• Outrage over reports EU-funding linked to forced labour in Eritrea

    Human Rights Watch (HRW) has criticised the European Union over its funding of an infrastructure project in the brutal dictatorship of Eritrea.

    The scheme, which received €20 million from Brussels, was partially built by forced labour, according to the New York Times (https://www.nytimes.com/2020/01/08/world/europe/conscription-eritrea-eu.html).

    The newspaper also claimed the EU had no way of monitoring the project.

    “For the EU to rely on the government to do its monitoring, I think it is incredibly problematic, especially when obviously some of the issues the EU will be discussing with the government are around labour force,” said Laetitia Bader from HRW.

    “And as we know the government has quite bluntly said that it will continue to rely on national service conscripts.”

    The funding of the road project in Eritrea is part of the EU Trust Fund for Africa, created to address the #root_causes of migration.

    Yet Eritrea has an elaborate system of indefinite forced “national service” that makes people try to flee, especially youngsters.

    For the EU, democratic reforms are no longer a condition for financial aid.

    “The EU has made support for democracy a more prominent objective in its relations with African countries since the early 2000s, I would say,” said Christine Hackenesch from the German Development Institute.

    “And the EU has put more emphasis on developing its instruments to support democratic reforms. But the context now for democracy support in Africa and globally is a very different one because there is more of a competition of political models with China and other actors.”

    The EU Commission said that it was aware that conscripts were used for the road project - but that Brussels funded only material and equipment, not labour.

    https://www.euronews.com/2020/01/10/outrage-over-reports-eu-funding-linked-to-forced-labour-in-eritrea
    #asile #migrations #réfugiés #Trust_Fund #Erythrée #EU #UE #Trust_Fund_for_Africa #dictatures #travail_forcé #aide_au_développement #développement

    Ajouté à la métaliste externalisation :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765340

    Et à la métaliste migrations/développement :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768702

    ping @isskein @karine4

    @simplicissimus : j’ai fait un petit tour sur internet à la recherche du communiqué/rapport de HRW concernant cette histoire, mais j’ai pas trouvé... pas le temps de chercher plus... si jamais tu as un peu de temps pour voir ça serait très bienvenu... merci !

  • Le développement durable mobilise des acteurs et des groupes bien au-delà des gouvernants. Comment penser ensemble la transition écologique au-delà des discours officiels et convenus.

    https://sms.hypotheses.org/22455

    #écologie #politique #environnement #développementdurable #transition

    L’année 2019 a été clairement marquée par le mouvement international de la jeunesse Fridays for the Future (Vendredis pour le futur), lancé par la Suédoise Greta Thunberg, en faveur d’une grève scolaire mondiale pour le climat. On a ainsi compté quelque 5000 événements dans 150 pays le vendredi 20 septembre 2019. C’est dire que le mot d’ordre du développement durable est aujourd’hui omniprésent et mobilise des acteurs et des groupes bien au-delà des gouvernants.

    Il se concrétise toutefois en fonction de ce que l’on priorise et en fonction de ce que l’on met en place. Autrement dit, il s’opérationnalise via des contenus (énergie, transports, consommation, déchets, espaces verts, etc.) et des procédures (comment on le fait, autour du registre de la démocratie et de la participation). Mais comment penser ensemble la durabilité et sa gouvernance ? S’y arrêter permet de mieux saisir les enjeux actuels de « transition », aussi bien énergétique qu’« écologique et solidaire », pour reprendre l’intitulé du ministère en charge en France (...)

  • Decolonizing Development Education and the Pursuit of Social Justice

    Decolonization has become a popular discourse in academia recently and there are many debates on what it could mean within various disciplines as well as more broadly across academia itself. The field of international development has seen sustained gestures towards decolonization for several years in theory and practice, but hegemonic notions of development continue to dominate. Development is a contested set of ideas and practices that are under critique in and outside of academia, yet the reproduction of colonial power structures and Eurocentric logics continues whereby the realities of the global majority are determined by few powerful institutions and a global elite. To decolonize development’s material and discursive powers, scholars have argued for decolonizing development education towards one that is ideologically and epistemologically different from dominant narratives of development. I add to these conversations and posit that decolonized ideologies and epistemologies have to be accompanied by decolonized pedagogies and considerations of decolonization of institutions of higher education. I discuss the institutional and critical pedagogical dilemmas and challenges that exist, since epistemological, methodological, and pedagogical decolonizations are influenced by institutional politics of higher education that are simultaneously local and global. The paper engages with the concept of critical hope in the pursuit of social justice to explore possibilities of decolonizing development praxis and offers suggestions on possible pathways forward.

    https://hugeog.com/decolonizing-development-education-and-the-pursuit-of-social-justice

    #développement #décolonial #décolonisation #justice_sociale #eurocentrisme #pédagogie_décoloniale #ressources_pédagogiques #éducation

    ping @cede @karine4

  • [La bande à Piksou] Enregistrement - #industrie au sud ?
    http://www.radiopanik.org/emissions/la-bande-a-picsou/industrie-au-sud-pas-sur-

    « Le #développement de l’activité industrielle est-il un passage obligé pour sortir les sociétés de la pauvreté ? »

    Ca, c’est une question récurrente, pour plein de monde : des écologistes aux libéraux en passant par... les industriels aux-mêmes, les financiers, les syndicats, les décroissants, les politiques, les ... Tout le monde, en fait !

    Et cette question revient sur le devant de la scène. Souvenez-vous des années 90 & 2000 où des dirigeants évoquaient un futur avec « des entreprises sans usines ! ». Ben, on dirait que ça marche pas !

    Justement, une des manières d’essayer de répondre à cette question, c’est d’envisager ce que devient une société où les usines disparaissent ! C’est ce qui arrive actuellement dans beaucoup de pays du « sur ».

    Et c’est ce qui est évoqué et analysé dans l’ouvrage "Quêtes (...)

    #CETRI #ça_déménage #Boeing #industrie,CETRI,ça_déménage,développement,Boeing
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/la-bande-a-picsou/industrie-au-sud-pas-sur-_07891__0.mp3

    • Quêtes d’#industrialisation au Sud

      Transformer ses matières premières plutôt que les exporter à des prix vils ou instables. Longtemps considérée comme la « voie royale du développement », l’industrialisation est aujourd’hui un enjeu marginal au sein des discours internationaux sur le développement.
      Révolution néolibérale, lutte contre la pauvreté et urgence écologique sont passées par là. Autrefois clé du « nouvel ordre économique international » défendu par les forces se réclamant du « tiers-monde », elle a pris le rôle de « mère de tous les maux » – pollutions, exploitation des travailleurs et des travailleuses, expropriations… – dans le plaidoyer d’une certaine société civile post-industrielle.
      Il existe, dans ce domaine comme dans tant d’autres, un déphasage Nord-Sud indéniable : davantage que ses effets négatifs potentiels, ce sont les ingrédients du #décollage _ndustriel qui sont au centre des préoccupations des élites intellectuelles et politiques dans beaucoup de pays pauvres et émergents.
      En la matière, bonne gouvernance et libéralisation ne font plus recette, l’exemple est-asiatique démontrant le rôle décisif des politiques industrielles et des marges de manœuvre nationales.

      Si l’essor de la Chine fascine, il est aussi à l’origine du mouvement inquiétant de « #désindustrialisation_précoce » qui touche les économies latino-américaines et africaines. L’inversion de cette tendance est possible et ne dépend pas de la seule faculté des États à attirer les investisseurs étrangers en misant sur le moins-disant social, environnemental ou fiscal.


      https://www.syllepse.net/quetes-d-industrialisation-au-sud-_r_24_i_784.html
      #développement #industrie #livre

  • SUSTAINABLE DEVELOPMENT INDEX
    https://www.sustainabledevelopmentindex.org

    The Sustainable Development Index (SDI) measures the ecological efficiency of human development, recognizing that development must be achieved within planetary boundaries. It was created to update the Human Development Index (HDI) for the ecological realities of the Anthropocene.

    The SDI starts with each nation’s human development score (life expectancy, education and income) and divides it by their ecological overshoot: the extent to which consumption-based CO2 emissions and material footprint exceed per-capita shares of planetary boundaries. Countries that achieve relatively high human development while remaining within or near planetary boundaries rise to the top.

    SDI results for 2015, the most recent year of complete data, can be found in the map and table below. While some countries score reasonably well, none reach over 0.9. Results for 1990-2015 can be found on the time series page. Disaggregated data can be viewed on the bubble charts page. To receive updates and new data releases as they become available, please sign up here.

    #indice #index #développement_durable #développement_soutenable #développement #environnement

  • #métaliste de documents (surtout cartes et visualisations) qui traitent des #migrations_intra-africaines et qui peuvent servir à combattre le #préjugés de la #ruée vers l’Europe de migrants d’#Afrique subsaharienne...

    Voir notamment le livre de #Stephen_Smith qui entretien ce #mythe :
    La #ruée vers l’#Europe. La jeune #Afrique en route pour le Vieux Continent


    https://seenthis.net/messages/673774

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    Les documents pour contrer ce mythe...

    Le #développement en #Afrique à l’aune des #bassins_de_migrations


    https://seenthis.net/messages/817277

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    Les migrations au service de la transformation structurelle


    https://seenthis.net/messages/698976

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    Many more to come ? Migration from and within Africa


    https://seenthis.net/messages/698976#message699366

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    #Infographie : tout ce qu’il faut savoir sur les migrants intra-africains


    https://seenthis.net/messages/615305

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    Une population en pleine expansion, fuyant les régions sous tension


    https://seenthis.net/messages/615305#message763880

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    Les #migrations_internes vont-elles recomposer l’Afrique ?


    https://seenthis.net/messages/615305#message800883

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    African migration : is the continent really on the move ?


    https://seenthis.net/messages/605693

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    Africa : International migration, emigration 2015


    https://seenthis.net/messages/526083#message691033

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    Un premier atlas sur les #migrations_rurales en Afrique subsaharienne - CIRAD


    https://seenthis.net/messages/647634

    #cartographie #visualisation #ressources_pédagogiques

    ping @reka @karine4 @fil

  • Le #développement en #Afrique à l’aune des #bassins_de_migrations

    Sur le continent africain, les migrations sont organisées autour de #pôles_d’attraction_régionale qui constituent des bassins de migrations. Une réalité qu’il convient de prendre davantage en compte dans les politiques de développement.

    Quelques chiffres pour commencer. La planète compte 272 millions de migrants internationaux en 2019, soit 3,5 % de la population mondiale. En 2017, 36,3 millions d’Africains vivaient hors de leur pays de résidence habituelle, représentant environ 15 % des migrants internationaux. Alors que les migrations africaines vers l’Europe captent régulièrement l’attention médiatique, il faut rappeler que les mouvements de populations ont majoritairement lieu à l’intérieur même du continent africain (https://unctad.org/fr/pages/PublicationWebflyer.aspx?publicationid=2118). Ainsi, 7 migrants subsahariens sur 10 demeurent en Afrique. Seules les migrations nord-africaines sont majoritairement extracontinentales : 9 migrants nord-africains sur 10 résident en effet hors du continent. Des mobilités avant tout sur le continent Pour l’essentiel intracontinentales, les migrations subsahariennes sont organisées autour de pôles d’attraction régionale. Les principaux pays d’immigration en Afrique sont l’Afrique du Sud (4 millions d’immigrants sur une population de 56,7 millions), la Côte d’Ivoire (2,3 sur 24,3 millions), l’Ouganda (1,7 sur 42,9 millions), le Nigeria (1,5 sur 191 millions), le Kenya (1,3 sur 49,7 millions) et l’Éthiopie (1,2 sur 105 millions). Ces États voient converger en leur sein des migrants issus de pays limitrophes, pour des durées plus ou moins longues.

