• #Ceuta : ce que cachent les #appels à traverser la frontière le 15 août

    Il y a deux semaines, les 30 et 31 juillet 2026, Ceuta a traversé l’une des pires crises migratoires de son histoire. En 48 heures seulement, plus de 70 000 personnes sont parvenues à rejoindre illégalement l’enclave espagnole depuis le Maroc. Plus de 141 personnes y ont perdu la vie, selon des ONG marocaines. Alors que plusieurs enquêtes montrent aujourd’hui le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux et la #désinformation dans cette séquence, des appels à traverser la frontière le 15 août reviennent en boucle sur #Instagram et #Facebook. L’enquête menée par RFI montre que ce mouvement a été artificiellement amplifié et instrumentalisé.

    Dès la matinée du 30 juillet 2026, alors que des dizaines de jeunes, en majorité marocains, risquent leur vie pour franchir illégalement la frontière avec l’Espagne, des appels à une nouvelle #traversée_massive le 15 août émergent déjà sur Instagram et Facebook.

    Le choix de cette date ne doit rien au hasard. Une rumeur mensongère affirme, en effet, que « le poste frontière de Ceuta sera exceptionnellement ouvert » car il s’agit « d’un jour férié en Espagne ». Cette fausse information, vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, vise à susciter l’espoir et à rassembler des candidats à la migration pour engendrer un mouvement populaire.

    Dans les faits, le gouvernement espagnol et les autorités marocaines ont, au contraire, renforcé leur dispositif policier et militaire sur place. Le message de la Guardia Civil, diffusé sur Instagram mardi 11 août, est clair : « La frontière avec l’Espagne est fermée et elle ne s’ouvrira pas. De nouvelles barrières de sécurité ont été installées. Si tu les franchis, tu seras renvoyé. Ne te laisse pas tromper ». Cette #infox n’est qu’un exemple parmi d’autres qui démontrent comment ces #rumeurs du 15 août sont instrumentalisées sur les réseaux sociaux.

    Des #faux_comptes à la manœuvre

    S’il est impossible de déterminer avec certitude l’origine exacte de cet #appel_à_la_traversée, l’analyse de la diffusion des contenus en référence au 15 août nous a permis de révéler différents comportements factices. Sur Instagram, nous avons ainsi identifié une dizaine de comptes douteux ayant activement relayé la rumeur.

    Ces profils ont, pour la plupart, été créés récemment, parfois en juillet, voire en août 2026. Leur nom, photo de profil et biographie sont impersonnels. Ils ne comptent que très peu d’abonnés et ne suivent presque personne. Certains cumulent au moins trois changements d’identifiants. Leurs publications évoquent parfois exclusivement la date du 15 août et cumulent plusieurs millions de vues.

    Tous ces indicateurs prouvent que ces comptes ont été créés spécifiquement pour l’occasion afin de rendre viral ce nouvel appel à la traversée. La visibilité soudaine de certaines vidéos laisse également penser que des vues ont été achetées pour gonfler la tendance. Les recherches en sources ouvertes ne nous ont pas permis de déterminer qui en est précisément à l’origine, ni s’il s’agit d’un ou plusieurs acteurs.

    La fabrique d’une illusion de masse

    Autre élément troublant, certaines publications comportent des légendes en japonais, sans aucun rapport avec l’Espagne ou le Maroc. Cette description fait référence au Vogue World 2025, un événement autour de la mode qui a réuni plusieurs stars mondiales en octobre 2025. Plusieurs stars comme le boys band sud-coréen BTS, ou la rappeuse américaine Doja Cat sont cités.

    Initialement publié en anglais par le compte Instagram de Vogue, ce texte avait dépassé les 766 000 likes et les 11 millions de vues. Par opportunisme, certains l’ont copié-collé et traduit, avec l’espoir que les algorithmes de recommandations poussent leur contenu suite au succès de la publication de Vogue. Il s’agit là d’un autre exemple de #manipulation.

    Si des personnes réelles ont bien commenté cet appel du 15 août qui cumule plusieurs dizaines de millions de vues sur les réseaux, tout porte à croire que le mouvement a été victime d’#astroturfing. Cette technique de manipulation consiste à fabriquer un #mouvement_citoyen de toutes pièces en ayant recours à différentes techniques d’#amplification_artificielle. Le détournement et l’utilisation répétée de certains hashtags (« haraga », « spanish ») en est également la preuve.

    L’usage du terme « #haraga » ne relève pas du tout du hasard selon Mehdi Alioua, sociologue et professeur associé à l’université internationale de Rabat : « Les harragas, ce sont les brûleurs. D’abord les brûleurs de papiers, parce que lorsque les Marocains rentraient sans autorisation à Ceuta ou Melilla, ils étaient refoulés à chaud. Et donc les brûleurs sont devenus par extension les brûleurs de frontières », explique-t-il avant de compléter : « On est forcément dans une irrationalité de part et d’autre, un manque de politique migratoire et l’espoir fou que, en brûlant les frontières, on puisse renaître et avoir une vie meilleure ».

    L’implication de comptes influents

    Une fois lancé, l’appel à passer la frontière le 15 août a été repris par de vrais comptes, parfois suivis par plus de 100 000 personnes. C’est le cas de ce jeune vidéaste qui propose de s’abonner sur ses différentes plateformes pour profiter d’un trajet en bus complètement gratuit, à destination de l’Espagne. Il est impossible de savoir s’il a été rémunéré pour diffuser ce message.

    L’espoir d’une vie meilleure

    Mais alors pourquoi ces appels du 15 août cumulent-ils des millions de vues sur les réseaux sociaux alors que la rumeur d’ouverture de la frontière paraît grossière ? Pour Mehdi Alioua, le phénomène s’explique en deux parties : « Le premier élément, c’est une crise sociale au Maroc qui ne dit pas son nom parce qu’on a du mal à en parler, mais dont on a des indicateurs depuis au moins vingt ans à travers la multiplication de mouvements sociaux essentiellement portés par les jeunes, qui crient leur désarroi et parfois même leur désespoir, et dont la réponse de l’État marocain est en demi-teinte. De l’autre, une connaissance du fait que, en Europe, on a toujours besoin de métiers bassement qualifiés et que si on a le courage de tenir longtemps, on finira par avoir une vie meilleure ».

    Quand bien même le Maroc se développe activement (4,9% de croissance en 2025 selon le Haut-commissariat au plan), les répercussions sont moins perceptibles chez les jeunes, parfois mis de côté selon Mehdi Alioua : « Au delà du chômage, même les gens qui travaillent sont non seulement mal payés, mais surtout sans aucune garantie de droit du travail, de retraite et de sécurité sociale ».

    Même son de cloche pour Mohamed Ali Lahlou, expert sur les questions migratoires et membre de l’Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations (AMERM). Le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse marocaine reste l’un des défis majeurs du Royaume : « Ce qui se joue autour du 15 août dépasse, à mon sens, la seule question sécuritaire. Les chiffres racontent une histoire complexe et parfois contradictoire. On est face à un taux de chômage officiel au Maroc présenté à la baisse par le Haut-commissariat au plan la semaine dernière. Mais l’indicateur de sous utilisation de la main d’œuvre reste massif chez les jeunes, autour de 45% ».

    Virtuel vs réalité

    Démontrer la manipulation et l’#amplification_numérique d’un appel à la traversée ne permet pas de savoir ce qu’il se passera réellement le 15 août prochain, à proximité de Ceuta ou Melilla.

    Pour essayer de mesurer la popularité réelle de ce mouvement, nous avons infiltré plusieurs groupes privés sur la plateforme #WhatsApp mis en avant dans certaines publications virales. Le plus populaire cumule près de 800 membres, dont nous ne pouvons pas vérifier l’authenticité. Cette audience réelle est conséquente, mais en décalage avec les plus de 20 millions de vues cumulées par cet appel, notamment sur Instagram.

    Dans ces groupes, où les discussions sont souvent éloignées du sujet du franchissement de la frontière, la quasi-totalité des membres sont des hommes marocains qui profitent souvent de cette audience pour vendre leur service (entretien, lavage automobile). Passé quelques heures, les numéros commençant par un indicatif autre que +212 (Maroc) sont supprimés par les administrateurs, notamment les utilisateurs espagnols et algériens présents en nombre non négligeable lors de la création du groupe.

    Entre volonté et curiosité

    Que peut-on y lire ? Outre les très nombreux messages qui n’ont rien à voir avec notre sujet, des fausses informations circulent sur la possibilité de passage le 15 août. Certains utilisateurs ne se cachent pas et expriment leur envie de quitter le Maroc à la nage. Autre possibilité sur ces groupes privés : être mis en relation avec des contacts proches de Ceuta qui peuvent aider à la traversée.

    Nous avons pu contacter certains membres de ces groupes privés qui ont souhaité garder l’anonymat. Toutes ces personnes partagent un point commun : elles ont répondu à un effet de groupe directement sur la plateforme WhatsApp en recevant un lien d’invitation.

    Quant à leur véritable motivation à entrer dans ce type de groupes ? La curiosité pour la plupart. Certains membres nous ont assuré n’avoir jamais voulu essayer de franchir la frontière de Ceuta ou Melilla le 15 août et resteront « au chaud à la maison ».

    La #viralité sur les réseaux sociaux peut-elle, à elle seule, participer à l’organisation d’un mouvement migratoire de grande envergure ? Pas tout à fait selon Mohamed Ali Lahlou : « Les réseaux sociaux peuvent être un accélérateur. Ce n’est pas la cause. Un appel viral, aussi bien relayé soit-il, ne produit un mouvement de plusieurs milliers de personnes que s’il rencontre un terreau social déjà favorable ».

    D’autant que, selon l’expert en questions migratoires, cette situation n’est pas inédite : « Les réseaux sociaux donnent une date et un mode d’emploi, le #désir_de_partir, lui, préexiste largement, je dirais, aux réseaux sociaux, dans l’histoire. Ce qu’il s’est passé lors de la crise de 2021 [10 000 migrants avaient alors franchi la frontière de Ceuta, NDLR] peut être comparé à ça. Il y a eu aussi des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux ».

    Conséquences dans le réel

    Quelle que soit la part de faux dans ce mouvement, force est de constater qu’il a bien eu un impact dans le réel. Le renforcement du dispositif militaire et policier des deux côtés en est la preuve.

    Les autorités marocaines ont affirmé avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Ceuta et Melilla ». Un groupe d’individus en lien avec ce mouvement aurait été arrêté.

    Selon Mohamed Ali Lahlou, le renforcement de la sécurité autour des deux enclaves réduisent drastiquement le risque de revivre, deux semaines après, une nouvelle crise migratoire : « Suis-je inquiet ? Non. Mais en tout cas, ça montre qu’il y a quelque chose qui est de plus en plus organisé. On n’est plus dans la spontanéité comme ça a été le cas fin juillet. Aujourd’hui, on commence à organiser les choses de manière plus structurée à travers ces réseaux qui profitent de la situation ».

    Si les probabilités de franchissement des frontières sont quasiment nulles, pour Mehdi Alioua ce phénomène numérique de masse doit être aussi interprété comme un symbole : « Ce qui est important, c’est la réception qu’en font une partie des #jeunes. C’est pour se donner des forces. Il y a là une sorte de mise en scène. Je pense que la plupart voient cela comme une sorte de défouloir, ils veulent y croire, mais pas complètement. Ils veulent juste montrer qu’ils sont prêts à tout et qu’aucun grillage ne pourra les empêcher d’être à la recherche d’une vie digne ».

    « Ce type d’appel va continuer »

    Pour le sociologue, ces appels viraux sur les réseaux sociaux n’ont pas vocation à s’interrompre à l’avenir : « Malheureusement, la solution n’est ni dans les grillages, ni dans la répression. La solution, elle est dans des voies légales de migration d’un côté et de l’autre et une coopération internationale pour aider les pays comme le Maroc à avoir enfin un état social digne de ce nom tel que le demande la jeunesse ».

    « Ce type d’appel, celui du 15 août ou même une autre date, va continuer de trouver un écho, quelle que soit l’efficacité du contrôle aux frontières », confirme Mohammed Ali Lahlou.

    Lors du dernier franchissement massif de la frontière vers Ceuta, fin juillet, plus de 141 personnes ont perdu la vie, selon des ONG marocaines.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260814-ceuta-ce-que-cachent-les-appels-%C3%A0-traverser-la-fronti%C3%A8re-le-1

    #migrations #Espagne #Maroc #réseaux_sociaux #frontières #militarisation_des_frontières

  • Immigration : l’Insee rétablit la vérité sur les flux migratoires et bat en brèche l’#intox de la « submersion migratoire »

    L’Institut national de la statistique a publié, jeudi 4 juin 2026, sa dernière étude sur les immigrés en France. Une parution d’utilité publique, face aux flux continus de désinformations sur le sujet.

