• Wang Yi et Lavrov : le sens d’une déclaration commune | Histoire et société
    https://histoireetsociete.com/2021/03/24/wang-yi-personne-ne-peut-simmiscer-dans-les-affaires-interieures-

    Soulignant qu’il n’existe pas de norme uniforme pour les modèles démocratiques, la déclaration a exhorté à respecter le droit légitime des pays souverains de choisir leur propre voie de développement. « Il est inacceptable de s’immiscer dans les affaires intérieures des pays souverains sous prétexte de « promouvoir la démocratie ».

    Ils ont également appelé tous les pays à revoir les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et à défendre fermement le système international avec l’#ONU comme noyau et l’ordre international fondé sur le droit international.

    La communauté internationale devrait adhérer aux principes d’un multilatéralisme ouvert, égal et non idéologique, selon la déclaration, ajoutant que le #dialogue devrait devenir le moyen fondamental de gérer les affaires internationales, et que la communauté internationale doit être unie, non divisée et coopérative, et non conflictuelle.

  • « Guerres culturelles » : les #sciences_sociales sont prises pour cibles du #Brésil à la #Pologne

    En Amérique du Sud ou en Europe, les universitaires qui travaillent dans des champs attaqués par les conservateurs, comme les #études_de_genre, se retrouvent en première ligne. Parmi eux, la Brésilienne #Marcia_Tiburi, exilée en France, qui juge, malgré tout, nécessaire « de construire une #culture_du_dialogue avec les différences ».

    Comment parler à un fasciste ? C’est le titre, surprenant à première vue, qu’a donné l’universitaire brésilienne Marcia Tiburi à l’un de ses nombreux ouvrages. Un titre bien optimiste puisque de #dialogue, il n’en a pas été question : à partir de la publication de ce livre en 2015, elle a été la cible d’une campagne de #dénigrement et de #violences menée par l’#extrême_droite.

    Cette artiste, universitaire, féministe, engagée en politique avec le Parti des travailleurs (PT) – et qui avait dénoncé le coup d’État contre Dilma Roussef en 2016 – a même dû quitter son pays en 2018, juste avant l’arrivée au pouvoir du funeste Jair #Bolsonaro.

    C’est qu’elle s’était lancée, quelques semaines avant, dans la campagne pour le poste de gouverneure de Rio de Janeiro, « avec l’espoir que tout allait changer ». « J’ai conduit un véhicule blindé pendant la campagne, mais quand le PT a perdu, il n’y avait plus moyen de continuer dans le pays, car il n’y avait plus d’espoir. »

    Elle a été harcelée à l’université, a subi des #accusations calomnieuses. « En 2018, j’ai été victime d’une #embuscade_médiatique dans une station de radio où je donnais une interview. Un groupe fasciste appelé #MBL [#Mouvement_Brésil_libre], financé par des hommes d’affaires nationaux et internationaux, a envahi l’espace où je donnais une interview avec des téléphones connectés pour filmer ma réaction. Je suis partie, mais le lendemain, une campagne de #diffamation, avec de fausses nouvelles, des vidéos et affiches numériques a été lancée contre moi et se poursuit jusqu’à aujourd’hui », explique-t-elle.

    Elle vit désormais en France. Elle a été accueillie par l’université Paris VIII et a obtenu une bourse dans le cadre du programme #Pause (#Programme_national_d’accueil_en_urgence_des_scientifiques_en_exil), après un passage par les États-Unis dans une institution protégeant les écrivains persécutés.

    Le Brésil peut être vu comme un laboratoire de malheur, la vitrine des dégâts que la #politique_de_haine mise en œuvre aujourd’hui par l’extrême droite et relayée par la puissance des réseaux sociaux et des médias de masse peut causer à l’un des piliers de la démocratie, la #liberté_académique (lire ici son analyse publiée par l’Iris).

    De l’expérience de Marcia Tiburi, on retient aussi que dans ces « #guerres_culturelles », les universitaires se retrouvent en première ligne. En particulier ceux qui, comme elle, travaillent dans les sciences sociales et dans des champs pris pour cibles par les conservateurs, en particulier les études de genre.

    « Il s’agit d’une #offensive_néolibérale, juge-t-elle. Le cas du Brésil montre clairement que le #fascisme a été déployé comme une #technologie_politique au service du #néolibéralisme. Bolsonaro n’est qu’un épouvantail dans la #plantation_coloniale (malheureusement, mon pays a encore toutes les caractéristiques d’une #colonie), son but et son rôle sont de maintenir les gens hypnotisés et effrayés. »

    À des milliers de kilomètres du Brésil (où le gouvernement coupe dans les fonds destinés à la philosophie pour les réorienter vers les sciences dures jugées plus « utiles »), le continent européen n’est pas épargné. En #Pologne, en #Hongrie ou en #Italie, des chercheuses et des chercheurs sont victimes de cette offensive contre la liberté académique de la part de pouvoirs qui cherchent à imposer leur vision des sciences.

    À #Vérone, petite ville italienne célèbre pour la pièce de Shakespeare Roméo et Juliette, #Massimo_Prearo, qui travaille sur la #sociologie politique du genre et de la #sexualité, s’est retrouvé dans une tempête médiatique et politique pour avoir voulu organiser en 2018 une journée d’études intitulée « Demandeurs d’asile, orientation sexuelle et identité de genre ».

    La Ligue du Nord de Matteo Salvini venait d’accéder au pouvoir dans un gouvernement de coalition avec le Mouvement Cinq Étoiles. « Il y a eu une réaction très forte de la droite et de l’extrême droite qui s’opposaient à ce que ce sujet soit abordé à l’université, nous accusant d’utiliser des arguments idéologiques et non universitaires, et de vouloir imposer la dictature des études de genre et des questions #LGBT », explique Massimo Prearo.

    Plus inquiétant encore, à l’époque, le président de l’université avait cédé à cette pression en décidant de suspendre le colloque, au motif qu’il existait des risques pour les participants. Finalement, la mobilisation, qui s’est traduite par des manifestations et une pétition internationale, a payé : le président est revenu sur sa décision.

    Depuis 2013, les études de genre sont en Italie dans le viseur du camp conservateur. Si cette année-là est un tournant, c’est que trois projets de loi présentés par le gouvernement de centre-gauche sont alors débattus au Parlement : un légalisant le mariage entre personnes de même sexe, un contre l’homophobie et un dernier ouvrant la voie au financement des études de genre à l’école.

    Tous trois déclenchent d’intenses débats dans la société italienne, qui mettent au premier plan les chercheurs dont ces sujets sont la spécialité.

    « En raison de la traduction politique du travail que nous effectuions depuis des années, nous avons été accusés par ceux qui s’opposaient à ces projets de loi de les avoir promus. Nous avons également été accusés de profiter de l’argent public pour promouvoir des lois qui divisent la société », témoigne Massimo Prearo.

    Bref, les concepts circulent, mais lorsqu’ils quittent l’espace académique pour la sphère publique, les chercheurs sont pris à partie et finissent par trinquer. On leur reproche de manquer d’#objectivité ou de verser dans l’#idéologie – l’idéologie étant le discours de l’autre lorsqu’il s’agit de le disqualifier. Avant les études de genre, ce sont les #études_féministes qui avaient dû subir ce type d’attaques dans les années 1990, explique Massimo Prearo.

    « Pas d’autre moyen que de construire une culture du dialogue avec les différences »

    Plus au nord, en Pologne, les études de genre ou les droits des LGBT+ sont également ciblés par le gouvernement du parti Droit et justice (PiS), qui cherche non seulement à imposer sa vision de l’histoire mais aussi, plus largement, à dicter ses vues sur les sciences sociales, au nom d’un #intégrisme_catholique. Comme l’explique un universitaire polonais qui a requis l’anonymat de peur des représailles, la chose s’est faite en deux temps : le pouvoir polonais a commencé par fusionner le ministère de l’éducation et celui des sciences et de l’enseignement supérieur.

    Puis, sous l’égide de ce super-ministère, un nouveau système d’évaluation scientifique des universitaires a été mis en place, reposant sur un système à points. Dans la liste des publications auxquelles seraient attribués des points, ont subitement surgi « plus de 70 nouvelles revues catholiques qui ne répondent pas aux normes des #revues universitaires » et auxquelles sont accordés « plus de points que de nombreuses autres revues réellement universitaires ». « Puisque nous vivons et travaillons dans le système “publier ou périr”, et que nous sommes évalués sur la base des points obtenus par les publications, la conclusion est évidente. Sur la base de cette évaluation, nous pouvons/ne pouvons pas être licenciés ou nous pouvons/ne pouvons pas être promus au rang de docteur ou de professeur. »

    Un « #agenda_catholique_fondamentaliste » est donc à l’ordre du jour, sous la houlette du super-ministre Przemysław #Czarnek. « Il a initié les changements dans les programmes et les livres scolaires, en effaçant les figures et les événements historiques qui ne correspondent pas à la “politique historique” promue par le ministère de la justice (c’est-à-dire en effaçant ou en diminuant le rôle de #Lech_Walesa dans le processus de rupture du système communiste en Pologne) », explique ce chercheur.

    Par ailleurs, les « #créationnistes », qui croient que leur Dieu est à l’origine de l’univers, ont porte ouverte et l’#éducation_sexuelle est interdite dans les écoles. Pour couronner le tout, à l’université, une nouvelle discipline scientifique a été introduite : la #science_de_la_famille !

    Pour ce chercheur polonais, l’objectif est tout simplement de « détruire ou de discréditer l’#élite_universitaire, les #intellectuels, qui représentent le groupe d’opposition le plus dangereux ».

    Alors que faire ? Dans son ouvrage de 2015 (Comment parler avec un fasciste ?, paru aux éditions Record en portugais, trois ans plus tard, en espagnol chez Akal, et qui paraîtra en anglais cet été), extrêmement stimulant pour ceux qui tentent de se débarrasser du spleen qui nous assaille, Marcia Tiburi plaide pour une #politique_de_l’amour face aux campagnes de #haine, relayées par les #réseaux_sociaux.

    Prenant pour cible le fascisme qui revient, recyclé par un néolibéralisme aux abois, elle espère l’avènement d’un dialogue véritable, à l’opposé des débats de confrontation qui ont essaimé sur les écrans de médias hystérisés ; un dialogue véritable qui nous permette d’écouter l’autre, car, dit-elle, « le dialogue est une aventure dans l’inconnu ».

