• Les #viols de #Mazan et le juste #silence des #hommes

    Au beau milieu du #procès des viols de Mazan, surgit la question de la #parole_masculine. Si l’on doit reconnaître que l’expression des hommes est peu présente aux côtés de celle des féministes, il faut s’interroger sur les raisons de notre #mutisme et sur certains de ses bienfaits.

    Il serait erroné de penser que le #silence_masculin face à l’étalage d’une #brutalité comme celle des viols de Mazan ne serait que le signe d’une #indifférence, voire d’une sorte #complicité inconsciente vis-à-vis des accusés. Bien sûr, il n’est plus à démontrer qu’une partie d’entre nous continue de rêver de viol, de brutalité et de torture. L’analyse que j’avais faite des sites de Punters (sorte de Trip Advisor de la prostitution où les « clients » partagent leurs commentaires sur les femmes prostituées, dont ils parlent comme d’animaux à consommer1) montre combien certains peuvent s’extraire de toute forme de compassion, dès qu’il s’agit de s’approprier le corps d’une femme.

    Pour le reste, face à cette affaire, c’est, chez beaucoup d’entre nous, la #sidération qui domine. Que #Dominique_Pélicot ait pu endormir sa femme, Gisèle, à coups de somnifères pour la louer à des dizaines d’inconnus demeure éloigné des fantasmes de beaucoup d’hommes, peut-être de la majorité d’entre nous, en tout cas on peut l’espérer.

    Du coup, exprimer notre #dégoût, notre #incompréhension, voire notre #colère vis-à-vis de la #souffrance ainsi infligée à des #femmes, peut rapidement se transformer en un discours « #not_all_men ». Beaucoup d’intellectuels masculins ont peut-être compris que le temps où l’on pouvait dire « je suis un homme bien et je condamne toutes ces violences » est peut-être terminé.

    En effet, si, individuellement notre comportement est exempt de toute forme de #violence_sexuelle, cela ne postule pas pour autant notre non-participation à une #culture_de_domination_masculine qui trouve son expression dans toutes sortes de domaines et de situations possibles. La plupart des hommes occidentaux, nous condamnerons facilement l’interdiction faite aux petites afghanes d’aller à l’école et de s’instruire, soucieux que nous sommes d’envoyer nos filles à l’université. Sommes-nous, pour autant, sortis d’un mode de #domination_patriarcale, collectivement et individuellement ? Notre société est-elle égalitaire ? C’est un raisonnement souvent entendu.

    La #justification par « l’autre » est au cœur de la #stratégie_de_défense de nos #privilèges (comme j’en parlerai bientôt dans des vidéos à propos de ce sujet 2). A côté des Talibans, nous ressemblons à des hommes égalitaires. Face à la violence raciste systémique des États-Unis, nous pouvons nous bercer dans l’illusion que la France, par exemple, est un refuge universaliste où la République chérit tous ses enfants. Nous savons qu’il n’en est rien. Mais pourtant le problème est toujours à rechercher chez « l’autre » : l’étranger, l’homme des quartiers populaires, l’alcoolique, le Musulman...

    Dans cette perspective, la figure du « #monstre » de Mazan, du "#détraqué", est bien commode car elle permet d’oublier que certains « faits divers » représentent seulement la partie saillante d’un système où, même l’homme le plus doux sur le plan intime, joue un rôle de premier plan, parfois même malgré lui, dans la domination. Et cette fois « #all_men ».

    Car on peut être le plus respectueux des compagnons et à la fois terroriser ses collègues femmes, les harceler, les discriminer. Comme le montrent souvent ces affaires médiatiques, il est possible d’être un père aimant tout en consommant en cachette de la pédopornographie, en ne pouvant ignorer l’existence de victimes bien réelles. On peut être un « saint vivant » statufié de son vivant et dans le même temps, un violeur en série. Combien d’hommes autoproclamés « féministes » finissent par se retrouver sur la longue liste des personnalités qui ont agressé ou violé des femmes ? On se souvient d’un député écologiste qui posait pour des campagnes féministes, du rouge aux lèvres, avant d’apparaître comme un des « porcs » de la saga #MeToo. On ne peut oublier tel humoriste, tel sportif, tel artiste. Tous tellement formidables avec les femmes… On a connu des hommes merveilleux qui tabassaient leur compagne jusqu’à la tuer. On se souvient des hommes « universalistes » qui militaient contre la parité en politique. On se souvient. Et nous devons en tirer les leçons, même si nous n’en venons personnellement à aucune de ces extrémités.

