• L’ONU s’inquiète des conditions de travail des ouvriers du clic
    https://www.blogdumoderateur.com/onu-conditions-travail-ouvriers-clic
    http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---dgreports/---dcomm/---publ/documents/publication/wcms_645337.pdf

    L’étude publiée par L’Organisation internationale du travail des Nations Unies est la première sur ce sujet qui est pourtant un phénomène de grande ampleur. Les plateformes Amazon Mechanical Turk, Crowdflower, Clicworker ou Prolific rassemblent entre 45 et 90 millions de travailleurs. Ces travailleurs invisibles ont des conditions de travail qui sont particulièrement inquiétantes d’après l’étude. Elle porte sur 3500 travailleurs, répartis sur 75 pays.

    #digital_labor


  • Dans les coulisses du plus grand dépotoir au monde de déchets numériques | Slate.fr via @rezo
    https://www.slate.fr/story/165767/travailleurs-horreur-quotidien-philipines-moderateurs-contenu-choquant-images-

    C’est à ces petites mains du web que rend hommage The Cleaners, le premier documentaire de Moritz Riesewieck et Hans Block. Le film nous plonge dans le quotidien des modératrices et modérateurs philippins dont certains témoignages ont de quoi glacer le sang : il y a, par exemple, cette employée devenue experte dans « l’art » de la décapitation, qui, à force de visionnages, sait reconnaître dès le premier coup d’œil si une tête a été tranchée à coup de machette ou au couteau de cuisine… Cette autre se décrit comme une « sniper » et compare le visionnage de milliers de vidéos à « un virus envahissant son cerveau ».

    À voir à la fin de l’été sur Arte donc :
    https://www.imdb.com/title/tt7689936/mediaviewer/rm68899584

    La suite : « Pendant deux ans, il a nettoyé Facebook »
    https://www.slate.fr/story/165866/decapitations-censure-confidentialite-moderateur-facebook

    Autopromo, ft. Sarah T. Roberts & @antoniocasilli il y a qq mois : « Les tâcherons du clic » (@mdiplo, décembre 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/156/HENNETON/58116

    Voir aussi : https://seenthis.net/messages/599738

    #modération #médias_sociaux #digital_labor #inégalités #capitalisme_numérique


  • Google a « fait travailler » gratuitement les visiteurs d’un musée, et c’est ce que l’on appelle du « digital labor »

    Début juillet, à Paris, le Grand Palais accueillait un événement monté en partenariat avec le ministère de la Culture et Google. À cette occasion, les visiteurs ont "mis la main à la pâte" gratuitement pour le géant de la tech.

    La manifestation gratuite s’intitulait Art#Connexion. Du 7 au 9 juillet, elle réunissait 15 expériences autour de l’intelligence artificielle (IA) et de l’art. Parmi elles, le dispositif #DrawToArt invitant les visiteurs à gribouiller un dessin afin que l’IA de Google identifie l’œuvre lui ressemblant le plus.

    Comment nous sommes-nous retrouvés à travailler gratuitement pour les géants de la tech, sans vraiment nous en rendre compte ? Alors que le fait de naviguer sur Internet nous semble la plupart du temps guidé par le plaisir et la découverte, il est important de rappeler que cette activité n’est en aucun cas rendue possible grâce à la générosité et l’ergonomie des plateformes en ligne. Au contraire, c’est bien grâce aux internautes et à leur utilisation d’Internet que les acteurs du numérique sont capables d’optimiser leurs services et de générer du profit.

    Cette forme d’exploitation peut sembler difficile à caractériser à partir du moment où elle ne ressemble pas à du travail conventionnel (comme celui qui peut vous mobiliser plusieurs heures par jour, concentré à réaliser des tâches précises pour lesquelles un employeur vous rémunère). Poster une photo sur Facebook, partager une pensée sur Twitter, jouer avec l’Autodraw de Google, cliquer sur un résultat de moteur de recherche ou même discuter sur Skype avec un cousin qui habite à l’autre bout du monde... Ces différentes actions sont plutôt associées à une libre gestion de son temps, et non à une mission qu’on nous aurait assignée.

    Pourtant, toutes produisent bien de la valeur à partir du moment où elles génèrent des métadonnées, et donc des métriques sur le comportement en ligne, exploitables par les « capitalistes du numérique » comme les appelle Antonio Casilli. Souvenez-vous de Captcha, ces petits tests d’identification que l’on retrouvait sur bon nombre de sites lors de l’inscription. En participant à ce petit exercice permettant aux sites de repérer les bots, les internautes travaillaient pour Google, qui cherchait dans le même temps à numériser sans frais des livres. C’est finalement exactement ce qui s’est à nouveau produit au Grand Palais, lorsque la firme de Mountain View a mobilisé des visiteurs en les laissant dessiner pour alimenter le machine learning et entraîner son intelligence artificielle.

    Avoir conscience de l’existence d’un digital labor est essentiel pour comprendre l’économie numérique de notre époque. Pour Antonio Casilli, c’est aussi un moyen de discuter ensemble de l’idée d’un revenu inconditionnel universel des internautes, qui pourrait éventuellement passer par le revenu de base inconditionnel tel qu’envisagé ces dernières années. Celui-ci serait une façon de récompenser les citoyens pour la nature collective de ce travail invisible, disséminé en un nombre incalculables de petits gestes qui font leur présence numérique quotidienne.

    #digital_labor #travail_immatériel #subjectivités_productives #intelligence_artificielle #GAFA #Google


  • Hackathons, une culture d’exploitation
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/hackathons-une-culture-dexploitation

    Les hackathons sont devenus un des rituels compétitifs préférés de l’industrie. Ces concours où de petites équipes de codeurs construisent des produits technologiques lors de sessions de code marathon, relèvent de la culture de la Silicon Valley, rappelle Erin Griffith pour Wired. Une culture qui s’est largement diffusée puisque toutes (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #Coopération #digital_labor #innovation


  • Vers une portabilité des données de réputation des travailleurs des #plateformes ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/vers-une-portabilite-des-donnees-de-reputation-des-travailleurs-des-pl

    Depuis plusieurs mois, certains syndicats européens ont décidé de se pencher sur la question des droits de travailleurs indépendants, notamment ceux de l’économie des plateformes, grandes pourvoyeuses de petits boulots et de #travail à la tâche. Des résolutions émergent localement dans différents pays d’Europe, à l’initiative de syndicats (par exemple, (...)

    #A_lire_ailleurs #Débats #confiance #digital_labor #données_personnelles #politiques_publiques

    • Avec (au moins) une surprise !…

      Valerio De Stefano (@valeriodeste), professeur en droit du travail à l’université KU Leuven, rappelait que contrairement à ce que l’on croit, la vie de nombreux travailleurs dépendent de cette économie de petits boulots, qu’elle ne fournit pas seulement un revenu complémentaire, mais un revenu de subsistance et qu’elle doit donc être régulée. Il suggérait notamment que, pour donner plus de pouvoir aux travailleurs des plateformes sur les termes de leur emploi, il faudrait leur donner le contrôle de leur notation, notation qu’ils ont souvent mis des années à construire. « La notation peut bloquer un travailleur sur une plateforme. Elle doit être portable. C’est la plus grande source de capital pour les travailleurs dans l’économie des plateformes. Si les travailleurs veulent aller de plateforme en plateforme, ils doivent être en mesure d’utiliser ailleurs les notes qu’ils ont obtenues. »

      … et des positions variées suivant les professions.


