• #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

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    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • La Cnaf et Inria s’engagent ensemble pour développer Catala, une solution souveraine de calcul des prestations sociales | Inria
    https://www.inria.fr/fr/cnaf-inria-convention-partenariat-catala-2026

    La Caisse nationale des Allocations familiales (#Cnaf) et l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (#Inria) s’engagent dans une convention de partenariat autour du #développement de #Catala, un #langage de #programmation #informatique visant à transcrire le droit de manière fidèle et #explicable. Cette innovation issue de la recherche publique permet de fiabiliser le calcul des #prestations_sociales et d’assurer #transparence et #évolutivité des moteurs de #calcul. Cette #coopération illustre une même ambition : consolider la maîtrise des technologies utilisées dans les systèmes d’information du service public des familles et de la solidarité, grâce au développement d’outils innovants et souverains.

  • Ziguinchor : face aux défis du chômage et de l’immigration i... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/ziguinchor-face-aux-defis-du-chomage-et-de-limmigration-irreguliere-des-jeu

    Ziguinchor : face aux défis du chômage et de l’immigration irrégulière, des jeunes incitent leurs pairs à l’entrepreneuriat
    Auteur : Max Euclide KANFANY
    Dans une Casamance où le chômage des jeunes et l’émigration irrégulière fragilisent l’avenir, une initiative locale démontre qu’il est possible de transformer les défis en opportunités. À Ziguinchor, l’incubateur Jógjëf, a porté pendant trois années l’initiative « Rendre l’entrepreneuriat accessible à chacune et à chacun (REACH) ». Le programme a permis à des dizaines de jeunes de rester, d’entreprendre et de bâtir leur avenir sur place.
    Ces jeunes porteurs de ce projet ont accompagné plus de 50 entrepreneurs dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou. À travers ses quatre volets – sensibilisation, idéation, incubation et financement – ledit projet a permis à de jeunes porteurs de projets de transformer leurs idées en entreprises viables, selon Babacar Signaté, responsable de l’incubateur Jógjëf. Après des années de déroulement, les résultats sont significatifs, a renseigné le jeune responsable de l’incubateur : 30 projets incubés ont reçu une subvention ; 30 projets issus de l’idéation ont également bénéficié d’un financement. Au total, près de 100 millions de francs CFA ont été distribués en subventions, permettant à des jeunes entrepreneurs de lancer leurs activités et de créer de l’emploi local.
    Plus de 80 % des entreprises accompagnées sont encore actives aujourd’hui, preuve de la pertinence du dispositif. Au-delà des chiffres, ces jeunes, à travers ce projet, ont mis en lumière la nécessité de renforcer l’accompagnement et ont lancé un appel vibrant aux autorités à ce sujet. Si l’Université numérique a joué un rôle déterminant en hébergeant l’incubateur pendant six années, et si des partenaires techniques et financiers comme l’Agence française de développement (AFD) entre autres ont apporté un appui considérable, le financement global du projet n’a couvert que 60 % des besoins. Les 40 % restants n’ont pas été obtenus, limitant l’ampleur des actions prévues, a confié Babacar Signaté. Ce constat souligne l’importance d’un engagement plus fort des autorités locales et nationales. Pour amplifier l’impact et offrir à davantage de jeunes la possibilité de s’insérer par l’entrepreneuriat, un accompagnement accru en ressources et en politiques publiques est indispensable. L’initiative « Rendre l’entrepreneuriat accessible à chacune et à chacun (REACH) », a démontré qu’avec un accompagnement adapté, les jeunes peuvent bâtir leur avenir sur place.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#ziguinchor#developpement#entrepreunariat#economie#jeunesse

  • Lutte des mémoires dans la vallée de l’automobile
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4691

    Elle, est soixante-huitarde, ouvrière féministe et révolutionnaire à l’usine Renault de Flins. Lui est braqueur puis détenu, devenu militant anti-carcéral ainsi que des luttes de l’immigration et des banlieues. Tous deux partagent l’expérience de la lutte sociale et l’envie de transmettre cette mémoire. Rencontre 359 Avril 2026

    / Immigration , Développement, Urbanisme , Leur Histoire, Notre Mémoire , Luttes Sociales , Notre Histoire , Lutte de classes

    #359_Avril_2026
    #Immigration
    #Développement,_Urbanisme
    #Leur_Histoire,_Notre_Mémoire
    #Luttes_Sociales
    #Notre_Histoire
    #Lutte_de_classes

  • The EU donated equipment to the BiH Border Police to combat migrant smuggling, here’s what it includes

    The European Union, Germany, Italy and the Netherlands delivered specialized equipment to the Border Police of Bosnia and Herzegovina with the aim of strengthening the operational readiness of officers and improving border management capacity.

    The handover included a package of equipment with specialized magnifiers for viewing documents, heartbeat detectors for finding people in hidden compartments of trucks and other vehicles, in situations that often involve inhumane conditions and life-threatening risks, and a patrol boat for responding to river incidents, including search and rescue operations.

    This handover is part of a wider package of assistance for capacity building that combines specialized equipment and training, with a total investment of around 200,000 euros, under the EU4FAST project.

    “Efficient border management today requires modern technology, skilled personnel and strong institutions, and this support is designed to support all three aspects. This handover is an example of the practical and concrete support that the European Union, together with its member states, acting as ‘Team Europe’, provides in Bosnia and Herzegovina in facing the challenges of migrant smuggling, human trafficking and border management as a whole. Strengthening the capacity of the Border Police also directly helps Bosnia and Herzegovina in harmonizing with EU standards, especially within the framework of the chapter 23 and 24 of the EU accession process,” said Ambassador Luigi Soreca, Head of the EU Delegation and EU Special Representative in Bosnia and Herzegovina.

    He added that the EU remains committed to supporting Bosnia and Herzegovina on its European path, through reforms that strengthen security, the rule of law and regional cooperation.

    He also pointed out that it is important for Bosnia and Herzegovina to update its plans for unforeseen situations and be prepared in case of an increased influx of irregular migrants.

    Director of the BiH Border Police, Mirko Kuprešaković, emphasized the importance of the donated boat for the work of officers in the field.

    “Modern equipment enables a faster, more efficient and safer reaction of our officers to all the challenges they continuously face in their daily work. This support comes at the right moment, when security challenges are more and more complex, and the need for modernization and strengthening of institutions’ capacities is more and more pronounced. I want to express my sincere gratitude to the European Union, the embassies of the Slovak Republic of Germany, Italy, France and the Netherlands, as well as to all the partners who participated in the implementation of the EU4FAST project,” said Kuprešaković.

    He particularly emphasized Frontex’s significant support to the BiH Border Police, which contributes to strengthening operational capacities and work efficiency.

    German Ambassador to BiH Alfred Grannas said that Germany is proud to contribute to this joint effort, combining national expertise with European resources to achieve concrete and sustainable results within the Team Europe approach.

    “The engagement of GIZ and the German Federal Police particularly reflects Germany’s commitment to sharing practical experience and operational knowledge with partner countries from the Western Balkans region, especially Bosnia and Herzegovina. Last week we had a good example of what this means in practice: experts from the German Federal Police conducted specialized training for Border Police officers in BiH. The main focus was on document review and the use of heart rate detectors, directly linking the equipment to operational skills. Next week, the second training will be repeated for group of interns and I am delighted that we have established this practical and successful collaboration”, said Grannas.

    Oliver Janser, project manager of EU4FAST, said that today’s handover is not just a delivery of equipment.

    “It reflects a sustainable partnership built over years of cooperation, trust and shared responsibility. What we are witnessing today is the result of continuous joint efforts to strengthen capacity and respond to changing challenges at the border. Our cooperation is strategic and forward-looking. We build on what works, learn from experience and invest where it makes a real difference. Each contribution is designed to strengthen previous efforts, ensuring continuity, coherence and measurable results,” said Janser.

    Support is provided within the framework of the EU4FAST project, a regional initiative that supports the fight against human trafficking and migrant smuggling across the Western Balkans worth more than 50 million euros.

    The project is financed by the European Union, the Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ) of Germany, the Ministry of the Interior of Italy and the Ministry of Foreign Affairs of the Netherlands. It is implemented by a consortium of implementation partners, led by GIZ, he writes Klix.

    https://bosniatoday.ba/the-eu-donated-equipment-to-the-bih-border-police-to-combat-migrant-smug
    #externalisation #migrations #réfugiés #frontières #contrôles_frontaliers #Bosnie-Herzégovine #EU #Allemagne #Italie #Pays-Bas #équipement #militarisation_des_frontières #EU4FAST #border_management #technologie #Team_Europe #France #Slovaquie #Frontex #GIZ #développement #GTZ #Balkans #route_des_Balkans #Oliver_Janser

  • Zen of AI Coding - Nonstructured
    https://nonstructured.com/zen-of-ai-coding

    - Software development is dead
    – Code is cheap
    – Refactoring easy
    – So is repaying technical debt
    – All bugs are shallow
    – Create tight feedback loops
    – Any stack is your stack
    – Agents are not just for coding
    – The context bottleneck is in your head
    – Build for a changing world
    – When considering Buy vs. Build, the answer, more often, is build
    – Fast rubbish is still rubbish
    – Software is a liability, a product is an asset
    – Moats are more expensive
    – Build for agents
    – Anticipate modes of failure

    Alors, tu vois, maintenant, tu arrêtes tout, et tu laisses faire les machines.

  • Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    https://www.dakaractu.com/Synergie-entre-Diaspora-et-jeunesse-La-diaspora-represente-un-levier-esse

    Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    Lors du symposium organisé hier à Thiès par Onits et son partenaire Pits, le PCA de la Sapco, par ailleurs initiateur principal de cette rencontre d’échanges et de partage, Doudou Gnagna Diop, a tenu à mettre en lumière le rôle et la place de la diaspora dans la transformation économique et touristique du pays.
    « Le Sénégal entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire économique et sociale. À l’horizon 2050, notre ambition est claire : construire un modèle de développement inclusif, résilient et durable, capable de générer des opportunités pour notre jeunesse et de valoriser pleinement notre capital naturel, culturel et humain. Dans cette transformation, la diaspora sénégalaise occupe une place centrale. Elle constitue une force économique, intellectuelle et stratégique majeure, avec des transferts financiers estimés à plus de 10% du PIB national, mais surtout avec un capital d’expertise, d’innovation et de réseaux internationaux. La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal. Parmi les secteurs à fort potentiel, le tourisme durable apparaît comme un pilier stratégique capable de créer des emplois massifs, de stimuler l’investissement et de renforcer le rayonnement international du Sénégal ».
    « La diaspora sénégalaise représente un acteur clé de transformation économique et touristique. Son rôle dépasse largement les transferts financiers traditionnels. C’est un investisseur naturel et crédible. Une forte capacité d’épargne et d’investissement. Une connaissance des marchés internationaux, une capacité à mobiliser des réseaux économiques globaux. Elle peut jouer un rôle majeur dans la création d’infrastructures touristiques durables, le développement d’écologie et complexes éco-touristiques, l’investissement dans les startups touristiques et numériques, le financement participatif etc... C’est aussi un ambassadeur international du tourisme sénégalais. C’est une valeur de transfert de compétences.
    Alors, la diaspora peut contribuer activement à la formation professionnelle des jeunes : le mentorat-entreprenariat, le transfert de technologie touristique innovante, le développement de standards internationaux de qualité ». « Le numérique permet aux jeunes de créer des plateformes de réservation locale, développer des solutions touristiques innovantes, promouvoir la destination sénégalaise à l’international et valoriser le patrimoine culturel via les technologies. Alors, il va falloir former une masse critique de jeunes dans le tourisme durable et créer un écosystème d’insertion professionnelle[...]. À l’horizon 2050, la transformation du Sénégal sera collective, elle sera portée par ses territoires, elle sera incarnée par sa jeunesse, elle sera amplifiée par sa diaspora... »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#jeunesse#developpement#formation#sante

  • Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    https://www.dakaractu.com/Migration-irreguliere-l-IHRC-RFT-mobilise-experts-et-autorites-autour-d-u

    Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    Au Sénégal, la migration irrégulière continue de faucher les espoirs de milliers de jeunes, prêts à affronter l’océan au péril de leur vie. Entre chômage, pression sociale et mirage de l’eldorado européen, l’exil clandestin s’impose comme un drame national. C’est dans ce contexte que la Commission Internationale des Droits de l’Homme, Fonds et Secours (IHRC-RFT) a organisé un séminaire de haut niveau ce 29 janvier 2025, placé sous le thème : « Jeunesse, Migration et Opportunités Locales au Sénégal : Rester et Bâtir un Avenir Résilient ». Face à cette urgence, autorités, experts et organisations internationales appellent à une réponse ferme, axée sur l’emploi, la formation et des opportunités locales crédibles.
    Selon les données de la Gendarmerie nationale, plus de 47.000 migrants ont atteint les îles Canaries en 2024, dont 20 % de nationalité sénégalaise, 43 % de Malien, 8% de Mauritanien. Pour 2025, 17.970 migrants ont déjà été enregistrés, à bord de 266 embarcations, dont 15 pirogues en provenance du Sénégal transportant 1.920 personnes.
    Intervenant lors du séminaire, l’honorable Moussa Diakhaté, Directeur Exécutif de l’IHRC-RFT bureau Sénégal, a dressé un diagnostic sans complaisance : « La frange la plus dynamique de notre population quitte le pays dans des conditions indignes. Il y a des facteurs économiques, sociaux et une forte pression sociale. Nous devons briser l’illusion selon laquelle il faut forcément partir pour réussir. ». Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une réponse collective, impliquant l’État, la société civile, les partenaires internationaux et la jeunesse elle-même. Pour clore son propos, l’honorable député estime que la migration irrégulière constitue un défi majeur pour la jeunesse sénégalaise.« Il est urgent de déconstruire l’illusion selon laquelle il faut quitter le pays pour réussir », a-t-il déclaré.
    Le criminologue Dr Djiby Diallo, conseiller spécial de l’IHRC-RFT a, pour sa part, souligné que le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise gouvernance figurent parmi les principales causes du phénomène, appelant à des réformes structurelles dans l’éducation et la formation professionnelle. « La mauvaise gouvernance, le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise répartition des ressources sont des causes majeures de la migration. » à t-il relevé
    Il appelle à des réponses structurelles, notamment par la réforme des programmes éducatifs, la formation aux compétences dès le plus jeune âge et une meilleure inclusion sociale : « Les conflits naissent souvent de la frustration et du sous-emploi des jeunes. Investir dans leur avenir, c’est prévenir l’instabilité. »
    Alors que des milliers de jeunes continuent de risquer leur vie sur l’Atlantique, les intervenants ont insisté sur un message central : la migration irrégulière n’est pas seulement un défi sécuritaire, mais un enjeu de développement, de dignité et d’avenir national. Ils ont ainsi plaidé pour un renforcement de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Migration Irrégulière (SNLMI) et un meilleur accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’entrepreneuriat local.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#migrationirreguliere#sante#developpement