    La seule question qui devrait nous occuper consiste à découvrir, face à l’affaire de Mazan et puisque nous appartenons au groupe hiérarchiquement valorisé, quels sont les domaines où, individuellement, nous sommes en position de provoquer de l’#injustice, de la #souffrance, en tant qu’hommes, en tant que blancs (et blanches), hétérosexuel.le.s, sans handicap, etc.

    L’accumulation de tous nos silences, de toutes nos indifférences et surtout de toutes nos petites #participations au renforcement de notre position privilégiée pourrait monter jusqu’au ciel. Avec pour avantage que cette montagne passe inaperçue, en permanence, en toute légitimité et dans le sentiment d’être du bon côté de la #masculinité et de la #blanchité. Le camp dont l’#hégémonie et la #toxicité sont émiettées, mosaïques, invisibilisées derrière des discours « universalistes », « féministes » au masculin. Derrière les « justes » et les « alliés ».

    Une certaine forme de silence des hommes face au procès de Mazan pourrait être une bonne chose s’il consiste, même inconsciemment, à se sentir personnellement impliqué dans cette culture dont nous jouissons en secret et qui parfois prend les formes les plus inouïes, jusqu’à occuper la Une des chaines d’information.

    C’est dans la coulisse qu’il nous faut chercher, dans nos angles morts. Mais ça, c’est une autre question.

    https://blogs.mediapart.fr/patricjean/blog/130924/les-viols-de-mazan-et-le-juste-silence-des-hommes

  • Non, le « #choc_des_civilisations » n’aide pas à comprendre notre époque

    Depuis le 7 octobre, les idées du professeur américain #Samuel_Huntington sont à nouveau vantées, au service d’un idéal de #repli_identitaire. Pourtant, ces thèses fragiles ont été largement démontées, sur le plan empirique comme théorique.

    C’est un des livres de relations internationales les plus cités au monde. Publié en 1996, trois ans après un article dans Foreign Affairs, Le Choc des civilisations a fourni un concept qui a proliféré dans le débat public. À la faveur de sa republication en poche aux éditions Odile Jacob, la journaliste et essayiste Eugénie Bastié a eu une révélation : son auteur, le politiste Samuel Huntington (1927-2008), était le prophète de notre époque. Sacrément épatée, elle affirme dans Le Figaro que « chaque jour, l’actualité donne raison » à ce livre « majeur ».

    Elle n’est ni la première ni la seule à le penser. À chaque attentat ou chaque guerre mettant aux prises des belligérants de religions différentes, la théorie est ressortie du chapeau comme une grille explicative. Depuis les massacres du Hamas du 7 octobre, c’est à nouveau le cas. Dans Le Point, Franz-Olivier Giesbert n’a pas manqué de la convoquer dans un de ses éditoriaux. Dans la plus confidentielle et vénérable Revue politique et parlementaire, un juriste s’est appuyé sur Huntington pour conclure tranquillement à « une certaine incompatibilité civilisationnelle entre Arabes et Israéliens et, partant, entre Orient et Occident ».

    Huntington pensait qu’avec la fin de la Guerre froide, les #facteurs_culturels allaient devenir prédominants pour expliquer la #conflictualité dans le système international. Il ajoutait que les risques de conflictualité seraient maximisés aux points de rencontre entre « #civilisations ». À l’en croire, ces dernières seraient au nombre de neuf. La #religion serait un de leurs traits distinctifs essentiels, parmi d’autres caractéristiques socio-culturelles ayant forgé, selon lui, des différences bien plus fondamentales que celles qui existent entre idéologies ou régimes politiques.

