• #Ramatoulaye_Touré, fondatrice du #collectif de familles de #disparus en #Guinée : « Une #disparition, c’est de la douleur, la famille reste dans l’incertitude »

    Ramatoulaye Touré, 34 ans, a perdu la trace de sa nièce, partie secrètement de Guinée vers l’Europe via la "route des Canaries", il y a trois ans. Au cours de ses recherches, cette jeune fondatrice d’une ONG dédiée à la santé des #femmes a fait la rencontre il y a six mois d’une autre famille guinéenne touchée par une disparition. Depuis, elle met toute son énergie dans l’animation du premier collectif de familles de disparus en Guinée, pour pousser l’État guinéen à faire de la disparition un sujet prioritaire.

    "Quand ma nièce Kadiatou a disparu, j’ai découvert que beaucoup de familles étaient dans la même situation que nous, mais qu’elles ne se manifestaient pas, ne parlaient pas de la disparition de leurs proches. Ma nièce est sortie il y a trois ans de Guinée. Moi je vis à Dabompa, mais ma grande famille vit à Dixinn, dans la région de Conakry, la capitale de la Guinée. C’est là où vivait ma nièce, avec ma sœur. C’est de là qu’elle est partie, quand ma sœur est décédée.

    Trois semaines après les funérailles de ma sœur, Kadiatou nous a dit qu’elle voulait aller en Côte d’Ivoire. Elle voulait prendre le relais de sa maman, pour s’occuper de ses petits frères et sœurs. Elle avait des amies en Côte d’Ivoire et voulait entreprendre, sur des marchés, avec la vente de mèches et d’accessoires de coiffure. On a essayé de l’en dissuader, de lui dire qu’elle pouvait faire ça en Guinée. Mais elle disait que non, qu’elle voulait aller là-bas plutôt que de faire des va et vient entre les deux pays pour ses achats et reventes. Elle est partie tout de suite après notre conversation. Ça veut dire qu’elle avait déjà son projet de voyage : car on ne peut pas se lever un jour comme ça et partir…

    "Kadi a embarqué"

    Au bout de deux mois en Côte d’Ivoire, elle a coupé le contact avec nous, parce qu’on lui répétait de ne pas faire de bêtises. Elle a appelé mon grand frère, qui vit aux Etats-Unis, pour lui emprunter de l’argent. Il lui a envoyé une partie de son épargne, sans savoir qu’elle voulait en fait aller en Europe.

    Avec cet argent, Kadiatou s’est rendue au Sénégal. Elle a appelé ses amies pour l’aider à renvoyer par colis ses accessoires de coiffure à sa sœur en Guinée, en prétextant que c’était trop serré chez elle. Quand on a vu les colis arriver chez nous, il y avait tout dedans : ses accessoires, ses chaussures… On se doutait que ce n’était pas normal de laisser comme ça. On a donc tout de suite essayé de l’appeler. Moi, elle ne me répondait pas. Elle a fini par répondre à ma cousine, qui lui a demandé : "On a appris que tu étais au Sénégal, ce n’est pas ce que tu nous avais dit… Tu fais quoi au Sénégal ?” Elle a tout de suite coupé le contact avec ma cousine aussi.

    Après trois semaines environ, une amie de ma nièce a appelé ma cousine. Elle lui a dit : “Kadi est sortie. On ne l’a pas vue depuis quinze jours”. Ma cousine a demandé : “Kadi est sortie pour où ?

    –Kadi a embarqué.

    –Embarqué pour où ?

    –Kadi est sortie en mer.”

    Dans le bateau, il y avait 62 personnes. Toutes sont portées disparues.

    Kadiatou a embarqué sur une pirogue pour tenter la route des Canaries via l’Atlantique. Un trajet hautement dangereux : plus de 1 000 km séparent le #Sénégal de l’archipel espagnol. La traversée peut durer plusieurs jours. Et l’embarcation peut couler ou se perdre et dériver en mer.

    De la recherche en solitaire à l’alliance avec d’autres familles

    Kadiatou avait envoyé le numéro du passeur à sa copine. Au début de nos recherches, on a appelé ce passeur. Le monsieur nous a dit : ’J’ai trois frères dans ce bateau, je ne peux pas vous dire s’ils sont décédés. Il se peut qu’on les ait attrapés et qu’ils soient en prison au Maroc’.

    Nous sommes restées dans cette incertitude. Comme on lui téléphonait souvent, l’homme a fini par nous bloquer.

    Mon grand frère qui vit aux Etats-Unis a essayé de faire jouer ses relations au Maroc pour avoir des informations. On a aussi appelé le père de Kadiatou pour le prévenir que sa fille était introuvable. Il est parti directement pour sillonner toutes les prisons qui sont au bord de la mer au Maroc. Jusqu’en Tunisie. Il n’a pas trouvé sa fille.

    Il a fini par déclarer sa fille décédée. On a fait une cérémonie de funérailles. Mais dans nos têtes, on pense que Kadiatou est quelque part, qu’elle peut revenir un jour, que peut-être, comme le monsieur a dit, elle se trouve en prison… On ne sait toujours pas comment prendre la nouvelle de sa disparition : est-ce qu’elle est décédée ? Est-ce qu’elle vit encore ?

    Jusqu’à maintenant, il y a ce #vide dans la famille. Elle a une petite sœur. Elle laisse aussi derrière elle une fille de deux ans, qui pleure tous les jours de ne pas savoir où est sa maman. Une disparition, c’est de la #tristesse, de la #douleur. La famille reste dans l’#incertitude.

    C’est en continuant les recherches qu’il y a six mois, j’ai fait la rencontre d’une autre famille touchée par une disparition. L’idée m’est venue de monter un collectif. On était très proches de cette famille, qui habitait à Dixinn comme nous, alors je leur ai dit : est-ce qu’on ne se mettrait pas ensemble ?

    Dix familles aujourd’hui dans le collectif

    En Guinée, on se connaît tous, à travers les réseaux sociaux aussi. Aujourd’hui, le collectif rassemble dix familles. On se réconforte entre nous. On se dit : tenons-nous la main, peut-être qu’un jour nos disparus vont revenir.

    On est actuellement dans les démarches pour se constituer en association, avec statut, règlement intérieur, agrément. Cela va changer beaucoup de choses, on pourra plus facilement demander des rendez-vous et des partenariats avec les institutions officielles.

    Chez nous en #Guinée, il n’y a pas de processus de suivi pour les disparus. Les autorités ne s’occupent pas de ces procédures. Les journalistes peuvent en parler, les réseaux sociaux aussi : mais il n’y a pas une implication de l’État. L’#OIM s’occupe d’accompagner des gens qui sont allés en Tunisie, par exemple, mais pas de disparitions.

    Depuis quatre ans, le nombre de "#retours_volontaires" opérés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) n’a cessé d’augmenter. Interrogé en mars par une députée, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a annoncé que plus de 21 000 exilés, dont de nombreux Guinéens, avaient été rapatriés dans leur pays depuis 2022.

    Bien sûr il y a des mécanismes pour la protection des migrants, des règles écrites… Mais ce n’est pas toujours bien appliqué. À plusieurs, on peut porter nos voix plus fort vers l’Etat, et faire de la disparition une priorité.

    Il y a beaucoup, beaucoup de familles en Guinée qui ont des disparus. Dans le collectif, plusieurs régions sont représentées : par exemple, on a deux familles de Boffa. Les routes prises par leurs proches ne sont pas les mêmes non plus. Il y a une famille dont le garçon a fini ses études, marié, deux enfants, avec une boutique… Un jour, il a tout vidé, il est parti. Depuis le Maroc, il a pris la mer.

    Ce jour-là, il a appelé sa mère. Il ne lui a pas expliqué qu’il était déjà sur un bateau. Peut-être qu’il aurait voulu le faire : mais comment lui dire… Alors il lui a juste dit : "Je ne me sens pas bien”. Cela fait cinq ans maintenant qu’il a disparu.