    Le Kenya, par exemple, héberge une majorité de migrants ougandais et somaliens. L’Éthiopie accueille essentiellement des ressortissants érythréens, somaliens et sud-soudanais. En Afrique du Sud, les migrants sont principalement issus du Mozambique, du Zimbabwe, du Lesotho et de Namibie, etc. Ces sous-ensembles migratoires régionaux, regroupant à chaque fois plusieurs pays d’émission autour d’un même pôle d’attraction, constituent ce que l’on appelle des « bassins de migrations ». Les migrations s’effectuent généralement à l’intérieur d’une même région car migrer loin implique de posséder un capital économique, social et culturel. Dans certaines régions, la porosité des frontières, l’existence de dynamiques migratoires traditionnelles et la mise en place progressive d’espaces de libre circulation des personnes tendent à renforcer ce phénomène. À rebours des discours alarmistes qui prédisent une « ruée » de la jeune Afrique vers le Vieux Continent, le caractère intrarégional des migrations subsahariennes est un état de fait, un schéma dominant et structurel des mobilités humaines en Afrique. Les déterminants des mobilités intrarégionales : des bassins de migrations diversifiés Le phénomène des bassins de migrations est récurrent, mais les motivations des personnes qui se déplacent et les contextes migratoires sont divers. Bien que la décision de migrer soit toujours multifactorielle et inscrite dans un contexte spécifique, la recherche de sécurité et la quête d’emploi sont les deux déterminants principaux des migrations vers ces pôles d’attraction régionale. Ainsi, l’Ouganda, troisième pays d’accueil des réfugiés après la Turquie et le Pakistan, héberge 1,2 million de réfugiés sur une population immigrée de 1,7 million : il s’agit principalement de personnes ayant fui les conflits voisins au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. Ces migrants ont cherché refuge en Ouganda et se sont établis, généralement pour de longues durées, dans les camps du nord et de l’ouest du pays. Les migrations intrarégionales vers la Côte d’Ivoire sont, quant à elles, fortement déterminées par la demande en main-d’œuvre peu qualifiée dans plusieurs secteurs tels que l’agriculture, la construction et les industries extractives. Le dynamisme économique relatif du pays et ses salaires plus avantageux expliquent que de nombreux Burkinabès, Maliens, Guinéens, Libériens et Nigériens s’y rendent pour travailler, à plus de 90 % dans le secteur informel (soit 10 % de plus que les nationaux). Sur ces territoires, différentes temporalités migratoires peuvent se côtoyer : ainsi, certains Burkinabès cultivent le cacao dans les forêts ivoiriennes depuis plusieurs décennies, d’autres s’y rendent de manière saisonnière en fonction du calendrier agricole. Les migrants, potentiels facteurs de développement économique Jeunes (31 ans en moyenne), les migrants africains, dont 47 % sont des femmes, sont autant de potentiels contributeurs au développement des pays de départ et d’installation. Dans ces bassins de migrations, les mobilités humaines contribuent au tissage de réseaux et à l’établissement de relations entre les territoires.

    En Côte d’Ivoire, par exemple, l’activité économique de la population immigrée contribue à 19 % du PIB. Les migrants représentent donc un facteur de développement économique pour le pays d’installation. En outre, ils soutiennent le développement de leur pays d’origine, notamment via leurs transferts de fonds, qui peuvent être des sources d’épargne, d’investissement productif ou de complément de revenus pour les ménages restés sur place. En 2017, la Côte d’Ivoire a ainsi reçu 307 millions de dollars de la part de sa diaspora, tandis que les immigrés sur son sol ont envoyé 845 millions de dollars vers leurs pays d’origine. Intégrer davantage les migrations intrarégionales dans les politiques de développement Facteur de développement, les migrations sont un enjeu à part entière pour les pays africains, autant que le changement climatique, le développement socio-économique et territorial, la gouvernance, l’urbanisation, l’accès aux services de santé et d’éducation, etc. L’approche par les bassins de migrations implique une analyse intersectorielle et multipays, et une prise en compte des mobilités intrarégionales. Au niveau opérationnel, il s’agit d’adopter une démarche décloisonnée et d’intégrer davantage les migrations dans les projets sectoriels. Des exemples d’une telle démarche existent déjà. En matière de santé, citons le projet Réseau de surveillance et d’investigation épidémiologique (RSIE), initié par la Commission de l’océan Indien. Ce réseau regroupe les Comores, Madagascar, Maurice, la France au titre de la Réunion (y associant Mayotte) et les Seychelles. Financé par l’AFD, il permet une veille régionale et un système d’alerte aux épidémies dans les îles de l’ouest de l’océan Indien (Réseau Sega One Health), espace caractérisé par des migrations intrarégionales fortes. Basé sur le paradigme One Health qui associe la santé à un bien-être global partagé par les humains, les animaux et les écosystèmes, le projet RSIE illustre bien cet intérêt d’intégrer les mobilités humaines et animales intrarégionales à un projet sectoriel. C’est une logique qu’il s’agit désormais d’élargir à d’autres régions et domaines d’action. La migration est inhérente à la dynamique des sociétés et les populations continueront de migrer, comme elles l’ont toujours fait. La question, finalement, est de savoir dans quelles conditions.

    https://ideas4development.org/developpement-africain-bassins-de-migrations

    #migrations #asile #réfugiés #migrations_intra-africaines #visualisation #cartographie #chiffres #statistiques #migrations_subsahariennes #Afrique_du_Sud #Ouganda #Nigeria #Kenya #Ethiopie #capital_économique #capital_social #capital_culturel #préjugés #invasion #afflux #développement_économique #ressources_pédagogiques #remittances #diaspora

    signalé par @fil

  • "Local-First Software : You Own Your Data, in spite of the Cloud"

    https://martin.kleppmann.com/papers/local-first.pdf

    Un article de motivation pour les chercheurs en informatique et les programmeurs, un appel à développer des logiciels qui travaillent avant tout en local, avec des fichiers stockés localement et contrôlés par l’utilisateur mais tout en permettant le stockage externe et surtout la collaboration avec d’autres. (Le contraire de l’idéologie « cloud » où on est « remote-first » et où ne peut plus rien faire sans accès au réseau et aux GAFA.)

    Il existe depuis longtemps de nombreuses solutions en ce sens (la plus proche étant #git + un dépôt distant par exemple un gitlab) mais aucune n’est parfaite. L’article explique pourquoi, et ce qu’il faudrait améliorer.

  • How much electricity does a country use? Just ask cell-phone users. - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/613987/how-much-electricity-does-a-country-use-just-ask-cell-phone-users

    Socioeconomic data is generally expensive and difficult to gather. The most important data generally comes from censuses and reveals the size of the population, its geographical distribution, its age and gender structure, and a host of other details.

    But a census requires significant, costly planning, carefully analysis, and a relatively stable society. That makes such studies hard to do in the developing world, where countries are often by afflicted by poverty, war, disease, and famine.

    So economists, sociologists, and policy experts would dearly love a cheaper and faster way to gather data. And in recent years, just such a method has emerged thanks to mobile phones.

    Mobile phones have spread widely in the developing world, more quickly than other services such as electrification. In Senegal, for example, only 24% of households are electrified, and yet 75% have mobile phones, with people presumably charging them from car engines, from neighbors, or wherever they can.

    Today, we get a partial answer thanks to the work of Hadrien Salat and colleagues at the Future Cities Laboratory in Singapore. These guys have analyzed mobile-phone data from Senegal and say it has the potential to help infrastructure planning for the entire country.

    It can also be used to estimate factors such as electricity usage even when it includes just a fraction of total inhabitants. “Our aim is to use the resulting data to reduce the logistic costs of gathering information for infrastructure planning in developing countries,” they say.

    The results offer some interesting surprises. For example, they find that mobile-phone activity is not strongly correlated with the population density found in the census. However, mobile-phone activity is strongly correlated with electricity consumption. Indeed, it is a significantly better indicator than population density.

    At first sight that is something of a puzzle. But Salat and co explain the result by suggesting that electricity consumption is the result of a range of interlinked activities that are better correlated with mobile-phone usage than with the density of people alone.

    #Géolocalisation #Recensement #Développement #Urban_planning #Infrastructure

    • Résumé de l’article source sur arxiv (le texte est accessible en pdf) :
      [1907.04812] Mobile phone data’s potential for informing infrastructure planning in developing countries
      https://arxiv.org/abs/1907.04812v2

      High quality census data are not always available in developing countries. Instead, mobile phone data are becoming a trending proxy to evaluate population density, activity and social characteristics. They offer additional advantages for infrastructure planning such as being updated in real-time, including mobility information and recording visitors’ activity. We combine various data sets from Senegal to evaluate mobile phone data’s potential to replace insufficient census data for infrastructure planning in developing countries. As an applied case, we test their ability at predicting domestic electricity consumption. We show that, contrary to common belief, average mobile phone activity does not correlate well with population density. However, it can provide better electricity consumption estimates than basic census data. More importantly, we use curve and network clustering techniques to enhance the accuracy of the predictions, to recover good population mapping potential and to reduce the collection of required data to substantially smaller samples.


      Figure 2 Curve profiles and network structure. (a) Number of calls per hour aggregated at national level for each day of the year. (b) Yearly average of the number of texts per hour of the day sent from each tower. (c) Network structure limited to edges corresponding to at least 2000 text messages sent in January.

  • Des #pêcheurs pris dans un étau

    « La mer c’est la liberté. Aujourd’hui nous sommes emprisonnés à même l’eau » déplore Slah Eddine Mcharek, président de l’Association Le Pêcheur pour le développement et l’environnement[1] à #Zarzis. Leurs projets sont ambitieux : protection des ressources aquatiques, développement d’une pêche durable et responsable et défense de la pêche artisanale. Mais les obstacles sont de taille : pris entre la raréfaction des ressources halieutiques, les menaces à leur sécurité, la réduction de leur zone de pêche et la criminalisation du sauvetage des migrants en mer, les pêcheurs se retrouvent enserrés dans un véritable étau.

    Au-delà de la petite ville de Zarzis et de ses plages où se côtoient hôtels de luxe, corps de naufragés et pêcheurs en lutte, le récit de Slah Eddine rappelle l’importance de la justice migratoire et environnementale.

    La mer, déchetterie nationale

    Depuis quelques années, un phénomène prend de l’ampleur : les rejets de déchets plastiques envahissent les rives et encombrent les zones où travaillent les pêcheurs. Faute d’un système opérationnel de collecte des ordures ménagères et de sensibilisation aux risques liés à la pollution des eaux par le plastique, ces déchets s’entassent dans les canaux de la ville avant de se disperser dans la mer, au point que les pêcheurs réclament l’interdiction des sacs plastiques.

    Aux déchets ménagers s’ajoute le problème des rejets industriels. Slah Eddine déploie une carte du bassin méditerranéen et pointe du doigt le sebkhet el melah (marais salant) des côtes de Zarzis. Le salin appartient à Cotusal, vestige colonial d’une filiale française qui a exploité pendant longtemps les ressources salines de la Tunisie, dans le cadre de concessions avantageuses qui n’ont pas été renégociées depuis l’indépendance[2]. L’exploitation du sel dans cette région, en plus de saliniser les terres agricoles, rejette des produits de traitement du sel dans la mer. Surtout, les eaux zarzisiennes sont polluées par les rejets du Groupe Chimique Tunisien, notamment le phosphogypse, et par les eaux usées non traitées par l’ONAS (Office National de l’Assainissement). Cette dernière ne remplit pas sa mission de traitement des eaux industrielles et ménagères, notamment sur l’île de Djerba. Une partie des eaux est traitée de manière inefficace et insuffisante, l’autre non traitée du tout.

    Un équilibre écologique rompu

    Pour les êtres vivants qui habitent ces eaux, les rejets industriels mêlés aux déchets et eaux usées ne peuvent faire que mauvais mélange. « La mer est devenue des toilettes à ciel ouvert » s’indigne Slah Eddine, pointant cette fois du doigt deux poissons dessinés sur une affiche. L’un est le loup de mer et l’autre la dorade. « Là où les usines rejettent leurs eaux, ces poissons n’y vivent plus » explique-t-il. La contamination de ces eaux rompt un équilibre essentiel à la survie de la faune et la flore maritimes.

    Dans ces eaux, la reproduction marine est difficile sinon impossible, entraînant la disparition de plusieurs espèces de poissons et notamment les espèces cartilagineuses. Les éponges souffrent quant à elles du réchauffement climatique et présentent depuis quelques années des signes de maladies, au désespoir des familles qui vivent de leur commerce. Ainsi, en 2017, suite à la montée des températures (24°C à 67m de profondeur !), de nombreuses éponges sont mortes, par leur fragilité aux changements du milieu ou par une épidémie favorisée par cette augmentation de température[3].