    De nombreuses critiques ont été faites aux thèses d’Huntington. Aujourd’hui, ces dernières sont largement considérées comme infirmées et inutilisables dans sa propre discipline. Elles ne sont plus reprises que par des universitaires qui ne sont pas spécialistes de relations internationales, et des acteurs politico-médiatiques qui y trouvent un habillage scientifique aux obsessions identitaires qui les habitent déjà.

    Il faut dire que dans la réflexion d’Huntington, la reconnaissance des #identités_civilisationnelles à l’échelle globale va de pair avec un rejet du multiculturalisme à l’intérieur des États. Eugénie Bastié l’a bien compris, se délectant des conclusions du professeur américain, qu’elle reprend à son compte : « La #diversité est bonne au niveau mondial, mortifère au niveau national. L’#universalisme est un danger à l’extérieur, le #multiculturalisme une #menace à l’intérieur. »

    Des résultats qui ne collent pas

    Le problème, c’est que les thèses d’Huntington ont été largement démontées, sur le plan empirique comme théorique. Comme l’a déjà rappelé Olivier Schmitt, professeur à l’Université du Sud au Danemark, des chercheurs ont « testé » les prédictions d’Huntington. Or ils sont tombés sur des résultats qui ne collent pas : « Les actes terroristes, comme les conflits, ont historiquement toujours eu majoritairement lieu – et continuent d’avoir majoritairement lieu – au sein d’une même civilisation. »

    Dans Philosophies du multiculturalisme (Presses de Sciences Po, 2016), le politiste Paul May relève que « les arguments avancés par Huntington pour justifier sa thèse du choc des civilisations ne reposent pas sur de larges analyses empiriques, mais plutôt sur une série d’anecdotes et d’intuitions ». Il dresse le même constat à propos des alertes angoissées d’Huntington sur le supposé moindre sentiment d’appartenance des #minorités à la nation états-unienne, notamment les Hispaniques.

    Huntington procède en fait par #essentialisation, en attribuant des #valeurs_figées à de vastes ensembles socio-culturels, sans prendre au sérieux leur #variabilité dans le temps, dans l’espace et à l’intérieur des groupes appartenant à ces ensembles. Par exemple, son insistance sur l’hostilité entre l’#Occident_chrétien et la #civilisation_islamique néglige de nombreux épisodes de coopération, d’influences mutuelles, d’alliances et de renversement d’alliances, qui ont existé et ont parfois répondu à des intérêts politico-stratégiques. Car si les #identités_culturelles ont bien un potentiel mobilisateur, elles sont justement intéressantes à enrôler et instrumentaliser dans une quête de puissance.

    Le « #déterminisme_culturaliste » d’Huntington, écrivait le professeur Dario Battistella dès 1994, « mérite une #critique approfondie, à l’image de toutes les explications unifactorielles en sciences sociales ». Au demeurant, les frontières tracées par Huntington entre les civilisations existantes reposent sur des critères peu clairs et discutables. Le chercheur Paul Poast a remarqué, dans un fil sur X, que ses choix aboutissent à une superposition troublante avec une carte des « races mondiales », « produite par Lothrop Stoddard dans les années 1920, [ce dernier étant connu pour être] explicitement un suprémaciste blanc ».

    Les mauvais exemples d’#Eugénie_Bastié

    Les exemples mobilisés par Eugénie Bastié dans Le Figaro illustrent toutes les limites d’une lecture outrancièrement culturaliste de la réalité.

    « Dans le cas du conflit israélo-palestinien, écrit-elle, l’empathie n’est plus dictée par des choix rationnels ou idéologiques mais par des appartenances religieuses et identitaires. » Il était toutefois frappant, avant le 7 octobre, de constater à quel point les États du monde arabe et musulman s’étaient désintéressés de la question palestinienne, l’un des objectifs du #Hamas ayant justement été de faire dérailler la normalisation des relations en cours. Et si la composante islamiste de l’identité du Hamas est indéniable, la situation est incompréhensible sans tenir compte du fait qu’il s’agit d’un conflit pour la terre, que d’autres acteurs palestiniens, laïques voire, socialisants, ont porté avant le Hamas.

