• Petites considérations sociologiques sur le #confinement

    Cette période de confinement liée à l’épidémie du #Covid-19 constitue une #épreuve_sociale inédite, qu’on peut comparer à une expérience de laboratoire in vivo. Le grand historien médiéviste, Marc Bloch, qui avait fait la « grande guerre » et en avait été très marqué, a écrit peu après, en 1921 dans la Revue de synthèse historique, un célèbre article, « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre » (publié aux Éditions Allia en 1999). Il y décrivait la guerre de 14-18 « comme une sorte de vaste #expérience naturelle. On a le droit en effet de considérer comme telle la guerre européenne : une immense expérience de #psychologie_sociale, d’une richesse inouïe. Les conditions nouvelles d’existence, d’un caractère si étrange, avec des particularités si accentuées, où tant d’hommes à l’improviste se sont trouvés jetés, — la force singulière des sentiments qui agitèrent les peuples et les armées — tout ce bouleversement de la vie sociale, et, si l’on ose ainsi parler, ce grossissement de ses traits, comme à travers une lentille puissante, doivent, semble-t-il, permettre à l’observateur de saisir sans trop de peine entre les différents phénomènes les liaisons essentielles ».

    Indépendamment de la déclaration du Président Macron (« nous sommes en guerre… »), il peut être intéressant de tirer ce fil entre situation de #guerre_militaire et celle de confinement. Ce dernier impose de très fortes #privations et #contraintes aux individus qui, dans les sociétés occidentales, n’y sont guère habitués. Les premières questions qui viennent à l’esprit à ce sujet sont les suivantes : le confinement est-il respecté en France ? « Un peu, beaucoup, pas du tout » ? Par qui ? Comment ? Plus en campagne qu’en ville ? plus en centre-ville que dans les « quartiers » ? etc. Faute de données statistiques fiables, le premier réflexe qu’on doit avoir en la matière est celui de la prudence interprétative.

    Avant d’aborder la manière dont on peut procéder par la mobilisation d’une série d’indices, à même de nous guider vers des hypothèses de travail, commençons par un étonnement. Que voici. En fidèle téléspectateur du Journal télévisé (JT) de France 2 (défense du service public oblige…), on remarque que la question du #vécu du confinement dans les #quartiers_populaires y a été fort peu abordée, voire pas du tout. La fuite des Parisiens vers leurs #résidences_secondaires a été un sujet traité, mais la manière dont les jeunes et les familles, parfois nombreuses, vivent leur confinement dans leurs appartements #HLM semble avoir été oubliée. Est-ce un oubli volontaire ? Ou la simple trace médiatique de la moindre importance accordée aux conditions sociales d’existence des #classes_populaires dans le milieu des professionnels de l’information ? On ne saurait laisser de côté l’hypothèse du respect de l’« #union_nationale » requise en cette période de confinement. Celle-ci suppose une mobilisation de l’appareil d’information et l’opération d’un tri dans l’amoncellement des « nouvelles du front ». Priorité est donnée dans le #JT de la #télévision_publique au suivi des opérations dans les hôpitaux, à la découverte du travail de tous les soignants et de leur entier dévouement, à l’écoute des avis des grands professeurs de médecine (« infectiologues »). Bref, une #mise_en_scène télévisuelle de l’« #effort_national » — ce qui, en soi, n’est pas critiquable.
    Sur le versant des effets sociaux de cette #pandémie, les reportages sur les #familles face au confinement (#école_à_la_maison, #télétravail des parents, aménagements divers de cette nouvelle vie…) semblent surtout réservés aux familles de milieu favorisé. Sans doute parce qu’elles laissent entrer plus facilement les caméras à leur domicile. Il ne s’agit pas pour autant de crier tout de suite au complot d’Etat et/ou de dénoncer une chaine de télévision « aux ordres du gouvernement ». Sans doute peut-on penser que le #service_public_télévisé contribue à sa manière à l’union nationale en laissant prudemment dans l’ombre ce qui pourrait l’entacher.

    A géométrie variable

    Une fois examiné la manière dont le thème du confinement est traité à la télévision (publique), donnons un petit coup de projecteur sur la manière dont il est opéré en pratique. Procéder à une petite revue de presse dans les quotidiens régionaux (L’Est républicain, Le Parisien, Le Progrès), permet de recueillir des indices suggestifs, sinon probants, sur le confinement à géométrie variable lors de cette première semaine. Sans surprise, le confinement a mis un peu de temps à se mettre en place et semble respecté de manière inégale.

    Selon les témoignages des directeurs de la #sécurité_publique ou des gendarmes, différents profils de « #déviants » à la #norme apparaissent, comme ici dans la région du Grand est particulièrement touchée. Le lieutenant de gendarmerie François qui coordonne le dispositif dans le sud du Territoire de Belfort fait le diagnostic suivant : « Une grande majorité les respecte… Mais une partie n’a pas compris l’#esprit_du_confinement et une autre n’est pas prête à le comprendre. » Le maire (et infirmier) de la ville ouvrière de Valentigney (proche de l’usine de Sochaux-Peugeot et avec une grande ZUS, les Buis), observe « dans le quartier mais également au centre-ville des comportements dangereux, irresponsables ». La journaliste de L’Est s’est donc rendue dans la cité des #Buis pour aller y voir de plus près et, là, elle a rencontré une dizaine de jeunes près d’une place, plutôt amènes.

