• Le Sénat américain relance la #déréglementation bancaire
    https://www.mediapart.fr/journal/international/160318/le-senat-americain-relance-la-dereglementation-bancaire

    Dix ans après le début de la crise financière de 2008, un texte a été adopté qui remet en cause une grande partie de la #réglementation bancaire. « Il y a un sérieux risque de recréer les conditions qui ont conduit à la dernière crise financière », s’alarme l’ancien responsable du Trésor américain.

    #International #Economie #banques #Donald_Trump #Finances #loi_Dodd-Frank #regulation #Wall_Street

  • La #santé au #travail des salariés et les handicapés victimes collatérales de la « libération » de l’activité
    http://www.miroirsocial.com/actualite/15004/la-sante-au-travail-des-salaries-et-les-handicapes-victimes-collateral

    Il se trouve que l’OIT (dans son rapport de 2015), après analyse de l’effet de la #dérèglementation sur l’#emploi dans le monde, souligne dans les préconisations tirées de son rapport de 2015 que :

    « l’analyse de la relation entre la réglementation du travail et les indicateurs clefs du marché du travail, commerce, #chômage donne toutefois à penser que le fait de réduire la protection pour les travailleurs ne se traduit pas par une baisse du chômage. En effet, il ressort de ce rapport que des modifications mal conçues qui affaiblissent la législation sur la protection de l’emploi sont de nature à avoir des effets contre-productifs sur l’emploi à court terme comme à long terme ».

    L’OIT répond donc, que non, la dérèglementation n’améliore pas l’emploi et qu’au contraire cela peut aggraver le chômage.

  • Toupie ou tout droit ? par Pierre Rimbert

    « Conversion », « tournant », « volte-face » : pour avoir épargné la finance, assouvi le patronat et assommé les salariés, M. François Hollande aurait renié ses convictions socialistes. Et si le chef de l’Etat avait au contraire manifesté une inflexible constance ?

    https://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/RIMBERT/50769

    #PS #transcourants #hollande #finance #dérégulation #déréglementation

    • Rappelons que Jean-Pierre Jouyet, avant François Hollande, a joué un rôle-clef dans l’ascension fulgurante d’Emmanuel Macron : la continuité entre la néo-libéralisation du PS à partir du milieu des années 80 et le programme d’En marche ! peut aussi être retracée au niveau des personnes.

  • Le #transport de #marchandises en France : Chronique d’une faillite signée Bruxelles - Le Vent Se Lève
    http://lvsl.fr/transport-de-marchandises-france-chroniques-dun-desastre-signe-bruxelles

    Tout en démantelant le transport ferré, les #politiques européennes de #déréglementation ont également dépecé le transport routier français de marchandises. Libé- ralis-é à son tour d’insoutenables entraves à la concurrence, le transport routier sous pavillon français a vu son volume de trafic décrocher d’une base 100 en 2007 à 73 en 2015[5]. De plus, la part de marché du transport français en Europe est laminée, autrefois très largement leader (proche de 50%), le camion français sur les routes européennes a quasiment disparu[6].
    Que s’est-il passé ? La réglementation européenne a autorisé le cabotage des transporteurs étrangers sur le sol français. En clair un camion polonais peut charger et décharger en France en s’affranchissant des règles et cotisations sociales françaises pendant 7 jours avant de devoir repasser par la Pologne (la Pologne a fait du transport routier international sa spécialité industrielle en quelques années). En parallèle, la commission européenne encourage les gros acteurs français du secteur à faire appel aux travailleurs détachés, là encore affranchis du régime social français, pour maintenir leurs marges.
    Les géants du secteur, qui ne sont jamais très loin des décisions bruxelloises, restent donc assez discrets car ils tirent sournoisement profit de la situation. L’émission d’Elise Lucet, Cash Investigation, a montré comment le transporteur GEODIS, filiale de la SNCF, supprimait des chauffeurs en France en ouvrant parallèlement des filiales en Roumanie, vouées à venir livrer des clients… français. Une délocalisation qui ne dit pas son nom. On a découvert également comment le système reposait sur les conditions de travail indignes des chauffeurs détachés, qui sont privés de l’hygiène, du confort et du repos élémentaires pendant parfois plus d’une semaine.

