• Migrants à la frontière franco-italienne : « La solidarité n’est pas un délit ! »

    Alors que se tiendront, le 22 avril et le 27 mai à Gap et à Grenoble, les procès de plusieurs personnes solidaires de migrants, les élus écologistes #Damien_Carême et #Guillaume_Gontard ont lancé un #appel pour demander au gouvernement français de cesser ses pratiques indignes.

    #Tribune. L’hiver est officiellement fini. Pas celui qui s’abat sur les personnes exilées et celles qui sont solidaires. Cet hiver-là est le plus rude de tous : indigne, violent, inhumain. À Montgenèvre (Hautes-Alpes), village au-dessus de Briançon encore sous la neige, la situation ne cesse de se dégrader depuis des semaines.

    A 1 800 mètres d’altitude, le gouvernement français militarise et montre les poings, pensant ainsi en mettre, des points, sur des « i » fantasmagoriques : il y aurait des migrants dangereux, il y aurait des personnes solidaires complices, il y aurait un flot d’arrivées massives. Et la seule solution serait de rejeter, humilier, édifier des murs.

    C’est un mensonge.

    Les personnes solidaires ne sont pas des coupables. Ils et elles ne sont pas des hors-la-loi. La Cour de cassation de Lyon l’a confirmé, le 31 mars, en relaxant définitivement Cédric Herrou.

    La solidarité n’est pas un délit !

    Les atteintes portées aux droits sont récurrentes

    Pourtant, à Montgenèvre, le gouvernement choisit la répression. Et, chaque semaine, il surenchérit dans cette voie inhumaine. Il bafoue les droits français, européen et international et les droits des êtres humains, en toute impunité, tout en distillant sournoisement l’idée que la solidarité sert de planque à de sombres desseins. C’est de la manipulation.

    Les faits, graves, sont dénoncés depuis des semaines par une vingtaine de parlementaires qui se sont rendus, et continuent de se rendre, sur place pour les constater et témoigner : droit d’asile piétiné, assistance médicale empêchée, mise en danger d’autrui, séparation de la famille, poursuites abusives de bénévoles, gardes à vue de journalistes, interpellations, amendes et interrogatoires abusifs, tentatives d’intimidations… Les atteintes portées aux droits sont récurrentes.

    Cette situation honteuse dans les Hautes-Alpes se déroule à l’identique dans les Alpes-Maritimes, à la frontière entre Menton et Vintimille : la criminalisation des personnes solidaires s’y exerce de la même manière, les personnes exilées y sont refoulées avec la même fermeté. Cette même situation vécue, avant, dans la vallée de la Roya ou que vivent, sur certains aspects, les Pyrénées à la frontière franco-espagnole.

    Une folie sécuritaire de la France et de l’UE

    Dans cette folie sécuritaire, l’Union européenne (UE) et le gouvernement déploient aux frontières intérieures et extérieures de l’UE des moyens financiers démesurés pour une politique qui, en plus d’être indigne et inhumaine, est inefficace. Aucun mur, rien ni personne, n’empêchera jamais un être humain de mettre un pied devant l’autre pour sauver sa vie.

    Cette folie est responsable de drames, de vies brisées au bout d’un parcours déjà jalonné de souffrances pour ces familles qui partent sur la route de l’exil avec des femmes enceintes, de jeunes enfants, des nourrissons, des personnes âgées. Le gouvernement français doit respecter le droit français, le droit européen, le droit international comme les droits d’asile et les droits humains.

    Les personnes exilées, les personnes solidaires et les associations d’aide doivent être traitées dignement. Elles ne sont pas des délinquantes.

    Les exilés ne doivent être ni victimes ni alibis de cette folie sécuritaire.

    La détermination des bénévoles

    N’en déplaise au gouvernement, la solidarité est partout sur le territoire français. Les bénévoles qui tentent, malgré les intimidations qu’ils subissent, de porter secours et assistance aux personnes en exil sont le visage de nos valeurs républicaines : la fraternité, la solidarité. Ces bénévoles n’ont pas renoncé à un Etat de droit capable d’accueillir et de protéger. Ils continuent d’agir, de jour comme de nuit, même quand l’hiver alpin sévit. Ils agissent par humanité.

    Pourtant, ces personnes risquent gros… Malgré la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet 2018 reconnaissant la fraternité comme un principe à valeur constitutionnelle, la mettre concrètement en œuvre peut encore mener derrière les barreaux. C’est ce que risquent plusieurs citoyens solidaires, ces prochaines semaines, au cours de deux procès qui s’annoncent :

    Le 22 avril, à Gap, contre deux citoyens solidaires briançonnais, poursuivis pour « aide à l’entrée illégale et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière » pour avoir porté secours à une famille afghane sur le territoire français.