    L’accumulation des pollutions a fini par asphyxier toute forme de vie dans les eaux proches de Djerba et Zarzis et notamment dans le golfe quasi fermé de Boughrara. Les pêcheurs estiment que 90 % des poissons et mollusques auraient disparu en dix ou vingt ans, privant beaucoup de personnes, notamment des jeunes et des femmes, d’un revenu stable. Mais alors que les pêcheurs de Gabès reçoivent des compensations à cause de la pollution et viennent pêcher sur les côtes de Zarzis, les pêcheurs zarzisiens ne reçoivent rien alors qu’ils sont aussi affectés.

    Plus au nord, sur les côtes sfaxiennes, c’est un autre phénomène qui s’est produit deux fois cette année, en juin puis en novembre, notamment à Jbeniana : la mer est devenue rouge, entrainant une forte mortalité de poissons. Le phénomène a été expliqué par la présence de microalgues eutrophisant la mer, c’est-à-dire la privant de son oxygène. Mais la version officielle s’arrête là[4], la prolifération de ces microalgues n’a pas été expliquée. Or, des phénomènes similaires sont connus à d’autres endroits de la planète, notamment dans le golfe du Mexique où la prolifération des algues est due à l’excès d’engrais phosphaté et azoté qui se retrouve dans la mer, ou du rejet d’eaux usées, qui produisent des concentrations trop importantes de matières organiques[5]. Il est donc fort probable que les rejets concentrés en phosphate du Groupe Chimique Tunisien à Gabès et Sfax, d’autres rejets industriels et ménagers et/ou des rejets d’engrais agricoles par les oueds soient à l’origine du phénomène.

    Le coût de Daesh

    Alors que certaines espèces disparaissent, d’autres se multiplient en trop grand nombre. Le crabe bleu, surnommé « Daesh » par les pêcheurs de la région du fait de son potentiel invasif et destructeur, en est le meilleur exemple. Cette espèce, apparue fin 2014 dans le golfe de Gabès[6], a rapidement proliféré au large des côtes, se nourrissant des poissons qui jusque-là constituaient le gagne-pain des pêcheurs du coin. « Daesh détruit tout : les dorades, les crevettes, les seiches …. Tous les bons poissons ! » s’exclame-t-il. La voracité du crabe bleu a aggravé les problèmes économiques de bien des pêcheurs. Si la chair de cette espèce invasive fait le bonheur de certains palais et qu’un marché à l’export est en plein développement en direction de l’Asie et du Golfe, les habitants de Zarzis qui vivent de la pêche artisanale, eux, ne s’y retrouvent pas. « Un kilo de loup ou de dorade se vend 40 dinars. Un kilo de crabe bleu, c’est seulement 2 dinars ! » affirme un pêcheur de l’association.

    Le calcul est vite fait, d’autant plus que les crabes bleus font assumer aux pêcheurs un coût du renouvellement du matériel beaucoup plus important, leurs pinces ayant tendance à cisailler les filets. « Avant l’arrivée de Daesh, nous changions les filets environ deux fois par an, maintenant c’est quatre à cinq fois par ans ! » se désole l’un d’entre eux.

    Bloqués dans un Sahara marin

    Comme le martèlent les pêcheurs, « la zone de pêche de Zarzis est devenue un Sahara, un véritable désert ». Suite au partage international de la Méditerranée, les pêcheurs zarzisiens sont cantonnés dans des eaux côtières, qui se vident de poisson suite aux désastres écologiques et à la surpêche.

    « Avant 2005 et le dialogue 5+5[7] on pouvait accéder à des zones de pêche intéressantes, mais depuis les autres pays ont agrandi leur territoire marin ». En effet, c’est en 2005 que la Libye met en place sa zone de pêche exclusive, interdisant ainsi l’accès aux pêcheurs tunisiens. La Tunisie met elle aussi en place sa zone économique exclusive[8], mais, à la différence de la zone libyenne[9], elle autorise des navires étrangers à y pêcher. Les chalutiers égyptiens sont particulièrement présents, et s’ajoutent aux chalutiers tunisiens (de Sfax notamment) qui ne peuvent plus pêcher dans les eaux poissonneuses libyennes. Il arrive même que ces chalutiers pénètrent dans les eaux territoriales, en toute impunité. En plus des désastres écologiques, les eaux du sud tunisien se vident ainsi de leurs poissons à cause de la surpêche.

    Limites des différentes zones maritimes tunisiennes[10] :

    Or, les frontières officielles ne semblent pas délimiter la zone où les pêcheurs tunisiens peuvent réellement travailler, cette dernière étant manifestement beaucoup plus restreinte et empiétée par la zone libyenne. Sur la carte maritime qu’il a déployée devant lui, Slah Eddine matérialise la zone où les pêcheurs de Zarzis peuvent pêcher de manière effective et montre en resserrant ses doigts l’évolution de la zone de pêche libyenne au détriment de la zone tunisienne. Mais alors, pourquoi ce déplacement de frontière maritime n’apparaît dans aucun texte ou accord international[11] ? Y a-t-il des accords cachés ? Les garde-côtes libyens s’arrogent-ils le droit de pénétrer les eaux tunisiennes ? Ou les pêcheurs tunisiens auraient-ils intégré l’obligation de ne pas pénétrer une zone tampon pour ne pas craindre pour leur sécurité ?

    Les pêcheurs sous les feux des groupes armés libyens

    Au-delà des problèmes économiques auxquels ils doivent faire face, les pêcheurs de Zarzis sont confrontés à de graves problèmes de sécurité dans les eaux où ils naviguent. Alors que les bateaux de pêche libyens ne se gênent pas, selon Slah Eddine, pour venir exploiter les eaux tunisiennes, il n’existe aucune tolérance pour les pêcheurs tunisiens qui s’aventurent en dehors de leur zone. Ces dernières années, le pêcheur ne compte plus les cas d’agressions, de saisies de bateaux, de menaces et prises d’otages, par les groupes armés, et parmi eux les gardes côtes officiels libyens, équipés par les programmes européens de lutte contre la migration non réglementaire.

    En 2012, un pêcheur tunisien mourrait ainsi sous les balles tirées d’une vedette côtière libyenne tandis que les 18 autres membres de l’équipage étaient faits prisonniers à Tripoli[12]. En 2015, quatre bateaux de pêche tunisiens qui avaient pénétré les eaux libyennes étaient également pris en otage par des groupes armés libyens et acheminés au port d’El Zaouira[13]. Les attaques ont eu lieu jusque dans les eaux tunisiennes, comme en février 2016 lorsque treize chalutiers tunisiens avec soixante-dix marins à bord ont été arraisonnés et emmenés dans le même port, la partie libyenne exigeant alors une rançon contre leur libération[14]. L’année suivante, en 2017, des pêcheurs libyens de Zaouira menaçaient de kidnapper tous les marins tunisiens qu’ils rencontreraient en mer en représailles au contrôle d’un chalutier libyen dans le port de Sfax par la garde maritime tunisienne. Depuis, les prises d’otage se multiplient. Enième épisode d’une saga sans fin, la dernière attaque libyenne date de septembre dernier.

    L’insécurité ne touche pas que les pêcheurs de Zarzis, mais tous les pêcheurs tunisiens qui naviguent à proximité des zones frontalières : au Sud-Est, ce sont les feux des groupes libyens qui les menacent ; au Nord-Ouest, ceux de la garde côtière algérienne. Le 31 janvier de cette année, un pêcheur originaire de Tabarka et âgé de 33 ans a été tué par les autorités algériennes alors que son bateau avait pénétré les eaux territoriales de l’Algérie[15]. « Le danger est partout ! », « on se fait tirer dessus ! », s’exclament les pêcheurs de l’Association. Entre deuil et colère, ils dénoncent l’absence de réponse ferme des autorités tunisiennes contre ces agressions et se font difficilement à l’idée qu’à chaque départ en mer leur vie puisse être menacée.

    Les autres damnés de la mer

    Comme tout marin, les pêcheurs de Zarzis doivent porter assistance aux bateaux en détresse qu’ils croisent sur leur chemin. Et des bateaux en détresse, ce n’est pas ce qui manque au large de Zarzis. Le hasard a fait que leur zone de pêche se trouve sur la route des migrants qui fuient la Libye sur des embarcations de fortune et les accidents sont fréquents dans ces eaux dangereuses. Porter secours aux survivants, prendre contact avec le Centre de Coordination des Sauvetages en Mer, ramener les corps de ceux pour lesquels ils arrivent trop tard afin de leur offrir une sépulture digne, c’est aussi cela, le quotidien des pêcheurs de Zarzis. L’effroi et la colère de l’impuissance lorsque des cadavres se prennent dans les filets pêche, l’inquiétude et le soulagement lorsque le pire est évité et que tout le monde arrive à bon port.

    Sauver des vies lorsqu’il est encore temps, c’est avant tout un devoir d’humanité pour ces hommes et ces femmes de la mer. La question ne se pose même pas, malgré les heures de travail et l’argent perdus. Pour être plus efficaces dans leurs gestes et secourir le plus grand nombre, plus d’une centaine de pêcheurs de Zarzis ont suivi en 2015 une formation de 6 jours sur le secours en mer organisée par Médecins sans frontières[16]. Alors que les politiques européennes de criminalisation des ONG menant des opérations de recherche et de secours en mer ont laissé un grand vide en Méditerranée, les pêcheurs tunisiens se retrouvent en première ligne pour les opérations de sauvetage. Aussi, quand ils partent en mer, prévoient-ils toujours de l’eau et de la nourriture en plus, des fois qu’un bateau à la dérive croise leur chemin.

    Des sauveurs que l’Europe veut faire passer pour des criminels

    Au-delà d’un devoir d’humanité, porter secours aux embarcations en détresse est une obligation inscrite dans le droit international maritime et en particulier dans la Convention internationale sur la Sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS), qui s’applique à tous les navires. Le texte prévoit l’obligation pour tous les Etats de coordonner leurs secours et de coopérer pour acheminer les personnes dans un lieu sûr[17], où la vie des survivants n’est plus menacée et où l’on peut subvenir à leurs besoins fondamentaux.

    Aussi, lorsque l’équipage de Chameseddine Bourrasine croise lors l’été 2018 une embarcation avec 14 migrants à la dérive, c’est sans hésitation qu’il décide de leur porter secours. Mais alors que les rescapés menacent de se suicider s’ils sont ramenés en Tunisie et qu’il ne saurait être question de les livrer aux garde-côtes de Libye où c’est l’enfer des geôles qui les attend, le capitaine décide d’appeler la garde côtière du pays sûr le plus proche, à savoir l’Italie. Après plusieurs tentatives de contact restées sans réponse, il décide alors de remorquer le bateau vers l’Italie pour débarquer les migrants dans un lieu où ils seront en sécurité[18]. Accusé avec son équipage de s’être rendu coupable d’aide à l’immigration dite « clandestine », ce sauvetage coûtera aux 7 marins-pêcheurs 22 jours d’incarcération en Sicile.

    Si le procès s’est résolu par un non-lieu, les pêcheurs de Zarzis restent dans le collimateur des autorités italiennes. « Nous les pêcheurs tunisiens, l’Italie voudrait nous contrôler et encore limiter la zone dans laquelle nous pouvons pêcher » se désole Slah Eddine, « les Italiens nous surveillent ! ». Il évoque aussi la surveillance d’EUNAVFOR Med, également appelée Sophia, opération militaire lancée par l’Union européenne en 2015 en Méditerranée pour, selon les mots de la Commission « démanteler le modèle économique des passeurs et des trafiquants d’êtres humains »[19]. Si l’opération militaire les surveille de près lorsqu’il s’agit du secours en mer, lorsqu’il est question d’attaques par des milices libyennes, Sophia détourne le regard et abandonne les pêcheurs tunisiens à leur sort.

    Les harraga de demain ? [20]

    « On ne peut plus, ce n’est plus possible, il n’y a plus rien », répètent les pêcheurs, acquiesçant les paroles par lesquelles Slah Eddine vient de présenter leur situation. Entre les eaux polluées, les problèmes économiques, le fléau de Daesh, les poissons qui ne se reproduisent plus, les éponges malades, les attaques libyennes, les pressions italiennes et européennes, être un pêcheur en Tunisie, « ce n’est plus une vie ». Leurs fils à eux sont partis pour la plupart, en Europe, après avoir « brûlé » la mer. Ils savent que dans cette région qui vit surtout de la pêche, il n’y a pas d’avenir pour eux.