  • « La France est saturée de #centres_commerciaux »
    https://www.reporterre.net/La-France-est-saturee-de-centres-commerciaux

    C’est plus de deux millions de mètres carrés par an qui sont autorisés chaque année. À peine un projet est-il terminé qu’on accorde l’autorisation à d’autres à quelques kilomètres de distance. L’année dernière, on comptait au total 66 millions de m² de centres commerciaux. Et encore, c’est sans compter les surfaces de moins de 1.000 m², car les statistiques pour ces petites surfaces ne sont plus mises à jour depuis 2008. Les projets sont de plus en plus pharaoniques, ces centres deviennent aussi ludiques.

    #aménagement_du_territoire #déréglementation #lobbyisme

  • Emmanuel Macron : « Il faut aller plus loin que la loi El Khomri », Industrie lourde
    http://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/021958533853-macron-pour-relancer-lindustrie-il-faut-privilegier-linvestiss
    Notons, au passage, que le titre initial était
    Macron : « pour relancer l’industrie, il faut privilégier l’investissement plutôt que les salaires et les dividendes »
    Le nouveau est nettement plus vendeur.

    Je passe outre le message principal : après des années d’incurie, l’action du ministre commence à porter ses fruits, il faut la poursuivre
    #C'est_Macron_qu'il_nous_faut

    Je relève surtout ce passage totalement anti-européen

    Sur quels autres leviers peut-on agir pour relancer l’industrie française ?
    Le premier pilier, c’est d’assumer une politique de souveraineté dans les secteurs dans lesquels la place de l’Etat comme actionnaire se justifie, comme la défense ou l’énergie . Nous devons de même avoir une politique volontariste et défensive pour les filières indispensables à notre économie comme l’acier.

    Et son souhait de #dérèglementation_du_métier_de_politicien typique d’un #homo_novus

    Que répondez-vous à tous ceux qui, y compris dans la majorité, vous reprochent de consacrer beaucoup de temps à la politique, au détriment - disent-ils - de votre activité de ministre ?
    Ceux qui me reprochent cela n’ont pas compris que depuis ma nomination comme ministre, j’ai un rôle politique. Il n’y a pas, d’un côté, les ministres techniciens et, de l’autre, les grands politiques. La politique est la transformation du réel et j’attends, moi, que tous ceux qui, en réalité, font surtout de la politique politicienne disent comment ils proposent de transformer le pays ! J’assume totalement d’avoir créé un mouvement politique parce que je pense que c’est le seul moyen de restructurer l’offre politique française. Mon mouvement, En Marche !, me prend-il du temps sur mon temps de ministre ? Non, regardez mon agenda ! Tous ces reproches ne m’ébranlent pas. Au contraire, ils montrent que la politique est effectivement considérée par beaucoup de ceux qui en vivent comme une profession réglementée. C’est cela aussi que nous devons changer.

  • Quand les socialistes défendaient le #Code_du_travail
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160316/quand-les-socialistes-defendaient-le-code-du-travail

    Dans les batailles contre la suppression, en 1986, de l’autorisation administrative de licenciement, puis en 1994 contre le SMIC jeunes, puis encore en 2003 contre l’inversion de la hiérarchie des normes sociales et enfin en 2006 contre le CPE, les socialistes ont utilisé des arguments qui se retournent aujourd’hui contre eux.

    #France #Alain_Vidalies #déréglementation #François_Hollande #Manuel_Valls #social

  • Le nouveau code du travail Myriam El Khomri : On l’a lu pour vous. Explications

    Retour vers le 17 iéme siècle avec le nouveau projet de loi sur la législation du travail.
    
L’étude de cette loi par Benoit Boussemart : Une loi anti travail, anti salariés.

