• ungoogled-chromium - download and what it changes
    https://chromiumbuilds.org/builds/ungoogled-chromium

    ungoogled-chromium
    Chromium with every Google web service dependency removed or disabled at the source level. No background requests to Google, no sign-in, no Safe Browsing callbacks.

    la source pour installation/mise à jour de Chromium dans sa version la plus « ungoogled » des s***eries que Google intègre dans le navigateur Chrome

    #chromium #ungoogled #développement_web

    • La vidéo suivante sur le timing des failles de sécu trouvées par les IAs va t’intéresser. Interview de Sylvestre Ledru
      dev Mozilla qui parle des failles et corrections firefox et des logiciels libres et ouvre une petite fenêtre d’espoir « A un moment il y aura beaucoup moins de failles de sécu » bref un petit point d’espoir...
      https://www.youtube.com/watch?v=VdpqKwFXYls

      #inhumain

    • Huhu j’allais poster la même suite aussi :)

      La différence c’est que Mozilla, illes ont pu lancer Mythos sur leur code… (ce qui prouve assez clairement que c’était pas un effet d’annonce et que « ça marche », en terme de réponse à ce besoin).

      Aussi ils lancent des analyses et attaques par LLM sur chaque PR intégrées (en intégration continue)… z’ont le budget pour ça, en plus de cramer énergie et eau rien que pour être mieux sécurisé.

    • Je ne suis pas véritablement certain qu’il y ait de beaucoup d’espoir dans cette vidéo ^^ : 1 à 2 ans à dépoter de la faille qu’ils disent… Les agents moins puissants et disponibles sont quand même déjà très bons, d’autres apprennent par distillation des grands modèles… Des PR automatiquement vérifiées avec un coût IA non négligeable qui sera intenable pour des petites structures…

  • Cartographier les interactions. Comment l’espace façonne les comportements

    #Margaux_Alamartine, consultante/coach auprès de dirigeants et managers d’organisations, désireuse de comprendre les mécanismes à l’œuvre qui participent d’une transformation, est partie s’immerger en #Chine pour faire exploser son cadre de pensée. Entre 2015 et 2021, ce territoire chinois l’a amenée à cheminer, à croiser des lignes, à prendre des bifurcations. Des bifurcations qui l’ont menée jusqu’au village de #Heqiao (河桥), situé dans la province de #Zhejiang (浙江) où s’enclenchait un projet de #développement_touristique afin de retrouver un dynamisme socio-économique. Pendant six ans, dont une année sur place pendant la période du Covid, Margaux a pu observer et étudier le processus de #transformation et comment les différents éléments de cet écosystème ont évolué.

    À travers le #récit de son expérience et de ses travaux de recherche, Margaux décrypte les mécanismes de mobilité et la manière dont les éléments d’un écosystème interagissent. Elle en dégage une grille de lecture originale faisant écho aux dynamiques de changements dans les organisations, qu’ils soient individuels ou collectifs.

    Récit de vie, enquête terrain, dynamique de recherche, documentaire, cet ouvrage est tout cela à la fois, une quintessence poétique de la complexité qui régit nos vies pour toutes celles et ceux qui s’interrogent et cherchent de nouvelles perspectives pour appréhender la transformation.

    https://www.editions-libel.fr/maison-edition/boutique/cartographier-les-interactions
    #livre #cartographie #visualisation

    ping @reka

  • Migrants à Mayotte : la RDC dans le viseur de la France
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/09/02/migrants-a-mayotte-la-rdc-dans-le-viseur-de-la-france_6764482_3212.html

    Migrants à Mayotte : la RDC dans le viseur de la France
    Les ressortissants congolais représentent aujourd’hui les premiers demandeurs d’asile dans l’archipel. Une situation qui agace le gouvernement, qui a brandi la menace du controversé « système de bonus-malus sur l’aide publique au développement » comme réponse au flux migratoire.
    Par Christophe Châtelot
    La République démocratique du Congo (RDC), nommément mise en cause par le premier ministre français Sébastien Lecornu lors de sa visite à Mayotte le 26 août, va-t-elle faire les frais du « système de bonus-malus sur l’aide publique au développement » sur lequel planche le gouvernement ? L’objectif est de stopper la montée du flux migratoire en provenance, notamment, de ce pays de la région des Grands Lacs, quatrième Etat le plus peuplé d’Afrique (116 millions d’habitants).
    Kinshasa est dans le collimateur des autorités françaises. Lors de cette même visite à Mayotte, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dit « attendre qu’ils [les Congolais] appliquent mieux qu’il ne l’est actuellement l’accord de réadmission [de leurs ressortissants en situation irrégulière, signé en avril 2021] ». « Pendant des années, le flux migratoire ne venait que des Comores ; désormais, pour des raisons géopolitiques liées aux guerres et à des phénomènes climatiques, il faut traiter un nouveau flux qui provient d’un certain nombre de pays de l’Afrique des Grands Lacs », a expliqué Sébastien Lecornu.Ce « nouveau flux » d’immigration clandestine date en réalité depuis plusieurs années. Le 2 mai 2024, lors d’une audition au Sénat, un diplomate de l’ambassade de France en Tanzanie disait avoir identifié dès 2021 un point de « basculement (…) depuis Madagascar vers des filières de transit vers Mayotte depuis la Tanzanie ».
    Le rapport d’activité sur l’année 2025 de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) note ainsi que, dorénavant, « les demandes d’asile déposées à Mayotte proviennent essentiellement de République démocratique du Congo (50 %), de Somalie (24 %) et des Comores (14 %) ». Sur l’île la situation se cristallise sur le camp insalubre et improvisé de Tsoundzou 2, objet de discorde voire d’hostilité d’une partie de la population. Là vivent entre 1 500 et 2 000 personnes, essentiellement des ressortissants africains, la plupart Congolais, arrivés là en suivant une route traversant la Tanzanie voisine de la RDC, avant d’embarquer sur des bateaux en direction des Comores puis de Mayotte. Les motivations des migrants sont « essentiellement liées au conflit dans l’est de la RDC », rapporte l’Ofpra.
    Une référence à la guerre qui, depuis novembre 2021, oppose la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda aux forces armées gouvernementales congolaises et leurs supplétifs. « Les demandeurs d’asile allèguent majoritairement venir des provinces du Sud et du Nord Kivu (…) Ils évoquent d’une part des craintes de persécution ciblée en raison de leur appartenance ethnique, ou de leur opposition au gouvernement central, et d’autre part déclarent fuir l’insécurité générale présente dans leurs provinces d’origine », ajoute l’Ofpra.
    En valeur absolue, les demandes d’asile des Congolais à Mayotte n’ont rien d’une déferlante – 1 023 dossiers en 2025 – même si le flux devrait augmenter sensiblement en 2026 – 1 005 dossiers enregistrés sur les huit premiers mois de l’année. Ceux en provenance de cinq autres pays d’Afrique centrale et de l’Est cités par le chef du gouvernement et son ministre de l’intérieur (Burundi, Rwanda, Tanzanie, Ouganda, République du Congo) est, en cumulé, inférieur à 100. « Arrivés là, les migrants sont dans une impasse, or à Mayotte, dans cette cocotte-minute sociale, cela participe à faire monter la pression », remarque sous couvert d’anonymat un haut fonctionnaire français spécialiste du développement.
    La question des demandeurs d’asile congolais dépasse très largement les frontières de Mayotte. Certes, seul le canal du Mozambique sépare l’île du continent. Pourtant, la plupart des demandes sont déposées directement en métropole par des Congolais en provenance de Kinshasa. En 2025, la RDC apparaissait dans les tableaux de l’Ofpra comme le deuxième pays de provenance au monde (13 240 demandes) juste derrière l’Afghanistan (13 800), pour un total de 145 270 personnes, toutes nationalités confondues.
    Paris semble donc considérer que Kinshasa peut mieux faire pour réadmettre ses ressortissants déboutés. Mais le bonus-malus proposé par le chef du gouvernement relève-t-il du gadget électoral, dix mois avant la présidentielle en France, ou annonce-t-il un véritable changement de méthode ? A Mayotte, Sébastien Lecornu a livré le fond de sa pensée : « Il est normal qu’on aide plus un pays souverain qui se donne du mal pour répondre à nos attentes qu’un pays qui est parfois sourd ou peut-être trop léger avec ce que nous attendons ». Des attentes qui portent sur la collaboration entre services de renseignements, la lutte contre les réseaux de passeurs, les capacités à reprendre les personnes en situations irrégulières.
    Il reste à définir les critères qui permettront de dire qui joue et qui ne joue pas le jeu. « Conditionner le montant de l’aide publique au développement [APD] au contrôle des flux migratoires par les pays récipiendaires est une vieille histoire qui remonte régulièrement à la surface et qui est à chaque fois enterrée parce que cela ne marche pas », confie le haut fonctionnaire précité.
    Notamment parce que la force du levier – à savoir le montant des APD sur lequel le gouvernement français peut jouer – est réduite. Sébastien Lecornu a également pris soin de préciser que « l’aide humanitaire directe aux populations ne sera pas remise en cause », mais qu’il entend jouer sur « la part modulable » des engagements français. Les autorités congolaises n’ont pas donné suite à nos demandes de réaction. En revanche, les Comores ont dénoncé « la condescendance insupportable » et « le colonialisme en bonus-malus » de la France.

    #Covid-19#migration#migrant#france#mayotte#RDC#OFPRA#comores#developpement#APD#migrationirreguliere#sante#politiquemigratoire

  • #Sénégal : l’Union européenne construit deux centres pour les exilés interceptés ou secourus dans l’Atlantique

    Deux centres pour personnes migrantes au Sénégal, dont l’ouverture est prévue pour l’un en 2026, pour l’autre en 2027, sont financés par l’Union européenne. L’objectif affiché est de garantir le bon déroulement des procédures administratives post-interceptions et post-sauvetages, avec la protection des publics les plus vulnérables. Mais des risques de transformation à des fins de #détention, dans le cadre des enquêtes sur les #passeurs, existent.

    Un premier #centre_d'accueil_temporaire_pour_migrants au Sénégal financé par l’Union européenne (UE), en cours de construction, va être rendu opérationnel d’ici la fin de l’année. Un second va suivre dans le courant de l’année 2027. Les deux visent à recevoir les personnes exilées secourues ou interceptées en mer par les autorités du pays.

    Le premier centre, dont les travaux sont en cours « depuis début 2026 », sera situé à #Dakar même. Le second est prévu dans la région de #Saint-Louis, au nord du pays, proche de la frontière avec la Mauritanie, selon les informations du site spécialisé Africa Intelligence, confirmées par InfoMigrants auprès de la Commission européenne. Les travaux débuteront très prochainement.

    Si l’UE ne participera pas à la gestion quotidienne des lieux, il s’agit bien d’un projet de la #Direction_générale_de_la_migration_et_des_affaires_intérieures (#DG_Home) de l’Union européenne, avec une enveloppe financière dédiée. Le partenariat opérationnel mis en œuvre au Sénégal, qui comprend la construction de ces centres mais aussi d’autres types de soutien matériel, est « doté d’une enveloppe totale de 35,75 millions d’euros », précise la Commission.

    Des centres qui aident les autorités à retenir les migrants #post-interceptions

    Mais à quoi servent ces deux centres, et pourquoi cet intérêt de l’Union européenne dans leur financement ? Pour le comprendre, il faut s’intéresser à ce qu’il se passe dans les suites des #interceptions et #secours en mer menés par les autorités sénégalaises. En théorie, les autorités ont le droit de détenir pendant 72 à 96 heures les passagers secourus ou interceptés dans l’#Atlantique. Dans la pratique, les autorités locales n’ont pas d’espace suffisant pour héberger les gens dans les locaux de police, explique une analyse de l’ONG StateWatch parue fin 2025 sur ce sujet.

    D’autant que les embarcations contiennent parfois plus d’une centaine, voire plusieurs centaines, de passagers. Échappant aux locaux de police, « les migrants se fondent souvent dans la population locale, ce qui ralentit l’enquête et empêche d’apporter un soutien adapté aux victimes », observait l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans un rapport de 2022. Les autorités ont parfois recouru à des infrastructures informelles comme des salles de classe, note l’OIM.

    La construction de ces deux centres financés par l’UE répond donc, d’abord, à « un besoin exprimé par les autorités sénégalaises, qui souhaitaient disposer d’un mécanisme national capable d’assurer une meilleure organisation de l’accueil et de l’orientation des personnes secourues en mer », assume le porte-parolat de la Commission européenne.

    La durée d’hébergement y sera limitée à « 72 heures », indique encore la même source. Une durée pouvant cependant être prolongée « par l’autorité sénégalaise compétente dans certaines circonstances exceptionnelles liées à des vulnérabilités spécifiques, à des besoins en matière de santé ou de protection. »

    Mais que se passe-t-il ensuite, à l’intérieur de ces centres ? La Commission, qui qualifie bien ces infrastructures de centres d’accueil, met en avant un objectif #humanitaire : « Venir en aide aux migrants dès leur #débarquement sur le territoire sénégalais ». Avec une attention particulière portée aux mineurs non accompagnés, femmes enceintes, victimes de traite ou encore demandeurs d’asile.

    Ceci étant, dans la pratique, les 72 heures de #rétention permettent aux autorités de procéder à des #interrogatoires de passagers pour savoir, par exemple, qui était le pilote du bateau, ou dans quelles circonstances a eu lieu la tentative de traversée, explique l’analyse de StateWatch.

