• « Une vieille proposition du Front national » : comment le gouvernement veut s’attaquer aux aides au logement dès la rentrée - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/societe/aide-au-logement/une-vieille-proposition-du-front-national-comment-le-gouvernement-veut-satt

    Après une première tentative de la droite saluée par le RN, le gouvernement remet sur la table un projet de loi qui créerait une exception au caractère incessible et insaisissable de certaines aides au logement et prestations familiales. Le collectif des associations pour le logement appelle à se mobiliser à la rentrée contre ce texte.

    Le Collectif associations logement, qui regroupe 40 associations dont Emmaüs, la Croix-rouge française ou la Fondation pour le logement, appelle à se mobiliser à la rentrée. En cause : le projet de loi relatif à la « réparation effective des dommages résultant de violences ou de dégradations commises dans l’espace public », qui pourrait créer une exception au caractère insaisissable des #APL et de certaines #allocations_familiales.

    La séquence politique s’inscrit dans la durée. Déposée en juin 2025, une proposition de loi du député Corentin Le Fur (Les Républicains) visait déjà à suspendre les droits aux prestations et aides publiques pour les personnes condamnées à la suite de rassemblements ou de manifestations.

    Les incendies font rage mais macroune va tout cramer avant de partir.

  • ’Contre la #présomption de #légitime_défense pour les forces de l’ordre’ : l’Assemblée classe la pétition, qui ne sera donc pas débattue
    https://lcp.fr/actualites/contre-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre-l-assemblee

    La commission des lois de l’#Assemblée_nationale qui se penchait, ce mardi 21 juillet au soir, sur la suite à donner à la #pétition « Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » a décidé de la classer, considérant qu’elle n’avait pas vocation à faire l’objet d’un débat dans l’hémicycle. Elle avait recueilli plus de 720.000 signatures sur la plateforme du Palais-Bourbon dédiée aux pétitions citoyennes.

    #pan

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    Tu te disais à une époque qu’une pétition à 500K signatures, tout de même, ça avait de la gueule. Ça permettait de se compter. Et puis quoi, le Parlement n’allait pas s’asseoir dessus. On allait pouvoir avoir un vrai débat, puis-qu’apparemment, il n’avait pas pu avoir lieu. Et puis... Voilà, même à 2 millions de signatures, tes pétitions, elles sont classées, sans autre effet qu’une réunion en commission.

    https://seenthis.net/messages/1182904#message1182911

  • Along the River During the Qingming Festival
    http://english.scio.gov.cn/m/featured/chinakeywords/2024-08/30/content_117397280.htm

    source de l’image https://en.wikipedia.org/wiki/Along_the_River_During_the_Qingming_Festival / https://fr.wikipedia.org/wiki/La_F%C3%AAte_de_Qingming_au_bord_de_la_rivi%C3%A8re

    Along the River During the Qingming Festival is a masterpiece of classical painting in China, renowned for its realistic style. Painted by Zhang Zeduan, a court painter of the Northern Song Dynasty (960-1127), it vividly captures the bustle of daily life in the capital during the Xuanhe period (1119-1125) of the Northern Song Dynasty. The Song Dynasty (960-1279) represented a pinnacle of Chinese art and culture, producing numerous talented thinkers, poets, and painters. Its capital, Bianjing (now Kaifeng city in Henan Province), was the largest and wealthiest city in the world at that time, with a population of over one million. The 528-centimeter-long painting captures the urban landscape and ways of life during the heyday of the Northern Song Dynasty in the 12th century. It has been passed on from generation to generation.

    Along the River During the Qingming Festival centers around the Bian River, and features the countryside, the surroundings of a water and land transportation hub, and the mar- ket in the city center. Presented as a long scroll, the painting employs parallel projection, allowing for the depiction of over 500 people from all walks of life, including nobles, officials, servants, vendors, sedan bearers, laborers, storytellers, barbers, doctors, women, monks, children, beggars, and more. The painting’s meticulous portrayal of daily life in the market, including animals, buildings, city walls, bridges, boats, vehicles, and sedan chairs, is unparalleled in its detail. The complexity is balanced with a concise and orderly composition, revealing a rich artistic charm that is unmatched in the history of Chinese and world painting.

    Along the River During the Qingming Festival serves as a comprehensive encyclopedia of the social life of the Northern Song dynasty. It is of immense historical and artistic significance. Lewis Mumford, a renowned American historian who specialized in the study of cities, regarded the painting as an ideal model of the future city due to its vibrancy, variety, and focus on culture and people.

    cn

    《清明上河图》

    《清明上河图》是中国古典现实主义绘画的杰作,由北宋宫廷画家张择端作画,描绘了北宋宣和年间(1119—1125)都城的繁华景象。宋朝是中国艺术文化的高峰时期, 思想家、诗人、画家人才辈出。北宋都城汴京(今河南省开封市)是当时世界上最大、最富裕的都城,人口100多万。

    《清明上河图》就把12世纪北宋全盛时期的城市面貌和人民生活状况浓缩在一幅528厘米长的画作中,流传至今。《清明上河图》以汴河为构图中心,分三个部分展示了市郊景色、水陆交通枢纽周边和市区街市的景象。作者以长卷形式,采用“散点透视法”组织画面,如实且精细地描绘了绅士、官吏、仆役、贩夫、车轿夫、作坊工人、说书艺人、理发匠、医生、妇女、僧人、儿童、乞丐等各类人物500余人,家畜、房屋、城楼、桥梁、船只、车辆、轿子等日常街市生活元素各有特色,画卷中各类人物、景物、货物细节井然有序,画面长而不冗、繁而不乱,严密紧凑又富有情趣。这在中国乃至世界绘画史上都是独一无二的。

    《清明上河图》是一部北宋社会生活的百科全书,具有重要的历史文献价值和艺术价值。美国著名城市史学家刘易斯·芒福德因其景观生动多样化、人物属性各异而充满生机,将《清明上河图》作为未来城市理想的说明图。

    Chronologie des dynasties chinoises
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_des_dynasties_chinoises

    D’autres articles et magasins de réproductions

    Along the River during the Qingming Festival – China Online Museum
    https://www.comuseum.com/painting/famous-chinese-paintings/along-the-river-during-the-qingming-festival

    ...

    #Chine _dynastie_song 宋朝 ; pinyin : sòng cháo #histoire #dessin

  • Depuis quelques décennies, nous vivons une dystopie politique mais un journaliste du Monde impacté par un biais de mémoire à court terme préfère évoquer une "dystopie climatique".

    « Nous sommes coincés dans une dystopie climatique, un scénario de comédie noire, où le grotesque le dispute à la farce orwellienne »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/12/nous-sommes-coinces-dans-une-dystopie-climatique-un-scenario-de-comedie-noir

    Florilège :

    Le gouvernement Lecornu dépose, le 24 juin, un projet de loi qui doit remettre 700 000 passoires thermiques sur le marché locatif.

    Une semaine plus tard, Matignon dissout le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains, chargé de piloter plus de 200 projets de recherche destinés à adapter le bâti et les territoires au climat de demain.

    En région, ce sont les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, chargés d’aider les particuliers et les collectivités à relever les défis climatiques et environnementaux, qui sont menacés par une réforme de leur financement. Deux d’entre eux ont déjà été liquidés. Quant au fonds vert, destiné à financer l’adaptation des collectivités territoriales, il est amputé des deux tiers.

    Réponse : planter plus d’arbres, bien sûr ! Mais le plan d’Emmanuel Macron pour le renouvellement forestier, lancé en 2022 (« Planter 1 milliard d’arbres en dix ans »), subventionne les coupes rases sur de vieilles forêts diversifiées, et leur remplacement par des quasi-monocultures de résineux, hautement inflammables. Un peu partout en France, de l’argent public contribue à vulnérabiliser les territoires au risque d’incendie.

    On le sait aussi, la complexité des paysages et le bocage sont des puits de carbone en même temps que des éléments de résilience climatique. Sur ce point, l’action de l’exécutif a été couronnée par un doublement du rythme de destruction des haies depuis 2017, avec plus de 20 000 kilomètres de linéaire qui disparaissent chaque année, comme le note le Haut Conseil pour le climat dans son dernier rapport, publié en juillet. La réponse à ce qui est unanimement considéré comme un échec est un décret entré en vigueur en juin : simplifier les autorisations de destruction du bocage.

    Les élevages hors-sol enregistrent des surmortalités parfois considérables depuis le début de la canicule, au point que, dans le Grand Ouest, les équarrisseurs ne peuvent plus faire face. Les lois agricoles successives favorisent depuis deux ans l’ultraconcentration de la production animale, et renforcent non seulement ses émissions mais aussi sa vulnérabilité aux chocs

    Il existe ainsi un large consensus pour dire que l’agroécologie est l’un des leviers d’adaptation de l’agriculture au réchauffement. Or, non seulement l’agriculture biologique n’a pas augmenté ces dernières années, contrairement aux ambitions de la stratégie nationale bas carbone, mais la France est le seul grand pays agricole européen à avoir perdu des surfaces conduites en agriculture biologique. L’Hexagone était le premier pays de l’Union européenne pour ce qui est du nombre d’hectares bio ; il a été devancé par l’Espagne en 2023.

    Devant son incapacité à atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas carbone (désormais hors d’atteinte), le gouvernement tient le cap : à Bruxelles, Paris s’oppose à la Commission européenne pour que les aides à l’agriculture biologique ne soient pas inscrites dans la prochaine politique agricole commune. « La stratégie française de développement de la bio n’a pas fonctionné, mais la France semble vouloir y entraîner toute l’Europe », résume la Fédération nationale d’agriculture biologique.L’exécutif n’est, au demeurant, pas isolé dans ce déni de facto du risque climatique. Le Sénat tient la corde. Devant le constat d’une pénurie rampante de la ressource hydrique, ses élus ont ainsi voté sans trembler, le 3 juillet, la destruction pure et simple des principes qui fondent les instances de la démocratie locale de l’eau, au bénéfice de quelques irrigants.

    "Qui aurait pu prédire ?"

    • Je vois pas trop l’allusion entre comédie noire et farce orwellienne mais l’article de S. Foucart est excellent et sa recension fout la trouille surtout quand tu sais qui est aux manettes.

      On voit aujourd’hui la clientèle de certains supermarchés en venir aux mains pour emporter les derniers ventilateurs en rayon : que se passera-t-il quand c’est l’eau qui viendra à manquer ? Il se trouvera alors, sans doute, quelqu’un pour demander : « Qui aurait pu prédire ? » Or l’avenir n’est pas seulement prévisible ; il est en train d’être écrit.

