• Illich et la guerre contre la subsistance,
    hier et aujourd’hui

    Jean Robert

    https://lavoiedujaguar.net/Illich-et-la-guerre-contre-la-subsistance-hier-et-aujourd-hui

    Durant l’automne de 2013, l’essayiste public que je prétends être a dû faire face à deux tâches hétérogènes entre lesquelles j’ai eu l’intuition de convergences à explorer, mais aussi la certitude immédiate d’incompatibilités. Ce furent, d’une part, la rédaction d’un essai et la traduction française de textes d’un collègue mexicain sur la « petite école » zapatiste qui eut lieu en août, et, d’autre part l’élaboration de l’article que le lecteur a sous les yeux.

    La première de ces tâches consistait à mettre au net, d’abord en espagnol et puis en français, les souvenirs des jours passés au Chiapas à étudier, sous la conduite de paysans et paysannes indigènes, l’expérience zapatiste, depuis 2003, de construction d’un monde de liberté et de justice concrètes, c’est-à-dire proportionnées aux communautés qui les pratiquent. La seconde : la rédaction du présent article sur un homme — un penseur, un historien, un philosophe et un théologien qui se défendait de l’être — qui m’honora de son amitié du début des années 1970 à sa mort, en 2002 : Ivan Illich. Quel rapport y a-t-il entre ce qui en 2002 était encore un mouvement insurgé indigène et ce penseur « radical au vrai sens du mot » ? (...)

    #Ivan_Illich #zapatistes #EZLN #Mexique #Guillermo_Bonfil #Ernst_Bloch #État-nation #Marché #subsistance #guerre #travail #autonomie #modernité #développement #aliénation #Karl_Polanyi #Marx #transports #villes #conquête #invasion #faim #misère #Bentham #Mumford

  • Sur le plancher des vaches (IV/I)
    Symboles (et plus si affinités)

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-IV-I-Symboles-et-plus-si-affinites

    Paris, le 7 octobre 2019
    Amis,

    « Le plancher des vaches » inaugural jouait avec quelques pseudo-vérités concernant ce que l’on a nommé la « technontologie ». La principale question posée était celle-ci : Notre genre d’humain n’aurait-il pas une certaine propension à recycler sans fin le divin Un ? Si tel était le cas, Dieu ne serait pas mort, mais où s’cache t’El crénom ?

    Le champ d’investigation proposé pour tenter de répondre à cette question est celui du monde du travail. « Le plancher des vaches II » a brossé à grand traits quelques dispositifs structurants mis en place à l’échelon mondial depuis les années 1980, dispositifs dont on a affirmé, dans « le plancher des vaches III », qu’ils dessinent un mouvement progressif de chosification du vivant.

    Ce mouvement n’est pas récent, mais on fait ici l’hypothèse qu’après la prise de corps opérée par la division scientifique du travail, puis le remplacement de bien des corps par des machines, l’époque actuelle est à la prise de tête. Nous avons réduit celle-ci au seul vocable de normalisation — nom proposé pour les tables de la loi —, soit un état de normalité, ce qui pourrait sembler à d’aucuns rassurant. Mais dans ce terme, au-delà de la norme, il y a un caractère de procédé, une proactivité et, sous-jacentes à celle-ci, des nécessités de vérifier ladite normalité. (...)

    #Dieu #normalisation #loi #Florence_Parly #intelligence_artificielle #symbole #cercle #Terre #religion #flèches #projet #développement_durable #trinité #génome #borroméen #plan #parousie #entreprise #objectif #stratégie #Hannah_Arendt

  • DotSPIP. Conversion de fichiers divers (docx, odt) au format #SPIP
    https://github.com/Fil/DotSPIP

    Une application drag-drop pour macOS, qui convertit des textes de divers formats vers les {{raccourcis SPIP}}.

    Ce petit utilitaire bien pratique n’avait pas été mis à jour depuis 2012… la version 2 est désormais compatible 64 bits, ce qui lui assure un avenir radieux pour les prochains millénaires. le #développement est sur passé sur github plutôt que dans un recoin de mon disque dur, ce qui n’est pas plus mal. (On utilise toujours #Platypus.)

    L’ancienne documentation est sur http://zzz.rezo.net/DotSPIP.html ; n’hésitez pas à jouer de la pull-request.

    #DotSPIP

    (ah et pour la compatibilité Linux il y a une possibilité cachée ici https://github.com/Fil/DotSPIP/blob/master/src/linux-gnome.txt — si quelqu’un·e arrive à le faire marcher, ce serait super)

  • Jancovici : CO2 ou PIB, il faut choisir - Sciences Po - 29/08/2019
    Conférence intéressante car elle donne des repères historiques et des ordres de grandeurs.
    Très alarmiste, Jean-Marc Jancovici plaide, avec des arguments, pour une décroissance maitrisée et planifiée (et en France amortie par l’investissement dans le nucléaire parce que notre milieu naturel, n’est selon lui, pas très favorable au développement des énergies renouvelables).

    https://www.youtube.com/watch?v=Vjkq8V5rVy0

    #transition-énergétique #développement-durable #décroissance #Jean-Marc-Jancovici

  • #Transport_aérien : des sénateurs veulent conforter les lignes d’#aménagement_du_territoire
    https://www.banquedesterritoires.fr/transport-aerien-des-senateurs-veulent-conforter-les-lignes-dam

    Dans son rapport présenté ce 3 octobre, la mission sénatoriale d’information sur les transports aériens et l’aménagement des territoires défend le rôle de l’avion qu’elle juge « vital » pour désenclaver les territoires isolés et répondre aux besoins de leurs habitants, en métropole et en outre-mer. Malgré le dénigrement dont il fait l’objet, le transport aérien peut être inscrit dans une trajectoire durable, selon elle. La mission formule 30 propositions concrètes dont plusieurs concernent directement le rôle des régions et des départements.

    […] Dans son septième axe de préconisations, la mission met en avant plusieurs propositions visant à concilier le #désenclavement aérien des territoires avec le #développement_durable. Tout d’abord, à propos de l’#écocontribution sur les billets d’avion mise en place dans le projet de loi de finances 2020, la mission va proposer via un amendement d’instaurer un abattement prenant en compte le degré de substituabilité entre l’aérien et le train. « Par exemple, un vol Paris-Lyon (52 minutes de différence entre le train et l’avion) ne bénéficierait pas d’abattement et serait pleinement imposé. En revanche, pour un vol Paris-Nice (4 heures 20 d’écart entre le train et l’avion), un abattement de 100 % sur la taxe carbone serait appliqué », illustre Josiane Costes.

    Le rapport : http://www.senat.fr/notice-rapport/2018/r18-734-notice.html

    • Toulouse -> Caen la place en covoiturage 77€ pour 75€ en avion … en train, 125€ pour le meilleur prix.
      (Tiens tiens, voyages-scnf.com a été squatté, les brêles)

  • Dictators as 
Gatekeepers for Europe : 
Outsourcing EU border 
controls to Africa

    The USA is divided around the wall President Trump wants to build along the Mexican border. Europe has long answered this question at its own southern border: put up that wall but don’t make it look like one.