    Entre passeurs et migrants, une frontière floue dans la loi sénégalaise

    Dès lors, les ONG craignent que ces centres servent, au-delà de leur objectif initial d’accueil affiché, de lieux d’enquête sur les passeurs voire de détention prolongée. Le Sénégal pénalise l’acte de « #migration_illégale », via une #loi adoptée en mai 2005. L’article 4 spécifie : « Est punie de 5 à 10 ans d’emprisonnement et d’une amende de 1 000 000 à 5 000 000 [de francs CFA] la migration clandestine organisée par terre, mer ou air ; que le territoire national serve de zone d’origine, de transit ou de destination. »

    Or, ce terme de « #migration_clandestine » a une acception large - voire floue, selon plusieurs ONG et enquêtes journalistiques. Le média d’investigation Follow the money a par exemple démontré comment cette loi sénégalaise de 2005 pouvait aboutir à des condamnations de personnes exilées elles-mêmes. Un rapport de Human Rights Watch (HRW) détaille la même problématique avec le recours à des centres d’un modèle similaire, financés par l’UE, développés en Mauritanie.

    Comme le rappellent régulièrement plusieurs ONG, à l’instar du réseau PICUM (Plateforme pour la coopération internationale sur les migrants sans papiers), les poursuites engagées à l’encontre des migrants enfreignent « les articles 5 et 16 du Protocole des Nations Unies contre le trafic illicite de migrants, qui interdisent le recours à la législation anti-trafic à l’encontre des migrants eux-mêmes ».

    Mais dans le texte, la loi sénégalaise de 2005 « n’empêche pas la pénalisation de migrants, en contradiction avec ce protocole des Nations Unies », souligne Leonie Jegen, doctorante pour la recherche en sciences politiques à l’Université d’Amsterdam, jointe par InfoMigrants.

    C’est que ce type de convention internationale n’est pas contraignant juridiquement. « Il y a eu des tentatives de réformer la loi depuis 2018, afin de l’aligner davantage sur ce protocole des Nations Unies. Il existe même un avant-projet de loi relatif à la lutte contre le trafic illicite de migrants adopté au niveau technique. Mais cette réforme n’a pas encore été conclue », retrace la chercheuse, qui travaille depuis plusieurs années sur l’externalisation des politiques migratoires européennes, notamment en Afrique de l’Ouest.

    « Possibilité de détention »

    « Replacés dans leur contexte », les centres d’accueil financés par l’UE dans des pays tiers « révèlent un risque très élevé que les ’interceptions à des fins de recherche et de sauvetage’ se transforment en ’interceptions à des fins de détention’ », estime l’analyse de StateWatch. Il existe selon l’ONG un « risque important » que ces nouveaux centres d’accueil temporaire « se transforment de facto en centres de détention ».

    De fait, la note conceptuelle de la Commission européenne datée d’octobre 2024 à l’origine du projet, révélée par StateWatch, mentionne « une zone distincte pour les passeurs / trafiquants présumés ». Une zone dédiée aux « #auditions » et à la « possibilité de détention », selon la note.

    Interrogée à ce sujet, le porte-parole de la Commission ne confirme pas spécifiquement l’existence de ces zones, mais laisse aux autorités sénégalaises la latitude de la gestion administrative des lieux. « L’objectif de ces centres est de garantir que, pendant le déroulement des procédures administratives habituelles, les personnes bénéficient d’une protection, d’une assistance et d’un enregistrement dans des conditions dignes et sûres », explique la Commission.

    De plus, l’instance européenne invoque la signature d’un « contrat spécifique signé début 2026 avec la Commission nationale des droits de l’Homme, une tierce partie indépendante », afin de garantir que les activités de gestion de ces centres « respectent et préservent les droits de l’Homme ». « Ces centres ne sont pas destinés à offrir un hébergement à long terme et ne sont liés à aucune procédure de retour », réaffirme le porte-parole.

    Externalisation du contrôle migratoire

    La note conceptuelle d’octobre 2024 indique que l’UE a initialement prévu de financer la construction de quatre centres d’accueil du même type. Interrogée aux sujets des deux autres centres potentiels, la Commission n’a pas apporté d’éléments de réponse.

    Le site spécialisé Africa Intelligence rappelle que ces structures s’inscrivent dans une « stratégie d’#externalisation du contrôle migratoire promue par Bruxelles dans la région ». Ce média évoque une « discussion élargie entre Dakar et Bruxelles en vue d’un #partenariat plus global » notamment « lors de la venue d’une mission de haut niveau de l’UE au Sénégal en mars ». Ainsi qu’un #investissement matériel : le Sénégal a réceptionné 11 vedettes neuves et six reconditionnées en ce même mois de mars, pour mener les opérations de secours et d’interception en mer.

    Le nouveau Pacte migratoire européen, entré en vigueur en juin, accélère ces dynamiques d’externalisation du contrôle migratoire européen. « L’un des changements principaux prévus, c’est la création de ’#hubs_de_retours'. Selon le MMC [Centre sur la migration mixte, un centre de recherche internationale basé à Dakar, ndlr], le Sénégal était évoqué par plusieurs sources comme partenaire potentiel pour la mise en place de ces centres de retour », commente Leonie Jegen.

    « Sénégal, Ghana, Mauritanie, Rwanda, Ouzbékistan... De nombreuses pistes d’États partenaires circulent, sans confirmation à ce stade », précisait à ce sujet FranceInfo, citant la spécialiste Ravenna Sohst, analyste au centre de recherche Migration Policy Institute Europe. Interrogé sur l’existence ou non de négociations avec le Sénégal à ce sujet, le porte-parolat de la Commission européenne n’a pas répondu.

    Quoi qu’il en soit, cette externalisation du contrôle migratoire « bénéficie à beaucoup d’acteurs, puisqu’elle va de pair avec de l’argent débloqué pour des projets de #développement », rappelle la chercheuse.

    En revanche, pour la société civile sénégalaise, cette politique reste « très opaque ». Ces dernières années, des manifestations publiques ont déjà eu lieu contre les restrictions mises par l’UE sur les délivrances des visas, qui sont un levier fort de négociations pour les Européens face à l’État sénégalais. Ou encore, contre la présence de Frontex.

    L’agence des gardes-frontières européens n’opère plus dans le pays depuis 2018. Mais selon des documents produits par l’UE en juin 2022 et analysés notamment par la presse sénégalaise, les autorités européennes cherchent à redéployer Frontex au Sénégal. Pour l’heure, l’organisation déploie des vols de surveillance au-dessus des eaux voisines du Cap-Vert, afin de garder un œil sur la route de l’Atlantique. Les premières opérations ont été officiellement lancées en novembre 2025.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/73331/senegal--lunion-europeenne-construit-deux-centres-pour-les-exiles-inte

    #centres #UE #EU #route_atlantique #union_européenne #migrations #réfugiés

  • Les Comores dénoncent les propos de Sébastien Lecornu sur l’aide migratoire, jugés « d’une condescendance insupportable »
    https://www.lemonde.fr/outre-mer/article/2026/08/28/les-comores-denoncent-les-propos-de-sebastien-lecornu-sur-l-aide-migratoire-

    Les Comores dénoncent les propos de Sébastien Lecornu sur l’aide migratoire, jugés « d’une condescendance insupportable »
    Le Monde avec AFP
    « Les propos tenus par M. Lecornu, sur la fameuse aide au développement, revêtent une condescendance insupportable », a déclaré, jeudi 27 août, le ministre des affaires étrangères comorien, Mohamed Mbae, jugeant la déclaration du premier ministre « surprenantes ». Au cours d’une visite de deux jours à Mayotte, Sébastien Lecornu a affirmé mercredi que l’aide au développement accordée aux Comores et à six pays africains serait conditionnée à leur coopération avec la France dans la lutte contre l’immigration. Pour ces pays (Comores, Burundi, Tanzanie, République démocratique du Congo, Rwanda, Somalie et Kenya), « on va créer quelques nouveaux critères de bonus-malus, c’est-à-dire la capacité à bien collaborer dans la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires, la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière », a-t-il expliqué.
    Mayotte, le plus pauvre des 101 départements français, est restée française lorsque le reste de l’archipel des Comores a accédé à l’indépendance en 1975. L’île est toutefois toujours revendiquée par l’Union des Comores. S’exprimant à la base navale de Dzaoudzi, où il ouvrait une réunion du commandement militaire chargé de la lutte contre l’immigration clandestine, Sébastien Lecornu a précisé que l’aide serait liée à la « capacité de ces pays à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière » et à leur participation « à la lutte contre les passeurs ». Sa déclaration « est totalement déconnectée des attentes de la population de l’île comorienne de Mayotte », a déploré Mohamed Mbae, en référence au passage du cyclone Chido, en 2024. Une part importante des 323 000 habitants de l’archipel recensés par l’Insee au 1er janvier 2026 est de nationalité étrangère, contre près de la moitié de la population en 2017.
    Les propos du chef du gouvernement ont suscité des condamnations dans l’ensemble de l’échiquier politique comorien. Le parti d’opposition USHE a dénoncé « un chantage scandaleux », tandis que l’ONG Comité Maore a qualifié cette mesure de « chantage inacceptable » et accusé Paris de mener une politique néocoloniale. « Prétendre être “notre ami” tout en maintenant l’occupation coloniale de l’île comorienne de Mayotte est une hypocrisie intolérable », a affirmé USHE dans un communiqué.

    #Covid-19#migration#migrant#france#comores#mayotte#politiquemigratoire#developpement#sante

  • La France veut conditionner l’aide au développement pour sept pays africains à la lutte contre l’immigration à Mayotte
    https://www.dakaractu.com/La-France-veut-conditionner-l-aide-au-developpement-pour-sept-pays-africa

    a France veut conditionner l’aide au développement pour sept pays africains à la lutte contre l’immigration à Mayotte
    En déplacement pour deux jours à Mayotte, Sébastien Lecornu a annoncé mercredi 26 août que la France entendait conditionner le versement de son aide publique au développement à une meilleure coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine sur l’archipel. Sept pays africains sont concernés par ce système de « bonus-malus », décrit par le Premier ministre.
    Les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya sont visés par ce nouveau dispositif, qui vise à conditionner le versement de l’aide publique au développement (APD) de la France à un renforcement de la lutte contre l’immigration à Mayotte. Sébastien Lecornu a demandé au ministère des Affaires étrangères de formuler des propositions afin de commencer à le mettre en œuvre dès 2026, puis de manière plus structurelle en 2027.
    Le Premier ministre a toutefois assuré que l’aide humanitaire directe ne serait pas remise en cause. Le principe consiste à moduler l’aide au développement en fonction de plusieurs critères : la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires et le retour des étrangers en situation irrégulière. « Il est normal » de donner davantage « à un pays qui se donne du mal pour répondre à nos attentes en matière migratoire », a défendu Sébastien Lecornu.
    La députée Liot de Mayotte, Estelle Youssouffa, a réagi, dénonçant de la « com’ politique » et promettant de voter à nouveau la censure du gouvernement. Elle rappelle que la conditionnalité de l’aide au développement existe « déjà dans les accords de 2019 avec les Comores », principal pays d’origine des migrants, et regrette l’absence de réponse à la demande des élus de démanteler le camp de Tsoundzou 2, où vivent dans la précarité plus d’un millier de demandeurs d’asile.
    À l’approche de l’élection présidentielle française, l’immigration clandestine à Mayotte, qui cristallise la colère des Mahorais, revient dans le débat politique. La semaine dernière, Édouard Philippe proposait notamment de stopper l’enregistrement des demandes d’asile.À La France insoumise, le député Thomas Portes accuse Sébastien Lecornu de reprendre les thématiques de l’extrême droite. « Le chantage à l’aide publique au développement est absolument inacceptable », dénonce-t-il, estimant que les personnes concernées fuient « la misère », « la faim », « les guerres » ou encore des « crises climatiques qui vont s’accélérer ». Pour le député, « tout cela ne fonctionne pas » et la réponse doit passer par « une politique d’accueil » et « une politique de diplomatie ».
    À l’extrême droite, la mesure est également critiquée, mais parce qu’elle est jugée insuffisante. « Il n’est plus l’heure de conditionner l’aide publique au développement, mais de la supprimer », estime l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. « C’est l’argent de notre peuple, c’est l’argent des Français et il en manque suffisamment », ajoute-t-elle.
    L’annonce ne surprend pas vraiment Matthieu Paris, chargé de plaidoyer à l’ONG CCFD-Terre Solidaire. « Cela fait trois ans maintenant que cette aide est devenue transactionnelle, sur le principe du "donnant-donnant", comme aux États-Unis », regrette-t-il.Une situation regrettable pour les pays bénéficiaires de l’APD : « cette aide, censée être un outil de solidarité internationale, est encore utilisé pour des calculs politiques internes à la France, dénonce-t-il. Son efficatié deviendra moindre et elle n’aidera pas à l’autonomisation des pays qui en bénéficient ».
    De son côté, Alan Anic, chargé de plaidoyer pour Solidarités International, ne croit pas que cette annonce puisse agir sur la lutte contre l’immigration et précise n’avoir « jamais remarqué d’inflexion des départs vers la France si on donne plus ou moins d’aides ». « Le but ici est d’utiliser l’APD comme une arme diplomatique », poursuit-il.