    Concernant l’#Ukraine, Bastié explique qu’« entre un Ouest tourné vers l’Occident et un Est russophone, Huntington prévoyait trois scénarios : une Ukraine unie pro-européenne, la division en deux avec un est annexé à la Russie, une Ukraine unie tournée vers la Russie. On sait désormais que l’on s’achemine plus ou moins vers le deuxième scénario, le plus proche du paradigme du choc des civilisations. »

    Remarquons d’abord la précision toute relative d’une théorie qui « prédit » des issues aussi contradictoires. Soulignons ensuite que malgré tout, Huntington considérait bien que « si la #civilisation est ce qui compte, la probabilité de la #violence entre Ukrainiens et Russes devrait être faible » (raté). Pointons enfin la séparation caricaturale établie par l’essayiste entre les parties occidentale et orientale du pays. Comme l’a montré l’historien Serhii Plokhy, les agressions russes depuis 2014 ont plutôt contribué à homogénéiser la nation ukrainienne, « autour de l’idée d’une nation multilingue et multiculturelle, unie sur le plan administratif et politique ».

    Enfin, Bastié devait forcément glisser qu’Huntington a formulé sa théorie du choc des civilisations avant même les attentats du 11 septembre 2001, censés illustrer « la résurgence du conflit millénaire entre l’islam et l’Occident ».

    Reprenant sa critique du politiste américain à l’aune de cet événement, Dario Battistella a cependant souligné que « loin de constituer les prémices d’une bataille à venir entre deux grandes abstractions, #Occident et #Islam, les attentats du 11 septembre sont bien l’expression d’une forme pervertie de l’islam utilisée par un mouvement politique dans sa lutte contre la puissance hégémonique américaine ; quant aux bombardements américano-britanniques contre Al-Qaïda et les talibans, ce sont moins des croisades que des opérations de police, de maintien de la “pax americana”, entreprises par la puissance impériale et sa principale alliée parmi les puissances satisfaites de l’ordre existant. »

    À ces illustrations guère convaincantes du prophétisme de Samuel Huntington, il faut ajouter les exemples dont Eugénie Bastié ne parle pas, et qui ne collent pas non plus avec sa grille de lecture.

    Avec la tragédie du Proche-Orient et l’agression russe en Ukraine, l’autre grand drame historique de cette année s’est ainsi joué en #Arménie et en #Azerbaïdjan, avec le #nettoyage_ethnique du #Haut-Karabakh. Or si ce dernier a été possible, c’est parce que le régime arménien a été lâché par son protecteur russe, en dépit de populations communiant majoritairement dans le #christianisme_orthodoxe.

    Cet abandon, à laquelle la difficile révolution démocratique en Arménie n’est pas étrangère, a permis au dirigeant azéri et musulman #Ilham_Aliev de donner libre cours à ses ambitions conquérantes. L’autocrate a bénéficié pour cela d’armes turques, mais il a aussi alimenté son arsenal grâce à l’État d’Israël, censé être la pointe avancée de l’Occident judéo-chrétien dans le schéma huntingtonien interprété par Eugénie Bastié.

    Le côté « chacun chez soi » de l’essayiste, sans surprendre, témoigne en parallèle d’une indifférence aux revendications démocratiques et féministes qui transcendent les supposées différences civilisationnelles. Ces dernières années, ces revendications se sont données à voir avec force en Amérique latine aussi bien qu’en #Iran, où les corps suppliciés des protestataires iraniennes témoignent d’une certaine universalité du combat contre la #domination_patriarcale et religieuse. Cela ne légitime aucune aventure militaire contre l’Iran, mais rappelle que toutes les actions de soutien aux peuples en lutte pour leurs droits sont positives, n’en déplaise au fatalisme huntingtonien.

    On l’aura compris, la thématique du choc des civilisations n’aide aucunement à comprendre notre chaotique XXIe siècle. Il s’agit d’un gimmick réactionnaire, essentialiste et réductionniste, qui donne une fausse coloration scientifique à une hantise du caractère mouvant et pluriel des identités collectives. Sur le plan de la connaissance, sa valeur est à peu près nulle – ou plutôt, elle est la pire manière d’appeler à prendre en compte les facteurs culturels, ce qui souffre beaucoup moins la contestation.