    Today the EU is trying to close as many deals as it can with African states, making it harder and harder for refugees to find protection and more dangerous for labour migrants to reach places where they can earn an income. But this is not the only effect: the more Europe tries to control migration from Africa, the harder it becomes for many Africans to move freely through their own continent, even within their own countries.

    Increasingly, the billions Europe pays for migration control are described as official development assistance (ODA), more widely known as development aid, supposedly for poverty relief and humanitarian assistance. The EU is spending billions buying African leaders as gatekeepers, including dictators and suspected war criminals. And the real beneficiaries are the military and technology corporations involved in the implementation.

    https://darajapress.com/publication/dictators-as-%e2%80%a8gatekeepers-for-europe-%e2%80%a8outsourcing-eu-bo
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #contrôles_frontaliers #dictature #dictatures #Afrique #contrôles_frontaliers #fermeture_des_frontières #aide_au_développement #coopération_au_développement #développement #livre

    Ajouté à la métaliste autour de l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765340

    Et celle-ci sur le lien migrations et développement :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768701

    ping @karine4 @isskein @pascaline

    • Op-ed: The Birth Defect of EU Migration Diplomacy

      Prevention of migration to Europe, especially from Africa, was a priority of the previous Commission and, as it looks, likely to remain as such for the new Commission.

      This makes it increasingly difficult for refugees to find protection. And it is becoming increasingly dangerous for migrant workers to reach places where they can seek income. But that is not the only consequence. The more Europe tries to control migration, the more difficult it becomes for many Africans to move freely within their own continent, even within their own country.

      The EU investment is substantial. From the beginning of the millennium until 2015, the figure was around two billion euros. By 2020, at least another 15 billion euros will have been added. The EU will pay for the costs incurred by controlling migration itself: supplying detained refugees, jeeps or ships for the border police, deportations, reception camps. But it gives even more, in a sense as a premium: an extra portion of development aid for the coalition of the willing in matters of border protection.

      Some African states, such as Tunisia, therefore make it a punishable offence to leave for Europe without papers. Some save themselves such a law and imprison migrants just like that – for example Libya. Some set up border posts where there haven’t been any so far – Sudan, for example. Some introduce biometric passports that many of their citizens cannot afford – such as the Democratic Republic of Congo, which charges 185 dollars for one of the new so-called e-passports produced by a Belgian-Arab consortium. Some take back deportees from Europe, even if they are not their own citizens – for example Morocco. Some states block migration routes with soldiers – Egypt, for example. Some allow Frontex and European Police-Officers to come and help with this – Niger, for example. And some close the borders: not only for transit migrants, but also for their own citizens if they want to enter Europe irregularly – Algeria, for example.

      More and more often, the money paid in return for controlling migration is booked as Official Development Assistance (ODA). It is a misappropriation of funds that are there to alleviate poverty and hardship. It also contradicts the sense of development aid because labour migration is a blessing for poor countries. It brings money into the coffers of small traders and farmers. This mixture of development aid and migration control will increase. “Combating the root causes” is the new paradigm of development policy.

      Günter Nooke, Chancellor Angela Merkel’s Africa Commissioner, had an idea on what Africa’s future could look like. In October 2018 he proposed that African states should give up parts of their territory against payment so that the EU could settle refugees there: “Perhaps one or the other African head of government is prepared to give up a piece of territorial sovereignty in exchange for a lease and allow free development there for 50 years. Migrants could be settled there in special economic zones, supported by the World Bank or the EU or individual states.” Such statements are hardly beneficial neither in the formal relationship between Europe and Africa nor in broader segments of the public on the African continent.

      But the cordon sanitaire that the EU is trying to weave against undesirable migration is full of holes. The blueprint agreement with Turkey is crumbling. The number of arrivals in the Aegean islands is currently higher than at any other time since the EU-Turkey deal came into force. Boats from Libya keep leaving, arrivals in Morocco increases.

      The massive political pressure that had been built up for the African states to recognise for example the EU „Laissez Passers“ – passport replacement papers that the deportation country can simply issue itself – or otherwise contribute to increasing the deportations of those obliged to leave has had only a limited effect. And last February, the African Union made it clear that it will not accept transit EU asylum camps on African soil.

      Neither the transit regions nor the regions of origin will let themselves be used in the long term as reception camps or assistant EU border guards. The consequence of this is that the EU cannot solve its migration problem outside its own territory on the long run. The old Commission had consistently refused to accept this insight. The new Commission would now have the opportunity not to repeat this mistake.

      https://www.ecre.org/op-ed-the-birth-defect-of-eu-migration-diplomacy

  • Chacun sa part « Monde qui bouge
    http://www.mondequibouge.be/index.php/2019/06/chacun-sa-part

    Ces différents exemples mettent en évidence que l’individualisme et le volontarisme participent à une certaine représentation du monde où le bienêtre, la réussite, le succès et autres dépendent essentiellement d’une attitude individuelle positive.

    Cela peut figer la lecture que l’on peut avoir de certains phénomènes sociaux complexes comme le chômage, les déséquilibres dans la production et la redistribution de richesses ou encore le bonheur d’une population, en négligeant entre autres des paramètres comme le hasard, la reproduction des privilèges sociaux, etc.

    C’est en cela qu’il s’agit bien d’une idéologie. Une idéologie correspond à un ensemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales, propre à une époque, une société, une classe et qui oriente l’action. Nous ajoutons avec Paul Ricœur (4) qu’une idéologie comporte une dimension de dissimulation d’elle-même : elle est le processus par lequel un individu ou une classe témoigne de sa condition tout en ignorant qu’il en rend compte. Autrement dit, le propre d’une idéologie, c’est de formater notre vision du monde sans que nous ayons conscience de ce formatage. Une idéologie cesse dès lors d’être opérante lorsque nous prenons conscience des processus qui la sous-tendent.

    Le volontarisme est la tendance à croire (notamment en politique) que la volonté humaine est capable d’imposer le changement ; thèse, tendance selon laquelle la volonté humaine l’emporte sur toutes les autres facultés, sur le réel, sur les évènements, dans l’État et la société.

    L’individualisme correspond, en politique, à un idéal qui accorde le maximum d’importance à l’individu, à l’initiative privée et réduit le rôle de l’État au minimum ou même à rien. Elle se traduit notamment par une tendance à l’affirmation personnelle ou à l’expression originale.
    Volontarisme et individualisme dans l’enseignement

    Cette manière de surestimer le poids des caractéristiques individuelles (la volonté, le courage, les efforts…) au détriment des facteurs sociaux a été baptisée erreur fondamentale d’attribution. Dans l’enseignement, les sciences humaines et sociales ont montré combien les dynamiques d’étiquetage individuel pouvaient contribuer à reproduire les inégalités.

    Concrètement : si un enseignant considère qu’un élève en difficulté est un cancre, un bon à rien qui n’y met simplement pas du sien pour réussir, ce même enseignant accompagnera peut-être moins cet enfant vers la réussite, et l’enfant finira lui-même peut-être par se conformer à l’étiquette qui lui est imposée. Il s’agit notamment de ce que l’on appelle l’effet Pygmalion (ou effet Rosenthal-Jacobson).