    « De la possibilité de perforer le blindage fasciste au moyen du dialogue dépend notre survie comme citoyen », explique-t-elle. Il est aussi beaucoup question, dans son ouvrage, des réseaux sociaux et des médias tels que Fox News qui se nourrissent du ressentiment et en ont fait un fonds de commerce.

    Alors, quelle n’a pas été sa stupeur lorsque Marcia Tiburi a vu dans son pays d’accueil les attaques menées contre l’université par des ministres français, celui de l’éducation nationale Jean-Michel #Blanquer et celle des universités Frédérique #Vidal. « J’ai vraiment #peur, dit-elle, parce que la France, où je suis accueillie et envers laquelle j’éprouve la plus profonde gratitude et le plus grand respect pour le monde universitaire, ne peut pas être victime de ce genre de #mystification et de #populisme. J’ai perçu [les attaques de Blanquer et Vidal] comme un manque total de #respect, une #violence_symbolique et un #abus_épistémologique contre les professeurs et toute la communauté académique. »

    Pour #Eric_Fassin, professeur à l’université Paris VIII au département de science politique et à celui des études de genre, même s’il faut se garder de généraliser en rapprochant des situations qui présentent des niveaux de gravité différents, « il n’y a plus d’un coté les pays où l’on est protégé et d’un autre côté ceux où l’on serait exposé ». Pointant « l’#anti-intellectualisme des régimes néolibéraux », il estime qu’« on n’est plus sûr de qui est à l’abri et pour combien de temps ». « C’est relativement nouveau », souligne-t-il, en jugeant indispensable « une #internationalisation_de_la_solidarité ».

    Depuis 2015, Marcia Tiburi a écrit trois autres essais sur le Brésil, dont Ridicule politique (2017) et Le Délire du pouvoir (2019). On l’interroge sur l’ironie de son titre Comment parler avec un fasciste ?, au vu de sa situation actuelle. « L’échec nous appartient à tous, répond-elle. Mais je ne vois pas d’autre moyen que de construire une culture du dialogue avec les différences. C’est la façon de soutenir les droits fondamentaux. »

    Dans un laboratoire, on mène toutes sortes d’expériences. Certaines réussissent, d’autres non. Dans celui du Brésil, il faut espérer que Jair Bolsonaro échoue. Et que Marcia Tiburi réussisse.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/130321/guerres-culturelles-les-sciences-sociales-sont-prises-pour-cibles-du-bresi
    #université #solidarité

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  • « La déconsidération des universités par le milieu politique est un élément structurel »

    Pour #Mathias_Bernard, président de l’université Clermont Auvergne, la promulgation de la #loi_de_programmation_de_la_recherche (#LPR) est une « #occasion_manquée ». Il revient sur la LPR pour « Libération », mais aussi sur dix ans de politique des universités.

    Ça y est. La si polémique loi de programmation de la recherche a été promulguée le jeudi 24 décembre, et publiée ce samedi au journal officiel. Elle lisse sur dix ans une hausse de 5 milliards d’euros du #budget annuel de la recherche et prévoit une hausse des #primes des personnels scientifiques. Mais plusieurs éléments sont critiqués par la communauté universitaire.

    L’une des mesures les plus contestée, la pénalisation des #mobilisations_étudiantes, a été retoquée par le Conseil constitutionnel le 21 décembre. Les « sages » ont aussi émis des réserves sur la proposition d’une nouvelle voie de #recrutement_dérogatoire pour les #professeurs, les « #chaires_de_professeurs_juniors », qui permettrait aux présidents d’université de s’immiscer dans l’appréciation des mérites des futurs candidats.

    Pour le reste, le texte accentue la #compétition entre les chercheurs et entre les établissements en prolongeant la logique de financement par #appels_à_projets, en vogue depuis plus de dix ans. Président de l’université Clermont Auvergne, Mathias Bernard connaît bien le sujet. Pour Libération, il revient sur ce texte et sur les réformes successives des universités depuis plus de dix ans.

    La loi de programmation de la recherche a été promulguée. Quel est votre sentiment sur ce texte ?

    C’est une occasion manquée. Quand l’annonce d’une loi de programmation a été faite, en février 2019 par le Premier ministre, je me suis réjoui, comme beaucoup de collègues. Notre secteur a besoin de #stabilité pour se projeter dans le temps long. J’espérais que cette loi permette de rééquilibrer la part des #financements_récurrents par rapport à ceux distribués par appels à projets. Ce n’est pas le cas. Les nouveaux #moyens sont en majorité conditionnés.

    C’est problématique. Cette loi n’aborde ni la question des #investissements en #équipements_scientifiques ni celle de l’#emploi. Les seules mesures de #ressources_humaines visent à faciliter le recrutement de #contractuels. C’est une #déception.

    Dans quelle mesure la LPR s’inscrit-elle dans le train de #réformes_universitaires depuis dix, quinze ans ?

    La LPR est clairement dans la ligne de ce qui se fait depuis le milieu des années 2000 avec la création de l’#Agence_nationale_de_la_recherche [chargée d’animer la politique d’appels à projets, ndlr]. Ce qui est prôné, c’est la différenciation des universités. L’Etat nous demande de mettre en avant « la #signature » de l’établissement. Cela passe par la réponse aux appels à projets nationaux, internationaux, territoriaux… Le nombre de guichets s’est multiplié.

    En parallèle de cela, notre #dotation_de_base stagne alors que le nombre d’étudiants augmente. Je ne dis pas qu’il y a quinze ans le système était idéal, mais le point d’équilibre est largement dépassé.

    Quelles sont les conséquences pour les établissements ?

    C’est d’abord un #coût. Nous avons besoin de recruter des équipes pour suivre ces appels et aider nos chercheurs à y répondre. J’ai plusieurs dizaines de personnes qui travaillent à cela.

    Ensuite, c’est un changement dans le #statut des personnes employées. Si ma dotation de base stagne, je ne peux pas recruter de #fonctionnaires. La progression du nombre d’employés des universités augmente uniquement grâce aux contractuels. Là encore, avoir une part de contractuels dans nos personnels n’est pas problématique mais ils sont recrutés pour conduire des missions pérennes.

    C’est notamment le cas pour des #contrats_d’enseignants qui, il faut bien le reconnaître, sont payés au lance-pierre.

    La stagnation des financements récurrents attribués aux universités n’est-elle pas la conséquence d’une défiance du milieu politique vis-à-vis du monde académique ?

    Je dirais une #défiance et une #méconnaissance. Les deux vont de pair. Cela vient d’un système de formation des #élites qui ne les amène jamais à l’université. Ils la connaissent mal et en ont une représentation fantasmée et négative.

    Le secteur a dû aborder beaucoup de lois, en 2007, 2013, 2018 et maintenant 2020, et pourtant, aucune n’a reconnu les universités pour ce qu’elles sont, à savoir les opérateurs principaux en matière d’#enseignement_supérieur et de #recherche. Les arbitrages ne nous sont jamais favorables et ce quelle que soit la législature. Les moyens de l’Etat sont dispersés sur une multitude d’opérateurs. Malheureusement, le fait d’avoir une ministre, #Frédérique_Vidal, issue de nos rangs, n’a rien changé au problème de la #déconsidération des universités par le milieu politique qui est un élément structurel.

    La #loi_LRU de 2007 promettait l’#autonomie des universités…

    Mais cette promesse n’a jamais été tenue. L’autonomie a consisté à déléguer la gestion des mécontentements. S’est installée une forme de #bureaucratisation qui subordonne le conseil d’administration des universités à d’autres instances, comme les jurys des appels à projets ou l’administration du ministère, qui s’est investie dans une forme de #micro-management.
    Vous faites référence à la création par ce gouvernement des #recteurs_académiques_de_région qui sont aux universités ce que le recteur est à l’enseignement scolaire. Comment ce micromanagement s’illustre-t-il ?

    Par exemple, pendant la crise sanitaire, les universités ont le droit d’ouvrir des séances de travaux pratiques. Si je décide d’ouvrir un TP d’optique pour 20 étudiants le mardi de 17 heures à 19 heures, je dois obtenir un arrêté du recteur académique à Lyon. Je lui ai, en tout, transmis plusieurs centaines de demandes d’autorisation. C’est de la #bureaucratisation inutile.

    De même, dans le cadre de ce que nous appelons le « #dialogue_stratégique_de_gestion » que nous menons avec l’Etat, une petite partie du budget est conditionnée à la manière dont l’université met en œuvre les #politiques_publiques.

    Pourquoi n’êtes-vous ni membre de l’#Alliance_des_universités_de_recherche_et_de_formation (#Auref) ni de l’#Udice, qui réunit les dix universités dites « de recherche » de France ?

    Je suis contre l’idée d’un système universitaire à #deux_vitesses. Il me semble donc dangereux de l’institutionnaliser à travers des associations. Je suis très attaché aux dimensions de #formation et de recherche des universités. Nous devons concilier une mission de #service_public et une exigence d’#excellence. Le risque avec l’existence de ces deux associations est d’encourager les pouvoirs publics à acter cette division, et à différencier les moyens budgétaires et les outils législatifs attribués aux établissements en fonction de leur appartenance à une organisation ou à une autre.

    Cette différenciation pourrait passer, par exemple, par des droits d’inscription différenciés ?

    On sent bien que cela va être tenté. Une brèche a été entrouverte par le gouvernement en introduisant un droit d’entrée différencié pour les #étudiants_internationaux. Une mesure qui pourrait profiter économiquement à un petit nombre d’universités, qui ont la notoriété pour justifier des droits plus élevés. Mais elle pourrait vider les autres établissements de leurs étudiants internationaux.

    C’est une première tentative qui pourrait être prolongée par une différenciation des #droits_d’entrée pour les étudiants français. Certains présidents pourraient y voir une ressource supplémentaire. Pour ma part, je suis attaché à notre modèle d’un accès le plus ouvert possible à l’enseignement supérieur.

    Vos étudiants, justement, comment vont-ils ?

    Mal. Si j’en juge par le nombre d’entre eux qui se signalent auprès de notre bureau d’accompagnement psychologique, je dirais qu’il y a beaucoup de souffrances.

