• Bombes, grenades, torpilles… Où se trouvent les #munitions explosives ou toxiques enfouies dans les #fonds_marins français ?

    Franceinfo publie un #recensement inédit des #décharges d’explosifs immergées, en collaboration avec les équipes de l’émission « Vert de rage » diffusée sur France 5.

    Les deux guerres mondiales ont laissé derrière elles des centaines de tonnes de #munitions chimiques et conventionnelles (#bombes, #grenades, #torpilles) inutilisées. Dès 1920, le gouvernement français s’est servi de la mer comme d’une #poubelle pour se délester à moindre coût de ces #armes toxiques et dangereuses. Mais où se trouvent exactement ces décharges à munitions ? Dans un nouveau numéro, diffusé lundi 27 mai sur France 5, l’émission « Vert de rage » tente de reconstituer le plus précisément possible les emplacements de ces décharges, mais aussi la présence avérée de munitions ou de mines dans des épaves.

    Cet inventaire, non exhaustif, permet de donner une idée de l’ampleur des immersions, qu’elles soient volontaires ou non. Pour ce faire, les données ont été collectées à partir de plusieurs sources : cartes maritimes du service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom), archives de presse, rapports de la Commission Oslo-Paris. Cette convention internationale définit les modalités de la coopération pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est.

    Certaines de ces zones sont bien identifiées et protégées par des interdictions de plongée, de baignade ou de navigation, établies par les préfectures maritimes et indiquées sur les cartes maritimes. Mais, en l’absence d’un recensement précis, d’autres zones restent accessibles au public, pouvant présenter un danger pour les pêcheurs et les plongeurs.

    Une pratique qui a eu cours jusqu’en 2002

    Dès les années 1920, trois méthodes de déversement en mer étaient utilisées pour se débarrasser des munitions : le sabordage des navires pour les faire couler ; le pétardage, qui consistait à enterrer des munitions pour les faire exploser (ce fut notamment le cas en baie de Somme) ; et l’immersion des munitions, par avion, sous-marin ou bateau, dans des endroits plus ou moins profonds, et peu fréquentés par les bateaux, comme la fosse du cap Levi (près de Cherbourg) ou celle des Casquets (au nord de Guernesey). C’est cette technique qui était la plus répandue. « A partir de 1998, la Marine a réduit substantiellement les volumes concernés. A cette période, le volume annuel de matière explosive était inférieur à 10 tonnes par an », explique la préfecture maritime, qui assure que les dernières opérations ont eu lieu quatre ans plus tard, en 2002.

    « On les balançait dans des zones qui n’étaient pas chalutées, pas travaillées par les pêcheurs. A l’époque, on pensait qu’elles allaient rester là, puis disparaître au fil du temps. » (Bertrand Sciboz, chasseur de mines)

    Le #pétardage, lui, fut pratiqué jusqu’au 30 avril 1997, jour de l’accident mortel du navire La Fidèle, relaté par France Bleu. Ce bateau de la Marine nationale avait pour mission d’immerger 1 450 grenades conventionnelles (représentant 600 kg d’explosifs) au large de Cherbourg. Les circonstances exactes restent floues, mais certaines grenades auraient explosé avant d’être immergées, tuant cinq personnes et en blessant dix-sept autres. Mais, selon Bertrand Sciboz, plongeur sous-marin français spécialisé dans le renflouement d’épaves, bien que le nombre de munitions immergées volontairement soit important, « la majorité des munitions présentes dans le milieu sous-marin est située dans des navires de guerre bombardés et naufragés ».

    « Un problème insoluble »

    Ces immersions font aujourd’hui courir deux risques majeurs pour la #biodiversité : les #explosions_sous-marines, qui font l’effet d’un tremblement de terre pour les poissons, et l’érosion des gaines en métal protégeant les munitions, qui provoque la fuite de substances toxiques. Dans le cas des #munitions_chimiques, le #gaz_moutarde finit ainsi par se diffuser dans les fonds marins, infectant les mollusques, les algues, les poissons, et par conséquent l’ensemble de la #chaîne_alimentaire. Aujourd’hui est une période critique puisque les scientifiques estiment qu’il faut 80 à 100 ans pour qu’une munition finisse par s’abîmer.

