• La Barbe - La saison théâtrale 2020/2021
    https://labarbelabarbe.org/La-saison-theatrale-2020-2021

    Ils ont compris que le monde d’après sera comme le monde d’avant : masculin.
    Ils dirigent les théâtres, ils créent des spectacles, ils les mettent en scène.
    La Barbe salue bien bas cette comédie héroïque !

    La Barbe se réjouit de découvrir une programmation post confinement à la hauteur de ses espérances, voyez plutôt :

    Théâtre National de la Colline « Hiver » (direction Wajdi Mouawad)
    6 spectacles : 6 Hommes soit 100 % d’Hommes. La perfection !

    Été solidaire du Théâtre de la Ville (direction Emmanuel Demarcy-Mota)
    5 Spectacles : 5 Hommes soit 100 % d’Hommes. Un idéal !

    Les Bouffes du Nord (direction Olivier Mantei et Olivier Poubelle)
    33 spectacles : 10 Hommes, 22 collectif
    Nous déplorons qu’une femme se soit glissée dans la programmation faisant chuter la représentation des Hommes à 97 %.

    Festival d’Avignon « Automne » (direction Olivier Py)
    8 Spectacles : 6 Hommes, 1 collectif soit 87,5% d’Hommes
    Nous alertons sur la pente glissante qu’emprunte Olivier Py en confiant la mise en scène d’un spectacle à une femme. Une femme c’est un homme en moins !

    Festival Paris l’Eté (direction Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel)
    8 spectacles : 6 Hommes, 1 collectif soit 87,5% d’Hommes
    Non contents d’introduire la louve dans la bergerie (une femme codirige le théâtre), un spectacle a été confié à une femme. Prudence !

    MC93 (direction Hortense Archambault)
    35 spectacles : 25 Hommes et 4 collectifs soit 87 % d’Hommes
    Ils ont confié la direction à une femme, ils n’allaient pas non plus leur confier la mise en scène ! Bravo !

    Le Monfort (direction Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel)
    32 spectacles : 22 Hommes 5 collectif
    Lorsqu’on ouvre une brèche on doit s’attendre au déferlement : 1 femme codirige et voilà que le Monfort n’accueille plus que 84,5 % d’hommes, faisant figure de mauvais élève de notre classement. Ressaisissez vous que diable !

    Théâtre National de Strasbourg (direction Stanislas Nordey)
    20 spectacles : 16 Hommes soit 80 % d’Hommes. Fabuleux !

    La Villette (président : Didier Fusillier)
    14 spectacles : 10 Hommes, 1 collectif soit 79 % d’Hommes. Mirifique !

    Théâtre National de l’Odéon (direction Stéphane Braunshweig)
    13 spectacles : 10 Hommes soit 77 % d’Hommes. Félicitations !

    Théâtre Nanterre-Amandiers (direction Philippe Quesne)
    22 spectacles : 10 Hommes, 7 collectif soit 77 % d’Hommes. Bravo !

    Théâtre de la Cité de Toulouse (direction Galin Stoev)
    33 spectacles : 20 Hommes, 5 collectifs soit 76 % d’Hommes. Un régal pour les yeux !

    Le Phénix (direction Romaric Daurier)
    11 Spectacles : 8 Hommes soit 73 % d’Hommes. Formidable !
    P.-S.

    #theatre #metootheatre #male_gaze #invisibilisation #femmes #sexisme #discrimination #féminisme

    • A part ca le jury du prix Renaudot 2021 comporte toujours Christian Giudicelli, un proche de Madneff qui raconte les viols de mineurs en Philippine avec son ami pédocriminel.

      Le jury du prix Renaudot 2021 se compose aux dernières nouvelles de Christian Giudicelli, Frédéric Beigbeder, Dominique Bona, Patrick Besson, Georges-Olivier Châteaureynaud, Franz-Olivier Giesbert, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot, J.M.G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi.

      Et le gouvernement organise un nouvel appel à témoins sur l’inceste comme si les témoignages on en avait pas assez pour décider enfin d’agir.


  • Slimani – Mouawad : le sexisme déconfiné

    https://zone-critique.com/2020/03/25/slimani-mouawad-sexisme-deconfine

    C’est une évidence ; le confinement est propice à l’écriture, activité solitaire par excellence. De plus, les artistes ont un rôle important à jouer dans les situations de crise ; par leur regard, ils offrent une lecture singulière et parfois salutaire sur les évènements qui nous affectent tous. Il n’est donc pas étonnant que récemment, de nombreuses chroniques de confinement aient vu le jour, lancées par de simples anonymes ou par des artistes reconnus. Bien qu’elles soient très diverses, dans le fond comme dans la forme, elles ont pour point commun de se créer dans l’immédiateté, et de s’inventer au fil d’évènements difficiles à prévoir : elles se lancent dans l’inconnu, et sont par là même vouées au tâtonnement. En revanche, la réception de ces journaux de confinement par l’opinion publique est à géométrie variable, comme l’illustre notre rédactrice.

    961280-portrait-culture-litteratureParmi les initiatives les plus visibles, deux ont particulièrement retenu mon attention : le journal de Leïla Slimani, publié dans Le Monde, et celui de Wajdi Mouawad, diffusé sur la plateforme SoundCloud et le site du théâtre de la Colline, qu’il dirige depuis 2016. Leïla Slimani et Wajdi Mouawad parlent à la première personne, en tant qu’écrivains. Ils sont clairement dans une posture artistique et subjective. Le terme « journal » paraît donc adapté, de par sa connotation personnelle, intime. Il s’agit de partager ses pensées, ses émotions, son vécu individuel vis-à-vis d’une expérience partagée. Et en effet, par sa nature même, le confinement nous coupe des autres, nous renvoyant fatalement à nous-même, notre cellule familiale, nos conditions de vies, nos émotions.

    Il y a des échos forts entre les réflexions et les situations des deux artistes. Ils passent tous les deux leur confinement dans une maison, dans des conditions confortables. Wajdi Mouawad réside à Nogent-sur-Marne, une ville, où, dit-il, l’on se confine aisément, avec « un bois magnifique[i] », non loin de là. Leïla Slimani, de son côté, reconnait sa chance : « Je n’ai pas faim, je n’ai pas froid, j’ai une chambre à moi d’où je vous écris ces mots. J’ai le loisir de m’évader, dans des livres, dans des films[ii]. »

    Ils expriment leur sidération, leurs doutes vis-à-vis d’un avenir qui leur parait soudain plus incertain que jamais. Tous deux font appel aux mythes pour tenter de donner du sens présent : Wajdi Mouawad puise dans la mythologie grecque et les récits bibliques, Leïla Slimani parle de la Belle au bois dormant. Ils trouvent du réconfort dans l’observation de la nature : l’autrice évoque « les tilleuls sur les branches desquels apparaissent les premiers bourgeons[iii] », Wajdi Mouawad se perd dans la contemplation de l’érable du Japon qui pousse dans son jardin. Ils sont en famille. En annonçant à son fils qu’il n’y a plus d’école, Wajdi Mouawad constate la « joie de l’enfant devant les catastrophes des adultes[iv] » ; tandis que Leïla Slimani rapporte des paroles semblables : « On l’aime ce virus. C’est quand même grâce à lui qu’on est en vacances[v]. ».

    Une réception aux antipodes

    portrait-wajdi-mouawad_0_1400_1400Or, malgré toutes ces similitudes, il y a une chose qui diffère radicalement entre ces deux projets : la réception qui leur est faite.Le journal de Wajdi Mouawad a été accueilli avec enthousiasme. On peut trouver moult commentaires élogieux et remerciements sur les réseaux sociaux, et Télérama salue « Une introspection intelligente qui sait mettre les bons mots sur les sentiments qui nous traversent tous[vi] ».

    A l’inverse, le premier épisode de celui de Leïla Slimani a essuyé des critiques d’une extrême virulence. Les mêmes reproches reviennent encore et encore sur Twitter et dans les journaux : le texte est « indécent », « égocentré » ou « nombriliste », « vide », le recours au conte « niais » ou « mièvre ». On reproche à Leïla Slimani d’être une Marie-Antoinette du confinement, de n’avoir pas conscience de ses conditions de vie privilégiées. Et ce, bien qu’elle écrive « Nous ne sommes pas à égalité. Les jours qui viennent vont au contraire creuser, avec une cruauté certaine, les inégalités. Ceux qui ont peu, ceux qui n’ont rien, ceux pour qui l’avenir est tous les jours incertain, ceux-là n’ont pas la même chance que moi[vii]. ». Un des articles les plus véhéments va jusqu’à affirmer que Leïla Slimani est représentante d’une « bourgeoisie qui se rêve écrivain[viii] » – pas une véritable écrivaine, donc. La grande majorité des critiques en concluent qu’elle n’a pas la légitimité nécessaire pour relater son expérience, parce que celle-ci n’est pas représentative, et de très nombreux internautes lui ordonnent tout bonnement de se taire.

