• Away From Silicon Valley, the Military Is the Ideal Customer
    https://www.nytimes.com/2021/02/26/technology/anduril-military-palmer-luckey.html

    While much has been made of tech’s unwillingness to work with the Pentagon, start-ups are still plumbing the industry’s decades-long ties to the military. SAN CLEMENTE, Calif. — Over the rolling, scrub-spotted hills of the Southern California coast, where defense contractors once tested rockets and lasers for President Ronald Reagan’s “Star Wars” missile defense program, what looked like a big, mechanical insect stalked a white pickup truck. Half a mile away, 28-year-old Palmer Luckey, one of (...)

    #Anduril #Google #Microsoft #Palantir #algorithme #drone #militaire #technologisme #aérien #frontières #surveillance (...)

    ##DoD

  • Jeff Bezos says employee activists are wrong and Silicon Valley firms should feel comfortable doing business with the US military
    https://www.businessinsider.fr/us/jeff-bezos-amazon-employee-activists-military-wrong-2019-12

    Jeff Bezos says employee activists are wrong and Silicon Valley firms should feel comfortable doing business with the US military Bezos said it was the responsibility of management to push back against employee outrage toward military contracts. Amazon CEO Jeff Bezos threw his support behind the US Department of Defense on Friday, saying big tech firms had a responsibility to collaborate with the military or else “this country is in trouble.” Employee movements within big tech (...)

    #Google #Microsoft #DoD #Amazon #militaire #Maven #ICE #frontières #surveillance #JEDI

  • AWS, le nuage en or d’Amazon
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/aws-le-nuage-en-or-damazon-1159890

    Avec Amazon Web Services, le groupe de Jeff Bezos s’est imposé comme leader de l’informatique dans le cloud. Mais après une décennie de règne incontesté, des nuages commencent à apparaître… Quel est le point commun entre Engie, Seloger.com, Netflix, Airbus, Goldman Sachs, Radio France, Veolia ou AXA ? Ces entreprises - et des dizaines de milliers d’autres à travers le monde - confient tout ou partie de leur informatique à un groupe plus connu du grand public pour la vente par correspondance que pour (...)

    #Alibaba #Google #Microsoft #Unilever #IBM #GE #DoD #CIA #Amazon #Netflix #Alexa #bénéfices #BigData #CloudComputing #JEDI #voix (...)

    ##FTC

  • Silicon Valley Takes the Battlespace
    https://prospect.org/power/silicon-valley-takes-battlespace-eric-schmidt-rebellion

    Through an obscure startup named Rebellion Defense, former Google CEO Eric Schmidt attempts to buy his way into the Biden White House. Days after winning the November election, Joe Biden announced the names of those staffing his transition. Big Tech landed prominent spots. Among the hundreds of personnel on the agency review teams serving the president-elect, there was one from Uber, two from Amazon, and one from Google. And then there were two people from Rebellion Defense, a shadowy (...)

    #Alphabet #Google #DoD #NSA #CIA #Amazon #Uber #GAFAM #lobbying #RebellionDefense

  • Sur la frontière gréco-turque, à l’épicentre des tensions

    L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De #Kastellorizo à la #Thrace en passant par #Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche.

    Petite île aux confins orientaux de la Grèce, Kastellorizo touche presque la #Turquie. Le temps s’écoule lentement dans l’unique village, logé dans une baie profonde. En cette fin septembre, de vieux pêcheurs jouent aux cartes près des enfants qui appâtent des tortues dans les eaux cristallines. Devant son café froid, M. Konstantinos Papoutsis observe, placide, l’immense côte turque, à guère plus de deux kilomètres, et la ville de Kaş, son seul horizon. « Nous sommes une île touristique tranquille, assure cet homme affable qui gère une agence de voyages. Je l’ai répété aux touristes tout l’été. » Attablée autour de lui, la poignée d’élus de cette commune de cinq cents âmes reprend ses propos d’un air débonnaire : « Il n’y a aucun danger à Kastellorizo ! »

    Un imposant ferry, qui paraît gigantesque dans ce petit port méditerranéen, vient animer le paysage. Parti d’Athènes vingt-quatre heures plus tôt, il manœuvre difficilement pour débarquer ses passagers, parmi lesquels une cinquantaine d’hommes en treillis et chapeaux de brousse. Les soldats traversent la baie d’un pas vif avant de rejoindre les falaises inhabitées qui la dominent. « C’est une simple relève, comme il y en a tous les mois », commente M. Papoutsis, habitué à cette présence.

    Selon le #traité_de_Paris de février 1947 (article 14), et du fait de la cession par l’Italie à la Grèce du Dodécanèse, les îles dont fait partie Kastellorizo sont censées être démilitarisées. Dans les faits, les troupes helléniques y guettent le rivage turc depuis l’occupation par Ankara de la partie nord de Chypre, en 1974, précisent plusieurs historiens (1). Cette défense a été renforcée après la crise gréco-turque autour des îlots disputés d’Imia, en 1996. La municipalité de Kastellorizo refuse de révéler le nombre d’hommes postés sur ses hauteurs. Et si les villageois affichent un air de décontraction pour ne pas effrayer les visiteurs — rares en cette période de Covid-19 —, ils n’ignorent pas l’ombre qui plane sur leur petit paradis.

    Un poste avancé d’Athènes en Méditerranée

    Kastellorizo se trouve en première ligne face aux menaces du président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui veut redessiner les cartes et imposer son propre #partage_des_eaux. Depuis les années 1970, les #îles du #Dodécanèse font l’objet d’un #conflit larvé entre ces deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La Turquie conteste la souveraineté grecque sur plusieurs îles, îlots et rochers le long de sa côte. Surtout, elle est l’un des rares pays, avec notamment les États-Unis, à ne pas avoir signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (dite #convention_de_Montego_Bay, et entrée en vigueur en 1994), et ne reconnaît pas la revendication par la Grèce d’un plateau continental autour de ses îles. Athènes justifie dès lors leur #militarisation au nom de la #légitime_défense (2), en particulier depuis l’occupation turque de Chypre et en raison d’une importante présence militaire à proximité : la marine et l’armée de l’air turques de l’Égée sont basées à İzmir, sur la côte occidentale de l’Asie Mineure.

    Si proche de la Turquie, Kastellorizo se trouve à 120 kilomètres de la première autre île grecque — Rhodes — et à plus de 520 kilomètres du continent grec. Alors que l’essentiel de la #mer_Egée pourrait être revendiqué par Athènes comme #zone_économique_exclusive (#ZEE) (3) au titre de la convention de Montego Bay (voir la carte ci-contre), ce lointain îlot de neuf kilomètres carrés lui permet de facto de jouir d’une large extension de plusieurs centaines de kilomètres carrés en Méditerranée orientale. Or, faute d’accord bilatéral, cette ZEE n’est pas formellement établie pour Ankara, qui revendique d’y avoir librement accès, surtout depuis la découverte en Méditerranée orientale de gisements d’#hydrocarbures potentiellement exploitables. À plusieurs reprises ces derniers mois, la Turquie a envoyé dans le secteur un bateau de recherche sismique baptisé #Oruç_Reis, du nom d’un corsaire ottoman du XVIe siècle — surnommé « #Barberousse » — né à Lesbos et devenu sultan d’Alger.

    Ces manœuvres navales font écho à l’idéologie de la « #patrie_bleue » (#Mavi_Vatan). Soutenue par les nationalistes et les islamistes, cette doctrine, conçue par l’ancien amiral #Cem_Gürdeniz, encourage la Turquie à imposer sa #souveraineté sur des #zones_disputées en #mer_Noire, en mer Égée et en #Méditerranée. Ces derniers mois, M. Erdoğan a multiplié les discours martiaux. Le 26 août, à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Manzikert, en 1071, dans l’est de la Turquie, où les Turcs Seldjoukides mirent en déroute l’armée byzantine, il avertissait la Grèce que toute « erreur » mènerait à sa « ruine ». Quelques semaines plus tard, le 21 octobre, lors d’une rencontre avec les présidents chypriote et égyptien à Nicosie, M. Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec conservateur, accusait la Turquie de « fantasmes impérialistes assortis d’actions agressives ».