    La #dissémination de ces composants toxiques dans l’environnement sous-marin crée aussi une réaction chimique qui mène à l’#hypoxie, un taux d’oxygène insuffisant dans l’eau, étouffant au passage les organismes vivants, selon plusieurs études menées en mer Méditerranée et en mer Baltique, connue pour être la plus grande zone d’immersions du monde. « Le problème, c’est qu’aujourd’hui, nous n’avons pas de solution technique pour récupérer ces munitions chimiques », explique Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris.

    « Il est probable que le remède soit pire que le mal : manipuler des munitions érodées, qui sont depuis des dizaines d’années dans la mer, risque d’accélérer la dissémination des agents chimiques dans l’eau. » (Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris)

    Pour les munitions dites conventionnelles, plusieurs techniques existent, comme le #contre-minage, c’est-à-dire la destruction des armes avec d’autres charges explosives. Des opérations sont régulièrement menées par les préfectures maritimes, comme à Plouguerneau (Finistère) en octobre 2023. « Le contre-minage concerne principalement les mines allemandes qui étaient les plus dangereuses et les plus fréquentes », détaille Bertrand Sciboz. Dans certains cas, les munitions peuvent être « océanisées », c’est-à-dire déplacées vers une zone plus profonde, comme ce fut le cas à Nouméa en mai 2018.
    Des taux de composants d’explosifs jamais observés

    En plus de son travail de recensement, « Vert de rage » a réalisé, en partenariat avec le chercheur Aaron Beck, responsable du groupe de travail Geomar, des mesures de composants d’explosifs, tels que le #TNT et ses dérivés, dont la #toxicité est préoccupante. L’équipe a plongé à Fouras (Charente-Maritime), au-dessus d’une décharge d’explosifs recensée sur les cartes marines et interdite à la plongée, où des milliers de munitions de la Première Guerre mondiale ont été immergées par l’armée française dans les années 1920. Des prélèvements ont également été effectués dans une épave située dans la Manche, près de Courseulles (Calvados), rouverte à la plongée après avoir fait l’objet d’opérations de déminage.

    Résultat : à Fouras, les taux de #DANT, une molécule issue de la dégradation du TNT, atteignent 2 401 nanogrammes par litre (ng/L) dans l’eau. C’est le taux le plus élevé jamais observé par l’équipe de chercheurs allemands. Le TNT est potentiellement cancérigène et suspecté de nuire à la fertilité, ainsi que de provoquer des malformations génétiques. Un autre échantillon affiche 827 ng/L de tétryl, un explosif toxique utilisé dans le passé, jamais détecté auparavant par les chercheurs. Le sable de Fouras contient quant à lui jusqu’à 2 355 nanogrammes par kilo (ng/kg) de TNT brut. On y retrouve aussi des niveaux importants de cobalt, nickel, arsenic et plomb, qui dépassent les seuils de risques environnementaux.

    Même conclusion du côté de Courseulles, où les niveaux de contamination étaient similaires aux taux observés en mer Baltique, où plusieurs milliers de tonnes d’armes conventionnelles et chimiques ont été immergées. Des résidus de TNT et de ses dérivés, jusqu’à 242 ng/kg, ont aussi été retrouvés dans le sable.

    « Une question ultrasensible » pour les autorités

    A ce jour, le nombre exact de munitions immergées est difficile à estimer et aucune cartographie officielle et exhaustive n’existe, malgré la promesse du ministère de la Transition écologique d’en produire une. En décembre dernier, Patrice Vergriete, alors ministre délégué chargé du Logement, a affirmé que des travaux interministériels, « échelonnés sur plusieurs années », étaient en cours, sans préciser le calendrier. Trois ans plus tôt, Annick Billon, sénatrice centriste de la Vendée, avait posé une question similaire au gouvernement, et reçu exactement la même réponse.

