• Concurrence : l’Europe inflige à Google une troisième amende, d’un montant d’1,49 milliard d’euros
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/20/concurrence-l-europe-inflige-a-google-une-troisieme-amende-d-un-montant-d-1-

    L’institution communautaire reproche au leader mondial de la recherche en ligne d’avoir cherché à étouffer la concurrence d’AdSense for search, son système de publicité contextuelle. Et de trois. La Commission européenne a sanctionné, mercredi 20 mars, Google d’une troisième amende pour abus de position dominante. Cette fois-ci, la décision concerne AdSense for search, un système de publicité contextuelle du leader mondial de la recherche en ligne : Google a cherché à « empêcher » l’essor de ses rivaux, (...)

    #Alphabet #Google #Google_AdSense #Shopping #domination #GoogleSearch


  • Les GAFA au défi du prochain milliard d’utilisateurs d’internet
    http://maisouvaleweb.fr/gafa-defi-prochain-milliard-dutilisateurs-dinternet

    Si les principales sources de revenu des GAFA sont aujourd’hui en Occident, les géants du numérique s’intéressent de plus en plus aux pays en développement, où le prochain milliard d’utilisateur émerge, avec des pratiques qui mettent au défi leurs modèles de revenu et leurs infrastructure, récapitule l’étude du Center of Global Development, Governing Big Tech’s Pursuit of the “Next Billion Users”. J’en retrace ici quelques très grandes lignes sans plus d’analyse. Il y a dix an, environ 22% des humains (...)

    #Google #Facebook #bénéfices #profiling #domination #manipulation #GAFAM


  • Governing Big Tech’s Pursuit of the “Next Billion Users”
    https://www.cgdev.org/sites/default/files/governing-big-techs-pursuit-next-billion-users.pdf

    Governing Big Tech’s Pursuit of the “Next Billion Users”Ten years ago, only 6 percent of the population in low-income and lower-middle-income countries had access to the internet. Today, nearly one in every three people there does. The rapid expansion of internet access across the globe is a welcome development, but it raises new policy challenges. And while there is broad agreement in the development community on the importance of getting digital policy “right,” too little attention has been (...)

    #Google #Facebook #domination #bénéfices #publicité #GAFAM

    ##publicité


  • « Abus sexuel », antiféminisme, les recettes d’un ordre
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/03/08/abus-sexuel-antifeminisme-les-recettes-dun-ordre

    Actualité oblige… on a beaucoup lu ou entendu la terminologie « abus sexuel ». En tête d’affiche, le « sommet exceptionnel sur les abus sexuels sur mineurs », organisé au Vatican du 21 au 24 février 2019. Que signifie cette expression ? D’un point de vue linguistique, « abus » signifie mauvais usage. Associé à « sexuel » l’expression consacre l’idée qu’il y aurait un bon usage de la sexualité chez les enfants et un mauvais. L’Église catholique a donc décidé de s’attaquer à ce mauvais usage, occultant par voie de conséquence la question de la sexualité supposée des enfants. Ensuite, le mot « abus » reste flou, ne désigne pas précisément des faits qui sont criminels. Il les minimise et les nie. Pourtant il s’agit de pédophilie et non de pratique sexuelle, un crime aussi grave que les viols des religieuses, « révélés » dans la foulée. L’emploi de ce terme cache alors un abus de pouvoir : la relation des prêtres et autres ecclésiastiques (des hommes) avec les enfants et avec les nonnes (des femmes) est basée sur une relation de confiance ou d’autorité, qui pose la question du consentement1.

    Enfin, cette expression s’affiche au sein d’un ordre caractérisé par la hiérarchie, le sexisme endémique, la culture du silence, l’imperméabilité. Comme dans les autres ordres – médical, juridique, politique… –, l’impunité des violences sexuelles règne. Elles y sont non nommées, considérées normales, faisant partie de la fonction de ses membres. La parole de la victime (femme, enfant) y est systématiquement remise en cause alors que le criminel (homme) reste majoritairement impuni, protégé par des lois nationales ou propres2. Ces lois sont des retranscriptions ou le terreau de la vulgate populaire, qui nie par lâcheté, par peur, par ignorance ou par volonté (initier sexuellement), les violences exercées sur mineurs et qui entérinent l’appropriation sociale du corps des femmes3.

    La différence entre l’ordre de l’Église et les autres se manifeste notamment par la contradiction qui l’habite. Chez les catholiques, les membres font vœu de chasteté, bannissent l’avortement, s’opposent à la « théorie du genre », rejettent toute sexualité contre nature – c’est-à-dire qui n’a pas vocation à « l’enfantement » –, glorifient « la femme comme mère, porteuse d’enfants », alors que le contraire se vit en son sein. Aujourd’hui, la dialectique visant à « protéger les victimes » mise en exergue par le Vatican, obère la responsabilité des auteurs des crimes. En parallèle, elle perpétue une stratégie d’inversion des concepts féministes4.

    Le fond de l’entreprise reste effectivement familialiste : à travers tout ce bruit, il est question de promouvoir le mariage entre homme et femme, de protéger l’idée de famille. De plus, il s’agit de reconduire l’idéologie antiféministe portée de longue date par l’Église. Des déclarations récentes du pape François ont été évoquées : « Inviter une femme à parler, ce n’est pas entrer dans le mode d’un féminisme ecclésiastique, car au final, tout féminisme finit par être un machisme avec une jupe ». Par ces mots, le chef de l’Église catholique s’inscrit en digne héritier de Jean-Paul II qui faisait en 1995 la « promotion d’un féminisme chrétien ». Cette appropriation opportuniste du féminisme n’est pas nouvelle. Elle a pour but de le dissoudre. Nés au début du XXe siècle, les fondements du féminisme chrétien peuvent s’expliquer ainsi : « la collaboration de la femme aux questions d’intérêt commun se présente à elle sous un aspect sévère et son activité extérieure est motivée, non par des raisons puériles ou de mesquines rivalités de sexe et des théories déclamatoires sur l’égalité de l’homme et de la femme ; mais elle est justifiée par le fait que la fonction sociale de la femme différant par certains côtés de celle de l’homme, elle seule peut savoir dans quel sens elle doit la développer, la perfectionner et introduire dans sa propre vie ce progrès que la vie publique communique à la vie privée »5. Cette idéologie entend mettre en lumière le rôle de « la femme »6dans le processus de restauration de l’image de l’Église catholique, en tant qu’individu ayant des qualités propres. François de souligner : « elle est celle qui porte, la mère de la communauté ». Cette vision reprend presque mot pour mot les termes des textes (la bible) qui célèbrent la différence entre les sexes tout en excluant l’idée qu’il y ait inégalités.

