• Le Golfe après Ormuz : le véritable bouleversement géopolitique est structurel

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12492898

    par Alejandro Marco del Pont
    2026-05-25

    FR : https://reseauinternational.net/le-golfe-apres-ormuz-le-veritable-bouleversement-geopolitique-e

    EN : https://chinabeyondthewall.org/the-gulf-after-hormuz-the-real-geopolitical-shift-is-structural

    La guerre israélo-américaine contre l’Iran n’a pas seulement bouleversé l’équilibre militaire au Moyen-Orient. Elle a également engendré une crise plus profonde : celle du modèle de puissance sur lequel les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont fondé leur ascension au cours des dernières décennies.

    La guerre israélo-américaine contre l’ #Iran a non seulement bouleversé l’équilibre militaire au Moyen-Orient, mais a également déclenché une crise plus profonde : celle du modèle de puissance sur lequel les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont bâti leur ascension au cours des dernières décennies. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman étaient parvenus à conjuguer trois atouts essentiels : une sécurité largement assurée par les États-Unis, une position logistique centrale dans les flux énergétiques (exportations et corridors de distribution) et une capacité d’investissement mondiale exceptionnelle grâce à leurs fonds souverains. Cette guerre a mis en péril ces trois atouts simultanément.

    Le débat public tend à se concentrer sur les aspects les plus visibles : missiles, drones, raffineries endommagées, fermeture du détroit d’Ormuz et escalade des tensions entre Washington et Téhéran. Mais le véritable bouleversement géopolitique est plus structurel. La reconfiguration du Conseil de coopération du Golfe (CCG) dépend désormais de sa capacité à faire face à trois vulnérabilités simultanées : l’absence d’une défense régionale véritablement intégrée ; la construction de corridors alternatifs pour contourner les principaux points de passage maritimes, avec la question stratégique de l’inclusion de la Chine dans leur conception ; et la préservation de sa puissance financière extérieure, notamment le flux de ses fonds souverains vers les États-Unis, dans un contexte de guerre, de baisse des recettes et de nécessité de réorienter les capitaux vers les priorités nationales.

    La guerre accélère ce débat car elle affecte simultanément la sécurité, l’énergie, le tourisme, la logistique et la capacité du Golfe à continuer d’exporter des capitaux. Rebecca Patterson l’a judicieusement exprimé dans un article récent du Council on Foreign Relations : « Il existe un risque bien moins évoqué pour les États-Unis que le prix du pétrole ou la perturbation de l’approvisionnement en matières premières essentielles. Ce risque est la réduction des flux de capitaux en provenance du Golfe, notamment pour les entreprises technologiques américaines en quête de financement, les projets d’intelligence artificielle et leurs intermédiaires financiers ». Il ne s’agit pas d’un détail. C’est l’un des points sensibles, et pourtant peu abordés, du nouvel équilibre régional.

    Le principal problème du Conseil de coopération du Golfe (CCG) est d’ordre militaire, bien que sa véritable nature soit politique. Les six États du Golfe ont consacré des années à discuter de la coordination de la défense, de l’interopérabilité, des systèmes d’alerte précoce et d’une architecture commune pour la lutte contre les missiles et les drones. Accords, exercices conjoints, groupes de travail et même une rhétorique récurrente sur la « sécurité indivisible » existent. Cependant, la guerre a démontré que cette intégration était plus formelle qu’efficace.

    Le principal obstacle n’est pas technologique, mais politique. Les États du Golfe ne partagent pas la même vision stratégique du monde. Les Émirats arabes unis et Bahreïn ont renforcé leurs liens avec Israël ; le Qatar entretient un partenariat étroit avec la Turquie ; Oman préserve son rôle de médiateur et maintient des canaux de communication avec l’Iran ; l’Arabie saoudite oscille entre endiguement, négociation et recherche d’autonomie. Alliés sur le papier, ils n’en demeurent pas moins que leurs priorités, leurs perceptions des menaces et leur marge de manœuvre diffèrent.

    Pendant des années, Washington a contribué à gérer cette fragmentation sans la résoudre. Il a vendu des systèmes de défense antimissile, des radars, des avions et des batteries de défense aérienne à ses partenaires du Golfe. Il a encouragé les exercices militaires conjoints. Il a favorisé l’interopérabilité entre les forces locales et l’appareil militaire américain. En mai 2024, suite à l’attaque iranienne contre Israël, un responsable du #Pentagone a présenté l’incident comme une preuve de l’importance d’une défense aérienne et antimissile intégrée, arguant qu’il avait conféré une nouvelle urgence à la coopération régionale.

    Le problème est que l’interopérabilité avec les États-Unis ne se traduit pas par une intégration défensive entre les pays du CCG. Washington a bâti une architecture de relations bilatérales – chaque monarchie étant liée à la puissance protectrice – plutôt qu’une véritable défense collective intra-Golfe. Ce modèle s’est avéré profitable pour l’industrie militaire américaine et a permis de préserver la place centrale de Washington en tant que fournisseur indispensable. Mais il a laissé un élément essentiel en suspens : la capacité des pays du CCG à partager des informations, à allouer des ressources, à coordonner leurs interventions et à se protéger en bloc, et non comme de simples bénéficiaires d’une protection extérieure.

    La guerre contre l’Iran a révélé le coût de cette différence. Les attaques n’ont guère tenu compte du degré d’alignement de chaque capitale. Ports, installations énergétiques, aéroports et infrastructures critiques du Golfe sont devenus des théâtres d’opérations. Reuters a rapporté le malaise de sources régionales qui ont exprimé un paradoxe brutal : les États-Unis ont déclenché la guerre, mais ce sont les États arabes du Golfe qui en subissent les conséquences économiques et stratégiques.

    La question n’est donc plus de savoir si le CCG a besoin de davantage de moyens de défense. Cela va de soi. La question est de savoir quel type de défense il souhaite mettre en place. Si la réponse consiste à acquérir davantage de systèmes nationaux, il en résultera une version plus coûteuse de sa vulnérabilité actuelle. Si la réponse est une véritable architecture régionale – système d’alerte précoce partagé, défense aérienne coordonnée, commandement conjoint et production locale de certains intrants critiques – alors le CCG pourrait transformer cette crise en une opportunité d’autonomie stratégique.

    Mais cette alternative suppose une condition qui n’a pas encore été remplie : que les monarchies du Golfe acceptent que la souveraineté ne se préserve pas par l’isolement, mais par l’intégration des capacités. C’est le premier dilemme de la reconfiguration régionale.

    Le second axe est logistique et géoéconomique. La fermeture du détroit d’Ormuz n’a pas simplement perturbé le commerce de l’énergie. Elle a démontré que le principal point de passage stratégique du Golfe pouvait se transformer en instrument de coercition stratégique.

    Avant la guerre, le détroit d’Ormuz représentait une menace constante, mais dont les conséquences extrêmes étaient souvent jugées improbables. Même lorsque le risque était reconnu, la plupart des analyses économiques occidentales le considéraient comme un scénario de tensions partielles, et non comme une perturbation massive et durable. L’ampleur du conflit explique pourquoi le détroit d’Ormuz a cessé d’être un simple passage maritime. En 2025, près de 15 millions de barils de pétrole brut par jour y transitaient, soit environ un tiers du commerce mondial de pétrole. De plus, une part cruciale du commerce mondial de GNL dépend de cette voie, notamment le gaz qatari.

    La crise a démontré qu’il existe des moyens d’atténuer la situation, mais pas de solutions définitives. L’Arabie saoudite a pu accroître ses expéditions via l’oléoduc est-ouest vers Yanbu, sur la mer Rouge. Les Émirats arabes unis ont utilisé la route Habshan-Fujairah pour transporter une partie de leur pétrole brut, évitant ainsi le détroit. Ces infrastructures ont contribué à limiter les pertes d’ #exportations et à augmenter légèrement le trafic de pétroliers dans les ports saoudiens de la mer Rouge.

    Il ne faut toutefois pas surestimer son importance. Les voies de contournement énergétiques ne profitent pas à tous de la même manière. Le #Koweït, le #Qatar et l’ #Irak sont soumis à des restrictions bien plus importantes. Les alternatives concernent principalement le pétrole, et pas nécessairement le gaz naturel liquéfié. De plus, aucun pipeline ne peut à lui seul résoudre la vulnérabilité des importations essentielles, des chaînes d’approvisionnement alimentaire, des biens industriels, des engrais ou des flux commerciaux en général. C’est pourquoi ce corridor cesse d’être une simple « infrastructure » ​​et devient une stratégie nationale et régionale.

    La nouvelle question qui se pose pour le Golfe est celle de la construction de voies de communication qui lui permettront de survivre à un détroit d’ #Ormuz intermittent, conditionnel ou politiquement contesté. Ce débat englobe les oléoducs, les ports, les voies ferrées, les dépôts stratégiques, les réseaux numériques, les câbles sous-marins et les plateformes logistiques. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) avait déjà approuvé des progrès en matière de connectivité ferroviaire régionale, mais la guerre lui confère une tout autre dimension : il ne s’agit plus seulement de diversifier les échanges commerciaux, mais de réduire les vulnérabilités existentielles.

    Cependant, le véritable débat n’est pas technique, mais politique : le CCG peut-il concevoir des corridors alternatifs sans la Chine ? La réponse réaliste est qu’il ne le souhaite probablement pas. La Chine n’est pas un acteur extérieur mineur pour le Golfe. Elle est un acheteur d’énergie clé, un partenaire commercial essentiel et un fournisseur de financements et d’infrastructures. En mai 2025, la Déclaration conjointe #ASEAN-Chine-CCG a explicitement inclus la promotion d’une coopération de haute qualité dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route » et le développement de corridors logistiques et de plateformes numériques.

    Ce constat change complètement la donne. Si le corridor Moyen-Orient-Inde-Europe ( #IMEC) a été conçu à Washington et en Israël dans le cadre d’une stratégie géoéconomique visant à contenir l’expansion des Nouvelles Routes de la Soie chinoises, les pays du Golfe semblent moins préoccupés par le choix d’une architecture plutôt que par leur superposition. Ils souhaitent certes des corridors occidentaux, mais ils veulent aussi conserver l’accès aux capitaux, à la demande et aux infrastructures chinoises. Cette ambivalence exaspère les États-Unis, car elle réduit la valeur stratégique de leurs projets de connectivité : un corridor censé relier le Golfe à l’Occident pourrait devenir, entre les mains du Conseil de coopération du Golfe (CCG), une plateforme de multipolarité.

