• « La discrimination envers les immigrés prive les économies de bienfaits potentiels en matière d’innovation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/06/05/la-discrimination-envers-les-immigres-prive-les-economies-de-bienfaits-poten

    « La discrimination envers les immigrés prive les économies de bienfaits potentiels en matière d’innovation »
    Pauline Grosjean professeure d’économie à l’Université de Nouvelle Galles du Sud (Australie)
    Sur l’intégration des migrants, deux grands modèles s’opposent. L’un préconise l’assimilation culturelle, tandis que l’autre, prévalant plus souvent dans les pays anglo-saxons, est plus tolérant aux différences culturelles et ne se soucie guère des signes extérieurs de religion ou de culture. De ces deux modèles, lequel est le plus efficace sur le plan économique ?
    L’attitude des populations hôtes vis-à-vis des migrants n’a pas seulement un coût social et psychologique pour les migrants, elle présente aussi un coût économique important. Un coût économique pour les migrants, bien évidemment, aussi bien sur le marché de l’emploi, où ils peuvent se voir refuser une embauche, que sur le marché du logement, où la discrimination de certains bailleurs envers les immigrés augmente le coût de leur accès au logement.
    Mais la discrimination a aussi un coût pour l’économie tout entière parce qu’elle génère de l’inefficacité économique. En empêchant les migrants d’occuper des postes pour lesquels ils sont pourtant qualifiés, elle prive les économies de bienfaits potentiels en matière d’innovation, par exemple. En contraignant au chômage des individus pourtant parfaitement qualifiés pour des emplois à pourvoir, elle renchérit le coût du travail, et donc l’inflation, tout en faisant peser l’indemnisation du chômage sur les finances publiques.
    Que coûtent à l’économie les attitudes hostiles des populations locales ? L’intégration culturelle des migrants mène-t-elle automatiquement à leur intégration économique ? Pour répondre à ces questions, trois chercheurs ont étudié la vague d’immigration de 1,6 million de réfugiés, principalement syriens, irakiens et afghans, entrés en Allemagne entre 2015 et 2018 (« Scared Straight ? Threat and Assimilation of Refugees in Germany », Philipp Jaschke, Sulin Sardoschau et Marco Tabellini, NBER Working Paper, nᵒ 30381).
    Les auteurs mesurent l’hostilité locale de la population par un indice incluant le nombre d’attaques contre des mosquées, le nombre de manifestations d’extrême droite, le vote pour des partis d’extrême droite, des données d’enquêtes mesurant les attitudes vis-à-vis des migrants, le nombre de mariages entre Allemands et migrants, ainsi que des mesures historiques de xénophobie (pogroms antijuifs et part du vote pour le Parti nazi en 1933).
    Pour mesurer l’intégration culturelle, les auteurs comparent les réponses de 8 000 migrants et de 30 000 natifs dans plusieurs vagues d’enquêtes d’opinion entre 2016 et 2018. Selon les auteurs, des réponses plus similaires entre migrants et natifs au fil du temps sur des questions portant sur la possibilité de faire confiance aux gens, la nécessité de se venger ou, au contraire, de retourner une faveur, l’intérêt pour la politique, mais aussi le type et la quantité de loisirs consommés, suggèrent une convergence culturelle. L’intégration économique est, elle, plus simplement mesurée par les différences en matière d’emploi et de salaire.
    De manière surprenante, les résultats montrent que les réfugiés s’assimilent culturellement plus rapidement dans les régions d’Allemagne où les habitants étaient au préalable les plus hostiles aux étrangers. Les auteurs interprètent ces résultats comme la conséquence de la peur et de l’insécurité, plus fortement ressenties par les migrants dans ces régions, selon les données, et qui les forcent à effacer leurs différences culturelles pour ressembler aux natifs le plus vite possible.
    En revanche, cette intégration culturelle ne s’accompagne pas d’une intégration économique plus rapide. Au contraire. Les données suggèrent même que s’il n’y a pas de différence en matière de chômage, les migrants sont plus susceptibles d’occuper un emploi sous-qualifié et sous-payé dans ces régions qu’ailleurs, ce que les auteurs interprètent comme une conséquence à la fois de la discrimination de la part des employeurs et de la peur des migrants qui les poussent à accepter des conditions de travail pires que celles auxquelles ils pourraient prétendre. Et donc à empêcher l’économie de capitaliser sur leurs compétences. Cesser de se focaliser sur l’intégration culturelle permettrait de gagner en efficacité économique.

    #Covid-19#migration#migrant#integration#discrimnation#economie#sante

  • N.F.L. Team Thrown by False Positive Covid-19 Tests - The New York Times
    https://www.nytimes.com/live/2020/10/16/world/covid-coronavirus

    Regardless of race and ethnicity, those aged 65 and older represented the vast majority — 78 percent — of all coronavirus deaths over those four months.The geographic impact of coronavirus deaths shifted from May to August as well, moving from the Northeast to the South and West. And though the virus moved into parts of the country with higher numbers of Hispanic residents, the report’s data showed that alone does not entirely account for the increase in percentage of deaths among Hispanics nationwide.“Covid-19 remains a major public health threat regardless of age or race and ethnicity,” the report states. It attributes an increased risk among racial and ethnic groups who might be more likely to live in places where the coronavirus is more easily spread, such as multigenerational and multifamily households, as well as hold jobs requiring in-person work, have more limited access to health care and who experience discrimination.
    In July, federal data made available after The New York Times sued the Centers for Disease Control and Prevention revealed a clearer and more complete picture of the racial inequalities of the virus: Black and Latino people have been disproportionately affected by the coronavirus in a widespread manner that spans the country, throughout hundreds of counties in urban, suburban and rural areas, and across all age groups.

    #covid-19#migration#migrant#etatsunis#sante#inegalite#minorite#race#ethnicité#discrimnation#accessante

  • BAC : les flics mis en examen - Libération
    http://www.liberation.fr/societe/01012372244-bac-les-flics-mis-en-examen

    Après quinze mois d’immersion dans une brigade anticriminalité, le sociologue Didier Fassin brosse un portrait affligeant de ces unités envoyées en territoire « ennemi ».

    Trois mots en particulier reviennent en boucle dans la bouche des gardiens de la paix : la « jungle », qui désigne la cité, « sauvages » pour délinquants, et le terriblement polysémique « bâtard » employé à tout-va, en guise de « type »,« gars », « individu ».

    Fassin décrit aussi l’emploi moins généralisé, mais non sanctionné, d’une terminologie ouvertement raciste - « crouille », « bougnoules » -, comme l’affichage décomplexé d’opinions d’extrême droite. Il raconte le poster Le Pen placardé dans un bureau du commissariat, les tee-shirts « 732 » (référence aux exploits de Charles Martel) portés en intervention, à la vue des administrés. « La racialisation est un effet essentiel de la relation entre les policiers et les habitants », observe Didier Fassin.

    #police #banlieues #xénophobie #discrimnations