    Et puis il y a ceux qui, privés de toute autre source de revenus, sont contraints à se reconvertir dans des activités de passeurs. Nés dans des familles où la pêche se transmet de père en fils, ils connaissent la mer, ses vents, tempêtes, marées et courants. Ils savent où se procurer des bateaux. Lorsque ces loups de mer sont à la barre, le voyage est plus sûr pour celles et ceux risquent la traversée vers l’Europe à bord d’un rafiot. Alors que les harragas tunisiens sont de plus en plus systématiquement déportés lorsqu’ils sont arrêtés par les autorités italiennes[21], certains passeurs ont troqué leur clientèle tunisienne pour une clientèle subsaharienne, de plus en plus nombreuse à mesure que leur situation en Libye se dégrade. Faute de voies régulières pour les migrants, la demande de passage vers l’Europe augmente. Et faute de ressources alternatives pour les pêcheurs, l’offre se développe.

    Or ce n’est ni la « main invisible » ni une quelconque fatalité qui poussent ces pêcheurs au départ ou à la diversification de leurs activités, mais le mélange entre le modèle de développement polluant et incontrôlé, l’inaction des autorités tunisiennes en matière de protection de l’environnement, et le cynisme des politiques migratoires sécuritaires et meurtrières de l’Union européenne.

    https://ftdes.net/des-pecheurs-pris-dans-un-etau
    #environnement #sauvetage #Méditerranée #pêche #développement #émigration #Cotusal #pollution #plastique #colonialisme #sel #salines #phosphogypse #Groupe_Chimique_Tunisien #eaux_usées #reproduction_marine #poissons #éponges #Djerba #mollusques #Gabès #Jbeniana #microalgues #phosphate #crabe_bleu #Libye #différend_territorial #zone_économique_exclusive #surpêche #asile #migrations #réfugiés #criminalisation #Chameseddine_Bourrasine #EUNAVFOR_Med #Operation_Sophia #harraga

    #ressources_pédagogiques #dynamiques_des_suds

  • Europe spends billions stopping migration. Good luck figuring out where the money actually goes

    How much money exactly does Europe spend trying to curb migration from Nigeria? And what’s it used for? We tried to find out, but Europe certainly doesn’t make it easy. These flashy graphics show you just how complicated the funding is.
    In a shiny new factory in the Benin forest, a woman named Blessing slices pineapples into rings. Hundreds of miles away, at a remote border post in the Sahara, Abubakar scans travellers’ fingerprints. And in village squares across Nigeria, Usman performs his theatre show about the dangers of travelling to Europe.

    What do all these people have in common?

    All their lives are touched by the billions of euros European governments spend in an effort to curb migration from Africa.

    Since the summer of 2015,
    Read more about the influx of refugees to Europe in 2015 on the UNHCR website.
    when countless boats full of migrants began arriving on the shores of Greece and Italy, Europe has increased migration spending by billions.
    Read my guide to EU migration policy here.
    And much of this money is being spent in Africa.

    Within Europe, the political left and right have very different ways of framing the potential benefits of that funding. Those on the left say migration spending not only provides Africans with better opportunities in their home countries but also reduces migrant deaths in the Mediterranean. Those on the right say migration spending discourages Africans from making the perilous journey to Europe.

    However they spin it, the end result is the same: both left and right have embraced funding designed to reduce migration from Africa. In fact, the European Union (EU) plans to double migration spending under the new 2021-2027 budget, while quadrupling spending on border control.

    The three of us – journalists from Nigeria, Italy and the Netherlands – began asking ourselves: just how much money are we talking here?

    At first glance, it seems like a perfectly straightforward question. Just add up the migration budgets of the EU and the individual member states and you’ve got your answer, right? But after months of research, it turns out that things are nowhere near that simple.

    In fact, we discovered that European migration spending resembles nothing so much as a gigantic plate of spaghetti.

    If you try to tease out a single strand, at least three more will cling to it. Try to find where one strand begins, and you’ll find yourself tangled up in dozens of others.

    This is deeply concerning. Though Europe maintains a pretence of transparency, in practice it’s virtually impossible to hold the EU and its member states accountable for their migration expenditures, let alone assess how effective they are. If a team of journalists who have devoted months to the issue can’t manage it, then how could EU parliament members juggling multiple portfolios ever hope to?

    This lack of oversight is particularly problematic in the case of migration, an issue that ranks high on European political agendas. The subject of migration fuels a great deal of political grandstanding, populist opportunism, and social unrest. And the debate surrounding the issue is rife with misinformation.

    For an issue of this magnitude, it’s crucial to have a clear view of existing policies and to examine whether these policies make sense. But to be able to do that, we need to understand the funding streams: how much money is being spent and what is it being spent on?

    While working on this article, we spoke to researchers and officials who characterised EU migration spending as “opaque”, “unclear” and “chaotic”. We combed through countless websites, official documents, annual reports and budgets, and we submitted freedom of information requests
    in a number of European countries, in Nigeria, and to the European commission. And we discovered that the subject of migration, while not exactly cloak-and-dagger stuff, is apparently sensitive enough that most people preferred to speak off the record.

    Above all, we were troubled by the fact that no one seems to have a clear overview of European migration budgets – and by how painfully characteristic this is of European migration policy as a whole.
    Nigeria – ‘a tough cookie’

    It wasn’t long before we realised that mapping out all European cash flows to all African countries would take us years. Instead, we decided to focus on Nigeria, Africa’s most populous country and the continent’s strongest economy, as well as the country of origin of the largest group of African asylum seekers in the EU. “A tough cookie” in the words of one senior EU official, but also “our most important migration partner in the coming years”.

    But Nigeria wasn’t exactly eager to embrace the role of “most important migration partner”. After all, migration has been a lifeline for Nigeria’s economy: last year, Nigerian migrants living abroad sent home $25bn – roughly 6% of the country’s GNP.

    It took a major European charm offensive to get Nigeria on board – a “long saga” with “more than one tense meeting”, according to a high-ranking EU diplomat we spoke to.

    The European parliament invited Muhammadu Buhari, the Nigerian president, to Strasbourg in 2016. Over the next several years, one European dignitary after another visited Nigeria: from Angela Merkel,
    the German chancellor, to Matteo Renzi,
    the Italian prime minister, to Emmanuel Macron,
    the French president, to Mark Rutte,

    the Dutch prime minister.

    Three guesses as to what they all wanted to talk about.
    ‘No data available’

    But let’s get back to those funding streams.

    The EU would have you believe that everything fits neatly into a flowchart. When asked to respond to this article, the European commission told us: “We take transparency very seriously.” One spokesperson after another, all from various EU agencies, informed us that the information was “freely available online”.

    But as Wilma Haan, director of the Open State Foundation, notes: “Just throwing a bunch of stuff online doesn’t make you transparent. People have to be able to find the information and verify it.”

    Yet that’s exactly what the EU did. The EU foundations and agencies we contacted referred us to dozens of different websites. In some cases, the information was relatively easy to find,
    but in others the data was fragmented or missing entirely. All too often, our searches turned up results such as “data soon available”
    or “no data available”.

    The website of the Asylum, Migration and Integration Fund (AMIF) – worth around €3.1bn – is typical of the problems we faced. While we were able to find a list of projects funded by AMIF online,

    the list only contains the names of the projects – not the countries in which they’re carried out. As a result, there’s only one way to find out what’s going on where: by Googling each of the project names individually.

    This lack of a clear overview has major consequences for the democratic process, says Tineke Strik, member of the European parliament (Green party). Under the guise of “flexibility”, the European parliament has “no oversight over the funds whatsoever”. Strik says: “In the best-case scenario, we’ll discover them listed on the European commission’s website.”

    At the EU’s Nigerian headquarters, one official explained that she does try to keep track of European countries’ migration-related projects to identify “gaps and overlaps”. When asked why this information wasn’t published online, she responded: “It’s something I do alongside my daily work.”
    Getting a feel for Europe’s migration spaghetti

    “There’s no way you’re going to get anywhere with this.”

    This was the response from a Correspondent member who researches government funding when we announced this project several months ago. Not exactly the most encouraging words to start our journey. Still, over the past few months, we’ve done our best to make as much progress as we could.

    Let’s start in the Netherlands, Maite’s home country. When we tried to find out how much Dutch tax money is spent in Nigeria on migration-related issues, we soon found ourselves down yet another rabbit hole.

    The Dutch ministry of foreign affairs, which controls all funding for Dutch foreign policy, seemed like a good starting point. The ministry divides its budget into centralised and decentralised funds. The centralised funds are managed in the Netherlands administrative capital, The Hague, while the decentralised funds are distributed by Dutch embassies abroad.

    Exactly how much money goes to the Dutch embassy in the Nigerian capital Abuja is unclear – no information is available online. When we contacted the embassy, they weren’t able to provide us with any figures, either. According to their press officer, these budgets are “fragmented”, and the total can only be determined at the end of the year.

    The ministry of foreign affairs distributes centralised funds through its departments. But migration is a topic that spans a number of different departments: the department for stabilisation and humanitarian aid (DSH), the security policy department (DVB), the sub-Saharan Africa department (DAF), and the migration policy bureau (BMB), to name just a few. There’s no way of knowing whether each department spends money on migration, let alone how much of it goes to Nigeria.

    Not to mention the fact that other ministries, such as the ministry of economic affairs and the ministry of justice and security, also deal with migration-related issues.

    Next, we decided to check out the Dutch development aid budget
    in the hope it would clear things up a bit. Unfortunately, the budget isn’t organised by country, but by theme. And since migration isn’t one of the main themes, it’s scattered over several different sections. Luckily, the document does contain an annex (https://www.rijksoverheid.nl/documenten/begrotingen/2019/09/17/hgis---nota-homogene-groep-internationale-samenwerking-rijksbegroting-) that goes into more detail about migration.

    In this annex, we found that the Netherlands spends a substantial chunk of money on “migration cooperation”, “reception in the region” and humanitarian aid for refugees.

    And then there’s the ministry of foreign affairs’ Stability Fund,
    the ministry of justice and security’s budget for the processing and repatriation of asylum seekers, and the ministry of education, culture and science’s budget for providing asylum seekers with an education.

    But again, it’s impossible to determine just how much of this funding finds its way to Nigeria. This is partly due to the fact that many migration projects operate in multiple countries simultaneously (in Nigeria, Chad and Cameroon, for example). Regional projects such as this generally don’t share details of how funding is divided up among the participating countries.

    Using data from the Dutch embassy and an NGO that monitors Dutch projects in Nigeria, we found that €6m in aid goes specifically to Nigeria, with another €19m for the region as a whole. Dutch law enforcement also provides in-kind support to help strengthen Nigeria’s border control.

    But hold on, there’s more. We need to factor in the money that the Netherlands spends on migration through its contributions to the EU.

    The Netherlands pays hundreds of millions into the European Development Fund (EDF), which is partly used to finance migration projects. Part of that money also gets transferred to another EU migration fund: the EUTF for Africa.
    The Netherlands also contributes directly to this fund.

    But that’s not all. The Netherlands also gives (either directly or through the EU) to a variety of other EU funds and agencies that finance migration projects in Nigeria. And just as in the Netherlands, these EU funds and agencies are scattered over many different offices. There’s no single “EU ministry of migration”.

    To give you a taste of just how convoluted things can get: the AMIF falls under the EU’s home affairs “ministry”

    (DG HOME), the Development Cooperation Instrument (DCI) falls under the “ministry” for international cooperation and development (DG DEVCO), and the Instrument contributing to Stability and Peace (IcSP) falls under the European External Action Service (EEAS). The EU border agency, Frontex, is its own separate entity, and there’s also a “ministry” for humanitarian aid (DG ECHO).

    Still with me?

    Because this was just the Netherlands.

    Now let’s take a look at Giacomo’s country of origin, Italy, which is also home to one of Europe’s largest Nigerian communities (surpassed only by the UK).