    Pris en défaut

    Laissons la relater la scène et la manière dont ces jeunes pris en défaut de groupement non autorisé tentent de se justifier : « Chez nous, on ne tient pas en place », note l’un d’entre eux qui, comme ses potes, se sent à l’abri du virus. « On se lave les mains, on garde nos distances, c’est la base », souligne un deuxième. Un troisième Doubien montre son attestation : « On a le droit de sortir fumer une clope. Surtout que certains n’ont pas le droit de fumer chez eux… Et puis, on s’ennuie ici, il n’y a rien à faire ! Rester un mois enfermé, c’est inimaginable. » Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020). Dans un article du même jour, le directeur général de la compagnie des bus du Pays de Montbéliard livre des informations congruentes : « En cette période de grave #crise_sanitaire, certains jouent aux #malins. On a dû raccourcir une ligne, que nous sous-traitons, parce que des #jeunes montaient chaque jour dans le bus, à la même heure, pour le squatter ! » Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

    Ces témoignages ne suffisent pas à baliser tout le terrain d’enquête. Loin de là. Ils ont pour principal intérêt de mieux faire entrevoir les raisons qui peuvent conduire certaines fractions de la population à ne pas vouloir – et surtout ne pas pouvoir – respecter le strict confinement désormais imposé en France. Le groupe des plus #réfractaires au confinement a de fortes chances de se retrouver dans une population plutôt jeune et masculine, soit en situation de #décrochage_scolaire, soit appartenant à la population « flottante » des quartiers. A lire entre les lignes ces articles de presse, on pressent quelques facteurs clés de leur penchant pour la #transgression de la règle du confinement : bien sûr, en tout premier lieu, « l’#ennui » et le besoin quasi vital de se retrouver « entre potes » mais aussi la difficulté de cohabiter harmonieusement avec leurs parents et de devoir respecter des interdits au domicile familial (l’exemple de « fumer »). Les divers types de #résistance qu’on voit surgir dans les quartiers déshérités de la République méritent examen et ne doivent pas être renvoyés trop facilement du côté de la #faute_morale.

    Sentiment de #marginalité

    Même s’il est incontestable que le non-respect des règles de confinement fait courir collectivement des #risques_sanitaires, il dit quand même beaucoup de choses sur le sentiment de marginalité (#outcast) qu’ont d’eux-mêmes ces individus. On pourrait à ce titre, se risquer à faire l’analogie avec le mouvement des gilets jaunes et la signification sociale des formes de violence (inusitée) qu’il a employées pour se faire entendre des « puissants ».

    La pratique de la lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux

    A partir de ces premières incursions en terre de confinement, faut-il déplorer comme notre historien national (autoproclamé) Stéphane Bern le fait dans Le Figaro (22/3/2020), « la perte du #sens_civique » dans notre vieille France ? Ne convient-il pas plutôt de rappeler que ce confinement constitue une très forte #contrainte qui est – et sera – vécue de manière très différente selon les #conditions_sociales de nos concitoyens. D’abord les conditions matérielles : on sait bien que ceux qui possèdent un grand logement, un jardin, qui peuvent sortir les enfants à la campagne, etc., souffrent moins du confinement. Ensuite, les #conditions_culturelles : le président Macron a dit à ses concitoyens : « Lisez ! » Mais la pratique de la #lecture est distribuée de manière très inégale selon les groupes sociaux.
    Ce long moment de confinement opère déjà comme un très grand amplificateur des #inégalités spatiales et sociales. C’est peu dire que les semaines qui s’annoncent vont constituer une véritable épreuve pour ceux qui appartiennent à la catégorie des « pauvres », définis aussi bien à partir de leur #capital_économique que de leur #capital_culturel.

    https://www.alternatives-economiques.fr/stephane-beaud/petites-considerations-sociologiques-confinement/00092259
    #sociologie #Stéphane_Beaud #classes_sociales

    –-----

    citations pour @davduf :

    Jeudi soir, ils ont même organisé un barbecue : « Quand on a vu les policiers, on a couru pour leur échapper. Et vous savez ce qu’ils ont fait, Madame, ils ont gazé notre viande. C’est du gâchis. » (Est républicain, 21/03/2020).

    Enfin, à Bourg-en-Bresse, selon le commissaire de police, « Ce sont plutôt les plus jeunes et les plus anciens qui bravent l’interdiction. Malheureusement, on a verbalisé certains jeunes à tour de bras dans certains quartiers. Des jeunes disent qu’ils s’en fichent et que le coronavirus est une invention pour casser l’économie » (Le Progrès, 22/03/2020).

  • Interdit de dessiner au « Magritte » depuis plus de trois ans déjà !.

    _Beaucoup de liens dans cet article, ils sont sur :
    http://blogs.politique.eu.org/Interdit-de-dessiner-au-Magritte_

    Est-ce comme #Jacques_Brel qui a dû d’abord « monter à Paris » pour être ensuite reconnu chez nous ? Il en est de même pour le respect des droits des visiteurs de nos musées. L’affaire remonte à janvier 2012 mais la presse belge ne s’y intéresse qu’en octobre 2015 parce que deux médias français viennent d’en parler.

