• Petite et grande histoire des légumes - - Eric Birlouez (EAN13 : 9782759231973) | Librairie Quae : des livres au coeur des sciences
    https://www.quae.com/produit/1648/9782759231973/petite-et-grande-histoire-des-legumes

    L’histoire des #légumes, depuis leur #domestication jusqu’à nos jours, transporte le lecteur dans l’Antiquité, le Moyen Âge, la Renaissance ou l’époque industrielle. Elle montre l’impact profond qu’a eu, sur notre alimentation de tous les jours, la découverte il y a cinq siècles, dans le Nouveau Monde, de la pomme de terre, de la tomate, des piments, des haricots…. Le statut des légumes – aliments convoités ou méprisés – a beaucoup varié au cours des siècles. Les dimensions culturelles et symboliques, les usages courants en médecine et en cuisine notamment, les atouts en termes de nutrition et de santé ainsi que l’économie ne sont pas oubliés pour autant.

    Cette saga des légumes nous parle aussi de l’obstination des premiers horticulteurs à « domestiquer » les espèces sauvages et de l’invention de la cuisson ou de la fermentation qui ont permis de rendre comestibles des végétaux souvent toxiques à l’état sauvage.

    #livre qui a inspiré la chronique de Hervé Gardette
    Une bonne soupe de légumes et au lit !
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-transition/une-bonne-soupe-de-legumes-et-au-lit

  • La Grande Transformation (IV)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/La-Grande-Transformation-IV

    Aperçus critiques sur le livre de Karl Polanyi
    La Grande Transformation
    (à suivre)

    Dans la représentation indo-européenne de la société, la troisième fonction ne comprend au tout début que les éleveurs et les agriculteurs, ce n’est qu’au cours du temps que les marchands vont s’infiltrer et s’immiscer dans cette dernière catégorie de la population, qui comprendra alors les marchands, les paysans et les artisans. L’importance des marchands est alors pleinement reconnue. Leur fonction sociale s’ajoute à celle des prêtres et à celle des guerriers. Les marchands forment désormais une classe sociale comme les brahmanes et comme les ksatriya (les guerriers et les princes). C’est intéressant car cette dernière fonction, productrice de richesses, comprend les marchands chargés de l’échange de biens et ceux qui produisent les biens à échanger. La production de biens (la richesse) par les paysans et les artisans passe chez les nobles par l’intermédiaire des marchands, et les nobles se chargent d’offrir ces biens à d’autres nobles de manière ostentatoire. Cette représentation de la réalité ne cherche pas à être une critique de la réalité, elle dit seulement ce qui est, elle est une représentation mentale qui se veut conforme à la réalité et qui donne la clé du réel ; c’est bien, ainsi que le signale Georges Dumézil : une idéologie offrant les cadres mentaux et catégoriels qui permettent de saisir et de comprendre la réalité, d’appréhender le monde tel qu’il s’est constitué suite à la domination indo-européenne et tel qu’il s’impose à la conscience des sages, qui sont les « intellectuels » de ces temps. (...)

    #Karl_Polanyi #Georges_Dumézil #échanges #cosmovision #domestication #Cangaceiros #aliénation #Mexique #exploitation #festins #ripaille #Grèce #Renaissance #Bruegel #ivresse #coronavirus

  • Considérations sur les temps qui courent (IIIb)

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Considerations-sur-les-temps-qui-courent-IIIb

    Le fil qui, de nos jours, lie la production à l’échange est perdu chez ceux qui travaillent à la production d’un bien à échanger. Ce fil n’est pas perdu pour tout le monde, il n’est pas perdu pour les banquiers et ceux que l’on dit capitalistes qui ont investi de l’argent dans la production d’une marchandise et qui comptent bien le récupérer avec intérêt quand la marchandise entrera dans le vaste circuit des échanges. Les ouvriers, eux, vont travailler pour un salaire, pour un moment de l’argent, pour un moment dans le mouvement de la pensée, pour un moment éphémère englouti dans le mouvement général de l’argent ; le mouvement lui-même et son universalité leur échappe et il ne les concerne pas, ils n’ont que le particulier de l’argent, l’argent pauvre.

    La production intensive, la création des usines, la révolution industrielle, ce que l’on nomme encore avec plus de justesse la domestication industrielle, aura marqué les esprits, celui de Karl Marx ou celui de Karl Polanyi et celui de bien d’autres théoriciens du marché, comme si l’activité marchande et ce qu’ils appellent le capitalisme devaient commencer à cette époque. (...)

    #anthropologie #Malinowski #Marx #Polanyi #échange #marchandises #salaire #domestication #capitalisme #argent #Gustav_Landauer #Pierre_Clastres #pensée_magique #esprit #aliénation #État

  • Les changements alimentaires liés à la domestication animale au Néolithique
    https://www.youtube.com/watch?v=W-MmyNGCct4

    Conférence du 24 février 2020, avec l’archéozoologue Jean-Denis Vigne.

    Que nous apprend l’archéozoologie sur l’alimentation au Néolithique ?

    Les premières domestications animales ont eu pour effet de mettre à portée des populations humaines d’importantes quantités de viande et de graisses, mais aussi de lait d’origine animale. Elles constituent une des composantes de la transition néolithique, véritable révolution dans l’histoire de l’humanité. Quand, où et comment ces domestications se sont-elles produites ?

    Avec ---
    Jean-Denis Vigne, Directeur de recherche de classe exceptionnelle au CNRS-MNHN. Il travaille au Muséum national d’Histoire naturelle depuis les années 1970. Il y consacre sa recherche et ses enseignements aux interactions entre les humains et les autres animaux depuis la fin de la Préhistoire. Par ses fouilles et ses recherches archéozoologiques, principalement en Méditerranée mais aussi en Asie centrale et en Chine, il contribue à éclairer, à l’échelle séculaire, des faits de société actuels tels que l’érosion de la biodiversité, les migrations, la domestication ou l’alimentation d’origine animale. Il a écrit ou édité 18 livres et plus de 450 articles scientifiques. Il occupe actuellement les fonctions du directeur général délégué en charge de la recherche, de l’expertise, de la valorisation et de l’enseignement au Muséum national d’Histoire naturelle.

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    Qui mange quoi ? Pour une anthropologie de l’alimentation
    https://www.youtube.com/watch?v=mhF0JyXAULw

    Conférence du 17 février 2020, avec l’ethnoécologue Serge Bahuchet.

    Choix sociétaux, contraintes écologiques, organisation sociale, tout se mêle dans le repas ! Serge Bahuchet présente l’anthropologie de l’alimentation.

    Tous les membres de l’espèce humaine ont les mêmes besoins physiologiques, mais chaque société choisit les aliments pour y répondre. Ainsi l’alimentation est autant un phénomène biologique qu’une institution sociale et culturelle. C’est aussi est un thème privilégié pour aborder les liens entre les hommes et la nature.

