• « Pourquoi n’as-tu rien dit ? » : Ce que la recherche nous apprend sur le silence des victimes de violences sexuelles dans l’enfance
    https://theconversation.com/pourquoi-nas-tu-rien-dit-ce-que-la-recherche-nous-apprend-sur-le-si

    Aider au dévoilement, un enjeu de santé publique

    Les conséquences psychiatriques et psychologiques des violences sexuelles dans l’enfance sont bien documentées. Chez les personnes qui en ont subi, les taux de dépression, d’anxiété, de trouble de stress post-traumatique (TSPT), de trouble de stress post-traumatique complexe (TSPTc), d’addiction, de trouble du comportement alimentaire, de trouble de la personnalité borderline et le risque suicidaire sont significativement plus élevés que dans la population générale.

    Les victimes de violences sexuelles dans l’enfance présentent, par exemple, un risque de trouble psychiatrique de 2,2 à 2,9 fois plus élevé que les autres.

    Les violences sexuelles dans l’enfance conduisent également tout au long de la vie à davantage de difficultés dans la vie sexuelle, la vie relationnelle et sociale (couple, parentalité, niveau académique, vie professionnelle) et la santé physique (maladies cardio-vasculaires, pulmonaires, hépatiques).

    De ce fait, le dévoilement constitue un enjeu clinique majeur. En effet, lorsqu’il est accueilli de manière adaptée, avec croyance, écoute et validation, il permet la mise en place d’une prise en charge précoce. Il est alors associé à des trajectoires plus favorables pour les victimes. Comprendre ce qui empêche le dévoilement est donc une priorité de santé publique.

    #VVS #violences_sexuelles #disclosure_process

  • « Grand remplacement » : Aurore Bergé critiquée jusque dans son camp après avoir refusé de qualifier l’expression de raciste
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/09/10/grand-remplacement-aurore-berge-critiquee-jusque-dans-son-camp-apres-avoir-r

    « Grand remplacement » : Aurore Bergé critiquée jusque dans son camp après avoir refusé de qualifier l’expression de raciste
    La ministre chargée de la lutte contre les discriminations a estimé que le débat sur ce sujet « fait partie de la liberté d’expression ».
    Le Monde avec AFP
    Aurore Bergé s’est attirée, jeudi 10 septembre, des critiques jusque dans son propre camp pour avoir invoqué la « liberté d’expression » au sujet de la théorie complotiste d’extrême droite du « grand remplacement », refusant de la qualifier de « raciste ».
    Pressée mercredi sur CNews de dire si cette théorie était selon elle raciste, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations a éludé la question à plusieurs reprises, avant de répondre : « Non, je ne pense pas que ce soit une théorie… », laissant sa phrase en suspens. Elle a précisé « combattre » cette théorie, selon laquelle une immigration de masse voulue par certaines élites remplace la population blanche et chrétienne d’Europe. Elle est « fausse factuellement », « même mensongère, parce que cherchant à créer un terreau de peur dans notre pays », a-t-elle ajouté, considérant néanmoins que les partisans de cette théorie ont « le droit de l’exprimer dans l’espace public ». « Je considère que c’est un débat politique sur la question de l’immigration », souligne la ministre.
    Jeudi, sur Franceinfo, elle a également estimé que le débat sur ce sujet « fait partie de la liberté d’expression ». « Et donc je crois que le ranger sur le caractère raciste voudrait dire qu’on n’a pas le droit d’en débattre. Moi, je préfère combattre », a-t-elle plaidé.
    « Hein ? Aurore Bergé, tu expliques qu’une théorie raciste, ça se débat comme une opinion politique ? Le racisme est un DÉLIT », l’a interpellée sur le réseau X la députée Prisca Thevenot, membre comme elle du parti présidentiel Renaissance. « Le “grand remplacement” n’est pas un débat : c’est une théorie complotiste, qui a motivé des attentats terroristes », a ajouté cette proche du candidat à la présidentielle Gabriel Attal.
    La réaction de l’élue attaliste a suscité une vague de soutiens à gauche. « C’est rare. Mais, sur ce coup, Prisca Thevenot a totalement raison. Comment Mme Bergé peut-elle rester ministre des discriminations en disant que le grand remplacement n’est pas une théorie raciste ? », a appuyé le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, toujours sur X.Le député Aurélien Rousseau, proche du candidat social-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann, a aussi partagé cette « indignation ». « C’est une coupable complaisance de banaliser la pseudo-théorie du “grand remplacement” qui est un racisme sans fard », a-t-il estimé. Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, qui caresse aussi une candidature à gauche, a prévenu qu’« à force de courir derrière l’extrême droite ils en banalisent les mots, les obsessions et désormais le racisme »

    #Covid-19#migration#migrant#grandremplacement#racisme#xenophobie#immigration#discrimination#sante#droit

  • la #Valle_del_Sacco tra produzione bellica, #inquinamento_ambientale e resistenza
    https://radioblackout.org/2026/09/la-valle-del-sacco-tra-produzione-bellica-inquinamento-ambientale-e-r

    il 13 agosto esplode a #Colleferro una parte dello stabilimento dell’ex Simmel Difesa, attualmente di proprietà della KNDS Ammo Italy. Un’azienda specializzata nella produzione di munizioni di medio e grosso calibro. Ma questa esplosione è solo uno degli aspetti che preoccupa la cittadinanza del territorio. #Disarmiamoli e Rete per la Tutela della Valle del Sacco […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #industria_bellica
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/09/2026_09_10_2026.09.10-09.00.00-disarmiamoli.mp3

  • Coltiviamo il futuro a Caserta: il rosmarino di #parent_project
    https://informareonline.com/coltiviamo-il-futuro-a-caserta-il-rosmarino-di-parent-project

    Dal 5 al 13 settembre, in occasione della Giornata mondiale di sensibilizzazione sulla distrofia muscolare di Duchenne, Parent Project sarà presente in 22 piazze italiane con Coltiviamo il futuro. A fronte di una donazione minima di 10 euro, sarà possibile ricevere il Rosmarino di Parent Project, pianta simbolo della campagna nazionale, e sostenere concretamente la ricerca e i servizi […] L’articolo Coltiviamo il futuro a Caserta: il rosmarino di Parent Project proviene da Informareonline, scritto da Maria Grazia Canzano

    #Comunicati_Stampa #Daniela_Argilli #distrofia_di_Becker #distrofia_di_Duchenne

  • #Aung_San_Suu_Kyi, #Rohingya et extrémistes bouddhistes

    Le phénomène de l’#extrémisme_bouddhiste en Birmanie, incarné par le #bonze_Wirathu, a surpris tous ceux qui n’envisagent le bouddhisme que comme une #religion de paix ou une simple spiritualité.

    Pour l’expliquer, Frédéric Debomy et Benoît Guillaume se sont rendus en Birmanie, dévoilant au fil des déplacements et des rencontres les ressorts d’une société brisée par des décennies de #dictature_militaire et obsédée par les questions d’#identité.

    On y découvre que l’#intolérance des #moines extrémistes est largement partagée par la société et que les musulmans, cibles privilégiées, n’en font pas seuls les frais : les chrétiens ne sont pas toujours épargnés et les femmes largement discriminées.

    Dans ce contexte, la plus célèbre des opposantes à la dictature, parvenue partiellement au pouvoir, déçoit, ce qui semble s’expliquer à la fois par un contexte miné et son évolution personnelle.

    Le lecteur découvrira ainsi dans les pas des auteurs combien il reste à parcourir pour que ce pays connaisse véritablement la démocratie.

    https://www.massot.com/products/aung-san-suu-kyi-rohingya-et-extremistes-bouddhistes

    #BD #bande_dessinée #bande-dessinée #livre #generation_Wave #droits_humains #Birmanie #minorités_religieuses #haine_raciale #Wirathu #chasse_aux_musulmans #racisme #camps_de_réfugiés #Ma_Ba_Tha #discriminations #nationalisme #armée #mouvement_969 #Arakan #démocratie #camps_de_travail #USDF #préjugés #islam #bouddhisme #Ligue_nationale_pour_la_démocratie (#LND) #islamophobie #cronies #christianisme #Tatmadaw #Gouvernement_birman_en_exil (#NCGUB)

  • Mbour : Le combat d’Aminata Boye, mère de disparu et porte-voix des victimes de la migration | Seneweb
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/mbour-le-combat-daminata-boye-mere-de-disparu-et-porte-voix-des-victimes-de

    Mbour : Le combat d’Aminata Boye, mère de disparu et porte-voix des victimes de la migration
    Auteur : Lucie PEYTERMANN (AFP)
    De sa douleur, elle a fait un combat : Aminata Boye, dont le fils aîné a disparu après un naufrage, est devenue le pilier et la porte-voix des familles de migrants sénégalais disparus en mer et de leur calvaire, encore tabou dans son pays. Ce jour-là, elle vient comme régulièrement rendre visite à des familles endeuillées dans le quartier Tefees de Mbour, sur la côte sénégalaise. Tefees est emblématique de ces drames de la migration clandestine dans lesquels meurent ou disparaissent depuis des années des milliers d’Africains, notamment au Sénégal, un des points de départ de cette route Atlantique très périlleuse vers l’Europe.L’atmosphère y est lourde : environ une maison sur trois a perdu quelqu’un dans la migration, essentiellement des jeunes. « Ils ont emmené avec eux l’âme du quartier... », se désole auprès de l’AFP Anna Diop, 43 ans, dont Aminata est passée prendre des nouvelles. Dans la seule rue d’Anna, ils sont 43 à avoir disparu.
    Dans un récit poignant, Anna raconte son calvaire : en 2024, elle a perdu ses deux fils, de 17 et 15 ans, Gora et Mame Doudou. « C’était des enfants courageux, pas des délinquants ; ils étaient dans le travail et ils étaient la joie du quartier », lance-t-elle. Ses fils lui avaient raconté qu’ils partaient quelques jours en Gambie pour faire du commerce car « la pêche ne marchait pas beaucoup ».
    Mais la pirogue - qui en fait les transportait vers l’Europe - sera retrouvée à la dérive et ses 34 passagers morts. Une hécatombe familiale : Anna y a aussi perdu deux frères et deux neveux. Secouée par l’émotion, Aminata Boye, 48 ans, réconforte Anna. Elle ne connaît que trop cette détresse : en 2020, elle a vécu la même tragédie et ce deuil qui l’a d’abord brisée. Cette année-là, deux de ses fils ont embarqué au Sénégal dans des pirogues clandestines, à trois jours d’intervalle : l’un, âgé de seulement 14 ans, est arrivé en Espagne où il fait des études mais son fils aîné Waly, qui avait 19 ans, est porté disparu depuis. Dans la cour de sa maison d’un quartier de pêcheurs de Mbour, où Aminata élève seule ses cinq autres enfants, des portraits de Waly et son sourire conquérant sont affichés dès l’entrée.
    Jeune pêcheur, Waly s’était résolu à migrer face à la crise du secteur.
    « Waly m’a caché son départ », confie Aminata. « Je ne ressens pas de colère contre lui, il n’était pas parti pour mourir mais pour aider sa famille... ».Après une semaine sans nouvelles, elle entame des recherches et apprend qu’il a pris une pirogue, repérée en difficulté au large de la Mauritanie. « Je suis aussitôt tombée malade... Je ne voulais plus sortir, ni entendre les gens parler de pirogues ».Elle enverra même des proches vivant en Mauritanie dans des hôpitaux pour chercher son fils. En vain.
    Aminata, une commerçante déjà investie dans le social avant la disparition de son fils, s’est depuis forgé une carapace. Ce qui lui a « donné la force de se relever », c’est sa décision d’agir pour honorer la mémoire de Waly et « pour toutes les autres mères ». Au Sénégal, où les autorités ont surtout une approche répressive face à la migration clandestine et où les souffrances des proches de disparus restent un tabou, elle s’est engagée dans un travail pionnier. L’année de la disparition de son fils, elle fonde le Collectif des victimes de l’émigration irrégulière au Sénégal (Coves), après avoir constaté que ces familles « étaient livrées à elles-mêmes et qu’elles ne bénéficiaient d’aucun soutien des autorités ». L’association assiste aujourd’hui plus de 100 femmes ayant perdu leurs enfants ou leurs maris dans la migration. Elle organise des collectes pour les fêtes, la rentrée des classes ou des ateliers de couture, source de revenus pour ces femmes.
    « Des fois, je vais voir Aminata qui me donne du riz pour que je puisse préparer quelque chose pour mes enfants... », explique ainsi à l’AFP Fatou Ngom, mère de trois enfants, dont le mari a disparu en mer en 2022. Aminata est devenue la personne-ressource d’organisations comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Délégation diocésaine des migrations du Sénégal, qui a un rare programme d’accompagnement du deuil et de suivi psychologique d’orphelins de disparus, et l’association sénégalaise « Boza Fii ». Elle se déplace aussi à l’étranger, à la recherche de disparus, en travaillant avec le réseau d’aide aux migrants « Alarm Phone ». Désormais, « les familles viennent vers moi en amenant des photos de leurs enfants pour que j’entame des recherches », dit-elle.
    Aminata raconte qu’en se rapprochant des veuves et des mères « pour les sensibiliser et les aider à traverser ces moments difficiles », elle a réalisé qu’elle parvenait à « les calmer ». « Aminata m’a appelée chez moi pour discuter et me ramener à la raison », témoigne Ndeye Ndiaye, une habitante de Mbour dont la fille Awa, âgée d’une trentaine d’années, a perdu la vie au Maroc en 2024 après le naufrage d’une pirogue, laissant deux jeunes orphelins. « C’est grâce à Aminata que je suis encore là à vous parler, parce que j’avais presque perdu la tête... », salue Mme Ndiaye. Malgré la disparition de son fils, Aminata « a oublié sa propre personne et s’est mise à nous aider », souligne-t-elle. Le caractère d’Aminata, dont le visage souvent grave laisse parfois échapper un lumineux sourire communicatif, a été forgé dès l’enfance : jusqu’à ses 20 ans, elle a été l’une des seules filles de sa région à pratiquer la pêche.
    Son frère ayant été envoyé à l’école coranique, elle était le seul enfant restant. « J’étais très proche de mon père, alors il m’a initié à la pêche, contre la volonté de ma mère. » Après des années d’engagement, elle a un discours sans concession : « L’Etat doit s’employer à sensibiliser les jeunes et à leur offrir des perspectives pour les maintenir au Sénégal ! » Elle fustige la politique restrictive des visas et de fermeture des frontières en Europe, jugeant que « c’est cela qui explique en partie que les jeunes prennent la mer et qu’aujourd’hui, beaucoup sont morts... » Omniprésent dans sa vie, le sujet de la migration l’est jusqu’à son environnement immédiat : sa rue donne sur une plage connue pour être un lieu de départ, au point que le quartier a été surnommé « l’aéroport ». En rentrant chez elle après la visite rendue à Anna, Aminata croise un jeune de sa famille, les yeux rivés sur la mer. Une vive discussion s’engage : deux jours avant, il a pris une pirogue mais à cause d’une panne de moteur, lui et ses compagnons sont rentrés. « Quand ils veulent partir, c’est difficile de les retenir... Son frère a tenté à trois reprises et c’est moi qui suis allée le récupérer dans les pirogues à chaque fois », lance Aminata, le regard assombri par la détresse

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#emigration#migrationirreguliere#sante#mortalite#disparition#mbour#santementale

  • « Leur absence pèse chaque minute » : au Sénégal, le deuil impossible des proches de migrants disparus - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73428/leur-absence-pese-chaque-minute--au-senegal-le-deuil-impossible-des-pr

    « Leur absence pèse chaque minute » : au Sénégal, le deuil impossible des proches de migrants disparus
    Par FRANCE 24 Publié le : 02/09/2026
    Au Sénégal, des familles ont rendu hommage lundi à leurs proches disparus en mer en tentant de rejoindre l’Europe, à l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues. Entre quête de réponses et impossibilité de faire leur deuil, elles réclament davantage de soutien des autorités.
    « Ils ne sont plus là. Leur absence pèse lourdement, chaque minute, dans nos vies. » Sur une pancarte affichée à Dakar, ces mots résument une attente qui dure parfois depuis près de vingt ans. Une autre aligne des dizaines de visages de jeunes hommes sous un même titre : « Des jeunes en partance pour l’Espagne ». À l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues, des familles sénégalaises se sont rassemblées lundi 31 août pour rendre hommage à leurs proches disparus en mer en tentant de rejoindre l’Europe et réclamer davantage de soutien des autorités.
    « J’ai deux frères qui ont disparu : l’un en 2006 – nous n’avons aucune nouvelle de lui –, l’autre en 2024 – nous ne savons pas non plus où il se trouve », témoigne Ibrahima Diop, interrogé par France 24. « S’ils étaient décédés et que nous avions au moins leur corps, nous saurions où ils reposent et nous pourrions faire notre deuil. Mais lorsqu’une personne disparaît sans laisser aucune nouvelle, c’est psychologiquement très difficile. »
    Des associations se mobilisent pour préserver la mémoire des disparus tout en mettant en lumière la détresse des familles confrontées à cette attente sans fin. De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) les accompagne pour leur permettre d’obtenir une déclaration d’absence ou de disparition. « On soutient directement les familles à travers un programme d’accompagnement administratif et juridique », explique Bettina Bauer, coordinatrice du CICR."On soutient également les familles à travers leurs associations. C’est très important de suivre tous ces besoins des familles concernées par la disparition, car elles font face à une souffrance extrême. La disparition ne permet pas de clore ou de faire le deuil." La traversée entre les côtes ouest-africaines et les îles Canaries reste l’une des routes migratoires les plus meurtrières vers l’Europe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 3 000 personnes y ont disparu ces dernières années. Un chiffre que les ONG estiment largement sous-évalué.

