• Georges Renard-Kuzmanovic 🇨🇵 / X
    Analyse géopolitique d’un compte réputé pro-russe
    https://x.com/Vukuzman/status/2084529630321463588

    ⛽️ Le marché mondial du pétrole et ses trois piliers stratégiques

    L’époque du marché pétrolier régi par l’offre et la demande est révolue. Derrière la crise d’Ormuz se dessine une lutte mondiale entre Washington, Pékin et l’OPEP+, où sanctions, guerre et contrôle des routes maritimes deviennent des armes au service de la domination énergétique.

    À première vue, la guerre contre l’Iran pourrait apparaître comme un pari risqué, voire comme un revers stratégique pour Washington. Mais si l’on déplace le regard du seul théâtre militaire vers celui de la géoéconomie, une autre lecture émerge. Dans cette tribune, Konstantin Simonov, directeur général du Fonds national russe pour la sécurité énergétique, développe une analyse qui dépasse largement le cadre du conflit irano-américain. Selon lui, la crise d’Ormuz marque l’entrée dans une nouvelle phase de la compétition mondiale, où le contrôle des flux énergétiques, des routes maritimes et des marchés pétroliers devient l’un des principaux instruments de la puissance.

    Sous cet angle, la stratégie de #DonaldTrump acquiert une cohérence particulière. L’objectif ne serait pas seulement d’affaiblir l’Iran, mais de consolider la position dominante des États-Unis sur le marché mondial des hydrocarbures, en utilisant simultanément sanctions, puissance navale et pression militaire pour fragiliser leurs concurrents. Une victoire tactique de Téhéran, ou même une campagne militaire aux résultats mitigés, n’exclurait donc pas un succès stratégique plus large pour Washington si celui-ci parvient à renforcer sa maîtrise des flux pétroliers mondiaux. Une grille de lecture originale, stimulante et discutée, qui invite à repenser les rapports entre énergie, commerce international et puissance géopolitique.

  • La réappropriation de ses données

    Lu sur Satanic Mechanic

    Aujourd’hui, les services en ligne nous offrent tout type d’hébergement pour nos besoins. Cela va des blogs aux services complexes comme des messageries d’entreprise avec partage de calendrier et de documents. Mais cela pose deux grands débats :
    1. comment ces plate-formes utilisent nos données ?
    2. qu’advient-il de nos données en cas d’arrêt du service ou de modification des conditions d’utilisation ?

    Dernier point, comment faire pour rester maître de ses données et de ses informations ?

    https://www.satanicmechanic.fr/la-reappropriation-de-ses-donnees

    #donnees #indépendance #patriotact

  • ADN business : la face cachée des tests grand public | Documentaire | ARTE
    https://www.youtube.com/watch?v=d1gJGUatrpY

    Faux positifs, monétisation des données génétiques... Enquête sur les dessous du boom des tests ADN vendus par des entreprises privées, qui ont déjà attiré 50 millions d’utilisateurs dans le monde.

    Les Américaines #Ancestry ou #23andMe, l’Israélienne #MyHeritage… Depuis une vingtaine d’années, une kyrielle de start-up surfent sur la révolution du séquençage du génome pour proposer au grand public des kits de tests ADN personnels, disponibles en quelques clics sur Internet. Près de 50 millions de personnes dans le monde ont déjà succombé à leur promesse : découvrir, grâce à des gouttes de salive, les secrets que recèleraient nos gènes. Un marché aujourd’hui gigantesque, dont le chiffre d’affaires s’élève à 2 milliards de dollars par an. Si nombre d’utilisateurs, notamment aux États-Unis, y voient un simple moyen de connaître l’origine géographique de leurs ancêtres, de retrouver de lointains cousins ou d’identifier leur vulnérabilité génétique à telle ou telle pathologie, ces technologies – et le business qu’elles sous-tendent – posent des questions vertigineuses. Les résultats de ces tests sont-ils fiables ? Et surtout, que devient la précieuse manne de données génétiques et personnelles collectées par les entreprises ?

    Cette enquête le montre : derrière un habile discours marketing se cache un business opaque, scientifiquement et éthiquement hasardeux. Réalisés à la chaîne, les tests ADN à vocation médicale mènent à de fréquents faux positifs – à l’image de cet utilisateur auquel on a diagnostiqué à tort deux mutations gravissimes – et laissent dubitatifs les généticiens. Mais le danger majeur concerne l’inquiétante absence de protection des données personnelles, potentiellement revendues au bon vouloir des entreprises. En Nouvelle-Zélande, les assurances santé privées exigent désormais de leurs clients la divulgation des résultats des analyses, ouvrant la voie à une véritable discrimination génétique… Avec sa loi bioéthique, la France est aujourd’hui l’un des rares pays au monde à interdire ces tests « récréatifs » sur son territoire. S’appuyant sur des éclairages d’experts, chercheurs et avocats – mais aussi sur les édifiants témoignages de clients de ces entreprises –, ce documentaire révèle les dessous d’un marché florissant, s’interroge sur le futur de la médecine et souligne la fragilité de notre vie privée à l’ère numérique.

    ADN business : la face cachée des tests grand public
    Documentaire d’Olivier Toscer (France, 2024, 1h30mn)

    #arnaques #ADN #funfact #business_medical #Anne_Wojcicki #Angelina_Jolie #Islande #main_basse_sur_les_genes #donnees_personnelles #donnees_medicales #donnees_hyper_sensibles #capitalisme #soutirer_des_donnees #assurances #data

  • Les usines européennes ouvrent leurs portes et un boulevard aux constructeurs chinois
    https://www.alternatives-economiques.fr/les-usines-europeennes-ouvrent-leurs-portes-et-un-boulevard

    Confrontés à des surcapacités de production, les constructeurs automobiles européens ouvrent des lignes de production aux industriels #Geely, Dongfeng ou Leapmotor. Une aubaine pour les géants chinois.

    Le #constructeur #automobile européen #Stellantis ouvre les portes de ses usines à ses concurrents #chinois. Son usine de Rennes, qui produit jusque-là uniquement le SUV #Citroën C5 Aircross, assemblera sous peu des véhicules siglés de la marque chinoise #Dongfeng.

    Dans ses sites espagnols de Madrid et de Saragosse, Stellantis devrait faire de même avec son partenaire #Leapmotor. L’affaire est même tellement sérieuse que la marque chinoise devrait prendre à terme la direction de l’usine madrilène.

    #tout_va_bien #chine :-)

  • Le Parlement vote l’interdiction des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans
    https://www.laquadrature.net/2026/07/22/le-parlement-vote-linterdiction-des-reseaux-sociaux-aux-jeunes-de-moin

    L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté ce 21 juillet la proposition de loi de la députée Laure Miller interdisant aux mineur·es de moins de 15 ans d’accéder aux réseaux sociaux. Ce texte, qui veut…

    #Données_personnelles #Surveillance

  • Perché #Cosa_Nostra è ormai cosa di tutti, il saggio di #Ryan_Gingeras

    Altro che la storia di un mondo arcaico che muore lentamente. La mafia non è una questione locale, ma un’avanguardia del capitalismo. E per questo arriva ovunque

    C’è una scena, nei primi minuti del Padrino, che spiega questo libro meglio di qualsiasi introduzione critica. Don Corleone non riceve in ufficio. Riceve in casa, il giorno del matrimonio della figlia, mentre fuori si balla. Bonasera entra, chiede vendetta per la figlia massacrata. Vito gli dice: avresti dovuto venire prima. Avresti dovuto chiamarmi «amico». È questo il punto. Non il sangue, non il colpo. La forma del rapporto. La parola amicizia che vale più di un contratto, più di un tribunale, più dello stato.

    Francis Ford Coppola lo aveva capito subito, e lo aveva detto al produttore Robert Evans, che non voleva sentirlo. Il padrino non sarà un film sulla criminalità organizzata. Sarà una metafora del capitalismo. Evans gli rispose: che vada al diavolo. Aveva torto Evans, aveva ragione Coppola, e il libro di Ryan Gingeras parte esattamente da lì. Non dalla mafia come fenomeno criminale, ma dalla mafia come grammatica del potere economico. Come modo di stare dentro il mercato quando il mercato è troppo debole per reggersi da solo, o troppo forte per tollerare regole.

    Gingeras è uno storico americano che insegna alla Naval Postgraduate School. Ha lavorato a lungo sull’eroina turca, sul tramonto dell’Impero ottomano, sui legami fra Ankara e i traffici globali. La sua mafia non è quella della tradizione, non è quella di Hess o di Arlacchi. È una mafia vista da Istanbul, da Lagos, da Marsiglia, da Pelham Bay. E parte da una scena familiare. Il nonno dell’autore, Charley Fitzpatrick, lavorava come barista in un locale del Bronx, lo Ye Olde, dove Willie Moretti – gangster del New Jersey, futuro morto ammazzato a Cliffside Park – passava le serate a bere. Da quel marciapiede, Gingeras guarda il mondo.

    Tre cose, in questo libro, sono nuove.

    La prima è l’idea che le mafie siano una costruzione economica prima che antropologica. Gingeras lo scrive a chiare lettere: aderire a una mafia, nel mondo contemporaneo, vuol dire avere una specie di impiego. I traffici più lucrativi si basano sulla compravendita di beni e servizi. Per capire la Cosa Nostra americana degli anni trenta non serve l’omertà siciliana, serve il bilancio. Luciano e Lansky non erano feudatari, erano amministratori delegati. Il Comitato – la struttura che dirimeva le controversie dopo il Proibizionismo – non era un consiglio di anziani, era un consiglio di amministrazione. Capone non era un brigante, era una versione iperviolenta di Henry Ford. Lo capì già Fred Pasley nel 1930, nella prima biografia di Capone: aveva reso il crimine efficiente. È questa la parola che fa la differenza. Efficiente.La seconda è la riscrittura della geografia. Per due secoli abbiamo letto la mafia come una storia di Sud Italia, Sud degli Stati Uniti, Sud del mondo.

    Gingeras la riscrive come una storia di traduzioni. Il padrino esce nel 1972 e diventa immediatamente intraducibile fuori dall’America; non c’era nulla di simile in Colombia, in Nigeria, in India e contemporaneamente diventa traducibilissimo: la parola padrino arriva in turco come baba, designa i boss di Ankara e Istanbul, e da lì migra ovunque. Mafia, oggi, è una parola americana che descrive cose non americane. È un’egemonia simbolica prima che criminale. Il vero capitale che la mafia americana ha esportato non è l’eroina, è il vocabolario. Il padrino ha fatto più di Cosa Nostra e Coppola ha pesato più di Luciano.La terza è la distinzione fra vecchie mafie e nuove mafie. Le vecchie Cosa Nostra siciliana e americana, yakuza, triadi erano viste come parassiti su stati altrimenti funzionanti. Anomalie da estirpare. Le nuove mafie russe, nigeriane, albanesi, messicane, turche sono qualcosa di diverso. Sono estensioni di stati deboli. Lo stato non le subisce, le produce. Il narcotrafficante curdo Hüseyin Baybaşın confessa in carcere di aver versato ad Ankara metà dei profitti di ogni affare: per noi era una tassa, e in cambio ricevevamo protezione. Da lì all’espressione «stato profondo», oggi sdoganata da Trump, il passo è breve. E da lì alla conclusione del libro – quella che Gingeras chiama «la grande diluizione» – il passo è ancora più breve. Nel XXI secolo la mafia non è più una categoria di persone, è una categoria di funzioni. Le svolgono i gangster, certo, ma le svolgono anche banchieri, avvocati, multinazionali, fondazioni filantropiche, governi. La mafia si è dissolta nel sistema, non perché abbia vinto, ma perché il sistema ha imparato a fare quello che lei già faceva.