    Avec ---
    Serge Bahuchet, professeur d’ethnobiologie au Muséum. Il étudie les relations entre les sociétés humaines et leur milieu naturel, leurs savoirs et leurs savoir-faire. Il a travaillé longuement parmi les peuples forestiers d’Afrique centrale, et plus récemment dans des communautés paysannes du Mexique. Ancien directeur du laboratoire d’éco-anthropologie, il a contribué à la rénovation du Musée de l’Homme.

    _
    (pas encore vu)
    #anthropologie #paléontologie #domestication #alimentation #conférence

  • Et moi, je hurle avec les loups
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1245

    Avertissement aux lecteurs

    Le texte ci-dessous contient des éléments qui pourraient heurter la sensibilité de certains groupes et de certaines personnes, malgré l’important travail de correction, de suppression et de reformulation auquel il a été procédé. Nous pensons notamment aux moutons, aux éleveurs, aux chasseurs, aux tueurs, aux bouchers, aux restaurateurs, aux hôteliers, aux touristes, aux carnivores, aux végétariens, aux sociologues, aux experts, aux élus, aux syndicalistes, aux militants, aux artistes, aux ingénieurs, aux anti-spécistes, aux bonnes gens, aux salauds, aux abrutis, aux partisans de « l’écriture inclusive », et à quelques autres encore qui nous pardonneront de les avoir oubliés. En fait, c’est à se demander si le dessein de l’auteur n’est pas de se foutre de la gueule du monde, et à se mettre celui-ci à dos. Confiants dans l’intelligence et les capacités de discernement des lecteurs, nous vous laissons en juger.

    (Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/je_hurle_avec_les_loups.pdf

    #loup #histoire

    • On l’a dit, ce n’est pas seulement la faim de terre et l’âpreté au gain qui mobilisaient ces joyeuses troupes de tueurs festifs. Quand on regarde la photo des chasseurs, autour de la dépouille du « dernier loup » abattu en 1954, à Vignieu, ces hommes en cercle, satisfaits, souriants et féroces, avec leurs bleus, leurs salopettes, leurs croquenots, bérets, casquettes, leurs mégots aux coins des lèvres et des moustaches, leurs gros ventres ou leurs corps noueux, sous les vestes ouvertes ou boutonnées jusqu’aux cols, leurs fusils au pied ou pointés sur la bête, leurs mines butées et goguenardes, leurs regards défiants, farouches, qui nous fixent à travers l’objectif, et le gendarme au milieu, un peu frêle, sourire gêné dans son uniforme, de figurer dans cette cohue si peu officielle et ordonnée, on a une impression de déjà-vu. Il manque les femmes, mais j’ai déjà vu cette foule joyeuse et unie dans sa victoire collective, dans l’exultation et la certitude de son bon droit face à l’agresseur. Oui, c’est la fameuse photo, celle-ci parmi des centaines d’autres, de cette foule de lyncheurs, dans l’Indiana, en 1930, venus en famille et en voiture, assister à la pendaison de deux noirs. Je le dis tout de suite, cette foule, ce sont les miens, ceux dont je viens, la cousine Henriette et Alfred, paysans picards dans la Somme, l’oncle Roger, et d’autres avant, ailleurs : tueurs et brûleurs de loups, écobueurs, pagus, paysans gaulois, abattus, brûlés, exterminés avec tout le troupeau, en 14- 18. Qu’on ne me dise pas que ce n’était pas voulu. Qu’on n’avait pas décidé notre perte. De faire place nette pour la ville et l’usine. Ca s’est perdu, ça ne vous regarde pas. De toutes façons c’est fini, on est finis, on s’est perdus, et moi, je suis un enfant perdu de cette perdition. J’ai perdu les miens presque avant ma naissance mais je sais un peu d’où je viens, et ça compte bien plus pour moi que là où vous allez, vous les salauds bien de leur temps, les possédés du monde-qui-bouge et du progrès-qu’on-n’arrête-pas. Même si je me suis séparé des miens. Même si je leur en veux d’avoir vendu, de nous avoir vendus à la perdition et d’être devenus ce que vous êtes.
      Moi je hurle avec les loups. Le sang, non merci. Le sacrifice, tous ensemble, tous contre un, non, sans moi.

      #nos_ennemis_les_bêtes #Yannick_Blanc

    • ce passage est pas mal #domestication

      Le bon loup, c’est le loup mort, ou le loup domestique venu se chauffer au coin du feu et partager une charogne en échange de ses services. Celui-là, il s’est domestiqué tout seul, il y a 30 000 ans, comme le cheval, la chèvre, le chat (hum), le bœuf, le cochon, etc., tous venus se mettre sous la protection du Maître du feu, en échange de leur viande, de leur cuir, de leur laine, de leur lait, de leur sueur. C’est un contrat comme disent les extorqueurs aux commerçants du quartier, protection contre les incendies criminels, tu n’es pas obligé remarque. Les animaux domestiques ont signé, comme les esclaves plus tard. C’est un contrat social. Servitude et sécurité plutôt que risque et sauvagerie. Le maître prend soin d’eux. Il leur assure une vie bonne, on travaille ensemble, des liens se tissent. Des liens de confiance. Le bon berger connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, qui n’est pas le berger, et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse. Evidemment, le bon berger ne peut pas garder tous les agneaux. Et de même pour les veaux, les cochons, les moutons. Il y en aurait trop. Et puis il faut bien vivre, manger pour vivre. Donc arrive un moment où l’éleveur, qui aime ses bêtes, qui les traite bien et tisse avec elles des liens de respect, de confiance et de dignité, leur assure, après une bonne vie, une bonne mort, digne et respectueuse. Mais les bêtes sont d’accord, elles ont signé le contrat. Demandez à la sociologue Jocelyne Porcher, chercheuse à l’Inra et ex-éleveuse. Elle a retrouvé les contrats dans les archives et déchiffré les signatures des bêtes (quelquefois une simple griffure ou trace de patte)

  • Extrait de Sapiens de Yuval Noah Harari sur la #domestication des #porcs

    Dans beaucoup de société néo-guinéennes, la richesse d’une personne est traditionnellement déterminée par le nombre de porcs qu’elle possède. Pour éviter qu’ils ne s’enfuient, les cultivateurs du nord de la nouvelle-guinée leur tranchent un bout du groin. Chaque fois que le cochon veut renifler, la douleur est vive. Un cochon ne pouvant trouvé de la nourriture ni meme son chemin sans renifler, cette mutilation le met totalement à la mercie de ses propriétaires humains. Dans une autre région de Nouvelle-guinée, la coutume s’est imposée d’énucléer les cochons, qu’ils ne puissent voir où ils vont*.