  • L’étrange Noël de Carole Delga et Kamel Chibli
    Pour les élu.e.s phares de la #Région_Occitanie – Occis la vie ! –, 2026 va commencer aussi mal que 2025 s’est achevée : avant comme après les fêtes, des affiches à leur effigie fleurissent aux quatre coins du territoire, sur les murs de la métropole comme sur ceux des petits villages. Elles se reproduisent toutes seules, passent de main en main, de groupe en groupe, de département en département…
    Ces affiches figurent la présidente de région, #Carole_Delga, et son vice-président, #Kamel_Chibli, en hors-la-loi du Far West recherchés (Wanted) pour « coupables de haute trahison contre la nature et l’être humain » : #A69, Lignes à Grande Vitesse, méga-port de marchandises et giga-éoliennes à Port-la-Nouvelle, dressage des jeunes au numérique et intoxication de la population par les smartphones. Ces papiers muraux mettent en évidence la cohérence de l’action des représentants du Parti de l’État et du Développement (qu’ils s’appellent Delga, Wauquiez ou Bardella) : moderniser et bétonner quel qu’en soit le prix humain et écologique ; extraire plus de métaux et produire toujours plus d’énergie sans que les finalités de cette course puissent être questionnées ; servir à tous coups les intérêts des grandes entreprises et de l’armée. Nous maintenir, au nom de la fumeuse idée de #transition [écologique ou énergétique], dans le tourbillon du #Développement industriel qui saccage villes et campagnes, fermes et champs, montagnes, rivières et vallées, au mépris de celles et ceux qui y vivent et y travaillent.
    Dans la Dépêche du Midi-Ariège du 7 novembre 2025, Kamel Chibli réagit de manière grotesque à cet affichage qui le prend pour cible, lui et sa patronne aux dents longues. Il prend la défense des salarié.e.s du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises, alors que ces personnes ne sont nullement visées par les affiches Wanted (même quand elles sont collées sur les portes du PNR) : c’est lui et les projets qu’il porte avec d’autres élu.e.s qui sont dénoncés. Ensuite, il reprend la fameuse formule de Valéry Giscard d’Estaing en 1974 (« Vous n’avez pas le monopole du cœur »), en s’exclamant : « Ces gens n’ont pas le monopole de l’#écologie ». Sans doute ! Mais, comment lui et Carole Delga pourraient-ils se réclamer de l’écologie, alors qu’ils soutiennent ou portent des projets de nouvelles mines qui vont souiller les cours d’eau et assoiffer les habitant.e.s ; des projets de parcs éoliens et photovoltaïques impliquant des tonnes de minerais rares et des kilomètres de béton ; la distribution d’ordinateurs – in fine payés par le contribuable à des entreprises privées – à tous les élèves de lycée…
    Sur ses réseaux sociaux Chibli a déclaré : « Honte à ceux qui ont fait ça et à ceux qui encouragent, à longueur de journée, la #brutalisation de la vie publique ». Parole d’expert ! Devant la contestation de leur politique mortifère et pleine de suffisance et de mépris pour leurs concitoyen.es, il accuse les opposant.es de ce qu’il ne cesse lui-même de promouvoir ! Malheur à celles et ceux par qui le scandale arrive…
    Enfin, Chibli fait semblant de se sentir menacé physiquement par les affiches qui pourraient donner envie à un hurluberlu de s’en prendre à lui. En réalité, le seul risque que courent les élu.e.s ciblé.e.s par les panneaux Wanted, c’est que la vérité éclate à leur propos, que des milliers d’Occitan.e.s ordinaires les prennent enfin pour ce qu’ils sont, avec leurs collègues de tous les partis politiques : des artisans du désastre, des complices de l’industrie écocidaire.
    Tout ce que nous souhaitons à Mme Delga et à M. Chibli pour 2026, c’est un choc moral et existentiel, qu’un grand élan de colère populaire et une crise de conscience aiguë les poussent à la démission. Qu’un soir d’hiver ils prennent leur envol, tels des mésanges traversant l’A69 à l’heure de pointe !
    [Communiqué anonyme envoyé à la rédaction de la feuille hebdomadaire de Radio Zinzine, L’Ire des chênaies .]

  • Journée de la diaspora 2025 : Ce que la 15e région attend de l’État du Sénégal
    https://www.dakaractu.com/Journee-de-la-diaspora-2025-Ce-que-la-15e-region-attend-de-l-Etat-du-Sene

    Journée de la diaspora 2025 : Ce que la 15e région attend de l’État du Sénégal
    Le Sénégal a inscrit ce mercredi une date historique dans son calendrier républicain. Pour la première fois, la diaspora sénégalaise a été célébrée lors d’une Journée nationale qui lui est entièrement dédiée, au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio.
    Présidée par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, en présence du Premier ministre Ousmane Sonko, du président de l’Assemblée nationale et de nombreux membres du gouvernement, cette cérémonie marque un tournant dans les relations entre l’État et ses ressortissants établis à l’étranger : « Mr le président de la République, votre présence est un signal fort. Elle témoigne de votre volonté claire de refonder les relations entre l’État du Sénégal et sa diaspora », a salué Babacar Diop, représentant des Sénégalais d’Amérique du Nord et d’Océanie, devant diplomates et personnalités. Au-delà du protocole, l’événement consacre officiellement la diaspora comme partenaire central du projet national. Désormais qualifiée de “15ᵉ région” du Sénégal, elle pèse lourd dans l’économie : ses transferts de fonds représentent environ 10 % du PIB national, sans compter son rôle dans l’innovation, le développement local et le rayonnement culturel du pays.
    Pour rappel, l’initiative trouve son origine dans les échanges entre le président Faye et la communauté sénégalaise des Émirats arabes unis en 2024. Validée en Conseil des ministres en mai 2025, elle s’est concrétisée par un décret adopté à la mi-juillet fixant le 17 décembre comme Journée nationale de la diaspora. Depuis son installation, le nouveau gouvernement place la diaspora au cœur de sa vision d’un Sénégal « souverain, juste, prospère et solidaire ».
    Mais la journée n’a été qu’une succession de discours convenus. Au CICAD, les représentants des communautés expatriées ont exposé sans fard leurs difficultés quotidiennes : lourdeurs administratives pour obtenir passeports, visas et titres de séjour, obstacles à l’investissement au pays, défis de l’immigration irrégulière, problèmes d’éducation, de santé et de logement. « Excellence, monsieur le président de la République, Mesdames et Messieurs, la diaspora ne demande ni aumône ni pitié. Nous demandons simplement d’être reconnus comme des partenaires à part entière dans la construction du Sénégal de demain », a plaidé Babacar Dièye, président de l’association des ressortissants sénégalais au Maroc. « Nous sommes prêts à investir au Sénégal, mais nous avons besoin d’un environnement favorable : une sécurité juridique, une simplification administrative, un accompagnement technique et des infrastructures fiables. »
    Parmi les propositions émises figurent la création d’un Haut Conseil des Sénégalais de l’extérieur et d’un ministère exclusivement chargé des questions diasporiques. Des pistes qui témoignent de la volonté de bâtir un cadre institutionnel pérenne, au-delà des initiatives ponctuelles. Deux panels de haut niveau ont ponctué la journée : l’un consacré aux « mécanismes d’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur », l’autre à la « mobilisation du capital humain de la diaspora : enjeux et défis ». Le gouvernement entend désormais capitaliser sur l’apport multidimensionnel de ces talents expatriés social, culturel, entrepreneurial et innovant. Une ambition qui devra se traduire par des mesures concrètes pour transformer cette reconnaissance symbolique en partenariat opérationnel.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#diaspora#developpement#capitalhumain#sante#expatrie#entrepreunariat

  • En #Suisse, la #densification urbaine à l’épreuve de sa durabilité
    https://metropolitiques.eu/En-Suisse-la-densification-urbaine-a-l-epreuve-de-sa-durabilite.html

    À #Genève, les projets de densification soulèvent des protestations de la part des résidents, associations et politiques. Luca Piddiu analyse les arguments et les formes de résistance à ces politiques promouvant un aménagement durable. L’image territoriale de la Suisse ne correspond plus entièrement, comme le rappelait le géographe helvète Christian Schmid (Diener et al. 2005), à la carte postale d’une ruralité d’alpage. À la périphérie des grandes agglomérations urbaines progressivement #Terrains

    / densification, #ville_compacte, #conflit, #développement_urbain, #controverse, #périurbain, #étalement_urbain, Genève, (...)

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_piddiu.pdf

  • Aux frontières de l’Europe, un arsenal technologique contre les migrants

    "L’Union européenne déploie à ses frontières des technologies civiles et militaires pour bloquer les flux migratoires. De la Pologne à la Serbie, enquête sur le complexe techno-industriel qui érige la « forteresse Europe »."

    – Épisode 1/5 : En #Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la #forêt primaire
    – Épisode 2/5 : À Madrid, au Salon mondial de la #sécurité aux frontières, le #showroom des #technologies de #surveillance
    – Épisode 3/5 : Dans les #Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile
    – Épisode 4/5 : En #Italie, une #fouille intégrale des #téléphones
    – Épisode 5/5 : En #Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les #drones et les #gangs

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-aux-frontieres-de-l-europe-un-arsenal-technologique-contre-les-mig
    #externalisation #militarisation_des_frontières #technologie #migrations #réfugiés #Europe #Trieste #route_des_Balkans #complexe_militaro-industriel
    #podcast #audio

    ping @reka @isskein @karine4

    • Épisode 1/5 : En Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la forêt primaire

      La forêt de Białowieża est l’une des dernières forêts primaires d’Europe, préservée de l’action humaine depuis près de 12 000 ans. Mais son visage a radicalement changé depuis 2021, lorsque le Bélarus, un pays voisin de la Pologne et allié de la Russie, a créé une crise migratoire.

      Le Bélarus a entrepris de délivrer des visas à des familles venant d’Afrique et du Moyen-Orient, pour les acheminer jusqu’à Minsk, la capitale bélarusse. De là, les autorités bélarusses poussaient les exilés vers la Pologne.

      En réponse, la Pologne a entrepris d’ériger un mur à travers la forêt : une immense barrière de métal, longue de 190 kilomètres, haute de cinq mètres, protégée par trois rangées de barbelés, des caméras, des drones et des hélicoptères.

      “Il y a 5 300 caméras, le mur, des soldats, et un système de détection : si quelqu’un touche le mur, nous sommes avertis immédiatement de ce qu’il se passe”, explique Katarzyna Zdanowicz, la porte-parole des gardes frontières pour la région de Białowieża.

      On a parfois l’impression que la frontière sépare aussi deux manières de comprendre la situation. D’un côté, les activistes, qui parlent de femmes, d’enfants, et de familles qui fuient la guerre. De l’autre, le gouvernement Polonais qui dénonce une “menace” migratoire ; le premier ministre Donald Tusk va jusqu’à parler d’une “guerre hybride” dont les munitions seraient les personnes exilées envoyées sur son territoire. En conséquence, la Pologne a autorisé les gardes frontières à utiliser des armes à feu contre les réfugiés en juillet 2024. En mars 2025, le pays a carrément suspendu le droit des exilés à demander l’asile en arrivant dans le pays. Toute personne interceptée sur le territoire est systématiquement refoulée vers le Bélarus.

      Les militants sur place dénoncent des violations régulières des droits humains à l’encontre des exilés, perpétrés par les gardes frontières bélarusses, mais aussi polonais.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-pologne-un-mur-de-190-kilometres-a-travers-la-foret-primaire-7597265

      #murs #barrières_frontalières #Grupa_Granica #Belarus #caméras #caméras_de_surveillance #détection #Biélorussie #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #menaces #menace_migratoire #guerre_hybride #décès #mourir_aux_frontières #gardes-frontières #armes_à_feu #refoulements #push-backs #Krynki #drones

    • Épisode 2/5 : À Madrid, au #Salon_mondial_de_la_sécurité_aux_frontières, le #showroom des technologies de surveillance

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience à Madrid, lors du #World_Border_Security_Congress.

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception : pas le droit de photographier, pas le droit d’enregistrer avec un micro, et une liberté de circuler très relative. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience dans la capitale espagnole, lors du World Border Security Congress, le salon mondial de la sécurité aux frontières, qui réunit les acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance et de la répression de l’immigration. L’événement est tout simplement interdit aux journalistes : il nous faut nous faire accréditer par une ONG pour pouvoir y accéder, et découvrir les dernières innovations technologiques en matière de surveillance des frontières.

      Se pensant loin des micros de la presse, #Hans_Leijten, le directeur exécutif de #Frontex, livre un discours extrêmement dur :

      “Laissez-moi être clair : dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de repas gratuit, expose-t-il. La coopération ne fonctionne pas à sens unique. Si un pays veut bénéficier des fonds européens, alors il doit répondre aux demandes de l’Union européenne. Cela veut dire qu’il doit accepter les protocoles de réadmission, renforcer ses contrôles aux frontières, et combattre les réseaux de passeurs”.

