• La femme-objet ne fait pas vendre, elle rend malheureuse
    http://www.slate.fr/story/207608/publicite-vuitton-lea-seydoux-femme-objet-sac-nudite-vendre-nicolas-ghesquiere

    En mettant le corps parfait de #Léa_Seydoux dans une position lascive entre des draps pour vendre un sac, #Nicolas_Ghesquière fait comme s’il n’avait jamais entendu parler de « male gaze ».

    Avril 2021. On sait qu’on est encore loin de l’égalité mais on avance. Les femmes affirment leur parole, leur présence, leurs modes d’existence divers, leurs désirs de se représenter différemment.

    Et puis, un jour d’avril 2021, c’est l’accident. La sortie de route. Le déraillement complet. Brusquement, sur internet, on voit apparaître une nouvelle campagne de pub...

    « J’avoue que j’ai été un peu agacée par la pub avec Léa Seydoux qui se roule nue à côté d’un sac à main »
    Titiou Lecoq
    #regard_masculin

  • FIGHTING TALK
    [British novelist] Michael Moorcock talks to feminist activist, theorist, and author Andrea #Dworkin, and finds her keen to sort out a few false rumours.
    http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/MoorcockInterview.html

    But what happens when you find the inside worse than the outside? What happens when the marital bed with your revolutionary lover/husband is worse than any two-second fuck in any alley? I was a believer in sexual liberation, but more important I had believed in the unqualified goodness of sex, its sensuousness, its intensity, its generosity. I’ve always loved being alive. I’ve no interest in suicide, never have had. The battering destroyed me. I had to decide whether I wanted to live or die. I was broken and ashamed and empty. I looked at #pornography to try to understand what had happened to me. And I found a lot of information, about power and the mechanisms by which the subordination of women is sexualised. I want you to understand that I didn’t learn an ideology. For me, it’s been a living journey. I began to examine the use of force in sex, as well as the kind of sadism I’d experienced in prison. I had so many questions, why do men think they own women? Oh, well, they do; here are the laws that say so; here’s how the pornography says so. Why do men think women are dirty? Why is overt violence against women simply ignored, or disbelieved, or blamed on the woman?

    I read all I could and still found the richest source of information on women’s lives was women, like me, who wanted freedom and were willing to fight for it. But a big part of the fight was facing facts; and facts had a lot to do with what men had done to us, how men used us with or without our own complicity. In pornography I found a map, a geography of male dominance in the sexual realm, with sex clearly defined as dominance and submission, not as equality or reciprocity.

    #pornographie comme géographie de la #domination_masculine

    • Most men and a good number of women experience sexual pleasure in inequality. Since the paradigm for sex has been one of conquest, possession, and violation, I think many men believe they need an unfair advantage, which at its extreme would be called rape. I don’t think they need it. I think both intercourse and sexual pleasure can and will survive equality.

    • What do you say to committed feminists who disagree with your approach to pornography and say porn is merely one manifestation among many of a problem with deeper roots?

      Andrea Dworkin: I say solve the problem you think is more urgent or goes deeper. Pornography is so important, I think, because of how it touches on every aspect of women’s lower status: economic degradation, dehumanisation, woman hating, sexual domination, systematic sexual abuse. If someone thinks she can get women economic equality, for instance, without dealing in some way with the sexual devaluation of women as such, I say she’s wrong

    • Michael Moorcock: What do you think about the current shift to the right in US politics?

      Andrea Dworkin: Here, in blaming and shaming the oppressed, the powerless, the left colludes with the right. There’s no reason to look to the left for justice, so people look to the right for order. It’s pretty simple. The victory of the right also expresses the rage of white men against women and people of colour who are seen to be eroding the white man’s authority. The pain of destroying male rule won’t be worse than the pain of living with it.

  • « Sur le trottoir, l’Etat », de Gwénaëlle Mainsant : policier du sexe, un travail « émotionnel »
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/03/04/sur-le-trottoir-l-etat-de-gwenaelle-mainsant-policier-du-sexe-un-travail-emo

    « Sur le trottoir, l’Etat. La police face à la prostitution », de Gwénaëlle Mainsant, Seuil, « La couleur des idées », 346 p., 24 €, numérique 17 €.

    Des mythes et fantasmes qui entourent le travail policier, ceux qui concernent la brigade de répression du proxénétisme, parfois appelée « la mondaine », sont parmi les plus endurants. Ils sont faits de grands flics rudoyant de beaux voyous, de mères maquerelles et de clients aux mœurs scabreuses. Pourtant, constate Gwénaëlle Mainsant dans Sur le trottoir, l’Etat, « en l’espace d’un demi-siècle, la mondaine a été dépouillée de son autorité sur le sexe ». Fini le contrôle de l’homosexualité, de l’adultère ou de l’obscénité. La lutte contre le proxénétisme est devenue le dernier instrument de la police du sexe dans notre société.

    Mise en concurrence
    Pour comprendre comment fonctionne cette police, il fallait observer les policiers chargés de surveiller la prostitution, ces « agents de l’ordre social et sexuel », comme l’écrit la sociologue, qui s’y est attelée à Paris pendant plusieurs mois à la fin des années 2000, période de profonde mutation en la matière. Les prostitués non francophones originaires d’Asie, d’Afrique ou d’Europe de l’Est remplacent alors les « traditionnels » – les prostitués français – sur les trottoirs des grandes villes, rendant le travail policier plus malaisé.

    La loi et la hiérarchie policière, a contrario, imposent aux agents un contrôle plus strict de ce « gibier de police ». Elles mettent aussi en concurrence des services porteurs de visions très différentes de la prostitution. La prostituée interpellée par la mondaine est une victime du proxénétisme qu’il faut mettre en confiance pour obtenir des renseignements sur le réseau qui la fait travailler. La même, interpellée par les unités créées après 2003 pour réprimer le nouveau délit de racolage, est l’autrice d’une infraction qu’il faut verbaliser et intimider.

    Ces tensions dans le « gouvernement de la prostitution » découlent de l’adoption, au cours de la même période, d’une doctrine abolitionniste visant, sinon à faire disparaître la prostitution, du moins à la rendre invisible. Le travail des policiers, depuis lors, est devenu en grande partie un travail de « qualification » et non de régulation de la prostitution : il s’agit en effet de choisir, parmi les multiples formes de cet « illégalisme », celles sur lesquelles se concentrer, de les distinguer des autres, d’attribuer un rôle aux divers protagonistes (coupable ? victime ? indic ?) et de qualifier pénalement les faits.

    #paywall

    • Un cadre viril jamais questionné

      C’est lorsqu’il s’agit de comprendre les incertitudes contemporaines qui pèsent sur cette tâche que le livre devient passionnant. Par exemple lorsque Gwénaëlle Mainsant analyse le travail émotionnel auquel se livrent les policiers masculins avec les prostituées féminines, un jeu dans lequel l’altercation n’est jamais loin de la familiarité, et celle-ci de la complicité ou de la séduction. Ce jeu a aussi un prix : pour que des hommes puissent assumer ce travail émotionnel, d’habitude l’apanage des femmes, il faut que celui-ci soit compensé par un cadre viril jamais questionné, qui confère aux hommes policiers le contrôle de la sexualité des femmes prostituées.

      « Sur le trottoir, l’Etat » enrichit aussi la discussion, toujours très vive, sur la place de la police dans notre société

      C’est ce cadre qui explique notamment le peu d’empressement des policiers à enquêter sur les prostitués transgenres et la prostitution masculine, qui ne leur permettent pas la même gamme de jeu sur le genre. Paradoxalement – la sociologue souligne qu’ il y a là une exception en matière de sociologie de la déviance –, c’est ce cadre conventionnel du travail policier qui protège les transgenres et les travestis d’un contrôle policier tatillon, au lieu de redoubler la stigmatisation sociale dont ils sont victimes.

      Ce livre remarquable ne se lit pas seulement comme une contribution majeure à l’analyse du « gouvernement de la prostitution », une question étonnamment absente des controverses contemporaines sur le genre alors qu’elle était, dans les années 1990, au cœur de tous les débats sur l’émancipation féminine et les violences faites aux femmes.

      Il enrichit aussi la discussion, elle toujours très vive, sur la place de la police dans notre société. Le pouvoir conféré à la police de terrain en matière de gouvernement de la prostitution n’est pas si différent de celui qui lui est donné pour gouverner les manifestations ou la jeunesse des banlieues. Gwénaëlle Mainsant montre, dans tous ces domaines, qui touchent à la construction même de ce qui relie les individus entre eux, la pertinence du regard des sociologues. Un regard dont, trop souvent, l’autorité policière cherche à se préserver.

      EXTRAIT

      « La définition large du proxénétisme en droit (de “profiter des bénéfices de la prostitution d’autrui” à “apporter aide et assistance”) consacre le pouvoir discrétionnaire des policiers. Dans un travail où ils valorisent et privilégient les enquêtes dont ils sont à l’origine, celles qu’ils ont obtenues grâce aux tuyaux de leurs indics, ils ­s’efforcent de choisir des ­cibles qui leur permettent de tenir leur rôle. Et ce rôle a été construit historiquement pour faire face à des hommes coupables et des femmes ­victimes, que ce soit dans les interpellations ou les rapports avec les indics. Les policiers ne recrutent pas d’informateurs parmi les prostitués transgenres ou homosexuels et les proxénètes femmes. (…) La masculine police des mœurs reste donc avant tout une police de l’hétérosexualité sans pour autant devenir une police de la domination masculine. »

      #prostitution #domination_masculine #police #proxénétisme #illégalismes

    • c’est ce cadre conventionnel du travail policier qui protège les transgenres et les travestis d’un contrôle policier tatillon, au lieu de redoubler la stigmatisation sociale dont ils sont victimes.

      Les policiers ne recrutent pas d’informateurs parmi les prostitués transgenres ou homosexuels et les proxénètes femmes. (…) La masculine police des mœurs reste donc avant tout une police de l’hétérosexualité sans pour autant devenir une police de la domination masculine.

      J’interprète plutot ces remarques comme une police qui protège le patriarcat en contrôlant les femmes et non les hommes. La police considère et traite les femmes trans comme des hommes et leur accorder les privilèges qui sont accordés aux hommes de se prostitués sans subir de harcelement sexuel (nommé ici jeu de séduction). Il y a aussi une invisibilité des consommateurs de la prostitution qui sont pourtant aujourd’hui prétendument considérés comme délinquants tandis que les prostituées ne le sont sois disant plus.

  • Sexual violence against boys is far more common than we think - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/magazine/2021/02/22/why-we-dont-talk-about-sexual-violence-against-boys-why-we-should/?arc404=true

    Boys are more likely than girls to die in their second decade of life, and they use more alcohol and tobacco, habits that erode their health as they age, Blum said. But even more troubling, Blum’s team found that boys suffered higher levels of physical violence, neglect and sexual abuse by adults than girls. And the more a boy was victimized, the more likely he was to do violence to others.
    Those findings should serve as a gut punch. We can’t solve the problem of violence against girls and women without also addressing violence against men and boys. And we won’t succeed in teaching our sons to care for other people’s bodies until we learn to care for theirs.

    • Yet we rarely hear about any of this on the news. We hardly ever talk about it. Stories of sexual misconduct are everywhere, but the tellers of those stories are mostly girls and women. The stories of men and boys still remain mostly hidden, unacknowledged and undiscussed.

    • The default in discussions about sexual violence is to think of boys and men as perpetrators and women as victims. But that is an oversimplification that is built on a damaging stereotype about male invulnerability, and it obscures the truth: Boys can be victims, and boys can need help. We’ve just built a world that makes it hard for them to admit it — and for the rest of us to acknowledge it. If we want to raise boys differently, we must start believing that they are equally capable of feeling pain and doing violence.

    • ah là je comprends enfin ce truc du viol comme rapport de pouvoir, tout sauf du sexe donc (ça parle d’une agression de vestiaire de foot avec un manche à balais) :

      The freshman intuitively understood and endorsed the argument that scholars make in academic circles: This kind of sexual assault has nothing to do with sex. It’s about power. It’s about older boys establish­ing their place at the top, putting younger players in their place.

    • @tintin, here you are :

      Raising a boy sometimes feels like traveling in a foreign land. When I gave birth to my daughter, three years before my son was born, I had no idea how to be a mother. But after decades of navigating life as a woman, I knew unequivocally what I wanted for her: to see herself as capable of anything, constrained by none of the old limits on who women must be and how they must move through the world. She could be fierce and funny and loving and steely-spined.

      “I am strong and fearless,” I taught her to say when she was 2, as she hesitated on the playground, her lips quivering as she considered crossing a rope-netting bridge strung 10 feet above the ground. There was nothing premeditated about that little sentence. It just ap­peared on my tongue, distilling what I wanted her to be and how I hoped she would think of herself.

      I had no such pithy motto for my son. Reminding a boy to be strong and fearless seemed unnecessary and maybe even counterproduc­tive, fortifying a stereotype instead of unraveling it. What could I give him to help him ignore the tired old expectations of boys? I had no idea. I didn’t know how to help him resist the stresses and stereotypes of boyhood, because I had never grappled with the fact that boys face stresses and stereotypes at all.

      But of course they do. Boys learn that they’re supposed to be tough and strong and sexually dominant, according to a massive study of gender attitudes among 10- to 14-year-olds in the United States and countries across four other continents. Girls learn that they’re supposed to be attractive and submissive, according to the study, led by researchers at Johns Hopkins University.