    * Charles Patterson, Eternal Treblinka : Our treatment of animals and the holocaust, New York, Lantern Books, 2002, p9-10 ; en français « Eternel Treblinka » trad. D. Letellier, Paris, Calmann-Lévy, 2008 ; Peter J.Ucko et G.W.Dimbleby (ed), The domestication and exploitation of plants and animals, Londres, Duckworth, 1969, p259.

    #hommerie #nos_ennemis_les_betes #domestication #elevage #virilo-carnisme

    • https://www.papuaerfgoed.org/en/Pigs_and_Pig_Ceremonies_in_New_Guinea

      Pigs are the personal property of men. However, according to Peters, “It does seem possible for women and children to own some pigs. In Anelekak village I was often shown pigs and given their owners’ name , including those of women and children”. Yet a couple of Peters’ informants denied that women and children could own pigs. Peters explains that “ According to them, the men gave their pigs to women and children to care for, who then regarded the pigs in their care, as their own”.

      ...

      The big pieces of meat are divided up and everyone gets their particular portion. Hylkema indicates that among the Ngalum, the organs always go to the women and that pieces from the belly always go to the men. He states that the life force concentrates itself in the belly of the pig(kang-asum). “By eating a belly piece, mankind can taste and experience the essence of that which has been provided to him during his existence. His commonly threatened state of being is momentarily part of this life force and for an instant he experiences a state of absolute bliss”. The bataten and the vegetables are also distributed and the meat that is being dried on sticks, is eaten within the next few days. Normally, the Bataten are roasted in the ashes. When dividing the food, they make sure that everyone gets something to eat. Especially during big feasts, men walk around to ensure that every one is provided for”.

    • Dans Caliban et la sorcière S.Federicci avance que les violences faites aux cochons sont une forme de violence faite aux femmes. Elle dit que les cochons sont élevés contre la maison et ce sont les femmes qui s’en occupent et s’y attachent (en papouasie elles les allaitent comme leurs enfants). Elles leur donnent les restes des repas qu’elles ont préparés et servis. Tuer les porcs est un violence psychologique et symbolique contre elles. Elle fait un jeu de mot « si les hommes murmurent à l’oreille des chevaux, les femmes murmurent à l’oreille des cochons ». (faut que je retrouve ce passage)
      Cette pratique de mutilation des groins et des yeux pour que les cochons n’aillent pas voire ailleurs me semble participé de la même idée pour les mutilation sexuelles féminines. Ces mutilations sont le signe d’une domestication.

      Un nouveau rapport des Nations Unies publié lundi indique qu’en dépit de leur interdiction par le droit national et international, les mutilations génitales féminines et l’excision ne montrent aucun signe d’essoufflement en Guinée, où 97 % des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans ont subi mutilations génitales féminines et/ou une excision.

      https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/Hiddenwounds.aspx

  • The child-free couples who treat their pets like children
    Jessica Klein, BBC, le 2 septembre 2019
    https://www.bbc.com/worklife/article/20190826-the-child-free-couples-who-treat-their-pets-like-children

    One of the most striking examples was a [child-free] man that I interviewed who had just recently quit his job because he learned from his vet that his dog was dying, and he wanted to be with the dog for the remaining weeks of his life,” she says. He got to care for his dog “as you imagine somebody might for a child, or an ailing parent

    #childfree #no_kids #nullipare #animaux #chiens #chats

  • Chiens et renards dans les structures funéraires de l’âge du bronze moyen-ancien au nord-est de la péninsule ibérique : contrôle humain du régime alimentaire des canidés sur les sites de Can Roqueta (Barcelone) et de Minferri (Lleida)

    En clair : la domestication des chiens et des renards à l’âge du bronze (on le savait déjà mais cela confirme le fait une fois de plus). Il est aussi question du rôle de ces espèces pour déterminer la richesse des individus et de leur statut social.

    Dans le nord-est de la péninsule ibérique, entre le troisième et le deuxième millénaire avant notre ère, une pratique funéraire répandue consistait à enterrer des humains avec des animaux. Les scientifiques ont découvert que les renards et les chiens étaient domestiqués, leur régime alimentaire étant similaire à celui de leurs propriétaires.

    La découverte de quatre renards et d’un grand nombre de chiens sur les sites de Can Roqueta (Barcelone) et de Minferri (Lleida) figure parmi les nombreux exemples de tombes dans différentes parties de la péninsule nord-est.(...)

    Le plus frappant à propos de ces sites est la manière d’enterrer les morts dans de grands silos, avec leurs chiens et quelques renards. "Nous avons découvert que, dans certains cas, les chiens recevaient un type de nourriture spécial. Nous pensons que cela est lié à leur fonction de chien de travail. En outre, l’un des renards montre des signes d’avoir déjà été un animal domestique à cette époque" a déclaré Aurora Grandal -d’Anglade, co-auteur d’une étude sur la relation entre les humains et les chiens dans leur régime alimentaire publiée dans la revue Archaeological and Anthropological Sciences.

    En étudiant les isotopes stables du carbone et de l’azote dans le collagène osseux, ainsi que des études archéologiques, archéobiologiques et anthropologiques, les chercheurs ont pu comparer le régime alimentaire des animaux enterrés au régime de leurs propriétaires. Un total de 37 chiens, 19 ongulés domestiques et 64 humains ont été analysés. Les résultats indiquent que le régime des chiens était semblable à celui des humains.

    L’étude isotopique des renards de Minferri montre une alimentation variée : dans certains cas, elle ressemble à celle des chiens de ce site et, dans un autre, elle ressemble davantage à celle d’un animal sauvage ou qui a eu peu de contact avec l’homme.

    "Le cas du renard de Can Roqueta est très spécial, car il s’agit d’un vieil animal, avec une jambe cassée. La fracture est toujours en cours de guérison et montre des signes d’immobilisation (guéris) par l’homme. L’alimentation de cette animal est très inhabituel, car il ressemble plus à un chiot. Nous l’interprétons comme un animal domestique ayant vécu longtemps avec les humains ", explique Grandal.

    Les grands chiens utilisés pour le transport de charges

    L’étude indique que, dans certains cas particuliers à Can Roqueta, il existait une préparation alimentaire riche en céréales pour chiens de grande taille probablement utilisée pour porter des charges et pour au moins un des renards.

    "Ces spécimens montrent également des signes de troubles de la colonne vertébrale liés au transport d’objets lourds. Les humains étaient probablement à la recherche d’un régime alimentaire riche en glucides car ils développaient un travail plus actif, nécessitant une dépense calorique immédiate. Les chiens étaient essentiellement nourris avec des céréales, mais cela avait déjà été recommandé par l’agronome hispano-romain du premier siècle, Lucius Junius Moderatus Columella, dans son ouvrage De re rustica ", déclare Silvia Albizuri Canadell (co-auteur du travail et archéozoologue de l’université. de Barcelone).