    Italy’s ministry of foreign affairs funds the Italian Agency for Development Cooperation (AICS), which provides humanitarian aid in north-eastern Nigeria, where tens of thousands of people have been displaced by the Boko Haram insurgency. AICS also finances a wide range of projects aimed at raising awareness of the risks of illegal migration. It’s impossible to say how much of this money ends up in Nigeria, though, since the awareness campaigns target multiple countries at once.

    This data is all available online – though you’ll have to do some digging to find it. But when it comes to the funds managed by Italy’s ministry of the interior, things start to get a bit murkier. Despite the ministry having signed numerous agreements on migration with African countries in recent years, there’s little trace of the money online. Reference to a €92,000 donation for new computers for Nigeria’s law enforcement and immigration services was all we could find.

    Things get even more complicated when we look at Italy’s “Africa Fund”, which was launched in 2017 to foster cooperation with “priority countries along major migration routes”. The fund is jointly managed by the ministry of foreign affairs and the ministry of the interior.

    Part of the money goes to the EUTF for Africa, but the fund also contributes to United Nations (UN) organisations, such as the UN Refugee Agency (UNHCR) and the International Organization for Migration (IOM), as well as to the Italian ministry of defence and the ministry of economy and finance.

    Like most European governments, Italy also contributes to EU funds and agencies concerned with migration, such as Frontex, Europol, and the European Asylum Support Office (EASO).

    And then there are the contributions to UN agencies that deal with migration: UNHCR, the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA), IOM, the UN Development Programme (UNDP), and the UN Office on Drugs and Crime (UNODC), to name just a few.

    Now multiply all of this by the number of European countries currently active in Nigeria. Oh, and let’s not forget the World Bank,

    which has only recently waded into the waters of the migration industry.

    And then there are the European development banks. And the EU’s External Investment Plan, which was launched in 2016 with the ambitious goal of generating €44bn in private investments in developing countries, with a particular focus on migrants’ countries of origin. Not to mention the regional “migration dialogues”
    organised in west Africa under the Rabat Process and the Cotonou Agreement.

    This is the European migration spaghetti.
    How we managed to compile a list nonetheless

    By now, one thing should be clear: there are a staggering number of ministries, funds and departments involved in European migration spending. It’s no wonder that no one in Europe seems to have a clear overview of the situation. But we thought that maybe, just maybe, there was one party that might have the overview we seek: Nigeria. After all, the Nigerian government has to be involved in all the projects that take place there, right?

    We decided to ask around in Nigeria’s corridors of power. Was anyone keeping track of European migration funding? The Ministry of Finance? Or maybe the Ministry of the Interior, or the Ministry of Labour and Employment?

    Nope.

    We then tried asking Nigeria’s anti-trafficking agency (NAPTIP), the Nigeria Immigration Service (NIS), the Nigerians in Diaspora Commission, and the National Commission for Refugees, Migrants and Internally Displaced Persons (NCFRMI).

    No luck there, either. When it comes to migration, things are just as fragmented under the Nigerian government as they are in Europe.

    In the meantime, we contacted each of the European embassies in Nigeria.
    This proved to be the most fruitful approach and yielded the most complete lists of projects. The database of the International Aid Transparency Initiative (IATI)
    was particularly useful in fleshing out our overview.

    So does that mean our list is now complete? Probably not.

    More to the point: the whole undertaking is highly subjective, since there’s no official definition of what qualifies as a migration project and what doesn’t.

    For example, consider initiatives to create jobs for young people in Nigeria. Would those be development projects or trade projects? Or are they actually migration projects (the idea being that young people wouldn’t migrate if they could find work)?

    What about efforts to improve border control in northern Nigeria? Would they fall under counterterrorism? Security? Institutional development? Or is this actually a migration-related issue?

    Each country has its own way of categorising projects.

    There’s no single, unified standard within the EU.

    When choosing what to include in our own overview, we limited ourselves to projects that European countries themselves designated as being migration related.

    While it’s certainly not perfect, this overview allows us to draw at least some meaningful conclusions about three key issues: where the money is going, where it isn’t going, and what this means for Nigeria.
    1) Where is the money going?

    In Nigeria, we found

    If you’d like to work with the data yourself, feel free to download the full overview here.
    50 migration projects being funded by 11 different European countries, as well as 32 migration projects that rely on EU funding. Together, they amount to more than €770m in funding.

    Most of the money from Brussels is spent on improving Nigerian border control:
    more than €378m. For example, the European Investment Bank has launched a €250m initiative

    to provide all Nigerians with biometric identity cards.

    The funding provided by individual countries largely goes to projects aimed at creating employment opportunities

    in Nigeria: at least €92m.

    Significantly, only €300,000 is spent on creating more legal opportunities to migrate – less than 0.09% of all funding.

    We also found 47 “regional” projects that are not limited to Nigeria, but also include other countries.
    Together, they amount to more than €775m in funding.
    Regional migration spending is mainly focused on migrants who have become stranded in transit and is used to return them home and help them to reintegrate when they get there. Campaigns designed to raise awareness of the dangers of travelling to Europe also receive a relatively large proportion of funding in the region.

    2) Where isn’t the money going?

    When we look at the list of institutions – or “implementing agencies”, as they’re known in policy speak – that receive money from Europe, one thing immediately stands out: virtually none of them are Nigerian organisations.

    “The EU funds projects in Nigeria, but that money doesn’t go directly to Nigerian organisations,” says Charles Nwanelo, head of migration at the NCFRMI.

    See their website here.
    “Instead, it goes to international organisations, such as the IOM, which use the money to carry out projects here. This means we actually have no idea how much money the EU is spending in Nigeria.”

    We hear the same story again and again from Nigerian government officials: they never see a cent of European funding, as it’s controlled by EU and UN organisations. This is partially a response to corruption within Nigerian institutions – Europe feels it can keep closer tabs on its money by channelling it through international organisations. As a result, these organisations are growing rapidly in Nigeria. To get an idea of just how rapidly: the number of people working for the IOM in Nigeria has more than quadrupled over the past two years.

    Of course, this doesn’t mean that Nigerian organisations are going unfunded. Implementing agencies are free to pass funding along to Nigerian groups. For example, the IOM hires Nigerian NGOs to provide training for returning migrants and sponsors a project that provides training and new software to the Nigerian immigration service.

    Nevertheless, the system has inevitably led to the emergence of a parallel aid universe in which the Nigerian government plays only a supporting role. “The Nigerian parliament should demand to see an overview of all current and upcoming projects being carried out in their country every three months,” says Bob van Dillen, migration expert at development organisation Cordaid.

    But that would be “difficult”, according to one German official we spoke to, because “this isn’t a priority for the Nigerian government. This is at the top of Europe’s agenda, not Nigeria’s.”

    Most Nigerian migrants to Europe come from Edo state, where the governor has been doing his absolute best to compile an overview of all migration projects. He set up a task force that aims to coordinate migration activities in his state. The task force has been largely unsuccessful because the EU doesn’t provide it with any direct funding and doesn’t require member states to cooperate with it.

    3) What are the real-world consequences for Nigeria?

    We’ve established that the Nigerian government isn’t involved in allocating migration spending and that local officials are struggling to keep tabs on things. So who is coordinating all those billions in funding?

    Each month, the European donors and implementing agencies mentioned above meet at the EU delegation to discuss their migration projects. However, diplomats from multiple European countries have told us that no real coordination takes place at these meetings. No one checks to see whether projects conflict or overlap. Instead, the meetings are “more on the basis of letting each other know”, as one diplomat put it.

    One German official noted: “What we should do is look together at what works, what doesn’t, and which lessons we can learn from each other. Not to mention how to prevent people from shopping around from project to project.”

    Other diplomats consider this too utopian and feel that there are far too many players to make that level of coordination feasible. In practice, then, it seems that chaotic funding streams inevitably lead to one thing: more chaos.
    And we’ve only looked at one country ...

    That giant plate of spaghetti we just sifted through only represents a single serving – other countries have their own versions of Nigeria’s migration spaghetti. Alongside Nigeria, the EU has also designated Mali, Senegal, Ethiopia and Niger as “priority countries”. The EU’s largest migration fund, the EUTF, finances projects in 26 different African countries. And the sums of money involved are only going to increase.

    When we first started this project, our aim was to chart a path through the new European zeal for funding. We wanted to track the flow of migration money to find answers to some crucial questions: will this funding help Nigerians make better lives for themselves in their own country? Will it help reduce the trafficking of women? Will it provide more safe, legal ways for Nigerians to travel to Europe?

    Or will it primarily go towards maintaining the international aid industry? Does it encourage corruption? Does it make migrants even more vulnerable to exploitation along the way?

    But we’re still far from answering these questions. Recently, a new study by the UNDP

    called into question “the notion that migration can be prevented or significantly reduced through programmatic and policy responses”.

    Nevertheless, European programming and policy responses will only increase in scope in the coming years.

    But the more Europe spends on migration, the more tangled the spaghetti becomes and the harder it gets to check whether funds are being spent wisely. With the erosion of transparency comes the erosion of democratic oversight.

    So to anyone who can figure out how to untangle the spaghetti, we say: be our guest.

    https://thecorrespondent.com/154/europe-spends-billions-stopping-migration-good-luck-figuring-out-where-the-money-actually-goes/171168048128-fac42704
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #Nigeria #EU #EU #Union_européenne #externalisation #frontières #contrôles_frontaliers #Frontex #Trust_fund #Pays-Bas #argent #transparence (manque de - ) #budget #remittances #AMIF #développement #aide_au_développement #European_Development_Fund (#EDF) #EUTF_for_Africa #European_Neighbourhood_Instrument (#ENI) #Development_Cooperation_Instrument (#DCI) #Italie #Banque_mondiale #External_Investment_Plan #processus_de_rabat #accords_de_Cotonou #biométrie #carte_d'identité_biométrique #travail #développement #aide_au_développement #coopération_au_développement #emploi #réintégration #campagnes #IOM #OIM

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749
    Et ajouté à la métaliste développement/migrations :
    https://seenthis.net/messages/733358

    ping @isskein @isskein @pascaline @_kg_

    • Résumé en français par Jasmine Caye (@forumasile) :

      Pour freiner la migration en provenance d’Afrique les dépenses européennes explosent

      Maite Vermeulen est une journaliste hollandaise, cofondatrice du site d’information The Correspondent et spécialisée dans les questions migratoires. Avec deux autres journalistes, l’italien Giacomo Zandonini (Italie) et le nigérian Ajibola Amzat, elle a tenté de comprendre les raisons derrières la flambée des dépenses européennes sensées freiner la migration en provenance du continent africain.

      Depuis le Nigéria, Maite Vermeulen s’est intéressée aux causes de la migration nigériane vers l’Europe et sur les milliards d’euros déversés dans les programmes humanitaires et sécuritaires dans ce pays. Selon elle, la politique sécuritaire européenne n’empêchera pas les personnes motivées de tenter leur chance pour rejoindre l’Europe. Elle constate que les fonds destinés à freiner la migration sont toujours attribués aux mêmes grandes organisations gouvernementales ou non-gouvernementales. Les financements européens échappent aussi aux évaluations d’impact permettant de mesurer les effets des aides sur le terrain.

      Le travail de recherche des journalistes a duré six mois et se poursuit. Il est financé par Money Trail un projet qui soutient des journalistes africains, asiatiques et européens pour enquêter en réseau sur les flux financiers illicites et la corruption en Afrique, en Asie et en Europe.

      Les Nigérians ne viennent pas en Europe pour obtenir l’asile

      L’équipe a d’abord tenté d’élucider cette énigme : pourquoi tant de nigérians choisissent de migrer vers l’Europe alors qu’ils n’obtiennent quasiment jamais l’asile. Le Nigéria est un pays de plus de 190 millions d’habitants et l’économie la plus riche d’Afrique. Sa population représente le plus grand groupe de migrants africains qui arrivent en Europe de manière irrégulière. Sur les 180 000 migrants qui ont atteint les côtes italiennes en 2016, 21% étaient nigérians. Le Nigéria figure aussi régulièrement parmi les cinq premiers pays d’origine des demandeurs d’asile de l’Union européenne. Près de 60% des requérants nigérians proviennent de l’Etat d’Edo dont la capitale est Bénin City. Pourtant leurs chance d’obtenir un statut de protection sont minimes. En effet, seuls 9% des demandeurs d’asile nigérians reçoivent l’asile dans l’UE. Les 91% restants sont renvoyés chez eux ou disparaissent dans la nature.

