• Notre incroyable histoire avec Victor Démé

    Avant le succès international de « Djon Maya », Victor Démé n’avait plus rien. Juste une voix… et une vie cabossée par l’alcool et les désillusions. Tout bascule lorsqu’il rencontre Camille Louvel, un jeune Français installé dans la banlieue de Ouagadougou. De cette amitié improbable naît une aventure humaine et musicale qui mènera le chanteur burkinabé et ses compères aux quatre coins du monde. À travers des archives inédites, témoignages rares et entretiens exclusifs, David Commeillas, témoin privilégié de cette histoire d’amitié, propose une plongée intime dans les dix dernières années de la vie de Victor Démé.

    Bande annonce :

    https://aod-rfi.akamaized.net/rfi/sounds/fr/2026/01/27/0de199be-fb7f-11f0-bc46-899702b3062e.mp3

    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/notre-incroyable-histoire-avec-victor-d%C3%A9m%C3%A9

    #david_commeillas #Victor_Démé #Camille_Louvel #Ouagadougou #Burkina_Faso #Bobo-Dioulasso #musique #blues

  • Comment les #cartes sont devenues des #contre-pouvoirs pour redessiner le monde

    Luttes écologistes, défense des libertés, mouvements féministes… Longtemps réservée aux puissants, la cartographie se réinvente sous l’impulsion de collectifs citoyens, de chercheurs, de journalistes et d’artistes. Un mouvement critique ancré dans une riche histoire théorique.

    Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

    Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant #dessins et #récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique #Frédéric_Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la #forêt.
    La publication fait partie de la douzaine de « #cartes_de_résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.
    Ces productions rompent délibérément avec les conventions graphiques de la cartographie institutionnelle. « La carte n’est pas le #territoire, mais invite à le penser, affirme l’éditeur. C’est un outil d’#éducation_populaire, simple et pas cher, que l’on peut afficher au mur ou poser sur une table pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut vivre sur cet espace. »
    Un vent de rébellion souffle sur la cartographie, une discipline pourtant perçue comme technique et très codifiée. Un foisonnement d’initiatives et de réflexions a émergé depuis une quinzaine d’années, dont il est difficile de cerner les contours, tant il exprime une variété d’intentions, de méthodes et de productions. « Je travaille dans ce domaine depuis trente-cinq ans, et je n’arrive pas à suivre le rythme de toutes les initiatives », s’exclame #Philippe_Rekacewicz, chercheur associé au département des sciences sociales de l’université de Wageningue (Pays-Bas) et l’une des figures françaises de ce courant.

    Pour la « #justice_spatiale »

    Cet ex-journaliste au Monde diplomatique se réclame d’une pratique « radicale » de la discipline, d’autres préfèrent se dire « critiques », d’autres encore ont adopté le terme de « #contre-cartographie ». Ces démarches, à la croisée des sciences, des arts, de la politique et de militantisme social, partagent un socle commun, celui de vouloir renverser le #pouvoir_des_cartes et les mettre au service d’une forme de « justice spatiale ». Luttes écologistes et urbaines, défense des libertés et des droits humains, mouvements féministes… Associations et collectifs contestent les représentations institutionnelles, se réapproprient l’espace ou montrent des réalités jusque-là invisibilisées. Elles sont souvent soutenues par des cartographes reconnus, et s’inscrivent dans une riche réflexion théorique et un « dialogue ancien entre le champ académique et les pratiques sociales », constate #Irène_Hirt, professeure au département de géographie et environnement de l’université de Genève (Suisse).
    De fait, ces pratiques contestataires trouvent leurs racines dans l’histoire même de la discipline. La géographe #Françoise_Bahoken, coautrice avec Nicolas Lambert de Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le monde (éditions Armand Colin, 2025), en date les prémices dès la fin du XIXe siècle, alors que la cartographie occidentale s’est imposée comme un modèle de scientificité, d’abord avec la précision des mesures, puis avec l’essor de la géographie quantitative liée à l’utilisation de données statistiques.

    Dès les années 1880, le géographe allemand #Ernest_George_Ravenstein s’empare du recensement de la population britannique pour infirmer l’idée selon laquelle les populations migrantes se déplaceraient de façon anarchique. Un peu plus tard, le sociologue afro-américain W. E. B. #Du_Bois visualise, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, les « lignes de couleur » qui divisent la société américaine, démontrant, cartes et graphiques à l’appui, comment le racisme empêche toute égalité sociale.

    Il faut cependant attendre les années 1960 pour que ces travaux commencent à se diffuser, grâce à deux figures respectées de la profession, les géographes #David_Harvey et #William_Bunge (1928-2013). Le premier crée un courant d’inspiration marxiste, désigné sous le nom de « #géographie_radicale », qui s’attache à analyser la façon dont le capitalisme modèle les #inégalités_spatiales. Le second décide, en 1968, de rompre avec l’approche quantitative lorsqu’il prend conscience de son rôle dans les politiques urbaines ségrégationnistes aux Etats-Unis.

    Avec #Gwendolyn_Warren, leader militantiste des droits civiques de la communauté noire de Detroit (Michigan), William Bunge développe, dans cette ville ouvrière du nord des Etats-Unis, un projet de recherche géographique fondé sur l’enquête de terrain, embarquant dans l’aventure plusieurs centaines de jeunes habitants, femmes et hommes, du quartier noir de Fitzgerald. Pour Warren et Bunge, former les résidents à documenter les #logiques_spatiales, c’est démocratiser l’exercice du pouvoir. Ces « #expéditions_géographiques » conduiront à la publication d’un livre (Fitzgerald : Geography of a Revolution, Cambridge, 1971) sur les processus de paupérisation et d’exclusion du quartier.
    Ce sont toutefois les travaux d’un historien, #John_Brian_Harley (1932-1991), qui, à la fin des années 1980, opèrent un tournant théorique majeur. Dans son article fondateur, « Deconstructing the Map » (Cartographica, 1989), il invite à lire les cartes non comme de simples reflets du réel, mais comme des constructions sociales, traversées par des #rapports_de_pouvoir. La carte est une construction située dans le temps et dans l’espace, affirme-t-il, dont « une grande part du pouvoir (…) est qu’elle opère sous le masque d’une science en apparence neutre. Elle cache et nie sa dimension sociale en même temps qu’elle la légitime ».

    L’historien identifie un double pouvoir derrière l’outil : celui du cartographe ou de son commanditaire, qui décide de ce qui est représenté par le biais de choix multiples (projection, échelle, toponymes…), mais aussi un pouvoir interne, propre à la carte elle-même. Non seulement elle n’est pas neutre, mais elle est performative : elle agit sur nos #imaginaires et induit des #représentations. « Pour Harley, il faut absolument analyser d’un côté les intentions et les choix politiques de l’auteur, et de l’autre les usages, la façon dont la carte peut être instrumentalisée pour penser un territoire », souligne le géographe et chercheur au CNRS #Matthieu_Noucher.

    Ces réflexions, ainsi que l’ambitieuse History of Cartography que John Brian Harley dirige avec David Woodward (Presse de l’université de Chicago) à la même époque – le premier volume est publié en 1987 –, provoquent un choc méthodologique durable. La mise en lumière des formats multiples des cartes non occidentales contribue à décentrer le regard et à éclairer la dimension partielle et politique de toute représentation spatiale.

    Mythe de la #terre_vierge

    Cette prise de conscience va inspirer de nombreuses études en sciences sociales, notamment sur le rôle central de la cartographie dans l’#histoire_coloniale. « Elles montrent que, du XVIIe au XIXe siècle, la carte a servi à créer le mythe de la #terra_nullius, la terre vierge inhabitée, pour justifier les #conquêtes_coloniales en accréditant l’idée de territoires vides d’hommes et de femmes », explique Matthieu Noucher. Le chercheur s’est attaché à analyser le « #blanc_des_cartes », voire leur « #blanchiment » lorsqu’il s’agit d’effacer les rares mentions de populations autochtones. Ainsi, en Guyane, une première carte française notifie, en 1732, la présence de « nations indiennes » sur le territoire, une formule remplacée trois décennies plus tard par la mention de « belles et très fertiles plaines que doit habiter la nouvelle colonie française ». Entre-temps, la France a perdu ses possessions canadiennes et a décidé de fonder une colonie de peuplement en Guyane.
    L’approche critique ne se limite pas à questionner la carte comme représentation dominante. A partir des années 1970, l’outil lui-même est réinvesti par les communautés autochtones pour défendre leurs droits territoriaux face aux projets extractivistes. Pour les communautés locales d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, produire des cartes devient une stratégie de #résistance à l’industrialisation des terres, comme en Colombie-Britannique (Canada) contre la construction de pipelines de gaz et de pétrole. En 1995, la sociologue américaine #Nancy_Lee_Peluso forge le terme de « #contre-cartographie » pour désigner cette production destinée à contester les structures de pouvoir.

    Ces « contre-cartes » interrogent aussi la dimension culturelle des #méthodes utilisées, et du même coup les frontières de la science occidentale. « La contre-cartographie invite en effet à une #décolonisation des savoirs géographiques qui ne se matérialisent pas tous sous forme d’images. Ils peuvent se transmettre par la parole, le chant, la danse, la sculpture ou les rêves, intimement liés aux pratiques et aux territoires de la chasse ou de la pêche, souligne Irène Hirt, qui a accompagné des communautés mapuche au Chili et innu au Québec dans la reconstitution de leur milieu de vie. Loin d’être vides comme le disent les cartes, ces terres sont pleines de toponymes, de lieux de rassemblement ou de sépultures, de sentiers de portage et de routes de migration humaine et non humaine. »

    A l’aube des années 2000, la généralisation des outils numériques ouvre un nouveau chapitre. L’essor des techniques de la géomatique (systèmes d’information géographique – SIG –, GPS, télédétection, etc.) et l’accès à de larges bases de données transforment profondément la cartographie conventionnelle. La géovisualisation devient en quelques années l’alliée indispensable de l’organisation des territoires. « Avec l’arrivée de l’application cartographique Google Maps en 2005, on a vu ressurgir une forme de croyance aveugle dans l’objectivité des données, et dans leur capacité à livrer en temps réel une image exacte du territoire », constate Matthieu Noucher.

    Les algorithmes et leur vision du monde

    Cette rupture renouvelle radicalement les enjeux de pouvoir. « Pour prendre au sérieux la proposition de John Brian Harley, il faut désormais s’intéresser aux fonctionnements des #algorithmes, des #bases_de_données et des applications », prévient le géographe. Et comprendre comment ces programmes, loin d’être neutres, imposent eux aussi une vision du monde. L’auteur de Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques (CNRS Editions, 2023) analyse les choix et les silences de modèles économiques fondés sur la publicité, qui « conduisent à privilégier, par exemple, l’affichage des commerces et à ignorer les milieux vivants ».

    Le « blanc des cartes », affirme Matthieu Noucher, prend un tout autre sens avec la personnalisation algorithmique et les bulles de filtre qui imposent désormais des réalités différentes selon le profil des utilisateurs, leur pays et leurs usages. Ainsi, Google Maps adapte son affichage en fonction du contexte politique et géographique du pays. « Depuis la décision de Donald Trump de remplacer l’appellation “golfe du Mexique” par “golfe d’Amérique”, un écolier américain ne voit plus la même carte qu’un élève mexicain », regrette le géographe.