    Pourtant, dans le plan de #déconfinement du gouvernement, les universités sont les dernières à rouvrir. Comment expliquez-vous cela ?

    Cette annonce a suscité beaucoup d’émotion au sein de la communauté. C’est révélateur d’une forme de #déconsidération des universités qui ne rouvrent qu’après les lycées, les classes prépa, les églises…

    Le principal problème pour nous, dans cette gestion de crise, c’est le décalage systématique entre les décisions gouvernementales, qui créent de l’attente, et la notification précise de leur application. Cela nous met, nous, présidents, en porte-à-faux. Par exemple, il y a eu des annonces sur le recrutement de tuteurs pour accompagner les étudiants en difficulté en janvier, mais nous n’avons reçu ni les budgets ni les modalités avant les congés de fin d’année. De même, l’Etat s’est engagé à soutenir la prolongation des contrats doctoraux décalés par le Covid-19. Nous avons fait les avances dès septembre, mais les crédits ne sont arrivés qu’en toute fin d’année.

    https://www.liberation.fr/france/2020/12/26/la-deconsideration-des-universites-par-le-milieu-politique-est-un-element

    #université #ESR #France #LPPR

    Métaliste sur la LPPR :
    https://seenthis.net/messages/820330

  • Les formations transformatrices – Quelles capacités viser ? Quels exemples ?

    L’#université_internationale_Terre_Citoyenne développe une « pédagogie de la résilience et du changement” qui s’appuie sur différents apports, démarches : des méthodes d’éducation populaire, la pédagogie de l’opprimé de #Paolo_Freire, la #Théorie_U d’#Otto_Sharmer, l’#Art_of_Hosting, l’approche des situations conflictuelles et complexes d’#Adam_Kahane, l’#Approche_et_la_Transformation_Constructives_des_Conflits (#ATCC) d’#Hervé_Ott et #Karl_Heinz_Bitll, le #Community_Organizing de #Saul_Alinsky, le #Process-Work/#Démocrati_ Profonde d’#Arnold_Mindell

    L’#UITC avec ses organisations associées cherchent à former de nouveaux #leaders_citoyens et sociaux mais aussi des #étudiants, des responsables locaux ou nationaux capables d’accompagner les changements profonds et systémiques et de transformer des situations difficiles. En ce sens, certaines capacités nous apparaissent centrales à acquèrir : celles de faire face aux situations complexes, interculturelles, celles aussi de pouvoir transformer de manière constructive les #conflits au niveau individuel et collectif.

    A partir de situations et de problématiques concrètes et variées, les organisations associées UITC et l’ensemble UITC cherchent à développer, en particulier, les capacités individuelles et collectives suivantes :

    - Développer de la #résilience dans des situations de #crise/ d’#effondrement

    – Créer des conditions de #dialogues générateurs de #changement

    – Créer une #confiance_collective

    – Créer des conditions pour favoriser l’émergence de l’intention personnelle ou collective

    – » #Relier toujours relier » des évènements, des idées, des symboles, des actions, des personnes, des organisations…

    – Créer des conditions favorables afin de pouvoir percevoir le futur en émergence dans une situation complexe et difficile

    - Prendre conscience des différents rôles dans les conflits (victime, agresseur, garant) et de la phase du conflit dans laquelle nous nous trouvons.

    - Transformer de manière constructive des conflits

    - Savoir agir dans des situations qui impliquent des acteurs qui sont en conflits (processus multi acteurs)

    #Agir pour se donner confiance et créer de la #connaissance

    – Sentir dans un moment de vie, de processus, les différentes situations (polarités, émotions,Identifier les limites et les passages de frontières, les ambiances qui agissent sur le groupe…)

    - Sentir les processus de diffusion des émotions, de rang, de désirs mimétiques, de bouc émissaire……..

    - Savoir agir de manière pragmatique (lier la main, le coeur et l’esprit dans un même mouvement) lorsque l’on découvre une nouvelle vision, un nouveau projet

    - Savoir sentir le tout, suivre son intention « traverser la rivière » et « sentir chaque pierre avec ses pieds »

    – Savoir prototyper, tester, modifier et retester, remodifier

    - Savoir déployer individuellement ou collectivement son action.

    Si vous souhaitez connaitre les expériences de formations transformatrices reliées ou impliquées dans le réseau UITC veuillez les contacter directement (voir la liste et des contacts ci-joints) . Si vous voulez participer participer à une session de formation, contactez les personnes indiquées ou le secrétariat de l’UItC. Si vous êtes intéressées de monter des formations, faites de même. Contactez -nous !

    Dans le réseau de l’Université Internationale terre Citoyenne (UITC), nous nous appuyons sur un groupe d’expériences de formation qui, pour nous, ont un caractère transformateur des personnes impliquées mais aussi des réalités auxquelles ces personnes sont confrontées. Quand nous parlons de caractère transformateur, nous pensons au fait que les personnes sortent de ces formations avec une vision du monde différente, transformée, avec des capacités qui leur permettent d’agir avec plus de pertinence et d’efficacité afin de faire face aux situations chaotiques et conflictuelles, aux crises, aux effondrements possibles. Ces compétences doivent leur permettre d’affronter ces réalités mais aussi de tenter de les transformer dans le sens de sociétés plus durables.

    En 2015, nous avions édité un catalogue de 47 formations réalisées par des organisations associées UITC https://issuu.com/almedio/docs/maqueta_catalogo_18sept15

    Aujourd’hui, nous mettons en lumière une liste d’une quinzaine de formations qui ont pour nous un caractère transformateur et avec lesquelles nous sommes engagés dans une processus de valorisation, d’échanges à distance (visioconférences) . Elles sont aussi partie prenante pour une partie d’entre elles à une recherche/ action autour des démarches, des méthodes transformatrices des personnes, des situations, des sociétés. (Pédagogie de la résilience et du changement)

    https://uitc.earth/les-formations-transformatrices

    #transformativité #formation #éducation #transformation #formations_transformatrices

  • #Vente_d’armes : en secret, l’#exécutif déclare la guerre au #Parlement

    Une note classée « confidentiel défense » dévoile la stratégie du gouvernement pour torpiller les propositions d’un rapport parlementaire sur un contrôle plus démocratique des #exportations d’armement.

    Silence radio. Depuis la publication, le 18 novembre dernier, du #rapport_parlementaire sur les ventes d’armes françaises, l’exécutif n’a pas réagi. Du moins pas officiellement. Car, en réalité, le gouvernement a préparé la riposte dans le secret des cabinets ministériels. Objectif : torpiller le rapport des députés #Jacques_Maire (La République en marche, LRM) et #Michèle_Tabarot (Les Républicains, LR) et les pistes qu’ils suggèrent pour impliquer le Parlement dans le processus de #contrôle des exportations d’armement.

    Disclose a été destinataire d’une note de quatre pages rédigée par le #Secrétariat_général_de_la_défense_et_de_la_sécurité_nationale (#SGDSN), un service directement rattaché à Matignon. Classée « confidentiel défense » – le premier niveau du « secret-défense » –, elle a été transmise au cabinet d’Emmanuel #Macron mais aussi à #Matignon, au #ministère_des_armées, et à celui des affaires étrangères et de l’économie, le 17 novembre dernier. Soit la veille de la publication du #rapport_Maire-Tabarot.

    étouffer les velléités

    Sobrement intitulé « Analyse des 35 propositions du rapport de la mission d’information sur les exportations d’armement Maire-Tabarot », ce document stratégique révèle l’opposition ferme et définitive du gouvernement à une proposition inédite : la création d’une #commission_parlementaire chargée « du contrôle des exportations d’armement ». D’après Jacques Maire et Michèle Tabarot, « cet organe n’interviendrait pas dans le processus d’autorisation des exportations mais contrôlerait, a posteriori, les grands #choix de la politique d’exportation de la France ». Impensable pour le gouvernement, qui entend peser de tout son poids pour étouffer dans l’œuf ces velléités de #transparence.

    Newsletter

    Selon les analystes de la SGDSN, cette proposition doit constituer le « point d’attention majeur » du pouvoir exécutif ; autrement dit, celui qu’il faut absolument enterrer. Le document explique pourquoi : « Sous couvert d’un objectif d’une plus grande transparence et d’un meilleur dialogue entre les pouvoirs exécutif et #législatif, l’objectif semble bien de contraindre la politique du gouvernement en matière d’exportation en renforçant le #contrôle_parlementaire. » A lire les gardiens du temple militaro-industriel français, plus de transparence reviendrait à entraver la #liberté_de_commerce de l’Etat. Et la SGDSN de prévenir : ces mesures pourraient « entraîner des effets d’éviction de l’#industrie françaises dans certains pays ».

    protéger les « clients »

    Si la commission parlementaire devait malgré tout voir le jour, le note préconise qu’elle ne puisse « en aucun cas » obtenir un suivi précis des transferts d’armes. Les élus devront se contenter du rapport qui leur est remis par le gouvernement chaque année, lequel ne précise ni les bénéficiaires du matériel ni son utilisation finale.

    « Cette implication de parlementaires, alertent encore les auteurs, pourrait mener à une fragilisation du principe du #secret_de_la_défense_nationale (…) ainsi que du #secret_des_affaires et du secret lié aux relations diplomatiques avec nos partenaires stratégiques. » Le risque pour l’Etat ? Que « les clients » soient « soumis à une politisation accrue des décisions » qui nuirait aux affaires et provoquerait la « fragilisation de notre #crédibilité et de notre capacité à établir des #partenariats_stratégiques sur le long terme, et donc de notre capacité à exporter ». En ligne de mire, des pays comme l’#Arabie_saoudite ou l’#Egypte, le principal client de l’industrie tricolore en 2019 (https://disclose.ngo/fr/news/la-france-bat-des-records-en-matiere-de-vente-darmes).

    Selon les analystes de le SGDSN, la création d’un contrôle parlementaire sur les exportations aurait également « des conséquences pour le gouvernement, dont les différents ministres seraient exposés ». Comme ce fut le cas en 2019, lorsque la ministre des armées, #Florence_Parly, dû s’expliquer sur ses #mensonges répétés après les révélations de Disclose sur les armes vendues à l’Arabie saoudite et utilisées dans la guerre au #Yémen (https://made-in-france.disclose.ngo/fr).