    #Covid-19#migrant#migration#france#developpement#APD#sante#politiquemigratoire

  • Mayotte : Sébastien Lecornu veut conditionner l’aide au développement pour les Comores à une meilleure collaboration dans la lutte contre l’immigration clandestine
    https://www.lemonde.fr/outre-mer/article/2026/08/26/mayotte-sebastien-lecornu-veut-conditionner-l-aide-au-developpement-pour-les

    Mayotte : Sébastien Lecornu veut conditionner l’aide au développement pour les Comores à une meilleure collaboration dans la lutte contre l’immigration clandestine
    Le Monde avec AFP
    Paris va conditionner l’aide publique au développement pour les Comores et plusieurs pays africains à une meilleure collaboration dans la lutte contre l’immigration clandestine vers Mayotte, a annoncé mercredi 26 août, à Dzaoudzi, le premier ministre, Sébastien Lecornu.
    Pour ces sept pays (les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya), « on va créer quelques nouveaux critères de bonus-malus, c’est-à-dire la capacité à bien collaborer dans la lutte contre les passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires, la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière », a ainsi expliqué le chef du gouvernement.
    Arrivé mercredi à Mayotte pour une visite de deux jours, Sébastien Lecornu s’exprimait sur la base navale de Dzaoudzi, en ouvrant une réunion de l’état-major sur la lutte contre l’immigration clandestine, qui cristallise la colère des Mahorais.Une fraction importante des 323 000 habitants de l’archipel recensés par l’Insee au 1er janvier 2026 sont de nationalité étrangère : cela représentait même près de la moitié de la population en 2017. Ces demandeurs d’asile viennent surtout des Comores, mais avec une arrivée croissante de personnes venues de la région des Grands Lacs (RDC, Rwanda…).
    En 2024, cette aide publique au développement atteignait 300 millions d’euros. « Tout ce qui est de l’aide humanitaire directe aux populations, y compris dans les théâtres de guerre, on ne remet pas en cause », a cependant assuré le premier ministre. Sébastien Lecornu a demandé au ministère des affaires étrangères de faire des propositions en vue de les mettre en œuvre dès 2026, et de manière plus structurelle en 2027. Il est normal de donner plus « à un pays qui se donne du mal pour répondre à nos attentes en matière migratoire » plutôt qu’à « un pays qui est parfois sourd ou peut être trop léger avec ce que nous attendons », a-t-il justifié.
    Sébastien Lecornu, entouré de six ministres dont ceux de la défense et de l’intérieur, a également annoncé une « militarisation » de la lutte contre l’immigration clandestine, avec un recours aux drones et à des ballons captifs pour surveiller les approches, et davantage de navires intercepteurs (de 9 en 2026 à 13 en 2028). Il a également annoncé le déploiement d’un détachement de la Légion étrangère sur l’îlot M’Tsamboro situé au nord-ouest de l’archipel. Selon Frédéric Poisot, préfet de Mayotte, en 2026 « on est, à date, à 16 500 éloignements » de personnes interceptées sur les centaines d’embarcations clandestines affluant chaque année. « On a un adversaire qui s’adapte à nos modes d’action, qui connaît nos modes de détection », a-t-il averti.

    #Covid-19#migration#migrant#france#developpement#APD#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • #Colonialité toxique : dans les paysages radioactifs du #Sahara

    De 1960 à 1966, avant et après l’indépendance de l’#Algérie, l’État français a expérimenté au Sahara dit algérien dix-sept bombes atomiques et autres essais chimiques. Ce sujet a longtemps été #tabou en France, dans la presse, dans les discours politiques aussi bien que dans le cadre académique où enquêtes, témoignages, littérature et recherches sur ce thème ont été invisibilisés. Seul le réseau associatif et militant a soutenu les travaux abordant ce domaine – comme par exemple le livre de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, Une face cachée du nucléaire français3. Brisant frontalement la confidentialité de ces faits – presque trois décennies après l’ouvrage de Gabriele Hecht sur l’histoire nucléaire de la France, Le rayonnement de la France4, plusieurs publications récentes issues du monde anglo-saxon abordent la violence coloniale française illustrée dans ses modalités extrêmes par les expérimentations atomiques.

    C’est le cas du nouveau livre de Samia Henni, Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara. Paru d’abord en anglais5, il est associé à une exposition6 qui réverbère d’une autre manière les éléments de preuve de l’usage violent d’un territoire colonisé. L’autrice, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, enseigne actuellement à l’Université McGill de Montréal. Elle donne à penser la colonisation et ses effets dévastateurs sur le très long terme. Son point de départ est l’espace et sa gestion en période de guerre, sa réorganisation ou ce que le langage colonial a souvent appelé sa « mise en valeur ». Sensible aux narrations « cosmétiques » qui masquent les réalités de la domination coloniale, Samia Henni évoque en ce sens les euphémismes utilisés pour dire les faits qui ne sont pas seulement des « essais » nucléaires ou de la « radioactivité », mais bien des bombes atomiques à part entière et une toxicité sans limite produite par la colonisation.

    « Saharanisme »

    Faisant écho à cette question, Brahim El Guabli, professeur de pensée et littérature comparées à l’Université Johns Hopkins (USA), explore dans son dernier ouvrage, Desert Imaginations, la représentation des « déserts » à travers une variété de sources littéraires et historiques plurilingues (amazigh, arabe, français, anglais)7. Il montre que dans les productions culturelles majoritaires, les déserts apparaissent comme terra nullius, inhabitée, improductive, inutile et menaçante. La fiction mondialisée d’un désert vide et sans vie a permis de légitimer des projets d’exploitation brutaux et destructifs8. Brahim El Guabli propose d’appeler « saharanisme » ou encore « désertisme » cet imaginaire dominant dont il retrace les origines lointaines et la construction, en particulier dans les écrits politiques et littéraires français du XIXe siècle à aujourd’hui. Il fait de ces notions un outil conceptuel permettant d’approcher à plusieurs niveaux les usages et mésusages du désert, quelles que soient les parties du monde concernées. L’auteur distingue divers secteurs – spirituel, extractif, instrumental, sexuel – où s’exerce le saharanisme. En contrepoint de cette idéologie inhérente aux intérêts coloniaux, Brahim El Guabli montre le rapport intime que des écrivains et artistes autochtones manifestent dans leurs œuvres envers leur environnement, tangible et intangible, humain et non humain, une posture écologique sensible qu’il appelle ecocare ou encore éthique autochtone de la conscience environnementale. Cette attitude m’évoque une maxime touarègue Amaḍal amadal, « la terre est ce qui protège », mise en relation au Sahara avec la nécessité d’être nomade pour ne pas « peser sur le dos de la terre ». Comment une terre confisquée pour être mutilée, blessée, amputée, pourrait-elle continuer à protéger ses enfants ? Telle est la question que se posaient les Touaregs après les interventions violentes menées sur leur sol telles que les explosions atomiques, le creusement des puits de pétrole et des mines d’uranium, ou le réaménagement étrange de l’Afrique saharo-sahélienne en petits territoires enclos sur eux-mêmes, bardés de fils de fer barbelés9.
    La notion de saharanisme parait très utile pour approcher au présent divers types de faits, des plus anodins aux plus dommageables, tous fondés sur une hiérarchisation implicite des savoirs. Par exemple, l’obsession – a priori bienveillante – des organismes de développement ou d’aide qui interviennent en pays nomade pour creuser des puits, comme si le problème en zone aride était l’eau et non la gestion de l’eau. Pourtant, le piétinement animal intense autour des points d’eau, comme le disent bien les intéressés, détruit tous les pâturages alentour. Avec la multiplication des puits, aucune des stratégies nomades pour régénérer la flore ou conserver les plantes fourragères résistant au vent et permettant d’étager la consommation des pâturages ne peut plus s’exercer. Mais rien n’arrête ces politiques sédentaires du territoire couplées à la restriction de la mobilité qui ont finalement conduit à l’incapacité croissante de faire face aux sécheresses – pire, elles les ont aggravées.

    Au sujet des essais nucléaires français au Sahara, les approches des deux ouvrages cités se croisent et se complètent. Comment sortir du secret ? Comment rendre compte de la nuisance impalpable et occultée de ces explosions ? Comment documenter ce programme secret et ses lourdes conséquences, alors que la majorité des archives les concernant sont jusqu’à présent classées « secret-défense » ? Comment rendre audibles les voix des habitants sur la violence mortifère infligée à leurs vies et à leur terre par les gouvernements français et algérien qui ne les ont ni consultés ni avertis ?

    Trouver des voies et des voix pour répondre à ces interrogations fait partie des objectifs clairement énoncés par Samia Henni. Contestant « l’obsession coloniale et néolibérale de la “nouveauté”, la volonté d’être “le premier” à dire ou faire quelque-chose » (p. 37), l’autrice met à la disposition de ses lecteurs et lectrices les informations et les sources dont elle dispose, c’est-à-dire une centaine de documents d’archives (photos, textes) et la reproduction des témoignages de victimes (travailleurs et population d’Algérie, vétérans français) pour servir de socle à de futures recherches.

    Ce livre généreux et militant est fondé sur le partage des documents assemblés en étroite collaboration avec l’Observatoire des armements à Lyon. Il est destiné à « donner corps au silence des archives institutionnelles » et appelle à continuer le travail de mémoire et d’investigation permettant une autre narration des faits et un examen des responsabilités pour, à terme, exiger la décontamination des sites, l’ouverture totale des archives et la perspective de réparations.

    Car ces déflagrations nucléaires, décidées depuis Paris et prolongées en 1962 par les Accords d’Evian avec le gouvernement provisoire d’Algérie, ont eu de multiples répercussions sur les corps, sur l’environnement, sur le bâti, sur les paysages, sur les sols. Le matériel contaminé a été enseveli dans l’urgence au départ du personnel français en 1967, puis déterré par les puissants vents sahariens.

    Temps et espace du désastre atomique

    À partir de documents visuels et d’archives arrachées au secret, Samia Henni retrace les caractéristiques techniques et humaines des deux sites où les explosions ont été menées : d’un côté, Reggane, où furent lancées quatre bombes atmosphériques et de l’autre, In Ekker, émetteur de treize bombes souterraines, certaines échappant au confinement, et cinq expériences supplémentaires de dispersion atmosphérique de plutonium. Elle propose ensuite un corpus visuel composé d’extraits de documentaires et de reportages télévisés, et la reproduction de témoignages des victimes françaises.

    Dans le procédé éditorial choisi, les images impactent efficacement le regard en anticipant le texte. Ainsi, au début de l’introduction, onze photos aux tons jaune-sépia nous plongent dans la matérialité du secret, avec en première page un panneau d’interdiction de prise de vue et de menaces de sanctions contre tout contrevenant, planté sur l’un des sites d’expérimentation. Les images suivantes élargissent la focale, de la localisation des sites à l’emplacement des zones de tirs, du croquis topographique des infrastructures à une manifestation à Accra au Ghana contre ces expériences. Jusqu’à la photo de la « gerboisite », un terme qui conceptualise la matière radioactive anthropogénique produite par les explosions atmosphériques baptisées Gerboises par le pouvoir colonial. Enfin, une image satellite captant les mouvements intercontinentaux de la poussière radioactive du Sahara met immédiatement en évidence la nécessité d’un changement d’échelle pour l’analyse de ces faits.

    L’ouvrage restitue la situation géographique précise des deux sites d’expérimentation : Reggane dans la plaine de la Tanezrouft et In Ekker sur le mont Taourirt tan Afalla (littéralement en langue locale « Colline du haut » ou du « nord ») et aussi Taourirt tan Ataram (« Colline de l’ouest ») dans le massif de l’Ahaggar (nom utilisé dans l’ouvrage sous sa forme arabisée, Hoggar). Remarquons que les toponymes mentionnés sont tous amazighs. Ce qui donne une résonance particulière au choix de ces lieux situés à plus de 1000 km d’Alger et révèle une autre invisibilité qui n’est pas manifeste dans l’ouvrage, celle des habitants ancestraux de ces terres, les Imuhagh10, appelés « Touaregs » par les étrangers. L’invention de l’Algérie comme État colonial puis postcolonial les fera dénommer ensuite « Algériens » (comme dans la légende du 3e cahier photo où ils sont appelés « habitants algériens ») ou encore, selon les recensements sur leurs terres d’ancrage à la saison sèche, les assignera à d’autres identités nationales et territoriales : « Libyens », « Maliens », « Nigériens », « Burkinabè ». Les pouvoirs coloniaux ont en effet redessiné la carte de l’Afrique selon leurs intérêts, divisant le pays touareg par cinq frontières et transformant en peuple sans terre les nomades dont les parcours réguliers ont rendu le désert nourricier en préservant ses ressources végétales et hydriques.

    Samia Henni situe son propos dans le cadre national de l’Algérie. Elle montre cependant que le temps et l’espace de la toxicité nucléaire ne sont pas à l’échelle de la géopolitique humaine. Des témoins évoquent la violence monstrueuse des explosions ressentie non seulement à proximité, à Tamanrasset, mais aussi à 600 km à l’est à Djanet et à plus de 1 000 kilomètres au sud-ouest à Gao (p. 42), ou encore au sud-est dans l’Aïr11, englobant l’espace de référence de la mobilité nomade des Touaregs. Et bien au-delà encore.

    La toxicité invisible, impérissable, inquantifiable, irréversible, circule et s’infiltre partout où la diffusent les vents du globe. Elle contamine non seulement les lieux décrétés vides et sans importance par les autorités coloniales puis postcoloniales – notamment les territoires nomades –, mais également les pays et les continents des décideurs de la mise à feu des bombes atomiques. Elle s’étend à la terre entière et restitue, au-delà de l’approche spatialement fragmentée des événements, la perception géographique nomade qui au Sahara relie directement l’Ahaggar (actuelle Algérie), l’Ajjer (entre l’Algérie et la Libye), l’Aïr (actuel Niger), la Tademekkat (entre le Mali et le Burkina Faso) et la Tagaraygarayt (actuel Niger).