    Le préambule du projet de loi de suppression du code du travail de Monsieur badinter, l’article premier est un poème.
    
61 articles trés courts, mais, à chaque fois,

    – Une disposition d’ordre public : La loi (il faut bien être en accord avec les traités internationaux sur la législation du travail).
    
- La possibilité, pour tout ce qui est négociation collective, d’acter tout ce qui est contraire à la loi
    
- Les dispositions supplétives qui en rajoutent une couche.

    – Des exceptions aux exceptions d’exceptions.

    – La aussi, une législation par ordonnances prévue.
    Le libre choix du salarié, de qui se moque t’on ?


    Exemples,
    
- La durée légale du travail.

    – les heures supplémentaires payées avec seulement 10 % de majoration.
    
- Les accords d’entreprises qui peuvent rester secrets, et donc non accessibles aux salariés ! ! ! ! ! !
    
- Le nouveau référendum.

    – La justification des nouvelles difficultés économiques des entreprises.
    
- 9 Mars 2016 : Dans la rue !

    En résumé, les convention et accords collectifs peuvent remplacer la loi. Il n’y aura donc plus de lois.

    L’employeur peut faire tout ce qu’il veut en 3 ans.


    – Benoit Boussemart : Blog La richesse des Mulliez et les grandes fortunes.

    Source : http://www.campuslille.com/index.php/entry/le-nouveau-code-du-travail

    #audio #radio #Myriam_El_Khomri #badinter #code_du_travail #Radios_libres #Economie #réforme_code_du_travail #social

    • Pour le texte du « poème », voir ici http://seenthis.net/messages/465676

      Un juriste à qui je le faisais lire était ahuri qu’on puisse écrire ce genre de choses dans un texte de loi. Le patronat aura beau jeu ensuite de hurler à l"#insécurité_juridique, puisqu’en toute rigueur la loi ouvre la possibilité de contester
      • la nécessité du bon fonctionnement de l’entreprise dont il est évident que seul le chef de celle-ci est fondé à décider
      • la proportionnalité des mesures adoptées
      sans aucun critère formel de l’une ou de l’autre mentionné dans la loi.

      Bon courage aux juges (les prudhommes ?) qui auront à trancher ce genre de contentieux…

    • J’ai mis en ligne la partie de l’émission qui parlait du code du travail.
      Les 10 premières minutes de l’émission sont consacrées à la genèse de cette loi, du programme de ce gouvernement.
      L’intégralité de l’émission est bien entendue sur le site de la Radio.

      Cette genèse est expliquée dans le livre de Jean-François Trans : La gauche bouge 1985. Extraits :
      – « La lutte contre le chomage exige une extension massive du travail à temps partiel. »
      – « La gauche ne sera plus un système économique, mais un système de valeurs. »
      Ce ne sera plus une façon de produire, mais une manière d’être. »
      – « Ce n’est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou entamer le pouvoir d’achat des Français. C’est par lucidité »
      Faut oser !
      https://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/RIMBERT/50769

      Jean-François Trans : MM. Jean-Yves Le Drian, Jean-Michel Gaillard, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Pierre Mignard et... François Hollande.

    • Le mauvais procès instruit contre le code du travail, Alain Supiot
      http://www.alterecoplus.fr/tribune/le-mauvais-proces-instruit-contre-le-code-du-travail-201603031440-00003

      En 1999, le juriste Alain Supiot, spécialiste du droit du travail, avait présidé à la rédaction d’un rapport commandité par la Commission européenne sur les « Transformations du travail et le devenir du droit du travail en Europe », qui a fait date. Devenu un « classique », ce texte est à l’origine de la notion de droits de tirage sociaux, qui a inspiré les concepts de #sécurisation_des_parcours_professionnels ou de sécurité sociale professionnelle. AlterEcoPlus publie en exclusivité un extrait de la préface à la seconde édition de cet ouvrage, intitulé Au-delà de l’emploi et publié ce mercredi 2 mars aux éditions Flammarion. Dans cette préface, le professeur au Collège de France critique notamment le récent projet de réforme du code du travail du gouvernement de Manuel Valls.

