• L’hérésie américaine : faut-il brûler Peter Thiel ? | Le Grand Continent
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/03/14/thiel-heresie-benanti

    La prophétie du monopole : Thiel, René Girard et l’ombre de la PayPal Mafia

    Pour comprendre la trajectoire qui a conduit la Silicon Valley à passer d’un groupe d’adolescents utopistes dans des garages à un centre névralgique du pouvoir géopolitique mondial, il faut remonter aux fondements philosophiques et relationnels qui ont soutenu son ascension la plus spectaculaire.

    Au cœur de cette transformation, il n’y a pas seulement l’ingénierie logicielle mais une forme d’ingénierie des âmes et des sociétés, orchestrée par une figure qui réunit en elle le rôle de l’investisseur et celui du théologien politique : Peter Thiel.

    Loin de se résumer à une simple stratégie d’affaires, sa vision constitue la traduction opérationnelle d’une anthropologie philosophique précise — celle de René Girard — incarnée puis diffusée à travers l’un des réseaux de pouvoir les plus influents de l’histoire récente : ce que l’on appelle la « PayPal Mafia ».

    #capitalisme_computationnel #accélérationnisme #lumières_obscures #dark_enlightment #Palantir #Peter_Thiel

    • « qui possède une machine à produire du désir possède le monde »

      [...]
      Les entreprises fondées ou financées par la PayPal Mafia ne se sont pas contentées de vendre des produits : elles ont redéfini les infrastructures mêmes de la sociabilité, du travail, de l’information et de la sécurité.

      Facebook a colonisé les relations humaines.

      LinkedIn a cartographié et structuré le monde professionnel.

      YouTube a démocratisé — tout en la fragmentant à l’extrême — la production vidéo.

      Palantir Technologies — fondée par Peter Thiel avec le soutien de la CIA via son fonds de capital-risque In-Q-Tel — a introduit la logique de l’analyse de données au cœur même des appareils de renseignement et militaires.

      [...]

      (...) les héritiers de la Génération X n’ont ni cherché l’affrontement frontal ni tenté la réforme interne.

      Ils ont choisi une stratégie de contournement beaucoup plus efficace : rendre les anciennes institutions obsolètes.

      Ils ont compris que le véritable pouvoir ne résidait plus dans le contrôle des structures physiques ou financières classiques, mais dans l’exercice d’une nouvelle souveraineté : le pouvoir computationnel.

      À cet égard, l’épopée des startups de la Silicon Valley représente pour cette génération l’équivalent existentiel de Mai 68 : une révolution non pas menée dans les rues ou les universités, mais avec les serveurs et des lignes de code, au service d’un objectif précis : démanteler les hiérarchies rigides et la fidélité corporative qui constituaient l’ossature du « monde boomer ».

      LES CHOSES CACHÉES DE PETER THIEL, Paolo Benanti
      https://legrandcontinent.eu/fr/2025/12/24/les-choses-cachees-de-peter-thiel

      #Paolo_Benanti #théologie_politique #PayPal_Mafia #désir_mimétique #monopole #algorithmes

  • René Girard et la révélation du désir mimétique :

    Le plus grand moteur de la violence ? L’imitation du désir de l’autre.

    —> me fait terriblement penser à certaines situations déjà vécues

    épisode 1/9 du podcast René Girard, des choses cachées depuis la fondation du monde | France Culture

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/les-chemins-de-la-connaissance-rene-girard-des-choses-cachees-depuis-la-

    En décembre 1978, le philosophe René Girard (1923-2015) est l’invité des « Chemins de la connaissance » sur France Culture. Il expose dans cette première émission, sa théorie du désir mimétique qui se trouve, selon lui, au fondement des sociétés humaines.
    Avec

    René Girard, anthropologue, historien, philosophe français

    "L’œuvre de René Girard n’est pas considérable sur le plan quantitatif, annonce le journaliste et producteur Roland Auget en ouverture de ces neuf entretiens diffusés dans les « Chemins de la Connaissance ». « Trois livres publiés chez Grasset (1) mais déjà une œuvre qui remet en cause un certain nombre de théories modernes dans le domaine de la culture ».
    « Il y a dans l’homme, un rapport à la ’mimèsis’ que nous ne connaissons pas et qui est infiniment mystérieux »

    En 1978, année de la parution chez Grasset de son troisième opus (Des choses cachées depuis la fondation du monde), René Girard, alors professeur de littérature française à l’université John Hopkins de Baltimore (États-Unis), revient sur ce qui constitue la clé de voûte de son œuvre, celle de la théorie de la mimêsis (mot grec ancien qui signifie « imitation »). Une théorie qui fait partie du monde occidental depuis Platon indique le philosophe et qui affecte tous les domaines de l’activité humaine, en particulier celle de l’appropriation. « Mais Platon niait cette conduite d’appropriation (dans Le Sophiste), affirme René Girard, et je crois que c’est là l’erreur fondamentale… ».

    #violence

  • René Girard, le philosophe chrétiens auteur de la théorie du bouc émissaire est mort.

    Sa théorie était une proposition d’explication d’origine de la culture (qui tout le monde l’admet, est aussi une explication du christianisme), partant de l’idée qu’une victime innocente est « choisie » (à travers divers stratagème, mais pensez juste a ce qui se passe dans une partie du jeu de carte ’loup garou’) puis sacrifié (symboliquement ou non), et que c’est sur cette base, que se fonderai ensuite une culture.

    Le livre le plus accessible pour aborder sa pensée est probablement le recueil d’entretiens « les origines de la culture ».