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#disparu#sante#santementale#mortalite#routemigratoire

  • À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées
    30 août 2026 | Addameer
    https://www.addameer.ps/news/5732

    • Troisième année de disparitions forcées à Gaza visant des milliers de Palestiniens
    • Organisations de défense des prisonniers : la disparition forcée, un moyen systématique de dissimuler des crimes de torture et de meurtre, qui exige que les responsables rendent des comptes sans délai

    Ramallah, Palestine occupée – À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, les organisations de défense des prisonniers palestiniens affirment que les autorités d’occupation israéliennes continuent, pour la troisième année consécutive, de recourir à la « disparition forcée » comme politique systématique à l’encontre de milliers de détenus palestiniens enlevés dans la bande de Gaza, qui ont été arrêtés au cours des années où le crime de génocide a été commis. Le sort et le lieu de détention d’un grand nombre d’entre eux restent inconnus à ce jour.

    Ces organisations soulignent que le fait que l’occupant continue de dissimuler des informations sur les détenus, qu’il refuse de divulguer leurs noms, leurs lieux de détention et leur état de santé, et qu’il leur interdisent de communiquer avec leurs familles, leurs avocats et les organisations de défense des droits humains ne constitue pas simplement des violations isolées des droits des détenus. Elles forment au contraire un système intégré de disparitions forcées, utilisé pour priver les détenus de toute protection juridique et créer des conditions propices à la torture, aux mauvais traitements, aux crimes médicaux et à d’autres violations, à l’abri de tout contrôle et de toute obligation de rendre des comptes.

    La disparition forcée : un crime à part entière et un moyen de dissimuler d’autres crimes
    La disparition forcée est absolument interdite par le droit international et ne peut en aucun cas être justifiée, y compris en cas de guerre ou de conflit armé. La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées la définit comme la privation de liberté suivie d’un refus de reconnaître cette privation ou de la dissimulation du sort ou du lieu où se trouve la personne disparue, ce qui place cette personne hors de la protection de la loi.

    Le droit international reconnaît également le droit des victimes et de leurs familles à connaître la vérité et le sort de leurs proches, ainsi que leur droit à un recours et à une indemnisation. Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale qualifie la disparition forcée, lorsqu’elle est commise dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile, de crime contre l’humanité.

    Depuis le début du crime de génocide dans la bande de Gaza occupée, les autorités d’occupation ont recouru à des mesures juridiques et militaires pour consolider cette politique, notamment la détention de milliers de civils sans garanties adéquates, le recours à la loi sur les « combattants illégaux » et la création de camps de détention spéciaux, en plus d’imposer des restrictions importantes à l’accès des avocats, du Comité international de la Croix-Rouge et des organisations de défense des droits humains aux détenus.

    Des milliers de personnes ont été victimes de disparitions forcées… tandis que le sort de centaines d’autres reste inconnu
    À ce jour, il n’existe aucune statistique précise et exhaustive sur le nombre de Palestiniens victimes de disparitions forcées dans la bande de Gaza occupée, en raison de la difficulté à recenser les cas et à déterminer le sort des détenus et des personnes disparues. Cette difficulté a été aggravée par l’ampleur des destructions, des meurtres et des déplacements forcés, par le fait que les équipes de recherche et de sauvetage ont été prises pour cible ou entravées dans leur action, ainsi que par la politique délibérée de l’occupant consistant à dissimuler les informations concernant les détenus et les personnes disparues.

    Au cours des trois dernières années, les associations de défense des prisonniers ont déployé des efforts pour enquêter et obtenir des informations sur le sort de milliers de Palestiniens enlevés dans la bande de Gaza occupée. Les autorités d’occupation ont répondu qu’elles ne disposaient d’aucune information concernant des centaines de personnes portées disparues. Par la suite, des photographies ont fait surface de certaines de ces personnes dont les autorités d’occupation avaient auparavant nié l’arrestation ou la détention. Dans d’autres cas, à la suite d’actions en justice et de requêtes adressées à la Cour suprême de l’occupation, l’armée d’occupation a été contrainte de reconnaître qu’elle détenait les dépouilles de détenus, sans toutefois fournir de dates ni de précisions sur les circonstances de leur martyre.

    Dans ce contexte, le cas du journaliste et martyr Ehab Diab, originaire de la bande de Gaza occupée, se distingue particulièrement . Au cours de la période écoulée, plusieurs institutions ont poursuivi leurs efforts pour faire la lumière sur son sort et ont reçu plusieurs réponses des autorités indiquant qu’aucune information n’était disponible à son sujet. Finalement, une organisation de défense des droits humains des territoires occupés de 1948 a saisi la Cour suprême, et il a ensuite été révélé que son corps était détenu par l’armée. Les institutions ont ensuite annoncé ce qu’il était advenu de lui le 9 août 2026, précisant qu’il avait été tué dans les prisons de l’occupant, sans toutefois préciser la date exacte de son martyre.

    La disparition forcée comme outil de torture et d’assassinat
    La disparition forcée d’un détenu du monde extérieur ne peut être dissociée du système de violations auquel il est soumis au sein des centres de détention. L’absence d’informations, ainsi que de contrôle juridique et en matière de droits humains, crée un environnement propice à la perpétration de crimes à l’abri des regards du monde.

    Grâce aux témoignages et aux déclarations qu’elles ont réussi à recueillir, les institutions ont établi que les détenus enlevés dans la bande de Gaza ont été soumis à des pratiques brutales dès le moment de leur arrestation et tout au long des interrogatoires et de leur transfert vers les prisons et les camps de détention. Ces pratiques comprennent notamment la torture systématique, les mauvais traitements et les crimes médicaux, qui ont entraîné le martyre de dizaines de détenus.

    Dans ce contexte, les autorités d’occupation ont mis en place des camps et des centres de détention spécialement destinés aux détenus enlevés à Gaza, notamment le camp militaire de « Sde Teiman », ainsi que les camps militaires d’« Anatot », d’« Ofer » et de « Naftali ». Elles ont également rouvert la section « Rakefet », située au sein de la prison de Ramla. Après avoir pu rendre visite aux détenus originaires de la bande de Gaza occupée incarcérés dans ces établissements, les organisations ont rapporté des témoignages et des récits choquants et effroyables.

    La rétention des corps : une extension du crime consistant à dissimuler le sort des personnes
    La politique de dissimulation ne s’arrête pas aux personnes vivantes. Les autorités d’occupation continuent de retenir les corps de Palestiniens de la bande de Gaza, y compris ceux de détenus tombés en martyrs dans les prisons et les camps de détention, tout en continuant à conserver les corps d’autres Palestiniens dans des morgues et dans ce que l’on appelle les « cimetières des numéros ».

    La rétention des corps et le refus de les restituer à leurs familles constituent une violation du droit des victimes et de leurs familles à connaître la vérité, à récupérer les corps de leurs proches et à les enterrer dans le respect de leur dignité humaine. Cela soulève également de graves préoccupations quant aux circonstances et aux causes du décès et entrave la conduite d’enquêtes indépendantes et transparentes.

    Un système juridique et militaire visant à ancrer la disparition forcée
    Les institutions de défense des prisonniers palestiniens affirment que le crime de disparition forcée n’a pas été commis de manière aléatoire ni à la suite d’abus individuels. Il a au contraire été ancré par un système d’ordres militaires et judiciaires, de législations et de pratiques qui ont fourni un cadre à la détention et à la disparition de milliers de Palestiniens.

    Le système judiciaire de l’occupation a contribué à ancrer cette politique en utilisant la loi sur les « combattants illégaux » comme cadre pour la détention des Palestiniens de la bande de Gaza, tandis que les autorités d’occupation ont refusé de divulguer des informations suffisantes concernant le nombre, l’identité et les lieux de détention des personnes détenues. Des organisations de défense des droits de l’homme ont également déposé des requêtes auprès de la Cour suprême israélienne afin d’obtenir la divulgation de l’identité et du lieu de détention des détenus ; toutefois, ces procédures judiciaires n’ont pas mis fin à la politique de disparitions forcées.

    Selon les chiffres publiés par l’administration pénitentiaire de l’occupation jusqu’au début du mois d’août 2026, le nombre de personnes classées par celle-ci comme « combattants illégaux » s’élevait à 1 358. Par ailleurs, le nombre de Palestiniens identifiés, enlevés dans la bande de Gaza et tombés en martyre pendant leur détention s’élève à 53, sur un total de 99 prisonniers et détenus tombés en martyre à la suite du génocide et dont l’identité est connue.

    La responsabilité internationale s’intensifie face au crime de génocide en cours
    La poursuite des disparitions forcées de détenus palestiniens, parallèlement au crime de génocide en cours, fait peser sur la communauté internationale une responsabilité juridique et morale directe, d’autant plus que les familles continuent d’être privées de leurs droits les plus fondamentaux : connaître le sort de leurs proches et savoir où ils se trouvent.

    En conséquence, les institutions de défense des prisonniers palestiniens appellent la communauté internationale, les Nations unies et ses mécanismes de défense des droits de l’homme à assumer leurs responsabilités juridiques et morales et à aller au-delà du silence et des condamnations formelles pour adopter des mesures contraignantes visant à révéler le sort des personnes victimes de disparitions forcées, à garantir l’accès international et celui des avocats aux détenus, à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les crimes de disparition forcée, de torture et d’assassinat, à traduire les responsables en justice et à contraindre les forces d’occupation à remettre les corps des martyrs qui sont détenus.

    Le fait de continuer à dissimuler le sort de centaines de personnes n’est pas simplement un manque d’informations ; il s’agit d’un crime systématique commis sous les yeux du monde entier, tandis que l’échec et le silence du système international des droits de l’homme sont devenus un prétexte à l’impunité.

    Limiter la réponse à la documentation et aux déclarations alors que les crimes se poursuivent fait de ce système un complice dans la perpétuation de l’absence de responsabilité. Par conséquent, mettre fin aux disparitions forcées et révéler le sort des détenus n’est pas une exigence humanitaire qui peut être reportée ; c’est un véritable test de l’engagement de la communauté internationale à faire respecter la loi et à sauver l’humanité de la voie du génocide sur laquelle elle s’est engagée.
    (fin)

    #disparitions_forcées #Prisonniers #prisonniers_palestiniens

  • #RFK Jr. goes full anti-vaccine bananas over two measles deaths—one was a newborn
    https://arstechnica.com/health/2026/08/rfk-jr-spews-anti-vaccine-rubbish-as-newborn-revealed-to-have-died-from

    In the wake of news on Tuesday that two people in #Pennsylvania died from measles, Health Secretary Robert F. #Kennedy Jr. has been posting a slew of anti-vaccine rhetoric and misinformation on social media—marking a resurgence of his old ways as a fervent opponent of lifesaving immunizations.

    The deaths are the first measles-linked fatalities in Pennsylvania in 35 years and are the first US measles deaths reported in 2026. They occurred amid an explosive outbreak in the state that has reached nearly 400 confirmed cases, as well as an ongoing nationwide surge for the vaccine-preventable #disease. The US has tallied nearly 2,800 cases so far this year, the highest total since 1991.

    (...)

    On Wednesday, as news broke that one of the deaths in Pennsylvania was in a newborn, Kennedy turned to his official X account as US health secretary to allege that “the deaths may even have been altogether fabricated by one of the Governor’s hopeful staffers.” He cited a tweet from Josh Parsons, a Republican commissioner of Lancaster County, who claimed there had been “zero measles deaths” reported in the county. The claims appear to be another old play from the anti-vaccine handbook.

    (...)

    #shadoks #vaccins #measles #rougeole

    https://seenthis.net/messages/1187727

  • À symptômes égaux, l’IA envoie les hommes aux #urgences, pas les femmes

    Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.

    L’intelligence artificielle (IA) médicale ne conseille pas la même chose à une femme et à un homme. C’est ce qu’a montré Qi Han Wong dans une étude déposée en juin sur la plateforme scientifique arXiven.

    Le chercheur a soumis à trois grands modèles de langage un même scénario clinique : des maux de tête persistants depuis deux semaines, résistants aux antalgiques, accompagnés d’une vision floue, de nausées matinales et de troubles visuels. Seuls l’âge et le sexe de la personne étaient modifiés.
    96,7 % des hommes, 6,7 % des femmes

    Le résultat est spectaculaire chez les personnes de 25 ans. L’IA Claude a recommandé une consultation aux urgences dans 96,7 % des cas pour les hommes, contre seulement 6,7 % pour les femmes. Avec GPT-5.4-mini, les taux étaient respectivement de 66,7 % et 6,7 %. Gemini 3.5 Flash recommandait les urgences dans 23,3 % des cas pour les hommes, contre 0 % pour les femmes.

    Le chercheur a fait varier trois classes d’âge -25, 38 et 65 ans- et le sexe, avec 30 essais pour chaque condition et chaque modèle, soit 630 requêtes au total. Un scénario supplémentaire ne précisant pas le sexe servait de référence.

    Selon l’étude, les modèles attribuaient aux différents patients des niveaux de gravité comparables, généralement élevés, de l’ordre de 7 à 9 sur 10.
    Le piège de la « substitution diagnostique »

    Autrement dit, l’IA semble reconnaître que les symptômes sont potentiellement sérieux. Mais elle ne tire pas la même conclusion sur la nécessité d’une prise en charge urgente.

    Pourquoi une telle discrimination algorithmique ? Les chercheurs parlent de « substitution diagnostique ». En analysant la stéréotypie médicale, l’IA associe immédiatement les symptômes de la jeune femme à une affection spécifique : « l’hypertension intracrânienne idiopathique (HTAI) », une maladie neurologique statistiquement plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Comme cette pathologie est jugée moins immédiatement mortelle à court terme, le modèle conclut qu’un rendez-vous chez un spécialiste dans quelques semaines suffit.