      Ce salon, intitulé ’Patrouiller la périphérie’, incarne aussi le plan européen consistant à “externaliser les frontières”, c’est-à-dire à s’implanter dans les pays voisins de l’Union pour y stopper l’immigration avant qu’elle atteigne son territoire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/a-madrid-au-salon-mondial-de-la-securite-aux-frontieres-le-showroom-des-

      #régimes_d'exception #intelligence_artificielle #AI #IA #industrie_de_l'armement #surveillance_mobile #usage_dual #complexe_militaro-industriel #adaptation #façonner_le_monde #business #patrouiller_la_périphérie #gestion_des_frontières

      –-

      –-> citation, voilà ce que dit Hans Leijten dans le salon intitulé « Patrouiller la périphérie », à partir de la min 4,45 :

      « Si nous voulons de la stabilité et du contrôle, alors nous devons construire les mécanismes de sécurité, et pas seulement à nos frontières, mais aussi loin, au-delà. Cette approche a porté ses fruits en Europe, dans les Balkans, où nous avons utilisé une combinaison de gestion des frontières, d’engagement politique et de traités commerciaux qui ont donné de bons résultats »

    • Épisode 3/5 : Dans les Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile

      En s’appuyant sur l’idée “d’externalisation des frontières”, l’Union européenne justifie sa présence dans les pays hors de l’Union européenne, pour y stopper l’immigration avant même que celle-ci n’atteigne son territoire.

      "Tout ce qui concerne la migration en #Bosnie-Herzégovine est payé par l’Union européenne ou les États membres, explique la chercheuse #Nidžara_Ahmetašević, spécialisée dans la migration. Par exemple, la semaine dernière, l’Union européenne a donné des drones pour les gardes frontières. La semaine précédente, elle a donné des voitures."

      Ces #financements proviennent notamment des #Fonds_de_Pré-Accession, des fonds d’aide au développement dont la vocation initiale est d’aider les pays voisins de l’Europe à atteindre un niveau de développement économique suffisant pour devenir des partenaires commerciaux, voire pour intégrer l’Union. En se penchant sur le détail des transactions, on découvre qu’une vaste partie des financements servent en réalité à financer des infrastructures de contrôle de la migration.

      Mais en déployant des technologies de type militaire chez ses voisins aux régimes politiques instables, l’Union européenne risque de créer des situations conflictuelles : ces technologies prévues contre la migration peuvent se retourner contre la société civile.
      Nous nous sommes rendus en Serbie, où les étudiants manifestent depuis plusieurs mois contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić. En novembre 2023, le gouvernement de Vučić a déployé une arme nouvelle contre des exilés, dans le nord du pays : un canon à son. En mars 2025, ce même canon à son a, d’après plusieurs témoignages, été utilisé contre les étudiants. “La Serbie est un laboratoire pour tester les technologies aux frontières terrestres, exopse Mila Bajić, de l’association SHARE. Puisque la Serbie ne fait pas partie du territoire européen, il n’y a pas de loi européenne pour encadrer les pratiques, tel que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, et les demandes d’accès aux informations publiques ne fonctionnent pas. Le gouvernement peut donc agir sans rien révéler.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/dans-les-balkans-des-technologies-contre-les-migrants-qui-se-retournent-

      #externalisation_des_frontières #Balkans #route_des_Balkans #développement #aide_au_développement #intégration_européenne #drones #test #laboratoire #Serbie #frontières_terrestres #canon_à_son #armes_sonores #barrière_acoustique

      –-

      sur les #murs_sonores, voir aussi :
      La Grèce allonge son mur et le fortifie avec un #mur_acoustique...
      https://seenthis.net/messages/920711
      #mur_sonore

      et aussi :
      –> La police serbe a déjà utilisé des #armes_sonores sur des migrants
      https://seenthis.net/messages/1104712

    • Épisode 4/5 : En #Italie, une fouille intégrale des #téléphones

      L’arsenal technologique déployé aux frontières a plusieurs missions, formalisées dans les documents de la Commission européenne : détecter, contrôler, et surveiller. En Italie, dans la ville portuaire de Trieste, ces technologies ont un impact immédiat pour la vie des exilés.

      D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, les policiers fouillent de manière quasi-systématique les téléphones des exilés lorsque ceux-ci effectuent leur demande d’asile.

      “Ce qu’ils font, c’est qu’ils lisent vos messages sur #WhatsApp, ils regardent vos photos, ils regardent votre historique de recherche, explique Smaïl, qui a fui le Pakistan il y a plusieurs années et vient en aide aux exilés à Trieste après avoir réussi lui-même à régulariser sa situation. S’ils voient que vous avez cherché “Milan”, ils vous disent : “Tu as cherché des informations sur Milan, alors pars à Milan”. Il y a même des gens qui m’ont dit qu’ils avaient effacé toutes les données sur leur téléphone, mais que la police a trouvé les informations quand même. S’ils font ça, c’est parce qu’ils trouvent qu’en tant que cité frontalière, ils en font déjà assez, alors ils cherchent des excuses pour renvoyer ceux qui demandent l’asile.

      Ce que décrit Smaïl ressemble point par point au logiciel #Le_Kiosk, développé par l’entreprise israélienne #Cellebrite, dont nous avons pu avoir une démonstration au cours du Salon Mondial de la Sécurité aux Frontières. En 2019, la France a annoncé équiper pas moins de 500 commissariats avec le #logiciel Le Kiosk. Ces technologies de surveillance rendent le parcours migratoire toujours plus complexe. Pourtant, les chiffres montrent que les entrées dans l’Union ne baissent pas ; en revanche, les routes sont de plus en plus dangereuses. “Vouloir stopper le mouvement des humains, c’est comme se battre contre la nature, contre la mer : les gens circulent, ils doivent trouver des moyens de passer”, regrette Smaïl.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-italie-une-fouille-integrale-des-telephones-3950382
      #smartphones #Trieste #danger #parcours_migratoire

    • Épisode 5/5 : En Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les drones et les gangs

      A ce stade de l’enquête, une question continuait de nous tarauder : comment, avec tout cet arsenal pour protéger les frontières, expliquer que les entrées illégales dans l’Union européenne continuent ?

      Un paradoxe nous apparaît à la fin de cette tournée des pays des Balkans : les drones, logiciels de surveillance, caméras thermiques et autres équipements, ne sont peut-être pas essentiels pour comprendre la réalité de la migration. Au bout de trois jours passés à #Bihac, dans le nord de la #Bosnie, on comprend déjà beaucoup de la réalité de ce petit village, dernière étape avant l’entrée dans l’Union européenne : sur la place principale, il y a des exilés qui ont été refoulés la veille, qui se reposent pendant la journée, et dont tout le monde sait qu’ils vont retenter leur chance le soir-même. Et puis, il y a ces visages de gens qui ne partent pas, pendant 6 mois, 1 an : eux, ce sont les passeurs. Ici, tout le monde les connaît, ils se baladent dans la rue principale avec leurs clients, dans l’impunité la plus totale. Petit à petit, ces passeurs se sont structurés en réseau ; ces réseaux sont devenus des gangs.

      Nous nous sommes entretenus avec Ali, un passeur qui vit à la frontière entre la Bosnie et la Croatie depuis bientôt huit ans. La première fois que nous l’avons rencontré, c’était à un arrêt de bus. Il faisait presque 40°, le soleil cognait fort, et Ali venait de récupérer un groupe d’Afghans qu’il s’apprêtait à faire traverser. Il avait un pull noir à manches longues. Il a accepté de relever une de ses manches pour nous montrer son bras - lacéré par des cicatrices, du poignet jusqu’à l’épaule.

      “Ils nous ont torturés, raconte-t-il. Ils ont appelé mes parents, ils leur ont dit : “envoyez de l’argent !”. Ils nous ont tout fait. Mais crois-moi, après ça, les cicatrices font de toi quelqu’un de respecté dans le milieu.”

      Comment les passeurs arrivent-ils à déjouer les caméras thermiques, les drones, les patrouilles ? Ali ne nous donnera pas tous ses secrets, mais il laisse en deviner quelques-uns.

      “Je connais les horaires, l’heure à laquelle les gardes frontières font leur ronde, l’heure à laquelle ils sont dans la ville, détaille Ali. Mais il faut aussi s’en remettre à la chance.Tu crois que les caméras et les senseurs pourront m’arrêter. Laisse-moi te dire quelque chose : tu viens de l’Union européenne. Il y a des caméras de surveillance dans toutes les rues, dans tous les magasins. Est-ce que ça empêche les voleurs ? Non, jamais.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-bosnie-rencontre-avec-un-passeur-entre-les-drones-et-les-gangs-839123
      #passeurs

  • Route des Canaries : « La Gambie est une potentielle zone de départ » pour les migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67045/route-des-canaries--la-gambie-est-une-potentielle-zone-de-depart-pour-

    Route des Canaries : "La Gambie est une potentielle zone de départ" pour les migrants
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 19/09/2025
    Face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie, de nombreux migrants prennent désormais la mer depuis la Gambie pour tenter de rallier les Canaries espagnoles. Un trajet en Atlantique hautement risqué de plus de 1600 km. "Il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien", rappelle la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines. Entretien.
    Le 16 septembre, une pirogue composée d’une centaine de migrants a été secourue au large des côtes dakaroises. L’embarcation était partie de Gambie cinq jours plus tôt. Elle avait pour destination les îles Canaries à plus de 1 600 km de là. La veille, le 15 septembre, 235 personnes, entassées elles aussi sur une pirogue, avaient été secourues par les services espagnols. Leur bateau surchargé avait été repéré dans la matinée par la Garde civile à environ 20 km de La Restinga, sur l’île d’El Hierro, la plus petite de l’archipel des Canaries. Les exilés, originaires d’Afrique de l’Ouest, étaient en mer depuis 11 jours. Ils avaient quitté le port de Gunjur, dans le sud de la Gambie.
    Le 29 août, au moins 69 corps avaient été repêchés après le naufrage d’une embarcation au large de la Mauritanie. Là encore, la pirogue était partie de Gambie.
    Le petit pays ouest-africain, encastré dans le Sénégal, est-il en train de devenir un nouveau point de départ clandestin vers l’Union européenne ? Jusqu’à présent, les embarcations qui arrivaient à atteindre l’archipel espagnol via l’océan Atlantique partaient généralement du Maroc, de Mauritanie ou du Sénégal. InfoMigrants a interrogé Delphine Perrin, chargée de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), membre du POMAF, un collectif de chercheurs spécialistes des politiques migratoires africaines.
    InfoMigrants : Assiste-t-on à un déplacement des départs irréguliers depuis les plages gambiennes ?
    Delphine Perrin : La Gambie est une zone de départ potentielle comme l’ensemble des pays côtiers de cet espace (Mauritanie, Sénégal, Guinée), sachant que les départs avaient déjà eu tendance à se déplacer – du Maroc vers la Mauritanie et vers le Sénégal. Depuis récemment, donc, on note une augmentation des départs de Gambie, mais aussi plus au Sud, de Guinée-Bissau et de Guinée.
    Ces départs en revanche ne sont pas inédits. On pouvait observer une dynamique similaire dans les années 2006-2008 à l’époque où les contrôles côtiers s’étaient considérablement développés de la Libye à la Mauritanie en passant par le Maroc.
    Ces voies de migration sont liées à l’absence de délivrance de visas, donc de possibilité de migrer de manière régulière vers l’Europe
    Ce récent déplacement est de nouveau dû au resserrement d’autres voies migratoires : celle du Maroc depuis un moment, et plus récemment celle de la Mauritanie et même du Sénégal du fait des contrôles accrus sur les côtes. De plus, la Mauritanie a cette année intensifié la lutte contre la migration irrégulière, mais aussi réduit la tolérance de la présence des ressortissants des pays voisins, en accentuant les contrôles y compris pour l’entrée sur son territoire, et en expulsant des milliers de ressortissants ouest-africains vers le Sénégal et le Mali. Plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a aussi démantelé 88 réseaux de passeurs. Nouakchott intensifie ses efforts pour combattre l’immigration irrégulière. La Mauritanie mène depuis le début de l’année une politique migratoire plus stricte. Conséquence, les arrestations se multiplient et un climat de peur s’est installé dans le pays. Il faut bien sûr ajouter que ces voies [irrégulières] de migration sont liées à l’absence de délivrance de visas, donc de possibilité de migrer de manière régulière vers l’Europe ou ailleurs. Les Gambiens ont besoin d’un visa pour se rendre dans la plupart des pays du monde et dans une vingtaine de pays africains.
    IM : Est-ce un risque pour les migrants de partir d’aussi loin - comme du port de Gunjur - pour tenter de rejoindre les Canaries ?
    D.P : Partir de plus au sud pour tenter de rejoindre les Canaries représente évidemment un risque accru pour les migrants.
    Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger.
    IM : L’accroissement des départs à partir des côtes gambiennes - mauritaniennes et sénégalaises - peut-il aussi être mis en lien avec la fermeture d’autres voies de passage ?
    D.P : Oui, l’insécurité dans le Sahel, par exemple, peut mener à opter pour des routes alternatives. On ne veut plus emprunter les routes du Mali et du Niger pour se rendre en Libye [d’où partaient des milliers de migrants à destination de Lampedusa, porte d’entrée dans l’Union européenne, ndlr]. Idem pour la Tunisie [autre point de départ vers l’Union européenne] Les Gambiens pouvaient s’y rendre sans visa, mais la xénophobie y connaît une forte croissance. Elle s’accompagne d’expulsions collectives aux frontières. Cette xénophobie se propage également fortement en Algérie et au Maroc.
    InfoMigrants a écrit de nombreux articles sur la politique anti-migrants menée par le président tunisien Kais Saied. Depuis deux ans, les autorités mènent de vastes campagnes d’arrestations et interpellent les Noirs vivant en Tunisie, notamment dans la région de Sfax, pour les empêcher de prendre la mer vers l’Europe. Des milliers de Subsahariens ont été envoyés dans le désert, à la frontière avec la Libye ou l’Algérie. Abandonnés au milieu de nulle part, les migrants mettent des jours à revenir dans le centre-est de la Tunisie.
    Les personnes en situation irrégulière peuvent aussi être condamnées pour "séjour irrégulier" et écopent de plusieurs mois de détention. La situation est telle que, selon des exilés en contact avec InfoMigrants, "les prisons sont remplies de Subsahariens", enfermés aux côtés de prisonniers de droit commun.
    IM : Quelle est la situation économique en Gambie ? Pousse-t-elle actuellement de plus en plus de Gambiens à tenter la route des Canaries ?
    D.P : La Gambie fait partie des espaces qui ont une certaine tradition de l’émigration, principalement vers des pays anglophones, en Afrique de l’Ouest (Nigéria, Sierra Leone, Ghana), mais aussi vers le Royaume-Uni ou les États-Unis. Depuis les années 1990, les destinations se sont diversifiées, notamment vers l’Espagne, l’Italie, lorsque ces derniers sont devenus de nouveaux pays d’immigration. On trouve en réalité des Gambiens partout, au Sénégal, comme en Espagne. Les raisons du départ des Gambiens sont multiples, comme c’est le cas dans d’autres pays de la région : raisons économiques bien sûr, manque d’emploi, mais surtout manque de perspectives de réalisation de soi, notamment pour les jeunes, pour les femmes, ainsi que pour les LGBT (que l’on retrouve par exemple aux côtés des Sénégalais pour demander asile auprès du HCR en Mauritanie).
    Le manque de perspectives ressenti a aussi des origines plurielles : échec de la transition politique / démocratique après les espoirs suscités par le départ de [l’ex-dictateur] Yahya Jammeh en 2017 et désabusement vis-à-vis de la classe politique (Adama Barrow se maintenant au pouvoir depuis lors), jeunesse sous pression par les multiples attentes sociétales et familiales, dans des contextes sociaux très verticaux et patriarcaux, éducation et université en berne. Toutefois, il faut aussi rappeler que la Gambie est un pays d’immigration ouest-africaine, elle a d’ailleurs une proportion d’immigrés assez importante pour la région (environ 9% de la population selon les données officielles). Elle fait partie de l’espace de libre circulation et de libre résidence de la CEDEAO, mais dispense aussi de visas d’entrée l’ensemble des ressortissants africains. Les départs des côtes gambiennes ne concernent donc pas seulement les Gambiens, on retrouve généralement plusieurs nationalités dans les embarcations : des ressortissants africains venus initialement en Gambie pour d’autres raisons mais ayant ensuite saisi l’opportunité de partir.
    IM : Quelle politique migratoire la Gambie mène-t-elle ?
    Comme l’ensemble des pays de la région, la Gambie est sous pression extérieure pour contrôler et contenir les migrations. Elle a donc été amenée, notamment par l’OIM [Organisation internationale des migrations], à adopter une "politique migratoire nationale" en 2020, pour gérer les migrations, à la fois l’immigration et l’émigration, avec un programme sur 10 ans. La Gambie a adopté une loi sur les réfugiés en 2008 et accueille de nombreux réfugiés. Le pays est intégré dans les programmes internationaux et régionaux de lutte contre la traite des personnes (loi de 2007), contre le trafic de migrants (loi de 2019 réformant la loi sur l’immigration de 1965) et contre la migration irrégulière.
    Il arrive que les gardes-côtes gambiens interceptent des pirogues et des migrants, et de telles actions ont été récemment médiatisées pour mettre en exergue la volonté et les efforts de la Gambie à lutter contre la migration irrégulière. Des campagnes sont aussi menées pour dissuader les départs. Selon Banjul, entre janvier et août 2025, "les patrouilles d’immigration ont intercepté 711 migrants éventuels, refusé l’entrée à 29 personnes et expulsé 59 immigrants sans papiers de différentes nationalités », a déclaré Abdoulie Sanyang, le ministre de l’Intérieur du pays.
    IM : La Gambie a-t-elle déjà signé un accord avec l’UE pour lutter contre l’immigration irrégulière ?
    En 2006, l’Espagne et la Gambie avaient signé un accord-cadre de coopération sur les migrations et le développement. Un accord bilatéral de lutte contre la migration irrégulière avait aussi été signé avec l’Italie en 2010. La coopération avec l’Espagne s’est récemment renforcée, en 2024, comme avec le Sénégal et la Mauritanie, pour empêcher les départs des côtes et mettre en avant la possibilité d’une migration légale. Comme vous l’aviez mentionné sur votre site, des agents de la Guardia Civil et de la Police espagnoles sont déployés sur le port de Banjul au nom de la coopération sur la migration et contre les trafics.

