• Les premières boums, en colo à 14 ans, les premiers slow, et évidemment sur Total Eclipse of the Heart, me demander où je dois mettre les mains (sur les épaules, dans le dos, sur les hanches, oh là là, elle a mis ses avant-bras sur mes épaules, qu’est-ce que je dois faire…).

      Ou bien c’était au camping. Je me souviens d’un grand (sans doute facilement 15 ans) qui m’avait expliqué que Michael Jackson c’était le plus fort, parce que lui il avait vu le clip de Beat It aux Enfants du Rock (à l’heure ou les enfants pas-du-rock sont déjà couchés).

    • Warum „Total Eclipse Of The Heart“ falsch verstanden wird
      https://www.rollingstone.de/total-eclipse-of-the-heart-bonnie-tyler-3166073
      https://www.youtube.com/watch?v=lcOxhH8N3Bo

      Une chanson d’amour entre vampires et personne ne l’a compris ;-)

      J’ai même filmé un stage de prévention contre la drogue pour jeunes construit autour de la chanson. Rien à voir. Mais j’y ai fait connaissance avec une copine de Christiane F. , encore un personnage légendaire que les jeunes ne connaissent plus. On s’en fout à l’ère des rappeurs vendeurs de kétamine.

      „Total Eclipse of the Heart“ gehört zu jener Art von großer, bombastischer Power-Ballade, die nur aus der Feder des häufigen Meat-Loaf-Kollaborateurs Jim Steinman fließen konnte. Er nannte die Nummer in einem Interview mit dem Magazin „People“ einen „wagnerischen Ansturm von Klang und Emotion“.

      Das Attribut des Wagnerischen tauchte dabei sicherlich nicht zum ersten Mal im Pop-Kontext auf. Auch Phil Spector verwendete den selben Begriff Jahrzehnte vorher, um seine Wall Of Sound als „kleine Symphonien für Jugendliche“ und einen „wagnerischen Ansatz an den Rock ’n‘ Roll“ zu bezeichnen.

      Ungeachtet des ausgeprägten Antisemitismus Wagners (1850 veröffentlichte er erstmals seinen Aufsatz „Das Judenthum in der Musik“) zog auch Steinman den Vergleich, um den Bombast seines Songs zu untermalen.
      Zuerst hieß der Song „Vampires In Love“

      Als Steinman den Song in seinem Broadway-Musical „Dance Of The Vampires“ einbaute – ein Flop, der 2002 12 Millionen Dollar verlor –, kommentierte er das Lied und sagte: „Mit „Total Eclipse Of The Heart“ habe ich versucht, ein Liebeslied zu schaffen, und ich erinnere mich, dass ich es tatsächlich als Vampir-Liebeslied geschrieben hatte.

      Mehr zum Thema

      Sein ursprünglicher Titel war „Vampires in Love“, weil ich an einem Musical von Nosferatu arbeitete, der anderen großen Vampir-Geschichte. Wenn sich jemand den Text anhört, dann sind sind es tatsächlich Zeilen über Vampire. Es geht um die Dunkelheit, die Macht der Dunkelheit und den Platz der Liebe im Dunkeln.“

      Bonnie Tyler ist im Alter von 75 Jahren gestorben. Wie ihre Familie und ihr Management am Donnerstag (09. Juli) in einer offiziellen Erklärung auf der Website der Musikerin mitteilten, verstarb sie in einem Krankenhaus in Portugal an den Folgen einer schweren Erkrankung.

      „Bonnies Familie und ihr Team geben mit tiefem Bedauern bekannt, dass Bonnie gestern Abend unerwartet in einem Krankenhaus in Portugal an den Folgen der Krankheit, wegen der sie behandelt wurde, verstorben ist“, heißt es in dem Statement.

      Zuvor hatte Tyler nach einer schweren Darmperforation und einer anschließenden Notoperation wochenlang auf einer Intensivstation gelegen und war erst im Juni aus einem künstlichen Koma erwacht (Hintergründe dazu weiter unten). Ihre Familie bat die Öffentlichkeit und die Medien in dieser schweren Stunde um die Wahrung der Privatsphäre.

      puis ...

      Das Phänomen „Total Eclipse of the Heart“ – Ein Song, der Generationen bewegt
      https://www.rti-radio.de/das-phaenomen-total-eclipse-of-the-heart-ein-song-der-generationen-bewegt

      #musique #pop #drogues

  • Narcotraffico, «più del 98% dei proventi non è tracciato», dice il procuratore olandese Lucas
    https://lavialibera.it/it-schede-2608-narcotraffico_proventi_illeciti_non_tracciato_procuratore

    Un "hub fondamentale per il traffico di cocaina in Europa", ma anche la capitale europea delle droghe sintetiche e un terreno di frontiera per le innovazioni investigative. Il procuratore generale dei Paesi Bassi, John Lucas, è intervenuto martedì 10 marzo davanti alla commissione parlamentare antimafia fornendo un quadro della lotta alla criminalità organizzata nel suo Stato che, negli ultimissimi anni è diventato un terreno conteso tra vari gruppi criminali, anche con la violenza. Un punto di osservazione particolare per molti aspetti legati al narcotraffico. I traffici di cocaina attraverso i Paesi Bassi "Non serve essere un economista per vedere la differenza. Prezzo basso, meno sequestri: questo significa che arriva ancora moltissima cocaina in Europa" (…)

    #MAFIE_●_RESISTENZE

  • Roberto Saviano, écrivain : « Le Venezuela n’est pas un Etat de la drogue, mais un Etat qui utilise la drogue comme instrument de survie du pouvoir »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/06/roberto-saviano-ecrivain-le-venezuela-n-est-pas-un-etat-de-la-drogue-mais-un

    Le narcotrafic n’est pas un effet collatéral des régimes autoritaires contemporains. Il est devenu, dans bien des cas, leur infrastructure invisible. Il ne finance pas seulement des activités criminelles : il soutient des appareils sécuritaires, achète des fidélités, remplace des économies effondrées, maintient en vie des Etats qui, autrement, n’auraient plus ni ressources ni légitimité. Lorsque la politique cesse de produire de la légitimité, la drogue produit de la liquidité. Et la liquidité produit du pouvoir.

    https://justpaste.it/kzykj

    #drogues #narcocapitalisme #guerre_des_gangs

  • Narcotrafic : en France, « le débat ne prend pas en compte la place du système financier », estime Roberto Saviano
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-06-fevrier-2025-8172340

    A propos du juge Giovanni Falcone :
    « On pense que le courage est inné, mais le courage est un choix. La question est quand est-ce que l’on choisit d’être courageux ?

    Aujourd’hui le capitalisme contemporain a intégré dans son fonctionnement les règles mafieuses.

    En Europe, la Suède est le pays le plus criminel.

    Si il n’y a pas de Fentanyl en France, c’est parce que la mafia Corse n’en veut pas.  »

    (Je reste intéressée par un programme qui supprimeraient les questions de ce genre de journalistes …)

    • Il y a des mafias en France, il y a la mafia corse, qui a donné des règles qui sont appliquées par les bandes arabes (...) le parquet anti-mafia va permettre, peut-être, de comprendre comment l’argent qui circule dans les banlieues devient une richesse (...) plus on est malheureux, plus la vie devient compliqué et plus l’accès aux stupéfiants, aux drogues, devient quelque chose de nécessaire pour des millions de personnes.

      #drogues #fentanyl #blanchiment #mafia #narcocapitalisme

    • Faut pas s’en tenir à cette interview mais comme il en donne pas souvent … ce doit être difficile de ne pas être morose avec deux personnes en face qui veulent des sensations et lui demandent si il a pas peur de se faire buter comme Falcone.
      Ils recueillent la parole du mort en sursis et se tapent de ce qu’il a réellement à dire.
      La malédiction c’est étymologiquement mal dire. Les édicteurs s’en donnent le pouvoir sur le champ de guerre de la mafia dans leur petit bureau de radio france.

  • Drogue : Emmanuel Macron annonce que l’amende forfaitaire pour les consommateurs « va passer à 500 euros », contre 200 euros aujourd’hui

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/16/emmanuel-macron-s-est-rendu-a-marseille-sur-la-tombe-de-mehdi-kessaci_665815

    « 500 euros, parce qu’il faut taper au portefeuille, parce que ça n’est pas festif de se droguer », a jugé le chef de l’Etat, lors d’une discussion avec des lecteurs de La Provence, à Marseille.

    « J’en ai ras le bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et (…) d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue », a martelé le président de la République. Il a également annoncé la mise en place de « commissaires de la République pour aider les finances publiques et la justice » à recouvrir les amendes, « parce qu’on a des taux de recouvrement qui ne sont pas satisfaisants », a-t-il estimé.

    Moi, j’aurais direct décidé mille milliards d’euros. Parce que ça suffit comme ça les jeunes qui fument de la drogue festive.

  • Acht Monate Hausarrest und Sozialdienst : Weiterer Arzt nach Tod von Matthew Perry verurteilt
    https://www.tagesspiegel.de/gesellschaft/panorama/acht-monate-hausarrest-und-sozialdienst-weiterer-arzt-nach-tod-von-matt

    Il serait intéressant de connaître le raisonnement derrière la décision des juges. Pour DPA il va de soi qu’un médecin soit responsable pour la mort d’un patient qui a abusé ded drogues préscrites. Folie prohibitionniste ?

    17.12.2025 von „Friends“-Star Matthew Perry hatte Narkosemittel im Blut, als er starb. Nun wurde in dem Fall ein weiterer Arzt verurteilt. Eine Gefängnisstrafe bleibt ihm allerdings erspart.

    Ein kalifornischer Arzt ist im Zusammenhang mit dem Tod des früheren „Friends“-Star Matthew Perry zu acht Monaten Hausarrest und 300 Stunden Sozialdienst verurteilt worden. Eine Gefängnisstrafe blieb dem 55-jährigen Mediziner erspart, wie US-Medien unter Berufung auf die Entscheidung eines Gerichts in Los Angeles berichteten. Er hatte sich schuldig bekannt, das Narkosemittel Ketamin für den suchtkranken Schauspieler beschafft zu haben.

    Laut der Anklage soll der Arzt aus San Diego einem Kollegen in Los Angeles unter anderem mit einem gefälschten Rezept eine größere Menge Ketamin für Perry verkauft haben. Der 44 Jahre alte Mediziner aus Los Angeles lieferte es direkt an den Schauspieler - und wurde Anfang Dezember zu zweieinhalb Jahren Gefängnis verurteilt.

    Der nun verurteilte Arzt kam glimpflicher davon, weil er nach Angaben seines Anwalts früh seine Schuld eingeräumt und mit den Behörden kooperiert hatte. Außerdem gab er bereitwillig seine ärztliche Lizenz ab. Der Anwalt sprach deshalb von einem fairen und gerechten Strafmaß.
    Schwere Vorwürfe gegen Ärzte und Dealer

    Polizei und Staatsanwaltschaft hatten nach Perrys Tod schwere Vorwürfe gegen fünf Festgenommene erhoben - sie sollen unter anderem seine Suchtprobleme ausgenutzt haben, um sich zu bereichern. Neben den beiden Ärzten haben auch die anderen mittlerweile ihre Schuld eingeräumt, darunter ein Assistent des Schauspielers und eine Drogenlieferantin. In diesen Fällen wird das Strafmaß 2026 erwartet.

    Die längste Strafe von bis zu 65 Jahren Gefängnis droht der als „Ketamin-Königin“ bekannten Dealerin. Nach Angaben der Staatsanwaltschaft lieferte die Frau unter anderem jene Dosis des Narkosemittels Ketamin, die zum Tod des Schauspielers führte.

    Tod im Whirlpool aufgefunden

    Perry war am 28. Oktober 2023 im Alter von 54 Jahren tot im Whirlpool seines Hauses in Los Angeles gefunden worden. Der Tod des Schauspielers, der mit der 1994 bis 2004 in den USA produzierten TV-Serie „Friends“ über sechs junge Freunde in New York weltweit berühmt gewordene war, löste weltweit Bestürzung und Trauer aus.

    Zuvor hatte Perry hatte wiederholt öffentlich über seinen Kampf gegen Suchterkrankungen gesprochen. Berichten zufolge hatte er sich wegen Depressionen und Angstzuständen einer Ketamin-Therapie unter ärztlicher Aufsicht unterzogen. Zusätzlich soll er sich das Mittel auf dem Schwarzmarkt besorgt haben.

    Nach Angaben der Gerichtsmediziner starb Perry an den Auswirkungen des Ketamin-Konsums. Hinzu kamen unter anderem eine Herzkrankheit und die Auswirkungen eines Mittels zur Behandlung von Opioid-Abhängigkeit. Sein Tod wurde als Unfall eingeordnet. (dpa)

    #USA #people #drogues #iatrocratie #médias

  • Pour son arrivée, le nouveau préfet fait pilonner quinze points de deal marseillais - Marsactu
    https://marsactu.fr/pour-son-arrivee-le-nouveau-prefet-fait-pilonner-quinze-points-de-deal-mars

    Une semaine après son installation, et un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le préfet de région Jacques Witkowski a convié la presse à une opération visant à réprimer le trafic dans sa "partie visible". Un sentiment de déjà-vu, face à une problématique que les autorités policières peinent à contenir.

    Cette séquence n’a pas vraiment de nom, mais elle fait grandement penser aux opérations “place nette”, puis “place nette XXL”, qui l’ont précédée. À moins qu’il ne s’agisse d’un retour du “pilonnage”, instauré au tournant des années 2020, avec l’objectif de saturer les cités d’une présence policière quotidienne pour lutter contre la partie visible du narcotrafic, guetteurs, vendeurs et consommateurs. Ce mardi 9 décembre, il s’agit encore d’une “opération d’ampleur” déployée simultanément dans quinze points de vente marseillais, mais “on ne l’a pas baptisée”, reconnaît le nouveau préfet de région, Jacques Witkowski, face aux dizaines de journalistes ...

  • La cocaïne détrône le cannabis sur le marché de la drogue pour la première fois en France
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/08/la-cocaine-detrone-le-cannabis-sur-le-marche-de-la-drogue-pour-la-premiere-f

    L’étude intitulée « Taille des marchés des drogues illicites en France (2010-2023) », publiée ce lundi 8 décembre par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) donne à ce « D » [dépenses des usagers pour leur consommation de drogues illicites sur une année] une estimation s’élevant à 6,8 milliards d’euros. Un chiffre d’affaires du marché des drogues illicites ayant triplé depuis 2010.
    A cette époque, le cannabis était le best-seller de l’offre des stupéfiants en France. Avec 3,1 milliards d’euros pour la cocaïne contre 2,7 milliards pour le cannabis, c’est la première fois que cette drogue s’impose en France comme le premier marché de produits stupéfiants.

    https://justpaste.it/fpbbw

    #drogues #psychostimulants #drogues_de_synthèse

    • Cocaïne et drogues de synthèse : « Les consommateurs s’éloignent des produits à fumer pour aller vers des modes de consommation discrets », Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca)
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/08/cocaine-et-drogues-de-synthese-les-consommateurs-s-eloignent-des-produits-a-

      ... il n’existe pas de traitement de substitution pour ces drogues, comme on en a pour l’héroïne.

      Cette étude pose une alerte sanitaire. Une alerte liée à la méconnaissance des consommateurs des risques liés aux drogues stimulantes, utilisées comme drogues de la performance en milieu professionnel, en milieu sexuel, en milieu festif. On constate un triplement des admissions aux urgences sur les douze dernières années en lien avec la cocaïne. Il ne s’agit pas de consultations pour la dépendance, mais pour des infarctus du myocarde, par exemple. Sans oublier les troubles de nature psychologique, psychiatrique, que cela entraîne. Il faut donc être très vigilant, marteler le message que la consommation des drogues aggrave tout. Elle crée de l’anxiété, de la dépression, des maladies psychiatriques graves… Quant à la question de la dépendance, elle nous pose une véritable question : comment va-t-on faire dans les années à venir pour prendre en charge correctement ces milliers et milliers de personnes qui vont aller frapper à la porte des Csapa [centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie] et des hôpitaux…

      On est à moins 4 millions de fumeurs de tabac quotidiens en dix ans. On a une consommation de cannabis qui est plus stable en population générale. On a chez les mineurs une diminution spectaculaire du tabac, du cannabis et même une diminution de la consommation d’alcool. Alors oui, on n’est pas bon, et il faut le dire très clairement, sur les drogues stimulantes et sur la cocaïne. Je pense que l’ampleur de l’offre nous a surpris. Et cette offre a rencontré une demande à sa hauteur… Cela montre surtout l’importance du défi à relever chez les adultes jeunes et la nécessité de renforcer notre action face à la cocaïne et aux psychostimulants.

      Il faut avant tout parler d’une même voix, en réussissant à convaincre toute une strate de professionnels qui sont au contact des plus jeunes : de l’enseignant du primaire jusqu’au professeur d’université, en passant par les clubs sportifs, le milieu socio-éducatif… Il ne s’agit pas de grossir le trait, d’aller dans la caricature, mais de dire que tout ça est vraiment mauvais pour eux. Ensuite, des programmes de prévention, qui marchent bien au niveau scolaire, en travaillant sur le renforcement de l’estime de soi, l’esprit critique, savoir dire non, doivent être encore davantage diffusés.
      Il faut aussi communiquer, informer. Et cela fonctionne : les quatre vidéos qu’on a faites sur la cocaïne ont été vues plus de 70 millions de fois, celle sur le cannabis, plus de 30 millions. Mais il y a des milieux de vie que l’on doit investir davantage : l’enseignement supérieur, l’université, l’apprentissage postbac… Il faut aussi montrer à tous les professionnels et aux dirigeants d’entreprise que c’est dans leur intérêt d’agir. Toutes les consommations de drogue montrent une augmentation des arrêts de #travail et une perte de la #productivité. Enfin, il n’y a pas de traitement pharmacologique de la dépendance avec les stimulants. Il faut donc qu’on investisse dans la recherche pour trouver un médicament – une initiative plutôt de nature européenne.

