• Civil disobedience in scientific authorship : Resistance and insubordination in science

    The distribution of credit, resources and opportunities in science is heavily skewed due to unjust practices and incentives, hardwired into science’s rules, guidelines and conventions. A form of resistance widely available is to break those rules. We review instances of rule-breaking in scientific authorship to allow for a redefinition of the concept of civil disobedience in the context of academic research, as well as the conditions on which the label applies. We show that, in contrast to whistleblowing or conscientious objection, civil disobedience targets science’s injustice on a more systemic level. Its further development will ease critical evaluation of deviant actions as well as helping us evaluate deviance, defiance and discontent in science beyond issues of authorship. However, empirically, civil disobedience in science engenders uncertainties and disagreements on the local status of both act and label.

    https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/08989621.2020.1756787
    #désoéissance_civile #science #résistance #désobéissance #recherche_académique #esr #université #injustice

    ... et incroyable (pour ne pas dire autre chose) que cet article a été publié dans une revue prédatrice ;-)

    ping @_kg_

  • L’exposition « Refuser la guerre coloniale, une histoire portugaise »

    A la maison du Portugal de la Cité universitaire internationale de Paris a lieu une exposition sur l’engagement des années 1960 et 1970 contre les guerres coloniales menées par le Portugal en #Guinée-Bissau, #Angola et #Mozambique. Elle traite de l’exil parisien des 200’000 Portugais #déserteurs et insoumis à cette guerre.

    https://histoirecoloniale.net/L-exposition-Refuser-la-guerre-coloniale-une-histoire-portugaise-

    #résistance #désobéissance_civile #colonisation #guerre_coloniale #histoire #Portugal #exposition #France #exil

    ping @isskein

  • Désobéissant.e.s !

    Face à l’#urgence_climatique, une frange importante de la jeunesse a fait le choix de la désobéissance civile et de l’action. Le passionnant récit, en immersion, d’une mobilisation sans précédent.

    Après un été 2018 marqué par la canicule, les incendies et la démission fracassante de Nicolas Hulot, un groupe de jeunes gens, affolés par l’inaction des gouvernements face à la crise climatique, décide d’unir ses forces. Un QG, La Base, est loué en plein Paris. En germe depuis la COP21, une internationale informelle du climat relie différents mouvements de contestation européens : Extinction Rebellion, Ende Gelände, Alternatiba, ANV-COP21… Parmi eux, des jeunes de moins de 30 ans. Certains, comme Élodie et Pauline, ont lâché un poste prestigieux pour se consacrer à un combat qu’ils jugent crucial. Après une première victoire – la pétition baptisée « L’Affaire du siècle » et ses 2 millions de signatures en quinze jours –, les activistes de La Base organisent 134 décrochages de portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies, retransmis sur les réseaux sociaux, afin de dénoncer « le vide de sa politique écologique ». C’est leur première grande action de désobéissance civile. Le documentaire suit ces « désobéissants » en action et dans l’intimité : des « gilets jaunes » à la pandémie de Covid-19, l’année 2020 va les mettre à l’épreuve.

    Sentiment d’urgence
    Alizée Chiappini et Adèle Flaux captent l’émergence d’une génération qui, à sa façon pragmatique, ouverte et combative, imagine un nouvel engagement citoyen. Fonctionnant en réseau, les militants de La Base n’hésitent pas à traverser la Manche pour prendre des leçons de non-violence chez les cousins britanniques ou à se rapprocher des « gilets jaunes » pour rassembler les luttes sociales et environnementales. Ponctué de moments forts, comme le blocage de La Défense, « la république des pollueurs », face à des cadres ulcérés ou approbateurs, ce récit limpide, parcouru par un sentiment d’urgence, fait vivre de l’intérieur un an et demi d’une mobilisation sans précédent, combat qui vaudra à ses « meneurs », arrestations, gazages et poursuites juridiques. Ce document passionnant tient à la fois du manuel politique et du roman initiatique, l’aventure passant par différentes phases quand l’enthousiasme fait place à la désillusion avant de retrouver un nouveau souffle.

    https://www.arte.tv/fr/videos/093803-001-F/desobeissant-e-s

    #résistance #internationale_du_climat #climat #COP21 #COP_21 #jeunesse #Alternatiba #activisme #action_directe #non-violence #désobéissance_civile #2018 #Greta_Thunberg #extension_rebellion #Elodie_Nace #Pauline_Boyer #Notre_affaire_à_tous #inaction_climatique #l'affaire_du_siècle #affaire_du_siècle #Marie_Toussaint #marche_mondiale #Elliot_Lepers #gilets_jaunes #Priscilla_Ludosky #justice_climatique #justice_sociale #les_amis_de_la_Terre #marche_pour_le_climat #marche_du siècle #16_mars_2019 #convergence_des_luttes #Ende_Gelände #urgence

    #film #documentaire #film_documentaire

  • Le cas hors normes du lycée de Drancy, où le Covid-19 a tué 20 parents d’élèves, la fermeture demandée - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2021/03/28/le-cas-hors-normes-du-lycee-de-drancy-ou-le-covid-19-a-tue-20-parents-dele

    C’est une véritable catastrophe qui frappe actuellement le lycée Eugène-Delacroix de Drancy (Seine-Saint-Denis). Alors que les établissements scolaires de la région Île-de-France sont actuellement frappés par une vague de Covid-19 d’ampleur, ce lycée fait face à une vague de contaminations sans précédent : depuis le 1er mars dernier, 60 élèves ont été contaminés par le virus. Pire encore, 20 parents d’élèves sont morts en l’espace d’un an.

    #désastre_sanitaire

  • « Galvauder la notion de désobéissance civile, c’est l’exposer à toutes les récupérations »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/07/galvauder-la-notion-de-desobeissance-civile-c-est-l-exposer-a-toutes-les-rec

    La « désobéissance civile » est une expression forgée par un siècle de combats au nom de la justice pour tous et de la conquête de nouveaux droits. L’employer à tout propos procède d’une dangereuse équivoque politique, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », l’ex-député écologiste Noël Mamère.

    Tribune. La colère et la détresse des cafetiers et restaurateurs, condamnés à l’inactivité par les mesures sanitaires du gouvernement liées au Covid-19, peuvent-elles être qualifiées de « désobéissance civile », comme nous le répètent certains médias ? Ne prennent-ils pas le risque de la confusion, de l’amalgame et, partant, de la manipulation politique en appliquant à une jacquerie – dont on peut comprendre les motifs – une expression forgée par un siècle de combats au nom de la justice pour tous et de la conquête de nouveaux droits ?

    Quel lien peut-on établir entre les grandes figures de la « désobéissance civile non violente », telles que Henry David Thoreau (1817-1862), Gandhi (1869-1948), Martin Luther King (1929-1968), pour ne citer que les plus célèbres, et les manifestations des restaurateurs d’aujourd’hui ? Se battent-ils pour la conquête de nouveaux droits ou pour la seule survie de leur activité ?
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Birmanie, la désobéissance civile s’organise après le coup d’Etat

    En procédant à de tels raccourcis, qui ignorent le poids de l’histoire et détournent le sens des mots, les médias et les réseaux sociaux méprisent sans le savoir des générations de militants politiques pour lesquels « désobéir » signifie « faire son devoir » quand il s’agit de répondre à ce que leur dicte leur conscience. Quel qu’en soit le prix. Gandhi et Luther King l’ont payé de leur vie.

    Le « devoir » au cœur de la philosophie de Thoreau

    La « désobéissance civile » s’inscrit en effet dans une longue histoire. Elle commence au XIXe siècle, avec l’Américain Henry David Thoreau, auteur d’un court texte intitulé « la désobéissance civile », écrit après une nuit passée en prison pour avoir refusé de payer ses impôts à l’Etat du Massachusetts, au motif qu’ils finançaient l’esclavage et la guerre américaine au Mexique. « Je conseille de rompre avec l’Etat tant qu’il hésitera à faire son devoir », écrivait-il.