      Après la défaite des fascismes historiques, Orwell prédisait : "Lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon" . En ces temps de fascisme climatique, c’est des bob cochonou pour tout le monde et le parapluie n’est que pour les nantis et t’avise pas d’essayer de te glisser dessous. Les mêmes ont voté une loi qui autorise les flics à tirer à vue et il faudra que tu prouves que t’as pas essayé de piquer le parapluie pour obtenir réparation si t’es pas mort. J’arrête par là car je sens que c’est moi qui vais partir dans la fable dystopique.
      https://seenthis.net/messages/1181673
      avec le lieng d’aurelieng en voilà un autre qui est aussi dans l’article de Foucart :
      http://archive.today/2026.07.05-215644/https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/03/projet-de-loi-d-urgence-agricole-le-durcissement-par-le-senat-des-article

    • ¿Quién podría haberlo previsto?
      https://www.elsaltodiario.com/almeria/mayor-incendio-andalucia-deja-momento-once-fallecidos-gallardos-almer

      El devastador incendio forestal declarado en la tarde del jueves en Los Gallardos ha provocado al menos 12 víctimas mortales, varios heridos y cientos de personas desalojadas. Mientras, el Infoca sigue denunciando falta de efectivos y la Junta de Andalucía deja sin utilizar 120 millones de euros para prevenir incendios forestales.

    • « Farce orwellienne » c’est pour le gouvernement qui passe son temps à prétendre qu’il agit, que c’est sa priorité alors qu’il fait tout le contraire et sabote même le peu qui existe. Très bon article, je trouve ça un peu mesquin de prétendre que Foucart ne verrait pas le problème politique alors qu’il ne parle que de cela.

    • Pour les vacances, un conseil lecture :
      Octavia Butler, La parabole du semeur (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Parabole_du_semeur) et sa suite, La parabole des talents

      Résumé
      En 2024, la société américaine s’est en grande partie effondrée en raison du changement climatique, de l’inégalité croissante des richesses et de la cupidité des entreprises. Lauren Oya Olamina est une adolescente noire de quinze ans atteinte d’hyperempathie, qui a la capacité de ressentir les sensations d’autrui quand elle en est le témoin. Alors qu’elle grandit près de Los Angeles dans les vestiges d’une communauté protégée de la violence et de la sauvagerie par un mur d’enceinte entourant plusieurs maisons, elle commence à développer un nouveau système de croyances, qu’elle appelle « Semence de la Terre ». Anticipant un destin funeste pour elle et ses proches, elle se prépare à survivre toute seule, cherchant à apprendre tout ce qui pourrait plus tard l’aider.

      Peu avant ses dix-huit ans, en juillet 2027, son quartier est attaqué, les maisons sont incendiées, sa famille et quasiment tous les membres de sa communauté sont sauvagement assassinés. Lauren parvient à échapper au massacre et elle rencontre peu après deux survivants, un jeune homme blanc de son âge, ami d’enfance, ainsi qu’une femme noire. En leur compagnie, elle voyage vers le nord, cherchant une terre d’accueil propice à la survie. Lauren pense que le destin de l’humanité est de voyager au-delà de la Terre et de vivre sur d’autres planètes. « Semence de la Terre » est pour elle un moyen de fédérer des personnes afin de se préparer à ce destin. Au fur et à mesure de son voyage, elle rassemble autour d’elle une dizaine d’adeptes et, une fois arrivée le 26 septembre 2027 dans le nord de la Californie, elle fonde la première communauté « Semence de la Terre » dans un endroit qu’ils décident tous d’appeler « Espoir ».

    • un peu dans le même sens que ton conseil de lecture @rumor quoi que je n’ai pas encore pris le temps de regarder ce documentaire en entier. Le monde a besoin de plus de magiciens
      sur Arte.tv.fr | duré 1h30
      https://www.arte.tv/fr/videos/114224-000-A/le-monde-a-besoin-de-plus-de-magiciens

      S’extrayant d’une voiture après un accident, une fillette, étrangement sereine, ramasse une tortue et lui explique avec placidité l’origine et la marche du monde. Voici Moon, 9 ans, petite aventurière à la bouille chiffonnée et à la vive curiosité. Entreprenant une longue errance, elle croise sur son chemin, entre territoires arides, forêts et bâtiments en ruine, d’autres enfants savants et polyglottes, comme cette jeune érudite et son interprète, réfugiées dans une cabane de montagne. S’exprimant avec la sagesse de mille vies, ils se désolent de l’état de la planète dont ils ont hérité. Porteurs de la mémoire d’un passé disparu, ils semblent, avec de rares animaux, les seuls survivants d’un événement apocalyptique lié au changement climatique, qui a détruit les terres mais enrichi leur vision intérieure. Une gravité percée d’insouciance.

      Adaptant librement la pièce Le mot pour dire neige de l’écrivain américain Don DeLillo, le cinéaste expérimental anglais Ben Rivers mêle fiction et documentaire pour signer un poème cinématographique onirique sur la nature de l’existence et la fin du monde. Découpée en chapitres – que la jeune Moon inscrit à la craie sur un tableau –, et alternant la couleur et le noir et blanc, cette fable futuriste à l’énigmatique beauté, réflexion sur le désastre écologique en cours, dégage un charme hypnotique autour de sa communauté d’enfants, vieilles âmes en quête de sens à l’enveloppante douceur.

      Sinon un auteur classique de la SF : James Graham Ballard
      https://fr.wikipedia.org/wiki/J._G._Ballard
      #science_fiction

  • Effets des éoliennes en mer sur la biodiversité : ce qu’en pensent les scientifiques | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/effets-des-eoliennes-en-mer-sur-la-biodiversite-ce-quen-pensent-les-sci

    L’Ifremer et le CNRS publient les résultats d’une expertise scientifique menée pendant plus de deux ans autour des éoliennes en mer et de leur impact sur l’écosystème marin.

    1. 411 articles scientifiques étudiés à la loupe
    Quelles conséquences le développement de l’éolien en mer, qui compte de nombreux parcs installés et à venir sur les côtes bretonnes, a-t-il sur la biodiversité marine ? Le sujet suscite bien souvent la polémique et ce n’est pas près de s’arrêter alors qu’une cinquantaine de parcs seront érigés d’ici à 2050, couvrant 20% de la consommation électrique française, rappelle François Houllier, p-dg de l’Ifremer. Afin d’éclairer la décision publique, le gouvernement a commandé une étude fouillée. Conduite par l’Ifremer et le CNRS, l’expertise scientifique a été réalisée entre janvier 2024 et aujourd’hui par un collectif pluridisciplinaire de chercheurs issus de 13 établissements publics de recherche français et belges. Il s’agit de la première analyse aussi détaillée au monde. Ces derniers ont identifié plus de 4 500 publications scientifiques et retenu 411 articles. Rendue publique ce lundi 29 juin dans une forme synthétique (le rapport de référence sera publié à la rentrée prochaine), l’étude analyse dix pressions exercées par les parcs éoliens en mer susceptibles d’affecter la biodiversité. « Il ne s’agit pas de recommandations mais d’éclairages scientifiques », souligne Thierry Dauxois, p-dg du CNRS, rappelant que l’objectif de ce travail n’est pas de donner un avis.

    2. Mortelles migrations nocturnes pour les oiseaux
    Les éoliennes en mer constituent un obstacle physique au déplacement d’espèces mobiles, en particulier les oiseaux marins, les oiseaux migrateurs terrestres et certaines chauves-souris. Certaines d’entre elles modifient ainsi leurs trajectoires pour éviter les parcs, ce qui rallonge leurs déplacements ou réduit l’accès à certaines zones d’alimentation ou de repos, relèvent les chercheurs. Autre risque : la collision avec les pales, qui entraîne leur mortalité, notamment chez les goélands.

    3. Nouveaux habitats et chaîne alimentaire modifiée
    Avec l’implantation d’éoliennes en mer, les fondations et les enrochements créent de nouveaux habitats sous-marins susceptibles de favoriser l’installation de certaines espèces. C’est ce qu’on appelle l’effet « récif ». Les structures immergées sont notamment colonisées en forte densité par des moules, des balanes ou des petits crustacés. La présence d’organismes sur ces structures artificielles entraîne des changements dans les chaînes alimentaires. Plusieurs études rapportent une augmentation locale de l’abondance et parfois de la taille moyenne des cabillauds ou des plies.

    *4. Pertes auditives chez les marsouins communs.
    Lors de la construction des parcs, les opérations de battage de pieux menées pour installer des fondations produisent des sons de forte intensité, se propageant sur plusieurs dizaines de kilomètres sous l’eau. Les études portent particulièrement sur le marsouin commun avec des comportements d’évitement à grande distance des zones de travaux, ainsi que des phénomènes de masquage acoustique et des pertes auditives temporaires. Chez les poissons, les études décrivent surtout des réactions de stress ou des modifications temporaires du comportement. Des tentatives d’atténuation des effets sont parfois opérées : rideaux de bulle pour atténuer la propagation du son sous l’eau, montée progressive de la puissance sonore, arrêt temporaire des turbines pendant certaines périodes de migration…

    *5. Des études à approfondir.
    Si les études sont nombreuses, ce travail scientifique présente des lacunes, avec des effets peu étudiés sur les émissions chimiques, la lumière artificielle ou l’introduction d’espèces non indigènes. « La littérature scientifique présente trois limites », indique Cédric Bacher. Le co-pilote de l’expertise pour l’Ifremer liste les effets cumulés lorsque les pressions interagissent entre elles, le manque de connaissances au-delà des modèles d’éoliennes posés en Mer du Nord (différents de ceux installés en France), et les conséquences lors des phases de démantèlement des parcs (seuls trois exemples dans le monde). « Il est aussi important de dépasser les frontières des groupes biologiques et aller voir au-delà des parcs, avec les autres activités en mer », ajoute son homologue au CNRS Nathalie Niquil. Autant de pistes à approfondir pour de nouveaux travaux scientifiques.

  • Microsoft’s GitHub bans security researcher who posted zero-day Windows exploits because company ’ruined their life’ — expert claims action is vindictive and promises further retaliation | Tom’s Hardware
    https://www.tomshardware.com/tech-industry/cyber-security/microsofts-github-bans-security-researcher-who-posted-zero-day-windows

    (...)

    Eclipse’s technical track record is impressive. They published a string of zero-day exploits for Windows: BlueHammer gets access to the SYSTEM user via Defender, and RedSun does the same; UnDefend knocks Defender offline; GreenPlasma gets SYSTEM access via the CTFMon service, while MiniPlasma grants similar access via a flaw in the Windows Cloud Filter driver. Finally, there’s YellowKey, a vulnerability in BitLocker that lets an attacker open up encrypted drives with next to no effort — precisely the action the technology was designed to prevent.