    Je rajouterai une information donnée par les Touaregs qui circulent entre l’Ahaggar et l’Aïr. Selon eux, l’abandon en 1967 des sites nucléaires français du côté algérien aurait été suivi par le transfert entre l’Ahaggar et l’Aïr d’une partie des anciens engins de chantier ainsi que du personnel pour mener des opérations de prospection à Madawela dans la vallée de Tin Marsoy. Cette partie du territoire touareg se trouvait rattachée depuis 1960 à l’État du Niger. Les nomades se souviennent des déplacements incessants et extrêmement dérangeants de camions énormes équipés de sondes qui sillonnaient les terres pastorales et creusaient le sol, faisant parfois jaillir de l’eau sans reboucher leurs forages en quittant les lieux.

    Ces travaux de prospection terrestres mais aussi aériens ont abouti à la mise en œuvre de l’exploitation d’un immense gisement d’uranium à Arlit, à environ 15 kilomètres de Madawela, ce dernier site étant laissé inactif, mais gardé par l’armée nigérienne. Comme ce fut le cas du côté algérien dans les années 1950 en pleine période coloniale, deux décennies plus tard, dans un État indépendant, les autorités françaises s’accaparèrent brutalement des terres touarègues de l’Aïr pour créer les infrastructures géantes d’une première mine à ciel ouvert (Arlit), puis d’une mine souterraine (Akokan), et d’une ville qui compte à présent plus de 100 000 habitants, détruisant toutes les ressources pastorales locales et interdisant aux nomades de poursuivre leur vie sur leurs propres terres. C’est à cette période que les contrôles et les détentions arbitraires de civils touaregs s’intensifièrent au nord du Niger, au point de transformer le seul fait d’être enturbanné en délit menant automatiquement à l’arrestation et à la confiscation des marchandises pour les caravaniers.

    Des vies qui ne comptent pas ?

    Comme l’écrit Samia Henni, après les explosions nucléaires des années 1960, les nomades, les oasiens et les citadins de la région de Reggane et de la vallée du Touat ont été directement affectés. Entre 1960 et 2008, la démographie chuta de moitié, passant de 40 000 à quelque 20 000 habitants (p. 93). La description détaillée des chantiers menés pour les opérations nucléaires et l’accueil du personnel à Reggane, Hamoudia et au point zéro des expérimentations – 82 000 m2 de bâtiments, 7000 m2 d’ouvrages souterrains, 100 km de routes, 3 centrales électriques, etc. (p. 96) – donne une idée du gigantisme de ces infrastructures (laboratoires, appareils de mesures, base avancée, ville nouvelle), au prix d’un labeur humain démesuré, diurne autant que nocturne. La recension des constructions techniques du second site dégage la même impression de démesure et de captation sans merci des terres (170 570 hectares) et des ressources locales. Non seulement l’eau et l’air de l’oued Amguel, mais la main d’œuvre autochtone, à laquelle s’ajoutaient sur le site la main d’œuvre importée d’autres régions de l’Ouest africain, ainsi que les militaires, appelés, techniciens et ingénieurs français, soit environ 9000 personnes sur le site au moment des explosions.

    Dans les années 1960, les procédés de décontamination des corps humains et des engins au jet d’eau (p. 114) paraissent dérisoires, irresponsables et même cyniques dans la mesure où l’eau n’a vraisemblablement pas échappé à la pollution. Pas plus les multiples échecs du confinement des bombes dans les galeries souterraines que l’indépendance de l’Algérie en 1962 n’ont empêché la continuation des essais par la France qui a également poursuivi de 1964 à 1966 ses expériences de dispersion du plutonium (nom de code Pollen) en bafouant le Traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques signé en 1963. Pire, les expériences biologiques conduites lors de la bombe Gerboise blanche auraient concerné non seulement des animaux (dont des cages et cadavres ont été retrouvés abandonnés sur le site), mais aussi des corps humains, morts ou vivants, ou des « cobayes humains » comme le formule Bruno Barillot dans son ouvrage, Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné12, cité par Samia Henni (pp. 107-108).

    Un travailleur local, interrogé trois décennies plus tard, rapporte qu’après les déflagrations, « la plupart des gens qui sont tombés malades sont ceux des campements qui habitent la montagne » (p. 156), autrement dit les habitants invisibilisés d’un désert décrété « vide » par les autorités françaises et algériennes. Le photographe et sociologue Bruno Hadjih a documenté le ravage sanitaire et létal (17 décès survenus immédiatement) des habitants du village de Mertoutek et la destruction durable de leur environnement après la bombe non maîtrisée de Béryl en 1962.

    Le gouvernement français est resté inactif sans mener d’étude de suivi après l’explosion, pas plus qu’il n’a proposé de réparation. Par ailleurs, il n’a fourni aucun descriptif technique des décharges toxiques qu’il a laissées au Sahara et qui continuent d’affecter la santé des êtres vivants. Comme si finalement, tout cela n’avait jamais existé et n’avait eu aucune conséquence pour personne. Jusqu’à quand ?

    ’avance à travers les entrailles de la fournaise
    Je les entends
    sécheresse de leur cœur
    Et ils me roulent dans le nuage
    champignon nuée
    brouhaha atomique
    Et ils aboient
    Toi, tu n’existes pas,
    tu n’as jamais existé

    Hawad, Irradiés13

    L’investigation sans fin

    Au final, on comprend à quel point le projet nécessaire de « documenter le paysage radioactif dans le Sahara » comme le propose Samia Henni est un programme collaboratif à long terme. La constitution de « contre-archives » dans ce domaine est une tâche ardue et ouverte qui appelle à d’autres enquêtes pour sortir le désert de l’oubli. Par exemple, comment faire résonner la mémoire et le présent de ceux qui sont effacés de la carte ? Quelles constellations d’expériences et de géographies peuvent être retracées en dehors des cadres restrictifs de la cartographie coloniale ? Comment mettre en dialogue les expériences vécues par les habitants des différents territoires sacrifiés lors des mises à feu nucléaires réalisées par la France, mais aussi par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine entre 1945 et 1980 ? Quels sont les formes de survie et de résistance qui ont émergé face à la catastrophe ? Comment faire entendre la voix des écrivains et des artistes qui mobilisent un imaginaire créatif capable de submerger le saharanisme, alors même qu’eux et leurs peuples subissent jusqu’à aujourd’hui la confiscation, la dévastation et la pollution nucléaire ou minière de leurs terres ? Le « Saharanisme expérimental » va en effet de pair avec le « Saharanisme extractif » pour reprendre les concepts de Brahim El Guabli. Quelles relations établir entre d’un côté la manne minérale concentrée au Sahara central sur les territoires nomades (pétrole et gaz en Algérie et Libye, uranium, charbon, or au Niger, or au Mali) et, de l’autre côté, la répression brutale qui touche leurs habitants, privés de leurs droits fonciers, jusqu’à nier et éradiquer leur nom, leur langue, leur mode de vie, leur société et leur histoire ? Le travail d’investigation à venir est immense, il réservera probablement des surprises, autant que l’étude des conséquences, impensées et impensables, de la radioactivité.

    https://www.terrestres.org/2026/06/08/colonialite-toxique-dans-les-paysages-radioactifs-du-sahara
    #radioactivité #colonialisme #pollution #violence_coloniale #territoire_colonialisé #colonisation #euphémismes #radioactivité #vocabulaire #mots #bombes_atomiques #désert #géographie_du_vide #vide #terra_nullius #saharanisme #désertisme #imaginaire #ecocare #conscience_environnementale #Touaregs #nomadisme #aide_au_développement #puits #développement #secret-défense #Accords_d’Evian #paysage #environnement #Reggane #In_Ekker #plutonium #images #secret #gerboisite #Gerboises #France_coloniale #mont_Taourirt_tan_Afalla #Taourirt_tan_Ataram #toponymie #invisibilisation #Imuhagh #violence #Tamanrasset #Ahaggar #Aïr #Madawela #Niger #vallée_de_Tin_Marsoy #Arlit #uranium #mines #Akokan #Arlit #pâturages #vallée_du_Touat #eau #sols #air #décontamination #montagne #destruction #Mertoutek #Béryl #réparation #santé #paysage_radioactif #mémoire #contre-archive #contre-récit #expérience_vécue #territoires_sacrifiés #Saharanisme_expérimental #Saharanisme_extractif #extractivisme

    ping @reka

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    A mettre en lien avec le #film_documentaire #At(h)ome (#athome) :
    https://seenthis.net/messages/819398

    • #Areva en Afrique. Une face cachée du nucléaire français

      L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe : l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Raphaël Granvaud détaille les conditions dans lesquelles la France et Areva se le procurent au meilleur coût, au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques pour les populations locales.
      Comme au Niger, fournisseur historique, pourtant en dernière position du classement des pays selon leur indice de développement humain. Dans un contexte international d’intensification de la concurrence sur le continent africain, mondialisation capitaliste oblige, Areva a toujours pu compter sur l’aide active des représentants officiels de l’État français et des réseaux les moins ragoûtants de la Françafrique pour sauvegarder son droit de pillage. L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva pour que les différents éléments de cette réalité et de sa stratégie de dissémination nucléaire ne ternissent pas une image de marque qu’elle voudrait immaculée.

      https://agone.org/livre/arevaenafrique
      #livre

    • TOXICITÉ COLONIALE. DOCUMENTER LE PAYSAGE RADIOACTIF DANS LE SAHARA

      Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.
      Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

      https://editions-b42.com/produit/toxicite-coloniale

    • Deserts Are Not Empty

      Colonial and imperial powers have often portrayed arid lands as “empty” spaces ready to be occupied, exploited, extracted, and polluted. Despite the undeniable presence of human and nonhuman lives and forces in desert territories, the “regime of emptiness” has thus inhabited, and is still inhabiting, many imaginaries. Deserts Are Not Empty challenges this colonial tendency, questions its roots and ramifications, and remaps the representations, theories, histories, and stories of arid lands—which comprise approximately one-third of the Earth’s land surface. The volume brings together poems in original languages, conversations with collectives, and essays by scholars and professionals from the fields of architecture, architectural history and theory, curatorial studies, comparative literature, film studies, landscape architecture, and photography. These different approaches and diverse voices draw on a framework of decoloniality to unsettle and unlearn the desert, opening up possibilities to see, think, imagine it otherwise.

      https://www.arch.columbia.edu/books/catalog/998-deserts-are-not-empty

  • La Cnaf et Inria s’engagent ensemble pour développer Catala, une solution souveraine de calcul des prestations sociales | Inria
    https://www.inria.fr/fr/cnaf-inria-convention-partenariat-catala-2026

    La Caisse nationale des Allocations familiales (#Cnaf) et l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (#Inria) s’engagent dans une convention de partenariat autour du #développement de #Catala, un #langage de #programmation #informatique visant à transcrire le droit de manière fidèle et #explicable. Cette innovation issue de la recherche publique permet de fiabiliser le calcul des #prestations_sociales et d’assurer #transparence et #évolutivité des moteurs de #calcul. Cette #coopération illustre une même ambition : consolider la maîtrise des technologies utilisées dans les systèmes d’information du service public des familles et de la solidarité, grâce au développement d’outils innovants et souverains.

  • Ziguinchor : face aux défis du chômage et de l’immigration i... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/ziguinchor-face-aux-defis-du-chomage-et-de-limmigration-irreguliere-des-jeu

    Ziguinchor : face aux défis du chômage et de l’immigration irrégulière, des jeunes incitent leurs pairs à l’entrepreneuriat
    Auteur : Max Euclide KANFANY
    Dans une Casamance où le chômage des jeunes et l’émigration irrégulière fragilisent l’avenir, une initiative locale démontre qu’il est possible de transformer les défis en opportunités. À Ziguinchor, l’incubateur Jógjëf, a porté pendant trois années l’initiative « Rendre l’entrepreneuriat accessible à chacune et à chacun (REACH) ». Le programme a permis à des dizaines de jeunes de rester, d’entreprendre et de bâtir leur avenir sur place.
    Ces jeunes porteurs de ce projet ont accompagné plus de 50 entrepreneurs dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou. À travers ses quatre volets – sensibilisation, idéation, incubation et financement – ledit projet a permis à de jeunes porteurs de projets de transformer leurs idées en entreprises viables, selon Babacar Signaté, responsable de l’incubateur Jógjëf. Après des années de déroulement, les résultats sont significatifs, a renseigné le jeune responsable de l’incubateur : 30 projets incubés ont reçu une subvention ; 30 projets issus de l’idéation ont également bénéficié d’un financement. Au total, près de 100 millions de francs CFA ont été distribués en subventions, permettant à des jeunes entrepreneurs de lancer leurs activités et de créer de l’emploi local.
    Plus de 80 % des entreprises accompagnées sont encore actives aujourd’hui, preuve de la pertinence du dispositif. Au-delà des chiffres, ces jeunes, à travers ce projet, ont mis en lumière la nécessité de renforcer l’accompagnement et ont lancé un appel vibrant aux autorités à ce sujet. Si l’Université numérique a joué un rôle déterminant en hébergeant l’incubateur pendant six années, et si des partenaires techniques et financiers comme l’Agence française de développement (AFD) entre autres ont apporté un appui considérable, le financement global du projet n’a couvert que 60 % des besoins. Les 40 % restants n’ont pas été obtenus, limitant l’ampleur des actions prévues, a confié Babacar Signaté. Ce constat souligne l’importance d’un engagement plus fort des autorités locales et nationales. Pour amplifier l’impact et offrir à davantage de jeunes la possibilité de s’insérer par l’entrepreneuriat, un accompagnement accru en ressources et en politiques publiques est indispensable. L’initiative « Rendre l’entrepreneuriat accessible à chacune et à chacun (REACH) », a démontré qu’avec un accompagnement adapté, les jeunes peuvent bâtir leur avenir sur place.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#ziguinchor#developpement#entrepreunariat#economie#jeunesse

  • Lutte des mémoires dans la vallée de l’automobile
    https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4691

    Elle, est soixante-huitarde, ouvrière féministe et révolutionnaire à l’usine Renault de Flins. Lui est braqueur puis détenu, devenu militant anti-carcéral ainsi que des luttes de l’immigration et des banlieues. Tous deux partagent l’expérience de la lutte sociale et l’envie de transmettre cette mémoire. Rencontre 359 Avril 2026

    / Immigration , Développement, Urbanisme , Leur Histoire, Notre Mémoire , Luttes Sociales , Notre Histoire , Lutte de classes

    #359_Avril_2026
    #Immigration
    #Développement,_Urbanisme
    #Leur_Histoire,_Notre_Mémoire
    #Luttes_Sociales
    #Notre_Histoire
    #Lutte_de_classes

  • The EU donated equipment to the BiH Border Police to combat migrant smuggling, here’s what it includes

    The European Union, Germany, Italy and the Netherlands delivered specialized equipment to the Border Police of Bosnia and Herzegovina with the aim of strengthening the operational readiness of officers and improving border management capacity.