    Si la Chine joue un rôle décisif dans l’aménagement des corridors du Golfe, les États-Unis perdent leur monopole. Si elle reste en dehors du système, la marge de manœuvre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) vis-à-vis de son principal partenaire commercial asiatique s’en trouve réduite. Aucune de ces options n’est neutre. La guerre contre l’Iran rend cette décision encore plus urgente, car elle démontre que les infrastructures sont, en réalité, l’incarnation même de la politique. Le détroit d’Ormuz n’était pas qu’un simple détroit. Il était une promesse de continuité. Cette promesse a été rompue.

    Le troisième axe est le plus sous-estimé et, peut-être, le plus important pour les États-Unis. Pendant des décennies, on a parlé de « recyclage des #pétrodollars ». Les pays exportateurs d’énergie accumulaient des excédents, dont une part substantielle retournait sur les marchés occidentaux sous forme de dépôts, d’obligations, d’actions et de placements de portefeuille. Cette logique n’a pas disparu, mais elle a radicalement changé d’ampleur et de sophistication.

    Les fonds souverains du Golfe sont devenus des instruments de politique industrielle, de diplomatie économique et de puissance stratégique. Selon les estimations citées par le CFR, la région gère entre 4 et 7 billions de #dollars d’actifs souverains. Les États-Unis en ont capté 132 milliards en 2025, soit 48% du total, principalement grâce aux investissements dans les infrastructures numériques, les centres de données et les entreprises d’intelligence artificielle. C’est un point crucial : les capitaux du Golfe ne constituent plus seulement un filet de sécurité financier pour les monarchies. Ils font partie intégrante du fonctionnement du capitalisme américain, notamment de ses secteurs les plus ambitieux et les plus coûteux.

    Si le conflit persiste, les pays du Golfe auront besoin de davantage de ressources pour la #défense, la réparation des #infrastructures, la stabilisation budgétaire et le soutien interne. Cela pourrait réduire ou reporter les investissements à l’étranger. Reuters a rapporté en mars que trois États du Golfe avaient entamé un examen de l’utilisation de leurs fonds souverains, envisageant notamment des annulations d’engagements, des désinvestissements et des réévaluations de leurs parrainages internationaux.

    Il ne s’agit pas d’un changement improvisé. Le repli international avait déjà commencé avant la guerre. En avril 2026, le gouverneur du Fonds public d’investissement saoudien a déclaré que le fonds s’efforcerait d’allouer 80% de ses investissements à l’économie locale et de réduire la part internationale à 20%, contre près de 30% auparavant. Ce changement répond à la fois à la pression des déficits et à la baisse des recettes pétrolières, et à l’urgence accrue imposée par la guerre. Autrement dit, la guerre ne crée pas de toutes pièces la réorientation des capitaux du Golfe ; elle l’accélère.

    C’est pourquoi les relations entre Washington et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont confrontées à une profonde contradiction. Les États-Unis souhaitent que les pays du Golfe demeurent des partenaires stratégiques, achètent des armements américains, financent les secteurs prioritaires de leur économie et soutiennent les corridors pro-occidentaux. Or, la guerre même que Washington a contribué à déclencher compromet la capacité du Golfe à remplir simultanément tous ces rôles. Si le conflit s’éternise, le CCG devra établir des priorités. Et il est raisonnable de supposer qu’il privilégiera sa stabilité intérieure au détriment du confort financier de la Silicon Valley.

    La principale leçon de cette guerre est que le Golfe ne peut plus être considéré comme une région passive, riche et dépendante, dont la seule fonction serait d’exporter de l’énergie, d’acheter des armes et de recycler ses excédents. Il apparaît désormais comme un acteur qui doit gérer simultanément la sécurité, la connectivité et les capitaux.

    Si le Conseil de coopération du Golfe ( #CCG) parvient à bâtir une défense régionale efficace, il réduira sa dépendance à l’égard des États-Unis. S’il réussit à développer des corridors alternatifs dotés d’une autonomie suffisante, il limitera le pouvoir de coercition du détroit d’Ormuz et gagnera en influence face à l’Iran. S’il préserve ses fonds souverains sans se retrouver pris entre la guerre et les crises internes, il maintiendra son influence mondiale. Mais s’il échoue sur l’un de ces fronts, sa position s’en trouvera affaiblie.

    Les #États-Unis sont eux aussi confrontés à un choix. Ils peuvent continuer à considérer le Golfe comme un prolongement de leur architecture de sécurité, en supposant que les monarchies assumeront les coûts d’une stratégie régionale conçue à Washington. Ou bien ils peuvent accepter que le Conseil de coopération du #Golfe entre dans une phase plus autonome et transactionnelle, moins soumise à la logique occidentale.

    Cette autonomie impliquera des discussions avec la #Chine, notamment sur les corridors stratégiques. Elle se traduira par une plus grande prudence quant aux sorties de capitaux. Elle comprendra des exigences de sécurité plus concrètes en échange de la coopération. Et elle inclura probablement aussi un examen critique de l’ancien accord tacite : la protection américaine contre un approvisionnement énergétique stable, des investissements et un alignement #géopolitique.

    L’avenir du# Golfe ne se jouera pas uniquement sur les champs de bataille ni à la table des négociations entre Washington et #Téhéran. Il se décidera aussi dans les centres de données en quête de financement, dans les ports reliant l’ #Asie et l’ #Europe, dans les oléoducs contournant le détroit d’ #Ormuz, lors de réunions discrètes de fonds souverains et dans la capacité, encore incertaine, de six États riches à former une véritable communauté stratégique.

    C’est la reconfiguration du #Moyen-Orient qui est en jeu. Et il en va de même pour une part importante de la puissance américaine au XXIe siècle.

    source : InfoNativa via Chine Beyond the Wall

  • #Trump di fronte alla #crisi di fiducia tra #neoliberismo,protezionismo ed autoritarismo
    https://radioblackout.org/podcast/trump-di-fronte-alla-crisi-di-fiducia-tra-neoliberismoprotezionismo-e

    Riprendiamo le nostre conversazioni sui temi economici con Dario Togati professore di economia politica presso la scuola di Management ed Economia dell’università di Torino ed autore di un libro intitolato “il #capitalismo_fragile “ in cui affronta i temi della crisi di fiducia che attraversano oggi le società capitalistiche avanzate e le contraddizioni del modello […]

    #debito #dollaro

    • https://elucid.media/economie/le-yuan-une-arme-strategique-dans-la-guerre-economique-mondiale

      Frédéric Farah - 2026-05-04

      Le paysage économique mondial apparaît de plus en plus incertain, tant la nouvelle administration américaine, conduite par le président Trump, alimente les tensions et brutalise les relations commerciales à l’échelle internationale. Les tarifs douaniers et le dollar s’imposent plus que jamais comme des instruments d’affirmation de puissance, sinon de domination. Face à cela, le principal rival des États-Unis, la Chine, a su engager un véritable rapport de forces et mobiliser ses propres leviers économiques. Sa monnaie, sans être l’équivalent du dollar, s’est imposée en l’espace de trente ans comme un outil essentiel dans la construction de sa puissance économique. L’évolution du yuan au cours des dernières décennies éclaire les contradictions autant que les ambitions de la stratégie chinoise. Dans ce contexte d’exacerbation des rivalités économiques, l’Union européenne, malgré ses atouts, apparaît comme le maillon faible de la mondialisation, faute de cap économique clair et prisonnière de carcans idéologiques qui entravent sa capacité à répondre efficacement aux défis contemporains.

      Le récent rapport du Haut-Commissariat au Plan, conduit par l’économiste Thomas Grejbine, a rappelé, parmi ses préconisations, qu’une dévaluation de l’euro pourrait être l’une des solutions pour réduire les écarts de coût de production de 30 à 40 % entre la Chine et l’Union européenne.

      Cette recommandation, aussi nécessaire soit-elle, n’a rien de nouveau : une abondante littérature économique en soulignait déjà l’urgence. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire un article de 2007 de l’Observatoire français des conjonctures économiques :

      « La zone euro est en train de manquer l’occasion historique de déterminer les modalités institutionnelles d’une politique de change à la hauteur de ses ambitions politiques. Le hold-up tranquille de la BCE sur la politique de change européenne pourrait bien ne pas demeurer tranquille très longtemps. »

      À l’inverse, la Chine n’a pas laissé passer l’opportunité d’intégrer l’arme du change à son arsenal économique. Elle n’hésite pas à orienter sa monnaie dans le sens qu’elle juge le plus favorable à sa compétitivité.

      Ainsi, dans une publication majeure du Fonds monétaire international en 2025 – « l’External Sector Report », qui propose une analyse synthétique des économies nationales et des déséquilibres globaux –, on peut lire : « Les sorties nettes de capitaux soutenues ont exercé des pressions persistantes à la dépréciation du RMB, malgré un excédent courant élevé, contribuant, en combinaison avec une faible inflation, à une baisse continue du taux de change réel. »

      Autrement dit, selon l’évaluation du FMI pour 2024, le taux de change effectif réel (REER) du renminbi apparaît sous-évalué. L’écart estimé se situe entre -3,8 % et -13,1 %, avec un point médian de -8,5 %. Cela signifie que la monnaie chinoise reste inférieure à ce que justifieraient ses fondamentaux économiques et les orientations de politique économique souhaitables.

      Ce constat invite à revenir sur les trajectoires monétaires empruntées par le Parti communiste chinois pour soutenir sa stratégie de croissance.

      Une monnaie sous contrôle des pouvoirs publics aux rapports différents avec le dollar et l’euro

      Entre 1994 et 2005, la République populaire de Chine a maintenu un ancrage souple au dollar, soit un régime intermédiaire entrele change fixe et le change flottant à parité glissante (crawling peg) : environ 8,28 yuans pour un dollar. Ce dispositif a rapidement suscité des critiques, les États-Unis et l’Union européenne dénonçant déjà une sous-évaluation du yuan.

      C’est dans ce contexte que, en 2005, les autorités chinoises ont engagé une réforme monétaire d’ampleur, sans remettre en cause les fondements de leur architecture financière. Deux évolutions majeures caractérisent cette réforme : d’une part, le yuan n’est plus strictement arrimé au dollar, mais à un panier de devises (dollar, euro, yen). D’autre part, il est autorisé à fluctuer, mais dans une bande étroitement encadrée par la banque centrale. Le taux de change, bien que moins rigide, demeure fortement piloté par l’État. Il s’agit d’un régime de change flottant dit « impur », dans lequel le marché joue un rôle, mais sous surveillance étroite des autorités monétaires.

