• A Lausanne, les chercheurs précaires s’inquiètent pour leurs contrats

    A l’#Université_de_Lausanne (#UNIL), une pétition demande que tous les contrats à durée déterminée soient prolongés de deux mois sur simple demande. Lancée mardi 12 mai par des représentants du corps intermédiaire, une appellation qui désigne le personnel de recherche du doctorant au maître d’enseignement, elle a reçu plus de 400 signatures en deux jours. Les auteurs du texte jugent la gestion de sortie de crise de l’UNIL problématique.

    Pourquoi c’est important. Dans les universités suisses, huit chercheurs sur dix ne disposent pas de contrat fixe. Ces scientifiques, déjà confrontés à des conditions de travail incertaines en temps normal, se sont souvent retrouvés dans l’incapacité d’avancer leurs projets comme prévu ces deux derniers mois en raison de la fermeture des hautes écoles. Certains voient la fin de leur contrat approcher avec anxiété.

    Les raisons de la grogne. L’UNIL a présenté mardi 12 mai ses modalités de prolongation des contrats temporaires du corps intermédiaire. Les auteurs de la pétition, lancée le jour-même, jugent ces directives « consternantes ». L’un d’entre eux, Antoine Chollet, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut d’études politiques, explique.

    « La procédure pour déposer une demande est très bureaucratique. Il faut justifier de l’arrêt de la recherche dans un formulaire de sept pages, avoir l’aval de son supérieur hiérarchique, fournir une liste des livres auxquels l’on n’a pas eu accès... Mais qui peut juger de la légitimité de l’utilisation de tel ou tel ouvrage ? De plus, une commission devra statuer sur ces demandes. Au vu du nombre de dossiers qu’elle risque de devoir traiter, cela pourrait prendre beaucoup trop de temps. »

    Les enjeux sont particulièrement importants pour les chercheurs étrangers dont le contrat, et donc le permis de travail, expire alors qu’ils n’ont pas pu finir leurs travaux.

    Les personnes dont le contrat arrive à échéance fin mai ne disposent par ailleurs que de trois jours pour déposer leur demande, soit jusqu’au 15 mai.

    Pour les auteurs, les exigences de l’UNIL ont « toutes les allures d’une procédure dissuasive visant à limiter autant que possible le nombre de demandes de prolongation ».

    ACIDUL, l’association du corps intermédiaire et des doctorant.e.s de l’UNIL, qui n’est pas à l’origine de la #pétition, a pour sa part demandé à la direction de simplifier les modalités des demandes et de supprimer l’exigence du formulaire à rendre par le supérieur hiérarchique. Elle estime que cette exigence suppose « l’absence de tensions entre chercheur-se-s et superviseur-e-s, ainsi que la disponibilité de ces derniers pour remplir de multiples documents circonstanciés dans de brefs délais », ce qui ne correspond pas à la réalité.

    La position de l’UNIL. Le vice-recteur pour la recherche et les relations internationales François Bussy indique que, suite à la fronde, l’UNIL va corriger le tir. « Les motifs de la demande doivent toujours être justifiés, mais avec moins de détails. Concernant l’avis du supérieur hiérarchique, nous laisserons le soin au décanat de chaque faculté d’évaluer si cela est pertinent. La revendication de prolongation automatique ne se justifie pas car certains chercheurs n’ont pas été impactés négativement et ont eu au contraire davantage de temps pour réfléchir et écrire. Notre objectif est de soutenir un maximum de personnes mais il ne serait pas équitable d’accorder une prolongation à toutes, d’autant plus que nous avons un budget limité. »

    François Bussy précise que l’UNIL emploie environ 1300 personnes actives dans la recherche avec des contrats temporaires. Les prolongations d’engagement seront financées via le fonds de réserve de l’université. Une partie du financement proviendra aussi de montants non dépensés, par exemple en raison d’événements annulés, comme la cérémonie du Dies Academicus.

    La situation ailleurs en Suisse. La question de la prolongation des contrats se pose dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur de Suisse. A Genève, une pétition similaire circule depuis fin avril. L’Université de Genève est en train d’en élaborer les modalités exactes pour les prolongations de contrats, qui seront publiées le 20 mai.