      « Le droit du travail est dénoncé dans tous les pays européens comme le seul obstacle à la réalisation du droit au travail. A l’image du président Mao guidant le Grand Bond en avant1, la classe dirigeante pense être l’agent historique d’un monde nouveau, dont l’avènement inéluctable exige de la population le #sacrifice de toutes les sécurités acquises. Cette fuite en avant est éperdue chez les gouvernants des pays de la zone euro.

      S’étant privés de tous les autres instruments de politique publique susceptibles de peser sur l’activité économique, ils s’agrippent au seul levier qui leur reste : celui de la #déréglementation du #droit_du_travail. Agrippement d’autant plus frénétique qu’ils sont désormais placés sous la menace des sanctions prévues par les traités, mais aussi et surtout de la perte de confiance des marchés financiers.

    • Pour un droit du travail digne de ce nom, Alain Supiot
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/16/droit-du-travail-non-a-la-politique-du-grand-bond-en-avant_4790965_3232.html

      (...)

      Ce qui frappe le plus dans cette résurgence du vieux projet de « contrat collectif d’entreprise » est son aspect vieillot. Il participe de l’agenda néolibéral des années 1970, qui a déjà été largement mis en oeuvre et dont il serait temps de dresser le bilan. Depuis trente ans en effet – contrairement aux poncifs sur l’aversion française aux réformes –, toutes les potions du néolibéralisme censées doper la croissance et l’emploi ont été administrées à notre pays : la « corporate governance » - gouvernance d’entreprise - , le « new public management » - nouvelle gestion publique, niant toute différence entre le public et le privé - , la déréglementation des marchés financiers, la réforme des normes comptables, l’institution d’une monnaie hors contrôle politique, l’effacement des frontières commerciales du marché européen… Et bien sûr, la déconstruction du droit du travail, objet d’interventions législatives incessantes et source première de l’obésité (réelle) du code du travail (les seules dispositions de la loi Macron démantelant le repos dominical l’ont alourdi de 5 pleines pages du Journal officiel.

      Bilan Des réformes

      Mais quel est le bilan de ces réformes ? La déréglementation des marchés financiers a conduit à leur implosion en 2008, suivie de l’explosion du chômage et de l’endettement public. La « corporate governance », en indexant les intérêts des dirigeants des grandes entreprises sur le rendement financier à court terme, a précipité ces dernières dans un temps entropique incompatible avec l’action d’entreprendre, l’investissement productif et donc… l’emploi. Quant au droit du travail, le reflux de la loi au profit de la négociation collective a déjà été largement engagé. Avec quels résultats ? M. Combrexelle a le mérite de le dire clairement : « la négociation collective n’est plus adaptée aux exigences d’une économie moderne et mondialisée, les acteurs sont fatigués et dépassés, les résultats sont décevants, bref, la négociation collective ne permet pas d’obtenir des résultats conformes à l’intérêt général ».

      S’il recommande de persévérer dans cette voie, c’est à l’évidence par devoir plutôt que par conviction. La perspective d’une nouvelle extension du domaine de la négociation d’entreprise n’a pas enthousiasmé davantage les principaux intéressés, qu’il s’agisse des syndicats ou des représentants des PME. Ces derniers ont déclaré avoir mieux à faire dans des journées déjà surchargées que de fabriquer des codes d’entreprise.

      Pour un gouvernement qui se réclame de la démocratie sociale, un tel consensus devrait suffire à clore le débat. Mais en Europe comme en Chine, les choix de politique économique ont été soustraits à la démocratie. A l’image du président Mao guidant le Grand Bond en avant, la classe dirigeante pense être l’agent historique d’un monde nouveau, dont l’avènement inéluctable exige de la population le sacrifice de toutes les sécurités acquises.