    Réunions et appels de soutien, entre femmes

    Une fois par mois, on se réunit avec ces dix familles. Ce n’est jamais un lieu fixe : si aujourd’hui on le fait chez moi, demain ce sera dans une autre famille : c’est important que chacune se sente impliquée. Je prends le temps de les appeler régulièrement, de les convaincre de venir aux réunions…

    Certaines hésitent. Elles se disent : la vie associative, ça va me faire perdre mon temps. Mais si elles voient que tu es derrière elles tout le temps, alors elles vont se sentir importantes. Elles vont se dire : finalement, c’est nécessaire de participer. Celles qui viennent à reculons se rendent compte, au fur et à mesure, que c’est bien pour elle. Il faut constamment les relancer, montrer l’utilité de rejoindre le groupe.

    Cela me prend beaucoup de temps mais j’ai l’habitude : je travaille dans le monde associatif, j’ai une licence en développement communautaire et j’ai étudié la sociologie. J’ai fondé une ONG, “Guinéennes émancipées pour le progrès et la citoyenneté”, dédiée à la santé des femmes. On se consacre à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, et surtout la formation et l’émancipation des femmes.

    D’ailleurs, je fais le lien entre femmes et disparition. Les femmes sont naturellement exposées à beaucoup de violences. En pensant à une femme qui disparaît, on pense : est-ce qu’elle ne sera pas violée ? Est-ce qu’elle ne sera pas violentée physiquement, sexuellement ? Il y a trop de questions.

    Aussi, on le voit dans nos réunions : ce sont les femmes des familles de disparus qui sont présentes. Les hommes, ce n’est pas leur affaire… Ce sont les femmes qui sont impliquées : les mamans, les sœurs, les épouses.

    Il n’y a pas longtemps, c’est mon petit frère de 20 ans qui voulait partir. J’ai vu que ça n’allait pas dans sa tête, il marchait tout le temps. J’ai alerté ma mère, je lui ai dit : ’Appelle ton fils, il faut communiquer avec lui, le comprendre. Pour l’accrocher, le faire revenir à nous’. Il devait sortir de Guinée avec une équipe. Finalement, le groupe l’a devancé, mais lui, il est resté. Tous les gens du groupe sont décédés. Tous sauf mon frère, parce qu’il est resté. C’est Dieu qui nous a aidés."

    https://www.infomigrants.net/fr/post/72104/ramatoulaye-toure-fondatrice-du-collectif-de-familles-de-disparus-en-g
    #migrations #réfugiés #disparitions #missing #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #route_Atlantique

    ping @6donie

  • Les Algonautes – communiqué – juin 2026

    Dans le grand désert de la démocratie sanitaire, Les Algonautes est un point de ralliement, 365 jours sur 365, pour les patient·es atteint·es de douleur chronique, leurs soignant·es, leurs proches, leurs aidant·es/allié·es, les militant·es, universitaires, chercheureuses, défenseureuses des droits de la personne, curieux·ses des questions de prise en charge de la douleur.

    Retrouvez dès aujourd’hui bons plans, calendrier d’actions, chiffres-clés, sélections de livres, revues, podcasts, films, sites web, articles de fond, témoignages.

    Postez directement votre contribution, textuelle, visuelle ou vocale, et elle sera publiée les jours suivants. Transmettez vos éléments d’agenda, racontez votre vie, adressez vos lettres aux soignant·es maltraitant·es, écrivez des poèmes, chansons, synopsis, publiez des illustrations, dites ce que vous appréciez, ce qui vous révolte, poussez vos coups de gueule sur la corruption de votre corps, sur la maltraitance de votre esprit, sur les violences que vous subissez dans la vie quotidienne, au travail, dans les lieux de santé, sur la question des allié·es/aidant·es, sur l’actualité sanitaire, etc. Signez ou restez anonyme, à votre gré.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/23/les-algonautes-communique-juin-2026

    #feminisme #douleur

  • FIBROMIALGIA: AD MAIORA - Vittime di una malattia invisibile
    https://www.youtube.com/watch?v=-Ct3BsY2MNQ

    «AD MAIORA - Vittime di una malattia invisibile» è un documentario del 2021 diretto da Federico Liguori e prodotto da Dedalus39 e CFU-Italia odv. Si tratta del primo lungometraggio che racconta le vite dei malati fibromialgici e il percorso per il riconoscimento della malattia.

    #fibromyalgie #maladie #douleurs #documentaire #film #film_documentaire #santé #invisibilité

  • Endométriose : une maladie longtemps ignorée malgré des symptômes décrits depuis l’Antiquité
    https://theconversation.com/endometriose-une-maladie-longtemps-ignoree-malgre-des-symptomes-dec

    #Douleurs #pelviennes intenses, règles très douloureuses, infertilité… ces symptômes liés à l’#endométriose figuraient déjà dans les textes médicaux dès l’#Antiquité. Pourtant cette #maladie qui touche 10 % des #femmes en âge de #procréer est longtemps restée ignorée. En cause : la longue histoire des représentations médicales et sociales de la douleur #féminine.

  • État de santé des livreurs des plateformes : une étude inédite révèle des chiffres alarmants

    Cette étude SANTÉ-COURSE est la première à documenter à grande échelle l’état de santé et les conditions de vie et de travail des livreurs en France. Elle révèle un état de santé largement dégradé par des conditions d’exercices indignes. Médecins du Monde, la Maison des Livreurs de Bordeaux et la Maison des Coursiers de Paris réclament que les pouvoirs publics prennent des mesures pour contrer les effets de l’ubérisation sur les conditions de travail et la santé des livreurs.


    L’enquête, réalisée auprès de plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux, est le fruit d’un partenariat entre des acteurs associatifs (l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs, le Collectif pour l’insertion et l’émancipation des livreurs, la Maison des livreurs de Bordeaux, la Maison des coursiers de Paris et Médecins du Monde), une équipe de recherche interdisciplinaire (l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques) et des livreurs.

    L’étude dévoile une situation médico-sociale alarmante, étroitement liée à une mise en #précarité_administrative et socio-économique des livreurs et au dévoiement du statut d’#auto-entrepreneur.

    Près de la moitié des livreurs estime que leur état de santé global s’est dégradé depuis le début de leur activité.

    Cette détérioration, résultant de conditions de travail délétères, a de nombreuses conséquences :

    Une #santé_mentale fortement fragilisée : 45 % des livreurs enquêtés sont en situation de # détresse_psychologique (caractérisée par des #troubles_anxio-dépressifs modérés à sévères) ; 
    Une prévalence très élevée des troubles musculo-squelettiques, génito-urinaires et psychosomatiques. 36 % des livreurs sont sujets à des #douleurs intenses et régulières au bas du dos, 32 % rapportent des #troubles_urinaires récurrents et 85 % expriment une #fatigue_chronique.

    L’étude SANTE-COURSE révèle également un recours aux #soins limité par plusieurs facteurs, dont l’absence totale de #couverture_santé pour 32 % des livreurs. Sont également cités comme obstacles le manque de #temps, alors que le #rythme de travail moyen s’élève à 63 heures par semaine, et le manque de moyens, le #revenu moyen étant inférieur à 6 euros bruts par heure.

    https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs
    #uber_eats #livreurs #santé #France #rapport #Médecins_du_monde #conditions_de_vie #conditions_de_travail #travail

  • « Vous n’êtes pas faible » : On sait enfin pourquoi les #femmes sont plus touchées par les #douleurs chroniques
    https://www.huffingtonpost.fr/sante/article/vous-n-etes-pas-faible-on-sait-enfin-pourquoi-les-femmes-sont-plus-to


    Je vois déjà les MAGA qui vont dire que c’est bien la preuve que la femme est destinée à souffrir by divin design.

    Ils ont en effet découvert chez des souris qu’une sous-catégorie de cellules immunitaires quittaient le sang pour se rendre dans les tissus blessés et y libéraient « une molécule faisant taire les neurones sensibles à la douleur », explique Geoffroy Laumet.

    Cette action était plus prononcée chez les souris mâles en raison d’une hormone sexuelle bien connue, la testostérone, qui est apparue comme « favorisant la production par ces globules blancs de la molécule qui calme les neurones », détaille le chercheur. Ce mécanisme biologique a ensuite été observé chez des patients humains ayant subi un traumatisme physique comme un accident de la route.

    Les chercheurs ont en effet mesuré dans leur sang les niveaux de ces globules blancs spécifiques et de la molécule soupçonnée d’alléger la douleur et ont découvert qu’ils étaient bien plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Et si les blessés des deux sexes rapportaient des niveaux de douleur initiale comparables après leur traumatisme, celle-ci diminuait ensuite nettement plus rapidement chez les hommes que chez les femmes.