      [Drogues de synthèse et #kétamine] sont très compliqués à appréhender, ne serait-ce que par la variabilité de leurs dénominations, de leur composition, de leurs formes… Mais cette problématique des drogues de synthèse – et, parmi elles, la kétamine – est cruciale, étant donné leur accessibilité financière, et le fait qu’elles touchent des tranches d’âge un peu plus jeunes que la cocaïne. Selon moi, les drogues de synthèse, c’est l’avenir des drogues. C’est un marché de plus en plus large, sachant que, globalement, les consommateurs s’éloignent des produits à fumer pour aller vers des modes de consommation discrets et « propres », avec beaucoup de guillemets. Un petit sniff, une petite pilule, qu’on va aller prendre avant d’aller faire la fête, ou si on est surchargé de travail… Le risque est tel qu’il doit nous obliger dès à présent à démultiplier nos efforts afin de ne pas être dépassés.

    • Ou dérivés chimiques non encore répertoriés qui passent sous les radars et sont vendus moins de 10€ la dose dans la rue. Et les effets sont dévastateurs, on croise à Toulouse des jeunes faméliques et fiévreux, dont des femmes, qui font la manche, la peau sur les os, et qui tremblent car en pleine crise de manque prêts à n’importe quoi pour avoir un peu de fric.
      Il y a parfois des prises en charges et des équipes de AS, (pas très sympas et plutot en état de ras-le-bol) et quand les versements prennent du retard, certains touchent leur aide social de plusieurs mois d’un seul coup … pour se précipiter se prendre une dose.

      #désespoir #drogues

    • « Dès que j’avais une angoisse, ça me calmait » : la tentation de la kétamine chez les jeunes
      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/12/13/des-que-j-avais-une-angoisse-ca-me-calmait-la-tentation-de-la-ketamine-chez-

      La #kétamine, autrefois cantonnée aux marges festives, s’est glissée dans le quotidien de certains vingtenaires. Portée par une esthétique pop et un prix abordable, la substance abîme en silence et se diffuse parmi toutes les classes sociales.

      [...] « Il y a des cas où la première dépendance est liée à la kétamine – même avant l’alcool ou le tabac. On ne voyait pas ça avant ! »

      https://justpaste.it/mb2ra

  • Anwohner im Neuköllner Schillerkiez : „Ich traue mich nachts nicht mehr aus dem Haus“
    https://www.berliner-zeitung.de/panorama/anwohner-im-neukoellner-schillerkiez-ich-traue-mich-nachts-nicht-me

    Berlin comme proie de drogues et de gentrification. Un quartier se transforme en terrain inhabitable.

    2.12.2025 von Marcus Weingärtner - Vom Vorzeigekiez zum Problemfall: Das Viertel rund um die Schillerpromenade ist zu einem Drogen- und Kriminalitäts-Hotspot geworden. Ein Anwohner berichtet von den verheerenden Zuständen.

    Timo S.* ist kein ängstlicher Typ. Der kräftige Mann aus Sachsen, 41, lebt mit seiner Freundin unweit der Neuköllner Schillerpromenade zwischen Tempelhofer Feld und Hermannstraße. Als S. von der Sonnenallee hierherzog, war der Schillerkiez ein ruhiges Viertel, das begann, sich zu gentrifizieren: Kleine Familien, Studenten, Künstler und ein großer Anteil an arabischstämmigen Ausländern teilten sich das Viertel, das nach der Schließung des Flughafens im Jahr 2008 eine Aufwertung erfuhr.

    S. lebt hier seit fünf Jahren und beobachtet seit längerem zunehmende Gewalt und Drogenkonsum an den U-Bahnhöfen Leine- und Boddinstraße, im nahe gelegenen Anita-Berber-Park und vermehrt auch direkt in seiner Straße. In seinem Treppenhaus campieren regelmäßig Junkies, konsumieren Drogen und verhalten sich aggressiv.

    „Sie laufen abends durch die Straßen und treten gegen die Haustüren, um zu sehen, wo sie reinkönnen. Man riecht es sofort, wenn sie im Treppenhaus sind, aber bis die Polizei da ist, sind sie meistens verschwunden“, erzählt S. im Interview mit der Berliner Zeitung. Wir haben ihn in einem Neuköllner Café getroffen, wo er über die Zustände in seinem Viertel redet: „Die Stadt hat uns alleingelassen“, sagt er.

    Herr S., seit wann leben Sie im Neuköllner Schillerkiez?Ich bin 2007 aus Sachsen nach Berlin gekommen und vor fünf Jahren zu meiner Freundin in den Schillerkiez gezogen, sie lebt hier seit rund zwölf Jahren. Hier war es ruhig, man bekam immer einen Parkplatz, was wichtig ist, denn ich brauche beruflich ein Auto. Mir gefiel es hier, ich kannte den Kiez ja schon länger durch meine Beziehung. Unsere Wohnung ist zwar nicht besonders groß, aber mit 500 Euro Warmmiete erschwinglich. Ich dachte, hier könnten wir gut leben.

    Davor habe ich an der Sonnenallee gelebt. Da war es mir zu laut und die Stimmung dort ist sehr, sagen wir, antideutsch. Ich wurde regelmäßig dumm angequatscht, wenn ich an Cafés auf der Sonnenallee oder der Pannierstraße vorbeilief. Der Schillerkiez war das genaue Gegenteil der Sonnenallee.

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    Drogenkonsumenten vor dem U-Bahnhof Leinestraße in Neukölln im Sommer.Emmanuele Contini/Berliner Zeitung

    Was genau meinen Sie?Es war ein ruhiges Viertel, es gab ausreichend Parkplätze, die Stimmung war friedlich. Es war einfach schön, hier zu leben. Und der Kiez war begehrt, denn der Streifen zwischen Hermannstraße und Tempelhofer Feld liegt sehr zentral. Der Schillerkiez war eine Insel, Neuköllner Arbeitermilieu, ruhig und nett. Ich habe mich hier sehr wohlgefühlt.

    Wann haben die Veränderungen begonnen, wann haben Sie aufgehört, sich in Ihrem Kiez wohlzufühlen?

    Das begann schleichend. Genau genommen hat es schon angefangen, bevor ich bei meiner Freundin eingezogen bin. Am Anfang, also so vor zehn, zwölf Jahren, sah es noch gut aus, viele Wohnungen wurden saniert und plötzlich sah man Menschen, die gut und auch teuer gekleidet schienen.

    Was noch nichts Schlechtes ist. Wann kippte das?

    Die Eröffnung des Anita-Berber-Parks hat den Kiez krass verändert. Tagsüber kann man da immer noch recht problemlos durchgehen, der Park verbindet ja die großen Straßen und das ist ganz praktisch. Aber nachts würde ich da keinen Fuß mehr reinsetzen. Im Sommer ist die Grünfläche auch nachts voller Junkies, überall liegt Müll und Alufolie, die vom Crackrauchen übrig geblieben ist. Manchmal hängen da so richtig süßliche Wolken in der Luft, der Geruch hängt auch in den U-Bahnhöfen. Man kann den Crackrauch von weitem riechen. Die Junkies mussten nicht mehr am U-Bahnhof Schönleinstraße oder Hermannstraße rumhängen, sondern konnten ungestört im Park fixen oder rauchen. Sie kaufen ihren Stoff am Bahnhof Hermannstraße und gehen dann in den Park. Oder sie schlafen in den U-Bahnhöfen, egal zu welcher Tageszeit, sie sind immer da. In der Leinestraße noch mehr als in der Boddinstraße, weil man da bei Kontrollen direkt in den Park abhauen kann.

    Der Drogenkonsum an diesen Bahnhöfen und den umliegenden Vierteln ist aber nichts Neues.Nein, aber die Art der Drogen hat sich verändert. Früher gab es Heroin-Junkies, die wollten ihre Ruhe, wenn sie drauf waren. Die Junkies, die jetzt hier rumhängen, die zwischen den Autos und im Park konsumieren, rauchen Crack oder Crystal Meth. Die sind sehr aggressiv, laut und oft bedrohlich. Sie glauben nicht, wie oft ich hier die Straßenseite wechseln muss, auch am helllichten Tag. Diese Leute sind komplett unberechenbar.

    Der Park scheint also das Hauptproblem zu sein.

    Ja, wie ich im RBB gesehen habe, ist aber nicht die Stadt verantwortlich, sondern die Autobahngesellschaft. Es gibt in diesem Park kaum Kontrollen, man sieht da selten Polizei wie im Görlitzer Park oder der Hasenheide. Die Stadt ist da fein raus, sie hat uns im Schillerkiez alleingelassen, und die Autobahngesellschaft kümmert sich nicht um den Anita-Berber-Park.

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    Vermüllt: der Anita-Berber-Park im September dieses Jahres. Der Park gehört zum Schillerkiez.Privat

    Aber müssen Sie denn durch den Park?

    Nein, würde ich auch nach 16 Uhr niemandem raten. Das Problem ist: Die Junkies verlassen den Park am Abend im Winter ja auch nicht. Oder sie konsumieren sie auf der Schillerpromenade zwischen den Autos oder stehen zu mehreren um die Laternen herum – und es werden immer mehr. Im Sommer habe ich auf dem Weg zum Bahnhof Leinestraße sicherlich fünf Junkies gesehen, die zwischen den Autos hockten und Crack rauchten oder sich eine Spritze setzten.

    Fühlen Sie sich eingeschränkt in Ihrem Alltagsleben?

    „Eingeschränkt“ ist eine hübsche Umschreibung. Hier marodieren abends Junkies durch den Kiez und treten gegen jede Haustür, um zu sehen, wo sie sich Einlass verschaffen können. Dann konsumieren sie im Treppenhaus, wo sie ungestört sind. Das höre ich von meinem Balkon aus regelmäßig, das Treten gegen die Türen, das Rumgebrüll. Auch bei uns im Haus saßen schon mehrfach Junkies. Die Tür war zwar abgeschlossen, aber das ist ein Altbau – wenn man nur lange genug dagegentritt, springt die Tür halt irgendwann auf.

    Haben Sie nicht die Polizei gerufen?

    Doch, aber bis die eingetroffen war, waren die Junkies längst verschwunden.

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    Schon kurz nach seiner Eröffnung wurde der Park zum Drogenumschlagplatz, wie dieses Foto von 2018 zeigt.dpa

    Die Bedrohung dringt aus dem öffentlichen Raum in Ihr Privatleben ein.

    So könnte man das sagen. Hier spielen sich regelmäßig die irrsten Szenen ab. Vor ein paar Wochen hat ein offensichtlich Verwirrter versucht, in eine Wohnung in einem Nachbarhaus einzudringen. Die Bewohner haben es geschafft, die Situation zu deeskalieren. Die Polizei konnte nichts tun, weil niemand Anzeige erstatten wollte. Also lieferten sich herbeigerufene Sanitäter und der Mann eine anderthalbstündige Katz-und-Maus-Jagd zwischen den Autos. Vom Balkon aus war das wie im Kino.

    Wut verboten: Oxford-Elite stellt „Rage Bait“ an den Pranger – was kommt als Nächstes?

    Wurden Sie auch schon bedroht?Ja, am Bahnhof Leinestraße sind mir Junkies hinterhergerannt, weil ich eine Sekunde zu lang in ihre Richtung geschaut habe. Das war schon bedrohlich. Man gewöhnt sich hier auch solche Schutzmechanismen an. Am Bahnhof gehe ich zum Beispiel nie im Gedränge die Treppen rauf. Zweimal schon spürte ich, wie jemand seine Hand in meine Jackentasche schob. Ich habe den dann mit dem Ellenbogen weggeboxt, aber mittlerweile halte ich Abstand.

    Was schwierig ist: Vor ein paar Wochen musste ich am U-Bahnhof Leinestraße an einer Gruppe von Junkies vorbei, die sich mit einer anderen Gruppe stritt – das waren insgesamt sicherlich 30 Leute. Aus der einen Gruppe flog plötzlich eine Flasche, die direkt vor meinen Füßen knallte. Die Glassplitter flogen bis an meine Knie. Ich habe aber nur die Wahl zwischen den Bahnhöfen Boddinstraße und Leinestraße, wenn ich nicht das Auto nehmen will.

    Sie wirken aber nicht sehr ängstlich.

    Das stimmt, aber wenn ich mal mit den Öffentlichen zur Arbeit gefahren bin, dann ist mir auf dem Nachhauseweg schon die letzte halbe Stunde mulmig. Es ist immer irgendwas, und ich fühle mich auch bedroht. Im Winter überlege ich schon dreimal, ob ich am späteren Nachmittag noch mal einkaufen gehe oder nicht. Ich gehe auch nicht mehr entspannt aus. Undenkbar, nach einem Kneipenabend ein bisschen angeschickert hier durch den Kiez zu spazieren. Ich bin hier immer auf der Hut. Und wenn ich mit dem Uber nach Hause fahre, weiß ich ja immer noch nicht, was mich im Hausflur erwartet – ob vielleicht ein paar Junkies hier pennen oder ich mit dem Messer bedroht werde.

    Unternimmt die Polizei nichts gegen diese Situation?

    Doch, seit ein paar Wochen stehen vermehrt Einsatzwagen vor einem Café in der Nähe der Leinestraße. Da wurde immer gedealt. Man konnte immer genau erkennen, wer der Dealer ist – meist ein unauffälliger Typ, der die Junkies versorgte. Der wurde alle paar Wochen ausgetauscht. Im Moment steht da natürlich keiner mehr, aber das verlagert das Problem ja nur. Ähnlich wie im Görlitzer Park, wo es auch Polizeikontrollen gibt. Dann verschwinden die Dealer und ihre Kunden eben aus dem Park in eine der Seitenstraßen, bis die Luft wieder rein ist.

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    Die Neuköllner Schillerpromenade zwischen Hermannstraße und Tempelhofer FeldErik-Jan Ouwerkerk/Senatsverwalt

    Woher wissen Sie das so genau?

    Ich habe viele Freunde, die da wohnen. Die haben mir das schon vor Jahren erzählt. Damals waren solche Zustände hier im Schillerkiez in diesem Ausmaß noch undenkbar. Und man entwickelt so eine Art Sensor. Ich bin auf der Straße übersensibel, andere Menschen nehmen das vielleicht so wahr, aber bei mir ist immer Alarm.

    Haben Sie mal überlegt, den Kiez zu verlassen?Ja, natürlich. Aber wir können uns keine Wohnung in einem anderen Bezirk leisten. Die würde mehr als dreimal so viel kosten, und meine Freundin und ich verdienen dafür einfach nicht genug. Wir müssen also bleiben. Ich kann nur hoffen, dass die Situation hier von der Stadt ernster genommen wird und sie die Autobahngesellschaft oder eben die Verantwortlichen zwingt, etwas zu tun. Wer hier lebt, der ist einer ständigen Bedrohung ausgesetzt. Ich fühle mich hier unsicher, und es kann so nicht weitergehen.

    *Timo S. möchte anonym bleiben. Die Redaktion kennt seinen richtigen Namen und seine Adresse.

    #Berlin #Neukölln #Schillerpromenade #Weisesteaße #drogues #gentrification #Uber

  • L’assassinat de Mehdi Kessaci, un crime politique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/l-assassinat-de-mehdi-kessaci-un-crime-politique_6653984_3232.html

    L’alerte d’Amine Kessaci, qui, après la mort de son jeune frère, exhorte l’Etat à « comprendre qu’une lutte à mort est engagée », doit être entendue. Outre celles et ceux qui tombent sous les balles, c’est bien l’Etat de droit, la paix civile et la démocratie qui sont dans le viseur des « narcos ».

    [le] narcotrafic (...) fait vivre 200 000 personnes, dégage un chiffre d’affaires annuel estimé autour de 5,5 milliards d’euros et approvisionne en cocaïne 1,1 million d’usagers (...)

    #drogues #crime_organisé #narcotrafic #narco_terreur

    • « Non, je ne me tairai pas. Je dirai et répéterai que mon frère Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du narcotrafic », Amine Kessaci, Militant écologiste, fondateur de l’Association Conscience
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/19/amine-kessaci-militant-ecologiste-non-je-ne-me-tairai-pas-je-dirai-et-repete

      Hier [le 18 novembre], j’ai enterré mon frère. Mon cœur n’est que blessure. La douleur m’éparpille. Mais elle n’effrite pas ma lucidité. Nous ne sommes dupes de rien. J’entends les belles paroles, les discours soudain volontaires. Je vois les postures de ceux qui prennent des mines affligées et demain continueront leur route comme si de rien n’était, parce que pour eux la vie des autres n’est rien et que seul compte le manège de leurs propres vanités. Je vois sans les lire la foule des commentaires de tout un chacun qui croit savoir mais ne sait rien.
      Parce que sa mort ne doit pas être recouverte par les sables de l’indifférence et de l’oubli. Mille fois j’écrirai son nom et je ferai face à ses assassins. Je serai le gardien de sa mémoire. Non, je ne me tairai pas.

      Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien. Je dirai la violence du #narcotrafic. Son emprise. Je dirai la lâcheté des commanditaires des crimes. Je dirai la dérive folle de ceux qui exécutent des contrats, brisent des vies et souillent leur âme à jamais. Je dirai pour trouer le silence comme eux trouent les corps de nos proches. Je dirai les carences de l’Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées.

      Un jour du mois d’août, la #police m’a demandé de quitter ma ville et de fermer les locaux de l’Association Conscience parce que j’étais ciblé. Sans m’en dire plus. Les semaines ont passé, sans m’en dire plus. Devant mon insistance à savoir, et parce que les menaces ne se tarissaient pas, on m’a accordé une protection policière, mais sans l’étendre aux miens. Pourtant, qui ignorait que ma famille avait déjà payé un tribut de sang ? Comment ne pas savoir que ma famille pouvait être touchée ?