    • lien avec #guerre_aux_pauvres, boucs émissaires modernes qualifiés de surnuméraires, qui viennent de se bouffer la réforme #apl dans l’indifférence générale du monde militant.
      EDIT

      partout et toujours, lorsque les hommes ne peuvent pas ou n’osent pas s’en prendre à l’objet qui motive leur colère, ils se cherchent inconsciemment des substituts, et le plus souvent ils en trouvent

      l’#invisibilisation est une forme de violence aussi, une des pires car elle se fait sans bruit, en négatif.

    • Le #désir, c’est le mal. Péché de luxure, péché d’envie, de lucre, partout, partout, et joie nulle part, sauf celle de dominer, ne serait-ce que imaginairement. Et tout continue jusqu’au jugement dernier.

      À cette omni-explicative théorie de et par la rivalité #mimétique, on pourra préférer les recherches, qui ont considéré l’#imitation comme processus créateur

      De ce fait, le collectif comme réalité structurée ne saurait être compris comme une entité subsistante, et son existence se confond avec le processus de structuration des parts de nature préindividuelle qui portent la vie affective des sujets. Mais la vie intime ne peut pas se révéler d’emblée commune sans que le collectif y gagne une dimension moléculaire. Et le transindividuel ne nomme en somme que cela : une zone impersonnelle des sujets qui est simultanément une dimension moléculaire ou intime du collectif même.

      Cette tentative pour penser la constitution du collectif à un niveau moléculaire, c’est-à-dire aussi bien infra-individuel qu’infra-social, rapproche #Simondon de #Tarde, qui désubstantialise pour sa part l’approche des phénomènes sociaux en les décrivant comme des #processus_d’imitation. Car ce que l’on imite, selon Tarde, ce ne sont jamais les individus, mais des flux qui traversent les individus, et qui sont toujours de croyance et de désir. De ce point de vue, même l’invention relève de l’imitation de flux qui se trouvent conjoints d’une manière nouvelle dans l’inventeur (et pas, à proprement parler, par lui, comme s’il en était l’auteur). On peut donc dire qu’une invention est toujours « un croisement heureux, dans un cerveau intelligent, d’un courant d’imitation, soit avec un autre courant d’imitation qui le renforce, soit avec une perception extérieure intense, qui fait paraître sous un jour imprévu une idée reçue » . D’où l’importance qu’accorde Tarde aux phénomènes de « suggestion à distance » et de « contagion » , qui définissent selon lui le mode sur lequel des esprits peuvent s’influencer à distance du seul fait d’avoir connaissance de l’existence d’autres esprits simultanément en contact avec les mêmes idées (comme c’est le cas, exemplairement, du public des lecteurs d’un même journal, et plus encore aujourd’hui du public des spectateurs de la télévision). On trouve chez Simondon un intérêt voisin pour les phénomènes de propagation affective par lesquels s’accomplissent, au sein du champ social considéré comme un champ métastable, des prises de forme imprévisibles, telle la propagation de la Grande Peur, susceptible à ses yeux d’être expliquée par une « théorie énergétique de la prise de forme dans un champ métastable » (IPC, note 18 p. 69).

      La théorie de l’#invention chez Tarde, aussi bien que la description simondonienne du champ social comme champ en tension où adviennent des prises de forme, proposent de concevoir l’émergence de nouveauté dans la société sans recourir à la figure de l’homme d’exception, génie politique capable de « donner forme » à la vie sociale. En effet, d’une manière proche de celle par laquelle l’invention naît chez Tarde de la conjonction de flux d’imitation et d’une série de petites différences qui finissent par produire de la nouveauté, on voit s’esquisser chez Simondon une énergétique sociale telle que « le hasard peut produire l’équivalent du #germe_structural » qui amorce une #transformation_du_champ_social. Car toute transformation est produite « soit par le fait qu’une idée tombe d’ailleurs — et immédiatement advient une structure qui passe partout, — soit peut-être par une rencontre fortuite » (IPC, p. 63). Une telle « énergétique humaine », qui s’intéresse aux potentiels dont l’écart jette la société dans un état métastable, est selon Simondon indispensable pour compléter le point de vue d’une « morphologie » sociale qui ne s’intéresserait qu’aux structures stables des groupes sociaux. Ainsi, si l’on peut dire que le collectif est en un sens déjà dans les sujets, c’est d’un point de vue « énergétique », sur le mode de potentiels susceptibles de conduire une individuation du champ social ; c’est donc comme collectif en devenir ou comme a(d)venir du collectif, et non pas, et surtout pas, comme germe structural préformé.

      Une scolie présente dans « Simondon-Individu et collectivité. Pour une philosophie du transindividuel » (disponible en ligne),de #Muriel_Combes : Intimité du commun
      http://entre-là.net/intimite-du-commun-par-muriel-combes

    • Un retour, adjacent, sur la notion de rivalité mimétique ou toute relation devrait être façonnée et lue à l’aune de la représentation...

      La peinture sera elle-même travaillée - exemplairement dans la pensée de Malevitch- par la volonté de ne plus renvoyer à une réalité extérieure à elle-même, de ne plus représenter. Mais ce rejet de la vocation représentative ou « mimétique » de la peinture est aussi la recherche d’une forme de présentation adéquate de la vie révolutionnaire - qui n’est telle justement que de pouvoir se soucier davantage de ce qui arrive à des surfaces colorées qu’à des personnages prisonniers de leur psychologie. Selon Rancière ce renversement de la mimesis picturale est déjà en jeu dans les analyses de Hegel. On y trouve en effet une sorte d’excès réciproque de la forme et du contenu qui annonce en réalité la dissolution de leur séparabilité.

      extrait de La révolution #sensible, #Partage de la nuit - Deux études sur Jacques Rancière, par Bernard Aspe
      http://seenthis.net/messages/417897