    Or, il existe bien, dans la bible, une relation hiérarchisée entre les deux sexes. Dans le texte « 1 Timothée 2:1-15, verset 11 », Saint-Paul écrit : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission ». L’« homme » et « la femme » ne jouent pas les mêmes rôles « dans l’église et dans le couple », l’homme étant chargé de l’autorité, et la femme de l’enfantement et du soin de la famille. C’est ainsi par exemple que l’ordination des femmes est interdite. Dans le verset 12, il est écrit : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ». L’apôtre limite ce que « la femme » peut faire dans l’église : se taire et obéir.

    L’actualité n’est pas révolutionnaire. Certes, elle met en lumière des faits jusqu’ici passés sous silence et impunis, mais elle permet également aux juges autoproclamés de ces faits (des hommes) de continuer à dispenser la parole paternaliste : ils se placent en protecteurs désintéressés de leurs membres (femmes, enfants), ayant autorité naturelle à les guider, car ces membres seraient en demande, en situation de mineurs civiques. De la même manière, les femmes se retrouvent placées au rang de victimes ou d’actrices immobiles, ayant besoin d’encadrement technique, d’assistance, de soutien, parce que plus employées à la maternité ou au devoir d’accompagnement de l’autorité. Leurs savoirs propres ne sont pas pris en compte. Les femmes n’ont pas droit à la parole et à ce titre restent des « subalternes »7.

    Tant de rigueur dans la minorisation des violences sexuelles perpétrées par des hommes, d’ignorance de la parole des enfants, d’acharnement à garder les femmes dans leur rôle social de mère, d’épouse ou d’auxiliaire de la hiérarchie religieuse, me fait mesurer, en cette Journée internationale des femmes, l’ampleur des luttes restant à mener pour renverser le patriarcat.

    Joelle Palmieri, 8 mars 2019

    #violences_sexuelles #langage #culture_du_viol #pedocrimilalité #pedoviol #consentement #catholicisme #viol #déni #antiféminisme #complémentarité #domination_masculine #domination_adulte


  • Rapport de l’Académie française sur « La féminisation des noms de métiers et de fonctions » (28 février 2019) | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/19/rapport-de-lacademie-francaise-sur-la-feminisation-des-

    Les femmes ne se sont pas « accommodées des appellations masculines », qui ne sont pas d’usage en français pour désigner des femmes. On les y a très fermement invitées. Il n’est qu’à observer les cartes postales consacrées aux « nouveaux métiers féminins » qui furent diffusées à grande échelle à partir de la fin du xixe siècle : elles y sont médecin, avocat, etc. On leur a fait comprendre qu’on était déjà bien bon de les accepter désormais sur ces terrains où elle n’avaient que faire, et qu’il n’était pas question pour ceux qui les occupaient de changer de mœurs : elles entrent, elles se plient aux us et coutumes, et elles paient le prix de leur prétention. La nomination au masculin n’est que l’une des vexations dont elles ont été l’objet. Les premières femmes à intégrer les amphithéâtres universitaires parisiens y ont été accueillies aux cris de « dehors les vagins ». Les étudiants en médecine ont publiquement brulé en effigie l’une des deux premières internes des hôpitaux de France, Blanche Edwards. L’entrée du barreau a été refusée aux premières diplômées en droit, et il a fallu une loi – à l’issue d’une bataille de dix ans – pour qu’elles puissent plaider ; cent-vingt ans plus tard, il n’y a toujours pas de « soprano du barreau », et les femmes sont bien plus nombreuses que les hommes à quitter cette profession quelques années après l’avoir intégrée. Au début des années 1990, soit cinquante ans après leur entrée au Parlement, les élues y étaient toujours moins de 5% ; et vingt ans plus tard, elles sont toujours l’objet de remarques sexistes (et de harcèlement sexuel dans leurs partis). Etc. Si les femmes ont accepté de se dire au masculin, c’est pour ne pas accroitre encore les difficultés qu’on leur faisait dans les forteresses masculines qu’elles intégraient. Si elles ont longtemps devancé l’appel, et exigé d’être délestées de leur nom féminin, voire affirmé qu’elles étaient merveilleusement bien acceptées dans leur milieu, c’est pour la même raison.

    #langage #femmes #féminisation #historiciastion #domination_masculine #sexisme #féminisme #académie_française


  • Entre-soi masculin et déni
    @lldemars ecrit

    @vazi sincèrement, politiquement, je ne sais pas : plus de quinze ans de dessins pour CQFD, et je ne peux m’empêcher de penser que ces dessins ne servent à rien tant qu’ils ne sont pas publiés dans le figaro ; à quoi ça sert, sinon à se tenir chaud en se disant qu’on n’est pas politiquement seul, de dire à des gens qui le savent déjà des trucs dont le reste du monde ignore globalement l’existence et n’ont aucune chance d’en voir surgir l’évocation dans leur propre champ de vision, leur propre entresoi ? Et pourtant, comment survivre sans se constituer pas à pas un environnement bienveillant, avec lequel on puisse parler, s’entendre, c’est-à dire année après année en en chassant tout ce qui est répétitivement hostile ? Voilà, c’est une non réponse à ta question j’en suis sincèrement désolé.