    La mafia non è un residuo del feudalesimo siciliano sopravvissuto a Manhattan, è un’avanguardia del capitalismo americano che ha avuto il vantaggio competitivo di non dover rispettare le regole che il capitalismo legale si stava dando in quegli stessi anni. Letta così, la storia della mafia novecentesca non è la storia di un mondo arcaico che muore lentamente, ma è la storia di un laboratorio di pratiche economiche che la grande impresa legale, in molti casi, ha poi adottato e raffinato. È un’inversione di prospettiva che cambia tutto e che spiega perché l’esito a cui stiamo assistendo era inevitabile. Non era la mafia, infatti, a doversi modernizzare per sopravvivere. Era il capitalismo a doverla raggiungere. E l’ha raggiunta.

    C’è una frase di Tony Soprano, all’inizio della serie, che Gingeras mette in epigrafe alle conclusioni. «Mi sembra di essere arrivato più che altro alla fine. Che il meglio sia passato» e continua: «Mio padre, per esempio, non è mai arrivato dove sono arrivato io. In un certo senso, però, se l’è goduta di più. Aveva la sua gente. Avevano le loro regole. Avevano l’orgoglio. Oggi noi che cosa abbiamo?». Cosa abbiamo oggi? È questa la domanda giusta perché dice chiaramente come tutte le regole siano saltate, rendendoci tutti patria dell’economia mafiosa e, cosa più importante, incapaci di riconoscerlo.Resta una cosa, alla fine, e Gingeras non la dice chiaramente, ma il libro la suggerisce a ogni pagina. Le mafie hanno sempre venduto due cose insieme: una merce e un mito. L’alcol e la durezza di Capone. L’eroina e l’autenticità della French Connection. La cocaina e il romanticismo di Escobar. Il Captagon e la santità di Hezbollah. Senza il mito, la merce non si vende. Senza la merce, il mito non si finanzia. È il loro doppio bilancio, ed è anche il bilancio del capitalismo contemporaneo, che vende sempre meno cose e sempre più narrazioni intorno alle cose.

    Sotto questa luce, Mafia di Ryan Gingeras non è un libro di storia criminale, ma un libro di economia politica travestito da storia criminale e come tale va letto. Va letto pensando che i veri prìncipi al comando non sono mai stati i gangster, ma i capi nascosti, potenti e ignoti. Lo sono ancora, si chiamano in altri modi, ma il mestiere è lo stesso.

    Gingeras chiude il libro parlando di «grande diluizione» e non è un concetto consolante. Per due secoli abbiamo creduto che la lotta alle mafie fosse una lotta di confine: da una parte lo stato, dall’altra il crimine; da una parte la legge, dall’altra il sangue; da una parte il cittadino, dall’altra il gangster. Il lavoro di Gingeras è la dimostrazione storica, paziente, documentata, che quel confine non è mai esistito davvero e che oggi non esiste più nemmeno come finzione utile. Le mafie non sono state sconfitte, ma assorbite, e non perché lo stato sia diventato più debole, ma perché ha imparato il loro mestiere.

    La tesi più radicale del libro arriva in fondo, e Gingeras la consegna con una sola parola: «diluizione». Per un secolo abbiamo immaginato la mafia come una sostanza concentrata, identificabile, separabile dal resto. Un cancro su un corpo sano. Gingeras dimostra che quella sostanza si è sciolta nel solvente del mondo contemporaneo, e adesso è ovunque. Non in senso retorico ma in senso tecnico.Le funzioni che per un secolo erano state esclusive del gangster – riciclare denaro, corrompere funzionari, intimidire concorrenti, controllare territori attraverso la paura, eludere fiscalità e regolazione – oggi le svolgono soggetti perfettamente legali. Le banche svizzere e americane processate per aver lavato miliardi di narcodollari, le multinazionali farmaceutiche che hanno alimentato l’epidemia di oppioidi negli Stati Uniti uccidendo più gente di Pablo Escobar, le piattaforme digitali che mettono in contatto trafficanti e clienti meglio di qualsiasi rete fisica. I fondi sovrani che reinvestono capitali di provenienza opaca. Le società di consulenza che ottimizzano evasioni e pianificano trasferimenti offshore. Gli studi legali che scrivono i contratti di immunità.

    La mafia non è scomparsa perché lo stato l’abbia sconfitta, semplicemente (e drammaticamente) non c’è più come categoria distinguibile perché tutto il resto le si è avvicinato. Il mondo non si è ripulito, è diventato indistinguibile da essa. Per questo Gingeras chiama questa fase «la grande diluizione» e non la grande sconfitta. È un giudizio storico durissimo, quasi insopportabile, e va letto fino in fondo. Significa che la separazione fra economia legale ed economia criminale è oggi un’astrazione contabile, non un dato di realtà. Significa che dire stato-mafia non è più una metafora polemica, è una descrizione sociologica. Significa che il gangster, come figura antropologica autonoma, sta morendo e non perché abbiamo vinto, ma perché non serve più. Le sue funzioni le svolgono altri e meglio, in giacca e cravatta, con un compenso più alto e meno rischi penali.

    C’è una vecchia idea di Hannah Arendt secondo cui il male non ha profondità, ha solo estensione, si propaga come un fungo e occupa superfici. Le mafie di Gingeras funzionano così, non sono il sottosuolo del mondo, ma la sua superficie. Quando, come scrive Gingeras, «alcuni membri dell’importante famiglia Gemayel, che durante la guerra civile supervisionava numerose milizie cristiane, guadagnarono tra 1 e 5 miliardi di dollari netti in un anno vendendo hashish e altri beni di contrabbando» dai porti che controllavano, quando Hezbollah esporta captagon in tutto il Medio Oriente, quando i talebani fanno il 14 per cento del Pil afghano con l’oppio, non stiamo guardando l’eccezione di un sistema sano, stiamo guardando la regola di un sistema che ha smesso di distinguere fra legittimo e illegittimo, perché accendere un faro e marcare questa distinzione gli costa troppo.

    E qui Gingeras tocca, senza dirlo, il punto filosofico più alto del suo lavoro. La mafia è la forma che assume il capitalismo quando viene privato delle sue regole, ma è anche la forma che assumerebbe se quelle regole non fossero mai esistite. La mafia è il capitalismo senza il vestito buono dello stato di diritto, senza il maquillage delle istituzioni, è il mercato che si guarda allo specchio e si riconosce. Per questo Il padrino funziona ancora oggi, e non perché racconti una mafia, ma perché racconta una verità che la mafia ha avuto il merito storico di rendere visibile. La verità è questa: il potere è una famiglia che protegge i suoi, una violenza che si veste di codice, un debito che non si estingue mai, una parola data che vale più di un contratto.

    La differenza fra don Corleone e un consiglio di amministrazione è solo che don Corleone non finge.Il mito del gangster, quello che il cinema ci ha venduto per un secolo, ha sempre avuto una doppia funzione; da una parte demonizzava, dall’altra rassicurava. E il pensiero rassicurante era questo: il male ha un volto, un nome, un quartiere, un accento. È siciliano, è russo, è messicano, è albanese. È sempre altro, altro da noi. È sempre lontano, lontano dal nostro mondo, dalla nostra cerchia. Il libro di Gingeras ci toglie questa rassicurazione perché il gangster non è l’altro. Il gangster è la versione disinibita di quello che siamo già. Lavora con le stesse logiche di una multinazionale, finanzia gli stessi partiti, ricicla nelle stesse banche, si muove negli stessi paradisi fiscali e sfrutta gli stessi migranti. La sola differenza è che ammazza in proprio invece di farlo per procura e ammazza utilizzando guerre, sanzioni, licenziamenti di massa, riforme sanitarie. Forse il vero lascito di questo libro sta proprio nell’aver capito che la storia delle mafie non è la storia di una minaccia esterna alla civiltà, ma la storia del modo in cui la civiltà, lentamente, è diventata indistinguibile da quello che diceva di combattere. La civiltà, la guerra contro le mafie, non l’ha persa; l’ha vinta, perdendola. È un finale che non consola. Ma è l’unico onesto, ed è il motivo per cui questo libro andava scritto.

    https://infosannio.com/2026/06/27/perche-cosa-nostra-e-ormai-cosa-di-tutti-il-saggio-di-ryan-gingeras
    #mafia #amitié #capitalisme #criminalité_organisée #économie #pouvoir_économique #marché #efficacité #Roberto_Saviano #nouvelles_mafias #Etat #économie_mafieuse #mythe #grande_dilution #dilution #économie_légale #économie_criminelle #pouvoir

    • Mafia. Una storia globale

      Dalla nascita di camorra e Cosa Nostra nel Sud Italia postunitario alle triadi cinesi sorte dal collasso della dinastia Qing, fino alla proliferazione dei cartelli del narcotraffico in Messico, Mafia racconta i tre secoli di vita della criminalità organizzata come una storia unitaria e globale: la sua ascesa, il suo consolidamento, le sue metamorfosi. Una narrazione che attraversa le epoche e i continenti rivelandoci in che modo queste organizzazioni malavitose siano sempre state lo specchio delle società che le hanno generate.

      Ryan Gingeras ci mostra i meccanismi nascosti delle mafie mondiali, spiegandoci come esse non emergano mai in un vuoto storico, ma si innestino su crisi e rivolgimenti decisivi. Le mafie sfruttano le restrizioni normative, come quella del proibizionismo americano che trasformò il boss di quartiere Al Capone in un’icona globale del crimine. Talvolta, è lo stesso potere ufficiale ad alimentarle per il proprio tornaconto – è il caso della yakuza giapponese, utilizzata come pedina anticomunista nel secondo dopoguerra. La loro ambizione è sostituirsi allo stato, testarne i limiti e, nella loro espansione tentacolare, riscrivere di volta in volta i rapporti tra politica, violenza ed economia. Esaminando gangster diventati figure mitologiche – i fratelli Kray, John Gotti, Pablo Escobar, El Chapo – e film di enorme successo, Gingeras individua il fascino dell’immaginario legato alla mafia proprio nel suo dire apparentemente qualcosa di più rivelatore e vero della storia ufficiale.