    L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a levé le voile, jeudi 4 juin, sur sa dernière radiographie de l’immigration en France. À l’heure où des milliardaires comme Elon Musk relaient complaisamment sur leur réseau le fantasme xénophobe d’un « quadruplement » de la population étrangère en Europe, ces nouvelles données sonnent comme un rappel à l’ordre.

    En 2025, selon l’Insee, la France compte 8 millions d’immigrés, soit 11,6 % de sa population totale. Parmi ces 8 millions d’immigrés, un tiers, soit 2,6 millions, a déjà acquis la nationalité française et n’est donc plus comptabilisé comme étranger. Une précision importante à rappeler car souvent, l’extrême droite aime jeter le flou en semant la #confusion dans le #vocabulaire. Lorsque l’Insee emploie le terme « immigré », elle évoque une personne née étrangère à l’étranger, tandis que le terme « étranger » définit simplement le fait de ne pas posséder la #nationalité française.

    La « subversion migratoire » battue en brèche

    L’augmentation de la part d’immigrés dans la population est réelle depuis 1999, mais demeure très progressive. Surtout, loin des vagues de la « submersion migratoire » fantasmée, les flux sont en décélération. En 2024, 313 000 immigrés sont arrivés en France, un chiffre en net recul par rapport aux 347 000 entrées enregistrées en 2023.

    Les flux retrouvent ainsi leur niveau d’avant la crise sanitaire de 2020, absorbant le pic exceptionnel de 2022 – lié à l’accueil des réfugiés qui fuyaient la guerre en Ukraine. L’Insee précise par ailleurs que cette baisse de 10 % des arrivées en un an concerne des personnes originaires de toutes les régions du monde, qu’il s’agisse de l’Afrique, de l’Asie… ou de l’Europe.

    Balayant d’un revers de main les clichés, l’étude révèle la #surqualification de ces femmes, hommes et enfants qui rejoignent notre territoire. Plus de la moitié, 51 %, des immigrés de plus de 25 ans arrivés en 2024 sont diplômés de l’enseignement supérieur.

    Ce chiffre grimpe même à 54 % pour les personnes originaires du Maghreb. Ces personnes s’intègrent, en outre, presque immédiatement dans la vie sociale et économique. 55 % des nouveaux arrivants de plus de 15 ans sont en emploi ou en études dès le début de l’année 2025, indique le rapport de l’Insee.

    Le visage de cette immigration est aussi profondément féminin. Les #femmes représentent aujourd’hui 52 % des immigrés vivant en France et 53 % des arrivées enregistrées en 2024. Par ailleurs, 58 % des immigrés entrés en 2024 vivent en famille et près d’un quart des arrivants (22 %) sont des enfants qui, souvent, cherchent à rejoindre un parent déjà installé à l’issue de son parcours d’exil.

    Face au #vieillissement de la nation, l’Insee confirme que depuis 2022, l’immigration maintient le pays à flot sur le plan démographique, en compensant l’effondrement du #solde_naturel. Entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2023, la population résidant en France a crû de 322 000 personnes.

    Sur ce total, le #solde_migratoire a pesé pour 271 000 individus, sauvant littéralement un solde naturel (51 000 personnes) plombé par la hausse des décès. En somme, ces travailleuses et travailleurs, loin d’être la menace brandie sur les plateaux des chaînes Bolloré et dans les trends de la fachosphère, sont aujourd’hui les piliers stabilisateurs de notre société.

    https://www.humanite.fr/politique/immigration/immigration-linsee-retablit-la-verite-sur-les-flux-migratoires-et-bat-en-br
    #INSEE #France #migrations #statistiques #chiffres #fact-checking #désinformation #préjugés #idées-reçues #démographie #afflux #invasion
    ping @reka @karine4

    • L’essentiel sur... les immigrés et les étrangers

      1. Combien y a-t-il d’immigrés ou d’étrangers en France ?

      En 2025, 8,0 millions d’ immigrés vivent en France, soit 11,6 % de la population totale. 2,6 millions d’immigrés, soit 33 % d’entre eux, ont acquis la nationalité française.

      La population étrangère vivant en France s’élève à 6,3 millions de personnes, soit 9,1 % de la population totale. Elle se compose de 5,3 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de 1,0 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

      1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l’étranger. Avec les personnes immigrées (8,0 millions), au total 9,6 millions de personnes vivant en France sont nées à l’étranger, soit 14,0 % de la population.

      2. Comment évolue la population étrangère et immigrée en France ?

      En effectif et en pourcentage de la population totale, la population immigrée en France est plus élevée en 2025 qu’en 1946, 1975 ou 2010. L’évolution de la part des immigrés dans la population totale vivant en France n’est pas régulière. Après une diminution entre 1931 (6,6 %) et 1946 (5,0 %), elle a augmenté jusqu’en 1975 (7,4 %). Elle s’est ensuite stabilisée jusqu’à la fin des années 1990, notamment à la suite des chocs pétroliers et du ralentissement de l’immigration de travail. Depuis le début des années 2000, le nombre d’immigrés croît à nouveau plus rapidement que la population totale, du fait de l’augmentation de la population immigrée et de la baisse de la fécondité : la part d’immigrés passe ainsi de 7,3 % en 1999 à 11,6 % en 2025.

      La population étrangère vivant en France représente 9,1 % de la population totale en 2025, contre 6,5 % en 1975 et 4,4 % en 1946.

      Entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’oeuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. En 1974, dans un contexte économique dégradé, l’immigration de travail a été ralentie. Depuis cette date, la part des femmes parmi les flux d’immigration a crû que leurs arrivées soient dues au regroupement familial ou à d’autres motifs (suivre des études, trouver un emploi, etc...). En 2025, 52 % des immigrés vivant en France sont des femmes, contre 44 % en 1975 et 45 % en 1946.

      3. Où sont nés les immigrés vivant en France ?

      En 2025, près de la moitié des immigrés vivant en France sont nés en Afrique (49,2 %) et près du tiers en Europe (30,3 %). Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l’Algérie (12,6 %), le Maroc (11,7 %), le Portugal (7,2 %), la Tunisie (4,9 %), l’Italie (3,5 %), la Turquie (3,5 %) et l’Espagne (3,0 %). Près de la moitié des immigrés sont originaires d’un de ces sept pays (46,3 %).

      4. Où sont nés les immigrés arrivés en France en 2024 ?

      En 2024, 313 000 immigrés sont entrés en France, contre 347 000 en 2023. 45,9 % des immigrés arrivés en France en 2024 sont nés en Afrique, 26,6 % en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents pour les immigrés entrés en France en 2024 sont l’Algérie (7,9 %), le Maroc (7,4 %) et la Tunisie (4,8 %). Les pays et continents d’origine les plus représentés parmi les immigrés vivant en France (stock) et arrivés récemment (flux) sont les mêmes, mais ils représentent une plus faible proportion du flux que du stock : les pays d’origine des immigrés tendent donc à se diversifier.

      Depuis 2006, les sorties d’immigrés sont relativement modestes au regard de leurs entrées. En moyenne entre 2006 et 2021, trois immigrés entrent sur le territoire tandis qu’un en sort, par exemple à la fin d’une expérience scolaire ou professionnelle en France, ou encore au moment de la retraite.

      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212

  • Vaccination : le cri d’alarme contre « des idéologies qui manipulent les peurs »
    https://www.leparisien.fr/societe/sante/vaccination-le-cri-dalarme-contre-des-ideologies-qui-manipulent-les-peurs

    Quatre cent cinquante par heure. Onze mille par jour. Près de quatre millions par an : c’est le nombre de vies sauvées par la vaccination, soit près du double de la population de Paris chaque année. Qui se souvient de la poliomyélite ? Les plages fermées l’été, les piscines vidées, les salles remplies de patients sous poumon d’acier, les mères qui scrutaient chaque faux pas de leur enfant comme l’annonce d’une catastrophe. Qui se souvient de la variole, les visages ravagés, les villages décimés, les 300 millions de morts au cours du XXe siècle ? En France, qui se souvient de la diphtérie, qu’on appelait alors le « croup », et qui étouffait les nourrissons dans leur berceau ? Plus personne. Parce que la vaccination a fait son travail. Et le propre d’un travail bien fait, c’est de (…)

    #santé #science #désinformation

    • Je suis suffisamment âgée pour pouvoir témoigner. Une fille dans ma classe en primaire appareillée aux jambes à cause de la polio.
      Polio toujours les groupes d’enfants en sortie dans mon village.
      Le premier enfant de ma mère décédé à six mois rougeole méningée.
      Décès par tuberculose d’une tante.
      Ma belle-mère tuberculose pneumothorax...
      Les antivax sont des abruti·es compltistes.

  • Gardez l’actualité dans la Wayback Machine | Internet Archive Blogs
    https://blog.archive.org/2026/06/01/keep-the-news-in-the-wayback-machine

    J’ai signé une lettre ouverte qu’il me semble important de relayer.
    – Parce que notre #mémoire_collective s’altère, il est important de garder des archives d’internet.
    – Parce qu’à un moment où la #désinformation se propage rapidement, où la contextualisation de l’information disparait, où la pression pour l’info au profit des dominants continue de croître, la préservation d’un outil d’#archivage indépendant compte plus que jamais.

    Ce site m’a déjà rendu de beaux services comme par exemple :
    – Vérifier comment lemonde.fr renomme ses articles pour les rendre putaclics
    – Comprendre que l’abandon de la #presse_française face à la concurrence de GAFAM date de 2011 et qu’elle met fin à une opposition acharnée à cette nouvelle concurrence qui se traduisait par la mise en page des sites de la période précédente.

  • Sind die noch ganz bei Trost?
    https://diaspora.psyco.fr/p/12514003

    Sind die noch ganz bei Trost?

    #Deutschland #Russland #Baltikum #Ukraine #Desinformation #Medienkrieg #Stratcom

    (Diese Meldung ist eine Übernahme von Multipolar, 03.06.2026)

    beachtenswert und aufschlussreich, mit welcher Intention der Artikel verfasst wurde, sind sicherlich die 2 letzten Absätze ( #Russiagate)

    #NATO #Theaterdonner #Stratcom #Desinformation Im Kriegsfall: Bundeswehr rechnet mit tausenden russischen Kriegsgefangenen

    Die Bundeswehr rechnet im Kriegsfall mit mehreren tausend russischen Kriegsgefangenen und plant deren Haft in Deutschland. Das erklärte der Kommandeur des Landeskommandos Hamburg, Kurt Leonards, am 13. Mai auf dem „Interdisziplinären Symposium zu Krieg und Frieden auf See“ der Rederei Hapag-Lloyd. In einem von einem Teilnehmer aufgenommenen kurzen Audio- (…)

  • L’#université à l’épreuve des machines

    Les #IA génératives n’ouvrent pas seulement un nouveau chapitre de la #fraude_académique. Elles déstabilisent plus profondément le #régime_de_preuve sur lequel l’université s’est longtemps reposée : nous avons pris des textes finis pour des signes d’#apprentissage. Lorsque des réponses plausibles deviennent triviales à produire, l’enjeu n’est plus de protéger des devoirs, mais de former et d’éprouver le #jugement.

    À l’été 1956, à Dartmouth, un petit groupe de chercheurs se réunit autour d’une hypothèse que beaucoup tenaient pour de la science-fiction : tout aspect de l’apprentissage pourrait, en principe, être décrit avec une précision suffisante pour être simulé par une machine. C’est là que fut forgée l’expression « #intelligence_artificielle ». Près de soixante-dix ans plus tard, les descendants de ce pari composent des textes, du code et des argumentaires avec une aisance qui peut passer, au premier regard, pour celle d’un esprit cultivé. La question qu’ils posent à l’université n’est pas seulement technique. Elle est institutionnelle : que certifions-nous au juste lorsque nous disons qu’un étudiant a appris ?

    On affirme volontiers que l’intelligence artificielle a créé une crise de l’#éducation. C’est inexact. Elle a surtout rendu impossible à dissimuler une confusion beaucoup plus ancienne. Pendant des années, les universités ont récompensé la #fluidité plus que la #compréhension, le poli plus que la profondeur, la #performance plus que le #jugement. Tant que produire un texte cohérent demandait du #temps, de l’#effort et une #compétence relativement rare, l’illusion tenait. Elle ne tient plus. Lorsqu’un étudiant peut obtenir en quelques minutes une #dissertation propre, structurée et plausible en donnant quelques consignes à un #modèle_de_langage, la vraie question n’est plus seulement celle de la #fraude. Elle est de savoir ce que nos exercices mesuraient réellement.