    Pourquoi des réactions aussi radicalement opposées face à des propositions artistiques aussi proches ?

    Pourquoi des réactions aussi radicalement opposées face à des propositions artistiques aussi proches ? Il y a sans doute plusieurs facteurs d’explications. D’une part, Leïla Slimani est plus visible, donc plus exposée aux critiques. A l’heure où j’écris ces lignes, l’épisode 1 du journal de Wajdi Mouawad compte 69 000 écoutes sur SoundCloud, tandis que le Monde comptabilise 300 000 abonnés. Ensuite, le public touché n’est sans doute pas tout à fait le même. Enfin, il y a des différences bien réelles de ton, et de style, et de propos, entre les deux artistes.

    Cependant, cela ne suffit pas, selon moi, à expliquer un tel écart de traitement. Les reproches adressés à Leïla Slimani pourraient tous s’appliquer à Wajdi Mouawad. Il écrit à la première personne, et s’appesantit en fait plus sur ses angoisses et sa vie privée que ne le fait l’autrice dans le Monde. Lorsqu’il prend le temps d’enterrer des araignées ou de relire l’Ancien Testament, il est très certainement assez déconnecté des préoccupations de la plupart des Français – et, contrairement à Leïla Slimani, il ne reconnait pas explicitement sa situation de privilège. Comment le public aurait-il réagi si l’écrivaine avait suggéré comme lui au lecteur « d’ouvrir ses carreaux et [de] lire un poème à voix haute au voisin d’en face[ix] » ? Elle aurait été, à coup sûr, sujette à encore plus de moqueries.

    Est-ce parce qu’il évoque souvent la guerre du Liban, qu’il a vécu enfant, et qui a forcé sa famille à s’exiler ? Son histoire personnelle lui donne-t-elle pour toujours le droit à exprimer son opinion, en n’importe quelles circonstances ? Cela serait, en soi, placer le problème sur le terrain moral, ce qui en littérature est problématique comme on le verra plus bas.

    On peut de plus remarquer que d’autres personnalités qui n’ont ni le même discours, ni le même passé, semblent tout aussi épargnées par la vindicte publique. Ainsi, l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré tient son propre journal de confinement en vidéo, dont le jour 1 compte sur YouTube plus de 200 000 vues. Il vit également dans une grande maison avec jardin. Adepte de l’humour noir, il n’hésite pas à plaisanter, entre autres, sur les risques pour les femmes confinées avec des maris violents[x], ou sur les parisiens cloitrés dans leurs petits appartements[xi] ; une attitude volontairement outrancière et provocatrice qui pourtant, ne semble choquer personne.

    Qu’est-ce qui explique donc, la colère contre Leïla Slimani ?

    À cette figure repoussoir des « indécentes », on oppose celle de la femme honnête, généralement anonyme, voire la sainte des temps modernes : l’infirmière, la caissière, l’étudiante boursière dans son 15m², etc.

    Ce qui m’a frappée tout de suite, c’est la spécificité du vocabulaire employé pour critiquer ou parodier le texte, et par extension, l’écrivaine : elle est frivole, mièvre, égocentrique, hypocrite, légère, elle romantise la situation, sa vision des choses est trop rose… Un ensemble de défauts qui, dans notre imaginaire collectif, sont très fortement associés au féminin, ou à une certaine féminité plus ou moins fantasmée. Ce constat fait, le choix des cibles, ainsi que la nature et la violence des critiques auxquelles elles ont été exposées deviennent beaucoup plus cohérents. Leïla Slimani, mais aussi Marie Darrieussecq et Lou Doillon, également attaquées, ne sont pas considérées comme des artistes, mais comme des précieuses forcément ridicules. À cette figure repoussoir des « indécentes », on oppose celle de la femme honnête, généralement anonyme, voire la sainte des temps modernes : l’infirmière, la caissière, l’étudiante boursière dans son 15m², etc. Une logique vieille comme le patriarcat. Aujourd’hui, la manière la plus simple pour une autrice d’écrire sur le confinement en étant crédible, c’est d’écrire contre les bourgeoises, quitte à insister sur sa propre précarité. L’homme qui parle de lui, quelle que soit sa classe sociale, peut prétendre à l’universalisation de son propos. La femme, si elle fait de même, est dans l’obligation de se justifier.

    On pourrait débattre sur la qualité des textes en question. La prose de Leïla Slimani ne serait pas de l’envergure de celle de Wajdi Mouawad. Ce discours est souvent utilisé face au constat des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes dans le secteur culturel. Il y aurait moins de femmes artistes parce qu’elles auraient, tout simplement, moins de talent, ou moins de choses à dire. Cet argument est d’une certaine manière irréfutable ; la notion de « talent » et de « valeur » dans le domaine artistique est par nature subjective et flottante, surtout dans le cas d’artistes contemporains pour lesquels l’histoire n’a pas encore tranché.

    Donner la parole à Leïla Slimani ne signifie pas la confisquer aux autres, et cet acharnement pourrait bien décourager les intellectuelles qui seraient tentées de l’imiter, peu désireuses de devenir à leur tour les boucs émissaires de quiconque possède une connexion internet.

    Pourtant, ce que les chiffres nous disent encore et encore[xii], c’est que les femmes bénéficient dès le début de leur carrière de moins de crédibilité et moins d’opportunités. La plupart des trajectoires artistiques le montrent : pour développer une œuvre puissante et originale, il faut souvent du temps. Les premières productions sont généralement qualifiées de « promesses », qui ne peuvent être tenues que si les créateurs et créatrices sont encouragés. A l’inverse, il est facile de tuer dans l’œuf une vocation, ou un projet littéraire encore fragile, en les traitant avec mépris ou condescendance. Dans le cas de Leïla Slimani, bien qu’elle ne soit pas une autrice débutante, ces méthodes de décrédibilisation se sont avérées redoutablement efficaces. Dès le deuxième épisode de son journal, elle renonce à raconter ce qu’elle vit, et adopte un ton beaucoup moins personnel – on peut supposer qu’elle pratique désormais une forme d’autocensure. Dans le troisième épisode, elle se concentre sur les conditions de vie des prisonniers, tentant ainsi de se conformer à la posture morale qu’on lui réclame. On notera que cela ne semble pas émouvoir ses détracteurs, qui se désintéressent alors pour la plupart de la question. Cela est assez logique, puisqu’elle est attaquée davantage sur ce qu’elle est, ou plutôt ce qu’elle est censée représenter, que sur ce qu’elle dit.

    Quand bien même cette lecture serait fausse, et les attaques contre elle et ses consœurs n’auraient rien à voir avec leur sexe, les reproches qui leurs sont adressés restent très fragiles ; elles n’auraient pas de légitimité à parler d’elles-mêmes, ou à parler tout court, parce qu’elles sont privilégiées. Si Leïla Slimani est égocentrique lorsqu’elle consacre quelques paragraphes à elle-même, alors que dire de l’œuvre d’un autre prix Goncourt, Proust, bien au chaud dans son confort bourgeois pendant que les poilus mouraient dans les tranchées ? Ou encore de Raymond Radiguet, qui commence Le diable au corps en déclarant : « Que ceux déjà qui m’en veulent se représentent ce que fut la guerre pour tant de très jeunes garçons : quatre ans de grandes vacances ». Ces auteurs ne sont-ils pas indécents ? N’auraient-ils pas dû s’abstenir d’écrire ? La littérature, de par sa nature même, tend à donner de l’importance à des choses tout à fait dérisoires, y compris dans des situations de crises. C’est ainsi qu’elle peut saisir la complexité de l’expérience humaine.

    Comme le dit Wajdi Mouawad, « à cause du geste même de l’écriture, des images surgissent (…) qui donnent de la perspective, une profondeur qui me permet de voir plus loin que le bout de mon nez[xiii]. ». L’entreprise littéraire est en effet à même d’ouvrir un espace de réflexion que l’actualité brûlante ne permet pas. Elle « [défait] le confinement par ce qui nous rend humain : la parole partagée[xiv] ».

    Quoi que l’on pense de la qualité des journaux de confinement qui sont tenus aujourd’hui, il semble essentiel d’encourager, ou tout au moins de laisser être, toute tentative artistique pour continuer à dire et à penser le présent. Donner la parole à Leïla Slimani ne signifie pas la confisquer aux autres, et cet acharnement pourrait bien décourager les intellectuelles qui seraient tentées de l’imiter, peu désireuses de devenir à leur tour les boucs émissaires de quiconque possède une connexion internet. Certains voient, dans cette indignation le témoignage d’une fracture sociale de plus en plus profonde. Elle me paraît davantage être le symptôme d’un sexisme insidieux, mais puissant. Le message, somme toute, est clair : en temps de crise, laissez la parole aux hommes.