    BlueHammer, RedSun, and UnDefend have all been confirmed to be undergoing active exploitation in the wild, and it’s not hard to imagine the others are as well, as Eclipse’s publications of full or partial proof-of-concept code made it trivial for an interested party to use them.

    • Microsoft under fire for threatening security researcher with criminal investigation | TechCrunch
      https://techcrunch.com/2026/05/29/microsoft-under-fire-for-threatening-security-researcher-with-criminal-i

      After a security researcher published a series of unpatched bugs in Microsoft products, along with code to exploit them, the company is now threatening to take legal action and call the cops on them. Microsoft’s veiled threat reignites a long-running argument over what responsibility, if any, security researchers have to disclose vulnerabilities affecting large and wealthy tech giants.

      On Wednesday, Microsoft published a blog post criticizing the researcher, who goes by the handle “Nightmare Eclipse,” for publicly disclosing a series of bugs, including BlueHammer, RedSun UnDefend, and YellowKey. The flaws affected products such as the Windows built-in antivirus engine Defender, and the disk-encryption tool BitLocker.

      The core of Microsoft’s complaints is that the researcher did not attempt to report the bugs so that the company could fix them. That would have been “responsible,” as Microsoft’s blog put it. The other side of the company’s argument is that by publishing the details of the bugs and how to exploit them before they were patched, Nightmare Eclipse may have aided malicious hackers. Some of the vulnerabilities Nightmare Eclipse disclosed have since been used by hackers in real world attacks, according to Microsoft, as well as the U.S. cybersecurity agency CISA.

  • Révélations sur Sainte-Soline : on a identifié le gendarme qui a failli tuer Serge Duteuil-Graziani
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/revelations-sur-sainte-soline-on-a-identifie-le-gendarme-qui-a-failli-tue

    150 heures de vidéo, trois mois d’investigation… Alors que la #justice a classé sans suite l’enquête sur le tir interdit qui a grièvement blessé un militant écologiste le 25 mars 2023 lors d’un rassemblement contre une mégabassine, « Libération » et « Mediapart » ont remonté les traces du projectile, parti d’un véhicule blindé.

    C’est une enquête qui, à la fin de l’année 2025, a été #classée_sans_suite, sans suspect, sans réponse. Quel gendarme a gravement blessé à la tête Serge Duteuil-Graziani, le 25 mars 2023, lors de la manifestation écologiste contre la #mégabassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) ? En mettant fin aux investigations, le procureur de la République de Rennes estimait qu’un doute existait. Pour répondre à cette question, Libération et Mediapart ont plongé dans les milliers de vidéos captées par les gendarmes, les journalistes et les manifestants. Cette analyse visuelle et audio révèle que le seul tir compatible avec la blessure du militant a été effectué par la tourelle d’un véhicule blindé de la gendarmerie, à environ 60 mètres. Un tir tendu de grenade lacrymogène qui a percuté à pleine vitesse le crâne de Serge Duteuil-Graziani, guide de montagne de 32 ans. Par ailleurs, un fichier vidéo crucial pour voir les instants qui précèdent et suivent ce tir n’avait pas été récupéré par la justice avant que l’affaire soit classée.

    https://justpaste.it/lm9jm

    seul un extrait est disponible hors paywall
    https://www.youtube.com/shorts/0l9JhxT5-xE

    edit
    Sainte-Soline : révélations sur le tir tendu qui a failli tuer Serge Duteuil-Graziani
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260526/sainte-soline-revelations-sur-le-tir-tendu-qui-failli-tuer-serge-duteuil-g

    Par l’intermédiaire de leur avocate, Chloé Chalot, les quatre blessé·es ont déposé plainte avec constitution de partie civile afin qu’un juge d’instruction soit désigné, ce qui n’avait jamais été fait les concernant. En parallèle, le procureur avait déjà ouvert une information judiciaire pour faire la lumière sur d’autres « tirs tendus » de gendarmes visibles sur des images révélées par Mediapart et Libération en novembre 2025, avec l’objectif de retrouver d’éventuelles victimes qui ne se seraient jamais fait connaître.

    #police #gendarmerie #violences_policières #MDO #parquet #ministère_de_l'intérieur

  • « La façon dont Trump utilise la présidence pour capter de manière flagrante de la richesse pour sa famille et lui n’a pas de précédent », selon l’historien Richard White
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/30/la-facon-dont-trump-utilise-la-presidence-pour-capter-de-maniere-flagrante-d

    Le retour à la Maison Blanche du milliardaire républicain rappelle l’époque des barons voleurs, au XIXᵉ siècle, lorsque des industriels bâtissaient des empires grâce à la #corruption, explique Richard White, professeur d’histoire émérite à l’université Stanford, en Californie.

    Lorsque, à l’automne 2025 Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, a repris du service diplomatique pour son beau-père entre Israël et les pays du Golfe, tout en menant ses #affaires avec les politiques et familles régnantes de la région, bien peu se sont offusqués. De même, l’Amérique est restée indifférente, début mars, lorsque furent révélés les investissements des fils du président, Don Jr et Eric, dans des sociétés de drones susceptibles de recevoir des commandes du Pentagone. Les sommes en jeu ne sont pourtant pas minces. Les actions de Don Jr dans la société Unusual Machines, dont il est devenu conseiller à la fin de l’année 2024, et acquises pour 200 000 dollars (173 000 euros), en valent, si elles n’ont pas été revendues, 4 millions depuis que la société a décroché un contrat du Pentagone. Comme si #népotisme, conflits d’intérêts et #délits_d’initiés étaient devenus acceptables aux Etats-Unis sous Donald Trump.

    « Il y a déjà eu énormément de corruption par le passé, ce n’est pas nouveau, mais la façon dont Trump utilise la présidence pour capter de manière flagrante de la richesse pour sa famille et lui n’a pas de précédent », s’afflige Richard White, professeur d’histoire émérite à l’université Stanford (Californie) et spécialiste de la corruption au XIXe siècle. Sans cesse, l’ère Trump rappelle celle de « l’âge doré » (Gilded Age) dont le président a la nostalgie – ou plutôt « l’âge doré en toc », pour reprendre l’expression narquoise de l’écrivain Mark Twain (1835-1910), cette période d’#enrichissement et de corruption qui s’étend de la guerre de Sécession (1861-1865) au sursaut progressiste de Théodore Roosevelt (1901-1909).

    [...]

    La conquête du monde numérique et de l’intelligence artificielle a un goût de déjà-vu : elle rappelle la conquête de l’Ouest, par le chemin fer, avec l’exploitation de terres et de ressources immenses, qui va donner aux politiciens un pouvoir considérable. Cette époque de corruption et de partage fut qualifiée de « grand barbecue » par l’historien progressiste Vernon Parrington (1871-1929). « C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui, bien que le processus soit plus sophistiqué », estime Richard White.

    Il cite le transfert vers le privé du programme spatial américain, à Elon Musk (SpaceX) et à Jeff Bezos (Blue Origin) ou le développement de toutes sortes de technologies concédées sous licence à des acteurs privés qui les utilisent pour « bâtir d’immenses fortunes privées ». « Il s’agit là de l’échec de la sphère politique – et de l’échec du peuple américain – à prendre conscience que ce qui relève du domaine public mérite une certaine préservation », accuse Richard White.

    https://justpaste.it/ndh0t

    #É-U #riches #usines_à_fric : #armement #immobilier #technologies #IA

  • Municipales 2026 à Paris : Rachida Dati, la vie de Château pour oublier ? | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/politique/53400-rachida-dati-la-vie-de-chateau

    Après sa défaite cuisante à Paris, l’ex-ministre de la Culture se prépare pour son prochain procès et cherche à se reconvertir. Ses proches la verrait bien rebondir à la présidence du château de Versailles, un poste à la discrétion d’Emmanuel Macron...

    Après avoir reconnu sa défaite, dimanche 22 mars au soir, Rachida Dati a noyé dans le champagne sa colère contre Pierre-Yves Bournazel et Edouard Philippe qu’elle accuse de l’avoir fait perdre. Le lendemain elle a retrouvé ses colistiers du premier tour. Au moins cette fois ne les a-t-elle pas engueulés pour leur absence de mobilisation, comme elle l’avait fait la semaine dernière. Elle n’a pas non plus reproché aux maires LR d’arrondissement d’avoir obtenu un bien meilleur score qu’elle. L’ex-ministre de la Culture devrait reprendre la tête du principal groupe d’opposition au Conseil de Paris, mais cette fois avec un coprésident, en l’occurrence Grégory Canal, adjoint au maire du XVe et proche conseiller de Gérald Darmanin.

  • Le lapin de pâques vainc le grand méchant loup


    d’abord une interprétation libre


    puis dans le style de Dürer .

    J’ai demandé á Gemini du « Käthe Kollwitz », mais le connard n’a pigé que « Radierung » (gravure) et a pondu un truc post-médiéval au lieu d’un dessin moderne.

    Il a toutefois inséré la signature de l’artiste de notre époque, alors c’est un joli plagiat et Gemini devrait finir en prison si Käthe Kollwitz n’était pas morte en 1945.

    A titre de comparaison voici quelques oeuvres de Kollwitz

    Du Dürer

    #gravure #dessin #art #intelligence_artificielle #Gemini #Alphabet

  • Tirai una freccia in cielo per farlo sanguinare
    https://www.visionscarto.net/pam-guerre

    La Rada, spazio per l’arte contemporanea di Locarno (Ticino/Svizzera), ha ospitato, nella primavera 2025, la mostra dell’artista svizzero Paolo Mazzucchelli, conosciuto come «Pam». L’esposizione, intitolata semplicemente, ma tragicamente, «Guerre», nasce da una residenza artistica di tre mesi durante la quale l’artista ticinese ha esplorato il tema del conflitto, interiore come collettivo. Tra le opere esposte a La Rada spicca Tirai una freccia in cielo per farlo sanguinare, un monumentale (…) Billets

    #Billets_

  • L’art comme outil pour la recherche en sciences sociales. On y reviendra bientôt avec d’autres formes, mais aujourd’hui visionscarto vous présente le travail de Mathilde Henry qui nous emmène dans une exploration entre géographie et anthropologie...