      Il est temps d’agir

      Alors maintenant j’entends les discours. Mais qui rendra ses enfants assassinés à ma mère ? Le premier tombé, Brahim [dont le corps a été retrouvé le 29 décembre 2020], repose à Alger. Le second, Mehdi, avait 20 ans. Il a été touché en plein thorax par ses assassins. Il n’était coupable que d’être mon frère. Qui me rendra nos jeux, ses moqueries, sa tendresse, son soutien ?

      On me parle de crime d’avertissement. Mais un crime n’est jamais un avertissement. Le sang versé l’est pour toujours, et a plongé ma famille dans l’infini de la mort. On nous frappe pour nous briser, pour nous domestiquer, pour nous asservir. Voici ce que font les trafiquants : ils tentent d’annihiler toute résistance, de briser toute volonté, de tuer dans l’œuf tout embryon de révolte pour étendre leur pouvoir sur nos vies.

      Face à un tel ennemi, l’Etat doit prendre la mesure de ce qu’il se passe et comprendre qu’une lutte à mort est engagée. Il est temps d’agir, par exemple de faire revenir les services publics dans les quartiers, de lutter contre l’échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d’œuvre soumise, de doter les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin, de renforcer, de soutenir réellement les familles de victimes du narcotrafic. Nous comptons nos morts, mais que fait l’Etat ?

      Hier, j’ai enterré mon frère, et aujourd’hui je parle. Je parle et je ne me tairai pas parce que ma mère m’a appris à ne pas baisser la tête. Je parle, depuis mon deuil, depuis l’épicentre de ma souffrance, pour demander justice pour les miens, mais aussi pour toutes les autres victimes. Je parle parce que je ne peux que lutter si je ne veux pas mourir. Je parle parce que je sais que le silence est l’abri de nos ennemis. Je parle parce que je veux que mille voix s’épanouissent. Que notre révolte face au narcotrafic soit durable, et collective. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple.

      Amine Kessaci, frère de Brahim et de Mehdi, militant écologiste, fondateur en 2020 de l’Association Conscience.

    • Narcotrafic : aux obsèques de Mehdi Kessaci, à Marseille, « la réalité, c’est qu’on a tous peur », Par Gilles Rof 
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/aux-obseques-de-mehdi-kessaci-a-marseille-la-realite-c-est-qu-on-a-tous-peur

      L’enterrement du jeune frère du militant Amine Kessaci a eu lieu, mardi 18 novembre, sous haute protection. Tout en affichant leur esprit de résistance, ceux qui osent dénoncer le trafic de stupéfiants s’avouent tétanisés par cet assassinat.


      Des habitants de la cité de Frais-Vallon se rendent à la mosquée pour la prière organisée pour Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Hommes du RAID masqués et armés de fusils d’assaut, équipes de déminage, berlines blindées pour accompagner la famille et un dispositif policier bouclant totalement la cité de Frais-Vallon (13e arrondissement) puis le cimetière de Saint-Henri (16e) dans le nord de #Marseille. Les obsèques de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, ont pris, mardi 18 novembre, une allure irréelle. Le déploiement inédit de forces de l’ordre pour un enterrement, la tension venant se mêler à la douleur des proches : tout au long de la journée, les circonstances ont rappelé à quel point l’assassinat, jeudi 13 novembre, de cet homme de 20 ans constitue une première en France.

      Encore étudiant en BTS banque dans un lycée du centre-ville, se préparant à repasser le concours de fonctionnaire de police, Mehdi Kessaci n’avait, selon le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, « rien à voir avec le narcotrafic ». Après quelques jours d’enquête, l’hypothèse d’un crime visant Amine Kessaci à travers son jeune frère reste la piste privilégiée par la justice. « Un crime d’intimidation », selon le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui constituerait un « point de bascule » dans l’ampleur prise par les réseaux de trafic de stupéfiants en France.

      Des amis de la famille, des habitants de la cité où les Kessaci ont des attaches, des élus, des militants écologistes et des associatifs qui œuvrent dans les quartiers populaires de Marseille : devant la mosquée de Frais-Vallon, bloc de béton brut encerclé de barres d’immeubles, chacun se faufile, en début d’après-midi, au milieu des véhicules de police. Les responsables du petit lieu de culte sortent des tapis de prière à l’extérieur, ouvrent une salle annexe pour les non-musulmans. Les mots sont rares, formulés à voix basse. « Qu’on soit venus là est déjà un acte de résistance… Bien sûr qu’on a la trouille. On n’a pas envie d’être la prochaine cible », lâche la présidente d’une association des quartiers nord, connue pour son franc-parler et qui, pour une fois, requiert l’anonymat.


      Sur le lieu où a été assassiné Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      « Les gens sont estomaqués et la réalité, c’est qu’on a tous peur. Se dire qu’en parlant de ce qui se passe d’anormal dans nos quartiers, tu peux y passer, cela freine évidemment », souffle Nassurdine Haidari. A 47 ans, ce militant multicarte est engagé chez Les Ecologistes, dans les luttes décoloniales comme dans le combat contre les ravages du trafic de drogue. « Aujourd’hui, le plus dur à gérer, c’est le sentiment d’impuissance », ajoute-t-il.

      Gilet pare-balles

      Amine Kessaci, qui, ces dernières semaines, vivait sous protection policière à l’extérieur de la ville, n’était pas apparu publiquement depuis l’assassinat de son frère. Ceux qui ont pu lui parler à son retour à Marseille racontent un « homme dévasté », qui « s’interroge sur son combat ». A cette heure-là, personne ne savait encore qu’il prendrait la parole, mercredi, dans une tribune au Monde, dans laquelle il affirme vouloir continuer de « lutter » et incite chacun à s’exprimer parce que « le silence est l’abri de nos ennemis ».

      Blouson en jean masquant à peine son gilet pare-balles, visage marqué par la douleur, soutenu par ses proches et encadré par les policiers qui ne le quittent plus depuis la mort de Mehdi, il monte les quelques marches qui mènent à la mosquée, sans pouvoir prendre le temps de saluer les présents. La violence du narcotrafic vient, alors qu’il a 22 ans à peine, de lui arracher un second frère. Après Brahim, son aîné assassiné en 2020, celui pour la mémoire de qui il se bat depuis.

      L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint, avec laquelle il a fait campagne pour les élections européennes de 2024, est là, l’ancienne secrétaire d’Etat à la ville et au plan Marseille en grand, Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance), aussi. Elle accompagne Laurent Carrié, le conseiller territoires du président de la République, Emmanuel Macron, venu à la demande de ce dernier. Ce haut fonctionnaire connaît bien Amine Kessaci. Il l’a souvent croisé lorsqu’il était préfet à l’égalité des chances à Marseille, d’octobre 2021 à août 2023. Une période où la ville a connu un nombre inédit de #narchomicides – 49 en 2023 –, dont le meurtre de Socayna, jeune étudiante touchée par une balle perdue alors qu’elle était dans sa chambre. « A cette époque, l’émotion était déjà très forte. Mais, là, un cap est passé », estime l’envoyé du chef de l’Etat.

      A l’heure où l’imam lance la prière au défunt à Frais-Vallon, la nouvelle qu’un homme vient d’être abattu de plusieurs balles dans le quartier des Olives, à quelques kilomètres, sidère les présents. C’est le troisième meurtre en plein jour à Marseille, depuis octobre.

      Enquête délocalisée

      Dans cette journée de deuil pour la famille Kessaci et tous ses soutiens, l’Etat a tenu à afficher sa présence. A Marseille, par la protection ostensible des obsèques, sous le commandement direct de la préfète de police déléguée, Corinne Simon. A Paris, en accélérant la nomination, qui doit être officialisée mercredi 19 novembre en conseil des ministres, selon la Lettre A, du nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, ancien gendarme, jusqu’alors préfet du Grand Est. Et en décidant de délocaliser l’enquête sur le meurtre de Mehdi Kessaci.


      Devant le cimetière Saint-Henri, où est enterré Mehdi Kessaci, à Marseille, le 18 novembre 2025. ARTHUR LARIE POUR « LE MONDE »

      Les investigations, ouvertes des chefs de « meurtre en bande organisée avec préméditation » et « associations de malfaiteurs en vue de commettre un crime », sont désormais confiées au parquet de Paris et à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Une manière d’afficher politiquement et judiciairement l’importance donnée à l’affaire, alors que, à Marseille, certains proches d’Amine Kessaci et lui-même, dénoncent le fait que sa famille n’avait pas bénéficié, ces dernières semaines, de mesures de protection malgré les menaces qui pesaient sur lui.

      Depuis l’assassinat du jeune Mehdi, le ministère de l’intérieur aurait décidé la mise sous protection d’une dizaine de personnes, connues pour leurs prises de parole ou leurs actions contre le narcotrafic. Des figures du militantisme marseillais assurent également avoir reçu des autorités le conseil appuyé d’éviter les déclarations publiques « pendant quelque temps ».
      Jeudi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, et celui de la justice, Gérald Darmanin, doivent se rendre à Marseille. Une double visite que la ville espère depuis le meurtre de Mehdi Kessaci, qualifié par le maire, Benoît Payan (divers gauche), de « défi lancé à la France ».

      Marche blanche et action de l’Etat

      Les larmes aux yeux à la sortie du cimetière Saint-Henri, l’écologiste Michèle Rubirola, première adjointe, souligne la responsabilité globale de l’Etat dans la situation vécue par sa ville. « Les options sécuritaires ne suffiront pas à gagner la guerre contre le narcotrafic. Il faut aussi porter des politiques sociales et sanitaires pour répondre à une jeunesse qui a l’impression de ne plus avoir d’avenir et des consommateurs de drogue qu’on laisse en errance », insiste l’ex-maire de Marseille.
      Militant historique de la lutte contre le mal-logement, compagnon de l’aventure de l’Après M, ce fast-food transformé en lieu de solidarité, Fathi Bouaroua souligne, lui aussi, la nécessité d’une action au plus haut niveau. « Nous ne sommes plus face à de simples dealeurs. Ces gens-là osent se confronter directement à l’Etat. Leur message, c’est : “Sachez que vous ne pouvez pas passer de l’autre côté, nous dénoncer et collaborer avec la police contre nous.” Amine a peut-être été un peu trop seul dans son combat. S’opposer à ce genre de menaces nécessite un autre type de moyens », plaide-t-il.

      Sur les réseaux sociaux, il a incité ceux qui veulent montrer leur soutien au militant écologiste à acheter son livre Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde, 224 pages, 20 euros). En attendant la marche blanche, qui doit se dérouler samedi 22 novembre à l’appel de Conscience, l’association créée par Amine Kessaci. « Les gens arriveront-ils aussi à mobiliser ?, interroge, troublé, Mohamed Bensaada, fondateur du syndicat des quartiers populaires de Marseille et militant de La France insoumise. J’ai peur que cette violence qui nous terrifie aujourd’hui devienne juste la norme pour les jeunes générations. Mais, si nous nous taisons, vivre ne vaudra pas la peine. »

      Sur le rond-point Claude-D’Arcy, là même où a été abattu Mehdi Kessaci, des gerbes de fleurs commencent à s’amonceler. L’une d’elles porte un ruban marqué d’un court message : « Notre affaire à tous. »

    • C’est « marrant » ça faisait quelques jours que je passais des heures à lire des trucs sur les mafias actuelles en France (après avoir lu des heures sur les mafias des années 30 aux USA la semaine dernière), et donc forcément sur la DZ Mafia :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/DZ_Mafia

      Notamment parce que c’est eux qui à priori tente de raquetter le rappeur SCH, et ce pourquoi il vit à Paris sous protection, et ce pourquoi il a été ciblé par un assassinat (qui a tué son directeur commercial), l’année dernière.
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/marseille-assassinat-du-proche-du-rappeur-sch-extorsion-dune-discotheque-

      Et donc pour les deux frères d’Amine Kessaci tués :
      https://www.leparisien.fr/faits-divers/derriere-le-meurtre-de-mehdi-kessaci-la-piste-mamine-redoutable-chef-de-l

      #DZ_Mafia #France #Marseille #narcotrafic #mexicanisation #cartels

    • Une "mafia" sans omerta (la poukave est un attribut du trafic de dope là où, suite aux Carbonari la mafia s’est fondée sur le secret), un cartel sans contrôle de la production (il y a des tentatives sur les drogues de synthèse), et, centralisent, un imaginaire de film de gangsters. Une organisation qui privilégie l’embauche de petites mains intérimaires ou auto-entrepreneurs pour préserver un noyau qui est le sous produit de la guerre de territoires, constitutive de ce type de commerce (au moins avant l’ubérisation de la vente) et de l’archipel carcéral.
      L’autodésignation comme mafia (reprise de Mocro Mafia pour exprimer une ambition de grandeur) est par essence contradictoire avec l’idée même de mafia qui est et doit rester une société secrète, celle des héroïques https://fr.wikipedia.org/wiki/%27Ndrangheta, celle qui défend sa chose https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosa_nostra ; des « bons à rien » https://fr.wikipedia.org/wiki/Yakuza ; ou comme les triades, à la fois opposées au régime et inféodées aux patrons de l’économie, les Triades, autre société secrète https://fr.wikipedia.org/wiki/Triades_chinoises). Le marketing publicitaire vient renforcer l’intimidation.

      Certes issues de territoires spécifiques (les Quartiers Nord), ces sociétés commerciales relèvent avant tout de l’atomisation des relations capitalistes, et non d’anciennes formes communautaires de contrôle social (famille, clan, village). L’histoire est passée par là. Et il n’y a ici aucun contre modèle, tout au plus un miroir tendu (cf la hype vouée aux friqués de Dubaï, dont certains trafiquants importants).

      https://seenthis.net/messages/1137633
      https://seenthis.net/messages/1090030

      Sous couvert de lutte anti carcérale, il s’agissait avec les attaques de prison d’avril dernier de répandre la panique, des matons au directeurs de taules. C’était d’abord pour conserver aux huiles de cette société des marges organisationnelles à l’intérieur des prisons. Sans doute aussi en vue d’élargir le recrutement à davantage de main d’œuvre qualifiée (une entreprise se jauge à sa réputation). Tel est du moins mon avis, n’en déplaise à LM ou Contre attaque qui aimeraient légitimement être les contemporains de luttes contre la prison et font mine (?) de ne pas savoir ce que c’est que de risquer sa liberté, voire sa peau pour 2000 balles, sans même connaître, le plus souvent, ses employeurs (on est dans un schéma inverse des mafia, féodalité qui repose sur l’"honneur" dont il faut faire preuve dans une chaine de relations interpersonnelles hiérarchisées).

      https://seenthis.net/messages/1109775

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaques_de_2025_contre_des_prisons_françaises#cite_ref-TF1_1-1

      Par ailleurs, même sans jouer à follow the money, il suffit de regarder dans divers quartiers, y compris dans des petits bleds de province, le nombre de boutiques diverses sans chiffre d’affaires apparent pour se dire que le blanchiment, c’est pas juste du bitcoin et du paradis bancaire.
      Comme la paix sociale dépend des emplois (aussi risqués soient-ils), et surtout des revenus (aussi faibles soit-ils) qui ruissellent depuis les trafics de drogue, ça devrait pas cesser.

      Sauf que des protagonistes ont décidément pris la confiance, jusqu’à dépasser les bornes (la logique des territoire de deal cède le pas), créant un immense trouble à l’ordre public (innombrables exécutions, victimes "collatérales, et maintenant meurtre d’intimidation sur personne sans lien avec leur activité). Les cartes vont être rebattues par le gérant du Casino, c’est annoncé. Évidemment pas au point de revenir sur la prohibition des drogues. Voilà une série promise à de nombreuses saisons.

      edit quant aux pratiques d’extorsions dans le rap amoureux du fric, des extraits de « L’Empire », dans les coulisses criminelles d’une industrie aux chiffres vertigineux
      https://seenthis.net/messages/1143488

    • A Dubaï, les luxueux appartements des « narcos » dans le viseur de la coopération judiciaire
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/a-dubai-les-luxueux-appartements-des-narcos-dans-le-viseur-de-la-cooperation

      En visite aux Emirats arabes unis, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a dévoilé une liste de biens immobiliers que les autorités locales ont saisis à la demande de la France.

      Les visites diplomatiques de Gérald Darmanin aux #Emirats_arabes_unis, en tant que garde des sceaux, sont l’objet d’un rituel immuable : la remise à son homologue d’une « liste » recensant les criminels français en cavale, dont Paris espère l’extradition. Mercredi 19 novembre, sans déroger à cette tradition, Gérald Darmanin a remis une sélection d’une quinzaine de narcotrafiquants présumés, à la portée semblable à celle des affiches « Wanted » du Far West américain. Mais c’est d’un autre listing qu’est venue la nouveauté. Celui-ci détaille une quarantaine de biens immobiliers appartenant aux « narcos » ayant élu domicile à #Dubaï, et dont la saisie a été actée par les autorités locales.

      Postant sur le réseau social X un bref compte rendu de son déplacement, Gérald Darmanin se félicitait de cette première, précisant qu’il avait « transmis une liste de plusieurs dizaines de millions d’euros de patrimoine » aux autorités émiraties, « en particulier des appartements et des villas de luxe achetés en cash ou en cryptomonnaies ». Ce volet immobilier avait déjà été amorcé lors de la précédente visite du ministre, en janvier. Vanessa Perrée, alors directrice de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, était du voyage. Cette magistrate, dont le nom a désormais été proposé par Gérald Darmanin pour diriger le futur Parquet national anticriminalité organisée, avait sensibilisé ses interlocuteurs sur la question des confiscations et des saisies. Restait à fournir les détails opérationnels.

      Comme le permet la loi sur le narcotrafic, promulguée en juin, la saisie des avoirs criminels peut être réalisée avant même la condamnation définitive des prévenus. C’est en exportant le concept de « taper au portefeuille » des trafiquants du haut du spectre qu’a été lancé ce processus, sans pour autant que soit encore clarifié le devenir des biens en question, parfois situés dans les gratte-ciels les plus iconiques de Dubaï.