      In un presente in cui le organizzazioni criminali sono diventate più fluide, diffuse e ibride, spesso intrecciate con terrorismo e mercati finanziari legali, Mafia è un invito a riconoscerne la presenza secolare come una struttura plastica e resistente, capace di adattarsi a ogni contesto: una pece nera che da sempre penetra nelle crepe del potere, colmandone i vuoti fino a essere essa stessa a dettarne le scelte.

      https://www.ilsaggiatore.com/libro/mafia

      #livre

  • Casa di Reclusione di #carinola: Don Saggiomo contro la crisi del sistema penitenziario
    https://informareonline.com/casa-di-reclusione-di-carinola-don-saggiomo-contro-la-crisi-del-sis

    Le considerazioni di #don_salvatore_saggiomo, Garante dei detenuti della Provincia di Caserta, in merito gli ultimi episodi accaduti a Carinola: “Esprimo profonda preoccupazione per i gravissimi episodi verificatisi negli ultimi giorni presso la #casa_di_reclusione_di_carinola, dove alla violenta aggressione subita da un medico e da un infermiere si è aggiunta una […] L’articolo Casa di Reclusione di Carinola: Don Saggiomo contro la crisi del sistema penitenziario proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #Ciro_Auricchio #Giuseppe_Nese

  • Il cerchio non si chiude: una conversazione con #donato_dozzy
    https://scomodo.org/il-cerchio-non-si-chiude-una-conversazione-con-donato-dozzy

    Quando ci vediamo in camerino, Donato Dozzy mi dice che sta bene, che è un po’ stanco perché è appena tornato da Bilbao – «un gran bel festival», lo definirà così poi – ma che comunque non vede l’ora di suonare tra circa mezz’ora. Gli chiedo se è pronto, mi risponde di sì, che è […] L’articolo Il cerchio non si chiude: una conversazione con Donato Dozzy proviene da Scomodo.

    #Avanguardie_Culturali #intervista #musica #musica_elettronica #zen

  • Sovraffollamento, dignità e diritti: il Garante dei detenuti Saggiomo aderisce alla mobilitazione nazionale del 13, 14 e 15 luglio
    https://informareonline.com/sovraffollamento-dignita-e-diritti-il-garante-dei-detenuti-saggiomo

    In occasione della mobilitazione nazionale promossa dalla Conferenza Nazionale dei Garanti territoriali delle persone private della libertà personale, il Garante dei detenuti della Provincia di Caserta, Don Salvatore Saggiomo, in piena comunione istituzionale con il Garante regionale della Campania, Prof. Samuele Ciambriello, ha aderito alle iniziative di sensibilizzazione e denuncia sul drammatico stato del sistema […] L’articolo Sovraffollamento, dignità e diritti: il Garante dei detenuti Saggiomo aderisce alla mobilitazione nazionale del 13, 14 e 15 luglio proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa #diritti_detenuti #don_saggiomo #garante_detenuti #sovraffollamento_carceri

  • “Restituire dignità a #Don_Giuseppe_Rassello”: il libro della giornalista Covella e la storia del “Prete in jeans”
    https://informareonline.com/restituire-dignita-a-don-giuseppe-rassello-il-libro-della-giornalis

    LA STORIA DEL “PRETE IN JEANS” RACCONTATA NEL LIBRO DI #Giuliana_Covella, GIORNALISTA DE IL MATTINO Scrivere per ricordare, scrivere per ripercorrere la superficialità dei fatti. Sono questi gli obiettivi di “Apri gli occhi – Storia di padre Giuseppe Rassello, un prete scomodo alla Sanità”, libro scritto da Giuliana Covella, giornalista de Il Mattino, edito da Guida Editori, che sviscera […] L’articolo “Restituire dignità a Don Giuseppe Rassello”: il libro della giornalista Covella e la storia del “Prete in jeans” proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #Magazine_Luglio_2026 #Guida_Editori

  • #Carceri al collasso, #don_salvatore_saggiomo raccoglie l’appello di Zuppi: “Il #sovraffollamento è una ferita morale che calpesta la dignità umana”
    https://informareonline.com/carceri-al-collasso-don-salvatore-saggiomo-raccoglie-lappello-di-zu

    Accolgo con profonda condivisione e senso di responsabilità le parole del Presidente della Conferenza Episcopale Italiana, #matteo_zuppi, che ha definito non più sostenibile il livello di sovraffollamento presente nelle carceri italiane. Il sovraffollamento carcerario rappresenta una questione morale prima ancora che istituzionale. Quando una persona viene privata della propria dignità, quando è costretta a […] L’articolo Carceri al collasso, Don Salvatore Saggiomo raccoglie l’appello di Zuppi: “Il sovraffollamento è una ferita morale che calpesta la dignità umana” proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa

  • Claude : la politique de confidentialité a changé, et utiliser le chatbot “éthique” d’Anthropic n’a plus rien d’anodin
    https://www.lesnumeriques.com/intelligence-artificielle/claude-la-politique-de-confidentialite-a-change-et-utiliser-le-chatbo

    Il y a un an, s’inscrire sur #Claude tenait de la formalité. Une adresse e-mail, un mot de passe, et l’on accédait à l’un des rares #chatbots sans publicité du marché, édité par une entreprise qui revendiquait la sobriété en matière de données personnelles.

    La politique de confidentialité publiée le 8 juin 2026, quelques jours seulement après avoir été forcé de retirer Claude #Fable 5 et #Mythos 5 pour des raisons de sécurité, applicable dès le 8 juillet aux comptes Free, Pro et Max, redessine ce rapport.

    #Anthropic se réserve désormais le droit de demander aux utilisateurs une vérification d’identité : scan d’une pièce officielle, capture vidéo du #visage, extraction de modèles de géométrie faciale. Ces #données, qualifiées de #biométriques au sens du #RGPD, sont traitées par le prestataire tiers #Yoti. Les développeurs individuels sont les premiers concernés, mais le dispositif peut s’étendre à tout abonné accédant à des fonctionnalités avancées.

    #age_verification #age_checking #IA #AI

  • 250 ans des États-Unis : #Trump impose sa vision, les entreprises françaises suivent
    https://multinationales.org/fr/enquetes/trumpisme-et-complicites/250-ans-des-etats-unis-trump-impose-sa-vision-les-entreprises-franc

    #Donald_Trump tente de s’approprier la célébration du 250e anniversaire de l’indépendance des #États-Unis à travers une organisation à sa botte qui organise des journées de prières et des spectacles de combat. Des travaux d’« embellissement » ont été lancés dans la capitale Washington, comme la construction d’un arc de triomphe et d’une immense salle de bal à la #Maison_Blanche. Le tout financé par l’argent public mais aussi par les dons très intéressés de multinationales et de milliardaires. Des groupes français sont aussi de la partie.

  • #dataclime

    The DATACLIME platform is developed by the
    “Regional Models and Geo-Hydrological Impacts” Division (REMHI) of the ICR Institute (Institute for Climate Resilience) of the CMCC Foundation.

    It is an operational platform aimed at transforming climate data into useful and tailored information for users with different skills and needs.

    It offers various Climate Services by managing the entire information production chain in-house.

    https://www.dataclime.com
    #plateforme #données #climat

  • La #lutte pour la #baignade ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et #pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des #cours_d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du #canal_Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des #usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    Lorsque j’ai appris, l’année dernière, que des travaux étaient en cours pour rendre la Seine baignable, je m’en suis tout de suite réjoui : enfin, les Parisiens.es allaient pouvoir profiter pleinement de leur ville, sans être contraints de fuir vers la campagne pendant l’été ni de subir une chaleur devenue insupportable.

    Je viens de Copenhague et, pour moi, il allait de soi qu’un tel projet était non seulement souhaitable, mais qu’il méritait d’être défendu. J’ai pourtant vite déchanté. Parmi mes ami.es parisiens — je n’en connais pas un seul qui ne se réclame pas de la gauche radicale — la réaction allait de l’indifférence la plus complète à une franche #hostilité.

    À une époque, j’ai habité à #Vienne, une ville qui a su se réapproprier son rapport à l’eau (y compris grâce à d’immenses projets d’aménagement des cours d’eau dont je ne suis pas capable d’évaluer les conséquences écologiques) — et où le Danube fait désormais partie intégrante de la #vie_urbaine. Dès le printemps, on s’y retrouve pour se baigner, profiter des berges, faire des barbecues, se promener à vélo ou simplement lire un livre à l’ombre des arbres, au bord de l’eau.

    C’est l’un des éléments qui font de Vienne une ville si agréable à vivre. Pour ce que valent ce genre de classements, elle a été élue de nombreuses reprises ville la plus agréable du monde, au coude à coude avec Copenhague. Qu’ont en commun ces deux villes ? Peut-être une forme de social-démocratie de la baignade (et du logement). L’histoire de la Vienne rouge est fascinante, y compris dans ses échecs. Et le fait est qu’elle reste une des rares capitales européennes où la vie populaire est encore agréable, voire même possible.

    Une partie du Danube (le #Donaukanal) restait interdite à la baignade officiellement, bien que parfaitement praticable. Il y a donc eu un mouvement (plus ou moins) populaire pour que l’accès à cette zone soit libéré, que son usage redevienne commun. Le même genre de mouvement existe aujourd’hui à #Berlin, qui organise des manifs en mode natation dans la #Spree et pour réclamer le droit de pouvoir se baigner et revendiquer le nettoyage de l’eau. Ce dernier point est essentiel : pourquoi l’eau est-elle devenue impropre à la baignade ? Qui est responsable de sa #pollution ?

    Revendiquer la #dépollution des cours d’eau est, à mes yeux, une revendication profondément anticapitaliste. Ce sont les entreprises qui dégradent la #qualité_de_l’eau ; c’est l’agriculture industrielle qui produit la pollution ; ce sont, plus largement, les formes contemporaines d’exploitation de la nature qui nous privent de ce que Dieu (sive Natura) nous a donné.

    Que l’eau soit devenue impropre à la baignade est un phénomène historiquement très récent. Pendant des millénaires, les êtres humains se sont baignés dans les rivières, les lacs et les fleuves dont l’eau était également potable. L’eau était une source de vie, pas une menace permanente pour la santé.

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris (qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    Je tombe sur ce panneau un dimanche en pleine canicule : les berges sont vides, il n’y a plus personne si ce n’est quelques rares individus de-ci de-là. Les baigneurs ont été remplacés par des des panneaux omniprésents : BAIGNADE INTERDITE. Eux, par contre, suivent tout le trajet de canal, de Bastille jusqu’à Meaux. La Marne aussi, sur de longues portions, demeure interdite à celles et ceux qui souhaiteraient simplement s’y rafraîchir.

    Le Maire a d’ailleurs trouvé judicieux d’installer une plage artificielle sans le moindre arbre et donc sans la moindre ombre, uniquement accessible au début du mois de juillet et à la condition d’être muni d’un bracelet fourni par ses services municipaux (en échange d’un justificatif de domicile). Pour celles et ceux qui ne résident pas sur la commune, ce sera payant. Il existe une règle au Danemark : aucune plage ne peut être privatisée, l’accès y est libre et gratuit pour toutes et tous (ce que recouvre le concept de plage est néanmoins questionnable). Lorsqu’on écoute M. le Maire de Meaux, on s’aperçoit qu’il parle comme ses panneaux : BAIGNADE INTERDITE – DANGER DE MORT – COURANTS FORTS. Et c’est un peu comme l’enfant qui crie au loup. S’il fallait croire aux panneaux, n’importe quelle baignoire représenterait un danger de mort ; et ce serait factuellement vrai mais intenable au quotidien.