    Le « devoir », au cœur de toute sa philosophie qui va inspirer des générations de désobéissants. Si Thoreau avait eu 20 ans en août 1914, quand les grandes puissances ont déclenché la première boucherie du XXe siècle, il aurait sans doute fait partie des insoumis ou des mutins, en obéissant au « devoir » de sa conscience, contre le « devoir » d’un Etat qui a envoyé toute une génération au cimetière.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : le gouvernement mise sur « une augmentation des contrôles » pour éviter un nouveau confinement

    S’il avait eu 20 ans au moment de la guerre d’Algérie, il serait devenu objecteur de conscience et aurait sans doute appartenu au réseau Jeanson, comme, en son temps, il fut un militant actif de l’« Underground Railroad », ce réseau d’aide aux esclaves fugitifs qui cherchaient à rejoindre le Canada voisin.
    Si Thoreau vivait aujourd’hui, il aurait été…

    Si Thoreau avait eu 20 ans en 1973, il aurait soutenu les femmes indiennes du mouvement Chipko Andolan, qui enlaçaient les arbres pour empêcher l’exploitation commerciale de leurs forêts, il se serait retrouvé aux côtés de la Kenyane Wangari Maathai (1940-2011), Prix Nobel en 2004, qui a passé sa vie à mener des actions de désobéissance civile non violente contre la déforestation, avec son mouvement de « la ceinture verte » et pour le droit des femmes.

    Il militerait avec Extinction Rebellion, ce mouvement international de désobéissance civile non violente né en Angleterre, qui mène des actions pour dénoncer les retards pris par les gouvernements dans la lutte contre le dérèglement climatique. Il serait « faucheur volontaire » d’OGM et aux côtés de Greta Thunberg et des lycéens grévistes du « vendredi pour le climat » qui réveillent nos consciences endormies.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’extrême droite cherche à capter la colère contre les restrictions dues à la crise sanitaire

    On l’aurait vu dans les Alpes, avec Cedric Herrou et tous ces « désobéissants » venant, au nom de leur conscience, en aide aux migrants que nous refusons sur notre sol. Il serait en Méditerranée avec Carola Rackete, la capitaine allemande du « Sea watch 3 », qui a forcé l’interdiction d’accoster des garde-côtes italiens pour sauver 42 migrants épuisés et au bord de la mort…
    Les émeutiers du Capitole sont-ils des « désobéissants » ?

    De Thoreau à aujourd’hui, en passant par Gandhi, Luther King, Vaclav Havel (1936-2011), Rosa Parks (1913-2005) et d’autres plus anonymes, le fil de la désobéissance n’a jamais été rompu. Mais qu’a-t-elle à voir avec celle dont nous parlent aujourd’hui les médias ? Rien. Tant il est vrai que colère et indignation ne puisent pas aux mêmes sources.

    Dans son fameux Indignez vous ! (Indigène éditions, 2010), Stéphane Hessel (1917-2013) écrivait : « Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir motif d’indignation. C’est précieux ». Cette « indignation » qu’il considérait comme un « courant de l’histoire » qui a accouché de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, comme de la Convention européenne des droits de l‘homme, textes à la valeur juridique et morale supérieure aux lois ordinaires.
    Lire l’éditorial : Covid-19 : le risque de la fatigue démocratique

    C’est dans ce courant-là qu’il faut situer la désobéissance civile et pas ailleurs. Les cafetiers et restaurateurs, ou d’autres corps de métier, ont le droit d’exprimer leur détresse, mais cette expression ne relève pas de la désobéissance civile. Galvauder cette notion, c’est l’exposer à toutes les récupérations, et procéder ainsi d’une dangereuse équivoque politique qui pourrait conduire à considérer les émeutiers du Capitole comme des « désobéissants » !

    En ces temps où les mots n’ont plus de sens mais seulement des usages au service de ceux qui leur tordent le cou pour la défense de leurs propres intérêts, il nous paraissait nécessaire de procéder à cette mise au point, ne serait-ce qu’en mémoire de toutes celles et ceux qui ont fait leur « devoir ».

    Noël Mamère(Ancien maire de Bègles/ 1989-2017 et député écologiste/1997-2017.)

    #Désobéissance_civile

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_de_La_Bo%C3%A9tie

      [...]

      Discours de la servitude volontaire.

      Lorsqu’il écrit ce texte, vers 1548, Étienne de La Boétie est un étudiant en droit de 18 ans, à l’université d’Orléans, qui se prépare à une carrière dans la magistrature. Sans doute marqué par la brutalité de la répression d’une révolte antifiscale en Guyenne en 1548, il traduit le désarroi de l’élite cultivée devant la réalité de l’absolutisme.

      Le Discours de la servitude volontaire constitue une remise en cause de la légitimité des gouvernants, que La Boétie appelle « maîtres » ou « tyrans ». Quelle que soit la manière dont un tyran s’est hissé au pouvoir (élections, violence, succession), ce n’est jamais son bon gouvernement qui explique sa domination et le fait que celle-ci perdure. Pour La Boétie, les gouvernants ont plutôt tendance à se distinguer par leur impéritie. Plus que la peur de la sanction, c’est d’abord l’habitude qu’a le peuple de la servitude qui explique que la domination du maître perdure. Ensuite viennent la religion et les superstitions. Mais ces deux moyens ne permettent de dominer que les ignorants. Vient le « secret de toute domination » : faire participer les dominés à leur domination. Ainsi, le tyran jette des miettes aux courtisans. Si le peuple est contraint d’obéir, les courtisans ne doivent pas se contenter d’obéir mais doivent aussi devancer les désirs du tyran. Aussi, ils sont encore moins libres que le peuple lui-même, et choisissent volontairement la servitude. Ainsi s’instaure une pyramide du pouvoir : le tyran en domine cinq, qui en dominent cent, qui eux-mêmes en dominent mille… Cette pyramide s’effondre dès lors que les courtisans cessent de se donner corps et âme au tyran. Alors celui-ci perd tout pouvoir acquis.

      Dans ce texte majeur de la philosophie politique, repris à travers les âges par des partis de colorations diverses, La Boétie oppose l’équilibre de la terreur qui s’instaure entre bandits, égaux par leur puissance et qui se partagent à ce titre le butin des brigandages, à l’amitié qui seule permet de vivre libre. Le tyran, quant à lui, vit dans la crainte permanente : n’ayant pas d’égaux, tous le craignent, et par conséquent, il risque à chaque instant l’assassinat. Elias Canetti fera une peinture similaire du « despote paranoïaque » dans Masse et puissance.
      Graffiti à Genève, 2007.

      Si La Boétie est toujours resté, par ses fonctions, serviteur fidèle de l’ordre public, il est cependant considéré par beaucoup comme un précurseur intellectuel de l’anarchisme13 et de la désobéissance civile. Également, et surtout, comme l’un des tout premiers théoriciens de l’aliénation.

      Pour comprendre les intentions qui conduisent Étienne de La Boétie à écrire le Discours de la servitude volontaire ou le Contr’un, il faut remonter au drame qui a lieu vers 1548. « En 1539, François Ier, roi de France, tente d’unifier la gabelle. Il impose des greniers à sel près de la frontière espagnole, dans les régions qui en sont dépourvues. En réaction de cette tentative des soulèvements ont lieu. Le premier en 1542, puis le plus grand en 1548 à Bordeaux ». Le connétable de Montmorency rétablit l’ordre de manière impitoyable. Si l’on s’en rapporte à l’écrivain Jacques-Auguste de Thou, ce serait sous l’impression de ces horreurs et cruautés commises à Bordeaux, que La Boétie compose le Discours de la servitude volontaire.

      La Boétie s’attache à démontrer que de petites acceptations en compromis et complaisances, la soumission en vient à s’imposer à soi tel un choix volontaire fait dès les premiers instants. La question avec laquelle il interpelle ses lecteurs touche à l’essence même de la politique : « pourquoi obéit-on ? ». Il met en évidence les mécanismes de la mise en place des pouvoirs et interroge sur ceux de l’obéissance. Il en vient à observer qu’un homme ne peut asservir un peuple si ce peuple ne s’asservit pas d’abord lui-même par une imbrication pyramidale.

      Bien que la violence soit son moyen spécifique, elle seule ne suffit pas à définir l’État. C’est à cause de la légitimité que la société lui accorde que les crimes sont commis. Il suffirait à l’homme de ne plus vouloir servir pour devenir libre ; « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres ». À cet égard, La Boétie tente de comprendre pour quelles raisons l’homme a perdu le désir de retrouver sa liberté. Le Discours a pour but d’expliquer cette soumission.