      « Coopération fructueuse »

      Si des résultats rapides sont attendus au sujet des « narcos » dont les noms ont été livrés à la police locale (il est habituel que quelques arrestations ponctuent le retour du ministre, comme un gage de bonne foi), la réalisation du diptyque « interpellation - extradition » n’est pas toujours fluide. Il a ainsi fallu s’y reprendre à deux fois, après une première remise en liberté, avant de faire revenir en France en juin, sous une lourde escorte policière, Abdelkader Bouguettaia, dit « Bibi », importateur présumé de larges quantités de cocaïne via le port du Havre et résidant à Dubaï depuis 2019. Après avoir quitté subrepticement cette ville, c’est finalement au Maroc, en mars 2024, qu’avait été cueilli Félix Bingui, dit « Le Chat », cadre dirigeant du clan marseillais Yoda, désormais emprisonné à Vendin-Le-Vieil (Pas-de-Calais).

      En dépit de ces circonvolutions, les relations diplomatiques se sont réchauffées depuis quelques années. Au-delà des voyages réguliers des ministres en exercice, l’installation, en avril 2024, d’un magistrat de liaison, a permis de faciliter le dialogue avec les Emirats, et de limiter les incompréhensions. « Depuis 2020, il y avait eu zéro extradition, et cette année, on en a recensé 14 en dix mois, c’est une coopération fructueuse », souligne-t-on à la chancellerie. Les gains en termes d’image sur la scène internationale, notamment pour ne plus apparaître comme une oasis tranquille pour criminels en cavale, participent à ce changement de paradigme côté émirati. Pour preuve, le prince héritier en personne a participé aux rencontres avec la délégation française.

      Mais ce déplacement, qui a coïncidé avec la réunion d’urgence organisée mardi par Emmanuel Macron sur le narcotrafic, s’inscrit aussi dans un moment politique particulièrement sensible au sujet de la lutte contre les trafics de stupéfiants et aux violences qui y sont corrélées. Une semaine après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic, Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, sont attendus jeudi à Marseille. La ville figure, sans surprise, comme l’un des principaux ports d’attache des narcotrafiquants ayant misé sur les luxueux appartements surplombant Dubaï pour y réinvestir l’argent du crime.

    • D’autres voix autorisées

      Trafic de stupéfiants : « L’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer le phénomène », Jean-Baptiste Perrier, Professeur de droit
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/trafic-de-stupefiants-l-approche-exclusivement-penale-si-necessaire-soit-ell

      Les récentes violences liées au trafic de stupéfiants rappellent, une fois encore, que la France se trouve confrontée à un phénomène qui ne relève plus de la seule délinquance de rue, mais d’ une dynamique criminelle profondément enracinée.
      L’assassinat, le 13 novembre, du frère du militant écologiste Amine Kessaci et la fusillade, dans la nuit du 15 au 16 novembre, touchant un garçon de 12 ans à Grenoble – ne sont pas des faits isolés. Ils témoignent au contraire d’une aggravation inquiétante du phénomène : extension géographique des réseaux, rajeunissement des acteurs impliqués, banalisation de l’usage des armes , menaces sur les magistrats et le personnel pénitentiaire , montée en puissance des logiques de représailles et des actes d’intimidation.

      Pourtant, depuis plusieurs années, les chercheurs spécialisés et les acteurs des milieux associatifs alertent sur une transformation structurelle du trafic de stupéfiants (qu’il convient de nommer pour ce qu’il est, en évitant tout terme qui renverrait à une image populaire séduisante [raté : le populaire plus ou moins jeune est repu d’un imaginaire de films de gangsters, apte à le régurgiter, vaguement]). L’offre de stupéfiants se diffuse toujours plus largement, tirée par une économie criminelle souple, agile, qui sait tirer parti du numérique et, plus encore, des vulnérabilités sociales. Ce constat est étayé par de nombreux rapports : en août, l’Office anti-stupéfiants alertait sur un véritable « tsunami blanc » de cocaïne [c’est plutôt une submersion, mais utiliser ce terme serait dangereux à d’autres égards], le nombre de consommateurs ayant presque doublé en quatre ans, et la France est devenue « sans zone blanche » ; c’est-à-dire que le trafic de drogue s’étend désormais sur tout le territoire, des métropoles aux zones rurales.

      Face à cette aggravation du phénomène, la réponse française demeure hélas centrée sur la répression : la loi du 13 juin 2025 ne fait que durcir les outils existants, alors que son intitulé même reconnaît que le pays serait déjà tombé dans le « piège du narcotrafic ».

      Cette orientation répressive n’est pas illégitime , et la lutte contre la criminalité organisée implique d’appréhender et de punir les auteurs, mais elle a montré depuis longtemps ses limites. Alors qu’un rapport du Sénat évoquait, en mai 2024, une « menace existentielle », la réponse est à l’évidence insuffisante : l’approche exclusivement pénale, si nécessaire soit-elle, ne peut pas suffire à enrayer un phénomène qui s’alimente de facteurs économiques, sociaux ou encore éducatifs.

      Des travaux en criminologie ont en effet montré que l es marchés illicites, au premier rang desquels le trafic de stupéfiants, prospèrent lorsque les services publics et les perspectives pour la jeunesse reculent. [ pas question de renoncer pour si peu !] Le chômage massif des jeunes, la déscolarisation, le sentiment d’abandon sont autant d’interstices dont le crime organisé profite, en promettant des #revenus faciles (mais souvent illusoires) ainsi qu’un sentiment d’#appartenance que d’autres institutions ne parviennent plus toujours à offrir. La lutte contre le trafic de stupéfiants et le crime organisé ne peut donc ignorer ces dimensions : elle doit s’inscrire dans une approche pluridisciplinaire et de long terme.

      Une conférence de consensus

      Il ne s’agit pas d’être naïf, en pensant pouvoir éradiquer ce phénomène, ni de renoncer à l’outil répressif, mais de comprendre qu’il est absolument nécessaire d’agir simultanément sur plusieurs leviers : sécuritaire, mais aussi social, économique ou encore sanitaire . Le sujet doit être sorti de l’urgence permanente pour être inscrit dans une stratégie nationale et cohérente.

      Pour cela, l’organisation d’une conférence de consensus apparaît plus nécessaire que jamais. Une telle démarche, éprouvée pour d’autres politiques publiques [les retraites ? la santé publique ? l’école ?], permettrait de dépasser les postures partisanes et de réunir autour d’une même table chercheurs, pouvoirs publics, élus locaux, magistrats, policiers, associations de terrain, travailleurs sociaux, experts en santé publique ou encore [la rustine démocratique des] familles de victimes.

      L’objectif serait d’élaborer un diagnostic commun, d’évaluer rigoureusement les mesures existantes et de proposer un plan stratégique de long terme, tant pour la répression que pour la prévention, pour renforcer les dispositifs éducatifs, pour sécuriser les quartiers, en somme pour faire reculer les réseaux criminels en faisant avancer le lien social.

      La lutte contre le trafic de stupéfiants exige désormais de dépasser les logiques de court terme pour élaborer une politique véritablement intégrée, articulant prévention, sécurité, justice et action sociale. La crise est profonde et le point de basculement est probablement atteint, mais rien n’est irréversible. Un sursaut collectif s’impose pour dépasser l’illusion du tout-sécuritaire et affronter ce défi dans toute sa complexité humaine, sociale et territoriale.

      Jean-Baptiste Perrier est professeur à Aix-Marseille Université et doyen de la faculté de droit et de science politique. Spécialiste des questions de justice pénale, il a dirigé l’Institut de sciences pénales et de criminologie d’Aix-en-Provence et il est également président de l’Association française de droit pénal.

      #territoires #social

    • De nouveau pour dire que la répression ne suffit pas, et cette fois qu’il faudrait en finir avec celle de l’usage de cannabis, sans pour autant remettre en cause une répression des autres drogues prohibées (ainsi efficacement recentrée), répression qui est pourtant la condition native des organisation criminelles, d’illégalismes plus ou moins saumâtres.

      « Il est temps de mettre en œuvre une politique globale envers toutes les drogues, qui associe pleinement santé publique et ordre public », Bernard Basset, Médecin spécialiste en santé publique, Amine Benyamina, Professeur de psychiatrie et d’addictologie
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/20/il-est-temps-de-mettre-en-uvre-une-politique-globale-envers-toutes-les-drogu

      L’assassinat de sang-froid à Marseille du frère d’un militant associatif contre l’emprise du narcotrafic dans la ville a suscité l’horreur et témoigne des risques que fait courir à la société française la diffusion des méthodes brutales des #cartels de la drogue. La réponse répressive est indispensable et urgente, mais elle ne saurait être la seule pour lutter efficacement contre un phénomène qui se nourrit aussi de l’absence d’une politique cohérente de #santé_publique.

      La réunion contre le narcotrafic convoquée dans l’urgence mardi 18 novembre par le président de la République est révélatrice d’une approche uniquement centrée sur la répression, et dont on peut constater depuis un demi-siècle les limites sur le long terme. En effet, les professionnels de santé en ont été exclus.

      Il est légitime et indispensable de lutter vigoureusement contre l’emprise progressive des entreprises mafieuses sur les quartiers et, au-delà, sur son essaimage sur tout le territoire. Mais cette action de la police et de la justice s’accompagne à tort de l’idée que la répression est aussi le seul levier qui doit être employé contre les consommateurs. Cette logique normative et mécaniciste doit être évaluée, au-delà de toute considération morale, à l’expérience de ses échecs depuis des décennies. La diffusion des #drogues_illégales défie les coups de menton prétendument volontaristes et l’idée que seule la répression des consommateurs peut venir à bout du problème.

      En matière de stupéfiants, les objectifs d’une politique de santé sont souvent présentés à tort comme complaisants envers l’usage des drogues. Ce n’est jamais le cas car les professionnels de l’#addictologie ont une claire conscience de l’importance des risques et des dommages pour les personnes et pour leur entourage. Mais prévenir les usages et aider les usagers à sortir de leur dépendance sont des œuvres de longue haleine pour lesquels les a priori doivent céder la place concrètement et intellectuellement à la science et aux expériences évaluées.

      Salles de consommation supervisées

      Notre pays a longtemps été exemplaire en ce domaine avec une politique de #réduction_des_risques et des dommages qui s’est progressivement mise en place dans le contexte dramatique du début de l’épidémie de VIH. Il s’agit d’une réussite spectaculaire sur le plan sanitaire, mais aussi pour l’ordre public car la mise à disposition des #produits_de_substitution a mis fin aux braquages de pharmacies par les personnes en état de manque, qui faisaient la une des journaux dans les années 1980. La recherche d’efficacité, le pragmatisme et le courage politique des responsables d’alors devraient nous inspirer aujourd’hui.

      Depuis vingt ans, on assiste à un recul de la politique de santé – quand ce n’est pas simplement un abandon –, ce qui suscite l’étonnement voire l’incompréhension de nos collègues étrangers. L’exemple le plus frappant est celui des #salles_de_consommation_supervisées (appelées « haltes soins addictions ») dont les évaluations scientifiques et administratives sont clairement positives, mais dont la diffusion sur le territoire se heurte à la démagogie et à la stigmatisation des personnes dépendantes. Pourtant, il est clairement établi qu’elles contribuent aussi à la tranquillité publique et qu’elles offrent, pour une partie des utilisateurs, une issue à la dépendance.

      Les professionnels de l’addictologie et de la santé publique sont regardés avec condescendance quand ils demandent que la politique de lutte contre les drogues repose sur la prise en compte rationnelle des risques et des dommages pour chacun des produits. Il ne s’agit pas uniquement d’une préoccupation de rationalité de santé publique, mais aussi d’un souci de mieux employer les forces de répression contre les trafics les plus dangereux.
      C’est pourquoi la répression de la consommation de #cannabis est non seulement inefficace, mais affaiblit la lutte contre des drogues plus dangereuses et aux mains de réseaux criminels sans pitié. La #légalisation_du_cannabis est une option que d’autres pays ont déjà retenue, qui rapporte aux finances publiques et qui présente bien moins de risques pour la santé que l’#alcool qui est porté aux nues. Cette proposition ancienne ne doit pas être vue comme provocatrice, mais comme une opportunité pour les forces de répression de se consacrer au combat contre le cœur le plus inquiétant du trafic.

      Je suis un peu largué, et si il y a bien un retour de l’héro, je vois pas bien comment l’explosion de la conso de diverses drogues de synthèse (diversification causée par une loi qui n’est pas exclusivement celle du profit : vendre avant que le produit soit considéré comme une drogue prohibée) ou la conso de coke pourraient voir leurs dangers réduits sans dépénalisation (qui ne se fera pas dans des salles de conso).

      #usagers_de_drogues #prohibition_des_drogues

    • Assassinat de Mehdi Kessaci : les enquêteurs demeurent prudents, la piste d’un cadre de la DZ Mafia étudiée
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/22/assassinat-de-mehdi-kessaci-les-enqueteurs-demeurent-prudents-la-piste-d-un-

      La signature du plus puissant groupe de narcotrafiquants marseillais – la #DZ_Mafia – est une piste qui semble s’imposer à ce stade. Un profil serait même privilégié, selon l’édition du Parisien du 20 novembre : celui d’Amine O., l’un des leaders de la DZ Mafia, emprisonné depuis mars à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse. C’est depuis sa cellule qu’il aurait pu commanditer cet assassinat.

      Amine O., aussi surnommé « Mamine », ou « Jalisco », est bien connu des enquêteurs marseillais, mais aussi des magistrats de la juridiction nationale contre la criminalité organisée, à Paris, qui pilote désormais ce dossier sensible. Une note blanche du service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée documentant les activités de la DZ Mafia, datée d’octobre 2024, détaille que « Mamine », dont les photos anthropométriques montrent un regard déterminé, une moustache épaisse et une barbiche, des cheveux ramenés en catogan, est connu pour sa « capacité de recrutement rapide d’équipes “à tiroir” pour la DZ Mafia », et constitue une « pièce maîtresse dans cette organisation criminelle ».
      Cet homme de 31 ans, qui a grandi dans la cité des Micocouliers, dans le 14e arrondissement de Marseille, fut essentiellement condamné, au début de son ascension criminelle, entre 2013 et 2016, pour violences aggravées, vols aggravés ou association de malfaiteurs. Depuis 2020, et plus encore ces trois dernières années, ses incriminations judiciaires, dans des affaires d’#assassinats_ciblés particulièrement sauvages, accompagnent la montée en puissance de la DZ Mafia. C’est un triple meurtre, remarquable de violence, qui connecte « Mamine » à la famille Kessaci…

      A la fin décembre 2020 et début janvier 2021, trois corps sont retrouvés, carbonisés, dans des voitures incendiées et abandonnées. Il s’agit de trois amis, considérés comme des figures montantes du trafic de stupéfiants. L’un d’entre eux, découvert gisant dans une Audi S3 en flammes, est un jeune homme âgé de 22 ans nommé Brahim Chabane. Il est le demi-frère d’Amine Kessaci, qui avait fondé depuis quelques mois à peine l’association Conscience, engagée sur le terrain de l’écologie comme de la lutte contre les trafics de drogues. Amine O. est poursuivi pour assassinat et, à l’époque, placé sous mandat de dépôt.

      Pourquoi n’a-t-il pas fait partie de la première sélection de détenus installés dans la « narcoprison » de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), dès la fin juillet ? « Comme il y a déjà 21 détenus de la DZ Mafia à Vendin, l’idée était de ne pas y reconstituer toute la tête de réseau, mais, au contraire, de répartir sur les deux sites les principaux », explique un responsable de l’administration pénitentiaire.

      « Les commanditaires sont dans nos prisons », a affirmé, vendredi, en marge de la présentation de son plan « zéro portable », le garde des sceaux, Gérald Darmanin, au sujet de l’assassinat de Mehdi Kessaci. Il a aussi souligné que « l’administration pénitentiaire n’avait rien à se reprocher » concernant la gestion du cas Amine O.

    • https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/marseille-les-nouvelles-cibles-du-narcotrafic-5904452

      Le journaliste Xavier Monnier, spécialiste du milieu criminel marseillais, nuance la dimension ethnique : « Il faut faire attention à avoir une lecture trop ethnique… au sein de la DZ Mafia comme du groupe Yoda, vous avez des Français d’origine comorienne, italienne, corse, algérienne, tunisienne. » Il rappelle que la DZ Mafia est née et organisée depuis la prison, fruit d’une décennie d’évolution : « On est face à l’aboutissement d’une chrysalide criminelle et là, on affronte l’éclosion. »

      Xavier Monnier qui avait donc fait une grosse enquête sur la DZ Mafia avant ce crime :
      En vidéo déjà lié https://seenthis.net/messages/1137633
      Et en écrit aussi en 3 articles :
      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 1 : Terreur sur Marseille
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-1-terreur-sur-marseille-h

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 2 : La prison comme berceau et quartier général
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-2-la-prison-comme-berceau

      Narcotrafic, une histoire de la DZ Mafia - Episode 3 : La nouvelle ère du narcocapitalisme
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/narcotrafic-une-histoire-de-la-dz-mafia-episode-3-la-nouvelle-ere-du-narc

      Et sa réaction au dernier meurtre
      https://www.blast-info.fr/articles/2025/marseille-don-quichotte-contre-les-moulins-des-narcos-yTR7NfaRR12EFEpXFK9

    • Bruno Mangin, pharmacien : « Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, n’ajoutons pas de la honte à leur souffrance »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/25/bruno-mangin-pharmacien-les-consommateurs-de-drogue-portent-deja-une-culpabi

      Depuis plusieurs jours, les propos d’Emmanuel Macron visant les consommateurs « bourgeois des centres-villes » accusés de financer le narcotrafic ont suscité bien des réactions. La mobilisation de cette rhétorique est inquiétante : loin d’éclairer les enjeux, elle renforce de vieux préjugés à l’égard des consommateurs de drogues et conduit la lutte contre le narcotrafic dans une impasse politique et opérationnelle. Réduire un phénomène aussi complexe à un mécanisme de culpabilisation individuelle revient à nier la réalité des déterminants sociaux et des responsabilités publiques.