    #santé

  • Récit : #naissance de Léna

    Caroline fait le récit de la naissance de Léna à l’issue d’un « plan de naissance » établi avec la maternité : les contractions, l’expulsion, son ressenti, l’accueil du bébé avec le père et la relation avec le personnel de l’établissement ; car malgré l’approche de la maternité, qui se veut respectueuse de la naissance, les contraintes réglementaires requièrent des pratiques intrusives... et il faut argumenter !

    Article à lire dans la revue Passerelle Éco n°86 https://www.passerelleco.info/N86 ...

    #accouchement #sensation #douleur #femme #médecine #santé #respect #maternité
    https://www.passerelleco.info/local/cache-vignettes/L800xH800/90752403c835a2b94f85a53c395c15-30b64.png?1757104341

  • #Santé_menstruelle : un tabou qui freine l’avenir des filles

    Des millions de filles et de femmes dans le monde vivent leurs règles dans la #précarité, le #silence ou l’#humiliation. Parce que les #menstruations restent taboues, elles entraînent de fortes #inégalités sociales et de #genre et génèrent des #risques pour la #santé. Pour le Planning familial et Plan international, « faire du #droit_à_la_santé_menstruelle une réalité pour tous·tes, c’est faire un pas décisif vers l’#égalité. Il est temps de le franchir. »

    Des millions de filles et de femmes dans le monde vivent leurs règles dans la précarité, le silence ou l’humiliation. Parce que les menstruations restent taboues, elles entraînent de fortes inégalités sociales et de genre et génèrent des risques pour la santé. À l’occasion de la Journée mondiale consacrée à la santé menstruelle, Plan International France et le Planning familial rappellent que la santé menstruelle est un droit fondamental qu’il faut respecter, partout dans le monde.

    En 2025, avoir ses règles reste un facteur d’#exclusion pour des millions de filles dans le monde. En France, environ 4 millions de femmes menstruées vivent dans la #précarité_menstruelle, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas les #ressources_financières pour s’acheter des #protections_périodiques. Parmi elles, 1,7 millions sont des #mères_célibataires ou des #étudiantes.

    En France, plus d’un tiers des adolescent·es ressentent un sentiment de #honte du simple fait d’avoir leurs règles, selon un sondage Opinion Way de 2022 commandé par Plan International France. 35% avouent qu’elles ou une de leurs proches ont déjà subi des #moqueries et des #humiliations en milieu scolaire. Une fille sur deux a déjà raté l’#école pendant ses règles. Ces données montrent à quel point les #tabous entourant les règles restent vivaces.

    Un enjeu mondial de #dignité, de santé et d’#éducation

    Dans le monde, au moins 500 millions de filles et de femmes n’ont pas accès à des protections périodiques en quantité suffisante. Des millions de filles manquent l’école chaque mois, faute d’infrastructures adaptées ou simplement d’un endroit sécurisé pour pouvoir se changer.

    D’après l’Unicef, en 2022, 15% des filles au Burkina Faso, 20% en Côte d’Ivoire et 23% au Nigeria ont été contraintes de manquer l’école tout au long de l’année en raison de leurs règles.

    Au Népal, la pratique traditionnelle du chhaupadi contraint les femmes à vivre isolées dans des huttes pendant toute la durée de leurs règles.

    En situation de crise – conflits, catastrophes climatiques -, l’accès à la santé menstruelle est encore plus restreint.

    Ce manque entraîne des conséquences directes sur la santé des femmes, comme des #infections, des #douleurs_chroniques, un #mal-être psychologique. La #désinformation liée aux règles, les #mythes, les #préjugés sexistes empêchent les jeunes de comprendre leur propre corps, de poser des questions et prendre de soin de leur santé.

    Un #droit_humain trop ignoré

    La santé menstruelle ne peut plus être un sujet oublié ou relégué au second plan, surtout au moment où les #droits_sexuels_et_reproductifs sont remis en cause. Elle est une composante essentielle de la santé sexuelle et reproductive. Elle doit être pensée comme un droit humain à part entière, condition de la dignité, de l’#autonomie et de la pleine participation des filles et des femmes à la société.

    Accéder à une information fiable, des protections, à de l’#eau, disposer d’un lieu sûr, comprendre son cycle, tout cela fait partie du droit fondamental à la santé. Et pourtant, ce droit reste trop souvent ignoré, nié.

    Un levier en faveur de l’égalité de genre

    Une personne qui peut gérer ses règles dans de bonnes conditions a plus de chances de poursuivre sa #scolarité. Une personne qui vit ses règles sans honte ni obstacle peut participer pleinement à la vie sociale, économique et citoyenne.

    À l’inverse, tant que les règles seront entourées de silence et de stigmatisation, elles resteront un facteur d’exclusion. C’est un enjeu d’égalité de genre et de justice sociale.

    Nous agissons pour faire de la santé menstruelle un droit effectif

    Au Planning familial comme à Plan International France, nous agissons pour faire du droit à la santé menstruelle une réalité. Chacun·e à notre échelle, nous distribuons des protections périodiques, sensibilisons les jeunes à la question des règles, aux préjugés qui les entourent. Nous luttons contre les mythes et la désinformation.

    Mais ces actions doivent s’inscrire dans une dynamique plus large. Nous appelons les pouvoirs publics à garantir à chaque jeune un accès à une éducation complète à la sexualité, qui doit mieux inclure la question des règles. Il faut également assurer à tous·tes les adolescent·e un accès universel, continu à l’information, aux soins, aux protections, y compris en situation d’urgence. Nous exigeons également des produits menstruels sans risques pour la santé ainsi que la formation des professionnel·les de la santé ! Il est essentiel d’éviter l’errance médicale par une meilleure prise en compte de la douleur, une meilleure orientation des personnes et une sensibilisation aux diagnostics possibles.

    En parler, c’est déjà agir

    Chacun et chacune peut agir à son niveau. En parlant ouvertement des menstruations, en s’informant, en sensibilisant les plus jeunes. Ensemble, déconstruisons les stéréotypes, levons les tabous et exigeons des #politiques_publiques ambitieuses en faveur de la santé menstruelle. Faire du droit à la santé menstruelle une réalité pour tous·tes, c’est faire un pas décisif vers l’égalité. Il est temps de le franchir.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/01/sante-menstruelle-un-tabou-qui-freine-lavenir-des-filles/#more-94458
    #femmes #menstruation

  • Représenter l’irreprésentable ?
    https://laviedesidees.fr/Representer-l-irrepresentable

    La parturition est un sujet presque absent de l’histoire picturale. Quelques planches et toiles émergent néanmoins de ce silence et nous livrent le regard d’artistes masculins, partagés entre fascination et effroi devant la souffrance de la mise au monde.

    #médecine #histoire_de_l'art #peinture #douleur
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250228_accouchement-2.pdf

  • L’histoire longue de la #douleur
    https://laviedesidees.fr/L-histoire-longue-de-la-douleur

    Était-on, avant le XIXe siècle, moins attentifs à la douleur qu’aujourd’hui ? Rien ne permet de le penser. Les écrits médicaux du XVIe au XVIIIe siècle montrent qu’on n’y était pas indifférent et qu’on cherchait, le plus possible, à la soulager.

    #Histoire #médecine #souffrance
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250221_douleurclassique_docx.pdf

  • Comment évaluer la #douleur de l’enfant ?
    https://laviedesidees.fr/Comment-evaluer-la-douleur-de-l-enfant

    Les outils d’évaluation de la douleur de l’enfant semblent parfois conduire à la sous-estimer. Quels sont les mécanismes à l’œuvre dans cette sous-estimation ? Que révèlent-ils de notre rapport à l’enfant ?

    #enfance #évaluation #maladie #Sciences
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250218_douleurenfant.pdf

  • En #Suisse, les persécutions contre les #Yéniches étaient un #crime_contre_l’humanité

    Selon un avis de droit très attendu, la Confédération porte la #responsabilité d’un crime contre l’humanité à l’encontre des Tziganes. Malgré tout, les #placements_forcés, les #internements et les #stérilisations ne sont pas constitutifs d’un #génocide

    Les Yéniches attendaient ce moment depuis longtemps. Ce jeudi, pour la première fois, le gouvernement a reconnu un crime contre l’humanité à l’encontre des Tziganes suisses. Par la voix d’Elisabeth Baume-Schneider, manifestement très émue, il a réitéré ses #excuses envers les populations nomades. Selon elle, « c’est avec #douleur que le Conseil fédéral regarde le passé et les destins individuels mais aussi collectifs qui ont été brisés ». Yéniches et #Manouches ont été persécutés dans le pays tout au long du XXe siècle, et surtout entre 1926 et 1973. Durant cette période, à l’initiative du Conseil fédéral, la Fondation Pro Juventute a mené un programme d’#assimilation_forcée, intitulé « Œuvre des enfants de la grand-route ».