    Quid de la maitrise des codes sociaux qui favorisent la compréhension des implicites partagés par les enseignants ? Quid de partis pris pédagogiques qui permettent à un type d’élèves de mieux s’en sortir que d’autres ? Que penser des phénomènes de ghettoïsation et de stigmatisation interclasses (bonnes classes versus mauvaises classes), interécoles (bonnes écoles versus mauvaises écoles) et interfilières dont sont encore empreintes les écoles ?

    Malgré ces constats sur la réussite des individus, les idéologies volontaristes et individualistes demeurent fortement ancrées dans le monde de l’enseignement, tant dans les contenus d’apprentissage dans des situations de sensibilisation (il faut amener les jeunes à être des adultes responsables) que dans l’accompagnement pédagogique (il faut individualiser les parcours. La réussite et les échecs des élèves sont de leur ressort).

    #individualisme #libéralisme #école #bien-être #développement_personnel

  • Agnès Crepet, développeuse Java (et fondatrice de l’association d’informaticiennes #Duchess, et de la conférence #Mix-IT) travaille chez #Fairphone et, dans ce podcast, explique (très bien) en français cet #ordiphone qui essaie d’être plus éthique et plus écologique que les autres.

    https://soundcloud.com/techologie/18-un-smartphone-ethique-et-reparable

    #développement_durable #extraction_minière #obsolescence_programmée #Android

  • #Soudan : les #milices #Janjawid garde-frontières ou #passeurs ?

    Dans un communiqué, les #Forces_de_soutien_rapide (#RSF), groupe paramilitaire servant de “garde-frontières” au Soudan, ont annoncé avoir arrêté 138 migrants africains, jeudi 19 septembre. Pour le spécialiste Jérôme Tubiana, cette annonce fait partie d’une stratégie : le Soudan cherche à attirer l’attention de l’Union européenne qui a arrêté de lui verser des fonds.

    Les Forces de soutien rapide (RSF), une organisation paramilitaire soudanaise, ont annoncé avoir arrêté, jeudi 19 septembre, 138 Africains qui souhaitaient pénétrer “illégalement” en Libye. Parmi eux, se trouvaient des dizaines de Soudanais mais aussi des Tchadiens et des Éthiopiens.

    "Le 19 septembre, une patrouille des RSF a arrêté 138 personnes de différentes nationalités qui essayaient de traverser illégalement la frontière avec la Libye", précise le communiqué.

    Une partie de ces migrants ont été incarcérés dans la zone désertique de #Gouz_Abudloaa, situé environ à 100 km au nord de Khartoum, comme ont pu le constater des journalistes escortés sur place par des RSF, mercredi 25 septembre. Dans le communiqué, les RSF assurent également avoir saisi six véhicules appartenant à des passeurs libyens chargés du transit des migrants.

    Le même jour, le Soudan a décidé de fermer ses #frontières avec la Libye et la Centrafrique pour des raisons de sécurité. Dans les faits, le pays souhaite mettre fin aux départs de rebelles soudanais vers la Libye, qui sont parfois rejoints par des migrants.

    Créées en 2013 par l’ex-président soudanais, Omar el-Béchir, les RSF assurent le maintien de l’ordre dans le pays. Trois ans après leur création, elles ont été dotées d’une mission supplémentaire : empêcher les migrants et les rebelles de franchir les frontières nationales. C’est ce que montrent notamment des chercheurs dans un rapport publié par un think tank néerlandais, Clingendael, publié en septembre 2018.

    Les Forces de soutien rapide, véritables gardes-frontières du Soudan

    Si le document pointe une politique soudanaise de surveillance des frontières "en grande partie assignée aux ‘forces de soutien rapide’ (RSF)", derrière cette appellation officielle, se cache une réalité plus sombre. Connue localement sous le nom de Janjawid, cette milice fait notamment l’objet d’une enquête du Conseil militaire de transition, qui dirige le Soudan depuis la destitution, le 11 avril, du président Omar el-Béchir.

    D’après les conclusions de l’enquête, rendues publiques samedi 27 juillet, les RSF auraient frappé et tiré sur des manifestants lors d’un sit-in, le 3 juin, à Khartoum, alors qu’ils étaient venus protester contre la politique d’Omar el-Béchir. Si d’après un groupe de médecins, 127 manifestants ont été tués, le commission d’enquête compte, de son côté, 87 morts. Cette répression violente avait provoqué, dans la foulée, un levé de boucliers à l’échelle internationale.

    Un groupe armé qui a bénéficié de fonds européens

    Certains RSF sont aussi accusés d’avoir commis des exactions dans la région du Darfour, à l’ouest du Soudan. Le rapport précise pourtant que, grâce aux fonds versés par l’Union européenne, ils “sont mieux équipés, mieux financés et déployés non seulement au Darfour, mais partout au Soudan". D’après ce document, "160 millions d’euros ont été alloués au Soudan" entre 2016 et 2017. Et, une partie de cet argent a été versé par Khartoum aux RSF. Leur chef, Hemeti, est d’ailleurs officiellement le numéro 2 du Conseil militaire de transition.

    Fin juillet, l’Union européenne a toutefois annoncé le gel de ses financements au Soudan. "L’Union européenne a pris peur. Elle a considéré que cette coopération avec le Soudan était mauvaise pour son image car, depuis plusieurs années, elle finançait un régime très violent envers les migrants et les civils", explique Jérôme Tubiana, chercheur spécialiste du Soudan et co-auteur du rapport néerlandais.

    Non seulement les passeurs demandent de l’argent aux migrants mais ce ne sont pas les seuls à leur en réclamer. "La milice Janjawid taxe les migrants, elle joue à un double-jeu", dénonce sur RFI, Clotilde Warin, journaliste chercheuse et co-auteure du rapport. "Les miliciens […] qui connaissent très bien la zone frontalière entre le Soudan, le Tchad et le Niger […] deviennent eux-mêmes des passeurs, ils utilisent les voitures de l’armée soudanaise, le fuel de l’armée soudanaise. C’est un trafic très organisé."

    "Les RSF profitent de leur contrôle de la route migratoire pour vendre les migrants à des trafiquants libyens", ajoute, de son côté, Jérôme Tubiana, qui estime que ces miliciens s’enrichissent plus sur le dos des migrants qu’ils ne les arrêtent.

    Annoncer l’arrestation d’un convoi est donc un moyen, pour les RSF, de faire du chantage à l’Europe. "Ils essayent de lui dire que si elle veut moins de migrants sur son territoire, elle doit apporter son soutien aux RSF car, ils sont les seuls à connaître cette région dangereuse", précise Jérôme Tubiana, ajoutant qu’Hemeti, fragilisé, est en recherche de soutiens politiques.

