• A Generation Grows Up in China Without Google, Facebook or Twitter
    https://www.nytimes.com/2018/08/06/technology/china-generation-blocked-internet.html

    Wei Dilong, 18, who lives in the southern Chinese city of Liuzhou, likes basketball, hip-hop music and Hollywood superhero movies. He plans to study chemistry in Canada when he goes to college in 2020. Mr. Wei is typical of Chinese teenagers in another way, too : He has never heard of Google or Twitter. He once heard of Facebook, though. It is “maybe like Baidu ?” he asked one recent afternoon, referring to China’s dominant search engine. A generation of Chinese is coming of age with an (...)

    #Google #Tencent #Baidu #Facebook #Instagram #Twitter #WeChat #algorithme #smartphone #domination #censure #TikTok #web #surveillance (...)

    ##TheGreatFirewallofChina


  • How social media took us from Tahrir Square to Donald Trump
    https://www.technologyreview.com/s/611806/how-social-media-took-us-from-tahrir-square-to-donald-trump

    To understand how digital technologies went from instruments for spreading democracy to weapons for attacking it, you have to look beyond the technologies themselves. 1. The euphoria of discovery As the Arab Spring convulsed the Middle East in 2011 and authoritarian leaders toppled one after another, I traveled the region to try to understand the role that technology was playing. I chatted with protesters in cafés near Tahrir Square in Cairo, and many asserted that as long as they had the (...)

    #Google #Facebook #Twitter #Instagram #algorithme #manipulation #domination #web (...)

    ##surveillance


  • David Cayla : « La loi de l’offre et de la demande est une fable » - Le Soir Plus
    http://plus.lesoir.be/173546/article/2018-08-17/david-cayla-la-loi-de-loffre-et-de-la-demande-est-une-fable

    il est illusoire de croire que la #concurrence puisse spontanément faire disparaître les pouvoirs de #marché. Dans l’industrie et l’#économie numérique – les fameux Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) – ce sont les producteurs qui dominent. Dans l’agriculture, ce sont les centrales d’achats et les transformateurs qui dictent leurs prix aux producteurs. En somme, dans le monde réel, les #prix sont presque toujours le résultat de rapports de force. La fable bien pratique de la « loi » de l’offre et de la demande sert à masquer cette réalité. Selon moi, son plus grand défaut est qu’elle donne l’impression que les prix – et donc les revenus de chacun – sont le résultat de leurs contributions à la prospérité commune. Cela n’est presque jamais le cas. Il n’y a ni justice ni équité spontanée dans les prix de marché. Il est donc nécessaire de les réguler socialement si l’on veut éviter la #domination économique des plus puissants.



  • De l’idéologie romantique au travail conjugal – prendre soin du conjoint au détriment de soi ? | Une sociologue chez le coiffeur
    https://systemececilia.wordpress.com/2018/04/08/de-lideologie-romantique-au-travail-conjugal-prendre-soin-

    Dans plusieurs articles, j’ai réfléchi à l’idéologie romantique et j’ai parlé un peu de mes expériences et celles de mes proches concernant les relations amoureuses hétérosexuelles. En les relisant, et en lisant l’article de My Sage Diary sur le mythe de l’amour romantique comme un événement transcendant, magique, qui va illuminer notre vie et qui va nous permettre de devenir une meilleure version de nous-mêmes ; je me suis dit qu’ils s’inscrivaient dans la même logique, et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser pour la mettre au jour.

    #couple #féminisme #amour #romantisme #travail_conjugal #célibat


  • Google, Facebook… Glisse-t-on vers une algorithmocratie ?
    https://www.rtbf.be/auvio/detail_democratie-en-question-s-episode-6?id=2377898

    Dans tous les secteurs de nos vies, nous laissons des données qui permettent à de grands acteurs de l’internet (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft,…) d’établir nos profils de consommateurs, d’électeurs, d’assurés,… Face à cela, les états apparaissent souvent bien en retard et désarmés. L’affaire Cambridge Analytica l’a démontré à souhait. Alors, est-on en train progressivement de glisser vers une algorithmecratie ? Nous avons posé la question à Antoinette Rouvroy, chercheuse au FNRS et à l’Université (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Amazon #Facebook #algorithme #domination #BigData #profiling (...)

    ##algorithmecratie


  • Le patron du groupe de coiffure Dessange mis en cause pour harcèlement sexuel
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/08/11/le-patron-du-groupe-de-coiffure-dessange-mis-en-cause-pour-harcelement-sexue

    Elle avait bien noté une gêne, à l’issue de l’entretien, lorsqu’ils lui ont demandé ce qu’était devenue cette plainte pour harcèlement sexuel qu’elle avait déposée, en 2014, contre Benjamin Dessange, son ancien patron. Mais, comme elle et ses futurs potentiels employeurs s’étaient entendus sur le salaire, la voiture de fonction et sa date d’embauche, Annabel Talon est restée confiante. « On vous tient informée », ont-ils assuré. Les dirigeants de la société n’ont jamais rappelé. « Le monde de la coiffure est petit. Ils ont interrogé votre ancien employeur… », a fini par expliquer le cabinet de recrutement, trois semaines plus tard.

    Depuis le 11 juillet, Benjamin Dessange, 51 ans, président du groupe Dessange, est placé sous statut de témoin assisté pour « harcèlement sexuel » et « appels téléphoniques malveillants ». Le 2 août, les avocats d’Annabel Talon, Mes Patrick Maisonneuve et Charlotte Paredero, non satisfaits, ont demandé à la juge d’organiser une confrontation et de réentendre le PDG, en leur présence.

    #paywall #domination_masculine #violence_masculine #travail #harcelement_sexuel #culture_du_viol #omerta #victim_blaming

    Une plainte déposé en 2014, et rien ne bouge avant juillet 2018. La vicitime à par contre été pénalisé, perte d’emploi, complicité du milieu de la coiffure pour l’empeicher d’avoir à nouveau un emploi dans la coiffure. Le prévenu n’est même pas mis en examens, il est seulement « placé sous statut de témoin assisté ».


  • Facebook : la stratégie psychologique secrète pour pousser les jeunes à télécharger des apps
    https://www.numerama.com/tech/405514-facebook-la-strategie-psychologique-secrete-pour-pousser-les-jeunes

    Selon des documents internes révélés par BuzzFeed News, l’application tbh, rachetée par Facebook, avait développé une stratégie poussée sur Instagram pour que des adolescents aient envie de télécharger l’application. Les équipes de l’application « tbh » ont enseigné à Facebook une tactique extrêmement complexe pour pousser le jeune public à télécharger une app, en jouant notamment sur des leviers psychologiques. C’est ce que des documents internes à Facebook montrent, dans une enquête de BuzzFeed News du 7 août (...)

    #Facebook #Instagram #domination #addiction


  • Abus sur mineures par des YouTubeurs en situation de pouvoir : des témoignages anonymes s’accumulent
    https://www.numerama.com/politique/405233-abus-sur-mineures-par-des-youtubeurs-en-situation-de-pouvoir-des-te

    Une enquête de Mashable relaie plusieurs témoignages anonymes de personnes qui rapportent des abus de faiblesse de la part de YouTubeurs célèbres. Le début de la fin d’une omerta ? Un tweet le lundi, une enquête le mardi. En deux jours, plusieurs accusations ont été relayées à l’encontre de YouTubeurs non identifiés. La première provient du célèbre vidéaste Squeezie (5,1 millions d’abonnés sur Twitter, 11 millions sur YouTube), qui s’est fendu d’un tweet lundi 6 août 2018 : « Les YouTubeurs (…) qui profitent (...)