    J’en ai eu récemment une illustration simple. Un étudiant me présente un brouillon impeccable : phrases nettes, transitions soignées, argumentation apparemment maîtrisée. Je lui demande pourquoi une proposition découle de la précédente. Il hésite, puis se met à décrire le texte comme on décrirait un objet : ce qu’il contient, l’effet qu’il produit, l’usage qu’on peut en faire. Le #texte avait été généré avec l’aide d’un modèle, puis retouché. Il était correct. Il n’était pas habité. Ce qui frappait n’était pas l’usage de l’outil, mais la dissociation entre l’#aisance_verbale et le #travail_de_la_pensée. Le problème n’était pas seulement l’#auctorialité du texte ; c’était l’effondrement du lien entre la #production_d’un_écrit et la #preuve_d’un_apprentissage.

    Produire un résultat, former un jugement

    C’est ce lien que l’IA fragilise. L’université moderne a longtemps traité la #production_finie comme l’indice suffisant d’un travail intérieur : un devoir rendu, un commentaire composé, une note de synthèse, un mémoire. Or produire un résultat n’est pas former un jugement. Certaines opérations peuvent être déléguées parce qu’elles visent un objet extérieur : mettre en forme, résumer, reformuler, ordonner des matériaux. D’autres changent de nature dès qu’on prétend les déléguer : remarquer ce qui résiste, identifier une faille, peser une objection, décider qu’une conclusion ne suit pas, répondre de ce que l’on avance. Ces actes n’ont d’effet que si une personne les accomplit. Leur fin n’est pas seulement de produire un énoncé ; elle est de former celui qui l’énonce.

    Formulé autrement, le problème n’est pas d’abord qu’un texte généré puisse ressembler à un texte d’étudiant. Il est que l’institution ait peu à peu cessé de distinguer entre un artefact verbal convaincant et une pensée véritablement éprouvée. Ce que l’IA met en crise, ce n’est donc pas seulement l’#authenticité des copies ; c’est le type d’épreuve à partir duquel l’université prétend reconnaître une formation.

    Le cas français est ici instructif à condition de ne pas le mythifier. Certaines de ses formes les plus exigeantes – dissertation, khôlle, soutenance, oral de concours – ont longtemps reposé sur une intuition simple : un texte ne suffit pas, encore faut-il qu’un sujet en réponde. Mais la #massification_universitaire, la #bureaucratisation de l’#évaluation et la multiplication des #livrables ont, là aussi, restauré le règne du produit fini. L’intérêt de ces traditions n’est donc pas de fournir un refuge nostalgique. Il est de rappeler qu’une #épreuve_intellectuelle est d’abord un dispositif de mise en #responsabilité.

    On aurait tort d’y voir le privilège de quelques filières d’élite. La logique qui importe n’est pas sociale ; elle est épistémique : rendre visible, dans un échange, ce qu’aucun livrable ne montre à lui seul.

    L’ignorance de qualité

    Ce point vaut aussi pour la recherche. Le scientifique ne travaille pas seulement avec du #savoir_établi ; il travaille avec des #problèmes. Ou, selon la formule du biologiste Stuart Firestein, avec de « l’#ignorance_de_qualité » : une conscience disciplinée de ce qui #manque, de ce qui ne tient pas encore, de la question qui n’a pas trouvé sa forme définitive. L’image est celle d’un cercle qui s’élargit : plus le savoir croît, plus sa circonférence – c’est-à-dire la frontière avec ce que nous ne comprenons pas encore – s’étend. La #découverte ne vit pas au centre du cercle, dans l’archive stabilisée de ce qui a été établi. Elle vit à la périphérie, là où les #certitudes se dissolvent et où les #questions n’ont pas encore reçu de réponse.

    Je le vois au quotidien dans ma propre discipline, la biologie mathématique. Formuler une hypothèse féconde n’est pas un exercice de combinatoire sur ce qui est déjà publié. C’est un acte qui commence par une perception : quelque chose ne colle pas dans les données, un résultat établi n’est pas aussi robuste qu’on le croit, une question importante se dissimule derrière des formulations convenues. Cet acte de perception précède la méthode. Il suppose qu’un esprit ait séjourné assez longtemps dans l’#incertitude pour sentir, presque physiquement, où se trouve le problème digne d’être posé. C’est un travail de longue haleine, qui ne se transmet pas par simple énonciation.

    Les grands modèles de langage opèrent avec une virtuosité remarquable dans le domaine du déjà-dit. Ils synthétisent, recombinent, prolongent l’archive. Lorsqu’ils paraissent proposer une hypothèse nouvelle, ils remontent en réalité une hypothèse connue ou oubliée depuis l’intérieur de leurs données d’entraînement. Ils ne séjournent pas dans l’incertitude comme le fait un esprit engagé dans une #enquête. Ils ne sentent pas, de l’intérieur, qu’un raisonnement est creux malgré sa correction apparente. Ils peuvent étendre le discours ; ils ne peuvent pas assumer la responsabilité de la #vérité. Former des chercheurs, c’est former des esprits capables de se tenir à la circonférence du cercle. Ce n’est pas seulement leur transmettre ce qui est su ; c’est leur apprendre à habiter ce qui ne l’est pas.

    C’est pourquoi la #recherche n’est pas un supplément prestigieux à la mission pédagogique de l’université. Un enseignant qui travaille lui-même à la frontière du connu n’apporte pas seulement un stock de contenus : il introduit les étudiants à une certaine manière d’habiter l’incertitude, de formuler une objection, d’accepter qu’une bonne question vaille davantage qu’une réponse prématurée. L’université commence à perdre sa raison d’être lorsqu’elle sépare trop nettement #transmission, recherche et #jugement. Cette proximité avec la recherche n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ; elle est la condition d’une université qui ne se contente pas d’administrer des connaissances.

    Les deux fausses sorties

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’#interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la #capitulation_managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

    À Dartmouth, là même où l’expression « intelligence artificielle » fut inventée, nous commençons à intégrer ces outils non comme des raccourcis, mais comme des occasions de #rigueur. Dans certains séminaires d’écriture de première année, les étudiants peuvent demander à un modèle de proposer des contre-arguments ou des interprétations alternatives. Puis le vrai travail commence : annoter ce que l’outil a produit, repérer ce qui est inexact ou inventé, défendre à voix haute les choix retenus et ceux qui ont été écartés. Un étudiant est ainsi arrivé avec un paragraphe élégamment rédigé et une citation assurée. Lorsqu’on lui a demandé d’où venait la source, le silence s’est installé. Il a fallu remonter pas à pas le fil du texte généré, reconnaître que la référence n’existait pas, puis reprendre l’argument en nommant cette fois l’incertitude plutôt qu’en la recouvrant. L’outil avait accéléré la rédaction ; le séminaire a exigé le jugement.

    Le principe du #tutorat

    Paradoxalement, la solution la plus moderne est peut-être l’une des plus anciennes : le principe du tutorat. Il ne s’agit pas d’un artifice institutionnel hérité d’Oxford ou de Cambridge, mais d’une forme pédagogique dont la logique philosophique est beaucoup plus ancienne. La #disputatio médiévale, l’#entretien_socratique, la soutenance de thèse – toutes ces pratiques partent d’une même intuition : la pensée véritable se manifeste et se vérifie dans le #dialogue, lorsqu’un esprit doit répondre à la question qu’un autre esprit lui pose.

    Ce que le tutorat met à l’épreuve n’est pas la mémoire, ni même la qualité du texte préalablement rédigé. C’est la capacité de l’étudiant à habiter son propre #argument : à en suivre les implications lorsqu’elles sont contestées, à reconnaître les points où il avait escamoté la difficulté, à reformuler en temps réel lorsqu’une objection oblige à préciser. Cette épreuve ne peut être simulée. Non parce que la machine manquerait d’intelligence, mais parce que l’acte dont il s’agit est, par sa nature même, celui d’une personne qui répond de ce qu’elle a dit.

    Un étudiant écrit, puis s’assoit face à un enseignant ou à un chercheur et soutient son #argumentation dans une #conversation. Il devient alors difficile de se cacher derrière l’élégance de surface. Une machine peut fournir un texte ; elle ne peut ni répondre de ce qu’elle affirme, ni porter la responsabilité d’une idée. Ce n’est pas un archaïsme pédagogique. C’est peut-être, dans l’âge des machines à réponses, la forme la plus contemporaine de l’exigence universitaire.

    Généraliser ce principe ne suppose pas de copier la forme sociale du tutorat anglais. Il s’agit d’en adopter la logique : des séminaires qui culminent dans une #défense_orale ; des laboratoires où l’étudiant doit expliquer ce qu’un résultat dit et ce qu’il ne dit pas ; une pédagogie de l’écriture qui rend visible le travail de #révision et exige que l’étudiant assume ses #choix. Dans le monde français, les traditions de la dissertation orale, de la khôlle et de la soutenance fournissent des points d’ancrage précieux. Elles ne sont pas à ranger au musée. Elles sont à réactiver.

    L’université et le jugement démocratique

    Les enjeux de cette redéfinition dépassent de beaucoup les murs de l’université. L’IA amplifiera tout à la fois le savoir et le bruit, la productivité et la manipulation, la connaissance et la #désinformation. Dans un tel environnement, la compétence la plus précieuse n’est pas celle de produire rapidement des énoncés vraisemblables – les machines le feront toujours mieux que nous. C’est celle d’évaluer ce que l’on reçoit, de distinguer un argument d’une #rhétorique, de reconnaître les signes d’une fabrication, et de changer d’avis sans humiliation lorsque les preuves l’exigent.

    Aucune #démocratie ne survit à long terme si ses citoyens confondent la fluidité d’un énoncé avec sa vérité. Or la fluidité, désormais, est gratuite. Dans les mois qui viennent, elle sera mise au service aussi bien du commerce que de la propagande, de la science que du charlatanisme, de la délibération publique que de l’influence algorithmique. Les institutions qui forment des esprits capables de résister à cette saturation – qui apprennent à peser, à #douter, à #réviser – jouent donc un rôle civique que l’on ne peut pas sous-traiter. L’université est la première de ces institutions, non par privilège, mais par fonction.

    Cette fonction n’est pas nouvelle. Elle est consubstantielle à l’idée d’#enseignement_supérieur telle qu’elle s’est formée dans la tradition européenne : former des personnes capables de peser des #preuves, d’articuler une #conviction, et d’en porter la #responsabilité_publique. Ce que l’IA met en demeure, ce n’est pas cette tradition ; c’est la dérive qui a, dans trop d’institutions, substitué à la formation du jugement la certification de productions.

    Ce qui se déplace

    L’université n’aura pas à rivaliser avec les machines sur le terrain des réponses. Elle perdrait d’avance, et ce serait une erreur de terrain. Son avenir dépend d’autre chose : sa capacité à redevenir le lieu où l’on apprend non seulement à produire des énoncés plausibles, mais à en répondre. À mesure que les réponses deviennent abondantes, la rareté se déplace. Elle ne réside plus dans l’#information, mais dans la formation d’un esprit capable d’assumer un jugement, de l’exposer à la #contradiction, de le réviser et d’en porter la responsabilité.

    C’est dans ce déplacement que se joue l’avenir de l’institution. Les universités qui persisteront à produire des diplômes au sens administratif – des certificats adossés à des livrables acceptables – trouveront dans l’IA un concurrent imbattable et un révélateur. Celles qui redécouvriront leur tâche propre – former des esprits capables de juger – découvriront que la technologie qui semblait les menacer avait en réalité clarifié leur mission. L’âge de la machine à réponses est peut-être, paradoxalement, celui où l’université retrouve ce pour quoi elle a été faite.

    https://aoc.media/analyse/2026/05/12/luniversite-a-lepreuve-des-machines
    #AI #intelligence_artificielle #à_lire

    –—

    Je retiens notamment :

    D’où l’insuffisance des deux réponses les plus répandues. La première est l’interdiction : détecteurs, surveillance, inflation réglementaire. Elle est vouée à l’épuisement. Ces outils sont déjà trop présents pour être tenus durablement hors des salles de cours, et il serait absurde de former des diplômés condamnés à ignorer la technologie la plus structurante de leur époque. La seconde est la capitulation managériale : réduire l’université à une école d’adaptation où l’on apprend surtout à rédiger de bonnes consignes et à exploiter plus vite les outils. L’étudiant devient alors un opérateur. Dans les deux cas, on présuppose que la mission de l’université consiste avant tout à produire des réponses. C’est précisément ce que l’IA nous oblige à réexaminer.