    Hélène Pierson

    #sexisme #male_gaze #silenciation #invisibilisation #autrice #discrimination #sexisme #privilège #grand_homme #talent #valeur

  • Humiliés et licenciés
    https://laviedesidees.fr/Renahy-Sorignet-Mepris-de-classe.html

    À propos de : Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.), Mépris de classe, éditions du croquant. Si la violence symbolique échappe en partie à ses victimes, il arrive aussi que la domination se manifeste sans voiles et à nu : tel est le mépris de classe. Deux ouvrages collectifs cartographient les diverses formes de la domination sociale et ses effets délétères.

    #Société #discrimination #classes_sociales
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211014_descamps.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211014_descamps.docx

  • California issues formal objection to Activision Blizzard’s $18 million settlement | VG247
    https://www.vg247.com/activision-blizzard-dfeh-settlement-objection

    California’s Department of Fair Employment and Housing has issued a formal objection to the recent settlement publisher and developer Activision Blizzard made with the Equal Employment Opportunity Commission, with the DFEH noting it could cause “irreparable harm” to its ongoing legal proceedings.

    L’accord de $18 M annoncé récemment pour clore les accusations d’agressions sexuelles, discriminations, ou encore de viol de la part de certains employés d’Activision Blizzard ne suffira peut-être pas à calmer les autorités judiciaires qui souhaitent poursuivre leurs investigations.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #activision_blizzard #blizzard #procès #justice #discrimination #sexisme #ressources_humaines #frat_boy #culture_toxique #environnement_toxique #états-unis #californie #j_allen_brack #jen_oneal #mike_ybarra #jesse_meschuk

  • Devenir respectables
    https://laviedesidees.fr/Yaelle-Amsellem-Mainguy-Les-filles-du-coin.html

    À propos de : Yaëlle Amsellem-Mainguy, Les filles du coin. Vivre et grandir en milieu #rural, Presses de Sciences Po. Comment les #femmes de classes populaires et de petites classes moyennes vivent-elles leur #jeunesse en milieu rural ? À partir d’une enquête dans plusieurs espaces ruraux et péri-urbains, Yaelle Amsellem réinvestit la question des trajectoires sociales féminines.

    #Société #campagne
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20211007_fillesducoin.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20211007_fillesducoin.docx

  • Fuite de Twitch : seulement 3 femmes sur les 100 streameurs les mieux payés au monde
    https://www.numerama.com/pop-culture/745544-fuite-de-twitch-seulement-3-femmes-sur-les-100-streameurs-les-mieux

    La plateforme de streaming est victime d’une énorme fuite ce mercredi 6 octobre. Hormis le code source de Twitch, d’autres informations ont leaké, comme le chiffre d’affaires qu’ont touché les gros streameurs sur 3 ans. Et cette liste permet de relever un point important sur l’égalité femmes-hommes : il n’y a quasiment pas de femmes dans le classement.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #twitch #tv #fuite #sécurité #égalité_des_sexes #sexisme #palmarès #twitch_partners #discrimination #misogynie #invisibilisation

  • « Des sénateurs proposent une amende en cas de non-vaccination contre le Covid-19 » — RT en français

    Et de qui elle est la brillante idée ? De sénateurs socialistes.

    Quand cette racaille, dont fait partie Hidalgo, sera à -5% ds les sondages, ça fonctionnera comment le remboursement de l’arnaque au socialisme ?

    Où est la différence entre ces ordures, Macron, et l’extrême droite ?

    https://francais.rt.com/france/91346-senateurs-socialistes-proposent-amende-cas-non-vaccination-contre

    #politique #santé #discrimination #société #fascisme #socialiste #changement #vangauguin

  • Des chercheurs israéliens contournent la reconnaissance faciale grâce à l’IA
    https://fr.timesofisrael.com/des-chercheurs-israeliens-contournent-la-reconnaissance-faciale-gr

    Des chercheurs israéliens ont trouvé une méthode apparemment simple pour tromper les logiciels de reconnaissance faciale – en appliquant du maquillage conventionnel sur des zones spécifiques du visage selon un modèle déterminé par un programme d’intelligence artificielle.

    L’étude, menée à l’université Ben Gurion de Beer Sheva, a montré que, lorsque l’on applique le motif de maquillage généré par l’ordinateur sur les sujets testés, les systèmes sont contournés avec un taux de réussite proche de 100 %.


    Une image illustrant l’intelligence artificielle et les technologies de reconnaissance faciale. (Crédit : KENGKAT ; iStock by Getty Images)

    Vingt volontaires (10 hommes et 10 femmes) se sont vu appliquer du maquillage sur les zones du visage les plus identifiables selon la carte thermique générée par le logiciel, ou du maquillage aléatoire, et enfin pas de maquillage du tout.

    Les sujets ont ensuite été confrontés à un environnement réel en marchant dans un couloir équipé de deux caméras et de diverses conditions d’éclairage.

    Avec le modèle de maquillage conçu par le logiciel, les sujets n’ont été correctement identifiés que dans 1,22 % des cas, contre 33,73 % des cas avec un maquillage aléatoire et 47,57 % des cas sans aucun maquillage.

    « J’ai été surpris par les résultats de cette étude », a déclaré Nitzan Guetta, l’un des principaux auteurs de l’étude, au site américain Motherboard.


    Le système de reconnaissance faciale est incapable d’identifier le sujet une fois le maquillage généré par l’IA appliqué. (Autorisation de l’université Ben Gurion et de l’université Cornell)

    « [La maquilleuse] n’a pas fait trop d’astuces, elle a juste vu le modèle de maquillage de l’IA et a ensuite essayé de le copier. Ce n’est pas une copie parfaite. Il y a des différences, mais ça marche quand même », a-t-elle ajouté.

    L’étude a été menée en utilisant des palettes de couleurs neutres pour obtenir un look naturel et des techniques de maquillage conventionnelles, ce qui signifie qu’elle peut techniquement être reproduite par n’importe qui. Cependant, l’inconvénient de la méthode est que l’on est toujours très reconnaissable par les autres humains.


    Un participant avec un modèle de maquillage recommandé par le programme d’IA qui a pu tromper un système de reconnaissance faciale. (Autorisation de l’Université Ben Gurion et de l’Université Cornell)

    #IA #reconnaissance_faciale #biométrie #facial #surveillance #algorithme #reconnaissance #vidéo-surveillance #discrimination #smartphone #police #maquillage #surveillance #vidéo-surveillance #vidéosurveillance #caméras #reconnaissance

  • Un document inédit atteste de l’implication de pétain dans les lois antisémites de 1940 04/10/2010 - Sarah LEDUC - Roselyne FEBVRE
    https://www.france24.com/fr/20101004-decouverte-document-statut-juif-accable-marechal-petain-seconde-g
    Voir la vidéo sur le site de france24

    La découverte d’un document sur le statut des juifs en 1940, annoté par Pétain, tranche un débat historique. Ce texte prouve l’implication du Maréchal dans l’élaboration et la radicalisation de la loi discriminatoire à l’égard des juifs.

    Pour les historiens, le débat est tranché. Il est désormais avéré que le Maréchal Pétain est directement impliqué dans la radicalisation des mesures antisémites de la France de Vichy, alors que son rôle n’était pas, jusque-là, clairement établi.

    Un document original de l’État français définissant le statut des juifs en octobre 1940, annoté de la main du Maréchal Pétain, a été découvert par l’historien et avocat Serge Klarsfeld, fondateur de l’Association des Fils et Filles de Déportés juifs de France. Un donateur anonyme l’a confié au Mémorial de la Shoah de Paris le dimanche 3 octobre, 70 ans jour pour jour après l’adoption de la loi.

    Ce document inédit comporte les annotations aux crayons à papier écrites par Philippe Pétain, établissant son rôle déterminant dans la rédaction de ce statut.

    « Aujourd’hui, un texte officiel prouve que Pétain est intervenu dans la rédaction du statut des juifs. Pour les historiens, ce texte est important car il tranche ce débat », explique à France 24.com l’historien Jean-Pierre Azema, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et plus spécialement de la France de Vichy et de la Résistance.

    En effet, les historiens ne pouvaient jusqu’alors se référer qu’au seul témoignage de Paul Baudouin, ancien ministre des Affaires étrangères sous Vichy. Dans « Neuf mois au gouvernement », un ouvrage publié en 1946, il écrivait que, lors du Conseil des ministres du 1er octobre 1940, le gouvernement avait étudié « pendant plus de deux heures le statut des Israélites. C’est le maréchal qui se montre le plus sévère. Il insiste en particulier pour que la justice et l’enseignement ne contiennent aucun juif ».

