• Les pénuries de médicaments s’aggravent au Liban
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/13/les-penuries-de-medicaments-s-aggravent-au-liban_6069844_3210.html

    Aller d’une pharmacie à une autre, s’entendre dire qu’antibiotiques ou sérums médicaux sont indisponibles, poursuivre avec opiniâtreté et inquiétude : Habib Battah passe souvent des journées entières avant de trouver les remèdes pour son père en fin de vie, soigné à domicile faute de place dans les hôpitaux, saturés par les malades du Covid-19. Au Liban, avec l’aggravation de la crise financière, les pénuries chroniques de médicaments se multiplient. « C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. C’est très angoissant, très chronophage aussi. Mais je n’ai pas d’alternative. On est contraints de s’adapter », dit le jeune quadragénaire, journaliste indépendant et fondateur du site Beirut Report.
    Dans une pharmacie située dans la banlieue est de Beyrouth, une cliente est invitée à revenir une semaine plus tard pour son médicament. « Ne pas pouvoir répondre aux besoins détruit la relation de confiance, se désole Joanna Francis, la pharmacienne. Que peut-on répondre à un parent qui demande “comment vais-je nourrir mon bébé ?”, parce qu’il n’y a pas de lait infantile disponible ? » Sur les étagères, seules quelques rares boîtes de lait sont disposées.
    Se procurer des médicaments, dont plus de 80 % sont importés, est devenu un casse-tête pour de nombreux Libanais. Même le sacro-saint Panadol, un antidouleur très utilisé, est difficile à trouver. Apparues à l’automne 2020, un an après l’éclatement de la crise financière, les pénuries s’aggravent. Face à l’effondrement des réserves en devises de la Banque centrale, ses subventions sur les produits de première nécessité comme les médicaments sont menacées à court terme. Les quantités distribuées aux pharmacies sont rationnées. Un marché noir s’est mis en place. Un cercle vicieux s’est en outre installé. Des fournisseurs ou des pharmacies sont accusés de cacher leurs stocks dans l’optique de réaliser de juteuses marges une fois les subventions levées. Des clients paniqués ont acheté en quantité, accentuant la pression sur le secteur pharmaceutique. Un trafic de contrebande s’est instauré, dont l’échelle est inconnue. « Mais le problème principal est d’ordre financier », assure une source au ministère de la santé.
    Cherchant à anticiper le scénario noir d’une fin ou d’une révision des subventions sans amortisseur, qui frapperait les plus pauvres, un comité a planché sur une rationalisation du système. Mais ses recommandations sont dans les tiroirs du Parlement. « Si les subventions prennent fin brutalement, ce sera un désastre », prédit le docteur Firas Abiad, qui dirige l’hôpital public Rafic-Hariri, à Beyrouth. Bien que celui-ci reçoive des donations internationales, notamment pour la lutte contre le Covid-19 – qui a fait plus de 3 800 morts dans le pays –, il est confronté aux pénuries intermittentes : « Quand un manque apparaît, on le colmate, puis un autre surgit. Il est très difficile de prévoir les pénuries. » Pour poursuivre leur traitement, des Libanais s’appuient sur la solidarité, leurs relations ou les réseaux sociaux. Shaden Fakih, jeune comédienne de stand-up, a ainsi rendu publiques ses difficultés d’approvisionnement sur son compte Instagram. Cela, et des boîtes rapportées d’Europe par un ami, lui a permis de sécuriser pour un temps les médicaments dont elle a besoin, souffrant d’une maladie auto-immune ainsi que de troubles obsessionnels compulsifs. « Trouver les anticoagulants est une priorité absolue. Mais je sais ce que signifie une crise d’angoisse, et j’ai besoin de l’autre médicament aussi. Je me sens toutefois privilégiée, j’appartiens à la classe moyenne, et je suis entourée. »
    D’autres se tournent vers le secteur associatif, qui doit répondre à des besoins grandissants : la société se paupérise à toute vitesse. « Le nombre de nos bénéficiaires a doublé, dit Malak Khiami, pharmacienne à l’ONG Amel, dédiée à la santé. Parmi eux, certains viennent dans nos centres faute de trouver des médicaments ailleurs. Nous avons sécurisé des stocks jusqu’à l’été, en mettant l’accent sur les maladies chroniques et la pédiatrie. Et nous sommes très attentifs à ce que nous prescrivons. »
    Le docteur Jamal Al-Husseini (à gauche) tend une ordonnance à son assistant dans sa clinique, dans le camp de Chatila, Beyrouth, le 9 février 2021.En périphérie de Beyrouth, dans le camp de Chatila, lieu historique des réfugiés palestiniens, où les Syriens sont devenus les plus nombreux, les visages sont fatigués. Pour ceux qui sont aux marges de la société, la crise économique est un rouleau compresseur. Imane, Syrienne, a compté : il ne reste plus que quelques comprimés du traitement de son fils épileptique de 13 ans. « Après, je n’ose imaginer ce qui se passera, dit-elle. Pourvu qu’un médecin puisse trouver un substitut ! » Elle aussi fait le tour des pharmacies, y compris loin du camp aux ruelles étroites.
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    Des médicaments venus de Syrie, moins coûteux, y sont devenus plus nombreux. Ils parviennent au Liban hors du circuit officiel. « Si leur nombre augmente, et pas seulement dans les camps, c’est faute d’alternative », déplore le docteur palestinien Jamal Al-Husseini, en plaçant sous oxygène un malade du coronavirus. Ces bouteilles proviennent de dons de la diaspora palestinienne. « Jusqu’à présent, on arrive encore à soigner les gens. Mais cela va devenir de plus en plus difficile », redoute-t-il.

    #Covid-19#migrant#migration#liban#syrie#refugie#camp#chatila#palestien#sante#crise#medicament#circulationthérapeutique#diaspora

  • Les migrants jouent un rôle essentiel dans la réponse aux catastrophes, l’OIM explore la participation de la diaspora dans l’aide humanitaire | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/les-migrants-jouent-un-role-essentiel-dans-la-reponse-aux-catastrophes-loim-exp

    Lorsqu’ils réfléchissent aux contributions qu’apportent les migrants à leur pays d’origine, beaucoup de gens pensent d’abord aux envois de fonds - les milliards de dollars transférés chaque année depuis les pays de destination « développés » à haut revenu vers les régions du Sud à plus faible revenu.
    Pendant des décennies, les envois de fonds ont été plus importants que le niveau total de l’aide publique au développement dans les pays à faible et moyen revenu, et plus stables que les flux de capitaux privés. En 2020, année pendant laquelle les experts ont prévu qu’une pandémie mondiale fera baisser les envois de fonds dans le monde entier, cette baisse est loin d’être aussi considérable que prévu. Les travailleurs migrants et les membres de la diaspora - dont beaucoup sont employés dans les services essentiels - continuent à envoyer de l’argent chez eux. Le Mexique, l’Égypte, le Pakistan et le Bangladesh ont même vu leurs envois de fonds augmenter.
    Pourtant, les diasporas apportent bien plus qu’un soutien financier. Depuis le début de l’épidémie de COVID-19, les diasporas ont trouvé des solutions transnationales créatives pour soutenir leurs communautés, tant dans leurs nouveaux pays de résidence que dans ceux d’origine. Les diasporas font don de fournitures aux hôpitaux ; elles déploient des tuteurs et des traducteurs dans les communautés pour les enfants en âge d’aller à l’école. Elles créent des lignes d’assistance téléphonique pour les familles touchées par la pandémie, élaborant des campagnes pour lutter contre les fausses informations. Et bien d’autres choses encore.Pour accroître la portée de l’aide humanitaire dans le monde, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a mis en œuvre un projet visant à élaborer et à piloter un cadre pour la participation des diasporas à l’aide humanitaire.En coopération avec l’Alliance pour le renouveau d’Haïti, l’OIM a commencé à mener des consultations à distance avec des acteurs clés dans le monde entier. Elle a également lancé un sondage destinées aux organisations de la diaspora afin d’explorer les meilleures pratiques que les migrants peuvent utiliser pour renforcer leur participation. (...)
    Cet effort intervient à un moment crucial, alors que la pandémie de COVID-19 actuelle met à rude épreuve les ressources destinées à l’aide.
    « La participation des diasporas est déjà une composante essentielle de l’aide humanitaire, ouvrant des portes et des connaissances qui pourraient ne pas être disponibles autrement. La participation contribue également à accroître la résilience des communautés », a déclaré Luca Dall’Oglio, chef de mission de l’OIM à Washington, D.C. « La participation des diasporas a le potentiel de renforcer tous les aspects de la réponse humanitaire, de la préparation et du relèvement ».

