• UP Magazine - Enquête sur les travailleurs clandestins du clic
    http://www.up-magazine.info/index.php?option=com_content&view=article&id=8301:enquete-sur-les-trav

    Dans son nouvel ouvrage intitulé En attendant les robots, enquête sur le travail du clic (Seuil, 2019), Antonio Casilli explore ainsi l’émergence d’un capitalisme de surveillance, opaque et invisible, marquant l’avènement d’une nouvelle forme de prolétariat du numérique : le digital labor — ou travail numérique « du doigt » en français. Du microtravailleur du clic, conscient et rémunéré, à l’usager dont l’activité de production de données est implicite, le sociologue analyse les coulisses d’un travail hors travail, et la réalité bien palpable de cette économie de l’immatériel.

    Antonio Casilli interroge notamment la capacité des plateformes du Net à mettre leurs utilisateurs au travail, convaincus d’être plus consommateurs que producteurs. « La gratuité de certains services numériques n’est qu’une illusion. Chaque clic alimente d’une part un vaste marché publicitaire, de l’autre il produit de la donnée qui nourrit des intelligences artificielles. Chaque j’aime, chaque post, chaque photo, chaque notation ou connexion remplit une condition : produire de la valeur. Ce digital labor est très faiblement voire non rémunéré, puisque personne ne touche une rétribution à la hauteur de la valeur produite. Mais cela reste du travail : c’est une source de valeur, tracée, mesurée, évaluée, et encadrée contractuellement par les conditions générales d’usage des plateformes » explique le sociologue.

    Encadrer le digital labor par le droit ?
    Ces nouvelles formes de travail échappent encore aux normes salariales. Néanmoins, les recours collectifs contre les plateformes numériques pour revendiquer certains droits se sont multipliés ces dernières années. À l’image des chauffeurs Uber ou des livreurs Deliveroo qui tentent, par voie de justice, de faire requalifier leur contrat commercial en contrat de travail. Face à cette précarisation du travail numérique, Antonio Casilli envisage trois évolutions possibles pour une reconnaissance sociale, économique et politique du digital labor.

    « De Uber aux modérateurs des plateformes, le droit du travail classique — donc la requalification en salariat — pourrait permettre une reconnaissance de leur statut. Mais le travail dépendant n’est pas forcément la panacée. Aussi, on voit de plus en plus se développer des formes de plateformes coopératives où les usagers deviennent les propriétaires des moyens de production et des algorithmes. » Antonio Casilli voit toutefois des limites à ces deux évolutions. Pour lui, une troisième voie est possible. « Nous ne sommes ni les petits propriétaires, ni les petits entrepreneurs de nos données. Nous sommes les travailleurs de nos données. Et ces données personnelles, ni privées, ni publiques, appartiennent à tous et à personne. La vie privée doit être une négociation collective. Il nous reste à inventer et à faire émerger des institutions pour en faire un véritable bien commun. Internet est un nouveau champ de luttes » s’enthousiasme le chercheur.

    #Digital_labour #Plateformes


  • Pour une protection sociale des données personnelles – – S.I.Lex –
    https://scinfolex.com/2018/02/05/pour-une-protection-sociale-des-donnees-personnelles

    Attention, c’est du lourd. Beaucoup de choses à reprendre et peaufiner dans ce texte majeur.

    par Lionel Maurel et Laura Aufrère

    Cette invocation des « droits des travailleurs de la donnée » a selon nous l’immense mérite de replacer la question de la protection des données sur le terrain du droit social. Ce point de vue n’est pas absolument nouveau, car le droit social est déjà convoqué dans les discussions suscitées par « l’ubérisation » et la manière dont des plateformes comme Deliveroo, Uber ou Amazon Mecanical Turk font basculer les individus dans des situations « d’infra-emploi » (Bernard Friot) les privant des protections liées au salariat. Antonio Casilli et Paola Tubaro nous invitent cependant à aller plus loin et à considérer l’ensemble des relations entre les utilisateurs et les plateformes comme un « rapport social de production » que le droit doit saisir en tant que tel. S’il y a un rapport de production assimilable à du travail, alors il faut s’assurer de l’extension des régimes de protection du travail, y compris à ceux qui, de prime abord, seraient présentés comme de simples usagers ou consommateurs.