    Etant bloquée par cet homme depuis que j’ai osé exprimé mon désaccord sur ses habitudes de non-mixité masculine, ca me fait un drôle d’effet de lire ceci. Sur @seenthis il est impératif d’être à 100% en accord avec tout ce que dit cet homme et il est impératif de dessiner selon les préceptes de cet homme. Ne lisez, ni ne mentionner pas de dessins qu’il n’apprécie pas non plus, il en profitera pour vous humilier publiquement pour faute de gout, C’etait particulièrement savoureux lors des échanges sur le collectif des femmes dessinatrices contre le sexisme en BD, de voire Tanxx chassée de @seenthis par des commentaires méprisants de la part de cet homme et de voire que de mon coté, membre du collectif aussi, je n’avais d’autre choix que le lire sans pouvoir intervenir (à part toute seule dans mon coin comme ici).

    #déni #censure #entre_soi #domination_masculine #silenciation #aveuglement


  • Vers une troisième amende record contre Google pour ses pratiques anticoncurrentielles ?
    https://www.numerama.com/politique/472551-vers-une-troisieme-amende-record-contre-google-pour-ses-pratiques-a

    La Commission européenne devrait prononcer une troisième amende contre Google. Elle pourrait atteindre 12 milliards d’euros. Un record. Cette semaine risque de se terminer plus mal qu’elle n’a débuté pour Google. D’après trois sources du Financial Times, la Commission européenne infligera d’ici le 22 mars une sanction à l’encontre de la firme de Mountain View. L’amende pourrait peut-être atteindre des records : son montant exact sera révélé par Margrethe Vestager, la commissaire en charge de la (...)

    #Alphabet #Google #Google_AdSense #Shopping #domination

    //c0.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2019/01/google-amende.jpg


  • Léa Salamé en retrait pendant la campagne des Européennes : son compagnon Raphaël Glucksmann « bouleversé » - LCI

    https://www.lci.fr/medias/lea-salame-en-retrait-france-2-emission-politique-france-inter-mantinale-pendant

    MISE AU POINT - Invité samedi de « C l’hebdo » sur France 5, Raphaël Glucksmann est revenu sur la décision de sa compagne, Léa Salamé, de ne pas réaliser d’interviews politiques durant la campagne des élections européennes, alors qu’il a été désigné tête de liste du Parti Socialiste. « Ça me pose un problème », a avoué l’essayiste qui a toutefois salué « un acte d’amour incroyable ».

    #acte_d_amour_incroyable #on_vit_une_époque_formidable et on a encore beaucoup de boulot


  • 30 ans de web : face à une diversité agonisante, Tim Berners-Lee veut secouer les consciences
    https://www.nextinpact.com/news/107701-30-ans-web-face-a-diversite-agonisante-tim-berners-lee-veut-secou

    Le web fête ses 30 ans. Trois décennies d’une évolution que personne n’avait prévue, et surtout pas ses inventeurs. L’un d’eux, Tim Berners-Lee s’est d’ailleurs exprimé à cette occasion. Retour sur une ressource devenue presque aussi vitale que l’eau et l’électricité, et sur les dangers qui la guette. « Web » est simplement la forme abrégée de « World Wide Web », dont l’appellation renvoie à sa dimension de toile à l’échelle mondiale. Cette toile est pour beaucoup l’aspect le plus visible d’Internet, avec lequel (...)

    #Google #Amazon #Facebook #domination #GAFAM #web #surveillance



  • Airbnb joue la carte de « l’amazonisation »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/03/08/airbnb-joue-la-carte-de-l-amazonisation_5433193_3234.html

    En rachetant HotelTonight, la plate-forme américaine de location de logement adopte la même stratégie que le champion du e-commerce : l’extension sans limite de ses activités autour de son cœur de métier, observe Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde », dans sa chronique. Brian Chesky est un garçon consciencieux. Il a passé le mois dernier à changer régulièrement d’hôtel à San Francisco, ville où se trouve son entreprise. Le cofondateur d’Airbnb ne s’est pas disputé avec sa femme, mais il (...)

    #Airbnb #Amazon #domination #HotelTonight


  • Les « mecs de gauche ». Réflexions sur nos amis dans l’ère #Me Too | Sylvie Tissot
    http://lmsi.net/Les-mecs-de-gauche

    #MeToo est comme une vague immense, qui ne cesse de se gonfler à partir des minuscules gouttes-d’eau-qui-font-déborder-le-vase, qui font qu’il n’est plus possible de se taire, que le spectacle d’hommes paradant dans leur coolitude, voire leur féminisme, à coup de rouge à lèvres comme D. Baupin, ou de ralliement bruyant et intéressé à la cause des femmes, est soudainement insupportable. Chacun ses moments. Source : Les mots sont importants

    • Les machos, c’est les autres : le beauf des campagnes, le musulman des banlieues, le bourge du 16ème arrondissement, les masculinistes organisés. Pas eux. La cause est entendue, quel plus beau remède au sexisme que le capital culturel. D’ailleurs n’ont-ils pas lu Judith Butler ?

      Un homme à qui je reprochais son comportement sexiste (sur l’estrade de l’amphithéâtre où il m’avait invité à parler de ma recherche, pour aussitôt commenter mon maquillage) s’est contenté de répondre : « Je ne suis pas comme ça, je suis complètement étranger à ça. »

      Leur feminist-friendliness ne tolère aucun questionnement. Les représailles sont immédiates.

      Du « je ne suis pas comme ça », à « ce n’était pas moi » ou encore « et toi t’es pas mieux », voire « c’est toi qui as une vue sexiste » (et « essentialiste » bien-sûr) : il y a très souvent un refus net et brutal, et parfois une disqualification en retour [2].

      Aveuglés par leur colère, ils ne comprenaient même pas qu’ils confortaient, par leurs fins de non-recevoir, par leurs réponses naïves (comme si on allait leur courir après !) et par leur bombage de torse, les mises en question dont ils faisaient l’objet. Je suis dominant et je le reste. Et j’ai raison.

      La fameuse idéologie win/win dont tant d’homme « radicaux » se gaussent, ils en sont en fait pétris. D’accord pour que les femmes conquièrent des droits, mais faisons ça en réformistes de bonne compagnie : tout le monde peut y gagner. D’ailleurs quand les hommes perdent, est-ce que les femmes n’en subissent pas, elles aussi, les conséquences ?