    #Covid-19#migrant#migration#sante#diaspora#sante#resillience#humanitaire#transfert

  • La santé mentale est un enjeu crucial des migrations contemporaines

    Si la migration est source d’espoirs liés à la découverte de nouveaux horizons, de nouveaux contextes sociaux et de nouvelles perspectives économiques, elle est également à des degrés divers un moment de rupture sociale et identitaire qui n’est pas sans conséquence sur la santé mentale.

    #Abdelmalek_Sayad, l’un des sociologues des migrations les plus influents de ces dernières décennies, a défini la condition du migrant comme étant suspendu entre deux mondes parallèles. #Sayad nous dit que le migrant est doublement absent, à son lieu d’origine et son lieu d’arrivée.

    Il est, en tant qu’émigrant, projeté dans une condition faite de perspectives et, très souvent, d’illusions qui l’éloignent de son lieu d’origine. Mais le migrant est tout aussi absent dans sa #condition ^_d’immigré, dans les processus d’#adaptation à un contexte nouveau et souvent hostile, source de nombreuses #souffrances.

    Quelles sont les conséquences de cette #double_absence et plus largement de cette transition de vie dans la santé mentale des migrants ?

    Migrer implique une perte de #capital_social

    Migrer, c’est quitter un #univers_social pour un autre. Les #contacts, les #échanges et les #relations_interpersonnelles qui soutiennent chacun de nous sont perturbés, fragmentés ou même rompus durant cette transition.

    Si pour certains la migration implique un renforcement du capital social (ou économique), dans la plupart des cas elle mène à une perte de capital social. Dans un entretien mené en 2015, un demandeur d’asile afghan souligne cette #rupture_sociale et la difficulté de maintenir des liens avec son pays d’origine :

    « C’est très difficile de quitter son pays parce que ce n’est pas seulement ta terre que tu quittes, mais toute ta vie, ta famille. J’ai des contacts avec ma famille de temps en temps, mais c’est difficile parce que les talibans détruisent souvent les lignes de téléphone, et donc, c’est difficile de les joindre. »

    Pour contrer ou éviter cette perte de capital social, de nombreux #réseaux_transnationaux et organisations d’immigrants dans les pays d’accueil sont créés et jouent dans la vie des migrants un rôle primordial.

    À titre d’exemple, la migration italienne d’après-guerre s’est caractérisée par une forte structuration en #communautés. Ils ont créé d’importants organisations et réseaux, notamment des organisations politiques et syndicales, des centres catholiques et culturels, dont certains sont encore actifs dans les pays de la #diaspora italienne.

    L’#environnement_social et la manière dont les sociétés d’arrivée vont accueillir et inclure les migrants, vont être donc des éléments clés dans la #résilience de ces populations face aux défis posés par leur trajectoire de vie et par leur #parcours_migratoire. Les migrants peuvent en effet rencontrer des situations qui mettent en danger leur #santé physique et mentale dans leur lieu d’origine, pendant leur transit et à leur destination finale.

    Cela est particulièrement vrai pour les migrants forcés qui sont souvent confrontés à des expériences de #détention, de #violence et d’#exploitation susceptibles de provoquer des #troubles_post-traumatiques, dépressifs et anxieux. C’est le cas des centaines de milliers de réfugiés qui fuient les #conflits_armés depuis 2015, principalement dans les régions de la Syrie et de l’Afrique subsaharienne.

    Ces migrants subissent des #violences tout au long de leur parcours, y compris la violence des lois de l’asile dans nos sociétés.

    L’environnement social est une des clés de la santé mentale

    Dans son document d’orientation « Mental health promotion and mental health care in refugees and migrants », l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique l’#intégration_sociale comme l’un des domaines d’intervention les plus importants pour combattre les problèmes de santé mentale dans les populations migrantes.

    Pour l’OMS, la lutte contre l’#isolement et la promotion de l’#intégration sont des facteurs clés, tout comme les interventions visant à faciliter le relations entre les migrants et les services de soins, et à améliorer les pratiques et les traitements cliniques.

    Cependant, l’appartenance à des réseaux dans un environnement social donné est une condition essentielle pour le bien-être mental de l’individu, mais elle n’est pas suffisante.

    Le philosophe allemand #Axel_Honneth souligne notamment que la #confiance_en_soi, l’#estime_de_soi et la capacité à s’ouvrir à la société trouvent leurs origines dans le concept de #reconnaissance. Chaque individu est mu par le besoin que son environnement social et la société, dans laquelle il ou elle vit, valorisent ses #identités et lui accordent une place comme #sujet_de_droit.

    Les identités des migrants doivent être reconnues par la société

    À cet égard, se construire de nouvelles identités sociales et maintenir une #continuité_identitaire entre l’avant et l’après-migration permet aux migrants de diminuer les risques de #détresse_psychologique.

    https://www.youtube.com/watch?v=oNC4C4OqomI&feature=emb_logo

    Être discriminé, exclu ou ostracisé du fait de ses appartenances et son identité affecte profondément la santé mentale. En réaction à ce sentiment d’#exclusion ou de #discrimination, maintenir une estime de soi positive et un #équilibre_psychosocial passe souvent parla prise de distance par rapport à la société discriminante et le #repli vers d’autres groupes plus soutenants.

    La #reconnaissance_juridique, un élément central

    Or ce principe de reconnaissance s’articule tant au niveau de la sphère sociale qu’au niveau juridique. Dans les sociétés d’accueil, les migrants doivent être reconnus comme porteurs de droits civils, sociaux et politiques.

    Au-delà des enjeux pragmatiques liés à l’accès à des services, à une protection ou au #marché_de_l’emploi, l’obtention de droits et d’un #statut_juridique permet de retrouver une forme de contrôle sur la poursuite de sa vie.

    Certaines catégories de migrants vivant soit en procédure pour faire reconnaître leurs droits, comme les demandeurs d’asile, soit en situation irrégulière, comme les « #sans-papiers », doivent souvent faire face à des situations psychologiquement compliquées.

    À cet égard, les sans-papiers sont presque totalement exclus, privés de leurs #droits_fondamentaux et criminalisés par la justice. Les demandeurs d’asile sont quant à eux souvent pris dans la #bureaucratie du système d’accueil durant des périodes déraisonnablement longues, vivant dans des conditions psychologiques difficiles et parfois dans un profond #isolement_social. Cela est bien exprimé par un jeune migrant kenyan que nous avions interviewé en 2018 dans une structure d’accueil belge :

    « Je suis arrivé quand ils ont ouvert le [centre d’accueil], et je suis toujours là ! Cela fait presque trois ans maintenant ! Ma première demande a été rejetée et maintenant, si c’est un “non”, je vais devoir quitter le territoire. […] Tous ces jours, les mois d’attente, pour quoi faire ? Pour rien avoir ? Pour devenir un sans-papiers ? Je vais devenir fou, je préfère me tuer. »

    Être dans l’#attente d’une décision sur son statut ou être dénié de droits plonge l’individu dans l’#insécurité et dans une situation où toute #projection est rendue compliquée, voire impossible.

    Nous avons souligné ailleurs que la lourdeur des procédures et le sentiment de #déshumanisation dans l’examen des demandes d’asile causent d’importantes #frustrations chez les migrants, et peuvent avoir un impact sur leur #bien-être et leur santé mentale.

    La migration est un moment de nombreuses #ruptures sociales et identitaires face auxquelles les individus vont (ré)agir et mobiliser les ressources disponibles dans leur environnement. Donner, alimenter et construire ces ressources autour et avec les migrants les plus vulnérables constitue dès lors un enjeu de #santé_publique.

    https://theconversation.com/la-sante-mentale-est-un-enjeu-crucial-des-migrations-contemporaines

    #santé_mentale #asile #migrations #réfugiés

    ping @_kg_ @isskein @karine4

  • Documenter la douleur des autres : #souvenirs, #identités et #appartenance dans les imaginaires diasporiques des #Teochew

    La #mémoire_traumatique est un héritage avec lequel les descendants des #rescapés du #génocide_cambodgien doivent négocier pour trouver leur place dans une #histoire rompue, celle de leurs parents, et en France, pays où ils sont nés. Pour certains d’entre eux, l’#art et la #littérature sont un moyen de réparer les #blessures.