    Sous pression en août dernier, Athènes a pu compter sur le soutien de la République de Chypre, de l’Italie et de la France, avec lesquelles elle a organisé des manœuvres communes. Ou encore de l’Égypte, avec laquelle elle vient de signer un accord de partage des #zones_maritimes. Déjà en conflit ouvert avec son homologue turc sur la Syrie, la Libye et le Caucase, le président français Emmanuel Macron s’est résolument rangé aux côtés d’Athènes. « C’est un allié précieux que l’on voudrait inviter à venir sur notre île », déclare l’adjoint à la municipalité de Kastellorizo, M. Stratos Amygdalos, partisan de Nouvelle Démocratie, le parti au pouvoir. À la mi-septembre 2020, la Grèce annonçait l’acquisition de dix-huit Rafale, l’avion de combat de Dassault Aviation.

    « Erdoğan se prend pour Soliman le Magnifique. Mais il perd du crédit dans son pays, la livre turque s’effondre. Alors il essaie de redorer son image avec des idées de conquêtes, de rêve national… », maugrée de son côté M. Konstantinos Raftis, guide touristique à Kastellorizo. La comparaison entre le sultan de la Sublime Porte et l’actuel président turc revient fréquemment dans ce pays qui fit partie de l’Empire ottoman durant quatre siècles (de 1430, date de la chute de Salonique, à l’indépendance de 1830). La résistance hellénique a forgé l’identité de l’État grec moderne, où l’on conserve une profonde suspicion à l’égard d’un voisin encombrant, quatre fois plus riche, six fois plus grand et huit fois plus peuplé. Cette méfiance transcende les clivages politiques, tant le #nationalisme irrigue tous les partis grecs. Athènes voit aujourd’hui dans la doctrine de la « patrie bleue » une politique expansionniste néo-ottomane, qui fait écho à l’impérialisme passé.

    À l’embouchure du port de Kastellorizo, la silhouette d’une mosquée transformée en musée — rare vestige de la présence ottomane — fait de l’ombre à un bar à cocktails. L’édifice trône seul face aux vingt-six églises orthodoxes. La Constitution précise que l’orthodoxie est la « religion dominante » dans le pays, et, jusqu’en 2000, la confession était inscrite sur les cartes d’identité nationales. La suppression de cette mention, à la demande du gouvernement socialiste, a provoqué l’ire de la puissante Église orthodoxe, plus de 95 % des Grecs se revendiquant alors de cette religion. « Pendant toute la période du joug ottoman, nous restions des Grecs. Nos ancêtres ont défendu Kastellorizo pour qu’elle garde son identité. Nous nous battrons aussi pour qu’elle la conserve », s’emballe soudainement M. Raftis.

    Son île a dû résister plus longtemps que le reste du pays, insiste le sexagénaire. Après le départ des Ottomans, Kastellorizo, convoitée par les nations étrangères pour sa position géographique aux portes de l’Orient, a été occupée ou annexée par les Français (1915-1921), les Italiens (1921-1944), les Britanniques (1944-1945)… L’îlot n’est devenu complètement grec qu’en 1948, comme l’ensemble des îles du Dodécanèse. Depuis, il arbore fièrement ses couleurs. Dans la baie, plusieurs étendards bleu et blanc flottent sur les balcons en encorbellement orientés vers la ville turque de Kaş (huit mille habitants). Le nombre de ces drapeaux augmente quand la tension s’accroît.

    Trois autres grands étendards nationaux ont été peints sur les falaises par des militaires. En serrant les poings, M. Raftis raconte un épisode qui a « mis les nerfs de tout le monde à vif ». À la fin septembre 2020, un drone d’origine inconnue a diffusé des chants militaires turcs avant d’asperger ces bannières d’une peinture rouge vif, évoquant la couleur du drapeau turc. « C’est une attaque impardonnable, qui sera punie », peste l’enfant de l’île, tout en scrutant les quelques visages inconnus sur la promenade. Il redoute que des espions viennent de Turquie.

    « Les #tensions durent depuis quarante ans ; tout a toujours fini par se régler. Il faut laisser la Turquie et la Grèce dialoguer entre elles », relativise pour sa part M. Tsikos Magiafis, patron avenant d’une taverne bâtie sur un rocher inhabité, avec une vue imprenable sur Kaş. « Les querelles sont affaire de diplomates. Les habitants de cette ville sont nos frères, nous avons grandi ensemble », jure ce trentenaire marié à une Turque originaire de cette cité balnéaire. Adolescent, déjà, il délaissait les troquets de Kastellorizo pour profiter du bazar de Kaş, du dentiste ou des médecins spécialisés qui manquent au village. Les Turcs, eux, ont compté parmi les premiers touristes de l’île, avant que la frontière ne ferme totalement en mars 2020, en raison du Covid-19.

    À Lesbos, les réfugiés comme « #arme_diplomatique »

    À 450 kilomètres plus au nord-ouest, au large de l’île de Lesbos, ce ne sont pas les navires de recherche d’hydrocarbures envoyés par Ankara que guettent les Grecs, mais les fragiles bateaux pneumatiques en provenance de la côte turque, à une dizaine de kilomètres seulement. Cette île montagneuse de la taille de la Guadeloupe, qui compte 85’000 habitants, constitue un autre point de friction, dont les migrants sont l’instrument.

    Depuis une décennie, Lesbos est l’une des principales portes d’entrée dans l’Union européenne pour des centaines de milliers d’exilés. Afghans, Syriens, Irakiens ou encore Congolais transitent par la Turquie, qui accueille de son côté environ quatre millions de réfugiés. En face, le rivage turc se compose de plages peu touristiques et désertes, prisées des passeurs car permettant des départs discrets. Les migrants restent toutefois bloqués à Lesbos, le temps du traitement de leur demande d’asile en Grèce et dans l’espoir de rejoindre d’autres pays de l’espace Schengen par des voies légales. Le principal camp de réfugiés, Moria, a brûlé dans des conditions obscures le 8 septembre, sans faire de victime grave parmi ses treize mille occupants.

    Pour M. Konstantinos Moutzouris, le gouverneur des îles égéennes du Nord, ces arrivées résultent d’un calcul stratégique d’Ankara. « Erdoğan utilise les réfugiés comme arme diplomatique, il les envoie lorsqu’il veut négocier. Il a une attitude très agressive, comme aucun autre dirigeant turc avant lui », accuse cette figure conservatrice locale, connue pour ses positions tranchées sur les migrants, qu’il souhaite « dissuader de venir ».

    Il en veut pour preuve l’épisode de tension de mars 2020. Mécontent des critiques de l’Union européenne lors de son offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, le président turc a annoncé l’ouverture de ses frontières aux migrants voulant rejoindre l’Europe, malgré l’accord sur le contrôle de l’immigration qu’il a passé avec Bruxelles en mars 2016. Plusieurs milliers de personnes se sont alors massées aux portes de la Grèce, à la frontière terrestre du Nord-Est, suscitant un renforcement des troupes militaires grecques dans ce secteur. Dans le même temps, à Lesbos, une dizaine de bateaux chargés de réfugiés atteignaient les côtes en quelques jours, déclenchant la fureur d’extrémistes locaux. « Nous ne communiquons plus du tout avec les autorités turques depuis », affirme M. Moutzouris.

    Athènes assume désormais une ligne dure, quitte à fermer une partie de sa frontière commune avec la Turquie aux demandeurs d’asile, en dépit des conventions internationales que la Grèce a signées. Le gouvernement a ainsi annoncé mi-octobre la construction d’un nouveau #mur de 27 kilomètres sur la frontière terrestre. Au début de l’année 2020, il avait déjà déclaré vouloir ériger un #barrage_flottant de 2,7 kilomètres au large de Lesbos. Un ouvrage très critiqué et jugé illégal par les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains. Un projet « absurde », juge M. Georgios Pallis, pharmacien de l’île et ancien député Syriza (gauche). Plusieurs sources locales évoquent une suspension de la construction de ce barrage. Le gouvernement, lui, ne communique pas à ce sujet.

    « Les réfugiés payent la rupture du dialogue gréco-turc », déplore M. Pallis entre deux mezze arrosés de l’ouzo local, près du port bruyant de Mytilène, dans le sud de l’île. « Des retours forcés de migrants sont organisés par les gardes-côtes grecs. » En septembre, le ministre de la marine se targuait, au cours d’une conférence de presse, d’avoir « empêché » quelque dix mille migrants d’entrer en 2020. Un mois plus tard, le ministre de l’immigration tentait, lui, de rectifier le tir en niant tout retour forcé. À Lesbos, ces images de réfugiés rejetés ravivent un douloureux souvenir, analyse M. Pallis : « Celui de l’exil des réfugiés d’Asie Mineure. » Appelé aussi en Grèce la « #grande_catastrophe », cet événement a fondé l’actuelle relation gréco-turque.