      Oui, sans clientèle, il n’existe pas de marché. C’est l’évidence. Mais réduire la question du narcotrafic à une équation morale et individuelle – faute, culpabilité, responsabilité personnelle – revient à masquer l’essentiel. La consommation ne peut être dissociée du contexte social, économique et politique qui la rend possible ou supportable. Pointer les usagers du doigt, c’est détourner le regard des causes profondes sur lesquelles, collectivement, nous refusons d’agir.

      Notre société est en proie à une perte de repères, à une inquiétude face à l’avenir, à une montée de l’isolement et à un effritement du lien social. Le vertige écologique, la fragilisation économique et l’injonction permanente à la performance touchent toutes les catégories sociales. Ce que l’on demandait autrefois à la communauté, on le demande désormais aux individus. C’est dans ce vide que les conduites addictives deviennent les palliatifs fragiles qui permettent de rester debout face à un réel devenu trop lourd. La question n’est pas seulement de savoir qui consomme, mais ce qui, dans notre organisation sociale, rend ces usages attractifs, nécessaires ou tolérables.

      L’histoire nous l’a appris : la « #guerre_contre_la_drogue », déclarée il y a plus de cinquante ans [aux Etats-Unis] par Richard Nixon, est un échec mondial. Des milliards dépensés, des vies brisées, sans jamais parvenir à la réduction durable des trafics ou de la disponibilité des produits. Le constat est clair : la seule répression ne modifie ni les marchés ni les logiques d’usage. En revanche, elle fragilise les plus vulnérables, aggrave les risques et éloigne des dispositifs de prise en charge.

      Explications simplistes

      Les données issues des organismes publics, dont l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, montrent que les usages évoluent, s’étendent et se diversifient. Elles documentent une progression globale tout en soulignant des différences selon les âges, les produits et les contextes.

      Ces éléments invitent à analyser, à comprendre, à débattre, plutôt qu’à désigner des coupables simplifiés. S’agissant des jeunes, les indicateurs suggèrent une évolution contrastée, mais il serait imprudent d’en déduire des conclusions causales. Leur mal-être augmente, leur rapport au monde change, mais rien ne permet d’affirmer ce qui relie ou distingue ces tendances. La responsabilité publique oblige à dépasser les explications simplistes et à repenser nos politiques à l’aune de réalités complexes, où la détresse sociale, existentielle et économique joue un rôle déterminant.

      Face à cela, les réponses politiques demeurent fragmentées. Les débats sur la légalisation du cannabis ou les haltes soins addictions sont trop souvent caricaturés, réduits à des slogans qui empêchent toute réflexion sérieuse. Cette caricature, devenue réflexe, produit de fait une absence de débat démocratique. Pourtant, la légalisation, expérimentée dans de nombreux pays, contribue à affaiblir les réseaux criminels, réduire les violences et mieux contrôler les substances. De même, les haltes soins addictions – évaluées officiellement – démontrent leur efficacité sanitaire, sociale et sécuritaire. Malgré cela, leur déploiement reste marginal, sans stratégie nationale.

      La lutte contre le narcotrafic nécessite une coordination réelle entre l’Etat, garant du cadre régalien, et les collectivités territoriales, au contact des réalités sociales. Sans articulation entre justice, police, prévention, santé publique, action sociale et politiques de jeunesse, aucune stratégie ne peut produire d’effets durables. C’est cette coopération – et non la désignation de boucs émissaires – qui permettra d’agir sur les causes, protéger les populations et réduire l’emprise des réseaux.

      Débat sur la légalisation

      A l’approche des élections municipales, il appartiendra aux candidates et candidats d’assumer leurs responsabilités : proposer des politiques locales qui ne se limitent pas à la seule sécurité, mais qui intègrent prévention, accompagnement social, soutien économique, réponses sanitaires structurées et vision politique cohérente. Ignorer cette dimension, c’est condamner les territoires à des solutions inopérantes.

      L’urgence est claire : cesser d’opposer morale et santé publique, prévention et répression, usagers et non-usagers. Lutter efficacement contre le narcotrafic exige une stratégie globale : fermeté contre les réseaux criminels, mais aussi courage face aux réalités sociales, économiques et politiques qui nourrissent la demande. Cela suppose d’ouvrir enfin un débat sérieux sur la légalisation, de déployer des haltes soins addictions dans toutes les grandes villes et de reconnaître l’usager non comme un coupable, mais comme un citoyen dont la santé et la dignité doivent être protégées. Les consommateurs de drogue portent déjà une culpabilité immense, et il est inutile d’ajouter de la honte à leur souffrance.

      Si nous voulons réduire le narcotrafic, ni la stigmatisation ni les proclamations ne seront suffisantes. Si nous voulons avancer, nous devons nous occuper de ceux qui souffrent, cesser de les accuser et contribuer à soigner une société qui vacille. Une société adulte ne se contente pas d’indignation ou de simplification. Elle regarde la réalité, elle l’affronte, elle construit. C’est cela que nous devons à nos concitoyens, à nos jeunes, à nos territoires et à notre démocratie.

      Bruno Mangin, pharmacien à Nîmes et président de l’association Ekko, qui œuvre pour la prise en charge des personnes en situation d’addiction et pour la prévention des conduites addictives.

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe -Disponible jusqu’au 05/04/2026
      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027444/narcotrafic-le-poison-de-l-europe

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. En retraçant l’histoire de ce narcotrafic d’un type nouveau, cette captivante enquête montre combien l’ultralibéralisme contemporain lui permet de prospérer.

      « le débat ne prend pas en compte la place du système financier », estime Roberto Saviano
      https://seenthis.net/messages/1151976

      La richesse d’une nation
      https://seenthis.net/messages/1151911

      #narcotrafic

    • Narcotrafic, le poison de l’Europe (2/2)
      La faiblesse des États
      https://www.arte.tv/fr/videos/118270-000-A/narcotrafic-le-poison-de-l-europe-2-2

      Dix ans avant la France ou la Suède, les Pays-Bas et la Belgique ont dû faire face à une criminalité ultraviolente organisée autour de la cocaïne latino-américaine. Ce second volet retrace la patiente enquête des polices européennes pour frapper le narcotrafic à sa tête. Une victoire temporaire, puisqu’il s’est reconstitué aussitôt, ailleurs et avec d’autres…

      pas mal de blabla, et pas que.
      découvre qu’en raison de ce commerce, le port de Rotterdam a été robotisé (le narcotrafic se dirige vers des ports moins équipés : Anvers n’a pas atteint la capacité de scanner tous les conteneurs ; le Havre est loin de tout ça, etc.)
      #cocaïne #Europe #mondialisation #commerce_mondial #marché_mondial #Dubaï #corruption #encrochat (hacké par la gendarmerie française) #sky_ECC (corrompue grâce à une demande d’actualisation policière)

  • Massacre à Rio de Janeiro
    https://lundi.am/Massacre-a-Rio-de-Janeiro

    La létalité n’est pas une erreur ; c’est une méthode comptable de l’ordre. L’utilisation de l’expression « état de guerre » est également révélatrice. Elle légitime la militarisation totale de la vie civile, la suspension pratique des garanties constitutionnelles et l’instauration d’un régime d’exception permanent dans les territoires périphériques. En affirmant que « la létalité élevée était prévisible, mais non souhaitée », elle banalise le massacre. La prévisibilité de la mort est, pour lui, une donnée opérationnelle, une sorte d’effet collatéral acceptable dans la logique de la sécurité. Cette phrase contient toute l’essence de la rationalité instrumentale qui domine l’État capitaliste en crise : la mort n’est pas une erreur, mais un coût calculé, inscrit dans la comptabilité de la gestion sociale.

    L’affirmation selon laquelle « les victimes de cette opération étaient les militaires morts ou blessés » est un geste de déshumanisation totale. Réduire des dizaines de civils exécutés à des « criminels qui ont choisi de ne pas se rendre » est une forme moderne d’eugénisme politique. Le mot « choix » déplace la responsabilité : les morts sont devenus responsables de leur propre exécution. La nécropolitique de l’État transforme le pouvoir de tuer en un acte administratif. Le secrétaire renforce également le vieil argument selon lequel le gouvernement de l’État agit « seul » contre la criminalité, se plaignant du manque de soutien fédéral. Cette rhétorique est stratégique : elle donne l’image d’un État héroïque et abandonné, luttant contre des forces supérieures. Mais, dans la pratique, elle sert à cacher le véritable abandon, celui des pauvres, des favelas, des travailleurs précaires qui vivent assiégés. Le différend entre le gouvernement de l’État et le gouvernement fédéral n’est qu’un différend sur la gestion de la barbarie. Aucune des deux parties ne remet en cause le principe fondamental de la politique de sécurité : que la vie périphérique est jetable et que le territoire populaire est une zone militarisée.

    Lorsque Curi affirme que l’opération a été « planifiée » et qu’elle « respectait les normes légales », nous assistons à la normalisation de l’absurde. Respecter la loi tout en assassinant des dizaines de personnes est un signe indéniable que la légalité a été totalement absorbée par la logique de l’exception. Le problème n’est pas le non-respect de la loi, mais le fait que la loi ait déjà intégré le crime comme fonction. La modernité juridique bourgeoise a toujours coexisté avec la violence comme fondement ; mais aujourd’hui, avec la décomposition de l’État bourgeois, cette violence émerge au grand jour comme principe organisateur. La loi et le fusil sont des instruments complémentaires de la même rationalité de contrôle. Le discours de Felipe Curi ne diffère pas, en substance, des doctrines contre-insurrectionnelles élaborées pendant la dictature militaire. Les idées de « territoires hostiles », de « guerre interne », de « pouvoir parallèle » et d’« élimination de l’ennemi » sont les mêmes. Seuls le scénario et la sémantique ont changé. L’ennemi, autrefois qualifié de « subversif », est aujourd’hui le « trafiquant », le « criminel », le « narcoterroriste ». La fonction politique est identique : maintenir la population dans la terreur, justifier le budget de la guerre, garantir la discipline de la main-d’œuvre et empêcher l’organisation autonome des classes subalternes. La favela est traitée comme une colonie interne, un espace d’occupation et de pillage, un laboratoire de la politique d’exception.

    [...]

    L’engagement du gouvernement fédéral envers les forces armées n’a jamais été celui de la confrontation, mais plutôt celui de la conciliation et de la récompense. Le budget de la défense a connu une croissance exponentielle au cours des deux dernières décennies. Aucun gouvernement n’a osé réduire l’influence politique des militaires ; au contraire, tous ont cherché à la transformer en une force stabilisatrice. Les forces armées sont restées la puissance tutélaire de la république. Elles ont reçu des fonds, des postes, des hommages et un rôle central dans la légitimation morale de l’État. L’ancienne caste en uniforme a été intégrée à l’appareil administratif comme symbole d’efficacité et de patriotisme, cachant ainsi sa véritable fonction : garantir que le peuple reste à sa place. Le renforcement des structures répressives, dans ce contexte, n’est pas un échec des gouvernements populaires, mais leur contradiction interne. En essayant de gouverner pour tous, ils ont maintenu intactes les bases de la domination de classe. La conciliation avec les militaires et la police a été le prix à payer pour assurer la stabilité institutionnelle. Mais le Le prix à payer fut élevé : la militarisation de la vie. La rhétorique de la « citoyenneté armée » et de la « guerre contre le crime » remplaça la perspective d’émancipation par la promesse d’ordre. Ainsi, l’État élargit ses instruments de contrôle sur les masses tout en se présentant comme leur protecteur. La répression cessa d’être l’apanage de la droite et devint une politique d’État.

    #favela #narco_État #drogues

  • Un vaste rapport s’intéresse à la « chimique » et à ses consommateurs à Mayotte
    https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/un-vaste-rapport-s-interesse-a-la-chimique-et-ses-consommateurs-a-

    C’est un rapport d’ampleur que viennent de dévoiler l’Agence régionale de Santé (ARS) de Mayotte et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, autour de la drogue de synthèse communément appelée la "chimique" sur l’île. Une drogue qui a fait bien des ravages depuis son apparition à Mayotte, dans les années 2010, avec un pic de consommation vers 2014-2015, notamment auprès des adolescents. De nombreuses hospitalisations liées à la chimique avaient été observées au CHM à cette période.

    Depuis, l’usage de ces cannabinoïdes de synthèse semblent avoir diminué, même si la "chimique" reste présente, a observé notamment la Plateforme Oppelia pour les addictions à Mayotte (POPAM) qui participe activement à ce rapport, avec le CHM, ou encore l’Université.

    La "chimique" est seulement moins visible, car possiblement confondue avec du tabac à rouler pour les forces de l’ordre et autorités sanitaires, note le rapport.
    Identifier les substances, comprendre qui consomme

    Trois objectifs ont guidé le programme Chasse-Marée, permettant d’établir ce vaste rapport de plus de 150 pages : il s’agissait non seulement de comprendre de quoi se composait la "chimique", d’identifier qui en étaient les consommateurs, et de trouver des pistes pour le suivi épidémiologique de sa consommation.

    Pour ce faire, plus de 200 échantillons de la "chimique" ont été collectés à Mayotte entre septembre 2022 et septembre 2023, sous différentes formes.
    Qu’est-ce qu’on appelle la "chimique" ?

    Pour rappel, le produit appelé la "chimique" est une série de cannabinoïdes de synthèse. Paradoxalement, ces molécules sont nées dans les années 70 avaient initialement pour but de sevrer les consommateurs de cannabis. Mais elles ont été détournées de cet usage vers la fin des années 2000, avec la multiplication de produits surdosés en cannabinoïdes de synthèse, avec un réel danger puisqu’ils sont bien plus puissants que le cannabis lui-même.

    Ces drogues de synthèse sont consommées dissoutes "dans un solvant mêlé d’un végétal fumable", précise le rapport. Du tabac, du cannabis, de la damiana, de la mélisse, voire du thym. Les molécules imbibent alors le support végétal, rendant difficile de suspecter leur présence.

    Dans certains cas, la "chimique" est mélangée à des "produits de coupe", qui permettent "d’augmenter ou de diversifier les effets des stupéfiants initiaux".
    6 molécules jamais vues en France ni en Europe

    Suite aux recherches menées sur le terrain, grâce aux échantillons prélevés, il a été possible d’identifier "6 molécules jamais observées en France ou en Europe".

    Aussi, les molécules consommées diffèrent selon les périodes : parfois elles sont très diverses à différents endroits de Mayotte, parfois ce sont plus ou moins les mêmes qui sont retrouvées sur le territoire. Sur les 215 échantillons collectés en un an, 13 cannabinoïdes de synthèse différents ont été identifiés, avec en tête le MDMB-4en-PINACA et le MDMB-INACA.
    142 fumeurs de "chimique" enquêtés

    Concernant le profil socio-économique des consommateurs, il a pu être établi grâce à des questionnaires anonymes remplis par 142 personnes volontaires ayant pris de la "chimique", sur l’espace public, dans plusieurs villages de Mayotte. L’étude ne prend donc pas en compte toute une partie des consommateurs qui en prennent uniquement chez eux, la prise de cette drogue étant mal perçue dans la société mahoraise, note le rapport.

    "Toutefois, les effectifs importants de consommateurs enquêtés dans l’espace public peuvent laisser à penser que la population d’usagers est supérieure à l’estimation de 2018 de 800 usagers de « chimique » à Mayotte", est-il établi.
    Le profil-type du consommateur de "chimique"

    Le profil-type de l’usager de chimique à Mayotte serait donc "un homme d’environ 30 ans, de nationalité française, sans emploi, peu ou pas diplômé, père de 1 ou 2 enfants et vivant dans un foyer en tôle équipé de l’eau courante et de l’électricité, et composé de plusieurs personnes". "Sa consommation de chimique est quotidienne et généralement associée à une consommation d’alcool. Il consomme principalement pour oublier ses problèmes, trouver le sommeil, et se détendre", poursuit l’étude.

    Globalement, l’usage de la "chimique" à Mayotte est dans une certaine mesure lié au chômage, au manque d’argent, ou encore au faible niveau d’éducation. Elle touche une population modeste, sans forcément être marginale. Au contraire, ces usagers ont une vie sociale et des liens familiaux forts et étroits, qu’ils souhaitent justement préserver en disant leur volonté d’arrêter cette drogue.
    Les effets indésirables

    Par ailleurs, cette consommation est aussi associée à des effets indésirables : hallucinations, troubles cardiaques, pertes de conscience, vomissements. L’impact est aussi non-négligeable sur la vie familiale et personnelle. "Environ 1 consommateur sur 1 dit vouloir arrêter et 1 usager sur 5 souhaiterait bénéficier d’une prise en charge médicale et/ou psychologique", souligne le rapport.
    Des axes définis pour améliorer la prévention

    Enfin, en termes de prévention, le rapport du programme "Chasse-marée" préconise un renforcement de l’unité mobile du CAARUD (Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de drogues), des efforts d’information des Mahorais à travers des campagnes de prévention et de sensibilisation notamment, ou encore une formation des professionnels de santé ou du social à la consommation de stupéfiants.

    Il suggère aussi d’augmenter les saisies de ces produits, en améliorant la détection des cannabinoïdes de synthèse au sein de la douane, de la gendarmerie ou de la prison. Autre recommandation : la construction de partenariats entre les différentes institutions telles que la POPAM, le CHM, l’Université de Mayotte, et les différents services d’addictologie, et la promotion de la recherche autour de cette problématique.