    Un membre des RSF, interrogé dans le cadre de l’enquête néerlandaise, reconnaît lui-même le rôle actif de la milice dans le trafic des migrants. "De temps en temps, nous interceptons des migrants et nous les transférons à Khartoum, afin de montrer aux autorités que nous faisons le travail. Nous ne sommes pas censés prendre l’argent des migrants, [nous ne sommes pas censés] les laisser s’échapper ou les emmener en Libye… Mais la réalité est assez différente…", lit-on dans le rapport.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/19795/soudan-les-milices-janjawid-garde-frontieres-ou-passeurs?ref=tw_i
    #gardes-frontière #para-militaires #paramilitaires #fermeture_des_frontières #maintien_de_l'ordre #contrôles_frontaliers #surveillance_des_frontières #fonds_européen #Hemeti #armée #trafic_d'êtres_humains #armée_soudanaise #externalisation #externalisation_des_frontières

    ping @karine4 @isskein @pascaline

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message804171

    • Une nouvelle de juillet 2019...

      EU suspends migration control projects in Sudan amid repression fears

      The EU has suspended projects targeting illegal migration in Sudan. The move comes amid fears they might have aided security forces responsible for violently repressing peaceful protests in the country, DW has learned.

      An EU spokesperson has confirmed to DW that a German-led project that organizes the provision of training and equipment to Sudanese border guards and police was “halted” in mid-March, while an EU-funded intelligence center in the capital, Khartoum, has been “on hold” since June. The EU made no public announcements at the time.

      The initiatives were paid for from a €4.5 billion ($5 billion) EU fund for measures in Africa to control migration and address its root causes, to which Germany has contributed over €160 million. Sudan is commonly part of migration routes for people aiming to reach Europe from across Africa.

      Critics had raised concerns that working with the Sudanese government on border management could embolden repressive state forces, not least the notorious Rapid Support Forces (RSF) militia, which is accused by Amnesty International of war crimes in Sudan’s Darfur region. An EU summary of the project noted that there was a risk that resources could be “diverted for repressive aims.”

      Support for police

      A wave of protest swept the country in December, with demonstrators calling for the ouster of autocratic President Omar al-Bashir. Once Bashir was deposed in April, a transitional military council, which includes the commander of the RSF as deputy leader, sought to restore order. Among various incidents of repression, the militia was blamed for a massacre on June 3 in which 128 protesters were reportedly killed.

      While the EU maintains it has provided neither funding nor equipment to the RSF, there is no dispute that Sudanese police, who also stand accused of brutally repressing the protests, received training under the programs.

      Dr. Lutz Oette, a human rights expert at the School of Oriental and African Studies (SOAS), told DW: “The suspension is the logical outcome of the change in circumstances but it exposes the flawed assumptions of the process as far as working with Sudan is concerned.”

      Oette said continuing to work with the Sudanese government would have been incompatible with the European Union’s positions on human rights, and counterproductive to the goal of tackling the root causes of migration.

      Coordination center

      The intelligence center, known as the Regional Operational Center in Khartoum (ROCK), was to allow the security forces of nine countries in the Horn of Africa to share intelligence about human trafficking and people smuggling networks.

      A spokesperson for the European Commission told DW the coordination center had been suspended since June “until the political/security situation is cleared,” with some of its staff temporarily relocated to Nairobi, Kenya. Training and some other activities under the Better Migration Management (BMM) program were suspended in mid-March “because they require the involvement of government counterparts to be carried out.” The EU declined to say whether the risk of support being provided to repressive forces had contributed to the decision.

      The spokesperson said other EU activities that provide help to vulnerable people in the country were continuing.

      An official EU document dated December 2015 noted the risk that the provision of equipment and training to security services and border guards could be “diverted for repressive aims” or subject to “criticism by NGOs and civil society for engaging with repressive governments on migration (particularly in Eritrea and Sudan).”

      ’Regular monitoring’

      The BMM program is being carried out by a coalition of EU states — France, Germany, Italy, the Netherlands, the United Kingdom — and aid agencies led by the German development agency GIZ. It includes projects in 11 African countries under the auspices of the “Khartoum process,” an international cooperation initiative targeting illegal migration.

      The ROCK intelligence center, which an EU document shows was planned to be situated within a Sudanese police training facility, was being run by the French state-owned security company Civipol.

      The EU spokesperson said, “Sudan does not benefit from any direct EU financial support. No EU funding is decentralized or channeled through the Sudanese government.”

      “All EU-funded activities in Sudan are implemented by EU member states development agencies, the UN, international organizations and NGOs, who are closely scrutinized through strict and regular monitoring during projects’ implementation,” the spokesperson added.

      A spokesperson for GIZ said: “The participant lists of BMM’s training courses are closely coordinated with the [Sudanese government] National Committee for Combating Human Trafficking (NCCHT) to prevent RSF militiamen taking part in training activities.”

      The GIZ spokesperson gave a different explanation for the suspension to that of the EU, saying the program had been stopped “in order not to jeopardize the safety of [GIZ] employees in the country.” The spokesperson added: “Activities in the field of policy harmonization and capacity building have slowly restarted.”

      https://www.dw.com/en/eu-suspends-migration-control-projects-in-sudan-amid-repression-fears/a-49701408

      #police #Regional_Operational_Center_in_Khartoum (#ROCK) #Better_Migration_Management (#BMM) #processus_de_Khartoum

      Et ce subtil lien entre migrations et #développement :

      Sudan does not benefit from any direct EU financial support. No EU funding is decentralized or channeled through the Sudanese government.

      “All EU-funded activities in Sudan are implemented by EU member states development agencies, the UN, international organizations and NGOs, who are closely scrutinized through strict and regular monitoring during projects’ implementation,” the spokesperson added.

      #GIZ

      Ajouté à la métaliste #migrations et développement :
      https://seenthis.net/messages/733358

  • #Industrie du #développement : les mésaventures des modèles voyageurs

    Micro-crédit solidaire, titrisation foncière, paiement basé sur la performance, transferts monétaires, prévention de la transmission du Sida de la mère à l’enfant, aliments thérapeutiques contre la malnutrition infantile, promotion des pratiques familiales essentielles constituent autant de « modèles voyageurs », promus, selon les cas, par la Banque mondiale, l’OMS, l’UNICEF, MSF, et bien d’autres « partenaires du développement ». Ils consomment une grande partie de l’#aide_au_développement, et fournissent des centaines de milliers d’#emplois. Mais comment faire en sorte qu’ils s’adaptent mieux, chaque fois, aux réalités locales ?

    https://aoc.media/analyse/2019/09/25/industrie-du-developpement-les-mesaventures-des-modeles-voyageurs
    #business #coopération_au_développement #Jean-Pierre_Olivier_de_Sardan #aide_humanitaire #ONU #nations_unies

  • La Grande Mue. Un site dédié à la pensée de #Bernard_Charbonneau (1910-1996).


    https://lagrandemue.wordpress.com

    Bernard Charbonneau

    Bernard Charbonneau, né le 28 novembre 1910 à Bordeaux et mort le 28 avril 1996 à Saint-Palais, est un penseur français, auteur d’une vingtaine de livres et de nombreux articles, parus notamment dans La Gueule ouverte, Foi et vie, La République des Pyrénées et Combat Nature.