    D’autres animaux, tels que les vaches, les moutons ou les chèvres, sont connus pour leur régime herbivore. Leur fonction était probablement de fournir du lait, de la viande ou de la laine plutôt que de servir de force de travail. "Le cheval n’était pas encore très répandu dans ces sociétés, aucune trace n’a été trouvée avant bien longtemps"(...).

    En général, les humains et les chiens présentent des signaux isotopiques un peu plus élevés que les ongulés, ce qui indique une certaine consommation (pas très élevée) de protéines animales, "pas nécessairement beaucoup de viande ; elles pourraient par exemple provenir de lait", explique Grandal. Les objets archéologiques comprenaient des tamis servant « d’appareils pour la fabrication du fromage ».

    (...) Leur régime alimentaire pourrait provenir principalement des restes de ce que les humains mangeaient, la plupart du temps semblables à ceux des femmes et des enfants. "C’est pourquoi nous pensions qu’ils étaient davantage liés à ces environnements domestiques", explique le chercheur. Il existe de nombreux parallèles ethnographiques qui indiquent cette relation entre [l’alimentation] des femmes et les chiens.

    Alimentation et traitement des renards et des chiens

    Le rôle fondamental des chiens à l’âge du bronze, lorsque l’élevage et l’agriculture constituaient la base de l’économie, était celui de la surveillance et de la direction des troupeaux. Ils étaient également responsables de la surveillance des établissements humains, compte tenu du risque posé par la présence fréquente d’animaux dangereux tels que les loups ou les ours.

    "Les caractéristiques des chiens comprennent leur grande intelligence, leur facilité d’entraînement et, sans aucun doute, leur comportement défensif. (...) Cet animal a été utilisé jusqu’au XIXe siècle en Amérique du Nord, au Canada et en Europe pour le transport léger. (...) Il a également servi de bête de somme sur la péninsule à l’âge du bronze. Certains spécimens archéologiques d’Amérique du Nord font état de troubles osseux dus au tirage de travois. (...)

    "Ce sont les spécimens de Can Roqueta à l’étude qui ont déclenché l’alarme concernant l’utilisation de cet animal pour des charges légères depuis l’Antiquité, et ils constituent un cas exceptionnel en Europe", déclare Albizuri Canadell.

    Des pathologies similaires ont également été récemment identifiées dans les vertèbres de chiens paléolithiques sibériens, ce qui laisse à penser que l’une des premières tâches depuis leur première domestication était le tirage de traîneaux et de travois, en plus de la chasse.

    Son rôle en tant qu’animal de transport dans les premières migrations et dans les mouvements humains à travers l’Europe glaciaire aurait pu être fondamental et beaucoup plus important qu’on ne le croyait jusqu’à récemment.

    La raison des offrandes d’animaux

    Des découvertes exceptionnelles, telles que celles des tombes n° 88 et 40 du site de Minferri (Lleida), montrent qu’à l’âge du bronze, il existait déjà des traitements funéraires bien différenciés dans les communautés humaines.

    "Dans les deux structures mentionnées ci-dessus, les restes de trois individus ont été retrouvés avec des offrandes d’animaux. Dans la tombe n ° 88, il y avait le corps d’un vieil homme avec les restes d’une vache entière et les pattes de sept chèvres au maximum, une jeune femme avec l’offrande d’une chèvre entière, deux renards et une corne de bovin a également été retrouvée ", déclare Ariadna Nieto Espinet, archéologue à l’Université de Lleida et co-auteur de l’étude.

    Dans la structure n°405 a découvert le corps d’un individu, éventuellement d’une femme, accompagné des corps entiers de deux bovins et de deux chiens. "Nous ne savons toujours pas pourquoi seules quelques personnes auraient eu le droit ou le privilège d’être enterrées avec ce type d’offrande, contrairement à ce qui se passe avec la grande majorité des enterrements".

    À Can Roqueta, des différences nettes ont également été observées dans les dépôts d’animaux domestiques dans les tombes d’adultes, hommes et femmes, qui se retrouvent même dans les tombes d’enfants. On peut en déduire l’existence d’un héritage de statut social dès la naissance.

    "Il est tentant de penser que, si nous comprenons les animaux domestiques comme une partie très importante de l’économie agro-pastorale de l’âge du bronze et des biens de certaines personnes dans la vie, ceux-ci pourraient être un indicateur de la richesse des personne décédée ou de son clan ou de sa famille ", affirme Nieto Espinet.

    "Il semble que des espèces telles que les bovins et les chiens, deux des animaux les plus récurrents dans les offrandes funéraires, soient celles qui auraient pu jouer un rôle fondamental dans l’économie et le travail, ainsi que dans le monde symbolique, devenant des éléments d’ostentation, de prestige et de prospérité. protection ", conclut-elle.

    Dogs and foxes in Early-Middle Bronze Age funerary structures in the northeast of the Iberian Peninsula : human control of canid diet at the sites of Can Roqueta (Barcelona) and Minferri (Lleida) | SpringerLink
    https://link.springer.com/article/10.1007/s12520-019-00781-z


    #Préhistoire #Age_du_Bronze #domestication #chiens #renards 5000BP

    Aurora Grandal-d’Anglade, Silvia Albizuri, Ariadna Nieto, Tona Majó, Bibiana Agustí, Natalia Alonso, Ferran Antolín, Joan B. López, Andreu Moya, Alba Rodríguez, Antoni Palomo. Dogs and foxes in Early-Middle Bronze Age funerary structures in the northeast of the Iberian Peninsula : human control of canid diet at the sites of Can Roqueta (Barcelona) and Minferri (Lleida). Archaeological and Anthropological Sciences, 2019 ; DOI : 10.1007/s12520-019-00781-z

  • L’enterrement des chiens était un rituel funéraire courant chez les populations néolithiques du nord-est de la péninsule ibérique il y a 6 000 ans.

    "Les communautés néolithiques de la péninsule ibérique du nord-est ont coïncidé avec la culture des fosses funéraires (4200 à 3600 ans avant notre ère) et ont commencé une activité cérémoniale liée au sacrifice et à l’enterrement des chiens. Le nombre élevé de cas recensés en Catalogne suggère que c’était une pratique générale et prouve la relation étroite qui existe entre l’homme et ces animaux qui, outre le fait qu’ils sont enterrés à côté d’eux, ont été nourris au même régime alimentaire que l’homme" .

    Telle est la conclusion d’une étude menée par l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et l’Université de Barcelone (UB), qui fournit de nouvelles données pour décrire et comprendre la présence de chiens dans les espaces sacrés et funéraires du néolithique moyen ibérique (...).