      The global script clearly harms girls, who face disproportionate levels of sexual violence, not to mention greater risk of early pregnancy and leaving school. But Robert Blum, a physician who has studied adolescents for 40 years and is one of the Johns Hopkins scholars leading the study, wants people to understand that it also hurts boys. “The story about boys has yet to be told, and I think it’s a really important story,” Blum explained to me. “Our data suggest that the myth that boys are advantaged and girls are disadvantaged simply isn’t true.”

      The movement for gender equality has often focused on empowering girls. But as Blum sees it, achieving gender equality also requires attention for boys. They too need to know they are not circumscribed by ideas about who and how they should be.

      Boys are more likely than girls to die in their second decade of life, and they use more alcohol and tobacco, habits that erode their health as they age, Blum said. But even more troubling, Blum’s team found that boys suffered higher levels of physical violence, neglect and sexual abuse by adults than girls. And the more a boy was victimized, the more likely he was to do violence to others.

      Those findings should serve as a gut punch. We can’t solve the problem of violence against girls and women without also addressing violence against men and boys. And we won’t succeed in teaching our sons to care for other people’s bodies until we learn to care for theirs.

      The first I heard of “brooming” was in one of those interstitial moments, a busy day on pause, waiting for my car to be repaired at an auto shop before racing to work. It was pouring outside, so I huddled along with a half­-dozen other harried customers in a small room where a television blared a local news show. Five boys, football players at a high school just outside D.C., had been charged with rape and attempted rape in the alleged attacks of their teammates with the end of a wooden broomstick.

      Not only had I never heard of such a thing, but I had never even imag­ined it. Raped with a broomstick? Long after I left, I was still trying to wrap my head around it, and as details emerged in the following days and weeks, I could not look away.

      It had happened on the last day of October, Halloween, at Damascus High, a diverse public school with a powerhouse football program in Montgomery County, Md. My colleagues at The Washington Post, where I work as an investigative reporter, reported the wrenching details of the attack. Freshmen on the junior varsity team had been changing in a locker room after school when suddenly the lights went out, and they could hear the sound of someone banging a broomstick against the wall. The sophomores had arrived. “It’s time,” one of them said. They went from freshman to freshman, grabbing four of them, pushing them to the ground, punching, stomping. They pulled the younger boys’ pants down and stabbed the broom at their buttocks, trying — and at least once succeeding — to shove the handle inside their rectums. The victims pleaded for help, the attackers laughed at them, and a crowd of other boys looked on, watching the horror unspool.

      Whenever I learn of something unconscionable, I find myself looking for clues that it could never happen to me or the people I love. That’s human nature, I guess. But like any other kind of sexual assault, brooming is not a phenomenon confined to this one high school, or to any particular type of school or community. It cuts across racial and socioeconomic lines, shows up in elite private boys’ academies and coed public schools, in big cities and rural villages and small towns that dot the heartland.

      What do you think you know about boys and sexual violence? I thought I knew that boys are victims only rarely, and I automatically equated “child sexual abuse” with adults preying on kids. But I was wrong on both counts.

      Many boys are molested by adults, that’s true. But there are strong signs that children are even more likely to be sexually abused or sexually as­saulted by other children. In one study of 13,000 children age 17 and younger, three-quarters of the boys who reported being sexually victimized said the person who violated them was another child. In a little more than half those assaults, the violator was a girl. Most boys who had been assaulted had never told an adult.

      Though sexual violence mostly affects girls and women, male victims are still astonishingly common. I was shocked to learn that as many as 1 in 6 boys is sexually abused during childhood. About 1 in 4 men is a victim of some kind of sexual violence over the course of his lifetime, from unwanted contact to coercion to rape. LGBTQ men are at greater risk than heterosexual men: More than 40 percent of gay men and 47 percent of bisexual men say they have been sexually victimized, compared compared with 21 percent of straight men.

      In 2015, a national survey by the Centers for Disease Control and Pre­vention found that nearly 4 million men (and 5.6 million women) had been victims of sexual violence just in the previous year. More than 2 million of those men were subjected to unwanted sexual contact, and more than 800,000 said they were “made to penetrate” another person — an awkward term that doesn’t show up much in the media or in public debate. It means that a man was either too inebriated to consent or was coerced or threatened into sex.

      Just as with girls and women, violation of men and boys can involve physical force or emotional coercion. Just as with girls and women, boys and men sometimes have sexual experiences to which they cannot consent because they are underage or blackout drunk — experiences that we might reflexively call sex but that we should really understand as assault. And though the perpetrators in those cases can be other boys and men, they can also be girls and women. The overwhelming majority of male rape victims say that the person who violated them was another male, but most male victims of other kinds of sexual violence say they were violated by a female.

      Boys and men who survive sexual violence can experience serious psychological and emotional fallout, including post-traumatic stress, symptoms of depression and anxiety, suicidal thoughts, substance abuse problems and sexual dysfunction.

      Yet we rarely hear about any of this on the news. We hardly ever talk about it. Stories of sexual misconduct are everywhere, but the tellers of those stories are mostly girls and women. The stories of men and boys still remain mostly hidden, unacknowledged and undiscussed.

      The default in discussions about sexual violence is to think of boys and men as perpetrators and women as victims. But that is an oversimplification that is built on a damaging stereotype about male invulnerability, and it obscures the truth: Boys can be victims, and boys can need help. We’ve just built a world that makes it hard for them to admit it — and for the rest of us to acknowledge it. If we want to raise boys differently, we must start believing that they are equally capable of feeling pain and doing violence.

      When I first began learning about locker room assaults, I wanted to know what motivated a boy to hurt another boy in this way. But along the way, I became even more puzzled — and troubled — by the victims’ experiences. They had so much difficulty identifying what had happened to them as sexual assault, and felt too much shame to admit they were hurting.

      One boy was so distressed about the prospect of being attacked by his basketball teammates during a tournament trip that he called his mother, intending to ask her for help. As frightened as he was, when it came down to it, he couldn’t bring himself to tell her what was going on. “I was going to tell her when I first got on the phone with her, but I ended up not saying nothing,” he later said. “I was going to tell her, but I didn’t know how to say that.”

      I’ll call him Martin. He was a freshman on the varsity team at Ooltewah High School, near Chattanooga, Tenn. In December 2015, he and his teammates drove to a tournament in Gatlinburg, in the Great Smoky Mountains. They stayed in a cabin where there was a pool table down­stairs in the boys’ quarters. The coaches stayed upstairs.

      By the fourth day, Martin knew the upperclassmen were coming for him. They had already gone after the other three fresh­men; every evening, he had seen the brandishing of a pool cue and he had heard the screaming. He knew he was next; that’s when he called his mother. And yet he didn’t know how to ask for help without embarrassing himself and violating an unwritten code of silence. He just couldn’t get the words out.

      Soon after the phone call with his mother, three of Martin’s teammates assaulted him. Even after the attack — which ulti­mately landed him in the hospital with a months-long recovery ahead of him — Martin did not immediately tell the truth about what had been done to him. He told his coach that he and his attackers had been “wrestling” and he insisted he was fine — until he peed blood, then collapsed and had to go to the emergency room. It was only because of his extreme injury that the truth came to light.

      Later, during a sworn deposition, a lawyer asked Martin if the attack had to do with sexual orientation. Was the older boy gay? No, Martin said. It wasn’t that at all. “I feel like he tried to make me — belittle me,” he said. “Tried to make me feel like less than a man, less than him.” (I spoke to Martin’s lawyer but didn’t speak to Martin. This account is based on court records, media accounts and video testimony.)

      The freshman intuitively understood and endorsed the argument that scholars make in academic circles: This kind of sexual assault has nothing to do with sex. It’s about power. It’s about older boys establish­ing their place at the top, putting younger players in their place.

      This particular way of flexing power depends on the cluelessness or tacit acceptance of the adults who are paid to keep boys safe. It also depends on the silence of victims, who — like most teenagers — want desperately to belong, which means bearing pain, handling it and definitely not snitching. But it’s dangerous and unfair to expect boys to bear the responsibility for protecting themselves, Monica Beck, one of the attorneys who represented Martin in a lawsuit against the school sys­tem, told me. Boys, like girls, deserve the protection and help of their coaches, their teachers, their parents and their principals.

      After Martin collapsed and underwent surgery, he spent six days in the hospital and nine months recovering, including relearning how to walk. One of the attackers was convicted of aggravated rape, the other two of aggravated assault.

      Even with these horrifying facts, not everyone agreed that what happened to Martin should actually be considered sexual violence. The police officer who investigated the crime filed charges of aggravated rape, a crime that in Tennessee does not require sexual motivation. But he suggested in state court that what happened was not in fact a sexual assault. It was instead, he said, “something stupid that kids do” that “just happened” to meet the definition of aggravated rape.

      Later, Martin sued the school district for failing to protect his civil rights. As the trial approached, lawyers representing the school board asked the judge to prohibit Martin’s legal team from using certain terms in front of a jury: rape, aggravated rape, sexual battery, sexual assault.

      The judge never had to decide, because the school district’s insurance carrier settled with Martin for $750,000, avoiding a trial. But it’s notable that this was even a potential issue of debate. Imagine that a girl was attacked as Martin was. Would anyone doubt that it qualified as a sexual assault?

      Sports is a refuge for so many children and an engine for so much good. Kids can learn to communicate and depend on each other. They can learn to push and surpass their own athletic limits. They can learn to win, and to lose, with humility and grace. Kids who play organized sports tend to do better in school than kids who don’t, have stronger social skills and higher self-esteem, and are healthier physically and men­tally, according to the American Academy of Pediatrics.

      But as anyone who has spent much time on the sidelines of a youth soccer or basketball or football game can tell you, sports can also be de­structive. Coaches and parents can be verbally abusive, teaching kids that winning is more important than integrity and that disrespect is part of the game. Kids can learn to prize the use of force and violence.

      It’s this darker side of sports that turns it into a breeding ground for hazing, initiation rituals that older players use to belittle and humiliate junior teammates. For boys who find themselves on teams with such a poisonous culture, sports are not a refuge. They are a nightmare.

      Over the past generation, hazing pranks that once seemed innocuous — ­think dressing up in silly costumes or singing an embarrassing song in public — have evolved, becoming increasingly dangerous and sexual, according to social scientists who study hazing and consultants to high school athletic teams. Sexualized hazing, some argue, is an expression of a narrow version of masculinity that is celebrated in sports — a version of masculinity that is not just about strength but about dominating at all costs, about hiding pain and enduring weakness, and about degrading anyone or anything that seems feminine or gay. Even as a growing number of alternative niches gives boys places to thrive as proud geeks and artists and gender nonconformists, many sports have remained staunchly macho in this way.

      We don’t have comprehensive data on how common it is for boys to sexually assault other boys in the context of athletics. In 2000, researchers from Alfred University, a small private school in western New York, conducted the first national survey of high school hazing. They wanted to ask about sexualized hazing, but they were stymied. In those early days of the Internet, they had to send their survey out to students in the mail, and they got access to a database of student addresses only on the condition that they not ask any questions having to do with sex or sexuality. (In general, researchers have trouble getting permission to ask children under 18 questions about anything related to sex, sexual violence or abuse — which is understandable, but which also hobbles our understanding of kids’ experiences.)

      Norm Pollard, one of the lead researchers on the Alfred University sur­vey, found students’ replies to one open-ended question shocking. “They talked about being sexually assaulted at away matches, in the back of the bus and in locker rooms,” Pollard said. “It was devastating to read those reports from kids that were just trying to be part of a team or a club.”

      Psychologist Susan Lipkins has studied hazing since 2003, when she traveled to a small town near her home in New York to interview the parents and coach of high school football players who had been sexually abused by teammates at a preseason training camp. None of the victims reported the abuse to a coach, a parent or any other adult. It came to light only because one of the boys sought medical help — and the cover story he told doctors to explain his injuries didn’t make sense.

      She and other experts said they have seen noticeably more media reports and court filings alleging ritualized sexual violence among high school boys, leading them to believe that it is becoming more common and more severe. Boys tell each other and themselves that they are taking part in a tradition: This is what it takes to be part of the team, this is what it takes to belong. First you are assaulted; then you become a bystander, watching as others are brutalized; finally, you get your turn at the top, your turn to attack.

      Boys who report being sexually assaulted face the humiliation of hav­ing to describe how they were violated out loud, to another person, and then they face what Lipkins calls a “second hazing” — a blowback of harassment and bullying not unlike that heaped on female victims of rape. Lipkins noted that she has seen parents and students band together to protect their team, their coach, even local real estate values against allegations of sexualized hazing. “Communities support the perpetrators and say, You’re a wimp, why did you report it,” she said.

      As a result of all that pressure, she said, it’s common for boys to remain silent even after being assaulted. Not only do boys not want to tattle on their teammates, but they often don’t even recognize that they’re victims of an unacceptable violation and of a crime. No one has told them. “Hazing education is in the Dark Ages,” Lipkins said.

      She believes that young people and adults, includ­ing parents, coaches and administrators, need much more training to recognize this kind of behavior as an unacceptable form of harm rather than a tradition to be upheld. And Lipkins believes it won’t end until groups of players stand up together to stop it, either as active bystanders who protect victims or as victims who together find the courage to speak out.