  • Amazon : l’idée d’un bracelet électronique pour ses salariés provoque un tollé
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_amazon-l-idee-d-un-bracelet-electronique-pour-ses-salaries-provoque-un-t

    Amazon a breveté un système électronique lui permettant, via un bracelet, de détecter les mouvements des mains de ses salariés dans ses entrepôts pour suivre leur travail, une idée qui suscite un tollé en Italie.

    Ce système de « traçage (...) des mouvements des mains d’un employé (...) pourrait être utilisé pour surveiller la réalisation de tâches assignées » comme l’inventaire et la préparation des commandes, expliquent les documents officiels relatifs à ce brevet, disponibles sur internet et révélés par le site spécialisé Geekwire.

    L’appareil est « prévu pour être porté (...) près de la main et pour émettre des vibrations » pour guider le salarié, poursuit le document.

    « La spéculation à propos de ce brevet est erronée », a réagi auprès de l’AFP une porte-parole d’Amazon. « Chaque jour, dans n’importe quelle entreprise dans le monde, les employés se servent de scanners à main pour faire l’inventaire et préparer les commandes », a-t-elle ajouté.

    « Placer ces équipements plutôt sur le poignet des employés leur permettrait d’avoir les mains libres et ne pas avoir les yeux rivés sur des écrans », fait valoir Amazon, estimant que si cette idée devait être un jour mise en oeuvre, elle améliorerait l’organisation pour les employés travaillant dans la préparation des commandes.

    Le concept a déjà suscité des réactions virulentes en Italie, notamment de la part du chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui a estimé que « le défi, c’est un travail de qualité et non pas le travail avec un bracelet ».
    Des conditions de travail déjà décriées

    « Homme ou esclave ? Je veux restituer la dignité du travail, certaines multinationales exploitent, pressent et ensuite mettent au rebut. Ca suffit ! », a réagi de son côté, le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini.

    Le géant du commerce en ligne a depuis longtemps la réputation d’entretenir des conditions de travail difficiles dans ses entrepôts et centres de distribution pour augmenter la productivité des employés et garantir des livraisons rapides aux clients.

    En 2015, le New York Times décrivait une culture d’entreprise « néfaste » chez Amazon, destinée à augmenter la productivité des employés, une description rejetée à l’époque par le patron du groupe Jeff Bezos.

    Amazon a publié jeudi ses résultats trimestriels en forte hausse, affichant un bénéfice net de 1,856 milliard de dollars et un chiffre d’affaires de 60,45 milliards.

    #Amazon #Surveillance #Digital_labor #Mais_j_en_peux_plus_de_ce_monde_de_merde


  • Derrière l’application de Google qui trouve votre sosie artistique, du digital labor (gratuit) pour entraîner son IA de reconnaissance faciale http://www.rtl.fr/actu/futur/l-application-de-google-qui-trouve-votre-sosie-artistique-souleve-des-inquietude

    (Le seul article un peu critique que j’ai trouvé provient donc de rtl.fr)

    La dernière version de l’application Google Arts & Culture est l’une des plus populaires du moment aux États-Unis. La raison ? L’ajout d’une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de découvrir quel est leur sosie artistique. Intitulée "Is your portrait in a museum ?" (« Votre portrait se trouve-t-il dans un musée ? »), elle propose de comparer un selfie à des portraits célèbres réalisés par des peintres de renom.

    L’expérience repose sur la technologie de reconnaissance faciale Face Net. Développée par #Google, elle scanne la photo envoyée par l’utilisateur pour créer une empreinte numérique de son #visage et la comparer aux 70.000 œuvres de sa base de données. Une fois les correspondances trouvées, les résultats les plus pertinents sont affichés avec leur pourcentage de ressemblance.

    Cette fonction a largement emballé les internautes américains. Depuis sa mise à jour mi-décembre, #Google_Arts_&_Culture truste les premières places des applications les plus téléchargées aux États-Unis sur l’App Store d’Apple et le Play Store de Google. Disponible uniquement outre-Atlantique, elle fait l’objet d’une expérimentation par Google.

    (…) Devant la popularité de l’application, certaines voix se sont élevées aux États-Unis pour mettre en garde le public contre le véritable objectif poursuivi par Google. "Le stagiaire de Google qui a inventé cette application pour tromper les utilisateurs en les incitant à envoyer des images pour remplir sa base de données de reconnaissance faciale a certainement eu une promotion", a observé sur Twitter l’analyste politique, Yousef Munayyer. "Personne ne s’inquiète d’abandonner les données de son visage à Google ou vous estimez tous que c’est déjà le cas ?", s’est aussi émue l’actrice et activiste américaine, Alyssa Milano.

    Google propose régulièrement des outils ludiques et gratuits aux internautes pour faire la démonstration de ses progrès dans l’intelligence artificielle. Ces programmes permettent aussi à l’entreprise américaine de mettre ses réseaux de neurones artificiels à l’épreuve de neurones humains afin de les perfectionner à peu de frais. Les programmes Quick Draw ! et AutoDraw visaient notamment à améliorer la #reconnaissance_visuelle de ses algorithmes. La société utilise aussi la reconnaissance des caractères des #Captcha pour aider ses robots à déchiffrer les pages de livres mal conservés sur Google Book et les indexer par la suite à son moteur de recherche.

    (…)

    Interrogé par plusieurs médias américains sur la portée réelle de son application « Arts & Culture », Google se veut rassurant. Selon la firme américaine, les photos téléchargées par les utilisateurs ne sont pas utilisées à d’autres fins et sont effacées une fois trouvées les correspondances avec des œuvres d’art. La dernière expérience du géant américain illustre à nouveau les craintes suscitées par les progrès rapides de l’#intelligence_artificielle et plus particulièrement de la #reconnaissance_faciale, dont les applications ont pris une place grandissante dans nos vies ces derniers mois.

    Apple a fait entrer cette technologie dans la vie de millions d’utilisateurs cet automne en intégrant le dispositif #Face_ID à l’iPhone X pour déverrouiller l’appareil d’un simple regard. Dans le sillage de la pomme, un grand nombre de constructeurs travaille à généraliser ce système sur des smartphones à moindre prix. Facebook a recours à la reconnaissance faciale depuis décembre pour traquer les usurpations d’identité sur sa plateforme. Google l’utilise déjà dans son service Photos, utilisé par 500 millions d’utilisateurs, capable depuis peu de reconnaître les animaux de compagnies.

    Les défenseurs des libertés craignent que la généralisation de la reconnaissance faciale dans des outils utilisés à si grande échelle ne glisse vers une utilisation plus large par les publicitaires ou les autorités. En Chine, cette technologie est déjà utilisée pour surveiller les citoyens dans les endroits publics. 170 millions de caméras de surveillance sont installées à travers le pays. Un nombre qui doit atteindre 400 millions à horizon 2020. La plupart sont dotées de programmes d’intelligence artificielle pour analyser les données en temps réel et inciter les individus à ne pas déroger à la norme édictée par le pouvoir.

    #digital_labor #IA

    Et puis cf. le thread d’@antoniocasilli sur son fil Twitter :

    Avez-vous déjà vu, partagé, commenté les « art selfies » de l’appli @googlearts ? Savez-vous qu’ils utilisent votre visage pour constituer un fichier biométrique ? J’en veux pour preuve qu’ils ne sont pas disponibles en Illinois—état où les lois sur la biométrie sont plus strictes.

    https://twitter.com/AntonioCasilli/status/953662993480474624

    • Version optimiste, ft. John Berger :

      In one way, the art selfie app might be seen as a fulfillment of Berger’s effort to demystify the art of the past. As an alternative to museums and other institutions that reinforce old hierarchies, Berger offered the pinboard hanging on the wall of an office or living room, where people stick images that appeal to them: paintings, postcards, newspaper clippings, and other visual detritus. “On each board all the images belong to the same language and all are more or less equal within it, because they have been chosen in a highly personal way to match and express the experience of the room’s inhabitant,” Berger writes. “Logically, these boards should replace museums.” (As the critic Ben Davis has noted, today’s equivalent of the pinboard collage might be Tumblr or Instagram.)

