• Petite #métaliste sur les augmentations des #taxes_universitaires prévues en #France dès la rentrée 2019-2020 :

    1. Une liste sur le contenu de la décision :
    https://seenthis.net/messages/737474
    https://seenthis.net/messages/657642
    https://seenthis.net/messages/736904

    2. Une liste sur la #résistance (dont des #blocages) vis-à-vis de cette décision
    https://seenthis.net/messages/739892

    –-------------------

    Ailleurs en #Europe...

    En #Allemagne
    https://seenthis.net/messages/298528

    En #Angleterre #UK :
    https://seenthis.net/messages/148604
    Et en Angleterre, plus spécifiquement sur les #dettes des étudiant·s :
    https://seenthis.net/messages/599002
    https://seenthis.net/messages/452303
    https://seenthis.net/messages/396776
    #dette #endettement

    En Suède :
    En Suède, la hausse des frais d’université a fait fuir les étudiants étrangers
    https://seenthis.net/messages/739898

    #éducation #université #études_supérieures #frais_d'inscription #élitisme #attractivité #excellence


  • La Charente fait saisir un avion Ryanair à Bordeaux Mary Sohier - 9 Novembre 2018 - France3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-saisit-avion-ryanair-1571890.html

    Le conseil départemental de Charente a fait saisir un avion de Ryanair sur l’aéroport de Bordeaux pour obtenir le remboursement de 525 000 euros d’aides illégales. Explications.

    Le ton monte entre la Charente et Ryanair. Ce jeudi 8 novembre, un huissier, mandaté par la direction générale de l’aviation civile (DGAC), pour le compte du département de la Charente a fait saisir un avion de Ryanair sur le tarmac de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Une première en France. Depuis 2014, la compagnie low-cost doit 525 000 euros au Conseil départemental, conséquence de sa condamnation à rembourser des aides illégales perçues entre 2008 et 2010.

    Quant aux 149 passagers qui devaient embarquer, ils ont été réacheminés vers leur destination par un autre vol avec 5 heures de retard.

    Ryanair et la Charente : l’histoire d’un divorce
    En 2008, Ryanair ouvre une ligne commerciale entre Londres et l’aéroport d’Angoulême-Cognac. En contrepartie, le département de la Charente s’engage à verser à la société irlandaise 965 000 euros d’aides. Mais en 2010, la compagnie Ryanair décide de quitter l’aéroport de Brie-Champniers (16) car le département refuse de lui accorder une nouvelle aide financière de 175 000 euros. Une somme non prévue dans le contrat qui liait la compagnie low-cost et la Charente.

    Depuis, suite à une décision de la commission européenne de juillet 2014, Ryanair a été condamné à reverser ces aides jugées illégales, soit près d’un million d’euros. Problème : Ryanair n’a remboursé que 512 000 euros, et a gardé le reste au titre de dommages intérêts pour rupture abusive de contrat.

    Lasse de ne rien voir venir, la collectivité vient donc d’employer les grands moyens : l’avion assurant la liaison pour Londres Stansted est donc cloué au sol.

    « Aujourd’hui, Ryanair va s’acquitter de sa dette. On ne peut que se féliciter de l’issue de ce long contentieux », a réagit François Bonneau, président du conseil départemental de la Charente.

    #ryanair #dettes #charente #subvention #pognon_de_dingue

    • Ryanair a pu récupérer son avion Le figaro.fr avec AFP - 9 Novembre 2018
      http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/09/97002-20181109FILWWW00172-ryanair-a-pu-recuperer-son-avion.php

      Ryanair a versé vendredi les 525.000 euros qui lui étaient réclamés en remboursement de subventions jugées illégales et a pu récupérer son avion saisi la veille, a-t-on appris auprès de la Direction générale de l’Aviation civile. "La saisie a été levée à 12h30" ce qui signifie que la somme réclamée à Ryanair « a été versée et que la compagnie a récupéré son avion », un Boeing 737 saisi jeudi à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, pour la contraindre au remboursement d’aides du syndicat mixte des aéroports de Charente, a indiqué un porte-parole de la DGAC à l’AFP.

      L’avion, dont la valeur au prix catalogue est de 98 millions de dollars, a été immobilisé pour contraindre la compagnie aérienne à rembourser des aides versées dans le cadre de l’activité de la compagnie sur l’aéroport d’Angoulême de 2008 à 2009. Ces aides avaient été jugées illégales par la Commission européenne en juillet 2014. 

      Le président du syndicat mixte des aéroports de Charente, Didier Villat, a confirmé le paiement. « Ils ont payé, on est contents. Ils ont tenté de négocier. Ils nous devaient 525.585,05 euros, ils ont payé 524.907,80, somme arrêtée le 15 septembre 2018 » qui ne prenait donc pas en compte les intérêts courant depuis, a-t-il expliqué à l’AFP. « Quelle mesquinerie, mais on ne fera pas appel », a-t-il ajouté en souriant. « Je suis content », a-t-il affirmé, « content d’être dans la peau du petit qui fait valoir le droit ». 

      Ryanair avait au départ remboursé la moitié des subventions (plus de 900.000 euros en tout) mais avait refusé de payer les 525.000 euros restants en invoquant une « rupture de contrat » en 2010, un deuxième contentieux qui fait l’objet d’une action parallèle en justice entre les deux parties, selon Didier Villat.


  • https://www.rasa-africa.org/publications/le-rapport.html


    Le rapport alternatif sur l’Afrique 2018 (n°0 - juillet 2018) est préparé par un collectif de personnes et d’organisations africaines. Elles veulent rendre compte des évolutions et transformations sociétales, économiques, culturelles, religieuses, politiques, environnementales qui donnent une autre idée de l’Afrique qui est en train d’être construite et qui échappent de fait aux indicateurs conventionnels du développement et du bien être. Elles veulent bâtir une définition du progrès de l’Afrique et des Africains plus proches de leurs cosmogonies et visions du monde, de leurs réalités et de leurs pratiques.
    #Afrique #Autre_développement #Afrotopia


  • En route vers une nouvelle récession |
    Le mensuel de #Lutte_Ouvrière
    https://mensuel.lutte-ouvriere.org//2018/09/16/en-route-vers-une-nouvelle-recession_113295.html

    « La fête est finie », titrait l’éditorial du mensuel Alternatives économiques de juillet. L’auteur y constate qu’« il y a quelques mois, l’économie européenne pouvait sembler tirée d’affaire : la #croissance était revenue, le #chômage reculait lentement mais sûrement et même l’endettement public se mettait enfin à baisser. […] Les dernières semaines ont fait voler en éclats ce conte de fées ». En un mot, la reprise économique de l’économie capitaliste a fait long feu.

    #Reprise et récession dans un système en crise permanente
    – La #bourgeoisie américaine saigne la planète
    #Crise_économique et crises politiques
    – La question de la #dette

    #crise #récession #capitalisme #analyse_marxiste

    #podcast https://audio.lutte-ouvriere.org/audiolo/podcast/ldc


    • Le #mirage anglais : la #désillusion des migrants

      Après la périlleuse traversée de la Manche, 
des migrants déchantent au Royaume-Uni.

      Depuis plus de vingt ans et l’ouverture du tunnel sous la Manche, les camps d’infortune baptisés «  jungles  » se succèdent à Calais et aux alentours. Y survivent des Irakiens, des Afghans, des Érythréens, des Soudanais et des ressortissants de bien d’autres nationalités, en fonction des aléas géopolitiques, tous aimantés par cet Eldorado britannique qu’ils fantasment et aperçoivent depuis la plage, à une trentaine de kilomètres.

      D’infimes falaises obsédantes derrière les vagues grises agitées  : ce paysage tempétueux est l’une des frontières européennes les plus difficiles à franchir, rendue prétendument étanche grâce aux millions d’euros versés chaque année par la Grande-Bretagne.

      Les infrastructures du port et de l’Eurotunnel, ultimes étapes avant leur escale finale – l’Angleterre – sont gardées comme des forteresses à grand renfort de barbelés, scanners, policiers...

      Les exilés tentent de passer cette lisière seuls, ou avec l’aide des cellules de passeurs souvent kurdes, implantées sur le littoral. En Grande-Bretagne, pensent-ils séduits, leur asile sera accepté, ils trouveront du travail, ou encore ils ne seront pas expulsés vers le premier pays d’Europe, responsable de leur demande d’asile, selon le règlement Dublin III.

      Une fois la Manche franchie, les migrants s’évanouissent dans la nature, s’expriment peu, par crainte d’être ennuyés par les autorités. Ils tentent de se construire une vie, dans l’anonymat. Le soi-disant Eldorado ne comble pas toujours leurs attentes.

      La majorité des demandeurs à l’asile – 30 603 en 2016, selon le Home Office (ndlr : équivalent du ministère de l’Intérieur) – sont Iraniens, puis Pakistanais, Irakiens, Afghans, Bangladais…

      Et au final, «  34 % des demandes sont acceptées, soit un taux moins élevé qu’en France – 40 %  », souligne Magali Lambert, de La Cimade. Quant au règlement Dublin III, «  il est appliqué comme en France. Tout migrant peut être renvoyé vers le premier pays responsable de sa demande d’asile  ».

      Wira et Barzan (Kurdes irakiens)

      Le soleil transperce les nuages gris, illumine les docks.

      Le cri des mouettes couvre la respiration de la marée grise. Il est midi à Liverpool, les pintes de bières règnent sur les tables d’un pub cerné d’entrepôts de briques. Les Britanniques à l’accent scouse, typique de ce grand port du nord-ouest du Royaume-Uni, trinquent sur les quais.

      Devant leurs verres d’eau gazeuse, les Kurdes irakiens Barzan et Wira (prénoms modifiés à leur demande), eux, n’ont pas le goût à la détente. «  La décision du Home Office est tombée il y a deux mois. On m’a rejeté, on ne veut pas de moi  ».

      Barzan, 26 ans, détaille les justifications des autorités britanniques avec mépris.

      lls m’ont dit que maintenant je pouvais retourner en Irak, que ce n’était plus dangereux, que je pouvais être avec ma famille là-bas.

      Barzan, un Kurde irakien de 26 ans

      Son ami Wira, 36 ans, tente de le consoler, mais a peu d’arguments. «  Je suis venu en Grande-Bretagne il y a quatorze ans, ma demande d’asile et mon appel ont été rejetés. Depuis, j’ai fait plus de douze demandes de réexamen [il n’y a pas de limites pour ces requêtes, il faut apporter de nouveaux éléments au dossier, ndlr]. C’est toujours non  ».