    Une plainte dès 2012

    L’interdiction de dessiner et de prendre des notes au #Musée_Magritte_Museum (authentique nom du musée sis Place Royale que semblent ignorer nombre de médias car l’appellation #Musée_Magritte appartient à une autre institution muséale établie dans une maison située au 135, rue Esseghem à Jette où habita le peintre : www.magrittemuseum.be), j’en ai eu connaissance en 2012 par le courriel suivant que m’envoya une visiteuse irritée : « J’ai visité dans le courant du mois de janvier 2012 le Musée Magritte Museum. Ma visite a été interrompue car alors que j’inscrivais dans un petit carnet au crayon une note personnelle, un garde m’a apostrophé et m’a interdit d’écrire dans le musée. L’intervention de ce garde constitue pour moi une violation de mes droits personnels dans un pays démocratique. J’ai quitté l’exposition et je suis allée parler au responsable du musée qui m’a confirmé qu’il était interdit d’écrire.

    Suite à cet « incident », j’ai écrit une réclamation remplie de colère tant j’étais hors de moi. J’ai demandé le remboursement de mon billet. »
    J’ai publié à l’époque le texte de cette plainte ahurissante (une quasi nouveauté dans notre histoire muséale contemporaine) dans ma newletter Consoloisirs qui fut adressée à près de 10.000 destinataires dont de nombreux journalistes. Aucun parmi ceux-ci ne réagira.
    Comme le musée ne répondait pas, j’ai conseillé à mon interlocutrice de renvoyer une plainte du même tonneau, ce qu’elle fit. Là, elle reçut rapidement une réponse insupportable : le musée lui demandait de lui téléphoner. Afin qu’il n’exista aucune preuve écrite ? L’affaire en resta là.

    Elle démontre au moins que le droit à recevoir une réponse écrite à une plainte reste un droit minimum à conquérir, ne fut-ce pour qu’un début de dialogue puisse s’instaurer entre un organisme culturel largement subsidié et ses usagers.

    J’ai régulièrement dénoncé par la suite cette interdiction. Chaque fois, elle suscita d’abord l’incrédulité, puis l’irritation du public. Par exemple, dans cette carte blanche Culture : n’oubliez pas l’usager SVP ! parue dans La Libre, le 19 novembre 2014 (voir le point 3).

    Le règlement

    Le public est en droit de se faire rembourser son ticket si cette interdiction n’est pas portée à sa connaissance avant qu’il ne l’achète. Il s’agit d’un droit important (tout comme la possibilité de photographier sans flash) pour une partie significative du public et ce dernier doit en être averti au moment où il va faire son choix de découvrir ou non ladite activité culturelle (qu’elle soit payante ou gratuite).

    Le #musée a modifié son règlement, peut-être pour éviter d’autres demandes de remboursement. J’ai constaté que celui-ci était bien affiché dans le hall d’entrée des #Musées_Royaux_des_Beaux_Arts_de_Belgique, rue de la Régence.

    Article 13 : L’autorisation de prendre des notes et de dessiner sur format A4, au crayon, dans les salles, est accordée aux groupes qui ont réservé et qui l’ont explicitement demandé. Il n’est pas autorisé de prendre note et de dessiner dans le musée Magritte, ni dans les expositions temporaires.
    Constatez également l’article 7 : Il est interdit de prendre des photos dans le musée Magritte et dans les expositions temporaires.

    En France au début du mois d’octobre 2015 : mauvaise publicité pour le « Magritte »

    En France, #Bernard_Hasquenoph, visiteur lambda, a commencé à soutenir les droits des publics qui fréquentent les musées lorsque le #Louvre mit un terme à la gratuité pour les enseignants. Il créa alors son site Louvrepourtous.fr Cette gratuité fut réactivée et Bernard continua à combattre. Lorsque le #Musée_d’Orsay arrêta brutalement l’autorisation de photographier, il participa à un mouvement d’opposition de plusieurs années qui déboucha sur une charte des visiteurs « Tous photographes » élaborée par le ministère de la culture en vue de généraliser la prise de photos sans flash dans les institutions subventionnées moyennant une série d’obligations : par exemple, respect des gardiens et des autres visiteurs.

    Monsieur #Louvrepourtous a préfacé mon livre Les musées aiment-ils le public ? Suite à cette parution, il est venu à plusieurs reprises à #Bruxelles ou à La Louvière pour donner des conférences ou participer à des colloques et s’est donc intéressé à nos institutions muséales dont il parle abondamment (et judicieusement) sur son site.

    Il était donc au courant depuis longtemps de la mise en place de cette mesure et il a pris son temps pour enquêter à un niveau international afin de découvrir si l’attitude des Musées Royaux des Beaux-Arts était inédite. L’article est paru sur son site le 4 octobre 2015 sous le titre Ces musées belges qui interdisent croquis et notes.

    L’information inédite de ce long article se trouve aux 4/5ème du texte : « (...) Nous avons contacté la #Fondation_Magritte, partenaire privilégié du musée dès sa création. Ayant « pour objet d’assurer la pérennité et la protection de l’œuvre et de la renommée de René Magritte », cette association a été fondée à l’initiative de Charly Herscovici, l’unique ayant droit du peintre depuis qu’il a été désigné légataire universel de tous ses droits patrimoniaux, en 1986 à la mort de Georgette Magritte, la veuve dont il était secrétaire. À notre grand étonnement, il nous a répondu personnellement, nous signifiant très clairement au sujet de la prise de notes et de croquis : « Nous n’avons jamais et en aucun cas interdit quoi que ce soit dans un sens ou dans un autre ».

    Ensuite, même positionnement de Charly Hercovici pour la prise de photos : « (...) Nous avons demandé à Charly Herscovici si l’interdiction photo dans l’établissement belge était de son fait. Réponse : « Non, je n’ai rien à voir avec l’interdiction photo pour les visiteurs au sein du Musée ». Ainsi donc, le musée Magritte interdit autoritairement prises de notes, croquis et photos, contre l’avis même de l’unique ayant droit du peintre ! (...) ».