    Le 27 mai, à Grenoble, contre sept citoyens solidaires briançonnais pour avoir participé, le 22 avril 2018, à une manifestation qui visait à dénoncer l’action de Génération Identitaire présente la veille au col de l’Échelle (Hautes-Alpes), ainsi que la militarisation de la frontière. Ce qu’il se passe aujourd’hui à nos frontières est insupportable.

    Pour le respect du droit national et international

    Les dénis de droits et les violences exercées ne peuvent être plus longtemps supportés.

    Nous, signataires de cette tribune, demandons au gouvernement français de cesser ses pratiques indignes, illégales, illégitimes et dangereuses à la frontière. Nous lui demandons de respecter le droit national et international. Nous lui demandons d’en finir avec son récit mensonger. Nous, signataires de cette tribune, demandons au gouvernement français d’ouvrir les yeux sur la réalité d’un territoire où les initiatives solidaires sont bien réelles.

    Il en va de la dignité de notre pays. Après l’hiver, le printemps.

    Les premiers signataires de cette tribune : Damien Carême, député européen (EELV), président de l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) ; Elsa Faucillon, députée (Hauts-de-Seine, PCF) ; François Gemenne, chercheur, spécialiste des migrations internationales ; Guillaume Gontard, sénateur (Isère, EELV), président du Groupe écologiste-Solidarité & Territoires ; Cédric Herrou, Emmaüs Roya ; Martine Landry, Amnesty international, Alpes-Maritimes ; Aurélien Taché, député (Val-d’Oise, Les Nouveaux Démocrates) ; Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Val-de-Marne), Génération. s, Groupe écologiste-Solidarité & Tterritoires ; Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS.

    Liste complète des signataires : https://europeecologie.eu/tribune-a-la-frontiere-franco-italienne-le-gouvernement-francais-doit

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/20/migrants-a-la-frontiere-franco-italienne-la-solidarite-n-est-pas-un-delit_60

    #asile #migrations #frontières #France #Italie #Briançon #Hautes-Alpes #Briançonnais #frontière_sud-alpine

    juste pour info, j’ai aussi co-signé la tribune...

    –-
    ajouté à la métaliste sur les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/733721

  • #Damien_Carême dans « à l’air libre » sur la #politique_migratoire européenne et française
    https://www.youtube.com/watch?v=KU1TpPLjRzI&feature=youtu.be

    –—

    Quelques citations :

    Damien Carême :

    « On est reparti [au parlement européen] sur les discussion sur le #pacte asile migration pour voir dans quelles conditions celui qui nous est proposé maintenant est pire que le précédent, parce qu’on nivelle par le bas les exigences. On l’appelait la directive #Dublin il y encore quelque temps, aujourd’hui moi je dis que c’est la #Directive_Budapest parce qu’on s’est aligné sur les désirs de #Orban vis-à-vis de la politique de migration, et c’est pas possible qu’on laisse faire cette politique-là. [Aujourd’hui] C’est laisser les camps en #Grèce, laisser les gens s’accumuler, laisser les pays de première entrée en Europe s’occuper de la demande d’asile et permettre maintenant aux Etats qui sont à l’extérieur (la Suède, la France, l’Allemagne ou ailleurs) organiser le retour, depuis la Grèce, depuis l’Italie, depuis l’Espagne en se lavant les mains. »

    –—

    Sur le manque chronique de #logement pour les exilés en France... et la demande de #réquisition de #logements_vacants de la part des associations...
    Question du journaliste : pourquoi les mairies, et notamment les mairies de gauche et écologistes ne le font pas ?

    Damien Carême :

    « C’est à eux qu’il faut poser la question, moi je ne le comprends pas, moi, je l’ai fait chez moi. Je ne souhaite pas faire des camps, c’est pas l’idée de faire des #camps partout, mais parce que j’avais pas d’école vide, j’avais pas d’ancien hôpital, d’ancienne caserne, de vieux bâtiments pour héberger ces personnes. Donc on peut accueillir ces personnes-là, je ne comprends pas pourquoi ils ne le font pas. Je milite en tant que président de l’association #ANVITA pour l’#accueil_inconditionnel »

    Journaliste : Qu’est-ce que vous diriez à #Anne_Hidalgo ?