    L’étude analyse les restes de vingt-six chiens trouvés dans des structures funéraires de quatre sites et nécropoles de la région de Barcelone et a effectué une analyse isotopique pour dix-huit d’entre eux, afin de déterminer si la relation avec leurs propriétaires incluait d’autres aspects, tels que le contrôle de leur régime alimentaire.

    Les chiens étaient âgés de 1 à 6 ans, prédominants entre 12 et 18 ans et avaient une taille homogène, entre 40 et 50 centimètres de haut. Ceux-ci étaient principalement enterrés dans des tombes circulaires, ensemble ou à proximité des humains, bien que certaines aient été retrouvées séparément dans des tombes voisines et une à l’entrée de la chambre mortuaire. Les squelettes étaient semi-complets en connexion anatomique - un seul a été trouvé complet, près d’un enfant - sans fractures ni marques dues à une manipulation par éviscération, ni aucun signe de prédateur.

    "Choisir de jeunes animaux âgés de moins d’un an suggère que le sacrifice avait une intention. Bien que nous puissions penser que c’était pour la consommation humaine, leur enfouissement près des humains suggère qu’il y avait une intention et un lien direct avec la mort et la rituel funéraire ", dit Silvia Albizuri, chercheuse du séminaire sur la recherche et les études préhistoriques (SERP) de l’UB et première auteure de l’article. "Cette hypothèse est en outre cohérente avec le fait qu’ils se trouvent dans une zone d’influence culturelle qui donne une valeur symbolique au chien au cours de cette période, comme le sud de la France ou le nord de l’Italie."

    Un régime riche en céréales et légumes, contrôlé par l’homme

    L’étude isotopique des vestiges et sa comparaison avec le régime alimentaire des humains et des autres animaux herbivores sur le site montrent que le régime alimentaire de la plupart de ces animaux était similaire au régime alimentaire des humains, avec une forte présence de céréales, telles que le maïs et les légumes. Chez deux chiots et deux chiens adultes, la nutrition était principalement végétarienne et seuls quelques cas avaient un régime alimentaire riche en protéines animales.

    "Ces données montrent une coexistence étroite entre les chiens et les humains, et probablement une préparation spécifique de leur nutrition, ce qui est clair dans le cas d’un régime à base de légumes. Ils le feraient probablement pour obtenir un meilleur contrôle de leurs tâches en matière de sécurité. et pour économiser le temps qu’ils devraient consacrer à la recherche de nourriture. Cette gestion expliquerait l’homogénéité de la taille des animaux », explique Eulàlia Subirà, chercheuse au sein du groupe de recherche sur l’anthropologie biologique (GREAB) de l’UAB.

    Animaux peu étudiés

    La présence de chiens dans les structures de stockage préhistoriques n’est pas courante, ce qui en fait un groupe peu étudié parmi les animaux domestiques. Leur présence dans les tombes est encore plus faible. C’est pourquoi la présence de ces squelettes en connexion anatomique comme ceux de cette étude est considérée comme exceptionnelle.

    Il y a eu des cas plus anciens de sépultures isolées dans la péninsule ibérique, mais ce n’est que plus tard que cela a été documenté comme une pratique générale liée au rituel funéraire. Ce rituel s’est étendu et a duré cent ans, jusqu’à l’âge de fer.

    En ce qui concerne l’alimentation, il n’y a que peu d’études, avec quelques cas de régimes mixtes en France, en Anatolie et en Chine. "Récemment, nous avons vu des chiens posséder dix gènes ayant une fonction essentielle dans la digestion de l’amidon et des graisses, ce qui rendrait l’assimilation des glucides plus efficace que son ancêtre, le loup. Notre étude permet de conclure que, pendant le néolithique, plusieurs légumes ont été introduits leur nutrition ", note Eulàlia Subirà.

    L’étude permet de renforcer l’idée que les chiens jouent un rôle important dans l’économie des populations néolithiques en s’occupant des troupeaux et des zones de peuplement. Les chercheurs concluent que c’est peut-être la relation vitale qui les a transformés en compagnon de la mort ou en symboles dans les rituels funéraires.

    Dog burial was a common funerary ritual in Neolithic populations of the north-eastern Iberian Peninsula 6,000 years ago - Universitat de Barcelona
    https://www.ub.edu/web/ub/en/menu_eines/noticies/2019/02/026.html

    Albizuri, S.; Nadal, J.; Martín, P.; Gibaja, J. F.; Martín Cólliga, A.; Esteve, X.; Oms, X.; Martí, M.; Pou, R.; López-Onaindia, D., i Subirà, M. E. “Dogs in funerary contexts during the Middle Neolithic in the northeastern Iberian Peninsula (5th–early 4th millennium BCE)”. Journal of Archaeological Science: Reports, April 2019.

    #Préhistoire #Néolithique #Espagne #Europe #domestication #chien #6000BP

  • The Invaders — Pat Shipman | Harvard University Press
    http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674975415

    With their large brains, sturdy physique, sophisticated tools, and hunting skills, Neanderthals are the closest known relatives to humans. Approximately 200,000 years ago, as modern humans began to radiate out from their evolutionary birthplace in Africa, Neanderthals were already thriving in Europe—descendants of a much earlier migration of the African genus Homo. But when modern humans eventually made their way to Europe 45,000 years ago, Neanderthals suddenly vanished. Ever since the first Neanderthal bones were identified in 1856, scientists have been vexed by the question, why did modern humans survive while their evolutionary cousins went extinct?

    The Invaders musters compelling evidence to show that the major factor in the Neanderthals’ demise was direct competition with newly arriving humans. Drawing on insights from the field of invasion biology, which predicts that the species ecologically closest to the invasive predator will face the greatest competition, Pat Shipman traces the devastating impact of a growing human population: reduction of Neanderthals’ geographic range, isolation into small groups, and loss of genetic diversity.

    But modern humans were not the only invaders who competed with Neanderthals for big game. Shipman reveals fascinating confirmation of humans’ partnership with the first domesticated wolf-dogs soon after Neanderthals first began to disappear. This alliance between two predator species, she hypothesizes, made possible an unprecedented degree of success in hunting large Ice Age mammals—a distinct and ultimately decisive advantage for humans over Neanderthals at a time when climate change made both groups vulnerable.