    Au terme du déclin de l’Empire ottoman, lors de la première guerre mondiale, puis de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Grecs d’Asie Mineure firent l’objet de #persécutions et de #massacres qui, selon de nombreux historiens, relèvent d’un #génocide (4). En 1923, les deux pays signèrent le #traité_de_Lausanne, qui fixait les frontières quasi définitives de la Turquie moderne et mettait fin à l’administration par la Grèce de la région d’İzmir-Smyrne telle que l’avait décidée le #traité_de_Sèvres de 1920 (5). Cet accord a aussi imposé un brutal #échange_de_populations, fondé sur des critères religieux, au nom de l’« #homogénéité_nationale ». Plus de 500 000 musulmans de Grèce prirent ainsi le chemin de l’Asie Mineure — soit 6,5 % des résidents de Lesbos, selon un recensement de 1920 (6). En parallèle, le traité a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs ».

    « Ils étaient chrétiens orthodoxes, ils parlaient le grec, mais ils étaient très mal perçus des insulaires. Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”. Il a fallu attendre deux générations pour que les relations s’apaisent », raconte M. Pallis, lui-même descendant de réfugiés d’Asie Mineure. « Ma grand-mère est arrivée ici à l’âge de 8 ans. Pour s’intégrer, elle a dû apprendre à détester les Turcs. Il ne fallait pas être amie avec “l’autre côté”. Elle n’a pas remis les pieds en Turquie avant ses 80 ans. »

    Enfourchant sa Vespa sous une chaleur accablante, M. Pallis s’arrête devant quelques ruines qui se dressent dans les artères de #Mytilène : d’anciennes mosquées abandonnées. L’une n’est plus qu’un bâtiment éventré où errent des chatons faméliques ; une autre a été reconvertie en boutique de fleuriste. « Les autorités n’assument pas ce passé ottoman, regrette l’ancien député. L’État devrait financer la reconstruction de ces monuments et le développement du tourisme avec la Turquie. Ce genre d’investissements rendrait la région plus sûre que l’acquisition de Rafale. »

    En #Thrace_occidentale, une population musulmane ballottée

    Dans le nord-est du pays, près de la frontière avec la Turquie et la Bulgarie, ce passé ottoman reste tangible. En Thrace occidentale, les #mosquées en activité dominent les villages qui s’élèvent au milieu des champs de coton, de tournesols et de tabac. La #minorité_musulmane de Grèce vit non loin du massif montagneux des #Rhodopes, dont les sommets culminent en Bulgarie. Forte d’entre 100 000 et 150 000 personnes selon les autorités, elle se compose de #Roms, de #Pomaks — une population d’origine slave et de langue bulgare convertie à l’#islam sous la #domination_ottomane — et, majoritairement, d’habitants aux racines turques.

    « Nous sommes des citoyens grecs, mais nous sommes aussi turcs. Nous l’étions avant même que la Turquie moderne existe. Nous parlons le turc et nous avons la même #religion », explique M. Moustafa Moustafa, biologiste et ancien député Syriza. En quelques mots, il illustre toute la complexité d’une #identité façonnée, une fois de plus, par le passé impérial régional. Et qui se trouve elle aussi au cœur d’une bataille d’influence entre Athènes et Ankara.

    Rescapée de l’#Empire_ottoman, la minorité musulmane a vu les frontières de la Grèce moderne se dessiner autour d’elle au XXe siècle. Elle fut épargnée par l’échange forcé de populations du traité de Lausanne, en contrepartie du maintien d’un patriarcat œcuménique à Istanbul ainsi que d’une diaspora grecque orthodoxe en Turquie. Principalement turcophone, elle évolue dans un État-nation dont les fondamentaux sont la langue grecque et la religion orthodoxe.

    Elle a le droit de pratiquer sa religion et d’utiliser le turc dans l’enseignement primaire. La région compte une centaine d’écoles minoritaires bilingues. « Nous vivons ensemble, chrétiens et musulmans, sans heurts. Mais les mariages mixtes ne sont pas encore tolérés », ajoute M. Moustafa, dans son laboratoire de la ville de #Komotini — aussi appelée #Gümülcine en turc. Les quelque 55 000 habitants vivent ici dans des quartiers chrétiens et musulmans érigés autour d’une rivière méandreuse, aujourd’hui enfouie sous le béton. M. Moustafa n’a presque jamais quitté la Thrace occidentale. « Notre minorité n’est pas cosmopolite, nous sommes des villageois attachés à cette région. Nous voulons juste que nos descendants vivent ici en paix », explique-t-il. Comme de nombreux musulmans de la région, il a seulement fait ses études supérieures en Turquie, avant de revenir, comme aimanté par la terre de ses ancêtres.

    À cent kilomètres de Komotini, la Turquie demeure l’« État parrain » de ces musulmans, selon le traité de Lausanne. Mais l’influence de celle que certains nomment la « mère patrie » n’est pas toujours du goût de la Grèce. Les plus nationalistes craignent que la minorité musulmane ne se rapproche trop du voisin turc et ne manifeste des velléités d’indépendance. Son statut est au cœur de la discorde. La Turquie plaide pour la reconnaissance d’une « #minorité_turque ». La Grèce refuse, elle, toute référence ethnique reliée à une appartenance religieuse.

    La bataille se joue sur deux terrains : l’#éducation et la religion. À la fin des années 1990, Athènes a voulu intégrer la minorité dans le système d’éducation publique grec, appliquant notamment une politique de #discrimination_positive et offrant un accès facilité à l’université. Les musulmans proturcs plaident, eux, pour la création de davantage d’établissements minoritaires bilingues. Sur le plan religieux, chaque partie nomme des muftis, qui ne se reconnaissent pas mutuellement. Trois représentants officiels sont désignés par la Grèce pour la région. Deux autres, officieux, le sont par les musulmans de Thrace occidentale soutenus par Ankara, qui refuse qu’un État chrétien désigne des religieux.

    « Nous subissons toujours les conséquences des #crises_diplomatiques. Nous sommes les pions de leur jeu d’échecs », regrette d’une voix lasse M. Moustafa. Le sexagénaire évoque la période qui a suivi le #pogrom dirigé principalement contre les Grecs d’Istanbul, qui avait fait une quinzaine de morts en 1955. Puis les années qui ont suivi l’occupation du nord de #Chypre par la Turquie, en 1974. « Notre minorité a alors subi une violation de ses droits par l’État grec, dénonce-t-il. Nous ne pouvions plus passer le permis de conduire. On nous empêchait d’acheter des terres. » En parallèle, de l’autre côté de la frontière, la #peur a progressivement poussé la communauté grecque de Turquie à l’exil. Aujourd’hui, les Grecs ne sont plus que quelques milliers à Istanbul.

    Ces conflits pèsent encore sur l’évolution de la Thrace occidentale. « La situation s’est améliorée dans les années 1990. Mais, maltraités par le passé en Grèce, certains membres de la minorité musulmane se sont rapprochés de la Turquie, alimentant une méfiance dans l’imaginaire national grec. Beaucoup de chrétiens les considèrent comme des agents du pays voisin », constate M. Georgios Mavrommatis, spécialiste des minorités et professeur associé à l’université Démocrite de Thrace, à Komotini.
    « Ankara compte des milliers d’#espions dans la région »

    Une atmosphère de #suspicion plane sur cette ville, sous l’emprise de deux discours nationalistes concurrents. « Les gens de l’extrême droite grecque nous perçoivent comme des janissaires [soldats de l’Empire ottoman]. Erdoğan, lui, nous qualifie de soydas [« parents », en turc] », détaille d’une voix forte Mme Pervin Hayrullah, attablée dans un café animé. Directrice de la Fondation pour la culture et l’éducation en Thrace occidentale, elle se souvient aussi du passage du président turc dans la région, fin 2017. M. Erdoğan avait dénoncé les « discriminations » pratiquées par l’État grec à l’égard de cette communauté d’origine turque.