      Of course, when they speak out, they need grown-ups to hear them and protect them. Coaches must understand that building a healthy team culture and guarding players’ safety are crucial parts of their job. And we par­ents must tell our boys the same thing we tell our girls — that their bodies are their own, that no one should touch them without their consent, that we will not tolerate violation of their physical autonomy.

      Boys who are raped or sexually assaulted face a particular kind of disbelief. They may not be accused, as girls often are, of reinterpreting a consensual sexual encounter as nonconsensual. They’re perhaps less likely to be accused of straight-up lying, or of being crazy. Instead, they’re accused of taking things too seriously. Sexual assault? No! It was just messing around. Just a joke. Just boys being boys. Just hazing.

      The language we use to describe what happens to boys helps feed the problem, argues Adele Kimmel, who has become one of the leading lawyers for male and female victims of sexual assault. “Terminology matters,” Kimmel, a wiry woman with jet-black hair, told me on a rainy day in downtown Washington at the sleek offices of the nonprofit firm Public Justice, where she is a senior attorney. “Some of these boys don’t even recognize that they’ve been sexually assaulted be­cause it’s been normalized by the adults. They call it these euphemistic terms — they call it horseplay, roughhousing, poking, hazing. They don’t call it sexual assault. They don’t call it rape.”

      Kimmel represented an Oklahoma middle school boy who was in music class when one of his football teammates held him down and assaulted him. The principal called it horseplay but acknowledged in an interview with a state investigator that if the same thing had happened to a girl, he would have considered it sexual assault. The boy was branded as a tattletale for reporting what had happened to him and became the target of fierce bullying at school. His father asked for help. “What do you want me to do, hold his hand?” the principal said, according to the lawsuit the family later filed.

      When we convey to boys that unwanted touch is a serious issue of sexual assault only when it affects girls and not when it affects boys, we are sending a message that only girls’ bodies are worthy of protection. That message leaves our sons vulnerable to abuse, and it presents them with a knotty question: Why should boys treat other people’s bodies with dignity and respect if their own bodies are not also treated with dignity and respect?

      Violence prevention programs often focus on debunking rape myths about female victims. No, wearing a short skirt is not the same thing as consenting to sex. But they less often delve into male victims — particularly those men who are violated by women. The idea that a man would have to be forced or coerced into sex with a woman runs counter to our cultural scripts about how sex works. But that’s just another misleading stereotype, and one that makes it hard for boys and men to recognize and deal with their own experiences. By now, for example, stories about college campus rape have firmly established that some men assault women who are too drunk to consent. There’s no counternarrative about men being raped when they have had too much to drink — usually, that’s just called sex. But whether they con­sider it assault, men on campus can and do have unwanted sex. One student at the Massachusetts Institute of Technology told me for a 2015 Washington Post series on sexual assault how uncom­fortable he felt when he was pursued by a woman he wasn’t interested in. He found himself unable to say no to her persistent advances, even though he knew he didn’t want to have sex with her. “You don’t want to be rude,” he said. “You don’t want to be weird.”

      College fraternities have a reputation for tolerating and even encour­aging sexual violence against women, and there is some evidence that fra­ternity brothers are at greater risk than other college men of committing assault. But there is also other, perhaps less widely known evidence that fraternity members are at greater risk than other students of being as­saulted themselves. In a study of fraternity men at one Midwestern college, more than a quarter — 27 percent — said that someone had had sex with them without their consent, either through the use of force or by taking advantage of them when they were drunk.

      But many people do not define a man pushed into nonconsensual sex as a person who has been sexually assaulted. A 2018 survey of 1,200 adults found that 1 in 3 would not quite believe a man who said he was raped by a woman, and 1 in 4 believed men enjoy being raped by a woman. There’s a belief that men cannot be raped be­cause women aren’t strong enough to physically force them, and a convic­tion that straight men want sex so much and so consistently that they just aren’t that bothered by a woman who refuses to listen when he says no. These ideas are embedded in our institutions, from media to medicine to law to scholarship.

      It wasn’t until 2012 that the FBI recognized that men could be raped. Until then, the bureau defined rape as “the carnal knowledge of a female, forcibly and against her will.” Now it uses gender-neutral terms; rape is defined as “the penetration, no matter how slight, of the vagina or anus with any body part or object, or oral penetration by a sex organ of another person, without the consent of the victim.”

      Scholars studying sexual violence have often asked men only about their own sexual aggression and women only about being violated, an approach that fails to acknowledge — much less measure — the existence of male victims, female perpetrators or same-sex assault. When researchers have asked about sexual violence in gender-neutral terms, they have made startling discoveries. One survey of 300 college men found that half had experienced some type of sexual victimization, and an astonishing 17 percent — nearly 1 in 5 — had been raped, meaning they had unwanted sex because they were threatened, physically forced or taken advantage of while too intoxicated to consent.

      Lara Stemple, an assistant dean at UCLA School of Law, is a feminist who has focused some of her research on highlighting the large number of men who have expe­rienced sexual violence and the institutional biases that have obscured their experiences. She told me that her efforts to bring attention to male victims — and to the surprisingly high rates of female perpetration of such violence — have at times triggered false accusations that she is aligned with men’s rights activists, who are known for anti-feminist and misogynistic language and ideology.

      But as Stemple argues, acknowledging the invisibility of men’s suffering does not mean dismissing or doubting violence against women. It is not one or the other. Both problems are tangled up in some of the same deeply ingrained notions about what it means — or what we think it means — to be a man.

      The #MeToo movement has been built out of stories, one after the other, a flood that helped us see how men in positions of power abuse women and then keep their violence secret. In those stories, the world saw evidence of a sprawling problem in urgent need of solutions. Women found solidarity in acknowledging what had happened to them and in declaring that it was not tolerable and was not their fault.

      Now boys need to hear more of these stories from men. Media coverage of high-profile cases of sexual violence against men and boys has helped open Americans’ eyes to the fact that the sexual victimization of boys is not just possible but deeply scarring, psychologist Richard Gartner, who specializes in treating male victims, told me. When Gartner began speaking publicly about male victims in the 1990s, he was often greeted with blank stares and dis­belief.

      But then came revelations about widespread abuse by Catholic priests, by Penn State assistant football coach Jerry Sandusky, by Boy Scout troop lead­ers. Those stories forced people to begin to recognize the vulnerability of young boys. When actor and former NFL player Terry Crews came for­ward to say he had been groped by a male Hollywood executive, it forced people to consider the vulnerability even of strong adult men. And it made room for more boys and men to come to terms with their own experiences as victims of abuse, Gartner says: “Every time that happens, some boy somewhere says, well, if he can come forward, maybe I should be talking to someone.”

      Perhaps it is starting to happen more often. Over the past few years, the women who came forward in droves to speak out about sexual violence were joined by men who said they had been abused, including allegedly by powerful, high-profile men such as actor Kevin Spacey and film director Bryan Singer. In one remarkable reckoning, more than 300 former Ohio State University students said they had been sexually abused by an Ohio State doctor, Richard Strauss, and sued the university for failing to protect them.

      In 2019, an independent investigation commissioned by the university found that Ohio State officials knew of complaints about Strauss as early as 1979 but allowed him to continue prac­ticing until he retired with honors two decades later. Strauss committed nearly 1,500 acts of sexual abuse, including 47 acts of rape, the university told fed­eral authorities in 2019. The stories Ohio State graduates tell about Strauss bear remarkable similarity to the stories that hundreds of women told about the abuse they suffered at the hands of Larry Nassar, the former Michigan State University physician and former USA Gymnastics national team doctor. If the collective power of Nassar’s victims forced the nation to con­front the ways in which institutions ignore girls and young women who report sexual assault, then the graduates of Ohio State may help force us to see how we have dismissed boys and young men.

      For now, though, many men still see reasons to keep their stories to themselves. Gartner has written extensively about the shame, trauma and confusion that his patients struggle with as they try to make sense of how they were victimized. Many fear that admitting violation will be seen as evidence of personal weakness. They fear they won’t be believed. And they fear they were somehow complicit.

      Boys who report assault or abuse need to hear from their parents and the people close to them that they are unconditionally loved. “The most important thing to say is, ‘I believe you, and it wasn’t your fault ... and we still love you,’ ” Gartner says. And parents who want to prevent their boys from being abused, he explains, should be telling their sons all the same things they tell their daughters about their right to control access to their bodies.

      When we fail to recognize and address violence against boys, not only are we failing to protect boys, but we also may be stoking violence against women. These problems are to some extent intertwined: While most do not go on to lives of violence, criminality or delinquency, victimized children are at greater risk of doing harm to others.

      If you had asked me, before I started this research, whether I believed that boys and men could be victims of sexual assault, I would have said of course. If you had asked me whether I bought into the notion that boys and men always want sex, I might have rolled my eyes: Um, no. But listening to the stories of male victims taught me that I didn’t com­pletely believe what I thought I believed. I noticed my own knee-jerk resistance to the reality that unwanted sexual contact can traumatize boys just as it does girls — and to the reality that it can matter just as much to them. Deep down, somewhere under my skin, I was holding on to some seriously wrongheaded assumptions — ideas so ingrained I did not even notice them, ideas that rendered boys as something less than human.

  • Duhamel Kouchner : Merci à celles qui brisent l’omerta
    https://sandrine70.wordpress.com/2021/01/05/duhamel-kouchner-merci-a-celles-qui-brisent-lomerta

    Je voudrais surtout ici réagir à un tweet mal intentionné qui reproche à Camille Kouchner d’être la compagne de Louis Dreyfus, président du directoire du Monde qui le premier sort l’affaire (mais 3 jours avant la parution du livre au Seuil donc s’il fallait lui reprocher qqch, ce serait de privilégier le média de son conjoint, et alors ?), avec L’Obs, dont il est aussi le patron. Alors non, ça ne me choque pas. Mais m’inspire deux réflexions.

    La première, pas nouvelle, c’est qu’il faut ça pour qu’une femme puisse parler. Etre Adèle Haenel, actrice reconnue, ou Vanessa Springora, éditrice reconnue, ou enfin Camille Kouchner, avocate et proche d’un grand patron de presse. On imagine combien c’est difficile pour celles qui n’ont pas ces soutiens de le faire, et on les remercie de le faire aussi pour elles. Pensons aussi à toutes les autres pour qui être entendues (parce qu’elles parlent) est encore plus difficile

    Deuxièmement, c’est une bonne nouvelle, qu’aujourd’hui des médias, des réseaux d’influence puissent servir la dénonciation des crimes et non plus la protection des criminel·les Et quand c’est Le Monde, on sait en plus qu’ils ne le font pas à la légère mais avec sérieux. Depuis quelques mois, avec les unes sur les féminicides, avec la une contre l’inceste, on voit que le plus réputé des quotidiens français a évolué.
    Et si c’est parce qu’un homme puissant a su écouter la parole des victimes, qu’il ne s’agit évidemment pas de vengeance mais de justice et de vérité, alors je dirais juste, TANT MIEUX !

    #inceste #violences_sexuelles #viol #culture_du_viol #domination_masculine #domination_adulte #famille #omerta

  • @Fable sur Twitter.
    https://twitter.com/Fables_21e/status/1338430506174738432

    Ce thread en allemand sur les résultats d’un travail de recherche sur « Le sexisme dans la vie quotidienne » publié cette année en Allemagne explique de manière édifiante pourquoi le mouvement pour l’égalité stagne voire régresse.

    Je me permets de le traduire en français.

    D’après les recherches sur le milieu social, les hommes qui occupent des postes à responsabilités sont les plus hostiles au mouvement #MeToo.

    De plus, par rapport aux autres hommes, ils sont les moins enclins à considérer le sujet du sexisme comme pertinent socialement."

    L’éthique du succès, la réflexion en termes de faisabilité, les revendications d’exclusivité et la distinction sont les valeurs qu’ils encensent. De par leur haut niveau d’éducation, les hommes de ce milieu pensent avoir compris et percé à jour le cœur même du débat sur le sexisme.

    Les hommes interrogés soulignent être progressistes, libéraux et modernes, raison pour laquelle ils rejettent le débat sur le sexisme.

    De leur point de vue, la notion de sexisme est un outil de propagande du camp de la gauche radicale du féminisme, dans lequel chaque homme est placé sous la suspicion générale.

    Bien sûr que les femmes subissent des agressions, mais toujours selon eux, celles-ci seraient surtout le fait d’hommes des classes inférieures et / ou de migrants.

    Ce seraient plutôt les hommes les principaux concernés qui subissent le sexisme. A l’inverse, les femmes pourraient presque tout se permettre aujourd’hui.

    Du point de vue de ces « hommes établis », la politique d’égalité est un matraquage médiatique. Il n’y aurait aujourd’hui pas de discrimination à l’égard des femmes qui enfreint la Loi fondamentale.

    Les différences entre les genres seraient évolutives. La répartition des rôles se serait développée en tant que meilleure pratique et ne devrait pas être abandonnée en raison de l’idéologie de l’égalité.

    « Le sexisme fait autant partie de la vie que l’air que nous respirons. » Abolir le sexisme signifierait la fin de l’humanité.

    La rhétorique de ces hommes est une stratégie de défense offensive. L’analyse révèle un profond malaise quant à la répartition équitable du pouvoir. Ils considèrent que c’est en contradiction avec une société démocratique libre.