      Wira est dans une zone grise  : sommé de quitter le pays, il ne compte plus les années à errer, anonyme, entre les villes de Leicester, Wrexham et Liverpool.

      Wira et Barzan viennent d’Erbil et de Souleimaniye, dans la région autonome du Kurdistan irakien. L’Angleterre, ils l’ont fantasmée à plus d’une décennie d’écart. Le premier y a posé le pied en 2002, le second en 2016. «  Ici, on pouvait gagner notre vie, la construire, du moins c’est ce que je pensais  », résume Barzan.

      Son regard vert glacial se fait encore plus froid quand il repense au chemin parcouru. «  Je suis venu par la Turquie, la Grèce, la route des Balkans en 2015  ». Il tente d’abord une première demande d’asile en Allemagne en 2015. Puis «  neuf mois sans nouvelles  », alors il se «  reporte  » sur la Grande-Bretagne.

      «  Je suis resté des mois bloqué à Grande-Synthe (à 30 km de Calais) avant de réussir à passer, après une dizaine de tentatives, avec 24 autres personnes dans un camion de lots de shampoing  ». Barzan se souvient : «  Ce n’était pas la vie normale. Le temps était long. Tu ne savais pas combien de temps tu allais rester, ce que tu allais devenir  ».

      En 2002, «  tout était plus simple  : ni contrôles ni policiers ni barbelés  », lui répond Wira, qui a franchi la frontière à cette date. «  Je suis resté trois jours à Calais et j’ai réussi dès le premier coup à passer dans un camion  ». Les souvenirs de Wira sont légers et flous, ceux de Barzan tenaces et amers.

      Les deux hommes montrent leurs mains rouges et desséchées. S’ils n’ont toujours pas de statut de réfugié, ils ont un travail, l’une de leurs motivations pour venir en Grande-Bretagne.

      «  On lave des voitures  », explique Barzan. «  Si tu es réfugié, en Angleterre, tu dois passer par le “car-wash” même si ça abime les mains, plaisante Wira, c’est dans une société de lavage de voitures que nous nous sommes rencontrés, beaucoup de Kurdes y travaillent, on trouve toujours. Au début on gagne 39 euros puis avec l’expérience 56 euros par semaine. Je travaille dans ce secteur depuis quatorze ans  ».

      Et toujours non déclaré. «  Trouver un job au noir, c’est facile en Grande-Bretagne, je ne me suis jamais fait prendre par les autorités. Il paraît que quelques patrons se prennent des amendes. Mais personnellement, je n’ai jamais vu aucun directeur avoir des problèmes  ».

      Dans ce pays à l’économie libérale, le travail au noir représente près de 9,4 % du PIB en 2017, selon le magazine américain Forbes.

      On ne compte pas nos heures, on travaille six jours sur sept.

      Barzan, un Kurde irakien de 26 ans

      «  Mais je crois qu’en fait c’est la norme, comme un cercle vicieux sans fin, analyse Wira. La Grande-Bretagne a besoin de nous, de main d’œuvre, pour les petits boulots. Mais en même temps, nous sommes rejetés, nous n’avons pas de droits  ».

      Les compères remontent l’artère commerçante de Liverpool où se succèdent les magasins des grandes chaînes de prêt-à-porter. «  C’est une très belle ville, mais je suis effrayé par le racisme, avoue Barzan. Tu le sens, le raciste, c’est celui qui te regarde comme quelqu’un d’inférieur  ». Ils rejoignent un restaurant kurde aux murs blancs.

      Barzan déprime devant sa soupe de lentilles rouges. «  Je suis perdu, je veux gagner ma vie mais dans une usine ou en tant que chauffeur de taxi, pas dans un “car-wash”, au noir  ». Il songe au retour et évoque cet ami kurde qui lui «  n’en pouvait plus d’attendre  ». «  Il est parti en Allemagne pour tenter de demander l’asile là-bas  ».

      Comme lui, en 2017, quelque 966 personnes ont franchi irrégulièrement la frontière entre l’Angleterre et la France, selon l’Ocriest (Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre). Souvent dissimulés dans les camions, ils ont finalement re-traversé la Manche en sens inverse, lassés de la dureté de ce pays dont ils avaient trop rêvé.

      Lire aussi : L’abandon des enfants migrants en France
      Ridire (Bédouin apatride)

      Ridire exhibe tout sourires ses cartes. «  Ma première carte d’identité, ma première carte de crédit  ». Des sésames dont il est fier et grâce auxquels il bénéficie d’une reconnaissance après un long passage à vide. «  Dans tous les pays que j’ai traversés, j’étais considéré comme quelqu’un d’illégal, un terroriste, parce que j’étais un migrant  ».

      Cet homme brun au teint hâlé traîne ses longues jambes sur un marché bouillonnant de Birmingham, sa commune d’adoption. «  C’est une bonne localité pour recommencer une nouvelle vie, trouver un bon travail  ». Entre les étals, les langues anglaise mais aussi pakistanaise, arabe ou chinoise se mêlent dans cette deuxième ville d’Angleterre qui abrite de nombreux réfugiés.

      Bédouin, Ridire est né sans papiers au Koweït.

      «  Nous sommes bidoune [sans papiers, ndlr] et persécutés, le pays ne veut pas de nous  ». Formant une famille d’apatrides avec sa mère et ses petits frère et sœur, ils prennent en 2010 le chemin de Damas, en Syrie, où Ridire travaille dans un hôtel.

      La guerre arrive, la fuite au Liban s’impose, dans un camp de réfugiés où l’attente devient interminable. Ils décident alors de rejoindre leur oncle, installé depuis des années en Grande-Bretagne.

      Son frère et sa sœur, mineurs, bénéficient d’un regroupement familial. Ridire emprunte la voie illégale  : traversée de la Turquie, la Grèce, la route des Balkans, à l’été 2015.

      «  J’ai rarement ressenti d’humanité, insiste Ridire. La seule fois c’était à Lesbos, avec des bénévoles qui m’ont parlé comme à quelqu’un de normal  ». Une inhumanité qui s’accentue, d’après lui, lorsqu’il débarque à Grande-Synthe.

      «  Je suis arrivé de nuit, avec ma mère. D’autres migrants nous ont dit de nous installer dans une tente. Le lendemain, à la lumière du jour, j’ai découvert le cauchemar : les rats, la boue...  » Ridire est alors au camp du #Barosch de #Grande-Synthe, aux côtés de 2 000 migrants. Il y découvre le système des passeurs.

      «  Des trafiquants sont venus me voir, m’ont dit “comme tu es Koweïtien, tu es riche, un passage te coûtera 2 500 euros”  ». Dans le nord de la France, les trafiquants appliquent les tarifs de leurs «  prestations  » souterraines au faciès.

      Pour passer la Manche caché dans un camion, un ressortissant érythréen, réputé pauvre, paiera moitié moins cher qu’un Syrien, réputé riche, indique Ridire écœuré. Lui n’a pas d’argent. Les saisons passent à Grande-Synthe. Sa mère tombe malade, il parvient à la faire passer légalement en Grande-Bretagne, mi-2016.

      Seul, Ridire déchante. «  Je pensais que j’allais mourir à Grande-Synthe. Un passeur qui me voyait dépérir m’a aidé. Un soir il m’a dit, “ok tu montes gratuit” dans un camion qui contenait des télévisions, de la farine, des pots en céramique…  ».

      Sur le trajet, il pleure de joie. «  Je me disais, je vais enfin avoir des droits. Le poids lourd s’est arrêté dans un village du centre, je suis sorti sous les yeux médusés du chauffeur – un Roumain je crois – en courant, trop heureux. Il n’a rien dit. J’ai appelé ma famille à Birmingham qui m’a envoyé un taxi  ».

      Au bout d’un an, Ridire obtient son statut, le Koweït est jugé dangereux pour lui «  il y a un risque d’extinction de la communauté (des Bédouins) à cause du mauvais traitement que nous subissons : pas de services, pas d’accès à l’éducation ni à la santé  », justifie Ridire.

      Il peut aujourd’hui avoir accès au système de santé, étudie les mathématiques à la faculté, vit dans une maison avec sa mère. Les 42 euros hebdomadaires que lui verse le gouvernement l’aident à se nourrir.

      «  D’ici quelques années, je travaillerai dans l’industrie du pétrole, je n’ai pas honte de dire que j’ai envie de bien gagner ma vie. L’Angleterre pour moi, c’est le business, c’est très différent de la France, où j’ai le sentiment que les gens sont plus amicaux  ». Le pays réputé individualiste «  casse quelques traditions et valeurs familiales, avoue-t-il. En ce mois de juin, c’est le ramadan, or mes frère et sœur n’ont pas le temps de venir dîner, ils disent qu’ils travaillent trop. Alors on s’appelle, mais on ne reste plus ensemble, comme au Koweït. S’il nous arrive une broutille, personne ne se déplace pour l’autre. Trop de travail, c’est souvent l’excuse  ».

      Maintenant, Ridire espère obtenir d’autres droits. «  J’aimerais pouvoir voter. Si j’avais eu ce droit, je n’aurais surtout pas voté pour le Brexit, qui ­m’inquiète et va nous isoler  ».
      Henok (Érythréen)

      Henok chante des airs de rap en marchant sur les trottoirs bondés de Londres. Il slalome ce jour de juin entre les passants, près de la gare internationale de Saint-Pancras. Parmi la foule d’anonymes, personne ne s’attarde sur la bouille ronde du jeune Érythréen, cheveux en bataille, survêtement noir et petite sacoche.

      Sur le chemin de l’exil, Henok devait fuir les regards, «  On me dévisageait alors que je voulais être discret, dit l’adolescent de 18 ans. Il était l’étranger. Aujourd’hui, je me sens libre  ». Il avance serein entonnant des paroles sur Calais, qu’il a composées lui-même. La ville, jamais loin, le hante toujours. Car avec Tripoli, en Libye, Calais est l’escale de son ­parcours qui l’a le plus «  choqué  ».

      Parti seul d’un village près d’Asmara à 14 ans, il fuit le service militaire à vie de ce pays d’Afrique de l’Est sous la coupe du dictateur Isaias Afwerki.