    Comment expliquer la difficulté du recensement ? « Ces immersions ont été effectuées par des services différents, en métropole comme en outre-mer. L’administration est tellement complexe qu’elle ne sait pas elle-même où elle a mis ces dossiers », argue Bertrand Sciboz. « Les premières immersions ont été effectuées immédiatement après la Première Guerre mondiale, sans que ces opérations soient forcément documentées », renchérit Olivier Lepick.

    Toutes les données existantes sont donc produites par des commissions internationales comme la convention Ospar (Oslo-Paris) ou par des associations. Selon Olivier Lepick, un travail de recensement, même non exhaustif, a certainement dû être effectué par la Direction générale de l’armement (DGA) depuis le début des années 1990. « Le problème, c’est que ces données ne sont pas accessibles au public et encore moins publiées. » En effet, la France oppose le secret-défense à toute question relative au déversement d’armes en mer. Un secret-défense renforcé en 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

    « C’est une question ultrasensible : quels responsables politiques seraient prêts à reconnaître que la France a eu des comportements aussi inacceptables ?, poursuit Olivier Lepick. Ces immersions ont eu lieu à une époque où la sensibilité environnementale était très réduite, voire nulle. » De son côté, le caractère dangereux des munitions (en particulier chimiques) n’encourage pas les autorités à une diffusion d’informations trop précises sur les stocks et la localisation des armes immergées.

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/carte-visualisez-l-emplacement-des-munitions-chimiques-et-conventionnel

    #cartographie #visualisation #mer #France

  • La dissémination de matériaux « faiblement radioactifs » issus du démantèlement autorisée par le Conseil d’État
    Conseil d’État, 6ème - 5ème chambres réunies, 27/03/2023, 463186 - Légifrance
    https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000047357733?init=true&page=1&query=&searchField=ALL&tab_sel

    19. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de l’association Réseau « Sortir du nucléaire » doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

    Le nouveau cadre réglementaire :
    https://www.red-on-line.fr/substances-faiblement-radioactives-cadre-reglementaire-relatif-aux-opera

    À noter, les produits résultant de l’opération de valorisation ne sont plus considérés comme des substances radioactives, et de ce fait n’ont plus besoin de contrôles de radioprotection (nouvel article R1333-6-2 du Code de la santé publique).

    Je rappelle au passage le tour de passe-passe opéré par le gouvernement (et analysé en détail par la Criirad) qui avait présenté son projet comme devant concerner les substances « très faiblement radioactives » le « très » ayant subrepticement disparu du texte final
    #déchets_nucléaires #dissémination #démantèlement