    La #migration s’accompagne invariablement d’une expérience de bouleversement, mais les circonstances du déplacement des #réfugiés du Cambodge – dont un nombre important de Chinois originaires du sud de la #Chine, les Teochew – équivaut à une réelle rupture. Le génocide mené par les #Khmers_rouges qui a anéanti près d’un quart de la population a laissé une génération dépourvue d’anciens et une fracture qui n’a pas été refermée quatre décennies plus tard. Pour les #réfugiés_cambodgiens, cette #séparation forcée est accentuée par l’apparente permanence de l’#exil. Comme pour tous les réfugiés et survivants cambodgiens, cette expérience du génocide est au cœur de la #mémoire_diasporique des Teochew, une mémoire déjà compliquée par l’histoire de #déplacements répétés (de la Chine au Cambodge et du Cambodge à la #France) et par un rapport ambivalent non seulement envers le Cambodge et son passé génocidaire mais aussi envers la Chine qui est restée silencieuse face à la persécution de ses diasporas.

    Comme mes recherches l’ont montré, ces histoires sont largement cryptées dans le #silence qui hante les familles de réfugiés, projetant les ombres du passé génocidaire à travers les générations. Les réflexions sur le travail de mémoire sino-cambodgien éclairent la relation entre lieux – de vie et d’appartenance –, mémoire et identité diasporique. Elles éclairent les conditions qui facilitent ou entravent la #transmission_intergénérationnelle ainsi que les luttes des générations post-réfugiées – celles qui n’ont pas vécu les #traumatismes mais qui sont néanmoins hantées par eux – pour récupérer cette histoire, et, à travers elle, leur place et leur appartenance à de multiples espaces de connexion.

    Ce texte fait référence aux prises de paroles de descendants de réfugiés cambodgiens (Jenny Teng, Mathieu Pheng et Lana Chhor) lors de la conférence « Générations Post-refugié.e.s » organisée à Sciences Po en décembre 2018. L’analyse de leur parole démontre à quel point le silence autour de la mémoire du génocide des Khmers rouges est un élément constitutif des identités des descendants nés et éduqués en France.

    Les générations post-génocide face au silence

    Dans ses réflexions sur le silence « post-génocide », Jenny Teng, cinéaste française d’origine cambodgienne Teochew, souligne qu’il existe « une culture du récit, de l’histoire, de la transmission des mots, qui est fondatrice de la diaspora et la culture juive » qu’on ne retrouve pas chez les Sino-cambodgiens, ce qui rend le témoignage encore plus difficile. Liant le silence à la honte et la culpabilité des survivants face à de telles violences et de telles pertes, elle note : « Les témoignages viennent ouvrir quelque chose qui était très secret. Et c’est peut-être parce que, dans ce secret, il y a une forme de culpabilité et une honte que ces enfants, que cette deuxième génération porte depuis l’enfance. » Pour Lana Chhor, auteure d’origine sino-cambodgienne, le silence engendre des effets dévastateurs non seulement « pour celui qui porte le silence mais aussi pour ceux à qui il est imposé. » Soulignant l’effet du silence qui, de manière simultanée, lie et fracture, elle compare la famille enveloppée par le silence à une « prison » où « chacun [se trouve] dans des cellules individuelles ». Les générations suivantes se retrouvent ainsi sans les outils nécessaires pour reconstruire et comprendre ces histoires et ces récits non seulement au sens linguistique mais aussi culturel et expérientiel. Comme le note Lana Chhor, « il est douloureux de grandir dans le silence car les mêmes questions reviennent, mais toujours sans réponses. »

    « Quelle place on donne aux disparus, aux défunts qui n’ont pas reçu de sépultures ? Les survivants ont en mémoire et au quotidien gardé une place, quelle est cette place ? »

    #Jenny_Teng, cinéaste et chercheure

    Le credo républicain de l’assimilation en France ne laisse pas de place à la pluralité des histoires, ce qui invisibilise non seulement les histoires des communautés diasporiques en France mais aussi les enchevêtrements de ces histoires avec l’histoire coloniale et post-coloniale de la France. Cet effacement permet à la France de ne considérer les réfugiés que comme des personnes à sauver et les politiques d’asile comme une action humanitariste plutôt que comme une responsabilité. Pour beaucoup, comme l’exprime Jenny Teng, le vide créé par l’inconnu et le non reconnu provoque un questionnement existentiel : « où se sent-on chez soi, physiquement, symboliquement ? » Pour les générations post-réfugiées, historiciser leur identité est donc un moyen d’affirmer leur humanité et individualité (personhood) et, comme le dit Lana Chhor, « d’enlever les étiquettes que la société nous met malgré nous ». En récupérant ces histoires enfouies et désavouées, ils récupèrent un lien avec un passé, et à travers ce passé une place dans le présent – au Cambodge, en Chine, en France – et une identité collective qui s’oppose à l’invisibilisation, à l’altérité, et à un « entre-deux » qui signifie essentiellement être à l’extérieur.
    Les générations post-génocide face à la mémoire

    Comme pour d’autres histoires traumatiques, avec le passage des générations, les questions de transmission et de conservation de la mémoire acquièrent une certaine urgence. Écrivant sur la transmission de la « tutelle de l’Holocauste », l’écrivaine Eva Hoffman décrit la deuxième génération comme « la génération charnière dans laquelle les connaissances reçues et transférées des événements sont transformées en histoire ou en mythe1. Comment les générations « postmémoire », ainsi que les appelle une autre écrivaine, Marianne Hirsch, reçoivent-elles et négocient-elles ces « expériences puissantes, souvent traumatisantes, qui ont précédé leur naissance mais qui leur ont pourtant été si profondément transmises qu’elles semblent constituer des souvenirs pleins ? » Comment raconter et aborder la « douleur des autres sans se l’approprier » comme la philosophe Susan Sontag l’a si bien décrit ? Et comment faire cela avec seulement des fragments de souvenirs, glanés ici et là, et à distance depuis son perchoir générationnel ? Quelles sont, le cas échéant, les négociations entre éthique et esthétique de la mémoire ?

    « Le credo républicain de l’assimilation en France ne laisse pas de place à la pluralité des histoires, ce qui invisibilise non seulement les histoires des communautés diasporiques en France mais aussi les enchevêtrements de ces histoires avec l’histoire coloniale et post-coloniale de la France. »

    Khatharya Um

    Significativement, à partir de leur « proximité distanciée », les générations post-réfugiées peuvent s’engager dans cette histoire traumatisante d’une manière impossible pour les survivants de la première génération. Les « entre-deux » spatiaux, temporels et générationnels, des lieux que #Mathieu_Pheng, documentariste d’origine franco-cambodgienne, décrit comme « les endroits où ça frictionne » – ne sont pas seulement des espaces de tension mais aussi de possibilité, où la distance générationnelle offre de nouvelles perspectives, un sentiment d’urgence renouvelé, où le créatif et le critique peuvent émerger des ruines de la guerre, du génocide et de l’exil. Pour Jenny Teng, qui centre ses œuvres sur cette notion d’« entre », la création est un pont entre le passé et le présent, et la caméra une fenêtre vers un passé douloureux qui « permet à la personne qui témoigne, de se constituer en témoin dans le sens premier, c’est-à-dire qu’elle va dire ce qu’elle a vu, ce qu’elle a connu pour l’inscrire dans l’histoire. Le documentaire a cette force-là, qui est de sortir du cercle familial et de l’affect, peut-être trop chargé, pour s’adresser à la fenêtre qu’ouvre la caméra. » Les documentaires offrent également une opportunité de dialogue intergénérationnel et de co-création qu’elle considère comme ouvrant la voie « pour sortir du tabou familial » même si cela prend du temps.

    Si l’art et l’écriture ont leur rôle dans la promotion des liens intergénérationnels et de la guérison, ils ne peuvent ni consoler ni restaurer les pertes subies par les réfugiés. Pour Jenny Teng, la possibilité offerte par la création artistique n’est pas forcément la récupération, qu’elle juge impossible, mais un moyen de « permettre à la solitude d’être un petit peu apaisée… Donc c’est vraiment consoler la souffrance de la souffrance, pas la souffrance en elle-même. » Également investie dans la potentialité réparatrice de l’art, Lana Chhor voit les mots comme aidant à suturer le vide et la blessure engendrés par le silence spectral de l’histoire : « Autant qu’ils peuvent blesser, je suis intimement convaincue que les mots peuvent réparer. »

    http://icmigrations.fr/2020/11/18/defacto-023-03

    #diaspora #douleur #mémoire #Cambodge #génocide

  • Idrissa Seck sur l’impact de la Covid-19 : « Les transferts de fonds de la Diaspora en direction de notre pays ont connu une chute considérable »
    https://www.dakaractu.com/Idrissa-Seck-sur-l-impact-de-la-Covid-19-Les-transferts-de-fonds-de-la-Di