    La « nationalité par l’exclusion »
    Le projet de loi - dont le document est issu - est débattu en Conseil des ministres le 1er octobre 1940 et adopté le 3 en ayant intégré les corrections du Maréchal. Ce texte de loi complète la liste de juridictions d’où sont exclus les juifs et ajoute aux mandats qui leur sont déjà interdits, les sièges dans « toute assemblée issue de l’élection ».

    Il élargit également à « tous les membres du corps enseignant » l’interdiction pour les juifs d’exercer, alors que le projet initial prévoyait une interdiction pour les recteurs, inspecteurs, proviseurs et directeurs d’établissement primaires et secondaires seulement. Enfin, alors que le projet initial épargnait « les descendants juifs nés français ou naturalisés avant 1860 », le Maréchal a décidé de rayer cette mention.

    Pour Jean-Pierre Azema, ce texte définit la « nationalité par l’exclusion ». En résumé, il réduit les juifs français – les seuls concernés par le texte de loi - à être des citoyens de second rang. Ce texte rompt avec les principes même de la Constitution française qui exclut toute possibilité de discrimination religieuse ou raciale. Depuis 1846, « aucune loi française n’avait distingué de groupe religieux ou ethnique dans la métropole pour le frapper d’incapacité légale », peut-on lire dans Vichy et les Juifs, de Marrus et Paxton.

    La fin du mythe du héros de Verdun
    Ce document inédit devrait mettre fin au mythe, partagé par quelques Vichyssois et négationnistes, d’un Pétain « bon grand-père », héros de Verdun et conquérant de la Première Guerre mondiale, qui aurait protégé les juifs de France. « On a beaucoup dit que Pétain était le défenseur de la nation, qu’il n’intervenait pas dans les lois liberticides, contrairement à Laval ou Raphaël Alibert, le ministre de la Justice de l’époque. Pétain était le bouclier et De Gaulle était l’épée. Certains continuent de véhiculer cette image du ‘bon Vichy’ », explique Jean-Pierre Azema.

    En effet, l’idée que Pétain n’était pas responsable des atrocités de Vichy et que la France, État captif, ne faisait que relayer les ordres de l’occupant, reste étrangement répandue. Mais l’historien précise que les Allemands n’ont pas fait pression sur la France de Vichy pour promulguer ce statut. « La décision de statuer sur les juifs est propre à Vichy. L’occupant a certainement approuvé mais, à ce moment-là, il s’occupe peu de la législation française. »

    Jean-Pierre Azéma rappelle que « Pétain est un pur produit de la droite nationaliste. Et pour mettre en marche la révolution nationale et le redressement intellectuel et moral de la France, il fallait limiter l’influence de l’anti-France, dont les juifs, accusés d’avoir trop d’influence sur les médias et la politique. »

    L’antisémitisme primaire de la France de Vichy et son implication dans la Shoah constitue toujours un pan de l’Histoire que la France assume difficilement. Si Jacques Chirac avait été le premier Président à reconnaître la responsabilité de l’État français dans la rafle du Vel’ d’Hiv’ dans son discours de 1995, Nicolas Sarkozy estime lui, dans un discours commémoratif en 2008, qu’il faut en finir avec l’idée de « repentance ».

    #lois #antisémites #Histoire #pétain #discrimination #Shoah #vichy #France

  • Activision agrees to settle EEOC lawsuit, set up $18 million victims fund - Axios
    https://www.axios.com/activision-18-million-victims-fund-response-lawsuit-7989a3ff-cac7-4c5e-b2a6-f

    « In a 49-page consent decree, the company technically denied any wrongdoing but agreed to a three-year period of extensive oversight. »

    Activision Blizzard Settles With Federal Employment Agency For $18 Million (Updated)
    https://kotaku.com/now-there-are-three-u-s-government-groups-suing-activi-1847756366

    Kotick, of course, is receiving effective compensation of $154 million in 2021, meaning he could easily cover the $18 million cost of the EEOC lawsuit settlement many times over.

    C’est donc la fin de deux ans et demi d’enquête et du procès à l’égard d’Activision Blizzard pour discrimination, harcèlement sexuel et même de viol dans le cadre des relations au sein de l’éditeur. On pourra peut-être regretter que l’entreprise s’en sorte sans que le procès n’aille au bout. C’est un désagréable sentiment que l’argent permet, aux Etats-Unis du moins, d’acheter la justice. Pour des faits aussi graves, on aurait aimé que la justice aille jusqu’au bout.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #procès #justice #arrangement #activision_blizzard #sexisme #harcèlement_sexuel #discrimination #bobby_kotick

  • Des autodafés et des bonnes intentions … Benedikt ARDEN
    https://www.legrandsoir.info/des-autodafes-et-des-bonnes-intentions.html

    Ça a fait un badbuzz monumental et qui a résonné bien au-delà du pays. Près de 5000 livres jeunesse ont été retirés des bibliothèques de 30 écoles francophones d’Ontario pour servir de combustible à des cérémonies symboliques d’intérêts « éducatifs », dans le cadre de la réconciliation entre peuples autochtones et non autochtones du Canada.

    Au centre de cette controverse, Suzy Kies, présentée comme une gardienne du savoir autochtone et accessoirement coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada. Celle-ci souligne que cette « cérémonie » a pour but d’enterrer « les cendres du racisme, de la discrimination et des stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité ». Le feu ayant pour objet d’engendrer l’engrais d’implantation d’un arbre et ainsi « tourner du négatif en positif ».

    Sans tenir compte du fait autrement plus symbolique de brûler des livres, qui ne va pas sans rappeler une époque que les Allemands aimeraient bien oublier, ce scandale est surtout lié aux critères douteux de cette sélection et surtout par la lecture particulièrement décontextualisée des œuvres choisies par ce fameux comité. Pour qu’un livre fasse partie du bûcher, à peu près toutes les raisons y sont passées. Des termes et appellations d’une autre époque, à la non-historicité des représentations en passant par la sexualisation des dessins, toutes les cases ont été cochées. Sans faire grand cas du format (bande dessinée et histoire pour enfants) ou des contextes historiques, les membres du comité n’ont même pas tenu compte des intentions des auteur(e)s et ont même reproché à des BD les propos de ses antagonistes[1]. En somme, ce comité de relecture cherchait des stéréotypes et des expressions anachroniques et les a trouvés là exactement où ils devaient en trouver, c’est-à-dire dans les livres de notre enfance.

    Évidemment, la chasse aux préjugés et aux stéréotypes ne s’est pas limitée aux BD, mais s’est aussi attaquée aux livres qui traitent des Premières Nations en général, mais qui n’ont pas été écrits ou révisé par des Autochtones « pure souche » ou des œuvres qui sont qualifiés « d’appropriations culturelles », ce qui est assez ironique quand on sait que madame Suzy Kies se présente comme une Abénakis d’Odanak alors qu’elle ne fait visiblement pas partie de cette communauté. Le fait d’avoir adopté la culture abénakis n’est pas une pratique que je condamne, tant s’en faut, mais quand on brûle les livres des auteur(e)s qui font briller cette culture au nom de l’appropriation culturelle, on devrait faire attention à ne pas parler au nom d’une communauté dont on s’approprie le nom ! D’autant plus que, comme commente l’ethnologue huronne-wendat Isabelle Picard, à propos des autodafés dans la culture autochtone, « C’est bien peu connaitre nos cérémonies et en avoir peu de respect ».

    Comme vous le constatez, l’événement parle de lui-même et ils sont assez rares à défendre ce qu’il faut bien appeler un « dérapage woke ». Je déteste réellement cette expression (woke), puisqu’il est employé à tort et à travers par la droite, mais ici je vais faire une exception, car l’expression est désormais connue et je ne souhaite pas mettre de gants blancs, même si on devrait plutôt parler de progressisme postmoderne pour parler de ce courant. Toutefois, peu importe le nom qu’on lui donne, on ne peut que constater que ce courant atteint dorénavant des sommets en termes de dérapage. Celui-ci en vient même à avoir des impacts négatifs bien réels sur l’image que se fait la majorité des gens des minorités et des Premières Nations, puisque ces dérapages engendrent objectivement beaucoup plus de préjugés que la seule lecture de Pocahontas ou de Tintin en Amérique !

    Néanmoins, la source du problème n’est pourtant pas issue des thèses les plus problématiques des plus controversés chercheurs/chercheuses postmodernes et encore moins des demandes de respects et d’égalité des groupes minoritaires et immigrants, mais bien de la popularisation d’un corpus doctrinal ouvertement irrationnel et qui est actuellement en phase accrue de radicalisation.