    • La dérogation (à l’interdiction de quitter les circuits contrôlés) s’appliquera à des déchets bien plus radioactifs qu’annoncé !
      Les débats et documents officiels de ces dernières années étaient clairs : la possibilité de recyclage ne concernerait que des déchets radioactifs dits Très Faiblement Actifs (TFA), ceux dont l’activité ne dépasse pas 100 000 Bq/kg. Certains intervenants suggéraient même qu’elle ne concernerait que la partie la moins dangereuse de la catégorie TFA, à savoir les déchets TTFA (Très Très Faiblement Actifs), et même, pour l’essentiel, des déchets non contaminés. Évidemment, si tel avait été le cas, on se demande pourquoi les autorités auraient fixé des seuils de contamination résiduelle autorisée aussi élevés.
      La décision finale prend le contre-pied de ces « garanties » : le décret 2022-174 ouvre en effet la possibilité de valorisation aux déchets dits de Faible Activité (FA), dont l’activité est typiquement comprise entre 100 000 Bq/kg et 1 milliard de Bq/Kg.
      C’est écrit en toutes lettres dans le titre même du décret qui est « relatif à la mise en œuvre d’opérations de valorisation de substances faiblement radioactives » (et non très faiblement). Rappelons que dans le domaine du nucléaire, ces termes ont un sens précis, objectif. Le plus choquant est que cette substitution a eu lieu après tous les débats, y compris après la consultation de 2021 sur le projet même de décret !
      Le projet soumis aux citoyens ne parlait en effet que d’opérations de « valorisation de substances radioactives », sans aucune précision. Ce flou avait justement attiré l’attention de la CRIIRAD qui écrivait alors « toute allusion aux déchets TFA a disparu des projets réglementaires (...) ! La fusion pourrait donc s’appliquer à des déchets bien plus radioactifs qu’annoncé.
      La suppression de la précision « très faiblement », puis l’ajout de la mention « faiblement », sont donc délibérées et en disent long sur l’honnêteté du processus de décision. Élément instructif (et malheureusement récurrent), aucun des garants et autres cautions morales qui ont accompagné les débats n’a dénoncé publiquement cette violation manifeste des règles du jeu. C’est le cas des membres de la commission particulière du débat public qui a travaillé sur le PNGMDR 1 en général, et le projet de valorisation des déchets TFA en particulier. Dans le dossier de clarification des controverses, publié sous leur responsabilité, la thématique est explicitement dénommée « Déchets de très faible activité (TFA) », avec un document de référence intitulé « TFA et seuils de libération » et qui présente la valorisation comme une alternative au stockage « des déchets TFA » (à aucun moment la
      catégorie FA n’est mentionnée). Et le débat dédié organisé à Valence est clairement présenté comme une rencontre « sur la gestion des déchets de très faible activité (TFA), issus du démantèlement des installations nucléaires. »
      Il est évident qu’avec des déchets potentiellement beaucoup plus radioactifs, les risques liés à l’insuffisance des contrôles seront considérablement accrus, tout comme les quantités totales de radioactivité susceptibles d’être injectées dans le domaine public. D’autant plus que des décisions clefs sont laissées à l’appréciation de l’exploitant de l’installation de traitement des métaux, le décret stipulant que celui-ci définit 1/ « les « spécifications d’acceptation des substances entrant dans l’installation » et 2/ « les modalités de contrôle du respect de ces spécifications. »

      1 - Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs.

      CRIIRAD - Trait d’Union n°94 - avril 2022

      Bientôt sur le bord de votre assiette, un fourchette "faiblement radioactive" ?

  • Minis-EPR et montée des eaux

    Ce sont des sénateurs (nucléaristes de droite) qui ont censuré notre docteur Folamour dont le projet de loi prévoit de construire ses mini-EPRs... en zone inondable (Sinon on oublie déjà Le Blayais et Penly). A corréler avec les nombreux travaux qui annoncent une hausse du niveau de la mer sur les côtes françaises de 0,40 à 1 mètre d’ici 2070... Le texte repart à l’Assemblée cette semaine. On peut se rassurer en escomptant que les mini-EPRs fonctionnent aussi mal que leurs aînés :-)

  • Nucléaire Les petits réacteurs modulaires, solution du nucléaire de demain - Enviscope
    https://www.enviscope.com/les-petits-reacteurs-modulaires-solution-du-nucleaire-de-demain

    L’idée de petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors) a été développée au États-Unis, puis reprise tardivement en France. EDF, TechnicAtome, le CEA et Naval Group développent le SMR français Nuward. Ce réacteur est destiné à remplacer les centrales à charbon avec un objectif de commercialisation mondiale après 2030. Les petits réacteurs seraient adaptés à des contextes particuliers : absence de ressource en eau pour le refroidissement, agglomération, etc.

    Mais, note le rapport de l’OPECST, compte tenu du nombre élevé de projets concurrents, ayant parfois quelques années d’avance, « le projet Nuward mériterait d’être soutenu dans la suite de son développement, avec l’objectif de l’accélérer. »

    •  :-) c’est un tout petit éditeur...

      Le déploiement de petits réacteurs nucléaires modulaires est une piste proposée par le rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques invitant à un large débat sur le nucléaire du futur.

      Jusqu’à présent, la filière nucléaire a poursuivi une stratégie de déploiement de réacteurs de plus en plus puissants, l’abaissement des coûts du mégawatt installé devant découler mécaniquement de l’accroissement de la taille. Or, cet objectif a des limites car les changements d’échelle peuvent aussi créer des coûts.