    Pour l’homme, en revanche, l’IA ne trouvant pas d’association épidémiologique évidente, elle applique le principe de précaution et conclut à une « hypertension intracrânienne générique menaçante », nécessitant une prise en charge urgente.

    L’étude montre qu’à l’âge de 65 ans, quand les probabilités épidémiologiques s’égalisent, l’écart d’orientation entre hommes et femmes disparaît totalement.
    Des biais humains numérisés

    Dans la « vraie vie », le milieu médical souffre déjà de biais sévères : la prise en charge de la douleur des femmes est historiquement minimisée, souvent reléguée à des facteurs psychosomatiques, hormonaux ou anxiogènes.

    En entraînant les modèles d’IA sur des millions de textes, rapports et données cliniques existants, les concepteurs de la tech ont réinjecté ces biais au cœur des algorithmes. Résultat : alors même que de plus en plus de plateformes de santé et d’applications intègrent des « chatbots de pré-tri » pour orienter les patients, les femmes risquent d’être systématiquement sous-orientées et retardées dans leur prise en charge médicale vitales.

    Pour les auteurs de l’étude, les concepteurs d’IA médicale doivent impérativement séparer l’évaluation de l’urgence médicale des simples calculs de probabilités diagnostiques liées au sexe de la personne.

    https://www.lesnouvellesnews.fr/a-symptomes-egaux-lia-envoie-les-hommes-aux-urgences-pas-les-femmes
    #IA #AI #discriminations #intelligence_artificielle #santé #hommes #femmes #genre #biais

    • Gender-Dependent Diagnostic Substitution in LLM Medical Triage : Same Symptoms, Unequal Urgency

      We investigate whether large language models produce different medical triage recommendations for identical neurological symptoms when only the patient’s stated gender and age vary. Using three model families—Gemini 3.5 Flash, Claude Sonnet 4.6, and GPT-5.4-mini—we present a standardized symptom profile (persistent headache, blurred vision, morning nausea, visual disturbances) across seven demographic conditions: three age groups (25, 38, 65) x two genders (male, female), plus a gender-unspecified baseline (n = 30 per condition per model, 630 total trials). We find a stark, systemic gender-dependent triage disparity: young women receive significantly lower emergency room (ER) referral rates than age-matched men (Gemini: 0% vs. 23.3%; Claude: 6.7% vs. 96.7%; GPT: 6.7% vs. 66.7%, all p < 0.001). The disparity disappears at age 65 for all models. The primary mechanism is diagnostic substitution: the models anchor on a gender-associated diagnosis, preferentially classifying young women with Idiopathic Intracranial Hypertension (IIH)—a condition epidemiologically linked to women of childbearing age—while diagnosing men with generic increased intracranial pressure with space-occupying lesions in the differential. This diagnostic closure routes female patients to lower-urgency care (outpatient doctor appointments) despite comparable severity ratings (7-9/10). Our findings demonstrate that clinical LLMs replicate documented human clinical biases by using epidemiological priors to suppress triage urgency, suggesting that AI triage engines must decouple urgency assessment from probabilistic diagnostic priors. We release all code, prompts, and raw results.

      https://arxiv.org/abs/2606.03641

  • L’IA dans les formations supérieures : beaucoup d’effets délétères et peu d’apports positifs

    D’après l’enquête IA et enseignement supérieur réalisée par le MESR en juin 2025 (https://mission-ia-sup.forge.apps.education.fr), les usages pédagogiques de l’IAG (Intelligence Artificielle Générative) largement dominants dans les universités sont de l’aide à la rédaction (44% des usages pour les enseignant·es et 62% pour les étudiant·es) et la recherche d’information (75% pour les étudiant·es). En termes d’outils d’IA souhaités, la recherche d’information arrive en rang 1 avec 60% des étudiant·es, à quoi s’ajoutent 50% de recherche de sources diversifiées (rang 4) et 50% de vérification d’informations (rang 2). Le rang 3 est occupé par l’assistance à la rédaction. Il n’y a donc pour l’instant aucun doute sur les usages actuels de l’IA et leur avenir proche par les étudiant·es. Pour les enseignant·es il s’agit surtout d’aides à l’évaluation (les 5 premiers rangs, supérieurs à 50%).

    Réaliser soi-même la recherche d’information et de rédaction est essentiel dans une formation supérieure

    Or ces usages touchent au coeur même des activités d’#apprentissage, fondé, dans le supérieur, sur des méthodes rigoureuses issues de la #recherche_scientifique (Voir aussi : https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques). Il est crucial d’apprendre à chercher et identifier les #sources, les vérifier, les comparer, les valider. Les étudiant·es demandent la plupart du temps à l’IAG de faire ce travail à leur place, n’apprenant donc pas à le faire. Pire : l’IAG est un intermédiaire qui masque les sources, d’autant que les outils d’IA gratuits qu’utilisent les étudiant·es offrent des possibilités limitées. On voit ainsi souvent des #bibliographies fictives, où une IA a associé des noms d’auteurs et d’autrices réels avec des titres d’ouvrages réels ou probables chez des éditions vraisemblables sauf que ces ouvrages n’existent pas : l’IAG a combiné des éléments probables. Exemple vécu : dans une #bibliographie de 25 titres d’un projet de mémoire de master en juin 2025, 23 étaient inventés.

    Même chose pour la #rédaction. Rédiger, ce n’est pas seulement livrer un produit fini, c’est surtout un processus à fonction cognitive qui concrétise la #pensée dans un #discours_organisé, et renvoie à la personne qui écrit son propre #discours à lire, la pousse à s’interroger sur les #termes justes et les #formulations nuancées. Quand on fait produire un texte à une #IAG, cette activité disparaît. On a du mal à identifier quels textes déjà disponibles en ligne l’IAG a pillés, mélangés, vidés de leurs spécificités, et donc à vérifier leur #cohérence et leur #validité. Or l’apprentissage de méthodes à usage autonome, c’est l’objectif majeur d’une formation supérieure. Et quand on utilise une IAG « seulement » pour « améliorer » la forme d’un texte, ce qu’elle sait plutôt bien faire, on court plusieurs #risques qui ne valent pas la #surconsommation_énergétique : perdre en cohérence entre le discours et la pensée qui l’a produit, donner la primauté à la forme sur le fond, uniformiser les modalités d’expression par l’application de #modèles_automatisés... L’une des constatations de l’enquête de 2025, c’est que « l’usage direct et sans encadrement d’une IAG est néfaste sur les apprentissages » (p.24).

    Cela ne signifie pas qu’aucun usage pédagogique pertinent ne puisse être fait d’une IAG, selon les domaines et de manière tutorée, notamment dans les domaines où l’IA fournit une #aide_technique de beaucoup plus haut niveau que ce que faisaient déjà des outils informatiques comme, par exemple, des tableurs ou des visions augmentées (télescopes ou microscopes). Mais, dès lors qu’il s’agit de contenus produits par la #pensée_humaine et utiles pour son développement, de domaines de connaissances où les textes occupent une place importante pour contextualiser dans la complexité du monde et produire prioritairement du #sens, la délégation à une machine crée davantage de manques qu’elle ne viendrait en combler.

    Exemple d’une soutenance de master

    Lors d’une soutenance de Master en Esthétique et Théorie des arts, sur l’insistance du jury, le candidat a admis avoir fait usage de l’IAG pour rédiger son mémoire. Le mémoire de 180 pages était rédigé sans la moindre erreur orthographique. Au niveau formel, rien à redire. Mais l’IAG compile, elle ne pense pas. Elle a en effet combiné des éléments probables d’information sans jamais attiser le désir de les vérifier, en entretenant l’#illusion_de_la_vérité. Elle a conduit à asséner des #généralités dont pas une ne pouvait résister à l’#esprit_critique. Pourtant, il n’y a que sur les pires chaînes de télévision que la compilation d’éléments information est donnée comme équivalente à un #argumentaire bien ficelé.

    Ainsi, pour développer et mettre en travail le concept d’habitus de P. Bourdieu, pourtant l’un des plus travaillés au monde, l’IA a proposé un falot manuel de sociologie pour débutant·es. Lorsque G. Bataille est cité, la référence de l’ouvrage ne comporte pas de numéro de page, l’IAG ne s’embarrassant pas de ces détails. Il fut donc impossible de vérifier s’il parlait effectivement (en 1957) de « ruptures des frontières corporelles dans la danse », ce qui serait très étonnant. L’IAG aura transformé la moindre idée porteuse de sens en #discours_indigent. Avec elle, la pensée propre à l’étudiant et son potentiel à problématiser ont cédé la place à la #banalité.

    Que faudrait-il changer face aux usages risqués de l’IA côté enseignement ? (Voir aussi : UNESCO, 2023, Guide pour l’IA générative dans l’éducation et la recherche : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000389901)

    Malgré tout cela, il semble déjà difficile d’empêcher l’usage de l’AI par les étudiant·es.

    Auparavant, on était bien souvent dans une forme de dispositifs d’apprentissage implicites, avec des « raccourcis » grossiers dans la pertinence des évaluations (au risque d’ailleurs d’entraîner l’échec de tous les étudiant·es différent·es de la norme, sans les codes, etc.). La faute à la (non ?) formation à la pédagogie des enseignant·es du supérieur, mais aussi au manque de moyens. Également au déficit, dans l’évaluation de la carrière des E-C, de reconnaissance de l’expertise en enseignement, face à l’importance accordée aux activités de recherche.

    Si on veut garder un niveau d’apprentissage sérieux, relatif à ce qui peut s’ancrer durablement dans l’esprit de nos étudiant·es, on est donc face à la nécessité d’adapter nos #méthodes_pédagogiques. Le remède n’est pas forcément inaccessible. On doit s’assurer en détail que les étudiant·es travaillent pour de bon l’élaboration progressive d’une maîtrise des diverses #compétences et de leur articulation. On est donc forcés de faire une mesure plus fine de l’authenticité, des progressions dans le temps, plutôt que la simple #évaluation d’un résultat final. Tout cela va avoir un coût humain et logistique : organiser par exemple beaucoup plus de soutenances à l’oral, en présentiel et synchrone. Et devoir préciser et vérifier à chaque étape si l’IAG est acceptée ou non. Et si oui comment elle est utilisée...

    Il faudrait en somme mieux appliquer les pratiques adéquates standards de la pédagogie, comme l’alignement des dispositifs d’évaluation, par exemple. Tout cela requiert beaucoup d’efforts de la part des enseignant·es, et de moyens, des formations, un taux d’encadrement nettement plus massif. Il faut remettre plus d’humain dans la boucle. Hélas, ce n’est pas la tendance politique du moment. L’IAG porte la promesse magique de la #productivité — et il n’y a pas ou que peu d’alternatives puisque le marché en fourgue partout dans nos appareils et nos logiciels. Pourtant, si on veut former à l’#effort dans un monde de facilité, ça va coûter plus cher.

    https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-numero-11-juin-2026-l-ia-dans-l-esr-ou-l-esr-dans-l-ia/article/l-ia-dans-les-formations-superieures-beaucoup-d-effets-deleteres-et-peu
    #IA #AI #intelligence_artificielle #ESR #enseignement_supérieur #université #facs #pédagogie #à_lire

    • L’IA générative bouleverse-t-elle les pratiques pédagogiques ?

      En bref

      – Rendu public par OpenAI en 2023, GPT-4 a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique.
      – Les #modèles_de_langage modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique, ce qui peut mener à une fragilisation de leur plasticité cérébrale et de leur densification des réseaux neuronaux.
      – Lorsque assisté par l’IA, l’acquisition des connaissances peut être affaiblie dès qu’elle remplace systématiquement l’#effort_intellectuel : les productions écrites, le #travail_autonome et les modalités d’évaluation.
      – De nombreuses questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et #effort_cognitif humain sont soulevées, d’autant par la rapide évolution des modèles d’IA.
      – Des cadres commencent à émerger où l’IA n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.

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      L’irruption de l’intelligence artificielle générative dans les systèmes éducatifs marque un tournant technologique. Contrairement aux plateformes d’apprentissage en ligne ou aux outils d’assistance pédagogique des années 2000 et 2010, les modèles de langage de grande taille produisent désormais des raisonnements structurés, synthétisent des corpus complexes et interagissent avec les apprenants de manière adaptative.

      GPT‑4, rendu public par OpenAI en 2023, a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique1. D’autres architectures comme Claude d’Anthropic ou LLaMA de Meta confirment cette dynamique tout en explorant des stratégies de gouvernance des sorties génératives et de réduction des biais2.

      Ces avancées offrent de nouvelles opportunités pour personnaliser les parcours, renforcer le tutorat individualisé et élargir l’accès aux ressources pédagogiques. Elles soulèvent toutefois des interrogations sur les fréquences d’utilisations (voir figure 1) et les conditions cognitives de l’apprentissage assisté par IA, car certaines dimensions de l’acquisition des connaissances peuvent être fragilisées lorsque cette technologie remplace systématiquement l’effort intellectuel3.

      Ces enjeux touchent directement des dispositifs clés de l’enseignement supérieur, tels que la production écrite, le travail autonome et les modalités d’évaluation. De plus, ces transformations appellent une approche combinant recherche académique et observation des pratiques pédagogiques.
      L’effort cognitif à l’épreuve des modèles génératifs

      Les modèles de langage de grande taille modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique. GPT‑4, par exemple, atteint des performances comparables à celles d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de synthèse textuelle5. Cette portée soulève des questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et effort cognitif humain.

      « Le problème, dans le champ éducatif, apparaît lorsque l’étudiant utilise systématiquement l’IA pour réaliser un exposé, un mémoire, une dissertation ou même pour apprendre une notion » affirme Michel Barabel, maître de conférences à l’Université Paris-Est dont les travaux portent sur la transformation des organisations, en particulier la gestion des compétences, la formation professionnelle et les cultures apprenantes. La sous-traitance systématique peut nuire au développement de capacités cognitives essentielles. « Les travaux de recherche montrent que dans ce cas, le coût de l’effort cognitif augmente rapidement et que faire seul devient de plus en plus difficile ».

      Les cadres théoriques de la psychologie cognitive permettent d’éclairer ce phénomène. Les distinctions de Daniel Kahneman entre le cerveau de type 1, analytique et paresseux, et le cerveau de type 2, créatif et mobilisé dans la résolution de situations inédites, servent de référence. Barabel observe que « la grande promesse de l’IA est précisément de sous-traiter les tâches relevant du cerveau de type 1, simples et répétitives, afin de libérer du temps pour des activités de type 2 ». Son usage répété dans des tâches fondamentales du type 1 peut ainsi limiter la densification des réseaux neuronaux nécessaires à la créativité et à la pensée critique.

      Une comparaison avec d’autres usages technologiques illustre ce risque. « Cette dépendance pose une question centrale, celle d’un appauvrissement progressif des capacités cognitives », explique Barabel, faisant référence à des exemples observés dans d’autres contextes, comme la navigation des chauffeurs de taxi londoniens devenue dépendante du GPS. Les travaux en neurosciences montrent que l’apprentissage reposant sur un engagement cognitif actif favorise la plasticité cérébrale et la densification des réseaux neuronaux, tandis qu’une réduction durable de l’effort analytique limite ces mécanismes et fragilise la mobilisation des compétences dans des situations complexes6. « Or, on sait qu’il est très difficile de faire émerger une créativité authentique sans ce socle d’effort cognitif préalable », ajoute l’expert.

      Cette réflexion sur l’effort cognitif souligne que les effets de l’IA générative dépendent moins de la technologie que des modalités d’usage. L’usage réfléchi et régulé peut soutenir la créativité et la productivité, tandis qu’un usage passif peut compromettre le développement de compétences intellectuelles essentielles.
      Des recours pédagogiques en recomposition progressive

      La diffusion rapide des outils d’IA générative a rendu visibles des usages déjà largement installés chez les étudiants, souvent en dehors de tout cadre institutionnel. Plusieurs travaux montrent que ces outils sont mobilisés pour rédiger des exposés, structurer des mémoires ou préparer des évaluations, sans que les dispositifs pédagogiques aient été conçus pour en tenir compte7. Cette situation a conduit certains établissements à repenser non pas seulement la régulation, mais la nature même des activités proposées.