    Le mercredi 7 octobre 2015, pour l’hebdomadaire français Télérama, Luc Le Chatelier investigue davantage à partir du travail de Bernard Hasquenoph dans un article court intitulé C’est surréaliste : il est interdit de dessiner au Musée Magritte de Bruxelles.
    Le lendemain, le jeudi 8 octobre, massivement et pour la première fois, la presse belge aborde l’affaire, citant le « prestigieux hebdo culturel français » : une pleine page dans Le Soir, un même article publié dans La Libre et dans La Dernière Heure, des reportages dans les JT de la #RTBF et de Télé Bruxelles.
    Couronnement, dans les éditions du week-end du Soir (10 octobre 2015), où cet événement est considéré comme l’un des trois gagnants de la semaine. Eric Deffet explique pourquoi : « (...) Le surréalisme belge aurait sans doute bien ri de cette décision administrativo-kafkaïenne. Justification officielle : manque de personnel de surveillance. Plus sérieusement : pas question de reproduire les œuvres de l’artiste... Présentez-vous vite sur place et si le cerbère vous confisque votre portemine, répliquez : Ceci n’est pas un crayon ».

    Mais aucun média belge n’aborde les déclarations de Charly Herscovici. Il est vrai que Télérama n’y faisait pas allusion et il fallait lire tout l’article du site Louvrepourtous.fr pour découvrir ce « scoop ».

    Tous les médias de chez nous réchauffent donc une info ancienne, loupant ce qui aurait permis de la réactualiser et, surtout, de remettre en question la communication institutionnelle de musée qu’ils ne se privent pas de diffuser sans investigation, empêchant ainsi tout débat contradictoire auprès de leur public. Quitte à ce que la mauvaise nouvelle « pratique » se perpétue ? Les médias, au service de leurs usagers ?

    Aucun des quatre arguments évoqués n’est crédible

    1. L’argument qui revient le plus souvent est celui du droit à l’image.
    « Les propriétaires de certaines œuvres verraient d’un mauvais œil que les peintures soient reproduites » selon La DH. Mais aucune sous-questiondu type : n’y a-t-il pas de la part du musée, en ce qui concerne ce droit de reproduction, confusion entre photographier et dessiner ou prendre des notes ?
    À Télé Bruxelles, Isabelle Bastaits, la chargée de communication des Musées Royaux est catégorique : « Les prêteurs privés ne souhaitent pas que les œuvres soient reproduites de quelque manière que ce soit ». Il est regrettable dès lors qu’elle ne soit pas ensuite interrogée sur les déclarations de Charly Hercovici faites à Bernard Hasquenoph (voir plus haut).
    S’il existe effectivement quelques exceptions (ce n’est pas du tout la norme actuellement) d’interdiction de photographier (on ne parle même pas ici de dessiner avec un crayon) pour respecter le droit à l’image d’ayants droits, il suffit de limiter cette mesure défavorable aux droits du public aux œuvres en question et non d’appliquer la restriction à l’ensemble du musée. Aucune réflexion à ce sujet dans les médias belges qui ont soit-disant enquêté !

    2. Le manque de place au « Magritte ».
    Le JT de la RTBF accepte comme pain bénit un autre argument de Mme Bastaits, omniprésente dans ce dossier et jamais contredite. Où est donc l’investigation ? Elle explique que l’interdiction s’applique au « Magritte » car ses locaux sont relativement étroits (2.500 m2) et qu’il faut favoriser le flux des visiteurs. Alexandre Météa a-t-il préparé son interview (de même, dans Le Soir, Michel Draguet parle de lieux assez exigus) ? A-t-il simplement lu le texte du règlement ? L’interdiction est également bien prévue pour les expositions temporaires qui, elles, se déroulent dans des espaces autrement grands !

    Si on prend en compte cet argument, il faudrait immédiatement supprimer la location d’#audioguides qui « figent » les visiteurs de longues minutes devant les toiles ou les visites guidées qui « encombrent » bien davantage l’espace du musée !
    Pour respecter le confort des visiteurs, il ne faut pas interdire certains droits du public (dessiner, prendre des notes, photographier, utiliser un audioguide ou assister à une visite guidée) mais, en cas de succès et de trop importante fréquentation, limiter le nombre d’entrées et favoriser la prévente par tranche horaire. Voilà des arguments à proposer à une attachée de presse par des journaux ou des télévisions qui s’intéressent aux droits de leurs lecteurs-
    visiteurs ! On en est loin.

    3. La protection des peintures
    Pour justifier l’interdiction, #Le_Soir se contente de publier la déclaration suivante de Michel Draguet sans nullement la remettre en question : « On a déjà eu pas mal de dégradations d’œuvres. Nous avons dû prendre des mesures en 2005 après que, lors de l’exposition Le Romantisme en Belgique, une œuvre a été dégradée à coup de pic (dans l’article du Soir, il est bien écrit le mot « pic »). Plus près de nous, en 2013, rappelez-vous La Liberté guidant le Peuple, de #Delacroix, prêté par Le Louvre à l’antenne du musée du #Louvre_Lens et tagué par une visiteuse... ».

    À #Lens, la toile fut bien mutilée à l’aide d’un marqueur.