      Yet in Berger’s story this flattening represents the people prying away power from “a cultural hierarchy of relic specialists.” Google Arts & Culture is overseen by a new cadre of specialists: the programmers and technology executives responsible for the coded gaze. Today the Google Cultural Institute, which released the Arts & Culture app, boasts more than forty-five thousand art works scanned in partnership with over sixty museums. What does it mean that our cultural history, like everything else, is increasingly under the watchful eye of a giant corporation whose business model rests on data mining? One dystopian possibility offered by critics in the wake of the Google selfie app was that Google was using all of the millions of unflattering photos to train its algorithms. Google has denied this. But the training goes both ways. As Google scans and processes more of the world’s cultural artifacts, it will be easier than ever to find ourselves in history, so long as we offer ourselves up to the computer’s gaze.

      https://www.newyorker.com/tech/elements/the-google-arts-and-culture-app-and-the-rise-of-the-coded-gaze-doppelgang

      Version réaliste, par Evgeny Morozov :

      Google vient de lancer une plateforme d’IA destinée aux entreprises qui veulent mettre en œuvre une infrastructure d’apprentissage automatique (machine learning) de afin de construire leurs propres modèles (contre rétribution, bien entendu). Il sait pertinemment qu’il est toujours rentable de s’attirer la sympathie des utilisateurs, par exemple en leur donnant des outils d’IA pour trouver des œuvres d’art qui ressemblent à leur visage (1). Ces instruments gagnent ainsi en précision et peuvent ensuite être vendus aux entreprises. Mais pour combien de temps encore Google aura-t-il besoin de cobayes ?

      https://blog.mondediplo.net/2018-01-27-Mark-Zuckerberg-vous-veut-du-bien


  • The Ghost of the Mechanical Turk | Jacobin
    https://www.jacobinmag.com/2017/12/middle-east-digital-labor-microwork-gaza-refugees-amazon

    It is significant that the World Bank thinks that Gaza and the West Bank are “particularly relevant” destinations for #microwork. In the global race to the bottom, the “bottom” is an open-air prison and an area under military occupation. According to their 2014 report, these sites pose “limited risks” to employers in terms of having to pay any full-time employment benefits or a minimum wage. Protections may be “risky” for employers. But making someone dependent for their survival on an algorithm with zero accountability is risky. Not paying them an adequate hourly rate to feed themselves or their family is risky. Irregular or excessive working hours resulting in repetitive strain, eye problems, or insomnia are risky.

    One of the big selling points of digital workplaces is also that they are blind to race and gender. But the inherent inequalities of these systems don’t go away just because participants remain anonymous. After Chinese labor camps were exposed for forcing prisoners to play profitable online games, gaming chatrooms began to use “Chinese gold-farmer” as a pejorative for worker-players trying to sell virtual goods. Syrian players in Shatila who viewed their gaming activities as leisure rather than work complained that their broken English or Arab names meant they were viewed by other players as unwanted guest workers or “gold-farmers.” Microworkers have no protection from similar dynamics on digital labor platforms.

    #digital_labor #Proche-Orient via @antoniocasilli


  • Dans les coulisses de la #modération du « 18/25 » de jeuxvideo.com
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/11/16/jeuxvideo-com-les-moderateurs-racontent-les-coulisses-du-forum-18-25_5215777

    (…) Tous racontent l’histoire de mesures prises dans la précipitation. Les modérateurs bénévoles du « 18-25 » auraient été prévenus le jour même, par un simple message privé. « Les explications sont restées floues », raconte Mickaël, 23 ans, le vétéran de l’équipe. « Chez Webedia, ils ont été des grosses billes sur le coup, y va plus franchement Nicolas (prénom modifié), 22 ans. On n’a eu des informations que jeudi soir, après une journée entière de censure durant laquelle les utilisateurs étaient perdus – et nous aussi. »

    Dans la nuit, une équipe de modérateurs salariés (aussi appelés « administrateurs ») est entrée en action. L’un des modérateurs bénévoles parle de dix postes en CDD. Contactés pour certains par Le Monde, ces « admins » ont invariablement expliqué ne pas avoir le droit de parler à la presse.

    Leur tâche, dans un premier temps : nettoyer les forums de fond en comble, sans faire dans le détail. Les insultes sexistes ou racistes sont systématiquement supprimées, mais aussi des termes jugés polémiques, comme « féministe » ou « Shoah », indépendamment du contexte dans lequel ils sont utilisés.

    « On a perdu pas mal de sujets parlant d’Hitler par exemple, et ce sur tous les forums, précise Nicolas. Ce qui a un peu énervé le modérateur du forum Histoire, par exemple. Ça s’est assoupli depuis, heureusement : les nouveaux salariés ont reçu de nouveaux ordres. »

    Mais la brutalité paye : dans une certaine mesure, l’ordre semble être aujourd’hui à peu près revenu sur le forum « 18-25 » de Jeuxvideo.com. Si l’on y trouve encore des messages misogynes et des blagues plus que douteuses, les appels au harcèlement semblent, pour le moment, contenus.

    *Pour combien de temps ? « De ce que j’ai entendu, les CDD courent jusqu’au 31 décembre », croit savoir Nicolas. Qui ne sait pas s’ils seront prolongés à cette issue.¨ « L’un des administrateurs est pour, semble-t-il presque regretter. Mais si les contrats sont prolongés, les bénévoles comme moi n’auront plus trop de raison d’être. »

    Les bénévoles n’ont plus à s’occuper des sujets agressifs qui pullulaient ces derniers jours et ont même été invités à repenser leur rapport au forum. « Animation, sujets à débat, relais entre les utilisateurs et les administrateurs… », énumère Thomas, modérateur expatrié à Londres. L’avenir qui se dessine pour eux semble d’abord être celui de gestionnaires de communautés.

    Du calme revenu, Thomas se félicite. Lui qui « soutient la cause féministe dans tous ses aspects » dit s’être porté candidat à la modération pour en finir avec ces débordements. Il regrette que les efforts de son équipe, lors des derniers mois, aient été si régulièrement niés.

    « Nous réclamions de meilleurs outils depuis longtemps », poursuit-il. Pour les modérateurs bénévoles, ce n’est pas leur bonne volonté qu’il faut mettre en cause, mais l’évolution trop rapide des forums.

    #digital_labor


  • Sur la propriété des données personnelles (et leur valeur marchande)

    https://linc.cnil.fr/vivrons-nous-demain-au-moyen-age

    Alors, nouveau système féodal ? En tout cas, il est intéressant de passer ces analyses au prisme de l’esprit du cadre européen de protection des données : le droit français (en particulier par la modification de l’article 1er de la Loi dite "Informatique et Libertés" suite à la Loi pour une République Numérique, ) et le droit européen (Règlement général à la protection des données) évitent soigneusement cette notion de propriété des #données_personnelles, qui peut paraitre séduisante de prime abord, mais est en réalité probablement une impasse : si l’expression « mes données » est une belle manière d’affirmer la souveraineté de l’individu sur ce qui le concerne au premier chef, tout ce qui vient en droit (et dans une moindre mesure en économie) avec la notion de propriété est extrêmement difficile à mettre en musique quand on parle de données, a fortiori de données personnelles. Par exemple les données génétiques d’un individu peuvent être considérées comme des données « pluripersonnelles » comme le rappelle la nouvelle publication de la CNIL sur le sujet (Le point CNIL : Les données génétiques, à la Documentation française, p. 41) : elles sont héritées et transmissibles, donc partagées avec les ascendants et descendants et peuvent porter atteintes à leurs droits. Comment dès lors "jouir et disposer de la manière la plus absolue" d’elles seul, pour reprendre la définition du droit de propriété du Code civil (article 544) ? 