    Cette personnalisation enferme les individus dans des visions fragmentées de l’espace, où commerces, infrastructures et frontières symboliques sont hiérarchisés différemment pour chacun. Ce basculement marque une rupture : « En se substituant aux organismes nationaux et internationaux chargés de réguler les noms et les représentations des lieux, les grandes plateformes numériques imposent progressivement leurs propres logiques, souvent guidées par des intérêts économiques ou géopolitiques », alerte le chercheur. Alors que la carte constituait jusque-là un #bien_commun et un support partagé indispensable au débat démocratique, « elle tend désormais à devenir un objet individualisé, soumis à une postsouveraineté cartographique dominée par les géants du numérique, au risque d’éroder toute représentation collective de l’espace ».

    Confrontées à ces évolutions, les approches critiques se sont, elles aussi, renouvelées. La démocratisation d’outils de plus en plus accessibles et participatifs a renforcé les pratiques alternatives. Lancé en 2004, le projet collaboratif de cartographie en ligne #OpenStreetMap, créé et mis à jour par des bénévoles du monde entier, et dont les données géographiques sont ouvertes à tous, reste « l’exemple le plus abouti de la contestation de la mainmise d’une multinationale comme #Google sur les représentations géographiques du monde », estime #Nicolas_Lambert, ingénieur en sciences de l’information géographique au CNRS. Ce spécialiste de la #géovisualisation a rejoint Migreurop en 2009, un réseau d’experts et d’une cinquantaine d’associations de défense des droits humains, qui « documente » et « dénonce » les effets des politiques migratoires européennes à travers la publication d’atlas « engagés ».

    Les initiatives de cartographie critique se développent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes, d’échelles et de formes. Elles peuvent être individuelles ou collectives, concerner un quartier, un pays ou avoir une portée internationale, s’inscrire dans le cadre de travaux académiques, de luttes politiques ou d’enquêtes journalistiques, ou encore entremêler tout cela à la fois.
    De nombreuses productions s’appuient sur des données statistiques, tandis que d’autres ont recours à des approches dites « sensibles », qui visent à réinscrire les #expériences_vécues au cœur des #représentations_spatiales. Cette cartographie fondée sur les #sens et les #émotions s’est développée à travers les marches exploratoires de femmes, créées dans les années 1990 au Canada, à Toronto et à Montréal, puis organisées en France depuis une dizaine d’années. Angoisse, peur, sentiment de sécurité ou de confort deviennent autant d’éléments traduits en symboles graphiques. En rendant visibles les expériences de l’#espace_public différenciées selon le #genre, ces marches ont fait de la carte un outil pour repenser l’aménagement urbain et lutter contre les violences, mais aussi un levier d’émancipation. « S’inscrire dans l’espace symbolique de la carte revient à se réapproprier l’espace, à forcer la reconnaissance de soi et à exister aux yeux des autres », se réjouit l’historienne Nepthys Zwer, autrice de Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte (La Découverte, 2024).

    « #Cartes_mentales » des émotions

    Dans ce contexte, le recours à des modes d’expression créatifs (collage, dessin, broderie) facilite la participation de publics peu familiers des codes classiques. A Grenoble, des « rencontres cartographiques » entre migrants, chercheurs en sciences sociales et artistes, organisées dans les locaux de l’association Accueil Demandeurs d’asile, ont permis de collecter les récits de parcours migratoires par le dessin, la broderie et même la sculpture de l’argile à travers des « cartes mentales » des émotions, comme l’ont montré les travaux des géographes #Sarah_Mekdjian et #Anne-Laure_Amilhat-Szary.

    Dans cette perspective, la #subjectivité de la démarche est clairement revendiquée. Mais ces approches soulèvent aussi des questions : que peuvent apporter ces représentations à des pratiques plus conventionnelles ? Quelle place leur accorder dans une discipline formalisée ?

    « Parce qu’elle légitime et réhabilite les attachements et l’expérience empirique qu’ont les individus d’un territoire, la contre-cartographie est forcément subjective, comme toute carte d’ailleurs », souligne Nepthys Zwer. Elle se réclame d’un double héritage : celui de John Brian Harley, pour qui la carte n’est jamais neutre, et celui de la philosophe féministe américaine #Donna_Haraway, pour qui « toute #objectivité est toujours produite à partir d’un “#savoir_situé” ». Pour autant, « ces pratiques ne peuvent se réduire à un outil de lutte politique, prévient l’historienne. Elles font partie intégrante de la discipline qu’elles complètent et enrichissent, et doivent à ce titre être évaluées comme les autres ».

    C’est aussi l’avis de Philippe Rekacewicz, qui a choisi de son côté d’abandonner le terme de « contre-cartographie », parce qu’il « peut être interprété comme s’opposant à la cartographie conventionnelle ». « Or, nous utilisons les mêmes règles, nos méthodes d’enquête et d’entretien sont celles de la géographie qualitative et des sciences humaines en général. Ce qui change, c’est l’#intention, la volonté de déconstruire le discours du pouvoir et de rendre visible ce qu’il ne souhaite pas montrer », explique-t-il.

    Néanmoins, pour Françoise Bahoken, il faut différencier les cartes des « images et autres représentations de territoire ». « Certes, aucune représentation n’est objective par définition, mais la cartographie en tant que discipline scientifique s’appuie sur des théories et des méthodes, des dispositifs et des principes, et tend vers l’objectivité. Certaines approches ne sont pas scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas importantes, puisqu’elles permettent à des non-spécialistes de s’emparer des questions d’inégalité spatiale. »

    Planisphères et contre-cartes

    Longtemps marginal, le mouvement commence à se faire une place à l’université. « La cartographie critique fait l’objet de travaux académiques aujourd’hui largement reconnus et qui suscitent des vocations », affirme Nicolas Lambert. A l’université de Tours, un cursus de cartographie expérimentale a vu le jour au sein du département de géographie où des étudiants s’initient à des ateliers de #cartographie_sensible, tandis que d’autres universités comme Bordeaux et Grenoble proposent, elles aussi, des ateliers.

    De son côté, l’approche critique numérique fait l’objet d’un intérêt croissant, avec la prise de conscience de la puissance et de l’opacité des boîtes noires algorithmiques et du besoin de méthodes pour analyser leur fonctionnement. L’Agence nationale de la recherche finance désormais des projets dans ce domaine. « Un vrai progrès », se réjouit Matthieu Noucher, qui anime un groupe de travail autour des approches critiques au sein du réseau Magis, principalement composé de géomaticiens, ces spécialistes des données et des systèmes d’information géographique, et premiers concepteurs de cartes. « Jusque-là, les acteurs de la cartographie critique et ceux de la production de cartes officielles ne se parlaient pas beaucoup. Le principal enjeu aujourd’hui est de faire dialoguer les points de vue pour enrichir les modes de représentation », souligne le géographe.

    Le chercheur prépare, pour juin, à Bordeaux, une exposition à la croisée des arts et des sciences, qui fera dialoguer différentes représentations spatiales de la planète : des planisphères et des contre-cartes des Attikamek du Québec, des globes terrestres numériques à la manière de Google Earth et des sculptures de communautés autochtones kali’na de Guyane. Une autre façon de construire des ponts entre différentes visions du monde.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/02/comment-les-cartes-sont-devenues-des-contre-pouvoirs-pour-redessiner-le-mond
    #cartographie #visualisation #cartographie_radicale #cartographie_critique #pouvoir #performativité
    ping @visionscarto @reka
    via @karine4

  • The Demand for Silence | Yevgenia Belorusets
    https://www.equator.org/articles/the-demand-for-silence

    These latest attempts at peace talks are far from the first. Several “bad peace” agreements have already been rejected – followed by notes of satisfied righteousness in the international media. Over time, the very idea of peace has acquired a bad reputation. It is viewed as “peace by coercion”.

    I have taken part in several discussions about potential peace scenarios over the past two years. Almost all of them have viewed the conflict through the lens of international law, geopolitics and the need to forcefully respond to the aggressor. In other words, to establish, in relation to Russia, the rule of “peace through strength”, and to make #Ukraine “indigestible” for Russia, as Ursula von der Leyen said this August. As if being part of another’s digestive process could ever bring any good to a country or its allies. In this war, symbolic language has served as a new Iron Curtain, concealing the reality that an alternative to a “bad peace” is nothing other than war itself, in all its forms.

    This article was written mostly during August and October, at a time when it felt necessary to describe the violence that has been required to sustain armed resistance. I felt as though I were telling the world something essential – something the politicians had somehow overlooked as they discussed the prospect of the war lasting until 2030, all the while offering no new proposals.

    Now I find myself thinking, far too often, that I am merely repeating something that is already well known. The detail has been noticed; people simply choose not to speak about it. At a certain point, writing about this subject even began to seem useless to me.

    A friend of mine, who is now in the army, said to me this week: “I won’t let them forget this.” I dedicate this article to his words.

    [...]

    Despite the threat of fines, a reported 1.5 million men have not updated their information on the database. If these figures are even remotely accurate, then an enormous number of people wish to avoid mobilisation, or do not trust the state conscription process. Figures of this scale speak for themselves. They also reveal that in this war there exists a vast territory of silence – a space for people’s opinions, doubts and decisions, which find no path to public expression, and may not even be fully formed as political positions or judgements.

    But where there are no words, there are still actions: hiding, avoiding or disobeying the order to fight.

    [...]

    These images [of people resisting conscription] usually circulate anonymously. Filming or publishing them could result in criminal prosecution. I am often unable to watch videos like this all the way to the end. They leave me with a feeling of limitless helplessness, in part because hardly anyone seems to acknowledge them publicly. It is as if everyone has agreed not to discuss what we are all seeing. Lately I’ve been asking myself: Can it be be that people aren’t seeing these videos? Not hearing these cries for help and pleas to spread this information widely?

    Some of my friends talk about these videos in their kitchens, like people used to in the dissident era. But out in the public sphere, it is as if nothing is happening. We no longer live within the boundaries of national states. News circulates internationally, and the inability to address violations of human rights has also become an international process. It is as if our society – and international discourse as well – has fallen under a collective spell.

    I even worried I was going insane, because I was constantly seeing things that, for too many other people, remained insignificant. I hear over and over again from colleagues in European cities comments like: “Now is not the time to talk about that.” The demand to remain silent about the complex dynamics of resistance to Russian aggression is something that has not been truly reflected upon. In my view, this demand has in fact become the background policy for many respected media outlets. Political activists who support Ukraine have told me too often that “if these facts become known, it will be impossible to convince the Europeans to help Ukraine”.

    This line of argument acts as an obstacle to discussion, and a form of self-censorship. It helps create the illusions that make it possible to exclude whole fragments of reality, and to look away from so much of the trauma, pain and internal violence that has permeated a society engaged in a protracted war.

    I have started to think that this silence gives rise to the image of a country that wants to wage war – a heroic society, united in its opinions and preferences. This is what Ukraine looks like in the campaigns of its information war, in which politicians, journalists and activists talk proudly of taking part.

    [...]

    The past few months have seen a wave of clashes between civilians and conscription brigades. Veterans and demobilised soldiers often participate on the side of the civilians. In August, there were spontaneous demonstrations in the cities of Kovel and Vinnytsia; people tried to break into conscription centres and liberate those held inside. For some reason, the international news media ignored these evocative protests.