      L’idée de petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors) a été développée au États-Unis, puis reprise tardivement en France. EDF, TechnicAtome, le CEA et Naval Group développent le SMR français Nuward. Ce réacteur est destiné à remplacer les centrales à charbon avec un objectif de commercialisation mondiale après 2030. Les petits réacteurs seraient adaptés à des contextes particuliers : absence de ressource en eau pour le refroidissement, agglomération, etc.

      Mais, note le rapport de l’OPECST, compte tenu du nombre élevé de projets concurrents, ayant parfois quelques années d’avance, « le projet Nuward mériterait d’être soutenu dans la suite de son développement, avec l’objectif de l’accélérer. »

      La construction en série nécessite une usine

      La construction de réacteurs en série implique de disposer d’un outil industriel (une usine) inenvisageable sans un volant initial de commandes suffisant. Les rapporteurs estiment qu’il faudra évaluer la possibilité de remplacer, après 2030, certains réacteurs de 900 MWe par des SMR, en mettant en balance les questions de coût, de sûreté et de développement industriel.

      Le succès des SMR dépendra aussi de la possibilité d’homogénéiser leurs conditions de certification dans les différents pays. Les rapporteurs soutiennent les démarches engagées en ce sens par l’ASN et l’IRSN et demandent que les moyens nécessaires pour les mener à terme leur soient accordés.

      Enfin, environ la moitié des projets de SMR, issus d’un concept de réacteur de quatrième génération, désignés sous l’acronyme AMR pour Advanced Modular Reactor ou « réacteur modulaire avancé », pourraient eux aussi tirer bénéfice de leur faible puissance pour apporter un saut significatif en matière de sûreté.

      Pour les rapporteurs, cette voie de recherche et développement doit être poursuivie. Considérant qu’il est nécessaire de réagir rapidement pour montrer que la France dispose toujours d’une vision claire de l’avenir de l’énergie nucléaire, les rapporteurs proposent de refonder une stratégie de recherche sur le nucléaire avancé, au travers d’un projet ou d’une proposition de loi programmatique qui serait l’occasion d’un large débat au sein du Parlement.

    •  :-) c’est un tout petit éditeur...

      Ok compris ;o) merci.

      Les rapporteurs estiment qu’il faudra évaluer la possibilité de remplacer, après 2030, certains réacteurs de 900 MWe par des SMR, en mettant en balance les questions de coût, de sûreté et de développement industriel.

      Mouaip alors là… En quoi un réacteur plus petit est plus sûr je suis loin d’être convaincu. D’autre part ce réacteur, plus petit soit-il, génère toujours sa part de produits de fission (de merde) et donc ne règle pas la question : que fait-on des merdes générées par un réacteur nucléaire. Pire, on multiplie le problème par le nombre de petits réacteurs…

      Enfin, environ la moitié des projets de SMR, issus d’un concept de réacteur de quatrième génération, désignés sous l’acronyme AMR pour Advanced Modular Reactor ou « réacteur modulaire avancé », pourraient eux aussi tirer bénéfice de leur faible puissance pour apporter un saut significatif en matière de sûreté.

      Ah… Faudra m’expliquer en quoi le fait qu’ils aient une plus faible puissance est gage de sûreté… En cas d’accident majeur, un rejet à l’extérieur reste une sacrée merde, quelle que soit la taille de l’engin.

      Pour les rapporteurs, cette voie de recherche et développement doit être poursuivie.

      Ils ont l’air convaincus… C’est pas forcément rassurant :o)

      Considérant qu’il est nécessaire de réagir rapidement pour montrer que la France dispose toujours d’une vision claire de l’avenir de l’énergie nucléaire

      Ah ben la voilà la vraie raison ! Les X-Mines-Ponts d’EDF sont toujours à la manœuvre ! :o))

      Je vois une certaine pérénité chez notre électricien national.