    #livre cité par Scott dans Homo domesticus #chasse #chien #loup #domestication_du_loup (qui remonterait à 36 000 ans) #préhistoire #homo_sapiens

  • Tout le monde déteste le tourisme
    https://grozeille.co/tout-le-monde-deteste-le-tourisme-b-duterme

    Zntretien avec Bernard Duterme

    Évoquant l’ouverture, la découverte, l’aventure, la joie, le principe du voyage a très bonne image dans les sociétés occidentales. Mais on oublie généralement que le tourisme reste un privilège participant à maintenir des formes de domination : « pour l’heure, moins d’un humain sur quinze est en position politique, culturelle et économique de visiter les quatorze restants. Migrations d’agrément et de désagrément se croisent aux frontières, béantes pour les uns, grillagées pour les autres, des régions émettrices et réceptrices ». Sans compter les effets de l’industrialisation du secteur, qui tend à transformer et défigurer des sociétés dont on cherche paradoxalement l’authenticité, ou encore à produire une très forte pression écologique qui va en s’empirant. Le voyage lointain, pas si éthique que ça ?

    #tourisme #domination_touristique #nuisances #domestication

  • Le berceau de la domestication du riz africain identifié au Mali - Institut de recherche pour le développement (IRD)
    https://www.ird.fr/ird.fr/toute-l-actualite/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2018/le-berceau-de-la-domestication-du-riz-africain-identifie-au-mali

    Une étude internationale, coordonnée par des chercheurs de l’IRD, et associant le CEA et le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), identifie l’origine géographique de la domestication du riz africain. Grâce au séquençage de plus de 246 génomes de riz africain – sauvages et cultivés – les chercheurs montrent que cette domestication est intervenue il y a 3 000 ans dans le delta intérieur du fleuve Niger, au nord du Mali. Ces résultats, publiés le 5 juillet 2018 dans la revue Current Biology , révèlent également comment les changements climatiques passés ont induit des transformations profondes des sociétés, notamment l’adoption de l’agriculture.

    Troisième #céréale la plus produite dans le monde après le blé et le maïs, le riz constitue la base de l’alimentation de près de la moitié de la population mondiale. De la famille des poacées, le riz se cultive pour sa graine, riche en amidon. On distingue deux espèces cultivées majeures : le #riz_africain (Oryza glaberrima ) et le #riz_asiatique (Oryza sativa ). Ces espèces ont divergé génétiquement il y a environ un million d’années, bien avant leur #domestication par l’Homme [et certainement LA Femme, tordu]. Ces domestications se sont produites indépendamment en Asie et en Afrique, dans les 10 000 dernières années. Jusqu’à présent, les hypothèses scientifiques localisaient l’origine géographique de la domestication du riz africain en #Afrique_de_l’Ouest1.


    #riz #cartographie #préhistoire

  • La #famille, un nouvel idéal ?

    Depuis les années 1960, le taux de #divorce en Occident augmente chaque année. En parallèle, de nouveaux #modèles de familles, monoparentales ou recomposées, sont apparus. Pourtant, malgré ces mutations, le #modèle_traditionnel réunissant père, mère et enfants reste la superstar des publicités, comme celle de la littérature et du cinéma.

    https://www.arte.tv/fr/videos/058227-061-A/square-idee
    #stéréotypes #monoparentalité #familles_recomposées #représentations #vidéo #film #récit_familialiste #ordre #valeur_refuge #idéologie #famille_nucléaire #divorce #cellule_familiale #famille_nucléaire #norme #propriété #mariage #christianisme #Eglise_catholique #amour #idéal_romantique #égoïsme_parental #lavage_de_cerveau #politiques_natalistes #Etat #domestication_de_la_sexualité #sexualité
    enfant comme #fixateur_social —> et c’est comme cela que, selon les deux interviewés, on ne fait pas la #révolution...

    #femmes comme #armée_de_réserve, nous suggère une des personnes interviewées (9’15 min) :

    « La #prime_aux_fourneaux fait actuellement l’objet de discussions en Autriche. Le #Vorarlberg a proposé de donner 300 euro aux femmes qui n’ont pas recours à la garde d’enfants dans les écoles maternelles, et ce jusqu’à l’âge de 6 ans. Et en Haute-Autriche cette question est également discutée. C’est révélateur du fait que le nombre d’emplois diminue. Autrement dit, selon l’état actuel du #marché_du_travail, les #femmes sont utilisées comme une armée de réserve. En ce moment on préfère les avoir à la maison car il y a de toutes façons peu d’emplois. C’est toujours en fonction des besoins économiques. »

    #Empire_romain #domination_masculine #unité_de_consommation #financement_des_retraites #violence #patriatcat #matriarcat #hiérarchie #maternité

    Interviewée :

    « J’ai lu un jour une interview d’un manager qui déclarait à la fin de sa carrière : ’Je ne pouvais pas m’occuper de mes enfants, mais je vais me rattrapper maintenant à la retraite avec mes petits-enfants.’ Imaginez qu’une femme dise une chose pareille. Elle ne peut pas dire ça. » Elle ne peut pas dire cela parce que les sanctions qui pèsent sur les mères sont beaucoup plus fortes que sur les pères défaillants

    #économie #travail #formation_à_la_parentalité #modèle_familial #éducation_des_enfants #éducation_collective #anarchisme #clan #amour_romantique #responsabilité #pression_sociale #congé_parental #explosion_démographique #justice_distributive #écologie #save_the_planet_make_no_baby #pression_sociétale #infertilité #propagande_nataliste #insémination_artificielle #cliniques_de_fertilité #business #néolibéralisme #néo-libéralisme #féminisme #politique_familiale #natalité

    • APHORISMAIRE À L’USAGE DES FUTURS FAMILICIDES

      Ce recueil d’aphorismes peu compatibles avec les bonnes mœurs ne devrait pas faire remonter la cote de popularité de son auteur, pourtant au plus bas dans les sondages effectués dans les maternités. Et pas seulement dans les maternités, confirment les critiques littéraires.
      Écridéviant, performeur volontiers nudiste, cofondateur de la « Fête des Non-Parents » et peintre en statues coloniales, Théophile de Giraud, né par hasard et sans conviction en 1968, a commis quelques doigts de livres désobligeants, tatoués d’humour noir et parfois diaprés d’une vaporeuse touche d’anti-natalisme consensuel.
      Épris de subversion carabinée, ce riant comparse de Noël Godin a participé, entre deux tentatives de suicide ou de régime amincissant, aux entartages de Doc Gynéco et de l’anticontraceptif archevêque Léonard, ainsi qu’au Coup d’État burlesque de Jan Bucquoy.
      Il a d’ores et déjà prévenu ses éventuels futurs parents qu’il refusera de renaître, même contre forte récompense.


      http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=308&FamigliaID=0

      #livre #Théophile_de_Giraud

    • Comme « les formes traditionnelles de #mécénat artistique ont plutôt tendance à s’essouffler, les entreprises se tournant davantage vers le développement durable et l’action sociale » (#rires), est inventée une forme toute nouvelle : qui se manifestera par « un thème choisi par le fonds », « une exposition thématique enrichie par les œuvres produites dans les #entreprises », et « un sommet sur le pouvoir des #émotions ». Pour un sommet, c’est un sommet. Le public se met au service de la promotion idéologique des entreprises privées avec une bonne volonté touchante, accompagnant ces « acteurs économiques majeurs dans les problèmes d’innovation auxquels ils sont confrontés » (rires), et « répondant à leur attente d’être au plus proche de la #création » (plus de souffle pour #rire). Il faut reconnaître au Centre Pompidou un mérite, celui de la franchise. Il revendique haut et fort ce qu’avant-hier on aurait appelé #servilité. Il ne s’agit plus de #domestication de l’#art, mais de domestication tout court, toute frémissante d’… émotion.