    Le système actuel reste en effet imprégné d’un individualisme méthodologique qui n’envisage la personne que de manière isolée et indépendamment des rapports sociaux dans laquelle la vie privée est toujours étroitement enchâssée.

    Car la protection sociale renvoie plus fondamentalement à la question des solidarités et celles-ci ne peuvent être uniquement une affaire d’État. Si négociation collective autour de la vie privée il y a, celle-ci doit être le fait d’une société civile collectivement organisée, sans quoi les individus ne pourront échapper aux rapports structurellement inégalitaires auxquels les soumettent les plateformes, et la négociation ne pourra conduire qu’à la soumission collective. L’histoire de la protection sociale nous fournit des exemples de formes de socialisation, au-delà de la sphère du travail, qui permettent de gérer collectivement des institutions mettant en œuvre des droits sociaux, ancrés dans les droits humains (santé, éducation, etc.). Ces formes de socialisation pourraient pareillement être mobilisées pour mettre en œuvre les droits et protéger les usagers des plateformes et les « travailleurs de la donnée ».

    C’est ce fil que nous souhaitons suivre dans cet article qui vise à explorer les différentes dimensions d’une protection des données repensée comme une protection sociale

    Un premier phénomène inédit surgit dans le fait que nous ne soyons pas toujours consciemment parties prenantes d’une certaine expression de notre identité numérique à travers l’exploitation des données, qui émanent pourtant de nos propres pratiques numériques. Le second phénomène inédit, intrinsèquement lié au premier, c’est le degré d’opacité des mécanismes techniques et humains de production des données qui forgent cette identité. Ce qui nous échappe, c’est donc autant la perception (y compris physique) de nos traces et signaux numériques, que les processus de production (partant de l’exploitation de ces signaux et traces) qui forgent une donnée, et enfin leur exploitation ou utilisation sous la forme d’une expression explicite de nos identités et de nos activités.

    Cette triple perte de contrôle justifie à notre sens que notre relation avec les plateformes soit considérée sous l’angle d’une présomption de subordination d’usage.

    Compte tenu de l’existence de fait d’un rapport de production, et des conditions de subordination du travail et des usages qui lui sont attachés, se pose de façon centrale la question des conditions de consentement des individus à participer à l’effort de production. Cette dimension mérite à notre sens, un commentaire et une discussion approfondie.

    En effet c’est l’encastrement des traces numériques de nos comportements individuels dans des comportements collectifs, qui permet leur exploitation en tant que valeurs économiques. Ce qui appelle un premier commentaire : le consentement du point de vue de la gestion des données ne peut pas être uniquement individuel, dans la mesure où celles-ci incluent des informations sur nos relations sociales qui engagent des tiers (pensons par exemple aux carnets d’adresses qui constituent toujours les premières informations que les plateformes essaient de récupérer). D’autre part, le rappel de la dimension collective des relations de production mérite un effort d’explicitation : la reconfiguration de la vie privée sous l’influence des pratiques numériques importe dans l’espace privé la question du travail et du consentement à la participation à un effort de production.

    Or il importe selon nous autant, sinon davantage, de « protéger les droits des travailleurs de la donnée » que de protéger le droit, plus fondamental encore, de ne pas devenir malgré nous de tels travailleurs de la donnée.

    Que reste-t-il des aspirations et du sens investi collectivement dans le travail lorsque l’on exerce des « métiers » de tâcherons développés par les industries numériques ? Au-delà des déséquilibres économiques, c’est la dignité des personnes qui est à protéger face au retour des modèles d’exploitation féodaux. De même, il apparaît combien notre conception du travail sous-tend nos conceptions de la société dans son ensemble, et les perspectives de progrès social et de progrès humain partagé qu’il nous revient de discuter collectivement.

    Si l’enjeu consiste à faire émerger des formes institutionnelles pour accueillir et organiser la négociation collective sur les données, force est de constater qu’il sera difficile d’y parvenir en restant dans le cadre juridique actuel, car celui-ci demeure largement surdéterminé par un paradigme individualiste qui fait de l’individu et de ses choix le centre de gravité de la régulation des données. Dépasser cette approche nécessite de se donner les moyens de refaire le lien entre l’individu isolé autour duquel s’organise le droit à la protection des données et la figure du citoyen en tant qu’agent capable de participer à des discussions collectives.