    Comme le mentionne Pierre Valentin dans son étude sur le courant « Woke » : https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme

    Le mouvement woke repose sur une approche postmoderne du savoir caractérisée par « un scepticisme radical quant à la possibilité d’obtenir une connaissance ou une vérité objective. »

    C’est pour cette raison que les courants postmodernistes se détachent à ce point des autres doctrines issues des Lumières et de l’universalisme. Pour ces derniers, il existe bien évidemment des dominants et des dominés ainsi que des systèmes qui provoques ces dominations, mais leur recherche de la justice passe par des connaissances objectives et des principes universels, alors que les postmodernistes rejettent carrément ces notions pour se centrer sur le ressenti des individus.

    Le philosophe Michel Foucault justifiait cette vision du monde en ces termes :

    [...] Il faut admettre que le pouvoir produit du savoir ; que pouvoir et savoir s’impliquent directement l’un l’autre ; qu’il n’y a pas de relation de pouvoir sans constitution corrélative d’un champ de savoir, ni de savoir qui ne suppose et ne constitue en même temps des relations de pouvoir.[2]

    Autrement dit, le savoir issu des progrès de la connaissance serait en réalité une expression du pouvoir (des dominants), d’où ce scepticisme si radical quant à la possibilité de produire des connaissances objective.

    Ces idées en provenance de ce que les universitaires américains appelaient la « French Theory » https://fr.wikipedia.org/wiki/French_Theory ont eu leur part de pertinence à gauche, notamment dans les années 70, à l’époque où certains penseurs avaient tendance à effectivement tout ramener à la rationalité économique. Y compris les aspects qui ne s’y collent pas complètement. Notamment en ce qui touche le féminisme et le nationalisme de libération, qui ont des aspects culturels forts.

    Aujourd’hui ce courant de pensée tombe dans des excès inverses. Jusqu’à prétendre que la subjectivité des individus devrait être considérée comme un fait normatif et devrait être traitée comme tel. C’est-à-dire de manière politique. Dès lors c’est le « sentiment d’injustice » et non le système qui provoque ces injustices qui devient le centre des préoccupations « woke ». On en arrive donc à des absurdités comme de voir des bourgeois de la haute société qui se la jouent victime puisque, autiste, femme, homosexuel, noir, etc., alors qu’ils sont objectivement des dominants de par leur statut social ou bien ces histoires de langues et de symbole, à des années lumières de ce qui provoque concrètement la #marginalisation des minorités que l’on souhaite émanciper.

    Pour eux, le fait essentiel n’est donc pas l’injustice ou la réalité de l’oppression, mais le ressenti de celle-ci, ce qui fait que la sécurisation des catégories de gens jugés opprimés passe bien avant la lutte contre le système qui engendre les discriminations[3]. C’est pour cette raison qu’il n’est pas contradictoire pour un « woke » de propager les pires généralisations sur les groupes dits dominants et, en revanche, de ne rien tolérer de ce qui touche (ou qui pourrait toucher) ceux qualifiés de dominés. Même si dans les faits les définitions de ces groupes sont toutes sauf scientifiques (surtout pour ce qui est des soit distantes races) et que les discriminations décriées sont pratiquement toujours #intersectionnelles [4]. Tout ce qui compte c’est l’état d’esprit du moment et de ce que l’on qualifie d’acceptable à l’instant T.

    Comme je l’ai évoqué précédemment, cette pensée est en perpétuel mouvement et n’est pas limitée par le savoir objectif, alors ce qui est « acceptable » aujourd’hui ne le sera pas nécessairement demain. Un livre du 19e siècle comme « Nord contre Sud » (Jules Verne) dénonçant l’esclavage, mais qui utilise les termes de son époque sera inévitablement mis un jour à l’index, puisqu’il utilise le mot en « N » et utilise des stéréotypes. Je l’affirme, car c’est à peu près ce qui s’est passé pour la peinture « Life of Washington » https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/HALIMI/60163 , qui est une peinture dénonçant l’esclavage, mais qui fut éliminé du lycée George Washington, parce que jugé raciste ! On en vient à censurer le fond en raison de la forme, puisque ce qui est recherché n’est pas la dénonciation de l’injustice, mais le #maternage de population que l’on souhaite protéger de la société par l’illusion et le #subterfuge (« les safes spaces »).

    C’est probablement cet état d’esprit qui guide les choix des militantes comme Suzy Kies. Un livre comme Tintin en Amérique (1932) ne sera donc pas jugé sur son contenu (somme tout positif envers les Premières Nations, si nous tenons compte de l’époque), mais sur l’usage de termes et d’illustrations désormais jugés offensants. La question de l’appropriation culturelle et des déguisements ne sera pas non plus jugée sur la base de principes universels, mais sur la seule sensibilité des personnes touchées, même si celles-ci ne font pas partie de ces communautés d’après leurs propres principes.

    Disons-le tout net, le « wokisme » est en phase de désintégration et ses propres contradictions sont en train de détruire le mouvement de l’intérieur, alors il n’est nul besoin d’en faire des tonnes sur les scandales estivaux et autres faits divers. Non, le problème réside dans l’effet « backslash » qui profite à la droite et surtout à l’extrême droite, puisqu’elles se donnent de la légitimité sur leurs dérapages tout en récupérant des concepts qu’elle méprise, comme l’universalisme et l’antiracisme.

    Non, il n’est pas normal que le racialisme de la soi-disant « théorie critique de la race » (entre autres exemples) soit uniquement et hypocritement dénoncé que par les réactionnaires. Je sais qu’il est parfois difficile de critiquer son propre camp, sans se faire malmener par les adeptes de ces idées. Néanmoins, cela reste absolument nécessaire pour la salubrité idéologique des organisations progressistes, en plus de les aider à rester en phase avec les masses laborieuses qui ne suivent pas ce genre d’évolution sociétale (du moins, pas à cette vitesse).

    Rappelons que les principes du socialisme ont pris du galon en 150 ans et si moi-même je ne suis rien, j’hérite de siècles d’universalisme et de science, alors j’ai moins besoin de me référer à mon propre ressenti et à mes intérêts individuels, pour juger une situation, que d’une grille d’analyse doctrinale efficace et de connaissances scientifiques solides. Est-ce que quelque chose est juste ou vrai ? Et surtout, est-ce que ça l’est pour tous les humains et dans tous les cas ? Voici le genre de questions qui doivent prédéterminer un avis éclairé et minimalement objectif.

    Brûler des livres ou recycler les pseudosciences, parce que ça serait sécurisant pour certains, n’est pas acceptable éthiquement et ne change de toute façon rien aux problèmes concrets vécus par les populations marginalisées. Les bulles de protection ne sont que des illusions qui nuisent au véritable combat pour l’émancipation, puisqu’il ne s’agit que d’une version 2.0 de la bonne vielle « opium du peuple », toujours aussi dommageable qu’auparavant.

    La vérité et la justice sont des concepts vaste et parfois flou, je l’admets sans problème, mais ils sont aussi porteurs d’objectivité et d’universalisme. S’il y a parfaitement lieu de traiter respectueusement les victimes systémiques de nos sociétés et d’adapter notre démarche en conséquence, il faut savoir se garder de catégoriser les humains dans des cases identitaires et ainsi leur présumer des caractères négatifs comme positifs, puisque le genre humain est équitablement dosé en défaut comme en qualité, peu importe les catégories duquel on parle[5].

    Reste à ce que le genre humain soit équitablement dosé en droit et justice sociale, car c’est bien par cette voie que nous éliminerons les stéréotypes et les préjugés et certainement pas en cachant ou en brulant les souvenirs du passé !

    Benedikt Arden, septembre 2021

    [1] C’est un peu comme si on reprochait à George Lukas, dans la première trilogie Star Wars, de ne pas avoir donné assez de place à la diversité dans les rangs de l’empire, alors que l’esthétique de celle-ci est directement calquée sur le 3e Reich (tous des hommes blancs), dans l’objectif plus qu’évident de créer un contraste avec les rebelles, qui eux sont mixtes (hommes, femmes, aliens, etc.).

    [2] Cité depuis l’étude « L’idéologie woke. Anatomie du wokisme (1) »

    [3] L’exemple typique est le concept de « pauvrophobie » ou de « classisme » qui entend protéger les pauvres des préjugés des riches, alors que c’est la conscience de classe, résultante de ce « classisme », qui est à l’origine de la lutte des classes, donc de l’émancipation des pauvres.

    [4] Les gens faisant partie d’une catégorie de dominés font généralement partie d’une des catégories dominantes et sont donc à la fois dominés et dominants. La réalité est plus complexe que les slogans.

    [5] Je parle ici des catégories identitaires et non pas des classes sociales, puisque celles-ci sont productrices d’intérêt de classe, donc de croyances idéologiques affiliées à ces classes.