      Dans une conversation consacrée à la « grève du sexe » comme arme politique, un homme très de gauche explosa un jour de colère : « Mais les femmes se punissent elles-mêmes, c’est complètement con ! » (La punition par le manque de bite, quoi de plus horrible en effet). Si on lui avait fait valoir qu’un ouvrier gréviste se sanctionne lui-même en perdant des journées de salaire, sans doute aurait-il éclaté de rire.

      L’ère post #Me Too devrait être bénéfique pour tout le monde. Pourtant, comme le rappelait Christine Delphy, « les hommes ont à perdre ».

      Ce texte est super, c’est du vécu (le sien et le mien : #MeToo les accusations d’essentialisme par le lecteur de Butler).

      http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-profeminisme-toxique

      #proféministe #déni #distinction


  • Drone Surveillance Operations in the Mediterranean: The Central Role of the Portuguese Economy and State in EU Border Control

    Much has been written in the past years about the dystopic vision of EU borders increasingly equipped with drone surveillance (see here: http://www.europeanpublicaffairs.eu/high-tech-fortress-europe-frontex-and-the-dronization-of-borde, here: http://eulawanalysis.blogspot.com/2018/10/the-next-phase-of-european-border-and.html, here: https://www.heise.de/tp/features/EU-startet-Langstreckendrohnen-zur-Grenzueberwachung-4038306.html and here: https://www.law.ox.ac.uk/research-subject-groups/centre-criminology/centreborder-criminologies/blog/2018/11/role-technology). Yet, when the first joint drone surveillance operation of #Frontex, the #European_Maritime_Safety_Agency (#EMSA) and Portuguese authorities was launched on 25 September 2018, there was a lack of response both from the media and concerned activists or researchers. Yet, the EMSA offered details about the operation on its website, and Frontex as well. In addition, Frontex mentioned in its press statement parallel operations undertaken in Italy and Greece in the same period.

    These operations were a crucial step for the setup of the joint European information system for border surveillance, #EUROSUR. The drone surveillance program in the context of Frontex operations is a major step in the operational setup of the EUROSUR program that aims to integrate databases and national coordination centres of 24 European countries. EUROSUR was officially introduced with a policy paper in 2008, and the system itself was launched on 1 December 2013 as a mechanism of information exchange among EU member states. But it is not yet fully operational, and drone surveillance is commonly seen as a central component for full operationability. Thus, the cooperation between the EMSA, Frontex and the Portuguese state in the recent operation is a crucial milestone to achieve the aim of EUROSUR to create a unified European border surveillance system.

    This is why the operation launched in Portugal in September 2018 is of higher significance to the ones in Italy and Greece since it includes not only national authorities but also the EMSA, located in Lisbon, as a new key actor for border surveillance. EMSA was founded in 2002 as a response to various shipping disasters that lead to environmental pollution and originally focuses on monitoring the movement of ships, with a focus on the safety of shipping operations, environmental safety at sea and the trading of illegal goods via maritime transport.

    In 2016 the EMSA was allocated 76 million Euros in a bid for the production of drones for the surveillance of the Mediterranenan in the context of Frontex missions. EMSA`s bid foresaw that drones would be hired by EMSA itself. EMSA would run the operation of drones and share real-time data with Frontex. The largest part of this bid, 66 million Euros, went to the Portuguese company #Tekever, while smaller portions went to the Italian defence company #Leonardo and to the Portuguese air force that will operate drones produced by the Portuguese company #UA_Vision. At the same time, the successful bid of Tekever and the integration of Portuguese authorities in surveillance operations catapults Portugal onto the map of the defence and surveillance industry that profits immensely from the recent technological craze around border surveillance (see here, here and here).

    Lisbon-based Tekever set up a factory for the production of drones in the Portuguese mainland in #Ponte_de_Sor, an emerging new hub for the aerospace industry. Together with French #Collecte_Localisation_Service, which specialises in maritime surveillance, Tekever founded the consortium #REACT in order to produce those specific drones. Under the Portuguese operation, ground control, i.e. the technical coordination of the flight of the drones, was located in Portugal under the authority of the Portuguese air force, while the operation was coordinated remotely by Frontex experts and Portuguese authorities in the #Frontex_Situational_Centre in Poland where data were shared in real-time with EMSA. This first operation is a crucial step, testing the technical and administrative cooperation between EMSA and Frontex, and the functionality of the drones that were specifically produced for this purpose. These drones are lighter than the ones used in Greece and Italy, and they are equipped with special cameras and #radars that can detect ship movements and receive emergency calls from the sea. This allows to run data collected by the drones through an algorithm that is programmed to distinguish so-called ´#migrant_vessels´ from other ships and boats.

    The Portuguese government has set up a number of initiatives to foster this industry. For example, a national strategy called #Space_2030 (#Estratégia_Portugal_Espaço_2030) was launched in 2018, and the newly founded #Portuguese_Space_Agency (#Agência_Espacial_Portuguesa) will begin to work in the first months of 2019. The fact that border surveillance is one of the larger European programs boosting the defence and surveillance industry financially has not generated any controversy in Portugal; neither the fact that a center-left government, supported by two radical left parties is propping up surveillance, aerospace and defence industries. The colonial continuities of this industrial strategy are all too visible since narratives like ‘from the discovery of the sea to the technology of space’ are used not only by industry actors, but also, for example, by the Portuguese Chamber of Commerce in the UK on its website. In this way, social and political #domination of non-European territories and the control of the movement of racialized bodies are reduced to the fact of technological capability – in the colonial period the navigation of the seas with optical instruments, astronomic knowledge and ships, and today the electronic monitoring of movements on the sea with drones and integrated computer systems. The Portuguese aerospace industry is therefore presented as a cultural heritage that continues earlier technological achievements that became instruments to set up a global empire.