      Pendant deux ans, Henok ne songe qu’à traverser les frontières. «  Je voulais venir en Grande-Bretagne dès le départ. J’avais entendu par des amis déjà sur place qu’on trouvait du travail plus facilement en Angleterre qu’en Italie ou en France  ».

      Son itinéraire se dessine : Soudan, Libye, Italie, France. Des milliers d’autres migrants l’ont fait avant lui, cela lui donne espoir, les photos de proches en Grande-Bretagne le soutiennent pendant son périple. Sans argent, il ne passe pas toujours avec des passeurs de frontières, «  je me cachais seul dans les camions  ».

      Lire aussi : Plus de cent soudanais renvoyés dans l’enfer libyen

      Henok insiste sur deux étapes qui l’ont traumatisé.

      À Tripoli en Libye et à Calais, j’ai lutté pour ma survie. Je pensais souvent à la mort.

      Henok, Érythréen de 18 ans

      Malgré sa jeunesse, elle est omniprésente dans la vie de l’adolescent. «  En Libye, je suis resté bloqué à Tripoli, pendant trois mois, dans une maison de torture [les migrants nomment généralement ces bâtisses des connexions houses, surveillées par les passeurs, ndlr]  ».

      Enfoncé dans le fauteuil d’un café cosy londonien, Henok exhibe une blessure sur sa main. «  Ceux qui me gardaient me brûlaient, ils voulaient appeler mes parents pour avoir de l’argent contre ma liberté, mais mes parents n’ont pas de téléphone dans leur village !  ».

      Il perd la notion du temps, finit par embarquer pour l’Italie «  Un jour de printemps 2015, dit-il évasif. J’avais trop peur, mais il fallait rejoindre l’Italie. C’était la mort en Libye, la mort dans l’eau ou l’Italie, pas d’autres options  ». Il navigue sur la Méditerranée centrale dans un bateau en bois où s’entassent 383 personnes, avant d’être tiré des flots par un navire italien. «  Le plus beau jour de ma vie, mais je n’arrive pas à le décrire, c’était trop fort  ». Il marque un silence et sourit.

      Après cette frontière traumatisante, il reste à Henok une autre mer à traverser  : la Manche. Et un second traumatisme, Calais. «  Je suis passé facilement de l’Italie à la France par les Alpes, caché dans un camion, contre 30 euros. Calais, finalement, ça paraissait simple à franchir  : la Manche est petite comparée à la Méditerranée  ».

      Mais, bloqué dans la ville de la dentelle pendant un mois et deux semaines, il partage l’errance d’un sans-domicile avec d’autres Érythréens près du port de la ville, nourris par les ONG.

      Puis Henok découvre la traque, dit-il, de ceux dont tous les migrants connaissent l’acronyme à Calais  : les CRS. «  Presque chaque nuit, je tentais de me cacher dans des camions, avec des amis, sans passeur, les policiers n’étaient jamais loin. Au bout de quelques semaines, je me suis fabriqué un faux garrot pour faire croire que j’étais blessé et qu’ils me laissent tranquille  ».

      Son ton s’accélère, il raconte nerveusement. «  J’essayais de me glisser sous les châssis des camions, ou de rentrer dans les cargaisons dès que je voyais des poids lourds à l’arrêt. Je ne comptais pas les tentatives. Je me faisais prendre par les policiers, je recommençais le lendemain  ».

      Cela devient un défi pour l’adolescent. «  Je n’avais pas peur, je pensais à l’Angleterre toute la journée. La nuit, lors de mes passages, mes vêtements étaient déchirés à force de courir et tomber sur les routes  ». Sa crainte principale  : «  Les chiens (renifleurs) du port qui finissaient toujours par me trouver planqué dans les camions alors que j’étais près du but  ».

      Henok parvient à sauter dans un train de poids lourds qui file vers l’Eurotunnel.

      Quand j’ai compris que j’étais sous le tunnel, l’émotion était intense pas autant qu’en mer en Libye, mais presque.

      Henok, Érythréen de 18 ans

      Henok dépose sa demande d’asile dans les minutes qui suivent son arrivée à Douvres à l’automne 2015, dans un commissariat de la ville-frontière du sud de l’Angleterre.

      Le mineur est transféré vers Londres, où il est logé avec des travailleurs sociaux par le Home Office. Il obtient son statut de réfugié au bout d’un an, aidé par sa minorité car un retour en Érythrée est bien trop dangereux. «  J’ai ce que je voulais, la sécurité et les études. Je veux devenir électricien et continuer le rap  ».

      Mais après cette longue quête, une autre commence pour lui. «  Je cherche mes parents et mon frère, dont je n’ai jamais eu de nouvelles depuis mon départ. Ils n’ont ni adresse ni Internet. Je pense à eux, ça me rend triste, je voudrais les faire venir, je ne sais pas ce qu’ils sont devenus et eux non plus ne savent rien de ma vie  ».


      https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/les-mirages-de-leldorado-britannique

      #dessins de #Elisa_Perrigueur

    • Arrivés en Angleterre illégalement, de nombreux mineurs isolés sont victimes des trafiquants

      Refoulés par le Home Office après des mois passés à Calais, de nombreux mineurs ont tout de même décidé d’atteindre l’Angleterre de manière illégale. Beaucoup ont disparu dans la nature et sont tombés aux mains des réseaux de trafiquants.

      Selon le quotidien britannique The Independent, de nombreux migrants mineurs dont le dossier a été refusé par le Home Office - le ministère anglais de l’intérieur - au moment du démantèlement de la « jungle » de Calais ont traversé la Manche par leurs propres moyens et sont tombés entre les mains de trafiquants au Royaume-Uni.

      Lors de la signature de l’amendement Dubs en mars 2016, le Royaume-Uni s’était engagé auprès de la France à accueillir 480 mineurs isolés présents à Calais et désireux de rejoindre l’Angleterre. Mais en octobre 2016, date du démantèlement de la « jungle », des centaines de mineurs non accompagnés ont vu leur demande déboutée par le Home Office.

      L’association Social workers without borders - qui avait mené une série d’évaluations sur plusieurs enfants de la « jungle » avant son démantèlement - rappelle que sur les 42 enfants signalés « dans le besoin », aucun d’entre eux n’a eu l’autorisation de rejoindre l’Angleterre.

      >> À lire sur InfoMigrants : Au Royaume-Uni, un migrant peut croupir des années en centre de rétention

      Bon nombre de migrants refoulés par les autorités britanniques ont donc tenté leur chance par la voie illégale. Beaucoup d’entre eux se sont ainsi retrouvés piégés dans des réseaux de trafiquants.

      Selon les dernières données du Centre d’information sur la traite des enfants (CTAC), sur les 293 jeunes arrivés en Angleterre clandestinement depuis mi 2016, seulement 103 personnes ont été localisées. Les autres - les 190 autres restants - ont tout simplement disparu dans la nature. À titre d’exemple, sur les 42 mineurs identifiés par Social workers without borders, neuf ont atteint le Royaume-Uni par leurs propres moyens et 14 sont toujours « introuvables ».

      « Quand ils n’ont pas d’argent, leur corps ou le trafic de drogue deviennent des monnaies d’échange »

      Selon le quotidien britannique, un adolescent soudanais placé dans une famille d’accueil a disparu quelques mois après son arrivée en Angleterre, en décembre 2016. « Je lui ai envoyé un message mais je n’ai pas eu de réponse », déclare à The Independent Sue Clayton, une universitaire qui lui avait rendu visite. « Il était clair que les choses ne se passaient pas bien pour lui en Angleterre. Il est probable qu’il travaillait pour le compte d’un trafiquant (…). Il m’a dit que sa mère était très malade et que sa famille avait besoin d’argent ».

      The Independent met également en avant le cas d’un garçon de 16 ans qui a été « pris en otage » par des trafiquants une fois arrivé au Royaume-Uni. Les malfaiteurs le retenaient car son père, installé en Angleterre, n’avait pas les moyens de payer les passeurs de son fils. Le jeune homme a pu être libéré grâce à l’intervention de la police.

      Swati Pande, membre du CTAC, estime qu’il est fréquent que les enfants ayant traversé la Manche disparaissent ou ne soient jamais retrouvés au Royaume-Uni. « Rien n’est gratuit. Ces jeunes ont fait un si long voyage, ils doivent toujours de l’argent à quelqu’un », explique-t-elle au journal anglais. « Au cours de leurs voyages, nous savons qu’il peut y avoir des abus. Quelle est la monnaie d’échange de ces enfants ? Quand ils n’ont pas d’argent, leur corps ou le trafic de drogues deviennent des monnaies d’échange », continue-t-elle.

      Pour la députée anglaise Sarah Jones cité par The Independent, le gouvernement britannique a « tourné le dos aux enfants réfugiés de la ‘jungle’ et continue de le faire ». « Cette année marque le 80ème anniversaire du Kindertransport, quand notre pays a sauvé 10 000 enfants du régime nazi. C’est une honte que le sentiment anti-migrant de notre gouvernement s’étende même aux enfants les plus jeunes et les plus vulnérables », a-t-elle ajouté.
      Une critique injustifiée selon un porte-parole du Home Office qui rappelle que « l’an dernier, le Royaume-Uni a assuré la protection de 6 000 enfants et a également délivré 5 218 visas de regroupement familial, dont plus de la moitié était destiné à des enfants ». Reste que seuls 220 enfants ont été transférés en Angleterre depuis fin 2016, sur les 480 prévus par l’amendement Dubs.


      http://www.infomigrants.net/fr/post/13286/arrives-en-angleterre-illegalement-de-nombreux-mineurs-isoles-sont-vic


  • #pognon_de_dingue Belgique « Nous visualisons la dette du photovoltaïque et nous la payons sur 20 ans » RTBF La Première - 18 Septembre 2018
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_jean-luc-crucke-nous-visualisons-la-dette-du-photovoltaique-et-nous-la-p

    Le gouvernement wallon a dévoilé lundi sa solution à la dette du photovoltaïque. La mise en œuvre de cette solution aura dans un premier temps pour conséquence une « diminution de la facture énergétique » des Wallons, « parce que le véhicule bancaire utilisé permet de capter la surcharge qui existait sur le prix de l’électricité, et de combiner cette surcharge avec une globalisation de la dette sur 20 ans. Ce qui permet d’étaler cette dette, et en même temps de diminuer la charge sur le consommateur » explique à la RTBF le ministre wallon de l’Energie Jean-Luc Crucke (MR).