    [...]

    The news of #David_Chichkan’s death destroyed a part of my world; the grief of this loss pursues me. But so do attacks on the freedom of civilians, the operation of illegal prisons, and military service contracts signed under threats of violence or through torture – all of these things tear at the fabric of society, destroying the very foundations of human dignity.

    Why is the entire space of war buzzing with imposed silence? This war has created the illusion that acknowledging one kind of experience diminishes another – as if the very freedom to choose devalues the choice of joining the resistance; as if acknowledging and opposing internal violence in a society defending itself will always mean “working for the enemy”.

    Silence not only fails to support Ukrainian society. It normalises and legitimises an abnormal, criminal situation. It forces people to accept that violence is natural, is to be expected, is part and parcel of society. The cry for help receives no response. And that is also a response.

  • Affaire Haykal : entre Washington et Yarzé, le malaise s’installe - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1485912/affaire-haykal-entre-washington-et-yarze-le-malaise-sinstalle.html

    Haykal est le commandant de l’armée ; Yarzé est le siège du ministère de la défense et Schenker, l’OLJ ne le précise à aucun moment, est un membre du #WINEP, officine sioniste pure et dure.

    À Washington, toutefois, la déception est palpable et les résultats jugés insuffisants. D’autant que l’armée a refusé de fouiller les maisons privées des habitants à la recherche de caches d’armes. Les « plaintes répétées de l’armée libanaise concernant les frappes israéliennes visant des dépôts d’armes du Hezbollah sur des ’propriétés privées’ que la troupe refuse d’inspecter par déférence envers la milice soutenue par l’Iran », constituent l’un des griefs et non le moindre de l’Administration américaine, explique #David_Schenker, ancien sous-secrétaire d’État US.

    De leur côté, les militaires libanais rappellent qu’une perquisition dans une résidence privée où qu’elle se trouve nécessite une autorisation judiciaire : « Pour l’obtenir, il faut disposer d’informations solides sur la présence d’armes », indique un officier à la retraite. Avant de rappeler que l’armée « se conforme strictement aux décisions politiques du gouvernement, sans suivre aucun autre agenda ».

    Pour Washington, cependant, la raison principale demeure l’absence de progrès sur le désarmement du Hezbollah. « L’inquiétude est grandissante : le Liban risque une nouvelle fois de laisser passer une opportunité », insiste M. Schenker, réputé proche du président Donald Trump et donc en mesure de refléter l’état d’esprit qui prévaut désormais à la Maison Blanche. Son analyse est confirmée par Hassan Mneimné, chercheur au Middle East Institute : « Il existe une véritable dissonance entre Beyrouth et Washington. C’est ce qui a conduit à l’émergence d’une vision plus dure à l’égard du Liban. » Pour les faucons au sein de l’Administration américaine, ce ne seraient plus seulement les moyens militaires du Hezbollah que l’armée est appelée à neutraliser sur l’ensemble du territoire, mais toutes les institutions sociales et financières comme l’association al-Qard al-Hassan, explique le chercheur. « Certains vont jusqu’à préconiser un niveau d’action suffisamment radical pour totalement paralyser le Hezbollah », dit-il.

    • Ils estiment avoir gagné la guerre. Alors ils ne comprennent pas qu’il n’y ait pas reddition totale. Et sans le dire, ils te-nous font comprendre que l’extermination de toute résistance est à l’agenda, au nom des valeurs communes qui sont les nôtres. Ces gens sont terrifiants. Ils promettent la paix des tyrans, qui n’apporte que misère et injustice, massacres et violences. Au Liban, en Palestine, en Ukraine, et partout ailleurs où ils pensent pouvoir s’approprier des ressources sans risque d’y laisser des plumes, à grand renfort de bombes et de massacres.

  • Remember Fessenheim, enquête intime sur Françoise d’Eaubonne - davduf.net
    https://www.davduf.net/remember-fessenheim-enquete-intime-sur-francoise-2365

    « Cours ma sœur, le vieux monde mâle explose derrière toi… »

    Le slogan est de Françoise d’Eaubonne, essayiste, militante et romancière engagée. Il est accroché dans sa chambre de bonne de la rue Lécluse, où vit cette femme exceptionnelle et… impossible grand-mère de David Dufresne.

    Françoise d’Eaubonne, sa sorcière bien-aimée
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-du-samedi/francoise-d-eaubonne-sa-sorciere-bien-aimee-5580246

    Pour la première fois, le journaliste #David_Dufresne évoque publiquement sa grand-mère, l’écoféministe #Françoise_d'Eaubonne. A l’issue d’une minutieuse enquête, il dresse le portrait de cette femme hors-norme au prisme d’un évènement clé : l’attentat du 3 mai 1975 contre la centrale de #Fessenheim.

    https://www.davduf.net/quand-clint-eastwood-enquetait-sur-le-sabotage-de
    #davduf&samémé

    • David Dufresne, enquête sur Françoise d’Eaubonne, une grand-mère écoféministe
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/david-dufresne-enquete-sur-francoise-d-eaubonne-une-grand-mere-ecofemini

      Dans Remember Fessenheim , David Dufresne raconte l’activisme combatif et joyeux de sa grand-mère, Françoise d’Eaubonne. Entre mémoires familiales, archives policières et militantes, il dessine des filiations politiques et redécouvre cette figure écoféministe, décoloniale et antinucléaire.

      https://www.grasset.fr/livre/remember-fessenheim-9782246832881

      De nombreux liens avec ce podcast, ainsi que la biographie et la filmographie de Davduf. Voici celle de sa grand-mère :
      https://www.francoise-d-eaubonne.org/traces-de-francoise/biographie

    • Françoise d’Eaubonne : Histoire de l’art et lutte des sexes ce mois de septembre, aussi, aux presses du réel. Edité et présenté par Fabienne Dumont. Avant-propos de Vincent d’Eaubonne.
      https://www.lespressesdureel.com

      À l’heure où les grands textes qui ont marqué l’histoire de l’art sont réédités (Linda Nochlin, Griselda Pollock, Carla Lonzi), afin d’enrichir la réflexion féministe actuelle en #histoire_de_l'art, il était important d’apporter une autre pierre à cet édifice : la pensée de Françoise d’Eaubonne. Connue pour avoir imposé le terme d’écoféminisme, elle est l’autrice d’une centaine d’essais, romans et autres recherches, qui rencontrent un succès auprès des nouvelles générations depuis une dizaine d’années. Histoire de l’art et lutte des sexes complète le panorama par une réflexion féministe sur la fabrique d’une histoire de l’art déjà critique, une histoire marxiste de l’art, mais qui n’inclut pas une perspective féministe. Françoise d’Eaubonne se situe à cette croisée-là, rejoignant les historiennes de l’art les plus reconnues de son époque par ses analyses puissantes, nourries de références à de multiples champs, soutenues par un ton entraînant et une argumentation solide.
      Le regard porté sur des œuvres connues, qu’elle a pour la plupart pu voir au musée du Louvre, relève du champ des études féministes, de genre, queer, des sexualités tout autant que d’une #histoire_sociale de l’art. Il était temps de redonner une visibilité à cet ouvrage pionnier, complètement délaissé par l’histoire de l’art, afin de lui faire rencontrer une nouvelle génération de lecteurs-ices. Pour faciliter l’accès aux multiples références convoquées, il a été nourri d’un appareil de notes conséquent, qui accompagne la lecture et situe les références qui structurent l’argumentation de Françoise d’Eaubonne.

    • Françoise d’Eaubonne fait partie des quelques militants qui commettent un attentat à l’explosif contre la centrale de Fessenheim. « Je suis évidemment pour le terrorisme ! » affirme-t-elle au micro de Jacques Chancel en 1977. Autre temps. Anarchiste libertaire, elle annonce, en 1976, dans les colonnes de Libération son mariage avec le détenu Pierre Sanna, condamné (à tort, selon elle) à vingt ans de réclusion pour meurtre. A ces détenus devenus pour certains amis de plume, elle fait lire son essai le Féminisme ou la Mort (1974). L’ouvrage, discuté en promenade, permet aux lecteurs d’Eaubonne de traiter de « phallocrates », un mot qu’elle a d’ailleurs créé, les maquereaux qui l’ouvrent un peu trop… Les Femmes avant le patriarcat (1976), l’autre de ses textes les plus remarqués, revient sur le mythe d’une domination masculine « existant depuis l’origine de l’humanité ». Il faut écouter Françoise d’Eaubonne s’entretenir avec Jacques Chancel en 1977. Alors que le présentateur s’excuse pour sa voix enrouée par une bronchite, D’Eaubonne, guillerette, lui donne « une des vieilles recettes des sorcières d’autrefois qui sont devenues les remèdes de bonne femme » : plonger un fer rouge dans un bol de lait, et boire le liquide. « Ce n’est pas une superstition, ça marche ! » Plus tard, Chancel s’exclame : « Vous vous battez pour les droits des femmes, pour la révolution sexuelle, pour les prisonniers… Vous n’en finirez pas de vous battre, dans votre vie, Françoise ! » A une amie qui lui demandait si elle n’avait pas atteint l’âge de la sérénité, elle répondait : « Je serai en sécurité et sereine quand je serai dans ma tombe. » Entourée toute sa vie d’amis amants camarades militants, elle a fini sa vie relativement seule, dans un foyer d’artistes âgés du quartier de Montparnasse.

      https://www.liberation.fr/debats/2019/07/03/ecofeminisme-francoise-d-eaubonne-revolutionnaire-du-desir_1737801

      Lien trouvé dans l’article WP sur la centrale de Fessenheim

      Le 3 mai 1975, des militants du commando Ulrike-Meinhof-Puig-Antich dont l’autrice Françoise d’Eaubonne[42], ont commis un attentat à l’explosif (sans faire de victime) sur le chantier et ont ainsi provoqué un retard de plusieurs mois sur le chantier[43].

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Fessenheim#Construction

  • La programmation radio idéale de David Bowie | FIP
    https://www.radiofrance.fr/fip/la-programmation-radio-ideale-de-david-bowie-1347410

    Neuf ans après la mort de l’artiste britannique, le #David_Bowie Center ouvre ses portes au V&A East Storehouse de Londres, offrant au public l’accès à une vaste archive de 90 000 objets retraçant la vie et la carrière du chanteur. Parmi les découvertes concernant le « caméléon du rock », un projet de comédie musicale sur le Londres du XVIIIe siècle baptisé The Spectator, l’identité du célèbre Major Tom ou encore un artefact révélant un peu plus ses goûts musicaux. Intitulée Mémo pour une émission de #radio – Liste des disques préférés , cette liste éclectique retrouvée de 15 titres n’est pas la première, mais contient quelques surprises.