    Première conséquence positive du programme "Chasse-marée", l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT) a ouvert une coordination régionale SINTES (Système d’Identification National des Toxiques et Substances), en cours de conventionnement avec Oppelia 976.

    • en France métropolitaine aussi ces « ces molécules (...) nées dans les années 70 [qui] avaient initialement pour but de sevrer les consommateurs de cannabis » renouvellent le marché.

      Le marché du cannabis, sous toutes ses formes, n’est pas épargné, y compris lorsqu’il est légal ou dans une « zone grise ». « Ce qui est particulièrement préoccupant, ce sont les cas où des consommateurs pensent acheter du CBD [perçu comme inoffensif] dans des boutiques spécialisées, mais ils se font avoir et se retrouvent en réanimation », poursuit Mme Micallef. « Ce “CBD adultéré” contient souvent des cannabinoïdes de synthèse très puissants, pouvant entraîner des malaises, des troubles psychiatriques, des douleurs thoraciques. »

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/06/05/les-drogues-de-synthese-se-banalisent-dans-les-overdoses-c-est-la-roulette-r

      Les pharmacologues du centre d’addictovigilance de Marseille effectuent alors des investigations. Aucune trace de THC n’est repérée dans les analyses. En revanche, sont détectés du CBD et, plus inquiétant, un cannabinoïde de synthèse au nom barbare, le « MDMB-4en-Pinaca ». Le même élément sera retrouvé chez les adolescents bordelais. Il s’agit d’une molécule produite par des laboratoires clandestins, censée reproduire les effets du THC. Se présentant sous forme de poudre, elle est généralement vaporisée directement sur les résidus végétaux ou intégrée à des produits destinés à être vapotés. Dans le cas marseillais, elle avait été pulvérisée sur des têtes de cannabis au CBD, à l’insu des consommateurs.

      Si cette molécule agit dans le cerveau sur les mêmes récepteurs que le THC, « ce n’est pas juste le Canada Dry du cannabis, alerte la docteure Joëlle Micallef, présidente du Réseau français d’addictovigilance et directrice du centre PACA. Il s’agit de substances qui, pour des doses largement inférieures, sont beaucoup plus fortes. C’est le cannabis puissance 100. » [dit la propagandiste sans égard pour l’arithmétique] En fonction du dosage, particulièrement difficile à maîtriser, les conséquences sont variables : malaise, vertige, tachycardie, bad trip, agressivité, voire, dans les cas les plus sévères, AVC, infarctus, jusqu’au décès.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/12/alerte-sur-les-nouvelles-formes-de-cannabis-beaucoup-plus-concentrees-en-thc

      La recherche de taux de THC élevés avait déjà débouché sur le privilège accordés à des hybrides fortement dosés (façon skunk). L’ajout de produits chimiques (médocs compris) pour maximiser les effets de machins coupés à n’importe quoi ou mal cultivés existait déjà. Il y a place pour ces molécules puisque la prohibition des drogues altère leur qualité.

      #drogues #cannabinoïdes_de_synthèse #santé #drogues_de_synthèse

    • J’avais tenté il y a qq années le ’HHC’, un erastz de THC légal jusqu’à son interdiction lorsque son usage a explosé en qq mois. Au final, ça amène l’ivresse bien plus que le CBD, mais de manière un peu plus désagréable que le THC, avec de légères migraines. Et surtout, j’avais pas mal recherché quels pouvaient être les effets secondaires voire nocifs de la molécule... en vain. Aucune étude ou article un minimum approfondi. Ça m’avait quand même surpris, vu les millions de fumeurs de chichon en France et les milliers d’études débiles de scientifique qui s’emmerdent, j’aurais espéré un peu plus d’intérêt sur un vrai problème de société.

  • Suspected Chinese drug kingpin captured after audacious escape
    https://www.bbc.com/news/articles/cz0xd4dvzlyo

    Lors ce qu’on se brouille avec tout le monde on finit par tomber. Bonne nouvelle : le Cuba ne fait pas partie des « narco states ».

    24.10.2025 by Will GrantMexico, Central America and Cuba correspondent -

    In a late-night communique on Thursday, the Cuban Government said that it had extradited a Chinese citizen, Zhi Dong Zhang, to the authorities in Mexico. Hours later, Mexico’s security chief then confirmed his subsequent extradition to the United States on drug trafficking and money laundering charges.

    It brought to an abrupt end a months-long, audacious escape attempt by one of the world’s most wanted fugitives.

    Known by various aliases including Brother Wang, Pancho and HeHe, Zhi Dong Zhang is accused by the US Justice Department of masterminding a vast international ring of fentanyl trafficking and money laundering covering numerous nations but particularly China, Mexico and the US.

    The list of charges against Mr Zhang is long but in essence US prosecutors and the Mexican Attorney General’s office accuse him of being a major player in the global drug trade. They say he has laundered millions of dollars in drug money for both the Sinaloa Cartel and the New Generation Jalisco Cartel (CJNG) as part of a worldwide drug distribution network.

    “Brother Wang can be seen as a key link between Mexican cartels and Chinese chemical companies in sourcing the pre-cursor chemicals for fentanyl”, explains former DEA agent, Mike Vigil, adding that he was also vital in converting drug funds into cryptocurrency.

    If convicted, Zhi Dong Zhang can expect to share a similar fate as other drug kingpins like Joaquin ’El Chapo’ Guzman and Ismael ’El Mayo’ Zambada in a high-security facility in the United States.

    But how ’Brother Wang’ ended up in custody in Havana is an extraordinary tale involving fleeing house arrest in Mexico City, reportedly through a hole in a wall, taking a private jet to Cuba and an ultimately failed attempt to enter to Russia.

    Zhi Dong Zhang was arrested in Mexico City in a joint security operation in October 2024. He was initially held in a maximum-security prison but was later granted house arrest by a judge – a decision that President Claudia Sheinbaum called “outrageous”.

    Brother Wang’s escape had all the hallmarks of another embarrassing episode for Mexico: a man considered a vital cog in the machinery of drug smuggling, able to disappear from under the noses of the Mexican authorities tasked with guarding him. El Chapo Guzman managed that feat twice, much to Washington’s frustration, before he was finally put on a plane in handcuffs to the US.

    That Mexican authorities were able to recover their prisoner and send him north came down to two things – an apparent stroke of luck in Russia and the strength of Mexico’s security relationship with Havana.

    When Zhang reached Cuba in July 2025, he set about making his next steps towards reaching a country with no extradition treaty with the US, officials say.

    There is a direct commercial flight to Moscow from Havana and Zhang, they allege, was able to secure a seat on it using fake papers. However, the papers didn’t get him past the immigration authorities in Russia. It has been reported that the Russians didn’t fully appreciate who they had in their custody and, after he was briefly detained, they turned Zhang around and sent him back to Cuba.

    On arriving back in Havana a second time, the Cuban security services were now aware of his real identity.

    Security analysts believe the authorities in Cuba held onto him for several months to interrogate him at length before sending him back to Mexico and, inevitably, onwards to the US. Mexico’s Public Security Secretary, Omar Harfuch, was quick to thank Cuba for their cooperation over ’Brother Wang’ – ultimately, for sparing their blushes over another escaped high-profile prisoner.

    As always following the arrest of an alleged kingpin, the question becomes how far their removal will affect the global drug trade.

    Given Brother Wang has spent the past year either in prison, under house arrest or on the run, the question may be moot, Mr Vigil said, as his absence has already largely been felt in Mexico’s criminal underworld:

    “It’s really not going to have an impact as the cartels already have individuals working for them who can start to replace to Brother Wang”, says Mr Vigil. “Even in the case of El Chapo Guzman who was a much bigger figure, it had no impact on the global drug trade”, he argues.

    Over his first year in office, US President Donald Trump has pressured his Mexican counterpart to do more on the issue of fentanyl trafficking and President Sheinbaum’s administration has duly responded in kind. She has significantly increased seizures of the drug compared to her predecessor and her administration has sent dozens of convicted drug cartel members to the US to serve sentences there. They included several high-level drug names like Rafael Caro Quintero, wanted for the murder of a DEA agent in 1985.

    Her cooperation on the fentanyl issue, as well as on undocumented immigration, is considered the reason Mr Trump has refrained from imposing the same level of trade tariffs on Mexico as he has on other commercial partners.

    Brother Wang’s extradition will bring genuine satisfaction in Washington at having taken a key figure in Mexican cartels’ financial operations out of circulation. That, in turn, will please the Sheinbaum administration in Mexico and strengthen their claim to be in lockstep with their US counterparts on security.

    However, slowing or reducing the movement of pre-cursor chemicals for fentanyl from China to the Americas in any lasting way will take more than the extradition of one man.

    #Cuba #Mexique #USA #Chine #trafique #drogues #blanchissage #crypto-monnaies #crime

  • TRAFIC, #EXTORSION, #CORRUPTION : COMMENT LA #DZ_MAFIA MENACE LA FRANCE

    Depuis son irruption en 2023, la DZ Mafia est devenue en quelques années l’une des organisations criminelles les plus influentes en France. Entre règlements de compte, trafic de #stupéfiants, extorsions, mise en coupe réglée d’artistes et de commerces, le groupe a fracassé la scène médiatique, policière et judiciaire. Au point d’avoir suscité la création d’un #parquet_national_de_lutte_contre_le_crime_organisé (#Pnaco) pour enrayer son expansion.
    Blast a plongé dans les entrailles de cette bande qui a fait entrer le Milieu dans une nouvelle ère. Une ère mafieuse, où le #narcocapitalisme affronte les institutions.

    https://www.youtube.com/watch?v=Y6CmUBUBMoU


    #mafia

  • [La (re)conquête de Belsunce] Salles de shoot : à Marseille, le préfet bloque le projet du centre-ville, Gilles Rof 
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/26/salles-de-shoot-a-marseille-le-prefet-bloque-le-projet-du-centre-ville_66431


    Des produits servant à la consommation de drogue, à Marseille, le 17 novembre 2024. SYLVAIN ROSTAING / « LE PICTORIUM » / MAXPPP

    « La situation s’est aggravée tout au long de l’été, avec de plus en plus de personnes en situation de précarité catastrophique, et notamment des femmes, très éloignées du soin et de l’accès aux droits », constate Maela Lebrun, directrice du Bus 31/32, un des plus anciens acteurs de la prévention des risques à Marseille. Au cours de l’été, la file active de cette structure – qui suit plus de cinq cents personnes – a augmenté de plus de 10 %, entraînant un phénomène de saturation des équipes.

    Une évaluation positive

    A la fin de juillet, après une réunion avec l’agence régionale de santé (ARS) et la préfecture, les associations travaillant dans le centre de #Marseille ont senti le vent tourner. Dans un communiqué commun, elles ont alors dénoncé la responsabilité de l’Etat dans la situation, relevant son « incapacité chronique à répondre aux besoins primaires d’un public marginalisé que personne ne veut voir » et exigeant « des moyens supplémentaires adaptés à la réalité des besoins ». Les associations demandaient aussi « la reprise des discussions concernant la HSA », après l’échec d’un premier projet, en janvier 2024. Une dernière requête réglée de façon radicale par le préfet Leclerc.

    https://justpaste.it/a8rmx

    edit c’est encore le début des années 80 (socialistes) : faire mourir ceux que l’on ne représentera jamais
    https://seenthis.net/messages/1136323

    #drogues #RDR #prévention

    • Le préfet s’oppose à la création d’une halte soins addictions à Marseille
      https://marsactu.fr/le-prefet-soppose-a-la-creation-dune-halte-soins-addictions-a-marseille

      “Le préfet des Bouches-du-Rhône ne souhaite pas de halte soins addictions (HSA) dans le centre-ville de Marseille.” La phrase est limpide. Lâchée à la fin de la conférence de presse ce jeudi 25 septembre en préfecture sur la sécurité dans le département, par Georges-François Leclerc en personne, elle ne laisse place à aucun doute : “Moi, préfet des Bouches-du-Rhône, il ne saurait y avoir de HSA.” Fermez le ban. C’est un changement de pied par rapport à ses prédécesseurs, les préfets de police Frédérique Camilleri et Pierre-Édouard Colliex. Georges-François Leclerc — qui cumule les fonctions de préfet des Bouches-du-Rhône et de police — est le premier à s’opposer frontalement à la création de ce dispositif de santé publique à Marseille.

      https://seenthis.net/messages/1002411

  • Héroïne, le temps des seringues : un podcast France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-heroine-le-temps-des-seringues

    LSD explore l’impact de l’#héroïne, fléau du XXe siècle en France, responsable de plus de 40 000 morts entre 1970 et 2004, dans les milieux populaires de Paris et sa banlieue. Réalisation Gilles Blanchard.

    À l’origine de ce documentaire, la découverte de l’ampleur d’un phénomène qui ne faisait alors écho qu’à de vagues souvenirs pour beaucoup de citadins, résumés en une phrase : « Fais attention aux seringues. », phrase banale dans les quartiers populaires de Paris des années 90. Plus tard, ces mots prendront tout leur sens à la lumière d’un chiffre terrible : une véritable « hécatombe » qui intervient à son pic durant les années sida.

    Selon les calculs des auteurs du livre « La Catastrophe invisible », environ 40 000 décès sont imputables à la consommation d’héroïne entre 1970 et 2004, chiffre qu’il jugent eux même largement en deçà de la réalité. Parmi ces morts, les chercheurs s’accordent à dire que les personnes d’origine maghrébine issues des #quartiers_populaires constituent l’un des groupes sociaux les plus touchés.

    Cette histoire, qui a durablement marqué l’histoire des #banlieues françaises, peinent à être connu du grand public. Comment l’héroïne, drogue la plus meurtrière, a-t-elle traversé les époques et touché toutes les classes sociales ? Comment s’est-elle diffusée plus particulièrement dans les milieux populaires et parmi les descendants de l’immigration postcoloniale ? Ce documentaire raconte une #histoire de l’héroïne dans les quartiers populaires de Paris et de sa banlieue sur plusieurs décennies.

    Un documentaire d’Hajer Ben Boubaker, réalisé par Gilles Blanchard.

    La série est pas mal du tout. Elle restitue des géographies oubliées, de Paris à la banlieue. On y entend pourtant qu’en filigrane (même si le titre l’indique par antiphrase) la défaite politique du refus de l’usine par les enfants des travailleurs immigrés, qui, dans le post-68, a suscité une demande expansive.
    La dépendance a cet opiacé et son coût ont été matriciels pour la diffusion d’un trafic de drogues désormais massifié, un commerce, illicite et ultra-concurrentiel, qui a permis de créer d’innombrables emplois subalternes, le plus souvent mal payés.

    Comme il a été dit autrefois, "les jeunes se droguent, l’État se renforce", et lycée de Versailles.

    #audio #drogues #deal #dealers

    • La Catastrophe invisible | éditions Amsterdam - 2018
      Histoire sociale de l’héroïne (France, années 1950-2000)
      Michel Kokoreff, Anne Coppel, Michel Peraldi

      https://www.editionsamsterdam.fr/la-catastrophe-invisible
      https://seenthis.net/messages/685682
      https://seenthis.net/messages/628596
      La série illustre à merveille en 4 podcast d’une heure le pavé La catastrophe invisible
      Je découvre Hajer Ben Boubaker, documentariste et historienne spécialisée sur les musiques du Maghreb et du Proche-Orient.
      https://www.radiofrance.fr/personnes/hajer-ben-boubaker

      Barbès Blues - Une histoire populaire de l’immigration maghrébine
      https://www.seuil.com/ouvrage/barbes-blues-hajer-ben-boubaker/9782021517859

      "L’histoire, si elle a été dure, n’a pas toujours été triste. Elle raconte des vies qui n’ont pas été cantonnées dans l’étroitesse d’une nation, ou pire encore d’une nationalité. Et alors que tant de choses étaient volontairement orientées vers la laideur, des hommes et des femmes les ont, plus d’une fois, dans un geste collectif, sublimées. J’en tiens toutes ces histoires pour preuve."

      En déambulant dans Barbès, Hajer Ben Boubaker raconte les petits détails et les grands événements qui ont fait du quartier la "maison-mère des luttes de l’immigration" et l’une des places fortes de la #musique_maghrébine.

      Dans les cartons d’archives sur le premier quartier algérien dans le 5e arrondissement, dans les voix de vieux messieurs qui racontent l’habitude d’une ville ou dans les souvenirs imprécis de luttes contre le racisme, Barbès Blues ressuscite des personnages, des épopées, des anecdotes et des tragédies. Autant de symboles d’une communauté de destin, l’immigration maghrébine, qui dans un dédale de rues minuscule, s’est construit un monde immense.

      Hajer Ben Boubaker est née à Paris et a grandi dans le 18e arrondissement. Chercheuse indépendante et documentariste franco-tunisienne, elle est créatrice du podcast Vintage Arab et a réalisé la série radio « Une histoire du Mouvement des Travailleurs arabes », consacrée à l’organisation militante des années 70 (France Culture ; Prix découverte sonore SCAM 2022). Elle est lauréate du prix Unesco-Sharjah 2023 pour la culture arabe.

    • Les jeunes bourgeois qui voulaient se marginaliser devenaient rapidement dealers, de l’argent facile et sans scrupule aucun. Si ils consommaient et étaient accros les parents avaient de toute façon de quoi payer la cure de désintox, où les années de taule. Le cadavre des autres étaient déposés devant la porte de leur appart si le courage de le ramener avait été au rendez-vous.
      #overdoses

    • Ces jeunes qui tombent
      https://festival-resistances.fr/2024/ces-jeunes-qui-tombent/.html

      Dans les banlieues parisiennes, c’est une véritable hécatombe comme le raconte Azzedine Zoghbi, ancien éducateur à Orly : « Toutes les semaines au cimetière. On allait enterrer quelqu’un, on revenait à peine, et on savait qu’il fallait revenir la semaine d’après. ». La catastrophe est totalement ignorée par les pouvoirs publics alors que le nombre de morts d’overdose et de personnes contaminées par le #VIH augmente. La répression, avec la guerre à la drogue, conduit les usagers issus des banlieues en #prison plutôt que vers un parcours de soin adapté.

