#daniel_oppenheim

  • Dis grand-mère, pourquoi on meurt ?
    https://www.notretemps.com/famille/petits-enfants-grands-parents/dis-grand-mere-pourquoi-on-meurt-42054

    Pan ! T’es mort ! Votre petit fils se relève sourire aux lèvres. Mais depuis que son papi est malade, il est passé du jeu aux questions. Comment lui parler.

    Tous les enfants se posent la question de la mort. Preuve d’intelligence, cela fait partie de leur développement et ne signifie pas qu’ils traversent une phase dépressive. Que cela arrive après l’hospitalisation d’un proche, la mort de son papy ou celle de son petit animal, restez attentif. Votre enfant a besoin de réponses générales et précises. Il s’interroge sur la mort ? Comment répondre à ses questions

    Pourquoi on meurt ? La psychanalyste Françoise Dolto suggérait cette explication : « On ne meurt que lorsqu’on a fini de vivre. » Cette réponse juste complétera celle phrase que l’on a l’habitude de dire à la mort d’un proch : « Parce qu’il était malade. »

    Ça fait mal ? Votre petit-enfant se pose cette question en relation avec ce qu’il a vu ou entendu. Expliquez-lui que les soignants savent calmer la douleur.

    Quand on est mort, c’est pour toujours ? Pas question de lui mentir. Mais il importe de lui faire prendre conscience que la relation peut se prolonger en pensant à la personne ou à l’animal. Dites-lui : « Vous ne jouerez plus ensemble, mais tu peux continuer à penser à lui. » Cela lui évitera d’être dans le « tout ou rien », c’est-à-dire face à un vide générateur d’angoisses, de cauchemars, d’illusions ou d’imaginaire excessif.

    Et toi, tu vas mourir un jour ? Dites-lui la vérité : « Oui, je vais mourir un jour, quand j’aurai terminé ma vie, mais je sais que tu pourras bien te débrouiller dans ta vie même si je ne serai plus là. » L’attitude que vous avez vous-même face à la mort se répercute sur votre enfant. Si vous ne lui dites pas la vérité, il se sentira trahi et en colère en la découvrant.

    Comment le préparer à un décès ?

    Devant une mort imminente, expliquez à votre petit-enfant ce qui se passe. Les non-dits sur la mort engendrent de nombreuses souffrances. Abordez le sujet en douceur. Prenez vos exemples dans la nature, évoquez la mort des feuilles à l’automne, celle d’un poisson... Afin d’évoquer ensuite la fin de vie de son papi.

    Soyez clair. Évitez de lui dire que « Papi va faire un long voyage » ou que son petit hamster va s’endormir. Parlez en termes simples : « Ton papi est très vieux, son cœur va bientôt s’arrêter... ».

    L’aider à faire le deuil

    La mort est perçue par l’enfant comme une séparation. Celui qui reste a le sentiment d’être abandonné et en partie responsable. Rassurez-le : « Je sais que tu es triste, mais ton grand-père ne t’a pas abandonné, il t’aimait beaucoup. Cela n’arrive pas parce que tu crois n’avoir pas été assez gentil. »

    Vous aussi, vous êtes triste. Partagez votre expérience avec votre enfant : « Quand mon papi est mort, j’ai été triste moi aussi. Cela ne m’a pas empêché de rencontrer ton papa, d’avoir des enfants, la vie continue. » Cet échange permet d’inscrire votre enfant dans la continuité de la vie.

    Si la mort concerne son petit animal, ne vous précipitez pas à son secours en lui disant : « Ce n’est pas grave, on va-t-en acheter un autre. » On ne remplace pas un animal comme un jouet.

    L’important pour un enfant n’est pas tant d’avoir des réponses générales que de vous voir reconnaître la valeur de ses questions, que vous accompagniez sa réflexion : un long processus. Une grande partie de votre message passera par votre attitude aimante.

    ©Enfant.com

    #Daniel_Oppenheim #Mort #Psychanalyse

  • La psychiatrie est confrontée aux injonctions de l’antiterrorisme | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/010621/la-psychiatrie-est-confrontee-aux-injonctions-de-l-antiterrorisme?onglet=f

    La santé mentale des auteurs des récentes attaques est au cœur des enquêtes. Le projet de loi contre le terrorisme élargit encore le partage du fichier des malades psychiatriques hospitalisés sans consentement. La psychiatrie, sommée de participer à l’effort de prévention, craint la stigmatisation de ses patients et veut protéger sa mission de soin.

    #Terrorisme #Psychiatrie #Daniel_Oppenheim

  • Les adeptes du candomblé, une religion afro-brésilienne, persécutés par les pentecôtistes et les narcotrafiquants au Brésil
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/05/14/dans-les-favelas-de-rio-les-narcopentecotistes-persecutent-les-pratiquants-d

    ReportageDans les favelas de Rio, les « terreiros », lieux de culte du candomblé, sont détruits les uns après les autres et ses adeptes subissent l’intolérance religieuse, à tel point qu’ils doivent abandonner leur religion.