    « On travaille ensemble... on ne peut pas laisser ces personnes là... il faut les rendre visibles. Il a raison #Yann_Manzi d’#Utopia_56 dans le reportage. Il ne faut surtout pas jouer la politique du gouvernement qui joue l’#invisibilité. Et le ras-le-bol des #bénévoles... moi je connais des bénévoles à Grande-Synthe, ça fait 20 ans qu’ils sont là pour aider des exilés qui arrivent sur le territoire... ils sont épuisés, et c’est l’#épuisement que joue le gouvernement. Il ne faut pas céder à cela et il faut en arriver de temps en temps à un #rapport_de_force pour faire en sorte qu’on ouvre [des bâtiments vides] pour que ces gens ne soient pas à la rue. »

    Journaliste : un mot pour qualifier la politique migratoire du gouvernement

    « C’est la #politique_du_refus. C’est une politique d’#extrême_droite. D’ailleurs l’extrême droite applaudit des 4 mains ce que fait aujourd’hui le gouvernement. »

    Sur la situation à #Briançon :
    Damien Carême :

    « C’est du #harcèlement organisé par l’Etat pour jouer l’épuisement sur les bénévoles mais aussi chez les exilés qui arrivent. Et on voit bien que ça ne sert à rien. Macron, à grand renfort de pub a annoncé qu’il doublait les forces de l’ordre à la frontière italienne pour éviter les entrées, y a jamais eu autant d’entrée à la #frontière franco-italienne... »

    Journaliste : "Il y a quasiment autant d’exilés que de policiers qui dorment dans les hôtels de la ville..."
    Damien Carême :

    « Mais bien sûr ! Le budget de #Frontex est passé de 50 millions à l’origine à 476 millions aujourd’hui, ça ne change rien. La seule chose que ça change, c’est qu’aujourd’hui, à Calais, pour passer de l’autre côté en Angleterre, il y a des gens qui prennent des #small_boats et il y a des gens qui meurent en traversant le détroit de la Manche. Et c’est ça qui est grave. Et c’est ça que font ces politiques ! Que le #trafic_d'êtres_humains est le troisième trafic international après les armes et la drogue, parce que le coût du passage a énormément augmenté. A Grande-Synthe en 2015, on me disait que c’était 800 euros le passage garanti, aujourd’hui c’est entre 10 et 14’000 euros. C’est toute l’#efficacité de cette politique-là. Donc changeons de politique : dépensons beaucoup moins d’argent à faire de la #répression [utilisons-le] en organisant l’accueil »

    Commentaire à partir de cette photo, prise à Grande-Synthe :


    Journaliste : Pourquoi ça se passe comment ça, sachant que c’est votre ancien adjoint, un socialiste, #Martial_Beyaert, qui est maire maintenant ?
    Damien Carême :

    "Il avait toujours été d’accord avec notre politique d’accueil. A partir du moment dans lequel il a assumé la responsabilité, il s’est réfugié derrière la volonté du préfet. Et aujourd’hui il dit qu’il est prêt à ouvrir le gymnase, « mais il faut que l’Etat soit d’accord pour le faire, et l’Etat n’est pas d’accord ». Mais l’Etat ne sera jamais d’accord, donc c’est du #cynisme de tenir ces propos aujourd’hui".

    Sur l’ANVITA :
    Damien Carême :

    « C’est un réseau de soutien, c’est un réseau de pression, il y a 44 communes, 3 régions et 2 départements. »

    Journaliste : c’est facile d’être solidaire en ce moment ?

    Damien Carême : « Oui c’est facile. En fait, tout repose sur l’#imaginaire, sur les #récits qu’on peut faire. Nous, ce qu’on a fait quand on était à Grande-Synthe, et c’est ce qui se passe dans plein de villes... quand on accueille réellement, quand on met en relation les populations accueillies et les populations accueillantes, tout se passe merveilleusement bien. »

    Carême parle de #Lyon comme prochaine ville qui intégrera le réseau... et il rapporte les mots de #Gérard_Collomb :
    Damien Carême :

    "Lyon c’est quand même symbolique, parce que Gérard Collomb... qui avait été, pour moi, le ministre de l’intérieur le plus cynique, lui aussi, puisqu’il m’avait dit quand je l’avais vu en entretien en septembre 2017, ouvert les guillemets : « On va leur faire passer l’envie de venir chez nous », fermées les guillemets. C’était les propos d’un ministre de l’intérieur sur la politique migratoire qui allait été mise en ville"

    L’ANVITA....