    Au total, près de 2000 #enfants ont été arrachés à leurs parents pour être placés dans des foyers ou des familles. Avec la bénédiction de l’ensemble de la société, et avec le soutien des autorités fédérales, cantonales et communales, mais aussi parfois des Eglises et des associations caritatives, de nombreux Yéniches ont été emprisonnés sans avoir commis de crime. D’autres ont été internés dans des hôpitaux psychiatriques. Quelques hommes et beaucoup de femmes ont même été stérilisés contre leur gré. Parmi les victimes figuraient aussi d’autres nomades qui étaient citoyens suisses, et notamment des Manouches. Pour Elisabeth Baume-Schneider, « les mots ne pourront pas réparer ce qu’ils ont vécu ».

    (#paywall)

    https://www.letemps.ch/suisse/les-persecutions-contre-les-yeniches-suisses-etaient-un-crime-contre-l-human
    #persécution #reconnaissance

    • Le Conseil fédéral reconnaît un crime contre l’humanité à l’encontre des Yéniches et des Manouches/Sintés et réitère ses excuses

      Lors de sa séance du 19 février 2025, le Conseil fédéral a pris connaissance d’un #avis_de_droit portant sur la persécution des Yéniches et des Manouches/Sintés réalisé sur mandat du Département fédéral de l’intérieur (DFI). Le gouvernement reconnaît que les actes perpétrés dans le cadre du programme « Œuvre des enfants de la grand-route » doivent être qualifiés de « crimes contre l’humanité » selon les critères du #droit_international_public actuel. Il tient à réitérer les excuses formulées en 2013 à l’égard des personnes et des communautés touchées pour les injustices commises. Le DFI déterminera en collaboration avec ces communautés s’il y a lieu, au-delà des mesures prises jusqu’ici, d’élargir le travail de mémoire déjà effectué.

      Jusqu’en 1981, une série de mesures de #coercition à des fins d’assistance et de placements extrafamiliaux ont frappé plus d’une centaine de milliers d’enfants et d’adultes sur le territoire suisse. Les victimes de ces actes sont des personnes issues de milieux défavorisés ou dont le mode de vie ne correspond pas aux normes sociales de l’époque. Parmi elles, on compte des individus qui pratiquent un mode de vie itinérant, par exemple les Yéniches et les Manouches/Sintés. Le principal artisan de ces enlèvements d’enfants est l’« Œuvre des enfants de la grand-route », un programme de la fondation Pro Juventute. Entre 1926 et 1973, les responsables de cette opération, avec l’aide des autorités, retirent à leurs parents environ 600 enfants yéniches pour les placer de force dans des foyers, des maisons de correction et des familles d’accueil, en violation des principes de l’État de droit. Des Manouches/Sintés font également partie des victimes. En outre, des adultes qui ont fait l’objet d’un placement extrafamilial pendant leur minorité sont mis sous tutelle ou placés dans des institutions, frappés d’une interdiction de mariage et, dans certains cas, stérilisés de force. Outre #Pro_Juventute, des organisations caritatives religieuses et des autorités ont également été actives, de sorte qu’on estime à environ 2000 le nombre de placements.

      Dans le courant des années 1970 et 1980, ces pratiques se heurtent de plus en plus souvent aux critiques de l’opinion publique. Des voix s’élèvent, les milieux politiques exigent qu’un travail de mémoire soit réalisé. En 1988 et 1992, le Parlement, sur la proposition du Conseil fédéral, accorde un total de 11 millions de francs pour la constitution d’un « fonds de #réparation destiné aux ‘#enfants_de_la_grand-route’ ». En 2013, le Conseil fédéral présente ses excuses à toutes les victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extrafamiliaux. Depuis, la Confédération a lancé et mis en œuvre différentes mesures visant à poursuivre le travail de mémoire et à dédommager les personnes lésées (voir encadré).

      Avis de droit

      Au mois de novembre 2021, l’Union des associations et représentants des nomades suisses (UARNS) demande à la Confédération de reconnaître qu’un génocide a été commis à l’encontre des Yéniches et des Manouches/Sintés suisses dans le cadre du programme « Œuvre des enfants de la grand-route ». Au mois de janvier 2024, l’association Radgenossenschaft der Landstrasse exige la reconnaissance d’un « génocide culturel ».

      Au vu de la gravité des accusations, le DFI décide de faire appel à un expert indépendant. Au mois de mars 2024, en concertation avec les auteurs des deux demandes, il charge le professeur Oliver Diggelmann (titulaire de la chaire de droit international public, droit européen, droit public et philosophie politique de l’Université de Zurich) de réaliser un avis de droit. Ce mandat a pour objectif de déterminer si, en vertu du droit international public, la Suisse porte la responsabilité d’un crime de « génocide » ou d’un « crime contre l’humanité » à l’encontre des Yéniches et des Manouches/Sintés.

      Il y a bien crime contre l’humanité, mais pas génocide

      La conclusion de l’avis de droit est que les enlèvements d’enfants ainsi que la volonté de briser les liens familiaux afin d’éliminer le mode de vie nomade et d’assimiler les Yéniches et les Manouches/Sintés doivent être qualifiés de « crimes contre l’humanité » selon les critères en vigueur du droit international public, au sens du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. D’après le droit actuel, l’État a été coresponsable des faits commis. La persécution des Yéniches et des Manouches/Sintés n’aurait pas été possible sans le concours des autorités à tous les niveaux de l’État (Confédération, cantons et communes). La Confédération a notamment entretenu des rapports étroits ‒ tant au niveau des personnes que sur le plan financier ‒ avec la fondation Pro Juventute, qui dirigeait le programme « Œuvre des enfants de la grand-route ». Cependant, bien que des faits constitutifs d’un « crime contre l’humanité » soient constatés, on n’est pas en présence, d’un point de vue juridique, d’un génocide (culturel). En effet, l’état de fait « génocide culturel » (anéantissement de l’existence culturelle) n’existe pas en droit international public. Selon l’avis de droit, il n’y a pas non plus « génocide » au sens le plus strict, puisqu’on n’observe pas l’« intention génocidaire » (intention d’anéantir physiquement ou biologiquement des êtres humains) nécessaire à l’établissement d’un tel crime.

      Le Conseil fédéral réitère ses excuses

      Le Conseil fédéral a pris aujourd’hui connaissance des résultats de l’avis de droit. Il a adressé une lettre à la communauté des Yéniches et des Manouches/Sintés, dans laquelle il réitère les excuses formulées par le gouvernement à l’égard des victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extrafamiliaux, et souligne que les Yéniches et les Manouches/Sintés font notamment partie de ces victimes. Par ailleurs, la cheffe du Département fédéral de l’intérieur, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, a personnellement exprimé aujourd’hui la compassion du Conseil fédéral à l’égard des représentants de la communauté des Yéniches et des Manouches/Sintés. Elle a aussi rappelé la nécessité de ne pas oublier les injustices commises. Dans ce contexte, le DFI, en dialogue avec les personnes concernées, déterminera d’ici fin 2025 s’il y a lieu, au-delà des mesures prises jusqu’ici, d’élargir le travail de mémoire déjà effectué.