    Toute son œuvre est marquée par l’idée que « le lien qui attache l’individu à la société est tellement puissant que, même dans la soi-disant “société des individus”, ces derniers sont si peu capables de prendre leurs distances avec les entraînements collectifs que, spontanément, ils consentent à l’anéantissement de ce à quoi ils tiennent le plus : la #liberté. »1

    Durant les années 1930, il dénonce ce qu’il considère être la dictature de l’#économie et du #développement et s’impose comme pionnier de l’#écologie_politique. Se méfiant toutefois de l’écologie partidaire, il propose de concevoir une forme d’organisation de la société, radicalement différente des idéologies du XXe siècle, solidement ancrée sur l’expérience personnelle. En cela, il affirme sa dette intellectuelle envers le #personnalisme. De même, il voit dans le #progrès_technique la source de toujours plus d’organisation, donc de plus de #conformisme, donc de moins de liberté. Ses travaux le rapprochent de #Jacques_Ellul, dont il est l’ami intime durant six décennies.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Charbonneau

    #Charbonneau #blog #citations #livres

  • Des élèves éco-délégués pour agir en faveur du développement durable - Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse
    https://www.education.gouv.fr/cid144975/des-eleves-eco-delegues-pour-agir-en-faveur-du-developpement-durable.

    Les classes de collège et de lycée élisent des éco-délégués pour participer activement à la mise en oeuvre du développement durable dans leurs établissements. À travers ces élections et les projets éco-responsables menés toute l’année, les élèves deviennent acteurs à part entière pour faire des établissements des espaces de biodiversité, à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique. 250 000 classes engagées pour le développement durable, ça peut tout changer.

    #EEDD #développementdurable #ecodélégué #parcourscitoyen

  • Le Niger, #nouvelle frontière de l’Europe et #laboratoire de l’asile

    Les politiques migratoires européennes, toujours plus restrictives, se tournent vers le Sahel, et notamment vers le Niger – espace de transit entre le nord et le sud du Sahara. Devenu « frontière » de l’Europe, environné par des pays en conflit, le Niger accueille un nombre important de réfugiés sur son sol et renvoie ceux qui n’ont pas le droit à cette protection. Il ne le fait pas seul. La présence de l’Union européenne et des organisations internationales est visible dans le pays ; des opérations militaires y sont menées par des armées étrangères, notamment pour lutter contre la pression terroriste à ses frontières... au risque de brouiller les cartes entre enjeux sécuritaires et enjeux humanitaires.

    On confond souvent son nom avec celui de son voisin anglophone, le Nigéria, et peu de gens savent le placer sur une carte. Pourtant, le Niger est un des grands pays du Sahel, cette bande désertique qui court de l’Atlantique à la mer Rouge, et l’un des rares pays stables d’Afrique de l’Ouest qui offrent encore une possibilité de transit vers la Libye et la Méditerranée. Environné par des pays en conflit ou touchés par le terrorisme de Boko Haram et d’autres groupes, le Niger accueille les populations qui fuient le Mali et la région du lac Tchad et celles évacuées de Libye.

    « Dans ce contexte d’instabilité régionale et de contrôle accru des déplacements, la distinction entre l’approche sécuritaire et l’approche humanitaire s’est brouillée », explique la chercheuse Florence Boyer, fellow de l’Institut Convergences Migrations, actuellement accueillie au Niger à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Géographe et anthropologue (affiliée à l’Urmis au sein de l’IRD, l’Institut de recherche pour le Développement), elle connaît bien le Niger, où elle se rend régulièrement depuis vingt ans pour étudier les migrations internes et externes des Nigériens vers l’Algérie ou la Libye voisines, au nord, et les pays du Golfe de Guinée, au sud et à l’ouest. Sa recherche porte actuellement sur le rôle que le Niger a accepté d’endosser dans la gestion des migrations depuis 2014, à la demande de plusieurs membres de l’Union européenne (UE) pris dans la crise de l’accueil des migrants.
    De la libre circulation au contrôle des frontières

    « Jusqu’à 2015, le Niger est resté cet espace traversé par des milliers d’Africains de l’Ouest et de Nigériens remontant vers la Libye sans qu’il y ait aucune entrave à la circulation ou presque », raconte la chercheuse. La plupart venaient y travailler. Peu tentaient la traversée vers l’Europe, mais dès le début des années 2000, l’UE, Italie en tête, cherche à freiner ce mouvement en négociant avec Kadhafi, déplaçant ainsi la frontière de l’Europe de l’autre côté de la Méditerranée. La chute du dictateur libyen, dans le contexte des révolutions arabes de 2011, bouleverse la donne. Déchirée par une guerre civile, la Libye peine à retenir les migrants qui cherchent une issue vers l’Europe. Par sa position géographique et sa relative stabilité, le Niger s’impose progressivement comme un partenaire de la politique migratoire de l’UE.

    « Le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. »

    Marco Prencipe, ambassadeur d’Italie à Niamey

    Le rôle croissant du Niger dans la gestion des flux migratoires de l’Afrique vers l’Europe a modifié les parcours des migrants, notamment pour ceux qui passent par Agadez, dernière ville du nord avant la traversée du Sahara. Membre du Groupe d’études et de recherches Migrations internationales, Espaces, Sociétés (Germes) à Niamey, Florence Boyer observe ces mouvements et constate la présence grandissante dans la capitale nigérienne du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale des migrations (OIM) chargée, entre autres missions, d’assister les retours de migrants dans leur pays.

    https://www.youtube.com/watch?v=dlIwqYKrw7c

    « L’île de Lampedusa se trouve aussi loin du Nord de l’Italie que de la frontière nigérienne, note Marco Prencipe, l’ambassadeur d’Italie à Niamey, le Niger est la nouvelle frontière de l’Italie. » Une affirmation reprise par plusieurs fonctionnaires de la délégation de l’UE au Niger rencontrés par Florence Boyer et Pascaline Chappart. La chercheuse, sur le terrain à Niamey, effectue une étude comparée sur des mécanismes d’externalisation de la frontière au Niger et au Mexique. « Depuis plusieurs années, la politique extérieure des migrations de l’UE vise à délocaliser les contrôles et à les placer de plus en plus au sud du territoire européen, explique la postdoctorante à l’IRD, le mécanisme est complexe : les enjeux pour l’Europe sont à la fois communautaires et nationaux, chaque État membre ayant sa propre politique ».

    En novembre 2015, lors du sommet euro-africain de La Valette sur la migration, les autorités européennes lancent le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique « en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique ». Doté à ce jour de 4,2 milliards d’euros, le FFUA finance plusieurs types de projets, associant le développement à la sécurité, la gestion des migrations à la protection humanitaire.

    Le président nigérien considère que son pays, un des plus pauvres de la planète, occupe une position privilégiée pour contrôler les migrations dans la région. Le Niger est désormais le premier bénéficiaire du Fonds fiduciaire, devant des pays de départ comme la Somalie, le Nigéria et surtout l’Érythrée d’où vient le plus grand nombre de demandeurs d’asile en Europe.

    « Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre lutte contre le terrorisme et lutte contre l’immigration “irrégulière”. »

    Florence Boyer, géographe et anthropologue

    Pour l’anthropologue Julien Brachet, « le Niger est peu à peu devenu un pays cobaye des politiques anti-migrations de l’Union européenne, (...) les moyens financiers et matériels pour lutter contre l’immigration irrégulière étant décuplés ». Ainsi, la mission européenne EUCAP Sahel Niger a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2016 dans le but d’« assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières ».