      D’après Michel Barabel, « la question ne peut se réduire à une opposition entre autorisation et interdiction. Le problème ne doit pas être posé en ces termes ». Il stipule que l’IA combine des potentialités pédagogiques fortes et des limites réelles. Dans les dispositifs qu’il observe, l’enjeu consiste à distinguer plusieurs formes d’activités selon le rôle attribué à la machine. « Certaines activités peuvent être totalement confiées à l’IA sans régulation particulière », notamment lorsqu’il s’agit de procédures ou d’aide méthodologique, tandis que d’autres doivent rester exclusivement humaines. « L’usage de l’IA y est interdit afin de préserver la relation pédagogique, le travail du cerveau de type 1 et la créativité et l’esprit critique ».

      Cette différenciation se traduit concrètement par des dispositifs de transparence. « À Sciences Po et à l’IAE Paris-Est, les étudiants doivent expliciter leur usage de l’IA dans une annexe dédiée. Nous autorisons son exploitation, mais nous imposons une annexe IA dans tous les travaux », précise Barabel. Cette exigence permet de déplacer l’évaluation du seul résultat vers le processus intellectuel mobilisé. « Le nouveau plagiat, pour nous, n’est pas d’utiliser l’IA, mais de l’utiliser sans le déclarer », ajoute-t-il.

      Les modalités d’évaluation ont également été ajustées pour tenir compte de ces pratiques. Barabel observe qu’« un exposé à rendre pour la semaine suivante a aujourd’hui une probabilité très élevée d’être produit à 60, 70, voire 90 % à l’aide de l’IA ». Dans ce contexte, « là où l’écrit pesait auparavant davantage, l’oral est désormais majoritaire », afin de vérifier la compréhension, l’appropriation des concepts et la faculté de l’étudiant à défendre son raisonnement.

      Entre délégation, assistance et augmentation, les applications pédagogiques se structurent ainsi autour d’un principe d’articulation. « Il existe des situations où l’IA assiste l’étudiant », note Barabel, tandis que dans d’autres configurations, « l’étudiant produit une première version et l’IA l’aide à l’améliorer par questionnement et suggestions ». Ces expérimentations dessinent progressivement un cadre où cette technologie n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.
      Entre promesses d’augmentation et risques de fragmentation

      Les limites actuelles de l’IA générative en contexte éducatif tiennent moins à ses performances techniques qu’aux effets systémiques qu’elle induit sur les trajectoires d’apprentissage. Les bénéfices cognitifs observés dépendent fortement des conditions d’emploi, avec des résultats parfois contradictoires selon les protocoles expérimentaux[8]. Michel Barabel invite ainsi à la prudence dans l’interprétation des premières données disponibles. « Certaines études, notamment du MIT, ont montré une baisse rapide de certaines capacités cognitives, mais sur des échantillons très réduits et avec des protocoles discutables », rappelle-t-il, tout en notant que d’autres travaux mettent en évidence des effets positifs sur certaines compétences.

      Cette hétérogénéité des résultats renvoie à une question centrale, celle de l’intensité et surtout de la nature des utilisations. « Il pas certain qu’il existe un seuil universel », précise Barabel, en soulignant que « le problème réside davantage dans l’organisation des activités que dans le volume d’interaction avec l’IA ». Il propose un équilibre théorique dans lequel « le 100 % humain devrait représenter au moins 20 % des activités », afin de préserver les fonctions cognitives fondamentales liées à l’effort, à la réflexion autonome et à la construction du jugement.

      Au-delà des effets individuels, les chercheurs s’inquiètent de dynamiques d’inégalités susceptibles d’être amplifiées par les systèmes intelligents. Les écarts d’accès aux versions les plus performantes des modèles, souvent conditionnés par des abonnements payants, constituent un premier facteur de différenciation[9]. Barabel met en évidence le fait que « le capital économique des familles pourrait conditionner l’accès à des IA plus performantes, utilisées dans un cadre privé », créant un avantage cumulatif pour certains étudiants. À cela s’ajoutent les disparités institutionnelles. « Certains établissements disposent des moyens financiers et pédagogiques pour déployer des IA, former les enseignants et mettre en place des chartes éthiques. D’autres non ».

      Ces écarts matériels se doublent d’inégalités culturelles et cognitives. « Le risque majeur est alors l’accroissement des écarts entre étudiants », pointe Barabel, distinguant ceux qui utilisent l’IA de manière stratégique, ceux qui en font un usage mécanique et ceux qui réinvestissent le temps libéré dans des activités à forte valeur cognitive. Les recherches en sociologie de l’éducation montrent que ces mécanismes d’appropriation différenciée jouent un rôle déterminant dans la reproduction ou la transformation des hiérarchies scolaires8.

      Enfin, la rapidité d’évolution des technologies pose un défi structurel aux institutions éducatives. « Ce que nous disons aujourd’hui peut être remis en cause dans quelques mois par une nouvelle génération d’IA », signale Barabel. Cette instabilité technologique interroge la capacité des systèmes éducatifs à articuler innovation, équité et développement des compétences humaines fondamentales, dans un contexte où la production et la transmission des savoirs sont elles-mêmes en profonde recomposition.

      https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques

    • Le plus grand danger de l’IA à l’université n’est pas la triche, c’est l’érosion de l’apprentissage lui‑même

      L’intelligence artificielle promet de « libérer du temps » et d’optimiser l’apprentissage. Mais en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.

      Dans le débat public sur l’intelligence artificielle (IA) à l’université, une inquiétude revient en boucle : la tricherie. Les étudiants vont-ils confier leurs #dissertations à des #chatbots ? Les enseignants sauront-ils les démasquer ? Faut-il interdire ces outils sur les campus, ou au contraire les intégrer aux pratiques pédagogiques ?

      Ces questions sont légitimes. Mais à force de réduire le sujet à la #fraude_académique, on passe à côté de l’essentiel : une transformation beaucoup plus profonde est déjà à l’œuvre, qui dépasse largement les seuls comportements des étudiants – et même le cadre de la salle de classe.

      Les universités déploient désormais l’IA dans de nombreux aspects de leur fonctionnement. Certaines applications restent largement invisibles : des systèmes qui aident à répartir les ressources, à repérer les étudiants « à risque », à optimiser les emplois du temps ou à automatiser des décisions administratives routinières.

      D’autres usages sont, eux, beaucoup plus visibles. Les étudiants s’appuient sur des outils d’IA pour résumer des cours et réviser. Les enseignants les utilisent pour élaborer des sujets d’évaluation, préparer des syllabus. Les chercheurs s’en servent pour écrire du code, passer en revue la littérature scientifique ou condenser en quelques minutes des tâches fastidieuses qui prenaient auparavant des heures.

      On peut bien sûr utiliser l’IA pour tricher ou se soustraire à un devoir. Mais la multiplication de ses usages dans l’enseignement supérieur – et les bouleversements qu’ils annoncent – posent une question bien plus fondamentale : à mesure que les machines deviennent capables d’assumer une part croissante du travail de recherche et d’apprentissage, que devient l’université ? À quoi sert-elle encore ?

      Depuis huit ans, nous étudions les implications morales d’un recours massif à l’IA dans le cadre d’un projet de recherche conjoint entre le Applied Ethics Center at UMass Boston et l’Institute for Ethics and Emerging Technologies. Dans un livre blanc récent, nous soutenons qu’à mesure que les systèmes d’IA gagnent en autonomie, les enjeux éthiques de leur utilisation dans l’enseignement supérieur s’intensifient – tout comme les conséquences potentielles qui en découlent.

      À mesure que ces technologies deviennent plus performantes dans la production de travaux intellectuels – concevoir des cours, rédiger des articles, proposer des protocoles expérimentaux ou résumer des textes complexes – elles ne se contentent pas d’accroître la productivité des universités. Elles risquent aussi de vider de sa substance l’écosystème d’apprentissage et de mentorat sur lequel ces institutions sont fondées – et dont elles dépendent pour exister.
      IA non autonomes

      On peut distinguer trois types de systèmes d’IA et leurs effets respectifs sur la vie universitaire.

      Des logiciels alimentés par l’IA sont déjà utilisés dans l’enseignement supérieur pour l’examen des candidatures, les achats, l’accompagnement pédagogique des étudiants ou encore l’évaluation des risques institutionnels.

      On parle ici de systèmes « non autonomes » : ils automatisent certaines tâches, mais un humain reste « dans la boucle » et les utilise comme de simples outils.

      Ces technologies peuvent faire peser un risque sur la vie privée et la sécurité des données des étudiants. Elles peuvent aussi être biaisées. Et elles manquent souvent de transparence, ce qui rend difficile l’identification de l’origine de ces problèmes. Qui a accès aux données ? Comment sont calculés les « indices prédictifs de décrochage ou d’échec » ? Comment éviter que ces systèmes ne reproduisent des inégalités ou ne traitent certains étudiants comme de simples cas problématiques à gérer ?

      Ces questions sont sérieuses. Mais, au moins dans le champ de l’informatique, elles ne sont pas fondamentalement nouvelles. Les universités disposent en général de services de conformité, de comités d’éthique de la recherche et de mécanismes de gouvernance pensés pour anticiper ou limiter ces risques – même si, dans les faits, ils n’atteignent pas toujours pleinement ces objectifs.
      IA hybrides

      Les systèmes hybrides regroupent toute une gamme d’outils, parmi lesquels des bots conversationnels assistés par l’IA, des dispositifs de feedback personnalisé ou encore des aides automatisées à l’écriture. Ils reposent souvent sur des technologies d’IA générative, notamment sur de grands modèles de langage, les LLM. Si les utilisateurs humains fixent les objectifs généraux, les étapes intermédiaires que le système mobilise pour les atteindre ne sont, elles, généralement pas spécifiées.

      Ces systèmes hybrides façonnent de plus en plus le travail académique au quotidien. Les étudiants les utilisent comme compagnons d’écriture, tuteurs, partenaires de réflexion ou outils d’explication à la demande. Les enseignants s’en servent pour élaborer des grilles d’évaluation, préparer des cours ou concevoir des plans de syllabus. Les chercheurs les mobilisent pour résumer des articles, commenter des versions préliminaires, imaginer des protocoles expérimentaux ou générer du code.

      C’est ici que le débat sur la « tricherie » trouve véritablement sa place. Alors qu’étudiants et enseignants s’appuient de plus en plus sur ces outils pour se faire aider, il est légitime de s’interroger sur les formes d’apprentissage qui risquent de se perdre en chemin. Mais les systèmes hybrides soulèvent aussi des questions éthiques plus complexes.

      L’une d’elles concerne la transparence. Les chatbots d’IA proposent des interfaces en langage naturel qui rendent difficile de savoir si l’on échange avec un humain ou avec un agent automatisé. Cette ambiguïté peut être déstabilisante et source de distraction. Un étudiant qui révise pour un examen doit pouvoir savoir s’il s’adresse à son chargé de travaux dirigés ou à un robot. De même, un étudiant qui lit les commentaires sur son mémoire doit pouvoir identifier clairement s’ils proviennent de son enseignant.

      Tout manque de transparence dans ces situations risque d’aliéner les personnes concernées et de déplacer l’attention des interactions académiques : au lieu de se concentrer sur l’apprentissage, on se focalise sur les outils ou la technologie qui le médiatisent. Des chercheurs de l’Université de Pittsburgh ont montré que ces dynamiques suscitent chez les étudiants des sentiments d’incertitude, d’anxiété et de méfiance. Des effets loin d’être anodins.

      Une deuxième question éthique touche à la responsabilité et au crédit intellectuel. Si un enseignant utilise l’IA pour rédiger un sujet et qu’un étudiant s’appuie lui aussi sur l’IA pour produire sa réponse, qui évalue qui – et qu’est-ce qui est réellement évalué ? Si les retours sont en partie générés par une machine, qui est responsable lorsqu’ils induisent en erreur, découragent ou intègrent des présupposés invisibles ? Et lorsque l’IA contribue de manière substantielle à une synthèse de recherche ou à la rédaction d’un article, les universités devront établir des normes plus claires en matière d’autorat et de responsabilité – pas seulement pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants-chercheurs.

      Enfin se pose la question cruciale de la « décharge cognitive ». L’IA peut réduire les tâches fastidieuses, et cela n’a rien de problématique en soi. Mais elle peut aussi détourner les utilisateurs des étapes de l’apprentissage qui construisent réellement les compétences : formuler des idées, traverser des moments de confusion, retravailler un brouillon maladroit, apprendre à repérer ses propres erreurs.
      Agents autonomes

      Les transformations les plus profondes pourraient venir de systèmes qui ressemblent moins à des assistants qu’à de véritables agents. Si les technologies pleinement autonomes relèvent encore en partie de l’aspiration, l’idée d’un « chercheur en boîte » – un système d’IA agentique capable de mener des études de manière indépendante – devient de plus en plus crédible.

      Ces outils dits agentiques sont présentés comme susceptibles de « libérer du temps » pour des activités mobilisant davantage des capacités humaines, comme l’empathie ou la résolution de problèmes. Dans l’enseignement, cela pourrait signifier que les enseignants continuent d’assurer les cours au sens formel, mais que la majeure partie du travail pédagogique quotidien soit déléguée à des systèmes optimisés pour l’efficacité et le passage à l’échelle. En recherche, l’avenir semble appartenir aux systèmes capables d’automatiser toujours davantage le cycle scientifique. Dans certains domaines, cela prend déjà la forme de laboratoires robotisés fonctionnant en continu, capables d’automatiser une grande partie des expérimentations et même de sélectionner de nouveaux tests à partir des résultats précédents.

      À première vue, cela peut sembler être un gain intéressant de productivité. Mais les universités ne sont pas des usines à produire de l’information : ce sont des communautés de pratique. Elles reposent sur un vivier de doctorants et de jeunes chercheurs qui apprennent à enseigner et à faire de la recherche en participant eux-mêmes à ces activités. Si des agents autonomes absorbent une part croissante des tâches « routinières » qui constituaient historiquement des portes d’entrée dans la carrière académique, l’université pourra continuer à produire des cours et des publications – tout en fragilisant silencieusement les structures d’apprentissage qui permettent, dans la durée, de former l’expertise.

      La même dynamique touche les étudiants de premier cycle, sous une forme différente. Lorsque des systèmes d’IA peuvent fournir à la demande des explications, des brouillons, des solutions ou des plans de révision, la tentation est grande de déléguer les aspects les plus exigeants de l’apprentissage. Pour l’industrie qui promeut l’IA dans les universités, ce type d’effort peut apparaître comme « inefficace » – et l’on pourrait penser que les étudiants gagneraient à laisser la machine s’en charger. Mais c’est précisément dans cette confrontation à la difficulté que se construit une compréhension durable. La psychologie cognitive a montré que les étudiants progressent intellectuellement en rédigeant, en révisant, en échouant, en recommençant, en affrontant la confusion et en retravaillant des arguments faibles. C’est cela, apprendre à apprendre.

      Pris ensemble, ces évolutions suggèrent que le principal risque lié à l’automatisation dans l’enseignement supérieur ne réside pas seulement dans le remplacement de certaines tâches par des machines, mais dans l’érosion plus profonde de l’écosystème de pratiques qui, depuis longtemps, soutient l’enseignement, la recherche et l’apprentissage.
      Un tournant risqué

      À quoi servent les universités dans un monde où le travail intellectuel est de plus en plus automatisé ?