    Ralph Vaughan Williams – ‘Fantasia on a Theme by Thomas Tallis’
    Richard Strauss – ‘Four Last Songs’
    Alan Freed and His Rock ’N’ Roll Band – ‘Right Now Right Now’
    Little Richard – ‘True Fine Mama’
    The Hollywood Argyles – ‘Sho Know a Lot About Love’
    Miles Davis – ‘Some Day My Prince Will Come’
    Charles Mingus – ‘Ecclusiastics’
    Jeff Beck – ‘Beck’s Bolero’
    Legendary Stardust Cowboy – ‘I Took a Trip on a Gemini Spaceship’
    The Beatles – ‘Across the Universe’
    Ronnie Spector – ‘Try Some, Buy Some’
    Roxy Music – ‘Mother of Pearl’
    Edgar Froese – ‘Epsilon in Malaysian Pale’
    The Walker Brothers – ‘The Electrician’
    Sonic Youth – ‘Tom Violence’

  • L’auteur israélien David Grossman qualifie la guerre à Gaza de génocide
    1er août 2025, 14 h 57 BST | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/live-blog/live-blog-update/israeli-author-david-grossman-says-gaza-war-genocide

    L’auteur israélien David Grossman a déclaré que son pays commettait un génocide à Gaza.
    « Pendant de nombreuses années, j’ai refusé d’utiliser ce terme : génocide », a déclaré l’écrivain au quotidien italien La Repubblica dans une interview publiée vendredi.
    « Mais maintenant, après les images que j’ai vues et après avoir parlé à des personnes qui étaient là-bas, je ne peux m’empêcher de l’utiliser.
    Ce mot est une avalanche : une fois qu’on le prononce, il prend de l’ampleur, comme une avalanche. Et il ajoute encore plus de destruction et de souffrance », a-t-il déclaré.
    Les œuvres de Grossman ont remporté de nombreux prix internationaux, dont le plus prestigieux prix littéraire israélien en 2018.
    Ses commentaires interviennent quelques jours après que deux grandes organisations israéliennes de défense des droits humains ont également utilisé ce terme, alors que l’inquiétude mondiale grandit face à la famine imposée par Israël à Gaza.

    #résistants_de_45

    • ⚠️ “C’est un génocide.”
      Merci, David Grossman. Tu as mis 22 mois, plus de 60000 morts, des enfants brûlés vifs, des tentes de réfugiés effacées de la carte et des hôpitaux transformés en morgues, pour enfin dire ce que chaque Palestinien crie à s’en arracher la gorge. Mais voilà qu’on applaudit ton “courage”. On s’émerveille de ta “lucidité”. Tu pleures “le cœur brisé” mais ce cœur, il s’est brisé où ? Certainement pas à Deir Yassine. Pas à Sabra. Pas à Khan Younès. Pas à Gaza en 2008. Ni en 2014. Ni en mai 2021. Tu t’es réveillé après l’irréparable, comme si ta voix, soudain, réparait quoi que ce soit. Et bien sûr, tu dis : “Tout a basculé en 1967.” Comme si les bulldozers de Yaffa n’avaient jamais hurlé. Comme si Haïfa n’avait pas été vidée.
      Comme si nos maisons ne portaient pas encore les clés rouillées de 1948.
      Comme si l’horreur était arrivée un jour de juin, et pas en 1947, ou 1917, ou dans chaque bureau d’état civil qui efface nos noms.
      Non, ce n’est pas l’occupation de 1967 qui a “corrompu” Israël.
      C’est le projet lui-même. Un projet bâti sur notre absence, sur notre effacement, sur notre dépossession, sur notre nettoyage ethnique. L’État israélien n’est pas tombé dans la “tentation du pouvoir absolu”. Il est né avec cette tentation. Il s’est construit sur l’idée que nous n’existons pas, que nous sommes un obstacle, une poussière à balayer, des noms trop longs pour les cartes d’identité.
      Alors non, tu n’as pas “tout fait” pour éviter ce mot. Tu as fait exactement ce que fait ce régime depuis 77 ans : tu as regardé ailleurs. Tu as parlé de paix quand on parlait de survie. Tu as brandi l’humanisme quand on enterrait nos enfants.
      Et maintenant que le sang déborde les écrans, tu veux parler “comme un homme brisé”, au nom d’un “socle commun”, au nom de l’humanité retrouvée ? Non. Nous ne bâtirons rien sur des silences aussi épais. Nous n’avons pas besoin de ton réveil, David.
      Nous avons besoin que ce système tombe.
      De l’apartheid, pas d’excuses.
      De l’occupation, pas de poèmes.
      De la colonisation, pas de soupirs.
      https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=pfbid02ezGLbcG1jZdmUzfui8eMJb7fdz9Da7PNQp3TPixvGa

    • Craig Mokhiber sur X : “The absurdity of the notion of “liberal Zionism,” always oxymoronic, has been permanently revealed by the behavior of its purported adherents in the past 20 months. Attaching “liberal” to Zionism is no more logical than attaching “liberal” to its constituent elements of fascism,”
      https://x.com/CraigMokhiber/status/1951990691103727881

      L’absurdité de la notion de « sionisme libéral », toujours oxymorique, a été définitivement révélée par le comportement de ses prétendus adeptes au cours des 20 derniers mois.

      Attacher « libéral » au sionisme n’est pas plus logique que le fait d’attacher « libéral » à ses éléments constitutifs qui sont le #fascisme, le #racisme, le #colonialisme, l’ethno-nationalisme ou la suprématie blanche.

      Qu’est-ce, après tout, qu’un #génocide #libéral ?

  • È chiaro: Israele ha ora un piano per la pulizia etnica dei palestinesi da Gaza
    https://www.assopacepalestina.org/2025/07/21/e-chiaro-israele-ha-ora-un-piano-per-la-pulizia-etnica-dei-palest

    di Gideon Levy, Haaretz, 20 luglio 2025. Qualcuno l’ha ideato, ci sono state discussioni sui pro e i contro, sono state suggerite alternative, e tutto è stato fatto in sale conferenza climatizzate. Per la prima volta dall’inizio della guerra di vendetta a Gaza, è chiaro che Israele ha un piano, e che è un piano ... Leggi tutto

    #Notizie #il_piano_per_l'evacuazione_di_Gaza

  • Dans la série « Quand c’est bien expliqué, on comprend mieux »™

    Il y a un an je disais à cette tribune que si la population comprenait parfaitement notre système budgétaire, il y aurait une révolution demain matin. Je maintiens encore cette position.

    Durant ces 15 minutes j’explique comment le gouvernement pille le peuple français et gouverne par le mensonge, la dissimulation et l’absence de vote démocratique.

    Je décrypte l’énigme suivante : comment l’Etat peut être autant en déficit alors qu’on n’a jamais récolté autant d’impôts de notre histoire ?

    https://web.archive.org/web/20250611204056/https://static.piaille.fr/media_attachments/files/114/665/547/355/106/071/original/2e6dbfa6298b6d1f.mp4

    Le député NUPES/LFI David Guiraud explique comment toutes les pertes dues aux baisses d’impôts (pour les particuliers comme pour les entreprises) ont été compensées par la hausse des rentrées de TVA donc par les consommateur·rices (prix qui explosent depuis 5 ans = grosse augmentation des perceptions de TVA par l’État).

    En bonus, ces baisses d’impôts qui grèvent le budget et augmentent la fameuse dette (et donc justifient la casse sociale néolibérale) profitent avant tout aux 10% les plus riches (insérer ici un emoji cocktail molotov dans leur gueule)

    Pour la version courte d’il y a un an : https://seenthis.net/messages/1069217

    Archive : https://web.archive.org/web/20250611204053/https://piaille.fr/@Dalipas/114665551539850331

    Via https://piaille.fr/@Dalipas/114665551539850331 (post supprimé)

    #David_Guiraud #finances #France #TVA #CICE #impots

  • Exclusive: #David_Cameron threatened to withdraw UK from #ICC over Israel war crimes probe | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/news/david-cameron-threatened-withdraw-uk-icc-over-israel-war-crimes-probe

    The British government privately threatened to defund and withdraw from the International Criminal Court if it issued arrest warrants for Israeli leaders, Middle East Eye can reveal. 

    David Cameron, then foreign secretary in Rishi Sunak’s Conservative government, made the threat in April 2024 in a heated phone call with Karim Khan, the British chief prosecutor of the court.

    Less than a month later, Khan announced that he was seeking arrest warrants for Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and his then-defence minister, Yoav Gallant, as well as for Hamas leaders Yahya Sinwar, Ismail Haniyeh and Mohammed Deif.

    #CPI #génocidaires

  • Le fondateur du WEF Klaus Schwab visé par une enquête interne RTS

    Le Wall Street Journal a révélé mercredi qu’une lettre anonyme a été adressée la semaine passée au conseil d’administration de la prestigieuse institution, mettant en cause klaus schwab et son épouse hilde qui auraient « mélangé leurs affaires personnelles avec les ressources du Forum, sans surveillance appropriée ».

    Un porte-parole du fondateur, interrogé par le quotidien, a démenti toutes ces accusations.
    . . . . .
    Cette lettre anonyme, qui émane d’anciens et actuels employés, selon le quotidien américain, a poussé le conseil d’administration à se réunir dans l’urgence « le dimanche de Pâques », klaus schwab ayant « opté pour une démission immédiate » de son rôle de président du Conseil d’administration, « plutôt que de rester pour une période de transition prolongée comme prévu auparavant », ajoute le Wall Street Journal, qui s’appuie sur des sources informées sans les nommer.

    La lettre inclut entre autres des accusations selon lesquelles klaus schwab, le fondateur de ce forum qui organise chaque année un sommet pour les élites politiques et économiques dans la luxueuse station de ski suisse de davos, aurait demandé à de jeunes employés de retirer pour lui « des milliers de dollars » dans des distributeurs de billets et utilisé des fonds de l’organisation pour régler des massages lors de séjours à l’hôtel.


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    Les dépenses facturées pour des massages lorsqu’il était en voyage ont toujours été remboursées, a-t-il précisé, klaus schwab réfutant également les accusations contre lui et son épouse concernant les voyages luxueux et retraits d’argent.

    Source : https://www.rts.ch/info/economie/2025/article/klaus-schwab-fondateur-du-wef-vise-par-une-enquete-apres-sa-demission-28861986.h
    #massage #prostitution #chute #klaus_schwab #wef #capitalisme #politique #violence #racisme #discriminations #davos #globalisation_4.0 #actualités_internationales #Grande_Réinitialisation #Réinitialisation #crise #économie #économie_mondiale

  • Klaus Schwab, président du WEF, annonce sa démission immédiate RTS

    Selon un communiqué du WEF publié lundi, Klaus Schwab a informé le conseil d’administration de sa démission lors d’une réunion extraordinaire le dimanche de Pâques. Le choix du chef intérimaire Peter Brabeck-Letmathe, ancien président du conseil d’administration de Nestlé, s’est fait à l’unanimité. Le conseil de fondation a mis en place un comité de recherche pour trouver un successeur durable.

    Il y a un an, en mai, Klaus Schwab avait déjà annoncé son intention de quitter son poste de directeur et de passer à la présidence du conseil de fondation. Il se retire maintenant de cette même fonction.

    Le wef Fondé avec l’argent de ses parents

    Le professeur d’économie allemand Klaus Schwab, né à Ravensburg dans le sud de l’Allemagne, fils d’un directeur d’usine suisse, a créé le Forum économique mondial en 1971 avec l’argent de ses parents, ses économies de manager et un crédit. Le Forum, avec sa réunion annuelle à Davos, est devenu l’une des rencontres les plus importantes pour les politiciens de haut niveau, les grands managers, les scientifiques et les représentants de la société civile du monde entier.