    La faîtière des associations du corps intermédiaire, actionuni-der Schweizer Mittelbau, se montre moins critique que les auteurs de la pétition. Elle estime que les universités de Lausanne, Genève, Neuchâtel et Bâle montrent des signaux « encourageants », et indique que d’autres institutions suivront.

    Elle rappelle que les principaux défis auxquels ses membres ont été confrontés :

    Impossibilité d’accéder aux infrastructures de recherche provoquant des retards dans les travaux.

    Conditions de travail à domicile compliquées, en particulier pour les parents.

    Attentes irréalistes découlant de l’idée erronée que le travail à domicile permettrait plus de productivité pour l’écriture de travaux scientifiques.

    https://www.heidi.news/sciences/a-lausanne-les-chercheurs-precaires-s-inquietent-pour-leurs-contrats
    #précarité #recherche #Suisse #Lausanne #doctorants #université #coronavirus #covid-19

  • Frédérique Vidal : « La hausse des frais d’inscription ne s’appliquera pas aux doctorants étrangers »

    La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal annonce au JDD l’abandon de l’un des volets de sa mesure controversée sur la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Et promet que les tarifs vont rester stables pour les étudiants français et européens.

    https://www.lejdd.fr/Societe/Education/frederique-vidal-la-hausse-des-frais-dinscription-ne-sappliquera-pas-aux-docto
    #frais_d'inscription #taxes_universitaires #France #doctorants #doctorants_étrangers #doctorat

    v. métaliste sur le sujet :
    https://seenthis.net/messages/739889

  • Hausse des frais universitaires : des doctorants passent sous la barre du smic

    Le gouvernement a annoncé une nouvelle stratégie concernant l’attractivité de l’enseignement supérieur français auprès des étudiants internationaux, intitulée « Bienvenue en France », qui se matérialise surtout par une forte hausse des frais universitaires pour l’intégralité des étudiants non européens.

    http://lirelactu.fr/source/le-monde/ee1951ef-9bb7-48ad-b8fd-73a4d31e08e1
    #paupérisation #pauvreté #smic #taxes_universitaires #augmentation #frais_d'inscription #université #France #études_universitaires #doctorat #doctorants

  • 1000 postes Fioraso. Mensonge !

    « Au cours de l’année universitaire 2016‐2017, 92 000 enseignants étaient en fonction dans les établissements publics d’#enseignement_supérieur ».

    Le tableau ci-dessus est extrait d’un note récente sur les personnels enseignants du SUP (référence en note finale). Nombre de professeurs en 2012 : 20 100, en 2017 : 20 300 ; 200 postes de plus en 5 ans. Nombre de maîtres de conférences en 2012 : 36 400, en 2017 : 36 400 ; 0 poste de plus.

    Entre 2012 et 2017, le nombre d’#enseignants-chercheurs n’a progressé que de 200, soit une progression ridicule par rapport à la progression du nombre d’étudiants. 200 postes en plus, on est loin des 1000 postes, annoncés et rabâchés par Geneviève Fioraso.

    2012-2017 : les universités ont pratiqué le #gel_de_postes dès qu’elles avaient des difficultés financières.

    Ce type de commentaire critique ne figure évidemment pas dans le texte de la note ministérielle. Les deux colonnes de droite du tableau insistent au contraire sur les progressions importantes des #effectifs en 20 ans et même en un an !

    Par définition, toute note ministérielle évite de traiter les #points_noirs.

    Un deuxième point qui pose problème (tableau ci-dessous) : c’est l’#âge auquel les #maîtres_de_conférences sont recrutés : 34 ans 9 mois en moyenne (32 ans 5 mois en sciences et techniques, 36 ans 10 mois en lettres et sciences humaines). Après l’obtention do doctorat : 7 à 10 ans de précarité pour obtenir un poste stable. On ne s’étonnera pas du nombre décroissant de doctorants et de docteurs.