      Dans l’article Want to make sense of migration ? Ask the people who stayed behind, Maite Vermeulen explique que Bénin City a été construite grâce aux nigérians travaillant illégalement en Italie. Et les femmes sont peut-être bien à l’origine d’un immense trafic de prostituées. Elle nous explique ceci :

      “Pour comprendre le présent, il faut revenir aux années 80. À cette époque, des entreprises italiennes étaient établies dans l’État d’Edo. Certains hommes d’affaires italiens ont épousé des femmes de Benin City, qui sont retournées en Italie avec leur conjoint. Ils ont commencé à exercer des activités commerciales, à commercialiser des textiles, de la dentelle et du cuir, de l’or et des bijoux. Ces femmes ont été les premières à faire venir d’autres femmes de leur famille en Italie – souvent légalement, car l’agriculture italienne avait cruellement besoin de travailleurs pour cueillir des tomates et des raisins. Mais lorsque, à la fin des années 80, la chute des prix du pétrole a plongé l’économie nigériane à l’arrêt, beaucoup de ces femmes d’affaires ont fait faillite. Les femmes travaillant dans l’agriculture ont également connu une période difficile : leur emploi est allé à des ouvriers d’Europe de l’Est. Ainsi, de nombreuses femmes Edo en Italie n’avaient qu’une seule alternative : la prostitution. Ce dernier recours s’est avéré être lucratif. En peu de temps, les femmes ont gagné plus que jamais auparavant. Elles sont donc retournées à Benin City dans les années 1990 avec beaucoup de devises européennes – avec plus d’argent, en fait, que beaucoup de gens de leur ville n’en avaient jamais vu. Elles ont construit des appartements pour gagner des revenus locatifs. Ces femmes étaient appelées « talos », ou mammas italiennes. Tout le monde les admirait. Les jeunes femmes les considéraient comme des modèles et voulaient également aller en Europe. Certains chercheurs appellent ce phénomène la « théorie de la causalité cumulative » : chaque migrant qui réussit entraîne plus de personnes de sa communauté à vouloir migrer. A cette époque, presque personne à Benin City ne savait d’où venait exactement l’argent. Les talos ont commencé à prêter de l’argent aux filles de leur famille afin qu’elles puissent également se rendre en Italie. Ce n’est que lorsque ces femmes sont arrivées qu’on leur a dit comment elles devaient rembourser le prêt. Certaines ont accepté, d’autres ont été forcées. Toutes gagnaient de l’argent. Dans les premières années, le secret des mammas italiennes était gardé au sein de la famille. Mais de plus en plus de femmes ont payé leurs dettes – à cette époque, cela prenait environ un an ou deux – et elles ont ensuite décidé d’aller chercher de l’argent elles-mêmes. En tant que « Mamas », elles ont commencé à recruter d’autres femmes dans leur ville natale. Puis, lentement, l’argent a commencé à manquer à Benin City : un grand nombre de leurs femmes travaillaient dans l’industrie du sexe en Italie.”

      Aujourd’hui, l’Union européenne considère le Nigéria comme son plus important “partenaire migratoire”et depuis quelques années les euros s’y déversent à flots afin de financer des programmes des sécurisation des frontières, de création d’emploi, de lutte contre la traite d’être humains et des programmes de sensibilisation sur les dangers de la migration vers l’Europe.
      Le “cartel migratoire” ou comment peu d’organisation monopolisent les projets sur le terrain

      Dans un autre article intitulé A breakdown of Europe’s € 1.5 billion migration spending in Nigeria, les journalistes se demandent comment les fonds européens sont alloués au Nigéria. Encore une fois on parle ici des projets destinés à freiner la migration. En tout ce sont 770 millions d’euros investis dans ces “projets migration”. En plus, le Nigéria bénéficie d’autres fonds supplémentaires à travers les “projets régionaux” qui s’élèvent à 775 millions d’euros destinés principalement à coordonner et organiser les retours vers les pays d’origines. Mais contrairement aux engagements de l’Union européenne les fonds alloués aux projets en faveur de la migration légale sont très inférieurs aux promesses et représentent 0.09% des aides allouées au Nigéria.

      A qui profitent ces fonds ? Au “cartel migratoire” constitué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de l’Organisation internationale des migrations (OIM), de l’UNICEF, de l’Organisation internationale du travail (OIL), de l’Organisation internationale des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC). Ces organisations récoltent près de 60% des fonds alloués par l’Union européenne aux “projets migration” au Nigéria et dans la région. Les ONG et les consultants privés récupèrent 13% du total des fonds alloués, soit 89 millions d’euros, le double de ce qu’elles reçoivent en Europe.
      Les montants explosent, la transparence diminue

      Où va vraiment l’argent et comment mesurer les effets réels sur les populations ciblées. Quels sont les impacts de ces projets ? Depuis 2015, l’Europe a augmenté ses dépenses allouées à la migration qui s’élèvent désormais à plusieurs milliards.

      La plus grande partie de ces fonds est attribuée à l’Afrique. Dans l’article Europe spends billions stopping migration. Good luck figuring out where the money actually goes, Maite Vermeulen, Ajibola Amzat et Giacomo Zandonini expliquent que l’UE prévoit de doubler ces dépenses dans le budget 2021-2027 et quadrupler les dépenses sur le contrôle des frontières.

      Des mois de recherche n’ont pas permis de comprendre comment étaient alloués les fonds pour la migration. Les sites internet sont flous et de nombreux bureaucrates européens se disent incapables concilier les dépenses car la transparence fait défaut. Difficile de comprendre l’allocation précise des fonds de l’Union européenne et celle des fonds des Etats européens. Le tout ressemble, selon les chercheurs, à un immense plat de spaghettis. Ils se posent une question importante : si eux n’y arrivent pas après des mois de recherche comment les députés européens pourraient s’y retrouver ? D’autres chercheurs et fonctionnaires européens qualifient les dépenses de migration de l’UE d’opaques. La consultation de nombreux sites internet, documents officiels, rapports annuels et budgets, et les nombreuses demandes d’accès à l’information auprès de plusieurs pays européens actifs au Nigéria ainsi que les demandes d’explications adressées à la Commission européenne n’ont pas permis d’arriver à une vision globale et précise des budgets attribués à la politique migratoire européenne. Selon Tineke Strik, député vert au parlement européen, ce manque de clarté a des conséquences importantes sur le processus démocratique, car sans vision globale précise, il n’y a pas vraiment de surveillance possible sur les dépenses réelles ni sur l’impact réel des programmes sur le terrain.

      https://thecorrespondent.com/154/europe-spends-billions-stopping-migration-good-luck-figuring-out-where-the-money-actually-goes/102663569008-2e2c2159

  • Why Development Will Not Stop Migration

    #Hein_de_Haas discusses the myths of ’South-North’ migration and the relationship between development and migration.

    Among the many myths perpetuated about migration, one of the most common is that ‘South–North’ migration is essentially driven by poverty and underdevelopment. Consequently, it is often argued that stimulating economic development would reduce migration from developing countries to North America and Europe. However, this ignores evidence that most migration neither occurs from the poorest countries nor from the poorest segments of the population. In fact, the paradox is that development and modernization initially leads to more migration.

    Historical experiences show that societies go through migration transitions as part of broader development processes. In their seminal study of large-scale European migration to North America between 1850 and 1913, The Age of Mass Migration, Timothy Hatton and Jeffrey Williamson found that trans-Atlantic migration was driven by the mass arrival of cohorts of young workers on the labour market, increasing incomes and a structural shift of labour out of agriculture towards the urban sector. The rapidly industrializ­ing Northwestern European nations therefore initially dominated migration to North America, with lesser developed Eastern and Southern European nations fol­lowing suit only later.

    This pattern also seems to apply to contemporary migration. Recent advances in data and analysis have improved insights about the relationship between devel­opment and migration. In 2010, newly available global data on migrant populations enabled me to do the first global assessment of the relationship between levels of development and migration. The figure below shows how levels of emigration and immi­gration are related to development levels, as measured by the Human Development Index (HDI). The pattern for immigration is linear and intuitive: more developed countries attract more migrants. The relation between levels of human development and emigration is non-linear and counter-intuitive: middle-income countries tend to have the highest emigration levels. This finding has been confirmed by later studies using global migration data covering the 1960–2015 period, which all demonstrate that increases in levels of economic and human development are initially associated with higher levels of emigration.


    Only when countries achieve upper-middle income status, such as has recently been the case with Mexico and Turkey, does emigration decrease alongside increasing immigra­tion, leading to their transformation from net emigration to net immigration coun­tries. In a recent paper, Michael Clemens estimated that, on average, emigration starts to decrease if countries cross a wealth-threshold of per-capita GDP income levels of $7,000–8,000 (corrected for purchasing power parity), which is roughly the current GDP level of India, the Philippines and Morocco.

    Development in low-income countries boosts internal and international migration because improvements in income, infrastructure and education typically increase people’s capabilities and aspirations to migrate. Particularly international migration involves significant costs and risks which the poorest generally cannot afford, while education and access to informa­tion typically increases people’s material aspirations. Education and media exposure also typically accelerate cultural change which changes people of the ‘good life’ away from rural and agrarian lifestyles towards urban lifestyles and jobs in the industrial and service sectors. The inevitable result is increasing migration to towns, cities and foreign lands.

    Middle-income countries therefore tend to be the most migratory and international migrants predominantly come from relatively better-off sections of origin populations. Although these are averages that cannot be blindly applied to individual countries, it seems therefore very likely that any form of development in low-income countries such as in sub-Saharan Africa, South- and South-East and Central America will lead to more emigration in the foreseeable future. More generally, this shows the inadequacy of traditional push-pull models to explain migration and the need for research-driven views on migration.

    https://www.macmillanihe.com/blog/post/why-development-will-not-stop-migration-hein-de-haas
    #réfugiés #migrations #développement #mythe #pauvreté #push-factors #push_factors #facteur_push

    Ajouté à la métaliste migrations / développement :
    https://seenthis.net/messages/733358

  • Le développement personnel, nouvel opium du peuple ? – Mondes Sociaux
    https://sms.hypotheses.org/18751

    par Natacha Guay · Publié 18/02/2019

    Avez-vous déjà rêvé de vivre une vie heureuse et épanouissante ? Oui ? Cela tombe bien : c’est ce que proposent de nombreux coachs et chercheurs spécialistes en psychologie dite « positive », et plus précisément en développement personnel. Livres, applications mobiles, cours de méditation, séances de coaching et séminaires spécialisés sont autant de biens et services proposés aux individus et aux organisations (y compris les entreprises) pour s’épanouir.

    Suffit-il d’écouter les « experts » du bonheur pour être heureux ? Que cache le marché florissant du bien-être ? Quels individus et groupes considèrent le bonheur comme une idée utile ? Quels intérêts et quels postulats idéologiques cette idée sert-elle activement ? Quelles en sont les conséquences économiques et politiques ? C’est ce qu’étudient la sociologue Eva Illouz et le psychologue José Cabanas dans Happycratie.

    #idéologie #santé #libéralisme

  • EU aid and development funding has provided €215 million for border security in Morocco since 2001

    Since 2001, almost €215 million has been provided to Morocco by the EU to finance border security projects. Human rights abuses against migrants and refugees committed by Moroccan authorities call into question whether financial support from the EU to Moroccan border security should continue.

    http://www.statewatch.org/analyses/no-347-eu-morocco-aid-border-security.pdf

    Initial EU funding efforts worth some €68 million took place between 2001 and 2010 and, despite an interlude in which financial support was concerned with reform of the country’s migration policy, in 2018 funding for border security returned with a vengeance, with €140 million promised to Morocco - half of which comes from the EU Trust Fund for Africa.

    The strengthening of the EU-Morocco relationship on migration control has coincided with a crackdown on migrant presence in the north of Morocco, during which at least 8,000 people have been arrested and internally displaced to the south by the Moroccan police.