  • Les #migrations amènent-elles un « #grand_remplacement » culturel ?
    Ce texte résume la présentation de #Hillel_Rapoport au Collège de France le 20 janvier 2020 de l’article « Migration and Cultural Change », co-écrit avec Sulin Sardoschau et Arthur Silve : https://sistemas.colmex.mx/Reportes/LACEALAMES/LACEA-LAMES2019_paper_274.pdf

    La #mondialisation n’est pas qu’économique, elle est également culturelle. Elle concerne le commerce, les mouvements de capitaux et les migrations tout autant que les #modes_de_consommation, les #croyances et les #valeurs. Ces différentes dimensions de la mondialisation sont étroitement liées : la #mondialisation_économique et la #mondialisation_culturelle sont complémentaires. S’il paraît évident que le #commerce est un vecteur de #diffusion_culturelle, qu’en est-il des migrations ? Les hommes étant porteurs et transmetteurs de culture, ils contribuent par leurs mouvements au changement culturel global. Mais pour aller vers quoi ? La création d’un « village mondial », une américanisation du monde, une polarisation culturelle conduisant à un « choc des civilisations », voire un « grand remplacement », non pas démographique mais, plus insidieusement, culturel ?

    Notre article apporte des éléments de réponse empiriques à ce débat. Nous reprenons la définition usuelle de la #culture (ensemble de valeurs et croyances apprises et transmises) et reformulons la question de recherche de la manière suivante : les migrations rendent-elles les pays d’origine et d’accueil culturellement plus proches les uns des autres et, si oui, qui converge vers qui ?

    Des bases de données très fournies

    Nous évaluons la #proximité_culturelle entre deux pays en construisant des #indicateurs standardisés à partir du « #World_Values_Survey » (WVS), une enquête internationale réalisée tous les cinq ans depuis le milieu des années 80 et qui pose un ensemble de questions identiques à un échantillon représentatif d’individus dans un grand nombre de pays. Les questions (plusieurs dizaines) portent sur les #valeurs que les gens souhaitent transmettre à leurs enfants, leurs priorités dans la vie, leur degré de confiance (envers les autres, leurs gouvernements, les médias) ou encore leur degré de religiosité.

    Nos indicateurs permettent de mesurer la proximité culturelle entre deux pays et d’examiner l’effet des migrations internationales sur l’évolution de cette dernière. Les données sur les migrations proviennent des bases de la Banque Mondiale ou de l’OCDE. La périodicité des observations est de cinq années, correspondant aux différentes vagues du WVS.

    Mais que tester exactement ? On peut chercher à répondre à la question factuelle de la #convergence ou de la #divergence culturelle amenées par les migrations internationales, mais il est encore plus intéressant de comprendre quels sont les facteurs explicatifs derrière tel ou tel résultat.

    Quel pays converge culturellement vers l’autre ? Une question délicate

    Nous construisons pour cela un modèle théorique en partant de l’hypothèse que les individus migrent à la fois pour des motifs économiques (gain économique individuel escompté de la migration) et pour des motifs culturels (désir d’évoluer dans un environnement plus proche de leurs valeurs). Les migrants représenteront un échantillon d’autant plus culturellement représentatif du pays d’origine que le motif économique primera sur le motif culturel, et d’autant plus sélectionné culturellement dans le cas inverse. On identifie par ailleurs trois canaux dynamiques de transmission culturelle une fois la migration réalisée : la « #dissémination » (lorsque les immigrés diffusent leur culture auprès des populations natives du pays d’accueil), l’« #assimilation » (lorsque les immigrés absorbent la culture du pays d’accueil), et les « #rémittences_culturelles » (lorsque les émigrés transfèrent la culture du pays hôte vers le pays d’origine).

    Nos résultats montrent que la migration tend à promouvoir la #convergence_culturelle, ce qui est compatible dynamiquement avec les motifs de dissémination et de rémittences culturelles. Mais qui converge vers qui ? Il est difficile techniquement et délicat conceptuellement de répondre à cette question : imaginez que vous regardez le ciel et voyez deux étoiles à deux moments du temps : vous pouvez dire si elles se sont rapprochées ou éloignées, mais pas laquelle s’est rapprochée ou éloignée de l’autre, parce que la carte du ciel (qui dépend de la position de la terre) a elle-même bougé. C’est ici qu’il est utile, et même indispensable, de disposer d’un modèle théorique pour aller plus loin.