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      Mesures déjà prises pour la réalisation d’un travail de mémoire relatif aux mesures de coercition à des fins d’assistance et aux placements extrafamiliaux (liste non exhaustive)
      – En 1983, la Confédération publie un rapport intitulé Les nomades en Suisse ‒ situation, problèmes, recommandations. En 1998, la Confédération commande une étude historique sur les actes commis dans le cadre du programme « Œuvre des enfants de la grand-route ».
      – Depuis 1986, la Confédération verse chaque année des contributions à l’association Radgenossenschaft der Landstrasse et, depuis 1997, également à la fondation Assurer l’avenir des gens du voyage suisses.
      – En 1988 et 1992, l’Assemblée fédérale, sur demande du Conseil fédéral, accorde un total de 11 millions de francs pour la constitution d’un fonds de réparation destiné aux victimes du programme « Œuvre des enfants de la grand-route ».
      – En 2013, le Conseil fédéral présente ses excuses à toutes les personnes ayant subi avant 1981 des mesures de coercition à des fins d’assistance ou des placements extrafamiliaux.
      – En 2014, la loi fédérale sur la réhabilitation des personnes placées par décision administrative entre en vigueur. En outre, un fonds d’aide immédiate est constitué.
      – En 2017, la loi fédérale sur les mesures de coercition à des fins d’assistance et les placements extrafamiliaux antérieurs à 1981 entre en vigueur. Cette loi prévoit notamment des contributions de solidarité à l’attention des personnes concernées (dont les Yéniches et les Manouches/Sintés), le conseil et le soutien des victimes ainsi qu’une étude scientifique.

      https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-104226.html

  • Briser le silence sur la #santé des #femmes : le cas du #SOPK

    #Réarmement_démographique”. Si notre président n’était pas si obsédé par ce champ lexical militaire, le terme pourrait presque faire sourire. Sous prétexte de lutter contre l’#infertilité – on s’interroge sur ses vraies velléités –, il est légitime de penser que ces gouvernements successifs portent surtout une volonté de contrôler la population, et en particulier le corps des femmes. Car les causes de l’infertilité sont multiples et complexes. Parmi elles, le syndrome des #ovaires_polykystiques. C’est la première cause d’infertilité en France. Vous n’en avez peut-être que peu, voire pas entendu parler. On fait le point sur ce que c’est, les conséquences de cette pathologie, pourquoi elle est toujours si invisibilisée, et des pistes pour sortir de ce silence général.

    Un syndrome largement méconnu qui concerne une personne menstruée sur sept

    Décrit pour la première fois en 1935, le #syndrome_des_ovaires_polykystiques – ou #syndrome_de_Stein-Leventhal – est une #pathologie_hormonale chronique et évolutive, dont la cause est inconnue, qui peut provoquer un #déséquilibre_hormonal : les femmes qui en sont atteintes ont un taux d’#androgène beaucoup trop élevé par rapports aux normes biologiques. Ce déséquilibre hormonal entraîne un excès de follicules autour de l’ovaire, lesquels impliquent des #cycles_menstruels longs – voire très longs, parfois plus de 100 jours – et anovulatoires.

    Le SOPK touche entre 8 et 13% des femmes “en âge de procréer” selon l’OMS, sans compter les femmes qui n’ont jamais été ou qui rencontrent des difficultés à être diagnostiquées. Ce dernier arrive souvent très tardivement, en moyenne au bout de 7 ans, et généralement pas avant le 5ème rendez-vous. En outre, jusqu’à 70% des femmes touchées par cette pathologie dans le monde ne sont encore pas diagnostiquées. Et encore faut-il supporter le long parcours du diagnostic et les rendez-vous médicaux marqués par l’expression de violences à destination des patientes, voire des #violences_gynécologiques et sexistes.

    Des symptômes corporellement visibles et très stigmatisants

    Les #symptômes du SOPK, s’ils diffèrent d’une personne à l’autre et peuvent changer au fil du temps, sont lourds et souvent visibles corporellement (à la différence de l’#endométriose, plus considérée comme un handicap invisible)… Les plus fréquents sont, pêle-mêle, cycles menstruels longs et irréguliers, #pilosité excessive, prise de #poids, #chute_de_cheveux, #acné, ou encore douleurs musculaires.

    Cette liste est non exhaustive et ne tient d’ailleurs pas compte des pathologies cardiovasculaires et rénales dont le SOPK et ses conséquences sont un facteur de risque conséquent : risque d’#AVC ou d’#infarctus accru, résistance à l’#insuline provoquant un #diabète de type 2, etc… Autant de conséquences qui peuvent indiquer que ce syndrome n’est absolument pas anodin et que le sujet est très important.

    La prise de poids, l’acné et l’#hirsutisme sont des symptômes peu connus du SOPK (qui est lui-même peu connu). Ils évoquent ce qui était autrefois considéré comme de la monstruosité. Toutes ces formes de #stigmatisation induisent des conséquences dans tous les domaines de la vie (#santé_mentale, travail, relations sociales). La #charge_mentale induite par le SOPK, comme le montre de nombreux témoignages, se manifeste à toute heure de la journée : gestion des #douleurs, prise de traitements plus ou moins invasifs visant à soulager les symptômes, charge financière induite par ce traitement, charge mentale et organisationnelle pour caler ses journées sur les manifestations de la maladie, etc, etc.

    L’un des symptômes du SOPK, des plus visibles et gênants, est l’hirsutisme. Longtemps associé à de la #monstruosité par les structures sociales, il se manifeste par une croissance excessive des poils sur le visage, le dos, la poitrine, et d’autres zones du corps. Selon les rares données disponibles, il touche environ la moitié des femmes vivant avec le SOPK.

    Si les femmes possédant une barbe, et souffrant d’hirsutisme, ne sont aujourd’hui plus exposées dans les foires en France – même si elles l’étaient encore durant la première moitié du XXe siècle (donc jusqu’en 1950) –, en pratique, l’hirsutisme induit une charge mentale immense, directement liée au #stigmate_social dont souffrent les femmes : moqueries, humiliations, violences physiques, etc, etc. Cette charge mentale est souvent doublée d’une charge économique induite par l’achat de rasoirs pour le visage, parfois par une épilation électrique ou au laser (très coûteuses), afin d’essayer de reprendre une apparence jugée par les structures normées et andro-centrées comme “normale” ou “féminine”.

    #Invisibilisation et négation de la parole des femmes

    Invariablement, lorsque l’on parle de #santé_des_femmes, leurs souffrances sont banalisées, minimisées, voire niées par une partie du corps médical, et plus largement par une partie de la société. L’endométriose et – plus encore – le SOPK sont perçues comme des maladies de seconde zone, car des “maladies de femmes”. Les longues #errances dans le #diagnostic de ces deux maladies résident dans les attitudes et croyances d’une partie du corps médical, qui néglige les témoignages des femmes concernant leur mal-être physique et psychique.

    Les résultats d’une étude portant sur l’impact des retards dans le diagnostic et le manque d’informations sur l’expérience des femmes atteintes se vérifient dans de nombreux témoignages livrés par des femmes vivant avec le SOPK et ayant connu une longue errance diagnostique :

    “Quand j’allais voir ma gynécologue, elle me disait juste “prenez la pilule”. Le SOPK a totalement pourri mes années de fac. […] La pilule ne faisait qu’amoindrir les symptômes et entretenir des cycles artificiels”

    “Mes règles étaient très douloureuses. Cela n’inquiétait pas les médecins autour de moi qui me répondaient que c’était parfaitement normal. […] je rencontre ma première gynécologue, celle-ci n’était pas très empathique et pas réellement douce. Elle m’informe à la fin de la consultation que j’ai des ovaires polykystiques. Je précise qu’elle me dit que ce n’est pas grave et que cela n’aura aucun impact dans ma vie. Elle me conseille seulement de revenir le jour où je désirerais avoir des enfants”

    “J’ai été diagnostiquée en 2019 après six ans d’errance médicale. Au début, on m’avait juste dit : ce n’est rien, prenez la pilule”

    Ces #témoignages font écho à d’autres que j’ai pu recueillir dans le cadre d’un mémoire de recherche sur l’endométriose chez les étudiantes. Étant classée comme une pathologie féminine et de nature gynécologique, elle est fréquemment considérée comme “sale”, car liée aux #menstruations. Les #douleurs_menstruelles sont normalisées  ; si les femmes présentent des douleurs, elles doivent l’accepter et souffrir en silence. Si elles expriment leur douleur, on dit généralement d’elles qu’elles exagèrent, qu’elles sont douillettes, voire que cette douleur est dans leur tête. Beaucoup de ces stigmates proviennent d’une partie du corps médical qui, traduisant sa #méconnaissance du sujet, se permet de psychologiser de façon outrancière, ou carrément de nier, les souffrances vécues par les patientes : “vous faites ça pour attirer l’attention de vos proches”, “cette maladie n’existe pas”, “je plains votre copain, ça doit pas être facile tous les jours pour lui”.