    Une chrétienne qui souhaite rester anonyme murmure, elle, que « les autorités grecques sont dépassées. La Turquie, qui est bien plus présente sur le terrain, a davantage de pouvoir. Ankara compte des milliers d’espions dans la région et donne des millions d’euros de budget chaque année au consulat turc de Komotini ». Pour Mme Hayrullah, qui est proche de cette institution, « le consulat ne fait que remplir une mission diplomatique, au même titre que le consulat grec d’Edirne [ville turque à quelque deux cents kilomètres, à la frontière] ». L’allure du consulat turc tranche avec les façades abîmées de Komotini. Surveillé par des caméras et par des gardes en noir, l’édifice est cerné de hautes barrières vertes.

    « La Grèce nous traite bien. Elle s’intéresse au développement de notre communauté et nous laisse exercer notre religion », vante de son côté M. Selim Isa, dans son bureau calme. Le président du comité de gestion des biens musulmans — désigné par l’État grec — est fier de montrer les beaux lustres et les salles lumineuses et rénovées d’une des vingt mosquées de Komotini. « Mais plus les relations avec la Turquie se détériorent et plus le consulat étend son influence, plus il revendique la reconnaissance d’une minorité turque », ajoute M. Isa, regard alerte, alors que l’appel du muezzin résonne dans la ville.

    À l’issue du sommet européen des 10 et 11 décembre, l’Union européenne a annoncé un premier volet de #sanctions contre la Turquie en raison de ses opérations d’exploration. Des mesures individuelles devraient cibler des responsables liés à ces activités. Athènes plaidait pour des mesures plus fortes, comme un embargo sur les armes, pour l’heure écarté. « C’était une proposition-clé. Nous craignons que la Turquie s’arme davantage. Sur le plan naval, elle est par exemple en train de se doter de six #sous-marins de type #214T fournis par l’#Allemagne, explique le diplomate grec Georgios Kaklikis, consul à Istanbul de 1986 à 1989. M. Erdoğan se réjouit de ces sanctions, qui sont en réalité minimes. » Le président turc a réagi par des #rodomontades, se félicitant que des pays « dotés de bon sens » aient adopté une « approche positive ». Bruxelles assure que d’autres mesures pourraient tomber en mars 2021 si Ankara ne cesse pas ces actions « illégales et agressives ».

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/01/PERRIGUEUR/62666
    #Grèce #Turquie #frontière #asile #migrations #réfugiés
    #Oruc_Reis #murs #Evros #barrières_frontalières #histoire

    ping @reka

    –—

    #terminologie #mots #vocabulaire :
    – "Le traité (de Lausanne) a déraciné plus de 1,2 million de chrétiens orthodoxes, envoyés en Grèce. Au total, plus de 30 000 sont arrivés dans l’île. Ils ont alors été péjorativement baptisés les « #graines_de_Turcs »."
    – "Les femmes exilées de la grande ville d’İzmir étaient surnommées “les prostituées”."

    –-> ajoutés à la métaliste sur la terminologie de la migration :
    https://seenthis.net/messages/414225

    ping @sinehebdo

  • Comment le capitalisme de surveillance “transforme notre intimité en matière première”
    https://www.telerama.fr/idees/comment-le-capitalisme-de-surveillance-transforme-notre-intimite-en-matiere

    … et pourquoi il faut lutter contre. Dans “L’Âge du capitalisme de surveillance”, enfin traduit, Shoshana Zuboff, professeure émérite à la Harvard Business School, sonne l’alerte contre les géants du numérique qui nous dépossèdent de nos vies pour mieux les soumettre au marché.

    Au temps du tube cathodique, Jacques Ellul, l’un des grands penseurs de l’aliénation contemporaine, se posait déjà la seule question qui vaille vraiment à propos du pouvoir de la technique : « Une des illusions qu’on cherche à développer dans l’homme moderne, c’est de lui faire croire [qu’elle] le rend plus libre. […] Libre de quoi ? » À l’heure des réseaux sociaux et de la toute-puissance technologique, Shoshana Zuboff, professeure émérite à la prestigieuse Harvard Business School, prend le relais. Et sonne l’alerte. Nous sommes dépossédés de nos propres vies dans des proportions « indéchiffrables pour le cerveau humain ». Pire, plus nos spoliateurs en savent sur nous, moins nous en savons sur eux.

    Dans L’Âge du capitalisme de surveillance, un pavé de plus de huit cents pages sorti début 2019 aux États-Unis et enfin traduit en français (aux éditions Zulma), l’universitaire décrit minutieusement une société dystopique – mais bien réelle – dans laquelle les Google, Facebook et consorts capturent sans vergogne notre « surplus comportemental », raffinant le moindre atome de nos intimités numérisées pour leur seul profit. « C’est une double agression, contre notre autonomie et contre la démocratie », s’inquiète-t-elle, en livrant ce qui s’apparente à un opportun manuel de résistance.

    Celui-ci est d’autant plus notable qu’il n’émane pas d’une dangereuse radicale, bien au contraire : à la fin des années 1990, Shoshana Zuboff, prise dans une crise identitaire, a quitté son campus pour partir vivre dans une ferme. À l’époque, persuadée de faire partie du problème plus que de la solution, elle fait face à un choix : « Trouver un nouveau champ de recherche, ou chausser de nouvelles lunettes. » Ainsi a mûri sa charge – à mort – contre les tenants de ce « capitalisme renégat » qui nous traque tous, en permanence. Vous n’avez rien à cacher ? « Alors, vous n’existez pas. »

    Vous avez popularisé le terme « capitalisme de surveillance » depuis quelques années. Comment fonctionne-t-il ?

    L’effrayante spécificité du capitalisme de surveillance, c’est qu’il capture l’expérience personnelle pour la soumettre aux impératifs du marché. On pourrait même parler d’un marché de l’avenir humain. Ce capitalisme dévoyé transforme notre intimité en matière première qui, raffinée sous la forme de données, alimente une chaîne d’approvisionnement complexe. Dans ces usines d’un nouveau genre, on ne fabrique plus des produits mais des prédictions, individuelles et collectives. Ces conjectures, tirées de nos vies, émanent de nous, mais ne nous appartiennent pas. Elles nous concernent, mais ne nous reviennent pas.

    De la même manière que Ford aurait révolutionné le capitalisme en 1913, avec sa chaîne de production, vous posez le postulat que Google a inventé le capitalisme de surveillance au tournant du millénaire. Dans quelles circonstances ?

    Je situe sa naissance dans la Silicon Valley pendant l’éclatement de la bulle Internet, entre 2000 et 2001. À l’époque, de jeunes gens très intelligents dirigent des entreprises prometteuses, à l’intérieur desquelles ils inventent toutes sortes de services en ligne. Problème : ils ne gagnent pas d’argent. Là où le capitalisme industriel a réussi à transformer les ressources naturelles en énergie, les fleurons de cette nouvelle économie se révèlent incapables de répéter l’opération. Par conséquent, les investisseurs se retirent, et ils commencent à faire faillite les uns après les autres. Dans ce tableau, Google est perçu comme une pépite, mais même chez eux, il y a urgence.

    À vous écouter, ils n’étaient pas très doués pour le capitalisme !
    Jusqu’à ce qu’ils n’aient plus le choix, Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs de Google, étaient publiquement opposés à la publicité ciblée. Quand ils ont commencé à regarder de plus près les données stockées sur leurs serveurs, des historiques de recherche, des miettes, des restes, ils ont réalisé qu’ils avaient à disposition un gisement gigantesque. C’est à ce moment-là qu’ils ont décidé d’exploiter notre surplus comportemental, que je nomme ainsi car il dépasse largement leurs besoins réels.
    “Au lieu de l’âge de l’information dont nous rêvions, fondé sur le partage de la connaissance permis par Internet, nous sommes renvoyés à un système féodal dans lequel des entreprises gigantesques peuvent influencer et contrôler nos comportements.”

    On touche ici une différence fondamentale. Le capitalisme industriel était une division du travail ; le capitalisme de surveillance, écrivez-vous, est une division de la connaissance. C’est-à-dire ?