    « Je n’étais pas revenue depuis deux ans. C’est affreux. Ici, c’était un lieu de vie, de paix, de fête ! », sanglote Carla. Mis à sac par des assaillants, l’Ilê Axé de Bate Folha de la ville de Duque de Caxias, dans la banlieue nord de Rio, était autrefois, dans la région, l’un des principaux terreiros, lieux de culte du candomblé, une religion afro-brésilienne mêlant croyances chrétiennes et rites ­africains. Un endroit où, des décennies durant, fidèles et croyants dansaient en robes blanches ou tenues chamarrées, au rythme des tambours atabaques sacrés et des chants entonnés en langue yoruba, célébrant les pouvoirs de la belle Oxum, déesse noire des rivières, de la joie et de l’amour vrai.
    Une atmosphère de terreur

    Carla, qui fut initiée au culte ici même, se calme et s’assoit. « C’était le 11 juillet 2019. Il était aux alentours de 9 h 30 et il faisait très beau », commence-t-elle. Ce jour-là, Maria Eduarda*, 85 ans, grande prêtresse du candomblé – mãe de santo Yatemyquiamasi, selon son nom religieux – vient passer un coup de balai dans son terreiro. Quelques minutes plus tard, on frappe à la porte. Face à la vieille dame, « trois garçons de moins de 25 ans en short et sandales, armés de pistolets ». L’un d’eux, menaçant, pénètre dans les lieux : « Maintenant, ma vieille, fini de plaisanter. Tu vas arrêter avec ta sorcellerie du démon ! »

    Une heure durant, la mãe de santo est contrainte à briser elle-même, un à un, les objets sacrés de son sanctuaire. Les tenues rituelles et les instruments de musique, eux, sont jetés en pleine rue et incendiés. « Elle a essayé de les calmer, les a suppliés d’arrêter, elle pleurait », poursuit Carla. La barbarie prend fin au bout d’une heure avec l’arrivée de la police. Mais, le calme revenu, les fidèles épouvantés se résolvent à fermer le terreiro. « Tout ce qui était sacré a été détruit. Ce sont nos vies qui ont été brisées », soupire Carla.

    Ces rituels mystérieux, où les femmes tiennent une place prépondérante, honorant divinités Orixas et autres figures ésotériques, faisant alterner danse transcendantale, offrandes d’animaux ou jeux de coquillages, ont toujours fasciné les voyageurs étrangers. Mais suscité aussi un profond rejet au Brésil. « Le candomblé a longtemps été vu comme quelque chose de honteux, de marginal et d’inférieur, associé aux esclaves et à la magie noire », explique Reginaldo Prandi, sociologue spécialiste des religions afro-brésiliennes.

    Les choses ne s’améliorent vraiment qu’à partir des années 1950 et 1960 : le cinéma, la musique, la littérature s’emparent alors des racines africaines du Brésil. Vinicius de Moraes, poète fondateur de la bossa-nova, « Blanc le plus noir du Brésil », comme il se décrit lui-même, chante en hommage à Xangô et Iemanjá, divinités du feu et de la mer.

    Arrêté à une barricade, Roberto se retrouve avec un pistolet sur la tempe. « Ils ont hurlé : “Le diable est en toi ! Si tu reviens habillé comme ça, tu vas souffrir” », poursuit le jeune homme, qui subit une fouille en règle de son logement et se voit finalement intimer l’ordre de quitter la favela sous sept jours. « Ça a été le moment le plus terrifiant de ma vie. Les trafiquants armés étaient postés devant chez moi en permanence pour vérifier que j’obtempérais et emportais tout avec moi. » Les voisins ne réagissent pas. « Tout le monde était terrifié », soupire Roberto.

    Au Brésil, la progression des néopentecôtistes, très présents auprès des plus exclus, est foudroyante : jusqu’à un tiers de la population se déclare évangélique. L’alliance des religieux et des narcos apparaît comme naturelle. « Ces trafiquants sont très croyants. Ils voient le monde comme une guerre du bien contre le mal et se donnent pour devoir de détruire les religions dites diaboliques, comme le candomblé », explique l’anthropologue Sonia Giacomini, spécialiste des religions afro-brésiliennes.