    The handover included a package of equipment with specialized magnifiers for viewing documents, heartbeat detectors for finding people in hidden compartments of trucks and other vehicles, in situations that often involve inhumane conditions and life-threatening risks, and a patrol boat for responding to river incidents, including search and rescue operations.

    This handover is part of a wider package of assistance for capacity building that combines specialized equipment and training, with a total investment of around 200,000 euros, under the EU4FAST project.

    “Efficient border management today requires modern technology, skilled personnel and strong institutions, and this support is designed to support all three aspects. This handover is an example of the practical and concrete support that the European Union, together with its member states, acting as ‘Team Europe’, provides in Bosnia and Herzegovina in facing the challenges of migrant smuggling, human trafficking and border management as a whole. Strengthening the capacity of the Border Police also directly helps Bosnia and Herzegovina in harmonizing with EU standards, especially within the framework of the chapter 23 and 24 of the EU accession process,” said Ambassador Luigi Soreca, Head of the EU Delegation and EU Special Representative in Bosnia and Herzegovina.

    He added that the EU remains committed to supporting Bosnia and Herzegovina on its European path, through reforms that strengthen security, the rule of law and regional cooperation.

    He also pointed out that it is important for Bosnia and Herzegovina to update its plans for unforeseen situations and be prepared in case of an increased influx of irregular migrants.

    Director of the BiH Border Police, Mirko Kuprešaković, emphasized the importance of the donated boat for the work of officers in the field.

    “Modern equipment enables a faster, more efficient and safer reaction of our officers to all the challenges they continuously face in their daily work. This support comes at the right moment, when security challenges are more and more complex, and the need for modernization and strengthening of institutions’ capacities is more and more pronounced. I want to express my sincere gratitude to the European Union, the embassies of the Slovak Republic of Germany, Italy, France and the Netherlands, as well as to all the partners who participated in the implementation of the EU4FAST project,” said Kuprešaković.

    He particularly emphasized Frontex’s significant support to the BiH Border Police, which contributes to strengthening operational capacities and work efficiency.

    German Ambassador to BiH Alfred Grannas said that Germany is proud to contribute to this joint effort, combining national expertise with European resources to achieve concrete and sustainable results within the Team Europe approach.

    “The engagement of GIZ and the German Federal Police particularly reflects Germany’s commitment to sharing practical experience and operational knowledge with partner countries from the Western Balkans region, especially Bosnia and Herzegovina. Last week we had a good example of what this means in practice: experts from the German Federal Police conducted specialized training for Border Police officers in BiH. The main focus was on document review and the use of heart rate detectors, directly linking the equipment to operational skills. Next week, the second training will be repeated for group of interns and I am delighted that we have established this practical and successful collaboration”, said Grannas.

    Oliver Janser, project manager of EU4FAST, said that today’s handover is not just a delivery of equipment.

    “It reflects a sustainable partnership built over years of cooperation, trust and shared responsibility. What we are witnessing today is the result of continuous joint efforts to strengthen capacity and respond to changing challenges at the border. Our cooperation is strategic and forward-looking. We build on what works, learn from experience and invest where it makes a real difference. Each contribution is designed to strengthen previous efforts, ensuring continuity, coherence and measurable results,” said Janser.

    Support is provided within the framework of the EU4FAST project, a regional initiative that supports the fight against human trafficking and migrant smuggling across the Western Balkans worth more than 50 million euros.

    The project is financed by the European Union, the Federal Ministry for Economic Cooperation and Development (BMZ) of Germany, the Ministry of the Interior of Italy and the Ministry of Foreign Affairs of the Netherlands. It is implemented by a consortium of implementation partners, led by GIZ, he writes Klix.

    https://bosniatoday.ba/the-eu-donated-equipment-to-the-bih-border-police-to-combat-migrant-smug
    #externalisation #migrations #réfugiés #frontières #contrôles_frontaliers #Bosnie-Herzégovine #EU #Allemagne #Italie #Pays-Bas #équipement #militarisation_des_frontières #EU4FAST #border_management #technologie #Team_Europe #France #Slovaquie #Frontex #GIZ #développement #GTZ #Balkans #route_des_Balkans #Oliver_Janser

  • Zen of AI Coding - Nonstructured
    https://nonstructured.com/zen-of-ai-coding

    - Software development is dead
    – Code is cheap
    – Refactoring easy
    – So is repaying technical debt
    – All bugs are shallow
    – Create tight feedback loops
    – Any stack is your stack
    – Agents are not just for coding
    – The context bottleneck is in your head
    – Build for a changing world
    – When considering Buy vs. Build, the answer, more often, is build
    – Fast rubbish is still rubbish
    – Software is a liability, a product is an asset
    – Moats are more expensive
    – Build for agents
    – Anticipate modes of failure

    Alors, tu vois, maintenant, tu arrêtes tout, et tu laisses faire les machines.

  • Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    https://www.dakaractu.com/Synergie-entre-Diaspora-et-jeunesse-La-diaspora-represente-un-levier-esse

    Synergie entre Diaspora et jeunesse : « La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal »(Doudou Gn.Diop)
    Lors du symposium organisé hier à Thiès par Onits et son partenaire Pits, le PCA de la Sapco, par ailleurs initiateur principal de cette rencontre d’échanges et de partage, Doudou Gnagna Diop, a tenu à mettre en lumière le rôle et la place de la diaspora dans la transformation économique et touristique du pays.
    « Le Sénégal entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire économique et sociale. À l’horizon 2050, notre ambition est claire : construire un modèle de développement inclusif, résilient et durable, capable de générer des opportunités pour notre jeunesse et de valoriser pleinement notre capital naturel, culturel et humain. Dans cette transformation, la diaspora sénégalaise occupe une place centrale. Elle constitue une force économique, intellectuelle et stratégique majeure, avec des transferts financiers estimés à plus de 10% du PIB national, mais surtout avec un capital d’expertise, d’innovation et de réseaux internationaux. La diaspora représente un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du Sénégal. Parmi les secteurs à fort potentiel, le tourisme durable apparaît comme un pilier stratégique capable de créer des emplois massifs, de stimuler l’investissement et de renforcer le rayonnement international du Sénégal ».
    « La diaspora sénégalaise représente un acteur clé de transformation économique et touristique. Son rôle dépasse largement les transferts financiers traditionnels. C’est un investisseur naturel et crédible. Une forte capacité d’épargne et d’investissement. Une connaissance des marchés internationaux, une capacité à mobiliser des réseaux économiques globaux. Elle peut jouer un rôle majeur dans la création d’infrastructures touristiques durables, le développement d’écologie et complexes éco-touristiques, l’investissement dans les startups touristiques et numériques, le financement participatif etc... C’est aussi un ambassadeur international du tourisme sénégalais. C’est une valeur de transfert de compétences.
    Alors, la diaspora peut contribuer activement à la formation professionnelle des jeunes : le mentorat-entreprenariat, le transfert de technologie touristique innovante, le développement de standards internationaux de qualité ». « Le numérique permet aux jeunes de créer des plateformes de réservation locale, développer des solutions touristiques innovantes, promouvoir la destination sénégalaise à l’international et valoriser le patrimoine culturel via les technologies. Alors, il va falloir former une masse critique de jeunes dans le tourisme durable et créer un écosystème d’insertion professionnelle[...]. À l’horizon 2050, la transformation du Sénégal sera collective, elle sera portée par ses territoires, elle sera incarnée par sa jeunesse, elle sera amplifiée par sa diaspora... »

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#jeunesse#developpement#formation#sante

  • Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    https://www.dakaractu.com/Migration-irreguliere-l-IHRC-RFT-mobilise-experts-et-autorites-autour-d-u

    Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    Au Sénégal, la migration irrégulière continue de faucher les espoirs de milliers de jeunes, prêts à affronter l’océan au péril de leur vie. Entre chômage, pression sociale et mirage de l’eldorado européen, l’exil clandestin s’impose comme un drame national. C’est dans ce contexte que la Commission Internationale des Droits de l’Homme, Fonds et Secours (IHRC-RFT) a organisé un séminaire de haut niveau ce 29 janvier 2025, placé sous le thème : « Jeunesse, Migration et Opportunités Locales au Sénégal : Rester et Bâtir un Avenir Résilient ». Face à cette urgence, autorités, experts et organisations internationales appellent à une réponse ferme, axée sur l’emploi, la formation et des opportunités locales crédibles.
    Selon les données de la Gendarmerie nationale, plus de 47.000 migrants ont atteint les îles Canaries en 2024, dont 20 % de nationalité sénégalaise, 43 % de Malien, 8% de Mauritanien. Pour 2025, 17.970 migrants ont déjà été enregistrés, à bord de 266 embarcations, dont 15 pirogues en provenance du Sénégal transportant 1.920 personnes.
    Intervenant lors du séminaire, l’honorable Moussa Diakhaté, Directeur Exécutif de l’IHRC-RFT bureau Sénégal, a dressé un diagnostic sans complaisance : « La frange la plus dynamique de notre population quitte le pays dans des conditions indignes. Il y a des facteurs économiques, sociaux et une forte pression sociale. Nous devons briser l’illusion selon laquelle il faut forcément partir pour réussir. ». Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une réponse collective, impliquant l’État, la société civile, les partenaires internationaux et la jeunesse elle-même. Pour clore son propos, l’honorable député estime que la migration irrégulière constitue un défi majeur pour la jeunesse sénégalaise.« Il est urgent de déconstruire l’illusion selon laquelle il faut quitter le pays pour réussir », a-t-il déclaré.
    Le criminologue Dr Djiby Diallo, conseiller spécial de l’IHRC-RFT a, pour sa part, souligné que le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise gouvernance figurent parmi les principales causes du phénomène, appelant à des réformes structurelles dans l’éducation et la formation professionnelle. « La mauvaise gouvernance, le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise répartition des ressources sont des causes majeures de la migration. » à t-il relevé
    Il appelle à des réponses structurelles, notamment par la réforme des programmes éducatifs, la formation aux compétences dès le plus jeune âge et une meilleure inclusion sociale : « Les conflits naissent souvent de la frustration et du sous-emploi des jeunes. Investir dans leur avenir, c’est prévenir l’instabilité. »
    Alors que des milliers de jeunes continuent de risquer leur vie sur l’Atlantique, les intervenants ont insisté sur un message central : la migration irrégulière n’est pas seulement un défi sécuritaire, mais un enjeu de développement, de dignité et d’avenir national. Ils ont ainsi plaidé pour un renforcement de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Migration Irrégulière (SNLMI) et un meilleur accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’entrepreneuriat local.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#migrationirreguliere#sante#developpement