    « effet de bord »

    Un autre élément semble susciter l’inquiétude au plus haut sommet de l’Etat : la volonté de convergence entre les représentants des différents parlements de l’Union européenne. Pour Jacques Maire et Michèle Tabarot, ce « #dialogue_interparlementaire » permettrait une meilleure coopération entre Etats membres. Trop risqué, selon le gouvernement, qui y voit « le risque d’un effet de bord qui exposerait notre politique à des enjeux internes propres à certains de nos voisins européens ».

    Sur ce point, l’analyse aurait pu s’arrêter là. Mais le Quai d’Orsay a voulu préciser le fond de sa pensée, comme le révèlent les modifications apportées au document d’origine. Le cabinet de Jean-Yves Le Drian précise, en rouge dans le texte, qu’une telle convergence entre élus européens serait « particulièrement préoccupante », en particulier concernant le Parlement allemand. « Nous n’avons aucun moyen de maîtriser les vicissitudes [de la politique intérieure allemande] »,et la « forte mobilisation, très idéologique, du Parlement [allemand] sur les exportations d’armement », souligne le ministère des affaires étrangères dans ce mail que Disclose s’est procuré.

    Ce commentaire illustre les tensions sur ce sujet avec le voisin allemand, qui a mis en place en octobre 2018 un #embargo, toujours en cours, sur ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite à la suite de l’assassinat du journaliste #Jamal_Khashoggi à Istanbul. Une décision jugée à l’époque incompréhensible pour Emmanuel Macron. Les ventes d’armes « n’ont rien à voir avec M. #Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », avait alors déclaré le chef de l’Etat, précisant que cette mesure était, selon lui, « pure #démagogie ». Une fois le problème allemand évacué, le Quai d’Orsay désigne enfin le véritable ennemi : les #institutions_européennes, considérées comme « hostiles à nos intérêts dans le domaine du contrôle des exportations sensibles ».

    ouverture en trompe-l’œil

    L’exécutif aurait-il peur du #contrôle_démocratique ? Il s’en défend et feint même de vouloir protéger les députés contre un piège tendu à eux-mêmes. « Les parlementaires impliqués dans le contrôle des exportations (…) ne pourraient pas répondre aux demandes de transparence » et se retrouveraient « de facto solidaires des décisions prises », explique le document. En d’autres termes, s’il leur prenait de vouloir contester la politique de ventes d’armes de la France, les élus seraient de toute façon soumis au « #secret-défense ». Inutile, donc, qu’ils perdent leur temps.

    Pour finir, les services du premier ministre formulent une liste de recommandations quant à la réaction à adopter face à cet épineux rapport. Première d’entre elles, « adopter une position ouverte » sur les propositions de « renforcement de l’information du Parlement ». Un trompe-l’œil, car l’essentiel est ailleurs. « Il convient, poursuit le texte, de confirmer avec les principaux responsables de l’[#Assemblée_nationale] » qu’ils s’opposeront à la plus importante proposition du texte, soit la création d’une #délégation_parlementaire.

    En guise de dernière suggestion, les auteurs de la note invitent l’exécutif à définir « une #ligne_de_communication » face à la médiatisation du rapport et les réactions des ONG. Une ligne de communication désormais beaucoup plus claire, en effet.

    La note « confidentiel défense » dont Disclose a été destinataire est protégée par l’article 413-9 du code pénal sur le secret de la défense nationale. Nous avons néanmoins décidé d’en publier le contenu car ces informations relèvent de l’intérêt général et doivent par conséquent être portées à la connaissance du public. Par souci pour la sécurité de nos sources, nous ne publions pas le document dans son intégralité.

    https://disclose.ngo/fr/article/vente-darmes-en-secret-lexecutif-declare-la-guerre-au-parlement
    #armes #commerce_d'armes #armement #France #UE #EU #démocratie

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  • #Vente_d’armes : en secret, l’#exécutif déclare la guerre au #Parlement

    Une note classée « confidentiel défense » dévoile la stratégie du gouvernement pour torpiller les propositions d’un rapport parlementaire sur un contrôle plus démocratique des #exportations d’armement.

    Silence radio. Depuis la publication, le 18 novembre dernier, du #rapport_parlementaire sur les ventes d’armes françaises, l’exécutif n’a pas réagi. Du moins pas officiellement. Car, en réalité, le gouvernement a préparé la riposte dans le secret des cabinets ministériels. Objectif : torpiller le rapport des députés #Jacques_Maire (La République en marche, LRM) et #Michèle_Tabarot (Les Républicains, LR) et les pistes qu’ils suggèrent pour impliquer le Parlement dans le processus de #contrôle des exportations d’armement.

    Disclose a été destinataire d’une note de quatre pages rédigée par le #Secrétariat_général_de_la_défense_et_de_la_sécurité_nationale (#SGDSN), un service directement rattaché à Matignon. Classée « confidentiel défense » – le premier niveau du « secret-défense » –, elle a été transmise au cabinet d’Emmanuel #Macron mais aussi à #Matignon, au #ministère_des_armées, et à celui des affaires étrangères et de l’économie, le 17 novembre dernier. Soit la veille de la publication du #rapport_Maire-Tabarot.

    étouffer les velléités

    Sobrement intitulé « Analyse des 35 propositions du rapport de la mission d’information sur les exportations d’armement Maire-Tabarot », ce document stratégique révèle l’opposition ferme et définitive du gouvernement à une proposition inédite : la création d’une #commission_parlementaire chargée « du contrôle des exportations d’armement ». D’après Jacques Maire et Michèle Tabarot, « cet organe n’interviendrait pas dans le processus d’autorisation des exportations mais contrôlerait, a posteriori, les grands #choix de la politique d’exportation de la France ». Impensable pour le gouvernement, qui entend peser de tout son poids pour étouffer dans l’œuf ces velléités de #transparence.

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    Selon les analystes de la SGDSN, cette proposition doit constituer le « point d’attention majeur » du pouvoir exécutif ; autrement dit, celui qu’il faut absolument enterrer. Le document explique pourquoi : « Sous couvert d’un objectif d’une plus grande transparence et d’un meilleur dialogue entre les pouvoirs exécutif et #législatif, l’objectif semble bien de contraindre la politique du gouvernement en matière d’exportation en renforçant le #contrôle_parlementaire. » A lire les gardiens du temple militaro-industriel français, plus de transparence reviendrait à entraver la #liberté_de_commerce de l’Etat. Et la SGDSN de prévenir : ces mesures pourraient « entraîner des effets d’éviction de l’#industrie françaises dans certains pays ».

    protéger les « clients »

    Si la commission parlementaire devait malgré tout voir le jour, le note préconise qu’elle ne puisse « en aucun cas » obtenir un suivi précis des transferts d’armes. Les élus devront se contenter du rapport qui leur est remis par le gouvernement chaque année, lequel ne précise ni les bénéficiaires du matériel ni son utilisation finale.

    « Cette implication de parlementaires, alertent encore les auteurs, pourrait mener à une fragilisation du principe du #secret_de_la_défense_nationale (…) ainsi que du #secret_des_affaires et du secret lié aux relations diplomatiques avec nos partenaires stratégiques. » Le risque pour l’Etat ? Que « les clients » soient « soumis à une politisation accrue des décisions » qui nuirait aux affaires et provoquerait la « fragilisation de notre #crédibilité et de notre capacité à établir des #partenariats_stratégiques sur le long terme, et donc de notre capacité à exporter ». En ligne de mire, des pays comme l’#Arabie_saoudite ou l’#Egypte, le principal client de l’industrie tricolore en 2019 (https://disclose.ngo/fr/news/la-france-bat-des-records-en-matiere-de-vente-darmes).

    Selon les analystes de le SGDSN, la création d’un contrôle parlementaire sur les exportations aurait également « des conséquences pour le gouvernement, dont les différents ministres seraient exposés ». Comme ce fut le cas en 2019, lorsque la ministre des armées, #Florence_Parly, dû s’expliquer sur ses #mensonges répétés après les révélations de Disclose sur les armes vendues à l’Arabie saoudite et utilisées dans la guerre au #Yémen (https://made-in-france.disclose.ngo/fr).

    « effet de bord »

    Un autre élément semble susciter l’inquiétude au plus haut sommet de l’Etat : la volonté de convergence entre les représentants des différents parlements de l’Union européenne. Pour Jacques Maire et Michèle Tabarot, ce « #dialogue_interparlementaire » permettrait une meilleure coopération entre Etats membres. Trop risqué, selon le gouvernement, qui y voit « le risque d’un effet de bord qui exposerait notre politique à des enjeux internes propres à certains de nos voisins européens ».

    Sur ce point, l’analyse aurait pu s’arrêter là. Mais le Quai d’Orsay a voulu préciser le fond de sa pensée, comme le révèlent les modifications apportées au document d’origine. Le cabinet de Jean-Yves Le Drian précise, en rouge dans le texte, qu’une telle convergence entre élus européens serait « particulièrement préoccupante », en particulier concernant le Parlement allemand. « Nous n’avons aucun moyen de maîtriser les vicissitudes [de la politique intérieure allemande] »,et la « forte mobilisation, très idéologique, du Parlement [allemand] sur les exportations d’armement », souligne le ministère des affaires étrangères dans ce mail que Disclose s’est procuré.

    Ce commentaire illustre les tensions sur ce sujet avec le voisin allemand, qui a mis en place en octobre 2018 un #embargo, toujours en cours, sur ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite à la suite de l’assassinat du journaliste #Jamal_Khashoggi à Istanbul. Une décision jugée à l’époque incompréhensible pour Emmanuel Macron. Les ventes d’armes « n’ont rien à voir avec M. #Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », avait alors déclaré le chef de l’Etat, précisant que cette mesure était, selon lui, « pure #démagogie ». Une fois le problème allemand évacué, le Quai d’Orsay désigne enfin le véritable ennemi : les #institutions_européennes, considérées comme « hostiles à nos intérêts dans le domaine du contrôle des exportations sensibles ».

    ouverture en trompe-l’œil

    L’exécutif aurait-il peur du #contrôle_démocratique ? Il s’en défend et feint même de vouloir protéger les députés contre un piège tendu à eux-mêmes. « Les parlementaires impliqués dans le contrôle des exportations (…) ne pourraient pas répondre aux demandes de transparence » et se retrouveraient « de facto solidaires des décisions prises », explique le document. En d’autres termes, s’il leur prenait de vouloir contester la politique de ventes d’armes de la France, les élus seraient de toute façon soumis au « #secret-défense ». Inutile, donc, qu’ils perdent leur temps.