    Idrissa Seck sur l’impact de la Covid-19 : « Les transferts de fonds de la Diaspora en direction de notre pays ont connu une chute considérable »
    Le Sénégal est l’un des pays francophones d’Afrique bénéficiant le plus des fonds envoyés par ses expatriés. Mais, selon Idrissa Seck, la Covid-19 a causé une chute des transferts de fonds de la Diaspora en direction de notre pays. « Le premier impact pour nous c’est que les transferts de fonds de la Diaspora en direction de notre pays ont connu une chute considérable », a dit le nouveau président du Conseil économique social et environnemental (Cese), qui faisait face à la presse, ce dimanche. Dans notre pays, a-t-il rappelé, la solidarité migratoire est une source de revenus cruciale pour une majorité de sénégalais.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#transfert#sante#revenu#economie#famille

  • Jabeer Butt: Racism and covid-19—a matter of life and death - The BMJ
    https://blogs.bmj.com/bmj/2020/10/28/jabeer-butt-racism-and-covid-19-a-matter-of-life-and-death

    The omission of racism from the government’s new report on covid-19’s health inequalities marks its latest failure to tackle this important issue, says Jabeer Butt. Last week the UK government’s Race Disparity Unit published its first quarterly report on covid-19 health inequalities. Much of the interviews and reporting that accompanied the report’s publication have focused on comments made at the launch of the report, suggesting that racism does not explain the disproportionate impact of covid-19 on Britain’s Black, Asian, and minority ethnic (BAME) communities. This conclusion does not appear in the 62 pages of the report, where neither racism nor racial inequality is mentioned at all, but is rather how Raghib Ali, one of the government’s new expert advisers, chose to present the findings at the media launch.
    Some might say that the report’s focus on “ethnic disparities” means I am being churlish in suggesting the government’s report has not investigated the impact of racism. But the report’s failure to address at all whether racism has played a part in the pandemic is telling, as are the remarks of government adviser Raghib Ali that structural racism does not seem to explain ethnic disparities in the burden of covid-19 on communities. The report concludes that “a range of socioeconomic and geographical factors such as occupational exposure, population density, household composition, and pre-existing health conditions may contribute to the higher infection and mortality rates for ethnic minority groups.” Using the data from this report, a strong argument can be made that all these factors demonstrate the impact of structural racism.
    The report uses multiple datasets to show that there is a higher risk of infection and higher risk of death as a result of infection among BAME communities. While it suggests that the “relative risk” of dying for “Black and South Asian” groups is reduced “when taking into account socioeconomic and geographical factors,” it is silent as to why these communities are at greater risk of experiencing the “deprivation” that is “a good marker of many of these factors.” It is worth here reminding ourselves of the findings of Sir Michael Marmot’s 2020 review of health inequalities over the past 10 years. Marmot’s review noted the toll of austerity, from “…a rise in homelessness, to people with insufficient money to lead a healthy life and resorting to foodbanks in large numbers, to ignored communities with poor conditions and little reason for hope. And these outcomes, on the whole, are even worse for minority ethnic population groups…”

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#sante#systemesante#inegalite#minorite#diaspora#race#BAME

  • Les femmes biélorusses, fer de lance de la contestation anti-Loukachenko en #France

    « Je croyais être la seule Biélorusse en France. » L’ironie revient à chaque entretien réalisé avec les manifestantes biélorusses à Paris, Lyon et Grenoble… La diaspora biélorusse en France, qui compte environ 4 500 personnes, a pris conscience de son existence avec la répression des manifestations en Biélorussie, réclamant la tenue d’élections démocratiques, transparentes et régulières. Particulièrement les femmes biélorusses, aux premières loges de la contestation anti-Loukachenko.

    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/les-femmes-bielorusses-fer-de-lance-de-la-contestation-anti-loukachenko-en

    #portfolio d’@albertocampiphoto (@wereport)

    #Biélorussie #diaspora #résistance #portraits #photographie

  • Une centaine de passagers bloqués à l’Aibd : Ils refusent de payer les tests Covid à 40.000 CFA
    https://www.seneweb.com/news/Societe/une-centaine-de-passagers-bloques-a-l-ai_n_329625.html

    Encore les tests Covid que rechignent à passer les voyageurs au départ du Sénégal ou à l’arrivée. Selon des informations de Seneweb, une centaine de passagers sont présentement bloqués à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass. Ils refusent de se soumettre aux tests Covid-19 d’un coût de 40.000 FCfa le test.En effet, en plus des billets d’avion qui leur ont couté 1500 euros, une famille sénégalaise qui est retournée en Espagne, a vivement dénoncé, hier, dans les colonnes de EnQuête, les tests Covid imposés à l’aéroport Blaise Diagne à tout voyageur qui souhaite quitter le Sénégal. La famille qui a refusé de s’exécuter, a finalement dû payer, au niveau de l’aéroport, 180 euros, à raison de 60 euros (40.000 francs Cfa) par test. « Ce n’est ni plus ni moins une arnaque », s’insurge ladite famille qui affirme n’avoir « jamais reçu les résultats desdits tests. C’est quoi si ce n’est de l’arnaque ? Et cela ne repose sur rien. Ce n’est ni la loi ni le décret », fulmine le père de famille dans les colonnes du quotidien.
    Il faut rappeler que le Sénégal, qui exige des documents pour entrer dans son territoire, exige aussi un test Covid à ceux qui sont sur le départ, alors que les pays d’accueil n’en font pas une exigence. Mor Kane, député de la diaspora y voit une nouvelle forme de corruption sur le dos des voyageurs. « Pour moi, c’est une corruption qui ne dit pas son nom. Le 25 août, des collègues ont quitté le Sénégal pour l’Espagne via la compagnie Iberia. On leur a fait payer 50 euros chacun avant l’embarquement sans aucun reçu », dénonce-t-il.Ce matin encore, la problématique des tests Covid fait encore l’actualité à l’Aibd où la centaine de personnes citées qui a débarqué d’un vol en provenance de l’Italie, maintient le bras de fer d’autant que les tests sont requis à l’entrée comme à la sortie du territoire sénégalais, là où nombre de pays de destination, au départ de Dakar, n’en font aucune exigence. Les émigrés en appellent aux autorités sénégalaises pour l’arrêt de ces tests qui disent-ils, ont fini de les dépouiller sur le plan financier.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#diaspora#test#sante#italie#espagne#aeroport#depistage

  • L’île grecque de Kastellorizo, en première ligne face aux menaces de la Turquie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/14/kastellorizo-l-ile-qui-ne-s-en-faisait-pas-trop_6052061_3210.html

    Plutôt que la fuite des touristes grecs et européens à la suite du « bang » aérien de juillet, c’est plutôt l’absence des touristes turcs ou de pays lointains, due à l’épidémie de Covid-19, qui inquiète Megisti. D’une part, les frontières étant fermées avec la rive d’en face, les visiteurs turcs de Kas, qui avaient deux navettes quotidiennes avec l’île, sont absents depuis mars, et les îliens, qui ne produisent rien hors de la pêche, doivent aller très loin en ferry, jusqu’à Rhodes, pour acheter ce dont ils ont besoin. D’autre part, les « Kassies », comme s’est surnommée la diaspora kastellorizienne d’Australie, qui prennent traditionnellement leurs quartiers d’été à partir de juin dans le village de leurs ancêtres, sont cette année confinés dans le Pacifique. A Megisti, le chiffre d’affaires saisonnier est en baisse d’environ 70 %.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#turquie#australie#diaspora#sante#economie#politique#confinement#tourisme

  • Covid-19 has exposed the reality of Britain: poverty, insecurity and inequality | Richard Horton | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/sep/08/covid-19-britain-poverty-insecurity-inequality-fairer-society
    https://i.guim.co.uk/img/media/a811224c27b705b5ec7d7d5b75addb8c10ef3054/0_317_6048_3629/master/6048.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    he writer Elif Shafak, in her recently published essay How to Stay Sane in an Age of Division, recalls seeing signs in public parks during the pandemic asking: “When all this is over, how do you want the world to be different?” She points out that we are suffering from a widespread disillusionment about our bewildering predicament, and describes how people are feeling anxious and angry. She argues that alienation and exclusion are breeding mistrust, that communication between people and politicians is broken, and that despite the crisis we face we are nowhere near being able to answer a question about how we want the world to be.
    How do we begin to answer that question? First, we must understand the true nature of the crisis that confronts us. Our nation suffers from a political disease of historic proportions. The bonds that once held communities together are fraying. The confidence we once felt that generations after our own would have greater opportunities has ebbed away. And the beliefs we once embraced about the inherent strength and resilience of our national institutions and welfare state have been exposed as mere illusions. The coronavirus pandemic has exposed the reality of contemporary Britain: the country is defined by poverty, insecurity and inequality.
    To solve this crisis, we must begin by hearing the stories and listening to the experiences of those who have borne the brunt of Covid-19, especially the families who have suffered grievous losses and those who fell ill on the frontlines of the response. Illness and death have been concentrated among the elderly, those living with chronic disease, people from black, Asian and minority ethnic communities, and those who have been working in frontline public services, from health and social care to transport, food production and distribution.
    The closure of schools has placed a particular burden on children and young people. And a shadow pandemic has harmed women and children, who have suffered rising levels of violence and domestic abuse at home. A more equal society is a safer, kinder and more prosperous society. Specific policies to meet the urgent needs of these groups can lay the foundations for economic recovery and build resilience to future crises. We must demand parental support to improve prospects for child development and policies to advance adolescent physical and mental health. We should have stronger assistance and legal protections for women and children at risk of domestic violence and abuse. And we need more interventionist disease prevention and health promotion campaigns across people’s lifetimes, prioritising cancer prevention, heart disease and severe lung disease – and recognising the role that poverty and insecurity play in determining ill health