    La bonne réponse est plus exigeante. Elle consiste moins à inventer une mission nouvelle qu’à rendre à l’université sa tâche propre : former le jugement en mettant les esprits à l’épreuve. Cela suppose davantage d’écriture en présence, davantage de défense orale des arguments, davantage de séminaires organisés autour de questions réelles plutôt que de réponses attendues. Une conversation de dix minutes suffit souvent à distinguer une idée comprise d’une idée seulement produite. Si l’étudiant utilise l’IA, qu’il le dise, qu’il en montre les traces, qu’il explique ce qu’il a gardé, écarté, reformulé, et pourquoi. L’enjeu n’est pas la police des usages ; c’est la responsabilité de l’énonciation.

  • Leute für dumm verkaufen ...

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12414479

    oAnth:

    ... längst sollte bei Zeit.de bei etwas gutem Willen der Groschen gefallen sein, was wohl zu viel verlangt sein dürfte; dazu ist man aber im NATO-Stratcom-Netzwerk zu strukturell integriert

    ♲ Athénien d’Isar / oAnth - 2026-04-19 17:13:34 GMT

    Da verwechselt jemand (#BfV) die Praxis der russischen Kriegsführung mit derjenigen der #Ukraine und des #SBU in enger Anlehnung an den #IDF und dem #Mossad - im Falles eines vorab beratenden Gesprächstermines, z.B. mit #Jacques_Baud, wäre dem #BfV und einer aufmerksamen Redaktion bei Zeit.de ein solche #Propaganda -Ente nach dem Strickmusters angloamerikanischer #Denkfabriken erspart geblieben.

    #Russland #Rüstung #Deutschland #Desinformation

    ♲ @zeitbot@muenchen.social:

    https://www.zeit.de/politik/deutschland/2026-04/verfassungsschutz-warnung-russland-ruestungsmanager

    Rüstungsindustrie: Verfassungsschützer warnt vor russischen Angriffen auf Rüstungsmanager
    Russland könnte deutsche Rüstungsmanager angreifen, warnt der Thüringer Verfassungsschutzpräsident Stephan Kramer. Die Bedrohung sei real.

  • Rima Hassan et la génération Palestine
    Chronique d’Emilie Nicolas | 1 avril 2026 | Le Devoir
    Anthropologue, l’autrice est chroniqueuse au Devoir, à Radio-Canada et à CBC.
    https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/968822/rima-hassan-generation-palestine

    En novembre 2024, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese, entame une visite au Canada. Elle doit donner une série de conférences dans les universités, en plus de rencontrer des groupes de défense des droits en privé. B’nai Brith lance une campagne de dénonciation de sa venue au pays. Selon le groupe de pression pro-israélien, Albanese « défend des groupes terroristes responsables de la mort de Canadiens et d’Israéliens », et endosse « l’antisémitisme et la violence ». B’nai Brith met donc de la pression sur la direction de chacune des universités où elle doit prendre la parole pour tenter — sans succès — de faire annuler ses prises de parole. Le groupe en profite, sur ses réseaux sociaux, pour « presser le gouvernement d’empêcher les orateurs pro-terreur et antisémites d’entrer au Canada, et de reconsidérer le rôle du Canada à l’ONU, étant donné le rôle d’agences comme l’UNRWA qui encouragent l’antisémitisme ».

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Francesca Albanese en privé à Montréal en novembre 2024. Je vous annonce formellement aujourd’hui les conclusions de mon enquête : elle ne mord pas. Assez de gens hautement plus qualifiés que moi en sont venus à la même conclusion, si bien qu’elle est pressentie pour un prix Nobel de la paix.

    Vendredi dernier, B’nai Brith célèbre. L’eurodéputée française Rima Hassan est empêchée d’entrer au Canada, après que des « informations » ont été fournies à l’agence frontalière par le groupe. Il met aussi de la pression sur l’Université Concordia pour faire annuler une conférence qui doit se tenir en virtuel, car « le Canada n’est pas une plateforme pour ceux qui justifient le terrorisme et glorifient la violence ». Or, Rima Hassan, pas plus que Francesca Albanese, ne fait l’objet d’aucun procès ou d’aucune condamnation en justice qui viendrait appuyer la grave nature des accusations lancées. Il lui est arrivé, à propos du Hamas, d’avancer que les peuples colonisés ont droit à la résistance en droit international, tout en condamnant les prises d’otages et les attaques contre les civils du 7 octobre 2023.

    À titre de chroniqueuse, j’ai été invitée à participer à un panel, mardi soir, à la suite d’une allocution que Rima Hassan a dû tenir en virtuel, sur les résistances contre l’extrême droite et le fascisme. Et nous nous sommes entretenues au téléphone pendant plus d’une heure, mardi matin. Vite comme ça, les conclusions de cette deuxième enquête, c’est que Rima Hassan ne mord pas non plus. (...)

    • Honte à la justice française qui cède aux génocidaires ! La loi Yadan n’a pas été votée mais elle s’applique déjà.

      Le député * Matthias Renault [ RN, énarque et ancien magistrat financier ] annonce saisir la procureure de la République de Paris après une publication de l’eurodéputée LFI Rima Hassan évoquant Kōzō Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972. Dans un message publié sur X, Rima Hassan citait Okamoto :
      « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »
      Or Kōzō Okamoto est l’un des auteurs de l’attaque terroriste menée le 30 mai 1972 à l’aéroport de Lod (aujourd’hui Ben Gourion), qui a fait 26 morts et plus de 80 blessés parmi les civils.
      Dans son courrier adressé au parquet de Paris, le député [ RN ] estime que cette publication pourrait relever de l’article 421-2-5 du code pénal, qui sanctionne l’apologie publique d’actes de terrorisme, notamment lorsqu’elle est diffusée en ligne.
      📌La justice devra désormais déterminer si la publication constitue une simple citation dans un contexte politique ou une valorisation d’un auteur d’attentat terroriste.

      https://x.com/SlMONWEINBERG/status/2037553432651759893

      « Soutien à Rima Hassan. Dans son tweet, elle a simplement partagé une citation de Kōzō Okamoto. Elle n’a pas glorifié ou soutenu des actes dont il pourrait être l’auteur.
      Pendant ce temps, ceux qui soutiennent à longueur de plateaux télés le génocide à Gaza ne sont pas inquiétés. »Camille @K1000Journalist

      * Prise de positions dudit personnage :

      En janvier 2025, à la suite d’une enquête évoquant un monopole de certification halal au profit de la Grande mosquée de Paris pour des exportations vers l’Algérie, il adresse un signalement à la procureure de la République de Paris. Il s’interroge sur l’attribution d’un opérateur unique et qualifie le mécanisme de droit de douane « de fait » imposé aux exportateurs, obligatoire et payant. Il estime qu’un tel montage pourrait relever de l’extorsion et souligne la dimension de souveraineté et de sécurité liée aux circuits de financement.

      En juillet 2025, dans le cadre de la polémique liée à des messages antisémites attribués à une étudiante gazaouie accueillie en France, il interpelle les autorités sur les procédures de sélection et de « criblage » avant entrée sur le territoire. Il questionne explicitement les protocoles de sécurité ayant permis l’arrivée de la jeune femme, l’affaire conduisant le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à reconnaître une défaillance et à annoncer une enquête interne.

      En novembre 2025, en écho aux manifestations au Royaume-Uni, il affiche un drapeau français à la fenêtre son bureau de l’Assemblée nationale, ce qui suscite des discussions internes sur les règles applicables et la conduite à tenir. Le député revendique un geste de nature patriotique, tandis que l’administration de l’Assemblée « tergiverse » sur la réponse à apporter. L’épisode est présenté comme un différend de protocole et de symboles au sein de l’institution.

      En janvier 2026, il signe un amendement contre le financement par le contribuable de « structures idéologiques et militantes » citant en exemple les Rencontres trans musicales qui seraient un festival de musique d’artistes transgenres, alors que ce n’est pas le cas, et lui vaut d’être moqué dans plusieurs médias.https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/le-depute-rn-matthias-renault-verse-dans-le-ridicule-en-essayant-d-at

    • https://www.franceinfo.fr/politique/la-france-insoumise/l-eurodeputee-lfi-rima-hassan-placee-en-garde-a-vue-pour-apologie-du-terr

      Lors de cette garde à vue, une petite quantité de drogue de synthèse a été découverte dans le sac de l’eurodéputée, rapporte par ailleurs à franceinfo une source proche du dossier. Selon cette même source, Rima Hassan a expliqué aux enquêteurs avoir acheté du CBD à Bruxelles, et que la drogue lui avait été donnée à son insu. Sa garde à vue a été étendue aux faits de « transport », « détention », « usage de stupéfiants » et « refus de se soumettre aux relevés signalétiques ».

    • Régis de Castelnau :

      Coucou les amis magistrats !
      Eh bien dites donc, quand il s’agit de faire plaisir à Netanyahu et Ben Gvir, vous faites progresser la jurisprudence. Voilà que le procureur fait mettre en garde à vue une parlementaire sans respecter son immunité issue de la Constitution. Et ce sur un signalement d’un député du RN devenu le petit télégraphiste zélé des génocidaires israéliens. On imagine que pour le remercier, Ben Gvir va lui offrir le pin’s avec le nœud coulant.
      Alors on convoque Rima Hassan, qui commet l’erreur de se rendre à la convocation, on fouille son sac (!!!!!!) et on prétend y avoir trouvé de la drogue. Et on prévient la presse. Astuce ! Comme ça on prétend qu’il y a un flagrant délit et que l’immunité parlementaire ne fonctionne pas. Décidément vous êtes créatifs quand il s’agit de complaire à Netanyahu.
      Jusqu’où allez-vous déshonorer ?

      https://x.com/R_DeCastelnau/status/2039723747750363282

    • Rima Hassan. @RimaHas
      12:40 AM · 3 avr. 2026
      https://x.com/RimaHas/status/2039835443722645981

      Je réserve l’ensemble de mes déclarations à la conférence de presse que mon avocat et moi tiendrons demain après-midi.

      Pendant toute la journée, sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues. Ces accusations sont totalement fausses : seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales.

      Mon avocat engagera des poursuites pour diffamation contre toute personne ayant propagé ou relayé ces fausses rumeurs.

    • Rima Hassan :

      Quelques éléments importants avant la conférence de presse de 17h :

      • C’est toutes les procédures pour lesquelles j’ai été auditionnée jusqu’à présent en audition libre qui ont été classées sans suite, 13 sur 16 au total en grande majorité des plaintes déposées par le lobby pro israélien en France ciblant mes opinions politiques sur le génocide à Gaza et la Palestine. (Plainte de Bellamy classée, appel au soulèvement à Sciences po classée, légitimité de la lutte armée à Gaza et sur l’action du Hamas classée et toutes les autres qui s’y assimilent 13 sur 16 donc ).

      • Sur les 3 procédures restantes encore ouvertes
      – celle d’hier sur la citation de Kozo Okamoto qui donnera lieu à une audience le 7 juillet ✌️
      – et les 2 auditions de ce matin (sur le one by one de l’article faisant référence aux activités du Hamas contre les milices affiliées à l’Etat islamique soutenues et financées par Israël à Gaza, plainte là aussi déposée par l’organisation juive européenne OJE et l’organisation juive française OJF, puis une plainte déposée par le collectif d’extrême droite Némésis pour un post en collab d’un collectif étudiant qui dans sa publication a relayé un tag ciblant Némésis , post qui a été supprimé par ce même collectif étudiant le même jour à ma demande).

      • Enfin sur la question de la drogue, j’avais sur moi du CBD hier en me rendant à ma garde à vue utilisé à des fins médicales, sur les 2 CBD que j’avais l’un a été testé conforme à ce qui se vend légalement, et le deuxième selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait été ajoutée à la résine de CBD, jai fait savoir où j’avais acheté légalement ce CBD. Des vérifications sont simplement en cours sur l’origine de ce CBD pour corroborer mes déclarations. J’ai aussi effectué un test urinaire qui a confirmé la seule présence de faible trace de THC dû à la consommation du CBD ce qui a été confirmé par le médecin. Toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses et ont été sciemment relayées dans le seul but de me nuire dans le cadre des procédures dont je fais l’objet et je me réserve la possibilité d’engager des poursuites en ce sens.

      Merci pour tous les mots de soutien et de solidarité.

      https://x.com/RimaHas/status/2040020134287282629

    • Dans l’extrait, [ où intervient le minable Paul Larrouturu ] on comprend bien que le journaliste a imaginé sa séquence et cherche LA phrase. Peut être même que ça l’arrange que R. Hassan l’ai renvoyé à l’audience du 7 juillet, ça permet de dire dans son reportage « elle n’a pas voulu répondre ».