    Notre modèle théorique permet de tester nos prédictions empiriques

    La convergence culturelle induite par les migrations, que nous observons, provient-elle de la transformation culturelle des pays d’accueil, transfigurés (ou défigurés) qu’ils seraient par l’absorption des normes et valeurs culturelles importées par les immigrants, comme le soutiennent les tenants de la théorie du grand remplacement culturel ? Ou sont-ce les pays de départ qui se transforment par adoption de valeurs et normes issues des traditions et cultures des pays de destination de leurs émigrants, ce que soutiennent les sociologues à travers le concept de « #social_remittances ».

    Notre modèle théorique permet de prédire l’intensité de la convergence (ou de la divergence) selon l’importance relative des motifs économiques et culturels de la migration. Si le motif économique est dominant dans la décision de migrer, on peut s’attendre à ce que les migrants représentent un échantillon culturellement assez représentatif de la population du pays de départ. Dans ce cas, la migration est un facteur de convergence culturelle puisqu’elle consiste à mixer dans le pays de destination deux populations culturellement différentes. Si le motif culturel est dominant, les individus culturellement proches de la population du pays de destination seront surreprésentés parmi les émigrants. La migration est alors un facteur de divergence culturelle au sein de la minorité car elle renforce le groupe ou le type culturellement dominant dans le pays de destination.

    Ce que montrent les prédictions dynamiques du modèle, c’est que plus le motif culturel est important, plus la convergence sera forte si le mécanisme sous-jacent de #transmission_culturelle est de type « rémittences culturelles » et faible si le mécanisme sous-jacent est de type « dissémination » ; inversement, plus le motif économique est prévalent, plus on s’attend à ce que la convergence soit forte en cas de dissémination et faible en cas de rémittences culturelles. Il s’agit là de prédictions que l’on peut tester indifféremment à partir de ces deux mécanismes, ceux-ci pouvant donc être différenciés empiriquement.

    La migration concourt bien à la convergence culturelle des pays de départ vers les pays d’accueil

    Notre travail empirique a donc consisté à tester ces différentes prédictions et le résultat principal est que la migration concourt bien à la convergence culturelle des pays de départ vers les pays d’accueil. Autrement dit, le mécanisme de transmission dominant provient des rémittences culturelles. Il s’agit là d’un résultat robuste, significatif statistiquement et important quantitativement. Tous les tests empiriques pointent dans la même direction : c’est le mécanisme de « rémittences culturelles » qui ressort chaque fois vainqueur ; à chaque fois, on trouve une convergence culturelle plus forte lorsque les gains économiques sont plus faibles et/ou lorsque les gains culturels sont plus forts. Ces résultats disqualifient donc le mécanisme de dissémination et les thèses « épidémiologiques » fondées sur l’idée que les immigrés disséminent leur culture vers les populations natives des pays d’accueil (thèses qui, dans leur version complotiste, culminent dans les théories du #grand_remplacement_culturel).

    http://icmigrations.fr/2020/06/08/defacto-020-03
    #culture #changement_culturel

  • Les foyers de « morts mystérieuses » se multiplient dans le nord du Nigeria
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/13/les-foyers-de-morts-mysterieuses-se-multiplient-dans-le-nord-du-nigeria_6039