    « c’est mettre en réseau ces collectivités, c’est montrer qu’on peut faire, qu’on peut faire de l’accueil sans soulèvement de population... Et c’est bientôt créer un réseau européen, car il y a des réseaux comme ça en Allemagne, en Belgique, en Italie, et fédérer ces réseaux »

    Damien Carême :

    « Dans la #crise_écologique, dans la #crise_climatique qu’on vit, il y a la crise migratoire, enfin... c’est pas une #crise_migratoire, c’est structurel, c’est pas conjoncturel la migration : c’est depuis toujours et ça durera toujours. C’est quelque chose à intégrer. Et donc intégrons-le dans nos politiques publiques. C’est pas une calamité, c’est une #chance parfois d’avoir cet apport extérieur. Et toute l’histoire de l’humanité nous le raconte parfaitement »

    #asile #migrations #réfugiés #interview #Calais #France #Grande-Synthe #camp_humanitaire #camps_de_réfugiés #accueil #rhétorique #appel_d'air #solidarité #mouvements_citoyens #associations #sauvetage #mer #secours_en_mer #Frontex #Fabrice_Leggeri #refus #harcèlement_policier #passeurs #militarisation_des_frontières #efficacité

    signalé par @olaf : https://seenthis.net/messages/898383

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  • Migrants à #Paris : l’#ultimatum aux autorités

    Invité d’« À l’air libre », #Yann_Manzi, cofondateur de l’ONG #Utopia_56 qui vient en aide aux migrants, annonce une nouvelle action, « type place de la République, ou bien différente mais d’ampleur », si les demandes de logement d’urgence ne sont pas acceptées.

    « Tous les soirs, des dizaines de familles, d’enfants, de bébés, de femmes enceintes dorment dehors. » Sur le plateau d’« À l’air libre », mercredi soir, Yann Manzi, cofondateur de l’ONG Utopia 56, qui vient en aide aux migrants à Paris comme à Calais, ne décolère pas. Deux mois après l’évacuation violente de la place de la République, des centaines de migrants sont toujours condamnés à l’errance dans les rues de la capitale et de sa banlieue proche. Et ce malgré les promesses de la ministre du logement, Emmanuelle Wargon. Utopia 56 a donc écrit aux autorités pour leur demander une action concrète. En l’absence de réponse et pour dénoncer cette politique de « non-accueil », Yann Manzi lance donc un ultimatum et promet une nouvelle action d’ampleur en cas de non-réponse.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/140121/migrants-paris-l-ultimatum-aux-autorites

    #asile #migrations #réfugiés #hébergement #logement #SDF #sans-abrisme #sans-abris #France

    –—

    En lien avec la destruction du campement à la #Place_de_la_République (23.11.2020) :

    https://seenthis.net/messages/889796

    ping @karine4 @isskein

    • Des extraits de l’interview à Yann Manzi :
      https://www.youtube.com/watch?v=y3ypJdInLZM&feature=emb_logo

      Extrait de la lettre envoyée par Utopia 56 aux autorités :

      « Nous ne pouvons plus tolérer que le passage à la rue soit une étape obligatoire d’un demandeur d’asile qui arrive à Paris »

      Yann Manzi :

      « On a dit au gouvernement qu’on visibiliserai systématiquement toutes les mises à la rue. (...) On va rendre visibles ces invisibles »

      –----

      Collectif citoyens solidaires du 93 a ouvert un lieu pour les personnes qui, après destruction du campement de Saint-Denis ("refuge" pour 3000 personnes), n’a pas été mises à l’abri.

      Denis, membre du collectif :

      « Il y a une espèce de frustration face à des mots qui peuvent être dits par des politiques institutionnelles et traditionnelles qui se disent de gauche et qui ont en leur possession énormément de locaux vides et qui n’en font rien. Le but c’est de leur forcer un peu la main et de faire ce qu’ils devraient faire : d’investir des locaux vides et qui sont appelés à rester vides pendant un certain temps. ça me parait une décision saine, sage et de bon sens. »

      Réaction de la mairie écologiste de Saint-Denis —> elle a lancé une procédure d’#expulsion.
      Communiqué du 6 janvier 2021 :


      Elle précise aussi que

      « dans cette période hivernale, l’Etat doit demander la réquisition de nombreux logements et bureaux vides qui sont d’ailleurs souvent situés dans des villes bien plus riches que la nôtre »

      –-> Réaction de Yann Manzi :

      « C’est le ping-pong, tout le monde se renvoie la patate chaude, comme on dit, et c’est dans toutes les régions de France : ’C’est pas moi, c’est l’Etat, c’est pas aux élus’, alors qu’en fait on peut imaginer... des locaux vides, il y en a partout. Je crois que c’est une politique et une volonté de #non-accueil, et de passer un message à toutes ces populations qui veulent venir : ’Regardez, on ne vous accueille plus’. C’est un vrai #projet_politique et c’est ça qu’on essaie de démontrer et de dire, c’est que tout cela est bien organisé et voulu. On n’est pas envahis, loin de là ! Cette volonté politique de laisser les gens à la rue c’est une réelle volonté politique. Et c’est ça qui est dramatique, ce rendre compte de ça, ça fait peur... c’est des femmes, des bébés, c’est des enfants et c’est aussi, demain, à cause du covid, beaucoup de nos compatriotes qu’on croise dans les rues. Est-ce que la #rue, en France, dans un pays si riche, est une alternative aujourd’hui pour les gens qui n’ont pas de solution, avec tous ces lieux qui existent ? Nous on dit, tout simplement : ça suffit ! Et les citoyens resteront engagés et resteront là pour être vigilants et pour informer le public. »