    Le droit européen et français met plutôt en avant le pouvoir de contrôle des individus et leurs droits fondamentaux, par exemple par l’entremise du principe d’"auto-détermination informationnelle" et par l’existence, réaffirmée par le RGPD, des droits des individus sur les données les concernant (accès, suppression, portabilité, …). Peut-être disposons-nous déjà de la base juridique nécessaires aux Lumières du numérique ?

    Ces données ne seraient donc pas si « personnelles » ? Quid, du coup, de leur valeur ? Peut-on se contenter de dire qu’elle est extorquée par les plate-formes numériques ? Cf. Dominique Cardon dans son bouquin co-écrit avec @antoniocasilli, Qu’est-ce que le #digital_labor ? :

    Les plateformes d’intermédiation ne produisent pas un service substantiel (comme de fabriquer les contenus de programmes), mais procédural : agréger de la méta-information ou opérer de la mise en relation. J’ai parfois l’impression que dans le reproche fait à Google ou Facebook de « ne rien faire » pendant que les internautes « font le travail » peuvent s’entendre encore les présupposés de l’économie industrielle opposant le « vrai travail » au « faux service ». À ne pas prendre au sérieux l’importance cruciale prise aujourd’hui par les procédures d’intermédiation (hébergement, agrégation, classements, algorithmes, etc.), on risque toujours de penser qu’il suffirait d’agir du côté des plateformes, ou d’en créer de nouvelles d’un claquement de doigts, pour se libérer de la captation indue de plus-value par les GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon).

    Sans effet réseau, sans artefact de mise en relation, sans algorithme de recommandation, sans métrique de visibilité, nos productions numériques ne seraient plus du travail extorqué, mais elles auraient aussi perdu leur visibilité, leur réputation, les gratifications de l’échange et les honneurs du commentaire, bref, elles seraient sans aucune valeur, ni monétaire ni symbolique. Ce raisonnement d’économie « industrielle » fait comme s’il existait une valeur « unitaire » des productions individuelles, ou des données, des internautes, alors que, à l’unité, ces productions, ou ces données, sont sans valeur aucune. C’est leur transformation par un mécanisme d’agrégation, de calcul, de comparaison, de filtre, de classement ou de recommandation qui leur confère un sens (pour les internautes) et une valeur (pour les plateformes). Le service rendu par la plateforme, qui consiste à agréger les interactions et à automatiser la révélation d’une « intelligence collective » des productions unitaires grâce à des algorithmes, est négligé ou minoré dans ces travaux, alors que c’est lui qui rend valorisable le travail gratuit des internautes.

    • Evgeny Morozov et le « domaine public » des données personnelles, par @calimaq
      https://scinfolex.com/2017/10/29/evgeny-morozov-et-le-domaine-public-des-donnees-personnelles

      Au début du mois, l’essayiste biélorusse-américain Evgeny Morozov a donné une interview pour l’émission Soft Power, dans laquelle il résume de manière intéressante les positions assez iconoclastes qu’il défend à propos des données personnelles. Là où les militants numériques mettent l’accent sur la défense de la vie privée, Evgeny Morozov explique que l’enjeu principal est d’ordre économique et que le bras de fer avec les géants du numérique (GAFAM et autres) passe par le fait de considérer les données personnelles comme un « bien public » et de les faire relever d’un « domaine public ». C’est une idée qu’il avait déjà avancée dans un article remarqué paru dans le Guardian en décembre 2016, traduit en français par le Monde Diplomatique sous le titre « Pour un populisme numérique (de gauche) ». (https://blog.mondediplo.net/2016-12-15-Pour-un-populisme-numerique-de-gauche)

      (…) l y a beaucoup de choses à dire sur ces différentes propositions, mais je voudrais commencer par souligner l’impression « épidermique » que doit ressentir toute personne qui entend pour la première fois l’expression « domaine public des données personnelles ». En droit de la propriété intellectuelle, le domaine public constitue ce statut auquel les œuvres accèdent à l’issue de la période d’exclusivité, pour devenir librement réutilisables (moyennant le respect du droit moral), y compris à des fins commerciales. Dès lors, dire que l’on veut faire entrer les données personnelles dans un « domaine public » est de nature à susciter un certain malaise, car on voit mal comment les données personnelles, qui touchent à la vie privée des individus et à leur intimité, pourraient relever d’un tel droit d’usage généralisé. Mais ce n’est pas vraiment à cette « métaphore » du domaine public de la propriété intellectuelle qu’Evgeny Morozov rattache ses propositions. Ce qu’il décrit ressemble davantage au régime dit de la domanialité publique, qui régit les biens possédés par les personnes publiques. C’est le système qui s’applique notamment à l’occupation des trottoirs et des places publiques par des commerces (occupation temporaire du domaine public), moyennant des conditions à respecter et le versement d’une redevance.


  • Publication de notre livre : « Le Web Affectif : une économie numérique des émotions » | CaddE-Réputation
    https://cadderep.hypotheses.org/293

    Nous nous sommes alors interrogés sur les nombreux discours mettant en avant la performance de l’analyse et de l’activation des émotions via des dispositifs numériques pour : développer l’expérience utilisateur, affiner le ciblage des publics, personnaliser les interfaces et bien entendu attirer et orienter l’attention. Le point central de nos réflexions est suite à cela le suivant : les « émotions » ne peuvent être quantifiées ou activées, mais pour autant nous glissons d’une économie de l’attention vers une économie de l’impulsion. Autrement dit, le but des plateformes et de leurs annonceurs n’est plus (seulement) de nous faire lire/voir, mais de nous faire (ré)agir/ressentir.

    Par la suite, nos recherches nous ont amené à constater, via notamment le test de différentes applications, que ce n’était pas réellement des émotions qui étaient ainsi mesurées. Mais alors, pourquoi jouer sur ces leviers ? Pour produire un effet, une impulsion. La notion d’affect nous permet ainsi, de manière conceptuelle, d’agencer les différents discours, signes (likes, emojis, etc.), technologies autours d’un possible objectif : faire circuler en ligne ce qui nous affects afin de nous mettre en mouvement, de produire des effets sur nos représentations, notre intime, nos gestes voire nos corps eux-mêmes.

    Tiens, un livre que j’achète illico... dans une excellente collection de l’INA.

    #Emotions #Economie_attention #Digital_labor #Emojis


  • Digital Labor Studies Go Global: Toward a Digital Decolonial Turn | Casilli | International Journal of Communication
    http://ijoc.org/index.php/ijoc/article/view/6349/2149

    This article elucidates the global dimensions of #digital_labor. The field of study touching on platform-based activities has scaled up to reflect the increasing reliance of digital economies on supply chains outsourcing tasks to developing and emerging countries. To what extent can an economy predicated on data and value transfer from the Global South to the North be construed as “neocolonial”? Theoretical parallels with slavery, imperialism, and colonization fail to assess the historical uniqueness of new global inequalities. This article claims that the germane notion of “coloniality” (by relating to existing works at the intersection of race, gender, postcolonial, and subaltern studies) better addresses the dynamics of social exclusion and exploitation at play in Western and non-Western countries. I conclude by arguing for a “digital decolonial turn” pursuing the chief goal of digital labor studies: making invisible work visible.