    #wokisme #woke #dérapage #autodafé #discriminations #stéréotypes #racisme #index #école #catholiques #écoles_catholiques #bucher #purification #fanatisme #violence #épuration des #bibliothéques pour #enfants #asterix #tintin #stéréotypes #suzy_kies #Lucky_Luke #Ontario #badbuzz

  • Face aux discriminations
    https://laviedesidees.fr/Face-aux-discriminations.html

    Julien Talpin, Hélène Balazard, Marion Carrel, Samir Hadj Belgacem, Sümbül Kaya, Anaïk Purenne, Guillaume Roux, L’épreuve de la #discrimination. Enquête dans les quartiers populaires, Puf. L’expérience des discriminations a un impact direct sur la santé physique et psychique des individus dont elle fragilise l’estime de soi et limite les opportunités. Les habitants des quartiers réagissent quotidiennement à cette épreuve et se mobilisent politiquement pour y faire face.

    #Société
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210913_discrimination.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210913_discrimination.docx

  • #Canada : Tintin, Astérix, Lucky Luke... On vous explique la polémique autour des 5 000 #livres détruits par un groupe scolaire catholique
    https://www.francetvinfo.fr/monde/canada/canada-tintin-asterix-lucky-luke-on-vous-explique-la-polemique-autour-d

    L’affaire a fait le tour du monde. Mardi 7 septembre, Radio-Canada a publié une enquête [https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1817537/livres-autochtones-bibliotheques-ecoles-tintin-asterix-ontario-cana dévoilant la destruction de milliers d’ouvrages, bandes dessinées et albums jeunesse, par des écoles catholiques francophones de la province de l’Ontario, au Canada, suscitant de nombreuses réactions un peu partout dans le monde.

    De Tintin à Astérix, en passant par des albums de Lucky Luke, les ouvrages concernés par cette destruction étaient accusés de représenter de manière stéréotypée, voire raciste, les populations autochtones (premiers peuples d’Amérique du Nord et leurs descendants). Mais après des révélations incriminant Suzy Kies, une figure centrale du projet, accusée d’avoir menti sur ses origines, l’opération a finalement été suspendue par ses initiateurs.

    #autodafé #discriminations #stéréotypes #racisme

  • Consommation : les Français ne croient pas aux promesses écologiques des industriels Par Julien Da Sois
    https://www.lefigaro.fr/conso/consommation-les-francais-ne-croient-pas-aux-promesses-ecologiques-des-indu

    Une large majorité juge que les entreprises ne sont pas suffisamment impliquées dans les enjeux écologiques, sociaux et sociétaux.

    Des Français sensibles aux enjeux environnementaux et sociaux dans leurs choix de consommation, mais critiques envers les efforts des entreprises dans ces domaines. C’est ce qui ressort du Baromètre de l’engagement des entreprises, réalisé par l’ObSoCo (Observatoire Société & Consommation) et Trusteam Finance, dévoilé mardi 7 septembre.

    Les sondés sont en effet une majorité à affirmer que l’impact environnemental (62%) et social et sociétal (52%) est un critère d’achat important entre des produits concurrents. Si le prix reste, de loin, le premier critère de choix, près d’un quart des personnes interrogées (24 %) indique avoir renoncé à un achat au cours des 12 derniers mois en raison d’une insuffisance de la marque ou de l’enseigne sur le plan environnemental, social ou sociétal.


    Près d’un quart des personnes interrogées affirme avoir renoncé à un achat au cours de l’année écoulée en raison d’une insuffisance de la marque sur le plan environnemental, social ou sociétal. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

    Et à en croire ce sondage, effectué auprès d’un échantillon de 2.000 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans, les Français sont cependant sévères vis-à-vis des efforts entrepris par les sociétés. Ils sont en effet environ sept sur dix à juger qu’elles ne sont pas suffisamment impliquées dans la réponse à la crise écologique et dans les grandes questions sociales et sociétales de notre époque (discriminations, pauvreté, équilibre territorial...).

    Soupçon de « greenwashing » et de « social washing »
    Plus de huit sur dix (84%) sont même incapables de citer spontanément la moindre entreprise particulièrement engagée. Ils sont malgré tout plus nombreux à observer une évolution positive sur ces sujets : 21% estiment que l’engagement des entreprises a eu tendance à progresser au cours des 12 derniers mois, contre 13 % à penser qu’il a reculé.

    Les campagnes de communication des entreprises autour de ces problématiques sont par ailleurs jugées peu crédibles par les consommateurs. En effet, 68% sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle « les engagements des entreprises en faveur du bien commun (respect de l’environnement, lutte contre le gaspillage, les discriminations ou en faveur du pouvoir d’achat…) ont pour seul objectif d’améliorer leur image ».

    Le baromètre montre également que la méfiance est plus importante entourant les grandes entreprises. Lorsqu’elles mettent en avant des actions en vue de réduire l’impact environnemental et sociétal de ses produits, une majorité de sondés (56%) disent considérer qu’il ne s’agit que « de belles paroles et que rien de significatif n’a changé en réalité ». Une proportion qui tombe à 39% dans le cas d’une petite ou d’une moyenne entreprise.

    #écologie #agriculture #industrie #promesse #publicité #publicitaires #greenwashing #social_washing #croyances #multinationales #sociétal #engagement #discriminations #pauvreté #promesses #enjeux_écologiques

  • La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une « maladie de femmes »
    https://joellepalmieri.org/2021/08/23/fibromyalgie-derriere-la-porte

    Autopathographie libre et introspective, « La douleur impensée » se veut un texte saisissant sur le combat que je mène contre la « maladie de la douleur ». Riche d’une expérience de journaliste, de politologue et de militante féministe confrontée à une pathologie qui bouleverse ma vie au quotidien, je mêle récit, contexte sanitaire dans lequel il se produit et manifeste pour une guérison.

    Après un panorama des déficiences physiologiques (douleurs diffuses sur tout le corps, fatigue, perte de mobilité), cognitives (troubles de la mémoire, du comportement et de la concentration), accompagnées d’une avalanche d’émotions difficilement contrôlables (peur, colère, tristesse), je transporte les lecteur·trices vers les multiples pistes de traitement empruntées et une analyse féministe de la fibromyalgie qui touche très majoritairement des femmes. Les politiques de santé publique, leur hiérarchisation des pathologies et des soins associés, leur agnotologie de genre, la toxicité financière produite questionnées, je fais valoir les savoirs des patientes et ouvre la porte vers des pistes de transformation radicale de la prise en charge et de la gestion de la maladie.

    Ce livre s’adresse tant à celleux qui vivent la fibromyalgie, sont touché·es, la pensent, qu’aux professionnel·les qui la soignent et à toutes les personnes qui ne savent pas de quoi il s’agit.

    Quelques chiffres me concernant : trente-cinq ans de parcours médical, trente praticien·nes de santé, dix hôpitaux, mille consultations, cent-vingt examens, sept diagnostics, six mille séances de soin, cinquante traitements…
    En France, plus de quatre femmes sur cent se reconnaîtront.

    Communiqué de l’éditeur

    Communiqué à télécharger

    Joelle Palmieri

    La douleur impensée

    Autopsie féministe de la fibromyalgie, une « maladie de femmes »

    L’algologie (soin de la douleur) est souvent considérée par le corps médical comme une « sous-médecine » et la fibromyalgie comme une pathologie secondaire. La recherche médicale néglige certaines hypothèses, manque de réflexivité́ et répond à une stratégie qui oblitère les savoirs acquis par les malades. Cette ignorance s’accompagne de « préjugés » et « superstitions » perpétués par les médecins selon lesquels les femmes, animées par leurs « humeurs » changeantes ou par des formes d’« hystérie », se plaignent sans raison, s’inventent des maladies et imaginent les douleurs…

    Dans cette autopathographie (autobiographie axée sur l’expérience de la maladie), Joelle Palmieri nous décrit un véritable parcours de la combattante pour faire identifier son affection et trouver des moyens thérapeutiques pour atténuer sa douleur chronique invalidante.

    Globalement impensée, la fibromyalgie touche très majoritairement les femmes. Deshumanisante, elle se caractérise par des déficiences aussi bien physiologiques (douleurs diffuses sur tout le corps, fatigue, perte de mobilité́), que cognitives (troubles de la mémoire, du comportement et de la concentration), accompagnés d’une avalanche d’émotions difficilement contrôlables (peur, colère, tristesse).

    Joelle Palmieri ausculte les différentes phases de son appropriation de cette « maladie de la douleur » : de la création de son langage à sa gestion, de sa qualification à la valorisation des savoirs acquis par la maladie auprès de thérapeutes de différentes disciplines. Puis l’autrice ana- lyse des données médicales et sociologiques, questionne les politiques de la santé publique, leur hiérarchisation des pathologies et des soins associés, leur agnotologie (production culturelle de l’ignorance) de genre, la toxicité financière pesant sur les malades et fait valoir les savoirs des patientes.