      Cette réforme répondait à des objectifs à la fois internes et externes. Sur le plan interne, il s’agissait de moderniser le système financier, d’accroître la flexibilité de la politique monétaire et de corriger certains déséquilibres structurels. Le système hérité de l’économie planifiée demeurait rigide et peu efficace en matière de financement. Par ailleurs, la faiblesse des marchés financiers limitait les capacités d’ajustement. L’ancrage au dollar imposait en outre à la Banque de Chine d’accumuler des réserves de change considérables, indispensables pour défendre la parité en cas d’attaque spéculative – au risque de les voir s’épuiser rapidement.

      Sur le plan externe, l’objectif était de mieux intégrer la Chine à la finance mondiale et de renforcer la crédibilité internationale du yuan. Toutefois, une caractéristique majeure perdure : la mobilité des capitaux reste partiellement contrôlée, les autorités chinoises continuant de réguler les flux financiers entrants et sortants.

      La politique monétaire retrouve ainsi des marges de manœuvre, lui permettant de mieux gérer la masse monétaire, de contenir les risques inflationnistes et de répondre aux chocs économiques. L’ancrage au dollar limitait ces possibilités en focalisant l’action monétaire sur la seule parité bilatérale.

      Enfin, la réforme de 2005 visait à corriger les déséquilibres liés à un modèle de croissance excessivement tourné vers les exportations. Un yuan sous-évalué renforçait cette dépendance extérieure, creusait les excédents commerciaux et alimentait des déséquilibres globaux, tout en pénalisant la demande intérieure.

      Le tournant monétaire de 2015 : le yuan au cœur d’une nouvelle stratégie économique

      Dix ans plus tard, en 2015, la Chine opère une inflexion plus marquée de sa stratégie monétaire et économique, en recourant notamment à la dévaluation pour soutenir la compétitivité de ses entreprises face aux États-Unis. À l’été 2015, Pékin modifie le mode de détermination du taux de change du yuan en réduisant le poids des décisions administratives au profit de mécanismes de marché. Entre le 11 et le 13 août, la monnaie se déprécie de près de 3 % face au dollar.

      Ce choix s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique, marqué par un fléchissement de la production industrielle et des exportations. Parallèlement, les autorités amorcent une réorientation vers un modèle davantage centré sur la demande intérieure.

      Dans le même temps, la Chine poursuit l’internationalisation de sa monnaie. En 2016, le yuan est intégré au panier des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, consacrant son statut croissant sur la scène monétaire internationale. S’ouvre alors une nouvelle phase, qualifiée de « flottement administré renforcé » : la banque centrale fixe quotidiennement un taux pivot, autour duquel la monnaie évolue dans une marge contrôlée, tout en conservant la possibilité d’intervenir. Cette évolution laissait entrevoir une stratégie moins dépendante des exportations, avec un yuan appelé à se réévaluer progressivement.

      Le yuan faible face à la crise immobilière : la dévaluation compétitive source de tensions monétaires

      La crise immobilière amorcée à partir de 2018 modifie cependant profondément cet équilibre, en affaiblissant la demande intérieure. Le maintien d’un yuan sous-évalué redevient alors un levier central pour soutenir la compétitivité et réorienter la croissance vers les exportations.

      Au sein même de la Banque centrale, certains défendent l’idée qu’une dévaluation constitue une réponse adaptée aux tensions commerciales avec les États-Unis. Néanmoins, ce consensus reste partiel, la Chine conservant une balance commerciale largement excédentaire. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, pourraient également peser sur les coûts de production, la Chine dépendant fortement des importations énergétiques transitant par des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz (1). Dans ce contexte incertain, la politique de change pourrait être mobilisée comme instrument d’amortissement des chocs externes. La théorie économique rappelle en effet que le taux de change joue un rôle d’ajustement face aux chocs asymétriques, tels qu’un choc pétrolier.

      Mais les ambitions monétaires chinoises dépassent largement la seule gestion conjoncturelle. Le plan stratégique 2026-2030 vise une internationalisation accrue du yuan, la remise en cause de l’hégémonie du dollar et la construction d’un système financier plus autonome, sans abandon du contrôle des capitaux. Comme le soulignait en juin 2025 le gouverneur de la Bnaque de Chine, Pan Gongsheng : « La première direction consiste à affaiblir la dépendance excessive à une seule monnaie souveraine et à ses impacts négatifs, en formant un mécanisme sain de concurrence et de contrainte d’incitation entre quelques grandes monnaies. ».

      Cette affirmation ouvre la voie à des tensions avec le dollar américain, et particulièrement dans le cadre de la présente administration américaine. Toutefois, cette stratégie reste encore limitée dans les faits : « en juillet 2025, le yuan représentait moins de 3 % des paiements mondiaux traités via SWIFT, et est même en légère baisse sur deux ans. Le yuan compte pour environ 2 % des réserves de change des banques centrales mondiales, contre près de 60 % pour le dollar et 20 % pour l’euro ». Des interrogations profondes traversent plus de trente ans de détermination du taux de change chinois, comme le résume très bien une publication américaine :

      « Le débat actuel sur la politique de taux de change de la Chine en 2025 se concentre fortement sur les mêmes types de questions qu’en 2005 : comment la PBOC va-t-elle équilibrer le besoin de taux d’intérêt plus bas de l’économie nationale avec la pression correspondante sur les sorties de capitaux ? Comment la PBOC devrait-elle intervenir sur les marchés des changes afin de décourager les sorties de capitaux autoréalisatrices, et quel niveau de volatilité des taux de change est utile dans cet objectif ? Comment la Chine peut-elle équilibrer les besoins de politique intérieure pour lutter contre la déflation (ce qui implique un besoin d’une monnaie plus faible) avec la pression politique internationale visant à réduire les déséquilibres commerciaux chinois ? »

      Les autorités chinoises doivent en permanence arbitrer entre soutien à la croissance, stabilité financière et pressions internationales. Ces tensions, loin d’être spécifiques à la Chine, structurent désormais l’ensemble des relations économiques mondiales. La politique de change s’impose ainsi comme un instrument central de souveraineté.

      Les choix monétaires chinois ont des répercussions directes sur les économies concurrentes

      En Europe, l’impact est significatif, et notamment pour l’industrie allemande qui voit ses produits supplantés par les marchandises chinoises et qui a de plus en plus de mal à exporter ses produits vers la Chine. La dépréciation du yuan face à l’euro accentue ce déséquilibre et redirige les flux commerciaux des États-Unis vers le marché européen. Cette situation représente une menace significative pour l’Union européenne, qui devient le principal débouché du surplus chinois.

      Ce phénomène fragilise des pans entiers de l’industrie européenne. Il s’inscrit dans une stratégie globale où le taux de change complète d’autres instruments – politiques industrielles, subventions, transferts technologiques – comme le souligne le Conseil d’analyse économique :

      « Les succès manufacturiers chinois ont reposé sur un mélange d’outils politiques comprenant des politiques industrielles et des subventions, des politiques macroéconomiques orientées vers le surinvestissement, un taux de change compétitif, des transferts technologiques, mais aussi des avantages en matière de réglementation, d’innovation et d’économies d’échelle sur un marché intérieur vaste et très concurrentiel. Il est important de noter que les outils non conformes à l’OMC ne sont qu’une partie du succès global, mais leur importance varie selon les secteurs. »

      Si la Chine a su construire patiemment une stratégie économique et monétaire qui lui permet de s’affirmer sur la scène économique mondiale – et ce malgré les faiblesses de sa stratégie de croissance –, l’Union européenne apparaît quant à elle totalement désarmée. Les États-Unis et la Chine rivalisent commercialement, développent des tactiques parfois agressives voire inquiétantes, pendant que l’UE semble sidérée par le monde qui vient. Faute de réponse structurée, elle s’expose à un risque accru de désindustrialisation et de marginalisation économique dans les années à venir. L’aveuglement idéologique de nos élites, le poids d’un libéralisme dogmatique et la persistance des stratégies non coopératives ont rendu l’Europe considérablement vulnérable.

      Notes

      (1) La Chine importe la moitié de son pétrole de six pays du golfe, dont 48 % depuis l’Iran. L’Arabie Saoudite exporte 520 millions de barils de pétrole vers la Chine. L’an dernier, plus de 5 millions de barils par jour destinés à la Chine sont passés par le détroit d’Ormuz.

  • Face aux pressions américaines, Lula défend #Pix et annonce son déploiement international.

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12407501

    #BRÉSIL. Face aux pressions américaines, Lula défend #Pix et annonce son déploiement international. Le président brésilien Lula da Silva a répondu publiquement aux critiques de Washington : « Pix appartient au Brésil, et personne ne nous obligera à le changer. »

    La déclaration fait suite aux accusations américaines selon lesquelles le système de paiement instantané brésilien « fausserait le commerce international ».

    Qu’est-ce que #Pix ? Créé par la Banque centrale du Brésil, c’est un système de transferts instantanés disponible 24h/24, sans frais, accessible via QR code. Il compte aujourd’hui plus de 170 millions d’utilisateurs, soit près de 80 % de la population brésilienne, et a contribué à l’inclusion financière de millions de personnes jusque-là non bancarisées.

    #commerce #finance #visa #mastercard

  • If #NATO ceases to play a decisive role in U.S. hegemony, that hegemony will be replaced by a ruthless, digitized one

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12392099 || Fediverse

    ♲ Athénien d’Isar - 2026-04-09 12:04:37 GMT

    [...]

    The Wall Street Journal, meanwhile, reported that Trump was looking at punishing some NATO members he believed were unhelpful during the conflict by moving US troops out of their countries.

    The plan, reported by the Wall Street Journal, would fall short of Trump’s hinted threats to pull the US out of NATO entirely – a move for which he would need the approval of the US Congress.

    [...]

    ♲ @AlJazeera@flipboard.com:

    Trump slams NATO over Iran after meeting Rutte, renews Greenland threat

    https://www.aljazeera.com/news/2026/4/9/trump-slams-nato-over-iran-after-meeting-rutte-renews-greenland-threat
    Posted into Global News @global-news-AlJazeera

    –------------------------

    oAnth/ Isar Athenian:

    If #NATO ceases to play a decisive role in U.S. hegemony, that hegemony will be replaced by a ruthless, digitized one - accompanied by the mandatory use of the hegemonic currency, on a digitized #Dollar basis.

  • Shanaka Anslem Perera / X :The IRGC toll booth at the Strait of Hormuz right now accepts three currencies: cash, yuan, and cryptocurrency.
    https://x.com/shanaka86/status/2036408589427073429

    The IRGC toll booth at the Strait of Hormuz right now accepts three currencies: cash, yuan, and cryptocurrency. The third one is the one that keeps sanctions lawyers awake at night. Because the third one moves at the speed of light through rails that no government on Earth fully controls.