    #mondialisation #décolonisation #inégalités (Nord/Sud) par @antoniocasilli, extrêmement intéressant en plus d’être un état de l’art des études sur le digital labor (ping @pguilli)

    • Va à l’encontre de ce qui est affirmé ici :

      Microtravailleurs de tous les pays, unissez-vous ! | Usbek & Rica https://usbeketrica.com/article/microtravailleurs-de-tous-les-pays-unissez-vous

      (…) Mais il présente aussi une forme de rupture avec la division internationale du travail déjà présente entre Nord et Sud économiques. Là où jadis le Nord conceptualisait et commandait des produits à un Sud qui exécutait, le microtravail renverse les hiérarchies existantes. Sur les plates-formes se côtoient freelancers indiens, serbes ou canadiens qui travaillent pour des entreprises de services pakistanaises, philippines ou américaines.

      Le microtravail s’inscrit également dans une évolution classique des processus de délocalisation, à un détail près : « Le freelancing numérique place désormais le poids de l’investissement du capital fixe (téléphones, ordinateurs, etc.) sur les travailleurs », souligne Mark Graham, chercheur au Oxford Internet Institute. La plupart des risques sont ainsi pris par le travailleur et non par l’entreprise. Si votre ordinateur est en panne, votre travail sera donné à un autre. Microtravail rimerait-il donc avec loi du plus fort ? À certains égards, oui, et la responsabilité en incombe, au moins en partie, aux plates-formes.

      #travail #micro-travail


  • « Le travail moderne, c’est un retour au tâcheronnage du XIXe siècle »

    Rencontre avec un collectif de livreurs à vélo en lutte

    Par Jef Klak

    Avec le concours de Jean-Baptiste Bernard

    http://jefklak.org/?p=4412

    Jérôme : L’outil numérique nous a été imposé comme outil de travail, et nous essayons de le retourner en arme. Comme à Marseille en mars dernier, face à Deliveroo : une quinzaine de livreurs ont décidé de réagir à une baisse marquée de la tarification de la livraison. Ils ont bloqué quatre restos marseillais, empêchant les autres livreurs de prendre livraison des commandes. Deliveroo a dû gérer le mécontentement des clients, puis les rembourser. Elle a aussi dû rembourser les restaurateurs, qui avaient préparé les repas. Un beau bordel !

    Quatre restos bloqués, ça n’a l’air de rien. Mais Marseille est une ville où le marché de la livraison est encore jeune : il n’y a que quarante restaurants partenaires. En bloquer 10 %, c’est déjà beaucoup. Surtout que le mouvement a pris : les livreurs débarquant devant les piquets se mettaient en grève à leur tour. Ça n’a évidemment pas plu à la plateforme, qui a « débranché » les contestataires dès le premier soir. Sans avoir les moyens de ses ambitions : les livreurs désactivés faisaient partie de ceux qui travaillaient le plus, si bien qu’elle a annulé leur déconnexion dès le lendemain. Le mouvement a continué, et Deliveroo a finalement craqué.

    Ce type de protestation se généralise, avec des grèves en Angleterre, des manifs en Allemagne, des blocages en Italie… À chaque fois, une soirée suffit à mettre une pagaille monstre. C’est révélateur de la fragilité de cette économie : quinze livreurs bloquent quatre restos, et boum ! l’appli est dans les choux.


  • The secret lives of Google raters | Ars Technica
    https://arstechnica.com/features/2017/04/the-secret-lives-of-google-raters

    Who are these raters? They’re carefully trained and tested staff who can spend 40 hours per week logged into a system called Raterhub, which is owned and operated by Google. Every day, the raters complete dozens of short but exacting tasks that produce invaluable data about the usefulness of Google’s ever-changing algorithms. They contribute significantly to several Google and Android projects, from search and voice recognition to photos and personalization features.

    Few people realize how much these raters contribute to the smooth functioning act we call “Googling.” Even #Google engineers who work with rater data don’t know who these people are. But some raters would now like that to change. That’s because, earlier this month, thousands of them received an e-mail that said their hours would be cut in half, partly due to changes in Google’s staffing policies.

    Though Google boasts about its army of raters, the raters are not Google employees. Instead, they are employed by firms who have contracted them to Google, full time, for years on end. These raters believe that Google has reaped significant benefits from their labor without ensuring their jobs are secure and stable. That’s why 10 raters came to Ars Technica to tell the story of what their lives are really like.

    Du #digital_labor derrière les requêtes Google (et de la politique salariale de cette dernière)

    • The hidden human labour behind search engine algorithms
      http://blogs.lse.ac.uk/businessreview/2017/04/22/the-hidden-human-labour-behind-search-engine-algorithms

      The algorithmic production process requires work from highly trained professionals, such as top-level computer scientists and software engineers. Their work also becomes entangled with the input of low-skilled workers necessary for the customisation, testing, adaptation and sustainability of search in local markets worldwide.

      At least three types of search labour can be identified in Google’s global production process. First, the paid work of in-company engineers. This is the most celebrated aspect of algorithmic production and a major part of the story of Google’s technical superiority. Second is the non-paid labour of internet users, which contributes to value generation of the company. Simply put, the more people use the search engine, the more data the company collects, analyses, packages, and ultimately sells to advertisers. Third is the least transparent and discussed labour performed by “search quality raters” and “precision evaluators” hired via third party companies specialised in crowdsourcing global workforces. Google performs so-called precision evaluations and quality assessments of algorithmic changes on a regular basis. According to the latest data published by the company, it performs around 40,000 evaluations a year.

      (…)

      Unpacking the layers of labour processes behind algorithmic production has wide scholarly implications and potential policy impact in the field of digital literacy, market competition, transparent, fair, innovative and open digital economy. In the past few years, multiple European Union anti-trust investigations targeted three key areas: Google’s comparison shopping service, pre-installation of Google’s applications and services on Android OS, and restriction of third-party websites from displaying search ads from Google’s competitors.

      Google built its public image on separating the so-called organic, or “untampered” search results, from paid search results or ads. This division becomes less visible from a labour perspective. Tracing and mapping the input of precision evaluators delivered for algorithmic calculations of highly skilled engineers is hidden behind a wall of trade secrets. Thus the algorithmic ranking problem ceases to be a technical problem. Transparency of algorithmic calculations is also a political and economic issue since it affects visibility of actors seeking public exposure and impacts the advertising revenue flow.


  • Mediao fait émerger l’information pertinente grâce à l’intelligence collective
    https://mediao.fr
    https://twitter.com/Mediao_fr

    Mediao est une plateforme web permettant de faire émerger les informations pertinentes, grâce à l’intelligence collective.

    Une nouvelle plateforme qui a l’air de faire comme Seenthis mais qui n’est pas encore sortie et qui participe à un incubateur étudiants-entreprenariat à l’université de Bordeaux…

    Il y a une réunion publique ici demain soir pour présenter le projet IRL. Mais je ne peux pas y aller à priori, j’ai le fiston.

    Quelqu’un sur twitter pour demander c’est quoi la différence avec Seenthis ? (à part que c’est fait par des jeunes avec un logiciel exprès créé par eux je suppose)

    Et si c’est en logiciel libre ? Ou si c’est un truc privé ?
    Et si les gens auront le contrôle sur leurs données et la licence de ce qu’ils postent ?
    Et d’autres questions qui vous viennent à l’esprit.

    cc @seenthis @arno @monolecte et autres qui ont twitter…

    • Éléments de réponse :

      Merci pour vos questions très pertinentes !
      Je vais tenter d’y répondre ici, même s’il sera bien plus simple que nous discutions de vive-voix de ces questions très pointues (on organisera d’autres événements d’ici peu ;) ).