    The lack of any mention about the start of the drone surveillance programme does not only demonstrate that border surveillance goes largely unquestioned in Europe, but also that the sums spent for surveillance and defence by EU agencies create incentives to engage more in the defence and surveillance industry. This goes all the more for countries that have been hit hard by austerity and deindustrialisation, such as Portugal. The recent increase of 9.3 billion Euros for the period 2021 to 2027 for border surveillance funding in the EU with the creation of the #Integrated_Border_Management_Fund focused on border protection, is a telling example of the focus of current EU industrial policies. For the same period, the European Commission has earmarked 2.2 billion Euro for Frontex in order to acquire, operate and maintain surveillance assets like drones, cameras, fences, and the like. In this situation, the political consensus among EU governments to restrict migration reinforces the economic interests of the defence industry and vice versa, and the interest of national governments to attract #high-tech investment adds to this. Those lock-in effects could probably only be dismantled through a public debate about the selective nature of the entrepreneurial state whose funding has decisive influence on which industries prosper.

    While the Portuguese government does not currently have a single helicopter operating in order to control and fight forest fires that have caused more than 100 deaths in the past two years, much EU and national public funding goes into technology aimed at the control of racialized bodies and the observation of earth from space. At the same time, there is considerable concern among experts that surveillance technology used for military means and border security will be rolled out over the entire population in the future for general policing purposes. For this reason, it remains important to keep an eye on which technologies are receiving large public funds and what are its possible uses.


    https://www.law.ox.ac.uk/research-subject-groups/centre-criminology/centreborder-criminologies/blog/2019/02/drone
    #drones #contrôles_frontaliers #frontières #technologie #complexe_militaro-industriel #technologie_de_la_surveillance #externalisation #business #algorithme #colonialisme #néo-colonialisme #impérialisme #héritage_culturel #austérité #désindustrialisation

    ping @daphne @marty @albertocampiphoto @fil


  • Quelque chose de pourri dans la masculinité – Egalitaria
    https://egalitaria.fr/2019/02/13/quelque-chose-de-pourri-dans-la-masculinite

    Au-delà d’une possible réflexion sur la classe sociale (il y aurait sans doute des choses à dire sur les milieux privilégiés, sur le sentiment de toute-puissance et d’impunité qu’éprouve « l’élite » intellectuelle de la société), cette affaire est surtout l’occasion de réfléchir à la domination masculine et à la façon dont elle s’organise.

    À mon sens, l’affaire de la « ligue du LOL » met parfaitement en exergue la façon dont certains hommes utilisent l’oppression en bande organisée pour structurer une solidarité masculine qui leur permet :

    De renforcer leurs liens et leur sentiment d’appartenance, en se regroupant autour de « valeurs » communes
    De s’entraider pour gravir les échelons et monter dans la hiérarchie
    D’exclure tous ceux qui ne leur ressemblent pas, c’est-à-dire qui ne correspondent pas à une masculinité perçue comme représentant le « neutre » et l’universel. Et, ce faisant, de conserver leurs privilèges.

    Ce « boys club » permet donc aux hommes de se coopter, se promouvoir, se protéger, et bien sûr de monter dans la hiérarchie – un système particulièrement efficace, puisqu’il ne se fonde ni sur le mérite ni sur les compétences.

    Cette dynamique de groupe est particulièrement pernicieuse, puisqu’elle suggère qu’on ne peut devenir homme (et pas n’importe lequel : un homme, un vrai) qu’en exerçant une domination sur les autres. C’est cette virilité moutonnière, à la définition étroite et aux conséquences potentiellement destructrices qu’il faut aujourd’hui s’atteler à déconstruire.

    On a beaucoup parlé ces derniers temps de masculinité toxique, en se représentant cette dernière comme le fait d’une poignée de ploucs mal éduqués, biberonnés au foot, à la bière, au rap misogyne et à la castagne à la sortie des boites de nuit. Mais qu’on ne s’y trompe pas : celle-ci infuse aussi les milieux aisés, « intellectuels », éduqués, a priori ouverts d’esprit et sensibilisés aux questions de discriminations.

    La masculinité toxique, loin d’être nécessairement caricaturale, explicite et stéréotypée, avance donc aussi masquée sous les traits d’hommes progressistes, éveillés, voire même pro-féministes. Ne nous leurrons pas. Il en faut peu pour réveiller le sexisme latent, inoculé dès l’enfance. Il en faut peu pour que des hommes « normaux » se transforment en sentinelles médiocres de la domination masculine, le fiel aux lèvres et la volonté d’en découdre avec toutes celles et ceux qui aspirent aux mêmes chances, au même pouvoir, à la même considération qu’eux. Il en faut peu pour que l’effet de groupe, particulièrement fort lorsqu’il s’agit de « prouver » sa virilité, ne réveille les ardeurs misogynes de certains hommes.

    Je poste pour l’alerte sur la capacité des hommes de classes supérieures à déguiser leur sexisme, à condamner celui qu’expriment plus grossièrement d’autres hommes, chargés de tout le sexisme du monde et qui leur permettent même, quand ils sont assez malins, de se faire passer pour #proféministes (pratique sociale hautement distinctive).


    • J’écoute présentement
      est evoqué le fait que la manière dont les hommes percoivent le travail des femmes artistes les poussent à se censurer. Une photographe raconte que son travail d’étudiante était sur le quotidien des femmes et qu’il y avait des photos de nu. Le prof s’est mis à commenter le cul de la modèle et pas l’œuvre. L’artiste en réponse s’est mise au nu masculin pour ne plus avoir de commentaires libidineux en guise d’analyse par le prof et du coup elle n’a plus photographie de femmes et a fait un travail sur les masculinités.

      –—
      seulement 29% des œuvres achetés par les FRAC sont faites par des femmes. Il est souligné que ca demande plus de travail de mettre en valeur le travail des femmes que celui des hommes.
      Les artistes femmes, moins nombreuses ont des plus bas revenus que les hommes artistes et ont moins accès à des emplois secondaires rémunérateurs que les hommes.
      Dans les couples ou la femme est artiste et pas l’homme, l’effet est aggravé car elles rognent sur leur activité artistique pour le soin aux enfants et s’effacent d’elles mêmes du monde artistique à un moment charnière de leur carrière. Les femmes ont du mal à se maintenir dans l’art après avoir eu plus de mal à y entrer.