  • L’étrange Noël de Carole Delga et Kamel Chibli
    Pour les élu.e.s phares de la #Région_Occitanie – Occis la vie ! –, 2026 va commencer aussi mal que 2025 s’est achevée : avant comme après les fêtes, des affiches à leur effigie fleurissent aux quatre coins du territoire, sur les murs de la métropole comme sur ceux des petits villages. Elles se reproduisent toutes seules, passent de main en main, de groupe en groupe, de département en département…
    Ces affiches figurent la présidente de région, #Carole_Delga, et son vice-président, #Kamel_Chibli, en hors-la-loi du Far West recherchés (Wanted) pour « coupables de haute trahison contre la nature et l’être humain » : #A69, Lignes à Grande Vitesse, méga-port de marchandises et giga-éoliennes à Port-la-Nouvelle, dressage des jeunes au numérique et intoxication de la population par les smartphones. Ces papiers muraux mettent en évidence la cohérence de l’action des représentants du Parti de l’État et du Développement (qu’ils s’appellent Delga, Wauquiez ou Bardella) : moderniser et bétonner quel qu’en soit le prix humain et écologique ; extraire plus de métaux et produire toujours plus d’énergie sans que les finalités de cette course puissent être questionnées ; servir à tous coups les intérêts des grandes entreprises et de l’armée. Nous maintenir, au nom de la fumeuse idée de #transition [écologique ou énergétique], dans le tourbillon du #Développement industriel qui saccage villes et campagnes, fermes et champs, montagnes, rivières et vallées, au mépris de celles et ceux qui y vivent et y travaillent.
    Dans la Dépêche du Midi-Ariège du 7 novembre 2025, Kamel Chibli réagit de manière grotesque à cet affichage qui le prend pour cible, lui et sa patronne aux dents longues. Il prend la défense des salarié.e.s du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises, alors que ces personnes ne sont nullement visées par les affiches Wanted (même quand elles sont collées sur les portes du PNR) : c’est lui et les projets qu’il porte avec d’autres élu.e.s qui sont dénoncés. Ensuite, il reprend la fameuse formule de Valéry Giscard d’Estaing en 1974 (« Vous n’avez pas le monopole du cœur »), en s’exclamant : « Ces gens n’ont pas le monopole de l’#écologie ». Sans doute ! Mais, comment lui et Carole Delga pourraient-ils se réclamer de l’écologie, alors qu’ils soutiennent ou portent des projets de nouvelles mines qui vont souiller les cours d’eau et assoiffer les habitant.e.s ; des projets de parcs éoliens et photovoltaïques impliquant des tonnes de minerais rares et des kilomètres de béton ; la distribution d’ordinateurs – in fine payés par le contribuable à des entreprises privées – à tous les élèves de lycée…
    Sur ses réseaux sociaux Chibli a déclaré : « Honte à ceux qui ont fait ça et à ceux qui encouragent, à longueur de journée, la #brutalisation de la vie publique ». Parole d’expert ! Devant la contestation de leur politique mortifère et pleine de suffisance et de mépris pour leurs concitoyen.es, il accuse les opposant.es de ce qu’il ne cesse lui-même de promouvoir ! Malheur à celles et ceux par qui le scandale arrive…
    Enfin, Chibli fait semblant de se sentir menacé physiquement par les affiches qui pourraient donner envie à un hurluberlu de s’en prendre à lui. En réalité, le seul risque que courent les élu.e.s ciblé.e.s par les panneaux Wanted, c’est que la vérité éclate à leur propos, que des milliers d’Occitan.e.s ordinaires les prennent enfin pour ce qu’ils sont, avec leurs collègues de tous les partis politiques : des artisans du désastre, des complices de l’industrie écocidaire.
    Tout ce que nous souhaitons à Mme Delga et à M. Chibli pour 2026, c’est un choc moral et existentiel, qu’un grand élan de colère populaire et une crise de conscience aiguë les poussent à la démission. Qu’un soir d’hiver ils prennent leur envol, tels des mésanges traversant l’A69 à l’heure de pointe !
    [Communiqué anonyme envoyé à la rédaction de la feuille hebdomadaire de Radio Zinzine, L’Ire des chênaies .]

  • Journée de la diaspora 2025 : Ce que la 15e région attend de l’État du Sénégal
    https://www.dakaractu.com/Journee-de-la-diaspora-2025-Ce-que-la-15e-region-attend-de-l-Etat-du-Sene

    Journée de la diaspora 2025 : Ce que la 15e région attend de l’État du Sénégal
    Le Sénégal a inscrit ce mercredi une date historique dans son calendrier républicain. Pour la première fois, la diaspora sénégalaise a été célébrée lors d’une Journée nationale qui lui est entièrement dédiée, au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio.
    Présidée par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, en présence du Premier ministre Ousmane Sonko, du président de l’Assemblée nationale et de nombreux membres du gouvernement, cette cérémonie marque un tournant dans les relations entre l’État et ses ressortissants établis à l’étranger : « Mr le président de la République, votre présence est un signal fort. Elle témoigne de votre volonté claire de refonder les relations entre l’État du Sénégal et sa diaspora », a salué Babacar Diop, représentant des Sénégalais d’Amérique du Nord et d’Océanie, devant diplomates et personnalités. Au-delà du protocole, l’événement consacre officiellement la diaspora comme partenaire central du projet national. Désormais qualifiée de “15ᵉ région” du Sénégal, elle pèse lourd dans l’économie : ses transferts de fonds représentent environ 10 % du PIB national, sans compter son rôle dans l’innovation, le développement local et le rayonnement culturel du pays.
    Pour rappel, l’initiative trouve son origine dans les échanges entre le président Faye et la communauté sénégalaise des Émirats arabes unis en 2024. Validée en Conseil des ministres en mai 2025, elle s’est concrétisée par un décret adopté à la mi-juillet fixant le 17 décembre comme Journée nationale de la diaspora. Depuis son installation, le nouveau gouvernement place la diaspora au cœur de sa vision d’un Sénégal « souverain, juste, prospère et solidaire ».
    Mais la journée n’a été qu’une succession de discours convenus. Au CICAD, les représentants des communautés expatriées ont exposé sans fard leurs difficultés quotidiennes : lourdeurs administratives pour obtenir passeports, visas et titres de séjour, obstacles à l’investissement au pays, défis de l’immigration irrégulière, problèmes d’éducation, de santé et de logement. « Excellence, monsieur le président de la République, Mesdames et Messieurs, la diaspora ne demande ni aumône ni pitié. Nous demandons simplement d’être reconnus comme des partenaires à part entière dans la construction du Sénégal de demain », a plaidé Babacar Dièye, président de l’association des ressortissants sénégalais au Maroc. « Nous sommes prêts à investir au Sénégal, mais nous avons besoin d’un environnement favorable : une sécurité juridique, une simplification administrative, un accompagnement technique et des infrastructures fiables. »
    Parmi les propositions émises figurent la création d’un Haut Conseil des Sénégalais de l’extérieur et d’un ministère exclusivement chargé des questions diasporiques. Des pistes qui témoignent de la volonté de bâtir un cadre institutionnel pérenne, au-delà des initiatives ponctuelles. Deux panels de haut niveau ont ponctué la journée : l’un consacré aux « mécanismes d’accompagnement des Sénégalais de l’extérieur », l’autre à la « mobilisation du capital humain de la diaspora : enjeux et défis ». Le gouvernement entend désormais capitaliser sur l’apport multidimensionnel de ces talents expatriés social, culturel, entrepreneurial et innovant. Une ambition qui devra se traduire par des mesures concrètes pour transformer cette reconnaissance symbolique en partenariat opérationnel.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#diaspora#developpement#capitalhumain#sante#expatrie#entrepreunariat

  • En #Suisse, la #densification urbaine à l’épreuve de sa durabilité
    https://metropolitiques.eu/En-Suisse-la-densification-urbaine-a-l-epreuve-de-sa-durabilite.html

    À #Genève, les projets de densification soulèvent des protestations de la part des résidents, associations et politiques. Luca Piddiu analyse les arguments et les formes de résistance à ces politiques promouvant un aménagement durable. L’image territoriale de la Suisse ne correspond plus entièrement, comme le rappelait le géographe helvète Christian Schmid (Diener et al. 2005), à la carte postale d’une ruralité d’alpage. À la périphérie des grandes agglomérations urbaines progressivement #Terrains

    / densification, #ville_compacte, #conflit, #développement_urbain, #controverse, #périurbain, #étalement_urbain, Genève, (...)

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_piddiu.pdf

  • Aux frontières de l’Europe, un arsenal technologique contre les migrants

    "L’Union européenne déploie à ses frontières des technologies civiles et militaires pour bloquer les flux migratoires. De la Pologne à la Serbie, enquête sur le complexe techno-industriel qui érige la « forteresse Europe »."

    – Épisode 1/5 : En #Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la #forêt primaire
    – Épisode 2/5 : À Madrid, au Salon mondial de la #sécurité aux frontières, le #showroom des #technologies de #surveillance
    – Épisode 3/5 : Dans les #Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile
    – Épisode 4/5 : En #Italie, une #fouille intégrale des #téléphones
    – Épisode 5/5 : En #Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les #drones et les #gangs

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-aux-frontieres-de-l-europe-un-arsenal-technologique-contre-les-mig
    #externalisation #militarisation_des_frontières #technologie #migrations #réfugiés #Europe #Trieste #route_des_Balkans #complexe_militaro-industriel
    #podcast #audio

    ping @reka @isskein @karine4

    • Épisode 1/5 : En Pologne, un mur de 190 kilomètres à travers la forêt primaire

      La forêt de Białowieża est l’une des dernières forêts primaires d’Europe, préservée de l’action humaine depuis près de 12 000 ans. Mais son visage a radicalement changé depuis 2021, lorsque le Bélarus, un pays voisin de la Pologne et allié de la Russie, a créé une crise migratoire.

      Le Bélarus a entrepris de délivrer des visas à des familles venant d’Afrique et du Moyen-Orient, pour les acheminer jusqu’à Minsk, la capitale bélarusse. De là, les autorités bélarusses poussaient les exilés vers la Pologne.

      En réponse, la Pologne a entrepris d’ériger un mur à travers la forêt : une immense barrière de métal, longue de 190 kilomètres, haute de cinq mètres, protégée par trois rangées de barbelés, des caméras, des drones et des hélicoptères.

      “Il y a 5 300 caméras, le mur, des soldats, et un système de détection : si quelqu’un touche le mur, nous sommes avertis immédiatement de ce qu’il se passe”, explique Katarzyna Zdanowicz, la porte-parole des gardes frontières pour la région de Białowieża.

      On a parfois l’impression que la frontière sépare aussi deux manières de comprendre la situation. D’un côté, les activistes, qui parlent de femmes, d’enfants, et de familles qui fuient la guerre. De l’autre, le gouvernement Polonais qui dénonce une “menace” migratoire ; le premier ministre Donald Tusk va jusqu’à parler d’une “guerre hybride” dont les munitions seraient les personnes exilées envoyées sur son territoire. En conséquence, la Pologne a autorisé les gardes frontières à utiliser des armes à feu contre les réfugiés en juillet 2024. En mars 2025, le pays a carrément suspendu le droit des exilés à demander l’asile en arrivant dans le pays. Toute personne interceptée sur le territoire est systématiquement refoulée vers le Bélarus.

      Les militants sur place dénoncent des violations régulières des droits humains à l’encontre des exilés, perpétrés par les gardes frontières bélarusses, mais aussi polonais.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-pologne-un-mur-de-190-kilometres-a-travers-la-foret-primaire-7597265

      #murs #barrières_frontalières #Grupa_Granica #Belarus #caméras #caméras_de_surveillance #détection #Biélorussie #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #menaces #menace_migratoire #guerre_hybride #décès #mourir_aux_frontières #gardes-frontières #armes_à_feu #refoulements #push-backs #Krynki #drones

    • Épisode 2/5 : À Madrid, au #Salon_mondial_de_la_sécurité_aux_frontières, le #showroom des technologies de surveillance

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience à Madrid, lors du #World_Border_Security_Congress.

      En Pologne, comme dans la plupart des pays que nous avons traversés pour cette enquête, les zones frontalières sont soumises à des régimes d’exception : pas le droit de photographier, pas le droit d’enregistrer avec un micro, et une liberté de circuler très relative. Cette culture du secret qui entoure les frontières, nous avons pu en faire l’expérience dans la capitale espagnole, lors du World Border Security Congress, le salon mondial de la sécurité aux frontières, qui réunit les acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance et de la répression de l’immigration. L’événement est tout simplement interdit aux journalistes : il nous faut nous faire accréditer par une ONG pour pouvoir y accéder, et découvrir les dernières innovations technologiques en matière de surveillance des frontières.

      Se pensant loin des micros de la presse, #Hans_Leijten, le directeur exécutif de #Frontex, livre un discours extrêmement dur :

      “Laissez-moi être clair : dans le monde actuel, il ne peut plus y avoir de repas gratuit, expose-t-il. La coopération ne fonctionne pas à sens unique. Si un pays veut bénéficier des fonds européens, alors il doit répondre aux demandes de l’Union européenne. Cela veut dire qu’il doit accepter les protocoles de réadmission, renforcer ses contrôles aux frontières, et combattre les réseaux de passeurs”.

      Ce salon, intitulé ’Patrouiller la périphérie’, incarne aussi le plan européen consistant à “externaliser les frontières”, c’est-à-dire à s’implanter dans les pays voisins de l’Union pour y stopper l’immigration avant qu’elle atteigne son territoire.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/a-madrid-au-salon-mondial-de-la-securite-aux-frontieres-le-showroom-des-

      #régimes_d'exception #intelligence_artificielle #AI #IA #industrie_de_l'armement #surveillance_mobile #usage_dual #complexe_militaro-industriel #adaptation #façonner_le_monde #business #patrouiller_la_périphérie #gestion_des_frontières

      –-

      –-> citation, voilà ce que dit Hans Leijten dans le salon intitulé « Patrouiller la périphérie », à partir de la min 4,45 :

      « Si nous voulons de la stabilité et du contrôle, alors nous devons construire les mécanismes de sécurité, et pas seulement à nos frontières, mais aussi loin, au-delà. Cette approche a porté ses fruits en Europe, dans les Balkans, où nous avons utilisé une combinaison de gestion des frontières, d’engagement politique et de traités commerciaux qui ont donné de bons résultats »

    • Épisode 3/5 : Dans les Balkans, des technologies contre les migrants qui se retournent contre la société civile

      En s’appuyant sur l’idée “d’externalisation des frontières”, l’Union européenne justifie sa présence dans les pays hors de l’Union européenne, pour y stopper l’immigration avant même que celle-ci n’atteigne son territoire.