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#sante#minorite#inegalite#vulnerablite#diaspora#pauvrete#insecurite#santementale

  • Covid-19 death rate among African Americans and Latinos rising sharply | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/sep/08/covid-19-death-rate-african-americans-and-latinos-rising-sharply
    https://i.guim.co.uk/img/media/c88b9398ca57aa1814aa95fe9314e886204fccb2/0_98_5040_3024/master/5040.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The death rate in the US from Covid-19 among African Americans and Latinos is rising sharply, exacerbating the already staggering racial divide in the impact of the pandemic which has particularly devastated communities of color.New figures compiled by the Color of Coronavirus project shared with the Guardian show that both total numbers of deaths and per capita death rates have increased dramatically in August for black and brown Americans. Though fatalities have also increased for white Americans, the impact on this group has been notably less severe.
    The latest figures record that in the two weeks from 4 to 18 August the death rate of African Americans shot up from 80 to 88 per 100,000 population – an increase of 8 per 100,000. By contrast the white population suffered half that increase, from 36 to 40 per 100,000, an increase of 4 per 100,000. For Latino Americans the increase was even more stark, rising from 46 to 54 per 100,000 – an increase of 9 per 100,000.The new batch of statistics is a cause for concern on a number of levels. The death rate for all racial and ethnic groups had been falling through the summer but after the virus began surging through the south and midwest in July it produced a time-lagged spike in deaths in August that has driven the human suffering back up to previous grim heights.
    “We are seeing more deaths among African Americans and Latinos than at any time this summer. So as we go into the fall, with schools and colleges reopening and other new avenues for exposure, it portends a very frightening future,” said Andi Egbert, senior researcher with APM Research Lab, the non-partisan research arm of American Public Media that compiles the data.On 18 August, the latest date on which the researchers have crunched the numbers, almost 36,000 African Americans had died from Covid-19. The new uptick means that 1 in 1,125 black Americans have died from the disease, compared with 1 in 2,450 white Americans – half the rate.
    That striking disparity underlines a major failing at the heart of the US response to Covid. It has been known now for several months that the virus is extracting an especially punishing toll among communities of color, yet federal and state governments have not taken steps effectively to ameliorate the disaster. “It’s not breaking news that black and Latino communities are suffering and dying from Covid-19 in much higher rates than white Americans. But as the months drag on we see the death rates continuing to be much higher and even accelerating for vulnerable groups,” Egbert said.

    #covid-19#migrant#migration#etatsunis#minorite#inegalité#mortalite#morbidite#sante#diaspora#vulnerabilite#communaute

  • Coronavirus exposes hidden struggles of poor Indonesian-Chinese families | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/week-asia/people/article/3099986/coronavirus-exposes-hidden-struggles-poor-indonesian-chinese

    As the coronavirus ravages Indonesia– which has recorded some 194,100 cases and Southeast Asia’s highest death toll of more than 8,000 – Lie’s monthly income has taken a hit, making it harder to reach the 4.5 million rupiah (US$300) needed to cover rent, food, necessities and school fees.
    The struggling family also often endured stares from people, Lie said, because of a perception in the country that ethnic Chinese tended to be wealthy. Lie, whose children are 10, six and a year old, said it felt as if her family’s circumstances were “embarrassing the Chinese” in Indonesia. Others have judged her as being “crazy” for travelling with her husband, children and goods all on one motorbike.“In my heart, I think: ‘God, I do not want to be like this either’,” Lie said.The street vendor is not alone in feeling pressure from the wider society in Indonesia, which links ethnic Chinese with the upper class, a bias the government has long endorsed, according to one analyst.Since the coronavirus hit, various associations have been reaching out to support some struggling families across the country, a move that has thrown light on the diversity of backgrounds within the ethnic Chinese community. Indonesian-Chinese are thought to make up less than 2 per cent of the 270-million population, but control many conglomerates and a large portion of wealth, leading to a widespread belief that they are rich, or middle class, and live mainly in the urban provinces

    #Covid-19#migrant#migration#indonesie#chine#sante#inegalite#minorite#famille#diaspora#economie

  • En Tunisie, l’étrange été de la diaspora
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/04/en-tunisie-l-etrange-ete-de-la-diaspora_6050973_3212.html

    A cause de l’épidémie mondiale de coronavirus, Ali, psychologue à Bourg-en-Bresse (Ain), a cru qu’il n’allait pas revoir de sitôt sa terre natale, ses parents et ses huit frères et sœurs. Finalement, le gouvernement tunisien a ouvert les frontières le 27 juin, après plus de deux mois de confinement. Quand Ali s’est envolé pour Chenini en juillet, la France était classée zone verte et aucune mesure sanitaire ne lui a été imposée à son arrivée sur le territoire tunisien. Ce qui était une aubaine s’est finalement révélé un problème. Pour la première fois de sa vie, lui, « l’immigré », a eu la sensation d’être perçu comme un « étranger » dans son pays d’origine.
    De Tunis à Djerba et sur les réseaux sociaux, des Tunisiens ont exprimé leur crainte de voir les touristes et la diaspora apporter avec eux « le corona » et contaminer une partie de la population qui, jusque-là, a plutôt été épargnée par le virus. Fin juin, ce pays de 12 millions d’habitants recensait officiellement 1 172 personnes contaminées et 50 décès. Des chiffres bien moins alarmants que ceux de la France (près de 30 000 décès à la même période) et qui ont alimenté l’idée que « l’immigré est porteur du virus », comme le souligne Ali Abed

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#virus#sante#stigmatisation#diaspora#etranger

  • Le Triangle et l’Hexagone - #Maboula_SOUMAHORO - Éditions La Découverte
    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_Triangle_et_l_Hexagone-9782348041952.html

    Le Triangle et l’Hexagone est un ouvrage hybride : le récit autobiographique d’une chercheuse. Au gré de multiples va-et-vient, l’autrice converse avec la grande et les petites histoires, mais également avec la tradition intellectuelle, artistique et politique de la #diaspora_noire/africaine. Quels sens et significations donner au corps, à l’histoire, aux arts, à la politique ?
    À travers une écriture lumineuse, Maboula Soumahoro pose son regard sur sa vie, ses pérégrinations transatlantiques entre la Côte d’Ivoire des origines, la France et les États-Unis, et ses expériences les plus révélatrices afin de réfléchir à son identité de femme noire en ce début de XXIe siècle. Ce parcours, quelque peu atypique, se déploie également dans la narration d’une transfuge de classe, le récit d’une ascension sociale juchée d’embûches et d’obstacles à surmonter au sein de l’université.

    Cette expérience individuelle fait écho à l’expérience collective, en mettant en lumière la banalité du racisme aujourd’hui en France, dans les domaines personnel, professionnel, intellectuel et médiatique. La violence surgit à chaque étape. Elle est parfois explicite. D’autres fois, elle se fait plus insidieuse. Alors, comment la dire ? Comment se dire ?

  • Madagascar : quand la diaspora fait les courses pour les familles fragilisées par le coronavirus
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/20/madagascar-quand-la-diaspora-fait-les-courses-pour-les-familles-fragilisees-

    Avec l’épidémie, les commandes de produits de première nécessité via Internet ont explosé sous l’influence des expatriés soucieux de venir en aide à leurs proches.