      Tout d’abord La Boétie distingue trois sortes de tyrans : « Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race ». Les deux premiers se comportent comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général ne sont guère meilleurs, puisqu’ils ont grandi au sein de la tyrannie. C’est ce dernier cas qui intéresse La Boétie. Comment se fait-il que le peuple continue à obéir aveuglément au tyran ? Il est possible que les hommes aient perdu leur liberté par contrainte, mais il est quand même étonnant qu’ils ne luttent pas pour regagner leur liberté.

      La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c’est qu’il y a ceux qui n’ont jamais connu la liberté et qui sont « accoutumés à la sujétion ». La Boétie décrit dans son Discours : « Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autres biens ni d’autres droits que ceux qu’ils ont trouvés ; ils prennent pour leur état de nature l’état de leur naissance ».

      La seconde raison, c’est que sous les tyrans les gens deviennent « lâches et efféminés ». Les gens soumis n’ont ni ardeur ni pugnacité au combat. Ils ne combattent plus pour une cause, mais par obligation. Cette envie de gagner leur est enlevée. Les tyrans essaient de stimuler cette pusillanimité et maintiennent les hommes stupides en leur donnant du « pain et des jeux ».

      La dernière raison est sans doute la plus importante, car elle nous dévoile le ressort et le secret de la domination, « le soutien et fondement de toute tyrannie ». Le tyran est soutenu par quelques hommes fidèles qui lui soumettent tout le pays. Ces hommes sont appelés par le tyran pour être « les complices de ses cruautés » ou se sont justement rapprochés du tyran afin de pouvoir le manipuler. Ces fidèles ont à leur tour des hommes qui leur sont obéissants. Ces derniers ont à leur dépendance d’autres hommes qu’ils élèvent en dignité. À ces derniers est donné le gouvernement des provinces ou « le maniement des deniers ». Ce maniement est attribué à ces hommes « afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection ».

      Tout le monde est considéré comme tyran. Ceux qui sont en bas de la pyramide, les fermiers et les ouvriers, sont dans un certain sens « libres » : ils exécutent les ordres de leurs supérieurs et font du reste de leur temps libre ce qui leur plaît. Mais « s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude » ? En d’autres termes, ceux qui sont en bas de l’échelon sont bien plus heureux et en quelque sorte bien plus « libres » que ceux qui les traitent comme des « forçats ou des esclaves ». « Est-ce là vivre heureux ? Est-ce même vivre ? », se demande La Boétie. Ces favoris devraient moins se souvenir de ceux qui ont gagné beaucoup auprès des tyrans que de ceux qui, « s’étant gorgés quelque temps, y ont perdu peu après les biens et la vie ».

      Par ailleurs il est impossible de se lier d’amitié avec un tyran, parce qu’il est et sera toujours au-dessus. « Il ne faut pas attendre de l’amitié de celui qui a le cœur assez dur pour haïr tout un royaume qui ne fait que lui obéir. Mais ce n’est pas le tyran que le peuple accuse du mal qu’il souffre, mais bien ceux qui le gouvernent. » Pour achever son Discours, La Boétie a recours à la prière. Il prie un « Dieu bon et libéral pour qu’il réserve là-bas tout exprès, pour les tyrans et leurs complices, quelque peine particulière ».

      [...]

  • https://www.arte.tv/fr/videos/093805-001-A/histoire-bruyante-de-la-jeunesse-1949-2020
    Rétrospective en archives des mouvements culturels portés par la #jeunesse depuis l’après-guerre. De Saint-Germain-des-Prés à « La fureur de vivre », des Rolling Stones à la Nouvelle vague, des hippies aux punks : une histoire de #désobéissance entre idéalisme et esprit de révolte.

    https://www.arte.tv/fr/videos/093805-002-A/histoire-bruyante-de-la-jeunesse-1949-2020
    Rétrospective en archives des mouvements culturels portés par la jeunesse depuis l’après-guerre. Second volet de cette histoire de la désobéissance entre #idéalisme et esprit de #révolte : des Clash à la marche contre le racisme, du hip-hop au printemps arabe, du mouvement #MeToo à Black Lives Matter et aux #manifestations pour le climat.
    #arte #docu

  • La nouvelle anormalité

    Miquel Amorós

    https://lavoiedujaguar.net/La-nouvelle-anormalite

    La catastrophe n’est pas seulement la promesse du malheur annoncé par la civilisation industrielle ; elle est déjà notre présent immédiat, ce que confirme l’alarmisme des experts devant la possibilité annoncée aux quatre vents d’un effondrement du système de santé. En décrétant la fin du premier confinement, les gouvernants ont essayé d’éviter l’aggravation de la crise économique. Cependant, l’urgente nécessité qu’il y avait à sortir l’économie d’une forme de restriction peu propice à la consommation a conduit au contraire : les résurgences du virus n’ont pas tardé à venir, ou du moins c’est ce que disent les statistiques des études scientifiques officialisées. Comme le laissent malgré tout entrevoir les médias de désinformation, la gestion de la pandémie a été humainement désastreuse. Pour qu’il en soit autrement il eût fallu sortir de la logique et du formatage technocratiques et s’intéresser plus aux individus qu’à leur fonction consumériste : une société de consommation ne peut se développer avec une économie semi-paralysée, elle doit donc impérativement s’occuper de ses consommateurs. Leur degré de disponibilité pour le travail et la dépense, c’est-à-dire ce que sous le capitalisme l’on appelle la santé, doit être satisfaisant. Plus clairement, faute de faire, visiblement, un pas en avant supplémentaire dans le renforcement du contrôle social, les dirigeants ont choisi le pas de côté : ils ont décrété un nouvel état d’alerte, conservant ainsi les dispositions coercitives antérieures, afin de pouvoir relancer les activités économiques tout en les encadrant de restrictions inutiles sur ce qui serait « non essentiel », de couvre-feux et de confinements à la carte. (...)

    #catastrophe #pandémie #gouvernement #économie #gestion #capitalisme #État #technoscience #Raoul_Vaneigem #désobéissance_civile #autodéfense #autogestion #colère #antiproductivisme #communes

  • Semer le trouble. #Soulèvements, #subversions, #refuges

    On étouffe. La situation n’est pas tenable. Nous courons à la catastrophe. L’effet de sidération paralyse les velléités d’action. Ce contre quoi nous avons des raisons de nous insurger semble se fondre dans un même mouvement global, une lame de fond irrépressible. Quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des techniques de lutte et enquête sur les foyers de résistance qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives. Les collectifs travaillent leurs outils autant que leurs convictions ; ils suspendent le temps, par adaptation ou détournement de choses et de dispositifs. Comment la « mésentente », qui vient troubler l’idylle consensuelle de la politique, se trouve-t-elle instruite et équipée par les gestes et les instruments propres aux mouvements de lutte ?
    Ce numéro est élaboré dans le contexte de la mobilisation contre des réformes qui mettent en danger la vitalité de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par cette matérialisation, en revue, d’un désaccord têtu, Techniques&Culture propose un répertoire non exhaustif des actions qui sèment et cultivent le trouble.

    https://journals.openedition.org/tc/14102

    Sommaire :

    Annabel Vallard, Sandrine Ruhlmann et Gil Bartholeyns
    Faire lutte

    Matthieu Duperrex et Mikaëla Le Meur
    Matières à friction et techniques de lutte [Texte intégral]
    –—
    Voies du #soulèvement

    François Jarrige
    #Sabotage, un essai d’archéologie au xixe siècle

    Maxime Boidy
    Qu’est-ce qu’un #bloc en politique ?