    Selon Jean-Luc Crucke, « le système imaginé par monsieur Furlan et toute sa bande consistait à placer tous ces certificats verts dans le frigo, dans les tiroirs, on les cachait en-dessous du paillasson, et on verrait bien, si un jour le marché revient à une meilleure santé, comment on peut les réinjecter. Ce système coûtait déjà. Ici ce que nous faisons, c’est que non seulement on visualise la dette, mais on annule les certificats verts. Donc on ne met plus au frigo. Je dis au Parti socialiste et au précédent gouvernement que l’addition est là, elle a un coût et il faut pouvoir l’assumer sans faire mal à tous les citoyens qui n’en sont pas responsables. Je mets la dette à jour et, de manière pérenne, définitive, durable, je dis que nous la payons sur 20 ans ».


    « Tout est transparent »
    Le recours à la banque #BNP #Paribas #Fortis pour le financement de la dette a un coût « qui est intégré dans le calcul que nous avons fait. Quand on mettait les certificats verts au frigo cela avait aussi un coût, mais un coût pour rien puisque c’était pour cacher. Ici c’est pour régler : une fois pour toutes, on annule les certificats verts. Je rappelle que, depuis 2003, il y a eu 53 millions de certificats verts qui ont été publiés. Et sur ces 53 millions, seuls 35 millions ont été absorbés par le marché » selon le ministre.

    « Le choix de la banque a fait l’objet d’un marché public. Trois banques ont soumissionné et la solution la plus intéressante et qui permettait d’avoir un véhicule extérieur au budget wallon, c’est celle de BNP Paribas Fortis. Tout cela est transparent » assure Jean-Luc Crucke.

      #environnement #énergie #électricité  #éoliennes #écologie #énergie_éolienne #énergies #politique #dette #photovoltaïque


  • #pognon_de_dingue Belgique : Bulle du photovoltaïque : pas de nouvelles taxes, le système de certificats verts maintenu RTBF 17 Septembre 2018
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_bulle-du-photovoltaique-pas-de-nouvelles-taxes-le-systeme-de-certificats


    . . . . .
    BNP Paribas Fortis financera la dette
    Il fallait trouver une solution à la bulle d’un milliard et demi d’euros créées par l’octroi de nombreux certificats verts, qui faisaient office de subside à l’installation de panneaux photovoltaïques, tout en respectant l’engagement pris à l’égard des détenteurs de ces panneaux.

    Désormais, la dette des certificats verts ne sera plus stockée dans le giron d’Elia (chargée de racheter les certificats verts) et de la Région wallonne. La banque BNP Paribas Fortis assurera en effet le financement de cette dette en la transformant en obligations (en bons verts). 
    . . . . .
    #environnement #énergie #électricité   #écologie #énergies #politique #dette #BNP #Paribas #Fortis #photovoltaïque


  • Assurance chômage : où trouver les économies ? | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/assurance-chomage-trouver-economies/00086022

    1/ Le retour de la dégressivité (...)
    2/ Un plafond pour les cadres (...)
    3/ Créer une allocation forfaitaire (...)
    4/ Arrêter de faire financer l’Unédic par Pôle emploi (...)
    5/ Une allocation pour les chômeurs de longue durée (...)
    6/ S’attaquer à la permittence (...)

    Autre piste ouverte par la loi de la ministre du Travail votée le 1er août dernier : limiter les abus liés à la « permittence ». Pour favoriser le retour à l’emploi, les conventions d’assurance chômage successives ont favorisé le cumul emploi-chômage. Autrement dit, le cumul d’un salaire et d’une allocation chômage. L’objectif poursuivi était de faire en sorte que les demandeurs d’emploi n’aient jamais à redouter de perdre leurs droits au chômage lorsqu’ils acceptent un boulot – même de très courte durée et/ou moins bien rémunéré que leur précédent emploi. Effet pervers de ce système, l’assurance chômage en est arrivée à subventionner des contrats précaires qui lui coûtent très cher.

    Plus de 1,5 million de demandeurs d’emploi travaillent en activité réduite tout en restant inscrits à Pôle emploi Twitter
    Faute de trouver un emploi mieux rémunéré ou à temps plein, près de 2 millions de demandeurs d’emploi travaillent en activité réduite tout en restant inscrits à Pôle emploi (catégorie B et C). Et la moitié d’entre eux est indemnisée par l’Unédic. Une aubaine pour certains employeurs qui peuvent ainsi maintenir des rémunérations basses et multiplier les contrats temporaires, le complément de salaire ou les inter-missions entre deux périodes d’activité étant assurées par l’Unédic. Pour autant, limiter dans la durée la possibilité de conjuguer allocation chômage et salaires, comme le suggère le gouvernement, pénaliserait avant tout les demandeurs d’emploi. (...)

    7/ Taxer les contrats courts (...)

    #allocation #chômage #emploi #dette #chômeurs #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit #précaires


  • Le Fonds Monétaire International devrait-il dédommager l’Afrique pour ses lourdes erreurs de prescriptions ?
    https://www.agenceecofin.com/hebdop2/0709-59764-le-fonds-monetaire-international-devrait-il-dedommager-l-af

    Entre 2016 et 2017, le Fonds Monétaire International s’est manifesté en force aux côté de plusieurs pays africains, comme étant la solution en dernier ressort face à leurs problèmes de déséquilibres économiques. Au total 23,7 milliards $ ont été accordés sur la période à une quinzaine de pays. On a presque oublié les épisodes des années des #ajustements_structurels, qui ont été vécus dans la douleur par beaucoup de peuples africains. Une partie des opinions africaines, et même internationale, estiment le #FMI devrait être tenu pour responsable de la situation de dépendance permanente que connaît aujourd’hui, le continent, paradoxalement le plus riche du monde en ressources.

    #Afrique #histoire #colonisation #dette #pauvreté #pillage_des_ressources


  • L’aide au développement est une pure arnaque

    Bien loin de contribuer à atténuer les inégalités, l’argent versé par les pays riches aux pays du Sud sert d’abord à exercer une #influence politique et commerciale, en plus d’entretenir le cercle infernal de la dette, dénonce ce journaliste britannique.

    https://www.courrierinternational.com/article/laide-au-developpement-est-une-pure-arnaque

    #aide_au_développement #développement #coopération_au_développement #arnaque #dette #néo-colonialisme


  • Le #développement_personnel est-il vraiment l’#arnaque du siècle ? (Jean-Laurent Cassely, Slate)
    http://www.slate.fr/story/166196/societe-happycratie-bonheur-developpement-personnel-pensee-positive

    Dans la période post-crise 2008, durant laquelle les #inégalités se creusent, les chances de #mobilité_sociale s’aménuisent, le fonctionnement du #marché_du_travail se durcit, l’appel à faire preuve d’#enthousiasme, de #positivité et d’#autonomie contribue à faire porter sur les individus la #responsabilité de tout ce qui dysfonctionne.

    Des phénomènes structurels lourds comme les variations du taux de #chômage ou la #dette des États peuvent passer au second plan ou même être occultés au profit de l’encouragement à devenir l’#entrepreneur de #soi-même, à rebondir et à faire de ses #échecs des #opportunités – autant de maximes qui forment un néo-bouddhisme absurde, une « #pornographie_émotionnelle » que les adeptes des fils d’actualité du réseau Linkedin ne connaissent malheureusement que trop bien.

    […]

    Le véritable débat concerne peut-être moins l’efficacité des techniques du mieux-être que la vision du monde qu’elles véhiculent. Sur le plan individuel, toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à être riches, heureux, en bonne santé, épanouis et débordants d’énergie sont soupçonnés de ne pas avoir fait suffisamment d’#efforts –et donc quelque part de vouloir et de mériter leur sort. Ils cumulent leur #souffrance avec un sentiment de #culpabilité.


  • La Belgique va rembourser 222 millions d’euros d’intérêts à la Grèce
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_la-belgique-va-rembourser-222-millions-d-euros-d-interets-a-la-grece?id=

    La Belgique va rendre un total de 221,8 millions d’euros à Athènes dans le cadre de la rétrocession des gains des banques centrales sur les obligations grecques, relève mardi L’Echo.

    En pleine crise des dettes souveraines, la Banque centrale européenne avait procédé en 2010 à des rachats de dette publique grecque, ce qui a permis à l’Eurosystème (BCE et banques centrales nationales) de réaliser des gains.

    Le 22 juin dernier, les Etats membres de la zone euro ont convenu de rétrocéder ces gains à la Grèce, dans le cadre de la fin du 3ème plan de refinancement de la Grèce. Parmi d’autres mesures, ces montants ont pour but de rendre l’endettement de la Grèce (178% de son PIB) plus soutenable.


    Les versements auront lieu en décembre et juin à partir de cette année et jusqu’en 2022. L’argent devra servir à réduire des besoins de financement de la Grèce ou à financer des investissements qui auront reçu le feu vert des créanciers.

    Les montants par pays n’ont pas encore été divulgués, mais L’Echo s’est procuré le détail auprès du ministère des Finances. L’enveloppe belge totale s’élève à 221,8 millions d’euros.

    Le #pillage par l’#union_européenne de la #Grèce par la #dette , ça rapporte !


  • La dette, l’arme française de la conquête de la Tunisie Éric Toussaint - 7 juillet 2016 - Orient XXI
    https://orientxxi.info/magazine/la-dette-l-arme-qui-a-permis-a-la-france-de-s-approprier-la-tunisie,1395

    Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la Tunisie a expérimenté à son détriment le mécanisme de la dette extérieure comme instrument de domination et d’aliénation de la souveraineté d’un État. Livrée pieds et poings liés à ses créanciers extérieurs, la régence de Tunis perdra son autonomie pour devenir un protectorat français.


    Avant 1881, date de sa conquête par la France qui la transforme en protectorat, la régence de Tunis, province de l’empire ottoman, disposait d’une importante autonomie sous l’autorité d’un bey. Jusqu’en 1863, elle n’emprunte pas à l’étranger : la production agricole assure bon an mal an l’indépendance alimentaire du pays. Mais avec l’accession au trône de Mohammed el-Sadik Bey (Sadok Bey) en 1859, l’influence des puissances européennes, en particulier de leurs banquiers, grandit. Le premier emprunt de la Tunisie à l’étranger cette année-là constituera une véritable arnaque qui débouchera dix-huit ans plus tard sur la conquête de la Tunisie par la France.