    #Covid-19#migrant#migration#gambie#espagne#mauritanie#senegal#politiquemigratoire#frontiere#developpement#migrationirreguliere#routemigratoire

  • Diaspora Bonds : La « lecture » de Bara Ndiaye | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Politique/diaspora-bonds-la-lecture-de-bara-ndiaye_n_468184.html

    Diaspora Bonds : La « lecture » de Bara Ndiaye
    Auteur : Bara Ndiaye
    A Milan, samedi dernier 13 septembre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a invité les sénégalais de l’extérieur à soutenir le Plan de redressement économique et social (PRES) via le diaspora-bonds qui sera lancé le 18 septembre prochain. « Le Sénégal est confronté à des besoins budgétaires importants. Aujourd’hui, l’État veut innover pour trouver davantage de ressources afin de remplir ses obligations. Et nous comptons sur vous, la diaspora » a déclaré le chef du gouvernement. Saluant cette initiative de l’État de recourir à des financements endogènes, l’ancien Directeur de la Maison de la Presse, Bara Ndiaye invite tout de même les dirigeants à « serrer la ceinture » au même titre que les sénégalais. Selon lui, les autorités doivent revoir leur train de vie. Seneweb publie, in extenso, sa « lecture » sur la question.
    Si les états et les institutions transnationales peuvent prêter au Sénégal les fonds nécessaires à son développement, il est important de reconnaître que les Sénégalais de la diaspora représentent une force économique bien plus puissante et durable. Leur contribution annuelle dépasse largement, parfois du double, l’aide publique au développement. Ce sont eux, les fils et filles du pays, qui envoient chaque année des milliards de francs CFA, soutenant des familles, finançant des projets immobiliers, et maintenant à flot une économie informelle vitale.
    Mais aujourd’hui, l’hésitation des bailleurs classiques dans un monde en crise de ressources impose un modèle de financement alternatif. Ce qui ne doit pas nous faire oublier que le Sénégal ne peut bâtir son avenir uniquement sur des transferts de fonds destinés à la consommation ou à l’investissement immobilier. Il est temps que ces ressources soient orientées vers des projets structurants portés par l’État. Cela implique un sacrifice : les émigrés devront renoncer, en partie, à des investissements personnels pour souscrire à des obligations nationales, à des fonds souverains ou à des projets d’infrastructure. Ce n’est pas une simple contribution, c’est un acte de foi envers la nation.
    Cependant, cette exigence ne peut être unilatérale. Les Sénégalais d’ici et de la diaspora ne doivent pas être les seuls à serrer la ceinture. L’État, lui aussi, doit montrer l’exemple. Il est inadmissible que, dans un contexte de mobilisation nationale, le train de vie des dirigeants reste inchangé. Les voyages en jet privé du Premier ministre, les déplacements coûteux et peu productifs du Président, ainsi que les dépenses superflues des hauts responsables doivent être les premiers leviers d’une nouvelle doctrine de sobriété.
    La pédagogie par l’exemple est un langage puissant. Elle inspire confiance, elle fédère, elle légitime l’effort collectif. Si l’État veut convaincre ses enfants de l’extérieur d’investir dans le destin du Sénégal, il doit d’abord leur prouver que chaque franc mobilisé sera utilisé avec rigueur, transparence et efficacité. Le développement ne se décrète pas, il se construit ensemble dans l’équité, la responsabilité et le respect mutuel.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#developpement#economie#transfert

  • Surendetté, le Sénégal tente de séduire sa diaspora et de rassurer ses partenaires internationaux
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/17/surendette-le-senegal-tente-de-seduire-sa-diaspora-et-de-rassurer-ses-parten

    Surendetté, le Sénégal tente de séduire sa diaspora et de rassurer ses partenaires internationaux
    Par Abbas Asamaan (Dakar, correspondance)
    Trouver de l’argent. Et vite. Confrontées à une situation économique périlleuse, les autorités sénégalaises sont lancées dans une course contre la montre pour renflouer les caisses de l’Etat. A la manœuvre, le premier ministre, Ousmane Sonko, promoteur d’un « plan de redressement » annoncé en août, fait feu de tout bois. Parmi les sources potentielles de financement figure la diaspora sénégalaise, qui représente plus de 700 000 personnes et contribuait à 12 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, selon les données de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
    Samedi 13 septembre, à Monza, en Italie, devant 8 000 Sénégalais établis en Europe, Ousmane Sonko a tenté de remettre ces derniers au centre du jeu. « L’Etat veut innover pour trouver davantage de ressources afin de remplir ses obligations, a-t-il lancé sous les hourras. Nous comptons sur vous, la diaspora. » Chantres du souverainisme, le chef du gouvernement et le président, Bassirou Diomaye Faye, misent sur l’espoir d’un nouvel élan au-delà des frontières nationales. Jeudi, Dakar va ainsi lancer des « titres patriotes et citoyens », a indiqué M. Sonko en Italie, sans préciser s’ils financeraient de la dette ou des projets d’infrastructures.
    Le Sénégal souhaite faire de ces « diaspora bonds » un pilier de sa souveraineté financière. Selon les autorités, la levée attendue de 1 800 milliards de francs CFA (2,7 milliards d’euros) à travers ces obligations alternatives est censée financer sur les trois prochaines années près de 30 % de la première étape du plan de redressement, afin de relever autant l’Etat, asphyxié par la crise de la dette (119 % du PIB fin 2024), qu’un Sénégal meurtri par une crise économique dont le dernier signal alarmant concerne le recul du PIB (– 1,2 %) au premier trimestre, d’après les chiffres du ministère des finances.
    Adopté le 30 juillet pour « redresser les finances publiques », « corriger les déséquilibres structurels » et « relancer l’économie », ce plan a de nouveau été au cœur du plaidoyer d’Ousmane Sonko en Italie pour tenter de désamorcer les mécontentements qui menacent. Car l’une de ses mesures phares – une surtaxe de 0,5 % sur les transferts d’argent et de 1,5 % sur les transactions financières via des applications mobiles – est un pari à hauts risques pour le pouvoir.
    Plébiscités par les Sénégalais, ces échanges monétaires se sont imposés dans la vie quotidienne, atteignant 12 011 milliards de francs CFA en 2023, d’après la BCEAO. Autant débattue dans les travées de l’arena de Monza que dans les ruelles sablonneuses de Dakar, la mesure, très décriée d’un point de vue économique, risque d’être perçue comme une « injustice fiscale », a prévenu l’Union nationale des consommateurs du Sénégal, surtout pour les ménages les plus pauvres, exclus d’un système bancaire trop onéreux et dépendants du « mobile money » pour vivre.
    Controversé, le plan de redressement n’a pas non plus levé les inquiétudes des investisseurs étrangers. Avant l’étape italienne, Ousmane Sonko a opéré un circuit diplomatique qui l’aura vu à Pékin fin juin, à Ankara début août, puis à Dubaï et Abou Dhabi entre le 8 et le 12 septembre. « Ce n’est pas une surprise de le voir se rendre en Chine, en Turquie et aux Emirats arabes unis », note Ayrton Aubry, directeur scientifique au Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs/Afrique-Diasporas (Laspad) de l’université Gaston-Berger, à Saint-Louis : « Cette diplomatie économique tournée vers des alliés traditionnels du Sénégal vise à rechercher de nouveaux partenaires économiques et financiers. »
    Pour l’instant, ces efforts sont couronnés de maigres succès. A l’issue de ces rencontres avec les dirigeants chinois et émiratis, aucun plan massif de nouveaux investissements étrangers n’a été dévoilé. Après son entretien avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, Ousmane Sonko a déclaré que « l’objectif était d’atteindre 1 milliard de dollars » entre les deux pays – un but déjà affiché par l’ancien président Macky Sall… il y a quatre ans.
    Au-delà de potentiels contrats, cette tournée diplomatique a d’abord visé à « rassurer les groupes étrangers et les banques de développement », remarque Ibrahima Niang, de l’université Cheikh-Anta-Diop, à Dakar. Ce spécialiste des relations sino-sénégalaises rappelle que les audits lancés par les nouvelles autorités ont « conduit à la suspension de certains projets chinois, comme l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack par la China Road and Bridge Corporation, ou au gel de l’étude de faisabilité des Autoroutes de l’eau [un projet d’irrigation et d’approvisionnement en eau potable] ». Du côté de la Turquie, les déboires fiscaux de l’un de ses fleurons dans le BTP, Summa, ont été évoqués par les deux parties.
    « Turcs ou Chinois, tout le monde regarde les mêmes indicateurs et attend le feu vert du FMI [Fonds monétaire international], dont le prêt de 1,8 milliard de dollars [environ 1,5 milliard d’euros] reste suspendu en raison de la dette odieuse, ironise un banquier d’affaires sénégalais. Tant qu’un deal ne sera pas acté, Dakar n’aura en réalité aucune marge de manœuvre. » Le sort du Sénégal va donc se jouer aux assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods, du 13 au 18 octobre à Washington. A l’approche de ce rendez-vous, une source au FMI assure qu’il y a une « volonté générale de tourner la page », alors qu’un rapport très attendu du cabinet Forvis Mazars, chargé d’auditer la dette réelle du Sénégal, n’a toujours pas été publié.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#economie#transfert#FMI#PIB#developpement

  • #Payer_la_terre. À la rencontre des premières nations des #Territoires_du_Nord-Ouest_canadien

    En 2015, Joe Sacco s’est rendu par deux fois dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, au-dessous de l’Arctique. Il est allé à la rencontre des Denes, un peuple autochtone. L’auteur nous raconte l’histoire de ce peuple, ses traditions, restées intactes pour certaines, les premières rencontres avec les Anglais.
    Pendant longtemps, les peuples indigènes du Grand Nord, vivant sur des terres non propices à la colonisation agricole, restèrent livrés à eux-mêmes, jusqu’à ce que la découverte de pétrole et d’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux, comme sur leurs terres. À cette période, les autorités s’appropriaient les territoires, non plus par les massacres, mais cliniquement, méthodiquement, et de façon administrative – grâce à des traités.
    En lisant ceux-ci, on n’échappe pas à l’impression que les « Indiens » ont donné la terre où ils vivaient en échange de la promesse d’une annuité de quelques dollars, de quelques outils et de médailles pour ceux qui se disaient leurs chefs. Aujourd’hui, la fracturation hydraulique ajoute la pollution à la spoliation initiale.

    https://www.futuropolis.fr/9782754818551/payer-la-terre.html
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    • ’My work is not finished’ : #François_Paulette named officer of Order of Canada

      Denesuline elder has long advocated for Indigenous and treaty rights

      Denesuline Elder François Paulette has many accomplishments under his belt. He’s an educator, activist, spiritualist, father, grandfather, former chief, and a traditional knowledge holder.