    Le cancre de la classe, à propos de cette thématique sécuritaire, serait bien le JT de la RTBF.
    Pour illustrer les dangers d’outils permettant de dessiner ou d’écrire, il a proposé une courte séquence où l’on voit à Taipei un jeune taïwanais renverser accidentellement le contenu d’un verre sur un tableau ancien.
    Cet exemple (qui n’a rien à voir avec la thématique abordée) est d’autant plus stupide que les boissons sont toujours interdites (à juste titre d’ailleurs) dans nos institutions muséales.
    Tout ceci démontre avec quelle légèreté on ose encore en 2015 traiter les dossiers qui soutiennent les #droits_du_public dans le secteur de la #culture. Affligeant.
    À propos des vitres, Michel Draguet poursuit ainsi sa déclaration dans Le Soir : « Pour protéger nos œuvres, nous sommes donc obligés ou bien de les recouvrir de verre (ce qui en altère parfois la perception) ou alors de contrôler, par autorisation, l’utilisation de matériel de dessin dans les salles ».
    Pour le conservateur, dans cette déclaration à la presse, c’est « ou » recouvrir de verre, « ou » interdire le matériel de dessin. Petit mensonge ! Dans le réel, c’est plutôt un « et, et », ce qui semble abusif. En effet, au « Magritte », la plupart des œuvres sont protégées par des vitres ou plexiglas (ce que critiquent souvent les visiteurs), il n’y avait donc aucune raison d’inventer cette interdiction complémentaire.

    4. Diminution du nombre de surveillants
    L’ultime argument invoqué concerne la surveillance des œuvres. Selon La DH et La Libre, les employés du musée invoquent « les coupes budgétaires qui ont eu pour conséquence de faire diminuer le nombre de surveillants dans les musées ». Dans Le Soir (moins dupe ?) : « Justification officielle : manque de personnel de surveillance ».
    S’il y a effectivement moins de gardiens, est-ce justement une bonne idée que de les encombrer d’une mission supplémentaire aussi peu efficace, et donc non prioritaire : empêcher le visiteur de dessiner ou de prendre des notes ?
    À ce sujet, ni la direction du musée, ni son personnel, ni les médias n’ont jugé utile d’informer le public de la politique de gardiennage des Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique : de quand à quand fut-il fait appel à une société privée, quel en fut le coût, comment furent préservés dans cette tâche les objectifs de démocratisation de la culture, etc. Voilà, là aussi, un autre débat de fond « interdit au public ».

    Une avancée ?

    Le jeudi 8 octobre 2015, à la fin du JT de Télé-Bruxelles (vers la 8ème minute), le commentaire en voix off (c’est David Courrier qu’on entend) indique : « (...) Cela dit, la situation pourrait bien se débloquer, le Musée Magritte se dit prêt à négocier ce point avec les propriétaires des tableaux, histoire d’en finir une fois pour toute avec cette polémique surréaliste ».
    Télé-Bruxelles emploie le conditionnel, ce qui n’aidera pas beaucoup les visiteurs à se mobiliser et à agir pour tenter d’obtenir une solution. On espère donc que la télévision bruxelloise un peu cachottière (c’est ça aussi, la recherche de petits scoops dans nos médias, tous en situation de concurrence) ne se contentera pas de cet effet d’annonce et fera rapidement le suivi de ce dossier.

    Réactions de visiteurs

    Les réactions des visiteurs sont très nombreuses sur la toile. Elles vont quasi toutes dans le même sens. Une bouffée d’air ! En voici un mini florilège.

     Un dimanche matin, Philo, 7 ans, et moi-même nous sommes fait interdire de dessiner des œuvres d’art du musée Fin de siècle et du musée Magritte. Pour des questions de droit. J’étais furieux, j’ai sorti ma carte des "amis du musée", j’ai fait venir le responsable qui m’a expliqué que c’était une question de droits d’auteur... Mais enfin. Nos filles vont bientôt avoir une amende pour dessiner les "nombrils" dans les marges de leurs cahiers ? Le plus absurde, c’est qu’en tapant « Magritte » sur Google image, toutes ses œuvres apparaissent, absolument libres d’être recopiées, voire même imprimées en grand format. C’est n’importe quoi... Une action, Bernard Hennebert ? On débarque un matin au musée avec nos enfants, et on fait de la désobéissance civique devant la presse pour voir jusqu’où ils iront pour nous empêcher de dessiner ? PS :... et moi je dis vive Georges Lucas qui n’a jamais attenté la moindre action juridique contre ses fans qui copient ses films sur internet. Bon il aurait mieux fait de ne pas retoucher sa première série et d’en faire une suite, mais ça c’est une autre histoire.

     Il y avait très peu de monde dans le musée, on ne bloquait personne... On a dessiné la nageuse de #Spilliaert pendant 20 minutes, assis par terre, sous le sourire des gardiens.

     Le musée, frigo à œuvres d’art ou espace ouvert au dialogue, à l’appropriation, à la vie ? Il faut avouer que, parfois, en Belgique, on se pose la question. Merci à Bernard Hennebert pour son infatigable travail.

     C’est plutôt à contre courant des musées en général qui font des efforts pour rendre la visite ludique aussi pour plus jeunes. Dommage.

     Dans le temps, on avait des musées. C’était chouette, les musées : on pouvait y aller même pauvre, car ils étaient gratuits. On pouvait flâner dedans, s’arrêter devant une œuvre interpellante, en prendre un croquis on une aquarelle, revenir quelques jours après, comme ça, par plaisir, sans plans, pour rafraîchir sa mémoire d’une complicité artistique de passage... Mais ils n’existent plus, les musées. Ou presque. Il ne reste que des zombies, des machins bizarres remplis d’œuvres d’art, mais où tout est interdit sauf payer l’entrée et passer, vite, en fermant sa gueule. Faites attention : ça ressemble à un musée, mais ça n’en est pas un. Si vous vous trompez, et si vous vous comportez malgré tout comme un visiteur de musée, vous risquez des coups, les menottes dans le dos, et une nuit en tôle.