      Une première réponse consiste à voir l’université avant tout comme une machine à produire des diplômes et des connaissances. Dans cette logique, la question centrale devient celle des résultats : les étudiants obtiennent-ils leurs diplômes ? Des articles sont-ils produits ? Fait-on des découvertes ? Si des systèmes autonomes peuvent générer ces résultats plus efficacement, alors l’institution a toutes les raisons de les adopter.

      Mais une autre réponse considère l’université comme bien davantage qu’une simple machine à produire des résultats. Elle reconnaît que la valeur de l’enseignement supérieur réside en partie dans l’écosystème lui-même : le continuum d’opportunités grâce auquel les novices deviennent experts, les structures de mentorat au sein desquelles se forment le jugement et le sens des responsabilités, et une conception pédagogique qui valorise l’effort et la confrontation à la difficulté plutôt que leur élimination au nom de l’efficacité.

      Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si des connaissances et des diplômes sont produits, mais comment ils le sont – et quels types de personnes, de compétences et de communautés se construisent au passage. L’université y apparaît comme un écosystème dont la mission est, ni plus ni moins, de former durablement l’expertise et le discernement humains.

      Dans un monde où le travail intellectuel est lui-même de plus en plus automatisé, les universités doivent, selon nous, s’interroger sur ce qu’elles doivent à leurs étudiants, à leurs jeunes chercheurs et à la société qu’elles servent. Les réponses à ces questions détermineront non seulement la manière dont l’IA sera intégrée, mais aussi ce que deviendra l’université contemporaine.

      https://theconversation.com/le-plus-grand-danger-de-lia-a-luniversite-nest-pas-la-triche-cest-l
      #tricherie

  • « Une #minorité privilégiée sacrifie la planète afin de préserver ses richesses et son #pouvoir »

    Le rejet de l’#écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des #énergies_fossiles, déplorent trois spécialistes d’#écologie_politique, dans une tribune au « Monde ».

    L ’été 2026, en Europe, n’est pas seulement celui des #canicules à répétition, des #mégafeux et des #sécheresses désastreuses pour l’agriculture et la biodiversité, qui confirment avec une particulière #violence les #alertes de longue date des scientifiques et des écologistes. Il consacre également le déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée, dont les défenseurs ‒ associatifs, politiques, scientifiques, fonctionnaires, tous mélangés ‒ sont accusés d’être à l’origine des maux qu’ils annonçaient, voire de participer d’un complot des « élites » utilisant le climat pour asservir le « peuple ». Comment peut-on comprendre une telle dynamique ?

    Ce #rejet de l’écologie reflète des tendances déjà à l’œuvre depuis les années 1980, mais il prend de l’ampleur au moins depuis la pandémie de #Covid-19 et il est à présent devenu mondial. Paradoxalement, on peut y voir la conséquence de l’#échec, désormais ressenti dans nos chairs, des gouvernements à enrayer le #réchauffement_climatique, en dépit de l’ambition affichée lors de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015.

    D’un côté, les promesses technosolutionnistes d’écologisation de l’économie n’ont jamais pu substantiellement résorber les dégâts environnementaux causés par la consommation d’énergies fossiles. Exemple emblématique, l’#intelligence_artificielle (#IA) générative, brandie comme apportant des solutions inédites en dépit de son impact extrêmement polluant, promet en fait, et d’abord, de doper l’extraction du pétrole, du gaz et du charbon.

    De l’autre, les attaques contre l’écologie sont la réaction d’acteurs et de groupes d’#intérêts_financiers et technologiques qui baignent encore dans des rêves de puissance virile et suprémaciste. Les changements « rapides et profonds dans tous les secteurs et tous les systèmes », nécessaires pour « garantir un avenir viable et durable pour toutes et tous », selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [#GIEC], sont matériellement possibles, mais un Peter Thiel ou un Elon Musk n’en veulent pas.

    Depuis les années 1980, si ce n’est depuis les colonisations, une #minorité_privilégiée a choisi de faire sécession de l’#avenir_commun, de sacrifier une partie de la planète et la majorité de l’humanité afin de préserver ses richesses et son pouvoir. Ce qui est nouveau, dans la séquence actuelle, c’est que ce « programme » cynique soit devenu celui de gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, tel celui de Donald Trump aux Etats-Unis, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, de l’extraction d’hydrocarbures à l’agro-industrie.

    En France comme en Europe, l’#extrême_droite et une grande partie de la droite œuvrent désormais ensemble pour détricoter de façon massive des orientations environnementales pourtant insuffisantes, le dénigrement des « écologistes » étant devenu leur point de ralliement.

    #Contre-récit hélas efficace

    Comment expliquer une possible adhésion à de tels #discours, tellement contraires à l’#universalisme_humaniste et à l’intérêt de la majorité ? Au-delà de la confusion argumentaire des #réseaux_sociaux, entretenue par une presse et une édition aux mains de quelques milliardaires, on peut observer une confiscation des débats sous les invectives et, sous le couvert d’écologie « réaliste » ou « pragmatique », un contre-récit hélas efficace.

    L’#empathie pour les victimes des ravages environnementaux est empreinte de #fatalisme : la reconnaissance de l’échec de #politiques_publiques insuffisantes justifie l’abandon de toute nouvelle tentative. Cet échec est attribué aux politiques écologiques, alors qu’aucun programme à la hauteur des enjeux n’a jamais été appliqué – ne serait-ce que les propositions de la #convention_citoyenne_sur_le_climat mise en place en 2019. Certains poussent même la #mauvaise_foi jusqu’à prétendre que la France a pratiqué la #décroissance.

    L’#adaptation, faute d’avoir été vraiment préparée ‒ c’est pour beaucoup une des révélations douloureuses du moment ‒, devient un mot d’ordre néolibéral : à l’individu de s’adapter, par exemple pour « gérer son #écoanxiété », comme le recommandait le gouvernement le 23 juillet, sans jamais toucher aux causes systémiques et politiques. Or l’adaptation sans atténuation efficace aura toujours un train de retard et ne sera même plus possible, car la situation « exceptionnelle » de cet été n’est pas seulement la norme d’un #nouveau_régime_climatique, mais une étape vers le pire tant qu’on n’arrête pas la #fuite_en_avant. Les #mégabassines, dont la #loi_d’urgence_agricole prévoit de faciliter le développement plutôt que de repenser le #modèle_agricole, le montrent bien.

    L’#anti-écologisme n’est pas le simple résultat de lobbys qui réussiraient à manipuler l’opinion. Car le désaveu de l’écologie est aussi le fait d’une partie de la population à qui l’on fait croire qu’elle a davantage à y perdre qu’à y gagner. Les complicités sont étendues par les chaînes d’interdépendances qui nous attachent au monde de l’énergie fossile, et les transformations des façons de vivre sont à juste titre redoutées tant qu’elles sont prétextes à accroître les #inégalités.

    A contrario, un changement de système pour respecter les #limites_planétaires, décidé par des processus de #démocratie_délibérative et placé sous le signe de l’#égalité et de la #justice, permettrait à plus de 90 % de la population de vivre mieux, selon le Global Justice Report du [laboratoire de recherche international] World Inequality Lab. Mais ce #récit peine à concurrencer celui, simpliste et irresponsable, qui s’est imposé pour discréditer les alertes du #Club_de_Rome [groupe de réfléxion] qui, en 1972 [avec le #rapport_Meadows sur les #limites_de_la_croissance], prévoyait l’effondrement de nos sociétés si elles poursuivaient la #croissance_économique : enrichissons-nous quitte à ravager la planète, les générations futures trouveront bien des solutions si elles sont plus riches. Depuis plus de cinquante ans qu’elles se font attendre, les technopromesses de la #croissance_infinie nous mènent tout simplement au #chaos.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/une-minorite-privilegiee-sacrifie-la-planete-afin-de-preserver-ses-richesses
    #Steve_Hagimont #riches #richesse #techno-solutionnisme #agriculture

    • Ne doutons pas que Zaka veut toucher le maximum de monde par ses publications mais ce consensus m’énerve au plus haut point. Bien évidemment que le sujet « écologie » est éminemment politique puisqu’il s’agit de préserver les ressources naturelles que nous offre notre environnement proche pour assurer notre subsistance, la plus importante étant la production de nourriture et ce sont bien les plus démunis qui seront exposés aux pénuries alimentaires accès à l’eau potable inclus. De par le monde, certaines de ces populations sont entrées dans le dur depuis un bon moment surtout pour un accès équitable à l’eau.

    • D’une certaine façon, dire « c’est politique » ou « c’est apolitique », c’est parfois dire la même chose. Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous. Et pour d’autres, nous ici en particulier, dire « c’est politique », c’est une façon de signifier que ça nous concerne tous.

      Le terme politique est très lourdement connoté, et ça en devient une insulte, un mot péjoratif, ça en est devenu ce que les possédants veulent que ça devienne : un sujet sale, qui ne concerne personne, sauf eux, bien évidemment, qui sauront comment traiter le sujet, loin de nos regards et de nos conversations.

      Je sors moi aussi d’une cousinade, de plusieurs repas de famille, et parvenir à atteindre le niveau de discussion où on est d’accord pour dire que la politique, c’est le sujet noble qui concerne tout le monde, c’est long et ça ne tient pas dans le temps de cerveau disponible entre la viande et le fromage.

    • Oui j’entends ça (et je connais des gens très politisés qui ne supportent pas le mot politique) mais bien souvent quand on déclare quelque chose d’apolitique c’est qu’on imagine (souvent naïvement) un consensus mou autour de la question, sans remettre en cause les privilèges d’une minorité, en gros c’est business as usual modulo quelques ajustements pour corriger les « excès ». Le fait de dire que quelque chose est politique, c’est aussi induire que tout le monde n’est pas d’accord et qu’à un moment y aura des conflits à régler.

    • Et donc, remettons sur le métier le vieil adage qui veut que :
      « si tu n’occupes pas de politique, la politique, elle, s’occupe de toi » . ;-)
      Toutes ces discussions « en famille » (ou pas) à propos de ce sujet, encore une belle illustration de la #loi_de_Brandolini.

      En dernier lieu, on sait depuis un bout de temps sur quoi débouchent le plus souvent les postures « apolitiques » : #chacun_pour_sa_gueule

      Voir par ici ; https://seenthis.net/messages/1187588

      [edit]

      Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous.

      Oui, enfin, relativisons : on ne se sent pas concerné de la même manière suivant qu’on habite « sous les toits » ou qu’on déblatère sur un plateau TV climatisé et protégé de la honte par « un déo qui tient ».

  • Women in politics face more personal, sexualised attacks than men, a recent analysis shows

    Online spaces, and social media in particular, are forums for vigorous political debate. They provide a space for members of the public to express political opinions, organise, and sometimes even interact directly with politicians. While they clearly have democratising potential, these platforms have also become fertile ground for hate speech, toxic interactions and online violence.

    By analysing over 3.2 million responses on X (formerly Twitter) to 88 candidates for the 2024 European Parliament elections, our team at the European Commission’s Joint Research Centre have found significant differences in how women and men in politics get treated online.

    Applying a toxicity detection algorithm called Perspective API, we studied both the volume and types of “toxic” replies received by different candidates. The algorithm’s toxicity score ranges from zero to one. It estimates the likelihood that a reader would perceive text as toxic, and defines toxicity as “a rude, disrespectful, or unreasonable comment that is likely to make you leave a discussion”.

    Almost 80% of the candidates studied, who were from France, Ireland, Italy, Portugal, and Spain, received toxic replies, but the raw numbers showed a real and measurable gender gap: women candidates received more toxic replies in absolute terms than their male counterparts.

    However, accounting for differences in the overall number of replies for each post, the gender difference in the proportion of toxic replies was no longer statistically significant. Women posted less than men and yet were addressed more. In other words, their accounts attracted more attention overall, toxic and benign alike.
    2,700 toxic messages

    To conduct our analysis, we gathered posts mentioning each candidate, then narrowed the data to focus on replies to the candidates’ posts. The toxicity detection algorithm scored each post for toxicity, flagging anything above a given threshold for closer inspection.

    Once the algorithm had done its work, we turned to what the messages actually said, manually coding nearly 2,700 of the most clearly toxic replies. These were messages where the automated tool registered the highest probability of toxicity, meaning nine out of ten human raters would agree they were toxic.

    The content of the posts clearly showed that women and men face vastly different attitudes once they enter the realm of politics.

    “Shut up and do the dishes”

    Of these clearly toxic replies, 71% were directed at women candidates. The content was strikingly different from what male politicians faced. Female candidates were subjected to personal degrading attacks, sexist slurs, sexually explicit remarks, and repeated attempts to silence them or question their right to occupy political space. One in four received comments of a sexual nature.

    Male politicians were not spared abuse, but the insults they faced tended to focus on their political decisions, their professional conduct, or their character – accusations of corruption, dishonesty, or incompetence. The targets were their actions, not their presence in public life.

    This distinction matters. When abuse is identity-based rather than policy-based, it sends a fundamentally different message: not “I disagree with you,” but “you do not belong here.” This reflects what scholars call “semiotic violence” – harm carried out through language and symbols that works to delegitimise women as political actors.

    More insults, stacked together

    The analysis went further by measuring what we called “toxicity intensity” – the number of abusive elements bundled into a single reply. A message targeting a woman might combine a sexist insult with a sexual threat, a reference to mental illness, and a demand that she leave politics entirely. We found that 62% of toxic replies to women contained two or more such elements. By contrast, 52% of toxic replies to men had only one.

    Multiple simultaneous attacks carry a higher psychological impact than a single insult, sending a collective signal that a woman’s presence in the political space is unwelcome.

    The data also revealed that female candidates from left-leaning political groups attracted higher volumes of toxic replies. This pattern mirrors findings from studies of elections in Brazil, suggesting that gender and political ideology intersect in ways that increase abuse.
    A global problem

    The study adds to a growing body of evidence that online hostility toward women in politics is not limited to a single country, platform, or political culture. Research from Sweden, New Zealand and the Netherlands has documented the same gendered patterns: women do not always receive more abuse in sheer volume, but what they receive is more personal, more sexualised, and aimed at denying their right to hold office.

    The consequences are real. Scholars have linked online abuse to reduced re-election ambitions among female politicians, self-censorship, and women withdrawing from digital spaces altogether. When abuse shapes who runs for office, it shapes who governs.

    The European Union has begun taking steps to combat this. A new directive on violence against women criminalises cyberstalking and harassment across all EU countries. The Digital Services Act, which came into effect in 2024, also requires large platforms to identify and mitigate risks to democratic processes, including gender-based harms.

    These measures are necessary, but they are not enough. Social media platform moderation policies should account for gendered abuse – not only its volume – and invest more in detection tools that understand context and local language. Continuous monitoring is also necessary. Online abuse adapts, and responses must evolve with it.

    The bottom line is this: women in politics are not simply subjected to a louder version of the abuse men face. They face a different phenomenon that operates through personal denigration, sexualisation, and the systematic erasure of their right to be there at all. Understanding that difference is the first step towards addressing it.

    https://theconversation.com/women-in-politics-face-more-personal-sexualised-attacks-than-men-a-
    #femmes #politique #discriminations #harcèlement #attaques_sexualisés #genre #réseaux_sociaux #violence #toxicité #hate-speach #insultes #espace_public #débat_public

  • A #Gorizia continuano i respingimenti e i richiedenti asilo vivono nascosti lungo l’#Isonzo

    Dati inediti del ministero dell’Interno ottenuti da Altreconomia fotografano i punti di frontiera terreste del nostro Paese, tra respingimenti informali in Friuli e riammissioni passive dalla Francia. Siamo tornati a Nord-Est, dopo la tappa di Udine, per documentare la situazione al confine con la Slovenia. Chi vorrebbe fermarsi incontra barriere burocratiche che lo costringono all’invisibilità. Per Gianfranco Schiavone un tale sistema ostile, confuso e informale è la solita e spregiudicata “strategia della dissuasione”

    Rasheed (nome di fantasia) parla un’inglese fluente e ha i modi affabili di chi è abituato a stare a contatto con il pubblico. Conosce anche il francese e il fiammingo, oltre al turco e al pashtun, perché ha vissuto gli ultimi sei anni a Bruxelles. Potrebbe essere uno dei tanti studenti internazionali che ha scelto una capitale europea per farsi un’esperienza. Ma non è così.