    « Tout cela ne serait pas possible sans l’aval du Niger, qui est aussi à la table des négociations, rappelle Florence Boyer. Il ne faut pas oublier qu’il doit faire face à la pression de Boko Haram et d’autres groupes terroristes à ses frontières. Il a donc intérêt à se doter d’instruments et de personnels mieux formés. Le Niger s’y retrouve dans ce mélange des genres entre la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’immigration "irrégulière". »

    Peu avant le sommet de La Valette en 2015, le Niger promulgue la loi n°2015-36 sur « le trafic illicite de migrants ». Elle pénalise l’hébergement et le transport des migrants ayant l’intention de franchir illégalement la frontière. Ceux que l’on qualifiait jusque-là de « chauffeurs » ou de « transporteurs » au volant de « voitures taliban » (des 4x4 pick-up transportant entre 20 et 30 personnes) deviennent des « passeurs ». Une centaine d’arrestations et de saisies de véhicules mettent fin à ce qui était de longue date une source légale de revenus au nord du Niger. « Le but reste de bloquer la route qui mène vers la Libye, explique Pascaline Chappart. L’appui qu’apportent l’UE et certains pays européens en coopérant avec la police, les douanes et la justice nigérienne, particulièrement en les formant et les équipant, a pour but de rendre l’État présent sur l’ensemble de son territoire. »

    Des voix s’élèvent contre ces contrôles installés aux frontières du Niger sous la pression de l’Europe. Pour Hamidou Nabara de l’ONG nigérienne JMED (Jeunesse-Enfance-Migration-Développement), qui lutte contre la pauvreté pour retenir les jeunes désireux de quitter le pays, ces dispositifs violent le principe de la liberté de circulation adopté par les pays d’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la Cedeao. « La situation des migrants s’est détériorée, dénonce-t-il, car si la migration s’est tarie, elle continue sous des voies différentes et plus dangereuses ». La traversée du Sahara est plus périlleuse que jamais, confirme Florence Boyer : « Le nombre de routes s’est multiplié loin des contrôles, mais aussi des points d’eau et des secours. À ce jour, nous ne disposons pas d’estimations solides sur le nombre de morts dans le désert, contrairement à ce qui se passe en Méditerranée ».

    Partenaire de la politique migratoire de l’Union européenne, le Niger a également développé une politique de l’asile. Il accepte de recevoir des populations en fuite, expulsées ou évacuées des pays voisins : les expulsés d’Algérie recueillis à la frontière, les rapatriés nigériens dont l’État prend en charge le retour de Libye, les réfugiés en lien avec les conflits de la zone, notamment au Mali et dans la région du lac Tchad, et enfin les personnes évacuées de Libye par le HCR. Le Niger octroie le statut de réfugié à ceux installés sur son sol qui y ont droit. Certains, particulièrement vulnérables selon le HCR, pourront être réinstallés en Europe ou en Amérique du Nord dans des pays volontaires.
    Une plateforme pour la « réinstallation »
    en Europe et en Amérique

    Cette procédure de réinstallation à partir du Niger n’a rien d’exceptionnel. Les Syriens réfugiés au Liban, par exemple, bénéficient aussi de l’action du HCR qui les sélectionne pour déposer une demande d’asile dans un pays dit « sûr ». La particularité du Niger est de servir de plateforme pour la réinstallation de personnes évacuées de Libye. « Le Niger est devenu une sorte de laboratoire de l’asile, raconte Florence Boyer, notamment par la mise en place de l’Emergency Transit Mechanism (ETM). »

    L’ETM, proposé par le HCR, est lancé en août 2017 à Paris par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie — côté UE — et le Niger, le Tchad et la Libye — côté africain. Ils publient une déclaration conjointe sur les « missions de protection en vue de la réinstallation de réfugiés en Europe ». Ce dispositif se présente comme le pendant humanitaire de la politique de lutte contre « les réseaux d’immigration économique irrégulière » et les « retours volontaires » des migrants irréguliers dans leur pays effectués par l’OIM. Le processus s’accélère en novembre de la même année, suite à un reportage de CNN sur des cas d’esclavagisme de migrants en Libye. Fin 2017, 3 800 places sont promises par les pays occidentaux qui participent, à des degrés divers, à ce programme d’urgence. Le HCR annonce 6 606 places aujourd’hui, proposées par 14 pays européens et américains1.

    Trois catégories de personnes peuvent bénéficier de la réinstallation grâce à ce programme : évacués d’urgence depuis la Libye, demandeurs d’asile au sein d’un flux dit « mixte » mêlant migrants et réfugiés et personnes fuyant les conflits du Mali ou du Nigéria. Seule une minorité aura la possibilité d’être réinstallée depuis le Niger vers un pays occidental. Le profiling (selon le vocabulaire du HCR) de ceux qui pourront bénéficier de cette protection s’effectue dès les camps de détention libyens. Il consiste à repérer les plus vulnérables qui pourront prétendre au statut de réfugié et à la réinstallation.

    Une fois évacuées de Libye, ces personnes bénéficient d’une procédure accélérée pour l’obtention du statut de réfugié au Niger. Elles ne posent pas de problème au HCR, qui juge leur récit limpide. La Commission nationale d’éligibilité au statut des réfugiés (CNE), qui est l’administration de l’asile au Niger, accepte de valider la sélection de l’organisation onusienne. Les réfugiés sont pris en charge dans le camp du HCR à Hamdallaye, construit récemment à une vingtaine de kilomètres de la capitale nigérienne, le temps que le HCR prépare la demande de réinstallation dans un pays occidental, multipliant les entretiens avec les réfugiés concernés. Certains pays, comme le Canada ou la Suède, ne mandatent pas leurs services sur place, déléguant au HCR la sélection. D’autres, comme la France, envoient leurs agents pour un nouvel entretien (voir ce reportage sur la visite de l’Ofpra à Niamey fin 2018).

    Parmi les évacués de Libye, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays dit « sûr ».

    Depuis deux ans, près de 4 000 personnes ont été évacuées de Libye dans le but d’être réinstallées, selon le HCR (5 300 autres ont été prises en charge par l’OIM et « retournées » dans leur pays). Un millier ont été évacuées directement vers l’Europe et le Canada et près de 3 000 vers le Niger. C’est peu par rapport aux 50 800 réfugiés et demandeurs d’asile enregistrés auprès de l’organisation onusienne en Libye au 12 août 2019. Et très peu sur l’ensemble des 663 400 migrants qui s’y trouvent selon l’OIM. La guerre civile qui déchire le pays rend la situation encore plus urgente.

    Parmi les personnes évacuées de Libye vers le Niger, moins des deux tiers sont éligibles à une réinstallation dans un pays volontaire, selon le HCR. À ce jour, moins de la moitié ont été effectivement réinstallés, notamment en France (voir notre article sur l’accueil de réfugiés dans les communes rurales françaises).