    Le siège du WEF se trouve à Genève. Il emploie 600 personnes dans le monde entier, à Genève, New York, Pékin et Tokyo.
    . . . . .
    Source et suite : https://www.rts.ch/info/economie/2025/article/klaus-schwab-quitte-la-presidence-du-wef-peter-brabeck-letmathe-interimaire-2886

    #klaus_schwab #wef #capitalisme #politique #violence #racisme #discriminations #davos #globalisation_4.0 #actualités_internationales #Grande_Réinitialisation #Réinitialisation #crise #économie #économie_mondiale

  • Don’t Look Away / Ne détournez pas le regard par R. D. Lankes – bibliomancienne
    https://bibliomancienne.ca/2025/03/30/dont-look-away-ne-detournez-pas-le-regard-par-r-d-lankes

    Par David Lankes

    Sur la situation des bibliothèques aux Etats-Unis et ce que peuvent apporter les bibliothèques européennes à leur combat pour la liberté.

    Lors d’un récent voyage en Europe, on m’a sans cesse posé la même question : « Que pouvons-nous faire ? » La communauté des bibliothèques européennes (et sans doute aussi la communauté mondiale) observe les développements aux États-Unis avec confusion et inquiétude. Comment le gouvernement fédéral peut-il fermer des agences, s’en prendre à l’Institute for Museum and Library Services, réduire les budgets de la National Agricultural Library, stopper les recherches des National Institutes of Health, limoger l’archiviste nationale et défaire des décennies de travail dans les bibliothèques et le patrimoine culturel ? Comment un pays qui s’identifie si fortement à la liberté, et à la liberté d’expression, peut-il établir une liste de mots interdits utilisés pour purger, sans distinction, les sites web de leurs collections, données et documents ?
    La première crainte était que les institutions culturelles soient fermées. La nouvelle réalité, c’est qu’elles seront transformées, une fois de plus, en instruments de propagande et d’endoctrinement. L’Institute for Museum and Library Services n’est pas fermé. En revanche, son nouveau directeur veut s’en servir pour « remettre l’accent sur le patriotisme, préserver les valeurs fondamentales de notre pays, promouvoir l’exceptionnalisme américain et cultiver l’amour de la patrie chez les générations futures ».
    Au-delà du gouvernement fédéral, comment les bibliothécaires et institutions de l’UE peuvent-ils réagir, me demandait-on, face à la vague continue d’interdictions de livres, de licenciements de bibliothécaires jugés « trop libéraux », et aux poursuites judiciaires contre ceux et celles qui exercent simplement leur métier et soutiennent leurs associations professionnelles ?
    Ma réponse est simple : ne détournez pas le regard.

    Un moment où une nation prospère et démocratique décide que son infrastructure culturelle, scientifique et intellectuelle, celle-là même qui l’a menée à sa position dans le monde moderne, est désormais suspecte, infestée d’agents porteurs de sentiments « anti-américains ». Un moment où interroger l’histoire et les actions d’un pays dans une perspective de progrès devient un acte de dissidence. Un moment où les idées deviennent dangereuses. Où l’éducation devient dangereuse, où les bibliothèques deviennent dangereuses, où les mots deviennent dangereux. Où, au lieu d’un dialogue vital sur ceux qui réussissent dans la nation et sur la manière de bâtir une économie et une démocratie capables d’éliminer les désespoirs les plus profonds et de redonner une voix aux personnes exclues, nous cédons le pouvoir à des politiques du ressentiment et de la revanche.

    Et surtout — je ne saurais trop insister — regardez aussi chez vous, du côté de vos propres frontières. Nous vivons une époque de déstabilisation. Les alliances traditionnelles se rompent. L’idée que nous étions sur une trajectoire linéaire vers toujours plus de libertés s’effondre face au retour cyclique des idéologies politiques. L’histoire n’est pas terminée.
    Sachez que malgré ces paroles, je reste optimiste. Les bibliothèques américaines, toutes catégories confondues, sont des institutions locales. Leur financement provient en majorité de taxes locales et de frais de scolarité. Les gens soutiennent encore massivement leurs bibliothèques et font confiance à leurs bibliothécaires. Le soutien aux bibliothèques, à l’éducation, aux musées n’est pas idéologique. Leur fonctionnement demeure, dans une large mesure, du ressort des communautés locales.
    C’est cette ancrage local, cette orientation communautaire — acquise de haute lutte au fil des décennies — qui me donne de l’espoir.

    #David_Lankes #Bibliothèque #Etats-Unis

  • Italian government approved use of spyware on members of refugee NGO, MPs told

    National security committee is investigating whether secret services breached law by using surveillance tool to monitor activists and journalists

    The Italian government approved the use of a sophisticated surveillance tool to spy on members of a humanitarian NGO because they were allegedly deemed a possible threat to national security, MPs have heard.

    Alfredo Mantovano, a cabinet undersecretary, made the admission during a classified meeting with Copasir, the parliamentary committee for national security, according to a person familiar with the situation.

    Copasir is investigating whether the secret services breached the law in using Graphite, military-grade spyware made by the Israel-based Paragon Solutions, to monitor activists and journalists, and is expecting to report on its finding soon.

    Giorgia Meloni’s government has been under pressure to address the case since January, when a handful of Italian activists and a journalist received warnings from WhatsApp, the messaging app owned by Meta, that their phones had been targeted by spyware.

    The government initially denied involvement, but Mantovano, who oversees the intelligence services, told the committee that the spyware had targeted Luca Casarini and Giuseppe Caccia, the founders of Mediterranea Saving Humans, an NGO that tries to protect refugees who cross the Mediterranean.

    He said the spyware was approved by the government and the attorney general of Rome’s court of appeal, and that the intelligence agencies used the surveillance system within the parameters of the law in order to conduct a “preventive” investigation into illegal immigration. He denied the spyware was used to target Francesco Cancellato, the editor-in-chief of the Italian news outlet Fanpage.

    Mantovano’s assertions, which were first reported by La Repubblica, have so far not been denied by the government.

    Paragon suspended its relationship with Italy when the breaches emerged, a person familiar with the matter told the Guardian. The company’s spyware is intended for use on criminals.

    Mediterranea Saving Humans said it was informed about Mantovano’s claims by journalist sources, adding in a statement that the “secret operation worthy of a regime” had been “unmasked to the world”.
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    In addition to the Copasir inquiry, prosecutors in five cities, including Rome, Palermo, Naples, Bologna and Venice, are investigating claims after complaints were submitted by targets of the alleged spyware breach, who include Mattia Ferrari, a priest, and David Yambio, a humanitarian activist, both of whom have worked with Mediterranea Saving Humans.

    “Five prosecutors are investigating and we trust someone will have the courage to get to the bottom of it and demonstrate, as is clear, that this is an abuse of power and nothing else,” Mediterranea Saving Humans added.

    https://www.theguardian.com/world/2025/mar/27/italian-government-approved-use-of-spyware-on-members-of-refugee-ngo-mp
    #surveillance #migrations #réfugiés #Italie #criminalisation_de_la_solidarité #sauvetage_en_mer #Graphite #Paragon_Solutions #technologie #journalistes #activistes #Mediterranea_Saving_Humans #Giuseppe_Caccia #Luca_Casarini #espionnage #Francesco_Cancellato #Mattia_Ferrari #David_Yambio

  • Ce que cache #Périclès, le projet politique réactionnaire du milliardaire #Pierre-Edouard_Stérin

    Après avoir fait fortune dans les affaires, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin assume désormais vouloir financer les projets « #métapolitiques » susceptibles de faire gagner la droite et l’extrême droite. Une première liste de ces initiatives vient d’être mise en ligne. Selon nos informations, elle pourrait ne constituer que la partie émergée de l’iceberg.

    Un média, une chaîne Youtube, des associations catholiques ou libérales, des think tanks destinés au lobbying politique... La première liste des projets soutenus par « Périclès » - mise en ligne il y a quelques jours sur son site internet - n’est pas bien longue mais permet déjà de lever toute équivoque sur les intentions de l’homme à l’origine du projet, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Après avoir fait fortune dans les affaires, cet exilé fiscal de 51 ans - il a fui en Belgique après l’élection de François Hollande en 2012 - ambitionne de faire gagner la droite et l’extrême droite en mettant à contribution son compte en banque. Soit un investissement de 250 millions d’euros annoncé en dix ans. Du jamais vu.

    Cette initiative, baptisée donc « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes »), devait, à l’origine, rester discrète mais elle avait été dévoilée en juillet dernier par nos confrères de « l’Humanité ». Lesquels, documents confidentiels à l’appui, ont détaillé le plan de « #bataille_culturelle » imaginé par Stérin et ses équipes pour « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » de ses idées et de ses valeurs. Parmi elles, « la #famille, base de la société », la « #préférence_nationale », le « #christianisme ». Au programme également : la promesse de mener une « #guerilla_juridique » et « médiatique » face au « #socialisme », au « #wokisme » ou à « l’#islamisme ». Surtout, ces documents énuméraient des objectifs politiques précis, dont une aide concrète à apporter au #Rassemblement_national de Marine Le Pen pour remporter le plus grand nombre de victoires lors des prochaines #élections municipales en 2026.

    Offensive sur tous les fronts

    En l’état, au moins 24 projets auraient déjà bénéficié de la générosité de l’homme d’affaires l’année dernière, selon le site flambant neuf de Périclès. L’ensemble confirme sa volonté de mener son #offensive par petites touches et sur tous les fronts. On y retrouve sans surprise ses obsessions libérales avec la promotion des idées antiétatistes et anti-taxes, incarné par son soutien à des think tanks comme le #Cercle_Entreprises et #Libertés, de l’ex-patron d’#Elf_Loïk_Le_Floch-Prigent ; ou encore #Ethic, le syndicat patronal de #Sophie_de_Menthon (une des rares à assumer dialoguer avec Marine Le Pen), qui a reçu, selon nos informations, 3 000 euros pour l’organisation d’une conférence. Des cercles de juristes, comme #Justitia, le collectif d’avocats de l’#Institut_Thomas_More, qui propose d’offrir « une réponse juridique aux nouvelles intolérances » ou le #Cercle_Droit_et_Liberté, qui prétend lutter contre le « #politiquement_correct » de l’Université et du monde juridique, sont également cités. Sans oublier, les enjeux migratoires et sécuritaires, via le #Centre_de_Réflexion_sur_la_Sécurité_intérieure (#CRSI), présidé par l’avocat connu des réseaux de droite dure #Thibault_de_Montbrial. Présents également, la marque #Terre_de_France, chouchou des influenceurs #identitaires ; #Eclats_de_femme, l’association fondée par #Claire_Geronimi, victime de viol par un homme visé par une OQTF en 2023, depuis proche du collectif identitaire #Némésis (elle vient d’être nommée vice-présidente de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, ce dimanche 9 février), ou encore l’association #Léa, en croisade contre le « #racisme_anti-Blanc ». Idem pour le mensuel « #l'Incorrect » - lancé en 2017 par des proches de #Marion_Maréchal - ou #Les_Films_à_l'arrache, une chaîne Youtube humoristique moquant - entre autres - l’antiracisme et le féminisme...