    Si l’on veut sortir de cette vision « atomiste » de la protection des données, il importe de reconstruire un lien entre la figure de l’individu souhaitant protéger sa vie privée et celle du citoyen capable de se mobiliser avec ses semblables pour défendre les droits humains fondamentaux. Pour ce faire, nous proposons un détour par la notion de « données d’intérêt général », qui avait été envisagée au moment du vote de la loi République numérique comme un moyen de reprendre du pouvoir sur les plateformes. S’appuyer sur cette notion peut s’avérer utile pour trouver un fondement à l’action collective sur les données, mais à condition d’en renverser complètement la signification.

    Nos données personnelles sont produites dans le cadre de comportements qui, par ailleurs, sont identifiés du point de vue du droit comme appartenant à des espaces de la vie civile, là où nous exprimons notre citoyenneté et où nous vivons ensemble. On pourrait donc considérer que les traces numériques relèvent de l’intérêt général en tant que données « citoyennes ». Il y a bien lieu de parler à leur sujet d’intérêt général, parce que les plateformes ne devraient pas avoir le droit d’utiliser ces données sans nous demander un consentement individuellement, mais aussi et surtout, collectivement.

    Comme l’affirment A. Casilli et P. Tubaro dans leur tribune, il est indéniable que la vie privée résulte davantage aujourd’hui d’une négociation collective que de l’application des droits individuels prévus par les textes de loi. Ce processus associe de manière complexe les grandes plateformes, les pouvoirs publics et les individus. Mais dans les circonstances actuelles, le rapport de forces est tellement asymétrique que la voix des individus, et les voies de leur négociation, ne peuvent avoir qu’un poids infinitésimal. Des mobilisations collectives surviennent parfois, mais elles prennent des formes fugitives et éruptives, lorsque les utilisateurs expriment par exemple leur colère lors du rachat d’une plateforme par une autre ou en cas de changement des conditions d’utilisation jugés abusifs. Ces mouvements attestent d’une conscience collective que des droits sont bafoués et méritent d’être défendus, mais sans que cette volonté d’agir trouve une forme institutionnelle dans laquelle se couler.

    Une des pistes pour donner consistance à l’action collective en matière de protection des données réside dans les recours collectifs (actions de groupe ou class actions), qui autorisent des individus à déléguer la défense de leurs droits individuels à des représentants comme des associations, de manière à les faire valoir en justice face aux plateformes.

    Admettre d’emblée que toutes nos activités numériques sont assimilables à du Digital Labor ne revient-il pas à entériner que ce basculement dans des rapports de production est inéluctable et que plus rien de nous permettra d’échapper à cette « financiarisation » forcée de nos vies, y compris dans ce qu’elles ont de plus intime ? Si tel était le cas, la « protection sociale des données » pourrait recevoir la même critique que celle qu’on adresse parfois à la protection sociale tout court : que ces mécanismes, installés dans leur forme actuelle pendant la période fordiste, visent simplement à « compenser » les rapports de domination imposés aux individus dans la sphère du travail et non à remettre en cause le principe même de la soumission qu’ils impliquent.

    Pour conjurer ce risque, il importe selon nous d’être au contraire capable d’opérer des distinctions claires au sein même du continuum de pratiques décrites comme du Digital Labor, en les repositionnant soigneusement par rapport à l’idée de protection sociale.

    En imposant aux individus d’inscrire leur intimité dans un rapport de production, les plateformes provoquent en réalité un effondrement de la distinction entre la sphère publique et la sphère privée, phénomène qu’Hannah Arendt a identifié comme un des mécanismes par lesquels le totalitarisme s’empare des sociétés. Le cadre analytique du Digital Labor traduit donc une certaine vérité, car à l’époque moderne c’est bien le fait de faire apparaître une activité dans l’espace public qui la transforme presque mécaniquement en « travail ». Mais dans le même temps, cette « publicisation forcée » détruit la possibilité de préserver l’intimité, car celle-ci a nécessairement besoin d’une sphère privée séparée pour exister. Si par protection sociale, on entend des dispositifs qu’une société se donne pour échapper aux « risques de désintégration qui se concrétisent chaque fois que les forces marchandes dominent toutes les sphères de la vie sociale », alors on comprend que le cœur même d’une protection sociale des données doit consister en la préservation d’un droit fondamental pour les individus « à ne pas travailler » en tant que condition de possibilité de la vie privée.