    Pour finir, les services du premier ministre formulent une liste de recommandations quant à la réaction à adopter face à cet épineux rapport. Première d’entre elles, « adopter une position ouverte » sur les propositions de « renforcement de l’information du Parlement ». Un trompe-l’œil, car l’essentiel est ailleurs. « Il convient, poursuit le texte, de confirmer avec les principaux responsables de l’[#Assemblée_nationale] » qu’ils s’opposeront à la plus importante proposition du texte, soit la création d’une #délégation_parlementaire.

    En guise de dernière suggestion, les auteurs de la note invitent l’exécutif à définir « une #ligne_de_communication » face à la médiatisation du rapport et les réactions des ONG. Une ligne de communication désormais beaucoup plus claire, en effet.

    La note « confidentiel défense » dont Disclose a été destinataire est protégée par l’article 413-9 du code pénal sur le secret de la défense nationale. Nous avons néanmoins décidé d’en publier le contenu car ces informations relèvent de l’intérêt général et doivent par conséquent être portées à la connaissance du public. Par souci pour la sécurité de nos sources, nous ne publions pas le document dans son intégralité.

    https://disclose.ngo/fr/article/vente-darmes-en-secret-lexecutif-declare-la-guerre-au-parlement
    #armes #commerce_d'armes #armement #France #UE #EU #démocratie

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  • Féminisme : le clash des générations ?
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Feminisme-le-clash-des-generations

    Voilà pourquoi, quand on y regarde de plus près dans la querelle du moment, on voit des quinquagénaires chez les « jeunes féministes » queer intersectionnelles… Tandis que chez les « vieilles féministes » se trouvent des jeunes femmes qui ont commencé à s’engager dans les années 2010. Mais surtout beaucoup, quelle que soit leur génération, ne prennent pas parti tellement les termes du débat sont alléchants… Ce sont ces dernières qui accueillent le mieux ma contribution, dans laquelle je rappelle que le genre est un fait social et que donc ni un utérus ni la conviction personnelle d’être une femme ne font d’une personne une femme. C’est la socialisation, l’expérience d’être perçue par les autres comme une femme et traitée en fonction, qui font d’une moitié des individus des femmes, qu’elles le veuillent ou non, avec ou sans utérus.

    #féminisme #genre #individualisme #queer #Histoire #génération #dialogue (ou pas) #Aude_Vidal

  • Pierre Clastres l’intempestif ou un Indien parmi nous

    Hicham-Stéphane Afeissa

    https://lavoiedujaguar.net/Pierre-Clastres-l-intempestif-ou-un-Indien-parmi-nous

    Eduardo Viveiros de Castro
    Politique des multiplicités. Pierre Clastres face à l’État

    L’ouvrage qui paraît ces jours-ci [en novembre 2019] aux éditions Dehors de l’anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, Politique des multiplicités. Pierre Clastres face à l’État, a été publié à l’origine en 2010 comme introduction à la deuxième édition en anglais du livre posthume de Pierre Clastres intitulé Recherches d’anthropologie politique, puis a été republié en portugais l’année suivante, sous une forme modifiée, avant d’être traduit en français dans la présente édition par les bons soins de Julien Pallotta.

    Il s’agit d’un volume de petit format, très élégant, qui constitue à sa manière un double événement, aussi bien par le sujet qu’il traite que par l’auteur qui le fait. Viveiros de Castro et Pierre Clastres comptent en effet parmi les anthropologues les plus prestigieux de la discipline : le premier est un spécialiste de premier rang des sociétés amérindiennes, et l’auteur d’un livre unanimement salué comme l’un des plus importants de ce début de XXIe siècle sous le titre de Métaphysiques cannibales ; le second est une figure légendaire de l’anthropologie, brutalement disparue le 29 juillet 1977 dans un accident de voiture à l’âge de quarante-trois ans, et l’auteur d’un livre dont le titre est devenu un véritable slogan, La Société contre l’État, paru en 1974. (...)

    #Viveiros_de_Castro #Clastres #anthropologie #politique #dialogue #Deleuze #Guattari #Anti-Œdipe #Lévi-Strauss #société-contre-l’État #Brésil

  • #The_island_of_all_together

    Chaque été, des nombreux touristes européens se rendent à l’île grecque de Lesbos pour des vacances ensoleillées. Cette année, des milliers de réfugiés ont traversés la mer à partir de la Turquie et arrivés aussi sur l’île, à la recherche d’une forteresse securisee dans l’Union européenne. Réalisateur #Philip_Brink et #Marieke_van_der_Velden ont invités les touristes et les réfugiés à parler les uns avec les autres sur la vie alors qu’ils était assis sur un petit banc ayant vue sur la mer. Le résultat est un court documentaire avec des conversations de la guerre, la fuite, la maison, le travail, l’amour, mais aussi des voitures et des animaux. C’est une ode à l’humanisme et montrer ce qui se passe quand nous prenons le temps de nous asseoir et parler les uns avec les autres au lieu de parler sur les uns des autres (23 minutes).


    http://www.theislandofalltogether.com
    #film #film_documentaire #Lesbos #tourisme #rencontre #dialogue #réfugiés #réfugiés_syriens #asile #migrations #réfugiés #Grèce

    –---

    ça rappelle cette autre vidéo, très émouvante :
    Look Beyond Borders - 4 minutes experiment
    https://seenthis.net/messages/619838

    ping @isskein @karine4 @reka

  • En copié/collé, un courrier intercepté du recteur de l’Académie d’#Aix-Marseille... que j’ai moi-même reçu via mail le 1er février 2020 :

    "Mesdames et Messieurs les chefs d’établissements de lycées,
    Il est superflu de vous décrire l’ambiance qui règne dans plusieurs de vos établissements, au sujet des E3C.
    Comme je sais que vous y œuvrez, il est essentiel de maintenir le dialogue avec les personnels de vos établissements
    Néanmoins, lors de vos échanges avec les professeurs, quelques rappels simples doivent être faits.
    En premier, les enseignants, de par leur statut, doivent participer à l’intégralité du déroulement des E3C : choix des sujets, surveillance, correction ….
    Un refus est, au minimum, un acte de grève. Il faut, si besoin, le rappeler et dire que le calcul des jours de grève ne peut que se faire selon les prescriptions du Code de l’Education. Il n’est pas plusieurs manières légales de le faire.
    Mais un refus peut aussi engendrer une faute professionnelle avec toutes les conséquences disciplinaires qui en découlent. Cela touche spécialement le refus de correction, ainsi que la falsification des notes.
    La manipulation des élèves (tracts, classes transformées en réunions syndicales…) est une faute caractérisée et une violation de la déontologie de l’enseignant.
    Je ne veux envisager, que par pure hypothèse, des actes comme la participation (ou l’incitation) au blocage ou à l’invasion d’un établissement. Dans de tels cas, l’on quitterait le Code de l’Education pour le Code pénal.
    Compte-tenu du contexte, je vous demande, dans les jours prochains, à titre préventif, de rappeler, avec pédagogie mais si besoin avec fermeté (laquelle est le sel de toute vraie pédagogie), ces principes dont certains semblent ignorés de divers enseignants entrés dans une logique de rébellion qui est la négation complète du statut de fonctionnaire. Soyez attentifs aux plus jeunes, moins expérimentés et qui peuvent, eux-aussi, être manipulés par d’autres plus âgés et qui, avec l’âge peuvent perdre et la sagesse et le courage. Qu’ils ne se mettent pas dans des situations inextricables.
    Je vous demande également de nous informer (le directeur de cabinet) de tous les indices laissant présager, dans votre établissement, des tentatives de sabotage des examens. Mieux vaut une alerte vaine qu’une trop tardive.
    Dans tous les cas, le jour des contrôles, vous serez d’une particulière vigilance, tôt le matin.
    J’espère vivement que la raison l’emportera. Vous savez combien je suis attentif au dialogue social. Je recevrai, comme je le fais toujours, les audiences qui me seront réclamées. Je passerai le temps nécessaire à écouter une profession, dont je fais partie, et qui vit des tensions et des angoisses. Ma mission est là.
    Je sais aussi compter sur votre lucidité et votre détermination. Je mesure la charge qui est la vôtre, la fatigue et même la lassitude d’être remis en cause dans votre action républicaine par ceux qui sont, d’abord, votre « équipe pédagogique ». Si la certitude de vous sentir épaulés, soutenus et relayés par votre hiérarchie peut être source de courage : je forme ce voeu.
    Enfin vous savez, d’ores et déjà, que les IA-IPR, derrière leur doyen qui me tient au courant chaque jour de la situation, sont là pour vous seconder dans le choix des sujets comme ils le seront dans l’harmonisation des notes.
    Soyez assurés, Mesdames et Messieurs les Proviseurs, de mes sentiments dévoués et très cordiaux,

    Bernard Beignier"

    #Bernard_Biegnier #lycée #lycées #résistance #E3C #éducation #France #grève #code_de_l'éducation #code_pénal #déontologie #faute #principes #pédagogie #fermeté #rébellion #raison #dialogue_social #fatigue #lassitude #lettre

  • Retraites : on sait enfin comment sera fixée la valeur du point - FRUSTRATION
    https://www.frustrationmagazine.fr/projet-de-loi-de-retraites-on-sait-enfin-comment-sera-fixee-la-v

    Un seul Conseil Central décidera de tout, les travailleurs perdent la main

    Comment sera fixée la valeur du fameux « point » ? Le projet de loi est très clair là dessus : c’est le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites qui le fera. Ni les députés, ni les citoyens n’auront leur mot à dire là dessus. Qui décidera de « l’âge d’équilibre » en dessous duquel partir implique de gagner beaucoup moins ? Le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites. Qui décidera du niveau de valorisation des pensions ? Le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites. Et enfin, qui décidera du montant des cotisations et de leur répartition ? Le Conseil d’Administration de la Caisse nationale universelle de retraites.