    #Covid-19#migrant#migration#madagascar#diaspora#sante#aidealimentaire

  • Senegal: Myth-busting Vital to Tackle Pandemic as Misinformation Grows | by IOM - UN Migration | Jul, 2020 | Medium
    https://medium.com/@UNmigration/senegal-myth-busting-vital-to-tackle-pandemic-as-misinformation-grows-67e250

    Since the beginning of the pandemic, access to reliable information on COVID-19 has proven to be a challenge as harmful and unfounded rumors about the virus started to spread fast through social media. This global issue has precipitated a rise in xenophobic attacks and hate speech against certain groups of people, particularly migrants. In Senegal, returned migrants have taken it upon themselves to fight unproven remedies and harmful misinformation by taking photos of themselves communicating positive or preventative actions.This spontaneous campaign refutes unfounded rumors such as “heat will kill the virus”, “black people are immune to the virus” or “garlic can be a cure” which are spread mainly by word-of-mouth. These Volunteers also share necessary measures people can take like wearing masks to protect themselves and their communities.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#retour#information#prevention#rumeur#sante#diaspora#communaute

  • « J’irai l’année prochaine » : les impossibles vacances « au pays » de la diaspora africaine de France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/24/en-france-la-dechirure-de-la-diaspora-africaine-de-ne-pas-partir-en-vacances

    ’Lactuelle crise sanitaire mondiale a obligé une partie de la diaspora africaine installée en France à renoncer, la mort dans l’âme, à passer ses habituelles vacances d’été « au pays ». Même si certains territoires tels que le Sénégal ou le Maroc commencent à ouvrir leurs frontières − généralement aux seuls ressortissants ou aux étrangers titulaires d’un titre de séjour −, cette diaspora raconte sa profonde « déchirure » de ne pas fouler à nouveau la terre natale tout en exprimant, également, quelques « peurs ». « Ce virus nous a empêchés de nous organiser pour cet été. Moi, je n’ai pas d’argent pour acheter un billet à 2 000 euros à la dernière minute. Je ne peux pas, lance-t-elle. Et, une fois là-bas, je ne suis pas sûre qu’on respecte les gestes barrières. » Le Cameroun a officiellement recensé plus de 16 500 personnes contaminées et plus de 380 décès. « J’irai l’année prochaine, s’il n’y a pas un autre malheur », promet-elle. C’est exactement ce que se dit Saïd qui ne reverra pas, cet été encore, les montagnes algériennes de Kabylie. (..) « Tout était prévu, mais c’est la pagaille en Algérie. A la place, on ira peut-être au Danemark en camping-car », confie-t-il « dégoûté ». En effet, les frontières terrestres, maritimes et aériennes de l’Algérie sont fermées et elles vont le rester jusqu’à la fin de la pandémie de Covid-19 ou plus précisément « jusqu’à ce que Dieu nous libère de ce fléau », a annoncé le chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, le 28 juin. En France, ces annonces ont été très mal vécues par une partie de la diaspora algérienne, alors même que l’Union européenne (UE) a annoncé, le 30 juin, la réouverture de ses frontières aériennes avec le pays. Mais l’Algérie fait face depuis le début du mois de juillet à une flambée de contamination : le nombre officiel dépasse les 500 cas par jour, contre 250 fin juin. Un chiffre sous-estimé, selon les médecins, qui multiplient les appels de détresse sur les réseaux sociaux, s’alarmant d’une situation catastrophique dans plusieurs hôpitaux.

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#ue#diaspora#retour#frontière#sante#crisesanitaire#mesurebarrière

  • L’exception comorienne dans les transferts d’argent pendant la crise du coronavirus - Afrique économie
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200710-l-exception-comorienne-les-transferts-d-argent-pendant-la-cries-coronav

    La Fondation Air Darassa, qui aide les plus démunis tout au long de l’année grâce à des dons de la diaspora, a eu fort à faire durant cette crise de Covid-19. Et il a aussi fallu ruser pour accéder aux guichets, confirme Halilou Ben Ahmed, l’un de ses membres. « On reçoit tout par transferts. Mais là pendant ce coronavirus, il fallait y aller à 7h du matin pour espérer en sortir à 14h ou avoir un ami qui prenne un ticket pour toi. Nos transferts pendant le coronavirus ont augmenté. Au cœur de la crise, on a vraiment reçu de l’argent. On a pu aller dans les villes et villages aider les gens, surtout en priorité ceux qui n’arrivaient pas à se nourrir au quotidien. On leur a livré du riz ou donné de l’argent », soutient Halilou Ben Ahmed.

    #Covid-19#migrant#migration#comores#diaspora#transfert#sante#alimentation

  • La diaspora du Maghreb envisage l’Aïd sans retrouvailles familiales
    https://www.voaafrique.com/a/la-diaspora-du-maghreb-envisage-un-a%C3%AFd-sans-retrouvailles-familiales/5508576.html

    « Aucun laboratoire n’accepte de me faire passer le test si je n’ai pas de fièvre ! », il faut « aller dans un labo privé mais aucun n’accepte de me livrer les résultats dans les 48 heures », peste sur Facebook une Marocaine résidant aux Etats-Unis. En Tunisie, la quarantaine obligatoire de 14 jours a été levée à la mi-juin, et les frontières ont rouvert le 27 juin. Les voyageurs venant de pays classés vert, comme la France et l’Italie, ne sont soumis à aucune restriction.Mais les dessertes maritimes ont été perturbées par des cas de Covid-19 parmi les équipages. Et la crainte d’être pris au piège d’une seconde vague, qui ferait fermer les frontières, dissuade certains.
    Sur les réseaux sociaux, les débats sont houleux : partir, au risque de contaminer des proches, ou pas

    #Covid-19#migrant#migration#diaspora#maroc#tunisie#maghreb#sante#religion

  • Eritrean refugees fight Afwerki’s regime

    Exiles from the northeast African country are using social media and TV satellites as weapons to resist the brutal government of Isaias Afwerki.

    “It doesn’t make sense for me to come to Malta and complain about Maltese society,” said Major Sium, a 35-year-old Eritrean asylum seeker. “I want to complain about my government. I want to talk about the regime that caused my displacement.”

    Sium sat at a restaurant in the town of Msida in Malta along with two other Eritrean asylum seekers. They were here to speak about their experiences in the small island nation. But they quickly changed the topic, retracing a haunting picture of their lives back in Eritrea – often referred to as the “North Korea of Africa” – shaped by indefinite and compulsory national conscription and wide-scale human rights abuses.

    “We are here because of an unelected regime that is steering the whole nation into becoming refugees or submissive subjects,” Sium says. Several buzzing fans propped on the walls spew hot and humid air over the table.

    “This is a government that rules the nation by fear. It enslaves and arrests its citizens and doesn’t have any regard for the values of human rights. As long as these issues that forced us to flee continue, we can never think about going back to Eritrea.”

    But Sium is not sitting idle. He has decided to do something about it.

    Like thousands of other Eritreans in exile or from the diaspora, Sium has joined a growing social movement aimed at toppling President Isaias Afwerki’s regime in Eritrea through social media campaigns that highlight the brutal and oppressive practices of his government, while encouraging other Eritreans to speak out.

    “I don’t live there anymore so they can’t hurt me,” Sium said. “They will instead target my family and they will try and hurt them to punish me. Of course, I am scared. But how much longer can we possibly go on living in fear?”

    Oppressive regime

    After fleeing into neighbouring Sudan, it took Sium 11 days to travel from Khartoum to Tripoli in Libya, where he boarded a wooden fishing boat in July 2013, along with hundreds of other migrants from North Africa and the Middle East, and took the perilous journey across the Mediterranean, where thousands have lost their lives over the years attempting to reach Europe.

    “We were all terrified,” Sium said. “We were in the boat for three days. The boat was so overcrowded. There was no space to move. People were getting sick and shouting. All you could see was endless blue sea on all sides of you. It was horrible.”

    After two days, the engine permanently broke down and the boat stopped moving. “People started going crazy. They began jumping into the sea because the heat was too unbearable,” Sium recounted. “People were panicking and praying. Some of the passengers began confessing their sins. It felt like judgement day.”

    Someone had a mobile phone and called an Eritrean priest living in Italy, who then alerted authorities. It took about 14 hours before the Italian and Maltese coast guards arrived to rescue the refugees and migrants. Sium was taken to Malta, where he was given subsidiary protection status – a temporary status that does not provide a path to permanent residency or citizenship.

    Sium never aspired to travel to Europe. “The only thought in my mind was getting out of the country and finding a place where I could have safety and liberty,” he said. Sium was a teacher in Eritrea’s national service and had always dreamed of fleeing the country. But it wasn’t until he was imprisoned for a year – accused of assisting a fellow teacher to flee – that he realised he no longer had a choice.

    Since 2001, Eritreans have lived under what Laetitia Bader, a senior Africa researcher at Human Rights Watch (HRW), says is “probably the most oppressive regime in Sub-Saharan Africa”. Eritrea gained independence from Ethiopia in 1993. The countries fought a bloody war from 1998 until 2000. For the past two decades, tensions have continued between the countries.