    Dans le cas de l’endométriose, qui est considérée comme un #handicap_invisible, les symptômes sont peu perçus. Les règles sont considérées par les #normes_sociales comme un phénomène impur, dont les femmes doivent avoir #honte, et qu’il faut de facto, et à tout prix, dissimuler. Pour le SOPK, dont les symptômes sont très visibles corporellement, on considère que ceux-ci sont dus à une négligence physique, à de la paresse ou à de la sédentarité.

    La méconnaissance du SOPK s’explique aussi par le caractère très genré de la production de savoir scientifique et médical. La plupart des articles scientifiques sont écrits (en considérant les deux places les plus “importantes” dans un article, à savoir premier et dernier auteur) par des hommes. Lorsque ce sont des femmes, elles sont parfois, si ce n’est souvent, suspectées de partialité, voire de militantisme, car elles seraient “trop concernées” par le sujet, ce qui biaiserait ainsi fatalement leur travail. Quand elles ne sont pas tout simplement réduites au silence.

    En pratique, lorsque l’on compare la production scientifique1 avec une autre #pathologie_chronique à prévalence similaire, voire quasi-égale : le diabète, types 1 et 2 confondus, on remarque qu’il existe environ 22 fois plus d’articles traitant du diabète que du SOPK. Et si l’on compare production scientifique sur le diabète et sur l’endométriose, qui ont aussi une prévalence semblable, le ratio est de 1 article pour 11. Devinez dans quel sens.

    Aucun traitement malgré de multiples impacts sur la santé mentale et physique

    La majorité des témoignages recueillis sur les sites, blogs et forums en ligne concernent la grossesse et la question de l’infertilité, laquelle est la conséquence la plus largement traitée (par stimulation ovarienne, FIV ou PMA) du SOPK. Lorsque qu’une femme consulte pour une suspicion de SOPK, le corps médical lui parle quasi invariablement de grossesse, laissant de côté les autres conséquences, pourtant très nombreuses.

    Celles-ci sont totalement invisibilisées. Comme pour l’endométriose, une partie du corps médical s’accorde à dire que les symptômes peuvent être soulagés par des changements dans le #mode_de_vie des femmes qui en sont atteintes. Ce postulat repose sur les recommandations actuelles pour le grand public – augmentation de l’activité physique, alimentation équilibrée, etc –, les données relatives aux modes de vie chez les femmes atteintes du SOPK étant très limitées. Sur le site ameli.fr, les recommandations sont ainsi, mais précisent bien que “les femmes ayant un SOPK et n’étant pas en situation de #surpoids peuvent adapter leur mode de vie mais le fait de maigrir n’améliorera pas leurs symptômes”.

    Le gouvernement semble se satisfaire de cet état de fait. En outre, il renforce la croyance que les femmes sont individuellement responsables de leur bien-être lié au SOPK. Et que, si leur état de santé ne s’améliore pas, c’est qu’elles l’ont, au fond, un peu cherché.

    Autre #double_standard : si les traitements pour l’infertilité et l’assistance à la procréation sont remboursés, les autres soins liés au SOPK (suivi psychologique, pilule, traitements contre l’acné, etc) ne le sont majoritairement pas. Ce qui en dit long sur l’importance accordée au bien-être psychologique et mental des femmes.

    Et lorsque de rares traitements font leur apparition sur le marché, ils provoquent quasi invariablement de lourds #effets_secondaires. Exemple : le traitement le plus courant, et le plus prescrit dans le cadre du SOPK, est la #pilule_contraceptive. L’enjeu, qui est de mettre les #ovaires “au repos”, est en réalité un cache-misère qui, si elle peut offrir la sécurité d’un cycle “normal”, contient d’énormes inconvénients en matière sanitaire : une récente étude suédoise a démontré en 2023 que les femmes adultes sous pilule avaient un risque accru de 92% de #dépression (en plus des conséquences directes du SOPK sur la santé mentale).

    Second exemple : pour apaiser l’#hyperandrogénie (qui peut provoquer acné sévère, hirsutisme ou chute de cheveux), qui touche environ 70% des femmes atteintes du SOPK, outre les recommandations sur l’hygiène de vie, les médecins prescrivent souvent une pilule nommée #Androcur (commercialisée depuis les années 80). Cette pilule, provenant du laboratoire Bayer, a été largement prescrite à de très nombreuses femmes, sans que celles-ci aient au préalable été averties des effets indésirables, comme un risque de méningiome au cerveau. Et alors que les effets indésirables graves étaient connus depuis les années 2010. En 2025, la pilule est toujours sur le marché.

    Malgré l’avancée, croissante mais très tardive, de la recherche sur le SOPK, il n’existe toujours aucun traitement curatif pour guérir de la #maladie. Les seules solutions thérapeutiques visent à soulager les symptômes. Comme le montre cette large étude, le diagnostic du SOPK est extrêmement long et les informations livrées par le corps médical sont souvent inadaptées, lorsqu’elles ne sont pas manquantes. La plupart du temps, on prescrit aux femmes concernées une pilule contraceptive, généralement en continu, afin de bloquer l’arrivée des règles, ce qui est supposé calmer les douleurs.

    La chercheuse britannique en physiologie Sophie Williams, spécialiste du SOPK, rappelle à juste titre que « le syndrome des ovaires polykystiques est un sujet sur lequel il y a très, très peu de recherche, et au sein de ce sujet, la santé mentale est encore moins étudiée ».

    Malgré la carence évidente dans le monde de la recherche, les impacts du SOPK sur la santé mentale commencent à être étudiés dans le détail. Les personnes ayant été diagnostiquées avec un SOPK sont environ trois fois plus susceptibles de souffrir d’#anxiété et de dépression que les personnes non diagnostiquées. Le SOPK peut également être associé à un risque accru de troubles obsessionnels compulsifs, de troubles alimentaires, et de troubles bipolaires.

    Le SOPK peut aussi être à l’origine d’une augmentation des #tentatives_de_suicide chez les femmes diagnostiquées, comme le montre cette étude taïwanaise, publiée en février 2024. Cette étude, fondée sur l’analyse des bases de données nationales entre 1997 et 2012, a comparé les trajectoires de vie de plus de 18.000 femmes diagnostiquées avec un SOPK, avec celles de femmes qui n’étaient pas touchées par le syndrome, mais qui avaient des modes de vie similaires. Les résultats nous apprennent qu’en cas de SOPK diagnostiqué, le risque de tentative de suicide est 5,38 fois élevé chez les adolescentes, et monte à 9,15 fois pour les adultes de moins de 40 ans. Les auteurs de l’étude suggèrent, pour expliquer l’évolution du risque de tentative de suicide, que les conséquences du SOPK peuvent être un facteur aggravant pour la santé mentale des adolescentes et des jeunes adultes.

    En termes de santé physique, le SOPK est aussi à l’origine de nombreuses conséquences au travail : les douleurs épuisent plus rapidement et compromettent la réalisation de tâches physiques. Les femmes qui en souffrent sont plus exposées aux violences verbales, attaquant la sacro-sainte productivité au travail, qui est de facto altérée par les conséquences de la pathologie. Et même ici, au travail, tout le monde n’est pas mis sur un pied d’égalité par rapport au SOPK. Les gestions de la douleur ne sont pas les mêmes selon que le travail est principalement d’ordre physique, utilisant le corps comme outil de travail principal, ou d’ordre plus intellectuel (professions de cadres, entre autres). Le stress et la peur du licenciement sont plus forts pour les femmes travaillant dans des métiers pénibles et peu qualifiés. Par rapport à des cadres (sans minimiser les symptômes dont celles-ci souffrent également, la maladie ne faisant pas le tri entre classes aisées et classes populaires), elles ne peuvent pas se permettre de prendre des pauses – plus ou moins régulières – afin de mieux pouvoir gérer les douleurs (physiques et psychiques) générées par les symptômes de la pathologie.

    Politique nataliste et défense de la corporation médicale plutôt que promotion de la recherche

    Grosso modo, pour Macron et compagnie, la santé et l’accès aux soins ne sont pas – mais vraiment pas – une priorité. La santé des femmes l’est encore moins. Et les pathologies chroniques et incapacitantes touchant entre 1 femme sur 10 et 1 femme sur 7 le sont encore moins.