      Question du journaliste : « Qu’est-ce qui bloque ? »
      Yann Manzi :

      « Il y a une réelle volonté de non-accueil. C’est une politique de non-accueil. ça fait des décennies qu’on dit qu’il manque des places dans les dispositifs d’accueil d’exilés. Des dispositifs ne sont pas mis en place, et c’est pour faire passer un message, pour tous ceux qui veulent venir : ’Regardez, on n’accueille plus !’. C’est le fameux #appel_d'air, une honte. On imagine que si on accueille bien ils vont venir en masse nous envahir, ce qui est totalement faux et fou. Et puis derrière, plus de #points_de_fixation, donc plus de campements dans Paris et on chasse les gens sous les ponts, donc ça devient totalement inhumain. »

      Journaliste : « Il y a beaucoup d’élus de gauche en Île-de-France, comment vous regardez ce qu’ils font par rapport à ça ? »

      « Je ne fais pas de généralité, mais ce qu’on voit et qu’on constate nous sur le terrain... il y a un moment où les élus ils peuvent faire ce qu’ils peuvent, et après il y a des élus qui ont la volonté de faire croire qu’ils font et la réalité est toute autre. C’est toujours le même jeu : ’C’est pas moi, c’est à l’Etat’. Nous, ce qu’on dit, c’est qu’à un moment donné, pendant cette crise humanitaire et pendant cette crise de covid, on dit que les élus ont des responsabilités et ils peuvent prendre des dispositions qu’aujourd’hui ils ne prennent pas. Et c’est ça qui est alarmant, parce qu’à jouer au ping-pong à dire ’Non, c’est pas moi, c’est l’Etat’, on peut imaginer que les élus ont leur part de responsabilité, ils peuvent faire des choses... après c’est des #choix_politiques : on peut mettre 50 millions pour la rénovation de la cathédrale et on met très peu d’argent pour les exilés. C’est des choix politiques, c’est encore de la politique et bien sûr... les exilés ça n’a pas forcément le vent en poupe, donc c’est évident que électoralement ce n’est pas porteur d’en faire trop pour eux. »

      Journaliste : « Et à #Calais, c’est les mêmes blocages ? »

      Yann Manzi : "Non, c’est pire. Paris c’est très violent et compliqué, mais Calais c’est le #laboratoire sur les politiques migratoires en France et de tout ce qu’on peut faire d’inhumain. On teste des politiques de non-accueil là-bas qui sont extrêmement poussées, sur le fait de laisser des gens à l’abandon dans le froid, sur les empêcher de manger, sur l’empêchement des associatifs de pouvoir les aider. Donc, tout est mis en place pour harceler ces populations, les rendre fous. On a beaucoup d’alertes sur le côté psychologique de ces populations qui vivent à la rue pendant des mois avant de pouvoir avoir un hébergement. Donc la situation est assez alarmante, et Calais et Grande-Synthe c’est une #horreur. Ils vivent dans la #boue, saccagés tous les jours. Il y a eu plus de 1000 démantèlements à Calais. Ce qu’on a vu à la Place de la République ça se passe tous les jours à Calais et à Grande-Synthe, avec des femmes et des enfants, et toujours ces politiques qui se renvoient la balle et ces élus qui disent ’c’est intolérable’, mais par contre qui ne font pas grande chose.

      « C’est une #violence_policière à Calais et Grande-Synthe depuis le démantèlement de la jungle de Calais... c’est incroyable ce qui se passe là-bas »

      #in/visibilité #visibilisation #invisibilité #visibilité #inhumanité #responsabilité #violence #harcèlement #santé_mentale

  • La Ville monde

    Mars 2016, faisant face à l’arrivée massive de réfugiés dans sa ville, Grande-Synthe, le Maire crée le premier camp UNHCR de France. Idéaliste et déterminé, l’architecte qui a conseillé à sa conception essaye de convaincre les acteurs de projeter ce lieu comme un quartier, mais sa pensée se cogne sans cesse à la réalité du terrain. De l’emménagement du camp à sa destruction, le réalisateur suit l’expérience dans toute sa complexité, ses espoirs, ses impasses, témoignant du rêve des uns devenu cauchemar des autres.