    Les banquiers parisiens, comme leurs collègues londoniens, disposent de liquidités abondantes et cherchent des placements à l’étranger plus rémunérateurs que chez eux. Quand, début 1863, le bey fait savoir qu’il souhaite emprunter 25 millions de francs, plusieurs banquiers et courtiers de Londres et de Paris proposent leurs services. Finalement, c’est Émile Erlanger qui emporte le « contrat ». Selon le consul britannique, il lui aurait proposé 500 000 francs afin d’obtenir son soutien. Erlanger, associé à d’autres, obtient également l’autorisation du gouvernement français de vendre à la bourse de Paris des titres tunisiens.

    Une escroquerie à grande échelle
    Selon un rapport établi en 1872-1873 par Victor Villet, un inspecteur français des finances, l’emprunt est une pure escroquerie. D’après le banquier Erlanger, 78 692 obligations tunisiennes sont émises, chacune d’une valeur nominale de 500 francs. L’emprunteur (la Tunisie) doit recevoir environ 37,7 millions de francs (78 692 obligations vendues à 480 francs, soit 37,77 millions) et rembourser à terme 65,1 millions. Selon l’enquête de Villet, Erlanger a prélevé un peu plus de 5 millions de francs de commission (soit environ 13 % du total), plus 2,7 millions détournés, certainement par le premier ministre du bey et le banquier. Donc, pour disposer de 30 millions, le gouvernement tunisien s’engage à rembourser plus du double (65,1 millions).

    Cet emprunt extérieur doit servir à restructurer la dette interne évaluée à l’équivalent de 30 millions de francs français. Il s’agit concrètement de rembourser les bons du trésor beylical ou « teskérés », ce qui est fait, mais les autorités en émettent de nouveau pour un montant équivalent. Victor Villet raconte : « En même temps que dans les bureaux du représentant de la maison Erlanger à Tunis on remboursait les anciens titres..., un courtier du gouvernement (M. Guttierez) installé dans le voisinage reprenait du public l’argent que celui-ci venait de recevoir, en échange de nouveaux teskérés émis au taux de 91 %. À la faveur de cette comédie de remboursement, la dette se trouva simplement... augmentée de 15 millions à peu près ».

    En moins d’un an, l’emprunt est dilapidé. Dans le même temps, l’État se retrouve, pour la première fois de son histoire, endetté vis-à-vis de l’étranger pour un montant très élevé. La dette interne qui aurait dû être remboursée par l’emprunt extérieur a été multipliée par deux. Le bey choisit, sous la pression de ses créanciers, de transférer la facture vers le peuple en augmentant de 100 % la mejba, l’impôt personnel.

    Des profits juteux grâce aux « valeurs à turban »
    La mesure provoque en 1864 une rébellion générale. Les insurgés accusent le gouvernement d’avoir vendu le pays aux Français. Le bey tente par la force d’extorquer un maximum d’impôts et d’amendes à la population. Son échec l’oblige à monter avec le banquier Erlanger un nouvel emprunt en mars 1865 d’un montant de 36,78 millions de francs à des conditions encore plus mauvaises et scandaleuses qu’en 1863. Cette fois, un titre de 500 francs vendu 480 francs en 1863 ne l’est plus qu’à 380 francs, à peine 76 % de sa valeur faciale. Résultat, l’emprunteur s’endette pour 36,78 millions, cependant il ne reçoit qu’un peu moins de 20 millions. Les frais de courtage et les commissions prélevées par le banquier Erlanger et ses associés Morpurgo-Oppenheim s’élèvent à 18 %, plus près de 3 millions détournés directement par moitié par les banquiers et par moitié par le premier ministre et ses associés. La somme à rembourser en 15 ans s’élève à 75,4 millions de francs.

    Les banquiers ont réalisé une très bonne affaire : ils ont prélevé à l’émission environ 6,5 millions de francs sous forme de commissions, de frais de courtage et de vol pur et simple. Tous les titres ont été vendus en quelques jours. Il règne à Paris une euphorie à propos des titres des pays musulmans (Tunisie, empire ottoman, Égypte), désignés comme les « valeurs à turban », les banquiers payant la presse pour publier des informations rassurantes sur les réalités locales.

    À la merci des créanciers
    Les nouvelles dettes accumulées au cours des années 1863-1865 mettent la Tunisie à la merci de ses créanciers extérieurs ainsi que de la France. Il lui est tout simplement impossible de rembourser les échéances. L’année 1867 est une très mauvaise année agricole. Pressé de se procurer des devises, le bey privilégie l’exportation des produits agricoles au détriment du marché intérieur, avec à la clef d’abord la disette dans plusieurs provinces de la régence, puis une épidémie de choléra.

    En avril 1868, sous la dictée des représentants de la France, le bey établit la Commission internationale financière. Le texte du décret du 5 juillet 1869 constitue un véritable acte de soumission aux créanciers. L’article 9, particulièrement important, indique très clairement que la Commission percevra tous les revenus de l’État sans exception. L’article 10, décisif pour les banquiers, prévoit qu’ils y auront deux représentants. L’une des tâches principales de la commission — la plus urgente — est de restructurer la dette. Aucune réduction de dette n’est accordée à la Tunisie. Au contraire, les banquiers obtiennent qu’elle soit portée à 125 millions de francs. C’est une victoire totale pour ces derniers, représentés par les délégués d’Alphonse Pinard et d’Émile Erlanger qui ont racheté en bourse des obligations de 1863 ou de 1865 à 135 ou 150 francs. Ils obtiennent grâce à la restructuration de 1870 un échange de titres quasiment au prix de 500 francs.

    Les autorités tunisiennes sont complices de ce pillage. Le premier ministre Mustapha Khaznadar, d’autres dignitaires du régime — sans oublier d’autres Tunisiens fortunés qui détenaient également des titres de la dette interne —font d’énormes profits lors de la restructuration.

    Indemnisés et largement satisfaits, Pinard et Erlanger se retirent alors de Tunisie. Émile Erlanger construit un empire financier, notamment grâce à ses opérations tunisiennes, met la main sur le Crédit mobilier de Paris et, quelques années plus tard, sur la grande agence de presse Havas. De son côté, Alphonse Pinard poursuit ses activités en France et dans le monde, participe à la création de la Société générale (l’une des trois principales banques françaises aujourd’hui) ainsi qu’à une autre banque qui s’est transformée au cours du temps en BNP Paribas (la principale banque française actuelle).

    Mise sous tutelle
    Depuis la conquête de l’Algérie à partir de 1830, Paris considère que la France a plus qu’un droit de regard sur la Tunisie. Encore faut-il trouver le prétexte et le moment opportun. Dans la région, l’Égypte a la priorité pour des raisons géostratégiques : la possibilité d’avoir un accès direct à l’Asie avec l’ouverture du canal de Suez entre la Méditerranée et la mer Rouge en 1869 ; l’accès à l’Afrique noire par le Nil ; la proximité de l’Orient par voie terrestre ; le potentiel agricole de l’Égypte ; la concurrence entre le Royaume-Uni et la France (celui des deux pays qui contrôlera l’Égypte aura un avantage stratégique sur l’autre).

    Lors du Congrès de Berlin en juin 1878 qui partage l’Afrique, tant l’Allemagne que l’Angleterre abandonnent à la France la Tunisie — qui ne présente aucun attrait pour l’Allemagne. Pour le chancelier allemand Otto von Bismarck, si la France se concentre sur la conquête de la Tunisie avec son accord, elle sera moins encline à récupérer l’Alsace-Lorraine. Le Royaume-Uni, qui donne la priorité à la Méditerranée orientale (Chypre, Égypte, Syrie…), voit aussi d’un bon œil que la France soit occupée à l’ouest en Tunisie.

    La diplomatie française n’a de cesse de provoquer un incident ou de trouver un prétexte qui justifie une intervention de la France. Le conflit entre la tribu algérienne des Ouled Nahd et les Kroumirs tunisiens est l’occasion de lancer une intervention militaire française de grande ampleur. Vingt-quatre mille soldats sont envoyés contre les Kroumirs. Le traité du 12 mai 1881 signé entre le bey de Tunis et le gouvernement français instaure un protectorat français en Tunisie. La leçon ne doit pas être oubliée.
    #Éric_Toussaint

    #Tunisie #dette #havas #Émile_Erlanger #diplomatie #Alphonse_Pinard #BNP_Paribas #banquiers #bourse


  • Aux Etats-Unis, le nombre de défauts d’emprunts étudiants explose
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0302147153710-aux-etats-unis-le-nombre-de-defauts-demprunts-etudiants-explo

    Selon le think tank basé à Washington, les communautés « hispanique » et « afro » sont plus touchées que les autres. « Les étudiants de couleurs, particulièrement les noirs, ont une probabilité plus importante que les blancs d’être en défaut », écrit l’auteur du rapport, Kristin Blagg.

    Dans le même sens, la chercheuse souligne que les cas de défaut sur des prêts étudiants sont plus importants dans les milieux modestes. Les zones où le revenu médian d’un foyer est d’environ 50.000 dollars sont plus impactées que les zones où il est d’environ 60.000 dollars.

    #bulle #dette


  • Dix ans après, la petite fête des anciens de Lehman fait polémique à Londres Charles Gautier - 20 Aout 2018 - Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr/societes/2018/08/20/20005-20180820ARTFIG00229-dix-ans-apres-la-petite-fete-des-anciens-de-lehma

    Pour se retrouver dix ans après, ils avaient décidé de prendre discrètement un verre le 15 septembre dans un club londonien. C’était sans compter avec le site Financial News qui a eu vent de l’événement.

    Subprimes, emprunts toxiques, faillite retentissante… À l’évocation du nom de Lehman Brothers, les visages, généralement, s’assombrissent. En 2008, des dizaines de milliards de dollars ont été injectés dans le système bancaire pour éviter son implosion définitive. Pour les anciens de Lehman, tout cela n’est plus qu’un mauvais souvenir à peine entretenu par le filmMargin Callde Jeffrey C. Chandor (2011).