    La prise en charge médicale globale se détériore sous l’effet des politiques macronistes, ainsi que des rejets de contre-propositions concrètes visant à mieux répartir la densité de médecins sur le territoire français ainsi qu’à en former davantage. À chaque fois qu’un amendement vient un tant soit peu menacer la liberté d’installation des médecins – seule profession exerçant une mission de service public qui bénéficie de ce privilège – en France, la macronie et l’extrême droite se planquent derrière les arguments et revendications des syndicats de médecins les plus corporatistes, au détriment des habitant•es qui subissent la perpétuelle extension des déserts médicaux.

    Comme nous l’avions résumé : “d’une façon générale le système de santé français se délabre, en raison de quinze années successives de plans d’austérité, d’une absence d’organisation de la profession médicale qui favorise les déserts médicaux et de conditions de travail de plus en plus difficiles pour les soignants”.

    Du côté de l’Assemblée Nationale, ce n’est guère plus réjouissant. En mars 2024, la droite (minorité présidentielle + LR) a rejeté l’article 1er de la proposition de loi visant à instaurer un congé menstruel en cas de menstruations incapacitantes. Quelles ont été les propositions émanant du gouvernement et de son aile droite (comprendre, le RN) depuis ? Aucune.

    Malgré les propos de Macron, qui traduisent plus une volonté de contrôle des naissances qu’autre chose, il n’y a aucune véritable politique de lutte contre l’infertilité, à savoir aider les femmes qui veulent avoir des enfants à en avoir. La seule grosse mesure en ce sens a été l’extension de la PMA. Sauf que, pratiquée sur une femme souffrant d’un SOPK, elle a de bonnes chances de ne pas aboutir. Il n’y a tout simplement aucune volonté, au sommet de l’État, de s’intéresser aux causes de l’infertilité pour sérieusement prendre en charge des patientes et les aider à réaliser leur désir de maternité – tout en foutant la paix aux personnes ne voulant pas avoir d’enfant.

    Toujours au niveau institutionnel, un rapport sur les causes d’infertilité est sorti il y a deux ans, en 2022. Bien que celles-ci soient très lacunaires, il était déjà possible à ce moment-là de trouver des informations sur les conséquences du SOPK dans la littérature scientifique et médicale. Alors qu’il est, rappelons-le, la première cause d’infertilité chez les femmes, les occurrences “syndrome des ovaires polykystiques” ou “SOPK” ne sont présentes que 20 fois sur 137 pages, et aucune proposition ni solution concrète n’est avancée pour promouvoir la recherche sur ce syndrome, ni pour des programmes de prévention, d’éducation ou de communication.
    Comment agir à notre échelle ?

    Macron et ses gouvernements éphémères traduisent une vision archaïque, préhistorique, des femmes qui ne sont pas considérées comme des êtres humains qui veulent juste vivre pleinement, et s’abstraire de leur aspect physique ou esthétique. Ce que Macron démontre avec ses déclarations, c’est que les femmes sont vues à travers ses yeux comme un objet de procréation. En cela, il est parfaitement aligné sur le calendrier idéologique de l’extrême droite, dont les propositions politiques sur les thématiques de l’enfance et de la famille se résument à : faites le plus d’enfants possibles, sauf si vous êtes noir ou arabe.

    D’ailleurs, tout au long du second quinquennat Macron, la boucle – travail, patrie, et famille –, aura été bouclée  ; on aura eu droit à l’allongement de l’âge de départ à la retraite, à la loi immigration directement inspirée du programme présidentiel du RN, et au réarmement démographique. Mais si la période est rude et peut entraîner au pessimisme, nous ne devons pas nous laisser aller au fatalisme total.

    Le SOPK est un enjeu absolument majeur de santé publique. Comme nous l’avons rappelé tout au long de cet article, il présente des risques quotidiens sur la santé physique et mentale des femmes concernées.

    Sans qu’il faille totalement cesser de parler de l’infertilité, il s’agit en même temps de déconstruire l’association systématique “SOPK-infertilité”, qui ne tient pas compte des autres symptômes, et les met de fait sur le compte de la responsabilité individuelle, et d’offrir une prise en charge globale. La prise de poids, l’hirsutisme et les conséquences sur la santé mentale sont encore largement sous-estimées à l’heure actuelle. Si des propositions d’accompagnement psychologique pour les femmes qui souffrent du SOPK existent, elles ne sont pas systématiquement proposées et surtout, elles coûtent très cher.

    Qu’il y ait une véritable éducation au cycle menstruel pour les enfants et adolescent•es. Quoiqu’en dise l’ex-ministre Alexandre Portier, qui se sert de sa méconnaissance des études sur le genre pour faire avancer son agenda ultra-conservateur, une meilleure connaissance des règles et de leurs implications est nécessaire pour sensibiliser et déconstruire les tabous qui les entourent.

    Qu’advienne une meilleure reconnaissance du statut de patient•e-expert•e : si le paternalisme médical a reculé, en comparaison aux décennies précédentes, il reste encore présent au sein de la société française. Les femmes atteintes d’endométriose et/ou du SOPK sont souvent contraintes de devenir des “patientes-expertes”. Si ce statut présente des avantages : meilleure connaissance de la pathologie, implication auprès d’autres personnes, développement de réseaux associatifs ou de connaissances, il n’est pas officiellement reconnu. Les patientes-expertes ne sont pas, au niveau institutionnel, reconnu comme des expertes “légitimes” et ne bénéficient ainsi pas du statut du médecin ou du gynécologue, malgré un niveau de connaissance parfois supérieur à ceux-ci. Ainsi, si elles peuvent élaborer et animer des programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP), participer à des conférences ou des colloques, elles ne peuvent se substituer aux décisions thérapeutiques prises par le/la professionnel•le de santé, malgré les risques encourues par celles-ci (prescription de pilules présentant de nombreux effets secondaires, entre autres).

    Que trois mots qui, sans l’action des associations, des femmes concernées et des chercheur•euses qui travaillent sur le sujet, ne sont jamais appliqués au pied de la lettre, le soient : écouter, communiquer, sensibiliser. Après des décennies – et même des siècles –, une une meilleure communication sur une pathologie comme l’endométriose4 a permis de faire connaître cette maladie, de sensibiliser les citoyen•nes, les institutions politiques.

    Que le SOPK soit inscrit dans le programme des études de deuxième cycle de médecine (l’endométriose y a seulement été inscrite en 2020). Et que nous puissions, au sein des universités, encourager et accompagner la mobilisation des étudiant•es, afin de pousser les directions à agir et à instaurer des dispositifs d’écoute, de partage d’expérience et d’entraide au sein des universités et des environnements professionnels. Il serait souhaitable que celles et ceux dont la voix s’élève principalement pour critiquer les rares initiatives parlementaires (je ne vise pas, rassurez-vous, l’ensemble des étudiant•es en médecine) visant à encadrer la liberté d’installation, s’engagent également pour la reconnaissance du SOPK et la création d’espaces dédiés à l’écoute et à la solidarité.

    Que chaque lecteur de cet article, qu’il soit familier ou non avec ce syndrome, devienne une oreille attentive et bienveillante pour celles qui pourraient en souffrir. Les chiffres – sous-estimés, rappelons-le –, suggèrent qu’il est fort probable que chacun ait dans son entourage plusieurs personnes concernées.

    Que nous déconstruisions les stigmates jetés sur les femmes souffrant du SOPK. À l’heure actuelle, une situation de surpoids est tout de suite associée à de la fainéantise, et amène à la grossophobie. Une chute ou perte de cheveux est immédiatement perçue comme la conséquence d’une chimiothérapie. L’acné est très vite liée à de la saleté, voire à une négligence. Et ne parlons pas de la présence d’une barbe chez une femme est considérée au mieux comme un homme, au pire comme une monstruosité, dont la place naturelle serait dans un cirque.

    Que le message essentiel à transmettre aux parents, ami·es et proches, qui accompagnent, ou s’apprêtent d’accompagner une fille, une nièce, une sœur ou une cousine, dans la découverte de ses premières menstruations, soit le suivant : un cycle menstruel de plusieurs mois ne doit jamais être banalisé. Une prise de poids significative ne se résume pas toujours à un manque d’activité physique ou à un mode de vie sédentaire. Une chute de cheveux n’est pas systématiquement le signe d’un traitement comme la chimiothérapie. L’acné ne constitue pas forcément une étape inévitable de l’adolescence. Tous ces signaux peuvent être des symptômes du SOPK, et ne doivent jamais être banalisés.