    Mais d’où vient cette hyper-biopolitisation du paysage français ? Et comment expliquer qu’elle soit si largement acceptée ? La mairie de #Meaux, encore, est allée jusqu’à réaliser une vidéo dans laquelle est mise en scène la (fausse) noyade d’un jeune homme. Il s’agit d’effrayer. Mais pourquoi personne n’a pensé à faire une vidéo pédagogique pour expliquer comment se baigner en sécurité et prévenir les noyades ? C’est en tous cas ce qui se fait au Danemark, royaume de la social-démocratie parfaitement en phase avec toutes les nécessités biopolitiques. Et c’est aussi ce que font les militants de la baignade viennois eux-mêmes : la mise en partage de connaissance et de savoir-faire d’en-bas. Each one teach one. Les autorités françaises ont-elles trop lu Foucault ? Ou est-ce la gauche qu’il l’a trop peu lu pour ne pas se rendre compte que la vie était déjà bien assez régulée, surveillées, construite, défaite, contrôlée et colonisée par les autorités ?

    À mesure que l’on remonte vers le nord de l’Europe, certaines évidences françaises deviennent plus difficiles à comprendre. Les parcs y sont par exemple rarement fermés la nuit. Il est exceptionnel qu’il soit interdit d’y fumer. Et il est plus rare encore que l’accès à un lac, à une rivière ou à un rivage soit interdit. Pendant ces derniers jours de canicule à Paris les parcs sont d’ailleurs restés exceptionnellement ouverts, mais qui a pris cette décision ? Qui décrète quand il y a une crise et quelles sont les mesures à prendre ? Dans la tradition marxiste, les situations de crises ont toujours été interprétés comme des possibilités d’une autre politique. Ce que cette canicule a démontré se rapproche pourtant plus de la pensée de Carl Schmitt : le souverain est celui qui peut décréter l’état d’exception (et la gauche reste à la ramasse).

    Que dire des drones de police qui surveillent certaines zones pourtant parfaitement praticables afin de repérer, verbaliser et réprimer ceux qui osent mettre la tête dans l’eau. Dans quel monde est-il devenu subversif de plonger dans une rivière lorsqu’il fait quarante degrés ? Peut-être faut-il voir ici un rapprochement possible entre Foucault et Adorno : Die Verwaltete Welt, le monde administré, mais avec un accent sur Walt, peut-être, de Gewalt, la #violence : on peut même parler de vergewaltigte Welt, le monde violé, le #droit_au_monde usurpé, dérobé, aliéné, dont on nous a dépossédé.

    Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

    La gauche française s’accommode-t-elle réellement de cet état de fait ? Je n’ai en tous cas jamais entendu parler de la moindre #manifestation ou même pétition qui conteste cette mise sous tutelle autoritaire et cette fermeture généralisée des espaces communs (et aquatiques). Ce que j’ai vu par contre, c’est la spontanéité littéralement anarchiste, avec laquelle les jeunes et les immigrés (donc le prolétariat) emmerdent ce quadrillage de l’espace de public.

    À chaque fois que je me suis baigné à Paris (et il y a des endroits vraiment super !), je me suis toujours retrouvé en compagnie d’arabes, de bengalis, de jeunes mais presque jamais ou beaucoup plus rarement avec des français. Y compris celles et ceux que l’on croise en manifestation ou à la fac, voire à des présentations des livres très radicaux dans des librairies très radicales elles-aussi.

    La blanchité empêche-t-elle la baignade ? Est-ce la peur des coups de soleil ? Ou est-ce que la gauche blanche parisienne a les moyens d’échapper à la ville en se réfugiant dans une petite maison familiale à la campagne, en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau plus propre qu’à Paris ? Je pose la question.

    Mais peut-être que la baignade ne fait juste plus partie de la #culture parisienne (un « juste plus » très récent j’en suis sûr). Et c’est un drôle de paradoxe : l’oubli de l’histoire est devenu une évidence culturelle. Ce que les enfants et les immigrés viennent mettre au jour c’est à la fois l’#oubli (d’une culture passée. Comme disait Nietzsche, il faut savoir oublier pour savoir vivre) et le #souvenir (de cette dimension normale de la vie humaine qui consiste à profiter de l’eau quand il fait chaud). J’ai plusieurs fois invité des parisiens à venir se baigner avec moi et ils ont toujours été ravis de m’avoir accompagné. Mais c’est tout de même étrange qu’il revienne à un danois de leur enseigner une façon si simple et évidente de profiter de leur propre ville.

    Quand bien même la baignade ne ferait plus partie de la culture parisienne, comment s’expliquer cette #résistance diffuse aux projets d’aménagements des cours d’eau ? On se souvient de l’appel à déféquer dans la Seine avant l’inauguration des baignades parisiennes par Anne Hidalgo, l’initiative était drôle. Mais est-ce la meilleure manière de se rapporter à un projet qui pourrait contenir une telle possibilité populaire ?

    Bien sûr, il faudrait commencer par le canal de l’Ourcq qui est probablement déjà assez propre, sauf que nous n’en savons rien. À Vienne ou à Copenhague, la qualité de l’eau est analysée quotidiennement et ces informations sont facilement accessible à tous. Ici, personne ne sait de quoi il en retourne, on préfère se fier aux panneaux de la mairie : INTERDICTION DE SE BAIGNER – RISQUE DE NOYADE - DANGER DE MORT. Même si à quelques brasses de là, tel Maire fait cadeau d’une petite plage payant de merde qui ne s’avère pas si dangereuse et dont l’eau n’est a priori pas trop impropre.

    Avec un peu d’ambition, on pourrait aussi envisager de transformer le quai Bercy en un gigantesque parc urbain de baignade plutôt que cette autoroute moche, polluante et bruyante dédiée à l’industrie du ciment. Une sorte de Donauinsel ou de Central Park traversé par la Seine. Pourquoi pas ?

    J’ai le sentiment qu’il s’agit ici moins d’un manque d’#imagination_politique (bien réel évidemment) que d’une #résistance. Par-delà ou en-deçà des petits privilèges de certains (ceux qui peuvent aller se mettre au frais avec leur famille ou leurs amis), j’ai parfois l’impression que les parisiens veulent souffrir. Normalement, quand on est danois, plus on va vers le sud, plus on prend la mesure de son protestantisme et d’une vie clivée entre temps de travail et temps de loisir.

    En France, comme plus généralement dans le sud de l’Europe (désolé pour cette géo-analyse globale un peu rapide), cette division et compartimentation de la vie est généralement moins stricte. Ici on prend le temps de déjeuner ensemble plutôt que chacun dans son coin replié sur son ordinateur et son tupperware, on répond à ses messages sur Whatsapp pendant son temps de travail et c’est une bénédiction si l’on peut rentrer un peu plus tôt chez soi ou sortir voir des amis. La vie n’est pas strictement séparée entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. pas chacune individuellement avec son petit truc ramené depuis chez eux replié sur leur ordinateur : ou on s’en fout du fait qu’on est censé être au travail et on regarde son smartphone quand même, on ferme le magasin un peu plus tôt, on invite des amies à venir, on ne partage pas la vie strictement entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. Mais : il y a au moins un endroit où ce partage se fait, c’est entre la campagne et la ville.

    Il y a deux semaines, je proposais à une amie de passer chez un glacier. Elle m’a répondu que non, ça n’existe pas à Paris. Quand je lui ai la demandé, si les Français ne mangeaient pas de glace quand il fait chaud, elle m’a répondu « Si si ! – à la campagne ». Selon elle, il existe belle et bien des glaciers mais juste pas à Paris. La séparation de la vie est entretenue : pas dans le quotidien, mais par les saisons (Est-ce que cela pose des problèmes ? Oui : pour ceux qui ne sont pas capables de mener leur vie de saisonniers bien à l’aise à la Proust).

    Il faut quand même que je le dise : il est quand même assez cocasse que l’on puisse trouver des glaces pas chères partout à Vienne (un peu plus cher au Danemark, mais quand même accessibles aux ouvriers en sueur), alors qu’il y fait beaucoup moins chaud. Faut-il encore y voir l’un des mirages de la social-démocratie ? Oui, peut-être. Copenhague et Vienne sont devenues des villes agréables l’été, ce qu’elles n’ont toujours pas été.

    Il y a une dizaine d’année, Copenhague a été élue meilleure ville où se baigner du monde (par un autre sondage à la con mais le résultat n’est pas faux). Pourtant, le détroit qui sépare la Suède de Copenhague, Øresund, a longtemps été appelé Pløresund (littéralement, le détroit au liquide dégueulasse). Pendant des années, les déchets et pollutions industriels et agricoles s’y déversaient, jusqu’à ce que cela soit pris au sérieux, s’arrête : et là, une nouvelle ville est apparue.

    Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Paris ? M’est avis que c’est plutôt que l’on ne veut pas faire pareil et que cette absence totale de projets d’aménagement radical de la ville laisse le champ libre aux politiques social-démocrates autant qu’aux propriétaires industriels.

    Cet abandon de la ville vient peut-être de l’idée selon laquelle il faudrait déserter la métropole, lutter contre elle. On peut paraphraser Adorno : pendant que les gauchistes font la révolution dans leur commune près d’un lac quelque part au milieu de la campagne, le PS et les capitalistes ont géré la plus grande ville l’Union européenne. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la ville est un fait, bien réel, des millions de gens y vivent, y sont coincés, y souffrent. Et ce sont eux qui, faute d’un projet politique plus large, prennent l’initiative spontané d’en altérer la géographie imposée. Je ne dis pas qu’il nous faudrait embrasser le destin métropolitain mais que nous ne pouvons pas y laisser le champ libre aux forces réactionnaires.

    Reprenons les coordonnées du problème : s’il existe bien une logique capitaliste et industrielle de destruction des communs (de l’eau, de la possibilité de se baigner, de l’enclosure), une social-démocratie de la baignade (Vienne, Copenhague et très partiellement Paris), et une anarchie populaire et spontanée, non-blanche, de la baignade sauvage en ville ; alors à quoi pourrait ressembler une politique communiste de la baignade urbaine ?

    Une anecdote pour finir. L’été dernier à Copenhague, au bord d’un ponton depuis lequel tout le monde plonge comme il est possible de le faire partout en ville, je discutais avec deux vieilles femmes prolétaires. Je leur ai demandé de me raconter comment, selon elles, la ville avait changé. Elles m’ont répondu que ce n’était pas possible de comparer tant la ville d’aujourd’hui n’était en fait plus la même. Et vraiment pour le mieux.