    #YouTube #domination #harcèlement


  • Slip ou boxer ? Les caleçons amples favorisent la production de spermatozoïdes, selon une étude
    https://www.20minutes.fr/sante/2319155-20180809-slip-boxer-calecons-amples-favorisent-production-spermato

    Sur 20 minute on découvre la spermatogenèse selon une « étude » récente !
    Ce qui est consternant c’est que l’article est orienté « si vous voulez devenir père ». La même étude donne tout autant le moyen de ne pas devenir père et ne pas ruiné le corps, la vie, la santé et la carrière des femmes.
    L’article est dans la rubrique « fertilité » alors que ca pouvait aussi bien être dans « contraception », et expliqué le principe du #RCT ou aborder le sujet de la contraception vis à vis du publique masculin qui en a grand grand grand besoin. Mais non, on ne va pas parler contraception aux homme, la seule chose qui interesse les hommes c’est comment pourrir la planete et la vie des femmes avec leur précieux jus de couilles.

    Le mot d’ordre : laisser respirer. Les hommes qui veulent devenir père feraient mieux de porter le caleçon plutôt que des sous-vêtements serrés, pour favoriser la production de spermatozoïdes, ont affirmé des chercheurs jeudi.

    Cette étude publiée par la revue Human Reproduction confirme, avec une plus grande rigueur que d’autres avant elle, ce que l’on soupçonnait déjà : plus les testicules respirent, mieux ils fonctionnent. « Les hommes qui portent des caleçons ont des concentrations en spermatozoïdes plus élevées que ceux qui portent des sous-vêtements plus moulants », a résumé la revue dans un communiqué.
    Les adeptes du caleçon avaient 33% de spermatozoïdes mobiles en plus

    Cette conclusion provient de spermogrammes réalisés par 656 hommes entre 2000 et 2017, dans le service d’assistance à la procréation du Massachusetts General Hospital à Boston (États-Unis).

    L’étude « est la première à dépasser l’accent mis traditionnellement sur la qualité du sperme et à comprendre des données sur une multitude d’indicateurs du fonctionnement testiculaire, tels que les hormones de la reproduction et les dégâts sur l’ADN du sperme », a avancé Human Reproduction.

    Les sujets de l’étude ont indiqué ce qu’ils portaient le plus souvent. Pour 53% c’était des caleçons, pour 47% des sous-vêtements plus serrés (boxer court ou boxer long, slip moulant ou autre). En ajustant avec d’autres facteurs pouvant influencer la qualité du sperme (état de santé, niveau d’activité physique, tabagisme, etc.), les adeptes du caleçon avaient 33% de spermatozoïdes mobiles en plus.
    Eviter pantalons moulants et ne pas passer trop de temps assis

    Par ailleurs, ceux qui portent des sous-vêtements serrés secrètent plus d’hormone folliculo-stimulante (FSH), qui stimule la production de spermatozoïdes. D’après les chercheurs, le corps compense ainsi une température trop élevée pour les testicules.

    « La production de sperme nécessite une température de 3 à 4°C inférieure à celle du reste du corps », a rappelé un professeur en médecine de la reproduction de l’université d’Édimbourg (Royaume-Uni), Richard Sharpe, cité par Science Media Centre. Lui et d’autres experts donnent d’autres conseils : éviter de porter des pantalons moulants, de passer trop de temps assis, et de prendre des bains très chauds.

    #natalisme #domination_masculine #contraception_masculine


  • #MeToo : le retour de bâton médiatique… dans les pages de L’Obs | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/165545/hommes-apres-metoo-dossier-lobs-masculinite-retour-baton-mouvement-feministe-e

    Un dossier spécial du dernier numéro de L’Obs interroge la condition des hommes après la libération partielle de la parole des femmes. Au lieu de s’inquiéter de leur bien-être, il aurait fallu se demander pourquoi ils n’avaient pas avancé d’un pouce.

    #domination_masculine #backlash #masculinité #déni #metoo #alliés


  • Dernières de cordée
    https://blog.monolecte.fr/2018/08/03/dernieres-de-cordee

    Nous devons absolument continuer d’être les pires chieuses de l’univers, parce que chaque fois que nous faisons mine de prendre des vacances, nous nous retrouvons immédiatement en fin de liste des combats sociétaux, quand nous n’en sommes pas tranquillement éjectées. Nous n’avons pas d’autres choix possibles que de remettre le couvert, jour après jour, sur […] L’article Dernières de cordée est apparu en premier sur Le Monolecte.

    #féminisme #lutte #femmes #domination


  • Au feu !
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2018/08/02/au-feu

    Les campagnes et les villes brûlent, ici et ailleurs, les températures montent, le changement climatique fait son œuvre. Au même moment, en France, une affaire entre toutes occupe toutes les ondes. Ou presque. Avec elle, ses commentaires, ses polémiques, ses non-dits… Le mois de juillet 2018 est fébrile et cache une pathologie sournoise et délétère. … Lire la suite →

    #Humeurs #domination #guerre #masculinisme #militarisation #racisme #religion


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa


  • Toulon : Un policier soupçonné de viol sur une détenue au tribunal
    https://www.20minutes.fr/faits_divers/2314219-20180727-toulon-policier-soupconne-viol-detenue-tribunal

    Un policier, âgé de 59 ans, et affecté au service des escortes du tribunal de grande instance de Toulon, a été mis en examen jeudi pour viol aggravé par une personne dépositaire de l’autorité publique.

    Il a été incarcéré, comme le rapporte Var-Matin. Le brigadier-chef avait été placé en garde à vue mardi sur décision du procureur.
    Fellation contre appel téléphonique ?

    Une femme de 35 ans a porté plainte pour viol, alors qu’elle était détenue dans les cellules du tribunal. Elle aurait demandé au policier qui la gardait d’aller aux toilettes, avant son transfert vers la prison des Baumettes dans l’attente de son jugement. C’est là qu’elle aurait pratiqué une fellation. Mais un appel à destination de la famille de la détenue a été retrouvé sur le téléphone du policier. S’agirait-il d’une contrepartie ?

    Selon une source proche de l’enquête, l’homme nie avoir formulé une telle demande. Il a été placé en détention provisoire jeudi soir par le juge des libertés et de la détention, après que le parquet a requis son incarcération.

    #police #viol #culture_du_viol #domination_masculine


    • J’ai tagué #vidéo, au cas où il y aurait un traitement spécifique pour les sources vidéos.

      Sinon, on a le discours en version intégrale :

      Voici le texte écrit et lu par Carole Thibault à Avignon :

      "Je vous remercie pour ce Molière.
      Probablement le seul Molière que je recevrai jamais.
      Ce n’est pas une question de talent, il n’est pas question ici de talent.

      Je suis désolée. J’avais commencé à écrire un truc rigolo.
      Un de ces trucs pour lesquels on fait appel à moi de temps en temps.
      Oh tiens si on invitait Thibaut. Elle est rigolote Thibaut. C’est une excitée rigolote. Elle nous casse bien un peu les coucougnettes avec ses histoires d’égalité femmes-hommes, mais elle est rigolote. Elle pique des gueulantes rigolotes, bien brossées. Et puis elle met des jolies robes. Elle porte bien. Elle fait désordre policé.
      On devient vite le clown de service. Le bouffon du roi.
      Et ici le roi, comme ailleurs, c’est la domination masculine.
      Il a beau faire GENRE, le roi, il est et reste la domination masculine.
      Et moi j’en ai ma claque d’être la bouffonne de service de la domination masculine.