    Aquareller la glace et la roche pour observer les bouleversements écosystémiques
    Texte, aquarelles et photos : Mathilde Henry
    https://www.visionscarto.net/aquarelle-glace-et-roche

    « ...La pratique de l’aquarelle s’est imposée à moi lors d’un premier travail de terrain, dans le cadre d’une enquête ethnographique dans l’océan Austral à bord du navire Marion Dufresne. Le sujet de recherche doctorale sur lequel je travaille porte sur les glaciers alpins et me fait passer des hautes latitudes aux hautes altitudes. Que ce soit pour les terres australes ou les glaciers, la pratique de l’aquarelle aide à décrire et comprendre les changements en cours sur ces territoires sentinelles du dérèglement climatique... »

    #aquarelle #dessin #glacier #terres_australes #Alpes #Antarctique

  • Villepin dénonce la « diabolisation » de LFI, la France a son « moment Charlie Kirk »
    https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260220-villepin-d%C3%A9nonce-la-diabolisation-de-lfi-la-france-a-son-mom

    […] selon lui, « la faute politique majeure » du centre-gauche comme de la droite est « de renvoyer dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger » alors que « les groupuscules violents d’extrême droite sont beaucoup plus nombreux » et que le RN est donné large favori pour 2027.

    Il rejette « la fausse idée » de « la symétrie des violences », n’hésitant pas à faire moult comparaisons historiques. « Les communistes des années 30 n’étaient pas des enfants de chœur, mais les renvoyer dos à dos avec les nervis fascistes, avec près d’un siècle de recul, nous semblerait fautif », souligne-t-il.

    « La diabolisation de LFI, par des amalgames qu’elle a rendus elle-même possibles (...), n’a qu’un sens : légitimer une prise de pouvoir identitaire et justifier les ralliements de plus en plus nombreux », écrit-il.

    « A force de concentrer les coups sur LFI, par tactique, par confort, par calcul, on crée un corridor de respectabilité pour le RN (...), le privilège d’être la réponse au désordre qu’il prospère à entretenir », insiste-t-il.

    Or, selon lui la normalisation de l’extrême droite est une autre « fausse idée ».

    « Les choses n’ont pas tant changé. Au lendemain d’une manifestation d’hommage à Quentin Deranque à Paris, les manifestants ont laissé sur les murs une traînée de croix gammées(...). Ne nous laissons pas égarer par des façades repeintes », juge-t-il.

    • Dominique de Villepin. @Villepin
      Dernière modification : 19 févr. 2026
      https://x.com/Villepin/status/2024555305779040745

      LA RÉPUBLIQUE CONTRE LA VIOLENCE

      Je suis conscient des risques que je prends à m’exprimer dans une période de si grande polarisation, d’émotion et de passion politique, mais l’esprit de responsabilité exige l’engagement et la clarté. On criera parce que je compare l’extrême droite d’aujourd’hui à celle d’hier. Je ne dis pas qu’elle est la même. Je dis qu’il y a des filiations qui ne permettent pas de les distinguer radicalement. On criera que je me gauchise et défends LFI. Je le redis : je n’ai aucune affinité, ni aucun lien avec LFI. On criera que je fais la leçon à la gauche et que je me droitise. Qu’on crie. Je crois à la nécessité de dire certaines vérités, même quand elles nous dérangent. Parce que je ressens douloureusement le fait que l’obscurcissement de ces vérités permet de maintenir l’illusion d’une vie démocratique normale quand elle ne l’est déjà plus et risque de basculer. Et parce qu’à cet instant précis, l’enjeu n’est pas de gagner une séquence médiatique : l’enjeu est d’empêcher que la France, par fatigue, par calcul, par aveuglement, ne se réveille un jour en découvrant qu’elle a sanctuarisé le danger qu’elle prétendait conjurer.

      Quand le réel est compliqué, il faut prendre le temps de la réflexion, de la nuance, de la perspective. L’affaire Quentin Deranque nous place face à une telle obligation. Celle de l’inconfort et de la vigilance.

      D’abord, il faut le dire sans détour : nous devons dénoncer toutes les violences, quelles qu’elles soient, et les dénoncer sans exception. Nous devons condamner la violence politique, toute violence politique, parce qu’elle n’a pas sa place dans une démocratie. Sans exception. Une démocratie commence là où la force recule, là où la parole remplace le coup, là où l’adversaire demeure un citoyen. Et quand la violence surgit, quand elle s’organise, quand elle se justifie, elle ne frappe pas seulement des individus, elle atteint l’idée même de République.

      Nous devons aussi mesurer l’importance du moment où nous nous trouvons. C’est pour la France le « moment Charlie Kirk » qu’a vécu l’Amérique trumpienne il y a quelques mois avec l’assassinat de Charlie Kirk par un meurtrier se revendiquant de l’antifascisme. C’est un moment qui vise à la délégitimation d’une partie du spectre politique et à la victimisation de l’extrême droite triomphante. L’enjeu, c’est celui d’une prise de pouvoir sur les esprits, d’une prise de pouvoir sur les rues. Alors soyons vigilants. Ne cédons pas le terrain à l’extrême droite. Nous approchons, j’en suis convaincu, d’un point de non-retour. Quelque chose commence à nous échapper.

      Il y a un certain confort à rejeter dos à dos toutes les violences, une conviction de se prémunir de tout risque d’avoir tort. Mais cela nous rapproche-t-il vraiment de la vérité ? On ne peut pas jouer avec la démocratie. Il y a quelque chose de troublant à voir tout le paysage politique, de la gauche de la gauche à la droite en passant par la gauche, chercher à tirer parti de la situation. L’extrême droite en est la seule gagnante. Il est des moments où les calculs personnels doivent céder à la défense de l’essentiel : la démocratie.

      Ensuite, il faut regarder en face ce qui, dans la stratégie et dans les réactions de LFI, nourrit le feu au lieu de l’éteindre, sans jamais confondre responsabilité politique et responsabilité pénale. La justice établira les faits, les rôles, les actes, et les responsabilités individuelles. Mais la politique, elle, répond d’un climat : celui des mots, des postures, des ambiguïtés, des proximités tolérées, de la tentation de l’affrontement permanent. Dans une France divisée, fragilisée, travaillée par les peurs et les colères, jouer sans cesse sur la rupture, sur la ligne de front, sur la dramatisation, c’est prendre le risque de créer les conditions où des acteurs se sentiront autorisés à passer du verbe au geste. Et ce risque, quel que soit le camp, n’est pas théorique : il est désormais devant nous.

      Je ne parle pas ici au nom d’un camp, je parle au nom d’une certaine idée de la République. Je refuse toute querelle de chapelle, tout règlement de comptes partisan, mais j’affirme en ce moment si grave une exigence de responsabilité nationale de la part de toutes les formations politiques et de tous les responsables politiques.

      La France Insoumise a aujourd’hui une responsabilité particulière : celle de ne pas surenchérir et de ne pas stériliser, dans une posture défensive et belliqueuse, une partie de l’électorat. La radicalité, lorsqu’elle devient un style, finit par devenir une mécanique. Et cette mécanique, tôt ou tard, échappe à ceux qui prétendent la conduire. Cela suppose pour LFI de clarifier ses positions, de tenir ses rangs, de rompre avec toute ambiguïté, et de faire prévaloir le débat sur la mise en tension permanente. Cela suppose un discours réfléchi, profond et ouvert. Cela suppose aussi d’accepter l’inconfort : reconnaître qu’on a pu alimenter la tension, même sans vouloir la violence. Je le dis avec force, parce que le basculement est possible. Il faut le dire sans détour : LFI fait tout autant le jeu du RN en s’arc-boutant sur sa rhétorique que certains responsables de gauche en acceptant de renvoyer dos à dos les violences. J’assume de déployer une leçon historique qui ne vaut pas comparaison : en 1933, sans l’intransigeance du parti communiste allemand, aveuglé par sa stratégie « classe contre classe » qui minimisait le risque fasciste, sans doute le parti national-socialiste n’aurait pas pu arriver au pouvoir. C’est la peur du bolchévisme qui a poussé assez de modérés à se rallier, par réflexe, à ceux qui se présentaient comme le seul rempart. Eviter le piège, cela suppose aujourd’hui pour LFI de tracer des limites nettes, de récuser toute complaisance pour la violence, et de choisir la force du débat plutôt que la logique du choc. Cela suppose un discours réfléchi, profond et ouvert. Je le dis avec force, parce que l’heure est grave

      Mais c’est ici que la vigilance doit être la plus haute : condamner la violence et critiquer LFI ne doivent pas nous conduire à la faute politique majeure, celle de renvoyer dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger. Il y a en effet deux fausses idées, deux idées dangereuses, qui piègent ce débat.

      La première, c’est celle de la symétrie des violences de la gauche et de la droite.

      Plongez dans l’Histoire, dans l’agitation de la France de la IIIe République au moment de l’affaire Dreyfus et de la montée des ligues. Dans la France des années 30 et de la menace des ligues. Dans l’Allemagne de Weimar, dans l’Amérique du Sud des années 60 à 80 : l’asymétrie de la violence politique a été centrale pour imposer un pouvoir autoritaire et brutal. Le champ démocratique est un plan incliné. L’extrême droite prend le pouvoir sur fond de désordre et de violences de rue. L’extrême gauche, historiquement, sur fond d’effondrement de l’État et de défaite militaire. Les communistes des années 30 n’étaient pas des enfants de chœur, mais les renvoyer dos à dos avec les nervis fascistes, avec près d’un siècle de recul, nous semblerait fautif.

      Le parti social-démocrate allemand, grande force républicaine de gauche à l’époque, a eu sa part de responsabilité dans la montée du nazisme, en maintenant l’illusion d’une posture d’équivalence qui a conduit à son propre écrasement. Aujourd’hui, entendre en France des responsables du centre gauche saisir l’opportunité de régler leurs comptes et de se débarrasser d’adversaires encombrants pour s’imposer dans les sondages me paraît une faiblesse politique et une facilité d’estrade. Quant à la droite qui y voit l’occasion d’un apaisement de façade pour pouvoir s’allier à l’extrême droite sans faire de cauchemars la nuit, je ne reconnais plus rien en elle de la vigilance chiraquienne. Et qu’on se comprenne : ce tir croisé sur LFI, par calcul, par repositionnement, par opportunisme, a un effet mécanique. Il détourne l’attention du danger principal et contribue à normaliser l’extrême droite en la dispensant d’être interrogée comme elle devrait l’être.

      Cette illusion de la symétrie, c’est une illusion numérique. Les groupuscules violents d’extrême droite sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux à travers tout le territoire et ils augmentent en nombre chaque jour. Même en termes de victimes, macabre décompte, l’extrême gauche a fait une victime ces cinq dernières années, les militants d’extrême droite en ont fait onze, essentiellement des victimes ciblées sur des bases religieuses et raciales, des motifs profondément politiques. Depuis 1986, rappelle l’historien Nicolas Lebourg, 59 morts sont attribués à l’ultra-droite, contre six à l’ultra-gauche. C’est le retour des ligues. C’est un magma de groupuscules qui tissent un réseau de lieux, d’affinités, de thèmes.