    Pour se retrouver dix ans après, ils avaient décidé de prendre discrètement un verre le 15 septembre dans un club londonien, The Conduit. C’était sans compter avec le site Internet Financial News qui a eu vent de l’événement grâce à un courriel destiné aux « Lehman brothers and sisters » (sic), sur le thème : « Quoi de mieux pour fêter le dixième anniversaire que de rassembler tout le monde encore une fois. »

    Fête « écœurante »
    . . . . .
    #finance #banques #capitalisme #dette #lehman_brothers #banksters #lehman #crise_financière #crise-financière


  • USA : Un jeu télévisé qui efface des dettes étudiantes Thomas Urbain - 2 Aout 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/533639/un-jeu-televise-qui-efface-des-dettes-etudiantes

    Rembourser les dettes contractées par de jeunes diplômés pour financer leurs études supérieures, c’est la proposition du jeu Paid Off, lancé par une chaîne câblée, qui attire l’attention sur le dossier explosif des crédits étudiants.

    Selon les chiffres de la Réserve fédérale américaine, l’encours des crédits étudiants a atteint, fin mars, 1380 milliard $US, après avoir plus que doublé en dix ans (+138 %).

    « Ma femme et moi avons galéré avec nos prêts étudiants et nous n’avons pu rembourser que parce que j’ai décroché une pub pour des sous-vêtements », explique Michael Torpey, acteur et présentateur de Paid Off, en préambule de l’émission, diffusée par la chaîne TruTV.

    « Mais comment font les 45 millions d’Américains qui ont des dettes étudiantes ? interroge-t-il. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de pubs pour des sous-vêtements. »

    Selon l’association College Board, le coût moyen d’un cursus universitaire de base (4 ans) aux États-Unis est de 34 740 $US par an dans une université privée, sans compter les frais annexes (hébergement, nourriture).

    La plupart des facultés les plus prestigieuses sont des établissements privés.

    De nombreux étudiants empruntent donc tout ou partie du coût de leur scolarité universitaire.


    Questions-réponses
    Certains des concurrents de Paid Off, jeu hebdomadaire diffusé depuis le 10 juillet, affichent des ardoises de plus de 40 000 $. Pour effacer le tout, il faut passer trois tours de questions d’un bon niveau, parfois pointues.

    En fin d’émission, Michael Torpey rappelle les chiffres, édifiants, des dettes étudiantes. « Cela n’est pas une fatalité, dit-il. Appelez vos élus dès maintenant et dites leur que nous avons besoin d’une meilleure solution que ce jeu. »

    « Pour nous, Paid Off est un jeu télévisé humoristique qui met un coup de projecteur sur une crise nationale », explique Lesley Goldman, producteur exécutif de l’émission.

    « Les dettes étudiantes sont une réalité pour des millions de gens , ajoute-t-il, et s’il faut ce jeu absurde de Michael Torpey pour lancer un débat sur le sujet, nous sommes ravis de travailler avec lui pour faire de son idée une réalité. »

    Lesley Goldman, qui est vice-président de TruTV et responsable du développement des nouveaux programmes, n’a pas souhaité communiquer de chiffres d’audience, mais assure que le buzz et les réactions sur les réseaux sociaux ont été « remarquables ».
    Seize épisodes ont été tournés à ce jour.

    TruTV n’a pas fixé de plafond à la dette de chaque concurrent, mais le responsable explique qu’un budget fixe a été affecté aux 16 épisodes, sans en préciser le montant.

    #Université #dette #tv #jeux #pret


  • À la merci d’un courant violent : la Grèce après l’accord du 21 juin

    La logique néo-libérale l’a d’abord emporté sur ce terrain, rien d’autre que celui des classes sociales, en parvenant à retourner les classes moyennes et populaires des pays créanciers contre les classes moyennes et populaires des pays endettés, en encourageant le ressentiment d’une infirmière allemande à l’égard de sa camarade grecque (ou portugaise, italienne, espagnole...) et en instrumentalisant à cette fin le sentiment national (caricatures racistes de tel quotidien hollandais, couvertures du « Spiegel », sarcasmes de tel éditorialiste du « Monde » imitant l’accent grec sur les ondes de France-Culture, sortie ouvertement raciste du président de l’Eurogroupe, refrain en boucle : travailleurs vertueux du Nord appelés à payer pour le Sud fainéant...). Une offensive idéologique fondée sur l’opposition nord / sud et sur l’application d’une grille de lecture morale aussi simpliste qu’efficace (« Il faut toujours payer ses dettes ») à la réalité complexe, opaque au plus grand nombre, des mécanismes contemporains de l’endettement, est ainsi venue se greffer sur les déséquilibres structurels de la zone euro, et les a renforcés.

    #Grèce #Europe #Eurogroupe #dette #néo-libéralisme #austérité #tourisme #classes_sociale #alliance_de_classes #nationalisme #souverainisme #hégémonie

    https://oulaviesauvage.blog/2018/07/05/a-la-merci-dun-courant-violent-la-grece-apres-laccord-du-21-juin


  • Souveraine dette | à propos de l’accord sur la Grèce du 21 juin 2018

    L’accord du 21 juin, loin de ne concerner que la Grèce, met en lumière l’incapacité des élites au pouvoir à faire face à la crise systémique qui continue de guetter l’Europe : amnésie sélective, volonté de cacher sous le tapis les causes profondes de l’instabilité financière et de la dissolution politique de l’Union, réintroduction de mécanismes qui se trouvent au départ de la crise mais dont les responsables européens semblent croire qu’ils produiront cette fois, « comme par magie, d’autres effets ».

    #austérité #crise #dette #Europe #Syriza #gauche #UE #Eurogroupe #Italie #finance #banque #néo-libéralisme #titrisation #endettement #politique

    https://oulaviesauvage.blog/2018/06/25/souveraine-dette


  • Les aides à la Grèce ont rapporté 2,9 milliards d’euros à l’Allemagne Belga - 21 Juin 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_les-aides-a-la-grece-ont-rapporte-2-9-milliards-d-euros-a-l-allemagne?id

    L’Allemagne a engrangé depuis 2010 quelque 2,9 milliards d’euros de revenus d’intérêt et ressort donc largement gagnante des milliards d’aides octroyés à la Grèce pour sauver le pays de la faillite. C’est ce qui ressort d’une réponse du gouvernement d’Angela Merkel à une question des écologistes transmise à l’agence DPA.

    Les ministres des Finances de la zone euro doivent se pencher jeudi à Luxembourg sur les dernières mesures qui doivent être prises par la Grèce afin qu’elle puisse sortir en août prochain de la tutelle financière de l’Union européenne. Le dernier programme d’aide de 86 milliards d’euros prendra fin en août.


    Selon le gouvernement allemand, ce sont principalement les rachats d’obligations d’Etat grecques - dans le cadre du « Securities Market Program » (SMP) de la Banque centrale européenne - qui ont permis ce profit à l’Allemagne.

    Jusqu’en 2017, la Banque centrale allemande a perçu 3,4 milliards d’euros de revenus d’intérêt provenant de ces SMP. Pour les années 2013 et 2014, ces intérêts ont été reversés au fonds de sauvetage européen ESM et à la Grèce, mais il reste donc un bénéfice de 2,5 milliards d’euros.

    Au vu de ces chiffres, le parti écologiste Die Grünen demande un allègement de la dette pour Athènes. « Contrairement à tous les mythes mis en avant par la droite, l’Allemagne a profité massivement de la dette grecque », a relevé l’expert budgétaire du parti d’opposition. Selon lui, il est inconcevable que le gouvernement assainisse ses finances grâce à des revenus d’intérêt grecs.

    #Grèce #dette #allemagne #euro


  • Le FMI de retour en Argentine : « À l’horizon, une crise économique et sociale encore plus aiguë que la crise actuelle »
    http://www.cadtm.org/Le-FMI-de-retour-en-Argentine-A-l-horizon-une-crise-economique-et-sociale

    Après plus d’une décennie de « distanciation » officielle entre l’Argentine et le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement de Mauricio Macri vient de frapper à nouveau aux portes du gendarme financier de la planète. Le crédit de 50 milliards de dollars accordé par l’organisation au cours de la première semaine de juin constitue un record international et aura un impact direct sur la situation économique et sociale de ce pays d’Amérique du Sud. C’est ce que souligne l’historien et économiste belge Eric Toussaint, spécialiste reconnu dans ce domaine et porte-parole du Comité pour l’Abolition des #Dettes_Illégitimes (CADTM), basé à Bruxelles. Entretien.

    #Argentine #FMI


  • Les emprunts russes sur la place de Paris
    http://www.laviedesidees.fr/Les-emprunts-russes-sur-la-place-de-Paris.html

    Que sont devenus les « emprunts russes » après la #révolution bolchevique ? Dans cette étude des rapports de force géo-économiques, Kim Oosterlinck retrace les multiples tentatives des créanciers français, entre 1919 et 1926, pour récupérer leurs actifs gelés.

    #Recensions

    / révolution, #dette


  • Le FMI et la France : encore un abus d’ingérence ! 11 juin 2018 par CADTM France
    http://www.cadtm.org/Le-FMI-et-la-France-encore-un-abus-d-ingerence

    Le 4 juin dernier, le FMI a publié sa lettre [1] de fin de mission et énonce ses recommandations pour la France. On pourrait croire à une déclaration de politique générale tant cette lettre semble faite de copiés-collés du programme des instances ministérielles et des annonces de l’Élysée. Il y a là une ingérence manifeste et partisane au sens où le FMI dicte ses orientations politiques au gouvernement français et que ces orientations rabâchées jusqu’à plus soif vont toujours dans l’intérêt des classes dominantes.


    Il en est ainsi : 
- de la réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage (débat en cours sous l’intitulé = « Projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ») ; 
- de celle de la SNCF (« Projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ») ; 
- de la réduction des dépenses publiques (en cours avec le projet Cap 2022 qui prévoit une réduction des dépenses publiques de 30 % de leur montant actuel avec 120 000 suppressions d’emplois dans la fonction publique [2]) ; 
 du déploiement d’outils macroprudentiels pour éviter des déséquilibres tant que les conditions financières restent favorables (favorables à qui, la lettre ne le précise pas, mais chacun-e aura compris que ce n’est pas pour les classes populaires).

    Par « outils macroprudentiels », est-ce la théorie du ruissellement chère à Macron qui veut faire croire que l’enrichissement immédiat de quelques-uns aux dépens du plus grand, finira par provoquer des retombées positives pour tous in fine, théorie dont nous avons pu vérifier l’inanité depuis le fameux théorème d’Helmut Schmidt de 1974 (les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain) ? Ou bien s’agit-il d’un paquet de mesures associant la casse de la protection sociale, des cadeaux fiscaux au patronat et les bras ouverts à la finance ?