      Il y a deux ans, ici même, Thomas m’avait invitée à écrire et dire un texte sur l’absence des autrices, des auteurs femmes, donc, dans le festival d’Avignon depuis sa création. Plus précisément dans la Cour. La grande cour du théâtre. La cour d’honneur.
      La Cour d’honneur c’est comme les Molière.
      Quand tu es une femme artiste, une de ces femmes qui a la prétention d’être de ce côté-là de la création, je veux dire autrice, metteuse en scène, conceptrice d’œuvres, quand tu es une de ces bonnes femmes qui a cette prétention-là, tu sais que tout ça n’est pas pour toi.
      Mets-toi bien ça dans le crâne, petite bonne femme créatrice : la Cour d’honneur et les Molière ne sont pas pour toi.
      Ou alors tente le jeune public. Le jeune public ici c’est un endroit réservé aux bonnes femmes créatrices.

      Il y a deux ans, donc, j’étais ici même en train de déblatérer un texte sur la quasi absence des autrices dans le festival In, à l’invitation de Thomas.
      Cette année, deux ans après, Thomas joue dans la cour d’honneur, et moi je suis de nouveau ici, invitée cette fois par David, en train de déblatérer devant vous un autre texte censé être rigolo et bien enlevé sur la situation des femmes artistes-créatrices.

      Il y a deux ans, j’avais encore l’espoir que ça change, puisqu’on en parlait, ici, dans le cadre du festival In justement, de la non représentation scandaleuse des femmes dans ce festival depuis sa création.
      Il y a deux ans j’avais mis une belle robe et j’avais donc pondu un truc bien brossé, enlevé, rigolo, à la façon Thibaut rigolote. Et tout le monde avait bien ri. Et puis chacune et chacun était reparti à ses petites affaires après notre grande fête estivale du théâtre.

      Cette année, deux ans après donc, la programmation du festival IN, hors jeune public, présente 9% d’autrices femmes pour 91% d’auteurs hommes. (Pour les deux spectacles jeune public elles représentent 75%.)

      Cette année, deux ans après, la programmation "théâtre" représente 89,4% d’artistes créateurs hommes (auteurs et metteurs en scène) pour 10,6% d’artistes créatrices femmes.

      Cette année, deux ans après, sur la totalité des spectacles et expo programmées dans le festival IN, on recense 25,4 % d’artistes créatrices femmes. Et encore on peut remercier la SACD qui exige dans les Sujet à vif la parité. Sans ces petites formes performatives de 30mn chaque, il ne faut rien exagérer non plus, on ne serait même pas à 20% d’artistes créatrices femmes programmées.

      Je parle des spectacles, pas des lectures. Il suffit d’ouvrir le programme et de compter.

      C’est ce que j’ai fait l’autre matin. 1 fois. 2 fois. 3 fois. Pour être bien sûre. Parce que je n’arrivais pas à y croire. Et puis après je me suis mise à pleurer. Moi la grande gueule rigolote je me suis mise à pleurer comme une conne.

      On a beau être habituée, on a beau connaître tous les pièges, tous les cynismes, tous les détours de l’humiliation, être blindée, après tant et tant d’années de ça, il y a des fois où ça craque malgré tout. Mais franchement pleurer devant un programme du IN, c’est la honte. C’est minable même, à l’heure où peut-être un nouveau bateau rempli à ras bo

      rd de femmes, d’enfants, d’hommes, de vieillards, sombrait en méditerranée, et avec lui tous ces êtres qui s’en allaient ainsi par le fond nourrir les poissons, nous épargnant d’avoir à partager avec eux nos richesses dégoulinantes de paradis de la consommation.
      Bref.
      C’est pas le sujet.
      Ici nous sommes dans la grande fête du théâtre. Et je viens de recevoir un gros pavé.
      Il faut sourire, mettre des belles robes, être joyeux, légers et quelque peu potaches.

      Mais cette année, je suis désolée David, je n’ai pas envie de faire la bouffonne de service, en polissant ma colère brossée rigolote dans une joyeuse fête sur le genre, dans un festival, que certains journalistes, qui auraient mieux fait de faire leur travail de journalistes, ont qualifié de festival féministe.

      Cette année, j’en ai ma claque d’être la copine sympa de tous les copains sympas, les copains qui ont plein de copines femmes, les copains qui interrogent le genre, qui interrogent tout ce qu’on voudra, pendant que rien ne change.

      J’en ai ma claque de voir une majorité de femmes muettes, privées de paroles, venir s’assoir dans l’obscurité des salles pour recevoir là bien sagement la parole des hommes, la vision du monde portée par des hommes, dessinée par des hommes, en majorité blanc, en plus.

      D’accord pour l’intersectionnalité des luttes. D’accord pour lutter contre toutes les injustices, contre toutes les discriminations, contre la binarité si stupide et pathétique qui gouverne notre monde contemporain si moderne, comme il gouvernait l’ancien. Mais comment se fait-il que toute lutte semble écraser et annihiler la lutte pour l’égalité des hommes et des femmes ? Comment se fait-il que cette lutte-là soit systématiquement écartée, remplacée par une autre lutte ? Les femmes se sont fait niquer à la révolution française. Elles se sont fait niquer durant la Commune. Elles se sont fait niquer durant le Front Populaire. Elles se sont fait niquer en 68. Et elles se font encore niquer au festival d’Avignon 2018, ce grand festival dont le thème revendiqué cette année est … le genre, et dont une des seules rencontres thématiques programmées qui aborde le sujet s’intitule « les femmes dans le spectacle vivant, doit-on craindre le grand remplacement ? » Je n’épiloguerai pas sur le concept de grand remplacement, concept xénophobe développé actuellement par l’extrême droite. C’est p. 27 du programme si vous voulez vérifier. Et si vous voulez y aller pour protester ça tombe bien c’est aujourd’hui même à 14h30 aux ateliers de la pensée.

      Et c’est comme ça qu’on se fait niquer, depuis de siècles, des décennies, des années, des mois.
      Ce n’est pas seulement sociétal, politique. Ça s’inscrit dans nos chairs, dans les recoins les plus obscurs de nos cerveaux, dans nos inconscients, nos subconscients. Cela gangrène toutes nos vies. Ce ne sont pas que des chiffres et des statistiques. Et pourtant ceux-là il faut les faire, les analyser, pour regarder bien en face notre humiliation, pour regarder bien en face le système qui nous exclue, au grand jour, aux yeux de tous, sans que personne n’y trouve à redire. Il faut les analyser, ces chiffres, pour avoir une grille de lecture précise du réel, pour comprendre ce qui se passe réellement. Quitte à se mettre à pleurer alors comme une conne, comme une pauvre fille qui y a cru cette fois, au grand amour, à la rencontre possible, et qui se retrouve au matin toute seule, après s’être fait niquer encore une fois.

      Bon, on ne va pas jeter la pierre, ou plutôt le pavé, à Olivier. Où qu’il soit aujourd’hui, il doit déjà bouillir sur sa chaise. Et vue la chaleur qu’il fait... Il y a eu bien assez des curés qui ont fait cramer des femmes à cause de leurs vagins, on ne va pas se mettre à faire bouillir des artistes directeurs de festival à cause de leur programmation, simplement parce qu’ils sont un peu en dessous de la moyenne nationale.