     Inouï et scandaleux

     P.S. De toute façon, pour dessiner en public, il nous reste #Ikea : ils fournissent même le matériel.

     Et puis après tout pourquoi ne pas décider d’interdire de dessiner tout simplement ? Dans et hors des musées... Certains l’ont déjà fait, non ?

    Bernard Hennebert - 26.10.2015

    • Nous habituer au fachisme - la méthode de la #grenouille.

      Vous voulez cuire une grenouille.
      Si vous la plongez dans l’eau bouillante, elle fera tout pour s’échapper, avant que vous ayez pu mettre le couvercle.
      Si vous la plongez dans une casserole d’eau froide, mettez un couvercle, et ensuite allumez le gaz, vous la cuirez sans problèmes.

      La planète ne supporte plus notre système économique.

      Afin que les trés trés riches le restent, une seule solution, le fachisme.

      Appliquer cette méthode de gouvernement du jour au lendemain présente des risques, nécessite des moyens . . .
      Il est plus simple de conditionner la population à un ensemble de petits règlements, tatillons, apparemment incohérents afin de consolider l’installation de ce système.

      Il faut nous habituer lentement, l’eau froide de la casserole chauffe tout doucement.

      Nous conditionner à des comportements aussi !
      La mode des selfies sur facebook, par exemple.
      Economisez les caméras de surveillance, faites le vous mêmes.
      Souriez, vous êtes filmé !

      Grâce à cette méthode, on pourra éliminer les « #déviants » au fur et à mesure.

  • C’est de la racaille ? Eh bien, j’en suis ! A propos de la révolte de l’automne 2005
    http://www.monde-diplomatique.fr/2006/09/PIERROT/13948

    Dell’Umbria retrace, dans ce pamphlet percutant, l’histoire idéologique des grands ensembles. Il montre comment se sont construits, depuis le XIXe siècle, ces espaces anonymes, volontairement pensés comme des bulles privées « pour salariés domestiqués ». Une série de clivages achèvent le morcellement des solidarités : Français contre étrangers, jeunes contre vieux, salariés contre chômeurs. Le portrait est sévère : banalisation des états d’exception, « tolérance zéro », violences policières et clientélisme. Les associations subventionnées sont devenues les marionnettes de l’ordre municipal. La gauche erre, se présente comme le dernier rempart avant le fascisme et finit par psalmodier des positions de principe. Elle n’offre pourtant comme programme qu’une version particulière de la #criminalisation des #pauvres.

    Revenant sur les récupérations de la « marche des beurs » et des mouvements d’ouvriers immigrés, l’auteur raconte l’échec de la convergence des luttes antiraciste et sociale. Il fustige enfin tous les discours monolithiques, de l’islam aux complaintes républicaines, et analyse l’importance des drogues dans le maintien de la paix sociale.

    ALÈSSI DELL’UMBRIA (PART.I) : « LE DISCOURS IDÉOLOGIQUE RÉPUBLICAIN A ANESTHÉSIÉ TOUTE CULTURE DE LA RÉVOLTE »
    http://www.article11.info/?Alessi-Dell-Umbria-part-I-Le

    POSTFACE À L’ÉDITION CASTILLANE DE "C’EST DE LA RACAILLE ? EH BIEN, J’EN SUIS !"
    https://infokiosques.net/spip.php?article786

    #racaille est ici utilisé le plus souvent de façon antiphrastique pour désigner des dominants, il m’a semblé nécessaire d’en revenir au sens littéral, là où le terme désigne non pas les tenants ou les bénéficiaires de l’ordre social actuel mais bien le populaire et l’ingouvernable.

    • Outre l’intérêt du livre, je réagissais à l’emploi de #racaille par @kassem, emploi qui a le don de m’agacer... Quand la presse cause de patron #voyou, c’est n’est pas seulement la réitération de voyou (des désignés comme tels par la police, les moralistes, les juges, le PCF, la presse) comme insulte, c’est aussi un blanc seing aux entreprises "normales et au Code civil (garantissant la propriété privée). Un travail de #police.

      Pour ce qui est du soulèvement de 2005, on peut lire un autre point de vue que celui défendu par #Alèssi_Dell'Umbria, là aussi sans moraline :

      Entre expérience et expérimentation, une politique qui ne porte toujours pas le nom de politique
      http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=3284

    • Au sens actuel racaille est devenu synonyme de parasite violent, or ceux qui parasitent le plus les ressources communes et ceux qui exercent la plus forte violence ne sont pas les plus souvent montrés du doigt dans le discours ambiant, bien au contraire, c’est pourquoi il convient de les désigner par un terme adéquat pour contribuer humblement à recadrer un peu les représentations associées.

    • M’enfin... qui est le « parasite violent » ? Celui qui dit « la racaille on va la dégager au Karcher » ou celui qui tient les murs de sa téci ? C’est un concours ? Racaille désigne les #classes_dangereuses, je veux bien que l’on tienne les oligarques pour telles mais pour le dire, il faudra d’autres mots que racaille voyou et délinquant. La #loi, c’est eux. Cette manière de saucissonner le #populaire entre les « citoyens » salariés responsables c’est-à-dire respectueux de l’ordre social et les #déviants, c’est eux.