    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/53160

    #film #film_documentaire
    #migrations #asile #réfugiés #camp #campement #Grande-Synthe #Damien_Carême #camp_de_la_Linière #Cyrill_Hanappe #architecture #Utopia_56 #impensé #temporaire #urbanité #espace_public #ordre_républicain #France #dignité #sécurité #risques #drapeau #transit #identification #Afeji #urgence_humanitaire #Calais #jungle #bidonville #CAO #passeurs #ville_accueillante #quartiers_d'accueil #police #participation #incendie

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    1’32’15 : Maire de Mythilène (Grèce)

    « Mon très cher maire, toutes les municipalités ont besoin de joindre leurs forces, et grâce à de petites constructions, elles pourront supporter cette charge, qui peut être modeste, et si nous travaillons tous ensemble, elle peut même devenir bénéfique pour nos petites communes »

  • Autre mot pour désigner toute personnes en mobilité...
    #chercheur_de_refuge / #chercheurs_de_refuge... mot prononcé ici par #Damien_Carême, maire de Grande-Synthe :

    J’ai adressé au Premier Ministre, il y a quelques semaines, une lettre explicite évoquant très précisément la question des chercheurs de refuge présents sur la ville de Grande-Synthe, et plus largement, le Dunkerquois.

    https://www.damiencareme.fr/archives/4116

    Un terme qui avait aussi été utilisé par Edwy Plenel, me semblait-il, mais je ne trouve aucune référence...

    #réfugiés #migrations #mots #terminologie #vocabulaire
    ping @sinehebdo @karine4

  • #métaliste autour de la situation des exilés dans les Hautes-Alpes

    Le fil de discussion initié en avril 2018 (mais avec des liens plus anciens car il s’agit déjà d’une recomposition de liens) est en train de devenir beaucoup trop long, comme @_kg_ l’a bien mentionné dans un récent message (https://seenthis.net/messages/733643).

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    Les différents fils de discussion, en ordre chronologique :

    1. La première compilation (composée de plus de 300 messages) :
    https://seenthis.net/messages/688734

    2. Et la suite de la liste —> je vous invite à compléter celle-ci désormais :
    https://seenthis.net/messages/733720

    3. Suite de la suite ici , à partir du moment dans lequel des membres de #génération_identitaire ont été mis en garde à vue :
    https://seenthis.net/messages/756096

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    Le reste de la chronologie ci-dessous, dans ce fil de discussion, par périodes.

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    Ci-dessous aussi, d’autres fils de discussions qui ont été commencés par moi ou par d’autres sur la région, sans alimentation du fil « chronologique »...
    Le procès des 7 de Briançon par exemple (https://seenthis.net/messages/734863) ou les morts aux frontières alpines, avec aussi les morts dans les Hautes-Alpes (https://seenthis.net/messages/758646)...

    #migrations #asile #réfugiés #Alpes #frontière_sud-alpine #Briançon #Mongenèvre #Hautes_Alpes #Briançonnais #Claviere #Clavière #Italie #France #frontières

    ping @_kg_ @sinehebdo @isskein

  • #Damien_Carême : le défi de l’accueil des #réfugiés
    https://www.mediapart.fr/journal/france/021217/damien-careme-le-defi-de-laccueil-des-refugies

    Vidéo dans l’article Damien Carême, maire EELV de Grande-Synthe, était l’nvité de la journée « En direct de Mediapart » organisée à Grenoble. Pour lui, la population adhère à un #accueil digne des #migrants si le politique l’accompagne.

    #France #Culture-Idées #Grande_Synthe

  • Des #réfugiés interdits d’entrer dans le camp de #Grande-Synthe
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120716/des-refugies-interdits-dentrer-dans-le-camp-de-grande-synthe

    L’accès à ce camp « humanitaire » est désormais interdit aux nouveaux arrivants voyageant sans famille qui représentent pourtant la majorité des #migrants. Médecins sans frontières, qui a conçu les lieux avec le maire de la ville, appelle son partenaire à renoncer à cette restriction.

    #France #asile #Calais #Damien_Carême

    • France, Grande-Synthe: Humanitarian camps are supposed to offer refugees shelter, not turn them away

      On Thursday 7 July, six Afghan men were refused entry to the migrant camp in Grande-Synthe. Set up in March 2016, the camp was constructed to offer shelter to all refugees needing safe lodging and basic services. The town council that manages the site in partnership with the French government and the camp manager, the AFEJI, now say that men travelling alone will not be allowed access to the camp. This decision comes amid growing pressure put on refugees by authorities in north France. MSF is extremely concerned by this decision and calls for it to be immediately overturned.

      http://www.msf.org/en/article/20160712-france-grande-synthe-humanitarian-camps-are-supposed-offer-refugees-sh

    • L’article complet paru sur Mediapart :

      L’accès à ce camp « humanitaire » est désormais interdit aux nouveaux arrivants voyageant sans famille qui représentent pourtant la majorité des migrants. Médecins sans frontières, qui a conçu les lieux avec le maire de la ville, appelle son partenaire à renoncer à cette restriction.