      Mediao fonctionne avec du code maison, et s’inspire de solutions libres.
      Par exemple, nous reprenons certaines parties du code de MyWebIntelligence, un moteur puissant de hiérarchisation de contenus mais très peu connu, créé par un chercheur du laboratoire Mica (à l’Université Bordeaux-Montaigne), et dont le code est dispo sur Github, en licence MIT.
      Et nous traduisons les parties qui nous intéressent en Python, puisque c’est le langage que nous utilisons pour la partie algorithmique.

      Dans l’équipe, nous sommes très partisans du libre. La seule question qui nous préoccupe si l’on partage le code entier librement, c’est la ré-utilisation potentielle de celui-ci par des géants du web.
      Mais dans l’idéal, on aimerait que le code entier soit accessible par toutes et tous. Donc on réfléchit beaucoup à cela. :)

      Par ailleurs, Mediao est assez différent des solutions existantes.
      Le fonctionnement est assez simple : d’abord, les algorithmes parcourent le web, et établissent une liste des contenus. Si l’algorithme oublie des sources, les utilisateurs peuvent les rajouter, pour que les contenus soient listés sur Mediao.
      Ensuite, nous sollicitons les utilisateurs pour effectuer des contrôles très objectifs (est-ce que le contenu est sourcé ? Est-ce que l’article est juste un copié-collé d’une dépêche d’agence de presse ? Est-ce que le contenu est une publicité ?).
      Et donc grâce à ces retours, les algorithmes apprennent, et parviennent à faire émerger les informations pertinentes.

      Pour résumer assez simplement le processus de tri, il se situe entre le simple like, qui est peu qualitatif, et le commentaire textuel, qui est peu exploitable (pour le moment).

      Et on se démarque de SeenThis, parce que nous sommes orientés beaucoup plus pour le grand public. Par exemple, nous voulons vraiment que l’utilisation de Mediao soit simple, rapide, et efficace pour chaque utilisatrice et utilisateur. Pour cela, nous nous adaptons au temps disponible de chacun.e, nous proposons des thématiques selon les intérêts de chacun.e (sans créer de bulles de filtrage !), etc.
      De même, Mediao n’a pas vocation a défendre un but militant -autre la nécessité de faire émerger des contenus fiables et pertinents.
      Mais pour autant, je ne pense pas que nous soyons concurrents directs avec la solution proposée par Seenthis. C’est plutôt complémentaire.

      Voilà, est-ce que ça répond à tes questions ? :)

      A bientôt,

    • Le fonctionnement est assez simple : d’abord, les algorithmes parcourent le web, et établissent une liste des contenus. Si l’algorithme oublie des sources, les utilisateurs peuvent les rajouter, pour que les contenus soient listés sur Mediao.
      Ensuite, nous sollicitons les utilisateurs pour effectuer des contrôles très objectifs (est-ce que le contenu est sourcé ? Est-ce que l’article est juste un copié-collé d’une dépêche d’agence de presse ? Est-ce que le contenu est une publicité ?).
      Et donc grâce à ces retours, les algorithmes apprennent, et parviennent à faire émerger les informations pertinentes.

      #digital_labor donc ! @antoniocasilli

    • Tout à fait @ktche d’où un questionnement sur le fonctionnement de ce qu’il y a derrière, est-ce que ce serait associatif et donc « l’IA » appartiendrait à une structure non marchande et servirait à du bien commun ? Ou bien est-ce que le résultat final (logiciel + base d’apprentissage co-construite) appartiendrait à une ou des personnes privées, qui pourraient donc ensuite l’utiliser pour d’autres besoins que le truc de départ, vendre des services autour, etc.

    • Alors pour commencer Mediao, on est en association loi 1901, donc sans but lucratif. Si jamais on évoluait, à cause de restrictions du statut associatif, ce serait vers une coopérative (SCOP ou SCIC), ce qui empêcherait de facto la distribution de dividendes ou autre.
      Et dans tous les cas, nous voulons associer les membres de la communauté dans les choix que nous devrons faire. En SCIC par exemple, on peut créer une instance décisionnaire avec l’ensemble des « clients », qui a autant de poids que l’équipe permanente. Et ça nous semble assez viable comme modèle de partage du pouvoir décisionnaire.


  • 01 - Partage, digital labor et surveillance au temps du numérique : Pratiques paradoxales du capitalisme informationnel - Centre d’Enseignement Multimédia Universitaire (C.E.M.U.) Université de Caen Normandie - Vidéo - Canal-U
    http://www.canal-u.tv/video/centre_d_enseignement_multimedia_universitaire_c_e_m_u/01_partage_digital_labor_et_surveillance_au_temps_du_numerique_pratiques_par

    Serge Proulx (professeur émérite, Université du Québec à Montréal)

    Résumé : Nous souhaitons décrire et articuler trois types de pratiques connectées, qui prennent toujours davantage d’importance aujourd’hui : pratiques dites de partage qui ouvrent vers les contradictions du modèle de l’économie collaborative ; pratiques dites de digital labor qui mettent en scène diverses formes de travail invisible constituant le back store de l’organisation de l’économie numérique ; pratiques de surveillance qui se déploient à de multiples niveaux (sousveillance entre internautes et vis-à-vis des contrôleurs des plateformes ; surveillance organisationnelle et commerciale de la part des entreprises géantes de l’Internet sur leurs clients ; surveillance étatique de masse exercée sur les bases de données de ces entreprises et sur la vie privée des individus ; surveillance internationale et hacking entre États et entre organisations).

    Nous chercherons à mettre en relief les conséquences et la dimension paradoxale de ces diverses pratiques connectées. Le défi analytique consiste à tenter de penser ensemble ces diverses pratiques. Ce qui veut dire qu’il nous faut chercher à identifier la totalité sous-jacente à l’ensemble de ces pratiques. Nous formulons l’hypothèse que ce sont les formes contemporaines du capitalisme – financier, prosumer, informationnel et cognitif – qui constituent cette nouvelle totalité dont il faut non seulement analyser le fonctionnement mais aussi penser en même temps les alternatives, de manière à pouvoir identifier la capacité d’agir citoyenne dans un tel contexte.

    #économie_collaborative #partage #surveillance #digital_labor


  • Dans les ateliers de la #modération en continu
    http://www.humanite.fr/de-quoi-cauchemardent-les-nettoyeurs-invisibles-de-la-toile-635868

    Sarah T. Roberts, enseignante et chercheuse aux États-Unis, a rencontré ces travailleurs invisibles, qu’ils soient dans la #Silicon_Valley ou dans des centres d’appels aux #Philippines.