      En finir avec le catéchisme néolibéral

      Cette fuite en avant est éperdue chez les gouvernants des pays de la zone euro. S’étant privés de tous les autres instruments de politique publique susceptibles de peser sur l’activité économique, ils s’agrippent frénétiquement au seul levier qui leur reste : celui de la déréglementation du marché ou du droit du travail (les deux se confondent dans leur esprit). L’appel à ces « réformes courageuses » est un mot d’ordre si rabâché depuis quarante ans qu’on en oublierait presque l’obscénité du spectacle donné par nombre de ces responsables ou experts qui, cumulant souvent eux-mêmes les sécurités du public et les bénéfices du privé, dénoncent, au nom des outsiders, les avantages extravagants dont jouiraient les insiders, et n’ont de cesse d’opposer les chômeurs aux smicards, les précaires aux titulaires d’un CDI, les salariés aux fonctionnaires, les actifs aux retraités, les immigrés aux indigènes…

      Adapter le droit du travail aux temps présents est un problème en soi, qu’il ne faut pas confondre avec la question de l’emploi (qui relève bien davantage du droit commercial et du droit fiscal). Plutôt que de rabâcher le vieux catéchisme néolibéral, il faudrait pour le résoudre prendre la mesure des transformations considérables de l’organisation du travail intervenues depuis vingt ans à l’échelle du globe. On trouve un concentré de ces bouleversements dans le récent conflit de la filière porcine. Les travailleurs concernés sont des petits entrepreneurs qui ont des salariés mais sont eux-mêmes dans un rapport d’allégeance aux grandes firmes et aux banques. Ces entrepreneurs dépendants ont été enrôlés depuis cinquante ans dans un modèle d’élevage industriel « hors sol », dont on sait aujourd’hui qu’il est une impasse économique et une catastrophe écologique (pollution des eaux, circuits longs à fort impact carbone). Le conflit est né de la concurrence des éleveurs allemands, qui sont allés plus loin dans l’industrialisation et usent des ressources du droit européen pour employer une main-d’oeuvre à bas coût échappant aux charges sociales.

      Un juste prix

      Elevés dans des conditions indignes de la sensibilité animale, les porcs ou les volailles hors sol donnent une viande de basse qualité qui est exportée à vil prix, notamment dans les pays du Sud, où elle casse toute possibilité de développement d’un élevage endogène à taille humaine. Les éleveurs réclamaient d’être payés un juste prix ; on leur a octroyé des baisses de charges, qui vont saper un peu plus les comptes de la Sécurité sociale. La consigne qui leur est donnée pour l’avenir est celle du bond en avant : faites des usines à viande toujours plus grandes avec toujours moins de personnel ; exportez toujours plus loin et toujours moins cher.

      Une réforme du droit du travail digne de ce nom ne devrait-elle pas plutôt viser à établir un cadre juridique assurant à tous les travailleurs (salariés ou indépendants) qui concourent à cette chaîne de production les conditions d’un travail décent ? C’est-à-dire un travail qui leur assure la sécurité économique et leur donne la satisfaction de produire une viande de qualité dans le respect des animaux et de l’environnement. La question aujourd’hui posée au droit du travail n’est plus tant de régler le face-à-face d’un employeur et d’une collectivité de travail au sein d’une entreprise clairement circonscrite. Elle est d’encadrer les liens d’allégeance qui se tissent au sein des réseaux de production et de distribution.

      L’essor de l’allégeance est un phénomène plus général qui résulte du déclin du règne de la loi, désormais traitée comme un simple outil au service du calcul. Visant à affaiblir d’un même mouvement la force des lois et celle des contrats individuels, le projet de sous-traiter aux entreprises la fabrique du droit du travail est un symptôme de ce changement de paradigme juridique, mais pas une réponse aux questions qu’il soulève.

      (...)