    Que de tout cet article, il faille retenir ceci : le SOPK doit devenir un sujet politique de premier plan, et un vécu partagé et entendu par toutes et tous, dans chacun des cercles de sociabilité (famille, amis, collègues).

    https://www.frustrationmagazine.fr/sopk

    #genre #psychologisation

  • À Gaza, 96 % des enfants ressentent une mort imminente, et près de la moitié souhaitent mourir
    https://french.presstv.ir/Detail/2024/12/12/738945/%C3%80-Gaza-la-moiti%C3%A9-des-enfants-veulent-mourir

    L’enquête, dont les résultats ont été publiés mercredi, a été réalisée par une ONG basée à Gaza et sponsorisée par l’organisation caritative War Child Alliance, basée à Londres.

    L’enquête a révélé que jusqu’à 96 % des enfants du territoire estimaient que leur mort était imminente et que 49 % souhaitaient réellement mourir.

    L’évaluation a également révélé que 92 % des mineurs « n’acceptaient pas la réalité », 79 % souffraient de cauchemars et 73 % présentaient des symptômes d’agressivité.

    Réalisée en juin, l’enquête a interrogé les parents ou les tuteurs de 504 enfants issus de familles où au moins un enfant était handicapé, blessé ou non accompagné.

  • E M E L - Holm (A Dream)
    https://www.youtube.com/watch?v=d2SNX3bfYKw

    If I could close my eyes,
    And the dreams take me by the hand,
    I would rise and fly in a new sky,
    and I will forget my sorrows.
    If I could travel in my imagination,
    I would build palaces and nights,
    where love and my hope can grow, and we will erase the pain

    A world, in which you see people, whose features
    are clouded by oppression, misery, and suffering,
    from a bitter reality that destroys everything we build.
    A world where you see rising walls of tyranny,
    That crushes in us dreams and dreams
    And reign darkness and greed in all hearts.

    #musique #chanson #rêve #espoir #amour #douleur #oppression #misère #souffrance #tyrannie
    #beau

    –-
    déjà signalée en 2022 par @rastapopoulos
    https://seenthis.net/messages/956486

  • Connaître Lyon - Récit - Dans l’infra-monde manutentionnaire avec Ludovic Villard par Raphaëlle Poyet
    https://www.petit-bulletin.fr/lyon/article-78853-dans-l-infra-monde-manutentionnaire-avec-ludovic-villar

    Encore aujourd’hui, la plupart des gens ont des boulots physiques, usants. Et ce sont ceux dont on parle le moins. On publie des romans par tartines sur des couples qui se séparent à Paris... et on ne parle pas du soubassement social, des gens qui maintiennent la société en bossant dans des usines, en nettoyant les bureaux chaque matin, ou en portant des choses. Je voulais montrer à quel point l’usure et l’épuisement sont constitutifs de ce milieu. Dans l’infra-monde manutentionnaire, les gens rentrent chez eux en morceaux. C’est une vie autour de la douleur physique.

    https://www.castorastral.com/livre/cartilages-notes-dinterim

    #littérature #poésie #Ludovic_Villard #Lucio_Bukowski #littérature_prolétarienne #douleur #manutention

  • Quand la #douleur ne passe pas
    https://laviedesidees.fr/Juliette-Ferry-Danini-Pilules-roses

    Au commencement il y a le Spasfon, un succès pharmaceutique français, un médicament banal, prescrit à des millions de #femmes chaque mois pour soulager leurs douleurs menstruelles. À la fin, un médicament dont l’efficacité s’avère insuffisamment prouvée, et souvent prescrit comme placebo.

    #médecine #sexisme #Sciences #Double_Une
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20240919_spasfon.pdf

    • D’après une étude qualitative récente menée dans une thèse de médecine, les médecins français auraient en réalité tendance à prescrire le #Spasfon à titre de #placebo. Selon la philosophe, cela témoigne d’une certaine conscience de son inefficacité. Mais cette pratique n’est pas sans conséquences. L’auteure explore les débats sur l’utilité des placebos et expose les préjudices sanitaires et éthiques de prescrire le Spasfon à ce titre. En réalité, le phloroglucinol est une substance active qui a déjà provoqué des effets indésirables, parfois graves. Cette pratique de prescription engendre une perte de chance en empêchant l’accès à des médicaments plus efficaces. Ainsi, la prise en charge de la douleur, notamment #menstruelle et #gynécologique, est entravée. La prescription du Spasfon comme placebo rompt également avec le principe du consentement éclairé, maintenant les patientes, et parfois les médecins, dans l’#ignorance.

      Une question de #genre

      Au cœur de Pilules Roses réside une analyse de l’influence du sexisme sur la trajectoire d’un médicament prescrit en grande majorité à des femmes : depuis sa conception initiale en tant que traitement testé et destiné d’abord aux « crises » des migraineuses, principalement des femmes, jusqu’à la manière dont les pratiques de prescription maintiennent une situation d’ignorance médicale, au détriment des consommatrices.

  • #Implants_Essure : des #femmes #cobayes en #errance_médicale

    Tout au long de notre enquête sur les implants contraceptifs Essure, nous avons rencontré des femmes à qui on a posé puis retiré l’implant ce dispositif médical défectueux. Rozenn Le Carboulec leur a tendu son micro. Leur #témoignages sont saisissants.

    Isabelle, Sophie et Nathalie, trois Bretonnes, nous racontent leur histoire dans ce podcast : de l’implantation jusqu’à l’explantation. Un récit d’une longue errance médicale, de #souffrances, mais aussi de survie.

    Ce podcast est une coproduction de Splann ! et de la radio nantaise Jet FM.

    https://splann.org/replay/implants-essure-des-femmes-cobayes-en-errance-medicale
    #Essure #implants #contraception
    #podcast #audio #Bayer #innovation_médicale #stérilisation #sécurité_sociale #industrie_pharmaceutique #témoignage #douleur #multinationale #lutte #toxicité #Alerte_contraceptions #ligature_des_trompes #gynécologie #santé #explantation

  • #Vidéo « Ça fait super mal en fait ! » : des députés ont expérimenté un simulateur de règles douloureuses

    Les députés écologistes #Sébastien_Peytavie et #Marie_Charlotte_Garin vont défendre une proposition d’#arrêt_menstruel à l’Assemblée, fin mars.
    Des petits cris de douleur. Les députés écologistes Sébastien Peytavie et Marie-Charlotte Garin ont fait tester à certains de leurs collègues masculines un simulateur de règles douloureuses, alors que leur proposition de loi pour instaurer un arrêt menstruel doit être débattue à partir du 27 mars à l’Assemblée nationale. Le texte, qui doit être étudié dans le cadre de la niche parlementaire écologiste, propose aux personnes atteintes de règles incapacitantes, et pouvant le justifier par un certificat médical, de prendre jusqu’à 13 jours d’arrêt maladie par an, sans carence.

    Dans une vidéo publiée sur X (ex-Twitter) vendredi 22 mars (https://twitter.com/speytavie/status/1771268422820590019), plusieurs députés de tout bord se prêtent à l’exercice... non sans douleur. « Ça fait super mal en fait ! », réagit notamment Benjamin Saint-Huile, député Liot du Nord. « Très douloureux », a aussi commenté l’ancien ministre Clément Beaune, redevenu député Renaissance de Paris. « C’est bien cette expérience, cela nous permet de mieux se mettre à la place… C’est horrible en fait », a réagi le député Les Républicains de l’Oise Maxime Minot.

    En février, le groupe socialiste au Sénat avait échoué à faire adopter un texte similaire. Le ministre de la Santé, Frédéric Valletoux, s’était montré ouvert à la discussion pour « continuer à briser les tabous », mais il s’était opposé à cette généralisation qui « tourne le dos au dialogue social », évoquant notamment le « risque de discrimination à l’embauche ».

    https://www.francetvinfo.fr/societe/droits-des-femmes/video-ca-fait-super-mal-en-fait-des-deputes-ont-experimente-un-simulate
    #règles #menstruations #douleur #hommes #femmes #test #expérimentation #parlement #France