    #Données_personnelles #Digital_Labour #Protection_sociale #Négociation_collectives

    • La domination des géants du numérique est-elle un nouveau colonialisme ?
      http://www.telerama.fr/idees/la-domination-des-geants-du-numerique-est-elle-un-nouveau-colonialisme,n546

      Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft… En offrant nos données personnelles à ces géants aussi puissants que des Etats, nous les laissons nous exploiter, selon le sociologue et chercheur italien #Antonio_Casilli, qui plaide pour un “tournant décolonial numérique”.

      On les dit plus puissants que certains Etats. Les géants de l’économie numérique – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft en tête – n’ont qu’à jeter un œil par les fenêtres que nous leur ouvrons sur nos vies pour savoir ce que nous faisons, ce que nous consommons ou ce à quoi nous rêvons. Sans nous en rendre compte, nous produisons chaque jour, gratuitement, et parfois même avec délectation, des données personnelles monétisées et revendues à des entreprises tierces ou à des Etats. L’autonomie des utilisateurs vantée par les plateformes cache en réalité l’exploitation de cette production bénévole : nous travaillons tous gratuitement pour Facebook ou Google. Nous serions même devenus de la « chair à algorithmes », comme le dénonce une tribune datée du 5 février, parue dans Le Monde, invitant chacun à monnayer ses données personnelles.
      Une position à laquelle s’oppose fermement le sociologue et chercheur italien Antonio Casilli, maître de conférences en humanités numériques à Télécom ParisTech et auteur, en 2010, des Liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (éd. Seuil). Dans un article paru en fin d’année dernière dans la revue académique américaine International Journal of Communication, il met toutefois en parallèle la « mise au travail » des internautes avec les modes de subordination appliqués à ses travailleurs par l’économie numérique. Dans le Nord – les chauffeurs Uber – mais aussi et surtout dans le Sud – les employés des « fermes à clics », ces « micro-travailleurs » engagés pour accomplir de toutes petites tâches censées enrichir ces mêmes plateformes.

      #data #mise_au_travail_généralisée #travail


  • How Uber Uses Psychological Tricks to Push Its Drivers’ Buttons - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2017/04/02/technology/uber-drivers-psychological-tricks.html

    Uber’s innovations reflect the changing ways companies are managing workers amid the rise of the freelance-based “gig economy.” Its drivers are officially independent business owners rather than traditional employees with set schedules. This allows Uber to minimize labor costs, but means it cannot compel drivers to show up at a specific place and time. And this lack of control can wreak havoc on a service whose goal is to seamlessly transport passengers whenever and wherever they want.

    Uber helps solve this fundamental problem by using psychological inducements and other techniques unearthed by social science to influence when, where and how long drivers work. It’s a quest for a perfectly efficient system: a balance between rider demand and driver supply at the lowest cost to passengers and the company.

    Employing hundreds of social scientists and data scientists, Uber has experimented with video game techniques, graphics and noncash rewards of little value that can prod drivers into working longer and harder — and sometimes at hours and locations that are less lucrative for them.

    Je n’ajoute rien... il faudrait citer tout l’article. Le biopouvoir à l’oeuvre dans toute sa splendeur.

    #Uber #Psychologie #Manipulation #Digital_labour #Société_de_merde


  • How Google Arts and Culture’s Face Match A.I. Actually Works | Inverse
    https://www.inverse.com/article/40177-google-arts-and-culture-technology

    That’s part of what made the viral Google Arts and Culture feature, allowing users to compare their faces with a work of art, so fun. It played up our natural vanity, for sure, but it also gave us a chance to test out what A.I. is capable of.

    Some users took the opportunity to punk the A.I. to hilarious effect:

    It sounds like an easy process, but in fact, there is a lot of learning that the machine has to do first. After identifying faces in an image, it may have to reorient or resize it for a better reading — we’ve all been in cases where a selfie taken from too close looks distorted from reality.