    Les biais sexistes des professions de la santé, qui sont dommageables pour la santé des femmes, sont au cœur de sa compréhension des difficultés rencontrées pour soigner cette « maladie de femmes ».

    TABLE DES MATIÈRES

    Préambule

    Qui parle ?

    Créer un langage de la douleur

    Gérer la douleur

    Qualifier la douleur

    Valoriser les savoirs acquis grâce à la maladie

    Identifier les écueils de la prise en charge de la fibromyalgie

    S’orienter vers une interaction des savoirs

    AUTRICE

    Docteure en sciences politiques, journaliste, essayiste et romancière, Joelle Palmieri est membre associée du laboratoire de recherche « Les Afriques dans le monde » (CNRS). Elle a créé́ et dirigé l’Agence pour la promotion de l’économie sociale et solidaire et l’agence de presse féministe internationale Les Pénélopes. Féministe, elle est notamment membre du réseau Genre en action.

    Richard Poulin contact@m-editeur.info http://m-editeur.info

    Parution : septembre 2021
    Prix : 18,95 $
    Pages : 152
    Format : 5 x 8 pouces
    ISBN : 978-2-924924-31-0

    Collection : Militantisme

    Autopathographie, maladie de la douleur, fibromyalgie, biais sexistes des professions de la santé, analyse féministe, « maladie de femmes »

    #santé #femmes #féminisme #discrimination #fibromyalgie

  • Manifestation contre le passeport sanitaire - Montréal - 2021-08-14

    Beaucoup de monde ce sont donné rendez-vous dans les rues Montréal pour participer à la manifestation contre l’instauration du passeport sanitaire au Québec. Les manifestants arrive rue Sherbrooke, descende Jeanne-Mance pour terminé au quartier des spectacles.

    https://www.youtube.com/watch?v=V8z9XUwNUXE

    #Canada #Montréal #manifestation #covid-19 #coronavirus #confinement #en_vedette #crise_sanitaire #vaccination #pandémie #surveillance #santé_publique #pass_sanitaire #solidarité

  • Le plus vu sur YouTube : des femmes sous-représentées, sexualisées, malmenées
    https://www.liberation.fr/societe/droits-des-femmes/le-plus-vu-sur-youtube-des-femmes-sous-representees-sexualisees-malmenees
    https://www.liberation.fr/resizer/YfAoX2JRPgn70WN2HkEbESLdyHQ=/800x0/filters:format(jpg):quality(70):focal(1576x1156:1586x1166)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/VFP23XEALZG5NNLKFWRMB5YTXU.jpg

    Dans un rapport rendu public ce jeudi, la Fondation des femmes alerte sur les stéréotypes sexistes encore largement véhiculés dans les contenus les plus visionnés de la plateforme, notamment des clips musicaux.

    Le diagnostic est peu reluisant : des femmes sous-représentées, et quand elles le sont, à grand renfort de stéréotypes sexistes, d’images dégradantes et autres propos misogynes ou symptomatiques d’une culture du viol solidement ancrée. Dans un rapport aussi fouillé qu’accablant rendu public ce jeudi, la Fondation des femmes alerte sur « le sexisme en liberté » dans les contenus les plus vus sur YouTube. Réalisée en partenariat avec Sciences-Po, cette étude s’appuie sur l’analyse fouillée des 200 contenus les plus vus sur la plateforme de vidéos en ligne au cours des années 2019 et 2020, majoritairement des clips musicaux (dans 73,7% des cas). Pour autant, les auteurs ont choisi de ne pas nommer les auteurs de ces vidéos, pour dénoncer un système plutôt que des individus. Objectif : poursuivre un travail similaire mené par le Conseil supérieur de l’audiovisuel en décembre 2018. « Le diagnostic est tout aussi accablant, voire pire », tranche Sylvie-Pierre Brossolette, ex-présidente du groupe de travail sur les droits des femmes du CSA et membre de la Fondation des femmes, au cours d’une conférence de presse ce jeudi.

    Premier constat : les femmes sont sous-représentées dans ces contenus, observent les auteurs, qui déplorent une présente « écrasante » de premiers rôles masculins. Ainsi, 62,1% des protagonistes sont des hommes, contre seulement 16,2% de femmes (l’écart s’expliquant par le fait que les réponses « mixtes », « autres » ou « non applicables » étaient possibles). Dans les vidéos humoristiques, sur les quatre contenus analysés parmi les plus regardés, c’est encore pire : aucune femme n’occupe le rôle principal. « Les représentations du féminin se pensent donc en majorité à travers le prisme d’un regard masculin », s’indigne l’étude.

    Autre point noir : les stéréotypes de genre. Moins d’un tiers (30,5%) des contenus y échappe. Le « format court » et la « visée commerciale » des clips musicaux les rapprochent de la publicité, « dans leur aptitude à mobiliser des stéréotypes dans un but marketing », observent les auteurs. Les hommes n’échappent pas à ces stéréotypes. Ainsi, plus de la moitié (57%) des vidéos passées au crible portent la trace de clichés traditionnellement associés à la masculinité, l’hypervirilité étant la plus présente (dans 71 vidéos), suivi de l’archétype du protecteur ou encore du sportif. Parfois, ces caractéristiques sont cumulées, l’association la plus courante étant l’hyperviril couplé au macho, parfois même cumulé à un aspect protecteur, « établissant un lien de causalité directe entre virilité et protection matérielle et /ou physique d’un autre personnage, dans la majorité des cas, féminin », relève le rapport.
    Sentimentales, séductrices, vénales…

    Du côté des femmes, des stéréotypes ont – sans surprise – également été relevés, dans 39% des vidéos. Les femmes y sont présentées comme sentimentales (15% des cas), comme des poupées (13%, pour les vidéos représentant des jeunes filles et des ados), des séductrices (12,5%), ou encore comme des personnes vénales (8,5 %)…. Dans la grande majorité des cas (81,7%), ces images se superposent, ce qui fait dire aux auteurs que « c’est tout un imaginaire stéréotypé qui est mobilisé ». En revanche, la maternité, elle, n’est que très rarement associée aux femmes mises en scène (dans 1% des cas). « Si les stéréotypes masculins sont prédominants, nous rappelons qu’ils sont cependant associés à des valeurs positives (la puissance et le courage) contrairement aux stéréotypes féminins, qui sont connotés négativement (la sentimentalité et la vénalité) », poursuit le rapport.

    Sans grande surprise, les corps des femmes sont aussi fréquemment sexualisés. Pas en les filmant partiellement ou complètement nues, mais par « des procédés bien plus insidieux » tels qu’une caméra pointée sur des attributs féminins (souvent les seins, ou les fesses, avec un visage coupé), ou encore de manière à mettre en scène des poses lascives. « Ces procédés suggestifs véhiculent l’idée que les femmes doivent paraître et se comporter d’une certaine manière pour être attrayantes, renforçant ainsi l’image de la femme-objet », analysent les auteurs.
    Insultes sexistes, culture du viol et violences conjugales

    Le rapport s’attelle enfin à tenter de décrypter les rapports entre les sexes. Là aussi, il reste du chemin à parcourir, le lien le plus fréquemment mis en scène étant des rapports de séduction (38,8% des cas), suivi de rapports conjugaux stéréotypés (présents dans 14% des séquences). On y voit par exemple des femmes attendant patiemment leur mari à la maison, tandis que celui-ci vaque tranquillement à des occupations sexuées, illégales ou violentes. Dans 4% des cas, ce sont même des rapports de soumission qui sont pointés du doigt, le plus souvent à travers des situations de « drague » non consentie : « Bien que ceux-ci soient peu nombreux, le peu de séquences illustrant une forme de harcèlement semblaient tout à fait normalisées. »

    Des violences sexistes et sexuelles ont également été relevées, dans pas moins d’un quart des contenus classés dans les catégories musique, humour et divertissement : insultes sexistes (37,5% des cas), propos misogynes (25%), culture du viol (15,6%), harcèlement sexuel (6,3%), et même violences conjugales (3,1%). A titre d’exemple, le rapport pointe du doigt les propos d’un chanteur (sans le nommer), qui clame « je vais te démonter » ou encore « j’te baise », ou encore le cas d’un autre clip, dans lequel le protagoniste menace de s’en prendre à son ex-conjointe dans les paroles de sa chanson, bat à mort l’amant de son ex-compagne, puis chante à côté des cadavres emballés dans des bâches de cet homme et de son ex. La Fondation des femmes déplore ainsi une nette hausse des contenues présentant une image dégradante des femmes. De 15,5% en 2017-2018 selon l’étude du CSA, ils ont bondi en 2019 et 2020 à 34,7%.
    Principe d’éga-conditionnalité

    Parmi les pistes possibles pour tenter d’améliorer cet état des lieux, la force juridique de la Fondation des femmes suggère de modifier la loi de septembre 1986 pour permettre au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de contrôler l’image des femmes véhiculées sur Internet, en y ajoutant que le CSA « s’assure que les programmes mis à la disposition du public […] ne contiennent ni propos et images sexistes ou propos et images manifestant un traitement dégradant à raison du sexe ou de l’identité de genre ». « La haine en ligne et la protection des mineurs sont déjà régulées, mais pas l’image des femmes. Or, ce type d’images dégradantes ou stéréotypées formatent les mentalités et fournissent des rôles sociaux auxquels les jeunes peuvent s’identifier. Tout ceci fait le lit des violences », a rappelé ce jeudi Sylvie-Pierre Brossolette.

