#doomscrolling

  • Addiction au scrolling : pourquoi ne sommes-nous plus capables de nous concentrer sur quelque chose sans regarder nos smartphones ?
    https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/calvados/caen/addiction-au-scrolling-pourquoi-ne-sommes-nous-plus-capab
    https://france3-regions.franceinfo.fr/image/aT3CgMf9G2j-88f04dtraxq_q48/930x620/regions/2025/11/10/illustration-reseaux-sociaux-smartphones-69120bb96e860056

    Écrit par
    Boris Letondeur
    Publié le
    10/11/2025 à 18h30

    Pendant plus d’une semaine, France Télévisions diffuse une Slow TV autour du Mont-Saint-Michel et des grandes marées. Une démarche de contemplation à contre-courant du scrolling et des modes de consommations actuels de contenus sur les réseaux sociaux, qui nous font bien souvent perdre concentration et attention.

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    Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi vous ressentiez l’envie irrépressible de prendre votre téléphone alors même que vous êtes en train de regarder un bon film ou une série, parfois même un livre ?

    Un moment un peu mou dans la narration, « Oh, je peux bien faire un peu de scrolling sur Instagram, TikTok, Facebook ou Snapchat... » Trop tard, vous avez perdu le fil de l’histoire, manqué un passage clé et vous en voulez d’avoir saisi ce satané smartphone, qui monopolise votre attention, ou qui perturbe votre concentration.

    Scroller sur smartphone, une addiction au sens premier du terme

    "C’est le principe même de l’addiction. Ça fonctionne pareil avec la drogue, l’alcool, les jeux d’argents, les casinos, explique Virgine Bagneux, maître de conférences en psychologie à l’Université de Caen. Voilà, ne vous culpabilisez pas trop, vous êtes tout simplement addict au smartphone et aux réseaux sociaux.

    Alors que les plus de 35 ans passent moins de deux heures par jour sur les réseaux sociaux, les 18-24 ans y consacrent 3h15 en moyenne selon un rapport de l’Insee paru en 2025. • © ALICIA WINDZIO / DPA
    De plus en plus de travaux en neurosciences montrent que le scrolling sur les réseaux sociaux a un impact sur notre cerveau, et notamment sur le circuit de la récompense.

    Notre cerveau est basé sur un système de récompense nourri par la dopamine, qui nous permet d’associer un comportement et un sentiment de plaisir. La dopamine est tellement stimulée par les réseaux sociaux que notre cerveau n’en produit plus de manière spontanée. Quand on cesse de scroller, notre système naturel n’est plus en capacité de reprendre le contrôle.
    Virgine Bagneux, maitre de conférence en psychologie à l’Université de Caen
    Des vidéos qui reproduisent l’hormone du bonheur

    Toutefois, sachez que vous n’êtes pas seuls, nous sommes des millions et ce n’est pas uniquement de notre faute. « En Chine et aux USA, les entreprises travaillent à développer des algorithmes dans cet objectif-là. Et ce sont les deux plus grandes puissances au monde », note Virginie Bagneux.

    En somme, difficile de lutter pour le quidam dans son canapé, harassé par sa journée de travail, qui a bien besoin de décompresser en regardant des vidéos ludiques programmées exprès pour qu’ils les regardent à l’infini.

    Les vidéos courtes sur les réseaux sociaux peuvent « contribuer à reproduire l’hormone du bonheur, ce qui est une bonne chose quand même, mais il faut savoir à un moment restaurer le contrôle, tempère la spécialiste. Je dois décider quand je m’adonne à cette activité et déceler quand ça devient délétère. Quels sont les effets néfastes de cette utilisation ».

    Sous peine de ne plus réussir à se concentrer, même sur des activités qui nous passionnent ou génèrent normalement de la satisfaction, du bonheur.

    La nécessité d’apprentissage social des réseaux sociaux

    Pour Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur spécialiste des technologies du web et de la culture numérique, il est nécessaire d’apprendre à apprivoiser notre utilisation des réseaux sociaux.

    Il fait remarquer que le même genre de remarques surgit dès lors qu’une invention majeure apparaît. « Ce n’est pas nouveau, on a dit la même chose au moment où la télé est passée avec la zapette. À la naissance du cinéma, les gens expliquaient qu’il n’y aurait plus besoin de manuels scolaires », explique-t-il.