      C’est une illusion sur les formes de la violence. L’extrême droite, depuis deux siècles, vise à maîtriser la rue pour imposer la violence comme politique. L’extrême gauche veut imposer une politique par la violence. Quelle différence cela fait ? Quand la gauche est violente, elle effraie et elle nuit à la politique qu’elle veut mettre en œuvre. Quand la droite est violente, elle commence déjà à mettre en œuvre sa politique. Et même quand elle perd, elle gagne en montrant l’horreur du désordre et donc la nécessité d’un ordre à tout prix, d’un ordre au prix de la violence.

      C’est une illusion sur les probabilités des risques. Le pays risque-t-il aujourd’hui de basculer dans un régime de gauche radicale ? Rien n’étaye cette idée. LFI stagne dans les sondages autour de 10 à 15%. L’extrême droite est, elle, à 35 ou 40 %, et tous les sondages la donnent gagnante à l’élection présidentielle de 2027, ce que tout le monde essaye d’oublier pour maintenir la fiction d’une vie politique normale. Aux États-Unis, on voit bien que le risque mortel peut venir moins de groupuscules marginaux que d’une administration Trump qui théorise le mépris du droit et le recours à la violence. Aujourd’hui, la diabolisation de LFI, par des amalgames qu’elle a rendus elle-même possibles en raison d’erreurs voire de fautes stratégiques manifestes, n’a qu’un sens : légitimer une prise de pouvoir identitaire et justifier les ralliements de plus en plus nombreux. Jordan Bardella a ainsi appelé, par une inversion du stigmate, à un « front commun » contre LFI. Faut-il vraiment oublier qu’en 1933, le parti national-socialiste prenait prétexte de l’incendie du Reichstag attribué à Van der Lubbe pour interdire le parti communiste et de nombreuses organisations de l’opposition de gauche et engager la mise au pas de l’Allemagne ?

      La deuxième fausse idée, c’est celle de la normalisation de l’extrême droite, considérée désormais comme une part légitime du débat politique. C’est qu’on oublie facilement que l’extrême droite n’est pas un choix comme un autre dans une démocratie, parce que souvent il n’y a pas de retour en arrière. Aucun régime de gauche radicale n’a été élu en Europe qui n’ait rendu les clés du pouvoir par les urnes. En revanche, de nombreux régimes d’extrême droite ontaccédé au pouvoir par les urnes, du moins légalement, sans le rendre : Allemagne, Italie, Hongrie, Roumanie. Ce n’est pas toujours le cas, mais c’est suffisamment souvent le cas pour que ce soit un risque mortel qu’on ne peut prendre.

      Normalisation des engagements politiques de la jeunesse nationaliste ? Les choses n’ont pas tant changé. Au lendemain d’une manifestation d’hommage à Quentin Deranque à Paris, les manifestants ont laissé sur les murs une traînée de croix gammées. Quel parti accumule les condamnations de ses membres pour antisémitisme et pour racisme ? Le Rassemblement national, de manière récurrente. Ne nous laissons pas égarer par des façades repeintes.

      Quels sont les risques aujourd’hui ? Ils sont doubles. C’est d’abord l’installation d’une culture de guerre civile dans laquelle les violences des uns justifieraient sans fin les représailles des autres, écrasant entre elles un centre soucieux d’apaisement et de dialogue jusqu’à ne laisser qu’un face-à-face des radicalités. C’est ensuite la complicité tacite de toutes les forces politiques à la prise de pouvoir par l’extrême droite. C’est là le nœud : à force de concentrer les coups sur LFI, par tactique, par confort, par calcul, on crée un corridor de respectabilité pour le RN. On lui offre ce dont il a toujours rêvé : l’apparence de la normalité, le privilège d’être la réponse au désordre qu’il prospère à entretenir.

      Ce moment exige une résolution : ne rien céder à la violence, ne rien céder aux calculs, ne rien céder aux facilités de la symétrie. La République ne se sauvera ni par les postures, ni par les anathèmes, ni par l’ivresse des camps. Elle se sauvera par la clarté des mots, la fermeté du droit, la responsabilité des partis, et le refus de sanctuariser l’extrême droite sous prétexte de combattre ses adversaires. L’heure n’est pas à se compter, elle est à se tenir. Et si la France veut éviter le point de non-retour, elle doit retrouver ce qui fait sa force quand tout vacille : la dignité du débat, l’autorité de l’État, et l’esprit de République.

      Dominique de Villepin



      ©️ La fresque d’Obey représentant La Marianne située Paris a été repeinte avec des larmes de sang. | AFP - Greg Looping / Hans Lucas.

  • Echi e tracce. Le vene aperte dietro il paesaggio olimpico di Milano Cortina 2026

    #Michela_Vanda_Caserini, ricercatrice del Politecnico di Milano e illustratrice, ha curato un racconto visivo a carattere di inchiesta sull’impatto ambientale delle infrastrutture legate alle Olimpiadi invernali nei paesaggi montani. Utilizzando il disegno a mano come strumento di analisi e racconto critico, denuncia processi di trasformazione e di progressivo depauperamento ambientale indotti dagli interventi infrastrutturali. Un omaggio attualissimo a Eduardo Galeano

    https://altreconomia.it/echi-e-tracce-le-vene-aperte-dietro-il-paesaggio-olimpico-di-milano-cor
    #paysage #dessin #paysage_olympique #JO #JO2026 #jeux_olympiques #Milano-Cortina #infrastructure #matérialité #montagne

    • Après le 12 février, les groupuscules locaux nationalistes révolutionnaires s’organisent et ont déjà perpétrés un certain nombre de vandalismes et de menaces à l’encontre de lieux dans l’agglomération. Petit inventaire et appel à vigilance face à leur volonté de vengeance.
      https://rebellyon.info/Attaques-en-serie-de-l-extreme-droite-34316

      Samedi 21 février, une manifestation a été appelée par des groupes d’extrême-droite à Lyon au départ de Jean Jaurès dans le 7e arrondissement de Lyon à 15h. L’appel des organisation aurait été très large au niveau national et aurait également à international des groupes pour les rejoindre avec des appels clairs à « reprendre la ville ». La manifestation prendra vraisemblablement la direction de la Guillotière.

    • Je connais une femme de 88 ans qui vit à Lyon, elle n’est pas du tout sénile mais devant sa télé un peu trop souvent. Elle me remerciait de la prévenir de rester chez elle samedi et qu’en écoutant les infos elle n’avait pas saisi que la personne tué était d’extrême droite néonazi.
      wala wala

      Pour ces récupérations politiciennes honteuses c’est toujours le premier qui parle qui a raison, puis soit il y a inflexion du récit, soit contextualisation et pour les plus honnêtes, remise en question de ce que les médias ont voulu dans le même temps colporter et masquer.

    • Ce 21 février, l’extrême droite doit défiler à Lyon en hommage au militant néofasciste Quentin Deranque. L’organisatrice de cette marche, Aliette Espieux est, selon StreetPress, une proche des milieux radicaux, mariée au néonazi violent Eliot Bertin.
      https://www.streetpress.com/sujet/1771517300-lyon-organisatrice-marche-pour-quentin-deranque-mariee-neona

      Le sinistre de l’intérieur autorise la marche organisée par les fafs demain à Lyon. Cette manif, qui devrait rassembler selon son estimation « 2 000 à 3 000 personnes », sera encadrée par un « dispositif policier extrêmement important ». Ses poulets pourront rendre hommage à l’un des leurs tout en étant payé par l’argent des contribuables.
      https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/mort-de-quentin-deranque-laurent-nunez-ne-demande-pas-linterdiction-de-la-m


      #dessin_de_presse Soph’

    • Les Macronards vont-ils oser nous demander de « faire barrage » pour la prochaine ?

      Le plus triste dans tout ça, c’est que l’absence totale de cultures historique et politique couplées à la résignation me dit que c’est plié pour 2027.
      Ce passage lu sur cette page :

      https://www.franceinfo.fr/faits-divers/mort-de-quentin-militant-identitaire-agresse-a-lyon/reportage-ca-va-etre-le-bordel-a-lyon-le-quartier-de-la-croix-rousse-redo

      La marche organisée à l’appel de l’ultradroite se tient samedi 21 février. La préfecture a finalement accepté de l’autoriser sur un parcours d’à peine plus d’un kilomètre jusqu’au lieu où a été tabassé Quentin Deranque, jeudi 12 février dernier, avant de succomber à ses blessures deux jours plus tard. Pour éviter les débordements, en marge, ou après, la préfecture interdit en revanche toute autre manifestation sur un périmètre très large, dont les pentes de la Croix-Rousse. Dans ce quartier emblématique, certains habitants redoutent quand même des violences après la marche et s’étonnent que, même très courte, la manifestation ait été autorisée.

      La Croix-Rousse, ancien quartier ouvrier où est née la révolte des canuts, est toujours le bastion de la mouvance antifa. Sur les murs sont placardées des affiches « Éteignons la flamme », le groupuscule qui a pris le relais de la Jeune Garde, dissoute en juin dernier. Le parcours autorisé se situe bien plus loin, mais cela n’empêche pas deux habitantes de penser que le quartier peut être « ciblé parce que c’est un quartier de bobos. Ça va être le bordel. Ceux qui sont cagoulés ou pas, tout le monde va casser n’importe quoi et on l’a déjà vu ».
      Evelyne, à qui il est arrivé de voter Rassemblement national, et Alice, qui donne des cours de français à des sans-papiers, ne sont pas d’accord sur la décision d’autoriser le défilé. « Le maire de Lyon n’était pas pour cette marche, mais le ministre de l’Intérieur a donné son autorisation, ça va péter. Ils annoncent 2 000 à 3 000 personnes quand même », dit Alice. « Alors il vaut mieux que ça soit cadré, répond Evelyne, mais ils l’auraient fait quand même. » "Non, peut-être pas autant, et ça n’aurait pas eu le même impact, quoi qu’il en soit", reprend Alice.
      En revanche, si cela avait été une marche dépolitisée à l’appel de la famille, elles auraient éventuellement pu y aller ensemble. Mais ce défilé-là, organisé par des ultras de droite, même l’électrice du RN n’ira pas. « J’aurais été une gamine de 20 ans, oui j’y serais allée, pas de souci. Mais à mon âge, non. Je n’ai pas envie de me retrouver dans la violence. » Pour Evelyne, la violence est une défaite collective.
      Alice, avec son cœur à gauche, rumine, elle, contre les insoumis : « La façon dont ils se sont défendus, je trouve que ça ne tient pas la route. Ils creusent leur tombe avec leurs paroles. Le RN devient un parti de braves gens alors qu’on sait, surtout à Lyon, que ce n’est pas ça. » Samedi après-midi, Évelyne va rester chez elle tandis qu’Alice va regarder une série pour ne pas voir le défilé, même pas à la télé.