      Now he can add one more title to his name — officer of the Order of Canada.

      The national order recognizes people who have made extraordinary contributions to the country. Paulette is among 120 people — six from the North — who are being honoured this year. He is being recognized for his longtime contributions to treaty and Indigenous rights and his promotion of circumpolar health research.

      “My biggest job has always been protecting the Earth and the water. And that’s always for the future of the children. And also the rights of Indigenous people, treaty rights,” he said.

      But Paulette, who is a member of the Smith’s Landing First Nation, said he’s not one for medals and awards. When he learned he was an Order of Canada recipient, he said he had to think about whether or not to accept the honour. He ultimately decided to do it for his 10 grandchildren.

      “It’s not in my blood to get recognition, at least from the Canadian government or the Crown for the work I’ve done, because my work is all about protecting Mother Earth and working on rights of Indigenous people,” he said.

      For Paulette, one of his proudest accomplishments is moving back to his home community where he and his wife built a log home and raised their children in a contemporary-traditional lifestyle.

      “It was a sense of renewal for me,” he said.

      Paulette was born in April 1949, near Fort Fitzgerald, Alta, and lived there until his community was relocated to Fort Smith, N.W.T., by the federal government beginning in 1959.

      Paulette said he’s also proud of his work negotiating outstanding Crown treaty obligations.

      In 1969, Paulette was one of the founding members of the Indian Brotherhood of the Northwest Territories — renamed the Dene Nation in 1978 — which was formed in opposition to The White Paper. That federal document proposed terminating existing treaties and assimilating Indigenous people in Canada.

      A turning point for the Dene

      In 1971, Paulette became the youngest chief in the territory at that time. The following year, he was part of the Paulette Case, something he said was a “turning point for the Dene.”

      In that case, Paulette and 16 other chiefs from the Mackenzie Valley, challenged the Canadian government to recognize Indigenous title to over 1,165,494 square kilometres of land in the N.W.T. They filed a caveat arguing the Dene didn’t surrender their rights or land when they signed Treaty 8 and Treaty 11 and sought to prevent construction of the proposed Mackenzie Valley Gas Pipeline.

      In 1973, Supreme Court Justice William Morrow ruled that the chiefs had established a case for claiming rights to the land. While the ability to register the caveat was overturned by the Supreme Court of Canada, Morrow’s findings regarding Indigenous rights were upheld. The case also helped prompt the Berger Inquiry, which led to a moratorium on the proposed gas pipeline.

      “I think that turned the page of how the Dene were to begin to negotiate … Canada’s outstanding obligation to the First Nations,” Paulette said.

      Paulette said he is also proud to have been one of the delegates that travelled to Geneva, Switzerland, in 1977, to begin talks that led to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

      “That was nice to see that eventually unfold and be recognized by the world.”

      Since then, Paulette has been involved with the Institute for Circumpolar Health Research and is now an adjunct professor at the University of Alberta’s School of Public Health. He has also travelled around the globe speaking to people about Indigenous and treaty rights, spiritualism, healing and environmental protection.

      “If this little token of, this Order of Canada can elevate my profile, I will continue,” he said. “My life in that way is not going to change, my work is not finished.”

      Paulette will be honoured by the Order of Canada at a ceremony in Ottawa later this year.

      https://www.cbc.ca/news/canada/north/francois-paulette-order-of-canada-1.5413265

  • « Non, les enfants de familles défavorisées ne sont pas condamnés aux écrans »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/08/12/non-les-enfants-de-familles-defavorisees-ne-sont-pas-condamnes-aux-ecrans_66

    J’adore les débats de tribune qui se font passer pour de la science. Les ratiocinations... et les mésinterprétations volontaires.
    L’exemple le plus drôle dans cette tribune : on reprend une phrase (les enfant n’ont pas d’autres activités proposées) qui voulait dire qu’il y a une responsabilité sociale à proposer autre choses plutôt que de se focaliser sur les écrans... et on lui fait dire qu’on veut absolument que les enfants soient devant les écrans. CQFD.
    La malhonnêteté intellectuelle existe aussi chez les scientifiques, et ce n’est pas parce qu’ils ont été exposés plus de 4h par jour à des écrans avant deux ans ;-)))

    Dans un texte au « Monde », Michel Desmurget et Linda Pagani répondent aux auteurs d’une récente tribune parue dans « Le Monde » sur l’impact des écrans chez les jeunes enfants, dont les arguments leur semblent peu fondés.

    Publié le 12 août 2025 à 17h00 Temps de Lecture 3 min.

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    Une tribune récemment publiée par Le Monde revient sur la question de l’usage des écrans par les enfants. Les auteurs dénoncent des chercheurs « désireux de forcer la décision publique » sur la base d’un « récit univoque, fondé sur la peur ». Hélas, les arguments avancés pour soutenir cette thèse semblent peu fondés.
    Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés Enfants et écrans : « Refusons que la peur devienne le seul moteur de l’action publique »

    Cette tribune évoque, d’abord, un avis de 2013 de l’Académie des sciences. Contrairement à ce qu’elle affirme, nombre de chercheurs s’étaient alors émus non de l’« incompétence » du texte, mais de son manque d’équilibre, souligné par un article du Monde à l’époque dans lequel on pouvait lire que « l’Académie des sciences a choisi de minorer les effets de la violence dans les jeux vidéo, une décision qui permet désormais à ces jeux de bénéficier de crédits d’impôt ».

    Concernant la télévision, l’avis soutenait que les impacts problématiques ne survenaient, chez le jeune enfant, qu’au-delà de deux heures quotidiennes. A l’appui de ce propos, une étude de 2010 était citée comme suit : « Au-delà de deux heures par jour passées devant un écran non interactif par un enfant en bas âge, et pour chaque heure supplémentaire, il a été noté une diminution de 6 % sur les habiletés mathématiques à 10 ans. »

    En réalité, avait souligné un collectif de chercheurs, la diminution apparaissait dès la première heure et pour chaque heure hebdomadaire supplémentaire à 2 ans. Une erreur finalement admise par les signataires de l’avis, mais que conteste aujourd’hui la tribune du Monde au motif que Linda Pagani, autrice principale de l’étude en question, aurait à l’époque confirmé dans une interview que l’impact de la télé n’apparaissait pas dès la première heure, mais pour « chaque heure supplémentaire par jour au-delà de la moyenne [neuf heures par semaine] ».
    Citation erronée

    Trop tard nous dit-on, le mal était fait, « le message de peur a été relayé, et l’avis raisonné de l’Académie des sciences disqualifié ». Etrange propos. D’abord, même si l’on compte au-delà de la moyenne, deux heures d’écran par jour à 2 ans réduisent les compétences mathématiques de 30 % à 10 ans, très loin du message d’innocuité de l’Académie.
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    Ensuite, la citation prêtée à Linda Pagani, cosignataire du présent texte, est erronée. L’étude montre bien un effet de 6 %, dès la première heure, pour chaque heure hebdomadaire supplémentaire. On peut regretter que les auteurs de la tribune n’aient pas consulté l’étude originelle.
    Lire aussi le reportage | Article réservé à nos abonnés « C’est un problème de santé publique » : dans une consultation pour de jeunes enfants « surexposés » aux écrans

    Arrive ensuite l’évocation d’un article montrant « quelques dessins d’enfants » « très peu structurés », dont la diffusion aurait provoqué « la panique de nombreux parents ». Isolément, ce travail, assurément critiquable, serait insignifiant. Mais il n’est pas isolé. Nombre de recherches solidement contrôlées confirment le problème, dont une récente étude de grande ampleur.

    Entre 0 et 5 ans le fait d’être exposé aux écrans deux heures ou quatre heures et plus par jour, comparativement à moins d’une heure, augmente le risque de difficultés comportementales (respectivement 15 % et 76 %), de retards de développement (34 %, 112 %), de troubles du langage (54 %, 138 %) et de diagnostic de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH, 15 %, 85 %).
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Plutôt que d’interdire les écrans, mieux vaut accompagner les jeunes, les parents et les enseignants afin de leur apprendre à les “apprivoiser” »

    Des travaux de neuro-imagerie montrent qu’au-delà du comportement, c’est la construction même du cerveau qui est touchée. Au sein du réseau langagier, par exemple, le développement anatomique des faisceaux nerveux est atteint, de même que la capacité des aires cérébrales à interagir efficacement.
    Importance des activités alternatives

    Puis vient l’affirmation selon laquelle on aurait accusé « les écrans d’être responsables de l’augmentation du nombre d’enfants diagnostiqués autistes ». C’est vrai. Mais nul chercheur sérieux n’en a déduit que les écrans rendaient les enfants autistes.

    Ce qui a été dit, c’est que les écrans pouvaient créer un retrait social, des troubles comportementaux et des déficits langagiers susceptibles d’être pris, à tort, pour de l’autisme. L’étude ci-dessus évoquée confirme, parmi d’autres, que le risque qu’un jeune enfant fasse l’objet d’un diagnostic d’autisme augmente avec le temps d’écran (deux heures, 108 % ; quatre heures et plus, 249 %).

    Restent les résultats de l’étude ELFE [étude longitudinale française depuis l’enfance] que l’on aurait « accusés de minimiser les dangers des écrans, parce qu’ils s’attachent à prendre en compte le contexte socio-éducatif ». Il ne s’agissait nullement d’une accusation mais d’une observation, dirigée non pas vers l’étude mais vers sa présentation médiatique. Si on retire du modèle statistique les principaux leviers d’action délétères des écrans (interactions familiales, temps passé à lire, sommeil, etc.), il n’est pas surprenant que l’impact résiduel soit modeste.
    Lire aussi la tribune (2022) | Article réservé à nos abonnés « C’est en aidant les familles que nous éviterons que les écrans deviennent de nouvelles nounous »

    Finalement, la tribune conclut qu’« il n’existe, pour beaucoup de familles, notamment défavorisées, aucune alternative aux écrans parmi les activités à proposer à leurs enfants ». Est-ce à dire que les enfants défavorisés sont condamnés à Netflix, Fortnite et TikTok ? Nous rejetons d’autant plus fermement cette assertion que l’on observe un effet positif significatif sur le développement de l’enfant lorsque les parents, notamment défavorisés, sont informés de l’impact négatif des écrans et de l’importance des activités alternatives (lecture, sport, échanges intrafamiliaux, etc.).

    Nous sommes d’accord avec la tribune sur un point : « Quand des chercheurs mentent (…), une ligne rouge est franchie. » La question des conflits d’intérêts prend ici tout son sens. Une récente enquête du service Investigation de Radio France montre que le sujet n’a rien d’anecdotique. Il ne s’agit pas, comme l’écrivent les signataires de la tribune, de « disqualifier » ou de « faire planer la suspicion », mais de savoir qui parle et avec quelles arrière-pensées potentielles.

    Michel Desmurget est directeur de recherche en neurosciences à l’Inserm ; Linda Pagani est professeure titulaire en psychoéducation à l’université de Montréal

    #Ecrans #Enfants #4h_par_jour #Développement_infantile #Desmurget

  • Être une personne autiste dans le monde académique

    Une personne autiste est une personne connaissant un #développement_neurologique différent. Ce développement n’est ni meilleur ni pire que celui de la population « neurotypique », mais simplement différent. Selon les sources que je trouve (notamment l’OMS), l’autisme concernerait 1 % de la population mondiale, même si les difficultés de diagnostic tendaient à sous-estimer ce chiffre1. Ce n’est pas une maladie, un déficit, un trouble, ou un handicap. Cependant, la construction de la société étant calquée sur les besoins de la population majoritaire, cela peut induire quelques #décalages, à l’instar des personnes gauchères devant s’adapter dans un monde de personnes droitières 2. Ainsi, la principale difficulté des personnes autistes consiste à s’adapter constamment. C’est pourquoi je ne parle pas de #handicap, dans le sens où cela est contextuel : en changeant le contexte, les difficultés autistiques (d’adaptation) s’estompent.

    Une #adaptation et un décalage, pouvant conduire au #burn-out

    Si on devait donner une définition de l’autisme, il est caractérisé traditionnellement dans la littérature, et notamment au sein du DSM-53 comme 1) des difficultés dans la #communication et les #interactions_sociales  ; 2) des caractères intérêts restreints des centres d’intérêts  ; 3) des particularités sensorielles, en particulier une hyper ou ou hyposensibilité au bruit, à la lumière, etc. Cependant, il me semble nécessaire de déconstruire cette vision «  pathologisante  ». En effet, on le sait, les études médicales, qui relèvent de personnes humaines, font l’objet de biais, conscients ou inconscients, comme le montre l’histoire médicale4. Dans le cas de l’autisme, une partie de la recherche s’était lancée dans le biais d’étudier sous le prisme de #déficit, notamment en comparaison à une norme, celle des neurotypiques. Et en effet, en cherchant des déficits, on en trouvait, faisant un bais de confirmation, et permettant de justifier d’autres recherches en ce sens.

    Déficit de #communication ou incompréhension mutuelle ?

    Un exemple flagrant de cette «  approche déficitaire  » est celui de la communication. Les autistes sont souvent présentés comme ayant un déficit de communication. Or, c’est faux. Dans un article publié en 2012, Damian Milton5 montre le « problème de #double_empathie », c’est-à-dire une difficulté réciproque de compréhension entre autistes et neurotypiques, du fait de styles de communication et de #sociabilisation différents. Si on devait dresser une analogie, imaginons deux personnes, l’une parlant japonais et l’autre parlant italien, et dont chacune ignore tout de la langue de l’autre. Ces personnes vont essayer de communiquer, difficilement, et des quiproquos pourraient survenir, ce qui peut mener à des #incompréhensions. Elles viennent de milieux culturels distincts, ce qui entraine une différence dans leur mode de communication (la langue), mais aussi dans la manière d’agir (en parlant plus ou moins fort, en coupant ou non la parole, etc). Pourtant, cela ne viendrait pas à l’idée de dire que l’autre se retrouve en déficit de communication.