    Contrairement à d’autres milieux, les hommes établis (et les femmes du même milieu aussi) n’associent absolument pas le sexisme au pouvoir.

    Alors que dans les autres milieux et en particulier les femmes des autres milieux soulignent que le sexisme est lié au pouvoir et à l’abus de pouvoir, les « personnes établies » (= la soi-disant élite) ignorent systématiquement cette dimension.

    Les « personnes établies » sont généralement dans une situation d’abondance de pouvoir en raison de leur condition sociale, de leurs ressources financières et de leur position.

    Cela permet d’émettre l’hypothèse que la négation du sexisme découlant du fait qu’ils se pensent immunisés contre la misogynie a pour fonction de légitimer leur position de pouvoir et de rendre injustifiée toute critique à leur encontre par le prisme du sexisme.

    Le thread est compilé à partir d’une étude allemande. Certains des résultats s’appliquent certainement aussi à la Suisse et permettent d’expliquer pourquoi l’égalité met tant de temps à arriver. Le « milieu établi » décrit donne le ton en Suisse. https://www.bmfsfj.de/blob/141246/6e1f0de0d740c8028e3fed6cfb8510fd/sexismus-im-alltag-pilotstudie-data.pdf

  • Wissam Dief : Des fillettes « libérées » aux féministes mal-baisées
    https://scenesdelavisquotidien.com/2020/11/17/wissam-dief-des-fillettes-liberees-aux-feministes-mal-baisee

    Des fillettes « libérées » aux féministes mal-baisées

    A propos d’une plaque commémorative :

    "Si on ne peut reprocher à Guy Hocquenghem et à René Schérer (entre autres), d’avoir voulu abroger dans les années 70, le double-standard en ce qui concernait la majorité homosexuelle et hétérosexuelle, on peut tout de même s’interroger sur leur manière d’avoir subsumé sous la catégorie de l’enfance un ensemble d’expériences dont ils semblent peu tenir compte. Ainsi le projet de déconstruire un système de l’enfance, pour explorer la possibilité de relations charnelles « transversales » entre adultes et enfants, universalise l’expérience intime de l’enfance masculine homosexuelle au mépris de la majorité des concernées. Les récents débats au sujet de la profanation et du retrait de la plaque commémorative de Guy Hocquenghem à Paris, nous mettent en demeure de rappeler ici les conséquences qu’une telle vue abstraite a nécessairement sur nos corps de femmes et de petites filles."

    N’importe quelle femme pourra faire retour sur les injonctions par milliers lui ont été
    assénées très tôt au sujet de tout ce que son corps donnait à voir : d’une manière de croiser les jambes, à l’ouverture gracieuse de la bouche, en passant par le contrôle de la cambrure, du poids, de la démarche, la recherche inlassable de proximité affectueuse, le fait de mettre en scène comme un être mignon, susceptible d’émouvoir, movere, de faire bouger l’adulte. Bien sûr que ce seul pouvoir qui nous était accordé, ne pouvait qu’être surinvesti, consciemment ou non. Bien sûr, qu’à force de nous indiquer par tous les moyens que là était la seule voie de reconnaissance possible, nous ayons fini par minauder, miauler, tourner de la tête gracieusement, nous habiller-déshabiller, faire des pas de danse, des glissements savants sur le sol. Puisque avoir l’attention des adultes, et particulièrement de notre père, cet être étrange qui représentait le pont vers le Monde, nécessitait de nous ce minaudage. Qui viendrait ici, rétroverser les choses, pour affirmer que nous étions naturellement faites pour la séduction, portées instinctivement au contact charnel et sexuel avec les adultes que nous aguichions ? Il faut croire que ceux qui s’y essaient savent si peu de nos enfances.

    #viol #inceste #pedocriminalité #male_gaze #female_gaze #domination_masculine #domination_parentale #enfance

  • Coincés dans Zoom (4/4) : pourquoi allons-nous y rester ?
    http://www.internetactu.net/2020/12/18/coince-dans-zoom-44-pourquoi-allons-nous-y-rester

    Alors que nous voilà plus ou moins déconfinés, notre expérience de Zoom est appelée à s’alléger. Pas si sûr !… Car même si la seule évocation de son nom vous provoque des crises d’urticaire, il est probable que Zoom soit là pour rester. Pourquoi allons-nous devoir nous habituer à cohabiter avec ce nouvel « ogre » de nos télévies ? L’avenir de Zoom : la vidéosurveillance de notre intimité ? Si l’on en croit nombre d’articles parus sur le sujet, l’avenir des services de visioconférence s’annonce comme une (...)

    #Zoom #algorithme #CCTV #biométrie #vidéo-surveillance #GigEconomy #panopticon #surveillance #télétravail #travail (...)

    ##visioconférence

  • La « misandrie » : une hostilité édentée
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/la-misandrie-une-hostilite-edentee

    La frénésie qui entoure la publication des livres d’Alice Coffin et de Pauline Harmange, accusées de nourrir une condamnable « misandrie », témoigne d’une grande fébrilité quant à l’énonciation des luttes antisexistes dans le champ médiatique. Une panique massive dont la disproportion interroge.

    Qu’une femme puisse publiquement envisager une vie où elle choisit de réduire les influences masculines, qu’elle refuse de conditionner la formulation de son engagement au confort des hommes, est vécu comme une inacceptable menace à leur position hégémonique. En réalité, cette panique semée par un discours féministe renouvelé n’est que la traduction de la crainte de perdre une position centrale trop peu questionnée.

    Étiqueter ce discours du label de la « misandrie » comme s’il était possible de dresser un parallèle avec les forces misogynes est intellectuellement inepte. La misogynie est le fruit d’un système structuré contre les femmes, et ses mots font écho à des violences aussi concrètes que documentées. Par conséquent, les discours sexistes s’inscrivent dans un continuum dont l’aboutissement est le féminicide.

    De tous temps, les revendications féministes ont scandalisé la société majoritaire avant de finalement revêtir une apparence acceptable. Dès lors que l’on conteste l’ordre établi, il est impossible de créer le consensus.

    Or, il n’y a pas d’oppression sans pouvoir. Les hommes ne sont pas opprimés du fait de leur genre. La condition masculine n’a jamais été un désavantage qui puisse conduire à un traitement structurellement défavorable. Ni Alice Coffin, ni Pauline Harmange, ni aucune femme ne disposent du pouvoir de produire un rapport de force menaçant au point d’infléchir un système millénaire.

    Albert Memmi parlait de « racisme édenté » pour désigner la possible hostilité que pourraient éprouver des minorités contre des membres du groupe dominant. C’est une haine dépourvue de toute force, car elle est portée par des personnes qui n’ont pas le pouvoir social d’administrer un traitement discriminatoire aux personnes qu’elle vise. Du fait de dynamiques similaires, la prétendue misandrie des féministes n’est en rien comparable au patriarcat qui conditionne l’intégralité des relations sociales actuelles et qui s’insinue dans tous les rapports humains, à tous les niveaux de la société.

    Dans un tel contexte, on ne peut que comprendre que des femmes décident de préserver leurs espaces personnels et mentaux des discours et actes qui sont la caisse de résonnance de la condition subalterne qu’elles dénoncent.

    #misandrie #misogynie #domination_masculine #masculinisme #féminisme #backlash

  • Violences sexuelles : plongée dans l’enfer de salariées de McDo - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/121020/violences-sexuelles-plongee-dans-l-enfer-de-salariees-de-mcdo

    Mediapart et StreetPress (ici et là) ont enquêté pendant plus de deux mois sur le management au sein de différents restaurants #McDo et, notamment, sur la gestion des récits de #violences_sexistes et sexuelles faits par leurs salariées. Au total, nous avons recueilli 38 témoignages de salarié·e·s qui se présentent comme victimes d’un #management violent et, très souvent, #sexiste. Des récits parfois très durs à entendre et à lire.

    Ils s’ajoutent aux 40 collectés par le collectif McDroits et l’association React. Ceux-ci estiment que 25 d’entre eux renvoient à des faits pouvant s’apparenter à des actes de #harcèlement_sexuel, 24 à des faits de #harcèlement_moral et 7 à des #agressions_sexuelles (voir notre Boîte noire).

    #sexisme #homophobie #transphobie

  • François Bégaudeau : « Il n’y a jamais de désir personnel »

    « Mon texte, “L’Affaire Pauline”, est une étude de cas. Le cas Pauline. Je pars du plus simple : le conflit entre le désir (spontané) et l’ordre (répressif), ici incarnés par une adolescente et son père. Après, je complique, avec l’idée qu’il n’y a jamais de désir personnel. On est toujours sous l’emprise d’un désir. Ici, Pauline préfère l’emprise de son désir (aller danser) à l’emprise de son père. La vraie question, ce n’est pas de savoir si on est libre ou pas. C’est celle de la qualité du désir.

    Je suis un spinozien du dimanche, mais la liberté me paraît secondaire là-dessus. Le consentement au désir est quelque chose de très paradoxal et de très obscur. Le désir nous prend bien avant qu’on puisse y consentir. Quand j’ai un désir de gâteau au chocolat, le désir me prend, sans me demander mon consentement. Le désir est toujours une capture. C’est ça qui nous embête, dans nos sociétés qui croient tant au libre-arbitre.

    Il ne faut pas perdre de vue non plus qu’on est dans une société où s’exerce un “capitalisme de la séduction”, comme dit Michel Clouscard. Est-ce que les injonctions à consommer sont en train de stimuler un désir ? J’aime trop le mot désir pour l’utiliser dans ce cas. Peut-être vaudrait-il mieux dire que ce capitalisme crée des pulsions, même si je n’aime pas créer d’un côté des mots propres et de l’autre des mots sales.

    Par ailleurs, on peut constater que le désir d’aller danser est très standardisé, conditionné par une industrie du divertissement. Cela n’invalide pas forcément ce qu’il y a de beau dans ce désir : danser. L’important, je crois, ce n’est pas de chercher un désir libre, parce que ça n’existe pas, mais un désir singulier. Peut-être ce que Deleuze appelle les devenirs.

    La littérature est intéressante pour dire ça. Je me moque un peu de l’approche psychosociale, mais ça m’intéresse beaucoup en réalité. Tout ce qui se tient à la jonction entre la pscyhologie et la sociologie est intéressant, parce que nous sommes à la fois des sujets psychologiques et sociaux. Après, pour montrer que nos affects sont très largement socialisés, il faut la jouer fine. Rentrer dans le détail des micro-conditionnements sociaux de la psyché. S’intéresser aux individus. C’est bien, c’est l’échelle de la littérature, l’échelle individuelle. Nous, les romanciers, on n’est pas trop mauvais sur l’individu. Enfin, je l’espère.
    Vis ma « vie de moche » : François Bégaudeau s’attaque à la dictature de la beauté

    Bien sûr, il faut parfois surveiller ce qu’on dit publiquement, si on ne veut pas se faire lyncher sur les réseaux sociaux. J’en suis autant effrayé que quiconque. Pas par la perspective d’une censure généralisée, à laquelle je ne crois pas, mais par le déploiement de la bêtise : quand on fait primer la morale sur la pensée, quand le premier geste consiste à juger, à dire “c’est bien” ou “c’est mal” sans passer par l’élucidation. Des instances de censure se mettent en place dans le cinéma et là où il y a de l’argent. Mais pour ce qui est de la littérature, je garde le bel optimisme du minoritaire.

    Si Philip Roth s’est vu reprocher des représentations sexistes du désir, par des féministes américaines, c’est parce qu’il a le grand défaut d’avoir été très lu et exposé, mondialement. Moi, je ne me sens pas du tout surveillé dans la littérature : tout le monde s’en fout de la littérature. Donc on peut vraiment écrire ce qu’on veut. On peut explorer la notion de consentement, par exemple, sans avoir peur de se faire flinguer. D’ailleurs j’aime une certaine crudité dans les scènes de sexe, je ne suis pas pudique là-dessus.

    J’adore Bataille, Guyotat, ou le dernier livre de Guiraudie (“Ici commence la nuit”). La question, c’est l’intérêt d’en faire – pour le roman, pour le lecteur. Les métaphores lourdes me semblent poser un problème, donc pour ma part j’aime réduire le sexe à des gestes, en behaviouriste. Quand on raconte un rapport sexuel, on a intérêt à ce que ça ne soit pas génial. Et je reste toujours un peu elliptique, au bout du compte. Avec la conviction, comme le dit la dernière phrase de mon texte, qu’“on n’en a jamais fini avec le désir”. »

    Propos recueillis par Grégoire Leménager

    Bel exemple de domination masculine que ce concept de Désir en phallosophie. Ici la seule femme mentionné est une ado fictive qui n’a qu’un prénom et qui n’incarne pas l’autorité d’un paterfamillias, tandis que 100% des références littéraires sont 100% mâles.
    Ca m’épate toujours de voire la facilité avec laquelle les femmes sont comparée à des gâteaux au chocolat ou des chemisiers #objectification tandis que des (s)pinoziens du (di)manche se tripotent sur la notion du consentement en répétant comme des péroquets ce que leur dictent leurs paires.