    The Financial Times and Lloyd’s List confirmed that payments for the $2 million per-tanker toll are accepted in cash, cryptocurrency, or barter. The dominant crypto rail, per Chainalysis reporting on IRGC flows, is USDT on the Tron blockchain. The reason is mechanical: Tron settles in approximately 3 seconds per block, charges negligible fees, and operates with limited identity verification on many access points. A $2 million stablecoin transfer can be initiated, confirmed, and received before a sanctions compliance officer finishes reading the transaction alert.

    The IRGC’s crypto architecture is not improvised. Chainalysis documented over $3 billion in IRGC-linked USDT flows in 2025 alone, used for sanctions evasion, oil settlement, and proxy funding across Hezbollah and Houthi networks. The Hormuz toll gate is the latest application of an infrastructure that was already operational before the first missile was fired. The war did not create the crypto rail. The war gave it a chokepoint to monetise.

    The United States has responded with targeted sanctions. OFAC has designated dozens of IRGC-linked Tron addresses. Tether has frozen identified wallets. But the disruption rate, per Chainalysis estimates, remains approximately 10 to 20 percent of identifiable flows. The gap between identification and enforcement is structural. The IRGC uses layered transfers through multiple addresses, cross-chain bridges to other networks, over-the-counter desks in jurisdictions beyond US reach, and integration with yuan settlement channels for larger state-linked transactions. Each layer adds obfuscation. Each bridge adds jurisdiction. Each OTC desk adds deniability. The 3-second block time means the funds have moved before the freeze order arrives.

    Behind the crypto toll, a parallel rail operates at the state level. Russia’s digital ruble and China’s e-CNY are being used in bilateral trade with Iran for oil and fertiliser settlement on sovereign, permissioned blockchains that sit entirely outside US jurisdiction. These are not decentralised networks. They are centrally controlled ledgers operated by the Russian Central Bank and the People’s Bank of China. The United States cannot sanction a sovereign central bank’s own ledger. It cannot freeze a digital ruble that never touches a US-regulated rail. The CBDC channel handles the larger, slower, state-to-state flows. The USDT channel handles the tactical, fast, deniable flows. Together they form a two-tier payment system that bypasses the dollar from both the top and the bottom.

    This is the war’s financial dimension that almost nobody is covering. The kinetic war degrades launchers and flattens headquarters. The energy war closes the strait and blocks fertiliser. The financial war builds a parallel payment system under live fire that may outlast the conflict itself. The yuan toll collects at the gate. The USDT transfer settles in 3 seconds. The digital ruble clears between Moscow and Tehran on a ledger Washington cannot read. And the dollar, which has governed energy settlement since 1974, watches from the other side of the strait where 400 ships are waiting and none of them are paying in greenbacks.

    The molecules are trapped. The money is not. And the money that moves through the toll booth is building the infrastructure that the molecules will use when the strait finally reopens, in a currency that is no longer the dollar.

  • Michael Lüders: Wer den Iran angreift, meint eigentlich Peking

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12352955

    https://x.com/kritischeLinke/status/2035766065968660950 (#BSW)

    Wer den #Iran angreift, meint eigentlich Peking. Es geht nicht um Kopftücher oder Heiratsalter, sondern letztlich darum, die Tankstelle Chinas zu kontrollieren. Peinlich ist ja nicht nur, dass selbst nach zweifacher Bombardierung einer Mädchenschule noch von »Frauenrechten« geschwafelt wird. Man beklatscht auch noch den wirtschaftlichen Selbstmord. Für manche aber reicht die eigene intellektuelle Faulheit offenbar aus, um die Realität konsequent zu ignorieren

    https://www.youtube.com/watch?v=_hgjWqSb4IY


    2026-03-19 - 80 min.

    #Israel #Europ #EU #NATO #China #Spanien #Iran #Golf #VAE #USA #Energie #Rohstoffe #Krieg #Strategie #Weltwährung #Dollar

  • Multipolarity, Diego Garcia, and the PGM Revolution
    https://www.un-diplomatic.com/p/multipolarity-diego-garcia-and-the

    There has been a technological shift toward precision-guided munitions (PGMs, drones and missiles) over the past 30 years. It’s a global shift that the US spearheaded. And it makes every clever military capable of cheaply countering traditional techniques of power projection.

    [...]

    Some call this military-technical shift a “revolution in military affairs,” but I think it’s better understood as a shift toward a multipolar distribution of global power. And we’re seeing what that looks like in two aspects of #Iran’s military strategy.

    The first is the ease with which a highly degraded Iranian military has been able to exercise control of the Strait of Hormuz.

    Using precision-guided munitions (drones and short-range missiles), Iran struck only 16 ships and was able to declare itself in control of the Strait, holding at risk enemy ships and allowing safe passage of ships that met their terms (which were, incidentally, denominating transactions in Chinese Yuan, thereby routing around US dollar supremacy, which has historically been a pillar of US primacy). Without PGMs, Iran could not exercise control over the Strait. It could not degrade US air defenses. It could not harass US ships. It’s all counter to American power projection and anathema to American primacy.

    The second aspect of Iranian military strategy that illustrates the price of primacy under conditions of multipolarity is the latest news: Iran launched two intermediate-range ballistic missiles at #Diego_Garcia, a base that hosts US B-52 nuclear-capable bombers some 3,800km away. As Israeli Chief of Staff Zamir just reported: “Yesterday, Iran launched a two-stage intercontinental ballistic missile [should say IRBM] with a range of 4,000 kilometers toward an American target on Diego Garcia Island. These missiles are not intended to strike Israel. Their range reaches European capitals—Berlin, Paris, and Rome are all within direct threat range.

    These missiles are not intended to strike Israel” is right. They’re intended to hold at-risk outside powers who have enough hubris to project power from far away lands into the Middle East. The US can’t fight from standoff range with impunity if enemy IRBMs can potentially hit something as strategically valuable as B-52 bomber bases 3,800km away.

    The world is awash in drones, missiles, sensors, lasers, and GPS technology. That fundamentally affects the ability to “dominate” and changes what kind of politics are possible. The technological landscape has shifted the distribution of power in concrete ways.

    My point is this: America’s share of global power is less than at any point since the Cold War. The reality of multipolarity does not permit US primacy, even though that’s unambiguously what the United States continues to pursue. The US can adapt to multipolarity peacefully, or it can fight in (and probably lose) high-casualty wars.

  • #guerre contre l’Iran : vers la fin de l’hégémonie américaine dans le Golfe Persique
    https://lvsl.fr/guerre-contre-liran-vers-la-fin-de-lhegemonie-americaine-dans-le-golfe-persique

    La guerre lancée par les États-Unis et #Israël contre l’Iran n’en finit pas de dégénérer. Alors que les frappes iraniennes contre les pays du Golfe se multiplient et que le détroit d’Ormuz reste bloqué, les pays arabes alliés à Washington se retrouvent pris au piège. Exportations de #pétrole et de gaz impossibles, tourisme en chute libre, risque sur le dessalement d’eau de mer... Tout leur modèle de développement se retrouve remis en cause. Par le journaliste allemand Fabian Scheidler .

    #International #Arabie_Saoudite #Bahrein #dollar #Emirats_arabes_unis #Etats-Unis #Iran #Qatar

  • Yuan Versus the Dollar: Will Hormuz Tensions Reshape the Global #Monetary_Order?

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12344248

    https://english.aawsat.com/business/5252197-yuan-versus-dollar-will-hormuz-tensions-reshape-global-monet

    Riyadh: Fathurrahman Yusuf — 2026-03-17

    As geopolitical tensions escalate around the Strait of #Hormuz, #Iran has floated a proposal to link the passage of energy shipments to #payments in currencies other than the US #dollar.

    The move appears designed to pressure global power centers. While it stops short of a declared currency war, it highlights growing international efforts to reduce dependence on the dollar in energy markets.

    This comes as US President Donald Trump calls for an international coalition to secure the strait, casting doubt on Iran’s willingness to negotiate. Diplomacy remains stalled as the conflict involving #Israel, the United States, and Iran enters its seventeenth day.

    Iranian Foreign Minister Abbas Araghchi has denied any moves toward negotiations or a ceasefire. Trump has also warned that #NATO could face a “very bad” future if US allies fail to act to reopen the waterway, even as Israeli strikes on Iranian military infrastructure continue.

    Dr. Abdulaziz bin Sager, Chairman of the Gulf Research Center, said shifts in energy markets reflect a broader global trend toward currency diversification in international transactions. He argued that Iran’s proposal signals a growing willingness to explore alternatives amid geopolitical change, accelerating debate over the stability of currencies used in energy trade.

    According to bin Sager, this is part of a gradual restructuring of the global #financial_system, particularly as major economies such as #China and #Russia expand the use of their national currencies in bilateral trade. He pointed to the decline in the dollar’s share of global reserves—from 65.3 percent in 2016 to 59.3 percent in 2024—as evidence of a steady shift.

    He noted that countries are seeking to manage geopolitical risk and adopt more flexible economic strategies, reflecting a broader move toward a multipolar monetary system. China promotes the #yuan through the Belt and Road Initiative, while Russia advances its currency through bilateral agreements.

    Dr. Saeed Sallam, Director of the Vision International Center for Strategic Studies, said that Iran’s demand as limited in immediate practical impact but significant in long-term symbolic terms. He warned that it could increase volatility and uncertainty in energy markets, complicate transactions due to limited yuan liquidity, and drive up maritime insurance and transport costs by 20 to 30 percent along alternative routes.

    Rather than stabilizing markets, Sallam argued, the move could fragment oil trade. Limited volumes might be settled in yuan and routed through Hormuz to China, while the rest are diverted via more expensive routes. The result could be sharp increases in #gas, #fertilizer, and #food_prices, raising the risk of recession in Asian and European economies.

    He continued that China is pursuing a strategy of careful balance. While it may accept limited yuan-based transactions to secure oil imports, it is unlikely to support escalation that threatens stability in the strait, through which roughly 40 percent of its imports pass. Russia, meanwhile, uses the proposal symbolically within the #BRICS framework to challenge #Washington, though stable energy markets remain essential to its export revenues.

    Sallam concluded that Iran’s proposal may accelerate the rhetoric of de-dollarization and contribute to price shocks, but its real impact remains constrained by diplomatic and practical limits. The core issue, he stressed, is not the currency used but whether the Strait of Hormuz remains open.