  • sait bien que ce n’est pas une démonstration scientifique, mais entre le nazillon américain qui se fait buter par arme à feu après avoir consacré toute sa vie à l’apologie de la violence et du port d’armes, et le conseiller régional vendéen tendance Retailleau-De Villiers-Torquemada qui clabote dans une partouze chemsex alors qu’il n’eut de cesse de faire l’apologie du puritanisme, ça tend tout de même à valider l’existence du karma.

    Toutes proportions gardées c’est un peu comme si Poutou avait un accident au volant d’une Rolls-Royce ou que Mamie Nicole mourait étouffée en bouffant un steak tartare.

    #MamieNicoleCommenteEncoreLActualitéAlorsQuElleAvaitPromisQuElleArrêterait.

    • Comme j’avais pas la réf…

      Suspicion d’overdose après la mort d’un élu régional vendéen lors d’une soirée « chemsex » à Tours
      https://www.franceinfo.fr/sante/drogue-addictions/suspicion-d-overdose-apres-la-mort-d-un-elu-regional-vendeen-lors-d-une-s

      Un conseiller régional des Pays de la Loire, Laurent Caillaud, 56 ans, est décédé lundi 15 septembre dans un appartement à Tours (Indre-et-Loire) lors d’une soirée « chemsex », une soirée mêlant sexe et drogue, a appris ICI Touraine(Nouvelle fenêtre) (ex-France Bleu) auprès d’une source proche du dossier. Au vu des circonstances de la mort de cet homme politique vendéen et proche du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, une enquête pour recherche des causes de la mort a été ouverte et une autopsie demandée par le parquet de Tours.

      Laurent Caillaud se trouvait dans un appartement du quartier sensible du Sanitas, à Tours, selon la source proche de l’enquête, qui précise que c’est via la plateforme de rencontres homosexuelles pour hommes Grindr que le rendez-vous avait été convenu. Trois hommes, dont Laurent Caillaud et le locataire de l’appartement, âgé lui de 51 ans, participaient à cette soirée. L’autre homme est lui âgé de 30 ans.

      Toujours selon cette source, les trois participants se sont retrouvés vers minuit. C’est l’élu vendéen qui a apporté de la MDMA, dérivé de l’ecstasy, et de la 3-MMC, drogue de synthèse, deux produits euphorisants et stimulants. Selon le récit des deux hommes, qui reste à confirmer, tous ont consommé de la drogue, eu des relations sexuelles, puis Laurent Caillaud a fait un malaise. Malgré les tentatives de réanimation, le médecin du Samu n’a pu que constater son décès. Il était alors aux environs de 4h du matin. Sur place, aucune trace de violence n’a été constatée.

      [Je suppose qu’il y a là aussi moyen de faire savoir que c’est la faute aux gauchisses immigrationnistes de la mouvance insoumise.]

    • C’est un nom bien ancré dans la vie politique vendéenne qui vient de disparaître. Laurent Caillaud, conseiller régional des Pays de la Loire, est mort subitement à l’âge de 56 ans. C’est Christelle Morançais, présidente de la Région (Horizons) qui en a fait l’annonce ce lundi 15 septembre.
      https://www.francebleu.fr/infos/politique/vendee-laurent-caillaud-conseiller-regional-est-mort-a-56-ans-2813679

      C’est Christelle Morançais, présidente (Horizons) de la Région Pays de la Loire qui l’a annoncé ce lundi 15 septembre en fin de journée. Le Vendéen Laurent Caillaud, conseiller régional, est mort subitement. Il aurait eu 57 ans, en novembre prochain. « Laurent était un élu dévoué, passionné et engagé au service des Pays de la Loire et de la Vendée qu’il chérissait par-dessus tout », écrit sur le réseau social X, Christelle Morançais.

      Il n’y a pas que le #chemsex qui fait des dégâts dans le Loir-et-Cher.
      https://www.francebleu.fr/infos/politique/emmanuel-macron-a-fait-une-visite-surprise-dans-un-bar-tabac-a-montrichar
      https://www.francebleu.fr/pikapi/images/5e4e009d-6804-4e36-8058-a9d4fcc73d0d/1200x680

      Une rencontre pour le moins inattendue qu’elles ne sont pas prêtes d’oublier : « Ma mère était ravie. On a beaucoup, beaucoup ri. Elle lui a même dit du coup qu’il est encore plus beau en vrai qu’à la télévision ! Et il était très content. Ça l’a fait sourire, il l’a remercié. » Elles ont même immortalisé la rencontre par une photo aux côtés d’Emmanuel Macron.

    • Chemsex : qu’est ce que c’est ?
      https://asud.org/substances/chemsex-quest-ce-que-cest

      Pris au sens littéral, le chemsex (pour chemical sex) désigne le fait de prendre des #drogues avant ou pendant un rapport sexuel pour en maximiser les sensations. Le concept recouvre donc un large éventail de pratiques (beaucoup de produits peuvent être utilisés au cours de beaucoup de pratiques sexuelles différentes). Cependant lorsqu’on parle de chemsex actuellement on désigne généralement quelque chose de beaucoup plus précis. En effet, le terme chemsex s’est diffusé au cours des années 2010 via des applications et sites de rencontres gays où il était (et est toujours) utilisé pour signifier le fait qu’une personne cherchait un partenaire pour un plan sexe et drogue.

      #chemsexers #ASUD

  • En Afrique de l’Ouest, le trafic de drogues s’accompagne désormais d’une consommation hors de contrôle
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250915-afrique-ouest-trafic-drogues-consommation-hors-de-contr%C3%B4le

    L’Afrique de l’Ouest, plaque tournante de nombreux trafics

    Le Sénégal est en effet une porte idéale pour accéder à de nombreux pays sans ouverture sur la mer comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger. Dakar, pointe la plus à l’ouest du continent, se trouve aussi à la croisée des routes maritimes, ce qui en fait un point d’entrée stratégique pour les trafiquants de drogue, notamment en ce qui concerne la cocaïne.

    Les saisies ont connu ainsi une forte augmentation ces dernières années. Une prise record a même eu lieu en novembre 2023 : trois tonnes de poudre blanche saisie en pleine mer par la marine sénégalaise. Ces derniers mois, les saisies sur l’axe routier entre Dakar et Kidira, au Mali, mais aussi à Dakar même, se sont aussi multipliées.

    Plus au sud, les ports de golfe de Guinée sont, eux aussi, sous étroite surveillance. En mars 2024, la marine française a ainsi réalisé une saisie record de 10 tonnes de cocaïne dans ces eaux. De manière générale, l’Afrique de l’Ouest est « très vulnérable à l’infiltration de réseaux criminels », poursuit Lucia Bird, du fait de sa position géographique à mi-chemin entre les zones de production et de consommation.
    Le PCC brésilien et les mafias européennes

    À la manœuvre dans ce trafic régional, on trouve une myriade d’acteurs, mais deux ont pris une place considérable ces dernières années, selon le dernier rapport du GI-TOC, consacré aux « filières atlantiques ».

    L’un est en charge de la « logistique » : il s’agit du Primeiro Comando da Capital, ou PCC, un groupe de prisonniers brésiliens qui s’est mué en une puissante organisation mettant en relation, à l’échelle mondiale, producteurs et « détaillants ». L’autre acteur, justement, sont ces mafias européennes chargées d’inonder le Vieux Continent, et qui ont un pied en Afrique. C’est le cas de la ’Ndrangheta calabraise, qui a scellé un accord avec le PCC à fin des années 2010.

    « La ’Ndrangheta opère en Afrique de l’Ouest par le biais de deux mécanismes principaux : la présence continue de ses éléments dans certains pays et des intermédiaires de confiance établis grâce aux visites de membres des clans qui lui sont rattachés », peut-on lire dans le rapport. Le Sénégal, mais aussi le Niger, le Ghana ou encore la Côte d’Ivoire sont concernés au premier plan, le territoire ivoirien étant même « un bastion de la ’Ndrangheta en Afrique de l’Ouest », notent les auteurs du document.

    Mais ce trafic a aussi aiguisé les appétits des mafias balkaniques, qui ont accru leur présence dans la région, parfois au détriment de la ’Ndrangheta, parfois en « complément », souligne un autre rapport du GI-TOC. Clans monténégrins, serbes et autres groupes albanais « ont contribué à faire de l’Afrique de l’Ouest un pivot central de transbordement de cocaïne à destination de l’UE et la région ne cesse de gagner en importance dans le commerce mondial de la cocaïne », souligne ainsi Lucia Bird, directrice de l’Observatoire.

    #drogues #narcotrafic #Afrique

  • The Drugs Are Coming From Inside the Military Base - An interview with Seth Harp
    https://jacobin.com/2025/09/drug-trafficking-military-power-crime

    Si vous coyez encore que les interventions militaires états-uniennes sont autre chose que les coups d’un cartel du crime, lisez cet article. Il n’y a pas de secret. Il suffit de quitter le domaine du journal de vingt heure pour s’en rendre compte.

    11.9.2025 by Branko Marcetic - Seth Harp’s best-selling The Fort Bragg Cartel exposes the degree to which America’s drug trade and attendant violent crime are connected to its foreign wars. It’s a timely read as Donald Trump uses both to justify radical new expansions of military power.

    There are important books, and there are popular books. Sadly the two don’t often overlap. Seth Harp’s The Fort Bragg Cartel: Drug Trafficking and Murder in the Special Forces, an exposé of the criminality and violence carried out by returning Special Forces personnel in American communities, is a rare exception. The book rocketed onto the New York Times bestseller list and is now set to be turned into an HBO series.

    Its splash seems almost tailor-made for this moment. Harp’s book is making waves just as Donald Trump uses a supposed crackdown on violent crime and drug trafficking as a pretext to illegally deploy the military on American streets and expand US warmaking in radical new ways. Jacobin’s Branko Marcetic spoke to Harp, an investigative journalist and military veteran, about the evolution of US military interventions, the lesser-known ways they blow back on American soil, and new details about his reporting that didn’t make it into the book. The interview has been edited for length and clarity.

    Branko Marcetic

    How would you describe the popular image of the Special Forces operator as it’s been given to the public, and how does that contrast with what you found over the course of your reporting?

    Seth Harp

    What the public thinks of as special operators is largely shaped by TV shows and movies that portray these guys as action heroes. I just watched an episode of a show called The Terminal List, and it’s pretty typical in the way that it portrays these long-haired badasses who are rugged and tough antiheroes out there fighting terrorists. The reality around the Special Forces is a lot more complex.

    The Special Forces has a specific role. Army Special Forces has a niche role that it grew out of in the Vietnam era, which was to train foreign armies to go into countries where the United States has perceived national security interests and create proxy forces to serve those interests. They’re trainers. They meet with local forces in a country like Afghanistan, for example, and their job is to create a force that’s capable of standing on its own. So a lot of the things that they do are hooking these guys up with weapons, getting them money supplies, training them how to fight, and then also leading them in battle.

    Branko Marcetic

    A lot of them end up with regret about what they’ve done, despite their image as heroes, and that leads to these personal dysfunctions that you cover in detail.

    Seth Harp

    Yeah, Sebastian Junger wrote a book some years ago, Tribe, in which he writes about hunter-gatherer groups that participate in tribal warfare, many of whom kill people and are exposed to gruesome violence in places like Papua New Guinea or the Amazon. His point was that in these environments, there is no such thing as Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD). It’s not to be found.

    He contrasts that with the experience of fighting in the modern military of a massive nation-state like the US, that’s capitalist and is alienated and atomized, where there’s a divergence between elite interests and the people. His basic hypothesis, which I find interesting, is that it’s because of the lack of integration of the reasons for fighting a war that causes people to suffer and grapple with their consciences afterward. It’s because they’re fighting for alienated interests, and they’re not fighting for their tribe.

    Navy SEALs call each other brothers, but they’re not brothers in the sense that hunter-gatherers are literally brothers and cousins fighting. I think that has a lot to do with it, compounded by the fact that most veterans think that the wars in Iraq and Afghanistan were not worth fighting. The absence of a legitimate goal that the violence is in service of is what drives the epidemic of PTSD and moral injury that’s observable in the Special Forces.

    Branko Marcetic

    We’re in the middle of a political crisis right now in which the military’s role is being radically expanded, including into US domestic life, all on the basis of fighting crime and drugs, and drugs being a national security threat. Yet it seems like so much of the blowback from these Special Forces operations is that the damaged soldiers end up carrying out crime and violence at home as well as getting involved in the drug trade.

    How much of the domestic drug trade can be attributed to the US military? And when it comes to the crime and violence committed by special operators in their communities, to what extent can we say these are exceptions?

    Seth Harp

    I don’t think that you could say that they’re just bad apples or isolated cases, because there’s so many of them.

    My book mainly focuses on a pair of special operators who were found murdered in Fort Bragg in 2020, Timothy Dumas and Billy LaVigne. They died in 2020, and the investigation into their deaths lasted three years. In the years since then, there have been many more cases coming out of Fort Bragg that I don’t have such close detail on but am still tracking.

    Todd Michael Fulkerson, a Green Beret who was trained at Bragg, was convicted earlier this year of trafficking narcotics with the Sinaloa cartel up through the Arizona border and bringing drugs into Ohio. Another guy, Jorge Esteban Garcia, who was the top career counselor at Fort Bragg for twenty years — his job was to mentor and coach retiring soldiers on their career prospects — was literally recruiting for a cartel and was convicted of trafficking methamphetamine and supporting a violent extremist organization. And then a group of soldiers in the 44th Medical Brigade at Fort Bragg — all these soldiers are at Fort Bragg — were convicted of trafficking massive amounts of ketamine from Cameroon in West Africa to the US through the mail system.

    Those three cases are just in the last eighteen months or so and just in one military base. When you look at these cases closely, you see how many times these things get covered up, and how rare it is to actually be fully adjudicated through the criminal justice system to the point where you have a conviction. I’m only talking about cases where these soldiers were convicted. Many more cases get quietly buried and never come to light.

    As for what proportion of the drugs in the United States are being brought by members of the military, I think that’s impossible to quantify for a variety of reasons. But what you can say is that you can look at every single region of the world that’s a massive drug production center — which there really are not that many of them — and in every case, you can see that US military intervention preceded the country’s becoming a narco state, not the other way around.

    You’re talking about Mexico, Colombia, also Peru and Bolivia to some extent, El Salvador, Honduras, Nicaragua, and Afghanistan as well as what’s now called Myanmar. Those countries account for the lion’s share of all drugs produced in the world, and all have a long history of US military and intelligence intervention that predates their becoming narco states.

    Branko Marcetic

    A lot of the military recklessness and violence you describe in the book and the justifications for it reminds me of what’s happening in Gaza. We know there are US war planners out there who want to make Gaza and its brazen disregard for the laws and norms of war the new normal, not just for Israel but for US military operators too. Is there a worry that the extreme violence you describe being carried out by Special Forces in the book doesn’t remain just one dark part of the US military machine but the way everyone starts to operate?

    Seth Harp

    Things are in flux now like never before. It’s hard to predict. In the first two years of Israel’s onslaught on Gaza, one thing that became clear is that the Israel Defense Forces (IDF) actually makes the US military look pretty good by comparison. And it’s not a neat comparison because, for example, the US killed hundreds of thousands of people in Iraq, possibly as many as a million, certainly more than have been killed in Gaza.

    Nevertheless — and this is not meant, and no one who read my book would confuse this for an apology — the US military, in waging war in Iraq, did conduct itself by a certain type of legality. They were, by and large, following legal processes where the war had been authorized by Congress, signed off by the president. And then from there on down, you had enemy fighters that were designated combatants that could be legally killed. There were concerted efforts to train troops to minimize civilian casualties.

    In the unit I served in, in Iraq, when a soldier killed civilians unjustifiably — which happened right in front of me — other soldiers in the unit reported that they were not happy about it, and, in fact, tried to get the soldier in trouble. He never was [held accountable], but it still speaks to a certain intention to abide by the laws of war.

    The IDF doesn’t care about any of that. They’re just total murderers and terrorists who will kill anybody that moves: kill children, kill women, sport killings. We’ve seen the worst horrors that anyone’s ever seen in living memory, committed by the IDF. The question that I am most preoccupied by in this regard is whether the US will follow the Israelis down that path and act in the same way.

    Certainly, the strike on a Venezuelan boat the other day suggests that it’s possible we’ll move in that direction, because they haven’t made public their intelligence showing that these were cartel members. Even if they were cartel members, they’re not combatants in war, so striking them is totally outside the laws of war. And they’re just doing that openly. That’s similar to the Israelis in that respect. I’m really concerned that our country could follow that same model and become even more like the IDF.

    Branko Marcetic

    You write about the Joint Special Operations Command (JSOC). It was created almost as an end run around the measures taken in the 1970s to rein in the CIA. And then you combine that with the fact that, even as US officials say there will be no boots on the ground in places like Ukraine, as you report, there have been Special Forces deployed to the country.

    Are we sleepwalking into this becoming the new version of boots on the ground, where US troops are being deployed, only at a small scale and without public knowledge?

    Seth Harp

    Certainly. I think that’s a concern. One thing to keep in mind is that JSOC is a highly adaptable organization, and you see them become a very different iteration of themselves in successive armed conflicts. So they went into the Iraq War as a very niche organization that existed to hunt down former regime officials and look for those weapons of mass destruction, which turned out not to exist. But over the course of the war, JSOC evolved into a much larger and bloodier organization with a much larger and broader target set; by 2007, 2008, they were just liquidating anyone who had any connections at all to the insurgency.

    I use the phrase “death squad” to describe JSOC operations in Iraq. A similar model was then ported over to the war in Afghanistan when President [Barack] Obama came into office; again, Delta Force and JSOC functioned as a kind of death squad in Afghanistan, where they’re dedicated to daily assassination missions.