    People on the move have often faced violence at the hands of the Moroccan authorities in the name of enforcing the country’s migration policy. Nevertheless, the European Commission is reticent to acknowledge that it may have contributed in some way to operations by the Moroccan security forces in which human rights have been violated - an official told Statewatch that Morocco “advocates for a humanistic approach that considers human rights and integration as its first priority.”

    There is little publicly-available information on the results of these funding programmes and the evaluation report for just one project is publicly available. However, the activities foreseen for each project - contained in documents released to Statewatch - indicate that development aid has been used to increase the capacity of Moroccan state institutions to control the country’s land and sea borders, to exchange and coordinate information with both African and European partners. It seems like that the projects currently being implemented will continue in this vein.

    http://www.statewatch.org/news/2019/nov/eu-morocco-borders.htm
    #Maroc #externalisation #externalisation_des_frontières #asile #migrations #développement #aide_au_développement #coopération_au_développement #fermeture_des_frontières #frontières

    ping @isskein @karine4

    Ajouté à cette métaliste sur développement et migrations :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768702

  • Why return from Europe is causing problems for The Gambia

    Roughly 38,500 Gambians left the country through ‘irregular’ means between 2013 and 2017. Today, almost every family has ties abroad. The influx of immigrants to Europe and elsewhere was caused by political oppression under the long-serving former president Yahya Jammeh. His oppressive politics also severely affected the economic prospects of The Gambia’s young population.

    As a result, a large number of citizens, mostly young men, sought asylum in Europe. But very few have been allowed to stay. Even more were turned away when Jammeh was toppled after elections in 2017 and the country returned to democracy. More recently, there has been a big push from European Union (EU) member states to return failed asylum seekers back home to The Gambia.

    The question of returns is particularly volatile in the west African nation of 2 million people, reflected in the country’s and European press.

    A slight increase in Gambian deportations began in November 2018 after the EU and the government agreed on a ‘good practice’ agreement for efficient return procedures.

    This intensified cooperation became possible due to the governmental change in 2017, with President Adama Barrow becoming President after the elections, as we found in our research on the political economy of migration governance in The Gambia.

    Despite initial cooperation with the EU on returns, in March 2019 Barrow’s government imposed a moratorium on any further deportations of its nationals from the EU. After a standoff of several months, the moratorium has now been lifted. Though only temporary, the moratorium was an important tool for the government to manage problems with its domestic legitimacy.
    Relationship challenges

    Jammeh’s ousting ended years of severe repression and corruption that had discouraged donor countries from cooperating with The Gambia. When he left, the country quickly established positive relations with the EU which has become its most important development partner. It provides €55 million in budgetary support and runs three projects to address the root causes of destabilisation, forced displacement and irregular migration. But the moratorium was a stress test for this new relationship.

    Before the moratorium was imposed in March 2019, the government had started to tentatively cooperate with the EU on return matters. For example, it sent regular missions to Europe to issue nationals with identification documents to facilitate their return.

    Relations began to sour when European governments increased returns in a way that authorities in The Gambia viewed as inconsistent with the ‘good practice’ agreement. The agreement stipulates that return numbers should not overstretch the country’s capacity to receive returnees. It also states that adequate notice must be given before asylum seekers are returned. Both of these provisions were allegedly breached.
    Problems at home

    The incoming returns quickly led to heated debates among the population and on social media. The rumblings peaked in February 2019 with one particular return flight from Germany. Authorities in Banjul claimed they had not been well informed about it and initially refused entry. Public demonstrations followed in March. The moratorium, which European partners had already been notified about, was declared shortly afterwards.

    The moratorium can be linked to diplomatic and technical inefficiencies, but it is also based on a more fundamental problem for Barrow’s government. By cooperating with the EU on returns, they risk their domestic legitimacy because by and large, most Gambians in Europe do not want to return home.

    The initial euphoria that surrounded the democratic transition is wearing off. Many reform processes such as in the security sector and in the media environment are dragging. The economic situation of many has not improved. Allowing more deportations from the EU is perceived as betrayal by many migrants and their families.

    The government is frequently suspected to play an active role in returns and is accused of witholding information about their dealings with the EU and member states like Germany. Incidentally, President Barrow is currently seeking to extend his rule beyond the three-year transition period originally agreed upon, ending in January 2020. Opposition to these plans is widespread.

    In these politically tense times, pressing a pause button on returns fulfilled a symbolic function by defending Gambians against foreign national interests. The recent lifting of the moratorium is politically very risky. It paves the way for more of the deeply unpopular chartered return operations.

    What next?

    On the whole, The Gambia has little room to manoeuvre. It is highly dependent on the EU’s goodwill and financial support for its reforms process. In line with the development focus of the EU, the position of the government is to prepare the ground for more “humane” repatriations, which will need more time and joint efforts.

    This would include better and more comprehensive reintegration opportunities for returned migrants. Reintegration is already the focus of various projects funded by the European Union Trust Fund. Programmes like the International Organisation for Migration’s ‘Post-Arrival Reintegration Assistance’ for returnees from Europe are up and running. However, they only serve a limited number of returnees and cannot meet all their needs.

    It is important to note that the role of the Gambian state in providing reintegration support has been marginal.

    With the lifting of the moratorium EU-Gambia cooperation stands at a crossroads. If EU member states maintain their hardline returnee approach The Gambia’s new government will continue to struggle with its legitimacy challenges. This could potentially jeopardise democratisation efforts.

    In the alternative, the EU could take a more cooperative stance by working on more holistic, development-oriented solutions. A starting point would be to move away from plans to return high numbers of failed asylum seekers. Sending back large numbers of migrants has never been feasible.

    The Gambian government will be more honest about its migration dealings with the EU if the agreements are fair and practical. Most importantly, if Gambians had access to fair and practical migration pathways this would lessen cases of irregular migration, which continue to remain high.

    Without a greater share of legal migration, the issue of return will continue to be particularly contentious.

    https://theconversation.com/why-return-from-europe-is-causing-problems-for-the-gambia-124036
    #Gambie #retour #renvois #expulsions #réfugiés_gambiens #développement #coopération_au_développement #aide_au_développement #conditionnalité_de_l'aide #Allemagne #moratoire #réintégration #European_Union_Trust_Fund #Trust_Fund #Post-Arrival_Reintegration_Assistance #OIM #IOM
    ping @karine4 @_kg_

    J’ai ajouté « #deportees » dans la liste des #mots autour de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225
    Et plus précisément ici : https://seenthis.net/messages/414225#message812066
    #terminologie #vocabulaire
    ping @sinehebdo

    Ajouté à la métaliste développement-migrations, autour de la conditionnalité de l’aide :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768701

  • AI For Good Is Often Bad. Trying to solve poverty, crime, and disease with (often biased) technology doesn’t address their root causes.

    After speaking at an MIT conference on emerging #AI technology earlier this year, I entered a lobby full of industry vendors and noticed an open doorway leading to tall grass and shrubbery recreating a slice of the African plains. I had stumbled onto TrailGuard AI, Intel’s flagship AI for Good project, which the chip company describes as an artificial intelligence solution to the crime of wildlife poaching. Walking through the faux flora and sounds of the savannah, I emerged in front of a digital screen displaying a choppy video of my trek. The AI system had detected my movements and captured digital photos of my face, framed by a rectangle with the label “poacher” highlighted in red.

    I was handed a printout with my blurry image next to a picture of an elephant, along with text explaining that the TrailGuard AI camera alerts rangers to capture poachers before one of the 35,000 elephants each year are killed. Despite these good intentions, I couldn’t help but wonder: What if this happened to me in the wild? Would local authorities come to arrest me now that I had been labeled a criminal? How would I prove my innocence against the AI? Was the false positive a result of a tool like facial recognition, notoriously bad with darker skin tones, or was it something else about me? Is everyone a poacher in the eyes of Intel’s computer vision?

    Intel isn’t alone. Within the last few years, a number of tech companies, from Google to Huawei, have launched their own programs under the AI for Good banner. They deploy technologies like machine-learning algorithms to address critical issues like crime, poverty, hunger, and disease. In May, French president Emmanuel Macron invited about 60 leaders of AI-driven companies, like Facebook’s Mark Zuckerberg, to a Tech for Good Summit in Paris. The same month, the United Nations in Geneva hosted its third annual AI for Global Good Summit sponsored by XPrize. (Disclosure: I have spoken at it twice.) A recent McKinsey report on AI for Social Good provides an analysis of 160 current cases claiming to use AI to address the world’s most pressing and intractable problems.

    While AI for good programs often warrant genuine excitement, they should also invite increased scrutiny. Good intentions are not enough when it comes to deploying AI for those in greatest need. In fact, the fanfare around these projects smacks of tech solutionism, which can mask root causes and the risks of experimenting with AI on vulnerable people without appropriate safeguards.

    Tech companies that set out to develop a tool for the common good, not only their self-interest, soon face a dilemma: They lack the expertise in the intractable social and humanitarian issues facing much of the world. That’s why companies like Intel have partnered with National Geographic and the Leonardo DiCaprio Foundation on wildlife trafficking. And why Facebook partnered with the Red Cross to find missing people after disasters. IBM’s social-good program alone boasts 19 partnerships with NGOs and government agencies. Partnerships are smart. The last thing society needs is for engineers in enclaves like Silicon Valley to deploy AI tools for global problems they know little about.

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    The deeper issue is that no massive social problem can be reduced to the solution offered by the smartest corporate technologists partnering with the most venerable international organizations. When I reached out to the head of Intel’s AI for Good program for comment, I was told that the “poacher” label I received at the TrailGuard installation was in error—the public demonstration didn’t match the reality. The real AI system, Intel assured me, only detects humans or vehicles in the vicinity of endangered elephants and leaves it to the park rangers to identify them as poachers. Despite this nuance, the AI camera still won’t detect the likely causes of poaching: corruption, disregarding the rule of law, poverty, smuggling, and the recalcitrant demand for ivory. Those who still cling to technological solutionism are operating under the false assumption that because a company’s AI application might work in one narrow area, it will work on a broad political and social problem that has vexed society for ages.

    Sometimes, a company’s pro-bono projects collide with their commercial interests. Earlier this year Palantir and the World Food Programme announced a $45M partnership to use data analytics to improve food delivery in humanitarian crises. A backlash quickly ensued, led by civil society organizations concerned over issues like data privacy and surveillance, which stem from Palantir’s contracts with the military. Despite Palantir’s project helping the humanitarian organization Mercy Corps aid refugees in Jordan, protesters and even some Palantir employees have demanded the company stop helping the Immigration and Customs Enforcement detain migrants and separate families at the US border.

    Even when a company’s intentions seem coherent, the reality is that for many AI applications, the current state of the art is pretty bad when applied to global populations. Researchers have found that facial recognition software, in particular, is often biased against people of color, especially those who are women. This has led to calls for a global moratorium on facial recognition and cities like San Francisco to effectively ban it. AI systems built on limited training data create inaccurate predictive models that lead to unfair outcomes. AI for good projects often amount to pilot beta testing with unproven technologies. It’s unacceptable to experiment in the real world on vulnerable people, especially without their meaningful consent. And the AI field has yet to figure out who is culpable when these systems fail and people are hurt as a result.

    This is not to say tech companies should not work to serve the common good. With AI poised to impact much of our lives, they have more of a responsibility to do so. To start, companies and their partners need to move from good intentions to accountable actions that mitigate risk. They should be transparent about both benefits and harms these AI tools may have in the long run. Their publicity around the tools should reflect the reality, not the hype. To Intel’s credit, the company promised to fix that demo to avoid future confusion. It should involve local people closest to the problem in the design process and conduct independent human rights assessments to determine if a project should move forward. Overall, companies should approach any complex global problem with the humility in knowing that an AI tool won’t solve it.

    https://www.wired.com/story/opinion-ai-for-good-is-often-bad/?mbid=social_twitter
    #IA #intelligence_artificielle #pauvreté #développement #technologie #root_causes #API #braconnage #wildlife #éléphants #droits_humains

  • A Dakar, l’immigration s’invite dans les débats entre gouvernements français et sénégalais

    Après une longue séquence polémique dans l’hexagone, le thème de l’immigration s’est invité dimanche au 4e séminaire intergouvernemental entre la France et le Sénégal à Dakar, où Edouard Philippe est arrivé pour s’entretenir aussi avec le président Macky Sall de la lutte antijihadiste au Sahel.