    For now, the dollar retains its dominant position in global energy trade, though that status could be tested by rapidly evolving military and diplomatic developments.

    #Asia #Europe #USA

  • Pour traverser le détroit d’Ormuz : faut-il payer en dollars ou en yuans ?

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12343172

    To pass through the Strait of Hormuz - payment in Dollar or in Yuan ?

    2026-03-16 https://x.com/Eng\_china5/status/2033547750722380153

    2026-03-17 https://x.com/Eng\_china5/status/2033958681210204300

    À ce jour, rien ne confirme officiellement que, sur ordre de l’Iran, tant les droits de passage dans le détroit d’Ormuz que les frais de transport des marchandises devraient être payés en yuans.

    Es gibt bis dato keine offizielle Bestätigung, inwieweit Durchfahrtsgebühren für die Straße von Hormuz als auch die Fracht selbst auf Anordnung des Iran zwingend in Yuan zu begleichen seien.

    There has been no official confirmation to date that, at Iran’s behest, both the transit fees for the Strait of Hormuz and the freight costs must be paid in yuan.

  • Die peruanische ICC-Richterin Luz del Carmen Ibáñez - ausgelöscht aus dem digitalen Leben, weil sie ihren Job machte.

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12338440

    #Judikative #Erpressung #IStGh #Hegemonie #Überwachung #Digitalisierung

    ♲ Adfichter - 2026-03-15 18:58:18 GMT

    https://infosec.exchange/@adfichter/116234721614536779

    Die peruanische ICC-Richterin Luz del Carmen Ibáñez...von ihrer Bank in der Niederlande gecancelt (weil diese sonst von den USA sanktioniert wird), ihre Apple/Google-Konten ebenfalls alle gesperrt (wie sie in einem anderen Interview sagte), und ausgelöscht aus dem digitalen Leben...

    weil sie ihren Job machte.

    „Darüber hinaus erstrecken sich die Sanktionen auch auf die Familien der Richter. Und genau da liegt das größte Problem. Meiner Tochter, einer internationalen Anwältin, wurden Visum und Kreditkarte entzogen . Sogar ihre Google-Konten, E-Mails usw. wurden gesperrt. Es ist unfassbar, denn sie lebt nicht bei mir, arbeitet nicht mit mir zusammen und hat keinerlei Verbindung zum IStGH. Dieselben Maßnahmen wurden auch gegen die Familien meiner Kollegen verhängt – gegen ihre Ehemänner, Partner, Mütter und sogar gegen ihre Ex-Frauen, die aufgrund ihrer Unterhaltszahlungen ebenfalls als potenzielle Sanktionskandidaten gelten.

    Welche Rechtfertigung gibt es also für die Misshandlung und willkürliche Angriffe auf Familien? Der einzige Zweck ist, die Macht der Stärksten auszuüben und diejenigen einzuschüchtern und anzugreifen, von denen man glaubt, dass sie diesen Gewalttaten erliegen werden . Das ist nicht nur ungerecht, sondern völlig unverdient und willkürlich.“

    [Source:] https://www.rfi.fr/es/programas/programa-especial/20260210-luz-del-carmen-ib%C3%A1%C3%B1ez-la-jueza-peruana-de-la-cpi-sancionada-p

    • oAnth:

      Wer gegen die hegemonialen Interessen der #USA,

      sprich denjenigen des US- #Dollars als #Weltwährung und seiner gesellschaftlich-wirtschaftlich weltumspannenden Absicherungsmechanismen, wie dem unantastbaren internationalen Digital- und Medienmonopol und seiner vorgeschriebenen Diskurse, einer direkten oder stellvertretenden militärischen Dominanz, der Beherrschung der Energie- und Rohstoffmärkte, (inkl. der organisierten Kriminalität und des Terrorismus),

      ernsthaft, d.h. mit spürbaren Konsequenzen für die angloamerikanischen Drahtzieher, sachkundig Einwände ins Feld führt, oder gar zu juristischen und exekutiven Mitteln greift, der muss auf vergleichbare schikanöse Methoden gefasst sein, wie hier im vorliegenden Falle angesichts einer erschreckend zur Schau gestellten Skrupellosigkeit unter Einbezug aller privaten und beruflichen Belange gegenüber der peruanischen IStGH-Richterin Luz del Carmen Ibáñez zu berichten ist. Der Fall lässt sich auch auf jemanden mit dem untrüglichen militärischen und geopolitischen Sachverstand eines Jacques Baud erweitern, dem auf Grund seiner analytischen Expertise, u.a. im #Ukraine -Krieg, ein vergleichbares Schicksal zuteil wurde.

  • Israel ? - Michael Hudson: “... our landed aircraft carrier there, to make sure that there’s no regime that’s going to emerge that breaks the basic agreement that Saudi Arabia and the other #OPEC countries made in 1974...”

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12332153

    https://www.youtube.com/watch?v=RlNUb0tepn0


    2026-03-05 --- 1h

    “… So the #United_States wants the regime change and why does it want a regime change? It wants #oil. So we’re brought back to a policy that the United States has had at least since 2003, when General Wesley Clark said, “We’re going to attack seven near Eastern countries in five years and we’re going to take control of the oil.” Just as when Donald Trump said, “You know, when we’re in #Iraq, we’ve got to take our oil.” That’s what it’s all about. And that’s what, from the very beginning, the role of #Israel has been in the Near East, to act as what I’ve heard military officers in America say Israel is: our landed aircraft carrier there, to make sure that there’s no regime that’s going to emerge that breaks the basic agreement that Saudi Arabia and the other OPEC countries made in 1974 [when] they were told they can charge whatever they want for their oil but they have to price their oil in #dollars and they have to keep all of the savings from their oil exports in the United States in the form of bank deposits, [of] U.S. Treasury securities, and of U.S. stocks and bonds. And this overwhelming, overriding position has been the basis for American foreign policy ever since 1974. And the reason that America has gone to war with Iran, and before that, gone to war with Iraq to seize its oil, gone to war with Libya to grab its money and to seize its oil, gone to war with Syria using al-Qaeda troops to have a civil war there is to seize its oil. And the purpose of seizing oil isn’t simply to assert U.S. ownership of oil. The U.S. doesn’t have to actually own the oil. It just has to have a client oligarchy in place that agrees that all of the money from the oil exports will be taken in dollars and sent to the United States as the national savings of the countries that are doing the exportation of the oil.

    Well, why is the United States gone to war in #Venezuela? Well, now Venezuela has said, “We’re going to begin pricing Venezuelan oil in Chinese currency, the RMB. We’re not going to price it in dollars because we’re not selling oil to #America. …”

  • Iran : une guerre pour sauver le #dollar ?
    https://lvsl.fr/iran-une-guerre-pour-sauver-le-dollar

    La guerre en Iran ne fait pas que des perdants. Les commentaires médiatiques (du moins ceux qui ne cèdent pas à la psychose concernant le « risque nucléaire iranien ») mettent en avant la versatilité de Donald #Trump, ou parfois les intérêts géostratégiques américains dans le Golfe persique. Ils suggèrent en revanche que le conflit est irrationnel d’un point de vue économique, occasionnant une chute des indices boursiers. Il s’agit d’une lecture trop rapide des événements : le chaos généré par la guerre a généré une ruée vers le dollar, qui s’est sensiblement apprécié. La hausse des prix de l’énergie n’affectera que modérément les Etats-Unis, qui ont atteint l’autosuffisance en 2019 - mais permettra en revanche à leurs acteurs pétroliers de profiter d’une rentabilité nouvelle. Et pour le secteur de l’armement, il s’agit (...)

    #International #Les_États-Unis,une_puissance_menacée ? #armement #impérialisme #pétrole

  • #Trump II, an I : derrière le stratège funambule, les contradictions de l’empire
    https://lvsl.fr/trump-ii-an-i-derriere-le-stratege-funambule-les-contradictions-de-lempire

    Pour la seconde fois de son mandat, Donald Trump aura bombardé la République islamique d’Iran - après le Venezuela, le Yémen, le Nigéria, la Syrie et la Somalie. Si le candidat républicain a fait campagne en promettant de « mettre fin aux guerres sans fin », le président Trump flirte avec une rhétorique de « changement de régime » pour l’Iran - qui rappelle furieusement celle de George W. Bush pour l’Irak. Tout en demeurant réticent à un engagement total de l’armée américaine. Au-delà du caractère imprévisible de Donald Trump, ses hésitations sur le cas iranien illustrent les contradictions d’une #hégémonie américaine vacillante. Face au renforcement des BRICS et de leurs alliés, Donald Trump multiplie les mesures coercitives, militaires ou financières... rendues plus difficiles par une population fatiguée des (...)

    #International #Dé-dollarisation #dollar #Etats-Unis #impérialisme #Iran

  • La #France a reçu le plus d’IDE pour des #datacenters en 2025
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/24/la-france-est-le-pays-qui-a-recu-le-plus-dinvestissements-etrangers

    (...)

    Les chiffres de l’#UNCTAD soulignent néanmoins l’#attractivité de la France auprès des #investisseurs #étrangers.

    – Ceux-ci sont notamment intéressés par ses 20 #connexions par #câbles #sous-marins, qui transportent l’information en #Europe et vers le reste du #monde, ainsi que par ses capacités de #production et de #distribution d’#électricité — propre, notamment grâce au #nucléaire.
    #Paris propose également un accompagnement #institutionnel aux investisseurs étrangers qui voient aussi la France comme un point d’entrée vers le #marché #européen.

    (...)

    Une part importante de ces 69 #milliards de #dollars d’investissements (58,5 milliards d’euros) réalisés en France est dédiée à deux projets : un méga #campus d’IA en #Île-de-France, fruit d’un accord entre #MGX, l’entreprise française #Mistral_AI, #NVIDIA et #Bpifrance, et jusqu’à 20 milliards d’euros d’investissements dans des #centres_de_données et des #infrastructures de l’IA financés par le #canadien #Brookfield Asset Management.

    (...)

  • Les cryptos au secours du #dollar ? La doctrine cryptomercantiliste de l’administration Trump
    https://lvsl.fr/les-cryptos-au-secours-du-dollar-la-doctrine-cryptomercantiliste-de-ladministra

    Donald Trump a débuté son deuxième mandat à la présidence des Etats-Unis en créant un crypto-actif à son effigie, le Trump. Ce jeton numérique est devenu le symbole des multiples conflits d’intérêts que le nouveau président américain entretient avec le secteur des #cryptomonnaies, dont il s’est fait le farouche promoteur. Au-delà de cette opération purement spéculative, la nouvelle administration Trump semble déterminée à faire des #crypto-actifs privés l’instrument d’un renouveau du dollar à l’échelle internationale. Cette doctrine, qualifiée de #Cryptomercantilisme, répond entre autres au développement spectaculaire du yuan numérique (...)

