont là pour défendre. Pour eux, plus l’accusation est grave, plus l’accusé a le droit d’être défendu, et l’avocat, le devoir de le défendre. L’avocat, cependant, n’est pas un mercenaire, il a sa propre vie et ses propres convictions, et la défense qu’il propose à l’accusé doit en tenir compte. L’avocat doit accepter de défendre les pires criminels à une seule mais importante condition : c’est d’être d’accord sur la stratégie de défense. Les avocats ajoutent qu’au-delà de l’acte commis ils défendent l’humanité. Si l’avocat refusait de défendre un prévenu, on pourrait penser qu’il nie la part d’humanité de son « client » et par là qu’il renonce à sa propre humanité.