    L’exemple illustre une #communication_verbale, mais aussi la #communication_non_verbale. Si les personnes autistes ont des difficultés à comprendre le non-verbal, par exemple les expressions du visage de personnes neurotypiques, la réciproque s’applique aussi6,7. Ces études, et d’autres montrent que les personnes autistes avaient plus de facilité à comprendre les intentions d’autres personnes autistes. Elles mettaient particulièrement de l’avant leur capacité à capter des intentions implicites ou du non-verbal. De plus, elles montraient qu’elles excellaient davantage que des duos mixtes (autiste et non-autiste) dans cette tâche. De fait, la difficulté ne se situe pas dans la communication en tant que telle, ou du cliché du « manque d’empathie », mais dans l’#échange entre deux groupes ayant des modalités de communication différentes, avec une incompréhension mutuelle8. À titre d’exemple, si le « small talk » consiste à discuter de la pluie et du beau temps, il constitue un puissant fluidifiant social entre personnes neurotypiques. Cela peut toutefois s’avérer épuisant, ou contraire d’ennuyer, pour un cerveau autiste, qui prendra plus de plaisir à discuter en profondeur de sujets spécifiques9.

    Cependant, si on veut aller plus loin, du fait de la nécessité de s’adapter à un mode majoritaire de communication qui ne sont pas le sien, les personnes autistes ont développé une #capacité_d’adaptation importante, à travers une « # intellectualisation  », c’est-à-dire en analysant et en explicitant un mode de communication qui n’est pas le sien, ont poussé les autistes à une forme de «  #camouflage_social  »10, c’est-à-dire à un #masquage de comportements dans une logique d’adaptation 11 (cela n’est pas sans rappeler la métaphore théâtrale d’Ervin Goffman), au prix d’une #énergie_mentale importante.

    Une meilleure attention aux systèmes et #détails

    Comme évoqué en introduction, on doit concevoir l’autisme comme un développement différent, incluant aussi un certain nombre de « points forts » utiles dans une logique capitaliste et productiviste. Parmi elles, on trouve « l’ #hypersystémisation » 12, qui correspond à la capacité de faire attention aux détails, mais également aux schémas récurrents. Cela donne un avantage dans une prise de décision plus cohérentes13, en se basant sur des critères objectifs (caractéristiques techniques d’un objet par exemple), plutôt que des effets de contexte (une marque, etc.). Toute personne autiste ou connaissant une personne autiste connait cela, avec des comparaisons systématiques et poussées des caractéristiques d’un produit avant son achat par exemple.

    Cette attention aux détails permet également de proposer des procédés optimisés, puisque réfléchis dans les moindres détails. Cette attention aux détails, couplée à un « #hyperfocus », permet une concentration accrue, loin d’une concentration « rigide ». Elle permet de voir de nouvelles perspectives. C’est le cas de Temple Grandin, qui a s’est intéressée à la sensibilité des animaux, permettant d’améliorer conditions d’abattage des animaux14. Cela peut s’appliquer concrètement dans la correction d’un texte. Au lieu de simplement dire « revois ta copie », sans préciser ce qui peut poser problème et donc avec une forte composante implicite, une personne autiste va proposer, via une communication directe, d’indiquer les points de changement, gagnant en efficacité.

    Je pourrais également mentionner un autre avantage que présente cette approche hypersystémique se traduit par sensibilité face à l’#injustice. En effet, on peut voir l’injustice comme une incohérence dans un système, et elle génère un inconfort dans le cerveau autistique (augmentant le #cortisol). Du coup, ce dernier va devoir y remédier pour assurer le respect des règles. En corollaire, les personnes autistes se montrent, pour cette raison évoquée, plus honnêtes. Elles ont donc tendance à moins mentir, tricher ou camoufler une erreur15, et donc à mieux respecter les règles et les délais. Cela s’observe même si cela entraine parfois une franchise sans fioriture, énonçant simplement les faits16. Cette sensibilité à la #justice et à l’#équité revêt, à mon sens, une importance particulière, entre autres en terme d’#intégrité_professionnelle.

    Quand la machine s’emballe : le #burn-out_autistique

    Du fait du développement neuronal, le cerveau autiste est soumis à une #surcharge chronique (du fait de l’adaptation sociale permanente et de la #sensibilité aux détails même insignifiant de l’environnement), qui, bien qu’anodine pour la plupart des personnes neurotypiques, nécessite une quantité de ressources importantes pour le cerveau autiste. Par exemple, avec l’#hypersensibilité, l’environnement sensoriel quotidien (bruits de fond, odeurs, lumières, mouvements visuels…) peut constituer une agression continue pour le système nerveux17. Dans ce contexte, le cerveau va traiter avec une intensité égale ces informations (votre collègue vous parlant est traité de la même manière que le tic tac de l’horloge), mobilisant donc une énergie mentale importante. Les interactions sociales peuvent aussi s’avérer couteuses, comme nous l’avons évoqué précédemment, à travers un travail constant d’observation, d’analyse, et d’adaptation aux attentes sociales, cherchant à anticiper de manière permanente les réactions d’autrui. L’attention et le traitement aux détails peuvent constituer un atout. Cependant, ils consomment également beaucoup d’énergie mentale, même pour des tâches simples. Cette consommation d’énergie peut augmenter dans un contexte instable, multitâche ou bruyant, bref, où les détails s’accumulent.

    Ces microévènements mènent à une #hypervigilance_cognitive, que le cerveau va chercher à compenser (une exposition sensorielle, pour éviter les « faux pas sociaux »). Cela va mener à une réaction chimique18, en sécrétant de l’#adrénaline et du cortisol (les deux hormones du stress et de l’anxiété), qui servent à faire face à un danger. Dans un cerveau humain typique, une fois la menace écartée, le taux de ces hormones descend et le corps retrouve dans un état de repos. Dans un cerveau autistique, cette boucle de régulation fonctionne de façon plus sensible et est davantage sollicitée, restant dans un état de vigilance même lorsque la situation ne le justifie plus19. Afin de faire face à cette situation, les personnes autistes vont chercher à maitriser leur environnement, pour réduire la pression stressante. Elles peuvent réduire les stimulus sensoriels, pratiquer des « activités régulatrices » stabilisant le système nerveux et relançant la régulation (par exemple jouer de la musique ou s’adonner à d’autres loisirs), correspondant aux « intérêts et activités restreintes » de la définition du DSM. Si on veut prendre une métaphore, on peut penser qu’une barre d’énergie mentale existe. Cette quantité varie. Certains facteurs prennent de l’énergie (l’hypervigilance cognitive), qui ne pourra pas être allouée à autre chose, et d’autres facteurs aident à « recharger les batteries »20.

    Parfois, et pour différentes raisons, ce travail de régulation n’a pas lieu, par exemple à cause d’un contexte ne le permettant pas, avec des effets délétères sur la #santé_mentale. Le cerveau va alors progressivement s’intoxiquer avec un trop-plein de cortisol (qui se révèle être neurotoxique), qui, à grande quantité, agit sur le cerveau et attaque certaines structures clés (impact sur la mémoire, le sommeil, sur la régulation sensorielle et émotionnelle, impossibilité d’obtenir un repos régénérateur) : c’est le burn-out autistique 21. Ces effets incluent une incapacité fonctionnelle, c’est-à-dire qu’une personne souhaitant agir (contrairement à une dépression) n’a plus les moyens internes. Elle manque de ressources énergétiques, cognitives et biologiques. Le cerveau ne contrôle plus rien, car il est saturé, comme si un ordinateur se figeait, du fait d’une RAM utilisée complètement en raison du grand nombre de logiciels ouverts. Plus concrètement, cela se traduit par différents symptômes22 : une #fatigue significative sur le plan mental et physique, un #retrait dans les #relations_interpersonnelles principalement, mais également une réduction importante des capacités à avoir des #relations_sociales, des difficultés à mener des activités quotidiennes, une difficulté à maintenir le camouflage social, à se reposer, à contrôler ses #émotions et son adaptation à l’environnement sensoriel. Bref, une perte de fonctions exécutives. Le plus pernicieux dans ce phénomène est que cela est le fruit de micro-accumulations, et il est difficile de se rendre compte du phénomène, d’autant plus lorsqu’on a été habitué à compenser depuis l’enfance : à l’instar de la goutte d’eau faisant déborder le vase, c’est l’évènement de trop, même minime qui déclenchera ce burn out, et pour lequel on se rendra compte généralement que trop tard - si l’énergie mentale est présente pour arriver à conscientiser cela à temps. À l’instar d’un burn out professionnel, le seul moyen de s’en sortir est donc le #repos, en éliminant ces déclencheurs, afin de faire baisser le taux de cortisol dans le cerveau.

    La principale difficulté de l’autisme est donc de s’adapter constamment à un environnement, de manière consciente et énergivore, tout en ne s’épuisant pas au point d’arriver au bout des capacités physiologiques. De fait, si « handicap » de l’autisme est, c’est celle d’une gestion d’un #stress constant et plus ou moins diffus.

    Et le monde académique ?

    Lorsque l’on parle d’autisme et de travail, on pense rapidement à la #RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé, un document ouvrant le droit à des aménagements de la part de l’employeur) et aménagement de postes de travail. Je ne souhaite pas forcément aborder par cette approche, parce qu’on évalue l’autisme d’une part que sous l’angle médical (une difficulté à pallier), et sous une approche individuelle («  adapter une personne au monde du travail  »). De même, les besoins de chaque autiste sont différents, même s’il existe de grandes tendances, et je ne pourrais pas être exhaustif. Comme j’essaye de démontrer dans mon billet, le problème se situe au niveau systémique23. On le sait, un aménagement fait pour un handicap peut profiter collectivement, d’où ma volonté de sortir d’une approche individualiste pour initier une réflexion en vue d’un changement global. À titre d’exemple, les bateaux des trottoirs (l’abaissement pour arriver au niveau de la route) servent tant aux personnes en fauteuil roulant qu’aux parents avec une poussette ; l’absence de musique dans les magasins (pour répondre aux difficultés sensorielles des personnes autistes) bénéficie au bien-être collectif ; la transcription d’une vidéo, servant aux personnes ne pouvant pas entendre ce média, bénéficie à tout le monde, par exemple pour lire en diagonale en quelques minutes les informations essentielles plutôt que regarder pendant des heures des vidéos de MOOC (cet exemple fonctionne également pour les messages vocaux) ; les logiciels de correction d’orthographe tant aux dyslexiques qu’à ceux apprenant le français et les personnes fatiguées faisant des fautes d’inattention.

    Ainsi, je vais vous donner quelques exemples d’éléments de vie courante dans la vie académique. Je montrerai comment un « décalage » peut s’avérer onéreux pour un cerveau autiste. Ensuite, je proposerai des pistes de réflexion pour réduire cet écart, et donc favoriser l’inclusion.

    Une série de #micro-agressions générant une fatigue générale

    Du point de vue de l’aménagement du poste de travail, l’aménagement s’effectue principalement sur le plan organisationnel. En effet, les aménagements, je parle de ce qui me concerne, diffèrent pour chaque personne, bien que je retrouve une similitude en discutant avec d’autres universitaires autistes. Concernant les aménagements matériels, je les ai déjà : casque antibruit, bouchons d’oreilles, lunettes de soleil, etc. Bref, ce ne sont pas des dépenses mirobolantes pour du matériel, que j’ai d’ailleurs payé de ma poche.

    Prenons une journée typique de travail. Le matin, je prends les transports en heure de pointe, et donc bondés. J’arrive au laboratoire, et je rejoins mon bureau, partagé avec d’autres. Je commence à faire mes lectures, là, quand une collègue arrive et discute avec mon cobureau, m’interrompant dans ma réflexion, et dont la reprise me demandera de l’énergie et de la concentration. J’essaie de me concentrer, mais un rayon de lumière qui gêne : je me lève pour fermer le volet. Je décide de faire une pause et je consulte mes courriels : je dois mettre à jour le site du colloque, en devant écrire telle ou telle indication pour les intervenants, je m’exécute. J’ai ensuite une réunion avec l’équipe de recherche, où nous discutons des prochaines étapes du projet de recherche. Vient l’heure de manger, et je discute (small talk) avec mes collègues. En début d’après-midi, je prépare mes candidatures aux postes de MCF, ma réflexion se porte sur les éléments importants devant être présentés. Ensuite, je dois aller donner cours, en amphi ou en TD. Finalement, je rentre, à nouveau en heure de pointe .

    Dans cet exemple, on voit une série de microdéclencheurs, bien qu’ils soient minimes, qui entament la « barre d’énergie mentale » et sont éprouvants une fois cumulés. Et comme l’indique Florence Demourant dans le podcast Atout et Handicap (https://webapp.audiomeans.fr/e/podcast-mania/atouts-and-handicap-82f6aabd), à la fin de la journée, personne nous félicitera pour avoir survécu jusque-là. Durant les phases de transport, les #stimulations_sensorielles (bruits, essayer de ne pas tomber dans le bus) et la #promiscuité (essayer de ne pas toucher les gens) sont d’autant de microdéclencheurs. Une fois arrivé au bureau, on voit une série d’interruptions, tant sonore (la discussion) que visuelle (l’arrivée d’une personne, le rayon de soleil). On voit également des interruptions dans le fil de pensée (discussions, courriels) dont la remise au travail consomme cette barre d’énergie. Une consommation de l’énergie mentale existe également en faisant un travail de sociabilisation (réunion, discussion de la pause). Finalement, la partie enseignement, est une partie éprouvante, car elle implique de nombreuses compétences : physique, comme parler de manière didactique pendant 1 h à 2 h devant des étudiants et rester intéressant, en assurant le « show » ; sensoriel, en gérant le brouhaha de l’amphithéâtre, de vigilance, pour voir les mains qui se lèvent ; social, en scrutant les visages pour comprendre l’ennui ou l’interrogation. Une fois le travail terminé, il faut pourtant continuer de vivre, et enchainer avec les activités de la vie quotidienne. Lorsque je pars en colloque ou sur le terrain, cela est démultiplié : je dois gérer la sortie de ma routine et de mes repères familiers (couteuse pour le cerveau autistique), la fatigue des transports et du voyage, les imprévus (ils surviennent souvent, notamment avec les retards de train), la concentration nécessaire pour écouter les conférences (la partie la plus intéressante !), puis sociabiliser (souvent en anglais, donc énergivore). Cette énergie mentale utilisée pour survivre à mon environnement, c’est d’autant qui ne sera pas consacrée pour réfléchir, analyser, rédiger : bref, réaliser mon travail pour lequel je suis payé.