      Il ne porte que peut d’intérêt au fond de l’affaire, à savoir, est ce que c’est de « l’apologie du terrorisme » de citer le responsable d’un attentat dans un tweet (vrai question, intéressante, qui en plus aura permis de parler de cette histoire méconnue de Kozo Okamoto)

      Autre moment tendu : l’échange avec un journaliste de BFM qui défend la couverture de sa chaîne télé alors qu’on lui dit qu’elle a diffusé des fake news et a contribué à l’acharnement médiatique injustifié de Rima Hassan.

      C’est pas tout à fait la même dynamique : un journaliste se sent obligée de portée secours au média qui l’embauche. Alors que la vraie question c’est : BFM a été en boucle sur cette affaire, quitte à raconter de la D, parce que c’est son fond de commerce / son modèle économique.

      Tout ça c’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est que des différences de manière de travailler / de déontologie ont été exposées de manière crue, en public et en direct. Pour moi c’est hyper positif :
      Pour une fois, les journalistes ont montré autre chose qu’une petite corporation bourgeoise/parisienne qui se soutien coûte que coûte (j’exagère à peine).

      Les médias, les journalistes, n’ont pas la même ligne éditoriale, ne répondent pas aux mêmes exigences, ne sont pas soumis aux mêmes pressions et impératifs économiques.

      Ça veut pas dire qu’il y d’un côté les bons et de l’autre les mauvais, ça veut dire que « les journalistes » ou « les médias » ça veut pas dire grand chose, que c’est pas un ensemble homogène. Et vu la défiance (méritée) envers nous, ce genre d’épisode permet de montrer tout ça.

      Bref, force à la journaliste Khadija Toufik, soutenez la presse indépendante !
      https://x.com/Theo_Bouh/status/2040150406441914548

    • Quand sa consœur Khadija Toufik qui risque sa vie sur le terrain l’interpelle sur le génocide perpétré par Netanyahou, Paul Larrouturou la prend de haut et affiche un sourire insolent. C’est vrai qu’il y a de quoi se marrer...

      Paul Larrouturou m’a demandé, de façon arrogante, « qui je suis » lorsque je l’ai interpellé sur le génocide à Gaza, alors qu’il posait les mauvaises questions à Rima Hassan. Je suis grande reporter indépendante de terrain. J’ai couvert les crimes israéliens en Palestine et je n’ai pas vu grand monde en Cisjordanie occupée, qui est pourtant accessible contrairement à Gaza. Les grands médias doivent se remettre en question et poser les bonnes questions.
      Pourquoi personne n’évoque le terrorisme de Benyamin Netanyahou, recherché par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans un contexte d’occupation illégale au regard du droit international ? C’est tout le sujet aujourd’hui ! Les médias ont une responsabilité ! Khadija Toufik

    • « C’est ce qu’on appelle une masterclass : bravo !

      Avec l’usage pervers de la parole, il faut toujours être clair comme le fait le député ici. »
      https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=icSZ2jf-pbs

      Franceinfo m’invite pour parler des dépendances de nos armées vis-à-vis de l’étranger.
      Je me retrouve à commenter la garde à vue de #RimaHassan, juste après un conseiller municipal LR présenté comme « politologue ».
      Le service public mérite mieux que ce propagandisme à la CNEWS.

      Le recadrage ferme et salutaire au tout début de la vidéo de 00:00 à 02:01 ! Excellente remise en place du service public !

    • Même la barbouzerie demande du professionnalisme. C’est pourquoi il faut remercier l’amateurisme du cabinet du ministre de la Justice dont le porte-parole a téléphoné de tous côtés pour commenter le déroulement de la garde à vue de Rima Hassan. « Le Canard enchaîné » l’a entendu ! Peut-être le conseiller bavard en lisait-il le déroulement grâce à un code d’accès sur le matériel de ceux qui sur place en relevaient le contenu. Je dis sans doute. Car je n’ai pas pu le voir moi-même, quoique j’habite le quartier du commissariat où Rima Hassan a été détenue. Mais j’ai été très sensible au message sicilien que cette proximité m’adressait peut-être. J’ai dit : peut-être. Tout avait été calculé aux petits oignons par monsieur Nuñez et ses potes au ministère de la Justice. Peut-être, aussi. Patatras ! L’ivresse de l’action, le flot de l’adrénaline et hop, le dérapage ! On aurait trouvé de la drogue dans le sac de Rima ! De la drogue ! Rima Hassan « pro terroriste et camée » comme dit le subtil David Lisnard pour l’insulter sans vergogne, tout président de l’Association des maires de France qu’il est censé être encore. « Des maires » peut-être, mais pas de tous puisqu’il n’a pas eu le temps ni le réflexe de prendre contact avec ses collègues de la Seine-Saint-Denis grossièrement insultés par l’officialité médiatique. Mais revenons au sujet. Bien sûr, il n’y avait pas de drogue ni rien qui y ressemble dans le sac de Rima. Seulement un produit légal à usage médical dont Rima a aussitôt donné la facture et la carte de visite du lieu d’achat. Mais d’ailleurs imagine-t-on sérieusement qu’une personne se droguant viendrait au commissariat avec ses produits le jour d’une garde à vue ? Donc pas de drogue. Mais grâce à la fuite organisée au ministère et au circuit barbouzard de diffusion de « l’information » ce fut un déchaînement. Tous les rigolos de la presse audiovisuelle et leurs compères abrutis de haine anti-insoumise dans la presse écrite régionale se sont lâchés. Habitués à recopier les infos données par la police moyennant on ne sait quoi, ils n’ont rien vérifié, rien discuté. Bilan pour tous ces pieds nickelés : l’Arcom est saisie et les plaintes pleuvent sur les auteurs des articles diffamatoires. Il fallait en voir plus d’un se tortiller sur les plateaux de télé pour diminuer leur responsabilité et combien de chaînes de télé continuer d’afficher des bandeaux ambigus pour créer de la confusion. Quant au barbouze du ministère, c’est une première : l’inspection générale lui tombe dessus. Sans précèdent : une enquête pour un viol du secret de l’instruction. Nous savons à quel point c’est incroyable vu comment ont été traitées plus d’une d’entre nous dans des conditions identiques. La justice n’a jamais ni poursuivi une seule personne responsable de ce délit ni puni une seule fuite. Personnellement, je suis convaincu que personne ne le sera, comme d’habitude. Ce sera parfait car le ridicule dans toute cette affaire est promis à se montrer bientôt encore plus crûment.

      Je mets à la suite de ce post le relevé des « affaires » déclenchées contre Rima Hassan. Et les non-lieux qui vont avec. Treize sur seize ! Et quoique le déclenchement vienne des mêmes personnes, jamais une sanction pour abus de recours comme d’autres parmi nous en ont connu. On va voir la suite. Ni la justice ni la police ne sont acquises de la cave au grenier aux manipulateurs de tout ce harcèlement. Rappelons-le : les informations sur les manquements dans l’affaire de Lyon sont venues de la police elle-même. Les non-lieux rendus à propos des mises en cause de Rima Hassan sont des décisions de justice prises par des juges. Il ne faut pas désespérer de notre pays. Mais plus vite viendra la libération, mieux ce sera. Rendez-vous en 2027.

      L’affaire « barbouze contre Rima Hassan » ne fait que commencer. On peut promettre ici d’autres épisodes savoureux.

      Et nous n’oublions pas l’affaire de Lyon où police, justice et médias se sont bien tenus par la barbichette pour produire un récit sans rapport avec les faits. Ils ont manqué à tous leurs devoirs en laissant faire le jour de la rixe à laquelle participait Quentin Deranque et dont il est mort. Tout cela pour pouvoir coller à Rima une responsabilité dont les barbouzes savaient de façon documentée qu’elle était innocente. Et cela alors que le même ministère et celui de l’Intérieur connaissaient minute par minute la situation. Et même la photographiait. Et n’ont pas apporté assistance à personne en danger. Vous allez voir, chers lecteurs, comme la suite va être intéressante dans ce domaine aussi !

      Encore une histoire de pieds nickelés macronistes. « Non à la loi Yadan » ! Une pétition utile collecte les signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Plus de six cent mille personnes ont déjà signé. Il s’agit de contrer le vote de la proposition de loi présentée par madame Yadan, députée des Français de l’étranger. Son texte vise à rendre obligatoire l’approbation de la politique du gouvernement israélien en assimilant toute critique de celui-ci à de l’antisémitisme. Ce texte devait être voté à la sauvette par une modification de l’ordre du jour de l’Assemblée jeudi dernier. Ce coup tordu a été démasqué par Mathilde Panot, la présidente du groupe parlementaire insoumis. En effet Yadan avait envoyé un mail à divers « amis » pour qu’ils soient présents le jour du vote alors même que celui-ci n’avait été ni décidé ni même demandé ! Le lièvre étant levé, nul ne peut plus l’arrêter. La loi a bénéficié de la conjonction de plusieurs composants caractéristiques du moment. D’abord l’indignation de savoir que quelqu’un pouvait manipuler l’ordre du jour de l’Assemblée de la veille pour le lendemain. Ensuite le dégoût suscité par la loi sur la peine de mort pour les résistants palestiniens en Israël. Enfin la nouvelle vague de crimes de guerre au Liban.

      En effet et pour ne citer que cela, il faut dire combien, au lendemain du vote de la loi raciste de la Knesset (Chambre parlementaire en Israël) sur la peine de mort réservée aux Palestiniens, nombre de parlementaires commencent à prendre la mesure de ce que représente moralement et politiquement le « soutien inconditionnel » que la loi Yadan rendrait obligatoire. Beaucoup ont déjà regretté publiquement même leur conduite passée sur le sujet et reconnu le génocide. On a vu récemment de hauts décideurs socialistes dénoncer le génocide et les autres crimes de guerre de l’armée de Netanyahu comme un tout. C’est le cas d’Olivier Faure pour ne citer que la figure du repenti la plus spectaculaire. Je crois que cette fois-ci beaucoup vont encore changer de camp. Certes leur sincérité est voisine de zéro et leur opportunisme au top niveau. Peu importe. Ce qui compte, c’est le résultat. C’est-à-dire l’isolement croissant du gouvernement Netanyahu devenu désormais quasi absolu en France. Par exemple, le groupe socialiste a retourné sa veste et décidé de ne pas voter la loi. Cela même si Guedj, Hollande et Grégoire étaient ses premiers signataires et le restent. En tous cas le texte de la pétition expose avec une grande clarté les raisons rationnelles de la signer.

      « Ce projet de loi, porté par Caroline Yadan, prétend lutter contre de nouvelles formes d’antisémitisme.

      Cependant, lorsque l’on lit l’exposé des motifs, on remarque un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme). On peut lire par exemple : « Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble. »

      Cet amalgame opéré par Caroline Yadan n’est pas innocent. En effet, en 2025, un tribunal correctionnel a relaxé une personne accusée d’antisémitisme pour avoir soutenu la cause palestinienne. Ce même tribunal a énoncé : “La référence à Israël ou au sionisme, défini comme un mouvement politique et religieux visant à l’établissement puis à la consolidation d’un État juif en Palestine, ne peut, à elle seule, être interprétée comme visant la communauté juive dans son ensemble”.

      On peut donc craindre que ce projet de loi ne cherche à contrer ces relaxes et à obliger les juges à opérer cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme afin de faire taire toute critique contre Israël.

      Cet amalgame est scandaleux pour trois raisons :

      – Il représente un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne. Si ce projet de loi devait être voté, des slogans pacifistes comme « l’égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » pourraient faire l’objet de condamnations judiciaires. Le travail des journalistes et des chercheurs.e.s pourrait également s’en retrouver censuré.

      – Il appuie indirectement la colonisation de la Palestine par Israël, illégale au regard du droit international.

      – Il dessert la lutte contre l’antisémitisme en assimilant les Juives et les Juifs à la politique de Benjamin Netanyahou alors que nombre d’entre elleux critiquent ouvertement (et à juste titre) cette politique mortifère.

      Oui, il faut lutter contre l’antisémitisme de toutes nos forces, comme contre toutes les autres discriminations. Mais pas en muselant la liberté d’expression ni en assimilant la communauté juive à la politique de Benjamin Netanyahou.

      https://melenchon.fr/2026/04/10/meme-la-barbouzerie-demande-du-professionnalisme

    • https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique

      Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police.