      #culture

  • Première preuve de l’utilisation d’un mors parmi les premiers équidés domestiques, et en particulier les ânes, au Proche-Orient.
    16 mai 2018

    Earliest evidence for equid bit wear in the ancient Near East : The « ass » from Early Bronze Age Tell eṣ-Ṣâfi/Gath, Israel

    http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0196335
    http://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?id=10.1371/journal.pone.0196335.g011&size=inline

    L’analyse d’un âne domestique sacrifié et enterré dans un quartier résidentiel domestique de l’âge de bronze précoce (EB) IIIB (vers 2800-2600 avant notre ère) à Tell eṣ-Ṣâfi / Gath, Israël, indique la présence d’usure du mors sur la prémolaire inférieure 2 ( LPM2). C’est la première preuve de l’utilisation d’un mors parmi les premiers équidés domestiques, et en particulier les ânes, au Proche-Orient.

    Les surfaces d’émail mésial sur les LPM2 droit et gauche de l’âne (..) en question sont légèrement usées d’une manière qui suggère qu’un embout dentaire (métal, os, bois, etc.) a été utilisé pour contrôler l’animal. Compte tenu du contexte chronologique sûr de l’enterrement (sous le plancher d’une maison EB IIIB), il est suggéré que cet animal fournit la première preuve de l’utilisation d’un mors sur un équidé domestique précoce du Proche-Orient.

    #Préhistoire #Age_du_Bronze #Moyen_Orient #domestication #équidé
    https://doi.org/10.1371/journal.pone.0196335 #Haskel_J._Greenfield
    #Université_du_Manitoba

  • À la recherche des origines des inégalités | Sur les épaules de Darwin
    https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-27-janvier-2018

    « L’histoire n’est pas seulement ce dont nous héritons, rassurante, sans danger, et après-coup. C’est aussi ce que nous sommes nous-mêmes obligés d’endurer. […] L’histoire, nous y nageons, nous sommes à l’intérieur. » Cynthia Ozick. Quarrel and Quandary. Durée : deux épisodes de 53 min. Source : France Inter

    http://rf.proxycast.org/1394589377631363072/11549-27.01.2018-ITEMA_21569170-0.mp3

  • J’ai écouté A la recherche des origines des inégalités (2), épisode de « Sur les épaules de Darwin » sur Inter :
    https://www.franceinter.fr/emissions/sur-les-epaules-de-darwin/sur-les-epaules-de-darwin-03-fevrier-2018

    Un long et passionnant exposé sur les très anciennes civilisations nord-américaines, notamment les bâtisseurs de tertres :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mound_Builders
    et la civilisation du Mississippi :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_du_Mississippi

  • Aux origines de l’agriculture - Agnès Stienne - Visionscarto
    https://visionscarto.net/aux-origines-de-l-agriculture

    Dans son ouvrage publié en 1997, Guns, Germs, and Steel : The Fates of Human Societies (devenu dans sa version française De l’inégalité parmi les sociétés. Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire) le biologiste américain #Jared_Diamond explique en quoi l’environnement a favorisé ou non, à partir du #néolithique, l’adoption de l’#agriculture, une condition préalable à la structuration de sociétés complexes, technologiques, spécialisées, hiérarchisées, voire esclavagistes, et militairement supérieures aux communautés fondées sur la #chasse et la #cueillette. La #domestication de grands mammifères serait l’élément le plus déterminant. Qu’en est-il de ces débuts de l’agriculture ?
    par Agnès Stienne

    #élevage #cartographie

  • D’où viennent les #inégalités sociales ? Regards d’archéologues
    https://theconversation.com/dou-viennent-les-inegalites-sociales-regards-darcheologues-89715

    Le labour des terres par des #animaux de trait aurait autorisé une croissance économique plus rapide et extensive. Cependant, puisque certains membres des communautés de l’hémisphère oriental n’avaient pas les moyens d’acquérir de tels animaux, et que la surface de terres arables était limitée, la concurrence sur ces ressources aurait contribué à exacerber les inégalités économiques au fil du temps.

    Les utilisations des animaux comme bêtes de somme et pour la cavalerie en contexte de guerre pourraient également être un facteur important d’inégalités. Un tel usage des animaux aurait permis l’élargissement plus rapidement des territoires des sociétés en Europe, Asie et Afrique.

    #agriculture

  • La fabrication de la soie : un domaine réservé aux femmes | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2007-2-page-111.htm

    De nombreux témoignages historiques montrent que les femmes ont joué un rôle dominant dans la production de la soie partout dans le monde. En Europe, des femmes de très haut rang entreprirent de la fabriquer et se consacrèrent personnellement à l’élevage des vers à soie. À partir de la fin du Moyen Âge, les femmes européennes semblent avoir progressivement perdu le contrôle du tissage de la soie, tout en continuant de dominer entièrement l’élevage des vers à soie et dans une large mesure la filature et l’apprêt des fils de soie. Jusqu’au début du xxe siècle, leur mainmise sur la fabrication de ce produit demeura très forte, notamment sur l’élevage des vers, malgré les tentatives répétées qui furent faites pour les en priver. Les croyances populaires liaient leur suprématie dans ce domaine à certains aspects de leur féminité qui excluaient la participation des hommes. Les femmes contrôlaient largement les savoir-faire et les pratiques censées protéger les vers à soie des maladies et du mal ; ces connaissances étaient transmises oralement entre femmes. Le secteur de la soie compta de nombreuses femmes entrepreneuses et certaines indications laissent à penser que le produit des premières étapes de la fabrication était parfois considéré comme la propriété exclusive des femmes.
    2

    Le cycle de production de la soie peut être divisé en quatre étapes : 1) la sériciculture – de la récolte des feuilles de mûrier à l’élevage des vers ; 2) la filature de la soie, c’est-à-dire le dévidage du fil formant le cocon en un écheveau de soie grège ; 3) l’apprêt des fils (dévidage sur des bobines, moulinage, teinture, etc.) ; 4) le tissage. On exposera dans cet article une série d’éléments qui montrent le rôle dominant des femmes dans plusieurs étapes du cycle de production de la soie depuis le Moyen Âge, ainsi que leur rôle d’entrepreneuses et leur apport technique ; on évoquera aussi les indices diffus qui suggèrent qu’elles pouvaient avoir des droits de propriété de facto sur leur production. On s’intéressera enfin à la mise en œuvre et à la transmission des savoir-faire et à la manière dont les croyances et les rites, y compris d’anciens rites de fertilité, ont pu contribuer à exclure les hommes. L’analyse s’attachera plus particulièrement aux deux premières étapes du cycle de production de la soie.