    Canot, la grande capitale du nord du pays est le centre névralgique de toute la bande sahélienne du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 215 millions d’habitants. Dans cette région, les taux d’extrême pauvreté (1,25 dollar par jour, selon les critères de la Banque mondiale) frôlent 90 % de la population dans certains Etats comme Sokoto ou Jigawa, selon les derniers chiffres officiels. Les échanges commerciaux entre la population sont très importants d’Etat en Etat. « Lorsque Kano éternue, c’est tout le Nord qui attrape la grippe », résume le docteur Ibrahim Musa, médecin de la région. D’autre part, des milliers d’enfants des rues ont été renvoyés par camions dans leur village au début du confinement, faisant craindre qu’ils aient pu disséminer le coronavirus à travers tous les Etats voisins. L’arrivée du nouveau coronavirus ajoute donc un autre défi majeur pour les services de santé à genoux, au-delà du point de rupture, en manque de matériel et de personnel. « Nous ne pouvons pas nier le fait que le Covid-19 fait des ravages à Kano et dans la région, mais les autres épidémies qui ont précédé cette pandémie rajoutent encore des complications à gérer cette crise », explique de son côté M. Musa. En effet, cette période de l’année, d’avril à juin, est habituellement la plus chaude et la plus propice à la propagation des maladies prévalentes dans cette région comme le choléra, la typhoïde, la méningite ou la rougeole… « Nous sommes déjà confrontés à de multiples épidémies, ce qui explique que le nombre de décès qui dépasse l’entendement », explique à l’AFP Sadiq Wali, professeur de médecine à Kano.

    #Covid-19#Nigeria#Kano#circulations#coronavirus#échanges#commerce#densité-population#dissémination#enfants-des-rues#pratiques-funéraires#migrant#migration#système-santé#pauvreté#méningite#choléra#typhoïde

  • Blogs de voyage : c’est le thème de la prochaine dissémination de la web-association des auteurs qui aura lieu le 26 septembre.

    Présentation

    C’est Robert Walser qui s’exclame un jour : « Je veux écrire des lettres au monde entier ! ». Nombre de ses petites proses res­semblent à des lettres qu’il aurait pos­tées dans un vil­lage, parti sur les che­mins de Suisse (Walser, on le sait, était un grand mar­cheur). Qu’aurait-il fait d’une machine lui per­met­tant d’écrire et de publier en che­min, en pleine nature ?

    Dernièrement, je regret­tais ici même que Kenneth White n’ait pas raconté son voyage au Canada direc­te­ment sur un blog au lieu d’en faire un livre : il aurait eu cer­tai­ne­ment plus de lec­teurs (même lui) ! J’ai relaté per­son­nel­le­ment un séjour aux Kerguelen en étant connecté depuis là-​bas, il est désor­mais pos­sible de se ser­vir du web un peu par­tout dans le monde, dans les coins les plus recu­lés, voire dans l’espace (je suis au quo­ti­dien les tweets de quelques astro­nautes de la sta­tion ISS).

    On a tous lu de ces « rela­tions de voyage » écrites par des hommes ou des femmes qui n’étaient pas for­cé­ment écri­vains, mais qui sai­sis par l’expérience du voyage ont eu envie de la trans­mettre à leurs sem­blables. Dans les récits de voyage écrits par des écri­vains en deve­nir (je pense aux lettres de Flaubert avan­çant sur le Nil), on assiste sou­vent à une trans­for­ma­tion dans l’écriture elle-​même, les lieux tra­ver­sés, les événe­ments vécus influant direc­te­ment sur celui ou celle qui est en route (Michaux dans Ecuador).

    Alors, que faisons-​nous main­te­nant que nous pou­vons effec­ti­ve­ment écrire au monde entier en temps réel ? Où sont-​ils, ces récits de voyage numé­riques ? Lors de cette dis­sé­mi­na­tion (rendez-​vous le der­nier ven­dredi de sep­tembre, soit le 26), prio­rité sera don­née à des auteurs contem­po­rains, mais des échos d’auteurs voya­geurs du passé sont aussi envi­sa­geables : après tout, pour­quoi Linné en Laponie ne tiendrait-​il pas un blog aujourd’hui ? Cela le ren­drait plus moderne que pas mal de nos auteurs contem­po­rains, plus que jamais cloués à leurs villes et à leurs éditeurs.

    http://www.webasso-auteurs.net/dissemination-septembre-ecrire-au-monde-entier-blogs-voyage

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