    Quoiqu’il en soit, face à cette ligue factieuse (Macron-FMI), les chômeurs, les salarié-e-s (à statut ou sans statut) n’ont pas d’autres voies que celui des mobilisations.

    Nous n’avons pas attendu que le FMI en remette une couche pour combattre la financiarisation et les injustices de cette société.

    Un groupe de citoyens a commencé à mettre à nu le système-dette appliqué à l’assurance chômage [3] et a interpellé le ministère du Travail et la direction de l’Unedic qui, par leur silence, montrent leur peur de la vérité et de la transparence.

    La dette de la SNCF [4] a été détricotée par le cabinet DEGEST qui a montré que pour 100 € d’empruntés, si 41 € allaient bien à l’investissement, 59 € servaient le système financier. Les cheminots en sont à leur deuxième mois de grève et malgré les tentatives du gouvernement et de ses chiens de garde (les médias à sa botte), la mobilisation ne faiblit pas.

    Du coté des hôpitaux et des Ephads, la lutte continue de même en de nombreux endroits et la population apporte son soutien à ces mobilisations.

    Cette lettre de fin de mission constitue un véritable satisfecit politique donné au gouvernement Macron et un encouragement à poursuivre dans la même voie.

    C’est une véritable ingérence de la part du FMI, ce qui ne nous surprend pas. Encore une fois, cette institution financière internationale se comporte de façon partisane en faveur des plus riches et des transnationales contre les peuples. Le CADTM appelle à la dissolution du FMI, en grande partie responsable des différentes crises qui se succèdent depuis sa création. L’institution est nuisible pour les populations depuis ses fondations et il faut œuvrer à construire des alternatives respectueuses de l’humain et son environnement, sans quoi la précarité va continuer à se généraliser malgré la croissance des richesses entre les mains d’une élite déconnectée de la réalité.

    Notes
    [1] http://www.imf.org/fr/News/Articles/2018/06/04/ms060418-france-staff-concluding-statement-of-the-2018-article-iv-mission
    [2] http://www.modernisation.gouv.fr/sites/default/files/fichiers-attaches/dp_ap_2022.pdf
    [3] http://gacdac.canalblog.com
    [4] https://www.bastamag.net/Comment-la-dette-de-la-SNCF-enrichit-les-marches-financiers-au-detriment-d

    #FMI #France #gouvernement_français #formation_professionnelle #apprentissage #assurance_chômage #SNCF #dépenses_publiques #chômeurs #financiarisation #injustices #dette #Unédic #DEGEST #hôpitaux #Ephads #nuisible #précarité #richesse #élite #CADTM #guerre_aux_pauvres #emmanuel_macron #macron #réformes_antisociales


  • Le cas italien détruit le mythe européen Marc Botenga - 24 Mai 2018 - Solidaire
    http://solidaire.org/articles/le-cas-italien-detruit-le-mythe-europeen

    L’Italie a presque un nouveau gouvernement. Cette alliance entre populistes du Mouvement 5 Étoiles et extrême-droite de la Ligue inquiète l’Union européenne. Le nouvel exécutif pourrait ne plus respecter les traités européens. Mais c’est surtout l’émergence de ce gouvernement même qui devrait inquiéter. Parce qu’il illustre toutes les limites de l’intégration européenne.

    « Nous ne pouvons que conseiller de maintenir le cap en matière de politique économique et financière, de promouvoir la croissance via des réformes et de maintenir le déficit budgétaire sous contrôle. »


    Avant même sa formation officielle, Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, menaçait déjà le nouveau gouvernement italien. « Ils jouent avec le feu, parce que l’Italie est très endettée. Des actions irrationnelles ou populistes peuvent causer une nouvelle crise européenne », ajoutait Manfred Weber, le dirigeant allemand du parti populaire, au Parlement européen. « Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l’assainissement des banques, c’est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée », avertissait de son côté Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie.

    Des recettes européennes en faillite
    C’est comme prescrire un régime à un affamé. Depuis un quart de siècle ce sont précisément les recettes européennes, appliquées par les gouvernements de gauche et de droite, qui ont mené l’Italie au bord du gouffre. La libéralisation du marché du travail qu’impose maintenant le président Emmanuel Macron en France a commencé même avant les réformes Hartz en Allemagne. Le travail précaire et hyper-flexible deviendra la nouvelle norme. Certes, l’Italie est toujours la troisième économie de la zone euro. Elle en est même la deuxième puissance industrielle. Mais les choses changent. La chercheuse italienne Marta Fana a expliqué que depuis 25 ans, l’Italie devient de plus en plus une périphérie européenne, est soumise toujours davantage au leadership économique qu’incarnent l’Allemagne et la France. Pendant que l’Allemagne a profité de ces 25 dernières années pour faire des investissements très forts dans l’industrie, l’Italie a quasiment arrêté de faire des investissements. Rome s’est pliée entièrement à toutes les directives européennes, sur les aides de l’État, l’euro, le déficit, perdant 25 % de structure de production. Cette tendance a été renforcée par la crise de 2008. En 2017, la production industrielle italienne était toujours inférieure de 20 % à son niveau d’avant la crise. L’Italie, synthétise Fana, est en train d’être déclassée : « Nous n’avons pas qu’une perte de structure de production parce que les entreprises ferment, mais on a une perte de structure de production nationale parce que les entreprises italiennes sont achetées par des multinationales françaises et souvent allemandes. Celles-ci utilisent l’Italie comme main d’œuvre mais déplacent les centres de décision, et la recherche et développement vers leurs pays. »1

    Après des décennies de gouvernance européenne, les partis traditionnels se sont effondrés lors des dernières élections. La droite berlusconienne a raté son grand retour. L’ancien Premier ministre social-démocrate Matteo Renzi, grand exemple d’Emmanuel Macron, a payé le prix fort pour ses libéralisations. Après 25 ans de promesses non-tenues, les Italiens ne les croient plus. Face à un taux de chômage élevé et un avenir morose, des millions de jeunes quittent le pays pour trouver du travail à Berlin, Bruxelles ou Paris. D’autres se tournent vers ceux qui promettent de rompre radicalement avec le modèle européen. Ce sont les populistes du Mouvement 5 Etoiles et l’extrême-droite qui ont le mieux incarné ces aspirations de rupture.

    Un néolibéralisme national ?
    Toutefois, dans le programme de gouvernement, les deux partis n’offrent pas un modèle social radicalement différent. Certes, il y a des mesures populaires. A défaut d’une allocation de chômage, l’introduction d’un « revenu citoyen » de 780 euros pendant deux ans est surtout populaire au sud du pays. Ces mesures ont fait le succès de la rhétorique des 5 Étoiles. Néanmoins, le programme du nouveau gouvernement italien ressemble davantage à un « néolibéralisme dans un seul pays », comme le décrit le journaliste anglais Paul Mason, destiné à redonner de la force aux entreprises italiennes.2 Il s’agit en effet avant tout de favoriser le patronat italien qui considère que la lutte avec ses concurrents allemands est perdue. Aucune mesure concrète contre le travail précaire, par exemple. Pour chaque geste vers la gauche, il y a donc trois mesures fortes de droite. L’introduction d’un salaire minimum va de pair avec la réintroduction de « vouchers » (généralisation de titres-services) permettant de contourner toute législation sociale et éviter même de passer par un contrat de travail. Le nouveau revenu citoyen est accompagné d’une obligation d’accepter certaines offres d’emploi. La mise sur pied d’une banque d’investissements, pour subventionner des entreprises privées, va de pair avec l’instauration d’une « flat tax » où les grandes entreprises et les très riches paieront bien moins d’impôts. Les moyens promis pour les soins de santé viendront en premier lieu de rationalisations plutôt que d’investissements nouveaux.

    A ces mesures socio-économiques s’ajoute une matrice fortement nationaliste et raciste. C’est une technique utilisée aussi par Viktor Orban, Premier ministre hongrois, pour obtenir une certaine adhésion populaire. Quelques mesures de gauche et une bonne dose de nationalisme doivent ranger les travailleurs derrière « leur » patronat. Parce qu’il s’agit bien de défendre le patronat local. Cet objectif fait que l’accord de gouvernement fait l’impasse sur une vérité toute simple : c’est l’alliance étroite entre fédération patronale et gouvernement italiens qui est le principal responsable de la crise sociale aujourd’hui. Mais cela reste tabou. Afin de dédouaner le patronat italien de sa responsabilité, l’accord gouvernemental s’en prend aux migrants. L’Italie aurait beaucoup de raisons de critiquer le manque de solidarité des autres États européens qui lui laissent la gestion d’une bonne partie des réfugiés. Les migrants sont d’ailleurs souvent les premières victimes du travail précaire. Mais le programme du gouvernement italien n’en a cure et ne fait qu’attiser le racisme et la discrimination. Les migrants sont sans détour ni preuves associés au terrorisme et même aux mauvais comptes publics. Pour y pallier, le gouvernement propose la mise sur pied de « centres de rassemblement » d’environ un demi-million d’immigrés pour les renvoyer en Afrique.

    Clash avec l’Europe ?
    Ces potentielles déportations massives n’inquiètent pas le moins du monde l’Union européenne. Ni le fait qu’un parti d’extrême-droite comme la Ligue rentre au gouvernement. Ni que Marine Le Pen lui apporte son soutien. Non, c’est bien la volonté du gouvernement italien à renégocier les traités qui inquiète. Contrairement à leurs promesses de campagne, les deux partis au gouvernement n’envisagent plus explicitement une sortie de l’euro, mais leur programme est clairement trop coûteux pour les règles budgétaires européennes. Ceci reflète une contradiction au sein du patronat italien, dont une partie a profité et profite du marché unique européen, mais qui en même temps veut davantage de soutien de « son » État. Les mesures de soutien promises à l’industrie italienne de l’armement dans la compétition européenne en sont une conséquence logique. Ce libéralisme plus « national » ne promet rien de bon pour les travailleurs. Au contraire, dans la course à la compétitivité, ils seront poussés à davantage de sacrifices pour « renforcer » l’économie. Donc, le patronat italien. L’absence de mesures concrètes pour améliorer les droits sociaux n’est pas une coïncidence.