  • BALLAST Les chemins oubliés du #socialisme
    http://www.revue-ballast.fr/les-chemins-oublies-du-socialisme

    Dans le #capitalisme d’aujourd’hui, les actionnaires font porter l’ensemble des risques sur les salariés et, plus globalement, sur les populations. Les lois nationales ne présentent plus de barrières réelles à leur soif d’argent. La fiscalité est inopérante pour les freiner. Les #droits du travail nationaux ne se sont pas adaptés à cette évolution. Les représentants des salariés n’ont comme interlocuteurs que les dirigeants des entreprises, souvent des maillons interchangeables, surpayés pour se soumettre aux injonctions des actionnaires de l’entreprise qu’ils pilotent. En Europe, le processus d’intégration de l’Union européenne accélère ces évolutions en favorisant les échanges internationaux et la #dérèglementation du travail. Les plans d’austérité étendent l’exploitation capitaliste à tous les domaines de la vie. Déjà exclus de la valeur qu’ils créent dans les #entreprises, les salariés sont désormais exclus également de la valeur collective qu’ils ont créée — par la diminution des dépenses publiques et la libéralisation des services publics. Les capitalistes reconfigurent l’organisation des villes et façonnent le temps et l’espace¹. Les peuples d’Europe s’enfoncent dans la misère et dans le découragement. Nul ne sait plus par quel levier changer l’ordre des choses.

  • Entrée en vigueur du « silence valant accord » : une révolution administrative | Gouvernement.fr
    http://www.gouvernement.fr/argumentaire/choc-de-simplification
    Au début, j’ai cru que c’était une connerie du Gorafi, mais non, c’est pour de vrai. Imagine : une demande de dérogation à la loi littorale pour bétonner une côté sauvage, si ce n’est pas traité dans les temps par l’administration qui manque de fonctionnaires de partout ben, hop, c’est autorisé.

    Le « silence valant accord » se substitue à la règle du « silence valant rejet », vieille de 150 ans. Désormais, c’est l’absence de réponse de l’administration qui est créatrice de droits. C’est une avancée importante dans les relations entre les Français et leur administration.

  • Arnaud Parienty » Blog Archive » Air France : que fait l’Europe ?
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/parienty/2014/09/27/air-france-que-fait-leurope

    Les personnels hostiles à la grève des pilotes manifestent, le gouvernement annonce le retrait du versant européen du projet et la compagnie dément : on atteint les sommets de la confusion dans ce dossier. Les choses sont pourtant assez simples et, comme d’habitude, le gouvernement et l’Europe sont gravement responsables de ce qui se passe.

    Que veut la direction d’Air France ? Développer un opérateur low cost capable de concurrencer Ryanair ou Easyjet. Vaste programme : la filiale low cost du groupe Air France KLM, Transavia pèse aujourd’hui 14 avions, contre 500 avions combinés pour les deux spécialistes du secteur, qui sont en train de capter l’essentiel du trafic moyen-courrier en Europe par des tarifs imbattables.

    Comment faire pour avoir des prix compétitifs sur ce marché ? Il faut réduire les coûts, en baissant les salaires, en réduisant les services à bord et au sol, limitant le nombre des pilotes et en augmentant leurs horaires de travail. Primes comprises, un commandant de bord en fin de carrière émarge à plus de 200000 € chez Air France, un pilote débutant peut gagner dix fois moins dans une compagnie low cost.

    Déréglementation européenne

    Travailler (un peu) plus pour gagner (un peu) moins ? On comprend que les pilotes soient réticents. Mais le point essentiel est que, si Transavia acquiert une vraie dimension européenne, il devient possible d’embaucher des pilotes basés au Portugal aux conditions portugaises, en Roumanie aux conditions roumaines, etc… en fait de nantis, c’est contre une dérégulation généralisée que se battent les pilotes.

    Le basculement des salariés sur des systèmes sociaux étrangers aurait aussi de graves conséquences sur les retraites. Celles-ci sont gérées, dans des conditions très favorables pour les personnels, par une caisse spécifique, la CRPN. Celle-ci est aujourd’hui en équilibre précaire et lancée dans une fuite en avant, allant chercher des cotisants additionnels dans les pays francophones comme le Maroc. Si le nombre de cotisants baisse, c’est la catastrophe.