    Then, once the A.I. has resized and reoriented the face, it creates a “faceprint,” a set of characteristics that uniquely identify one person’s face. This could include the distance between facial features, such as eyes, or shapes and sizes of noses.

    Faceprints can then be compared with an individual photo or to databases of many images.

    In the case of Google’s museum selfie feature, each selfie that is uploaded is compared with its database of over 70,000 works of art.

    According to the Post, users currently have to opt into facial recognition on Google Photos (but not on Facebook).

    But, by playing around with this selfie feature, that’s essentially what we’re doing, so we are actively consenting to making Google’s A.I. smarter.

    #Google #Reconnaissance_faciale #Intelligence_artificielle #Digital_labour


  • Video Games Are Destroying the People Who Make Them - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/10/25/opinion/work-culture-video-games-crunch.html

    Among video game developers, it’s called “crunch”: a sudden spike in work hours, as many as 20 a day, that can last for days or weeks on end. During this time, they sleep at work, limit bathroom breaks and cut out anything that pulls their attention away from their screens, including family and even food. Crunch makes the industry roll — but it’s taking a serious toll on its workers.

    Modern video games like Mass Effect and Uncharted cost tens of millions of dollars and require the labor of hundreds of people, who can each work 80- or even 100-hour weeks. In game development, crunch is not constrained to the final two or three weeks of a project. A team might crunch at any time, and a crunch might endure for several months. Programmers will stay late on weeknights to squash bugs, artists will use weekends to put the final polish on their characters, and everyone on the team will feel pressured to work extra hours in solidarity with overworked colleagues.

    Importance des syndicats... qui sont absents du monde du jeu vidéo

    While many jobs are demanding, the conditions in this industry are uniquely unforgiving. Most game developers in the United States do not receive extra compensation for extra hours. They may gaze with envy at their colleagues in the film industry, where unions help regulate hours and ensure overtime pay. Their income pales in comparison to what’s offered in other fields with reputations for brutal hours, like banking and law. The average American game developer earned $83,060 in 2013, according to a Gamasutra survey, or less than half the pay of a first-year associate at a New York law firm.

    While I was reporting for a book on how video games are made, veteran game makers told me stories of lost family time, relationship strains and such severe burnout that they considered leaving for other industries.

    Une question de culture professionnelle qui rend la souffrance nécessaire.

    To avoid long-term deleterious effects, game developers must commit to stop facilitating a culture in which crunch is the norm. The occasional long night or weekend at the office can be useful and even exhilarating, but as a constant, it is damaging. No video game is worth burnout, brain damage or overnight stays at the hospital.

    #Jeu_vidéo #Souffrance_travail #digital_labour #syndicalisme


  • Générer de la cryptomonnaie à partir de son site web est-il une bonne idée ? - Korben
    https://korben.info/generer-de-cryptomonnaie-a-partir-de-site-web-bonne-idee.html

    Si même Korben se met à défendre l’usage par autrui de mon ordinateur... sans que je ne le voie. Car le problème de l’invisibilité de la fabrique des connaissance est au cœur du débat politique sur les technologies numériques. J’ai fait pas mal de cours là dessus depuis quinze ans. Les technologies de la confiance et les technologies de l’invisible sont dangereuses pour la démocratie. On ne peut pas les aborder du strict point de vue de la technique (consommation de CPU et d’électricité) ni de l’insensibilité à l’usager.

    Mais le débat est lancé et vaut le coup. Au delà de l’exemple donné par Korben : nous aurons les deux : minage avec la CPU et minage de notre cerveau par la pub. Qui peut le plus peut toujours plus.

    Cela ne vous aura pas échappé, le sujet du moment côté monétisation de sites web, c’est l’arrivée des JavaScript qui minent de la cryptomonnaie dans les pages web de nos sites préférés. The Pirate Bay a ouvert la voie grâce à Coin-Hive tout comme le site de la chaine Showtime (à son insu apparemment).