    Objectifs politiques

    Au-delà de ces combats marqués à l’extrême droite, Périclès a également investi dans le combat contre le « #wokisme_à_la_fac », via l’#Observatoire_du_décolonialisme, ainsi que le champ de la #laïcité au travers de #Défense_des_serviteurs_de_la_République, dont le comité d’honneur compte #David_Lisnard, le maire Les Républicains de Cannes et #Astrid_Panosyan-Bouvet, l’actuelle ministre du Travail et de l’Emploi - laquelle ignorait le lien avec Stérin, nous assure son cabinet. D’autres structures présentées par le site de Périclès font plus directement référence à l’objectif politique du projet. C’est le cas de #Data_Realis_Conseil, une société spécialisée dans la #cartographie_électorale rappelle la « #Lettre », ou de l’#Institut_de_Formation_Politique (#IFP), qui ambitionne de doter les militants de toutes les droites du bagage nécessaire pour garnir les rangs des formations politiques, des Républicains aux RN. En bonne place, enfin, #Politicae, l’école de formation au mandat de maire, destinée à faire élire « le maximum de candidats pour les prochaines élections municipales », que Stérin a confié à #Antoine_Valentin, édile LR de Haute-Savoie et candidat d’#Eric_Ciotti lors des dernières législatives. Auprès du « Nouvel Obs », ce dernier ne souhaite pas communiquer le montant du financement consenti par son mécène mais indique que l’effort financier pourrait atteindre « plusieurs centaines de milliers d’euros », d’ici au scrutin de 2026.

    Des projets plus discrets

    Cette liste pourrait, selon nos informations, ne constituer que la partie émergée de l’iceberg Stérin. Les sites internets de plusieurs structures citées plus haut semblent avoir été montés de toutes pièces et sur le même modèle... Surtout, la plupart de ces initiatives n’auraient en réalité reçu que de maigres sommes. Moins de 5 000 euros par exemple pour l’association #Les_Eveilleurs, proche de #La_Manif_pour_Tous, à l’occasion d’un peu rentable concert de #Jean-Pax_Méfret, chanteur des nostalgiques de l’Algérie française. Idem au #Cérif (#Centre_européen_de_Recherche_et_d'Information_sur_le_Frérisme), où la chercheuse au CNRS #Florence_Bergeaud-Blackler jure ne pas avoir touché plus de 10 000 euros. Très loin des 10 millions d’euros que Périclès claironne avoir investi au total en 2024. De quoi nourrir les soupçons sur la réalité de ce montant : est-elle artificiellement gonflée ? Ou, plus probable, l’essentiel de cet argent passe-t-il dans des projets tenus secrets ?

    « Nous nous gardons le droit d’être discrets sur nos investissements », élude #Arnaud_Rérolle, président de Périclès et ancien du #Fonds_du_Bien_Commun, la branche philanthropique des activités de Pierre-Edouard Stérin. Un paravent caritatif - Stérin y finançait aussi des associations au diapason de ses idées réactionnaires - dont est également issu #Thibault_Cambournac, le nouveau « responsable stratégie » de Périclès. L’équipe compte aussi dans ses rangs #Marguerite_Frison-Roche, ancienne petite main de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour. Quant au « senior advisor » de Périclès, #Philippe_de_Gestas, c’est l’ancien secrétaire général du #Mouvement_Conservateur, allié à #Reconquête. Pour 2025, le #budget de Périclès est annoncé autour des 20 millions d’euros. L’achat ou la création d’un institut de sondage fait déjà figure d’objectif prioritaire.

    https://www.nouvelobs.com/politique/20250209.OBS100069/ce-que-cache-pericles-le-projet-politique-reactionnaire-du-milliardaire-p
    #Stérin #extrême_droite #réseau

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  • #Trump, #Musk, #Le_Pen : « Dans ce #clair-obscur surgissent les #monstres » | #Au_Poste, média indépendant 100% Live & Libre
    https://www.auposte.fr/extremorama-dans-ce-clair-obscur-surgissent-les-monstres

    Trump, Musk, Le Pen : « Dans ce clair-obscur surgissent les monstres »
    Avec Sylvie Laurent, américaniste ; Adrien Nonjon, historien des extrêmes droites de Russie et d’Ukraine ; Grégoire Kauffmann, fin connaisseur des extrêmes droites françaises, Marine Turchi de Médiapart et Christophe-Cécil Garnier de StreetPress.

    PAR
    #DAVID_DUFRESNE
    ET

    EURYALE
    ET

    NICOLAS LEBOURG
    28 JANVIER 2025

    Elon Musk qui commet un salut hitlérien le jour de l’investiture de Donald Trump… à quelques jours d’un nouvel anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par l’armée de Vladimir #Poutine

    2025 a à peine enterré Jean-Marie Le Pen, que le danger pour les démocraties menace, avec parfois des visages nouveaux. Une « Internationale réactionnaire », selon la formule d’Emmanuel Macron, s’apprête-t-elle à redéfinir le prochain quart de siècle ?

    Ou, si on préfère citer #Gramsci : sommes-nous désormais entrés de plein pied dans ce moment de bascule où « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » ?

    Pour en discuter, #Extrêmorama reçoit trois historiens soucieux de mettre le moment présent en perspective : Sylvie Laurent, américaniste, bien connue de nos services pour ses travaux des questions sociales et raciales aux États-Unis ; Adrien Nonjon, historien des extrêmes droites de Russie et d’Ukraine ; Grégoire Kauffmann, fin connaisseur des extrêmes droites françaises.

    Avec nous, également, deux journalistes au travail exceptionnel sur l’extrême droite : Marine Turchi de Mediapart et Christophe-Cécil Garnier, rédacteur en chef adjoint au pôle enquête de StreetPress.

  • Daily Mail. Davos 2025 by night : agences d’escorts, accords de non-divulgation pour prostituées et transgenres

    Secret depravity of the Davos global elite: More sex parties than ever, NDAs for prostitutes,... Miriam Kuepper - dailymail.co.uk

    The secret depravity of the global elite coming to the World Economic Forum in Davos has been laid bare, with escort agencies revealing that the demand for sex parties, NDAs for prostitutes and transsexual women has increased.

    The forum, which started on Monday, has welcomed more than 3,000 business and political leaders to the Swiss Alps. 

    But not just the global elite has flocked to the town, as escorts are more in demand than ever among those attending the event.

    • La dépravation secrète de l’élite mondiale présente au Forum Économique Mondial de Davos a été mise à nu par le Daily Mail, avec des agences d’escortes révélant une demande accrue pour des fêtes sexuelles, des accords de non-divulgation pour les prostituées et des femmes transgenres.

      Un événement mondial attirant plus que des leaders
      Le forum, qui a débuté lundi, a accueilli plus de 3 000 leaders politiques et économiques dans les Alpes suisses. Cependant, ce ne sont pas seulement les élites mondiales qui affluent vers la ville ; les escortes sont plus demandées que jamais parmi les participants à l’événement. Selon un site web organisant des « rendez-vous payants », de nombreux arrivants profitent d’orgies sexuelles organisées par des individus réservant plusieurs femmes à la fois.

      Une demande record pour les services d’escorts

      « Depuis le début du WEF, nous avons vu environ 300 femmes et femmes transgenres réservées à Davos et dans les environs », a déclaré Andreas Berger, porte-parole de Titt4tat, à MailOnline. Cela représente une augmentation par rapport aux 170 femmes réservées en 2024. « En termes de nombre de réservations pour des relations intimes commerciales, c’était une année record pour nous [au WEF] », a ajouté M. Berger. « Il y avait nettement plus de fêtes sexuelles que les années précédentes », a-t-il précisé, se basant sur le nombre d’escortes réservées – 300 par environ 90 clients, contre 140 l’année dernière.

      Des mesures de confidentialité renforcées
      Il semble que les clients fortunés et puissants prennent également des mesures accrues pour garder leurs activités sexuelles secrètes. « Ce qui a changé, c’est que beaucoup de femmes à Davos et dans les environs doivent maintenant signer des accords de non-divulgation (NDAs) », a déclaré M. Berger, ajoutant que ces accords étaient souvent rédigés en anglais. « Nous soupçonnons que cela est la conséquence des récentes nouvelles sur les fêtes sexuelles à Hollywood. »

      L’acte sexuel le plus demandé
      Une autre responsable d’agence d’escortes a révélé l’acte sexuel le plus demandé par les clients puissants et « intouchables ». « Le sexe anal est en fait l’une des choses les plus fréquemment demandées », déclare Susann de l’agence Swiss Escort Avantgarde. Elle a ajouté à propos des clients engageant des escortes au WEF : « Ces types de personnes se considèrent comme intouchables, ce qu’ils sont souvent de manière réaliste. » « Je pense que des agressions physiques contre les escortes, par exemple pour assouvir un certain fétichisme BDSM, sont absolument concevables », a poursuivi Susann. « D’après mon expérience, plus le rang professionnel/social d’un homme est élevé, plus son seuil d’inhibition pour la violence contre les femmes est bas. »

      Une clientèle de haut niveau
      En ce qui concerne les clients au WEF, une autre agence a révélé : « Les PDG et politiciens de grandes villes représentées au WEF font autant partie de notre clientèle que dans la vie quotidienne. » « Bien sûr, je ne peux parler que pour notre agence, mais les conversations avec d’autres agences et modèles montrent que beaucoup d’hommes utilisent ces services. » « La principale différence réside moins dans l’événement lui-même, mais plutôt dans le type d’agence et le segment de prix qu’elles servent – qui correspond souvent au revenu des clients. » « Notre agence opère dans le segment haut de gamme, ce qui reflète également notre clientèle typique. »

      Des compagnes bilingues et sophistiquées
      « Nos modèles sont généralement bilingues, car nous nous adressons à une clientèle plus sophistiquée et de haute qualité », ont ajouté Jan et Lia de Lia Models, précisant que les langues demandées étaient l’anglais comme langue principale, ainsi que l’allemand ou le français. « À Davos, les gens aiment se montrer le soir aux côtés d’une femme particulièrement séduisante et attrayante, présentée comme une compagne ou une amie. » « Il est avantageux que la compagne soit non seulement visuellement convaincante, mais aussi intelligente et vive d’esprit. » « En fin de compte, il est important que le rendez-vous se déroule harmonieusement et que la compagne transmette de manière crédible qu’elle est la partenaire du client. » « L’élégance, le style et la capacité à se mouvoir confortablement à un niveau social élevé sont au premier plan. Une apparence confiante est essentielle pour répondre aux attentes des clients dans cet environnement exclusif. »

      Des tarifs élevés pour des services de luxe
      Bien sûr, la principale raison pour laquelle les escortes affluent à Davos pour le WEF est de gagner de l’argent – avec des tarifs exorbitants facturés pendant l’événement et certaines femmes commandant facilement 6 000 £ par réservation. Mais ces montants ne sont rien pour les clients fortunés, s’accordent à dire les différentes agences d’escortes – et leurs clients paient généralement pour plusieurs heures de « compagnie » avec les femmes. M. Berger de Titt4tat a ajouté que la durée moyenne de réservation au WEF est de quatre heures, ce qui, combiné au tarif horaire moyen et aux 300 réservations sur Titt4Tat pendant les trois premiers jours du WEF seulement, s’élèverait à environ 300 000 CHF (270 000 £). « Mais il y a d’autres fournisseurs et agences. Mon estimation serait d’environ 1 million de CHF (900 000 £) au total », a ajouté M. Berger.