    Entre néolibéralisme européen et libéralisme xénophobe italien, des arrangements sont possibles. Néanmoins, le risque d’un affrontement entre les deux est réel. Les institutions européennes, et leurs alliés à droite et à gauche en Italie, feront tout pour faire marcher l’Italie au pas des traités. Dans le contexte actuel, une pression agressive ne pourra que renforcer le national-libéralisme raciste. De la Hongrie, à la France, de l’Autriche à l’Italie, voici la perspective qu’offre l’actuelle intégration européenne : libéralisme autoritaire européen ou national-libéralisme xénophobe. Le défi pour la gauche italienne, et pour la gauche européenne en général, est de sortir de ce faux choix pour imposer un changement social qui en finit avec la précarité et le déclin social. Un projet de gauche qui rompt avec les diktats européens, non pas en faveur du patronat national, mais pour les travailleurs.

    #Italie #populisme #nationalisme #racisme #xénophobie #néolibéralisme #traités-européens #euro #M5S #Union-européenne #UE #intégration-européenne #crise-européenne #Bruno-Le-Maire #Manfred-Weber #Libéralisation #Travail #précarité #flexibilité #Industrie #Allemagne #France #euro #déficit #dette #crise #multinationales #Matteo-Renzi #flat-tax #patronat #migrants #droits-sociaux #banque #finance #national-libéralisme #Social

    • « Les marchés vont apprendre aux Italiens à bien voter »
      Günther Oettinger, commissaire européen au budget

      Tout y est : l’arrogance brutale des dirigeants allemands qui considèrent l’Europe du sud comme un « club med », la violence des dirigeants de la Commission européenne qui veulent mater les récalcitrants quel qu’en soit le prix pour les peuples. Ceux qui tuent le projet européen sont là. « L’union européenne » se tourne cette fois-ci contre un de ses pays fondateurs. La fin s’approche pour ce système.
      Jlm


  • Le calvaire d’Alice Tavares, expulsée de son logement | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/le-calvaire-dalice-tavares-expulsee-de-son-logement-655925

    Tout s’effondre en 2014. Elle se fait opérer de la thyroïde et les médecins lui détectent une bactérie qui lui ronge l’estomac. Voilà des années qu’elle prend des antibiotiques sans résultat. Peu après le diagnostic de sa maladie, elle s’aperçoit que la caisse d’allocations familiales (#CAF) ne lui verse plus l’ensemble des prestations auxquelles elle peut prétendre. À l’époque, Alice a encore la charge de cinq de ses enfants. «  Des fois, c’était 200 euros en moins, des fois 700 euros. Je ne comprenais pas ces écarts et la CAF ne m’a jamais donné d’explications.  » Sans emploi, tributaire des allocations, elle n’arrive plus à payer son propriétaire et contracte peu à peu une #dette de loyer qui s’élève aujourd’hui à 12 000 euros.

    Dès 2014, pourtant, Alice demande un #logement social auprès de la mairie de Taverny, soutenue par une assistante sociale du département. Sa demande reste lettre morte. «  J’ai pris plusieurs rendez-vous avec le CCAS, avec l’adjoint au logement. Il ne se passait rien. J’ai sollicité Madame la maire, Florence Portelli (Les Républicains – NDLR). Elle n’a jamais voulu me recevoir  », explique Alice, convaincue que son dossier est sur liste noire. Pourtant, en 2015, même les services hygiène et salubrité de Taverny établissent un constat dans l’appartement qui confirme «  la présence d’humidité importante, consécutive à une fuite d’eau dans la salle de bains  » et «  (celle) d’eau stagnante au sol qui a provoqué des dégradations importantes  ». L’état de santé d’Alice se détériore. L’assistante sociale l’incite à se faire opérer. Mais cette mère de huit enfants refuse à cause d’une possible expulsion. «  Ça pouvait arriver à tout moment. Nous avons tout fait pour repousser l’échéance. Je ne voulais pas me retrouver à l’hôpital et voir mes enfants seuls à la rue.  »

    À la mairie de Taverny, Loïc Drouin, directeur de cabinet de Florence Portelli, connaît le dossier et ne ménage guère la famille Tavares  : «  Cette dame s’est mise en difficulté toute seule. Elle a dégradé les lieux. Nous ne refusons pas de la recevoir. On ne néglige personne mais, vu sa dette de loyer, aucun office HLM ne voudrait de son dossier.  » Pourtant, ses propres services d’hygiène ont diagnostiqué un appartement en mauvais état. Connaît-il le propriétaire  ? «  Oui, on le connaît très bien  », répond-il avant de se reprendre, «  enfin, c’est un administré comme les autres  ». Alors qu’Alice Tavares a été expulsée le 31 mars 2018, ce propriétaire continue de percevoir les aides au logement. Contacté par téléphone, ce retraité vivant à Agde n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    «  Tous mes dossiers sont bloqués  !  »

    Alice a été reconnue prioritaire au titre du Dalo (droit au logement opposable) en 2017. Le préfet du Val-d’Oise a mandaté, le 11 mai dernier, le bailleur Soliha pour l’accompagner dans son relogement. Alice n’en avait pas de nouvelles, jusqu’à la semaine dernière. Au lendemain de notre appel à Soliha pour connaître l’avancée de son dossier, Alice a obtenu enfin un premier rendez-vous, fixé au mercredi 29 mai. Le début d’une solution  ? Il faut l’espérer. «  Tous mes dossiers sont bloqués  ! peste- t-elle. Je suis en procès avec la CAF, qui me doit de l’argent mais refuse de fournir le document qui le confirme depuis trois ans. Cela me permettrait de rembourser mes impayés. Je n’ai plus d’énergie pour me battre…  »

    Dans la petite chambre d’hôtel, l’entretien touche à sa fin. Alice s’effondre alors, envahie par les douleurs abdominales. Elle montre une ordonnance de son médecin de l’hôpital Saint-Joseph, à Paris, datée d’août 2017, où il atteste de la nécessité d’une opération «  à court terme  ». Sa bactérie se mue en cancer. Il faut lui enlever l’estomac. Sauf que, à tout moment, encore une fois, Alice et sa famille risquent l’expulsion. Sans logement plus pérenne, pas d’opération possible. Les

    • #Soliha

      Quand le bailleur Soliha brade ses taudis à la famille Mulliez
      _ 3 juin 2018 Par Elsa Sabado (Mediacités-Lille) _
      https://www.mediacites.fr/lille/enquete-lille/2018/06/01/quand-soliha-brade-ses-taudis-aux-mulliez

      Le bailleur associatif, spécialiste de la réhabilitation de l’habitat pour le compte de la MEL, a échappé à la faillite en 2014 en vendant une partie de son patrimoine à des acquéreurs privés. Parmi eux, la petite-fille d’Ignace #Mulliez, fondateur du mouvement à l’origine de #Soliha. *


      On sonne à la porte d’un logement de #courée, dans le quartier de la Porte des Postes. Un homme se penche à la fenêtre, puis on l’entend descendre péniblement des marches. Il nous fait grimper un petit escalier sombre, où les murs, autrefois blancs, sont maculés de traces marronnasses. Il s’asseoit sur son lit, l’échine courbée et le regard vague, alors que son chat gigote dans les granulés de litière qui s’étalent à même le sol. Seules les images de Johnny, découpées dans des magazines et collées au mur, viennent égayer cette intolérable pauvreté. « Avant, j’avais cinq pièces juste pour moi. Mais il y a six ans, le second étage a brûlé. Les experts des assurances sont venus, mais aucuns travaux n’ont jamais été faits. Je n’ai plus de salle de bain, je me lave à l’évier », explique celui qu’on appellera Mustapha. Le #locataire paye pourtant son loyer rubis sur l’ongle.

      C’est justement parce qu’il est un bon payeur qu’en 2014, le logement de Mustapha a été vendu par le PACT Métropole Nord à de nouveaux propriétaires. Le bailleur associatif, qui prend l’année suivante le nom de Soliha MN, croule sous 13 millions d’euros de dettes. Il décide de céder une partie de son patrimoine immobilier pour trouver de l’argent frais. Pas si simple. Riche de quelque 3500 logements, celui-ci est issu en majorité de l’habitat dégradé - voire indigne - de la métropole lilloise. Et il est habité par des locataires trop pauvres pour avoir accès aux #HLM classiques. Un lot de 105 logements finit par être sélectionné. La chasse au repreneur commence.

      « Nous avons d’abord proposé le lot aux autres bailleurs sociaux, qui n’étaient pas intéressés, rappelle la directrice, Agnès Demotié. Puis nous l’avons mis sur le marché par le biais d’une agence immobilière. Un premier acquéreur s’est fait connaître, mais il n’avait pas la fibre sociale. Avec les seconds, cela a fonctionné : ils avaient déjà acquis deux immeubles de logements sociaux ». C’est ainsi qu’une société privée, Derrohl, se retrouve propriétaire du lot. Une opération qualifiée par la directrice de « seule bonne idée de 2014 ».

      Ce satisfecit est loin d’être partagé. Dans un précédent article, nous avons déjà raconté comment un rapport de l’#Ancols, la police des HLM, critique une cession effectuée à un prix très en dessous du marché et, surtout, sans passer par un appel d’offres. Tolérée hier, cette soustraction à la procédure classique serait aujourd’hui illégale, car depuis janvier 2017, les associations comme Soliha sont tenues de se plier au Code des marchés publics. Il apparaît ainsi que les représentants de la #MEL- principal financeur de l’association - ont été contraints d’approuver une opération sans informations précises sur les repreneurs. Or ce que Mediacités a découvert à leur sujet . . .

      Le suite payante. On attends impatiement la sortie de La Brique, en fin de semaine.


  • Afrique subsaharienne : Une dette inquiétante, des révoltes importantes
    http://www.cadtm.org/Afrique-subsaharienne-Une-dette

    Parmi les éléments les plus inquiétant, le doublement du stock de la dette extérieure publique depuis l’éclatement de la crise financière en 2008 parallèlement à la fonte des réserves de change à la disposition des pays de la région subsaharienne ; les prochaines échéances de remboursements dans un contexte de dégradation des termes de l’échange ; mais également le retour en grande pompe du FMI dans plus d’une vingtaine de pays sur le continent ou l’influence grandissante de la Chine aux côtés des principales puissances impérialistes.

    #Afrique #Dette #néocolonialisme