      Parce que dans la totalité du spectacle vivant aujourd’hui en France, 23% seulement des subventions publiques d’état vont à des projets portés par des artistes femmes, parce que qu’elles ne représentent que 11% des spectacles programmés sur toutes les scènes et parce qu’elles ne reçoivent que 4 à 12% des pavés, pardon des récompenses. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’état lui-même, le haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes.

      Mais, après tout, sur les « scènes de l’institution » comme on dit, la part des autrices représente environ 22% et celle des metteuses en scène 35%. C’est loin d’être l’égalité, c’est sûr, mais bon on y travaille.
      Mais pas ici. Du moins pas encore, apparemment.

      Oui, cette année le IN fait Genre.

      Parce qu’on peut revendiquer haut et fort la liberté d’être à loisir homme, femme, ou les deux mélangés, il n’en demeure pas moins que quand tu nais avec un sexe de femme, ou quand tu deviens femme, que ce soit par le grand tirage au sort de la nature – ah zut pas de chance t’es née avec un vagin - ou par choix, tu fais partie de la caste de celles qui se font baiser, niquer, nier toute leur vie. Parce qu’avant d’être un genre, la sexuation est un déterminisme physiologique, totalement arbitraire, qui, selon que tu reçois un vagin ou une bite à ta naissance, te prédétermine comme sujet dominant ou dominé. Parce que le phallocentrisme et le patriarcat sont les petits rois qui continuent à gouverner ce pays, et particulièrement ce petit milieu cultivé, si fier de son ouverture d’esprit, si fier de sa soit-disant liberté de création, d’expression, de choix, si fier de ses prérogatives, si donneur de leçon au monde entier.

      Le phallocentrisme et la domination masculine sont la honte de tout le milieu intellectuel, artistique et culturel de ce pays. Ils sont la honte de chaque artiste de ce pays et d’ailleurs. De chaque institution qui ne respecte pas une juste redistribution de l’argent public. De chaque directeur de lieu, de galerie, de festival, qui ne fait que représenter et reproduire à l’infini la pensée dominante.

      L’écrasement des femmes par les hommes est le premier crime contre la pensée humaine. Il produit des millions de meurtres chaque année. C’est un crime qui se perpétue depuis des millénaires, qui se poursuit partout et trouve ses racines malheureusement ici aussi, sur ces espaces sacrés du théâtre qui devraient être au contraire les lieux sacrés de la parole libre et émancipatrice.

      Je ne veux pas de ta récompense, David. C’est comme un gros pavé reçu en pleine gueule.

      Et hors les chiffres, désormais, sachez-le, nous ne croirons plus rien. Pour ne plus subir la honte de pleurer encore. "

      Carole Thibaut - 13 juillet 2018

      #sexisme #patriarcat #domination_masculine #arts #spectacle #discours #femmes #féminisme

    • Oui ! Et elle égratigne au passage ceux qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre, se montrer magnanimes (proféministes !) ET garder leur place en refusant d’envisager qu’ils la doivent avant tout à leur genre. Comme ces universitaires proféministes qui deviennent professeurs dans des labos où un tiers seulement sont des femmes.


  • Violences sexuelles : UNE VOLONTE DE NE PAS CONDAMNER – Le blog de Christine Delphy
    https://christinedelphy.wordpress.com/2018/07/23/violences-sexuelles-une-volonte-de-ne-pas-condamner

    A la rigueur, condamner un violeur multirécidiviste comme celui de la Sambre, parce que là, il y a vraiment trop de victimes. Mais condamner les violeurs incestueux, les violeurs conjugaux, etc., pas question. Finalement, ils ne trouvent pas ça si grave – il y a un fossé effarant entre la lettre du Code pénal et la réalité des condamnations. Seulement 1% de condamnations en Cour d’assise, ça montre bien qu’il y a une mauvaise volonté judiciaire absolue. 80% d’affaires classées sans suite – quand on voit les raisons de ces classements sans suite, on voit bien qu’il y a une volonté de ne pas suivre.

    Ce sont les enfants, et surtout les filles, qui sont de loin les principales victimes des violences sexuelles : on parle de 93 000 viols subis par les filles, il y a beaucoup plus de filles que de femmes qui sont violées. Et quand on parle de 81% de viols avant 18 ans, c’est 51% avant 11 ans et 21% avant 6 ans ! Et 50% ont lieu dans la famille. Ça, on en parle très peu : en ce qui concerne les violences sexuelles sur enfants, la famille, c’est le lieu le plus dangereux. Il n’y a pas de campagnes là-dessus, c’est comme si ça n’existait pas. Et de toute façon, les enfants appartiennent à leur famille, donc les parents auraient le droit de leur faire ce qu’ils veulent. Et il y a le cas des personnes très vulnérables, qui sont oubliées et presque jamais citées : les femmes handicapées subissent énormément de violences sexuelles, et pas seulement les plus jeunes, de même que les femmes qui présentent des troubles liés à l’autisme. Les derniers chiffres qui sont sortis pour les violences sexuelles sur ces femmes, c’est 90%. Toutes les formes de handicap mental sont concernées, toutes les femmes qui présentent des troubles développementaux tels qu’elles n’ont pas la capacité de comprendre ce qui se passe ni de pouvoir s’opposer – ce sont elles qui vont être agressées en priorité. Et ce qu’on ne dit pas suffisamment, c’est que le fait d’avoir subi des violences dans la petite enfance est un facteur extrêmement important de subir d’autres violences plus tard. Du fait de leur impact traumatique gravissime, du fait qu’elles sont souvent isolées, pas protégées, ces femmes vont subir de nouvelles violences tout au long de leur vie, sans que ça émeuve grand’monde. Il y a cette vision de la société : tant pis pour les plus vulnérables – c’est celles qu’il faudrait le plus protéger qu’on laisse tomber.

    F. S. : Vous citez ce chiffre : les filles qui ont été victimes d’agression dans leur enfance ont jusqu’à 25 fois plus de « chances » d’être victimes de violences « conjugales » à l’âge adulte.

    M. S. : 25 fois, c’est le ratio maximum, le chiffre moyen c’est 16 fois. Et inversement, les hommes qui ont subi des violences physiques et sexuelles dans l’enfance ont 14 fois plus de risques de commettre des violences plus tard. Il est donc doublement important de protéger les enfants, qui sont pourtant les grands oubliés des politiques publiques. J’ai écrit une lettre ouverte au Président de la République, qui m’a répondu ; j’ai écrit aussi une lettre ouverte à Agnès Buzyn pour l’alerter sur les violences et violences sexuelles sur enfants et les problèmes de Santé publique majeurs que ça représente. Comme le Président de la République lui a renvoyé ma lettre, là, elle m’a répondu en disant : « chère Madame » (et non pas « cher confrère, je suis médecin, elle est médecin, c’est déjà un peu particulier de ne pas prendre en compte mon statut de médecin). Et tout ce qu’elle a répondu, c’était essentiellement : « ne vous inquiétez pas, on fait ce qu’il faut ». J’ai d’ailleurs posté la lettre sur les réseaux sociaux. Tout démarre dans l’enfance, et on peut toujours essayer d’améliorer les droits des femmes, œuvrer pour les protéger un peu mieux des violences au travail – tout ce qu’on entend en ce moment – ça ne changera rien à la problématique, on aura toujours autant de violences si on ne les prend pas à la source.

    • @nepthys dans Touchez pas au grisbi qui est on ne peut plus misogyne (si je me souviens bien les femmes y ont des rôles d’inférieures merdiques avec des textes d’une ou deux phrases maximum) Jeanne Moreau se plaignait de Gabin qui avait pris plaisir à refaire la scène de la gifle hyper violente plusieurs fois.
      Mais ce film est toujours présenté comme un chef d’œuvre sans aucune mention de son virilisme.
      Et je ne trouve pas trace sur internet de critique de cette scène immonde. @le_cinema_est ?