    Autrement dit, si vous avez une question sur votre avenir, c’est à cet organisme omnipotent qu’il faudra demander, ce qui change tout, fondamentalement.

    Retour en arrière : actuellement, notre système de retraites est composé de plusieurs caisses, selon les secteurs et les métiers, qui sont gérées par les représentants de ces secteurs et métiers. Les salariés du privé gèrent, par le biais de leurs représentants syndicaux élus, le régime général. Les agents du public le leur, les agents de la SNCF le leur, les avocats le leur, et ainsi de suite. Les règles y sont définis en fonction des particularités des métiers et de l’Histoire de leur lutte. Ce système loin d’être parfait fut tout de même un des meilleurs du monde.

  • Lettre à un ami à Gaza

    Les #mots peuvent-ils réparer le monde ? Inspirée de « #Lettres à un ami allemand » d’#Albert_Camus, une invitation poétique au #dialogue israélo-palestinien. Un #essai_littéraire_filmique, présenté hors compétition à la Mostra de Venise en 2018.

    « Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres. (N’oublie pas ceux qui réclament la paix) », écrivait #Mahmoud_Darwich, figure de proue de la #poésie palestinienne dans Pense aux autres (2007). Dans la bouche de l’actrice arabe israélienne Clara Khoury (La fiancée syrienne), le texte résonne comme un puissant #cri_politique. Alors que la poésie jaillit, le mur de béton érigé le long de la frontière avec la bande de Gaza défile en toile de fond. Aux reportages d’actualité sur le conflit israélo-palestinien se mêlent de poignantes lectures, par #Amos_Gitaï lui-même et les comédiens Makram Khoury et Hilla Vidor, de textes en arabe et en hébreu signés S. Yizhar, Emile Habibi et #Amira_Hass. Fervent défenseur de la paix, le cinéaste israélien s’est entouré d’amis pour composer cet essai littéraire filmique, présenté hors compétition à la Mostra de Venise en 2018.

    https://www.arte.tv/fr/videos/087427-000-A/lettre-a-un-ami-a-gaza
    https://www.youtube.com/watch?v=bHC6GsQzVbA


    #Israël #Palestine #lettre #guerre #paix #violence

    #Faire_monde à travers des lettres et de la poésie ?
    ping @karine4 @cede
    @reka

  • Inclusif et polyphonique : la nouvelle définition du musée proposée par l’ICOM Didier Rykner - 2 août 2019 - La Tribune de l’Art
    https://www.latribunedelart.com/inclusif-et-polyphonique-la-nouvelle-definition-du-musee-proposee-p

    « Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation. »
Simple, claire, et correspondant à la réalité. Voilà ce qu’est actuellement la définition d’un musée par l’ICOM, organisation non gouvernementale dont l’objectif principal est « d’établir des normes professionnelles et éthiques pour les activités des musées ». Le Conseil International des Musées (International Council of Museums) « formule des recommandations sur des questions liées au patrimoine culturel, promeut le renforcement des capacités professionnelles et fait progresser la connaissance dans le domaine » et il « est le porte-parole des professionnels des musées sur la scène internationale et sensibilise le grand public à la culture par le biais de réseaux mondiaux et de programmes de coopération ».

    Cette définition nous semble parfaite. Mais, comme le dit sans rire https://icom.museum/fr/news/the-challenge-of-revising-the-museum-definition Jette Sandahl, présidente du comité permanent de l’ICOM : « elle ne parle pas le langage du XXIe siècle » ! Celle-ci ajoute, de manière à ce qu’il n’y ait plus aucun doute sur l’origine de l’affaire, que « la définition du musée doit donc être historicisée, contextualisée, dénaturalisée et décolonialisée ».

    Voilà la nouvelle définition du musée tel que cette dame et quelques autres à l’ICOM voudraient imposer et inclure dans les statuts de l’organisation par un vote lors d’une assemblée générale extraordinaire qui aura lieu à Kyoto le 7 septembre 2019. Nous avons été nombreux à croire à une plaisanterie, mais il n’en est hélas rien : « Les musées sont des lieux de démocratisation inclusifs et polyphoniques, dédiés au dialogue critique sur les passés et les futurs. Reconnaissant et abordant les conflits et les défis du présent, ils sont les dépositaires d’artefacts et de spécimens pour la société. Ils sauvegardent des mémoires diverses pour les générations futures et garantissent l’égalité des droits et l’égalité d’accès au patrimoine pour tous les peuples.


    Les musées n’ont pas de but lucratif. Ils sont participatifs et transparents, et travaillent en collaboration active avec et pour diverses communautés afin de collecter, préserver, étudier, interpréter, exposer, et améliorer les compréhensions du monde, dans le but de contribuer à la dignité humaine et à la justice sociale, à l’égalité mondiale et au bien-être planétaire. »

    Est-il vraiment nécessaire d’analyser un tel #verbiage qui regroupe tout ce qu’une certaine #intelligentsia pseudo progressiste nous sert à longueur de temps ? Rien ne nous est épargné. Ni les mots « #inclusifs » et « #participatifs » - ou même quelques nouveaux mots qu’on voit déjà promis à un brillant avenir, comme des lieux « #polyphoniques » - ni les bons sentiments : « dignité humaine », « justice sociale », « égalité mondiale », et même « bien-être planétaire » ! On croirait presque un discours de Miss France, et on s’étonne que les musées ne soient pas dédiés aussi à la paix dans le monde… Il n’y a plus d’acquisitions, il y a une « #collecte », qui n’a pas le même sens. On collecte des spécimens (le terme est d’ailleurs employés dans la nouvelle définition) alors qu’on collectionne des œuvres. Ce dernier terme, dont « #patrimoine matériel » consistait un assez bon équivalent dans l’ancienne définition n’est évidemment pas utilisé. Il n’y a plus, avec des « #spécimens », que des « #artefacts ». Il est extraordinaire d’apprendre que les musées sont dédiés au « #dialogue critique sur les passés et les futurs ». Il va donc falloir, si l’on comprend bien, faire « dialoguer » - là encore un terme que nos nouveaux penseurs adorent, on fait « dialoguer » tout avec tout - les artefacts et les spécimens du passé avec ceux de l’avenir, ce qui va impliquer une nouvelle discipline pour le concours des conservateurs : la voyance. Les musées sont « participatifs », on l’a déjà vu mais ils doivent aussi être « transparents » sans que ce terme peu précis soit jamais défini. On s’interroge aussi sur « participatif ». Les visiteurs seront-ils amenés à compléter les tableaux ? Qui sont ces « diverses communautés » avec qui les musées doivent « travailler en collaboration active » ? On aurait aimé plus de précision.

    Il semble que cette nouvelle définition vienne de l’étranger, même si certains en France lui ont bien préparé le terrain. Qu’on se rappelle le rapport sur le Musée du XXIe siècle ( https://www.latribunedelart.com/rapport-sur-les-musees-du-xxie-siecle ) commandé par le ministère de la Culture. On est bien, avec ce texte de l’ICOM, dans la même idéologie. 


    Heureusement, le comité national d’ICOM France a réagi très rapidement à l’annonce de cette nouvelle définition ( https://www.icom-musees.fr/actualites/projet-de-nouvelle-definition-du-musee-proposee-par-icom ) en s’en étonnant, et en rappelant que le rapport préparatoire à cette décision avait des « conclusions mettant en cause de manière idéologique l’#histoire et la conception actuelle des musées européens ». Il constate que « La définition proposée (dans la version française) s’éloigne singulièrement de cette position par sa tonalité politique et elle met au second plan certains termes relatifs aux missions essentielles qui caractérisent toujours les métiers des musées. » Remarquons que la version anglaise est exactement identique.


    Le comité français va donc demander à ce que le vote de ce projet soit « reporté à une assemblée générale convoquée dans des délais compatibles avec un travail de réflexion dans les pays membres et les comités internationaux. »

    On voit donc se profiler un véritable bras de fer entre certains membres de l’#ICOM et l’#ICOM_France dont nous ne savons pas exactement aujourd’hui quel est le rapport de force. Souhaitons que ce dernier et bien au delà tous les conservateurs et professionnels de musées français fassent entendre bien haut leur voix pour refuser cette définition orwellienne. L’ICOM est, comme on le lit sur la page d’accueil de son site, « la seule organisation internationale dans le domaine des #musées ». Son importance est telle qu’on ne peut le laisser aux mains d’apprentis sorciers.

    Didier Rykner

    #idéologie #bhl #participation #transparence #Musée #Musées

  • MICROCAMP RADIO

    Microcamp Radio est un atelier d’initiation à la #radio à destination des personnes réfugiées, exilées et déplacées*. La finalité est la production d’une émission de radio en direct, par les réfugiés. Les ateliers radio sont réalisés depuis les camps et espaces d’accueil. Ils ouvrent un espace de #dialogue pour que les réfugiés s’expriment, créent ensemble et que leurs voix résonnent au-delà des frontières et des limites des camps.

    Nous entendons parler de #camps_de_réfugiés, mais peu les personnes réfugiées, leur voix, ce qu’elles vivent, créent et ce qui leur tient à cœur. C’est pourquoi nous allons à leur rencontre pour leur donner les clefs d’une émission de radio. Nous apportons du matériel et formons les participants à « faire de la radio ». L’émission créée à cette occasion a un thème issu d’une discussion informelle et de la rencontre entre les participants. Il peut s’agir de ce qu’ils vivent (parcours de migration, rapport au pays, quotidien dans le camp…), de ce qui leur tient à cœur (leur famille, la musique, la cuisine, une passion…), et de leurs réflexions sur leur vision du monde, leur passé, leur avenir etc.

    L’émission est collaborative, elle favorise la discussion apaisée, met les participants dans la peau de journalistes et de témoins et leur permet de passer un moment détaché des contraintes de la vie dans un camp. L’#atelier est multilingue.


    http://radio-activite.fr/mcr
    #microcamp_radio #réfugiés #asile #migrations #atelier_radio

  • Bac : Le ministère obligé de suppléer à l’absence de notes
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2019/07/04072019Article636978219725865707.aspx

    « En cas de note manquante, les jurys sont invités à remplacer celle-ci à titre provisoire par la moyenne obtenue par l’élève sur les trois trimestres de la classe de terminale dans la matière concernée », annonce le ministère. « Ceci permettra aux jurys d’établir des résultats provisoires pour permettre notamment aux candidats qui pourraient ne pas être reçus de se présenter aux épreuves de rattrapage selon le calendrier prévu. Lorsque la note initialement manquante aura été transmise au centre d’examen, les jurys arrêteront le résultat définitif en veillant à ce que ces circonstances exceptionnelles ne portent pas préjudice aux candidats ». Autrement dit en retenant la meilleure des deux notes.