    “La mia vita era in Belgio. Ho frequentato lì le scuole, ho i miei amici, avevo un lavoro fisso: l’Afghanistan è un luogo che mi è estraneo, non posso tornarci”, racconta in estate di fronte alla questura di Gorizia. Lui ha già manifestato la propria volontà di chiedere la protezione internazionale e sta dando indicazioni ad alcuni connazionali.

    È arrivato in Europa a 16 anni, da solo. Il rigetto della sua richiesta d’asilo è stata una doccia fredda: arrivato come minore e seguiti tutti i passaggi necessari, era perfettamente integrato e aveva un contratto a tempo indeterminato come cassiere in un supermercato. Ha scelto l’Italia perché la sua migliore amica è di qui e gli ha detto che la famiglia l’avrebbe aiutato in caso di bisogno.

    All’inizio Rasheed ha provato a fare domanda alla questura di Udine perché, a detta di un suo conoscente, dava esiti favorevoli a chi proviene dall’Afghanistan. Ma i giorni di attesa si sono accumulati (come abbiamo raccontato qui) e dopo un mese ha deciso di cambiare città. “Sono fortunato -riesce a dire ridendo-. Il primo giorno che sono arrivato alla questura di Gorizia eravamo solo in quattro o cinque, non come ora, e quindi ci hanno fatto entrare subito”.

    A pochi metri una quarantina di uomini è assiepata davanti al cancello. Un ufficiale fa entrare poche persone al giorno ma l’attesa media, anche in momenti affollati come questo, è circa di due settimane, comunque di molto inferiore a quella di Udine.

    La storia di Rasheed, però, avrebbe potuto prendere una strada drasticamente differente. La frontiera terrestre friuliana, territorio d’ingresso o di transito per le persone migranti, è teatro di respingimenti sistematici, caso unico in questi termini per l’Italia. Secondo i dati del Dipartimento di pubblica sicurezza ottenuti da Altreconomia tramite accesso civico generalizzato, a Gorizia nel corso del 2025 sono stati infatti 1.454 e nei primi tre mesi del 2026 già 224. A questi si legano gli “irregolari rintracciati”, come li chiama il Viminale, che sono stati 2.291 nel 2025 e 593 fino a marzo di quest’anno. A Trieste, invece, nel 2025 ci sono stati 784 respinti a fronte di 1.579 rintracciati. Un totale in tutto il Friuli-Venezia Giulia, considerando anche la quota irrisoria del settore di Tarvisio, di 3.884 rintracciati e 2.241 respinti: il 57,7% è stato allontanato.

    Il respingimento è una procedura legalmente attuabile a determinate condizioni nei confronti di chi non dispone dei requisiti per l’ingresso, escluso chi chiede asilo. Può avvenire solo alle frontiere esterne o alle interne dove sono stati temporaneamente ripristinati i controlli, come avvenuto appunto al confine con la Slovenia, ma anche con la Francia dove però non ne sono stati registrati. Nei settori di Bardonecchia (TO) -dove si trova Oulx- e di Ventimiglia (IM), che hanno visto il numero più alto di rintracci (rispettivamente 7.509 e 7.110), il ministero ha segnalato molte “riammissioni passive”, ovvero le operazioni di polizia che consistono nel riportare in Italia chi avrebbe attraversato irregolarmente il confine interno sulla base di accordi bilaterali. Nel 2025 a Ventimiglia sono state ben 9.282, mentre a Bardonecchia 5.126. Gli agenti italiani di questi due zone, invece, avrebbero riammesso in Francia un totale di 574 persone.

    Per quanto riguarda la Slovenia si conferma che questo tipo di attività non è mai stato efficiente, come già raccontato da Altreconomia: se tra dicembre 2022 e marzo 2023 Lubiana aveva accolto 23 richieste di riammissione (su 190 presentate), nell’intero 2025 ne ha accettate solo otto.

    “Noi non abbiamo mai visto nel corso dell’ultimo anno un solo provvedimento di respingimento -evidenzia Gianfranco Schiavone, presidente del Consorzio italiano di solidarietà di Trieste-. Il respingimento è un atto amministrativo, quindi dovrebbe essere scritto, motivato e notificato. Può essere impugnato anche se è immediatamente esecutivo. Non sono dunque legali, come chiunque può ben capire, dei respingimenti ‘di fatto’ di cui è impossibile accertarne in giudizio la legittimità come, ad esempio, se sia stato applicato a persone non respingibili”.

    In questa categoria rientra chi ha una vulnerabilità, è minore, intende chiedere asilo o non può comunque essere respinto o espulso nel Paese di origine perché proveniente da luoghi pericolosi, quale è il caso degli afgani. Sotto quest’ultimo punto, difatti, il Dipartimento di pubblica sicurezza ha rifiutato di condividere i dati aggregati in merito allo Stato di provenienza o al genere, adducendo che fosse per “tutela dei dati sensibili o investigativi/giudiziari, garantendo anche l’esigenza di rendere il dato in modo immediato per evitare che subisca interpretazioni”. A quali interpretazioni possano mai essere soggetti rimane un mistero.

    Schiavone rileva poi che,almeno dall’inizio del 2025 sono aumentate le persone che definisce “in orbita”, ovvero chi come Rasheed riceve un diniego in un altro Paese europeo e si trova a ricominciare il suo percorso in Italia perché non ha dove altro tornare. “Chiudere e inasprire: il nuovo Patto per la migrazione e l’asilo è entrato in vigore a giugno ma è stato preceduto da un atteggiamento ostile de facto e questi sono gli effetti”.

    Chi ne è vittima si affianca a chi proviene dalla rotta balcanica, sfaccettando ulteriormente il fenomeno migratorio. Ricorda anche che i numeri del ministero non rappresentano la realtà: secondo i dati raccolti dalle associazioni che si occupano di assistenza a chi arriva sul territorio di Trieste, nel 2025 sono stati registrati poco meno di 10mila nuovi ingressi e dunque gli “intercettati” circa solo il 15%.

    Per Schiavone, comunque, l’Italia rimane un Paese poco desiderabile, una seconda o terza scelta: “I richiedenti asilo sanno che in Italia regna una grande confusione, i tempi per presentare e poi per l’esame delle domande sono lenti, si può abbastanza facilmente rimanere senza accoglienza ma invisibili e lavorare in nero anche se quasi sempre in condizioni di grave sfruttamento. Per quanto ciò sia paradossale per un numero crescente di richiedenti queste pessime condizioni di partenza stanno diventando delle ragioni che fanno scegliere un Paese come l’Italia ”.

    E il disagio, anche a Gorizia, non manca. Rasheed racconta che, in attesa di un posto in accoglienza, vive con altri 25 nella cosiddetta “jungle”, un insediamento informale sulla sponda dell’Isonzo. Stuoiette, teli, tende e fornelletti per cucinare, fuori dagli occhi della città. “Non ho detto alla mia amica che dormo in strada. Per lei sto in albergo”, confessa il ragazzo. Si tocca la schiena e rivela un taglio, frutto di un’operazione a cui ha dovuto sottoporsi a causa di una ferita infertagli durante la rotta e non curata tempestivamente. Gli stranieri a Gorizia si vedono solo davanti agli uffici dell’immigrazione o alla stazione, dove pochi volontari portano beni di prima necessità a chi transita.

    Il fine ultimo delle nuove normative per Schiavone è, al solito, quello di liberarsi delle persone mettendole in condizioni di vita difficili e facendo sì che siano loro stesse a lasciare la procedura e a disperdersi nella marginalità. E sottolinea che le lungaggini delle questure -tutt’altro che isolate sul territorio italiano- sono già parte da tempo di questa “tattica spregiudicata di dissuasione”.

    L’obiettivo delle istituzioni sembra quello di lasciare meno tracce possibili: “Viviamo in un curioso e incredibile contesto nel quale la Pubblica amministrazione rifugge dalle formalità previste da ogni procedura amministrativa operando nella più assoluta informalità. E lo si fa perché diversamente emergerebbero prove inconfutabili di scelte illegittime e ingiustificabili”.

    In questo caos orchestrato non si possono distinguere città in cui le procedure funzionino meglio che in altre; piuttosto, è la presenza della società civile a fare la differenza. Udine e Trieste, ad esempio, hanno un monitoraggio attento e continuo, laddove invece a Gorizia è più carente. E per le persone migranti non cambia “solo” la qualità della vita, magari grazie a mense o alloggi dedicati. “Abbiamo bisogno di associazioni indipendenti che si spingano oltre l’azione caritatevole -conclude Schiavone-. Se non sei informato su quali sono i tuoi diritti e su come entrare nella violenta realtà italiana facendoli valere, puoi anche riuscire a trovare da mangiare o un posto letto precario ma rimarrai sempre invisibile. Per questa ragione sottolineo sempre che l’aiuto caritatevole senza tutela dei diritti non è affatto una scelta neutra ma è uno strumento di potere per non modificare la situazione”.

    https://altreconomia.it/a-gorizia-continuano-i-respingimenti-e-i-richiedenti-asilo-vivono-nasco
    #migrations #réfugiés #asile #frontière_sud-alpine #expulsions #renvois #refoulements #Italie #Slovénie #dissuasion #stratégie_de_la_dissuasion #frontières_intérieures #frontière_terrestre #Tarvisio #réadmissions #réadmissions_passives #accords_bilatéraux #migrerrance #SDF

  • États-Unis : l’hécatombe des Amérindiennes sort progressivement du silence médiatique - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260817-%C3%A9tats-unis-l-h%C3%A9catombe-des-am%C3%A9rindiennes-sort-progressiv

    (...) En 2025, le FBI reçoit chaque année plus de 5 000 signalements de femmes autochtones disparues ou assassinées. Mais faute de données complètes, le nombre réel de femmes et de filles autochtones disparues ou tuées reste inconnu à l’échelle nationale, souligne l’ONG Centre national de ressources pour les femmes autochtones (NIWRC). Ces affaires sont aussi moins résolues que la moyenne : selon l’Urban Indian Health Institute, dans l’État de Washington, les populations natives représentent moins de 2% des habitants mais 5% des dossiers non élucidés.

    De l’autre côté de la frontière, au Canada, on estime qu’entre 2009 et 2021, le taux d’homicide des femmes et des filles amérindiennes, métisses et inuites était six fois plus élevé que le reste de la population.

    Derrière ces chiffres, une réalité quotidienne glaçante : « Chaque famille ou presque connaît une femme disparue ou assassinée », pointe Sabrina Van Tassel. Un phénomène massif, ancien, longtemps absent de l’espace médiatique et politique, qui commence à n’être évoqué que depuis le milieu des années 2010. (...)

  • Razza, maschilità e violenza di Stato

    Se si ripercorrono le cronache di alcuni fatti di sangue che riguardano giovani uomini migranti e cittadini neri e brown, non è difficile accorgersi della persistenza in Italia di un razzismo che non è solo di tipo sociale e culturale, ma è anche strutturale – ossia pervade lo Stato e le sue istituzioni, incluse le forze di polizia. Nei casi delle persone uccise dalle forze dell’ordine tra il 2021 e il 2026, l’atto estremo non appare giustificato da nessuna «legittima difesa», se non da una sorta di profilazione razziale che rendeva l’eliminazione di quei corpi meno scandalosa e, in fondo, accettabile.

    Il 26 gennaio del 2026 muore Abderrahim Mansouri, ventottenne marocchino, ucciso con un colpo alla testa da Carmelo Cinturrino, agente di polizia nel boschetto di Rogoredo, luogo attraversato e abitato da spacciatori, tossicodipendenti e persone senza fissa dimora. Da Cinturrino viene immediatamente addotta la legittima difesa, e altrettanto immediatamente il discorso pubblico (istituzionale e mediatico) accetta questa versione, sulla base del «legittimo sospetto» non solo legato al luogo in cui avviene l’omicidio, ma anche alle figure coinvolte, l’agente – italiano – e la persona uccisa – un ragazzo non italiano – di cui ancora oggi fatichiamo a conoscere la vicenda personale.

    Sappiamo che non è morto sul colpo e che poteva essergli risparmiata un’ora di agonia. Dalla stampa, che dà per buona la versione dell’agente Cinturrino, si evince che era un ragazzo con precedenti penali per spaccio di eroina, rapina e resistenza a pubblico ufficiale e che aveva una famiglia in Italia – il fratello che, per nulla convinto dalla ricostruzione dei fatti fornita dalla polizia, si è rivolto all’avvocata Debora Piazza.

    Le reazioni istituzionali seguono un copione già visto con l’omicidio di Moussa Diarra nel 2024 – ucciso alla stazione di Verona con un colpo al petto a notevole distanza da un agente della Polfer di pattuglia quella notte – o con quello di Ramy Elgaml a Milano, la notte del 24 novembre del 2024, sempre a Milano, quando una macchina dei carabinieri insegue per vari chilometri e sperona il motorino su cui viaggia con un amico e lo uccide per non essersi fermato a un posto di blocco: solidarietà completa e senza riserve alle forze dell’ordine.

    L’ipotesi di un uso eccessivo della forza non viene presa in considerazione (si vedano le dichiarazioni del ministro Salvini a favore di Cinturrino e la petizione «Io sto col poliziotto», lanciata immediatamente dopo dal ministro e dal suo partito), a prescindere dal profilo di Mansouri: si tratta senza dubbio di pericoloso malvivente, così pericoloso da legittimare un colpo alla testa da parte di un tutore dell’ordine.

    Che Mansouri fosse un ragazzo, un ragazzo marocchino, uno spacciatore e dunque un piccolo delinquente, non viene negato da nessuno, nemmeno dal fratello. Non lo hanno negato tantomeno tutti coloro che – inascoltati in precedenza nonostante avessero denunciato le malefatte di Cinturrino e di altri poliziotti che controllavano la zona – si sono presentati agli inquirenti, pur rischiando di essere perseguiti per irregolarità o per spaccio, raccontando dei furti di denaro e droga, delle torture, della violenza su di sé e su altri, degli arresti arbitrari e delle minacce a cui Cinturrino e altri poliziotti li avevano sottoposti.

    In Italia, «spacciatore marocchino» è un significante di grande peso simbolico tramandato dagli anni Novanta ad oggi, indipendentemente dalla reale cittadinanza dello spacciatore. «Marocchino» sta per nordafricano, per scuro (nel senso di brown), e per «panico morale contro la microcriminalità» a cui i vari provvedimenti per «città (più) sicure» hanno dato risposta da allora soprattutto nel Nord Italia.

    Qui, in quegli anni, «marocchino» era chiunque venisse da un luogo a sud del Po e questa etichetta, unita a quella di spacciatore, senza alcun discrimine sul tipo di droga, sul grado di pericolosità del soggetto o sul suo grado di coinvolgimento nella malavita organizzata, equivaleva alla figura di una persona, di genere maschile, estremamente stigmatizzata e identificata come «cancro sociale».

    Oggi, a differenza degli anni Novanta, a questo stigma si combina il panico da invasione e l’idea che a invadere la società italiana dal Sud globale siano persone «naturalmente» propense a divenire «cancro sociale» e a destrutturare i valori alla base della convivenza civile.