    • Oui !
      Ce sont les petites manifestations quotidiennes de la domination masculine qu’il faut traquer et dénoncer, pas seulement l’anachronisme de la violence physique. La domination, qui passe par tous les canaux de la culture, des institutions et des comportements fonctionne toujours parce que les femmes ne questionnent pas encore assez cette intériorisation.
      Tant qu’une femme trouvera normal de ne pas transmettre son nom à ses enfants, tant qu’une mère hésitera à laisser son petit garçon porter une jupe ou jouer à la poupée, tant que personne ne relèvera que certains livres d’histoires des collèges nomment les exploratrices (quand ils acceptent de nommer ces invisibles !) par leur prénom dans le texte, mais les hommes par leur nom, tant que dans le contrat de vente d’une maison, la notaire trouvera normal de nommer la vendeuse « le vendeur » (vécu la semaine dernière), tant que dans une auto les femmes laisseront le volant à l’homme (amusez-vous à compter…), tant qu’elles croiront que faire l’amour avec un homme implique forcément la pénétration, tant qu’elles croiront ne pas être capable de se servir d’un marteau-piqueur, alors cette domination continuera de se nourrir de notre inconscient à toutes et à tous.

      #stéréotypes #domination_masculine #non_émancipation_féminine #devoir_de_révolte

    • @nepthys je ne suis plus d’accord avec ce discours qui rend responsables les femmes de ce qu’elles vivent comme les mères de l’éducation qu’elles donnent à leurs enfants.
      Je vis ça dans un groupe de logiciel libre formé à 97% d’hommes, où la plupart pensent ne pas avoir à se questionner du pourquoi il n’y a pas de femmes dans ce groupe. Leur réponse est que ce n’est pas un problème pour eux, que la solution ne peut venir que des femmes. Y’en a un peu marre de pointer du doigts les femmes alors qu’elles suffoquent et crèvent de cette domination masculine qui ne se remet jamais en question. Qui n’a besoin des femmes que pour toujours mieux leur taper dessus.

    • Je suis d’accord avec toi @touti surtout que le coté « tant qu’une femme fera si ou ca, on s’en sortira pas » me fait dire qu’on y arrivera jamais. Il y aura toujours des « femmes de droite » qui se satisfont des miettes que la société leur concède. Il y a moyen de retourné ce que tu dit @nepthys de manière moins injonctive pour les femmes. Par exemple : « Tant que des hommes trouveront normal de transmettre leur nom (et celui de tous les mâles de leur lignée qui ont opprimés et effacés toutes les femmes de leur lignés) aux enfants que des femmes ont portées ».

    • Mais, c’est l’histoire de la poule et de l’œuf. Ou commencer ? Qu’est-ce que la domination, sinon l’intériorisation de règles arbitraires que l’on prend pour naturelles, donc l’image à laquelle beaucoup de femmes se conforment inconsciemment faute d’avoir questionné cette « naturalité ». Les femmes qui acceptent cela, ce n’est de toute évidence pas toi @touti, ce n’est pas toi @mad meg, ce n’est pas moi, mais c’est probablement une majorité des femmes de 4 à 116 ans de cette terre, de droite ou de gauche, certainement plus de droite, probablement plutôt de nulle part, apolitiques et sages, ou apolitiques car épuisées, ou apolitiques car muselées. Si elles prennent conscience ne serait-ce que du mécanisme de la domination masculine ce sera bien plus efficace que d’attendre la même démarche de la part des hommes. Pourquoi un profiteur accepterait-il de changer les règles d’un jeu dont il tire profit ?
      Pour moi, et je le pratique, il est plus radical de commencer par soi-même et de refuser, au quotidien, des choses qui semblent mineures, voire ridicules, pour rompre cette logique. Et, aussi, de me questionner sans relâche sur mon propre conditionnement.
      C’est comme les quotas professionnels de femmes, oui, c’est indispensable à mes yeux, parce que 1. les femmes ont le droit d’être aussi incompétentes que les hommes et d’occuper pourtant des postes intéressants 2. un système aussi rodé que le système patriarcal a besoin d’être bousculé violemment dans un premier temps.
      La plupart des hommes trouveront toujours un tas d’arguments pour vouloir imposer leur propre nom aux enfants, mais ils ne le pourront qu’aussi longtemps que les femmes les écouteront et trouveront cela normal, elles aussi. Là est toute la perversion de la domination.
      C’est cette intériorisation que je dénonce. Je ne parlerai pas de responsabilité des femmes à propos de leur situation et à qui il incomberait d’en sortir par injonction. Les femmes sont tout simplement aussi conditionnées que les hommes dans cette histoire, et il me semble contre-productif de le nier. Je vois, au contraire, dans la prise de conscience par elles-mêmes de ce conditionnement un petit levier pour changer la donne.
      J’ai élevé mes quatre filles d’une certaine façon, j’ai cherché à leur transmettre ce que j’avais compris de la situation historique des femmes aujourd’hui et c’est moi seule qui ai décidé de leur éducation. En cela, oui, je suis responsable de mes choix d’éducation comme de tous mes autres choix, je ne suis pas responsable de la situation défavorable dans laquelle je me trouve en tant que femme, mais de ce que je choisis de faire contre, de mes actes d’insubordination, de ma lutte. C’est souvent lourd, c’est éreintant, cela me nuit parfois. Mais, même si je ne gagne pas toujours, je suis maîtresse de ma démarche. J’ai ce pouvoir, car je me le donne.
      Attendre des hommes qu’ils se libèrent eux-mêmes de leur carcan, c’est, comme dit, encore plus difficile (bien que je connaisse des hommes qui essaient sincèrement). Mais on ne va pas les prendre par la main. Si, face à eux, il y a des femmes qui ne jouent plus le jeu de la domination - et il y en a de plus en plus - ce sera toujours ça le grain de sable dans le système.

    • C’est pas attendre, plutot exigé. Ce que tu dit n’est pas faux @nepthys mais @touti et moi avons choisi de ne pas ajouté d’injonctions ou de pression aux femmes. Par exemple lorsque tu dit que : « Les femmes qui acceptent cela, ce n’est de toute évidence pas toi @touti, ce n’est pas toi @mad meg, ce n’est pas moi, mais c’est probablement une majorité des femmes de 4 à 116 ans de cette terre... »
      Je ne fait pas un sans faute par rapport à ton cahier des charges de la femme acceptable sur le plan féministe. Par exemple j’ai pas le permis de conduire et sur le partage des tâches j’ai pas toujours pu faire comme j’aurais souhaité de mon point de vue féministe, sans parlé de 1000 autres choses que je vais pas énuméré.... Il y a tellement de choses à faire, de domaine dans lesquels ca se passe que je suis toujours à un moment ou une autre une « mauvaise féministe ». Ce que tu dit met beaucoup de pression sur les femmes, catégorie dont je fait partie.
      Je sais que les hommes ne sont globalement pas près de bouger et que ca semble vain de s’adressé à eux, mais si on ne pointe pas leurs responsabilités ca ne risque pas d’arriver à leur cerveau. Ca me semble plus utile de les secoués eux et de leur faire entendre à eux mon/notre mécontentement, que de le faire aux femmes qui se mangent deja assez copieusement de la culpabilité.