    Sur le plan politique, la théorie du choc des civilisations est un obstacle aux solidarités à construire dans un monde menacé par la destruction de la niche écologique dont a bénéficié l’espèce humaine. Ce sont des enjeux de justice climatique et sociale, avec ce qu’ils supposent de réparations, répartition, redistribution et régulation des ressources, qu’il s’agit de mettre en avant à toutes les échelles du combat politique.

    Quant aux principes libéraux et démocratiques, ils méritent également d’être défendus, mais pas comme des valeurs identitaires opposées à d’autres, dont nous serions condamnés à vivre éloignés. L’universalisme n’est pas à congédier parce qu’il a servi d’alibi à des entreprises de domination. Quand il traduit des aspirations à la paix, à la dignité et au bien-être, il mérite d’être défendu, contre tous les replis identitaires.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/231223/non-le-choc-des-civilisations-n-aide-pas-comprendre-notre-epoque
    #Palestine #Israël

    #Huntington

  • « L’écoféminisme invite à dépasser les dualismes », entretien avec Jeanne Burgart Goutal | Tiphaine Guéret
    http://cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser

    Au sein des luttes pour la défense des terres, une constante : la présence massive de femmes. Et parmi elles, des écoféministes considérant qu’il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n’aurait pas « affaire à des phénomènes sans aucun rapport, mais plutôt à deux aspects d’un seul et même système » Source : CQFD

  • Rire avec Fox News
    http://imagesociale.fr/9777

    La pseudo-polémique sur le baiser de Blanche-neige fournit une remarquable démonstration du recours à la « cancel culture » – expression de la droite américaine adoptée par les néoconservateurs français pour mieux disqualifier les interpellations progressistes. En effet, personne n’a réclamé la censure, l’annulation ou la destruction par le feu de la scène iconique. Simplement, à l’occasion de la réouverture de Disneyland aux Etats-Unis, un article qui fait l’éloge de la nouvelle attraction dédiée au célèbre dessin animé, regrette la citation du fameux baiser, ajouté par Disney au récit des frères Grimm, sur un mode qui s’apparente à la critique cinéphilique. L’absence de consentement qui caractérise la scène l’a hissée de longue date au rang d’emblème des messages cachés de la #domination_patriarcale...

    Non, il n’est pas absurde de remettre en question les modèles culturels, qui servent à faire passer en douce des messages et à rendre légitimes certains comportements. La critique féministe dénonce depuis longtemps les « princesses Disney », qui enferment volontiers les personnages féminins dans un carcans de clichés, que le récit s’empresse de rendre charmants et romantiques. Est-ce qu’on peut embrasser une fille inconsciente ? Est-ce qu’on peut faire l’amour à sa copine quand elle dort ? Oui, répond le baiser du Prince charmant, puisque si tu l’embrasses, tu lui sauves la vie.

    La meilleure preuve que ce message conserve toute sa signification, ce sont les efforts qui sont faits pour le préserver. Coincée dans une vision patriarcale et régressive de la culture, #Coco ne se rend pas compte que l’émancipation, ce n’est pas la libération sexuelle – qui a fait beaucoup de Pierre Ménès –, mais bien le #respect_du_consentement. Derrière un vernis faussement libertaire, rire avec Fox News, c’est renforcer les pires des préjugés.

  • Contre les publicités sexistes

    La publicité exploite le #corps des femmes pour susciter du #désir, générer de l’envie, exacerber les frustrations et rendre le produit à vendre attirant. Soumise aux normes aliénantes d’une #beauté stéréotypée, symbole du #plaisir_sexuel, ou encensant la ménagère passive cantonnée dans sa cuisine, l’#image des #femmes n’a jamais été autant instrumentalisée. Omniprésentes et conçues pour marquer les esprits, ces #représentations modèlent notre imaginaire et participent à la construction des #normes de #genre : d’un côté, la #féminité associée à la #jeunesse, à la #beauté et à la #maternité et, de l’autre, la #virilité à la #force, à la #puissance et à l’action. Loin d’être un art, tout sauf inoffensive – c’est-à-dire perçue au second degré par des consommateurs responsables –, la publicité véhicule les pires #clichés sexistes et renforce la #domination_patriarcale.