    Il nous a fallu des décennies pour mesurer les conséquences du capitalisme industriel, pour déterminer par exemple que la dépendance aux énergies fossiles accélérait le réchauffement climatique. Aujourd’hui, nous sommes capables d’identifier les répercussions négatives du capitalisme de surveillance, à savoir la production secrète, effroyablement asymétrique, de savoir. C’est son effet le plus profond et le plus pernicieux, et il est indissociable d’un événement : le 11 Septembre. Au Capitole, juste avant que les tours jumelles s’effondrent, les parlementaires discutaient des contours d’une législation destinée à protéger la vie privée.

    En l’espace de quelques heures, George W. Bush a déclaré la « guerre contre la terreur », nous sommes entrés dans l’ère de l’information totale et dans une quête de certitudes. « Puisque nous n’avons pas su connecter les points, nous avons besoin de tous les points de tout le monde », ont dit les services de renseignement. Le département de la Défense, la CIA ou la NSA œuvrant sous les auspices de la Constitution américaine et obéissant à l’État de droit, il a fallu trouver une solution. Puisque Google et consorts n’étaient pas soumis aux mêmes contraintes, les autorités ont décidé de les laisser amasser richesse et pouvoir, afin qu’ils se chargent de connecter les points. Ainsi s’est forgée la symbiose entre la sphère publique et la sphère privée, entre la sphère du marché et celle du gouvernement.

    Pendant vingt ans, nous avons ensuite été aveuglés par notre optimisme sur le pouvoir libérateur de la technologie. Au lieu de l’âge de l’information dont nous rêvions, fondé sur le partage de la connaissance permis par Internet, nous sommes renvoyés à un système féodal dans lequel des entreprises gigantesques peuvent influencer et contrôler nos comportements. C’est une double agression, contre notre autonomie et contre la démocratie.

    Le pouvoir que vous décrivez est aussi immense qu’effrayant. Mais est-il vraiment effectif ?
    En 2001, Larry Page, le patron de Google, se référait à la capacité de calcul de ses serveurs en parlant de « [leur] intelligence artificielle ». Aujourd’hui, quand Google utilise cette expression, il s’agit d’un pouvoir sans commune mesure avec ces premières déclarations. Avec le capital qu’elles possèdent, ces entreprises visent le long terme. Pour entraîner son intelligence artificielle, Facebook ingère des trillions (milliards de milliards) de données chaque jour, afin de produire 6 millions de prédictions sur nos comportements par seconde. C’est une échelle inimaginable, indéchiffrable pour le cerveau humain.

    Pendant très longtemps, nous n’avions pas conscience de ce qui se jouait en arrière-plan. Puis le scandale Cambridge Analytica [du nom de cette officine britannique spécialisée dans le conseil politique qui a siphonné 87 millions de comptes Facebook au profit des campagnes du Brexit et de Donald Trump, ndlr] en 2018 a ouvert les yeux de l’opinion publique.
    “En 2016, le camp républicain a eu recours au micro-ciblage psychologique pour manipuler des comportements numériques qui ont des effets dans le monde réel. C’est ça le gagne-pain du capitalisme de surveillance.”

    Un récent rapport des autorités britanniques a tout de même montré que Cambridge Analytica a très largement survendu ses compétences…
    Mais personne ne peut nier que la campagne de Trump en 2016 a utilisé la technologie publicitaire de Facebook plus efficacement que quiconque. Le camp républicain a eu recours au micro-ciblage psychologique pour manipuler des comportements numériques qui ont des effets dans le monde réel. C’est ça le gagne-pain du capitalisme de surveillance.

    Vous estimez que le capitalisme de surveillance est « tyrannique », mais qu’il ne requiert « ni le fouet du despote, ni les camps ou les goulags du totalitarisme ». Avec l’omniprésence de nos smartphones, nos applications intrusives, nos objets connectés qui mouchardent, nous sommes devenus les agents consentants de notre propre enfermement. Plus que la manipulation cognitive, n’est-ce pas la plus grande victoire du phénomène que vous décrivez ?
    Nous nous sommes enchaînés nous-mêmes et c’est une intolérable tragédie. Dans nos sociétés libérales contemporaines, nous ne sommes pas éduqués à nous opposer au progrès technologique. Face à la dictature de l’inévitabilité, nous avons pourtant cruellement besoin d’alternatives et d’apprentissage citoyen. C’est d’autant plus problématique que les réseaux sociaux ont été inventés par des adolescents. Nous savons que ce moment de la vie désigne un soi inachevé.

    On construit sa personnalité et son libre-arbitre en se confrontant à l’altérité, au questionnement, à la dissonance. Or ces plateformes ne renvoient pas à des questionnements intérieurs – « Qui suis-je ? » – mais à des logiques de groupe. Des légions de pré-adolescents et de jeunes adultes sont profondément investis dans une machinerie conçue par d’autres adolescents et sont coincés dans un monde où ils sont constamment jugés par les autres. On parle souvent d’une économie de l’attention [qui consiste, dans la surabondance d’informations, à capter l’attention du public pour la valoriser économiquement, ndlr], mais c’est une confusion trompeuse. L’attention n’est que l’effet d’une cause, et cette cause, c’est un impératif économique qui demande une implication permanente.

    Craignez-vous que la pandémie, pendant laquelle nos vies se déroulent massivement en ligne, n’accélère cette dynamique ?
    À cause du coronavirus, l’Unesco estime que près de 300 millions d’enfants n’ont pas pu aller à l’école. C’est un chiffre sans précédent. Dans le même temps, Classroom, la plateforme d’apprentissage de Google à destination des enseignants, a multiplié par deux le nombre d’utilisateurs. Contrairement à ce que pensent les dirigeants des géants du numérique, cette consolidation n’est pas liée à un soudain afflux d’amour.

    Au contraire, deux enquêtes réalisées cet été montrent un renforcement du techlash (contraction de technology et backlash, ce mot-valise désigne le retour de bâton subi par les oligopoles de la Silicon Valley depuis deux ou trois ans, NDLR). La première dévoile que 75 % des Américains accordent plus d’importance à leurs données personnelles qu’au service offert par les plateformes ; 77 % pensent que ces entreprises ont trop de pouvoir ; 84 % ne leur font pas confiance. Dans la seconde, on apprend que la seule industrie moins populaire que Mark Zuckerberg est celle du tabac. Ces chiffres démontrent une véritable rupture entre le public et les Gafam, Facebook en particulier.

    “Je suis impressionnée par notre capacité collective à nous rassembler malgré l’isolement dans lequel nous sommes maintenus. C’est un premier pas et, désormais, il faut réussir à amener cette énergie dans l’arène politique.”

    Ce qui rend le moment aussi intéressant qu’incertain : sous le règne du capitalisme traditionnel, les classes populaires ont su s’unir pour défendre leurs droits en s’organisant en syndicats, en faisant grève, etc. Et face au capitalisme de surveillance ?
    Jusqu’à présent, nous n’étions que des utilisateurs, le terme dont nous affublent les plateformes. Une terminologie qui annonce notre anonymat interchangeable. En janvier 2019, j’ai quitté mon domicile pour trois semaines de tournée promotionnelle. Au bout du compte, j’ai voyagé pendant quatorze mois. Partout où je suis allée, aux États-Unis et en Europe, j’ai demandé aux gens de résumer en un seul mot pourquoi ils venaient à ma rencontre. En les compilant, j’ai réalisé qu’ils étaient récurrents et formaient un champ lexical parfaitement cohérent : liberté, anxiété, démocratie, manipulation, contrôle, résistance, colère, rébellion, action, invasion, peur, vie privée, vol, droits, autonomie, constitution, pouvoir, justice.

    Je suis impressionnée par notre capacité collective à nous rassembler malgré l’isolement dans lequel nous sommes maintenus. C’est un premier pas et, désormais, il faut réussir à amener cette énergie dans l’arène politique. Nous allons devoir inventer de nouveaux modes d’organisation, qui seront probablement différents des institutions du XXe siècle. Je pense par exemple au Real Facebook Oversight Board, lancé au mois de septembre et dans lequel je siège avec vingt-cinq autres membres de la société civile [ce collectif a été créé afin de surveiller l’Oversight Board officiel, « cour suprême » du réseau social chargée d’arbitrer les différends liés aux contenus, ndlr].