    • Je vous comprends bien @mad_meg et @touti. Il y a plusieurs chemins qui mènent au même but, et c’est ça qui est appréciable et constructif : la diversité et les modèles alternatifs.
      Je me suis moi-même retiré beaucoup de la pression qui s’impose à quiconque lutte pour ses droits quand j’ai décidé d’inverser la donne, de ne pas me placer en situation de réaction par rapport à un état de fait, mais de me considérer comme maîtresse du jeu. Et pour cela, il a fallu que je prenne conscience de mon propre conditionnement. J’y ai mis du temps, avec des avancées, des reculs, des échecs, des victoires, mais un jour j’ai compris (je parle pour moi) que de me soustraire au conditionnement, que de me dés-approprier les réflexes qu’il induit, était la façon qui me convenait le mieux pour me libérer mentalement et oser, assurer et assumer mes actes parfois radicaux. C’est aussi ce que j’ai transmis à mes filles.
      Mon crédo est donc le suivant (et chacune a le sien) :
      1. Ne confondons pas violence et domination. Les deux principes, qui assoient le pouvoir exercé sur nous, marchent de paire et se conditionnent l’un l’autre, mais nous ne pouvons pas nous en défendre de la même manière : à la violence on répond avec les armes (lutte politique pour la justice et l’égalité, concertation, information, contre-violence (oui !)..). A la domination on ne peut répondre que par le noyautage des subtils mécanismes à l’œuvre.
      2. Sortons du discours chrétien de la culpabilité. Bien sûr, on nous inculque depuis que nous sommes petites qu’il y a quelque chose qui cloche avec nous, que notre comportement ne sera jamais le bon et qu’il y aura toujours faute (merci Eve et Adam) : lutter pour nos droits nous rendrait donc doublement coupables. Voilà un bel exemple de domination culturelle. Changeons de perspective, plaçons-nous dans le champ de la psychologie et non de la morale. J’ai moi-même mis des décennies à me débarrasser de ce travers. Ma subversion est à présent une démarche positive : je ne me sens pas acculée à faire tout le travail d’émancipation seule parce que je serais de genre féminin, mais parce qu’être de ce genre-là est une chance, que je l’assume, que je le mets en avant, que c’est immensément gratifiant pour moi, que je me sens forte et libre dans ma tête. A moins d’une idéologie (mais pourquoi pas), le libre-arbitre se constitue par confrontation, opposition et dépassement de notre conditionnement culturel.
      3. La prise de conscience par les femmes de leur propre conditionnement me semble tactiquement aussi nécessaire qu’une guerre frontale, en tout cas, le b.a.-ba pour faire table rase de notre automutilation mentale.
      4. Travailler sur soi-même, c’est ce que nous demandons aux hommes. Ne lâchons jamais prise, le chantier est trop vaste et les risques de régressions sont trop nombreux. Mais si nous travaillons sur nous-mêmes, nous obtiendrons deux émancipations au carré.
      Je ne me considère pas comme une « bonne féministe » (attention, jugement de valeur), je me considère comme une être humaine.
      En conjuguant nos démarches, en apprenant les unes des autres, nous irons beaucoup plus vite.

      #sororité

    • @nepthys Je ne dit pas que tu te considère comme une « bonne féministe ». Par contre ton énumération de départ m’apparait comme des exemple de mauvais comportements pointés seulement en direction des femmes pour dire qu’elles ne sont pas assez bonnes féministes. « Tant qu’une femme trouvera normal de ... » est une tournure quant même assez moralisante.

      Je suis toute à fait d’accord avec toi pour l’importance de la sororité et de la conjugaison des démarches, c’est pour cette sororité que @touti et moi n’aimons pas faire de reproche aux femmes et préférons mettre la pression sur la classe des hommes et c’est aussi dans l’idée de conjugaison de nos démarches qu’on t’a répondu pour te faire partagé nos choix radicaux et inhabituel (puisque l’habitude est porter la faute sur Eve, Lafâme, les femmes ca serait pas mal que du coté des féministes on en remette pas une couche). Il n’y a pas de désaccord sur le fond entre nous, nous sommes féministes.

    • Tu es courageuse, @touti, de partager ton expérience personnelle de la violence quotidienne faite aux femmes. C’est absolument révoltant. Nous avons toutes subi cette violence à des degrés divers et elle est inadmissible, sous quelque forme que ce soit.
      De nos expériences, chacune retient les aspects pour lesquels elle choisit de s’engager. Moi, j’ai été sensibilisée très jeune aux questions du conditionnement. Quand dans les années 1980, j’ai voulu présenter en cours de philo au lycée Du côté des petites filles (1973) d’Elena Belotti, ma prof a estimé que le sujet datait trop… Depuis, j’ai accumulé les expériences qui me montrent que le sujet ne date vraiment pas. Les stéréotypes sont là, plus subtils parfois, mais tout aussi prégnants, intériorisés selon le même mécanisme. Le détricotage de ce conditionnement des femmes autant que des hommes est le combat qui m’intéresse. Ce qui n’enlève rien à mes autres formes de lutte et de soutien.
      Oui, courage à toutes !
      #conditionnement


  • Google condamné à une amende de 4,34 milliards d’euros : que lui reproche la Commission européenne ?
    https://www.numerama.com/tech/395577-google-condamne-a-une-amende-de-434-milliards-deuros-que-lui-reproc

    Google a été condamné à une amende record pour « abus de position dominante » par la Commission européenne. En cause : des accords que la multinationale passe avec les constructeurs de smartphones concernant son système d’exploitation Android. Voici les arguments de la Commission, et la défense de Google. Google a été condamné à verser une amende record de 4,34 milliards d’euros (5 milliards de dollars) par la Commission européenne (CE), ce mercredi 17 juillet 2018, pour « pour pratiques illégales (...)

    #Google #GoogleSearch #smartphone #Android #domination


  • http://www.liberation.fr/france/2018/07/17/une-victoire-au-foot-c-est-aussi-le-moment-ou-les-hommes-reaffirment-des-

    Violences sexuelles
    « Une victoire au foot, c’est aussi le moment où les hommes réaffirment des valeurs virilistes »

    Mardi 10 juillet, 22h30. La France vient de battre la Belgique 1 à 0 et accède à la finale de la Coupe du monde, de quoi faire espérer une deuxième étoile sur le maillot des Bleus vingt ans après le premier sacre de 98. Avec ses amis, Julie, 26 ans, fête la victoire de l’équipe de France dans un bistrot du XVIIIe arrondissement de Paris, ravie de l’effervescence collective. Avant d’être victime d’une agression sexuelle en pleine rue. « Quand vient le moment de rentrer, je m’aperçois que le service de bus tourne au ralenti : le prochain est dans vingt minutes, je checke mon portable qui me propose un itinéraire – à pied – moins long et plus économique qu’un taxi, raconte-t-elle à Libération. Je traverse le périph pour rentrer chez moi quand un mec, visiblement bien imbibé – et pas que de ferveur footballistique – m’empoigne fermement les deux bras et me sort "Qui a gagné ? Qui a gagné ?" J’ai à peine le temps de répondre qu’il me saute dessus et force un bisou – sur la bouche. Je rentre en tremblant et en colère. »
    Main aux fesses

    Le récit de Julie, qui avait pourtant choisi de ne pas trop s’éloigner de chez elle afin de « pouvoir rentrer en sécurité » après la finale, n’est pas isolé. Comme elle, ces derniers jours, plusieurs femmes, et des témoins, ont fait part des violences sexuelles subies lors de ces moments de liesse populaire dans les rues de grandes villes françaises. Si les autorités policières n’ont pas communiqué sur le nombre de plaintes éventuelles déposées, la presse – à l’instar de BuzzFeed – s’est fait écho de plusieurs témoignages, la plupart du temps partagés sur les réseaux sociaux et en particulier sur Twitter. Citée par LCI mardi après-midi, une source judiciaire fait elle état à ce jour de deux interpellations à Paris pour agression sexuelle, dont celle lundi d’un individu pour des faits d’exhibition sexuelle.