    Une dernière anecdote pour vraiment conclure cette fois. À #Berne en Suisse, l’#Aar qui traverse la ville est utilisé au quotidien comme un transport commun. Grâce au courant, les habitants se jettent à l’eau avec un sac imperméable et vont au cinéma, au boulot ou n’importe où ailleurs. Une sorte de RER aquatique jamais bondé et toujours frais.

    Paris peut donc mieux faire, à commencer par sa gauche radicale. C’est désormais un fait accompli, la canicule comme le rapport de force populaire ont permis de faire rouvrir le canal Saint-Martin. Cette #réappropriation de l’#espace_public a fait de la place pour de nouvelles manières de vivre, il n’est donc pas trop tard pour en faire un projet politique commun (et ne pas le laisser aux forces réactionnaires et ennemies). Il nous faut nourrir et déployer une vraie politique communiste de la baignade et de l’usage des biens communs et naturels pour tous.

    En attendant la prochaine canicule, puis la suivante et encore celle d’après…

    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade
    #urbanisme #villes #chaleur #canicule #France #répression #surveillance #interdiction #géographie_culturelle

    voir aussi (@rastapopoulos) :
    https://seenthis.net/messages/1179924

    • J’aime « allemandsret » le droit de monsieur tout le monde.

      Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

      #nature #baignade #liberté #communs

  • #diritto_al_culto nelle #Carceri: interrogazione parlamentare dell’On. #Federico_Cafiero_De_Raho
    https://informareonline.com/diritto-al-culto-nelle-carceri-interrogazione-parlamentare-dellon-f

    Il Garante dei diritti delle persone private della libertà personale della Provincia di Caserta, #don_salvatore_saggiomo, esprime soddisfazione per l’interrogazione parlamentare presentata dall’On. Federico Cafiero De Raho al Ministro della Giustizia sulla tutela del diritto al culto negli istituti penitenziari. L’atto parlamentare trae origine dalle segnalazioni istituzionali formulate dal Garante e dal successivo confronto […] L’articolo Diritto al culto nelle carceri: interrogazione parlamentare dell’On. Federico Cafiero De Raho proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa

  • Immigration : pourquoi le débat est‑il si peu objectif ?

    Alors que les institutions et les chercheurs multiplient la publication de #données pour rétablir la vérité factuelle, pourquoi, en matière d’#immigration, le débat démocratique est-il si peu objectif ?

    Dès qu’il s’agit d’immigration, ce sont toujours les mêmes #clichés qui reviennent : les migrants refusent de s’intégrer ; ils volent les emplois des nationaux ; ils islamisent l’Europe et « grand-remplacent » ses habitants ; ils profitent de l’« Europe passoire » pour abuser de la protection sociale ; ils feraient mieux de rester chez eux et de développer leur pays – et ainsi de suite.

    Ces #préjugés sont aussi anciens que l’immigration. Au XIXᵉ siècle, Marx et Engels débattaient déjà des effets préjudiciables de l’immigration irlandaise sur la classe ouvrière anglaise et, malgré une réalité sensiblement plus nuancée, la crainte que le travailleur étranger ne pénalise le « natif » reste ancrée dans le débat public. En France, les #stéréotypes actuels sur les immigrés d’Afrique subsaharienne ou du Maghreb ressemblent beaucoup à ceux que subissaient les Italiens ou les Polonais il y a un siècle.

    Aujourd’hui comme hier, ces #idées_reçues ont des conséquences bien réelles. Elles renforcent le #rejet des immigrés et empêchent de tirer profit de leur apport économique ou démographique. En biaisant le #débat_démocratique, elles alimentent une demande pour des politiques restrictives, mais inefficaces, car en #décalage avec la réalité qu’elles prétendent gouverner.

    À titre d’exemple, malgré la nouvelle loi française sur l’immigration de janvier 2024 (« loi Darmanin »), malgré le pacte européen sur la migration et l’asile de 2024, malgré plusieurs mesures prises par le gouvernement britannique, et malgré un nouvel accord franco-britannique en été 2025, les traversées de la Manche ont atteint le chiffre de 41 000 en 2025, au plus haut depuis 2022.

    Une multiplication des efforts

    La lutte contre ces préjugés est donc une priorité pour un vaste éventail d’acteurs. Au niveau des pouvoirs publics, c’est le cas de l’Union européenne, qui s’alarme des fake news, des théories conspirationnistes, et de leurs effets sur l’adhésion au projet européen. En France, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères s’est employé à combattre les rumeurs concernant, par exemple, son soutien au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées ou régulières (ou « Pacte de Marrakech »). En 2024, c’est le premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui invalidait les idées fausses (bulos) sur le sujet devant le Parlement.

    Au niveau international, le Forum d’examen des migrations internationales qui s’est tenu à l’ONU, en mai 2026, a été l’occasion pour le secrétaire général Antonio Guterres de dénoncer la désinformation sur l’immigration. Des agences comme le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) ou l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) conduisent des programmes de lutte contre les stéréotypes qui affectent les migrants et les réfugiés. Une des stratégies de ces agences est de fournir des données sur le sujet, comme en atteste la création par l’OIM du Global Migration Data Analysis Centre en 2015. L’Union européenne a publié en 2025 un « Atlas of migration », partageant cet objectif de mettre à disposition les chiffres à même de combattre les fake news.

    Plusieurs ONG et associations de premier plan (parmi lesquelles Oxfam, le Syndicat de la magistrature, Emmaüs solidarité, Médecins du monde ou Médecins sans frontières) se sont réunies autour de la chercheuse en droit des étrangers Sophie-Anne Bisiaux pour publier, en 2025, En finir avec les idées fausses sur les migrations, un ouvrage qui réfute de façon systématique un vaste éventail de préjugés. Un inventaire récent a identifié plus de 200 publications visant le même objectif depuis 1990, dont 46 en français : pour les spécialistes de l’immigration, la lutte contre les idées reçues est donc un travail à plein temps.

    Une tâche sisyphéenne ?

    Pour vulgariser les résultats de la recherche scientifique, les chercheurs font pourtant face à des obstacles importants.

    La réfutation d’une idée reçue demande sensiblement plus de temps et d’énergie que sa production : c’est la « #loi_de_Brandolini », en vertu de laquelle ceux qui débitent des inepties ont toujours un temps d’avance sur ceux qui les corrigent.

    Un second obstacle tient à la posture de l’expert ou du chercheur. Déconstruire des préjugés peut s’avérer compliqué à mettre en œuvre lorsque les « sachants » sont soupçonnés de vouloir imposer leurs vues. À l’instar du « #grand_remplacement », nombre de préjugés anti-immigration et de théories conspirationnistes sont imprégnés d’une hostilité à l’égard des élites, accusées d’être déconnectées de la réalité, voire d’agir sciemment contre les intérêts du peuple.

    Les acteurs qui se positionnent contre les idées reçues se placent enfin dans une posture défensive, qui confère paradoxalement une visibilité accrue aux préjugés. On parle d’« #effet_Streisand » pour désigner ce mécanisme par lequel, en voulant combattre la diffusion d’une idée, on contribue à la placer au centre de l’attention, voire même à la légitimer.

    Limites et ambiguïtés des chiffres

    Une stratégie éprouvée pour réfuter les idées reçues est le recours aux données produites par les statistiques publiques.

    Les chiffres indiquent par exemple que, contrairement à une affirmation fréquente, il n’y a pas beaucoup de réfugiés en France. Entre 2014 et 2020, dans le contexte de la guerre en Syrie, la France a reçu 25 000 demandes d’asile en provenance de ce pays, contre 633 000 en Allemagne. Pareil avec la guerre en Ukraine en 2022, suite à laquelle la France a protégé environ 73 000 personnes, sur un total de plus de 4 millions de réfugiés ukrainiens en Europe, et là où l’Allemagne et la Pologne en ont chacun accueilli autour d’un million.

    Quelques incontestables que soient ces données, force est toutefois d’admettre qu’elles n’empêchent pas l’antienne habituelle selon laquelle la France serait excessivement laxiste ou généreuse. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, tenait en septembre 2025 les propos suivants :

    « Chaque année, 500 000 personnes entrent dans notre pays. Et sur ce demi-million, seulement 50 000 viennent pour travailler. La question est simple : que font les 450 000 autres, et surtout, qui paie ? »

    Il s’agit là d’une accumulation de #contre-vérités.

    En 2024, environ 343 000 premiers titres de séjour ont été délivrés en France (et non 500 000), et le taux d’emploi parmi les immigrés s’élève à environ 63 % (et non 10 %). Mais il peu probable que l’auditoire se scandalise de ces inexactitudes : ce qui compte, c’est le récit qui lui est proposé ainsi que ses valeurs sous-jacentes, fondées sur la distinction entre « eux » et « nous » et sur les difficultés socioéconomiques vécues par une partie de la population française.

    Les chiffres entraînent en outre le débat sur un terrain parfois glissant. Imaginons que la situation s’inverse et que la France accueille plus de Syriens et d’Ukrainiens que l’Allemagne, serait-ce une catastrophe ?

    Les politiques migratoires ne se résument pas aux chiffres. Elles soulèvent des questions fondamentales en termes de #valeurs. Que le nombre de réfugiés en France soit de mille ou d’un million est alors secondaire. Ce qui compte, c’est l’importance accordée à certains principes, comme le droit d’asile, et le type de société que l’on souhaite : plus ou moins ouverte sur le monde, plus ou moins cosmopolite ou solidaire.

    Ce débat-là ne peut se passer des chiffres (ce n’est pas pareil d’accueillir un millier ou un million de réfugiés), mais les interrogations qu’il pose vont bien au-delà des querelles statistiques.

    Un débat polarisé

    Une dernière difficulté soulevée par la lutte contre les idées reçues est que la méthode peut s’inverser. C’est le cas avec un livre récent du directeur d’un think tank nommé « Observatoire de l’immigration et de la démographie », Nicolas Pouvreau-Monti, très commenté depuis sa parution dans les médias marqués à droite. Intitulé Immigration, mythes et réalités, il confronte les idées reçues à l’analyse, à ceci près que ce sont cette fois les « mythes » qui seraient favorables à l’immigration, tandis que l’analyse de la « réalité » inviterait à lutter encore davantage contre l’immigration.

    La démarche n’est pas très crédible.

    D’une part, et malgré une réalité souvent complexe, l’hostilité à l’égard de l’immigration est bien présente dans la société française et une trentaine de lois ont été adoptées depuis 1980, toutes plus restrictives les unes que les autres : il est donc incorrect de dire que les idées reçues dominantes en France sont excessivement bienveillantes à l’égard de l’immigration.

    D’autre part, la « réalité » décrite par ce livre ne fait pas l’objet d’une analyse scientifique rigoureuse, car l’objectif est moins de comprendre les dynamiques migratoires que d’élaborer un programme radical en vue des élections de 2027 en France, clairement aligné sur les positions de l’extrême droite.