      –---
      La place des femmes à la tête des institutions n’est pas un critère de sélection des femmes. Il y a l’exemple de la directrice des collections de Beaubourg qui est très misogyne et a même organisé une expo 100% mascu : Dionysos.

      –---
      parmi les artistes les plus cotés au monde elles sont moins de 10%, pour les palmarès elles sont moins de 20%. Le marché est encor plus sévère avec les femmes que les institutions qui sont déjà bien misogynes. Depuis 1970 la visibilité des femmes régresse et le milieu de l’art contemporain évince progressivement les femmes alors qu’elles sont 50% des artistes. Dans le même temps les artistes reconnus sont aussi de plus en plus âgés.

      Les collectionneur·euses ont intérêt à acheter des hommes car leur cote va augmenter, les institutions soutiennent et suivent le marché. En Chine c’est pire encore et ça ramène le marché de l’art vers un sexisme encore plus fort.

      –---
      Le prof qui suit souligne que les hommes font carrière et peut être pas les femmes. Il est venu sans trop lire la question du débat... il se contente de citer des femmes photographes qu’il connait. Il précise que les étudiantes photographes de son école sont nombreuses dans trois domaines : la performance conceptuelle, le documentaire et la performance plus axé identitaire. (j’en conclu que c’est probablement pas les domaines les plus rémunérateurs de la photo).

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  • L’autorité de la concurrence américaine lance une task force pour surveiller les géants du numérique
    https://www.numerama.com/politique/468042-lautorite-de-la-concurrence-americaine-lance-une-task-force-pour-su

    Aux États-Unis, l’autorité de la concurrence installe un groupe de travail dédié aux poids lourds de la tech pour mieux les surveiller. La commission fédérale du commerce (FTC), qui s’occupe aux États-Unis du droit de la consommation et des pratiques commerciales anticoncurrentielles, s’adapte face aux évolutions du secteur technologique. Mardi 26 février, elle a annoncé la mise en place d’une « task force » composée d’une petite vingtaine de juristes pour suivre plus attentivement les actualités de ce (...)

    #domination #données #publicité #BigData #GAFAM #profiling #FTC

    ##publicité
    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2018/04/mark-zuckerberg.jpg


  • Le féminisme US par-delà le rien et le mâle
    http://www.dedefensa.org/article/le-feminisme-us-par-dela-le-rien-et-le-male

    Le féminisme US par-delà le rien et le mâle

    Les médias expliquent qu’on demande, qu’on exige une présidente féministe en Amérique… Ah, ces élues du congrès en blanc, comme elles les auront émus, ces médias…

    Je n’étonnerai personne en écrivant que 90% des antisystèmes sont des hommes, et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antisystèmes, c’est essentiellement par islamophobie. Ceci concédé, notre monde aux affaires repose sur les valeurs féminines : « pleurnicherie humanitaire » (Muray), hystérie belliciste, autoritarisme tortueux (Merkel, Clinton…). Sans oublier la haine du sexe et de la reproduction, qui sont devenues des valeurs féministes. Dans l’Espagne féministe-socialiste de Sanchez, le sexe doit se faire avec notaire.

    Le Deep State et l’empire nous préparent un après-Trump (je laisse de côté le (...)

    • Je n’étonnerai personne en écrivant que 90% des antisystèmes sont des hommes, et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antisystèmes, c’est essentiellement par islamophobie.

      Ici antisystème = antiégalité
      et je ne suis alors plus étonné de lire que 90% des antiégalitariste sont des hommes et que lorsqu’on trouve des femmes dans les rangs antiégalitaristes c’est essentiellement par islamophobie.

      Ceci concédé, notre monde aux affaires repose sur les valeurs féminines : « pleurnicherie humanitaire » (Muray), hystérie belliciste, autoritarisme tortueux (Merkel, Clinton…). Sans oublier la haine du sexe et de la reproduction, qui sont devenues des valeurs féministes. Dans l’Espagne féministe-socialiste de Sanchez, le sexe doit se faire avec notaire.

      Ceci concédé, le monde de Nicolas Bonnal repose sur des valeurs misogynes et une enfilade de clichés virilistes. Il n’oublie pas de précisé que les femmes sont avant toute chose un sexe et surtout une matrice et qu’elles ont l’obligation absolue d’aimer le sexe hétéro et la reproduction. Il enchaine sur une défense du non consentement, avec la veille blague du notaire, comme si les agresseurs sexuels n’étaient que de maladroits incompris.

      #masculinisme #haine #domination_masculine #culture_du_viol #hommerie #hommanisme


  • « Lorena », une histoire de violence conjugale
    https://www.liberation.fr/planete/2019/02/15/lorena-une-histoire-de-violence-conjugale_1703854

    Une série-documentaire coproduite par Jordan Peele (« Get Out »), disponible ce vendredi en streaming sur Amazon, aborde la question des violences conjugales aux Etats-Unis à travers le cas de Lorena Bobbitt, femme violée et battue surmédiatisée au début des années 90 après avoir émasculé son mari.

    « Lorena », une histoire de violence conjugale

    C’est une histoire qui débute comme un rêve américain. Nous sommes à la fin des années 80. Lorena, jeune manucure latino, rencontre John, engagé dans la marine, dans un bar de Virginie. Elle a grandi au Venezuela, son anglais n’est pas très assuré. Lui porte un uniforme et se bat pour son pays. Ils tombent sous le charme, se marient un an plus tard. Elle a 20 ans. Son mari, de deux ans son aîné, la décrit comme « douce » et « innocente ». Ils ont des allures de roi et reine de bal de promo. Les violences démarrent peu après la cérémonie. Pendant quatre ans, Lorena Bobbitt dit avoir été victime d’abus physiques (son mari la bat, l’étrangle), sexuels (il la force à avoir des rapports anaux, l’oblige à avorter) et psychologiques (il menace de la faire expulser du territoire).