      "Tout ce qui concerne la migration en #Bosnie-Herzégovine est payé par l’Union européenne ou les États membres, explique la chercheuse #Nidžara_Ahmetašević, spécialisée dans la migration. Par exemple, la semaine dernière, l’Union européenne a donné des drones pour les gardes frontières. La semaine précédente, elle a donné des voitures."

      Ces #financements proviennent notamment des #Fonds_de_Pré-Accession, des fonds d’aide au développement dont la vocation initiale est d’aider les pays voisins de l’Europe à atteindre un niveau de développement économique suffisant pour devenir des partenaires commerciaux, voire pour intégrer l’Union. En se penchant sur le détail des transactions, on découvre qu’une vaste partie des financements servent en réalité à financer des infrastructures de contrôle de la migration.

      Mais en déployant des technologies de type militaire chez ses voisins aux régimes politiques instables, l’Union européenne risque de créer des situations conflictuelles : ces technologies prévues contre la migration peuvent se retourner contre la société civile.
      Nous nous sommes rendus en Serbie, où les étudiants manifestent depuis plusieurs mois contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić. En novembre 2023, le gouvernement de Vučić a déployé une arme nouvelle contre des exilés, dans le nord du pays : un canon à son. En mars 2025, ce même canon à son a, d’après plusieurs témoignages, été utilisé contre les étudiants. “La Serbie est un laboratoire pour tester les technologies aux frontières terrestres, exopse Mila Bajić, de l’association SHARE. Puisque la Serbie ne fait pas partie du territoire européen, il n’y a pas de loi européenne pour encadrer les pratiques, tel que le règlement européen sur l’intelligence artificielle, et les demandes d’accès aux informations publiques ne fonctionnent pas. Le gouvernement peut donc agir sans rien révéler.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/dans-les-balkans-des-technologies-contre-les-migrants-qui-se-retournent-

      #externalisation_des_frontières #Balkans #route_des_Balkans #développement #aide_au_développement #intégration_européenne #drones #test #laboratoire #Serbie #frontières_terrestres #canon_à_son #armes_sonores #barrière_acoustique

      –-

      sur les #murs_sonores, voir aussi :
      La Grèce allonge son mur et le fortifie avec un #mur_acoustique...
      https://seenthis.net/messages/920711
      #mur_sonore

      et aussi :
      –> La police serbe a déjà utilisé des #armes_sonores sur des migrants
      https://seenthis.net/messages/1104712

    • Épisode 4/5 : En #Italie, une fouille intégrale des #téléphones

      L’arsenal technologique déployé aux frontières a plusieurs missions, formalisées dans les documents de la Commission européenne : détecter, contrôler, et surveiller. En Italie, dans la ville portuaire de Trieste, ces technologies ont un impact immédiat pour la vie des exilés.

      D’après de nombreux témoignages que nous avons recueillis, les policiers fouillent de manière quasi-systématique les téléphones des exilés lorsque ceux-ci effectuent leur demande d’asile.

      “Ce qu’ils font, c’est qu’ils lisent vos messages sur #WhatsApp, ils regardent vos photos, ils regardent votre historique de recherche, explique Smaïl, qui a fui le Pakistan il y a plusieurs années et vient en aide aux exilés à Trieste après avoir réussi lui-même à régulariser sa situation. S’ils voient que vous avez cherché “Milan”, ils vous disent : “Tu as cherché des informations sur Milan, alors pars à Milan”. Il y a même des gens qui m’ont dit qu’ils avaient effacé toutes les données sur leur téléphone, mais que la police a trouvé les informations quand même. S’ils font ça, c’est parce qu’ils trouvent qu’en tant que cité frontalière, ils en font déjà assez, alors ils cherchent des excuses pour renvoyer ceux qui demandent l’asile.

      Ce que décrit Smaïl ressemble point par point au logiciel #Le_Kiosk, développé par l’entreprise israélienne #Cellebrite, dont nous avons pu avoir une démonstration au cours du Salon Mondial de la Sécurité aux Frontières. En 2019, la France a annoncé équiper pas moins de 500 commissariats avec le #logiciel Le Kiosk. Ces technologies de surveillance rendent le parcours migratoire toujours plus complexe. Pourtant, les chiffres montrent que les entrées dans l’Union ne baissent pas ; en revanche, les routes sont de plus en plus dangereuses. “Vouloir stopper le mouvement des humains, c’est comme se battre contre la nature, contre la mer : les gens circulent, ils doivent trouver des moyens de passer”, regrette Smaïl.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-italie-une-fouille-integrale-des-telephones-3950382
      #smartphones #Trieste #danger #parcours_migratoire

    • Épisode 5/5 : En Bosnie, rencontre avec un passeur, entre les drones et les gangs

      A ce stade de l’enquête, une question continuait de nous tarauder : comment, avec tout cet arsenal pour protéger les frontières, expliquer que les entrées illégales dans l’Union européenne continuent ?

      Un paradoxe nous apparaît à la fin de cette tournée des pays des Balkans : les drones, logiciels de surveillance, caméras thermiques et autres équipements, ne sont peut-être pas essentiels pour comprendre la réalité de la migration. Au bout de trois jours passés à #Bihac, dans le nord de la #Bosnie, on comprend déjà beaucoup de la réalité de ce petit village, dernière étape avant l’entrée dans l’Union européenne : sur la place principale, il y a des exilés qui ont été refoulés la veille, qui se reposent pendant la journée, et dont tout le monde sait qu’ils vont retenter leur chance le soir-même. Et puis, il y a ces visages de gens qui ne partent pas, pendant 6 mois, 1 an : eux, ce sont les passeurs. Ici, tout le monde les connaît, ils se baladent dans la rue principale avec leurs clients, dans l’impunité la plus totale. Petit à petit, ces passeurs se sont structurés en réseau ; ces réseaux sont devenus des gangs.

      Nous nous sommes entretenus avec Ali, un passeur qui vit à la frontière entre la Bosnie et la Croatie depuis bientôt huit ans. La première fois que nous l’avons rencontré, c’était à un arrêt de bus. Il faisait presque 40°, le soleil cognait fort, et Ali venait de récupérer un groupe d’Afghans qu’il s’apprêtait à faire traverser. Il avait un pull noir à manches longues. Il a accepté de relever une de ses manches pour nous montrer son bras - lacéré par des cicatrices, du poignet jusqu’à l’épaule.

      “Ils nous ont torturés, raconte-t-il. Ils ont appelé mes parents, ils leur ont dit : “envoyez de l’argent !”. Ils nous ont tout fait. Mais crois-moi, après ça, les cicatrices font de toi quelqu’un de respecté dans le milieu.”

      Comment les passeurs arrivent-ils à déjouer les caméras thermiques, les drones, les patrouilles ? Ali ne nous donnera pas tous ses secrets, mais il laisse en deviner quelques-uns.

      “Je connais les horaires, l’heure à laquelle les gardes frontières font leur ronde, l’heure à laquelle ils sont dans la ville, détaille Ali. Mais il faut aussi s’en remettre à la chance.Tu crois que les caméras et les senseurs pourront m’arrêter. Laisse-moi te dire quelque chose : tu viens de l’Union européenne. Il y a des caméras de surveillance dans toutes les rues, dans tous les magasins. Est-ce que ça empêche les voleurs ? Non, jamais.”

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-bosnie-rencontre-avec-un-passeur-entre-les-drones-et-les-gangs-839123
      #passeurs

  • Route des Canaries : « La Gambie est une potentielle zone de départ » pour les migrants - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67045/route-des-canaries--la-gambie-est-une-potentielle-zone-de-depart-pour-

    Route des Canaries : "La Gambie est une potentielle zone de départ" pour les migrants
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 19/09/2025
    Face aux renforcements des contrôles côtiers au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie, de nombreux migrants prennent désormais la mer depuis la Gambie pour tenter de rallier les Canaries espagnoles. Un trajet en Atlantique hautement risqué de plus de 1600 km. "Il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien", rappelle la chercheuse Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines. Entretien.
    Le 16 septembre, une pirogue composée d’une centaine de migrants a été secourue au large des côtes dakaroises. L’embarcation était partie de Gambie cinq jours plus tôt. Elle avait pour destination les îles Canaries à plus de 1 600 km de là. La veille, le 15 septembre, 235 personnes, entassées elles aussi sur une pirogue, avaient été secourues par les services espagnols. Leur bateau surchargé avait été repéré dans la matinée par la Garde civile à environ 20 km de La Restinga, sur l’île d’El Hierro, la plus petite de l’archipel des Canaries. Les exilés, originaires d’Afrique de l’Ouest, étaient en mer depuis 11 jours. Ils avaient quitté le port de Gunjur, dans le sud de la Gambie.
    Le 29 août, au moins 69 corps avaient été repêchés après le naufrage d’une embarcation au large de la Mauritanie. Là encore, la pirogue était partie de Gambie.
    Le petit pays ouest-africain, encastré dans le Sénégal, est-il en train de devenir un nouveau point de départ clandestin vers l’Union européenne ? Jusqu’à présent, les embarcations qui arrivaient à atteindre l’archipel espagnol via l’océan Atlantique partaient généralement du Maroc, de Mauritanie ou du Sénégal. InfoMigrants a interrogé Delphine Perrin, chargée de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), membre du POMAF, un collectif de chercheurs spécialistes des politiques migratoires africaines.
    InfoMigrants : Assiste-t-on à un déplacement des départs irréguliers depuis les plages gambiennes ?
    Delphine Perrin : La Gambie est une zone de départ potentielle comme l’ensemble des pays côtiers de cet espace (Mauritanie, Sénégal, Guinée), sachant que les départs avaient déjà eu tendance à se déplacer – du Maroc vers la Mauritanie et vers le Sénégal. Depuis récemment, donc, on note une augmentation des départs de Gambie, mais aussi plus au Sud, de Guinée-Bissau et de Guinée.
    Ces départs en revanche ne sont pas inédits. On pouvait observer une dynamique similaire dans les années 2006-2008 à l’époque où les contrôles côtiers s’étaient considérablement développés de la Libye à la Mauritanie en passant par le Maroc.
    Ces voies de migration sont liées à l’absence de délivrance de visas, donc de possibilité de migrer de manière régulière vers l’Europe
    Ce récent déplacement est de nouveau dû au resserrement d’autres voies migratoires : celle du Maroc depuis un moment, et plus récemment celle de la Mauritanie et même du Sénégal du fait des contrôles accrus sur les côtes. De plus, la Mauritanie a cette année intensifié la lutte contre la migration irrégulière, mais aussi réduit la tolérance de la présence des ressortissants des pays voisins, en accentuant les contrôles y compris pour l’entrée sur son territoire, et en expulsant des milliers de ressortissants ouest-africains vers le Sénégal et le Mali. Plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur le sol mauritanien entre janvier et avril 2025. En quatre mois, le pays a aussi démantelé 88 réseaux de passeurs. Nouakchott intensifie ses efforts pour combattre l’immigration irrégulière. La Mauritanie mène depuis le début de l’année une politique migratoire plus stricte. Conséquence, les arrestations se multiplient et un climat de peur s’est installé dans le pays. Il faut bien sûr ajouter que ces voies [irrégulières] de migration sont liées à l’absence de délivrance de visas, donc de possibilité de migrer de manière régulière vers l’Europe ou ailleurs. Les Gambiens ont besoin d’un visa pour se rendre dans la plupart des pays du monde et dans une vingtaine de pays africains.
    IM : Est-ce un risque pour les migrants de partir d’aussi loin - comme du port de Gunjur - pour tenter de rejoindre les Canaries ?
    D.P : Partir de plus au sud pour tenter de rejoindre les Canaries représente évidemment un risque accru pour les migrants.
    Les voyages sur l’Atlantique sont déjà risqués. La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger.
    IM : L’accroissement des départs à partir des côtes gambiennes - mauritaniennes et sénégalaises - peut-il aussi être mis en lien avec la fermeture d’autres voies de passage ?
    D.P : Oui, l’insécurité dans le Sahel, par exemple, peut mener à opter pour des routes alternatives. On ne veut plus emprunter les routes du Mali et du Niger pour se rendre en Libye [d’où partaient des milliers de migrants à destination de Lampedusa, porte d’entrée dans l’Union européenne, ndlr]. Idem pour la Tunisie [autre point de départ vers l’Union européenne] Les Gambiens pouvaient s’y rendre sans visa, mais la xénophobie y connaît une forte croissance. Elle s’accompagne d’expulsions collectives aux frontières. Cette xénophobie se propage également fortement en Algérie et au Maroc.
    InfoMigrants a écrit de nombreux articles sur la politique anti-migrants menée par le président tunisien Kais Saied. Depuis deux ans, les autorités mènent de vastes campagnes d’arrestations et interpellent les Noirs vivant en Tunisie, notamment dans la région de Sfax, pour les empêcher de prendre la mer vers l’Europe. Des milliers de Subsahariens ont été envoyés dans le désert, à la frontière avec la Libye ou l’Algérie. Abandonnés au milieu de nulle part, les migrants mettent des jours à revenir dans le centre-est de la Tunisie.
    Les personnes en situation irrégulière peuvent aussi être condamnées pour "séjour irrégulier" et écopent de plusieurs mois de détention. La situation est telle que, selon des exilés en contact avec InfoMigrants, "les prisons sont remplies de Subsahariens", enfermés aux côtés de prisonniers de droit commun.
    IM : Quelle est la situation économique en Gambie ? Pousse-t-elle actuellement de plus en plus de Gambiens à tenter la route des Canaries ?
    D.P : La Gambie fait partie des espaces qui ont une certaine tradition de l’émigration, principalement vers des pays anglophones, en Afrique de l’Ouest (Nigéria, Sierra Leone, Ghana), mais aussi vers le Royaume-Uni ou les États-Unis. Depuis les années 1990, les destinations se sont diversifiées, notamment vers l’Espagne, l’Italie, lorsque ces derniers sont devenus de nouveaux pays d’immigration. On trouve en réalité des Gambiens partout, au Sénégal, comme en Espagne. Les raisons du départ des Gambiens sont multiples, comme c’est le cas dans d’autres pays de la région : raisons économiques bien sûr, manque d’emploi, mais surtout manque de perspectives de réalisation de soi, notamment pour les jeunes, pour les femmes, ainsi que pour les LGBT (que l’on retrouve par exemple aux côtés des Sénégalais pour demander asile auprès du HCR en Mauritanie).
    Le manque de perspectives ressenti a aussi des origines plurielles : échec de la transition politique / démocratique après les espoirs suscités par le départ de [l’ex-dictateur] Yahya Jammeh en 2017 et désabusement vis-à-vis de la classe politique (Adama Barrow se maintenant au pouvoir depuis lors), jeunesse sous pression par les multiples attentes sociétales et familiales, dans des contextes sociaux très verticaux et patriarcaux, éducation et université en berne. Toutefois, il faut aussi rappeler que la Gambie est un pays d’immigration ouest-africaine, elle a d’ailleurs une proportion d’immigrés assez importante pour la région (environ 9% de la population selon les données officielles). Elle fait partie de l’espace de libre circulation et de libre résidence de la CEDEAO, mais dispense aussi de visas d’entrée l’ensemble des ressortissants africains. Les départs des côtes gambiennes ne concernent donc pas seulement les Gambiens, on retrouve généralement plusieurs nationalités dans les embarcations : des ressortissants africains venus initialement en Gambie pour d’autres raisons mais ayant ensuite saisi l’opportunité de partir.
    IM : Quelle politique migratoire la Gambie mène-t-elle ?
    Comme l’ensemble des pays de la région, la Gambie est sous pression extérieure pour contrôler et contenir les migrations. Elle a donc été amenée, notamment par l’OIM [Organisation internationale des migrations], à adopter une "politique migratoire nationale" en 2020, pour gérer les migrations, à la fois l’immigration et l’émigration, avec un programme sur 10 ans. La Gambie a adopté une loi sur les réfugiés en 2008 et accueille de nombreux réfugiés. Le pays est intégré dans les programmes internationaux et régionaux de lutte contre la traite des personnes (loi de 2007), contre le trafic de migrants (loi de 2019 réformant la loi sur l’immigration de 1965) et contre la migration irrégulière.
    Il arrive que les gardes-côtes gambiens interceptent des pirogues et des migrants, et de telles actions ont été récemment médiatisées pour mettre en exergue la volonté et les efforts de la Gambie à lutter contre la migration irrégulière. Des campagnes sont aussi menées pour dissuader les départs. Selon Banjul, entre janvier et août 2025, "les patrouilles d’immigration ont intercepté 711 migrants éventuels, refusé l’entrée à 29 personnes et expulsé 59 immigrants sans papiers de différentes nationalités », a déclaré Abdoulie Sanyang, le ministre de l’Intérieur du pays.
    IM : La Gambie a-t-elle déjà signé un accord avec l’UE pour lutter contre l’immigration irrégulière ?
    En 2006, l’Espagne et la Gambie avaient signé un accord-cadre de coopération sur les migrations et le développement. Un accord bilatéral de lutte contre la migration irrégulière avait aussi été signé avec l’Italie en 2010. La coopération avec l’Espagne s’est récemment renforcée, en 2024, comme avec le Sénégal et la Mauritanie, pour empêcher les départs des côtes et mettre en avant la possibilité d’une migration légale. Comme vous l’aviez mentionné sur votre site, des agents de la Guardia Civil et de la Police espagnoles sont déployés sur le port de Banjul au nom de la coopération sur la migration et contre les trafics.