    Des armes anciennes pourraient toutefois être efficaces, comme les lois antitrust. Pensez-vous qu’il faille démanteler Facebook ou Google ?
    Ce n’est qu’une partie de la solution. Ces lois ont été conçues pour répondre à d’autres situations. Une entreprise comme Amazon était une impitoyable capitaliste avant de devenir une impitoyable capitaliste de surveillance. Autour de 2015, son patron, Jeff Bezos, a commencé à prendre conscience des incroyables revenus générés par les dividendes de la surveillance, et il s’est mis à réfléchir à un moyen d’embrasser ce modèle, en plus des pratiques dont il était déjà coutumier, qu’il s’agisse d’exploiter sa main-d’œuvre ou d’éliminer la concurrence.

    On pourrait dire la même chose de Facebook ou de Google. Il est vital que nous mesurions l’ampleur exacte du problème que nous tentons de résoudre. Quand les dirigeants de ces entreprises sont auditionnés au Congrès américain, il est surtout question d’invasion de la vie privée, de géolocalisation clandestine, du risque de désinformation. Ces interrogations montrent bien qu’il ne s’agit pas seulement de démanteler des monopoles. En Europe, le Règlement général sur la protection des données [entré en vigueur en mai 2018, ndlr] montre à la fois la voie et qu’il est bien trop tôt pour sabrer le champagne.

    Vous parlez d’un « capitalisme renégat » comme s’il était accidentel. Cela signifie-t-il qu’il peut être réformé ?
    Le capitalisme possède cette propriété que l’historien Fernand Braudel nommait « la longue durée ». Il faut l’analyser à travers ce prisme, en prenant en compte les spécificités de son époque, en l’occurrence le numérique. Je le nomme renégat car il renie certains aspects du capitalisme de longue durée, indispensables à sa durabilité, particulièrement l’idée d’offre et de demande. Même si Marx ou Schumpeter [le théoricien de la fameuse destruction créatrice, ndlr] ne partagent évidemment pas la même vision sur ses effets, le capitalisme, aussi violent et inégalitaire soit-il, a appris à améliorer les sociétés, en renforçant par exemple les classes moyennes.
    “Le capitalisme de surveillance ne s’intéresse ni à la réciprocité de l’offre et de la demande, ni à la résolution des problèmes que rencontrent les individus. Comme la financiarisation, c’est une forme entièrement parasite, et il n’y a rien à en sauver.”

    Le capitalisme de surveillance s’éloigne de ce modèle en ce sens qu’il détourne la technologie de notre époque à des seules fins d’accumulation. Il ne s’intéresse ni à la réciprocité de l’offre et de la demande, ni à la résolution des problèmes que rencontrent les individus. Comme la financiarisation, c’est une forme entièrement parasite, et il n’y a rien à en sauver. Je ne pense pas qu’on puisse dire la même chose du capitalisme industriel, qui a su en partie épouser les formes d’une société démocratique.

    Pour conclure sur une note plus personnelle et universelle, vous militez pour un droit au sanctuaire. Que répondez-vous à ceux, nombreux, qui prétendent qu’ils n’ont rien à cacher ?

    Si vous n’avez rien à cacher, vous n’existez pas. C’est une intoxication dangereuse. Cela revient à vous laisser détrousser de votre vie privée, à abandonner toute solitude et à ouvrir votre intimité à n’importe laquelle de ces entreprises. Dire que vous n’avez rien à cacher, c’est accepter votre condition d’utilisateur vide, uniquement défini par le rapport qu’il entretient avec les technologies qu’il utilise.

    #Alphabet #Google #DoD #NSA #CIA #algorithme #bénéfices #BigData #surveillance #microtargeting

  • Cyber Command has sought to disrupt the world’s largest botnet, hoping to reduce its potential impact on the election
    https://www.washingtonpost.com/national-security/cyber-command-trickbot-disrupt/2020/10/09/19587aae-0a32-11eb-a166-dc429b380d10_story.html

    In recent weeks, the U.S. military has mounted an operation to temporarily disrupt what is described as the world’s largest botnet — one used also to drop ransomware, which officials say is one of the top threats to the 2020 election. U.S. Cyber Command’s campaign against the Trickbot botnet, an army of at least 1 million hijacked computers run by Russian-speaking criminals, is not expected to permanently dismantle the network, said four U.S. officials, who spoke on the condition of anonymity (...)

    #Intel #Microsoft #DoD #ransomware #spyware #bot #criminalité #hacking #élections

    ##criminalité

  • Microsoft spikes to record high after nabbing $10B Pentagon contract
    https://www.foxbusiness.com/technology/microsoft-record-high-pentagon-contract

    Microsoft spikes to record high after nabbing $10B Pentagon contract Microsoft shares touched a record high Monday after the tech giant was awarded a Pentagon cloud-computing contract worth up to $10 billion. Shares rallied as much as 3.5 percent to a high of $145.67 apiece before paring their gains. “This contract will address critical and urgent unmet warfighter requirements for modern cloud infrastructure at all three classification levels delivered out to the tactical edge,” the (...)

    #Microsoft #Oracle #DoD #IBM #Amazon #militaire #CloudComputing #JEDI

  • The long, complicated history of “people analytics”
    https://www.technologyreview.com/2020/08/19/1006365/if-then-lepore-review-simulmatics

    If you work for Bank of America, or the US Army, you might have used technology developed by Humanyze. The company grew out of research at MIT’s cross-disciplinary Media Lab and describes its products as “science-backed analytics to drive adaptability.” If that sounds vague, it might be deliberate. Among the things Humanyze sells to businesses are devices for snooping on employees, such as ID badges with embedded RFID tags, near-field-communication sensors, and built-in microphones that track (...)

    #BankofAmerica #Humanyze #USArmy #DoD #IBM #algorithme #capteur #RFID #militaire #compagnie #élections #prédiction #son #comportement #surveillance #travail (...)

    ##voix

  • Thousands of contracts highlight quiet ties between Big Tech and U.S. military
    https://www.nbcnews.com/tech/tech-news/thousands-contracts-highlight-quiet-ties-between-big-tech-u-s-n1233171

    The report offers a new window into the relationship between tech companies and the U.S. government, as well as an important detail about why such contracts are often difficult to find. Over the past two years, thousands of tech company employees have taken a stand : they do not want their labor and technical expertise to be used for projects with the military or law enforcement agencies. Knowledge of such contracts, however, hasn’t been easy for tech workers to come by. On Wednesday, (...)

    #Dell #Google #Microsoft #HP #IBM #Amazon #Facebook #algorithme #robotique #drone #militaire #Maven #surveillance #Dragonfly #DEA #DoD (...)

    ##ICE

  • Manifesti shock nelle strade di #Varese per il centenario del fascismo

    Hanno tappezzato piazza Montegrappa, il salotto di Varese, con striscioni e manifesti inneggianti al fascismo e allo squadrismo. Una coreografia dedicata al «Centenario», per usare la definizione adottata in questi giorni dall’estrema destra. Iniziativa shock dei neonazisti della Comunità militante dei dodici raggi di Varese. La scorsa notte i Do.ra. - acronimo della formazione nazionalsocialista, da tempo sotto inchiesta per tentata ricostituzione del partito fascista - sono entrati in azione nel centro cittadino: due striscioni con le scritte «San Sepolcro Patria nostra» e «Fasci italiani di combattimento». E poi una lunga serie di manifesti con i motti del fascismo e i volti e i nomi dei protagonisti e degli «eroi» del ventennio, da Benito Mussolini a Tommaso Marinetti, da Italo Balbo a Antonio Locatelli, e poi Farinacci e D’Annunzio.

    I cartelli neri con scritta bianca affissi dai #Do.ra. riportano gli #slogan e i concetti chiave del fascismo: arditismo, anticomunismo, diciannovismo, rivoluzione, lotta, squadrismo, futurismo, nazionalismo. Altre immagini mostrano pistole, pugnali, moschetti e baionette. «Iniziativa vergognosa e oltraggiosa» commentano Osservatorio sulle nuove destre e Anpi. Gli striscioni e i manifesti sono stati rimossi all’alba dalla Digos di Varese. Ricordiamo che i Do.ra. - per simbolo il sole a dodici raggi già utilizzato dalle SS naziste per la loro sede operativa - sono sotto indagine dalla procura di Busto Arsizio. A dicembre 2017 la sede di Caidate e stata sequestrata e per decine di membri dell’organizzazione è stato chiesto il rinvio a giudizio.

    https://milano.repubblica.it/cronaca/2019/03/24/news/manifesti_shock_nelle_strade_di_varese_per_il_centenario_del_fasci
    #it_has_begun #fascisme #back_to_fascism #Italie #espace_public #Varèse #San_Sepolcro #Dodici_Raggi #néo-nazisme #extrême_droite
    ping @albertocampiphoto @wizo @marty

  • La sindaca leghista dà l’aula consiliare ai nazisti dichiarati dei ’#dodici_raggi'

    A #Gazzada_Schiano il #Do.Ra ha indetto un covegno revisionista sui ’crimini partigiani’. Sono sotto inchiesta per ricostituzione del partito fascista.