    Deux ans après la dernière édition de ces rencontres de haut niveau, à Matignon, M. Philippe et six de ses ministres sont arrivés dimanche dans la capitale sénégalaise pour nourrir la relation « singulière » entre les deux pays, dixit le chef du gouvernement.

    Quatre feuilles de route sont sur la table de ce séminaire : elles portent sur les enjeux de sécurité et de défense ; l’éducation, la jeunesse et la formation ; l’émergence du Sénégal ; la mobilité et la migration.

    Sept semaines après un débat au Parlement français sur l’immigration voulu par Emmanuel Macron, qui a notamment abouti à de nouvelles mesures concernant l’offre de soins et la future instauration de quotas d’immigration professionnelle, l’issue des négociations entre les deux gouvernements sera attendue.

    « La migration doit être choisie et non subie, telle est notre conviction », a résumé M. Philippe, qui a été accueilli à la mi-journée par M. Sall au palais présidentiel.

    Selon Matignon, « la pression venant du Sénégal », pays à la fois de départ et de transit, « reste élevée » sur l’immigration irrégulière, alors que le pays est jugé « sûr ».

    « Le Sénégal est au 15e rang des nationalités interpellées pour les 9 premiers mois de l’année 2019 », assure-t-on encore de même source, tout en notant que les demandes d’asile ont augmenté de « plus de 50% » l’an passé.

    Parmi les leviers dont dispose la France, l’aide publique au développement, dont le budget total doit atteindre 0,55% du PIB en 2022. Environ 2 milliards d’euros de cette aide ont été distribués au Sénégal depuis 2007 : des « efforts » qui doivent « produire des résultats sur l’immigration irrégulière », souligne Matignon.

    « La coopération entre nos deux pays est bonne mais elle peut encore s’améliorer dans la logique d’engagement réciproque », a insisté M. Philippe dimanche.

    Concernant l’immigration légale, Matignon salue la « vraie dynamique », « de l’ordre de 7% », d’admission d’étudiants sénégalais (12.500 en 2019) dans l’enseignement supérieur français.

    – Trois patrouilleurs vendus -

    M. Philippe a aussi mis en avant dimanche son souhait « d’augmenter le nombre de passeports talents », réservés aux étrangers disposant de certaines qualifications, « et de visas de circulation de longue durée ». Il s’est aussi engagé à réduire de moitié dès début 2020 les délais de traitement des demandes de visas.

    Sur le volet économique, alors que la France est le premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger au Sénégal, un accord a été signé pour la vente de trois patrouilleurs hauturiers du groupe français Kership. Un contrat de plusieurs centaines de millions d’euros qui se double de la vente de missiles du groupe européen basé en France MBDA.

    La cérémonie comportera une dimension symbolique avec la restitution du sabre d’El Hadj Oumar Tall, un chef de guerre et érudit musulman qui a conquis au XIXe siècle un immense territoire à cheval sur le Sénégal, la Guinée et le Mali, et a lutté contre l’armée coloniale française.

    « Comment ne pas voir également dans ce sabre le sang que les tirailleurs sénégalais ont versé au côté des soldats français pour défendre notre pays », a souligné M. Philippe.

    Dans un contexte sécuritaire très dégradé au Sahel marqué par plusieurs attaques jihadistes, les questions militaires rebondiront lundi lors de l’ouverture du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

    Le Sénégal, qui partage des frontières avec la Mauritanie et le Mali, « joue un rôle très important de c ?ur de réseau », estime-t-on à Matignon. Alors que les attaques menacent de se propager, le Sénégal, membre de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), fait office de « pôle de stabilité ».

    « Les terribles événements survenus au Mali depuis le début du mois de novembre montrent que les groupes qui se revendiquent de l’Etat islamique résistent encore et qu’il ne faut pas baisser la garde », a averti M. Philippe dimanche.

    Et Dakar, qui doit porter l’effectif de son armée de terre de 20.000 à 30.000 hommes d’ici à 2025 « a vocation à faire partie du partenariat pour la sécurité et la stabilité (au Sahel) annoncé lors du G7 de Biarritz » en août, dont « les modalités sont en cours d’élaboration », ajoute-t-on à Matignon. A ce titre, le Sénégal pourra apporter un soutien aux forces du G5 Sahel (Mali, Niger, Mauritanie, Tchad et Burkina Faso).

    https://www.courrierinternational.com/depeche/dakar-senegal-et-france-saccordent-pour-lutter-contre-limmigr

    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #externalisation #France #Sénégal #migration_choisie #migration_subie #pays_sûr #développement #étudiants #étudiants_sénégalais #passeports_talents #visas

    ajouté à la métaliste sur le lien entre migrations et développement :
    https://seenthis.net/messages/811609

  • Agustín García Calvo et La Société du bien-être

    Tomás Ibáñez

    https://lavoiedujaguar.net/Agustin-Garcia-Calvo-et-La-Societe-du-bien-etre

    La Société du bien-être suivie de « Dieu et l’Argent »
    et « Plus de rails, moins de routes »

    Parlant de Castoriadis il y a déjà quelques années, Edgar Morin n’hésita pas à le qualifier de véritable « Titan de la pensée », mon sentiment est que cette expression qui me semble on ne peut plus heureuse dans ce cas pourrait s’appliquer tout aussi bien à Agustín García Calvo.

    Peu connu en France, mais auréolé d’un indéniable prestige dans la mouvance contestataire d’outre Pyrénées, Agustín García Calvo est probablement le penseur le plus original et le plus créatif de tous ceux qui ont agité la pensée espagnole au cours du dernier demi-siècle.

    Expulsé en 1965 de sa chaire à l’Université de Madrid pour avoir attisé les révoltes étudiantes et avoir inspiré le groupe des jeunes « Acrates », il ne la récupéra qu’à la mort du dictateur, après un long exil à Paris. C’est de ce séjour en France que datent des textes devenus célèbres tels que La Commune antinationaliste de Zamora ou le Communiqué urgent contre le gaspillage. (...)

    #García_Calvo #société #argent #Luis_Bredlow #État #Capital #développement #progrès #réalité #abstraction #individu #peuple #pouvoir

  • #Leslie_Chan

    In this regard it is interesting that you switched the term “developing countries” to “Global South” in your question. The term has multiple meanings but one of them refers to “spaces and peoples negatively impacted by contemporary capitalist globalization”.2 This usage focuses our attention on the nature of power and marginalization within global capitalism, and this is appropriate when it comes to the increasing control of the handful of oligarch publishers over the circulation of global public knowledge.

    https://www.openlibhums.org/news/314
    #terminologie #vocabulaire #mots #Global_South #sud_global #sud_globaux #développement #pays_en_développement #pouvoir #marginalisation #capitalisme

    ping @reka

    • #Anne_Garland_Mahler : Global South

      The Global South as a critical concept has three primary definitions. First, it has traditionally been used within intergovernmental development organizations—primarily those that originated in the Non-Aligned Movement—to refer to economically disadvantaged nation-states and as a post–Cold War alternative to “Third World.” However, within a variety of fields, and often within literary and cultural studies, the Global South has been employed in a postnational sense to address spaces and peoples negatively impacted by contemporary capitalist globalization. In this second definition, the Global South captures a deterritorialized geography of capitalism’s externalities and means to account for subjugated peoples within the borders of wealthier countries, such that there are Souths in the geographic North and Norths in the geographic South. While this usage relies on a longer tradition of analysis of the North’s geographic Souths—wherein the South represents an internal periphery and subaltern relational position—the epithet “global” is used to unhinge the South from a one-to-one relation to geography. It is through this deterritorial conceptualization that a third meaning is attributed to the Global South, in which it refers to the resistant imaginary of a transnational political subject that results from a shared experience of subjugation under contemporary global capitalism. This subject is forged when the world’s Souths mutually recognize one another and view their conditions as shared. The use of the Global South to refer to a transnational political subjectivity under contemporary capitalist globalization draws from the rhetoric of the so-called Third World Project, or the non-aligned and radical internationalist discourses of the Cold War. In this sense, the Global South may productively be considered a direct response to the category of postcoloniality in that it captures both a political subjectivity and ideological formulation that arises from lateral solidarities among the world’s multiple “Souths” and that moves beyond the analysis of colonial difference within postcolonial theory. Critical scholarship that falls under the rubric Global South is invested in the analysis of the formation of a Global South subjectivity, the study of power and racialization within global capitalism in ways that transcend the nation-state as the unit of comparative analysis, and in tracing contemporary South-South relations—or relations among subaltern groups across national, linguistic, racial, and ethnic lines—as well as the histories of those relations in prior forms of South-South exchange.

      https://www.oxfordbibliographies.com/view/document/obo-9780190221911/obo-9780190221911-0055.xml
      #ressources_pédagogiques

  • Illich et la guerre contre la subsistance,
    hier et aujourd’hui

    Jean Robert

    https://lavoiedujaguar.net/Illich-et-la-guerre-contre-la-subsistance-hier-et-aujourd-hui

    Durant l’automne de 2013, l’essayiste public que je prétends être a dû faire face à deux tâches hétérogènes entre lesquelles j’ai eu l’intuition de convergences à explorer, mais aussi la certitude immédiate d’incompatibilités. Ce furent, d’une part, la rédaction d’un essai et la traduction française de textes d’un collègue mexicain sur la « petite école » zapatiste qui eut lieu en août, et, d’autre part l’élaboration de l’article que le lecteur a sous les yeux.

    La première de ces tâches consistait à mettre au net, d’abord en espagnol et puis en français, les souvenirs des jours passés au Chiapas à étudier, sous la conduite de paysans et paysannes indigènes, l’expérience zapatiste, depuis 2003, de construction d’un monde de liberté et de justice concrètes, c’est-à-dire proportionnées aux communautés qui les pratiquent. La seconde : la rédaction du présent article sur un homme — un penseur, un historien, un philosophe et un théologien qui se défendait de l’être — qui m’honora de son amitié du début des années 1970 à sa mort, en 2002 : Ivan Illich. Quel rapport y a-t-il entre ce qui en 2002 était encore un mouvement insurgé indigène et ce penseur « radical au vrai sens du mot » ? (...)

    #Ivan_Illich #zapatistes #EZLN #Mexique #Guillermo_Bonfil #Ernst_Bloch #État-nation #Marché #subsistance #guerre #travail #autonomie #modernité #développement #aliénation #Karl_Polanyi #Marx #transports #villes #conquête #invasion #faim #misère #Bentham #Mumford

  • Sur le plancher des vaches (IV/I)
    Symboles (et plus si affinités)

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-IV-I-Symboles-et-plus-si-affinites

    Paris, le 7 octobre 2019
    Amis,

    « Le plancher des vaches » inaugural jouait avec quelques pseudo-vérités concernant ce que l’on a nommé la « technontologie ». La principale question posée était celle-ci : Notre genre d’humain n’aurait-il pas une certaine propension à recycler sans fin le divin Un ? Si tel était le cas, Dieu ne serait pas mort, mais où s’cache t’El crénom ?

    Le champ d’investigation proposé pour tenter de répondre à cette question est celui du monde du travail. « Le plancher des vaches II » a brossé à grand traits quelques dispositifs structurants mis en place à l’échelon mondial depuis les années 1980, dispositifs dont on a affirmé, dans « le plancher des vaches III », qu’ils dessinent un mouvement progressif de chosification du vivant.

    Ce mouvement n’est pas récent, mais on fait ici l’hypothèse qu’après la prise de corps opérée par la division scientifique du travail, puis le remplacement de bien des corps par des machines, l’époque actuelle est à la prise de tête. Nous avons réduit celle-ci au seul vocable de normalisation — nom proposé pour les tables de la loi —, soit un état de normalité, ce qui pourrait sembler à d’aucuns rassurant. Mais dans ce terme, au-delà de la norme, il y a un caractère de procédé, une proactivité et, sous-jacentes à celle-ci, des nécessités de vérifier ladite normalité. (...)

    #Dieu #normalisation #loi #Florence_Parly #intelligence_artificielle #symbole #cercle #Terre #religion #flèches #projet #développement_durable #trinité #génome #borroméen #plan #parousie #entreprise #objectif #stratégie #Hannah_Arendt