    Certains tentent de trouver un sens à ce qu’ils font et m’ont dit  : «  Je peux le supporter, je fais cela pour protéger les autres, que vous n’ayez pas à voir toutes ces horreurs.  » Mais je n’ai rencontré personne qui se sente bien. Cette #violence rejaillit sur leur #vie_privée, leur sommeil. Certains ont sombré dans l’alcool ou la dépression… On ne connaît pas non plus les effets à long terme de ce travail sur les gens. Et, bien entendu, aucun de ces travailleurs n’est formé, préparé à ce qu’il va devoir regarder au quotidien. Il n’y a aucun suivi, aucune aide. Le pire est qu’ils ne peuvent même pas en parler à leurs proches. Deux d’entre eux ont récemment été déclarés en incapacité totale de travailler à la suite d’une expertise médicale et psychologique. Depuis qu’ils ont dû voir des vidéos de viols de jeunes enfants, ils souffrent de stress post-traumatique et ont demandé plusieurs fois à être changés de service. Juste avant le Nouvel An, ils ont porté plainte contre Microsoft, leur employeur. Ce sont les seuls à voir pu le faire puisque dans toutes les autres plateformes, les modérateurs de contenu sont employés par des sous-traitants, ce qui permet aux géants du Web de ne pas être tenus directement responsables. Là, ils travaillaient de plein droit pour Microsoft. On ne sait pas encore quand le procès aura lieu, mais je reste assez surprise que la multinationale ne leur ait pas versé une belle somme d’argent assortie d’une clause de non-divulgation et choisisse de se risquer en justice…

    #travail #entreprise #digital_labor via @cuisineanxious

    Autre entretien avec la dame dans Usbek & Rica
    https://usbeketrica.com/article/les-eboueurs-du-web-moderateurs-invisibles-des-reseaux-sociaux



  • Meet YouTube’s Hidden Laborers Toiling to Keep Ads Off Hateful Videos
    https://www.wired.com/2017/04/zerochaos-google-ads-quality-raters

    Taken together, the scope of the work and nuance required in assessing videos shows Google still needs human help in dealing with YouTube’s ad problems. “We have many sources of information, but one of our most important sources is people like you,” Google tells raters in a document describing the purpose of their ad-rating work. But while only machine intelligence can grapple with YouTube’s scale, as company execs and representatives have stressed again and again, until Google’s machines—or anyone else’s—get smart enough to distinguish, say, truly offensive speech from other forms of expression on its own, such efforts will still need to rely on people.

    “We have always relied on a combination of technology and human reviews to analyze content that has been flagged to us because understanding context in video can be subjective,” says Chi Hea Cho, a spokesperson for Google. “Recently we added more people to accelerate the reviews. These reviews help train our algorithms so they keep improving over time.”

    #digital_labor #google #publicité #IA

    • They read comment sections to flag abusive banter between users. They check all kinds of websites served by Google’s ad network to ensure they meet the company’s standards of quality. They classify sites by category, such as retail or news, and click links in ads to see if they work. And, as their name suggests, they rate the quality of ads themselves.

      (…) In March, however, in the wake of advertiser boycotts, Google asked raters to set that other work aside in favor of a “high-priority rating project” that would consume their workloads “for the foreseeable future,” according to an email the company sent them. This new project meant focusing almost exclusively on YouTube—checking the content of videos or entire channels against a list of things that advertisers find objectionable. “It’s been a huge change,” says one ad rater.

      Raters say their workload suggests that volume and speed are more of a priority than accuracy. In some cases, they’re asked to review hours-long videos in less than two minutes. On anonymous online forums, raters swap time-saving techniques—for instance, looking up rap video lyrics to scan quickly for profanity, or skipping through a clip in 10-second chunks instead of watching the entire thing. A timer keeps track of how long they spend on each video, and while it is only a suggested deadline, raters say it adds a layer of pressure. “I’m worried if I take too long on too many videos in a row I’ll get fired,” one rater tells WIRED.

      (…) “We won’t always be able to tell you what [each] task is for, but it’s always something we consider important,” the company explains in orientation materials for ad raters. “You won’t often hear about the results of your work. In fact, it sometimes might seem like your work just flows into a black hole … Even though you don’t always see the impact, your work is very important, and many people at Google review it very, very closely.”

      (…) To be sure, not all ad raters find fault with the issues raised by some of their fellow workers. The $15-per-hour rate is still above most cities’ minimum wages. One ad rater told me he was grateful for the opportunity ZeroChaos gave him. “[ZeroChaos] didn’t care about a criminal background when even McDonald’s turned me down,” the rater said. Multiple raters said they’d been close to homelessness or needing to go on food stamps when this job came along. [mais dans le même temps ne sont pas assurés de faire suffisamment d’heures dans la semaine (minimum de 10h/semaine et jusqu’à 29h/ possible) et interdits de bosser pour une autre boîte)

      (…) But churning through human ad raters may just reflect best practices for making AI smarter. Artificial intelligence researchers and industry experts say a regular rotation of human trainers inputting data is better for training AI. “AI needs many perspectives, especially in areas like offensive content,” says Jana Eggers, CEO of AI startup Nara Logics. Even the Supreme Court could not describe obscenity, she points out, citing the “I know it when I see it” threshold test. “Giving ‘the machine’ more eyes to see is going to be a better result.”


  • Le micro-travail : des corvées peu gratifiantes et mal rémunérées (01net, 22 mars 2017)
    http://www.casilli.fr/2017/03/22/le-micro-travail-des-corvees-peu-gratifiantes-et-mal-remunerees-01net-22-mar

    Si internet était un iceberg, la partie émergée serait peuplée de Youtubers et de blogueurs, de patrons de géants du net et de startup… Bref, de tous ceux qui ont décroché le pactole en surfant sur ce nouvel eldorado. Le dessous de l’iceberg, l’invisible et l’essentiel, serait composé de ces petites mains payées au clic ou à la tâche, et pour qui net rime d’abord avec cacahuètes. Ces microtâcherons, comme les nomme le sociologue Antonio Casilli, professeur à télécom Paristech et auteur de Qu’est-ce que le digital labor ? (2015), seraient plus d’une centaine de millions dans le monde. Leur point commun ? ils se sont un jour inscrits sur une plateforme Web de microtravail comme il en existe des dizaines : zhubajie (15millions de travailleurs), Upwork (12 millions), CrowdSource (8 millions)… autant de places de marché qui font miroiter des jobs faciles, réalisables depuis un ordinateur, bien au chaud, chez soi. Le paradis des laborieux ? On finirait presque par le croire, si les missions ne se révélaient pas aussi courtes, répétitives et payées au lance-pierre.

    #cognitariat #digital_labor #exploitation fr. @antoniocasilli


  • « Sur Internet, nous travaillons tous, et la pénibilité de ce travail est invisible »
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2017/03/11/sur-internet-nous-travaillons-tous-et-la-penibilite-de-ce-travail-es

    Quelles sont ces plates-formes, et comment nous font-elles travailler ?

    Il en existe quatre types. Le premier type, ce sont les plates-formes à la demande, comme Uber ou Airbnb, qui sous couvert d’une autre activité (transport, location, etc.) font de la production de données, enregistrent nos destinations, notre localisation, nos commentaires, notre réputation, nos évaluations, et qui revendent ensuite ces données.

    Du côté des chauffeurs du VTC, à lire : Uber crée « une nouvelle population de travailleurs pauvres et mal couverts »

    Le deuxième type, ce sont les plates-formes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, Upwork, l’application mCent… Des sites sur lesquels des millions de personnes dans le monde réalisent des tâches extrêmement simples [chercher sur Internet l’adresse d’un magasin, numériser les informations d’une carte de visite, décrire les éléments d’une image…] pour des rémunérations extrêmement faibles, de l’ordre de quelques centimes d’euros par minute.

    Le troisième type, ce sont les plates-formes de gestion de l’Internet des objets. Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.

    Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

    #digital_labor #plateformes #Antonio_Casilli


  • Du nouveau sur le front du digital labor

    Fuchs publie un article qui cite Scholz... non pas Trebor Scholz mais Roswitha Scholz !

    http://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0896920517691108

    Une critique du travail (et non pas du point de vue du travail) va-t-elle commencer à émerger dans ce domaine de recherche ? La prochaine étape peut-elle être une critique du numérique qui ne s’en tienne pas à la seule dénonciation des phénomènes empiriques ?