  • EFCSN White Paper Launches Policy Roadmap to Counter Big Tech’s “Great Retreat” and Reclaim Digital Safety – European #fact-checking Standards Network (EFCSN)
    https://efcsn.com/news/2026-03-03_policy-white-paper-the-great-retreat

    The European Fact-Checking Standards Network (EFCSN) released a White Paper today documenting a systemic decline in the integrity of European information spaces. The report identifies a "Great Retreat" where major technology companies have begun backtracking on long-standing commitments to combat disinformation. 3 mars 2026 – Le Réseau européen des normes de vérification des faits (EFCSN) a publié aujourd’hui un livre blanc documentant un déclin systémique de l’intégrité des espaces informationnels européens. Le rapport met en évidence un « grand recul » : les géants du numérique ont commencé à revenir sur leurs engagements de longue date en matière de lutte contre la #désinformation. Les conclusions de l’étude révèlent un changement de priorités chez les entreprises suite à l’élection (...)

    #journalisme

  • Apprenez à vérifier du contenu généré par IA

    Apprenez les bases de l’intelligence artificielle, les bonnes pratiques pour les journalistes, les principales formes de désinformation et à détecter et vérifier les contenus générés par IA.

    – Les bases de l’IA et son impact sur l’écosystème de l’information
    – Les bonnes pratiques pour les journalistes qui utilisent l’IA
    – Les principaux types de désinformation créée par IA

    Un cours d’1h15 par l’AFP, je ne sais pas ce que ça vaut, mais je serais curieux de savoir.

    https://fr.digitalcourses.afp.com/courses/verifier-contenu-IA

    #IA #AI #ia_générative #iagen #intelligence_artificielle #afp #désinformation

  • "Non, les #étrangers ne représentent pas 42 % des allocataires", face aux fake news, la CAF s’engage contre la #désinformation

    Les #infox et les rumeurs sur les aides versées par la #Caisse_d'allocations_familiales (CAF) se multiplient sur les réseaux sociaux. L’organisme public alerte et sensibilise les allocataires sur les risques de la désinformation. Un espace dédié à la lutte contre les fake news est disponible sur son site.

    L’organisme public, la CAF (Caisse d’allocations familiales), n’est pas épargné par les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux ou le web. Les rumeurs autour des aides versées par l’organisme se multiplient. Elles toucheraient potentiellement une personne sur deux en France.

    Ces tentatives de désinformation alimentent la méfiance et la confusion chez les allocataires, pointe aujourd’hui la Caf. Afin de favoriser l’accès à l’information fiable, l’organisme a créé un espace dédié sur son site internet. Objectif : démasquer les principales fake news et adopter les bons réflexes.

    Il est vivement conseillé de se référer exclusivement à son site, le seul habilité à fournir des données fiables et vérifiées. On y apprend notamment que, contrairement à ce qui circule sur TikTok ou Instagram, « Non, les étrangers ne représentent pas 42 % des allocataires de la Caisse d’allocations familiales » ou que « Non, la CAF n’a pas versé d’aide exceptionnelle de 400 euros à tous les allocataires nés le 29 février ».

    Des formations aux allocataires

    En complément de la campagne nationale de sensibilisation à la désinformation, la Caf du Bas-Rhin dit vouloir apporter sa contribution. « Dans nos accueils, on accompagne les allocataires pour les former à l’usage du site caf.fr. C’est l’endroit où les informations sont 100 % fiables et 100 % validées. On explique à nos allocataires comment ça marche et pour les personnes qui le souhaitent, on leur propose une formation sur rendez-vous », explique le responsable communication de la CAF 67.

    Celui-ci met en garde les allocataires contre les abus de certains sites de pseudo-actualités aux motivations trompeuses. « Il y a un vrai risque pour l’image de la CAF. Et pour les allocataires, qui parfois cliquent sur des offres mirobolantes, il peut y avoir une arnaque en vue de leur soutirer leurs identifiants ou leur numéro de carte bancaire ». Il y a quelques mois circulait une prime pour les animaux domestiques, « plus c’est gros plus ça passe », déplore ce dernier.

    Depuis le 6 février 2026, la CAF s’est associée au site d’information parodique le « Gorafi ». L’objectif est d’utiliser la satire et un ton décalé pour rappeler les bons réflexes de vérification de l’information.

    https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/bas-rhin/non-les-etrangers-ne-representent-pas-42-des-allocataires
    #fake-news #fact-checking #CAF #migrations #statistiques #chiffres #aides_sociales

    ping @karine4

    • Les manquements pour les étudiants - Passablement Énervé
      https://blogs.mediapart.fr/passablement-enerve/blog/110226/les-manquements-pour-les-etudiants

      Les institutions solidaires de la nation sensées aider les plus précaires de nos étudiants sont elles toujours à la hauteur de leurs missions ?

      Quand on sait qu’un étudiant boursier doit attendre au bas mot 6 mois avant de percevoir une APL ... qu’en est il du rôle de la CAF et de son éthique ? pourquoi ces délais inconséquents qui ne permettent pas la sérénité pour suivre des études normalement ? Si les étudiants n’ont pas de parents qui peuvent assumer les carences de la CAF, quelle suite pour un logement décent payé en temps et en heure ?
      Toutes ces questions se posent et n’ont pas de réponse car l’opacité de la CAF est toujours de rigueur ; les délais incompréhensibles de transferts de dossier à l’heure où tout se réalise par l’informatique sont incompréhensibles. Pourquoi tant de délais, pourquoi tant d’opacité, pourquoi si peu de réponse et tant d’inertie autour d’un élément clé pour la réussite d’un étudiant, un logement décent et une aide légitime pour lui permettre de payer son loyer ... cette institution a vraiment des carences et des lacunes incompréhensibles d’autant que rien n’est fait pour permettre de les comprendre. Absence de communication totale, voir communication erronée puisque promesse de versement des dûs sans résultats.

    • RÈGLEMENT AMIABLE RA-2025-140 DU 18 NOVEMBRE 2025 - RÉGULARISATION DE L’ALLOCATION AUX ADULTES HANDICAPÉS (AAH) APRÈS PLUSIEURS DYSFONCTIONNEMENTS DE LA CAISSE D’ALLOCATIONS FAMILIALES (CAF)
      https://juridique.defenseurdesdroits.fr/index.php?lvl=notice_display&id=57262&opac_view=-1

      Le Défenseur des droits a été saisi d’une réclamation d’une personne qui s’est vu accorder l’allocation aux adultes handicapés (AAH) par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour la période de mars 2019 à mars 2024.

      En avril 2024, le réclamant s’est rapproché de la caisse d’allocation familiales (Caf) afin de comprendre les raisons pour lesquelles, depuis 2019, son père ne bénéficiait que du revenu de solidarité active (RSA) et non de l’AAH.

      À la suite de cette démarche, la Caf a procédé au versement de l’AAH pour la période de mai 2022 à mars 2024, mais n’a pas versé l’allocation pour la période d’avril 2019 à avril 2022.

      La Caf a indiqué avoir sollicité la caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) afin de résoudre la difficulté relative à cette période non payée. Toutefois, en octobre 2025, le réclamant demeurait sans réponse quant au traitement de sa demande. (...)

      Conclusion de diverses péripéties : un rappel de droits de plus de 21 000 euros, lâché à reculons.

    • RÈGLEMENT AMIABLE RA-2026-012 DU 21 JANVIER 2026 - RÉCLAMATION RELATIVE À UN INDU DE L’ALLOCATION ADULTE HANDICAPÉ (AAH) QUALIFIÉ DE FRAUDULEUX, COMPTE TENU DE L’ABSENCE DE DÉCLARATION, PAR L’ALLOCATAIRE, DE SA PENSION D’INVALIDITÉ
      https://juridique.defenseurdesdroits.fr/index.php?lvl=notice_display&id=58117&opac_view=-1

      une erreur répétée est ici caractérisée comme « fraude » ce qui autorise des sanctions qui s’ajoutent à l’indu

      En premier lieu, le Défenseur des droits a souligné qu’il appartenait à la CAF de motiver en fait et en droit ses décisions administratives emportant qualification de fraude et d’en caractériser les éléments, tant matériel qu’intentionnel. Le Défenseur des droits a constaté qu’en l’espèce la CAF déduisait l’intentionnalité du comportement de l’allocataire de la seule absence de déclaration de sa pension d’invalidité.

      Toutefois, la réglementation applicable rappelle que toute absence de déclaration d’un changement de situation ne revêt pas nécessairement un caractère frauduleux et pose le principe de la présomption de bonne foi des usagers. Le Défenseur des droits a rappelé à la CAF qu’il lui appartenait de produire, au soutien de son action en répétition d’indu, les éléments de preuve permettant de caractériser l’intention frauduleuse de l’allocataire.

  • Le compte X de la Maison Blanche publie une photo falsifiée par IA d’une manifestante lors de son arrestation
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/23/le-compte-x-de-la-maison-blanche-publie-une-photo-falsifiee-par-ia-d-une-man

    La diffusion d’images modifiées par la Maison Blanche relance le débat sur l’influence de l’IA et des trucages visuels dans la communication politique officielle.

    Le Monde avec AFP
    Publié hier à 11h30, modifié hier à 11h55

    Temps de Lecture 2 min.
    Photo retouchée de la militante Nekima Levy Armstrong, publié sur le compte X de la Maison Blanche, le 22 janvier 2026.
    Photo retouchée de la militante Nekima Levy Armstrong, publié sur le compte X de la Maison Blanche, le 22 janvier 2026. MAISON-BLANCHE/X

    Le compte X de la Maison Blanche a publié, jeudi 22 janvier, une photo d’une manifestante arrêtée dans le Minnesota, la montrant en larmes, sans préciser que cette image avait été truquée à l’aide d’une intelligence artificielle (IA).

    La photo en question, qui montre l’avocate spécialisée dans les droits civiques Nekima Levy Armstrong, présentée comme une « agitatrice d’extrême gauche », illustre la manière dont l’administration du président Donald Trump recourt de plus en plus à des trucages ou à des images générées par IA pour étayer ses arguments politiques.

    Jeudi matin, la secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem, avait publié sur X une image prise au moment de l’arrestation de Mme Armstrong avec le visage calme et sans expression. Une demi-heure plus tard, la Maison Blanche a publié sur sa plateforme la même image modifiée pour montrer Mme Armstrong en sanglots, bouche ouverte, front plissé et des larmes coulant sur son visage.
    Image non retouchée de l’avocate Nekima Levy Armstrong, publiée sur le compte de la secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem, le 22 janvier 2026.
    Image non retouchée de l’avocate Nekima Levy Armstrong, publiée sur le compte de la secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem, le 22 janvier 2026. KRISTI NOEM/X

    L’avocate fait partie des trois personnes arrêtées à la suite d’une manifestation dans le Minnesota : des personnes ont perturbé le service d’une église de la capitale de l’Etat, Saint Paul, dans laquelle ils pensaient que le directeur adjoint du bureau local de la police de l’immigration (ICE) exerçait la fonction de pasteur.

    Ce mouvement s’inscrit dans le cadre de la contestation de l’ICE, dont un des agents a tué, le 7 janvier à Minneapolis, Renee Good, une femme de 37 ans. Les trois personnes arrêtées, dont Mme Armstrong, sont accusées d’« entrave aux droits » des fidèles, en réunion, pour avoir tenté de les « empêcher de pratiquer leur religion », écrit Mme Noem. Dans une interview à la chaîne CNN mercredi, Nekima Levy Armstrong avait accusé l’administration Trump de tenter « de transformer une manifestation pacifique et non violente en crime ».

    Contactée, la Maison Blanche a renvoyé l’Agence France-Presse (AFP) vers le compte X de Kaelan Dorr, son directeur adjoint chargé de la communication. « Une fois de plus, à ceux qui ressentent le besoin de défendre par réflexe les auteurs de crimes odieux dans notre pays, je vous adresse ce message : l’application de la loi se poursuivra. Les mèmes continueront à circuler. Merci de votre attention », écrit M. Dorr sur son post affichant la photo falsifiée.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Donald Trump peut-il faire ça ? Comment le président des Etats-Unis met le droit à l’épreuve
    Hausse de l’utilisation de visuels modifiés

    La publication de la photo modifiée sur le compte X de la Maison Blanche a entraîné de nombreuses critiques sur le réseau. A l’ère de l’IA, de telles images modifiées sont désormais « monnaie courante en politique », remarque Walter Scheirer, de l’université Notre-Dame. « Elles sont fréquemment utilisées pour humilier des figures de l’opposition ou formuler des déclarations politiques extrêmes qui trouvent un écho auprès d’une base électorale », explique M. Scheirer à l’AFP.

    « On pourrait y voir la version contemporaine des caricatures politiques dans la presse, mais il y a un manque notable de bienséance lorsqu’elles transitent par des canaux de communication officiels du gouvernement », estime-t-il.

    Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a intensifié son usage de visuels hyperréalistes mais modifiés ou générés par l’IA sur son réseau, Truth Social, et d’autres plateformes. Il a ainsi publié des images retouchées de lui-même en pape, rugissant aux côtés d’un lion ou dirigeant un orchestre.

    Le président Trump n’a pas hésité également à publier des images modifiées visant à ridiculiser ses adversaires démocrates. D’autres membres de l’administration Trump ont recours à ces images retouchées et certains rivaux politiques du président en font désormais aussi usage.

    #IA #Images #Politique #Desinformation #Etats-Unis

  • et puisqu’on est dans les rappels : un p’tit Fernandel de 1939, un peu oublié
    Faut pas Francine, ecouter des racontars - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=LnkHmfPv3Lg

    à l’époque les médias, c’était la radio
    les #fake_news, c’étaient, au choix : potins, ragots, cancans, racontars, bobards, …

    Contrairement à ce que laisse entendre la jaquette du disque, la chanson (compositeurs : Albert Willemetz et Casimir Oberfield – oui, Paris sera toujours Paris, mais aussiFélicie) est plutôt de 1939, car Ferdonnet est toujours à Stuttgart et non pas à Radio Paris ( Radio Paris ment, Radio Paris est allemand )

    Ici, site pour les enseignants, il est indiqué diffusion : 15/09/1939 mais l’url dit création 1940.
    https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000279/faut-pas-francine-ecouter-les-racontars-creation-1940.html

    • les paroles, ici

      Méfie toi ma Francine
      De tous les potins du quartier
      Des ragots d’la voisine
      Des cancans du laitier
      Par dessus tout ma belle
      Ne va pas t’alarmer
      De chaque fausse nouvelle
      Des gens bien informés...

      Faut pas, faut pas Francine
      Écouter les racontars
      Des badauds par trop bavards
      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser embobiner par les bobards
      Ne crois pas qu’Hitler soit mal avec Staline
      Et qu’les boches aient bombardé Madagascar
      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser dégonfler par les âneries des canards

      Méfie toi j’t’l demande
      La TSF a des dangers de la sale propagande
      Des speakers étrangers
      Si parfois tu dégotes
      Stuttgart à la Radio
      Dis toi qu’tu s’rais idiote
      D’en croire un traître mot

      Faut pas, faut pas Francine
      Écouter les racontars
      Du salopard de Stuttgart
      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser embobiner par ces bobards
      Quand je pense qu’il veut faire croire
      Quand il jaspine
      Que c’est un bon français
      De Barbès-Rochechouard
      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser dégonfler par ces discours là !

      Le Führer d’une voix tendre
      Nous redit chaque samedi
      Je ne veux plus rien prendre
      Maintenant que j’ai tout r’pris
      J’adore l’Angleterre
      J’adore les Français
      Pourquoi me faire la guerre
      Quand j’veux qu’on m’fiche la paix !

      Faut pas, faut pas Francine
      Écouter les racontars
      Du plus barbant des barbares
      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser embobiner par ses bobards
      S’il prend pour nous désarmer sa voix câline
      C’est pour mieux nous tomber d’ssus un peu plus tard
      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser dégonfler par ces propos d’paix

      Faut pas, faut pas Francine
      Te laisser dégonfler par ces propos d’paix, Si ! Na !

      http://www.musiques-regenerees.fr/GhettosCamps/Camps/OberfeldCasimir/FautPasFrancine.html

      dans une partie non répertoriée dans la page d’accueil du site Mes musiques régénérées, consacré à la Jewish Music (y compris, musique des camps)
      http://www.musiques-regenerees.fr

    • #propagande #désinformation #théories_du_complot

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cinqui%C3%A8me_colonne

      Dès la déclaration de guerre et pendant la drôle de guerre, un climat d’« espionnite » existe en France, avec de nombreuses catégories de personnes considérées comme suspectes. C’est le cas des journalistes qu’on éloigne des implantations militaires, des étrangers, des membres de partis de gauche, des syndicalistes et des enseignants, qui sont systématiquement soupçonnés par les services du Contrôle et de surveillance du territoire du ministère de l’Intérieur (CGST) et par le Bureau de centralisation du renseignement (BCR) du ministère de la Défense et les 2e bureaux de l’Armée.

  • Face à l’empire Bolloré, aidez un irréductible média d’enquête breton
    https://splann.org/face-bollore-irreductible-media-enquete

    Vincent Bolloré et d’autres magnats des #médias étendent leur contrôle sur l’information, mais un petit média breton résiste encore et toujours aux oppresseurs.‌ L’article Face à l’empire Bolloré, aidez un irréductible média d’enquête breton est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #cnews #data_for_good #désinformation #hubert_coudurier #journalisme #liberté_de_la_presse #milliardaires #nicolas_legendre #presse #quota_climat #Science_Feedback #vincent_bolloré

  • [Édito] Face aux entraves et aux invectives, « Splann ! » répond à #maël_de_calan sur les faits
    https://splann.org/edito-reponse-mael-de-calan

    Oui, c’est bien le travail de « Splann ! » qui dérange Maël de Calan. Et, par là même, la liberté des médias à enquêter sur la politique sociale du #finistère. L’article [Édito] Face aux entraves et aux invectives, « Splann ! » répond à Maël de Calan sur les faits est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #désinformation #éditorial #journalisme #liberté_de_la_presse

  • Vaccin contre le Covid : l’étude révolutionnaire qui enterre définitivement les accusations des antivax
    https://www.liberation.fr/societe/sante/vaccin-contre-le-covid-letude-revolutionnaire-qui-enterre-definitivement-

    Cinq ans après le début de la vaccination Covid, une étude de grande ampleur compare la mortalité à long terme des vaccinés et non vaccinés. Christian Lehmann est médecin et écrivain.

    #paywall :-/

    • Si plusieurs études épidémiologiques ont montré la sécurité du #vaccin sur le court terme dans les trois mois suivant l’injection (ainsi que la diminution de la mortalité), aucune jusqu’ici n’avait pu étudier les effets à long terme des #vaccins_ARNm, dans la mesure où les vraies études scientifiques prennent du temps, de l’énergie, à la différence des torchons rédigés en copier-coller en trois jours sur une paillasse à l’IHU Marseille. Et c’est chose faite, avec une étude d’Epi-Phare, pilotée par le professeur Mahmoud Zureik, publiée ce jeudi 4 décembre dans le Journal of American Medicine, évaluant la mortalité toutes causes sur quatre ans, chez des individus âgés de 18 à 59 ans.

      Construite à partir des informations du Système national des données de santé, sur 22,7 millions d’individus vaccinés en France, et 5,9 millions d’individus non vaccinés, cette étude compare la mortalité des deux groupes. L’adhésion à la vaccination étant volontaire, sauf pour les soignants – dont certains députés LFI bataillaient pour protéger leur liberté à contaminer des patients fragiles –, les deux groupes ne sont pas exactement identiques : parmi les vaccinés on trouve plus de personnes âgées, et plus de personnes présentant des maladies lourdes, des comorbidités.

      Eh bien malgré ces facteurs de risque plus élevés, cette population de vaccinés présente une plus faible mortalité très nette au bout de quatre ans que la population de non-vaccinés, pourtant en moyenne plus jeune et en meilleure santé. « Comparativement aux non-vaccinés, les individus vaccinés présentaient un risque de décès pour Covid-19 sévère hospitalisé réduit de 74 %, et un risque de décès toutes causes réduit de 24 %», précise l’étude.

      Epi-Phare n’en est pas à sa première étude sur le Covid, loin de là. Depuis le début de la pandémie, ce groupement d’intérêt scientifique parrainé par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et l’Assurance maladie réalise, coordonne et met en œuvre une expertise publique indépendante, et la publication de nombreuses études rigoureuses sur l’utilisation du Paxlovid, sur le recours à l’oxygénothérapie à domicile, sur les risques de formes graves de #Covid pour les personnes prenant certains médicaments immunodépresseurs, et en pratiquant une surveillance pharmaco-épidémique extrêmement vigilante sur les éventuels effets indésirables des vaccins. C’est ainsi qu’Epi-Phare avait étudié les troubles menstruels pouvant survenir dans les mois suivant la vaccination, avait pu démontrer l’absence de risque de malformation néonatale chez les bébés dont la mère s’était vaccinée pendant la grossesse, et avait quantifié le risque, faible mais non négligeable, de myocardites (de pronostic heureusement moins sévère que les myocardites liées au virus) dans la semaine suivant la seconde dose de vaccin ARNm chez les jeunes adolescents de sexe masculin.

      Cette nouvelle étude est révolutionnaire de par le nombre de patients pris en compte : l’ensemble de la population française vaccinée et non vaccinée en 2021, suivie pendant cinq ans. (...)

      Les personnes vaccinées meurent moins que les personnes non-vaccinées… Pas seulement du Covid, mais quelle que soit la cause de la mort. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien ce que nombre de soignants ont répété pendant toute la pandémie, sans grand relais : la #désinformation tue. Elle éloigne ceux qui en tombent victimes non seulement de la vaccination, mais aussi des soignants et des #soins adaptés. La désinformation fait naître une perte de confiance, amène une partie de la population, en général moins favorisée socialement, à ne pas se soigner.

      https://justpaste.it/l4vjp

  • « La Super Lune c’est toujours du super flan » : la dernière pleine lune de l’année est moins exceptionnelle que ce que l’on veut vous faire croire
    https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/la-super-lune-c-est-toujours-du-super-flan-la-derniere-pl

    (...) Certains médias annoncent sur les réseaux sociaux et sur internet que la prochaine pleine lune sera spectaculaire et qu’on pourra y observer des cratères à l’œil nu... mais vous allez peut-être être déçus. La dernière pleine lune de l’année est, en effet, prévue dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 décembre, à 00h14. Et si cette dernière défraie autant la chronique, c’est parce qu’elle combine deux phénomènes.

    Le premier est le « périgée-syzygie », appelé plus communément « Super Lune ». Il se produit lorsque le satellite est très proche de la Terre, ce qui donne l’impression qu’il est plus gros. Ce phénomène est étudié avec l’échelle de Fred Espenak qui va de 0 (loin) à 1 (proche). La Super Lune est comprise entre 0.9 et 1.

    Mais pour Olivier Sanguy, responsable de l’actualité spatiale de la Cité de l’espace à Toulouse, « la Super Lune c’est toujours du super flan. À l’œil nu, on ne peut pas voir la différence entre 0.964 et 1, et on n’a pas la mémoire visuelle d’une autre pleine lune pour comparer. »

    En plus, cette Super Lune n’est ni la première de l’année, ni la plus proche de la Terre en 2025. C’est celle du mois dernier qui l’était avec 0,997 sur « l’échelle Espenak ». Et il y aura trois autres Super Lunes en janvier, novembre et décembre 2026. Donc jusque-là, rien de spectaculaire.
    Une lune très haute dans le ciel

    Cependant, la deuxième particularité de cette pleine lune de décembre est un peu plus complexe. À cette Super Lune s’ajoute le Lunistice, ou Lunar Standstill en anglais, appelé dans les médias Lune Froide. « C’est une subtilité de la mécanique céleste. La lune n’est jamais au même endroit, elle change de hauteur, explique Olivier Sanguy. Un cycle dure 18 ans, et là, dans la nuit du 4 au 5 décembre, elle sera très haute. »

    Le phénomène, en soi, est donc rare, mais il ne faut pas s’attendre à être impressionné. « Ce n’est pas du tout comme une éclipse. Là, les gens vont sortir et vont juste voir une pleine lune haute dans le ciel, tempère Olivier Sanguy. Ce phénomène est intéressant intellectuellement, mais dire aux personnes que c’est exceptionnel, c’est survendre. Le danger, c’est qu’à force, les personnes pensent qu’on leur raconte n’importe quoi. »
    Pluies d’étoiles filantes en décembre

    Cette disposition lunaire ne vous coupera donc pas le souffle, et surtout, elle ne vous permettra pas d’observer des cratères à œil nu. « La pleine lune est le plus mauvais moment pour discerner les cratères, car on les voit mieux lorsqu’il y a le terminateur lunaire [ligne séparant la partie éclairée de la partie sombre de la lune, ndlr], expose Olivier Sanguy. Lorsque la Lune est éclairée de côté, cela fait des ombres portées et permet de voir les reliefs. » Ces observations peuvent être faites à l’aide d’un télescope, voire de jumelles, dans certains cas. (...)

  • Face à l’#IA générative, l’#objection_de_conscience

    #Manifeste pour l’#enseignement_supérieur et l’#éducation_nationale

    Nous, membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN), déclarons adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’#IA_générative[1] (#IAg) dans nos institutions.