    Malgré la publicité faite autour du programme de réinstallation, le HCR déplore la lenteur du processus pour répondre à cette situation d’urgence. « Le problème est que les pays de réinstallation n’offrent pas de places assez vite, regrette Fatou Ndiaye, en charge du programme ETM au Niger, alors que notre pays hôte a négocié un maximum de 1 500 évacués sur son sol au même moment. » Le programme coordonné du Niger ne fait pas exception : le HCR rappelait en février 2019 que, sur les 19,9 millions de réfugiés relevant de sa compétence à travers le monde, moins d’1 % sont réinstallés dans un pays sûr.

    Le dispositif ETM, que le HCR du Niger qualifie de « couloir de l’espoir », concerne seulement ceux qui se trouvent dans un camp accessible par l’organisation en Libye (l’un d’eux a été bombardé en juillet dernier) et uniquement sept nationalités considérées par les autorités libyennes (qui n’ont pas signé la convention de Genève) comme pouvant relever du droit d’asile (Éthiopiens Oromo, Érythréens, Iraquiens, Somaliens, Syriens, Palestiniens et Soudanais du Darfour).

    « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses. »

    Pascaline Chappart, socio-anthropologue

    En décembre 2018, des Soudanais manifestaient devant les bureaux d’ETM à Niamey pour dénoncer « un traitement discriminatoire (...) par rapport aux Éthiopiens et Somaliens » favorisés, selon eux, par le programme. La représentante du HCR au Niger a répondu à une radio locale que « la plupart de ces Soudanais [venaient] du Tchad où ils ont déjà été reconnus comme réfugiés et que, techniquement, c’est le Tchad qui les protège et fait la réinstallation ». C’est effectivement la règle en matière de droit humanitaire mais, remarque Florence Boyer, « comment demander à des réfugiés qui ont quitté les camps tchadiens, pour beaucoup en raison de l’insécurité, d’y retourner sans avoir aucune garantie ? ».

    La position de la France

    La question du respect des règles en matière de droit d’asile se pose pour les personnes qui bénéficient du programme d’urgence. En France, par exemple, pas de recours possible auprès de l’Ofpra en cas de refus du statut de réfugié. Pour Pascaline Chappart, qui achève deux ans d’enquêtes au Niger et au Mexique, il y a là une part d’hypocrisie : « Si les portes étaient ouvertes dès les pays d’origine, les gens ne paieraient pas des sommes astronomiques pour traverser des routes dangereuses par la mer ou le désert ». « Il est quasiment impossible dans le pays de départ de se présenter aux consulats des pays “sûrs” pour une demande d’asile », renchérit Florence Boyer. Elle donne l’exemple de Centre-Africains qui ont échappé aux combats dans leur pays, puis à la traite et aux violences au Nigéria, en Algérie puis en Libye, avant de redescendre au Niger : « Ils auraient dû avoir la possibilité de déposer une demande d’asile dès Bangui ! Le cadre législatif les y autorise. »

    En ce matin brûlant d’avril, dans le camp du HCR à Hamdallaye, Mebratu2, un jeune Érythréen de 26 ans, affiche un large sourire. À l’ombre de la tente qu’il partage et a décorée avec d’autres jeunes de son pays, il annonce qu’il s’envolera le 9 mai pour Paris. Comme tant d’autres, il a fui le service militaire à vie imposé par la dictature du président Issayas Afeworki. Mebratu était convaincu que l’Europe lui offrirait la liberté, mais il a dû croupir deux ans dans les prisons libyennes. S’il ne connaît pas sa destination finale en France, il sait d’où il vient : « Je ne pensais pas que je serais vivant aujourd’hui. En Libye, on pouvait mourir pour une plaisanterie. Merci la France. »

    Mebratu a pris un vol pour Paris en mai dernier, financé par l’Union européenne et opéré par l’#OIM. En France, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) confie la prise en charge de ces réinstallés à 24 opérateurs, associations nationales ou locales, pendant un an. Plusieurs départements et localités françaises ont accepté d’accueillir ces réfugiés particulièrement vulnérables après des années d’errance et de violences.

    Pour le deuxième article de notre numéro spécial de rentrée, nous nous rendons en Dordogne dans des communes rurales qui accueillent ces « réinstallés » arrivés via le Niger.

    http://icmigrations.fr/2019/08/30/defacto-10
    #externalisation #asile #migrations #réfugiés #frontières #Europe #UE #EU #sécuritaire #humanitaire #approche_sécuritaire #approche_humanitaire #libre_circulation #fermeture_des_frontières #printemps_arabe #Kadhafi #Libye #Agadez #parcours_migratoires #routes_migratoires #HCR #OIM #IOM #retour_au_pays #renvois #expulsions #Fonds_fiduciaire #Fonds_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique #FFUA #développement #sécurité #EUCAP_Sahel_Niger #La_Valette #passeurs #politique_d'asile #réinstallation #hub #Emergency_Transit_Mechanism (#ETM) #retours_volontaires #profiling #tri #sélection #vulnérabilité #évacuation #procédure_accélérée #Hamdallaye #camps_de_réfugiés #ofpra #couloir_de_l’espoir

    co-écrit par @pascaline

    ping @karine4 @_kg_ @isskein

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765325

  • #Pérou. Les oubliés du #Machu_Picchu

    Le site archéologique inca draine des recettes considérables, mais les villages péruviens avoisinants n’en tirent pas profit. Isolés faute de travaux d’infrastructures, ils semblent abandonnés à eux-mêmes par des édiles cupides. Reportage.


    https://www.courrierinternational.com/long-format/perou-les-oublies-du-machu-picchu
    #tourisme #pauvreté #développement #redistribution #abandon

  • The “One HTML Page Challenge”, a great example of view-source culture / Boing Boing
    https://boingboing.net/2019/08/23/the-one-html-page-challenge.html

    When I was interviewing developers for my latest book Coders, all the ones who grew up during the late 90s and early 00s web talked about how powerful view-source was in teaching themselves to code and make stuff online.

    But web development these days has grown byzantine in its complexity; if newbie is trying to learn, view-source is liable to just cough up a slurry of incomprehensible, minified javascript. It closes off the easy onramps that existed back in the earlier days of the web.

    So, projects like this one-page challenge are awesome, because the whole goal is to encourage the writing of web-site code that’s more legible and tractable.

    #programmation #développement #HTML #Javascript #CSS #éducation

  • #Africa_Rising documentary

    From Clover films and film maker #Jamie_Doran, comes a documentary examining the failure of western policies towards Africa and rethinking the role of western aid workers on the continent.

    Narrated by Tilda Swinton, Africa Rising takes a look at the benefits of ’Self Help’ in Ethiopia, a country potentially rich in resources, looking to find its own way out of poverty.

    https://www.youtube.com/watch?v=kYS7T9UMrsA


    #film #documentaire #Afrique #développement #aide_au_développement #coopération_au_développement #Ethiopie #self-help #pauvreté

  • GitHub and Redmine integration –
    https://www.kartar.net/2011/05/github-and-redmine-integration

    GhostRed : un utilitaire pour créer/synchroniser les tickets d’un Redmine depuis les pull-request d’un projet sur Github :

    One of the challenges of hosting projects on GitHub and their ticket trackers elsewhere is linking items like GitHub Pull Requests with tickets. I’ve written a very simple API-driven prototype tool called GhostRed to do some simple integration. GhostRed scans GitHub pull requests, creates Redmine tickets in an appropriate project for them and then closes the request with a comment that includes a link to the ticket created.