    Violaine Chevrier
    Occuper et marquer l’#espace. Des « #cortèges_de_tête » aux #Gilets_jaunes à #Marseille

    –—
    Fragments de lutte

    Başak Ertür
    La #barricade

    Lucille Gallardo
    Simuler et politiser la mort : le #die-in

    Claire Richard
    Les #Young_Lords et l’offensive des #poubelles

    Thomas Billet, Leny Dourado et Agnès Jeanjean
    La #colère des #blouses_blanches

    Sandra Revolon
    #Game_of_Thrones

    Magdalena Inés Pérez Balbi
    « Que le pays soit leur prison ». Les #escraches contre les génocidaires en #Argentine

    Yann Philippe Tastevin
    Le pneu au piquet

    –—

    #Arts de la subversion

    Catherine Flood
    #Disobedient_Objects. Exposition indisciplinée

    Umberto Cao
    « Résistances électriques » Le mouvement “Luz y Fuerza del Pueblo” au #Chiapas (Mexique)

    Lucie Dupré
    Faire lutte de tout arbre

    Thomas Golsenne
    Politiques de la #craftification

    –—

    Fragments de lutte

    Zoé Carle
    Affiche-action ! La longue histoire des luttes contre le #logement_indigne à Marseille

    Élisabeth Lebovici
    « Je suis… Et vous… »

    Jean-Paul Fourmentraux
    La #sous-veillance, Paolo Cirio

    Nicolas Nova et Félicien Goguey
    Le #black_fax et ses dérivés

    Pierre-Olivier Dittmar
    Du mur de post-it à l’ex-voto. Les signes publics des #émotions_politiques

    Mikaëla Le Meur
    À cause de #Macron. La #désobéissance en kit

    Georges Favraud
    Du #conflit public à la force des intériorités. Stratégies taoïstes de la lutte

    –—

    Refuges et pratiques réparatrices

    Perrine Poupin
    Prendre soin des manifestants. Les #street-medics dans le mouvement des Gilets jaunes

    Joanne Clavel et Camille Noûs
    #Planetary_Dance d’#Anna_Halprin. Étoile d’une constellation kinesthésique et écologique

    Madeleine Sallustio
    #Moissons conviviales. Chercher l’#autonomie en #collectif_néo-paysan

    Raphaële Bertho et Jürgen Nefzger
    Jürgen Nefzger, activiste visuel sur le terrain de la tradition paysagère

    –---
    Fragments de lutte
    Sandrine Ruhlmann
    Composer pour résister ou exister en #Mongolie

    Sébastien Galliot
    Plein le dos. Un réseau militant de chair et de papier

    Soheil Hajmirbaba et Le consortium Où Atterrir ?
    S’orienter dans la description de nos terrains de vie

    Irène Hirt et Caroline Desbiens
    Exister sur la mappemonde. Cartographies autochtones

    Edgar Tasia
    Le #Gamarada. Dispositif de #résilience, incubateur de #résistance

    Florent Grouazel
    Les subsistances

    #revue #résistance #lutte #luttes

    ping @karine4 @isskein

    • Techniques & Culture 74. Semer le trouble

      Si la situation n’est pas tenable, et si nous courons à la catastrophe, comment lutter contre la marche des choses ? Quels outils, quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des formes de lutte, enquêtant sur les foyers de résistance, même circonscrits, même temporaires, qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives.

      https://www.youtube.com/watch?v=es7Yxc1KKQI&feature=youtu.be

  • Entretien de Raoul Vaneigem avec le journal Le Soir

    https://lavoiedujaguar.net/Entretien-de-Raoul-Vaneigem-avec-le-journal-Le-Soir

    Mon enfance s’est déroulée à Lessines, une petite ville ouvrière. Les carrières de porphyre définissaient les bas-quartiers, où j’habitais, par opposition à ceux du haut, tenus principalement par la bourgeoisie. À l’époque, la conscience de classe était pour ainsi dire rythmée par les sirènes qui à des heures précises signalaient le début, la fin du travail, les pauses et les accidents. Mon père, cheminot, regrettait de n’avoir pu, faute de moyens financiers, poursuivre des études. Il rêvait pour moi d’un sort meilleur, non sans me mettre en garde contre ceux qui, en s’élevant dans l’échelle sociale deviennent « traîtres à leur classe ». Je lui suis gré des réserves que j’ai nourries très tôt envers le rôle d’intellectuel — guide, tribun, maître à penser. La répugnance que suscite aujourd’hui l’état de délabrement des prétendues « élites » confirme le bien-fondé de mes réticences. J’ai montré dans La liberté enfin s’éveille au souffle de la vie pourquoi et comment les gouvernants sont devenus de plus en plus stupides. Qui prend un peu de recul avec le harcèlement médiatique du mensonge peut le vérifier sans peine : l’intelligence intellectuelle décline avec le pouvoir, l’intelligence sensible progresse avec l’humain.

    J’ai toujours accordé une place prépondérante au plaisir de savoir, d’explorer, de diffuser les connaissances acquises. Je tiens la curiosité — avec l’amour, la création et la solidarité — pour une des attractions passionnelles les plus indispensables à la construction de l’être humain. (...)

    #Raoul_Vaneigem #entretien #enfance #rencontres #compagnons #Internationale_situationniste #Mai68 #blasphème #christianisme #islam #désobéissance_civile #autodéfense_sanitaire #climat #féminisme #Belgique #jeunesse #La_Boétie

  • Du coeur au ventre
    #Documentaire d’Alice Gauvin. 38 minutes. Diffusé le 28 octobre 2012 dans 13h15 Le Dimanche sur France 2.

    Il y a 40 ans, une jeune fille de 17 ans, Marie-Claire était jugée au #Tribunal de Bobigny. Jugée pour avoir avorté.
    Nous sommes en 1972 et l’#avortement est interdit en #France.
    Les #femmes avortent quand même, dans la #clandestinité et des conditions dramatiques, parfois au péril de leur vie.
    Des femmes, des médecins vont s’engager pour briser la #loi_du_silence et obtenir une loi qui autorise l’#interruption_volontaire_de_grossesse.
    C’est l’histoire d’un #combat, d’un débat passionné. Sur la #vie, la #mort, et un acte encore #tabou aujourd’hui.
    « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement » dira Simone Veil à la tribune de l’Assemblée nationale. « Il suffit d’écouter les femmes ».

    https://vimeo.com/77331979


    #IVG #film #film_documentaire #histoire #justice #planning_familial #avortement_clandestin #faiseuses_d'anges #Suisse #décès #343_femmes #résistance #lutte #avortement_libre #343_salopes #Marie-Claire_Chevalier #procès_de_Bobigny #procès_politique #Gisèle_Halimi #injustice #loi #aspiration #méthode_Karman #Grenoble #Villeneuve #Joëlle_Brunerie-Kauffmann #Olivier_Bernard #manifeste_des_médecins #choix #désobéissance_civile #maternité #parentalité #liberté #Simon_Veil #Simon_Iff #clause_de_conscience #commandos #anti-IVG #commandos_anti-IVG #RU_486 #centre_IVG #loi_Bachelot #hôpitaux_publics #tabou

  • Désobéissance, à cause de toi, je vais survivre - Paris-luttes.info
    https://paris-luttes.info/desobeissance-a-cause-de-toi-je-13770

    J’ai le coronavirus parce que, bien qu’il semble que la maladie n’ait pas encore pénétré mon corps, les gens que j’aime l’ont ; parce que le coronavirus traverse des villes que j’ai traversées ces dernières semaines ; parce que le coronavirus a changé – en un claquement de doigts, comme un miracle, une catastrophe, une tragédie désespérée - absolument tout. Où que l’on aille, où que l’on soit il est déjà là, et rien ne peut être pensé ou fait aujourd’hui sans le coronavirus entre les deux. Il semble que non seulement j’ai le coronavirus, mais nous l’avons tou.te.s ; toutes les institutions, tous les pays, tous les quartiers et toutes les activités.

    [...]

    Notre seule vraie alternative est de repenser l’infection.

    Cultivez la contagion, exposez-vous à la contagion et désobéissez pour survivre.

    Ce n’est pas un acte suicidaire, mais un acte de bon sens, de sens commun.

    Et peut-être dans ce sens commun se trouve la signification la plus puissante que nous pouvons développer.

    Que se passe-t-il si nous décidons de préparer nos corps à la contagion ?

    Que se passe-t-il si nous supposons que nous serons tou.te.s infecté.e.s et si nous partons de cette certitude en affrontant nos peurs ?

    Que se passe-t-il si, face à la réponse absurde, autoritaire et idiote de l’État au coronavirus, nous formulions l’autogestion sociale de la maladie, de la faiblesse, de la douleur, de la pensée et de l’espoir ?

    Que se passe-t-il si on se moque des fermetures de frontières ?

    Que se passe-t-il si on s’organise collectivement ?