    Ora che al Viminale c’è un loro simpatizzante, che spargendo odio e strizzando l’occhio a fascisti e nazisti (come #Luca_Traini) ha guadagnato voti.
 Così gentaglia che in un paese civile dovrebbe stare in galera circola liberamente e altrettanto sfacciatamente fa propaganda nazista, fascista e revisionismo storico.


    Così la sindaca leghista di Gazzada Schiano, Cristina Bertuletti, ha deciso di concedere la sala consiliare del comune alla Comunità militante dei dodici raggi (Do.ra) un gruppo dichiaratamente nazista che nelle sale del municipio ha indetto un dibattito revisionista sui crimini dei partigiani,
Non solo. Questi estremisti, oltre a festeggiare apertamente i compleanni di Hitler e Mussolini, hanno raccolto nei mesi passati firme per chiedere la messa fuori legge di dell’Anpi e il processo per crimini di guerra ai partigiani ancora in vita.
    Una doppia vergogna perché in questo momento il gruppo è sotto inchiesta da parte della procura di Busto Arsizio per ricostituzione del Partito fascista.
    Cristina Bertuletti è la stessa sindaca che in occasione della Giornata della Memoria si lasciò andare a commenti irripetibili sui social. "Ricordate d’andare a pijarlo ’n culo’.
    Chi sono i Do. Ra
    I Do.ra. - acronimo della #Comunità_militante_dei_dodici_raggi (i raggi del Sole nero, simbolo del castello tedesco di #Wewelsburg, sede operativa delle SS) - sono la più numerosa e organizzata comunità nazionalsocialista italiana. Non a caso fanno riferimento a riti iniziatici nazisti, a partire dalla celebrazione del solstizio con falò accesi nei boschi del varesotto in onore al Führer. Del quale i Do.ra., il 20 aprile, celebrano la nascita.
    Ma perché il Sole nero? Il castello di Wewelsburg è un luogo che ancora riscuote grande fascino tra i neonazisti. E che al centro della sala principale degli Obergruppenführer ha un Sole nero con 12 raggi, lo Schwarze Sonne. L’esoterismo nazionalsocialista è strettamente imperantato con la Thule-Gesellschaft, «una società mistica che propugnava l’antisemitismo, la purezza del sangue e della razza, il ritorno ad un’ideale età dell’oro germanica peraltro non ben storicamente identificabile, in quanto era spalmata su un arco temporale di alcuni millenni, dall’età del bronzo al Basso Medioevo e che traeva spunto delle idee di Guido von List, Jörg Lanz von Liebenfels, e dai vari propugnatori della Teosofia» (Wikipedia). Nel 1934, sotto la spinta dell’SS-Brigadeführer Karl Maria Wiligut, il Rasputin di Himmler, che sentiva presente in qual luogo un’enorme forza spirituale, Heinrich Himmler firmò un contratto di affitto del castello per 100 anni per la cifra simbolica di 100 marchi con il distretto di Paderborn. Entrambi erano convinti che si trattasse del mitico castello della Westfalia che secondo una leggenda sarebbe stato l’unico a resistere allo assalto degli Slavi dell’Est e che da lì i Tedeschi sarebbero partiti per la vittoriosa riscossa finale.
    Come riporta il sito Anticorpi. info: "Gli adepti delle SS venivano qui preparati a pratiche iniziatiche: dall’uso di acqua distillata, opprtunamente «potentizzata» da gocce di sangue di Adolf Hitler (secondo una tecnica di Rudolf Steiner), al fine di raggiungere una «mistica unione con la natura», alla «cerimonia dell’aria soffocante», dove gli iniziati venivano avvolti dalle spire del fumo provocato dal fuoco di una bandiera di quelle battezzate da Hitler stesso (cioè toccate dalla bandiera intrisa di sangue dei martiri del fallito putsch di Monaco del 1923)".

    http://www.globalist.it/politics/articolo/2018/06/09/la-sindaca-leghista-da-l-aula-consiliare-ai-nazisti-dichiarati-dei-dodici-
    #extrême_droite #fascisme #néo-fascisme #Italie #néo-nazis #révisionnisme #révisionnisme_historique
    cc @wizo @albertocampiphoto

  • C’est les Oscar ! L’armée du shitshole country est trop trop fière de son « partenariat » avec son industrie du cinéma :
    https://twitter.com/deptofdefense/status/970461390283587585

    It’s #Oscars90 Sunday and did you know the #DoD works with #Hollywood to ensure the #military is correctly portrayed in films? Find out how these partnerships work:
    https://go.usa.gov/xneSX .

    (Insérer ici une remarque acide sur ces horribles médias contrôlés par le régime russe qui imposent leur propagande au monde entier.)

  • En #Moldavie, le président prorusse suspendu de ses fonctions
    http://www.lemonde.fr/international/article/2018/01/04/en-moldavie-le-president-prorusse-suspendu-de-ses-fonctions_5237547_3210.htm

    Habituée des crises politiques à répétition, la Moldavie vit un nouvel épisode d’instabilité qui voit son président, le prorusse Igor #Dodon, guerroyer contre à peu près toutes les institutions du pays. Depuis la fin décembre 2017, il s’oppose à la nomination de sept ministres par le premier ministre proeuropéen, Pavel Filip.
    […]
    M. Dodon reproche – sans preuve – aux ministres nommés d’être impliqués dans le scandale retentissant de la disparition d’un milliard de dollars des plus grandes banques du pays entre 2012 et 2014, qualifié à Chisinau de « vol du siècle ». Il estime aussi que le gouvernement ne remplit pas sa promesse de former un gouvernement plus technocratique, en nommant de vieux routiers de la politique. Chiril Gaburici, l’un des ministres pressentis, est par exemple un ancien chef du gouvernement qui avait dû démissionner après que la presse eut prouvé qu’il avait falsifié son diplôme de baccalauréat. Certains sont des affairistes suspectés dans le passé de malversations.
    […]
    De fait, la manœuvre de M. Dodon a toutes les chances d’apparaître populaire dans l’opinion, puisqu’elle est dirigée directement contre Vladimir Plahotniuc, le président du Parti démocrate auquel appartient le premier ministre Filip, et le véritable homme fort du pays. Oligarque le plus puissant de Moldavie, M. Plahotniuc a réussi à étendre son contrôle sur la plupart des institutions du pays, depuis la banque nationale jusqu’aux tribunaux. Impopulaire, il dirige en sous-main la majorité gouvernementale. « Les ministres, dont M. Dodon bloque la nomination, sont tous les affidés de Plahotniuc », rappelle Dionis Cenusa.

    Comme d’habitude dans le Monde, le gouvernement est composé de crapules et d’hommes de paille de l’oligarque le plus haï du pays, mais ils sont pro-européens. Le combat que mène contre eux M. Dodon est donc illégitime et la preuve manifeste de son populisme…

    cf. autres entrées sous Dodon…

  • How the Pentagon’s Handling of Munitions and Their Waste has Poisoned America
    https://www.propublica.org/article/military-pollution-open-burns-radford-virginia

    Internal #EPA records obtained by ProPublica show that the Radford plant [i.e. the nation’s largest supplier of propellant for artillery and the source of explosives for almost every American bullet fired overseas] is one of at least 51 active sites across the country where the Department of Defense or its contractors are today burning or detonating munitions or raw explosives in the open air, often in close proximity to schools, homes and water supplies. The documents — EPA PowerPoint presentations made to senior agency staff — describe something of a runaway national program, based on “a dirty technology” with “virtually no emissions controls.” According to officials at the agency, the military’s open burn program not only results in extensive contamination, but “staggering” cleanup costs that can reach more than half a billion dollars at a single site.