    Le repo du projet : https://github.com/jamtur01/ghostred

    #github #redmine #SPIP #développement #ticket #tracker #synchronisation

  • Sur le plancher des vaches (II)
    Bibles

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Sur-le-plancher-des-vaches-II-Bibles

    Paris, le 7 août 2019
    Amis,

    Vous en conviendrez aisément, la « technontologie » ne saurait débuter autrement qu’en définissant de quelles « bibles » elle s’inspire. La chose faite, il sera temps de s’intéresser aux « religions » y afférentes, pour en arriver finalement aux « croyances et cultes » (on envisage de conclure vraiment sur un chapitre « anecdotes »).

    Aujourd’hui, donc, il sera question des bibles. La description qui vous en est proposée est à la fois partielle, longue et indigeste. Ce pensum s’est toutefois révélé incontournable puisque c’est lui qui nous permettra de faire ultérieurement une analyse des ressorts de quelques moteurs à croyances, analyse qui ne saurait être qu’absolument passionnante.

    La « valorisation » de la démarche étant posée, nous allons pouvoir à présent « challenger » ces deux évidences :

    La culture professionnelle actuelle s’est mondialisée pas à pas, depuis les années 1980, en suivant le mouvement de fusion-acquisition-délocalisation des entreprises, lesquelles ont évolué, tant que faire se peut, vers la forme de multinationales.

    La culture professionnelle se transmet en particulier via la formation continue, laquelle s’est mise en place de façon structurée en Europe au cours des années 1970. (...)

    #culture_professionnelle #formation_continue #management #Dewey #Freinet #Piaget #process #pédagogie #développement_durable #entreprise #évaluation #qualité #contrôle #normes #Global_Compact #Nations_unies #génome #technologie

  • Le numéro 0 de la revue #Nunatak , Revue d’histoires, cultures et #luttes des #montagnes...


    Sommaire :

    La revue est disponible en ligne :
    https://revuenunatak.noblogs.org/files/2016/09/nunatakzero.pdf

    Je mettrai ci-dessous des mots-clés et citations des articles...

    –-----

    des info plus détaillées sur le numéro 1 déjà sur seenthis :
    https://seenthis.net/messages/784730

    #revue #montagne #Alpes #montagnes

  • Quand les multinationales attaquent les États

    À l’automne 2016, des millions d’Européens descendent dans la rue pour protester contre le Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada. Son rejet par la Wallonie, par la voix de son ministre-président Paul Magnette, plonge alors l’UE dans une grave crise et place les tribunaux d’arbitrage sous le feu des projecteurs – et des critiques. Ce dispositif, prévu dans le cadre de nombreux accords commerciaux internationaux, permet à des multinationales d’attaquer les États devant des juges privés – des avocats d’affaires –, afin de réclamer la compensation d’un manque à gagner réel ou potentiel induit par un changement de législation. En 2016, Cosigo Resources Ltd. a ainsi déposé une demande d’arbitrage contre la Colombie : en classant « parc naturel national » un territoire amazonien sacré, Bogotá a annulé la concession minière de la compagnie canadienne, laquelle estime son préjudice à 16 milliards de dollars, soit environ 20 % du budget national colombien...
    « L’arbitrage est un système profondément défaillant. Il n’est pas juste, pas indépendant, et il est loin d’être équilibré », assène le professeur de droit canadien Gus Van Harten. De la Colombie à l’Allemagne en passant par le Pérou, aux prises avec la multinationale Renco, dont la fonderie de plomb de La Oroya (la « Tchernobyl des Andes ») crache des fumées toxiques qui empoisonnent les enfants, Claire Alet et Cécile Ancieu (La Dette, une spirale infernale ?) ont enquêté dans les arcanes de cette justice opaque, au pouvoir démesuré. Créé par les États, dans l’objectif d’attirer des investisseurs, ce système fragilise leur capacité à légiférer sur l’environnement, la santé, les conditions de travail, le tout au détriment des citoyens, qui seront en outre amenés à payer l’addition.


    http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/54819_1
    #film #documentaire
    #Etat #Etat-nation #arbitrage_international #multinationales #tribunaux_d'arbitrage_international #dédommagement #procès_en_arbitrage #justice #droits_fondamentaux #CETA #TIPP #Colombie #mines #or #extractivisme #peuples_autochtones #Cosigo_Resources #litiges_en_arbitrage #titres_miniers #traité_de_libre-échange #accord_de_libre-échange #développement #développementalisme #Makuna #réserve_naturelle #résistance #exploitation #sites_sacrés #Tanimuka #exploitation_minière #Tobie_mining_energy #environnement #responsabilité_des_entreprises #investissements_étrangers #ISDS #plainte #gains_potentiels #manque_à_gagner #exploitation_indirecte #globalisation #mondialisation #dissuasion #Gus_Van_Harten #secret #Vattenfall #Allemagne #nucléaire #La_Oroya #Pérou #Doe_Run #Renco

  • A beginner’s guide to building DevOps pipelines with open source tools | Opensource.com
    https://opensource.com/article/19/4/devops-pipeline

    Step 1: CI/CD framework
    Step 2: Source control management
    Step 3: Build automation tool
    Step 4: Web application server
    Step 5: Code testing coverage
    Optional steps
    – Containers
    – Middleware automation tools

    Where can you go from here?
    This is just the tip of the iceberg for what a complete DevOps pipeline can look like. Start with a CI/CD tool and explore what else you can automate to make your team’s job easier. Also, look into open source communication tools that can help your team work better together.

    #développement #agilité

  • Les migrations contribuent-elles à améliorer la condition des femmes au pays d’origine ?

    Ce 9e numéro de #De_facto mobilise des chercheurs en #économie_du_développement pour apprécier les conséquences des migrations sur la #condition_des_femmes dans les #pays_d’origine. Sandrine Mesplé-Somps et Idrissa Diabaté montrent que les émigrées qui rentrent au Mali depuis la Côte d’Ivoire contribuent à faire reculer l’#excision (http://icmigrations.fr/2019/07/01/defacto-9-001). À l’opposé, Simone Bertoli constate que les Égyptiens ayant séjourné dans les #pays_du_Golfe en reviennent avec une vision plus conservatrice du #rôle_des_femmes (http://icmigrations.fr/2019/07/01/defacto-9-003). Jason Gagnon compare migrations féminines et migrations masculines à l’échelle des grandes régions du monde et montre que les femmes migrent aussi dans l’espoir de s’émanciper (http://icmigrations.fr/2019/07/01/defacto-9-004). Au #Sénégal, où nous emmène Sylvie Lambert, les #migrations_matrimoniales des femmes peuvent leur permettre d’améliorer leur #bien-être et de gagner en #autonomie (http://icmigrations.fr/2019/07/01/defacto-9-002).

    http://icmigrations.fr/defacto-009
    #femmes #migrations #asile #réfugiés #développement #Golfe #émancipation #Egypte #Mali