      Installé à Grande-Synthe dans le Nord, le premier camp en France de réfugiés aux normes internationales, fabriqué par Médecins sans frontières (MSF) grâce à la détermination du maire EELV Damien Carême, a durant quelques mois fait figure de modèle, tant les conditions de vie, tout en restant précaires pour les personnes hébergées, apparaissaient meilleures qu’ailleurs, notamment dans la « jungle » de Calais. Il semble pourtant que, depuis que l’État intervient sur le site, à la suite de la signature fin mai d’une convention avec la mairie organisant le partage des responsabilités, les règles d’entrée se durcissent au détriment des nouveaux arrivants.

      Depuis plusieurs jours, les hommes célibataires, débarquant sur place après avoir parcouru des milliers de kilomètres, se voient interdire l’accès aux lieux, constitués de cabanons en bois et bénéficiant de différents services (centre de soins, cuisines collectives, « maison des pouvoirs publics », scolarisation des enfants, navette pour faciliter les déplacements en ville, etc.).

      Dans un communiqué publié mardi 12 juillet, MSF dénonce la multiplication des cas de refoulement, y compris en direction des personnes vulnérables. « La vocation d’un camp humanitaire est d’accueillir les réfugiés, pas de les refouler », rappelle l’ONG. Six Afghans auraient ainsi trouvé portes closes le 7 juillet ; entre le 22 juin et le 2 juillet, 34 personnes auraient été concernées – dont trois mineurs, une personne handicapée et une femme enceinte. Malgré des places disponibles, l’organisme chargé d’assurer la gestion du lieu, l’Association des Flandres pour l’éducation, la formation des jeunes et l’insertion sociale et professionnelle (AFEJI), ne les aurait initialement pas laissées entrer.

      Ce refus opposé aux hommes seuls est assumé par la mairie. Or ce public constitue le gros de l’effectif du camp. « 80 % des gens qui composent ce camp sont des hommes voyageant seuls, indique Franck Esnée, chef de mission pour MSF. En leur refusant l’accès au camp, c’est à la vocation même de ce lieu destiné à héberger dignement les exilés quels qu’ils soient que les autorités décident de s’attaquer. » « Je ne vois pas en quoi des hommes fuyant la guerre en Irak et en Syrie [la plupart des personnes sont des Kurdes irakiens et syriens – ndlr] sont moins vulnérables que des femmes. On n’est pas loin d’une discrimination de genre », affirme-t-il. « Poser ce type de critères est dangereux : on commence avec les hommes seuls, poursuivra-t-on avec les familles et les mineurs ? » s’interroge-t-il.

      Dans un courrier en date du 8 juillet envoyé aux associations (pdf, 349.7 kB), Damien Carême, qui estime avoir réalisé un lieu « exemplaire », explique n’avoir pas varié de position. Se citant, il rappelle ce qu’il avait déclaré lors de la construction du camp :« Petit à petit, au rythme des départs, nous réduirons la taille du camp en retirant les abris, pour, à terme (sans fixer le terme), fermer ce camp. » Surpris par la mise en œuvre rapide de cet engagement adressé en priorité à ses administrés, les militants associatifs sont convaincus que l’accélération est imposée par l’État, qui, en signant la convention, n’a pas caché son intention de reprendre le contrôle sur un projet auquel il avait d’abord refusé d’apporter son soutien. Mais l’élu, interrogé par Mediapart, dément toute pression. « Les pouvoirs publics ne m’ont rien demandé, assure-t-il. Je dois être cohérent avec ma population. Je ne peux pas me permettre que le camp recommence à grossir. La ville de Grande-Synthe a besoin de renforts. J’appelle d’autres élus à prendre le relais et à dupliquer le modèle. »

      Constatant que la population du camp a chuté de 1 330 à 800 entre l’ouverture, en mars dernier, et aujourd’hui, soit quatre mois plus tard, le maire estime qu’il est temps de réduire la voilure. Pour empêcher que les partants soient remplacés par d’autres, il a décidé de retirer des abris – 62 en quelques jours. Les nouveaux venus sont invités à passer leur chemin, le camp étant désormais considéré comme complet avec les 800 personnes qui s’y trouvent.