    #phallosophie #phallosophe #manspreading #boys_club #domination_masculine #culture_du_viol #male_gaze #patriarche #consentement #désir #inversion_patriarcale

    • J’avais pas vu que l’intervention de ce phallo fait partie d’un dossier « Comment désirer après #MeToo ? » qui est un bel exemple de #backlash

      Le désir, ce « lutin espiègle qui nous joue des tours », comme disait Lacan , connaît-il ses derniers soubresauts ? En 1998, dans « les Particules élémentaires », Michel Houellebecq notait : « Pour que la société fonctionne, pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. » Les hommes, surtout les femmes, semblent en train d’achever cette hydre à fantasmes formatés par l’imagerie capitaliste. En guise de flèche mortelle, un hashtag : #MeToo. Les affaires Weinstein , Polanski ou Matzneff ont rebattu les cartes du Tendre et mis au cœur du jeu la notion de consentement. Retour à l’ordre moral, pour les uns ; révolution, pour les autres. Elan vital, sauvage, le désir obéit aujourd’hui à de nouvelles lois. Lui qui repose sur le manque – à l’origine, désir signifie « absence d’un astre » – se trouve confronté à la surabondance. En un clic, il peut être exaucé. Et alors qu’il s’épanouit dans la transgression, n’étouffe-t-il pas dans une société débarrassée de nombreux tabous ? Quatorze écrivains se sont penchés sur le sujet dans « les Désirs comme désordre » (Editions Pauvert), recueil de textes aux accents étrangement plus politiques qu’érotiques. Six d’entre eux évoquent pour « l’Obs » cet obscur objet de la pensée et ses métamorphoses.

      La page d’acceuil ne met en valeur que les points de vue émis par les hommes, il faut cliqué sur le dossier pour voire que 3 femmes ont été aussi invités à répondre à la question, mais celles qui ont été élus ont aussi un discours sexistes.

      Aurélien Bellanger : « Avec Houellebecq, la partouze est apparue comme un idéal démocratique »

      Blandine Rinkel : « Le désir s’éprouve dans l’ambigu »

      François Bégaudeau : « Il n’y a jamais de désir personnel »

      Camille Laurens : « Domestiquer le désir me semble l’effet d’un puritanisme excessif »

      Laurent Binet : « Le désir de désordre est un désir de justice »

      Maria Pourchet : « La guerre des sexes a périmé trop vite la guerre des classes »

      Coté femmes on a droit à la promotion de la zone grise, la comparaison #metoo = puritanisme et l’opposition de la lutte des classes et des violences sexuelles faites aux femmes sur leur lieux de travail.

  • "No bra" rejeté, "crop top" qui divise, débardeurs acceptés : l’avis contrasté des Français sur la tenue des lycéennes
    https://www.marianne.net/societe/education/no-bra-rejete-crop-top-qui-divise-debardeurs-acceptes-lavis-contraste-des-

    Les « hauts avec décolleté plongeant » suscitent là aussi une forte opposition, avec 62% de Français favorables à une interdiction, le clivage entre les générations étant moins marqué concernant ce choix vestimentaire.

    Le clivage… Où je me rends compte que l’alt-right françaouis, omnubilée par le « décolleté plongeant », n’a aucune idée de ce que signifie « cleavage ».

  • #Nawal_el_Saadawi : « La maternité est une prison ; le père est libre mais la mère ne l’est pas. »
    https://tradfem.wordpress.com/2020/06/13/nawal-el-saadawi-la-maternite-est-une-prison-le-pere-est-libre-ma

    Dans une interview accordée à Clarín, l’écrivaine et militante arabe a déclaré que « sans égalité, il n’y aura pas de véritable amour entre hommes et femmes, il n’y aura que le mariage ; c’est pourquoi j’ai divorcé de trois maris » et a ajouté qu’ »il n’y a pas de véritable amour dans un monde construit sur le patriarcat, la règle de l’argent et la religion ».

    Pour Nawal El Saadawi, les façons de restreindre la liberté sont multiples : « Les femmes finissent par s’opprimer : beaucoup croient au mariage pour la vie et le subissent ; d’autres pratiquent des mutilations génitales sur leurs filles ou, dans l’obéissance, se couvrent la tête. Nous devons bien comprendre l’oppression de la culture, de la politique, de la religion et de la maternité.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.eldinamo.cl/mundo/2017/03/31/mujer-activista-arabe-maternidad
    #maternité #mariage #domination_masculine

  • Francis Dupuis-Déri : « Il y a dans cette crise des éléments qui relèvent de logiques antiféministes »
    Emmanuel Laurentin et Hugo Boursier, France Culture, le 8 mai 2020
    https://www.franceculture.fr/societe/francis-dupuis-deri-il-y-a-dans-cette-crise-des-elements-qui-relevent-

    Le site de Terrafemina a souligné que Paris Match et Le Parisien pratiquaient la non-mixité en ne mobilisant que des « experts » masculins pour deviner de quoi demain sera fait. Une photo a montré le Président français à une table à l’Élysée, entouré d’une quinzaine d’hommes. Un cliché du pape et de ses cardinaux n’aurait pas été bien différent... Quant au journal Le Monde (10 avril 2020), apparemment en manque de sujets, il a annoncé que Pascal Bruckner profitait du confinement pour écrire un (autre) livre contre « le néoféminisme l’antiracisme et le discours décolonial [qui] ont fait de l’Homme blanc le responsable de tous les malheurs du monde », ressassant les lubies qui constituent son fonds de commerce depuis les années 1980 !

    #coronavirus #femmes #solidarité #Francis_Dupuis-Déri

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Eliane Viennot : Le Covid-19 s’attaquerait-il aussi à la langue française ?
    https://christinedelphy.wordpress.com/2020/05/12/eliane-viennot-le-covid-19-sattaquerait-il-aussi-a-la-lan
    https://theconversation.com/debat-le-covid-19-sattaquerait-il-aussi-a-la-langue-francaise-13781

    Car pourquoi le masculin serait-il générique, et pas le féminin ? La réponse existe : parce que ses pouvoirs ont été accrus aux dépens du féminin, de manière délibérée, depuis qu’il existe des gens qui s’autorisent à dire le droit en matière de grammaire et de vocabulaire. Des hommes, jusqu’au beau milieu du XXe siècle.

    Précisons : aucun théoricien n’aurait soutenu, jusqu’en avril 1944, que les femmes sont incluses dans les discours au masculin, car cela aurait impliqué que les droits élaborés pour les hommes étaient valables pour elles aussi. Dans cette phrase, par exemple, qui parle de la loi : « Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation » (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, art. 6). On sait que pour exercer ce droit, les femmes ont dû attendre la décision du Conseil national de la Résistance. C’est après seulement qu’on a pu prétendre qu’elles étaient incluses dans les mots « citoyen » et « représentant ». C’est donc après seulement que de bonnes âmes ont mis au point la théorie du « masculin générique ».

    Pourquoi cette Une de Corse-Matin, le 12 avril, avec une quarantaine de visages féminins accompagnés de la manchette « On est avec eux » ? Pourquoi ces titres sur « nos héros » ? Pourquoi cette insistance, chez tant de journalistes, à camper sur « Bonjour à tous » ? Et pourquoi cet acharnement à parler du virus qui s’attaque à « l’homme », comme si les femmes étaient épargnées, comme si le mot « humain » n’existait pas depuis des siècles ?

    Deux ans après #MeToo, ces gens savent tout cela, et il est à parier qu’ils n’ont pas digéré ce que visent ces campagnes, à savoir le recul de la domination masculine. On peut parier qu’ils trouvent « autrice » et « maitresse de conférences » ridicules. Et que pour eux le « monde d’après » peut bien continuer d’être dirigé par des hommes, comme l’avouait si bien, le 5 avril, la Une du Parisien. Cependant, contrairement aux femmes qui sont mortes, tuées par le Covid-19 ou par leurs compagnons – puisque le massacre continue, et même s’amplifie à l’occasion du confinement le féminin se relèvera de cette crise, et il poursuivra sa (re)conquête du terrain. La crise aura été, aussi, celle d’une masculinite aiguë difficile à soigner – mais dont on connaît le remède : l’égalité.

    #langue #féminisation #femmes #travailleuses #égalité #domination_masculine

  • Blanquer à l’Assemblée

    En direct depuis une heure et demi, auditionné par la mission d’enquète de l’AN.

    Notre olibrius ressemble furieusement à un suspect qui vient tout juste d’arriver à la Loubianka en 1937, ignorant que classé catégorie 1 dans la directive n° 00047, il recevra deux heures plus tard la rétribution qui l’attend, et ne recourt nobobstant à aucun mensonge pour tenter de convaincre son interrogateur.

    Evidemment dans la cour deux heures plus tard, une pression sur la gachette du Nagant, et justice est rendue...

  • Violations du confinement et violences conjugales,
    la « routine » de police secours à Clichy
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/04/violations-du-confinement-et-violences-conjugales-la-routine-de-police-secou

    [...]Le portefeuille de la brigade locale de protection de la famille (BLPF), c’est le baril de poudre du commissariat », explique, de l’autre côté du couloir, Anne Le Dantec, la commissaire de Clichy. Elle en a encore parlé ce matin en réunion de direction départementale ; les chiffres sont inquiétants. Certes, les plaintes pour violences conjugales ont baissé de 20 % car « les victimes ont moins d’excuses pour sortir de chez elles avec le confinement. Elles n’ont plus cette vie sociale qui parfois fait contrepoids et les pousse à partir et à déposer plainte ».
    Mais un autre indicateur a, lui, explosé. A Clichy, les interventions de la police sur le terrain pour ce motif ont augmenté de 69,85 % depuis le 17 mars. « Avec la médiatisation du phénomène, les voisins appellent plus. Et là, ils nous contactent d’autant plus qu’ils sont chez eux toute la journée, et qu’ils entendent les hurlements et les bousculades », analyse-t-elle.

    Sur les ondes ces soirs d’avril, les appels au 17 pour violences conju- gales sont incessants.
    [...] 22 h 34, encore un appel radio. « Violences sur femme enceinte », secteur nord de Clichy. [...] Un quinquagénaire hirsute et moustachu, en claquettes peignoir, ouvre la porte [du logement signalé]. Il semble ivre, se débat, est menotté dans les parties communes en hurlant qu’il a « mal au bras » et que « c’est elle qui [le] frappe ».

    A l’intérieur du logement, sa compagne est allongée en position fœtale, presque sur le sol, à côté du berceau blanc de son bébé à venir dans moins d’un mois. Le matelas est encore sous plastique. La future mère pleure en silence. Dans un souffle, elle reconnaît que ça arrive souvent. Elle ne connaît personne en France pour l’aider, elle vient du Sénégal. Ses yeux sont injectés de sang. Sur son cou, il y a des traces rouges d’étranglement. Lui est conduit en garde à vue, pendant que la jeune femme refuse de porter plainte et de faire constater ses blessures.
    Les lendemains de ces soirées propices aux violences faites aux femmes, Anne Le Dantec relit un par un les comptes rendus des interventions de la nuit. Souvent, elle renvoie les dossiers pour plus de vérifications, car ces mains courantes sont importantes, « c’est l’un des seuls moyens qu’on a de mesurer ce qu’il se passe dans les foyers avec le confinement ». Elle et Mélanie Venance s’y attendent, après le 11 mai, le nombre de plaintes pour violences conjugales devrait à son tour exploser.

    #femmes #violences_conjugales #domination_masculine

  • L’aplatissement de la terre | Leslie Kaplan
    https://lundi.am/L-aplatissement-de-la-terre

    Tout le monde s’en souvient : ce matin-là au réveil la nouvelle tournait en boucle, quelqu’un était tombé en dehors de la Terre. Pas dans un trou, pas dans une crevasse, pas dans un abîme. Non, en dehors, à l’extérieur, au-delà. Et c’était la preuve matérielle, irréfutable, de ce qu’on observait déjà depuis un certain temps : la Terre n’était plus ronde, elle avait été aplatie, l’aplatissement était déjà bien avancé, et on était obligé de se demander jusqu’où ça irait. Source : Lundi matin

    • En Psychologie, théorie de l’emboîtement sexuel (Vous ne comprenez pas ? C’est pourtant clair). On expliquait le mal-être par les tensions inévitables entre l’intérêt bien compris et la passion irrationnelle.

      Il y eut une vague de paralysies qui frappèrent le pays, les femmes surtout. On catalogua les paralysies (paralysie du bras, de la jambe, du cou …), et on appliqua, sur la suggestion d’un professeur émérite, des systèmes de redressement, des corsets.

      Des femmes malades se révoltèrent, exigèrent « Du soin, de l’écoute, du rêve ». Ce mot d’ordre eut un grand succès, même si un médecin biologiste célèbre, connu pour ses comportements sexistes à l’hôpital, les traita partout d’hystériques, dans la presse et sur les ondes, et expliqua avec vaillance et arrogance que le rêve était une inflammation de la cervelle.

      Mais l’époque n’était pas à la polémique. Quelques intellectuels éminents protestèrent, avancèrent qu’on était en pleine régression générale, des articles furent publiés, un appel collectif, peut-être maladroit - il était intitulé « La vérité divise » - fut lancé, mais personne ne s’intéressa vraiment, il tomba à plat.

      Comment ça se termina ? Eh bien, ça ne se termina pas. On y est encore.

      #guerre_des_sexes #misogynie #culture_du_viol #domination_masculine

  • Quand quelques groupuscules complotistes et ultra-droitistes mènent une « cyber-guerre » de propagande haineuse. Propagande cautionnée et relayée par des personnalités politiques « conventionnelles » qui entrainent dans leur « shitstorm » des hordes de rageux.