    https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/contre-les-publicites-sexistes
    #livre #sexisme #publicité #publicités_sexistes #imaginaire


  • Bachelor, Nt1, 2016
    Alors voilà, deux mois à l’hosto je vous jure que c’est long. Pas de problème je cause avec tout le monde et je m’entends même bien avec plusieurs membres du personnel. Mais il n’empêche, vu les conditions de travail et le rythme de ouf, ma plus grande visite s’appelle TNT.
    Et il y a un soir oui je regarde le premier épisode de la nouvelle saison du Bachelor.
    Alors en intro hein ! La téléréalité pour moi il y a eu une expérience, Loft Story en 2001 j’étais en terminal et depuis rien du tout.
    J’ai donc décidé de regarder tous les épisodes de cette saison depuis ce jour béni jusqu’à il y a deux trois semaines.

    Le dispositif
    Il y a un homme à la condition sociale défini comme intéressante et il y a une trentaine de candidates. A chaque émission le gars va passer du temps avec certaines femmes et à la fin de chaque épisode il en dégage quelques-unes.

    Mais pourquoi tu fais ça ?
    Dans cette critique à 2 balles, il ne m’intéresse pas du tout, mais alors pas du tout du tout de référencer et/ou d’analyser tout ce pourquoi cette émission est une horreur misogyne absolue et encore pire que ça. Je ne vais pas m’intéresser à ça, pour la raison évidente que, justement, c’est tout-à-fait évident que ce dispositif incarne, mis en image, érigé au rang d’histoire clairement enviable, toute la domination patriarcale insuportable. Pas la peine d’en parler et pas la peine d’en parler ici. C’est dégueulasse, c’est horrible...
    Oui mais. Je regarderai et je regarderai en entier. Je regarderai en fait comme un film (on me dira oui mais justement le problème c’est que ce n’est pas un film mais que c’est la réalité ou que c’est des vrais gens et qu’il n’y a pas de degré de signification qui laisse penser qu’à regard d’auteur se sert de ce qu’il dit pour dire autre chose ; Je m’en fous, je vais le regarder comme un film et je rappelle que je suis et que je sors de l’hôpital merde j’ai des excuses et en plus je suis un pauvre petit nandicapé très malheureux).

    Alors ? Y’s’passe quoi ?
    Alors je disais qu’en soit le principe est absolument racoleur et putassié je me dis « tout ce qu’il y a de bon pour faire une comédie romantique qui fonctionne bien, en soit, des candidates qui vont disparaître petit à petit, c’est à peu près aussi excitant que Battle royal ».
    Donc ça commence pépère, on nous présente toutes les pépèttes et on nous montre aussi que le bachelor ça n’a pas toujours été rose dans sa vie. Il y a trente bonnes femmes, pas vraiment possible de s’attacher à un personnage au début alors la production donne à fond sur le connard de riche. Bon c’est fait on est attaché, il est marrant, il est riche mais il est quand même triste un peu et surtout il a une vraie personnalité (il dit même qu’il n’aime pas trop le principe de la téléréalité).
    Après plusieurs émissions on sent les scénaristes qui ont bossé. Parmi les nanas que l’on voit le plus il y a tout le monde : la petite un peu fragile et encore un peu enfant dans sa tête, la vampe noire de peau trop bonne et allumeuse, la fille qui a énormément d’humour et qui dédramatise toujours tout, la femme un peu ronde, pâtissière, un peu maternelle. Bref, il y a tout le monde.
    Et la vérité, c’est que ça marche. Au bout de trois ou quatre épisode je me discerne clairement plus attaché à un personnage. Et je commence à me dire « ah ouai ce serait trop bien qu’en fait il y ait deux candidates qui terminent ensemble et qui renvoient chier royalement ce petit con », ou alors, « Ah ouaiiii, il en faudrait une qui tarte la gueule au gars en le forçant à lire Beauvoir », « elles pourraient aussi le séquestrer et le torturer ». Bref je sais que ça n’arrivera pas mais je me dis qu’il y aurait moyen, les scénaristes ont bossé et sacrement bien.
    Et quand je dis que ça fonctionne, c’est qu’au bout de 3-4 semaines je suis moi, Rémi, attaché à une ou deux candidates, comme dans un film, je suis content de les revoir, je les trouve jolies et séduisantes, un peu comme lorsque je regarde un vrai film.
    En fait ce qu’il y a de plus intéressant c’est les rapports entre les candidates. Et ce que je me dis c’est que c’est vraiment ça qui est intéressant, elles sont enfermées ensembles, elles ont à faire à un dispositif invivable, et il y en aura 29 qui disparaîtront, je me dis que ce qui serait intéressant c’est de les entendre discuter, il y en a forcément qui deviennent amies, il doit y avoir des mondiales confidences de cul ou d’amour. Je suis même sûr qu’il y en a qui ont des mecs. En tout cas il faudrait que ce film aille par là, et même si c’est un doc et bien il faudrait aussi, un vrai doc.
    Alors évidemment je me rends vite compte qu’il n’y aura rien de tout ça, le prime time, le pour toute la famille empêche d’entrer un peu plus dans l’intime. Mais je me dis qu’il n’y a pas que ça, il y a une affaire de production, du il faut faire vite fait bien fait