    Le low cost ou la mort ?

    D’un autre côté, que peut faire la compagnie, sinon jouer cette carte ou abandonner le terrain, comme l’a fait British Airways, aujourd’hui concentrée sur les long-courriers ? Le marché des vols courts et moyens courriers est important et totalement dominé par les compagnies low cost. Ryanair et Easyjet ont aujourd’hui les marges opérationnelles les plus fortes du secteur en Europe. Les résultats financiers d’Easyjet sont particulièrement impressionnants. Alors que Rynair incarne un modèle de hard discount aérien et d’astuces fiscales et sociales douteuses, dont on peut imaginer que les perspectives sont limitées, Easyjet est en concurrence frontale avec Air France, avec une sacrée longueur d’avance. Avec 22% de voyageurs « pour affaires », la compagnie a réussi à perdre son image « bas de gamme », tout en maintenant des coûts très bas. Desservant les grands aéroports et les destinations majeures, elle incarne un modèle de compagnie complète, mais bon marché.

    Si Air France veut exister en dehors du long courrier, il lui faut réduire fortement ses coûts. L’autre enjeu pour la compagnie est la gestion des sureffectifs. Les pilotes partant à 65 ans et les recrutements excessifs des dernières années font que le nombre de pilotes de la compagnie est trop important et que les jeunes pilotes attendent désespérément des promotions. Les autres personnels sont également attachés au développement ou au maintien de l’emploi et ont moins à perdre aux changements envisagés, ce qui peut expliquer que la grève soit restée cantonnée aux pilotes....

    #Air_France
    #low_cost
    #Europe
    #Ryanair
    #Easyjet
    #Déréglementation_européenne

  • Les 85 plus riches du monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140120trib000810501/les-85-plus-riches-du-monde-possedent-autant-que-les-35-milliards-les-plus

    A la veille du Forum mondial de Davos (Suisse), l’ONG Oxfam publie un rapport estimant que près de la moitié des richesses mondiales sont détenues par 1% de la population, et que les inégalités continuent à se creuser.

    Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population, soit 3,5 milliards de personnes. La statistique, volontairement choc, est publiée par l’ONG Oxfam la veille de l’ouverture du Forum économique mondial de Davos.

    Selon le rapport de l’ONG de lutte « contre les injustices et la pauvreté », les inégalités économiques se sont creusées rapidement dans la plupart des pays depuis le début de la crise. Ainsi, près de la moitié des richesses mondiales sont aujourd’hui détenues par 1% de la population.
    Augmentation de la part de revenus dans 24 pays sur 26

    Cette même proportion prise à l’échelle d’un pays fait dire à Oxfam que les 1% les plus riches ont augmenté leur part de revenu dans 24 des 26 pays pour lesquels des données sont disponibles entre 1980 et 2012.

    En Chine, au Portugal et aux États-Unis, les 1% les plus riches ont plus que doublé leur part de revenus depuis 1980. Même dans les pays réputés plus égalitaires comme la Suède et la Norvège, la part de revenus allant aux 1% les plus riches a augmenté de plus de 50%.
    Déréglementation et austérité

    Pour expliquer ce creusement des inégalités, l’ONG pointe la dérèglementation financière, les systèmes fiscaux biaisés, l’évasion fiscale, mais également les mesures d’austérité, les politiques défavorables aux femmes et la confiscation des recettes issues du pétrole et de l’extraction minière. Le rapport indique :

    Sans une véritable action pour réduire ces inégalités, les privilèges et les désavantages se transmettront de génération en génération, comme sous l’Ancien régime. Nous vivrons alors dans un monde où l’égalité des chances ne sera plus qu’un mirage.

    Le Forum économique mondial, qui se tiendra cette semaine en Suisse, a identifié les disparités de revenus grandissantes comme un risque majeur pour les progrès humains....