    Une copine vient de se battre dans les rues de Paris pour ne pas être embrassée de force.
    S’il-vous-plaît, soyez vigilant-es et intervenez.
    — Juliette Lancel (@Oniromanie) 15 juillet 2018

    C’est par exemple le cas de Laura (1), 19 ans, qui vit aux Sables-d’Olonnes, en Vendée, agressée lors de la finale. « J’ai assisté à une partie du match au travail, puis je suis rentrée en voiture, détaille la jeune femme auprès de Libération. Dix minutes après être arrivée dans un bar, à 50 mètres de chez moi, deux grands gaillards ont commencé à discuter avec moi. Sauf qu’ils m’ont attrapée par la taille et m’ont demandé de les embrasser. Je les ai repoussés et je leur ai dit non un peu brusquement pour qu’ils comprennent. » Deux minutes après, un de leurs amis lui touche les fesses sans son consentement : une agression sexuelle, selon le code pénal. Laura décide de rentrer chez elle, mais les deux hommes repèrent sa voiture et viennent la solliciter à son domicile à deux reprises : « A la fin du match, ils sont venus toquer chez moi pour me demander de sortir "faire la fête avec eux", me dire que je n’avais "pas de raisons d’avoir peur", etc. Ils sont revenus vers minuit et j’ai failli appeler la police mais ils ont déguerpi rapidement après. »
    Violences banalisées

    Des agressions sexuelles ou des comportements sexistes qui ne sont pas spécifiques aux manifestations sportives, et qui se retrouvent dans différents types de grandes fêtes publiques en plein air : fêtes de Bayonne ou de Pampelune en Espagne, théâtre d’un viol collectif en 2016, ou encore festivals de musique. Ces dernières années, des festivalières se sont d’ailleurs exprimées pour dénoncer les agressions sexuelles dont elles avaient été victimes lors de ces événements musicaux. En mai, Vera Papisova avait raconté dans une enquête publiée dans Teen Vogue (dont Libération s’était fait l’écho) avoir été « pelotée 22 fois » contre son gré lors du festival Coachella, en Californie. La cinquantaine de festivalières qu’elle avait interrogées avaient elles aussi été agressées ou harcelées sexuellement lors du festival. Selon une étude américaine publiée en début d’année, 90% des femmes qui se sont rendues à un concert ont déjà subi une forme de harcèlement sexuel.

    « Ces problèmes se posent dans toutes les fêtes alcoolisées où les comportements sexistes et machistes s’aggravent, expliquait en 2016 à Libération Yves Raibaud, chercheur, géographe à l’université de Bordeaux-Montaigne et spécialiste des questions sur le genre et la ville. La conquête de la rue par les filles ne va pas de soi. On accepte qu’elles fassent la fête parce qu’on a besoin d’elles pour que ça soit "joli" dehors mais c’est à leurs risques et périls. […] La rue, comme les villes en général, reste un espace de domination masculine. » « Une victoire comme celle-ci au foot, c’est aussi le moment où les hommes réaffirment des valeurs virilistes, ou se sentent obliger de les réaffirmer, sous peine de ne pas être vus comme de vrais hommes, analyse de son côté l’anthropologue et urbaniste Chris Blache, à l’initiative de la plateforme de réflexion Genre et ville. Dans un événement de liesse, libérateur et bienvenu, il est aussi admis qu’on peut se lâcher, ce qui malheureusement banalise ces violences, très mal vécues par les femmes qui en sont victimes. »
    « On me dit que je gâche l’ambiance »

    Dans le sillage de #MeToo, certaines femmes utilisent les réseaux sociaux pour parler des agressions subies, y compris lors de ce genre d’événements. Contactée par Libération, Elsa (1), jeune femme de 29 ans à l’origine d’un thread qui a compilé sur Twitter des témoignages d’agressions et de harcèlement sexuel, explique avoir voulu montrer « la quantité et le contenu des témoignages pour que chacun se fasse son propre avis sur la question ». « Hier encore j’ai entendu dans des discussions avec mon entourage que les comportements dans la rue étaient tous "normaux" et "tolérables" compte tenu des circonstances et d’autres dires qu’une femme qui sort dehors, en ville, pour cet événement ne devrait pas s’étonner de ce qu’il lui arrive… » poursuit l’internaute d’origine toulousaine, restée en partie chez elle par peur de ne pas se « sentir en sécurité dans la foule ».

    « En 1998, cela ne devait pas être bien glorieux, mais on n’en parlait pas, complète la chercheuse Chris Blache. Depuis, même si le sujet reste complètement tabou au nom d’une certaine gauloiserie, la parole s’est libérée. » Mais gare au retour de bâton en ligne pour celles qui osent parler. « Après mon tweet, j’ai reçu quelques insultes, on me traite de menteuse, on me dit que je gâche l’ambiance, que je n’avais qu’à pas aller fêter la finale, que j’ai pris des risques, ajoute Laura. Comme si j’étais responsable des agissements des hommes. »

    #violences_sexuelles #culture_du_viol #masculinité #domination_masculine


  • Dimanche 15 juillet 2018 : scènes de violences dans toute le pays. Des « casseurs » se joignent au supporters en liesse. Certains « voyous » arborent un drapeau tricolore en pillant des magasins (quelle horreur ... mais pour une fois, les blacks blocks sont hors de cause)
    https://www.lci.fr/coupe-du-monde/coupe-du-monde-2018-finale-france-croatie-violences-sur-les-champs-elysees-ce-qu

    Mais aussi quantité d’agressions sexuelles qui ne seront pas enregistrées par la police, la plupart des femmes victimes ayant choisi de ne pas porter plainte. Le #sport, c’est la #guerre.

    « J’ai senti des mains qui me touchaient » : le soir de la victoire des Bleus, plusieurs cas d’agressions sexuelles - LCI
    https://www.lci.fr/societe/j-ai-senti-des-mains-qui-me-touchaient-le-soir-de-la-victoire-des-bleus-plusieur

    C’est le cas pour Eva, 19 ans bientôt. Avec deux amis, elle assiste au sacre des Bleus depuis la fan zone du parc Chanot, à Marseille, où elle est arrivée en avance. « L’endroit s’est rempli rapidement et les gens se collaient » nous explique-t-elle. "J’entendais rigoler derrière moi mais c’est à partir du troisième but que ça a commencé à dégénérer. Un des jeunes derrière moi a dit : ’au prochain but, elle est pour moi’.

    #flippant


  • « Simplement, il faisait des enfants à sa fille »
    http://www.zite.fr/simplement-il-faisait-des-enfants-a-sa-fille

    « Un inceste ordinaire »1, Léonore Le Caisne enquête auprès des habitants d’un village de Seine-et-Marne, témoins d’un cas d’inceste perpétré pendant vingt-huit ans. Un travail qui interroge les mécanismes collectifs banalisant les viols en famille et met en évidence le lien entre inceste et domination masculine.