    Hostilities with Ethiopia provided Afwerki an impetus to create a system of repression and authoritarianism that has continued today, in which independent media is banned, criticisms are prohibited and scores of political prisoners face appalling conditions and torture – oftentimes held incommunicado, according to rights groups.

    The core of this system of control is the country’s compulsory and indefinite national conscription, which allows the government to “hold a large proportion of the adult population hostage”, Bader said.

    In their final year of secondary school, both male and female students are sent for basic military training at the Sawa military academy, where rights groups have documented systematic abuse, torture, degrading punishments and harsh working conditions.

    Following the basic training, “they are sent either into the military for the rest of their working lives or into civilian service – and they have no control over or say in their deployment or assignments they get. They are often sent far away from home with little pay,” Bader said.

    Eritreans in national service need government permission to so much as visit the home of their families. This permission is rarely granted, according to Bader. If an Eritrean is lucky enough to obtain permission to travel to another area of the country, they are issued a permit that details their national service status and exactly where they’re allowed to go.

    Checkpoints set up in between towns and cities in Eritrea ensure that no one is moving without government permission. According to HRW, 15% of the population has fled the country in the past two decades – and hundreds continue to flee each month.

    Sium wanted nothing more than to forget about Eritrea. “I always thought politics were pointless,” he said. “In Eritrea no one is speaking out. The best thing you can do is save yourself by escaping and living the rest of your life as a refugee until you die.”

    “What’s the point of speaking about a story that I left behind? It would be better for me to focus on where I am now and what I want to do now,” he added.

    Sium, along with 30-year-old Mazelo Gebrezgabhier, another Eritrean asylum seeker, had high hopes of being resettled in the United States. But after US President Donald Trump took office and froze the country’s refugee resettlement programme, their dreams of obtaining a normal life were shattered.

    “I’ve just been living and waiting for my turn to be settled in another country. I was told I was going to be resettled in America,” Sium said. “But after Trump got elected, it all suddenly vanished.

    “So we decided we needed to do something to change the situation back in our country. No matter how far you flee, it’s never the end. We decided we should start organising the refugees here to start speaking out.”

    Various nonprofits, civil society organisations and groups have emerged in the diaspora over the years to raise awareness and speak out against Afwerki’s human rights abuses. Last year, all the various organisations, individuals and groups active in the movement united under one hashtag: #yiakl or “Enough!” in Tigrinya, a language widely spoken in Eritrea.

    “We decided to create an umbrella movement that unites everyone,” Semhar Ghebreslassie, a prominent activist in the movement, explained. “Regardless of your politics or your ideologies, as long as you oppose the regime and want changes in our country then you are part of the movement.”

    Social media campaigns have involved Eritreans posting videos on social media of themselves reading the Universal Declaration of Human Rights (UDHR) in Tigrinya. In the #yiakl movement, Eritrean activists are identifying themselves, speaking out against the regime and then encouraging others to do the same.

    “I chose to use my real name because I want other people to come out from hiding and use their real names,” Sium said. “I want my people to know that we shouldn’t be scared to be doing what is right for our country.”

    “All of us, including me, have been really scared to use our real names when criticising the regime. But we need personal liberation. We have to stand up and think for ourselves. We need to stop thinking that the regime is following and watching us wherever we go.”

    He added: “The more we come together, the weaker the regime will be. This is how we are going to defeat it. We need to identify ourselves and be courageous if we want to change our country.”

    Sium and Gebrezgabhier are now organising the Eritrean asylum seeking community in Malta to also join the movement.

    “We realised that becoming refugees ourselves would not stop the problem of people becoming refugees,” Sium said. “The only reason that more than a million Eritreans have ended up as refugees in foreign lands is because of our silence.”

    In the blood

    Ghebreslassie fled Eritrea with just the clothes on her back. She embarked on the journey on 17 December 2014 – the day of her 28th birthday.

    Ghebreslassie, now 32, and a 17-year-old boy were led by a local smuggler across fields of maize and sorghum. They walked nonstop for two days and three nights, hiding behind bushes and mountains to avoid detection by armed Eritrean soldiers at the border, until they arrived in the first town in Sudan.

    “I’m not usually a girl who is scared of anything,” Ghebreslassie said. “There is a shoot-to-kill policy at the Eritrean border for those who flee. I kept thinking I was going to die on the same day that I was born. I was feeling amazed at the coincidence of that. You’re thinking of surviving and dying at the same time.”

    Her voice begins to crack as she fights back tears. “I kept thinking about my family. I was scared that if they caught me they would take my family to … prison.”

    Ghebreslassie stayed in Khartoum for about a year before a smuggler fixed her visa to France, allowing her to reunite with her siblings in Sweden, where she was eventually granted refugee status.

    Ghebreslassie was active against the regime even while she was in hiding for two and a half years in the Eritrean capital city of Asmara, after fleeing her teacher post in the national service. Eritrea is widely considered to be the least technologically connected and the most censored country on Earth.

    Only 1.3% of the population in Eritrea has access to the internet. In Asmara, there are only a few internet cafes, all of which are monitored by security agents. Eritreans are usually too fearful to read or open an opposition website because it could lead to interrogations or arrests.

    But Ghebreslassie was one of the few Eritreans willing to risk it.

    She got a job at an internet cafe in Asmara for a few months and stumbled upon the various groups abroad that were speaking out against Afwerki’s regime on social media. She became an informant for two opposition media outlets based in the United States and France and shared first-hand information on the happenings inside the country.

    But Eritrean soldiers often carry out “roundups”, where they search for national service deserters. “When you’re hiding, you can’t move from city to city because of the checkpoints. But even in the city, they sometimes come inside people’s homes, but mostly they stop people on the streets to check to see if they have a permit to travel,” Ghebreslassie explained.

    At times Ghebreslassie was not able to leave her home for days; other times she was forced to sleep at work in fear she would be caught in the roundups. Eventually, she decided to flee the country entirely.

    The farther she got from Eritrea, the louder Ghebreslassie’s voice became. In Khartoum, she regularly met with other Eritrean activists who had fled and when she arrived in Sweden, she quickly became an outspoken and prominent member of the movement on social media.

    “Once I left Eritrean soil, I couldn’t stop speaking out. It feels like it’s in my blood. The first time I was able to access wifi was in Sweden, and then I became very involved in politics.”

    Ghebreslassie has since helped organise scores of social media campaigns and protests against Afwerki’s regime, including the historic 2016 demonstration in Geneva in which thousands of Eritreans from the diaspora rallied in support of a UN commission report that accused the regime of committing “crimes against humanity” and “enslaving” up to 400 000 people.
    Afraid of their own shadows

    According to the Eritrean activists, the biggest obstacle for the movement is overcoming the fear that has followed them from Eritrea. “There is still a lot of mistrust among us,” Sium said. “There are still [pro-regime] informants among us. We are scared to speak out against Afwerki to anyone. This fear has followed us to Malta.”

    Amnesty International released a report last year detailing the harassment by the Eritrean government and its supporters against Eritrean activists in the diaspora, which included activists being assaulted, harassed and threatened.

    Ghebreslassie herself has been barraged with death threats since becoming a visible and vocal member of the movement. “They tell me to stop or else they will find me and kill me,” she said.

    Bader concurred, saying that “the government definitely has a long arm and it has different ways of maintaining control and monitoring individuals outside the country”. There have also been concerns of Eritrean translators and interpreters in the European asylum systems being security agents and government collaborators.

    Activists also face serious risks of their family members being targeted back in Eritrea, Bader said. But, according to Ghebreslassie, the more activists come out from hiding, using their real names and identities, the more others are encouraged to do the same.

    “The fear is overwhelming,” Ghebreslassie said. “People are afraid of their own shadows. It’s very difficult for us to convince people to come out and speak out. But I tell people that if there are only a few people speaking out, then of course the regime will target our families. But if there are many of us, how will the regime hurt all of our families?”

    Gebrezgabhier said: “I am very worried about my family. But the fear doesn’t matter anymore. The regime is making all of us into refugees. We can’t tolerate living in fear anymore.”

    According to 23-year-old Vannessa Tsehaye, the founder of the rights organisation One Day Seyoum – named after her uncle who has been imprisoned in Eritrea since 2001 – a major turning point for the movement was the 2018 peace deal between Ethiopian Prime Minister Abiy Ahmed and Afwerki. For 20 years, Eritreans were told that these restrictive measures on the population were necessary to ensure the country’s national security amid tensions with Ethiopia.

    But although telephone lines and flights between the two countries were restored and the border temporarily opened for a few months – before gradually being sealed again – nothing changed for the people of Eritrea. The number of Eritreans participating in the movement began to surge.