    « Grosse pute », « Dégénérée » : témoignage de Marie Peltier, harcelée sur les réseaux sociaux
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_grosse-pute-degeneree-temoignage-de-marie-peltier-harcelee-sur-les-resea

    Ces insultes et ces attaques, vous savez de qui elles viennent ? Les personnes derrière ces attaques sont identifiables ?

    « Comme je travaille sur les questions d’information et de désinformation, j’ai des outils de recherche. Avec d’autres personnes, on a collecté des données pour essayer de remonter l’information afin d’essayer de savoir qui avait attaqué. A la base, ce sont presque toujours des raids numériques lancés par l’extrême-droite et par les réseaux masculinistes particulièrement : c’est une extrême-droite qui s’exprime beaucoup contre les féministes. Dans mon cas par exemple, ce sont eux qui ont lancé l’angle ’tu es moche, tu es laide’. C’était leur angle privilégié (...)

    Ce qui est intéressant dans le cyber-harcèlement, c’est que c’est initié par des groupes extrémistes, puis ensuite c’est repris plus largement dans le débat public. C’est repris par des gens qui n’ont certes pas de sympathie pour les féministes, mais qu’on ne peut pas non plus qualifier d’extrême-droite. Malheureusement ces personnes reprennent l’argumentaire et les informations de l’extrême-droite. C’est inquiétant car on voit dans ce genre d’épisode qu’il y a une porosité entre les sphères d’extrême-droite et les sphères politiques dites normales. »

    Ce sont donc des comptes cachés qui vous attaquent ?

    « Ce sont souvent des comptes sous pseudo qui lancent d’abord les attaques, et dont on pourrait demander l’identité à Twitter . Mais c’est une question encore très sensible. Ensuite, quand l’attaque est lancée, des personnalités publiques ne se gênent pas pour reprendre ces informations d’extrême-droite et attaquer sous le même angle. Cela m’a beaucoup frappée dans ce qui m’est arrivé. »

    #touit'zob #propagandavirus

    • Pas étonnant que le grand publique prenne le relai des extremistes-masculinistes, le grand publique est extremiste-masculiniste.

      C’est la position de toute personne qui n’est pas féministe car l’égalité c’est une notion qu’on ne peu pas fragmenter. Sois tu pense que les femmes sont les égales des hommes et ca fait de toi un ou une féministe - sois tu pense pas que les femmes sont les égales des hommes alors tu est un ou une extremiste-masculiniste. Tu ne peu pas penser que les femmes sont égales au 3/4 ou un peu égales mais pas trop, l’égalité c’est binaire, tu l’as ou tu l’as pas.

      Le grand publique il met son mouchoir sur l’inceste et quant une affaire fini par sortir « tout le monde savait au village/au boulot/dans la famille.... » et quant les victimes parlent, que ca soit aux césars ou à noel en famille, c’est la victime qui se fait défoncé dans 99% des cas en France puisqu’il n’y a qu’1% de condamnation des viols dans se pays.

      –—

      Selon une récente étude des nations unies en France il y a 59% de masculinistes-extrèmistes ce qui fait une large majorité :

      Près de 90% de la population mondiale, tous sexes confondus, a des préjugés envers les femmes, montre une étude publiée mercredi par le Programme des Nations unies pour le développement à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes.

      Les hommes font de meilleurs dirigeants politiques ou d’entreprises que les femmes. Aller à l’université est plus important pour un homme que pour une femme. Les hommes devraient être prioritaires sur le marché de l’emploi lorsque les offres sont rares.

      Neuf personnes sur dix dans le monde - femmes comprises - nourrissent au moins un préjugé de ce genre, conclut l’agence onusienne sur la base de données provenant de 75 pays représentant plus de 80% de la population mondiale. La proportion est la plus forte au Pakistan (99,81%), devant le Qatar (99,73%) et le Nigeria (99,73%).

      L’Andorre (27,01%), la Suède (30,01%) et les Pays-Bas (39,75%) mènent le wagon des « bons élèves », que la France accroche tant bien que mal, avec plus d’une personne sur d’eux ayant au moins un préjugé sexiste (56%) .

      https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Les-prejuges-envers-les-femmes-ont-la-vie-dure-21892051

      #misogynie #masculinisme #sexisme #backlash #domination_masculine #harcèlement

    • Comment s’appelle déjà l’effet qui provoque une sorte d’aveuglement à la réalité et qui s’auto-entretient par une fréquentation exagérée des réseaux sociaux et de l’Internet en général ? J’ai l’expression sur le bout de la langue (parce que je me dis que fondamentalement, je dois être un gros naïf). je crois que c’est le « filter bubble » mais il y a une autre expression en français avec le mot « cognitif » dedans.

    • @mad_meg non, ce n’est pas « biais » mais l’expression à laquelle je pensais décrirait plutôt une sorte d’enfermement de mon propre système de pensée qui ferait que j’appréhenderais la société à la lumière des gens que je fréquente « virtuellement ». C’est à dire que cela m’induit à penser que la société a évolué en ce qui concerne la place et le rôle des femmes. Or les faits rapportés dans l’article de la RTBF me rappelle à la dure réalité. C’est pourquoi je me qualifie de « gros naïf »...
      Et sinon merci de m’avoir fait découvrir la théorie de la valence des sexes de Françoise Héritier que je ne connaissais pas.
      Et force est de constater que nous sommes dans une période de totale régression à tout point de vue.

    • @sombre, le paragraphe de WP dit que les mécanismes décrits par la psycho sociale sont plus importants que des fonctionnements techniques. La peur du jugement des pairs et le renforcement par eux, le panurgisme, tout ça sont des logiques qu’on voit bien opérer sur plein de sujets où des militant·es ne font plus fonctionner leur cerveau et préfèrent répéter la doxa...

    • @antonin1

      tout ça sont des logiques qu’on voit bien opérer sur plein de sujets où des militant·es ne font plus fonctionner leur cerveau et préfèrent répéter la doxa...

      et je rajouterais : par pur confort intellectuel, ce qui constitue également une stratégie « d’économies d’énergie » car mener une réflexion en profondeur nécessite beaucoup d’effort. Et partant, peut-on en vouloir à certain·es militant·es de faire parfois (souvent ?) cette économie ?
      Réponse : oui, si leur seul et inavouable but est de salir la réputation des personnes un tant soit peu « hétérodoxes ». Mais bon ...

      Pour mon affaire de mémoire, je définirais bien ça comme un « enfermement cognitif ». Je me souviens en avoir fait mention chez twitt’cake mais je suis infoutu de retrouver de mémoire l’expression exacte. Et quant à retrouver une info sur ce bouzin, même dans dans ton propre fil de discussion, autant chercher une aiguille dans une fosse à purin. Mais c’est pas très grave.

  • Sexualité : en finir avec les injonctions paradoxales

    « Il faut pimenter sa vie sexuelle », « le sexe est meilleur quand il fait un peu mal »... Les femmes sont victimes de matraquage, dénonce Maïa Mazaurette dans une chronique « coup de gueule ». Car comment réussir à s’écouter quand on demande de considérer l’insulte comme un compliment et la douleur comme un plaisir ?

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/02/23/sexualite-en-finir-avec-les-injonctions-paradoxales_6030503_4500055.html

    ...quand un homme dit non, personne ne vient lui expliquer qu’il pense oui. Parce que quand il a mal, personne ne prétend que c’est pour son bien, que ça n’a pas d’importance, ou qu’il doit réessayer pour s’habituer. Aucun magazine masculin ne propose de se frotter le pénis contre une râpe à fromage avant un rapport pour « pimenter » ses ébats.

    Le point commun de ce matraquage est simple : aux femmes, et aux femmes seulement, on demande de nier leur propre ressenti. Pas parce qu’elles sont folles, mais parce que leur ressenti constitue un bâton dans les roues des partenaires égoïstes (tous les hommes ne sont pas égoïstes). Si les femmes cessent de se faire confiance, alors on peut leur faire subir absolument n’importe quoi : en l’occurrence des violences, des injures, des rapports non désirés et des techniques sexuelles inefficaces.
    Tour de passe-passe

    Dans son ouvrage Pourquoi le patriarcat ? (Flammarion, 2019), la psychologue américaine Carol Gilligan raconte comment la construction de l’identité féminine repose sur ce tour de passe-passe. Vers la pré-adolescence, les filles apprennent à dire « I don’t know » (« je ne sais pas »), tandis qu’encore plus tôt, les petits garçons apprennent à dire « I don’t care » (« je m’en fiche »).

    Cette réduction au silence de ses propres émotions génère des conséquences bien réelles, comme des troubles de la concordance sexuelle. Les travaux de la sexologue américaine Meredith Chivers démontrent en effet que même quand les femmes ressentent une excitation physique (afflux sanguin dans les zones génitales, lubrification), elles n’en sont pas toujours conscientes. Exactement comme s’il existait une barrière invisible entre la tête et le corps.

    Cette discordance est probablement multifactorielle (autocensure, tests mal adaptés, etc.), mais tout de même : comment s’écouter soi-même, quand notre culture sexuelle nous demande en permanence de considérer l’insulte comme un compliment, la douleur comme un plaisir, ou le ressentiment comme un motif de désir ? Quand il faut en permanence « transcender » les signaux les plus élémentaires du corps ?

    Ces aphorismes ne concernent d’ailleurs pas seulement le champ sexuel : « la force des femmes, c’est leur faiblesse », « Les plus visibles sont les plus minces », « L’accouchement est le plus beau jour de leur vie ». On fait comme si les femmes étaient irrationnelles (ce qui revient à les psychiatriser), alors que c’est la logique sous-jacente qui est irrationnelle. Et abusive. « Elle dit non, elle pense oui », « elle dit oui, elle pense oui », « quand on aime son conjoint, on lui donne des rapports », « quand on déteste son conjoint, on lui donne des rapports » : la ficelle est énorme, et nous valons mieux que ces discours littéralement aberrants.

    #sexisme #injonction_paradoxal #catch22 #domination_masculine #hétérosexisme #hétérosexualité #amour #haine #culture_du_viol #BDSM #porno

  • Les médias s’éveillent au problème transgenre… plus ou moins

    https://racinerouge.fr/2020/02/les-medias-seveillent-au-probleme-transgenre-plus-ou-moins

    Il est erroné de voir ce conflit comme une simple « compétition absurde » comme l’écrit Charlie Hebdo, une guéguerre puérile entre des groupuscules sur internet, surtout quand on met en lumière des choses aussi graves que la pression exercée sur les lesbiennes dans le monde réel, comme le rapporte Marguerite Stern dans Nouvelle Veg, pour élargir leur conception de l’homosexualité aux hommes à partir du moment où ils s’auto-proclament femme et lesbienne. J’ai relaté nombre de ce genre de folies dans les pays anglo-saxons, dont on ne cesse d’adopter les obsessions identitaires et rétrogrades sur la race, la religion et le sexe, avec les conséquences que l’on connait sur la société française. Ne pas voir l’ombre du danger des revendications transgenres se profiler sur la France indique au mieux une mauvaise maîtrise du sujet, au pire une grande naïveté. Si Marguerite Stern a décidé de dénoncer ces dérives, c’est bien parce qu’elle en a constaté l’emprise sur son initiative au sein des collectifs de colleuses et sur les murs des villes de France.

    Elle n’est pas la seule à se retrouver confrontée à ce militantisme agressif dans le « vrai monde », pour ainsi dire. Vendredi soir, j’ai reçu un coup de fil d’une amie enseignante dans un collège où elle anime un atelier « lutte contre le sexisme ». Ce matin-là, elle participait à une formation sur inscription libre pour enseignants venus de divers établissements, tenue au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, créée par l’Éducation Nationale et intitulée « Stéréotypes hommes/femmes dans les médias ». Les intervenants se composaient des journalistes Isabelle Motrot, rédactrice-en-chef de Causette, et Lauren Bastide, créatrice de la Poudre, une série de podcasts, ainsi que de Laurence Corroy-Labardens, professoresse à la Sorbonne-Nouvelle spécialisée sur les médias.

    Bastide consacre une partie de son intervention à la question transgenre, en qualifiant les critiques actuelles du mouvement de « conservatrices » et qui selon elle ne sont énoncées que par des personnes « d’extrême-droite » aussi bien que « fascistes ». Elle explique que « le féminisme, c’est un point de départ, il faut maintenant converger vers un mouvement plus large incluant les femmes trans » et autres minorités sexuelles. En d’autres termes, défendre les intérêts de la moitié de la population mondiale, c’est bien mignon, mais il faut maintenant consacrer nos ressources à une petite minorité d’hommes travestis.

    La journaliste défend l’idée d’une multitude de sexes, en prenant pour exemple une femme de sa connaissance née sans utérus. Déconcertée, mon amie fait remarquer que, tout de même, les différences biologiques entres les hommes et les femmes sont nombreuses, et que seules les femmes peuvent porter un enfant. « Donc selon vous, si on naît sans utérus, on n’est pas une femme ? » lui rétorque une enseignante. Ni l’une ni l’autre ne semble comprendre qu’elles parlent d’une anomalie rare. « Je n’ai pas osé le leur dire, » me confie mon amie. Une autre lui cite Simone De Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient ! » Un autre enseignant propose d’installer des toilettes mixtes dans les écoles, une idée qui revient souvent au prétexte que les personnes transgenres y seraient protégées.