    #éducation, #blanquer
    ce qui se passe aujourdhui pour le baccalauréat est tout simplement hallucinant

  • Comment je me suis « radicalisé » : un professeur de philosophie explique pourquoi il bloquera les notes du baccalauréat - France 3 Occitanie
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/comment-je-me-suis-radicalise-professeur-philosophie-ex

    Ce professeur, « radicalisé » selon ses propres termes, avoue avoir hesité à rentrer en résistance face à sa hiérarchie. Mais selon ses propres dires, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est lors de notre réunion de correcteurs, cette semaine. Nous avons demandé à notre inspecteur de nous réunir pour parler de nos inquiétudes, puisque la plupart des collègues, toutes disciplines confondues, sont désormais hostiles au projet de lycée Blanquer. Il nous a menacé de nous envoyer les #CRS. Dire à des profs de philo, formés au débat et à la discussion, qu’on n’a pas le droit, ne serait-ce que de parler, c’est inentendable. »

    #dialogue_social #matraque

    Se faire appeler pour aller matraquer des profs de philo qui ont posé une question… il y a un moment où les flics vont finir par s’en poser, des questions ?

  • Salaires : comment les gilets jaunes ont court-circuité les négociations collectives
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220519/salaires-comment-les-gilets-jaunes-ont-court-circuite-les-negociations-col

    Si l’on a beaucoup insisté sur la distance du mouvement des « gilets jaunes » vis-à-vis des syndicats, il semble que ce soit tout le système de négociation de l’entreprise qui s’est trouvé débordé par des salariés qui ne voient pas forcément le petit patron comme un adversaire. Rémunération, conditions de travail et sens du travail, les gilets jaunes ont porté ces questions en dehors des murs de l’entreprise, rappelant l’État à son rôle d’arbitre.

    #SOCIAL #dialogue_social,_syndicats,_gilets_jaunes,_Travail,_négociation_collective,_salaire

    • Jean-Claude Métraux, La #migration comme métaphore

      Le livre de Jean-Claude Métraux prend pour objet « les gens de la mer », que sont les migrants arrivés au Nord, venus des trois autres points cardinaux. Mais l’auteur l’a écrit pour « les gens de la terre », c’est-à-dire ses collègues, ceux qui, comme lui, sont des professionnels de la santé et de l’aide sociale. Et que veut-il leur dire, à ses collègues ? Trois choses : les trois parties du livre.

      2Que nous ferions bien de ne pas oublier que « nous sommes tous des migrants » (spatiaux ou temporels), que toute migration comporte une perte, donc un deuil, qui n’est pas facile à faire et que d’ailleurs, nous-mêmes, nous n’avons pas toujours réussi à mener à bien. C’est la première partie : Nous sommes tous des migrants.

      3Qu’avec notre esprit formaté par la modernité occidentale, nous nous croyons toujours supérieurs aux gens des autres cultures (même lorsque nous prétendons le contraire) et que cela nous a toujours empêché de traiter comme il faudrait les migrants venus vivre chez nous. C’est la seconde partie : Relents d’orientalisme.

      4Et qu’il nous faudrait donc apprendre à les traiter autrement. S’appuyant sur sa longue pratique professionnelle, l’auteur développe quelques idées sur la manière dont il faudrait s’y prendre. C’est la troisième partie : Paroles précieuses. Voyons tout cela d’un peu plus près.

      5Dans sa première partie, l’auteur revient sur la théorie du deuil qu’il avait déjà proposée dans son livre précédent : Deuils collectifs et création sociale1. L’individu est confronté au problème du deuil quand, en se déplaçant dans l’espace ou dans le temps, il subit la perte de « quelque chose » auquel il était attaché. Il vivait dans et il était d’un monde ; il vit maintenant, et il essaie d’être, dans un autre. L’auteur propose une phénoménologie de ce passage en suivant les étapes : quitter un monde où il vivait et dont il était, passer, entrer, vivre et, si possible, être dans un autre. De l’un à l’autre, il subit des pertes : « perte de toi », « perte de soi », « perte de sens », dont il devra « faire son deuil ». L’auteur s’intéresse aux conditions et aux processus qui favorisent la réussite d’un tel deuil.

      6Les conditions. Le deuil est réussi quand la personne parvient, non seulement à vivre, mais à être de son nouveau monde. Pour être d’un monde, il faut lui appartenir, ce qui implique d’être reconnu par les autres comme étant « des nôtres ». Certaines conditions favorisent cette intégration créatrice, que l’auteur oppose aussi bien à l’assimilation qu’à la ghettoïsation, ou, ce qui est pire encore, à la double marginalisation. Être intégré de cette manière, bien sûr, dépend d’abord de l’accueil reçu : se sentir en sécurité, valorisé, voir sa culture et ses droits respectés, tout cela renforce l’estime de soi, indispensable à l’intégration. Mais d’autres conditions sont bien utiles : ne pas se sentir seul (importance des compagnons d’errance), rester en communication avec ceux qu’on a quittés, migrer par étapes progressives, avoir un projet d’avenir et, bien entendu, apprendre la culture du pays d’accueil (notamment sa langue).

      7Les processus. L’auteur décompose le processus du deuil en étapes, comme il l’avait fait, plus extensivement, dans son livre précédent : phase de refus et de fermeture (l’individu soit nie la perte, soit cherche à ressusciter l’objet perdu) ; phase de reconnaissance de l’irréversibilité de la perte ; phase dépressive ou d’ouverture (avec sentiment de culpabilité et idéalisation de l’objet perdu) ; phase de création (il se dote d’un nouveau récit de la perte : narration). Ce processus peut se bloquer en cours de route : il peut y avoir congélation et même fossilisation du deuil.

      8Dans la seconde partie de son ouvrage, l’auteur nous propose une remarquable mise en perspective historique, appuyée sur des sources empiriques très complètes et intéressantes. Nos experts scientifiques et nos politiciens, tout imprégnés de culture occidentale moderne, qu’ils croient supérieure à toutes les cultures qui l’ont précédée, sont non seulement « complices » entre eux, mais incapables de concevoir une politique d’accueil des migrants, qui favoriserait vraiment leur « intégration créatrice » dans nos sociétés. Leur modèle a été et est resté le « modèle des déficits » : les migrants sont définis par ce qui leur manque ; ils sont priés de guérir de leur « pathologie » et de combler leurs lacunes (en langue, en qualifications, en valeurs et en normes de comportement). En clair, ils sont invités à « s’intégrer », dans le sens de « s’assimiler ».

      9De telles prémisses induisent chez la plupart des professionnels des attitudes et des conduites de déni de reconnaissance et d’objectivation de leurs « clients », qui ne peuvent aboutir qu’à l’échec des objectifs que, dans leurs discours, ils prétendent cependant vouloir atteindre. On a bien noté un changement important dans les discours à partir des années 1960 – on a remplacé quelques mots devenus péjoratifs par d’autres plus respectueux – mais dans la pratique, rien n’a véritablement changé dans la politique concrète des États, des « experts » et des professionnels.

      10Enfin, dans la troisième partie, l’auteur nous propose une attitude envers la personne en migration. Dans un beau texte très vivant, très imagé et concret, bourrés d’exemples vécus, dans lequel il s’implique lui-même, l’auteur nous explique, en se fondant sur sa propre expérience, comment il pense que devrait se dérouler la relation entre le « professionnel » et… qui ? – on ne sait plus comment le nommer : « l’usager », « le client », « l’ayant droit », « le bénéficiaire » ? Pour soutenir son argumentation, il s’appuie sur un excellent exposé de la théorie du don et de celle de la reconnaissance.

      11L’idée principale est que certaines paroles données, reçues, rendues sont plus « précieuses » que d’autres pour aboutir au résultat espéré : la réussite du processus de deuil et l’intégration créatrice de la personne concernée. Ce sont des paroles qui reconnaissent la personne, qui le respectent, qui lui font confiance, qui croient en ses capacités, qui lui permettent de partager les confidences du thérapeute, ses émotions, sa compétence limitée, ses préjugés, son impuissance. Bref, des paroles qui permettent à celui qui les reçoit de « rendre quelque chose », de rester debout, sans s’humilier, de garder la tête haute, de rester digne. Des « paroles qui soignent » l’identité blessée de l’autre.

      12Un dernier mot, qui concerne l’écriture : le livre de Jean-Claude Métraux est de la prose qui ressemble à de la poésie – à moins que ce soit l’inverse –, et qui rend le texte facile et agréable à lire. Parfois cependant, comme c’est souvent le cas avec les paraboles, il faut interpréter, décoder l’analogie, et l’on n’est pas sûr alors d’avoir compris tout ce qu’on s’imagine qu’il fallait comprendre. Mais faut-il tout comprendre d’un seul coup ? Ne vaut-il pas mieux laisser en réserve une partie du sens pour le méditer de temps en temps : mais qu’est-ce qu’il a bien pu vouloir dire avec cette histoire de grenouille disséquée dont on voit encore battre le cœur ?

      13Deux remarques critiques cependant. La première concerne la différence entre la migration spatiale et la migration temporelle. L’approche de l’auteur me paraît convenir fort bien à la première ; j’en suis moins sûr pour ce qui est de la seconde. Être un Indien d’Amérique vivant à Genève, ou être un vieillard parmi les jeunes, dans un monde qui « n’est plus comme dans le temps », me semblent être deux situations assez différentes, malgré leurs similitudes. Le migrant temporel perd le contact avec une culture parce qu’elle a, à jamais, disparu (les gens du village, leur langue, la vie rurale), mais il reste dans le cadre social et physique qu’il a toujours connu ; le migrant spatial perd le contact avec une culture, qui continue d’exister et avec le cadre dans lequel elle se situe. Le premier garde la continuité avec le passé (ceux de sa génération) et le présent (ses enfants et petits-enfants) : il peut au moins discuter et se disputer avec eux ! Ne sont-ce pas là deux pertes très différentes ?