    Le concept est relativement simple. Pour le webmaster, il suffit d’intégrer un petit bout de code JavaScript dans les pages de son site et quand un internaute s’y connecte, ce JavaScript participe à des calculs cryptographiques nécessaires à la production de cryptomonnaie. Cela évidemment implique de faire bosser le CPU des internautes qui passent sur le site.

    Et d’autres, en mode sale, balancent des popups, des bannières pleins écrans impossibles à fermer, des trucs vidéos qui se déclenchent tout seuls et j’en passe.
    Et évidemment ces emplacements publicitaires consomment aussi des ressources du côté de l’internaute... De l’espace disque (cache), du CPU et de la RAM à cause des JavaScript exécutés, sans compter les usages intempestifs de carte vidéo et de carte son. On pourrait penser que la mise en place d’un Adblocker permette de limiter cette consommation CPU, mais à quelques exceptions prêts c’est pire, car ces plugins bouffent encore plus de ressources que les scripts qu’ils sont censés bloquer. Donc oui la pub consomme du CPU + du temps de cerveau et conserve ce petit côté « irritant », car elle est visible de l’internaute.

    Miner des cryptomonnaies via un script comme le fait The Pirate Bay est à mon sens moins problématique que d’afficher de la pub. Déjà ça ne bouffe pas de temps de cerveau, ça n’enlaidit pas le site, ça n’exige pas d’interaction avec l’internaute en lui demandant de cliquer sur des trucs et ça ne surprend pas son monde en jouant un fichier audio à plein tube...

    #Cryptomonnaie #Invisibilité #Digital_labour #Publicité


  • Les damnés de la Toile
    http://abonnes.lemonde.fr/pixels/article/2017/05/22/les-damnes-de-la-toile_5131443_4408996.html

    Sur MTurk, une plate-forme d’Amazon, ils effectuent des tâches répétitives pour quelques cents, bien en dessous du salaire minimum. Ces forçats du clic sont indispensables aux algorithmes des entreprises de la Silicon Valley.

    Il n’est pas encore 6 heures. Le visage de Marie Mento se dessine dans la ­lumière de l’écran de son ordinateur. Dans sa banlieue proprette du New ­Jersey, une tasse de café à la main, elle fait défiler les tâches qui lui sont proposées. Transcrire une vidéo de 35 secondes, 5 cents. Ecrire la description commerciale d’un produit, 12 cents. Noter des photos d’hommes pour un site de rencontres, 3 cents. Répondre à une étude scientifique, 10 cents.

    Un œil sur les forums, l’autre sur son objectif de la journée, Marie passera une heure sur Amazon Mechanical Turk (MTurk), un service du géant américain Amazon, avant de partir pour l’école où elle travaille comme bibliothécaire scolaire depuis près de quarante ans. « Chercher une bonne tâche m’a déjà mise en retard. C’est addictif. »

    Reste que dans le jargon typique de la Silicon Valley, Amazon Turk ne propose pas de travail, mais des « HIT », pour human intelligence tasks. Des tâches dites pour intelligence humaine ; un jeu de mots pour les différencier de celles réalisées par les intelligences artificielles. Car sur MTurk, il est surtout question d’aider des machines à accomplir leur besogne.

    Pour que YouTube propose automatiquement des vidéos pertinentes à la fin d’un sketch de Cyprien, par exemple, il faut que des milliers de personnes aient identifié puis classé des images à la chaîne. En clair, si perfectionnés soient-ils, les algorithmes élaborés par Facebook, Google et tant d’autres ont besoin d’être alimentés en données pour fonctionner correctement.

    Nettoyage de bases de données, « taggage » d’images ou de vidéos, modération, transcription… Un labeur souvent répétitif, monotone, ingrat et pourtant indispensable au développement de services sophistiqués, que les « turkers » accomplissent en tant qu’indépendants, sans protection sociale d’aucune sorte, pour une rétribution souvent dérisoire.

    « Notre travail fait tourner la planète. Nous organisons Internet. Nous aidons des multinationales à faire des profits immenses et nous gagnons un salaire d’esclave », résume ­ « Lucile », une « turkeuse » américaine de 29 ans. Marie Mento s’en amuse. « La première semaine, je me suis fait 1 dollar. Ces derniers temps, je parviens à gagner 60 à 70 dollars » pour environ 30 heures passées sur MTurk. Soit 2,30 dollars de l’heure, bien en deçà du salaire minimum fédéral américain, fixé à 7,25 dollars.