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    Fort de son succès, la Slow TV au cœur des grandes marées du Mont-Saint-Michel prolongée jusqu’au 11 novembre
    Une grande différence tout de même avec les réseaux sociaux, c’est l’hyperpersonnalisation des contenus proposés, « la capacité des producteurs de médias sociaux à nous accrocher individuellement, avec des choses qui ne s’adressent qu’à nous ».

    Dès lors, que faire ? « De la même manière que l’on réduit la dépendance aux substances, la solution, c’est l’alternative. Est-ce qu’il y a dans l’environnement de l’individu des pratiques susceptibles de générer cette hormone du plaisir en passant par autre chose que le smartphone et les réseaux sociaux ? ».

    Il y a une accélération globale de la société, le sentiment qu’il faut tout faire plus vite. Les mouvements slow (slow life, slow food, slow science), peuvent être une solution. Ils ne résoudront pas le problème mais aident à prendre conscience. Il faut accepter d’ignorer quelque chose qui se passe à côté, reprendre la capacité à aller au fond des choses.
    Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur à l’Université de Caen, spécialiste des technologies du web et de la culture numérique
    Pour Hervé Le Crosnier, s’en sortir relève autant de la question individuelle que des choix politiques. « Peut-être qu’il faut bloquer l’appétit de pouvoir des gens qui font les médias sociaux. Il y a une proposition politique intéressante qui est d’interdire le défilement continu, en demandant à l’utilisateur son autorisation toutes les vingt vidéos par exemple ».

    Individuellement, une solution peut aussi être « dans l’approfondissement, dans la contemplation », plaide le spécialiste des questions numériques.

    « Les distractions sont plus nombreuses, on fait plus de choses que les générations plus anciennes. Se pose la question de la société dans laquelle on veut vivre. A-t-on besoin de ralentir ? », s’interroge Virgine Bagneux, qui rappelle que d’après des études, « plus la consommation de réseaux sociaux est importante, plus l’humeur est mauvaise ». 

    La slow TV, un dispositif spécial

    Plongez dans cette expérience unique sur la plateforme de France Télévisions. La Slow TV consacrée aux grandes marées au Mont Saint-Michel est à vivre en direct depuis le lundi 3 novembre.

    Chaque jour sur France 3 Normandie à partir de 10 heures, retrouvez notre émission spéciale « Grandes Marées » pour vibrer au rythme de ce lieu mythique.

    Revivez les plus beaux instants et moments forts de chaque journée sur nos réseaux sociaux : Instagram, Facebook, Threads et TikTok ainsi que sur notre chaîne Youtube.

    #Slow_tv #Médias_sociaux #Doomscrolling

  • Les réseaux sociaux sont-ils morts ? | Slate.fr
    https://www.slate.fr/tech-internet/reseaux-sociaux-morts-bots-intelligence-artificielle-deepfakes-doomscrolling-p

    Divertissement et isolement

    Cela est notamment lié au fait que les réseaux sociaux sont aussi paradoxalement devenus progressivement des plateformes sur lesquelles les interactions sociales se raréfient, au profit d’un doomscrolling à cheval entre la distraction et l’angoisse, qui n’engage plus de communication directe.

    Depuis 2014, la proportion de personnes déclarant utiliser les plateformes sociales pour rester en contact avec leurs amis, s’exprimer ou rencontrer de nouvelles personnes a diminué de plus d’un quart. Dans le même temps, l’usage des applications ouvertes machinalement pour tuer le temps n’a fait qu’augmenter, comme le relève le Financial Times.

    #Médias_sociaux #Doomscrolling

  • Le « doomscrolling » : cette mauvaise habitude que l’on fait dès le matin
    https://www.femina.fr/article/le-doomscrolling-cette-mauvaise-habitude-que-l-on-fait-des-le-matin

    Une des choses les plus partagées par les personnes possédant un smartphone est de l’allumer dès que le réveil a sonné.