    • pour le dire, il faudra d’autres mots que racaille voyou et délinquant

      je trouve plus judicieux d’utiliser précisément ces termes-là, dans leur acception actuelle, en les orientant vers ceux à qui cette acception actuelle correspond de façon plus réelle qu’imaginaire, pour justement bousculer l’imaginaire en question.

    • C’est une question de grammaire politique, il me semble que le renversement du stigmate soit on se plante (c’est vous les « méchants » comme le bêle le citoyen indigné,ce pseudopode de l’état), soit ça marche comme ça :

      – Le pdt du Tribunal : Quelle est votre profession ?
      Blanqui : prolétaire.

      – Travail, Famille, Patrie ?
      Pédé.

      – Chômeur = victime, indigne.
      Fier d’être précaire.

      #moraline partout #communisme nulle part.

    • pour « Racaille » j’ai vu que c’etait une insulte contre les categories pauvres. Ca veut dire « Péj. Partie du peuple la plus pauvre, considérée comme la plus méprisable »
      Ca viens de « rascer » qui veut dire racler et de « aille » qui est un suffixe pejoratif.
      http://seenthis.net/messages/400764#message400940

      sachant ca, c’est pas un synonyme de voyous ou bandit et je ne l’utiliserais plus. Dire « les politiciens racailles, ou les racailles en col blanc » ca me semble innaproprié.

    • Merci @alaingresh de réparer cet oubli !

      La Canaille, 1863, Paroles : Alexis Bouvier ; Musique : Joseph Darcier ; Editeur : Vieillot. Cette chanson a été rendue célèbre par la Commune de Paris en 1871.
      https://fr.wikisource.org/wiki/La_Canaille

      Dans la vieille cité française
      Existe une race de fer,
      Dont l’âme comme une fournaise
      A de son feu bronzé la chair.
      Tous ses fils naissent sur la paille,
      Pour palais, ils n’ont qu’un taudis.
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      Ce n’est pas le pilier du bagne ;
      C’est l’honnête homme dont la main
      Par la plume ou le marteau gagne,
      En suant, son morceau de pain.
      C’est le père, enfin, qui travaille
      Les jours et quelquefois les nuits.
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      C’est l’artiste, c’est le bohème
      Qui, sans souper, rime rêveur
      Un sonnet à celle qu’il aime,
      Trompant l’estomac par le cœur.
      C’est à crédit qu’il fait ripaille,
      Qu’il loge et qu’il a des habits.
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      C’est l’homme à la face terreuse,
      Au corps maigre, à l’œil de hibou,
      Au bras de fer à main nerveuse
      Qui sortant d’on ne sait pas où,
      Toujours avec esprit vous raille,
      Se riant de votre mépris.
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      C’est l’enfant que la destinée
      Force à rejeter ses haillons,
      Quand sonne sa vingtième année,
      Pour entrer dans nos bataillons.
      Chair à canon de la bataille,
      Toujours il succombe sans cris…
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      Ils fredonnaient la Marseillaise,
      Nos pères, les vieux vagabonds,
      Attaquant en quatre-vingt-treize
      Les bastilles dont les canons
      Défendaient la vieille muraille !
      Que de trembleurs ont dit depuis :
      « C’est la canaille ! »
      Eh bien ! j’en suis !

      Les uns travaillent par la plume,
      Le front dégarni de cheveux.
      Les autres martèlent l’enclume,
      Et se soûlent pour être heureux ;
      Car la misère, en sa tenaille,
      Fait saigner leurs flancs amaigris...
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      Enfin, c’est une armée immense,
      Vêtue en haillons, en sabots.
      Mais qu’aujourd’hui la vieille France
      Les appelle sous ses drapeaux,
      On les verra dans la mitraille,
      Ils feront dire aux ennemis :
      C’est la canaille !
      Eh bien ! j’en suis !

      Une belle version, celle de Marc Ogeret sur le disque Autour de La Commune.

      11 novembre 2005 : Nicolas Sarkozy continue de vilipender "racailles et voyous"
      http://www.lemonde.fr/societe/article/2005/11/11/nicolas-sarkozy-persiste-et-signe-contre-les-racailles_709112_3224.html#t4LK

      « Ce sont des voyous, des racailles, je persiste et je signe », a déclaré Nicolas Sarkozy, jeudi soir sur France 2, lors d’une émission spéciale « A vous de juger » consacrée à la crise des banlieues, retrouvant le ton très offensif abandonné ces derniers jours. Et le ministre de l’intérieur entend bien en débarrasser le pays au nom des « braves gens qui veulent avoir la paix ».

      comme disait l’autre, les brav’s gens n’aiment pas que
      L’on suive une autre route qu’eux…

      Qui faut-il être pour fait mine de retourner l’insulte à l’envoyeur au lieu de l’endosser ?
      Pour un député socialiste, Nicolas Sarkozy est « une racaille d’Etat »
      http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2014/03/19/25002-20140319ARTFIG00049-pour-un-depute-socialiste-nicolas-sarkozy-est-une