    #Covid-19#migrant#migration#gambie#espagne#mauritanie#senegal#politiquemigratoire#frontiere#developpement#migrationirreguliere#routemigratoire

  • Diaspora Bonds : La « lecture » de Bara Ndiaye | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Politique/diaspora-bonds-la-lecture-de-bara-ndiaye_n_468184.html

    Diaspora Bonds : La « lecture » de Bara Ndiaye
    Auteur : Bara Ndiaye
    A Milan, samedi dernier 13 septembre 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a invité les sénégalais de l’extérieur à soutenir le Plan de redressement économique et social (PRES) via le diaspora-bonds qui sera lancé le 18 septembre prochain. « Le Sénégal est confronté à des besoins budgétaires importants. Aujourd’hui, l’État veut innover pour trouver davantage de ressources afin de remplir ses obligations. Et nous comptons sur vous, la diaspora » a déclaré le chef du gouvernement. Saluant cette initiative de l’État de recourir à des financements endogènes, l’ancien Directeur de la Maison de la Presse, Bara Ndiaye invite tout de même les dirigeants à « serrer la ceinture » au même titre que les sénégalais. Selon lui, les autorités doivent revoir leur train de vie. Seneweb publie, in extenso, sa « lecture » sur la question.
    Si les états et les institutions transnationales peuvent prêter au Sénégal les fonds nécessaires à son développement, il est important de reconnaître que les Sénégalais de la diaspora représentent une force économique bien plus puissante et durable. Leur contribution annuelle dépasse largement, parfois du double, l’aide publique au développement. Ce sont eux, les fils et filles du pays, qui envoient chaque année des milliards de francs CFA, soutenant des familles, finançant des projets immobiliers, et maintenant à flot une économie informelle vitale.
    Mais aujourd’hui, l’hésitation des bailleurs classiques dans un monde en crise de ressources impose un modèle de financement alternatif. Ce qui ne doit pas nous faire oublier que le Sénégal ne peut bâtir son avenir uniquement sur des transferts de fonds destinés à la consommation ou à l’investissement immobilier. Il est temps que ces ressources soient orientées vers des projets structurants portés par l’État. Cela implique un sacrifice : les émigrés devront renoncer, en partie, à des investissements personnels pour souscrire à des obligations nationales, à des fonds souverains ou à des projets d’infrastructure. Ce n’est pas une simple contribution, c’est un acte de foi envers la nation.
    Cependant, cette exigence ne peut être unilatérale. Les Sénégalais d’ici et de la diaspora ne doivent pas être les seuls à serrer la ceinture. L’État, lui aussi, doit montrer l’exemple. Il est inadmissible que, dans un contexte de mobilisation nationale, le train de vie des dirigeants reste inchangé. Les voyages en jet privé du Premier ministre, les déplacements coûteux et peu productifs du Président, ainsi que les dépenses superflues des hauts responsables doivent être les premiers leviers d’une nouvelle doctrine de sobriété.
    La pédagogie par l’exemple est un langage puissant. Elle inspire confiance, elle fédère, elle légitime l’effort collectif. Si l’État veut convaincre ses enfants de l’extérieur d’investir dans le destin du Sénégal, il doit d’abord leur prouver que chaque franc mobilisé sera utilisé avec rigueur, transparence et efficacité. Le développement ne se décrète pas, il se construit ensemble dans l’équité, la responsabilité et le respect mutuel.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#developpement#economie#transfert

  • Surendetté, le Sénégal tente de séduire sa diaspora et de rassurer ses partenaires internationaux
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/17/surendette-le-senegal-tente-de-seduire-sa-diaspora-et-de-rassurer-ses-parten

    Surendetté, le Sénégal tente de séduire sa diaspora et de rassurer ses partenaires internationaux
    Par Abbas Asamaan (Dakar, correspondance)
    Trouver de l’argent. Et vite. Confrontées à une situation économique périlleuse, les autorités sénégalaises sont lancées dans une course contre la montre pour renflouer les caisses de l’Etat. A la manœuvre, le premier ministre, Ousmane Sonko, promoteur d’un « plan de redressement » annoncé en août, fait feu de tout bois. Parmi les sources potentielles de financement figure la diaspora sénégalaise, qui représente plus de 700 000 personnes et contribuait à 12 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, selon les données de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
    Samedi 13 septembre, à Monza, en Italie, devant 8 000 Sénégalais établis en Europe, Ousmane Sonko a tenté de remettre ces derniers au centre du jeu. « L’Etat veut innover pour trouver davantage de ressources afin de remplir ses obligations, a-t-il lancé sous les hourras. Nous comptons sur vous, la diaspora. » Chantres du souverainisme, le chef du gouvernement et le président, Bassirou Diomaye Faye, misent sur l’espoir d’un nouvel élan au-delà des frontières nationales. Jeudi, Dakar va ainsi lancer des « titres patriotes et citoyens », a indiqué M. Sonko en Italie, sans préciser s’ils financeraient de la dette ou des projets d’infrastructures.
    Le Sénégal souhaite faire de ces « diaspora bonds » un pilier de sa souveraineté financière. Selon les autorités, la levée attendue de 1 800 milliards de francs CFA (2,7 milliards d’euros) à travers ces obligations alternatives est censée financer sur les trois prochaines années près de 30 % de la première étape du plan de redressement, afin de relever autant l’Etat, asphyxié par la crise de la dette (119 % du PIB fin 2024), qu’un Sénégal meurtri par une crise économique dont le dernier signal alarmant concerne le recul du PIB (– 1,2 %) au premier trimestre, d’après les chiffres du ministère des finances.
    Adopté le 30 juillet pour « redresser les finances publiques », « corriger les déséquilibres structurels » et « relancer l’économie », ce plan a de nouveau été au cœur du plaidoyer d’Ousmane Sonko en Italie pour tenter de désamorcer les mécontentements qui menacent. Car l’une de ses mesures phares – une surtaxe de 0,5 % sur les transferts d’argent et de 1,5 % sur les transactions financières via des applications mobiles – est un pari à hauts risques pour le pouvoir.
    Plébiscités par les Sénégalais, ces échanges monétaires se sont imposés dans la vie quotidienne, atteignant 12 011 milliards de francs CFA en 2023, d’après la BCEAO. Autant débattue dans les travées de l’arena de Monza que dans les ruelles sablonneuses de Dakar, la mesure, très décriée d’un point de vue économique, risque d’être perçue comme une « injustice fiscale », a prévenu l’Union nationale des consommateurs du Sénégal, surtout pour les ménages les plus pauvres, exclus d’un système bancaire trop onéreux et dépendants du « mobile money » pour vivre.
    Controversé, le plan de redressement n’a pas non plus levé les inquiétudes des investisseurs étrangers. Avant l’étape italienne, Ousmane Sonko a opéré un circuit diplomatique qui l’aura vu à Pékin fin juin, à Ankara début août, puis à Dubaï et Abou Dhabi entre le 8 et le 12 septembre. « Ce n’est pas une surprise de le voir se rendre en Chine, en Turquie et aux Emirats arabes unis », note Ayrton Aubry, directeur scientifique au Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs/Afrique-Diasporas (Laspad) de l’université Gaston-Berger, à Saint-Louis : « Cette diplomatie économique tournée vers des alliés traditionnels du Sénégal vise à rechercher de nouveaux partenaires économiques et financiers. »
    Pour l’instant, ces efforts sont couronnés de maigres succès. A l’issue de ces rencontres avec les dirigeants chinois et émiratis, aucun plan massif de nouveaux investissements étrangers n’a été dévoilé. Après son entretien avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan, Ousmane Sonko a déclaré que « l’objectif était d’atteindre 1 milliard de dollars » entre les deux pays – un but déjà affiché par l’ancien président Macky Sall… il y a quatre ans.
    Au-delà de potentiels contrats, cette tournée diplomatique a d’abord visé à « rassurer les groupes étrangers et les banques de développement », remarque Ibrahima Niang, de l’université Cheikh-Anta-Diop, à Dakar. Ce spécialiste des relations sino-sénégalaises rappelle que les audits lancés par les nouvelles autorités ont « conduit à la suspension de certains projets chinois, comme l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack par la China Road and Bridge Corporation, ou au gel de l’étude de faisabilité des Autoroutes de l’eau [un projet d’irrigation et d’approvisionnement en eau potable] ». Du côté de la Turquie, les déboires fiscaux de l’un de ses fleurons dans le BTP, Summa, ont été évoqués par les deux parties.
    « Turcs ou Chinois, tout le monde regarde les mêmes indicateurs et attend le feu vert du FMI [Fonds monétaire international], dont le prêt de 1,8 milliard de dollars [environ 1,5 milliard d’euros] reste suspendu en raison de la dette odieuse, ironise un banquier d’affaires sénégalais. Tant qu’un deal ne sera pas acté, Dakar n’aura en réalité aucune marge de manœuvre. » Le sort du Sénégal va donc se jouer aux assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods, du 13 au 18 octobre à Washington. A l’approche de ce rendez-vous, une source au FMI assure qu’il y a une « volonté générale de tourner la page », alors qu’un rapport très attendu du cabinet Forvis Mazars, chargé d’auditer la dette réelle du Sénégal, n’a toujours pas été publié.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#economie#transfert#FMI#PIB#developpement