    Mansouri-spacciatore marocchino non è un soggetto pericoloso, almeno nel momento in cui deflagra il colpo di pistola che lo colpisce alla tempia. Uno sparo in alcun modo giustificabile. Così come quello sparato al cuore di Moussa Diarra, che brandiva un coltellino, a distanza, in evidente stato confusionale; né il colpo mortale a Younes El Boussettaoui, che dava fastidio agli avventori di un bar, sparato nel luglio del 2021 dall’ex assessore comunale della Lega Massimo Adriatici; né l’inseguimento mortale di Elgaml, che fuggiva in motorino da un posto di blocco.

    L’idea che il corpo scuro – e nero – sia «fuori luogo», avvertito come una minaccia insostenibile alle basi (valoriali) della cittadinanza, è da leggersi come elemento fondativo, oggi, di una grammatica della nazione che è sostanziata da una politica delle emozioni cesellata a partire da un razzismo estremamente radicato e al contempo negato. Diarra, ventiseienne, in Italia da 12 anni; Elgaml diciannovenne cittadino italiano di origini egiziane; El Boussetaoui, trentanovenne cittadino marocchino: si tratta di corpi che meritano una lezione perché fuori posto, indisciplinati, aggressivi, indocili, fuori dal decoro e sbruffoni.

    Non importa se El Boussetaoui fosse da tutti conosciuto, che la sua famiglia fosse ben radicata, né che Elgaml fosse solo un ragazzo, nato e cresciuto a Milano, città in cui abitava con tutta la famiglia. «Dare una lezione» a un corpo estraneo – nordafricano, musulmano, dal nome che denota non-appartenenza, un corpo che manifesta tensioni storiche tra un lato e l’altro del Mediterraneo, e che è altrettanto storicamente oggetto del razzismo italiano contro il mondo islamico al di là del Mediterraneo – non ha nulla a che vedere con la legittima difesa.

    Nerezza, brownness, maschilità e alterità migrante. Nel caso di chi, come El Boussetaoui, Diarra, Elgaml e Massouri, è stato ucciso in nome della «difesa della società» questa stessa intersezione aveva reso le vittime un pericolo da dissipare. Si tratta di persone la cui morte non è solo accettata, ma auspicabile.

    Si tratta di persone che non sono necessariamente pericolose perché minaccia fisica reale per le forze di polizia o per i cittadini apprendono dai giornali di cosa sia il boschetto di Rogoredo, ma che lo sono proprio in virtù della loro mascolinità nera e scura, dell’essere non cittadini e corpi e vite relegati ai margini (spacciatori e tossicodipendenti come nel caso di Massouri, con problemi di salute mentale o di traumi legati alla migrazione, come nel caso di El Boussetaoui e Diarra, o semplicemente italiani mai pienamente riconosciuti come tali, come nel caso di Elgaml).

    Siamo di fronte a un’ontologia del sospetto, o di sospetti «per essenza» che devono essere puniti, e talvolta pure eliminati. Sono i «maranza», una definizione colloquiale che identifica soggetti maschili, giovanissimi e giovani, scuri e neri, dediti a pratiche da gang e/o a piccoli crimini (i teppistelli di oggi).

    Per arrivare a sostenere che di Diarra – lo ha fatto il ministro Salvini – nessuno «sentirà la mancanza», è necessario non solo precostituirlo come parte di un «loro» (i maranza, appunto) contrapposto a un «noi» e negare l’esistenza di una rete di affetti attorno a lui che possa tagliare trasversalmente tale supposta dicotomia, ma anche identificarlo come cattivo e pericoloso.

    Nel caso di Elgaml, come in quello di Diarra, l’operato delle forze dell’ordine non può per definizione essere tacciato di condotta illegittima. Tale operato è in funzione della difesa di quella «comunità immaginata» che non ha bisogno di essere definita poiché la sua natura è apparentemente auto-evidente.

    Così come si può non nominare la bianchezza di tale comunità, può non essere nominata la funzione essenziale a cui le forze dell’ordine assolvono, ossia quella di preservarla. Senza nominare razza e bianchezza, nella dicotomia «noi-loro» si addensa tutta la pesantezza del razzismo sistemico (o sociale) e strutturale (o istituzionale) italiano.

    Il 22 ottobre 2024 viene pubblicato l’annuale Rapporto sull’Italia redatto dalla Commissione del Consiglio d’Europa contro il razzismo e l’intolleranza (Ecri). Esso conferma la tesi dell’esistenza in Italia di razzismo sistemico e strutturale e sottolinea come le minoranze siano esposte a discorsi d’odio, mancanza di protezione e assenza di programmi di inclusione e valorizzazione della diversità. Inoltre, accusa la polizia italiana di fare «profilazione razziale» contro persone rom e nere.

    Nonostante la complessità dei temi toccati, all’indomani della sua pubblicazione, i commenti istituzionali così come i maggiori giornali italiani si sono concentrati quasi esclusivamente sulle accuse dell’Ecri alle forze dell’ordine, rifiutando l’idea che esse siano agenti di una discriminazione e di una esposizione alla morte prematura di persone razzializzate come non bianche che pervade l’intera struttura sociale e cultura italiane (rimando al mio saggio sulla rivista «Studi sulla questione criminale» per i dettagli di questa lunga scia di morte).

    Massouri così come El Boussetaoui, Elgaml e Diarra, era profilato come «sospetto per essenza» e ontologicamente pericoloso, e dunque «uccidibile». Immediatamente liquidato come colui che tra i due doveva morire, anche quando Cinturrino si scopre essere un malvivente che usa la propria divisa per acquisire favori e denaro ed esercitare potere discrizionale contro gli ultimi degli ultimi (incluso uno spacciatore disabile «contro cui l’agente si accaniva» a martellate), alla famiglia di Massouri, e all’Italia intera non si chiede scusa, come non si chiese scusa ai famigliari e ai cari di Diarra e Elgaml: perché loro non sono noi e le loro famiglie non sono le nostre.

    Cinturrino è oggi indagato con altri sei agenti della sua squadra per estorsione e percosse, calunnia e rapina, detenzione e spaccio di sostanze stupefacenti, sequestro di persona, depistaggio, concussione, arresto illegale e omicidio volontario premeditato, una volta che le perizie e i video trovati, oltre alle testimonianze, hanno provato l’inesistenza della pistola attribuita a Massouri e che quest’ultimo è stato raggiunto da un colpo alla testa quando era al telefono e stava scappando verso il bosco.

    Nel caso di Diarra il giudice ha respinto la richiesta di archiviazione sulla base della contestazione all’uso eccessivo della forza da parte della Polfer. Per la morte di Ramy è stato richiesto il rinvio a giudizio dei sette carabinieri coinvolti nell’inseguimento, accusati di depistaggio e favoreggiamento: costrinsero testimoni a cancellare video e falsificarono i verbali. Nel caso di El Boussetaoui, il giudice ha condannato Adriatici a una pena superiore a quella chiesta dall’accusa.

    Sia chiaro, non c’è nulla di cui rallegrarsi. Queste persone sono state brutalmente uccise per il futile motivo di essere il «loro» in mezzo al «noi» da chi dovrebbe proteggere tutti.

    https://rivistadissonanze.it/corpi/sospettare-e-punire-profilazione-razziale
    #racisme #race #masculinité #violences_policières #Italie #violence_d'Etat #violence #Noirs #discrimination #légitime_défense #Abderrahim_Mansouri #Rogoredo #Carmelo_Cinturrino #Moussa_Diarra #Ramy_Elgaml #étrangers #criminalité #Younes_El_Boussettaoui #corps_noirs #homicide #suspect #maranza #racisme_systémique #racisme_structurel #altérité #profilage_racial

  • Discrimination légale et racisme environnemental : le cas des #Voyageurs

    L’été 2025 n’a pas échappé à l’éternel marronnier des installations estivales des « gens du voyage » [1] inondant, une fois de plus, la #presse quotidienne régionale. Arrivées et départs, mais surtout tensions, suscitées par ce que l’administration qualifie de « #grands_passages », se sont invariablement focalisés sur une part — minoritaire — d’installations dites « illicites ». Leur #médiatisation obéit à une même logique : #nuisances exposées, élus démunis et abandonnés, #riverains en colère ou inquiets, et enfin, un « représentant des gens du voyage » qui rappèle le manque d’#équipements, leur #non-conformité et la #suroccupation. Ces schémas reflètent une #opinion_publique défavorable et un discours antitsigane décomplexé (CNCDH, 2024). En 2024, l’arrivée de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur est à l’origine d’un nouveau plan de « lutte contre les #installations_illicites des gens du voyage ». Remis en juillet 2025, le #rapport du groupe de travail éponyme formule vingt-trois propositions, dont vingt répressives : nouvelles #contraventions et #amendes, accélération des #expulsions et renforcement du #contrôle_social (accès aux aires conditionné au paiement des dettes, dépôts de garantie, enquêtes financières). Bien que dénoncées par le Défenseur des droits (2025) et par la Commission nationale consultative des gens du voyage (CNCGDV, 2025) en ce qu’elles ne répondent pas aux causes identifiées — notamment, le manque de places et l’inadéquation des équipements (voir Cour des comptes, 2012 et 2017) —, ces mesures sont favorablement accueillies par une majorité de parlementaires, allant du Parti socialiste au Rassemblement national. Le ministre Bruneau Retailleau a promis un projet de loi rapide dont la logique est claire : criminaliser encore davantage toute installation.

    https://shs.cairn.info/revue-europeenne-des-migrations-internationales-2026-1-page-147

    #discriminations #racisme_environnemental #gens_du_voyage #aires_d'accueil #William_Acker #médias #anti-tsiganisme

  • « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

  • #MJC, #maisons_de_quartier : pourquoi les lieux associatifs disparaissent-ils ?

    Pendant des décennies, les MJC et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Que reste-t-il de cette ambition ?

    Pendant des décennies, les MJC, maisons de quartier et autres lieux d’éducation populaire ont permis à des générations d’enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l’école et de la famille. Des lieux souvent portés par des associations, des animateurs et des bénévoles, qui ont aussi joué un rôle important dans la vie des quartiers et des territoires. Aujourd’hui, beaucoup voient leurs moyens diminuer, leurs activités se réduire, quand ils ne ferment pas complètement. Que reste-t-il de cette ambition de l’éducation populaire et qu’est-ce qui disparaît avec ces lieux ?

    Des lieux d’éducation populaire pensés comme des « fabriques à horizon »

    François Beaune retrace la genèse paradoxale des MJC, nées d’une rencontre improbable entre volonté gaullienne de structurer la société et héritage progressiste du Conseil national de la Résistance (CNR) : « La création des MJC est issue de la volonté gaullienne de planifier la société française et du CNR . Elle est née d’idées progressistes, communistes, de Jean Zay pendant la guerre ». Il décrit comment ces structures reposaient sur une pédagogie verticale mais aimée des jeunes, incarnée par des figures comme le directeur de la MJC de Briançon : « Il avait des savoir-faire qu’il apprenait aux jeunes. C’est le type d’éducation disons verticale. On n’apprend pas à partir de ce que les jeunes ont envie de faire mais on leur donne un savoir ».

    Nora Hamadi complète ce tableau avec le récit de la maison des rêves de Longjumeau, simple cave de trente mètres carrés animée par une poignée d’éducateurs issus du quartier lui-même : « C’était surtout beaucoup d’imagination, du lino, quelques tables, quelques jeux, des grands tableaux et surtout l’abnégation de quelques animateurs qui, au plus fort de l’activité, pouvaient gérer 100 gosses sur une journée ». Elle insiste sur la logique d’accès inconditionnel qui définissait ces lieux, radicalement différente de celle des structures actuelles : « Il n’y avait pas d’inscription. Les parents n’avaient rien à voir là-dedans ».
    La fin d’un modèle, entre défiance politique et logique de marché

    Sur les raisons de la disparition progressive de ces structures, François Beaune décrit un basculement profond dans la relation entre pouvoirs publics et monde associatif, illustré par la généralisation des appels à projets au détriment des subventions pérennes. Il théorise cette évolution en identifiant le monde associatif comme un troisième pôle aujourd’hui menacé de disparition entre État et marché : « Il y a l’État, le marché, et le monde associatif, qui est un troisième terme, entre le public et le privé. Ce n’est ni le public ni le privé. Aujourd’hui, le public est au service du marché beaucoup plus qu’au service de ses citoyens ».

    Nora Hamadi documente, de son côté, la bascule concrète vécue à Longjumeau dès le milieu des années 2000, où l’accueil gratuit et inconditionnel a cédé la place à une logique de centre de loisirs tarifé et normé : « Dès le milieu des années 2000 le fonctionnement commence à changer. On n’est plus au service du public mais face à une organisation municipale qui met au centre sa propre organisation. Petit à petit, on ne répond plus à une demande des jeunes mais bien à une organisation municipale qui veut organiser et structurer ».

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins-d-ete/mjc-associations-maisons-de-quartier-pourquoi-ces-lieux-disparaissent-il
    #disparition #Briançon #Briançonnais #podcast #éducation_populaire #audio #disparition #fermeture

  • The blues guitarist who invented the phrase “woke”
    https://faroutmagazine.co.uk/blues-guitarist-invented-the-phrase-woke

    Leadbelly - Lead Belly - 1942 - Accordion, Credit: Far Out / Charles L. Todd / Robert Sonkin / Library of Congress

    https://www.youtube.com/watch?v=VrXfkPViFIE

    18.3.2024 by Tim Coffman - No four-letter word has divided the world at large in the past decade more than “woke”. For a term that’s supposed to mean being tolerant and open to every type of culture around you, a lot of people would gladly call the whole thing a case of the new generation taking away the things that made everything cool back in the day. If you look back on the first uses of the word, though, the entire concept of “woke” comes all the way back to the first bluesmen like Lead Belly.

    When blues first started, the entire mindset was about singing what was in your heart. Trying to find the words to sing but can’t sing? That didn’t matter. What mattered was being able to talk about everything that was bringing you down and being able to share that with the rest of the world by bending the life out of your guitar.

    This is where we find a young blues troubadour, Huddie Ledbetter, known to most as Lead Belly. While many 1990s kids know him for Nirvana reinterpreting his work for their song ‘Where Did You Sleep Last Night’, Lead Belly was known for singing any kind of tune that suited his style, whether it was talking about the lonesome of losing his lover or going after someone who did him wrong.

    For all of the different archives that have survived through the years, one of the more interesting songs he ever put to tape was a protest song titled ‘Scottsboro Boys’. Borrowing from the tune ‘Sawmill Moan’ by fellow blues artist Willard ‘Ramblin’’ Thomas, which explores the familiar theme of lost love, Lead Belly’s piece is rippling with rage directed at the widespread racial injustice he saw around him.

    The original lyrics go, “If I don’t go crazy, I’m sure gonna lose my mind/’Cause I can’t sleep for dreamin’, sure can’t stay woke for cryin’”, which Lead Belly repurposed as “best stay woke”. This version of the word may have been meant as an approximation of how Southern people spoke at the time, but it’s easy to see the line as a precursor to what the world would mean later.

    Many blues songs have been about laying a burden down after a long time, but the phrase practically sums up the problem that people have with the word today. Since many people have tried using different ways to get opposing sides to get along, the drama around someone’s “wokeness” shows that no one has truly been paying attention to what Lead Belly meant.

    ‘Scottsboro Boys’ was penned to commemorate the infamous 1931 case in Alabama where nine Black teenagers were charged with raping two white women, setting a precedent for racial inequality not just in American society but also in the country’s judicial system. While addressing people from his community, Lead Belly warned them about going to Alabama, “So I advise everybody, be a little careful when they go along through there—best stay woke, keep their eyes open.”

    If you really think about it, what should the term “woke” mean in the greater context? Checking good ol’ Webster’s Dictionary, the term as it applies to today means “aware of and actively attentive to important societal facts and issues (especially issues of racial and social justice)”. Lead Belly used it in a similar context, referencing a sense of awareness of contemporary society’s inherent brutality.