    #covid #coronavirus #désobéissance #autogestion

    • Le plan qui a fini en plan
      Le Canard Enchaîné 25 mars 2020

      C’est fou comme tout était bien prévu pour faire face à une pandémie.... Sur le papier, du moins ! Après l’épidémie de grippe aviaire en Asie, le ministère de la Santé s’était fendu, à la fin de 2004, d’un « plan de lutte contre une pandémie grippale », actualisé en mai 2005 puis en janvier 2007.

      Le 20 février 2009, nouvelle version - pondue, cette fois, par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Les rédacteurs, qui avaient envisagé le cas d’une infection « due à un virus d’origine animale » (p. 37-39), y prodiguaient ces conseils de « réaction rapide » (p. 31).

      Ainsi, « dès lors que le démarrage d’une pandémie paraît imminent, des mesures drastiques s’imposent pour freiner sa dynamique ou protéger la population, indépendamment de la présence ou non de cas confirmés sur le territoire national ». Comment savoir qu’un risque est imminent ? Le document détaille les « signes d’alerte ».

      Par exemple : « brusque signalement par des sources concordantes, quelque part dans le monde, d’une extension de grande ampleur de la maladie, avec un grand nombre de cas de syndrome grippal (supérieur à la centaine), avec suspicion d’extension rapide (forte contagiosité), avec une mortalité anormalement élevée et/ou une gravité clinique nécessitant une hospitalisation sensiblement plus fréquente que pour la grippe saisonnière ». Une description qui correspond parfaitement à l’apparition et à la propagation du coronavirus.

      Le document indique aussi les mesures à adopter illico : « contrôle aux frontières » et « interruption des arrivées et départs internationaux de passagers, notamment aériens, vecteurs d’importation de l’épidémie ». Pas vraiment ce qui a été appliqué en janvier...

      Après l’épisode de la grippe H1N1, ce plan a de nouveau été actualisé en novembre 2011, et plus personne n’a songé à le dépoussiérer depuis. Par les « actions permanentes » recommandées dans ce dernier document : « préparation de stocks de masques (Santé, tous ministères, entreprises) ».

      Tout est dit...

      source : https://blogs.mediapart.fr/avellino/blog/290320/coup-de-gueule-dun-soignant

    • « Il ne faut pas se leurrer, la priorité n’était pas 100 % sanitaire (…), il fallait rassurer les milieux économiques et financiers » — « Terrible confidence d’un haut responsable du pouvoir sur la gestion du coronavirus », commente assez justement Le Parisien le 18 mars.

    • Bon. Du Lordon conventionnel où il est fait un état des lieux au vitriol de la #cagade annoncée à « corps et à cris » par les forces (non-armées) de la #désobéissance_civile depuis les années 90, à savoir « l’horreur économique » . Mais, c’est le dernier paragraphe de cette nouvelle salve qui me laisse un peu dans l’expectative :

      Entre deux bouffées offertes à son Tigre en peluche, cependant, Gaspard Gantzer a au moins le mérite de nous désigner une perspective : quand tout sera terminé. Expliquons-lui alors doucement que « quand tout sera terminé », tout pourrait bien commencer. Et peut-être même, mais oui Gaspard, tu vois, par un défilé des soignants. Disons plutôt une prise de rue. Les Champs-Élysées ? mais bien sûr Gaspard, tu sais qu’on s’y est beaucoup assemblé ces derniers temps. Alors pourquoi pas : le personnel soignant, après s’être relevé de son épuisement, descendra, une nouvelle fois, dans la rue. Il y sera rejoint par les caissières, les livreurs, les manutentionnaires, les routiers, les éboueurs, les sacrifiés de la production, par tous ceux dont les gouvernants n’ont pas compté la santé, et finalement la vie. Tous y recevront l’hommage de la population. Et peut-être celle-ci les rejoindra-t-elle pour un cortège sans précédent — La Résiliation En Marche. Le préfet Lallement fera bien de ne pas envoyer ses brutes. Ce qui se passera alors ? Sacré mystère. De la politique en tout cas, à coup sûr.

  • Sådan foregår bevogtningen af EU’s yderste grænser : Dansk patruljebåd beordret til at sætte flygtninge tilbage i vandet

    Dansk Frontex-mandskab nægtede at adlyde kontroversiel ordre i livsfarligt farvand.

    Gråmalede skrog hugger i fortøjningerne. Bølgeskvulp slår over betonmolen, der skærmer havnen på den græske ø Kos mod det åbne vand.

    En stiv kuling folder dannebrogsflagene i agterenden af de danske patruljebåde ud. De to fartøjer udgør Danmarks bidrag til EU’s grænse- og kystvagtsagentur, Frontex.

    Siden juni sidste år har de håndteret flere end 1.800 flygtninge og migranter i primitive gummibåde, der krydser det smalle farvand mellem Tyrkiet og Kos. Men det er slut nu.

    Siden Tyrkiet i sidste uge åbnede grænserne mod EU, er de danske patruljebåde blevet trukket tilbage. Nu agerer de i stedet øjne og ører for den græske kystvagt, der tager sig af selve håndteringen af de primitive og overfyldte gummibåde.

    Det fortæller den danske operationsleder under en briefing for forsvarsminister Trine Bramsen (S), der i går besøgte de 17 danskere ved Frontex-missionen på Kos.

    Her gør han det klart, at de lokale græske myndigheder lige nu håndterer flygtninge- og migrantbådene anderledes, end hvad de danske retningslinjer tillader.

    – Vores bidrag kommer ikke til at lave handlinger, manøvrer eller andet, der er til fare for liv og helbred, forklarer operationsleder Jens Møller fra Rigspolitiet bagefter.

    Han hentyder til videoklip af græske patruljebåde, der sejler tæt på de overfyldte migrantbåde, for at få dem til at vende om. Eller migrantbåde, der bliver slæbt eller puffet tilbage på den tyrkiske side af søgrænsen.

    Travlhed siden krise brød ud

    Betjente fra Rigspolitiet bemander sammen med besætninger fra Forsvaret de to patruljebåde. Siden sidste uge har de skruet kraftigt op for operationerne.

    – Før var opgaven at hjælpe med at samle op og bringe ind til land. Nu er forholdsordren, at vi skal fungere som øjne og så vidt muligt spotte eventuelle migrantbåde på afstand, forklarer han.

    – Ser vi nogle migrantbåde, skal vi melde til ‘Hellenic Coast Guard’ (Den græske kystvagt, red.) som kommer og håndterer dem.

    Både operationsleder Jens Møller samt orlogskaptajn Jan Niegsch, der leder den militære besætning, bekræfter, at den græske kystvagt har ordre til at forsøge at forhindre migrantbådene i at passere søgrænsen mellem Tyrkiet og Grækenland.

    – Det gør de på den måde, som de vurderer at være den rette, siger Jens Møller diplomatisk.

    Siden fredag har den tyrkiske kystvagt, der plejede at stoppe otte ud af ti migrantbåde, ikke vist sig, siger han.
    Har dokumenteret risikabel adfærd

    De danske søfolk og betjente fortæller, at de på afstand har set episoder, hvor græske patruljebåde sejler tæt på de overfyldte gummibåde, for at få dem til at vende om.

    Men det er risikabelt at stoppe en gummibåd med magt, siger orlogskaptajn Jan Niegsch.

    – Hvis den vil frem, så sejler den videre, og hvis man prøver at forhindre den, så kan man ende med en situation, hvor det bliver en søredning i stedet. De både er ikke bygget til at sejle på havet.

    Derfor er de danske besætninger nu begyndt at dokumentere, hvad de oplever, når de på afstand observerer Hellenic Coast Guard.

    – Hvis vi bevidner noget, som vi mener er i strid med reglerne, så dokumenterer vi det og melder det bagud i vores system. I første omgang bagud til Frontex, siger Jens Møller.
    Danskere fik kontroversiel ordre

    Flere af besætningsmedlemmerne fortæller, at det handler om reglerne for godt sømandsskab og forpligtelsen til at hjælpe folk i havsnød.

    Netop derfor har det hidtil været proceduren, at de danske både flytter flygtninge og migranter fra gummibådene og i sikkerhed på fordækket af søværnets patruljebåde.

    Ganske enkelt af rettidig omhu. Strøm- og vindforhold gør farvandet lumsk. Et enkelt hul i de simple gummibåde kan betyde, at de synker, og panik bryder ud med hjerteskærende scener til følge.