    L’objection de conscience désigne le #refus individuel, mais aussi collectif en tant qu’il est publiquement partagé, de prendre part à une activité que l’on perçoit comme incompatible avec des #valeurs fondamentales.

    Dans le cas présent, nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de #rationalité et d’#humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser.

    Trois considérations majeures justifient cette position. Pour des raisons de concision, ce manifeste ne les développe pas mais on trouve dans la littérature scientifique de quoi les étayer solidement[2].

    Considération 1.

    L’IAg est un gouffre énergétique et matériel tel que personne ne peut prétendre qu’elle soit compatible avec les grands engagements internationaux tels que l’#Accord_de_Paris sur le climat, et plus généralement avec la #protection_du_vivant. Accepter le déploiement de l’IAg, c’est amplifier le dépassement des limites planétaires. Ceci est une attitude résolument anti-humaniste eu égard à la gravité de la situation. Le caractère écocidaire de l’IAg est en soi une raison suffisante pour en refuser le déploiement au sein de nos institutions.

    Considération 2.

    L’IAg représente un #choix_technologique qui agit comme un accélérateur des #infrastructures_industrielles sur lesquelles repose le secteur du #numérique : #mines, #datacenters, #centrales_électriques, usines de matériel électronique, etc. Ainsi, outre les problèmes de #pollution massive déjà évoqués, ce sont les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés : #travail prolétarisé dans les usines de fabrication et ultraprolétarisé dans le « #travail_du_clic », non-respect des #droits_humains, conflits d’usage (#eau, #métaux, #énergie), rapports extractivistes et néo-coloniaux entre pays du Nord et du Sud, #déstabilisation_géopolitique des régions minières, etc. Dans tous ces domaines, la compétition effrénée à laquelle se livrent les acteurs de l’IAg mènera aux méthodes les plus sauvages et prédatrices. Il nous semble inacceptable de contribuer à une telle dynamique par nos pratiques pédagogiques et scientifiques.

    Considération 3.

    La #banalisation des IAg dans le grand public alimente des usages qui ouvrent la voie à un futur dystopique – qui est, pour partie, déjà là : multiplication des vidéos deepfake, #désinformation à grande échelle par des « usines à trolls », #dépendance affective aux compagnies virtuelles, intensification du #marketing_digital et des #escroqueries, etc. Plus généralement, il permet à des mégafirmes d’accumuler un pouvoir démiurgique, mégafirmes dont les dirigeants ne font pas mystère de leurs projets mégalomaniaques, eugénistes et de leur détestation de la #démocratie. Nos institutions ne peuvent soutenir de telles techno-oligarchies, y compris de manière indirecte.

    *

    Le support principal de l’objection de conscience est le refus de participer à une activité qui contrevient à des valeurs fondamentales. Dans le cas de l’IAg, les trois considérations ci-dessus permettent d’assurer cette #posture au regard de nos missions d’éducation et de diffusion des savoirs.

    Face à ces analyses globales, les arguments les plus fréquents de légitimation de l’introduction de l’IAg dans nos institutions apparaissent immédiatement irrecevables[3]. Notamment, l’idée commune selon laquelle la diffusion de l’IAg dans nos sociétés serait « inéluctable » ne remet aucunement en cause la pertinence de l’objection de conscience. En effet, le principe de l’objection de conscience, voire de toutes les formes de #résistance, consiste à s’opposer à ce qui contrevient à nos valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va « gagner », mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant. Par ailleurs, contrairement à d’autres technologies délétères déjà profondément implantées dans nos sociétés, l’apparition des IAg est récente et par conséquent ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles. Ainsi, l’effet de « verrouillage sociotechnique » empêchant tout retour en arrière n’est pas encore pleinement là avec les IAg et il est encore effectivement possible d’exercer un refus.

    Engagements

    Nous, membres de l’ESR et de l’EN signataires de ce manifeste nous engageons à :

    – adopter face au déploiement des IAg dans nos institutions une posture d’objection de conscience. Face à un phénomène qui nous dépasse mais dont nous savons qu’il est mortifère, nous choisissons d’opposer un refus net, indiscutable, et politique parce qu’il est partagé : nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives. Nous refuserons, autant que nos situations individuelles nous le permettent, de participer à des projets ou à des activités qui les mobilisent (enregistrement et compte-rendu automatique de réunion ; activité pédagogique ; formation à l’usage, fût-il qualifié de raisonné ou éthique, etc.). À tout le moins, nous exprimerons publiquement notre malaise profond face à ces pratiques. Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. S’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être.

    – afficher dans nos activités, nos signatures mails, nos publications, nos diaporamas, etc. notre ralliement à ce manifeste via un logo et/ou le lien vers le présent texte. L’enjeu est de ne jamais laisser l’IAg apparaître dans nos milieux professionnels « comme si de rien n’était » et d’afficher partout dans nos sphères d’activité que « cela ne va pas de soi ». Parvenir à ouvrir des discussions sur le sujet par cet affichage permettrait déjà d’éviter une banalisation qui, dans des institutions prescriptrices comme les nôtres, se confond avec de la promotion.

    – promouvoir autant que possible une réflexion collective sur la place du numérique dans nos institutions. Si les arguments que nous opposons au déploiement de l’IAg nous permettent en effet de refuser une nouvelle « escalade numérique », nous savons également que le système sociotechnique du numérique dans son ensemble est sujet aux mêmes questionnements. Le « stop » opposé à l’IAg pourrait ainsi être l’ouverture d’une séquence d’évaluation de nos dépendances plus générales à un système problématique, qui permette de s’engager vers la « sobriété numérique »[4] en vue d’aboutir à un numérique effectivement soutenable.

    [1]Les IA génératives constituent un type particulier de système d’Intelligence Artificielle, destiné à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM pour Large Language Model) entraînés sur de vastes corpus de données.

    [2]Une bibliographie indicative est proposée en fin de document.

    [3]Celles et ceux qui souhaitent des éléments de discussions plus précis sur ce type d’arguments (l’IA « souveraine », l’IA « sobre », la « praticité », l’IAg « inéluctable », etc.) pourront par exemple consulter le texte « Oui mais l’IAg… » publié sur le site web de l’Atécopol de Toulouse.

    [4]Pour aller plus loin sur ce sujet voir : affiche 10 de l’exposition « Pour la sobriété numérique dans l’ESR » (https://www.irit.fr/exposition-sobriete-numerique).

    –-
    Voici deux logos qui permettront aux signataires d’afficher leur adhésion à cette position. Chacun·e est invité·e à choisir le logo qui lui convient en fonction du contexte et/ou de ses préférences.

    https://atecopol.hypotheses.org/13082
    #intelligence_artificielle #résistance #éducation #ESR #université #enseignement #limites_planétaires #extractivisme #néo-colonialisme #désobéissance

    • Je l’ai écouté dimanche, c’est le rdv dominical des émissions politiques le grand jury etc... le dimanche d’avant tous les invité.e.s étaient d’extrême droite dont Chenu sur france-inter.
      Bompard je l’aime bien, il a du répondant tout en restant calme face à ses contradicteurs et ce dimanche des contradictrices. Déjà du temps de Carine Bécard s’était du lourd, celle-ci a quitté son poste après 24 ans de maison ronde, elle est partie faire du pinard en Bourgogne.
      https://www.telerama.fr/radio/france-inter-alexandra-bensaid-reprend-l-emission-questions-politiques-le-d
      Sa remplaçante Alexandra Bensaid vient du même service et a gardé les inénarrables françoise fressoz, nathalie saint cricq... Avant ou après l’extrait Mamdani, elles sont revenues à la charge avec le concert de jeudi soir à la Philharmonie. Bompard leur a coupé le sifflet en leur disant qu’elles oubliaient les victimes palestiniennes.
      https://seenthis.net/messages/1145395
      55 minutes d’émission et ce n’est pas de l’impro, dîtes vous qu’elles se concertent pour poser leurs questions. Et tout ça avec notre argent comme dirait leur collègue de CNews.
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-09-novembre-2025-4638400

    • Post-scriptum (très) discret…
      Mot pour mot ce qu’a répondu en direct Manuel Bompard…

      Message à nos auditeurs
      Lors de l’émission Questions Politiques du 9 novembre 2025, dont le député Manuel Bompard (LFI) était l’invité, plusieurs questions posées par Alix Bouilhaguet (France Télévisions) sur Zohran Mamdani, élu maire de New York, ont suscité des interrogations de nos auditeurs.

      Nous souhaitons apporter les précisions suivantes :

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      Alix Bouilhaguet :

      « Il a repris en son temps le slogan “Mondialiser l’intifada” »

      « Si si, il l’a utilisé, il l’a repris à son compte, pas récemment je vous l’accorde »

      « Il l’a repris à son compte il y a quelque temps. »

      Mamdani n’a jamais prononcé publiquement cette expression.

      Il a, un temps, refusé de la désavouer, expliquant qu’il n’était pas à l’aise avec « l’idée d’interdire certains mots » et qu’il la comprenait comme « l’expression d’une demande de droits égaux pour les Palestiniens ».

      Pendant la campagne des primaires pour la mairie de New York à l’été 2025, il a pris ses distances avec cette expression, déclarant qu’il « décourageait » ses partisans de l’utiliser.

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      Alix Bouilhaguet :

      « Quand on lui demande de condamner le 7 octobre, bien souvent il botte en touche, il répète que le problème, c’est l’occupation d’Israël. »

      On ne peut pas dire qu’il « botte en touche ».

      On ne peut pas dire qu’il n’a pas condamné le 7 octobre, car dès 2023 il a dénoncé des « crimes de guerre ».

      Il dénonçait encore le 7 octobre 2025 des « crimes de guerre horribles ».

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      Alix Bouilhaguet :

      « Il lève des fonds pour l’UNRWA, c’est une agence onusienne accusée de collusion avec le Hamas. C’est pas un problème aussi ? »

      Il est exact que l’UNRWA est « accusée » de liens avec le Hamas, mais il aurait fallu préciser que ces accusations sont portées principalement par Israël et les États-Unis.

      Un rapport de l’ONU dirigé par Catherine Colonna a conclu que l’UNRWA a des « problèmes de neutralité », mais qu’Israël n’a pas apporté la preuve de ses accusations.

      Neuf employés de l’UNRWA qui « pourraient avoir été impliqués » dans les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, selon l’enquête interne des Nations unies qui portait sur dix-neuf personnes, ont été licenciés.

      Radio France et France Télévisions

      Manuel Bompard : « Il me semble évident qu’avant Noël, il y aura une nouvelle motion de censure » | France Inter
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-09-novembre-2025-4638400

    • La déontologie journalistique de Alix Bouilhaguet, hum,hum...
      https://mediateur.radiofrance.com/chaines/france-inter/questions-politiques-du-9-novembre-retour-sur-les-erreurs-fac

      L’émission « Questions politiques » du 9 novembre 2025, au cours de laquelle Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, était invité, a suscité de nombreuses réactions d’auditeurs et a fait l’objet d’une saisine de La France insoumise, notamment auprès de la médiation de Radio France.
      Plusieurs erreurs factuelles dans les interventions de la journaliste Alix Bouilhaguet (France Télévisions) ont été relevées au cours de cette émission, coproduite par France Inter et Franceinfo TV.
      À la suite de cette saisine, la direction de l’information de France Inter a procédé à une vérification complète des faits évoqués. Philippe Corbé, directeur de l’information de France Inter, reconnaît que des erreurs ont été commises et m’a indiqué que les journalistes extérieurs, invités sur l’antenne, s’aligneront désormais sur les procédures de vérification éditoriale appliquées pour toutes les émissions de France Inter. La médiation prend acte de cet engagement et rappelle que la rigueur journalistique reste pleinement garantie par l’ensemble de la rédaction. L’obligation de vérifier les faits avant de les évoquer dans une émission ou un reportage et la rectification des erreurs sont des engagements régis par les principes de déontologie journalistique au sein de Radio France. Ces règles ne sont pas des formalités : elles fondent la crédibilité du service public et la confiance que les auditeurs lui accordent.

      à vérifier si elle sera toujours présente dans l’émission de demain, ses écarts lui vaudraient au moins une mise en quarantaine. Sur france-inter d’autres ont été viré pour moins que ça, cela même après avoir été blanchi par décision de justice.

      Alix Bouilhaguet : Parcours, carrière et influence d’une journaliste française engagée.
      https://francaisnews.fr/alix-bouilhaguet-biographie-carriere
      un portrait écrit par elle même ou par Philippe Corbé ?
      portrait suivant : Charlotte d’Ornellas (sa petite soeur ?)