    Autre possibilité : la mise en place d’un principe d’éga-conditionnalité pour les œuvres diffusées en ligne, afin de priver de financement tout contenu véhiculant une image dégradante des femmes. « Il ne s’agit pas de censurer la création, mais cela pourrait par exemple passer par des clauses dans les contrats entre les établissements de crédit et les sociétés de production. L’essentiel est de susciter une réflexion sur ces questions », a tenu à préciser Me Caroline Leroy-Blanvillain, avocate membre de la force juridique de la Fondation des femmes. Dernière option : la création d’une charte de bonne conduite établie entre le CSA et les GAFAM, pour permettre la suppression de tout contenu dérogeant à ces engagements.

    #sexisme #misogynie #male_gaze #discrimination #invisibilisation

  • California updates lawsuit against Activision Blizzard, says game maker is interfering - Axios
    https://www.axios.com/activision-blizzard-lawsuit-temporary-workers-4a8fa284-a003-4c56-819c-43c7c2d

    California has expanded its anti-discrimination lawsuit against Activision Blizzard, adding temporary workers to the female full-time employees of whom it is suing on behalf. The state’s Department of Fair Employment & Housing also alleges the game maker has interfered with its investigation.

    La justice reproche à Activision Blizzard de s’ingérer, voire contrecarrer son enquête, notamment en détruisant des documents relatif à la discrimination de salariés.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #activision_blizzard #justice #procès #interférence #ingérance #ressources_humaines #emploi #harcèlement #sexisme #discrimination

  • Les hockeyeuses en lice aux Mondiaux à Calgary doivent porter un bracelet électronique qui permet de contrôler leurs mouvements. La raison : le covid, évidemment. Cyrill Pasche
    Munies d’un bracelet, les filles sont surveillées en permanence
    https://www.tdg.ch/munies-dun-bracelet-les-filles-sont-surveillees-en-permanence-636103799305

    Muni d’un bracelet permettant le traçage, les hockeyeuses sont surveillées 24 heures sur 24 aux Mondiaux.

    « Au début, on a juste envie de prendre une paire de ciseaux et de s’en débarrasser », explique l’internationale helvétique Sarah Forster. C’est que toutes les hockeyeuses – ainsi que les membres des staffs des différentes équipes nationales et les arbitres – doivent porter 24 heures sur 24 un bracelet permettant de contrôler leurs mouvements et différents déplacements. Et ce durant toute la durée de la compétition.


    Des bracelets qui ont deux fonctions : localiser tout ce petit monde via une application et s’assurer que personne ne quitte la « bulle » et s’évapore dans la « nature ». La « bulle » ? L’hôtel (quarantaine de cinq jours à l’arrivée au Canada) et la patinoire. L’autre fonction de ces bracelets munis de capteurs est de vérifier que toutes les personnes impliquées dans ce championnat du monde respectent en permanence une distanciation de deux mètres.

    Même pendant les matches
    Alors qu’elle va entamer son quatrième et avant-dernier jour de quarantaine isolée dans une chambre d’hôtel à Calgary, la Jurassienne s’habitue gentiment à ce bracelet imposé par les organisateurs du tournoi (lire l’encadré). « Au bout d’un moment, on ne le remarque plus vraiment, on l’oublie un peu. C’est un peu comme si on portait une montre, en fait. »

    Muni de capteurs, ce bracelet permet de contrôler les déplacements des joueuses et d’éventuelles infractions au règlement.
    Les participantes aux Mondiaux – qui sont d’ailleurs testées tous les deux jours – devront même porter leur bracelet durant les entraînements et les matches ! Une information que confirme le président de l’IIHF, René Fasel. « Pour les matches, les filles seront équipées d’un autre bracelet muni d’un velcro, plus souple et plus confortable pour la pratique du hockey sur glace ».

    Pour organiser cette compétition mondiale qui a déjà été annulée à deux reprises (en 2020 après l’apparition du coronavirus à l’échelle planétaire, puis à la dernière minute en mai 2021), l’IIHF et les organisateurs canadiens ont imposé des règles bien plus strictes que lors du Mondial des hommes en Lettonie au printemps, qui eux ne devaient par exemple pas porter de bracelets… « Nous devons aussi prendre tous nos repas en étant divisées en deux groupes », fait remarquer Sarah Forster. Pas terrible pour la vie d’équipe.

    #Canada #Femmes #discrimination #sport #surveillance #bracelet_électronique Les #cinglés de la #surveillance sont au pouvoir, #algorithme #bigdata #géolocalisation #reconnaissance #police #covid-19

  • Activision Blizzard’s QA Devs Are Sharing Horror Stories
    https://kotaku.com/activision-blizzard-s-qa-department-seems-like-a-hellho-1847473158

    Long hours. Low pay. Tremendous instability. Working in quality assurance (QA) for a video game studio is notoriously difficult and painstaking enough as it is without factors like these complicating matters.

    Sur les conditions de travail chez Activision Blizzard du côté de l’assurance qualité. En plus d’un salaire à peine suffisant pour finir le mois, des heures supplémentaires excessives, d’une absence d’assurance maladie, les salariés transgenre, en particulier, se sentent discriminés.

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #activision_blizzard #assurance_qualité #ressources_humaines #conditions_de_travail #environnement_toxique #abk_workers_alliance #discrimination #rémunération #glassdoor #bobby_kotick #transgenre #diversité #inclusion #blizzard_entertainment

  • Tunisie : les étrangers invités à participer à une journée nationale de vaccination - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/34164/tunisie-les-etrangers-invites-a-participer-a-une-journee-nationale-de-

    Tunisie : les étrangers invités à participer à une journée nationale de vaccination
    Dimanche 8 août, une journée nationale de la vaccination a été organisée en Tunisie. Un million et demi de doses ont été mises à la disposition de plusieurs centaines de centres à travers tout le pays. Les étrangers les plus âgés - qu’ils soient résidents ou en situation irrégulière - étaient invités à se faire vacciner. Matthias Raynal est parti à la rencontre des ressortissants d’Afrique subsaharienne qui vivent à Tunis. Dans ce salon de coiffure tenu par un Congolais, le maniement des ciseaux est minutieux. Les clients attendent leur tour sur un fond de musique du pays. Si la situation sanitaire commence à s’améliorer, la Tunisie vient de connaître des semaines très difficiles. Beni Moussaï, un étudiant de 21 ans raconte comment il a vécu cette période : "C’était vraiment pénible. Même mes parents au pays étaient vraiment inquiets. Le covid-19 fait beaucoup de dégâts. Je pense que le vaccin jusqu’à présent, c’est vraiment le remède efficace et j’encourage mes frères subsahariens à aller se faire vacciner."Le message est bien reçu par son ami Chilo Mouniapara. Il est très heureux de pouvoir le faire en Tunisie : "Je viens du Congo et je suis ici en Tunisie. Si je ne me fais pas vacciner, comment je vais faire pour m’en sortir ? Une fois que tu résides en Tunisie, tu as le droit de te faire vacciner."La constitution tunisienne oblige l’État à soigner tous ceux qui vivent sur son territoire. Dans les faits, le manque de connaissance du système de santé par exemple ou encore les discriminations freinent l’accès à la santé. C’est encore plus compliqué pour les personnes en situation irrégulière. « En Tunisie, pour nous, les Subsahariens, quand tu n’as pas de papiers, c’est difficile quand même. Et concernant la vaccination, il faut aussi privilégier [les sans-papiers, ndlr] parce que si on les met de côté, c’est renoncer aux droits humains. Tout le monde a le droit à la santé », estime Beni Moussaï. Les deux étudiants vont patienter encore un peu. La Tunisie devrait commencer à vacciner les plus jeunes dans les prochaines semaines.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#sante#vaccination#inclusion#systemesante#droit#discrimination#subsaharien