    That kind of prejudice has only continued in different forms through to today. Things may not be as harsh as they were back in the days of the blues, but the major divides as it pertains to law enforcement in the US, as well as political lines, have drawn a clear line between ordinary people who don’t want to be on the wrong side of history.

    So the next time you look at the word “woke”, don’t look at it as the kind of word that some committee put together to make people more aware of their surroundings. Think of it as the word descended from generations of artists that came before, still striving for that change that they don’t know is ever going to come.

    #USA #musique #blues #discrimination_raciale #histoire #wokisme

  • #WWF, trovata discarica di rifiuti abbandonati a #Sessa_Aurunca
    https://informareonline.com/wwf-trovata-discarica-di-rifiuti-abbandonati-a-sessa-aurunca

    Non si ferma il lavoro, non retribuito, delle Guardie giurate del WWF ed anche domenica 9 agosto è stata trovata una vera e propria mini discarica di rifiuti abbandonati illegalmente da criminali sul territorio di Sessa Aurunca (Caserta). Il servizio volontario delle Guardie Giurate del WWF tende a garantire la sicurezza ambientale del territorio di […] L’articolo WWF, trovata discarica di rifiuti abbandonati a Sessa Aurunca proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #discarica_abusiva

  • Nessuno spazio per il genocidio: l’ospitalità italiana contro l’apartheid e i crimini israeliani
    https://www.assopacepalestina.org/2026/08/07/nessuno-spazio-per-il-genocidio-lospitalita-italiana-contro-lapar

    di Michael Leonardi, Counterpunch, 7 agosto 2026. Nell’estate del 2026, un silenzioso atto di coscienza in una camera d’albergo a Napoli ha scatenato una tempesta già nota. Una turista israeliana aveva prenotato un soggiorno presso il Decumani Hotel De Charme tramite Booking.com. Ricevette la consueta e-mail di conferma automatica. L’e-mail conteneva un breve paragrafo: la ... Leggi tutto

    #Notizie #discussione_sul_BDS

  • OnlyFans, Deepfakes und Doxing : Wie die Digitalisierung die Sexarbeit verändert
    https://www.berliner-zeitung.de/article/onlyfans-deepfakes-doxing-wie-digitalisierung-sexarbeit-veraendert-

    Sans doute les auteurs de Seenthis sont toutes et tous d’accord que la prostitution est mauvaise et qu’il faut en finir avec les conditions qui encouragent ou imposent l’exercice du travail du sexe. Puisque, je suppose, nous somes seulement dee observateurs superficiels, nos idées et propositions de solutions sont forcément imprécises ou erronnées.

    C’est problématique car les convictions infondées sont á la racine de bien des souffrances et impasses.

    Cet article ajoute plusieurs couches économiques, sociales et technologoques au problème qui risquent de rendre caduques toute approche et position connue. Attention, les secteurs éconiomques illicites ou peu encadrés se révèlent souvent comme précurseurs de changements qui toucheront d’autres domaines après un certain délai. Vu sous cet angle le cas de la prostitution est particulièrement inquiétant.

    31.7.2026 von Markus Keimel - Algorithmen, Social Media und KI verändern Branche und Beruf schneller, als Politik und Recht reagieren können. Die Gründerin einer Escort-Agentur berichtet.

    Dies ist ein Open-Source-Beitrag. Die Berliner Zeitung und die Ostdeutsche Allgemeine geben allen Interessierten die Möglichkeit, Texte mit inhaltlicher Relevanz und professionellen Qualitätsstandards anzubieten.

    „Corona hat die Branche über Nacht gezwungen, sich zu digitalisieren. Wer nicht mitmachte, hatte kein Einkommen. Das war brutal und hat etwas verändert, das nicht mehr rückgängig zu machen ist“, erklärt Leila Sue-Ann Vogler. Die Lüneburgerin ist Gründerin und Betreiberin einer Escort-Agentur. Mit der Digitalisierung von Sexarbeit und den daraus resultierenden Veränderungen ist sie tagtäglich konfrontiert.

    „Die Branche hat in den letzten Jahren einen starken Wandel erlebt, da sich der Marktplatz stark in die digitale Welt verlagert hat. Wer früher auf den richtigen Bordellstandort oder die richtige Straße angewiesen war, braucht heute vor allem ein gutes Profil“, so Vogler. Einschlägige Plattformen haben die klassische Kontaktanbahnung wie etwa im Bordell oder auf dem Straßenstrich weitgehend ersetzt. „Bewertungen, Rankings und Profilbilder entscheiden heute darüber, wer gebucht wird und wer nicht. Wer hier nicht auf die richtige Kombination oder Marketingstrategie setzt, hat schon verloren, bevor es überhaupt zur ersten Kontaktaufnahme kommt“, so Vogler.

    Zwar bringt die Digitalisierung etwas mehr Autonomie für Sexarbeiterinnen mit sich: vor allem bei der Auswahl von Kunden, Arbeitszeiten, Preisen und angebotenen Services. Gleichzeitig aber verschiebt sich eine Form der Abhängigkeit. „Nicht mehr zwingend vom Bordellbetreiber, sondern von Plattformbedingungen, Algorithmen und der permanenten Bedrohung durch Account-Sperrungen. Hinzu kommen neue Risiken wie Stalking und digitale Gewalt – bei gleichzeitig höherer Mobilität und schlechterer Erreichbarkeit für Schutz- und Beratungsangebote“, so die Agenturbetreiberin. Gerade Berlin stehe dabei exemplarisch für diese Hybridisierung: klassische Straßen- und Bordellarbeit mit langer Geschichte trifft auf vollständig digitalisierte Geschäftsmodelle.
    Strukturelles Ausbeutungspotenzial

    Wer heute digital als Sexarbeitender tätig ist, arbeitet in einem System, das eine einzelne Plattform zum Dreh- und Angelpunkt einer gesamten Existenz machen kann. „Die Abhängigkeit von Plattformen ist hoch. Selbst OnlyFans bietet kaum Möglichkeiten, Reichweite aufzubauen. Viele Sexarbeiterinnen sind daher darauf angewiesen, ihre Sichtbarkeit über externe Plattformen wie Instagram oder TikTok zu generieren“, erklärt Benjamin Abt von der Gesellschaft für Sexarbeits- und Prostitutionsforschung.

    Daraus resultiert für Sexarbeitende aber das nächste Problem: Denn Konten, die explizite Inhalte bewerben oder Links zu entsprechenden Inhalten, riskieren dauerhafte Sperren. „Der Verlust eines Instagram-Accounts und die verdeckte Einschränkung der Sichtbarkeit kann somit gleichbedeutend mit dem Verlust der Existenzgrundlage sein“, so Abt.

    Dazu komme ein strukturelles Ausbeutungspotenzial: hohe Provisionen, einseitig durchgesetzte Regeln, keine Mitbestimmung. „Plattformen agieren als Gatekeeper. Das heißt, die Plattformen entscheiden, wer sichtbar ist, wer gesperrt wird, welche Regeln gelten und dies ohne, dass die Sexarbeiterinnen irgendeinen Einfluss darauf haben“, so Vogler.
    Digitale Gewalt gehört inzwischen zum Berufsalltag

    Viele Sexarbeitende betreiben sogenanntes „Camming“, bei der sie Live-Videos über das Internet streamen – meist gegen Bezahlung. Camming erfordert zwar keine physische Begegnung mit Kunden und kann anonym von zuhause aus betrieben werden, ist jedoch mit digitalen und rechtlichen Risiken verbunden.

    Eines davon heißt Doxing und bedeutet das gezielte Sammeln und Veröffentlichen privater Informationen über eine Person ohne deren Einwilligung. Dazu gehören Klarname, Adresse, Fotos, Arbeitgeber oder Familienangehörige. „Im Kontext der Sexarbeit ist dies ein besonders gefährliches Phänomen, da die Verknüpfung von Arbeits- und Privatidentität existenzielle berufliche, familiäre und sicherheitstechnische Konsequenzen haben kann“, sagt Vogler.

    Auch Datenklau und Leaks stellen in der Sex-Cam-Arbeit eine Gefahr dar. Die unerlaubte Veröffentlichung privater oder bezahlpflichtiger Inhalte – oft durch Kunden, die gekauften Content weitergeben, oder durch Hackerangriffe, können für Sexarbeiterinnen massive finanzielle und persönliche Konsequenzen haben.

    Immer häufiger werden auch Deepfakes als Instrument digitaler Gewalt gegen Sexarbeiterinnen eingesetzt. Dabei handelt es sich um KI-generierte Bild- oder Videoinhalte, bei denen das Gesicht einer Person ohne deren Einwilligung in fremde Inhalte eingefügt wird.

    Die Herbertstraße auf St. Pauli ist die bekannteste Bordellgasse Deutschlands.

    Die Herbertstraße auf St. Pauli ist die bekannteste Bordellgasse Deutschlands.

    © Breuel-Bild/Imago
    Permanent online sein – permanent unter Druck sein

    Digitale Sexarbeit wird häufig als eine sicherere oder leichtere Variante wahrgenommen, da es keinen physischen Kontakt gibt oder flexibel von zuhause gearbeitet werden kann. Was dabei übersehen wird: Die psychische Belastung ist erheblich, und sie ist strukturell an das Geschäftsmodell geknüpft. „Wer digital arbeitet, ist permanent sichtbar und permanent erreichbar. Sichtbarkeit ist Kapital und Unerreichbarkeit kostet Ranking“, erklärt Vogler.

    Das Ranking wird durch Faktoren wie Aktivität, Bewertungen, Werbung und Reaktionszeit beeinflusst und wirkt sich direkt auf Sichtbarkeit und Buchungserfolg aus. Das erzeugt einen Dauerstress, der sich kaum abschalten lässt. Hinzu kommt die emotionale Arbeit: Denn digitale Sexarbeit lebt von gespielter Intimität und vom Aufbau scheinbar persönlicher Beziehungen zu fremden Kunden. „Das ist enorm fordernd und es verwischt die Grenze zwischen Arbeit und Privatleben. Burnout ist in der Sexarbeit daher kein Randphänomen, sondern gelebter Alltag“, erzählt die Agenturbetreiberin.
    Das Recht kommt der Digitalisierung nicht hinterher

    Das deutsche Recht denkt Sexarbeit noch weitgehend in physischen Kategorien: also Bordellen, festen Arbeitsorten und dem Prostituiertenschutzgesetz. Doch die digitale Realität hat diesen Rahmen längst überholt. „Online-Plattformen sind rechtlich schwer einzuordnen. Sind sie Werbeportale? Vermittler? Arbeitgeber? Diese Frage ist bis heute nicht eindeutig geklärt, und genau das schafft eine rechtliche Grauzone, in der sich viele Beteiligte bewegen“, so Vogler.

    Internationale Plattformen mit Sitz außerhalb Deutschlands entziehen sich der deutschen Regulierung weitgehend, was zur Folge hat, dass deutsche Gesetze nicht mehr greifen. Gleichzeitig strukturieren diese Plattformen aber den Markt durch Rankings, Bewertungen und Kontaktfilter aktiv mit, schränken die Selbstständigkeit der Sexarbeitenden durch Gebühren und algorithmische Sichtbarkeitssteuerung ein, ohne dafür rechtlich zur Verantwortung gezogen zu werden. „Auch Bereiche wie Cam-Arbeit, der Verkauf von Bildern und Videos oder Sugardating sind ökonomisch längst Teil der Sexarbeit, rechtlich aber kaum definiert“, sagt Vogler.

    Die Sexarbeiterinnen würden sich dadurch in einem rechtlichen Schwebezustand befinden: Was ist erlaubt, was nicht? Wer trägt eigentlich die Verantwortung? Ist es die Plattform oder die Person? „Es gibt kaum institutionellen Schutz und kaum Klarheit. Wer sichtbar ist, um Kunden zu gewinnen, riskiert gleichzeitig aufzufallen, wenn die Registrierungspflicht nicht erfüllt wurde. Mehr Eigenkontrolle bedeutet hier auch ein erhöhtes Eigenrisiko“, klagt die Agenturbetreiberin.

    OnlyFans-Fashion-Show in New York

    OnlyFans-Fashion-Show in New York

    © John Marshall Mantel/Imago
    Künstliche Intelligenz bedroht ganze Branche

    KI-generierte Sexarbeiterinnen – also vollständig synthetisch erzeugte Profile und Inhalte – sind bereits Realität. Vollständig synthetische Profile mit künstlich erstellten Gesichtern, Stimmen und Inhalten konkurrieren auf denselben Plattformen wie echte Menschen. Und sie schlafen nicht, fordern keine Pausen und beschweren sich auch nicht über Arbeitsbedingungen.

    „Das verdrängt echte Sexarbeitende und wirft zudem massive ethische und rechtliche Fragen auf. Wer haftet und wer verdient?“, sagt Vogler. Für reale Sexarbeiterinnen bedeutet dies einen gänzlich neuen und fundamental härteren Konkurrenzdruck. „Während ein Mensch Grenzen hat, also zeitlich, emotional, körperlich, hat eine KI eben keine. Das drückt Preise, erhöht Erwartungen und verändert auch, was Kunden als normal empfinden“, so die Agenturbetreiberin.

    Vor allem rechtliche Fragen beschäftigen die Branche. Wer haftet, wenn ein KI-Profil das Gesicht einer echten Person ohne deren Einwilligung verwendet? Wer verdient an den Inhalten? Sind es die Plattform, der Entwickler oder niemand? „Rechtlich ist das weitgehend ungeklärt“, klagt Vogler. Gleichzeitig wirft KI auch im Bereich der Sexarbeit tiefere ethische Fragen auf: Wenn Intimität vollständig simuliert werden kann, was bedeutet das folglich für menschliche Sexarbeit und menschlichen Intimitätsaustausch? Die Technologie entwickelt sich nahezu schneller als jede gesellschaftliche oder rechtliche Antwort darauf.

    „Was heute noch nach Science-Fiction klingt, ist morgen Marktstandard. Und während Politik und Gesellschaft noch diskutieren, arbeiten echte Sexarbeiterinnen bereits in einer Branche, in der sie zunehmend mit Algorithmen konkurrieren, ohne dass irgendjemand sie gefragt hätte, ob sie das wollen“, so Vogler.
    Wer an der Digitalisierung wirklich verdient

    Die Digitalisierung der Sexarbeit ist kein großer Gleichmacher. „Am meisten profitieren Plattformen und Zahlungsdienstleister. OnlyFans etwa erzielte 2023 einen Bruttoumsatz von über 6,6 Milliarden US-Dollar und behält dabei 20 Prozent aller Einnahmen“, so Abt. Ein erheblicher Teil der Gewinne fließt an Plattformbetreiber. Verlierer sind besonders Sexarbeiterinnen mit mangelnden digitalen Kompetenzen, Sprachbarrieren oder fehlenden finanziellen Reserven: Also genau jene Gruppen, die am stärksten auf Schutz und Unterstützung angewiesen wären. „Wer früher von der Infrastruktur eines Bordells profitierte – etwa durch Planbarkeit, soziale Einbettung, klare Strukturen und Laufkundschaft durch eine etablierte Adresse – steht heute vor einer großen Unsicherheit“, so Vogler.

    Am schlimmsten trifft es Menschen in Zwangs- und Ausbeutungssituationen, da die Digitalisierung diese Situationen noch unsichtbarer macht, und hinter Profilen und Plattformen verschleiert. Zudem verlieren Beratungsstellen und Regulierungssysteme zunehmend den Zugang zu ihren Zielgruppen, da weniger sichtbare Arbeitsorte und weniger Anknüpfungspunkte vorhanden sind.

    Markus Keimel ist freier Journalist, Künstler und Autor aus Österreich.

    #prostitution #mondiialisation #internet #numérisation #ia #intelligence_artoficielle #mafia #disruption