    Une histoire de violences conjugales tristement banale qui se serait peut-être terminée par un entrefilet dans un journal local le jour où John aurait mis ses menaces à exécution et aurait tué sa femme. Le couple a pourtant été propulsé, en 1993, à la une des tabloïds du pays et vu son nom tourner en boucle sur les chaînes nationales. La nuit du 23 juin, Lorena Bobbitt, a commis « l’impardonnable » aux yeux du public américain. La jeune femme de 24 ans, après un nouveau viol conjugal, s’empare d’un couteau de cuisine et sectionne le pénis de son mari, alors qu’il est assoupi dans leur appartement de Manassas (Virginie), à quelques kilomètres de Washington DC. Elle s’enfuit avec, à la main, le phallus sectionné qu’elle jette par la fenêtre de sa voiture. L’organe, retrouvé dans une pelouse par la police, sera recousu au cours d’une opération de neuf heures – une prouesse qui vaudra même à John Bobbitt une brève carrière dans l’industrie pornographique.

    Le fait divers est relaté dans une série documentaire en quatre parties diffusée fin janvier au festival de Sundance et désormais disponible sur Amazon Prime Video, le service de streaming du géant du commerce en ligne. A la façon de la série Netflix Making a murderer, Lorena, réalisé par Joshua Rofé et coproduite par Jordan Peele (Get Out), donne la parole aux deux protagonistes et aux témoins de l’époque (policiers, médecins, voisins…), des interviews entrecoupées d’extraits du procès, diffusé en direct sur CNN en 1994.

    Plus qu’un fait divers

    Pourquoi revenir, un quart de siècle après, sur l’histoire du couple Bobbitt ? On se questionne, brièvement, lors du premier épisode, quand le documentaire flirte avec le cocasse, narrant sur la longueur l’ablation du membre viril (ce qui nous donne droit à une vision gore dont on aurait pu se passer) et sa quête (la police ira jusqu’à chercher dans le lave-vaisselle du couple pour le retrouver). Au fur et à mesure du visionnage, on réalise que Lorena raconte bien plus qu’un fait divers sordide. La série dépeint une société américaine dans laquelle la voix d’un homme mutilé a plus de valeur que celle de la femme qu’il a brutalisée pendant des années. Une société phallocentrée et phallocrate, dans laquelle les hommes ont le regard rivé sur leur entrejambe et un droit de vie ou de mort sur leur conjointe. « Elle a fait pire que de le tuer, elle a pris ce qui compte le plus pour un homme » , s’indigne sur un plateau télé l’un des frères du mari. Quand il menace d’assassiner sa belle-sœur pour se venger, le public l’ovationne. Cette-année là, plus de 2 000 femmes ont été tuées par leur partenaire aux Etats-Unis, sans que grand monde ne s’en émeuve.

    Décrite comme manipulatrice et impétueuse par la presse à scandale, Lorena Bobbitt devient aussi, à la manière de Jacqueline Sauvage en France, le symbole de l’épouse qui se rebelle face à son mari violent. La surmédiatisation du procès, au cours duquel la jeune femme fait le récit difficilement soutenable des abus subis, libère aussi la parole de celles, nombreuses, qui ont vécu des expériences similaires. « Quelqu’un a enfin fait ce que j’ai toujours voulu faire », dit une victime dans le documentaire. Face à l’afflux de témoignages, Lorena Bobbitt – innocentée par les jurés mais internée de force en hôpital psychiatrique – réalise qu’elle n’est pas seule. « Plus je parlais avec des victimes, plus je réalisais que les histoires étaient les mêmes que les miennes », explique celle qui dirige aujourd’hui une association caritative en Virginie. Désormais remariée, la quadragénaire n’est pas pour autant débarassée de son ex-mari. L’une des dernières séquences, glaçante, la montre assise devant les dizaines de lettres qu’il lui a envoyées ces dernières années, dans l’espoir de renouer. Reconnu coupable de violences contre deux autres compagnes, John Bobbitt n’a jamais été condamné pour celles dont son épouse l’accusait.

    #domination_masculine #violences #pénectomie #patriarcat #fraternité #pornographie #misogynie

    Le fait que ce violeur, harceleur, tortionnaire de femmes multirécidiviste aient eu une carrière dans le porno est à mon avis significatif. Voire aussi https://seenthis.net/messages/760513


  • Amazon Pullout Shows What Anti-Capitalist Organizing and Leftist Politicians Can Do
    https://theintercept.com/2019/02/15/amazon-nyc-hq2

    When Amazon, the monopsonistic retailer and ICE collaborator, announced last November that it would open its “second headquarters” in New York City, local resistance arose immediately. The day following the announcement, over 100 community activists, union leaders, and local politicians rallied in the Queens, New York, neighborhood of Long Island City — where Amazon planned to build – in opposition to the deal, which included $3 billion worth of government kickbacks. Yet while resistance to (...)

    #ICE #Amazon #domination #urbanisme


  • #LigueDuLol : Quand est-ce qu’on va enfin parler de la porn culture?
    http://ladyniniane.tumblr.com/post/182755868623/liguedulol-quand-est-ce-quon-va-enfin-parler

    Pour retracer tout cela en détails et avec plein de sources je vous conseille cette excellente page Reddit
    https://www.reddit.com/r/france/comments/ap2luk/megathread_sur_la_ligue_du_lol

    Le lien entre les deux ne m’a pas sauté au visage immédiatement, même si les membres de ce groupe rivalisaient de termes à connotation sexuelle orduriers et humiliants, et semblaient trouver hilarant de faire des montages pornographiques avec les visages de leurs victimes, et de les envoyer par exemple à des mineurs. Et puis j’ai appris qu’un des membres du groupe, Stephen des Aulnois, était le créateur du site Le Tag Parfait - le Magazine de la Culture Porn.

    Sans surprise, le site est contre la loi de pénalisation du client de prostitution, publie des articles bingo comme Mes 4 jours de sexualité queer et bdsm au Porn Yourself Festival, le tout en… écriture inclusive parce que oui, oui, voix de France Gall évidemment. Les pubs nous dirigent vers “le top des amateurs français de PornHub” tandis qu’une section intitulée “Le bon fap” rassemble des vidéos porno. Le site produit également du contenu original, et héberge des camgirls.
    image


    (C’est féministe on a dit !)