    En janvier 2025, cet institut disait par exemple craindre l’afflux de 580 millions de réfugiés en France, ce qui multiplierait par cinq le nombre total de personnes déplacées dans le monde (117 millions selon le HCR), et par huit la population du pays… Mais un tel scénario suppose que non seulement l’ensemble des personnes affectées par les conflits quittent leur pays, mais aussi qu’elles décident toutes de venir en France. Ces deux conditions sont aussi irréalistes l’une que l’autre, et un tel pronostic ne vise donc qu’à électriser le débat et à appeler au démantèlement du droit d’asile.

    Cette lutte inversée contre les idées reçues n’en est pas moins symptomatique d’une forte #polarisation, qui voit chaque camp délégitimer la position de son adversaire en la traitant d’idée reçue – avec le risque de ne parler qu’à ses propres coreligionnaires, et au détriment de la qualité démocratique, mais aussi de la prospérité du pays et des droits des migrants et des réfugiés.

    https://theconversation.com/immigration-pourquoi-le-debat-est-il-si-peu-objectif-282212
    #objectivité #chiffres #statistiques #dissuasion #inefficacité #migrations
    ping @karine4 @reka

  • #Arménie : la #TRIPP, route #Trump promesse de paix et de prospérité

    La TRIPP ou #Route_Trump_pour_la_Paix_et_la_Prospérité_Internationales. Elle doit relier Arménie et #Azerbaïdjan et connecter l’Asie à l’Europe, en contournant la Russie. Donald Trump a convaincu les dirigeants des deux ex républiques soviétiques au nom de la paix. Sur le terrain, tout reste à faire.

    La TRIPP (Trump Road for International Peace and Prosperity) est un peu la route de la soie de Donald Trump. Une liaison entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan qui permettrait de connecter l’Asie centrale à l’Europe en contournant la Russie et l’Iran. Avec d’abord une ligne de chemin de fer puis à terme un réseau multimodal de passage pour l’énergie et la fibre optique. La petite ville de Meghri est sur le tracé de cette TRIPP et rêve d’en devenir la gare principale.
    Paix et Prospérité

    Un bâtiment décrépi dans les herbes folles, sur les bords de la rivière Arax à la frontière avec l’Iran surplombée par les montagnes… Une locomotive rouillée… C’est ce qui reste de la gare de Megrhi, ville stratégique sur le tracé de cette route dite de la paix et de la prospérité voulue par Donald Trump. Armen Davtian était le superviseur de la gare : « Quand j’ai été embauché en 1989, raconte-t-il, c’était encore l’URSS. Tous les trains venant d’Union soviétique et allant en Iran passaient par ici, par notre gare. »

    Il rêve qu’elle retrouve son dynamisme d’antan. Et la TRIPP est pour lui une occasion rêvée. Celle d’ouvrir les frontières de son pays à l’est vers l’Azerbaïdjan et à l’ouest vers la Turquie. « Je salue cette décision, sourit-il. On ne peut plus vivre isolés comme cela de nos voisins. Cela empêche le développement de notre économie. La Turquie et l’Azerbaïdjan ont déjà décidé de lever le blocus de notre pays. » Avant de poursuivre avec assurance : « Cette route TRIPP, elle sera non seulement profitable à l’Arménie mais ce sera aussi la liaison ferroviaire la plus courte, la plus rapide, la plus facile pour relier l’Orient à l’Europe. Peu importe qu’elle s’appelle route Trump ou qu’on lui donne n’importe quel autre nom. L’important c’est qu’elle soit ouverte sans interruption, que nous soyons en paix et que notre pays retrouve la vie. »

    La vie et la paix avec l’Azerbaïdjan. « Nous ne pouvons vivre dans une guerre perpétuelle poursuit l’ancien chef de gare. Nous avons déjà perdu tant de jeunes. On ne va pas oublier mais nous pouvons essayer de dépasser tout cela. »

    La Paix c’est pour lui le mot le plus important dans cet acronyme, TRIPP. Quant à la prospérité… elle n’est pas pour demain, lâche le gérant de la supérette, tout en servant quelques clients, « Ce serait pas mal l’ouverture des frontières, le commerce est toujours important pour les peuples. Mais il faudrait que l’opinion des Arméniens soit prise en compte. Aujourd’hui je pense que ces décisions sont imposées. Il faudra du temps, beaucoup de communication et de confiance mutuelle. »
    "Ils ont pris nos cimetières et nos champs"

    Le fait que les États-Unis s’arrogent 74% des parts du projet durant les 50 premières années fait grincer quelques dents. Et pour que le projet devienne réellement bénéfique, connecte à terme l’Asie à l’Europe, il faudrait que toutes les frontières soient ouvertes. Or l’Arménie reste enclavée. Le financement de cette TRIPP reste aussi à trouver.

    Mais si Meghri s’interroge sur les retombées économiques du projet. Plus haut dans la montagne, dans le village de Nerkin Hand, sur la frontière avec l’Azerbaïdjan, cette perspective de paix avec l’ennemi que l’on voit depuis sa fenêtre est dure à avaler. Les abords de la rivière sont encore minés, Le village a été coupé en deux par la guerre. Les habitants ne peuvent plus se recueillir sur les tombes de leurs proches.

    Shahen montre le cimetière sur son téléphone. Regarde, dit-il, les tombes ont été vandalisées. On ne peut pas être ami avec eux
    « Notre église, nos cimetières tout ça est passé sous le contrôle des Azéris. Tout est à eux. Nous sommes des paysans mais nous ne pouvons plus faire d’agriculture. On peut juste cultiver un lopin de terre devant nos maisons. Faire un peu d’apiculture. Nous ne pouvons pas faire d’élevage. Ils ont pris tous nos champs. »

    La crainte, partagée dans cette région du Syunik, c’est qu’à la faveur de cette route Trump, les Azerbaïdjanais ne viennent coloniser le territoire arménien que Bakou continue à appeler Azerbaïdjan occidental et où le président Alyev parle d’envoyer 300 000 ressortissants. Never, un apiculteur passe avec une ruche sous le bras. La paix et prospérité promises par la TRIPP, très peu pour lui.

    « Je n’y crois pas, tranche t il. Si la route passe par ici, les Azéris sont de tels animaux qu’ils vont toujours venir nous provoquer. Nous allons nous battre. Nous avons tous vu les guerres. Ils nous ont tués et nous les avons tués, ça s’est jamais arrêté. Et ce n’est pas bien, nous voulons la paix. Mais nous sommes toujours des ennemis. Ils ont tué nos enfants. Il faudra des siècles pour oublier. Et je ne sais pas si nous allons y arriver. »

    « L’Iran ne le permettra pas »

    Les promesses de Trump ne passent pas vraiment non plus dans le petit village de Shvanidzor plus au sud proche de l’Iran. Serguei prend le frais avec ses amis auprès de la fontaine. L’exode de dizaines de milliers d’Arméniens chassés du Haut Karabakh par l’armée de Bakou en septembre 2023 et qui ont fui par le corridor de Latchin le hante toujours. « Si Trump pensait autant à l’Arménie, grommelle-t-il, il aurait pu intervenir avant. Il y avait le corridor de Latchin. Pourquoi n’ont ils rien fait à ce moment là ? Pourquoi Trump n’est-il pas venu pour dire qu’il fallait garder cette route ? Il a attendu que les Azéris la prennent. Je ne lui fais pas confiance. Et il n’y a pas que nous. L’Iran non plus ne voudra pas de cette route. Et ne permettra pas à Trump de l’avoir. »

    La guerre contre vient en effet percuter le projet. Anahide Pilibossian, vice-présidente de la Stratégie et du Développement à l’institut de recherche APRI, étudie ce projet de TRIPP. "L’inquiétude de l’Iran, explique-t-elle, c’est : quelle sorte de présence vont avoir les États-Unis ? On nous dit, même côté américain, « Non, il n’y aura pas nos bottes. Les bottes américaines ne seront pas sur le territoire de Meghri, là où sera la route. Mais certains à Téhéran y voient un moyen d’installer une présence semi militaire ou des sources d’intelligence américaine. La guerre va sûrement exacerber la position négative, parce que nous voyons que l’influence politique des Gardiens de la révolution a augmenté, et c’étaient les Gardin de la révolution qui étaient plutôt contre. »

    Alors que le premier coup de pioche de cet ambitieux chantier n’a toujours pas été donné. La mue de Donald Trump, fauteur de guerre au Moyen-Orient, en faiseur de paix dans le Caucase n’est pas encore avérée.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-reportage-de-la-redaction/armenie-la-tripp-route-trump-promesse-de-paix-et-de-prosperite-7810080

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    #Accord_de_paix entre l’Arménie et l’#Azerbaïdjan

    L’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan vise à mettre fin au conflit du #Haut-Karabagh, qui dure depuis février 1988. Après de longues négociations, sa mise en œuvre commence en mars 2025 après que les républiques d’Arménie et d’Azerbaïdjan ont déclaré s’être mises d’accord sur tous les termes d’un futur accord de paix.

    Elle se poursuit le 8 août 2025 lorsque les deux anciennes républiques soviétiques signent à Washington un protocole d’accord conjointement avec les États-Unis. Ce document octroie aux États-Unis des droits exclusifs de développement du #corridor_de_Zanguezour, appelé route Trump pour la paix et la prospérité internationales (TRIPP), pour les 99 prochaines années, dans le but de relier la république autonome de #Nakhitchevan au reste de l’Azerbaïdjan sans point de contrôle à travers l’Arménie. Ce #corridor permettra en outre le passage de personnes et de marchandises de l’Europe vers l’Azerbaïdjan et l’Asie centrale au sens large sans avoir à passer par la #Russie ou l’#Iran. Bien qu’il ait salué les progrès en faveur de la paix entre les deux républiques, l’Iran affiche une position hostile à l’établissement du corridor, qui se trouve contre sa frontière.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_paix_entre_l%27Arm%C3%A9nie_et_l%27Azerba%C3%AFdjan

    #Donald_Trump #toponymie #Trump_Route_for_International_Peace_and_Prosperity

  • Comment la #privatisation de la gestion des #visas a profité à la société #VFS_Global, entre « services optionnels facturés » et soupçons de #corruption

    Pour désengorger les consulats, les démarches pour les visas ont été partiellement déléguées à quelques multinationales, dont le leader VFS Global. Une enquête internationale, à laquelle « Le Monde » a participé, montre que ce marché est devenu une #zone_grise hautement lucrative, au détriment des demandeurs.
    Depuis plus de dix ans, Joséphine (son prénom a été changé) s’occupe des démarches nécessaires pour obtenir un visa français pour sa mère, de nationalité sénégalaise. Elle sait bien que cette procédure relève du parcours du combattant. Au Sénégal, depuis 2014, les demandeurs ne se rendent même plus au consulat, mais dans les bureaux de VFS Global, une #multinationale chargée par les autorités françaises de réceptionner et de transmettre les demandes de visa. Y obtenir un rendez-vous est une véritable gageure et pour espérer en obtenir un, affirme la jeune femme, il faut souvent sortir le portefeuille. « C’était plus simple quand c’était le consulat qui gérait ça, c’était réglementé. Là, c’est celui qui paye le plus qui part », souffle Joséphine par téléphone.