    Troisième point faible : la précarité des doctorants et des jeunes docteurs s’accentue au cours de la période. « 22 315 enseignants sont des enseignants non permanents (hors chargés d’enseignement #vacataires, #agents_temporaires vacataires et invités) ». Parmi eux, la proportion d’#ATER diminue : le gel de postes a aussi concerné ces postes.

    « Parmi la population des enseignants non permanents, la catégorie des #doctorants_contractuels qui effectuent un service d’enseignement est la plus importante, soit 33 % en 2017… Au fil du temps, le nombre relatif de doctorants contractuels enseignants – ou #moniteurs – a augmenté (25% en 2000), principalement au détriment des attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER), en particulier depuis le milieu des années 2000. En 2017, les ATER représentent 21 % des enseignants non permanents contre 32 % en 2005 ».

    Bref, sans mettre les points sur les « i », cette Note ministérielle révèle que le quinquennat Hollande, qui a mis en avant « 1000 postes supplémentaires pour l’enseignement supérieur », n’a pas tenu ses promesses. En termes plus clairs : la communication ministérielle a reposé sur un #mensonge permanent.

    Note finale. Falilath Adedokun, Jérôme Tourbeaux, Les personnels enseignants de l’enseignement supérieur du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Année 2016‐2017, note de la DGRH, n°8, octobre 2018, 6 pages.

    https://histoiresduniversites.wordpress.com/2018/11/10/fioraso-1000-postes-mensonge
    #université #fac #France #statistiques #précarité #travail #personnel #précarisation

  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation

    • Ph.D. students face significant mental health challenges

      Approximately one-third of Ph.D. students are at risk of having or developing a common psychiatric disorder like depression, a recent study reports. Although these results come from a small sample—3659 students at universities in Flanders, Belgium, 90% of whom were studying the sciences and social sciences—they are nonetheless an important addition to the growing literature about the prevalence of mental health issues in academia. One key message for scientific trainees that are struggling with these types of challenges, write co-authors Katia Levecque and Frederik Anseel of Ghent University in an email to Science Careers, is that “you are not alone.” Beyond that, the authors encourage Ph.D. students to appreciate how important it is to take care of themselves. “Mental health problems can develop into serious threats to one’s wellbeing and career, and can have detrimental consequences in the long-term,” they write. So, if you’re struggling, it’s important to “[s]eek professional help or seek help in your personal environment, even if you think it’s probably a temporary thing.”

      http://www.sciencemag.org/careers/2017/04/phd-students-face-significant-mental-health-challenges

      #doctorat #doctorants

  • A Lyon 2, la gronde des enseignants vacataires
    http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Universite/A-Lyon-2-la-gronde-des-enseignants-vacataires

    Alors qu’ils ont manifesté cette semaine, demandant notamment à rencontrer des membres des ressources humaines, les enseignants vacataires du département de Sciences politiques de Lyon 2 réclament toujours des contrats et demandent à être payés pour leurs heures du premier semestre.

    Lyon 2 : les enseignants vacataires manifestent
    http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Lyon-2-les-enseignants-vacataires-manifestent

    Beaucoup sont #doctorants, animent des travaux dirigés depuis le premier semestre, ont payé leurs frais d’inscription à l’université, mais n’ont toujours pas de contrat de travail. Pis, ils attendent leur paye depuis des mois.
    Leur entrée sur le campus a d’abord été empêchée par le dispositif Vigipirate. Ils ont demandé à voir M. Jean-Luc Mayaud, président de l’université, en vain. Réunis dans la cour principale, le quadrilatère Claude-Bernard, ils ont été entendus par des membres de l’administration avant de se disperser aux alentours de midi.

    #salaire #vacataires #grève

    • Lyon 2 : les enseignants vacataires poursuivent la grève
      http://www.lyonmag.com/article/70561/lyon-2-les-enseignants-vacataires-poursuivent-la-greve

      Lors de l’Assemblée générale de ce mercredi, les vacataires de Lyon 2 ont décidé de reconduire leur grève jusqu’au vendredi 13 février inclus.