      Comment expliquer la baisse du nombre d’occupants ? Certains ont réussi à rejoindre clandestinement l’Angleterre, ce qui reste l’objectif de la majorité des migrants en transit à Grande-Synthe ; d’autres auraient accepté de partir dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO), ces lieux répartis partout en France – destinés à l’origine à« vider » Calais – pour demander l’asile. Mais cette évolution, dont personne ne sait si elle est durable, ne veut pas dire que les arrivées vont cesser. Il est même possible qu’avec l’été, et la recrudescence des passages par la Méditerranée entre la Libye et l’Italie, elles réaugmentent.

      « Toute présence prolongée est proscrite »

      Même si le maire affirme être en phase avec l’État, un échange de notes laisse apparaître une certaine tension entre les deux parties. Signe de la pression qui s’exerce de plus en plus fortement sur les migrants, la sous-préfecture de Dunkerque a édicté, fin juin, de nouvelles normes, changeant radicalement la donne dans l’accueil jusque-là inconditionnel (retrouver le mot placardé dans le camp sur le blog Passeurs d’hospitalités du militant Philippe Wannesson). « Le campement de La Linière est ouvert aux migrants souhaitant déposer une demande d’asile en France », indique la sous-préfecture. « Il n’est en aucun cas destiné à être un campement dans l’attente d’un passage en Grande-Bretagne », précise-t-elle avant de poursuivre : « Toute présence prolongée est proscrite et pourrait se solder par une interdiction de rester dans le campement. » Autrement dit, sont jugées indésirables aussi bien les personnes en transit que celles stationnant longtemps. Et comme les demandeurs d’asile sont eux aussi conviés à partir pour procéder à leur demande dans les CAO, il ne reste plus grand-monde, dans cet esprit, à accueillir. Appuyé par MSF, le maire de Grande-Synthe a contesté, début juillet, cette interprétation, affirmant que le camp était « ouvert à tous, sans distinction ».

      Alors que les expulsions des campements de fortune se multiplient dans les Hauts-de-France (ex-Nord-Pas-de-Calais) [après ceux de Chocques et Steenvoorde, celui de Norrent-Fontes est menacé], MSF demande au gouvernement que « soit mise en œuvre une vraie politique d’assistance dans le nord de la France ». Concernant Grande-Synthe, l’ONG exhorte l’État et la mairie, en tant que coresponsables du camp, à continuer d’accueillir « sans restriction » celles et ceux qui s’y présentent. « Une décision contraire s’avérerait déplorable pour les migrants que ce camp promettait d’accueillir, mais aussi ruineuse pour celles et ceux qui démontrent chaque jour qu’une autre politique d’accueil est possible », dit-elle. « Nous devons refuser de nous soumettre à l’agenda du gouvernement qui veut faire croire qu’il y a moins d’arrivées. C’est faux ! » tempête Franck Esnée.

      Les liens entre MSF et Damien Carême, le « héros » de Grande-Synthe, comme l’avait désigné Le Monde, sont-ils en train de se distendre ? « Nous travaillons dans une relation de confiance depuis toujours, affirme le maire dans son courrier aux associations. Je veux qu’il en soit toujours ainsi car nous avons besoin les uns des autres. Il n’y a personne de plus engagé ou militant qu’un autre dans cette incroyable aventure collective. Il n’y a pas des bons qui seraient du côté des réfugiés et des méchants. » De son côté, MSF envisage son communiqué comme une « mise en garde ». Plus que Damien Carême, c’est l’État qui est visé.

    • Grande-Synthe : la vocation d’un camp humanitaire est d’accueillir les réfugiés, pas de les refouler

      Jeudi 7 juillet, six hommes afghans se sont vu refuser l’accès au camp de Grande-Synthe, créé en mars dernier pour abriter les exilés le temps qu’ils le souhaitent. D’après la municipalité – co-responsable du camp avec l’Etat et l’organisme chargé d’en assurer la gestion (l’AFEJI) –, cette interdiction d’accès au camp de la Linière s’applique désormais à tous les hommes seuls. MSF demande la révision d’une telle décision, qui intervient dans un contexte généralisé de pression redoublée par les autorités sur les réfugiés présents dans le nord de la France.

      http://www.msf.fr/presse/communiques/grande-synthe-vocation-camp-humanitaire-est-accueillir-refugies-pas-refouler

  • #réfugiés : le camp de #Grande-Synthe en phase de décroissance
    https://www.mediapart.fr/journal/france/120716/refugies-le-camp-de-grande-synthe-en-phase-de-decroissance

    L’entrée de ce camp « humanitaire » est désormais interdite aux hommes seuls qui représentent pourtant la majorité des #migrants. Médecins sans frontières, qui a conçu les lieux avec le maire de la ville, appelle son partenaire à renoncer à cette restriction.

    #France #asile #Calais #Damien_Carême