    #monde
    #finance
    Forum mondial de #Davos (Suisse)
    #ONG Oxfam publie un rapport estimant que près de la moitié des richesses mondiales sont détenues par 1% de la population, et que les inégalités continuent à se creuser.
    #déréglementation
    #austérité

  • #Canada : « Le Bureau de la #sécurité des #transports fait de timides appels pour un contrôle accru » des #réseaux et #compagnies_ferroviaires :

    Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) exhorte Transports Canada – le département fédéral responsable de réglementer le réseau ferroviaire – à faire des changements « urgents » dans la réglementation afin d’améliorer la sécurité ferroviaire suite à la catastrophe de Lac-Mégantic au Québec.

    [...]

    En raison de la déréglementation des procédures d’exploitation de l’industrie des chemins de fer, Transport Canada n’a pas à approuver les pratiques standards des compagnies ferroviaires. Il n’émet pas non plus de recommandations précises concernant le fait de stationner un train sur une voie principale, de le laisser sans surveillance ou sur le nombre de freins à appliquer. Un porte-parole de Transports Canada a dit à la chaîne publique canadienne CBC que Transports Canada « ne valide pas les règles spécifiques d’une compagnie ferroviaire. La compagnie ferroviaire a la responsabilité d’établir ses #règles particulières et de s’assurer qu’elles satisfont aux exigences du Règlement d’exploitation ferroviaire du Canada. »

    [...]

    Il y a eu une déréglementation constante de la sécurité du transport ferroviaire au Canada sous les gouvernements libéraux et conservateurs depuis les années 1990. Aujourd’hui, les compagnies ferroviaires effectuent elles-mêmes l’inspection de leurs processus, équipements et infrastructures. Cette supposée « autorégulation » équivaut à donner carte blanche aux compagnies pour qu’elles continuent de lésiner sur la #sécurité dans le but d’améliorer leurs #bénéfices.

    Dans une entrevue accordée à CBC peu de temps après la catastrophe de Lac-Mégantic, le président de MMA, Edward Burkhardt, a expliqué pourquoi les trains étaient laissés sans surveillance. Les coûts supplémentaires que nécessiterait l’embauche de gardes de sécurité, soit 2 pour cent de plus, forceraient la compagnie à hausser ses tarifs d’un même pourcentage, ce qui pourrait entraîner une perte de #clients et une baisse de #profits.

    [...]

    Le CP [Canadian Pacific railway, seconde compagnie ferroviaire canadienne] fonctionne avec des trains plus longs, moins de #personnel, a fermé des gares de triage et a réduit ses #investissements qui étaient destinés à l’amélioration de son réseau.

    [...]

    La catastrophe de Lac-Mégantic n’était pas une aberration comme le gouvernement et de nombreux éditorialistes au pays tentent de le faire croire. Le démantèlement des organes de #contrôle, le manque d’#entretien des #infrastructures et des #conditions_de_travail de plus en plus difficiles pour les #cheminots sont le résultat de décennies de #déréglementation et de privatisation par les gouvernements pour offrir les conditions les plus profitables possible aux compagnies ferroviaires.

    Source : http://www.wsws.org/fr/articles/2013/aou2013/mega-a05.shtml

  • La flexibilité du travail, sujet fantôme de la campagne électorale
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/02/la-flexibilite-du-travail-sujet-fantome-de-la-campagne-electorale_1678941_14

    Italie, Espagne, Grèce. A chaque fois que l’austérité s’est abattue sur les voisins de la France, la remise en question de certaines protections des travailleurs a été associée aux mesures de restriction budgétaire. Les syndicats français voient avec inquiétude ces tendances. « Au nom de la compétitivité, on assiste à une mise à sac du droit du travail en Europe du Sud. Le risque bascule de l’entreprise vers le salarié », avance Stéphane Lardy, chargé de l’emploi à Force ouvrière. « Il y a clairement une course à la baisse du coût du #travail et à la #déréglementation entre les pays européens, une spirale dont on ne voit pas comment elle va s’arrêter », abonde Patrick Pierron, de la CFDT.