      NDLR : Selon une escort, de nombreux clients de Davos sont des « travailleurs subalternes qui sont excités, peut-être même là pour la première fois, plutôt que des acteurs de pouvoir de haut niveau ». Les rencontres de la Fondation Bilderberg et de la Commission trilatérale, fondée par David Rockefeller, elles, se déroulent discrètement en petit comité. On est loin des trois mille participants de Davos. Les médias ne font rien pour soulever l’indignation. Quant à Klaus Schwab, 86 ans, il est l’arbre bien utile pour cacher la forêt.

      #Suisse #davos #élites #prostitution #femmes #transgenres #services #vice #sexe #banques #banquiers #pouvoir #dépravés #dépravation
      Source : https://www.dailymail.co.uk/news/article-14314271/Secret-depravity-Davos-global-elite-sex-parties-NDAs-prostitutes-transs
      Traduction : https://lemediaen442.fr/davos-2025-by-night-agences-descorts-accords-de-non-divulgation-pour-pr

  • L’apocalypse de Donald Trump selon Peter Thiel | Le Grand Continent, via Jean-Marc Adolphe, https://www.leshumanites-media.com
    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/01/10/lapocalypse-de-donald-trump-selon-peter-thiel

    Dans un texte aux tonalités eschatologiques qui vient de paraître dans le Financial Times, #Peter_Thiel, l’une des personnes les plus puissantes de l’Amérique de Trump au cœur de l’accélération réactionnaire, annonce la venue d’un temps nouveau : « des questions sombres émergeront dans les dernières semaines crépusculaires de notre interrègne ».

    Nous le commentons ligne à ligne.

    Il disait voici déjà plus de vingt ans : « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles ». Au moins, c’est clair…, Jean_Marc Adolphe.

    #É-U #libertariens #Palentir #fascisme #eschatologie #idéologue

    • Cette inauguration de la deuxième présidence Trump n’a rien à voir avec la précédente. Texte de Quentin Rodiguez (reçu par mel)

      Oubliez Trump. C’est un fou dangereux bien sûr. Et depuis 2016, immense différence, il a transformé le Parti républicain en mouvement authentiquement fasciste – les principaux historiens américains du fascisme le disent désormais (notamment Timothy Snyder et Robert Paxton, pour les plus célèbres).

      Mais avec cette nouvelle présidence Trump, nous assistons surtout à un pacte entre ce nouveau mouvement fasciste et la majeure partie de la #classe_capitaliste des #milliardaires propriétaires de l’#économie_numérique. Je ne veux pas tout ramener aux années 30, Trump n’est pas Hitler, on ne sort pas d’une guerre mondiale, etc. soyons clairs. Mais il y a un phénomène précis des années 30 qui se reproduit presque à l’identique aujourd’hui, c’est ce ralliement stratégique de la grande bourgeoisie industrielle allemande qui, face au risque de prise de pouvoir de la gauche socialiste et communiste qui menaçait sérieusement ses intérêts, choisit de parier sur le parti nazi, en le finançant massivement, et en mettant les #médias qu’elle contrôle au service de leur propagande électorale.

      Tant que la grande bourgeoisie peut garantir ses intérêts en s’accomodant d’un système démocratique, ça ne pose pas de problème. Mais si ce même système démocratique menace réellement leur position dominante, alors invariablement, ils sacrifient la démocratie sur l’autel du capitalisme. C’est ce que le principal penseur libertarien adulé de la nouvelle bourgeoise de l’économie numérique, Friedrich Hayek, expliquait posément en 1981, commentant son soutien au régime fasciste d’Augusto Pinochet : "Personnellement je préfère un dictateur libéral plutôt qu’un gouvernement démocratique manquant de libéralisme."

      Nous venons d’assister trait pour trait au même mouvement d’allégeance envers le mouvement trumpiste que les industriels allemands des années 30. Sur la photo du premier rang des invités d’honneur de la cérémonie, on voit ici #Elon_Musk, bien sûr, le véritable numéro 2 de l’administration Trump, qu’on ne présente plus, et à sa gauche #Jeff_Bezos, le PDG d’Amazon, et #Mark_Zuckerberg, le patron de Facebook. Les trois personnes les plus riches des États-Unis. Mais ils sont loin d’être les seuls : un mouvement profond s’est enclenché. On peut citer aussi #David_Sacks, autre capitaliste milliardaire de la Silicon Valley, qui vient d’être nommé par Trump en charge d’une politique de développement des cryptoactifs (#Bitcoin et cie), et à la tête du conseil du président pour la science et la technologie.

      L’administration Biden, sans être d’obédience socialiste, a voulu renouer avec une vieille tradition américaine "keynésienne-progressiste", disparue du paysage politique depuis Reagan, consistant à taxer fortement les plus riches, à soumettre les entreprises de taille critique pour l’économie à un contrôle étatique fort, et à démanteler les plus gros groupes monopolistiques considérés comme une menace pour la démocratie. Biden a donc rompu avec la politique de copinage avec la finance et la "Silicon Valley" cultivée par les Démocrates depuis Bill Clinton. Il a validé des accords internationaux sur une imposition mondiale minimale des multinationales, il a soumis les géants d’internet à un contrôle réel de son administration, a encouragé la syndicalisation dans ces entreprises (notamment chez Amazon et Tesla), et a engagé des procédures judiciaires très importantes contre ces entreprises, en exhumant les #lois_anti-trust du début du XXe siècle qui autorisent la justice américaine à démanteler des grandes entreprises lorsqu’elles sont devenues monopolistiques, en les vendant à la découpe. C’est notamment le sort qui était officiellement recherché contre #Google, avec une poursuite engagée par les procureurs de 50 États, ce qui faisait trembler toute la Silicon Valley.

      Je ne suis pas en train de dire que Biden était anticapitaliste, pas le moins du monde, mais enfin il a considéré que le poids et l’autonomie d’action acquises par les géants de l’économie numérique étaient arrivées à un stade critique pour la démocratie américaine, et s’est ouvertement attaqué à leur domination, distandant les liens antérieurs entre ladite "Silicon Valley" et le Parti démocrate. En social-libéral conséquent, il pensait certainement qu’un équilibre devait (et pouvait) être maintenu dans le système capitaliste pour qu’il continue à avancer de pair avec un système démocratique. C’est ce point précis qui explique la rupture de cette classe capitaliste avec les leaders démocrates (au sens premier du terme), pour prêter allégeance collectivement à un leader fasciste. Plutôt un dictateur libéral qu’un démocrate voulant brider le libéralisme économique, pour paraphraser Hayek.

      Là où Trump a été habile politiquement, c’est qu’au cours de la campagne, il n’a pas tendu les bras à ces milliardaires. Il aurait pu dire "Qu’est-ce que ces Démocrates sont ingrats avec vous, moi je serai reconnaissant si vous me soutenez !" Pas le moins du monde. Il a continué à s’en servir comme épouvantail politique pour ses électeurs, en les pointant du doigt comme des agents au service du parti démocrate et du "virus woke", insistant sur le libéralisme culturel qui unissait ces capitalistes californiens au Parti démocrate jusqu’à la présidence Biden. Durant toute l’année 2024, les Jeff Bezos, les Mark Zuckerberg et consorts, se sont retrouvés conspués de toutes parts – pour des raisons différentes. Pris entre le marteau et l’enclume, ils ont été mis sous une pression inédite. C’est pourquoi le retournement est si spectaculaire : quand les deux camps veulent ton scalp, tu as intérêt à t’aligner franchement avec l’un des deux camps, et de préférence celui qui pourra l’emporter, car rester pris entre les deux feux est ce qu’il y a de pire. On l’a vu dans la théâtralisation guignolesque de Zuckerberg, jurant la main sur le cœur qu’il était devenu un conservateur sincère, un vrai bonhomme macho anti-diversité, anti-inclusion, contrairement au portrait que la campagne Trump faisait de lui. C’était en fait contre son gré, forcé par le méchant Biden, qu’il défendait les valeurs opposées il y a encore 3 mois 🤡 Le zèle des transfuges, qui doivent donner des gages à leur nouvelle famille de la solidité de leur fidélité, à défaut de pouvoir convaincre sur la sincérité de leurs convictions. De façon moins pathétique, mais plus significative, Jeff Bezos avait signalé son ralliement en novembre, en censurant la publication d’un éditorial du Washington Post (le quotidien centriste n° 1 du pays), dont il est propriétaire, qui devait appeler à voter contre Trump. Un autre milliardaire de la "tech" californienne, Patrick Soon-Shiong, a fait de même au Los Angeles Times. Le LA Times est le "plus à gauche" des grands quotidiens du pays. Lorsque Soon-Shiong rachète le journal en 2018, il est encore connu pour être un soutien du Parti démocrate, et un donateur important de la campagne d’Hillary Clinton contre Trump. En novembre dernier, en censurant l’éditorial contre Trump, il licencie par la même occasion l’ensemble du comité de rédaction, et annonce que le journal fera désormais "plus de place" aux "opinions conservatrices".

      Derrière l’arrivée au pouvoir d’un mouvement fasciste, se cache en fait un deal consistant à mettre l’État américain dans les mains d’une oligarchie capitaliste, qui a fait le deuil d’une position conciliante avec la démocratie. C’est ce que disait déjà en 2009 l’un de ces nouveaux oligarques, encore un milliardaire de la Silicon Valley, Peter Thiel. Comme Musk et la plupart de ces gens, il se disait depuis longtemps "libertarien". Aux États-Unis, cette étiquette politique permet à une partie des élites économiques de défendre le libéralisme économique tout en se prétendant "neutres" politiquement, "ni droite ni gauche". Comme le RN... ou LREM 🤷 Être libertarien aux US, c’est surtout être "pro-business", et proclamer qu’on se fout des questions de valeurs, qu’elles soient démocratiques, progressistes, religieuses, conservatrices... en soutenant un coup un Démocrate, un coup un Républicain. Dans un article intitulé "L’éducation d’un libertarien", Peter Thiel fait alors une véritable confession : comme la plupart de ses congénères libertariens, il a longtemps prétendu être fermement pro-démocratie, mais c’est fini. Et il se fixe désormais pour tâche de convaincre ses coreligionnaires qu’il faut désormais lutter contre la démocratie, activement.
      Je cite : « I still call myself “libertarian.”
      But I must confess that over the last two decades, I have changed radically on the question of how to achieve these goals. Most importantly, I no longer believe that freedom and democracy are compatible. By tracing out the development of my thinking, I hope to frame some of the challenges faced by all classical liberals today. »

      https://www.cato-unbound.org/.../education-libertarian
      (Je me désigne toujours comme un "libertarien". Mais je dois avouer avoir radicalement changé d’avis au cours des deux dernières décennies sur la façon d’atteindre cet objectif. Pour l’essentiel, je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles. En retraçant l’évolution de mes idées à ce sujet, j’espère fournir un cadre aux défis que rencontrent tous les libéraux classiques aujourd’hui.)