      Ce terme désigne
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Racaille

      Les individus dont le rôle social se limite à la petite délinquance. La racaille est ainsi un terme utilisé pour souligner la non-adhésion[réf. nécessaire] aux normes en vigueur dans la société. On parle de « la racaille de la société » pour désigner une frange non intégrée, dont les valeurs sociales ne s’accordent pas avec celle de la majorité, ou à laquelle la société refuse d’accorder un statut plein et entier de « partie du tout ».
      Un groupe méprisable, souvent faisant partie des plus pauvres de la population [réf. nécessaire]. Ayant pour certains un sens socio-économique, pour d’autres un sens plus socio-culturel, cette définition se référant à « une masse méprisable » ne reconnaît pas de distinction individuelle, son utilisation est donc invariable au singulier féminin : « La racaille » ; parfois couplée à un partitif : « de la racaille ». (...)
      Dans la « langue des cités », le terme désigne les voyous et membres des bandes criminelles, mais sans connotation d’exclusion ou de mépris . Au contraire, il désigne plutôt ceux dont la réputation inspire la crainte ou le respect. (...) Cependant cet usage ne peut s’appliquer qu’entre personnes issues de ces quartiers, et les mêmes qui en feraient un titre honorifique dans ces quartiers peuvent se sentir insultés s’ils sont qualifiés ainsi par des personnes extérieures.

    • en fait ca veut dire « voyou ou bandit des classes pauvres » même aujourd’hui en fait. Dire que la FNSEA, les politiciens, les flics, les cols blancs, les patrons... sont des racailles ca me semble pas terrible et perso je prefere abandonner l’utilisation du mot racaille comme je prefere abandonner les insultes sexistes et racistes je laisse aussi les classistes qui méprisent les categories pauvres.

    • renversant : celui qui s’plaint : à éliminer ! la commune ? la catastrophe ! dont une perche de secours ne réussit à se dégager qu’en 86 avec les lois sur l’enseignement .

    • @koldobika Je l’ai toujours entendu associé à des « jeunes de banlieu » et pas pour des délinquants de classes sociales moyenne et elevé. Et l’utilisation mediatique qu’en font les politiques est sur le sens originel puisque ils ne disent pas que Keviel est une racaille par exemple. Avant de faire la recherche je croyait que ca venait du rat, et j’aimais pas non plus cette animalisation et j’aimais pas ce mot mais maintenant que je connait l’etymologie et la definition exacte je ne l’aime pas plus. Après pour le fait de ne plus l’utilisé je ne parle que pour moi, par rapport à mon approche de l’utilisation des insultes. Et je trouve un peu dommage de ne pas faire des insultes nouvelles pour cibler les délinquants en col blancs. #bourgeaille, #politicaille par exemple ou j’aime bien #bankster

    • Merci @koldobika je trouve rigolo de faire des nouvelles insultes pour renversé la domination. Les insultes actuel sont faites par le #patriarKKKapitalistoKKKolonialisme et s’attaque aux populations discriminées. Ici les classes sociales pauvres avec racaille. Les insultes sexuels sont misogynes, homophobe, c’est à dire andro et hétérocentrés. Les insultes raciales ne sont pas contre les blancs mais toujours contre les populations racisées. Les insultes attaquent aussi aux personnes atteintes de handicapes et non aux autres etc.

    • " « En politique, le choix des mots est évidemment essentiel. Je l’ai dit, en France, tous les citoyens sont les filles et les fils de la République. Il n’y a pas de catégorie de Français. Il n’y a que des citoyens libres et égaux en droit. Et quand une personne commet un délit ou un crime, c’est un délinquant ou c’est un criminel. C’est la loi qui le dit. Ce sont ces termes qu’il faut employer. C’est cela la République. »

      L’étymologie du terme racaille n’est pas clairement définie.

      Pour Auguste Brachet, dans son dictionnaire étymologique,[1] la terminologie s’appuie sur le diminutif du radical rac qui est d’origine germanique (racker en allemand pour désigner un « équarrisseur ») et dont on trouve une trace dans le vieil anglais rack utilisé pour désigner un « chien“[2]. Racaille serait un mot formé sur le même principe que canaille qui dérive indirectement du latin canis (‘chien’) et que l’on propose souvent en synonyme.

      Pour Albert Dauzat, dans dictionnaire étymologique[3], ce serait une forme normano-picarde qui aurait la même racine que l’ancien français rasche ou rache (‘ teigne ’) du latin vulgarisé rasicare (‘ gratter ’). Ainsi trouverait-on une trace de ce terme dans le provençal rascar (‘ racler ’) ou raca (‘ rosse ’, ‘ chien ’), et même dans la Bible sous la forme raca (Mathieu, 5, 22 : ‘ Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ’) où il tient lieu d’insulte.

      Racaille n’a donc pas une étymologie basée sur l’italien Razza, qui a donné ‘ race ’ en français, bien que certaines utilisations de ce terme entretiennent volontairement ou accidentellement une confusion sur l’identité du groupe qu’il stigmatise.

      L’utilisation du terme pour désigner des individus et non plus des groupes (se caractérisant dans son utilisation par la pluralité du terme) semble avoir suivi un cheminement populaire récent.

      Si on fait abstraction de la similitude phonétique entre race et racaille, le problème de la portée reste entier car les définitions que l’on donne du mot racaille nous renseignent peu, voire pas du tout, sur les groupes d’individus ou les individus qu’il entend qualifier"

      la langue des Gaulois ne manque pas de nuances pour préciser la profondeur de son ressentiment :
      racaille,
      canaille,
      fripouille,
      populace,
      vermine,
      tourbe,
      rebut,
      pègre,
      maraud,
      lie,
      crapule,
      bas-fond,
      raclure,
      plèbe,
      meute,
      gredin,
      filou,
      faquin,
      ramas,
      crevure,
      ordure,

      ... et bien sûr : sauvageons.