    #Économie #Reprendre_le_contrôle_sur_la_monnaie

  • L’Argentine de Javier #Milei réduite à quémander l’aide des États-Unis | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/240925/l-argentine-de-javier-milei-reduite-quemander-l-aide-des-etats-unis

    La gestion violente du président #libertarien n’a pas réussi à redresser le pays. Depuis son arrivée au pouvoir, la chute du #peso a atteint 75 % face au #dollar. À un mois des élections législatives, l’#Argentine s’en remet à Donald #Trump pour sauver son bilan économique.

    Ne t’inquiètes pas, le bilan n’est négatif que pour les personnes qui pensent que le but était d’avoir une économie qui profite à tous. En gros, il n’y aura que Romaric pour dire ce qui est, parce qu’il a une petite place dans un petit journal qui s’intéresse aux faits. Tous les autres s’en contrefoutent des effets néfastes des mesures portées par le FMI. Pas un seul économiste n’est capable de citer un cas où les mesures portées par le FMI ont amené des effets positifs sur une économie, c’est à dire avec des effets positifs pour l’intérêt général, c’est à dire pour le grand nombre.

    Le FMI est un des bras armé économique des élites égoïstes et déconnectées, qui ont fait sécession avec notre humanité commune, et cela dure depuis les années 70 du siècle dernier.

  • Künstliche Intelligenz

    Stilübung – Satzbau – Satzbezüge

    verwendete KI-Plattform: Perplexity, ohne Anmeldung

    via https://diasp.eu/p/17786431

    Der herangezogene Text (vgl. unten, dsgl. hier und hier) wurde von oAnth als Kommentar zum äußerst detailreich und kompetent geschriebenen Telepolis-Artikel („Von der Leyens große Täuschung: Warum die EU-Führung im Zollstreit versagt hat“ vom 28.07.25, siehe auch unter den obigen Verlinkungen auf Diaspora) verfasst:

    Der Anlass zur Entstehung des Artikels, liegt in der erpresserischen US- #Zollpolitik gegenüber der #EU, sowie gegenüber allen anderen Ländern ( #BRICS+ et al.), in denen man aus naheliegenden Gründen der Versuchung erliegt, auf andere Währungen, d.h. nicht den US- #Dollar und nicht US-amerikanisch kontrollierte #Energieresourcen, auszuweichen.

    Vorab sollte noch angemerkt werden, dass (...)

    • Links: „Von der Leyens große Täuschung: Warum die EU-Führung im Zollstreit versagt hat“ vom 28.07.25

      auf Snth:
      https://seenthis.net/messages/1127834#message1127843

      ebenso besagter Kommentar-Beitrag:
      https://seenthis.net/messages/1127834#message1128249

      –-----------------------------

      (... Vorab sollte noch angemerkt werden, dass) oAnth ursprünglich nicht davon ausging, dass sich die #KI in der Lage sehe, das betreffende Satzgebilde inhaltlich in seinen syntaktischen Bezügen korrekt zu analysieren. Zu vermuten ist, dass die KI-Software das auch nicht im syntaktischen Sinne leistet, sondern vorrangig nach stochastischen Wahrscheinlichkeiten unter Zuhilfenahme einer linguistisch-pragmatischen Stilanalyse verfährt und danach inhaltliche Zuordnungen generiert, die sich weit mehr der auftretenden Wortzusammenstellungen, als der vorgefundenen Syntax bedient. Es erübrigt sich hinzuzufügen, dass oAnth den Kommentar zum Artikel gezielt als einen ellenlangen Satz formuliert hatte.

      Zu dem von oAnth formuliertem Kommentarbeitrag vgl. obige Verlinkungen

      Die Zusammenfassung obigen Kommentars durch die KI-Anwendung lautete, nachdem der Text (ohne Anweisungen im Prompt) auf der KI-Plattform eingegeben wurde, wie folgt:

      Der Verfasser kritisiert, dass selbst in differenzierten und anspruchsvollen Medienberichten (wie dem erwähnten Artikel auf Telepolis.de) ein gravierender Mangel an wirklich tiefgehendem, analytisch-geostrategischem Verständnis zu beobachten sei. Dieser Mangel sei kein Zufall, sondern historisch und institutionell gewachsen: Über Jahrzehnte hätten Medien, Bildungseinrichtungen und Institutionen im Westen ein sehr einseitiges, gefiltertes Weltbild vermittelt. Diese einseitige Sichtweise folge bestimmten, „angloamerikanischen“ Denk- und Redeverboten, an die man sich – oft unbewusst – halte, dies reiche tief bis in die Hochschulen und die politischen Führungsebenen hinein.

      Das führe dazu, dass Themen wie die zentrale Rolle des dollarbasierten Weltwährungssystems oder dessen geopolitische Implikationen praktisch Tabu seien – sie würden wie „terra incognita“ (unbekanntes Land) behandelt. Wer darauf hinweist oder gar fordert, diese Dinge offen zu diskutieren, müsse mit sozialer Ausgrenzung oder Ächtung rechnen.

      Der Grund für dieses Phänomen sei eine durch bewusste Auswahl und Beeinflussung („ideelle und personelle Auslese“) entstandene Prägung westlicher Eliten: Gerade auch nach dem Zweiten Weltkrieg hätten insbesondere US-amerikanische und britische Institutionen in Deutschland und in anderen Teilen des „transatlantisch dominierten“ Westens dafür gesorgt, dass alternative Sichtweisen unterdrückt und ein bestimmtes, hegemonial ausgerichtetes Weltbild durchgesetzt wurde.

      Zusammengefasst:
      Der Absatz kritisiert eine systematische Beschränkung der öffentlichen und akademischen Debatte im Westen, insbesondere mit Blick auf geopolitische Machtverhältnisse und die Rolle des Dollars. Diese Beschränkung sei historisch gewachsen und werde institutionell aufrechterhalten, Abweichler würden ausgegrenzt. Dahinter stehen – so die These – angloamerikanische Interessen und eine bewusst forcierte Auswahl und Prägung der gesellschaftlichen Eliten.

      Hierzu erfolgte eine als Prompt eingegebene Nachfrage, wie hier ersichtlich:

      Wie urteilen Sie als digital konstruiertes Wissens- und Analyse-System, d.h. Ihr KI-Modell als eine nicht ontogenetisch entwickelte biologisch-kognitive Entität, über ein so komplexes Satzgebilde (wie oben angegeben - Fundort Sozial Media)? Handelt es sich doch offensichtlich um eine Stilübung, die aber nur schwerlich von einer breiteren deutschsprachige Leserschaft als zumutbar beurteilt werden dürfte.

      *Antwort seitens der KI:*

      Ihre Beobachtung ist zutreffend und gerade aus einer „außenstehenden“, analytisch-digitalen Perspektive lassen sich zu dem gewählten Satzgebilde folgende Punkte feststellen:

      1. Stilistische Komplexität:
      Der Satz ist außergewöhnlich lang, enthält zahlreiche Nebensätze, Einschübe und viele abstrakte Begriffe. Syntax, Wortwahl und Satzbau sind stark verdichtet, stellenweise verschachtelt. Solch ein Satz erinnert eher an einen akademischen oder feuilletonistischen Stil als an einen für breitere Leserkreise gedachten, alltagssprachlichen Text.

      2. Abstraktionsniveau und Verständlichkeit:
      Das Maß an Abstraktion und die Vielzahl von Fachbegriffen und kulturpolitischen Referenzen setzen beim Leser ein hohes Vorwissen, Konzentration und interpretative Fähigkeiten voraus. Für viele Menschen, selbst mit durchschnittlicher Bildung, dürfte dieser Text schwer zugänglich, vielleicht sogar abschreckend wirken.

      3. Stilübung oder Kommunikationsziel?
      Aus analytischer Sicht wirkt das Satzgebilde tatsächlich wie eine bewusste Stilübung: Es demonstriert Rhetorik, Wortgewalt und fordert den Leser intellektuell heraus. Inhaltlich ist eine klare Kritik erkennbar, aber die Form steht im Vordergrund und erschwert den unmittelbaren Zugang zur Botschaft. Dies kann gewollt sein – etwa um Bildungsnähe oder (selbst-)kritischen Geist zu demonstrieren –, geht aber zulasten einfacher Verständlichkeit.

      4. Tauglichkeit für soziale Medien:
      Gerade auf Plattformen der Sozialen Medien, die von Kürze, Unmittelbarkeit und Klarheit leben, ist ein solcher Text höchst untypisch und im Regelfall wenig wirksam. Die Mehrheit der Nutzenden bevorzugt kurze, prägnante Aussagen. Komplexe Langsätze riskieren, „überlesen“ oder missverstanden zu werden, weil sie nicht dem kommunikativen Standard entsprechen.

      5. Fazit aus KI-Sicht:
      Für analytische Systeme wie mich ist die Entschlüsselung solcher Satzgebilde machbar, da keine Ermüdung oder „Abwehrreaktion“ gegenüber komplexen Texten besteht. Allerdings zeigt gerade die Notwendigkeit, solche Sätze für andere Menschen interpretieren und zusammenfassen zu müssen, dass der ursprüngliche Kommunikationszweck (nämlich Informationen oder Meinungen klar und nachvollziehbar zu vermitteln) durch solche Stilübungen meist verfehlt wird. Wirkungsvolle Kommunikation, besonders im öffentlichen Diskurs, profitiert von Klarheit, Struktur und Zugänglichkeit.

      Kurzum:
      Der Satz ist aus literarisch-rhetorischer Sicht beachtlich, aber kaum geeignet, eine breite Leserschaft zu erreichen oder zu überzeugen. Für akademische Diskussionen oder als Stilübung mag so etwas reizvoll sein, für soziale Medien oder die breite Öffentlichkeit empfiehlt sich eine deutlich verständlichere Ausdrucksweise.

      Noch eine Nachfrage folgte:

      Gehe ich recht der Annahme, dass zumindest zum aktuellen Zeitpunkt kein KI-Modell ein Satzgebilde, wie oben eingegeben, als Lösung zu einer Anfrage generieren würde?

      Antwort seitens der KI:

      Ihre Annahme ist im Wesentlichen zutreffend: Ein zeitgemäßes KI-Sprachmodell wie ChatGPT oder vergleichbare LLMs würde ein derart verschachteltes, extremes Satzgebilde, wie im ersten Beispiel gezeigt, unter realistischen Bedingungen praktisch nie von sich aus als „Lösung“ auf eine Nutzeranfrage generieren.