    Depuis plus de vingt ans, la France – comme de nombreux autres pays – a choisi, dans un contexte budgétaire contraint, de sous-traiter la gestion des dossiers de visa et l’accueil des demandeurs. La société #VFS, basée aux #Emirats_arabes_unis et en #Suisse, s’est taillé la part du lion de ce nouveau #marché. Elle revendique des « pratiques éthiques et le développement durable » pour servir 71 gouvernements sous contrat.
    Une investigation menée par l’organisation à but non lucratif Lighthouse Reports, en collaboration avec 14 partenaires dont Le Monde, explore des recoins moins reluisants de cette industrie. Notre enquête montre comment VFS a profité de l’externalisation d’une fonction essentielle de l’Etat, en transformant des familles, des étudiants, des travailleurs ou de simples voyageurs en un marché captif et financièrement exploitable. Appuyée sur de nombreux rapports et documents obtenus auprès des autorités européennes dans le cadre du droit d’accès aux documents administratifs, ainsi que des dizaines d’entretiens et témoignages, elle souligne également d’importantes #défaillances structurelles ainsi que l’existence de pratiques corruptives au sein du groupe.

    « Salon premium »

    VFS est chargé de réceptionner les demandes de visa et d’acheminer les documents au #consulat ou à l’#ambassade, après avoir encaissé les #frais_de_dossier pour le compte de l’Etat. L’entreprise se targue ainsi d’« avoir traité efficacement » près de 145 millions de demandes entre 2017 et 2024. Si le nombre de demandes a crû de façon modérée, les #bénéfices ont explosé. Les comptes déposés au #Luxembourg par la holding financière du groupe montrent que les profits d’exploitation annuels de VFS ont plus que quadruplé, passant de 31 millions à 172 millions d’euros de bénéfices. Les revenus par demande ont bondi de 83 %.
    Une manne financière portée par les demandeurs de visa eux-mêmes. Le modèle d’#externalisation est en effet pensé par les gouvernements pour faire des économies. Le voyageur finance les frais du sous-traitant en plus du #prix du visa, car l’Etat ne rémunère pas le #prestataire. « Nous sommes conscients que cette externalisation rend les visas plus chers pour les demandeurs. Nous condamnons cette sélection par l’argent », s’agace Valérie Jacq, représentante syndicale au ministère des affaires étrangères français.

    Et pour cause, la croissance financière de VFS ne repose pas sur le volume des dossiers traités, mais bien plus sur la capacité de l’entreprise à facturer des « #services_à_valeur_ajoutée », ou « #VAS » dans le jargon du secteur : service de courrier et de numérisation, suivi de la procédure par SMS, horaires étendus d’ouverture des centres, aide pour remplir les demandes, ou encore « salon premium » d’attente, où des rafraîchissements sont servis « par un personnel dédié ».

    Ces « services optionnels » qui, selon la réclame de VFS, « visent à améliorer l’expérience client », lui permettent en effet de générer une très forte marge. Sur la base de reçus et factures communiqués par les autorités suédoises, issus d’un échantillon de plus de 2 100 demandes de visas pour la Suède déposés dans 16 pays, le géant des visas tire un tiers de ses recettes des services à valeur ajoutée. Parmi les options privilégiées, plus d’un demandeur sur deux opte pour les coûteux suivis par SMS. Un ancien employé nigérian de l’entreprise affirme, quant à lui, que les services de photocopie de VFS sont « très onéreux ». Ces tarifs, validés par l’Etat dans le cadre d’un contrat, sont bien plus élevés que ceux pratiqués sur le marché.

    Accélérer le traitement des dossiers

    Des employés de VFS, actuels et anciens, ont confirmé à Lighthouse Reports avoir subi des pressions pour vendre ces produits, depuis 2022 et l’arrivée au capital du fonds américain #Blackstone, qui a fixé des objectifs exigeants. Il est « infondé d’affirmer que l’accent a été davantage mis sur les ventes de VAS après l’investissement de Blackstone », répond VFS. La pratique n’est, en effet, pas nouvelle. Des anciens employés de VFS ont ainsi fait état de formations, dispensées depuis de nombreuses années, pour mieux « présenter les services haut de gamme », afin d’atteindre les objectifs mensuels fixés par la direction.

    Parmi les astuces utilisées, explique un agent de VFS, il suffit d’annoncer au guichet « le montant total, SMS et frais de livraison inclus, et la plupart des clients s’en contenteront » en payant une option sans s’en rendre compte. Ces services ont pourtant « vocation à répondre à un besoin exprimé par le demandeur », selon une source au ministère français des affaires étrangères, qui ajoute que de telles pratiques pourraient « entraîner des sanctions contractuelles ».

    Selon des rapports d’inspection obtenus par le consortium auprès de la Commission européenne, plusieurs Etats membres ont relevé une « pression excessive pour promouvoir [les] services complémentaires » de VFS et s’alarment que leur caractère optionnel ne soit « pas du tout clair ».

    Un agent du ministère des affaires étrangères français a ainsi confirmé à Lighthouse Reports que des prestataires de services tels que VFS laissent parfois entendre aux demandeurs que « payer plus leur permettra d’obtenir un visa », les amenant à choisir l’option « #salon_premium » pour obtenir un possible coupe-file.

    Ce phénomène a été par ailleurs clairement mis en évidence par la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet (Union des démocrates et indépendants). Lors de l’examen d’un rapport de 2025 sur la délivrance des visas, qu’elle a écrit avec le sénateur de Paris Rémi Féraud (Parti socialiste), elle assure que « le service “premium” sert parfois à déguiser d’une élégante façon un service davantage rémunéré pour accélérer le traitement du dossier ». Une pratique en violation claire avec le code des visas de l’Union européenne, qui interdit le « traitement inégal des demandeurs de visa ». Au Quai d’Orsay, une source diplomatique affirme pourtant que « tout est fait afin de ne pas permettre l’utilisation du service premium comme un #coupe-file ».

    « #Bots » et #fraude

    Si les prestations « premium » continuent pourtant de se vendre, c’est que les services de base ont été rendus impraticables par une pénurie organisée des rendez-vous. Le système de réservation de VFS est assiégé par des « bots », des programmes informatiques automatisés conçus par des officines externes, « déployant tous types de modes opératoires, y compris illégaux, pour capter un maximum de rendez-vous et les revendre », comme le déplore le rapport sénatorial. VFS assure « mettre en œuvre des mesures de sécurité rigoureuses » pour offrir « un accès équitable à tous les demandeurs ». De son côté, une source diplomatique a confirmé au Monde que cette problématique faisait « l’objet d’une priorité d’action », même si la « solution miracle n’existe pas ».

    Cette pénurie engendrée depuis l’extérieur crée, pour certains salariés de VFS, des opportunités d’argent facile. Ainsi, selon des employés actuels et anciens de la société, de l’Inde au Sénégal, certains ont été pris la main dans le sac, à vendre des créneaux de rendez-vous. De même, lors d’inspections, plusieurs Etats membres ont fait état de problèmes corruptifs impliquant le personnel de VFS, selon les rapports obtenus par Lighthouse Reports. « Dans certains centres, le taux de rotation du personnel est élevé, car des employés sont suspectés de #corruption ou de fraude », confirme un ancien agent chargé des visas au Quai d’Orsay. Une situation démentie par l’entreprise, qui assure que « les cas de comportements répréhensibles sont extrêmement rares compte tenu de la taille de l’entreprise ».

    Alors que VFS échoue à bloquer les « bots », la multinationale a lancé sa propre filiale de conciergerie de visas, #OneVasco, qui propose un « processus de demande simple et adapté aux voyageurs ». En clair, une alternative maison aux bots. Ses bureaux sont stratégiquement placés à côté des centres officiels de VFS, créant ainsi une confusion délibérée, dénoncée par plusieurs chancelleries européennes.

    La situation fait sourire Marc Esteve, professeur de science politique à l’University College de Londres : « Lorsqu’une même entreprise est responsable de la qualité d’un service de base et tire profit de la vente d’alternatives haut de gamme à ce service, elle est structurellement incitée à sous-investir dans le service basique », souligne-t-il.

    VFS assure que parmi ses clients « figurent des gouvernements soumis à certaines des exigences les plus strictes au monde en matière de conformité, de réglementation et de sécurité ». Des gouvernements captifs, qui ont acté l’impossible retour en arrière. Le sénateur Rémi Féraud confirme qu’« il ne serait pas possible de réinternaliser ce service, car les demandes de visa sont trop nombreuses, de sorte qu’il faudrait des centaines, voire des milliers, de fonctionnaires et d’agents publics supplémentaires ». Face au recours massif à ces entreprises privées, la Commission européenne va prochainement « lancer une étude approfondie », afin de prévenir les #abus du système.

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/05/28/comment-la-privatisation-de-la-gestion-des-visas-a-profite-a-la-societe-vfs-
    #business #migrations #sous-traitance 

    via @freakonometrics
    ping @reka @karine4

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    voir aussi :
    EU cashes in on €130m in rejected visa applications
    https://seenthis.net/messages/1061593

    • En Afrique, un juteux business autour des demandes de visas

      Son nom résonne dans une bonne partie de l’Afrique. VFS Global est une entreprise indienne très connue sur le continent : c’est à elle que de nombreuses ambassades à travers le monde ont confié le traitement de leurs demandes de visas. Pour faire simple, si vous êtes candidat au Sénégal pour un visa pour la France, ou en République démocratique du Congo pour la Chine, c’est #VFS qui traite votre demande de rendez-vous auprès des ambassades concernées. VFS Global a su en faire une affaire très lucrative, au point d’attirer dans son sillage des fraudeurs et de faire l’objet d’incompréhensions chez les demandeurs qui se plaignent de la complexité et du coût des procédures. Une enquête coordonnée par l’organisation de journalisme d’investigation Lighthouse Reports, en collaboration avec 14 médias dont RFI.

      Présente dans 168 pays et en contrat avec 71 gouvernements, VFS Global laisse le même goût d’amertume chez nombre de candidats aux visas dans le monde et en Afrique, pour qui l’accès au précieux sésame est devenu un parcours complexe et coûteux. « Je ne comprends pas tout le système », s’exclame Aliou, artiste-graffeur et entrepreneur sénégalais habitué des demandes de visa pour l’Europe. « Mais ce qui se passe avec les visas en Afrique, excusez le terme, c’est du grand n’importe quoi ! Pour moi, c’est de l’arnaque ! » La même colère et les mêmes mots reviennent chez de nombreux Africains interrogés dans le cadre de cette enquête.

      VFS Global (Visa Facilitation Services Global), majoritairement détenue par le fonds d’investissement américain Blackstone, a vu ses bénéfices opérationnels exploser de 31 à 171 millions d’euros entre 2017 et 2024. Un bond considérable alors que, sur la même période, le volume des demandes n’a augmenté que de 15 %, comme l’indiquent ses états financiers déposés au Luxembourg.