    Propos recueillis par Julia Burtin Zortea Illustration de Yasmine Blum Pourquoi avez-vous choisi de réaliser une recherche sur l’inceste, et plus particulièrement à travers l’histoire singulière de Lydia G. ? En France, les sciences sociales ont participé à édifier le lieu commun selon lequel puisque l’inceste serait le tabou ultime et universel des familles, il n’existerait pas, ou alors de façon marginale [voir encadré ci-dessous]. N’existant pas, il ne saurait être un objet d’étude légitime. (...)

    #entretien #Z10


  • Le projet de « ville Google » prend forme à Toronto
    https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2018/07/08/le-projet-de-ville-google-prend-forme-a-toronto_5328019_4811534.html

    Les premières expérimentations doivent débuter cet été. Le public s’inquiète de la future gestion des données. A quoi ressemblera la « Google City » de ­Toronto ? Sidewalk Labs, la filiale consacrée à l’innovation urbaine de la maison mère de Google, Alphabet, doit ­dévoiler fin juillet les premières esquisses de son ambitieux projet de smart city dans la ­métropole canadienne. Loin des visions de science-fiction, les images diffusées jusqu’à présent se limitaient à des vues génériques de rues ­piétonnes, (...)

    #Google #algorithme #capteur #domination #solutionnisme #urbanisme


  • Google Is Building a City of the Future in Toronto. Would Anyone Want to Live There ?
    https://www.politico.com/magazine/story/2018/06/29/google-city-technology-toronto-canada-218841

    It could be the coolest new neighborhood on the planet—or a peek into the Orwellian metropolis that knows everything you did last night. Even with a chilly mid-May breeze blowing off Lake Ontario, this city’s western waterfront approaches idyllic. The lake laps up against the boardwalk, people sit in colorful Adirondack chairs and footfalls of pedestrians compete with the cry of gulls. But walk east, and the scene quickly changes. Cut off from gleaming downtown Toronto by the Gardiner (...)

    #Google #Paypal #algorithme #capteur #WiFi #domination #solutionnisme #urbanisme


  • Non, Neymar n’est pas une « pleureuse »

    Neymar et le Brésil sont éliminés de cette coupe monde par la redoutable équipe de Belgique. Mais si la star a fait principalement parler durant ce Mondial, ce n’est pas directement pour ses performances, mais pour son attitude jugée scandaleuse tant il semblait sur jouer l’épreuve de la douleur… Ce « comportement » associé aux larmes lâchées lors du match contre le Costa Rica a assigné à Neymar, l’image d’une « pleureuse ». Pourquoi lui attribuer une représentation sexuée ? Et à quelle dimension de l’histoire du sport ce fait médiatique renvoie-t-il ?
    L’éviction historique des femmes

    Pour rappel, la compétition sportive semble être un domaine où la séparation entre les sexes est la plus évidente et la plus effective. Si cette séparation repose sur l’a priori que les corps sont différents par nature et que par conséquent les performances aussi, il est dans ce cas utile de rappeler que le sport moderne s’est constituée majoritairement dans un univers composé d’hommes, et que les femmes en étaient exemptes. Les écrits de Pierre de Coubertin soutiennent d’ailleurs cette idée, puisque pour le Baron il était « impensable, impraticable, inesthétique, et incorrecte… une olympiade de femelles », les femmes ont pour rôle « de couronner les vainqueurs ». Donc, si aujourd’hui, les femmes sont deux fois moins présentes dans le sport de haut niveau, cela n’est pas dû à des critères « physiques », mais plutôt historiques et sociaux, tant l’entrée dans la sphère de l’élite sportive a été plus longue et perçue comme moins légitime. Une situation cristallisée par le fait les femmes sont encore moins nombreuses dans les sports professionnels collectifs, ceux qui justement bénéficient d’une meilleure visibilité médiatique. Cette arrivée tardive des femmes dans le sport de haut niveau ainsi que leur présence moins conséquente que celle des hommes sont le résultat de tout un processus de virilisation de la pratique sportive, qui n’a cessé de s’accentuer, notamment à travers le football.

    La virilisation des corps était déjà l’œuvre à l’apparition du sport, car comme nous le rappelle le sociologue anglais Eric Dunning, le sport moderne est à juste titre le « fief de la virilisation ». En effet, selon l’auteur de Sport et civilisation (avec Norbert Elias) l’activité sportive apparue au XIXe a été un moyen d’inculquer aux jeunes « mâles », des principes de virilité, propre à la condition des hommes de l’époque, et cela notamment afin de les préparer à des fonctions militaires et institutionnelles. De ce fait, le sport s’est, dès le début, attaché à transmettre à ses adeptes, une culture à la fois masculiniste, mais aussi dominante. Une transmission qui s’est accentuée jusqu’à aujourd’hui, par le biais de l’entraînement et des entraîneurs qui, comme le soumet la psychologue Claire Carrier, tendent à transformer les corps selon un ordre sexué bien déterminé. Et pour causse, le sport s’est donné pour tâche de façonner des identités et d’accentuer les différenciations biologiques. L’entraînement en travaillant sur le corps, sculpte celui-ci, afin qu’il présente des signes extérieurs de dureté, de puissance et de contrôle, et l’entraîneur par son discours inculque des dispositions mentales de résistance, de dépassement, et d’assurance. Soit autant de qualités correspondant à une masculinité supérieure occidentale, selon le sociologue américain Mickael Kimmel, puisqu’elles correspondent aux qualités socialement positives édifiées par classes dirigeantes.

    En un sens, le sport promeut par sa pratique une masculinité particulière se retrouvant au cœur de toutes les représentations, de telle sorte que le bon sportif est un sportif viril.

    Dans le cas de Neymar, son manque de résistance physique aux coups qu’il a pris, l’expression de sa douleur, ainsi que les larmes versées sous le poids de la pression sont autant de signes d’un manque de virilisme, et donc d’exemplarité sportive. Il se voit attribué, ainsi, des qualificatifs féminins, puisque son comportement est jugé non-sportif, et par là même amoral socialement (tricheur, capricieux, etc.). Aussi, cet exemple montre, une fois de plus comment l’opinion a intégré cette conception de la masculinité comme ordre naturel des choses dans le sport et comment, au fond, les vertus permettant la performance et l’exploit sont associées au masculin. En définitive, selon ses détracteurs, gardiens l’ordre moral sportif, Neymar, en pleurant, en ne faisant plus face à la dureté du sport, n’apparaît plus comme un sportif et encore moins comme un « homme ».

    Cette histoire nous rappelle comment le sport et la figure idéale typique du sportif se sont constitués à travers des valeurs virilistes, mettant l’accent sur une différenciation des corps afin de légitimer une domination. Le sport étant dans une certaine mesure le miroir de notre société, saisir ce qui se joue dans les représentations masculinistes du sport, c’est en somme essayer de déconstruire les rapports de pouvoir entre les sexes mais aussi entre les classes.

    Ca viens de libé et le mec arrive à ne pas utilisé le mot misogynie.
    #misogynie #sport #mâle_alphisme #compétition #domination_masculine


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    #CambridgeAnalytica #Facebook #algorithme #domination #BigData #procès


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    Plongeant au cœur de la Silicon Valley, une remarquable enquête sur les visées impérialistes des géants des nouvelles technologies, Google, Apple, Facebook, Amazon et autres Microsoft, qui ambitionnent de redessiner notre avenir. Dans la Silicon Valley, berceau des technologies numériques situé au sud de San Francisco, une armée de brillants jeunes ingénieurs détient tellement de données sur nos vies qu’elle est devenue toute-puissante. Emmené par les quatre géants de l’Internet, connus sous (...)

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    ##GAFAM