    #amazonologie #travail #digital_labour


  • Tiens Change.org recrute par email #Digital_labour :

    Êtes-vous prêt-e à changer 2017 ?

    Ces dernières semaines, peut-être avez-vous déjà participé à certaines actions dans le cadre de notre projet « Changez 2017 » dont l’objectif est de remettre les citoyens comme vous au coeur de l’élection présidentielle à venir.
    Les résultats de la consultation citoyenne à laquelle vous avez été des milliers à répondre ont révélé que l’éducation fait partie des causes qui selon vous, mériteraient plus de place dans les programmes politiques pour 2017.
    Aujourd’hui, nous vous invitons à participer à une étape majeure du projet « Changez 2017 » : soumettre vos propositions aux candidats en lançant votre pétition afin qu’ils s’engagent sur des mesures concrètes pour l’éducation.

    A quatre mois du premier tour de l’élection présidentielle, c’est le moment d’agir pour obtenir des engagements de la part des candidats. Alors qu’est-ce qui vous retient ? Cliquez ici pour lancer maintenant votre pétition.
    S’il y a une mesure phare que vous souhaiteriez voir adopter par votre futur président, n’attendez pas qu’il soit élu pour le faire : demandez-lui via une pétition en cliquant ici .
    Les pétitions les plus populaires seront portées auprès des candidats par les ambassadeurs citoyens de « Changez 2017 ».
    Merci d’agir pour changer cette élection
    Aminata et toute l’équipe de Change.org

    [...]

    Apichat,

    Il y a quelques semaines, je vous avais envoyé un e-mail pour vous demander d’envoyer un tweet aux candidats à la présidentielle afin qu’ils créent leur profil vérifié sur Change.org et puissent répondre aux pétitions que vous êtes des milliers à leur adresser. Cette action a porté ses fruits puisqu’elle a déjà convaincu 5 candidats d’ouvrir leur profil.
    Mais ce n’est pas assez ! Pour être sûr que notre futur président sera à l’écoute, nous devons nous assurer que tous les candidats aient ouvert leur profil pour répondre à vos pétitions.
    Chez Change.org, nous ne manquons pas d’imagination pour faire entendre votre voix auprès des décideurs. Ainsi, à quelques mois du premier tour de l’élection présidentielle, nous vous invitons à interpeller les candidats à la présidentielle en vidéo !
    Pour vous inspirer à préparer votre propre message, découvrez l’exemple de l’appel qu’Adrien Sergent et Yohan Reboul, les ambassadeurs citoyens du projet “Changez 2017” ont lancé aux candidats :

    A votre tour, saisissez l’opportunité d’appeler les candidats de votre choix à ouvrir leur profil. La semaine prochaine, les meilleurs messages seront diffusés dans une vidéo inédite qui sera diffusée sur notre page Facebook et auprès des candidats.
    Nous avons besoin de votre participation pour redonner une place centrale à la parole citoyenne dans cette élection. Pour relever ce défi, envoyez-nous une courte vidéo (30 secondes maximum) par email à l’adresse suivante : .
    Merci d’agir pour “Changez 2017”
    Aminata et toute l’équipe de Change.org

    [...]

    Bonjour Apichat,
    Il a quelques jours, je vous demandais de nous envoyer une vidéo appelant les candidats à la présidentielle à ouvrir leur profil sur Change.org pour dialoguer avec vous. Merci à toutes les personnes qui ont répondu à cet appel. Découvrez dans cette vidéo le message qu’ont souhaité adressé des citoyens comme vous aux candidats :

    Vous n’avez pas pu nous envoyer votre vidéo ? Vous pouvez quand même participer en faisant connaître cette vidéo autour de vous pour pousser les candidats à répondre à l’appel des citoyens sur Change.org ! Cliquez ici pour la partager. Plus vous serez nombreux à partager cette vidéo, plus nous aurons de chance de convaincre les candidats de répondre aux pétitions que vous êtes des millions à leur adresser.
    Merci d’agir pour “Changez 2017”
    Aminata et toute l’équipe de Change.org