    • This article asks: How can understanding the relationship of exploitation and oppression inform the study of digital labour and digital capitalism? It combines the analysis of capitalism, patriarchy, slavery, and racism in order to analyse digital labour. The approach taken also engages with a generalization of David Roediger’s wages of whiteness approach, Marxist feminism, Angela Davis’s Marxist black feminism, Rosa Luxemburg, Kylie Jarrett’s concept of the digital housewife, Jack Qiu’s notion of iSlavery, Eileen Meehan’s concept of the gendered audience commodity, and Carter Wilson and Audrey Smedley’s historical analyses of racism and class. The article presents a typology of differences and commonalities between wage-labour, slave-labour, reproductive labour, and Facebook labour. It shows that the digital data commodity is both gendered and racialized. It analyses how class, patriarchy, slavery, and racism overgrasp into each other in the realm of digital capitalism. It also introduces the notions of the organic composition of labour and the rate of reproductive labour and shows, based on example data, how to calculate these ratios that provide insights into the reality of unpaid labour in capitalism.

      #digital_labor #paywall non ? L’article complet est-il magiquement trouvable quelque part ?


  • Le pantalon de Mark Zuckerberg | affordance.info
    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/01/zuckerberg-president-united-states.html

    (…) Je n’ai pas de boule de cristal. Et je suis même incapable de vous dire, pour autant qu’elle se confirme, si cette entrée en politique est une bonne nouvelle. Ce qui me semble certain en revanche, c’est que le champ social et politique va être profondément bouleversé par le numérique et qu’il n’est donc pas illégitime que ceux qui sont à l’origine de ces bouleversements se piquent de faire de la politique. Comme il me semble certain qu’il nous faudra faire preuve d’une vigilance de chaque instant. Car un projet philantropique ne peut pas tenir lieu de politique publique. Car l’idéologie libertarienne revendiquée par ces entrepreneurs qui ont déjà changé le monde est une idéologie "sans état". Or le modèle économique des #GAFAM va obliger à repenser l’articulation du monde entre une forme clivante et extrême de capitalisme et une forme renouvelée de Marxisme à l’heure du #Digital_Labor, des intelligences artificielles, de la singularité, du transhumanisme, de l’automatisation et des biotechs : 

    « la relation entre les propriétaires de cette machine et les ouvriers qui l’ont construite repose toujours sous une forme d’exploitation sévère. » Les travailleurs que nous sommes ne construisent pas seulement le produit, mais également un automate qui construit des produits. « La tragédie de l’automatisation et de l’IA, la crainte de la « singularité », n’est en réalité que la réalisation d’une caractéristique fondamentale du capitalisme : ceux qui ne contrôlent pas les moyens de production seront toujours exclus des avantages de leur travail. 
    => @iactu http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/du-but-de-lautomatisation

    (…) Quelle république algorithmique voulons-nous ?

    Pour bâtir une vraie république algorithmique, il nous faut, sans attendre, organiser et préparer sinon une riposte, au moins des réponses à cet ensemble de mutations de la société et de ce qui nous permet de faire société. Ces réponses sont déjà en partie connues. La réponse au capitalisme linguistique passe par une reconnaissance positive en droit du domaine public et une sanctuarisation des communs de la connaissance (ce point figure désormais dans certains programmes politiques dont celui de Benoit Hamon). La réponse aux problématiques de surveillance et de Privacy passe par le développement et le soutien politique affirmé au logiciel libre et aux alternatives fédératrices comme le "dégooglisons internet" de l’association Framasoft. La réponse à l’emprise algorithmique passe par le déploiement d’un index indépendant du web et la convocation d’états généraux. La réponse à l’automatisation, au Digital Labor et à l’éclatement de l’ensemble des repères qui fondaient jusqu’ici le marché de "l’emploi" passe par une réflexion sur le revenu universel. La réponse aux biotechs passe par un moratoire, un moment Asilomar, couplé à un soutien clair et fort à la recherche publique sur ces questions. Et ainsi de suite. Car si la #démocratie est un bien non-rival, ces plateformes offrent un espace "rival" à celui de l’exercice démocratique.

    Contre les futurs #Facebook Digital Labor Party ou le Google Democracy Engine, en réponse à la future candidature probable de Mark Zuckerberg ou d’un autre, il nous faut, sinon un "parti", à tout le moins une vision qui mette les #communs (de l’information, de la connaissance), l’ouverture (de données, du code, des logiciels), et le financement des politiques publiques au centre d’un projet d’émancipation citoyenne.


  • Du but de l’automatisation
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/du-but-de-lautomatisation

    Evoquant le fonctionnement de Facebook M, l’assistant personnel de la messagerie instantanée de Facebook, Sam Lavigne (@sam_lavigne), rappelle sur The New Inquiry (@newinquiry) que les employés de Facebook M, qui permettent au système automatisé de s’améliorer, agissent comme des tuteurs. « Chaque fois que les employés de FB approuvent ou ajustent (...)

    #A_lire_ailleurs #Gouvernance #digital_labor


  • Qui a fait élire Trump ? Des millions de « tâcherons du clic » sous-payés - Rue89 - L’Obs
    http://rue89.nouvelobs.com/2016/11/19/a-fait-elire-trump-millions-tacherons-clic-sous-payes-265699

    Aujourd’hui, Facebook opère une restriction artificielle de la portée organique des posts partagés par les utilisateurs : vous avez 1 000 « amis », par exemple, mais moins de 10% lit vos messages hilarants ou regarde vos photos de chatons. Officiellement, Facebook prétend qu’il s’agit ainsi de limiter les spams. Mais en fait, la plateforme invente un nouveau modèle économique visant à faire payer pour une visibilité plus vaste ce que l’usager partage aujourd’hui via le sponsoring.

    Ce modèle concerne moins les particuliers que les entreprises ou les hommes politiques à la chevelure improbable qui fondent leur stratégies marketing sur ce réseau social : ces derniers ont en effet intérêt à ce que des centaines de milliers de personnes lisent leurs messages, et ils paieront pour obtenir plus de clics.

    Or ce système repose sur des « fermes à clics », qui exploitent des travailleurs installés dans des pays émergents ou en voie de développement. Cet énorme marché dévoile l’illusion d’une participation volontaire de l’usager, qui est aujourd’hui écrasée par un système de production de clics fondé sur du travail caché—parce que, littéralement, délocalisé à l’autre bout du monde.
    Flux de Digital labor entre pays du Sud et du Nord

    Une étude récente de l’Oxford Internet Institute montre l’existence de flux de travail importants entre le Sud et le Nord de la planète : les pays du Sud deviennent les producteurs de micro-tâches pour les pays du Nord.

    Aujourd’hui, les plus grands réalisateurs de micro-tâches se trouvent aux Philippines, au Pakistan, en Inde, au Népal, à Hong-Kong, en Ukraine et en Russie, et les plus grands acheteurs de leurs clics se situent aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et au Royaume-Uni.

    Les inégalités classiques Nord/Sud se reproduisent à une échelle planétaire. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un phénomène résiduel mais d’un véritable marché du travail : UpWork compte 10 millions d’utilisateurs, Freelancers.com, 18 millions, etc.
    Micro-travailleurs d’Asie, et recruteurs en Europe, Australie et Amérique du Nord sur une plateforme de digital labor
    Micro-travailleurs d »Asie, et recruteurs en Europe, Australie et Amérique du Nord sur une plateforme de digital labor - Mark Graham

    et spectaculaire représentation du globe, tout à fait originale, n’est ce pas @reka