    Bagefter har de som oftest sejlet passagererne, der kan være ældre mennesker, kvinder samt børn helt ned til toårs-alderen, ind til havnen på Kos. De fleste er dog yngre mænd, fortæller de.

    Krisen ved EU’s yderste grænser fik forleden en dansk patruljebåd til at nægte at parere en ordre fra ’Operation Poseidons’ kommandocentral.

    Besætningen havde netop bjærget 33 flygtninge og migranter ombord på fordækket, da ordren kom på radioen.

    ’Sæt dem tilbage i vandet og slæb dem over søgrænsen’.
    Nægtede at adlyde hovedkvarter

    Besætningen vurderede, at det ville være forbundet med livsfare at udføre ordren. I første omgang, når de formentlig skulle trække pistolerne eller bruge fysisk magt for at få de lettede flygtninge til at klatre tilbage i den primitive gummibåd. En gummibåd, der ifølge et besætningsmedlem ikke var i ’sødygtig stand’.

    Operationsleder Jens Møller bekræfter episoden.

    – Fartøjschefen vurderede, at det ikke var forsvarligt. Så blev ordren omstødt, og de blev bragt til Kos havn.

    Inde på land gav operationsleder Jens Møller fartøjschefen ret. Besætningen på patruljebåden skulle ikke adlyde ordren fra den lokale, græske Frontex-leder.

    – Er det forbundet med fare at sætte dem tilbage i gummibåden, så kan vi ikke stå inde for at gøre det. Det var, hvad jeg gav mandskabet besked på, til jeg fik verificeret, at den ordre blev omstødt, beskriver han.

    Minister tilfreds med reaktion

    Siden flygtningekrisen brød ud sidste fredag, har det ikke været muligt at søge asyl i Grækenland. I stedet bliver de 1.702 migranter, der ifølge græske oplysninger har krydset søvejen til øerne siden fredag, tilbageholdt. Formentlig for at blive transporteret tilbage til Tyrkiet.

    Selv om presset på grænserne belaster Frontex-landene, der nu vil skrue op for indsatsen, er forsvarsminister Trine Bramsen tilfreds med, at besætningen ikke adlød ordren.

    – De løste opgaven ud fra det mandat, de har fået med, konstaterer hun.

    Onsdag tilbød hun desuden at støtte Frontex med et Challenger-overvågningsfly i 30 dage samt telte, tæpper og generatorer fra Beredskabsstyrelsen.

    https://www.dr.dk/nyheder/indland/saadan-foregaar-bevogtningen-af-eus-yderste-graenser-dansk-patruljebaad-beordret-

    –-> commentaire sur twitter

    According to Danish Broadcasting Danish Frontex staff refused orders from ’Operation Poseidon’s centre of command to put 33 rescued people back in their rubber boat and drag them outside Greek territorial waters.

    https://twitter.com/rspaegean/status/1235885384363659264

    #Frontex #résistance #gardes-frontière #migrations #asile #réfugiés #témoignage #désobéissance #ordres #refus_d'obéir

    –------------

    Ajouté à cette métaliste de #témoignages de #forces_de_l'ordre, #CRS, #gardes-frontière, qui témoignent de leur métier. Pour dénoncer ce qu’ils/elles font et leurs collègues font, ou pas.
    https://seenthis.net/messages/723573

    ping @isskein @karine4

  • La lutte pour l’abolition du « délit de solidarité » continue

    Le #Conseil_national a rejeté aujourd’hui l’initiative parlementaire "En finir avec le délit de solidarité" de #Lisa_Mazzone.

    En rejetant l’initiative « En finir avec le délit de solidarité » (https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20180461), le Conseil national a raté l’opportunité de faire honneur à la tradition humanitaire de la Suisse. Mais la lutte ne s’arrêtera pas là ! Solidarité sans frontières continuera de soutenir les personnes condamnées dans les cas de recours, de faire connaître leurs histoires et de s’engager pour faire changer cette loi qui est non seulement inhumaine, mais est aussi une aberration juridique. Solidarité sans frontières tient aussi à rappeler que les juges ont une grande marge de manœuvre et peuvent décider d’abandonner les charges ou d’acquitter les peines. Plusieurs jugements étant actuellement en cours (#Anni_Lanz, #Lisa_Bosia und #Norbert_Valley notamment), nous encourageons les juges à abandonner les charges contre ces personnes qui ont agi de manière désintéressée.

    https://www.sosf.ch/fr/sujets/divers/informations-articles/rejet-initiative-parlementaire-mazzone.html

    #délit_de_solidarité #asile #migrations #réfugiés #frontières #Suisse #vote

  • Pour la Commune

    Raoul Vaneigem

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-la-Commune

    Une insurrection populaire gagne le monde. Elle se propage à un nombre croissant de pays. En dépit des différences de conditions, de motivations, de cultures, de mentalités, tous présentent un point commun : le peuple ne veut plus d’un gouvernement qui prétend lui imposer sa présence et son autorité. C’est la lutte de ceux du bas contre ceux du haut.

    Nous sommes dans l’équilibre instable du statu quo. Le pouvoir oppressif campe sur ses positions, il refuse de céder d’un pouce. Il craint un basculement de la situation. Ce basculement est à la portée du soulèvement populaire qui nargue l’État et, avec la fermeté d’une juste colère, affirme sa détermination de poursuivre sans relâche son combat.

    Au premier abord, le statu quo joue en faveur de l’État et de ses commanditaires. L’intransigeance des gouvernants vise à vulgariser dans l’opinion l’image d’une forteresse inamovible que rien ne réussira à ébranler. Leur propagande agite le spectre du désespoir qui hante toujours la mémoire des révoltes perdues. Ils misent sur la fatigue, ils comptent sur l’amer « à quoi bon » pour renvoyer les insurgés à la niche. Nos ennemis se trompent deux fois ! (...)

    #Vaneigem #Commune #État #existence #conditions #audace #référendum #mesure #vie #générosité #femme #territoire #unité #désobéissance

  • Décolonisations (1/3) - L’apprentissage | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/086124-001-A/decolonisations-1-3

    1. L’apprentissage
    De la #révolte des #cipayes de 1857 à l’étonnante République du #Rif, mise sur pied de 1921 à 1926 par #Abdelkrim_el-Khattabi avant d’être écrasée par la #France, ce premier épisode montre que la #résistance, autrement dit la #décolonisation, a débuté avec la #conquête. Il rappelle comment, en 1885, les puissances européennes se partagent l’#Afrique à #Berlin, comment les Allemands commettent le premier #génocide du XXe siècle en #Namibie, rivalisant avec les horreurs accomplies sous la houlette du roi belge #Léopold_II au #Congo. Il retrace aussi les parcours de l’anthropologue haïtien #Anténor_Firmin, de la Kényane #Mary_Nyanjiru, de la missionnaire anglaise #Alice_Seeley_Harris ou de #Lamine_Senghor, jeune tirailleur sénégalais devenu #militant #communiste et #anticolonialiste.

  • #Climat, etc… 24 Oct 2019 - Michèle Janss - Investigaction
    https://www.investigaction.net/fr/climat-etc

    La pollution et l’exploitation abusive des matières premières sont le résultat de l’activité des grandes entreprises. Celles qui exploitent le gaz, le pétrole et le charbon, bien sûr, mais aussi celles qui mettent l’eau en bouteille, fabriquent des armes, des voitures et des avions, celles qui produisent de l’informatique, des vêtements, de la nourriture industrielle, celles qui profitent de moyens de transport extrêmement bon marché afin de délocaliser leur production…

    

 Les causes

    En gros, c’est surtout notre manière de produire des richesses qui est à l’origine de la prédation de la planète. Une production sans réflexion sur son impact, sans planification, une course en avant vers plus de profit et plus d’emplois comme seul moyen de fonctionner. Notre façon de produire a même inventé le droit de polluer ou de sur-consommer contre paiement. Si on en a les moyens, on peut détruire. Et pourvu qu’il reste suffisamment de pauvres, sinon on étoufferait.
     