    [...] Our examination found that open burn sites are just one facet of a vast problem. From World War I until today, military technologies and armaments have been developed, tested, stored, decommissioned and disposed of on vast tracts of American soil. The array of scars and menaces produced across those decades is breathtaking: By the military’s own count, there are 39,400 known or suspected toxic sites on 5,500 current or former Pentagon properties. EPA staff estimate the sites cover 40 million acres — an area larger than the state of Florida — and the costs for cleaning them up will run to hundreds of billions of dollars.

    The truth is that those materials litter the American landscape like no other industry or source of pollution ever has. “The Pentagon is the most prolific and profound polluter on the planet,” said Jeff Ruch, the executive director of Public Employees for Environmental Responsibility, a national whistle-blower support organization that has chronicled insider reports of pollution and failed cleanups on military sites for decades.

    #DoD #armée #armes #pollution #sols

  • Pratiques d’enquête illégales : deux responsables des douanes mis en examen Le Figaro.fr avec AFP - 21/04/2017
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/04/21/97001-20170421FILWWW00336-pratiques-d-enquete-illegales-deux-responsables-d

    Deux hauts responsables des douanes ont été mis en examen vendredi dans une affaire portant sur des pratiques d’enquête illégales, notamment autour de la saisie de 43 tonnes de café contrefait en juillet 2015, selon des sources judiciaire et proches de l’enquête.

    Il s’agit de la numéro 3 de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), et du chef de la Direction des opérations douanières (DOD) du Havre, un service de la DNRED. Leur contrôle judiciaire leur interdit d’exercer leurs fonctions, a précisé la source judiciaire.

    Le 12 décembre dernier, les gendarmes de la Section de recherches de Paris avaient perquisitionné le siège de la direction des opérations douanières (DOD) du Havre où ils avaient trouvé plus de 700.000 euros dans une valise, environ 50.000 dans un fauteuil ainsi que 20.000 euros au domicile du chef de la DOD du Havre.

    L’enquête menée par la juge du pôle financier Aude Buresi s’intéresse notamment aux conditions dans lesquelles 43 tonnes de café contrefait étaient arrivées au Havre dans un conteneur de 120 tonnes, et au lien éventuel entre l’argent trouvé en perquisition et cette saisie.

    Les enquêteurs se demandent si la livraison de café au Havre n’a pas permis de dissimuler l’acheminement de marchandises illicites au profit de possibles informateurs tout en permettant aux douaniers de réaliser une belle prise. L’intérêt même de cette saisie pose question, le café étant d’une si mauvaise qualité qu’il aurait difficilement pu être commercialisé, ont expliqué des sources proches de l’enquête.

    #douanes #trafics #enquête_illégale #Café #DNRED #DOD #marchandises_illicites #informateurs

  • Elon Musk veut envoyer des hommes sur Mars en 2025, Aéronautique - Défense
    http://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/021666038183-elon-musk-veut-envoyer-des-hommes-sur-mars-en-2025-1197055.php

    L’entrepreneur est décidé à faire des hommes « une espèce établie sur plusieurs systèmes solaires ».

    (…)

    Car l’objectif d’Elon Musk de coloniser Mars n’est pas un mystère. Mieux, il se précise de plus en plus. En janvier 2015, il a estimé que son projet de lancer plus de 4.000 satellites à orbite basse autour de la Terre pourrait servir de base à un système similaire autour de Mars. En plus de fournir Internet aux martionautes, Musk a estimé en septembre dernier que la planète pourrait être terraformée (ou rendue terrestre) grâce à des explosions nucléaires. Un scénario prévu également par la DARPA, l’organe expert en innovation du gouvernement américain.

    #espace #colonisation #nucléaire #paypal

  • Un amendement pro-#Wall_Street enflamme le #Congrès
    http://affaires.lapresse.ca/bourse/201412/10/01-4827090-un-amendement-pro-wall-street-enflamme-le-congres.php

    Le Congrès doit impérativement voter d’ici jeudi pour financer l’État fédéral. Un texte négocié depuis des mois entre démocrates et républicains a été finalisé mardi soir. La loi définit l’ensemble des dépenses fédérales jusqu’au 30 septembre 2015.

    Ce type de méga-lois, négociées en coulisses par les parlementaires et publiées au dernier moment, est l’occasion d’une myriade de compromis, et les hordes de #lobbyistes usent de leur influence pour insérer des articles favorables.

    Pour accélérer le processus, les élus ne sont pas appelés à voter sur chaque amendement, mais uniquement sur le texte final, qui est à prendre ou à laisser. Un rejet risquerait de déclencher une fermeture des administrations fédérales (« shutdown »).

    À l’approche de la date-butoir de jeudi, le Congrès devrait se résoudre à voter une extension de quelques jours avant de se prononcer sur la loi de finances. Le calendrier n’a pas été fixé.

    Parmi les centaines d’articles controversés, l’un a particulièrement fait bondir les démocrates, qui ont sonné la charge mercredi pour faire échouer la loi de finances.

    Il s’agit d’une mesure qui annulerait une disposition de la loi de réforme financière dite #Dodd-Frank, adoptée en 2010, seconde grande réforme du premier mandat de Barack Obama avec la santé.

    Les institutions financières sont aujourd’hui forcées de séparer certaines de leurs transactions sur les produits dérivés (notamment les « credit default swaps », CDS) dans des entités distinctes, non assurées par l’institution qui assure les fonds des banques commerciales, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). C’est cette réglementation que la Chambre affaiblirait.

    « La Chambre est sur le point de voter sur un compromis budgétaire négocié à huis clos et où s’est glissé une mesure qui permettraient aux traders de produits dérivés à Wall Street de jouer avec l’argent du contribuable et de se faire renflouer par l’État quand leurs paris risqués menacent de faire s’écrouler le système financier », a dénoncé la sénatrice Elizabeth Warren, bête noire de Wall Street.

    Selon le New York Times, les lobbyistes de la banque Citigroup sont les coauteurs de l’amendement http://blogues.lapresse.ca/hetu/2014/12/12/les-serviteurs-de-wall-street. « Les Américains ne nous ont pas élus pour défendre Citigroup », a tonné Elizabeth Warren, dans un discours au Sénat.

    Citigroup, sollicitée par l’AFP, n’a pas souhaité faire de commentaire.

    La Chambre adopte la loi de finances 2015, paralysie fédérale évitée
    http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201412/11/01-4827521-la-chambre-adopte-la-loi-de-finances-2015-paralysie-federale-evi

    La chef de la minorité démocrate, Nancy Pelosi, s’est dite « atterrée » et a voté contre, malgré un lobbying forcené de la #Maison-Blanche.

    Barack Obama lui-même a décroché son téléphone pour tenter de convaincre les démocrates que la loi était le meilleur compromis possible à ce stade. Il a dépêché son bras droit, Denis McDonough, au Capitole pour une confrontation tumultueuse avec le groupe démocrate dans la soirée. Au total, 139 démocrates ont voté contre, soit deux sur trois.

    Un autre article controversé a suscité leur opposition. Il augmente de façon substantielle le plafond par cycle électoral des dons individuels aux partis politiques, une nouvelle étape de la déréglementation du financement électoral.

    Barack Obama promulguera la loi de finances ainsi amendée, a annoncé la Maison-Blanche.

    Et ce titre extraordinaire du journal #Le_Monde :

    Comment des démocrates ont mis en péril la loi de finance américaine
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/12/12/comment-des-democrates-ont-mis-en-peril-la-loi-de-finance-americaine_4539313

  • Open Letter to the Tor Project: Where Does Your Money Come From and Why Do You Hide It From the Public? | Friends of WikiLeaks
    http://fowlchicago.wordpress.com/2013/01/03/open-letter-to-the-tor-project-where-does-your-money-come-fro

    From our rather cursory look into the Tor Project and its funding it appears that – in 2011 at least – the organizers of the Tor Project and their US Government “sponsors” attempted to hide the true sources of its funding from the public by utilizing the classic US Government cloak-and-dagger method of using “cutout” companies and NGOs to “pass-through” money from the US Defense Department and the US State Department to Tor – to the tune of over $730,000.00 – a huge chunk of their total funding.

    The Tor Project’s own “amended” financial document for 2011 which reveals these current relationships between Tor and the highest levels of the US Government, presented to Tor by their accountants in July 2012

    #Tor #DoD #silicon_army