    According to activists, even dedicated regime supporters have begun changing teams, enraged by what they see as a two-decade-long lie by Afwerki to justify keeping hundreds of thousands of Eritreans in bondage.

    Ghebreslassie said that even a regime supporter who assaulted her in 2017 during a confrontation in Sweden has since apologised and joined the opposition movement following the peace deal.

    Last year, Ahmed received the Nobel Peace Prize for his role in the deal – to the disdain of Eritrean activists. Tsehaye, who spoke out against the Eritrean regime at the United Nations Human Rights Council (UNHRC) last year, said that awarding Ahmed the prize showed “huge disrespect to the people of Eritrea”.

    “All it has done is legitimise an extremely brutal regime on the international stage,” she said, pointing out that following the peace deal the UN lifted an arms embargo in place since 2009 on Eritrea and the UN General Assembly elected Eritrea to be one of the 47 member states of the HCR.

    https://www.youtube.com/watch?v=-_g9RysC5no&feature=emb_logo

    Whispers of resistance

    If fear is a defining hurdle for the activists in the diaspora, it takes the form of a straitjacket for those still living inside the country.

    Bader said that there is “definitely no open criticism or public or civil organisations” inside Eritrea. Besides almost “unheard of” protests in 2017 when the Eritrean government attempted to nationalise the Islamic school system in Asmara, “you don’t have public protests”, Bader said, and public gatherings of more than three people are completely banned.

    Anyone who publicly criticises the government is arrested and held in indefinite incommunicado detention without charge or trial, according to rights groups. Therefore, the movement is not only aimed at encouraging those in exile to speak out, but also those back in the belly of the beast.

    “We want to break the fear of our people back in our country,” Ghebreslassie said. “There’s so much fear. If you speak up you either get imprisoned or killed. But this has been going on for too long. If we don’t sacrifice anything we won’t gain anything. So we’re trying to break through the fear across the nation.”

    However, the limited access to the internet in Eritrea, along with the government’s strict censorship, makes the use of social media less effective at galvanising those still inside the country.

    Consequently, Eritrean activists in exile, part of the #yiakl movement, did something extraordinary: they established ERISAT (“Justice”), an opposition station that broadcasts into homes in Eritrea. It’s the first opposition satellite that has made a breakthrough into Eritrean airspace. Assenna Satellite TV, another opposition satellite TV station, followed suit.

    According to Ghebreslassie, the TV programmes are meant to communicate the campaigns and activities of the Eritrean activists in the diaspora and bring those still in the country into the discussions and debates.

    “But it’s not just about broadcasting our activities,” Ghebreslassie explained. “We also send personalised messages to our people in our country, like the police and army forces, and try to convince them to stand by their people and against the regime.”

    Afwerki’s government, seemingly in panic, has attempted to jam the channels’ airwaves.

    According to Ghebreslassie, subtle whispers of resistance are starting to be heard from Eritrea. Small groups of university students have organised themselves and distributed pamphlets that echo the sentiments of the #yiakl movement. Graffiti has appeared on the streets of Asmara that calls for an end to national conscription.

    “It’s small groups doing small things,” Ghebreslassie said. “But it doesn’t even sound real to me. This is a huge step for Eritrea.” Ghebreslassie believes this is a direct result of the movement’s satellite TV channels.

    Analysts have also pointed out that Afwerki seems to be increasingly concerned about the possibility of protests. Last year, he shut down health centres run by the Catholic Church, reportedly owing to the bishops criticising him, and carried out waves of random arrests.

    He also blocked social media sites in the country and closed internet cafes following the revolution in neighbouring Sudan. Analysts believe Afwerki is fearful that the revolutionary ideologies of the Sudanese could spread to Eritrea.

    Despite the long road ahead, the Eritrean activists are not giving up.

    “I’m not doing this just for my people,” Ghebreslassie said. “I’m doing this for myself. I was not supposed to be living here in Sweden. This is not my home. I’m supposed to be living in my own country and doing the jobs that I choose and eating the foods that I like.

    “We were robbed of so many of our rights,” she continued. “I still feel it inside. I feel like half of my life was stolen by the regime. I’m fighting to reclaim my rights from the regime and for all of those who have died by its hands and who can never be brought back to life and for those who are rotting in prison.”

    Her voice cracks again. She takes a deep breath and tries to steady it.

    “I’m doing this for my country because I love my country so much. All of us do. We want to change our country so that we can finally go home and live normal lives.”

    https://www.newframe.com/long-read-eritrean-refugees-fight-afwerkis-regime
    #Erythrée #Afwerki #diaspora #résistance #réfugiés #réfugiés_érythréens #lutte

    ping @isskein @karine4

  • Coronavirus : les immigrés deux fois plus atteints que les personnes nées en France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/07/07/coronavirus-les-immigres-deux-fois-plus-atteints-que-les-personnes-nees-en-f

    C’est la première fois que cette inégalité face au virus est mise en lumière en France alors que plusieurs pays ont révélé des situations similaires. Ainsi, en Suède, dès le mois d’avril, l’agence de santé publique du pays avait révélé que les résidents suédois nés en Somalie étaient surreprésentés parmi les personnes nécessitant des soins face au Covid-19 – suivis par ceux nés en Irak, en Syrie, en Finlande ou encore en Turquie.
    Des études similaires ont été publiées au Canada par la ville de Toronto, indiquant que les nouveaux immigrants étaient plus susceptibles d’être atteints par le virus et hospitalisés. De même, il est apparu qu’aux Etats-Unis, selon les données de plusieurs Etats, les Noirs sont trois à quatre fois plus touchés par le virus, et au Royaume-Uni, selon l’Institute of fiscal studies, le nombre de décès dans la population noire et issue de minorités est bien plus élevé que parmi les Blancs.
    En France, l’Insee révèle que « la hausse [de la mortalité] a été plus forte pour les personnes nées en Afrique ou en Asie » : elle a atteint 54 % pour les personnes nées au Maghreb, 91 % pour les personnes originaires d’Asie et 114 % pour les personnes nées en Afrique (hors Maghreb). A l’inverse, la hausse des décès des personnes nées en Europe a été « proche de celle observée pour les personnes nées en France », évoque l’Insee.

    #covid-19#migrant#migration#sante#surmortalite#minorite#diaspora#immigration

    • Une hausse des décès deux fois plus forte pour les personnes nées à l’étranger que pour celles nées en France en mars-avril 2020 - Insee Focus - 198
      https://www.insee.fr/fr/statistiques/4627049

      Pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19, le nombre de décès a fortement augmenté en France, avec des différences marquées selon le pays de naissance des personnes décédées. Toutes causes confondues, les décès en mars et avril 2020 de personnes nées à l’étranger ont augmenté de 48 % par rapport à la même période en 2019, contre + 22 % pour les décès de personnes nées en France. La hausse a été la plus forte pour les personnes nées en Afrique (+ 54 % pour les décès de personnes nées au Maghreb, + 114 % pour celles nées dans un autre pays d’Afrique) ou en Asie (+ 91 %).

      Le pic des décès a été atteint fin mars-début avril, au même moment quel que soit le pays d’origine des personnes décédées.

      Pour toutes les origines, la hausse des décès a été plus forte pour les personnes âgées. Mais les décès ont aussi nettement augmenté avant 65 ans pour les personnes nées à l’étranger. En Île-de-France et dans le Grand Est, régions particulièrement touchées, la hausse des décès a été très marquée, aussi bien pour les personnes nées en France que pour celles nées à l’étranger.

  • En France, la diaspora algérienne attend avec impatience la réouverture des frontières
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/06/en-france-la-diaspora-algerienne-attend-avec-impatience-la-reouverture-des-f

    Mais il n’y a pas que les vacanciers qui attendent avec impatiente la réouverture des frontières. Pour les Algériens bloqués en France depuis la crise du coronavirus, la situation est parfois compliquée. Même si les autorités ont prolongé la validité des titres de séjour, certains se retrouvent en grande précarité, obligés de vivre dans des hôtels modestes ; les plus chanceux ont pu être hébergés par la famille. Le 22 juin, une centaine de personnes s’est même rassemblée devant l’ambassade d’Algérie à Paris, exigeant un « rapatriement ». « Désespoir, épuisement extrême, physique et psychologique, aggravés par une situation financière au plus bas, proche de la mendicité. Des personnes souffrant de maladies chroniques qui n’ont pas les moyens pour renouveler leurs médicaments, des mères qui n’arrivent plus à nourrir leurs enfants, etc. », a relaté le quotidien algérien El Watan.

    #Covid-19#migrant#migration#france#algerie#diaspora#retour#sante#santementale