      Ce #gouverne-ment et ses #médias_aux_ordres sont une vraie #porcherie

      https://www.youtube.com/watch?v=FpH0gre8AQw

    • Alice Cordier et des jeunes femmes membres du collectif identitaire #Némésis en tête de cortège.
      https://information.tv5monde.com/france/lyon-lultradroite-encadre-lhommage-au-camarade-quentin-deranqu

      Qu’est-ce que le collectif identitaire Némésis ?
      https://f24.my/Bk4N


      et vice-versa...

      L’hiver dernier Retailleau félicitait Alice Cordier et ses copines
      https://www.ouest-france.fr/politique/bruno-retailleau/bruno-retailleau-felicite-le-collectif-dextreme-droite-nemesis-dont-il-

      « Je voudrais féliciter la jeune dame », a-t-il lancé, alors qu’il s’adressait à Alice Cordier, directrice du collectif d’extrême droite. « Bravo pour votre combat, vous savez que j’en suis très proche », a-t-il ajouté. Le ministre était interpellé par la jeune femme, une habituée des médias réactionnaires, qui lui demandait la dissolution de la Jeune Garde antifasciste, organisation fondée en 2018.

      Des députés LFI s’indignent

      « Voilà comment Retailleau, ministre de l’intérieur, s’adresse à un collectif d’extrême droite violent et raciste », a écrit sur le même réseau social l’insoumise Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale. « Vraiment, comment ne pas censurer ce gouvernement ? », a interpellé la députée LFI de Paris Sarah Legrain. « Alors Bruno Retailleau assume ouvertement être d’extrême droite (si ce n’était déjà pas assez clair) et il faut le combattre comme tel », a posté Raphaël Arnault, député LFI du Vaucluse.

  • Préjugés : « Les immigré·es profitent des aides sociales »

    Dans ce mini-podcast, #ritimo revient sur un préjugé courant : les personnes migrantes viendraient en France pour « profiter du système ». Pourtant, la plupart d’entre elles et eux ne bénéficient pas de ces aides, parce qu’elles sont conditionnées, parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit ou par découragement face à la complexité des démarches.

    Le guide pratique ritimo « Répondre aux préjugés sur les migrations » est un outil indispensable pour mieux comprendre la réalité des migrations et leur instrumentalisation, pour répondre aux discours racistes ou de repli sur soi et faire entendre d’autres voix sur le phénomène migratoire.

    –—

    Transcription

    Ils sont pas fous les immigrés de s’installer ici : les soins sont gratuits, ils touchent les alloc’ et les aides au logement et j’en passe... Moi je comprends que le Français qui travaille dur et qui arrive pas à joindre les deux bouts, quand il voit ça, il vrille...

    C’est un préjugé très répandu : les personnes migrantes viendraient en France pour profiter du système. Or, justement, la plupart d’entre elles et eux ne bénéficient pas de ces aides, parce qu’elles sont conditionnées, parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit ou par découragement face à la complexité des démarches.

    La réalité des aides sociales en France
    Depuis les années 2000, environ 10 % des bénéficiaires des prestations sociales en France sont des étranger·ères (que ce soit le RSA, les APL, la prime d’activité, ou les allocations familiales...).
    Pour que les étranger·ères fraudent et profitent du système social français, il faudrait déjà qu’iels puissent y accéder.

    Pour bénéficier du Revenu de solidarité active (RSA), un·e étranger·ère doit avoir un titre de séjour et une carte de travail depuis au moins 5 ans. Pour toucher le minimum vieillesse, iel doit être en France depuis au moins 10 ans. Pour les étranger·ères en situation irrégulière c’est encore plus compliqué. La majorité des sans-papiers qui travaillent payent des impôts et des cotisations sociales mais ne bénéficient d’aucune prestation sociale. Iels n’ont pas l’assurance retraite, pas droit aux allocations chômage et ne peuvent pas faire de demande de logement social.

    Les demandeurs d’asile ne sont pas éligibles aux aides sociales et doivent se contenter d’une aide de l’État de 200 à 425 € mensuels. L’hébergement en CADA n’est pas non plus un « droit » puisqu’il n’y a que 25 000 places pour 80 000 demandes d’asile.
    Si le système social en France est menacé, ce n’est pas à cause des immigré·es mais plutôt des politiques néolibérales qui réduisent le budget des services publics !

    Les enfants, ça coûte énormément !
    L’idée que les migrant·es feraient beaucoup d’enfants pour vivre des allocations ne tient pas non plus la route. Tout d’abord, la fécondité des femmes immigrées (2,3 enfants par femme) n’est que légèrement supérieur à celle des non-immigrées (1,7 enfant par femme).
    Ensuite, toutes les familles immigrées n’ont pas droit aux allocations familiales : il faut que les enfants soient né·es en France ou qu’iels soient venu·es dans le cadre du regroupement familial, et avoir au moins un·e parent·e qui a un titre de séjour.

    Au delà de tout, quand on compare le montant des aides sociales et les dépenses familiales, il est évident qu’élever des enfants coûte bien plus que cela ne "rapporte" entre guillemet !!

    Dans nos HLM
    L’extrême droite dénonce une supposée préférence pour les étranger·ères dans l’accès au logement social. Selon les derniers chiffres, un logement social sur cinq accueille une famille immigrée et seulement 12% des locataires immigré·es sont de nationalité étrangère.
    Concrètement, les étranger·ères sont discriminé·es pour entrer en HLM. Une étude de la Fondation Abbé Pierre en 2023, a montré que seulement 24% des guichets d’enregistrement de la demande de logement social répondent de manière similaire aux candidatures présumées françaises et aux candidatures d’origine présumée d’Afrique de l’Ouest.

    Se soigner, c’est pas gagné !
    La plupart des étranger·ères qui vivent en France travaillent et cotisent pour la sécurité sociale. Pourtant, il est compliqué pour elleux d’accéder aux soins quand iels tombent malades. Par exemple, pour bénéficier de l’Aide médicale d’Etat (AME), il faut attendre trois mois après son arrivée en France avant de pouvoir déposer une demande. Dans la pratique, les caisses d’assurance maladie exigent des relevés d’identité bancaire, des justificatifs de domicile, des preuves d’arrivée... Par conséquent, de nombreuses personnes ne font jamais les démarches pour en bénéficier, soit parce qu’elles ont d’autres priorités (se loger et s’alimenter, par exemple), soit par découragement face aux démarches administratives complexes. Selon Médecins du monde, 87 % des étranger·ères rencontré·es dans leurs centres ne sont pas bénéficiaires de l’Aide médicale d’Etat.

    Dans la pratique, les patients AME sont également discriminé·es. Par exemple, selon une étude de l’Institut des politiques publiques, lorsqu’iels appellent un médecin généraliste ou un ophtalmologue, iels ont 25 % de chances en moins d’obtenir un rendez-vous qu’un autre.
    Certaines personnes très malades, qui n’ont pas accès aux soins dans leur pays, obtiennent la permission de venir se soigner en France. Depuis 1998, il existe un droit à un titre de séjour spécifique, mais il est accordé à de moins en moins de personnes, à peine 4000 personnes par an. C’est moins de 2 % des titres de séjour accordés.

    Ca coûte ou ça rapporte ? Les bons comptes de l’immigration
    Est-il réellement possible de mesurer l’impact budgétaire de l’immigration pour un État ? Aucune estimation ne fait l’unanimité. En 2021, des universitaires lillois affirment que le solde est négatif en moyenne : soit l’immigration ne coûte rien à la France, soit elle coûte 10 milliards d’euros maximum. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) affirme de son côté que l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte et qu’elle a permis à la France de gagner au moins 10 milliards d’euros chaque année en moyenne, du fait des d’impôts et de cotisations que payent les immigré·es. A peu de choses près, donc, l’impact de l’immigration est globalement neutre.

    Ce qui est certain en revanche, c’est que les politiques répressives de nos gouvernements en matière d’immigration coûtent très cher au contribuable européen. Les pays de l’Union européenne ont fait exploser les budgets consacrés à l’éloignement des personnes en situation irrégulière, à la fermeture et la militarisation des frontières (avec la construction de murs, de clôtures, de barbelés et de miradors, le déploiement de dispositifs policiers et militaires, etc.).
    En France, la Cour des comptes estime le coût direct de la politique de lutte contre l’immigration irrégulière à 1,8 milliard d’euros par an - autant d’argent qui ne va pas à l’éducation nationale ou à la santé publique.

    Contrairement à ce que l’on entend souvent, les immigré·es ne coûtent pas cher à la France. Ils et elles bénéficient peu des aides sociales et contribuent au contraire au budget en payant des impôts et des cotisations, quand on les autorise à travailler. Les arguments économiques contre l’immigration ne tiennent donc pas la route, et cachent mal la xénophobie irrationnelle qui les sous-tend.

    https://videos.ritimo.org/w/92RRHiJqjmhrHJyyByUAz3
    #podcast

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    #guerre_entre_pauvres #migrants #classes_sociales #migrations #pauvres #asile #réfugiés #inégalités #discrimination #économie #concurrence #pauvreté #redistribution #dessin_de_presse #caricature #dessin #bouc-émissaire #richesse #riches

  • Courbures du #Drac et de l’#Isère

    #Ingrid_Saumur cartographie le #territoire au fil de l’eau, en révélant le #paysage négligé des fonds de vallée comme le contrepoint des #sommets qui s’imposent si souvent à notre #contemplation. Depuis quelques mois, elle arpente minutieusement à pied et à vélo les #berges du Drac et de l’Isère afin d’en capter lenteur et mouvement, fragments naturels vivaces et usages agricoles, industriels ou urbains.

    Elle privilégie les #conversations avec les usagers des rivières et les habitants du #voisinage proche, afin d’ancrer l’#observation dans son époque, pour en déduire ensuite une #carte_monumentale dessinée à la main et annotée. Ce déroulé restituant sur plusieurs mètres de papier son parcours, ses rencontres et ses perceptions sensibles sera enrichi en direct durant toute la durée de l’exposition.

    https://ma38.org/courbures-du-drac-et-de-lisere
    #eau #cartographie #cartographie_sensible #visualisation #rivière #art #dessin

    ping @xbodin @reka

    • Courbures du Drac et de l’Isère

      Ingrid Saumur a suivi plusieurs semaines les berges du Drac et de l’Isère à pied et en vélo. En explorant ce territoire à l’invitation de paysage>paysages, elle entendait révéler les fonds de vallée trop souvent négligés : après tout, si les sommets remarquables s’imposent à notre contemplation, ce sont bien les cours d’eau qui les ont forgés ! Pour sa collecte initiale, l’artiste a élargi le relevé cartographique traditionnel et recouru au croquis, au carnet de notes, aux rencontres et à la photographie. Elle a ensuite choisi de redresser le cours des eaux, taillant à vif dans le relevé cartographique pour n’en conserver que trois tronçons. Les deux rivières sont devenues lignes, courbures, fragments enchaînés inventant une nouvelle topographie.