    It slowed down, because Afghanistan was a very different type of war in terms of its terrain, the composition of the enemy, and the population size relative to Iraq. So it evolved there, and the tempo of operations is lower. And then in West Africa and all across North Africa, JSOC is a very different kind of organization. Less is known about what they’re doing there. Certainly there are kinetic, lethal missions that they’re engaged in there. But it’s not entirely clear to me what JSOC operations there consist of. I know that they’re doing a lot of patrols, a lot of surveillance, and occasional strikes, particularly in Somalia.

    They also are very active in Libya, but it’s hard to know exactly what they’re up to there. Same story with Ukraine. We know that they’re there. We know that they’re doing operations. And we also see lots of sabotage and assassinations taking place inside Russian borders: generals getting killed by car bombs, factories blowing up, weapons depots catching fire. To what extent are active-duty US troops responsible for carrying out those operations versus working through Ukrainian proxies? Harder to say. There’s a lag time on this stuff because it takes years to come out.

    When I was reporting in Iraq, I was not tracking entirely what Delta Force was doing, because they’re so secretive and it’s very hard to penetrate the organization to get operational details on what they’re doing. But we should keep a close eye on their actions. And in Gaza, we know that Delta Force has a permanent liaison cell in Tel Aviv and that there’s always Delta Force personnel in Israel collaborating with the IDF. They’re also doing stuff in Yemen. So it’s something to keep an eye on. But again, this is an adaptable organization that can morph and change right in front of your eyes and become something totally different from what it was a few years ago.

    Branko Marcetic

    Shortly after your book was published, you were tipped off about, and got your hands on, an unpublished autobiography written by William LaVigne, one of the central characters of your book: a Delta Force operator who comes back from Afghanistan and ends up getting involved in drug trafficking and kills his own friend. I’m curious what you found in his memoir.

    Seth Harp

    The first time I read it, I was keenly attuned to whether I’d gotten anything wrong. In reality, it was so much heavier than I knew. The stuff that LaVigne admits is really jaw-dropping. He talks not only about Delta Force operations and combat but also about his criminal activities in North Carolina. There’s a lot of information there that I think would be relevant to the investigation into his death as well, to assign responsibility for his murder and the murder of Timothy Dumas.

    I quote sources in the book who say that LaVigne was working for a cartel and was trafficking drugs at a high level. That was something that was pretty hard to pin down. But he straight up admits it in the book, and he goes on at length detailing his work for this cartel, and he says that it started right after he got kicked off of Delta Force, after his sixth felony arrest. He didn’t get kicked off after he murdered his friend. He remained on active duty. But after a number of subsequent arrests, they had finally had enough.

    That just destroyed him, because he lived for his career, and he was totally obsessed with being a Delta Force operator. It was his whole identity. When he lost that, he went completely off the deep end, and his drug problem became really extreme. He talks about meeting low-level dealers, then meeting the people above them. He’s just gradually ascending this world, because everyone knows who he is and what he’s done, and they all are keen to make use of his skills.

    He talks about becoming linked up with some of the biggest drug traffickers in North Carolina, representatives of Mexican organizations that were there who wanted more of his knowledge and skills, not only in terms of beating up and threatening people who owed them money and accompanying them as bodyguards and teaching them how to do security, but also training them on how surveillance works. Because as a Delta Force operator, he really knew about operational security and what’s secure and what’s not, the capabilities and limitations of law enforcement.

    He was training these guys. He even talks about doing international drug runs down to Central America and using high-altitude parachute jumping to smuggle drug packages into the United States, which is, I think, the modus operandi of high-level Special Forces guys who turn to drug trafficking. With large loads of cocaine, it’s a really effective way to get around customs inspections.

    Branko Marcetic

    What did he write about the things he did when he was posted overseas?

    Seth Harp

    The most detailed accounts of Delta Force operations I’ve ever read come from this memoir. Years back, a guy, a reporter named Sean Naylor, wrote a great book about JSOC called Relentless Strike. And that was the most granular account of how JSOC operates I have ever read. Because you have to keep in mind: there’s a total information vacuum around this organization, despite its centrality to the US government and the war effort.

    But Billy Lavigne’s is a much more inside look at exactly how, on a tactical step-by-step level, they carry out an assassination of, let’s say, a guy in a moving car or a guy in a fortified compound surrounded by thousands of fighters. One of the most incredible scenes in his memoir, which is surprisingly well written, is when he talks about a raid that took place in 2015, in Syria, which targeted an ISIS commander named Abu Sayyaf. This guy was surrounded by thousands of ISIS fighters in a village that was completely occupied by ISIS. To read his account of how they went in surgically — I mean, relatively surgically, they probably killed a hundred people that day. But the way that he describes exactly how they carried out this operation and didn’t lose any of their own forces, their precision and planning is really incredible.

    They wait for weeks for the right opportunity to strike on a night when there’s clear weather. No moon is an important factor for them, because then they can operate in total darkness, without any clouds obscuring their own surveillance drones. What they’re constantly doing is minimizing risk, controlling contingencies, and then moving in and, in a very methodical way, wiping out everyone that’s on their target list while maintaining a secure perimeter that’s constantly under attack. It’s jaw-dropping, to see that from the inside.

    His role was a dog handler, by the way. I never realized the extent to which the unit uses dogs. They use dogs on every single operation. It’s something that’s not really represented in film and TV depictions. One significant thing that he acknowledges: his dog dragged him this unarmed prisoner they had torn up, and he describes swiping the guys hair out of his face, because he had long hair. And when he saw that it was not Abu Sayyaf, the target person that they were trying to abduct, he just shot him at point blank. Just blew his brains out right there. So the way he casually described killing prisoners confirmed what I wrote in the book about how these raids tend to be total massacres. In all of the raids that Lavigne describes, there are no male survivors.

    Branko Marcetic

    Is the military-related drug trafficking today on a different scale compared to, say, the 1980s, when we know there was some cooperation with drug-running while the United States was supporting the contras?

    Seth Harp

    I would say that US complicity in the international drug trade was never as substantial as it was in the war in Afghanistan, or as out in the open. No bones about it, really. Gary Webb did great reporting on how the contra rebels of Nicaragua, which had covert US backing, were being tacitly allowed to traffic cocaine into the United States through Mexico. But as bad as the crack epidemic was in the US, which this fueled, it’s nothing compared to the heroin crisis that we saw in the United States in 2010.

    The drug problem in the US has gotten way worse than it was in the 1980s, and most of that heroin came from Afghanistan, although the DEA has covered up that fact. But it’s true all over the world: Europe and Australia all had heroin crises around this time that were driven by an incredibly abundant supply and high potency of heroin, virtually all of which came from Afghanistan. Virtually all of it was being produced by warlords, police chiefs, top client state officials — all with the open backing of the US military, and many of whom were secretly on the CIA’s payroll.

    So the US created Afghanistan as a narco state, and protected and armed it for twenty years as it pumped heroin into the veins of the entire world. And the lack of reckoning around that is truly awe-inspiring, as is the degree of elite omertà around this massive global crime that the whole of the US government committed, which had such disastrous consequences for us as a country and for the whole world.

    Branko Marcetic

    Yet right now, we see the military being deployed as a way to counteract the drug trade, despite it being known even within the US government that the military is a major cause of it.

    Seth Harp

    It makes little sense. Venezuela is not even a major drug-producing country. They’re just counting on Americans’ ignorance to think, “Well, it’s in South America. It must be a narco state.” But that’s actually not the case. Venezuela doesn’t have terrain that’s well-suited for growing coca. It grows in Colombia, Bolivia, and Peru, which neighbor Venezuela.

    This example of the strike on this boat really augurs poorly for the future. And the lies are not as good, not as sophisticated as they used to be. They are just filming their own war crimes and the secretary of state posts them on Twitter.

    By the way, I read the Jacobin piece on [retired CENTCOM commander] General Michael Kurilla. I have his whole resume. I know everything that he’s done in his career. We were talking before about how people within these institutions see themselves as actors operating ethically within a legal framework. That is a limiting factor on the severity of the war crimes that they’ll commit.

    But a really negative trend around Trump being president is that, the longer he is in office — we saw this during his first term, and I have no reason to believe that it’s not happening again — those types of people tend to get out of the military because they don’t like the lack of seriousness and professionalism from people like Trump and some of his top surrogates. The more centrist and sober-minded in the military, there’s less and less of them, and the people who are the most sycophantic, the most willing to flatter Trump’s prejudices and instincts toward violence as well as the people around him that are carrying water for Israel — they’re the ones who are rising through the military hierarchy.

    Kurilla was one of them: someone who perceived in the ambient environment right now that it’s Israel that will get him the next accolade that he’s after in his military career. Totally absent is any capacity for reflection, humanity, sense of justice, or wisdom — anything you want to see in a high-ranking general or statesman. It’s really worrisome to see those people rising in the military hierarchy.

    #impérialisme #drogues #mafia #USA #delta_force

    • peut pas faire mieux "« Pukhtu », de DOA : une hallucinante galerie de « mecs perdus » en Afghanistan
      Un thriller qui dépeint le chaos d’un monde en proie à de multiples conflits. S’il prise l’ombre, son auteur excelle à mettre au jour ses zones grises."

    • #merci !

      Pukhtu : Primo
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pukhtu_%3A_Primo
      Aus États Unis il y a plein de livres et films qui célèbrent le survivant badass qui se bat avec les dealers de la CIA et des autres organisations plus ou moins scretes. Les problème est tellement évident que je suis étonné à chaque fois quand des gens qui ne profitent pas de ce commerce et mettent à défendre les USA.

      Enfin le président actuel a l’air d’étre sorti du Parrain de Puzo/Coppola ...

      Pukhtu : Primo est un roman policier de l’écrivain français DOA publié en 2015. Il constitue la première partie du diptyque Pukhtu qui s’inscrit lui-même dans le Cycle clandestin. Ce roman a obtenu le prix Mystère de la critique 2016.

  • Chemical Warfare
    https://www.youtube.com/watch?v=tCOvtHy7Zns


    Willy deVille , dedicated to Johnny Thunders

    Down in the Bodega, out in the street
    Somebody wants a taste, everybody wants a piece

    ’Cause that’s chemical warfare

    You hear it on the radio, you see it on TV
    Another widow on the list, this you must believe
    ’Cause that’s chemical warfare

    Now, Mr. President, he told me this traffic he gonna stop
    Get rid of the indesirables by bringing in the cops

    ’Cause this is chemical warfare
    Chemical warfare, this is chemical warfare
    Chemical warfare, this is chemical warfare

    Everybody knows a Johnny who just passed away
    Big wheels count their dollars while the families count their prayers
    Hey hey, hey hey, hey hey

    Children with bright futures, smiles on their faces
    Sink to the floor, tied off tight like the knots in their shoelaces

    This is chemical warfare

    Now, the politicians tell you they gonna stamp out this disease
    Take out the trash, bring in the police

    ’Cause it’s chemical warfare, hey hey, chemical warfare
    Chemical warfare, chemical warfare
    Chemical warfare, hey you, lady

    (Chemical warfare, chemical warfare, ...)

    #musique #rock #drogues #capitalisme

  • La France est submergée par la cocaïne, alerte un rapport RTS - Benjamin Luis

    Un « tsunami blanc », telle est l’image choc choisie par l’Office anti-stupéfiants français. Selon un rapport confidentiel de l’office, auquel ont eu accès des médias français, le pays est submergé par la cocaïne et gangréné par une économie parallèle violente, jusqu’au cœur des villes moyennes. 

    En France, la drogue est partout, selon le constat dressé dans le dernier rapport de l’Office anti-stupéfiants français (OFAST) paru fin juillet, un document à diffusion restreinte. Il parle d’une offre désormais « sans zone blanche  », donc plus aucun territoire n’est épargné.

    Dans cette offre, la cocaïne domine. Les saisies ont bondi, les prix ont chuté et la consommation s’est envolée. Plus d’un million de Français et Françaises en feraient un usage régulier.


    Pas moins de 37 tonnes de cocaïne ont été saisies sur les six premiers mois de l’année 2025, une hausse de 50% par rapport au début 2024, relate France Info.

    Fusillades, guet-apens et assassinats
    La violence est alarmante : fusillades, guet-apens, assassinats commandités… Près de 400 attaques liées au trafic ont été recensées en 2024, le tout dans une logique de marché, avec des tarifs fixés pour intimider ou éliminer.

    Des réseaux structurés, en lien direct avec les cartels sud-américains, travaillent en coulisses. Ils s’adaptent, se numérisent et livrent désormais à domicile, investissent même les locations de courte durée.

    Selon l’OFAST, la France fait face à un système criminel qui infiltre la société et défie l’Etat. Filant la métaphore du raz de marée, le ministre de l’Intérieur français Bruno Retailleau évoque une « menace existentielle pour le pays ».

    Les passages aux urgences ont « plus que triplé » à cause la cocaïne
    En France, la consommation de cocaïne fait peser un « poids significatif » sur l’hôpital et les services d’urgence, où le nombre de passages qui y sont liés ont « plus que triplé » entre 2012 et 2023, avant de se stabiliser l’an dernier, affirme l’agence française de santé publique.

    En 2024, 5067 passages aux urgences en lien avec l’usage de cocaïne et 1619 hospitalisations (consécutives à un passage) ont été recensés. Ces taux de passages aux urgences sont « très élevés en Guyane, Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie ».

    Surtout des hommes trentenaires
    Entre 2012 et 2024, sur 32’749 passages aux urgences liés à l’usage de la cocaïne, environ les trois quarts (74%) concernaient des hommes et l’âge médian était de 32 ans, correspondant au profil des personnes les plus consommatrices au sein de la population générale.

    Sur cette période, les passages aux urgences liés à la consommation de cocaïne étaient « fréquemment associés à des diagnostics de consommation d’autres substances », en « premier lieu l’alcool » (29%), puis les narcotiques (dont les opiacés, 14%), le cannabis (11%) et les benzodiazépines (7%).

    #France #élites #cocaïne #drogue #drogues #stupéfiants #mafia #corruption #épidémie_de_cocaïne
    Source : https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/rapport-choc-la-france-submergee-par-un-tsunami-de-cocaine-et-de-violence-289599

  • Berliner Polizist von Kollegen bei Drogendeal auf offener Straße erwischt
    https://www.berliner-zeitung.de/news/berliner-polizist-von-kollegen-bei-drogendeal-auf-offener-strasse-e

    A Berlin uand tu achètes ta coke ou ta came dans la rue le vendeur est ou un gentil réfugié ou un ripou aux envies plus grandes que son salaire de flic. Dans les deux cas tu te gais avoir dams 80 pour cent des transactions. C’est le résultst du drugchecking officiel de l’année dernière.

    30.7.2025 von AFP, Maria Windisch - Ein Drogendealer ist der Berliner Polizei in flagranti in Netz gegangen. Besonders brisant dabei ist, dass der Festgenommene ein Kollege ist.

    Ein Polizist aus Berlin ist von Kollegen beim Drogenhandel auf offener Straße erwischt worden. Wie Polizei und Staatsanwaltschaft in der Bundeshauptstadt am Mittwoch mitteilten, verkaufte der 36-Jährige unter den Augen von zwei Zivilbeamten eine Konsumeinheit mutmaßlichen Kokains an einen Mann. Die Fahnder nahmen ihn daraufhin bereits am 4. Juli vorübergehend fest. Am Mittwoch wurden nun zwei Anschriften des Beamten der Berliner Polizei nach Beweismitteln durchsucht.

    Dabei wurden Mobiltelefone und elektronische Speichermedien beschlagnahmt, wie Polizei und Staatsanwaltschaft mitteilten. Der verdächtige Beamte war während des fraglichen Vorfalls nicht im Dienst. Gegen ihn laufen bereits Disziplinarmaßnehmen. Eine Weiterführung der Dienstgeschäfte wurde ihm nach Angaben der Ermittler zunächst untersagt.
    Mitarbeiter der Polizei verkauft Drogen – Dienstkleidung im Kofferraum

    Vor einigen Jahren sorgte in der Hauptstadt bereits ein ähnlich gelagerter Fall für Schlagzeilen. Damals verkaufte ein Mitarbeiter der Berliner Polizei Drogen mit einem sogenannten Kokstaxi.

    Bei einer Durchsuchung des Autos fanden die Einsatzkräfte damals acht kleine Gefäße, die nach Angaben der Polizei vermutlich mit Kokain gefüllt waren. Außerdem entdeckten sie eine vierstellige Summe Bargeld und seinen Dienstausweis.

    Im Kofferraum des Wagens lagen neben seiner Dienstkleidung auch sein Reizstoffsprühgerät und eine Polizeischutzweste. Er selbst trug zwei weitere Gefäße mit weißem Pulver bei sich, so die Polizei. Danach kam es ebenso durch einer Wohnungsdurchsuchung, wobei weitere Beweismittel gefunden worden sind.

    #Berlin #drogues #police

  • Appel du 26 juin - Pour la création d’une coalition des drogué-es
    https://paris-luttes.info/appel-du-26-juin-pour-la-creation-19707

    Le 26 Juin est le jour de la campagne Support don’t Punish, pour la reconnaissance des droits et la décriminalisation des consommateur-ices de drogues. Pourtant, ces dernières années, la répression s’accentue. La politique de la réduction des risques, un acquis des années SIDA en faveur de la santé des consommateurs, est remis en cause de plus en plus durement. Nous sommes rendu-es responsables de tous les vices de la société, et la stigmatisation pèse toujours plus lourdement sur nous. Car derrière la guerre à la drogue, c’est bien la guerre aux drogué-es qui est menée, touchant particulièrement les populations non-blanches et les classes populaires.

    Puisque nous refusons cette situation, et que rien ne doit être fait pour nous sans nous, nous avons décidé de créer une coalition de drogué-es, afin de faire entendre nos voix.

    #drogues #drogués #repression