      VFS explique cette croissance fulgurante en partie par la vente de services dits à valeur ajoutée – des VAS –, tous payants, tels que l’envoi d’informations par SMS ou l’accès à un salon premium. C’est justement cette vente de services qui est placée au cœur de la stratégie commerciale de la société.
      Le business rémunérateur des services à valeur ajoutée

      L’enquête a permis de collecter des données à partir de reçus de demandes de visa provenant de plusieurs pays. Cet échantillon montre que les VAS pèsent pour 30 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au niveau mondial. En Afrique du Sud et au Kenya, indiquent ces données, la vente de ces services englobe plus du tiers des revenus du VFS local, et plus du quart au Nigeria.

      En Afrique, du Sénégal au Nigeria en passant par le Kenya, de nombreux employés et ex-employés de l’entreprise ont indiqué avoir été spécialement formés à la vente de ces services. Contraints par les objectifs commerciaux de leur direction et motivés par des primes alléchantes, les agents ont expliqué qu’ils faisaient payer ces services aux demandeurs, sans toujours préciser qu’ils étaient optionnels et, surtout, qu’ils ne garantissaient pas l’obtention du visa.

      Au Sénégal, par exemple, un ex-salarié a déclaré de manière anonyme que le service de notification par SMS était présenté comme quasi-obligatoire. Il a fait part d’une « pression » subie pour vendre des VAS du type salon premium ou espace VIP. D’anciens employés de VFS au Kenya ont confié de leur côté qu’ils devaient systématiquement ajouter les frais de SMS et de courrier à la facture des demandeurs… qui ignoraient que ces VAS étaient facultatifs. Deux anciens membres du personnel ont précisé qu’ils percevaient également des commissions sur les ventes.

      Des rapports d’inspection issus de 22 pays de la zone Schengen et de la Commission européenne elle-même soulignent également une « pression excessive de VFS Global pour promouvoir ses services » et un flou entretenu par l’entreprise sur le caractère optionnel des VAS, comme l’attestent des rapports transmis par la Suède en 2025 et la République tchèque à la Commission en 2024.
      Agences parallèles illégales

      À ce système sont venus se greffer des réseaux parallèles extérieurs à VFS, organisés notamment par des employés ou d’ex-employés de l’entreprise. Par leur maîtrise du système de prise de rendez-vous chez VFS, ils montent des "agences" extérieures, illégales mais laissant croire qu’elles collaborent avec l’entreprise. Souvent représentées par des personnes postées autour des bureaux de VFS, ces agences frauduleuses promettent plein succès aux candidats au visa, désespérés par les rejets répétitifs de leurs demandes.

      Dakar, à quelques pas du centre de visa de VFS Sénégal. Salimata, en pleine démarches pour un visa pour la France, témoigne : « Tu essaies de trouver un rendez-vous à n’importe quel moment et il n’y en a pas. Donc il y a des agences (terme souvent utilisé par les fraudeurs, NDLR) qui s’en chargent pour toi et tu paies entre 75 000 et 200 000 francs CFA (entre 114 et 300 € environ). Et on n’est même pas sûr d’obtenir le visa, c’est juste pour avoir le rendez-vous. » Ce qui fait dire à Salimata qu’il existe « une complicité » entre gérants d’agences et employés de VFS « pour vendre des rendez-vous ».

      Dans le bureau VFS Global qui délivre des visas pour la Chine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, l’enquête a pu prouver que cette complicité existe. Un journaliste participant à l’enquête s’est fait passer pour un demandeur de visa auprès d’une agence frauduleuse et a été mis en relation avec un employé du bureau VFS Global, qu’il a rencontré sur place. Ce dernier lui a réclamé 650 euros, soit plus du double du prix affiché pour le même visa.

      En juin 2025 au Kenya, face aux plaintes des usagers, VFS Global s’est inquiétée publiquement de l’augmentation du nombre de personnes se faisant frauduleusement passer pour des agents de l’entreprise. « Tous les créneaux de rendez-vous sont disponibles gratuitement sur notre site web officiel et sont attribués en fonction de nos prévisions des demandes de visa », a déclaré Stephen Kubasu, directeur général des opérations de l’entreprise. « Les demandeurs ne doivent en aucun cas payer des tiers pour obtenir un rendez-vous car ces affirmations sont mensongères. »

      Interrogée par écrit, dans le cadre de cette enquête, sur ces réseaux frauduleux qui opèrent à l’extérieur de l’entreprise, VFS Global a répondu mettre « activement en œuvre des mesures de sécurité robustes », tels que le mot de passe à usage unique et le CAPTCHA, pour protéger ses systèmes de prise de rendez-vous. Elle indique également avoir lancé la campagne #DoNotFallForFraud pour sensibiliser les demandeurs sur les escroqueries.

      Concernant les services optionnels, VFS Global rappelle « qu’ils sont élaborés en concertation avec les gouvernements », que ​​​​« les demandeurs sont clairement informés que ces services ne sont pas obligatoires » et qu’« ils n’influencent ni les décisions relatives aux visas ni les délais de traitement. »

      En somme, VFS ne fait rien d’illégal mais bénéficie d’un système restrictif mis en place par les Etats. C’est ce que résume Paul Hermelin, président du conseil d’administration de l’entreprise française CapGemini, spécialisée dans les services numériques. Dans son rapport Propositions pour une amélioration de la délivrance des visas publié en 2023, il qualifie la politique française des visas de « machine à mécontentement » du fait de l’obsession sécuritaire et migratoire de Paris.

      « Au Sénégal par exemple, sur 12 000 à 15 000 demandes, il y a un peu moins de 3 000 visas prévus pour les étudiants vers la France. Donc on fabrique près de 10 000 déçus, ça ne va pas du tout ! Avec un déficit de communication, on a une machine à mécontentement », analyse Paul Hermelin. « En France, on délivre généralement un visa d’un an. Si ça se passe bien, on passe à deux ans, puis trois… donc il fallait un nombre d’années incroyable pour arriver au visa de cinq ans. Il y a des hommes d’affaires qui vont et viennent entre Casablanca, Dakar et Paris, des professeurs d’université qui se déplacent pour des conférences, etc. Ce ne sont pas des migrants potentiels illégaux, donc pourquoi ne pas passer directement au visa de cinq ans ? »

      https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260608-en-afrique-un-juteux-business-autour-des-demandes-de-visas

  • THE TRUMPSONIAN. A Fake Museum of Real Truth

    An immersive theatre experience that blends live performance, shareable spectacle, and political activation.

    https://trumpsonian.us

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    Trump’s name is off the #Kennedy_Center, but it is prominently displayed at The Donald J. Trump and Jeffrey Epstein Memorial Reading Room, open now in D.C.. Courtesy of the Institute for Primary Facts, the Trump-Epstein Reading Room displays all the currently available, partially redacted, #Epstein_files, bound into 3,437 volumes. You can confront the extent of the information our “justice” system has refused to act on, share thoughts on a response wall, call the DOJ directly, and see the Trump-Epstein timeline.

    https://hcommons.social/@christinkallama/116744564724835839

    #musée #Trump #Epstein #USA #Etats-Unis #Donald_Trump #exposition #art

  • Adresse, IBAN, rendez-vous médicaux : un moteur de recherche gratuit dévoile des données confidentielles des Français
    https://www.ici.fr/ile-de-france/essonne-91/adresse-iban-rendez-vous-medicaux-un-moteur-de-recherche-gratuit-devoile-des-don

    Un moteur de recherche mis à disposition gratuitement au moins jusqu’au 15 juin révèle des millions de données confidentielles, révèle jeudi la cellule du Vrai ou Faux de franceinfo. L’identité, la date et le lieu de naissance, l’IBAN ou encore le numéro de Sécurité sociale sont disponibles.

    Le site internet Searcher, actuellement gratuit jusqu’au 15 juin, permet de mettre la main sur des millions de données confidentielles des Français, selon une information de la cellule du Vrai ou Faux de franceinfo ce jeudi. Sous la forme d’un moteur de recherche, ce site peut révéler le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, l’adresse postale d’une personne, le numéro de passeport et de Sécurité sociale, l’IBAN, la plaque d’immatriculation, mais aussi le centre de soins, les rendez-vous médicaux, ou encore le nombre d’enfants.

    Des données personnelles concernant des fonctionnaires censées être protégées, ainsi que des informations relatives aux familles de personnalités publiques, ont été détectées par franceinfo. Ce sont des enseignants d’un collège de l’Essonne qui ont alerté franceinfo, inquiets après que leurs élèves ont découvert l’ensemble de leurs informations personnelles sur ce site.

    Astral Searcher — Recherche OSINT : nom, email, téléphone (gratuit)
    https://astralsearcher.fr

    Trouve n’importe qui
    en quelques secondes.

    Tape un nom, un email ou un numéro. On fouille plus de 2 milliards de fiches en temps réel. Résultats instantanés, sans profilage publicitaire.

  • Qwant remplace Google au Parlement européen : le vrai début de la souveraineté numérique ?

    Le 4 juin, le Parlement européen remplacera Google par Qwant comme moteur de recherche par défaut sur ses ordinateurs. Une bascule qui intervient au moment où les institutions européennes multiplient les initiatives pour réduire leur dépendance aux logiciels américains… et où les grands groupes américains s’inquiètent de la politique européenne.

    Titre un peu piège à clics mais ça reste un signal fort.

    https://www.numerama.com/tech/2266357-qwant-remplace-google-au-parlement-europeen-le-vrai-debut-de-la-so

    #qwant #google #Autonomie_numérique #Internet_et_société #Google #donald_trump #USA #Europe

  • Cartographie des cyber-réacs
    https://laviedesidees.fr/Arnaud-Miranda-Les-Lumieres-sombres

    La pensée néoréactionnaire qui se développe aujourd’hui sur le net est-elle la matrice idéologique du trumpisme ? Peut-être, mais il est difficile d’évaluer la réception de ses idées au-delà de cercles très restreints.

    #International #Lumières #internet #extrême_droite #Donald_Trump

  • Sur le front, les #militaires états-uniens ciblés grâce aux données de #tracking_commercial
    https://next.ink/239696/sur-le-front-les-militaires-etats-uniens-cibles-grace-aux-donnees-de-tracking-

    Le département de la #Défense états-unien l’a confirmé : des militaires de son #armée ont bien été ciblés en utilisant des données de #géolocalisation obtenues via des #courtiers de #données.

    Tu as la confirmation que quand on te dit que les iraniens ou les russes n’ont pas accès à l’Internet et que c’est terrible pour leur liberté d’expression et d’information, c’est une façon de te faire oublier que c’est aussi une façon pour ces pays de nous empêcher de mener tranquillement des frappes de décapitation qu’on a le droit. Parce ce que nos accès à Internet sont une façon de nous suivre partout, tout le temps.

    Une sorte de confirmation du type l’arroseur arrosé.

    Tu noteras d’ailleurs que si les palestiniens de Gaza ont perdu depuis très longtemps l’accès à l’eau ou à l’électricité, ils n’ont que rarement perdu l’accès à la 4G. Parce que tu l’auras compris, cet accès permet de les bombarder avec précision et moralité.

    #frappes_de_décapitation #décapitation_stratégique