      La carte imprimée a-t-elle encore du sens à l’âge du numérique ? La disponibilité des signaux numériques, l’exigence de données ajustées en temps réel, l’omniprésence des téléphones devenus ordinateurs-écrans-boussoles, autant de facteurs souvent tenus pour une condamnation du papier. Nous savons désormais qu’aucune carte n’est vraie, parfaitement exacte, définitive. Comme les traductions des grands textes, sans cesse remises sur le métier, la cartographie est une traduction parmi d’autres, éternellement lacunaire et obsolète. Les artistes n’ont jamais visé la neutralité ni l’exhaustivité. Leur pratique du territoire est par principe refus du standard, choix d’une lecture personnelle, appel à poser un regard différent sur des paysages qu’on croyait bien connus. Mappages rassemble des pratiques d’artistes qui voient dans la production de cartes un moyen d’expression plus qu’un outil d’orientation ; une revanche sur la prétention des cartes exactes et absolues ; un appel à la « carte du jour d’après », celle qui viendrait compléter l’expérience d’un territoire jamais définitivement documenté. Le recours au terme ancien de « mappe » et la référence à l’étymologie de la « nappe » et du « nappage » témoignent d’une modernité renouvelée. Mappages : jamais les cartes imprimées n’ont été aussi actuelles.

      https://www.lelaboratoire.net/courbures-du-drac-et-de-lisere

  • Suivre un grain de #sable à Phnom Penh
    https://metropolitiques.eu/Suivre-un-grain-de-sable-a-Phnom-Penh.html

    En nous invitant à suivre un grain de sable dans les méandres du Mékong, Dolorès Bertrais dessine les dessous de la fabrique de la ville de #Phnom-Penh, au #Cambodge, et raconte la filière du sable en #Asie du Sud-Est. À Phnom Penh, des barges, des tuyaux, des pompes s’emploient à extraire, déplacer et amasser du sable. Cette région du bassin du Mékong, qui relie les hauts plateaux tibétains au golfe de Thaïlande, constitue un « eldorado » du sable pour les entrepreneurs de la construction. Sa #Commentaires

    / sable, #matériau, Asie, Phnom-Penh, Cambodge

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-bastin.pdf

  • Comment les #cartes sont devenues des #contre-pouvoirs pour redessiner le monde

    Luttes écologistes, défense des libertés, mouvements féministes… Longtemps réservée aux puissants, la cartographie se réinvente sous l’impulsion de collectifs citoyens, de chercheurs, de journalistes et d’artistes. Un mouvement critique ancré dans une riche histoire théorique.

    Des îlots de forêt sillonnés par des camions de rondins et cernés par des usines de papier et de pellets, d’où surgit un impressionnant crapaud sonneur à ventre jaune, une espèce protégée. C’est ainsi que des habitants de la Montagne limousine ont représenté « leur » massif forestier, à la croisée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

    Coéditée par IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, et la maison d’édition associative A la criée, située à Nantes, la carte au format papier n’est pas destinée aux randonneurs ou aux touristes de passage. En mêlant #dessins et #récits, elle « vise à questionner les dynamiques forestières », explique #Frédéric_Barbe, géographe, artiste et membre de l’association, et donne à voir ce que les cartes institutionnelles ne montrent pas : l’industrialisation d’un territoire, la tristesse des riverains face aux coupes rases et leur volonté d’un autre avenir pour la #forêt.
    La publication fait partie de la douzaine de « #cartes_de_résistance » produites en dix ans par l’éditeur, vendues à prix bas ou libre avec un certain succès. La conception est toujours collective, menée à l’initiative ou au plus près des habitants, avec le soutien d’un géographe et d’un graphiste. La première, celle de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), en février 2016, est épuisée après cinq tirages et plus de 20 000 exemplaires diffusés. Celle des Jeux olympiques de Paris, en partenariat avec le collectif local Saccage 2024, raconte le revers de la médaille des JO, les expulsions d’habitants à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et les morts d’ouvriers sur les chantiers du Grand Paris.
    Ces productions rompent délibérément avec les conventions graphiques de la cartographie institutionnelle. « La carte n’est pas le #territoire, mais invite à le penser, affirme l’éditeur. C’est un outil d’#éducation_populaire, simple et pas cher, que l’on peut afficher au mur ou poser sur une table pour réfléchir ensemble à la façon dont on veut vivre sur cet espace. »
    Un vent de rébellion souffle sur la cartographie, une discipline pourtant perçue comme technique et très codifiée. Un foisonnement d’initiatives et de réflexions a émergé depuis une quinzaine d’années, dont il est difficile de cerner les contours, tant il exprime une variété d’intentions, de méthodes et de productions. « Je travaille dans ce domaine depuis trente-cinq ans, et je n’arrive pas à suivre le rythme de toutes les initiatives », s’exclame #Philippe_Rekacewicz, chercheur associé au département des sciences sociales de l’université de Wageningue (Pays-Bas) et l’une des figures françaises de ce courant.

    Pour la « #justice_spatiale »

    Cet ex-journaliste au Monde diplomatique se réclame d’une pratique « radicale » de la discipline, d’autres préfèrent se dire « critiques », d’autres encore ont adopté le terme de « #contre-cartographie ». Ces démarches, à la croisée des sciences, des arts, de la politique et de militantisme social, partagent un socle commun, celui de vouloir renverser le #pouvoir_des_cartes et les mettre au service d’une forme de « justice spatiale ». Luttes écologistes et urbaines, défense des libertés et des droits humains, mouvements féministes… Associations et collectifs contestent les représentations institutionnelles, se réapproprient l’espace ou montrent des réalités jusque-là invisibilisées. Elles sont souvent soutenues par des cartographes reconnus, et s’inscrivent dans une riche réflexion théorique et un « dialogue ancien entre le champ académique et les pratiques sociales », constate #Irène_Hirt, professeure au département de géographie et environnement de l’université de Genève (Suisse).
    De fait, ces pratiques contestataires trouvent leurs racines dans l’histoire même de la discipline. La géographe #Françoise_Bahoken, coautrice avec Nicolas Lambert de Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le monde (éditions Armand Colin, 2025), en date les prémices dès la fin du XIXe siècle, alors que la cartographie occidentale s’est imposée comme un modèle de scientificité, d’abord avec la précision des mesures, puis avec l’essor de la géographie quantitative liée à l’utilisation de données statistiques.

    Dès les années 1880, le géographe allemand #Ernest_George_Ravenstein s’empare du recensement de la population britannique pour infirmer l’idée selon laquelle les populations migrantes se déplaceraient de façon anarchique. Un peu plus tard, le sociologue afro-américain W. E. B. #Du_Bois visualise, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900, les « lignes de couleur » qui divisent la société américaine, démontrant, cartes et graphiques à l’appui, comment le racisme empêche toute égalité sociale.

    Il faut cependant attendre les années 1960 pour que ces travaux commencent à se diffuser, grâce à deux figures respectées de la profession, les géographes #David_Harvey et #William_Bunge (1928-2013). Le premier crée un courant d’inspiration marxiste, désigné sous le nom de « #géographie_radicale », qui s’attache à analyser la façon dont le capitalisme modèle les #inégalités_spatiales. Le second décide, en 1968, de rompre avec l’approche quantitative lorsqu’il prend conscience de son rôle dans les politiques urbaines ségrégationnistes aux Etats-Unis.

    Avec #Gwendolyn_Warren, leader militantiste des droits civiques de la communauté noire de Detroit (Michigan), William Bunge développe, dans cette ville ouvrière du nord des Etats-Unis, un projet de recherche géographique fondé sur l’enquête de terrain, embarquant dans l’aventure plusieurs centaines de jeunes habitants, femmes et hommes, du quartier noir de Fitzgerald. Pour Warren et Bunge, former les résidents à documenter les #logiques_spatiales, c’est démocratiser l’exercice du pouvoir. Ces « #expéditions_géographiques » conduiront à la publication d’un livre (Fitzgerald : Geography of a Revolution, Cambridge, 1971) sur les processus de paupérisation et d’exclusion du quartier.
    Ce sont toutefois les travaux d’un historien, #John_Brian_Harley (1932-1991), qui, à la fin des années 1980, opèrent un tournant théorique majeur. Dans son article fondateur, « Deconstructing the Map » (Cartographica, 1989), il invite à lire les cartes non comme de simples reflets du réel, mais comme des constructions sociales, traversées par des #rapports_de_pouvoir. La carte est une construction située dans le temps et dans l’espace, affirme-t-il, dont « une grande part du pouvoir (…) est qu’elle opère sous le masque d’une science en apparence neutre. Elle cache et nie sa dimension sociale en même temps qu’elle la légitime ».

    L’historien identifie un double pouvoir derrière l’outil : celui du cartographe ou de son commanditaire, qui décide de ce qui est représenté par le biais de choix multiples (projection, échelle, toponymes…), mais aussi un pouvoir interne, propre à la carte elle-même. Non seulement elle n’est pas neutre, mais elle est performative : elle agit sur nos #imaginaires et induit des #représentations. « Pour Harley, il faut absolument analyser d’un côté les intentions et les choix politiques de l’auteur, et de l’autre les usages, la façon dont la carte peut être instrumentalisée pour penser un territoire », souligne le géographe et chercheur au CNRS #Matthieu_Noucher.

    Ces réflexions, ainsi que l’ambitieuse History of Cartography que John Brian Harley dirige avec David Woodward (Presse de l’université de Chicago) à la même époque – le premier volume est publié en 1987 –, provoquent un choc méthodologique durable. La mise en lumière des formats multiples des cartes non occidentales contribue à décentrer le regard et à éclairer la dimension partielle et politique de toute représentation spatiale.

    Mythe de la #terre_vierge

    Cette prise de conscience va inspirer de nombreuses études en sciences sociales, notamment sur le rôle central de la cartographie dans l’#histoire_coloniale. « Elles montrent que, du XVIIe au XIXe siècle, la carte a servi à créer le mythe de la #terra_nullius, la terre vierge inhabitée, pour justifier les #conquêtes_coloniales en accréditant l’idée de territoires vides d’hommes et de femmes », explique Matthieu Noucher. Le chercheur s’est attaché à analyser le « #blanc_des_cartes », voire leur « #blanchiment » lorsqu’il s’agit d’effacer les rares mentions de populations autochtones. Ainsi, en Guyane, une première carte française notifie, en 1732, la présence de « nations indiennes » sur le territoire, une formule remplacée trois décennies plus tard par la mention de « belles et très fertiles plaines que doit habiter la nouvelle colonie française ». Entre-temps, la France a perdu ses possessions canadiennes et a décidé de fonder une colonie de peuplement en Guyane.
    L’approche critique ne se limite pas à questionner la carte comme représentation dominante. A partir des années 1970, l’outil lui-même est réinvesti par les communautés autochtones pour défendre leurs droits territoriaux face aux projets extractivistes. Pour les communautés locales d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, produire des cartes devient une stratégie de #résistance à l’industrialisation des terres, comme en Colombie-Britannique (Canada) contre la construction de pipelines de gaz et de pétrole. En 1995, la sociologue américaine #Nancy_Lee_Peluso forge le terme de « #contre-cartographie » pour désigner cette production destinée à contester les structures de pouvoir.