    Et alors ? Et alors ?
    Et alors certains personnages me semblent clefs. La femme toujours joyeuse, qui dérisionne tout et qui forcera le connard à l’embrasser, me semble porteuse de l’intérêt du spectateur pour la série. Elle tient le tout. Il s’agirait pas qu’ils la virent cette fille.
    ... Donc elle restera longtemps.
    Donc clairement, la première moitié des émissions est construite comme un Disney en mettant une femme (la petite fragile un peu timide) au coeur du film. Moi je suis un peu dedans et je pense que c’est fait exprès.
    Je suis très clair la-dessus, les personnages ne sont pas des acteurs et des actrices au sens où ce serait leur métier de suivre une intrigue.
    Et c’est pour ça que ce que je désignais comme plus tôt intéressant (au sens du unvalide), se casse royalement la gueule à la moitié des épisodes. La femme avec qui on était investi est virée. La seule chose dont j’aurai envie, pour suivre encore avec intérêt, est qu’on suive l’héroïne dans sa tristesse, chez elle, dans sa ville, avec ses ami.e.s etc. Dès lors plus rien ne peut vraiment fonctionner.
    Il y a un autre truc aussi : un principe pareil ne peut pas faire l’impasse sur la sexualité comme intérêt majeur du scénario. Et en fait, rien, mais vraiment rien de rien. Putaiiiin, ça coute trop cher c’est ça ? Mais nom de Dieu, le reste est tellement vide, tellement rien que c’est ça qu’on voudrait voir : du méga racoleur, ça peut même rester grosso modo chaste mais il faut donner à manger quelque fois aux spectateurs. Je veux dire, la dernière journée des 4 dernières candidates est un rendez-vous de 24h avec le con. Et on voit à chaque fois que le ritalo et la femme terminent la nuit dans une tente à deux, les rideaux se ferment et zou la séquence est finie. Je n’aurai pas voulu des scènes de cul, ce que je dis c’est que l’essentiel de ce qu’il y a à se dire, à raconter, les confidences, les doutes de la femme qui est vraiment tombée amoureuse de la tête de gland, se passent là. Et en faisant l’impasse sur tout ce qui est un tout petit peu intime et personnel le machin devient vraiment de la grosse bouse.

    Bah on te l’avait dit non ?
    Bah oui mais je voulais voir. Ca m’a confirmé que les scénaristes bossaient super biens. C’est la production et les contraintes de montage et tout qui rendent un truc insipide qui ne réussit même pas à faire du Walt Disney jusqu’au bout.
    Alors oui à la vraie téléréalité, avec un vrai réalisateur au commande, des vrais acteurs et actrices, et des vrais cachets, et un peu de cul... s’il vous plait, juste un peu, pas pour du cul, pour donner un tout petit peu d’enjeu pour que les gens à l’hôpital ils aient vraiment envie de regarder.

    J’ai grave la flemme de mettre des diez alors si vous avez eu le courage de lire jusque là je veux bien que vous m’en mettiez dans les commentaires.
    Merci.