    #pornographie #misogynie #racisme #homophobie #fraternité #domination_masculine


  • Face aux critiques, Amazon renonce à implanter un nouveau siège à New York
    https://www.20minutes.fr/high-tech/2451575-20190214-face-critiques-amazon-renonce-implanter-nouveau-siege-new

    Amazon jette l’éponge. Le géant américain de la vente en ligne a annoncé jeudi qu’il renonçait à implanter un nouveau siège à New York, avec 25.000 emplois à la clé, devant les critiques de personnalités politiques new-yorkaises, hostiles au projet. « Après beaucoup de réflexion et délibérations, nous avons décidé de ne pas aller de l’avant avec nos plans de construire un nouveau siège » à New York, a annoncé l’entreprise fondée par Jeff Bezos sur son blog d’entreprise. « Un certain nombre de personnalités (...)

    #Amazon #domination #urbanisme


  • Amazon cancels plans for New York headquarters after fierce opposition
    https://www.theguardian.com/technology/2019/feb/14/amazon-new-york-news-cancels-hq-plans-ocasio-cortez-opposition

    Tech company says it has ‘decided not to move forward’ with giant campus in Queens Amazon has cancelled its plans for a new headquarters in New York City following a torrent of local political opposition. “After much thought and deliberation, we’ve decided not to move forward with our plans to build a headquarters for Amazon in Long Island City, Queens,” the company said in a statement. “For Amazon, the commitment to build a new headquarters requires positive, collaborative relationships with (...)

    #Amazon #domination #urbanisme


  • Ligue du lol : « Le problème de fond n’est ni Twitter, ni l’anonymat, mais une masculinité toxique » | www.nouveau-magazine-litteraire.com
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/soci%C3%A9t%C3%A9-f%C3%A9minisme/ligue-du-lol-%C2%AB-le-probl%C3%A8me-de-fond-nest-ni-tw

    À chaque fois, c’est la même chose. Grande stupéfaction, profond étonnement, sincère indignation quand des victimes se mettent à parler, puis d’autres dans leur sillage, que le sujet monte, que l’on découvre qu’il y a des rapports de domination. Que certains, ceux qui bénéficiaient d’une forme de pouvoir et de prestige humilient, harcèlent, agressent celles et ceux qui sont privés de ce fameux pouvoir. On critique ce milieu odieux, on s’offusque, le soufflet retombe puis un autre finit immanquablement par monter. Un autre, différent, et pourtant toujours le même.

    On reste l’œil sur un petit milieu, le milieu du cinéma, celui des assistantes parlementaires, celui des avocats, celui de Polytechnique, du conservatoire de musique, des écoles de médecine, des jeunes journalistes web. Mais quand verra-t-on que l’addition de tous ces petits milieux forme un tout qui s’appelle la société française ? Quand passera-t-on de l’indignation devant le comportement de quelques uns, circonscrits à un petit territoire, à une réflexion sur les rapports de domination qui minent notre société dans son ensemble ?


  • La ligue du lol est la manifestation d’un problème plus large : « nous ». – Pixellibre.net
    http://pixellibre.net/2019/02/la-ligue-du-lol-est-la-manifestation-dun-probleme-plus-large-nous

    Premièrement, messieurs, nous sommes des privilégiés. Oui nous sommes, par rapport aux femmes, aux personnes racisées, aux personnes des communautés GRSM (LGBT+ pour résumer et tenter de n’exclure personne sans en arriver à un LGBTQI-je-suis-désolé-je-ne-sais-plus-la-suite), des personnes privilégiées.

    Nous n’avons pas besoin de nous battre pour prouver notre légitimité, nous n’avons pas besoin de faire trois fois plus d’efforts pour convaincre, on ne nous manque pas de respect 50 fois par jour, on ne se fait pas siffler dans la rue pour un oui pour un non, on ne se fait pas traiter de pute ou autre parce qu’on refuse de donner notre numéro de téléphone, on ne se fait pas (oui cette phrase va être TRES longue) dévisager de la tête aux pieds lorsqu’on rentre dans un endroit quelconque, on ne se fait pas insulter de salopes ou autre quand on a eu de nombreuses partenaires sexuelles dans notre vie, et les gens ne se disent pas « il en a baisé des nanas, il doit en vouloir plus, forcément », on ne nous apprend pas à avoir peur dans la rue parce qu’un mec peut surgir de nulle part et te faire du mal, on ne nous dit pas que ne pas se raser c’est moche, à poste et compétences équivalentes, nous sommes payés plus que les femmes dans bien des secteurs d’activité, on ne se moque pas de nous quand nous ne comprenons pas quelque chose mais on nous explique, on ne nous dit pas « mais t’as pas baisé » quand on réagit mal à une blague prétendument drôle. On ne nous impose pas un culte du corps, de la beauté, et bien d’autres dictats. Nous, on a des poches de jean qui servent à quelque chose, et si tu rigoles à cet exemple, tu vas aller te renseigner. Nous, on ne viendra pas nous insulter ou nous casser la gueule parce qu’on aime quelqu’un du même sexe ou parce qu’on en a changé. On ne nous dira pas que nos pratiques sexuelles sont déviantes, on ne nous stigmatisera pas, on ne nous montera pas du doigt, on ne se sentira ni mal, ni sales, quand les gens parleront de nous. Nous, les gens vont d’abord regarder nos compétences avant de regarder notre visage ou nos formes.


  • Huawei tells New Zealand : banning us is like banning the All Blacks
    https://www.theguardian.com/technology/2019/feb/13/huawei-tells-new-zealand-banning-us-is-like-banning-the-all-blacks

    Chinese tech company uses full-page ads to push for inclusion in 5G rollout despite concerns it is a security risk China’s Huawei has taken out full-page ads in major New Zealand newspapers in which they equate the idea of ban on the company to a rugby tournament without the All Blacks. The advertisement reads : “5G without Huawei is like rugby without New Zealand”, referring to the upcoming nationwide rollout of the mobile technology. National telco Spark has been temporarily banned from (...)

    #Huawei #domination #lobbying