    Gérer une barre d’énergie mentale au quotidien : des aménagements pour aider ?

    Tout l’enjeu de l’autisme consiste à gérer cette #barre_d’énergie. Il faut essayer de conserver suffisamment d’énergie pour les tâches « coûteuses ». L’adaptation du poste de travail peut se traduire par la mise en place d’un lieu calme, sans passage, sans distraction potentielle (sonnerie de téléphone, panneau « ne pas déranger »), avec un aménagement concernant l’intensité lumineuse (volets, etc.) par exemple24, se traduisant, de facto, par un bureau individuel. Dans un contexte de tension sur les ressources immobilières à l’université, cela n’est pas forcément envisageable (bien que pouvant imaginer des systèmes de rotation avec d’autres personnes en télétravail). Une alternative serait d’augmenter le recours au télétravail, ce qui permettrait de réduire les stimulations sensorielles et les interruptions, et qui est une pratique de plus en plus répandue depuis la pandémie de Covid (malgré un retour en arrière que l’on peut déployer), ainsi qu’à des horaires « souples » permettant d’éviter les heures de pointe25. Si cela semble évident dans le métier d’enseignant-chercheur, où la liberté d’organisation s’applique généralement, cela n’est pas forcément vrai : par exemple, au CNRS, le télétravail n’est autorisé qu’au bout de 6 mois de contrat, dans une limite de deux jours par semaine. Gageons que, sous la pression de la « génération Z » et de la prise en compte des problématiques organisationnelles (parentalité, etc.), on assiste à une transformation de la culture « présentéiste » pour aller vers plus de souplesse. Dans le cadre de déplacements, on peut considérer cela en mettant en place de « temps calmes » au sein du programme (et tant pis pour le repas de gala !), ou pour les organisateurs de colloques, la mise en place de « pièces de repos » sans stimulis sensoriels26. Cela peut aussi se traduire par l’organisation du travail au quotidien : par exemple, pour éviter le multitasking, épuisant tout le monde au passage, notamment par la multiplication des responsabilités dans le monde académique, j’organise mes journées « en bloc » cohérents, permettant de m’adonner à une tâche sans distraction. Je peux ainsi me consacrer pleinement sur telle ou telle tâche (rédiger, lire, faire de l’administratif ou préparer un cours), et cela me permet de m’organiser en fonction d’activités impondérables énergivores (enseigner, une grosse réunion, etc.), et en réduisant le coût mental de switcher entre différentes activités. Ce sont des aménagements simples, organisationnels, pouvant être utiles à tous, et pouvant être mis en place de manière abordable financièrement.

    Les implicites sociaux

    Concernant les implicites sociaux, le monde académique en est truffé, avec de nombreux non-dits, avec des codes que l’on se doit de maitriser. Désolé de mettre les pieds dans le plat, mais cela contribue, à mon sens, à entretenir un entre-soi. Il permet de distinguer ceux qui connaissent les codes des autres27 : cela va des éléments à mettre sur son CV analytique, la structure d’un article et la manière de répondre à un reviewer, aux stratégies de publication et de carrière. Au-là des éléments structurels de l’académique, l’université est bourrée d’implicites, allant sur certaines procédures administratives (pas forcément écrite, ou différente de ce qui est noté dans le règlement intérieur), certaines responsabilités non formalisées, les jeux de pouvoir au sein des laboratoires avec des conflits interpersonnels, etc. Si personne ne peut servir de mentorat, si aucun guide officiel n’existe (des guides officieux existent pour le CV analytique et les recrutements pour palier un manque), difficile de deviner les règles, et il est facile de voir ceux qui ont pu bénéficier de bons conseils des autres. Je pense qu’il est important d’expliciter ces règles implicites. Cela revient à une réflexion d’organisation systémique du monde académique. D’abord, cela permettrait d’aider les personnes autistes, mais aussi les personnes venant pas des milieux sociaux académiques (donc ceux qui ne sont pas des enfants de), et d’intégrer les enseignants-chercheurs internationaux (n’ayant pas forcément les codes de la culture académique française) en tenant en compte l’interculturalité. Car finalement, ce n’est rien de plus que l’explicitation des codes d’une culture, la culture universitaire, permettant un plus grand accès, cassant la reproduction sociale et une forme de mandarinat (ceux bénéficiant des conseils pertinents de ceux devant se « débrouiller »). De même, l’université est souvent présentée comme une organisation horizontale et «  entre pairs  » et avec une forte place à la discussion, mais est en réalité une organisation avec une hiérarchisation implicite très forte (entre ceux ayant ou non un doctorat, titulaire / contractuel, chercheurs /enseignants-chercheurs / personnel d’appui, recherche « fondamentale » ou recherche « appliquée », ceux sortant de certaines universités « prestigieuses » et ceux d’universités « de proximité », etc.)28, avec souvent des jeux de pouvoir (et d’égo), très importants, pouvant générer des tensions et impacter l’organisation collective d’un laboratoire de fait de mésententes, et conflits29. Là encore, une communication explicite (sans implicite, ni ambigüité ou sous-entendus), assertive et directe permettrait de fluidifier les rapports sociaux et de gagner du temps, tant pour les neurotypiques que pour les autres.

    Conclusion : un changement systémique ?

    Être une personne autiste, dans le monde académique30, n’est pas quelque chose de forcément aisé. Si ces aménagements sont envisageables, malgré un contexte de réduction de moyens du monde académique, je vois cependant un problème de fond : du fait de la pression croissante pour les postes, face à deux candidats avec des profils scientifiques et de compétences similaires, le choix se portera certainement vers la personne non autiste, car certainement perçu comme «  plus performant  ». Cela pose un problème majeur, car cela perpétue une vision stakhanoviste du fonctionnement académique, et plus globalement de notre société capitaliste contemporaine, où on voue un certain culte à la performance, où un « biais de survivant »31 s’observe, où restent ceux qui sont le mieux adaptés aux règles du jeu du système32.

    Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de sortir d’une vision étroite de l’organisation du travail, pour apporter une plus grande souplesse et une plus grande adaptation33, et où, je pense, l’autisme est un véritable atout. En effet, en réglant les problèmes de communication, en rendant plus explicite l’implicite, cela permettrait non seulement d’aider les personnes autistes, mais également d’inclure une plus grande diversité sociale de personnes au sein de l’ESR, permettant de sortir d’un entre soi. L’hypersensibilité permet d’éprouver les limites du système. L’ESR connaît particulièrement ce phénomène, avec une dégradation des conditions de travail34 et les personnes neurotypiques peuvent aussi faire un burn-out : ainsi, les personnes autistes sont les canaris de la mine, permettant de lever une alerte sur des conditions pas forcément tenable à long terme d’un point de vue collectif. Nous devons admettre que l’on ne peut pas se montrer performant tout le temps, que l’on peut vivre des hauts et des bas, et qu’on peut s’adapter pour répondre à cette réalité physiologique : nous sommes des humains, pas des machines. À mon sens, nous devons absolument remettre de la #vulnérabilité au sein de nos organisations, au-delà de l’autisme et du handicap, en sortant de la performance absolue et en embrassant une véritable approche du #care. Enfin, si les intérêts restreints peuvent être reprochés aux personnes autistes, je pense que c’est, au contraire, c’est une force, donnant une capacité à être plus efficace, à voir des choses que d’autres ne voyant pas, à apprécier faire des tâches que d’autres rechignent. Ainsi, nous l’avons vu, pour certaines tâches, être autiste peut être un avantage, notamment dans des tâches d’analyse ou dans une volonté de rechercher le vrai, ce qui est quand même des compétences attendues en recherche… Ainsi, comme j’ai essayé de faire passer comme message dans ce billet, être autiste n’est pas un handicap, mais une autre manière de penser, et parfois de manière très (voir plus efficace) sur un certain nombre de points : ça serait un gâchis humain pour la recherche et le monde académique de ne pas tirer partie de cette force.

    Je pense qu’il est nécessaire, au delà d’un discours performatif convenu et plein de bon sentiments, d’intégrer réellement et concrètement au sein des organisations une certaine diversité. Cette diversité pourrait comprendre une diversité de neurodéveloppement, et de groupes sociaux, que cela soit d’origine sociale, culturelle, ou de diversité de genre et d’orientation sexuelle. Cela permettrait de multiplier les perspectives sur une même problématique, et d’apporter des solutions créatives, originales et pertinentes. Intégrer la diversité, en proposant ainsi des changements contextuels et systémiques, permettrait également de sortir de l’approche pathologisante et individuelle que l’on voit souvent au sein des « missions handicaps » des organisations ou de l’approche d’une « fausse visibilité », souvent symbolique et de façade, des politiques de diversité et d’inclusion35, en adoptant une approche plus politique et plus cohérente avec la visée d’émancipation collective dont se targue certains universitaires. Cela permettrait de proposer une perspective d’amélioration et d’inclusion collective, plutôt qu’une approche de compensation individuelle. Je pense que la prise en compte des besoins des personnes autistes, et des autres minorités qui doivent être inclus dans la recherche, permettrait d’initier des réflexions sur d’autres manières de faire de la recherche, tant dans l’organisation du travail, que des axes de recherche ou des méthodes d’enseignement36.

    –—

    Pour aller plus loin

    Le dépliant « T’as pas l’air autiste » pour lutter contre quelques idées reçues.
    Comprendre l’autisme, Association francophone des femmes autistes, Thérapie autisme, avec un travail de vulgarisation d’articles scientifiques ;
    Guide de survie pour personne non autiste vivant avec une personne autiste par l’AFFA.
    L’émission radio « Le mythe du geek autiste », épisode 1 et épisode 2.
    Le projet Atypie Friendly visant à intégrer la neurodiversité (pas seulement l’autisme) à l’université. Voir également le pendant helvétique, avec Autism&Uni et à l’échelle européenne ;
    Violentomètre autistique ;
    L’émission Regards Autisme : les Irlandais en première ligne
    Le collectif « Universitaires autistes » permettant de partager des expériences entre pair⋅es concerné⋅es. Me contacter pour avoir le lien du Discord.

    En effet, de nombreuses populations sont sous-détectées, notamment les femmes, du fait d’une manifestation différente. Étant donné que l’autisme est un «  spectre  », avec différentes configurations possibles et donc différentes manifestations, cela rend également plus ardu la tâche. Voir cet article montrant les différences. ↩︎

    si vous saviez la difficulté à trouver des outils, pourtant simples, et à un prix correct adaptés aux gauchers : ouvre-boites, ciseaux, etc. ↩︎

    5ᵉ édition du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux », édité par l’Association américaine de psychiatrie. ↩︎

    Cette histoire nous apprend que le dosage de certains médicaments a été calibré pour une population d’hommes blancs adultes. On prend maintenant progressivement (enfin !) en compte les particularités des femmes et des populations non occidentales ↩︎

    MILTON, Damian E.M., 2012. On the ontological status of autism : the ‘double empathy problem’. Disability & Society [en ligne]. octobre 2012. Vol. 27, n° 6, pp. 883‑887. [Consulté le 30 juillet 2025]. DOI 10.1080/09687599.2012.710008. Disponible à l’adresse : http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09687599.2012.710008 ↩︎

    EDEY, Rosanna, COOK, Jennifer, BREWER, Rebecca, JOHNSON, Mark H., BIRD, Geoffrey et PRESS, Clare, 2016. Interaction takes two : Typical adults exhibit mind-blindness towards those with autism spectrum disorder. Journal of Abnormal Psychology [en ligne]. octobre 2016. Vol. 125, n° 7, pp. 879‑885. [Consulté le 30 juillet 2025]. DOI 10.1037/abn0000199. Disponible à l’adresse : https://doi.apa.org/doi/10.1037/abn0000199 ↩︎

    BREWER, Rebecca, BIOTTI, Federica, CATMUR, Caroline, PRESS, Clare, HAPPÉ, Francesca, COOK, Richard et BIRD, Geoffrey, 2016. Can Neurotypical Individuals Read Autistic Facial Expressions  ? Atypical Production of Emotional Facial Expressions in Autism Spectrum Disorders. Autism Research : Official Journal of the International Society for Autism Research. février 2016. Vol. 9, n° 2, pp. 262‑271. DOI 10.1002/aur.1508. ↩︎

    Si j’étais provocateur, je dirais : les neurotypiques ont-ils finalement des problèmes de communication, en ne comprenant pas les autistes ? Un exemple flagrant est qu’un neurotypique va généralement supposer la présence de sous-entendus. Croyez-moi, devoir reformuler chaque phrase pour éviter tout sous-entendu et toute mauvaise interprétation, alors qu’une compréhension littérale suffirait à saisir l’intention initiale du texte, est épuisant. ↩︎

    Et franchement, vous préférez encore une inième discussion sur votre week-end ou la météo, ou un séminaire improvisé sur tel ou tel concept pendant votre pause café  ? J’ai fait mon choix, et étant curieux, je préfère apprendre de nouvelles choses, avoir de nouvelles perspectives, initier de nouvelles lectures, plutôt que de savoir que votre activité du week-end. ↩︎

    Une relectrice, m’indique que ce travail de performation sociale s’inscrit également pour les personnes racisées, et d’autres groupes minorisées, voir notamment l’ouvrage Survivre au taf de Marie Dasylva (2022, éditions Daronnes). ↩︎

    Exemple : dans un contexte où je suis gênée, j’ai tendance à sourire, plus par gêne. Mais pour éviter qu’on pense que je me moque de quelqu’un, je dois réfréner ce sourire. ↩︎

    BARON-COHEN, Simon, ASHWIN, Emma, ASHWIN, Chris, TAVASSOLI, Teresa et CHAKRABARTI, Bhismadev, 2009. Talent in autism : hyper-systemizing, hyper-attention to detail and sensory hypersensitivity. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences. 27 mai 2009. Vol. 364, n° 1522, pp. 1377‑1383. DOI 10.1098/rstb.2008.0337. ↩︎