    Tant que cela ne sera pas étudié et dénoncé, on restera dans les petites mesures au coup par coup qui ne mèneront pas à grand chose, du genre COP-je-ne sais-quel-numéro. Au mieux, on sauvera des miettes de nature. En espérant que le génie des scientifiques fasse le reste. Mais les scientifiques et les politiques ne pourront rien empêcher si on continue dans un système de compétition effrénée qui creuse les inégalités, qui empêche systématiquement toute redistribution des richesses et qui ne peut pas grand chose contre les activités nuisibles.
     
    Le spectacle
    Dans un tel contexte, les grandes entreprises qui voient monter le mécontentement de la rue, ces mêmes grandes fortunes qui possèdent aussi les médias, doivent certainement être en train de réfléchir. Des équipes spécialisées pour cela sont à l’oeuvre, des think tank. Ces boites à penser, adossées à la presse dominante, sont redoutables. Elles sont capables de vendre une guerre à ceux qui savent qu’ils risquent d’y laisser leur peau.
     
    Elles sont en train de réfléchir et de faire feu de tout bois. C’est ainsi qu’on débat actuellement de Greta Thunberg plutôt que de l’état de la planète. Je ne sais pas si cette jeune fille est manipulée, mal informée, intelligente, sincère, si sa jeunesse est un handicap ou au contraire un atout… peu importe. Surtout, elle tombe à pic. Aussi bien pour les spécialistes du « greenwashing » que pour les climatosceptiques d’extrême droite. Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. Et les médias dominants ont trouvé Greta. De quoi organiser le spectacle à moindre frais et occuper les esprits inquiets. Greta, c’est le doigt et tout le monde regarde le doigt.
     
    Organiser la résistance
    A présent, des activistes, prônant la désobéissance civile mais garantissant zéro violence et zéro dégradation, prennent le relai. Heureusement parce que tôt ou tard, on oubliera Greta. Extinction Rébellion assurera la suite. Les activistes se contentent pour le moment de bloquer la circulation, d’occuper un centre commercial… Leur sincérité ne fait aucun doute et leurs actions ont le mérite de mobiliser les consciences. Mais Extinction-Rébellion ne prend pas de position radicale contre l’organisation de notre production. Il faut changer le système, oui, mais l’analyse est plus que confuse. Invité par Amnesty International, Roger Hallam, co-fondateur d’Extinction-Rébellion prononce un curieux discours[1] où il évoque sa mère (qui était pasteure méthodiste) et prédit la famine et la mort pour la génération prochaine [2]. Pour les formateurs du mouvement, il s’agit aussi de contourner les forces d’extrême gauche pour atteindre et mobiliser les citoyens apolitiques[3]. Si on entend bien une dénonciation du « système », tout cela reste très vague. Le catastrophisme est partout, la fin du monde est proche mais l’analyse des causes reste légère. La non-violence est mise au service du mouvement Extinction-Rébellion qui doit durer pour prodiguer la bonne parole. On se trouve face à un discours presque religieux et millénariste, accompagné d’une liste d’exemples de problèmes environnementaux. Mais sans action politique visant directement les industries à l’origine de ces dégradations. Extinction Rébellion en appelle aux gouvernements, aux scientifiques, à l’arrêt de la destruction, à la réduction immédiate de la consommation, à former des assemblées citoyennes…
     
    Les entendra-t-on appeler au boycott des 100 entreprises les plus polluantes de la planète ? A la redistribution des 100 plus grandes fortunes ? A la disparition de l’actionnariat et de la course au profit qu’il génère ? Lorsqu’on sait que les 26 plus grandes fortunes[4] possèdent autant que la moitié des plus pauvres de la planète, il pourrait être tentant de ne s’en prendre qu’à… 26 fortunés !
     
    Diabolisation
    Il est intéressant de noter que les médias s’empressent de diaboliser toutes les tentatives de boycotts. La sortie du capitalisme n’est pas encore à l’ordre du jour, même si de plus en plus d’experts[5] se prononcent pour cette solution qui semble incontournable. Le communisme est également visé par la diabolisation. On ne sait jamais, si certains proposaient aux peuples de reprendre en main les usines, de mettre fin à l’actionnariat et de nationaliser la production d’énergie…
     
    Les grandes entreprises et surtout leurs actionnaires ont tout intérêt à ce qu’on reste dans l’appel aux politiques plutôt que dans l’analyse des causes. Et surtout dans la non-violence. Les gilets jaunes ont dû réellement faire très peur aux puissants et la casse coûte cher. Y compris quand il est question de la répression et de l’image qu’elle renvoie de nos gouvernements. Alors maintenant qu’il s’agit du climat, il faudra canaliser les rebellions. Tout changer pour que rien ne change, polluer moins pour pouvoir polluer plus longtemps.
     
    Reprendre le contrôle
    C’est d’une autre organisation des moyens de production dont nous avons besoin. Où, démocratiquement, nous pourrions contrôler directement ce qui se fait et comment organiser la vie sur notre planète pour le bien de tous. Il faudra arrêter la course au profit et redistribuer les richesses, mais aussi mieux partager les savoirs et les expertises, éduquer aux changements, bousculer les habitudes…
     
    Comment pourrons-nous arriver à un tel résultat ?

    C’est à cela que nous devrons travailler.
     

     
    Notes :
    [1] https://www.youtube.com/watch?v=llNFIuIMPhw


    [2] https://www.youtube.com/watch?v=BrcBYWC4B9M
     
    [3] http://www.entelekheia.fr/2019/10/11/extinction-rebellion-dispense-une-formation-concue-pour-contourner-les-o
    [4] Rapport Oxfam
    [5] Naomi Klein, Thomas Piketti (pour un socialisme participatif), Hervé Kempf, Olivier Bonfond, Géraldine Thiry…

    #extinction_rebellion #Greta_Thunberg #résistance #climat #xr #catastrophe #gilets_jaunes #changement_climatique #politique #écologie #désobéissance #COP #greenwashing #climatosceptiques #boycott
    #gaz #pétrole #charbon #eau en bouteille #armes #voitures #avions #informatique #vêtements #nourriture industrielle #transports

  • VIDEO. Le mouvement #Extinction_Rebellion lance des actions de blocage dans le monde entier
    https://www.20minutes.fr/planete/2622607-20191007-climat-mouvement-extinction-rebellion-lance-actions-bloca

    « Le moment est venu de mettre en pratique des mesures de pression beaucoup plus fortes. Seule une révolution mondiale, massive, accompagnée de #désobéissance civile non violente peut générer les changements nécessaires à notre survie », a lancé une porte-parole du mouvement à Madrid, Mabel Moreno. Quelque 75 personnes ont été interpellées à Vienne pour avoir bloqué une des principales artères du centre ville.

  • Giraldillas desobedientes
    Retour sur le sabotage institutionnel d’initiatives de désobéissance civile au #Pays_Basque sud, par Jonathan Martinez, chercheur en communication
    https://www.naiz.eus/es/iritzia/articulos/giraldillas-desobedientes

    Le 20 août 1999, deux activistes du mouvement Solidarité avec les PreSOS ont assisté à l’inauguration des Championnats du monde d’athlétisme à Séville, se sont déguisés en giraldillas - la mascotte officielle de l’événement - ont tourné en dérision le dispositif de sécurité de quatre mille policiers et cent caméras de surveillance, et ont marché pendant vingt minutes à travers le stade de La Cartuja avec des drapeaux contre la dispersion des #prisonniers_politiques basques. Une troisième personne a infiltré l’événement avec une caméra, une autre a distribué des tracts dans l’espace réservé à la presse et six autres activistes sont descendus en rappel dans les gradins et ont déployé une banderole en faveur du rapprochement des prisonniers. La police a arrêté un total de dix jeunes d’Errenteria.

    Le prince des Asturies l’a vu. Les soixante mille spectateurs qui ont assisté au gala l’ont vu. Nous étions chez nous devant la télévision entre stupeur et rigolade. Soixante chaînes du monde entier ont retransmis l’événement à un public potentiel de 3,5 milliards de personnes. Dans l’apothéose du trollage, l’une des mascotes de solidarité est venue serrer la main du présentateur, le journaliste Carlos Herrera, qui en a profité pour poser avec devant le public et l’appeler "notre giraldilla". Les deux militants camouflés ont applaudi l’hymne de l’Andalousie et sont restés immobiles sur scène pendant que le groupe sévillan Always Thus interprétait la chanson officielle des championnats. Plus tard, les délégations des pays participants ont défilé jusqu’à ce que les organisateurs détectent la blague et fassent sortir les mascotes.