    Pour beaucoup c’est le premier geste de la journée. On découvre les messages reçus durant la nuit. S’ensuit la consultation de vos réseaux sociaux préférés, de vos mails et pourquoi pas d’un site d’informations. Et parfois, ce sont de mauvaises nouvelles qui nous tombent sous le nez, avant même d’avoir posé le pied à terre. Seulement, au lieu de reposer le téléphone, vous cherchez d’autres informations concernant ces mauvaises nouvelles, de manière presque compulsive. Il s’agit du doomsrolling. Ce mot vient de la contraction de doom qui signifie tragédie en anglais et de scrolling qui est l’action de scroller sur son téléphone. Mais cette tendance à consulter des contenus anxiogènes a un impact direct sur la santé mentale et peut devenir très toxique : « doomscroller peut devenir un cercle vicieux pour votre bien-être » explique Fatmata Kamara, infirmière-conseil spécialisée en santé mentale au magazine Cosmopolitan UK. Notre monde connecté, qui passe pour beaucoup par le smartphone, fait que l’on est constamment exposé aux informations et donc à l’actualité anxiogène. La professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine Anne Cordier a analysé le phénomène dans le journal du Monde : « La notion traduit la façon dont ces nouvelles négatives font désormais irruption dans les moments les plus intimes et, si j’ose dire, les plus doux de nos vies, ceux où l’on se sent d’ordinaire à l’abri, comme l’heure du coucher ». Ceci mène ensuite à une augmentation du stress et de l’anxiété.

    #Anne_Cordier #Doomscrolling

  • Le « doomscrolling », ou l’ascenseur émotionnel sans fin des réseaux sociaux
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/04/20/le-doomscrolling-ou-l-ascenseur-emotionnel-sans-fin-des-reseaux-sociaux_6122

    Histoire d’une notion. Dans les transports, dans la file d’attente du supermarché, dans l’ascenseur, dans le confort d’un canapé ou l’intimité d’un lit, les contenus défilent d’un mouvement machinal du pouce ou de l’index quasi automatique. Sur Facebook, Instagram, TikTok ou Twitter, ils s’égrènent inexorablement : images de la guerre en Ukraine, chiffres de la pandémie de Covid-19, articles déchiffrant le dernier rapport du GIEC, commentaires alarmés sur l’état du paysage politique. Le plus souvent, aucune émotion ne transparaît sur le visage de l’utilisateur ; mais, en son for intérieur, la curiosité ou l’ennui le cèdent parfois à l’appréhension, voire à l’angoisse la plus pure. Qu’importe : il continue. Cette consultation compulsive a désormais un nom : le doomscrolling, c’est-à-dire le fait – ou le sentiment – de ne pas pouvoir s’empêcher de faire défiler indéfiniment des contenus multimédias anxiogènes.

    Pourquoi cette incapacité à s’autoréguler semble-t-elle si partagée ? « Le modèle économique des entreprises type réseaux sociaux est basé sur le temps passé par les utilisateurs sur les plates-formes, car c’est cette durée d’attention qui sera valorisée auprès des annonceurs publicitaires, détaille Nicolas Nova, anthropologue du numérique. Celles-ci ont donc un fort intérêt à trouver, dans la conception des interfaces, des mécanismes incitant les utilisateurs à rester le plus longtemps possible. Cet intérêt explique le recours au format du scrolling infini, mais aussi le mécanisme de récompense variable (analogue à celui des machines à sous des casinos) mis en place par les algorithmes, ou le fait de survaloriser la répétition de certains types de contenus suscitant particulièrement l’intérêt, comme les informations négatives ou les titres racoleurs. » La sensation de doomscrolling naît ainsi de la rencontre entre la nature curieuse des êtres humains et les nouvelles interfaces produites par les entreprises numériques capitalistes.

    En ce sens, le doomscrolling séduit aussi par sa capacité à traduire le contraste démesuré entre une activité banale, quotidienne, anodine – le geste de scroller sur son téléphone – et la teneur alarmiste, voire apocalyptique, de certains contenus. « La notion traduit la façon dont ces nouvelles négatives font désormais irruption dans les moments les plus intimes et, si j’ose dire, les plus doux de nos vies, ceux où l’on se sent d’ordinaire à l’abri, comme l’heure du coucher », abonde Anne Cordier, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine.

    « Nous sommes tous vulnérables face à ce phénomène : autoréguler sa consommation de contenus, qui est à l’heure actuelle la seule solution pour y remédier, est extrêmement difficile, insiste Mme Cordier. A ce titre, les enfants et adolescents bénéficient souvent d’une éducation à l’information qui les sensibilise à ces dangers ; ils apprennent tôt à réfléchir à leurs pratiques numériques. Ce n’est, en revanche, pas le cas de la génération de leurs parents, qui n’est pas ou peu accompagnée… » Mettre un mot sur ce tourbillon immobile, entre recherche délibérée de l’information, légitime inquiétude et pulsion morbide, représente sans doute un premier pas vers cette prise de conscience.

    #Anne_Cordier #Doomscrolling #Médias_sociaux #Anxiété