    FARMER, George D., BARON-COHEN, Simon et SKYLARK, William J., 2017. People With Autism Spectrum Conditions Make More Consistent Decisions. Psychological Science. août 2017. Vol. 28, n° 8, pp. 1067‑1076. DOI 10.1177/0956797617694867. ↩︎

    Certes, je conçois, améliorer les conditions d’abattage n’est pas forcément une bonne chose en soi, dans le sens, où, in fine, les animaux sont abattus pour être mangé, et où la vraie preuve d’humanité serait justement de les laisser vivre. Mais ceci est un autre débat. ↩︎

    Ce qui, malheureusement, pose un certain nombre de problèmes, avec une plus grande prévalence de cas de VSS. À titre d’exemple, 9 femmes autistes sur 10 sont victimes de VSS, contre 1 femme sur trois dans la population générale. ↩︎

    Ce qui peut parfois dérouter dans un contexte social de communication neurotypique où on va parfois chercher à euphémiser ou à recourir à «  des petits mensonges  » afin de fluidifier les relations sociales. ↩︎

    Cette vidéo illustre bien le phénomène. ↩︎

    DEMOURANT, Florence, [sans date]. Burn out autistique [en ligne]. Disponible à l’adresse : https://www.therapie-autisme.com/_files/ugd/569338_e7ac5e29b8284d1b96996d4c0b64bd5d.pdf ↩︎

    Exemple : des personnes passant dans la rue en criant, c’est un shoot de cortisol. Une personne passant à l’improviste, un autre shoot. C’est rien, mais cumulé sur une journée, cela fait beaucoup. ↩︎

    On entend plus généralement parler de la « théorie des cuillères », mais dont je trouve moins parlante que la métaphore de la barre d’énergie, me faisant plus penser à un jeu vidéo. ↩︎

    RAYMAKER, Dora M., TEO, Alan R., STECKLER, Nicole A., LENTZ, Brandy, SCHARER, Mirah, DELOS SANTOS, Austin, KAPP, Steven K., HUNTER, Morrigan, JOYCE, Andee et NICOLAIDIS, Christina, 2020. “Having All of Your Internal Resources Exhausted Beyond Measure and Being Left with No Clean-Up Crew” : Defining Autistic Burnout. Autism in Adulthood. 1 juin 2020. Vol. 2, n° 2, pp. 132‑143. DOI 10.1089/aut.2019.0079. ↩︎

    HIGGINS, Julianne M, ARNOLD, Samuel Rc, WEISE, Janelle, PELLICANO, Elizabeth et TROLLOR, Julian N, 2021. Defining autistic burnout through experts by lived experience : Grounded Delphi method investigating #AutisticBurnout. Autism [en ligne]. novembre 2021. Vol. 25, n° 8, pp. 2356‑2369. [Consulté le 1 août 2025]. DOI 10.1177/13623613211019858. Disponible à l’adresse : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13623613211019858 ↩︎

    La critique n’est pas nouvelle : voir notamment Déconstruire le validisme académique : pour une accessibilité structurelle ↩︎

    C’est pourtant une recommandation standard : voir là, là, là ou là. ↩︎

    Cela peut sembler évident, mais ça ne l’est pas. ↩︎

    De quoi compléter le guide « Pour des colloques inclusifs » ? Cela consiste simplement à prévoir une salle en retrait, loin de l’agitation et du brouhaha du colloque, avec une lumière douce/tamisée au besoin (typiquement : les volets entrouverts). Wikimédia Belgique a initié quelques réflexions sur le sujet. ↩︎

    BOURDIEU, Pierre, 1979. La distinction : critique sociale du jugement. Paris : Éditions de Minuit. Le Sens commun. ISBN 9782707302755. ↩︎

    Voir Dans les coulisses de la science. Techniciens, petites mains et autres travailleurs invisibles de Françoise Waquet (CNRS Éditions, 2022) ou DUBOIS, Sébastien, 2016. La stratification dans le monde académique comme ordre statutaire  : une proposition wébérienne : Annales des Mines - Gérer et comprendre [en ligne]. 11 mars 2016. Vol. N° 123, n° 1, pp. 35‑45. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.3917/geco1.123.0035. Disponible à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-gerer-et-comprendre-2016-1-page-35.htm?ref=doi ; ↩︎

    Une illustration d’un propos direct et sans fioriture d’une personne autiste voyant un dysfonctionnement systémique, une incohérence entre l’énoncé et les faits, et cherchant à résoudre sans arrière pensé un problème. ↩︎

    Il manque des études concernant la part de personnes autistes dans l’ESR. J’ai le sentiment qu’il y a malgré tout une certaine neurodiversité, mais en absence d’étude pour quantifier, cela reste un ressenti. ↩︎

    Même si, avouons-le, dans ma position de jeune chercheur, diplômé du doctorat, je suis privilégié, ayant réussi à surmonter les difficultés durant mon parcours scolaire. Heureusement, ces dernières années, apparaissent des initiatives, à l’instar de Atypie Friendly, afin de rendre plus inclusive l’université. Voir également ce billet cet article, parlant du point de vue des étudiant⋅es : MICHAUD, Valérie et GOUPIL, Georgette, 2021. Trouble du spectre de l’autisme et études postsecondaires  : points de vue d’intervenants des services d’aide aux étudiants. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [en ligne]. 3 novembre 2021. Vol. 37, n° 3. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.4000/ripes.3439. Disponible à l’adresse : https://journals.openedition.org/ripes/3439 . ↩︎

    Et s’il existe des postes pour travailleurs handicapés, avoir accès est un véritable parcours du combattant, encore plus difficile que le parcours «  classique  ». ↩︎

    Voir ce billet, reprenant ce constat : OIRY, Ewan, DELHOUME, Fran et CODELLO, Pénélope, 2025. Neurodivergence au travail, pourquoi une approche strictement médicale ne suffit pas. The Conversation [en ligne]. 3 février 2025. [Consulté le 4 août 2025]. Disponible à l’adresse : http://theconversation.com/neurodivergence-au-travail-pourquoi-une-approche-strictement-medica ↩︎

    À défaut de statistiques, voir Enseignants-chercheurs : un grand corps malade Dominique Glaymann (2025, éditions Le bord de l’eau) ou Comment l’université broie les jeunes chercheurs d’Adele Combes (2022, éditions Autrement) dressant un tableau édifiant de la situation. ↩︎

    Avec le risque de faire du tokénisme, c’est-à-dire que l’inclusion ne soit que symbolique, et pas une volonté réelle de diversification. ↩︎

    DUMONTEIL, Julie, 2022. Enseignants autistes  : l’aboutissement d’un parcours inclusif  ? Éducation et socialisation [en ligne]. 2022. Vol. 65. [Consulté le 4 août 2025]. DOI 10.4000/edso.20398. Disponible à l’adresse : https://journals.openedition.org/edso/20398 ↩︎

    https://justin.missaghiehponcet.eu/carnet/20250804.html

    #autisme #ESR #recherche #université

  • A Tunis, Giorgia Meloni fait valoir son « modèle de coopération » en échange d’un contrôle des flux migratoires
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/01/a-tunis-giorgia-meloni-fait-valoir-son-modele-de-cooperation-en-echange-d-un

    A Tunis, Giorgia Meloni fait valoir son « modèle de coopération » en échange d’un contrôle des flux migratoires
    Pour la présidente du conseil italien, il s’agit d’investir dans les pays d’origine des migrants pour y améliorer les conditions de vie et garantir le « droit à ne pas émigrer ».
    Par Nissim Gasteli (Tunis, correspondance) et Olivier Bonnel (Rome, correspondance)
    Preuve que le président tunisien, Kaïs Saïed, reste le partenaire privilégié de Giorgia Meloni au sud de la Méditerranée, la présidente du conseil italien a effectué, jeudi 31 juillet, son cinquième voyage en Tunisie depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
    Sa venue outre-Méditerranée, annoncée à la dernière minute, a permis aux deux parties de vanter l’« excellent niveau de coopération » entre Rome et Tunis, en particulier dans le « domaine de la migration » et de la « lutte contre les réseaux criminels de trafiquants d’êtres humains », a fait savoir sur le réseau social X Mme Meloni, qui ne cesse de renforcer la politique africaine de l’Italie, notamment à la faveur du recul de la France sur le continent.
    A Tunis, la dirigeante italienne a passé en revue les avancées de son plan Mattei, pierre angulaire de cette politique. Baptisé du nom du fondateur du géant des hydrocarbures ENI, Enrico Mattei, ce vaste plan était décrit, dans son programme de campagne pour les élections législatives de 2022, comme un moyen de « promouvoir un modèle italien d’investissements et de coopération au développement, respectueux de l’environnement et des peuples », en échange d’un contrôle strict des flux migratoires, obsession de l’extrême droite italienne.
    L’idée est d’investir dans les pays d’origine des exilés pour y améliorer les conditions de vie et garantir le « droit à ne pas émigrer », selon une formule de la présidence du conseil, qui vante un partenariat « d’égal à égal ». « Beaucoup d’observateurs ne cachaient pas leur scepticisme quand le plan a été lancé », en janvier 2024, en présence de 26 pays du continent africain et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souligne Giovanni Carbone, responsable du programme Afrique à l’Institut pour les études de politique internationale de Milan.
    Kaïs Saïed, lui, y a au contraire adhéré, fort de sa proximité idéologique avec Giorgia Meloni sur la nécessité de lutter contre la migration – la Tunisie a d’ailleurs été épinglée pour violences et atteinte aux droits humains contre les migrants.
    Moyennant la signature d’un partenariat stratégique avec l’Union européenne, doté d’une enveloppe de 250 millions d’euros d’aide et d’une assistance italienne de plus de 105 millions d’euros de crédit pour soutenir les petites et moyennes entreprises tunisiennes, entre autres, Giorgia Meloni a obtenu de son homologue tunisien un contrôle accru de la frontière maritime qui sépare les deux pays. Résultat : entre juillet 2023 et juillet 2025, les arrivées de migrants en Italie venant de la Tunisie ont chuté de 95 %.
    Pour étendre ses efforts, le gouvernement italien a annoncé, fin juin, 5,5 milliards d’euros d’investissements destinés à neuf pays pilotes du continent africain, devenus quatorze depuis, qui inclut les pays du Maghreb, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Kenya et l’Ethiopie. « Aujourd’hui, le plan Mattei correspond à quelque chose de plus concret, qui mobilise acteurs privés et publics », poursuit Giovanni Carbone. Avec des limites : le ministère italien des finances n’a jusqu’ici accordé des garanties que pour 2 milliards d’euros, l’illustration d’une mise en place encore difficile sur le terrain.
    Pour le chercheur, le plan Mattei a surtout instauré « un nouveau narratif italien sur l’Afrique et démontré une implication personnelle de Giorgia Meloni ». La dirigeante italienne se montre proactive. Lors de la visite à Rome du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, mercredi 23 juillet, les deux pays ont signé une quarantaine d’accords bilatéraux, dont la construction à Sidi Bel Abbès d’un centre Enrico-Mattei consacré à la recherche et à l’innovation agricole. Quatre jours plus tard, à l’occasion du deuxième sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires qu’elle a coprésidé avec le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, Giorgia Meloni a réaffirmé son engagement à « soutenir l’autosuffisance » du continent africain. A cette occasion, l’Italie et l’Ethiopie ont signé plusieurs accords de coopération, notamment dans le secteur agricole.
    Mais la stratégie a néanmoins de fortes limites, selon le chercheur Giovanni Carbone : « Le plan souffre d’un grand manque de transparence, on ne sait pas comment sont sélectionnés les projets, or ils mobilisent de l’argent public. » Une zone d’ombre entoure aussi la délicate question migratoire. « Il y a une ingénuité italienne qui veut croire qu’aider au développement en Afrique fera cesser les migrations, mais la question est beaucoup plus complexe », note le chercheur. Par ailleurs, l’externalisation progressive du contrôle des frontières aux pays du sud de la Méditerranée, au prix de violences à l’encontre des migrants, place Rome, et par extension l’Europe, dans une position de dépendance vis-à-vis de ces Etats.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#italie#politiquemigratoire#fluxmigratoire#frontiere#developpement#sante

  • ‘Self-termination is most likely’: the history and future of societal collapse

    An epic analysis of 5,000 years of civilisation argues that a global collapse is coming unless inequality is vanquished
    Damian Carrington

    Sat 2 Aug 2025 08.31

    “We can’t put a date on Doomsday, but by looking at the 5,000 years of [civilisation], we can understand the trajectories we face today – and self-termination is most likely,” says Dr Luke Kemp at the Centre for the Study of Existential Risk at the University of Cambridge.

    #environnement
    #pollution
    #effondrement
    #inégalités
    #développement

  • Donald Trump a reçu cinq présidents africains à la Maison Blanche, le regard tourné vers les minerais
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/10/donald-trump-a-recu-cinq-presidents-africains-a-la-maison-blanche-le-regard-

    Donald Trump a reçu cinq présidents africains à la Maison Blanche, le regard tourné vers les minerais
    Le Monde avec AFP
    (...) En parallèle de ces discussions commerciales, rapporte The Wall Street Journal, Washington a tenté de convaincre les cinq chefs d’Etat d’accueillir chez eux des personnes faisant l’objet d’un ordre d’expulsion des Etats-Unis, mais que leur pays d’origine a refusé de reprendre. Le Soudan du Sud a déjà accepté une telle demande et a accueilli début juillet huit migrants irréguliers renvoyés par Washington.Fin juin, des entreprises américaines se sont engagées à investir dans plusieurs projets d’infrastructures en Afrique, lors d’un sommet en Angola qui a été l’occasion pour Washington de défendre les investissements privés plutôt que l’aide internationale.
    La rencontre intervient ainsi quelques jours après le démantèlement officiel de l’Usaid, l’agence de développement international, qui apportait son soutien à de nombreux pays d’Afrique et au moment où l’administration Trump a décidé de fortement réduire sa contribution à l’aide internationale. Interrogée par l’AFP mardi, la porte-parole du président libérien, Kula Fofana, avait fait savoir que Joseph Boakai avait accepté l’invitation à Washington dans l’optique que son pays ne soit plus « seulement un récipiendaire » d’aide.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#afrique#developpement#migrationirreguliere#sante