      14La seconde observation concerne l’ « intégration créatrice », que l’auteur propose dans sa typologie (p.92) et qu’il définit par le « sens partagé », tant avec la communauté d’accueil qu’avec celle d’origine. Mais, en supposant même que cette intégration réussisse, quelle est l’importance de la domination sociale dans son processus de deuil ? Peut-on parler d’intégration créatrice si le migrant rejoint les rangs d’une catégorie sociale elle-même dominée dans la communauté d’accueil ?

      15Quoi qu’il en soit, le livre de Jean-Claude Métraux constitue, sans doute aucun, un excellent apport à une meilleure compréhension du migrant, susceptible d’aider le professionnel de bonne volonté à mieux faire son travail.


      https://journals.openedition.org/lectures/6934
      #livre

  • On S’est Planté... [Partager c’est sympa] - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=lvdckQKKz_Q

    Sincèrement, on s’est planté. L’inconfort précède le changement, et cette discussion que j’ai eue avec Félicien (Biais Vert) est fortement inconfortable et absolument NÉCESSAIRE.

    Je dis depuis 5 ans qu’on a 5 à 10 ans pour éviter le pire. Après 5 années de défaites (comment appeler autrement les victoires symboliques minimes que nous avons arrachées ?) et avec les appels alarmistes des scientifiques, on devrait être en train de paniquer, de revoir radicalement notre copie, de chercher des chemins de traverse. Il n’en est rien. Cette vidéo est la discussion que je souhaite que nous ayons, collectivement. On ne veut pas culpabiliser qui que ce soit, mais bien nous encourager collectivement à faire mieux.

    #dialogue #écologie #climat

    • Intéressant, pas mal déprimant, pas juste par ce qu’ils disent (le constat d’échec complet, le fait de ne pas réellement savoir quoi faire), mais aussi par ce qu’ils représentent, c’est-à-dire des jeunes plein de bonnes volontés, mais comme on le voit dans un dialogue d’une heure entière qui aurait dû laisser le temps d’évoquer pas mal de sujets : peu de lien avec le social (mini évocation des gilets jaunes, et quand même du mouvement des squats), très peu de sens de l’histoire et de ce qu’il s’est passé ou se passe encore loin d’ici (25 ans de zapatistes, le Rojava… des révolutions à la fois sociales et écolos… qui n’ont pu advenir qu’après avoir arraché des régions entières les armes à la main, pour y vivre d’une autre manière). Ils parlent majoritairement d’eux-mêmes, de leurs quelques actions symboliques et les échecs qui en résultent.

      ping @val_k

  • Les #mots du #pouvoir :

    “Prendre le train des réformes, Créer du lien social, définir de nouveaux projets de relance de la croissance en synergie avec les partenaires sociaux et en privilégiant le dialogue social aux blocages et aux prises en otages inacceptables de la part d’une frange toujours plus radicalisée de l’ultra gauche.” Etc....Cette #rhétorique envahit tous les esprits et les médias, son omniprésence impose un mode de pensée et surtout une nouvelle forme de #gouvernementalité.

    La carte présentée est l’illustration sous forme d’un #plan_de_métro de la #rhétorique_néolibérale. Le plan de métro est choisi pour sa référence populaire, sa facilité d’appropriation et puis surtout il permet d’illustrer : « le #train_des_reformes ».

    Lecture du plan :

    – Les lignes regroupent des termes attachés à un concept.
    – Les stations portent les mots qui composent et illustrent ce concept.
    – Les correspondances permettent de changer de concept au cours d’une discussion.
    – Enfin, un ‘périphérique’ nommé "embellissement du discours" dans lequel ont peut pioché a tout moment pour illustrer la "détermination" "sans faille" du discours.

    La liste des lignes :

    La #globalisation / la #mondialisation
    L’esprit de l’entreprise
    La #rhétorique_guerrière
    Le #peuple et les #élites
    Les #valeurs de la #République
    La #communication et l’#éducation
    Le train des #réformes
    L’#état_social actif
    L’#étranger et le problème de l’#immigration
    Désamorçage de la critique et #dialogue_social
    La #société_civile à la rescousse
    Les embellissements périphériques du #discours
    Le management de l’individu

    C’est ce que l’on peut appeler : un "#poster_de_chiotte" . Dans le sens où c’est le genre de poster que l’on ne peut voir en une fois. Le meilleur moyen de le lire et de le décrypter c’est de l’afficher aux #toilettes. Là, dans un colloque singulier, on pourra à loisir recomposer des discours mémorables à l’aide de la carte que nous vous proposons.

    On peut aussi s’en servir comme générateur de discours. C’est une machine à #xylolangage.

    Comment briller dans les rapports avec l’administration, les élus et autres fonctionnaires ayant fait allégeance et soumission au pouvoir ?
    Un p’tit coup d’oeil sur la carte et hop à nous le plaisir du flatteur pour leur faire laisser tomber le fromage (pour ceux qui convoitent des subventions par exemple..).

    #cartographie #visualisation

    Quant au poter de chiotte... je l’ai effectivement vu dans une chiotte dans une librairie de Grenoble...

    http://www.arterroriste.eu/paysages-invisibles/mots-du-pouvoir
    #néolibéralisme #vocabulaire #terminologie

    A découvrir en complément avec la carte de @odilon sur les lieux de pouvoir à Paris...
    https://visionscarto.net/lieux-de-pouvoir-a-paris

    ping @albertocampiphoto @reka

  • Un splendide isolement. Les politiques françaises du maintien de l’ordre

    Tandis qu’en France, la #police tenue pour coupable d’#acharnement appelle à un rassemblement contre la « haine #anti-flics », en #Allemagne, en #Suède, en #Suisse, l’interaction entre police et manifestants se distingue par la #maîtrise et le #dialogue. La police française résiste aux nouveaux modèles de maintien de l’ordre, articulés autour de la notion de #désescalade. O. Fillieule et F. Jobard expliquent les raisons de ce retranchement doctrinal.

    https://laviedesidees.fr/Un-splendide-isolement.html
    #maintien_de_l'ordre #violences_policières #France
    ping @davduf

  • « Il y a une crise des politiques publiques et du dialogue public, qui ont été confisqués par les plus riches »
    https://www.bastamag.net/Les-justices-sociale-fiscale-et-climatique-valent-beaucoup-mieux-qu-un-dia

    Depuis l’élection présidentielle, ce ne sont que des consultations de façade qui sont menées par le gouvernement, préférant écouter les intérêts des lobbies privés plutôt que les organisations de la société civile et les citoyens. Résultat : les #Inégalités s’aggravent, la transition écologique se fait contre les classes populaires et moyennes, et les orientations économiques et sociales néolibérales se poursuivent. Face à ce constat, le Crid, collectif de 50 organisations de solidarité internationale appelle à (...)

    #Débattre

    / Démocratie !, #Climat, Inégalités

    #Démocratie_ !

  • Les directions syndicales répondent à l’appel de Macron pour maintenir l’ordre contre les gilets jaunes

    Une journée. Il n’a pas fallu une journée à Macron pour discipliner les directions syndicales. En échange du sacro-saint « dialogue social », la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU, ont répondu à l’appel à l’union sacrée du gouvernement visant à maintenir l’ordre contre les gilets jaunes qui font aujourd’hui trembler les classes dominantes.

    http://www.revolutionpermanente.fr/Les-directions-syndicales-repondent-a-l-appel-de-Macron-pour-ma

    #Macron #syndicats #dialogue_social #CFDT #CGT #FO #giletsjaunes #gilets_jaunes

    • The undead centre meets the shitstorm | Richard Seymour on Patreon
      https://www.patreon.com/posts/23184702

      The problem is that, absent further ideological clarification, organisation and “leaderful” development, Macronite tactics will work. The fact that the leaders of the major unions were successfully drafted by Macron into an initiative to control the protests in exchange for an opening of ’dialogue’ on the government’s reforms, is bad news, both for the unions themselves and the protesters.

      The shitstorm, the unpredictable explosion of social anger mediated by data platforms, is the future. These uprisings will create complex terrains of political action, not finished objects. They create moments from which new coalitions and chains-of-equivalents can be assembled, but their unity is intrinsically precarious, and they cannot sustain themselves without reaching into and mobilising a ’thick’, tactically cautious, civic society fabric.

    • Les syndicats doivent prendre leurs responsabilités
      https://solidaires.org/Les-syndicats-doivent-prendre-leurs-responsabilites

      L’Union syndicale #Solidaires n’a pas signé aujourd’hui le texte rendu public par toutes les autres organisations syndicales à la suite d’une réunion qui s’est tenue ce matin.

      Pour Solidaires il n’est pas possible :
      – de décider qu’il est urgent de ne rien faire
      – de s’engager dans des négociations à leur sens ouvertes par le gouvernement
      – de condamner uniquement « les formes de violence dans l’expression des revendications ».

      Cette déclaration des syndicats d’aujourd’hui est hors sol.
      La colère sociale exprimée depuis plusieurs semaines par les gilets jaunes et les maigres reculs consentis ne peuvent être transformés en « négociations » de circonstances voulues par le gouvernement. Cette colère n’est plus canalisable par de faux semblants.

      Nous avons proposé aux autres syndicats de construire rapidement une journée de grève générale pour peser dans le rapport de force et arracher des augmentations de salaire et des droits sociaux. Notre proposition est restée lettre morte.

      Une posture d’unité syndicale qui n’évoque pas les violences subies par les manifestant-es depuis plusieurs années, et encore plus gravement depuis les dernières semaines, est inconcevable pour Solidaires.

      Nous portons et continuerons à porter dans le champ syndical la parole de ceux et celles qui considèrent que la construction de convergence de luttes entre les lycéen-nes, retraité-es, étudiant-es, salarié-es précaires, chômeur-euses, et toutes celles et ceux qui se battent pour la justice sociale, la justice environnementale est à mener.

      Nous appelons dès le 8 décembre à réaliser la convergence entre alarmes climatiques et sociales en étant présent-es dans la rue. Nous appelons à amplifier les mobilisations dans les secteurs où elles sont en cours, notamment par la grève, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui, partout aujourd’hui, exigent la justice sociale. Notre Union syndicale met à disposition son outil syndical partout où cela sera jugé utile.