    #femmes #histoire #agriculture #historicisation #enthomologie #domestication #soie

  • L’histoire de l’alimentation de l’homme | Le site officiel de la méthode Montignac
    http://www.montignac.com/fr/l-histoire-de-l-alimentation-de-l-homme
    Je ne sais pas si on a déjà évoquer ici les #carences_alimentaires des débuts de l’agriculture dues à la non assimilation des #céréales par le #biotope_intestinal humain. J’ai lu cela dans le livre super chouette
    de Marc-André Sélosse, lequel pense que c’est le manque de gibier qui aurait contraint à la #domestication animale et végétale.https://seenthis.net/messages/624971
    Il défend dans ce bouquin les aliments fermentés #microbes #bactérie #fermentation #alimentation #agriculture #inégalités

    J’ai trouvé cet article sur l’#histoire de la transition entre #nomadisme et #sédentarisation

    D’aucun pourrait croire qu’en se sédentarisant, l’homme primitif avait mis forcément un pied dans un processus qui allait le conduire à améliorer son existence.
    Or sur le plan alimentaire, c’est plutôt l’inverse qui se produisit. Au contraire du #chasseur-cueilleur du Mésolithique, l’#agriculteur-éleveur dut en fait réduire considérablement la variété de son alimentation. Car seuls quelques rares animaux se prêtaient à la domestication et à l’#élevage, et seules quelques espèces végétales pouvaient être cultivées. Il n’est même pas exagéré de dire que l’agriculteur-éleveur dut nécessairement rationaliser voire optimiser son activité au sens où nous l’entendons aujourd’hui.

    Cette véritable révolution dans le mode de vie de nos ancêtres ne fut donc pas sans conséquences.
    Sur la santé d’abord. Le monophagisme qui résultait des mono cultures se révéla source importante de carences, ce qui se traduisit par une diminution notable de l’espérance de vie des populations concernées. De plus, l’agriculture (même réalisée sur de riches terres alluviales bien irriguées comme en Egypte et en Mésopotamie) se révéla beaucoup plus pénible en termes d’effort physique que la traque et la chasse du gibier du mésolithique et même des gros animaux du paléolithique supérieur.

    L’homme primitif avait vécu en harmonie et en équilibre avec la nature et lorsque sa nourriture naturelle se déplaçait du fait des migrations des espèces ou du cycle des saisons, il se déplaçait avec elle. En se sédentarisant, il s’imposa de nouvelles contraintes et de nouvelles restrictions.
    Car en sortant de ce quasi paradis terrestre pour devenir autonome par rapport à ses sources d’approvisionnement alimentaire, l’agriculteur-éleveur dut notamment faire face à de nombreux nouveaux risques : risques des caprices du climat, risques au niveau du choix des variétés et des espèces plus ou moins productives et fragiles, mais risque aussi sur le choix des sols plus ou moins adaptés. L’histoire des sept années de vaches maigres rapportée dans la Bible illustre bien les incertitudes de ce nouveau mode de culture, par nature aléatoire.
    Par ailleurs, l’émergence de l’agriculture et de l’élevage généra, comme l’on dirait aujourd’hui, une politique nataliste et productiviste de la part des intéressés. Devant la peur de manquer, l’agriculteur n’eut en effet de cesse de penser qu’il fallait produire plus et que pour cela, il avait besoin de bras supplémentaires.
    Sans le savoir, le laboureur et ses enfants ont ainsi ouvert la porte à un cercle vicieux. En contribuant à un essor démographique constant, les risques et la gravité des disettes du fait des mauvaises récoltes en étaient d’autant plus catastrophiques.

  • Le #fleuve #Adour raconte son histoire…

    La carte de la France l’atteste, l’Adour traverse quatre départements du Sud-Ouest. Mais qui connaît l’histoire de ce fleuve domestiqué très tôt, notamment pour le #transport de marchandises (surtout les vins gascons), puis oublié et que l’on s’efforce depuis peu de reconquérir dans une problématique qui s’inscrit dans un triptyque eau, territoire et société.


    http://sms.hypotheses.org/9843
    #commerce #vin #domestication #film
    via @franz42 et @ville_en

    Et au milieu coule l’Adour :
    https://www.dailymotion.com/video/x58pa8d

    #ressources_pédagogiques

  • Notes anthropologiques (I)

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Notes-anthropologiques-I

    Avec l’extension de l’empire marchand sur toute la planète, l’étude de l’homme a pris une tout autre dimension. Les anthropologues se sont soudain confrontés à des êtres qu’ils pouvaient supposer, dans leur candeur, humains, mais qui avaient peu à voir avec l’homme qui leur était familier et qui avait constitué, jusqu’à présent, la matière de leurs travaux : l’homme occidental, christianisé et marchand (ou, si l’on veut, individualiste). En général cet homme est resté l’étalon, si je puis dire, de leur mesure et de leur comparaison, il l’est toujours, dans une sorte de réflexe mental, qui a peu à voir avec leur prétention affichée à faire de la science.

    #anthropologie #Mexique #domestication #société_marchande

  • Les sociétés précolombiennes ont façonné la forêt amazonienne - Institut de recherche pour le développement (IRD)
    http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2017/les-societes-precolombiennes-ont-faconne-la-foret-amazonienne

    Une étude internationale coordonnée par l’Institut national de recherche d’Amazonie (INPA, Brésil)et l’Université de Wageningen (Pays-Bas), à laquelle ont participé des chercheurs français de l’IRD, du Cirad et de l’INRA, vient de montrer que les espèces d’arbres domestiquées par les populations amérindiennes et disséminées à travers le bassin amazonien avant 1492 occupent encore une place importante dans les forêts actuelles. Ces résultats, qui remettent fortement en cause l’idée selon laquelle les forêts amazoniennes étaient autrefois très peu modifiées par l’Homme, sont publiés dans la revue Science le 3 mars 2017.

    L’équipe internationale, composée d’écologues et de chercheurs en sciences sociales, a travaillé à partir des données de plus de 1 000 relevés1 du réseau international Amazon Tree Diversity Network. Ils se sont notamment intéressés à 85 espèces d’arbres connues pour avoir été domestiquées par les populations précolombiennes pour leurs fruits, leur bois ou d’autres usages au cours des derniers milliers d’années (cacao, açai, noix du Brésil par exemple).

    #Amazonie #biodiversité #domestication #forêt