      S’ensuit une lamentation sur la racine du mal : le suffrage universel. Lorsqu’il fut accordé aux femmes, et aux "bénéficiaires des aides sociales" (c’est-à-dire les Noirs), ça a été le début de la fin pour les États-Unis, selon Thiel.
      Peter Thiel a joué le rôle de poisson pilote pour cette classe de milliardaires. C’est le premier à faire son "coming-out" antidémocrate, et le premier à soutenir Trump dès 2016. Musk fut le suivant, rallié par Thiel au cours du mandat de Biden. Derrière la figure publique de Musk, c’est Thiel, beaucoup plus secret et beaucoup plus #idéologue, qui a en réalité le plus de réseaux dans le camp Trump. C’est lui qui a placé #J.D._Vance comme vice-président auprès de Trump. Vance est, littéralement, un employé de Thiel. Thiel le recrute en 2016 pour diriger son fonds d’investissement personnel Mithril Capital. C’est encore lui qui le lance en politique en finançant sa première campagne électorale en 2021. C’est enfin lui qui le présente à Donald Trump, et qui convainc le candidat, avec l’aide de Musk, de le prendre comme vice-président, alors que son profil n’était électoralement pas très intéressant.

      Le deal est signé, Musk se lance à corps perdu dans la campagne pour Trump à l’instant où Vance est choisi.

      Thiel, Musk, et Sacks constituent la fraction la plus idéologisée et la plus réactionnaire de cette classe de milliardaires, dont l’essentiel suit le mouvement par pur intérêt tactique. Ils ne sont donc pas représentatifs de tout leur groupe social, mais leur activisme, désormais au cœur du pouvoir, mérite qu’on s’y attarde.

      Les trois compères font partie de ce que les médias US ont baptisé la "mafia Paypal", car ils ont noué des liens proches au lancement de #Paypal, et continuent à se rendre des services depuis, avec une stratégie d’infiltration de l’État américain (via #SpaceX pour Musk, via la société de renseignement Palantir pour Thiel). Il est intéressant de noter qu’ils ont tous trois grandi au sein de la #bourgeoisie_blanche raciste de l’#Afrique_du_Sud de l’#apartheid. (Un article très bien fait le point à ce sujet : https://www.humanite.fr/en-debat/donald-trump/elon-musk-peter-thiel-david-sacks-et-roelof-botha-les-autres-sud-africains-). Musk et Sacks sont nés en Afrique du Sud, Thiel est Allemand, mais a grandi là-bas car son père travaillait pour la principale mine d’uranium du pays. Le père de Musk était quant à lui déjà millionnaire, propriétaire d’une mine de diamants ; durant l’apartheid, donc autant dire qu’il était esclavagiste de profession. Tous trois ont donc baigné dans l’environnement intellectuel du Parti national afrikaner, fondé notamment par des sympathisants nazis déclarés (Hetzog), qui professaient l’inégalité des races, la pureté génétique, et le droit par onction divine à la domination des autres races.

    • Elon Musk : Peter Thiel, David Sacks et Roelof Botha, les autres sud-africains de l’équipe Trump, Jacqueline Dérens, ancienne militante contre l’apartheid, autrice.
      https://www.humanite.fr/en-debat/donald-trump/elon-musk-peter-thiel-david-sacks-et-roelof-botha-les-autres-sud-africains-

      Tous trois ont uni leurs talents pour lancer la plateforme de paiement Paypal, qui au début n’employait ni femmes, ni Noirs, reflet de leur aversion commune pour le multiculturalisme.

    • La société post-apartheid de Anton Kannemeyer & Conrad Botes, nés respectivement en 67 et 69, deux têtes pensantes de la BD underground sud-africaine, ont créé la revue de bande dessinée « Bitterkomix », alors que l’apartheid était encore en vigueur. Critique acerbe du conservatisme et du racisme.
      https://www.du9.org/entretien/anton-kannemeyer


      https://www.cornelius-boutique.com/product/le-pays-de-judas
      #bandes_dessinées

    • Quand même, on découvre maintenant l’influence de Peter Thiel qui a pourtant toujours conceptualisé à partir de Ayn Rand la philosophie fasciste des GAFAMS ?

      Maintenant qu’on est jusqu’au cou dans leur fosse à purin, que tous les médias ont trouvé formidable d’utiliser FB et consorts depuis presque 20 ans, il faudrait penser à cesser de gazouiller comme des veaux sur X et FB ?

      Ne reste qu’à rire jaune.

      Aucun d’eux ne s’est jamais caché de ses ambitions.

  • Rapporto Oxfam. I ricchi sempre più ricchi
    https://radioblackout.org/2025/01/rapporto-oxfam-i-ricchi-sempre-piu-ricchi

    Nel 2024 la ricchezza dei Paperoni italiani è aumentata di 61,1 miliardi di euro – a 166 milioni al giorno – raggiungendo un valore complessivo di 272,5 miliardi detenuto da 71 individui. È il quadro tratteggiato da Oxfam nel suo rapporto “Diseguaglianza: povertà ingiusta e ricchezza immeritata” pubblicato in occasione del Forum economico mondiale di […]

    #L'informazione_di_Blackout #davos #piramide_sociale #rapporto_oxfam_2025
    https://cdn.radioblackout.org/wp-content/uploads/2025/01/2025-01-21-oxfam-fumagalli-1.mp3

  • Remous au #CNRS autour du projet de création de labos d’excellence
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/01/20/remous-au-cnrs-autour-du-projet-de-creation-de-labos-d-excellence_6506714_16

    Remous au CNRS autour du projet de création de labos d’excellence
    Suite à l’annonce de la création des « Key Labs » , le 12 décembre, par Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, une motion de défiance appelant à leur « arrêt immédiat » et à la démission du PDG a recueilli près de 5 000 signatures.

    Le #PDG du CNRS, #Antoine_Petit, est en train de se mettre à dos les employés de l’organisme, les directeurs de laboratoire et même ses partenaires universitaires. Le 12 décembre 2024, à la convention des directrices et directeurs d’unités, représentant plus de 800 laboratoires, il a surpris l’audience en annonçant la création d’un nouveau label, les « CNRS #Key_Labs ».

    Ce statut, accordé à environ 25 % des unités (soit 46 % des personnels CNRS), vise à « faire porter un effort particulier sur un nombre plus restreint d’unités, celles qui peuvent légitimement prétendre à être qualifiées “de rang mondial” ». Au conseil d’administration du CNRS du 20 décembre, un document sur la stratégie jusqu’en 2028 précise qu’il s’agit « d’aider les très bons à devenir encore meilleurs ». Le PDG a également expliqué que « cette priorité ne signifie pas exclusivité », c’est-à-dire que le CNRS n’abandonnera pas les 75 % des #unités non labélisées.

    La précision n’a pas rassuré. Dès le 20 décembre, France #Universités, principal partenaire du CNRS dans ces unités, qualifiées de « mixtes » car en cotutelle entre l’organisme et les universités, a exprimé son « désaccord face aux annonces unilatérales faites par le CNRS ». « Désaccord total » réitéré dans un communiqué, le 17 janvier, malgré une réunion avec Antoine Petit. Une motion de défiance appelant à l’« arrêt immédiat » des Key Labs et à la démission du PDG a recueilli plus de 5 200 signatures. Selon un sondage réalisé par l’Association des directions de laboratoires (ADL), près de 80 % des 428 répondants sont contre la mesure. Le principal syndicat, le Syndicat national de la #recherche_scientifique (SNCS-FSU), a également dénoncé, le 18 décembre, cette « politique destructrice ».

    « Dans le dos des #personnels »
    Deux critiques sont faites. D’abord, sur la méthode. Les universités n’ont été prévenues que la veille au soir, par courriel, avec consigne de « ne pas rendre publique cette annonce ». Lors de la convention, tout le monde a compris que la liste, encore confidentielle, était déjà arrêtée, avec possibilité d’aménagements à la marge. La motion de défiance ainsi que les communiqués syndicaux rappellent aussi qu’aucune instance consultative n’a été informée, alors que la collégialité et l’évaluation par les pairs (pour juger de l’« excellence » scientifique) sont clés dans ces communautés. « On n’y comprend plus rien dans les réformes : Agences de programmes, Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), Key Labs… Tout ça se fait dans le dos des personnels. Il faut changer de méthode », souligne Boris Gralak, secrétaire général du SNCS-FSU qui, le 17 janvier, a appelé à une conférence nationale pour « proposer une organisation de la recherche qui soit partagée par l’ensemble des personnels ».

    « Il était normal d’élaborer en interne ce concept, ne serait-ce que pour assurer la cohérence entre disciplines, rappelle au Monde Antoine Petit. Maintenant, nous discutons avec nos partenaires et différentes instances. » Des réunions sont prévues, le 27 janvier avec le conseil scientifique du CNRS, le 29 avec les organisations syndicales, et le 30 avec l’ADL.

    Sur le fond, ensuite, le principe des vases communicants inquiète. « Donner plus à 25 % des labos, ce sera moins pour les 75 % restants », rappelle Boris Gralak. « Dire qu’on mise sur les “meilleurs”, c’est dire aux autres qu’ils ne sont pas bons », critique un pétitionnaire. « Cela affaiblit certains groupes, ajoute de la compétition. Personne n’a encore démontré que concentrer les moyens était plus efficace que collaborer, mettre en réseau ou échanger », rappelle Valérie Boussard, sociologue et coprésidente de l’ADL, qui a convoqué une assemblée générale de ses membres pour discuter des suites à donner à leur sondage. La vision de laboratoires égalitairement dotés est évidemment fictive. Trois mille unités de recherche n’ont pas le CNRS en tutelle. Antoine Petit, en 2019, avait déjà créé une polémique en souhaitant une loi de programmation « inégalitaire » pour la recherche. Parmi les futurs Key Labs, certains sont déjà très « accompagnés ».

    Les moyens financiers ne sont pas vraiment en jeu, car ceux-ci proviennent majoritairement des appels d’offres auxquels répondent les chercheurs, et pas tant des tutelles. Les moyens humains, recherche et soutien, sont en revanche plus critiques. Antoine Petit a prévu que dans cinq ans, près de 55 % des personnels CNRS appartiendront à ces Key Labs – soit dix points de plus qu’aujourd’hui. A recrutement constant, cela fera moins de postes pour les labos n’ayant pas ce label, moins de personnel de soutien, moins d’étudiants attirés… Ce qui fera « péricliter » ces labos selon la pétition, dont un des initiateurs diagnostique : « C’est un autosabordage du CNRS par son PDG qui faillit à sa mission. » « C’est infondé de dire que les CNRS Key Labs sont une réponse à la pénurie de moyens, dont je dis souvent qu’elle est préjudiciable au pays, ajoute Antoine Petit. Le dispositif doit renforcer la France sur une scène internationale où la compétition est féroce. Il n’y a aucune raison que cela crée une catastrophe. »

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    #David_Larousserie

  • David Lynch : boîte de nuit, météo & quinoa :

    Mort de David Lynch : le réalisateur de « Dune » était célèbre pour ses nombreuses excentricités
    https://www.huffingtonpost.fr/culture/video/mort-de-david-lynch-le-realisateur-de-dune-etait-celebre-pour-ses-nom

    CINÉMA - Il était le génie créatif derrière Elephant Man, Mullholland Drive, et Twin Peaks. Le réalisateur David Lynch est mort jeudi 16 janvier à l’âge de 78 ans. Il laisse derrière lui une filmographie riche et éclectique. Mais ce n’est pas uniquement pour ses réalisations sur grand (et petit) écran que David Lynch a marqué les esprits. Il était en effet un ovni à Hollywood, réputé pour ses nombreuses excentricités. En voici quelques-unes.

    ping @vanderling