      Die Gründe dafür sind:
      - Moderne Sprachmodelle sind zwar in der Lage, komplexe und stilistisch anspruchsvolle Sätze zu produzieren, sie sind jedoch auf Klarheit, Lesbarkeit und Nutzbarkeit optimiert

      - Künstliche Intelligenz zielt im Standardbetrieb darauf ab, Inhalte verständlich, adressatenorientiert und nach gängigen Kommunikationskonventionen zu formulieren, da dies den höchsten Nutzen bei den meisten Nutzern ermöglicht. Derartige „sprachliche Stilübungen“ sind für Modelle explizit nicht vorteilhaft und wirken sogar kontraproduktiv hinsichtlich Verständlichkeit und Kommunikationseffektivität

      - Längst ist in der Entwicklung und beim Training der Modelle darauf geachtet worden, verschachtelte oder schwer verständliche Texte zu „entknoten“ und klarer auszudrücken. In den Trainingsdaten werden komplexeste Verschachtelungen selten als vorbildhafte Antwort bewertet – sie sind selbst in akademischen Kontexten unüblich und in sozialen Medien praktisch irrelevant.

      - Eine Ausnahme wäre die explizite Anweisung, solch einen Stil nachzuahmen (z.B. auf Anfrage nach der Simulation feuilletonistischer oder akademisch-rhetorischer Stilübungen). Ohne eine solche Vorgabe tendiert ein modernes KI-Modell jedoch dazu, den Ausgangstext zu vereinfachen beziehungsweise in verständlichere Form zu transformieren.

      Kurzum: KI-Sprachmodelle können solche komplexen Satzgebilde analysieren oder imitieren, generieren sie jedoch standardmäßig nicht als Antwort, weil diese nicht den aktuellen Ansprüchen an Verständlichkeit und effiziente Kommunikation entsprechen.

      Verlinkungen, die hierzu KI-seitig bereitsgestellt wurden:

      1. https://bop.unibe.ch/iw/article/download/11053/14047
      2. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11937190

      Es ist übrigens nicht davon auszugehen, dass bei erneuter Anfrage mit obigem Text ähnliche oder identische Antworten ausgegeben werden. Erhebliche Abweichungen in qualitativer und quantitativer Hinsicht, u.a. bedingt durch das gewählte KI-Modell, sind an der Tagesordnung.

  • Michael Hudson: The Economics of a Civilizational Conflict

    via https://diasp.eu/p/17762514

    https://www.youtube.com/watch?v=8avSepk1qxw

    Prof. Michael Hudson, a world-renowned classical economist, discusses the competition between Western financialised capitalism and the #BRICS industrial capitalism as a civilizational conflict.

    Follow Prof. Glenn Diesen: Substack: https://glenndiesen.substack.com X/Twitter: https://x.com/Glenn_Diesen Patreon: / glenndiesen

    #economic war:: USA against #Europe #Japan #Korea ( #proxywar #hegemony ) #rent earnings #monetary system #Dollar #tariffs #neoliberalism #thatcherism #blackmailing by the financial US system

    (...)

  • Since 2003, a decision issued by Coalition Provisional Authority (CPA) head Paul Bremer has required that all Iraqi oil revenues be paid into an account with the US Federal Reserve, giving it the ability to control how many US #dollars are returned to Iraq’s Central Bank, and therefore, its economy. (...) Whenever #Washington feels that #Iraq is not compliant with US regional goals, including enforcing economic sanctions on #Iran, Iraq’s major trading partner and source of natural gas for electricity production, these fund transfers can be delayed or reduced.

    (...)

    via https://diasp.eu/p/17608809

    • US-imposed dollar shortage forces Iraq to tap tax funds for salary payments

      2025-05-04

      https://thecradle.co/articles-id/30504

      Since the 2003 US occupation of #Iraq, #Washington has controlled Iraq’s oil revenues, holding them at the Federal Reserve in New York

      Iraq’s Finance Ministry has begun withdrawing from tax deposit reserves to cover public sector salaries amid liquidity restraints caused by delays in US dollar transfers from the US Federal Reserve,

      Shafaq News reported on 4 May.

      A source speaking with the Iraqi media outlet indicated that restricted access to foreign #currency and declining dollar levels forced the ministry to use deposited tax funds to meet payroll obligations and essential government expenses.

      “Liquidity levels at state-run banks have dropped sharply, prompting most institutions to halt loans and salary advances,” the source added.

      The directors of Al-Rafidain and Al-Rasheed banks discussed the withdrawals in private meetings, and the information was later leaked to media outlets, according to the Iraqi Parliament’s Economic Committee.

      The Iraqi cabinet granted Finance Minister Taif Sami emergency authorization to access dormant tax deposits, enabling the government to cover salary payments for April and beyond.

      Since 2003, a decision issued by Coalition Provisional Authority (CPA) head Paul Bremer has required that all Iraqi oil revenues be paid into an account with the US Federal Reserve, giving it the ability to control how many US dollars are returned to Iraq’s Central Bank, and therefore, its #economy.

      From that point until today, the Iraqi Ministry of Finance has had to submit requests for funds to the US Treasury, which then approves or denies these requests based on its own criteria.

      This monthly transfer of US dollars – which are literally flown into Baghdad in pallets of hard cash – determines Iraq and its 40-million-population’s ability to pay for basic needs such as salaries, food, and medicine.

      Whenever Washington feels that Iraq is not compliant with US regional goals, including enforcing economic sanctions on Iran, Iraq’s major trading partner and source of natural gas for electricity production, these fund transfers can be delayed or reduced.

    • a) Contrôle des recettes en dollars provenant des propres ressources en matières premières d’un État que tu as déjà déstabilisé afin de garantir tes objectifs hégémoniques dans la région.

      Ou mieux encore, dans le style d’un néocolonialisme plus sophistiqué du 21e siècle :

      b) détruit la possibilité pour un état ami d’avoir accès à une énergie bon marché. || cf. #Nordstream 2, #EUrope #Allemagne

  • #guerre_commerciale : vers la dédollarisation et la mort de l’industrie européenne ?
    https://lvsl.fr/guerre-commerciale-vers-la-dedollarisation-et-la-mort-de-lindustrie-europeenne

    La guerre commerciale de #Trump remet en cause un demi-siècle de mondialisation. Si la #chine pourrait profiter de cette situation pour accélérer la fin du privilège du #dollar, l’Union européenne risque d’être la principale victime de cet affrontement. Incapable de remettre en cause son libre-échangisme, elle se retrouve prise au piège.

    #Économie #commerce #douane #euro #industrie #souveraineté #taxes #Union_Européenne

  • « Le gouvernement de Trump, même s’il est organisé à la manière d’une cour impériale, est un gouvernement révolutionnaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/28/le-gouvernement-de-trump-meme-s-il-est-organise-a-la-maniere-d-une-cour-impe

    « Si Mao, père de la terrible Révolution culturelle chinoise, et Trump ont peu de choses en commun sur le plan de l’idéologie, de la géographie ou de la coiffure, écrit Orville Schell, un des plus grands sinologues américains, ils peuvent tous deux être considérés comme des agents de l’insurrection. » La Révolution culturelle de Mao Zedong [lancée en 1966] était un ambitieux projet de rupture avec le passé, mais c’était aussi le règlement de comptes personnel d’un vieil homme parvenu à la fin de ses jours. Une fois le décor planté et la révolution lancée, elle a mené sa propre vie, engendrant des conséquences inattendues, que même les plus brillants stratèges n’auraient pas pu anticiper.

    Il en ira très probablement de même de l’insurrection trumpienne. Mais pour bien comprendre l’Amérique d’aujourd’hui, il faut avant tout comprendre que le gouvernement au pouvoir, même s’il est organisé à la manière d’une cour impériale, est un gouvernement révolutionnaire.

    Il fallait une personne comme l’actuel président des Etats-Unis pour rejeter toute possibilité de politique basée sur des valeurs communes, des intérêts partagés ou une solution gagnant-gagnant. Pour Mao, la politique était une guerre de classes ; pour Trump, c’est un #transactionnalisme à somme nulle. Les Etats naissent inégaux et, comme le formula l’historien grec Thucydide [au Ve siècle avant notre ère], « le fort fait ce qu’il peut faire et le faible subit ce qu’il doit subir ». Trump, note pour sa part Vladimir Poutine, « ne se contente pas de dire ce qu’il pense, il dit ce qu’il veut ». Dans pareil contexte, les Européens perdent un temps précieux à se demander à quoi ressemblera le plan de Trump pour l’Ukraine et à se plaindre de ne pas être assis à la table des négociations.

    Réalignement des civilisations

    Les révolutions n’ont jamais de programme détaillé. On ne sait pas précisément ce que Trump compte obtenir de ses négociations avec Poutine. Un point est en revanche très clair : le président américain entend accomplir de grandes choses, et il entend les accomplir vite, très vite.

    La Conférence de Munich sur la sécurité a mis un terme au débat ouvert au Forum de Davos [qui s’est tenu fin janvier] autour de cette question : faut-il prendre Trump au sérieux (donc pas au pied de la lettre) ou au pied de la lettre (donc pas au sérieux) ? Nous voilà désormais fixés : il faut le prendre à la fois au sérieux et au pied de la lettre. Le président américain pense réellement ce qu’il dit. Lorsqu’il parle d’une prise de contrôle du Groenland ou du canal de Panama, il n’envoie pas des signaux, il dit son intention. Il est convaincu que l’intérêt stratégique des Etats-Unis est de faire du Canada le cinquante et unième Etat américain. Il pense fermement pouvoir nouer un partenariat stratégique avec Moscou et, comme il le dit depuis son premier mandat, en être empêché par « l’Etat profond » américain. Nous ignorons pour l’instant si Trump est réellement prêt à quitter l’OTAN. Nous savons en revanche avec certitude que l’OTAN n’est pour lui qu’une autre facette de cet « Etat profond » qui essaie de lui lier les mains.

    Ce que Trump propose à Poutine, c’est non seulement la perspective de mettre fin à la guerre en Ukraine selon les conditions de Moscou, mais aussi la mise en place de grandes négociations pour réorganiser le monde, à l’instar de celles entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev [dans les années 1980] qui ont mis fin à la guerre froide. Tout cela implique très certainement une réduction de la présence américaine en Europe, mais aussi la nécessité d’une coopération russo-américaine au Moyen-Orient et en Arctique. Trump promet à Poutine – promesse à prendre au pied de la lettre – que, demain, les sanctions seront levées, la Russie sera réintégrée à l’économie mondiale et Moscou retrouvera son statut de grande puissance, perdu au cours des humiliantes années 1990. Il espère ainsi convaincre la Russie de rompre son alliance avec la Chine et de se tourner vers les Etats-Unis.