    Mais des raisons bien plus prosaïques président aussi à cette alliance d’apparence contre-nature. « Persécuter les pratiquants de religions afro-brésiliennes, c’est aussi une manière pour les trafiquants et les pasteurs d’assurer leur domination sur un quartier, en expulsant toute autorité concurrente de leur territoire », poursuit notre source judiciaire. Qui ajoute : « Il existe également de forts soupçons, selon lesquels les Églises permettraient aux gangs de laver l’argent sale de la drogue. »

    « La religion est manipulée par les religieux, mais aussi par les politiciens », ajoute Kátia de Lufan. Le « lobby de la Bible », composé de pasteurs néopentecôtistes, riches et médiatiques, hostiles au candomblé et aux religions afro-brésiliennes, a une grande influence auprès des politiques, depuis les conseils municipaux jusqu’au sommet de l’Etat, en la personne de Jair Bolsonaro. Né catholique, le président a été « baptisé » en 2016 dans les eaux du Jourdain par un pasteur évangélique.

    Dans cette lutte, les candomblécistes ont obtenu l’appui d’une pasteure évangélique : Mônica Francisco, militante de la cause noire et, depuis 2019, députée socialiste à l’assemblée régionale de Rio. « Il faut défendre les religions afro-brésiliennes, elles sont la matrice de ce pays, le reflet de notre diversité, de notre histoire », clame cette femme chaleureuse de 50 ans, née dans les favelas de la zone nord de Rio.

    Mais les succès récents sont avant tout symboliques, reconnaît la députée. « L’intolérance se diffuse et menace de devenir majoritaire dans la communauté évangélique. Il faut à tout prix offrir un discours alternatif aux pasteurs qui manipulent la foi », s’inquiète-t-elle.

    Dans les favelas, le modèle du narcopentecôtiste séduit au-delà du TCP. « Toutes les factions criminelles comptent désormais des trafiquants évangéliques », confirme la chercheuse Christina Vital, professeure à l’université fédérale Fluminense (UFF) et autrice du livre Oração de traficante (2015, non traduit), traitant des liens entre religion et narcotrafic dans les favelas de Rio.

    #Candomblé #Destructivité #Désir_Détruire #Daniel_Oppenheim

  • Le désir de détruire
    Comprendre la destructivité pour résister au terrorisme
    Daniel Oppenheim
    https://cfeditions.com/destructivite

    Bonjour,

    L’ouvrage de Daniel Oppenheim dont je vais vous parler aujourd’hui est disponible, sur le site de C&F éditions, ou en commande auprès de votre librairie favorite :


    Le désir de détruire
    Comprendre la destructivité pour résister au terrorisme
    Daniel Oppenheim
    13,5 x 21 cm. - 158 p. - Collection Interventions, 5
    Version imprimée - 18 € - ISBN 978-2-37662-022-8 - mars 2021
    https://cfeditions.com/destructivite

    Daniel Oppenheim est psychiatre-psychanalyste, spécialiste de l’enfant confronté à la mort, notamment en centre anti-cancéreux. C’est avec ce regard particulier qu’il aborde la question du terrorisme : quel est le rôle de la destructivité présente dans notre psychisme, et qu’est-ce qui fait que certains se retrouvent portés par cette pulsion de mort pour se mettre en dehors de la société humaine et provoquer autour d’eux destruction, génocides, terrorisme... tandis que d’autres, individuellement ou collectivement y échappent ? Comment les groupes terroristes se servent de la destructivité pour attirer adolescents et jeunes adultes à commettre l’irréparable ? Comment accueillir et soigner les enfants de retour des terrains de guerre (environ 500 enfants nés depuis 2011 dans les zones de combat de Daech) ?

    La question de l’inhumanité chez les humains n’est pas nouvelle, et ne saurait se résumer au terrorisme contemporain. Un des intérêts de ce livre est justement de mettre à l’épreuve ce concept psychanalytique de destructivité en le confrontant à deux types de témoignages. D’une part aux expériences du XXe siècle, notamment la shoah : comment les survivants et leurs descendants sont-ils parvenus à retrouver un cours résilient à l’expérience traumatique des camps ? D’autre part à la littérature, à six oeuvres qui mettent en récit la destructivité quand elle s’empare des individus dans des moments historiques majeurs. Du « 1993 » de Victor Hugo à « L’intrus » de Faulkner en passant par Isaac Babel, Vladimir Zazoubrine, Iouri Olecha et Lamed Shapiro, c’est à une lecture de la pulsion de mort qui anime les protagonistes de ces six oeuvres que nous invite Daniel Oppenheim.

    Un livre d’actualité qui sait prendre du recul, des chemins de traverse pour au final délivrer deux messages. Le premier est mis en exergue : « Nul n’est un monstre aussi monstrueux que ses actes aient pu être », il faut alors développer une stratégie de soin (care) qui fasse revivre l’humanité enfouie. Le second, c’est qu’il est toujours possible de résister à la destructivité par des actions non-violentes de la résistance civile, qu’expérimentent quotidiennement les activistes des pays dictatoriaux.

    Bonne lecture,

    Hervé Le Crosnier

    #Daniel_Oppenheim #Destructivité #Pulsion_mort #Terrorisme