    Il y quelque temps déjà, un collègue enseignant en histoire, qui s’était dit intéressé par le projet anti-sexisme de mon amie, s’était invité dans sa classe pour « sensibiliser » les enfants aux « droits des personnes transgenres », plus précisément leur accès au droit de vote en Inde. « Ça n’avait rien à faire là, » me dit mon amie en revenant sur toutes ces interventions. « Ils ne parlaient presque que de ça alors que nous, avec ma collègue, on apprend aux gamins que si tu es un garçon et que tu veux devenir coiffeur, eh bien tu peux être coiffeur. Le but, c’est de leur expliquer que les mains aux fesses, c’est pas possible, traiter un garçon qui a des amies de pédé non plus, regarder un peu comment les hommes et les femmes sont représentés dans les médias : est-ce qu’on ressemble à ça ? Etc… »

    Plus tard, c’est Laurence Corroy-Labardens qui est intervenue auprès des enseignants. « Son discours était bien différent. Elle faisait la distinction entre les différences biologiques et les différences imposées par la société. Elle a par exemple dit qu’il fallait garder à l’esprit les différences biologiques car c’était important dans certaines études. » Corroy-Labardens évoque notamment le fait qu’en médecine, ce sont principalement sur des modèles masculins que l’on teste les traitements, alors que le corps des femmes n’y réagit pas nécessairement de la même façon. De même, les hommes et les femmes ne sont pas atteints des mêmes maladies. En cause : les différences comme le poids, la masse musculaire, le métabolisme, la structure osseuse, etc. L’idée selon laquelle le sexe « binaire » ne serait qu’une invention fantasmée par les bigots ne tient donc pas face au réel.

    Cette propagande est proférée par des personnes qui sortent des universités et d’écoles prestigieuses, se croyant décidément très éclairées. « Tout ça manquait de nuance, » opine mon amie. « Pour une formation censée combattre les stéréotypes, je trouve qu’on était en plein dedans. Je ne me suis pas retrouvée dans ce discours. Comme il est à la mode, on ne le remet pas en question et on diabolise le propos inverse : si tu considères les femmes trans comme des hommes, tu es forcément un fasciste. Il y avait un manque de prise de recul face aux polémiques actuelles sur le sujet. »

    #féminicide #sexisme_trans #appropriation #domination_masculine #backlash #invisibilisation_des_femmes

  • CRITIQUE DE LA FEMINITE ET DE L’ HETEROSEXUALITE | Irrédentiste !
    https://sporenda.wordpress.com/2020/02/02/critique-de-la-feminite-et-de-l-heterosexualite

    La féminité est un comportement appris qui est re-acté tous les jours de la vie d’une femme dans son interaction avec les hommes. Le comportement « féminin » exprime la déférence. Les filles et les femmes sont censées prendre peu de place, s’asseoir en croisant les jambes, les bras collés au corps, garder les yeux baissés et ne parler que quand on leur parle …

    La masculinité est aussi un comportement appris, qui manifeste la dominance et maintient la place des hommes dans la classe dominante. ..
    La masculinité et la féminité sont érotisées pour créer la sexualité de la suprématie masculine, que j’appelle désir hétérosexuel. Par le terme « désir hétérosexuel », je ne veux pas dire « désir pour le sexe opposé » mais un désir qui est organisé autour de l’érotisation de la domination et de la soumission.

    Ce type de désir procède du système politique de l’hétérosexualité, dans lequel la soumission des femmes est vue comme naturelle et comme définissant ce qu’est » la sexualité ». Le mot « hétéro » dans « hétérosexualité » signifie « autre », dans ce type de désir, un des participants est « altérisé », ou réduit à un statut de subordination par une sexualité objectifiante inscrite dans un rapport dominant/dominée.

    La différence entre les sexes qui est censée produire l’excitation dans la sexualité hétérosexuelle n’est pas naturelle, elle est politique, c’est une différence de pouvoir. Le désir hétérosexuel est formé à partir de la soumission des femmes, et celle-ci est requise pour qu’il y ait excitation.

    (#Sheila_Jeffreys, article « Heterosexuality and the Desire for Gender » dans le livre « Theorising Heterosexuality » , edit. Diane Richardson, Open University Press, 1996, traduction Francine Sporenda.)

    #hétérosexualité #domination_masculine
    @touti

  • Divorce : comment la justice transforme les mères en mendiantes, et les pères en bons princes
    07/02/2020
    Par Chloé Leprince

    Près de 40% des pères séparés se dérobent à la pension alimentaire. En France, ce n’est pas le fisc qui rappelle à leurs devoirs les mauvais payeurs. Mais plutôt la CAF qui verse des allocations aux mères célibataires qui s’appauvrissent massivement avec la séparation.
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    A un moment où l’on privilégie la médiation dans les séparations, une autre sociologue, Emilie Biland, membre du même collectif de recherche, rappelait dans un livre publié en 2019, Gouverner la vie privée (paru aux éditions de l’ENS), en quoi valoriser “un bon divorce” sans trop de fracas ni d’incriminations pouvait féconder de nouveaux ferments d’injustice pour les femmes.

    https://www.franceculture.fr/societe/divorce-comment-la-justice-transforme-les-meres-en-mendiantes-et-les-p

    #divorce #patriarcat #domination_masculine #sexisme

  • Inégalités. Pour les tout-petits, genre et pouvoir s’alignent

    https://www.humanite.fr/inegalites-pour-les-tout-petits-genre-et-pouvoir-salignent-683114

    Une étude du CNRS menée dans trois pays observe que, chez les 3 à 6 ans, l’exercice de l’autorité est plus souvent associé à des images masculines. Et c’est encore plus vrai pour les garçons que pour les filles.

    On savait que les tout-petits étaient sensibles aux stéréotypes de genre. Une étude du CNRS, publiée la semaine dernière dans la revue scientifique Sex Roles, laisse penser qu’ils affectent aussi la perception qu’ils ont du pouvoir. « Dans les interactions entre des figures masculines et féminines, les enfants ont tendance à associer l’individu qui domine au masculin », a résumé à l’AFP Jean-Baptiste Van Der Henst, chercheur en sciences cognitives et coauteur de l’étude. Avec sa collègue Rawan Charafeddine, c’est leur 4e étude : « Nous travaillons depuis plusieurs années sur la représentation du pouvoir chez les jeunes enfants et c’est assez naturellement que, dans ce cadre, nous nous sommes intéressés à la question du genre », explique le chercheur.

    Pour en savoir plus, les auteurs ont mené une série de tests sur 900 enfants âgés de 3 à 6 ans en France, au Liban et en Norvège. Dans la première, les enfants devaient s’exprimer sur un dessin montrant deux personnages identiques, l’un dans une posture de domination, l’autre de subordination. À plus de 80 %, tous sexes et tous pays confondus, les enfants qui avaient compris la relation de subordination associaient le personnage ayant une posture de pouvoir au masculin. « Nous avons été très surpris de ces résultats. Nous pensions qu’il y aurait une différence de perception entre les enfants en Norvège et au Liban, or, ça n’a pas été le cas », souligne Baptiste Van Der Henst. À ce stade, cette uniformité des réponses reste difficile à comprendre. Les deux chercheurs appellent à la réalisation d’enquêtes complémentaires plus fines, prenant en compte la situation culturelle des familles, pour mieux en comprendre l’impact. « C’est aussi le rappel d’une certaine uniformité des cultures. Même dans un pays égalitaire au niveau légal comme la Norvège, la domination masculine n’a pas encore disparu des interactions quotidiennes », analyse Rawan Charafeddine, la coauteure de l’étude.

    Lors de la deuxième expérience, réalisée en France seulement, bonne nouvelle. Lorsqu’il s’agit de se représenter elles-mêmes, les filles ont plus tendance à se mettre en position de pouvoir. Confrontés à la même image que lors de la première expérience, une majorité d’enfants, tous sexes confondus, se projettent dans cette position du dominant. « Cela a infirmé l’hypothèse que nous avions après la première expérience. Nous pensions que la raison pour laquelle les filles attribuaient le caractère dominant aux hommes était qu’elles le dévalorisaient », explique Rawan Charafeddine. Une nuance existe pourtant. Les garçons se voient toujours dans la position du pouvoir, quel que soit le sexe de la personne en face. Les filles, elles, se projettent très majoritairement en dominantes quand l’autre personne est désignée comme une fille. Quand c’est un garçon, elles se positionnent de façon égale dans l’une ou l’autre des positions.
    Les garçons sont conscients de leur privilège de classe

    La même ambiguïté des filles s’observe dans la troisième expérience, conduite en France et au Liban. Cette fois, des marionnettes parées de façon explicite des attributs de genre sont montrées aux enfants. Ils devaient décider laquelle décidait des règles du jeu ou possédait plus d’argent. Là encore, plus de 70 % des garçons dans les deux pays et dans les deux scénarios désignent la poupée masculine comme dominante. Le pourcentage de filles faisant de même tombe en revanche entre 40 et 50 %. « Ce que ces différences montrent, c’est que les garçons sont conscients de leur privilège de classe. Les filles les voient aussi. Elles les vivent, mais elles trouvent ça injuste et veulent autre chose », analyse Rawan Charafeddine. Une révolte qui, selon elle, s’estompe avec l’âge, au fur et à mesure qu’elles intériorisent le fait que le pouvoir a plus de chance d’être aux mains des hommes , comme le montrent des expériences réalisées avec des adolescents. Au-delà de ce constat, elle estime que « cette étude appelle à parler aussi aux garçons des questions d’inégalités de genre, parce que pour l’instant ils ont l’air bien confortables dans leur position de dominants ».
    Camille Bauer

    #domination_masculine #privilège #sexisme

    • L’article dans Sex Roles (résumé uniquement)

      How Preschoolers Associate Power with Gender in Male-Female Interactions: A Cross-Cultural Investigation | SpringerLink
      https://link.springer.com/article/10.1007/s11199-019-01116-x

      Abstract
      Interactions between males and females often display a power imbalance. Men tend to adopt more dominant physical postures, lead conversations more, and are more likely to impose their will on women than vice versa. Furthermore, social representations typically associate males with a higher power than females. However, little is known about how those representations emerge in early childhood. The present study investigated whether preschool children from different countries assign more power to males than to females in the context of mixed-gender interactions. In Experiments 1a (n = 148) and 1b (n = 403), which implemented power through body postures, 4–6 year-old children from France, Lebanon, and Norway strongly associated power with a male character. Experiment 2 (n = 160) showed that although both French boys and girls identified themselves more with a dominant than with a subordinate posture, girls were less likely to do so in a mixed-gender context. In Experiment 3 (n = 213), which no longer used body postures, boys from Lebanon and France attributed more decision power and resource control to a male puppet than did girls. By investigating gender representations through interactions, the present study shows that children associate gender and power at an early age.

    • « Nous avons été très surpris de ces résultats. Nous pensions qu’il y aurait une différence de perception entre les enfants en Norvège et au Liban, or, ça n’a pas été le cas », souligne Baptiste Van Der Henst. À ce stade, cette uniformité des réponses reste difficile à comprendre. Les deux chercheurs appellent à la réalisation d’enquêtes complémentaires plus fines, prenant en compte la situation culturelle des familles, pour mieux en comprendre l’impact. « C’est aussi le rappel d’une certaine uniformité des cultures. Même dans un pays égalitaire au niveau légal comme la Norvège, la domination masculine n’a pas encore disparu des interactions quotidiennes », analyse Rawan Charafeddine, la coauteure de l’étude.

      De mes deux séjours de quelques semaines en Norvège, je retiens en effet que chez les gens, les structures de pouvoir sont aussi patriarcales que chez nous. J’étais certes chez un gros macho (dans le nord, près de Narvik, je précise, pas vers Arendal !) mais je voyais aussi qui dans le couple conduit la voiture, comment les gens distribuent la parole, ce genre de détails...

      @reka ?

  • Matzneff : « Pourquoi un pédophile sans talent a-t-il été publié et encensé ? », par Elisabeth Roudinesco
    https://www.nouvelobs.com/idees/20200110.OBS23286/matzneff-pourquoi-un-pedophile-sans-talent-a-t-il-ete-publie-et-encense-p

    #déni habituel des psychanalystes qui sont très nombreux à entretenir la culture du viol, la cupabilisation des victimes... Je met le passage sur #Dolto .

    François Dolto traînée dans la boue

    Hanté par le fantasme d’une France pervertie par mai 68, bon nombre de commentateurs d’aujourd’hui racontent donc tout et n’importe quoi, confondant les pétitions des années 1970 avec les affaires contemporaines de harcèlement ou de viol, MeToo, « Balance ton porc », Harvey Weinstein, Tariq Ramadan, Roman Polanski et même Françoise Dolto, qualifiée de pédophile par des ligues de vertu anti-freudiennes – toujours les mêmes – qui réclament que soient débaptisées les 167 écoles qui portent son nom (« Le Canard enchaîné », 8 janvier 2020). Et de citer à l’emporte pièce des phrases incohérentes tirées de deux livres d’entretiens fabriqués à la va-vite, le premier l’année de sa mort (« La Cause des adolescents », Laffont, 1988) et le deuxième à titre posthume (« L’Enfant, le juge et la psychanalyse », Gallimard, 1999) publié par sa fille. On en trouve la liste sur internet depuis des lustres et dieu sait si Dolto, une fois célébrée par les médias, a pu raconter n’importe quoi puisqu’elle ne parlait que de cas individuels, issus de son expérience clinique, elle qui avait été trainée dans la boue par René Schérer pour son adhésion à la moralité chrétienne. A ce train là, on l’accusera un jour d’avoir sodomisé des bébés.