    Ces « contre-cartes » interrogent aussi la dimension culturelle des #méthodes utilisées, et du même coup les frontières de la science occidentale. « La contre-cartographie invite en effet à une #décolonisation des savoirs géographiques qui ne se matérialisent pas tous sous forme d’images. Ils peuvent se transmettre par la parole, le chant, la danse, la sculpture ou les rêves, intimement liés aux pratiques et aux territoires de la chasse ou de la pêche, souligne Irène Hirt, qui a accompagné des communautés mapuche au Chili et innu au Québec dans la reconstitution de leur milieu de vie. Loin d’être vides comme le disent les cartes, ces terres sont pleines de toponymes, de lieux de rassemblement ou de sépultures, de sentiers de portage et de routes de migration humaine et non humaine. »

    A l’aube des années 2000, la généralisation des outils numériques ouvre un nouveau chapitre. L’essor des techniques de la géomatique (systèmes d’information géographique – SIG –, GPS, télédétection, etc.) et l’accès à de larges bases de données transforment profondément la cartographie conventionnelle. La géovisualisation devient en quelques années l’alliée indispensable de l’organisation des territoires. « Avec l’arrivée de l’application cartographique Google Maps en 2005, on a vu ressurgir une forme de croyance aveugle dans l’objectivité des données, et dans leur capacité à livrer en temps réel une image exacte du territoire », constate Matthieu Noucher.

    Les algorithmes et leur vision du monde

    Cette rupture renouvelle radicalement les enjeux de pouvoir. « Pour prendre au sérieux la proposition de John Brian Harley, il faut désormais s’intéresser aux fonctionnements des #algorithmes, des #bases_de_données et des applications », prévient le géographe. Et comprendre comment ces programmes, loin d’être neutres, imposent eux aussi une vision du monde. L’auteur de Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques (CNRS Editions, 2023) analyse les choix et les silences de modèles économiques fondés sur la publicité, qui « conduisent à privilégier, par exemple, l’affichage des commerces et à ignorer les milieux vivants ».

    Le « blanc des cartes », affirme Matthieu Noucher, prend un tout autre sens avec la personnalisation algorithmique et les bulles de filtre qui imposent désormais des réalités différentes selon le profil des utilisateurs, leur pays et leurs usages. Ainsi, Google Maps adapte son affichage en fonction du contexte politique et géographique du pays. « Depuis la décision de Donald Trump de remplacer l’appellation “golfe du Mexique” par “golfe d’Amérique”, un écolier américain ne voit plus la même carte qu’un élève mexicain », regrette le géographe.

    Cette personnalisation enferme les individus dans des visions fragmentées de l’espace, où commerces, infrastructures et frontières symboliques sont hiérarchisés différemment pour chacun. Ce basculement marque une rupture : « En se substituant aux organismes nationaux et internationaux chargés de réguler les noms et les représentations des lieux, les grandes plateformes numériques imposent progressivement leurs propres logiques, souvent guidées par des intérêts économiques ou géopolitiques », alerte le chercheur. Alors que la carte constituait jusque-là un #bien_commun et un support partagé indispensable au débat démocratique, « elle tend désormais à devenir un objet individualisé, soumis à une postsouveraineté cartographique dominée par les géants du numérique, au risque d’éroder toute représentation collective de l’espace ».

    Confrontées à ces évolutions, les approches critiques se sont, elles aussi, renouvelées. La démocratisation d’outils de plus en plus accessibles et participatifs a renforcé les pratiques alternatives. Lancé en 2004, le projet collaboratif de cartographie en ligne #OpenStreetMap, créé et mis à jour par des bénévoles du monde entier, et dont les données géographiques sont ouvertes à tous, reste « l’exemple le plus abouti de la contestation de la mainmise d’une multinationale comme #Google sur les représentations géographiques du monde », estime #Nicolas_Lambert, ingénieur en sciences de l’information géographique au CNRS. Ce spécialiste de la #géovisualisation a rejoint Migreurop en 2009, un réseau d’experts et d’une cinquantaine d’associations de défense des droits humains, qui « documente » et « dénonce » les effets des politiques migratoires européennes à travers la publication d’atlas « engagés ».

    Les initiatives de cartographie critique se développent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes, d’échelles et de formes. Elles peuvent être individuelles ou collectives, concerner un quartier, un pays ou avoir une portée internationale, s’inscrire dans le cadre de travaux académiques, de luttes politiques ou d’enquêtes journalistiques, ou encore entremêler tout cela à la fois.
    De nombreuses productions s’appuient sur des données statistiques, tandis que d’autres ont recours à des approches dites « sensibles », qui visent à réinscrire les #expériences_vécues au cœur des #représentations_spatiales. Cette cartographie fondée sur les #sens et les #émotions s’est développée à travers les marches exploratoires de femmes, créées dans les années 1990 au Canada, à Toronto et à Montréal, puis organisées en France depuis une dizaine d’années. Angoisse, peur, sentiment de sécurité ou de confort deviennent autant d’éléments traduits en symboles graphiques. En rendant visibles les expériences de l’#espace_public différenciées selon le #genre, ces marches ont fait de la carte un outil pour repenser l’aménagement urbain et lutter contre les violences, mais aussi un levier d’émancipation. « S’inscrire dans l’espace symbolique de la carte revient à se réapproprier l’espace, à forcer la reconnaissance de soi et à exister aux yeux des autres », se réjouit l’historienne Nepthys Zwer, autrice de Pour un spatio-féminisme. De l’espace à la carte (La Découverte, 2024).

    « #Cartes_mentales » des émotions

    Dans ce contexte, le recours à des modes d’expression créatifs (collage, dessin, broderie) facilite la participation de publics peu familiers des codes classiques. A Grenoble, des « rencontres cartographiques » entre migrants, chercheurs en sciences sociales et artistes, organisées dans les locaux de l’association Accueil Demandeurs d’asile, ont permis de collecter les récits de parcours migratoires par le dessin, la broderie et même la sculpture de l’argile à travers des « cartes mentales » des émotions, comme l’ont montré les travaux des géographes #Sarah_Mekdjian et #Anne-Laure_Amilhat-Szary.

    Dans cette perspective, la #subjectivité de la démarche est clairement revendiquée. Mais ces approches soulèvent aussi des questions : que peuvent apporter ces représentations à des pratiques plus conventionnelles ? Quelle place leur accorder dans une discipline formalisée ?

    « Parce qu’elle légitime et réhabilite les attachements et l’expérience empirique qu’ont les individus d’un territoire, la contre-cartographie est forcément subjective, comme toute carte d’ailleurs », souligne Nepthys Zwer. Elle se réclame d’un double héritage : celui de John Brian Harley, pour qui la carte n’est jamais neutre, et celui de la philosophe féministe américaine #Donna_Haraway, pour qui « toute #objectivité est toujours produite à partir d’un “#savoir_situé” ». Pour autant, « ces pratiques ne peuvent se réduire à un outil de lutte politique, prévient l’historienne. Elles font partie intégrante de la discipline qu’elles complètent et enrichissent, et doivent à ce titre être évaluées comme les autres ».

    C’est aussi l’avis de Philippe Rekacewicz, qui a choisi de son côté d’abandonner le terme de « contre-cartographie », parce qu’il « peut être interprété comme s’opposant à la cartographie conventionnelle ». « Or, nous utilisons les mêmes règles, nos méthodes d’enquête et d’entretien sont celles de la géographie qualitative et des sciences humaines en général. Ce qui change, c’est l’#intention, la volonté de déconstruire le discours du pouvoir et de rendre visible ce qu’il ne souhaite pas montrer », explique-t-il.

    Néanmoins, pour Françoise Bahoken, il faut différencier les cartes des « images et autres représentations de territoire ». « Certes, aucune représentation n’est objective par définition, mais la cartographie en tant que discipline scientifique s’appuie sur des théories et des méthodes, des dispositifs et des principes, et tend vers l’objectivité. Certaines approches ne sont pas scientifiques, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas importantes, puisqu’elles permettent à des non-spécialistes de s’emparer des questions d’inégalité spatiale. »

    Planisphères et contre-cartes

    Longtemps marginal, le mouvement commence à se faire une place à l’université. « La cartographie critique fait l’objet de travaux académiques aujourd’hui largement reconnus et qui suscitent des vocations », affirme Nicolas Lambert. A l’université de Tours, un cursus de cartographie expérimentale a vu le jour au sein du département de géographie où des étudiants s’initient à des ateliers de #cartographie_sensible, tandis que d’autres universités comme Bordeaux et Grenoble proposent, elles aussi, des ateliers.

    De son côté, l’approche critique numérique fait l’objet d’un intérêt croissant, avec la prise de conscience de la puissance et de l’opacité des boîtes noires algorithmiques et du besoin de méthodes pour analyser leur fonctionnement. L’Agence nationale de la recherche finance désormais des projets dans ce domaine. « Un vrai progrès », se réjouit Matthieu Noucher, qui anime un groupe de travail autour des approches critiques au sein du réseau Magis, principalement composé de géomaticiens, ces spécialistes des données et des systèmes d’information géographique, et premiers concepteurs de cartes. « Jusque-là, les acteurs de la cartographie critique et ceux de la production de cartes officielles ne se parlaient pas beaucoup. Le principal enjeu aujourd’hui est de faire dialoguer les points de vue pour enrichir les modes de représentation », souligne le géographe.

    Le chercheur prépare, pour juin, à Bordeaux, une exposition à la croisée des arts et des sciences, qui fera dialoguer différentes représentations spatiales de la planète : des planisphères et des contre-cartes des Attikamek du Québec, des globes terrestres numériques à la manière de Google Earth et des sculptures de communautés autochtones kali’na de Guyane. Une autre façon de construire des ponts entre différentes visions du monde.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/02/comment-les-cartes-sont-devenues-des-contre-pouvoirs-pour-redessiner-le-mond
    #cartographie #visualisation #cartographie_radicale #cartographie_critique #pouvoir #performativité
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