      Il faut dire que les grévistes avaient fait part de leurs revendications ( pas de contrat, ni de rémunération pour certains vacataires depuis la rentrée de septembre ) à la présidence de l’Université et que la réponse avait été jugée « insatisfaisante ». « La présidence esquive ses responsabilités en rejetant la faute à des niveaux administratifs inférieurs ou supérieurs sans assumer ses choix politiques budgétaires », dénonce le collectif des vacataires de Lyon 2.

    • Sans salaire depuis six mois, les étudiants vacataires de Lyon 2 en grève, et Le Monde finit par en dire quelque chose...

      http://campus.lemonde.fr/campus/article/2015/02/26/la-longue-crise-a-lyon-2-illustre-le-malaise-des-etudiants-vacataires

      La crise est-elle en passe d’être résolue ? « Notre objectif est de dénoncer plus largement l’emploi abusif d’un statut précaire créé à l’origine pour des missions ponctuelles, comme des conférences, non pour un usage massif et systématisé, appuie un vacataire. Les étudiants précaires mobilisés entendent notamment participer à la journée d’action nationale du 5 mars contre la pénurie budgétaire dans les universités, et pour dénoncer le recours toujours plus large aux vacations dans les universités : estimés entre 80 000 et 100 000 il y a deux ans, les vacataires étaient 130 000 en 2014.

    • Victoire des enseigant-e-s vacataires de Lyon2 et de leur soutiens !!!
      https://mobprecvaclyon2.wordpress.com/2015/03/11/mercredi-11-mars-2015-victoire-des-enseigant-e-s-vacatair

      Hourra ! Après plus de six mois de mobilisation, six semaines de grèves et deux heures et demi de camping sur le campus des Quais, la mobilisation des enseignant-e-s vacataires précaires sort victorieuse du bras de fer avec la présidence de l’université.

      Devant l’occupation de la cour ERRATO du 4 bis rue de l’Université à l’aide d’une quinzaine de tentes en signe de protestation contre l’absence de rémunération pour les heures effectuées et le racket aux frais d’inscription (l’équivalent de 12 heures de TD), la présidence a enfin plié et concédé :
      – le remboursement des frais d’inscription (hors sécurité sociale) pour tou-te-s les étudiant-e-s enseignant-e-s vacataires de l’année 2014-2015 ;
      – la création d’une commission tripartite composée pour un tiers de vacataires enseignant-e-s chargée de plancher sur les conditions de recrutement.

      Nous nous félicitons de cette première victoire, annonçons que nous resterons vigilant-e-s sur l’application de ces engagements ainsi que sur la poursuite du règlement de la situation du point de vue des contrats et de la mise en paiement des heures, ainsi que sur la prise en compte de la revendication de pérennisation de la procédure d’exonération sur la base du service prévisionnel dès le premier TD pour les années qui suivront. Nous resterons par ailleurs vigilant-e-s sur le fait que les personnes identifiées comme grévistes et mobilisées dans le cadre de ce mouvement ne fassent pas l’objet de répression de la part de l’université.

      Nos revendications portent également sur d’autres aspects :
      – limitation des effectifs en TD à 30 étudiant-e-s ;
      – ouvertures de poste ;
      – engagement ferme sur la tenue des TD un mois à l’avance ;
      – revalorisation du taux horaire des TD au titre de la prise en compte de la charge correspondant aux tâches annexes ainsi qu’au titre de compensation pour la précarité induite par les conditions d’emploi.
      Nous annonçons d’ors-et-déjà que nous porteront ces revendications devant les instances compétentes, à l’échelon local et national.

      Nous profitons de ce communiqué pour remercier tous nos soutiens dans la lutte, étudiant-e-s, personnels de l’université (administratifs, techniques, sociaux, enseignants), syndicats, organisations de précaires, les soutiens venus d’autres universités ainsi que de diverses personnalités publiques et souhaitons réaffirmer à cette occasion que l’exaspération et la colère sont bien des vecteurs de mobilisation, et que les mobilisations payent.

      Restons toutes et tous mobilisé-e-s pour défendre nos conditions d’étude et de travail contre les politiques rapaces qui minent l’enseignement supérieur et la recherche !