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    Je relève aussi la dépolitisation que fait Roudinesco en critiquant le fait que la dénonciation des viols sur mineurs ai un lien avec la dénonciation des violences sexuelles.
    Sinon pour sa blague sur la sodomie les bébés - qu’est ce qu’elle en sait Roudinesco, peut être que Dolto sodomisait des bébés, en quoi ca serait aussi impensable, comique ou/et ridicule. Son fils chantait bien le tourisme sexuel entouré d’enfants au club dorothé, alors peut être qu’il y a de l’inceste dans la famille Dolto.
    Enfin c’est l’occasion de voire ou revoir les films de Sophie Robert "le mur" et "le phallus et le néant" qui font état de la pensée psychanalytique en 2015 tout aussi misogyne, violophile et nocive aux dominé·es qu’en 1970.

    • Élisabeth Roudinesco, née le 10 septembre 1944 à Paris, est une universitaire, historienne et psychanalyste française, biographe de Jacques Lacan et de Sigmund Freud, auteur, avec Michel Plon, d’un dictionnaire de psychanalyse.

      En 1969 elle entre à l’École freudienne de Paris, fondée par Jacques Lacan, où elle achève sa formation psychanalytique et en restera membre jusqu’à sa dissolution en 1981.

      Roudinesco fait partie du milieu littéraire parisien qui s’autocongratule, passé par Paris VIII où a officié Lacan et la bande de la french theory, marié au PDG des Editions du Seuil (Sollers, Henric) Cerise, elle a brigué un fauteuil à l’Académie française.

      Dans les 2 pétitions les plus importantes de 1977 pro pédosexuel il y a de nombreux psychanalystes, psychiatres et sexologues. En fait partie, Félix Guattari, influenceur pédosexuel sous couvert scientifique et universitaire, fondateur de la Revue Recherches qui publie le pamphlet proviol « Fous d’enfance » et dont Gavi écrit « je pense à mon ami Félix Guattari qui a laissé derrière lui une œuvre géniale et quelques suicides ». Guattari a été psychanalysé par Lacan (avant de s’éloigner avec l’anti-œdipe rédigé avec Deleuze en 1972) . Dolto est aussi une grande amie de Lacan.

      Apparemment, il règne toujours un système corporatiste pour protéger les pères fondateurs de la culture du viol dont les victimes commencent à prendre la parole.

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      Voir la signature proviol de prostitués dans la pétition d’Henric sur Causeur du psychanalyste qui me suivait quand j’avais 30 ans m’a pétrifié. A l’époque je survivais dans un réduit pourrissant et j’allais dans son grand appartement du Marais, à l’entendre me dire que mes conditions de vie n’avaient rien à voir avec mes problèmes j’ai cessé d’y aller.

      #psychanalyste

    • Merci pour les infos sur elle @touti
      au passage je relève ceci qui montre son refu de comprendre le point de vue des victimes ;

      Faudra-t-il un jour envoyer de nouveau en enfer les œuvres de Sade et débarrasser de toutes les bibliothèques les grands noms de la pensée française des années 1970 sous prétexte que leurs auteurs avaient signé des pétitions douteuses ?

      On (les victimes, les féministes, les gentes qui découvrent le sujet comme des fleures et s’en indignent) ne demande pas la censure de Sade, ni de #grand_homme de la pensée des années 1970. Il est seulement demandé de pouvoir utilisé les éléments biographiques des auteurs pour analysé leur œuvre. Sade était peut être un grand penseur, c’etait aussi un violeur, un agresseur sexuel, un sadique qui torturait des victimes non-consentantes, rien à voire avec le BDSM avec lesquel il est souvent assimilé et confondu. Il ne faisait pas que fantasmé ses violences il les mettait en pratique et quand il parle du consentement c’est pour dire que le non consentement est plus bandant. En faire un grand penseur sans dire que c’est la pensée d’un violeur c’est là le problème. Il y a des faits documentés sur les violences sexuelles qu’a commises Sade et ces faits doivent pouvoir servir a éclairé la pensée de Sade. Roudinesco à l’air de dire que la pensée d’un agresseur sexuelle ne doit pas être interrogée sous ce prisme.
      Sinon je ne voie pas pourquoi Sade devrait sortir de « l’enfer », on va pas le faire étudié en primaire, ni au collège et ni au lycée, l’enfer des bibliothèques est accessible aux majeurs et c’est bien assez comme ca. Ca veut pas dire qu’il y a censure de l’œuvre, ca veut dire qu’on va prendre en compte le contexte de celle ci (contexte d’émission de l’oeuvre et de réception de celle ci). Il y a des restrictions d’age pour les films d’horreur porno alors je ne voie pas pourquoi ca serait pas pareil pour la philosophie d’horreur porno. En fait la seul personne qui veut bruler Sade ici c’est Roudinesco qui préfère la destruction totale de cette œuvre plutot que de l’étudié dans son contexte historique et/ou d’en limité la diffusion aux adultes.

      Le freudisme et lacannisme sont au service des dominants, ca sert à les déculpabiliser en portant la faute sur leurs victimes. Ici les victimes sont accusé à tord de vouloir censuré et/ou détruire l’œuvre de Sade, Balthus, et les #grand_homme de la pensée des années 1970. Pourtant, si censure il y a, elle viens des anciens soutiens de Matzneff qui font disparaitre les preuves ou/et font du zèle pour faire oublié leurs comportement passé. Pour le moment au sujet de la censure, c’est la liste des signataires de la pétition de 1979 dans libé qui est censuré et pas l’œuvre de Sade.
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      Le titre est aussi bien dégueulasse, qu’est ce qu’on en a à faire du talent de Matzneff ? Quel est le rapport avec la choucroute ? Si il avait ou pas du talent qu’est ce que ca changerait ? Comment est-ce possible qu’on se prétende psychologue professionnel et commencer son intervention sur la pédocriminalité par la question de la qualité littéraire ? Pour le titre on peut meme pas accusé l’Obs d’avoir dénaturé le propos de Roudinesco, elle meme commence son texte ainsi ;

      Disons-le sans détour, l’affaire Matzneff aura permis de redécouvrir combien l’œuvre de cet écrivain est d’une pauvreté littéraire affligeante, raison pour laquelle elle est tombée en désuétude.

      Roudinesco est-elle psychologue ou critique littéraire ? A lire ce texte on se pose la question mais a mon avis elle n’est ni l’une ni l’autre, c’est une idiote utile de la #culture_du_viol et de la #domination_masculine dont la tache est de renvoyé les victimes dans le silence.

    • C’est @tintin que tu vouvoie @colporteur ? Vu qu’il est pas sur ce poste je sais pas trop pourquoi c’est à lui que tu t’adresse. est-ce que tu as besoin d’un avis « raison gardé » ?

      J’ai dit plusieurs fois que je trouvait réducteur de limité cette violophilie aux années 1970, en 2020 on viol plus et on punit moins les viols qu’en 1970, on peu même se commander des viols par internet ou se faire passé ses petits films de viols entre jeune à la récré. Et Matzneff était primé en 2015 pas en 1970.
      Sinon pour ce que tu raconte sur la pedosexualité des femmes, je voie surtout ton privilège masculin.

      https://seenthis.net/messages/820733
      Dans cette émission faite par un mec qui kiffait Matzneff en 2015, il explique qu’il n’avait rien dit à l’époque par peur d’être traité de pudibond. et aussi par plaisir de faire souffrir sa mère et sa tante.
      Ton message me semble tout à fait sur ce registre.
      Etre réactionnaire c’est vouloir revenir à un état antérieur, vouloir restaure un état du passé. Le réac ici c’est toi, car c’est toi qui demande l’omerta, le statu quo et le maintiens de tes privilèges de sexe, c’est aussi toi qui utilise des euphémismes réacs tel « relation charnelle ».

      Tu veux pas qu’on dise « pédosexualité » tu prefere des euphémismes réacs à la Matzneff
      Mais t’était quoi quant tu avait moins de 15 ans ? T’était un homme ?

    • Le problème n’est pas tant ce que mon psy a dit que l’exercice assez systémique et névrotique du pouvoir des psys auto-immunisés par le prisme freudien ou lacanien de la théorie œdipienne. Pour les signataires qui nous intéressent, impossible d’évacuer non plus Heidegger qui imprègne nombre d’entre eux, qui sont à la fois psys et philosophes. Sous couvert de transformation politique et sociale innovantes, ces théoriciens et praticiens d’une sexualité soit disant libérée, prônent l’assouvissement de leurs instincts sur l’Autre, chien enfant ou femme, du moment que ces objets de désir en seront tenus responsables par les dites théories. Les signataires de ces pétitions pro pédosexuels ont œuvré·es à l’acceptation d’une application irrépressible du désir sexuel en le grimant en liberté face au dispositif bourgeois à combattre. Faisant d’eux des philosophes pervers et des psys dangereux dont l’influence a été relayés par un réseau médiatique littéraire et politique suffisamment important pour faire encore croire aujourd’hui que « c’était l’époque ».
      C’est cet aveuglement qui est terrifiant, ne pas voir la position centrale qu’ils ont joué dans le dispositif de soumission qui sied parfaitement au libéralisme individualiste actuel où le vivier des proies augmente avec la précarité.
      Il me semble que c’est ce même processus individualiste de domination décomplexée qui permet à mon psy de proférer que vivre dans un taudis n’est pas un problème et lui rend également possible l’apposition de sa signature en haut de la pétition de Causeur « touche pas à ma pute ». Si il lui est possible en 2013 de rendre public une telle abjection c’est que penser la mise à disposition du sexe de l’Autre est toujours et encore revendiquable, comme un droit, un dû, une possibilité normale offerte dans une société consumériste moderne où ceux qui exercent le pouvoir s’arrogent le droit de disposer des corps en toute impunité.

    • @touti n’empêche si tu arrive effectivement à cartographier cet espèce de tour d’esprit dégueulasse qui va de la fascination pour sade, en passant par heidegger, cioran, bref, ce truc chelou et malsain d’une certaine intelligentsia, ce serait quelque chose... ça fait des années que je me demande comment ce truc se maintient en place, alors qu’on a des intellos tout à fait passionnant, comme Vernant par exemple, qui n’ont jamais, à ma connaissance, donné dans cette... chose. Mais dont on ne te parlera jamais aux beaux-arts par exemple...

    • Ouhlala, je crois pas que je vais faire une tour, je n’ai pas du tout ces compétences dans les structures ADN :)
      Par contre, je remarque l’utilisation d’un espace fictionnel qui semble inattaquable avec comme vecteur la littérature, le cinéma, l’Art …
      Apparemment rendre public des faits et des réalités sous cet aspect est un moyen employé par ces salopards et leurs défenseurs pour se blanchir.

    • http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Histoires/Les-aveux-de-la-chair
      #Foucault
      Parution : 08-02-2018
      « Centré sur la façon dont saint Augustin(1) et les Pères de l’Église concevaient le désir, Les aveux de la chair paraît enfin. »
      Élisabeth Roudinesco, Le Monde des Livres

      Extrait de l’avertissement/préface

      En 1976, Michel Foucault fait paraître — sous le titre La volonté de savoir — le premier tome d’une Histoire de la sexualité dont la quatrième de couverture annonce une suite prochaine en cinq volumes, respectivement intitulés :
      2. La chair et le corps ;
      3. La croisade des enfants ;
      4. La femme, la mère et l’hystérique ;
      5. Les pervers :
      6. Population et races

      Aucun de ces ouvrages ne verra le jour.

      Quand tu vois les titres prévus au programme :/ ça m’étonne pas d’un fervent Nietzschéen. Nietzsche haïssait les femmes.
      Suite …

      Le ’prière d’insérer’ de 1984 conclut ainsi :
      D’où, finalement, un recentrement général de cette vaste étude sur la généalogie de l’homme du désir, depuis l’Antiquité classique jusqu’aux premiers siècles du christianisme.

      Nan nan, tu as bien lu :
      généalogie de l’homme du désir

    • L’art c’est un tutoriel de domination à destination des dominants. Aux hommes-bourgeois-blancs, l’art apprend à traiter les femmes-prolétaires-noirs comme des objets, à trouver cela noble et à se tripoter l’ego avec des grands mots grecs afin de se faire passer pour supérieur. Les philosophes phallosophes appellent cette escroquerie la #catharsis
      Le fait que les hommes violent des enfants est une pratique ancienne et totalement justifié dans l’art. Cf le culte de la #viriginité : On ne peu considéré comme vierge une personne, que si on considère que le sexe est une souillure, une saloperie dégradante, une chose incompatible avec l’innocence, une dégradation de l’etre. Les Matzneff ou les Sade et leurs fana, ce qu’ils cherchent et ce qui les excitent c’est cette souillure, cette humiliation par leur sexe et c’est un concept profondément puritain de voire la sexualité comme un abaissement de soi.

      #talent