    Après la manifestation, alors que la presse faisait déjà écho à l’événement, nous avons pu connaître la déclaration qui détaillait les intentions des solidaires. L’objectif n’était pas de boycotter le gala mais d’afficher une performance pacifique attirant l’attention sur la violation des droits de l’homme dans les prisons espagnoles. Igor Ahedo recueille cet épisode dans son livre "Le mouvement démo et la nouvelle cuisine basque (désobéissante)". « Nous avons traité la cérémonie avec respect. Nous aurions pu la couper complètement, mais nous nous sommes bien comportés et ne nous sommes placés que dans deux coins. Ils ont expliqué qu’#Euskal_Herria "compte 508 prisonniers politiques et plus de 2 000 réfugiés et exilés, et que l’État espagnol ne respecte pas ses propres lois pénitentiaires". Dans la tradition du mouvement de pro-amnistie, ils ont exigé la libération des prisonniers malades ainsi que de ceux qui avaient purgé les trois quarts de leur peine.

    Après une longue histoire de non-violence en Euskal Herria, les actions désobéissantes ont connu un rebond il y a vingt ans. Le contexte était bien sûr propice. Le 12 septembre 1998, les syndicats et la majorité politique basques avaient signé l’accord de #Lizarra-Garazi en quête de paix et de souveraineté. Une semaine plus tard, l’ETA a répondu par une trêve. Le modèle de négociation irlandais et le rôle de Tony Blair dans l’accord du vendredi saint ont trouvé leur réponse dans l’exécutif d’Aznar, qui a autorisé le 3 novembre « des contacts avec l’environnement du mouvement de libération basque ». Pendant la durée du gouvernement du parti populaire, il y a eu 311 libérations. Entre 1996 et 1999, le PP a approché 190 prisonniers, accordé 42 libérations conditionnelles et conçu un plan de retour pour 304 exilés poursuivis par la justice.

    Le cessez-le-feu et l’accumulation de forces souveraines ont créé un terreau propice à la #désobéissance_civile et ont placé les abus dans les prisons au centre de l’agenda politique basque. Trois mois après que l’ETA a déclaré le cessez-le-feu, Solidarité avec les PreSOS a planifié une action spectaculaire dans la prison d’Algésiras. À la veille du réveillon de Noël, un olentzero [personnage de la mythlogie basque associé au solstice d’hiver, devenu partiellement un équivalent du Père Noël, NdT] perché sur une fenêtre de la prison s’est enchaîné et a commencé à frapper les murs avec une pointe, tandis que deux autres militants déguisés en fermiers traditionnels déployaient une banderole en faveur du rapprochement des prisonniers. En novembre 1999, plusieurs détenus ont entamé une grève de la faim. Daniel Derguy a atteint 63 jours de jeûne au cours desquels il a perdu une trentaine de kilos.

    Mais la dynamique de la résistance pacifique s’est heurtée à la doctrine du "Tout est ETA" du juge Garzón. Dans un jeu retors d’illusionisme, les médias ont affirmé que la désobéissance civile était une forme de #terrorisme. À la fermeture du journal "Egin" en juillet 1998, s’est ajouté le raid contre la fondation Joxemi Zumalabe en octobre 2000. Le ministère de l’intérieur a porté des accusations aussi tordues que "l’ouverture de voies pour le non-usage de documents d’identité espagnols et français, arbitrant des documents exclusifs à Euskal Herria". Dans un galimatias d’instructions et d’accusations, plus de 250 personnes sont passées devant les tribunaux pour rendre compte de leurs activités dans le monde associatif. Sabino Ormazabal et ses compagnons désobéissants ont été acquittés en 2009, neuf ans après le raid. En janvier 2018, sortait de prison Joxean Etxeberria, dernier détenu de l’instruction 18/98.

    Les giraldillas désobéissantes ont vingt ans et la tentation de la comparaison nous assaille. Aujourd’hui, il n’ya pas de trêve, mais un #désarmement consolidé. Il y a eu beaucoup de négociations, mais le seul #processus_de_paix qui ait abouti est devenu celui dans lequel l’État n’était pas le protagoniste. Aujourd’hui, il n’y a pas d’accumulation de #souveraineté, mais une distribution de parts de gâteau entre le PNV, le PSOE et le PP. Aujourd’hui, on n’entend plus dire que "le Statut de Gernika est mort" et nous continuons à grapiller les compétences d’une loi organique violée depuis quarante ans [loi définissant l’autonomie de la Communauté Autonome Basque, toujours non intégralement respectée aujourd’hui, NdT]. Aujourd’hui, nous nous engageons dans des querelles préfabriquées concernant les ongi etorri [cérémonies de bienvenue aux prisonniers politiques retournant chez eux après leur sortie de prison, NdT], tandis que l’Audiencia Nacional explique que ce ne sont rien de plus que "des expressions de satisfaction, de solidarité et du désir d’une politique carcérale favorable". Nous avons aujourd’hui un représentant du gouvernement espagnol, comme Jesús Loza, qui se permet le luxe de brandir la menace d’une "recrudescence du terrorisme". Nous devrons attendre encore vingt ans pour voir un peu de lumière. Mais vingt ans ce n’est rien, chantait Gardel.

    [EDIT du 02/09, deux petites erreurs de traduction]

  • Le « Journal » d’Henry David Thoreau : les notes de terrain d’un écologiste avant l’heure
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/050819/au-detour-des-livres-le-journal-d-henry-david-thoreau-les-notes-de-terrain

    Thoreau, théoricien de la désobéissance civile et anti-esclavagiste radical mort en 1862, apparaît dans son journal, récemment réédité, en poète, en naturaliste, mais aussi en prophète discrètement politique. Derrière la relation sensuelle et poétique de Thoreau avec la nature, se joue son intuition du lien inextricable entre asservissement du monde naturel et oppression des minorités.

    #Au_détour_des_livres #Désobéissance_civile,_Littérature,_Ecologie,_Nature

  • L’État veut des peines plus lourdes pour les “décrocheurs” de portrait présidentiel - Action non-violente COP21
    https://anv-cop21.org/letat-veut-peines-plus-lourdes-decrocheurs-de-portrait-presidentiel

    Bourg-en-Bresse, le 21 juin 2019 – Le parquet fait appel de la décision du tribunal de grande instance de Bourg-en-Bresse qui avait condamné les six citoyens membres du collectif Action non-violente COP21 de Villefranche-sur-Saône à une amende de 500 euros avec sursis pour cinq d’entre eux, et 250 euros pour le sixième. Le chef d’inculpation : vol en réunion avec ruse.
    Le mouvement ANV-COP21 dénonce un acharnement de l’État et un déploiement de moyens disproportionnés contre des citoyens qui ont voulu dénoncer l’inaction du gouvernement en matière climatique et sociale.

    #décrocheur·euses

  • Pour l’amour de la victoire
    Lettre ouverte à Extinction Rebellion

    https://lavoiedujaguar.net/Pour-l-amour-de-la-victoire-Lettre-ouverte-a-Extinction-Rebellion

    Préface de Zadibao
    20 juin 2019

    Le 3 mai dernier, un habitant de la ZAD a écrit cette lettre ouverte à Extinction Rebellion au Royaume-Uni, un nouveau mouvement de désobéissance civile non violente, en lutte contre l’effondrement écologique et la crise climatique, qui venait de bloquer les flux de la métropole londonienne pendant presque une semaine, quelque chose de complètement inédit. Ces derniers mois, le mouvement a connu une croissance exponentielle et commence à apparaître un peu partout dans le monde, y compris en France.

    La lettre est un appel à territorialiser la lutte pour la justice climatique, résister à la construction de la troisième piste de l’aéroport de Heathrow (Londres), et un avertissement qu’une victoire politique est toujours compliquée.

    La missive est devenue virale, et trois semaines plus tard, le 30 mai, Extinction Rebellion annonçait que, le 18 juin prochain, ils et elles bloqueraient l’aéroport de Heathrow avec des corps désobéissants et des drones (...)

    #ZAD #Notre-Dame-des-Landes #Extinction_Rebellion #Heathrow #Grande-Bretagne #aéroport #désobéissance #climat