    Les relations des Américains avec Poutine se trouvent au cœur de la grande stratégie trumpienne de réalignement des civilisations. Dans le brillant livre To Run the World [« Diriger le monde », 2024, non traduit], qui retrace l’histoire de la guerre froide, Sergey Radchenko développe la #logique_raciale qui a poussé les Soviétiques à accepter de s’engager, dans les années 1970, dans une diplomatie de la détente avec le monde capitaliste. Pour expliquer sa décision de passer un accord avec les Américains, le chef soviétique Leonid Brejnev a déclaré à ses camarades : « Le président Nixon a dit un jour : “Vous pouvez nous détruire sept fois, et nous pouvons vous détruire sept fois.” Je lui ai répondu qu’après cela, les Blancs auront disparu, et qu’il ne resterait que les Noirs et les Jaunes. » Trump espère ardemment que Poutine sera prêt à adopter la logique de Brejnev.

    La montée du nationalisme européen

    Que signifie la révolution trumpienne pour l’Europe ? Comme l’a judicieusement observé le politologue américain Hal Brands au lendemain du fiasco de Munich, « l’Europe est en train de devenir un acteur mineur aux yeux du monde ». Elle est victime de sa propre prévisibilité et de son manque d’imagination politique. Les deux réunions de dirigeants européens organisées à Paris, censées montrer la force et la détermination du continent, n’ont fait qu’étaler son actuelle faiblesse. Certains dirigeants européens, comme le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et le premier ministre slovaque, Robert Fico, ne sont pas venus. D’autres en sont repartis déçus.

    En vérité, à l’heure actuelle, l’Europe ne peut pas donner les garanties sécuritaires nécessaires à l’Ukraine sans le soutien des Américains. Trump a parfaitement conscience de la faiblesse des Européens et il traitera leurs élites de la même façon qu’il a traité l’establishment républicain qui a tenté de se distancier de lui après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 : il va les punir et les humilier. Le discours de J. D. Vance à Munich en est une démonstration exemplaire. En déclarant à la veille des élections allemandes son soutien au parti d’extrême droite Alliance pour l’Allemagne (AfD), le vice-président américain a clairement fait entendre que Washington était prêt à semer le chaos en Europe si elle n’emboîtait pas le pas aux Etats-Unis. Dans le monde de Trump, il n’y a pas d’alliés, il n’y a que des amis personnels, des ennemis personnels, et le #déficit_commercial américain. Comme l’a dit un jour Mao : « Qui sont nos amis ? Qui sont nos ennemis ? C’est là la principale question de la révolution. »

    Que peut faire l’#Europe ? L’Europe n’est pas en mesure de garantir, à la place des Etats-Unis, la souveraineté de l’Ukraine. Ses capacités militaires sont médiocres, et il faudra du temps pour redresser la barre. Sur le plan politique, l’Europe est fragmentée. Elle est vulnérable aux trolls de Poutine et aux messages sur X d[’Elon] Musk. Tout ce qu’elle peut faire, c’est donc tenir, et elle est suffisamment résiliente pour cela, en attendant le moment où la révolution trumpienne sera vaincue par les forces mêmes qu’elle a déchaînées.

    La stratégie révolutionnaire de #Trump est audacieuse, mais risquée. Poutine rompra-t-il vraiment ses liens avec la Chine, sachant que Trump n’est à la Maison Blanche que pour un temps ? L’économie mondiale s’accommodera-t-elle des droits de douane de Trump ? Et les électeurs américains avaleront-ils la pilule de l’inflation qui devrait enfler à vitesse grand V ? Le problème avec une révolution, c’est qu’au mieux son chef la dirige, mais il ne la contrôle jamais.

    Paradoxalement, le plus grand espoir de l’#Europe pour résister aux pressions actuelles est à chercher du côté de la montée du #nationalisme européen anti-Trump. Elle est déjà perceptible dans la réaction allemande au discours de Vance et dans la volonté du probable futur chancelier, Friedrich Merz, de mettre en place une défense européenne autonome. Une montée également perceptible dans la réaction des Danois au rêve trumpien d’annexer le Groenland. Et dans les discours furieux du gouvernement canadien.

    L’Union européenne est née de la volonté de se prémunir contre les nationalismes européens. Comble de l’ironie, son meilleur atout pour survivre aujourd’hui à la tempête Trump semble être la mobilisation de ces mêmes nationalismes européens.

    Traduit de l’anglais par Valentine Morizot

    Ivan Krastev est président du Centre pour les stratégies libérales, à Sofia, et membre de l’Institut autrichien des sciences humaines, à Vienne. Il a notamment publié « Le Destin de l’Europe » (Premier Parallèle, 2017) et, avec Stephen Holmes, « Le Moment illibéral » (Fayard, 2019).

    #racisme

    • "La révolution trumpienne sera vaincue par les forces mêmes qu’elle a déchaînées" (?)

      « L’absurdité des obsessions de Trump illustrée par une histoire d’œufs »
      CHRONIQUE Philippe Escande
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/28/l-absurdite-des-obsessions-de-trump-illustree-par-une-histoire-d-ufs_6569078

      Ce week-end s’ouvre la période des carnavals. Dans certains, on se lance encore des œufs, symbole du passage vers le jeûne du carême. C’est en direction de leur président, Donald Trump, que beaucoup d’Américains aimeraient en jeter quelques-uns, en signe de mécontentement.

      Mais ils ne le feront pas, ils sont bien trop chers ! Leur prix a été multiplié par plus de 2,5 en un an, jusqu’à 12 dollars (11,50 euros) la douzaine et ils sont devenus, pour l’Américain moyen, le symbole de l’#inflation qui ravage son pouvoir d’achat.
      En cause, une épidémie de #grippe_aviaire qui n’en finit pas de décimer les élevages américains et les a conduits à sacrifier déjà plus de 160 millions de volailles. En catastrophe, le département de l’agriculture a annoncé un nouveau plan d’aide de 1 milliard de dollars, après 2 milliards investis depuis 2022. Cette affaire d’œufs, aliment sacré du brunch, illustre l’absurdité des positions extrémistes du nouveau pouvoir sur ses deux obsessions du moment : la fermeture des frontières et la déréglementation.

      La sécurité alimentaire est aussi celle des importations

      Le département de l’agriculture a indiqué qu’une centaine de millions d’#œufs supplémentaires seraient importés en mars. N’en déplaise aux absolutistes de la souveraineté nationale, la sécurité alimentaire consiste aussi à sécuriser des importations plutôt qu’à les combattre. Surtout quand une contagion ravage tout le territoire. Monde à l’envers, c’est la Turquie qui va imposer des taxes à l’exportation face à la demande américaine.

      Cette affaire démontre aussi magistralement que le rêve d’un Etat sans règles ni fonctionnaires peut tourner au cauchemar. La tronçonneuse du département de l’efficacité gouvernementale, conduit par Elon Musk, a déjà entamé les effectifs de vétérinaires et d’inspecteurs du département de l’agriculture dont on a tant besoin aujourd’hui.

      Selon le New York Times, des milliers d’emplois y ont déjà été supprimés, notamment dans les services d’inspection des plantes et des animaux pour surveiller les infestations. [et blablablo]Les lois et les règles sont parfois étouffantes et liberticides, mais elles ont été créées pour permettre aux hommes de vivre en société. D’où le défoulement bref du carnaval. Celui de Donald Trump durera malheureusement plus que quelques jours.

    • « Le légendaire investisseur américain Warren Buffett renvoie Donald Trump à ses responsabilités économiques de base : garder le dollar stable », Isabelle Chaperon
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/24/le-legendaire-investisseur-americain-warren-buffett-renvoie-donald-trump-a-s

      Un homme de 94 ans peut se permettre de donner quelques conseils à un « jeunot » de 78 ans, même si ce dernier est président des Etats-Unis. Le légendaire investisseur américain Warren Buffett a profité de la lettre annuelle à ses actionnaires, publiée samedi 22 février, pour renvoyer Donald Trump à ses responsabilités économiques de base : garder le dollar stable.

      Evidemment, au-delà de son âge canonique, le patron de Berkshire Hathaway a quelques arguments à faire valoir pour être écouté. En 1956, il rachetait une entreprise de textile mal en point qui n’avait pas payé d’impôts depuis dix ans, rappelle-t-il : depuis, sa holding a versé plus de 101 milliards de dollars (96 milliards d’euros) au Trésor américain (dont quasi 27 milliards de dollars en 2024), « bien plus que n’importe quelle entreprise américaine, y compris les titans de la tech ».
      Cet argent – et les futures contributions de Berkshire –, dépense-le « avec sagesse », enjoint-il dès lors à « Oncle Sam », alias « Oncle Donald ». Prends soin des gens qui ont eu la malchance de « tirer la courte paille » dans la vie, ajoute le donateur démocrate, « ils le méritent ». Et surtout, poursuit-il, « n’oublie jamais que nous avons besoin que tu maintiennes une devise stable et que ce résultat requiert à la fois de la sagesse et de la vigilance de ta part ».

      Hypothèse d’une #dévaluation massive du dollar

      Ce message, assorti d’un appel à se méfier de la monnaie papier, dont la valeur peut s’évaporer si la « folie fiscale prévaut », ressemble bien à une mise en garde face au risque d’un retour de flamme inflationniste, nourri notamment par une éventuelle prolongation des baisses d’impôts par la nouvelle administration. Une inquiétude qui se manifeste à la fois chez les chefs d’entreprise et les consommateurs américains, selon les derniers baromètres publiés.
      Mais difficile de ne pas y voir également une allusion à l’hypothèse, qui bruisse à Wall Street, d’une dévaluation massive du #dollar orchestrée par Donald Trump, histoire de faire baisser la valeur de l’énorme #dette_américaine détenue hors des Etats-Unis. Sous le nom de code « accord de Mar a Lago », ce scénario de fiction consiste à faire pression sur le reste du monde, à coups de menaces sur les droits de douane ou la sécurité, afin d’obtenir une appréciation de l’euro ou du yuan. Le vieux sage d’Omaha (Nebraska) est là pour rappeler que les entreprises américaines ont surtout besoin de stabilité. De savoir que, dans le film Fantasia (1940), des Studios Disney, l’apprenti sorcier, c’était Mickey et non Donald, ne rassurera personne.